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La fête de Chavouôt 5773 (2013)

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  LA  FÊTE  DE  CHAVOUÔT

                                   Table des matières

LA TORAH,  UN DON D’AMOUR DU CREATEUR

Composition de la Torah

Transmission

LA REVELATION DU SINAÏ

Les mots de D.ieu

Où situe-t-on le mont Sinaï ?

LE DON DES 10 PAROLES                                                                                                                   

UN ENGAGEMENT AVEC LE CREATEUR                                                  

LA VEILLEE DE CHAVOUÔT                                               

LA FÊTE DE CHAVOUÔT             

QUELQUES REMARQUES & PENSEES SUR CHAVOUÔT

LA TORAH,  UN DON D’AMOUR DU CREATEUR

La Torah fut donnée au peuple juif à l’aube du sixième jour de Sivan, en 2448 après la Création du monde, il y a exactement 3 317 ans en cette année 2012 

Il est dit qu’à l’origine, la Torah fut proposée à tous les peuples de la terre, qui, tous sans exception, la refusèrent. Elle fut alors proposée aux Bné Yisrael en l’an 2448, dit de la création du monde (environ 1300 ans avant l’ère actuelle), qui l’acceptèrent. Elle se présente sous la forme d’un long parchemin enroulé autour de deux axes qui contient les 5 parties. Elle est copiée à la plume d’oie (ou roseau) par un sofer (scribe), qui a appris en détail les règles de l’écriture. La Torah est divisée en péricopes (appelées « parachyiote » ); il y en a autant qu’il y a de semaines dans l’année juive. Chaque Chabbat, on récite publiquement une péricope, de sorte que la Torah est entièrement lue à la synagogue en une année. Chaque péricope (paracha) est divisée en sept passages ; pour chacun d’eux, un fidèle est invité à monter à la tribune et c’est à son intention que l’officiant lit le texte sacré. En s’approchant de la Torah, le fidèle récite une bénédiction dans laquelle il loue son Créateur de « nous avoir choisis parmi les peuples et de nous avoir donné sa Torah ». La Torah est revêtue de divers parements qui sont offerts en ex-voto par les fidèles. Elle  est promenée, avant et après la lecture, parmi les fidèles de la synagogue et proposée à leur dévotion.

La valeur numérique du mot Torah est égale à 611, comme les 611 commandements que nous a transmis Moché rabbénou (les deux premiers ayant été entendus par Israël directement de D.ieu Lui-même (traité de Makot). Les 10 paroles – dont sont tirés les 10 commandements destinés au monde entier comportent 620 lettres qui correspondent à la valeur numérique du mot « keter » (couronne) – représentent les 613 commandements de la Torah et les 7 commandements rabbiniques (Netilat Yadaïm, Erouvine, Pourim ‘Hanoucca, les Bera’hot, les bougies de Chabbat et Yom tov ainsi que le Hallel.) – Na’hmanide.

Exode 20:1-5 dans un codex massorétique indiquant les signes de cantillation supérieurs et inférieurs. À Chavouot, les dix commandements sont lus d’après les signes de cantillation au-dessus et non en-dessous des lettres.

Les ‘Dix Commandements’ constituent donc le fondement de la Torah. Ils comprennent toutes les mitsvote de celle-ci, valables pour toutes les époques et sont les suivants :

1)      Je suis l’Eternel ton D.ieu      

2)      Tu n’auras pas d’autre dieu que Moi et donc, tu ne feras pas de sculpture à l’image de ce qui est dans le ciel, sur la terre ou sur les eaux et tu ne te prosterneras pas devant elles, car je suis un dieu jaloux.

3)      Tu ne prononceras pas le nom de ton D.ieu à l’appui du mensonge.

4)      Observe le jour du Shabbat pour le sanctifier.

5)      Honore ton père et ta mère.

6)      Tu ne tueras point.

7)      Tu ne commettras point l’adultère.

8)      Tu ne voleras point.

9)      Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain.

10)  Tu ne convoiteras pas la femme, la maison, le champ, le serviteur, la servante, le bœuf, l’âne, rien de ce qui appartient à ton prochain.

La Torah n’est pas seulement l’histoire du peuple juif jusqu’à la mort de Moïse. C’est à la fois une loi accompagnée des 613 Mitsvote positives et négatives qui guide notre vie et le plus merveilleux cadeau du Créateur fait à l’homme après celui de la vie elle-même, don qui marque l’année juive d’une reconnaissance éternelle de la part de Sa créature. C’est aussi un rouleau de parchemin transmis par l’intermédiaire de Moïse, et complété par la loi orale et ses commentaires rabbiniques jusqu’à nos jours. La fête de Chavouôt est enfin, selon le sens étymologique, un enseignement qui doit se perpétuer de génération en génération. 

• La Torah comporte 70 facettes. (Nombre, Rabba 13, 15).
• La Torah rappelle le langage de chacun (Berakhot 31 ).
• La Torah ne peut être qu’étudiée en groupe (Berakhot 31).
• La Torah est comme de l’eau, qui coule goutte à goutte et qui mit par devenir un fleuve (Cantique des cantiques Raba 1,19).
• La Torah est une lumière (Meguila 16b).
• La Torah est la condition de base de la création du monde (Béréchit Raba 1,2). La Torah est arbre de vie (Proverbes 3,18).

COMPOSITION DE LA TORAH

La tradition rapporte que toutes les âmes juives de toutes les générations à venir jusqu’à la    fin des temps étaient présentes au Sinaï (Midrach Rabba), y compris celles des convertis et ce don est renouvelé chaque année le jour de Chavouôt. Toutes les prophéties de tous les prophètes à venir ont également été reçues au Sinaï. Lorsque Haqqadoch Baroukh Hou (Le Saint Béni Soit-Il) révéla la Torah à Israël au Sinaï, Il la dicta à Moïse dans cet ordre :                                                                                                                                    – Bible                                                                                                                                                         – Michna                                                                                                                          – Talmud                                                                                                                                                  - Agada, ainsi que tout ce que l’élève allait un jour demander à son maître. Comme il est dit : « L’Eternel prononcera toutes ces paroles ». (Exode 20). Les 3 derniers livres (Michna, Talmud, Agada) furent donnés oralement (Chemot rabba).

La « Torah chebikhtav » (Loi écrite) comporte les parties suivantes :

- TANAKH (initiales de Torah, Neviim, Ketouvim), composé de 24 livres                                                      – TORAH (Bible) 5 livres de Moïse : Berechit (Genèse), Chemot (Exode), Vayikra (Levitique),                 - Bamidbar (Nombres), Devarim (Michné Torah (Deutéronome).                                                                  – NEVIIM  (Prophètes) 8 livres : Josué, les Juges, Samuel I & 2, Rois 1 & 2, Isaïe, Jérémie, Ezéchiel, les 12 prophètes (Osée, Joël, Amos, Obadia, Jonas, Michée, Na’houm, ‘Habacuc, Tséphania, ‘Haggai, Za’harie, Mala’hie).                                                                                                      - KETOUVIM (Ecrits, ou Hagiographes) 11 livres : Ruth, les Psaume, Job, les Proverbes, le Cantique des Cantiques, les Lamentations, l’Ecclésiaste, Esther, Daniel, Ezra, Ne’hemie, Chroniques I et II.

La « Torah Chebeal Péh » (la tradition orale) comporte les parties suivantes :

-          LA MICHNA en 6 volumes (ou Chass) contiennent les enseignements des Tanaïm, qui furent codifiés par Rabbi Jehoudah Hanassi aux environ de 3950 (temps hébraïque).                                            1) ZERAÏM (lois agricoles)

-          2) MOED (fêtes)

-          3) NACHIM (lois matrimoniales)

-          4) NEZIKIM (dommages)

-          5) KADACHIM (choses saintes)

-          6) Taharot (lois de pureté)

LE TALMUD contient les enseignements des Amoraïm 3979-4235 (temps hébraïque).    Ils constituent le commentaire de la michna.                                                                                                   

- LE TALMUD DE JERUSALEM fut compilé par Rabbi Jo’hanan en 4039.                                          

LE TALMUD DE Babylone fut compilé par Rav Aché et Ravina en 4234.

- Le SHOUL’HAN AROUKH constitue la conclusion de la Hala’ha (Loi) et sa codification, d’après le Talmud et les Richonim. Ses auteurs sont : Rabbi Joseph Caro, de Safed et Rabbi Moïse Isserlés de Cracovie (le Rama) en 5335.

L’étude de la Torah l’emporte sur tous les commandements, car elle conduit à l’action. L’homme sera d’abord jugé sur l’étude de la Torah et seulement ensuite sur ses actions. L’obligation de  l’étude de la Torah dure jusqu’au jour de sa mort, comme il est dit en Deutéronome 4 : « Dans la crainte que tu n’oublies les choses que tes yeux ont vues et qu’elles ne s’écartent de ton cœur aucun jour de ta vie ! » Tout homme est tenu de se chercher un maître pour étudier la Torah. On est tenu d’étudier à mi-voix et de raisonner à mi-voix. Celui qui étudie la Loi écrite sans la comprendre réalise néanmoins la mitsva de l’étude, par contre l’étude de la Tradition orale exige la compréhension pour avoir valeur de mitsva. (Maïmonide, Choul’han Aroukh). 

TRANSMISSION DE LA TORAH     

La michna avait été donnée au Sinaï à Moché Rabbénou avec la Torah lors du Matane Torah.  « Moïse reçut la Torah du Sinaï, il la transmit à Josué, Josué aux Anciens, les Anciens aux Prophètes, et les Prophètes la transmirent aux hommes de la Grande Assemblée. Ceux-ci disaient trois choses: Soyez circonspects dans le jugement, élevez de nombreux disciples et  faites une haie autour de la Torah.» (Chapitre 1, Michna 1). Depuis ce jour, l’enseignement  de la Torah n’a pas cessé de nourrir l’âme de chaque Juif, de génération en génération, en une chaîne ininterrompue et chaque Juif a le devoir de la transmettre à ses enfants.

Depuis Moché Rabbénou (2448) jusqu’à Hillel Hazzaqén (3768 ou an 8), on enseigna la michna. Beaucoup de grands Sages avaient tenté de composer des recueils des différentes    traditions “avant Ribbi Yéhouda Hannassi” (qodém Rabbi), nommé aussi Hamé’habér, le rédacteur, ou Rabbi, ou Rabbénou Haqqadoche parce qu’il vécut dans la plus grande pureté jusque dans ses gestes les plus intimes. Ribbi Yéhouda Hannassi a organisé ces traditions d’abord de manière à faciliter la mémorisation, sans que cet ordre ne corresponde à notre conception actuelle des encyclopédies thématiques. Ribbi Âqiva, le Maître des plus grands, avait entrepris le recueil et la classification de toutes les traditions. Jusqu’à la destruction du Temple, il     y avait certes des traditions multiples, mais il n’y avait pas de dissensions dans les discussions     entre eux. Puis, le Temple fut détruit et le Sanhédrine partit pour Yavné avec les yéchivotes et il      erra en dix pérégrinations. Non seulement l’arrêt de la pratique des mitsvote liées au Temple créa  une perte considérable des traditions, mais c’est surtout le traumatisme de cette destruction qui entraîna la  perte de nombre de traditions, la perte du rapport entre l’essentiel et l’accessoire et      celle du point commun qui unissait des traditions différentes.

A cause de l’écart entre l’origine divine de la Torah et la nature humaine, et aussi en raison des grandes catastrophes, la tradition avait toujours été confrontée à ces phénomènes d’oubli ; ainsi, Moché Rabbénou lui-même affronta ce phénomène de l’incertitude, de la perte des connaissances sous l’effet de la colère. Yehoshua (Josué), son disciple, et les autres Sages, sous l’effet de la    douleur éprouvée à la mort du Maître, oublièrent 300 règles ou 700 règles ou 3000  règles qu’ils avaient reçues (Témoura 15-16). Un autre processus mettait en péril la connaissance. Les plus   grands Maîtres reconnaissaient humblement que les capacités de connaissance baissaient  de génération en génération (contrairement à ce qu’en dit le concept moderne de “progrès” dans la connaissance).

Cependant la Torah constitue toujours, de nos jours, la parole permanente de D.ieu et rien       de ce qu’elle contient ne sera jamais inapproprié ou dépourvu de pertinence. Puisqu’elle est vraie, elle ne pourra jamais être changée et nous a été donnée pour tous les temps : passés, présents et futurs. Le grand théologien Maimonide (1135-1204), qui tenta de résumer la foi           juive en treize dogmes, en consacra deux à la Torah : la Torah entière est celle qui a été donnée      à Moïse ; elle ne sera pas modifiée et le Créateur n’en donnera jamais d’autre.

Modia -Chronologie abrégée de la transmission de la Torah

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Le Lév Gompers

Chronologie abrégée de la transmission de la Torah 
(voir ici l’exposé approfondi de la vie et de l’oeuvre de ces Sages)

par Yehoshua Ra’hamim Dufour

http://www.modia.org

Les chiffres en italique correspondent au compte grégorien (compte courant), et tous les autres chiffres au compte hébraïque (nous y sommes en l’an 5759).

(veiller à mémoriser les dates et phrases hébraïques)

I. Création du monde 0001
2000 ans de non diffusion de la Torah 0001-2000
2000 ans de diffusion de la Torah 2000-4000
Période pré-messianique 4000-6000… ?
II. Avraham 1948-2123
Séjour en Égypte (210 ans) 2238-2448 (-1800)
III. Moché Rabbénou, sortie d’Égypte et
don de la Torah au Sinaï 6 Sivan 2448 (- 1300)
avant premier Temple (480 ans) 2448-2928
Inauguration du Michkane 25 kislév 2449
Premier Temple (410 ans) 2928-3338
Juges, prophètes et rois
David 2884-2924 (- 1000)
Salomon 2924-2964
Exil de Babylone (70 ans) 3338-3408
Pourim
Second Temple (420 ans) 3408-3828
Derniers prophètes
Êzra 3413
Anechéï knésséte hagguédola …3448
Fin des 1000 ans de prophétie 3442 ou 48
Les tannaïm (460 ans) 3500-3960
Les zougotes (268 ans) 3500-3768
Hérode 3725-3764 (-35 à 4)
Hillel Hazzaqén préside 3720-3768 (-32 à 8)
IV. 1500 ans après le don de la Torah,
début de la rédaction de la michna 3748
Destruction du second Temple 3828 (68 ou 70)
Transfert à Yavné
Les derniers tannaïm 3768-3960 (…200)
V. Talmud
Les amoraïm (275 ans) 3960-4235 (200-475)
Les savoraïm (115 ans) 4235-4350 (475-590)
Les guéonim (448 ans) 4350-4798 (590-1038)

Chavouôt, c’est aussi le terme d’un jubilé à la fin du décompte des 49 jours qui débute à  partir du  second soir de Pessa’h. Cette fête tombe obligatoirement le 6 Sivan et jamais un mardi, un jeudi ou un samedi. En diaspora, il est fêté deux jours : le 6 et le 7 Sivan. C’est aussi l’une des 3 fêtes de pèlerinage avec les fêtes de Pessa’h et Souccot et tout comme ces deux autres, Chavouôt est aussi appelée Atseret (assemblée solennelle) Ce mot signifie également (clôture). C’est la clôture de Pessa’h. Cette fête marque le début de la moisson du blé en Israël et du point de vue religieux, elle conclut la libération physique des Bné Yisrael qui, en acceptant la Torah, sont devenus les témoins de D.ieu et responsables de Son message aux yeux des nations. Historiquement, à l’époque du Temple de Jérusalem, ces pèlerinages annuels étaient l’occasion d’apporter les premiers fruits de la récolte qui étaient offerts à D.ieu. Ces dénominations sont issues du texte de la Bible hébraïque : le nom de Hag ha-Katsir (fête de la récolte) provient du livre de l’Exode 23, 16 ; le nom de Hag Chavouôt (fête des semaines) apparaît dans les livres de l’Exode 34, 22 et du Deutéronome 16, 10 ; le nom de Yom ha-Bikkourim (fête des prémices) est mentionné dans le livre des Nombres 28, 26. La principale signification de la fête reste la célébration du don de la Torah au peuple d’Israël, choisi parmi les peuples pour la recevoir, selon la tradition.

A cette époque de l’Israël biblique, la récolte du grain nouveau durait 7 semaines et cette période était l’occasion de réjouissances. Elle commençait avec la récolte de l’orge à l’époque de la  Pâque et se terminait avec celle du froment à Chavouôt. Cette fête cloturait donc la récolte du grain, tout comme le 8ème jour de Souccot (la Fête des Cabanes) clôt  celle des fruits. Les bné Yisrael devaient  apporter les prémices de la récolte du froment, ” les prémices de ton labeur que tu as cultivé dans ton champ”.” Il ne s’agit pas d’offrandes prescrites pour la communauté, mais “avec un tribut d’une offrande de ta main en toute liberté… tu réjouiras le Seigneur ton Dieu, toi et ton fils, et ta fille,[...] le Lévite qui réside dans tes portes, l’étranger, l’orphelin et la veuve”  (Deutéronome 16-9,12) Le Lévitique 23,16-22 mentionne également une offrande des premiers fruits que toute la communauté devait apporter. Divers sacrifices animaux étaient également accomplis ainsi que l’offrande de deux miches de pain provenant de la nouvelle récolte. Le travail était interdit. Dans le déroulement du calendrier hébraïque, Chavouôt apparaît comme la fête qui complète et   clôture Pessa’h, la fête de la liberté, laquelle atteint son apogée et prend tout son sens lorsque survient Chavouôt, qui concrétise l’espoir né de la liberté fraîchement acquise à Pessa’h. Chavouôt signifie “semaines”, car cette fête tombe 7 semaines après Pessah. (En acceptant la Torah, Israël devient vraiment le témoin de  D.ieu et responsable de Son message aux yeux des nations).

Le Talmud traite de la réception de la Loi au Sinaï. (Chabbat, 87). On y trouve un passage susceptible de fournir une interprétation de l’origine de l’Etoile de David. Transmission de la parole d’un Sage de Galilée: “Béni soit l’Eternel qui transmit la lumière de sa triple parole (Pentateuque, Prophètes, Hagiographes) aux trois parties du peuple (Cohen, Lévi, Israël) le   3éme mois (Sivan) par le 3ème enfant (Moïse, troisième enfant de Yo’heved)”. Indépendamment d’une explication plus profonde de cette parole, on en déduit que le peuple juif ainsi que la Torah peuvent être considérés comme étant divisés en trois parties. Le ” Maguen-David “ est-il autre chose que deux triangles étroitement enlacés ? Ce sont Israël et la Torah, inséparablement liés l’un à l’autre, comme le corps et l’âme, la Torah étant l’âme du peuple. Ce signe est à juste titre le “bouclier” de chaque roi juif, voire de tout Juif, aussi longtemps qu’il reconnaît faire partie de cette nation et accepte de recevoir en son âme la Torah.  L’un des temps forts de la fête est la lecture des 10 Commandements à la synagogue. Tous, hommes, femmes et enfants depuis le berceau se doivent d’y assister avec la même intensité que lors du don initial. Certains ont également l’habitude de disposer dans la synagogue et dans la maison des plantes, fleurs et arbustes en souvenir du fait que toute la création a frémi comme les plantes lorsque la Torah fut énoncée sur le Mont Sinaï. On commence la fête par l’allumage des bougies le soir de ce Yom Tov, avec la bénédiction « chéhéhyanou », ainsi que le second soir (en diaspora).

 

LA REVELATION DU SINAÏ

Chaque printemps, les Juifs du monde entier célèbrent la fête de Chavouôt, l’évènement le plus important dans l’histoire de l’humanité : la révélation de D.ieu au Mont Sinaï, accompagnée du don de la Torah. A cette époque eurent lieu une série d’événements prodigieux en faveur des enfants d’Israël. En effet, déjà avant l’ouverture de la mer Rouge, il y avait eu un autre miracle après leur sortie d’Egypte : certains des Enfants d’Israël avaient contracté des infirmités durant leur long esclavage. D.ieu envoya des anges les guérir et ils purent se présenter tous unis, d’un seul cœur et comme un seul homme au pied de la montagne. Cependant, le prodigieux événement du don de la Torah s’est déroulé devant tout le peuple réuni pour le don de la Torah et des 10 Commandements destinés au monde, (qui sont 613 pour les Juifs), donnés par le Créateur par la bouche de Moïse au Mont  Sinaï le 6 Sivan 2448 selon le calendrier hébraïque (1312 ans avant l’ère commune. Plus de 3 000 ans se sont écoulés depuis lors, mais de toute l’histoire humaine, elle demeure la seule révélation collective de D.ieu reconnue si largement. Ainsi, chaque année, le peuple juif reçoit à nouveau la Torah. Mais tout dépend de notre préparation à recevoir ce trésor spirituel que D.ieu nous a donné en vue de notre bien éternel.

Il est souvent reproché à Israël de garder jalousement sa Torah. Cependant, ce reproche est infondé, puisque l’Eternel avait commencé par proposer sa Torah à toutes les nations. (ex. : Edom, peuples descendants d’Esaü  - frère jumeau du patriarche Jacob – qui demanda ce qu’elle contenait. Alors l’Eternel répondit : « Tu ne tueras point » et les peuples se retiraient en disant « Maître des Mondes, comment pouvons-nous accepter une Torah qui interdit de tuer ? N’est-il pas écrit au sujet de notre ancêtre Esaü : « Et tu vivras par ton épée ? » Amon et Moab (peuples issus de l’union incestueuse de Lot – neveu d’Abraham – avec ses filles) refusèrent la Torah parce qu’il est prescrit de s’éloigner de tout inceste, les descendants d’Ismaël la refusèrent parce que le vol y est interdit et qu’il y est prescrit le respect du bien du prochain. Ainsi chaque peuple de la terre trouva une bonne raison pour refuser la Torah. Seuls les enfants d’Israël l’acceptèrent en disant : « Naassé venichma » (Nous ferons, et puis nous écouterons), se soumettant ainsi aux Commandements, parfois sans même en comprendre les fondements, simplement parce que ces commandements constituent l’expression de la volonté divine. La révélation du Sinaï et l’apparition de l’Eternel au milieu des fumées et des flammes, du tonnerre et des éclairs est un événement exceptionnel qui n’a jamais eu son pareil dans le passé et qui n’aura plus son pareil dans l’avenir et ce, jusqu’à la fin des temps. Cela ne pouvait se produire qu’une seule fois. La révélation de la Torah devant tout un peuple est bien un événement capital pour l’humanité.

OÙ SE TROUVE LE MONT SINAÏ ?

Si les géographes sont d’accord pour situer le Mont Sinaï dans la péninsule qui porte ce nom, dans cette bande de terre triangulaire bordée par la Mer Rouge à l’Ouest, et le Golfe d’Akaba à l’Est, il  leur est plus difficile de fixer sur lequel des Monts de cette presqu’île montagneuse a eu lieu la Révélation. La Tradition juive elle-même n’est guère plus explicite et ne tenait pas à faire connaître le lieu exact de cet événement, craignant qu’il ne donnât lieu à un culte idolâtre.   Nos Sages demandent : ” Qu’a-t-il de particulier d’ailleurs, le Mont Sinaï ? II a joui d’un certain privilège tant que le Créateur s’y manifesta et fit connaître sa volonté à son peuple. Mais une fois la Majesté divine partie, ce mont reprenait son caractère antérieur. La preuve, c’est que l’on permit immédiatement après la Révélation l’accès de la montagne à tous, hommes et animaux.  C’est la personnalité de chacun qui donne son caractère à la place qu’il occupe “, selon un  adage de nos Sages.

Néanmoins, des voyageurs de toutes confessions décrivent la grandeur fantastique de ces rochers de toutes les couleurs, s’élevant à plus de 2.000 m, nus à leur sommet, mais couverts de riches verdures à leur base (” que les troupeaux n’y viennent pas brouter pendant la manifestation de D.ieu “, avait déjà dit Moïse). Ils font part de leur étonnement devant la pureté de l’air qui permet d’apercevoir par tous les temps les sommets des montagnes ; ils ne manquent pas de reconnaître dans ces vastes vallées, l’endroit où 600.000 Juifs pouvaient facilement se tenir pour percevoir la Parole de D.ieu.

Il faut savoir que c’est à ce même endroit que Moïse avait assisté à la première manifestation de D.ieu qui s’était adressé à lui  du milieu d’un buisson qui semblait brûler sans se consumer. Le nom même du buisson en hébreu (Sné) n’aurait-il pas donné son nom au Mont Sinaï ? Hypothèse en tout cas meilleure que celle qui fait dériver ce nom de Simanaï ” ( mes miracles ), bien que celle due à un bon mot d’un rabbin du Midrash n’en a pas moins une profonde signification : Sinaï viendrait de Sinea “, la haine, car la Révélation a entraîné la haine des autres peuples contre Israël… Mais ce qui compte avant tout est le fait que cet évènement unique, dont les Enfants d’Israël furent à la fois les témoins et les héros, apporta  il y a 35 siècles à un monde plongé dans la barbarie une lueur divine dont la nécessité se fait encore sentir de nos jours.

LES MOTS DE D.IEU

Voici ce que dit la Bible : (Chemote – Exode – 19  1-10 et 15-19) « Le 3ème mois après leur sortie d’Egypte, ce jour-là, ils (les Enfants d’Israël) … Ils partirent de Réfidim, arrivèrent dans le désert du Sinaï et campèrent dans le désert. Israël campa là, en face de la montagne. Moïse monta vers D.ieu. D.ieu l’appela de la montagne et dit : « Voici comme tu parleras à la maison de Jacob, et ce que tu diras aux fils d’Israël. Vous avez vu ce que j’ai fait aux Egyptiens. Je vous ai portés sur des ailes d’aigle et amenés à moi. Maintenant, si vous écoutez ma voix et observez mon alliance, vous serez pour moi un peuple trésor parmi les nations, car toute la terre est à moi. Vous serez pour moi un peuple de prêtres et une nation sainte : telles sont les paroles que tu diras aux enfants d’Israël. »

Moïse alla, convoqua les anciens du peuple et leur dit tout ce que D.ieu lui avait ordonné. Le peuple entier, d’une seule voix, répondit : « Tout ce que l’Eternel a dit, nous le ferons. » D.ieu dit à Moïse : « Va trouver le peuple et fais-le se sanctifier aujourd’hui et demain : qu’ils lavent leurs vêtements. Qu’ils soient prêts pour le 3ème jour, car le 3ème jour, D.ieu descendra aux yeux de tout le peuple sur le mont Sinaï. ».. Le surlendemain, dès le matin, il y eut des coupes de tonnerre, des éclairs et une épaisse nuée sur la montagne et un son de chofar (cor) très puissant : dans le camps, tout le monde trembla. Moïse fit sortir tout le peuple du camp à la rencontre de D.ieu et il se tint au pied de la montagne. Le mont Sinaï était tout fumant et toute la montagne tremblait. Le son du chofar allait s’amplifiant : Moïse parlait et D.ieu répondait dans une voix. »

« Et tout le peuple voyait les voix, les torches, le son du chofar (cor), la montagne fumante ; le peuple vit, recula et se tint au loin. Ils dirent à Moïse : Parle-nous toi, et nous écouterons, mais que D.ieu ne nous parle pas, sinon, nous mourrons. Moïse dit au peuple : Soyez sans crainte ! C’est pour vous éprouver que l’Eternel est venu et pour que sa crainte soit sur vos visages et que vous ne péchiez point. » (Chemote Exode - 20, 18-19).

En Exode 19 il est dit que le 2 Sivan Moïse monta vers D.ieu. Il dit, s’adressant à Moïse : « Et  vous serez pour Moi une dynastie de prêtres et un peuple saint », et Israël répondit : « Tout ce    que D.ieu a dit, nous l’accomplirons. » Le 3 Sivan « Moïse rapporta les paroles du peuple à D.ieu » et D.ieu ordonna d’éloigner le peuple de la montagne. Le 4 Sivan, D.ieu ordonne à Moïse : « Va vers le peuple et sanctifie les ». Il dit au peuple : « Soyez prêts dans 3 jours ». Ce fut le 3ème jour. D.ieu descendit sur le Mont Sinaï. Le 6 Sivan, la Torah fut donnée à Israël. D’après Rabbi Yossi, il s’agirait du 7 Sivan. Cependant tous conviennent que ce fut un Chabbat. Le  commandement de ne pas adorer d’idole nous renvoie à la tendance que nous avons de vouloir échapper à D.ieu en déifiant nos désirs et notre propre personne. Nous limitons notre sens de la réalité à ce que nous pouvons voir. Il n’y a pas de place pour la progression spirituelle dans une religion idolâtre. Il n’y a de place que pour l’ego et le désir. Si nous observons attentivement le second commandement : « N’aie aucun autre dieu devant Moi » nous briserons chaque barrière  que l’ego a pu ériger en nous – tout au moins celles qui existent en nous aujourd’hui. Nous ne pouvons servir aucune autre force, ni supporter aucun obstacle dans notre quête de D.ieu.

Le jour de Chavouôt s’est exprimé le plus grand amour qui ait existé, celui de D.ieu et de  Son peuple, à qui Il donna un baiser pour l’éternité… La première bénédiction, qui précède la lecture du Chema, le matin (Cha’hrit) et le soir (Arvit), concerne la création de l’univers et des astres (Yotser or, yotser haméorot le matin, Maariv aravim le soir). La deuxième bénédiction a pour thème central la Torah, que D.ieu a transmise au peuple juif. Il y est essentiellement question de l’amour inconditionnel que D.ieu porte à son peuple, amour qui s’est manifesté de façon éclatante à travers la Torah que nous avons reçu au Mont Sinaï. Et cet amour trouve son point d’orgue le jour du don de la Torah (Matan Torah), c’est-à-dire à Chavouoth. Les premiers mots de cette seconde bénédiction sont: «Tu nous portes un amour éternel» et les derniers :  «Béni sois-Tu D.ieu qui aime Son peuple Israël.»

A ce sujet, dans «Les devoirs des cœurs» (Chaar habé’hina chap. 5), Rabbénou Bahya développe les différents aspects de la bonté infinie de D.ieu envers ses créatures, et c’est en prenant conscience de l’ampleur de ces bienfaits, que celui qui cherche honnêtement la vérité sera amené à la conclusion logique que son but doit être de faire la volonté de son Bienfaiteur, ne serait-ce que par reconnaissance. Rabbénou Bahya conclut ainsi: «Le plus grand des bienfaits que D.ieu ait accordé à l’homme, et qui est également une preuve éclatante de son existence, est sans aucun doute la Torah qu’il nous a transmise par l’intermédiaire de Moïse, Son prophète. Ainsi, les miracles qu’il a provoqué  renversement des lois de la nature, nous permettent d’acquérir une foi véritable en Lui, par qui ces miracles se sont produits.»

Quiconque a soif de vérité et possède un esprit logique comprend que l’homme ne peut atteindre le bonheur, ni même la sérénité sans comprendre les raisons de son existence sur terre pour trouver un sens à sa vie. Si D.ieu ne nous avait pas dévoilé le sens de la création dans la Torah, nous aurions dû nous lancer dans une recherche longue et difficile pour percer ces secrets, tout comme l’a fait notre ancêtre Avraham, avant la révélation au Mont Sinaï. Pour celui qui a réfléchi à la condition humaine, la reconnaissance envers D.ieu  doit être sans borne, Lui qui nous a livré tous les éléments de réponse en nous accordant la Torah.

Un verset dans la Torah nous montre à quel point l’homme ne peut vivre sans explication sur sa propre existence: « Car cette loi que Je t’impose en ce jour, elle n’est ni trop ardue pour toi, ni placée trop loin. Elle n’est pas dans le ciel pour que tu dises: ‘Qui montera pour nous au ciel, nous l’ira quérir et nous la fera entendre pour que nous l’observions?’ Elle n’est pas non plus  au-delà de l’océan pour que tu dises: ‘Qui traverseras pour nous l’océan et nous l’ira quérir et nous la fera entendre afin que l’observions.’ Non, la chose est tout près de toi, tu l’as dans la bouche et dans le cœur pour pouvoir l’observer ! »   (Deut . 30 11-14).

Un commentaire du Rav Avdimi (Talmud Erouvin 55a) nous dit  : «Il est sous-entendu qu’effectivement,    si la Torah se trouvait au ciel ou de l’autre côté de la mer, il serait du devoir de l’homme d’aller la chercher, pour trouver le sens de sa vie !» Est-il concevable que notre monde, aujourd’hui infiniment plus sophistiqué que la plus complexe des machines nous ait été livré sans précision sur ce à quoi il est destiné et sans mode d’emploi ? En prenant conscience de cette réalité, il doit naître en nous une reconnaissance  sans borne envers notre Créateur, qui, grâce à Sa Torah, permet de comprendre le fonctionnement et l’utilité du monde.» C’est une joie permanente que doit susciter en nous le fait de détenir  la Torah, véritable mode d’emploi de l’univers.

 «Tu aimeras l’Eternel ton D.ieu de tout ton cœur, de toute ton âme, et de tout ton pouvoir» (Début du Chema, Deutéronome 6 5). Le Sifri pose la question : «Comment parvenir à accomplir cet ordre? Comment aimer D.ieu concrètement? Est il possible de «forcer» des sentiments? Le verset suivant nous donne la réponse: « Ces paroles que Je te transmets aujourd’hui seront gravées dans ton cœur » (Deutéronome 6 6). «Ces paroles», cela signifie la Torah, car c’est en étudiant la Torah qu’elle se grave dans le cœur et c’est par sa découverte et son étude que des sentiments réciproques pourront naître en nous. Un verset du Cantique des Cantiques présente à ce sujet une approche métaphorique et puissante. «Qu’il me prodigue  les baisers de sa bouche» (1, 2). Nos maîtres comprennent ce verset comme se rapportant à la révélation au Mont Sinaï, véritable baiser de D.ieu (Midrach Chir hachirim rabba chap. 1).Et c’est seulement par l’étude que nous pourront rendre à D.ieu son baiser, et éveiller notre amour pour Lui.

Le Rav Salomon conclut par une remarque. Dans le texte des prières, la fête de Chavouôt est appelée: l’anniversaire du don de la Torah (zman matan torateinou). C’est que l’essence même de notre joie est la prise de conscience de notre privilège immense : celui de jouir de la marque d’amour la plus extraordinaire venant du Créateur, le don de la Torah. C’est cette joie qui a vu le jour à Chavouôt, que nous exprimons quotidiennement, soir et matin, dans nos prières qui exaltent D.ieu, ‘qui aime Son peuple Israël’».

Chaque mitsva négative étant en parallèle avec un jour de l’année solaire, chaque jour nous présente de nouveaux défis. Nous pouvons y échapper en redéfinissant la loi juive, ou bien nous pouvons nous redéfinir nous-même, en rejetant chaque tentation qui s’offre à nous. Les deux premiers commandements sont comparés aux baisers de l’amant que le Roi Salomon décrit dans “Le Cantique des Cantiques” dont il est question plus haut. Le premier est le baiser de la connexion, le second est le baiser de l’exclusivité.

UN ENGAGEMENT AVEC LE CREATEUR

Le fait que la Torah nous ait été donnée en plein désert met non seulement en valeur le caractère universel de la Torah qui transcende toute idée de lieu et de temps, mais toute personne qui désire sincèrement et profondément prendre cette Loi sur elle le peut sans aucun problème. Ce n’est qu’unis et renforcés par ces lois de la Torah que nous pouvons concrétiser et assumer notre identité du « peuple Israël » sur une terre commune, la Terre d’Israël.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                   L’engagement que nous prenons à Chavouôt de respecter la Torah pour assumer notre identité est comme un contrat qui nous lie à D.ieu. Tout se passe comme si la période de Pessah et de l’Omer était vécue comme des fiançailles dont le couronnement serait le  mariage entre D.ieu et l’assemblée d’Israël, au Mont Sinaï.

De même que des fiancés acceptent de respecter un contrat qui les unit mutuellement, le peuple d’Israël a alors accepté la Torah en déclarant « Naassé vénichma » que nous pouvons traduire et vivre de trois manières : “Observons-la et ensuite essayons de la comprendre”,observons-la, ce qui nous permettra de la comprendre”, ou encore “observons-la et en même temps (au fur et à mesure) essayons de la comprendre”. Quoi qu’il en soit, il ne s’agit pas pour nous de réduire la Torah à une pratique rituelle, en faisant des gestes dont on ne comprend pas le sens. Tout doit  être basé sur la recherche constante d’une compréhension plus approfondie de nos lois.             

         

                                    LE DON DES 10 PAROLES

Chavouôt vient donc célébrer la promulgation de la Loi au Mont Sinaï, avec la transmission des Tables comportant les dix paroles qu’Hachem a données par la bouche de Moïse. Mais contrairement aux autres peuples qui ont conquis un territoire, puis adopté des lois sociales leur permettant de cohabiter, le peuple hébreu a choisi de suivre ces prescriptions à la lettre et de se doter de principes moraux et spirituels qui transcendent le temps et l’espace, donnant ainsi un sens profond à leur vie. « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » – Levitique 19 – Peut-être ce commandement pourrait-il être la source des 248 commandements positifs. (Mais cela n’engage que moi).

Cette mitsva, l’une des plus connues, mais aussi l’une des mitsvote les plus importantes, puisqu’elle nous relie les uns aux autres par l’amour, n’est pas l’apanage du monde chrétien. Hélas, depuis des siècles, son antisémitisme a réussi à faire croire au monde que cela n’est pas écrit dans la Torah, mais dans le texte nouveau de sa religion, en ajoutant que les Juifs n’avaient que la crainte, la lettre et pas l’esprit et qu’ils avaient tué leur prophète et D.ieu lui-même. Infamies dont  on n’arrive pas à comprendre comment ces millions d’individus religieux sont parvenus ainsi à mentir sur la parole de D.ieu elle-même et à tuer Son peuple. C’est pourtant la vérité historique, si contraire à ce qu’elle prétend être, une religion d’amour. Elle fut une religion de massacres du peuple de D.ieu. Il en reste une civilisation occidentale qui, encore de nos jours, s’allie aux ennemis du peuple juif, car même si elle en a perdu la théologie, elle a gardé cet antisémitisme viscéral.

Dans ce contexte, il faut savoir que l’essentiel est « ahava », amour. En hébreu, ce mot est    constitué de lettres qui sont tout un enseignement.  En effet, l’obligation de répéter chaque jour le « chéma  Yisraël » nous montre bien que l’amour est le centre de la Torah. Dans ce Chémâ, le     mot Un (é’had) a la guématria 13, comme « ahava » (amour) et ce mot « é’had » y est entouré   du mot « ahava » avant et après ce verset ; il y a donc là un enseignement sur la primauté absolue de l’amour dans le message de la Torah. La plénitude des 10 paroles divines reçues constitue notre enjeu de l’unité et se joue particulièrement dans l’aventure du « deux ». Le Un divin est amour et, à notre niveau, toute unité doit être soumise au 2 de l’amour. C’est ce que veulent nous signifier nos Sages quand il nous font remarquer qu’il est dit dans Chir haChirim (Cantique des Cantiques) : ‘ il m’embrassera des baisers de sa bouche’. La fin du psaume 62 (verset 13) qui dit : « et à Toi Adonoute est la bonté » le confirme.

Au début de l’ère chrétienne, Hillel, avec son collègue Chamaï constituaient la toute dernière des «Zougot » (paires), et sans doute la plus célèbre de la transmission de la Torah depuis Moché rabbénou. Après avoir essuyé un refus auprès de Chamaï, un étranger vint un jour se présenter devant son collègue Hillel en lui demandant qu’il le convertisse, à la condition qu’il lui apprenne toute la Torah pendant qu’il se tiendrait sur un pied. Celui-ci accepta de lui donner des cours pour et lui dit « Ce qui est haïssable à tes yeux, ne le fais pas à ton prochain », (Talmud de Babylone, Shabbat 31a) voici toute la Torah et le reste n’est que commentaire de ce passage. Va et étudie ! » En citant le commandement ainsi exprimé comme rappel de l’amour dont il est question ici, qui est également un comportement (ne fais pas…), le texte donne l’indication d’une limite dans les comportements possibles à l’égard de l’autre.

Au second siècle de notre ère, le grand rabbi Aqiba considérait le commandement d’amour du prochain comme le « grand principe » ou « principe universel » exprimant la totalité de la Torah (Talmud de Jérusalem, Nedarim 9, 4). A sa suite, on a pu dire que les 613   commandements dépendent directement de celui-ci. Maïmonide (12ème siècle) prend positivement  la formule d’Hillel qui devient : « Fais aux autres ce que tu voudrais qu’ils te fassent », que des commentateurs ont repris ainsi : « que le bien d’autrui te soit aussi précieux que le tien », ce qui peut être entendu comme l’expression d‘un infini respect des biens, non seulement matériels, mais aussi intellectuels et spirituels d’autrui et donc comme la source du pluralisme juif. Au 16ème          siècle, les maîtres de la Kabbale, établis à Safed en Galilée, firent précéder chaque prière de ce préambule : « Me voici prêt et disposé à accomplir ce commandement : Aime ton prochain comme toi même».

Le Baal Chem Tov, fondateur du Hassidisme au 18ème siècle disait : « J’aspire à pouvoir aimer les personnes les plus pieuses autant que D.ieu aime les plus impies. » L’humour signale enfin qu’il est assez facile d’aimer « le monde entier », plus facile en tous cas que d’« aimer ton         prochain » , qui est à la fois unique et proche ! Il y a des efforts à déployer pour « aimer » un éventuel concurrent, un rival potentiel, celui qui est trop « comme moi-même » !

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LA VEILLEE DE CHAVOUÔT

Le Midrach nous enseigne que les enfants d’Israël s’endormirent la nuit qui précéda le don  des Dix Paroles, et Hachem les réveilla au son du chofar et du tonnerre. Ainsi en restant éveillé toute la nuit de Chavouôt, chacun, dans chaque génération, fait réparation de la faute des pères. C’est pourquoi cette nuit nous lisons le “Tikoun leil Chavouôt, littéralement ” (Réparation de la nuit de Chavouôt), les textes qui sont des extraits de la Torah, des Prophètes, des Hagiographes, de la Michna, du Zohar, ainsi que la liste des 613 mitsvote. Mais l’essentiel est d’étudier la Torah. Le Ari Zal dit que celui qui étudie la Torah toute la nuit de Chavouôt et ne dort pas toute cette nuit, est sûr de terminer l’année.Ceux qui veulent étudier en français prennent le  Sefer Ha’hinouch (livre des 613 mitsvote). La Meguila de Ruth est également lue ce soir-là.  On peut y ajouter les chapitres 19 et 20 de l’Exode. Que peut signifier le Midrach lorsqu’il parle de l’endormissement des enfants d’Israël ? L’un des sens  de ce texte est qu’il existe une situation de sommeil par rapport à la Torah. Au plan symbolique, ce sommeil peut traduire une paresse face à l’étude : faire passer d’abord son bien être physique ou matériel par exemple. Les sages avaient conscience de cette réalité, c’est pourquoi dans les Pirke Avot (Chapitres des Pères), que nous lisons justement entre Pessah et Chavouôt, de nombreux enseignements ont trait au limoud Torah.

Chaque année, la Torah est proposée à l’être collectif d’Israël, chaque jour elle est offerte à  l’individu. Avant de la recevoir, nous sommes toujours dans un état de sommeil. Ce qui nous   pousse à l’accepter, à l’étudier, à l’introduire dans notre pensée et de notre vie, c’est la voix du Sinaï émanant de notre Créateur. Voilà l’urgence : devenir des êtres nouveaux. Il n’existe pas d’autre salaire que celui d’être en marche vers soi-même, parachevant par cette acceptation les “six jours du commencement”. Nous comprenons qu’Hachem soit pressé, car Il attend notre bonheur.

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Consommation de mets lactés

Les raisons pour lesquelles la tradition a retenu la préparation et la consommation de mets lactés pour Chavouôt,  “Halavi” sont multiples. Le Mont Sinaï où fut donné la Torah est appelé dans le Psaume 68 Mont Gavnounim, dans lequel on reconnaît le mot “guevina” (fromage). Ces plats lactés seront consommés avec   du pain, et l’on consomme ensuite de la viande, avec du pain également. On retrouve ici le souvenir des deux pains qui accompagnaient le sacrifice apporté    au Temple ce jour-là. Les mots « Moché rabbénou » (Moïse notre maître) est égale à 613, comme   les 613 commandements. Avec la Torah, les Juifs  reçurent les lois concernant l’abattage rituel. Ils ne pouvaient plus utiliser leur vaisselle qui avaient servi à de la viande non abattue rituellement  et ne pouvaient pas la cachériser le jour même de la fête car c’était Chabbat.

En attendant de pouvoir se conformer aux règles de “Cacherout” qui prônent la séparation des mets lactés de ceux carnés, les Hébreux se contentèrent donc de nourriture lactée. Les maisonnées juives depuis lors se délectent de gâteaux au fromage blanc pour les Ashkénazes et de couscous au beurre pour les Séfarades d’Algérie… En effet, il est d’usage, le matin de Chavouôt de consommer un repas lacté, précédant le repas de viande usuel aux jours de fête. Mais c’est en toute humilité (et en état de pauvreté du savoir) de l’étude de la Torah, en délaissant sa grandeur (éventuelle !), en acceptant ce don de la Sagesse divine comme un bienfait et en s’attelant à son étude et à sa pratique tout en ressentant la vitalité qu’il nous apporte que l’on doit s’approcher de la Torah.

La Torah est comparée au lait : « Comme le miel et le lait, [la Torah] coule sous ta langue » (Cantique des Cantiques 4:11). De même que le lait a la capacité de subvenir totalement aux besoins nutritifs du nourrisson, la Torah procure toute la « nourriture spirituelle » nécessaire     à l’âme humaine. De plus, la guematria (valeur numérique) du mot hébreu pour lait, ‘halav, est de 40. Celle-ci a également une signification plus profonde en ce sens qu’il y eut 40 générations depuis Moïse, qui consigna la Torah Ecrite, jusqu’à la génération de Ravina et Rav Achi qui rédigèrent la version finale de la Torah Orale, le Talmud. (Moïse passa 40 jours supplémentaires sur le Mont Sinaï, à prier pour le pardon de la faute du Veau d’Or,) puis une nouvelle période de 40 jours avant de revenir avec de nouvelles tables de la loi en pierre.  De plus, le Talmud commence avec la lettre mèm – guematria 40 s’achève également avec un mèm.

Selon le Zohar, chacun des 365 jours de l’année correspond spécifiquement à l’un des 365 commandements négatifs de la Torah. La mitsva qui correspond au jour de Chavouôt est la suivante, comme le dit la Torah : « Apportez des Bikourim (premiers fruits) au Saint Temple de D.ieu ; tu ne feras pas cuire un chevreau dans le lait de sa mère » (Exode 34:26). Comme le premier jour pour apporter des Bikourim est Chavouôt (la Torah appelle Chavouôt « la fête des Bikourim »), la seconde moitié de ce verset 6 au sujet du lait et de la viande (6 est le commandement négatif qui correspond au jour de Chavouôt). Ainsi lors de cette fête, nous prenons deux repas, un avec des laitages et l’autre avec de la viande, en prenant bien soin de ne pas les mélanger.

On ne doit pas utiliser le même pain pour les deux repas, de peur que le pain soit entré en contact avec un plat de viande. En prenant deux repas différents – l’un lacté et l’autre carné – nous avons  deux pains, ce qui correspond à l’offrande particulière des « Deux Pains » qui était apportée au Temple à Chavouot.

Le Mont Sinaï porte également le nom de Har Gavnounim, la montagne aux pics majestueux. Le mot hébreu pour fromage est guevina, qui s’apparente sur le plan étymologique à Har Gavnounim. De plus, la guematria de guevina (fromage) est de 70, ce qui correspond aux « 70 facettes de la Torah ». Quand Moïse, 3 mois après sa naissance le septième jour du mois d’Adar fut déposé sur le Nil (le 6 Sivan) et sauvé par la fille de Pharaon qui l’adopta, un  problème se posa immédiatement : quelle nourriture donner au bébé ? A cette époque, lorsque la mère biologique n’était pas disponible, on devait faire appel aux services d’une nourrice. Mais Moïse refusait d’être nourri par toute femme égyptienne.

Le Talmud explique que sa bouche devait rester absolument pure, étant donné qu’un jour,  elle communiquerait directement avec D.ieu. C’est pourquoi celui qui proclamera les paroles saintes de la Torah refusa le lait d’une nourrice égyptienne. Finalement, la fille de Pharaon trouva la seule femme dont Moïse accepta le lait : Yokheved, sa mère biologique. Ainsi Moïse, le futur grand guide du peuple juif fut nourri, élevé et formé, juste sous le nez de Pharaon, dans sa propre maison,  à ses propres frais ! De plus, la mère de Moïse reçut un salaire pour nourrir son propre enfant ! La consommation de plats lactés à Chavouôt commémore donc également ces circonstances survenues dans l’enfance de Moïse.

QUELQUES REMARQUES & PENSEES SUR CHAVOUÔT    

Ruth et Boaz

Ruth et Boaz

Meguila Ruth                                                                                      

Ruth, descendante de Loth, (le neveu de Moïse) est une princesse moabite qui s’est convertie au judaïsme au 10ème siècle avant l’ère commune. Elle se maria avec Boaz, représente un modèle d’acceptation de la Torah et sans elle l’histoire juive n’aurait pas de continuité. Ruth est la personne en quête de Torah par excellence, que l’on dresse devant nous comme le modèle éclatant  de la  bonne façon d’accepter la Torah. Si nous pouvions apprendre à lui ressembler dans notre acceptation personnelle de la Torah (l’acte du Service divin qui est l’essence même de Chavouôt), nous réussirions à absorber l’intégralité de l’élévation spirituelle que D.ieu nous offre à l’occasion de cette fête. Elle faisait preuve d’un tel amour et d’un tel souci pour le devenir d’une autre  personne (en l’occurrence sa belle-mère) qu’elle est considérée comme le modèle parfait sur lequel nous devons calquer notre propre acceptation de la Torah.

Tous les êtres humains ont l’obligation de respecter les 7 lois noa’hides – ains nommées parce qu’elles furent données après le déluge – de même que Ruth l’avait dès sa naissance, en tant que moabite. Si on ajoute ces 7 commandements à la valeur de son nom, on obtient 613, le nombre de commandements de la Torah. L’un des 613 commandements est d’aimer D.ieu. Elle était en quête de la vérité et de la bonne manière de vivre et par-dessus tout, elle voulait s’attacher à D.ieu avec fidélité et se connecter ainsi à la Source de toute vie et de tout être. Elle ne pouvait le faire qu’en s’attachant à une personne déjà proche de D.ieu. Elle a donc suivi sa belle- mère Naomi, plutôt qu’une vérité abstraite.

Le choix de Ruth à Chavouôt est d’abord justifié par le fait qu’une partie du récit se déroule en  Israël, durant la moisson des blés, qui est justement la période dans laquelle tombe Chavouôt.  Dans cette méguila, nous apprenons que David descend de Ruth la Moabite. Ainsi la plus   noble famille en Israël, la dynastie royale de David, est issue de souche païenne! Or la Torah nous enseigne: Un Ammonite ou un Moabite n’entrera pas dans la Communauté de l’Éternel” (Deutéronome, 23,4).  Selon l’interprétation littérale de ce texte, l’accès au Judaïsme aurait donc   été interdit à Ruth. Par conséquent un descendant d’une Moabite, devenue juive à l’encontre de cette loi n’aurait jamais pu revêtir la dignité royale. Mais la Loi orale précise que seule la conversion des hommes moabites et ammonites est interdite. Ruth pouvait donc devenir juive et donner naissance à la maison royale de David. L’existence d’un juif issu de cette souche est donc une preuve de plus de l’authenticité et de la véracité de la Loi Orale. Porter atteinte à celle-ci aurait eu pour conséquence l’impossibilité pour les descendants de Ruth d’occuper le trône. L’histoire de Ruth lue à Chavouôt, fête de la Promulgation de la Torah, est un symbole vivant à travers les siècles de l’importance capitale de la Loi Orale. Le Livre de Ruth fait partie des cinq rouleaux ou méguilote, qui se trouvent dans les Hagiographes ou Kétouvim. On lit aussi Michlé ou Proverbes.

Ruth et Boaz

La bonté et la générosité semblent être au coeur du récit de Ruth. C’est dans les paroles de Boaz que l’on trouve la mention explicite de ces actes généreux :          « Que l’Éternel te bénisse, ma fille ! Ce trait de générosité de ta part est encore plus méritoire que le précédent », (3, 10). Selon Rachi, le premier acte de bonté auquel fait référence ici Boaz apparut au moment où Ruth accepta de suivre Naomie sa belle-mère, et décida ainsi de se convertir au judaïsme (le Targoum transcrit en effet ce verset en ces termes : « le premier acte fut celui de ta conversion »). Le second acte de générosité est quant à lui explicite dans la suite de ce verset : « Puisque tu n’as pas voulu courir après les jeunes gens, riches ou pauvres » – Ruth accepta ainsi de se consacrer au souvenir de son mari défunt en réalisant une forme de Yiboum [lévirat] en s’unissant à Boaz qui en était un proche parent. Or, il convient de comprendre pour quelle raison ces deux actes d’altruisme méritèrent tant d’égards : il apparaît en effet, dans l’un comme dans l’autre, que Ruth ellemême avait tout intérêt à les accomplir ! Bien qu’elle relevât effectivement d’une grande détermination personnelle, sa conversion lui octroya néanmoins l’immense mérite d’appartenir désormais à la Nation élue. Quand bien même le fit-elle pour sa part de manière fort désintéressée, il existe sans nul doute de nombreux autres actes de générosité qui furent réalisés sans qu’aucun avantage n’en soit tiré par leurs auteurs ; toutefois, ceuxci ne méritèrent pourtant pas tant de considération…

Ainsi en est-il du mariage de Ruth avec Boaz, son « second trait de générosité » : dans ces circonstances également, bien que l’acte proprement dit fut destiné à perpétuer le nom de Ma’hlon, il apporta toutefois à Ruth son lot de bienfaits, notamment le fait de s’unir à Boaz, homme sage, riche et important : autant d’avantages qu’elle ne trouverait pas nécessairement chez « des jeunes gens ». En réalité, cette forme de bonté nuancée se retrouve précisément dans les toutes premières origines de Ruth, c’est-à-dire chez la fille de Loth qui engendra Moav, père de la nation moabite.

Lorsqu’après la destruction de Sodome et de Gomorrhe, Loth se retrouva isolé du reste du monde dans une grotte avec ses deux filles, celles-ci furent convaincues qu’avec la disparition de ces deux grandes villes, c’était le monde tout entier qui s’était effondré… Or, par souci de perpétuer le genre humain sur terre, ces deux femmes se permirent l’intolérable en perpétrant un inceste par « sacrifice » afin d’offrir à leur père une descendance.

En analysant brièvement les desseins des filles de Loth, nous pourrons nous apercevoir qu’elles aussi étaient animées par une volonté de faire le bien, dans la mesure où, en dépit de la sordidité de leur acte, leur intention n’était a priori aucunement intéressée. Pourtant, certains avis dans le Midrach (Béréchit Rabba 51, 10) estiment que derrière ce « sacrifice » se cachait en réalité une volonté de dépravation. De plus, même les avis qui ne voient pas leur acte sous cet angle confirment néanmoins que cet inceste fut en fin de compte la cause première d’un véritable acte de débauche, survenu bien plus tard au moment où les filles de Moav séduisirent les enfants d’Israël dans le désert (Bamidbar, 25, 1)…

Ces considérations établissent donc une nette similitude entre les actions des filles de Loth et les événements décrits dans la Méguila de Ruth : dans un cas comme dans l’autre, c’est l’ambivalence inhérente à tout acte de générosité qui se dégage. Là où les unes font preuve d’abnégation totale pour la survie du genre humain, c’est néanmoins l’aspect sordide de leur acte qui est retenu. Inversement, Ruth est quant à elle glorifiée pour avoir réalisé des actes dans lesquels la générosité n’est pas formellement manifeste.

Un autre passage du Midrach explique la signification des noms des deux brus de Naomie  : « L’une s’appelle Orpa – parce qu’elle a montré sa nuque (oref) à sa belle-mère ; la seconde s’appelle Ruth – parce qu’elle a regardé (raataà les paroles de sa belle-mère », (2, 9). Ainsi, ce qui sépare si radicalement ces deux femmes, ce fut leur réaction si opposée face aux mêmes propos. Là où la première « tourne le dos » et s’en revient aussitôt à son existence individualiste, la seconde au contraire « ouvre les yeux » et prête attention aux exigences de l’heure. En réalité, il s’avère que tout acte de charité peut être taxé d’« intéressé » : dans la mesure où l’on a généralement quelque chose à gagner à aider autrui, il apparaît fatalement que toute charité est porteuse d’équivoque. Cependant, ce qui caractérise réellement un acte de bonté, ce sont les proportions que l’on donne aux besoins d’autrui et aux siens propres. L’égoïste est en effet une personne qui a parfaitement conscience du manque de son prochain, mais il l’observe à une échelle microscopique et le considère comme étant insignifiant. En revanche, ses propres exigences sont à ses yeux démultipliées et méritent que le monde entier s’y intéresse… La véritable charité consiste donc à accepter de porter une attention aiguë à son prochain et d’agir suivant ce que l’on y voit.

Si Ruth « regarda » les paroles de Naomie, c’est pour nous signifier qu’elle accorda de la considération à tous les aspects de la situation et qu’elle décida en fin de compte de suivre les pas de sa belle-mère en raison de ce qu’elle « vit » chez cette dernière. C’est également ainsi qu’elle agira plus tard en prenant parti de se marier avec Boaz. En effet, bien que cette union impliquât pour elle d’incontestables avantages, c’est néanmoins par considération à l’égard d’autrui que sa décision fut motivée. Parce que si l’ambiguïté est généralement présente dans un acte de générosité, c’est cependant dans la profonde intimité de celui qui l’accomplit que gît le véritable enjeu.

Dans cette perspective, il s’avère que Ruth contribua effectivement à « réparer » le tort de ses ancêtres, les filles de Loth. Chez elles également, il apparaît que si leur acte devait être considéré isolément, nul reproche ne pourrait leur être formulé dans la mesure où leur volonté était vraisemblablement de rendre possible la pérennité du monde. Pourtant, comme nos Sages le décèlent entre les lignes des versets, il s’avère que leurs intentions n’étaient pas si pures qu’on pourrait le croire de prime abord et là aussi, cet acte sordide, accompli sous prétexte d’une « volonté noble » mais pourtant motivé par des intentions dépravées, souligne le caractère ambivalent de la « générosité » des filles de Loth… C’est en ce sens que s’explique également l’ambiguïté du mot « ‘hessed » ; si celui-ci désigne généralement « l’altruisme » proprement dit, la Torah l’emploie cependant parfois pour définir les plus abjects égarements de l’inceste (notamment dans Vayikra 20, 17 concernant l’inceste entre frères et soeurs). Un ‘hessed ne se définit en effet pas par un acte spécifique, mais par le regard se trouvant à son origine et par la volonté qui le motive. C’est en ce sens que l’ancêtre du roi David mérita dignement de s’appeler « Ruth », parce qu’elle sut accorder de la considération aux besoins de ceux qui l’entourent.

Anniversaire de la mort du Roi David        

Chavouôt est aussi l’anniversaire de la mort du roi David, qui naquit à Beth-Lehem en 2854 après la création du monde. Il appartenait à la dixième génération de Juda, fils de Yaakov. Un de  ses ancêtres fut Nahchon, fils d’Aminadav, qui se distingua lors de la traversée de la Mer  Rouge lorsque celle-ci refusa de se fendre. Nahchon fut le premier à apporter des offrandes au Michkan lorsque celui-ci fut installé dans le désert un an après la traversée de la Mer Rouge. L’arrière grand-père de David, Boaz, était juge et possédait une grande fortune. Sa générosité était célèbre. Cette noble tradition fut maintenue par la famille de Ichaï, le père de David, qui était le président du Sanhédrin. Les qualités insignes de cette dynastie étaient l’érudition, la piété, la gentillesse et la générosité.

Dans la Bible il n’est nulle part mentionné le fait que Chavouôt soit la fête de la Promulgation de la Loi. C’est la Loi orale, appelée ” Torah ché-beal pè “, qui le porte à notre connaissance. Chavouôt nous fournit par ailleurs une autre preuve de l’importance de cette dernière. Le second jour de Chavouôt, nous lisons l’histoire de la généalogie du roi David. jour anniversaire de    sa naissance ( le livre de Ruth fait partie des 5 rouleaux (ou méguilote) qui se trouvent dans les Hagiographes, ou « Ketouvim ». La Meguilat Ruth est lue à Chavouôt (on lit aussi Michna ou Proverbes.

Chavouôt, la fête du patriarche Jacob

Selon le Traité des Pères (1,2) notre monde repose sur trois piliers: ” Torah, Avodah, Guemilout ‘Hassadim” (l’étude, le Culte divin, la Charité), représentés par nos trois patriarches : la ” Guemilout ‘Hassadim”, (l’altruisme, l’amour du prochain,) trouve toute son expression   dans le caractère d’Abraham. Malgré la chaleur torride et le fait qu’il soit malade, (il en était au 3ème jour de la circoncision), il attend les voyageurs inconnus pour remplir envers eux les  devoirs de l’hospitalité. Le sacrifice d’Isaac, c’est la ” Avodah “; c’est le dévouement pour  D.ieu qu’Isaac a manifesté par son sacrifice volontaire; il restera toujours un exemple incomparable de l’homme au service de son D.ieu. Enfin, d’après la tradition, Jacob “assis dans  les tentesdans le chemin qui sépare- Beérchèva de ‘Haran, a voué 14 années de sa vie à l’étude exclusive de la Torah auprès de Sem et Eber. Il représente la ” Torah “.

Ainsi Pessa’h tire son nom de l’agneau pascal (allusion à Isaac). Chavouôt, la fête de la Torah se rattache à Jacob. Enfin, Souccot se rapporte à Abraham. On pourrait objecter qu’Isaac n’était pas le fils unique d’Abraham et qu’il y avait aussi Ismaël et les fils de Ketoura. Par ailleurs, Isaac était aussi le père d’Esaü, or, c’est uniquement Jacob qui est l’héritier spirituel de la maison d’Abraham. Si  Pessah et Souccot, (fêtes qui rappellent Isaac et Abraham) ont à côté de leur jours fériés aussi le  ‘Hol Hamoed, (demi-fête) c’est une allusion à ceux de leurs descendants dont le caractère n’était pas empreint de sainteté. Par contre, Chavouôt, la fête de Jacob, ne connaît pas de ‘Hol Hamoed, (demi-fête) car Jacob a transmis son héritage spirituel à tous ses enfants sans exception.

          
                           

Symbolique de Chavouôt

Nous savons que le tabernacle et plus tard le Temple sont perçus par les Rabbins comme des compromis de Dieu envers les hommes qui, d’une façon ou d’une autre, cherchent à se représenter   le divin. Mais au moment de Chavouôt, un tel compromis est impossible. La fête de la révélation ne peut pas se compromettre en cédant à la pression des besoins humains. Le refus du compromis et le refus de toutes formes de simplification, c’est aussi cela la symbolique de Chavouôt. Pour comprendre la nature profonde du problème du fonctionnement psychologique des membres de la communauté juive (à savoir : pourquoi si peu de fidèles se retrouvent à la synagogue pour fêter Chavouôt) nous porterons un regard positif, bien que sans doute quelque peu naïf sur la question. Il semble que ce manque de participation n’est finalement que l’expression d’une compréhension profonde – bien que probablement inconsciente – du sens de D.ieu et de la Révélation. Le Créateur étant présent partout et à tout moment et la Révélation étant, elle aussi, continuelle, en quoi la journée de Chavouôt est-elle nécessaire ? Comment et surtout pourquoi marquer, à l’aide d’une fête spéciale, un concept qui dépasse le cadre d’une limite temporelle et géographique ? Si D.ieu est D.ieu, et si la Révélation a lieu en tout lieu et à tout moment – et non seulement sur le mont Sinaï        il y a plusieurs milliers d’années – quel besoin avons-nous de nous réunir à la synagogue pour           Chavouôt ? Voilà, semble-t-il, les éléments qui font que cette fête n’est que peu observée dans l’ensemble du monde Juif.

Ouvrons la porte sur une autre dimension de cette fête donnant lieu à une autre interprétation. Et           si Chavouôt n’était qu’une autre forme de compromis entre Dieu et les hommes ? Un compromis non pas palpable physiquement – comme le tabernacle, le Temple et les sacrifices – mais un compromis dans le temps, dans la dimension temporelle ? L’homme, nous ne le savons que trop bien, ne peut pas vivre dans l’abstraction pure. Même lorsqu’il s’agit de Dieu, notre esprit demande une forme de conceptualisation, une forme de représentation, quelque chose de tangible que nous puissions appréhender. Refusant l’objet de représentation physique, la tradition juive a peut-être opté pour une représentation dans le temps qui, une fois dans l’année, nous permet de focaliser nos esprits sur la nature de D.ieu, de sa Révélation et de sa Loi.

Quelques coutumes de Chavouôt

Une très ancienne coutume veut que l’on décore les synagogues et les maisons avec des plantes et des fleurs pour la fête de Chavouot (Rama 494, 3), pour rappeler que le mont Sinaï s’était couvert de verdure lors du Don de la Torah. Visiblement, cette coutume remonte même à l’époque du Premier Temple. En effet, parmi les différentes accusations que porta Haman aux oreilles du roi Assuérus contre le peuple juif, il lui déclara : « Le mois de Sivan, les Juifs célèbrent deux jours de fête. Ils se rendent dans les synagogues, ils lisent le chéma, ils prient et lisent dans les livres de leur Torah et dans les prophètes. Ils maudissent ensuite le roi et les princes du royaume, et ils appellent ce jour ‘Atséret’. Ils se rendent ensuite sur les toits des synagogues, ils répandent par terre des roses et des pommes. En allant ensuite les ramasser, ils proclament : ‘De la même manière que nous cueillons ces roses et ces pommes, ainsi que les fils des nations soient tués et non nos fils » (targoum chéni sur Esther 3, 8). Comme dans le reste de ce long plaidoyer, Haman accusent les Juifs de torts totalement chimériques, en s’appuyant cependant sur des faits et coutumes bien réels. Il est donc avéré qu’en ces temps déjà, les Juifs répandaient des fleurs et des plantes dans leurs synagogues. Une coutume parallèle veut qu’on place dans les synagogues des arbres, pour rappeler qu’en ce jour, nous sommes également jugés sur les « fruits de l’arbre » (Maguen Avraham 494). Certains décisionnaires considèrent cependant qu’il est préférable de ne plus suivre cette coutume de nos jours, dans la mesure où elle a été adoptée par les nations du monde pour célébrer leurs propres festivités (Gaon de Vilna ibid.). Certains ont également l’habitude de décorer le Séfer Torah à l’aide de fleurs (Kaf ha’Haïm ibid. 59). On s’abstiendra cependant d’utiliser des branches d’arbres fruitiers, pour ne pas enfreindre l’interdit de « bal tach’hit ».

