Les Noirs et les Maures en Afrique : témoignages de voyageurs européens, du XVe siècle à nos jours

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Un cliché tenace en France, en Europe, et même outre-Atlantique, voudrait imprimer durablement les esprits, à commencer par les jeunes, que les Noirs, de tout temps, auraient été victimes du racisme des Blancs, de leur esprit de lucre, de leur insatiable volonté de puissance, d’expansion, culminant avec les traites atlantiques.

Depuis les années 60, les pays africains sont indépendants.

L’immigration africaine vers l’Europe ne tarit pas.

Quel attrait pour les anciens maîtres pousse donc des hommes libres depuis près de soixante ans ?

Le ressentiment anti-blanc est ravivé, depuis quelques années, pour d’obscures raisons, par des idéologues.

Des émeutes à caractère racial, communautariste, sont suscitées, causant des ravages, non seulement économiques, mais moraux.

Rien n’y fait. Les migrants d’Afrique se pressent à nos frontières.

L’explication se trouverait-elle, tout bonnement, dans leur propre histoire ?

La lecture de nombre de livres écrits au fil des siècles, du XVe au XXe, montre, vous l’allez le découvrir, que les Africains, dans leurs pays d’origine, n’ont pas eu à souffrir, obligatoirement, du contact avec les Européens.

Toutes sortes d’échanges se produisirent, culturels, religieux, mercantiles, et, par dévoiement, des ventes d’esclaves eurent lieu, c’est indéniable.

Lorsque ces traites commencèrent, au 15e siècle, elles s’inscrivaient dans une longue tradition d’esclavage inter-tribal purement africain, puis de traites au profit des Arabes venus d’Arabie Heureuse ( Arabia Felix, sur les cartes d’époque).

Ceci posé, il faut comprendre que, s’il était question, bien sûr, d’étendre les possessions du Roi d’Espagne, ou du Portugal, ou de l’Empereur, plus tard, il s’agissait aussi de faire bénéficier les populations nouvelles, païennes, de la foi  catholique.

Et que cela ne fut pas forcément repoussé comme un mal par les nouveaux adeptes, d’autant qu’ils avaient déjà reçu un coup de badigeon mahométan. Ils étaient donc à même de comparer, le résultat n’étant pas nécessairement en faveur de l’islam.

Le lecteur apprend, au fil des récits des navigateurs, des missionnaires, que les Africains, dans leurs villages, obéissent, selon des rites précis et sévères, à des chefs, des rois qui ont tout pouvoir sur leurs sujets.

Une vraie curiosité des autochtones vis-à-vis des Blancs, réciproque, du reste, doit être soulignée.

Ils s’accompagnent souvent d’observations pleines d’humour.

Voici donc, par ordre chronologique, quelques extraits de livres écrits par les explorateurs dédicaçant leurs récits aux princes, aux prélats ou à leurs commanditaires de Grandes Compagnies commerciales.

Gomes EANES ZURARA conte, en 1453, dans «CHRONIQUE DE GUINEE», l’expédition de marins portugais audacieux, décidés à explorer au-delà du Cap Bojador, la côte ouest-africaine, jusqu’au Cap-Vert.

Dans son invocation au Prince, Zurara évoque le sort de «Noirs chargés de fers… capturés par tes navires…

Je notai que tous se plaignaient moins de leur dernière infortune que de la première, c’est-à-dire de l’erreur trompeuse où les avait plongés ce schismatique menteur de Mahomet.»

Une coutume singulière retient son attention : le cannibalisme :

P. 218 : «Et bien que d’autres voulant disculper leurs compagnons d’un crime si énorme ( manger des cadavres) eussent dit le contraire, il n’en est pas moins certain que leur coutume est de manger le foie et de se boire le sang les uns des autres.»…

Mais le commerce d’esclaves noirs ne fait pas débat.

Du nord de l’Afrique à son centre : Guinée, Mali, les Maures, la «secte de Mahomet : Alarves, Azenègues, Berbères, font la guerre aux Noirs (P. 313), en employant davantage la ruse que la force, car ils ne sont pas aussi vigoureux qu’eux. A quelques Maures qui viennent chez eux, ils vendent de ces Noirs qu’ils ont ainsi par ruse, ou bien ils vont les vendre eux-mêmes à Mondebarque, au-delà du royaume de Tunis.»

A la même époque, Alvise Ca’ DA MOSTO, vénitien, est envoyé par le même Infant dom Henrique de Portugal, tenter l’aventure africaine dans les mêmes régions que Zurara.

Son style est plus alerte, bon enfant. Il note tout ce qui le surprend.

