Quelques commentaires sur la 25e paracha Tsav : ordonne

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Reprise en partie d’un texte de louyehi de mars 2014

Tsav : Ordonne, d’urgence Vayiqra (Le Lévitique) 6, 1 – 8, 3

D.ieu demande à Moïse qu’il ordonne à Aaron et à ses fils les lois qu’il leur appartient d’observer, en tant que cohanim, au cours de leur service dans le Tabernacle. Un feu constant doit brûler sur l’Autel. Sur ce feu sont entièrement consumés les holocaustes, les graisses des sacrifices de Paix (Chelamim), d’Expiation (’Hatat) et de Faute (Acham). Sera également consumée la poignée de la fleur de farine prélevée de l’oblation (Min’ha) et de son huile. Les cohanim consomment la viande des sacrifices d’Expiation et de Faute ainsi que les restes de l’oblation. Le sacrifice de Paix est consommé par celui qui l’a offert sauf pour certaines portions qui reviennent aux prêtres. La viande sainte des offrandes ne peut être consommée que par des personnes rituellement pures, en lieu saint et en un temps précisément défini. Aaron ainsi que ses fils demeurent sept jours dans le Tabernacle pendant lesquels Moïse les initie à la prêtrise.

« Ordonne à Aaron et à ses fils (Lévitique 6,1). Le roi Salomon dit : « Mets rarement le pied dans la maison de ton prochain, de peur qu’il n’ait assez de toi et qu’il ne te haïsse. » (Proverbes 25,17) Ce verset nous apprend que l’homme doit veiller à avoir des amis et à les rencontrer, mais il ne doit se rendre que de temps en temps dans leurs maisons, sans en abuser, même si se réunir entre amis est une excellente chose. C’est la meilleure manière pour que la paix règne entre eux. Personne n’ignore que celui qui veut se faire de bons amis doit posséder deux vertus : (a) Être humble et jamais arrogant, car si la personne se montre fière, les gens s’en éloignent et finissent par le prendre en grippe. (b) N’avoir peur de personne. Bien qu’il soit excellent d’avoir de nombreux amis, le roi Salomon met en garde les gens afin qu’ils n’aillent pas trop souvent dans la maison de ceux qu’ils aiment. On finit par ressentir de l’aversion pour l’ami qui vient trop souvent chez soi. Le miel est doux, mais si on en mange en très grande quantité, cela devient malsain.

En général, l’excès dans n’importe quel domaine s’avère néfaste. Il en est ainsi par exemple de la pluie dont dépend la vie du monde, nous dit Jacob ben Isaac Achkenazi de Janow, toutefois, si elle tombe trop abondamment, c’est une mauvaise chose qui provoque de multiples dégâts. Le verset dit : « Dans la maison de ton prochain ». S’il ne faut pas aller trop souvent dans la maison de ton ami, même le plus cher, alors, à plus forte raison, évite de pénétrer à tout moment dans la demeure d’une personne quelconque. Il faut s’abstenir de pénétrer chez le gens à des heures bien précises : lorsqu’on mange, on boit, on dort ou on travaille. Le Midrach dit à ce sujet : (Mid. Prov. 25, 17, Hag. 7a) Ne vas pas trop souvent dans le Temple. Ici se pose une question : il est pourtant bien dit dans les psaumes : « J’entrerai dans Ta maison, avec des holocaustes » (Psaume 66, 13), ce qui signifie : je viendrai souvent dans le Temple pour offrir des sacrifices. L’explication est qu’un holocauste est offert lorsqu’un homme a fauté en pensée, ce qui n’est pas aisément contrôlable. Il est donc bien d’offrir à chaque fois des holocaustes. L’avertissement contre de fréquentes visites au Temple réfère aux offrandes données après une faute, non plus commis en pensée, mais en acte. D.ieu préfère que l’on ne faute pas, plutôt que de faire une offrande d’expiation après avoir commis une faute. (Il s’agit de 2 offrandes différentes : qorban olot, holocauste, et qorban ‘hattat, offrande d’expiation.)