Chavouôt, un autre sens à la liberté                                                                                             

Rabbi Yehochoua ben Lévi a dit “Seul est libre celui qui fait son occupation de la Torah.  Grâce à la Torah, les Enfants d’Israël sont des hommes libres “. Il semblerait à première vue que celui qui accepte le joug de la Torah, qui se soumet aux commandements et aux interdits émanant d’une source extérieure à lui-même, abdique sa propre liberté, sa propre indépendance. On pourrait croire que dès lors qu’un homme accepte d’être assujetti aux volontés émanant d’une source étrangère à lui même, il ne saurait y avoir de place pour une affirmation de soi, pour une expression personnelle. Mais il n’en est rien et si nous tenons compte du fait que l’homme est par nature un être social, ayant besoin (de façon innée ou autrement) d’un état social afin d’échapper à un intolérable état de nature, nous serons amenés à conclure qu’il ne peut jamais être véritablement indépendant, entièrement libre d’agir comme il l’entend. Ce seront en effet tantôt les impératifs de sa foi, tantôt les lois de son souverain, qui lui imposeront certaines limitations.

Fondamentalement, une révolution signifierait simplement un changement de gouvernement ou de souverain, éventuellement de lois ; mais en vérité ce ne serait rien qu’une substitution, non un changement absolu dans l’état de l’homme. Celui-ci est soumis, tout au long de sa vie, à son Yétzère (inclination au mal) et à son Yotzère (le Créateur). Afin de concilier ce fait empirique avec son idéal de liberté et d’individualité, chacun devra délibérément et par un choix motivé par le désir d’en faire partie, se faire une obligation d’accepter les règles de ce code. Contrairement à l’esclave, c’est le privilège de l’homme libre de choisir le groupe ou ordre auquel il désire s’identifier. Mais, une fois le choix fait, il sera lié par les règles du groupe qu’il a choisi. Techniquement parlant, il sera contraint, mais non asservi ; sujet à des restrictions, mais libre de changer.

Ainsi pouvons nous faire cette distinction : Soumission par la force, sans considération de manière ou de degré = esclavage. Soumission par choix, sans considération de ce à quoi ou celui à qui on est soumis = liberté. A la lumière de cette définition, l’homme est le dernier venu dans l’ordre de la création, et destiné dès le début à avoir un but unique. Afin de réaliser ce pour quoi il est sur cette terre, (son propre développement de plus en plus poussé, l’homme doit pouvoir se mouvoir selon sa propre volonté, décidant souverainement comment agir et se comporter par rapport aux directives et aux objectifs qui lui ont été révélés. L’ alternative donnée à l’homme, est, d’une part, le Yétzère du cœur de l’homme – ” méchant dès sa jeunesse “ et né avec l’homme même, et d’autre part la Torah, antidote des forces du Yétzère,  principe et guide grâce auquel l’homme peut contrôler et canaliser ces forces (c’est-à-dire conquérir, utiliser et sublimer les qualités du Yétzère, ainsi qu’il est écrit : ” C’est à la vigueur des bœufs qu’on doit l’abondance de la moisson “).

L’alternative par laquelle l’homme peut répondre à cet esclavage (état passif) consiste à faire usage du pouvoir de choisir qui lui est donné : ” J’ai mis devant vous la vie et la mort, la bénédiction et  la malédiction, choisissez la vie “. Celui qui fait ce choix, qui fait son occupation de la Torah, qui accepte le code des lois Divines pour diriger son cœur, celui-là est un homme libre, qui fait usage du privilège qu’il a de choisir. Oui, ” serviteur de son Yotzère, son Créateur “, mais serviteur par choix délibéré, par désir de compter parmi les membres de ce groupe particulier. Telle est la signification de notre liberté, de notre délivrance qui commença par la promesse : ” Je  vous affranchirai des travaux dont vous chargent les Egyptiens, et je vous délivrai de votre servitude ; et je vous sauverai à bras étendu et par de grands jugements “, pour atteindre son apogée avec : ” Je vous prendrai pour Mon peuple “  La Torah fut donnée seulement à Chavouôt, où nous avons accédé à la liberté, dernière phase du processus de notre libération et liberté et Torah sont ici synonymes.

Oui, être juif, c’est construire sa vie selon ce mode bien particulier dans lequel tout est Torah.  Ainsi le don de la Torah parachève la formation du peuple et imprime son modèle, sa personnalité dans tous les détails de son existence. Chavouôt et le don de la Torah octroyèrent bien un sens à cette liberté, un contenu positif à l’existence du peuple juif. Nos Sages ont d’ailleurs exprimé cette idée par le biais d’un commentaire célèbre d’un verset de la Bible (3): “Et les tables (de la      loi) étaient l’ouvrage de D-ieu et ces caractères, gravés sur les tables, étaient des caractères divins.” Or le terme “gravé” qui se dit, en hébreu, harout peut se lire également “hérout”, la liberté. (Talmud Erouvin 54a) Le Talmud affirme: “Ne lis point ‘harout mais plutôt ‘hérout, car n’est vraiment libre que celui qui se consacre à la Torah.” La promulgation de la Torah sur le mont Sinaï il y a plus de 3 300 ans représente un événement unique dans l’Histoire. Avant tout, il s’agit là d’un acte par lequel D.ieu “descend” des hauteurs célestes vers le monde ici-bas. Jusqu’alors, l’abîme infini entre l’homme et D.ieu paraissait infranchissable.

Cependant, si le don de la Torah présente ce caractère d’événement historique singulier dans  lequel le Divin joue un rôle décisif, en revanche l’acceptation de la Torah constitue un processus  de longue durée dans lequel l’homme détient une place centrale. Recevoir la Torah ne consiste pas à en écouter le message de manière passive, mais il consiste en un engagement personnel à vivre pleinement selon ses principes et à en respecter les commandements chaque jour de   notre vie. Pour que la Torah puisse nous être donnée, il nous faut d’une part faire preuve de la  même disposition d’esprit que les Hébreux sur le mont Sinaï lorsqu’ils prononcèrent le fameux « Naassé vénichma » (nous ferons et nous comprendrons) Exode 24. Chaque juif reçoit la Torah selon sa propre manière et selon son propre rythme. La Torah qui un jour fut donnée sur le mont Sinaï continue à être reçue par Israël de manière personnelle, collective et nationale. Cette acceptation ne constitue pas un événement moins important, car elle donne à la Torah son caractère de Torat ‘haïm, de Torah de vie.

Quintescence de la Torah                                                                                              
La signification toute particulière de la Torah perd de son évidence dès lors qu’on la définit en ayant recourt à des analogies. Par exemple, quiconque cherche à limiter la Torah à un livre de lois religieuses altère la conception du judaïsme ; l’essence même de la Torah est alors occultée. La Torah se trouve ainsi amputée de l’une de ses caractéristiques fondamentale, celle de constituer    une entité spécifique qui se suffit à sa propre définition. Le terme Torah ne devrait donc être utilisé dans aucun autre contexte que celui de la Torah elle-même. Les religions présentent en général un cadre d’idées et de pratiques ayant pour but de régler une partie de l’existence, celle qui a trait au service de Dieu. Mais le judaïsme tel que la Torah le reflète ne peut être confiné dans un cadre partiel. La quintessence du judaïsme réside précisément dans sa conception d’ensemble de la vie     qui, à sa manière, englobe tous les détails de la vie du peuple juif.

C’est pourquoi la Torah recèle en son sein davantage que des aspects rituels qui concernent les relations entre l’homme et D.ieu, ou que des lois sociales qui régissent les rapports entre l’homme  et son prochain. C’est aussi un livre d’Histoire, de poésies, de morale ou de prophéties, où les directives les plus solidement arrêtées peuvent côtoyer des hésitations, voire des interrogations, toutes ces composantes se conjuguant pour ne former qu’une seule entité.

Ceux qui veulent à tout prix faire entrer la Torah dans le cadre d’une religion – qu’ils la renient ou qu’ils la respectent – en détruisent l’essence pour la transformer en quelque chose de complètement différent. Ils en font une religion parmi tant d’autres. Une telle conception “emprisonne” la Torah au sein d’un domaine bien délimité; pis encore, c’est comme si on la dévitalisait complètement.  Les Dix Paroles constituent un bon exemple de la variété des nombreux éléments qui composent la Torah et la structure de la Torah rappelle celle de la vie elle-même : impossible   de la diviser en pans bien distincts les uns des autres. Tout comme l’être humain, la Torah ne  peut être fragmentée. Chacune des parties de notre existence se nourrit des autres, de près ou de loin. Ainsi l’injonction de donner aux pauvres à celle “d’aimer son prochain comme soi-même”.   La Torah se veut un guide et une fondation conduisant la vie du peuple dans son ensemble.  Ce sont bien les deux réunis, la Torah et le peuple juif, qui constituent la quintessence du judaïsme.

Authenticité de la Torah                                                                                             

En son sens premier, la Torah désigne le Pentateuque, dont la tradition juive attribue la rédaction à Moïse inspiré par Dieu. Le Talmud l’appellera plus tard « Torah chébiketav », la « Torah-qui-est-par-écrit ». Elle comprend des commandements (la tradition en compte 613) et de multiples récits. Mais elle forme un tout qui est la Parole divine. La Torah est proposée aux fidèles comme la seule source d’inspiration et ils doivent s’y référer continuellement : « Le livre de cette Torah ne quittera pas ta bouche, et tu la méditeras jour et nuit, afin d’observer tout ce qui est inscrit ; alors, tu  réussiras dans tes entreprises, et tu feras preuve d’intelligence » (Josué, I, 8).

Le grand succès de la tradition juive réside dans la méticulosité de la transmission du texte de la Torah. Quelle que soit la page à laquelle on ouvre un livre de Torah, les Sages sont toujours en désaccord et les divergences du Talmud portent souvent sur des détails infiniment subtils. (Hillel     et Chamaï, Rabbi Méri et Rabbi Yéhouda, etc…) De là vient la popularité de l’expression « chicaneries talmudiques ». Maïmonide nous dit (Michné Torah, Lois de Mamrim 1, 3) « En ce qui concerne les lois traditionnelles, il n’y a jamais eu de controverses. S’il y en eut, nous  pouvons être sûr que la tradition ne remonte pas jusqu’à Moïse. Quand aux lois déduites au moyen des principes herméneutiques, si elles ont reçu l’approbation de tous les membres du Sanhédrin, elles étaient irrévocables. S’il y avait une divergence d’opinion parmi eux, le Sanhédrin suivait l’avis de la majorité et tranchait la loi en accord avec cette opinion. Ce   principe s’appliquait également aux décrets, aux ordonnances et aux coutumes ».

L’un des principes fondamentaux du judaïsme est que la Torah orale (le Talmud) a été transmise à Moïse au Mont Sinaï. Mais imaginons que la Torah orale ne soit pas issue de Sinaï, et que quelque part, il y a quelques milliers d’années, un groupe de rabbins se soit rassemblé pour composer le Talmud et nous ait fait croire qu’il soit venu de D.ieu. Le judaïsme ne fait pas de compromis quand  il est question de vérité. Nous n’acceptons même pas les plus petits détails ? Encore moins une religion entière. Un esprit critique et indépendant, ainsi que la recherche de la vérité sont dans la nature de chaque juif. Il serait tout à fait ridicule de dire que des rabbins se soient réunis et aient   tout concocté, tombant d’accord sur tout, en dehors des plus infimes détails. Et il est encore plus    tiré par les cheveux de croire que des rabbins aient pu se réunir et imposer une pseudo Torah orale au peuple juif tout entier ! Tout ceci encourage fortement le peuple juif à observer les paroles de la Torah orale, puisqu’elles ont été transmises fidèlement de génération en génération et la croyance    en l’authenticité de la Torah figure parmi les articles fondamentaux de la foi du judaïsme.

Mise à part la prétention d’une révélation au Mont Sinaï, c’est un fait qu’aucun autre peuple n’a jamais tenté de prétendre à une révélation nationale du même ordre. Une révélation nationale – contrairement à une révélation personnelle – est un mensonge qui ne prend pas. C’est un événement bien trop énorme pour être fabriqué. La seule manière d’affirmer une telle chose est qu’elle se soit produite. Seul le judaïsme peut prétendre à une révélation nationale, puisque le peuple juif est le  seul peuple dans l’histoire de l’humanité qui ait jamais expérimenté cela. De plus, il est intéressant  de noter que les autres religions majeures acceptent toutes deux la révélation juive au Mont Sinaï, comme étant la clef de voûte de leur propre religion. En introduisant leur religion, ils savaient que   si une révélation nationale ne peut pas être fabriquée, elle ne peut pas non plus être niée. L’auteur   de la Torah peut tranquillement prédire qu’il n’y aura jamais d’autre prétention de révélation nationale au cours de l’histoire, parce que Seul D.ieu Lui-Même pouvait savoir que cela ne se produirait qu’une seule fois, au Mont Sinaï il y a plus de 3.000 ans.

La Torah est comparée à l’eau, source jaillissante qui jamais ne tarit, (indispensable à la vie juive et coule toujours vers le bas, symbole d’humilité nécessaire pour l’acquérir, elle est aussi précieuse que l’eau dans le désert et étanche la soif. Elle est également comparée à un arbre de vie qui donne son fruit, à des perles, parce qu’elle est précieuse et à de l’or parce qu’elle est pure et inaltérable. Elle a été donnée dans le désert, qui est immense. Ainsi, la Torah est infinie et seul celui qui se considère comme un désert inculte peut acquérir ses connaissances.

(Image : Chabad.org)

(Sources : site Terre d’Israël – alephbeth.net ( Rav Adin Even-Israël Steinsaltz ) Fond Social Juif Unififié – Dr Ehrmann, Rabbin Shraga Simmons, Lamed et (Trait d’Union) – Rav Dufour, Modia – sefarad.org , Rabbin David Meyer – Consistoire.org – (Pinchas H. Peli : La Tora aujourd’hui : la Bible nous parle, Desclée de Brouwer, Paris, 1988, p. 151-157 – Aharon Altabé – ) Rav Eliahou Elkaïm de la Yéchiva Daat’Haïm – Rav Avdimi – Communauté Online, David Levy – Y. Bendennoune, Chiourim.com – De génération en génération… être juif, Jacques Ouaknin – Le chandelier d’or, Josy Eisenberg/Adin Steinsaltz, Choul’hane Aroukh – L’essence de la Torah, Rav M. Chriqui/Dr A.G. Morali)

Fêtons ensemble la joyeuse fête de POURIM !

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« Et ils me construiront un sanctuaire pour que je réside au milieu d’eux. »(Ex 25,8″)

       ‘Hag samea’h lékoulam !

               P O U R I M  

Etude de Modia sur cette fête ici : http://www.modia.org/infos/etudes/pourim.html

Pour aller sur la page d’accueil du site Modia, c’est ici : Modia

3 février 2009

maquette palais de Darius


LE CONTEXTE HISTORIQUE DE POURIM

Le festin d’Esther

Depuis les temps les plus reculés de l’Antiquité, les Hébreux ont toujours occupé la terre d’Israël, (même au temps des exils forcés), il est toujours resté des Hébreux qui vivaient sur cette terre. Israël est le pays donné par D.ieu à son peuple, qui a accepté contraint et forcé la Torah au pied du Mont Sinaï, mais de son plein gré à Pourim. Ce peuple singulier, dont les descendants sont aujourd’hui appelés Juifs et Israéliens et qui, d’après la Bible, sont tenus d’une part de garder la Torah qu’ils ont promis de respecter, d’autre part, de vivre sur cette terre, elle aussi singulière à bien des égards et pas sur une autre. Ce sont là les conditions mêmes pour l’existence du peuple juif. Aujourd’hui on voit bien que cela gêne beaucoup ceux qui voudraient prendre leur place, c’est pourquoi certains essaient très habilement de détourner les Juifs de leur Torah par toutes sortes de stratagèmes jusqu’au plus haut niveau de la hiérarchie. D’autres, voudraient radicalement les exterminer pour s’installer sur leur terre. Ils s’acharnent en vain à nier les faits et à vouloir effacer toute trace archéologique des Hébreux. Mais lorsqu’ils agissaient de leur plein gré, les Juifs ont toujours vécu sur la terre d’Israël. Le récit qui va suivre est véridique et a été transmis, tout comme la Torah, et fêté dès l’année même qui a suivi les faits, et cela de génération en génération.

Un lien très particulier unit les actuels israéliens (les Hébreux) au peuple iranien d’aujourd’hui (les Perses) : c’est Pourim (qui signifie sorts, allusion à un certain tirage au sort dont il sera question plus loin…). A la mort de Salomon, il y eut un schisme. Son grand royaume donna naissance à deux petits royaumes : celui d’Israël, au nord, qui fut anéanti par les Assyriens, les Juifs déportés et entièrement assimilés (ce sont les 10 tribus perdues d’Israël), et celui de Juda, au sud, avec des rois restés fidèles à la Torah. Malheureusement, la situation se dégrada encore et en 586 avant l’ère commune les Babyloniens détruisirent le temple (le 9 av 3174 du calendrier hébraïque) et exilèrent les hébreux en Babylonie jusqu’au renversement de l’empire par les perses. A cette époque, une partie du peuple Juif se trouvait en Israël en attendant de pouvoir réédifier le Temple, l’autre étant dispersée dans l’empire perse. Voici le tout dernier passage du 36ème et dernier chapitre du T.A.N.A.K.H. (la Bible hébraïque) : “Dans la 1ère année de Cyrus, roi de Perse, à l’époque où devait s’accomplir la parole de l’Eternel, annoncée par Jérémie, l’Eternel éveilla le bon vouloir de Cyrus, roi de Perse ; et celui-ci fit proclamer, dans tout son royaume, par la voix (des hérauts) et aussi par des missives écrites, ce qui suit : « AINSI PARLE CYRUS, ROI DE PERSE : L’ETERNEL, D.IEU DU CIEL, M’A MIS ENTRE LES MAINS TOUS LES ROYAUMES DE LA TERRE, ET C’EST LUI QUI M’A DONNE MISSION DE LUI BÂTIR UN TEMPLE A JERUSALEM, QUI EST EN JUDEE. S’IL EST PARMI VOUS QUELQU’UN QUI APPARTIENNE A SON PEUPLE, QUE L’ETERNEL, SON D.IEU, SOIT AVEC LUI, POUR QU’IL MONTE… “ Par la suite, les Juifs furent déplacés en Babylonie jusqu’au renversement de l’empire par les perses et ont vécu en bonne entente avec la population environnante, mais… Voici donc cette belle histoire vraie, qui s’est passée il y a très, très longtemps…

Cyrus le grand

QUELQUES DATES PRECEDANT LES EVENEMENTS QUI CONDUISIRENT A POURIM

-721  (1er exode, celui du Royaume d’Israël, de Samarie vers l’Assyrie)
Premier Exode, avec l’exil des 10 tribus d’Israël par l’Assyrien Sénachérib à Ninive, Babel, Suse… Cette diaspora forcée des Juifs va par son exemple, ses prières, son mode de vie, fortement influencer et faire naître dans ces peuplades primitives un esprit nouveau, un horizon spirituel plus élevé.

- 640 à – 600 : Cyrus 1er – devient le premier roi d’Anshan, dans la plaine de Marvdasht, dans le Fars

- 600 à – 559 Cambyse 1er succède à son père comme roi d’Anshan. Il est également le père de Cyrus II Le Grand. Il devint le vassal du Mède Cyaxare (puis d’Astyage) dont il a épousé la fille : Mandane.

- 597 Nabuchodonosor II s’empare de Jérusalem et ordonne la déportation de 3 000 Juifs choisis parmi les élites du Royaume de Juda.

- 587 (3338, date hébraïque) : destruction du premier Temple de Jérusalem par Nabukhanetsar (Nabuchodonosor) et exil des élites  judéennes à Babel

- 539 (3391, date hébraïque) Cyrus, roi de Perse prend Babylone, libère les juifs de leur exode, les autorise à rentrer chez eux et ordonne la reconstruction du Temple. Mais seuls environ 40 000 d’entre eux retourneront en Eretz Yisrael. Suse devient la capitale d’hiver du royaume. Mordekhaï quitte Babel pour Suse afin de faire « monter » les exilés de Samarie et de Judée. Cyrus avait une très grande réputation de sagesse et de respect auprès des populations étrangères qui l’avait même précédé avant qu’il n’entre en Babylonie pour faire sa conquête. Ainsi Gobryas le gouverneur de Gutium, chef de Nabonide, qui avait reçut le commandement des troupes devant arrêter l’avancée des Perses sur Babylone mit tout simplement son armée à la disposition de Cyrus le Grand ! La ville de Sippar où Nabonide avait son quartier général fut prise le quatorzième jour “sans combats“, comme fut également prise deux jours plus tard Babylone, sans l’effusion d’une goutte de sang ! Mieux, Cyrus ordonna de mettre jusqu’à la fin du mois, des boucliers et des gardes autour des portes des lieux de prière pour qu’à aucun moment il n’y ait d’interruption dans les célébrations   et dans les prières.

La paix régna dans la cité tandis que Cyrus entrait dans Babylone ; il fut salué sur son passage par toute la foule de Babylone en fête. Sur le cylindre de Cyrus, il est écrit : “Quand je suis entré dans Babylone en paix, j’ai établi ma résidence royale dans le palais des princes sous les acclamations et les cris de joie… J’ai libéré ceux que le joug accablait dans Babylone”. (On retrouve dans ces paroles l’écho des paroles du prophète Esaïe...) “Je suis Cyrus, le roi de toutes choses, roi de toute la terre…” Il s’y fit reconnaître comme roi, mais n’annexa pas le pays. Il restitua à toutes les populations leurs divinités et permit aux chefs de familles juives de rentrer chez eux avec femmes et enfants. Cyrus faisait donc preuve d’un esprit de tolérance et allait changer, en son temps, l’image d’un monde cruel et décadent en permettant à des centaines de milliers d’exilés de diverses nations de pouvoir enfin rentrer dans leur pays d’origine et de revoir la région que Dieu leur avait promis.

- 530 -522 (3395, date hébraïque) Mort du roi Cyrus. Cambyse II, son fils lui succède comme roi des Perses   ; Préférant guerroyer en Egypte, il s’y fait couronner à Saïs et sacrer pharaon à Héliopolis de par son ascendance maternelle, fondant la 27ème dynastie des pharaons. Selon Hérodote, Cyrus mourut lors d’une campagne contre la reine des Massagètes, un petit pays près du lac Oxien (l’actuelle mer d’Aral) qui infligea la première défaite à ceux qui ne connaissaient que des victoires ! Cambyse II récupéra le corps de son père sur le champ de bataille avec une dizaine de survivants, retraversa l’Oxus et prit alors sa succession sur tout l’empire. Mais tout un esprit de grandeur et de générosité venait de mourir avec Cyrus le Grand … Cependant, l’esprit de Cambyse se troubla et il se livra à des violences durant son court règne de deux ans, particulièrement après le meurtre de sa sœur Rosane. Il perdit deux batailles : la première à l’oasis d’Ammon, la seconde contre l’Ethiopie. Ayant appris que son frère venait d’usurper le pouvoir, il se serait suicidé sur le chemin du retour vers la Perse. Son frère Bardiya ayant usurpé le trône, Darius 1er le fera assassiner.

- 522 (3427) Darius 1er reprend le pouvoir et doit dès son accession au pouvoir réprimer de nombreuses révoltes des pays vassaux (historiquement dans l’année de l’usurpation qui ne durerait  quelques mois; douze ans après, selon la Bible) l‘ordre est d’abord donné de freiner, puis de surseoir à la reconstruction du Temple. Il ordonne à nouveau la reconstruction du Temple de Jérusalem et donne tous les moyens matériels à Zéroubabel pour le faire; il restitue la vaisselle du Temple volée par Nabuchodonosor, qui ne possédait pas moins de 1080 trésors différents, qu’il avait enterrés dans le lit de l’Euphrate. D.ieu, voyant que Cyrus était digne de confiance et pour le remercier d’avoir donné l’ordre de reconstruire le Temple, lui révéla la cachette. Ce trésor fut transmis à son successeur Assuérus).

L’histoire d’Esther et les complots de Pourim se seraient produits entre

- 530 et – 542 (3395 et 3407, date hébraïque). Assuérus, de son vrai nom Xerxès I, succéda à son père Darius,   sur le trône des Achéménides. C’était un homme de haute stature, très beau, mais sans noblesse de caractère. C’était un homme très cruel, qui, de plus,  n’aimait pas les Juifs. Ce fut cependant un grand guerrier.

2 Rois 24:10 :

“En ces temps-là, les
serviteurs de Nabuchodonosor, roi de Babylone, montèrent vers Jérusalem.

Babel vient du
verbe “BLL”, qui signifie : mêler, confondre (les
langages). La tour de Babel est donc celle qui mêle (les langages).

Le mot “Babel” se
rencontre dans de nombreux autres textes bibliques puisque “Babel” signifie aussi Babylone.
La
tour de Babel, celle qui mêla les langages, est aussi la tour de Babylone
– ou la “ziggourat” de Babylone.

cylindre de Cyrus

LES PRINCIPAUX PERSONNAGES

CYRUS LE GRAND

Il est le fondateur de l’empire perse, successeur de l’empire mède et son règne précéda les événements de Pourim. (Kurâsh est le nom qu’on lui donne dans le Fars iranienpatrie des Perses). En s’emparant de la prestigieuse Babylone, Cyrus II le Grand, roi des Perses et des Mèdes, fonde le premier empire à vocation universelle de l’Histoire humaine. Cyrus appartient à la dynastie des Achéménides. Il est le fils d’un roi perse du nom de Cambyse. Sa mère, Mandane, est elle-même la fille d’Astyage, le puissant roi des Mèdes, qui tient les Perses sous sa coupe. (Perses et Mèdes sont deux peuples apparentés qui, au 7ème siècle avant l’ère commune, occupaient les plateaux de l’Iran). Lorsqu’il entre dans Babylone, Cyrus détrône Balthazar, fils de Nabonide, et lui confie un gouvernement en Médie. Il installe son propre fils Cambyse sur le trône de Babylone. C’en est alors fini de l’empire néo-babylonien de Nabuchodonosor. Il porte le titre de « roi des rois » ou « grand roi » pour signifier qu’il accepte l’existence d’autres souverains à ses côtés. Dans ses triomphes, Cyrus se montre à la fois habile et humain. C’est ainsi qu’il libère les Juifs déportés à Babylone par Nabuchodonosor et les gratifie de généreuses donations pour reconstruire leur Temple à Jérusalem. Respectueux des croyances et des traditions des peuples qu’il a soumis,  partout ou presque, il est accueilli en libérateur. L’empire de Cyrus rayonnera sur le Moyen-Orient et au-delà pendant deux siècles, jusqu’à l’arrivée d’Alexandre le Grand. Cyrus, qui a pleuré sur la destruction du Temple (Seder Eliahou raba 19) devint l’instrument choisi par D.ieu pour accomplir l’ancienne prophétie et ramener la « Chekhina » (Présence Divine) à Jérusalem.

HADASSA / ESTHER

Hadassa est un prénom perse (qui signifie le myrthe, cette plante qui exhale un bon parfum, ainsi ses actes étaient beaux (Midrach Rabba). Esther (nom qui vient du mot hébreu « seter » qui signifie « caché » (Meguila 13), fille d’Avigaïl. En langue perse, cela (Ashtar) signifie « étoile brillante », la « biche de l’aurore » (traité méguila). Rabbi Meïr précise qu’elle était l’épouse de Mardochée. Mais, enlevée de force, comme toutes les autres jeunes femmes, elle accepte de rester dans la maison du roi, tout en étant fidèle à son époux,  pour un dessein qu’elle ne connaît pas encore, mais qu’Hachem va bientôt lui révéler, par l’intermédiaire de Mordekhaï, aux instructions duquel elle se conformait, tout comme si elle était encore sous sa tutelle, et Esther est une femme fidèle. Contrairement aux autres jeunes femmes, cette jeune femme modeste ne voulut se parer d’aucun atour en présence du roi lorsqu’elle se présenta comme candidate à la couronne royale. Cependant ce roi, bien qu’il aimait le faste tapageur, s’éprend d’Esther, dont la qualité principale est la réserve, la discrétion et qui, par sa personnalité, influence le roi.

Mais l’histoire de Pourim est celle d’un miracle caché et les Juifs méritaient d’être punis pour avoir participé au banquet organisé par Assuérus. Voilà pourquoi Hachem a envoyé Amane pour les massacrer. Mais avant de concrétiser cette menace incarnée par Amane, Il a prévu le moyen pour les Juifs d’y échapper : Il fallait que les Juifs se repentent de leur conduite et qu’il se dresse, en la personne d’Esther, quelqu’un pour les sauver. Les desseins divins sont toujours entourés de mystère. Esther est la cachée, la non dévoilée, la victime, Israël et la femme, et l’humanité bafouée. Cette jeune femme qui allait régner sur 127 pays était à la fois discrète, (par le mérite du roi Saül),  pudique, (par celui de la Matriarche Rachel,) qui a mérité que Saül soit son descendant (Traité Meguila). Esther faisait preuve d’une grande intelligence, de sobriété, et d’une énergie tenace tout en étant d’une grande simplicité. Elle savait également faire preuve de retenue en toute circonstance. Elle réussit à ne pas dévoiler son identité pendant les cinq années pendant lesquelles elle résida au palais royal. C’est grâce à cette qualité qu’elle put attendre le moment propice pour jouer de l’effet de surprise et faire part au roi de sa requête, qui sauva son peuple. Bien qu’isolée de son peuple pendant plusieurs années, elle lui reste cependant profondément attachée ainsi qu’au judaïsme et à son D.ieu. (Nos Sages nous disent qu’elle observait la Torah en cachette et que, ne pouvant manger cachère, elle se nourrissait principalement de fruits secs (c’est pourquoi les petits gâteaux de Pourim appelés « oreilles d’Amane » en sont fourrés). Esther est un modèle pour les femmes juives de tous les temps.

MORDEKHAÏ (MARDOCHEE) (conseiller du roi)

En araméen « Mor-dékhaï » signifie « homme-pur ». Mordekhaï (Mardochée) était originaire de Judée, descendant  du roi Chaoul (Saül). Il était fils de Yaïr, lui-même fils de Sémei, qui était lui-même fils de Kich, de la tribu de Benjamin, l’une des 2 tribus qui constituèrent le Royaume de Juda avant sa destruction par les Babyloniens et le déportations de l’élite du royaume vers l’empire Perse. Mordekhaï avait lui-même été déporté de Jérusalem avec les captifs par le roi de Babylone de l’époque, Nabuchodonosor. Il s’était d’abord installé dans la ville de Chouchan (Suse), capitale du royaume et avait été nommé conseiller du roi de Perse Akhachvéroch (Assuérus). Cependant son attachement à la cause juive ne l’empêchait pas d’être loyal envers la couronne, principe fondamental de la morale juive. Le roi exigeait qu’on fasse d’Amane un sujet de culte et tous les serviteurs du roi admis à la cour royale s’agenouillaient et se prosternaient devant Amane. Mais de tous   les hommes de la cour, seul Mordekhaï  ne s’agenouilla ni ne se prosterna jamais devant lui, car les Juifs ne se prosternent que devant le Créateur. Un homme juif, dit la Meguila Esther 2,5 qui étudiait la Torah chaque jour, n’avait pas consommé d’aliments interdits, n’avait pas participé au festin d’Assuérus. Il était prêt à donner sa vie pour D.ieu lorsqu’il avait risqué celle-ci pour ne pas s’être prosterné devant Amane. C’est pourquoi il mérita le nom de « Juif » (Yalkout Chimoni). Mordekhaï représente à la fois le juif attaché à la tradition et celui qui veut afficher fièrement et ouvertement son identité, la vitalité de son peuple et est le contrepoids au danger d’assimilation, de dépérissement et d’extermination. Il vivait de tout son être le péril qui hantait sa nation. C’est donc à juste titre qu’il est appelé à la fin de la Meguilale défenseur de son peuple“. Mordekhaï est lui aussi un modèle pour tout Juif.

AKHACHVEROCH (ASSUERUS) (roi de Babylonie)

D’après les historiens modernes, Assuérus, de son vrai nom Xerxès I, régna de 485 à 465 avant l’ère commune sur un immense empire. Il succéda à son père Darius, sur le trône des Achéménides. C’était un homme de haute stature, très beau, mais sans noblesse de caractère  (cf. Hérodote 9, 108). C’était un homme cruel qui n’aimait pas les Juifs. Ce fut cependant un grand guerrier. La tradition orale considère Assuérus comme un personnage conscient du rôle qu’il jouait, (par conséquent son changement d’attitude envers les Juifs relève du miracle.) En effet, « ce même Assuérus » (Esther 1,1) est constant dans sa méchanceté du début à la fin du récit (Traité Meguila) Tout le bien qu’a fait Assuérus à Esther, à Mordekhaï et à Israël est dû non à lui, mais à D.ieu (Maharal). Dans la Meguila, lorsqu’il est question du « Roi » sans précision du nom d’Assuérus, il s’agit en fait du Roi de l’Univers, Haqqadoch Baroukh Hou.

AMANE (1er ministre du roi) Amane est le fils d’Hammédate l’Agaguite, un descendant d’Amalek, (celui qui avait attaqué lâchement et sans raison les Hébreux dans le désert, par l’arrière, à leur sortie de l’esclavage d’Egypte alors qu’ils étaient faibles et fatigués.) On dit qu’Amane aurait eu 208 fils. (Amalek fait partie de ce qu’on appelle le “é’rev rav” – la multitude mélangée – issue de la semence du serpent qui a copulé avec Eve.) La tradition dit qu’Amalek est le petit-fils d’Esaü. La première occurrence biblique (Genèse 36, 12) donne la généalogie d’Amalek. (Il est le fils du couple Eliphaz/Timnaa’, Eliphaz étant lui-même le fils du couple Esaü/A’dah.) Aman lui-même est un descendant du roi Agag, lui-même issu de la tribu d’Amalek. (Lorsque le roi d’Israël Shaoul vengea son peuple et combattit Amalek, alors gouverné par Agag, il eut pitié de ce dernier et ne le tua pas.) Agag eut pour descendance Amane, qui voulut lui aussi perpétrer à son tour le crime d’Amalek. Amane est  l’incarnation du mal, de la vilénie, de la haine viscérale des Juifs, de la perversion, de l’insolence, de l’orgueil ; il représente le mauvais penchant, les mauvaises pulsions en nous auxquelles on s’attache. Outre la charge de 1er ministre, il reçoit d’Assuérus deux cadeaux : l’anneau royal (le sceau lui permettant de promulguer des décrets et un palais). Ce serait la raison pour laquelle on fait deux cadeaux à Pourim

LE RECIT DE POURIM

L’histoire de Pourim, d’après les livres de Daniel et d’Ezra donnent le contexte du récit de la Meguila d’Esther. A cette époque, le peuple juif était déjà exilé en Babylonie, le Temple avait été détruit, l’empire était tombé aux mains des Perses et s’étendait de l’Inde à l’Ethiopie. Le roi de Perse se nommait alors Assuérus (485-465 avant l’ère commune) et sa femme Vashti. Le vertueux monarque Cyrus, qui l’avait précédé, avait pleuré sur la destruction du Temple et permis aux fils d’Israël qui le désiraient de rentrer chez eux afin qu’ils reconstruisent le Temple. Mais seulement 42 000 d’entre eux décidèrent de rentrer au pays et des millions restèrent en Babylonie. Mais son successeur n’était pas un ami des Juifs.

Le récit commence vers la fin des 70 années d’exil des Juifs en Babylonie. Le méchant roi perse Assuérus, qui s’est élevé lui-même au rang de souverain et dont l’immense empire s’étend sur 127 provinces de l’Inde (Houdou) à l’Ethiopie (Koush) est alors à la 3ème année de son règne. Comme ses prédécesseurs, il fit de Chouchane (Suse), la capitale, sa résidence. A l’occasion de ses noces et afin d’éblouir ses sujets pour que son règne usurpé ait une chance d’acquérir le soutien de ses sujets, Assuérus exhibe ses trésors au cours d’un fastueux banquet de débauche où des mets étaient servis dans de la vaisselle en or, afin de manifester sa grandeur et auxquels il convie l’ensemble des grands du pays, l’armée de Perse et de Médie, les nobles et les gouverneurs des provinces, festivités qui durent 180 jours. En effet, Assuérus, qui a hérité du trésor de Cyrus l’exhibe au cours de cette fête, à raison de 6 trésors par jour, qui correspondent, nous dit le Gaon de Vilna, aux notions de « richesse, gloire, royaume, magnificence, excellence, majesté.» (180 x 6 = 1080), ce qui correspond aussi aux 1080 trésors que Nabuchodonosor avait volé au Temple de Jérusalem. « Ce n’étaient que tentures blanches, vertes et bleues de ciel, fixées par des cordons de bussys et de pourpre sur des cylindres d’argent et des colonnes de marbre ; des divans d’or et d’argent sur des mosaïque de porphyre, de marbre blanc, de nacre et de marbre noir ». (Meguila 1,6) La reine Vashti en fait autant de son côté avec les femmes du royaume.

A la fin des festivités, toute la population de Suse est conviée à un nouveau festin de 7 jours dans les dépendances du palais royal. Mordekhaï (Mardochée), le conseiller du roi, a interdit aux Juifs de se rendre à l’invitation d’Assuérus. Malgré sa ferme opposition, ceux-ci assistent au festin de débauche et d‘extravagance, où l’on continue à manger et à boire dans de la vaisselle d’or dont les pièces sont toutes différentes les unes des autres et dont on n’en fait  qu’un usage unique. Mais bien que toute cette vaisselle soit d’une beauté incomparable, celle-ci est éclipsée et prend l’aspect terne du plomb lorsqu’on commence à introduire les vases sacrés volés au Temple (Yalkout Chim’oni). Cette profanation attriste beaucoup de Juifs qui quittent le festin quand ils voient les vases sacrés, d’autant plus que le roi se pavane dans les magnifiques vêtements du Grand Prêtre (Cohen Gadol), fait de 8 pièces différentes, qui officiait autrefois au Temple, profanant ainsi encore davantage la grandeur d’Hachem. (Ces vêtements, ainsi que la vaisselle, provenaient du pillage du Temple par Nabuchodonosor). Inutile de dire qu’outre la profanation du Temple, de D.ieu Lui-même, des commandements de la Torah, du fait même que beaucoup de plats contenaient des mets interdits aux Juifs. Cependant, aucun des convives ne soupçonne encore que cette désobéissance sera la cause d’un grand danger qui planera sur tous les Juifs du monde à cette époque.

Voyant que ceux-ci passent outre, dès le premier jour du festin, Mordekhaï et les Sages du Sanhédrin jeûnent et prient pendant 6 jours. Or, le 7ème jour, jour du Chabbat, nous dit Rachi, le cœur du roi étant mis en liesse par le vin, il ordonne à ses 7 eunuques Mehouman, Bizzeta, Harbona, Bigta, Abagta, Zêtar et Carcas de faire paraître devant lui la reine Vashti nue, revêtue de sa seule couronne royale afin que chacun puisse admirer sa beauté. Mais la reine refuse de paraître ainsi. C’est alors que le roi se met en colère. (La tradition rapporte que la reine Vashti avait dépouillé les filles d’Israël et les obligeait à travailler le jour du Chabbat.) Le roi demande conseil sur la conduite à tenir en pareil cas. Or parmi ceux qui approchent le roi de près, un certain Amane exerce de hautes fonctions auprès de lui. Celui-ci lui conseille de répudier la reine et de la faire exécuter, arguant que sa conduite agira sans doute comme un poison parmi ses sujets et que son exemple pourrait être imité par d’autres… A regret, (car le roi semblait aimer sa femme), celui-ci consent à la répudier. Elle est exécutée.

Une fois les effets de l’alcool estompés, le roi, revenu de sa colère, se souvient qu’il a répudié Vashti. Désormais sans reine, Assuérus s’enquiert d’en trouver une autre. Pour cela il n’hésite pas à faire enlever de force, par ses fonctionnaires, les plus belles jeunes filles du royaume contre leur gré, sans toutefois révéler le but de leur venue au palais. Elles vont grossir le harem du roi sous la direction de Hegaï, le gardien des femmes. Parmi celles-ci se trouve une jeune orpheline juive, elle aussi d’une grande beauté, proche de Mordekhaï et élevée par lui du nom d’Hadassa (Esther), fille d’Avigaïl. Sur les conseils de ce dernier, Esther tait le fait qu’elle appartienne au peuple juif. Au bout des 12 mois réglementaires dans le harem, (au cas où certaines jeunes filles seraient atteintes de maladies contagieuses) son tour arrive et elle doit apparaître devant le roi. Esther est finalement choisie parmi toutes les jolies filles du royaume et Assuérus place sur sa tête la couronne royale. Sept suivantes sont attachées à la personne d’Esther. Le roi donne un grand festin en l’honneur de la nouvelle reine, accordant des allègements d’impôts aux provinces et distribuant de somptueux cadeaux. C’est là le début de toute une suite d’événements qui relèvent du pur miracle.

Entre-temps, Mordekhaï a surpris un complot contre le roi, fomenté par deux des eunuques du roi, Bigtân et Térech, le déjoue et prévient la reine Esther, qui en informe le roi Assuérus. Les deux coupables sont pendus et le fait consigné dans les annales du Palais, puis oublié. A la suite de cela, Amane est élevé à la plus haute dignité du royaume, celle de Grand Vizir (premier ministre) Tout gonflé d’orgueil, il ordonne à quiconque le croise de se prosterner et de s’agenouiller devant lui. Cependant, Mordekhaï est le seul à ne pas se prosterner devant lui. Fou de rage, mais ne pouvant s’en prendre directement à Mordekhaï, il décide d’en finir avec tous ces Juifs, (qui refusent en fait l’idolâtrie). Il dit alors au roi : (Meguila 3, 8-9) « Il est une nation répandue, disséminée parmi les autres nations dans toutes les provinces de ton royaume ; ces gens ont des lois qui diffèrent de celles de toute autre nation ; quant aux lois du roi, ils ne les observent point : il n’est donc pas de l’intérêt du roi de les conserver. Si tel est le bon plaisir du roi, qu’il soit rendu un ordre écrit de les faire périr et moi, je mettrai dix mille kikkars d’argent à la disposition des agents royaux pour être versés dans les trésors du roi.

Cela se passe au mois de Nissane. Le roi ôte son anneau de son doigt et le remet à Amane, lui disant (Meguila 3, 10) « Je t’abandonne à la fois l’argent et cette nation, dont tu feras ce que bon te semblera. » Amane tire au sort « pour » le jour qui doit être propice au massacre du peuple juif : le sort désigne la date du 13 Adar. Il persuade le roi de donner son accord et lui offre même une énorme somme d’argent en échange des pleins pouvoirs (déjà la corruption !) Ils lui sont remis et un décret royal publié dans tout l’empire annonce que la population tout entière doit se tenir prête à la date tirée au sort. Un courrier est adressé aux gouverneurs de chaque province selon la langue et l’écriture de chacune d’elles, revêtu du sceau royal ordonnant d’exterminer et d’anéantir tous les Juifs en un seul jour.

Mordekhaï, (Mardochée) prenant connaissance de l’édit d’extermination et voyant en cela le signe d’une faute collective demande alors à la reine Esther prend en main le sort de son peuple. Après un temps d’hésitation, elle décide de lutter en agissant elle aussi pour son peuple et se tourne vers D.ieu. Elle fait dire à Mordekhaï “Va rassembler tous les Juifs présents à Suse et jeûnez à mon intention” (Esther 4,16) Elle jeûne pendant 3 jours. Mordekhaï se revêt de la tenue de deuil et fait pénitence. Le peuple entier, saisi d’épouvante, en fait tout autant. Le troisième jour, Esther, qui sent que le moment est venu de se dévoiler aux yeux du roi, adresse à Hachem une ardente prière pour qu’Il lui permette de réussir dans sa dangereuse mission. Elle revêt ses atours de reine et, bien qu’elle n’y fût pas conviée, prend sur elle de se présenter au roi, au péril de sa vie, car quiconque se présente devant lui sans y avoir été invité est condamné à mort. Il est alors évident pour le roi, devant la mine défaite et l’air inquiet d’Esther, que celle-ci a quelque chose de grave et d’urgent à lui dire. D.ieu l’exauce en éveillant la sympathie du roi pour elle. Il lui tend son sceptre d’or et  lui demande ce qu’elle désire, lui précisant qu’elle peut lui demander jusqu’à la moitié du royaume à l’exception d’une chose qui pourrait mettre en péril la stabilité de son trône.

Afin de tendre un piège à Amane en le prenant par surprise pour qu’il n’ait pas l’occasion de former une conspiration contre elle ni de se rebeller, Esther, sachant Assuérus inconstant et capable de changer d’idée à tout moment convie le roi et Amane ensemble à un banquet et dit au roi qu’elle a quelque chose de très important à lui demander.(Gaon de Vilna) Elle veut qu’Amane soit présent de sorte qu’Assuérus s’engage spontanément. Amane est inquiet et se demande avec appréhension la raison de cette soudaine invitation. Au cours du banquet, simple, contrairement à celui précédemment donné par Assuérus, où s’enivrait la populace, là président la convenance, la dignité et les nobles et délicates manières. Esther flatte Amane afin de désarmer ce dernier et provoquer la jalousie du roi. Celui-ci questionne sa femme sur la raison de cette invitation. Mais Esther n’ose pas la lui révéler et l’informe qu’il aura la réponse lors du prochain banquet, auquel elle convie également le méchant Amane. Celui-ci rentre chez lui ce soir-là tout à fait rassuré et se dit qu’il n’y a pas plus grand que lui dans tout le royaume. Amane croise à nouveau Mordekhaï en sortant du banquet. Celui-ci refuse à nouveau de se prosterner devant lui. Alors, fou de colère et ruminant sa vengeance, il projette, avec sa femme Zérech et ses amis, de faire pendre Mordekhaï et à cet effet, il fait immédiatement dresser une potence devant le Palais. Amane se réjouit de pendre celui qu’il déteste tant.

Il cherche Mordekhaï et le trouve dans sa tenue de deuil devant le Bet Hamidrach (la maison d’étude), où il a l’habitude d’enseigner la Torah aux petits enfants. Le Midrach rapporte que Mordekhaï courre dans la rue derrière les enfants qui sortent du cours de Talmud Torah et demande au premier d’entre eux ce qu’il a appris à l’école. Celui-ci répond : « Ne crains pas la frayeur soudaine, ni la tourmente des méchants quand elle arrive. » Le second répond : « voici le verset que j’ai appris aujourd’hui : Faites un projet, il échouera ! Dites un parole : elle ne tiendra pas ! Car D.ieu est avec nous. » (Proverbes 3) Un troisième dit : « Jusqu’à votre vieillesse, c’est Moi. Jusqu’au temps des cheveux blancs, je vous soutiendrai ; Je l’ai fait et Je veux encore porter, soutenir et libérer. » (Isaïe 46,4). Mordekhaï se réjouit en entendant cela, se rendant compte qu’Hachem est toujours avec Son peuple. Cependant il faut que les Juifs se remettent en question et fassent « téchouva », (retour à D.ieu). Le spectacle de ces enfants met Amane au comble de la fureur. Il dit : « Je vais faire tuer tous ces enfants en premier ! » Il ordonne de les enchaîner et dispose des hommes pour les garder. Les enfants se mettent à pleurer et implorent D.ieu de tout leur cœur. Mais Hachem ne reste jamais sourd aux larmes versées et Il entend les cris et les pleurs des enfants, qui ont eux aussi participé à la prière et jeûné depuis trois jours. Pour leur mérite, D.ieu a pitié en voyant le repentir de Son peuple et Il pardonne à tous les Enfants d’Israël.

A la suite de l’annonce du banquet offert par Esther, le roi Assuérus, intrigué, ne parvient pas à s’endormir. Il se fait lire les annales du Palais et s’aperçoit que c’est grâce à Mordekhaï qu’il est encore en vie. Le lendemain matin à l’aube Amane se présente devant lui. Ne lui laissant pas le temps d’exprimer sa requête, le roi lui demande ce qu’il convient de faire pour un homme que l’on voudrait honorer. Amane, dont l’orgueil est immense, croit que le Roi parle de lui et donne au roi son opinion. Il s’ensuit un  quiproquo à la fin duquel Amane se retrouve bientôt contraint d’escorter son rival Mordekhaï en habits royaux, monté sur un cheval portant la couronne royale, devant la foule dans les rues de la capitale, précédé de cette proclamation  « Voilà ce qui se fait pour l’homme que le roi veut honorer ». (Meguila 6, 9)

Malgré lui, Amane doit à nouveau se rendre au festin de la reine Esther. Le soir même, la reine révèle au roi son origine juive et accuse Amane de tramer un complot contre elle et son peuple afin de les exterminer. “Nous avons été vendus, moi et mon peuple, pour être détruits, exterminés, anéantis” (Esther 7,4). Le roi apprend encore de la bouche d’Esther que c’est son grand vizir lui-même, Amane, qui est l’auteur de ce nouveau complot. Amane est atterré. Assuérus dans son désarroi et sa colère se lève du festin et sort dans le parc royal pour se calmer. Brusquement saisi de panique, Amane se lève pour implorer la pitié de la reine et trébuche sur le divan. Le roi revient à cet instant et voit Amane aux  pieds d’Esther, assise sur le divan. Croyant qu’il fait la cour à la reine il se fâche de plus belle contre Amane. Arbona, l’un des eunuques du roi informe celui-ci qu’Amane a préparé une potence pour Mardochée (qui, avait sauvé la vie du roi). Le sort se retourne ainsi contre Amane et il est immédiatement pendu à sa propre potence avec dix de ses fils (il en avait 208 !) : Parchandata, Dalphôn, Aspata, Porata, Adalia, Aridata, Parmachta, Arissaï, Aridaï Vaïzata sont eux aussi mis à  mort et leur mère Zérech, s’enfuit. Ces dix fils avaient en effet été les instigateurs du décret par lequel le roi Assuérus avait arrêté la reconstruction du Temple.

Mais les Juifs ne sont pas encore sauvés et il plane au-dessus d’eux le terrible décret. Le roi ôte à nouveau son anneau du doigt (qu’il avait repris à Amane) et le remet cette fois à Mordekhaï. Alors Esther se rend une nouvelle fois chez le roi et tombe à ses pieds en pleurant. Elle le supplie d’annuler l’édit d’Amane. Assuérus lui tend à nouveau son sceptre et lui demande de se relever. Il  lui dit qu’il n’est pas possible d’annuler un décret qui a été scellé de l’anneau du roi. Toutefois, il l’informe qu’il a donné sa bague, munie du sceau royal, à Mordekhaï. Le même jour, Assuérus fait don à la reine Esther de la maison d’Amane.

Le roi dit à la reine Esther et au Juif Mordekhaï  : « Eh bien, écrivez vous-mêmes, au nom du roi, en faveur des Juifs, comme vous le jugerez bon, et signez avec l’anneau royal, car un ordre écrit au nom du roi et muni du sceau royal ne peut être annulé. » (Meguila 8,8) Sur l’heure même on convoque les secrétaires royaux. Nous sommes alors le 3ème mois, le mois de Sivan. Les courriers sont envoyés aux satrapes, gouverneurs et préfets des 127 provinces de Hodou à Kouch qui déclarent que le roi autorise les Juifs dans chaque ville à se rassembler et à défendre leur vie en tuant quiconque les attaquerait en un seul et même jour dans toutes les provinces du roi Assuérus le 13ème jour du 12ème mois, qui est le mois d’Adar.(Meguila 8, 11) Cela est porté à la connaissance du peuple et les Juifs se tiennent prêts à exécuter la sentence contre leurs ennemis.

Mordekhaï sort alors de chez le roi en habit royal, une couronne sur la tête et « la ville de Suse fut dans la jubilation et dans la joie. Pour les Juifs, ce n’était que joie rayonnante, contentement, allégresse et marques d’honneur. » (Meguila 8, 15-16) Le premier jour, on extermine quelque 500 hommes rien que dans la ville de Suse. Cependant, le butin rejoint directement le trésor du roi et les Juifs n’y touchent pas. (On pourra remarquer que lorsque les Juifs tuent leurs ennemis, ils évitent toujours scrupuleusement de les piller, contrairement aux  autres peuples qui ont cette coutume). Ce 14 Adar, les combats cessèrent et malgré leur fatigue, après le combat, les Juifs de Suse célèbrent leur délivrance et leur victoire par un festin le 14ème jour de Adar. Esther et Mordekhaï rapportèrent les événements tragiques qui s’étaient transformés en événement joyeux qu’ils venaient de vivre dans la Méguila et instituèrent cette date du 14 Adar comme fête officielle de Pourim (afin de toujours se souvenir du « pour » (sort) qui devait leur être fatal et qui s’est brusquement transformé en un immense bonheur d’avoir été sauvés miraculeusement par Hachem, dans Sa grande miséricorde.“Les obstacles ne sont pas des refus mais des indications : plus l’obstacle est important, plus il indique un grand profit si l’on sait développer sa volonté, continuer à vouloir – jusqu’à surmonter l’obstacle.” (Likoute Moharan 1,66) … LA SUITE  ICI : CULTURE JUDAÏSME POURIM (2)

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IMPORTANT: lire et étudier aussi sur le site Modia les précisions et enseignements sur les données historiques précises et complètes, accompagnées de très belles images, à l’origine de cette fête sur ce même site.  LIEN ICI. et ici : préparation mondiale de téchouva de tous les Juifs, où qu’ils soient, à la fête d’Esther ainsi que le TEXTE COMPLET DU LIVRE D’ESTHER texte complet du livre d’Esther


JOYEUSE FÊTE DE POURIM A TOUS !

Et n’oubliez pas le

JEÛNE (avancé) D’ESTHER (taânite) LE JEUDI 11 adar (25 février 2010)

A partir de la sortie des étoiles débute le jeûne (obligatoire  pour les Juifs adultes de plus de 13 ans et pour les Juives de plus de 12 ans, sauf si on est malade, enceinte ou qu’on allaite.) Le Choulkhane Aroukh dit : “On ne jeûne que pendant la journée et il est permis de manger toute la nuit du Taânite jusqu’à l’aube, à condition d’avoir l’intention de veiller  toute la nuit. Si l’on s’endort, même si on se réveille avant l’aube, on ne doit plus manger. Ce n’est que si on a l’habitude de se réveiller au milieu de la nuit, par exemple pour boire un verre d’eau, qu’on le peut cette nuit ausi. De toute façon, si avant de dormir on a l’intention de se réveiller avant l’aube pour manger, c’eest permis.”

On ne mange plus après le lever du soleil jusqu’à son coucher (en France : 5h57 -  jusqu’à 18h57, le jeudi soir) On peut encore manger et boire modérément entre l’aurore et le lever du soleil pour mieux tenir le jeûne pendant la journée. Il n’y a pas d’autres interdits pour ce jeûne, qui doit être accompagné de la téchouva (retour vers Hachem) ; notre changement personnel est efficace quand il est sincère, réel, complet, alors Hachém l’entend. C’est la téchouva qui donne son sens au jeûne. (Modia)


Meguila d’Esther
LIEN pour lire la SUITE (2) : CULTURE JUDAÏSME POURIM (2)

CULTURE JUDAÏSME POURIM (2)

Le jour où les ennemis des Juifs avaient espéré prendre le dessus sur eux…, ce fut le contraire qui se passa.(Esther 9.1)

QUELQUES PRECISIONS

RAPPEL
Contrairement à ce qu’affirment certains qui ont falsifié la Torah et voudraient qu’on les considère comme “le véritable Israël”, ceci n’est pas une “histoire” allégorique de pure fiction, mais un fait avéré qui, tout comme la Torah, a été consigné par écrit depuis l’époque des faits et retransmis fidèlement de génération en génération.

LA MEGUILA D’ESTHER

Tout au long de ses 10 chapitres on ne trouve nulle part le nom de D.ieu mentionné. Cependant, il y figure bien, mais de manière voilée, dans certaines expressions du texte, comme par exemple le mot « Roi », etc. ..  En effet, le miracle de Pourim se réalise de manière voilée, au travers de phénomènes naturels, qui, mis bout à bout, témoignent de la volonté divine.

Lorsqu’on lit la Meguila on se rend compte que le mérite d’Esther était grand, car bien qu’elle fût pendant plusieurs années uniquement au contact de non juifs, elle continua à vivre en juive en suivant les préceptes de la Torah en cachette du roi et de sa cour. Par exemple, dans la Meguila, il est spécifié qu’Esther possédait 7 suivantes. Chacune des 6 premières était préposée à un jour de la semaine, lorsque la reine vaquait à ses activités et ne s’en étonnait  pas, la 7e qui restait auprès d’elle le jour du Chabbat la voyait se reposer et ne s’en étonnait pas non plus. Ainsi Esther pouvait-elle observer le Chabbat sans que cela éveille la curiosité de quiconque à la cour. Toujours fidèle à Hachem, bien que ne pouvant pas manger cachère, elle se contentait de végétaux (fruits et légumes) et mangeait des fruits secs. C’est pourquoi, de nos jours, ces petits gâteaux appelés « oreilles d’Amane » sont encore fourrés de fruits secs, en souvenir d’Esther.

LA PREDICTION

Si nous remontons un peu dans le temps, nous voyons qu’il existe une prophétie annoncée par Jérémie au lendemain de la destruction du premier Temple (Jérémie 29-10) qui dit : « Quand Babylone sera au terme de 70 ans pleinement révolus, Je prendrai soin de vous et J’accomplirai en votre faveur Ma bienveillante promesse de vous ramener en ces lieux. » Cette annonce inquiète les monarques de Babylone. Au lendemain de la révolte contre Balthazar de Darius, roi de Médie et de son gendre Cyrus, roi de Perse, jusque-là soumis au roi de Babylone, seule la ville de Babylone résiste aux attaques de Cyrus et Darius.

Le soir de Pessa’h marque cependant un tournant décisif. Les armées perses et mèdes reculent. Balthazar, qui exulte, insulte le D.ieu d’Israël et fait apporter les ustensiles sacrés que Nabuchodonosor avait pillés dans le Temple de Jérusalem et se fait servir à boire dedans. Mais une « main invisible » trace sur le mur des lettres hébraïques que le roi ne sait pas déchiffrer. On fait appel au prophète Daniel, qui déchiffrela mystérieuse inscription qui disait : « Les jours de ta royauté sont comptés et la fin en a été décidée – tu as été pesé et trouvé trop léger – ton royaume a été divisé et donné aux Mèdes et aux Perses ; c’est pourquoi cette nuit même les rois de Perse et de Médie prendront Babylone. » Bouleversé par cette annonce, Balthazar commande qu’on verrouille toutes les portes et qu’on exécute quiconque les franchirait. Il sort au milieu de la nuit pour tout vérifier. Les gardes dorment. Il  franchit les portes pour s’assurer que l’ennemi ne se rapproche pas. Entre temps les gardes se sont réveillés et malgré ses supplications, ils le mettent à mort, selon l’ordre reçu !

Alors Cyrus déclare « Je sais que le D.ieu d’Israël est plus grand  que tous les autres dieux. Si D.ieu m’accorde la royauté, je ramènerais les exilés d’Israël dans leur pays ». Comme on le sait Cyrus tient sa promesse et ordonne qu’on reconstruise le Temple. Mais lorsque Assuérus monte lui-même sur le trône de l’empire perse, il ordonne qu’on arrête la reconstruction du Temple. Lui aussi attend la fin de la période des 70 années de la prophétie. Quand, selon ses calculs (qui étaient faux) il croit cette période écoulée, il s’empresse de célébrer un gigantesque festin, à l’occasion de ses noces avec la jeune et jolie Vashti, la fille de Balthazar et petite-fille de Nabuchodonosor, l’unique survivante de sa famille. C’est d’ailleurs  elle qui insiste auprès du roi pour que les travaux de reconstruction du Temple soient interrompus. Une lettre achève de convaincre Assuérus ; elle émane des ennemis des Juifs, dont les fils d’Amane font partie et accuse les Juifs de construire le Temple de Jérusalem en vue de fomenter une rébellion contre le roi.

CHOUCHAN POURIM

L’histoire de Pourim s’est passée dans la ville de Chouchan (Suse), capitale du royaume perse. Aujourd’hui, dans toutes les villes qui portaient autrefois une enceinte du temps de Josué et de Moché, (au temps où les Hébreux ont reçu la Torah), y compris Jérusalem, cette fête (appelée Chouchan Pourim), est célébrée non le 14, mais le 15 Adar. En effet, dans ces villes, les combats durèrent plus longtemps. De ce fait Pourim ne put être célébré que plus tard. Cela nous permet ainsi de faire la relation entre la Torah et Pourim, qui eut lieu beaucoup plus tard. Ainsi associe-t-on Esther avec la Torah. A la fin du livre de Devarim, dans la paracha Vayelekh, il est écrit : « Je vais cacher Ma face ». Il est ainsi annoncé qu’un jour D.ieu voilera sa face et ne parlera plus aux hommes et cela confirmera le temps de la fin du 1er Temple, la fin de la prophétie, qui associe l’idolâtrie dans le peuple et les prophètes qui rappellent au peuple où est le droit chemin. Ensuite seulement s’ouvrira une nouvelle ère, qui sera le temps du second Temple, avec la confirmation du monothéisme du peuple juif.

Cette nouvelle période, celle du second Temple, commence avec Pourim, quand le peuple juif a renouvelé et affirmé librement sa promesse faite à Hachem de Lui être fidèle au Mont Sinaï. La Torah nous dit : « ils ont pratiqué et ils ont reçu ». La tradition explique qu’à Pourim, tout le peuple a pratiqué les mitsvote, et ainsi accepté de son plein gré la Torah du Sinaï et il a reçu en retour le salut d’Hachem. Ainsi, le peuple juif, renaissant de ses cendres, repart vers une nouvelle vie, qui sera l’histoire de la 2ème Maison d’Israël, qui dure jusqu’à aujourd’hui, qui est la fin de ce temps. L’époque de la prophétie prend donc fin avec la Meguila d’Esther. (On sait par ailleurs que malheureusement, les prophètes ne furent pas écoutés en leur temps, plus, ils furent persécutés et parfois mis à mort et le peuple a eu à s’en repentir.) Ce sont les Sages qui remplacèrent les prophètes.

La ville de Chouchan (Suse) est très importante pour comprendre l’histoire du Moyen-Orient au cours des 5 000 ans de son occupation. Elle est l’une des plus anciennes cités de la région et fut fondée vers l’an 4 000 avant l’ère commune. Elle était située sur un point de passage reliant la vallée du Tigre au plateau iranien. C’était une ville vaste et belle qui fut complètement détruite par les arabes bien après les faits de Pourim, il y a environ 1 300 ans, quand ceux-ci envahirent le plateau iranien et s’en emparèrent. Pour s’opposer à la farouche résistance des villes de cette région, ses ennemis la rasèrent entièrement. Selon d’anciens manuscrits c’était une des plus vieilles cités du monde.On situe Chouchan, ancienne cité de la civilisation élamite au sud de l’actuel Iran, à environ 140 km à l’est du fleuve Tigre, qui ne présente plus aujourd’hui qu’un champ de ruines. La petite ville de Shush à proximité a pris sa continuité.

POURQUOI SEULEMENT 10 FILS D’AMANE FURENT-ILS PENDUS SUR LES 208 ?

Ce sont ces 10 là uniquement parmi tous les enfants d’Amane qui ont été pendus. L’ordre avait été donné par le roi Korèche de rebâtir le Temple et de reprendre la vie normale selon la Torah sur la terre d’Israël. Rachi explique que sous la royauté d’Assuérus, les 10 fils d’Amane ont diffusé des lettres interdisant cette construction car ils étaient contre l’implantation des Juifs sur la terre d’Israël. Le roi, influencé par ces lettres et par sa femme Vashti (qui, elle aussi fut exécutée), fit arrêter les travaux de reconstruction et on dut attendre Darius pour que la mesure devienne effective.

POURQUOI  ISRAËL A FAILLI  ÊTRE ANEANTI

Rabbi Shimon Bar Yohaï nous dit que si les Juifs avaient mérité une punition, c’est parce qu’ils participèrent aux repas de débauche du méchant Assuérus. Mais c’est aussi parce qu’ils s’étaient prosternés devant une idole à l’époque de Nabuchodonosor, dit Rachi. Ainsi Haqqadoch Baroukh Hou a-t-Il été indulgent avec eux puisqu’Il n’a pas permis leur destruction, (mais peut-être l’indulgence d’Hachem est-elle aussi due au mérite des petits enfants de la yéchiva qui avaient jeûné et prié durant 3 jours ?) Mais en vérité, les juifs n’eurent qu’une attitude extérieure (à l’époque de Nabuchodonosor et non sincère vis-à-vis de l’idolâtrie), aussi Haqqadoch Baroukh hou a-t-il agi Lui aussi de façon extérieure, sans aller jusqu’à leur destruction. Ici s’applique le verset : « Car ce n’est pas volontiers qu’Il humilie. » (Lamentations 3, 33)

LE SCEAU DU ROI

Le moment qui semble sceller le destin d’Israël est celui où le roi Assuérus remet son anneau à Amane. Dans les sociétés anciennes, l’anneau royal portait le sceau du souverain. Dans le traité (Meguila, chap. 1 ou 3, 8 à 11) il est dit : « Amane dit au roi Assuérus : il y a un peuple unique disséminé et dispersé parmi tous les peuples, dans toutes les provinces de ton royaume; leurs lois sont différentes de tout peuple, et ils n’agissent pas selon les lois du roi : il n’est pas dans ton intérêt de les laisser en repos. Si cela semble bon au roi, signe leur perte, et je ferai peser dix mille talents d’argent par les fonctionnaires du royaume, pour les verser dans les coffres du roi. Le roi retira de son doigt l’anneau et le donna à Amane, fils de Hammédata, l’Agaguite, adversaire des Juifs. Le roi dit à Amane : l’argent t’est donné, ainsi que ce peuple. Fais-en ce qu’il te plaira. » Rabbi Aba bar Kahana enseigne que l’effet de l’enlèvement de cette bague fut plus considérable que l’action des 48 prophètes et 7 prophétesses inspirés par D.ieu qui se sont levée en Israël. Amane pouvait dès lors assumer son funeste projet. Car aucun d’entre eux ne parvint à ramener Israël sur le droit chemin, alors que cette bague retirée eut ce pouvoir. Nos Sages ont enseigné que les prophètes et prophétesses ont prophétisé en Israël et qu’ils ne retirèrent ni n’ajoutèrent rien à ce qui est mentionné dans la Torah, sauf à ajouter la lecture de la Meguila. Cela signifie donc qu’aucun prophète postérieur ne peut remettre en cause l’autorité surpême de Moïse, par qui la Torah et les mitsvote furent données. Cet anneau a donc réveillé la conscience juive et son identité profonde, et c’est au moment du voilement de D.ieu, dans l’exil, que les Juifs acceptent la Torah.

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LE COUPLE ESTHER-MORDEKHAÏ FACE A AMANE

Esther et Mordékhaï sont un  exemple de l’humain, femme et homme. En hébreu, non seulement l’homme est fait à l’image de D.ieu et à Sa ressemblance mais le nom “homme” sous plusieurs formes est à la fois la caractéristique de l’homme et celle de D.ieu (adam, iche). Leur exemple nous enseigne comment résister et réagir face aux médias ou aux leaders culturels ou politiques d’aujourd’hui qui prétendent dire la vérité et ne sont que vanité et arrogance. Ces deux personnages nous enseignent comment leur résister et réagir de la bonne manière, notamment par une utilisation méthodique et conjointe faite de subtilité, d’intelligence, d’étude, de prière et de jeûne, ainsi que de la combinaison des qualités masculines et féminines présentes dans le peuple.

