Communisme de Mélenchon, islamofolie de Macron : Les décodeurs et le décodex aux abonnés absents

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Gilles-William Goldnadel dénonce le traitement médiatique privilégié réservé aux candidats de gauche, systématiquement protégés par une certaine presse malgré des positions condamnables.

Il existe en France, je l’ai souvent écrit ici, des territoires d’information occultés. Le rideau de fer occultant est idéologique.

La campagne aura été un terrain d’action privilégiée pour cette sombre occultation qui requiert, pour faire diversion, la lumière aveuglante de la focalisation.

Ainsi, j’ai peu à ajouter à la lumineuse démonstration d’Alain Finkielkraut dimanche sur l’antenne des radios juives. En substance, le philosophe résumait son opposition à la tentative scabreuse d’apercevoir derrière les récentes déclarations de Marine Le Pen sur RTL un fantasmatique révisionnisme vichyssois par la formule: «on peut lui reprocher son poutinisme, mais pas son pétainisme».

Tout au rebours, et comme je l’avais moi-même observé sur RMC lundi dernier, la fille de Jean-Marie Le Pen avait pris l’exact contre-pied de son père en incriminant, à la manière de De Gaulle et Mitterrand, l’État français de Pétain et consorts.

Ne pas l’avoir vu, surtout ne pas le vouloir voir, relevait de l’aveuglement maladif ou volontaire.

Mais je souhaite tout de même ajouter deux codicilles aux observations finkielkrautiennes.

Le premier ressort de mon éthique intime : lorsqu’une personne humaine, quelle qu’elle soit, fait l’objet d’une campagne injuste de calomnies où se mêlent l’ignorance, la sottise et la mauvaise foi, ma condition atavique de Juif, me fait commandement de prendre sa défense.

Le second relève de mon présent sujet sur l’occultation idéologique. Sans méconnaître sa médiocre instrumentalisation électorale, cet énième psychodrame surréaliste autour de la Shoah aura eu, une fois encore, un effet objectif : focaliser sur l’antisémitisme criminel occidental du passé pour mieux dissimuler les crimes antisémites islamiques du présent.

C’est ainsi que pendant que la France entière philosophait sur la responsabilité historique de la France ou de l’État français, une enseignante juive française, Sarah Halimi, était défenestrée par un musulman radical et antisémite dans un silence mortel.

Ainsi, même les psychodrames irrationnels possèdent leur logique interne glaçante.

C’est la même idéologie de l’occultation qui aura protégé assez largement Emmanuel Macron lors de cette sainte semaine.

Alors qu’il pensait le micro de Radio Beur hermétiquement clos, notre sympathique candidat, sur le ton de la confidence complice, disait de son référent Mohamed Saou, protégé de Marwan Mohamed du CCIF, que pour être «radical», c’était tout de même «quelqu’un de bien». Raison pourquoi, l’homme avait été seulement écarté mais pas renvoyé.…

Et ici encore, la logique qui prévaut au pays des territoires occultés médiatiquement aurait pu fonctionner de manière parfaite.

Si Fillon François avait commis pareille indiscrétion involontaire en cette période particulière, concernant une indulgence envers un membre peu décoratif de la droite radicale, le sens commun peut gager sans grand risque qu’on aurait assisté à un festival névrotique avec éditoriaux sentencieux de Libération et du Monde, passages en boucles de la bourde sur les télévisions d’information continue et billets d’humour de France Inter.

S’agissant de Macron Emmanuel et d’un islamiste, la réaction des rédactions fut autrement plus lente et placide.

Mais l’omerta fut imparfaite. Il faut en effet comprendre que désormais l’occultation idéologique n’existe qu’en superficie du terrain occupé par les médias convenables et convenus.

En sous-sol, dans les bas-fonds, il existe en effet tout un modeste monde, autrefois du silence, qui, en soute, relaie électroniquement les informations pêchées miraculeusement ici et là. Il faut désormais compter avec cette authentique culture underground, qu’on peut bien appeler fâcheuse sphère ou mettre au Décodex, mais sans pouvoir faire taire.

C’est ainsi qu’en quelques heures la nouvelle macro-gaffe macronienne, remontant des abysses, arrivait en surface le vendredi tombé et fut publiée par Le Figaro, puis par le JDD, au grand dam de Libé.

Mais rassurons tout de même les autorités d’occultation, aucun des médias du service public de l’information ne révéla à ses auditeurs contribuables la dernière sortie du ministre de l’Economie sortant.

