UN BRIN DE CULTURE – Victor Hugo

Résultat de recherche d'images pour "photos de Victor Hugo en 1869"

Le peuple donne son sang et son argent, moyennant quoi on le mène

Extrait de « L’Homme qui rit » – 1869

L’Homme qui rit (1869)

Victor Hugo (Besançon 1802  – Paris 1885)

Printemps

Voici donc les longs jours, lumière, amour, délire !
Voici le printemps ! mars, avril au doux sourire,
Mai fleuri, juin brûlant, tous les beaux mois amis !
Les peupliers, au bord des fleuves endormis,
Se courbent mollement comme de grandes palmes ;
L’oiseau palpite au fond des bois tièdes et calmes ;
Il semble que tout rit, et que les arbres verts
Sont joyeux d’être ensemble et se disent des vers.
Le jour naît couronné d’une aube fraîche et tendre ;
Le soir est plein d’amour ; la nuit, on croit entendre,
A travers l’ombre immense et sous le ciel béni,
Quelque chose d’heureux chanter dans l’infini.

Maison natale de Victor Hugo à Besançon

Aux Feuillantines

Mes deux frères et moi, nous étions tout enfants.
Notre mère disait: jouez, mais je défends
Qu’on marche dans les fleurs et qu’on monte aux échelles.

Abel était l’aîné, j’étais le plus petit.
Nous mangions notre pain de si bon appétit,
Que les femmes riaient quand nous passions près d’elles.

Nous montions pour jouer au grenier du couvent.
Et là, tout en jouant, nous regardions souvent
Sur le haut d’une armoire un livre inaccessible.

Nous grimpâmes un jour jusqu’à ce livre noir ;
Je ne sais pas comment nous fîmes pour l’avoir,
Mais je me souviens bien que c’était une Bible.

Ce vieux livre sentait une odeur d’encensoir.
Nous allâmes ravis dans un coin nous asseoir.
Des estampes partout ! quel bonheur ! quel délire!

Nous l’ouvrîmes alors tout grand sur nos genoux,
Et dès le premier mot il nous parut si doux
Qu’oubliant de jouer, nous nous mîmes à lire.

Nous lûmes tous les trois ainsi, tout le matin,
Joseph, Ruth et Booz, le bon Samaritain,
Et, toujours plus charmés, le soir nous le relûmes.

Tels des enfants, s’ils ont pris un oiseau des cieux,
S’appellent en riant et s’étonnent, joyeux,
De sentir dans leur main la douceur de ses plumes.

 Victor Hugo  Victor Hugo

Victor Hugo enfant  jeune homme, et dans la force de l’âge

Lise

J’avais douze ans ; elle en avait bien seize.
Elle était grande, et, moi, j’étais petit.
Pour lui parler le soir plus à mon aise,
Moi, j’attendais que sa mère sortît ;
Puis je venais m’asseoir près de sa chaise
Pour lui parler le soir plus à mon aise.

Que de printemps passés avec leurs fleurs !
Que de feux morts, et que de tombes closes !
Se souvient-on qu’il fut jadis des coeurs ?
Se souvient-on qu’il fut jadis des roses ?
Elle m’aimait. Je l’aimais. Nous étions
Deux purs enfants, deux parfums, deux rayons.

Dieu l’avait faite ange, fée et princesse.
Comme elle était bien plus grande que moi,
Je lui faisais des questions sans cesse
Pour le plaisir de lui dire : Pourquoi ?
Et par moments elle évitait, craintive,
Mon oeil rêveur qui la rendait pensive.

Puis j’étalais mon savoir enfantin,
Mes jeux, la balle et la toupie agile ;
J’étais tout fier d’apprendre le latin ;
Je lui montrais mon Phèdre et mon Virgile ;
Je bravais tout; rien ne me faisait mal ;
Je lui disais : Mon père est général.

Quoiqu’on soit femme, il faut parfois qu’on lise
Dans le latin, qu’on épelle en rêvant ;
Pour lui traduire un verset, à l’église,
Je me penchais sur son livre souvent.
Un ange ouvrait sur nous son aile blanche,
Quand nous étions à vêpres le dimanche.

Elle disait de moi : C’est un enfant !
Je l’appelais mademoiselle Lise.
Pour lui traduire un psaume, bien souvent,
Je me penchais sur son livre à l’église ;
Si bien qu’un jour, vous le vîtes, mon Dieu !
Sa joue en fleur toucha ma lèvre en feu.

Jeunes amours, si vite épanouies,
Vous êtes l’aube et le matin du coeur.
Charmez l’enfant, extases inouïes !
Et quand le soir vient avec la douleur,
Charmez encor nos âmes éblouies,
Jeunes amours, si vite épanouies!