Esther et Mordékhaï ensemble ont la même « guématria » que le grand nom de Dieu en 72 lettres qui se répète 13 fois comme les 13 qualités de miséricorde. Ainsi seul, ce couple parfaitement coordonné de la femme cachée Esther et de l’homme pur Mordekhaï peut autoriser le désir divin à se réaliser. C’est alors qu’Amane le fourbe, le persécuteur, entre en scène. La qualité de relation entre ces trois personnages est de l’ordre de ce que l’on appelle la « qéddoucha ». (la sainteté), mais celle-ci est toujours sanctionnée par une séparation. Qui veut aimer ainsi n’aime pas selon les modèles de la société traditionnelle. Cependant, le peuple juif est un peuple qui choisit de n’être “pas comme les autres”, c’est ce qu’est la « qéddoucha ». Mais cela agace énormément les autres peuples et cet agacement prend la forme de l’antisémitisme. Tous les prophètes nous montrent, comme dans le livre d’Esther, qu’il n’y a qu’un remède qui puisse en venir à bout, c’est la persévérance dans la « téchouva » (pénitence avec retour vers Hachem) totale et jusqu’au dernier moment.

LA SYMBOLIQUE DE POURIM

« Pourim » est la fête des sorts s’écrit ainsi en hébreu פורים et veut dire « sorts », « pour » étant le singulier. (nous jeûnons le 13 Adar pour rappeler que D.ieu exauce toute personne en détresse qui jeûne et s’engage dans une téchouva sincère. La signification du jeûne d’Esther est la suivante : Mordekhaï avait, comme tous, pratiqué un jeûne de trois jours sur la demande de la reine Esther (comme Moché Rabbénou quand Amalek avait attaqué les Hébreux à la sortie d’Egypte.) Mordekhaï demanda l’année qui suivit ce miracle, d’observer ce jeûne qui avait aidé à sauver le peuple juif. En effet, Hachem Tsevaot a entendu la prière de Son peuple, a exercé Sa grande miséricorde et l’a épargné, renversant la situation pour les Juifs, qui tuèrent 75 000 Perses qui voulaient attenter à leur vie pour se défendre et pas un seul Juif ne mourut ! Ainsi exprimons nous cette victoire sur l’ennemi, qui ne dépendait pas, ne dépend pas et ne dépendra jamais de l’utilisation des seules armes de guerre, mais de la téchouva, de la prière et des mitsvote, et avec l’aide d’Hachem, ils obtiennent la victoire.

Ainsi tous les Juifs du monde sont invités à pratiquer un jeûne ce jour-là. La fête de Pourim, c’est une avalanche de bénédictions et de lumière symbolisée par le rouleau si la fête  « se déroule » conformément aux Mitsvote. Le repas et qui comporte, en hébreu, des lettres du nom de D.ieu (concrétisation physique et complète de la bénédiction). En hébreu, le vin (lié, au sens du « sod », secret et au chiffre 70 nous indique que dans cette fête, nous sommes à la limite du concret et de son renouvellement par les secrets du Créateur se déversant sur Son peuple) et 70 réfère aux 70 ans d’exil en Babylonie avant la délivrance.

L’histoire de Pourim représente le sauvetage du peuple juif, par l’intermédiaire d’Esther et chacun peut se sentir redevable à Hachem d’avoir échappé à un si grand danger. Mais nous savons que le Créateur met toujours la guérison avant le mal : ainsi Esther est choisie par le roi pour sa beauté sans que le roi ait connaissance de ses origines. Elle a la responsabilité de sauver son peuple de l’extermination par Amalek et c’est ce qu’elle fait. Amalek est l’archétype même de l’antisémite ( ici sous les traits de l’orgueilleux Amane) qui  représente le mal, le doute, la haine. Selon le Ari Zal (Rabbi Itzhak Louria), le jour de Kippour est appelé “Yom Hakippourim”, littéralement: « le jour qui est comme Pourim. » Pourim serait donc plus importante que Kippour, donc la fête la plus importante de l’année ? C’est précisément le cas. Outre les textes officiels, de nombreux Sages ont écrit sur Pourim, ex. le Maharal de Prague (Or Hadach) le Rema (Mehir Yaïn), le Malbim, etc… De plus, un traité tout entier parlant de ce sujet figure dans le talmud (Meguila).

LES DINIM  DE POURIM (lois pratiques)

Lecture de la Méguila (Le livre d’Esther) Comme nous le dit le Talmud, c’est bien à l’époque de Mordekhaï et d’Esther qu’Israël a accepté de nouveau l’alliance du Sinaï. C’est la raison pour laquelle le rouleau d’Esther (Meguila Esther) est déroulé entièrement avant lecture et généralement replié trois fois sur lui-même. Il est lu à la synagogue doit être écrit par un « sofer » un scribe (et non dans un livre imprimé) sur une peau de mouton avec la même méticulosité que le rouleau de la Torah. Il est lu une première fois le soir du 13 Adar à l’heure de Min’ha, puis une seconde fois le matin de Pourim. Là, le public dit ensemble quelques versets qui seront lus ensuite à la Communauté. On doit énoncer d’un seul souffle le nom des 10 fils d’Amane, qui sont Parchandata, Dalpton, Aspata, Porata, Adalia, Aridata, Parmachta, Arissaï, Aridaï et Vaïzata.

En l’honneur de la Méguila, on revêtira des habits de Chabat dès le soir; en rentrant de la synagogue ; on trouvera à la maison, des lumières allumées, une table dressée, un intérieur bien rangé. On a l’obligation de manger, de boire et de se réjouir à Pourim. Déjà le soir du quatorze on se réjouira, et on consommera un repas un peu plus copieux. On allume les bougies, en signe de joie et de fête, même si on prend le repas quand il fait encore jour. Tout le monde est concerné par l’écoute de la Méguila : les hommes, les femmes, (plus particulièrement, par l’intermédiaire d’Esther), les garçons et les filles à partir de l’âge de la Bar Mitsva et Bat Mitsva, à savoir, 13 ans pour les garçons et 12 ans pour les filles. On doit en écouter de vive voix chaque mot (en veillant à ce que, lors de la lecture à la synagogue, le silence revienne rapidement après que le nom de Amane ait été hué). Les bénédictions doivent être dites debout. Si l’épouse n’a pu se rendre à la synagogue, son mari se fera un devoir de relire à la maison la Méguila pour elle. Les endeuillés doivent écouter eux aussi la Méguila à la synagogue. Le soir, on fait 4 bénédictions : 3 avant la lecture et 1 après.

Il est strictement interdit de parler dés le début de la récitation des Bra’hot initiales de la Meguila, jusqu’à la fin de la Bra’ha finale, après la lecture de la Meguila. Il est interdit de consommer quoi que ce soit avant la lecture de la Meguila, le soir comme le matin. Cependant, on peut boire de l’eau ou un café ou un thé avant la lecture de la Meguila. De même, on peut consommer des fruits, des pâtisseries ou même du pain, en quantité inférieure à Kabetsa (inférieure à 54 g).

A Pourim il convient d’effectuer les 4 mitsvote qui commencent par la lettre מ « mem » :

1 – Mikra Méguila Lecture de la Méguila (livre d’Esther – 10 chapitres) Lue le 13 Adar après le jeûne et le 14 au matin

2 – Michloah ManothCadeaux comestibles aux amis. (Au moins 2 cadeaux comestibles à 1 ami nécessitant au moins 2 bénédictions et prêts à être consommés). Cela met en lumière deux notions : l’amitié et l’unité, qui servent de base au miracle de Pourim. C’est pourquoi nous envoyons des cadeaux aux amis et parents.

3 – Matanoth Laévyonim Dons aux pauvres (à au moins 2 pauvres ou affligés) Commandement positif, il permet d’associer les pauvres et les nécessiteux à la joie de Pourim.« Mordekhaï mit par écrit ces événements et expédia des lettres à tous les Juifs … les enjoignant … à en faire des jours de festin et de réjouissances et une occasion d’envoyer des présents, l’un à l’autre et des dons aux pauvres ». “Ces dons peuvent être faits en espèce ou en comestible le jour de Pourim. Ce jour là on doit donner à tout pauvre qui le demande. Même un pauvre doit donner à plus pauvre que lui. Il n’y a pas plus grande joie que de réjouir le coeur des personnes dans le besoin. Le Rambam (Maïmonide) écrit :”Il vaut mieux donner beaucoup de dons aux pauvres que de dépenser de grandes sommes pour le repas de Pourim ou l’envoi des mets. Car il n’y a pas de joie plus grande et plus belle que celle de réjouir les pauvres, les orphelins, les veuves et les prosélytes. La personne qui réjouit le cœur de ces malheureux est comparable à la Présence Divine, à propos de laquelle il est dit : “Pour ranimer l’esprit des découragés et raviver le cœur des malheureux” (Isaï 57.15). La dépense pour les pauvres doit donc excéder celle du repas. Les femmes sont également concernées par cette mitsva. Les hommes enverront leurs mets à un homme et les femmes, à une femme. Ces préceptes doivent être accomplis le jour. Là où il n’y a pas de pauvres, on peut réserver, le jour de Pourim, une somme que l’on donnera plus tard à des indigents. Tout au long de l’année, les Juifs doivent se sentir responsables du bien-être des pauvres. Mais cette notion prend un sens particulier à Pourim ; en aidant un Juif à célébrer dignement Pourim, nous montrons que nous sommes un peuple uni par un but commun.

4 – Michte Pourim Festin de Pourim. Il a lieu le jour de Pourim après Mine’ha et il doit y avoir abondance de lumière. Si cela tombe le vendredi, il a lieu le midi. Afin de louer D.ieu pour ces miracles (Esther 9,22) il y a obligation d’être dans la joie et pour les hommes, de boire du vin (tout en veillant à ne pas dépasser ses limites de manière à ne pas gâcher la fête et rester conforme à une vie de Torah et de mitsvote afin de louer D.ieu pour ces miracles (Esther 9,22) au point de ne plus faire la différence entre « Baroukh Mordekhaï » (béni soit Mordekhaï) et « Aroukh Amane » (maudit soit Amane). (On se trouve alors à la limite du mal et de la  lumière.)

Le don du ½ chekel (Mahatsit Hachekel) Don du demi chékel (3 fois le ½ chékel) On a coutume, avant la prière de Min’ha, de donner 3 pièces de 50 centimes d’euros en Tsedaqa ( pour rétablir la justice vis-à-vis du pauvre). A l’époque du Temple, les Juifs payaient, à partir du 1er Adar, l’impôt du demi chékel pour l’organisation des sacrifices. Ils suivaient ainsi la prescription du Livre de l’Exode (Paracha Ki tissa 30, 11 à 16). Dans ce passage, l’expression (impôt de l’Eternel ou prélèvement pour D.ieu) figure 3 fois, d’où l’habitude de donner trois fois ½ chekel. Le demi-chékel versé le jour de Pourim est un don au bénéfice des pauvres. Ce geste rappelle cet impôt au bénéfice du culte des sacrifices.

Mitsva de se déguiser A l’occasion de cette fête, on a coutume de se déguiser et comme toutes les mitsvote, il faut encourager les enfants à pratiquer celles de Pourim.Comme Esther, D.ieu a agi de manière cachée, alors à Pourim on se cache derrière des costumes et des masques. Cependant on ne se déguise pas dans des costumes de l’autre sexe et ceux-ci doivent rester dans le cadre de la signification de la fête, qui ne doit pas se transformer en un carnaval non juif n’ayant rien à voir avec les événements célébrés.

BENEDICTIONS DE POURIM

Avant la lecture de la Méguila on récite 3 bénédictions :  

Pourim vu par Sarel

La première bénédiction est celle habituellement prononcée avant l’accomplissement d’un acte religieux : “Baroukh ata Hachem, elohénou mélekh haôlam achèr qidechanou bemitsvotav vetsivanou âl miqra Méguila” (Tu es source de bénédiction, Eternel notre D.ieu, Roi du monde, qui nous a sanctifié par ses commandements et nous a ordonné la lecture de la Meguila). La seconde : “Baroukh ata Hachem, élohénou mélekh haôlam ché’assa nissim la-avothénou bayamim hahèm bazeman hazè” (Tu es source de bénédiction, Eternel notre D.ieu, Roi du monde, qui a accompli des miracles pour nos ancêtres en ces jours-là, à cette époque). La troisième bénédiction est celle de chèhè’hèyanou (qui, dans le rite séfarade, n’est récitée que lors de la lecture de la Meguila de la nuit) et qui exprime notre gratitude pour le temps que nous vivons maintenant.“Baroukh ata Hachem, élohénou mélekh haôlam chéhè’hèyanou viqimanou véhigiyânou lizman hazé” (Tu es source de bénédiction, Éternel, notre D.ieu, Roi du monde, qui nous a fait vivre et exister et parvenir à cette époque). Il faut être 10 (minyan) pour réciter la bénédiction finale : ici, les femmes peuvent compter dans ce quorum.

Après la lecture de la Méguila on dit : “Baroukh ata Hachem, elohénou mélekh haôlam harav ète rivénou véhadane ète dinénou véhanoqème ète niqmaténou véhamchallénou guémoul lékhol oyévé nafchénou, véhanifrâ lanou mitsarénou. Baroukh ata Hachem, hanifrâ léâmo yisrael miqol tsaréhem haèle hamochiâ. (Sois béni, Eternel notre D.ieu, Roi du monde, qui défend notre cause, qui nous rend justice, qui prend sur lui notre vengeance, qui châtie tous nos ennemis et se venge de nos oppresseurs. Sois béni, Eternel, qui venge son peuple Isrâël de tous ses ennemis, ô D.ieu sauveur !) Puis, on ajoute :

“Arour haman”(maudit soit Hamane) “Baroukh Mordekhaï” (3 fois) (béni soit Mordékhaï)

“Aroura zérèch (maudite soit Zérech) “Baroukha Esther” (3 fois) (bénie soit Esther)

“Arourim kol harchayim (maudits soient tous les méchants) “Baroukhim kol yisrael”(3 fois) (béni soit tout Israël)

“Végam harvona vakhour létov” (Ainsi que Harbona au bon souvenir).

SIGNIFICATION DU DEGUISEMENT DE POURIM

Outre l’aspect festif, se déguiser à Pourim nous rappelle qu’à la fin de la Méguila d’Esther, l’humble serviteur fut traité comme un très haut dignitaire du royaume (Mordekhaï), alors que le premier ministre fut traité comme un traitre (Amane). Se déguiser a donc pour caractère essentiel de ne plus savoir qui est qui et de confondre le rôle de chacun. Lors de cette fête, nous lâchons avec dérision les vêtements habituels pour adopter le déguisement de Pourim, pour manifester que notre habit est bien autre chose : une autre lumière, celle de la peau qui était “or (lumière)” et  non pas la “peau ôr” de notre carapace. On se déguise aussi pour affirmer que quelle que soit la manière dont D.ieu déguise Ses miracles, nous sommes capables de voir derrière les faits apparemment naturels les vraies interventions de Sa main. La foi peut inverser le cours de ce qui est pressenti.

LES LECONS DE POURIM

A Pourim, nos Sages démontrent que c’est le désir fort de D.ieu, qui a besoin d’élever Sa créature à une proximité stupéfiante avec Lui, qui s’est exercé lors de la rencontre d’Esther et du Roi, comme l’aboutissement du Cantique des Cantiques. Cette intensité est démontrée par le fait de dérouler totalement le rouleau avant même sa lecture, lettre d’amour d’Hachem, et bénédiction qui emplit tout, du début à la fin. On  dit qu’il y a alors une lumière dans le monde comme il n’y en a dans aucune autre fête. Voilà pourquoi on célébrera toujours Pourim.

Pourim est l’occasion de rendre grâce au Maître de nos destinées d’avoir fait échouer les plans assassins ourdis – déjà – par des dignitaires perses contre les juifs. Tout est décidé par Haqqadoch Baroukh Hou, mais c’est à l’homme de savoir par son action juste et responsable, arriver à se sauver par la techouva, la tsédaqa, la téfila et l’intelligence. Ce n’est que lorsque les juifs sont faibles spirituellement qu’Amalek les attaque. Malgré le fait que cette fête contienne l’enseignement que D.ieu tiendra désormais on visage dissimulé, Il sera toujours présent, car c’est Lui qui tire les fils du destin de l’humanité. Il ne fait que changer de stratégie pour mieux révéler Sa gloire, se révélant dans toute Sa splendeur à travers la nature des choses de la vie quotidienne, qu’il faut apprendre à regarder et à apprécier. La fête de Pourim est considérée comme un jour de joie et comme une commémoration de l’oeuvre divine, mais de façon indirecte, le nom de Dieu n’étant pas mentionné dans le livre. En la célébrant, nous renouvelons notre affirmation de notre foi en Dieu. On prend là toute la mesure de l’action permanente de D.ieu dans le monde.

Ainsi, que nous voulions bien le reconnaître ou non, ce qui ressemble souvent à un « hasard » est bel et bien l’œuvre de D.ieu. Mais cette histoire montre le courage et le sacrifice de soi d’Esther et de Mordekhaï, puis du peuple juif. Aucun Juif ne se convertit aux rites païens pendant toute l’année que dura le danger, serait-ce pour sauver sa vie. Le peuple tout entier connut un réveil qui le ramena à la Torah et aux Mitsvote. C’est par ce mérite qu’il put se dresser contre ses ennemis et sauver sa vie. Chaque année, le 14 Adar, en accomplissant les mitsvote de la fête de Pourim nous réaffirmons notre attachement aux valeurs éternelles de la Torah et prenons part à ce mérite qui a permis de délivrer le peuple juif au temps de Mordekhaï et d’Esther. Ainsi il faut être attentif afin de pouvoir reconnaître les manifestations de bienveillance d’Hachem dans le monde, lui en savoir gré, le remercier en faisant « téchouva » et en essayant de rectifier nos propres comportements dans le but d’améliorer le monde (tiqoun ôlam).

DES RAISONS DE SE REJOUIR

La fête de Pourim est considérée comme un jour de joie et comme une célébration de l’oeuvre divine, mais de façon indirecte, car comme expliqué plus haut, le nom de D.ieu n’est jamais mentionné dans le texte. Si cette fête ne véhicule aucun message éthique ou religieux clair, elle comporte néanmoins, comme celle de ‘Hanoukah, une forte connotation nationale, qui commémore la victoire des Juifs sur leurs ennemis et la chute d’Amane, qui incarne l’archétype de l’antisémite. En célébrant la fête des sorts, nous renouvelons notre affirmation de notre foi en D.ieu. La Meguila d’Esther nous donne d’ailleurs le ton vers la fin du rouleau : « Ce n’était pour les Juifs que joie rayonnante, contentement, allégresse et marques d’honneur ». (Esther 8,16.) La mitsva est donc de se réjouir.

Mais il existe aujourd’hui bien des raisons de se réjouir. Le Tanya de Rabbi Chnéour Zalman de Lyadi (1745-1812) nous dit qu’en dépit du contexte dramatique dans lequel nous vivons actuellement, il ne faut jamais perdre de vue qu’il y a plusieurs bonnes raisons d’être joyeux : PARCE QUE C’EST UN BON MOYEN DE REUSSIR « On ne peut surmonter son mauvais penchant  que dans l’entrain qui provient de la joie et d’un cœur ouvert et lavé de toute trace de souci et de tristesse. » PARCE QUE C’EST UNE BONNE CHOSE EN SOI. La joie est la meilleure manière d’être et n’est pas si difficile à atteindre. Il suffit de se concentrer sur les bonnes choses autour de soi. Ainsi, même si les choses négatives prennent le dessus dans la vie, nous savons qu’elles n’ont rien à y faire et nous devons les expulser pour laisser place au positif. PARCE QUE LE MOMENT S’Y PRÊTE. Si être joyeux nécessite quand même parfois quelques efforts, il arrive cependant que la gaieté soit « dans l’air » et alors on la laisse pénétrer notre âme. Nos Sages enseignent que « Lorsque le mois de Adar fait son entrée, la joie se multiplie ». Pour le peuple juif, c’est un mois où arrivent toutes sortes de bonnes choses. Donc rien de particulier à faire en ce sens, si ce n’est de ne pas empêcher la joie d’entrer. Les Sages n’ont-ils pas dit « Quand vient le mois de Adar, on multiplie la joie. »

A l’époque de Pourim, la nature du danger encouru par les Enfants d’Israël par la faute d’Amane était d’être exterminés. Le peuple fut en danger corporellement. C’est donc corporellement qu’il se réjouit pour célébrer sa liberté retrouvée, lors de la lecture de la Meguila, et les enfants s’en donnent à cœur joie lorsqu’ils font retentir leurs crécelles et qu’ils huent le nom d’Amane (dont le nom revient 54 fois ; ce chiffre, « dane » c’est « l’ordre de la justice » dure au service des intérêts des puissants, système aboli par la puissance même de Celui qui se nomme « Ra’hamim » – miséricordieux – et qui contrôle l’ordre de la justice injuste pour faire gagner le Bien dans le monde qu’Il a créé, ce que le peuple d’Abraham a le devoir de rappeler et de manifester.) On célèbre l’évènement autour d’un festin où le vin est abondamment consommé, en se déguisant et en chantant, la joie et l’optimisme caractérisant cette fête, mais le sérieux et la rationalité ne sont pas opposés à l’optimisme et à la joie. Pourim permet de s’élever au-dessus de son propre engagement quotidien et de voir le monde dans la perspective de sa finalité. Alors tous les personnages et toutes les époques ont leur rôle positif à jouer.

Le fait est que s’il veut survivre,  le peuple juif n’a pas le choix : il doit faire téchouva (retour à D.ieu),  adhérer à la Torah et vivre avec elle tous les jours de sa vie. Cela n’est nullement une option, mais bien une obligation pour tout juif, même s’il l’ignore du fait de l’assimilation et il n’est jamais trop tard pour faire “téchouva” ; c’est aussi ce qu’est sensé faire le dirigeant de la terre d’Israël, car comme le dit le roi David dans le psaume 21 : “Le désir de son coeur, Tu le lui as accordé, et l’expression de ses lèvres Tu ne l’as pas repoussée”. Ainsi si le dirigeant d’Israël se place dans l’axe et la dépendance de la Torah, ses souhaits de réussite, qu’il n’oserait même pas exprimer, seront réalisés, de même, comme tout dirigeant qui n’a pas encore entamé sa tâche, les promesses de bonheur qu’il aura fait à son peuple se réaliseront. C’est pour cela que le roi d’Israël (le dirigeant) devrait toujours avoir 2 rouleaux de Torah près de lui (un dans sa vie privée et l’autre pour son action officielle). En d’autres termes, le dirigeant d’Israël devrait être capable d’étudier la Torah, de la comprendre et la consulter, et cela marche et s’est maintes fois vérifié dans l’histoire.

Ainsi, nous savons que chaque fois qu’il a couru un grand danger, c’est grâce à sa foi qu’Israël a été sauvé ; le peuple du D.ieu Un a de tout temps été persévérant dans son espoir de se voir enfin reconnu comme peuple Un sur sa terre Une. Ainsi que l’enseignent nos Sages, l’âme des juifs est littéralement “une partie de D.ieu”. Par conséquent, la joie n’est en définitive pas une technique qu’il faille maîtriser, ni un but à atteindre, ni même un état auquel s’abandonner. C’est simplement ce que nous sommes, en vertu de notre lien avec Celui dont il est dit « Force et joie emplissent Sa résidence » (Chroniques I, 16, 27). Au temps d’Amane, le judaïsme et les Juifs furent remis en question en bloc : tout devait disparaître. Par sa réaction, Pourim représente cette prise de conscience totale du fait juif. C’est l’exaltation de cette sainteté incarnée dans ce peuple et que personne ne pourra jamais effacer. Ainsi, l’amour du prochain, la fraternité entre Juifs sont un bouclier devant les menaces d’ “Amalec”. (concept symbolisant ceux qui veulent anéantir le peuple juif.)

Jean Racine s’est inspiré de cet épisode biblique pour composer sa fameuse tragédie en 3 actes intitulée “Esther”, qui fut représentée pour la première fois en 1689 à Saint-Cyr.

VIDEOS du film “ESTHER” en 10 parties :1/“http://www.youtube.com/v/GLLFsywI6eU&hl=fr&fs=1&rel=0&color1=0×006699&color2=0x54abd6&border=1″></param><param

2/ “http://www.youtube.com/v/30q-oEvxYgM&hl=fr&fs=1&rel=0&color1=0×006699&color2=0x54abd6&border=1″></param><param

3/ http://www.youtube.com/v/Lrv9UXgG3Mw&hl=fr&fs=1&rel=0&color1=0×006699&color2=0x54abd6&border=1″></param><param

4/“http://www.youtube.com/v/gUHYwDBHP-E&hl=fr&fs=1&rel=0&color1=0×006699&color2=0x54abd6&border=1″></param><param

5/“http://www.youtube.com/v/DFF6J6eT7Us&hl=fr&fs=1&rel=0&color1=0×006699&color2=0x54abd6&border=1″></param><param

6/ http://www.youtube.com/v/X5JZcl3VQI4&hl=fr&fs=1&rel=0&color1=0×006699&color2=0x54abd6&border=1″></param><param

7/ “http://www.youtube.com/v/brvvByZdKrg&hl=fr&fs=1&rel=0&color1=0×006699&color2=0x54abd6&border=1″></param><param

8/ “http://www.youtube.com/v/-gaUXGFp8X4&hl=fr&fs=1&rel=0&color1=0×006699&color2=0x54abd6&border=1″></param><param

9/ “http://www.youtube.com/v/UNClcEEQE6g&hl=fr&fs=1&rel=0&color1=0×006699&color2=0x54abd6&border=1″></param><param

10/ “http://www.youtube.com/v/u3ChNK6FeQM&hl=fr&fs=1&rel=0&color1=0×006699&color2=0x54abd6&border=1″></param><param

Dans le prolongement du sujet de Pourim, il faut savoir qu’au cours du procès de Nürenberg, le
journal Newsweek du 28 octobre 1946, à la rubrique ‘Affaires Étrangères p.45′,
rapporte : “Seul Julius Streicher s’en alla sans dignité. Il fallut le
pousser sur le plancher, les yeux hagards et hurlant Heil Hitler. En
montant les marches, il s’écria Et maintenant, je vais à D.ieu…”
Dans sa rubrique ‘Le saviez-vous ?’, le site “UNIVERS TORAH” vous propose l’article suivant :
Pourim 1946

(Sources : Wikipedia – Herodote.net – Jean-François Zilbermann (Vers l’unité de l’Orient) – Albert Soued – Albert Bensoussan et Nicole Myriam Madar, Le Monde Juif - Le Grand rabbin de Paris David Messas – Consistoire de Paris - Joël Mergui – Aharon Altabé – Rav Mordehaï Chriqui (le ptit hebdo) – fr.chabad.org – Lamed – Rabbi Joshua Kullock JDC Europe – Dany Sebban Modia.org – Mme R. Benaïm – L. Loï – Rabbin Philippe Haddad – Akadem  – Haim Nisenbaum, la Bible commentée - kifonline.com  – FSJU - CISU-be – Israëlfr.com – Radio JM, le Coeur Méditerranéen – Rav D. Pitoun – Ezida)

Remercions de tout coeur les auteurs (le plus souvent des rabbins) des sites et textes cités ci-dessus qui, par leur travail et leurs immenses connaissances ainsi que de ceux de tous les grands Sages de la Torah qui les ont précédés, grâce auxquels le texte ci-dessus a pu être rassemblé, mais c’est à Haqqadoch Baroukh Hou que vont toutes nos louanges et remerciements, sans qui aucun des faits relatés ici n’auraient jamais existé, par conséquent,  n’auraient jamais pu être écrits. Amen. Ken yehi ratson.

“Les oreilles d’Amane” fourrées aux fruits secs, chocolat ou confiture

LIEN POUR LIRE L’HISTOIRE DE POURIM ET ACCEDER AU SITE MODIA, (pour un cours complet ainsi que la lecture, en français, du ROULEAU  D’ESTHER – texte complet accompagné d’un commentaire) : CULTURE JUDAÏSME POURIM(1)

A l’occasion de la prochaine fête de Pourim, AKADEM nous offre quelques cours sur le sujet :

Le rôle de la femme dans l’histoire juive, par Marc KUJAWSKI

Historicité de la Meguila, par Claude BRAHAMI

Pourim et le rouleau d’Esther, avec Claude SULTAN

Pourim ou la célébration d’Esther, par Claude RIVELINE

Fête, festin et farce, par Yeshaya DALSACE

ÔMERGRAMME cliquez ici

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VIDEO

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TABLEAUX CHABAD.ORG

Evénement
Année depuis la Création
A’hachvéroch monte sur le trône de Perse
3392 (-369)
Le festin d’A’hachvéroch, qui dura 180 jours
3395 (-366)
Esther est emmenée au palais d’A’hachvéroch
Tévet, 3399 (-362)
Haman tire au sort
Nissan, 3404 (-357)
Premiers décrets envoyés par Haman
13 Nissan 3404 (-357)
Les trois jours de jeûne ordonnés par Esther
14-16 Nissan 3404 (-357)
La chute d’Haman et son exécution par pendaison
17 Nissan 3404 (-357)
Seconds décrets, qui renversent les premiers
23 Sivan 3404 (-357)
La tristesse est changée en joie ; les fils d’Haman sont exécutés
13 Adar 3405 (-356)
Célébrations de Pourim partout sauf à Chouchane, où la lutte se poursuit contre les ennemis des Juifs
14 Adar 3405 (-356)
Célébration de Pourim à Chouchane
15 Adar 3405 (-356)
La Méguila est écrite ; la fête de Pourim est instaurée pour toutes les générations à venir
3406 (-355

Chabbat prochain, nous fêterons Tou BiChevat, le nouvel an des arbres

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Le 15 du mois de Chevat, sur la terre d’Israël, marque le début d’une nouvelle année pour les arbres. En effet, à cette époque de l’année, les arbres les plus précoces émergent de leur sommeil hivernal et entament un nouveau cycle de floraison. C’EST POURQUOI, LE 15 CHEVAT, NOUS FÊTONS LE NOUVEL AN DES ARBRES ! (Chabad.org)
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DANS  L’AMANDIER  EN  FLEURS

Dans l’amandier en fleurs un oiseau s’est posé,

Venu pour se nourrir du seul nectar des fleurs.

La rosée a perlé des arbres tout en pleurs

Qu’ainsi pour l’abreuver le ciel lui a donné.

L’abondante nature est tout son univers.

Créée par l’Eternel, toi rose menorah

De tes tendres couleurs ose élever les bras.

Dis, joli troubadour, chante nous quelques vers.

La boule de plumes là-haut a regardé,

Dans le limpide azur vers Toi, ô notre Roi.

Il sait que ce qu’il a il ne le doit qu’à Toi

Et vers le Créateur son chant s’est élevé.

L’oiseau, reconnaissant, s’adresse à l’Eternel,

Dans son langage émet des sons mélodieux,

D’artistiques trilles, doux et élogieux

Dans l’air pur du printemps s’élèvent jusqu’au ciel.

Chevat*  est odorant déjà. Ce chant gracieux,

Ton être en perçoit l’écho dans le lointain.

Il calme ton cœur lourd et tu sais le divin

Sous le ciel d’Israël cruel mais lumineux.

Ainsi tendrement te sens tu réconforté.

Chante à ton tour au Ciel des louanges à la vie

Du Créateur tu sais tu es aimé aussi !

Alors, comme l’oiseau tu peux remercier.

Maryse

(le mois hébreu qui correspond à janvier)

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  Cerisiers en fleurs – photo © Robert BROUAT
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Miniature
Vidéo de la fête de Tou Bichevat, le nouvel an des arbres, chez les ‘Hassidim de « Presmishlan » & « Vizhnitz », deux grands courants ‘hassidiques ! Comme à leur habitude, la fête est célébrée royalement, les ‘hassidim dansant et scrutant les moindres gestes et bénédictions du Rabbi. Cette fois-ci, les bénédictions sont adressés aux fruits !
VIDEO :
Quelle est la dernière fois où vous avez souhaité une bonne année à un arbre ? Le 15ème jour du mois hébraïque de Chevat est une occasion en or. Il est connu sous le nom de Tou BiChevat, le Nouvel An des arbres. Mais il y a arbre et arbre. Il y a celui qui produit des fruits, et celui qui n’en produit point. Certains arbres sont grands et imposants, comme les cèdres du Liban ; d’autres sont petits, humbles, comme le buisson d’épines. Il est des arbres bruyants, et il en est des silencieux. Bref, il n’existe pas deux arbres qui soient pareils.

De même il y a homme et homme. Il y a celui dont les bonnes actions sont comme des fruits juteux, et celui qui vit seulement pour lui-même. Certains hommes sont orgueilleux et arrogants, d’autres sont effacés et modestes. Il est des hommes bruyants qui remuent beaucoup l’air autour d’eux ; il en est qui, sans attirer l’attention, vaquent, silencieusement à leurs affaires. Il n’existe pas deux hommes semblables.

Quand D.ieu parla pour la première fois à Moïse, Il ne l’appela point d’un cèdre en flammes ou d’un palmier, mais d’un buisson d’épines ardent. Ainsi D.ieu montrait au premier berger d’Israël qu’il devait chercher l’ardent esprit divin dans le coeur de son humble troupeau. D.ieu ne demeure point parmi les orgueilleux et les arrogants.La rose est la reine des fleurs ; le raisin le roi des fruits, car avec lui on produit le vin qui est la plus vieille et la meilleure boisson de l’homme. La rose pousse sur le buisson d’épines, et le raisin sur la vigne basse. Dieu ne nous donne-t-Il pas de ce fait une grande leçon d’humilité ?

Mais au fait, pourquoi les arbres célèbrent-ils leur Nouvel An si longtemps après le nôtre ? Cela est dû à la saison des pluies en Israël qui commence avec la fête de Souccot. Il faut quatre mois pour que les eaux des pluies saturent le sol, nourrissent les arbres et les bichonnent jusqu’à ce qu’ils puissent produire des fruits. C’est important à savoir si vous vous apprêtez à donner vos dîmes de fruits, comme nous le faisions à l’époque du Temple, parce que les diverses dîmes varient d’année en année. C’est également important si vous êtes un arbre et cherchez une raison de faire la fête.

A Tou BiChevat, au nouvel an  des arbres, c’est leur fête. Alors, ceux-ci font un peu les fous ;  ils  prennent des teintes ou des poses plus farfelues les unes que les autres…

arbreforain.jpgRegardez, celui-ci en est tout rouge de plaisir !

jacaranda, Arbres - csp5482003
Ceux-là sont parés pour faire la fête et ont mis des perruques colorées !

  Voilà un arbre sioniste qui tient à marquer clairement son appartenance !

    Certains se font même cabanes pour abriter les jeux des enfants,

   ou même en toboggan !

Celui-là a vraiment l’air très fatigué et baille à fendre l’âme !

D’autres se couchent littéralement en travers de la route

Aviez-vous déjà vu des arbres dansants …
et des arbres qui chantent à gorge déployée ?

Image hébergée par servimg.com

Voyez comme celui-là se déhanche en marquant le rythme !

Deux arbres enlacés - Ensemble
Ou qui s’enlacent , en amoureux ? Peinture de Pierre Marcel

http://www.lepommier.net/hearts/index_fr.htm

… ou encore qui grimpent si haut qu’on croirait qu’ils veulent atteindre le ciel ?
tulipes, Arbres, ressort - csp1834707
Certains ont des myriades d’admiratrices de toutes couleurs et de tous horizons
Oiseaux, et, Arbres - csp7040757
Tous ensemble pour une soirée réussie entre amis
Arbres, emballé, lumières - csp2953177
Il y en a même qui vont jusqu’à se parer de guirlandes pour faire la fête toute la nuit !
Coucher soleil, derrière, les, Arbres - csp4803784Rêverie devant un superbe coucher de soleil flamboyant


Ces deux-là se baignent carrément dans la rivière, admirant leur reflet moiré dans l’eau ayant pris elle-même  la couleur du ciel ! (Photo Gérard Thérin)

Le pin de Bristlecone Mathusalem, Californie, USAQuant à celui-ci, déguisé en spectre, il semble entamer une danse en invoquant le Ciel de ses branches dénudées.

Regardez, certains se croient eux aussi déjà à Pourim et vont jusqu’à se déguiser … en chameaux ?

DSC05589

où en « grosse tête d’humain », planté au beau milieu de la place du village…

DSC05808 en pieuvre géante !

Le pin penché

ou bien encore… en lampadaire !!! (photo Huguette Balland )

DSC04920 Quant à celui-ci,  il semblerait qu’il ait débuté l’apprentissage de l’écriture… cependant un a encore beaucoup  de progrès à faire semble-t-il !

Voyez celui-là qui s’est  transformé en aire de jeux et accueille les enfants

Dragonnier (Dracaena draco)et celui-là en parasol pour protéger les humains d’un soleil trop ardant

Nous, les  humains, pouvons nous joindre à la célébration des arbres. Après tout, la Torah ne dit-elle pas que « l’homme est un arbre des champs » ? Nos âmes sont nourries par des racines profondes, qui remontent jusqu’à Abraham et Sarah ; nous sommes tournés vers le ciel tout en nous tenant fermement sur le sol ; et quand nous faisons les choses comme il faut, nous produisons des fruits qui profitent au monde : nos bonnes actions.

Dans le monde juif, nous marquons ce jour en consommant des fruits, en particulier ceux à travers lesquels la Torah fait l’éloge de l’abondance de la Terre Sainte : les raisins, les figues, les grenades, les olives et les dattes. En ce jour, nous nous rappelons que « l’homme est un arbre des champs » (Deutéronome 20, 19) et méditons sur les leçons que nous pouvons apprendre de notre double botanique.

Jardin promenade sous les arbres photo  zabh 09Petite conversation entre amis

arbres et ciel rivage côte atlantique MarocAccompagnés par le rythme du ressac de la mer, deux arbres dans une tenue sobre entonnent un chant à la gloire d’Hachem sous l’oeil attentif du  chef d’orchestre.
collinet.jpg (90679 bytes)
Regardez comme cet arbre se démène pour exécuter une danse échevelée…
http://www.arbres.org/illustrations/hetre_tortillard.jpg
Celui-ci se tortille  et se déhanche,  comme soudain pris de frénésie…

Syria - Syrie - Wind - Vent - Arbres - TreesCeux-là semblent épuisés de danser et prêts à tomber au sol de fatigue

Les arbres les plus grands du Mondetandis qu’un petit malin se hisse au-dessus des autres pour mieux admirer le paysage.

   Encore tout étourdi d’avoir tant dansé, celui-là nous tire sa révérence.

Cerisier ornement  Fleurs de cerisier,  Michel BIDAULT

Quelle fête, mes amis, on rit, on danse, on chante ! La nature tout entière est en fête et la sève des arbres monte déjà dans les branches décorées de blanc ou de rose pour la fête.

RenaissanceAdmirez cette splendeur ! C’est celle qu’Hachem donne à toute la nature qui nous entoure.  Sachons apprécier ce magnifique cadeau en la regardant d’un oeil  neuf et émerveillé à chaque saison et respecter cette nature qui a été confiée à nos soins par le Créateur. Nous en sommes tous responsables !

arbres-libanTiens, un tout jeune arbre vient rejoindre la fête ! Bienvenue et longue vie à toi petit ! Aujourd’hui, des centaines de jeunes pousses comme toi viendront enrichir la nature.

Copyright © <©MAP-A>Hachem ne nous a-t-il pas fait cadeau d’une terre magnifique remplie de merveilles ?

Sachons la préserver, protégeons nos arbres, les poumons verts de la terre, vie de la terre.

Dans la Biblea hébraïque, parmi les nombreuses ordonnances du « code de sainteté » figure la façon de traiter les arbres : il convient, après les avoir plantés, d’en considérer pendant trois ans les fruits comme une excroissance (orlah) à laquelle il est défendu de toucher ; la quatrième année suivant leur plantation (neta revaï), ces fruits doivent être consacrés à Dieu et ne peuvent servir au profit personnel qu’à partir de la cinquième année2.

Sur les 7 espèces énumérées par Moïse pour illustrer la fertilité de la terre d’Israël, 5 sont produites par des arbres  (le raisin, la figue, la grenade, l’olive huileuse et la datte). L’un des bienfaits dont D.ieu comble le peuple d’Israël est qu’ils jouiront, en prenant possession du pays, de vignobles et d’oliveraies qu’ils n’auront pas plantés. Il convient de lui en rendre grâce en prélevant les dîmes sur les produits de la terre au long des six premières années du  cycle septennaire de celle-ci. Ces dîmes, prélevées en sus de la dîme réservée aux prêtres, doivent être apportées dans la localité du sanctuaire ou converties en argent à dépenser dans cette localité, et consommées en état de pureté rituelle par l’agriculteur lors des première, seconde, quatrième et cinquième année et par les Lévites (ainsi que, plus tard, les nécessiteux) au cours des troisième et sixième années du cycle ; il n’y a pas de dîme la septième année. Enfin, les arbres fruitiers sont si précieux qu’il est interdit de les détruire  lors d’un siège militaire car « l’homme est un arbre du champ».  Le juste est également comparé au palmier ou au cèdre7 et ses fruits ainsi que la Torah à un « arbre de vie ».

Fleur du grenadier – [Passé le quinze shevat,] la majeure partie de la saison des pluies a eu lieu … la sève remonte, la verdure repousse et les fruits éclosent  – fleur de grenade en voie de maturation. (Wikipedia)

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Tou BiChevat est une fête à forte connotation spirituelle. Loin d’être une pure célébration écologique (dans le sens moderne du terme) et dénué de toute velléité de panthéisme, il se veut réflexion autour des interrelations entre l’homme, D.ieu, la nature, le peuple juif et la Terre d’Israël.« Car l’homme est un arbre des champs ». (Deutéronome 20, 19)  A travers ce verset, la Torah initie une réflexion sur le passé, le présent et le devenir de l’individu. 3 composants essentiels font qu’un arbre est arbre : les racines, le tronc et les produits : feuilles, fleurs et fruits.

Les racines sont essentielles à la croissance d’un arbre : plus elles sont fortes et implantées dans un sol riche, plus fort sera l’arbre. Les racines, c’est l’ascendance, la famille, l’enfance, les bases de l’éducation, de la morale et de la foi ; c’est prendre pied dans une histoire familiale, c’est « avoir des racines » ancrées dans une tradition, c’est puiser son énergie dans un terreau nourricier. Se couper de ses racines, c’est un peu se couper les vivres : on peut en mourir.

Les racines donnent le tronc : celui-ci représente l’éducation, l’enfance et l’adolescence, l’âge auquel l’on se « fait ». Encore faut-il qu’il soit assez fort et étoffé pour résister au vent et à la tempête ; l’éducation doit être fondée sur des principes moraux et religieux suffisamment cohérents pour que le futur adulte puisse résister à toutes les tentations négatives. Et de même que le tronc ne cesse de s’épaissir, l’étude et les connaissances sont indispensables à la bonne croissance de l’être humain.

Cependant, le seul développement personnel ne suffit pas à l’individu ; il serait stérile. Tout comme l’arbre justifie son existence par ses fonctions de producteur d’oxygène et de bois, de nourricier pour les hommes et le monde animal ou tout simplement, par le fait qu’il procure de l’ombre en été et du plaisir à la vue, l’homme doit produire des fruits et irradier autour de lui : accomplir les commandements divins, faire de bonnes actions, communiquer, échanger et partager. C’est là ce qui fait un être humain accompli, c’est là le devenir de l’homme, qui évolue dans le rapport à autrui. Et pour tout cela, pour que l’arbre puisse se développer, il est un élément indispensable : l’eau.

Pour un juif, l’élément vital est la Torah : à plusieurs reprises dans la Bible, la Torah est d’ailleurs comparée à l’eau, à un puits d’eaux vivifiantes (entre autres Deut. 32:2) ; c’est elle qui l’accompagne sa vie durant, c’est elle qui le guide et le fortifie. L’homme sage imprégné de l’étude de la Torah n’est pas cet homme à l’état de nature qui se confronte à cette Nature. De ce fait, il est capable de maîtriser d’abord sa propre nature. Seule l’étude peut lui conférer une telle force et une telle audace. Elle lui permet de transcender l’apparence tragique des éléments naturels. (Pour lui, les fleuves ne vont pas forcément à la mer.) Elle permet également aux Sages de fixer Tou BiChevat avec un mois d’avance lorsque la Torah l’exige.

Dans les Maximes des Pères (Pikeï Avoth, Chap.III, 7) la Michna enseigne au nom de Rabbi Jacob : « Celui qui va son chemin en répétant son étude et qui s’interrompt pour dire : le bel arbre que voici ! L’Ecriture le lui compte comme s’il avait fauté en son âme. » Cette Michna nous rappelle la préséance de l’étude sur les beautés de la nature. La Nature ne saurait s’immiscer entre l’Homme et son Créateur, entre l’Homme et son prochain. Toute tentation panthéiste nous est refusée, car elle finirait par occulter, sous les oripeaux de la Beauté naturelle du monde, les vrais enjeux de notre passage ici bas.

La fête de Tou Bichevat est donc l’occasion de fêter la nature et de remercier D.ieu pour Sa création et la jouissance qu’Il nous en accorde. C’est aussi le temps d’une manifestation d’amour pour la Terre d’Israël. Mais c’est surtout le moment de faire le point sur notre croissance personnelle pour que notre arbre, poumon de la terre, puisse donner ses fruits et que tous en bénéficient.

« Il est bon que l’homme apprenne, à travers les arbres, à reconnaître le doigt de D.ieu, créateur de l’Univers.» Il les aime surtout à cause des fruits qu’ils lui fournissent. Il est appelé à les juger selon la forme et la couleur, la saveur du fruit qu’ils offrent à son appétit. Ainsi, le jugement qu’il porte se trouve être fondé sur une base toute matérielle, toute terre à terre. L’homme juge si « l’arbre est bon ou mauvais » (Genèse, 2, 9).

Mais il y a aussi, dans la création divine, l’arbre de la connaissance. Il est bon que nous écoutions l’enseignement qu’à travers le Midrach les arbres et leurs fruits donnent à l’homme, créature divine comme eux, et que, de cette façon, nous approchions d’une connaissance plus grande de D.ieu.

Pourquoi mange-t-on d’ailleurs 15 sortes de fruits à Tou Bichvat (le 15 Chevat) ? Bien entendu, il y a un rapport avec la date de la fête. Mais encore ?

Le chiffre 15, en hébreu, est formé de la lettre « yod » et de la lettre « ». Ces deux lettres forment également le nom de Dieu : dans chaque fruit, si nous savons l’observer et non seule­ment le croquer nous reconnaissons D.ieu, nous pouvons admirer les merveil­leux rouages de la Création.

Le peuple d’Israël est comparé à une vigne : la vigne est plus basse que tous les autres arbres. C’est elle pourtant qui les dépasse tous par ses qualités. Une branche de vigne replantée en n’importe quel endroit, prend immédiatement racine et produit un cep nouveau. De la même manière un juste, transplanté en n’importe quel endroit, arrive à se taire respecter et attire au­tour de lui les faibles et les hésitants. Les feuilles de vigne couvrent et cachent les grappes de raisin. Les ignorants et les hommes sans valeur se mettent souvent en avant des sages. Toutes les vignes portent de grosses et de petites grappes; mais les grosses grappes pendent plus bas que les petites. Les savants sont plus modestes que ceux dont les connaissances sont bien faibles et bien légères. La vigne produit du verjus aussi bien que du vin. Il faut pourtant faire la bénédiction pour l’un comme pour l’autre produit de la vigne. Les enfants d’Israël louent l’Eternel pour le mal comme pour le bien qu’il leur envoie. Le raisin commence par être foulé aux pieds, dans le pressoir ; mais fina­lement il est présenté même à la table des rois. Le peuple d’Israël est bien souvent, lui aussi, opprimé et foulé aux pieds ; mais un jour viendra où les plus grands reconnaîtront son mérite et sa valeur. Pour vivre et se développer, la vigne s’appuie sur du bois mort, ses tuteurs. Pour vivre et se développer, Israël doit également prendre appui sur les générations antérieures.Dès la Création les arbres se disputèrent. Chacun d’eux se croyait supérieur à l’autre. Le chêne avança sa taille, le dattier son fruit, le myrte son feuillage, etc. Devant cet étalage de qualité, la vigne, elle se taisait. Elle se savait petite de taille, foulée aux pieds, mangée par les animaux. Mais l’homme eut pitié d’elle. De son raisin il fit du vin et ce vin est utilisé à consacrer toutes les fêtes, tous les jours de Chabbat, ainsi que tous les moments heu­reux de l’existence de chaque Juif.

La vigne est le premier fruit dont la plantation est mentionnée dans la Torah. C’est Noé qui s’en est chargé. Le Satan (le mauvais penchant) s’est associé à lui et a arrosé le plant du sang d’une brebis, d’un lion, d’un porc et d’un singe. Interrogé par Noé sur la raison pour laquelle il avait choisi ces animaux, il répondit : « Quand l’homme boira le jus de ce fruit, il deviendra doux comme une brebis ; s’il en boit un peu plus, il se croira fort comme un lion : s’il en boit encore, il se conduira comme un porc ; s’il continue à boire, il sera aussi laid qu’un singe ! »

Le peuple d’Israël est également comparé aux noix. Tous les hommes, grands et pe­tits, aiment jouer avec des noix et s’amusent à les faire rouler. Tous se moquent et méprisent les enfants d’Israël.

La noix, cependant a un avan­tage sur les autres fruits : laissez-la tomber dans la boue, elle n’en peut pas moins être consommée ; le fruit qui est à l’intérieur de la coquille n’en reste pas moins appétissant. Toutes les humiliations que l’on veut faire éprouver à Israël ne peuvent le dimi­nuer et amoindrir sa valeur spirituelle et son idéal.

La noix peut être brisée par une pierre. A nous de choisir la pierre qui l’ouvrira. La Torah est en pierre (les deux Tables de la Loi), le mauvais pen­chant aussi est appelé une pierre par nos Prophètes. A nous de choisir celle des deux qui sera appelé à maîtriser Israël et à diriger sa destinée.

La coquille de la noix et te cer­neau ne font qu’un seul et même fruit. L’un protège l’autre. Dès que la coquille est séparée du fruit, on la jette. Les ignorants et les savants font tous partie à titre égal de la Communauté d’Israël. Mais les ignorants ne peuvent s’y maintenir que dans la mesure où ils restent auprès des savants, en contact avec eux, et leur permettent, en les aidant, et en les protégeant, de dé­velopper et de divulguer leur science religieuse.

On ne peut enlever une noix d’un sac sans faire bouger en même temps les autres noix -Symbole de la solidarité juive – : quand un juif se conduit mal, tous ses frères en subissent les conséquences ; quand un des nôtres est arraché à notre milieu, tous nous nous en ressentons.

De même le peuple d’Israël est comparé à une olive ; celle-ci ne donne son huile qu’après avoir été écrasée. Israël ne fait jamais aussi puissamment connaître son message que sous la souffrance et l’oppression.

Le symbole de la paix rétablie entre les hommes et D.ieu après le déluge a été l’arc-en-ciel. C’est la colombe rapportant la branche d’olivier à Noé qui en a été cependant le signe avant coureur.

L’huile ne peut jamais se mêler à l’eau, il y a une incompatibilité entre ces deux éléments. Il y a la même incompatibilité entre la Torah et l’assimilation aux civilisations ambiantes.

Le jour de la mort du roi Salomon, tous les arbres prirent le deuil en hommage au plus sage des rois et décidèrent de faire tomber leur feuillage. L’olivier seul ne se conforma pas à cette décision. Les autres arbres s’indignèrent : « Tu ne daignes pas pleurer le plus grand et le plus intelligent de tous les rois» Vous montrez là un signe bien extérieur de deuil, répondit l’olivier. Moi, c’est au fond de moi-même que j’éprouve cette perte. Voyez donc comme mon cœur est vide ! » Effectivement, les vieux oliviers ont depuis cette époque un tronc creux !

Quant au  juste, il est comparé au dattier (et au cèdre) (cf. Psaume 92,13). Les autres arbres sont, en effet, difficilement reconnaissables de loin ; le dattier (et le cèdre) seuls peuvent être identifiés malgré la distance. Il en est ainsi des justes : leurs bonnes actions les font remarquer de très loin.

Le palmier-dattier est le fruit qui offre le plus de bienfaits et qui rend le plus de service à chaque Juif : son fruit est consommé ; ses branches servent de Loulav pendant la fête de Souccot ; son feuillage est utilisé pour couvrir la Soucca ; son écorce sert à confectionner des cordages, son tronc fabriquer des poutres pour les maisons et des meubles. Le juste, lui aussi, doit mettre toutes ses facultés au service de son prochain.

Le figuier se trouve mentionné dans les premières pages de la Torah : ses feuilles ont servi à revêtir Adam et Eve. Il est le symbole de l’avenir radieux qui est réservé au pays d’Israël où « Chacun demeurera à l’ombre de son figuier» (Michée, 4, 4).

La Torah est comparée à un figuier : les fruits de la plupart des arbres arrivent à maturité au même moment. Il en est autrement du figuier : ses fruits mûrissent les uns après les autres et doivent être cueillis petit à petit. De même, le « produit » de la Torah ne peut être « cueilli » et assimilé en une fois mais plutôt en doses régulières et continues.

Tous les fruits ont des déchets coquilles, noyaux, pépins, épluchures. Dans la figue tout est bon. Toute science à ses mauvais côtés et ses utilisations néfastes. Dans la Torah, cet Enseignement divin, tout est parfait.

Rabbi Akiba avait l’habitude d’étudier avec ses élèves à l’ombre d’un figuier. Il remarqua bientôt que tous les matins, avant son arrivée, le jardinier se rendait à son arbre pour y cueillir les figues qui avaient mûri depuis la veille. Rabbi Akiba décida d’aller étu­dier dans un autre jardin. Mais le jardinier le rejoignit et lui dit : « Rabbi, pourquoi donc ne venez-vous plus étudier sous mon figuier ? »

Je craignais que vous ne me soupçonniez de manger vos figues. »

-Le jardinier fit comprendre à Rabbi Akiba qu’il n’en était rien et celui-ci reprit sa place habituelle. Quant au jardinier il ne vint pas de bon matin cueillir ses fruits, comme il le faisait auparavant. Mais à peine le rabbin et ses élèves s’étaient ils installés que les figues mûres tombèrent et s’écrasèrent sur eux …

Voyez-vous, dit Rabbi Akiba à ses élèves, le bon jardinier sait quand le moment est venu de cueillir ses fruits. De la même manière, le Saint, béni soi-t-Il, sait quand vient le moment pour les justes de quitter ce monde et il les recueille auprès de lui ».

Les Kabbalistes ont fait du 15 Chevat un véritable jour de fête. Ils y ont introduit un rituel, que l’on nomme « Le Seder de Tou Bichevat ». Celui-ci est décrit pour la première fois dans l’ouvrage mystique «Hemdat Yamim » qui est publié en 1763, et il consiste en la consommation de vin rouge, de vin blanc, de « fruits d’Israël » (ce sont les fruits dont la Terre d’Israël a été bénie, à savoir le blé, l’orge, la datte, la figue, la grenade, le raisin et l’olive). Tout ceci est fait dans un ordre bien précis et accompagné de la lecture de textes de la Bible ou du Zohar (principal ouvrage de la Kabbale).

Cette coutume s’est vite répandue à travers les communautés juives de diaspora, et elle est devenue un moment majeur de l’expression de la nostalgie du peuple juif de sa terre, à travers les siècles et les pays.

Plusieurs coutumes ont été adoptées à Tou Bichevat, jour de fête non chômé. On a l’habitude de faire un repas de famille au cours duquel on déguste le plus de fruits possible ; au minimum 15 pour certains. On s’efforce de consommer les 7 Fruits d’Israël (qui ne viennent pas forcément d’Israël) et au moins un fruit nouveau (sur lequel on prononce la bénédiction Chéhé’héyanou).

Depuis le retour du peuple juif sur sa Terre et la création de l’Etat d’Israël, on a décidé de marquer ce jour par la plantation d’arbres. Les écoliers sortent dans les forêts et plantent chacun leur arbre, et toute une pédagogie est mise en place autour des thèmes de l’attachement à la Terre d’Israël et aux valeurs écologiques.

COMMENT LES HOMMES CELEBRENT-ILS TOU BICHEVAT ?

En ce jour, il est de coutume de consommer les fruits qui font la réputation de la terre d’Israël : olives, dattes, raisins, figues et grenades. Ainsi, le 15 chevat on procède, comme à  Pessa’h ou à Roch Hachana, à un Séder ou « Ordre » de consommation de fruits, accompagné de la récitation de versets bibliques, de passages du Talmud et du Zohar liés à cette circonstance. Le séder le plus connu est celui tiré du livre Péri ‘Ets Hadar, imprimé pour la première fois à Salonique en 1753 qui fut diffusé dans le monde entier. Il fut réimprimé à Pise en 1763, à Amsterdam en1859, à Izmir-Smyrne en 1876, à Livourne en 1885 et à Bagdad en 1936, là où se trouvaient de grandes communautés juives.
Règles générales du Seder :

On lira tout d’abord les textes suivants en hébreu et en français, si l’entourage ne comprend pas la langue de la Bible :
- Gn 1,9-13: récit de la création des végétaux.
- Lv 26, 3-13: les bénédictions.
- Dt 8,1-10: L’éloge des sept fruits de la terre d’Israël : blé, orge, raisin, grenade, figue, olive, datte.
- Ez 17; 34; 36; 47.
- Jl 2.
- Ps 72; 147; 148; 65; 126.
• Le seder consiste à manger essentiellement des fruits, précédés de la berakha adéquate.
• Le chef de famille pourra dire, seul, les berakhot, et les participants répondre « Amen ».
•Si l’on mange un fruit pour la première fois cette année on récite :
« Baroukhattah Adonaï-Elohénou, mélekh aolam, chéhé’eyanou vekiyyémanou, veigianou lazemân azé.
Loué sois-Tu Éternel, notre Dieu, Roi de l ‘univers, qui nous as fait vivre et atteindre cette époque-ci.«
•Mais on ne répète pas la bénédiction pour un deuxième fruit nouveau au même repas.
•On doit veiller à ce qu’aucun fruit consommé ne soit véreux.
Le Blé
On commence la dégustation d’un gâteau à base de blé ou d’orge.
C’est en effet le blé qui inaugure l’éloge des fruits de la terre d’Israël: « Une terre qui produit le blé et l’orge » (Dt 8, 8).
Le blé, cité 30 fois dans la Bible, est l’aliment de base de l’homme.
Avant la consommation, on récite :
« Baroukhattah Adonaï-Elohénou, mélekh aolam, boré miné mézenot.
Loué sois-Tu Éternel, notre Dieu, Roi de l ‘univers,qui crées toutes sortes d’aliments. »
L’Olive
Ensuite on prend une olive.
L’olivier qui devient très vieux, millénaire dit-on, symbolise l’ancienneté, et ses feuilles persistantes, l’opiniâtreté.
De son fruit, on tire par pression l’huile d’olive, qui porte la lumière (de la ménorah du Temple) ou qui sert à la consécration du roi ou du Grand Prêtre (le Messie, le Mashiah est littéralement « l’Oint »).
Le fruit vert, confit dans la saumure et consommé comme olive de table, nous enseigne que l’amer s’adoucit par le travail et le temps…
L’olive est citée 38 fois dans la Bible : « Tes fils seront comme des plants d’olivier autour de la table » (Ps 128,3).
Avant la consommation, on récite :
« Baroukhattah Adonaï-Elohénou, mélekh aolam, boré peri aets.
Loué sois-Tu Éternel, notre Dieu, Roi de l ‘univers,qui crées le fruit de l’arbre. »
La Datte
On enchaîne avec la datte : symbole de la douceur.
Quand la Torah fait référence au miel, il s’agit du sucre de la datte.
Ses branches (palmes) servent à réaliser une mitsva (le loulav à Soukkot).
Ses graines, pourvues d’un albumen oléagineux donnent l’huile de palmiste.
« Le juste fleurit comme le palmier dattier » (Ps 92,13) est l’une des 12 citations de la datte dans la Bible.
Le Raisin
Ensuite, on mange le raisin, si souvent mentionné dans la tradition juive. Le raisin donne le vin qui occupe une place de choix dans le culte. D’où l’obligation de ne consommer que du vin ou du jus de raisin casher.
Le vin peut à la fois servir pour les grandes cérémonies (kiddouch, mariage – pages en préparation, etc.) mais il peut également égarer l’homme (l’alcoolisme).
Le raisin est mentionné 19 fois dans la Bible, et le vin 141 fois, comme : « Et le vin réjouit le cœur de l’homme. » (Ps104,15).


La première coupe de Vin
Ici on boit la 1ère coupe de vin blanc, après avoir fait la bénédiction :
« Baroukh attah Adonaï-Elohénou, mélekh aolam, boré peri agfen.
Loué sois-Tu Éternel, notre Dieu, Roi de l ‘univers,qui crées le fruit de la vigne. »
La Figue
Selon le midrach, les feuilles de figue ont servi à couvrir la nudité d’Adam et Ève après leur faute.
On retrouve des figues, « après que Nabuchodonosor, roi de Babylone, eut exilé de Jérusalem et amené à Babylone Yekhonia roi de Juda [...] dans deux corbeilles [...] étaient placées devant le sanctuaire de Dieu. L’une contenait des figues excellentes et l’autre des figues extrêmement mauvaises » (Jr 24).
Même si pour les botanistes, elle est un « faux fruit », la figue n’en reste pas moins un végétal très prisé car elle n’a ni coquille, ni pépins, ni noyaux: elle devient « le fruit » par excellence!
Elle apparaît 39 fois dans la Bible. « Comme les premiers fruits mûrs sur le figuier, j’avais considéré vos ancêtres » (Os 9,10).
La Grenade
En hébreu, la grenade évoque l’élévation (rimôn <-> ram), mais aussi le prélèvement (térouma).
Le prophète Jérémie enseigne que cent grenades d’airain se trouvaient sur les colonnes du Temple de Jérusalem, et la Torah (Ex 28, 33) qu’elles se trouvaient autour de la bordure de la robe du Grand Prêtre (36 devant et 36 derrière). Ces grenades grelots annonçaient le passage du Cohen et permettaient aux gens impurs de s’écarter de lui.
La grenade est mentionnée 32 fois dans la Bible.
« Puissions-nous être remplis de mitsvot comme la grenade! » souhaite-t-on le soir de Roch Hachana; pourquoi pas à Tou BiChevat?
Le Cédrat
Le cédrat ou étrog fut, selon un avis rabbinique, le fruit de la connaissance du bien et du mal. (Selon d’autres, il s’agissait du raisin ou du blé).
Attention, en général, on ne fait pas la bénédiction de chéhéh’eyanou sur le cédrat car on l’a déjà dite à Soukkot, en faisant la bénédiction sur le loulav.
L’étrog n’est pas mentionné nominativement dans la Bible, mais uniquement comme péri ‘ets hadar, « fruit du bel arbre ».
La Pomme
La pomme est mentionnée dans le Cantique des Cantiques.
Le « champ de pommes », le verger des secrets, se trouve abondamment cité dans la Kabbale.
A propos du doux parfum qui émane des vêtements de Jacob, venant recevoir la bénédiction de son père Isaac (Gn 27, 27), le midrach enseigne que ses vêtements provenaient du paradis, dont les pommes exhalaient un parfum enivrant.
La pomme est mentionnée 6 fois dans la Bible: « L’odeur de tes narines – par où Dieu insuffla l’âme à l’homme – est comme celle des pommiers ». (Ct 7,  9).


La deuxième coupe de Vin
On boit ensuite la 2ème coupe de vin blanc mélangé à un peu de vin rouge.
La Noix
La noix évoque la boîte crânienne, la coque de la noix protégeant un fruit ressemblant au cerveau (cerneau). La noix, egoz, a pour valeur numérique 17 qui est égale au mot tov, « bon ».
Comme elle est composées de quatre parties, les kabbalistes y décèlent les quatre lettres du Tétragramme divin (Zohar II 15 B).
Il n’existe qu’une seule mention de la noix dans la Bible : « Vers le verger des noyers je suis descendue ». (Ct 6,11).
L’Amande
Dans tous les pays où il pousse, l’amandier  est le premier arbre à fleurir. Réputée pour sa promptitude, l’amande arrive à maturation (après la chute de la fleur) en 21 jours. Cela n’est pas sans évoquer les trois semaines qui séparent le 17 tamouz du 9 Av (période de deuil).
La branche d’amandier fleurie confirma aux yeux de tout Israël l’élection d’Aaron (Nb 17,33) et inaugure la prophétie de Jérémie (Jr 1,11). Déjà dans la Torah, les amandes sont envoyées comme offrande par Jacob au vice-roi d’Égypte (qu’il ne sait pas être son fils Joseph) afin de l’amadouer. (Gn 43,11).
Le Caroube
Le caroubier, à l’opposé de l’amandier, est très long à donner des fruits (70 ans). Il symbolise les efforts des générations précédentes pour les suivantes:
« Un jour, alors que ‘Honi marchait sur la route, il vit un homme qui plantait un caroubier:
- Combien d’années faut-il pour qu’un caroubier porte des fruits ? lui demanda ‘Honi.
- Soixante-dix ans, répondit le paysan.
- Et tu ne te demandes pas si tu vas vivre soixante-dix ans, si tu vas pouvoir manger de ses fruits ? »
L’homme répondit: « Dès ma jeunesse, j’ai trouvé des caroubiers, car mes ancêtres en ont donc planté pour moi; de même j’en plante pour mes descendants… » (TB Taanit 23 a).
Le mot « carat », unité de mesure de masse du diamant et de l’or, vient de « caroube », et correspondait au poids d’une graine de caroube (entre 185 et 205 mg; 1 carat = 200 mg).

La Poire
Originaire du Proche-Orient et du nord de l’Asie centrale, la poire a plus de 4000 ans d’âge. Elle se consomme de nombreuses façons : crue et cuite sous forme de compotes, poires au four, tartes, pâtisseries, confitures… Elle est aussi transformée en fruits confits, sirop, alcools.

La troisième coupe de Vin
On boit ensuite la 3ème coupe de vin moitié rouge moitié blanc.
A partir de là, les fruits mentionnés dans le Péri ‘Ets Hadar ne sont pas facilement identifiables.
Ils correspondent sans doute à des fruits des régions où vécurent les communautés juives. Chacun complétera cette liste pour accomplir le verset : « De tous les arbres du jardin tu mangeras ».
Certains mangent 15 sortes de fruits, selon le nombre de cantiques des degrés (Chir HaMaalot) des Psaumes, d’autres en mangent 30 ou plus, chacun suivant ses coutumes, ses moyens et les disponibilités du marché.


La quatrième coupe de Vin
On terminera avec la 4ème coupe de vin rouge additionnée d’un peu de vin blanc.

La bénédiction pour les fruits poussant sur les arbres :

Baroukh ata A-donaï Elo-heinou melekh haolam boré péri haets

[Béni sois-Tu, É-ternel notre D.ieu, Roi de l’univers, qui crée le fruit de l’arbre.]

Si on goûte un fruit pour la première fois de la saison, on récite la bénédiction de Chéhé’hyanou avant de dire celle sur le fruit :

Baroukh ata A-donaï Elo-heinou melekh haolam chéhé’hyanou vékiyémanou véhiguiyanou lizmane hazé

[Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, qui nous a accordé la vie, nous a sustentés et nous a permis d’atteindre cette occasion.]

