CULTURE JUDAÏSME – Mois de Sivan 5774 (juin 2014)

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Données nouvelles très importantes sur le conflit d’Israel

POUR RÉFLÉCHIR : Important sondage parmi les Palestiniens qui nous éclaire sur leur solution au conflit avec Israël (par le Washington Institute). Seule une minorité opte pour la solution avec deux Etats ou pour la coexistence de deux populations dans un seul Etat recouvrant l’ensemble des zones.  Et 55,4 pour cent à 68,4 pour cent suivant les régions réclament ce qu’ils nomment « leurs droits historiques sur TOUTE la Palestine ».

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et voyez le graphique des résultats du sondage, en page d’accueil de Modia
http://www.modia.org

Développements importants concernant les 3 jeunes enlevés près de Hébron par le Hamas et dans la recherche de solutions. L’échange de leur libération contre des prisonniers palestiniens terroristes semble de plus en plus difficile car il apparait que de tels terroristes libérés ont à nouveau tué des Israéliens. Netanyahou en tire les enseignements.

1.   PARACHA DE LA SEMAINE – 39e Paracha : ‘Houqate – « Statut stable » Bamidbar (Les Nombres) 19, 1 – 22, 1
Elle  nous enseigne SUR CECI : Les règles invisibles de tout le bonheur et de l’ordre des choses. Comment trouver la force et la tenir.
Si les Juifs connaissaient ces enseignements, ils seraient moins obnubilés par le prestige des nations et leur force. Et lire absolument la haftara (Livre des Juges 11, 1-33), rien n’a changé depuis lors dans les faux arguments contre Israël, et dans l’issue des combats.

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 Vivez cette merveille, puis recevez-la cette relation magnifique de don d’amour. L’actualité du type journalistique oublie toutes ces dimensions de la relation d’amour.  Entrainons-nous, jouissons et peu à peu ces démarches deviendront permanentes et quotidiennes dans les différentes formes de nos activités et de notre vie:

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2 – Nous allons entrer le 29 juin dans le mois de Tamouz. Pour assimiler toute la puissance de ce mois, voyez encore ici  tout ce qui se passe chaque jour de ce mois et le sens de cela dans l’histoire, dans les textes et dans les vies, chez les Sages de vos traditions, le tout avec références, lien à la vie et photos.  CLIQUEZ ICI

3 -Lisez encore lentement ce message, aboutissement de nos progrès en chaque jour du Omer jusqu’au don de la Torah à Chavouote maintenant. Je vous relance AVEC ÉMOTION un appel intense. Plus de 1000 lecteurs sur Modia par JOUR cette semaine et toujours une pluie continue de lettres de remerciements pour la Torah vivante offerte sur Modia. Mais mon coeur a été touché PÉNIBLEMENT et stupéfait quand -en retour- j’ai déjà demandé une aide qui n’a pas reçu d’écho. Incompréhensible: une aide non pour moi ni pour Modia mais pour une malade (Meirav Haik) victime d’une maladie non encore identifiée dans le traitement et qui cause un accroissement continu de douleurs depuis 20 ans. Je l’ai connue Meirav Haik, ici à l’Université en Israël, comme brillante étudiante très multilingue en psychologie et criminologie et d’une droiture exemplaire et rarement estimée de tous. Et, depuis, avec une équipe médicale de chercheurs renommés qui s’est étendue dans plusieurs pays et avec plusieurs bénévoles de grand coeur et fidèles à cette action, nous luttons avec elle pour sa subsistance et le paiement des nombreux soins et aides dont elle a besoin (et qui exigent plus de 5000 euros par mois!). Les recherches depuis plus d’un an sont sur le point d’aboutir et de recevoir les autorisations des commissions légales nationales et internationales. M A IS c’est ici notre rôle, qui est non seulement de soutien psychologique et moral mais aussi matériel et financier dans ce cas extrême et qui, par vous aussi, aidera ensuite de nombreux malades. Il faut lui trouver plusieurs dizaines de milliers de shékels par mois mais elle touchait de l’Etat seulement 1600 chékels par mois et l’Etat d’Israel vient de réduire cela à 1100 chékels (soit 232 euros par mois, un scandale). Nos efforts actifs pour faire changer ces décisions officielles sont restés vains. Donc, seule l’aide externe que nous organisons avec vous-même peut soutenir le bon processus vital et thérapeutique et vraiment peut l’aider concrètement à SURVIVRE en attendant l’injection du traitement en voie de découverte mais toujours reporté. Hélas, après notre dernier appel nous n’avons reçu pour lui transmettre que 2 petits dons, ce fut un CHOC énorme pour nous et en contradiction avec les multiples et incessantes lettres de remerciement que nous recevons pour ce que Modia apporte aux lecteurs. Finalement, dans le cadre du DON essentiel, la Torah, à Chavouote, je renouvelle donc cet appel, merci pour elle et pour cela, dans la générosité. ET NOUS DEVONS imaginer ce que serait notre vie dans ces conditions que seuls des bénévoles (VOUS) peuvent sauver, et la bénédiction vous en reviendra. Je ne vous envoie pas une demande sur Paypal car nous avons eu des échecs répétés sur ce service. Mais je vous demande de m’adresser personnellement votre chèque TRES GÉNÉREUX écrit à son SEUL nom (Meirav Haik) que je lui remettrai personnellement. Voici mon adresse pour ce don qui vous reviendra en immenses bénédictions : Yehoshua Dufour, 3 Itshaq ben Dor, Jérusalem 93281; Israel. Vous avez ainsi l’assurance que votre chèque lui sera remis et à elle seule. Que PAR CELA la santé règne toujours dans votre maison, dans votre famille et en vous DANS LE BONHEUR. 

Faites suivre ce message à vos amis et communautés et associations.

Chabbat chalom

Rav Yehoshua Rahamim Dufour

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Si vous voulez approfondir encore le sens de la Fête de Chavouote

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1.   PARACHA DE LA SEMAINE – 36e Paracha – Béhaâlotékha: « Quand tu feras monter » Bamidbar (Les Nombres) 8, 1 – 12, 16
Elle  nous enseigne « L’art d’éduquer en élevant vers le haut ». Cette étude est dédiée à toutes les mamans et à tous les pères qui veulent transmettre une éducation juive et épanouie. Il est clair qu’on ne peut pas intégrer tous ces commentaires si riches en une seule lecture. Il faudra y revenir souvent….

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2 – Il  faut prolonger l’intégration en nous du don de la Torah  préparé par la traversée du désert, puis par les progrès des jours du Omer et réaliser que Chavouote n’est pas terminé au lendemain de la fête: CAR LE DON DE LA TORAH N’EST PAS CELUI D’UN TEXTE IMPRIMÉ SUR DES PIERRES,
mais c’est un texte qui  S’INSCRIT DANS NOS COEURS ET NOTRE VIE ET nous initie à la conscience continue de la PRESENCE totale de Dieu en toute la Création continue
et dans l’union constante entre nous et LUI.
De jour en jour, nous dévelop
perons cela autour de nous et en nous

jusqu’à parvenir à voir à « nouveau » cette présence dans le renouveau de la Création qui fleurit  en chaque instant:

en chaque fleur, pour nous exercer, saisissons le don, recevons-le comme des enfants le saisissent dans l’action permanente des parents envers eux

et jouissons-en et remercions en relation de bénédictions.

