Qui est Matthias Fekl, l’homme qui doit protéger les Français ?

Qui est Matthias Fekl, l’homme qui doit protéger les Français ?____________________________________________________

La semaine politique a été marquée par la démission soudaine de Bruno Le Roux, éphémère locataire de la place Beauvau, suite à des révélations selon lesquelles il aurait fait travailler entre 2009 et 2012 ses filles mineures (âgées respectivement de 15 et 17 ans lors des faits supposés). Les sommes perçues par ces demoiselles s’élèveraient à 50 000€. Les media exultent : ils ont réussi, en plein état d’urgence, à faire démissionner le ministre de l’Intérieur sur de simples soupçons.

D’aucuns avaient pensé que Bernard Cazeneuve cumulerait le poste de Premier ministre et celui de ministre de l’Intérieur. Un choix qui semblait logique, puisqu’il avait occupé cette fonction durant deux ans, avant sa promotion à Matignon. Que nenni, c’est un quasi-inconnu que le Président a choisi pour être le « premier flic de France ».

Matthias Fekl, 39 ans, Secrétaire d’État au Commerce Extérieur occupera la place Beauvau durant le mois et demi qui reste à ce quinquennat. Qui est ce jeune ministre que l’on surnomme déjà le « Hollande des années 80 »?

C’est en 1977 qu’il voit le jour à Berlin, fils de professeurs (son père, Allemand, enseigne le français tandis que sa mère, française, enseigne l’allemand) il possède les deux nationalités, ce qui est une première dans l’histoire des occupants de la place Beauvau.

Après une scolarité dans les établissements francophones huppés (dont le lycée français de Berlin), le jeune Matthias passe son baccalauréat au lycée Henri IV, à Paris, avant d’intégrer l’école normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud dont il sort diplômé d’allemand et de philosophie. Il s’inscrit ensuite à Sciences Po, puis à l’ENA dont il est diplômé en 2005, ce qui lui permet de devenir magistrat au tribunal administratif de Paris.

Il adhère au PS en 2001 et se rapproche de Bertrand Delanoë avant de rejoindre le courant social-démocrate de Dominique Strauss-Kahn. Il se fait vite remarquer par l’appareil du parti et devient l’ami de ténors comme Pierre Moscovici et Jean-Pierre Bel, sa carrière démarre : conseiller municipal de Marmande en 2008, il est élu au conseil régional d’Aquitaine en 2010 et en devient le vice-président chargé du développement économique et des entreprises. Il est élu député en 2012 et se découvre une opposition au cumul des mandats qui l’amène à démissionner de toutes ses autres charges (bien qu’il redevienne ensuite conseiller régional en 2015).

Plus jeune député d’Aquitaine, il est vite nommé à la Commission des Lois, présidé par Jean-Jacques Urvoas dont il est proche. Il fait également partie du groupe d’amitié franco-allemand; Sa députation n’est guère marquée par le sceau d’une gloire quelconque mis à part le rapport qu’il rédigea en 2013 pour Jean-Marc Ayrault sur l’immigration en France, un rapport qui n’a pas eu d’éclat à l’instar de son auteur. C’est cette discrétion et cette ascension lente mais sûre qui amène journalistes et politologues à comparer la carrière de M. Fekl à celle de François Hollande. Ainsi, en 2013, il est intégré au programme « Young Leaders » de la French American Foundation.

Matthias Fekl entre au gouvernement le 4 septembre 2014, suite à la démission de Thomas Thévenoud, atteint de phobie administrative. Il le remplace comme Secrétaire d’État au Commerce Extérieur. Il s’y distingue plus que durant son mandat de député. Profitant de son image de jeune ministre, il plaide pour le « renouveau » (véritable tarte à la crème de nos chers politiques). Il propose entre autres la proportionnelle, la création d’un spoil system à la française, et pléthore d’autres mesures qu’il qualifie très modestement de « big bang institutionnel ». Il se dit opposé au traité transatlantique et favorable à un retour du régalien face au désarmement des états dû à la mondialisation.

Un programme assez proche des sociaux-démocrates qu’un Valls ou qu’un Macron ne désapprouveraient pas. C’est pourtant Benoît Hamon que le jeune secrétaire d’état choisit de soutenir; il en devient même le responsable de l’ « Agenda 2017 ». Pour certains, sa nomination surprise comme successeur de Le Roux serait due aux pressions des hamonistes suite aux ralliements de nombreux ministres à Macron.

Quelles que soient les coulisses et les raisons de cette nomination, c’est bel et bien Matthias Fekl qui est depuis le 21 mars le premier flic de France. Si les jeunes socialistes se sont largement réjouis de cette nomination, les policiers l’ont plutôt mauvaise. Jugé inexpérimenté par les syndicats de police, ses capacités à gérer un attentat (a fortiori en état d’urgence) sont sérieusement mises en doute. Bien qu’éphémère, sa fonction de ministre assure à ce « Hollande des années 80 » un argument de poids sur son CV et une carrière prometteuse qui pourrait le mener, qui sait, aux plus hautes fonctions…

Nicolas Kirkitadze

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