La médecine hébraïque à travers les âges

medecine hébraïque

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Comme promis à certains de nos lecteurs, voici une petite recherche en ce qui concerne la médecine hébraïque

Cette page a été conçue, écrite et réalisée avec l’amical concours de Jacques Allouche
de medarus - merci à lui -Aschhel israel-flash. texte publié sur aschkel.info

Nous nous pencherons la prochaine fois avec notre ami Roger Stioui sur les dates et le calendrier

L’Occident, fortement marqué par le christianisme, ne peut nier ses dettes envers le peuple d’Israël. C’est en effet du judaïsme qu’est née la religion chrétienne. Par ailleurs la longue cohabitation, souvent difficile, des chrétiens et des juifs, a marqué et marque encore aujourd’hui l’histoire occidentale.
D.ieu a donné à Moïse les tables de la Loi, gravées par Lui. L’écriture est divine, à la fois comme message et comme ensemble de signes.

Le noyau de la Bible ou Torah - qui enseigne la création du monde et l’histoire du peuple juif, est formé par un ensemble de cinq livres appelé ‘Houmash, que l’on peut traduire par Pentateuque.

La Torah a deux dimensions:
1- Ecrite : les textes de la Torah
2- Orale : interprétations des textes originaux par les grands sages, comme Mishnah, Guemarah et de nombreux écrits de grands sages juifs sur des sujets impliqués par la Torah.

Les hébreux ont connu l’esclavage en Egypte pendant 210 ans au bout desquels Dieu a envoyé Moïse pour les délivrer, afin de leur donner la Torah sur le mont Sinaï.

Entrés en terre de Canaan, attribuée par D.ieu, les juifs ont eu une nouvelle histoire, jalonnée principalement par la construction de deux temples représentatifs et siège de la Présence Divine sur terre. Malheureusement ces deux temples ont été détruits (le premier par les mésopotamiens, le second par les romains), et les juifs furent chassés de leur propre terre et partirent pour un long exil.

Lorsque les Juifs se dispersèrent, ils emmenèrent avec eux leur foi inébranlable qu’ils gardèrent avec amour de tout temps, partout dans le monde. Parmi eux les médecins ayant une connaissance approfondie de la Torah et de ses commentaires (au fur et à mesure des époques), seront des propagateurs avertis des coutumes judaïques et de leur science.

APPORT DE LA CULTURE JUIVE ET BIBLIQUE À LA MEDECINE

Le peuple d’Israël ne s’est pas distingué par des progrès techniques. Il n’a guère développé les arts plastiques. Son intérêt pour la médecine dans le but de développer cette dernière, était nul car la médecine se trouvant dans toute son intégralité dans la Torah, il n’était nul besoin de la classifier. Cependant le souci de santé et de guérison a toujours été prépondérant comme règle « sine qua none » de vie et de pureté, ainsi que d’adéquation au sacerdoce journalier du juif à Dieu.

L’histoire des Hébreux/Juifs est dominée par la conviction de la révélation faite au Sinaï.


- Depuis la période d’Abraham jusqu’à la révélation faite au mont Sinaï, lieu où Moïse reçut le décalogue, on parle d’Hébreux.
- Depuis la révélation faite au mont Sinaï où Moïse reçut le décalogue jusqu’à nos jours, on parle de Juifs.

Dans l’esprit de la Torah, la maladie est considérée comme une preuve de la colère de D.ieu, une correction opérée par l’Eternel, dans un but strictement bienfaiteur.

La maladie, en tant que dysfonction de l’édifice corporel, ne serait en fait que la situation dans laquelle l’homme met un obstacle à l’ordre de l’édifice divin et bien entendu aux lois qui régissent Sa création.

Un homme ayant des devoirs d’ordre moral, éthique ou émanant de la volonté Divine, et qui ne respecte pas ces devoirs, voit s’opérer en son corps des altérations plus ou moins graves (pour des yeux humains) à la mesure de ses erreurs.

Bien entendu, et les chrétiens répètent aussi cette phrase tirée de la Torah,  »les voies du Seigneur sont impénétrables » et Il est le seul juge de la gravité des choses, à l’échelle d’une vie ou de plusieurs (réincarnation des âmes). C’est pourquoi on voit des hommes mauvais en pleine santé, et des hommes admirables, parfois jeunes, foudroyés par la maladie.

