
________________________________________________________
Deux poèmes pour illustrer notre époque trouble :
L’AFFRONTEMENT DE DEUX MONDES
Revoilà donc comme jadis les guerres de religion
Ou plutôt au nom des religions…
Que veulent ces prédicateurs qui prospèrent,
Manipulant ces pauvres hères
Qui mourront demain par légions.
Vous, serviteurs de D.ieu, est-ce bien là votre mission ?
Lors du Jugement, priez pour votre rédemption !
Pourquoi tant de haine, pourquoi tant de déraison ?
Pensons aussi à ce que nous faisons ;
Ne générons nous pas de fortes frustrations
Et de compromissions en démissions
Affichons nous encore des convictions ?
Mais guérit-on vraiment de la guerre ?
De la guerre, la paix n’est-elle que rémission ?
Sans doute, hélas – les hommes étant ce qu’ils sont
On ne voit guère de solutions.
On pourrait penser que l’éducation…
Mais certains avaient fait des études.
On en vient donc alors la mort dans l’âme
A conclure avec inquiétude
Que science sans conscience n’est que ruine de l’Islam.
Mais quand on n’a que l’argent comme dévotion
Comment s’étonner alors des répercussions…
Quand on veut imposer sa mondialisation
Comment donc s’étonner de ces contestations,
Car c’est aussi un choc des civilisations.
C’est aussi la guerre des télévisions,
Chacun de son monde voulant imposer la vision.
Sur des êtres frustres. Puissance des images !
Comme l’étaient nos vitraux au Moyen-Âge.
En fait, si tous nous nous tenions
A cette déclaration de la révolution :
La liberté s’arrête à celle de l’autre – sans exception,
Sans doute de nombreux conflits éviterions.
Mais il n’est pas venu le règne de la raison,
Celui du coeur non plus. Ce sont les passions
Qui se déchaînent, celle de la domination
De l’homme sur l’homme avec la mondialisation
ou de l’homme sur la femme pour l’islam,
Comme nous au Moyen-Âge, où elle n’avait pas d’âme.
Eros et Thanatos toujours en confrontation,
L’amour et la mort, et au milieu, les religions.
Face à cela, il faut malgré tout croire
Et à tout prix garder l’espoir
Croire jusqu’à l’utopie
En l’amour, en la vie,
En soi, en son prochain, en D.ieu
Si l’on veut, si l’on peut
Mais aux autres ne pas l’imposer.
Alors peut-être, la colombe pourra-t-elle enfin se reposer.
JH
__________________________________________________________

___________________________________________________________
PETIT PAMPHLET SUR L’ETAT DE LA FRANCE
Hollande et sa bande
Rendent le pays bas
Et Bruxelles, elle, excelle
A nous mettre bas
De plus belle.
Quand donc libérera-t-on la France
Du carcan de la finance
Et de ses serviteurs politiciens
Pour revenir à l’étant ancien,
Celui d’avant l’euro qui ravage
Et d’une Europe sauvage
Qui crée chômage et misère
Et fait fuir les jeunes de leur terre
Ou tomber dans la délinquance ?
Désespoir et déliquescence
Sont les nouvelles mamelles de la France !
J..H.

