PARACHAT HACHAVOUA – Paracha de la semaine du 17 au 18 août 2012

 

 

http://blufiles.storage.live.com/y1poE207f3mppVeqeYSP60D5FERW1CCx_J3lklcN6-fS_zamD4qtMqw5Z_lBW9Fc8m952EGgJ5t-zkvendredi 17 août 2012

Toy Printed Sefer Torah - Tear-resistant!      La paracha de cette semaine avec Modia  ici :

1. Etudiez, bientôt commencera le mois de Eloul: http://www.modia.org/infos/calendrier/eloul.html

2. Ce Chabbat, le commentaire de la paracha avec des grands thèmes d’études:
46e Paracha : Réé : Dévarim (Le Deutéronome) 11, 26 – 16, 1 Haftara: Isaïe 54.11 – 55.5.

http://www.modia.org/tora/devarim/ree.html

Ses thèmes essentiels pour chacun de nous: La Torah n’est pas une théorie ni une spiritualité mais elle est un corps vivant, pour des vivants, inséparable en toutes ses parties dans l’action des mitsvotes.

3. Etude de la haftara: Consolez mon peuple : les 7 haftarotes de consolation envers la terre et le peuple d’Israël :

http://www.modia.org/tora/devarim/7haftarotes.html

4. Le monde est emporté dans une tempête de haines, partout. Aucun groupe théologique, ethnique, politique, culturel n’est épargné. On mise sur les armes pour l’emporter et non pas sur les valeurs communes ni sur l’éducation. Tous les éducateurs se lamentent partout sur la dégrigolade des repères moraux et des idéaux chez les jeunes. Il est temps de connaître la grandeur et la clarté de nos idéaux concrets enseignés dans la paracha, mais aussi de reconnaître que notre fonction est globale dans le monde et non pas uniquement interne, et de reconnaitre aussi les valeurs fondamentales présentes chez les autres, même si les courants de mépris, de profit et de fanatisme y règnent aussi.

5. Nous sommes le 25 Av et voici les prochains anniversaires:

Le 26 Av En 1806, arrivée sur la terre d’Israël d’une alyah des élèves du Gaone de Vilna, le 8 août.
En 1920, le 10 août, le gouvernement turc cède aux Britanniques ses pouvoirs sur la Palestine par le Traité de Sèvres.
28 Av Moché revient au campement après sa seconde montée au Sinaï (Rachbam, sur Baba Batra 121a). En 1893, hiloula de Rabbi Naftali Tsvi Yéhouda Berline, de Volozhine, le 10 Août. En 1972, hiloula du Nazir, le Rav David ha Cohen.
Le 29 Av En 1909, hiloula de Rabbi Chmouel Salant, Grand Rabbin askénaze de Jérusalem, le 16 août. En ce jour, Yom Kippour qatane (petit Yom Kippour) : jeûne observé par une partie des juifs qui se rendent également sur les tombes des tsaddiqim ou à Jérusalem et Hébron en signe de téchouva (repentance). Pour célébrer la hiloula des avotes. Montée de masse des juifs à ‘Hévrone et, exceptionnellement la salle de la tombe de Yit’haq sera ouverte et non réservée aux seuls musulmans.
Le 30 Av Moché monte au Sinaï pour recevoir les secondes Tables (Chémote 33, 11 et son Rachi). Premier jour du Roche ‘Hoddéche Eloul.

Chavoua tov et Chabbat chalom. Rav Yehoshua Rahamim Dipour. Yerouchalayim.

_____________________________________________________

Il est indispensable de lire la traduction en français de chaque paracha avant ce commentaire pour bien le comprendre. Texte de la paracha dans la Bible hébraïque ici : Lire le texte

