L’ESPERANCE EN UN MONDE MEILLEUR Les enfants cachés : un immense traumatisme contre la vie sauve…

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Cette rubrique se veut résolument optimiste tout en tenant compte de la
réalité, mais refuse de se laisser aller au pessimisme ni de faire une
place au racisme, à l’antisémitisme, à la lâcheté, à la violence, voire,
à la barbarie qui sévissent dans le monde. Plus, elle veut combattre
ces fléaux. Même si mes propos peuvent paraître relever de l’utopie,
voire, de la « douce folie », il est un fait que l’on ne peut nier : si beaucoup d’entre nous luttent contre cela et agissent, chacun à son niveau, on fera forcément bouger les choses, lentement mais sûrement, tous ensemble ! « Qui va piano va sano » dit le fameux dicton ! Nous voulons quand même espérer en un MONDE MEILLEUR ! Il suffit de vouloir vraiment construire par nous-même ce monde que nous aimerions habiter,
ce fameux « monde meilleur » dont on parle tant mais qu’on ne voit jamais
arriver, et pour cause ! Si nous attendons que d’autres le construisent
pour nous, cette attente sera infiniment longue… et nous risquerons
d’être très déçus !! Si nous retroussons nos manches et chacun à son
niveau, si nous combattons aussi l’indifférence et l’intolérance en
mettant notre intelligence à contribution, si nous essayons d’être plus
sympas avec les autres, de les écouter, d’être attentifs et de garder un
coeur prompt à s’émouvoir et à aider, alors cela se réalisera par
chacun d’entre nous…
Vous verrez, il y a des tas de raisons de se réjouir et tout n’est pas si noir ! Alors courage à tous et HAUTS LES COEURS !

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Les enfants cachés : un grand traumatisme contre la vie sauve…

Pendant que les autorités françaises, main dans la main avec les nazis s’ingéniaient à traquer les Juifs pour les exterminer, (préparant ainsi le plus grand génocide de tous les temps froidement planifié et calculé), quelques « justes des nations » sauvaient des petits juifs au péril de leur vie (parfois même… des français antisémites les sauvaient à leur insu, recevant même une pension de l’Assistance Publique, où sans doute quelques bonnes âmes agissaient dans l’ombre…)
LE MONDE DOIT SAVOIR

Leokadia Jaromirska, Poland, with survivor Shifra Kozer
Pictured here are two children wearing the Jewish badge in the Kovno Ghetto in Feb 1944. On March 27, 1944, the Germans mounted a Children’s Aktion, entering the ghetto when parents were at work and taking about 2,000 of the children and elderly to be killed. On the same day, the entire Jewish ghetto police force was taken to the Ninth Fort (see photo below) where 40 of the 130 policemen were shot. About 3,000 Kovno Jews survived the war
(photos site Yad Vashem)

Pendant la seconde guerre mondiale, les autorités françaises (sans compter le gouvernement de Vichy), se sont comportées en véritables tortionnaires, en assassins patentés, traquant sans répit, jour et nuit et pendant plusieurs années, la population juive, faisant du zèle en allant au-delà de l’ignominie et de la cruauté que réclamaient d’eux les Allemands.

Entre 1940 et 1945, au même titre que les adultes, la police française chassait les enfants et les bébé juifs, innocents, considérés comme des malfaiteurs,  pour les enfermer et les rassembler, avant de les convoyer, avec la complicité de la SNCF, pour que les allemands se chargent de les assassiner, tout comme leurs parents, dans les camps d’extermination. Tous n’ont malheureusement pas eu la chance d’échapper à l’ennemi français devenu l’allié des nazis dans ce « pays dit des droits de l’homme ». La direction de l’Assistance Publique (la DDASS de l’époque) aurait pu sauver des centaines d’enfants juifs. Elle ne l’a pas fait. Ils sont tous coupables, car complices des nazis.