P. 58 : «Les Noirs ignorent les peignes à tisser».

P. 59 : «Il faut savoir que dans ce pays (Sénégal), ils ignorent l’acier. Ces gens sont presque toujours nus, à l’exception d’une peau de chèvre qu’ils portent en guise de hauts-de-chausses et qui couvrent les parties honteuses.» «Les hommes vaquent à de nombreuses tâches féminines, comme faire la vaisselle, filer le coton… “Ils sont fort bavards ; au reste, ils sont fieffés menteurs et grands trompeurs. Autrement, ils sont hospitaliers”. » Ils n’ont pas de navires, que l’on sache ; n’en avaient jamais vu jusqu’à ce qu’ils fissent connaissance des Portugais». «Ces seigneurs noirs guerroient très souvent entre eux et plus souvent encore, avec leurs voisins».

Il est à remarquer que les Noirs du Sénégal sont d’un naturel plutôt ouvert aux diverses entreprises religieuses —
selon l’intérêt immédiat qu’ils en retirent.

P. 57 : «Ces premiers Noirs observent la religion mahométane, mais elle n’est pas très affermie comme chez les Maures blancs… les seigneurs s’en tiennent à cette croyance, parce qu’ils ont constamment à leurs côtés des prêtres azenègues… Ces derniers les instruisent dans la foi mahométane et les persuadent qu’il serait fort malséant d’être seigneur et de vivre sans connaître les lois et commandements de Dieu comme fait le peuple…

Mais depuis qu’ils ( les Noirs) ont quelques familiarité et relation avec les chrétiens, leur zèle s’est refroidi parce que nos coutumes leur plaisent beaucoup, et que notre richesse et notre ingéniosité leur en imposent.

Ils disent que si Dieu nous a octroyé tant de bonnes choses, c’est signe qu’il a beaucoup d’amour pour nous».

Alors que le prince dom Henrique de Portugal a conclu un accord exclusif avec les Arabes pour commercer, ces derniers trafiquent fort communément des esclaves noirs :

P. 50 «Les Arabes apportent également des pièces de soie mauresque, qui se font à Grenade et à Tunis en Barbarie, de l’argent et d’autres marchandises de prix, contre lesquelles ils obtiennent de nombreuses têtes d’esclaves et de l’or.

L’or et les esclaves sont ramenés à ladite escale d’Ouadane… et prennent des routes différentes : les unes vont aux montagnes de Barcah ( Cyrénaïque) ; d’autres à Tunis et sur toute la côte de Barbarie».*

Il est précisé que les Noirs s’esclavagent entre eux, selon la coutume :

«Ce royaume ( en Sénégal) est tout petit… Le roi vit de la manière suivante : il n’a pas de revenus réguliers, si ce n’est un tribut, que les seigneurs lui versent chaque année, pour être dans ses bonnes grâces.

Ce tribut consiste en différents présents : des chevaux très prisés pour être rares, des harnachements, du bétail… Il vit également de pillages et possède quantité d’esclaves noirs qu’il fait prendre sur son territoire ou chez ses voisins…»

Vous saurez enfin que «la grandeur du seigneur se mesure au fait qu’il ne se laisse voir qu’une heure le matin ( P. 66), et à nouveau le soir, un bref moment.

Dans ces moments-là, il se tient dans la première cour où ne pénètrent que les gens d’importance, et plus particulièrement les étrangers.

En outre, ces seigneurs sont fort cérémonieux lorsqu’ils donnent audience à quelqu’un, et quel que soit le degré de parenté avec ledit seigneur.

ILS DOIVENT SE PROSTERNER sur le seuil de la porte, s’AGENOUILLER, BAISSER LA TÊTE JUSQU A TERRE…

Ils saluent leur seigneur dans le plus simple appareil ET PERSONNE N’OSERAIT L ALLER SALUER SANS SE DENUDER ENTIEREMENT…. A la moindre faute qu’ils commettent, ils ( les seigneurs) font saisir leurs femmes et enfants qu’ils vendent comme esclaves».

Il ne faut pas méconnaître, avant que de passer aux récits suivants, le puissant attrait exercé sur les Noirs, par la couleur des Blancs — puisque ce facteur est palpable jusqu’à nos jours, en Occident.

P. 77 : «Les Noirs, hommes et femmes, accouraient pour me regarder, comme si j’étais une merveille…

Ils ne s’étonnaient pas moins de ma blancheur que de mes habits… Certains touchaient mes mains et mes bras, crachaient et frottaient ma peau avec leur salive pour voir si ma blancheur était vraie ou feinte ; quand ils comprirent que j’avais la peau blanche, ils en furent tout ébahis».

