CULTURE JUDAÏSME, Infos et Vie juive Adar 5770 (3)

      photos 20 juin 2008073      rashi_1                                          
"Et ils me construiront un sanctuaire pour que je réside au milieu d’eux."(Exode 25 

2 Nissan 5770 – 17 mars 2010
           Grande chaîne de Torah pour la protection du peuple d’Israël


Rabbi Yossef Caro rapporte au nom de Eliyahou Anavi :
"Tous ceux qui étudient 2 Halakhote par jour sont garantis du Olam Aba" (monde futur) (Massekhet Meguila 28b)

Le Beth Loubavitch propose : Associez vous à la grande chaîne de la Torah (pour la protection du peuple d’Israël en acceptant de recevoir 2 halakhote (lois) par jour, vous avez la possibilité de faire retirer votre adresse de notre liste en répondant "supprimer, merci".

lien ici :

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29 Adar 5770 – 15 mars 2010

Cette semaine, nous lirons la 24e
paracha : VAYIQRA « Il appela » 
Vayiqra (Lévitique) 1, 1 – 6, 26

Cette
paracha ouvre le 3e livre de la Torah, le plus court : « Torath Kohanim » (la loi des
prêtres), centre de la Torah. Dans Vayiqra, il y a 52 (guématria de bén, fils) parachiyote ouvertes et 46 fermées, ce qui donne un total de 98 (guématria Tsa’h, comme dans le verset du Cantique des
Cantiques : mon bien-aimé est tsa’h, pur).
Elle comporte les
mitsvotes 116 à 131 (11 positives et 5 interdictions) qui  concernent la réalisation précise des
sacrifices (ôla) ou offrandes, encens, sel, animaux, farine,
oiseaux) 

Beaucoup
des règles contenues dans ce livre concernent les sacrifices, les lois de
pureté, les règles alimentaires et l’énoncé des fêtes religieuses. La Torah
enseigne que chaque matin, le Juif doit se rendre compte que tout appartient à
D.ieu, vers Lequel toutes ses actions doivent s’orienter, dans le seul but de
Le servir, afin d’élever tous les éléments qui composent le monde vers le
Créateur. Ainsi, le sacrifice relie-t-il le monde à Sa source. Cependant, la
bonne réussite du but voulu à travers le sacrifice implique la pureté
d’intention de celui qui l’apporte. Na’hmanide
dit que quand on sacrifie l’offrande, on doit penser au fait qu’en réalité
on aurait dû appliquer ces actions sur soi-même, ce qui doit générer un
sentiment d’humilité et d’abnégation indispensables à l’élévation des éléments
(Psaume 51) : «  Le
sacrifice à D.ieu, c’est un esprit brisé. Un cœur humble, l’Eternel ne le
méprise pas
 ». Peut-être
est-ce pour cela que la présente paracha 
commence par « Vayiqra »  « Il appela Moché » (lev. 1-1) et
que ce terme se termine par la lettre « Alef » diminuée par rapport aux autres lettres, symbole de la
modestie de Moché sur laquelle nous devrions tous prendre modèle. Le
commentateur Beer Moché explique que c’est une invitation à
faire techouva (retour vers D.ieu). Beer Moché cite le texte des Pirke Avot, chap. 6, Michna 2 qui dit au nom de Rabbi Yehochoua ben Levi : « Tous les jours une voix céleste proclame
cette parole du haut du Mt Horeb : Malheur à ceux qui infligent la honte à
la Torah, car celui qui ne s’occupe pas de la Loi est un homme
méprisable. »

Le Baal Chem Tov explique « qu’il
s’agit là de la voix de la conscience qui s’éveille quotidiennement parmi les
hommes.
L’homme comprend grâce à son intelligence qu’il doit changer d’attitude
en tentant de réparer le mal qu’il a pu causer, alors on peut dire qu’il a
réellement entendu cette voix céleste. »

 Ce
sentiment de faute nous invitant à réparation, nous l’éprouvons de nos jours
dans nos maisons d’études, nos synagogues, et autrefois la Tente d’assignation,
partout où règne la Chekhina, (la présence divine). Nos Maîtres nous enseignent
que D.ieu est présent partout, il nous attend, mais nous ne sommes pas toujours
présents, ainsi que l’exprime le prophète Isaïe
(L, 8)
en disant : "« Pourquoi
suis-je venu et n’ai-je trouvé personne, Pourquoi ai-je appelé et nul n’a
répondu ? »
" L’appel divin à la
pénitence est en fait un cri de révolte, de souffrance et si l’homme en
comprend le sens, alors il peut trouver la voie du repentir.

En ce
qui concerne le motif de l’appel lancé par Hachem à Moché, dans la paracha il
est écrit : « Si quelqu’un d’entre vous veut présenter au Seigneur
une offrande de bétail 
» (Lévitique I, 2).
Or, quelle que
soit la nature de l’offrande apportée,
l’essentiel est que cela se fasse « au seuil de la Tente d’assignation,  pour  être agréable au Seigneur. »
(Lévitique I, 3).
Dans ces passages qui font appel à notre sens de la « techouva » et où il est question de sacrifices, il s’agit
de l’homme acceptant librement de faire une offrande. Si tel est le cas, c’est
alors la preuve qu’il a compris la nécessité de réaliser une telle action.
Ainsi fallait-il d’abord que Moché entende la voix céleste. C’est alors
seulement qu’Hachem a pu lui confier les ordonnances relatives aux sacrifices qu’auraient à apporter les
fidèles lorsque ceux-ci auraient compris qu’il ne s’agissait pas d’actes
purement formels, mais qu’ils seraient la conséquence d’une volonté consciente
de réparer des fautes.

