CULTURE JUDAÏSME – La paracha de la semaine – Mois de nissan 5774 (avril 2014)

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La vie, par Marc Chagall  ________________________________________________________

1.   PARACHA DE LA SEMAINE – 30e Paracha – Qéddochim: Soyez saints Vayiqra (Lévitique) 19, 1 – 29, 27
Elle vous donnera la conception de ce qu’est l’humanisme du Juif et sa mission, une sainteté au nom : qédoucha. Les formes de sainteté, le vocabulaire de la sainteté.

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2 – Nous sommes encore dans le mois de Nissane, c’est celui de Pessah. Pour assimiler toute la puissance de cette fête, voyez encore ici  tout ce qui se passe chaque jour de ce mois et le sens de cela dans l’histoire, dans les textes et dans les vies, chez les Sages de vos traditions, le tout avec références, lien à la vie et photos.  CLIQUEZ ICI

3 –  Si nous voulons méditer encore sur la Fête de Pessa’h pour en faire une vraie réussite intérieure  :

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La semaine après le premier jour de Pessa’h est appelée ‘Hol ha moed. Qu’est-ce que cela signifie ? CLIQUEZ ICI

Et voici le sens du Ômer que l’on dit dès la fin du premier jour de Pessa’h, après le coucher du soleil

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Comment compter le Ômér chaque soir et quel développement personnel y réaliser en chaque jour (cette page sera mise à jour).

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Le 20 au soir on allume pour ouvrir le 6e jour du Omer
Le 21 au soir on allume pour ouvrir le 7e jour du Omer
Le 22 au soir on allume pour ouvrir le 8e jour du Omer

Rav Yehoshua Rahamim Dufour

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Le jour juif commence la veille au début de la nuit ; il se termine au coucher du soleil.  En tous cas, l’allumage des bougies de Chabbate ne doit pas se faire plus tard que 18 minutes avant le coucher du soleil. (Source : Modia)
Il est indispensable de lire la traduction en français de chaque paracha avant ce commentaire pour bien le comprendre. Texte dans la Bible hébraïque ici : Lire le texte

30e Paracha – Qéddochim : Soyez saints Vayiqra (Lévitique) 19, 1 – 29, 27

La paracha Kedochim commence par cette injonction : « Soyez saints, car Je suis saint, Moi, l’Eternel votre D.ieu. » A sa suite sont énoncées de nombreuses mitsvot (commandements) par l’accomplissement desquelles le Juif se sanctifie et établit un lien avec la sainteté de D.ieu. Ces mitsvote incluent la prohibition de l’idolâtrie, la mistva de tsédaka (charité), le principe de l’égalité de tous devant la justice, le Chabbat, la moralité sexuelle, l’honnêteté en affaires, l’honneur et la crainte des parents, le caractère sacré de la vie. C’est aussi dans la paracha Kedochim qu’est exprimé le principe que Rabbi Akiva qualifie de cardinal et dont Hillel dit « c’est là toute la Torah, le reste en est le commentaire » : aime ton prochain comme toi-même.

Le rav Benchettrit nous rappelle que la paracha Kedochim commence par cette injonction : « Soyez saints, car Je suis saint, Moi, l’Eternel votre D.ieu. » A sa suite sont énoncées de nombreuses mitsvote (commandements) par l’accomplissement desquelles le Juif se sanctifie et établit un lien avec la sainteté de D.ieu .Ces mitsvote incluent la prohibition de l’idolâtrie, la mistva de tsédaka (rétablir la justice en donnant de l’argent aux pauvres), le principe de l’égalité de tous devant la justice, le Chabbat, la moralité sexuelle, l’honnêteté en affaires, l’honneur et la crainte des parents, le caractère sacré de la vie. C’est aussi dans la paracha Kedochim qu’est exprimé le principe que Rabbi Akiva qualifie de cardinal et dont Hillel dit « c’est là toute la Torah, le reste en est le commentaire » : aime ton prochain comme toi-même.» ravbenchettrit.com La sainteté est-elle ringarde ? Nous demande quant à lui Philippe Haddad. Parler de sainteté aujourd’hui, c’est parler d’un monde inconnu, utiliser un vocabulaire d’un autre temps, d’une autre époque. Il est possible que le terme paraisse ringard, et pourtant, il nous semble présenter des thèmes toujours d’actualité.

Avec le Rav Philippe Haddad, nous voyons par exemple que la crainte des parents, qui n’a rien à voir avec la peur, ou la « trouille » du gendarme, mais qui signifie assumer une filiation, même si le conflit des générations obligera le jeune à trouver sa voie personnelle. Les crises de sociétés naissent souvent de malentendus entre les géniteurs et leurs progénitures. « Ne pas médire, ne pas colporter », le fameux « lachon hara ». Quelle est donc cette fameuse thérapie sociale qui consiste à dire du mal de son voisin ? Quelle part de meurtre symbolique sous-tendent ces paroles accablantes, voire, accusatrices ? L’autre fameux « tu aimeras ton prochain comme toi-même » ! Bien entendu, il ne s’agit pas ici d’un rapport amoureux, mais bien d’une responsabilité envers autrui, d’une attention par rapport à ses manques. Bref, la sainteté, ce serait autre chose que la fuite du monde ou un rejet de la société des hommes ; ce serait une vigilance quotidienenne envers ceux qui nous sont le plus proches : nos parents, nos collègues, nos voisins, D.ieu… On peut peut-être lire les livres du Bon D.ieu sans tomber dans les bondieuseries !

Sur ce verset “Soyez saints” (Lévitique 19, 2), le rav David Hanania Pinto nous explique que les Sages disent : “Éloignez-vous de l’impudicité et des transgressions” (Vayiqra Raba 24:6, Rachi Ibid.). Il faut se demander quel est le lien entre les parachiyote A’haré Mote et Qedochim, qui sont le plus souvent lues ensemble (..). Le Ba’al Hatourim écrit à ce propos : « Il est écrit ci-dessus : respectez mes barrières, et tout de suite après : soyez saints, car si l’on se garde de la faute on ne rencontre plus la tentation du péché » (Yoma 38b) et on est sanctifié d’en haut (Ibid. 39a)” (Lévitique 19, 2). Comme dans beaucoup d’autres endroits, la Torah nous met ici en garde sur la sainteté et la pureté des benei Israel, en leur enjoignant de s’écarter des coutumes et des cultures des autres peuples. Le Rambam écrit à ce propos (Hilkhoth ‘Aqoum, I, ch. 11) : “On n’observe pas les coutumes des non-juifs et on ne cherche à leur ressembler ni par le vêtement ni par la coiffure, ainsi qu’il est écrit : “Vous n’adopterez pas les lois de ce peuple” (Lévitique 20, 23), “Ne vous conformez pas à leurs lois” (Ibid. 18, 3), ou encore “Prends garde de te fourvoyer sur leurs traces” (Deutéronome 12, 30).

Tout cela traite du même sujet, qui est de se garder de leur ressembler : le juif doit être différent d’eux.” La Torah nous a particulièrement mis en garde contre le fait de se mélanger à eux (par le mariage) : “Ne te marie pas avec eux, ne donne pas ta fille à son fils et ne prends pas sa fille pour ton fils” (Deutéronome 7, 3) et le Rambam enseigne que cette interdiction s’applique à tous les peuples (Hilkhoth Issouré Bia, ch. 2 hal. 1). Elle a pour but de nous empêcher d’apprendre de leurs actes et de leur mauvaise conduite, en particulier dans le domaine des mœurs, comme l’ont dit les Sages : “Dix mesures d’immoralité sont descendues dans le monde… [et neuf ont été prises par certains peuples]” (Qidouchin 49b). On entend pourtant souvent des gens qui demandent pourquoi la Torah est tellement opposée aux mariages mixtes, sans manifester la moindre pitié pour deux personnes qui voudraient se marier.

On demande aussi fréquemment pourquoi les choses sont rendues si difficiles à un non-juif qui souhaite se convertir : on le fait revenir sans cesse (“On repousse le prosélyte trois fois”, et s’il insiste, à partir de là on l’accepte (Ruth Raba 2, 17). Les Sages ont dit que de nos jours, il faut demander à un prosélyte : “Pourquoi veux-tu te convertir, ne sais-tu pas que les juifs sont persécutés et accablés de malheurs ?” (Yébamoth 47a). De plus, on l’informe que ce qui lui était permis jusqu’à présent lui devient interdit et on lui signale qu’il ne doit pas venir se plaindre ensuite sous prétexte qu’il y a beaucoup de juifs qui n’observent pas la Torah et les mitsvote sans que cela change rien à leur statut de juif, alors qu’on l’oblige pour sa part à prendre entièrement sur lui le joug de la Torah et des mitsvote. Cela paraît injuste !

Pour l’expliquer, il faut commencer par la dernière question : pourquoi les juifs qui n’observent rien restent-ils néanmoins juifs (“les benei Israel, même s’ils fautent, se repentent et sont des juifs” (Chemoth Raba 23:11), alors qu’un non-juif qui veut se convertir doit accepter le joug de la Torah et des mitsvote ? C’est qu’un juif de naissance le restera jusqu’au jour de sa mort, parce qu’il naît avec une étincelle qui le prédispose à se repentir, fût-ce au dernier instant de sa vie, fût-ce dans une autre incarnation où il devra réparer ses fautes (Zohar II 91b, 76b). Si rien de tout cela ne se réalise, il recevra son châtiment dans le Guéhénom, où il sera purifié et sanctifié afin qu’il ne reste en lui aucune scorie (II Samuel 14:14).

Le Or Ha’haïm traite également de ce point à propos du verset : “Le nom de l’homme d’Israël frappé était Zimri fils de Salou” (Nombres 25:14). La raison pour laquelle il est dit “l’homme d’Israël” avant de dire “frappé” peut se comprendre à la lumière de l’enseignement des kabbalistes selon lequel rien ne se perd des étincelles de sainteté, toutes méritant en fin de compte de retourner à l’endroit d’où elles étaient venues. Même si un homme d’Israël se conduit mal et s’attaque à son âme, il finira tout de même par revenir à sa source, c’est pourquoi il est dit “le nom de l’homme d’Israël” : il continue à porter le nom d’Israël même après son acte, pour nous enseigner qu’il n’est pas arraché de sa racine.” Ce n’est pas le cas du non-juif, qui est né sans la moindre étincelle de retour à D.ieu. En outre, rien ni personne ne l’oblige à se convertir au judaïsme, bien au contraire le judaïsme voit souvent d’un mauvais œil la présence des prosélytes (Yébamoth 47b).