La mort constitue en premier lieu une fin par rapport à un temps, mais constitue aussi le point de départ d’un nouveau mouvement ultérieur, qui nous est inconnu, impalpable car il ne répond aucunement à la logique, ni aux valeurs trop matérielles du monde d’ici-bas.

La mort est donc, à la fin d’un temps attribué par le Créateur, le moment de la purification, car il n’est pas de purification plus intense; et c’est aussi un passage vers un autre monde régi par d’autres lois.

Dans le Lévitique on peut lire les règles d’hygiène individuelles ou collectives, portant sur la lèpre, les maladies vénériennes et les comportements sexuels de l’homme et de la femme, ainsi que sur les conseils alimentaires. « Si ces châtiments ne vous corrigent point et si vous me résistez j’enverrai la peste au milieu de vous, et vous serez livrés aux mains de l’ennemi. »

En tant que Créateur de toute chose, physique ou spirituelle, le pouvoir de guérir de D.ieu est un des attributs de Sa volonté divine; il est écrit dans le Livre de Job (5-18)« Le tout-Puissant fait la plaie et il la bande; il blesse et sa main guérit ».

Ce qui signifie qu’avant de créer une maladie, Dieu crée le remède, et qu’il n’est pas de maladie ou de mal sans guérison possible. A nous de nous efforcer de notre mieux et le plus honnêtement possible de trouver (surtout en nous) ce remède, quand bien même cela nous demande des sacrifices surhumains!

Au chapitre 28 du Deutéronome il est dit (v 21-v 27« Si tu n’obéis point à la voix de l’Eternel, ton Dieu; l’Eternel attachera à toi la peste, jusqu’à ce qu’elle te consume. L’Eternel te frappera de l’ulcère d’Egypte, d’hémorroïdes, de gale et de teigne dont tu ne pourras guérir. »

Ce qui signifie que par rapport à un comportement donné, D.ieu a plusieurs solutions pour nous punir, mais qui sont adéquates et particulières à ce comportement spécial. Ce comportement spécial étant l’expression du cheminement de notre âme, il existe un ou plusieurs antidotes permettant à Dieu de nous remettre en phase avec l’équilibre de Sa création!

Le corps  et la notion de santé dans le Talmud

Un médecin est un homme choisi par Dieu, assisté constamment par un ange de Dieu (l’ange Rephaël qui signifie « Dieu a guéri » ou « médecin(e) de Dieu »). Ce personnage a un rôle, il représente l’instrument de Dieu pour aider les hommes à réintégrer le juste cours de l’édifice de la création. Traiter un homme ne représente ni une atteinte à la volonté divine, ni une insulte, mais au contraire un devoir dicté par Dieu Lui-même.

Le regroupement écrit de la Mishnah (Loi orale qui remonte à Moïse) et de la Guemarah (rédaction de commentaires des grands sages juifs et de controverses suscités par le texte de la Mishnah.) constitue le Talmud « enseignement » en hébreu), expression à l’échelle de la vie quotidienne de la Loi édictée sur le mont Sinaï et servant de code du droit judaïque.

Le Talmud reflète la conception du monde du peuple juif, fondée sur la croyance en un Dieu unique, Maître de la vie sur terre et dont l’homme ne peut enfreindre la Loi. Cette attitude s’oppose à la médecine hippocratique qui accorde une importance majeure au pronostic en se basant sur la matière, qui est en fait le niveau le plus bas de la création.

Les connaissances en anatomie sont bien réelles. La Torah, depuis plus de trois mille ans, et plus précisément encore le Sefer Hayétsira (Livre de la création que certains attribuent à Abraham, d’autre à Adam), relatent exactement le nombre d’os, de muscles, de viscères existant dans le corps humain, ainsi que le rôle respectif de chacun. Cependant la Torah indique le cœur et non le foie comme organe essentiel à la vie. L’aorte véhicule du sang et non de l’air, l’air expiré est impropre à la vie.

La circoncision

Comment traiter de la médecine et du patrimoine culturel juif sans parler de la circoncision.La circoncision est donc l’acte rituel juif (et musulman, du fait de la relation commune à Abraham) qui consiste en l’ablation du prépuce chez le nouveau-né âgé de 8 jours chez les juifs, ou chez les adolescents de 13 ans chez les musulmans.
– La circoncision N’EST PAS une règle d’hygiène!! Elle incarne le symbole du pacte établi entre Abraham et D.ieu.

La pratique a été reprise vers la fin du XXe siècle par la médecine occidentale pour remédier à des problèmes tels que le phimosis, ou a des problèmes de pollution bactérienne chez certains patients.