Dans une Europe sous domination nazie, des milliers d’enfants, parce que les Juifs, ont été traqués pour être assassinés avec les adultes dans les camps de la mort. Un grand nombre d’entre eux pour échapper à l’extermination a été propulsé dans la clandestinité et dissimulé dans des milieux non juifs. Leur histoire s’inscrit dans le temps comme un moment de rupture dans le processus millénaire de la reconnaissance des
droits et des statuts de l’enfant en Occident.
 » La Déclaration des Droits de l’Enfant  » publiée le 28 février 1924 par une organisation non gouvernementale,  » L’Union Internationale de Secours aux Enfants « ,
est le premier texte de référence. Cette déclaration affirme
solennellement, pour la première fois, les droits qui s’appliquent à la
personne mineure, au regard de la loi, mais également dans le contexte
de la vie courante. Ce texte novateur est adopté le 26 septembre 1924
par la Société des Nations. Mais, quelques années plus tard, l’idéologie nazie constitue une cassure brutale dans l’élaboration de ce processus. Sous l’angle de la théorie du darwinisme social, le nazisme proclame la supériorité de la race aryenne, impliquant la disparition des races dites inférieures. Cette remise en cause d’une partie de l’humanité n’excluait surtout pas les enfants. Plus encore, dans son discours du 6 octobre 1943, Himmler rappelait la nécessité de faire périr ces enfants qui, une fois adultes, se vengeraient sur les descendants des bourreaux. Une machinerie planifiée, industrialisée, sans cesse améliorée pour que les procédés de la mise à mort soient toujours plus efficaces, a donc été mise en place partout
en Europe, en même temps que la chasse à l’homme et à l’enfant.
Décimés dans les camps de la mort, ces enfants demeurent aujourd’hui le symbole du crime contre l’Humanité. Comme le rappelle Serge Klarsfeld :  » A mes yeux, aux yeux de beaucoup, le crime contre l’humanité est avant tout le crime commis contre des innocents, ceux qui ne nuisent à personne et prioritairement les enfants.  »

Dans une France à l’heure allemande, sur les 200 à 220 000 Juifs, dont 70 000 enfants de moins de 18 ans ayant survécu aux arrestations, aux rafles et à la déportation, on peut estimer à environ 60 000 le nombre des enfants qui ont été préservés de la Solution Finale. La plupart de ces enfants, traqués par Vichy et la Gestapo, ont été cachés pour échapper à la déportation. Leur histoire s’intègre dans celle du sauvetage des Juifs pendant la seconde guerre mondiale, tout en constituant un chapitre à part. Le sort des enfants juifs pendant la Seconde Guerre mondiale est imbriqué dans celui des adultes. La compréhension des situations vécues par la communauté juive avant-guerre et au moment de la signature de l’armistice à Rethondes le 22 Juin 1940 est essentielle pour donner un éclairage sur le contexte autour des enfants, alors que se mettent en place les premières mesures discriminatoires. Dans un premier temps, Vichy poursuit une politique discriminatoire déjà en vigueur sous le régime précédent à partir de 1938.

En septembre 1939 la guerre éclate et tourne rapidement au désastre. Les troupes allemandes entrent le 14 juin 1940 dans un Paris vidé de la plus grande partie de sa population. L’ampleur de l’exode est énorme. C’est dans ce climat que le gouvernement de Pétain est constitué le 17 juin 1940. La Troisième République fait appel au héros national de la Grande Guerre, le Maréchal Philippe Pétain qui signe l’armistice à Rethondes, le 22 juin 1940. Le 10 juillet, l’Assemblée Nationale, à l’exception de 80 députés, lui confie les pleins pouvoirs. La France est alors coupée en deux par la ligne de démarcation. La zone nord, ou zone occupée, est soumise au pouvoir
allemand, tandis que la zone sud dite libre est sous le contrôle du
Maréchal. Mais il est important de souligner que Vichy conserve le pouvoir de police dans les deux zones. Le Nord-Pas-de-Calais est détaché de la zone occupée et rattaché au commandement allemand en Belgique, l’Alsace et la Lorraine sont annexées, l’une est rattachée au Gau de Sarre-Palatinat, l’autre à celui de Bade. Des milliers de familles françaises sont expulsées, tandis que ces régions sont soumises à une germanisation systématique. C’est dans une France ébranlée par le choc de la débâcle et de l’occupation que se mettent en place le régime de Vichy et progressivement les mesures discriminatoires contre les Juifs.

La politique française, à partir de l’armistice, est fondée sur le maintien de la paix et tente d’offrir à la France une place de choix dans une Europe à l’heure allemande. Cette volonté constitue le postulat de la collaboration. Les mesures antisémites s’inscrivent dans cette optique qui conduit à devancer les désirs de l’occupant par tous les moyens. C’est ainsi que  » L’occupation allemande en France et le gouvernement de Vichy constituent les deux faces de la même médaille.  » De 1940 à 1945, on peut distinguer trois périodes inégales dans le processus qui se met en place, débute par des mesures discriminatoires et s’achève par les déportations qui conduisent à l’assassinat de la population juive dans les camps de la mort. De la débâcle au premier statut des Juifs a lieu un temps de transition durant lequel les pouvoirs légaux ne sont pas encore établis.