47e Paracha : Réé “Vois”Dévarim (Deutéronome) 11, 26 – 16, 1

« Vois », dit Moïse au peuple, « Vois, je présente devant vous aujourd’hui la bénédiction et la malédiction » : la bénédiction qui résultera de l’accomplissement des commandements été son contraire de leur abandon. L’une et l’autre seront proclamés sur le Mont Guerizim et sur le Mont Ebal quand le peuple aura traversé le Jourdain. .Le Temple devra être établi «au lieu que D.ieu choisira pour y faire demeurer Son nom». Le peuple y apportera ses sacrifices ; nulle part ailleurs on ne pourra faire d’offrandes à D.ieu. Il reste permis d’abattre, en dehors de ce lieu, des animaux, simplement pour en manger la viande. Le sang, cependant, (qui est versé sur l’autel dans le Temple) ne doit jamais être consommé. Un faux prophète ou celui qui entraîne son prochain à servir les idoles doit être condamné à mort; une cité idolâtre doit être détruite. Les signes qui permettent d’identifier les poissons et les animaux cachères, ainsi que la liste des oiseaux non cachères sont répétés. (Ils avaient d’abord été mentionnés au chapitre 11 du Lévitique.) Un dixième de toutes les productions devra être consommé à Jérusalem ou bien être vendu pour de l’argent, lequel servira à acheter des nourritures là-bas et à les y manger. Certaines années, cette dîme est donnée aux pauvres. Les premiers nés du gros et menu bétail doivent être offerts dans le Temple et leur chair est consommée par le Cohen(prêtre). La mitsva de charité oblige un Juif à aider son prochain nécessiteux par un don ou un prêt. L’année sabbatique (qui intervient tous les sept ans), toutes les dettes doivent être abandonnées. La paracha s’achève avec les lois régissant les trois fêtes de pèlerinage, Pessa’h, Chavouot et Souccot, durant lesquelles chacun doit venir « voir et être vu » devant D.ieu au Saint Temple. Le début de ce chapitre, nous dit le Rav Dufour, explique un phénomène qui ne peut être accepté par les scientifiques ou toute personne considérant la nature comme une puissance soumise à des lois physiques. En effet le premier verset bouleversera nos académies qui enseignent des règles qui font que le système météorologique est indépendant de toute relation métaphysique. La paracha organise tous les enseignements de la Torah en deux catégories : bonheur ou malheur (bénédiction ou malédiction) et présente cela comme un absolu (ou Hachém, ou les autres cultes interdits) dès que le peuple juif sera dans l’endroit où il doit vivre : le lieu de la résidence de Hachém, la terre d’Israël ; en fonction de cela, suivent un grand nombre de pratiques nécessaires et obligatoires, les mitsvote. Ce texte nous prescrit jusque dans les détails quoi manger et quoi ne pas manger. La bénédiction comme la malédiction du produit de la terre obéissent au seul bon vouloir de D.ieu En réalité D.ieu se soumet au bon vouloir de l’homme dès l’instant où il applique les mitsvote. La bénédiction lui est acquise à profusion. A contrario, D.ieu se doit de sévir par une malédiction lorsque l’homme se détourne des mitsvote.-La Torah pointe dans ce texte tout ce qui va se passer dans l’histoire, comme cela s’est effectivement passé : des soi-disants prophètes voudront trier dans la Torah et feront des miracles comme preuve de leur autorité pour se construire un personnage au nom de la Torah. Le christianisme et d’autres religions successives sont directement pointés à l’avance… par la parole de D.ieu depuis des millénaires, non pas par les Juifs. La Torah enseigne encore dans ce chapitre 13 de Dévarim de la paracha : leurs miracles et les visions seront réels mais ils ne prouveront rien car ce sont ipso facto de faux prophètes ceux qui veulent modifier la Torah. Libre à chacun de créer des religions, mais on ne peut pas le faire au nom de la Torah. L’important n’est pas la véracité ou non des miracles, ni la moralité ou la spiritualité du nouveau message, mais l’erreur du changement proposé concernant la Torah. Celle-ci ajoute que ces événements de nouveaux créateurs de religion, appelés par la Torah “prophètes de mensonge”, ont une raison d’être : ils sont une mise à l’épreuve de notre amour pour Hachém. Comme un époux ou une épouse qui seraient subitement fascinés par les charmes indéniables d’une autre personne que le conjoint. Voyez le commentaire de Rachi sur  le verset 13, 4 : ”si tu demandes pourquoi le Saint, Béni soit-Il, donne à ce faux prophète le pouvoir d’accomplir un miracle, c’est que le Seigneur votre D.ieu vous met à l’épreuve“. Les sages ont voulu par des maximes ou des paraboles expliciter ce phénomène parce qu’il est difficile de le concevoir, par nos sens humains. Nous sommes soumis au gré des savants qui expliquent que la planète a une sorte d’indépendance. Elle se moque de nos volontés ou de nos sentiments. Elle a ses propres règles qui définissent les climats et les reliefs. Les déserts ont une histoire plausible d’anciens paradis terrestres, et les effets de serre se traduisent par le réchauffement de la planète et le dégel des glaciers. On suppose que la société scientifique est très sérieuse et ses recommandations louables et intéressantes. La difficulté dans ce concert si rigoureux est cependant de taille. Les sages posent une question simple. Que fait D.ieu depuis qu’il a terminé la création du monde ? Les uns ont répondu qu’il s’occupe des relations humaines très complexes et souvent opposées à l’extrême. Les mariages ne sont pas une simple affaire et les divorces sont là pour attester de la dure réalité de la vie d’un couple qui ne résiste pas à la durée. D’autres ont donné une autre explication. D.ieu teste les humains sur leur capacité de maintenir l’équilibre de la terre, création divine offerte à l’humanité pour s’y installer et l’entretenir. Les lois divines réagissent comme une marque de respect et de remerciements au Créateur. Comme tout propriétaire, D.ieu félicite ceux qui bonifient Sa maison et s’en prend aux contrevenants. En fait les sages et les savants sont d’accord sur un constat : la maison Terre est en danger de disparition. Les êtres humains devront prendre la peine de changer de comportement avant qu’il ne soit trop tard. Les uns préconisent des changements au niveau mondial, les autres des attentions individuelles qui rapprochent D.ieu des hommes. Nous sommes persuadés de l’intérêt des deux recommandations.