- Cette journée n’est pas une des grandes fêtes (Yom Tov), toutes les formes de travail sont autorisées. Toutefois, en raison du caractère festif de la journée, nous ne récitons pas les supplications (Ta’hanoun) lors des trois prières.

- Certains ont la coutume de manger du caroube. Le maître de la Kabbale, le saint Arizal, mangeait quinze sortes de fruits en ce jour.

En ce qui concerne les fruits provenant d’Israël, il faut s’assurer de prélever la « Terouma » et le « Maasser ». Il est également important de se renseigner auprès d’une autorité rabbinique compétente pour ce qui concerne les lois de la Chemita.

QUELQUES RECETTES POUR TOU BICHEVAT :

Entrée, ou apéritif

Prenez 2 oignions blancs, vous coupez en lamelles très fines et en longueur/ Prenez une dizaine de dattes, enlevez les noyaux, vous les coupez en fines lamelles, vous faite revenir avec du beurre dans une poele, (les oignions en premier) pendant  4 mn , surtout ne pas les brûler, ils ne doivent pas non plus être croquants ; faire très attention à bien les dorer , ajouter les dattes, une demi cuillère à café de miel, à peine un peu de citron très peu, ou de la vanille.

Faire cuire à feu très doux, lorsque l’oignon, est très tendre et que ça sent très bon dans la cuisine, c’est cuit. Ne pas servir dans des assiettes, mais dans des cuillères individuelles, que vous remplissez sur chaque cuillère et vous décorez avec un fil de la peau d’un citron de tel sorte que le goût du zeste ressorte, (Forum Harissa)

Soupe « spécial Tou BiChevat » à l’orge perlé

Ingrédients:

2 gros oignons en fin petits cubes [haches]
2 tomates pelées [sous l eau chaude]
3-4 branches de céleri + les feuilles
sel, poivre, marak of, un peu de curcuma
2 bonnes poignées d orge perlée

Préparation:

faire revenir les oignons dans de l huile d olive , quand ils sont blonds, couper les tomates pelées en petits morceaux, et rajouter, couper les céleri très fins [en rondelles] couvrir d eau + 2 doigts, rajouter sel, poivre, épice marak of [bouillon cube parve] , orge perlée, et laisser mijoter a feu doux jusqu a cuisson de l orge>

Pour ceux  qui n ont pas le temps, faire tremper l’orge dans de l eau bouillante 1h, ça réduit son temps de cuisson de moitié

vous pouvez rajouter du kosbor[coriandre fraîche] pour le goût
On peut ajouter des petits morceaux de viande si on veut la soupe Bassari [viande]

Figues cuites en accompagnement des viandes

La figue est un fruit dont la saveur se marie très bien avec les viandes blanches et les gibiers. On pourra donc :

  • la faire rôtir à même le plat de viande,
  • en farcir un poulet avec des épices ou des olives,
  • la laisser réduire en purée, mélanger à des pommes de terre, pour accompagner une viande plus forte,
  • la cuire en brochettes, en alternant des morceaux de dinde, d’oignon et de figue,
  • l’ajouter dans un tajine de veau, avec des pruneaux et des pommes des patates douces,
  • en faire un chutney avec des oignons, des pommes, de la cannelle, du poivre, du gingembre, du miel et du citron,
  • l’incorporer dans une version originale du riz pilaf, avec des oignons, un petit piment émincé, du gingembre râpé et du riz sauvage,
  • ou, tout simplement, la passer quelques minutes sur chaque face dans une poêle chaude beurrée

Agneau aux amandes et pignons

Il faut environ 1 kg d’agneau, faire revenir la viande avec des oignions et de l’huile, sel et poivre les dorés sans les brûler ni les caraméliser. Lorsque la viande devient dorée, ajouter de l’eau à couvrir la viande, 2 ou 3 bâtons de cannelle, du gingembre en poudre attention ne pas en mettre beaucoup, du safran, laisser mijoter à feu doux, la sauce doit n’être ni trop épaisse ni trop liquide.

Préparer les pruneaux et les abricots pour les faire pocher, si vous les achetez aux poids la préparation ne doit pas durée plus de 5 minutes, si c’est en sac il faut 10 à 15 minutes, mettre de l’eau dans un casserole ajouter un bâton de cannelle, du sucre, moi je ne mets que du sucre roux et très peu, je n’attend pas que l’eau soit chaude si non le fruit devient trop mou. Quand votre sauce à une jolie couleur et que votre viande est tendre, vous pouvez ajouter les fruits. Servir dans son plat si la cuisson a été faite dans un tajine, ou dans une grande assiette ajouter les amandes que vous avez fait à peine dorer au four et des pignons au moment de servir pour qu’ils restent croquants.(Forum Harissa)

Gâteau de dattes

Battre un mélange blanc, bien mousseux: 5 oeufs, une pincée de sel, 4 cuillères à soupe de sucre cristallisé, 1 sachet de sucre vanille et le jus d’un citron. Ajouter peu à peu, deux cuillères à soupe d’huile, un verre de cerneaux de noix grossièrement moulus,1 verre de dattes hâchées imbibées d’eau chaude, 4 cuillère à soupe de farine pâtissière tamisée avec une cuillère de levure. Verser le mélange obtenu dans un moule enduit de margarine allant au four. Enfourner à feu doux pendant 50 minutes. (Suite 101.fr)

tarte special toubichevat – Recette Cuisine et Patisserie Cacher

(sources Chabad.org – Lamed – Au service de l’Ecriture – Forum Harissa – J.attitude – magazine Adama du KKL)

« Quand on abat un arbre, celui-ci pousse un cri silencieux qui traverse le monde de part en part » Chapitres de Rabbi Eliezer, 33

(Voir aussi CULTURE JUDAÏSME TOU BICHVAT -  du 3 décembre 2009)

Tou Bichvat et le retour du peuple juif sur sa terre Par Pierre

Pour préparer le séder, AVEC LA HAGGADAH DE TOU BICHEVAT, par Hillel Bakis, voir ce lien EDITION 2009 NOUVELLE EDITION

Et puis, sur Univers Torah, vous trouverez :

Tou Bichevate et les fruits
Le Maharal de Prague dans son livre « Netivote ‘Olam », explique que le monde et son contenu été créé dans le but d’honorer D. Ainsi, une bénédiction récitée par une personne sur un fruit par exemple, dévoile la splendeur du nom divin qui se dégage de la création de ce fruit. Par contre la personne qui profite de ce monde sans faire les bénédictions de circonstance, autrement dit sans être reconnaissante à D., « vole » des Bérakhote à D.
Il empêche donc la révélation divine qui devait sortir de ce fruit.

Faire une bénédiction sur un fruit, avant de le consommer, c’est reconnaître qu’il appartient à D. et que l’on se doit de demander la permission d’en profiter à son créateur.

Manger sans bénédiction ,c’est donc voler le maître du monde.
Si ceci est d’une parfaite logique, il est plus difficile de comprendre pourquoi la Guémara parle de voler le peuple d’Israël?

Rachi, sur place, explique que lorsqu’il ont fauté (manger sans Bérakha), les fruits sont frappés. En d’autres termes, l’absence de bénédiction, par les hommes, sur les fruits, a empêché par contrecoup la bénédiction divine de se répandre sur les fruits. La récolte en a subit les conséquences: les fruits sont moins beaux, moins nombreux (voir le Marcha)

Chant de Tou BiChevat (terredisrael)

Source : Children Songs and a Poem for Tu B’Shvat – Zagit-Zviya Netter -

VIDEO : TOU BICHVATYouTube

Roch Hachana Léilann, le nouvel an des arbres coïncide cette année avec le 5ème anniversaire de la disparition du jeune et trop tôt disparu Ilan Halimi, que nous n’avons bien sûr pas oublié. Son souvenir reste  enfoui au fond de nos coeurs et nous lui rendons hommage à l’occasion de cette si belle fête (malheureusement pas très connue de tous les Juifs, et c’est pour cela que nous essayons de la faire connaître).

Rappel :

HOMMAGE : ILAN, arbre en hébreu. PRIONS POUR CET ARBRISSEAU ABATTU AVANT D’AVOIR PU DONNER SES FRUITS. ILAN HALIMI est ce jeune homme lâchement et sauvagement mis à mort en 2006 simplement parce qu’il était juif, après avoir subi d’atroces tortures, justement à cette époque de l’année, où l’on fête le Nouvel An des Arbres. Heureusement, nous savons que les barbares qui ont commis cet horrible meurtre, après avoir été jugés par les hommes, le seront aussi, le moment venu, par le Maître du Monde, à qui rien n’échappe ! Mais l’essentiel en ce qui nous concerne tous est de ne jamais oublier Ilan.

LE SOUVENIR D’ILAN RESTERA TOUJOURS VIVANT EN NOUS  !Ilan Halimi avait été retrouvé bailloné, nu, agonisant, près d'une voie ferrée.

Ilan Halimi avait été retrouvé bailloné, nu, agonisant après d’atroces tortures, près d’une voie ferrée (7sur7.be )
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BENEDICTION DES ARBRES EN FLEURS AU MOIS DE NISSAN

Birkat ha-Ilanot (Extrait du livre “Lois & Récits de Pessah”, éditions Torah-Box  – disponible sur http://www.torah-box.com/ebook)

Celui qui, pendant le mois de Nissan voit des arbres fruitiers en fleurs, dira la bénédiction des arbres « Birkat ha-Ilanot », afin de remercier l’Eternel d’avoir fait refleurir les arbres desséchés.
La formule de la bénédiction est la suivante : “Baroukh ata Adona-y éloh-énou mélékh ha olam chélo hissér béolamo cloum oubara bo briote tovot véilanot tovot léhanot bahèm béné adam« 
A priori, on remplira la mitsva le premier jour. Si l’on n’a pas réussi à la réaliser, il sera permis de dire la bénédiction tout le mois de Nissan. Même pendant le mois d’Iyar, il est possible de la dire à condition qu’il y ait des fleurs sur les arbres, même si une partie des fruits a déjà poussé. A priori, il faut dire la bénédiction quand on voit deux arbres fruitiers et non de simples arbres non-fruitiers. Si par erreur, on a dit la bénédiction sur des arbres non-fruitiers, on ne redira pas la bénédiction quand on verra des arbres fruitiers. On ne dira la bénédiction que lorsqu’on voit les arbres. Et donc, s’il se trouve un grand rassemblement qui en gène la vue, on attendra le moment propice avant de dire la bénédiction. Mais si l’on a dit la bénédiction, sans avoir vu l’arbre en fleurs, quand on le verra alors on ne le rebénira pas. (source Torah Box)

Ilan Halimi, 7 ans après. Par Guershon Nduwa

GRAND RASSEMBLEMENT POUR ILAN LE 13 FEVRIER PROCHAIN, BOULEVARD VOLTAIRE, A PARIS

23 jours de nuit totale (adhésif jamais retiré de son visage et de ses yeux), terrorisé, interdit d’usage des toilettes, nu, affamé, frigorifié, nourri par une paille. Son corps sera torturé, massacré d’impacts et de brûlures de cigarettes jusqu’aux parties génitales. Sa chair dès lors à vif, Youssuf Fofana lui "nettoyera à l’acide" après avoir commencé à lui trancher la gorge et à lui infliger des blessures au couteau (non mortelles). Ilan est encore vif et conscient. Il va jusqu’à faire entendre ses hurlements à ses parents par téléphone. Il sera ensuite aspergé d’essence par Youssuf Fofana qui mettra le feu au corps d’Ilan, brûlé vif sur 80% du corps avant d’être jeté baillonné menotté yeux bandés, toujours nu, sur des voies ferrées. Ilan se traînera plusieurs heures dans les bois, avant d’arriver à un grillage, puis près d’un chemin de fer avant que des passants ne le découvrent vivant et agonisant au petit matin. Incapable de s’exprimer, il décèdera dans l’ambulance.

Si l’horreur n’a pas disparu de l’actualité internationale, qui aurait pu imaginer qu’elle surgirait sous la forme d’une pure duplication des expériences de séquestration, de torture et d’assassinat « vues à la télé ». Ainsi, si la perte de repères moraux devait apparaître à la télé comme le corollaire de la violence en terrain de guerre, rien, dans le pacifisme français apparent, ne préparait le Spectateur à recueillir le corps réellement mutilé d’un jeune homme de 23 ans, Ilan Halimi.

Les communautés juives et noires ont particulièrement été outrée devant l’horreur réalisée par un sombre gang proclamant fièrement son identité : « gang des barbares ».

Barbare, barbaros. L’étymologie grecque nous rappelle que le barbare est à l’origine l’étranger à la Cité. Dans les débris du corps de ce juif français, n’est-ce pas notre propre identité citoyenne que nous devons rechercher ? Si cette mort injustifiable a été fomentée par un amalgame d’images télévisuelles et de préjugés, alors nous devons donner une actualité sans précédant au mouvement fondamental de séparation entre la barbarie et la civilisation… Lire la suite ici : http://www.fjn-123.fr/spip.php?article1085

(Source : Juifs Noirs)
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En deux mots, qui est Guershon Nduwa ?
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Originaire de la République Démocratique du Congo,  le rabbin Guershon Nduwa est  Psychologue à "Médecins sans frontières". Il est le représentant et fondateur de la communauté juive noire en Ile-de-France et président de la Fraternité Judéo-noire.
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FÊTES JUIVES – Lag Baomer – (49 jours entre Pessa’h et Chavouôt)

lag baomer
ÔMERGRAMME – DÉCOMPTE  DU ÔMER 2012 / 5772

ÔMERGRAMME

DÉCOMPTE  DU ÔMER 2012 / 5772

Établi par Réouven Raymond CHEMOUNY (38ème année)

34, Rue Tséiré Tsione – Herzlya 46241 – ISRAEL

Téléphone : 00 972 99 558 707 – Portable : 00 972 522 80 10 20 – Télécopie : 00 972 99 568 569

E-mail: chemouny1@bezeqint.net

 Béni sois-Tu, Éternel, notre D… , Roi de l’univers, qui  nous as sanctifié par Ses commandements et qui nous as ordonné d’effectuer le décompte du Ômer.

Légende

s = semaine

j = jour

= יום =  י    j = jour

=  ש  =  שבוע  s  = semaine

Légende

שבמלכות

ROYAUTÉ

שביסוד

FONDEMENT

שבהוד

MAJESTÉ

שבנצח

ÉTERNITÉ

שבתפארת

GLOIRE

שבגבורה

PUISSANCE

שבחסד

BONTÉ

19 Mai

19 במאי

12 Mai

12  במאי

5 Mai

5 במאי

28 Avril

28 באפריל

21 Avril

21 באפריל

  14 Avril

14 באפריל    

7 Avril

7 באפריל    

ח ס ד    BONTÉ  =

6 s  ש

1 j  י

43

5 s  ש

1 j  י

36

4 s  ש

1 j  י

29

3 s ש

1 j  י

22

2 s  ש

1 j  י

15

1 s  ש

1 j  י

8

 י 1 j

1

Samedi  soir

 מוצאי שבת

20 Mai

20 במאי

13Mai

13 במאי

6 Mai

6 במאי

29 Avril

29 באפריל

22 Avril

22 באפריל

15 Avril

15 באפריל    

 8 Avril

8 באפריל    

PUISSANCE  = גבורה   

6 s  ש

2 j  י

44

 5 s ש

2 j  י

37

4 s  ש

2 j  י

30

3 s  ש

2 j  י

23

2 s  ש

2 j  י

16

1 s  ש

2 j  י

9

 י 2 j

2

Dimanche  soir

יום ראשון בלילה

21 Mai

21 במאי

14 Mai

14 במאי

7 Mai

7 במאי

30 Avril

30 באפריל

23 Avril

23 באפריל

16 Avril

16 באפריל    

9 Avril

9 באפריל    

תפארת  =  GLOIRE

6 s  ש

3 j  י

45

5 s  ש

3 j  י

38

4 s  ש

3 j  י

31

3 s  ש

3 j  י

24

2 s  ש

3 j  י

17

1 s  ש

3 j  י

10

 י 3 j

3

Lundi  soir

יום שני בלילה

22 Mai

22 במאי

15 Mai

15 במאי

8 Mai

8 במאי

1er Mai

1 במאי

24 Avril

24 באפריל

17 Avril

17 באפריל    

10 Avril 10 באפריל

נצח  = ÉTERNITÉ

6 s  ש

4 j  י

46

5 s  ש

4 j  י

39

4 s  ש

4 j  י

32

3 s  ש

4 j  י

25

2 s  ש

4 j  י

18

1 s  ש

4 j  י

11

 י 4 j

4

Mardi  soir

יום שלישי בלילה

23 Mai

23 במאי

16 Mai

16 במאי

 9  Mai

9 במאי

2 Mai

2 במאי

25 Avril

25 באפריל

18 Avril

18 באפריל    

11 Avril

11 באפריל    

 הוד  = MAJESTÉ         

6 s  ש

5 j  י

47

5 s  ש

5 j  י

40

4 s  ש

5 j  י

33

3 s  ש

5 j  י

26

2 s  ש

5 j  י

19

1 s  ש

5 j  י

12

 י 5 j

5

Mercredi  soir

יום רביעי בלילה

24 Mai

24 במאי

17 Mai

17 במאי

 10  Mai

10 במאי

3 Mai

3 במאי

26 Avril

26 באפריל

19 Avril

19 באפריל

  12 Avril

12 באפריל    

 יסוד = FONDEMENT

6 s  ש

6 j  י

48

5 s  ש

6 j  י

41

4 s  ש

6 j  י

34

3 s  ש

6 j  י

27

2 s  ש

6 j  י

20

1 s  ש

6 j  י

13

 י  6 j

6

Jeudi  soir

יום חמישי בלילה

25 Mai

25 במאי

18 Mai

18 במאי

11 Mai

11 במאי

4 Mai

4 במאי

27 Avril

27 באפריל

 20 Avril

20 באפריל

13 Avril

13 באפריל    

 מלכות = ROYAUTÉ               

7 s  ש

49

6 s  ש

42

5 s  ש

35

4 s  ש

28

3 s  ש

21

2 s  ש

14

1 s  ש

7

Vendredi  soir

יום שישי בלילה

 

RÈGLES CONCERNANT LE DÉCOMPTE DU "ÔMER"

1.- On compte le "Ômer" jour par jour à partir du deuxième soir de Pessa’h soit la veille du 2ème jour de la
première fête jusqu’à Chavouoth.

2.- Le décompte se fait debout, dès la tombée de la nuit (apparition de 3 étoiles brillantes). On ne dîne qu’après avoir compté.

3.- On prononcera d’abord la bénédiction et ensuite on annoncera le nombre de jour(s) du Ômer et, dès le 7ème soir, on ajoute sa décomposition en semaine(s) et en jour(s).

4.- On peut compter dans la langue usuelle.

5.- Si un soir on veut savoir combien on doit compter de jours, on demande combien on a compté hier.

6.- Si on a oublié de compter une nuit et qu’on s’en souvienne le lendemain, on pourra compter alors sans bénédiction puis continuer avec la bénédiction les jours suivants. Mais si l’on ne s’en est pas rappelé, on ne pourra compter par la suite que sans bénédiction.

7.- Les femmes ont l’habitude de ne pas travailler pendant le décompte du Ômer

 (Source terredisrael.com)

 

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Qu’est-ce que la fête de Lag Baomer ?

C’est l’anniversaire du décès de célèbre Rabbi Chimeon Bar Yo’haï, auteur du Zohar, livre fondamental de la Kabbale. (1er siècle). Le Lag Baomer est une fête célébrée le 33e jour (d’où le nom de ל"ג – Lag) du décompte du Omer, à la date hébraïque du 18 Iyar. Tout comme les trois semaines, le Omer était à l’origine une période joyeuse, entre la fête de Pessah et celle de Chavouôt. D’autre part, le Talmud enseigne qu’au temps de Rabbi Akiva, 24 000 de ses étudiants moururent d’une mystérieuse l’épidémie d’origine divine qui décima les élèves de Rabbi Akiba (1er siècle) « parce qu’ils ne se respectaient pas mutuellement ». Cette épidémie prit fin ce 33ème jour. (Talmud Yebamot 62b) C’est pourquoi on fête Lag Baomer.

En effet, «Rabbi ‘Aqiva avait douze mille couples de disciples, et ce de Guivath à Antifras (en clair: «du nord au sud d’Erets Yisrael»), et ils sont tous morts dans la même période, la raison en étant qu’ils ne s’honoraient pas l’un l’autre. C’est pourquoi le monde a été dévasté (Rachi: «La Torah fut entièrement oubliée»), et ce jusqu’à ce que Rabbi ‘Aqiva se rende chez les «maîtres du sud» et y enseigne [la Torah] à rabbi Méïr, à rabbi Yehouda, à rabbi Yossi, à rabbi Chim‘on [bar Yo‘haï] et à rabbi El‘azar ben Chamou‘a. Et ce sont eux qui ont rétabli la Torah [en Israël] à cette époque-là. Et l’on a enseignée dans une barayetha qu’ils sont tous morts de askara («diphtérie»)…» (Yevamoth62b).

Ce jour est également l’anniversaire de la mort (Hiloula) de Rabbi Shimon bar Yohaï, le grand Sage auquel on attribue le Zohar, ou au moins son noyau. Rabbi Shimon bar Yohaï faisait partie de la seconde génération d’élèves de Rabbi Akiva et s’était révolté comme lui contre le pouvoir romain au point de devoir vivre dans la clandestinité. Cette interprétation rendrait également compte de la coutume d’allumer des feux de joie le soir de Lag Ba’omer. Ces feux étaient utilisés, à l’époque des faits évoqués, comme signaux en temps de guerre.

Les fidèles profitent de ce jour pour se recueillir sur la tombe des sages dans la région de Safed (sépulture de Rabbi Shimou Bar Yohai). On étudie le Zohar, on allume des bougies et l’on coupe pour la première fois les cheveux aux petits garçons âgés de trois ans. C’est un jour de congé en Israël, on allume des feux de joie à travers tout le pays, et les familles partent en promenade dans la nature.

(Sources : Consistoire – Guysen – patrimoine-religieux-alsace)

Mariages pendant la période du Omer

1)      [2–ח-א]  L’usage des Séfaradim et des juifs orientaux en Terre d’Israël est de ne pas se marier entre Pessa’h et le 34ème jour du Ômer au matin après le lever du soleil du fait du deuil porté sur les élèves de Ribbi Âquiva qui sont morts à cette période. Les Ashkénazim ont l’habitude de permettre de se marier le 33ème jour du Ômer et certains Ashkénazim ont l’habitude de permettre également le 33ème jour du Ômer (la veille) au soir (pour connaître le statut des jours après le 33ème jour du Ômer, et de même quand commencent les habitudes de ne pas se marier chez les Ashkénazim pendant la période du Ômer, voir au chapitre 7 §3-4).

Cependant, une minorité de communautés Séfarades ont eu l’habitude de permettre de se marier le 33ème jour du Ômer, cependant l’usage en Israël est de suivre l’avis de Maran l’auteur du Shoul’han Âroukh dont nous avons accepté les enseignements et de ne pas permettre les mariages jusqu’au 34ème jour du Ômer après le lever du soleil.

2)      [2–ח-ב] C’est une obligation pour les Rabbanim qui gardent la sainteté de notre « camps », dans chaque région d’être vigilent à ne faire de mariage qu’à partir du 34ème jour du Ômer lorsque le futur marié et la future mariée sont de rite Séfarade qui ont pris sur eux les enseignements de Maran l’auteur du Shoul’han Aroukh. Ce n’est qu’à partir du 34ème jour du Ômer qu’on peut permettre de se marier, comme il est écrit (Proverbes Ch.1 v8):

וְאַל-תִּטֹּשׁ, תּוֹרַת אִמֶּךָ.

ne délaisse pas les instructions de ta mère;

3)      [2–ח-ג] En cas de force majeure, comme par exemple si ils ne trouvent pas une salle convenable pour le mariage, et si ils n’avancent  pas le mariage au 33ème jour du Ômer il sera alors nécessaire de repousser le mariage d’une longue période, ou bien si les mariés se sont trompés et ont loué la salle pour le 33ème jour du Ômer  et ont commencé les préparatifs du mariage et également le futur marié n’a pas encore accompli la Mitsva de procréer il y a lieu d’être plus souple et de permettre le mariage le soir à la sorite du 33ème jour du Ômer (c’est à dire à l’entrée du 34ème jour, la nuit).

Cependant, au soir du 33ème jour du Ômer (c’est à dire à l’entrée du 33ème jour du Ômer) il ne faut pas être souple et en cas de grande nécessité et en cas de force majeure il faudra demander à un spécialiste de la Halakha.

4)      [2–ח-ד] Si le 33ème jour du Ômer est un vendredi, il est permis de précéder et de se marier à l’entrée du 33ème jour du Ômer (soit le jeudi soir) si le futur marié n’a pas encore accompli la Mitsva de procréer. Même pour les Séfaradim qui ne font de mariage qu’à partir du 34ème jour du Ômer au matin, dans un tel cas où le 33ème jour du Ômer est un vendredi et le 34ème jour du Ômer est un Shabbath, il y a lieu d’être souple et de faire le mariage le 33ème jour du Ômer, si le futur marié n’a pas encore accompli la Mitsva de procréer.

5)      [2–ח-ה] Dans le Minhagh des Ashkénazim, qui permettent de se marier le 33ème jour du Ômer, si le 33ème jour du Ômer est un dimanche, certains permettent dans un cas de grande force majeureet également que le futur marié n’a pas encore accompli la Mitsva de procréer, de se marier le vendredi après-midi (qui précède).

6)      [2–ח-ו] Si le futur marié est de rite Séfarade et la future mariée est de rite Ashkénaze ou bien si le futur marié est de rite Ashkénaze et la future mariée est de rite Séfarade, on va systématiquement selon le rite du futur époux, c’est à dire que si le futur époux est Séfarade on permet le mariage à partir du 34ème jour du Ômer au matin et si le futur époux est de rite Ashkénaze on permet le mariage le 33ème jour du Ômer.

7)      [2–ח-ז] Il est permis, aux Séfaradim et juifs orientaux, de s’associer à la soirée de mariage de personnes de rite Ashkénaze, mariage qui a lieu le 33ème jour du Ômer, dans laquelle il y a un orchestre (on y joue des instruments de musique). Ils ont même le droit de danser et de chanter en l’honneur du marié. Il est de même permis à des personnes de rite Ashkénaze, de s’associer à la soirée de mariage de personnes de rite Séfarade ou de juifs orientaux qui a lieu le 34ème jour du Ômer ou après, même si dans leur Minhagh on ne se marie pas après le 33ème jour du Ômer (les différents Minhaguim Ashkénazes sont détaillés au chapitre 7 §3-4)

8)      [2–ח-ח] Les lois concernant les fiançailles, les repas liés à une Mitsva et le fait d’écouter de la musique pendant la période du Ômer seront vues au chapitre 10. (Source : Terre Promise)

FÊTES JUIVES – ‘Hanoucca, la fête de la dédicace, fête des lumières

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POUR S’INFORMER ET REFLECHIR SELON LA TORAH

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Image du site « Fraternité Judéo-Noire de France » ______________________________________________________

Sufganiot image from fotobank.ru  300x234 Hanoucca ou lhistoire de la culture allemande et la culture juive

TENEBRES ET LUMIERE

-

Ce monde toujours plus lâche et plus cruel

Où triomphe le mal, où le faible, privé

De droits et mis au ban de notre société

Et où n’ont pas leur place les « bons rebelles »

Est certes boue, peur, désespoir et souffrance,

Mais rien ne fera s’attarder l’obscurité.

Le monde guérira. Au loin une clarté…

Trompeuses peuvent être les apparences.

Un regard plus profond pourrait être porté.

Même si certains se sentent vulnérables,

Même si l’air semble irrespirable,

Le vent pur des hauteurs est là, à leur portée.

Chaque Juif est une perle pour Israël

S’il possède la vraie richesse du coeur et

Si, au monde, la flamme du D.ieu Un transmet.

Il devient vivante Menorah, si belle.

Formons le voeu que chacune puisse alors,

S’attachant aux autres, relier terre et cieux

En une immense chaîne tendant vers son D.ieu,

Qui, voyant ses efforts, la soutiendra encor.

Puisse cette lumière accompagner sa foi.

De retour à Sion, ce peuple gagnera

Une paix mondiale dans l’amour et la joie.

Leurs différences alors les peuples accepteront.

Le Créateur ici enfin triomphera

Et qu’on L’appelle Hachem, Jésus ou bien Allah

C’est le D.ieu d’Israël que les hommes prieront.

Maryse

LUMIERE ‘HANOUCA

-

Pourquoi tant de haine et pourquoi tant de pleurs ?

L’inquiétude, l’angoisse, la mort, la douleur ?

Pourquoi toi, Israël ? Ton cri monte au Ciel.

Tu es chez toi, dans ce pays de lait et de miel !

Les uns, depuis toujours, on le sait, ont voulu

Ce que tu as, ce que tu es, ce que tu fus.

Les autres seulement leurs intérêts servir.

Et non le seul D.ieu Un. Tous ne font que trahir

Notre Créateur. Ils sont si cruels, si durs.

Toujours ils oppriment, accusent, tuent le pur.

Et Israël dit : « Hachem, que Ta volonté

S’accomplisse dans le monde. » On t’a nié,

On t’a trahi, on t’a spolié, mais tu sais bien

Oui, que toujours après la nuit le jour revient.

Peuple de D.ieu, ne perd pas courage ; voici

Que déjà, des ténèbres la clarté jaillit !

Kislev, ‘Hanoucca ! Le mois du miracle et

De la lumière. A nous de la diffuser.

Regarde cette flamme… Ne monte-t-elle pas

Vers le Créateur ? Contemple là, garde là

Et fais de même. Regarde bien vers le haut !

Tend vers Lui, vers Sa clarté. Vois comme c’est beau !

La force et la joie, oui, tu les as en toi.

Ne renonce pas. Sois fort. Tu n’as pas le choix.

Avance sans peur, même sans voir, dans le noir,

La lumière de ‘Hanouca, elle est espoir…

Maryse

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Maman , moi aussi je veux un arbre de Noël ! Mais pourquoi donc Noël quand nous avons Hanoucca ?

La fête de ‘Hanoucca est très ancienne, puisqu’elle date de l’époque biblique, celle du deuxième Temple de Jérusalem, en l’an 139 avant l’ère commune ! De courageux Cohanim, les ‘Hachmonaïm, ne se résignèrent pas et se rebellèrent contre l’envahisseur grec. Menés par Matitiahou, puis par ses fils, et animés d’une confiance absolue en D.ieu, ils finirent par remporter une victoire miraculeuse sur la puissante armée grecque le 25 du mois de Kislev.

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Combien de mamans n’ont-elles pas entendu cet appel bien souvent émouvant dans la bouche d’un enfant à l’approche de ces vacances de fin d’année que tous s’évertuent d’ailleurs à appeler les ” vacances de Noël “ : Regarde maman, les Martin, en face, ils en ont bien un. Et les Durand, là-bas… Comme il est joli leur arbre de Noël ! Comme il est bien éclairé ! Il illumine même ma chambre depuis l’autre côté de la rue, quand le soir, j’éteins ma lumière ! Dis, maman, tu m’en achèteras un à moi aussi ? … “.

Et la maman peut-elle ne pas céder à ce pauvre chéri, qui a si bien travaillé pendant ce premier trimestre? Ne faut-il pas lui faire plaisir puisqu’il a rapporté un si bon bulletin? Et puis, finalement pourquoi aurait-il un complexe d’infériorité vis-à -vis du petit Martin ou du petit Durand ? Ne vont-ils pas ensemble en classe, à la piscine, au patinage ? N’est-il pas souvent invité chez eux ? Pourquoi faire rougir cet enfant quand il se trouvera en face de son ami et qu’il ne pourra pas parler lui aussi de son arbre de Noël ? Et, même plus, pourquoi aurait-il honte quand on lui demandera ce que le Père Noël lui a apporté?

C’est entendu, mon chéri, tu auras ton arbre de Noël. Et tu verras, nous le décorerons joliment, nous l’illuminerons avec des ampoules électriques multicolores. Tu verras, mon chou, tu n’auras rien à envier au petit Durand ou au petit Martin. “ 

Et maman va acheter l’arbre de Noël. Et c’est un sujet d’entretien quotidien, un sujet d’occupation et de préoccupation. Même papa, qui a pourtant tellement à faire dans son bureau et passe si peu de temps à la maison, trouve un moment pour prodiguer des conseils pour la décoration de l’arbre de Noël, et aussi pour s’entretenir secrètement avec la maman de ce que le Père Noël apportera au petit Hervé (alias David) .

Ce qui précède n’est pas une fiction, hélas ! Ce n’est pas le produit d’une imagination fertile. L’auteur regrette d’ailleurs qu’il n’en soit pas ainsi. Sa tâche en serait bien facilitée. Hélas, trois fois hélas, il y a de trop nombreux parents qui raisonnent et agissent comme la maman et le papa du petit Hervé (alias David).

La frayeur du complexe, la peur du parasitisme, l’inquiétude maladive de celui qui a peur d’être différent et reconnu comme tel, le désir de ce que leur progéniture ne souffre pas plus tard de son état (hélas acquis dès sa naissance), et tant d’autres facteurs les plus variés et les plus bizarres tout en restant bien souvent inconscients, entraînent les parents à céder à leurs enfants quand ils ne prennent pas eux-mêmes l’initiative de célébrer Noël autour d’un arbre de Noël.

” Mais c’est une fête civile ! Allons donc. Pourquoi vous formalisez-vous donc tant ? Beaucoup de libres penseurs ont un arbre de Noël ! A l’école laïque, on enseigne des chants de Noël ! Il n’y a pas là de quoi fouetter un chat ! “ 

Il y a là, n’est-ce-pas, des arguments pour vous convaincre tous et vous faire acquérir sans tarder un arbre de Noël ! Hélas oui, à l’école laïque on parle de Noël, et c’est une entorse à la laïcité que nous déplorons beaucoup et contre laquelle il faudrait bien que la Ligue pour la Laïcité de l’Enseignement intervienne un jour. Mais ce fait est loin d’être une preuve pour la laïcité de Noël.

II suffit d’ailleurs d’entendre les chants que les enfants doivent apprendre à cette occasion pour en être persuadé ; et il faudrait être de mauvaise foi pour en conclure différemment.

Par ailleurs, il est vrai certes, que des libres penseurs ont un arbre de Noël. Y a-t-il chez eux encore, ne serait-ce que dans leur subconscient, un reste de religion chrétienne ?

Nous n’en savons rien. Mais pourquoi inférer des libres penseurs ? Nous ne le sommes pas que je sache. Nous sommes juifs et nous nous affirmons comme tels ! Que nous importe donc la manière d’agir des libres penseurs? Faut-il absolument que nous imitions quelqu’un ? Ne pouvons-nous donc absolument pas garder notre propre identité ?

Noël est une fête religieuse chrétienne. Une des fêtes religieuses les plus importantes même. Nous n’avons pas à chercher si à l’origine, l’arbre de Noël avait une signification païenne. Peu nous en importe l’origine. Il est un fait, c’est qu’à l’heure actuelle, Noël est l’anniversaire de la naissance de Jésus. Le mot même vient de ” natalis “, que la tradition juive a retenu dans l’expression ” Nitelnacht “ (nuit de la naissance).

Dresser dans sa maison un arbre de Noël parce que les chrétiens en ont un, consiste, qu’on le veuille ou non, que l’on y ajoute ou non la crèche qui normalement en fait partie, à fêter et à faire fêter par un enfant juif celui que le Judaïsme n’a jamais reconnu et ne reconnaîtra jamais. C’est, de plus, graver dans l’esprit malléable de l’enfant, qu’il est absolument identique au petit Martin ou au petit Durand, quand effectivement ceci n’est – ou tout au moins – ne devrait pas être le cas.

Que les chrétiens fêtent JC la nuit de Noël, c’est leur droit, c’est même pour eux un devoir, et nous respectons leurs convictions ! Mais de là à les imiter, il y a là un pas à ne pas franchir. Car pourquoi ne pas aller plus loin ? Déjà, il n’est que trop pénible d’entendre les juifs employer à tort pour leurs enfants des termes tels que baptême, communion, messe, etc. Si l’usage erroné d’un terme n’a pas lui seul une importance très grande, tout en témoignant cependant d’un certain état d’esprit, l’adoption d’une pratique religieuse chrétienne peut entraîner des conséquences extrêmement fâcheuses que des parents inconscients seront eux-mêmes appelés à regretter.

” Faut-il donc, alors, que notre enfant soit toujours brimé, toujours privé de tant de belles choses que d’autres enfants de son âge possèdent et qui lui feraient tellement plaisir ? “ 

Non, Madame, il n’est pas question du tout de le priver. Loin de là ! II n’est pas le moins du monde question de lui donner l’impression – d’ailleurs fausse – que la religion juive ne demande que privation et macération. II faut au contraire lui montrer et lui faire vivre nos propres pratiques religieuses, lui en faire apprécier toute la beauté et tout le merveilleux. Et je vous garantis, Madame, que votre enfant, ne demandera pas un arbre de Noël…

Nos fêtes, notre manière traditionnelle de les célébrer, n’ont-elles donc pas à vos yeux un contenu émotionnel suffisant pour intéresser et même passionner vos enfants ?

Ne croyez-vous donc pas que vous-mêmes vous y retrouverez un contenu toujours nouveau, dans un contenant pourtant ancien, qui vous fera retrouver et apprécier à vous aussi le sens et la valeur de ces fêtes au fur et à mesure que vous serez appelés à les faire aimer par vos enfants?

Pourquoi donc Noël, quand nous avons ‘Hanoucca ?

Quoi de plus merveilleux pour l’enfant qui a, chez lui, l’occasion de célébrer cette fête, que ce chandelier qui chaque jour illumine de plus en plus toute maison juive !

Quoi de plus merveilleux pour lui que l’histoire que ces lumières lui raconteront par votre bouche !

Quelle belle épopée pour garçons et pour filles !

Epopée ancienne, renouvelée en 1948 en Israël, et répétée cette année encore, précisément à l’approche de la fête de ‘Hanoucca !

Et que dire du contenu religieux de cette fête qui lui montrera que la vérité n’est pas toujours chez ceux qui sont les plus nombreux et que l’Eternel peut faire vaincre ” ceux qui sont nombreux par ceux qui ne le sont pas, ceux qui sont forts par ceux qui sont faibles ” ?

Pourquoi d’ailleurs n’aurait-il pas sa propre Menorah ? Pourquoi dès son jeune âge, qu’il soit garçon ou fille, votre enfant ne prendrait-il pas l’habitude d’ajouter lui-même une lumière à une autre et de participer à cette grande illumination que le Judaïsme voudrait un jour voir réalisée pour le bonheur de tous les hommes? Et si l’arbre de Noël des Durand se réflète dans la chambre de David (alias Hervé), n’est-il pas permis, dans un pays libre comme celui où nous avons le privilège de demeurer, de répondre par l’illumination de la Menorah, placée, elle aussi, devant la fenêtre ?

Parents juifs, en agissant ainsi, vous êtes assurés que votre enfant n’aura pas ce complexe que vous semblez tant redouter. Bien au contraire ! Mais attention n’attendez pas qu’il vous réclame un arbre de Noël pour lui offrir une Menorah ! Ce serait trop tard. Prenez les devants. Préparez-lui ces huit jours de fête avec soin, fêtez-les en famille avec lui et nous vous garantissons que jamais vous ne l’entendrez dire – car il sera fier de son ‘Hanoucca et de son titre de Juif -” Maman je veux aussi un arbre de Noël ! “

lamed.fr

TERRE PROMISE

Quant à fêter le père noël, c’est une coutume païenne assez récente, une fête commerciale.

Bien que la tradition du père Noël ait des origines en Europe du Nord, il est popularisé aux États-Unis au 19ème siècle. Le terme « Père Noël » apparaît plus tardivement en France, au milieu du XXe siècle.

En 1931, une célèbre marque de sodas, afin de vendre sa boisson aux enfants pendant l’hiver, se servit du Père Noël et de sa hotte pour les séduire. C’est la stylisation de la publicité qui lui donna son costume rouge et blanc que les enfants du monde entier lui connaissent aujourd’hui.

Le père Noël est l’équivalent français du Santa Claus américain dont le nom est lui-même une déformation du Sinterklaas  (Saint Nicolas) néerlandais. Il est aussi largement inspiré de Julenisse, un lutin nordique qui apporte des cadeaux, à la fête du milieu de l’hiver, la Midtvintersblot, ainsi que du dieu celte Gargan (qui inspira le Gargantua de Rabelais) et du dieu viking Odin, qui  descendait sur terre pour offrir des cadeaux aux enfants scandinaves. De Julenisse, le Père Noël a gardé la barbe blanche, le bonnet et les vêtements en fourrure rouge. Wikipedia

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LES JUIFS, PETITS ET GRANDS, EUX, ONT LA BELLE FÊTE DE ‘HANOUCCA. Mais d’où vient la tradition d’offrir des cadeaux aux enfants à la fête de ‘Hanouka ?

Il est une habitude bien ancrée d’offrir aux enfants, à ‘Hanouka , ce que l’on appelle en hébreu « demei ‘Hanouka » ou en yiddish « ‘Hanouka Geld ».

Elle provient, selon certaines sources, de la menace de déjudaïsation que les Grecs ont fait peser sur les enfants juifs à l’époque des Hasmonéens.

Après la victoire remportée par ces derniers, on a voulu encourager les enfants à s’instruire dans la Torah et à pratiquer les bonnes oeuvres.

Cette pratique a été, dit-on, vigoureusement encouragée par Rambam /Maïmonide. Contrairement à une idée reçue, elle ne serait donc pas un pendant juif destiné à compenser chez nos enfants l’absence de cadeaux de Noël.

Jacques KOHN

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Quelques vidéos sur ‘Hanoucca :  The Miracle of Hanukkah

Chanukah Song ( B’yemai Matisyahu)

Shalom Sesame: Making Olive Oil

hanoukkaYouTube  -

שירי חנוכה מחרוזת נהדרת בביצועו של אביחי מל

Lich’vod Hachanukkah -Chaim Nachman Bialik -

Nefesh B’Nefesh Hanukkah Flash Mob

The Yeshiva Boys Choir – "Those Were The Nights (of Chanukah)"

Everybody Dance (to the Hanukah Song)

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VOICI LES RECITS DE ‘HANOUCCA, LA FÊTE DES LUMIERES ET DE LA COURAGEUSE YEHOUDIT, (JUDITH) SELON LA TRADITION JUIVE, POUR PETIT ET GRANDS

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‘HANOUCA : Voici le lien de Modia sur Hanouka, pour tout savoir sur cette fête, pour  le vivre, pour en être heureux, pour transformer en bien. http://www.modia.org

Le récit qui donna naissance à la fête de ‘Hanouca

‘Hanouca est composé de ‘hanou (ils se sont reposés) et de ka (25e jour du mois de kislev).  C’est le 25 kislev que la construction du Tabernacle, qui était d’abord  mobile, fut achevé dans le désert à l’époque de Moïse.

‘Hanouca, la fête des lumières, ou fête de l’inauguration, ou de la dédicace (du tabernacle réinauguré par les Asmonéens après sa profanation par les grecs-syriens), estune fête n’ayant pas de source biblique. En effet, les Livres des Maccabées qui retracent le contexte historique ne furent pas inclus dans le canon juif. Le rituel de ‘Hanouca porte moins sur la commémoration de ces épisodes de l’histoire juive que sur le miracle de la fiole d’huile, lequel est consigné dans le Talmud (TB Chabbat 21b), mais pas dans les Livres des Maccabées – bien que 2M 1:18 et Seq. rapporte un récit de contenu similaire, mais situé à l’époque de Néhémie.)Pour se remettre dans le contexte de ce récit, il faut se reporter à l’an 167 avant notre ère. A cette époque, au pays des Hébreux, en Judée, les Grecs veulent imposer leur culture, mais les Hébreux sont récalcitrants et la plupart veulent garder leur judaïsme, fut-ce au prix de leur vie. Après une courte période de tranquillité pour les Juifs sous Alexandre le Grand, qui s’était prosterné devant le Grand Prêtre Hébreu Simon le Juste. Alexandre en expliqua la raison à ses soldats en parlant du Grand Prêtre qui lui faisait face, revêtu de ses vêtements sacerdotaux : “C’est son image que je vois devant mes yeux au combat et c’est ceci qui me permet de vaincre.”

Alexandre le Grand permet aux Hébreux de se battre contre les Samaritains qui voulaient détruire le Temple et de les vaincre, (le mythe du “bon Samaritain” n’existant que dans l’imaginaire des chrétiens). Mais Alexandre le Grand disparu, Contre les Hébreux, sévissent alors de terribles persécutions par les Grecs avec Antiochius Epiphane à leur tête (corruption du Temple de Jérusalem, hellénisation forcée des Hébreux, nombreuses humiliations,interdiction d’étudier la Torah sous peine de mort, destruction des rouleaux de la Torah, etc… Comme l’enseigne Manitou, c’est la lutte entre le spirituel et l’universel.

Face à la domination grecque,la famille des Hasmonéens, avec, à sa tête, Simon le Juste, qui était l’un des derniers membres de la Grande Assemblée avait 3 fils : Chimi, ‘Yono et Yo’hanan. Le fils de son plus jeune fils Yo’hanan s’appelait Mattathias, qui devint Grand Prêtre et eut à son tour 5 enfants : Chimeon, Yo’hanan, Yehouda, Jonathan et Eléazar.

Le Grand Prêtre hasmonéen Mattathias, ainsi appelé parce qu’il était le petit-fils de Simon le Juste, qui portait le nom de Hasmonaï, dirigeant de la ville de Modi’in, cohen gadol (le grand prêtre qui officiait au Temple de Jérusalem, sur le Mont du Temple, aujourd’hui appelé “esplanade des mosquées”) et ses fils “prennent le maquis” et se réfugient dans les collines environnantes (La dynastie des Hasmonéens  fut fondée par Simon Macchabée et régna sur la Judée de – 140 à – 36 avant l’ère commune.)

Les Hasmonéens décident d’organiser une guérilla armée, conduite
par l’un des fils de Mattathias, Yehouda, surnommé “Maccabée”(Makabi en hébreu), ce qui veut dire “Marteau” et correspond à un sigle qui, traduit, signifie “Qui est comme Toi parmi les forts, D.ieu” et deviendra le cri de guerre du peuple juif. On appela cette révolte : La Révolte des Maccabées, qui sera la première guerre idéologique et de religion de l’histoire.

Les Grecs disposaient d’une supériorité numérique et leurs troupes
étaient composées de militaires professionnels bien équipés (ils disposaient
d’éléphants de guerre, les chars d’assaut de l’époque) et étaient bien
entraînés et le miracle réside avant tout dans les nombreuses petites victoires remportées par les Juifs dans cette guerre d’usure qu’ils menaient contre l’envahisseur hellène, malgré toutes les persécutions dont ils furent victimes pendant des années. Antiochos pille en effet le Temple de Jérusalem et emporte tous les objets de valeur. Puis il confie la suite de l’hellénisation forcée à son lieutenant Appolonios. Celui-ci va poursuivre les massacres et démolir l’enceinte de Jérusalem que Néhémie avait fait rebâtir à grand-peine. Pour s’assurer du calme de la capitale, il fait bâtir une grande forteresse, nommée l’Akra, avec les pierres du rempart, et il la garnit d’une forte garnison royale.

L’hellénisation prend ensuite une autre tournure avec l’interdiction pure et simple du culte juif. Les livres de la Torah sont saisis, réduits en lambeaux et brûlés. La circoncision devient passible de peine de mort, ainsi que la pratique du Chabbat. Les femmes qui font circoncire leurs enfants sont mises à mort, les nourrissons pendus et les circonciseurs passés au fil de l’épée.  Enfin, pour couronner le tout, on profane le Temple de Jérusalem en y érigeant une statue de Zeus Olympien (15 décembre 167) et on y fait l’offrande de porcs, vouant ce lieu saint du judaïsme aux dieux grecs. Ordre est donné à tous les habitants d’Israël de procéder à des sacrifices païens en faveur d’Antiochos. Comme le relate le 1er livre des Maccabées, certains Juifs vont fuir les villes pour se réfugier dans les steppes et pouvoir continuer un mode de vie en accord avec leur foi. Ce groupe va prendre le nom d’Assidéens, de l’hébreu “hassidim” (les pieux), qui se contentent d’une résistance passive, mais à côté de ce groupe, on trouve les Maccabées, qui, eux agissent et finissent par remporter la victoire. C’est alors que Simon, l’un des frères Maccabée, tout à la fois Grand Prêtre et chef politique, obtient de fait la quasi-indépendance d’Israël. Il va rétablir une succession héréditaire dans ces deux domaines, fondant ainsi la dynastie des Hasmonéens.

Pauvrement équipés, sans l’aide d’aucun pachyderme, les Juifs auraient dû être écrasés sous le nombre. Ils compensaient cependant par l’ardeur et la ferveur en leur foi et, par là même, ils bénéficiaient de l’aide de D.ieu. La lutte fut longue et ardue, mais chaque victoire juive fut à elle seule un “ness” (miracle). ’Hanna, à l’époque de ’Hanouca , est, avec ses 7 fils, le symbole du martyre juif refusant au prix d’ultimes sacrifices, d’abandonner sa foi : elle encourage ses fils à choisir la mort plutôt que de plier le genou devant le dieu grec et se jette dans le vide pour échapper à l’exécution par les Grecs eux-mêmes. Ainsi, ce ne sont pas les armes qui ont donné la victoire au peuple juif, mais la force de son esprit qui faisait confiance au Maître du Monde, combinée avec son courage face à son ennemi, face à la mort, voulant sauver à tout prix sa spiritualité, son identité juive. Ainsi, l’art grec, cette culture si envahissante par sa beauté et sa majesté, ce Hod qui avait conquis le monde entier, malgré ses nombreuses tentatives d’anéantissement du judaïsme,  n’a jamais pu avoir raison du sens profond d’harmonie qu’avait acquis le peuple juif. ’Hanouca vient nous rappeler cette victoire contre l’empire grec et représente une nouvelle conception de la magnificence, celle de la vie aux côtés du D.ieu Un et unique, D.ieu d’Israël, mais aussi D.ieu universel pour toute l’humanité.

C’est à cette époque, pendant la révolte contre les grecs et contre le régime d’Antiochus, 212 ans après la construction du Second Temple en l’an 3621 de la création du monde, soit (-140 de l’ère commune)  qu’eut lieu l’histoire célèbre de Judith, fille du Grand Prêtre Yo’hanan qui, pendant l’encerclement de Jérusalem par l’armée syrienne, s’inflitra dans leur camp. Pendant une grande réception que le général Holopherne organisa pour fêter la prochaine victoire sur les Juifs, Judith enivra celui-ci de vin et de produits lactés afin qu’il tombe dans un profond sommeil. Ce qui ne tarda pas à se produire. Elle lui coupa la tête et l’emporta à Jérusalem et l’exposa aux portes de la ville, provoquant la fuite de l’armée syrienne, à la fois épouvantée d’apprendre qu’une femme avait pu couper la tête de leur chef et ainsi privée de son général.

Fêtons la lumière en cette période doublement sombre

(manque de lumière, mais aussi ténèbres en ces temps particulièrement pervertis et cruels)

Après les trois premières années, les Juifs reconquirent Jérusalem. Ayant trouvé le Temple en état d’impureté, (les Grecs l’avaient transformé en temple païen), ils voulurent le nettoyer et le remettre en service : combat de la lumière contre l’obscurité, que les Juifs vivent  en permanence. Lors de la re-inauguration, ils voulurent allumer un chandelier de remplacement
- le chandelier à 7 branches en or, appelé Menorah mesurant 1,80m de haut qui devait éclairer le Temple jour et nuit ayant été fondu par les Grecs. On ne trouva qu‘un seule bouteille d’huile d’olive pure d’une contenance de 1,12 l, qui ne pouvait permettre à la Ménorah de brûler qu’un seul jour. Le rav David Pitoun nous indique que chacun des 7 réceptacles du candélabre contenait un “loug” d’huile d’olive pure (environ 16,5 cl). Il fallait  donc 3 “lougs” 1/2 (soit un peu plus d’un litre pour remplir la totalité des 7 réceptacles placés en haut du candélabre.) La tradition nous dit que lorsqu’on a commencé à verser l’huile dans les réceptacles du candélabre, le niveau d’huile a commencé à monter dans le flacon et, alors qu’il n’y avait en réalité qu’une infime quantité d’huile, chaque jour le miracle se reproduisait. Ainsi, la Menorah brûla pendant 8 jours sans discontinuer,le temps nécessaire pour presser les olives et fabriquer une nouvelle huile pure destinée au service du Temple.

Rappelons que la tradition biblique du chandelier commence au mont Sinaï, après la révélation de D.ieu aux Hébreux et la divulgation de la Torah. Au chapitre 25 de l’Exode, Dieu demande à Moïse de réaliser un chandelier d’or pur, d’une seule pièce, chandelier devant être placé dans le Saint (ou Sanctuaire) de la Tente du Rendez-Vous dans le désert, pour témoigner de la relation permanente et réciproque entre Dieu et son peuple. Il faut savoir que  le Saint des Saints de la Tente, espace contigu au Sanctuaire, mais secret et interdit, abritait les tables de la loi ainsi que les chérubins entre lesquels on pensait que la Présence divine se déployait. Sur le plan historique, la Menorah est restée allumée pendant une période de plus de15 siècles, à l’exception de trois interruptions, lors de son vol par Nabukhanetsar, après le destruction du 1er temple, lors de l’exil des Judéens à Babel qui a duré 48 ans et lors de la profanation du 2ème Temple par Antiochus Epiphane, pendant 11 ans.

Le rav Pitoun nous précise que chaque première goutte de chaque olive était spécialement prélevée pour la Ménorah et que les olives servant à la fabrication de l‘huile provenait de la région du Goush Khalav, où vivait la tribu d’Acher* bénie par Hachem et où il y avait abondance d’oliviers. Cette région était située à 4 jours de voyage de Jérusalem. Là-bas, les fruits étaient énormes – environ 30g  pour une olive ce qui est énorme !) La lumière était donc annonciatrice de la victoire qu’elle aurait en ces temps-là sur les ténèbres. Ce n’est cependant qu’un an plus tard, qu’on inaugura la fête de ‘Hanouca le 25 kislev (le 24 kislev au coucher du soleil – début du jour juif) date hébraïque, qui correspond généralement au mois de décembre.

Depuis cette époque à cette période de l’année, chaque jour à la tombée de la nuit, dans les maisons juives,  on allume une bougie ou un chandelier à 8 branches appelée ” ‘hanoukia”, (parfois munie d’une 9e branche pour mettre le “chamach”, qui sert à allumer la ‘hanoukia) et ce, jusqu’au 8ème jour. La maison, qui, pour le Juif pratiquant se doit d’être un “petit Temple” est alors, comme celui de Jérusalem avant sa destruction, illuminé.

Le premier jour on allume une flamme, le deuxième jour une seconde flamme, et chaque jour on rajoute une flamme, jusqu’au huitième jour, où brûleront huit flammes. On place le chandelier ou la ‘hanoukia généralement à l’extérieur de la maison, à côté de la porte d’entrée, à l’abri du vent ou bien encore derrière une vitre pour que les passants profitent de ces flammes. Cette lumière aide à se rapprocher de Celui qui est Lui-Même lumière, notre Créateur et on observe pendant une demi-heure chaque jour la flamme de la bougie ou de la mèche trempée dans l’huile d’olive pure. Il est d’usage d’observer la flamme pendant une demi-heure. Toutefois, on ne doit pas profiter de la lumière de la ‘Hanoukia pour lire, par exemple.

  Fête de Hanoucca au kibboutz Gan Shmouel, en 1984
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Ainsi, lorsque nous allumons nos Menorote, que nous récitons les psaumes et chantons le hallel (les louanges) qui accompagnent cet acte, nous montrons que l’on peut être émerveillé, puissamment heureux et fier de cet esprit qu’évoquent les petites lumières de ’Hanouca. Nous fêtons certes la victoire militaire contre l’ennemi, grâce aux miracles du Tout Puissant, mais aussi cette gloire intérieure que le Juif a apprise et qui le rend imperméable à toute domination : être juif et célébrer le D.ieu Un ! Les femmes, plus habituées à vivre les grands événements d’une manière intime, ont peut-être mieux intériorisé le sens de la phrase que symbolisait la Menora de Zacharie (chap. 4, vers. 6) : “Ni par la puissance, ni par la force mais bien par Mon esprit, dit l’Eternel Tsévaote…

Sur le site Modia, nous apprenons que c’est notamment d’abord grâce aux mérites des Juifs pour construire le sanctuaire dans le désert que Haqqadoch Baroukh Hou a dit : « Comment les remercier ? Je leur donnerai la victoire sur les Hasmonéens » (middrache). Ainsi après de nombreuses batailles, toujours gagnées par les Juifs, la guerre ne prit fin qu’après 25 ans, avec beaucoup de pertes de part et d’autre. De guerre lasse les Grecs durent abandonner l’idée de soumettre les irréductibles Hébreux.

* Pourquoi la tribu d’Acher était elle bénie en fertilité du sol ? Pendant 22 ans, Yaakov a refusé la consolation pour le deuil de son fils, Yossef hatsaddiq. (Les 10 fils de Yaacov ayant vendu leur frère à des égyptiens et ayant fait croire à leur père qu’il avait été dévoré par une bête sauvage), pris de peur en voyant que leur père ne se consolait pas de la perte de son fils Yossef. Or, Acher avait une fille nommée Sera’h, la seule femme, avec Yo’heved, la mère d’Aaron, de Myriam et de Moïse, dont le nom ait été mentionné parmi les enfants des douze Tribus, petits-enfants de Jacob. Son mérite a dû, en conséquence, être bien grand. En effet, Sera’h, qui  était prophétesse, toute jeune encore, avait été élevée auprès de Jacob et se distinguait des autres enfants par une conduite parfaite et un grand amour de D.ieu et une bonté qu’elle témoignait à tous ceux qui l’entouraient. Elle avait entendu une voix annoncer que son oncle Yossef était encore vivant et qu’il gouvernait l’Egypte. Elle se rendit donc auprès de son grand-père Yaakov et par égard pour son grand âge, au lieu de lui annoncer la nouvelle brutalement, elle lui chanta un pyiout, (chant religieux) accompagnée de sa harpe, dont elle s’était abstenue de jouer en présence de son grand-père, car pendant les quelque 22 années depuis la disparition de Yossef, Yaacov portait le deuil de ce fils si regretté. Mais les paroles chantées par la jeune fille annonçaient que Yossef était encore vivant et habitait en Egypte “Yossef est vivant ; il gouverne toute l’Egypte…” C’est ainsi que Yaacov descendit en Egypte et retrouva son fils bien-aimé. Or, Acher ayant signé le contrat, comme ses 9 autres frères, qui disait que celui qui dénoncerait le fait que Yossef était encore vivant serait excommunié d’entre les tribus (celle de Benyamin exceptée), ses frères ne le curent pas lorsqu’il affirma ne pas avoir dénoncé le fait et l’excommunièrent. Or, il se trouve qu’une des règles d’interdiction de l’excommunication est de s’enduire avec de l’huile. La tradition avait gardé le fait qu’Acher avait dénoncé. Le dernier jour avant la mort de Moïse, celui-ci fit une bénédiction à chacune des tribus et il adressa à la tribu d’Acher réhabilite ce dernier. “Acher doit être béni en enfants, car l’excommunié n’a pas le droit de pratiquer l’intimité conjugale.” Moïse prouva par là qu’Acher était innocent et devait être réhabilitée auprès de ses frères. Ainsi sa tribu fut réhabilitée et Moïse annonça qu’il revenait par conséquent à la tribu d’Acher le droit d’avoir le mérite de tremper ses pieds dans l’huile. C ‘est pourquoi la région du Goush Khalav,  la terre d’Acher fut bénie en fertilité.

La lumière et l’habit de l’âme

‘Hanouca est source de symboles ; en effet, dans la mystique juive, la lumière a un rôle symbolique fondamental. Deux des aspects les plus classiques de ce symbolisme de la lumière sont : l’âme et la Torah, cette dernière étant comparée à la lumière : Car la mitsva est lampe et la Torah est lumière” (Prov.6:23) Quant à l’âme, elle est comparée à une lampe: Elle est lampe de D-ieu, l’âme de l’homme”. (Proverbes 20:27), la racine “Ner” que contient le mot “menorah” signifie aussi bien feu que lumière et” Ner” désigne à  la fois l’âme et la Mitsva.

Le symbole de la lumière est facile a comprendre, car elle est de l’ordre du réel et du symbole, elle est immatérielle et matérielle. Elle se trouve, de ce fait, à la frontière de deux univers. C’est pourquoi la Bible établit une différence entre la Torah, au sens de la loi du monde, et le commandement en se référant à 2 formes de lumière : la Torah, symbolisée par la lumière générale et la mitsva, sous la forme de la lumière en particulier. On pourrait traduire “La mitsva est flamme et la Torah, lumière“. L’existence de la mitsva en tant que lampe dépend de l’homme; il peut ou non l’allumer ; en revanche, l’existence de la Torah ne dépend de personne.

Nous venons de voir que la mitsva et l’âme portaient le même nom : Ner (flamme ). Or, une lampe est constituée de plusieurs éléments, elle est l’ustensile qui unit divers éléments et leur permet ainsi de fonctionner, la lampe peut dans ce cas symboliser le corps. La lampe est composée d’huile, d’une mèche et enfin d’une flamme. La fonction de la mèche est essentielle : c’est elle qui transforme l’huile en feu. Si nous admettons que la mèche représente l’âme et l’huile notre existence matérielle, on comprend quelle est la véritable fonction de l’âme : elle est une courroie de transmission qui assure la liaison entre l’huile et la flamme. L’âme présente dans l’homme, incarnée dans la personne est la mèche sans laquelle rien ne peut se passer. Tout comme le corps a besoin de calories, l’âme, pour subsister, a besoin d’énergie. Celle-ci lui est fournie par l’huile des commandements.

Brûler de l’huile pour en faire une flamme, c’est précisément mettre en
oeuvre le processus qui transforme le matériel en immatériel, l’immanence
en transcendance. L’huile est une réserve d’énergie qu’il faut libérer pour en faire du feu. A cet effet, il faut passer par la médiation de la mèche… Les mitsvote sont a priori aussi opaques que de l’huile inerte; elles sont l’expression de la volonté de D.ieu, qui est formulée dans la Torah sans y être expliquée ni motivée : sans lumière. Mais si l’âme humaine (la mèche) sait faire brûler l’huile, elle en extraira l’essence de la lumière divine. La fonction la plus authentique des commandements est d’habiller l’âme pour la préparer à la vie éternelle. Ici, la lumière devient le tissu, la matière première du monde futur. Cette conception est fondamentale dans la mystique juive : le passage de l’âme dans la vie terrestre va lui apporter cet indispensable “plus” que les Rabbins appellent le vêtement. Ce vêtement c’est la mitsva. Sans elle, sans ce tissu que l’âme a tissé autour d’elle tout au long de son passage sur terre, l’âme reviendrait nue au jardin d’Eden. Les mitsvote constituent donc un habit protecteur. Or, l’âme nue est incapable de percevoir la lumière divine et d’en jouir, alors qu’elle n’a été créée que pour cela. Ainsi, tout comme l’huile de la mitsva s’est transformée en lumière, l’âme de l’homme peut ainsi devenir lumière de D.ieu.

Miracle quotidien

« Ni par la puissance, ni par la force, mais bien par mon esprit ! – dit l’Eternel-Cebaot. » (Zacharie 4 6)

Un Rabbin, rabbi Bonnie Lee Leavy nous rappelle qu’il est important de ne pas oublier que c’est souvent par les hommes que les miracles arrivent.
Notre génération comprend si bien la physique, l’ingénierie, la chimie et la médecine que le miracle semble appartenir au passé, à des sociétés moins sophistiquées. Et pourtant, il y a encore tant de choses que nous ne comprenons pas. Nous avons une bénédiction du pain qui dit : « Béni es-Tu, Seigneur notre Dieu, Roi du monde, qui fait sortir le pain de la terre. » Pourtant, Dieu ne fait pas littéralement « sortir le pain de la terre », ce sont bien les hommes qui s’y attellent. Avant d’écrire cet article, il m’a fallu repenser à mes propres miracles de ‘Hanouca. Il se trouve qu’un des miracles de ma vie décore en permanence le mur de ma salle à manger sous la forme d’une tapisserie merveilleuse représentant la bénédiction des bougies de ‘Hanouca. Les paroles sont entourées de fleurs aux couleurs vives, rouges, dorés et bordeaux, et d’un beau feuillage entrelacé qui rappellent les enluminures des manuscrits anciens. Cette tapisserie représente sûrement des heures, des semaines et des mois d’un travail minutieux. En-dessous de l’hébreu et de la bénédiction apparaît simplement : “Fait pendant le mois de Kislev” par maman (ma mère). Cette tapisserie témoigne de merveilles que nul mot ne peut décrire.”

