LES RAISONS PROFONDES DE L’EXISTENCE DU PEUPLE JUIF : poil à gratter des nations

La foule des fidèles qui se pressaient dans la cour du Temple de Jérusalem

La tiare en or du Cohen Gadol (le Grand Prêtre) du Temple, sur laquelle était inscrite la phrase : « Sanctifié pour D.ieu », le nom de D.ieu y était gravée avec ses 70 lettres 70 étant aussi le nombre des nations qui peuplaient la terre à l’époque des deux Temples.  (Institut du Temple)

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(Devarim  – Deutéronome – 7, 7)   « Si l’Eternel vous a préférés, vous a distingués, ce n’est pas que vous soyez plus nombreux que les autres peuples, car vous êtes le moindre de tous. »

(Devarim  – Deutéronome – 14, 2)  « Car tu es un peuple consacré à l’Éternel, ton D.ieu. Et c’est toi qu’Il a choisi, l’Éternel, ton D.ieu, pour lui être un peuple spécial entre tous les peuples qui sont sur la face de la terre ».

Expliquer aux nations qui la haïssent pourquoi c’est Israël qui a été désignée comme le « peuple de D.ieu », puisque de là découlent de si nombreuses jalousies qui, pendant des millénaires, firent et font encore couler tant de larmes et tant de sang… Être juif n’est pas un privilège, mais un devoir à accomplir, une difficile tâche, pour le Bien du monde.

SI LES NATIONS COMPRENAIENT QUI EST VRAIMENT CE PEUPLE QU’ILS VOUDRAIENT VOIR DISPARAÎTRE ET LEUR RÔLE SUR CETTE TERRE,  LES PEUPLES CHANGERAIENT RADICALEMENT D’ATTITUDE ENVERS ISRAËL.

LE SECRET DES ANGES



Devant le Mont Sinaï, par Sarel

Une Torah toujours et plus que jamais d’actualité « En raison de l’urgence et de la nécessité d’arranger le monde qui court à sa perdition, le Créateur a choisi une petite unité d’action, un petit peuple, le peuple juif, et Il lui a donné sa formation : Sa Torah. Qui ne veut pas comprendre cette représentation historique qu’a le peuple juif de lui-même, ne peut pas comprendre ce rôle continu des Juifs dans les diverses sociétés alors qu’ils sont si peu nombreux. Nos adversaires ont raison en constatant « qu’ils sont partout »; mais c’est uniquement pour ce bien moral. » (Modia commentaire 2e paracha No’ah)

Le judaïsme ne fait pas de prosélytisme. Ce n’est donc pas une « religion » conquérante. Ce n’est d’ailleurs pas une simple religion, c’est une « religion-mode de vie ». En effet, quand on choisit de suivre cette voie, qu’on soit juif de naissance ou converti, il est impossible d’oublier D.ieu. En effet, tout au long de la journée, du lever au coucher, le Juif vit avec D.ieu et pour Lui tout en étant plongé dans la société du moment, tout en vivant pleinement ce monde, en ayant une famille. Même les rabbins ne vivent pas à l’écart du monde, mais ils sont mariés, ont des enfants et beaucoup d’entre eux ont une activité professionnelle, comme tout un chacun, en plus de leur charge rabbinique), tout ceci n’étant pas incompatible.

En cela le Juif reste fidèle à l’appel du Sinaï (don de la Torah par D.ieu au Mont Sinaï) A savoir : participer à la vie, donner la vie tout en restant dans la Torah, dont les préceptes ont été donnés voici plusieurs millénaires.Les Juifs ont la Torah en eux, mais souvent, ils ne le savent pas et peuvent l’ignorer toute leur vie. Mais il leur suffit parfois d’une petite étincelle pour que se rallume la flamme que D.ieu a mis en eux au Sinaï et, plus près de nous, dès le ventre de leur mère. Ensuite, ce n’est qu’une question de travail et de volonté pour acquérir un savoir multi-millénaire que beaucoup de peuples leur envient. (Voir CULTURE JUDAÏSME CHAVOUÔT (1)CULTURE JUDAÏSME CHAVOUÔT (2)CULTURE JUDAÏSME CHAVOUÔT (3))