On peut concevoir la vie comme opérant selon deux modes : le premier consiste en l’immersion dans le spirituel, loin du monde. Il suggère que l’on se trouve dans un état de calme et de sérénité, dans une relative inactivité. Cela est comparable au Chabbat. Et puis entre en jeu le second mode, l’entrée dans le monde et l’implication dans la matérialité : il faut faire face à tous les problèmes qu’ils suscitent, se battre pour les améliorer et créer un environnement supérieur, une société plus entière, un monde meilleur. Le Chabbat et les jours de la semaine nous donnent un exemple de ce double mode de vie. Un autre exemple nous en est fourni par la prière quotidienne, la récitation du Chema et des autres prières, comparée à l’activité incessante d’un jour besogneux. Ce double processus se trouve illustré dans la Torah. Dans le livre de Devarim (le Deutéronome), le cinquième livre de la Torah, nous trouvons le peuple juif campant dans le désert, sur la rive Est du Jourdain, non loin de Jéricho. Ils sont dans la dernière année de leur long séjour dans le désert et leur grand chef, Moïse, qui approche maintenant de l’âge de cent vingt ans, les prépare à entrer en Terre d’Israël. L’atmosphère dans le vaste campement du peuple juif, comprenant six cent mille foyers et décrit par nos Sages comme s’étendant sur plus de trente kilomètres carrés, (Talmud, Sotah 13b) est extraordinaire. Au centre, se tient le magnifique Sanctuaire, fait d’or, d’argent de bois de cèdre et de riches tapisseries. Il s’agit du prototype du Temple qui sera plus tard édifié à Jérusalem. Une colonne de nuée les escorte le jour, et une colonne de feu la nuit, exprimant la Présence Divine. Bien souvent, le peuple se rassemble et écoute les paroles pleines d’inspiration que leur délivre Moïse, paroles qu’il a également consignées dans le livre de Devarim, une forme unique de transcription de la parole de D.ieu.

Que mange le peuple ? La manne des cieux. Chaque matin, à l’exception du Chabbat, la terre aride qui entoure le campement se trouve couverte de cette douce substance qui ressemble à du cristal et que le peuple va ramasser. C’est là leur alimentation. Elle est délicieuse et, en fait, nos Sages nous disent qu’elle prend le goût de ce que l’on désire manger. Consommer la manne, c’est sentir que l’on participe à une expérience spirituelle. Elle ne possède pas la qualité d’un aliment réel, désirée par des fonctions naturelles. Quand on consomme la manne, on se sent empli de sainteté. L’atmosphère spirituelle qui règne dans le Camp du désert n’est pas destinée à durer éternellement. Le dessein que D.ieu assigne au Peuple Juif est de pénétrer dans la Terre d’Israël, de semer et de récolter, d’élever du bétail et des troupeaux et lorsqu’il mangera, ce sera, au moins de temps à autre, animé par un réel « désir ». Il appréciera ce qu’il consomme, non seulement spirituellement, mais également physiquement. Ce changement est symbolisé par le fait que c’est seulement en entrant en Israël que les Juifs vont pouvoir manger de la viande ordinaire. Dans le désert, la viande n’était consommée que comme partie intégrante d’un acte d’offrande dans le Sanctuaire. La Torah comprend un commandement spécifique instruisant le peuple sur le fait de manger « la viande du désir » quand ils vont entrer en Terre Sainte, incluant les lois de la Che’hita, l’abattage rituel nécessaire pour rendre la viande cachère. (Deutéronome 12,20 ; voir Rachi)