– Chez les juifs, la circoncision n’est pratiquée QUE par des rabbins appelés « Mohel » (spécialistes des règles de pureté inhérentes à la circoncision et à la technique elle-même). Certains juifs « réformistes » demandent à des chirurgiens de la pratiquer à leurs nouveaux nés à l’hôpital, sous anesthésie.

La physiologie sexuelle féminine est abordée, entre autre, dans le Lévitique (ch15-v19 et 25, ch20-v18), « La femme qui aura un flux de sang pendant plusieurs jours hors de ses époques régulières sera impure tout le temps comme au temps de son indisposition menstruelle. »

La physio-pathologie humaine est décrite dans des manuscrits antérieurs à l’apparition de la médecine occidentale. Ainsi l’hépatectomie (Ablation chirurgicale partielle ou totale du foie)  est réputée mortelle alors que la splénectomie (l’abblation chirurgicale de la rate) ne l’est qu’en cas d’hémorragie massive.

Certaines pathologies sont bien connues, d’autres sont redoutées. Les affections dermatologiques et génitales suscitent un intérêt particulier. Les syndromes dysentériques, les ictères, les hémorroïdes, la lithiase vésicale, la diphtérie, les psychopathies sont connues. Les piqûres d’insectes, les morsures de chiens ou de serpents sont redoutées. Les manifestations convulsives ou hystériques sont rapportées à des troubles sexuels ou à une folie nommée en terme hébraïque « vent de bêtise » qui est entré dans la tête.

Les « oummanimes », étaient des chirurgiens diplômés chargés de pratiquer les saignées, les césariennes, les réductions de luxations ou de fractures, les amputations, les soins dentaires.

L’analgésie était pratiquée avec une potion à base de mandragore dont la racine contient des alcaloïdes délirogènes: d’atropine, de scopolamine, et surtout d’hyosciamine (la « somma deschinta »).

Les plaies étaient traitées avec précaution : les sutures étaient soigneusement faites, les pansements confectionnés avec un mélange d’huile et de vin.

La thérapeutique médicale utilisée par les hébreux de la période biblique était singulière, de bon sens mais efficace. Elle recourait à des substances animales variées et inattendues; à des plantes médicinales comme la mandragore ou le « samthar ». Leur administration se faisait sous formes d’infusions, de vins, de poudres, de pommades, de collyres.

Dans I Rois (ch 4-v 33, 34, 35) : explique comment le prophète Elisée ressuscite un enfant mort des suites de céphalées: « Elisée pria l’Eternel. Il monta, se coucha sur l’enfant; il mit sa bouche sur sa bouche, ses yeux sur ses yeux, ses mains sur ses mains, et il s’étendit sur lui. Et la chair de l’enfant se réchauffa. »

Les prêtres de cette époque avaient des pouvoirs très puissants que nous nommerions aujourd’hui « magiques », et pouvaient littéralement faire revivre une personne morte ! La manipulation n’a rien à voir avec une séance de bouche à bouche!

II Rois (ch 20-v 7)« Esaie dit: Prenez une masse de figues. On la prit, et on l’appliqua sur l’ulcère. Et Ezéchias guérit. »

« Voici les animaux dont vous mangerez parmi toutes les bêtes qui sont sur la terre. » (Lévitique ch11)

Cette phrase de la Torah, est le début d’un long énoncé limitatif de la consommation du juif. Là encore, de même que pour la circoncision, il ne S’AGIT PAS de règles « d’hygiène », mais bien d’un décret divin visant à restreindre le peuple d’Israël à une nourriture et à un mode de consommation idéal pour l’élévation spirituelle vers Dieu. Ces conditions ne peuvent pas être transgressées au cours de la vie d’un juif respectueux de son pacte avec Dieu.
L’abattage rituel s’est donc toujours pratiqué chez les juifs, et le Rabbin (appelé Sho’hêt) spécialisé dans cette pratique, doit connaître parfaitement l’anatomie de la bête qu’il abat, selon des règles très précises et strictes énoncées par la Torah, et bien entendu la Guemarah qui en est donc un des commentaires les plus pointus.

Le Talmud formule un noble précepte d’objectivité:
« Tu ne parleras que si la chose te paraît aussi claire que le jour. » Aussi les notations médicales qui sont parfois d’inspiration vétérinaire, sont rédigées dans certains cas après avoir recouru à l’expérimentation contradictoire en cas de doute. La recherche d’une preuve pouvait même conduire à pratiquer une autopsie d’une chèvre malade (Yeammar et Rabbina : rabbins et érudits du Ier siècle av. J.C.)