chagall posters

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Au fil des nombreuses exégèses exprimées par les Sages, il y a une idée
qui semble revenir avec insistance : lorsque les enfants d’Israël se tinrent sur les flancs du mont Sinaï, ils eurent droit en quelque sorte à une « nouvelle naissance » ! En effet, nous révèlent les Sages, l’acceptation du joug de D.ieu et de Ses commandements eut l’effet d’une « conversion », puisqu’en prenant la résolution d’un nouvel engagement, ils reçurent le statut de véritables prosélytes qui, comme le formule la Halakha, « sont semblables à des enfants nouveaux-nés ».

Mais allant bien plus loin que ces considérations halakhiques, le Talmud
Chabbat (page 88/b
) rapporte l’enseignement suivant : « Pour
chacun des [Dix] Commandements qui sortit de la bouche du Saint Béni soit-Il, les âmes des enfants d’Israël s’échappaient [de leur corps], comme il est dit : ‘Mon âme me quittait pendant qu’Il parlait’
, (Cantique des Cantiques 5, 6). Or si leur âme les a quittés dès le premier Commandement, comment purent-ils recevoir le second ? D.ieu fit tomber une rosée avec laquelle Il ressuscitera les morts à la fin des temps et Il les fit revivre, comme il est dit : ‘Tu fis ruisseler une pluie bienfaisante (Psaumes 68,10) ». Un autre passage non moins édifiant nous enseigne qu’au moment où le serpent avait pressé ‘Hava de consommer du fruit défendu, il insuffla en elle une « impureté » habitant depuis ce jour tous les êtres humains nés d’elle : mais qui quitta ensuite les enfants d’Israël au moment où ils se tenaient sur les bords du mont Sinaï pour recevoir la Torah. Or selon le Or ha’Haïm (Dévarim, 4, 10), ces deux phénomènes sont en fait intimement liés, puisque c’est au moment où ils perdirent la vie pendant un court instant – frappés par la force de la Parole divine – que cette « souillure » s’effaça définitivement de leurs corps au moment précis de leur renaissance !

Un être humain est de fait ce qu’il pense et ce qu’il désire, car l’essence de l’homme n’est pas son corps, mais son âme. Ce qui est grand dans l’homme, ce qui persiste de son héritage, c’est le produit de son esprit et de son cœur. Quel que soit l’objet qui préoccupe son intelligence et enflamme sa passion à un moment donné, c’est l’essence de la personne en cet instant particulier. Nous savons qu’à la sortie d’Egypte, les Bnei Israel étaient, selon les Sages, au 49e niveau de contamination spirituelle et en danger imminent de tomber dans le 50e et dernier niveau, d’où le salut aurait été impossible. Par contre, pour ce qui était de ses aspirations, elles étaient restées intactes ; Israël était déjà au Sinaï. Il voulait la grandeur, être digne de ses aïeux et avait de grandes ambitions pour sa postérité. Ainsi, quand viendrait le temps de l’expérience du Sinaï, il serait prêt pour des réalisations plus grandes encore, si bien qu’il mériterait dès lors la rédemption.