Faisons l’exercice: voici un simple exemple, dans un parcours de quelques centaines de mètres , je partage avec vous mon regard en marchant depuis ma maison à Jérusalem. Vivez-y cette merveille, puis recevez-la cette relation magnifique de don d’amour. L’actualité du type journalistique oublie toutes ces dimensions de la relation d’amour.  Entrainons-nous, jouissons et peu à peu ces démarches deviendront permanentes et quotidiennes dans les différentes formes de nos activités et de notre vie:

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3 – Nous sommes entrés dans le mois de Sivane. Pour assimiler toute la puissance de ce mois, voyez encore ici  tout ce qui se passe chaque jour de ce mois et le sens de cela dans l’histoire, dans les textes et dans les vies, chez les Sages de vos traditions, le tout avec références, lien à la vie et photos.  CLIQUEZ ICI

L’audience de Modia bat tous les records. Vérifiez-le sur l’organisme qui contrôle ces audiences dans les sites francophones pour les nécessités des organismes qui voudraient s’y placer en publicité (ce qui n’est pas le cas de Modia). Allez voir les résultats et vous constaterez ceci dans http://www.hit-parade.com/     Sur les 261.129 sites contrôlés, Modia est le 338e et dans la classification des sites répertoriés comme « professionnels » en toutes catégories, il est le 111e et parmi les sites professionnels placés dans la seule rubrique « culture » il est le… 10e.  Et cela sans budget commercial ni professionnellement rémunéré, sans équipe, sans financement. Seulement par la dynamique de la Torah en chacun de nous qui la partagez avec vos amis et associations et communautés.

Rav Yehoshua Rahamim Dufour

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37ème paracha Chela’h lekha « Envoie toi-même » Bamidbar (Les Nombres) 13,1 – 15,41


Reprise louyehi 2010 et 2011


La paracha de cette semaine nous enseigne l’art d’éduquer en élevant vers le haut. Elle prescrit de faire le rite de Pessa’h Chéni le 14 du second mois (Iyar). Le rav Dufour enseigne que ce doublement de la fête de Pessa’h concerne les personnes qui ne se trouvaient pas dans la situation de pureté adéquate lors de la date principale de la fête : celui qui a eu un flux, la nidda, l’accouchée, celui qui a été en contact avec un cadavre (névéla) ou avec des reptiles interdits (Vayiqra 11); dans certains cas un bain rituel (tévila) avant la nuit pouvait cependant permettre de consommer le sacrifice normalement ; cela concerne aussi les personnes qui étaient éloignées de plus de 18 kilomètres de l’extrêmité de la ville (Pessa’him 93 b) les convertis depuis Pessa’h qui ne faisaient pas le rite de la Pâque individuellement après leur conversion, mais avec les autres membres du peuple (Rachi sur 9, 14) ; les Sages ont étendu ce Pessa’h chéni à ceux qui auraient oublié le premier Pessa’h, ceux qui auraient été empêchés, ou l’auraient négligé (mais cela était facultatif pour les femmes, Pessa’him 91 b). Par contre, celui qui, délibérément, ne fait aucun des deux Pessah, mérite la peine de karète (retranchement du peuple).


Au second Pessa’h, Pessa’h chéni, on grille également l’agneau pascal et on en suit tous les rites :
– on le mange avec la matsa et le maror (seconde mitsva, 9, 11):
– on ne laisse pas de l’agneau après le matin (quatrième mitsva, 9, 12):
– on n’en brise pas les os (cinquième mitsva, 9, 12) ; mais, en dehors de ce qui concerne le sacrifice il y a des différences car on peut alors avoir du ‘hamets chez soi, on ne donne pas le caractère de fête et on peut travailler, on ne dit pas le hallel.
La mitsva (10, 9-10) prescrit de sonner des trompettes en argent (au moins 2 et au maximum 120) lors de la joie des sacrifices publics, des fêtes et du renouvellement du mois (voir Choulk’hane Aroukh, Ora’h ‘Hayim 576, 1, 1). Il y avait ainsi entre 21 à 48 sonneries par jour (Roche Hachana 29 a et Michna Ar’hine II, 3). (On les sonnait aussi dans la situation de guerre).


Sur un ton essentiellement narratif, cette paracha traite principalement du thème des « néraglim » (explorateurs) envoyés découvrir la terre de Canaan, de laquelle 10 sur les 12 envoyés médirent auprès du peuple, qui se découragea. La paracha Chela’h lekha suit l’épisode qui relate les paroles prononcées par Myriam à l’encontre de son frère Moché qui déclencha la colère divine et eut pour conséquence la maladie dont elle fut frappée. La notion de savoir reconnaître un bienfait est très importante. Question posée par la Guémara : « Une parole prononcée peut-elle être effacée ou non ? » Nous avons généralement tendance à oublier les conséquences des paroles que nous prononçons, qui laissent toujours une trace, à notre insu. Mais il existe une différence fondamentale entre les réflexions des Sages d’Israël et celles des philosophes sur le sujet qui concerne la supériorité du genre humain. La question est posée plus particulièrement ainsi : « La supériorité du genre humain réside-t-elle dans le fait que l’homme est un être pensant ou dans le fait qu’il est un être parlant ? »


Les philosophes répondent que c’est parce que l’homme est doté d’intelligence qu’il diffère des éléments de la création et qu’il les domine. Les Sages d’Israël, eux, considèrent que la suprématie de l’homme sur l’animal ne repose pas sur le seul fait qu’il pense, mais qu’il soit doté de la parole. Les Sages veulent dire par là que si la faculté de penser est certes très importante (sans elle l’homme est amoindri), la parole est néanmoins ce qui permet à la pensée de s’exprimer et d’agir. Elle est donc plus importante. Force est de constater que dans la vie quotidienne la parole peut avoir une grande influence en société. Il ne suffit pas seulement de réfléchir et de penser, mais pour convaincre, il est nécessaire de concrétiser sa pensée en l’exprimant par la parole et en la comparant à celle des autres.


La génération du déluge avait réussi à unir toutes les nations dans le but de construire la gigantesque tour de Babel, symbole de leur orgueil. Alors Hachem érigea des barrières invisibles, mais infranchissables en brouillant leur langage. Chacun se mit alors à parler une langue différente, ce qui eut pour conséquence l’incompréhension : par exemple, lorsqu’un ouvrier demandait un marteau à son compagnon de travail, celui-ci lui tendait une brique. Le premier pensait que le second se moquait de lui et dans sa colère, il l’assommait. Ainsi, ceux-là même qui avaient réussi à convaincre les peuples de former une coalition néfaste grâce au pouvoir de la parole se virent dispersés aux quatre coins de la terre et leur projet vaniteux fut anéanti. La tradition nous apprend qu’il est même interdit de s’entretenir de son prochain pour dire du bien. Le Hefets Hayim explique dans son ouvrage « Chmirath Ha Lachon » pourquoi : » Quand je dis du bien de quelqu’un, je n’examine qu’une seule facette de sa personnalité, mais au fond de moi-même, en disant seulement du bien, est-ce que je n’attends pas et ne provoque pas la réaction de mon interlocuteur qui peut dire « Ah, il n’est pas aussi bien que cela…? »


Rabbi Israël Abou’hassera (Baba Salé) à qui on demandait pourquoi ses bénédictions avaient une telle influence, répondait : « Je veille à ne jamais proférer de mensonge, ni à médire sur qui que ce soit. C’est pourquoi ma demande est exaucée, car tout comme Hachem a ordonné au feu de brûler et à l’eau d’humidifier, Il a établi que la langue de l’homme doit avoir une bonne influence ; il en est ainsi si elle agit pour le bien et qu’elle garde sa pureté originelle en se préservant de toute parole négative ou mensongère. » Le fléau qui détruit Israël est la médisance et chacun doit faire preuve de vigilance à cet égard et lutter contre elle. Le traité « Ketouvote p.110 » indique : « celui qui vit hors d’Israël est comme s’il n’avait pas de dieu, car inévitablement il voit et entend ce qui est proposé au regard et à l’audition par les valeurs de ce monde-là, les « dieux » de ce monde et n’intègre pas en lui ce que la terre et la Torah de cette terre donnent à intégrer, le dieu de cette terre et de cette Torah. »
Le verset 15,39 de cette paracha traite de ce que l’on voit et interdit de se laisser égarer par les yeux. Les Sages attirent notre attention sur le fait que le regard communique directement avec le cœur et le désir « âyine » (œil en hébreu signifie également la source) ; c’est-à-dire qu’il est presque impossible de se défendre ensuite contre ce que l’on a laissé entrer dans le regard ; il a déjà atteint le cœur. Cela concerne les pulsions par exemple le penchant à la colère, à l’impudeur, à l’idolâtrie, etc. Nous devons donc être constamment très attentifs à cela en évitant certaines situations.