La première période débute avec le statut des Juifs du 3 octobre 1940
et s’achève au début de l’été 1942. Elle concerne l’établissement des
mesures discriminatoires, et le début des persécutions anti-juives.
Immédiatement après le 3 octobre 1940, des familles de Juifs étrangers
sont assignées à résidence, internées à Gurs ou à Rivesaltes, dans des conditions d’hygiène et d’alimentation rudimentaires, et où les enfants sont en danger. Les organisations caritatives tentent en priorité de les faire sortir pour les placer dans des maisons. A partir de mai 1941 commencent les rafles concernant les hommes juifs étrangers, ce qui provoque de nombreux bouleversements au sein des familles. En mars 1942 a lieu le départ du premier convoi de déportés. De juillet 1942 à 1943, c’est ce que les survivants appelleront  » le temps des rafles  » et de la déportation en masse, avec la rafle du Vel d’Hiv en particulier, à partir de laquelle, suite aux tractations entre Vichy et les nazis, les enfants sont déportés également. L’initiative est de Laval qui propose aux Allemands  » par humanité  » de ne pas séparer les enfants des parents. Etrange  » regroupement familial  » en effet, puisque dans les faits les enfants sont séparés de leurs mères qui les précèdent dans les convois à destination d’Auschwitz, ce qui ajoute à la tragédie du sort réservé à ces enfants. Après le jeudi noir du 16 juillet 1942, 4 115 enfants sont déportés à Auschwitz. Aucun d’eux n’en reviendra . La dernière période concerne les années 1943-1944 qui sont celles de l’occupation entière de la France, tandis que les grandes rafles se poursuivent sur l’ensemble du territoire. A l’intérieur de cette chronologie, certains événements, tels que la rafle du Vel d’Hiv, la Rafle par la Gestapo de Lyon des 44 enfants de la maison d’Izieu le 6 avril 1944, et la grande rafle du 26 août en zone libre, sont devenus des symboles de la barbarie nazie dans la mémoire collective.

La rafle du Vel d’Hiv constitue un événement majeur dans l’histoire du sauvetage des enfants puisqu’à partir du 16 juillet 1942, cacher les enfants devient la seule alternative à leur survie. Cette date renvoie à de nombreuses interrogations. Tout d’abord, la rafle du Vel d’Hiv a-t-elle généré des courants de solidarité au sein de la population française en raison de l’arrestation pour la première fois des enfants ? En effet, à quelle hauteur la population française et en particulier celle de Paris, prise jusque-là par le tumulte de la débâcle, puis par la nécessité de s’adapter à l’occupation, a-t-elle été indignée par les traitements infligés aux familles et émue en particulier en raison de l’arrestation des enfants et du déchirement
des familles ? De plus, parmi les familles juives averties de la rafle,
combien ont tenté de prendre le chemin de la clandestinité et décidé
ainsi de se mettre définitivement hors la loi par rapport au régime ?

Les statistiques montrent que le sauvetage des Juifs en France a été une réalité qui ne doit rien au régime de Vichy, mais au soutien d’une partie de la population française toutes tendances religieuses confondues. Au niveau de l’Europe entière, 1 500 000 enfants ont péri dans les camps de la mort pendant la Seconde Guerre mondiale. 11 000 de ces enfants ont été déportés de France. D’après les statistiques établies par Serge Klarsfeld, la France est l’un des pays d’Europe occupée qui compte le plus grand nombre d’enfants juifs sauvés malgré un gouvernement collaborateur qui a tout mis en œuvre pour
anticiper les desseins de l’occupant. Au Danemark, le refus total de coopérer de la part du gouvernement, allié à celui de la population a permis à 93 % des Juifs de ce pays de survivre.

