CULTURE JUDAÏSME – La paracha de la semaine – Mois de Iyar 5774 (mai 2014)

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Actualité, nouvelle paracha, fêtes, avec Modia

A l’approche de la visite du Pape en Israël, une minuscule minorité d’extrémistes a placé des graphitis (tags) hostiles sur des bâtiments chrétiens. L’ensemble des responsables les condamnent. Une autre minorité de gauche essaie de saisir cette affaire pour attaquer Israël dans les médias internationaux en diffusant l’idée fausse que le gouvernement et les autorités ne font rien contre ces actions.

Rav Yehoshua Rahamim Dufour, rédacteur du site Modia

1.   PARACHA DE LA SEMAINE – Behoukotaï: Selon mes lois Vayiqra 26, 3 – 27, 34
La terre d’Israël, dispositif réel et nécessaire de l’amour et de la paix. Cette paracha termine le livre de Vayiqra qui nous transmet tout le dispositif prévu par le Créateur. C’est le coeur de la Torah. Et la dernière paracha montre que la terre d’Israël en est un élément essentiel. Cette paracha exige de nous que nous fassions un effort important pour sortir d’une vision politique de la terre d’Israël et pour adopter le regard de la Torah.

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2 – Nous sommes encore dans le mois de Iyar. Pour assimiler toute la puissance de ce mois, voyez encore ici  tout ce qui se passe chaque jour de ce mois et le sens de cela dans l’histoire, dans les textes et dans les vies, chez les Sages de vos traditions, le tout avec références, lien à la vie et photos.  CLIQUEZ ICI

3 – Et voici le sens du Ômer que l’on dit dès la fin du premier jour de Pessa’h, après le coucher du soleil

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Comment compter le Ômér chaque soir et quel développement personnel y réaliser en chaque jour (cette page sera mise à jour).

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Le 12 au soir on allume pour ouvrir le 28e jour du Omer
Le 13 au soir on allume pour ouvrir le 29e jour du Omer
Le 14 mai au soir on allume pour ouvrir le 30e jour du Omer
Le 15 au soir on allume pour ouvrir le 31e jour du Omer

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33e paracha – Be’houqotaï: Selon mes lois Vayiqra 26, 3 – 27, 34

La paracha Be’houqotaï est celle qui clôt le livre de Vayiqra (Lévitique). Sur le site Lamed, on nous dit que nous apprenons l’histoire juive non seulement pour éviter les erreurs du passé, mais aussi parce que nous nous dirigeons tous vers une certaine destination. Le livre de Vayikra se termine avec la paracha Be’houqotaï, par un passage particulièrement sévère dans lequel D.ieu
nous fait connaître tous les châtiments qui s’abattront sur nous au cas où nous ne serions pas fidèles à l’alliance que nous avons contractée avec lui au Sinaï. Les détails de ces punitions sont nombreux et, hélas, plusieurs fois au cours de notre longue histoire, nous avons eu l’occasion de sentir effectivement la main de Dieu et de voir se réaliser le châtiment divin.Mais, en même temps, nous avons vu aussi l’Eternel tenir scrupuleusement sa promesse, telle qu’elle se trouve exprimée dans la paracha à la fin des châtiments, à savoir que, malgré son courroux et malgré notre mauvaise conduite répétée, jamais l’Eternel ne nous rejettera pour toujours, jamais il ne permettra que nous soyons complètement anéantis, car, pour lui, l’alliance contractée avec nous est éternelle, Et cette alliance, si elle nous impose certaines obligations, exige également de la part de Dieu une protection sans laquelle nous ne pourrions subsister.

Aussi, comme disent nos Sages, Dieu est-il toujours venu avec nous en exil, tout comme au début de notre histoire il se trouvait à nos côtés en Egypte. Il a, pour ainsi dire, partagé les souffrances causées par les châtiments qu’il s’est vu obligé de nous infliger; car, en père aimant, il souffre du mal qu’il lui faut faire subir à ses enfants. Ce qui est vrai pour le peuple d’Israël dans son ensemble, l’est également pour chacun de nous individuellement. Il peut nous arriver de sentir s’abattre sur nous cruellement la main de Dieu, de souffrir de maux, de deuils, de maladies pénibles. jamais il ne nous faut cependant douter de la bonté divine, du fait qu’il est le père de chacun de nous individuellement et que le sort de chacun de nous lui tient à cœur. Les souffrances constituent souvent un châtiment; mais elles peuvent aussi être totalement inexplicables, et leur raison nous échapper complètement. N’oublions pas, dans tous les cas, que l’Eternel est notre Dieu, dans les mauvais comme dans les bons moments de l’existence.

On appelle tokhe‘hoth (« avertissements »), ou kelaloth (« malédictions » dans le langage de la Michna [Meguila 3, 6]), les passages dans lesquels Moïse a mis en garde les enfants d’Israël en leur annonçant les malheurs auxquels ils s’exposeront s’ils n’observent pas scrupuleusement la Tora. Ces passages, contenus tant dans la parachath Be‘houqothaï (Wayiqra 26, 14 à 46) que dans la parachath Ki thavo (Devarim 28, 15, 69), ont souvent créé chez les fidèles dans les synagogues un sentiment de frayeur et d’appréhension, tant et si bien que certains répugnent à être appelés pour en suivre la lecture devant le rouleau de la Tora. On en est réduit à appeler le bedeau, attitude blessante consistant à « sacrifier » l’un des membres les plus modestes de la communauté au profit supposé de celle-ci, ou bien à y appeler « quiconque en voudra », procédé moins inélégant mais que l’on pourrait qualifier d’irrévérencieux envers un texte inscrit dans la Tora ; Dans certaines communautés, ce sont les rabbins eux-mêmes qui se font alors appeler à la Tora. Peut-être se souviennent-ils alors que ces « avertissements » sont considérés, dans beaucoup de milieux hassidiques, comme de véritables bénédictions. Ils s’appuient sur un texte du Zohar dans lequel le prophète Elie indique que ce que nous tenons pour des oracles de malheur est constitué en réalité de promesses et de consolations, comme lorsqu’un roi qui aime son fils le morigène, sans pourtant lui retirer son amour.

En Israël, l’année 5775 qui vient sera une année où on devra observer la chemita (jachère qui a lieu toutes les 7èmes années. Le site Chabbad.org nous dit que les fermiers en Israël sont requis, par la loi juive, de respecter la Chemita laissant leurs champs reposer une année entière, une fois tous les sept ans (Vayikra 25, 1-7). Nous travaillons la terre six années consécutives bien que la sagesse conventionnelle indique que ce n’est pas sain pour le sol. En fait, le sol garde sa force et produit une récolte plus importante la sixième année, en vue de l’année de la Chemita. Et puis nous nous interrompons la septième année, en dépit de nos doutes et de nos soucis bien naturels sur la façon dont nous allons pourvoir aux besoins de nos familles. Ce type de comportement pourrait apparaître comme la meilleure manière d’aller au désastre. Et pourtant, pour les Juifs en Israël, cela produit des résultats extraordinaires. Cela renforce notre foi dans le fait que la terre appartient à D.ieu, que notre succès découle directement de Sa bénédiction et que nous devons Lui être reconnaissants pour tout ce que nous possédons.

Il est aisé de partager avec les autres quand nous pouvons nous permettre de partager, quand nous avons un revenu stable et quand nous savons comment nous paierons les dépenses du lendemain. Mais il est beaucoup plus difficile d’être charitable quand nous ne sommes pas sûrs de quoi seront faits les lendemains. Les propriétaires n’avaient aucun revenu pendant la Chemita et pourtant ils abandonnaient les récoltes qui poussaient spontanément pendant cette année-là. C’est ainsi que se trouvaient resserrés les liens qui unissaient la communauté. En dehors d’Israël, ce phénomène est mis en évidence par les contributions aux caisses de rétablissement de la justice, que d’autres appellent « charité ». La sagesse conventionnelle dicte que plus nous donnons, moins nous avons ! Mais de la perspective divine, il en va autrement : plus nous donnons, plus nous pouvons nous permettre de donner. La charité renforce donc notre foi et notre unité.

La chemita est en quelque sorte le Chabbat de la terre, que l’on doit laisser en repos pendant une année entière). Comment se fait-il, qu’aujourd’hui, après tout ce qui est arrivé au peuple juif, et un peu plus de 60 ans après la Choah, il soit le seul peuple sur terre à qui on refuse le droit d’exister ? Les autres peuples après s’être battus pour leur terre l’on conquise par la force : ils se sont battus et ils ont gagné, peu importe de quelle façon (le Rav Dynovisz nous rappelle ici le génocide des Indiens d’Amérique, et il y en a eu tant d’autres dans le monde…) Ainsi, selon les lois de l’histoire des hommes, celui qui a conquis une terre y reste jusqu’à ce que plus fort que lui vienne et l’en chasse. Mais les Juifs sont le seul peuple sur terre que l’Eternel n’autorise pas à être le vrai propriétaire de la terre d’Israël car elle est Sa terre. C’est pourquoi le peuple juif doit se considérer comme le locataire d’Hachem. L’Eternel est donc le vrai propriétaire de cette terre d’Israël ; il autorise Son peuple à l’habiter, pourvu qu’il s’y comporte selon Ses préceptes et qu’il y étudie Sa Torah. Le Rav nous explique que les Juifs n’ont pas le droit de céder la moindre parcelle de cette terre à un autre peuple, sous peine de voir s’accomplir les menaces contenues dans Sa Torah.