Notre tâche, en tant que Juifs, ne consiste pas à rester dans l’atmosphère spirituelle du désert ou à se délasser dans un Chabbat long de sept jours, pas plus que de passer toute notre vie immergés dans la prière. Certes, nous avons besoin de ces moments, dans notre histoire en tant que peuple et dans nos cycles de vie hebdomadaires et quotidiens. Mais nous devons également être capables de nous lever, d’aller de l’avant et de pénétrer dans le monde du quotidien, de travailler pour l’améliorer. Une partie de ce processus implique de jouir de la vie, y compris de la nourriture et des autres plaisirs, d’une manière pénétrée de sens. Et c’est ainsi que nous faisons pénétrer la divinité et la sainteté dans le monde pratique, dans les royaumes de notre désir. Les lois de la Torah, comme celles de la Che’hita et de la Cacherout pénètrent nos activités pratiques et terrestres et les élèvent à un nouveau degré de sainteté. Il ne s’agit pas de la sainteté des quarante années du désert avec les colonnes de nuées et de feu. Cela va au-delà. Il s’agit de transformer ce monde, un monde de plaisir et de désir (et parfois de tentation), en une résidence pour D.ieu. C’est là notre réelle tâche, symbolisée par le passage de la manne à la viande, la transition du mode spirituel vers celui de la vie pratique et de la réalité. (Librement adapté du Likoutei Si’hot du rabbi de Loubavitch, vol. 4, pp. 1108-1114)

La semaine dernière, nous avons vu la paracha Ekev (talon) et cette semaine, c’est Réé (vois). Comme le dit si justement le rav Dynovisz, ce n’est pas un hasard si la paracha du pied précède celle concernant l’œil, le regard. Et le rav explique que le pied est l’endroit où sont tenues prisonnières les grandes âmes depuis la faute de Adam Harichon, où celles-ci ont été tenues prisonnières dans les klipote (écorces) nous dit le Ari Haqadoch car elles ont la capacité de déranger les forces du mal et sont capables d’amener la délivrance finale. Quand elles se dévoilent, brillant davantage que si elles n’avaient pas été prisonnières. Ainsi, le Bien libéré a plus de force. La libération des âmes d’Israël dans la klippa appelée ekev (talon) permet la construction de l’œil de l’âme juive. Et d’où l’apprend-t-on ? Une allusion est faite dans la Bible lorsque lors de la venue de Yithro dans le désert, beau-père de Moché et premier grand converti de l’histoire juive (après Abahram), quand Yithro hésite et se demande s’il va rester avec le peuple d’Israël. Moché lui dit alors qu’il est pour le peuple l’œil, lui qui vient du talon a aidé le peuple à atteindre le niveau de l’œil. Il entrera finalement en Terre d’Israël avec Yehochoua et s’installera à Yeri’ho. Cela a donné d’illustres Juifs comme des hommes qui siégeaient dans le tribunal de Jérusalem. (Les Druzes viennent d’ailleurs d’une partie de cette branche de la famille de Yithro qui ne s’est pas vraiment intégrée au peuple juif mais est restée au Proche-Orient.) Il résulte de cette constatation que celuiqui se consacre au retour des âmes juives perdues peut atteindre des niveaux hors du commun.