La condition à la venue des temps messianiques est d’ailleurs liée à notre capacité de contrôler ce que l’on voit et ce qu’on entend. Nous devons être assez lucides et assez forts pour ne pas juger autrui par ce biais. De nos jours, où les médias nous influencent tellement, nous avons tendance à nous faire leur complice et voir le monde à travers leur point de vue. Les Sages nous avertissent : « Faites-vous des gardiens en tous vos portails ». Le Rav ‘Hayim Vital dit que nos yeux qui voient, nos oreilles qui entendent, notre bouche qui parle, notre nez qui sent, nos sens qui constatent par les mains et les pieds sont les lieux et portails (chaâr) par lesquels se jouent ces grandes choses.


En résumé, ainsi devons nous, en permanence, exercer une garde vigilante sur chacun de ces portails. La Torah nous met d’ailleurs en garde à ce sujet : sans le contrôle du regard, il n’y aura pas de miséricorde ni de salut dans le monde. Alors, ne nous laissons pas égarer par nos yeux, nos oreilles ou notre bouche et essayons d’orienter positivement notre approche vers les autres et essayons de poser sur eux un regard toujours plein de compréhension, ce qui, soit dit en passant, est souvent plus facile à dire qu’à faire ! Cependant, nous devons nous efforcer, tout en étant critique vis à vis de nous-même et vis à vis du prochain, d’essayer de ne relever essentiellement que les aspects positifs et les mettre en relief. Ce n’est que de cette façon que nous pourrons développer nos facultés personnelles ainsi que celles des autres. Finalement, la parole est absolument
fondamentale à l’ordre du monde puisqu’elle entraîne l’exil, la dispersion, la rédemption, l’unité.


Tous les sujets évoqués dans la Torah constituent une leçon pour le service divin du Juif. « Torah » dérive d’ailleurs du mot « Horaa », « l’instruction ». À plus forte raison lorsqu’il s’agit du Tabernacle, qui constitue un thème central dans le service divin de chaque individu, comme le souligne le verset « Ils me feront un sanctuaire et Je résiderai en leur sein » (Exode 25,8), sur lequel nos Sages enseignent : « au sein de chaque membre du peuple juif » (Réchit ‘Hokhma, Alchikh, ChaLaH, Likoutei Torah). Et, au sein même du Tabernacle, l’allumage de la Ménorah constituait une part essentielle du service. L’éclairage en la matière nous est donné par Rachi sur ce verset. En effet, le commentaire de Rachi a vocation à être étudié et compris de façon universelle, par les hommes, les femmes et même les enfants de cinq ans qui étudient le sens simple des versets, il est donc logique que ce soit ce commentaire qui renferme un enseignement qui s’applique à chaque Juif, quel que soit son niveau dans le service de D.ieu. Sur le verset « Quand tu feras monter les lumières », Rachi enseigne « Puisque la flamme monte, on emploie pour l’allumage de ces lumières l’expression “ monter”. Il fallait allumer jusqu’à ce que la flamme monte par elle-même. » La leçon qui découle de cela s’applique bien à l’ensemble du service de D.ieu : il est du devoir de chaque Juif d’« allumer » son âme, au sujet de laquelle il est écrit « la bougie de D-ieu est l’âme de l’homme » (Proverbes 20, 27), pour qu’elle brille de la lumière de la Torah et des Commandements, car « le Commandement est une bougie et la Torah est une lumière » (Proverbes 6, 23). À travers cela, il éclaire le monde entier, ce qui fait apparaître que tout ce qui s’y trouve est lié avec la sainteté. Telle est, en effet, la finalité de la Création : « faire pour D-ieu une demeure dans les mondes inférieurs ».


– « La flamme » désigne le but à atteindre. En effet, il n’appartient pas au Juif de « créer la bougie », mais seulement de l’allumer. La bougie existe déjà et est prête à être allumée. Il ne reste plus alors qu’à faire monter la flamme : l’âme est présente, la Torah est les Commandements sont à notre portée, il ne reste plus qu’à s’en servir pour « allumer » l’âme.
– « Monte » enseigne de quelle façon ce travail doit se faire. Le judaïsme distingue entre une attitude statique (עמידה) et une attitude dynamique (הליכה). On peut en effet servir D ieu, mais en faisant du « sur place », sans s’améliorer au fil du temps. Cependant, une notion forte de la Torah est le principe de « מעלין בקודש – s’élever dans la sainteté » qui exige que l’on progresse perpétuellement. Ce qui fait qu’un Juif n’est jamais statique, car il est toujours en train « d’avancer » spirituellement.
En outre, il ne s’agit pas seulement ici d’« avancer », mais de « s’élever » (« monte par elle-même ») : le fait « d’avancer » se comprend généralement comme la progression en direction de son objectif, mais sur un plan horizontal, c’est-à-dire en restant à un même niveau. « L’élévation », en revanche, désigne une progression lors de laquelle on s’élève d’un niveau à un autre, le dernier étant sans aucune commune mesure avec le précédent. Il ne s’agit pas en effet d’élargir le champ de son service divin, mais de passer à une toute autre sorte, bien plus élevée, de service divin.


– « par elle-même » nous enseigne une composante essentielle de ce travail « d’allumage » : celui-ci doit se faire de sorte que ce qui est allumé brille par soi-même, sans avoir encore besoin de celui qui allume. Dans le travail personnel de l’homme, cela signifie que, bien qu’étant naturellement l’objet d’influences extérieures (à commencer par celle de D-ieu qui lui insuffle les forces nécessaires à sa réussite, celles de la Torah et des Commandements avec lesquelles il fait briller son âme, celle de son environnement familial et communautaire qui le motive à servir D-ieu), son objectif est néanmoins que « la flamme » monte « d’elle-même » : son service ne peut pas se reposer indéfiniment sur les forces extérieures qui le soutiennent, il doit donc finir par arriver au niveau ou il éclaire par lui-même, de façon autonome.