On sait que la plupart des mauvaises pensées viennent la nuit. C’est pourquoi la Torah dit : Ordonne à Aaron et à ses fils en disant : « Voici la loi de l’holocauste : l’holocaust sera sur le brasier, sur l’autel, toute la nuit jusqu’au matin et le feu de l’autel y brûlera. » (Lév. 6, 2) Il faut offrir un holocauste la nuit pour les mauvaises pensées qui germent à ce moment-là. Il est évident que l’holocauste est plus important que toutes les autres offrandes. On ne rétrocède donc rien de ce type de sacrifice, y compris pour le cohen. De plus, alors que les autres offrandes sont mangées, l’holocauste n’est touché par personne. On le brûlerait alors intégralement sur l’autel en expiation. Le corps ne devait obtenir aucun plaisir de ce type de sacrifice. L’homme doit se conduire humblement pour servir D.ieu, grâce aux prières et aux commandements. Il mettra tout honneur personnel de côté afin d’honorer D.ieu et Lui seul. Même si le cohen devait se baisser au moment d’ôter les cendres de l’autel, il devait toutefois porter les beaux habits réservés à l’exécution des autres tâches saintes dans le Temple. Cela nous apprend que, lorsqu’un homme prie ou accomplit de bonnes actions, il doit toujours être bien habillé et se purifier. Ramasser les cendres ne constituait pas un des plus nobles devoirs saints ; il fallait tout de même revêtir ses plus beaux habits. Nos sages disent : « Celui qui honore convenablement le Saint, béni soit-Il, sera à son tour honoré ; par contre, celui qui veut minimiser la gloire de D.ieu sera sévèrement puni par le Saint, béni soit-Il. »  

Chabad.org nous demande comment se rapprocher d’Hachem ? En rapprochant chacune des dynamiques de notre être vers le niveau de Hachem. C’est le sens du mot « corbane », qui signifie, qui signifie rapprochement. Le rav Dufour nous rappelle que depuis des années, les nations accusent mensongèrement Israël de forfaits, de tuer des innocents sans jugement (vieux truc antisémite), de sacrifier l’existence et le territoire d’autrui. Pourtant, il s’agit de son propre territoire, c’est Israël qui est attaquée et se défend, et elle n’applique aucune de ces règles immorales qu’on lui reproche. De même qu’autrefois on tuait les Juifs, sois-disant au nom de leur Torah, pour leur reprocher de l’avoir, l’absurdité des antisémites n’ayant aucune pudeur, aujourd’hui encore, les nations dénient le Juif et Israël. Il est important de détecter la continuité des attitudes, et de rester soi-même sans courir après les appréciations auxquelles il faudrait aboutir par concessions. Mais le plus cynique étant encore que les accusateurs, eux, exterminent à des milliers de kilomètres des populations civiles sans vergogne pour atteindre leur but, et y refusent toute présence d’observateurs. Et, en notre génération, ils ont exercé des massacres nombreux sur des populations qu’ils colonisaient sur des territoires externes au leur.

La pression sur Israël est immense, portée par des coalitions hétéroclites sur le plan culturel ou politique, au point que cela ne relève plus du rationnel.  La Choa n’a rien appris à ces peuples qui se disent civilisés et sont des barbares infâmes dans des bas de soie, comme disait Napoléon de son ministre. 6 000 000 de victimes auxquelles certains de ces peuples ont collaboré n’entraînent chez eux aucun scrupule ni culpabilité. Et des siècles de bûchers de Juifs ne leur suscitent aucun remords ni scrupules.  Et ces peuples trouvent même en Israël quelques collaborateurs empressés (politiciens, dits intellectuels, groupes dits pacifistes) qui parcourent les capitales pour faciliter la destruction d’Israël en promouvant la politique de ses adversaires. Et les chefs politiques eux-mêmes ne manifestent pas de force morale suffisante pour résister aux pressions qui veulent les faire capituler

Alors, les angoisses montent, les souvenirs macabres se ravivent avec l’inquiétude que cette fois encore il n’y aurait pas d’arrêt de la machine de mort. Quelle prière adresser en ce cas ? Y aura-t’il un espoir de réponse ? La paracha Tsav arrive à temps pour nous dire que la solution ne tient que dans notre rapprochement réel et sincère à la Torah et à sa morale qui nous relient au D.ieu de la bénédiction vitale. Le mot Tsav signifie qu’il faut le dire d’urgence au peuple, pour qu’il agisse avec empressement en se rapprochant vers D.ieu dans la pureté de ses actes. Les lettres finales des mots qui commencent la paracha (Moché llémor tsav éte) forment le mot Torah,  pour nous indiquer que c’est cela la Torah de vie.

