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Apprendre avec Modia :
Comprenez ici pourquoi la paracha lue tel chabbat peut être différente en diaspora ou en Israël :
(A ce sujet, merci au site Modia de nous donner l’occasion d’apprendre : nous nous sommes aperçus sur ce blog que nous avions commis une erreur quant à la raison des différences dans l’étude de la paracha hebdomadaire en Israël et en diaspora et de la corriger. Voilà l’explication exacte de cette différence, ici) :
Il vous faut donc chaque fois connaître localement le nom de la paracha de la semaine puis aller choisir le commentaire de la paracha ici sur Modia:
http://www.modia.org/tora/index.php
Cette semaine et ce chabbate du 5 avril, en Israël, on lit la paracha Emor
http://www.modia.org/tora/vayiqra/emor.php
Voici son thème: Il ne suffit pas de lire la paracha comme un texte extérieur de mathématiques ou de droit. Elle est écrite pour nous transmettre un message d’existence et un plan divin. Même dans ce qui semblerait en être des principes généraux. Il faut entrer dans l’intérieur du texte par l’intérieur de notre être : 1. Le Cohen Gadol manifeste la volonté de rénovation de l’homme. 2. De sa sainteté, nous devons apprendre comment vivre, comme lui, pour nous rapprocher le plus de Hachém. Comme lui-même procède, nous devons tout faire pour éviter de prendre de la distance par rapport à cette sainte présence ; et cela, sur tous les plans de l’être, de la pensée, des relations et des actes. 3. Cette paracha est particulièrement intéressante sur le plan de l’étude car elle nous démontre que, si l’on peut saisir un sens global comme nous venons de le faire, la Torah nous incite à une rigoureuse analyse intellectuelle pour nous faire comprendre combien ce que la Torah demande doit saisir finement tout notre être.
En diaspora, étudions la “paracha” (sections de la Torah) de cette semaine: AHAREI MOTE et QÉDDOCHIM.
Voici ce que la première nous enseigne: Bien gérer nos audaces dangereuses et mortelles. Comment étudier la Torah.
http://www.modia.org/tora/vayiqra/aharemote.php
Voici ce que la seconde paracha nous enseigne: Quelle est la forme de sainteté dans le judaïsme.
http://www.modia.org/tora/vayiqra/qeddochim.php
Ci-dessous tout sur la période extra-ordinaire de développement personnel chaque jour pendant le Omér: http://www.modia.org/infos/calendrier/dp-omer4.html
Il est indispensable de lire la traduction en français de chaque paracha avant ce commentaire pour bien le comprendre.
Texte de la paracha dans la Bible hébraïque ici : Lire le texte
29e Paracha : A’haré Mote – “Après la mort…” Bien gérer les audaces mortelles. Comment étudier la Torah et 30e Paracha : Qéddochim “Soyez saints” Vayiqra (Lévitique) 19, 1 – 29, 27
La paracha A’haré-Mot et la paracha Qéddochim décrivent en détail le cérémonial dans le Temple du jour de Yom Kippour. En particulier, elle décrit le tirage au sort qui permettait de désigner, parmi deux boucs, celui qui sera offert dans le Temple et celui qui sera envoyé dans le désert pour y expier les fautes d’Israël. Elle se termine par l’interdiction d’offrir des sacrifices dans un autre lieu que le Temple et l’interdiction des relations interdites (inceste, adultère, etc…).Cette paracha est celle qui mentionne le plus grand nombre de commandements. Elle commence par le devoir d’être «saints» «qéddochim» tout comme D.ieu est Saint. Elle continue en donnant la liste des commandements qui nous permettent de nous attacher à D.ieu et, en quelque sorte donc, de Lui ressembler. Cette liste mentionne, entre autres la tsésaka, que l’on traduit souvent par le terme chrétien de «charité», que l’on peut aussi traduire par (justice), autrement rééquilibrer la balance en donnant à ceux qui ont moins que nous, ou l’égalité des droits devant les tribunaux, le Chabbat, la moralité, l’honnêteté dans les affaires commerciales, le respect des parents, le caractère sacré de la vie. C’est dans la section de Qédochim que nous retrouvons le verset «Tu aimeras ton prochain comme toi même» à propos duquel le grand maître Hillel disait : «C’est l’essentiel de la Torah, le reste n’est que commentaire».