Aujourd’hui, le Temple n’existe plus
et les sacrifices sont suspendus. Mais nous sommes toujours semblables aux Hébreux qui ont entendu le message divin au
pied du Mt Sinaï. Même s’il n’apporte plus de sacrifices, l’homme est toujours
invité à faire « techouva » et
à réparer ses fautes, répondant ainsi à la voix céleste qui se fait entendre à
travers notre conscience. Ce que le peuple d’Israël a le plus de difficulté à
vivre est le passage des ténèbres à la lumière. En effet, ce n’est pas une
évolution progressive et prévisible qui caractérise ce passage mais un
retournement soudain et inattendu qu’il faut être capable de supporter. Ce
processus est expliqué dans la Torah, quand l’homme et la femme (jusque-là côte
à côte, se retrouvent séparés et face à face.) « et D.ieu endormit l’homme » (Berechit 2,21). De la même manière avant
d’accéder à la première construction du Temple, il sera obligatoire de passer
par l’étape du « sommeil » durant laquelle la Chekhina ne sera pas
visible, comme l’explique Rabbi Eliezer
à Rabbi Hiya dans la vallée d’Arbel (Traité
brakhot du Talmud de Jérusalem et Midrach Chorer Tov) : « Comme la
pénombre du crépuscule sera la délivrance d’Israël ».
La
pénombre  représente l’absence de la Chékhina. (Présence
Divine) Ainsi chaque fois qu’Israël s’apprête à reconstruire le Temple, la
pénombre précède cette construction. Ce fut le cas au temps d’Amalek (1er
Temple), qui avait attaqué les Hébreux au sortir d’Egypte pour les anéantir et
au temps d’ Amane, (2e Temple) qui, lui aussi, voulait anéantir ce
peuple. Ainsi peut-on sans doute penser avec raison que l’action d’Hitler, qui
voulait, avec la choah, anéantir la totalité des Juifs, (il a vécu juste avant
la création de l’Etat d’Israël) a précédé la construction du troisième Temple.

Mais à
l’approche de Pourim, nous allons lire le récit du Livre d’Esther, quand les
Enfants d’Israël faillirent être exterminés par le décret obtenu par Amane et
quand Esther dit à Mordekhaï : « Va rassembler tous les Juifs. »
(Esther
4, 16
) C’était la réponse aux propos pervers d’Amane : « Il y
a un peuple répandu, dispersé parmi les autres » (Esther 3,8).
Ainsi
la violence et la terreur qui sévissent aujourd’hui contre les Juifs est la
continuité de ce qui s’est souvent passé depuis des millénaires. Le peuple sait
qu’il doit accomplir la volonté d’Hachem
en renforçant ses racines, en retournant en masse non seulement à la Torah,
mais aussi vers Eretz Yisrael s’il
veut sauver sa terre et sa propre existence, préservant ainsi la source de
bienfait et de bonheur pour l’humanité, comme l’a demandé Hachem. Dans la Meguila
d’Esther
, un verset évoque le sommeil du Roi : « Durant
cette nuit le sommeil du Roi était perturbé
 » (Méguila 6,1). Or dans le Traité Méguila
(15b) il est dit que « le Roi » fait allusion à D.ieu et la
déclaration d’Amane : « Il y a un peuple dispersé et  désuni… » fait allusion au « sommeil » de D.ieu (la Chekhina qui protège Israël n’est plus
active.) Le moment est ainsi choisi par les ennemis d’Israël  pour détruire le peuple juif. « Le
sommeil du Roi est perturbé 
» signifie que la Chekhina entre à nouveau en action pour libérer Israël. (Dans le
récit de Pourim, c’est par le biais de Mordekhaï et d’Esther, les seuls à ne
s’être pas prosternés devant Amane pendant la période de pré-délivrance du
peuple juif que cela se produit.)

Le Rav Shaül Botschko donne l’explication
de Rachi, qui a su nous dévoiler le
véritable caractère d’Amalek. Ainsi l’expression
« karkha » ( t’a attaqué ) exprime la
méchanceté d’Amalek et correspond à l’une des 3 fautes cardinales que sont le
meurtre, la perversion sexuelle et l’idolâtrie
. Il ne reste rien de la dignité
humaine quand ces 3 registres de valeur morale sont foulés aux pieds, ceux qui
s’en rendent coupables étant voués à la destruction. Rachi donne donc 3 significations correspondant à ces fautes : 1-
« karkha » a la même
racine que (hasard) – Amalek a
rencontré Israël sur son chemin comme par hasard, l’attaquant sans raison. 2- « kéri » est lié à l’émission de
sperme hors rapport, qui rend l’homme impur et l’empêche d’entrer dans le
Sanctuaire. Selon se sens, l’attaque des Amalécites a consisté à rendre les
Hébreux impurs en les entraînant à l’homosexualité. 3 – le sens du mot établit
un lien avec la notion de froid (kor).
Après la sortie d’Egypte et les miracles qui l’ont accompagnée, les peuples
restaient à l’écart d’Israël par crainte des conséquences s’ils se montraient
hostiles. En les attaquant, Amalek a montré qu’Israël pouvait être vulnérable.
« Il a refroidi Israël » dit Rachi, il a porté atteinte à sa "force de
dissuasion", dirait-on aujourd’hui.