   Judith tenant la tête d’Olophern, par Marco Palmezzano ___________________________________________________________________

Judith l’Hasmonéenne

L’une des héroïnes assez mal connues de l’histoire de ‘Hanoucca une jeune femme du nom de Yéhoudit (Judith).  Quand elle se rendit compte du danger qui guettait son peuple, d’un côte le danger physique que présentaient les occupants gréco-syriens aux portes du pays, et d’autre part le danger spirituel qu’aurait représenté la chute de Jérusalem, elle conçut un stratagème. L’acte d’héroïsme que Judith a accompli aura laissé un souvenir impérissable dans la mémoire du peuple juif. Cette jeune femme, veuve de Manassé, un riche citoyen juif.. L’acte d’héroïsme qu’a accompli Judith aura laissé un souvenir impérissable dans la mémoire du peuple juif.Le “Midrach Hanouca” raconte que les grecs avaient commencé par décréter que tout celui qui pouvait fermer la porte de sa maison à clef devait être exécuté par le glaive, pour que les juifs n’ait pas de domaine délimité et ferme et pour que les juifs soient gênés de manger ou de boire et d’avoir des relations sexuelles, les grecs voulaient frapper les juifs dans leur dignité. Les juifs ont supporté ce décret pendant trois ans, quand les grecs ont vu que les juifs avaient supporté ce décret, ils ont fait un autre décret qui disait que tout juif qui avait un taureau ou un agneau, devait graver dessus “qu’il n’a pas de part dans le D.ieu d’Israël” , le but de ce décret était d’empêcher les juifs de pouvoir labourer un champs, ou de manger de la viande ou de boire du lait. Quand les juifs ont entendu ce décret ils ont eu une grande peine car ils ne voulaient pas renier leur D.ieu Puis D.ieu a fait un miracle et toutes sortes d’oiseaux et d’animaux cachères venaient chez les juifs, (puisque leurs maisons n’avaient plus de porte), pour que les juifs puissent les manger.Lorsque les grecs ont vu que les juifs pouvaient supporter ce décret, ils ont dit “toute femme qui va au Mikvé (bain rituel) devra être tuée”, pour que les juifs ne puissent pas avoir de rapports avec leurs femmes. Mais D.ieu a fait un miracle en faisant venir des sources souterraines sous les maisons des juifs, ce qui permettait aux femmes juives d’aller au Mikvé en cachette. Lorsque les grecs ont vu que les juifs pouvaient supporter ce décret, ils en ont fait un nouveau qui disait que toute femme vierge qui se mariait devait d’abord se faire dépuceler chez le gouverneur, à cause de cela les femmes juives ne se mariaient pas et les grecs se moquaient d’elles.Mais les juifs ont tenu ce décret pendant 3 ans et 8 mois, jusqu’à l’histoire de Judith, qui devaient se marier avec Eliezer Hasmonai. Elle était la descendante de Simon le Juste, l’un des derniers membres de la Grande Assemblée, qui avait 3 fils : Chimi, ‘Honyo et Yo’hanan. Le plus jeune des fils, le Cohen Gadol Yo’hanan, fut élevé par le Tana Antigone. Il habitait So’ho. Son fils était Mattatias l’Asmonéen, qui eut lui-même 5 fils : Chimeon, Yo’hanan, Yehouda, Jonathan et Eléazar. Ils furent appelés les Maccabées parce que leur étendard portait les lettres Mem, Kaf, Beit et Youd, initiales des mots du verset  «Mi kamokha Baelim YHVH ? » (Qui est comme Toi parmi les puissants, oh Seigneur ?) (Exode 15). Le Cohen Gadol Yo’hanan avait également une fille prénommée Yehoudit (Judith), grâce à qui eut lieu un grand miracle.Les Hasmonéens levèrent l’étendard de la révolte contre les Grecs 212 ans après la construction du Second Temple, en l’an 3 621 de la création du monde,  en – 140 avant l’ère commune.Le Midrach ‘Hanoucca dit que lors de son mariage elle s’est déshabillée, et elle s’est mise nue devant tous les invités. Ses frères voulurent la tuer, alors elle dit “vous pensez que je manque de pudeur! et c’est pour cela que vous voulez me tuer!, alors que le général grec va me violer et vous ne faites rien, vous auriez du prendre exemple sur Shimon et Levy qui n’étaient que deux, (alors que vous êtes cinq), et qui n’ont pourtant pas eu peur de détruire toute une ville pour sauver leur sœur”. Les frères ont pris leur soeur et ils sont allés voir le gouverneur grec en lui disant:” notre soeur c’est la fille du grand prêtre, l’homme le plus important du pays, tu n’es pas assez important pour la dépuceler il faut que ce soit le roi qui la dépucelle !, alors Judith est allée trouver le roi. Lorsque Judith s’est retrouvée seule avec lui elle lui a coupé la tête, et c’est ainsi que la guerre a commencé. (Otsar Hamidrashim p195, Midrach Hanouca). Cette version implique que Judith ait décapité le roi Nabuchodonosor lui-même.Il existe une autre version de l’histoire de Judith. Lorsque Nabuchodonosor II, roi d’Assyrie, envoya le général syrien Holopherne châtier les peuples de l’Ouest parce qu’ils avaient refusé de le soutenir dans la guerre qu’il a menée contre le roi de Perse Arphaxad (cf. Judith I). Après avoir pillé, tué et ravagé dans tout le Proche Orient, Holopherne assiège Béthul, une ville juive de Judée, au bord  de la plaine d’Esdrelon (probablement Massalah) qui barre un passage dans les montagnes de Judée. Comme l’eau venait à manquer, les habitant étaient sur le point de se rendre, mais pour sauver son pays, Judith, d’une extraordinaire beauté, prend la décision de sauver la ville. Avec sa servante et des cruches de vin, elle pénètre dans le camp enemi du général Holopherne: celui-ci, fappé par sa beauté, l’accueillit et l’invita à un repas…
Holopherne, avait donc investi la ville à la tête d’une puissante armée. Lorsqu’il prenait une ville et l’occupait, il avait coutume de n’épargner personne, sans considération de sexe ni d’âge. Il n’y eut donc rien d’étonnant à ce que les Juifs assiégés de Béthul aient lutté avec le courage du désespoir.  L’ennemi finit par se résoudre à un siège de longue durée. Les vivres et les réserves d’eau furent épuisées trop vite et la force des assiégés déclina. Les habitants se rendirent en foule sur la place du marché pour exiger du commandant de la place, Ouzi, et des Anciens, qu’ils ouvrent des négociations avec Holopherne, en vue de la capitulation. Après bien des efforts, cependant, Ouzi et les magistrats obtinrent de la population un délai de cinq jours, pendant lesquels, disaient-ils, le secours de D.ieu pouvait encore intervenir.Lorsque la foule se fût dispersée, une femme animée d’une grande foi et d’une grande énergie demeura sur place, comme enracinée, plongée quelle était dans de profondes réflexion. Elle bougea, mais au lieu de rentrer chez elle, elle se présenta comme une conseillère pour l’aider dans sa campagne contre les Juifs. elle alla hardiment voir Ouzi et les Anciens auxquels elle tint ce langage :- « De quel droit mettez-vous D.ieu à l’épreuve en lui donnant une sorte d’ultimatum ! Si vous avez la Foi, de quel droit fixez-vous une date extrême à Son intervention ? Et ne savez-vous donc pas que de se livrer au pouvoir d’Holopherne est pire que la mort ? »Ouzi et les Anciens prêtèrent une oreille attentive aux reproches que leur formulait ainsi Judith, fille du Cohen Gadol Johanan que, depuis plusieurs années déjà, elle pleurait, retranchée volontairement de la vie publique et consacrant son existence à la piété et à la ferveur, à la charité et à la réflexion. Séduit par son intelligence et aveuglé par sa beauté, Holopherne accepta son plan. » Tu as raison, ma fille !, dirent-ils dans un profond soupir de détresse. Mais pour l’heure, une pluie diluvienne, qui remplirait nos citernes, pourrait seule écarter la fatalité. Le peuple meurt de soif. Prie, Judith ! Peut-être le Tout-Puissant exaucera-t-Il tes supplications ? »- « Prier ? Voilà ce que nous devons faire tous ! répliqua Judith ; mais sans, pour autant, abandonner l’espérance. J’ai conçu un plan de manœuvre que je m’en vais vous soumettre. Peut-être est-ce par mon intermédiaire que D.ieu fera notre salut à tous. Autorisez-moi et ma servante à quitter la ville, et j’irai chez Holopherne ! »- « Comment, Judith ! » se récrièrent-ils. « Sais-tu ce que tu dis et à quoi tu veux t’exposer ? Ton honneur et ta vie sont en jeu ! Un espoir si ténu vaut-il un tel sacrifice ? »- « D.ieu a fait le salut un jour par Yaël, la femme de ‘Hever, et a livré Sisséra au pouvoir d’une faible femme ! » répliqua fièrement Judith.Rien ne put ébranler sa détermination. En vain, les Anciens et le haut commandement militaire s’efforcèrent-ils de la dissuader. Vaincus par la résistance opiniâtre qu’elle opposait à leurs arguments, ils finirent par se résigner et lui accordèrent leur bénédiction. Judith quitta la cité, revêtue de ses plus beaux atours, qu’elle n’avait plus portés depuis la mort de son époux. Un voile épais couvrait son beau visage. Sa servante l’accompagnait, portant sur la tête un panier tout rempli de pains et de fromages, avec, en sus, quelques bouteilles de vin fort et vieux.Le soleil, déjà, s’était caché derrière les montagnes, et les deux femmes poursuivirent leur route en murmurant une prière. Bientôt une sentinelle avancée de l’ennemi les interpella. Mais d’une voix sans réplique, Judith lui dit : « Nous apportons des informations au général ! Conduisez-nous immédiatement auprès de lui ! » Holopherne fut impressionné par le charme qui se dégageait de Judith. Cependant, il la questionna:  » Qui es-tu ? Dans quel but viens-tu me voir !»- « Je viens de Béthul, je puis te dire comment prendre la ville ! » répondit Judith.Puis elle dit qu’elle connaissait de réputation la valeur militaire d’Holopherne et qu’elle était venue à lui dans l’espoir qu’elle aurait ainsi la vie sauve.« -En ce qui concerne la ville assiégée », conclut-elle, « la vie y est devenue insupportable, car les gens ont faim, et soif, surtout. Cependant, leur Foi est demeurée ferme, et tant qu’ils la garderont intacte, vous ne pourrez pas prendre la ville d’assaut. Mais les réserves d’aliments licites sont épuisées. Bientôt, ils ne pourront plus s’abstenir de se nourrir de bêtes impures. A partir de ce moment, la colère divine s’acharnera sur eux et livrera leur cité en votre pouvoir. J’ai convenu avec les sentinelles de venir les voir chaque soir en secret après la tombée de la nuit, pour prendre des informations sur l’évolution de la situation. Serait-il possible de leur garantir la vie sauve pour le jour où la ville tombera ? »Intéressé d’une part, charmé d’autre part par la beauté et le maintien altier de cette inconnue, Holopherne acquiesça et donna l’ordre aussitôt à ses hommes de laisser Judith et sa servante aller et venir hors du camp chaque soir après la tombée de la nuit.« Si tu dis la vérité et m’aides à prendre la ville, je ferai de toi ma femme ! » dit-il à Judith.Mais Judith, chaque soir, quand elle se rendait auprès des assiégés, les exhortait au courage et à la persévérance, faisant informer Ouzi que le succès de sa première démarche autorisait tous les espoirs.Le troisième soir, Holopherne convia la « transfuge » à un tête-à-tête sous sa tente et interdit à ses hommes de le déranger sous n’importe quel prétexte.  Une table était dressée sous sa tente seigneuriale, chargée de mets les plus appétissants et de vins les plus rares. Mais Judith les déclina, tenant essentiellement, insista-t-elle, à se nourrir des aliments qu’elle avait elle-même préparés et apportés. Or, les fromages de Judith avaient certes bon goût, mais ils étaient fort salés ; quant aux vins qui les accompagnaient, tentateurs pour la soif ravivée du conquérant, ils étaient vieux et forts.

Luca Giordano « L.Giordano, « Le triomphe de Judith »

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L’ivresse vint vite, puis la torpeur, et Holopherne partit au royaume des rêves. « Donne-moi la force ! juste cette fois-ci ! » pria Judith, usant de la formule même que Samson avait rendue inoubliable. Puis, faisant appel à tout son courage, elle prit l’épée du général et l’en frappa de toutes ses forces. Halopherne, ainsi, perdit définitivement… sa tête. Cette tête, Judith l’enveloppa dans son voile et, peu de temps plus tard, quitta le campement en compagnie de sa servante et, mine de rien, alla vers la ville, faisant semblant d’agir comme aux soirs précédents. Mais, cette fois-ci, elle demanda aux sentinelles de la faire entrer et elle se rendit sur-le-champ chez Ouzi, lui montrant le cadeau qu’elle lui avait apporté.  Sans perdre de temps à écouter de vains éloges, elle interrompit l’enthousiaste et dit au commandant « Nous n’avons pas de temps à perdre ! Donne immédiatement l’ordre de partir à l’assaut. Les soldats d’Holopherne vont perdre la tête lorsqu’ils courront avertir leur chef et le trouveront… sans tête. Dans leur désarroi, il est probable qu’ils prendront la fuite, et la victoire sera nôtre. » Il en fut fait ainsi et les prévisions de Judith se réalisèrent. L’acte de Judith provoca la fuite de l’armée syrienne privée de son général et la ville de Béthul put à nouveau respirer, grâce à la bravoure et à la Foi d’une « faible » femme.

(Sources : Aish.fr – Landkaart – Conversations avec les Jeunes – Lamed –Rav et dayan Ariel Aviges, Chiour Aviges – ‘Hanoucca, aux Edition Peylim « Yad-Laa’him »)

Sandro Botticelli « Le retour des Judith vers Bethoul » _________________________________________________________

Coutumes de ‘Hanouca

‘Hanouca, c’est aussi la fête des enfants, qui peuvent recevoir un petit cadeau chaque jour de la fête. A cette période, il est de coutume de manger, par exemple, des “latkès” (pommes de terre râpées croustillantes et dorées que l’on fait frire également dans l’huile d’olive) ainsi que des beignets fourrés à la confiture appelés soufganyiote”.

A ‘Hanoucah les enfants jouent avec une petite toupie en bois à 4 faces
appelée “sevivone”, (en hébreu) ou “dreidle” (en yiddish).
Chaque face est marquée d’une lettre en hébreu, qui forment ensemble l’acronyme de la phrase : Nes Gadol Hayah Sham “un grand miracle a eu lieu là-bas” (en diaspora) etNes Gadol Hayah Po “un grand miracle a eu lieu ici” (en la terre d’Israël). Pour la mise, on choisit généralement des bonbons et chacun joue à tour de rôle. Si la toupie tombe sur la lettre נ “nun”, c’est un tour pour rien, ש “shin”, on ajoute une friandise au “pot”, ה “hé”, on gagne la moitié du “pot” et la lettre ג “guimel”, on rafle la mise.

La tradition nous enseigne que cette pratique se fait en référence aux Juifs sur qui pesait l’interdit de leur religion par  Antiocos VI . Pour éviter d’être punis par les soldats qui les surprenaient, les enfants prétextaient jouer à la toupie. Il s’agit d’une toupie à 4 faces, chacune frappée d’une lettre :

  1. נ Noun
  2. ג Guimel,
  3. ה He,
  4. ש Chin – (En Israël, c’est un פ-pé à la place du chin)

sevivone (toupies) pour Israël et pour la diaspora

L’un des enseignement du Rav Léon Eskenazi sur ‘Hanouca, qui parle au
nom du Maharal : « Eduque le jeune selon son chemin, de sorte que même lorsqu’il vieillira, il ne s’en écartera pas. »

1er sens (pschat) Pour que l’éducation soit réussie, il faut qu’elle suive le tempérament de l’enfant : « Eduque l’enfant selon sa voie ». Alors quand il inaugurera le fait de se comporter dans la vie, (l’éducateur n’ayant plus rien à voir avec l’éduqué), il ne s’écartera pas de cette voie ; évènement irréversible. Car l’enfant doit être respecté dans son « moi ». Il n’a plus besoin de lui.

2e sens, plus profond : Même lorsqu’il deviendra « zaken » (adulte) il ne s’écartera pas de cette voie éducative. L’éducation ne réussit que quand l’enfant est devenu adulte : mature. Si l’éducation a réussi, la personne continuera dans la voie de cette éducation et il continuera à s’éduquer lui-même dans ce sens.’Hanouca signifie ici inauguration et éducation. Pour reporter ceci au niveau d’Israël, il restera toujours hors de portée des Grecs. Ainsi il y a eu deux enjeux dans l’évènement de ‘Hanouca : 1/ La vraie inauguration de l’identité hébraïque qui eut lieu alors, 2/ La lutte contre les hellénisants (membres d’Israël qui ont accepté la culture grecque).

D’une manière générale, le Juif ne change pas, même si autour de lui tout change. On l’a bien vu avec l’histoire de Joseph en Egypte. Bien que Pharaon l’ai nommé vice-roi d’Egypte, il s’affirme dans son identité d’hébreu qui occupe le trône. Il n’a pas trahi ce qu’il était pour devenir le second du pharaon et prépare déjà le chemin de la libération du peuple, car l’épreuve redoutable de l’exil est précisément de ne pas subir de transformation. C’est également cet esprit qui anima les Hasmonéens lors de la révolte contre les Grecs. Il refusaient un judéo-hellénisme et se sont battus contre l’assimilation, même partielle parce qu’ils voulaient rester juifs, intégralement. C’est cette détermination q’’a salué le miracle de la fiole d’huile, la lumière n’ayant pas vacillé mais au contraire, pendant ces 8 jours, elle est restée pleine et entière, comparable à cette flamme que tous les vents du monde tentent d’éteindre, que les ouragans risquent de transporter, mais qui reste immobile, fière et sûre, se nourrissant de son propre feu, cette flamme, c’est la flamme d’Israël.

Comment relier les fêtes de Souccote et de ‘Hanouca

Le Dr Debora Weissman nous dit que dans la Michna, la fête associée à la lumière est Souccote… “De toutes les cours de Jérusalem sans exception, émanaient les lumière de Beit HaShoeva. Les hommes pieux et travailleurs dansaient devant elles, des torches enflammées à la main.” Mais quel est le rapport avec ‘Hanouca ? La réponse se trouve dans le 2e livre des Maccabées. Il y est écrit que pendant la révolte des Maccabées, le Temple ayant été souillé, on ne pouvait plus y célébrer Souccot. Quand ils sont finalement venus à Jérusalem et qu’ils ont purifié le Temple, ‘Hanouca fut en fait célébré pour la première fois à Souccot pendant le mois d’hiver de kislev – fête de 8 jours qui, en d’autres termes, loue et rend grâce à D.ieu avec les 4 espèces
(le palmier, le cédrat, le myrte et le saule de rivière) qui pouvaient être
trouvés en hiver. On peut dire que le processus de cristallisation de la fête
de ‘Hanouca, comme entité séparée, a pris du temps. Mais les 4 espèces furent replacées à tichri comme il se doit, intégrées à une célébration de la moisson automnale. Ce qui est resté avec ‘Hanouca, c’est le thème de la lumière. Pendant tichri, alors que les jours et les nuits sont de durée égale, que la première nuit de Souccot est la nuit de la pleine lune, le thème de la lumière a moins de sens, il correspond moins à un besoin vital. Quand est-il cependant essentiel ? Au moment du solstice d’hiver, quand on peut à peine supporter des jours si courts et des nuits si longues. Puisque la première nuit de ‘Hanouca est le 25ème jour du mois lunaire, ce n’est pas seulement le temps le plus obscure de l’année (dans l’hémisphère nord) mais aussi le temps le plus obscure du mois. C’est pourquoi nous allumons les bougies de ‘Hanouca et contribuons à restaurer la lumière dans le monde. Dans ce sens, les différents groupes qui interprètent ‘Hanouca différemment pourraient en fait dire que ‘Hanouca symbolise leurs valeurs ultimes, celles qui sont pour eux sources de lumière et d’espoir, ou encore, comme le suggère le Rav Kook, la personne juste ne maudit pas l’obscurité ; elle choisit plutôt d’allumer des bougies pour répandre la lumière.

‘Hanouca contemporain

(Ci-dessous, voici un extrait du discours du rabbin en chef des Forces de Défense Israéliennes, Shlomo Goren, adressé aux soldats depuis le Mur Occidental, en juin 1967, après la conquête de Jérusalem Est) :

Bien-aimés soldats du peuple d’Israël, auréolés de valeur et de victoire ! Que D.ieu vous bénisse, vaillants soldats. Je m’adresse à vous depuis le Mur Occidental, reste de notre Saint Temple. “Consolez, consolez mon peuple, dit votre D.ieu” (Isaïe, 40:1). Voici venu le jour que nous attendions, soyons heureux et réjouissons-nous de Son salut. Le rêve de toutes les générations vient de se réaliser sous nos yeux. Vous, héros des Forces de Défense d’Israël, venez de délivrer la Ville de D.ieu, le site du Temple, la Montagne du Temple et le Mur Occidental – symbole de la rédemption messianique du peuple Juif. Aujourd’hui, vous avez accompli le voeu de générations entières : “Si je t’oublie jamais, Jérusalem, que ma droite me refuse son service.” ” (Psaumes 137:5Et c’est Votre main droite, la main de D.ieu qui a forgé cette libération historique… Chers Soldats, fils bien-aimés de votre peuple ! C’est à vous qu’est revenu le plus grand privilège de l’histoire juive… Au nom de toute la communauté d’Israël et de la diaspora, c’est avec la plus grande joie que je vous dis : “Soyez bénis, Seigneur notre D.ieu, Roi de l’univers, qui nous avez maintenus en vie, soutenus et conduits à ce jour.”

Nous vivons actuellement une période obscure, et l’obscurité peut parfois paraître si épaisse qu’on peut avoir l’impression que rien ne peut parvenir à la percer. C’est ainsi qu’elle peut régner sans partage sur les esprits et les cœurs au point de parvenir à refouler la réalité jusque dans les confins de la conscience. Nombreux sont ainsi les évènements qui, malgré la clarté de leurs enseignements, sont interprétés à l’inverse de l’évidence dont ils sont porteurs. Pour tous les hommes que la nuit des âmes et des intelligences indispose, c’est une expérience douloureuse. Pourtant, voici revenu le mois de Kislev, le mois où d’abord spirituellement, l’ombre recule avec la fête de ‘Hanoucca et sa lumière, qui redonne à cette période de l’année les couleurs de l’espoir et de la vie.  La période de ‘Hanouca est un temps de ressourcement, un mois où rien ne peut remettre en cause la puissance et la grandeur de la lueur qui monte. Certes, en une époque de bouleversement, alors que le monde fait déferler toutes les formes du malheur des hommes et que la vérité et l’honnêteté semblent remisées pour longtemps au magasin des accessoires, ce n’est pas à une vision de lumière que nous sommes invités. Pourtant, la lumière est là présente, juste à la limite du regard. Elle grandit de jour en jour et laisse présager sa victoire éternelle. Car les choses sont ainsi faites : devant le jour qui se lève, la nuit ne peut que reculer. Il se trouve que nous sommes les acteurs de ce changement infini qui peut nous permettre de trouver la sérénité et l’harmonie. Nous pouvons être les hommes de la lumière qui font surgir, au cœur du monde, le bonheur de tous. Nous en possédons la clé. Vivre Kislev et ‘Hanouca n’est-il pas aussi une affaire de regard ? Quand un Juif se trouve en exil, même quand il accomplit le service de D.ieu qui lui incombe de « faire pour D.ieu une demeure ici-bas », il ne peut pas être satisfait, car il est en exil ! «Juif» et «exil» sont deux notions radicalement contradictoires ! Il s’ensuit que, quand un Juif est en exil, il est dans un état où «il languit après la maison de son père».

Conclusion

Le Rav Léon Eskenazi (Manitou) nous dit que, selon l’enseignement du Rav Cook, à l’instar de la lutte des Makabis contre les Grecs, quand le Cantique des Cantique nous dit : « Ma sœur, mon aimée, ma colombe, ma parfaite… » on veut nous enseigner que « ma sœur » se réfère au temps de l’exil de Babylone, « mon aimée » au temps de la Perse, « ma colombe » se réfère au temps de la Grèce et « ma parfaite » au temps de Rome, où nous sommes encore actuellement. Aujourd’hui Israël est parfait au niveau individuel, mais pas encore au niveau collectif et les pires ennemis d’Israël sortent d’Israël lui-même. Dans les générations où se produit quelque chose d’analogue à ce que les Grecs voulaient faire, on veut imposer ses propres valeurs au peuple juif. Dans le véritable enjeu que représente ‘Hanouca, la lutte contre les mitiaonim, (la Grèce, donc la mentalité grecque) n’est donc pas encore achevée… » Mais l’espoir est grand, car les Juifs qui luttent courageusement, inlassablement, sans se décourager, afin que la lumière arrive à percer le chaos et les épaisses ténèbres dans lesquels nous vivons aujourd’hui, induits par l’action conjointe d’Ichmaël et d’Edom sont chaque jour plus nombreux et finiront un jour, par leur action positive, par transformer le monde.

Hanouca : Un regard de lumière

Cette période de l’année a toujours des accents bien mélancoliques : l’obscurité paraît toute puissante et les jours n’en finissent pas de raccourcir. L’horizon semble bouché par une grisaille presque omniprésente et, quand, enfin, le soleil paraît, il ne diffuse qu’un froid cruel. Tout cela n’est certes que réalité physique, simple constatation météorologique liée aux rythmes climatiques que l’homme connaît d’aussi loin que porte sa mémoire. Cependant, c’est une idée classique : le monde matériel est aussi – voire d’abord – l’expression d’une réalité spirituelle qui le sous-tend. C’est dire que, lorsque le froid et la nuit dominent, le risque existe de laisser glisser notre cœur et notre esprit sur cette pente facile. Le risque existe de laisser l’engourdissement de l’attente envahir notre âme. C’est justement dans cette épaisseur de la nuit que la lumière naît et c’est le mois qui commence qui en est le porteur ; il s’appelle Kislev. Ce nom résonne déjà comme un cri de victoire : ne nous rappelle-t-il pas ‘Hanouccah, fête des lumières, et le 19 Kislev, Roch Hachana de la ‘Hassidout ? Mais surtout, il est cette période où le jour démontre qu’il est, par nature, l’inévitable vainqueur des forces de l’ombre. Plus encore, parce qu’elle surgit de la nuit, la lumière est plus puissante qu’à l’accoutumée. Elle est ainsi à même de briser toutes les limites, de chasser jusqu’à l’obscurité la plus profonde. Chacun est, à présent, comme le témoin d’un prodige. Chacun voit poindre ce surprenant éclat, annonciateur de renouveau. Comme toutes les créatures, l’homme vit dans l’espace et dans le temps. Ces deux éléments définissent tant son existence qu’il ne peut pas ne pas en ressentir l’influence. Mais aussi, parce qu’il est le couronnement de la création, il ne peut pas ne pas choisir d’être l’acteur du changement plutôt que son spectateur ou sa victime. Si l’obscurité et le froid sont grands alentour, si une lumière apparaît, c’est aussi parce que l’homme possède tout cela en lui. Il est cet être qui peut susciter froideur ou enthousiasme, lumière ou obscurité, en lui-même, dans son entourage et, plus largement, dans l’ensemble du monde. En ces matières, pouvoir c’est déjà devoir. C’est ainsi que, jour après jour, nous construisons un monde de lumière jusqu’à ce que la venue du Machia’h nous introduise à la Lumière éternelle.

L’obscurité de l’époque paraît parfois si épaisse que rien ne parvient à la percer. C’est ainsi qu’elle peut régner sans partage sur les esprits et les cœurs au point de parvenir à refouler la réalité jusque dans les confins de la conscience. Nombreux sont ainsi les évènements qui, malgré la clarté de leurs enseignements, sont interprétés à l’inverse de l’évidence dont ils sont porteurs. Pour tous les hommes que la nuit des âmes et des intelligencess indispose, c’est là une expérience douloureuse. Pourtant, comme un grand rythme qui dépasse les soubresauts du quotidien, voici revenu le mois de Kislev. Dès son ouverture, il a apporté ce qu’il recèle depuis toujours : une lumière sereine. C’est là, en effet, ce qui le caractérise. Mois de la fête de ‘Hanoucca, il est celui où, d’abord spirituellement, l’ombre recule. Alors que nous n’en somme qu’à sa première moitié, son influence, déjà perceptible, redonne à la période les couleurs de l’espoir et de la vie. De fait, Kislev est ainsi un temps de ressourcement. Il est un mois où rien ne peut remettre en cause la puissance et la grandeur de la lueur qui monte. Certes, en une époque de bouleversement, alors que le monde fait déferler toutes les formes du malheur des hommes et que la vérité et l’honnêteté semblent remisées pour longtemps au magasin des accessoires, ce n’est pas à une vision de lumière que nous sommes invités. Pourtant, elle est là présente, juste à la limite du regard. Elle grandit de jour en jour et laisse présager sa victoire éternelle. Car les choses sont ainsi faites : devant le jour qui se lève, la nuit ne peut que reculer. Plus encore, celle-ci n’a pour désir profond que de s’effacer peu à peu. Nous sommes justement les acteurs de ce changement infini. Nous pouvons trouver la sérénité et l’harmonie reconquises. Nous pouvons être les hommes de la lumière qui font surgir, au cœur du monde, le bonheur de tous. Nous en possédons la clé. Vivre Kislev n’est-il pas aussi une affaire de regard ?

Savez-vous ce que représentent les lettres du mot ‘Hanoucca ? Par Jacques Kohn

Question : On sait que le mot ‘HANOUKAH qui s’écrit ‘Hèth-Noun-Vav-Kaf-Heh commence par un ‘Hèth dont la guématria est 8 et qui correspond aux 8 jours de la fête. J’ai vaguement entendu dire que chacune des lettres qui compose ce mot representerait un décret émis par les Grecs sur les choses qui voulurent interdire au Peuple juif, par exemple le ‘Hèth dont la valeur numérique est 8 symboliserait l’interdiction faite aux Juifs par les Grecs de pratiquer le Brit Milah, la circoncision. Qu’en est-il des 4 autres lettres? Quel pourrait bien être leur symbolisme?

-
Réponse : De nombreux rapprochements ont été opérés entre les lettres qui composent le mot «Hanouka » et les événements qui se rapportent à cette fête.

C’est ainsi que l’on a décomposé ce mot en « ‘hanou ko » : « Ils ont campé le 25 ( kislev ) ». De même, a-t-on fait observer, le 25ème campement des enfants d’Israël dans le désert a été ‘Hachmona ( Bamidbar 33, 29), allusion aux‘Hachmonayim (« Hasmonéens »).

S’agissant encore des Hasmonéens, on a fait observer que le mot ‘Hachmonayi se compose des cinq lettres correspondant aux interdictions édictées par les Grecs contre les Judéens : ‘heth ( ‘Houmach , c’est-à-dire l’étude de la Torah ), chine (observance du Chabbat ),  mèm ( mila ), noun ( nachim [« femmes]), c’est-à-dire le respect des fiancées juives), et yod (yarèa‘h [« lune »], c’est-à-dire l’observance de Roch ‘hodèch ) (source : Haïm Nissenbaum,  loubavitch.fr)

Prières & bénédictions de ‘Hanoucca

“BAROUKH ATA ADONAÏ ELOHENOU MELEKH HAÔLAM ACHER QIDDECHANOU BEMITSVOTAV VETSIVANOU LEHADLIK NER (CHEL)* ‘HANOUKA.” (13 mots, 13 rythmes des “midote” ou qualités divines de “ra’hamim”). Béni sois-Tu Hachem, notre D.ieu, Roi du monde qui nous a sanctifiés par Ses mitsvotes et nous a ordonné d’allumer le chandelier de ‘Hanouka.

*(chel) seulement pour les azkénazim

BAROUKH ATA ADONAÏ ELOHENOU MELEKH HAÔLAM CHEÂSSA NISSIM LA AVOTENOU BAYAMIM HAHEM BAZEMANE HAZE.” Béni sois-Tu, Hachem notre D.ieu, Roi du monde qui a fait des miracles pour nos Pères en ces jours-là, en ce temps.

(Le 1er soir seulement, on rajoute :

“BAROUKH ATA ADONAÏ ELOHENOU MELEKH HAÔLAM CHE HE’HEYANOU VEQIYEMANOU VEHIGUIANOU LAZEMANE HAZZE.” Béni sois Tu, Hachem notre D.ieu, Roi du monde qui nous a faits vivre et nous maintenus dans l’existence et nous a fait arriver à ce temps-ci.)

Les autres soirs, on ne dit que les 2 premières bénédictions seulement. Puis on allume. On dit ensuite le passage : « HA NEROTE HALLALOU » Il est bon d’ajouter le psaume 30 pour les sépharades (MIZMOR CHIR LE ‘HANOUKATE HA BAYITE LE DAVID). A la place les Askenazes
chantent le cantique MAÔZ TSOUR…

PSAUME 30 : Cantique de la dédicace du Temple, par David :

“Je t’exalterai, Seigneur, car Tu m’as relevé ; tu n’as pas réjoui mes ennemis à mes dépens. Eternel, mon D.ieu, je t’ai invoqué et tu m’as guéri : Seigneur, tu as fait remonter mon âme du Cheol, Tu m’as permis de vivre, de ne pas descendre au tombeau. Chantez l’Eternel, vous ses fidèles, rendez grâce à son saint nom ; car sa colère ne dure qu’un instant, mais sa bienveillance
est pour la vie ; le soir dominent les pleurs, le matin, c’est l’allégresse.

J’avais dit en ma quiétude : « Jamais je ne chancellerai. » Seigneur, dans ta
bonté, tu avais puissamment fortifié ma montagne. Mais Tu as caché ta
face : j’ai été consterné ! C’est vers Toi que je crie, c’est à mon Seigneur que vont mes supplications : « Que gagnes-tu à ce que mon sang soit versé ? A ce que je descende au tombeau ? La poussière te rend-elle hommage ? Proclame-t-elle Ta persistante bonté ? Ecoute, ô Seigneur et prends-moi en pitié ! Eternel, sois mon sauveur ! Tu as changé mon deuil en danses de joie, Tu as dénoué mon cilice et de la joie Tu m’as fait une ceinture. De la sorte mon âme te chantera sans relâche ; Eternel mon D.ieu, à tout jamais je te célébrerai.”

Avant l’arrivée de Chabbat, on dit Min’ha et on allume d’abord les lumière de ‘Hanouca avant celles du Chabbat, alors qu’il fait pourtant encore jour. Les bougies ou l’huile doivent être assez importantes pour tenir ½ h après l’arrivée des étoiles. Puis, on peut allumer les bougies du Chabbat.

A la sortie de Chabbat,

- à la synagogue on allume
d’abord la ‘hahoukia puis on fait la havdala.

- à la maison on fait d’abord la havdala avant d’allumer les lumières de ‘Hanouca

Ceux qui font autrement et allument les lumières de ‘Hanouca avant de faire la havdala, ont aussi sur quoi se baser sur les plus grands décision-naires (Choulkhane Aroukh, Ora’h ‘Hayim) 681/2). Mais on l’évite
souvent par précaution pour ne pas oublier la pratique de la havdala.

Pendant les 8 jours de ‘Hanouca, on ajoute un texte « ÂL HANNISSIM » dans

- le BIRKATE HAMAZONE (prière après le repas)

- chaque âmida (prière dite debout)

A Cha’harite

- on dit le HALLEL chaque jour (même l’endeuillé, mais les femmes en sont dispensées)

- on dit le passage BEIT YAAQOV

- on lit dans la Torah des passages de Bémidbar 6,  22-27,  7, 1-89 ; 8, 1-4

Au Chabbat on sort deux rouleaux de la Torah et on lit dans le 2ème passage
quotidien de ‘HANOUCA.

La haftara est en Zarharie 2, 14 à 4,7

S’il y a deux Chabbatote, la haftara est en 1 Rois de 7, 40 à 7, 50.

-

AINSI, ‘HANOUCA N’EST PAS UNE FÊTE COMMERCIALE, C’EST UNE FÊTE  PROFONDEMENT JUIVE, LA FÊTE DE LA LUMIERE, LA FÊTE DE L’ÂME JUIVE, LA FÊTE DE LA VIE !

(sources : Rav Léon Ezkenazy – Modia – Morim – Juif.org – Rav Jacky Milewski -” Le chandelier d’or, Josy Eisenbert & Adin Steinsaltz – Rav Bonnie Lee Leavy – Dr Debora Weissman – Rav David Pitoun – Lamed – ‘Hanoucah, Ed. Peylim Yad-Laa’him – Albert Soued)

PREPARER LA FÊTE DE ‘HANOUCA AVEC MODIA ICI : PRÉPAREZ ET ENSEIGNEZ LA FÊTE DE ‘HANOUCA, ICI (DÉCEMBRE)

www.universtorah.com :
Le véritable sens de ‘Hanouka
’Hanouka: la lutte contre l’obscurantisme
‘Hanouka dans la Halakha (procédure d’allumage de la ‘Hanoukia, etc…)
’Hanouka: liberté de corps et d’esprit
‘Hanouka, fête des lumières
De ‘Hanouka à Pourim
’Hanouka, entre sept et huit
Nature et miracle
Vidéo :  On se prépare pour ‘Hanouka L’ambiance à Jérusalem dans les heures qui précèdent ‘Hanouka

Création et Concept: Levtov-Graphic.com
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‘Hanouca est fêté partout dans le monde. Voici une vidéo des allumages publics de la ‘Hanoukia aux quatre coins de la planète…

Allumages de Hannouca partout dans le monde
Vidéo exceptionnelle d’allumages publics géants des bougies et lumières de Hannouca un peu partout dans le monde : Chilie, Etats-Unis, Irelande,…

Les sites DesInfos.com et Terredisrael vous proposent :

Quelques cours audiovisuels sur ‘Hanoucca

3 Cours du rav ‘Haïm Dynovicsz, décembre 2009

processus de paix, la grande farce. Hanouca 1er
Hanouka 2ème cours
Hanouka troisième cours

COURS SUR LE SENS DE ‘HANOUCCA, PAR LE RAV RON CHAYA ICI   :

Fêtes juives : Le sens de Hanouka (cours vidéo de rav Ron CHAYA)

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Et… que mange-t-on à la fête de ‘Hanoucca ? (recettes)

L’huile, ingrédient lumière de la cuisine de ‘Hanoucca ! En souvenir du miracle de la petite bouteille d’huile sainte épargnée par les profanateurs Grecs du Temple de Jérusalem à l’époque des Maccabées, les plats favoris pour ‘Hanouka sont essentiellement frits dans l’huile.

Latkès

Beignets de pommes de terre et d’oignons râpés

Ingrédients :

- 500 grs de pomme de terre (de préférence bintje)
- 2 oignons
- 2 oeufs
- 2 cuillères à soupe de farine
- sel

Préparation :

Peler les pommes de terre et les oignons, les râper finement. Afin d’enlever l’eau des pommes de terre, les mettre pendant 10 minutes dans une passoire avec au fond du papier absorbant. Dans une assiette battre les œufs.

Mélanger ensuite les pommes de terre, l’oignon, les œufs, la farine, le sel dans un saladier.

Faire chauffer de l’huile dans une poêle et y déposer des petits tas plats grâce à une cuillère à soupe. Laisser frire les laktes en les faisant dorer de chaque côté, une fois cuits, déposer les laktes sur du papier absorbant avant de servir, bien croustillant et doré à souhait !

Sufganiot image from fotobank.ru  300x234 Hanoucca ou lhistoire de la culture allemande et la culture juive______________________________________________________

Souvganiote fourrés à la confiture ou à la compote de pommes

Pour 8 personnes (8 beignets)

Ingredients :

  • 500g de farine
  • 42g de levure fraîche
  • 70g de sucre
  • 1 sachet de sucre vanillé
  • 150ml d’eau tiède
  • 60g (1/4) de verre d’huile neutre
  • 3 oeufs
  • 1/4 de cuillère à café de sel
  • confiture fraise,  framboise, abricot ou autre, ou même, et c’est délicieux aussi, de la  compote de pomme,  au choix
  • sucre

Préparation :

Mélanger, dans un saladier, les œufs, le sucre, l’huile, le sucre vanillé et la farine.

Délayer dans un verre d’eau tiède le cube de levure. Le rajouter dans le saladier et bien mélanger.

Travailler le mélange jusqu’à l’obtention d’une pâte moelleuse.

Laisser reposer pendant 1 heure et demi sous un torchon.

Verser la pâte sur un plan fariné, l’étaler avec un rouleau à pâtisserie. Puis faire des ronds avec par exemple un verre à thé. Laisser les ronds reposer pendant une demi-heure.

Faite chauffer de l’huile et faite frire chaque beignet des deux cotés. La cuisson est bonne lorsque les beignets remontent à la surface

Attention,  l’huile ne doit pas être trop chaude, cela brunirait trop vite les beignets sans les cuire à l’intérieur (une petite astuce en passant, mettre dans l’huile un morceau de carotte crue et les beignets resteront clairs) Les beignets doivent être bien dorés.

Les poser sur du papier absorbant, les farcir de confiture ou de compote de pommes avec une seringue de pâtisserie et les saupoudrer de sucre glace lorsqu’elles sont encore bien chaudes.

Voilà donc un repas bien léger … Mais ce n’est pas ‘Hanoucca tous les jours. Alors profitez-en, au moins une fois par an !

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Une autre idée-repas pour la fête de ‘Hanoucca.: un plat facile et très rapide à cuisiner. Le poisson a toujours occupé une grande place dans la cuisine juive. Sur les marchés de Jérusalem, d’énormes quantités de poissons, en provenance de la mer de Galilée, se vendaient.

Saumon mariné, grillé avec sa mayonnaise à l’avocat à l’aneth

Pour 4 personnes

Ingrédients:

  • 4 filets de saumon (sans peau)
  • 150 ml d’huile d’olive
  • 2 c. à café jus de citron frais
  • 2 c. à café d’origan séché
  • 2 c. à café de basilic séché
  • 1 / 2 c. à café de sel
  • 1 / 2 c. à café de poivre du moulin
  • 6 gousses d’ail hachées

Sauce mayonnaise :

  • 150 ml de mayonnaise maison bien ferme
  • 1 avocat bien mûr, pelé, dénoyauté et coupé en morceaux
  • 2 à 3 c. à café d’aneth frais haché
  • jus d’un citron
  • 1 pincée de poivre de Cayenne

Préparation:

Préchauffer le gril.

Dans un petit bol, mélanger tous les ingrédients hormis le saumon. Placer le saumon dans une poêle, puis verser la marinade sur le saumon. Laisser mariner pendant 1 / 2 heure.

Jeter la marinade et faire griller le saumon griller à feu moyen-vif pendant environ 5 minutes de chaque côté, ou jusqu’à ce que le poisson s’émiette facilement.

Préparer la sauce mayonnaise à l’avocat à l’aide d’un robot de cuisine et mixer la mayonnaise et l’avocat jusqu’à obtenir une purée lisse. Incorporer l’aneth, le jus de citron, du poivre, du sel. Mettre au frais jusqu’au service.

Servir le saumon avec la mayonnaise.

Variante: le saumon peut être cuit au four à 190°C.

Suggestions d’accompagnement : servir avec une salade de fèves vertes assaisonnée d’huile d’olive, de citron, de sel et cumin. Des pommes de terre sautées à la Bombay seront également une délicieuse garniture pour ce poisson grillé.

Cette recette peut s’accompagner de…

Petits cakes salés à l huile d olive et  à la feta

petits pains dorés aux olives

Pour une quinzaine de petits pains

Ingrédients :

  • 100 g de farine de sarrasin
  • 340 g de farine de blé
  • 20 g de levure de boulanger
  • ½ c. à café de sel
  • 3 c. à soupe d’huile d’olive
  • 300 g d’olives noires dénoyautées hachées
  • 220 ml d’eau chaude
  • poivre
  • graines de cumin

Préparation :

Mélanger la levure avec un peu d’eau chaude, réserver.

Dans un robot ménager, verser la farine, le sel et l’huile, puis mélanger. Ajouter la levure, l’eau chaude petit à petit. Pétrir tout en rajoutant petit à petit les olives, jusqu’à obtenir une pâte souple, formant une boule. Laisser reposer, couvercle fermé pendant 1 h 30, la pâte a doublé de volume.

Sortir la pâte du robot, la fariner et la pétrir délicatement, diviser en 4 morceaux, puis façonner en petites boules.

Fariner une plaque à pâtisserie, fariner légèrement puis déposer les petites boules de pain, couvrir d’un torchon. Laisser lever encore une trentaine de minutes dans un endroit chaud. Préchauffer le four à 200°C.

Saupoudrer les boules de pain avec un peu de farine de sarrasin, puis dessiner une croix sur chaque boule. Mettre à cuire 20 min jusqu’à ce que les petits pains soient dorés. Retirer les pains des plaques et les faire refroidir sur une grille.

Ils sont meilleurs lorsqu’ils sont servis encore chauds.

Dos de cabillaud et ses petits légumes

Poisson “Sofrito”

La méthode culinaire appelée “sofrito” par les juifs d’Égypte est originaire des îles ioniennes grecques et particulièrement de Corfou et fut introduite par les juifs de Corfou émigrés en Égypte.

Ingrédients :

  • 4 à 6 tranches de poisson (bar, cabillaud, etc.)
  • 125 ml d’eau ou de fumet de poisson
  • 2 cuil. à soupe d’huile végétale, ou d’olive
  • 2 gousses d’ail effilées
  • le jus d’un citron
  • 1/4 cuil. à café de curcuma
  • sel et poivre
  • persil hâché (pour garniture)


Recette :

Dans un poëlon à fond épais assez large pour contenir toutes les tranches de poisson à plat sur une seule couche, chauffer l’huile et y ajouter l’ail ,le jus de citron, le curcuma, et l’eau (ou le fumet de poisson).

Porter à  douce ébullition et y ajouter les tranches de poisson dès que le liquide commence à frémir. Ajouter sel et poivre et laisser mijoter à découvert, pendant 7 à 10 min., dépendant de l’épaisseur des tranches de poisson.

Poser les tranches de poisson dans un plat de service. Si la sauce n’est pas assez épaisse, la laisser bouillir quelques minutes de plus, et la verser sur le poisson.

Garnir de persil haché.

Ce plat peut être servi chaud (avec des pommes de terre cuite à l’eau ou avec du riz blanc), ou encore froid, et fait une présentation très élégante quand la sauce refroidie forme une gelée naturelle autour du poisson.

pâtisserie de Hanoucca, rugelach au chocolat, roland

Les biscuits fourrés de Hanoucca: les rugelachs

Ces petits fours torsadés, en forme de cornes ou de croissants sont d’origine ashkénaze. Ils sont fourrés avec des garnitures sucrées comme le chocolat, raisins secs et noix, noix à la cannelle, à la confiture d’abricots ou de framboises par exemple. Deux recettes s’opposent: en Europe la pâte est levée, en Amérique la pâte est composée de fromage blanc. Comme d’autres spécialités, ces biscuits ont évolué au cours des siècles. On retrouve de nos jours un large choix de garnitures pour les rugelachs: aux pistaches noisettes, amandes, parfum orange, au café et au chocolat, à la noix de coco et au chocolat, etc…

rugelach à l’abricot, parfum canelle

(parve, ni viande, ni lait, donc compatible au cours d’un repas comportant de la viande)

Ingrédients :

  • 350 g de farine
  • 2 œufs
  • 220 g de margarine
  • 65 ml d’eau tiède
  • 1 sachet de levure
  • 3 c. à soupe de sucre

Ingrédients pour la garniture :

  • confiture d’abricots mélangée à 4 c. à café de cannelle et 3 de sucre.

Mettre la levure à dissoudre dans l’eau chaude, laisser reposer jusqu’à voir des bulles apparaître à la surface. Faire fondre la margarine dans une casserole à feu doux. Battre les œufs dans un récipient, ajouter petit à petit la farine et le sucre. Incorporer la margarine et la levure, bien mélanger jusqu’à obtenir une pâte molle. Couvrir et mettre au réfrigérateur une nuit.

Le lendemain, retirer la pâte du réfrigérateur et la diviser en quatre parties égales. Abaisser chaque portions en un cercle, puis garnir de la confiture d’abricots. Découper en 8 ou 16 parts, selon le diamètre du cercle. Rouler chaque triangle en partant de la partie la plus large.

Préchauffer le four à 180°C. Faire cuire au four durant 15 min, les biscuits sont légèrement dorés.

recettes pour Hanoukka, tzimme boeuf pruneaux , jypsygen

tzimme de boeuf aux pruneaux

Les tzimmes sont soit des légumes soit de la viande mijotée longuement, à feu doux. Le tzimme le plus connu est le tzimme de carottes.

Pour 6 à 8 personnes

Ingrédients :

  • 1,5 kg.de poitrine de bœuf désossée
  • 6 c. à soupe d’huile
  • 2 c. à soupe de farine
  • 2 oignons émincés finement
  • 2 gousses d’ail hachées
  • 1 kg de tomates pelées, concassées en boîte (type Roma)
  • 6 carottes coupées en rondelles
  • 200 g d’haricots rouges en boite, rincés et égouttés
  • 1 mangue bien mûre, pelée, évidée et pressée en purée
  • 4 patates douces pelées et coupés en morceaux
  • 200 g de pruneaux d’agen
  • 100 g de noix de pécan
  • 50 g de miel
  • 2 feuilles de laurier
  • 4 c. à soupe de coriandre fraiche hachée
  • 2 c. à café de cumin en poudre
  • Piment rouge séché
  • 1 bâton de cannelle
  • sel

Préparation :

Mettre un peu de farine dans un sac, insérer la viande et secouer pour l’enrober de farine. Faire chauffer l’huile dans une cocotte à feu vif. Ajouter le bœuf dans la cocotte et faire cuire une dizaine de minutes jusqu’à ce qu’elle soit bien dorée de tous les côtés. Transférer dans un plat.

Remettre si nécessaire de l’huile, puis faire cuire les oignons 3-4 min, jusqu’à ce qu’ils deviennent transparents. Ajouter l’ail, remuer, puis ajouter les tomates, mélanger à nouveau. Incorporer le piment, le cumin, la cannelle, le laurier, le miel, le sel et la mangue. Porter à ébullition tout en remuant.

Remettre le bœuf dans la cocotte, couvrir d’eau et faire mijoter doucement, à couvert pendant 1h30. Rajouter de l’eau si nécessaire.

Incorporer les légumes, les pruneaux, les haricots rouges et faire cuire à nouveau une trentaine de minutes. Transférer la viande sur un plat et recouvrir de papier d’aluminium, tenir au chaud. Faire réduire la sauce, rajouter les noix de pécan, puis incorporer la coriandre dès que le jus s’épaissit.

Couper la viande en fines tranches, arroser de sauce, saupoudrer de coriandre fraiche et garnir avec les légumes.

Fassoulia Béda

Recette égyptienne à base de viande d’agneau et de haricots blancs

Ingrédients :

  • 1 kilo d’haricots blancssecs (les laisser tremper la veille dans l’eau fraîche et changer l’eau au moins une fois)
  • 3 morceaux de collier d’agneau non gras
  • 1/2 boîte de tomates concassées
  • 1 petite brique de coulis de tomates (le concentré de tomates est plus acide)

  • 2 gousses d’ail
  • 1 oignon moyen
  • 3 cuillers à soupe d’huile d’olive ou 2 cuillers à soupe de graisse d’oie (il en existe cacher)
  • sel et poivre (éventuellementsaler à la fin de la  cuisson des haricots secs pour éviter que la peau ne durcisse).

  • 1 cuiller à café de curcuma
  • 1 cuiller à café de colombo (mélange d’épices, on en trouve partout), ou de ras el hanout

Recette :

Faire revenir les morceaux de collier d’agneau avec l’huile d’olive ou la graisse d’oie, lorsque la viande est bien dorée, ajouter l’oignon coupé en petits morceaux, l’ail écrasé, bien mélanger et laisser suer à découvert. Ensuite, rajouter les tomates concassées, le coulis de tomate et toutes les épices par étape.

Rallonger avec de l’eau afin de couvrir tous les ingrédients et couvrir. Laisser mijoter à feu doux. Ne pas hésiter à rajouter de l’eau ou du bouillon. Il faut que l’haricot s’écrase avec le doigt. La cuisson est très longue surtout lorsque l’on utilise les haricots secs.

Pour obtenir un bon goût, préparer la veille, la sauce sera plus onctueuse.

On  peut le déguster avec un riz (roz) blanc.

Choux, Patachou, Chouchoux - anim2
photo  site  ‘Le pétrin’

CHOU CHOU DE ‘HANOUCCA

C’est en 1540 que Popellini, pâtissier italien à la cour de la reine Catherine de Médicis, confectionna un gâteau – le Popelin – réalisé avec une pâte desséchée sur le feu appelée “pâte à chaud”. Pendant longtemps, cette pâte fut utilisée mais ce n’est qu’à partir de 1760 qu’elle fut perfectionnée et qu’elle servit à la confection des petits choux grillés, devenant ainsi la “pâte à choux”, que l’on peut accommoder selon ses goûts, salé ou sucré.

Ingrédients :

- 500 ml d’eau
- 100 gr d’huile
- 300 gr de farine
- 6 à 7 œufs moyens
- 1 cuillère à soupe de sucre en poudre
- 1 pincée de sel

Préparation :

Dans une grande casserole, mettre l’huile, l’eau, le sel et le sucre à chauffer sur feu vif.

Dès ébullition, verser d’un coup la farine et mélanger énergiquement avec une cuillère en bois hors du feu. Baisser le feu et continuer à battre la pâte jusqu’à ce qu’elle forme une boule homogène qui se détache des parois de la casserole. Hors du feu incorporer les 6 premiers œufs un à un en mélangeant vigoureusement après chaque œuf jusqu’à que la pâte redevienne homogène. Battre le 7eme œuf dans un bol et le rajouter à la pâte petit à petit, le but étant d’obtenir une pâte très lisse qui forme un ruban au bout de la spatule quand on la soulève.

Faite chauffer de l’huile dans une friteuse à 180°, à l’aide d’une cuillère à soupe les plonger dans la friture chaude. Laisser dorer quelques minutes de chaque côté, puis les mettre sur du papier absorbant et saupoudrer de sucre glace. ‘recette Lamed’

etc, etc… Bon appétît et bonne fête de ‘Hanoucca à tous !

CULTURE JUDAÏSME SOUCCOT | Espace détente, poésie …

    image du site Terre d’Israel

              SOUCCOT
(FÊTE DES CABANES OU FÊTE DES TABERNACLES)
incluant CHEMINI ATSERET ET SIM’HAT TORAH

Une fête entièrement placée sous le signe de la joie

Pour un cours complet sur la fête, allez sur Modia : … Souccote et le sens du mois de Tichri, un diamant qui contient toutes ces fêtesou ici: Modia


Akadem proposent des cours audiovisuels ici:

Roch hachana, Kipour, Soucot
L’universalité des fêtes de Tichri
par Philippe Haddad

‘La souca, origine et significations A l’ombre de Dieu ‘,
par Philippe Haddad

Souccot en Sibérie ici :  http://www.universtorah.com/ns2 dossier .php? idd=1318.

Les 4 espèces du loulav de Souccot : etrog,  aravah (à gauche), loulav (au centre), hadassim (à droite)

Tableau des horaires en région parisienne pour les fêtes de Souccot 5772

Souccot du mercredi 12 octobre au soir au mercredi 19 octobre 2011 à la tombée de la nuit.
La "Fête des Cabanes". En diaspora les deux premiers jours sont des jours de fêtes ; Les jours suivants la première fête sont appelés ‘Hol Hamoëd, ce sont des "demi-fêtes" lors desquelles il est permis, dans une certaine mesure, d’effectuer des tâches interdites les jours de fête.
Hochaana Rabba Mercredi 19 octobre 2011 Dernier jour de Souccot ; Récitation des 7 "Hochaanot" ; Conclusion du jugement divin.
Sim’hat Torah en Israël ;
Chemini Atseret en diaspora
Du mercredi 19 octobre au soir au jeudi 20 octobre 2011 au soir. En Israël : conclusion de la lecture de la Torah et célébration des "Hakafot" ;
En diaspora : "Chemini Atseret"
Sim’hat Torah en diaspora Du jeudi 20 octobre au soir au vendredi 21 octobre 2011  à la tombée de la nuit. En diaspora : conclusion de la lecture de la Torah et célébration des "Hakafot
De dimanche à mercredi Calendrier détaillé Beth Chabad 5772 Du 9 au 12 octobre – du 11 au 14 Tichri

Dès que Yom Kippour est derrière nous, nous nous concentrons sur les Mitsvot de la fête de Souccot à venir. Ces Quatre Jours Entre Yom Kippour et Souccot sont caractérisés par une activité frénétique : l’achat des Quatre Espèces, la construction de la souccah, lancer des invitations pour les repas de la fête, l’achat des provisions et la préparation de tous les repas, l’achat de nouveaux vêtements en l’honneur de la fête.

Cliquez ici pour en savoir plus sur les Quatre Espèces

Cliquez ici pour un guide de construction de votre souccah

Mercredi 12 octobre – 14 Tichri
Le jour avant Souccot
Il est de coutume de rassembler le loulav, les hadassim et les aravot en ce jour, à l’intérieur de la souccah. Cliquez icipour savoir comment faire.Le jour qui précède Souccot, il est de coutume de donner plus de charité que d’habitude, car la vraie joie est dans le partage avec les autres.

Comme la fête débute un mercredi soir, nous préparons un érouv tavchiline.

Les femmes, les jeunes filles et les petites filles allument les bougies – de préférence dans la souccah – pour accueillir la fête. Cliquez ici pour le texte des bénédictions, et ici pour l’heure d’allumage dans votre ville. Cliquez ici pour un résumé des lois de Yom Tov.

Après la prière du soir, nous consommons un repas de fête. Même s’il pleut à torrents, c’est une mitsva ce soir de faire au moins le kiddouche et de consommer 30 g de ‘hallah dans la souccah. Nous trempons la ‘hallah dans le miel.

Le groupe d’invités célestes – Abraham, Isaac, Jacob, Moïse, Aaron, Joseph et David – qui honore de sa présence nos souccahs tout au long de la fête (appelés ouchpizine) est conduit ce soir et la journée de demain par notre Patriarche Abraham. Le groupe des ouchpizine ‘hassidiques – le Baal Chem Tov, le Maguid de Mézeritch, l’Admour HaZakène, l’Admour HaEmtsahi, le Tsema’h Tsedek, le Rabbi Maharach, le Rabbi Rachab et le Rabbi Rayats – est conduit par le Baal Chem Tov.

Ce soir commencent les célébrations de Sim’hat Beit Hachoéva. Il est de coutume de danser et de chanter en commémoration des Fêtes du Puisage de l’Eau qui avaient lieu la nuit au Temple au cours de la fête de Souccot.

Jeudi 13 octobre – 15 Tichri
1er jour de Souccot
Nous secouons les Quatre Espèces. Cliquez icipour un guide pratique.Office du matin. Le Hallel entier est récité, suivi des Hochaanot (on tourne autour de la table de lecture dans la synagogues avec les Quatre Espèces, en récitant des prières dans lesquelles nous demandons à D.ieu une ample subsistance pour l’année qui débute.)
Deux rouleaux de la Torah sont extraits de l’arche.
Lecture de la Torah : Lévitique 22, 26-23, 44 et Nombres 29, 12-16.
Haftarah : Zakharia 14, 1-21.

Les Cohanim bénissent l’assemblée au cours de la prière de Moussaf.

Repas de fête dans la souccah. La ‘hallah est trempée dans le miel.

Après la tombée de la nuit, les femmes, les jeunes filles et les petites filles allument les bougies – de préférence dans la souccah – pour accueillir la fête en utilisant une flamme existante. Cliquez ici pour le texte des bénédictions, et ici pour l’heure d’allumage dans votre ville.

Après la prière du soir, repas de fête dans la souccah. Nous trempons la ‘hallah dans le miel.

Le groupe d’invités célestes – Abraham, Isaac, Jacob, Moïse, Aaron, Joseph et David – qui honore de sa présence nos souccahs tout au long de la fête (appelés ouchpizine) est conduit ce soir et la journée de demain par notre Patriarche Isaac. Le groupe des ouchpizine ‘hassidiques – le Baal Chem Tov, le Maguid de Mézeritch, l’Admour HaZakène, l’Admour HaEmtsahi, le Tsema’h Tsedek, le Rabbi Maharach, le Rabbi Rachab et le Rabbi Rayats – est conduit par le Maguid de Mézeritch.

Les célébrations de Sim’hat Beit Hachoéva se poursuivent. Il est de coutume de danser et de chanter en commémoration des Fêtes du Puisage de l’Eau qui avaient lieu la nuit au Temple au cours de la fête de Souccot.

Vendredi 14 octobre – 16 Tichri
2ème jour de Souccot

Nous secouons les Quatre Espèces. Cliquez icipour un guide pratique.Office du matin. Le Hallel entier est récité, suivi des Hochaanot (on tourne autour de la table de lecture dans la synagogues avec les Quatre Espèces, en récitant des prières dans lesquelles nous demandons à D.ieu une ample subsistance pour l’année qui débute.)
Deux rouleaux de la Torah sont extraits de l’arche.
Lecture de la Torah : Lévitique 22, 26-23, 44 et Nombres 29, 12-16.
Haftarah : Rois I 8, 2-21.

Les Cohanim bénissent l’assemblée au cours de la prière de Moussaf.

Repas de fête dans la souccah. La ‘hallah est trempée dans le miel.

On cuisine pour Chabbat.

18 minutes avant le coucher du soleil, les femmes, les jeunes filles et les petites filles allument les bougies du Chabbat – de préférence dans la souccah – en utilisant une flamme existante. Cliquez ici pour le texte des bénédictions, et ici pour l’heure d’allumage dans votre ville.

Après l’office d’entrée du Chabbat abrégé (avec l’ajout de Yaaleh Veyavo dans la Amidah), repas de Chabbat dans la souccah.

Le groupe d’invités célestes – Abraham, Isaac, Jacob, Moïse, Aaron, Joseph et David – qui honore de sa présence nos souccahs tout au long de la fête (appelés ouchpizine) est conduit ce soir et la journée de demain par notre Patriarche Jacob. Le groupe des ouchpizine ‘hassidiques – le Baal Chem Tov, le Maguid de Mézeritch, l’Admour HaZakène, l’Admour HaEmtsahi, le Tsema’h Tsedek, le Rabbi Maharach, le Rabbi Rachab et le Rabbi Rayats – est conduit par l’Admour HaZakène.

Les célébrations de Sim’hat Beit Hachoéva se poursuivent. Il est de coutume de danser et de chanter en commémoration des Fêtes du Puisage de l’Eau qui avaient lieu la nuit au Temple au cours de la fête de Souccot.

Chabbat 15 octobre – 17 Tichri
3ème jour de Souccot
Chabbat ‘Hol Hamoed
Nous ne prenons pas les Quatre Espèces aujourd’hui.Office du matin : Office de Chabbat normal. On ajoute Yaaleh Véyavo dans la Amidah.
Le Halel entier est récité. Pas d’Hochaanot.
Deux rouleaux de la Torah sont extraits de l’arche.
Lecture de la Torah : Exode 33, 12-34, 26 et Nombres 29, 17-22.
Haftarah : Ézéchiel 38,18-39,15.

On récite la Amidah de Moussaf des fêtes, avec les ajouts spécifiques à Chabbat.

Repas de Chabbat dans la souccah.

Prière du soir. On ajoute Atah ‘honanetanou dans la Amidah.

Après la tombée de la nuit, on récite la Havdalah.

On célèbre les jours de ‘Hol Hamoed  (dits de "demi-fête") de Souccot. Entre maintenant et Chemini Atseret, nous pouvons reprendre la plupart de nos activités habituelles (mais pas toutes). Bien sûr, nous continuons à prendre nos repas dans la souccah. Il est de coutume de boire un verre de vin chaque jour, comme élément de célébration de la fête.

Le groupe d’invités célestes – Abraham, Isaac, Jacob, Moïse, Aaron, Joseph et David – qui honore de sa présence nos souccahs tout au long de la fête (appelés ouchpizine) est conduit ce soir et la journée de demain par Moïse. Le groupe des ouchpizine ‘hassidiques – le Baal Chem Tov, le Maguid de Mézeritch, l’Admour HaZakène, l’Admour HaEmtsahi, le Tsema’h Tsedek, le Rabbi Maharach, le Rabbi Rachab et le Rabbi Rayats – est conduit par l’Admour HaEmtsahi.

Les célébrations de Sim’hat Beit Hachoéva se poursuivent. Il est de coutume de danser et de chanter en commémoration des Fêtes du Puisage de l’Eau qui avaient lieu la nuit au Temple au cours de la fête de Souccot.

Dimanche 16 octobre – 18 Tichri
4ème jour de Souccot
2ème jour de ‘Hol Hamoed
(demi-fête)Nous secouons les Quatre Espèces. Cliquez icipour un guide pratique.Office du matin : dans la plupart des communautés, on ne met pas les tefiline lors des jours intermédiaires de Souccot.
Le Hallel entier est récité, suivi des Hochaanot (on tourne autour de la table de lecture dans la synagogues avec les Quatre Espèces, en récitant des prières dans lesquelles nous demandons à D.ieu une ample subsistance pour l’année qui débute.) Aujourd’hui nous récitons la section des Hochaanot relative à ce jour ainsi que celle du 2ème jour de Souccot que nous n’avons pu dire hier à cause du Chabbat. Toutefois, nous ne tournons qu’une seule fois autour de la table de lecture.
Un rouleau de la Torah est extrait de l’arche.
Lecture de la Torah : Nombres 29, 20-28.

La Amidah de Moussaf est récitée. Tout au long des demi-fêtes, Yaaleh Véyavo est ajouté dans toutes les prières ainsi que dans les Grâces après les repas.

Pendant ‘Hol Hamoed (les jours de "demi-fête"), certains travaux ou activités professionnelles demeurent interdits.

Le groupe d’invités célestes – Abraham, Isaac, Jacob, Moïse, Aaron, Joseph et David – qui honore de sa présence nos souccahs tout au long de la fête (appelés ouchpizine) est conduit ce soir et la journée de demain par Aharon le Grand-Prêtre. Le groupe des ouchpizine ‘hassidiques – le Baal Chem Tov, le Maguid de Mézeritch, l’Admour HaZakène, l’Admour HaEmtsahi, le Tsema’h Tsedek, le Rabbi Maharach, le Rabbi Rachab et le Rabbi Rayats – est conduit par le Tsema’h Tsedek.

Les célébrations de Sim’hat Beit Hachoéva se poursuivent. Il est de coutume de danser et de chanter en commémoration des Fêtes du Puisage de l’Eau qui avaient lieu la nuit au Temple au cours de la fête de Souccot.

Lundi 17 octobre – 19 Tichri
5ème jour de Souccot
3ème jour de ‘Hol Hamoed
(demi-fête)Nous secouons les Quatre Espèces. Cliquez icipour un guide pratique.Office du matin : dans la plupart des communautés, on ne met pas les tefiline lors des jours intermédiaires de Souccot.
Le Hallel entier est récité, suivi des Hochaanot (on tourne autour de la table de lecture dans la synagogues avec les Quatre Espèces, en récitant des prières dans lesquelles nous demandons à D.ieu une ample subsistance pour l’année qui débute.) Aujourd’hui nous récitons la section des Hochaanot relative à ce jour ainsi que celle du 2ème jour de Souccot que nous n’avons pu dire hier à cause du Chabbat. Toutefois, nous ne tournons qu’une seule fois autour de la table de lecture.
Un rouleau de la Torah est extrait de l’arche.
Lecture de la Torah : Nombres 29, 23-31.

La Amidah de Moussaf est récitée. Tout au long des demi-fêtes, Yaaleh Véyavo est ajouté dans toutes les prières ainsi que dans les Grâces après les repas.

Pendant ‘Hol Hamoed (les jours de "demi-fête"), certains travaux ou activités professionnelles demeurent interdits.

Le groupe d’invités célestes – Abraham, Isaac, Jacob, Moïse, Aaron, Joseph et David – qui honore de sa présence nos souccahs tout au long de la fête (appelés ouchpizine) est conduit ce soir et la journée de demain par Joseph. Le groupe des ouchpizine ‘hassidiques – le Baal Chem Tov, le Maguid de Mézeritch, l’Admour HaZakène, l’Admour HaEmtsahi, le Tsema’h Tsedek, le Rabbi Maharach, le Rabbi Rachab et le Rabbi Rayats – est conduit par le Rabbi Maharach.

Les célébrations de Sim’hat Beit Hachoéva se poursuivent. Il est de coutume de danser et de chanter en commémoration des Fêtes du Puisage de l’Eau qui avaient lieu la nuit au Temple au cours de la fête de Souccot.

Mardi 18 octobre – 20 Tichri
6ème jour de Souccot
4ème jour de ‘Hol Hamoed
(demi-fête)Nous secouons les Quatre Espèces. Cliquez icipour un guide pratique.Office du matin : dans la plupart des communautés, on ne met pas les tefiline lors des jours intermédiaires de Souccot.
Le Hallel entier est récité, suivi des Hochaanot (on tourne autour de la table de lecture dans la synagogues avec les Quatre Espèces, en récitant des prières dans lesquelles nous demandons à D.ieu une ample subsistance pour l’année qui débute.) Aujourd’hui nous récitons la section des Hochaanot relative à ce jour ainsi que celle du 2ème jour de Souccot que nous n’avons pu dire hier à cause du Chabbat. Toutefois, nous ne tournons qu’une seule fois autour de la table de lecture.
Un rouleau de la Torah est extrait de l’arche.
Lecture de la Torah : Nombres 29, 26-34.