A la suite du décès de Nadav et Avihou (cf. paracha Chemini, D.ieu met en garde contre toute entrée intempestive dans le sanctuaire. Seul le Cohen Gadol (le Grand Prêtre) peut, une fois l’an, à Yom Kippour pénétrer dans le Saint des Saints pour y offrir l’encens. Un autre trait du service du Jour du Pardon est le tirage au sort entre deux boucs auquel il est procédé : L’un est offert en sacrifice à D.ieu tandis que l’autre, chargé de toutes les fautes des enfants d’Israël sera envoyé dans le désert; La paracha enjoint également de n’apporter de sacrifices qu’au Temple et interdit formellement, la consommation du sang. Elle énonce les différentes formes d’inceste et de relations prohibées. la Torah n’est pas un traité de théologie exposant une thèse par chapitre. Mais, la vérité divine à nous transmise est révélée seulement à celui qui se pose des questions sur un texte qui ne se dévoile que par là, selon des règles elles-mêmes transmises aux maîtres de la tradition. Sinon, nous aboutirions à des catastrophes, avec les meilleures intentions ; c’est la leçon de cette paracha. En conséquence, a fortiori, il va de soi que des thèses théologiques multiples, qui relisent la Torah à partir d’un présupposé nouveau (alliance nouvelle, prophète nouveau, gourou nouveau, thèse psychologique, historique, etc…) ne sont que des supercheries intellectuelles : la Torah, sachant ces procédés répétitifs en toute génération a mis explicitement en garde : il faut lire sur cela le chapitre 13 de Dévarim. La Torah n’est pas une thèse personnelle. Même si elle peut contrarier. Cette paracha présente ce qui peut apparaître comme un paradoxe. Les passages qui ouvrent la lecture évoquent Yom Kippour, le jour le plus saint de l’année, le jour où le Peuple Juif «ressemble à des anges». Ce jour-là, «ils se purifient devant D.ieu». Cependant, la conclusion de la lecture de la Torah nous met en garde : «Ne révèle pas la nudité de ton père ; ne révèle pas la nudité de ta mère… Ne te livre à aucune de ces abominations.» Apparemment, il ne s’agit pas de sujets dont il faudrait prévenir des anges ! Pourquoi donc ces sujets si antithétiques sont-ils inclus dans la même paracha ? La réponse à cette question est donnée en allusion dans le nom de la paracha : A’haré, qui signifie «après» et dans son premier verset : «Et D.ieu parla à Moché après la mort des deux fils d’Aharon qui s’étaient rapprochés de D.ieu et étaient morts.» Yom Kippour est le moment où chaque Juif «se rapproche de D.ieu». Néanmoins cette expérience ne doit pas se suffire à elle-même. Il nous faut, au contraire, nous concentrer sur ce qui se produira après. La façon dont nous nous rapprochons de D.ieu doit être liée aux jours et aux semaines qui suivent. Les plus profondes aspirations de notre âme et les hauteurs les plus élevées de notre expérience religieuse doivent être liées aux réalités de notre existence matérielle. La spiritualité n’est pas une dimension ajoutée, supplémentaire, détachée de notre expérience quotidienne mais un moyen grâce auquel nous pouvons transformer notre vie ordinaire et l’élever. En fusionnant nos réalités matérielles et spirituelles, nous raffinons le monde, l’imprégnons de sainteté et le transformons en une résidence pour la Présence Divine. C’est la raison pour laquelle nous lisons les passages concernant les relations interdites dans la paracha de la Torah qui décrit le service des sacrifices de Yom Kippour et en fait, nous lisons ces mêmes passages l’après-midi-même de Yom