La Torah est le livre de lois  juives, mais que sont ces lois ? De simples ordres adressés par un D.ieu infini et omniscient à un homme insignifiant et ignorant ? Certes. Mais à un autre niveau, elles sont plus que cela. C’est quelque chose qui est mis en évidence par les deux significations du nom de la partie de la Torah dans laquelle elles apparaissent : Tsav. Tsav signifie « commander ». Ce mot exprime ici un commandement de D.ieu concernant le don d’offrandes au Sanctuaire, lié à la notion générale de bienfaisance. Mais Tsav a aussi comme signification « connecter », exprimant l’idée que les lois divines établissent un lien entre l’individu et D.ieu. La mystique juive fait valoir que cette connexion ne peut être tenue pour acquise. D.ieu est infini, au-delà de toutes définitions et catégories. Comparé à D.ieu, l’univers tout entier est plus insignifiant qu’un grain de poussière ; il est comme nul. Et si le vaste univers est lui-même insignifiant par rapport à D.ieu, quelle peut être l’importance d’un frêle petit être humain, homme ou femme ? Pourtant, D.ieu donne les lois de la Torah à de frêles êtres humains. Le fait même que D.ieu adresse un commandement à une personne confère un sens et une importance à la vie de cette personne. Il ou elle est désormais en relation avec D.ieu, relié avec Lui par une instruction divine.

Le Rabbi de Loubavitch souligne que cette connexion existe, même si la personne n’accomplit pas concrètement cette instruction. Comme les Sages l’ont dit : « Même s’il a fauté, il est un Juif. » Le fait que les 613 commandements de la Torah soient adressés à l’individu lui attribue un rôle et un but importants. Bien sûr, ce rôle est correctement rempli par le respect des commandements. Toutefois, la personne qui ne les observe pas encore n’a pas perdu son rôle dans le système : elle a une connexion, même si elle est négative. La prochaine étape, bien sûr, est de transformer le négatif en positif. Et de fait, quand il s’agit d’un commandement tel que la charité, dans lequel il faut se démunir de donner quelque chose, nous avons tous besoin d’encouragement. Les Sages nous disent que telle est la puissance du mot « Tsav » au début de cette paracha : nous encourager, à travers les générations. L’encouragement réside dans la conscience que, grâce à ce commandement de la Torah, nous sommes vraiment en relation avec D.ieu.

Le mot tsav, commente Rachi, implique toujours une idée de zèle. Cela signifie que Aharon a été exhorté à agir immédiatement. Dans un autre contexte, observe le ‘Hanoukat ha-Bayit, le Talmud (Qiddouchin 31a) nous enseigne : « Celui qui accomplit une mitsva pour en avoir reçu l’ordre est plus digne que celui qui l’effectue sans y être astreint. » Cette affirmation est ainsi expliquée par les Tossafoth : « Celui qui a l’obligation de réaliser une mitsva est plus anxieux et tourmenté à l’idée de l’enfreindre ou de ne pas l’exécuter correctement. En revanche, celui qui n’a pas d’obligation a toujours la possibilité de ne pas l’accomplir s’il le décide. » Sous cet éclairage, nous comprenons mieux le commentaire susmentionné de Rachi. Puisque Aharon était astreint à tous les commandements que Moché allait lui communiquer, il fallait l’exhorter au zèle et à la promptitude. Car, de son côté, le yétsèr ha-ra’ (« penchant au mal ») accomplit assidûment sa tâche consistant à dresser des obstacles devant l’homme pour l’empêcher d’assumer ses devoirs. Celui qui ne prend pas soin d’agir rapidement et sans délai ne pourra maîtriser son inclination.