Les règles d’hygiène collective tiennent une grande place dans le Talmud. L’usage quotidien des ablutions et des bains était ordonné par la coutume religieuse. L’eau ayant un effet physique de purification; le baptême chrétien en a conservé la valeur symbolique. Les lépreux et les vénériens sont isolés (Livre des Nombres ch5-v1 et 3; Lévitique ch13 v3, 4 et 46; ch15), les soldats en campagne devront garder le camp sain en recouvrant leurs excréments (Deutéronome ch23 v13 et 14).

La médecine légale se préoccupait d’examiner attentivement les taches de sang en cas de violence ou de meurtre. Certaines maladies réputées héréditaires telles que l’aliénation mentale, interdisaient le mariage.

La déontologie des médecins et des chirurgiens était déjà bien établie. Le savoir d’un médecin élèvera son esprit (amélioration des connaissances), il est fait obligation au malade de rétribuer celui qui l’a soigné en proportion de ses moyens.

Médecins Juifs du Moyen-âge

L’Histoire du peuple juif durant le premier millénaire de notre ère est difficile. L’empire romain connaît très tôt des migrations juives, volontaires ou forcées. La chute de Jérusalem en 135, puis la conquête arabe accélèrent le mouvement.
Les juifs ont émigré dans toutes les parties connues du monde, Afrique, Arabie, Indes, Europe. Il vont être en contact avec d’autres systèmes de pensée, et tout en restant fidèles à leur foi ils vont constituer un réseau et une tradition de médecins cultivés. L’exclusion des juifs pour des raisons religieuses est tempérée par leur utilité sociale. Ils sont progressivement exclus de l’agriculture et de la propriété terrienne. Les corporations leur interdisent l’artisanat. Le crédit, proscrit par l’église, reste une des activités autorisées.

Une seule activité honorable est encore pratiquée par des juifs, la médecine. Cependant on peut dire que la médecine de langue hébraïque ne manifeste aucun progrès notable, pendant la période moyenâgeuse, sur celles des époques précédentes. A cela deux raisons peuvent être évoquées:

1- Le juif, étant forcé de vivre en marge, et cependant contraint à une assimilation au sein des peuples, il a développé un instinct de survie par autarcie. Cela s’est manifesté et concrétisé par le fait de rester blotti dans sa culture et de ne la divulguer à aucun, de peur de la voir disséminée ou être clouée au pilori.
Les préoccupations purement religieuses ne laissaient pas de place à l’observation ou à la recherche qui étaient pour ainsi dire inexistantes.

2- Devant la véritable herméticité des pouvoirs chrétiens tout au moins, la peur d’être jugés comme sorciers ou hérétiques sur une simple opinion médicale, n’a pas encouragé les juifs à partager leur sagesse.

Pour autant on ne peut pas dire que l’influence judaïque dans le développement de la médecine médiévale a été surestimée. En effet s’il n’y eut pas une « médecine juive » autonome et cohérente, il y eut de nombreux « médecins juifs » dont les personnalités se confondent avec l’époque, le lieu et l’ambiance dans lesquels ils ont vécu.

C’est leurs contacts étroits avec les divers milieux chrétiens et musulmans d’Orient et d’Occident, leur faculté d’assimilation, leur connaissance approfondie des langues et des sciences, les déplacements qu’ils n’hésitaient pas à effectuer, qui les désignaient particulièrement pour participer à la transmission du patrimoine médical antique.

Médecin Juif en pays d’Islam

La plus part des médecins juifs écrivaient leurs ouvrages en arabe, les livres médicaux écrits en langue hébraïque sont relativement peu nombreux.

Au VIe siècle

Asaph de Tibériade, est un médecin juif de Tibériade. Dans ses rares traités écrits en hébreu, Asaph tente de s’écarter des préoccupations abstraites de l’époque. Il s’est inspiré en grande partie d’Hippocrate, de Dioscoride et de Galien.

Asaph fait cependant preuve d’originalité. Il entrevoit le caractère congénital de certaines maladies, il pressent la circulation du sang et dénombre pas moins de 360 artères qu’il distingue des veines non pulsatiles. Comme les Talmudistes il pense que le cœur est le siège principal du sang et non le foie. Il écrit un ouvrage consacré au pouls et aux urines, un autre aux pathologies de l’appareil digestif.