Guemara (Qiddouchin 40b) : « Heureux est celui qui accomplit ne serait-ce qu’une seule mitsva, car il fait pencher la balance de la justice non seulement en sa faveur, mais pour le bien du monde en général ! » Ce verset nous apprend, explique Rav Moché Feinstein, que l’octroi de récompenses dans le monde matériel dépend de l’état spirituel de la génération. Il arrive que quelqu’un mérite une rétribution mais qu’il ne la reçoive pas ici-bas à cause de l’indignité de ses contemporains.Voilà pourquoi la Torah dit à l’homme : « regarde » – au singulier – que les bénédictions et malédictions attribuées par Hachem sont « devant vous » – au pluriel ; elles dépendent de la situation de la société dans sa globalité. Moché ne dit pas ici qu’il place devant le peuple « le bien et le mal », fait remarquer le Gaon de Vilna, car il arrive que les méchants soient comblés tandis que les justes souffrent. Hachem choisit parfois de récompenser les impies dans ce monde-ci pour les quelques bonnes actions qu’ils ont réalisées, tandis qu’Il fait souffrir les justes pour leurs rares péchés afin de ne pas amoindrir leur récompense dans le Monde à venir. L’homme qui s’est rendu digne de la bénédiction divine peut être certain qu’elle arrivera, même si ce n’est pas immédiatement. L’infortune présente n’est que transitoire, et la récompense qu’il mérite sera acquise quoi qu’il arrive. C’est ainsi que la berakha (bénédiction) de Ya‘aqov assurant son petit-fils Efrayim qu’il « se multiplierait abondamment » (Beréchit 48, 16) ne s’est pas aussitôt réalisée. Telle est la raison pour laquelle ce verset parle de « bénédiction et malédiction », et non de « bien et mal ». Regarde, « Je nothén  (littéralement : donne) aujourd’hui devant vous la bénédiction et la malédiction. (11, 26) La Torah s’exprime ici au présent – nothén –, fait remarquer le Gaon de Vilna, et non au passé – nathati. Gardons-nous de penser que le choix de la « bonne voie » nous « fige » dans cette attitude positive, ni que le choix du mal ne laisse aucune possibilité de changement. La Torah nous apprend ici que la possibilité d’opter pour le bien ou pour le mal se maintient en permanence devant nous, jusqu’à notre dernier souffle. Elle « t’est » donnée constamment ; elle ne t’a pas « été donnée ». Il ne faut en aucun cas se dire : « Jamais je n’arriverai à réparer tout le mal que j’ai perpétré ! », ou : « Je n’obtiendrai jamais le pardon pour les innombrables péchés que j’ai commis ! » Le choix de faire le bien nous est donné présentement, « aujourd’hui », à tout moment de notre vie. Celui qui se repent est considéré comme un nouveau-né, pourvu qu’il soit sincère dans sa contrition, et qu’il se dirige réellement dans la bonne voie. Ne doutons jamais non plus de notre faculté de résister aux séductions de notre penchant au mal. Soyons au contraire bien conscient du fait que notre aptitude à accomplir le bien nous est procurée par Hachem, qui sera avec nous, comme Il nous le dit Lui-même – « Je donne aujourd’hui… » N’ayons donc aucune crainte ! Nos Sages nous enseignent en effet (Souka 52a) que le mauvais penchant nous domine constamment et que si Hachem ne nous assistait pas, nous serions vaincus ! Ne nous laissons pas davantage aller au désespoir en pensant qu’Il accordera Ses bénédictions uniquement s’il y a de nombreux hommes vertueux ici-bas, et donc qu’il ne sert à rien d’être le seul tsaddiq (juste) dans un environnement dépravé… La Torah emploie ici le singulier (« regarde »), pour bien montrer que même l’individu peut être le véhicule par lequel la bénédiction divine se répand dans le monde entier. « La bénédiction, si vous écoutez… » (11, 27) Ce verset, indique le Or ha-‘Hayim, parle de deux bénédictions : celle qui nous est promise si nous « suivons » la voie voulue par Hachem, et celle que nous vaudra « l’écoute » de la Torah. Cette « audition » est en soi une bénédiction, comme le dit le prophète (Yecha’ya 55, 3) : « Ecoutez, et votre âme vivra… » Celui qui, attentif à la Torah, se délecte de sa saveur, se sait aussitôt redevable d’une dette de gratitude envers Celui qui lui en a fait don. Il va sans dire qu’il ne lui viendra même pas à l’idée de réclamer une récompense pour cette loyauté. Moché nous informe ici que la bénédiction est accordée à celui qui ne fait qu’« écouter » la Torah, indépendamment de celle que lui vaut l’observance pratique des mitsote. L’âme de celui qui « écoute » la parole de Hachem en est amendée, car la Torah est un élixir de vie.