L’Eternel veut faire entendre Son message à Son peuple et leur signifie qu’ils doivent reconnaitre que cette terre est à l’Eternel, sinon les peuples les accuseront d’occuper une terre qui ne leur appartient pas. De nombreux Juifs n’ont pas encore pris conscience de cela. Et en effet, la Torah rejoint ici précisément le cœur de l´actualite brulante concernant le processus de paix, le partage de la terre et le fameux concept de la « paix » contre les territoires. Les peuples disent à Israël : « cette terre n’est pas à vous ! » C’est pour cela que la paracha Be’houkotaï dit « Vous serez dispersés au milieu des nations, vous partirez en exil et il vous arrivera toutes sortes de catastrophes si vous oubliez que cette terre (d’Israël) est à Moi. » Le rav nous apprend encore que certains maîtres disent que c’est la raison cachée pour laquelle les explorateurs n’ont pas voulu y entrer. Là est toute la difficulté du peuple juif de vivre sur cette terre. C’est pourquoi la loi de la chemita est extrêmement importante. Le message fondamental concernant le peuple juif est donc bien que si le peuple juif reconnaît que la terre d’Israël est à Hachem, alors, il y restera pour l’éternité. La Torah a été donnée au peuple juif pour arriver aussi à la signification de la chemita, un peuple qui vit complètement investi dans sa relation avec ce monde en ayant intégré que la terre est à D.ieu. D.ieu, qu’il doit vivre, et peu importent les pressions qu’exercent les nations sur Israël pour le faire céder.

La croyance que le monde appartient à D.ieu et que notre succès dépend de Lui est une notion libératrice, nous enseigne le rav Lazer Gurkov. Elle nous permet de poser le fardeau que nous traînons. Nous continuons à travailler, mais nous respirons plus facilement. Nous savons que D.ieu guide nos pas et que tout arrive pour une bonne raison. Nous apprenons à voir la main de D.ieu dans tout ce que nous faisons et Sa présence dans tout ce que nous voyons. Cela nous conduit à l’ultime raison pour la Chemita que nous proposent les commentateurs bibliques. Le Talmud nous indique que dans le Temple, les Lévites chantaient chaque jour des louanges à D.ieu. Le Chabbat, le septième jour, leurs chants évoquaient le jour du repos éternel, l’âge messianique.

Le Talmud nous enseigne que notre monde durera six millénaires. Les deux premiers ont été consacrés à la création, les deux suivants à la Torah et les deux derniers seront consacrés à Machia’h. En fait, nos Sages affirment qu’au cours du septième millénaire, le monde comme nous le connaissons cessera d’exister. Il deviendra un monde de liberté et de Divinité.La Chemita, la septième année, comme le Chabbat, le septième jour, représentent l’époque messianique. Notre foi en D.ieu est renforcée durant la Chemita, tout comme elle le sera à l’ère messianique. Notre unité est renforcée durant la Chemita tout comme à l’ère où Machia’h introduira un âge de paix. La sixième année est une année d’abondance tout comme l’ère qu’introduira Machia’h : une ère de prospérité. Mais c’est par la liberté qui régnera que l’époque de Machia’h sera la plus remarquable. En fait, la Chemita est une année d’émancipation. Les esclaves sont libérés et toutes les dettes exonérées.

La mitsva de la Chemita ne se résume pas à s’abstenir de tout travail et à respecter des commandements restrictifs. À l’instar du Chabbat hebdomadaire, la Chemita est en effet porteuse d’un message positif de sainteté que la Torah accorde aux hommes fidèles à son esprit. Les grands ouvrages de la littérature juive remarquent en effet que de la même manière que le Chabbat constitue une « source de bénédictions » à partir de laquelle tous les jours de la semaine sont sanctifiés tant aux plans spirituel que matériel, ainsi en est-il de la Chemita : c’est d’elle qu’émane un souffle de bienfaits à la fois spirituel et matériel pour toutes les autres années  » Car la terre est à Moi !  » Outre les lois agricoles, l’année sabbatique de la Chemita voit également l’annulation des dettes : le prêteur n’a plus le droit de réclamer à l’emprunteur le remboursement d’un prêt (l’emprunteur peut néanmoins s’en acquitter de son plein gré).

Cette loi risquait de se retourner contre les pauvres qu’elle était supposée protéger d’un endettement excessif, car les prêteurs éventuels pouvaient refuser de prêter de l’argent ; Hillel l’Ancien institua donc la procédure du « Prouzboul », par laquelle le prêteur transfère au tribunal rabbinique le droit de récupérer ses dettes : en effet, il n’y a pas d’annulation des dettes envers le tribunal rabbinique. Concrètement, il est d’usage de prononcer devant trois Juifs, qui forment pour la circonstance un Beth Din, un « tribunal rabbinique » la formule suivante : « Je vous transmets tous les prêts que j’ai concédés, pour que je puisse les réclamer quand je le voudrai. » Il est également possible de procéder au Prozboul en remplissant un formulaire que l’on remet à un Beth Din. Dans la mesure où l’annulation des dettes se fait dans les derniers instants de l’année de Chemita, il est recommandé de procéder au Prouzboul lundi 13 septembre 2015, veille de Roch Hachana, en même temps que Hatarat Nedarim, l’annulation des vœux. Même si on a fait le Prozboul l’année dernière, on doit le refaire cette année si on a prêté de l’argent au cours de l’année.

La Torah nous dit que la Terre d’Israël a été choisie par Hachem comme Sa résidence parfaite, ainsi que de Son chalom, nous explique le Rav Dufour. Certes, il nous laisse libre de nous boucher le coeur, et de continuer à poser le problème de la paix et de la terre d’Israël dans les termes qui ne sont pas la Torah, et ce sont des idéologies étrangères qui ne prennent nullement en compte la nature de la terre d’Israël et son chalom divin donné. Nous sommes placés devant un choix: plaire à ces idéologies qui nous apprécieront apparemment de les flatter au lieu de nous placer en Juif avec notre représentation de la terre d’Israël et du chalom. En fait, à juste titre, ces non-Juifs méprisent ces Juifs qui veulent les copier et se déguisant en ce qu’ils ne sont pas. Les Juifs qui se prosternent devant les idéologies non juives devraient comprendre que les peuples, quand ils font cette guerre continuelle à Israël pour le dépouiller, c’est qu’ils reconnaissent implicitement sa grandeur, nous dit le Rav Dufour. Ils veulent dévaliser la joaillerie spirituelle qui détient les vraies clefs de la vie; ils le pressentent. L’erreur est simplement de penser qu’on peut les acquérir en tuant et volant. Vous me direz aussi: « mais on est quand même libre de ne pas adhérer à la Torah! ». Dites à vos enfant: « mais je suis quand même libre de ne pas vous aimer! ». Il y a une phase de ce rejet apparent de ce à quoi on doit le plus: c’est l’adolescence où on pense que l’on n’arrivera pas à se trouver soi-même sans casser la coquille. Mais l’amour n’est pas une coquille, c’est l’union et la vie.
On ne peut pas trier dans la Torah ni dans Rachi. Ses mots sont impressionnants, clairs et précis.

Voici le commentaire sur ce Rachi dans Le Pentateuque de la Fondation Lévy (Exode) page 277, note 32, poursuit le Rav : « Rachi, ici sui le Sifra qui dit « celui qui sort hors de la terre d’Israël; » tandis que le Talmud Kétouvote 110b indique (celui qui habite hors d’Israël). Tous deux avancent comme preuve supplémentaire de leur assertion les paroles de David (I Samuel 26,19) « cat ils m’empêchent aujourd’hui de demeurer dans l’héritage de Hachém, disant: va servir d’autres dieux ». Mais, objectent-ils, quelqu’un a-t-il jamais ordonné à David de servir d’autres dieux ? Qu’il dût vivre hors d’Erets Israël (ou qu’il dût la quitter), c’était comme si on lui ordonnait d’adorer les idoles ». Et me rav conclut : Que le Créateur veuille révéler à nos dirigeants, et au peuple, la grandeur et la fonction de la terre d’Israël et de notre peuple. Que, après Lag ba Omér puis en la 6e semaine consacrée à l’amélioration de la relation sexuelle, tout le plan d’union se réalise pour chaque être afin que chacun puisse vivre dans le bonheur l’être unique dans lequel il a été créé. Que le Créateur nous donne des Sages qui instruisent le peuple ignorant, et qu’ils lui fassent découvrir que la vie est la Torah.

Le commentaire de Rachi sur un verset de la paracha Béhar, si proche (Vayiqra 25,38) dit : « Je suis Hachém votre D.ieu, qui vous ai fait sortir du pays d’Egypte pour vous donner le pays de Kanaâne, pour être votre D.ieu ». Saisissons bien l’intentsité d’union affective de ces mots « donner… être votre ». Rachi dit: – « Je vous ai fait sortir mais la condition en était que vous acceptiez Mes commandements même s’ils vous pèsent. – Je vous ai donné ce pays, mais comme récompense de ce que vous acceptiez mes commandements. (et on arrive au plus important) – « pour être votre D.ieu ». Pour quiconque habite la terre d’Israël, Je suis D.ieu, mais pour celui qui sort de cette terre, c’est comme s’il adorait des idoles ». On ne peut pas trier dans la Torah ni dans Rachi. Ses mots sont impressionnants et clairs et précis.

La paracha de Béhar débute avec ces versets : « Quand vous serez entrés dans le pays que Je vous donne, la terre sera soumise à un chômage en l’honneur de l’Éternel ». Yonathan Bendennnoune nous dit que dans les explications du Sfat Emet sur ce sujet, on retient l’idée que la venue et le maintien de notre peuple en Eretz-Israël sont soumis à la condition du respect de la Chemita. Autrement dit, on ne peut donner un sens véritable à la promesse et à l’héritage de la  » Terre sainte  » que pour autant que le peuple d’Israël y respecte en tous points cette éminente mitsva ! Pour mieux saisir le fond de sa pensée, il convient de formuler ici une remarque importante : en effet, on relève dans les versets de la Torah une contradiction apparente concernant l’héritage d’Eretz-Israël. D’une part, nous savons que chaque Juif, dans l’essence profonde de son âme, possède en propre une part en Eretz-Israël. Car, de la même façon que chaque âme juive détient une part personnelle dans l’étude de la Torah – comme nous l’affirmons dans nos prières : « Donne-nous notre part dans la Torah » -, ainsi en est-il de la terre de nos ancêtres. Le Sfat Emet l’énonce pour ainsi dire explicitement : « Chaque parcelle de terre d’Eretz-Israël est en relation avec des âmes spécifiques du peuple juif ».