Par conséquent s’il décide de faire ce pas pour diverses raisons, il doit observer la Torah et les mitswote dans leur intégralité, et ne peut pas demander pourquoi tel autre juif ne les observe pas sans cesser pour autant d’être juif, alors que si lui négligeait ses engagements, il jetterait un doute sur la valeur de sa conversion, sans compter que s’il a la nostalgie de sa vie antérieure, il risque de se détériorer encore davantage et de revenir à sa situation initiale (Qidouchin 17b). En effet, si les Sages ont interdit au juif de naissance de s’approcher de tous les endroits qu’il fréquentait avant de se repentir (Chabath 13a), comme le nazir à qui l’on dit de faire tout le tour du vignoble pour ne pas y rentrer, ou encore, dans le langage du Rambam : “Au point que celui qui connaît tout ce qui est caché puisse témoigner sur lui qu’il ne retombera plus jamais dans cette faute” (Hilkhote Techouva ch. 2 halakha 2), à plus forte raison un converti doit-il prendre garde à se tenir soigneusement écarté de son passé sans y rester lié fût-ce par un seul élément. S’il accepte tout à l’exception d’une seule chose, on ne le reçoit pas (Tan’houma Vayiqra 2), parce ce que cette chose unique entraînerait une nostalgie du tout et sa conversion ne serait pas parfaite. Ce n’est pas pour rien que nos Sages ont interdit de rappeler ses antécédents à un converti (Baba Metsia 58b) : cela créerait en lui une nostalgie et une envie de faire marche arrière.

Mais aujourd’hui, à cause de nos nombreuses fautes, on trouve beaucoup de gens qui se convertissent en divers endroits en cachant la vérité aux dayanim, (juges rabbiniques), à savoir, qu’ils n’ont pas d’autre intention que de se marier avec un conjoint juif. Ils doivent savoir que ce ne sont pas les dayanim qu’ils trompent, mais eux-mêmes, car un doute très sérieux plane sur leur conversion. Quant à tous ces juifs et juives qui les épousent, et trompent le beith din en connivence avec eux, ils encourent un très grand châtiment et devront rendre compte de leurs actes. Les enfants de ce couple tourneront mal, renieront la Torah et les mitsvote, et se révolteront contre tout le peuple d’Israël dans son ensemble. Le cas d’un converti sincère qui veut être un juif observant de la Torah et des mitsvote, par amour et respect pour D-ieu, est bien différent. Celui-là méritera qu’il y ait dans sa descendance des justes et des hommes pieux, et que sortent de ses fils des fils qui seront saints, et des filles qui épouseront des cohanim (Bamidbar Raba 8, 10). Il s’appelle guer tsédeq (“converti selon la justice”) (Sanhédrin 96b), car il souhaite véritablement s’associer à l’héritage d’Israël.

Tout ce que nous venons de dire nous aidera aussi à comprendre l’interdiction des mariages mixtes (qui va encore plus loin que le cas des convertis hypocrites), ainsi que celle d’observer les lois des autres peuples (“Ne vous conformez pas à leurs lois” (Lévitique. 18, 3)). Quelles sont ces lois ? Rachi dit qu’il s’agit de leurs conventions sociales et culturelles, leurs théâtres, leurs stades et choses du même ordre. Pourquoi donc avons-nous reçu l’ordre de fuir ces comportements, quel mal y a-t-il ? On sait qu’au début, les autres peuples se présentent avec leur culture qui paraît pleine d’idées bonnes et sages, mais quand on se laisse séduire, on ne peut plus s’échapper, on tombe dans le piège des théâtres, des cafés, des stades et ainsi de suite, toutes choses parfaitement interdites, et on finit par en arriver aux trois fautes les plus graves (idolâtrie, relations interdites et meurtre). La Tora met en garde contre ce qui risque de se passer à la fin, et défend de se conduire comme les autres peuples pour ne pas tomber complètement entre leurs mains.

On peut illustrer cette idée par l’histoire des enfants de Jacob, quand ils sont descendus en Égypte. Au début, les égyptiens leur ont donné ce que le pays avait de mieux, la terre de Gochen (Genèse 47, 6, 11). Il n’y a pas de plus grands égards que d’installer ses invités à un endroit beau et bon… mais les résultats ont été mauvais : “Ils conçurent de l’aversion pour les benei Israel ” (Yalqout Chimoni Chemoth 1 sur Exode 1:12), car ceux-ci se sont laissés tenter par les égyptiens et leurs théâtres au point que les autochtones en ont eu assez ; or une faute en entraîne une autre (Avoth 4:2), si bien qu’ils en sont arrivés à ne plus tenir aucun compte de la Torah et ont atteint la quarante-neuvième porte de l’impureté (Zohar Yitro 39a). C’est pourquoi la Torah met en garde : “Les pratiques du pays d’Égypte où vous avez demeuré, ne les imitez pas” (Lévitique 18, 3). Les benei Israel devaient effacer de leur mémoire tout ce qu’ils avaient fait en Égypte, pour cesser d’en subir l’influence et ne plus être vulnérable dans l’avenir. On apprend de ce verset qu’il suffit parfois d’apercevoir quelque chose d’interdit pour que cela ait des répercussions dans l’avenir, principe qui s’applique également à l’impure télévision, qui peut faire beaucoup de mal à l’homme pour le restant de ses jours.

En effet, pendant les 210 ans où les benei Israel ont vécu en Égypte, non seulement ils n’ont pas pris du bon temps mais ils ont été réduits à un esclavage terrible. Il est donc bien évident qu’ils n’avaient pas le temps de se livrer aux mêmes plaisirs que les égyptiens. Pourtant, les voir se comporter de façon interdite à un moment où ils étaient esclaves leur a causé du tort pour l’avenir, au point que la Torah nous a enjoint de ne pas y revenir. À plus forte raison cela est-il vrai d’un spectacle ou d’un acte interdit à un moment où l’on n’est pas esclave… on risque alors de tomber totalement sous l’influence empoisonnée des non-juifs. Les véritables conventions socioculturelles que tout juif doit s’efforcer d’observer sont celles dont il est écrit : “Tiens-toi fermement aux préceptes sans jamais faiblir, sois-leur fidèle, car ils sont ta vie” (Proverbes 4:13). Les préceptes, c’est la Torah, comme l’écrit Rachi sur ce verset. C’est aussi la crainte d’Hachem, ainsi qu’il est écrit : “La crainte d’Hachem est la leçon de la sagesse” (Ibid. 15:33) et ce n’est que par l’étude de la Torah et par la foi que l’homme acquiert une véritable fidélité et mérite une vie digne de ce nom.

« Tu aimeras ton prochain comme toi-même, je suis l’Eternel.  » (Lévitique, 19, 18) Il est écrit réellement « comme toi-même ». C’est a dire, bien sur, ne pas faire a l’autre ce que l’on ne désire pas que l’on nous fasse, mais également rechercher pour l’autre autant de bien que ce l’on en voudrait pour soi-même, ressentir pour l’autre la même peine que l’on ressent pour soi-même, excuser les erreurs de l’autre de la même facon que l’on excuse les siennes … Et tout ceci doit s’appliquer a chaque juif quel qu’il soit: à nos proches bien sur, mais aussi bien à celui qui nous a fait du tort, ou à celui que l’on n’a jamais vu. Comment mettre en pratique ce commandement de façon concrète ? Nous demande Chlomo. Un exemple : Un commercant ne reste pas chez lui de façon passive, en attendant qu’un client éventuel s’y présente. Il ouvre des magasins, organise des campagnes publicitaires, prospecte de nouveaux clients, car il s’agit de son propre argent. Et bien c’est avec le même engouement que devons aider l’autre : sortir à la rencontre de celui qui a besoin d’aide, et ne pas attendre qu’il se présente.

Il peut s’agir, selon Harrissa.com, de personnes malades qui ont besoin de reconfort, de pauvres qui ont besoin d’aide financière, de familles qui ont besoin d’un prêt passager, de mères de familles à qui on peut donner le moyen de se reposer … On peut trouver ainsi de nombreux exemples. Et de même que nous devons aider les autres de facon matérielle, nous devons les aider de façon spirituelle. Que ce soit dans le domaine des connaissances en Torah et de sa compréhension, ou que ce soit dans le domaine des bons comportements et des bons sentiments, nous avons le devoir de faire profiter les autres de ce que nous avons et de les aider ainsi à progresser. Bien entendu, ceci concerne chacun d’entre nous, y compris ceux qui se considèrent eux-même comme des « pauvres spirituellement », de même que le pauvre financièrement a lui aussi le devoir de donner de l’argent pour aider d’autres pauvres. Et tout ceci doit être fait dans la mesure de « comme toi-même », c’est-à-dire avec la volonté de transmettre réellement à l’autre tout ce que l’on possède dans ce domaine, et afin que lui-même puisse le transmettre à son tour.

Parmi les lois de la Torah, il ne nous est pas permis de faire un classement, de considérer l’accomplissement de telle mitsva, plus important que de telle autre nous informe le rav Jean Schwarz. Cependant, plus d’une fois, nos Sages se sont posé la question : Quelle loi de la Torah est-elle à même de résumer le but qu’a recherché l’Eternel en nous faisant connaître les règles de vie que contient son message ? Rabbi Akiba, se faisant le porte-parole de nos Sages, répond : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même « , voilà le grand principe de la Torah toute entière. Dans toute notre vie nous ne devons pas avoir d’autre but que l’observance de cette mitsva. Les autres commandements ne sont là que pour nous aider et nous entraîner à mieux accomplir ce grand devoir d’amour ». Toutes nos actions, en effet, doivent avoir en vue le bien-être des hommes. Tous nos efforts, notre propre perfectionnement même, doivent tendre à augmenter en nous la dose d’amour que nous pouvons distribuer autour de nous. Tous les jours de notre existence, nous nous devons de semer autour de nous, du matin au soir, des graines de bonheur et de les arroser d’amour pour qu’elles germent et produisent à leur tour des fruits.

Aimer le prochain c’est respecter sa personne, sa vie, ses biens, ses convictions, sa personnalité. Aimer son prochain, c’est l’encourager, l’aider, le soutenir. L’aimer comme soi-même, c’est tendre à obtenir pour lui tout ce que nous désirerions obtenir pour nous-mêmes; c’est le considérer comme un autre soi-même qui a les mêmes désirs, les mêmes besoins que nous; qui a droit au même respect, à la même justice, au même amour que nous, quelles que soient sa couleur, sa foi, ses opinions. Tout cela uniquement parce qu’en tant qu’homme il est indubitablement notre frère, égal à nous en tous points. Et s’il arrivait que nous, de notre côté, nous nous contentions de peu et acceptions que l’on ne nous respecte pas, nous n’aurions pas pour autant le droit d’exiger de notre prochain qu’il sacrifie, lui aussi, comme nous le faisons, les droits imprescriptibles de la personne humaine. II nous faudrait, dans ce cas-là, lutter pour qu’il obtienne lui, ce que nous méprisons nous. Oui, l’amour peut être capable de telles exigences pour le bonheur de l’autre.