Quand Moïse fit savoir au peuple que D.ieu avait l’intention de lui donner la Torah au Sinaï, son enthousiasme fut sans borne et, comme un seul homme et d’un seul cœur il répondit immédiatement « Tout ce qu’a prononcé D.ieu, nous le feront et nous l’écouterons » (Exode 24,7). Cela se passait le 5 sivan 2448 (temps hébraïque), veille du don de la Torah, et provoqua l’exclamation céleste citée par Rabbi El’azar (Chabbat 88a) : « Qui a révélé à mes enfants le secret des anges de service ! » (psaume 103,20). Les anges sont des créatures qui s’engagent d’abord et écoutent ensuite. Bien sûr, les Bnéi Israel ne se sont pas contentés de répéter la formule secrète des anges et ce n’était en aucun cas une phrase creuse. Rabbi El’azar dit que le secret leur a été révélé. Israël a donc compris l’importance de ce qu’il disait, sinon D.ieu n’aurait sûrement pas réagi avec approbation et fierté. Ainsi, quand Israël employa la formule des anges, il se haussa au niveau des êtres célestes ; des Juifs ordinaires avaient trouvé le secret et assimilé sa signification. Ils étaient devenus des anges !

Le désir profond du peuple était donc de sonder les profondeurs de la Parole de D.ieu. Un être humain est digne de louanges s’il entend les enseignements de la Torah et décide qu’il préfère le service de D.ieu à toute autre considération. Au Sinaï, le peuple agit de façon extraordinaire en annulant totalement sa personnalité au profit des désirs divins, se proclamant ainsi serviteurs inconditionnels de D.ieu. Le contraste est flagrant entre Israël et les nations : Edom, c’est le sang versé Ismaël, le vol, Moab, la licence, etc… Il est évident que D.ieu ne fit pas une proposition officielle à chaque peuple, mais la Torah fut « offerte » à tous en ce sens qu’elle était à la disposition de tout peuple qui aurait eu la volonté de soumettre ses désirs à une Intelligence supérieure et de se consacrer à assimiler la sainteté à ses occupations journalières. C’est ce pour quoi Israël s’est porté volontaire. La liste des commandements est longue, puisqu’elle en comprend 613, donc difficile à suivre.

Cependant, les Juifs ont hérité de ce trait de caractère qui persiste à proclamer la volonté de D.ieu et à se mettre à Son service et assument de génération en génération cette responsabilité.

Au lieu de se mettre lui-même et sa famille au-dessus de toute autre considération, le Juif donne préséance à D.ieu, à la Torah et aux Commandements. D.ieu agit aussi selon ce principe. Israël est appelé « réchite » (1ère parmi les nations) et la Torah est appelée « réchite darco » (le début de Son chemin.). Parce qu’Israël renonça à ses envies par respect pour les priorités du Créateur en se consacrant à accepter, étudier et chérir Sa Torah, D.ieu créa le ciel et la terre. Dès lors qu’un être se consacre à l’accomplis-sement  des désirs de D.ieu parce qu’il a été créé ainsi, comme un ange, ou par choix, comme Israël au Sinaï, cette consécration donne naissance à une nouvelle dimension de la compréhension. Un fait accompli crée une logique qui lui est propre.

Pourtant, on serait en droit de se demander pourquoi D.ieu a jugé nécessaire d’introduire un élément de contrainte dans le don de la Torah. Le Maharal faitune différence entre le temps qui avait précédé la déclaration d’Israël : « Nous ferons et nous écouterons » et ce qui a suivi. De la même manière que chaque peuple sur la terre avait eu la possibilité d’accepter la Torah, mais s’était montré inapte ou réticent, Israël avait eu le droit d’accepter ou de refuser, mais le peuple juif transcenda la logique humaine. Au lieu d’écouter, puis de décider, Israël se haussa au niveau des anges et devint délibérément l’instrument de la volonté divine. L’acte même de la création était fondé sur le principe selon lequel la Torah serait la base du comportement humain, sinon pour l’humanité entière, du moins pour Israël.