Douceur de novembre
Apprécions les feuillages flamboyants de l’automne
Avant que ne reviennent les frimas hivernaux.
Goûtons cette douceur de novembre qui s’étonne
Car bientôt viendra l’hiver et ses maux.
Mais quand l’or se mêle au pourpre et l’ocre à tous les jaunes
Pour embraser bois et frondaisons,
C’est aussi pour la faune
La mauvaise saison,
Celle de la chasse et des chiens aboyant.
Ce ne sont pas seulement les feuilles qui rougeoient
Et cela gâche un peu notre joie.
Mais côtoyant nos champs encore verdoyants
Sous des cieux d’un bleu étonnant,
Les rouges des cotinus répondent
A ceux des érables qui abondent,
Et l’arbre aux cent écus
Etale ses pièces d’or
Devant ce chêne qui a tant vécu
Et qui est presque mort.
Cette symphonie de couleurs allant du vert
Au rouge nous met la tête à l’envers.
Peu à peu toutefois, se dénudent les chênes,
Laissant ainsi les charmes apparaître.
Les trembles, peupliers et les hêtres
Attendent, eux, que le vent se déchaîne.
Profitons de ces instants de réconfort
Offerts par la Nature.
Jouissons du spectacle de cette belle ramure
Car bientôt il fera froid dehors.
JH
Tuer pour le plaisir de la chasse est immoral et condamnable
LA MORT BLANCHE
Ce matin tout est blanc
Pour les yeux émerveillés des enfants
Mais aussi des plus grands
Sans doute immatures
Encore émus par les beautés de la nature
Source de tant de belles peintures.
En cette journée de janvier
Elle nous offre un spectacle à la fois beau
Et triste qui n’a rien à envier
A Brueghel et à ses fameux tableaux
D’hiver où la vie semble avoir déserté
Où règne comme un air funèbre et inquiétant
Comme au temps des pestes noires d’antan
Où le froid manteau blanc purificateur
Des hommes recouvre toutes les douleurs.
Finalement cette image figée est angoisante.
A quand la nature renaissante ?
Car non, la neige n’est pas toujours belle
Et la mort n’est pas toujours noire,
Elle l’a déjà souvent montré dans l’histoire :
Elle peut aussi être blanche
Et tout aussi cruelle
Lors des avalanches
D’aujourd’hui ou d’hier
Ou dans la plaine d’Eylau, grand cimetière
A ciel ouvert
De sang et de glace recouvert
Ou lors des retraites de Russie, glacée,
Elle étalait le linceul blanc des trépassés.
Et comment ne pas être horrifié
A la vue de ces Juifs frigorifiés
Et dramatiquement faméliques,
Victimes pitoyables de bourreaux sadiques
Sous les coups et le froid qui mord
Dans la neige marchant jusqu’à quand ?
D’un camp de la mort
Vers la mort dans un autre camp
Quand ils ne tombaient pas avant
Une balle alors les achevant.
Le soleil semble avoir disparu sans retour.
Et si l’Apocalypse était blanche ?
A nos coeurs glacés, Dieu répondant à son tour
Comme une ultime revanche
Par la glaciation du monde tout entier
Prélude au jugement dernier.
JH
___________________________________________________

______________________________________________________
Ce matin d’été ensoleillé, chaud et humide, fut déchiré par l’éclair d’une explosion d’une violence inouïe, suivie pour certains d’une perte de conscience avant un réveil dans un paysage de cendres, traversé par des survivants hagards, brûlés au dernier degré, la peau en lambeaux, torturés par la soif. Ils se souviennent aussi des jours de pluie noircie par les cendres contaminées, des années à souffrir dans les hôpitaux où les médecins pronostiquaient une mort prochaine. Soixante-cinq ans plus tard, ils n’avaient rien oublié… Ainsi, pour les 239 225 hibakusha encore de ce monde, l’enchaînement des événements à la centrale de Fukushima et l’extension progressive des zones de retombées radioactives rappellent ce 6 août 1945 , où toutes les montres et les horloges se sont arrêtées ce matin-là à 8h15.
______________________________________________________
ODE A GERARD DE NERVAL
C’est à toi, de Nerval, poète du désespoir
Que je voulais vraiment rendre hommage ce soir.
A toi le ténébreux, le veuf, l’inconsolé,
Le chantre tragique d’un monde désolé.
A toi, le prince d’Aquitaine à la tour abolie
Qui a perdu ce qui faisait sa vie,
Dont la seule étoile est morte
Et dont le luth pourtant constellé
Se retrouve de la sorte
Porter le soleil noir de la mélancolie.
A celui qu’on trouva, un petit matin d’hiver
Pendu à un réverbère.
Le poète, on le sait, est au monde inadapté
Et la poésie n’est pour lui qu’un pis aller
Pas toujours suffisant.
Et de Villon à Verlaine, il va côtoyant
Les précipices – l’éden parfois ou l’enfer
Et dans ce dernier cas que peut-on donc faire ?
Sinon souffrir ou bien mourir.
Le poète traverse sa vie sur un fil
Et quand il voit ses plus beaux rêves pourrir
Il tangue et parfois même il se défile.
JH
_______________________________________________________
NUIT AVEC LA MER (Hommage à Baudelaire)
Lorsque le monde plonge dans l’ombre,
Et que je sonde l’onde sombre
Où courent mes pensées amères,
J’aime à contempler la mer.
L’obsédante unisonnance des lames
Reflète la mièvre monotonie de ma vie,
Et leur mouvement monocorde, dans mon âme
Berce ma mélancolie.
Le vent dans les rochers soupire,
Tandis que sur la grève le flot expire.
Ô, mer ! Toi aussi tu ronges.
D’où vient cette plainte qui monte en moi
Et qui a nom souvenir ?
Mais, ce n’était qu’un songe,
Car si parfois encor tu me fais souffrir,
Mon avenir n’a plus de place pour toi.
Comme l’océan il est insondable.
Sera-t-il aussi noir ?
Si ce soir je suis sans espoir,
Que le bonheur me semble insaisissable
Et que j’aime à contempler la mer,
A l’aube, le soleil éblouit la terre
Et l’homme oublie ses pensées amères.
J.H. (17 ans)
Peinture d’Anita
LE SOURIRE DES FEMMES
Tel un rayon de soleil
Sous la porte de l’ennui,
Le sourire des femmes passe sur notre vie,
Plaisir toujours nouveau à nul autre pareil.
Le sourire qui éclaire nos coeurs
Et glisse un peu de bonheur
Sous les chagrins de la vie,
Le sourire trop vite s’enfuit.
Sur les lèvres le sourire naît
Illuminant tout le visage,
Aussitôt, c’est la joie qui renaît
Dans tout le voisinage.
Le sourire est la plus belle chose
Que cueille le regard qui se pose.
JH (18 ans)

