PARACHAT HACHAVOUA – Paracha de la semaine, du vendredi 21 au Chabbat 22 mars 2014

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« La voix de Jacob », par Hillel Bakis. Une publication de grand intérêt pour tous pour vous ou à offrir: Le commentaire de toutes les parachotes de la Torah en 5 livres, intitulé « La voix de Jacob », par Hillel Bakis. Un ouvrage solide qui a sa place dans toute bibliothèque par le nombre de commentaires qu’il rassemble. Il a reçu de nombreuses hautes recommandations rabbiniques. En toutes libraires ou écrire: editions.bakish@gmail.com
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Soyons éclairés et lucides devant les principales dynamiques qui sont inimaginables:

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 PARACHA DE LA SEMAINE – Nous sommes vers ce futur Chabbate dans la 26e paracha de la Torah et la 3e paracha du 3e livre de la Torah, Vayiqra (Le Lévitique). Elle se nomme : Chémini: Au huitième jour Vayiqra (Lévitique) 9, 1 – 11, 47

La paracha se déroule le 8e (Chémini) jour de la dédicace du sanctuaire. C’est un grand jour, celui de la dédicace d’une maison et de celle de Hachém dans son peuple (voyez le psaume 30 ; I Rois ch. 8 ; et Dévarim 20, 5). C’est ce jour qui est décrit en Chémote 40, 2 et 17 (lire) comme un jour suprême bénéficiant de 10 distinctions décrites dans le Traité Chabbate 87 b : premier jour de la Création, des offrandes des chefs des tribus, du début du service des Cohanim, du service divin, de la descente du feu sur l’autel depuis le Ciel, de la participation des Cohanim au repas des sacrifices, de la manifestation de la présence divine, de la réception de la bénédiction par les enfants d’Israël, de l’interdiction des autres autels, et le premier jour du premier mois.
Chaque individu a vécu un peu cette expérience d’un premier jour de bonheur, d’amour, d’une naissance, l’entrée dans un travail, dans une maison, sur la terre d’Israël. Que cela nous rende sensible à ce jour particulier dont il va nous être parlé pour notre enseignement. Il faut toujours étudier et vivre avec le coeur
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cela veut dire ne pas comprendre seulement logiquement, mais avec nos membres car ils sont les sentiments et l’action, donc la véritable vérité.

Sens global de la paracha à travers les thèmes principaux et les mitsvotes. La paracha Chémini continue à mettre en oeuvre la restauration de l’univers et des humains à travers l’ordonnancement de la vie du Temple. C’est bien notre préoccupation à tous, à l’époque que nous traversons où les peuples veulent réorganiser le monde pour ce qu’ils croyent être le bien (hier les bienfaits de la « civilisation occidentale » par le colonialisme, puis le communisme, puis l’existentialisme, puis le tiers-mondisme, pour aujourd’hui le mondialisme, puis l’islamisme, etc.)
et toujours par un moyen: la domination, l’intolérance, la cruauté des armes et de l’extermination économique. La Torah assume ce besoin de l’homme d’atteindre « le grand soir » (le Zohar en parle de ce mythe pour en déjouer l’illusion) et parvenir, au delà de la semaine, au 8e jour du bonheur absolu. Le judaïsme a sa réponse aussi, mais non pas par la force des armées ni par la corruption en politique qui jubile dans de nombreux pays occidentaux ou autres. Mais il s’agira bien, cependant, d’assumer nos pulsions sanguinaires car elles existent chez tous les humains sans exception.
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Et cette étude en anglais de la paracha (pour vos amis anglophones): CLIQUEZ ICI

Rav Yehoshua Ra’hamim Dufour

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Le jour juif commence la veille au début de la nuit ; il se termine au coucher du soleil.  En tous cas, l’allumage des bougies de chabbate ne doit pas se faire plus tard que 18 minutes avant le coucher du soleil. (Source : Modia)

Il est indispensable de lire la traduction en français de chaque paracha avant ce commentaire pour bien le comprendre.