Le Rav Mordehaï Elyahou  nous fait part, sur ce point, de ce que dit Maïmonide : La Torah nous donne la
mitsva « d’effacer le souvenir d’Amalek » chaque jour, chaque heure,
selon l’opinion de Maïmonide. Nos
sages expliquent « acher kara’h badere » (comme
il t’a surpris chemin faisant
) dans le sens d’une rencontre fortuite.
D’autres commentateurs disent que la manière d’agir d’Amalek est en rapport
avec le mot « froid ».
Amalek « refroidit »
l’envie d’étudier la Torah et d’accomplir les mitsvote. Or, nous ne devons pas nous laisser détourner de la
Torah, sous quelque prétexte que ce soit, ce qui mettrait le peuple en danger. Quoiqu’il en soit, les 3 sens expliqués par Rachi donnent les dimensions de la
méchanceté d’Amalek, peuple de vils assassins, qui surprend le faible, le vulnérable,
l’agresse et l’élimine gratuitement. Mais être vicieux ne suffit pas à Amalek.
Il lui faut encore entraîner autrui, et plus sa victime est pure, plus sa joie
est grande.

De plus, Israël a été choisi par Hachem pour être le
véhicule de Sa Présence dans le monde. Or, Amalek ne craint pas le Maître du
Monde et voudrait prouver qu’Il ne veille pas sur le peuple qui se prétend Son
peuple et que celui-ci est aussi vulnérable que n’importe quel autre peuple.
Mais nous savons que ce 13ème
mois, « Adar chéni », ou Adar II se trouve sous le signe de
l’unité,  puisque le chiffre 13 a la
valeur numérique du mot « E’had »
(Un). Nous devons le vivre
avec la certitude que le peuple d’Israël est au dessus du Mazal* (le 13e
mois) et que le déterminisme de l’histoire des peuples ne nous concerne pas.
L’unité n’est possible qu’au dessus du Mazal,
c’est-à-dire, lorsque l’homme cesse d’avoir peur du monde qui l’entoure,
s’affranchit de son esclavage mental et physique aux seules règles de la
réalité matérielle et reste fidèle à la Torah et aux Mitsvote.

Amane et Amelek
incarnent la ¨dictature¨ qu’exerce le monde sur l’homme. Ainsi perdons-nous
l’unité et  tout se déchire. Nos maîtres
disent : Amalek déchire le Nom de Dieu en deux ! A l’intérieur du peuple juif plane
aussi l’esprit de la Déchirure. Nous savons que la fin de son long exil sera
caractérisée plus que tout par la déchirure. Dans son essence, Israël est tout
le contraire : Avraham est celui qui a commencé à réparer la déchirure disent
nos Maîtres dans le
Midrach. Le
peuple juif est aussi celui qui proclame depuis des millénaires : « En ce
Jour D.ieu Sera Un et Son Nom Un ». Mais toutes les forces de la nuit se
renforcent avant la levée du matin. Plus ce peuple revient sur sa terre, plus
les forces de la déchirure tentent de la morceler et de la fragmenter. Mais l’unité,
qui est le signe de cette année, empêchera sans aucun doute que se réalise la
déchirure du peuple et de la Terre. Ainsi le mois de Pourim, qui a failli être
le plus triste de l’année est-il devenu le plus joyeux de tous. Nous savons que
tout peut changer en un clin d’œil !

Alors, même si
nous ne savons plus qui est Amalek, envoyé par Essav et que nous savons que la
menace sera toujours présente, Hachem
considère notre lecture à ce sujet comme si on avait effectivement effacé le
nom d’Amalek, Il  nous épargne pour la
grandeur du Nom Divin et nous assure la délivrance prochaine et entière.
Précisément, nous dit Izhak Attia,
Israël traverse actuellement à nouveau une période sombre et douloureuse. Cependant,
il nous reste encore à espérer qu’Hachem plie nos ennemis à Sa volonté et que
ceux qui haïssent les Juifs soient couverts de honte. Ainsi passerons nous des
ténèbres à la lumière. Alors, il faut montrer à Amalek que Mordekhaï est plus
fort que lui et qu’en dépit des apparences, tous les espoirs sont
permis pour le peuple juif. Celui-ci revient, en
toute conscience, en Eretz Yisrael, la Terre sur laquelle Haqqadoch Baroukh Hou lui a demandé de vivre. Il s’y trouve
maintenant non seulement par la volonté d’Hachem,
mais aussi par la volonté des nations, pour les nations et malgré les nations
et ce n’est pas un « hasard », mais simplement sur Son ordre « Vayikra »
(Il
appela
) et par Sa volonté. Ainsi en dépit de tout et de tous, il y
restera !

* (Les 12 signes
du zodiaque de l’année sont connus depuis les temps les plus anciens. Au cours
de l’année, le soleil les traverse successivement, passant un mois avec chacun
d’eux. On dit qu’un Mazal (signe
zodiacal) spécial domine chaque mois ; c’est la constellation qui est
traversée ce moi-là. Le Créateur envoie Ses bénédictions par leur
intermédiaire. Ainsi le mot « Mazal »
est devenu synonyme de bénédiction. Nos Sages disent toutefois qu’il n’y a pas
de signe zodiacal réservé à Israël parce que les Juifs se situent au-dessus du Mazal et bénéficient, grâce à leur
observance de la Torah et des Mitsvote,
directement de la protection et des bénéfiques décisions d’Haqqadoch Baroukh Hou.)