À cet égard, on serait enclin à voir tout simplement dans cet héritage l’accomplissement du verset des Psaumes : « Quant à la terre, Il la céda à l’homme »… Pourtant, d’autres versets semblent suivre avec un sens tout à fait opposé ! Par exemple, lorsque la Torah énonce la mitsva de restituer – lors du yovel (le Jubilé, qui est la 50e année suivant sept années de Chemita) – les terres à leurs propriétaires initiaux, elle s’exprime en ces termes : « Nulle terre ne sera vendue irrévocablement, car la terre est à Moi ! », (Vayikra, 25, 23). Verset que le Sforno commente ainsi : « La terre – c’est-à-dire le territoire – est la terre de D.ieu. ‘ Vous n’êtes que des étrangers domiciliés chez Moi ’ dans ce même territoire, car il ne s’inscrit pas dans le principe initial : ‘ La terre, Il la céda à l’homme ’ ». Alors comment peut-on résoudre cette apparente contradiction ? En remettant justement cet « héritage de la terre » dans son juste contexte.

Certes, tout terrain qu’un homme achète dans n’importe quel endroit du globe devient sien en vertu de l’énoncé « La terre, Il la céda à l’homme ». Cependant, cette acquisition reste superficielle. Mais pour ce qui est d’Eretz-Israël, les choses prennent un tout autre aspect : le rapport entre l’homme et la terre y est essentiellement spirituel, et c’est pourquoi une relation profonde existe entre ce pays et les âmes du peuple juif. Or, en vertu de cette relation spirituelle profonde, les principes de « l’acquisition » y sont régis par des règles radicalement différentes. Ainsi, du fait que la conquête d’Eretz-Israël par le peuple hébreu n’avait aucune commune mesure avec les autres conquêtes territoriales de toute l’histoire humaine, le privilège d’y séjourner a d’emblée été conditionné exclusivement par son respect de la Chemita. C’est cette mitsva qui accordait au peuple d’Israël son « droit de séjour » sur sa terre, et c’est elle qui décida, lorsque vint ce sinistre jour, de l’en expulser… Car l’exil vient précisément rappeler aux membres du peuple d’Israël que la terre de leurs ancêtres ne leur fut pas donnée dans le seul but d’une prospérité agricole…

À propos de la Terre  » sainte « . De fait, l’exil de notre peuple chassé de sa terre est justement le  » prix  » à payer pour avoir transgressé le « chômage » de cette même terre : voilà pourquoi l’exil babylonien consécutif à la destruction du Premier Temple eut une durée exacte de 70 ans, correspondant au nombre de Chemitot que le peuple hébreu avait manqué de respecter comme il convient.
À de nombreuses reprises, nous remarquons ainsi que la Torah considère la Terre d’Israël comme une entité vivante et nullement comme un simple agglomérat de terre et de pierres…  De ce fait, les versets parlent souvent d’elle comme d’un être animé et lui attribue des réactions propres aux êtres vivants. « La terre ne vous vomira pas (…) comme elle a vomi le peuple qui vous a précédés », (Vayikra, 18, 28) en est un exemple probant, car aux yeux de la Torah, de la même manière qu’un organisme vivant rejette tout aliment nocif, ainsi la terre d’Israël ne peut-elle supporter la présence de peuples dont les mœurs et la conduite ne correspondent pas à sa dimension et à sa haute valeur. Ainsi, nous pouvons retenir que si nous aspirons bel et bien à atteindre sur la terre de nos ancêtres la sérénité qui nous a fait tant défaut jusque-là, nous devons tout d’abord nous atteler à respecter ses propres exigences. Et Yonathan Bendenmoune conclue que c’est en observant très rigoureusement le « repos » de la terre d’Israël que nous pourrons espérer voir émerger l’ère de notre « repos » à nous… avec la construction du Troisième Temple à Jérusalem.

(Sources : Lamed – Jacques Kohn, Chiourim.com – Chabbad.org – Rav Dynovisz – Rav Lazer Gurkov Chabbad.org – Rav Dufour, Modia – Yonathan Bendenmoune)

 

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Les études du site Modia pour la semaine :

1.   1ère PARACHA DE LA SEMAINE – 32e Paracha – Behar: Au mont Vayiqra 25, 1 – 26, 2
Elle vous donnera la conception de ce qu’est pour le judaisme Aimer en principes et aimer en faits.

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2ème PARACHA DE LA SEMAINE – 33e Paracha – Be’houqotaï: Selon mes lois Vayiqra 26, 3 – 27, 34
Cette paracha termine le livre de Vayiqra qui nous transmet tout le dispositif prévu par le Créateur. C’est le coeur de la Torah. Et la dernière paracha montre que la terre d’Israël en est un élément essentiel. Cette paracha exige de nous que nous fassions un effort important pour sortir d’une vision politique de la terre d’Israël et pour adopter le regard de la Torah.

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2 – Nous sommes encore dans le mois de Iyar. Pour assimiler toute la puissance de ce mois, voyez encore ici  tout ce qui se passe chaque jour de ce mois et le sens de cela dans l’histoire, dans les textes et dans les vies, chez les Sages de vos traditions, le tout avec références, lien à la vie et photos.  CLIQUEZ ICI

3 – Et voici le sens du Ômer que l’on dit dès la fin du premier jour de Pessa’h, après le coucher du soleil

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Le 5 mai au soir on allume pour ouvrir le 21e jour du Omer
Le 6 au soir on allume pour ouvrir le 22e jour du Omer
Le 7 au soir on allume pour ouvrir le 23e jour du Omer

Rav  Yehoshua Rahamim Dufour

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32ème paracha « Behar » « Au mont » Vayiqra 25, 1 – 26, 2


Reprise louyehi 2011 remaniée – Au Mont Sinaï, D.ieu prescrit à Moïse le repos septénaire de la terre et institue le jubilée, tous les 50 ans, lors duquel les terrains et les habitations hors des villes fortifiées reviennent à leur propriétaire initial. Le jubilée est également marqué par l’affranchissement des ‘esclaves’, occasion pour le texte de préciser les conditions générales dans lesquelles un Israélite peut tomber en servitude, les dispositions légales qui encadrent celle-ci et les moyens par lesquels ils peut racheter sa liberté. « Je suis Hachem votre D.ieu qui vous ai fait sortir du pays d’Egypte, pour vous donner le pays de Canaan, pour être votre D.ieu. » (Lévitique 25, 38) A propos de ce verset, le Talmud cite la beraïta suivante : Nos maîres ont enseigné : En règle générale, l’homme doit habiter le pays d’Israël, même dans une ville dont la majorité des habitants est idolâtre et ne doit pas habiter hors du pays, même dans une ville dont la majorité des habitants est membre d’Israël. Car quiconque habite Erets Israel ressemble à quelqu’un qui a un D.ieu, et quiconque habite hors d’Eretz Israel ressemble à quelqu’un qui n’a pas de D.ieu, puisqu’il est dit : « Pour vous donner le pays de Canaan, pour être votre D.ieu ». (On objecte : cela signifie-t-il qui habitent hors d’Eretz Israel n’auraient pas de D.ieu ? C’est donc pour dire que quiconque habite hors du pays d’Israël est comme s’il était idolâtre.


Ce texte n’est en général pas considéré comme ayant force de loi. Cependant, Rabbi Yecha’ya di Trani signale dans son commentaire sur le traité de « Ketoubot » que telle était la règle « Lorsqu’Israël était sur sa terre », c’est-à-dire en un temps de souveraineté politique hébraïque sur Eretz Israel. Le verset qui sert de base à cet enseignement se trouve en fait à la suite d’un ensemble de prescriptions concernant le caractère inaliénable d’Eretz Israël. L’ensemble de ces prescriptions se trouve défini comme ayant été transmis à Moïse sur le Mont Sinaï. « Et D.ieu s’adressa à Moïse sur le mont Sinaï, en disant… » (Lévitique 25, 1) D’où la question de Rachi : « Toute la Torah a été donnée au Sinaï ; pourquoi le rappeler de façon spécifique à propos des mitsvote concernant la relation d’Israël à sa terre : chemita, yovel (jubilée), etc… ? La réponse, dont la source est dans le Midrach Torat Cohanim est que la Torah a tenu à donner ces mitsvote de la vie quotidienne en Eretz Israël, révélée au Sinaï dans tous leurs détails, en modèle au reste des commandements dont seuls les principes généraux sont donnés explicitement dans la Torah écrite.


La question de savoir quel est le rapport entre la chemita et le Sinaï prend une ampleur renouvelée dans notre temps, où une partie du peuple juif contemporain se définissant comme fidèle à la Torah du Sinaï, considère cependant que celle-ci ne postule pas forcément la vie en Eretz Israel. On peut penser que le traité Kétoubot a tenu à employer des termes aussi durs que « comme s’il était idolâtre » pour stigmatiser une belle doctrine , selon laquelle la Torah du Sinaï serait une « religion » indépendante théoriquement de « Sion ». Or, on sait ce qui risque d’advenir de « religions » issues d’Israël, mais coupées d’Eretz Israel considérée uniquement comme « terre sainte ». Toutefois, il faut préciser que cette condamnation des Juifs habitant hors du Pays d’Israël ne concerne pas forcément tous les Juifs de diaspora. Il ya en effet dans le terme employé par le Talmud et que nous avons traduit par « habiter » le sens de habiter de façon principale, définitive. Ce mot « ladour » s’oppose à un autre mot « lagour », qui signifie « séjourner de façon provisoire » (Genèse 47, 4) « C’est pour séjourner « lagour » au pays (d’Egypte) que nous sommes venus », ainsi que le commentaire de la Haggada de Pessa’h : « et non pour s’y installer ». En d’autres termes, les Juifs qui se savent en exil hors d’Eretz Israel , mais sont empêchés d’y vivre pour des raisons de force majeure , ne sont pas dans un cas visé par la beraïta. Cela pose le problème de la définition de la « diaspora ». S’agit-il de la diaspora de l’Etat d’Israël contamporain, ou bien de la diaspora du deuxième Royaume de Juda détruit par Rome il y a 2 000 ans et qui se trouve – sans l’assumer réellement – contemporaine de l’Etat d’Israël actuel ? Cette question est, dans l’état des choses renvoyée à la conscience individuelle de chacun et à sa sincérité. Mais il est un secteur de la population juive de diaspora où l’interpellation de notre beraïta ne peut être entendue que de façon très inconfortable. Il s’agit de ceux des Juifs qui cherchent dans la « religion » un alibi pour ne pas vivre à Sion.