Kippour. Chacun de nous connaît des moments où notre cœur est bouleversé et où nous nous sentons plus en contact avec notre âme et avec D.ieu. Yom Kippour en est un exemple, c’est un jour où nous nous retranchons de toute préoccupation matérielle. Mais même alors, nos yeux doivent regarder vers le bas. La force spirituelle de ces moments et de ces jours particuliers doit être utilisée pour redonner de la vitalité à notre service divin de chaque jour et pour nous motiver à agir en accord avec les désirs divins même dans le contexte de situations où nous risquerions d’être tentés de suivre d’autres cheminements. En même temps qu’elle nous demande d’observer fidèlement Ses lois, la Torah indique que « l’homme “vivra par elles”» (Vayiqra 18, 5). De ce précepte a été tiré une règle fondamentale: On doit vivre par les mitsvote, et non mourir par elles (Notamment Yoma 85b). Reste à déterminer le champ d’application de cette règle. On sait qu’il existe 3 fautes « graves », qui sont l’idolâtrie, la débauche sexuelle et le meurtre, pour se préserver desquels on doit subir le martyre plutôt que les commettre (Sanhédrin 74a). Qu’en est-il des autres transgressions ? De nombreux ouvrages ont été écrits sur ce sujet, et nous nous contenterons ici d’évoquer les limites qu’il est permis d’instituer aux règles de la cacheroute. On trouve dans le 2ème livre des Rois (6, 24) le récit d’une famine dont ont souffert les habitants de la ville de Samarie lorsqu’elle a été assiégée par les Syriens. Cette famine affama la population de cette ville, au point que « le prix de la tête d’un âne s’éleva jusqu’à quatre-vingts chéqels d’argent, et le quart d’un qav (mesure d’environ un litre) de fiente de pigeon à cinq chéqels d’argent ». Ce siège, explique Ralbag/Gersonide, dura probablement très longtemps, ce qui explique le renchérissement considérable des denrées alimentaires et notamment celui de la tête d’un âne. Cette précision touchant un animal impur indique que les habitants de Samarie en ont mangé. D’où l’on peut conclure qu’en cas de danger pour la vie, mais uniquement dans ce cas, il devient permis de manger des aliments interdits.
La paracha se clôt sur l’énumération des interdits sexuels : les divers cas d’inceste, les rapports avec une femme en menstrues, l’adultère, les rapports homosexuels, la bestialité. Elle interdit également de consacrer ses enfants au Moloch etprécise que c’est parce que les Cananéens se sont complus dans ces abominations que la terre de Canaan les vomit. « Vous observerez Mes lois et Mes statuts, parce que l’homme (ha-adam) qui les pratique obtient, par e, la vie ; Je suis l’Eternel. » (Traduction de la Bible du Rabbinat, Op. Cit.) Pour éclairer l’enseignement important d’universalisme de la Torah qu’induit ce verset, la Torah Temima cite la beraïta suivante : Tania (on enseigne) : Rabbi Meir (Rabbi Baroukh Halévi Eptsein a dit (Baba Qama 38a) : « D’où savons-nous que même un idolâtre qui s’occupe de Torah éqivaut à un grand prêtre ? C’est parce que le verset dit : « L’homme qui les pratique ». Il n’est pas dit prêtres, lévites et fils d’Israël, mais homme. On serait tenté d’objecter à cela l’enserignement bien collu de la Guemara (Yebamot 61a) sur le verset du prophète Ezéchiel : (Ezéchiel 34,31). « Et vous, Mes brebis, brebis que Je fais paître, vous êtes (des) hommes (adam). Moi Je suis votre D.ieu, dit le Seigneur D.ieu. » Ce qui mène le Talmud à dire : « Vous êtes nommés adam, et les nations du monde (idolâtres) ne sont pas nommés adam ! » Dans bien des milieux piétistes, on en conclut de façon fautive que seuls les Juifs seraient des hommes et que les goyim ne le seraient pas. Cela dénote de la part de ces milieux une ignorance extrême de la foi monothéiste d’Israël, qui n’est pas une « monolâtrie », ainsi que de la précision des textes qu’ils ne citent que très approximativement. On consultera avec profit la note des Tosssafistes sur le sujet (Sanhédrin 59a) : « Il y a une différence entye adam et ha-adam. » Adam sans l’article désigne la lignée messianique qui va du premier Adam au fils de l’Homme, seule soumise à l’ensemble des commandements de la Torah, Ha-adam, l’Homme en général désigne tous les hommes qui peuvent, a priori, être tous des justes selon la loi de Noa’h. Or, le verset d’Ezéchiel porte le mot adam et non ha-adam. On comprendra donc que la traduction citée par nous (Traduction de la Bible du Rabbinat) est imprécise en français et c’est pourquoi nous l’avons citée sous cette forme : « vous êtes (des) hommes ».Le mot « des » est en trop, car il renvoie fautivement à l’article de ha-adam. D’autre part, le verset d’Ezéchiel est interprété pour Israël seul, en ce qui concerne l’impureté contractée au contact du cadavre. (Yéhamot 61a sur Nombres 19, 14) Du Torah Temima nous apprenons deux choses essentielles : Un homme de quelque peuple qu’il soit et qui s’occupe de Torah équivaut au grand prêtre. En effet, notre verset porte le mot ha-adam, qui signifie bien tout homme, même idolâtre ! La question de savoir si les goyim doivent êetre considérés comme idolâtres, fût-ce à leur insu, est un autre problème. Cette référence se retrouve aussi sous « Nations du Monde. » D’autre part, dans cette « occupation de la Torah », il ne s’agit pas d’étude comme l’indique habituellement le terme employé « La’assoq ba-Torah », mais bien de pratique, puisque notre verset porte le terme « acher ya’assé otam » (qui les pratique).
Heureux qui trouve des amis, des compagnons de chemin, des livres ou des maîtres capables d’accompagner sur ces voies nobles et très subtiles de la Torah. Sans cela, ce n’est pas possible. Pour garder l’équilibre, D.ieu a donné à Moché trois outils : l’étude, la pratique intégrale des mitsvotes et l’humilité.Veillons cependant aux règles de prudence de Rabbane Chimeone bén Gamliél pour lesquelles il ajoutait ces mots qui peuvent assurer le bonheur en ce monde, et permettre au monde de subsister : “le monde se maintient par trois dynamiques : la vérité, la justice et la paix… dans tes portails (cf Zacharie 8, 16). Mais ne renonçons pas non plus à la grandeur infinie de la Torah comme, après la phrase de Rabbane Chimeone, Ribbi ‘Hanania bén Âqachia dit ces mots que l’assemblée proclame avant le qaddiche : “Hachem le désire ainsi dans Sa justice, Son tsédéq, il a voulu que la Torah soit glorieuse et majestueuse. (Isaïe 42, 21). Aujourd’hui: nous n’avoncerons que lorsque nous aimerons et connaîtrons les différentes traditions qu’ils faut prendre en considération. Ainsi d’un séfer Torah qui n’est valable et cashér que dans la conjonction de toutes ses lettres exactes. Le rav Dufour nous dit que ces enseignements ne sont pas simples à accepter, ils ne sont pas simples à étudier non plus, ni à synthétiser ainsi ; cela nous a demandé des années d’étude pour parvenir à trouver ces sources précises, sérieuses, certaines, de la tradition, les relier et les comprendre dans l’axe sûr de la tradition sous le guidage sûr et affectueux de maîtres qui ont reçu la tradition.