La paracha constitue la suite logique d’A’harè mote, nous rappelle le Grand Rabbinat du Québec. En effet après que la Torah eut prescrit toutes les règles concernant les ârayot, impudicités et liaisons interdites, Qédochim recommande aux Bené Yisrael d’être saints. Il ne suffit point de s’éloigner de toutes les pratiques abominables connues en Égypte et réprouvées par D.ieu, il faut en plus se sanctifier, autrement dit aller jusqu’à s’interdire même ce qui est permis. L’importance de cette paracha se trouve soulignée puisqu’elle est enseignée en présence de tout le peuple, comme pour Mattane Torah, le don de la Torah. En effet, en plus de s’adresser à toute la communauté d’Israël comme ce fut le cas de la Révélation divine au Mont Sinaï, prescrit-elle des commandements qui correspondent aux dix paroles du décalogue. Cependant, quand bien même une telle correspondance serait-elle établie, pour quelle raison la Tora procède-t-elle à cette répétition ? Une différence majeure existe, nous semble-t-il, entre les deux textes. Celui du décalogue est au singulier. Sans doute, ne fut-il transmis qu’à Moché. En revanche, ce texte étant au pluriel signifie que toute la communauté d’Israël est aussi concernée par ces prescriptions tant par le texte du décalogue que par sa reprise dans la paracha Qédochim.


La sainteté parfaite est du domaine de D.ieu ; néanmoins les hommes ont le devoir de Lui ressembler. Pour ‘Hatam Sofèr, il existe chez les peuples des saints qui ne le sont que par répulsion pour le monde et leurs appétits physiques et matériels qui s’y rattachent. En revanche, concernant Israël, les saints tendent véritablement à ressembler à leur Créateur conformément au texte car Je suis saint et non par répulsion pour le monde. « Révérez chacun votre mère et votre père, et observez Mes Chabbat : je suis l’Ét’ernel, votre D’ieu. Révérez chacun, votre mère et votre père et observez Mes Chabbat. » Quel lien logique relie les deux versets, soyez saints et révérez chacun, votre mère et votre père? De même quel est le lien entre révérez les parents et observez Mes Chabbat? Or ha’Hayim établit ainsi ce lien : le non respect de l’interdit de la débauche et des impudicités entraîne le non respect des parents. Le Talmud Sanhedrin 52a. enseigne : « Quiconque s’adonne à la débauche, et par conséquent, s’éloigne de la voie qui mène à la sainteté attire sur ses parents le mépris de tous et les créatures maudissent ceux qui lui ont donné naissance. »


Yossèf s’apprêtait à fauter avec la femme de Potifar n’était l’apparition du portrait de son père qui l’en empêcha à la toute dernière minute (Voir Sota 36b). Ainsi grâce au respect dû à son père, Yossèf put garder sa sainteté. Le Zohar III 301b attribue le jour du Chabbat à Yossef, chaque jour de la semaine revenant à un tsaddiq, un Juste. Et Yossef, s’écartant de la âvèra chèl ârayot, la faute de l’impudicité, mérite d’être le patron d’un jour aussi saint. De plus, le texte précise : « observez Mes Chabbat ». Le pluriel fait allusion tant au Chabbat, jour saint de la semaine, qu’au bérit mila, l’alliance de la circoncision, car quiconque respecte cette alliance mérite d’être appelé saint comme le Chabbat. Mais Rav Alchèkh souligne que la sainteté conduit la personne à la vie du Ôlam ha-ba, le monde à venir. En revanche, les parents lui procurent la vie dans ce monde. Et sans la vie de ce monde, l’homme ne saurait prétendre au monde futur. Aussi faut-il autant craindre et respecter les parents que viser la sainteté.


Mais malgré la prescription de respecter ses parents, l’homme est tenu d’observer les chabbat : « Si ton père te dit : profane le Chabbat ! Ne l’écoute pas. De même pour toutes les autres prescriptions car Je suis l’Ét’ernel votre D’ieu, toi et ton père, vous devez m’honorer. C’est pourquoi tu ne dois pas lui obéir pour annuler Mes paroles » cf. Rachi. Cependant pourquoi la Torah a-t-elle choisi la mitsva du Chabbat pour enseigner que le respect des parents s’arrête là où intervient le respect dû au Créateur? C’est que l’homme, bien que redevable à ses parents de son existence, doit toujours penser que, sans D.ieu, ses parents eux-mêmes n’auraient jamais existé. Aussi le Chabbat est-il cité en preuve de la création du monde par D.ieu.


«Ne vous adressez point aux idoles et ne vous fabriquez point des dieux de métal ». S’agissant d’établir un lien avec ce qui précède, Kéli Yaqar enseigne qu’il est naturel, après avoir recommandé la crainte et le respect des parents, que le texte passe à l’interdiction de l’idolâtrie. Un idolâtre a, certes, tendance à considérer sa divinité et son idole comme des parents ainsi qu’il est dit (Yirmiya 2, 27) : « Ils disent au bois : Tu es mon père! à la pierre : C’est toi qui m’a donné la vie ! » Le texte exclut donc du respect tout autre intervenant. La naissance d’un être humain est le fait de l’association du père, de la mère et de D.ieu. « Ne vous adressez point aux idoles » S’adresser aux idoles, même en pensée, est interdit car la pensée en matière d’idolâtrie équivaut à l’acte. C’est pourquoi de la péniya, la pensée, le texte passe aussitôt à l’interdit de fabriquer des dieux qui est l’acte. Rav Alchèkh, quant à lui, trouve qu’en recommandant la crainte et le respect des parents qui lui procurent la vie de ce monde, l’homme serait enclin à penser que les astres, les étoiles et les êtres célestes, parce qu’ils contribuent à la vie de ce monde, méritent de retenir sa considération au point de les vénérer et les adorer. C’est pourquoi le texte interdit de s’adresser à ces divinités et de fabriquer des dieux en métal.


« Et quand vous sacrifierez une victime rémunératoire à l’Ét’ernel sacrifiez-la de manière à être agréés.» Le qorbane chélamim, sacrifice rémunératoire, est appelé ainsi parce qu’il n’est point sacrifié pour réparer une faute. Chélamim, dérive de, chalom, parce qu’il ramène la paix entre l’homme et son Créateur. Ainsi l’homme qui satisfait aux exigences de sainteté, respectant père et mère, observant les Chabbat et n’adorant point les idoles, n’aura à sacrifier que des chélamim. Il ne se rend point coupable de quelque faute nécessitant une réparation. C’est le meilleur sacrifice aux yeux de l’Ét’ernel. Il est offert de manière à être agréé. Toutes les lois énoncées dans cette paracha montrent combien la Torah vise essentiellement l’unité du peuple d’Israël afin de le conduire à la délivrance totale. « Parle à toute la communauté des enfants d’Israël » afin de la maintenir solidaire et unie. L’unité est cette particularité qui fait d’Israël un peuple élu. Aussi pour cette raison la paracha s’achève-t-elle sur l’élection du peuple d’Israël qui, parce qu’il doit se comporter selon les lois de sainteté, à été choisi d’entre tous les peuples. Ainsi dira-t-elle (Vayiqra 20, 26) : « Soyez saints pour Moi, car Je suis saint, Moi l’Éternel, et Je vous ai séparés d’avec les peuples pour que vous soyez à Moi. »


Les maîtres d’Israël, nous explique « L’Essence de la Torah », ont dit que le corps de la Torah dépendait de la paracha de Kédochim. Pour atteindre la sainteté, il ne faut pas se détacher de la matérialité, mais au contraire le sanctifier par un travail incessant sur sa pensée, sa parole et ses actes. Cette sanctification sera possible après un long travail de séparation et de maîtrise de ses désirs, pour ensuite les réintégrer dans un double mouvement qui ira du haut en bas, puis de bas en haut. C’est ainsi que le Ramhal décrit l’homme saitn dans le dernier chapitre de Messilat Yecharim, après qu’il ait gravi tous les échelons des valeurs morales que la Torah demande de lui : « L’homme qui se sanctifie par la sainteté de son Créateur élève ses actes les plus matériels au niveau dinvin. » Le Talmud enseigne d’ailleurs que la consommation des aliments sacrés provenant des sacrifices est un commandement positif de la Torah : « Les Cohanim mangent les viandes des sacrifices, et les fauteurs expient ainsi leurs fautes. » (Pessa’him 59b)… Ainsi l’homme saint est considéré comme un sanctuaire, un Temple, un autel… La nourriture et les boissons que l’homme saint consomme s’élèvent, comme si elles étaient offertes réellement sur l’autel. » (Messilat Yécharim.chap. 26)


(Sources : Chabbad.org – ravbenchettrit.com – Rav Philippe Haddad, J15.village.over-blog.com – Rav David Hanania Pinto Breslev.co.il – Chlomo – Harissa.com – Rabbin Jean Scwharz, Lamed – Grand Rabbinat du Québec – Rav Mordekhaaï Chriqui, Dr Avraham-Gilles Morali, L’Essence de la Torah)

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La première vous donnera la conception juive de la mort et la seconde paracha vous donnera la conception juive de la vie qui est la qédoucha :

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Rav Yehoshua Rahamim Dufour

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Le jour juif commence la veille au début de la nuit ; il se termine au coucher du soleil.  En tous cas, l’allumage des bougies de Chabbate ne doit pas se faire plus tard que 18 minutes avant le coucher du soleil. (Source : Modia)
Il est indispensable de lire la traduction en français de chaque paracha avant ce commentaire pour bien le comprendre. Texte dans la Bible hébraïque ici : Lire le texte

29e Paracha – A’haré Mote: Après la mort… Vayiqra (Lévitique) 16, 1 – 18, 30

Le nom de la paracha de cette semaine fait référence à la mort des 2 fils d’Ahraon, Nadab et Avihou. Elle fait la transition entre tout ce qui concerne le rôle du Grand Prêtre (le Cohen Gadol réparant les préjudices causés par Adam), et les prescriptions de sainteté concernant chacun des membres du peuple d’Israël. Après la mort des fils d’Aaron, D.ieu prescrit à ce dernier, par l’intermédiaire de Moïse, la liturgie du korbane (rapprochement) de Yom Kippour, avec ses korbanote (pluriel de korbane) spécifiques, les rites à effectuer dans le Saint des Saints – lieu du sanctuaire le plus intérieur, où se trouve l’Arche sur laquelle réside la Présence divine – et l’envoi du bouc émissaire. Il interdit d’apporter des korbanote hors de l’enceinte sacrée et insiste sur la valeur absolutrice du sang, ainsi que l’interdit de sa consommation. La paracha se clôt sur l’énumération des interdits sexuels : les divers cas d’inceste, les rapports avec une femme en menstrues, l’adultère, les rapports homosexuels, la bestialité. Elle interdit également de consacrer ses enfants au Moloch et précise que c’est parce que les Cananéens se sont ainsi complus dans ces abominations que la terre de Canaan les vomit. « Vous observerez Mes lois et Mes statuts, parce que l’homme (ha-adam) qui les pratique obtient, par eux, la vie Je suis l’Eternel ». (Lévitique 18,5) L’exposé des prescriptions en vue de la sainteté – commencé dans cette paracha A’haré mot – va se poursuivre dans les parachas suivantes ; il s’adressera à tous les enfants d’Israël dans la paracha Kédochim, puis plus spécifiquement aux prêtres dans la paracha Emor ; dans Béhar, il sera question de la sainteté du temps (chabbat, fêtes…), et des relations sociales et professionnelles.