Les gens intelligents sont toujours à la recherche de moyens pour assurer leur niveau de performances, même quand les conditions ne sont pas idéales. C’est ce que firent les Bnei Israel et D.ieu leur prêta assistance. Rav Avdini a dit : « Quand D.ieu donna les 10 Commandements, (qui en contiennent en réalité 613), Il suspendit le Mont Sinaï au-dessus d’eux et dit : Si vous acceptez la Torah, c’est bien. Sinon, ce sera là votre sépulture ! » (Chabbat 88a). En suspendant la montagne au-dessus d u peuple, D.ieu favorisa en quelque sorte les plus nobles instincts d’Israël en renforçant son désir par la contrainte. D.ieu ne contraint que celui qui souhaite se soumettre. C’est pourquoi Il n’a pas utilisé de tels procédés pour obliger d’autres peuples à accepter la Torah. Qu’Israël fut « forcé » d’accepter la Torah est le suprême témoignage et l’hommage à la force de sa conviction.

Selon le Talmud, D.ieu créa le monde sous la condition suivante : il ne perdurerait que si Israël acceptait la Torah, dans le cas contraire, tout le vaste univers disparaîtrait et retournerait au vide total d’avant la création. Dès lors qu’Israël avait pris sur lui cette responsabilité, il n’y avait plus de retour possible. En suspendant la montagne au-dessus d’Israël, D.ieu a montré que les Bnei Israel avaient effectivement choisi de devenir les « anges » destinés à Le servir et que la création existerait par son mérite. A partir de ce moment-là, il ne pouvait plus se décharger du fardeau.

Nous devons avoir à l’esprit l’idée qu’un peuple tout entier : chaque homme, chaque femme, chaque enfant s’est élevé à un niveau supérieur à celui qu’on pouvait attendre d’un être humain qui, de cela, a fait la norme selon laquelle Israël sera toujours jugé. Dans les profondeurs de son âme, Israël est toujours au Sinaï et D.ieu Lui-Même rend hommage à Ses enfants, dont la conviction fut assez puissante pour découvrir le secret des anges.

Nous avons reçu la Torah de Moïse dans le désert, à l’extérieur d’un pays lorsque nous n’étions qu’un peuple, mais pas encore une nation. Au moment de la Gueoula (délivrance) nous recevrons la Torah de Tsion, sur notre terre, après que nous ayons reconstruit notre nation et soyons redevenus un pays. « A la fin des temps », tous les peuples diront (Isaïe) : « Allons, montons sur la montagne de D.eu car c’est de Tsion que sort la Torah… »

(Ki mitsion tetse torah )

La Torah ne sera plus celle du Sinaï, donnée dans le désert et
capable d’exister comme une âme sans corps, mais celle de Tsion, incarnée à l’intérieur d’un Etat et capable d’illuminer les dimensions sociales et politiques de notre nation
. C’est alors et seulement, que toutes les nations reconnaîtront la véritable grandeur de notre Torah, car pour la première fois dans l’histoire, tous verront que le ciel et la terre peuvent s’unir et se compléter dans une harmonie totale. « En ce jour D.ieu sera Un et Son Nom Un. »


Marc Chagall : Moïse recevant les Tables de la Loi

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Cantique, Psaume 48, des fils de Coré ( lu chaque lundi matin)

Grand est l’Eternel et justement glorifié, dans la ville de notre Dieu,

Sa sainte montagne. Comme elle se dresse magnifique, joie de toute la
terre,

la montagne de Sion, aux flancs dirigés vers le Nord, la cité d’un roi puissant !

Dieu réside en Ses palais, Il s’est fait connaître comme leur vrai rempart (.. )

Qu’elle se réjouisse la montagne de Sion, qu’elles se livrent à l’allégresse, les filles de Juda, en raison de Tes jugements !