Qéddochim “Soyez saints” Vayiqra (Lévitique) 19, 1 – 29, 27 Avant tout, définissons ce que signifie exactement le mot « qédoucha » en hébreu. Souvent nous traduisons par« saint », mais « qédoucha » signifie également « séparation ». Comme le remarque le Yalkoute Chimoni, c’est la seule paracha qui commence par l’indication d’un rassemblement (“parle à toute la communauté des enfants d’Israël“, 19, 2). Elle était lue pour cela à tout le peuple qui était rassemblé, ce que l’on appelle le haqhel : Rachi dit mélamméd chénéémera faracha zo béhaqhél, “ce verset nous enseigne que ce chapitre fut dit en assemblée“. Il reprend là le Middrache Vayiqra Rabba 24, 5. C’est que la paracha est comme un ensemble qui concrétise les dix commandements et même toute la Torah. Rachi dit : mipné ché rov gouféi tora telouyim ba, “parce que la plupart des lois fondamentales de la Torah en dépendent“. Ce qu’est l’humanisme du Juif et sa mission, une sainteté au nom : qédoucha.La paracha commence (en Vayiqra 19, 2) par l’injonction particulière qui lui donne son nom : “saints, qédochim, vous serez”. Qu’est-ce que cela veut dire ? Rachi, comme chaque fois, va apporter simplement la solution et ouvrir des horizons. Il dit : qédochim tiyou (soyez saints) ; hévou férouchim min haârayote… (soyez à l’écart des rapports sexuels interdits et des fautes), ché kol maqom chéata motsé ghédér êrva, ata motsé qéddoucha, (car en tout endroit dans la Torah où tu trouves une barrière devant les rapports sexuels interdits, tu trouves “sainteté, qéddoucha“). Et il donne un exemple : “une prostituée ou déshonorée tu n’épouseras pas… Je suis Hachem qui vous sanctifie”. Nous apprenons donc par là que – la sainteté n’est pas une qualité morale vague, spiritualiste, – la sainteté est liée à une limite posée, – elle sépare de ce qui est impur, particulièrement dans le domaine sexuel. – elle a une analogie avec la relation de couple insatisfaisante. Le Chla dit que la paracha précédente mettait en garde afin de ne pas faire le mal, mais celle-ci place des limites pour que l’on fasse le bien. La paracha commence par un futur (saints vous serez, qédochim tiyou) au lieu de dire à l’impératif “soyez saints”. Par contre, elle termine (20, 26) par un impératif : “soyez pour moi saints, vihéyitém li qédochim”. Par ce doublet, nos Sages tirent de beaux enseignements sur le fait que se préserver en ce monde et agir bien en ce monde assure également la participation à la sainteté du monde d’En-haut. En cela se manifeste le privilège de l’homme sur les autres créatures et par rapport aux anges. L’homme est un être qui participe des deux mondes, il a deux couronnes. Et lui seul peut décider. Cette grandeur de l’homme explique les commentaires disant qu’Israël existait avant la Création du monde. Cela explique également le premier commentaire de Rachi dans toute la Torah – qui donne à Israël une place centrale, – la gratuité du don par Dieu à ce peuple de la terre nommée Israël, – le don même si les autres peuples veulent l’accaparer. En effet, dit le Chla, les deux premières lettres d’Israël (youd, chine) correspondent à l’émergence de “l’être, yéche” essentiel. Cela n’est pas un privilège, c’est une exigence, et une exigence terrible qui a sa source en Haut. Voilà pourquoi il est dit : “soyez saints parce que Je suis saint”. Tout est dit là avec précision : non pas “vous êtes saints ou les meilleurs”, mais “c’est parce que Je suis saint que vous l’êtes”. Nous comprenons maintenant pourquoi le Chla organise les mitsvotes de la paracha et les répartit selon la sainteté du corps, de l’espace, du temps.
- La sainteté du corps comprend elle-même tout ce qui est récipient et outils et ce qui l’anime, l’âme et le coeur. “Les devoirs des coeurs” sont décrits dans le livre de Rabbénou Ba’hya ben Yossef ibn Paqouda qui porte ce nom (‘hovote hallévavote) et on l’étudie spécialement avant le début de l’année, dans la période de redressement de soi-même avant Roche Hachanna, pendant le mois de Eloul. L’importance de la sainteté du corps est grande dans le judaïsme à travers tout ce qui concerne la nourriture, la vie sexuelle, le lavage des mains, et la conception de la peau qui peut être lumière ou blindage, les vêtements, les bijoux, les parfums. - La sainteté de l’espace concerne particulièrement tout ce qui est mis en jeu dans le Temple et qui se fait “devant Hachem“. C’est Avraham qui a développé la sanctification de l’espace ; on peut relire sa vie selon cet axe. - La sainteté du temps est englobée dans le concept de chabbate qui n’est pas seulement l’un des jours de la semaine ; en effet, dans le judaisme, les jours de la semaine n’ont pas de nom de planètes ou de dieux comme dans le calendrier occidental usuel (mardi = le dieu mars, etc) mais chaque jour juif a un chiffre qui le nomme “premier jour dans le chabbate”, etc. Ainsi chaque jour, en sa nature est coparticipant de la sainteté du chabbate et doit être vécu en conséquence. En ce sens, le Chla indique même dans un autre passage que “l’âme supplémentaire” (néchama yétéra), dont nous bénéficions le Chabbate, est faite pour en prendre usage pendant la semaine.