La Amidah de Moussaf est récitée. Tout au long des demi-fêtes, Yaaleh Véyavo est ajouté dans toutes les prières ainsi que dans les Grâces après les repas.

Pendant ‘Hol Hamoed (les jours de "demi-fête"), certains travaux ou activités professionnelles demeurent interdits.

Le groupe d’invités célestes – Abraham, Isaac, Jacob, Moïse, Aaron, Joseph et David – qui honore de sa présence nos souccahs tout au long de la fête (appelés ouchpizine) est conduit ce soir et la journée de demain par le roi David. Le groupe des ouchpizine ‘hassidiques – le Baal Chem Tov, le Maguid de Mézeritch, l’Admour HaZakène, l’Admour HaEmtsahi, le Tsema’h Tsedek, le Rabbi Maharach, le Rabbi Rachab et le Rabbi Rayats – est conduit par le Rabbi Rachab.

Les célébrations de Sim’hat Beit Hachoéva se poursuivent. Il est de coutume de danser et de chanter en commémoration des Fêtes du Puisage de l’Eau qui avaient lieu la nuit au Temple au cours de la fête de Souccot.

Demain est Hochaana Rabbah. Il est de coutume dans de nombreuses communautés de rester éveillé toute la nuit. L’usage est de réciter le Livre du Deutéronome avant la mi-nuit, et le Livre des Psaumes après la mi-nuit.

Mercredi 19 octobre – 21 Tichri
7ème jour de Souccot
5ème jour de ‘Hol Hamoed
(demi-fête)
Hochaanah Rabbah
Nous secouons les Quatre Espèces. Cliquez icipour un guide pratique.Office du matin : dans la plupart des communautés, on ne met pas les tefiline lors des jours intermédiaires de Souccot.
Avant le Hallel, nous retirons du loulav les deux bagues supérieures. Le Hallel entier est récité, suivi des Hochaanot (on tourne autour de la table de lecture dans la synagogues avec les Quatre Espèces, en récitant des prières dans lesquelles nous demandons à D.ieu une ample subsistance pour l’année qui débute.) Aujourd’hui nous tournons sept fois autour de la table de lecture, après quoi des prières spéciales sont récitées dans lesquelles nous demandons à D.ieu de nous bénir par une pluie abondante. A la fin des Hochaanot, nous prenons un bouquet de cinq branches de saule que nous frappons cinq fois sur le sol.
Un rouleau de la Torah est extrait de l’arche.
Lecture de la Torah : Nombres 29, 26-34.

La Amidah de Moussaf est récitée. Tout au long des demi-fêtes, Yaaleh Véyavo est ajouté dans toutes les prières ainsi que dans les Grâces après les repas.

Pendant ‘Hol Hamoed (les jours de "demi-fête"), certains travaux ou activités professionnelles demeurent interdits.

Beaucoup ont la coutume de manger des kreplakh – des triangles de pâte farcis à la viande hachée ou au poulet – en ce jour.

Ce soir est Chemini Atséret. Comme la fête débute un mercredi soir, nous préparons un érouv tavchiline.

Les femmes, les jeunes filles et les petites filles allument les bougies – de préférence dans la souccah – pour accueillir la fête. Cliquez ici pour le texte des bénédictions, et ici pour l’heure d’allumage dans votre ville. Cliquez ici pour un résumé des lois de Yom Tov.

Veuillez vous référer à notre calendrier de Chemini Atséret/Sim’hat Torah pour plus de détails

« Vous habiterez dans des Souccot pendant 7 jours. Chaque membre du peuple d’Israël devra habiter dans les Souccot. Afin que vos générations futures sachent que j’ai installé les Béné Israël dans des Soukkot, lorsque je les ai sortis d’Egypte… »  (Vaykra 23 )

Nos maîtres expliquent dans la Guemara Soukka (11b) qu’il s’agit des colonnes de nuée avec lesquelles Hashem a entouré les Béné Israël, pour ne pas qu’ils subissent le soleil (mais Il ne les a pas installé dans de véritables cabanes comme nous le faisons). Par conséquent, lorsqu’on accomplit la mitsva de siéger dans la Soucca, il est bon d’avoir la Kavana (la pensé) qu’Hashem nous a ordonné de s’installer dans la Soukka en souvenir de la sortie d’Egypte, ainsi qu’en souvenir des colonnes de nuée avec lesquelles Hashem a entouré les Béné Israël dans le désert.

Il est rapporté dans le Midrach (Sifré Piska 83) sur le verset « La nuée d’Hachem était avec eux la journée… » (Bamidbar 14-14) :

Il y avait 7 nuées :

1 nuée à chacun des 4 coins cardinaux (pour les protéger de tous les dangers)

1 nuée au dessus d’eux (pour les protéger des intempéries)

1 nuée en dessous leurs pieds (pour aplanir et nettoyer le chemin)

1 nuée devant eux (pour leur indiquer le chemin)

C’est pour cela que nous avons le devoir d’habiter la Soucca pendant 7 jours en Israël, 8 jours en diaspora.

MONTRER NOTRE CONFIANCE EN HAQADOCH BAROUKH HOU

Dès après la fête de Kippour, on commence à construire la cabane dans laquelle vivra chaque famille juive pendant 7 jours en Israël et pendant 8 jours en diaspora (on y prendra ses repas, on y recevra ses amis, on y dormira – lorsque le temps le permet – mais surtout on y priera et on y recevra les "Ouchpizin" (les 7 invités qui visiteront ces jour-là, l’un après l’autre, du début de la fête à la fin, la soucca de tous les Juifs du monde – du 15 au 21 du mois de tichri et que l’on honnorera par une prière d’invitation à leur égard tout en soulignant chaque soir l’un des 7 en particulier et dans l’ordre ; ce sont, le 1er jour Abraham, le 2e jour Isaac, le 3e jour Jacob, le 4e jour Joseph, le 5e jour Moïse, le 6e jour Aaron et le 7e jour le roi David, pour lesquels on laissera, symboliquement, une chaise d’honneur vide, sur laquelle on aura posé des livres saints. Après Roch Hachana, le nouvel an Juif, fête austère centrée sur la repentance, avec retour à D.ieu et quête du Pardon Divin, vécu dans la Torah à Yom Kippour, accompagnés des « jours redoutables » qui emplissent d’inquiétude tout Juif, fêtes au terme desquelles tous espèrent avoir été pardonnés), une période sympathique, mais non moins profonde est celle de Souccot, où tout acte concret doit viser à élever toute matérialité vers le spirituel et où nous devons apprendre à accepter les défis et être prêts à donner et à recevoir l’amour.

Dans le désert, les tentes ont assuré pendant 40 ans la survie du peuple juif, qui se trouvait entouré par les nuées de la Gloire divine la protégeant de tout mal. Un peu à l’instar du Chabbat, cette fête allie prière, "devekoute" (adhésion à Hachem) et joie. Vient alors le temps de vivre à l’extérieur pendant toute une semaine, de se réunir sous une cabane précaire au toit fait de végétaux et à travers lequel on peut apercevoir le ciel.

La "soucca" est une réminiscence des tentes dans lesquelles les Hébreux résidèrent au cours de leurs pérégrinations dans le désert après l’Exode d’Égypte. Elle reflète la bienveillance de Dieu, qui, pendant cette période, a pourvu au moindre de leurs besoins. Tout au long de leurs pérégrinations, les Hébreux furent en effet protégés en permanence par D.ieu sous la forme de colonnes de feu la nuit et de nuées le jour. Ils pouvaient et devaient s’en remettre entièrement à lui de façon sincère et confiante, ce qui était en fait la condition pour que Dieu leur fournisse cette protection tandis qu’ils étaient vulnérables. La fête de "Souccot" est donc, outre une occasion joyeuse, "Yom Sim’hateinou" (le jour de notre joie) ou "Z’man Sim’hateinou" (le temps de notre réjouissance), une occasion de se remémorer la proclamation de l’abandon de soi au Créateur et la reconnaissance que la vie terrestre n’est qu’un épisode de l’âme et que les biens matériels ne sont accordés que par le Créateur et non par notre seul mérite.

"Quand tu rentreras les produits de ton aire et de ton pressoir et que tes maisons seront alors remplies du meilleur du blé, du vin et de l’huile, afin que vous vous rappeliez que je vous ai fait séjourner dans des tentes dans le désert, tu te rappelleras cette traversée de 40 ans que l’Eternel, ton D.ieu t’a fait subir dans le désert. Il t’a nourri avec la manne, pour te prouver que l’homme peut vivre de tout ce que produit la parole de l’Eternel, et pas seulement de pain."(Deutéronome 8,2-3)

"Car l’Eternel, ton D.ieu, te conduit dans un bon pays… Peut-être, jouissant d’une nourriture abondante, bâtissant de belles maisons où tu vivras tranquille…, ton coeur s’enorgueillirait-il et tu en oublierais l’Eternel, ton D.ieu, qui t’a fait sortir du pays d’Egypte, qui t’a conduit à travers ce vaste et redoutable désert, plein de serpents venimeux et de scorpions, sol aride et sans eau, qui a fait pour toi jaillir des eaux de la pierre des rochers, qui t’a nourri de la manne… et tu dirais alors en ton coeur : ‘C’est ma propre force, c’est le pouvoir de mon bras qui m’a valu cette richesse’, alors qu’au contraire c’est de l’Eternel, ton D.ieu, que tu dois te souvenir car c’est Lui qui t’a donné le moyen d’arriver  cette prospérité." (Deutéronome 8,7-18)

Les "Bnei Israel" tentent, à cette période, de réparer les malheurs de l’exil ;
de la même manière que le divorce d’avec Hachem a lieu par le biais de
l’idôlatrie (la forme d’infidélité par excellence), le divorce entre les humains s’effectue à cause d’une trop grande jalousie qui rend l’homme égoïste,
égocentrique et conduit à la haine gratuite que nos Sages qualifient de « faute suprême ». En effet, n’est-ce pas cette même haine qui est à l’origine de la destruction du second Temple, de l’exil des "Bnei Israel" qui dure depuis 2000 ans, et qui a également fait périr les 24 000 élèves de Rabbi Akiva. Ainsi tout Juif peut-il réparer cette faute en essayant de ressentir le goût amer de l’errance en terre étrangère, où on lui rappelle constamment qu’il n’est qu’un « résident temporaire », tout ceci ayant pour but de le faire réfléchir sur sa véritable condition, de lui rappeler ses impératifs et de l’amener à se rapprocher de ses semblables, autrement dit, la  solidarité comme remède à l’égoïsme et à la jalousie.

LA FÊTE DE L’ENGRANGEMENT

A Souccot, on fête le Créateur à travers les splendeurs de la nature, on s’en
réjouit, comme on se réjouit de la compagnie des autres, et ce que nous avons
pu ne pas bien faire ou oublier à Roch Hachana et à Kippour pourra peut-être
ainsi nous être pardonné, ce qui est concrétisé par le dernier jour de Souccot. Hachaana rabba. Nous avons l’obligation de vivre complètement pendant toute cette période dans la soucca. On y prend tous ses repas, on y étudie, on y discute, on y chante, on y dort (lorsque le temps le permet), car bien sûr, sous nos climats européens, en ces mois d’automne, le temps n’est pas forcément clément. Cependant, équipés de bonnet, de pulls et d’un bon sac de couchage, le séjour est chaleureux et plein de merveilles.

Le secret de cette joie, c’est le Midrach qui nous l’enseigne : « Pourquoi
constuit-on une Soucca juste après Yom Kippour ? Pour faire suite au fait qu’à Roch Hachana, D.ieu juge l’ensemble de l’humanité et à Yom Kippour, Il scelle son jugement. Or peut-être méritons-nous alors d’être exilés. C’est pourquoi l’on fabrique une soucca dans laquelle on s’exile, quittant nos habitations ; ainsi Hachem nous comptabilise cette action comme si nous
avions été exilés en Babylonie. »
Pendant cette période, sont accueillis successivement, chaque jour de la fête, les 7 Ouchpizine de Souccote, (mot qui signifie « hôte » en Araméen (les 7 Patriarches), ancêtres si chers
aux Bnéi Yisrael, l’influence de l’un d’entre eux est particulièrement dominante l’un des jours et ses qualités nous enseignent des leçons à appliquer dans notre service de D.ieu. Voici le Ouchpizine accompagnés de leurs attributs propres : AVRAHAM,
(amour et bonté) YITS’HAQ, (rigueur
et force personnelle) YAÂQOV, (beauté
et vérité) MOCHE, (éternité et
dominance de la Torah) AHARONE, (empathie
et réceptivité face à la splendeur divine) YOSSEF
(sainteté et fondements spirituels) et DAVID
Hamelekh (établissement du royaume  – paradis terrestre).

Afin d’accueillir ces âmes illustres, on réserve un siège vide à table en recouvrant une chaise de beaux tissus et de livres saints. La tradition veut que l’on récite une invitation mystique pour le premier repas dans la soucca.

Au temps du Temple, on y accueillait les 70 nations de la terre, ce que nous faisons aussi de façon symbolique dans la Soucca. Ainsi la solidarité à l’intérieur du peuple juif et envers tous les peuples de la terre est-elle représentée lors de la fête de Souccot.

Les 2 premiers jours de Souccot (le 15 et le 16 Tichri) sont "Yom Tov",
des jours de fête, avec toutes les lois qui se rapportent à ce statut.
Les interdictions du Chabbat s’appliquent, à l’exception de certaines
tâches liées à la préparation de la nourriture : il est notamment
permis de manipuler et d’allumer du feu, mais à partir d’une flamme
déjà existante (cependant, il reste interdit de l’éteindre), de mettre
des aliments à cuire et de faire passer un objet d’un domaine à l’autre
ou de le transporter dans le domaine public.

Les jours suivants sont appelés "‘Hol Hamoède" (jours de demi-fêtes) comportant quelques restrictions concernant le travail. Il y règne toujours une atmosphère de fête, mais celle-ci apparaît sous un autre aspect, qui était inaccessible pendant Yom Tov. Pendant cette période, il est permis de voyager pour rejoindre de la famille ou des amis, danser et chanter au son d’instruments de musique, comme on le faisait au Beit Hamikdache, le Temple à Jérusalem, lors des grandes réjouissances de Sim’hat Beth Hachoéva, (la joie du puisement de l’eau), qui était ensuite offerte en libation sur l’autel du Temple.

Hochaana Rabba est le 7ème jour de Souccot (le 21 Tichri). Bien que faisant partie de " ‘Hol Hamoède" (demi-fêtes), c’est une fête d’envergure. C’est en effet le jour où le jugement divin entamé à Roch Hachana est finalement tranché. Il est donc marqué par des prières de supplications particulières dans lesquelles nous implorons D.ieu de nous juger favorablement. Nous consommons néanmoins un joyeux repas de fête dans l’après-midi, confiant dans la bienveillance de D.ieu. C’est le dernier jour où l’on accomplit la "mitsva des 4 espèces" et où nous récitons la bénédiction de la soucca.

fête de Souccot

  rare : une soucca dans une rue à Paris _____________________________________________________

Directement à la suite de Souccot, les 21 et 22 Tichri sont 2 jours de "Yom Tov" : "Chemini Atséret" et  "Sim’hat Torah". "Atséret" signifie à la fois « assemblée » ou « retard du départ ». "Chemini Atséret " est donc « l’assemblée du 8ème jour ». Comme ce nom l’indique, c’est un prolongement de Souccot, mais c’est aussi une fête en soi qui marque la conclusion de toutes les fêtes du mois de Tichri : D.ieu "prolonge" en quelque sorte le partage de la foi et de la joie avec Son peuple pour une dernière fête avant que ceux-ci quittent la sainteté de Tichri et retrouvent la vie quotidienne.

PLANTES ET FRUIT SYMBOLIQUES DE SOUCCOT

Le loulav symbolise la Torah, mais chacun des « arbaa minim »  (loulav), les 4 espèces représentées lors de la fête de Souccot et rassemblées dans la main pendant les prières, correspond aussi, symboliquement, aux 4 sortes de Juifs, sachant que chaque juif peut être défini par sa connaissance de la Torah (l’esprit : le parfum) et par sa pratique religieuse (l’action : le fruit). Ainsi le loulav représente-t-il tout le peuple d’Israël :

- L’ETROG (ou cédrat) a un pouvoir nutritif et possède un délicieux parfum
(qui évoque la science, la capacité d’enseigner et la nourriture évoquant les
bonnes œuvres). Il représente LE TSADDIQ qui a la connaissance de la
Torah et qui pratiquent les mitsvote.
(il est d’ailleurs à noter que le
cédrat, pour être cacher, doit répondre à des exigences très strictes. Il est
protégé dans un écrin comme un bijou, d’où sa rareté et le prix que l’on doit
parfois payer pour l’acquérir, comme ceux qu’il représente) ;

- LE ‘HADAS, la myrthe, n’a pas de fruit mais sent bon, comme LE
SAVANT EN TORAH QUI NEGLIGE LES MITSVOTE.

- L’ARAVA, le saule, qui n’a ni odeur, ni fruit. Il représente le LE JUIF QUI NE PRATIQUE PAS LES MITSVOTE de la Torah et NE FAIT PAS D’ACTES MERITOIRES, qui, par conséquent n’a ni science ni vertu, mais qui cependant compte dans le peuple à part entière pour que celui-ci soit complet.

- LE LOULAV, le palmier, porte de bons fruits, mais ne dégage aucun parfum. Il représente CELUI QUI RESPECTE LA TORAH, FAIT DE BONNES ŒUVRES, MAIS N’EST PAS SAVANT EN TORAH.

Pour que notre prière soit agrée par Haqqadoch Baroukh Hou, il faut donc que, comme le « loulav » rassemblé dans la main, tout le peuple soit
réuni. « L’arbaa minim » « le loulav », nous aide à comprendre qu’il est le symbole de l’unité du peuple juif et de sa solidarité. « de même Israël ne retournera à sa terre que lorsqu’il sera uni et formera un seul bouquet. » (Tan’houmach)

LES FEMMES SONT DISPENSEES DE LA MITSVA DU LOULAV. (Elles peuvent cependant la réaliser si elles le souhaitent).

 Construction de la soucca _____________________________________________
DINIM (LES LOIS) DE LA SOUCCA

"Tu célèbreras la fête des cabanes durant sept jours quand tu rentreras les produits de ton aire et de ton pressoir." (Deutéronome 16,13)

L’une des modalités qui régit les lois de la soucca afin qu’elle soit cachère, il est stipulé que l’on doit voir le ciel et les étoiles à travers le feuillage de la toiture et que l’ombre projetée à l’intérieur par le sekhakh (couverture – de branchages ou paillage) soit supérieure à la lumière qui y pénètre par le soleil de midi, s’il y a plus de lumière que d’ombre, la soucca n’est pas cachère, car le regard humain ne doit pas se perdre dans les limites de la temporalité, mais doit être capable de percevoir l’au-delà, le ciel, cet horizon qui indique l’univers d’Hachem, au-delà de l’éphémère. Le traité Soucca 2a dit : « Quitte ton habitation fixe, ta maison habituelle et va habiter dans une demeure provisoire ». Mais pendant cette semaine privilégiée dans la soucca, nous devons parvenir, par notre action, accompagnée par la conscience de l’intériorité de ce qui s’y déroule, à contribuer à l’union de nombreuses dimensions les plus élevées possibles. Pendant cette période, nous échappons à la contrainte du temps et pouvons ainsi ressentir le caractère éphémère de la vie, toujours en collectivité, comme à la synagogue, en dehors de chez soi, pour réfléchir au sens de la vie, interroger sa conscience et se tourner vers Celui qui dépasse le temps : le Maître de l’univers.

Tous les matériaux conviennent pour les parois de la soucca, même les murs d’une maison et les arbres, à condition toutefois que leurs constituants ne dégagent pas de mauvaise odeur ou ne se dessèchent pas trop rapidement, de telle sorte que les parois ne resteraient pas intactes pendant les 7 jours de la fête (car une soucca doit pouvoir être utilisable pendant toute la fête). Les parois doivent pouvoir résister à un vent normal, mais si elles sont branlantes et bougent au moindre vent, elles ne sont pas cachères, même en l’absence de vent. C’est pourquoi, si on fait les parois avec des couvertures ou des tentures, il faudra absolument bien les fixer et les tendre de tous les côtés ou faire tenir ces parois à l’aide de planches.

La soucca doit avoir au moins 3 murs. La hauteur minimale des murs doit être de 10 tefa’him (entre 80 et 100 cm). Les parois qui sont surélevées du sol d’une hauteur de 3 tefa’him (24 cm) ne sont pas cachères. Il n’est pas nécessaire que les parois atteignent le toit de la soucca. Son volume – après avoir accroché les tentures et décorations aux parois – doit être d’au moins 56 cm sur 56 (7 tefa’him). Si cette dimension n’est pas respectée, la soucca n’est pas cachère. La hauteur maximale est de 20 ama (9,60 m) et la hauteur minimale de 10 tefa’him. La table doit impérativement se trouver dans la soucca ; si elle se trouve à l’extérieur de la soucca, à côté de la porte et qu’on est assis à l’intérieur pour y manger, cela revient à ne pas manger dans la soucca.

La verdure du toit de la soucca doit être disposée en longueur et en largeur, afin qu’aucune partie ne reste vice d’une paroi à l’autre. La sekhakh (couverture) doit avoir été placé dans l’intention de servir à la soucca ou pour procurer de l’ombre. S’il s’est fait de lui-même (par exemple, il est tombé des branches sur la soucca), ou s’il n"a été fait que pour abriter des objets des regards, il n’est alors pas cachère. Cependant, on peut y remédier en soulevant légèrement les branches pour les reposer à nouveau sur le toit, avec l’intention de réaliser la mitsva (le commandement) de la soucca. On ne doit pas relier le toit de la soucca aux parois par des clous ou des cordes, ni placer sur le toit des matériaux non cachères afin de le rendre plus solide.

IMPORTANT : TOUTE SOUCCA QUI N’EST PAS CACHERE NE PERMET PAS L’ACCOMPLISSEMENT DE LA MITSVA (commandement de la Torah)

LA SYMBOLIQUE DE SOUCCOT

La fête de Souccot est une des rares occasions d’impliquer toute la
famille dans une expérience religieuse aussi plaisante, chacun pouvant
participer à la construction de la Soucca ; on prend les repas
de fête en famille dans un environnement naturel où règne un parfum de
fête et où l’atmosphère est détendue. Cette expérience est mémorable
non seulement pour les enfants, mais aussi pour les adultes, car nous
n’avons pas souvent l’occasion de vivre de la sorte.

Le symbole de la "soucca", c’est l’ombre du Créateur qui se trouve dans chaque âme juive. Une fois construite, la soucca acquiert un caractère de sainteté équivalente à celle de la synagogue. En effet, le Zohar Emor 103a, nous apprend que la soucca produit une concentration intense d’énergie spirituelle telle que la présence divine s’y dévoile de la même manière que dans le "Gan Eden" (Jardin d’Eden) pour les âmes méritantes
et quand on se comporte selon un de ces attributs spirituels, la lumière divine
éclaire le monde et le rapproche de son achèvement. Il est aussi écrit « On
a le devoir de réjouir les pauvres et la part (mise de côté pour les Ouchpizin) leur revient ».

Le Ari z’’al dit que « le temps de la soucca est le secret des jours, celui de la réparation de la faute d’Adam et que cela prend un temps immense dans lequel nous sommes ». Le nom  « soucca » en hébreu est composé de ce qui exprime la plus grande union possible entre les noms de D.ieu : les lettres « khaf » et « vav », faisant la "guématria" (valeur numérique) du nom de Hachem et les lettres « samekh »
et « hé » font la "guématria" du nom Eloqim. C’est sur ces mêmes bases
que doit être bâtie la "soucca", pour laquelle nous quittons notre bien-être
quotidien pour nous installer dans une cabane dans laquelle nous ne sommes,
nous aussi, que des invités. Le sentiment de confort, de richesse, de
supériorité et de domination de l’homme se trouve alors réduit et celui de la
solidarité et de la générosité peut s’exprimer, ce qui est le meilleur moyen de
réparer la faute de la haine gratuite et de pouvoir enfin espérer hâter la
délivrance finale, celle qui nous mènera tous à Jérusalem, dans le Temple
reconstruit.

Mais après la fête et tout au long de l’année, chacun devra s’efforcer de continuer à « vivre intérieurement dans la soucca », ce lieu temporaire spécifique au peuple juif, qui n’est pas une bulle fermée et isolée, mais une bulle commune pour rejoindre l’autre,  pour une vie reliée à la Présence Créatrice, pour garder une image commune, égale, complémentaire et chaleureuse de tout le genre humain où, comme les tribus des Hébreux dans le désert, chacun est un membre vital de la beauté de l’ensemble de ce grand corps qu’est Israël, réalité voulue par le Créateur. Comme il est dit dans « L’essence de la Torah », du Rav Mordekhaï Chriqui et du Dr
Avraham-Gilles Morali
 : « Il n’y a en effet qu’un seul Bien à
rechercher dans ce monde, c’est celui de la proximité avec Hachem. »

« Pour moi, l’intimité avec Hachem est mon bonheur.  Il est une chose que je réclame constamment, c’est de séjourner dans la maison d’Hachem tous les jours de ma vie et  de contempler la splendeur de D.ieu. » (Psaumes 73, 28, 27, 4)

Ainsi celui qui s’assied à l’ombre de la soucca s’assied et s’abrite à l’ombre de la confiance en Haqqadoch Baroukh Hou (le Saint béni soit-Il.).

LA SAINTETE DE LA SOUCCA

"De même que le nom de D.ieu reposait sur le sacrifice de la fête (Korban ‘Haguiga), de même repose-t-il sur la soucca." (Traité Soucca)

Du fait que la soucca acquiert un caractère de sainteté équivalente à celle de la synagogue, on doit donc s’y conduire avec beaucoup de respect, ne pas traiter de sujets profanes, ne pas s’y installer pour jouer, rire ou y plaisanter. On n’introduit pas dans la soucca les ustensiles où on a cuit le repas, mais on transvasera les aliments des marmites dans des plats pour les servir dans la soucca. On ne rince pas la vaisselle dans la soucca. On peut introduire des meubles et des tapis et y surpendre des fruits et des fleurs en guise de décoration. La soucca étant consacrée à D.ieu, il est interdit pendant toute la fête d’utiliser le sékakh ou les parois ou les décorations pour un usage personnel.

PETIT GUIDE PRATIQUE POUR LA FÊTE DE SOUCCOT

Prière avant d’entrer dans la soucca :
(en phonétique) Yehi ratson milefanékha Ado-naï élohaï vélohé avotaï chétachré chekhinatekha bénénou, vetifros ‘alénou soukat chelomékha, bizkout mitsvat souka chéanou mekayemim, leya’hda cheméh dekoudcha berikh hou ouchkhintéh bid’hilou our’himou our’himou oud’hilou, leya’hda chèm yod hé bevav hé beyi’houda chelim bechém kol yisraél, oulhakif otam miziv kevodékha hakadoch vehatahor, natouy ‘al rachéhém milma’la, kenécher ya’ir kino, oumicham youchpa’ chéfa’ ha’hayim le’avdekha (dire son nom : ben amatékha), ouvizkhout tséti mibéti
ha’houtsa vedérekh mitsvotékha aroutsa, yé’hachév li zot leïlou hir’hakti nedod, vehérév kabesséni mé’avoni oumé’hatati taharéni véouchpizin ‘ilaïn ouchpizin dimhémenouta tihyéna oznaï kachouvot rav berakhot, velare’évim gam tseméim tén la’hmam oumémam hanéémanim, vetitén li zekhout lachévét vala’hassot vessétér tsél kenafékha be’ét petirati min ha’olam, outkhabésséni mizérém ki tamtir ‘al recha’im pa’him, out-hé ‘hachouva mitsvat souka zo chéani mekayém kéïlou kiyamtiha bekhol peratéha vedikdoukéha outnaéha vekhol mitsvot hatelouyim bah, vetétiv lanou ha’hatima. Outzakénou léchév yamim rabim ‘al haadama admat kodéch ba’avodatékha ouvyir-atékha. Baroukh Adonaï le’olam amén veamén.

(traduction en français) "Mon D.ieu et D.ieu de mes pères, veuille faire résider Ta Présence parmi nous et étends sur nous le pavillon de la paix par le mérite du commandement de la soucca que nous accomplissons. Entoure-les de l’éclat saint et pur de Ta gloire, suspendu sur leurs têtes comme un aigle qui veille sur son nid. Qu’un flux de vie se répande de là sur ton serviteur (un tel, fils d’une telle, ta servante). Et que le fait d’être sorti de ma maison et d’avoir couru sur la voie de Tes commandements me soit compté comme si j’avais fui au loi. Lave-moi complètement de ma faute et purifie-moi de mes péchés. Et par l’intermédiaire des hôtes supérieurs, les hôtes de la foi, que mes oreilles soient attentives pour que je puisse recevoir nombre de bénédictions. Accorde fidèlement aux affamés et assoiffés leur ration de pain et d’eau. Permets-moi de rester à l’abri sous l’ombre de Tes ailes au moment où je quitterai ce monde. Mets-moi à l’abri des torrents de pluie quand Tu feras pleuvoir des malheurs sur les méchants. Que ce commandement de la soucca me soit compté comme si je l’avais accomplie dans tous ses menus détails et avec tous les commandements y afférant. Que notre jugement soit scellé pour le bien ! Permets-nous de rester longtemps sur la terre, la Terre Sainte, pour Te servir avec crainte. Bénis sois-tu Eternel à tout jamais ! Amen et Amen."

La veille au soir on allume les bougies (au moins deux) dans la soucca (sauf en cas de vent pouvant empêcher l’allumage ou éteindre les flammes), auquel cas on placera les bougies – qu’on ne doit plus déplacer ensuite – à l’intérieur de la maison – comme il est d’usage à chaque fête. Après avoir mis quelques pièces à la Tsédaka (rétablissement de la justice en aidant les pauvres), les femmes mariées allument les bougies à l’heure indiquée sur le calendrier (les jeunes filles et les petites filles allument une bougie) avec les bénédictions suivantes : "Barou’h ata Ado-naï Elo-hénou mélè’h haolam achère kidéchanou bémitsvotav vetsivanou lehadlik ner chèl yom tov (Béni
sois-Tu Éternel, notre D.ieu, Roi du monde, qui nous a sanctifiés par
Ses commandements et nous a ordonné d’allumer les lumières de la fête) et "Barou’h ata Ado-naï Elo-hénou mélè’h haolam chéhé’héyanou vékiyemanou vehiguianou lizmane hazé"
(Béni sois-Tu Éternel, notre D.ieu, Roi du monde, qui nous a fait vivre et exister et parvenir à cette époque)

Le second soir de la fête, à l’heure indiquée sur le calendrier,
elles allument les bougies avec les mêmes bénédictions, à partir d’une
flamme existante (par exemple une bougie de 48 heures allumée avant la
fête). Lorsque un des jours de fête tombe un Chabbat, on récite la bénédiction suivante avant d’allumer les bougies : "Barou’h ata Ado-naï Elo-hénou mélè’h haolam achère kidéchanou bémitsvotav vetsivanou lehadlik ner chèl Chabbat véchel Yom Tov" (Béni
sois-Tu Eternel, notre D.ieu, Roi du monde, qui nous a sanctifiés par
Ses commandements et nous a ordonné d’allumer la lumière du Chabbat et
de la fête)

Dès qu’il fait nuit, (à la sortie des étoiles) le premier soir de Souccot, quand on revient de la synagogue, en entrant dans la soucca on fait le kiddouch de Yom Tov sur une coupe de vin ou du jus de raisin, dans la soucca. On récite la bénédiction suivante : "Baroukh ata Ado-naï, Elo-hénou méle’h haolam boré féri haguéfène" Avant d’y manger du pain ou du gâteau, ou d’y boire du vin, on dira la bénédiction adéquate suivie de la bénédiction :
"Barou’h ata Ado-naï Elo-hénou mélè’h haolam achère kidéchanou bémitsvotav vetsivanou léchève bassoucca". (Béni sois-Tu Eternel, notre D.ieu, Roi du monde, qui nous a sanctifiés
par Ses commandements et nous a ordonné de résider dans la soucca)

Bénédiction du loulav :

"Baroukh Ata Ado-naï élo-hénou
mélèkh haolam achèr kidéchanou bémitsvotav
vétsivanou al netilat loulav.
Baroukh Ata Ado-naï élo-hénou mélèkh
haolam chéhé’héyanou vékiyémanou véhiguianou
lizmane hazé."

Pour un cours complet sur la fête, allez sur Modia :

… Souccote et le sens du mois de Tichri, un diamant qui contient toutes ces fêtes            

And let them make Me a sanctuary, that I may dwell among them. Exodus.jpg  Les Premiers Hebreux sortis d’Egypte suivirent leur route dans le désert, guidés le jour par des nuées et la nuit par une colonne de feu. Autour du Beit Hamikdach (où reposait l’arche d’alliance), étaient disposées les tentes des Hébreux, qu’ils démontaient et transportaient jusqu’à l’étape suivante. La première de ces étapes où s’arrêtèrent les 12 tribus s’appelait Souccot. Le Bet Hamikdach était mobile à cette époque et sous la responsabilité de la tribu des Levi, que nous celebrons en les reconstruisant provisoirement pour la fête de Souccot, à proximité de nos maisons, et dans lesquelles nous mangeons nos trois repas quotidiens pendant 7 jours, afin de nous rappeler ce long séjour vers la Terre Promise.

Perinage a Jerusalem au temps du Bet Hamikdach.jpg    Le Temple de Jérusalem –  La famille des premiers Cohanim (pluriel de Cohen – qui signifie prêtre en hébreu, celle de la famille de Aaron,dont celui-ci fut le premeir Grand Prêtre désigné par l’Eternel. Il était le frère de Moïse, de la tribu des Levi. Cette famille grandit au fil des années et des siècles. Ils étaient responsables de tout ce qui se passait au Temple de Jerusalem jusqu’a la fin de l’existence du Royaume de Juda et la destruction par le romain Titus du dernier Temple, celui appele 2e temple, construit par Hérode le Grand. Les Cohanim et les 70 sages du Bet Hamikdach, (le Temple), votaient pour la succession du Grand Prêtre, Cohen Hagadol. Les autres Cohen, devaient travailler pour le Grand Prêtre exclusivement dans le Temple. Ils vivaient des 10% des recoltes et produits des habitants d’Israël et Juda,  qui versaient cette dime pour la maintenance du Temple, des Sacrifices et du Bien-Etre des Cohanim et Levi qui travaillaient pour eux à ce Service " Avoda Kedocha ", tâches divines. Certains Cohanim ne servaient pas au Temple, mais avaient des fonctions similaires dans les autres villes du Royaume des Rois d’Israël et de Judée en tant que Juges, leaders sprituels , etc.. Les Levi officiaient en tant que chorale et musiciens du Temple et aidaient les Cohanim dans leurs nombreuses tâches quotidiennes. ___________________________________________________

‘Hag Souccot Saméa’h lékoulam !
Bonne fête de Souccot à tous !

(Sources : Rabbin Harold Weill – Rabbin Jacky Milewski – Rav Dufour – Claude Riveline – Rabbi de Loubavitch – Rav Mordekaï Chriqui, Dr Avraham-Gilles Morali -  soucca.fr -"La Fête de Souccot" aux éditions Peïlim Yad-Laa’him – Dafina.net  – Rav David Pitoun – Calendrier du Consistoire)

FÊTES JUIVES : Roch Hachana et Yom Kippour

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     POUR S’INFORMER ET REFLECHIR SELON LA TORAH ________________________________________________________________________________________

Roch Hachana & Yom Kippour

                                                                     Chofar (image Wikipedia)                        

Vidéos : « écouter le chofar » par le chantre américain Benjamin Warschawski   « http://www.youtube.com/v/0jR20-0sy1Y&hl=fr&fs=1&color1=0xe1600f&color2=0xfebd01″>   rjhgins »

Paracha Netsavim et Roch Hachana » par le Rav Bitton « http://www.youtube.com/v/07W2Pfv0vgs&hl=fr&fs=1&rel=0&color1=0xe1600f&color2=0xfebd01″>

Vidéo : « Chirou lamelekh » (chantons pour le Roi - trad.Un echo d’Israël – (sur tous les toits !) par Mordekhaï ben David  http://www.youtube.com/watch?v=20cMfB3mlZ8  marksystems

« Kol dodi » (la voix du Bien Aimé) par Mordekhaï ben David http://www.youtube.com/watch?v=-9OisfUDTJQ marksystems

- Début des séli’hote sépharades : 2 eloul 5771 (soir du 1erseptembre 2011 )- Début des séli’hote achkénazes: 24 eloul 5771 (soir du 18 septembre 2011)DATES ET HORAIRES DES FÊTES, d’après le calendrier du Consistoire de Paris-Ile-de-France- Roch Hachana : le jour de l’an juif dure 2 jours en Israël comme en diaspora- 29 eloul 5771 (mercredi 28 septembre 2011) à la tombée de la nuit : 19h18 pour Paris et sa région et se termine le vendredi 2 tichri 5772 (vendredi 30 septembre 2011) à la tombée de la nuit 20h18.- Jeûne de Guédalia diaspora:  4 tichri 5771 ( début  6h17 fin  20 h07)- Yom Kippour 9 tichri 5771 (du vendredi 7 octobre 5771) à la tombée de la nuit : 19h00 au chabbat 10 tichri 5771( samedi 8 octobre 2011 :  20h03)

CHANA TOVA

CHANA TOVA 5771 A TOUS !

Vidéo :« http://www.youtube.com/v/sndHlUTJr0Q&hl=fr&fs=1&rel=0&color1=0xe1600f&color2=0xfebd01″> yaron47

Puissiez vous tous être inscrits dans le livre de la vie!

Les enjeux

Roch Hachana permet à l’homme de revenir vers D.ieu en l’implorant à l’aide de « seli’hote » (supplications) et le fait bénéficier de Sa grande clémence en faisant preuve de bonne foi et d’un repentir sincère par la Techouva, (regret des fautes, pénitence et retour à la Source qu’est D.ieu, par amour, mais aussi repentir envers ses semblables), Tefila (prière) afin de rétablir le dialogue avec le Créateur et Tsedaka (rétablir la justice en donnant aux plus pauvres). Le jugement divin apparaît alors comme la résultante d’efforts personnels qui s’expriment traditionnellement par ces 3 actes si importants dans la vie du Juif non seulement à Roch Hachana, mais aussi tout au long de l’année. On voit ainsi que l’intervention de l’homme est déterminante quant au résultat du jugement. Etant tous des serviteurs de D.ieu, chacun aspire à devenir tous les ans plus efficace dans cette tâche et se choisit, pour toute l’année à venir, un trait de caractère négatif pour essayer de le transformer de manière à ce qu’il devienne une qualité (tâche ardue, certes, dépassant bien sûr le cadre d’une année, mais qui donne à D.ieu une raison de faire « crédit » à l’homme pour l’année à venir… en croyant en sa bonne foi et en sa bonne volonté quant à son désir de changement.) 

Parce que nul n’est à l’abri du yetser hara et de la corruption, qui est aujourd’hui si dangeureusement banalisée, Rabbi ‘Haïm Vital explique que le corps  humain possède plusieurs portes : celle de la vision, (les yeux) celle de l’odorat, (le nez)  celle de l’audition (les oreilles) et celle de la parole (la bouche, par laquelle passe non seulement la parole, mais aussi la nourriture qui, rappelons-le, devrait toujours être strictement cachère !) Mais si l’homme érige des barrières devant toutes ces portes afin de ne pas fauter, on pourra lui attribuer le verset : « Ouvrez les portes afin que vienne le peuple juste . Mesure pour mesure. Puisque l’homme juste a su placer des « Juges » à toutes ses « portes », de même Hachem lui ouvrira les portes du ciel. » 

Ainsi, chaque jour est une opportunité de renouveler nos vies qui permet à l’homme de recréer le monde en permanence en partenariat avec D.ieu. Le Talmud (Roch Hachana 16), au nom de Rabbi Yo’hanan nous enseigne que le Créateur a devant lui 3 livres ouverts : celui des « justes », qui sont inscrits directement et définitivement pour la vie éternelle dans le holam haba (le monde futur), celui des « impies », qui sont inscrits pour la « mort » et celui des « hommes moyens », dont le sort n’est pas encore tranché et reste en suspens jusqu’à Yom Kippour. S’ils sont repentis, ils sont inscrits également dans le Livre de la Vie, dans le cas contraire, ils connaîtront le sort des impies. Le jugement final est donc rendu le jour de Kippour, selon les actions de chacun.

Vidéo :  Seli’hote au Mur occidental à Jérusalem « http://www.youtube.com/v/nO2aBnQpkDo&hl=fr&fs=1&color1=0xe1600f&color2=0xfebd01″>  btheno

Avant Roch Hachana, on commence les séli’hote

Le mot « séli’hote » est le pluriel du mot « séli’ha » (demande de pardon). La fête de Roch Hachana est précédée par une période de pénitence où  chaque  Juif pratiquant se met en devoir de réciter des seli’hotes (supplications) tous les matins avant l’aube à la synagogue (les heures allant de minuit à l’aube étant une période de plus grande proximimité avec D.ieu). Ce n’est pas seulement une demande individuelle, mais toute la communauté montre ainsi son humilité, la conscience de ses fautes, sa solidarité et son amour pour tous ses membres. (En effet, chaque juif est solidaire des péchés des autres juifs). Le Choul’hane arou’h (« table dressée »), le code juif de la loi religieuse rédigé par Joseph Caro de Safed et annoté par Moïse Isserles de Cracovie stipule que l’on se lève avant l’aube durant les 40 jours (pour les séfaradim) qui précèdent Kippour, pour réciter les « séli’hote ». Les Achkénazim commencent à réciter les « séli’hote » le dimanche qui précède Roch Hachana. Les ‘hassidim ont la coutume de commencer les séli’ote par un office à 3 h du matin le dimanche qui précède la fête de Roch Hachana. La tradition juive dit que D.ieu Lui-Même aurait  enseigné à Moïse les 13 attributs de miséricorde. On retrouve ces attributs dans le livre de l’Exode : « Seigneur ! Seigneur ! Clément et miséricordieux, lent à la colère, plein de bienveillance et d’équité; il conserve sa faveur à la millième génération; il supporte le crime, la rébellion, la faute, mais ne les absout pas. » On sonne le chofar pendant les « séli’hote ». Ces attributs forment le coeur de toute prière de pénitence et toute imploration du pardon divin.

Vidéo : « Rachem » « http://www.youtube.com/v/mX99NZx9Mfs&hl=fr&fs=1&rel=0&color1=0xe1600f&color2=0xfebd01″> sauvagebri

L’appel du « chofar »

Lors de la création du monde, les anges proclamèrent la royauté de D.ieu au son du chofar : « Le son des trompettes et les accents du chofar, faites-les retentir devant le Roi Eternel » (psaume 98.6). Au temps du Temple de Jérusalem, on sonnait du chofar à un endroit spécialement désigné à cet effet (sur une pierre spéciale qui a été retrouvé dans les vestiges du Temple, dont on peut voir la photographie sur le site Modia – « Jérusalem que j’aime. » ) pour indiquer le début du Chabbat ; au temps des rois d’Israël, on sonnait du chofar pour l’avènement d’un roi, par exemple, on a sonné du chofar pour le roi Salomon (1 rois 1,34). On sonnait du chofar à la fin de toute bataille (2 Samuel 2,28 et 2 Samuel 18,16).  De nos jours, en Israël, on sonne  le chofar pour des évèments importants comme, par exemple, l’élection d’un nouveau président, etc… et surtout à Roch Hachana. Dans les temps messianiques, c’est au son du chofar que seront annoncés le retour des exilés et la venue du Machia’h (Messie).
Fabriqué à partir d’une corne d’animal cachère, généralement une corne de bélier rappelant, par ses courbures, notre soumission au joug divin, c’est le plus ancien des instruments à vent ; il proclame le couronnement de D.ieu en tant que « Roi de l’univers ». Il symbolise à la fois la création du monde, la révélation au mont Sinaï,  l’Aqedat Yits’haq (le sacrifice d’Isaac), la destruction du Beit Hamikdach (Temple), les avertissements des Prophètes et l’annonce de la fin des temps… (Isaïe : « En ce jour, résonnera le son du Grand Chofar; alors arriveront ceux qui étaient perdus en Assyrie et égarés en Egypte, et tous se prosterneront devant l’Eternel sur la montagne sainte a Jérusalem »). Personnification vivante du coeur et des émotions de l’homme, le son produit par le souffle humain à travers le chofar exprime le moi divin ; il est sensé réveiller à la voix divine chaque âme juive en touchant le plus profond de l’être afin que chacun accepte de plein gré ce joug divin ou y revienne après s’en être éloigné. Celui qui entend le chofar le sent alors vibrer en lui et appelle son Créateur. Le chofar laisse s’exprimer en l’homme l’intuition de son moi véritable, forme originelle la plus profonde, en tant que création betselem Elokim (à l’image divine.)
« Dans le palais du Roi se trouvent de nombreuses pièces et chacune s’ouvre avec une clef différente. Il existe une clef, un instrument, qui peut ouvrir toutes les portes : la hache. Le chofar est une hache. Quand une personne se présente avec passion devant le Tout-Puissant le cœur brisé, il peut faire voler en éclats n’importe quelle porte du palais du Roi des rois. » (Baal Chem Tov).
Quelle est la signification de la succession des sonneries « Tekia » « Teroua » « Tekia » ? Première interprétation : Par analogie au son des trompettes d’argent utilisées dans les batailles des Hébreux dans le désert, « Tekia » évoque la mise en alerte, la convocation des troupes, « Teroua » évoque l’âme désolée, les sanglots, les tremblements en présence du jugement divin et la seconde « Tekia » évoque la sérénité revenue après le jugement, (que l’on espère clément.) Seconde interprétation : Elle concerne la collectivité d’Israël. L’image est alors celle illustrant des 2 « Tekiote » qui entourent la « Teroua » avec ses sanglots, évoquant à la fois l’âme brisée, l’homme malheureux, qui doute et se confesse. La « Tekia » évoque l’homme serein, l’homme complet, l’homme fort ;  (Il faut 2 hommes forts pour encadrer un homme qui faiblit.) Rappelant l’homme à sa source, le chofar permet donc à ce dernier de ressentir d’une part, l’humilité, (son extrême petitesse face au Créateur) et de percevoir de manière concrète l’appel de D.ieu, qui aime tant Ses créatures qu’Il est prêt à tout leur pardonner si les conditions sont remplies, mais également la crainte du Ciel pour les fautes commises pendant l’année écoulée. (Livre d’Ezéchiel Versets 4 et 5)  »Et pour toute personne qui écoute le son du Chofar et n’a pas été soigneux, l’épée viendra et l’emportera, mais celui qui est soigneux aura sauvé son âme. » A la fin des fêtes de Tichri, la plupart d’entre nous auront reconnu dans le son du chofar la voix d’Hachem Lui-Même qui  implore Son peuple. « Ecoute, Israël, l’Eternel est notre D.ieu, l’Eternel est Un. »
 
Vidéos : « Des profondeurs de l’abîme, je t’invoque, ô Eternel » psaume 130 (Joignons à nos prières, lui qui en a tant besoin, l’enfant de tout le peuple juif, prisonnier depuis plus de 3 ans dans les geôles palestiniennes Guilad Shalit. Qu’Hachem le protège et le sauve très bientôt. Prière également pour l’âme de ses malheureux compagnons de Tsahal dont seuls les corps sans vie furent rendus à leur familles désespérées. Associons aussi à cette prière tous les Juifs qui souffrent physiquement et moralement en Israël et dans le monde. Qu’Hachem leur vienne en aide, les protège tous et que le mal sur terre soit bientôt anéanti et transformé en Bien pour Sa Gloire. Amen.)http://www.youtube.com/v/9ApTOj2Gix8&hl=fr&fs=1&color1=0xe1600f&color2=0xfebd01″>toramzeon
Se préparer à Roch Hachana avec rabbi Jonathan Ginsburg (explications en anglais)
Pour Pour tout savoir sur la téchouva sous tous ses angles ici sur Modia http://www.google.com/custom?q=t%E9chouva&sa=Rechercher&cof=LW%3A140%3BL%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.modia.org%2Fpic%2Fmodia.jpg%3BLH%3A120%3BAH%3Aleft%3BGL%3A0%3BS%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.modia.org%3BAWFID%3Aa2225aef8fc25c3f%3B&domains=www.modia.org&sitesearch=www.modia.org  et sur Roch Hachana & Kippour ici : « Préparons le nouveau mois pour en vivre le sens, Eloul qui doit nous faire réussir le renouveau, ici avant Roch Hachana. Enfin, pour apprendre la méditation juive, une étude ici :  1e partie. LA MEDITATION JUIVE.  et ici :  2e partie. FORMATION A LA PRATIQUE:

                                                                               image Wikipédia

Roch Hachana

Roch Hachana signie « tête de l’année », ce qui signifie que c’est à cette période que sera en quelque sorte conçu tout le programme de l’année à venir. Cette fête est célébrée les 1er et 2 du mois de Tichri, désigné par « 7ème mois » (on compte à partir du mois de Nissan – mois de la sortie d’Egypte. La fête dure en effet 2 jours, en Israël comme en diaspora, mais le Talmud nous explique que ces 2 jours sont en fait considérés  comme ne faisant qu’un. Ils sont appelés   »Yoma arikhta »  (long jour en araméen). Le Zohar  insiste sur l’observance universelle des deux jours, enseignant que les deux passages du Livre de Job  (1:6 et 2:1), « lorsque les fils de Dieu vinrent se présenter devant le Seigneur, » se réfèrent aux premier et second jour de Roch Hachana, observés par le Tribunal Céleste devant le Tout-puissant (Zohar, Pin’has, p. 231a). Si le 1er jour tombe un samedi, on ne sonnera le chofar que le 2ème jour. Le 1er jour de Roch Hachana ne tombe jamais un dimanche, un mercredi ou un vendredi. Dans le livre de prophètes (mois 1.8), on appelle ce mois « Etanim » (le mois où sont nés les patriarches qui se nomment « Etanim » (puissants du monde). C’est en ce jour qu’Adam fut jugé par le Créateur et pardonné, qui lui dit que ce jour serait un signe pour ses enfants : comme il avait été jugé et pardonné, eux aussi le seraient.
Roch Hachana est également le jour anniversaire où Sarah, Ra’hel et ‘Hanna ont été exaucées alors que stériles, le mois de la libération de Joseph des prisons égytpiennes, et également la fin de l’esclavage d’Egypte. On désigne aussi cette fête par 4 termes différents : Yom Hadin (jour du jugement), Chabaton (jour de repos solennel), Yom terouah (jour de la sonnerie du chofar) et Zi’hron terouah (jour du souvenir proclamé par la sonnerie du chofar). Roch Hachana est la reconnaissance de la Royauté de D.ieu sur l’univers tout entier.

Le Talmud (Roch Hachana 16), au nom de Rabbi Jo’hanan nous enseigne que D.ieu a devant lui 3 livres ouverts : celui des « justes », (qui sont inscrits directement et définitivement pour « La Vie » éternelle dans le holam haba (le monde futur), celui des « impies », qui sont inscrits pour la « mort » et celui des « hommes moyens », dont le sort n’est pas encore tranché et reste en suspens jusqu’à Yom Kippour. Ce jour-là, s’ils sont repentis, ils sont inscrits dans le « Livre de la Vie »,  dans le cas conteraire, ils connaitront le sort des impies. D.ieu décide ce jour-là qui, selon ses actions, y sera ou non inscrits..

Vidéo « Psaume 23″ « http://www.youtube.com/v/cBl8_KWZOqw&hl=fr&fs=1&color1=0xe1600f&color2=0xfebd01″>stochner

Les symboles

A Roch Hachana, on se salue en disant « chana tova » (bonne année) ou bien « léchana tova tikavénou » (soyez inscrit pour une bonne année). Le verdict définitif du Créateur est rendu à Yom Kippour. C’est pour cette raison que les jours entre Roch Hachana et Yom Kippoursont appelés Yamim noraïm (jours terribles) et cette notion de pénitence est matérialisée par le blanc, couleur de la pureté pour tout Juif souhaite être pardonné. Le blanc est donc de rigueur ce jour-là à la synagogue pour la nappe du lutrin sur lequel on lit la Torah, les manteaux des séfarim Torah, le rideau de l’arche sainte ainsi que les vêtements des fidèles. Dans de nombreuses communautés, le premier jour de Roch Hachana, on procède à la cérémonie du « tachlikh ». C’est une prière qui se fait au bord d’un cours d’eau (lac, fleuve, mer) dans l’après-midi du premier jour de Roch Hachana. Quand Roch Hachana a lieu un Chabbat, on fait cette cérémonie le second jour. Le site Irpourdemain nous dit  qu’on lit, à cette occasion,  Mikha 7,18-20, le psaume 118 5-9 (qui est le parallèle des qualités divines décrites en Bémidbar 34, 6-7), ainsi que les psaumes 33 et 130 et Isaïe 11,9, mais le choix des textes peut varier selon les communautés. A l’issue de cette cérémonie, on secoue symboliquement les poches des vêtements pour marquer sa volonté de se débarrasser de ses péchés. En faisant le geste de jeter nos fautes, nous demandons  symboliquement à D.ieu de les emporter dans l’abîme. Ce jour-là à la synagogue, on sonne en tout 100 fois le chofar ; c’est une mitsva de la Torah d’écouter la sonnerie du Chofar à Roch Hachana. On doit donc, au moment de la sonnerie, avoir l’intention d’accomplir la mitsva.

A la synagogue

Les fidèles passent plus de la moitié des 2 jours de Roch Hachana en prières à la synagogue. Le « Arone Haqoddèche » (l’arche sainte) est ouverte ; deux hommes en retirent chacun un rouleau de la Torah.  Ils se positionnent ensuite autour du chantre et entonnent avec lui la prière chantée « Kol Nidré ». L’office se poursuit avec l’office du soir (Ma’ariv ou Arvite), qui comporte un service de « Seli’hote » (demandes de pardon) et de « viddouï » (confession en commun) particulièrement étendu. On  sonne le chofar, on récite 7 fois le psaume 4.7 pour rappeler les 7 cieux à travers lesquels les pières doivent passer pour atteindre le trône de D.ieu et on récite 7 fois le psaume 4.7, pour rappeler les 7 tours que firent les Juifs autour de Jéricho avant que les murailles ne tombent au son du Chofar. Le psaume 4.7 est choisi parce que le verset 6 contient l’allusion : « Dieu est monté au milieu des cris, le Seigneur au son du chofar ». On invoque ce verset afin d’ expliquer qu’on tient l’instrument avec l’embouchure large vers le haut. Ensuite 6 vers sont récités, qui forment l’acrostiche « Ke’ha Satan » (déchire S.). On sort également  les 2 rouleaux de la Torah de l’aron haqodech, dans lesquels on lit  notamment, le second jour, le récit de l’épreuve d’Abraham lors de l’Aqedat Yits’haq (le sacrifice d’Isaac), dont on sait que D.ieu ne l’a pas laissé exécuter.

A la synagogue, les fidèles chantent de nombreux poèmes litturgiques appelés piyoutim sur les thèmes du jugement et du repentir. Le moussaf (service additionnel comporte exceptionnellement 3 bénédictions centrales au lieu d’une seule comme pour toutes les autres fêtes. Le 1er piyout, « Mal’houyot » qui vient de la racine du mot « melekh » (roi) décrit la souveraineté du Créateur que Sa sainteté met à distance de Ses créatures. Au contraire « Zi’hono » nous montre que malgré tout « D.ieu s’est souvenu » de Noé, des fils des justes dans la souffrance, qu’il punit les méchants et récompense les bons. Le 3ème piyout , « Chofarote », explicite l’importance des événements marqués par la sonnerie du chofar et insiste sur le fait que D.ieu s’est révélé Lui-Même au Mont Sinaï et qu’Il se révélera à nouveau pour amener la fin des temps.

A la maison

Roch Hachana, le Nouvel An juif, débute la veille au soir dans l’optimisme et l’entrain. Le blog Irpourdemain nous donne la bénédiction du Kiddouch de Roch Hachana. Le père de famille lève le verre rempli de vin ou de jus de raisin et dit : « Ouvyom simhatkhem ouvimoâdékhem ouvraché hodchékhem outkatem bahatsotsérot al olotékhém véâl zivhé chalmékhem. Véhayou lakhém lézikarone lifné Elohékhém. Ani Adonaï Elohékhém. Savri maranane. Baroukh ata Adonaï, Elohénou mélékh haolam, acher bahar banou mikol âm, véroméménou mikol lachone, vékidéchanou bémitsvotav vatitène lanou Adonaï Elohénou béahava, éte Yom Hazikarone hazé, vééte yom tov mikra kodech hazé, zikrone térouâ béahava mikra kodéch, zékhér litsiat mitsrayim. Oudvarékha malkénou émète vékayam laâd. Baroukh ata Adonaï, mélékh âl kol haaréts mékadéch israel véyom hazikarone. Baroukh ata Adonaï, Elohénou mélékh haolam, chééhéyanou vékiyémanou véhiguiânou lazemane hazé. »*

Après ke kiddouch, on fait Nétilat Yadaïm et le Motsi et on entame le séder de Roch Hachana. Le second soir, on répèter la même procédure.

Le Consistoire propose les bénédictions pour un séder (ordre) de base pour ceux qui ne connaissent pas l’hébreu, sachant qu’il existe plusieurs coutumes différentes selon les origines :

Bénédiction sur la pomme :

Yéhi ratson miléfanékha Ado-naï Elo-hénou, vélo-hé avoténou chéteé zana zo abaha alénou tova oumtouka katapouakh. Puis, juste avant de manger, on dit : Baroukh ata Ado-naï Elo-hénou mélekh haolam boré péri haets.

Vis-à-vis de la Halakha, le miel entre dans la catégorie des boissons. Sauf dans les cas où il a été solidifié par le froid. (voir Quelle bénédiction faire sur le miel lors du Sédèr de Roch Hachana ? )

Bénédiction sur les dattes :

Yéhi ratson miléfanékha Ado-naï Elo-hénou, vélo-hé avoténou héyitamou oïvéra véssonékha vékholmévakché raaténou.

Bénédiction sur les grenades :

Yéhi ratson miléfanékha Ado-naï Elo-hénou, vélo-hé avoténou chéyirbou zekhioténou karimon

Bénédiction sur le jujube : (fruit originaire de Chine issu d’un arbre de 5 à 6 m de haut appelé « jujubier » dont les fruits ovoïde-oblongs sont comestibles. La richesse en sucre du jujube est comparable à celle de la figue. Ce fruit a la forme et la grosseur d’une belle olive à noyau osseux rouge foncé à maturité) :

Yéhi ratson miléfanékha Ado-naï Elo-hénou, vélo-hé avoténou chéyirbou zékhioténou.

 

                     image « fruits oubliés »: Jujube    pagesperso-orange.fr

 

Un exemple de séder : Le « séder » de Roch Hachana est plus ou moins copieux selon les communautés dont on est originaire, mais le miel est toujours omniprésent, comme accompagnement, pour chacun des aliments mis sur le plateau. On commence toujours le séder par le « kiddouch » (bénédiction) sur une coupe de vin, immédiatement suivi par la prière sur les « halote » souvent en forme de couronne pour rappeler la royauté de D.ieu. On remplace pour l’occasion le sel par du sucre. La bénédiction principale (la 3ème) se fait sur une pomme trempée dans du miel, pour une année bonne et douce. Les Juifs d’Afrique du Nord mangent des dattes « tamra ou tam » qui veut dire « terminer » en araméen, car nous espérons la fin de l’influence de nos ennemis. Ensuite, on consomme des légumes. A travers ceux-ci, nous souhaitons que nos ennemis cessent de nous vouloir du mal. 4ème bénédiction : Sur le plateau du séder, on trouve également des blettes (salki en araméen), mot proche de « istalek » qui signifier « enlever » (que nos ennemis disparaissent), de la courge, du potiron, des épinards, des poireaux (karti) dont la racine est la même que le mot « karet » (retrancher, supprimer) (que nos ennemis soient écartés), la grenade, dont le mot araméen (rubiya) dérive du mot rov (abondance) ou le pois. La 5ème bénédiction porte sur  porte sur le souhait « qu’Israël soit en tête des nations, plutôt qu’en queue » au niveau moral et serve d’exemple aux autres nations. On fait la bénédiction sur une tête de poisson ou de mouton (ou sur une partie de cette tête) – en évitant toutefois de choisir une tête de veau ou de bœuf, pour ne rappeler ni le veau d’or, ni les autres animaux adorés dans l’Antiquité. Après ce séder, on consomme le repas de fête.

Vidéo : « La table de Roch Hachana » : http://www.youtube.com/watch?v=bIEaQqofJaQ koshertube

 

Le jeûne de Guédalia

Voici quelques conseils simples et efficaces : La veille du jeûne, s’hydrater abondamment en buvant régulièrement tout au long de la journée et prendre des repas consistants mais non pimentés comportant par exemple du poisson, du riz ou des pâtes… (éviter la cuisine pimentés, trop salée, ou qui donne des lourdeurs ou des gaz). Accomplir la mitsva de la « séouda mafséqéte »,  repas du 9 Tishri, avant le coucher du soleil qui se prend  avant le commencement du jeûne dans le calme. Après le jeûne, ne pas se ruer sur les friandises, mais par exemple, commencer par boire une tasse de boisson chaude comme du thé sucré. Après une pause, manger sans excès en commençant, par exemple, par un potage…

Vidéos : Roch Hachana à travers le monde (en Israël) http://www.youtube.com/watch?v=pBM_uq-RVqk

                                                                        (en Inde) : http://www.youtube.com/watch?v=ZBWIGYUN0PM 

 (au Kenya) chez les Massaï Shofar blow by the Masai for ROSH HASHANA

(en Argentine ? Au Costa Rica ?) http://www.youtube.com/watch?v=EVmPwu8ByFw

Dès le lendemain, 3 Tichri, les Juifs entament un jeûne public obligatoire : « Tsom Guédalia » (le jeûne de Guédalia) qui fut institué pour commémorer, lors de la liquidation de la dernière poche de réistance juive en terre d’Israël après la destruction, par Nabuchodonosor, du 1er Temple de Jérusalem en 586 avant l’ère commune, de l’assassinat du  général Guédalia Ben AhikHam, chef important du peuple juif pendant l’exil de Babylone et dernier gouverneur de Judée… (Talmud Roch Hachana 18b). Si ce jours-là tombe le Chabbat, le jeûne est reporté au dimanche. (Aucun jeûne ne peut avoir lieu le jour de Chabbat, Yom Kippour excepté.)

Après Roch Hachana, préparer Kippour

                    Yom Kippour

Sur ModiaKippour (10 Tichri)

Sur Univers TorahLe Rôle du Kohèn Gadol le jour de Kippour 

PETIT GUIDE PRATIQUE

Chabbat Chouva, avec la paracha Haazinou (voir CULTURE JUDAÏSME, Infos & Vie Juive Eloul 5769)

CULTURE JUDAÏSME, Infos et vie juive eloul 5770 (2)

- 7 tichri (vendredi 25 septembre 2009 à la tombée de la nuit au samedi 26 septembre 20h25 – horaire pour Paris)

Yom Kippour : 10 tichri 5770 (du samedi 26 septembre à la tombée de la nuit -  kol nidré – au dimanche 27 septembre à la tombée de la nuit 19h19 – kol nidré – au lundi 28 septembre 20h20 – Yizkor                    

Début du jeûne de Kippour (qui dure 25 h),  27 septembre : 19h20(source Aaron Altabé)

Fin du jeûne et Chofar :                                       28 septembre :20h23(source Consistoire de Paris)

(ces dates et horaires sont donnés sous toutes réserves, des erreurs étant
toujours possibles ; il faut impérativement les vérifier auprès de
votre communauté. Ces horaires sont valables pour Paris, pour les
autres villes françaises ou pour l’étranger, vérifier auprès d’un
rabbin)

 

      Vidéos :   "Avinou Malkénou" (Barbra Streisand)

        "http://www.youtube.com/v/ydRdxs-9-zg&hl=fr&fs=1&rel=0&color1=0xe1600f&color2=0xfebd01">  OlhosDaEternidade

"Kippour", par le Rav Chaoul Botchko :   "http://www.youtube.com/v/BlcZRHc5kqQ&hl=fr&fs=1&rel=0&color1=0xe1600f&color2=0xfebd01"> 

"Paracha Haazinou et Kippour", par le Rav Mordekhaï Bensoussan  http://www.youtube.com/watch?v=n1gghbRrEw4 

                        

Les Jours Redoutables 

C’est ainsi qu’on nomme les 10 jours qui séparent Roch Hachana de Yom Kippour, en hébreu "Yamim noraïm". On les appelle aussi "Asseret yemei Techouva". Pendant cette période, le processus de " Téchouva" (période de repentance et de retour à D.ieu) continue, chacun passant en revue ses différentes actions afin de réparer ses fautes et purifier son âme. Le judaïsme considérant que l’homme a été créé avec son libre arbitre, il a donc la possibilité de choisir entre le bon et le mauvais, d’être juste ou pervers, il est pleinement responsable de ses actes, mais les péchés peuvent parfaitement être rachetés par un sincère retour à D.ieu. A la synagogue ont lieu les confessions publiques qui concernent les fautes commises envers son prochain, textes communs. Le judaïsme considère en effet que le peuple juif ne faisant qu’un, chaque Juif est solidaire des fautes des autres juifs. De tout temps les Jours Redoutables ont vu la plus grande affluence annuelle de Juifs à la synagogue.

 

Cette période est celle pendant laquelle l’homme fait le bilan de l’année passée concernant les "avérote chébène adam lamakom" (les péchés commis envers D.ieu) et les"avérote chébène Adam la’havéro" (les péchés commis envers l’homme). Mais  si "Yom Hakippourim" absout entièrement les péchés envers le Créateur, les péchés envers le prochain ne le sont qu’à condition d’obtenir le pardon de  l’offensé, est-il expliqué dans la Michna Yoma 8.9. C’est pourquoi on doit aller voir chaque personne que l’on a offensé et lui demander pardon, ce qui n’est pas facile, mais indispensable pour être absout. Ce processus commence lors de la période des 10 jours entre Roch Hachana et Yom Kippour. Les âmes des disparus sont comprises dans la communauté de ceux  auxquels on pardonne à Yom Kippour. Cependant, il est de coutume de résoudre les conflits et disputes au plus tard la veille du jeûne.

Vidéo : "Avinou Malkenou" http://www.youtube.com/watch?v=9gppL65Vwec slowfig 

Retrouvez ici, sur massorti.com les paroles en hébreu et en français   Avinou Malkénou – אבינו מלכנו 

 

Paroles de nos Sages sur la téchouva

La tradition nous enseigne que c’est à Roch ‘Hodech Eloul (le 1er jour du mois d’eloul) que Moïse est remonté au Sinaï pour la 3ème fois (après l’épisode du Veau d’Or). D.ieu dit à Moïse, "Monte sur la montagne vers moi". Ce jour-là, commença une période de grâce et de miséricorde qui prit fin 40 jours plus tard, à Yom Kipour, lorsque Moïse redescendit avec les secondes Tables de la Loi, apportant avec lui la merveilleuse nouvelle du Pardon Divin. Nos Sages nous enseignent qu’à partir du 1er Eloul, on sonna du chofar chaque jour dans le camp, rappelant ainsi aux enfants d’Israël que Moïse était au Mont Sinaï, priant pour eux. C’était la 3ème période de 49 jours que Moïse passait avec D.ieu au Sinaï. Ce verset fait allusion à la possibilité pour l’homme de se rapprocher davantage, pendant ce mois, de D.ieu, car c’est en cette période qu’Il est plus proche de l’homme.