Un exemple à cela est fourni par la relation entre le maître et l’élève : bien que le maître donne à l’élève toutes les méthodes et les techniques d’apprentissage nécessaires, l’objectif est que l’élève s’approfondisse seul sur le sujet, jusqu’à ce qu’il le comprenne à travers ses propres facultés intellectuelles. Ceci exprime le sujet du Don de la Torah : D-ieu (le « maître ») a donné toute la Torah au peuple d’Israël. Néanmoins, les Juifs (« l’élève ») doivent s’efforcer par leurs propres forces de comprendre la Torah et d’y développer des ‘hidouchim, des nouveaux enseignements. En réalité, dans la mesure où la Torah leur a été donnée, il n’y a qu’eux qui puissent la déterminer. (En effet, la Torah « n’est pas dans les cieux » et la loi est fixée d’après ce que le Beth Din statue, conformément aux lois relatives aux jugements rabbiniques). Bien que notre génération, la dernière de l’exil, soit extrêmement pauvre du point de vue spirituel, elle est en même temps le « talon » du peuple juif à travers les âges qui va élever le corps tout entier, toutes les générations précédentes, car elle a la force d’être « une flamme qui monte par elle-même » et d’amener la Délivrance messianique. La conscience de cela doit renforcer la joie qui anime les dernières préparations à la Délivrance et pousser chacun à rajouter dans « la Torah qui est lumière », de façon à éclairer tout son entourage, et, par là, le monde entier. Alors, immédiatement, nous irons en terre sainte, à Jérusalem, la ville sainte, sur la montagne sainte, dans le troisième Temple, dans le Saint des Saints, « avec nos jeunes et nos vieux, avec nos fils et nos filles » (Exode 10, 9).


« C’est l’image même de D.ieu qu’il (Moïse) contemple… » (Nombres 12-8) Israël est un peuple saint qui fait attention à ne pas franchir les limites pour ‘monter vers D.ieu’. Ils se tiennent au loin et croient en Hachem avec juste leur émouna. Et cela fait référence à Moché Rabbénou (Exode 3-6) : « Moché se couvrit le visage, craignant de regarder le Seigneur.» Même Moché notre maître, s’est caché le visage et a eu peur de regarder Hachem. C’est ainsi qu’il a mérité d’acquérir des perceptions divines immenses comme il est écrit : « C’est l’image même de D.ieu qu’il (Moché) contemple… » Cela fait aussi référence au verset      ( Isaïe 57-19) : « Paix, paix,dit Il, pour qui s’est éloigné, comme pour le plus proche. » (Likouté Halakhot Kétoubot 4-4) « Moïse implora Hachem en disant : Seigneur, Oh ! guéris-la, de grâce ! » (Nombres 12-8) Quand les rigueurs, que D.ieu préserve, se renforcent sur un homme, celui qui prie pour lui ne doit pas évoquer son nom. Cela afin que ne se renforcent pas les jugements stricts, que D.ieu préserve. C’est pour cela que le père de Noé ne l’avait pas nommé à sa naissance, car le monde était régit par la rigueur, et il n’avait pas voulu lui attribué un nom. Car par le nom il aurait été reconnu parmi les accusateurs et les jugements rigoureux auraient pu s’abattre sur l’enfant. Ainsi quand Moïse a prié en faveur de Myriam, il na pas évoqué son nom et a dit simplement : Oh ! guéris-la, de grâce ! Etant donné qu’elle croulait sous la stricte justice, Moïse n’a pas voulu prononcer son nom explicitement. Malgré tout il a voilé son nom dans sa prière par une allusion merveilleuse. Car en hébreu ‘Oh ! guéris’ (Nah réfah) a la même valeur numérique que le nom Myriam-Yokhèvet (Yokhèvet est le nom de la mère de Myriam). Il a donc vraiment fait cela intentionnellement, puisqu’il faut rappeler le nom du malade et celui de sa mère lorsqu’on prie pour ce dernier. Mais Moïse n’a pas voulu l’exprimer de façon évidente.(Likouté Moharan 1-174).


D’habitude Moïse sait réagir aux situations difficiles : lorsque le peuple qui naguère a entendu la voix de Dieu lui interdire le culte des idoles, danse frénétiquement autour du veau d’or, on aurait pu s’attendre au désespoir de sa part. Or c’est là que Moïse se révèle dans toute sa grandeur. Il reste maître de la situation, punit les coupables, intercède auprès de Dieu en faveur du peuple, et refuse de fonder un « nouveau peuple » à la place des Hébreux. Pourtant, l’idolâtrie est la pire des transgressions aux yeux de la Torah. On peut donc être surpris de voir Moïse dans la paracha Behaalotekha être « brisé » par une effronterie beaucoup moins grave de la part du peuple, celle de la demande de la viande: « La populace au sein du peuple fut pris d’une envie, les enfants d’Israël revinrent à pleurer devant Dieu en disant: Qui nous nourrira de viande? … Moïse dit à Dieu: Pourquoi as-Tu fait du mal à ton serviteur, pourquoi n’ais-je pas trouvé grâce à tes yeux, pour que tu m’imposes la charge de tout ce peuple ?

…Donnes-moi donc la mort si j’ai trouvé grâce à tes yeux »(11, 4, 11 et 15). C’est là qu’apparaît le point faible de la personnalité de Moïse. Alors qu’il peut appréhender victorieusement les enjeux d’une spiritualité adverse, telle que l’idolâtrie, il ne peut pas affronter l’effronterie des enfants d’Israël. En effet, la demande de viande ne constituait nullement une transgression d’un commandement ou une spiritualité nouvelle, c’était simplement de la ‘houtspa, une audace ingrate face au bienfait de l’alimentation en manne. C’est justement ce que Moïse, dont le rôle est de transmettre la Torah, ne peut assumer. En effet, la transmission de la Torah exige un minimum d’effacement (bocheth panim) de la part de l’élève, ce qui est incompatible avec l’effronterie.


Il y a donc quelque chose qui manque dans la Torah telle qu’elle est transmise par Moïse, c’est la capacité de donner une réponse au questionnement posé par l’effronterie des enfants d’Israël. Or cette capacité est indispensable pour qui veut révéler la Torah au temps du Retour: « à l’approche de la venue du Messie l’effronterie l’emportera » (Sota 49b). La grandeur du Messie consiste dans la capacité d’amener la libération d’Israël à une génération révoltée, et de considérer la sainteté de l’être hébraïque indépendamment des actes. On peut donc dire que l’épreuve que les hébreux ont inflige à Moïse en demandant la viande, avait pour but de le faire accéder à la dignité messianique. Si l’épreuve avait réussi, Moïse devenu Messie, aurait rétabli l’harmonie du monde telle qu’elle était du temps du premier Homme, lorsque la Nature et l’Âme n’étaient pas encore en opposition (cf. Rav Kook, Chemonah kevatsim VIII, 157). Mais le temps n’était pas encore arrivé, et l’accomplissement de l’histoire fut repoussé de plusieurs milliers d’années. Eldad et Médad prophétisèrent alors: « Moïse va mourir, c’est Josué qui fera la conquête », ou encore, ils annoncèrent les guerres messianiques de Gog et Magog (Sanhédrin 17a), que Moïse ne mènera pas. C’est cette exigence d’harmonie qui pousse également Myriam et Aharon dans notre paracha à critiquer la vie ascétique de Moïse, qui se sépare de sa femme pour être en état de prophétiser à tout moment. L’idéal serait en effet que la vie naturelle ne soit pas une entrave a la prophétie, comme au temps de l’Eden, mais le temps n’en était pas encore venu. L’analyse du rav Kook mène à comprendre le mouvement de révolte contre la tradition qui se manifeste aux temps de l’accomplissement de l’histoire, comme expriment l’espérance subconsciente de la réalisation de l’harmonie de la morale et de la Nature.