Faites le tour de Sion, parcourez-la à la ronde, comptez ses tourelles. Fixez votre attention sur ses remparts, admirez ses palais , pour que vous puissiez raconter aux générations futures que ce D.ieu est notre D.ieu pour l’éternité ! (… )

Extrait d’un cours de Manitou sur la paracha Eqev :

« Tu es un peuple saint consacré à l’Éternel, ton Dieu: il t’a choisi, l’Éternel, ton Dieu, pour lui être un peuple spécial entre tous les peuples qui sont sur la face de la terre » Ce verset est l’un de ceux qui expliquent l’élection d’Israël : compte tenu de cette expérience de la Guéoulah – devenir Mamlekhet Kohanim véGoy Qadosh’ pour l’humanité entière.  Dieu à Israël au pied du Sinaï : « Je vous ai fait sortir d’Egypte sur les ailes des aigles… alors maintenant vous allez devenir pour Moi, un peuple de prêtres. » Cela signifie que l’élection d’Israël, c’est ce « ballotage » André Chouraqui : « le peuple élu est souvent en ballotage », entre exil et délivrance, et c’est ce témoignage qu’Israël doit apporter. C’est cela la foi d’Israël.

« Car tu es un peuple saint pour Hachem ton D.ieu. C’est toi que Dieu a choisi pour être le peuple privilégié de tous les peuples qu’il y a sur la surface de la terre. » Une fois ce choix effectué par Dieu c’est irréversible : pourquoi y aurait-il des conditions ? Si D.ieu promet et a décidé c’est irréversible ! Qu’elle est la condition ? C’est ce que nous lisons dans notre paracha : l’accomplissement des mitsvote ! C’est là la tension entre l’élection,  irréversible et motivée, justifiée, légitime, et de l’autre côté la condition posée : les mitsvote.

7, 7  « Ce n’est pas parce que vous êtes plus nombreux que les autres nations Que D.ieu vous a désiré et vous a choisi, vous êtes parmi les plus petites nations » Nous sommes les moins nombreux mais nous sommes un peuple amoindri systématiquement à travers l’histoire. Sans les massacres, les pogroms, les assassinats, les destructions, l’assimilation à travers l’histoire, nous serions des centaines de millions. Plus nombreux que l’Islam et le Christianisme. Ici donc il y a une motivation : non parce que vous être les plus nombreux. Il n’a pas décidé que nous soyons peu nombreux puisque la bénédiction donnée aux patriarches fait référence au nombre d’étoiles du ciel et au sable de la mer. Un jour se dévoilera que nous sommes nombreux comme cela.

Enseignement : Avant la naissance d’un être dans le monde D.ieu lui demande s’il accepte le sort prévu pour lui. Et on est libre, avant de naître, de refuser ou d’accepter. Ce qui implique que si on a le sort qu’on a, c’est qu’on l’a accepté, mais avant de naître, et on l’a oublié. Il y a, semble t’il, très peu de créatures qui osent être juif. Il faut aussi l’accepter. On choisit avant la naissance, mais après la naissance c’est irréversible.

7, 7 « Non pas parce que vous êtes plus nombreux que les autres nations Que Dieu vous a désiré et vous a choisi, vous êtes parmi les plus petites nations » C’est la manière dont on aime une fiancée : avoir ‘heshek- ce n’est pas le désir grossier Il y a là quelque chose d’extrêmement important : Ce n’est pas Israël qui a choisi Dieu comme dans les autres religions, c’est Dieu qui a choisi Israël. Il n’a pas choisi n’importe qui. Il a choisi le peuple qui était prêt à Le choisir Lui. C’est véritablement une demande en mariage. Il n’impose ensuite qu’à celui qui a été prêt à Le choisir. C’est vraiment le temps des fiançailles. On ne fiance que ceux qui ont librement choisi d’être mariés. Une fois mariés c’est irréversible. L’expression française dit « les 12 chaines du mariages ».