LA MUSIQUE EST LA PAROLE DU SOURIRE
Femme, tu mets dans tous les coeurs
La douceur,
Et l’amour,
Et donne le désir de te suivre toujours.
Toi seule peut des hommes faire tomber le courroux,
Leur faire goûter
La paix, dans la paix retrouvée.
Mais tu peux au contraire aussi les rendre fous
Quand tu ne leur fais pas de nouvelles blessures
Mais c’est à travers toi qu’est belle la nature.
JH (19 ans)
DANS LE VENT
Le vent très souvent me rappelle des choses,
Du son des violons au parfum de la rose,
L’image ou le reflet de ce qui fut avant.
Aujourd’hui dans le vent
Qui souffle encor vers Troie,
J’ai soudain senti la secrète présence
D’une éternelle absente, de toi Iphigénie
Immolée par les hommes
Sur l’autel de leur peur
Et de leur ignorance.
Que toi Iphigénie,
Fille d’Agamemnon et muse de Racine
Et tant d’autres depuis, innocentes victimes
Alourdissent le poids de tous ces crimes
Que paie l’humanité pour le bonheur de l’homme.
Au vent qui tout à l’heure,
Soufflait si légèrement
Se mêle maintenant le doux gémissement
D’un vieux chant de douleur.
JH (19 ans)
LA POESIE DU MONDE
Pour celui qu l’aime, la poésie du monde
C’est la nature qui s’ouvre à cent lieux à la ronde,
Et l’on commence à vivre
Des rêves merveilleux
Où l’on s’enivre pour survivre.
Et tout au long des jours,
Avec ou sans l’amour,
L’éclat de sa beauté sera douce à leurs yeux
Et aux yeux
De leur coeur,
Et leur apportera une forme de bonheur.
JH (18 ans)

LA ROSE ET LE PAPILLON
Il l’a connu à peine éclose, c’était une bien belle Rose ;
Folâtres et inconscients alors, la rose et le papillon étaient heureux.
Mais la rose s’épanouit, le papillon mûrit. Un jour, pétale à pétale
Il a senti la sève courir dans son pédoncule
Effeuilla sa corolle, il but dans le calice
Le doux nectar de l’amour, le vent apporta le pollen
Qui féconda le pistil. Puis un orage éclata,
La rose se couvrit d’épines, oubliant le lis.
Elle se lia à une abeille, le lis en eut le bourdon
Lui si noble, si fier tenta bien de l’oublier
Mais comment oublier une rose qui a grandi près
De vous, sans cesse il voyait l’abeille butiner
La fleur et après avoir bien profité de la rose
Elle alla vers d’autres fleurs. La rose naïve retourna
Vers le lis, qui, quand il l’embrassait, savait bien
D’où provenait ce goût de miel.
La rose levée tôt fut surprise par la gelée.
Une goutte de rosée perla comme un sourire
Puis sans s’être fanée tomba sur le sol
Humiliée, sans sève, elle se laissa mourir.
JH (16 ans)
(bientôt, la suite…)