Il a sans doute été un des premiers à affronter le problème de la transcription de la pensée médicale dans une langue non encore enrichie en vocabulaire « technique »; en effet l’hébreu ne dispose pas des mots savants, créés par les grecs. En dépit de cette difficulté, Asaph a su décrire la science médicale de son temps.

Son œuvre a été introduite en France par Malkhir qui fonda au VIIIe siècle l’école rabbinique de Narbonne. Au Xe siècle le célèbre médecin et astronome Isaac Israeli la fit connaître au Caire et à Kairouan. Elle parvint vers la même époque à Salerne et à Palerme grâce à Sabbataï ben Abraham Donnolo d’Otrante.

• Au VIIe siècle, la conquête et l’arabisation propage l’Islam sur le rivage sud de la méditerranée et une partie de la péninsule ibérique. Dès lors, les juifs minoritaires seront contraints de vivre au milieu des musulmans, détenteurs du pouvoir. Ils écriront aussi bien en hébreu qu’en arabe ou même en latin, afin de communiquer avec les savants de religion chrétienne.

Autres médecins juifs arabisés, à mentionner:

Abu Habsah Yazid (vers 643), médecin du calife Omar (Damas),

Rabban al-Tabari – Ali Ibn Rabban (800?-875?) et son fils, médecin chrétien de Perse converti à l’Islam,

Yoshua bin Nun -José ben Nun (VIIIe-IXe s), enseignant à Bagdad,

Massardjewiah (622?-683?), médecin juif persan établi à Bassorah et à Damas, qui traduisit en syriaque et en arabe les « Pandectes » du moine byzantin Ahron,

A Kairouan vers la fin du VIIIe siècle

Shammakh, originaire de Bagdad, s’est illustré en empoisonnant l’iman Idris, à Kairouan, sur ordre de Haroun-al-Rashid,

Ishaq ibn Imran, originaire de Bagdad, exerça à Kairouan à la cour des Aglabites,

Ishaq al-Isra’ili (Ishaq Al Israili, Isaac Israeli, Isaac ibn Salomon, Abu Ya’qub Ishaq ibn Sulaiman al-Isra’ili. Isaac Judeus, Isaac le Juif, Isaac l’Hébreu, 855-950). Philosophe néo-platonicien et médecin tient une place remarquable. Né en Egypte probablement à Alexandrie, il fut probablement spécialiste des yeux au Caire de 875 à904.

Il a emigré vers l’âge de 50 ans à Kairouan, la capitale du Maghreb de l’époque où Ubayd Allah al-Mahdi, fondateur de la dynastie des Fatimides dont il devint le médecin particulier. Il est connu pour avoir vécu célibataire et centenaire. Isaac Israeli est considéré comme étant un des plus célèbres médecins du Moyen Age, il est également philosophe et astronome, juif de culture arabe, surnommé « le grand prince de la médecine, » il s’attacha à faire connaître l’œuvre de Asaph de Tibériade dans les milieux musulmans du Caire et de Kairouan.
Il écrit pour le calife fatimide Ubaid Allah al-Mahd de Kairouan différents traités en langue arabe, de nombreux manuscrits en Arabe, en Latin et en Hébreux par de nombreux traducteurs attestent de leur popularité.

Parmi les ouvrages médicaux d’Israeli on peut citer :


- le livre des fièvres
 (Kitab al-Hummayat), en cinq livres 
- le livre des simples et de la diététique
 (Kitab al-Adwiya al-Mufrada wal-Aghdhiya : diaetae universales et particulares), un travail en quatre parties sur les remèdes et les aliments. 
- le livre des urines
 (Kitab al-Baul), de loin le meilleur ouvrage sur la question au moyen-âge
– ainsi que le « Traité de l’Esprit et de l’Âme » en hébreu ou en arabe avant d’être traduit en latin par Constantin. Il est l’auteur d’un manuel clinique, et déontologique: « Le Guide du Médecin », dont la première édition imprimée parut à Padoue en 1487. Traduit en latin, il sera enseigné à Salerne par Constantin l’Africain (1087) et ailleurs en Europe jusqu’au XVIe siècle. Il y fait une place aux devoirs et droits de la profession:« Ne néglige pas de visiter et de soigner les pauvres: il n’est pas de plus noble travail. Réconforte le patient par une promesse de guérison: venant de toi, une telle affirmation peut aider l’œuvre de la nature ». El Israeli eut pour élèves Ibn al-Djezzar de Kairouan et Dunasch ben Tamin de Fez.
Le Traité des antidotes (Kitab fi al-Tiryaḳ)