Cette paracha, nous dit le rav Jacques Kohn, commence par un verset qui semble totalement étranger au sujet qui en fait la substance : « Hachem parla à Moïse après la mort des deux fils d’Aaron qui, en s’approchant devant Hachem, étaient morts » (Vayiqra 16, 1). Pourquoi ce rapprochement entre la mort des fils d’Aaron et le service de Yom kippour, rapprochement d’autant plus insolite que celle-ci a eu lieu le jour de Roch ‘hodèch nissan, alors que Yom kippour tombe en tichri, soit six mois plus tard, demande le rav Jacques Kohn ? Une première façon de comprendre ce rapprochement nous est proposée par la Guemara Yerouchalmi Yoma 1, 1, ainsi que par Vayiqra rabba 20, 12 : « De même que Yom kippour procure propitiation des péchés (kappara), de même la mort des tsaddiqim procure-t-elle propitiation des péchés. » En d’autres termes, il existe une parenté étroite entre la mort des fils d’Aaron et le jour de Kippour : Ils contribuent l’un comme l’autre à la rémission de nos fautes. Essayant d’approfondir ce principe, nous pouvons constater que, très souvent dans notre histoire, des événements bénéfiques exceptionnels ont été précédés par des tragédies. Il en a été ainsi de la mort de Nadav et Avihou, survenue en pleine inauguration du Tabernacle.


Il en a été ainsi également de l’incident survenu à Pérets-‘ouzza lorsque, tandis que l’Arche sainte était transportée à Jérusalem depuis Qiryath-Ye‘arim où elle avait été déposée après avoir été reprise aux Philistins qui l’avaient capturée. Un homme nommé ‘Ouzza fut foudroyé par Hachem parce que, dans l’allégresse de son retour, il l’avait touchée (II Samuel 6, 1 et suivants) alors que, n’appartenant pas à la tribu de Lévi, il n’avait pas le droit de le faire. Il en a été pareillement (II Samuel 24, 1 et suivant) lorsque périrent 70 000 hommes juste avant que David ait acquis l’aire d’Arauna sur laquelle son fils Salomon allait construire plus tard le Temple de Jérusalem. Selon une opinion très répandue, la création de l’Etat d’Israël a eu un rapport de causalité étroit avec la Choah qui l’a précédée de quelques années. Une situation tout aussi paradoxale, où l’on voit de l’impureté surgir la pureté, peut être observée lorsque l’on introduit dans un miqvé (bain rituel de purification) de « l’eau puisée » (mayyim cheouvim). Celle-ci était impure, mais elle va participer désormais de la pureté de l’eau du miqvé et contribuer à la purification de ce que l’on y trempera. Il en est de même, enfin, des cendres de la vache rousse : Celui qui les manipule devient impur, alors que ces mêmes cendres vont rendre pur celui qui était impur (metamei tehorim, metahèr temèïm).


« L’Eternel parla à Moché, après la mort des deux fils de Aaron, qui, s’étant approchés de D-ieu, avaient péri. » (Lévitique 16 – 1) D’après nos sages, les enfants d’Aaron, Nadav et Avihou, étaient des Tsadikim, des justes. Leur faute était qu’ils se soient tant approchés de D.ieu de sorte que leur corps n’a pu résister devant l’intense sainteté. Le désir de Nadav et d’Avihou était de s’approcher de D.ieu, jusqu’à se fondre en Lui. Cette volonté était si grande que leur âme les quitta. Cela s’appelle « mourir d’aimer ». Cet état d’esprit est en contradiction avec le projet Divin qui souhaite que l’âme réside dans le corps pour effectuer un changement dans le monde physique par l’accomplissement de la Torah et des mitsvote. Les fils d’Aaron symbolisent un aspect négatif de la volonté d’abnégation. L’homme doit ne jamais essayer de s’approcher de Hachem aux dépens de sa mission personnelle dans ce monde, et peu importe les motivations qui l’habitent. Le Talmud nous relate que « quatre personnes sont entrées dans le Pardess, le Verger : Ben Azaï jeta un coup d’œil et mourut… Rabbi Akiva entra en paix et en sortit en paix. »


« Entrer dans le Pardess », exprime la tentative d’atteindre les plus hauts niveaux dans l’union avec D.ieu et cela en se plongeant dans les dimensions ésotériques de la Torah. L’entreprise de Ben Azaï est restée sans succès, car comme chez Nadav et Avihou, sa soif extrême de sainteté le poussa à traverser des frontières interdites. C’est ce qui causa sa disparition. Rabbi Akiva, cependant, « entra en paix et sortit en paix. » La cause qui permit à Rabbi Akiva de « sortir en paix » est qu’il soit « entré en paix. » La motivation qui le poussait à s’approcher de D.ieu était le désir de mieux connaître D.ieu pour mieux accomplir Sa volonté ici-bas. Ainsi, il fut capable de traverser les dimensions les plus élevées en étant confronté à des choix difficiles et dangereux pour arriver, enfin, à un aboutissement positif. Néanmoins, Rabbi Akiva ne représente pas, encore, le niveau absolu du désir d’un Juif à accomplir la volonté de D.ieu en remplissant sa mission ici-bas. Cette position s’est concrétisée en la personne d’Avraham, le premier Juif.


Bien que sa motivation première ait été d’obéir à D.ieu, Rabbi Akiva désirait donner sa vie pour la sanctification du Nom de D.ieu. D’ailleurs, ce souhait s’accomplit, plus tard, lorsque qu’il fut torturé à mort par les romains. Juste avant de mourir, Rabbi Akiva déclara qu’il avait passé sa vie entière à espérer pouvoir vivre cet instant. Avraham, par contre, n’a jamais recherché cela. Il ne pensait qu’à D.ieu et sa vie entière fut consacrée à faire connaître Son Nom dans le monde. Si le sacrifice personnel s’était présenté, il aurait donné, volontiers sa vie, mais ceci ne représentait pas chez Avraham une fin en soi. Nous devons apprendre d’Avraham que notre souci primordial doit être d’accomplir la volonté de Hachem, sans y impliquer nos intérêts personnels, même si ceux-ci sont spirituels. Si toutes nos actions sont faites Lechem Chamayim – à l’égard du Ciel -, nous sommes assurés que notre « entrée dans le Pardess » et que « notre sortie » seront paisibles. Alors, notre service de D.ieu sera complet car il aura apporté la paix entre le spirituel et le matériel. (Likouté Si’hoth Vol III) –


« Il revêtira la tunique de lin de sainteté » (Lev. 16,4). D’après Jacob ben Isaac Achkenazi de Janow dans « Le commentaire de la Torah », le verset dit que le prêtre porte quatre habits pour Yom Kippour dont la tunique en lin. Il y avait 8 vêtements que le grand prêtre avait l’habitude de revêtir tout le reste de l’année (Lev. R. 21,10). Mais pendant Yom Kipour, le grand prêtre se trouvait à l’intérieur du Saint des Saints ; il ne devait pas porter d’habit en or, métal qui se trouvait dans l’idole faite par le peuple d’Israël dans le désert. Il fallait éviter que le prêtre ne rappelle ce péché en arborant un habit doré dans le Saint qui contenait l’Arche et le propitiatoire. Les 4 habits correspondent aux 4 groupes d’anges qui entouraient le trône divin. Les habits étaient en lin, afin que le grand prêtre s’humilie et se rabaisse, car le lin pousse dans la terre et le prêtre doit se souvenir qu’il vient de la terre et qu’il y retournera. Par contre, la laine des moutons est tirée d’un animal, donc d’une créature vivante. Les vêtements portés par le grand prêtre àYom Kippour aux 3 mondes dont l’homme est formé. Il mettait une culotte de lin sur la partie inférieure du corps, référence au monde inférieur qui sera entièrement détruit et décomposé, tout comme les aliments et les boissons absorbés qui sont digérés et expulsés. Ensuite, il mettait une ceinture de lin, correspondant au cœur de l’homme, c’est-à-dire au monde intermédiaire, espace où gravitent les astres. Ils ne cessent jamais leur rotation éternelle tout comme le cœur humain qui bat continuellement. Il portait également une tiare de lin sur la tête, allusion au monde des anges qui sont pure intelligence ; or, on sait que la tête de l’homme est le siège de l’intelligence et de la sagesse.


Le Talmud (traité Makot 23b) nous enseigne qu’il y a, dans toute la Torah, 613 commandements ; 248 Commandements Positifs (« fais ») et 365 Commandements Négatifs (« ne fais pas »). Toutefois, le Talmud ne donne pas la liste de ces commandements. Plusieurs grands sages du Judaïsme ont compilé une liste complète de ces commandements. La liste ci-après, qui concerne spécifiquement la paracha A’harémote, suit l’opinion de Maïmonide, tel qu’il les dénombre dans son œuvre maîtresse, le Michné Torah. Il est à noter que beaucoup de ces commandements (tels que ceux liés aux sacrifices) ne sont pas applicables tant qu’il n’y a pas de Temple à Jérusalem.


184. Pour les Cohanim, entrer à l’intérieur du Sanctuaire uniquement pour accomplir le service au Temple (3:16:2)
185. Servir au Temple le jour du Grand Pardon (3:16:3)
186. Ne pas tuer rituellement un sacrifice en dehors du Sanctuaire (3:17:3)
187. Couvrir le sang d’un animal tué rituellement (3:17:13)
188. Ne pas avoir de plaisir avec une femme ayant le statut de ‘ervah (3:18:6)
189. Ne pas découvrir la nudité de son père (3:18:7)
190. Ne pas découvrir la nudité de sa mère (3:18:7)
191. Ne pas avoir de rapport conjugal avec la femme de son père, même si elle n’est pas sa mère (3:18:8)
192. Ne pas découvrir la nudité de sa soeur, du côté de son père ou de sa mère (3:18:9)
193. Ne pas avoir de relations intimes avec la fille de son fils (3:18:10)
194. Ne pas avoir de relations intimes avec la fille de sa fille (3:18:10)
195. Ne pas avoir de relations intimes avec sa fille (3:18:10)
196. Ne pas avoir de relations intimes avec une soeur du côté de son père qui est la fille de la femme de son père (3:18:11)
197. Ne pas avoir de relations intimes avec la soeur de son père (3:18:12)
198. Ne pas avoir de relations intimes avec la soeur de sa mère (3:18:13)
199. Ne pas avoir de relations sexuelles avec le frère de son père (3:18:14)
200. Ne pas avoir de relations intimes avec la femme d’un frère de son père (3:18:14)
201. Ne pas avoir de relations intimes avec la femme de son fils (3:18:15)
202. Ne pas avoir de relations intimes avec la femme de son frère (3:18:16)
203. Ne pas avoir de relations intimes avec une femme et sa fille (3:18:17)
204. Ne pas avoir de relations intimes avec une femme et la fille de son fils (3:18:17)
205. Ne pas avoir de relations intimes avec une femme et la fille de sa fille (3:18:17)
206. Ne pas avoir de relations intimes avec deux soeurs en vie (3:18:18)
207. Ne pas avoir de relations intimes avec une femme dans la période de ses règles (3:18:19)
208. Ne pas donner nos enfants à l’idole Molech (3:18:21)
209. Pour un homme, ne pas avoir de relations sexuelles avec un homme (3:18:22)
210. Ne pas avoir de relations sexuelles avec un animal (3:18:23)
211. Pour une femme, ne pas avoir de relations sexuelles avec un animal (3:18:23)