(Sources :  Rav Dufour, Modia – Dror MeshulamMichaël Mouyal, Lamed – Rav
Moshé Assis
, Rav  Mordehaï Elyahou, Rav Dov Bigon, Izhak Attia,
Rav Shaül Botschko, Rav Haïm Dinovisz, Le Ptit Hebdo)

Pour un cours complet sur la paracha Vayikra, aller sur Modia :  Paracha

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26 Adar 5770 – 12 mars 2010

Le génie du Judaïsme, Conférence
de Bernard-Henry Lévy sur le thème du judaïsme

Mardi 23
mars à 20h30-Paris 5e-Espace Rachi – 39, rue Broca 

Le
philosophe répondra aux questions du public autour de ses deux derniers
livres "Pièces d’identité" et "De la guerre en philosophie" tous deux
parus aux Éditions Grasset.
Réservations au 01 42 17 10 11 -
Paf. 10€ 
  (info RCJ)
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25 Adar 5770 – 11 mars 2010

                     
L’heure de la reconstruction, par Daniel Haïk

La parachat Vayakel Pékoudé se termine par
l’inauguration du Michkan, de la Tente d’assignation qui va accompagner
les Enfants d’Israël dans le désert. Celle-ci intervient, à la fin de la
sidra, le premier Nissan de l’année qui a suivi la Sortie d’Égypte. Au
cours de cette année, les Enfants d’Israël ont traversé la Mer Rouge,
combattu Amalek, reçu la Torah et commis la faute du Veau d’Or. Ce
Michkan, construit par un Bétsalel qui savait en tant que " ‘Ha’ham Lev
"(sage du cœur) associer le génie artistique à l’émotion d’une foi sans
faille, va désormais permettre à D.ieu de résider au milieu du peuple
juif. Il va être un îlot de stabilité dans un désert d’incertitude. Il
sera le garant de l’unité des tribus qui se rassembleront autour de lui.
Il sera l’expression de la spiritualité du peuple juif. Mais plus
encore, il représentera, avec ses acrostiches,- Mele’h (roi), Chofet
(juge), Cohen (prêtre) et Navi (Prophète) -, le modèle d’un pouvoir
parfait, qui dans l’absolu devrait gérer le Am Israël.
Plus de 3 500 ans après l’inauguration au pied du Mont Sinaï de ce
Michkan,
nous aurons le privilège d’assister, cette année à
Jérusalem, et en ce Roch ‘Hodech Nissan (lundi 16 mars), à celle d’un "
Mikdach Méat ", d’un petit " Mikdach " qui n’est autre que l’une des
plus belles synagogues au monde. C’est, en effet, ce jour là que sera
inaugurée, en présence du président de l’État, du Premier ministre, mais
aussi de sommités rabbiniques tel que le rav Yossef Chalom Éliachiv, la
splendide synagogue de la ‘Hourva qui désormais trône au milieu du
quartier juif de la vieille ville de Jérusalem. Deux fois construite,
deux fois détruite (d’où son nom), et enfin merveilleusement restaurée
par des artistes certainement inspirés par Bétsalel, cette synagogue fut
au cours des dernièrs siècles un double symbole : celui de l’aspiration
du peuple juif à revenir s’installer sur sa terre à Jérusalem, mais
aussi celui de l’opposition des nations à ce droit légitime.
En hébreu ‘Hourva signifie ruine. Aujourd’hui, ce bet knesset
reconstruit méritait plutôt de s’appeler ‘Horev, autre nom du mont
Sinaï, tant il porte en lui de formidables défis : celui d’être à
l’instar du Michkan un lieu où réside la spiritualité juive et un centre
de Torah dans lequel Juifs de tous horizons se rassembleront pour
étudier. Mais aussi celui de s’imposer, aux yeux des Nations, comme
l’expression d’un retour définitif du peuple juif dans sa capitale, et
comme un digne prélude à la reconstruction du Temple.

La synagogue de la ‘Hourva: construire les
ruines de Jérusalem
.Elle a été durant des décennies, la plus belle
et la plus grande des synagogues d’Eretz Israël. Détruite par deux fois,
en 1721 et en 1948, la ‘Hourva de rabbi Yéhouda Ha’hassid, située en

…Plus

Programme de l’inauguration de la synagogue Ha’Hourva  Dimanche 14/03/10 (Ouvert au public)

10h-14h15 : Colloque : La voix de la Torah s’élève à nouveau de la
‘Hourva
Avec la participation du rav Israël Méïr Lau, rav de Tel-Aviv Yaffo, du
rav Sim’ha Hacohen Kook, rav de Réhovot, rav Chalom Cohen, roch yéchivat
Porat Yossef, rav Avigdor Neventsal et rav Éliahou Médina,
rabbanim de
la Vieille ville, rav ‘Hay Edry, nassi de la yéchivat Hakotel, rav
Éliahou Zilberman
, roch yéchivat Adéret Eliahou et Arié Morgenstern,
historien, spécialiste de l’histoire des élèves du Gaon de Vilna.
17h30-20h30 : Intronisation d’un premier Sefer Torah dans la ‘Hourva
après 62 ans d’absence

L’écriture des dernières lettres du Sefer Torah aura lieu sur
l’esplanade du Kotel. Le Sefer Torah sera ensuite accompagné par un
cortège qui se dirigera en musique vers la synagogue de la ‘Hourva où il
sera  » accueilli  » par tous les Sifré Torah de la Vieille ville.
Programme musical : Moussa Berlin, le chanteur hassidique Israël
Parnass
, les ‘hsazanim Lipa Glantz, Moché Wallas et Netanel Bar-Am. La cérémonie sera animée par Avi Rath
.
Lundi 15/03/10 (Sur invitation)
17h-19h30 : Fixation de la Mézouza, intronisation d’un second Sefer
Torah et téfila d’Arvit.