Dans la paracha Behar, il est écrit: « Ne vous lésez point l’un l’autre, mais redoute ton D ieu ! Car je suis l’Eternel votre D.ieu ». (Vayikra 25:17). En d’autres termes, on doit arriver à éprouver le même sentiment de sainte crainte et de trépidation s’il nous vient à vouloir léser autrui, que lorsqu’on se trouve face à D.ieu. Et bien que la chose est difficile, nous sommes néanmoins ordonnés de faire ainsi. Et de plus, les transgressions entre l’homme et son prochain prennent préséance sur celles entre l’homme et D.ieu. Nos Sages ont expliqué que ce verset interdit les paroles frauduleuses. Cela inclut l’avertissement de ne pas diminuer une autre personne par des paroles blessantes, de ne pas lui donner de conseils qui ne sont pas réellement bénéfiques pour lui, mais bénéfiques pour le conseilleur. Il ne devra pas utiliser le pouvoir de sa parole pour causer de la peine ou pour embarrasser autrui. Il ne devra même pas examiner de la marchandise qui est en vente s’il n’a pas d’argent avec lui ou s’il n’a pas l’intention de l’acheter. Même un mot qui fait allusion à quelque propos blessant pour son prochain rentre la catégorie de cette interdiction.


Cependant, la société dans laquelle nous vivons est caractérisée par le contraire de tout ce qui est interdit dans cette mitsva. Il est courant de dénigrer son prochain ou de se moquer de lui par qu’il souffre d’une certaine déficience. Nous disons que nous plaisantons simplement, alors qu’en fait nous ne plaisantons pas du tout mais nous faisons de lui un sujet de moquerie. La racine de cette impudence est la déficience dans notre attitude envers les mitsvote entre l’homme et son prochain. De même que nous n’estimons pas cette catégorie de mitsvote, nous ne considérons pas les gens selon leur vraie valeur. Cet comportement superficiel nous mène directement à une attitude indulgente qui peut nous permettre des comportements impudents. En contraste avec cela, il semble que nous comprenions mieux les commandements entre l’homme et D.ieu. Nous savons que les lois ont la même valeur indépendamment de la grandeur ou de la grosseur du sujet de la mitsva et qu’il n’y a donc pas de sens à les observer partiellement. Nous savons qu’un animal n’est pas cachère si l’on découvre un trou dans ses poumons après l’abattage, que le trou soit petit ou grand. Il n’y pas de différence si une personne moissonne entièrement son champ le Chabbat ou s’il arrache quelques plantes du sol. Cependant, si nous réalisons que le propre comportement envers les autres êtres humains est obligatoirement parce que cela est ordonné par D.ieu, alors il devient plus évident que même la plus petite « piqûre » qui puisse causer de la peine à autrui est une transgression majeure de l’interdiction de ne pas blesser autrui par nos paroles. Que soit béni celui qui parvient à accomplir tout cela.


La paracha Behar interdit de prêter de l’argent et d’en tirer le moindre profit : « N’accepte de sa part ni intérêt ni usure, mais crains ton D.ieu, et que ton frère vive avec toi ! » (Vayikra, 25, 36) Le Kli Yakar explique que la raison de cette interdiction réside dans le fait que la Torah proscrit de se livrer à une profession « oisive » et non productive dont le gain est assuré sans nul risque, car cela pourrait générer chez l’homme une confiance absolue dans l’argent – au détriment de la confiance en l’aide divine. La parabole suivante illustre comment les tsaddikim ont été à toutes les époques le symbole vivant du déni de toute dépendance vis-à-vis de l’argent, allant même souvent jusqu’à l’abandonner sans le moindre scrupule… Chargé de ses livres d’étude qu’il transportait toujours de ville en ville, le ‘Hafetz ‘Haïm se retrouva un vendredi après-midi forcé de passer le Chabbat dans un hameau. C’est au rav de la localité que revint donc l’honneur d’héberger l’illustre maître de Radine. Or, peu avant l’entrée du Chabbat, le ‘Hafetz ‘Haïm se souvint qu’il avait en sa possession une grande somme d’argent, qu’il confia donc avec son portefeuille à son hôte. Pendant le Chabbat, le rav fut fort tracassé par le fait que son prestigieux invité avait déposé chez lui tout son argent sans témoins, acte en fait prohibé par la Hala’ha (voir ‘Hochen Michpat, 70, 1) : en effet, cela peut inciter un dépositaire malhonnête à nier ensuite l’existence de ce dépôt. Mais sachant pertinemment que son invité respectait scrupuleusement la Hala’ha, le rav décida d’attendre la sortie du Chabbat pour lui demander des explications. Après la cérémonie de la havdala, le ‘Hafetz ‘Haïm prit sa valise, s’empara de ses livres et après avoir remercié le maître de maison pour son hospitalité, il se dirigea vers la porte… Le rav lui rappela alors qu’il ne lui avait pas encore restitué son portefeuille. « Je le sais bien, mais comme nous étions seuls lorsque je vous l’ai confié et qu’il n’y avait alors personne d’autre présent pour que je le prenne en témoin, je n’ai pas voulu enfreindre un interdit de notre Hala’ha… si bien que je vous l’ai finalement donné en cadeau ! ». Le rav essaya ensuite de rendre l’argent à son propriétaire, mais ce dernier argua que depuis vendredi soir, ce n’était déjà plus son argent. Le rav décida alors d’ouvrir une brèche contre cette argumentation sur un tout autre terrain : il pria le ‘Hafetz ‘Haïm d’accepter l’argent comme cadeau… Mais il essuya de sa part un refus catégorique : « (…) Celui qui hait les présents vivra ! » (Proverbes 15, 27). Sans le moindre regret, le maître de Radine s’engouffra dans la carriole qui l’attendait, laissant derrière lui un portefeuille plein et un hôte stupéfait.


« Si tu fais une vente à ton prochain ou si tu acquiers de sa main quelque chose… » (Vayiqra 25:14) S’il existe bien des endroits où il est difficile de sentir auprès de nous la Chekhina (Présence divine), il s’agit de ceux où nous achetons ou vendons les biens dont nous avons besoin. De fait, le supermarché, l’épicerie de notre quartier ou la boulangerie de notre village ne sont pas les lieux où nous allons en pensant à D.ieu, pour Le rencontrer ou pour nous en rapprocher. Pourtant, la terre est remplie de la gloire d’Hachem et peu importe ce que nous faisons et l’endroit où nous nous trouvons, le Créateur est à nos côtés et Il n’attend qu’une chose : que nous fassions appel à Lui, que nous Le prions et que nous tenions compte de Sa volonté. Notre Créateur désire à chaque instant de notre vie que nous pensions à Lui, même lors des moments où tout nous incite à L’oublier. Lorsque nous plaçons sincèrement Hachem en notre cœur et que nous Le mettons en avant lors de nos échanges commerciaux avec nos semblables, nous avançons à grands pas vers le but ultime de notre passage ici-bas : le rapprochement avec le Divin. Le judaïsme ne prône pas l’égalité. La Torah vit dans le concret : elle sait très bien qu’il y aura jusqu’à la fin des temps des riches et des pauvres. Mais pour chacun, elle donne la possibilité de fuir les risques que sa situation peut lui faire encourir. Pour le riche et pour le pauvre, elle montre une voie permettant d’accéder à une vie spirituelle, en tenant compte des caractéristiques de chacun. Le pauvre en évitant de se laisser entraîner dans une vie uniquement matérielle. Le riche, en lui donnant la possibilité de considérer que le prêt d’argent sans intérêt est un moyen de réfréner ses pulsions de désir matériel et de jeter un œil vers une vie plus tournée vers la ‘ réparation du monde ‘. Telle est la justice idéale selon la Torah.


La Torah fut donnée aux Hébreux voici plus de 3 300 ans, un jour de Chabbat Kodech, au sixième jour du mois de Sivan, plus exactement en l’an 2448 depuis la création du monde. C’est au plus fort d’un tumulte et d’un ébranlement que le Créateur du monde se manifeste sur le Mont Sinaï avant d’offrir la Torah à Son Peuple Israël. Cet événement est inscrit depuis lors dans la conscience de la nation juive, non pas comme un simple fait historique impressionnant, héritage d’un lointain passé, mais bien plus comme l’événement majeur sur lequel repose toute notre vie, passée, présente et future. C’est ainsi que le Créateur du monde déclare dans la Sainte Torah (Devarim, 4: 9- 10) : «Seulement, garde-toi et évite avec soin, pour ton salut, d’oublier les événe- ments dont tes yeux ont été témoins, de les laisser échapper de ta pensée, à aucun moment de ton existence. Fais les connaître à tes enfants et aux enfants de tes enfants. N’oublie pas ce jour où tu te tenais en présence de l’Eternel ton D.ieu, au Horev, lorsque l’Eternel me dit : «Convoque ce peuple de Ma part, Je veux leur faire entendre Mes paroles afin qu’ils apprennent à Me révérer tant qu’ils vivront sur la terre, et qu’ils l’enseignent à leurs enfants»

La Torah est un trésor précieusement conservé par les Juifs au fil des millénaires. Les Sages nous affirment que 974 générations avant la création du monde, D.ieu siégeait : consultant, étudiant, examinant et concevant la Torah toute entière. Et pour chacun des détails et des paroles de la Torah, D.ieu s’employa à les analyser profondément, à 248 reprises – à l’image des 248 membres de l’homme – avant de les faire jaillir de Sa parole et de les inscrire définitivement dans la Torah. D.ieu ne créa le monde que pour la Torah, afin que le peuple d’Israël l’accepte, l’étudie et l’accomplisse. C’est ainsi que D.ieu mit en place tous les détails de la création, de telle sorte qu’ils permettent la mise en pratique de la Torah. Ainsi par exemple, sommes-nous enjoints à pratiquer la circoncision sur un nouveau-né de 8 jours. C’est pour cette raison que l’Eternel a créé en ce monde une règle naturelle, celle de la coagulation du sang chez un bébé, qui n’est totale qu’au terme de huit jours. De même sommes-nous soumis à l’abstention de tout travail le septiè- me jour, le Chabbath. En l’occurrence, D.ieu a créé des forces de l’âme et du corps humain telles, que celui-ci est naturellement dépendant d’un jour de repos hebdomadaire. Ainsi en va-t-il de toute la nature créée par rapport à la Torah.