Texte de la paracha dans la Bible hébraïque ici : Lire le texte

26e Paracha : Chémini – « Au huitième jour » Vayiqra (Lévitique) 9, 1 – 11, 47 (Chabbat Para)

Au 8ème  jour (suivant les 7 jours d’inauguration), Aaron ainsi que ses fils commencent leur office de Cohanim, de prêtres. Après que les différentes offrandes ont été présentées, un feu sort de devant l’Eternel et les consume sur l’Autel. Dès lors, la Présence Divine réside dans le Sanctuaire. Les deux premiers fils d’Aaron, Nadav et Avihou, offrent « un feu étranger que D.ieu ne leur avait pas commandé » et meurent devant D.ieu. Aaron demeure silencieux devant ce drame. Suite à cela, Moïse et Aaron sont en désaccord sur un détail de la loi concernant les sacrifices, et Moïse reconnaît qu’Aaron a raison… D.ieu ordonne les lois de la cacherout, désignant les espèces permises à la consommation et celles qui sont interdites. Les animaux terrestres ne sont autorisés que s’ils sont à la fois ruminants et ont le sabot fendu. Les poissons doivent avoir des écailles et des nageoires. Une liste d’oiseaux non cachères est donnée, ainsi qu’une liste d’insectes cachères (quatre espèces de sauterelles). La paracha de Chemini contient également certaines lois relatives à la pureté rituelle qui incluent le pouvoir purifiant du Mikvé (un bassin répondant à des critères spécifiques) et d’une source. Le peuple juif est enjoint de « distinguer entre le pur et l’impur ».

Ce Chabbat porte le nom de « Para », nous dit Samuel Mimoun, nous lirons donc la haftara de la vache rousse. Elle précède toujours Chabbat Hahodech, chabbat précédant roch hodech Nissan. Pourquoi cette lecture, avant roch hodech Nissan ? A l’époque du Temple, chacun avait l’obligation de se purifier de l’impureté venant d’un mort, avant l’arrivée du 14 Nissan, jour du sacrifice pascal. Seules les eaux lustrales (cendres de vache rousse mélangées à de l’eau vive) pouvaient servir à cette purification. C’est pour rappeler à la communauté ceci, que fut instauré Chabbat Para. De nos jours, bien que le Temple soit malheureusement détruit, cette paracha est tout de même lue. L’étude des lois de la vache rousse nous sera comptée comme si nous avons fait l’effort de nous purifier, afin d’accomplir le pèlerinage de Pessa’h. Le rite de purification grâce à la vache rousse est un rite très minutieux, même s’il demeure incompréhensible. Ceci démontre bien l’attachement d’Israël à la Torah. Nous bénéficierons alors d’une protection divine spéciale, Hachem nous purifiant, et nous aidant à nous perfectionner et à nous approcher de lui ! Par ailleurs, la vache rousse vient quelque part expier la faute du veau d’or (la vache étant la mère du veau). La haftara associée à la paracha Para (Ezéchiel 36, 16 et suivants) annonce le processus de purification qui sera restauré lorsque viendra le Messie. Le prophète promet que Hachem « répandra alors des eaux pures [sur les enfants d’Israël], et qu’Il les purifiera de toutes leurs impuretés et de toutes leurs idoles » (36, 25). On remarquera que la purification, selon ce verset, ne sera pas effectuée au moyen d’une immersion dans les eaux d’un miqvé, comme il aurait été naturel, mais au moyen d’une aspersion qui ressemblera à celle que l’on doit employer avec l’eau lustrale contenant les cendres de la vache rousse.

