Ces burqas en bois qui couvrent l’Italie de ridicule !

Une fois de plus, en Europe, devant l’Autre on s’efface, on s’annule.

Levée des sanctions économiques, accord sur le nucléaire civil, dialogue. Le retour de l’Iran sur la scène internationale ne peut être qu’un signe favorable, un pas de plus vers la multipolarité, où toutes les grandes puissances auraient leur mot à dire, aspirant ainsi à l’équilibre planétaire.

Mais un monde multipolaire qui devra compter sans une Europe forte et fière d’elle-même, comme l’illustre la dernière petite anecdote qui a couvert l’Italie de ridicule.

Les faits : le président de la République islamique d’Iran, M. Hassan Rohani, en visite cette semaine à Rome pour conclure des contrats d’affaires avec les entreprises locales, était convié à une visite des musées du Capitole. Pour ne pas heurter sa pudeur musulmane, le gouvernement italien prit une étrange décision, cachant des statues antiques de déesses et de guerriers nus dans des coffres de bois construits à cet effet. Ce choix singulier a provoqué un véritable tollé dans la péninsule – qui en est encore à ses premiers pas en matière de dhimmitude auto-imposée -, vivement exprimé dans les premières pages de la presse de ce matin : « Humiliés chez nous », « Burqa d’État », « Ces nus recouverts qui couvrent l’Italie de ridicule », « L’Italie met le voile »

Les responsables de la censure des arts se sont défendus en clamant qu’il ne s’agissait là que d’un signe de respect, un geste d’accueil. À Rome. Ce musée d’art antique à ciel ouvert, dont le patrimoine artistique extraordinaire regorge des plus belles et réalistes statues de corps humains. Pour être cohérent, c’est toute la ville qu’il faudrait recouvrir ! Et ensuite voiler les Italiennes et décrocher les portraits des murs.

Le sentiment général est bien que cela relève d’une inutile et aberrante soumission auto-infligée, puisque le leader chiite ne semble pas être à l’origine d’une quelconque requête. Preuve en est sa visite au Vatican du lendemain où, avec le pape François, il a pu rappeler les valeurs spirituelles communes aux deux religions… à côté d’un gigantesque Christ à moitié nu sur un crucifix. Il a ensuite défini la polémique d’emballement médiatique.

Une fois de plus, en Europe, devant l’Autre on s’efface, on s’annule. Comme si être soi-même n’était pas un préalable indispensable à la connaissance de l’Autre. Comme si, pour célébrer la différence, il était nécessaire d’aliéner son héritage culturel, de sacrifier son originalité. Quand c’est exactement le contraire qui est vrai : les particularismes culturels sont les garants des différences qui font la richesse de ce monde.

Il est bien regrettable que cette visite, historique et aux incidences géostratégiques certaines, soit ternie par la bêtise et l’ignorance de quelque dhimmi volontaire. Parce que l’Iran, héritier du grandissime et multimillénaire Empire perse, est un acteur incontournable du Moyen-Orient et un rempart naturel contre le terrorisme de l’État islamique sunnite. Et nous en avons bien besoin.

(Source : Boulevard Voltaire)

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