Pourquoi les enfants cachés plus de 50 ans après la seconde guerre mondiale ? L’histoire des enfants cachés est fonction de l’évolution historiographique concernant la France de Vichy et la persécution des Juifs, et de la prise de conscience des enfants survivants de cette époque de la nécessité de témoigner. Dans les années qui ont suivi la guerre, les actes glorieux de la Résistance ont éclipsé l’étude de Vichy, des collaborateurs et des collaborationnistes. Le premier ouvrage concernant le régime de Vichy fut celui de l’Américain Robert O. Paxton, paru en 1974. Jusqu’à cette date, comme le rappelle Pascal Ory, la période de Vichy était apparue comme  » Quatre années à rayer de notre histoire « , de même que les récits des actes de la résistance avaient fait oublier que  » les maquisards de 1944 avaient d’abord eu à se battre contre d’autres Français. »

En 1945, l’opinion publique apprit la tragédie de la déportation – mais en aucun cas la spécificité de l’extermination du peuple juif – d’abord avec la
libération des camps, fortuitement découverts au fur et à mesure de
l’avance des armées alliées. La campagne d’information lancée par les
Américains au moment de la découverte de Buchenwald – premier camp libéré – fut l’occasion d’une légère prise de conscience populaire. Mais comme l’explique Annette Wieviorka :  » On peut beaucoup discuter la façon d’organiser l’information. Je vais pour ma part utiliser le terme de  » tourisme de l’horreur « , en constatant à quel point on faisait visiter à des journalistes l’ensemble de ces camps en
insistant sur les aspects les plus atroces : les expériences médicales, ces choses-là,
Marie-Anne Matard-Bonucci, elle, emploie le terme de  » pédagogie de l’horreur.  » (…)  » Et aujourd’hui cinquante ans après, on est très loin de cela, c’est à-dire que notre réflexion sur l’universconcentrationnaire et sur l’extermination des Juifs est tellement avancée que l’on est surpris qu’on ait pu montrer cela, ce qu’étaient les camps. (…)  » Cette politique de communication des Américains va créer dans l’opinion publique un choc, mais cette onde de choc va être finalement brève.  »

Ce n’est que bien des années après qu’Auschwitz devient l’emblème de l’horreur, puisqu’à sa libération le 27 janvier 1945 par les avant-gardes de l’Armée Rouge, il ne reste que quelques milliers de déportés, les 60 000 survivants ayant été mis sur les routes dans  » Les marches de la mort « . L’annihilation des Juifs n’apparaît pas et leur sort se fond dans celui des déportés politiques. La Shoah semble occultée. En avril 1945, les premiers déportés rentrent. Les quelques récits de rescapés sont censurés par le gouvernement, en raison de la guerre qui continue et les déportés eux mêmes s’auto-censurent par pudeur, redoutant surtout que l’indicible n’engendre l’incrédulité. Les années de la guerre froide sont marquées par le silence. Dans les années 1950, le souvenir de cette tragédie n’est évoqué que par touches successives, comme avec le roman d’André Schwartz Bart, « Le Dernier des Justes », prix Goncourt en 1959. Aux antipodes du silence qui a régné pendant les années 1950, au cours des années 1980-1990, le génocide des Juifs devient un thème récurrent, presque médiatique.

A la fin des années 1970, l’affaire Faurisson, celle du feuilleton américain Holocauste, l’affaire Roque, celle du carmel d’Auschwitz, l’inculpation de Leguay, le  » détail  » de Jean- Marie Le Pen, la profanation du cimetière juif de Carpentras, ont été autant d’occasions de rappeler ce qu’avait été le sort des Juifs à l’ère du nazisme. Comme le souligne Annette Wiéviorka,
si le génocide des Juifs est devenu un enjeu de mémoire autour duquel
fusent émissions de télévision, ouvrages, documentaires et multiplication de témoignages, il apparaît que ce thème est au cœur de crises politico-médiatiques à l’intérieur du pays, attestant que la France n’en a pas encore fini avec son passé. Les procès ont pris une importance cruciale dans l’évolution du degré de connaissance de l’opinion. Celui d’Adolf Eichmann en particulier, où pour la première fois est reconnue universellement la spécificité de l’extermination des Juifs, constitue un tournant important et incite les historiens à ouvrir les champs d’investigation. En France, les procès de Klaus Barbie, Paul Touvier et tout récemment celui de Maurice Papon ont eu l’effet de catalyseurs dans l’information de l’opinion sur le rôle de l’Etat français dans la déportation des Juifs.