Victor Hugo

jeune homme,

Premier mai

Tout conjugue le verbe aimer. Voici les roses.
Je ne suis pas en train de parler d’autres choses.
Premier mai ! l’amour gai, triste, brûlant, jaloux,
Fait soupirer les bois, les nids, les fleurs, les loups ;
L’arbre où j’ai, l’autre automne, écrit une devise,
La redit pour son compte et croit qu’il l’improvise ;
Les vieux antres pensifs, dont rit le geai moqueur,
Clignent leurs gros sourcils et font la bouche en coeur ;
L’atmosphère, embaumée et tendre, semble pleine
Des déclarations qu’au Printemps fait la plaine,
Et que l’herbe amoureuse adresse au ciel charmant.
A chaque pas du jour dans le bleu firmament,
La campagne éperdue, et toujours plus éprise,
Prodigue les senteurs, et dans la tiède brise
Envoie au renouveau ses baisers odorants ;
Tous ses bouquets, azurs, carmins, pourpres, safrans,
Dont l’haleine s’envole en murmurant : Je t’aime !
Sur le ravin, l’étang, le pré, le sillon même,
Font des taches partout de toutes les couleurs ;
Et, donnant les parfums, elle a gardé les fleurs ;
Comme si ses soupirs et ses tendres missives
Au mois de mai, qui rit dans les branches lascives,
Et tous les billets doux de son amour bavard,
Avaient laissé leur trace aux pages du buvard !
Les oiseaux dans les bois, molles voix étouffées,
Chantent des triolets et des rondeaux aux fées ;
Tout semble confier à l’ombre un doux secret ;
Tout aime, et tout l’avoue à voix basse ; on dirait
Qu’au nord, au sud brûlant, au couchant, à l’aurore,
La haie en fleur, le lierre et la source sonore,
Les monts, les champs, les lacs et les chênes mouvants,
Répètent un quatrain fait par les quatre vents.

Victor Hugo

et dans la force de l’âge

Image associée

Léopoldine et François-Victor, par Madame Victor Hugo

Demain, dès l’aube…

Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.
J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

Victor Hugo

1853 – Victor Hugo lisant devant un mur de pierres – par Auguste Vacquerie

Hugo et son fils François Victor, 1836

Lorsque l’enfant paraît

Lorsque l’enfant paraît, le cercle de famille
Applaudit à grands cris.
Son doux regard qui brille
Fait briller tous les yeux,
Et les plus tristes fronts, les plus souillés peut-être,
Se dérident soudain à voir l’enfant paraître,
Innocent et joyeux.

Soit que juin ait verdi mon seuil, ou que novembre
Fasse autour d’un grand feu vacillant dans la chambre
Les chaises se toucher,
Quand l’enfant vient, la joie arrive et nous éclaire.
On rit, on se récrie, on l’appelle, et sa mère
Tremble à le voir marcher.

Quelquefois nous parlons, en remuant la flamme,
De patrie et de Dieu, des poètes, de l’âme
Qui s’élève en priant ;
L’enfant paraît, adieu le ciel et la patrie
Et les poètes saints ! la grave causerie
S’arrête en souriant.

La nuit, quand l’homme dort, quand l’esprit rêve, à l’heure
Où l’on entend gémir, comme une voix qui pleure,
L’onde entre les roseaux,
Si l’aube tout à coup là-bas luit comme un phare,
Sa clarté dans les champs éveille une fanfare
De cloches et d’oiseaux.

Enfant, vous êtes l’aube et mon âme est la plaine
Qui des plus douces fleurs embaume son haleine
Quand vous la respirez ;
Mon âme est la forêt dont les sombres ramures
S’emplissent pour vous seul de suaves murmures
Et de rayons dorés !

Car vos beaux yeux sont pleins de douceurs infinies,
Car vos petites mains, joyeuses et bénies,
N’ont point mal fait encor ;
Jamais vos jeunes pas n’ont touché notre fange,
Tête sacrée ! enfant aux cheveux blonds ! bel ange
À l’auréole d’or !

Vous êtes parmi nous la colombe de l’arche.
Vos pieds tendres et purs n’ont point l’âge où l’on marche.
Vos ailes sont d’azur.
Sans le comprendre encor vous regardez le monde.
Double virginité ! corps où rien n’est immonde,
Âme où rien n’est impur !

Il est si beau, l’enfant, avec son doux sourire,
Sa douce bonne foi, sa voix qui veut tout dire,
Ses pleurs vite apaisés,
Laissant errer sa vue étonnée et ravie,
Offrant de toutes parts sa jeune âme à la vie
Et sa bouche aux baisers !

Seigneur ! préservez-moi, préservez ceux que j’aime,
Frères, parents, amis, et mes ennemis même
Dans le mal triomphants,
De jamais voir, Seigneur ! l’été sans fleurs vermeilles,
La cage sans oiseaux, la ruche sans abeilles,
La maison sans enfants !

Résultat de recherche d'images pour "victor hugo silhouette fantastique"

 Victor Hugo (à droite) et ses deux fils, François (debout) et Charles

Image associée

Paroles sur la dune

Maintenant que mon temps décroît comme un flambeau,
Que mes tâches sont terminées ;
Maintenant que voici que je touche au tombeau
Par les deuils et par les années,

Et qu’au fond de ce ciel que mon essor rêva,
Je vois fuir, vers l’ombre entraînées,
Comme le tourbillon du passé qui s’en va,
Tant de belles heures sonnées ;

Maintenant que je dis : – Un jour, nous triomphons ;
Le lendemain, tout est mensonge ! –
Je suis triste, et je marche au bord des flots profonds,
Courbé comme celui qui songe.

Je regarde, au-dessus du mont et du vallon,
Et des mers sans fin remuées,
S’envoler sous le bec du vautour aquilon,
Toute la toison des nuées ;

J’entends le vent dans l’air, la mer sur le récif,
L’homme liant la gerbe mûre ;
J’écoute, et je confronte en mon esprit pensif
Ce qui parle à ce qui murmure ;

Et je reste parfois couché sans me lever
Sur l’herbe rare de la dune,
Jusqu’à l’heure où l’on voit apparaître et rêver
Les yeux sinistres de la lune.