La Torah représente donc le «plan architectural» à l’origine du monde, comme le rappelle le Zohar : «D.ieu a contemplé la Torah afin de créer le monde», c’est-à-dire qu’il s’est inspiré de la Torah, comme d’un plan, pour créer le monde. Pourtant, D.ieu n’a pas donné la Torah immédiatement après la création du monde, mais a «patienté» pendant plus de 26 générations (Celles de Adam le premier homme, Shet, Enosh, Keinan, Mahalalel, Ye- red, Hanoh, Métoushélah, Lémeh, Noah, Shem, Arpahshad, Shélah, Ever, Peleg, Réou, Séroug, Nahor, Térah, Avraham, Itshak, Yaacov, Lévi, Kéhat, Amram et Moché notre maître) avant de trouver la génération la plus adéquate pour cela. Une génération sortie d’Egypte, après y avoir connu de grandes remises en question en matière de foi, contemplé des miracles, et soumise à de nombreuses épreuves. Celle qui a vu aussi, face à face, la Providence du Créateur du monde, les dix plaies, la sortie d’Egypte, l’ouverture de la Mer Rouge, etc. … C’est donc cette génération qui a semblé la plus à même de recevoir la Torah au regard de D.ieu.


Il semble qu’au bout du compte, D.ieu ait attendu l’espace de 1000 générations avant de donner Sa Torah, à Son peuple d’Israël, comme il est écrit : « Rappelez-vous éternellement son alliance, le pacte qu’il a promulgué pour mille générations» (Divré Hayamim 1, 16 :1.). Feu et nuage D.ieu illumina le Mont Sinaï tout entier par un feu tout particulier : un feu de Kédoucha, et la rosée qui tomba alors ne l’éteint pas. Rabbi Shimon Ben Lakish : «Lors du Matan Torah, tout était de feu, la Torah elle-même fut écrite en lettres de feu noir sur feu blanc. Moché Rabbénou était tel une flamme incandescente que les Bné Israël craignaient d’approcher. Tous les anges étaient en feu et le Mont Sinaï brillait lui aussi d’un grand feu. Et Hachem descendit vers le peuple au cœur de ce grand feu, et Ses Paroles y furent entendues. Il s’agissait d’un spectacle impressionnant. Mais pourquoi la Torah fut-elle donnée au milieu du feu et de l’obscurité ? Afin de nous enseigner que tous ceux qui étudient la Torah et la mettent en pratique seront préservés du feu du guéhinom (enfer) et de l’obscurité de laGalout (exil). Une nuée recouvrait le Mont Sinaï tout entier, mais le miracle fut que cette fumée ne se distinguait, ni du feu ni de la montagne. Tous les vents les plus doux du Gan Eden se purent sentir, à même d’apaiser les âmes. Chlomo HaMélèkh (le Roi Salomon) dit à propos de cette nuée, dans Chir haChirim (le Cantique des Cantiques) : «Embaumée de myrrhe et d’encens».


La montagne trembla alors bien plus que lors d’un tremblement de terre, en même temps que toutes les montagnes du monde, du haut vers le bas. Les eaux des océans et des fleuves s’agitèrent tout autant, le Jourdain inversant même son flux, tous les arbres et tous les rochers grondèrent. Une Bat Kol (voix céleste) se fit soudain entendre : «Qu’as- tu, oh mer, pour t’enfuir ? Jourdain, pour retourner en arrière ? Montagnes, pourquoi bondissez-vous comme des béliers, et vous, collines, comme des agneaux ?» (Téhilim, 114 , 6). Ils répondirent : «A l’aspect du Seigneur, tremble, ô terre, à l’aspect du D.ieu de Yaacov !» (Téhilim 114, 8) Nos‘Hakhamim (Sages) enseignent à ce propos : «Au moment ou Da- vid haMélèkh entreprit de procéder aux excavations préalables aux fondations du Beth Hamikdach, il parvint à une profondeur de .0 amote (2. mètres) et trouva un bloc d’argile bloqué, qu’il tenta d’extraire et de jeter. Ce bloc lui dit : «Tu ne peux rien contre moi, car je bouche l’abîme». Le Roi David lui demanda : «Depuis combien de temps es-tu ici ?». «Depuis le moment où D.ieu a fait entendre Sa voix sur le Mont Sinaï, disant : «Je Suis l’Eternel Ton D.ieu». La terre en a tremblé, sur le point de s’effondrer. Hachem m’a alors envoyé ici me chargeant de boucher ce gouffre, lui évitant de croître et d’anéantir ainsi toute la ter- re. Et lorsque les eaux m’aperçoivent, le Chem Haméforach (Nom divin immémorial) inscrit sur moi, elles s’en détournent immédiatement».


Le Mont Sinaï était éclairé grâce à une pierre précieuse, le «Bedolah» (cristal ou quartz) que D.ieu déplaça pour la placer au-dessus des Bné Israël. Ainsi, la montagne fut suspendue dans les airs pendant cet événement, à l’image d’une‘Houpa (dais nuptial) dressée pour des mariés : Hachem et Son peuple. Les témoins attendus pour cette cérémonie furent les cieux et la terre, la Kétouba (acte de mariage) fut la Torah elle-même. Et D.ieu prononça cette mise en garde : «Si vous acceptez Ma Torah, rien de mieux, sinon, ce lieu sera votre sépulture car le monde n’a de raison d’être que pour la Torah». Cependant, les Bné Israël avaient promis : «Naassé Vé Nichma» (nous accomplirons puis nous comprendrons), prêts à recevoir la Torah de leur plein gré. Mais pour ce qui concerne la Torah orale, constituée de multiples détails, craignant de ne pouvoir respecter leur engagement, se montrèrent alors réticents. C’est pour cela qu’Hachem retourna la montagne au-dessus de leurs têtes, à l’image d’un toit. Mais au bout du compte, ils acceptèrent également la Torah orale, de plein gré. Cette résolution se déroula bien plus tard, au temps de Mordéchaï et Esther, lorsqu’ils furent délivrés de la menace planifiée par le vil Haman.


Tous se tenaient au pied de la montagne, définitivement prêts, et résolus à recevoir la Torah. Au moment où D.ieu souhaita se manifester afin de donner la Torah aux Bné Israël, le monde tout entier se tut : nul oiseau ne s’envola, nulle vache ne se mit à meugler et aucun autre animal n’émit le moindre son. Les anges eux-mêmes interrompirent leur service et restèrent silencieux. Le monde dans son ensemble donnait l’impression d’être vide de toute vie. Des cieux au-dessus du Mont Sinaï, Hachem se révéla à Israël, comme il est dit : «Vous avez vu que des cieux Je vous ai parlé». Lorsque la Voix retentit d’un bout à l’autre de la terre, ébranlant le monde tout entier, un grand tremblement s’empara de tous les dirigeants de toutes les royautés de la planète, chacun dans son palais. Ils se réunirent et se dirigèrent vers Bilam (le prophète des nations) qui était leur prophète. Ils lui dirent : «Quelle est donc ce tumulte que nous avons entendu ? D.ieu souhaite t-il envoyer un déluge et détruire le monde ?». Bilam répondit : «Stupides que vous êtes ! D.ieu a déjà juré de ne plus envoyer de déluge sur le monde ! Il s’agit en vérité d’un trésor préservé par D.ieu dans les cieux, et il vient à présent l’offrir à Ses enfants». Aussitôt, tous acceptèrent et s’écrièrent : «Hachem offrira Sa puissance à Son peuple, Hachem bénira Son peuple dans la paix». Au même moment, Hachem offrit la possibilité à toutes les idoles du monde de venir se prosterner devant la Chehina (le force divine). Un miracle se produisit alors : chaque bouche s’emplit d’eau, que chaque idole recracha sur les idolâtres, les ridiculisant, leur disant : «Vous avez abandonné le Maître du monde, Créateur des cieux et de la terre, pour venir nous servir, nous les statues, qui «ont une bouche, mais ne parlent pas» (Téhilim). Les Bnei Israel, qui avaient entendu la Voix directement ne furent cependant pas en mesure de pouvoir supporter une telle intensité de sainteté.