Le Talmud (Sanhédrin 56b) interprète le verbe tsav – « ordonne » – comme ayant une connotation d’idolâtrie, selon le verset (Hoché‘a 5, 11) : « Efraïm est oppressé, rompu, à juste titre, puisqu’il a suivi le tsav (le commandement des prophètes de Ba‘al). » Pourquoi n’a-t-il pas été enjoint à Moché : « dis (émor) à Aharon et à ses fils », selon la formule habituelle ? s’étonne le Chakh. Et si ce terme – tsav – évoque l’idolâtrie, ne valait-il pas mieux l’éviter ? Dans ses « Lois sur l’entrée dans le Sanctuaire » (9, 13), le Rambam stipule : « Un cohen qui s’est livré à l’idolâtrie, délibérément ou involontairement, même s’il s’en est repenti par une techouva sincère et complète, ne pourra plus jamais accomplir le service dans le Temple, comme il est écrit (Ye‘hezqel 44, 13) : “Ils ne s’approcheront pas de moi pour exercer Mon sacerdoce.” » Ayant prêté – involontairement – sa collaboration à la confection du veau d’or (cf. Chemot32), Aharon aurait pu penser qu’il avait le statut de « cohen ayant pratiqué l’idolâtrie ». Ainsi, la Torah emploie précisément le verbe : tsav – « ordonne », pour faire allusion au culte des dieux étrangers, afin de bien souligner qu’Aharon, en réalité, n’a pris aucune part à cet acte. Il était totalement innocent. Il n’avait agi alors que pour sanctifier le Nom d’Hachem, espérant faire traîner les choses en longueur afin que les enfants d’Israël ne sombrent pas dans l’idolâtrie. Chiourim.com

« La communauté se rassembla à l’entrée de la tente de rendez- vous » (Lévitique 8,4). Jacob ben Isaac Achkenazi de Janow dit qu’un grand miracle se produisit : tout le peuple d’Israël, soit 600 000 Juifs, se tenait devant la porte du sanctuaire. Comment fut-il possible, alors que la porte d’entrée était si petite ? Moïse, stupéfait, s’adressa à D.ieu : « Comment faire tenir autant de Juifs à la porte du sanctuaire ; sans compter les 60 000 jeunes hommes de moins de 20 ans. » Le Saint, bénit soit-Il répondit : « Pour Moi, il n’y a rien d’étonnant à cela. J’ai déployé le ciel et Je l’ai fait s’étendre extrêment loi à partir d’un simple filament. » Il en fut de même au mont Sinaï où se trouvaienet des centaines de milliers d’anges et de Juifs. Comment ont-ils pu tenir tous ensemble ? D.ieu dit à la montagne : « Etends-toi et élargis-toi ». Et le miracle se produisit. Même chose pour la porte du sanctuaire : D.ieu dit : « Elargis-toi afin que tout le peuple d’Israël puisse être reçu. » Quand le Messie viendra, tous les morts ressusciteront, depuis Adam jusqu’à la dernière personne décédée. Ils se réuniront tous à Jérusalem. Si le Saint, béni soit-Il, n’agrandit pas la ville sainte, il ne sera pas possible d’y accueillir tout le monde.

Tsav explique le passage de la temporalité à l’éternité. L’homme qui récite le kiddouch du Chabbat est le partenaire de D.ieu dans l’acte de création, car, nous dit la Guémara, « le verbe est créateur ». (Chabbat 119b) Mais si le Chabbat vient signifier la création, le début du monde, il est aussi porteur du signe de la finalité, du projet divin pour le monde et l’homme. C’est là la seconde dimension du Chabbat : il est « comme le monde qui vient » (méen olam haba). Le olam haba signifie littéralement « le monde qui vient », c’est-à-dire la monde que l’homme doit faire advenir dans la réalité par ses actes et sa foi. La conception juive du monde à venir ou plus précisément « le monde qui vient » n’est pas un monde sans matérialité, où seules les âmes justes bénéficieraient de la grâce et de la félicité divines. Il s’agit au contraire de notre monde qui’on aura réussi à transformer en paradis terrestre, à savoir, un monde qui reconnaîtra la Souveraineté de D.ieu sur tous les actes de notre vie, sur notre passé et sur notre devenir. La Force divine sera ainsi presque « tangible », car « la terre entière sera remplie de la connaissence de D.ieu ». (Isaïe 9,11).

Ce degré de proximité avec D.ieu nous en avons chaque semaine une ébauche, avec le Chabbat. Nous nous détachons de la matérialité pour vivre dans un monde empreint de spiritualité, fait de prières, d’étude et aussi de délectations culinaires, celles-ci représentant l’union réussie du matériel et du spirituel. Ainsi, le vin avec lequel nous célébrons le kiddouch, le pain que nous mangeons, deviennent les instruments de la sanctification du monde matériel et de son élévation vers un idéal de sainteté. En effet, le Ari zal nous a révélé que le Chabbat tous les mondes s’élèvent vers leur Créateur. Dans cet espace sanctifié, qui se trouve déployé et démultiplié dans chaque foyer juif par le respect du Chabbat, nous goûtons à l’éternité. Par notre détachement d’avec les contraintes d’ordre matériel, nous faisons effraction dans le temps, tout simplement nous l’oublions. Celui-ci n’est plus qu’un simple instrument créé par D.ieu pour nous structurer les différentes étapes du Chabbat et il ne joue pas un rôle déterminant dans notre relation qui s’établit avec D.ieu pendant le Chabbat.