Elle monte, elle jette un long rayon dormant
A l’espace, au mystère, au gouffre ;
Et nous nous regardons tous les deux fixement,
Elle qui brille et moi qui souffre.

Où donc s’en sont allés mes jours évanouis ?
Est-il quelqu’un qui me connaisse ?
Ai-je encor quelque chose en mes yeux éblouis,
De la clarté de ma jeunesse ?

Tout s’est-il envolé ? Je suis seul, je suis las ;
J’appelle sans qu’on me réponde ;
Ô vents ! ô flots ! ne suis-je aussi qu’un souffle, hélas !
Hélas ! ne suis-je aussi qu’une onde ?

Ne verrai-je plus rien de tout ce que j’aimais ?
Au-dedans de moi le soir tombe.
Ô terre, dont la brume efface les sommets,
Suis-je le spectre, et toi la tombe ?

Ai-je donc vidé tout, vie, amour, joie, espoir ?
J’attends, je demande, j’implore ;
Je penche tour à tour mes urnes pour avoir
De chacune une goutte encore !

Comme le souvenir est voisin du remord !
Comme à pleurer tout nous ramène !
Et que je te sens froide en te touchant, ô mort,
Noir verrou de la porte humaine !

Et je pense, écoutant gémir le vent amer,
Et l’onde aux plis infranchissables ;
L’été rit, et l’on voit sur le bord de la mer
Fleurir le chardon bleu des sables.

Victor Hugo

Victor Hugo âgé

Image associée

Victor Hugo

Résultat de recherche d'images pour "Photos de Victor Hugo et ses deux fils petits"   Victor Hugo avec ses deux petits-enfants Georges et Jeanne

Jeanne dort

Jeanne dort ; elle laisse, ô pauvre ange banni,
Sa douce petite âme aller dans l’infini ;
Ainsi le passereau fuit dans la cerisaie ;
Elle regarde ailleurs que sur terre, elle essaie,
Hélas, avant de boire à nos coupes de fiel,
De renouer un peu dans l’ombre avec le ciel.
Apaisement sacré ! ses cheveux, son haleine,
Son teint, plus transparent qu’une aile de phalène,
Ses gestes indistincts, son calme, c’est exquis.
Le vieux grand-père, esclave heureux, pays conquis,
La contemple.

Cet être est ici-bas le moindre
Et le plus grand ; on voit sur cette bouche poindre
Un rire vague et pur qui vient on ne sait d’où ;
Comme elle est belle ! Elle a des plis de graisse au cou ;
On la respire ainsi qu’un parfum d’asphodèle ;
Une poupée aux yeux étonnés est près d’elle,
Et l’enfant par moments la presse sur son coeur.
Figurez-vous cet ange obscur, tremblant, vainqueur,
L’espérance étoilée autour de ce visage,
Ce pied nu, ce sommeil d’une grâce en bas âge.
Oh ! quel profond sourire, et compris de lui seul,
Elle rapportera de l’ombre à son aïeul !
Car l’âme de l’enfant, pas encor dédorée,
Semble être une lueur du lointain empyrée,
Et l’attendrissement des vieillards, c’est de voir
Que le matin veut bien se mêler à leur soir.

Ne la réveillez pas. Cela dort, une rose.
Jeanne au fond du sommeil médite et se compose
Je ne sais quoi de plus céleste que le ciel.
De lys en lys, de rêve en rêve, on fait son miel,
Et l’âme de l’enfant travaille, humble et vermeille,
Dans les songes ainsi que dans les fleurs l’abeille.

Victor Hugo Victor Hugo avec ses petits-enfants Jeanne et Georges

Les enfants lisent, troupe blonde

Les enfants lisent, troupe blonde ;
Ils épellent, je les entends ;
Et le maître d’école gronde
Dans la lumière du printemps.

J’aperçois l’école entrouverte ;
Et je rôde au bord des marais ;
Toute la grande saison verte
Frissonne au loin dans les forêts.

Tout rit, tout chante ; c’est la fête
De l’infini que nous voyons ;
La beauté des fleurs semble faite
Avec la candeur des rayons.

J’épelle aussi moi ; je me penche
Sur l’immense livre joyeux ;
Ô champs, quel vers que la pervenche !
Quelle strophe que l’aigle, ô cieux !

Mais, mystère ! rien n’est sans tache.
Rien ! – Qui peut dire par quels noeuds
La végétation rattache
Le lys chaste au chardon hargneux ?

Tandis que là-bas siffle un merle,
La sarcelle, des roseaux plats,
Sort, ayant au bec une perle ;
Cette perle agonise, hélas !

C’est le poisson qui, tout à l’heure,
Poursuivait l’aragne, courant
Sur sa bleue et vague demeure,
Sinistre monde transparent.

Un coup de fusil dans la haie,
Abois d’un chien ; c’est le chasseur.
Et, pensif, je sens une plaie
Parmi toute cette douceur.

Et, sous l’herbe pressant la fange,
Triste passant de ce beau lieu,
Je songe au mal, énigme étrange,
Faute d’orthographe de Dieu.

Image associéeVictor Hugo et sa famille

Image associée La famille Hugo à Guernesey en 1878

Victor Hugo sur la terrasse de Hauteville House, en 1868, lors de son exil sur l’île de Guernesey.