• Parmi les ouvrages philosophiques d’Israeli on peut citer :

– le « Traité de l’Esprit et de l’Âme » (Sefer ha-Ru’ah ve-ha-Nefesh)
– le « Livre des Eléments » (Kitab al-Ustuquat) dans lequel l’auteur traite des idées d’Aristote, Hippocrate et Galien.
– le « Livre des Définitions » (Kitab al-Hudud wal-Rusum). Ce livre ainsi que le livre des éléments furent sévèrement critiqués par Maimonide dans une lettre à Samuel Tibbon
– Un Livre de Métaphysique (Kitab Bustan al-Ḥikimah)
– Un traité de philosophie (Kitab al-Ḥikmah)
– Un traité de logique (Kitab al-Madkhal fi al-Mantiḳ)

Au Caire, du temps de Saladin, plusieurs médecins juifs, ralliés pour la forme à l’Islam, jouirent d’une bonne réputation :

Nathanael dit l’Egyptien (XIIe siècle),

David ben Salomon (1161-1241),

Musa ibn al-Azar,

Mohammed Tamini. originaire de Cordoue,

Et surtout Maïmonide et quelques membres de sa famille: son beau-frère Abu al-Maali, son fils Abraham (1183-1254) et son petits-fils David (1212-1300).

Médecins Juifs en pays chrétien

L’empire romain connaît très tôt des migrations juives, volontaires ou forcées. La chute de Jérusalem, puis la conquête arabe accélèrent le mouvement. Le christianisme étant la seule religion admise et encouragée par la société, la vie des juifs devient plus difficile qu’en pays d’Islam.

En Espagne, après une période de paix, les juifs sont persécutés par les Wisigoths (Concile de Tolède de 589). La conquête arabe (711) leur rend la liberté. S’ouvre alors une période de près de cinq siècles de grande prospérité. Certains de leurs membres se mettent au service des califes. Après une période d’adoption de l’arabe, la langue hébraïque reprend le dessus et s’enrichit d’une grammaire, d’une littérature et d’une science désormais classiques. En 1147, la dynastie des Almohades, – dynastie musulmane berbère qui règna sur l’Afrique du Nord jusqu’en 1269, – met fin à cette situation favorable pour un siècle environ.

Dans la péninsule Ibérique, le rôle des médecins juifs fut important entre le VIIIe et le
XIIIe siècle.

Hasdaï ibn Shaprut (Abu Yousouf – Ben Isaac) (915-970), médecin juif établi à Tolède et à Cordoue. Il fut ministre, ambassadeur et conseiller politique officieux du calife de Cordoue. Il traduit en arabe, avec l’aide d’un moine byzantin, un traité grec de plantes médicinales: la « Matière Médicale de Discoride ». Il utilise son influence pour créer une académie des sciences à Cordoue. Mécène, il entretiendra de nombreux savants juifs, dont Moshe Ben Enosh, émissaire des académies babyloniennes. Ces liens introduiront en Espagne l’étude du Talmud.

– Parmi les médecins juifs connus de cette époque citons: Ibn Gianah (Djana) (990-1050), médecin, philosophe et surtout grammairien à Cordoue puis à Saragosse, ses écrits posent le fondement de la grammaire hébraïque.

Ibn Buklarisch (XIe siècle) médecin juif à Cordoue et Saragosse,

Merwan ibn Gasmeh à Cordoue,

Juda ben Joseph al-Fakkhar (début XIII e siècle), à Saragosse,

Salomon ibn al-Mussalin (XIIe-XIIIe siècle) à Séville

Benjamin de Tudèle (Navarre), est davantage connu par son récit de voyage qu’il fit en Italie que par son oeuvre médicale.

Juda ha-Léwi, fils de Samuel (vers 1075-vers 1141), poète, philosophe, médecin, il est une des plus hautes figures de l’âge d’or juif en Espagne. Il a exprimé dans ses poèmes sa nostalgie pour la Terre promise qu’il résolut de rejoindre après un détour par Alexandrie.

En Italie au Xe siècle,

Shabataï (Sabbataï) ben Abraham Donnolo (913-983 ?) il est le plus ancien médecin juif dont nous connaissons les écrits, né à Otrante (Italie), il fit connaître l’œuvre de Asaph de Tibériade à Salerne et à Palerme. Après avoir étudié la médecine pendant 40 ans, Donnolo écrivit lui-même en hébreu un « Livre des Drogues » et une pharmacologie des antidotes.