Cette paracha est très courte mais elle comprend 49 mitsvotes (212 à 262). Selon la méthode d’étude du Chla, nous devons chercher leur point commun qui sera le message essentiel ; pour cela nous allons considérer leur ordre, leurs liens et leur ligne directrice. Voyons en quelques unes : - le respect dû à la mère et au père (Vayiqra 19, 3), – de nombreuses interdictions : l’interdiction de pensées idolâtres, de se construire des idoles, – l’interdiction de manger des restes des sacrifices en dehors du temps prescrit (voir aussi Chémote 29, 33-34), – l’interdiction de récolter sur le dernier angle du champ, de la vigne (19, 9-10), – le devoir de veiller au pauvre (19, 10), – l’interdiction de fausser les mesures, de manquer à la parole, de ne pas payer à temps, de voler, de prononcer des verdicts injustes, de porter tort à autrui, de donner de mauvais conseils, de maudire, de ne pas porter aide aux victimes ni aux frères dans le besoin, – le devoir d’exhorter autrui (19, 17), d’aimer tout membre d’Israël comme soi-même (19, 18), – l’interdiction de se venger (19, 18), – de manger des fruits avant plusieurs années de croissance, de boire et manger avec gloutonnerie (19, 18-24), – de pratiquer la divination (19, 26), de se coiffer comme les adeptes d’autres cultes, d’imiter leurs pratiques et leurs usages (20, 23), – le devoir d’honorer les Sages et ses parents (19, 32); – le devoir d’avoir des balances justes (19, 36) et le devoir exécuter les décisions de justice qui concernent toutes ces fautes. Tout cela se résume en deux indications : - soyez saints, qédochim, – ne vivez pas selon les règles et usages des autres peuples. Le sens global en est d’une part, que le judaïsme a une morale qui s’étend à toutes les dimensions des relations, de l’action, du temps et de l’espace (un humanisme), d’autre part, cette morale de vie humaniste a une source qui lui donne son être et c’est l’être même du Créateur en ce qu’Il est qadoche, saint. La paracha renferme l’une des pierres angulaires du Judaïsme : «tu aimeras ton prochain comme toi-même». Apparemment, cette injonction peut sembler impossible. Nous ne nous soucions réellement d’autrui que dans la mesure où nous percevons un dénominateur commun avec lui mais ce dénominateur commun n’affecte qu’une part limitée de notre personnalité. Il ne peut jamais nous pénétrer totalement car chacun d’entre nous est habité par une préoccupation personnelle fondamentale : il n’existe personne avec qui nous puissions nous identifier aussi profondément qu’avec nous-mêmes. C’est la raison pour laquelle, dans la mesure où nous maintenons cette forme d’égocentrisme, il n’y a aucun moyen d’aimer une autre personne autant que nous nous aimons nous-mêmes. Il est possible, cependant, de redéfinir le sens de notre égo. Au lieu de nous concentrer sur notre «moi» profond, nous pouvons mettre en lumière cette étincelle divine que nous possédons, notre essence véritable et profonde. Et quand notre étincelle divine brille de toute sa lumière, elle nous permet d’apprécier qu’une même étincelle brille dans l’autre. Nous pouvons alors aimer autrui autant que nous-mêmes parce que lui et nous partageons une identité fondamentale. Mais comment atteindre un tel niveau d’amour ? En regardant au-delà de nos préoccupations personnelles et matérielles et en nous concentrant sur le cœur spirituel qui existe en chacun. Aimer réellement l’autre signifie ne pas nous attarder sur ce qu’il peut faire pour nous ou sur la raison qui fait qu’il nous attire mais sur le potentiel divin qu’il possède. C’est sur cette base que nous