Ce que nous cherchons (et pouvons trouver) c’est la proximité avec D.ieu, la dévékout (adhésion) en proclamant Son Unité. Et D.ieu, en parallèle, affirme l’unité du peuple juif. Comme nous le disons à la prière de Min’ha : « Tu es Un et Ton Nom Un » ; et qui est comme Ton peuple Israël, nation une sur la terre ». Cette proclamation de l’unicité de D.ieu, qui renvoie à l’unicité du peuple juif, est une invite à une relation d’une très grande proximité entre le Créateur et Son peuple, niveau atteint en particulier lors de la prière de Min’ha du Chabbat, point culminant de ce jour. En reconnaissant D.ieu comme créateur du monde le Chabbat, puis en reconnaissant D.ieu comme intervenant directement dans l’histoire des hommes, on s’inscrit dans un espace qui transcende le temps et nous projette dans le monde de l’éternité, du  Bien éternel. Dans ce monde, le mal se sera transformé en Bien, les êtres ayant tous reconnu la souveraineté de D.ieu sur leur création, leur liberté et leur devenir. Ils auront fait ainsi effraction dans le temps, valeur relative car créée, pour amener le monde à la rédemption, au-delà du temps.

Le Chabbat précédant Pourim, les sages ont institué la lecture du passage de la Torah nous ordonnant de  nous souvenir de ce qu’a fait Amaleq au peuple juif sortant d’Egypte : « Souviens-toi de ce que t’a fait Amaleq sur le chemin , à votre sortie d’Egypte. Il te rencontra en chemin, démembra tous les gens affaiblis sur tes arrières ; toi, tu étais las et épuisé, et lui ne craignait pas D.ieu. Ce sera lorsque le Seigneur ton D.ieu t’aura donné le repos de tous tes ennemis alentour, dans le pays que le Seigneur ton D.ieu te donne en héritage pour l’occuper, tu effaceras le souvenir d’Amaleq de dessous les cieux, ne l’oublie point. » (Dévarim 25, 17-19) Le Sefer Ha’hinoukh énumère à partir de ces versets 3 commandements : se souvenir de ce que nous a fait Amaleq, effacer ses descendants, hommes comme femmes, et ne pas oublier ce qu’il nous a fait (mitsvote 603 à 605) La différence entre se souvenir et ne pas oublier est expliquée par le Midrach : « Se souvenir par des paroles et ne pas oublier dans son cœur. », d’où l’obligation pour chaque Juif de venir entendre ce passage de la Torah le Chabbat précédant Pourim (les paroles) à et de méditer sur le rôle d’Amaleq et du mal.

Mais qui est donc cet Amaleq pour que la Torah y consacre 3 de ses mitsvote ? Amaleq est le petit-fils d’Esaü. Son nom apparaît pour la 1ère fois dans la Torah au chapitre 36, verset 12 du livre de Béréchit : « Timna était concubine d’Elifaz, fils d’Esaü ; elle lui enfanta Amaleq ». Il apparaît de nouveau dans le livre de Chémot, où il livre bataille au peuple juif fraîchement sorti d’Egypte : « Amaleq vint et attaqua Israël à Réfidim… L’Eternel dit à Moïse : « Ecris cela en souvenir, dans le Livre et place-le aux oreilles de Josué : que j’effacerai le souvenir d’Amaleq de dessous les cieux. » (Chémot 27, 8 et 14). Amalek représente dans la typologie billique le mal personnifié.  Une question persiste : quelle est la motivation profonde de la haine d’Amaleq contre Israël ? A travers Israël, c’est D.ieu Lui-même que vise Amaleq. Dans Devarim 25,18, à propos de la guerre entre Israël et Amaleq, il est dit : « Il te rencontrera (karékha) en chemin. » L’analyse étymologique de ce mot « kara » renvoie à mikré, le hasard. Ainsi, est subtilement définie par le Midrach la caractéristique intrinsèque de ce peuple : pour Amaleq, tout ce qui arrive dans le monde est le fruit du hasard, du mikré. Mais la guerre entre Israël et Amaleq n’est pas la manifestation d’une simple querelle familiale qui aurait dégénéré.