3 catégories se distinguèrent alors : Première catégorie : La majorité du peuple vit son âme quitter le corps à chaque Parole prononcée par D.ieu, comme il est écrit : «Mon âme m’a quitté par sa parole», s’élevant jusqu’au Trône divin. La Torah de- manda à D.ieu : «Maître du monde, M’as-tu créé pour rien, 974 générations avant même la création du monde ?! Et existe-t-il donc un roi qui, au moment même où il marie sa fille (la Torah), tue ses enfants ?! Aussitôt, la Torah restitua à chacun des Bné Israël son âme, comme il est écrit : «La Torah d’Hachem est intègre, restitue l’âme». Seconde catégorie : Elle concerne ceux qui se trouvaient à un stade plus élevé encore, capables de supporter une telle Kédoucha : leur âme ne les quitta pas. Pourtant, dans le même temps, à chaque Parole divine, ils s’en trouvaient ébranlés, du fait de sa puissance redoutable, à tel point qu’ils ne purent rester à leurs places et furent projetés en arrière, à plus de 12 mil (environ 12 kilomètres), comme il est dit : «Et le peuple vit, tressaillit et se tint au loin». Hachem dit alors aux anges du service de descendre et de leur venir en aide. Ce qu’ils firent immédiatement, comme on le ferait en tenant la main d’un nourrisson, pour lui apprendre à marcher seul. Troisième catégorie : Il s’agit des plus élevés parmi le peuple. Ils restèrent à leur place mais furent très affaiblis en entendant la Parole divine. Que fit alors Hachem ? A chaque parole prononcée, il embauma le monde entier d’encens, afin de renforcer les âmes ébranlées par cette expérience. Après chaque parole, le vent se levait et dispersait ce baume ambiant jusqu’au Gan Eden (paradis), avant de revenir dans ce monde pour chaque nouvelle parole.


(sources : Rav Léon Askénazi, Leçons sur la Torah – Dr Michaël Aboulafia, Machon Meir – Torah.net – Hamodia – Rabbi Na’hman, La Pause Café – la toile scoute – Extrait de Lois et Récits de Chavouôt – Torah Box)

 

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Voici l’étude de la paracha de la semaine, avec le site Modia, ici :

1.   PARACHA DE LA SEMAINE – 31e Paracha – Emor: Dis Vayiqra (Lévitique) 21, 1 – 24, 22
Elle vous donnera la conception de ce qu’est l’humanisme du Juif et sa mission, une sainteté très personnelle au nom : qédoucha. Elle concrétise de façon personnelle et vitale et concrète ainsi la paracha précédente.

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Le nouveau mois de Iyar(généralement en mai)

La particularité du mois de Iyar

Il est appelé aussi mois de Ziv, ce qui veut dire « mois du rayonnement ».  Cela veut dire que la merveille de la  la sortie d’Egypte,  qui est une re-Création du monde comme on le rappelle dans le qiddouche du soir de Chabbate, va atteindre son objectif en ce mois.

On passe du potentiel à la réalisation  …

Cliquez ici : Calendrier juif du mois de Iyar

Rav  Yehoshua Rahamim Dufour

 

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31e Paracha : Emor « Dis » – Vayiqra (Lévitique) 21, 1 – 24, 22 (2013)


En quoi est-il étonnant qu’Hachem ait demandé qu’on Lui construise un Michkane et un Bet Hamikdach ? En quoi cette injonction est-elle importante ? Comment comprendre que si les goyim (nations) avaient conscience de l’importance du Bet Hamikdach, ils en pleureraient la destruction, tous les 9 av, (tichabéav) comme le pleurent les Juifs ? Le Rav Raphaël Sadin nous demande encore : qu’est-ce que le Temple ? Un temple est a priori antijudaïque, car D.ieu est absolu, au-delà de l’être. D.ieu se réduire D.ieu dans un si petit espace ? Ramban (Na’hmanide) et les Richonim expliquent que le Temple est l’endroit qui est préservé, un endroit préservé de la folie du monde, un endroit complètement pur. Il faut qu’un endroit reste pur comme avant la faute d’Adam Harichon et la faute du Veau d’Or et que celle-ci n’ait pas de prise. Quand on dit que c’est la maison de D.ieu, on signifie que c’est l’endroit où la Divinité peut se révéler sans les filtres, sans les « klipote » écorces. Là-bas, on peut voir la manifestation absolue de la Vérité. La faute métaphysique du veau d’or a détruit l’accès à la Vérité à partir du monde, à partir de la nature, de l’espace profane. C’est pourquoi D.ieu a créé un espace complètement pur, préservé de la faute, où on a la possibilité de rencontrer le visage de la Divinité en toute pureté.

Dans le Temple, il fallait que l’espace où se trouvait l’arche d’alliance ne prenne pas de place. C’est une manifestation de D.ieu qui n’obéit pas aux règles naturelles physiques du monde. A cet endroit, on voyait clairement la Divinité. Le Temple est l’endroit où la Vérité s’éclaire, s’illumine. Ainsi, 10 miracles s’accomplissaient quotidiennement dans le Temple et à Jérusalem : • Aucune femme n’avorta jamais à cause de l’odeur de la viande des sacrifices; • La viande provenant des sacrifices ne se décomposait point; • On ne voyait aucune mouche dans l’abattoir du temple; • Jamais une impureté accidentelle ne souilla le Kohen HaGadol le jour de Yom Kippour • La pluie n’éteignait pas le feu qui brûlait sur l’Autel ; • Le vent ne parvenait pas à déranger la colonne de fumée qui s’élevait des sacrifices ; • Jamais on ne trouva une disqualification dans l’Omer; ni dans les deux pains de Chavouote ou dans les pains de la proposition; • Le peuple, quoique serré à cause du grand nombre de personnes qui se trouvaient dans le temple, pouvait cependant se prosterner aisément; • Jamais serpent ni scorpion ne blessa quelqu’un à Jérusalem; • Enfin, personne ne se plaignit jamais d’être trop à l’étroit dans Jérusalem.

La seconde fonction du Temple c’est une relation avec D.ieu. Le Temple est un escalier mystique et spirituel où s’opère un double mouvement : de bas en haut et de haut en bas. Toutes les bénédictions du monde passaient par le Temple de Jérusalem. C’est pourquoi, quand on prie, on doit toujours le faire tournés vers Jérusalem et le mont du Temple, où que nous soyons dans le monde. Ainsi, la prière passe par le Temple ainsi que la réponse de D.ieu. Le Gaon de Vilna dit que le Icar de la guéoula va passer par le fait d’habiter la veille ville de Jérusalem.Il dit que l’étude de la Cabala et la capacité d’investir la veille ville de Jérusalem pour que le présence de la Torah y brille pour que puisse se faire un lien entre D.ieu est les hommes en un double mouvement (est primordial.) Le Texte dit que si les non juifs connaissaient l’importance du Temple de Jérusalem, ils pleureraient tous sa destruction et sa perte le jour anniversaire de sa destruction, le 9 av (Tichabéav). Le Temple concerne donc l’humanité tout entière.

Les offrandes au Temple (le pain, le vin, l’eau, les fruits, la viande rôtie, les encens…) représentaient en quelque sorte la manière de nourrir D.ieu. Mais, demanderez-vous, en quoi D.ieu a-t-Il besoin qu’on lui apporte toutes ces choses ? Il est certain que D.ieu n’a besoin de rien, mais s’Il nous demande une faveur, cela ne dépend que de nous. La notion d’offrir à D.ieu des corbanote est la notion d’avoir à cœur de penser que dans chaque acte : manger, boire, respirer, etc… se loge le secret le plus ultime de la Vérité, de la spiritualité, de la sainteté et du lien avec D.ieu. C’est à travers un rapport sanctifié, un rapport à la nourriture qui se déroule au Temple que la Vie elle-même est le lieu le plus profond du rapport à D.ieu.

« L’Eternel dit à Moïse : « Parle aux Cohanim, fils d’Aaron et dis-leur : Nul ne doit se souiller par le cadavre d’un de ses concitoyens. » (Lévitique, 21, 1) Comment comprendre ce verset de la Paracha Emor ? Le Maharal de Prague nous enseigne une chose extraordinaire : la spiritualité est au-dedans de la vie de chaque homme. La spiritualité est la vie. La vie est spirituelle en essence, simplement comme toute chose, la vie se dégrade si on passe à côté des secrets de l’existence et de la vie. L’âme et le corps ne font qu’un. Or, les Cohanim dans le travail au Temple sont collés à la vie dans son secret le plus profont et ne peuvent donc pas toucher à la mort. Toute existence collée à D.ieu est immortelle. Est mortel celui qui est le résultat des causes qui l’entourent. Est immortel celui qui est en connexion avec la pureté, avec D.ieu.

Voici le discours de la dédicace du sanctuaire (I Rois chapitre 8, 12 – 8,53) : Alors Salomon dit : « L’Eternel a promis de réisider dans cette brume ; c’est donc bien pour Toi, Eternel, que j’ai bâti cette demeure ; elle sera à jamais le siège de Ta résidence ». Puis, le roi tourna sa face et bénit toute l’assemblée d’Israël, celle-ci restant debout, et il dit : « Loué soit l’Eternel, D.ieu d’Israël, qui a dit de Sa propre bouche à David, mon père, et réalisé de sa propre main cette parole : « Depuis le jour où J’ai fait sortir Mon peuple Israël de l’Egypte, Je n’avais choisi aucune ville entre les tribus d’Israël, pour l’édification du Temple où devait régner Mon nom. Et maintenant J’ai adopté David comme chef de Mon peuple Israël. » Or, David, mon père, eut la pensée d’édifier un Temple en l’honneur de l’Eternel, D.ieu d’Israël. Mais l’Eternel dit à David, mon père : « La pensée que tu as conçue d’édifier un Temple en Mon honneur est une bonne pensée. Toutefois, ce n’est pas toi qui bâtiras ce Temple ; c’est ton fils, celui qui doit naître de toi, qui bâtira ce Temple en Mon honneur. » L’Eternel a réalisé Sa parole ; j’ai remplacé David, mon père, sur le trône d’Israël, selon la parole du Seigneur ; j’ai construit ce Temple sous l’invocation de l’Eternel, D.ieu d’Israël, et j’y ai assigné une place à l’arche où repose l’alliance de l’Eternel, celle qu’Il fit avec nos pères lorsqu’Il les eut tirés du pays d’Egypte. »