(Sources : Rav Arié Levy, Guysen International News – Sepharad.org – Rav Dufour, Modia – Eli Touger, Nissan Mindel, Chabad.org – Breslevparis.com)

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Préparer la fête de de Chavouote et la paracha de la semaine avec Modia :

PREPAREZ La nuit et le jour extraordinaires de Chavouote  (6 nissane)
le 3 au jour, toute la nuit et le 4 juin

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http://www.modia.org/infos/etudes/chavouote.html

1.   PARACHA DE LA SEMAINE – 36e Paracha – Béhaâlotékha: « Quand tu feras monter » Bamidbar (Les Nombres) 8, 1 – 12, 16
Elle  nous enseigne « L’art d’éduquer en élevant vers le haut ». Cette étude est dédiée à toutes les mamans et à tous les pères qui veulent transmettre une éducation juive et épanouie. Il est clair qu’on ne peut pas intégrer tous ces commentaires si riches en une seule lecture. Il faudra y revenir souvent….

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2 – Nous sommes entrés dans le mois extraordinaire de Nissane. Pour assimiler toute la puissance de ce mois, voyez encore ici  tout ce qui se passe chaque jour de ce mois et le sens de cela dans l’histoire, dans les textes et dans les vies, chez les Sages de vos traditions, le tout avec références, lien à la vie et photos.  CLIQUEZ ICI

3 – Et voici le sens du Ômer qui va se continuer jusqu’à Chavouote

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Voici les études de la semaine du site Modia :

1 – PARACHA DE LA SEMAINE – Nasso (Les Nombres) 1, 1 – 4, 20
Elle  nous enseigne la science du passage à la joie pour le peuple juif !…

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2 – Nous sommes entrés ce soir jeudi 29 mai dans un NOUVEAU MOIS, voir l’étude sur Roche ‘Hoddéche

3 – L’important MOIS DE SIVAN. Voir la particularité de ce mois et ses faits marquants : Sivane

4 – CHAVOUÔTE : Fête de Chavouôte

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35e Paracha: Nasso – Fais le relevé Bémidbar (Les Nombres) 4, 21 – 7, 89
La minute d’étude nous résume ainsi la paracha : les Léviims des familles de Guerchon et de Mérari sont choisis pour le service. Hachem ordonne que toutes les personnes impures quittent le camp – Le vidouï : la mitsva de confesser verbalement ses fautes – Exhortation à ne pas retenir ce qui est du aux cohanim et aux léviim – La sota : femme suspectée d’adultère – Le nazir – Birkat cohanim : la bénédiction des prêtres – Les offrandes des princes le jour de consécration de l’autel. La paracha Nasso passe de l’organisation du peuple et des léviïm qui a commencé dans la parachat BeMidbar à la position du Sanctuaire au milieu du peuple. La parachah commence par le rôle des descendants de Guershon et celui des descendants de Merari dans le transport du Sanctuaire et dans le décompte des léviïm. Elle continue par la préservation du lien de pureté envers le Sanctuaire en renvoyant du camp du Sanctuaire ceux qui sont impurs, et en faisant de lui le centre social pour Israël. C’est là qu’un homme qui a fauté envers autrui rend son bien au cohen, là qu’un homme et une femme se présentent quand l’homme est jaloux, là que se présente le nazir à la fin de son voeu pour se raser la tête et offrir son sacrifice. La bénédiction de Hachem à Israël sortira de la bouche des cohanim qui servent dans le Sanctuaire. Toutes les tribus ont participé à l’inauguration de l’autel et du Sanctuaire par l’offrande des chefs de tribus, un pour chacun des douze jours qui ont suivi l’onction.

Après le dénombrement des Enfants d’Israël, la Torah va apporter quelques précisions : 3 groupes constitueront la tribu de Lévi, le 3ème fils de Jacob. Par rapport au Michkan, ses 3 fils camperont : Qehat au Sud, Guerchon à l’Ouest, Merari au Nord. La Torah définit ensuite 3 zones de Kedoucha : – le Michkan, – le camp des Léviyim, – le camp des 12 Tribus d’Israël. (Le Secret du Maguen David et des 12 Tribus d’Israël – La Voix de la Communauté – Tichri 5770, n° 61) La paracha de la semaine aborde 3 autres sujets importants, que Yaniv commentera Chabbath matin et Chabbath après-midi : – La cérémonie de la Sota (une femme soupçonnée d’adultère) – le Nazir (pendant un temps déterminé, un Juif accepte un certain état de pureté et de sanctification) – La bénédiction des Cohanim, récitée à la répétition de la ’Amida de Cha’hrit et Moussaf, dont voici une traduction : « Que Hachem te bénisse et qu’Il te garde ! Que Hachem éclaire Sa Face vers toi et qu’Il te fasse une faveur ! Que Hachem lève Sa Face vers toi et qu’Il place pour toi la paix ! Ils placeront Mon Nom sur les Enfants d’Israël, et Moi Je les bénirai. » (Nombres, VI.24-27)

La Paracha de Nasso est lue habituellement le Chabbat qui suit la fête de Chavouot ou bien, comme cette année, le Chabbath qui précède la fête, nous explique-t-on sur Daf Haguéoula. Il serait donc logique de trouver, dans la Paracha de Nasso, une allusion au caractère spécifique du premier Chabbat après le Don de la Torah. Avant le Don de la Torah, il y avait un schisme entre les dimensions Célestes et celles de ce monde : « Ceux qui étaient en Haut ne pouvaient pas descendre en Bas ; ceux qui étaient ici-bas ne pouvaient pas monter vers le Haut. » Le Don de la Torah annula ce décret ; les Cieux et le Terrestre pouvaient, alors, s’unir. Ainsi, les mitsvote appliquées avant le Don de la Torah n’avaient pas la même valeur que celles qui sont appliquées aujourd’hui, après le Don de la Torah. Il en est ainsi pour la mitsva du Chabbat. Bien que les Juifs aient observé le Chabbat avant même le Don de la Torah, il est clair que cette pratique ne peut pas être comparée à la façon avec laquelle ils l’observèrent une fois que la Torah fut donnée.

Nos sages nous apprennent que chacun des événements important de notre calendrier se reproduit chaque année. Ainsi, ce Chabbat qui est le premier Chabbat après la fête de Chavouot devrait être vécu comme le premier Chabbat que nos ancêtres ont observé après le Don de la Torah. L’homme appelle par la pratique des mitsvote, les dimensions « supérieures » à descendre dans les réalités terrestres. Or, avant Matan Torah – le Don de la Torah – il était impossible à l’homme de produire ceci par ses propres moyens. En conséquence, les objets matériels ne pouvaient être investis de Sainteté. Grâce à nos actions, depuis le Don de la Torah, les dimensions spirituelles habitent notre entourage matériel. Car les Mitsvot émanent de l’Essence de D.ieu. Ainsi, l’homme, qui pratique les mitsvote, n’est plus limité à ses forces personnelles, car il est missionné par D.ieu ; il est donc investi par l’Essence du divin et ses actes matériels s’imprègnent alors de Sainteté.