Victor Hugo sur la terrasse de Hauteville House, en 1868, lors de son exil sur l’île de Guernesey. / Rue des Archives

Hauteville House, la maison de Victor Hugo. / Hervé Gyssels/PhotononstopHauteville House, la maison de Victor Hugo. / Hervé Gyssels/Photononstop

Guernesey, lieu d’écriture des « Travailleurs de la mer » et des             « Misérables »

L’île anglo-normande, où s’exila Victor Hugo pendant quinze ans, entretient la mémoire de l’écrivain. À Guernesey, Victor Hugo s’ébroue, s’installe et entame l’une des périodes les plus productives de sa vie d’écrivain. Des trois exils que connut ­Victor Hugo, celui de Guernesey est le plus long. L’île, tout comme la littérature, conserve de nombreuses traces de son passage.

Cette maison est, dans l’histoire de la littérature « la dernière acquise grâce aux droits d’auteur d’un recueil de poésie », en l’occurrence Les Contemplations. Elle est aussi le point de départ naturel d’un voyage sur les pas de Victor Hugo dans l’île.

C’est là, après avoir avalé ses œufs crus et sa tasse de café, que l’écrivain écrit chaque matin, debout, face à l’archipel. Il a devant lui la petite île d’Herm et la plus lointaine Sercq. Là-bas, fin ruban bleuté visible par beau temps, la France, terre interdite et chérie. Déjeuner, ablution d’eau glacée, tendre promenade avec sa maîtresse Juliette Drouet (qu’il loge dans la même rue et peut saluer le matin de son balcon)… La vie s’organise, comme un pied de nez à l’exil. (La Croix)

Le soleil s’est couché ce soir dans les nuées

Le soleil s’est couché ce soir dans les nuées.
Demain viendra l’orage, et le soir, et la nuit ;
Puis l’aube, et ses clartés de vapeurs obstruées ;
Puis les nuits, puis les jours, pas du temps qui s’enfuit !

Tous ces jours passeront; ils passeront en foule
Sur la face des mers, sur la face des monts,
Sur les fleuves d’argent, sur les forêts où roule
Comme un hymne confus des morts que nous aimons.

Et la face des eaux, et le front des montagnes,
Ridés et non vieillis, et les bois toujours verts
S’iront rajeunissant ; le fleuve des campagnes
Prendra sans cesse aux monts le flot qu’il donne aux mers.

Mais moi, sous chaque jour courbant plus bas ma tête,
Je passe, et, refroidi sous ce soleil joyeux,
Je m’en irai bientôt, au milieu de la fête,
Sans que rien manque au monde, immense et radieux !

Image associéeGroupe familial à Guernesey, 1852-1853

Image associéeAdèle Hugo, Victor Hugo et Madame Victor Hugo

Image associée Juliette Drouet

LA FAMILLE HUGO

1/Les grands parents

Les grands parents de Victor Hugo se nommaient : Joseph Hugo, né le 24 octobre 1727 et mort le 12 avril 1789 eut pour première épouse Dieudonné Françoise Béchet avec qui il eut onze enfants. Sa deuxième épouse, Jeanne-Marguerite vit le jour le 21 mars 1741 et mourut le 15 février 1814. Ils eurent beaucoup d’enfants dont Joseph Léopold Sigisbert, le père de Victor Hugo.

2/Les oncles et les tantes

Victor Hugo eut un oncle, Louis Joseph Hugo né le 14 février 1777 et décédé le 18 décembre 1853. Victor eut aussi quatre tantes: Anne Julie Hugo qui vit le jour le 5 novembre 1770 et mourut le 15 mai 1816. Anne Victoire Hugo née le 27 décembre 1771 et décédée le 28 août 1808. Monique Hugo naquit le 4 janvier 1773 mais décéda en bas âge. Marie Françoise née le 15 février 1776. Léopold Hugo, le père de Victor, ne fut pas très proche de sa famille à l’âge adulte à cause de son métier.

3/ Le père

Le père de Victor Hugo, Léopold-Sigisbert Hugo, né à Nancy, le 15 novembre 1773 appartenait à une famille d’artisans d’origine plébéienne. Ses parents Joseph et Jeanne Marguerite eurent sept enfants. Léopold devint général d’Empire de Napoléon Bonaparte puis il fut nommé gouverneur de trois provinces et comte de Siguenza en Espagne. Il se maria avec Sophie Trébuchet. Il ne cessa de la tromper avec de nombreuses maîtresses dont Cécile Marie Catherine Thomas avec qui il resta jusqu’à sa mort, survenue le 29 janvier 1828.

4/La mère

La mère de Victor Hugo, Sophie Trébuchet née le 19 juin 1772 dans une famille bourgeoise nantaise est la fille d’un capitaine de navigation marchande. Elle rencontra Léopold en 1796 et se maria avec lui, le 15 novembre 1797. Elle eut, elle aussi, un amant, le général Victor Lahorie. Leur union fut malheureuse, malgré leurs trois enfants : Juste Abel, né en 1798, qui eut trois enfants, Léopold Armand, Jeanne Zoé, Jules et quimourut le 8 février 1855 ; Eugène, né en 1800, et mort en 1837 et Victor, né en 1802 et mort en 1885. Sophie s’opposa farouchement au mariage de son fils avec Adèle. Ce n’est qu’en 1821, lorsqu’elle mourut,que Victor Hugo put enfin épouser son amie d’enfance, Adèle Foucher.