Puis, Salomon alla se placer devant l’autel du Seingeur en présence deet oute l’assemblée d’Israël, étendit les mains vers le ciel et dit : « Eternel D.ieu d’Israël ! Nulle puissance ne T’égale, ni là-haut dans le ciel, ni sur la terre ici-bas, Toi qui maintiens ton pacte de bienveillance à tes serviteurs, lorsqu’ils marchent de tout leur cœur dans Ta voie ; Toi qui as observé à l’égard de Ton serviteur David, mon père, ce que Tu lui avais promis… Ta bouche l’avait proclamé, Ta main l’a accompli en ce jour. Et maintenant, Seigneur, D.ieu d’Israël, garde à Ton serviteur David, mon père, la promesse que Tu lui a faite en ces termes : « Aucun des tiens ne sera exclu par Moi du trône d’Israël, pour que que tes fils persévèrent dans leur voie, marchant devant Moi comme tu as marché toi-même. » Maintenant donc, D.ieu d’Israël, daigne réaliser la promesse que Tu as faite à Ton serviteur, à David, mon père. Mais est-ce qu’en vérité, D.ieu résiderait sur la terre ? Alors que le ciel et tous les cieux ne sauraient Te contenir, combien moins cette maison que je viens d’édifier ! Tu accueilleras cependant, Eternel mon D.ieu, la prière et les supplications de Ton serviteur, Tu exauceras la prière fervente qu’il t’adresse en ce jour : que Tes yeux soient ouverts nuit et jour sur cette maison, sur ce lieu dont Tu as dit : « Mon nom y règnera, » et que Tu entends les prières que Ton serviteu t’y adressera. Oui, Tu entendras les supplications de Ton serviteur et de Ton peuple Israël, proférées en ce lieu ; du haut du ciel ou Tu résides, Tu les écouteras et Tu pardonneras.

Si un homme faute envers son prochain, et qu’on lui défère le serment, et qu’il vienne le prononcer ici, devant Ton autel, Toi, Tu l’entendras dans le ciel, Tu agiras, Tu feras justice à Tes serviteurs, punissant le coupable et faisant en faisant retomber son méfait sur sa tête, favorisant l’innocent en raison de sa droiture. Si Ton peuple Israël est battu par un ennemi pour T’avoir offensé, mais qu’ensuite ils reviennent Toi, rendent hommage à Ton nom, te prient et T’implorent dans cette maison, Toi, Tu les entendras dans le ciel, Tu pardonneras l’offense de Ton peuple Israël, et Tu le ramèneras dans le pays que Tu as donné à ses pères. Si le ciel se ferme et refuse la pluie, parce qu’ils auront fauté devant Toi, mais qu’ils prient dans ce lieu, rendent hommage à Ton nom et reviennent à leur faute parce que Tu les auras châtiés, Toi, Tu les entendras dans le ciel, Tu pardonneras la faute de Tes serviteurs, de Ton peuple Israël, en leur montrant le bon chemin où ils doivent marcher, et Tu enverras la pluie à ce pays que Tu as donné en possession à Ton peuple. Si une famine survient dans le pays, s’il y sévit une épidémie, une maladie des blés, une calamité ou un fléau quelconques ; si quelque membre de Ton peuple Israël Te supplie et T’implore, chacun connaissant la plaie de son cœur et étendant les mains vers cette maison, Toi, Tu l’entendras du ciel, Ton auguste résidence, et Tu agiras avec clémence, traitant chacun selon sa conduite, selon que Tu connais son cœur, car seul Tu connais le cœur de tous les humains.De la sorte, ils Te révèreront tout le temps qu’ils vivront sur cette terre que Tu as donnée à nos aïeux.

Je t’implore aussi pour l’étranger qui ne fait pas partie de Ton peuple Israël et qui viendrait de loin pour honorer Ton nom. Car ils entendront parler de Ton grand nom, de Ta main puissante et de Ton bras étendu, et ils viendront prier dans cette maison ; Toi, Tu l’entendras du ciel, Ton auguste résidence, et Tu exauceras les vœux que T’adressera l’étranger, afin que tous les peuples du monde connaissent Ton nom, qu’ils Te révèrent comme Ton peuple Israël, et qu’ils sachent qu’elle est sous l’invocation de Ton nom, cette maison que j’ai bâtie. Quand Ton peuple ira en guerre contre l’ennemi, là où Tu l’enverras, et qu’ils T’adresseront leur prière, Seigneur, tournés vers la ville que Tu as élue et vers la maison que j’ai bâtie en Ton honneur, Tu entendras du ciel leur voix, leurs supplications, et Tu leur feras justice. Que s’ils fautent envers Toi – car il n’est point d’homme qui ne faute – et qu’irrité contre eux, tu les abandonnes à l’ennemi, pour qu’il les conduise captifs dans son pays éloigné ou voisin et que, venant à résipiscence dans le pays de leur exil, ils s’amendent et T’implorent en disant : « nous avons fauté, nous avons mal agi, nous sommes coupables » ; s’ils reviennent à Toi de tout leur cœur et de toute leur âme dans le pays où leurs ennemis les détiennent et qu’ils T’adressent leur prière dans la direction du pays que Tu as donné à leurs pères, de la ville que Tu as élue et de la maison que j’ai bâtie en Ton honneur, du haut du ciel, Ton auguste demeure, Tu entendras, Tu écouteras leur prière suppliante, et Tu leur feras justice.

Tu pardonneras à Ton peuple ses fautes, ses offenses à Ton égard, et Tu inspireras compassion pour lui à ses vainqueurs, afin qu’ils aient pitié de lui. Car il est Ton peuple et Ton héritage, que Tu as fait sortir de l’Egypte, du milieu de ce creuset de fer. Que Te yeux restent ouverts aux supplications de Ton serviteur. Et à celles de Ton peuple Israël, pour les exaucer toutes les fois qu’ils T’invoqueront. Car Toi-Même Tu Te les es réservés comme Ton héritage entre tous les peuples de la terre, comme Tu l’as déclaré par l’organe de Moïse, Ton serviteur, alors que Tu fis sortir nos pères de l’Egypte, ô Seigneur – Elohim ! » Alors que Salomon termine sa prière devant l’autel en présence de tout le peuple, un prodige se produit : D.ieu répond à sa prière. Le feu descend du ciel et consume l’holocauste et les sacrifices, la gloire de D.ieu remplit le Temple au point que personne ne peut y entrer. Le peuple se réjouit.

Nous apprenons, dit le Rav Philippe Haddad, l’histoire juive non seulement pour éviter les erreurs du passé, mais aussi parce que nous nous dirigeons tous vers une certaine destination. Le livre de Vayikra se termine par un passage particulièrement sévère dans lequel Dieu nous fait connaître tous les châtiments qui s’abattront sur nous au cas où nous ne serions pas fidèles à l’alliance que nous avons contractée avec lui au Sinaï. Les détails de ces punitions sont nombreux et, hélas, plusieurs fois au cours de notre longue histoire, nous avons eu l’occasion de sentir effectivement la main de Dieu et de voir se réaliser le châtiment divin. Mais, en même temps, nous avons vu aussi l’Eternel tenir scrupuleusement sa promesse, telle qu’elle se trouve exprimée dans notre paracha à la fin des châtiments, à savoir que, malgré son courroux et malgré notre mauvaise conduite répétée, jamais l’Eternel ne nous rejettera pour toujours, jamais il ne permettra que nous soyons complètement anéantis, car, pour lui, l’alliance contractée avec nous est éternelle, Et cette alliance, si elle nous impose certaines obligations, exige également de la part de Dieu une protection sans laquelle nous ne pourrions subsister. Aussi, comme disent nos Sages, Dieu est-il toujours venu avec nous en exil, tout comme au début de notre histoire il se trouvait à nos côtés en Egypte. Il a, pour ainsi dire, partagé les souffrances causées par les châtiments qu’il s’est vu obligé de nous infliger; car, en père aimant, il souffre du mal qu’il lui faut faire subir à ses enfants. Ce qui est vrai pour le peuple d’Israël dans son ensemble, l’est également pour chacun de nous individuellement. Il peut nous arriver de sentir s’abattre sur nous cruellement la main de Dieu, de souffrir de maux, de deuils, de maladies pénibles. jamais il ne nous faut cependant douter de la bonté divine, du fait qu’il est le père de chacun de nous individuellement et que le sort de chacun de nous lui tient à cœur. Les souffrances constituent souvent un châtiment; mais elles peuvent aussi être totalement inexplicables, et leur raison nous échapper complètement . N’oublions pas, dans tous les cas, que l’Eternel est notre Dieu, dans les mauvais comme dans les bons moments de l’existence.

Nos Sages associent le commandement Emor avec l’obligation du ‘Hinou’h, l’éducation des enfants, commentant : Il est écrit : « Parle » et il est écrit « dis-leur ». Pourquoi la répétition dans le même verset ? Pour mettre en garde les parents concernant leurs enfants… Lehazhir, le mot hébreu traduit par « mettre en garde » partage la même racine que le mot Zohar, qui signifie « rayonnement ». Cela nous enseigne une leçon fondamentale concernant l’éducation : elle doit se caractériser par une lumière rayonnante. En général, deux approches sont tentées pour persuader les enfants de rejeter un comportement indésirable : mettre l’accent sur sa bassesse ou montrer une alternative positive. Lehazhir souligne l’importance de répandre la lumière, car « une petite lumière repousse beaucoup d’obscurité » et en répandant la lumière, on allume la lumière intérieure que possède chacun. Ce concept possède aussi une signification plus profonde. Dans son sens complet, le ‘Hinou’h de nos enfants, et par extension de tous ceux que l’on influence, ne doit pas être considéré comme une obligation qui dépasse notre propre service divin, comme une autre tâche à accomplir, mais comme une émanation naturelle de ce service. Quand le service divin de l’individu atteint un sommet parfait, et en s’attachant à Ahavat Israël et A’hdout Israël (l’amour et l’unité du Peuple Juif) il se joint aux autres, son contact avec eux permet et accélère leurs progrès personnels. La lumière qui émane de sa conduite illuminera et éduquera tous ceux avec lesquels il entrera en contact. Et cet allumage de lumière par la lumière nous conduira à l’ère où « le Sage brillera comme la splendeur du firmament » et « Israël… quittera son exil avec miséricorde ». Adapté de Likoutei Si’hot vol. 27, p. 159 et suiv. et Sefer HaSi’hot 5750 p. 443 et suiv.