« Car quiconque fera l’une de ces horreurs, les personnes qui les feront seront retranchées du sein de leur peuple. (Lév. 18,29) » Il existe 3 sortes de retranchement « karète) : le corps seul peut être retranché, d’autres fois, c’est l’âme ou bien ce sont l’âme et le corps qui le sont (Na’hmanide : Chaar ha gemoul, sur Lev. 18,29) Le premier cas concerne le grand juste qui commet une faute, comme par exemple un savant (en Torah) qui s’unit à sa femme après les 7 jours d’impureté rituelle, mais avant qu’elle ne se soit immergée dans un bain rituel. Ils s’allongent tous les deux dans le lit, lui dans ses habits et elle dans les siens. Ce savant meurt à mi-parcours dans le cycle de la vie, soit 35 ans. C’est un retranchement des ans et des jours. Il en est de même avec un vieillard qui commet une faute : il aura les ans retranchés, mais, comme il est très vieux, c’est impossible. Il a en effet déjà presque vécu la totalité de sa vie. Dans ce cas, le Saint, béni soit-Il, lui retranche des jours. Si son destin est scellé de telle sorte qu’il doit vivre 70 ans, il ne vivra pas jusqu’au terme normal de sa vie.


La Guemara dit (M.K. 28a, J. Bik. 2.1) : « Quand Rabbi Joseph eut 70 ans, il célébra une fête en se disant : « J’ai vécu jusqu’à maintenant, je ne peux plus être frappé par un châtiment divin, je sui devenu vraiment trop vieux. » Rabba lui demanda : « Certes, tu as échappé au retranchement des ans, mais qui te dit que tu as échappé au châtiment de la mort soudaine ? Peut-être as-tu commis une faute, si bien que tu ne vivras pas jusqu’au dernier des jours qui t’étaient normalement assignés par le destin. » Rabbi Joseph répondit : « Quoi qu’il arive, j’ai largement dépassé la moitié de mon existence. Il est devenu impossible de reconnaître ce châtiment de la mort soudaine ; comment savoir si la mort est due à une faute ou pas ? La mort par châtiment divin se reconnaît très bien quand un homme ne vit pas plus de 35 ans ; cela prouve immanquablement qu’il est coupable. Toutefois, en ce qui me concerne, je suis devenu trop vieux pour que l’on sache si je mourrai ou non frappé par ce châtiment. » Nos sages disent : Le Saint, béni soit-Il avertit la personne qui subit cette punition : si un vieillard meurt après 3 jours de maladie, c’est qu’il s’est rendu coupable. Le Talmud de Jérusalem explique : Comment sait-on qu’un vieillard qui mange de la graisse ou profane le Chabbat est coupable d’une mort par châtiment divin ? L’explication est : s’il meurt en un jour, il s’agit forcément d’une mort provoquée par le courroux de D.ieu. S’il meurt le 2ème jour, c’est une mort soudaine causée par l’effroi. Mais s’il meurt au bout de 3 jours, c’est une mort par châtiment divin. Toutes ces morts sont appelées extirpation du corps par châtiment divin.


Le verset dit à ce sujet : « Les personnes qui le feront seront retranchées du sein de leur peuple. » (Lévitique 18,29) Sur terre, le corps est retranché du peuple, mais l’âme gagne aussitôt le Gan Eden dans le monde avenir et elle se relèvera au moment de la résurrection des morts. L’autre extirpation, celle de l’âme, intervient lorsqu’une personne mange du levain à Pessa’h, ne jeûne pas à Yom Kippour, travaille pendant les jours redoutables ou couche avec une femme mariée. Dans tous ces cas, l’âme n’atteint pas le Gan Eden où demeurent d’autres âmes. Le verset dit : « Cette personne-là, son âme sera retranchée d’Israël. » (Ex. 12,15) Par contre, le corps ne sera pas retranché du monde. L’homme pourra vivre très longtemps en paix, acquérir des richesses, mais son âme disparaîtra dans le monde à venir. La 3ème extirpation est celle du corps et de l’âme ; celle-ci intervient lorsque quelqu’un adore une idole ou, D.ieu nous en préserve, profane le Nom béni. Dans ce cas, il est dit : « Cette personne est retranchée, retranchée de son peuple. » (Nombres 15,31) Le mot « retranché » est employé 2 fois, car son âme et son corps sont tous deux détruits ; le corps dans ce monde-ci et l’âme dans le monde à venir. Non seulement l’âme périra dans le monde à venir, mais elle devra également endurer pendant très longtemps les tortures de l’enfer. Ensuite, elle retrouvera l’apaisement, goûtera aux plaisirs et aux trésors d’équité du Gan Eden. Toutefois, cette âme ne pourra jamais trouver une place qui lui revienne en propre, comme c’est le cas pour les autres âmes.


Le B’ehayé écrit : « L’âme brille d’une lumière très pure, même dans le ventre de la mère où une lueur scintille au-dessus de la tête de l’enfant, comme l’indique la Guemara » (Nid. 16a et 30b, BHM 1,153-155) : « Une lumière brille dans la matrice maternelle, si bien que l’enfant voit d’un bout de la terre à l’autre ; au moment de naître, un ange apparaît : il frappe l’enfant sur la bouche et alors le bébé oublie aussitôt toute la Torah qu’il a étudiée dans le ventre de sa mère. Le lendemain matin, l’ange le conduit au Gan Eden pour lui montrer les justes qui y demeurent, leurs couronnes sur la tête. L’ange s’adresse à l’enfant : « Tous ceux qui sont assis là ont été créés sur la terre ; c’est à ton tour de t’y rendre. Tous ont étudié la Torah et respecté les commandements d’Hachem. C’est la raison pour laquelle ils ont mérité autant de prestige et d’honneur. Après ta naissance, fais de même et ainsi, tu deviendras digne d’une semblable gloire. Mais si tu ne respectes ni la Torah, ni les commandements, il te faudra demeurer ailleurs. » Le soir venu, l’ange conduit le bébé dans le Guehinom. L’enfant y aperçoit les impies en train d’être copieusement battus et de brûler en hurlant de douleur. L’ange dit : « Tous ceux-là n’ont pas respecté la Torah et les commandements ; ils sont condamnés à souffrir au Gehinom. Fais donc bien attention à toujours étudier la Torah et à respecter les commandements, afin de ne pas connaître à ton tour pareille humiliation. » Au moment de la naissance de l’enfant, l’ange frappait sa bouche et il oubliait instantanément tout ce qu’il avait vu ou appris. Cela nous explique pourquoi l’enfant pleure quand il vient au monde. Le Be’hayé ajoute : « Cela nous apprend que l’homme dans le ventre de la mère est prêt à recevoir la sagesse et l’intelligence, mais l’ange lui fait tout oublier. »


La Torah insiste sur le lien entre la possession de la Terre d’Israël et le respect des interdits sexuels. Mais quel rapport existe-t-il entre ces deux concepts ? Sortis depuis peu du pays d’Egypte et se rendant en Canaan, les Hébreux non seulement se trouvaient à mi-chemin, au sens propre du terme, entre deux pays différents, mais allaient aussi se sentir tiraillés entre deux modes de vie. Ils avaient certes peu profité de la civilisation égyptienne ; ils en avaient été plutôt les esclaves. Elle gardait cependant à leurs yeux un certain éclat, ne serait-ce que par le fait qu’elle leur fut jusqu’alors inaccessible. Ils pouvaient donc être tentés de vouloir l’adopter à leur tour maintenant qu’ils étaient libres. D’un autre côté, ils partaient pour Canaan, un pays dont ils connaissaient bien peu de chose. Cette terre leur était promise par Dieu: ils allaient bientôt en devenir les maîtres après en avoir dépossédé les habitants. En prenant possession des demeures cananéennes, de leurs édifices publics comme de leurs terres, ne seront-ils pas tentés d’hériter en même temps de leurs usages, de leurs lois, et pourquoi pas de leurs dieux ? Aussi, l’Eternel tient-il à les mettre en garde – pendant qu’ils se trouvent être entre l’Egypte et Canaan – contre cette double tentation.


Le peuple d’Israël venait de recevoir au Sinaï sa propre constitution. II avait dorénavant ses lois distinctives, édictées par D.ieu lui-même. II se devait d’avoir sa manière propre de vivre, ne pas chercher à droite et à gauche – ni en Egypte ni en Canaan – des règles de vie qui ne pouvaient être qu’inférieures aux siennes. Ce même genre de tentation existe pour tous ceux qui vivent parmi des non-juifs. II peut arriver que, par ignorance de sa propre valeur, on soit ébloui par la manière de vivre des autres; il se peut aussi que, plus simplement, on ne désire pas se faire remarquer en vivant différemment des autres. Et, petit à petit, on en arrive ainsi à remplacer son propre patrimoine, ses propres lois, son mode de vie, toute son identité, par des lois empruntées, qui ne nous sont pas adaptées et qui nous font perdre notre personnalité.C’est pourquoi l’Eternel ajoute – pour nous comme pour nos ancêtres – « Ce sont Mes lois et Mes statuts que vous devez observer: grâce à elles seules vous vivrez votre propre vie » (18, 10). « Les pratiques du pays d’Egypte où vous avez demeuré, ne les imitez pas; n’agissez pas non plus selon les pratiques du pays de Canaan où je vous amène, et ne suivez pas leurs lois.  » (Lévitique, 18, 3)


Si Hachem a estimé qu’il était bon et nécessaire de nous transmettre toutes ces lumières, même si elles sont trop fortes pour nos petites tailles en raison de nos fragilités et de nos défauts, ce n’est pas à nous de juger ni de décréter qu’elles ne sont pas notre voie, ni que nous n’en sommes pas dignes. C’est cela l’humilité : accepter l’extraordinaire Torah, simplement telle qu’elle est et parce qu’elle nous est donnée ; c’est le premier mot du Juif chaque matin : « Modé ani », je reconnais, j’accepte. Le Créateur nous a donné Sa Torah ainsi que ce maître-lumière qu’est Moïse ; à nous de l’accepter, nous devons même accepter d’oser dire le grandiose qaddiche et nous associer à ce que disent les anges (Baroukh kévod-Hachém miméqomo), bénédiction la gloire de Hachem depuis Son lieu). Lui Seul est capable de lier toutes les questions contradictoires de la lumière et de la médiocrité, voilà pourquoi on doit encore le reconnaître à l’heure où la mort est rencontrée, dans les petites morts ou dans la grande mort, et alors on le bénit encore en disant que, Seul, Il sait en cela où est la vérité que l’on ne peut comprendre, Lui qui est bénédiction (« Baroukh dayane haéméte », Béni est le juge de vérité). C’est par l’effet de Sa bonté qu’Hachem nous a faits à Son image et à Sa ressemblance. Il nous a fait connaître Son Nom et Sa Torah, Son peuple et Sa terre, ainsi que les secrets de la vie et de la mort, nous mettant devant l’épreuve pour que nous puissions nous dépasser. Si nous l’ignorons, Lui sait pourquoi, et ce n’est pas le lot de quelques individus éprouvés, c’est le lot de chacun d’entre nous, pour vivre plus, dans la vérité. Ainsi, le moins que nous puissions faire est de Lui témoigner un peu de reconnaissance, sans jugement, mais dans une confiance affectueuse.