La même incrédulité se constate, 350 ans plus tard, dans le récit de Mungo Park, au Niger.

En 1591, PIGAFETTA & DUARTE LOPES écrivirent un important ouvrage : «Le Royaume de Congo & les contrées environnantes». ( ED. Chandeigne/UNESCO)

Dédicacé «Au très illustre & Révérendissime monseigneur Antonio Migliore, évêque de San Marco & Commandeur du Saint-Esprit», le récit de ces voyageurs et marchands fourmille d’observations précieuses sur le climat, la faune, la flore, et les populations locales.

Négocier et convertir vont de pair.

Ce qui retient l’attention, tout au long, c’est la coutume de l’esclavage, répandue au Congo, — comme en Guinée, comme au Mozambique…, bien avant l’arrivée des Européens.

P. 72 «Messire Duarte disait aussi qu’à cause de leur ( aux Anziques) caractère farouche et de leur bestialité, on ne trafiquait pas beaucoup avec eux, si ce n’est quand ils venaient eux-mêmes pour offrir des esclaves de leur propre peuple ou de Nubie…

En échange, ils reçoivent du sel, des coquillages qui sont utilisés comme monnaie».

«Leurs boucheries sont fournies de chair humaine, comme les nôtres le sont de viande de bœuf ou d’autres animaux. En effet, ils mangent les ennemis qu’ils réussissent à capturer au cours d’une guerre.

Quant à leurs esclaves, ils les vendent, s’ils peuvent en obtenir un prix élevé»…

«Sans doute y a-t-il beaucoup de peuples qui se nourrissent de chair humaine — ainsi ceux des Indes orientales, du Brésil et d’ailleurs —, mais du moins ce sont leurs adversaires qu’ils mangent, alors que les Anziques mangent aussi bien leurs amis, leurs vassaux, leurs parents, ce qui est une pratique dont on n’a pas d’autre exemple».

Déconcertant, en effet.

Négoce et guerre sont des passe-temps intemporels.

P. 79 : «Quoique les populations des confins entretiennent des relations, les rois de Matamba et d’Angola se font souvent la guerre».

«Nous avons dit qu’autrefois, il y avait, à la tête de ce territoire, un gouverneur du roi de Congo. Il s’est proclamé souverain, déjà longtemps avant la conversion du roi au christianisme.

Il a ainsi usurpé le pouvoir absolu dans toute la partie dont il avait l’administration… a conquis d’autres territoires voisins, si bien qu’il est devenu un grand et riche prince, guère moins puissant que le roi de Congo».

L’on apprend, en outre, que, «nulle part dans le royaume de Congo, on n’a de chevaux, et on ne sait soumettre les bœufs au joug ni au bât pour se faire tirer ou porter…. Aussi ces gens se sont-ils vus dans la nécessité d’employer les hommes comme bêtes de somme».

Cela ne signifie pas, pour autant, que la foi chrétienne ne progresse pas, dans ces rudes contrées.

P. 192 : «Lorsque le roi se fut converti à la foi chrétienne, il forma sa cour à l’imitation de celle du roi de Portugal, et d’abord quant au service de table»…

«Il sort rarement de son palais. Personne, dans ce royaume, n’a de biens, de possessions propres… Il n’y a pas de litiges, si ce n’est à propos de quelques paroles, l’écriture ne s’employant même pas pour l’idiome du Congo».

Au chapitre : «Du royaume de Sofala», l’on voit en concurrence Portugais et Mahométans.

P. 205 «Les mahométans qui, à l’heure actuelle, habitent ces régions, ne sont pas des indigènes. Avant l’arrivée des Portugais, ils y faisaient du commerce, venant de la côte de l’Arabie Heureuse».
«On exporte de l’or de toutes les contrées voisines, dans le royaume de Sofala et dans les pays d’Afrique. Au dire de certains, ce serait même de ces régions que serait venu, par voie de mer, l’or qui a servi à Salomon pour le Temple de Jérusalem, ce qui n’est pas invraisemblable, car, dans les territoires de Monomotapa, on trouve de nombreux édifices anciens faits de pierre, de chaux et de bois, qui témoignent d’un grand travail et d’une bonne architecture, ce qu ne se voit pas dans les régions environnantes»
«Dans l’empire du Prêtre Jean, la population est composée d’hommes de couleur.»
«Ces gens sont chrétiens, mais avec ceci de particulier qu’ils gardent certaines cérémonies de la loi des Hébreux».

De 1607 à 1610, c’est un Français, Jean MOCQUET, qui prend le large. Son périple vers les Indes orientales, pour le compte du vice-roi de Portugal, fait l’objet du livre : «Voyage à Mozambique & Goa».