La haftara associée à la paracha Para (Ezéchiel 36, 16 et suivants) annonce le processus de purification qui sera restauré lorsque viendra le Messie. Le prophète promet qu’ Hachem « répandra alors des eaux pures [sur les enfants d’Israël], et qu’Il les purifiera de toutes leurs impuretés et de toutes leurs idoles » (36, 25). Selon ce verset, la purification ne sera pas effectuée au moyen d’une immersion dans les eaux d’un miqvé, comme il aurait été naturel, mais au moyen d’une aspersion qui ressemblera à celle que l’on doit employer avec l’eau lustrale contenant les cendres de la vache rousse. Cette analogie suggère un lien étroit entre la faute et la mort : Le processus de purification des péchés sera semblable à celui par lequel est rétablie la pureté de celui qui a eu un contact avec un mort. Ainsi que l’explique Rachi (Bamidbar 19, 22), la vache rousse est destinée à réparer la faute du veau d’or. Or, nous apprend la Guemara (Avoda zara  5a), lorsque les enfants d’Israël ont reçu la Torah, celle-ci leur a conféré l’immortalité. C’est la faute du veau d’or qui les en a déchus.

Le Rav Dufour nous explique que la paracha Chémini continue à mettre en oeuvre la restauration de l’univers et des humains à travers l’ordonnancement de la vie du Temple. C’est bien notre préoccupation à tous, à l’époque que nous traversons où les peuples veulent réorganiser le monde pour ce qu’ils pensent être le bien (hier les bienfaits de la « civilisation occidentale » par le colonialisme, puis le communisme, puis l’existentialisme, puis le tiers-mondisme, pour aujourd’hui le mondialisme, puis l’islamisme, etc…) et toujours par le moyen de la domination, l’intolérance, la cruauté des armes et de l’extermination économique. La Torah assume ce besoin de l’homme d’atteindre « le grand soir » (le Zohar en parle de ce mythe pour en déjouer l’illusion) et parvenir, au delà de la semaine, au 8e jour du bonheur absolu. Le judaïsme a sa réponse aussi, mais non pas par la force des armées. Il s’agira bien, cependant, d’assumer nos pulsions sanguinaires car elles existent chez tous les humains sans exception. Pour cela, la paracha comporte les mitsvotes 150 à 166 qui concernent la réglementation des Cohanim dans le sanctuaire : nous savons que le Cohen est, parmi les Juifs  – le prototype de l’homme rénové – celui qui meut le service désintéressé de la rénovation du monde dans l’ordre bénéfique de la bénédiction. Ainsi est, à son image, le peuple juif au milieu des nations, comme une lumière et comme un Cohen. Que le Ciel nous rende vite ce lieu et sa fonction, comme Il nous l’a promis, pour le bonheur d’Israël et de toutes les nations.

Selon le Séfèr ha-hinoukh (mitsva  263),  nous indique le Rav Jacques Kohn, on peut expliquer l’impureté du cadavre humain de la façon suivante : La mort consiste en ce que l’âme se détache du corps, de sorte que celui-ci se trouve désormais privé de toute spiritualité. Entrer en contact avec un mort crée un dommage à la spiritualité de celui qui le touche. L’impureté qui en résulte est là pour nous rappeler que notre corps est destiné à s’unir à l’âme et qu’il doit tendre alors à refuser les tentations terrestres. De la même façon, lors de l’épisode du veau d’or, les enfants d’Israël ont troqué leur relation intime avec Hachem contre un matérialisme avilissant. Cependant, leur brève expérience du mont Sinaï leur a fait prendre conscience qu’il est possible de se libérer de ses pulsions matérielles et tendre à un contact avec Lui. Ezéchiel fait la comparaison entre la purification desfautes et les cendres de la vache rousse. Le prophète nous annonce : « Je vous donnerai un coeur nouveau, et Je mettrai au dedans de vous un esprit nouveau ; et J’ôterai de votre chair le coeur de pierre, et Je vous donnerai un coeur de chair » (36, 26). Ce verset traduit, nous explique Ramban (Nahmanide), le désir de notre peuple d’accomplir la volonté de Hachem. Un jour viendra où le corps et ses pulsions retrouveront leur véritable place : leur effacement au profit de la perfection qu’a connue Adam avant sa faute. C’est alors qu’ils se détacheront complètement des passions physiques.