5/Victor Hugo

Victor Marie Hugo vit le jour le 26 février 1802 à 22h30 à Besançon. A dix-sept ans, Victor fonda une revue « le Conservateur Littéraire  » avec ses frères qui dura deux ans. A vingt ans, Victor Hugo épouse son amie d’enfance Adèle Foucher. Il porte un amour incomparable à cette jeune femme, pourtant il ne cessera de la tromper, en particulier avec Juliette Drouet, actrice rencontrée en 1833 avec qui il restera jusqu’à sa mort. De son union avec Adèle, naquirent cinq enfants : Léopold, Léopoldine, Charles, François-Victor et Adèle.

6/Les enfants

Léopold vit le jour le 16 juillet 1823 et mourut seulement trois mois après, le 10 octobre 1823. Léopoldine, née le 28 août 1824 à peine un an après la mort du premier enfant fit le bonheur de ses parents. Sa mort à Villequier le 4 septembre 1843 fut un immense chagrin pour les deux parents. C’est en partie pour célébrer le bonheur familial passé et perdu que Hugo écrivit Les Contemplations. Charles, né le 4 novembre 1826, fut journaliste. D’ailleurs, il s’engagea aux côtés de son père, c’est pour cela qu’il connaîtra la prison et l’exil ; il mourut le 13 mars 1871. François Victor, né le 2 octobre 1828 fut lui aussi un talentueux journaliste, il mourut à paris le 26 décembre 1873. La dernière fille de Victor Hugo, Adèle, naquit le 24 août 1830 ; elle termina ses jours dans un asile à Saint-Mandé et mourut le 21 avril 1915.

7/Les petits enfants

Georges et Jeanne, les enfants de François-Victor seront les lumières de la vieillesse pour Hugo, au moment où il perd son épouse, Adèle, et où il voit sa fille cadette s’enfoncer dans la folie. C’est d’eux qu’il parle dans L’art d’être grand-père, un de ses derniers recueils de poèmes.

Le poète s’en va dans les champs

Le poète s’en va dans les champs ; il admire,
Il adore ; il écoute en lui-même une lyre ;
Et le voyant venir, les fleurs, toutes les fleurs,
Celles qui des rubis font pâlir les couleurs,
Celles qui des paons même éclipseraient les queues,
Les petites fleurs d’or, les petites fleurs bleues,
Prennent, pour l’accueillir agitant leurs bouquets,
De petits airs penchés ou de grands airs coquets,
Et, familièrement, car cela sied aux belles :
– Tiens ! c’est notre amoureux qui passe ! disent-elles.
Et, pleins de jour et d’ombre et de confuses voix,
Les grands arbres profonds qui vivent dans les bois,
Tous ces vieillards, les ifs, les tilleuls, les érables,
Les saules tout ridés, les chênes vénérables,
L’orme au branchage noir, de mousse appesanti,
Comme les ulémas quand paraît le muphti,
Lui font de grands saluts et courbent jusqu’à terre
Leurs têtes de feuillée et leurs barbes de lierre,
Contemplent de son front la sereine lueur,
Et murmurent tout bas : C’est lui ! c’est le rêveur !

victor hugoVictor Hugo with friends during his exile to Guernsey (Hulton-Deutsch Collection/CORBIS)

Monstre sacré de la littérature française, exceptionnel par son implication dans les combats de son temps autant que par la fécondité de son imagination, Hugo domine le xixe siècle. Placé par sa naissance au cœur des tiraillements d’un siècle mouvementé (un père républicain puis bonapartiste, une mère royaliste et vendéenne), évoluant du royalisme ultra au socialisme républicain, à la fois brocardé et encensé de son vivant, connaissant l’exil et les deuils, il veut tout dire, en somme, pour tous, et de toutes les façons possibles.

Drame, recueil poétique, roman, préface, assemblée politique, affiche placardée, tout est tribune pour Hugo. Tous les genres et tous les registres montrent l’Homme, titan infime en proie à des forces manichéennes contradictoires.
Sa prose comme sa poésie éclatent de son génie des contrastes ; l’inspiration hugolienne est partout lyrique et épique : les visions dantesques côtoient la tendresse pour tout ce qui est faible. Le jeu prodigieux des sons, des cadences et des antithèses brosse en une fresque biblique le cheminement douloureux de l’humanité vers le progrès.

Tel son personnage Hernani, Victor Hugo est à lui seul « une force qui va ! ». Son œuvre reste l’une des plus puissantes et des plus populaires de la littérature française.

Famille

Fils de Léopold Hugo, général et comte d’Empire, et de Sophie Trébuchet. Victor Marie est le frère cadet d’Abel et d’Eugène. Ses parents s’entendent mal.