Ce concept est intimement lié au Chabbat : le Chabbat a cela de magique d’être plus haut que la Création, car en ce jour, nous cessons toutes actions créatives. Le jour de Chabbat, le Juif est investi « d’un amour pur pour D.ieu, d’un amour qui transcende l’intellect ». Cet amour est plus haut que celui qui l’habite pendant la semaine, car ce dernier est le fruit du labeur et de l’effort – la raison et la rationalité. Le niveau d’amour atteint le Chabbat transforme l’individu et ses désirs ne sont pas les mêmes que ceux qu’il a dans le courant de la semaine. Le Chabbat traduit, donc, le lien entre les deux composantes de l’existence : il est, d’une part, la révélation de la plus haute des saintetés ; mais son impact s’inscrit, d’autre part, dans les aspects les plus concrets de la Création. En ce jour, les désirs les plus bas se trouvent transformés.C’est cette idée maîtresse qui s’exprime chaque année en ce Chabbat particulier où nous lisons au début de la Paracha de Nasso : « Compte les descendants de Guerchon… » Le nom Guerchon découle du mot hébraïque Guérech qui signifie, d’une part, produire (en termes d’agriculture), mais aussi Guérech – chasser. Ceci représente dans sa lecture symbolique, le pouvoir de révéler l’amour latent que l’homme a pour D.ieu (comme le fruit dans la terre) ; ainsi que la faculté de chasser le mal. Ces deux actions sont, comme nous l’avons vu plus haut, intimement liées au Chabbat. (Likouté Si’hoth Vol VIII)

Sur le blog Nefech ‘Haya, on nous rappelle que la proximité avec D.ieu lors du Matan Torah a fait dire à nos Maîtres que l’on doit pouvoir lire dans cette paracha Nasso les premiers effets du don de la Torah. Dans une approche immédiate, on peut déjà réfléchir sur le nom qu’elle porte. Nasso est un mot qui nous renvoie à l’idée d’élévation (Ce mot est un verbe énoncé à l’impératif qui signifie « Compte » ou « Elève »). A partir de là, les commentateurs nous conduisent vers une idée audacieuse : dans son essence la Torah est si élevée qu’elle échappe à toute définition. Dans l’un de ses commentaires sur un verset de la paracha Michpatim (Chap. 21, verset 13), Rachi appelle la Torah du nom de « Parabole de l’Ancien » (En hébreu « Machal Hakadmoni ». L’Ancien, ici, c’est D.ieu. L’expression vient en fait du premier livre du prophète Chmouel, chap. 24, verset 13). L’appellation est curieuse pour ne pas dire dévalorisante ! Comment peut-on qualifier la parole de D.ieu de parabole quand on connaît la richesse infinie de la Torah ? L’étonnement est justifié mais on verra qu’il ne résistera pas à un examen profond de ce terme.

Qu’est ce qu’une parabole ? Quand un maître veut expliquer à son élève un concept difficile, il utilise une parabole, c’est à dire un ensemble d’images familières à l’élève, dans laquelle il glissera le concept en question. Une parabole est donc, une approche d’un concept intellectuel complexe, situé à un niveau plus bas que le concept d’origine. Ainsi, plus l’élève aura du mal à comprendre la pensée du maître, plus ce dernier sera obligé de descendre son idée vers le monde matériel en l’illustrant par des repères accessibles à son disciple. Prenons l’exemple de la lumière et de l’obscurité. Une idée très fine (appartenant au monde spirituel) pourra être qualifiée de lumineuse comme une lumière matérielle permettra d’avoir un champ de vision très clair. Sommes-nous en présence de deux lumières ? En aucune façon. C’est simplement le même concept qui a quitté le monde de l’abstraction pour descendre de niveau en niveau afin de s’habiller dans le monde matériel.

Une sagesse infinie Il en est de même pour la Torah que nous connaissons à travers les lois et les récits qui y sont rapportés. On y parle de personnages, de situations différentes ou d’objets qui ne sont en fait que des paraboles de la Torah telle qu’elle est chez D.ieu à un niveau spirituel très élevé. La Torah dans son essence est infinie puisqu’elle est la sagesse de D.ieu, Lui aussi infini. De ce fait, elle ne peut en aucune façon être appréhendée par l’homme, par nature, limité intellectuellement. Mais pour qu’il puisse, malgré cela, y avoir accès, D.ieu a habillé Sa sagesse à travers une immense parabole constituée de la Torah, du Talmud, du Midrach et d’autres textes fondateurs du judaïsme qui ne seront que des supports nous permettant de comprendre la sagesse divine.

Avraham est, certes, un personnage historique qui inaugure la voie royale de notre histoire mais au second degré il quitte son apparence humaine pour incarner une vertu : celle de la bonté à travers laquelle ses faits et gestes nous apprendrons ce qu’est cette vertu. Et tous les milliers de commentaires que nous trouverons sur le patriarche ne seront pas seulement de merveilleuses explications (Bien évidemment, cette règle s’applique à tous les personnages et toutes les situations de la Torah qui possèdent, eux aussi, un caractère infini) : plus ils seront fins, plus ils nous rapprocheront de l’essence de la Torah. On voit de là à quel point l’étude de la Torah est vitale. En s’y consacrant avec profondeur, on apprend à connaître D.ieu et à gravir les degrés infinis qui nous conduisent vers Lui.
La Torah est infinie et nous invite, chaque jour, à nous dépasser pour nous rapprocher de D.ieu. Dans l’éducation de nos enfants, cette conscience, joue un rôle déterminant pour l’acquisition de la crainte de D.ieu, car quand un individu réalise que l’autorité qui le gouverne transcende l’humain, sa soumission à la Torah est à la mesure de l’immensité de la divinité qu’on lui enseigne. Il pourra, alors, s’y attacher de toutes ses forces.

« Et l’esprit de Hachem le saisit… » (Shoftim 13:25) Selon le blog Breslev Shuvu Bonim, la raison principale de la Création du monde a été de révéler la crainte et la royauté de Hachem, « la crainte de Hachem est pure, elle subsiste éternellement » (Psaumes 19:10). Chacun doit savoir que la seule chose qui existe, c’est la crainte de Hachem. Il faut être dans la crainte de Hachem et seulement Le craindre. On ne doit rien craindre d’autre, aucune personne, ni Haman, ni Pharaon, ni les nazis. On ne doit que craindre Hachem. Il est absolument interdit de craindre un ministre, un noble, un voleur ou un terroriste. La création tout entière est Son royaume, elle révèle la royauté de Hachem dans le monde. La création entière s’écrie : « Hachem est le Roi. Hachem règne. Hachem sera le Roi pour toujours ». Rien d’autre que Hachem n’existe. Les terroristes n’existent pas. Les meurtriers n’existent pas. Rien n’existe.

Rabbenou dit que la première chose pour servir Hachem consiste à n’avoir aucune peur. Ceci est l’enseignement crucial de Rabbi Nahman, nous ne devons pas avoir peur. Le Rebbe n’est d’aucune utilité pour les lâches, pour les timorés. De quoi avoir peur ? Il y a un D.ieu dans le monde. Hachem est vivant et existe. Il y a des Justes, comme Moche Rabbenou ou Yehochoua ben Noun. Ils ont un contrôle complet de ce monde. Ils sont responsables de tout. Si une personne veut avoir du succès dans le service de Hachem, s’il veut avoir de la réussite dans ses entreprises, alors il doit tout d’abord être courageux. Il ne doit ressentir en lui aucune peur. Le Megaleh Amoukot (Rav Nosson Shapira) dit que la peur est la plus grande Toumah/impureté qui existe dans le monde. Quand une personne a peur, cela signifie qu’elle n’a pas la foi. Aussi, lorsqu’une personne ressent de la peur, elle doit la déraciner totalement.