C’était le 1er Nissan 2449 depuis la Création (1312 avant l’ère commune), deux semaines avant le premier anniversaire de l’Exode, le jour où le Sanctuaire devait être érigé et inauguré. En réalité, le Sanctuaire fonctionnait déjà depuis sept jours, mais il s’agissait d’une période d’« entraînement » au cours de laquelle Aharon et ses fils furent initiés à la prêtrise. C’était donc en ce 8ème jour qu’Aharon allait prendre son rôle de Cohen Gadol et que la Présence Divine (la Chekhina) allait résider dans le Sanctuaire. C’est alors que la tragédie frappa. Les deux fils aînés d’Aharon, Nadav et Avihou « offrirent un feu étranger devant D.ieu, que D.ieu n’avait pas ordonné. Un feu jaillit de devant D.ieu qui les consuma et ils moururent devant D.ieu » (Lévitique 10, 1-2) D.ieu ordonna que l’inauguration du Sanctuaire ne soit pas interrompue. Bien qu’Aharon et les deux fils qui lui restaient eussent le statut d’endeuillés du premier jour (onanim), à qui il est d’ordinaire interdit de consommer la viande sainte des sacrifices, ils reçurent l’ordre formel de prendre part à ces offrandes particulières, apportées ce jour en l’honneur de l’inauguration du Sanctuaire. C’est ce que firent Aharon, Eléazar et Itamar.

Mais en ce jour, il y avait également une autre offrande, sans relation avec l’inauguration. Il s’agissait de la chèvre apportée le premier jour de chaque mois comme sacrifice expiatoire. Et c’est au sujet de ce sacrifice que se souleva le désaccord entre Moïse et Aharon. Moïse constata que la chair de la chèvre avait été brûlée, comme le requerrait la loi pour une offrande qui, pour quelque raison que ce soit, ne pouvait être consommée. Il demanda avec colère pourquoi ce sacrifice n’avait pas été mangé comme D.ieu l’avait ordonné concernant les autres sacrifices. Aharon expliqua qu’il avait fait une distinction entre Kodchei Chaah, les offrandes ponctuelles commandées par D.ieu pour une occasion exceptionnelle, et Kodchei Dorot, les sacrifices réguliers qui s’appliquent de la même façon pour toutes les générations. Si D.ieu avait ordonné quelque chose concernant l’offrande unique à l’occasion de l’inauguration, argumenta Aharon, il ne fallait pas en déduire qu’il en allait de même pour le sacrifice mensuel. Dans ce cas-là, il convenait d’appliquer les lois ordinaires, qui en interdisent la consommation à un endeuillé. Moïse écouta l’argumentaire d’Aharon et reconnut qu’il avait raison. Il admit que cette distinction lui avait échappé et que la conclusion d’Aharon était juste.

« La bienveillance et la vérité se rencontrent ; la droiture et la paix se sont embrassées. »  (Psaumes 85, 11) « La bienveillance », c’est Aharon ; « La vérité », c’est Moïse. « La droiture », c’est Moïse ; « la paix », c’est Aharon. » (Midrache Rabba). Le Grand Rabbin Lord Jonathan Sacks nous explque que tout cela se passait le 1er Nissan 2449 depuis la Création (1312 avant l’ère commune), deux semaines avant le premier anniversaire de l’Exode, le jour où le Sanctuaire devait être érigé et inauguré. Les Sages disent qu’au Ciel, c’était le jour le plus joyeux depuis la création. (Megilla 10b) Chabbad.org  continue l’explication : En réalité, le Sanctuaire fonctionnait déjà depuis sept jours, mais il s’agissait d’une période d’’entraînement ‘  au cours de laquelle Aharon et ses fils furent initiés à la prêtrise. C’était donc en ce jour qu’Aharon allait prendre son rôle de Cohen Gadol et que la Force Divine (la Chekhina) allait résider dans le Sanctuaire.