Le mendiant

Un pauvre homme passait dans le givre et le vent.
Je cognai sur ma vitre ; il s’arrêta devant
Ma porte, que j’ouvris d’une façon civile.
Les ânes revenaient du marché de la ville,
Portant les paysans accroupis sur leurs bâts.
C’était le vieux qui vit dans une niche au bas
De la montée, et rêve, attendant, solitaire,
Un rayon du ciel triste, un liard de la terre,
Tendant les mains pour l’homme et les joignant pour Dieu.
je lui criai : « Venez vous réchauffer un peu.
Comment vous nommez-vous ? » Il me dit : « Je me nomme
Le pauvre. » Je lui pris la main : « Entrez, brave homme. »
Et je lui fis donner une jatte de lait.
Le vieillard grelottait de froid ; il me parlait,
Et je lui répondais, pensif et sans l’entendre.
« Vos habits sont mouillés », dis-je, « il faut les étendre ,
Devant la cheminée. » Il s’approcha du feu.
Son manteau, tout mangé des vers, et jadis bleu,
Étalé largement sur la chaude fournaise,
Piqué de mille trous par la lueur de braise,
Couvrait l’âtre, et semblait un ciel noir étoilé.
Et, pendant qu’il séchait ce haillon désolé
D’où ruisselait la pluie et l’eau des fondrières,
Je songeais que cet homme était plein de prières,
Et je regardais, sourd à ce que nous disions,
Sa bure où je voyais des constellations.

Enfance et adolescence

Première éducation, faite de voyages (Naples, Madrid) et de lectures à satiété. Études brillantes à Paris, au lycée Louis-le-Grand ; prix d’encouragement de l’Académie française. Il compose ses premiers vers et une tragédie (Irtamène, 1816). Il veut suivre la voie littéraire ; il est catholique et monarchiste.

Du jeune homme sage au fervent romantique (1820-1830)

Ses recueils de poésie de jeunesse sont récompensés par le roi. Il fait paraître ses premiers romans (Bug-Jargal (1820), Han d’Islande, 1823), ébauches malhabiles des romans de la maturité. Il se marie (1822) et devient père de famille.
Il penche du côté du romantisme, dont il écrit le manifeste littéraire, la préface de son drame Cromwell (1827). La première de sa pièce Hernani (1830) est l’occasion d’un affrontement entre classiques et modernes qui fera date dans l’histoire du romantisme français.

L’écrivain installé

Une période de riche production littéraire (recueils poétiques [les Rayons et les Ombres, 1840], pièces de théâtre [Ruy Blas, 1838], roman à succès [Notre-Dame de Paris, 1832]) marque brutalement le pas avec la mort accidentelle de sa fille Léopoldine (1843). Hugo, rallié au « roi des Français » Louis-Philippe, devient académicien et pair de France.

L’opposant irréductible (1849-1870)

Il se fait orateur à l’Assemblée nationale, sous la IIe République qui a succédé à la monarchie constitutionnelle, puis opposant intransigeant, depuis sa retraite dans les îles anglo-normandes (Jersey, puis Guernesey) au second Empire du fourbe « prince-président » devenu Napoléon III. Champion de la dignité de l’être humain, de ses droits civils et politiques (Hugo prône notamment l’abolition de la peine de mort, le suffrage universel et la liberté de la presse), son cri, puissant, se fait littéraire : les Châtiments (1853), les Contemplations (1856), la Légende des siècles (1859, 1877, 1883), les Misérables (1862), les Travailleurs de la mer (1866), l’Homme qui rit (1869).

Les derniers feux

Rentré en France après le dénouement de la guerre franco-prussienne (1870-1871), la fin tragique de la Commune et le rétablissement de la république, Hugo devient une icône du nouveau régime démocratique. Même si son activité créatrice se réduit, sa vigueur littéraire n’est pas entamée : il publie l’Année terrible (1872), le roman d’une guerre fratricide encore fraîche, Quatrevingt-treize (1874) et l’Art d’être grand-père, 1877.

L’homme et la femme

« L’homme est la plus élevée des créatures,
la femme est le plus sublime des idéaux.

Dieu a fait pour l’homme un trône,
pour la femme un autel.
Le trône exalte,
l’autel sanctifie.

L’homme est le cerveau,
la femme le coeur.
Le cerveau fabrique la lumière,
le coeur produit l’Amour.
La lumière féconde,
l’Amour ressuscite.

L’homme est fort par la raison,
la femme est invincible par les larmes.
La raison convainc,
les larmes émeuvent.

L’homme est capable de tous les héroïsmes,
la femme de tous les martyres.
L’héroïsme ennobli,
le martyre sublime.

L’homme a la suprématie,
la femme la préférence.
La suprématie signifie la force,
la préférence représente le droit.

L’homme est un génie,
la femme un ange.
Le génie est incommensurable,
l’ange indéfinissable.

L’aspiration de l’homme,
c’est la suprême gloire,
l’aspiration de la femme,
c’est l’extrême vertu.
La gloire fait tout ce qui est grand,
la vertu fait tout ce qui est divin.

L’homme est un Code,
la femme un Evangile.
Le Code corrige,
l’Evangile parfait.

L’homme pense ,
la femme songe.
Penser, c’est avoir dans le crâne une larve,
songer, c’est avoir sur le front une auréole.

L’homme est un océan,
la femme est un lac.
L’Océan a la perle qui orne,
le lac, la poésie qui éclaire.

L’homme est un aigle qui vole,
la femme est le rossignol qui chante.
Voler, c’est dominer l’espace,
chanter, c’est conquérir l’Ame.

L’homme est un Temple,
la femme est le Sanctuaire.
Devant le Temple nous nous découvrons,
devant le Sanctuaire nous nous agenouillons.

« l’homme est placé où finit la terre ,
la femme où commence le ciel « .

Décès

Victor Hugo sur son lit de mort

A un poète

Ami, cache ta vie et répands ton esprit.