Eretz Yisrael a toujours été chère au peuple juif, sur sa terre comme en exil. Dans un poème qui lui est consacré, Rabbi Yéhouda Halévi exprima de manière très éloquente sa nostalgie de la terre de ses ancêtres : « Qui me dotera d’ailes, que je puisse m’envoler vers elle (…) Ma face s’enfouira dans ta terre, je chérirai chacune de tes pierres, je rendrai grâce à ta poussière (…) L’air de ta terre ravive les âmes, mon cœur va au Temple admirable (…) Là-bas règne le Divin protecteur, Tes entrées sont ouvertes par Ton Créateur, Tes portes sont celles des Hauteurs… » Les maîtres du peuple juif ne tarissaient pas d’éloges sur les qualités de cette terre. Selon le ‘Hatam Sofer, la prière que prononça Moché rabbénou pendant qu’il se tenait aux frontières d’Erets Israël était infiniment supérieure aux quarante jours qu’il vécut dans les Cieux, pour y recevoir le Don de la Torah. Voici ses mots : « En approchant des frontières d’Israël (…) il perçut une formidable lumière et une sainteté considérable, chose qu’il n’avait pas expérimentée même pendant les quarante jours qu’il passa dans les Cieux. Car la terre d’Israël possède une sainteté éminente, supérieure à celle des Cieux surplombant les autres terres du monde… » (Drachot du 7 av). D’ailleurs, lorsqu’un homme vivant en Diaspora se détermine à partir s’installer en terre d’Israël, cette décision est si importante qu’on considère comme s’il y vivait déjà. Ceci apparaît dans le sidour de rav Yaacov Emdin : « Quiconque prend la décision formelle de monter en Erets Israël (…) mais qu’il ne puisse concrétiser son projet à cause des contingences, son intention est opérante (…) et ses prières seront accueillies comme si elles avaient été prononcées en Erets Israël, face aux portes du Ciel… » Lorsqu’un homme de valeur arrive en Erets-Israël, il peut ressentir la sainteté unique à cette terre. Non seulement il mérite de ressentir son aura mais qui plus est, il se dote d’une âme supérieure. En foulant la poussière du pays de ses ancêtres, il reçoit une âme qui le change en un autre homme. Le Sfat Emet (Massé 5650) nous renseigne davantage sur cette « âme supplémentaire », que reçoit quiconque s’installe dans le pays de nos ancêtres : « Les enfants d’Israël et la terre d’Israël sont liés au point de ne former qu’un. Lorsque les enfants d’Israël y entrèrent, chacun d’eux reçut une nouvelle âme, et la terre bénéficia d’un supplément de sainteté, comme il est dit : ‘Un peuple unique sur la terre.’ De même que certaines périodes de l’année – les Chabbatote et les jours de fête – sont plus propices à accueillir une âme et une lumière supplémentaires, ainsi certains points du globe sont plus propices à la révélation de cette âme. Voilà pourquoi, en entrant en Terre sainte, les Hébreux bénéficièrent d’une âme supplémentaire. » Une autre spécificité propre à la terre de nos ancêtres réside dans son atmosphère. Nos Sages affirment en effet que « l’air d’Erets Israël rend sage ». D’où lui vient cette faculté unique ? D’après le Gaon de Rogotcheve (Tsafnat Panéa’h, Téroumot chap. 3), c’est à Moché lui-même qu’on le doit. Il explique que peu avant son décès, Moché fut invité à « monter sur la hauteur des Avarim pour contempler le pays » (Bamidbar 27, 12). En contemplant la Terre d’Israël, Moché y insuffla un apport de sainteté. Et comme toutes les œuvres du prophète perdurèrent à jamais (comme le disent nos Sages, Sota 9), son regard persista en cela que l’air de la terre octroie à jamais une sagesse supplémentaires à ses habitants.

Le prophète s’adresse ici à Jérusalem, « infortunée, battue par la tempête, et qui ne trouve pas de consolation » (Isaïe 54, 11), et il lui promet qu’elle sera un jour reconstruite avec des pierres précieuses, comme des rubis et des saphirs.Tous ses enfants seront alors des étudiants de Hachem, et ils jouiront d’une paix éternelle et d’une incomparable grandeur spirituelle. Ses ennemis seront incapables de la conquérir (54, 15 à 17), et les enfants d’Israël n’auront pas à les craindre dès lors qu’ils Lui obéiront. Leur seule soif sera celle d’étudier la Torah, et il en résultera que leurs ennemis seront hors d’état de les vaincre. Hachem, qui a permis que soient forgées toutes les sortes d’armements, ne permettra pas qu’elles soient employées contre les enfants d’Israël (54, 17). La haftara s’achève avec la promesse qu’à l’époque du Messie aucune nation du monde ne sera en mesure de s’élever contre la nation d’Israël.

(Sources : Loubavitch.fr -  Rav Dufour, Modia – Rabbin Salomon Malka, Irpourdemain – Tali Löwenthal, Chabad.org – Yonathan Bendennnoune,  Jacques Kohn zal – chiourim.com)

About these ads

Poster un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s