« Car vous êtes le plus petit de tous les peuples » Cela veut dire : Ne vous vantez pas d’être le plus grand des peuples. Manitou dit qu’il l’a entendu de grands Goyim (grands des nations). Rachi cite Rabénou Moché ha Darshan, un de ses maîtres, qui lit – le petit – de la manière suivante : vous remarquez qu’il y a un petit astérisque sur le dans le texte. Rabénou Moché ha Darshan était un séfarade de Narbonne. (Tous les Juifs qui s’appelle Narboni descendent vraisemblablement de lui). Rachi le cite souvent. Or, on a perdu ses archives sauf des midrashim que des moines franciscains ont retrouvé et réédité  à leur manière. C’est un peu suspect, l’original ayant disparu… Il lit le verset ainsi : Ki atem hé – meat mikol-ha’amim (car vous êtes 5 de moins que tous les peuples.)  Normalement, il devrait y avoir 70 noms en Israël. Au dernier dénombrement du désert, il n’est resté que 65 noms. Il y a une sorte de talon d’achille, un manque, un défaut dans l’identité d’Israël.

Dans la Paracha Pin’has, à la suite des différentes mises à l’épreuve d’Israël, il y a un certain nombre de noms qui disparaissent. –  Datan et Aviram : les révoltes des chefs des tribus – Nadav et Avihou la faute des enfants de Aharon, la faute des prêtres – Tselof’had le viol du Chabat, la faute du Shtan Yéhoudi  –  Qora’h : la Mal’hoquet des Talmidei ‘Hakhamim  (divergence d’opinion des Sages) Il y a 6 noms qui ont disparus et dans la Paracha de Pin’has, la Torah explique chaque fois pour ces noms-là la raison de leur disparition. On finit de faire le compte et on voit qu’il en reste que 65. Là Rachi cite Rabénou Moché HaDarshan en disant : « vous êtes 5 de moins ». Il y a, grâce aux filles de Tsélof’had, la Torah en deux endroits qui donne leur nom et indique qu’elles étaient saintes – la réintégration des 5 noms en Israël qui sont les 5 filles de Tsélof’had.   Ainsi, il y a en tout cas 65 noms + les 5 noms des filles de Tsélof’had, et on voit qu’il y a une vulnérabilité dans l’identité d’Israël. On est entré dans l’histoire avec cette vulnérabilité, mais on est protégé par les les femmes justes)dont le modèle sont les filles de Tsélof’had.

A chaque moment de gravité dans l’histoire d’Israël, on est sauvé grâce aux femmes. Et nous vivons actuellement un moment pareil. Les femmes sont plus militantes que les hommes dans le retour à la Torah, dans la politique juive elle-même… C’est le temps des organisations féminines qui sauvent la communauté. On s’aperçoit que ce sont les femmes qui dirigent en fait la communauté. C’était ainsi à la sortie d’Egypte. C’est grâce aux femmes d’Israël que les défauts d’Israël lors de la sortie d’Egypte ont été colmatés. En particulier elles n’ont pas participé à la faute du veau d’or. Aharon a dit : « prenez vos bijoux… » les femmes ont refusé. Il y a 2 explications, soit les femmes trop coquettes ont refusé, soit elles n’ont pas voulu participer à cette Avodah Zara (idolâtrie). On apprend que c’est cette 2ème explication qui est vraie. Lorsque Dieu a demandé à Moïse d’organiser le Tabernacle, Il a demandé que la cuve d’airain où les lévites devaient se purifier soit faite par les miroirs des femmes. Le Midrach raconte l’étonnement de Moïse face à cette décision de D.ieu. Dieu lui répond : « C’est grâce à ces miroirs qu’Israël existe… grâce aux miroirs il y a du désir des hommes pour les femmes qui se sont apprêtées… L’argumentation de la Torah sur l’élection d’Israël évacue de suite sa stature spirituelle gigantesque comme cause de cette élection. Ce n’est pas les motivations de puissance habituelle des grandes nations.  L’explication de Rachi sur le verset est très clair. « Vous êtes le seul peuple qui ne joue pas à la grande puissance »  Vous êtes modestes… »