19h-21h30 : Cérémonie officielle d’inauguration sur l’esplanade de la
‘Hourva
en présence des Grands rabbins d’Israël, du président de la
Knesset, du ministre de la Construction, de députés, de rabbanim, de
donateurs et d’autres personnalités. Durant la cérémonie seront projetés
plusieurs documentaires racontant l’historique de la ‘Hourva et de sa
reconstruction.
Entre le 17 et le 24 mars:
« Des pierres avec un cœur de chair... » : Rétrospective audiovisuelle
de l’histoire de la ‘Hourva projetée sur le mur oriental de la
synagogue
. Entrée libre.
À partir de mi-avril :
Visites guidées de la synagogue destinées au grand public.
Renseignements et inscriptions au 02-6265902.

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Lundi 15 mars au soir, nous fêtons "Roch ‘Hodech Nissan", le nouveau mois

Pour nos amis « Tune » c’est la Soirée de la
BCHICHA
. Dr Victor Hayoun nous apporte quelques explications sur cette tradition
juive tunisienne vieille de plusieurs siècles.
- La tradition est remplie toutes les veilles de Roch Hodech du mois de
Nissan.
- Etant donné que le mois de Nissan est le premier mois du calendrier
hébraïque, cet événement peut être considéré comme une festivité
marquant un Roch Achana supplémentaire.
- La Bchicha est un mélange, moulu très fin, de blé et d’orge additionné
d’épices, coriandre et fenouil (ou anis). Certaines communautés ont la
coutume d’ajouter à ce mélange des dattes, des amandes, des noix, des
raisins secs, ainsi que du sucre et/ou du miel etc.

la suite …

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22 Adar 5770 – 8 mars 2010

22e paracha :VAYAQHEL
« Il fit rassembler, Moché, tout…» Chémote (Exode) 35, 1 – 40, 38

La fraternité et
l’unité du peuple juif doivent être au niveau du Chabbat et du Temple.
(Modia) La paracha comprend une seule mitsva, la 115°, celle de ne pas
faire de feu pendant le Chabbat
(Chémote 35,3).  
Le
cycle de la semaine est une sorte de retour aux sept jours de la création
. Le 7ème
jour de la semaine, jour du Chabbat
(qui signifie « cesser »), est un avant goût du « Hôlam Haba » (monde à venir), dont
le Rav Eskenazi nous donne la signification : faire de ce monde-ci un
monde vivable ressemblant au monde futur) – Exode 35,1-38,20. Ce temps-là
correspond, nous dit le Chla, au 7e jour du monde, qui peut être considéré
comme le temps de la construction du « Michkane »
(Tabernacle) pendant lequel on doit cesser toute activité créatrice, y compris
l’usage du feu. Dans le
monde des 6 jours, D.ieu est présent pour agencer le monde pour l’homme, qui
n’est pas encore apparu sur terre. A la fin du 6ème jour, l’homme
apparaît dans le monde et devient le maître de l’histoire, mais D.ieu se cache.
(Impossibilité de la présence réciproque de D.ieu et de l’homme.)

Il
nous donne ici l’explication du Zohar : « Dans le monde de D.ieu, il n’y a
pas de place pour l’homme. Dans le soleil, il n’y a pas de place pour la lumière
d’une bougie. Inversement dans le monde de l’homme, a priori, il n’y a pas de
place pour D.ieu, car dans le monde de la bougie, il n’y a pas de place pour le
soleil
. » Le secret de la Torah réside dans le fait qu’il y a une
alliance entre le Créateur et la créature pour tenter de dépasser cette
impossibilité dans le but de construire un monde où D.ieu et l’homme seraient
présents l’un à l’autre (Le michkane
étant la préfiguration du 8ème jour, qui sera le temps messianique).
C’est la signification du beith hamikdach
d’après laquelle la Halakha a fondé
ses règles concernant le Chabbat et
l’interdiction des 39 travaux – 39, c’est 3 fois 13, qui représente la valeur
numérique de« E’had »
(unité de D.ieu). Le Rav Dufour nous explique qu’elle nous montre les liens
avec la vie concrète, personnelle, communautaire et sociale.

Le
peuple s’est engagé pour toutes ses générations. Il a le devoir et l’engagement
de l’ordre reçu  mitsva (commandement),
de le vivre et de le transmettre, comme le dit le premier verset de
cette paracha. On comprend aussi
pourquoi, même les 39 travaux qui ont été nécessaires pendant la construction
du Temple n’ont plus de raison d’être pendant le Chabbat : on est arrivé au coeur même du sanctuaire, on le vit, et
on ne régresse pas alors vers les niveaux de la semaine où l’on construisait
progressivement ce Sanctuaire. C’est le sens du respect et de la conscience du
Juif qui s’interdit les 39 travaux et leurs dérivés. Mais ces interdits ont un
sens : c’est vivre dans un peuple conscient de sa mission, de sa beauté,
de son action pour le bien du monde. Ladite liberté de ne pas vivre le Chabbat est, en réalité, l’ignorance de
la richesse dont on est possesseur et transmetteur. 