Le"Chir hachirim" (le Cantique des Cantiques), attribué au roi Salomon, nous enseigne que ce n’est pas un hasard si c’est au mois d’Eloul, le dernier mois de l’année juive (qui correspond généralement au mois d’août/septembre) que commence la téchouva ; Eloul est non seulement le mois du bilan spirituel consacré au retour vers D.ieu, mais il est également prédestiné au pardon divin. En effet, (Cantique des Cantiques 6,3) « Ani lédodi védodi li » « Je suis vers mon bien-aimé et mon bien-aimé est vers moi »  L’acrostiche des mots "Ani Lédodi Védodi Li" אֱלוּל (alef, lamed, vav, lamedque l’on trouve dans le chapitre 6, verset 3 forme le mot "ELOUL". Si la repentance est en tout temps agréable à l’Eternel, elle l’est encore davantage pendant le mois d’Eloul "L’Eternel D’ieu circonciera ton coeur et le coeur de ta descendance" (Deutéronome30,6).

Alors qu’il se trouvait dans les entrailles du poisson qui l’avait avalé en pleine mer, le prophète Jonas s’est repenti devant D.ieu de ses péchés. (Bien qu’étant des personnalités d’une très haute élévation spirituelle, les prophètes n’en demeurent pas moins des hommes dotés de qualités et de défauts.) Mais il n’est pas fortuit que nous lisions le Livre de Jonas au cours de l’office de l’après-midi de Yom Kippour : c’est en effet un livre entièrement consacré au repentir qui relate le succès rencontré par le prophète Jonas dans son projet de remettre la ville dépravée de Ninive dans le droit chemin, et ce, après seulement trois jours d’appels et d’invectives à travers cette capitale, tentative qui fut couronnée de succès et la ville fut sauvée par le repentir collectif des habitants.

 

(Joël 2) "Déchirez vos coeurs et non pas vos vêtements (en signe de deuil) et retournez à l’Eternel votre D.ieu". (Traité Yoma) : "Grande est la téchouva , le repentir, qui conduit chacun d’entre nous jusqu’à D.ieu." (Traité Yoma) "Grande est la téchouva qui a la vertu de transformer les fautes en mérites." 

"5 fautes créent chez leur auteur une accoutumance et constituent des mauvaises habitudes dont il faut se défaire : 1/La calomnie   2/La médisance   3/La colère   4/Les mauvaises pensées   5/Les mauvaises fréquentations Ces choses nuisent à la téchouva, mais ne l’empêchent pas ; la téchouva reste toujours possible" (Maïmonide, lois du repentir)

                                                           YOM KIPPOUR

Lévitique 16-30, 31 :"Car en ce jour on fera propitiation sur vous afin de vous purifier : vous serez purs de tous vos péchés devant l’Éternel. Ce sera pour vous un Chabbat solennel, où vous affligerez vos âmes. C’est une loi perpétuelle". 

                          

                                                         Yom Kippour à la synagogue (image Wikipédia)

La vraie ‘téchouva’

Après le 1er Tichri et la fête de Roch Hachana, (jour du Nouvel An juif) vient la fête de Yom Kippour (jour de l’expiation) est aussi appelée Jour du Pardon et c’est le jour le plus saint de l’année. On y reçoit ce qui est peut-être le don le plus sublime de D.ieu : Son pardon, expression même de Son amour éternel et inconditionnel pour le peuple juif. Ici, tout est une question de coeur. Bien que l’homme ait  transgressé Sa volonté, son essence, son âme, demeure divine et pure.Yom Kippour est ce jour unique de l’année où D.ieu révèle plus clairement l’unité de Son Essence avec l’âme de chaque juif. Sachant cela, comment ne pas avoir envie de revenir à D.ieu en se concentrant sur l’étincelle juive qui brille en chacun et en aspirant à atteindre une profondeur spirituelle maximum ? C’est cela la vraie "techouva", profonde et sincère qu’espère de nous notre Créateur, qui n’attend en effet de notre part qu’un repentir sincère, qu’un retour spontané et vrai vers Lui, avec larmes, comme un enfant qui, après une bêtise, vient se jeter dans les bras accueillants de son père* en pleurant et en regrettant amèrement. Alors, on est immédiatement pardonné. Ceci n’est cependant pas de l’infantilisme, mais au contraire une véritable prise de conscience de nos faiblesses si nombreuses face aux tentations diverses et multiples du monde dans lequel nous vivons, et il est somme toute humain d’y succomber parfois, en sachant toutefois revenir à temps sur le bon chemin. 

* (métaphore pour essayer de traduire avec des notions humaines la complexité et l’impalpabilité trop grandes de ce qu’est le D.ieu Un pour chacun d’entre nous.)

Ainsi Haqqadoch Baroukh Hou n’attend-t-il que cela pour nous prouver à nouveau, chaque année, l’immense miséricorde dont Il sait faire preuve à notre égard, et pour nous montrer la "émouna" (celle de l’homme envers notre Créateur est une foi spontanée et sincère avec connaissance de ses fondements, contenue dans le 1er Commandement : "Je suis l’Eternel, qui t’ai fait sortir d’Egypte, maison d’esclaves" et dont le but est la réception, au Sinaï, de l’arbre de vie : la Torah. la émouna, c’est croire D.ieu quand Il ordonne et promet. (repères pour enseigner la Emouna-petit livre de l’enseignant par le Rav J. Poultorak)) qu’Il met en l’homme et ainsi lui faire ressentir la splendeur de Son amour si pur, si sûr et si durable ! Ainsi comment pourrait-on rester insensible à une si grande tendresse, à un amour si immense ? La "téchouva" est un processus qui, dans sa forme ultime, nous donne la force, non seulement de transcender nos erreurs, mais aussi de les racheter. Nous devons alors faire un véritable retour dans le temps et redéfinir la nature essentielle d’un acte passé, le transformant ainsi de mal en bien. Mais pour y parvenir, il nous faut d’abord ressentir que la transgression a été un acte néfaste et nous devons être conscients de la dévastation qu’elle a infligée à notre âme. Nous devons reconnaître, désavouer sa folie et y renoncer. C’est seulement alors que nous pouvons retourner en arrière et changer ce que nous avons fait.  Maïmonide écrit "Israël ne sera sauvé que par la Techouva qui servira de catalyse pour la Rédemption. La Torah a promis qu’en dernier ressort, vers la fin de son exil, Israël reviendra (à D.ieu) et sera immédiatement sauvé".

L’importance de la téchouva, des mitsvote et de l’étude de la Torah pour un Juif : regardez jusqu’au bout cette vidéo, qui dure environ 1h40, mais que chaque Juif devrait regarder ; chaque Juif a en effet le pouvoir de transformer le mal en bien, par la téchouva, l’étude et les mitsvote :  Vidéo : Guermamia (un cours édifiant du rav Ron Chaya sur son site Leava.fr)

Yom Kippour est une journée où les bien-portants jeûnent

A la synagogue

La fête de Yom Kipour est presque entièrement remplie par la prière à la synagogue : le soir jusqu’à environ 21h et reprend le matin vers 8h jusqu’au coucher du soleil, avec une petite interruption d’une heure environ vers 14h. Cette journée est très concentrée sur prière en cela qu’elle est la dernière chance pour implorer le pardon de D.ieu ! En ce jour de purification, Israël se reconnaît pécheur et supplie D.ieu de lui faire miséricorde.

Les offices commencent par celui de"Kol Nidré", (tous les voeux) prière spécifique à Yom Kippour, texte en araméen qui annule les voeux prononcés de façon inconsidérée, prière devant être récitée avant le coucher du soleil. Par cette prière, on proclame nuls tous les vœux faits entre l’homme et Dieu. Elle commence le 9 Tishri avant le coucher du soleil. Son nom vient des premiers mots de l’office. Il comporte la prière Kol nidrei, la récitation du Shema’ Israel et de la ‘Amidah de Yom Kippour, la confession des péchés, le Qadish, et le ‘Alenou. Les prières et textes lus sont en hébreu.

En Qoélet 5.1 (L’Ecclésiaste), il est dit : "N’ouvre pas la bouche avec précipitation ; que ton coeur ne soit pas prompt à proférer quelque parole devant D.ieu, car D.ieu est au ciel, et toi, tu es sur la terre ; c’est pourquoi tes propos doivent être peu nombreux. (Car les songes naissent de l’abondance des soucis, et la voix du sot se reconnaît à l’abondance de ses paroles.)

Lorsque tu fais un voeu à D.ieu, ne tarde pas à t’en acquitter, car Il n’aime pas les sots. Paie ce que tu as promis par ton voeu. Tu ferais mieux de t’abstenir de tout voeu que d’en faire un et de ne pas l’accomplir. Ne permets pas à ta bouche de charger ta personne d’un péché ; et ne prétends pas devant le messager (de D.ieu) qu’il y avait inadvertance de ta part : pourquoi D.ieu devra-t-il s’irriter au son de ta voix et ruiner l’oeuvre de tes mains ? Tel serait le fruit de ces tas de songes et de niaiseries et de ce flux de paroles : crains plutôt D.ieu."

L’élément essentiel de l’office supplémentaire Moussaf (en fin de matinée) est le récit du "seder ha-‘avoda" (ordre du culte) qu’exécutait le grand prêtre à l’époque du Temple. Ce seder "ha-‘avodah" a été reconstitué dans le traité Yoma de la Mishna à partir de Lévitique 16. Une spécificité de Yom Kippour est qu’il y a encore des lectures l’après-midi avant l’office de Min’ha : il s’agit de Lévitique 18 (les principes moraux de la vie sexuelle) et la Méguila qui est le livre de Jonas.

lectures du matin :
Lévitique 16, 1-34 ; Nombres 29, 7-11(décrit le service du Grand Prêtre à l’époque du Temple le jour de Kippour)
Isaïe 57, 14 à 58, 14 (évoque le sens du jeûne et de la repentance)
lectures de l’après-midi :
Lévitique 18, 1-30
Michée 7, 18-20 ; Jonas (en entier)

La journée se termine avec l’office de Ne‘ilah ("clôture"), office spécifique à Yom Kippour. C’est à la fin de cet office que se ferment les portes de la miséricorde ouvertes depuis Roch Hachana : le jugement de D.ieu est alors scellé. A la fin de cet office, on sonne le chofar pour annoncer la fin du jeûne. La Bible ne prescrit une sonnerie que pour les années jubilaires (Lévitique 25, 9-10), mais l’usage est devenu annuel.(Un Echo d’Israel)

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Vidéo "Kol Nidrei" (Max Bruch)Alexander Tsaliuk et la chorale juive de Moscou  

  http://www.youtube.com/watch?v=0BVWJltIqPc atsaliuk

Autre excellente interprétation ici  http://www.youtube.com/watch?v=dvWxoYULWrw waldog77

Interprétation instrumentale, violoncelle Teodora Miteva (1ère partie) http://www.youtube.com/watch?v=8mgaICZS79Y  Peter1945*

(2ème partie) http://www.youtube.com/watch?v=gHwINCeAr38 

 

Interdictions de Yom Kippour Le jour de Kippour est marqué d’interditsconcernant  hommes et  femmes
- boire, de manger et de travailler

- se laver, de se frictionner le corps, de s’enduire de crème, de se parfumer
- porter des chaussures en cuir
- avoir des relations conjugales

 

A Yom Kippour, on a l’obligation - d’entamer un examen personnel
– d’aller demander pardon pour les préjudices faits à autrui
– de réparer ces préjudices

Autres dinim (lois)

La Veille de Yom Kippour :
- Allumage des lumières
- On prend un repas copieux repas avant le jeûne
- On va à la Synagogue pour entendre le Kol Nidreï qui ouvre le jour de Kippour

Le jour Kippour
- Prières tout au long de la journée
- En fin de journée, cérémonies de clôture, la Néila récapitule tout l’effort de techouva que nous avons entrepris

- Cérémonie du chofar
- Bénédiction de la lune après Arvit
- Repas du soir
- On commence la construction de la Soucca
, ce qui nous relie à la fête de Souccote

Quelques us et coutumes de Kippour

Il est de coutume de prendre un grand repas festif, la "seoudat hamafsèqet" après la prière de min’ha précédant le jour de Kippour. On y consomme traditionnellement du couscous chez les Sépharades, des kreplach et du riz chez les Ashkénazes. Cette  journée est  hautement solennelle et l’une des plus redoutables de l’année où l’on observe un jeûne de 25 heures au cours duquel on prie avec une ferveur toute particulière.Ce jeûne est le seul à avoir préséance sur le Chabbat. C’est le jour de la repentance, considéré comme étant le jour le plus saint et le plus solennel de l’année juive :Lévitique 16, 30 : "Car en ce jour on fera l’expiation pour vous, afin de vous purifier: vous serez purifiés de tous vos péchés devant l’Éternel". Lévitique 16:31: "Ce sera pour vous un Chabbat chabbaton, et vous affligerez vos âmes. C’est une loi perpétuelle". De ce dernier verset les Sages ont déduit qu’il fallait respecter les interdictions du Chabbat (exemple, ne pas travailler, ni allumer de feu). Quant à l’affliction des âmes, elle est réalisée selon la Michna Yoma 8,1, par l’interdiction de nourriture, de baignade, d’utilisation de cosmétiques pour les femmes, du port de la sandale (c’est-à-dire de semelles de cuir) et de l’intimité conjugale. L’abstention totale de nourriture et de boisson commence généralement une demi-heure avant le coucher de soleil afin de limiter le risque de manger pendant la fête par inadvertance. Elle termine après le coucher du soleil de la nuit suivante.

Télécharger le seder de Roch Hachanasur le site www.viejuive.com

2 Vidéos du rav Ron Chaya sur Yom Kippour (1): "http://www.dailymotion.com/swf/xnzx9_yom-kippour_blog">  JewSpiri

(2) : "http://www.dailymotion.com/swf/xnzx1_yom-kippour-2-suite_blog">    

Pour tout savoir sur les fêtes de Tichri, comprendre et se préparer, écouter des seli’hote ou entendre le son du chofar, aller sur Modia : Eloul qui doit nous faire réussir le renouveau ,  la téchouva et les  fêtes de la nouvelle année

Vidéos Piyoutim

Seli’hote "Chema Yisrael" par le hazzan Rabbi Hagay Batzri rite sepharade yerushalmi "http://www.youtube.com/v/mZz64qMX4j0&hl=fr&fs=1&color1=0xe1600f&color2=0xfebd01">batzri

 

Seli’hote pour les yamim noraïm "Ben Adam" par le hazzan Rabbi Hagay Batzri rite sépharade yerushalmi et Halabi "http://www.youtube.com/v/2-Ul0B_mBWc&hl=fr&fs=1&color1=0xe1600f&color2=0xfebd01">  batzri

"Adon Haseli’hote"par le hazzan Rabbi Hagay Batzri  rite sépharade yerushalmi et Halabi "http://www.youtube.com/v/uLfUMGhLw7g&hl=fr&fs=1&color1=0xe1600f&color2=0xfebd01"> batzri


                                 

                                                                                

YOM KIPPOUR

Pour l’homme, Tu as créé le monde un soir.

Tu as caché Ta lumière. Mais Ta gloire

Baignera un jour les contours de la terre.

Tu sèmes tant d’amour dans tout Ton univers,

Envers nous Tu fais preuve de tant de bontés

Que tous devraient toujours marcher à tes côtés.

Pourtant que faisons-nous, ô notre unique Roi ?

Nous ne te prions pas, nous ignorons Ta loi.

Mais, Roi Un et magnifique, Toi Qui voit tout,

Vois les larmes amères coulant sur les joues ;

Regarde Tes enfants tombés dans le malheur.

Ecoute leurs cris, vois leur détresse, leurs peurs.

Auras-tu pitié d’eux ? Leur pardonneras-tu ?

Père miséricordieux, tant s’étaient perdus !

Repenties, Tes créatures Te reviennent

Entendant le chofar. Les voici. Tu règnes !

Maryse


(source Lamed – Mekordaat – Modia – Beth Loubavitch – irpourdemain – sheelot@free.fr – Wikipedia – Fonds social juif unifié – Chabad.org – Un Echo d’Israël – Alliance – Vie Juive/Rav  Chlomo Aviner – Claude Riveline sur Akadem "Roch Hachana et le Chofar" – Roch Hachana/Yom Kippour Yad-Laa’Him  – Center Blog)

Article de 2009 en cours de reconstruction après changement d’hébergeur

ROCH HACHANA VERSION 2012, VOIR "ACCUEIL", colonne de gauche du blog

CULTURE JUDAÏSME – PESSA’H (1)

CULTURE JUDAÏSME 
kippa kippa
   POUR S’INFORMER ET REFLECHIR SELON LA TORAH ____________________________________________________
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COMMENTAIRE DU GRAND RABBIN DE FRANCE GILLES BERNHEIM SUR LA FÊTE DE PESSA’H : Commentaire du Grand Rabbin de
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MESSAGE DU GRAND RABBIN DE FRANCE GILLES BERNHEIM
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Qu’est-ce que la fête de Pessa’h (la Pâque juive) ?La fête de Pessa’h dure huit jours. Elle est célébrée en début de printemps, du 15 au 22 du mois juif de Nissan. Elle commémore la libération des Hébreux de l’esclavage en Égypte ancienne. En accomplissant les rites de Pessa’h, nous pouvons revivre et ressentir la réelle liberté obtenue par nos ancêtres.L’histoire de Pessa’hAprès de nombreuses décennies d’esclavage sous les Pharaons d’Égypte, pendant lesquelles les Israélites furent contraints à un travail écrasant et soumis à des atrocités, D.ieu vit la détresse du peuple et envoya Moise chez Pharaon avec ce message : « Laisse partir Mon peuple, pour qu’il Me serve. » Lorsque, malgré plusieurs avertissements, Pharaon refusa d’obéir à l’ordre divin, D.ieu envoya sur l’Égypte dix plaies dévastatrices qui y semèrent la désolation, détruisant bétail et récoltes. (Source :  Chabad Loubavitch Nice Côte d’Azur)

Au milieu de la nuit du 15 Nissan de l’année 2448 depuis la création (1313 avant l’ère commune), D.ieu infligea aux Égyptiens la dernière des dix plaies qui tua tous leurs premiers-nés. Ce faisant, D.ieu épargnait les Enfants d’Israël, « sautant par-dessus » leurs maisons – d’où le nom de la fête : Pessa’h signifie « le saut » en hébreu.

La résistance de Pharaon fut brisée, et il chassa littéralement ses anciens esclaves du pays. Les Israélites s’en allèrent dans une telle hâte, que le pain qui devait leur servir de provision pour la route n’eut pas le temps de lever. 600 000 hommes adultes, et beaucoup plus de femmes et d’enfants, quittèrent l’Égypte ce jour-là, entamant leur voyage vers le mont Sinaï et leur naissance en tant que peuple élu de D.ieu.

LA  FÊTE  DE  PESSA’H

CHANTS POUR PESSA’H Ma nichtana (version vocale) http://www.youtube.com/v/MsonH7H3h6U&hl=fr&fs=1&rel=0&color1=0×006699&color2=0x54abd6&border=1"></param><param JadeVaerens /

Dans la 1ère partie de "la fête de Pessa’h" :

QUAND FÊTE-T-ON PESSA’H CETTE ANNEE 5769 (2009) ?

PESSA’H

LA HAGGADAH DE PESSA’H

Les 10 plaies d’Egypte

DE QUELLE EPOQUE LA HAGGADAH ET LE SEDER DATENT-ILS ?

LE ‘HAMETS

Définition du ‘hamets

Les 3 interdictions du ‘hamets

La recherche du ‘hamets

Faire disparaître le ‘hamets

La vente du ‘hamets

La signification du ‘hamets

LES SYMBOLES DU SEDER ET LE SOUVENIR DES ANCÊTRES

Dans la 2ème partie de "la fête de Pessa’h :

LE SEDER DE PESSA’H

Pourquoi boit-on 4 coupes de vin ?

LE CHIFFRE QUATRE DANS LE SEDER DE PESSA’H

Les quatre coupes de vin (ou les 4 coupes de la délivrance)

Les quatre questions

Les quatre fils

Les quatre matriarches

Les quatre noms de Pessa’h

La haggadah des quatre mois

Quatre occasions de consommer la matsa

Quatre genres d’aliments sur le plat du Séder pour 4 bénédictions

Les quatre souffrances du peuple en Egypte

Les quatre expressions d’Hachem pour la "guéoula" des quatre exils

Les quatre temps de notre prise de conscience vers cette "guéoula"

RECAPITULATIF DES 15 ETAPES DE LA LIBERATION DANS LA SOIREE DU SEDER

PESSA’H AUJOURD’HUI

Le récit de PESSA’H en 7 mn http://www.youtube.com/v/Bl8dazS0FeQ&hl=fr&fs=1&rel=0&color1=0×006699&color2=0x54abd6&border=1"></param><paramAskMosesTV VIA

QUAND FÊTE-T-ON PESSA’H CETTE ANNEE 5769 (2009) ?

Vendredi 3 avril
Dernière limite pour envoyer au Consistoire le pouvoir de vente du ‘hamets

Mardi 7 avril
Recherche du ‘Hamets
à partir de 21h22

Mercredi 8 avril
Jeûne des premiers-nés
- On arrête de manger du ‘Hamets avant 11h25 – On détruit les restes de ‘Hamets et on récite le Kol ‘Hamira avant 12h35 -
Allumage des bougies de la fête à 20h13 avec la bénédiction 1 & 2 le 1er soir du seder

Jeudi 9 avril 1er Jourde Pessa’h On commence à compter le Omer dès ce soir. On allume les bougies de Yom Tov - avec une flamme allumée depuis la veille – avec les bénédictions 1 et 2 après 21h25. On commence Sédèr après 21h25

Vendredi 10 avril
2ème jour
de Pessa’h On allume les bougies de Chabbath à partir d’une flamme déjà existante avec la bénédiction 3 avant 20h16.

Samedi 11 avril
3ème jour
de Pessa’h Fin des premiers jours de fête et de Chabbath: 21h27

Du 12 au 14 avril
4ème et 5ème jour
de Pessa’h Hol Hamoed / Demi-fêtes On ne met pas les Téfilines

Mardi 14 avril
6ème jour
de Pessa’h On allume les bougies de Yom Tov avec la bénédiction avant 20h22

Mercredi 15 avril
7ème jour
de Pessa’h On allume les bougies de Yom Tov à partir d’une flamme allumée depuis la veille avec la bénédiction 1 après 21h34

Jeudi 16 avril
8ème jour
de Pessa’h On dit le Yizkor, prière commémorant la mémoire des défunts. L’après-midi : Séoudat Machia’h

Fin de Pessa’h à 21h35 : (Il est nécessaire d’attendre une heure avant d’utiliser le ‘Hamets qui a été vendu à un non-Juif, afin que celui-ci puisse être racheté par le Rav.

Le 9 au soir on commence à compter le Ômér.
Péssa’h, le 15 Nissane: le 8 avril au soir Erev ‘hag Pessa’h et Séder et le 9 (et aussi le 10 en diaspora). Le 9 au soir, on commence à dire la prière pour la rosée (oumorid hattal).

Le 15 avril (21 Nissane) en Israël est le 7e jour de la fête. Le 16 avril (22 Nissane) est la fin ou Isrou ‘hag ; mais ce 16 avril est le dernier jour de la fête hors d’Israël (yom tov chéni chél galouyotes).
Quand un Chabbate précède la fête:
- penser à devancer la vente du ‘hamets.
- le jeûne des premiers nés la veille est alors également avancé, et le soir on fait la recherche du ‘Hamets.
- alors, avant 10h 15 environ on brûle le ‘hamets restant, après le petit déjeuner, en conservant ce qu’il faut pour les ‘halotes de Chabbate.

CHANTS POUR PESSA’H Avraham Avinou http://www.youtube.com/v/FYOrtCwECgw&hl=fr&fs=1&rel=0&color1=0×006699&color2=0x54abd6&border=1"></param><param (Abraham Ferera Video Editing: Hermon Yehuda Productions 097672069) bingo1941

PESSA’H

Le Chabbat qui précède Pessah’ est un Chabbat particulier appelé Chabbat hagadol (grand Chabbat), car en plus de la paracha de la semaine, nous lisons un texte de Torah supplémentaire. Ce texte a pour but principal de se préparer mentalement et spirituellement à cette fête qui va rythmer notre quotidien pendant une semaine, ainsi qu’à l’application des halah’ot (lois) qui s’y rattachent."Le grand-Chabbat" fut ainsi nommé en raison du grand miracle où, selon le commentaire du Tour, les familles d’Israël ayant pris, sur ordre divin,"l’agneau pascal", le Chabbat 10 nissan pour le sacrifice qui devait avoir lieu 4 jours plus tard, aucune rébellion des égyptiens n’eut lieu, malgré sa déifications par ces derniers.

Pessa’h (la Pâque juive) est l’une des 3 fêtes de pèlerinage, (les autres étant Chavouôt et Souccot). Elle fut instituée par D.ieu Lui-même lors de la sortie d’Egypte du peuple hébreu. Dans la Torah, on trouve 3 passages sur ce sujet avec l’origine de toutes les lois et de tous les usages qui permettent de célébrer cette fête : Chemote (Exode) 12 – Vayikra (Lévitique)23 – Devarim (Deutéronome) 16. Le mot Pessa’h est composé des lettres « peh », qui signifie (bouche) et « sa’h » (raconter). En français s’est le « passage par-dessus », en anglais, cela se dit « passover », ce qui rappelle qu’Hachem avait demandé aux Enfants d’Israël de marquer le linteau de leurs portes avec du sang d’agneau, de sorte qu’Il les repère lors Son passage par-dessus les maisons pour que la plaie qui frappa l’Egypte (mort des premiers nés) épargnât ceux des Hébreux. L’agneau sacrifié par les "Bnei-Israel" (Enfants d’Israël) reçut le nom de « Korbane Pessa’h » (sacrifice pascal).

Les Bnei-Israel furent asservis pendant 220 ans en Egypte et ces années furent l’une des périodes les plus dures ; cette galoute (exil) a constitué la période d’’assimilation par excellence dans un pays de dépravation totale. Ainsi, tant sur le plan physique que moral et spirituel, l’esclavage les a détruits, mais pas complètement cependant, et même si Rachi nous rapporte dans l’un de ses Midrachim* qu’en fait le peuple juif n’est sorti qu’à 1/5 de son effectif (les 80% sont morts pendant-la plaie des ténèbres, afin que les juifs survivants puissent enterrer leurs morts à l’abri des regards égyptiens qui, eux, ne voyaient pas et ne pouvaient donc dire:"Ah, vous avez vu? Leur Dieu. est censé les défendre mais les tue !") pour cause de son assimilation ( pour la plupart d’entre eux, ils ne pratiquaient plus la brit-mila – la circoncision) et de son refus de sortir d’Egypte,. Mais des liens indéfectibles au judaïsme leur étaient encore propres et les Enfants d’Israël avaient conservé leur tenue vestimentaire, celle des Juifs, ils ne communiquaient qu’en Hébreu et continuaient à donner des prénoms hébreux à leurs enfants.

La Pâque juive s’inscrit entre 2 événements exceptionnels qui constituent probablement les 2 plus étonnants et spectaculaires miracles de toute l’histoire biblique : l’Exode et la traversée de la Mer Rouge. L’un eut lieu le 1er jour de Pessa’h, l’autre le 7ème jour. « La voix de mon ami, il arrive, il saute les montagnes, il enjambe les collines, mon ami ressemble à un cerf. » (Cantique des Cantiques 14d) Ce verset concerne la sortie d’Egypte, qui est une délivrance, « avec saut », du fait que l’esclavage, qui était censé durer 400 ans, a été réduit à 210 ans. Extrait de la haggada : « Cette matsa que nous mangeons, pourquoi ? Parce que la pâte de nos ancêtres n’avait pas eu le temps de lever lorsque leur est apparu le Roi des rois des rois, le Saint béni soist-Il, et qu’il les a sauvés… » Pour ce qui concerne la matsa : « L’enfant ne sait pas dire « papa » ou « maman » avant d’avoir goûté le goût du pain. » C’est qu’il y a dans le blé une force permettant à l’enfant de reconnaître son père et sa mère ; de même, il y a dans la matsa une force permettant de reconnaître la divinité, son essence et sa substance ainsi qu’il est dit : « Connais le D.ieu de ton père. » a savoir : connais et sens

Or, il existe 2 types de matsote (pluriel de matsa). La première, c’est avant minuit, et celle-là a besoin d’être préservée et, ainsi qu’il est dit : « Vous garderez les matsote ». La seconde correspond à ce qui est écrit « Lorsque leur apparut le Roi des rois ; là est écrit que la pâte des Hébreux n’a pas le temps de lever, à savoir : elle n’a pas fermenté. La différence entre le ‘hamets » (pâte levée) et la matsa (pâte non levée) est la suivante : Le ‘hamets est de l’ordre de l’élévation. Il a un goût. La matsa n’a pas de volume et n’a pas de goût. C’est pourquoi les rabbins ont dit : « s’il a avalé la matsa, il a accompli son devoir. » Ainsi, le soir de la 1ère Pâque, en mangeant de la matsa, les Hébreux avaient accédé à un premier stade de la connaissance de D.ieu et tout se passe comme si, une semaine après, leur foi se trouvait confirmée et renforcée par le miracle de la mer Rouge. Mais pour la mystique juive, cet événement revêt une tout autre dimension. Il met en jeu 2 éléments : la terre et la mer, placés ici dans un rapport très particulier : la mer se fait terre pour livrer passage aux Hébreux. Mais la terre et la mer jouent un rôle fondamental , non seulement dans la vie quotidienne de l’humanité, mais aussi dans son imaginaire. Or, la terre est le lieu où les choses vivent et se développent de manière visible alors que dans la mer, elles sont, pour la plupart, invisibles. La mer est un ensemble de choses recouvertes et cachées. L’existence de l’homme est de l’ordre du visible. C’est pourquoi le couple terre-mer représente le monde visible et le monde invisible.

Pour ce qui est de ce second miracle, l’ouverture de la mer Rouge, nous savons que la source de la vie est l’eau, mais dans l’eau, la vie reste cachée et mystérieuse. Il faut qu’elle monte sur la terre pour devenir création visible. Si le corps de l’homme vient de la terre, "D.ieu forma l’homme, poussière de la terre"(Genèse 2,7) son âme, elle, "vient de la mer (d’en haut), ce que la Cabale nomme "Atsilout "(1er des 4 univers qui structurent toute réalité), vaste" lieu" informel, source suprême des âmes, lui-même proche de sa source – sens premier du mot "atsilout" - qui porte le nom de "mer d’atsilout". La véritable personnalité de l’homme est comme la mer : elle est cachée. (Extrait du "chandelier d’Or")

Dans le service de D.ieu, la matsa est de l’ordre de l’abnégation. C’est cela la première matsa, celle que les Hébreux ont mangé avant minuit. Elle correspond à l’éveil d’en bas, à l’abnégation de la volonté. Il s’agit de rejeter l’orgueil. Il est connu que l’orgueil est appelé le père des pères de l’impureté. C ‘est la source de tous les désirs et c’est pourquoi l’abnégation de la volonté est une manière de comprimer le Mal. (Likouté Torah).

Nous sommes aujourd’hui encore dans cette même période d’esclavage : esclavage moral et spirituel, dans nos sociétés où siègent l’impudeur et la violence et où le mal tient souvent lieu de justice. Ainsi, quand Haqadoch Baroukh Hou ordonna aux Enfants d’Israël de mettre du sang d’agneau sur les poteaux et linteaux de portes afin de les distinguer, Hachem avait-il vraiment besoin de cela pour les reconnaître? L’un des méfarshim (commentaires de la Torah par tout un chacun : 70 facettes, à chacun sa vision) nous dit que c’est parce que l’agneau était une des idoles des égyptiens que les Bnei-Israël durent badigeonner leurs portes du sang de cet animal. Alors comme nos ancêtres qui ont eût le courage de s’affirmer en tant que fils d’Hachem, fiers de leur Torah, faisons de même et n’ayons pas peur de nous affirmer avec nos misvote.

"Ce jour-là, D.ieu délivra Israël des mains de l’Egyptien et Israël vit les Egyptiens étendus morts au bord de la mer. Israël vit la grande main que D.ieu avait fait (s’abattre) contre les Egyptiens. Le peuple craignit D.ieu. Il eut foi en D.ieu et en Moïse son serviteur". (Exode 14, 30-31) Qui aurait pu croire à une chose aussi incroyable que la "Kriat Yam Souf" (l’ouverture de la mer rouge)? Eh bien nous y avons cru et les miracles d’Hachem n’ont cessé d’opérer. La traversée de la mer rouge fût si extraordinaire qu’elle comporta à elle seule 3 miracles que voici: 1er miracle : Lors de la divison de la mer, le sol était très profond et ils auraient fallut un temps infini pour arriver de l’autre côté. Ainsi, Hachem a aplani le sol en une gigantesque plaque de glace. 2e miracle : les Bnei-Israël ne glissèrent pas en y marchant. 3e miracle : cette plaque de glace ne se retourna pas lorsque la mer n’était pas encore ouverte, allant ainsi contre la nature.

CHANTS POUR PESSA’H Avadim Hayinu - Leonardo Gonçalves http://www.youtube.com/v/A80NUPn1JGA&hl=fr&fs=1&rel=0&color1=0×006699&color2=0x54abd6&border=1"></param><param mattheussiq8

A l’époque du Temple, 4 jours avant la fête, le 10 nissane, après s’être débarrassés de tout ‘hamets avant de partir et n’en possédant plus dans leurs provisions à partir du 14 nissane à midi, de nombreux pèlerins arrivaient à Jérusalem avec leurs agneaux. Le ‘hametz qui restait était brûlé dans des terrains vagues. Il faut savoir que les Enfants d’Israël ont été délivrés d’Egypte pour 3 mérites : Sourire Pendant toute leur captivité et leur esclavage, ils avaient gardé leur langue, l’hébreu  Sourire ; ils avaient gardé leurs noms hébreux Sourire, ne firent pas de médisance et gardèrent le secret du jour de la sortie d’Egypte.

De plus, le mérite des femmes fut grand : malgré la dure servitude et le danger (tout garçon devait être jeté dans le Nil sur ordre de Pharaon), elles continuèrent à avoir des enfants et à faire confiance à D.ieu, aidées en cela par Myriam la prophétesse et sa mère Yokebed. Cependant, les parents de Myriam s’étaient séparés pour ne plus avoir d’enfants, décision motivée par la peur que leur future progéniture ne fût impitoyablement tuée. Myriam  les supplia de revivre ensemble. Elle leur dit : « Quoi, seriez-vous pires que Pharaon, qui a condamné tous les garçons ? Vous, vous condamneriez à la fois filles et garçons ! » Amram et Yokebed comprirent la leçon de leur fille et c’est ainsi qu’ils se remirent à vivre ensemble, imités en cela par le reste du peuple. Peu après, Moïse naquit et fut choisi par D.ieu pour faire sortir les Enfants d’Israël d’Egypte.

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LA HAGGADAH DE PESSA’H

Le mot « haggadah » signifie récit. A Pessa’h, nous avons l’obligation de raconter à nos enfants ce qui se passa la nuit de la sortie d’Egypte. Mais que doit-on raconter ? Comme nous l’avons expliqué plus haut, cette fête, très importante dans le judaïsme, commémore la fin de l’esclavage du peuple hébreu, sa sortie d’Egypte, et son sauvetage, par Hachem, sous la conduite de Moïse. Mais au-delà de la libération physique du peuple juif, Pessa’h commémore son émancipation spirituelle. Les Commandements que Moché (Moïse) a reçus sur le Mont Sinaï visaient à élargir le peuple juif, à l’époque assujetti à de nombreuses croyances idolâtres. Pessa’h est une fête chargée de symboles, qui célèbre l’amour de son prochain et la purification de l’âme.

Cette fête célèbre également, l’unité nationale, soudée d’abord par l’oppression, puis par la délivrance collective et glorifie la famille juive, qui sait apprécier à sa juste valeur la joie d’être ensemble et « libre ». Il est du devoir de chaque Juif, en tant que parent, professeur, éducateur de se demander si, dans sa vie, il exerce véritablement cette liberté, s’il jouit pleinement de l’Exode, du passage de l’asservissement à la délivrance. Sommes-nous vraiment libres ? Un Juif peut-il être complètement libre quand vit encore en terre étrangère ? La liberté ne signifie-t-elle pas précisément la faculté de vivre et d’oeuvrer dans son pays, dans son propre environnement linguistique et culturel, avec les us et coutumes transmis par ses ancêtres ? Ne sont-ce pas là les éléments fondamentaux d’une liberté authentique ?

Il est une chose très importante et même fondamentale pour ce qui concerne l’engagement du Juif du point de vue de sa foi, et ce ne sont pas des actes censés commémorer le passé ou les faits héroïque de ses ancêtres, mais la réalisation des commandements que la révélation du Sinaï lui a imposées t qui sont si importants dans sa vie, encore aujourd’hui, au 21ème siècle. Ils procèdent en partie de son identité, mais c’est avant tout du service de D.ieu qu’il s’agit. Ainsi, nous dit un Rav (dont je n’ai malheureusement pas noté le nom) rapportant une discussion au sein de Tsahal avec le Pr. Leibowitz, où ce dernier disait : « La fête de Pessa’h ne consiste pas seulement à se souvenir, à travers certains symboles du début de l’histoire du peuple juif ; pour le Juif, Pessa’h signifie que 7 jours durant, nous vivons concrètement une existence différente de celle de toutes les autres semaines de l’année. En effet, avant Pessa’h, nous mettons notre maisons sens dessus dessous afin de la purifier. Pour le Juif, c’est une donnée existentielle, une question qui touche à sa vie concrète d’aujourd’hui et non pas le souvenir d’un événement historique ou légendaire qui se déroula il y a 3500 ans. Pessa’h nous confronte au problème le plus grave auquel le peuple juif et le judaïsme doivent aujourd’hui faire face. »

CHANTS POUR  PESSA’H Miriam’s Song (Debbie Friedman) "htttp://www.youtube.com/v/hnsy0F3nxh8&hl=fr&fs=1&rel=0&color1=0×006699&color2=0x54abd6&border=1"></param><param magikchips

Moché, Aharone et  Myriam ont fait réussir le premier pas de la sortie sur la trajectoire ; c’est maintenant à nous de réussir, par notre parole, mais également par nos actes, la seconde partie et de parvenir au but, faute de quoi  nos mots seraient vides de sens. Cependant, nous avons, après coup, des avantages sur eux : la connaissance de leur réussite et de la « achga’ha » (providence affectueuse qui prend en charge). Ils étaient eux aussi devant un « pont étroit et fragile » et l’ont franchi avec confiance, comme on le voit dans la Haggadah, et Myriam leur a montré qu’ils pouvaient chanter. Ne trichons pas et ne mentons pas en disant : « l’an prochain à Jérusalem » (ce qui, en réalité signifie : « Il sera bien temps de penser à cela l’an prochain… »). Ils ont compris que tout cela était très concret et que la vérité de la parole devait se réaliser en actions, ils ont compris ce qu’était de bâtir ce que l’on n’a pas, avec courage afin d’en faire une réalité. Le flux des bâtisseurs qui montèrent à la fin du 19ème siècle en Eretz Yisrael n’avait jamais cessé et ils avaient toujours construit de rien pour vivre. C’est donc notre défi et notre possibilité pour aujourd’hui, dans nos vies. En hébreu, « daber » (la parole) signifie aussi « davar » (chose), car elle n’est vérité que si elle se réalise.

Plaies sur les Égyptiens

Les 10 plaies d’Egypte

Les 10 plaies d’Egypte sont l’application de la promesse de D.ieu à Avraham. Hachem avait en effet annoncé à Avraham qu’il jugerait la nation qui opprimerait sa descendance. Les Enfants d’Israël ont énormément souffert pendant leur captivité par leur asservissement en tant qu’esclaves. Non seulement Pharaon leur avait imposé des tâches physiquement très dures, (tout en leur infligeant de très rudes brimades et des coups), mais auparavant, il leur avait volé tous leurs biens et les traitait comme du bétail, de sorte que le peuple hébreu, abruti par le travail, était une proie facile pour les Egyptiens qui s’adonnaient à l’idolâtrie et beaucoup d’Hébreux les ont suivis dans cette voie. Mais la Justice Divine est venue rappeler aux Egyptiens tout le mal qu’ils avaient fait et pour chacune des formes de persécution subies par les Hébreux était appliqué un châtiment spécifique, ainsi  :

Ils avaient exigé d’eux de puiser de l’eau Triste 1  leur fleuve, le Nil, fut changé en sang. Ils les avaient fait charger leurs cargaisons Triste 2 elles furent détruites par les grenouilles. Ils avaient fait d’eux des balayeurs de rue, Triste 3 la poussière fut transformée en poux. Ils leur avaient ordonné de garder leurs enfants (ceux des Egyptiens) Triste 4 D.ieu remplit le pays de bêtes sauvages qui dévorèrent les enfants. Ils avaient fait d’eux des bergers Triste 5  la peste décima leurs troupeaux. Ils leur avaient fait préparer leurs bains Triste 6 Il leur poussa des ulcères et tout bain leur fut interdit. Ils les avaient employés comme tailleurs de pierres Triste 7  D.ieu envoya contre eux des grêlons et Triste 8 des sauterelles dévastèrent tout ce qui avait poussé. Ils avaient cherché à les garder prisonniers, Triste 9   ils furent eux-mêmes empêtrés dans les épaisses ténèbres qui se sont abattues sur l’Egyte. Leurs actes meurtriers contre les Hébreux Triste 10  ont conduit au massacre de tous les premiers-nés des Egyptiens.

CHANTS POUR PESSA’H Go down Moses (Let my people go) Yakov Yavno "http://www.youtube.com/v/RnyQXPda4dc&hl=fr&fs=1&rel=0&color1=0×006699&color2=0x54abd6&border=1"></param><param Quzver

DE QUELLE EPOQUE LA HAGGADAH ET LE SEDER DATENT-ILS ?

La Haggadah  fut composée dans ses grandes lignes par les Hommes de la Grande Assemblée, les auteurs de nos principales prières voici plus de 23 siècles. La forme actuelle de la Haggadah comporte quelques variantes entre les communautés, mais dans l’ensemble elle était déjà pratiquée ainsi dans les communautés de Soura et Pumbédita en  Babylonie au temps du Talmud. L’ordre dans lequel se déroule la Haggadah date également de cette époque et on peut lire mot pour mot dans la Michna Pessa’him 10, 1-8 et dans le Talmud  Pessa’him page 116 indiquant comment on doit passer la soirée de Pessa’h et ce qu’il faut y faire, dire et à quoi réfléchir. On sait même comment se faisait la relation pédagogique à l’époque entre les parents et les enfants lors de cette soirée. Il est clairement indiqué dans la Torah : « Les parents doivent enseigner leurs enfants, leur raconter, répondre à ses questions » en (Chémote, Exode 12,26 et 13,8 ainsi que 14 et Dévarim (Deutéronome) 10,20. Bien plus, il est dit qu’il faut le faire selon ce qu’est l’enfant et la Michna de Pessa’him 10, 4 dit que si l’enfant n’a pas la capacité de comprendre, son père doit l’enseigner. Ce qui signifie clairement qu’il faut le lui enseigner quand même, en trouvant les moyens qui lui seront accessibles ; magnifique attention personnelle qui doit être une règle générale dans le judaïsme : élever l’enfant selon son propre chemin à lui.

La Haggadah nous parle de 4 enfants : le ‘ha’kham, (le sage) le Racha, (le méchant)  le Tam (le simple) et le Chééno yodéa licheol.(celui qui ne sait pas poser de question). Mais le rituel du Seder tel que nous le connaissons s’est construit lentement. La version actuelle de la Haggadah étant une compilation de textes de différentes origines dans le temps et l’espace. Nous devons la compilation définitive aux  « Geonim » (les Sages rabbiniques) du début du Moyen-Âge, à Babylone, vers l’époque s’étendant des années 650 à 1250 environ. Néanmoins, c’est la version de  la Haggadah qui apparaîtra dans le Sidour de Rabbi Saadia Hagaon (10ème siècle) qui est jusqu’à aujourd’hui la 1ère édition complète trouvée, celle qui a déterminé le format presque définitif. Le texte n’a pratiquement pas été modifié depuis lors, sauf pour quelque « pioutim » (chants religieux) composés presque jusqu’à l’époque moderne.

CHANTS POUR PESSA’H autre version Go down Moses (Let my people go) http://www.youtube.com/v/TmrQjVEjrfc&hl=fr&fs=1&rel=0&color1=0×006699&color2=0x54abd6&border=1"></param><param Benko Dixieland, Tamas Berki, Cotton Club Singers

LE ‘HAMETS

Entre Pourim et Pessa’h, il y a le grand ménage de Pessa’h. C’est une ménage très important puisqu’il va nous permettre de ne pas transgresser l’un des 3 principaux interdits, à savoir de ne pas posséder de Hamets chez soi dans n’importe quel lieu nous appartenant (poches de vêtements, voiture, box, garage, magasin, maison secondaire…). Nous savons qu’il est interdit pendant cette période de consommer n’importe quel aliment comportant ne serait ce qu’un milligramme de ‘hamets. Ainsi de là découle l’interdiction de tirer profit du ‘hamets, puisque la consommation est un profit en lui-même. Donc, cette interdiction de profit, entraîne l’interdiction, par exemple, de posséder un restaurant ‘hamets (même si l’on veut qu’il soit réservé qu’aux non-juifs) où le propriétaire tirerait profit de l’argent gagné par ce biais.

Définition du ‘hamets
La fête de Pessa’h se caractérise par le fait de consommer de la Matsa (pain non levé). Il est alors strictement interdit de manger ou même de posséder du ‘Hamets. Mais qu’est-ce que le ‘hamets ? C’est un terme générique désignant toutes les nourritures et boissons faites à partir des 5 espèces de céréales suivantes : blé, orge, seigle, avoine, épeautre et de tous leurs dérivés qui, sous l’action de ferments, de la chaleur ou de l’humidité subissent le processus de la fermentation. Ces aliments sont interdits à Pessa’h car ils sont levés. Même une denrée ne contenant qu’une trace de ‘Hamets est interdite et ne doit pas être conservée à la maison. La Matsa utilisée toute l’année ne peut être conservée à Pessa’h. Pour la fête, on utilisera uniquement des Matsot "Cacher LePessa’h", fabriquées spécialement à cet effet.

La Torah n’a pas seulement interdit de consommer le ‘hamets pendant 7 jours (8 jours en dehors d’Israël), elle a également interdit d’en avoir chez soi ou d’en posséder, même en dehors de sa maison. Tout aliment contenant un tant soit peu de ‘hamets est lui-même interdit (ex. pain, bière, pâtes, pain, pâtisseries non "cacher lepessa’h", alcool, moutarde, vinaigre, glucose, boissons, moutarde, parfums, certains médicaments…)Pour plus de précisions, cliquez ici : Grand Rabbinat de la Communauté Israélite Orthodoxe de Paris

Les 3 interdictions du ‘hamets :

A Pessah, la Torah interdit :

- de CONSOMMER du ‘hamets, même en infime quantité. Cette interdiction entraîne la nécessité d’utiliser pour Pessah une vaisselle spéciale ou de procéder à la cachérisation des ustensiles " cachérisables ".

- de VOIR du ‘hamets nous appartenant ou d’en posséder cette interdiction entraîne l’obligation de le faire disparaître avant la fête. La Torah interdit également de garder chez soi ou dans tout autre endroit nous appartenant, du ‘hamets qui appartiendrait à un non juif et pour lequel  nous serions responsables de sa garde.

- de TIRER TOUT PROFIT du ‘hamets. Cette interdiction a des conséquences pratiques pendant et après la fête. Ainsi, du ‘hamets ayant appartenu à un Juif et n’ayant pas été vendu pendant Pessa’h est interdit même après Pessa’h. En conséquence, on ne se servira pas chez un commerçant juif  n’ayant pas procédé à la vente de son ‘hamets avant Pessa’h, et ce jusqu’à renouvellement de son stock.

La recherche du ‘hamets

On a coutume de placer des morceaux de pain dur en différents endroits, quelques temps avant la recherche, afin que celui qui l’effectue puisse les trouver. La tradition dit qu’il convient d’en disposer dix morceaux.

Avant de commencer la recherche, on récite la bénédiction suivante : Baroukh Ata Ado-naï Elo-Hénou Mélèkh Haolam Achèr Kidechanou Bemitsvotav Vetsivanou Al Biour ‘hamets "Béni sois-Tu Eternel notre D.ieu, Roi de l’univers, qui nous a sanctifiés par Ses Commandements et nous a ordonné de détruire le ‘hamets"

On fera cette recherche, à la lueur d’une bougie, dans tous les endroits cachés, y compris les crevasses du sol. On ne doit pas parler entre la bénédiction et le début de la recherche, pas même de ce qui concerne cette recherche proprement dite. Pendant toute la durée de celle-ci, on ne parlera pas de ce qui ne la concerne pas. Les membres de la famille se tiendront à proximité, afin d’entendre la bénédiction. Puis, chacun effectuera la recherche en son endroit, sans s’interrompre par la moindre parole. On fera en sorte de commencer cette recherche dans la pièce le plus proche du lieu où l’on a entendu la bénédiction. Après celle-ci, on ne se rendra pas tout de suite dans une autre pièce. A l’issue de la recherche, il faudra placer le ‘hamets conservé pour être mangé ou brûlé au matin, dans un endroit sûr, afin qu’il ne soit pas transporté et émietté par des enfants ou des rongeurs.

Après avoir recherché le ‘hamets, on doit annuler celui que l’on n’aurait pas trouvé, au moyen de la formule suivante : Kol ‘Hamira ve’Hamya de ika birchouti, delo ‘hamitey, vedelo biyartey, vedelo yedaana ley, libatel velehevey hefker keafra de ara "Tout levain ou matière levée qui est en ma possession, que je n’ai pas vu, que je n’ai pas détruit, dont je n’ai pas connaissance, qu’il soit considéré comme nul et abandonné, au même titre que la poussière de la terre".

Si l’on appliquait strictement la loi, il serait inutile de placer dix morceaux de pain dur en différents endroits de la maison, car la mitsva consiste à rechercher le ‘hamets et non à le trouver. De fait, si l’on ne trouve rien du tout, on n’en a pas moins accompli la mitsva. Pour autant, la coutume de les placer s’est répandue. Elle est donc devenue partie intégrante de la Torah et ne doit pas être remise en cause. De plus, elle permet de disposer de ‘hamets que l’on pourra brûler le lendemain, ce qui est également une mitsva. On choisit du pain dur, afin qu’il ne s’émiette pas et l’on entoure chacun des dix morceaux avec du papier. L’ensemble de ces dix morceaux doit représenter plus d’un Ka Zaït, soit 25,6 grammes.

La vérification est faite à la lueur d’une bougie, avec une plume de volaille. Celui qui effectue cette vérification dépose le ‘hamets qu’il trouve dans un sachet de papier. A la fin de la vérification, on place ce sac, la plume, les restes de la bougie, s’il y en a, dans le creux d’une cuillère en bois, on entoure le tout de papier, à l’exception du manche de la cuillère, qui reste découvert et l’on referme le tout, par un fil enroulé de nombreuses fois puis attaché sur le papier. (La recherche du ‘hamets a lieu après la prière d’Arvit.)

On placera les membres de sa famille près de soi, afin que tous entendent la bénédiction. Puis, chacun fera la recherche de son côté, en commençant par une pièce voisine de l’endroit où cette bénédiction a été récitée. En revanche, on n’ira pas directement rechercher dans une autre pièce. On est alors éclairé uniquement par la lueur de la bougie, à l’exclusion de toute autre source de lumière.

Faire disparaître le ‘hamets

Le ‘hamets qui est en évidence, qu’il s’agisse de nourritures ou d’ustensiles utilisés tout au long de l’année et n’ayant pas été cachérisés pour Pessa’h, doivent être rangés dans des placards ou des chambres d’accès difficile, dont la porte sera fermée à clé ou au moyen d’un adhésif. Ce ‘hamets sera vendu à un non Juif, comme nous l’expliquerons plus loin. On nettoiera méticuleusement l’ensemble de la maison, de sorte qu’en disparaissent toutes les miettes et les restes de nourriture. On recherchera également le ‘Hamets dans sa voiture et dans son local professionnel. On inspectera les bureaux, les armoires et les tiroirs. On examinera les vêtements et surtout les poches, en particulier celles des enfants, les sacs et les cartables. Les sacs des aspirateurs seront changés ou tout au moins nettoyés

La vente du ‘hamets

Une technique célèbre est utilisée, celle du contrat de vente. En effet, le juif rédige un contrat de vente de hamets à un non-juif, où il déclare vendre tout le hamets qui lui appartient ,ainsi que le hamets auquel il n’a pas prêter attention et qui reste chez lui sans qu’il le sache. Le non-juif s’engage aussi par ailleurs à lui remettre tout ce qu’il lui à vendu, après Pessah.

Le 13 Nissan, après avoir effectué la vente du ‘Hamets, on dit : " Puisse D.ieu faire que notre ‘hamets soit vendu d’une manière profonde. En effet, il ne suffit pas de déclarer que l’on n’en est plus propriétaire. Il faut, en outre, le détruire. C’est de cette façon que l’on se prépare à recevoir la matsah, aliment de la foi ".

Le 14 Nissan, à la cinquième heure du jour, on allumera un feu, on y brûlera le ‘hamets et on l’annulera. La formule d’annulation dite le jour est la suivante :  Kol ‘Hamira ve’Hamya de ika birchouti, de’hazitey ou delo ‘hazitey, de ‘hamitey ou delo ‘hamitey, de biyartey ou delo biyartey, libatel velehevey hefker keafra de ara "Tout levain ou matière levée qui est en ma possession, que j’ai vu ou que je n’ai pas vu, que j’ai détruit ou que je n’ai pas détruit, dont j’ai eu connaissance ou dont je n’ai pas eu connaissance, qu’il soit considéré comme nul et abandonné, au même titre que la poussière de la terre". On brûlera les dix morceaux et, pendant leur combustion, on dira :  Yehi ratson. Amen Sela

La signification du ‘hamets

En terme de ‘Hassidout, l’air fait allusion au pire des défauts, celui duquel découlent tous les autres :"gaavah" (l’orgueil). De la même manière qu’une pate se gonfle d’air, l’homme se gonfle d’orgueil, c’est à dire qu’il se croit plus important qu’il ne l’est réellement, telle une grenouille qui enfle pour avoir l’air d’un boeuf. C’est pourquoi il nous faut manger de la Matsah, synonyme de "anâva" (d’humilité), afin d’enlever de soi toute trace d’orgueil, car à cause de ce défaut on perd la possibilité d’être celui qu’on est réellement et on peut jouer toute une vie le rôle d’un individu qui n’est pas nous-même, D-ieu en préserve. La première parole que D-ieu adressa au premier Juif, Avraham Avinou, fut: "Lekh Lékha! – Va vers toi !". Tout notre Judaïsme et notre lien avec le Créateur passent par la capacité à accepter notre petitesse et à annuler notre volonté devant Hachem, c’est à cette seule condition que se dévoile ensuite notre vraie grandeur, celle de fils ou fille de Roi. Mais si on veut à tout prix être celui que nous ne sommes pas et vivre dans le fantasme de l’homme d’affaires, de l’intelligent ou du séducteur, etc, on devient prisonnier de ses idéaux et des exigences qui les corroborent, esclave en Egypte. Seul 1/5e du peuple juif est sorti de Mitsraïm ! ce sont les gens qui ont accepté leur petitesse. Mais ce sont ces mêmes gens qui ont mérité la plus grande perception de D.ieu jamais atteinte, lors du passage de la Mer Rouge, et de recevoir la Torah au Mont Sinaï. La "anâva"(l’humilité) en valait la peine. Alors arrêtons de faire passer nos interêts personnels (fantasmes) avant la volonté de D.ieu, et rabaissons notre "gaavah"(orgueil),  il ne nous est d’aucune utilité, bien au contraire.

On peut maintenant comprendre pourquoi on recherche le ‘hamets à la lumière d’une bougie la veille de Pessa’h. Rabbi Na’hman explique que les murs de la maison représentent les parois de notre intellect. Quand on recherche le ‘hamets, (Bédika) ce sont nos propres défauts que nous sommes en train de rechercher et en particulier la source de tous les défauts, l’orgueil. Et même si on est sûr d’avoir parfaitement tout nettoyé, on fera la Bédika quand même. En effet, il ne faut pas se mentir, l’orgueil est bien caché en nous, quand on le chasse par la porte il rentre à nouveau par la fenêtre. Mais grâce à la recherche du ‘hamets effectuée avec une bonne intention, on recevra du Ciel une aide pendant toute l’année afin de pouvoir s’introspecter convenablement et d’aller vers soi, vers l’humilité. On pourra reconnaître nos défauts et les combattre, c’est la raison pour laquelle on peut manger du pain le reste de l’année, car on connaît maintenant l’ennemi. Nous devons comprendre pourquoi la Bédika se pratique à la lumière d’une bougie (Ner). Cette lumière fait allusion aux enseignements des Tsadikim authentiques qui, eux-seuls, peuvent nous permettre d’ouvrir les yeux.

(ici lien avec un cours du site Modia sur l’orgueil  (lien):)

CHANTS POUR PESSA’H Eliahou ben David / Berechit bara Elohim (Moshav Band) http://www.youtube.com/v/No5YoYeYJcU&hl=fr&fs=1&rel=0&color1=0×006699&color2=0x54abd6&border=1"></param><paramzeevolf

LES SYMBOLES DU SEDER ET LE SOUVENIR DES ANCÊTRES

l’agneau (comme le sacrifice demandé aux Juifs 4 jours avant leur libération, selon le texte de l’Exode 12:3). Bien que les sacrifices ne puissent plus être réalisés depuis la destruction du second Temple de Jérusalem, un os grillé d’agneau est présent sur la table du Seder ; les herbes amères, mangées à des moments spécifiques de la soirée, rappellent l’âpreté de l’esclavage en Égypte ; la matza, symbole de la hâte avec laquelle les Hébreux ont recouvré leur liberté, grâce aux miracles réalisés par Dieu. Les matzot sont au nombre de 3 sur le plateau du Seder ; quatre coupes de vin (ou de jus de raisin) bues à des moments spécifiques de la soirée, par tous les convives qui les boivent en étant accoudés sur le côté gauche, « comme des hommes libres » ; le souhait « l’an prochain à Jérusalem » est prononcé dans tous les foyers. (à suivre…) 

Un 

                                   Un c’est notre D. qui règne au Ciel et sur Terre.

Deux

Deux sont les tables de Moïse.
Trois

Trois sont
les Patriarches.
Quatre

Quatre sont
les Matriarches.
Cinq

Cinq sont les livres de la Torah.

Six

Six sont les livres de la Michna.

Sept

Sept sont les jours de la semaine.

Huit

Huit c’est la circoncision.

Neuf

Neuf sont les mois précédant l’accouchement.

Dix

Dix sont les commandements.

Onze

Onze sont les étoiles (du rêve de Joseph).

Douze

Douze sont les tribus.

Douze

Treize ce sont les articles de la foi. Illustration extraites de la Hagada d’Amsterdam (source A . S . I . J . A.)

CULTURE JUDAÏSME – PESSA’H (2)

Les matsote de Pessa’h (pains azyme)
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CHANTS POUR  PESSA’H Dayenou http://www.youtube.com/v/UHgiF5J04ew&hl=fr&fs=1&rel=0&color1=0×006699&color2=0x54abd6&border=1"></param><param Beth El Hebrew Alexandrie carolboydleon COURS AUDIO OU VIDEO Le sens profond de l’afikoman par Yeshaya Dalsace

‘Hag Pessa’h samea’h ! "http://www.youtube.com/v/awl1KCo_oZ0&hl=fr&fs=1&rel=0&color1=0×006699&color2=0x54abd6&border=1">

Nos commentateurs font remarquer que les symboles sur lesquels est fondé le Seder (l’ordre) sont au nombre de 3 : Pessa’h, Matza, Maror, tous au niveau de la nourriture. Ainsi Pessa’h serait le symbole de Yaacov, (Jacob),dont les tribulations préfigurent celles de ses descendants, comparés à des agneaux en perdition. Matza serait le symbole d’Abraham. Elle résulte d’une séparation d’avec le levain.Or, Abraham l’hébreu ne doit ce titre qu’au fait d’avoir été séparé du reste du monde. Comme le dit le Midrach, « Abraham est appelé  ‘ ha-yvrite’ (l’Hébreu) car il est d’un côté et le monde entier est de l’autre côté. » Quant à Yitzhaq (Isaac), dont on connaît la vie amère et pleine d’épreuves ne pouvait avoir pour symbole que le maror. (herbes amères)

 

pessah


LE SEDER DE PESSA’H

Le mot « seder » signifie ordre. Il existe en effet un ordre bien précis à respecter au repas de Pessa’h et la lecture de la Haggada, qui nous est donné dans la liste, en 14 étapes, que l’on dit dès le début de la soirée et que l’on répète partiellement lorsqu’on en a franchi une.

1 – le kiddouche se fait en début de soirée et la bénédiction de remerciement pour le repas à la fin de la soirée.) Nous proclamons solennellement notre gratitude envers Hachem, à l’occasion de l’anniversaire de notre sortie d’Egypte en l’an 2448 de la Création.

2 – Nous consommons de la MATZA.

3 – Nous consommons du MAROR (des herbes amères)

4 – Nous consommons la matza (l’AFIKOMEN), réminiscence de la viande du Korban Pessa’h (le sacrifice de l’agneau pascal). En effet, tant que le Beth Hamikdach n’est pas reconstruit, nous ne pouvons pas offrir de sacrifices.

5 – Nous consommons 4 coupes de vin, (ARBA KOSSOTH), qui sont l’expression de notre bonheur pour la délivrance à laquelle le peuple a accédé il y a plus de 3 000 ans.

6 – Dans la HAGGADAH, nous lisons et commentons le récit de la Sortie d’Egypte. C’est cette mitsva qui occupe le plus de place dans toute la soirée du Seder. Il est vrai que dès l’instant où le peuple est sorti d’Egypte, Moché Rabénou (Moïse notre maître) a fait part au peuple de ce qu’Hachem ordonnait de transmettre de génération en génération, de père en fils, de maître à élève, le message que comporte l’événement majeur de l’histoire juive. Dans Chemot ch. 13, 8) , il est écrit : « Tu raconteras à ton fils en disant : C’est pour cela que Hachem a fait pour moi (les miracles) lorsque je suis sorti d’Egypte ».

La dernière nuit de Pessa’h doit procurer l’espoir et la force psychologique pour persister à croire dans une vie d’entente et de paix. C’est également l’occasion d’un travail pédagogique en profondeur. Le soir de la fête, dans la Communauté juive du Maroc, on verse 5 coupes de vin pour chacun. Les 4 premières qui symbolisent l’intelligent, le rebelle, le simple et celui qui brille par son absence sont bues, la communauté désirant intégrer ses sujets ayant de telles caractéristiques. Le Juifs marocains ont cette jolie coutume de préparer une 5ème coupe, qui  n’est pas bue. C’est celle de l’enfant que l’on attend et qui apportera la paix et l’amour.

Pourquoi boit-on 4 coupes de vin ? (On devrait parler de 4 ou 5 coupes)

Nos Sages expliquent : (Exode 6, 6-9), 5 promesses sont faites par D.ieu à Son peuple : « Parle ainsi aux Enfants d’Israël : Je suis Hachem ! Je veux vous soustraire aux tribulations de l’Egypte et vous délivrer de sa servitude ; Je vous affranchirai avec un bras étendu ; et vous reconnaîtrez que Moi, Hachem, Je suis votre D.ieu. Je vous introduirai dans la contrée que j’ai solennellement promise à Abraham, à Isaac et à Jacob ;Je vous la donnerai comme possession héréditaire, Moi Hachem ». Il semblerait que ce soit à l’époque de la dispersion que la 5ème coupe ait été transformée dans des communautés dispersées en symbole de ce qui sera réparé à la venue d’Elie, qui annoncera l’arrivéd du Machia’h (le Messie). Le Rav Chlomo Goren, Grand Rabbin d’Israël après la constitution de l’Etat d’Israël a beaucoup milité pour la remise du Talmud de Jérusalem dans l’étude quotidienne et pour la restauration de la 5ème coupe de vin du Séder. Il a approuvé la Haggada réalisée par le Rav Yéhouda Léon Azkenazi, zal, rédigée selon ce rite, elle est brillamment illustrée par le peintre Moretti. En en restant au chiffre 4 cela ferait aussi allusion à la joie que donnent les 4 enfants, également aux 4 empires qui, alors, avaient opprimé le peuple juif (l’Egypte, Babylone, la Perse et Rome).

CHANTS POUR  PESSA’H Avraham avinou (version Kerensya)  http://www.youtube.com/v/2CP8TX5HzeU&hl=fr&fs=1&rel=0&color1=0×006699&color2=0x54abd6&border=1">(normancf)

LE CHIFFRE QUATRE DANS LE SEDER DE PESSA’H

Le chiffre 4 apparaît dans les écrits de nos Sages sur Pessa’h et constitue une sorte de thème central autour duquel gravitent les idées, els proverbes et commentaires de versets, etc. Dans la Haggada, nous trouvons 4 locutions consécutives, qui évoquent chaque fois une même idée. On les  trouve dans le passage qui s’ouvre sur les mots « Nous étions des esclaves. Quand bien même nous serions des sages, tous des érudits, tous des anciens et tous des hommes instruits dans la Torah… » ; dans le passage qui s’ouvre sur les mots « le Seigneur nous fit sortir d’Egypte ». « Moi en personne, moi et non pas un ange, moi et non pas un séraphin, moi et non pas un messager. Je suis l’Eternel. »

Les quatre coupes de vin (ou les 4 coupes de la délivrance)

1. On doit se procurer pour le Séder un bon vin rouge. A défaut de vin rouge, on peut prendre du vin blanc ou du vin de raisins secs ou bien du jus de raisins.

2. On remplit une coupe de vin pour chacun. La coupe doit contenir au minimum le volume d’un Réviit (86 centilitres ou 150 selon une opinion plus stricte).

3. Il est recommandé de rincer la coupe avant de l’utiliser pour le Kidouch. On a l’habitude d’ajouter au vin une petite quantité d’eau (Méziga): trois gouttes suffisent. Pour le vin de raisins secs la Méziga n’est pas nécessaire. C’est un signe d’estime pour la Mitsva que de remplir le verre jusqu’à le faire déborder. Le chef de famille ne se versera pas lui-même le vin mais fera remplir sa coupe par un autre en signe de liberté, de même pour tous les convives.

4. Avant la récitation du Kidouch, le chef de la maison doit recommander à sa famille d’écouter attentivement sans parler et de répondre Amen à la fin du Kidouch.