Ainsi, l’étude de la Shoah et du rôle qu’a tenu la France ont longtemps été différés. Ce n’est qu’en 1993 que pour la première fois un Président de la République reconnaissait officiellement le rôle de l’Etat français dans les persécutions. Le 16 juillet 1993 devenait  » Journée Nationale « . Sur la plaque souvenir était gravé :  » La République française en hommage aux victimes des persécutions racistes et antisémites commises sous l’autorité de fait dite  » du gouvernement de l’Etat français.  » Les ouvrages de Primo Lévi, le film Shoah de Claude Lanzmann en 1985 ont constitué également de puissants révélateurs à tel point que l’on peut dire  » qu’il y a un avant et un après Primo Lévi, un avant et un après Claude Lanzman, un avant et un après procès de Klaus Barbie qui continueront à braver l’oubli.  »

Le sauvetage des enfants

En zone occupée : C’est la fuite Les parents cachent leurs enfants avec eux ou seuls, selon leurs moyens ou leurs relations, sur place, en province
ou en zone libre. Simultanément, des associations juives, catholiques,
protestantes ou laïques participent au sauvetage.

En zone libre : Les enfants sont accueillis dans des maisons d’enfants déjà existantes qui leur servent de refuge à leur sortie des camps. Des institutions religieuses protestantes ou catholiques participent à cet accueil, ainsi que des particuliers (paysans, familles d’accueil,  nourrices…). De nouveaux réseaux de sauvetage se créent. Des fuites à l’étranger sont organisées. Certains enfants sont déstabilisés par les changements d’identités, de pratique religieuse, de lieux d’une cache à l’autre. Plusieurs personnes ayant participé au sauvetage des enfants, sont arrêtées, internées, déportées.(source http://www.moussa-odette-abadi.asso.fr)

La chasse donnée par Serge et Béate Klarsfeld, véritables militants de la mémoire, aux criminels de guerre nazis àtravers le monde fut sans doute fondamentale dans l’information de l’opinion publique. Serge Klarsfeld dans une interview accordée au journal Le Monde le 11 mai 1987 à l’occasion du procès Barbie, expliquait ainsi sa volonté  » [de ne pas] poursuivre indéfiniment le crime nazi, mais d’empêcher qu’il ne soit indéfiniment protégé.  » En 25 ans, le pari des Klarsfeld semble gagné : susciter au niveau de l’opinion publique une prise de conscience, faire juger les criminels de guerre nazis et préserver la mémoire de la Shoah. Des coups d’éclat médiatiques marquent l’opinion, comme lorsqu’en 1968, Béate Klarsfeld réussissant à passer outre le système de sécurité gifle le chancelier allemand Kiesinger, ancien responsable de la propagande radiophonique nazie, Serge Klarsfeld justifie leur action :  » Il faut agir avec une violence symbolique qui entame la conscience publique. (…) Nous avons tenu à faire juger en R.F.A. les responsables de l’appareil policier en France : Kurt Lischka, Herbert Martin Hagen et Ernst Heinrichsohn. Nous avons ensuite décidé de retrouver et de faire juger deux des nazis coupables d’avoir envoyé à la mort des enfants : Klaus Barbie et Aloïs Brunner.  »

De tous les aspects de l’histoire des Juifs sous l’occupation, les enfants cachés n’ont jamais fait l’objet d’une étude systématique. Certes, cette histoire suggérée à travers une littérature abondante ne constitue qu’une partie du sauvetage des Juifs, et également une facette du sauvetage des enfants puisque tous ceux qui ont survécu au génocide n’ont pas tous été des enfants cachés. L’histoire des enfants cachés, laissée en suspens pendant de longues années, est également fonction d’un autre facteur qui est celui de la prise de conscience des survivants de la nécessité de témoigner. Ces dernières années, la transmission de la mémoire, voire le devoir de mémoire, est apparue à de nombreux anciens enfants cachés restés silencieux jusqu’au sein de leurs familles, ou que personne n’avait pris la peine d’écouter. Du temps de leur enfance, l’essentiel avait été de survivre, personne ne les avait interrogés et ils ne pouvaient en aucun cas avoir conscience de la singularité de leur parcours. Laissés longtemps à l’écart et stéréotypés dans l’imagerie collective comme d’innocentes victimes, il aura fallu plus de cinquante ans pour que les enfants cachés retrouvent leur véritable place dans l’histoire de la guerre.