L’escale au Mozambique lui fait découvrir d’étranges mœurs. P. 80 : «Aussi ces peuples-là mangent la chair humaine, à cause de quoi on les appelle Macua, et se découpent toute la peau avec mille sortes de figures. On dit qu’ils burent du sang des Hollandais à Mozambique lorsque les Portugais firent une sortie sur eux la nuit…»

«Les sujets du Monomotapa, lorsqu’ils ont tué ou pris leurs ennemis en guerre, leur coupent le membre viril, et, l’ayant fait dessécher, le baillent à leurs femmes à porter au col, et elles, bien parées de cela, en font comme un collier d’ordre ; car celle qui en a le plus, est la plus estimée, d’autant que cela montre que son mari est le plus brave et vaillant… Celles qui n’en portent point ou bien peu, on ne fait compte d’elles, comme ayant des maris poltrons et couards»

Voilà pour les joyaux ethniques.

Une vraie source d’inspiration pour les créateurs contemporains d’affûtiaux, à une époque où joindre l’imaginaire transgressif à la tradition est de mise.

En 1645, JEAN GUIDON DE CHAMBELLE, chevalier parisien au service de la VOC ( Compagnie Hollandaise des Indes Orientales), écrit : «La relation relation d’un voyage aux Indes orientales par un gentilhomme français».

Si les conditions de traversées réservées aux esclaves sont connues, les conditions de vie des marins engagés au service de la VOC, avec la terrible discipline qui leur est appliquée, sont moins connues, et n’ont rien à envier aux esclaves.

P. 83 «Lecteur, il sera bon de t’avertir comment on nous traite sur les navires, et l’ordre qui s’y exerce… Il y avait, sur le Salamander Amiral, 456 hommes, sur le nôtre : 350»…

«Pour l’ordre, soir et matin, les prières, et les dimanches, prédication où il faut que tout le monde se trouve, hormis ceux qui sont malades. S’il y en manque, il est mis aux fers sur le galion… tant qu’il plaira au capitaine et au marchand, et selon qu’il ordonne, avec les officiers, attaché au mât du navire, et avec une grosse corde comme le bras cent ou deux cents coups sur le cul…

Ceux qui tirent le couteau, comme c’est leur ordinaire, on leur donne la cale, qui est qu’on les fait passer par trois fois par-dessus le navire…

S’il y a quelqu’un de blessé, on leur donne l’estrapade, qui est qu’on attache une corde au haut du navire à la hune, et élève-t-on le patient par trois fois, et le laisse-t-on choir de même… Ceux qui jouent, si on les découvre, sont en prison, ont sur leur cul, et deux mois de gages confisqués. Voilà quant à leur ordre.»

Batavia, est la première et principale ville de «désembarquement venant d’Europe».

P. 116 : Toutes les nations s’y rencontrent. «Pour les Malabars, Bengals, Candiots, Cafres et Nègres, ce sont nations qui sont toutes noires et allant tout nus aussi bien que les femmes, hormis qu’ils se mettent quelque méchant linge qui leur sert de ceinture à l’entour du corps et couvre les parties honteuses. Ces gens sont lâches, pusillanimes, poltrons, paresseux et idiots et se vendent eux-mêmes pour presque rien.

P. 159, Guidon relate, lui aussi, de fréquentes relations entre Blancs et Noirs. Il y a procès. Les sentences de mort, courantes, peuvent être quelque peu allégées : “Une femme festive, mariée à un Hollandais, eut affaire aussi à un Noir… Elle fut démariée d’avec son mari, eut le fouet et la marque, et condamnée trois ans au spinus ( maison de correction) ; le Noir eut le fouet et la marque, et fait esclave pour sa vie à la Compagnie. La conclusion de Chambelle, pessimiste, porte plus sur la barbarie des gens de mer que sur les autochtones fréquentés.

” ETHIOPIA ORIENTALE : l’Afrique de l’Est & Océan indien au XVIe siècle», écrit par le dominicain Joao DOS SANTOS, est une somme que l’on ne saurait omettre. L’obsession de prosélytisme n’a d’égale que la soif de l’or.

Pages 90-91 : «Beaucoup d’entre eux ( des religieux) s’offrirent aussitôt pour aller dans cette nouvelle entreprise, parmi lesquels je m’offris également pour les aider dans la conversion des âmes, pour qu’ainsi je puisse mériter et parvenir au salut de la mienne»…» Cette terre ( de Sofala) possède beaucoup d’or. Elle est située à l’intérieur, à plus de 60 lieues. Ils y vendent leurs marchandises et ramènent beaucoup d’or en feuilles, en pépites et en poudre».