Verset 8   7:8 « Cela vient du fait que Dieu vous a aimé »   Mystère de ce que Dieu a vu pour aimer les Juifs. En voilà la clef : « Cela vient du fait que Dieu vous a aimé, le fait qu’il observe le serment qu’il a juré à vos pères Dieu vous a fait sortir par main forte, Il vous a délivré de la maison des esclaves, de la main de Pharaon, roi d’Egypte. » Voilà la motivation et la raison de l’élection. « Et tu sauras que Hashem ton Dieu c’est Lui qui est Dieu, Dieu digne de confiance »Non pas la traduction habituelle de « Dieu fidèle » ce serait « El maamin » le fidèle celui qui fait foi. « Néeman » celui qui est digne de foi, fiable, Dieu en qui on peut croire…

Que signifie « Nééman » s’Il est D.ieu ? La réponse du Midrach c’est que D.ieu observe Lui-même la Torah qu’il a donné : « Torat Hachem » en hébreu ; cela ne signifie pas seulement la Torah qu’Il nous a donnée. Cela signifie Sa Torah à Lui, celle Qu’il observe Lui-Même. A Lui je peux donc faire confiance, je connais Sa Torah et je sais donc comment Il agit. On peut lui faire confiance parce que, comme l’indique le début du Midrach Rabba, Dieu avait la Torah devant les yeux pour créer le Monde. Il a créé le monde avec un modèle. Il est d’une certaine manière Lui-Même soumis à la Torah Qu’Il nous impose. Nous savons comment Il agit, donc on peut lui faire confiance. Il est digne de foi parce qu’Il est croyant. (L’important n’est pas tant que les gens croient en Dieu que Dieu croit en eux. Et Dieu sait pourquoi) « Qui garde l’alliance et la grâce à ceux qui L’aiment et qui observent ses commandements pour 1 000 générations. Et Qu’Il paye à ceux qui Le haïssent « sur l’heure » pour les détruire, Il ne tardera pas à le haïr, Devant Sa face il le rétribue. » Il rétribue cela veut dire, Il sanctionne sa conduite, en mal Il le punit et le peu de bien qu’il a fait, Il le lui paye de suite, comme cela il n’a pas droit au Olam Haba. Cela se rattache à une des questions très graves de la théologie : pourquoi y a t’il des Reshayim  méchants) qui sont heureux sur terre ? C’est mauvais pour eux, parce qu’ils utilisent leur avoir de Olam Haba à l’avance…

7, 11 « Ainsi garde la Mitsvah et les règles et lois que Je t’enseigne aujourd’hui, pour les garder. » 7, 12 Et il arrivera « en conséquence de ce que » (Akev = talon) Ekev => ce qui arrive en fin de compte. On peut donc comprendre de deux manières: soit c’est la conséquence automatique, soit c’est la condition parce que, puisque… « Et il arrivera parce que-puisque vous aurez observé-écouté les règles que vous les préserviez et que vous les accomplissiez, alors Hachem ton Dieu gardera pour toi l’alliance et la grâce qu’Il a promis à tes pères ». Vous voyez la difficulté. On vient de nous dire qu’il y a une alliance et une élection qui est irréversible et qui ne dépend pas de nous, ni de nos mérites, et on nous dit : il arrivera que en conséquence de ce que… – on pourrait penser que c’est une condition…-  Dieu gardera la promesse qu’Il vous a faite…

La Guémara débat longuement la question: est-ce qu’Israël reste Israël même lorsqu’il faute ? Comment répondre à cette question ? La réponse de la Guémara c’est qu’un membre d’Israël même fautif reste Israël. Dans Vaét’hanane l’élection semble irréversible et juste, dans Ekev, semble t’il, apparaissent des clauses ? Comment résoudre la contradiction apparente ?  Voici un exemple : dans la Guémara sont citées les expressions des prophètes lorsqu’ils font des remontrances à Israël. Il y a des interpellations terribles contre Israël. Il n’y a pas de vocabulaire plus « antisémite » si c’était das la bouche des Goyim (nations) que ce que les prophètes ont dit d’Israël. Banim mashrikim : enfants dénaturés, Zera’h meayinim engeance de pervers. La Guémara lit la qualité « enfants » même s’ils sont dénaturés… Même dénaturés vous restez Mes enfants…