Même les enfants de ces témoins oubliés ignorent pour la plupart ce qu’a été l’enfance de leurs parents qui pensaient ainsi les préserver des souffrances qui avaient été les leurs, en occultant leur passé d’enfants traqués. Les questions de la nouvelle génération ont rouvert les portes d’un passé enfoui mais jamais cicatrisé. Certains enfants cachés de la guerre, enfants en danger et sauvés, ont eu à traîner le fardeau de la culpabilité, parce qu’ils avaient réussi à survivre, alors même que leurs parents avaient péri dans les camps de la mort. L’identité des enfants cachés s’intègre tout à fait dans cette définition du mot survivre élaborée par le rabbin Daniel Fahri :  » Selon le dictionnaire, survivre, c’est demeurer en vie, vivre après une chose insupportable (perte, chagrin, humiliation), continuer de vivre après une cause de mort. On sent rien, qu’à l’énumérer de ces définitions, toute la charge émotionnelle, dramatique, tragique que représente le fait de
survivre. En fait, survivre, ici c’est continuer de vivre alors qu’on devrait être mort, continuer de vivre après l’horreur absolue, l’indicible, l’insupportable, toutes choses qui portent un seul nom en hébreu : Shoah (…). Comment survivre à cela, et s’il survit comment peut-il être comme avant ? Quels sentiments l’assaillent face à ceux qui ont péri dans la tourmente.
 »

Alors que les rescapés de la déportation acceptaient de transmettre leur expérience des camps – quand toutefois on a bien voulu les écouter- les anciens enfants cachés de la guerre se sont sans doute demandés en quoi leurs itinéraires d’enfants présentaient-ils un intérêt pour l’Histoire ? Sans penser que leur vécu constituait une histoire à part, ils n’envisageaient leur témoignage qu’en tant qu’enfants de victimes. Enfin, pendant de longues années, ils avaient eu surtout à laisser enfoui au fond d’eux-mêmes un passé lourd d’émotions et de douleurs. Dans les années 1990, des associations d’anciens enfants cachés sont nées, rompant enfin le silence d’un demi-siècle. Le film de Myriam Abramowicz et Esther Offenberg, « Comme si c’était hier », sur les enfants cachés en Belgique, a été le point de départ de nombreuses associations de par le monde, qui s’efforcent de réunir les anciens enfants cachés et de faire connaître leur histoire. Les enfants cachés ont commencé à parler. En 1992, L’Association française  » Les Enfants Cachés  » fondée par quelques anciens et leurs sauveurs voit le jour. Association indépendante, loi 1901, créée avec le soutien de la  » Coopération féminine « , libre de tout courant politique ou religieux, elle contribue à transmettre la mémoire de la Shoah aux nouvelles générations. L’association développe plusieurs activités. La mémothèque regroupe des témoignages complets d’enfants cachés et de leurs sauveurs. Ces fonds sont destinés à être mis à la disposition des chercheurs en France et en Israël et constituent des sources pour l’Histoire Orale. Des groupes de paroles permettent aux enfants cachés de se retrouver, d’exprimer leurs difficultés face à leur passé et de confronter leurs expériences par l’écoute d’autrui. Des colloques ouverts à toutes les générations et à toutes les confessions sont également organisés autour de sujets relatifs aux enfants cachés. De même, des rencontres mensuelles avec débat réunissent des invités compétents. L’association effectue également des projections de films avec débats et organise des visites-voyages sur les lieux de mémoire.

Il aura fallu plus de 50 ans pour que se révèle l’existence des enfants cachés et que les deux termes de cette expression deviennent indissociables dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale. Les enfants cachés retrouvent peu à peu depuis quelques années leur place dans l’Histoire. Il ne serait pas réaliste de prétendre à une étude exhaustive de toutes les filières souterraines de sauvetage des enfants juifs. Cependant, de nombreuses pistes demeurent encore inconnues parce que les sauveteurs ou les anciens enfants cachés ne se sont jamais manifestés. (lamaisondesevres.org)

(Ici, sur Akadem, l’histoire entendue à Yad Vashem à Jérusalem de la bouche de Paulette, (Ariéla), une petite fille de 8 ans abandonnée par son papa à l’assistance publique afin de lui sauver la vie… Voici la vidéo Akadem réalisée voici quelques années : Les larmes sous le masque. Ariéla Palacz raconte http://www.akadem.org/sommaire/them…) source www.massorti.com

« L’expérience des « enfants cachés », transplantés hors du milieu familial, dans des institutions ou des familles d’accueil, constitue, à ce jour, un espace de la vie juive en France occupée insuffisamment exploré et analysé. On se doit de compléter l’histoire de ce temps par l’étude de ce phénomène tout à fait exceptionnel, en restituant aux enfants leur rôle d’acteurs. Leur exploit : perdre la mémoire.