5. Le Kidouch se dit debout. On lève d’abord la coupe avec les deux mains pour la tenir après de la main droite. On récite le Kidouch tel qu’il figure au début de la Hagada. On finit le Kidouch par Chéhé’héyanou, les deux soirs. A la fin du Kidouch on boit toute la coupe, ou au moins la plus grande partie, accoudé sur le côté gauche, également en signe de liberté. Si on ne la boit pas dans cette position on ne remplit pas son obligation.

6. La coupe du Kiddouch est la 1ère des 4 coupes de vin que tous, aussi bien hommes que femmes, ont l’obligation de boire durant le Séder.

Les enfants auront des petites coupes individuelles. Ces quatre coupes correspondent aux quatre expressions différentes contenues dans la promesse divine de Guéoula, comme il est écrit: "Je vous sortirai … Je vous délivrerai.. Je vous affranchirai.. Je vous adopterai pour peuple" (Exode 6).

7. Même si cela est difficile, il faut faire un effort pour boire les quatre coupes. Ce n’est que pour des raisons de santé qu’on en est exempt et dans ce cas on dira le Kidouch sur les Matsote.

8. Avant de dire la Bérakha (bénédiction): Boré Péri Haguéfène sur le vin du Kidouch, il faut penser à inclure également dans cette Bérakha la deuxième coupe, que l’on va boire après la Haggadah sans répéter la Bérakha sur le vin.

CHANTS POUR PESSA’H Nichmat Kol ‘haï (The Diwan Project) http://www.youtube.com/v/GshkpDZWS04&hl=fr&fs=1&rel=0&color1=0×006699&color2=0x54abd6&border=1"> zoharron

Les quatre questions

Les 4 questions ont été introduites intentionnellement dans la Haggada telle que nous la connaissons, afin de mettre en valeur le chiffre 4. Il y a bien 4 questions dans la Michna mais elles ne sont pas tout à fait identiques à nos questions et concernent : la matsa, le maror, l’agneau pascal et l’acte de tremper (traité Pessahim, Talmud de Babylone). Dans le même traité Pessahim du Talmud de Jérusalem, il n’y a que trois questions, présentées dans un ordre différent : l’acte de temper, la matsa et l’agneau pascal. La question concernant la consommation du maror (les herbes amères) n’apparaît pas du tout.

Les quatre fils

On trouve déjà une allusion aux questions des quatre fils dans la Tora: "Et lorsque ton fils, un jour, te questionnera en disant : qu’est-ce que cela ?" (Exode, ch. 13, v. 14) Les 4 fils qui figurent dans la Haggada représentent les quatre principaux types de personnes : le sage, le méchant, le simple et celui qui ne sait même pas poser de questions. Le sage s’interroge sur les lois de la Pâque afin de les apprendre ; le méchant se dissocie de la communauté d’Israël et manifeste du dédain pour les lois de la Pâque ; le simple d’esprit souhaite comprendre de façon générale ce qui caractérise la fête de Pâque ; et enfin, il est de notre devoir d’expliquer la Pâque à celui qui ne sait questionner et de lui commenter la Haggadah.

Quatre occasions de consommer la matsa

On consomme la matza pour faire la bénédiction de "motzi". On consomme la matza pour faire la bénédiction de "a’hilat matza". On consomme la matza avec le maror selon la coutume de Hillel, comme il est dit : "ils mangeront l’agneau pascal avec des azymes et des herbes amères." (Nombres, ch. 9, v. 11) On consomme la matza de l’Afikoman.

Quatre genres d’aliments sur le plat du seder pour 4 bénédictions

Karpas La bera’ha "boré peri ha-adama" - Maror La bera’ha (la même que sur le karpas) sur la mitsva de consommer du Maror – Matza - "hamotzi le’hem min ha-aretz" - Maror entre deux matzot (selon la coutume de Hillel)

L’AFIKOMANE : L’habitude qui s’est installée de cacher l’afikomane (morceau de matsa) dans un sac et de permettre aux jeunes enfants de le dérober contre une récompense est très ancienne et paraît remonter à l’époque de la Michna . Elle s’inscrit dans la pédagogie très particulière du Sédèr de Pessa‘h , laquelle insiste sur la nécessité d’exciter la curiosité des enfants. Cette curiosité est également stimulée par l’ensemble de la gestuelle du début du Sédèr ( our‘hats , karpas , ya‘hats ), et l’auteur de la Haggada la fait culminer avec le Ma nichtana … On attribue au Mikhtav Sofèr , petit-fils du ‘Hatham Sofèr , une explication profonde de cette pratique : Lorsque Hachem a tué les premiers-nés égyptiens, indique la Torah (Chemote 11, 7), aucun chien n’a aboyé. Or, la Haggada , qui énumère une quantité considérable de miracles qui se sont produits au moment de la sortie d’Egypte, est muette à ce sujet. En fait, a expliqué le Mikhtav Sofèr , c’est le vol de l’afikomane qui constitue le rappel de ce silence des chiens. La Guemara nous met en garde contre le fait d’habiter dans une ville où il n’y a pas de chiens (Pessa‘him 113a). En effet, explique Rachi, les aboiements des chiens sont une protection contre les voleurs.
Il s’ensuit que le silence des chiens, la nuit de la sortie d’Egypte, a aggravé les risques de vols. C’est donc pour rappeler cette aggravation des risques que l’on permet aux jeunes enfants, le soir du Sédèr , de « voler » l’ afikomane .

Les quatre souffrances du peuple en Egypte :

Le Rav ‘Azaria Figo (1579-1647) écrit dans Bina le ‘Itim que le peuple a subi 4 sortes de souffrances en Egypte :

- La pauvreté : Les Egyptiens avaient volé leurs richesses, comme l’atteste la Torah (Chemot 1,11) « Ils (les Egyptiens) placèrent sur lui des dirigeants de corvées afin de l’opprimer de leurs fardeaux, ils (les Hébreux) construisirent des villes d’approvisionnement pour pharaon ». Bien que l’Egypte de l’époque fût un pays très riche, Pharaon leva des impôts sur les Hébreux afin d’opprimer et de l’humilier ceux ci, engloutissant ainsi l’argent et les biens des Enfants d’Israël. Selon la Torah, l’argent procuré au fisc égyptien par ces impôts a suffi pour construire 2 villes d’approvisionnement pour pharaon : Pithom et Ra’amsés. Ainsi les hébreux ont-ils non seulement fourni à l’Egypte des ressources financières, mais également le travail d’esclaves à moindre coût.

- Les violences physiques : Les Egyptiens les ont brutalisés en les torturant et en les asservissant. Les « Bné Israël » (enfants d’Israël) étaient descendus si bas par le travail, qu’ils en avaient perdu toute sensation humaine. En effet, alors que les égyptiens arrachaient les enfants à leurs mères pour les égorger, malgré ce cauchemar, lorsqu’un Ben Israël rencontrait son ami et qu’il lui demandait : « Pourquoi ton visage est-il si pâle, comme un homme qui est malade ? » Il lui répondait : « A cause de la dureté du travail que l’on m’impose, dans le bitume et les briques. » Le Midrach rapporte que Parô égorgeait 150 enfants juifs chaque matin, et 150 enfants juifs chaque soir, afin de se baigner dans leurs sang, sur le conseil de ses médecins pour guérir sa lèpre. Les commentateurs précisent que ces 300 enfants égorgés chaque jour étaient appelés à devenir de grands rechayim (des impies), comme nous le voyons au sujet de Mi’ha qui était sur le point d’être emmuré vivant lorsqu’il était bébé, quand Moshé Rabbenou le sauva. Bien plus tard, c’est ce même Mi’ha qui incitera Israël à l’idolâtrie. Les enfants d’Israël ont été astreints à un travail extrêmement pénible en vue d’affaiblir et de briser leurs corps pour qu’ils n’aient plus la force de revendiquer pour quoi que ce fût. C’est ainsi qu’à la sortie d’Egypte, nombreux étaient ceux qui étaient estropiés. Mais Hachem a entendu leur plainte, comme il est dit dans Chemote ( 2,23) «Les Bné Israël se mirent à gémir des suites du travail et ils implorèrent. Leurs supplications montèrent jusqu’à Hachem, des suites du travail » Mais lors de la sortie d’Egypte, de tous ces maux physiques, D.ieu, dans sa grande miséricorde, fit un miracle et les guérit tous.

- Les insultes et l’avilissement : Les Egyptiens ont dénigré les Juifs, ont foulé leur honneur aux pieds en faisant d’eux des esclaves, les réduisant ainsi à l’état le plus dégradant qui soit.

- La ruine spirituelle : Alors qu’auparavant, les Enfants d’Israël avaient été des serviteurs loyaux envers Hachem, (beaucoup d’entre eux avaient été des tsadiqim et des géants spirituels, ils ont causé chez eux un grand déclin spirituel.) Un grand nombre se sont mis à adorer les idoles.

Les quatre expressions d’Hachem pour la "guéoula"des quatre exils

Quand Hachem a ordonné à Moché de faire sortir les Enfants d’Israël d’Egypte, Il a utilisé 4 expressions différentes de « libération », qui correspondent d’ailleurs à ces 4 malheurs dont ils ont été affligés (pauvreté, violences physiques, avilissement et ruine spirituelle). Ces 4 verbes soulignent le fait qu’à ce moment de l’histoire, les Enfants d’Israël ont tiré profit de 4 interventions distinctes. Il l’a chargé d’annoncer à la nation, en Son nom ( Chemot 6, 6-7 ) : « C’est pourquoi, dis aux Enfants d’Israël : Je suis Hachem ! Je vous ferai sortir vehotzéti, « Je vous ferai sortir de dessous les fardeaux de l’Egypte » et vous soulagerai de la pauvreté. vehitzalti, « Je vous délivrerai de leur servitude » et des violences physiques vega’alti,  « Je vous sauverai » et vous affranchirai des insultes et de l’avilissement velaka’hti,  « Je vous prendrai pour Moi comme peuple » – et vous ferai renaître spirituellement. Alors, pendant le seder, pour chaque type de délivrance, on boit une coupe. Il y a également une discussion bien connue dans la Guemara, dans les sources tardives, concernant l’institution d’une cinquième coupe pour rappeler le terme de délivrance qui suit les quatre autres déjà mentionnés : "Puis,  je vous introduirai dans le pays…" vehévéti (exode Ch. 6, v. 8)

Les quatre temps de notre prise de conscience vers cette "géoula"

Pris dans le courant de la vie quotidienne, nous commes conditionnés et sans en avoir conscience on se trouvent  formaté  par le « prêt à penser » comme par le « prêt-à-porter » du moment… Cependant, les Juifs ont toujours vécu à contre-courant de la société civile et c’est pour eux un devoir. Mais pour être capable de transformer les choses, encore faut-il une prise de conscience et une réaction. Pessa’h est là aussi pour cela. Ainsi, le Juif doit-il faire constamment un retour sur lui-même et travailler sur 4 points qui lui apporteront la géoula (délivrance) de l’exil où beaucoup se trouvent encore aujourd’hui :

1/Prise de conscience du fait que nous sommes prisonniers (de nos préjugés, de ce que pensent de nous les autres, de nos passions, de nos habitudes, de nos défauts…)

2/analyse précise de la situation

3/transmission à l’esprit pouvant déboucher sur une prise de décision

4/Transformation de la prise de décision en actes concrets

D’après l’une des versions, la tradition des 4 coupes a été instituée pendant la période du Second Temple, afin de marquer la délivrance d’Israël des 4 puissances qui ont opprimé les Hébreux : l’Egypte, Babylone, la Grèce et Rome. Elles sont également associées aux  4 saisons. Nissan, le premier mois du calendrier d’après la Bible, est le mois approprié pour boire une coupe de vin en l’honneur de chaque saison. D’après Abarbanel, il faut boire la première coupe lors du Kiddouch, la seconde après avoir lu la partie principale de la Haggadah qui s’achève sur la bénédiction de la "Gueoula" (Rédemption), la troisième à l’issue de l’action de grâces après le repas et la quatrième à la fin de l’hymne "Nichmat" ("Birkat ha-shir").

hag Pessa’h samea’h ! http://www.youtube.co /watch? v=s7inc9 FuLOk

Le plateau du Seder : aliments et symboles

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CHANTS POUR PESSA’H Halaïla hazé (Leonardo Gonçalves)http://www.youtube.com/v/m8Zv0g1mkQo&hl=fr&fs=1&rel=0&color1=0×006699&color2=0x54abd6&border=1"> matheussiq8

RECAPITULATIF DES 15 ETAPES DE LA LIBERATION DANS LA SOIREE DU SEDER

1-   kiddouch
2-   lavage des mains
3-   consommation de carpas
4-   brisure de la matsa
5-   récit de la haggadah
6-   lavage des mains avant le repas
7-   bénédiction sur le pain
8-   bénédiction précise sur la matsa
9-   consommation du maror
10- consommation de maror et de ‘harossète
11- repas
12- découvrement de la partie de matsa cachée
13- bénédiction après le repas
14- récitation du hallél
15- récit de l’accomplissement

Observances particulières à la fête (Yom Tov et Hol ha-moêd) :

  • Les deux premiers jours de Pèssah (8 et 9 avril), en incluant la veille au soir, ainsi que les deux derniers jours (15 et 16 avril) sont des Yom tov (jours de fête) chômés. Les jours intermédiaires sont appelés Hol ha-moêd ; ils ne sont pas chômés, mais on doit éviter de travailler. « Chômés » signifie que toutes les observances du Chabbat s’appliquent, si ce n’est qu’à Yom tov :

(1) on a le droit de cuisiner (contrairement au Chabbat), de transmettre du feu, à condition de ne pas en allumer ni en éteindre (pour plus de détails, consulter le rabbin),

(2) on a le droit de porter des objets sur soi à l’extérieur des habitations. L’interdit de porter des objets hors des habitations (en l’absence de "erouv" : délimitation) n’est effectif que le Chabbat et à Kippour. Particularités à suivre : Ne pas oublier de dire la bénédiction de chehehéyanou après l’allumage de la bougie du soir ("chel Yom Tov"), et également au kiddouch (mercredi 8 et jeudi 9 avril, au soir), sauf au Chevîi chel Pèssah (mardi 14 et mercredi 15 avril, au soir) ! Toutes les instructions à suivre et rites à suivre se trouvent dans les bonnes Haggadote.

CHANTS POUR PESSA’H Ribono chel ôlam Avraham Ben David & Avraham Fried http://www.youtube.com/v/eGEeYcTWsww&hl=fr&fs=1&rel=0&color1=0×006699&color2=0x54abd6&border=1"> ohelconcert5757

PESSA’H AUJOURD’HUI

De nos jours, le meurtre, la violence, l’insécurité, la guerre règnent malheureusement et l’individu est souvent en proie à des doutes sur son existence ou sur le sens de sa vie. L’homme et le monde ont tous deux des appréhensions et des peurs semblables. Cependant, les Juifs rajoutent à cela le doigt des nations (le cauchemar de l’antisémitisme et de l’anti-sionisme – qui ne sont qu’un – la mort, les blessures de nos frères en Israël), et le sentiment de découragement, d’impuissance et d’emprisonnement nous envahissent parfois.

Certains nient D.ieu et affirment l’éternité du monde. « ils nient D.ieu et disent qu’Il n’existe pas ». (Jérémie 2), d’autres nient Sa connaissance des particuliers, disant « Comment D.ieu  sait-il et peut-il avoir la connaissance » (Psaume 73), d’autres reconnaissent Sa connaissance, mais nient Sa providence particulière, assimilant l’homme aux poissons de la mer pour qui n’existent ni rétribution ni châtiment, affirmant avec Ezéchiel (8): « D.ieu a abandonné la terre ». Mais lorsque D.ieu exercera Sa Providence sur un individu ou sur une collectivité et réalisera un prodige en modifiant les lois de la nature, l’absurdité de toutes ces opinions sera évidente pour tous, car le prodige extraordinaire indique qu’il y a dans le monde un D.ieu qui l’a créé, le connaît, veille sur lui et est Tout Puissant.

Parce que D.ieu ne fait pas de signes et de miracles à chaque génération aux yeux de tout mécréant, c’est pourquoi il nous a ordonné de graver dans notre mémoire le souvenir de ce que nous avons vu et de le transmettre de génération en génération, et ce, jusqu’à la dernière. La Torah a accentué la gravité de Pessa’h en décrétant la peine de retranchement sur quiconque mangera du ’Hametz et a exigé que nous mettions des Tephiline au bras et sur la tête et que nous construisions une soucca chaque année à Souccote, ainsi que de nombreux autres commandements, en souvenir de la sortie d’Egyte. Tout cela devant constituer un témoignage de ces signes pour les futures générations. Ainsi, celui qui fixe une mezouza à sa porte témoigne déjà de la création du monde et de sa croyance en la Providence divine et en la prophétie ainsi que de sa reconnaissance envers le Créateur qui nous a fait sortir de l’esclavage vers la liberté.

CHANTS POUR PESSA’H Si je t’oublie Jérusalem… par Matisyahu "http://www.youtube.com/v/e4FXMbI0n5Y&hl=fr&fs=1&rel=0&color1=0×006699&color2=0x54abd6&border=1">

Le but de la création et de tous les commandements est de renforcer notre croyance en D.ieu qui nous a créés, et les miracles, visibles et cachés, contribuent à renforcer notre croyance. Par les grands miracles connus opérés par D.ieu, l’homme parvient à reconnaître les miracles cachés qui constituent le fondement de toute la Torah. « Le but de l’homme est d’arriver à croire sincèrement que tout ce qui nous arrive est miracle, même si ce miracle revêt le visage de la nature et du hasard » (Na’hmanide). Ainsi, tout existe et n’arrive que par la Providence de D.ieu.

Aujourd’hui plus que jamais nous avons le devoir d’imiter nos Pères en prenant le chemin du Sinaï et en rompant les chaînes qui nous asservissent d’une main de fer, à notre insu. De cette façon, nous nous libérerons comme eux se sont libérés ! Cet élan d’enthousiasme renouvelé suffira-t-il pour effacer tous les esclavages que le monde présent nous fait subir ? Certes, ce n’est pas là une tâche facile ! Pour atteindre ce but, il faudra faire de Pessa’h un jalon sur le chemin de notre renaissance. C’est le moment de l’année juive où chacun de nous mesurera la route parcourue depuis le Pessa’h de l’année dernière et supputera la longueur du chemin qui reste à parcourir à partir du présent Pessa’h. Comment saurions-nous corriger les dérives du monde actuel si, nous aussi, nous nous permettions d’être atteints des vices de notre temps ? La vocation du Juif est de vivre dangereusement, son devoir est de s’interroger : A-t-on écarté de nos cœurs et de notre chemin le levain ; le levain qui, en s’enflant, étouffe si vite les meilleurs bonnes volontés. ? Plus que nous le pensons, le monde extérieur nous observe.

Mais notre différence qui certes incommode, vise à faire progresser le monde vers un avenir plus souriant. Il est difficile d’admettre que c’est là le rôle du Juif dans le monde. En l’assumant, nous prenons des risques ; notre histoire les illustre à foison. Il suffit de se rappeler les plaies d’Egypte. Après chacune d’elles, le cœur de Pharaon s’endurcit en même temps que naissent ses ressentiments à l’égard de nos ancêtres. Une attitude qui devient de plus en plus hostile. C’est au prix de cette haine grandissante que les prodiges de D.ieu en faveur de nos pères se réalisent. Aussi, dans notre histoire, ce qui est intéressant, c’est le sens et la portée de cette libération qui en sont les authentiques révélations. C’est la révélation de la force d’un peuple solidaire, fraternel, qui ne connaît plus ni maître, ni esclave. Il faut retrouver au cœur même de la vie ce qui, dans cette vie, lui donne le vrai sens ; celui qui conduit au choix des vraies valeurs. Il ne serait par exemple, pas recommandable d’imiter la femme de Loth, pétrifiée pour s’être retournée avec regrets sur Sodome. C’est à cette condition que nous saurons à nouveau nous réjouir d’exister. La fête de Pessa’h dure 7 jours. La dernière nuit de Pessa’h doit procurer l’espoir et la force psychologique pour persister à croire dans une vie d’entente et de paix. C’est également l’occasion d’un travail pédagogique en profondeur.

Cependant,  il est du devoir de tout Juif de se souvenir que c’est uniquement en terre d’Israël, dans l’Etat d’Israël, qu’il est à même vraiment de se détacher de l’asservissement de la diaspora et d’acquérir une authentique liberté interne et externe. C’est cette liberté qui lie son destin à l’ensemble du peuple, à ceux qui sont venus des quatre coins du monde vers la Terre Promise, à l’instar de ses ancêtres lors de la Sortie d’Egypte. Le soir de la fête sont versées cinq coupes de vin pour chacun. Les 4 coupes qui symbolisent aussi l’intelligent (le sage), le rebelle (le méchant), le simple et celui qui ne sait pas questionner sont bues, la communauté désirant intégrer ses sujets ayant de telles caractéristiques.

Mais au-delà de la libération physique du peuple juif, Pessa’h commémore son émancipation spirituelle. Les commandements que Moché a reçus sur le Mont Sinaï visaient à élargir le peuple juif, à l’époque assujetti à de nombreuses croyances. Pessa’h est une fête chargée de symbolique qui célèbre l’amour de son prochain et la purification de l’âme. La Torah fait du souvenir de la sortie d’Egypte un commandement fondamental à rappeler jour et nuit. La délivrance est une certitude. La vie et le destin du monde ne sont pas seulement entre les mains de l’homme. Une autre volonté dirige ce monde. Souvent, un regard superficiel nous empêche de la voir ou de l’entendre. Pourtant, la voix du Sinaï se fait encore entendre aujourd’hui et nous demande de continuer à « garder le mois du printemps ». Ainsi, pour Israël, pour le monde et pour l’homme, le printemps viendra…

CHANTS POUR PESSA’H Hine ma tov Mordekhaï ben David  http://www.youtube.com/v/HdciFmKPqw4&hl=fr&fs=1&rel=0&color1=0×006699&color2=0x54abd6&border=1"> marksystems

Sur Univers Torah : Jo Amar chante la Hagada de Pessa’h
Publié le 03/03/2010 par Univers Torah – Jo Amar chante la Hagada de Pessa’h….

Pour terminer en musique, voici une version de CHANTS POUR PESSA’H NABUCCO "VA PENSIERO SULL´ALI DORATE" DE J. VERDI,  CHOEUR DES ESCLAVES (METROPOLITAN OPERA HOUSE) http://www.youtube.com/v/DzdDf9hKfJw">

choisie parce que je pense que c’est la meilleure que l’on puisse trouver sur le net, l’oeuvre de Verdi est ici non seulement bien interprétée du point de vue musical, mais met également en valeur une denrée rare de nos jours : l’émotion… Sortez vos mouchoirs ! A vous de juger….

Liens permettant de s’informer sur les produits autorisés par le Consistoire de Paris pendant la période de Pessa’h 2009 :

liste des produits autorisés liste des produits ménager autorisés liste des médicaments autorisés liste des cosmétiques autorisés

POUR UNE ETUDE COMPLETE ET PLUS APPROFONDIE SUR PESSA’H, VOIR LE SITE MODIA  la fête de Pessah, ici.

*Midrachim le pluriel de "Midrach", en hébreu « qui vient du drach ». La racine drach signifie « exiger », au sens second, « rechercher ». Il s’agit d’une exégèse très particulière qui use de paraboles, d’allégories, de métaphores, de jeux de mots à base de glissements phoniques sémantiques, allusifs, de concordances témuriques (permutation des jeux de voyelles) et guématriques (à partir du calcul de la valeur numérique des mots)… Mais plus simplement, c’est un  recueil de textes établis par les rabbins des premiers siècles, qui complète les textes bibliques. Les rabbanim, qui connaissaient le texte biblique par coeur, considéraient son unité comme fondamentale. Les sources du Midrach remontent la plupart du temps à l’époque des Amoraïm (200 – 500 de notre ère). Pour une partie de ces sources  (Mechilta, Sifra et Sifré) on peut les suivre jusqu’aux Tannaïm (de – 400 à + 200). Toutefois, la rédaction des Midrachim s’étend sur une période d’environ 1200 ans et les compilateurs en sont, le plus souvent, anonymes.Le Midrach constitue une analyse de texte rigoureuse. C’est une exégèse créatrice dont les ressources sont loin d’être épuisées.

« Aux derniers prophètes (Haggaï, Zakhari et Malakhi, qui, après les premiers prophètes ayant succédé à Moïse dans la transmission de la Torah orale) succédèrent à leur tour sans interruption les Sanhédrines de chaque génération et les Sages dits de la Grande Assemblée. Puis, toujours sans interruption dans la transmission d’une génération à l’autre, il y eut 14 générations de tannaïm (ou Maîtres de la Michna) puis 7 générations d’amoraïm. »

(source Modia)

(Sources des textes : Le chandelier d’or, Josy Eisenberg /Adin Steinsaltz – Agence Juive d’Israël – Loubavitch – Modia, Rav Dufour – maroc-hebdo, Kamal Ben Brahim – dafina – Rav David Pitoun – Consistoire.org – Chiourim.com – De génération en génération… Être juif Jacques Ouaknin –Rabbin Edgard Weill -judaisme.sdv.f – Beth ‘Habad Loubavitch - Akadem – Alliance.fr – Elyahou Haviv-breslev.com – La Haggadah, Yossef Azoulay Ed. Lichma – Jacques Kohn)

Peut-être ce texte peut-il paraître compliqué sur certains points ; mais comme le dit mon Rav, faire simple est difficile ; j’ajoute : surtout quand on n’a pas beaucoup étudié. Alors soyez indulgents. Nous essaierons de faire mieux la prochaine fois. Remercions de tout coeur les auteurs (le plus souvent des rabbins) des sites et textes cités ci-dessus qui, par leur travail et leurs immenses connaissances ainsi que de ceux de tous les grands Sages de la Torah qui les ont précédés, grâce auxquels le texte ci-dessus a pu être rassemblé, mais c’est à Haqqadoch Baroukh Hou que vont toutes nos louanges et remerciements, sans qui aucun des faits relatés ici n’auraient jamais existé, par conséquent,  n’auraient jamais pu être écrits. Amen. Ken yehi ratson.

hag Pessa’h samea’h ! (Vous avez acheté trop de matsote ! que faire ? Voilà des solutions possibles !) http://www.youtube.com/v/xMSEFCQCKPo&hl=fr&color1=0×006699&color2=0x54abd6">

Chers Amis, J’ai le plaisir de vous envoyer le  »ÔMERGRAMME » pour vous aider à effectuer le décompte du  »Ômer » et arriver avec bonheur à le fête de Chavouoth. Avec mon Cordial Chalom Bonnes Fêtes Raymond CHEMOUNY  ÔMERGRAMME cliquez ici

Fêtes juives CULTURE JUDAÏSME La fête de ‘Hanouca

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POUR S’INFORMER ET REFLECHIR SELON LA TORAH

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B I E N T Ô T ‘HANOUCA, LA FÊTE DES LUMIERES

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Cette fête est célébrée tous les ans à partir du 25 du mois hébraïque de kislev, cette année : du 1er décembre à la tombée de la nuit au 9 décembre 2010 à la tombée de la nuit.

‘HANOUCA : Voici ci-dessous tous les liens de Modia sur Hanouka, pour tout savoir, pour  le vivre, pour en être heureux, pour transformer en bien. http://www.modia.org

Les sites DesInfos.com et Terredisrael vous proposent :

Le récit qui donna naissance à la fête de ‘Hanouca

‘Hanouca est composé de ‘hanou (ils se sont reposés) et de ka (25e jour du mois de kislev).  C’est le 25 kislev que la construction du Tabernacle, qui était d’abord  mobile, fut achevé dans le désert à l’époque de Moïse.

‘Hanouca, la fête des lumières, ou fête de l’inauguration, ou de la dédicace (du tabernacle réinauguré par les Asmonéens après sa profanation par les grecs-syriens), est une fête n’ayant pas de source biblique. En effet, les Livres des Maccabées qui retracent le contexte historique ne furent pas inclus dans le canon juif. Le rituel de ‘Hanouca porte moins sur la commémoration de ces épisodes de l’histoire juive que sur le miracle de la fiole d’huile, lequel est consigné dans le Talmud (TB Chabbat 21b), mais pas dans les Livres des Maccabées – bien que 2M 1:18 et Seq. rapporte un récit de contenu similaire, mais situé à l’époque de Néhémie.) Pour se remettre dans le contexte de ce récit, il faut se reporter à l’an 167 avant notre ère. A cette époque, au pays des Hébreux, en Judée, les Grecs veulent imposer leur culture, mais les Hébreux sont récalcitrants et la plupart veulent garder leur judaïsme, fut-ce au prix de leur vie. Après une courte période de tranquillité pour les Juifs sous Alexandre le Grand, qui s’était prosterné devant le Grand Prêtre Hébreu Simon le Juste. Alexandre en expliqua la raison à ses soldats en parlant du Grand Prêtre qui lui faisait face, revêtu de ses vêtements sacerdotaux : "C’est son image que je vois devant mes yeux au combat et c’est ceci qui me permet de vaincre."

Alexandre le Grand permet aux Hébreux de se battre contre les Samaritains qui voulaient détruire le Temple et de les vaincre, (le mythe du "bon Samaritain" n’existant que dans l’imaginaire des chrétiens). Mais Alexandre le Grand disparu, Contre les Hébreux, sévissent alors de terribles persécutions par les Grecs avec Antiochius Epiphane à leur tête (corruption du Temple de Jérusalem, hellénisation forcée des Hébreux, nombreuses humiliations,interdiction d’étudier la Torah sous peine de mort, destruction des rouleaux de la Torah, etc… Comme l’enseigne Manitou, c’est la lutte entre le spirituel et l’universel.

Face à la domination grecque,la famille des Hasmonéens, avec, à sa tête, Simon le Juste, qui était l’un des derniers membres de la Grande Assemblée avait 3 fils : Chimi, ‘Yono et Yo’hanan. Le fils de son plus jeune fils Yo’hanan s’appelait Mattathias, qui devint Grand Prêtre et eut à son tour 5 enfants : Chimeon, Yo’hanan, Yehouda, Jonathan et Eléazar.

Le Grand Prêtre hasmonéen Mattathias, ainsi appelé parce qu’il était le petit-fils de Simon le Juste, qui portait le nom de Hasmonaï, dirigeant de la ville de Modi’in, cohen gadol (le grand prêtre qui officiait au Temple de Jérusalem, sur le Mont du Temple, aujourd’hui appelé "esplanade des mosquées") et ses fils "prennent le maquis" et se réfugient dans les collines environnantes (La dynastie des Hasmonéens  fut fondée par Simon Macchabée et régna sur la Judée de – 140 à – 36 avant l’ère commune.)

Les Hasmonéens décident d’organiser une guérilla armée, conduite
par l’un des fils de Mattathias, Yehouda, surnommé "Maccabée"(Makabi en hébreu), ce qui veut dire "Marteau" et correspond à un sigle qui, traduit, signifie "Qui est comme Toi parmi les forts, D.ieu" et deviendra le cri de guerre du peuple juif. On appela cette révolte : La Révolte des Maccabées, qui sera la première guerre idéologique et de religion de l’histoire.

Les Grecs disposaient d’une supériorité numérique et leurs troupes
étaient composées de militaires professionnels bien équipés (ils disposaient
d’éléphants de guerre, les chars d’assaut de l’époque) et étaient bien
entraînés et le miracle réside avant tout dans les nombreuses petites victoires remportées par les Juifs dans cette guerre d’usure qu’ils menaient contre l’envahisseur hellène, malgré toutes les persécutions dont ils furent victimes pendant des années. Antiochos pille en effet le Temple de Jérusalem et emporte tous les objets de valeur. Puis il confie la suite de l’hellénisation forcée à son lieutenant Appolonios. Celui-ci va poursuivre
les massacres et démolir l’enceinte de Jérusalem que Néhémie avait fait rebâtir à grand-peine. Pour s’assurer du calme de la capitale, il fait bâtir une grande forteresse, nommée l’Akra,
avec les pierres du rempart, et il la garnit d’une forte garnison royale.

L’hellénisation prend ensuite une autre tournure avec l’interdiction pure et simple du culte juif. Les livres de la Torah sont saisis, réduits en lambeaux et brûlés. La circoncision devient passible de peine de mort, ainsi que la pratique du Chabbat. Les femmes qui font circoncire leurs enfants sont mises à mort, les nourrissons pendus et les circonciseurs passés au fil de l’épée.  Enfin, pour couronner le tout, on profane le Temple de Jérusalem en y érigeant une statue de Zeus Olympien (15 décembre 167) et on y fait l’offrande de porcs, vouant ce lieu saint du judaïsme aux dieux grecs. Ordre est donné à tous les habitants d’Israël de procéder à des sacrifices païens en faveur d’Antiochos. Comme le relate le 1er livre des Maccabées, certains Juifs vont fuir les villes pour se réfugier dans les steppes et pouvoir continuer un mode de vie en accord avec leur foi. Ce groupe va prendre le nom d’Assidéens, de l’hébreu "hassidim" (les pieux), qui se contentent d’une résistance passive, mais à côté de ce groupe, on trouve les Maccabées, qui, eux agissent et finissent par remporter la victoire. C’est alors que Simon, l’un des frères Maccabée, tout à la fois Grand Prêtre et chef politique, obtient de fait la quasi-indépendance d’Israël. Il va rétablir une succession héréditaire dans ces deux domaines, fondant ainsi la dynastie des Hasmonéens.

Pauvrement équipés, sans l’aide d’aucun pachyderme, les Juifs auraient dû être écrasés sous le nombre. Ils compensaient cependant par l’ardeur et la ferveur en leur foi et, par là même, ils bénéficiaient de l’aide de D.ieu. La lutte fut longue et ardue, mais chaque victoire juive fut à elle seule un "ness" (miracle). ’Hanna, à l’époque de ’Hanouca , est, avec ses 7 fils, le symbole du martyre juif refusant au prix d’ultimes sacrifices, d’abandonner sa foi : elle encourage ses fils à choisir la mort plutôt que de plier le genou devant le dieu grec et se jette dans le vide pour échapper à l’exécution par les Grecs eux-mêmes. Ainsi, ce ne sont pas les armes qui ont donné la victoire au peuple juif, mais la force de son esprit qui faisait confiance au Maître du Monde, combinée avec son courage face à son ennemi, face à la mort, voulant sauver à tout prix sa spiritualité, son identité juive. Ainsi, l’art grec, cette culture si envahissante par sa beauté et sa majesté, ce Hod qui avait conquis le monde entier, malgré ses nombreuses tentatives d’anéantissement du judaïsme,  n’a jamais pu avoir raison du sens profond d’harmonie qu’avait acquis le peuple juif. ’Hanouca vient nous rappeler cette victoire contre l’empire grec et représente une nouvelle conception de la magnificence, celle de la vie aux côtés du D.ieu Un et unique, D.ieu d’Israël, mais aussi D.ieu universel pour toute l’humanité.

C’est à cette époque, pendant la révolte contre les grecs et contre le régime d’Antiochus, 212 ans après la construction du Second Temple en l’an 3621 de la création du monde, soit (-140 de l’ère commune)  qu’eut lieu l’histoire célèbre de Judith, fille du Grand Prêtre Yo’hanan qui, pendant l’encerclement de Jérusalem par l’armée syrienne, s’inflitra dans leur camp. Pendant une grande réception que le général Holopherne organisa pour fêter la prochaine victoire sur les Juifs, Judith enivra celui-ci de vin et de produits lactés afin qu’il tombe dans un profond sommeil. Ce qui ne tarda pas à se produire. Elle lui coupa la tête et l’emporta à Jérusalem et l’exposa aux portes de la ville, provoquant la fuite de l’armée syrienne, à la fois épouvantée d’apprendre qu’une femme avait pu couper la tête de leur chef et ainsi privée de son général.

Fêtons la lumière en cette période sombre

Après les trois premières années, les Juifs reconquirent Jérusalem. Ayant trouvé le Temple en état d’impureté, (les Grecs l’avaient transformé en temple païen), ils voulurent le nettoyer et le remettre en service : combat de la lumière contre l’obscurité, que les Juifs vivent  en permanence. Lors de la re-inauguration, ils voulurent allumer un chandelier de remplacement
- le chandelier à 7 branches en or, appelé Menorah mesurant 1,80m de haut qui devait éclairer le Temple jour et nuit ayant été fondu par les Grecs. On ne trouva qu‘un seule bouteille d’huile d’olive pure d’une contenance de 1,12 l, qui ne pouvait permettre à la Ménorah de brûler qu’un seul jour. Le rav David Pitoun nous indique que chacun des 7 réceptacles du candélabre contenait un "loug" d’huile d’olive pure (environ 16,5 cl). Il fallait  donc 3 "lougs" 1/2 (soit un peu plus d’un litre pour remplir la totalité des 7 réceptacles placés en haut du candélabre.) La tradition nous dit que lorsqu’on a commencé à verser l’huile dans les réceptacles du candélabre, le niveau d’huile a commencé à monter dans le flacon et, alors qu’il n’y avait en réalité qu’une infime quantité d’huile, chaque jour le miracle se reproduisait. Ainsi, la Menorah brûla pendant 8 jours sans discontinuer, le temps nécessaire pour presser les olives et fabriquer une nouvelle huile pure destinée au service du Temple.

Rappelons que la tradition biblique du chandelier commence au mont Sinaï, après la révélation de D.ieu aux Hébreux et la divulgation de la Torah. Au chapitre 25 de l’Exode, Dieu demande à Moïse de réaliser un chandelier d’or pur, d’une seule pièce, chandelier devant être placé dans le Saint (ou Sanctuaire) de la Tente du Rendez-Vous dans le désert, pour témoigner de la relation permanente et réciproque entre Dieu et son peuple. Il faut savoir que  le Saint des Saints de la Tente, espace contigu au Sanctuaire, mais secret et interdit, abritait les tables de la loi ainsi que les chérubins entre lesquels on pensait que la Présence divine se déployait. Sur le plan historique, la Menorah est restée allumée pendant une période de plus de15 siècles, à l’exception de trois interruptions, lors de son vol par Nabukhanetsar, après le destruction du 1er temple, lors de l’exil des Judéens à Babel qui a duré 48 ans et lors de la profanation du 2ème Temple par Antiochus Epiphane, pendant 11 ans.

Le rav Pitoun nous précise que chaque première goutte de chaque olive était spécialement prélevée pour la Ménorah et que les olives servant à la fabrication de l‘huile provenait de la région du Goush Khalav, où vivait la tribu d’Acher* bénie par Hachem et où il y avait abondance d’oliviers. Cette région était située à 4 jours de voyage de Jérusalem. Là-bas, les fruits étaient énormes – environ 30g  pour une olive ce qui est énorme !) La lumière était donc annonciatrice de la victoire qu’elle aurait en ces temps-là sur les ténèbres. Ce n’est cependant qu’un an plus tard, qu’on inaugura la fête de ‘Hanouca le 25 kislev (le 24 kislev au coucher du soleil – début du jour juif) date hébraïque, qui correspond généralement au mois de décembre.

Depuis cette époque à cette période de l’année, chaque jour à la tombée de la nuit, dans les maisons juives,  on allume une bougie ou un chandelier à 8 branches appelée " ‘hanoukia", (parfois munie d’une 9e branche pour mettre le "chamach", qui sert à allumer la ‘hanoukia) et ce, jusqu’au 8ème jour. La maison, qui, pour le Juif pratiquant se doit d’être un "petit Temple" est alors, comme celui de Jérusalem avant sa destruction, illuminé.

Le premier jour on allume une flamme, le deuxième jour une seconde flamme, et chaque jour on rajoute une flamme, jusqu’au huitième jour, où brûleront huit flammes. On place le chandelier ou la ‘hanoukia généralement à l’extérieur de la maison, à côté de la porte d’entrée, à l’abri du vent ou bien encore derrière une vitre pour que les passants profitent de ces flammes. Cette lumière aide à se rapprocher de Celui qui est Lui-Même lumière, notre Créateur et on observe pendant une demi-heure chaque jour la flamme de la bougie ou de la mèche trempée dans l’huile d’olive pure. Il est d’usage d’observer la flamme pendant une demi-heure. Toutefois, on ne doit pas profiter de la lumière de la ‘Hanoukia pour lire, par exemple.

Ainsi, lorsque nous allumons nos Menorote, que nous récitons les psaumes et chantons le hallel (les louanges) qui accompagnent cet acte, nous montrons que l’on peut être émerveillé, puissamment heureux et fier de cet esprit qu’évoquent les petites lumières de ’Hanouca. Nous fêtons certes la victoire militaire contre l’ennemi, grâce aux miracles du Tout Puissant, mais aussi cette gloire intérieure que le Juif a apprise et qui le rend imperméable à toute domination : être juif et célébrer le D.ieu Un ! Les femmes, plus habituées à vivre les grands événements d’une manière intime, ont peut-être mieux intériorisé le sens de la phrase que symbolisait la Menora de Zacharie (chap. 4, vers. 6) : “Ni par la puissance, ni par la force mais bien par Mon esprit, dit l’Eternel Tsévaote…

Sur le site Modia, nous apprenons que c’est notamment d’abord grâce aux mérites des Juifs pour construire le sanctuaire dans le désert que Haqqadoch Baroukh Hou a dit : « Comment les remercier ? Je leur donnerai la victoire sur les Hasmonéens » (middrache). Ainsi après de nombreuses batailles, toujours gagnées par les Juifs, la guerre ne prit fin qu’après 25 ans, avec beaucoup de pertes de part et d’autre. De guerre lasse les Grecs durent abandonner l’idée de soumettre les irréductibles Hébreux.

* Pourquoi la tribu d’Acher était elle bénie en fertilité du sol ? Pendant 22 ans, Yaakov a refusé la consolation pour le deuil de son fils, Yossef hatsaddiq. (Les 10 fils de Yaacov ayant vendu leur frère à des égyptiens et ayant fait croire à leur père qu’il avait été dévoré par une bête sauvage), pris de peur en voyant que leur père ne se consolait pas de la perte de son fils Yossef. Or, Acher avait une fille nommée Sera’h, la seule femme, avec Yo’heved, la mère d’Aaron, de Myriam et de Moïse, dont le nom ait été mentionné parmi les enfants des douze Tribus, petits-enfants de Jacob. Son mérite a dû, en conséquence,
être bien grand. En effet, Sera’h, qui  était prophétesse, toute jeune encore, avait été élevée auprès de Jacob et se distinguait des autres enfants par une conduite parfaite et un grand amour de D.ieu et une bonté qu’elle témoignait à tous ceux qui l’entouraient. Elle avait entendu une voix annoncer que son oncle Yossef était encore vivant et qu’il gouvernait l’Egypte. Elle se rendit donc auprès de son grand-père Yaakov et par égard pour son grand âge, au lieu de lui annoncer la nouvelle brutalement, elle lui chanta un pyiout, (chant religieux) accompagnée de sa harpe, dont elle s’était abstenue de
jouer en présence de son grand-père, car pendant les quelque 22 années depuis la disparition de Yossef, Yaacov portait le deuil de ce fils si regretté. Mais les paroles chantées par la jeune fille annonçaient que Yossef était encore vivant et habitait en Egypte "Yossef est vivant ; il gouverne toute l’Egypte…" C’est ainsi que Yaacov descendit en Egypte et retrouva son fils bien-aimé. Or, Acher ayant signé le contrat, comme ses 9 autres frères, qui disait que celui qui dénoncerait le fait que Yossef était encore vivant serait excommunié d’entre les tribus (celle de Benyamin exceptée), ses frères ne le curent pas lorsqu’il affirma ne pas avoir dénoncé le fait et l’excommunièrent.
Or, il se trouve qu’une des règles d’interdiction de l’excommunication est de s’enduire avec de l’huile. La tradition avait gardé le fait qu’Acher avait dénoncé. Le dernier jour avant la mort de Moïse, celui-ci fit une bénédiction à chacune des tribus et il adressa à la tribu d’Acher réhabilite ce dernier. "Acher doit être béni en enfants, car l’excommunié n’a pas le droit de pratiquer l’intimité conjugale." Moïse prouva par là qu’Acher était innocent et devait être réhabilitée auprès de ses frères. Ainsi sa tribu fut réhabilitée et Moïse annonça qu’il revenait par conséquent à la tribu d’Acher le droit d’avoir le mérite de tremper ses pieds dans l’huile. C ‘est pourquoi la région du Goush Khalav,  la terre d’Acher fut bénie en fertilité.

La lumière et l’habit de l’âme

‘Hanouca est source de symboles ; en effet, dans la mystique juive, la lumière a un rôle symbolique fondamental. Deux des aspects les plus classiques de ce symbolisme de la lumière sont : l’âme et la Torah, cette dernière étant comparée à la lumière : "Car la mitsva est lampe et la Torah est lumière" (Prov.6:23) Quant à l’âme, elle est comparée à une lampe: "Elle est lampe de D-ieu, l’âme de l’homme". (Proverbes 20:27), la racine "Ner" que contient le mot "menorah" signifie aussi bien feu que lumière et" Ner" désigne à  la fois l’âme et la Mitsva.

Le symbole de la lumière est facile a comprendre, car elle est de l’ordre du réel et du symbole, elle est immatérielle et matérielle. Elle se trouve, de ce fait, à la frontière de deux univers. C’est pourquoi la Bible établit une différence entre la Torah, au sens de la loi du monde, et le commandement en se référant à 2 formes de lumière : la Torah, symbolisée par la lumière générale et la mitsva, sous la forme de la lumière en particulier. On pourrait traduire "La mitsva est flamme et la Torah, lumière". L’existence de la mitsva en tant que lampe dépend de l’homme; il peut ou non l’allumer ; en revanche, l’existence de la Torah ne dépend de personne.

Nous venons de voir que la mitsva et l’âme portaient le même nom : Ner (flamme ). Or, une lampe est constituée de plusieurs éléments, elle est l’ustensile qui unit divers éléments et leur permet ainsi de fonctionner, la lampe peut dans ce cas symboliser le corps. La lampe est composée d’huile, d’une mèche et enfin d’une flamme. La fonction de la mèche est essentielle : c’est elle qui transforme l’huile en feu. Si nous admettons que la mèche représente l’âme et l’huile notre existence matérielle, on comprend quelle est la véritable fonction de l’âme : elle est une courroie de transmission qui assure la liaison entre l’huile et la flamme. L’âme présente dans l’homme, incarnée dans la personne est la mèche sans laquelle rien ne peut se passer. Tout comme le corps a besoin de calories, l’âme, pour subsister, a besoin d’énergie. Celle-ci lui est fournie par l’huile des commandements.

Brûler de l’huile pour en faire une flamme, c’est précisément mettre en
oeuvre le processus qui transforme le matériel en immatériel, l’immanence
en transcendance. L’huile est une réserve d’énergie qu’il faut libérer pour en faire du feu. A cet effet, il faut passer par la médiation de la mèche… Les mitsvote sont a priori aussi opaques que de l’huile inerte; elles sont l’expression de la volonté de D.ieu, qui est formulée dans la Torah sans y être expliquée ni motivée : sans lumière. Mais si l’âme humaine (la mèche) sait faire brûler l’huile, elle en extraira l’essence de la lumière divine. La fonction la plus authentique des commandements est d’habiller l’âme pour la préparer à la vie éternelle. Ici, la lumière devient le tissu, la matière première du monde futur. Cette conception est fondamentale dans la mystique juive : le passage de l’âme dans la vie terrestre va lui apporter cet indispensable "plus" que les Rabbins appellent le vêtement. Ce vêtement c’est la mitsva. Sans elle, sans ce tissu que l’âme a tissé autour d’elle tout au long de son passage sur terre, l’âme reviendrait nue au jardin d’Eden. Les mitsvote constituent donc un habit protecteur. Or, l’âme nue est incapable de percevoir la lumière divine et d’en jouir, alors qu’elle n’a été créée que pour cela. Ainsi, tout comme l’huile de la mitsva s’est transformée en lumière, l’âme de l’homme peut ainsi devenir lumière de D.ieu.

Miracle quotidien

« Ni par la puissance, ni par la force, mais bien par mon esprit ! – dit l’Eternel-Cebaot. » (Zacharie 4 6)

Un Rabbin, rabbi Bonnie Lee Leavy nous rappelle qu’il est important de ne pas oublier que c’est souvent par les hommes que les miracles arrivent.
Notre génération comprend si bien la physique, l’ingénierie, la chimie et la médecine que le miracle semble appartenir au passé, à des sociétés moins sophistiquées. Et pourtant, il y a encore tant de choses que nous ne comprenons pas. Nous avons une bénédiction du pain qui dit : « Béni es-Tu, Seigneur notre Dieu, Roi du monde, qui fait sortir le pain de la terre. » Pourtant, Dieu ne fait pas littéralement « sortir le pain de la terre », ce sont bien les hommes qui s’y attellent. Avant d’écrire cet article, il m’a fallu repenser à mes propres miracles de ‘Hanouca. Il se trouve qu’un des miracles de ma vie décore en permanence le mur de ma salle à manger sous la forme d’une tapisserie merveilleuse représentant la bénédiction des bougies de ‘Hanouca. Les paroles sont entourées de fleurs aux couleurs vives, rouges, dorés et bordeaux, et d’un beau feuillage entrelacé qui rappellent les enluminures des manuscrits anciens. Cette tapisserie représente sûrement des heures, des semaines et des mois d’un travail minutieux. En-dessous de l’hébreu et de la bénédiction apparaît simplement : "Fait pendant le mois de Kislev" par maman (ma mère). Cette tapisserie témoigne de merveilles que nul mot ne peut décrire."

Coutumes de ‘Hanouca

‘Hanouca, c’est aussi la fête des enfants, qui peuvent recevoir un petit cadeau chaque jour de la fête. A cette période, il est de coutume de manger, par exemple, des "latkès" (pommes de terre râpées croustillantes et dorées que l’on fait frire également dans l’huile d’olive) ainsi que des beignets fourrés à la confiture appelés "soufganyiote".

A ‘Hanoucah les enfants jouent avec une petite toupie en bois à 4 faces
appelée "sevivone", (en hébreu) ou "dreidle" (en yiddish).
Chaque face est marquée d’une lettre en hébreu, qui forment ensemble l’acronyme de la phrase : Nes Gadol Hayah Sham "un grand miracle a eu lieu là-bas" (en diaspora) et Nes Gadol Hayah Po "un grand miracle a eu lieu ici" (en la terre d’Israël). Pour la mise, on choisit généralement des bonbons et chacun joue à tour de rôle. Si la toupie tombe sur la lettre נ "nun", c’est un tour pour rien, ש "shin", on ajoute une friandise au "pot", ה "hé", on gagne la moitié du "pot" et la lettre ג "guimel", on rafle la mise.

La tradition nous enseigne que cette pratique se fait en référence aux Juifs sur qui pesait l’interdit de leur religion par  Antiocos VI . Pour éviter d’être punis par les soldats qui les surprenaient, les enfants prétextaient jouer à la toupie. Il s’agit d’une toupie à 4 faces, chacune frappée d’une lettre :

  1. נ Noun
  2. ג Guimel,
  3. ה He,
  4. ש Chin – (En Israël, c’est un פ-pé à la place du chin)

sevivone pour Israël et pour la diaspora

L’un des enseignement du Rav Léon Eskenazi sur ‘Hanouca, qui parle au
nom du Maharal : « Eduque le jeune selon son chemin, de sorte que même lorsqu’il vieillira, il ne s’en écartera pas. »

1er sens (pschat) Pour que l’éducation soit réussie, il faut qu’elle suive le tempérament de l’enfant : « Eduque l’enfant selon sa voie ». Alors quand il inaugurera le fait de se comporter dans la vie, (l’éducateur n’ayant plus rien à voir avec l’éduqué), il ne s’écartera pas de cette voie ; évènement irréversible. Car l’enfant doit être respecté dans son « moi ». Il n’a plus besoin de lui.

2e sens, plus profond : Même lorsqu’il deviendra « zaken » (adulte) il ne s’écartera pas de cette voie éducative. L’éducation ne réussit que quand l’enfant est devenu adulte : mature. Si l’éducation a réussi, la personne continuera dans la voie de cette éducation et il continuera à s’éduquer lui-même dans ce sens.’Hanouca signifie ici inauguration et éducation. Pour reporter ceci au niveau d’Israël, il restera toujours hors de portée des Grecs. Ainsi il y a eu deux enjeux dans l’évènement de ‘Hanouca : 1/ La vraie inauguration de l’identité hébraïque qui eut lieu alors, 2/ La lutte contre les hellénisants (membres d’Israël qui ont accepté la culture grecque).

D’une manière générale, le Juif ne change pas, même si autour de lui tout change. On l’a bien vu avec l’histoire de Joseph en Egypte. Bien que Pharaon l’ai nommé vice-roi d’Egypte, il s’affirme dans son identité d’hébreu qui occupe le trône. Il n’a pas trahi ce qu’il était pour devenir le second du pharaon et prépare déjà le chemin de la libération du peuple,
car l’épreuve redoutable de l’exil est précisément de ne pas subir de
transformation. C’est également cet esprit qui anima les Hasmonéens lors de la révolte contre les Grecs. Il refusaient un judéo-hellénisme et se sont battus contre l’assimilation, même partielle parce qu’ils voulaient rester juifs, intégralement. C’est cette détermination q’’a salué le miracle de la fiole d’huile, la lumière n’ayant pas vacillé mais au contraire, pendant ces 8 jours, elle est restée pleine et entière, comparable à cette flamme que tous les vents du monde tentent d’éteindre, que les ouragans risquent de transporter, mais qui reste immobile, fière et sûre, se nourrissant de son propre feu, cette flamme, c’est la flamme d’Israël.

Comment relier les fêtes de Souccote et de ‘Hanouca

Le Dr Debora Weissman nous dit que dans la Michna, la fête associée à la lumière est Souccote… "De toutes les cours de Jérusalem sans exception, émanaient les lumière de Beit HaShoeva. Les hommes pieux et travailleurs dansaient devant elles, des torches enflammées à la main." Mais quel est le rapport avec ‘Hanouca ? La réponse se trouve dans le 2e livre des Maccabées. Il y est écrit que pendant la révolte des Maccabées, le Temple ayant été souillé, on ne pouvait plus y célébrer Souccot. Quand ils sont finalement venus à Jérusalem et qu’ils ont purifié le Temple, ‘Hanouca fut en fait célébré
pour la première fois à Souccot pendant le mois d’hiver de kislev – fête de 8 jours qui, en d’autres termes, loue et rend grâce à D.ieu avec les 4 espèces
(le palmier, le cédrat, le myrte et le saule de rivière) qui pouvaient être
trouvés en hiver. On peut dire que le processus de cristallisation de la fête
de ‘Hanouca, comme entité séparée, a pris du temps. Mais les 4 espèces furent replacées à tichri comme il se doit, intégrées à une célébration de la moisson automnale. Ce qui est resté avec ‘Hanouca, c’est le thème de la lumière. Pendant tichri, alors que les jours et les nuits sont de durée égale, que la première nuit de Souccot est la nuit de la pleine lune, le thème de la lumière a moins de sens, il correspond moins à un besoin vital. Quand est-il cependant essentiel ? Au moment du solstice d’hiver, quand on peut à peine supporter des jours si courts et des nuits si longues. Puisque la première nuit de ‘Hanouca est le 25ème jour du mois lunaire, ce n’est pas seulement le temps le plus obscure de l’année (dans l’hémisphère nord) mais aussi le temps le plus obscure du mois. C’est pourquoi nous allumons les bougies de ‘Hanouca et contribuons à restaurer la lumière dans le monde. Dans ce sens, les différents groupes qui interprètent ‘Hanouca différemment pourraient en fait dire que ‘Hanouca symbolise leurs valeurs ultimes, celles qui sont pour eux sources de lumière et d’espoir, ou encore, comme le suggère le Rav Kook, la personne juste ne maudit pas l’obscurité ; elle choisit plutôt d’allumer des bougies pour répandre la lumière.

‘Hanouca contemporain

(Ci-dessous, voici un extrait du discours du rabbin en chef des Forces de Défense Israéliennes, Shlomo Goren, adressé aux soldats depuis le Mur Occidental, en juin 1967, après la conquête de Jérusalem Est) :

"Bien-aimés soldats du peuple d’Israël, auréolés de valeur et de victoire ! Que D.ieu vous bénisse, vaillants soldats. Je m’adresse à vous depuis le Mur Occidental, reste de notre Saint Temple. "Consolez, consolez mon peuple, dit votre D.ieu" (Isaïe, 40:1). Voici venu le jour que nous attendions, soyons heureux et réjouissons-nous de Son salut. Le rêve de toutes les générations vient de se réaliser sous nos yeux. Vous, héros des Forces de Défense d’Israël, venez de délivrer la Ville de D.ieu, le site du Temple, la Montagne du Temple et le Mur Occidental – symbole de la rédemption messianique du peuple Juif. Aujourd’hui, vous avez accompli le voeu de générations entières : "Si je t’oublie jamais, Jérusalem, que ma droite me refuse son service." " (Psaumes 137:5Et c’est Votre main droite, la main de D.ieu qui a forgé cette libération historique… Chers Soldats, fils bien-aimés de votre peuple ! C’est à vous qu’est revenu le plus grand privilège de l’histoire juive… Au nom de toute la communauté d’Israël et de la diaspora, c’est avec la plus grande joie que je vous dis : "Soyez bénis, Seigneur notre D.ieu, Roi de l’univers, qui nous avez maintenus en vie, soutenus et conduits à ce jour."

Nous vivons actuellement une période obscure, et l’obscurité peut parfois paraître si épaisse qu’on peut avoir l’impression que rien ne peut parvenir à la percer. C’est ainsi qu’elle peut régner sans partage sur les esprits et les cœurs au point de parvenir à refouler la réalité jusque dans les confins de la conscience. Nombreux sont ainsi les évènements qui, malgré la clarté de leurs enseignements, sont interprétés à l’inverse de l’évidence dont ils sont porteurs. Pour tous les hommes que la nuit des âmes et des intelligences indispose, c’est une expérience douloureuse. Pourtant, voici revenu le mois de Kislev, le mois où d’abord spirituellement, l’ombre recule avec la fête de ‘Hanoucca et sa lumière, qui redonne à cette période de l’année les couleurs de l’espoir et de la vie.  La période de ‘Hanouca est un temps de ressourcement, un mois où rien ne peut remettre en cause la puissance et la grandeur de la lueur qui monte. Certes, en une époque de bouleversement, alors que le monde fait déferler toutes les formes du malheur des hommes et que la vérité et l’honnêteté semblent remisées pour longtemps au magasin des accessoires, ce n’est pas à une vision de lumière que nous sommes invités. Pourtant, la lumière est là présente, juste à la limite du regard. Elle grandit de jour en jour et laisse présager sa victoire éternelle. Car les choses sont ainsi faites : devant le jour qui se lève, la nuit ne peut que reculer. Il se trouve que nous sommes les acteurs de ce changement infini qui peut nous permettre de trouver la sérénité et l’harmonie. Nous pouvons être les hommes de la lumière qui font surgir, au cœur du monde, le bonheur de tous. Nous en possédons la clé. Vivre Kislev et ‘Hanouca n’est-il pas aussi une affaire de regard ? Quand un Juif se trouve en exil, même quand il accomplit le service de D.ieu qui lui incombe de « faire pour D.ieu une demeure ici-bas », il ne peut pas être satisfait, car il est en exil ! «Juif» et «exil» sont deux notions radicalement contradictoires ! Il s’ensuit que, quand un Juif est en exil, il est dans un état où «il languit après la maison de son père».

Conclusion

Le Rav Léon Eskenazi (Manitou) nous dit que, selon l’enseignement du Rav Cook, à l’instar de la lutte des Makabis contre les Grecs, quand le Cantique des Cantique nous dit : « Ma sœur, mon aimée, ma colombe, ma parfaite… » on veut nous enseigner que « ma sœur » se réfère au temps de l’exil de Babylone, « mon aimée » au temps de la Perse, « ma colombe » se réfère au temps de la Grèce et « ma parfaite » au temps de Rome, où nous sommes encore actuellement. Aujourd’hui Israël est parfait au niveau individuel, mais pas encore au niveau collectif et les pires ennemis d’Israël sortent d’Israël lui-même. Dans les générations où se produit quelque chose d’analogue à ce que les Grecs voulaient faire, on veut imposer ses propres valeurs au peuple juif. Dans le véritable enjeu que représente ‘Hanouca, la lutte contre les mitiaonim, (la Grèce, donc la mentalité grecque) n’est donc pas encore achevée… » Mais l’espoir est grand, car les Juifs qui luttent courageusement, inlassablement, sans se décourager, afin que la lumière arrive à percer le chaos et les épaisses ténèbres dans lesquels nous vivons aujourd’hui, induits par l’action conjointe d’Ichmaël et d’Edom sont chaque jour plus nombreux et finiront un jour, par leur action positive, par transformer le monde.

Prières & bénédictions de ‘Hanouca

"BAROUKH ATA ADONAÏ ELOHENOU
MELEKH HAÔLAM ACHER QIDDECHANOU BEMITSVOTAV VETSIVANOU LEHADLIK NER (CHEL)* ‘HANOUKA." (13 mots, 13 rythmes des "midote" ou qualités divines de "ra’hamim"). Béni sois-Tu Hachem, notre D.ieu, Roi du monde qui nous a sanctifiés par Ses mitsvotes et nous a ordonné d’allumer le chandelier de ‘Hanouka.

*(chel) seulement pour les azkénazim

"BAROUKH ATA ADONAÏ ELOHENOU MELEKH HAÔLAM CHEÂSSA NISSIM LA AVOTENOU BAYAMIM HAHEM BAZEMANE HAZE." Béni sois-Tu, Hachem notre D.ieu, Roi du monde qui a fait des miracles pour nos Pères en ces jours-là, en ce temps.

(Le 1er soir seulement, on rajoute :

"BAROUKH ATA ADONAÏ ELOHENOU MELEKH HAÔLAM CHE HE’HEYANOU VEQIYEMANOU VEHIGUIANOU LAZEMANE HAZZE." Béni sois Tu, Hachem notre D.ieu, Roi du monde qui nous a faits vivre et nous maintenus dans l’existence et nous a fait arriver à ce temps-ci.)

Les autres soirs, on ne dit que les 2 premières bénédictions seulement. Puis on allume. On dit ensuite le passage : « HA NEROTE HALLALOU » Il est bon d’ajouter le psaume 30 pour les sépharades (MIZMOR CHIR LE ‘HANOUKATE HA BAYITE LE DAVID). A la place les Askenazes
chantent le cantique MAÔZ TSOUR…

PSAUME 30 : Cantique de la dédicace du Temple, par David : "Je t’exalterai, Seigneur, car Tu m’as relevé ; tu n’as pas réjoui mes ennemis à mes dépens. Eternel, mon D.ieu, je t’ai invoqué et tu m’as guéri : Seigneur, tu as fait remonter mon âme du Cheol, Tu m’as permis de vivre, de ne pas descendre au tombeau. Chantez l’Eternel, vous ses fidèles, rendez grâce à son saint nom ; car sa colère ne dure qu’un instant, mais sa bienveillance
est pour la vie ; le soir dominent les pleurs, le matin, c’est l’allégresse.

J’avais dit en ma quiétude : « Jamais je ne chancellerai. » Seigneur, dans ta
bonté, tu avais puissamment fortifié ma montagne. Mais Tu as caché ta
face : j’ai été consterné ! C’est vers Toi que je crie, c’est à mon Seigneur que vont mes supplications : « Que gagnes-tu à ce que mon sang soit versé ? A ce que je descende au tombeau ? La poussière te rend-elle hommage ? Proclame-t-elle Ta persistante bonté ? Ecoute, ô Seigneur et prends-moi en pitié ! Eternel, sois mon sauveur ! Tu as changé mon deuil en danses de joie, Tu as dénoué mon cilice et de la joie Tu m’as fait une ceinture. De la sorte mon âme te chantera sans relâche ; Eternel mon D.ieu, à tout jamais je te célébrerai."

Avant l’arrivée de Chabbat, on dit Min’ha et on allume d’abord les lumière de ‘Hanouca avant celles du Chabbat, alors qu’il fait pourtant encore jour. Les bougies ou l’huile doivent être assez importantes pour tenir ½ h après l’arrivée des étoiles. Puis, on peut allumer les bougies du Chabbat.

A la sortie de Chabbat,

- à la synagogue on allume
d’abord la ‘hahoukia puis on fait la havdala.

- à la maison on fait d’abord la havdala avant d’allumer les lumières de ‘Hanouca

Ceux qui font autrement et allument les lumières de ‘Hanouca avant de faire la havdala, ont aussi sur quoi se baser sur les plus grands décision-naires (Choulkhane Aroukh, Ora’h ‘Hayim) 681/2). Mais on l’évite
souvent par précaution pour ne pas oublier la pratique de la havdala.

Pendant les 8 jours de ‘Hanouca, on ajoute un texte « ÂL HANNISSIM » dans

- le BIRKATE HAMAZONE (prière après le repas)

- chaque âmida (prière dite debout)

A Cha’harite

- on dit le HALLEL chaque jour (même l’endeuillé, mais les femmes en sont dispensées)

- on dit le passage BEIT YAAQOV

- on lit dans la Torah des passages de Bémidbar 6,  22-27,  7, 1-89 ; 8, 1-4

Au Chabbat on sort deux rouleaux de la Torah et on lit dans le 2ème passage
quotidien de ‘HANOUCA.

La haftara est en Zarharie 2, 14 à 4,7

S’il y a deux Chabbatote, la haftara est en 1 Rois de 7, 40 à 7, 50.

AINSI, ‘HANOUCA N’EST PAS UNE FÊTE COMMERCIALE, C’EST UNE FÊTE  PROFONDEMENT JUIVE, LA FÊTE DE LA LUMIERE, LA FÊTE DE L’ÂME JUIVE, LA FÊTE DE LA VIE !

(sources : Rav Léon Ezkenazy – Modia – Morim – Juif.org – Rav Jacky Milewski -" Le chandelier d’or, Josy Eisenbert & Adin Steinsaltz – Rav Bonnie Lee Leavy – Dr Debora Weissman – Rav David Pitoun – Lamed – ‘Hanoucah, Ed. Peylim Yad-Laa’him – Albert Soued)

PREPARER LA FÊTE DE ‘HANOUCA AVEC MODIA ICI : PRÉPAREZ ET ENSEIGNEZ LA FÊTE DE ‘HANOUCA, ICI (DÉCEMBRE)

www.universtorah.com :
Le véritable sens de ‘Hanouka
’Hanouka: la lutte contre l’obscurantisme
‘Hanouka dans la Halakha (procédure d’allumage de la ‘Hanoukia, etc…)
’Hanouka: liberté de corps et d’esprit
‘Hanouka, fête des lumières
De ‘Hanouka à Pourim
’Hanouka, entre sept et huit
Nature et miracle
Vidéo :  On se prépare pour ‘Hanouka L’ambiance à Jérusalem dans les heures qui précèdent ‘Hanouka

Création et Concept: Levtov-Graphic.com
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Pour voir le guide  de ‘Hanoucca 5771 et connaître les lieux et les horaires d’allumage public dans Paris et  en banlieue

‘Hanouca est fêté partout dans le monde. Voici une vidéo des allumages publics de la ‘Hanoukia aux quatre coins de la planète…

Allumages de Hannouca partout dans le monde
Vidéo exceptionnelle d’allumages publics géants des bougies et lumières de Hannouca un peu partout dans le monde : Chilie, Etats-Unis, Irelande,…