L’ESPERANCE EN UN MONDE MEILLEUR – Le développement précoce de l’antisémitisme chrétien©

____________LA COLOMBE DE LA PAIX ____________

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La lumière d’Israël brillera un jour et la paix sera sur le monde ! 

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Manfred Gerstenfeld interviewe Pieter van der Horst

« Progressivement, le thème des Juifs comme étant les assassins du Christ joue un rôle majeur dans le prêche antijuif de l’Eglise. C’est encore très vivace de nos jours. Il n’y a que de nombreuses années après la Shoah que l’accusation, disant que les Juifs seraient responsables de la mort de Jésus, a été abrogée par le courant central du Protestantisme  et de l’Eglise Catholique Romaine. Beaucoup de leurs disciples, cependant, continuent d’y adhérer.

Le thème du Déicide commis par les Juifs est toujours très vivace dans d’autres églises importantes, en particulier celles d’obédience Orthodoxe, comme les Eglises Orthodoxes russes, grecques, serbes et bulgares. La combinaison empoisonnée présentant les Juifs comme coupables de Déicide et enfants du Diable s’y est épanouie. Ces deux éléments se renforcent l’un l’autre ».

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Le Professeur Pieter Van Der Horst a étudié la philologie classique et la littérature. En 1978, il a obtenu son Doctorat en théologie à l’Université d’Utrecht. Après ses études, il a enseigné la littérature et l’histoire de la chrétienté primitive et du Judaïsme. Le Professeur Van Der Host est membre de l’Académie Royale des Arts et des Sciences des Pays-Bas.

« Parmi les Pères de l’Eglise, certains étaient relativement modérés dans leurs positions envers le Judaïsme, alors que d’autres étaient férocement hostiles. Jean Chrysostome, l’un des pères de l’église les plus célèbres, était aussi l’un des plus antijuifs.

« L’évêque d’Antioche, en Syrie, vivait au cours de la seconde moitié du Quatrième et au début du cinquième siècle. Son nom signifie « l’Homme à la bouche -parole- d’or », mais c’est surtout du venin qui est sorti de sa bouche. Il n’était pas le premier , mais il a certainement été le plus véhément des pères de l’église, qui conjuguait des éléments horrifiants chrétiens issus du Nouveau Testament avec des caricatures païennes contre les Juifs.

« Les écrits les plus remarquables de Jean Chrysostome corres-pondent à une série de longs sermons antijuifs, qu’il a prononcés dans la principale église d’Antioche, en 386 et 387 de l’ère commune. Ils appartiennent aux pires documents de l’antisémitisme chrétien de l’Antiquité. En plus de désigner les Juifs comme « Tueurs du Christ » – en prétendant qu’ils ont tué la personne qui leur avait été envoyée par D.ieu pour les sauver du Jugement Dernier – et comme « Enfants du Diable », il a aussi adopté divers clichés antijuifs de l’antiquité païenne pré-Chrétienne. Cela comprend des thèmes tels que « les Juifs comme haïssant le reste de l’humanité et mécréants, ne croyant en aucun dieu que ce soit.

« Jean Chrysostome et d’autres remontaient aux déclarations de l’Apôtre Paul disant que les Juifs sont les ennemis de l’humanité. Grâce à Jean Chrysostome, ces thèmes ont commencé à s’intégrer dans le discours antijuif de la Chrétienté. Ses sermons antijuifs sont, depuis lors, devenus influents ».

« Si on passe en revue les écrits des pères de l’église du second au sixième siècles, ils sont presque tous antisémites. Ce discours est devenu partie intégrante de la doctrine du courant principal du Christianisme. Cela doit être partiellement dû au discours anti-Chrétien que les Juifs ont développé, comme réaction aux attaques contre eux de la part des Chrétiens.

« Au second siècle, on entend déjà de la part des pères de l’église que, selon les Juifs, Jésus n’était pas né d’une vierge, que son père n’était pas D.ieu ni un Esprit Saint et même que Joseph, le mari de Marie, n’était pas son père. Ils prétendaient que Jésus aurait été l’enfant de Marie et d’un soldat romain appelé Panthera et que donc, il résultait d’un adultère (Mamzer).

« Ceci est confirmé par des sources juives. Par exemple, un autre texte du sixième ou septième siècle, le réputé Toldot Yeshu [Histoire de Jésus], est très prolixe à ce sujet. Plutôt que de dire que Jésus serait le fils d’un soldat romain, il affirme que ses guérisons miracles étaient des tours de magie inculqués en Egypte, dans le but de détruire la Torah. Nous ne connaissons que quelques cas de déclarations anti-chrétiennes de ce type, mais ils sont relativement bien ancrés dans les faits historiques et on les trouve aussi dans le Talmud.

« La situation concernant les Juifs s’est plus ou moins stabilisée au cours de l’existence du plus connu parmi les pères de l’église, Augustin, qui vivait à Hippo, dans la Tunisie d’aujourd’hui, durant la seconde moitié du quatrième et du cinquième siècles. Il disait avec beaucoup d’autorité que les Juifs étaient un peuple damné, mais qu’on ne devait pas les persécuter ni les tuer. On devait les garder vivants comme les témoins fossiles de la vérité du Christianisme.

« Augustin ne voulait pas convertir les Juifs de force. De telles conversions forcées demeuraient rares, durant l’Antiquité. Le premier cas important est apparu autour de 630, dans l’Empire byzantin, où l’Empereur Héraclius a décrété que tous les Juifs de l’Empire devaient être baptisés et convertis au Christianisme. Nous savons de sources historiques que ce décret a été mis en oeuvre en certains endroits. Ailleurs, cependant, les autorités n’ont rien fait. Ce cas est apparu dans la période où l’islam était en plein essor et seulement quelques années avant que les Musulmans ne conquièrent Jérusalem ».

Van der Horst conclut : « Au cours des siècles, de nombreuses mesures discriminatoires ont été prises dans les milieux chrétiens contre les Juifs. L’infrastructure pour le faire a été fondée dès les tout-débuts de l’Histoire du Christianisme, mais pas au temps de Jésus ni immédiatement après ».

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Manfred Gerstenfeld

Le Dr. Manfred Gerstenfeld a présidé pendant 12 ans le Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem (2000-2012). Il a publié plus de 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

Adaptation : Marc Brzustowski

Le développement précoce de l’antisémitisme chrétien©

(Source : JForum)

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