Dos Santos relève la même coutume servile que ses prédécesseurs :
P. 105 : «Si les Cafres souhaitent parler à ce roi ( le Quiteve de Sofala), ILS SE COUCHENT AUSSITOT A TERRE, à l’entrée de la porte. COUCHES, ils entrent à l’intérieur de la maison, SE TRAINANT JUSQU AU ROI. Là, allongés sur le côté, ils lui parlent sans regarder dans sa direction…

Après avoir conclu le négoce pour lequel ils étaient venus, ils retournent dehors comme ils sont entrés. DE SORTE QU AUCUN CAFRE NE PEUT ENTRER DEBOUT POUR PARLER AU ROI…. encore moins regarder vers lui quand il lui parle… les Portugais, lorsqu’ils vont lui parler, n’entrent pas en se traînant par terre, comme le font les Cafres, mais debout, et ils entrent pieds nus. Arrivant près du roi, ils s’allongent à terre, inclinés sur un côté, presque assis. Ils parlent au roi, de cette manière, sans regarder dans sa direction…»

Dos Santos s’attarde à des cérémonies cafres jugées fort païennes — et propres aux;exorcismes, concluant,

P. 109 : «je crois certainement que la nation des Cafres est la plus barbare et la plus brute qu’il y ait dans le monde, parce qu’ils n’adorent pas Dieu… “De fait, ils se convertissent difficilement et n’acceptent pas la loi du Christ qu’on leur a enseignée et prêchée souvent, encore moins celle des Maures.

La superstition desdits Cafres laisse pantois et railleur le missionnaire :

P. 110 : ‘Ils demandent au roi, la pluie… Lorsqu’ils vont lui demander ce genre de chose, ils lui apportent un grand cadeau… Le roi l’accepte et répond qu’il cherchera à satisfaire leur demande. Ils sont si barbares que, voyant toutes les choses qu’ils avaient demandées au roi — et qu’il ne les leur a pas données —, ils ne se désabusent pas et, de nouveau, lui apportent plus d’offrandes… jusqu’à ce que viennent quelques occasions de pluie. Les Cafres en restent satisfaits, croyant que le roi ne leur concède ce qu’ils lui demandent qu’après l’avoir bien corrompu et importuné…’

Nulle surprise, donc, de voir que les CAFRES, SERFS DE LEURS PROPRES ROIS à Sofala, le soient aussi en Ethiopie.

P. 327 : ‘Dans cette terre, le sel vaut beaucoup, parce qu’il n’y en a pas… Il vaut tant, qu’ils (les naturels) donnent un très bon esclave pour cinq ou six pierres de sel’.

D’autres détails de la réalité africaine, telle que découverte par les Portugais, doivent être mentionnés, au risque de gêner les tenants d’un âge d’or préexistant à l’arrivée des colons blancs : cannibalisme, vente de femmes, pratiques barbares diverses, servitude généralisée, solidarité inexistante suscitèrent l’indignation du missionnaire.

P. 113 : ‘Ces Cafres ne lisent pas et n’ont pas de livres. Toutes les choses dont ils ont connaissance, ils les connaissent seulement par la tradition de leurs ancêtres. Ils pensent que les singes étaient autrefois des hommes et des femmes ( voir recueils de mythes) et ainsi, ils les appellent dans leur langue’ les gens de premier”.

Plus loin, et moins convenable :
» Le Quiteve a deux cents ou trois cents hommes de garde, qu’ils appellent «inficis», signifiant «bourreaux sanguinaires»… Ils tiennent dans leurs mains une petite hache de fer très brillante et une massue… Avec ces instruments, ils tuent les personnes que le roi leur demande d’assassiner».

Je vous passe les détails très cruels.

P. 128 Les filles sont à vendre, comme il se doit : «Les Cafres de ces terres achètent à leur père ou à leur mère les femmes avec lesquelles ils se marient. Pour elles, ils donnent des vaches, des verroteries ou des houes, chacun selon sa possibilité et selon la femme. Pour cette raison, les Cafres qui ont beaucoup de filles à marier, sont riches…»

Mais ce qui chiffonne le plus les Portugais, c’est le cannibalisme :
P. 233 : «Non seulement ils ( les Cafres) mangent toutes les personnes qu’ils tuent à la guerre, mais également leurs prisonniers lorsqu’ils sont déjà vieux et qu’ils ne leur servent pas pour travailler». ( Solution à retenir, pour régler le problème des retraires, en France).

Parlant d’un voleur Quizura, P. 234, Dos Santos précise : «Il avait tout le sol de la porte de l’enclos ou de la cour qu’il franchissait pour sa maison, pavé de têtes d’hommes, qu’il avait tués dans cette guerre. Et tous ceux qui entraient dans sa maison ou en sortaient, passaient au-dessus de cette chaussée de crânes.