Un tertre, où le gazon diversement fleurit ;
Des ravins où l’on voit grimper les chèvres blanches ;
Un vallon, abrité sous un réseau de branches
Pleines de nids d’oiseaux, de murmures, de voix,
Qu’un vent joyeux remue, et d’où tombe parfois,
Comme un sequin jeté par une main distraite,
Un rayon de soleil dans ton âme secrète ;
Quelques rocs, par Dieu même arrangés savamment
Pour faire des échos au fond du bois dormant ;
Voilà ce qu’il te faut pour séjour, pour demeure !
C’est là, – que ta maison chante, aime, rie ou pleure, –
Qu’il faut vivre, enfouir ton toit, borner tes jours,
Envoyant un soupir à peine aux antres sourds,
Mirant dans ta pensée intérieure et sombre
La vie obscure et douce et les heures sans nombre,
Bon d’ailleurs, et tournant, sans trouble ni remords,
Ton coeur vers les enfants, ton âme vers les morts !
Et puis, en même temps, au hasard, par le monde,
Suivant sa fantaisie auguste et vagabonde,
Loin de toi, par delà ton horizon vermeil,
Laisse ta poésie aller en plein soleil !
Dans les rauques cités, dans les champs taciturnes,
Effleurée en passant des lèvres et des urnes,
Laisse-la s’épancher, cristal jamais terni,
Et fuir, roulant toujours vers Dieu, gouffre infini,
Calme et pure, à travers les âmes fécondées,
Un immense courant de rêves et d’idées,
Qui recueille en passant, dans son flot solennel,
Toute eau qui sort de terre ou qui descend du ciel !
Toi, sois heureux dans l’ombre. En ta vie ignorée,
Dans ta tranquillité vénérable et sacrée,
Reste réfugié, penseur mystérieux !
Et que le voyageur malade et sérieux
Puisse, si le hasard l’amène en ta retraite,
Puiser en toi la paix, l’espérance discrète,
L’oubli de la fatigue et l’oubli du danger,
Et boire à ton esprit limpide, sans songer
Que, là-bas, tout un peuple aux mêmes eaux s’abreuve.

Sois petit comme source et sois grand comme fleuve.


22 mai 1885, à Paris, Funérailles nationales

Le 1er juin 1885, son corps fut déposé au Panthéon, après les funérailles les plus magnifiques que la France ait vues depuis Mirabeau.

22 mai 1885 à Paris. Funérailles nationales et inhumation au Panthéon (1er juin).

Chronologie de ses oeuvres littéraires

  • 1827Cromwell, pièce de théâtre de Victor Hugo.
  • 1830Hernani, drame de V. Hugo, dont la première représentation au Théâtre-Français fut marquée par une véritable bataille entre les classiques et les modernes.
  • 1831-1832Notre-Dame de Paris, roman de V. Hugo.
  • 1838Ruy Blas, drame de V. Hugo.
  • 1856Les Contemplations, recueil de poésies de V. Hugo.
  • 1859 Première série de la Légende des siècles, de V. Hugo.
  • 1862Les Misérables, roman de V. Hugo, qui forme, à travers ses personnages et les événements qui lui servent de toile de fond, une véritable épopée populaire.

Quelques-unes de ses oeuvres artistiques

Homme de Lettres, ses poésies et ses romans sont célèbres, homme politique, romantique, académicien et intellectuel engagé français du XIXe siècle

Victor Hugo, ce génie était aussi peintre : 3 500 dessins créés entre 1830 et 1876. Pour lui c’était des  “simples délassements” . Classique dans ses écrits et visionnaire dans  ses œuvres picturales, très apprécié par les Surréalistes eux-mêmes. Il peint des  “silhouettes fantastiques”.

Autodidacte, Hugo n’hésite pas à utiliser les méthodes les plus rustiques ou expérimentales : Il mélange à l’encre le café noir, le charbon, la suite de cheminée, peignant du bout de l’allumette ou au moyen des barbes d’une plume. Ses oeuvres sont, en général, de petite taille et il s’en sert tantôt pour illustrer ses écrits, tantôt pour les envoyer à ses amis pour le jour de l’an ou à d’autres occasions.

Cet art, qu’il pratiquera toute sa vie, le divertit. Au début, ses travaux sont de facture plutôt réaliste ; mais avec l’exil et la confrontation mystique du poète avec la mer, ils acquerront une dimension presque fantastique.

Cette facette du talent d’Hugo n’échappera pas à ses contemporains et lui vaudra les louanges, notamment, de Charles Baudelaire : « Je n’ai pas trouvé chez les exposants du Salon la magnifique imagination qui coule dans les dessins de Victor Hugo comme le mystère dans le ciel. Je parle de ses dessins à l’encre de Chine, car il est trop évident qu’en poésie, notre poète est le roi des paysagistes« .