Plus
concrètement, la construction du Beith
Hamikdach
représente la construction du monde. Ainsi le Beith Hamikdach est
précisément l’endroit où D.ieu et l’homme peuvent se trouver en présence l’un
de l’autre.
Cependant, pour que la présence de D.ieu et de l’homme ensemble ne
présente pas de danger pour celui-ci, il doit tendre vers la sainteté. Ainsi
créé à l’image de D-ieu, le juif imite son créateur: Il traverse le cycle
d’actions sur le monde physique, puis de retrait qui caractérise la création,
pour retrouver son intériorité, s’élever et parvenir à la sainteté. Les actes
de la semaine sont consacrés aux actes créateurs, la fonction de l’homme
pendant la semaine, c’est de faire le « tikoun du monde »
(réparation) du monde physique par son travail et ses actions ; dans le
domaine du spirituel de le perfectionner en accomplissant des "mitsvote".(commandements). L’homme
apprend ainsi à faire abstraction de sa propre personnalité et s’ouvre aux flux
de la sainteté qui lui procure un sentiment de proximité avec D.ieu.

Le sanctuaire
préfigure un monde qui sera totalement Chabbat
et chaque membre du peuple d’Israël en est déjà une part. La maison
particulière devient un miqddache
qatane
, (un petit sanctuaire). Nous devons protéger cet état de qualité et ce collectif de qualité en n’y
faisant pas de feu, qui réfère à la brutalité de la production concrète. On
comprend maintenant pourquoi la Torah et nos Sages ont organisé de façon très
concrète la protection du Chabbat,
par quelques interdictions supplémentaires, car on ne peut vivre cet état de
bonheur ici sans l’organiser concrètement ; la sortie des automatismes de
travail et d’agitation et de préoccupations ne se réalise pas sans une
protection. On ne reçoit pas sans préparation des amis, de même pour le Chabbat qui est de cet ordre de ce qui
nous est précieux, et bien au-delà. 

Ce
qui a été demandé aux enfants d’Israël lors de l’édification du Sanctuaire pour que "Hachém  habite
en eux
"
c’est ce qui leur est demandé par les textes,
qui sont là pour nous éclairer sur ce que nous pouvons et devons être en tant
qu’humains vivants de la vie pleine de la Création. On comprend ainsi l’importance de l’écoute qui rythme toutes les journées des
Juifs : « chémâ Yisraël, » écoute Israël. La conduite qu’il
est demandé aux Juifs d’avoir réside en trois points : (Middrache
Tan’houma) : étudier ce plan de vie,
avoir l’humilité de la confiance en
Celui qui donne
et agir :
« mets-toi à l’œuvre toi-même de ta propre main et
tu seras vu comme l’ayant monté
(le beith hamiqdach). Il se montera alors de lui-même. »

Le Chabbat
est un retour à la source qui se situe au-delà du temps et qui unit D.ieu et
Israël
« C’est un signe entre nous
que moi, l’Eternel, je vous sanctifie
 » (Exode 31,13). Cela comporte donc une double idée: s’abstenir
de "créer" dans le monde physique, d’une part et, de l’autre, achever
sa propre création spirituelle. Le Talmud Sanhèdrine 65b rapporte : « Tornosrufus
avait demandé à Rabbi Âqiba : Pourquoi Chabbat est-il différent des autres
jours ? Rabbi Âqiba le questionna en retour : Pourquoi un homme comme
toi devra-t-il être prince et important plus que d’autres ? Tornosrufus
répondit : L’empereur César a bien voulu m’élever (à cette dignité). Rabbi
Âqiba reprit : Haqadoch Baroukh Hou choisit le Chabbat et demande de le
respecter.
 »

Le
Chabbat tire sa sainteté du Créateur
Lui-même. Le respecter revient à respecter le Créateur. Aussi le Zohar
affirme-t-il que « Chabbat » est le Nom de D.ieu
Lui-même
. Il est le couronnement de la semaine. Il permet à l’homme de
« faire le plein » de forces spirituelles pour la semaine à venir. Le
Rambane dit : « Le Chabbat est une bénédiction parce qu’il
représente la source des bénédictions. En soi, il constitue les fondements du
monde
 ».Il tire sa sanctification de l’origine de la sainteté.
Pour cette raison, il est singulier en ce sens qu’il ne pouvait avoir d’autre
compagnon, pour s’unir à lui, que le peuple d’Israël, dont la nature est
également singulière. La
fonction du
« beith hamikdach » (sanctuaire) est de rétablir la relation de bonheur qui a existé entre
D.ieu et l’homme créé
: ainsi, le
Chabbat lui-même nous rend
participants de ce "monde à venir" qui reprend et réalise le plan
initial.

(Sources : sites Modia et Leava, – Mi-htav Me-Eliahou Dessler; ( Base sur:
La voix de la Thora de Elie Munk – La rose au treize pétales et introduction au
Talmud de Aldin Steintsaltz) – Grand Rabbinat du Québec – Loubavitch Neuilly)
Texte rédigé à partir des cours du Rav Eskenazi, du Rav Dufour, du Grand Rabbin David
Sabbah – Québec – Rav Ron Chaya

Voir aussi le lien ci-après :  (2)CULTURE JUDAÏSME ENFANTS  Le Chabbat

23e paracha :
PEQOUDE « Voici les fonctions dans le Sanctuaire »
Chémote (Exode) 35, 1 – 40, 38

La Paracha
Peqoudé
conclut le livre de Chemot (l’Exode), Sefer Chemot, le second livre de
la Torah. Normalement, celle-ci et (Vayaqhel) sont lues le même Chabbate, (sauf les années de 13 mois comportant Adar II.) La paracha Peqoudé, qui ne comporte pas de mitsva est lue séparément de
la précédente. Une explication du Grand Rabbin Alain Goldmann :
L’inauguration du Tabernacle après sa construction ainsi que la sanctification du nouveau mois de nissan se sont effectuées par
l’intermédiaire de Moché. Cela nous permet de comprendre que parfois il arrive que la paracha Péqoudé puisse coïncider en même temps que le Chabbat que nous appelons Ha’hodech, parce que nous y relisons le
passage par lequel nous était enseigné les lois de la fête de la Pâque juive.                          