Entre le monde chrétien et le monde musulman, des médecins d’origine juive participèrent à la création des écoles de Salerne (IXe-XIe siècle) et de Montpellier (XIIe siècle):

Hélinius (VIIe-VIIIe siècle), médecin juif, il est un des quatre fondateurs présumés de l’école de Salerne,

Hananel d’Amalfi (XIIIe siècle), médecin juif de l’Ecole de Salerne,

Abu al-Hakim (XIIIe siècle), médecin juif de Turin,

Caphon l’Ancien (?-1110), médecin et anatomiste juif établi à Salerne.

En Espagne aux XIe et XIIe siècles,

Moïse Sephradi (1062-1140) est né à Huesca en Aragon en 1062. Il est médecin, théologien et astronome espagnol d’origine juive, grand connaisseur de l’islam. Il se convertit au christianisme le 29 juin 1106, le jour de la fête de St Pierre, sous le nom de Petrus Alfonsi, le deuxième patronyme étant choisi en honneur de son parrain et protecteur, le roi Alphonse Ier, qui le prend comme médecin de cour, il devint donc archiatre du roi de Castille. Cette conversion sera suivie par la publication d’un dialogue contre les juifs et les musulmans, en latin, intitulé Dialogus contra iudaeos (il s’agit de dialogues entre Moïse et Petrus, lui-même avant et après sa conversion).

Plusieurs théologiens ont fait l’apologie de ce texte, dont Raymond Martin, célèbre inquisiteur et auteur du texte antisémitique Poignard de la foi, Pugio fidei adversus Mauros et Judaens en 1278. Petrus Alfonsi immigre bientôt en Angleterre, où il étudie les systèmes astronomiques arabes, en tant que pupille du prieur du monastère de Malvern et même un temps comme médecin à la cour d’Henri Ier d’ Angleterre. Il s’installe ensuite en France où il meurt, aux alentours de 1140 (la date précise est inconnue).

Il est l’auteur du célèbre Disciplina Clericalis, recueil en latin de nouvelles dans lequel il a traduit et adapte des fables morales depuis l’Arabe, l’ancien Perse et l’Hindî.  Il reste deux versions du début du XIIIe siècle de la Disciplina Clericalis, l’une normande et l’autre anglo-normande; texte traduit en espagnol, allemand et français. Le succès a été considérable dans toute l’Europe. Elle a fourni pour les conteurs et écrivains du Moyen Age et de la Renaissance une formidable source d’inspiration, notamment pour la rédaction de fabliaux et nouvelles et même de prédications.

Dans Tolède reconquise, cinquante ans plus tard Aven Daoud - Abraham Ben Levi Ibn David (Ibn Daoud), (1110-1180) juif converti sous le nom de Jean de Séville ou de Luna, fut avec Gérard de Crémone (1114-1187), un des plus actifs érudit et traducteur en latin, des documents hispano-arabes abandonnés par les Infidèles.

Au XIIIe siècle,

En Espagne

Nahmanide Moïse fils de Nahmane dit Rambane (1194-1274), penseur, exégète, médecin, il était aussi raBbin de Gérone quand il participa au Colloque de Barcelone contre l’apostat Pablo Cristiani, en présence du roi Jacques Ier d’Aragon. Sa défense de la cause juive le contraint à s’enfuir en Terre Sainte et à finir ses jours à Acre.

Nissim Ghirondi, de Gérone, fils de Reouven, dit le Rane, talmudiste, décisionnaire, médecin et astronome, il vivait à Barcelone où il mourut vers 1380

En Italie

Padoue Jacob Bonacosa traduira en latin le Colliget d’Averroès (1255); tandis que,
Moïse ben Salem Farraj – Faradj ben Salem (dit Faragius), (1250-1280), médecin et traducteur juif d’Agrigente, traduira le Continent de Rhazès en 1280.
Gersonide, Rabi Lévi ben Guerchonn dit Ralbag, (1283-1344), philosophe, médecin, astronome, vit en Provence où il écrit le « Milhamoth Hachem ».

Plusieurs de leurs coreligionnaires jouiront également en Italie d’une grande renommée et bénéficieront de protection ainsi:
Moïse ben Tibbon (ben Samuel) (1240?-1283), médecin juif de Montpellier établi à Rome,
Isaac ben Marduchal ou Mordecai dit Maître Gaio (XIIIe siècle), médecin juif établi à Rome,
Nathan Hameati (vers 1280), médecin juif établi à Rome,
Zerahiah ben Sheltiel (fin du XIIIe siècle) médecin juif établi à Rome.