Dans ce même centre de triage idéologique, certains détecteurs patentés de mensonges politiques ont le décodeur défaillant.

C’est ainsi que le 15 avril à 13 heures 04, Le Monde reprenait dans le cadre d’un article intitulé «Cuba, Chavez, alliance bolivarienne… Jean-Luc Mélenchon répond à ses adversaires» cette phrase du candidat institutionnellement insoumis :

«J’ai soutenu Chavez contre l’agression des Américains. Aujourd’hui, le problème de ce pays, c’est d’abord la baisse du prix du pétrole. Je n’y suis pour rien. Je trouve que c’est un signe d’extrême désarroi intellectuel de m’affronter sur un terrain pareil avec une telle caricature.»

Un esprit simple aurait été conduit à penser que le réflexe automatique d’un Décodeur pointilleux de ce journal aurait été de confronter cette ferme et hautaine protestation avec les précédentes déclarations du candidat bolivarien par alliance sur ces sujets caribéens.

Ayant pointé cette omission, il me suffisait d’appuyer sur un bouton pour que la révélation me saute aux yeux comme un vilain furoncle.

Ayant en effet associé dans ma recherche les noms Chavez et Mélenchon, ce qui était à la portée du dernier des limiers, je tombais sur un article du journal l’Humanité du 6 mars 2013, date où le leader maximo vénézuélien était ravi à l’affection sincère de ses camarades communistes français.

Sa lecture émouvante aurait persuadé des journalistes plus curieux que le soutien du candidat robespierrien au président défunt ne se limitait pas à un réflexe de solidarité contre les méchants américains.

Qu’on en juge sur pièces : Chapeau introductif de l’organe du Parti Communiste Français :

«Les drapeaux vénézuéliens, français et du Front de Gauche étaient en berne, dans les anciens locaux de campagne du Front de Gauche aux Lilas. Jean-Luc Mélenchon a exprimé son émotion, en ce jour de deuil, mais aussi sa colère envers les commentaires indignes à l’encontre de Chavez.»

Suit le discours de l’insoumis irascible :

«Ce jour est un jour de deuil pour nous et pour de très nombreux peuples et militants. Nous nous sentons liés par le cœur. Chavez a été la pointe avancée d’un processus large dans l’Amérique latine qui a ouvert un nouveau cycle pour notre siècle, celui de la victoire des révolutions citoyennes.

(…)

Ce qui est Chavez ne meurt jamais. C’est l’idéal inépuisable de l’espérance humaniste, de la révolution… Il n’a pas seulement fait progresser la condition humaine des Vénézuéliens, a fait progresser d’une manière considérable la démocratie.…

Les Européens si prétentieux, arrogants, méprisants, l’infecte social-démocratie qui depuis 24 heures se répand en injures contre les figures progressistes d’Amérique latine ferait bien de se souvenir qu’au Venezuela contrairement à la France… on a fait reculer la pauvreté de manière spectaculaire, éradiquer ce qui est classé comme extrême pauvreté… l’analphabétisme a été éradiqué… on est parvenu à faire progresser de 70 % la scolarisation des enfants. Voilà le bilan que nous portons fièrement à l’heure où l’image d’Hugo Chavez va se retirer. J’ai honte pour nous tous en Europe du niveau lamentable des commentaires que j’ai lus. Comment pouvez-vous être aussi infâmes et aussi bas ?»

Dans un pays où certains territoires de l’information ne seraient pas occultés, un candidat qui hier injuriait les gens parce qu’ils ne partageaient pas son admiration pour un dictateur et aujourd’hui les injurie par ce qu’ils osent lui rappeler cette admiration, en rabattrait, si ses déclarations incroyablement laudatrices étaient mises sous ce nez qu’il tient si haut.

Pour terminer par un poème, et s’agissant de la révolution cubaine que Monsieur Mélenchon ne veut pas importer dans l’hexagone, j’offre à Ségolène qui en pince pour Jean-Luc, ce madrigal melencholique que celui-ci troussa le 26 novembre 2016 en hommage au grand leader disparu :

«Fidel! Fidel ! Mais qu’est-ce qui s’est passé avec Fidel ? Demain était une promesse. Fidel ! Fidel ! L’épée de Bolivar marche dans le ciel.»

Journalistes de tout le pays, ressaisissez-vous ! Et nous nous marcherons sur la terre.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Gilles-William Goldnadel. Publié avec l’aimable autorisation du Figaro Vox.

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