Mai

Je ne laisserai pas se faner les pervenches
Sans aller écouter ce qu’on dit sous les branches
Et sans guetter, parmi les rameaux infinis,
La conversation des feuilles et des nids.
Il n’est qu’un dieu, l’amour ; avril est son prophète.
Je me supposerai convive de la fête
Que le pinson chanteur donne au pluvier doré ;
Je fuirai de la ville, et je m’envolerai
– Car l’âme du poëte est une vagabonde –
Dans les ravins où mai plein de roses abonde.
Là, les papillons blancs et les papillons bleus,
Ainsi que le divin se mêle au fabuleux,
Vont et viennent, croisant leurs essors gais et lestes,
Si bien qu’on les prendrait pour des lueurs célestes.
Là, jasent les oiseaux, se cherchant, s’évitant ;
Là, Margot vient quand c’est Glycère qu’on attend ;
L’idéal démasqué montre ses pieds d’argile ;
On trouve Rabelais où l’on cherchait Virgile.
Ô jeunesse ! ô seins nus des femmes dans les bois !
Oh ! quelle vaste idylle et que de sombres voix !
Comme tout le hallier, plein d’invisibles mondes,
Rit dans le clair-obscur des églogues profondes !
J’aime la vision de ces réalités ;
La vie aux yeux sereins luit de tous les côtés ;
La chanson des forêts est d’une douceur telle
Que, si Phébus l’entend quand, rêveur, il dételle
Ses chevaux las souvent au point de haleter,
Il s’arrête, et fait signe aux Muses d’écouter.

https://uploads0.wikiart.org/images/victor-hugo/silhouette-fantastique-1854.jpg

Résultat de recherche d'images pour "victor hugo silhouette fantastique"

Ses  “silhouettes fantastiques” consistaient en expériences autour de tâches d’encre, dans lesquelles Hugo distinguait une architecture complexe et ordonnée. Par ses dessins, c’est donc aussi sa vision du monde qu’esquisse Victor Hugo, laissant par la magie du trait se développer son imagination.

https://s-media-cache-ak0.pinimg.com/736x/8c/c7/1f/8cc71fb5d59e76926706439f2fa80f7e.jpg

Résultat de recherche d'images pour "victor hugo silhouette fantastique"

Image associée

https://s-media-cache-ak0.pinimg.com/236x/00/d8/b2/00d8b241645bbc015293d2801825afaa.jpg

Résultat de recherche d'images pour "victor hugo silhouette fantastique"

victor hugo:

Victor Hugo

La coccinelle

Elle me dit : Quelque chose
Me tourmente. Et j’aperçus
Son cou de neige, et, dessus,
Un petit insecte rose.

J’aurais dû – mais, sage ou fou,
A seize ans on est farouche,
Voir le baiser sur sa bouche
Plus que l’insecte à son cou.

On eût dit un coquillage ;
Dos rose et taché de noir.
Les fauvettes pour nous voir
Se penchaient dans le feuillage.

Sa bouche franche était là :
Je me courbai sur la belle,
Et je pris la coccinelle ;
Mais le baiser s’envola.

– Fils, apprends comme on me nomme,
Dit l’insecte du ciel bleu,
Les bêtes sont au bon Dieu,
Mais la bêtise est à l’homme.

Résultat de recherche d'images pour "victor hugo silhouette fantastique"

États d’âmes, questionnements et fascinations s’y expriment, peut-être plus lisiblement que dans ses écrits, et ouvrent au lecteur une fenêtre sur l’âme de cet emblématique et singulier auteur pourtant mal connu.

La mer surtout est  omniprésente dans son oeuvre, il  savait capter les tempêtes.

                            Illustration pour les « Travailleurs de la mer  »

                           Marine Terrace with initials – 1855

Victor Hugo                                 Le serpent, 1866

Victor Hugo                        Calling Card 1855

Victor Hugo

Pieuvre avec les initales V.H.

Victor Hugo, <i>Gavroche à 11 ans</i>                           Gavroche à 11 ans

Rêverie

Oh ! laissez-moi ! c’est l’heure où l’horizon qui fume
Cache un front inégal sous un cercle de brume,
L’heure où l’astre géant rougit et disparaît.
Le grand bois jaunissant dore seul la colline.
On dirait qu’en ces jours où l’automne décline,
Le soleil et la pluie ont rouillé la forêt.

Oh ! qui fera surgir soudain, qui fera naître,
Là-bas, – tandis que seul je rêve à la fenêtre
Et que l’ombre s’amasse au fond du corridor, –
Quelque ville mauresque, éclatante, inouïe,
Qui, comme la fusée en gerbe épanouie,
Déchire ce brouillard avec ses flèches d’or !

Qu’elle vienne inspirer, ranimer, ô génies,
Mes chansons, comme un ciel d’automne rembrunies,
Et jeter dans mes yeux son magique reflet,
Et longtemps, s’éteignant en rumeurs étouffées,
Avec les mille tours de ses palais de fées,
Brumeuse, denteler l’horizon violet !

Planète, 1854

Image associée

Château  imaginaire

Victor Hugo

Ville au pont délabré, 1847

Image associéeChampignon – 1860

Image associée

        Sa fille Léopoldine, dessinée par Victor Hugo

Nuits de juin

L’été, lorsque le jour a fui, de fleurs couverte
La plaine verse au loin un parfum enivrant ;
Les yeux fermés, l’oreille aux rumeurs entrouverte,
On ne dort qu’à demi d’un sommeil transparent.

Les astres sont plus purs, l’ombre paraît meilleure ;
Un vague demi-jour teint le dôme éternel ;
Et l’aube douce et pâle, en attendant son heure,
Semble toute la nuit errer au bas du ciel.

(Sources : Wiipedia, Encyclopédie Larousse en ligne, Les Grands Classiques, La Croix) Sa fille Léopoldine, dessinée par Victor Hugo

Publicités

Une réponse à “UN BRIN DE CULTURE – Victor Hugo

  1. A reblogué ceci sur josephhokayem.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s