Il tenait tout cela en grande majesté. Mais les Portugais qui combattirent contre lui, lui firent payer le prix d’une si grande cruauté, en lui ôtant la vie ainsi qu’à tous les siens».

Au chapitre «Des îles de la côte de Malindi, de leurs habitants & des différentes sectes de Mahomet», Dos Santos confirme ce qu’ont écrit ses prédécesseurs et ses contemporains.

P. 354 : «Chacune de ces îles a son roi maure… Ils sont tous vassaux du roi de Portugal et lui paient un tribut. Tous ces Maures étaient autrefois étrangers à la côte, car ils sont arabes de nation. Ils proviennent de la province d’ARABIE HEUREUSE.

» En l’année du Seigneur 1585, une GALERE DE TURCS SORTIT DU DETROIT DE LA MECQUE pour dévaliser et piller la côte de Malindi »…

P. 360 : Dos Santos souligne le courage des Portugais, affrontant Turcs et Maures :

«Mais le courageux Roque De Brito ( bien qu’il eût peu de gens avec lui pour RESISTER A UNE TELLE MULTITUDE DE TURCS ET DE MAURES), ne voulut pas se livrer… Il combattit si valeureusement, qu’en un petit laps de temps, il ôta la vie à de nombreux ennemis avant qu’ils ne lui ôtent sa liberté… Finalement, Roque De Brito, déjà grièvement blessé, fut soumis, capturé et aussitôt soigné par les Turcs avec beaucoup d’attention à l’égard DU PROFIT QU ILS ESPERAIENT TIRER DE LUI.»

Ce que nous devons garder à l’esprit, c’est que, hier comme aujourd’hui, LES MAURES SONT A AFFRONTER PAR MASSES. Et que, si cruels qu’ils soient, il leur reste un sens de l’intérêt qui leur permet de discerner qu’au lieu de tuer à tout va de valeureux ennemis de leur foi, mieux vaut en prendre soin, pour un gain ultérieur.

Je ne peux que vous citer, pour mémoire, le très vivant et spirituel récit des Franciscains GUATTINI & CARLI : «La Mission au Kongo», 1668.

L’entreprise missionnaire visant les Africains s’accompagne d’un affrontement constant des Turcs, lors des traversées, en Méditerranée.

J’en arrive, à présent, à la fameuse relation du voyageur, savant en médecine et botanique, géographe écossais : MUNGO PARK : «Voyage dans l’intérieur de l’Afrique», publiée en 1799.

L’Africain Association missionne ce jeune découvreur pour effectuer un relevé du cours du Niger, ainsi que les possibilités d’y commercer profitablement.

Park met un point d’honneur à apprendre le mandingue, dans le but de s’entretenir avec «certains marchands qu’on désigne sous le nom de “slatées”. Ce sont DES NEGRES LIBRES, qui jouissent d’une grande considération dans le pays ( Gambie), ET DONT LE PRINCIPAL COMMERCE consiste à VENDRE DES ESCLAVES QU ILS AMENENT DU CENTRE DE L AFRIQUE.

P. 52 : “Les seuls esclaves nés dans le pays ont le privilège de pouvoir invoquer les lois pour ne pas en sortir. Les prisonniers de guerre, les malheureux condamnés à l’esclavage pour avoir commis quelque crime, ou pour dettes, ET TOUTES LES INFORTUNES QU’ON TIRE DU CENTRE DE L’AFRIQUE ET QU’ON VIENT VENDRE sur la côte ( réalité confirmée par la nouvelle de MERIMEE : ‘Tamango’), N’ONT AUCUN DROIT DE RECLAMER CONTR L’INJUSTICE DE LEURS MAITRES, qui PEUVENT LES TRAITER ET EN DISPOSER A LEUR FANTAISIE.”

P. 53 : On reçoit en échange des esclaves, de la poudre d’or, de l’ivoire, de la cire et des cuirs. Les esclaves sont le principal article.»

P. 54 : «Ces malheureux restent continuellement enchaînés deux à deux ; on les fait travailler à la terre ; et je le dis avec peine, on leur donne très peu de nourriture, et on les traite fort durement.»

P. 55 «Lorsque les Nègres commencèrent à traiter avec les Européens, la chose dont ils faisaient le plus de cas était le fer, parce qu’il leur servait à faire des instruments de guerre et des instruments aratoires… Cependant» les Maures y en vendent aussi une grande quantité ( de sel) qu’ils tirent des marais salants du grand désert, et ils prennent en retour du blé, des toiles de coton et des esclaves».