Il est classique depuis Rabbi Yéhouda Halévi de dire que le D.ieu d’Israël est celui de l’histoire. La révélation et la providence se manifestent à travers la réalité historique plus qu’à travers une prise de conscience spéculative. Le Rav Oury Cherky explique qu’on peut affirmer que le Saint béni-soit-il rencontre l’homme dans le temps, car le temps est la manière de l’homme de vivre le monde. Un verset à la fin de la liste des fêtes, laisse à penser qu’il est possible de continuer l’œuvre de sanctification du temps dans la suite de l’histoire, après la sortie d’Egypte. C’est: « Moïse enseigna les fêtes de D.ieu aux enfants d’Israël » (23,44). On peut comprendre ce verset comme signifiant que Moise a enseigné aux enfants d’Israël la faculté de créer des fêtes nouvelles au cours de l’histoire. Or, juste après cette phrase le texte rappelle deux commandements relatifs au service du Temple: l’allumage du candélabre et les douze pains de proposition. Il est aisé de reconnaître là des allusions aux fêtes ultérieures de Hanoucca et Pourim, célébrées respectivement par des lumières et un repas (le douzième mois). Il est plus ardu de déchiffrer l’allusion contenue dans l’épisode du blasphémateur qui apparaît immédiatement après. Il s’agissait d’un semi-hébreu semi-égyptien, que sa condition ambiguë a poussé à la détérioration de la parole. Le texte dit que Moise et les enfants d’Israël ne savaient pas comment le juger. Il semble que Moise, lui-même Hébreu de naissance et Egyptien de culture, ayant lui-même des difficultés à parler, ait été intrigué par un personnage lui ressemblant par ses données de départ, et qu’il se serait demandé si le personnage n’était qu’un vil blasphémateur ou si son effronterie ne portait pas en germe celle du libérateur des temps messianiques là où, selon le Talmud, l’effronterie sera abondante. Le blasphémateur du temps de Moise a été lapidé, mais le récit porte en lui l’allusion à une fête des temps du Retour où l’on fête la sortie du dernier exil, réalisée grâce à l’effronterie des juifs, initiée par un produit de la culture européenne, qui décida de revenir à son peuple et à sa terre.

Le mois de Iyar : Le rav Salomon Malka nous explique que le second mois selon le décompte scripturaire s’intitule Iyar. Dans le livre des Rois on le nomme ziv en allusion à la splendeur du soleil qui réchauffe sans atteindre les chaleurs caniculaires de l’été. Il est connu comme un mois ayant des qualités thérapeutiques, probablement grâce à la manne bienfaitrice qui a commencé à se répandre chaque matin dès le début de ce mois. L’anagramme de Iyar semble aller dans le même sens Je suis D. ton guérisseur (Ani Hachem Rofékha). Ce mois est riche en événements que nous aurons à expliquer en détail. Le recensement de la population des hébreux sortis d’Egypte a commencé le premier Iyar. C’est aussi ce jour que débuta la construction du premier Temple par le Roi Salomon. Le quatorze de ce mois, est annoncé par la Thora Pessah Chéni, le second Pessah, qui permettait aux hommes impurs à Nissan de se rattraper en célébrant Pessah à Iyar. En ce jour est mort Rabbi Meïr Baal Haness. On l’appelle Hilloula de Rabbi Meïr. Le 18 Iyar c’est la grande Hilloula appelée Hilloula de Rabbi Chimon Bar Yohaï. Elle porte aussi le nom de Lag Baomer. Elle met fin à la période de deuil le 33ème jour du décompte du Omer.
L’histoire récente a marqué ce mois par la plus formidable et inespérée nouvelle. La résurrection de l’état d’Israël après presque deux mille ans d’exil. Aucun peuple au monde n’est revenu sur le sol des ancêtres après une si longue absence. Le 5 Iyar 5708, l’O.N.U. reconnaît le droit au peuple juif d’avoir un état indépendant. Elle admet cet état dans le concert des nations. Le lendemain sept pays arabes, voisins, l’attaquent pour essayer de le rayer de la carte comme vouloir étouffer un bébé à peine sorti du ventre de la mère. Le courage des nouveaux israéliens vient à bout de ses armées belliqueuses. Le prix que le jeune état a payé pour sa survie a été très lourd. La veille de cet anniversaire, l’état d’Israël se souvient de ses héros comme des milliers d’autres qui sont tombés sur le champ d’honneur, un champ qui a la superficie de tout le pays. Dans ce jour du souvenir, les citoyens israéliens se rendent aux cimetières pour prier sur les tombes des jeunes soldats et des habitants victimes d’attentats qui sont morts pour la défense de leur état. Le soixantième anniversaire d’Israël n’a pas réglé les problèmes avec ses voisins notamment la guerre larvée imposée par les palestiniens. C’est pourquoi nous continuerons à prier pour que D. qui nous a permis de retrouver la terre ancestrale, contribuera à ramener la paix dans cette région.

Le sens du nom du mois d’Iyar est très profond, et le rav Dynovisz nous apprend que ce nom est une superposition de lettres : youd, youd, alef, rech, qui ne veut rien dire ni en hébreu, ni en araméen. C’est un mot composé des lettres initiales des 3 patriarches et d’une des matriarches : youd pour Itz’hak, youd pour Yaacov, alef pour Avraham et rech pour Ra’hel. Mais qu’ont vu nos Maîtres dans ce mois qui corresponde à ces patriarches et matriarche ? Les 4 roues du char divin sont : Avraham, Itz’hak, Yaacov et David. Pour ce qui est du nom du mois de Iyar, c’est Rachel qui remplace David pour la représentation de la 4ème roue du char divin. Il y a a ici quelques chose d’important : la Torah nous révèle, au sujet du mois de Iyar que Pessa’h chéni offre la possibilité pour ceux qui n’ont pas pu faire Pessa’h à la bonne date ont la possibilité de se rattraper en faisant Pessa’h chéni. Il y a donc toujours une téchouva possible. Avec alef, youd, rech, cela donne Ani Hachem rofé’ha : Je suis HM ton guérisseur, verset qui fait allusion à la téchouva. La racine du mois de Iyar est lié à Pessa’h chéni. Le mois de Yiar est donc le retour possible de tout celui qui le désire. Il y a des fois où l’homme soit impuissant devant la maladie, il ne reste qu’à se tourner vers Hachem. Le mois de Yiar fait allusion au fait que le Âm Yisrael est complètement malade et qu’il se tourne vers Hachem et fait un retour vers D.ieu. Le Rambam (Maïmonide) disait que de la même manière qu’il y a le médecin du corps, il y a le médecin de l’âme. Les médecins du corps et les médecins de l’âme sont les maîtres d’Israël, qui aident chacun d’entre nous à revenir vers HM et à se guérir. Dans cette perspective, le verset « Ani Hachem rofé’ha » signifierait que si le le peuple d’Israël s’est tellement éloigné que les rabanim et même les tsadiqim ne peuvent plus rien faire pour lui, tellement il s’est éloigné, alors, seul Hachem peut ramener Son peuple vers Lui.

Le rav Dynovisz ajoute que rien n’est gratuit ici-bas; D.ieu veut des hommes et non des parasites. Rachel a été capable de payer en quelque sorte son tribu à Hachem en faisant du bien à celui qui les avait fait souffrir, elle et son fils Yossef en le vendant à des Egyptiens. Au moment de la délivrance, Hachem réunira les tsadiqim de tous les temps, se demandant par le mérite de qui cette délivrance se fera, et Hachem dira que ce sera par le mérite de Ra’hel. Le mérite de la délivrance se rattache ainsi au mois de Iyar. Avraham, il a prié pour sauver Sodome et Lot, son neveu, malgré son ingratitude. Itz’hak a vu qu’il sortirait de son fils Essav la lumière de Rabbi Méir et ne l’adandonna pas. Quant à Yaakov, il a su sortir de la klippa (l’écorce) de Lavan les mères d’Israël. Ainsi, le mois de Iyar est le signe que le trésor se cache là où l’on croit qu’il n’y a plus rien à trouver. C’est dans le désespoir que l’on trouve le trésor. Après le désespoir de la guerre et de la Choah, en 1948, c’est le 5 du mois de Iyar que le peuple juif a retrouvé sa terre et qu’est né l’Etat d’Israël. Or, ceux qui ont déclaré cette naissance étaient les moins concernés pas la Torah et les plus malades d´Israël ; ceux dont on s´était désespéré ! Ils voulaient faire d´Israël un pays comme les autres, sans Torah. Mais Hachem dit : Je vais vous soigner, et c´est ce qu´Il a fait. Aujourd´hui, en Israël, la Torah est étudiée partout. Nous ne misons pas sur les malades, mais Hachem les guérit et Il réussit ! C´est le secret du mois de Iyar, Et cela est lié à la paracha Emor, où Moché doit transmettre aux cohanim qu´ils sont la tribu responsable des autres. Etre choisi est une responsabilité. Il faut être à la hauteur morale et spirituelle d´Israël ! Nous ne devons pas critiquer le pays, mais prier et agir pour lui. Il faut respecter chaque Juif, et l´étincelle divine qui est en lui. Il faut le ramener à Hachem, au lieu de le critiquer. C´est seulement ainsi que le Machia’h se dévoilera. Le mois de Iyar est le symbole du fait qu´Hachem ne rejette personne. Lui-même s´occupe de son peuple. Que nous ayons le mérite d´être à la hauteur de ce mois !!

(Sources : Rav Raphaël Sadin – Rav Philippe Haddad – Grand Rabbin Alain Goldman, Communauté online – Rav Oury Cherky – Rav Salomon Malka – Rav Dynovisz)

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