Dans la Torah 249, Rabbenou dit : « L’essentiel de la force d’une personne est dans son cœur. Celui qui est fort dans son cœur et n’a peur d’aucune personne ou d’aucune chose, il est capable de faire des merveilles, des actes de bravoure et de remporter la victoire dans tous ses combats, simplement par la force de son cœur ». Un homme doit être courageux, intrépide, en toute circonstance. C’est seulement ainsi qu’il sera victorieux dans tous ses combats. C’est le principe de « Qui est considéré comme une personne forte ? Celui qui domine son mauvais penchant » (Avot 4:1). La première des batailles c’est surmonter les mauvaises pensées qu’on a dans son cœur. C’est aussi s’éloigner des lieux et des visions interdits. C’est pourquoi il est écrit à propos de Chimchon (Shoftim 13:25) : « Il était rempli de l’esprit de Hachem… entre Tzaraah et Eshta’ol ». Dans ces lieux l’esprit de Hachem l’a saisi et lui a donné la puissance et la force du cœur, là, dans ces mêmes lieux, il a tué un lion et il a accompli des actes prodigieux et impressionnants.

Il y a une histoire vraie qui s’est passée pendant la Shoah : un nazi était prêt à tirer sur un Juif. Il le tenait contre un mur et il lui a dit : « Maintenant, je vais te tuer ! » Et ce Juif lui a répondu : « Tu ne peux pas me tuer ! Seul Hachem peut me tuer ! » Cela a irrité le nazi et il a répété : « Je vais te tuer ! Écoute, je suis prêt à tirer ! » Et le Juif a répondu : « C’est Hachem, pas toi ». Le nazi a crié : « Je suis prêt. Je me décide ! » Le Juif dit : « Non ! C’est seulement Hachem. Seul Hachem peut tirer. Je n’ai pas peur de vous ». Ce nazi a été réduit au silence et s’est enfui en laissant le Juif vivant. Il pensait que si tout est vraiment de Hachem, alors je ne vais pas être Son émissaire. Ce Juif a traversé toute la guerre en sachant que tout vient de Hachem. Il n’y a rien d’autre, seulement Hachem. C’est son mérite qui l’a sauvé.Tout ce que nous traversons durant nos cent vingt ans, tout ce qui nous arrive, tout n’est qu’une épreuve avec les nazis, une épreuve avec les terroristes et les assassins. Tout provient de graves décrets. Nous devons révéler la foi qui est cachée dans le cœur, révéler la foi qu’aucun ministre, aucune personne, aucun ennemi ne peuvent nous faire tomber de notre foi.

Nous devons vraiment nous renforcer, mettre dans nos cœurs et comprendre vraiment que Hachem existe. Nous devons rester dans la foi que Hachem est Un, et tout ce qui apparaît est vraiment inexistant. La chose principale c’est simplement de croire dans le vrai Juste, de diffuser une telle émouna qu’il n’y a que Hachem. Il est très difficile de parvenir à un tel niveau de confiance par soi-même. Seule une personne qui s’accroche au vrai Juste peut atteindre ce niveau. Parce que le Juste peut l’éveiller à une telle foi et stimuler cette foi, pour qu’elle se développe au point qu’il peut faire usage de ce point de foi. Parce que le vrai Juste s’est complètement annulé devant Hachem. Il n’a pas d’existence propre. Il n’a pas d’entité personnelle. Il n’a peur de rien. Celui qui mérite de trouver un tel vrai Juste peut parvenir à cette annulation de soi-même. Et cette foi parvient à un niveau élevé et impressionnant. Ainsi, grâce à cela, tout le monde va s’incliner et se prosterner devant Lui, tous les ennemis, tous les nazis, tous les terroristes, et tous viendront s’incliner et se prosterner devant Lui.

Jacques Kohn : La fin de la parachat Nasso s’attarde longuement sur les dons offerts par les chefs de tribus, princes d’Israël, à l’occasion de l’inauguration de l’autel du Tabernacle. Le premier dans l’ordre des donateurs a été Na‘hchon fils de ‘Aminadav, chef de la tribu de Juda (Bamidbar 7, 12). La Torah et le Midrach relèvent, en l’honneur de Na‘hchon, deux titres de noblesse : 1. Lorsque la Torah signale que Aaron a épousé Elichéva’ (Chemot 6, 23), elle précise – indication exceptionnelle en une telle circonstance – qu’elle était la sœur de Na‘hchon. Et Rachi (ad loc.) de préciser, citant la Guemara (Baba Batra 110a) : « D’où nous apprenons que celui qui prend femme doit se préoccuper de la moralité de ses frères. » 2. « Lorsque les enfants d’Israël se sont trouvés au bord de la mer des Joncs, rapporte la Guemara Sota (37a), chacune des tribus cherchait à se défiler, aucune d’elles ne voulant entrer la première dans la mer. Tandis qu’elles en étaient encore à palabrer entre elles, Na‘hchon fils de ‘Aminadav a bondi pour être le premier à sauter dans les flots. » Ces mérites ont valu à Na‘hchon fils de ‘Aminadav une double récompense : – C’est lui qui a été désigné pour être le premier des donateurs lors de l’inauguration de l’autel du Tabernacle. – Il a été, comme l’indique le livre de Ruth (4, 20 et suivants), l’ancêtre du roi David, et donc celui du Messie.
Le Rav Dufour nous dit que les Lévi descendent du 3e fils de Yaâqov et Léa, nommé Lévi. Lévi vécut 137 ans (2195-2332). Il avait 34 ans à la mort de Yits’haq, 60 à la mort de son père Yaâqov, et 114 à la mort de Yosséf. Il n’a pas connu Moché, son arrière petit-fils. (Chémote 6, 16-18). Lévi a eu trois fils (lire Bémidbar 3, 13-17…) : Guérchone, Kéhate et Mérari et une fille Jokhébed qui épousera Amram, le fils de Kéhate et ceux-ci donneront naissance à Aarone, Myriam et Moché. C’est un petit-fils de Kéhate nommé Qora’h, qui contestera Moché. Les fils d’Aharone seront Nadav et Avihou qui mourront en s’approchant du Sanctuaire, Elâzar et Itamar. Lien entre la joie et le Lévi : Le verset de Proverbes 21, 15 dit : « pratiquer la justice est une joie pour l’homme de bien et un supplice pour les faiseurs de vilenie ». Il ne s’agit pas ici de la justice humaine mais de celle qui assure l’ordonnancement du monde et son existence.

L’état de joie caractérise celui qui est relié au tsadiq ‘hakham, au juste qui est un savant en Torah. Cela est dit dans le psaume 32, 11 : « réjouissez-vous en Hachém, soyez dans l’allégresse, juste, entonnez des chants de joie vous tous les coeurs droits » (sim’hou…). C’est ce point que Rabbéinou Bé’hayé utilise pour nous faire comprendre que le Lévi fait rayonner la joie là où il réside, dans le camp de tout Israël. Rabbéinou Be’hayé dit encore : le Sanctuaire était habité par les chants et le jeu des instruments de musique. Car ils mènent l’homme vers la joie. C’est pour cela que le Lévi n’accomplissait son service collectif que de l’âge de 30 à 50 ans, car c’est à ces âges que la voix est la plus forte pour porter le chant et la joie, comme il est dit à la fin du chapitre 5 des Pirqéi Avotes (Principes des Pères) ; voir aussi le traité ‘Holine page 24 a. Le rôle des Lévi est essentiel pour apporter la joie. De même, les Juifs, nous devons apporter cette joie de la Torah dans le monde. La Torah ne peut donc pas être montrée dans la tristesse, la constriction, ce qui n’est pas lumineux ni propre.