P. 45, Park distingue, en Gambie, «quatre nations principales : les Feloups, les Yolofs, les Foulahs et les Mandingues… La religion mahométane a fait de grands progrès parmi ces nations, et chaque jour, elle en fait de nouveaux. Malgré cela, les gens du peuple, soit libres, soit, esclaves, conservent les aveugles et innocentes superstitions de leurs ancêtres, ce qui fait que LES MAHOMETANS LES APPELLENT» KAFIRS », c’est-à-dire infidèles.

Aux pages 48-40, il note LA PRATIQUE DE LA CHARIA : «Comme les Nègres n’ont point de langue écrite, ils jugent en général les affaires d’après leurs anciennes coutumes. Mais depuis que la loi de Mahomet a fait de grands progrès parmi eux, LES SECTATEURS DE CETTE CROYANCE ONT, INSENSIBLEMENT, introduit, AVEC LEURS PRECEPTES RELIGIEUX, PLUSIEURS DES INSTITUTIONS CIVILES DU PROPHETE ; et lorsque le Koran ne leur paraît pas assez clair, ils ONT RECOURS A UN COMMENTAIRE APPELE» Al SCHARRA », qui contient, dit-on, une exposition complète des lois civiles et criminelles de l’islamisme».

Peut-on mieux exposer les choses ?

La loi coranique doit, cependant, à cette époque, composer avec la superstition propre aux Africains :

P. 65 : «Il est impossible de ne pas admirer en cela ( amulettes ornées de versets du coran) combien la superstition est contagieuse. Quoique la plupart des Nègres soient païens et rejettent absolument la doctrine de Mahomet, je n’en ai pas vu un seul qui ne fût pleinement persuadé du pouvoir de ces amulettes».

Plus avant dans son voyage, Park se retrouve prisonnier des Maures à Benown.

Un chef, Ali, croyant qu’il a voulu s’évader, le tracasse et tente de l’humilier, en l’insultant.

Dans un autre registre, il a affaire à l’indiscrétion des femmes maures.

P. 151 «L’importunité des dames maures m’avait tracassé depuis mon arrivée à Benown. Dans la soirée du 25 mars, il en arriva une troupe dans ma cabane… Elles me firent entendre que l’objet de leur visite était de vérifier si la loi qui ordonne la circoncision était suivie par les Nazaréens comme par les sectateurs de Mahomet. L’on peut aisément juger de ma surprise en apprenant qu’elles avaient un pareil dessein. Pour me dérober à l’examen dont j’étais menacé, je pris le parti de traiter la chose comme une plaisanterie. J’observai à ces dames que, dans ces sortes de cas, l’usage de mon pays n’était pas de donner des démonstrations oculaires devant un aussi grand nombre de jolies femmes, mais que si elles voulaient se retirer, à l’exception d’une seule, je satisferais la curiosité de cette belle. En même temps, je désignai la plus jeune et la plus jolie de la troupe.»

P. 167, Park reprend les observations faites sur les Maures, rive nord du Sénégal. «Chaque tribu, note-t-il, est gouvernée par un chef ou roi, qui jouit d’une autorité absolue. Les Maures sont pasteurs… Ils passent alternativement de la voracité à l’abstinence… Les Nègres leur fournissent du grain, de la toile de coton… Les MAURES sont assez adroits pour faire des piques, des couteaux avec le fer natif que leur fournissent les Nègres ; mais ils achètent des Européens des sabres, leurs armes à feu et leurs munitions, et ils LES PAIENT AVEC DES NEGRES QU ILS ENLEVENT DANS LES ROYAUMES VOISINS. Les MAURES SONT MAHOMETANS RIGIDES. Ils ont non seulement la bigoterie et les superstitions de leur secte, mais toute son intolérance.» Les entraves au relevé du cours du Niger s’étant accumulées, Park regagne Londres, non sans avoir vécu d’autres aventures édifiantes. ( Livre de Poche, ED. La Découverte).

Enfin, un livre pour la jeunesse clôturera ce survol de l’épineuse question concernant l’esclavage des Noirs.

«L’esclave du batteur d’or», écrit en 1958, par Henry de Monfreid, ami de Joseph Kessel, conte l’histoire d’une jeune fille somalie, vendue pour dettes par son père, à un batteur d’or. L’ami de la jeune Amina fera tout pour la retrouver, et l’épouser.

P. 27-28 : «Saïd Safi était un Arabe du Yémen… Son nom de Saïd le désignait au respect des croyants comme un descendant du Prophète. Partout il leur imposait la stricte observance des jeûnes et les oraisons ajoutées aux cinq prières du jour.