Ce que vise en fait Amaleq, c’est le Trône même de D.ieu tel que l’indique le verset clôturant la guerre entre ces deux peuples : Car la main est sur le trône de l’Eternel, le trône de l’Eternel, guerre à Amaleq par l’Eternel, de génération en génération. » (Chémot 17,16) Si les Sages ont décrété que Pourim serait la seule fête qui persisterait à la fin des temps, c’est pour bien souligner que c’est la dimension de la direction divine qui se dévoile à l’intérieur de la nature qui sera le fondement même de la rédemption finale. Ce qui vient remettre fondamentalement en question Amaleq, c’est la Providence divine, c’est le fait que l’histoire humaine a un sens, dans la double acception du terme : elle est le produit de la volonté divine, et elle se dirige vers un but que D.ieu lui a assignée, à savoir, la rédemption, la guéoula finale avec la venue du Messie, la disparition du mal et la résurrection des morts, pour qu’apparaisse la Gloire de Son Unicité, c’est-à-dire, qu’Il est le seul à décider de tous les événements qui se produisent sur terre.

On pourrait se demander quel intérêt aurait un Juif qui ne serait ni Cohen, ni Lévi, à l’étude de cette paracha. Evidemment, on sait qu’il est recommandé d’étudier la Torah pour elle-même (sans but pratique). Mais ici, il y aurait une autre raison ; en fait, cette paracha garde son intérêt pratique pour chaque Juif, car tous sont considérés comme des prêtres.

La paracha présente le service des Kohanim et s’attarde sur leurs vêtements. Aujurd’hui, ce thème nous invite à tenir compte des enseignements de nos Sages sur le vêtement d’un Juif en général : une tenue correcte.

Le vêtement juif exprime la modestie, mais aussi la pudeur (tsniout). Aujourd’hui, c’est le vêtement qui sert à identifier les rabbins ou les Juifs orthodoxes (‘Harédi) : les hommes en noir, costume noir, chapeaux noirs et chemises blanches, en somme un habit conventionnel sans fantaisie qui peut être difficile à porter en exil ou en été.

Les femmes orthodoxes veillent à porter des jupes longues, à se couvrir la tête. De fait, le vêtement de la femme juive « affirme qu’elle est plus qu’un morceau de chair, qu’il y a, derrière son corps, une personnalité, un être, une âme. e Il évite d’attirer le regard des hommes qui n’est que l’expression de leurs pulsions basses. Il peut être aussi le début d’une attirance qui finit très souvent par des tromperies et des divorces.

Ces lois de l’habillement sont l’un des canaux principaux qui permettront la création de foyers de sainteté, avec des enfants heureux. En effet, les enfants qui voient leurs parents se respecter et s’aimer seront forts des valeurs que cette stabilité familiale exprime ; ils pourront donc se développer dans ce milieu favorable.

Mais le vêtement exprime aussi la résistance à l’assimilation. Les différences vestimentaires contribuent en effet à éviter l’assimilation ; Le rappel de l’exil de la Présence divine  par des couleurs sombres. Un tel sentiment ne sera compris que par des personnes ressentant la douleur du peuple d’Israël.

Selon la Rabbi Mena’hem Mendel Schneerson, l’objectif du service qui se déroulait dans le Temple était que l’homme s’applique à imprégner les différents aspects de sa vie quotidienne de la spiritualité qui émanait de ce service du Temple. « Ainsi, chacun des ustensiles du Temple et les services qui les utilisaient ont-ils leur équivalent dans la manière dont l’homme mène sa vie et sert son Créateur ».

Ainsi, de l’action quotidienne par laquelle commence le service divin au Temple, nos Sages ont conclu qu’au niveau de l’individu, le service religieux quotidien commence par les soins hygiéniques personnels : chaque matin, on commence par le lavage des mains et l’évacuation des résidus. Cela se fait dans la discrétion, comme l’enlevage de la cendre qui se faisait dans la demi-obscurité. Ainsi, pour chaque jour que D.ieu fait, pour le Juif, le passé cède la place à un service nouveau.

(Sources : Chabad.org – Jacob ben Isaac Achkenazi de Janow, Le Commentaire sur la Torah – Rav Mordékhaï Chriqui et Dr Avraham-Gilles Morali, « L’essence de la Torah » – Hillel Bakis, La Voix de la Torah, tome 3)

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