Nous voilà devant une confrontation entre la vérité et la bienveillance, entre la droiture d’un côté, et la paix de l’autre. Moïse, chargé de transmettre la Torah – la vérité par excellence – ne voyait aucune raison de faire la distinction entre Kodchei Chaah et Kodchei Dorot, entre quelque chose qui est justifié par l’occasion unique du moment et quelque chose qui constitue une routine dans le service de D.ieu. Ce qui est vrai et juste est toujours vrai et juste, quelles que soient les circonstances. Aharon, d’un autre côté, était le Grand Prêtre d’Israël, l’incarnation de l’aspiration du peuple à se rapprocher de D.ieu et à Le servir. Il comprenait que le service de D.ieu est l’offrande de tout ce que l’homme possède, le don du meilleur que recèle sa personne subjective. Il était conscient qu’il existe des hauts et des bas dans la vie de l’homme et que ce qui est attendu de lui dans ses moments les meilleurs, les plus inspirés, ne s’applique pas nécessairement à la personne qu’il est dans la vie quotidienne.

De là jaillit le conflit. D’un côté se tient Moïse, transmettant la vérité et la volonté divines. Une vérité et une volonté aussi immuables que leur Concepteur. De l’autre côté se tient Aharon, conduisant l’effort du peuple pour s’approcher de cette même vérité et de cette même volonté avec leurs moyens humains : un esprit subjectif pour chercher, un cœur inconstant pour ressentir et des actions soumises aux aléas des circonstances. Et qu’arrive-t-il ? Moïse est d’accord avec Aharon ! La vérité absolue donne la légitimité aux « sous-vérités » d’un monde relatif. Que s’est-il réellement passé ? Comment cette contradiction apparemment insoluble put-elle être résolue ? Ce qui se passa fut que Moïse gagna une compréhension plus profonde de la nature de la vérité. Quand nous observons et discutons de notre propre réalité, résolument subjective, nous utilisons avec facilité l’adjectif « vrai ».

Nous parlons de nos « véritables sentiments » et de nos « vrais désirs ». Nous prétendons « vraiment comprendre » quelque chose ou avoir découvert des « faits véridiques » concernant certaines circonstances. Mais si nous définissons « la vérité » comme une réalité absolue et objective, il semblerait que ce terme ne puisse être appliqué qu’à la vérité absolue du Divin. Son emploi dans notre réalité subjective n’est-il qu’un leurre ? Nous mentons-nous à nous-mêmes ? La ‘Hassidout répond par la négative. Le prophète (Jérémie 10, 10) déclare : « D.ieu est la vérité », mais les Maîtres de la ‘Hassidout comprennent ces paroles comme signifiant que non seulement D.ieu est l’essence de la vérité, mais qu’Il est également la source de tout ce qui est défini comme « vrai » dans notre monde. Sa vérité est absolue ; toutes les autres « vérités » sont relatives et n’ont de réalité que celle qu’Il a choisi de leur attribuer. Mais c’est Lui qui crée ces réalités subjectives et, ce faisant, a conféré à leur existence vérité et légitimité. Ainsi, lorsque nous observons des vérités relatives dans Sa création, celles-ci sont des expressions (quoiqu’imparfaites) de Sa vérité universelle, telle qu’elle se manifeste au sein des limites des nombreux « mondes » et réalités qu’Il a créés.

En d’autres termes, quand une personne « se donne entièrement », fait son maximum, elle atteint un absolu personnel, quelque chose qui, dans le contexte de son monde subjectif, personnel est vrai. Et toutes les vérités, y compris de telles vérités subjectives, sont l’expression d’une vérité plus profonde qui est la source de leur existence et de leur validité : la vérité de leur Créateur. C’est ainsi que sa vérité personnelle entre en contact avec la vérité de D.ieu. C’est là l’héritage conjoint de Moïse et d’Aharon : nous devons tendre à la vérité, guidés par les directives de la Torah, en utilisant les talents et les ressources dont nous avons été dotés. Nous ne devons pas être dissuadés, dans notre quête, par les limites de notre compréhension, la subjectivité de nos sentiments et la relativité de nos actions. Si nos efforts sont véritables, même « véritables » seulement dans le contexte de notre existence relative, alors « Moïse » concèdera à « Aharon » que sa vérité est une parcelle de la Vérité Absolue à laquelle nous aspirons.