En un mot, c’était un saint homme, ainsi qu’il convient quand on a pour mission de procurer des esclaves de choix pour le service de hauts dignitaires. En d’autres termes, SAÏD SAFI ETAIT MARCHAND D ESCLAVES.»

P. 29 Le paysan somali, père d’Amina, ne satisfaisant pas à l’appât du gain du collecteur d’impôts Ato Gezzao, se voit enchaîné et conduit à la tente de Saïd Safi. Le père est soupçonné de garder du grain par-devers lui. Mais entre bons musulmans ( Arabes ou Africains), tout s’arrange.

P. 36 De connivence avec Ato Gezzao, Saïd Safi se montre bon prince :

—-  » Tu es musulman, et il me déplaît de te savoir dans la peine pour une faute que tu n’as sans doute pas commise. Peut-être aurais-je le moyen de te venir en aide puisqu’il semble qu’Allah — que sur lui soient la prière et la paix — t’ait inspiré l’idée d’amener ta fille… Elle est en âge de se marier, et un homme riche t’en donnerait sûrement le prix que vaut sa beauté…»

Il ajoute : «Combien dois-tu lui ( au collecteur) payer ? — Deux cents thalers, et il me prend mes vaches ! — Certes, c’est une bien grosse somme, et remercie Allah de m’avoir mis sur ta route, car nul ne t’offrirait en échange de ta fille… —- Que veux-tu dire ? — Rien que de très simple. J’ai vu Amina ; elle me convient, et je t’en offre précisément le prix de ton amende»…

CONCLUSION
————–

Des «Amina», il y en a, par milliers, nées LIBRES, en France.

Elles vont à l’école, au lycée. Toutes les chances de réussite leur sont offertes.

Allez à leur rencontre. Demandez-leur si elles veulent retourner au Mali, au Sénégal, ou au Burkina Faso ( ex Haute-Volta). Les réponses seront unanimes.

L’ARABIE, plus que jamais HEUREUSE ( grâce aux pétrodollars) a-t-elle jamais eu des lubies de repentance pour l’esclavage des Noirs ?

La situation, en Afrique, s’est-elle améliorée, depuis la décolonisation ?

Vous avez la réponse, chaque jour, dans vos journaux : Boko Haram, au Nigéria, s’est spécialisé dans l’enlèvement, le viol, de jeunes filles chrétiennes.

Du Darfour, du Biafra, les échos qui nous parviennent devraient alerter l’ONU — qui, du même coup, s’occuperait des vraies victimes : (africaines) de l’islamisme, et non des victimes fantasmées, d’une «occupation israélienne» comparable à «la période la plus sombre»…

En France, en Amérique, le même type de politique communautariste ayant pour effet majeur d’attiser le ressentiment anti-blanc de la population noire, doit, impérativement, pour la pérennité de nos démocraties, prendre fin.

Les émeutes constantes de «jeunes», encouragées par des démagogues et une presse complaisante, ne peuvent, évidemment, être contenues par des policiers qui, mal armés, reçoivent, de surcroît, des ordres contradictoires — et donc, paralysants — de leur hiérarchie.

L’Amérique reste, pour le monde entier, le phare de la Liberté, et la terre de tous les possibles.

Les dirigeants ( ou aspirants) français doivent, cela va de soi, mettre un terme à la repentance tous azimuts.

Faire enseigner l’histoire, dans sa complexité, suffit.

Les Africains, plutôt que de rester dans un éternel état de dépendance vis-à-vis de l’Europe ( sans résultat : plus de 2000 milliards d’aides, en 50 ans» — B. Lugan, dans un article d’Atlantico de 2013) doivent se choisir des chefs d’Etat non corrompus, avec une vision pour le continent africain qu’ils doivent soustraire à l’emprise de l’islam.

Leurs luttes inter-tribales sont d’un autre âge. Les exporter en France, entre autres, est absurde.

Repenser la démographie là-bas, en fonction des ressources agricoles, obtenir le retour au pays, des élites formées en Europe est une vraie gageure.

Les pays d’Afrique ont A ECRIRE LEUR HISTOIRE, SANS FARD, AVEC L’ECRITURE QUE LES EUROPEENS LEUR ONT APPORTEE AU 16e siècle.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Lorraine pour Dreuz.info.

Les Noirs et les Maures en Afrique : témoignages de voyageurs européens, du XVe siècle à nos jours

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Jusqu’au XIXe siècle, la Barbarie est le nom utilisé dans les langues européennes pour désigner le Maghreb, à savoir : le Maroc, l’Algérie, la Tunisie et l’actuelle Libye.  (Source : Wikipedia) louyehi

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