C’est
grâce à la grande générosité de tout le peuple et à son amour pour Hachem que
le Tabernacle a pu être édifié.
La
quantité de matériaux offerts a été largement supérieure aux besoins et comme
ce n’est pas un cadeau personnel que
Moché a reçu, « Péqoudé »,
nous dit Itzhak Attia, est la comptabilité scrupuleuse de la gestion du bien
public. Moché s’est donc trouvé dans l’obligation de demander au peuple de
cesser leurs offrandes, faites avec tant de joie et de bon cœur. Ainsi, en
faisant don de tous leurs trésors, les Bnei
Israël
 ont pu permettre à un
Tabernacle digne de l’Eternel d’être construit. Au moment où s’achèvent les
travaux, Moché fait, en détail, les comptes de l’or, de l’argent du cuivre, des
étoffes précieuses et de tout ce qui fut utilisé pour le Tabernacle et pour les
ustensiles et ornements sacrés. Ainsi, Moïse a-t-il voulu, selon  l’expression des Sages, être quitte envers D.ieu
et envers les  hommes.

Jacques
Kohn nous rapporte l’explication du Rav ‘Hayim Soloveitchik, concernant le
verset (Yeha’ya 1,27) : « Sion
sera rachetée par la justice et ses captifs par la charité »
« Lorsqu’un créancier opère une remise
de dette
,
dit-il, le débiteur tout
autant que son garant sont libérés de leurs obligations. Il existe néanmoins
une différence essentielle entre les deux. La décharge dont bénéficie le
débiteur est un acte de bienfaisance, car il  a, à l’origine reçu de l’argent du prêteur.
Mais celle dont profite le garant, qui n’a jamais recueilli le moindre avantage
personnel du prêteur ne relève pas de la charité
.
» Si on applique cette
règle au Michkane, Rachi explique que
le lieu de résidence d’Hachem a servi à garantir la conduite irréprochable des
Enfants d’Israël.  (On peut considérer
que ceux-ci étaient les « emprunteurs » et le Tabernacle la
« caution ».) Ainsi lorsque Hachem pardonnera à son peuple et qu’en
conséquence le Temple sera reconstruit on considérera sa restitution comme le
résultat normal du pardon qu’Il lui a accordé et non comme une bonté ou un acte
charitable. La libération de Sion sera ainsi un acte de justice. En revanche,
pour ce qui concerne les Enfants d’Israël, l’acte de pardon sera certainement acte de bonté et
de charité de la part du Créateur.

Le
Temple est le microcosme de l’univers, au même titre que l’homme.
Il contient
tous les éléments de la  nature et leur
donne leur valeur et leur sainteté. Il s’opère une sorte de
« transfert » de la sainteté du Temple vers la nature, celui-ci
dispensant la sainteté concentrée à l’extrême en son sein vers le monde entier.
Or, la structure du Temple fait à l’image de l’homme (nous dit Ramhal dans « Michkéné Elion » – Les
Temples Supérieurs) ressemble à celle du corps humain avec le cerveau, le cou,
le buste et les membres. L’homme étant
le microcosme du monde, le Temple est donc représentatif du monde entier
. Rachi 
nous dit (Michkane chap. 38,  21) à propos des comptes de la
construction du Michkane Peqoudim  (bilan des matériaux utilisés pour la
construction du michkane) qu’il
fallait que toutes les pièces soient solidaires pour que l’ensemble puisse
ternir.

On
nous apprend qu’un artiste appelé Ben
Qamtsar
de l’époque du Temple pouvait tenir 4 stylets entre les 5 doigts de
la main et écrire simultanément 4 lettres. C’est ainsi qu’il pouvait, en une
seule fois, écrire les 4 lettres du nom
de Hachem. Si les 2 premières lettres (yod
et hé)
forment à elles seules ce nom, l’ajout de la troisième (vav) supprime leur caractère sacré et
équivaut à un effacement, ce qui est interdit. Voilà pourquoi le talent de cet
homme était apprécié. De même lorsqu’il s’est agi de fabriquer la plaque en or
du Cohen Gadol (Grand Prêtre) qui se
trouvait sur sa tiare, il est écrit (Chemote 39,40) : « Ils
firent la plaque, diadème de la sainteté d’or pur et ils écrivirent sur elle
une écriture en gravures de cachet : « Sainteté pour Hachem »
, (Guamara Yoma 38a et b), on fit appel
à plusieurs personnes pour graver les lettres qui y étaient inscrites, d’où
l’emploi du pluriel de ce verset.