En France

D’autres médecins juifs s’établirent dans les provinces les plus tolérantes, Languedoc, Provence, Aquitaine:
Gershon Ben Juda à Metz,
Gershon Ben Shlomo à Arles,
Samuel ben Tibbon (fin du XIIe siècle), enseignant à Montpellier,
Nathan ben Zakharia dit Prophatius (XIIe – XIIIe siècle), établi à Montpellier,
Jekethiel (vers 1385), à Montpellier.
– Parmi ceux qui parvinrent à gagner Lyon ou Paris, des juifs furent même médecins ordinaires de Charlemagne et de Charles le Chauve, c’est dire qu’ils ont été pendant longtemps les principaux dépositaires de l’art médical.

Plusieurs femmes israélites exercèrent la profession de médecin:
Sarah de Saint-Gilles (vers 1325) médecin juive établie à Marseille
Sarah la Mirgesse (vers 1290) médecin juive établie à Paris

En Angleterre,

Les juifs installés lors de la conquête normande au XIe siècle, sont expulsés en 1290.

Aux XIVe et XVe siècles,

• En Italie,

Guglielmo Portaleone ( 1438-?), médecin juif établi à Rome, attaché à la cour de Ferdinand Ier, roi de Naples,
Elia di Sabbato (fin du XIV e siècle), médecin juif établi à Bologne,
– Le pape Benoit XIII (élu en 1394), prit pour médecin personnel Josué al Lorqui un juif converti au catholicisme sous le nom de Hieronymus de Santa Fe.

• En France,

Les mesures restrictives prises par Louis IX à partir de 1242 (obligation du port de la rouelle) aboutissent en 1394 à l’expulsion de tous les juifs.
Les juifs seront chassés d’Espagne en 1492, et plus tard du Portugal.

Médecins Juifs après le Moyen-âge

Les Juifs chassés d’Espagne au XVe siècle se réfugieront en Languedoc, en Provence et en Italie. C’est ainsi que Béziers accueillera au moins trois médecins et traducteurs juifs qui fourniront un nouvel apport de textes anciens retraduits en latin à partir de l’arabe :
Salomon ben Joseph au XVe siècle,
Judda ben Tibbon au XVe siècle, enseignant à Montpellier,
Joseph ben Kimhi au XVe siècle,
L’Italie leur accorde aussi une liberté relative ainsi que dans les domaines du pape autour d’Avignon où les synagogues resteront actives à Bologne, Carpentras et Cavaillon.
Abraham de Balmes, (?- 1523), médecin juif établi à Padoue,
Juan Rodrigo dit Amatus Lusitanus (1511-1568), médecin portugais, il avait étudié la médecine à l’université de Salamanque. Soupçonné par l’inquisition, il se rend en Belgique, puis en Italie, où il soigne les plus hautes personnalités de la noblesse et du clergé, et même le pape. Enseignant dans les universités, il est à nouveau soupçonné de pratiquer le judaïsme. Il s’enfuit alors à Salonique où il affirme ouvertement son judaïsme et continuera ses travaux.
- Elijah Delmedigo (1460-1497), médecin juif établi à Padoue,
David de Pomis (1525- vers 1600) médecin juif établi à Venise,
Par contre en Allemagne les communautés juives qui prospèrent durant les périodes précédentes, manifestent une réelle vitalité, malgré des expulsions locales.

D’autres juifs exilés se retirent vers l’Orient. Des juifs espagnols constituent dans l’empire ottoman des communautés qui pratiquent le ladino, une langue castillane mêlée d’hébreu. Ils se retrouvent en Turquie et surtout en Terre Sainte, où les anciennes institutions religieuses reprennent de la vigueur. Le grand rabbin est reconnu par le sultan comme chef de la nation juive. L’hébreu est la langue officielle, mais le castillan règne sans partage dans l’enseignement, la justice, la prédication et même la littérature. L’imprimerie, introduite en Orient par les juifs, permet l’essor de cette culture judéo-espagnole.

Aujourd’hui en Israël, nous profitons de tous ces bienfaits, chaque communauté a emmené avec sa richesse.

Par Aschkel pour israel-flash

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2 réponses à “La médecine hébraïque à travers les âges

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