Sar’el : retour sur les origines d’une unité pas comme les autres

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L’équipe du Blog officiel de Tsahal vous amène cette semaine à la rencontre d’un groupe d’adolescents venus passer deux semaines dans une base israélienne afin d’apporter une aide concrète à Tsahal par le biais du programme Sar’el. L’occasion de revenir sur l’origine et la mission de ce programme hors du commun qui n’existe dans aucune autre armée du monde. Malgré les épreuves et les critiques subies par Tsahal, le succès de Sar’el ne se dément pas au fil des années. Pourquoi des civils étrangers, juifs et non juifs, s’intéressent-ils à Israël au point de s’engager ponctuellement au sein de ses forces de défense ?

Sar’el est un programme de volontariat de courte durée (pas plus de trois semaines généralement). Il permet à ses participants de partager une expérience avec des volontaires venus du monde entier pour  travailler bénévolement dans une base de l’armée israélienne.  Tous sont les bienvenus, à partir de 16 ans. Ce n’est qu’à son arrivée en Israël que le volontaire reçoit son affectation: il est conduit avec l’ensemble du groupe à sa base, et doit s’accommoder des mêmes conditions de vie qu’un soldat (dortoirs, réfectoire, uniforme…). Les tâches sont diverses et dépendent des besoins de l’armée : préparer les repas des soldats, les trousses de premiers secours, réparer les appareils de communication, nettoyer le matériel…

Origine de Sarel: Comment tout a commencé?

Pendant l’Opération Paix en Galilée (connue communément comme la Première Guerre du Liban) en 1982, tous les hommes israéliens sont appelés à rejoindre les rangs de Tsahal pour défendre le pays. En conséquence, certains secteurs fondamentaux de l’économie sont laissés à l’abandon. Aharon Davidi, qui est alors le Commandant en Chef de la Brigade Parachutiste décide de trouver une solution afin de relancer l’agriculture dans la région du plateau du Golan. Il s’envole pour les États-Unis et revient en Israël quelques jours plus tard avec plus de 680 volontaires new-yorkais prêt à aider Israël dans cette situation d’urgence. Lors de la cérémonie de remerciement organisée en l’honneur des volontaires à la fin de la guerre, ceux-ci  décident de leur plein gré de prolonger l’expérience de volontariat au sein de Tsahal. Davidi propose immédiatement l’idée à l’état-major israélien. Une fois le projet validé, l’unité Sar’el est mise en place.

Cette unité a deux missions fondamentales. Tout d’abord, elle poursuit un but sioniste : elle accueille des personnes qui soutiennent l’existence de l’État d’Israël et qui comprennent qu’il cet état peut survivre que grâce à Tsahal. Il s’agit aussi d’apporter une aide concrète et indispensable à l’Armée Israélienne. Depuis sa création, l’unité a accueilli plus de 150 000 volontaires venus des quatre coins de la planète. Il s’agit d’environ 4000 volontaires par an, répartis sur l’ensemble des bases du pays.

” Si c’est toi la journaliste, note bien que nous travaillons dans des conditions très dures : il fait au moins 1000 degrés dans cet entrepôt”

Un mot sur l’expérience Sarel

Sar’el, c’est avant tout une série de contrastes

– Les volontaires ont des origines culturelles et religieuses très différentes. 25% des volontaires ne sont pas juifs. Cette ouverture donne lieu à la formation de groupes de volontaires plutôt atypiques. Par exemple, chaque année, des volontaires catholiques pratiquants font le voyage depuis le Texas et rejoignent une base israélienne dans le cadre du programme Sar’el.

– L’unité accueille aussi bien des adolescents que des adultes d’âge mûr. 30% des volontaires ont entre 16 et 18 ans, le reste sont des adultes, parents voire grands-parents. Une grande partie des jeunes viennent de France.

– Les raisons de leur engagement sont diverses. Mais en réalité, le but est le même : ils y voient un moyen de concrétiser leur soutien à Tsahal et d’alléger la charge de travail des soldats ou des réservistes. « Les tâches auxquelles nous sommes affectés devraient être en réalité prises en charge par des réservistes, qui sont obligés de quitter leur famille et leur travail pendant un mois par an jusqu’à 55 ans pour rejoindre les rangs de l’armée israélienne », explique le responsable du groupe, Fernand Cohen. Fernand est l’un d’eux : à 55 ans il est volontaire dans l’unité depuis une vingtaine d’années et encadre les groupes de jeunes français.

– L’expérience Sar’el plonge les volontaires étrangers dans le quotidien d’une base militaire israélienne. C’est donc l’occasion d’échanger avec les soldats israéliens, de découvrir leur mode de vie et de se familiariser avecleurs réalités. Les volontaires ont conscience que ceci est un passage incontour- nable pour comprendre comment fonctionne le pays. Les lieux communs de la base deviennent des lieux d’échange. Les volontaires expliquent les raisons de leur engagement, et les soldats racontent « leur vrai Israël ».