Avec le rav Léon Askénazi, nous allons voir l’universalisme de la Torah qu’induit ce verset, le Torah Temima cite laberaïta suivante : Tania (on enseigne) : Rabbi Méir (Rabbi Baroukh Halévi Epstein) a dit (Baba Qama 38a) : « D’où savons-nous que même un idolâtre qui s’occupe de Torah équivaut à un grand prêtre ? C’est parce que le verset dit : « l’homme qui les pratique ». Il n’est pas dit : prêtres, lévites et fils d’Israël, mais « homme ». On serait tenté d’objecter à cela l’enseignement bien connu de la Guemara (Yébamot 61a) sur le verset du prophète Ezéchiel (Ezéchiel 34,31) : « Et vous, Mes brebis, brebis que Je fais paître, vous êtes (des) hommes (adam), Moi Je suis votre D.ieu, dit le Seigneur D.ieu. » Ce qui mène le Talmud à dire : « Vous êtes nommés adam, et les nations du monde (idolâtres) ne sont pas nommées adam ! »


Dans bien des milieux piétistes, on en conclut de façon fautive que seuls les Juifs seraient des hommes et que les goyim (les nations) ne le seraient pas ! Cela dénote de la part de ces milieux une ignorance extrême de la foi monothéiste d’Israël, qui n’est pas une « monolâtrie », ainsi que de la précision des textes qu’ils ne citent que très approximativement. On consultera avec profit la note des Tossafistes sur le sujet (Sanhédrin 59a) : « Il y a une différence entre adam et ha-adam. » Adam, sans l’article, désigne une lignée messianique qui va du premier Adam au fils de l’Homme, seule soumise à l’ensemble des commandements de la Torah, Ha-adam, l’Homme en général, désigne tous les hommes qui peuvent, a priori, être tous des justes selon la loi de Noé. Or, le verset d’Ezéchiel porte le mom « adam » et non « ha-adam ».


On comprendra donc que la traduction citée par nous (Traduction de la Bible du Rabbinat) est imprécise en français et c’est pourquoi nous l’avons citée sous cette forme : « vous êtes (des) hommes ». Le mot « des » est en trop, car il renvoie fautivement à l’article ha-adam. D’autre part, le verset d’Ezéchiel est interprété pour Israël seul, en ce qui concerne l’impureté contractée au contact du cadavre (Yébamot 61 a, sur Nombres 19,14). Du Torah Temima nous apprenons 2 choses essentielles : a) Un homme, de quelque peuple qu’il soit été qui s’occupe de Torah équivaut au Cohen Gadol. En effet, notre verset porte le mot ha-adam, qui signifie bien tout homme, même idolâtre ! La question de savoir si les goyim doivent être considérés comme idolâtres, fût-ce à leur insu, est un autre problème. Cette référence se retrouve aussi sous « Nations du monde ». b) Dans cette « occupation de la Torah », il ne s’agit pas d’étude comme l’indique habituellement le terme employé « la’assoq ba-Torah », mais bien de pratique, puisque le verset porte le terme « acher ya’assé otam » (qui les pratique).


Le Rav Eskenazi nous enseigne encore que Kéter Torah, la « couronne » de la Torah concerne d’une part Israël soumis aux 613 commandements de la loi de Moïse, et d’autre part les non-Juifs qui acceptent comme Torah les 7 commandements de la loi de Noé. En effet, on indique que la valeur numérique du mot « kéter » est 620, c’est-à-dire l’ensemble des 613 et 7. D’autres ajoutent que l’on compte 620 lettres dans le texte des 10 commandements du Sinaï. Cet enseignement universaliste est à méditer profondément, à l’heure où un particularisme exacerbé semble envahir les milieux piétistes de la communauté juive, tant à l’étranger qu’en Israël même.


(Sources : Editions Bakish – Rabbin Jacques Kohn, Chiourim.com – Chabbad.org – Jacob ben Isaac Achkenazi de Janow dans « Le commentaire de la Torah » – Talmud.blogspot.com – Rabbin Jean Schwarz, Lamed – Rav Léon Eskenazi « Leçons sur la Torah »)

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1. PARACHA DE LA SEMAINE –
D’abord, si vous ne l’avez pas lu, le commentaire de Modia sur la paracha Tazria, allez le lire absolument car vous y trouverez la conception juive de la femme, c’est indispensable à connaître.

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Puis nous sommes en cette nouvelle semaine vers ce futur Chabbate dans la 27e paracha de la Torah et la 5e paracha du 3e livre de la Torah, Vayiqra (Le Lévitique). Elle se nomme : Métsorâ: et nous éclaire sur la médisance. Mais aussi nous révèle la splendeur de MYRIAM.

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Nous sommes entrés dans le mois de Nissane, c’est celui de Pessah. Pour assimiler toute la puissance de cette fête, voyez ici  tout ce qui se passe chaque jour de ce mois et le sens de cela dans l’histoire, dans les textes et dans les vies, chez les Sages de vos traditions, le tout avec références, lien à la vie et photos.

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Le jour juif commence la veille au début de la nuit ; il se termine au coucher du soleil.  En tous cas, l’allumage des bougies de Chabbate ne doit pas se faire plus tard que 18 minutes avant le coucher du soleil. (Source : Modia)
Il est indispensable de lire la traduction en français de chaque paracha avant ce commentaire pour bien le comprendre.Texte de la paracha dans la Bible hébraïque ici : Lire le texte

28e paracha – Metsorâ : Lèpre Vayiqra 14, 1 – 15, 33

La paracha Metsora fait partie du Lévitique, la traduction littérale est « atteint d’impureté». Elle fait suite à la paraxha Tazria « sur la conception » et précède la Paraxha A’Haré’Mote. Ce passage évoque la pureté et l’impureté, il évoque aussi le conseil de l’Eternel à Moïse. Il lui indique avec beaucoup de détails les étapes du processus de retour à la purification d’une personne ateinte de métsora. L’Eternel donne des indications en matière de lieu, de délais et des sacrifices nécessaires. Toutes ces étapes nécessitent le recours au pontife « prêtre » et non à un médecin. De même, il prévoit un processus similaire en cas de pauvreté du lépreux. Puis l’Eternel s’adresse aussi à Aaron, frère de Moïse et Myriam, grand-prêtre, et évoque le cas de l’altération des murs dans une maison, puis élargit le débat sur la l’atteinte au pur et à l’impur. Enfin, l’Eternel évoque le cas de la gonorrhée, infection sexuellement transmissible, des pertes de matière séminale pour l’homme et de la période des règles pour la femme, tout en précisant les étapes pour le retour à la pureté, à savoir principalement le bain et l’attente du soir.

Le mot metsora est l’acrostiche de motsi chem ra, le diffamateur. Les fautes à l’origine de la tsaraat, sont au nombre de 11 ou sept suivant les sources : L’idolâtrie, le blasphème, l’impureté, le vol, la médisance, le faux témoignage, le jugement injuste, le sermenet vain, le vol, profoquer des querelles, le « mauvais œil » apparenté à l’avarice. La lachone hara, littéralement «mauvaise langue », est le péché le plus grave de tous ceux concernés par cette plaie qui revêtait la forme la plus maligne, car celui qui pratique la médisance ou la calomnie renie la Torah. Lorsqu’une personne critique une autre, trois personnes au minimum sont touchées et sont ou se meurtrissent elles-mêmes : la personne qui diffame, la personne ou les personnes qui écoutent et croient les ragots vrais ou faux, et la victime. Le metsora était soumis à des lois d’isolation particulières. Parce qu’il avait calomnié une personne, provoquant son « isolation » dans l’esprit de plusieurs, il était donc corrigé de la même façon et était coupé de la société afin de bien mesurer les conséquences de son acte vis à vis d’un membre de son peuple. Beaucoup de ces mesures étaient semblables à celles observées pour un deuil : Le metsora était exclu du camp, comme dans le cas de Myriam. Il devait déchirer son vêtement comme dans le cas d’un deuil. Il devait laisser pousser ses cheveux. Il devait se couvrir la bouche pour avoir diffamé son prochain et porter un voile sur la tête comme pour un mort. Il criait devant lui « impur, impur, tamé, tamé » afin que ceux qui le croisent puissent prier pour sa guérison.

Selon « Ashdod Café », la Tradition juive nous donne une interprétation très intéressante du processus de l’évolution de la plaie de tsaraat destinée à corriger celui qui commet ce péché. Les lettres de l’alphabet hébreu peuvent se regrouper en sept groupes de trois lettres qui peuvent se permuter six fois entre elles et former des racines de mots. Suivant ce principe, la racine du mot tsaraat, tsara se permute comme suit et décrit l’évolution de la maladie destinée à ramener le pécheur dans le droit chemin :
1. tsara, צרע la plaie en elle-même
2. tsaar, צער douleur, attrister
3. raats, רעץ briser
4. ratsa, רצע frapper, fouetter,
5. atsar, עצר stopper et maîtriser, régner
6. arats, ערץ rendre l’honneur à une personne que l’on craint et révère.

D.ieu frappe, la douleur est forte et provoque un brisement. Des souffrances sont occasionnées par la correction. La correction produit son effet et le fauteur se repent. Il va essayer de maîtriser et de contrôler sa langue pour finalement plier le genou en reconnaissance au Créateur Qui corrige celui qu’Il aime. Avec la maladie, D.ieu prévoit toujours le remède. Il est la Source de la guérison, et le verset suivant nous le dévoile : Si un homme a dans la peau de sa chair une tumeur, ou une dartre, ou une tache blanchâtre, et qu’elle soit devenue, dans la peau de sa chair, une plaie comme de lèpre, on l’amènera à Aaron, le Cohen, ou à l’un de ses fils. (Lévitique 13:2).