L’Écriture appelle l’âme de l’homme « une lampe de D.ieu ». (Proverbes 20,27) La flamme d’une lampe s’élance vers le haut, comme pour se libérer de la mèche et se perdre dans les océans d’énergie qui parcourent les cieux. Mais, alors même qu’elle s’étire vers le haut, la flamme se retient également, resserrant son attache à la mèche et s’abreuvant avec avidité de l’huile de la lampe qui entretient son existence en tant que flamme individuelle. Et c’est cette tension induite par deux énergies contraires, ce vacillement entre l’existence et la dissolution, qui produit sa lumière.Le « feu divin » qui consuma les âmes de Nadav et Avihou est-il ce même feu qui est présent au cœur de chaque âme : le désir ardent de l’âme de se libérer des oripeaux matériels qui l’éloignent de sa Source. Nadav et Avihou « s’approchèrent de D.ieu » et cédèrent à la tentation d’alimenter le ratso de leurs âmes au point que celui-ci submergea leur chov et qu’ils se dégagèrent alors du « cycle » de la vie. Ainsi leurs âmes brisèrent-elles littéralement leur lien avec leur corps et furent totalement consumées dans une union extatique avec D.ieu. C’était là cependant un « feu étranger », un feu que « D.ieu n’avait pas ordonné ». L’homme n’a en effet pas été créé pour consumer son être physique dans un feu d’extase spirituelle. Bien qu’Il ait doté notre âme d’un désir pour la transcendance de soi, D.ieu désire que nous ancrions notre ferveur dans la réalité. Il veut que nous « installions » cette aspiration dans notre être physique, que nous l’absorbions et en faisions une partie de notre expérience quotidienne.

L’un des fondements de l’identité juive authentique est le fait que le judaïsme refuse de concevoir une relation spirituelle authentique avec D.ieu qui ne puisse se confronter à la réalité concrète de ce monde, le transformer et faire de la matière et de la matérialité des réceptacles à la présence de D.ieu dans ce monde, à savoir : au dévoilement de Son action concrète à  l’intérieur de l’histoire humaine. L’idée, aussi noble soit-elle, n’a de valeur réelle que si elle réussit sans violence, sans fanatisme et sans intolérance, à convaincre ce monde de l’accepter et de s’adapter à elle.  L’union, ou le mariage entre l’idéal et la réalité, l’espoir et le pragmatisme est le couple sacré fondateur d’une spiritualité vivante et authentique. Or, le rav Dynovisz  nous explique que Nadav et Avihou n’étaient pas mariés et que c’est précisément pour cela qu’ils furent foudroyés, pour ne pas, en quelque sorte, qu’ils servent d’exemple erronné au monde. Car le judaïsme considère comme une aberration l’idée de pouvoir être un représentant de D.ieu sans être marié. L’épouse authentique, en effet, est l’incarnation de la force qui réalise concrètement dans ce monde les aspirations, parfois trop abstraites, de l’homme. Une religion céleste, un royaume qui n’est pas de ce monde, sont les affres d’une religion masculine, célibataire et destructive.  L’Essence de la Torah conclue que ce tragique événement vient nous apporter un enseignement pour toutes les générations : on ne peut se targuer de faire advenir le tikoun (réparation) final si la génération n’est pas mûre pour cela, même si on a la dimension d’un grand sage. Il faut d’abord opérer en soi et vis-à-vis des autres les changements nécessaires, pour pouvoir ensuite faire progresser la génération. Et alors peut-être pourra-t-on tenter, comme Nadav et Avihou, l’arrangement final…