 Des nouvelles des jeunes volontaires

Les volontaires en uniforme

« Les jeunes volontaires sont issus de milieux sociaux très différents, et ce melting-pot donne lieu à des rencontres uniques », raconte Laura, la jeune fille qui encadre les volontaires. L’un d’eux m’introduit auprès du groupe et me présente ses amis :  » Ces quatre-là viennent de Marseille, tous ceux-là sont originaires de la région parisienne, et les autres viennent de différentes villes de France « , nous confie Ilan.

Les groupes de jeunes volontaires sont souvent les plus attendus : ils dynamisent le travail de la base en arrivant avec une grande motivation. Le groupe que nous retrouvons a été affecté à une base près de Netanya. Il s’agit de la base d’instruction de la Brigade Parachutiste. Le changement brutal d’environnement ne déplaît pas aux adolescents. Au lendemain de leur arrivée en Israël, les jeunes ont déjà revêtu l’uniforme vert olive de Tsahal et ont pris leurs marques dans la base :  » Ma sœur m’avait conseillé de tenter l’expérience, et j’ai suivi son conseil. Je pense que je serai fier de moi à la fin de mon volontariat, quand je repenserai à tout ce que j’ai accompli au cours de ces deux semaines « , me confie Ilan tout en m’accompagnant jusqu’à son lieu de travail.

Dès mon arrivée, David, l’un des volontaires, m’interpelle en souriant :  » Si c’est toi la journaliste, note bien que nous travaillons dans des conditions très dures : il fait au moins 1000 degrés dans cet entrepôt ». Il est immédiatement repris par son camarade, qui renchérit et insiste! Il est vrai que la chaleur et l’uniforme rendent leur travail difficile. Oren, un soldat encadre le travail des jeunes :  » C’est un honneur pour nous de les recevoir et de partager un moment avec eux « . La barrière de la langue est loin d’empêcher les soldats et les jeunes de communiquer : dès que les responsables ont le dos tourné, des parties de cartes et des discussions sans fin s’organisent entre soldats israéliens et volontaires français. Une question revient souvent de la part des soldats : « Qu’est-ce qui vous a poussés à vous engager quelques jours pour vous joindre à nous ? «

Ceci me pousse à revenir sur les raisons de l’engagement de ces jeunes, avec qui j’ai l’occasion de partager des moments privilégiés. Comment comprendre que des jeunes adolescents choisissent de travailler dans une base de l’Armée Israélienne pendant leurs grandes vacances ? Voici les réponses que nous parvenons à saisir : « C’est un moyen pour moi de découvrir Israël autrement, de l’intérieur », « J’avais envie d’aider Tsahal, certains donnent trois ans, il ne s’agit pour moi que de quelques jours. »

En plus du travail quotidien, les volontaires participent à une activité éducative chaque soir. Les thèmes, très variés, offrent l’opportunité de poser les problématiques liées à Tsahal et à Israël qui secouent régulièrement la société israélienne.

Je les retrouve une semaine plus tard, en civil, et je reconnais dans leurs yeux la joie des soldats en permission, qui peuvent profiter pour 24 heures de la vie en dehors de la base. Nous partons ensemble à la découverte du nord du pays. Nous nous arrêtons à Rosh Pina, ville célèbre pour avoir été fondée à la fin du 19ème siècle par les pionniers juifs, qui ont acheté la terre dans le but de la travailler et de développer cette région. Le Baron de Rothschild avait été séduit par l’ambition de ces jeunes et par le projet sioniste, et avait en conséquence financé une grande partie de leurs activités. Après une courte marche, nous atteignons le point de vue qui surplombe toute la région, offrant un spectacle grandiose aux volontaires. Nous poursuivons cette journée par une ballade et une descente en rafting.

Les jeunes retournent à la base avec le sourire, ils savent qu’ils poursuivront leur travail le lendemain. »Mon but est de faire vivre une expérience inoubliable à ces jeunes, en les faisant porter le même uniforme que moi », nous explique Fernand, le responsable du groupe.

Ces quelques jours passés avec les responsables et les volontaires du programme Sar’el nous ont permis de mieux appréhender la signification de la mission de cette unité. Nous cherchons de nouveau à répondre à la question qui a motivé notre article : Pourquoi des civils étrangers, juifs et non juifs, s’intéressent-ils à Israël au point de s’engager ponctuellement au sein de ses forces de défense ? Comme nous l’avons dit plus haut, l’unité Sar’el poursuit notamment un but sioniste. Le sionisme entend œuvrer à redonner aux Juifs un statut perdu depuis l’Antiquité, à savoir celui d’un peuple regroupé au sein d’un même État.  En discutant avec les volontaires, leurs responsables, et les commandants de l’unité, nous obtenons notre réponse : « Les volontaires, juifs et non juifs, savent pourquoi l’État d’Israël est là, et mesurent l’importance de Tsahal pour sa sauvegarde. », explique le Commandant de l’Unité, le Sergent Tiran Atias. (Terre Promise)

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