Qui est le pontife ? Il s’agit du « Cohen Gadol». Dans le Lévitique, il s’agit d’Aaron ou l’un de ses fils. Il est l’intermédiaire entre l’Eternel et l’ensemble de la communauté. Le nom de la paracha, Metsora, signifie : « une personne atteinte de tsaraat ». La tsaraat, que nous avons rencontrée dans la paracha précédente, Tazria, était une affection par laquelle une personne contractait une impureté rituelle qui lui interdisait de pénétrer dans le Temple, de participer à ses divers rituels ainsi qu’à la vie sociale de la communauté. Ainsi séparé du Temple – lieu de vie et de divinité (qui est la source de vie) – et de la vie sociale, le metsora est, selon les paroles de nos Sages, une métaphore de la mort. Bien que le mot metsora soit effectivement l’un des premiers de la paracha, le sujet du premier tiers de celle-ci évoque le processus par lequel le metsora est guéri de la tsaraat, c’est-à-dire de la négation de la situation d’être un metsora. Le sujet du second tiers de la paracha est la tsaraat qui affecte une maison et de quelle manière une maison peut en être purifiée. La troisième partie de la paracha traite de deux autres formes d’impureté, non liées à la tsaraat, et de leur purification.

Compte tenu de la nature dégradante de la tsaraat, il semble étonnant qu’une paracha consacrée aux moyens de guérir une personne de cette affliction porte le nom de celui qui en est affecté. Toutefois, l’explication qui est donnée du nom de la paracha précédente, Tazria, peut servir à expliquer le nom de cette paracha-ci. Tazria désigne l’acte « d’ensemencement », le fait de s’engager de façon optimiste dans un processus qui mène à une nouvelle vie et à une nouvelle croissance, bien que l’essentiel de la paracha traite des détails de la maladie de la tsaraat, l’antithèse de la vie, car celle-ci n’est pas conçue comme un châtiment, mais un nouveau départ, une incitation à réaffirmer la vie. En tant que telle, elle peut et doit être perçue comme l’« ensemencement » d’un degré plus élevé d’existence. De la même manière, la paracha de metsora est appelée du nom d’une personne atteinte de cette maladie, bien qu’elle traite essentiellement de la manière d’en délivrer celui qui en souffre, parce que le processus de purification est en soi un prolongement de l’affection elle-même. Ce n’est que l’étape suivante du processus de réhabilitation qui a commencé en contractant la maladie.

L’un des termes par lesquels les Prophètes décrivent le processus messianique, et même le Machia’h lui-même, est celui de « germination ». « Car, de même que la terre fait jaillir ses pousses, de même qu’un jardin fait germer ses semences, ainsi D.ieu fera pousser la justice et la louange devant toutes les nations. » (Isaïe 61, 11) « Voici que des jours viennent, dit D.ieu, où Je ferai s’élever un juste plant de David, un roi qui régnera et prospérera et qui exercera le droit et la justice dans le pays. » (Jérémie 23, 5 ; voir aussi ibid. 33,15) En outre, les Sages du Talmud disent que le qualificatif du Machia’h est « le Metsora de la Maison de Rabbi Yéhouda le Prince », citant le verset (Isaïe 53,4) : « En vérité, ce fut nos maladies qu’il endurait et nos souffrances qu’il portait, mais nous le considérions comme un metsora, frappé par D.ieu et affligé. » (Sanhédrin 98b ; Rachi ad loc)
Le Talmud relate même un épisode dans lequel le Machia’h apparut sous l’aspect d’un metsora : Rabbi Yéhouda ben Lévi rencontra le prophète Élie qui se tenait à l’entrée de la grotte de Rabbi Chimone bar Yo’haï. Il demanda à Élie : « Quand le Machia’h viendra-t-il ? » Élie répondit : « Va et demande-lui toi-même. » – Où se trouve-t-il ? – À l’entrée de la ville. – Et par quel signe pourrais-je le reconnaître ? – Il est assis parmi les pauvres affligés de tsaraat. Mais, alors que les autres défont tous leurs bandages puis [après avoir soigné leurs plaies] les rattachent tous, il défait et refait ses bandages un par un, en se disant : « Peut-être serai-je appelé [pour me révéler comme le Machia’h et, s’il en est ainsi,] je ne peux être retardé [en ayant à refaire de nombreux bandages.] » (Sanhédrin 98a ; Rachi ad loc. Voir l’analyse et les sources citées dans Kol Yisrael, pp 449-455)

Dans ce contexte, il est possible d’interpréter les noms des deux parachiote traitant de la tsaraat comme exprimant le processus messianique : Tazria, qui signifie « ensemencer », désigne les efforts que nous faisons pour que la Rédemption « germe ». Metsora désigne le Machia’h lui-même. C’est ainsi que la phrase Tazria-Metsora signifie : « Sème les graines de la Rédemption messianique. » La plupart des années, les deux parachiote de Tazria et Metsora sont lues ensemble. Dans le contexte allégorique que nous venons de mentionner, cela nous enseigne que nous devons considérer nos efforts pour raffiner le monde à travers l’étude de la Torah et l’accomplissement des Mitsvot, non uniquement comme une fin en soi – ce qu’ils sont, eu égard à notre obligation d’accomplir les commandements divins par soumission absolue –, mais également comme les moyens de hâter la venue du Machia’h. Nous ne devons pas dissocier notre Tazria, notre ensemencement, de Metsora, son but messianique. Plus encore, nous devrions considérer nos efforts et leur finalité, c’est-à-dire le fait de vivre notre vie en accord avec les commandements de la Torah d’une part et la Rédemption messianique d’autre part, non pas comme deux entités distinctes, mais comme une continuité.

D’une part, vivre une vie de Torah conduit naturellement à la rédemption, et d’autre part la rédemption n’est rien d’autre que la pleine éclosion de la Torah et des commandements que nous aurons connus au cours de notre exil. La Torah des temps messianiques sera la même Torah que celle que nous avons actuellement à la différence près que ses dimensions les plus profondes nous seront entièrement révélées. De même que nous continuerons à observer les commandements de la Torah, mais de la manière la plus complète qui puisse être, aussi bien quantitativement, tels que les commandements qui ne peuvent être accomplis que le Temple existe et que l’ensemble de la nation juive se trouve sur sa terre, que qualitativement, lorsque la réalité se défera du matérialisme grossier qui occulte actuellement la plupart des révélations divines qui résultent de notre pratique des mitsvote, ainsi que de l’orientation matérialiste naturelle de notre conscience, qui cèdera la place à une conscience élevée de D.ieu. En lisant dans la Torah l’odyssée du metsora et le processus de sa rédemption de l’ostracisme, de son « exil » social, nous lisons en même temps l’odyssée de nos crises et de nos rédemptions spirituelles personnelles ainsi que notre odyssée collective à travers l’exil, qui nous mène vers notre Rédemption finale. (Likoutei Si’hot, vol. 22, pp 70-80).

« Le Cohen ordonnera qu’on vide la maison avant qu’il n’entre pour examiner la plaie. » (Lévitique, 14, 3) Le Rabbin Jean Schwarz nous dit que l’atteinte d’impureté peut, entre autres, s’attaquer aux murs des maisons. Elle entraîne, dans certains cas, la démolition totale de la demeure en question. Aussi, avant que le Cohen, qui est appelé à prendre éventuellement une telle décision, ne vienne se prononcer, on est tenu de vider complètement la maison, de disposer tout son contenu dans la rue, à la vue de tout le monde… Cette réglementation a pour but, selon nos Sages, de nous forcer à étaler au grand jour tout ce que nous possédons, à ouvrir par la force des choses toute grande notre maison que nous tenions fermée jusqu’ici. Car là aussi, la lèpre est la punition d’une faute morale, qui, cette fois-ci, a pour nom l’égoïsme.

L’égoïsme nous pousse à fermer nos maisons, à conserver pour nous seuls les biens que nous possédons, à ne pas recevoir chez nous le pauvre qui est dans le besoin, à refuser de prêter un objet qu’on nous demande, à mentir en disant qu’on ne possède pas un tel objet, etc. Aussi, quand l’homme se referme ainsi sur lui-même, l’atteinte d’impureté vient-elle ouvrir de force la porte qu’il tenait si bien fermée. Tous ses biens sont maintenant exposés en plein soleil à la vue de tout un chacun. Tout le monde pourra voir, entre autres, qu’il avait en sa possession l’objet qu’il ne voulait pas prêter. Chacun pourra se rendre compte qu’il est plus riche qu’il ne veut le paraître et qu’il conserve pour son usage exclusif tous les biens que l’Eternel a bien voulu lui accorder. L’égoïsme peut ronger nos cœurs comme une véritable impureté, nous rendre totalement insensibles aux malheurs du prochain, nous faire penser à notre seul bonheur, à notre seul bien-être. Tout peut s’écrouler autour de l’égoïste. Que lui importe puisqu’il a son chez soi où il se sent bien au chaud et à l’abri. Mais attention ! Une telle impureté est capable d’avoir pour conséquence qu’il ne puisse plus, lui non plus, profiter des richesses qu’il possède, car elle aura entraîné la démolition de la maison où il croyait pourtant pouvoir être heureux en parfait égoïste.

« Quand tu pénétreras dans la terre de Canaan que Je te donne en possession et que J’infligerai un cas de Tsaraat dans une maison… » (Lévitique 14, 34) Dans le Livre du Lévitique, la Torah parle de la maladie de la Tsaraat qui existait à l’époque biblique. Cette affection n’apparaissait pas uniquement sur les personnes, mais aussi sur les objets inanimés, y compris les murs de la maison. Lorsque ce cas se présentait, toute la partie atteinte devait être enlevée, ce qui impliquait de grosses dépenses pour le propriétaire.Cette maladie étrange n’était pas une maladie physique, mais plutôt la manifestation physique d’une maladie spirituelle. Quand une personne était spirituellement malade, D.ieu l’alertait de son état en touchant d’abord ses biens, puis son corps, pour qu’elle soit incitée à se repentir comme il convient et à améliorer son comportement. Il arriva souvent, cependant, qu’un homme qui n’avait rien fait de mal découvrait que les murs de sa maison étaient affectés. Pourquoi les innocents souffraient-ils également ? Ce qui avait paru être un coup du sort était en fait une grande bénédiction La réponse est que de nombreux Israélites vivaient dans des maisons qui avaient été construites par les Cananéens, qui avaient précédemment occupé la terre. De nombreux Cananéens avaient caché leurs trésors dans les murs de leurs maisons, si bien que, lorsque la maison d’un Israélite se trouvait affectée, il était forcé de démolir les murs et il trouvait le trésor caché. Ainsi, ce qui avait paru être un coup du sort ou une punition injustifiée d’En Haut s’avérait être une grande bénédiction.

Quand nous nous retournons sur tous les soucis qui se sont présentés dans notre vie, il n’est pas difficile d’accepter les problèmes qui se sont résolus. Nous réalisons que D.ieu nous avait envoyé des signes visibles pour nous forcer à prendre conscience de nos véritables manquements d’alors. Mais qu’en est-il lorsque la vie nous frappe en pleine face, alors même que nous nous pensons innocents, alors même que nous faisons ce qui est bon ? Quand cela arrive, nous crions à l’injustice : « Qu’ai-je fait de mal maintenant pour mériter de tels problèmes ? » Ce dont nous prenons conscience est que les trésors cachés de la vie ne sont parfois découverts qu’à travers des difficultés et des pertes.