Betsalel, Aholiab et leurs assistants façonnent les 8 vêtements
sacerdotaux – le tablier, le pectoral, le manteau, le diadème, le turban, la
tunique, la ceinture et le pantalon
- suivant les instructions reçues par Moché dans la paracha de Tetsavé. Les
éléments qui composent le Tabernacle étant achevés, ils sont apportés à Moïse, qui érige le Tabernacle et le
consacre en lui apposant l’huile d’onction ainsi qu’à ses ustensiles. Il  initie Aaron et ses quatre fils, prêtres eux
aussi, les revêtant de leurs habits et en les oignant, comme l’avait demandé Hachem. Alors, « la nuée couvrit la
tente d’assignation et la gloire de l’Eternel emplit le Tabernacle
». Ainsi le "Kodesh Ha Kodashim" (le Saint des Saints) est le couronnement du "Michkan"
(Tabernacle) qui n’était jusqu’alors qu’un "corps" matériel. Dès lors,
cet édifice reçoit son âme "La
Chekhina"
(présence Divine) (Ex.15:34)

Mais
tout ce qui est dit à propos du "Michkan"
est valable aussi pour le
"Beith Hamikdach", sorte d’instrument spirituel construit selon
les instructions de la Torah afin d’enraciner la sainteté dans le monde matériel
,
c’est-à-dire pour servir de point de contact entre la sainteté suprême
inaccessible et le monde fini.  
La forme
d’ensemble du "Michkan"
ainsi que les moindres détails sont une sorte de projection du monde supérieur
sur notre monde, qui est comme une fenêtre ouverte entre le monde physique et
les mondes d’En Haut. Le "Michkan"
est donc une image symbolique de l’ensemble du système des mondes. On se
souvient, nous dit le Rav Léon Ezkenazi, que tout ce qui se passe ici-bas (dans
le monde matériel) à une répercussion sur le monde d’En Haut (dans le monde spirituel)
et vice-versa. Puisque le « Michkan »,
plus tard le "Beith Hamikdach" est le point de jonction entre le
monde supérieur et notre monde, c’est par Lui que va se déverser dans le monde
de la réalité l’influence divine.

La
source du trésor que possédaient les Hébreux  dans les 3 matériaux or, argent et cuivre provenait
de la sortie d’Egypte, quand Moïse avait demandé à Pharaon de lui faire des
dons avant de partir. L’Egypte a alors été vidée de toutes ses richesses, de
toutes ses « valeurs »,  pas
seulement le matériel physique, mais également tout ce dont les Hébreux
s’étaient imprégnés dans la civilisation égyptienne, mis à l’abri dans la
construction du Michkane et dans
toute l’histoire postérieure d’Israël, qui est post-égyptienne. Quand Moché
reçu de D.ieu la consigne de demander des cadeaux aux Egyptiens lorsqu’ils ont
quitté l’Egypte, les divinités égyptiennes avaient étaient préparées par Moché pour
être abattues lors du sacrifice de Pessa’h.
Les Egyptiens, qui avaient une religion astrologique, adoraient comme D.ieu
principal la divinité qui représentait le signe du zodiaque dominant du temps. 

Lors
de cette sortie d’Egypte,
le jour du Chabbat
Hagadol
, où on a commencé à préparer l’agneau du sacrifice pour le 14 nissane, il s’est produit un grand
miracle.
Les Egyptiens auraient dû  massacrer les Hébreux. Au lieu de cela, comme
nous venons de le voir, ils les ont comblés de somptueux cadeaux, valeurs de la
civilisation Egyptienne dont Israël s’est chargée par don de l’Egypte. Ces matériaux
sont donc des réalités apparues miraculeusement dans le désert pour les besoins
du
Michkane. Le Midrach nous dit que Israël a vidé l’Egypte comme un pêcheur vide
un étang avec son filet. Lorsque les Bnei Israël quittent un pays, ils le
vident de sa « substantifique moelle ». (Ajoutons que les Bnei Israel avaient été non seulement spoliés de tous leurs biens par Pharaon au début de leur esclavage, mais pendant plus de 2 siècles, ils n’avaient reçu pour tout salaire que remontrances, coups et même la mort en échange de leur travail. Il était donc légitime qu’ils reçoivent un "salaire différé" pour tout le travail effectué et pour les peines et les douleurs physiques et morales endurées. D.ieu est juste !)

Voici
une anecdote vécue par le rabbin Léon Eskenazi : Lors d’un pèlerinage à
Debdou (au Maroc), le berceau des « tsaddiqim »
marocains avec Djerba, le rav était parti avec un groupe de Juifs Français et
Israéliens sous la conduite d’un guide Marocain. Le groupe visita la ville à
cette occasion. L’une des participantes ayant retrouvé sa maison natale s’est
mise à discuter quelques instants avec une Marocaine habitant alors cette même
maison et celle-ci lui a dit : « Depuis
que les Juifs sont partis, tout est parti avec eux ! 
»
Pour
conclure, comme je me plais à le dire, bien que malheureusement à
contre-courant de l’avis général, mais sans intention flatteuse aucune :
que serait le monde sans les Juifs ? Il serait insipide et dénué de sens. En tout cas, le monde, bien qu’il
n’en ait pas (encore) conscience, serait privé d’un trésor très précieux qui
est vie lui-même : la Torah et de tout ce que cela signifie pour lui.

(D’après les cours des
rabbins Attoun, Eskenazi et Lumbroso Roth, Jacques Kohn, du Grand Rabbin Alain
Goldmann et « L’essence de la Torah », par Rav Mordékhaï Chriqui
& Dr Avraham-Giles Morali, Itzhak Attia)

Vous trouverez ici le commentaire des 2 parachiyote de la semaine du site Modia : - Vayaqel et Piqoudé

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