Le nazir est une personne qui fait vœu d’ascétisme (Nombres 6, 1-21), nous explique Wikipedia. Le mot nazir signifie « consacré » ou « séparé ». Le nazir se consacre à D.ieu pendant une période de temps déterminée, durant laquelle elle s’engage à rester en état de pureté. Il s’abstient de boire du vin ou de toute autre boisson alcoolisée, de tirer profit d’un produit de la vigne, de se couper les cheveux, ou d’approcher un cadavre, même celui d’un membre de sa propre famille. Si, pour une raison ou l’autre, le nazir contracte une impureté par contact avec un cadavre, la Torah comporte une prescription de purification : se raser le crâne, attendre 7 jours et, le 8ème, apporter 2 tour- terelles et 2 pigeons au cohen comme offrande d’expiation pour la faute d’impureté. Le vœu peut dès lors recommencer. La période de vœu accomplie, le nazir doit apporter une brebis et un bélier en offrande au Temple, se raser le crâne et brûler ses cheveux sur l’autel ; il peut alors boire du vin et retourner à la vie normale. Chaque être humain est une entité unique et irremplaçable, égale en dignité à tous les autres hommes et qu’on peut en aucun cas faire atteinte à cette dignité, tant physiquement que moralement. C’est cette spécifité de chaque homme qui nous semble être la véritable antidote contre toutes les exactions perpétrées au cours de l’histoire humaine, au nom de faux-grands principes qui se sont tous soldés par des catastrophes humanitaires. Car il n’y a pas à changer l’homme : il faut d’abord l’accepter tel qu’il est, dans sa grandeur, mais aussi dans sa faiblesse, et poser comme principe éthique le dire de Hillel (traité Chabbat) : « Ne fais pas à autrui ce qui est détestable à tes yeux ».

Ce principe fondamental de toute la Torah, et de toute éthique digne de ce nom repose sur une notion cardinale : celle de la réciprocité dans le respect de l’homme. Car chaque-un doit se voir comme un homme se tournant vers autrui et également comme un autrui recevant le respect qui lui revient en tant qu’être humain. Ceci entraînera un autre principe tout aussi fondamental, et de plus codifié par la Halakha : la responsabilité collective. Chacun est responsable de tous, et tous sont responsables de chaque-un. Ce qui interdit les exactions de type « raison d’état », monnaie courante dans nos démocraties, même les plus respectueuses des droits de l’homme. Car enfin de quels droits de l’homme s’agit-il ? A travers la déclaration de l’homme et du citoyen de 1789, puis celle des Nations Unies de 1948, les fondements éthiques apparaissent ténus : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. » (Article 1). Mais en vertu de quoi ? Sur quelles bases s’appuient nos révolutionnaires de 1789 ou nos juristes de 1948 ? Parce que le fondement d’une telle déclaration ne repose que sur le bon vouloir de l’homme d’accepter l’autre, ces principes se sont trouvés bafoués tout au long de notre tragique histoire. Il nous semble que si l’homme se définit comme étant le reflet d’une dimension ayant son origine dans la Hauteur, c’est-à-dire d’une dimension qui le dépasse, mais qui néanmoins est présente en lui, alors il y aura là une véritable source éthique empêchant l’homme de porter atteinte à un autre homme, celui-ci étant porteur de quelque chose de plus que le simple humain de l’homme : la trace de D.ieu.

Ce principe en dignité, mais de différence dans l’essence de chaque homme étant posé, nous pouvons comprendre ce que veut dire le Ramhal, qui nous enseigne, qui écrit, dans « La Voie des Justes » : « Si l’ascétisme est nécessaire et obligatoire, pourquoi nos maîtres ne lui ont-ils pas donné force de loi, comme ils l’ont fait en élevant d’autres barrières et instaurant d’autres décrets ? Nos maîtres ne décrètent une décision que dans le cas où la majorité de la communauté serait capable de la supporter (Baba Batra 60b)… Car il est impossible que toute la nation atteigne le même niveau. » (Messilat Yécharim chap. 13). Le Ramhal met en exergue un principe qui semblerait à première vue « anti-démocratique » : les hommes d’une même nation ne seraient pas égaux quant à leur capacité à atteindre la sainteté… Mais il faut ici différencier entre égalité et identité. Le judaïsme proclame la spécificité de chaque être humain, chacun étant chaque-un, (selon une formule fréquemment utilisée par Benny Lévy z’l), un modèle unique dans l’univers, avec ses caractéristiques physiques et psychiques, son histoire et ses aspirations propres. Il y a donc différence de nature pour chaque individu. Ce qui n’implique en aucun cas une quelconque inégalité entre les hommes, bien au contraire.

Etant donné qu’il existe autant d’aspirations humaines qu’il y a d’hommes sur la terre, chaque-un se tournera vers la voie qui lui est propre. Ainsi, certains aspireront à une plus grande spiritualité, d’autres chercheront un équilibre entre le spirituel et l’action dans ce monde, d’aucuns encore considéreront que l’essentiel est d’agir et d’influer sur le monde. Le Ramhal nous propose donc une éthique de la différenciation, presque casuistique. Si un homme considère qu’il secrète en lui la capacité de se rapprocher de son Créateur, il doit emprunter le chemin de l’ascèse et du naziréat. En cela, il est l’homme saint que décrit le Ramban. Si par contre, il s’impose de façon articificielle des jeûnes et des souffrances physiques qui ne le font pas progresser sur le chemin de la spiritualité, il faut le considérer comme un fauteur, selon le Rambam. Mais la progression spirituelle personnelle doit-elle être considérée comme une fin en soi ? La Torah vient nous dire qu’il faut pratiquer la responsabilité collective. Un homme ne peut se considérer avoir atteint son but dans la vie que s’il se lie avec, et positivement, sur son entourage.

Il est nécessaire que l’élite se perfectionne pour que, grâce à elle, ceux qui ne sont pas préparés, méritent aussi l’amour de D.ieu et l’Emanation de Sa présence. » (Messilat Yécharim, fin chap. 13) L’ascète ne peut considérer avoir atteint son but d’élévation spirituelle que s’il est solidaire des communautés qui l’entourent (dansla mesure de ses moyens). Il peut s’agir de sa famille, de sa communauté, de sa ville, de sa nation, voire, de la terre toute entière, mais dans tous les cas, il y a nécessité fondamentale d’interaction entre le monde et lui. Et plus l’homme aura atteint un degré de perfection et de sérénité intérieure, plus il devra (car il en aura les moyens psychologiques et spirituels) tenter d’aider le collectif. Là est peut-être la raison profonde du sacrifice que le nazir devait apporter au Temple : il ne s’était occupé durant sa période de retranchement que de son bien-être spirituel propre, et n’avait pas œuvré pour la communauté dans ce même laps de temps. C’est pour cela que le Texte nous dit qu’i devra se tenir « à l’entrée de la Tente d’Assignation» (Bamidbar 6, 10) ; uniquement à l’entrée, pour faire preuve d’humilité, nous disent nos Sages, humilité qu’il aurait pu perdre dans son isolement par rapport au peuple, et avec laquelle il importe au premier chef de renouer après sa période de naziréat. Comme le dit le Rav Chimchon Raphaël Hirsch : « Le nazir ressemble à un être d’élite qui essaye de se rapprocher de D.ieu par le renoncement, mais qui court le danger de se refuser en définitive à la lutte qui, seule, engage et consacre l’homme… car le judaïsme ne se conçoit que dans la vie, ne s’accomplit qu’en dominant la matière et non pas en la refusant. » (Rav C.R. Hirsch, commentaires sur Bamidbar 6).

(Sources : La Minute d’étude – A.C.I. St Fons – Daf Haguéoula – Nefech ‘Haya – Breslev Shuvu Bonim – Jacques Kohn, Cheela – Rav Dufour, Modia – Wikipedia – Rav M. Chriqui, Dr A.G. Morali, l’Essence de la Torah)

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