pouvons comprendre la raison pour laquelle Hillel, l’un des plus grands Sages du Talmud, déclare qu’aimer son prochain constitue «la Torah tout entière», le reste n’en étant qu’un simple commentaire. Nos Sages réfléchissent sur cette déclaration car, bien que la Torah s’appesantisse sur les relations entre l’homme et son prochain, elle met également beaucoup de poids sur les relations entre l’homme et D.ieu. Quel rapport peut-il exister entre aimer son prochain et l’observance du Chabbat, le respect des lois alimentaires ou de toutes les obligations rituelles du Judaïsme ? Mais lorsque nous nous entraînons à dépasser nos préoccupations personnelles et aimons l’autre à cause de son essence divine, nous sommes alors capables d’apprécier l’enseignement d’Hillel. Car le but de chaque mitsva de la Torah est de nous aider à voir au-delà de l’aspect matériel de notre existence et à en apprécier l’essence spirituelle. “Révérez, chacun, votre mère et votre père, et observez Mes Chabbats, Je suis l’Éternel votre Dieu !” (Vayikra, 19, 3). Et Rachi : “Ce texte rapproche l’observance du Chabbat et de la crainte du père afin de t’enseigner qu’en dépit de l’injonction qui t’est faite ici de le craindre, si ton propre père te demande de profaner le Chabbat, ne l’écoute pas (Yévamot 5/b) ! Et de même pour toutes les autres mitsvote ! Le Traité talmudique Nidda (P. 31a) explique qu’il y a « 3 associés » dans la création de tout enfant : D.ieu, le père et la mère. Chacun contribue à sa façon à la gestation et à la naissance de ce petit être. Or, étant tous les 3 indispensables et incontournables pour faire venir au monde cette vie, envers qui l’enfant devra-t-il en définitive manifester le plus de respect ? Le verset précité vient donc souligner que comme c’est évidemment l’Eternel qui assure notre vie bien au-delà et après la naissance – alors que les deux autres associés ont déjà achevé leur part dans cette misison – c’est Lui que nous devons vénérer en respectant scrupuleusement tous Ses commandements… parfois même en dépit de la volonté de nos parents !
Comment les leaders spirituels peuvent-ils parler pour transmettre cette Torah au peuple qui ne l’a pas reçue et qui, en conséquence et avec la meilleure bonne volonté, prend les critères idéologiques des autres nations pour se gérer et appelle “religion laissée à l’appréciation personnelle” la Torah ? Sur le plan personnel ou familial, il ne suffit pas de monter vivre sur la qédoucha de la terre d’Israël, il faut encore travailler pour trouver les mots qui nous permettront d’éduquer les enfants de façon quotidienne dans cette ligne. Il y a un scénario de mots qui expriment cette rencontre de la qéddoucha. Chacun trouve les siens pour soi , et pour parler aux enfants, afin de les y rendre sensibles. Alors, le travail que l’on se propose pendant le Ômer prend son sens, de même que la lecture des Principes des Pères. Beaucoup de jeunes Juifs et Israéliens sont en crise de valeur et refusent à un certain âge un judaïsme de pratiques et d’habitudes, car ils sont à l’âge où on a besoin de sens, de ressenti vrai, de cohérence, d’échange sur ces questions. Beaucoup de parents sont en désarroi alors, au lieu de comprendre que cette crise est une aubaine pour refonder le sens des choses, et le refonder ensemble. Cette paracha peut y aider grandement. Cela peut d’ailleurs être l’occasion d’heures de discussion en famille ou en groupes d’amis sur ce thème.
(Sources : Torah Box – ‘Haïm Nissenbaum, Loubavitch.fr – Chiourim.com – Jacques Kohn - Rav Dufour, Modia – Léon Ashkenazi, Leçons sur la Torah)