Des enfants cachés témoignent de leur statut très spécial :


Georges Perec, placé dans cette situation, l’a résumée en quelques mots : «Il n’y avait plus de passé… Je n’ai pas de souvenirs d’enfance… L’on n’avait pas à m’interroger sur cette question. Elle n’était pas inscrite à mon programme. J’en étais dispensé : une autre histoire, la Grande, l’Histoire avec sa grande hache, avait déjà répondu à ma place : la guerre, les camps. »


Denise Baumann, résistante dans la branche clandestine de l’OSE et éducatrice écrit, à l’issue d’une enquête éprouvante pour elle comme pour les témoins : « Ils [les enfants] devront cesser d’être eux-mêmes, développer une autre personnalité, se taire, mentir… Ils font l’apprentissage du mensonge, ne rien dire de soi, des siens, ne pas répondre aux questions des camarades sinon en inventant une légende et en s’y tenant… Ne pas faire confiance aux autres, garder la tête froide devant les insinuations, la cruauté des enfants plus ou moins conscients.» «La plupart des personnes que j’ai rencontrées au cours de mon enquête, relate Denise Baumann, a, c’est d’ailleurs normal, la mémoire sélective : je leur posais à peine des questions, leur laissant me dire ce qui émergeait de leur inconscient. Ils étaient cependant assez nombreux à évoquer la difficulté psychologique de persévérer dans l’oubli provisoire des visages très chers qu’ils espéraient et désespéraient à la fois de revoir un jour.»

Albert se souvient de ce que lui a dit sa mère : «En cas de rafle, tu ne me connais pas. » Il devait apprendre à «marcher sur le trottoir d’en face » et à ne pas réagir si quelque chose arrivait à sa mère. Une situation dangereuse même pour un adulte capable de contrôler ses réactions. Les anciens résistants se souviennent tous d’avoir connu des moments où ils avaient risqué de perdre (ou avaient même perdu) leur liberté à la suite de réactions spontanées.

Larissa, huit ans en 1943, arrachée au Centre Lamarck de l’Union générale des Israélites de France (UGIF, organisme imposé par l’occupant et le gouvernement de Vichy), par Suzanne Spaak (arrêtée dans l’affaire de l’Orchestre Rouge et fusillée à la prison de Fresnes), se souvient : « Je portais un faux nom et on me faisait croire en D.ieu pour mieux me cacher.»

Voici comment Daniel Darès, 10 ans, vécut la situation de clandestin : «Papa, maman, maman, papa ! Je vous appelle, vous n’êtes pas là. Maman, papa, ce sont deux mots qu’on ne dit plus, qu’on ne dit pas […] Mon nom n’est plus le bon, on a changé mon nom dans ma nouvelle maison. […] Je suis le même mais quand on se cache c’est mieux d’avoir un autre nom […]. »

Jacques Lanzmann, dans un article de souvenirs, sous le titre significatif, la Mort à cache-cache, raconte : « En 1943, j’avais 16 ans. À cet âge, ma conscience était à peine naissante et je n’avais du monde qu’une idée étroite, calquée sur les moeurs du village dans lequel je vivais. Mon père m’ayant défendu de dire que j’étais juif, je le cachais soigneusement mais sans honte. J’appris à dire mes prières le soir avant le souper, j’allais à confesse puis je communiais à Pâques. Pourtant je ne pouvais trahir ma famille… » « (Source : Extraits du site http://www.aidh.org)

Quelques sites :

Le long chemin des enfants cachés – LExpress.fr

« Les enfants cachés après la guerre : se reconstruire » – Judaiques

Paroles d’étoiles, mémoires d’enfants cachés en 1939-1945

Association Enfants Cachés

MAIS Il y eut aussi les enfants cachés dans des institutions catholiques ou CHEZ des particuliers,  A QUI ON A TU LEUR ORIGINE, que l’on A CONVERTI DE FORCE et qui ne furent jamais rendus r à leur famille JUIVE. CeRTAINS d’ENTRE EUX SONT d’AILLEURS RESTES IGNORANTS DE LEUR VERITABLE identite ET DE l’histoire DE LEUR VRAIE FAMILLE…

L’Affaire Finaly (2 « enfants juifs cachés ») Les Israéliens font revivre le désert (5) INFOS NOVEMBRE 2000

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