Ces difficultés que nous jugeons si vite comme le signe que « D.ieu nous donne du fil à retordre » peuvent être, en fait, Sa manière de nous donner des cadeaux qui dépassent nos rêves. Nous pouvons réagir en maudissant nos soucis et ignorer totalement le trésor qui a été prévu pour nous, bien plus abondant que le montant de notre perte. Bien sûr, si seulement nous savions ce qui se cache derrière ce mur, nous serions heureux de le démolir. Mais nous ne le savons pas. C’est à cela que sert la foi : à se sentir serein, en sécurité, reconnaissant et heureux même quand nous ne comprenons pas ce qui se passe. Quand nous craignons les difficultés et les changements, non seulement nous manifestons un manque de foi, mais nous renonçons inconsciemment aux grands bienfaits qui nous attendent juste de l’autre côté de nos ennuis.

D’après les « Leçons sur la Torah » de Léon Askénazy, le terme de  »metsora » peut être traduit par « atteint d’impureté :  »metsora » est  »motsi – ra »,  »celui qui fait sortir (de lui) le mal » ». Le rôle du pontife va être d’aider l’individu guéri à se purifier. Après avoir constaté la guérison de celui qui est atteint d’impureté, de métsora, le pontife procède à un sacrifice pour purifier l’individu atteint. La symbolique associée est expliquée par Rachi dans son commentaire sur la Torah : les taches viennent de la médisance (symbolique du pépiement des oiseaux) et de l’orgueil (symbolique du cèdre de grande hauteur). Le remède est de s’abaisser de son orgueil comme le ver (autre traduction du mot qui signifie aussi  »laine écarlate ») et l’hysope qui est une herbe basse. L’étape suivante concerne la purification physique de l’individu : laver ses vêtements, raser tous ses cheveux, prendre un bain. Il réintègre le campement, mais reste isolé sept jours, au bout desquels il procède à nouveau à une purification physique.

C’est seulement ensuite qu’a lieu la purification morale par un sacrifice de faute (reconnaître sa faute) et un sacrifice d’expiation (fait de devenir plus pieux), où le pontife purificateur présente « l’homme à purifier devant l’Eternel à l’entrée de la Tente d’assignation. Le Pontife est le lien entre l’homme qui se purifie et le Seigneur : le pontife fait expiation pour lui devant l’Eternel. Ainsi l’individu redevient pur. » Le processus de purification est également décrit pour l’individu pauvre, car les règles de la Torah s’appliquent indépendamment de la richesse de l’individu. La paracha Metsora évoque aussi deux autres situations d’impureté : – l’une concernant les vêtements et habitations, – l’autre concernant la souillure par les écoulements du corps. Là encore le pontife a un rôle purificateur.

Le rabbin Jean Schwarz commente ainsi la phrase concernant la personne atteinte de « metsora » : « Il sera présenté au pontife. Mais aussi on lui présentera le pontife comme modèle à suivre dorénavant. Le Pontife qui mène dans la société une vie active et se fait aimer et respecter du fait qu’il cherche, en toute circonstance, à établir la paix entre les individus et dans la société toute entière ». En reprenant les « Leçons sur la Torah » de Léon Askénazi, dans les parachyote Tazria et Metsora, la Torah développe les lois portant sur la distinction entre l’état de pureté et celui d’impureté, déjà introduites dans les chapitres précédents du Lévitique : – dans les premiers chapitres la « mise à part des prêtres de toute situation menant à l’impureté » ; – dans la paracha Chemini, l’ensemble des règles concernant la nourriture ; – dans Tazria – Metsora, les situations d’impureté qui concernent le corps lui-même, impureté aussi qui peut s’attacher aux vêtements et même aux habitations ; – enfin dans les parachiote suivantes, les règles touchant à l’impureté fondamentales qui résulte du contact avec la mort.

Plus l’homme est capable de sainteté et plus il devient vulnérable au risque d’impureté. On pourrait en effet considérer comme paradoxal, le fait que ce soit précisément dans le Lévitique que se trouvent développées avec une telle minutie, et élaborées avec une telle précision, les définitions de situations d’impureté. Le Lévitique, désigné par l’expression Torat Cohanim, peut être lu tout entier comme une invitation à réaliser en soi, à tous les niveaux d’être, l’être de sainteté. Et l’on pourrait supposer qu’une telle invitation ne concernerait que ceux sur qui aucune situation d’impureté n’aurait déjà plus de prise. Or, le principe enseigné ici par la Torah est absolument opposé. Non seulement l’être de sainteté est encore plus exposé que d’autre au risque de l’impureté ; mais plus encore, c’est chez lui que l’impureté se dévoile, est effective. Elle se dévoile précisément dans l’effort d’élévation qui mène à la sainteté ; car cet effort consiste à évacuer, « mettre en dehors » la part de mort qui est mêlée à toute vie dans la condition terrestre.

« Voici quelle sera la loi du « metsora » (torat ha-metsora) au jour de sa purification : il sera présenté au Cohen » (Vayiqra 4,2). Rabbi Yehochoua ben Lévi a enseigné : Le rabbin Jacques Konh za’l nous apprend que le mot torat (« loi de ») est employé à cinq reprises dans la Tora à propos d’une personne « metsora ». C’est pour nous apprendre que celui qui profère du lachone hara’ (« propos médisants ») transgresse chacun des cinq livres de la Torah (Vayiqra rabba 15, 6). Quel est le rapport entre le lachone hara’ et les cinq livres de la Torah. Dans Berechit 3, 5, le serpent encourage Eve, en employant du lachone hara’, à manger le fruit de l’arbre de la connaissance. Il lui déclare : « Tout artisan déteste ceux qui font le même travail que lui. Hachem a mangé du fruit de l’arbre, puis Il a créé le monde. [Si donc vous en mangez à votre tour, vous serez comme Lui] » (Rachi ad loc. et Beréchith rabba 19, 4). Dans Chemot (4, 6), Hachem demande à Moïse de mettre sa main en son sein, et « voici que sa main était comme la neige ». Cela est arrivé, explique Rachi au nom du Midrach ta’houma 23, parce qu’il avait calomnié les enfants d’Israël en suggérant qu’ils pourraient ne pas le croire (Chemot 4, 1), raison pour laquelle, explique le Midrach tan’houma, il a été frappé de « metsora ». Dans Vayiqra (19, 16), la Torah prohibe explicitement le lachone hara’ en interdisant de « colporter dans nos peuples ». Le livre de Bamidbar nous apprend que Myriam a été frappée par la « metsora » pour avoir émis du lachone hara’ à l’encontre de son frère Moïse. Et dans Devarim (24, 8 et 9) la Torah nous met en garde contre la plaie de la « metsora » et rappelle celle qui a frappé Myriam. Voilà pourquoi, étant donné que le lachone hara’ est mentionné, soit explicitement soit implicitement, dans chacun des livres de la Torah, celui qui en répand est considéré comme les ayant transgressés tous les cinq.

La haftara attachée à la paracha Metsora’ (II Rois 7, 3 et suivants) raconte un épisode survenu à l’époque du prophète Elisée, tandis que le Royaume du Nord était engagé dans une guerre contre la Syrie, dont les troupes assiégeaient Samarie. 4 « hommes atteints de métsora » se trouvaient alors bannis, comme l’exige la Torah (Vayiqra 13, 46), hors de la ville. Une remarque s’impose d’emblée : Le royaume d’Israël connaissait alors une profonde déchéance religieuse, que le siège de sa capitale ne pouvait qu’accentuer. Cependant, malgré l’impiété généralisée de la population, encouragée et entretenue par ses rois, les lois sur la « metsora » continuaient d’être respectées avec minutie. Ce respect des halakhote est d’autant plus remarquable que ces 4 hommes n’étaient autres que Guéhazi, le serviteur d’Elisée, et ses trois fils (Sota 47a), et nous savons par ailleurs que Guéhazi fait partie de ceux qui n’ont pas droit au monde à venir (Sanhédrin 100a).

Le siège de leur ville inquiétait grandement ces quatre personnes: S’ils retournaient dans celle-ci, ils y mourraient de faim, et s’ils restaient sur place ils mourraient également. Ils décidèrent donc de chercher asile dans le camp des Syriens, se disant qu’ils y trouveraient peut-être une chance de survie. Mais arrivés dans le camp ennemi, une surprise totalement inattendue les y attendait : Hachem y avait suscité une terreur panique. Les soldats s’étaient enfuis, abandonnant sur place leurs équipements, leur nourriture et ce qu’ils avaient de plus précieux. Nos quatre hommes, ravis de l’aubaine, entrèrent dans une tente pour y manger et boire, puis ils emportèrent l’argent, l’or et les vêtements ainsi abandonnés. Après quoi ils annoncèrent la bonne nouvelle aux assiégés, et ceux-ci se précipitèrent à leur tour hors des murs de la ville pour enfin s’alimenter et se désaltérer. Cet épisode nous apprend que même celui qui a fauté ne devient pas nécessairement mauvais : Ce sont les personnes atteintes de métsora, et eux seuls, qui ont permis aux habitants de la ville, en leur annonçant que le siège était levé, d’échapper à la mort.

Toutes les mitsvote peuvent être vues dans l’optique d’élever la matière vers le spirituel pour reconnaître que tout n’a qu’une source, le D.ieu Qui donne la vie. D’après tous les commentateurs classiques, comme par exemple Rabbi Judah Halévy dans son Kouzari, tous les éléments créés se subdivisent en 4 catégories : le minéral, le végétal, l’animal et l’homme (ou l’être parlant). Ainsi, toutes les actions de l’homme dans ce monde n’auront pas d’autre but que d’élever en permanence la matérialité vers le spirituel, et de le hisser lui aussi plus près de son Créateur. Il s’agit de sanctifier le monde dans toutes les actions, même les plus prosaïques. Dans le quotidien, que ce soit dans le domaine familial ou social, nos actions doivent en permanence être empreintes de cette aspiration à un monde toujours plus riche en spiritualité. Les exemples sont aussi nombreux que toutes les situations possibles et imaginables dans lesquelles évoluent les hommes. Il s’agit d’une éthique de tous les instants, fondée sur un rapport fait de crainte et d’amour pour Celui Qui insuffle la vie et son ordonnancement selon une morale trans-historique. Cette morale atteint tous les échelons de la vie quotidienne, que ce soit dans les rapports sociaux entre employeurs et employés, ou au sein du cadre familial, où parents et enfants ont chacun des droits et des devoirs. (par exemple, chapitre 11 du Messilat Yécharim – La Voie des Justes.) Là est la fonction de cette âme que D.ieu a déposée, « ensemencée » en nous.
(Sources : Chabbad.org – MJLF- Ashdod Café – Rav Jean Schwarz, Lamed – Rav Léon Askénazi, « Leçons sur la Torah » – Rabbin Jacques Kohn za’l, Chiourim.com – Rav Mordékhaï Chriqui et Dr Avraham-Gilles Morali, « L’essence de la Torah)

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