L’amour des Juifs pour Jérusalem et le mont du Temple

L’amour que les Juifs vouent à Jérusalem, sa place comme la capitale éternelle du Judaïsme, découle de la Torah elle-même. La Ville Sainte est citée des centaines de fois à travers le Tanakh (les Cinq Livres de Moïse, les Prophètes et les Hagiographes, ce qui est appelé également la Torah Écrite). Le Talmud expose de manière très détaillée notre lien avec cette ville. (En revanche, elle n’est jamais mentionnée dans le Coran, quoi qu’on en dise dans le monde musulman.)Concernant notre établissement en Israël en général et à Jérusalem en particulier, d’aucuns pourraient demander : « Pourquoi attribuer tellement d’importance à un lieu en particulier ? D.ieu n’est-il pas présent partout dans le monde ? »

Cette question peut être étendue au temps également. Nous pouvons demander : « Pourquoi certains jours sont-ils considérés comme des jours saints ? La Présence divine ne peut-elle être ressentie à tout moment ? »Certes, la Présence divine peut être ressentie en tous lieux et à tout moment. Parce que D.ieu est illimité et est le Créateur du temps et de l’espace, de sorte qu’Il transcende ces deux dimensions. Néanmoins, la Torah (une création de D.ieu qui transcende également le temps et l’espace) décrète que certains endroits et certains moments sont spéciaux. La Torah étant l’expression de la volonté immuable de D.ieu, la sainteté de Jérusalem ne peut fluctuer ou diminuer. Cela a toujours été et sera toujours l’endroit le plus saint du monde. La sainteté de Jérusalem surpasse même celle du mont Sinaï. La raison en est que la sainteté du mont Sinaï fut le fruit de l’initiative de D.ieu de se révéler au peuple. Ce n’est pas le peuple qui fut à l’origine du don de la Torah. En revanche, la sainteté de Jérusalem se révéla à travers des efforts humains. Ce furent des mains humaines qui édifièrent les Saints Temples et consacrèrent le sol de Jérusalem, ce qui révéla la pérennité de sa sainteté.

Le roi David, conscient, en grand prophète qu’il était, de la sainteté du site, acheta le terrain destiné à l’édification du Temple aux habitants locaux. C’était, après tout, en ce lieu qu’Abraham avait offert son fils Isaac en sacrifice. C’était là que Jacob avait posé sa tête et avait eu son rêve prophétique des anges sur l’échelle. Le site du Temple est une véritable porte du Ciel ici-bas. Le cœur de chaque Juif s’étreint en approchant le dernier vestige que nous avons du Saint Temple. Le Kotel HaMaaravi, le Mur Occidental – que les non-juifs appellent le Mur des Lamentations – est un mur de soutènement construit à l’époque des travaux de rénovation du Mont du Temple qu’il entoure, ordonnés par Hérode.Oh, toutes les histoires que ces pierres pourraient raconter ! Toute la peine et la souffrance de l’histoire juive sont contenues dans ces pierres massives. Des millions de larmes ont été versées et des millions de prières ont été dites dans ce lieu saint. Les pierres les plus basses ont été polies par les mains qui s’y sont appuyées, qui les ont caressées, des innombrables Juifs venus s’y recueillir, pour toucher « la Face et le Cœur de D.ieu » pour ainsi dire.

(sources : Modia – Rabbi Nosson Scherman – Asseret Hadibrot (les 10 paroles) « Les 10 Commandements » Ed.Colbo – Pierre Caïn, terredisrael.com – Yonathan
Bendennoune, Hamodia – Rav Léon Askenazi, dit Manitou – Yerou’ham Eilfort, Chabad, Lessakele)

Une réponse à “LES RAISONS PROFONDES DE L’EXISTENCE DU PEUPLE JUIF : poil à gratter des nations

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