Pour compléter le récit de la paracha qui décrit l’inauguration du sanctuaire dans le désert, la haftara décrit la façon dont le roi David apporta l’Arche à Jérusalem, pour préparer la construction du Temple. Accompagnant l’arche, le roi David était au comble de la joie : la présence de D.ieu résiderait dans la ville qu’il avait construite. Et donc, « Le roi David dansait passionnément et caracolait devant D.ieu. » Sa femme Mi’hal, fille du roi Chaoul, regarda par la fenêtre et fut horrifiée de la conduite de son mari. Quand il rentra, elle lui en fit le reproche : « Où est la gloire du roi d’Israël qui s’est découvert aujourd’hui comme se découvre le plus bas des hommes. » David lui répondit sèchement : « En présence de D.ieu Qui m’a choisi plutôt que ton père… je me tiendrai en plus basse estime encore que cela. » Pourquoi le texte se réfère-t-il à Mi’hal comme à la fille du roi Chaoul et pourquoi David mentionne la préséance que D.ieu lui accorda sur Chaoul ? Parce que là est le coeur du problème. David disait à Mi’hal, sans mâcher ses mots, que son attitude à se laisser aller, à se donner entièrement à D.ieu, sans aucune retenue, était la raison pour laquelle D.ieu l’avait préféré à Chaoul. Chaoul avait suivi sa logique. Bien sûr, il était soumis à la volonté de D.ieu, mais seulement dans les limites de sa compréhension. Il ne pouvait s’abandonner totalement. Alors que pour David, cette aptitude à se donner complètement était le fondement de sa relation avec D.ieu. Il ne connaissait aucune contrainte et se dévouait à Lui de tout son être.

Et cela le mettait dans un état de joie illimitée. Il ne dansait pas pour une joie personnelle. Son allégresse n’était pas causée par la réalisation de la grandeur de ce qu’il avait accompli. En fait, il était en présence de D.ieu et le célébrait sans limites. Car tout comme D.ieu est illimité et infini, le service humain doit-il ne connaître aucune restriction. Il était bien loin de réfléchir à ce que signifiait un « comportement respectable et approprié ». Son « moi » était totalement annulé, il formait un avec la Divinité, devant laquelle il n’existe aucune possibilité pour un mortel de se considérer comme ayant quelque grandeur que ce soit. Maïmonide l’exprime succinctement : « Celui qui s’enorgueillit, recherchant son propre honneur… en telles situations est considéré comme un fauteur et un fou« . Il avertit : « Ne recherche pas la gloire devant le Roi. (Par contre) celui qui s’abaisse et pense peu de bien de sa personne… est véritablement quelqu’un de grand, méritant qu’on l’honore. »

L’Eternel nous a fait connaître, parmi les mitsvote (commandements) qu’il nous a énoncées dans la Torah, la manière dont nous devons nous alimenter nous rappelle le Rabbin Jean Schwarz. Il nous a, pour ainsi dire, prescrit un régime alimentaire particulier. Une telle minutie peut sembler étonnante. Pourquoi Dieu s’est-il abaissé jusqu’à régler notre alimentation ? Notre nourriture a-t-elle donc une si grande importance à Ses yeux ? Qu’importe ce que l’on mange pourvu que l’on pense et agisse convenablement, n’est-ce pas ? Effectivement, c’est notre manière de penser et notre façon d’agir qui sont les éléments les plus nobles de chacun de nous. Et si l’Eternel s’est donné la peine de nous prescrire des règles alimentaires strictes, s’il nous a interdit certaines nourritures, c’est justement pour nous permettre d’améliorer et de perfectionner notre manière d’agir et de nous comporter.

Par instinct, en effet, l’homme est porté à s’alimenter, à consommer ce qui lui semble agréable, à ses yeux ou à son goût, sans s’imposer aucune limitation, si ce n’est – et encore ! – celle de son appétit. C’est tout juste s’il accepte de s’abstenir de certains aliments qui peuvent l’empoisonner : mais souvent il ne veut même pas se passer de certains plats qui, il le sait, lui sont pourtant nocifs. Tellement puissant est en lui l’instinct qui le pousse à manger. En nous demandant de limiter les aliments que nous consommons, de nous abstenir même de mets qui, à première vue, n’ont rien de nocif et sont même très appétissants, D.ieu veut nous imposer une discipline. Il désire que nous devenions assez forts pour pouvoir nous opposer, même à cet instinct si puissant qui nous pousse à manger tout ce que bon nous semble. En apprenant à dire non à cet instinct, nous nous habituerons à dire non également à d’autres désirs répréhensibles qui, bien souvent, s’éveillent dans notre cœur.

« Sanctifiez-vous et restez saints, parce que je suis saint et ne souillez pas vos âmes par tous ces reptiles qui se meuvent sur la terre. » (Lévitique, II, 44) Dans cette paracha il est également question de la nourriture cachère. A ce propos, les animaux cachères doivent être des mammifères ruminants avec le sabot fendu et les poissons doivent avoir également deux signes, des écailles et des nageoires, nous explique le Rav Joseph ‘Haïm Sitruk. Les oiseaux n’ont pas de signe distinctif,  mais la Torah établit une liste de ceux qui sont interdits, qui semblent tous être des rapaces qui capturent leurs proies en vol. Le Maharal de Prague indique que la Torah a donné la liste des 4 animaux qui ne présentent qu’un seul des deux signes (le chameau, le lièvre, la « gerboise » et le porc) pour établir un parallèle avec les civilisations qui, dans la tradition orale, sont appelées les 4 royautés : Babel – la Babylonie, Paras – la Perse, Yavan – la Grèce et Edom – la civilisation de Rome (l’occident contemporain). La dernière civilisation (Edom-Rome) est comparée au porc car, selon le Midrach, c’est cette civilisation qui sera contemporaine du retour du peuple d’Israël sur sa terre et vers la Torah. Choses que nous constatons bien sûr aujourd’hui…  D’ailleurs le mot « ‘Hazir » (porc) vient de la même racine que le mot « ‘Hazar », revenir.Le Maharal ajoute une idée très intéressante : Les signes de cacherout nous révèlent de grands enseignements.

Les sabots (qui ont trait à la démarche de l’animal) et l’appareil digestif (qui consiste à ruminer) incarnent les deux grandes civilisations du monde : l’occident et l’orient. L’occident représente les pates de l’animal et l’orient son estomac. Ainsi l’orient, tel l’estomac qui rumine, est une civilisation toujours tournée vers son passé. Son slogan pourrait être : « C’était mieux avant »… En d’autres termes, l’orient parle toujours de son passé prestigieux. Pour les Juifs d’Afrique du nord qui nous lisent, l’expression « ya Hasserra » marque bien cette nostalgie du passé. L’occident, lui, est le lieu de toutes les révolutions qui se projettent toujours dans le futur, leur slogan étant : « Demain, ce sera bien ». Entre un orient nostalgique et un occident révolutionnaire, la Torah n’a pas choisi. Elle estime que le vrai temps de l’action de l’homme, c’est le présent. En d’autres termes : être Juif, vivre la Torah, c’est se souvenir de notre passé prestigieux et préparer notre avenir glorieux. C’est entre ces deux temps que se situe la vie d’un Juif conclue le Rav.

(Sources : Chiourim.com – Rav Dufour – Samuel Mimoun,  La minute d’étude – Jacques Kohn, Chiourim.com – Grand Rabbin et Lord Jonathan Sacks, JForum – Chabbad.org – Rav Dynovisz – Rav Mordékhaï Chriqui et Dr Avraham-Gilles Morali, L’Essence de la Torah – Rabbin Jean Schwarz, Lamed  – Rav Joseph ‘Haïm Sitruk.)

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