Une parodie d’élections

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Les élections n’ont de sens que si à travers elles, le peuple peut librement s’exprimer. Est-ce le cas aujourd’hui en France ?

Si l’on examine les conditions dans lesquelles la campagne électorale s’est déroulée, la réponse est non.

Le choix libre des électeurs a été biaisé par l’intervention brutale du judiciaire dans le politique, ce qui a eu pour conséquence immédiate de diaboliser l’un des principaux candidats en rendant inaudible sa parole, et de focaliser le projecteur des médias sur le plan moral.

Cette intrusion de l’institution judiciaire dans le processus électoral devrait normalement entrainer la nullité des élections. De même qu’un jugement serait nul s’il résultait de l’intervention forcée du politique.

Ceci étant dit, lors de cette parodie d’élection démocratique, deux candidats ont été désignés par le suffrage universel pour s’affronter au second tour.

Il s’agit d’Emmanuel Macron et de Marine Le Pen.

Comme le veut la Constitution, tous les autres candidats doivent s’effacer.

La plupart des adversaires de Macron du premier tour nous disent : il faut voter Macron car il faut faire barrage au Front National.

Cet appel pose problème à de nombreux électeurs. Examinons les causes du malaise engendré par cette consigne de vote.

1°) Voter, c’est donner mandat

Quelle sorte de mandat la partie des électeurs qui votent anti-FN, donnerait-elle à Macron ?

Un mandat négatif sans contenu particulier, sans confiance.

Ainsi, Macron serait un être d’hybride : un élu qui ne l’est pas vraiment ; qui ne recevrait pas un vrai mandat du peuple.

Macron deviendrait une sorte Mac-Mahon. Une potiche ; un leurre ou un tenant lieu d’un manque. Il serait porté à la tête de l’Etat par défaut.

2°) Ceux qui appellent à voter Macron après l’avoir combattu, nous disent qu’il n’y a pas le choix

On appelle donc à voter sous la contrainte. Voter sous la contrainte ou sous l’emprise de la peur.

Quelle serait la signification d’un tel vote ?

Que vaudrait un engagement pris un pistolet sur la tempe ?

En droit, il serait considéré comme nul. Donc, voter Macron uniquement par peur du FN et alors que l’on est totalement opposé à son programme, reviendrait à voter nul.

On va objecter qu’il convient de distinguer entre ceux qui appellent à voter Macron parce qu’ils pensent pouvoir passer un accord avec lui et ceux qui de toutes les façons estiment qu’un tel accord est impensable.

Les premiers représentent la majorité de ceux qui appellent au vote Macron. Mais alors, pourquoi ne pas le dire aux électeurs ?

Pourquoi appeler à voter uniquement pour faire barrage au FN ?

Et pourquoi Macron persiste-t-il à faire croire qu’il est libre de tout engagement vis-à-vis de ses adversaires d’hier qui appellent à voter pour lui ?

Il y a là, manifestement double tromperie.


Que vaut une décision reposant sur une tromperie ?

En droit, elle est nulle.

Donc, le vote Macron fondé sur :

  • La peur du Front National
  • Parce qu’on espère composer avec les partis que l’on dénonce et gouverner avec eux, sans le dire aux électeurs,

Est un vote frappé de nullité au plan moral.

3°) Voter Macron est-ce vraiment lutter contre le Front National ?

L’analyse de la genèse du Front National montre très clairement que ce minuscule parti a commencé à prendre de l’importance sous les deux septennats de François Mitterrand.

C’est Mitterrand, avec le soutien actif de tous les partis de gauche, qui a imaginé le scénario mortel dans lequel la France est aujourd’hui enfermée.

Aux yeux de Mitterrand et de son clan, favoriser le développement du Front National avait plusieurs avantages :

  • diaboliser le vote de ceux qui ne veulent pas d’une construction européenne fondée sur le rabaissement de la France ;
  • délégitimer ceux qui restent attachés à la souveraineté de la France.
  • empêcher la droite d’accéder au pouvoir.

Macron est l’héritier de cette stratégie diabolique et il espère bien tirer profit du scénario macabre imaginé par Mitterrand pour accéder à la fonction suprême.

Conclusion

Le vote Macron, loin de lutter contre le Front National, contribue à institutionnaliser ce parti comme parti d’opposition, anti-système, défenseur de la souveraineté nationale.

Le vote Macron renforce le Front National.

A terme, cette stratégie est terriblement dangereuse.

Il découle de cette analyse,  que le vote Macron aura pour effet :

  • de vider la fonction présidentielle de tout contenu ;
  • de frapper de nullité le suffrage de ceux qui votent sous la contrainte de la peur ;
  • de renforcer considérablement le Front National que ce vote prétend combattre.

Le vote Macron est un leurre mis en place par ceux qui se comportent comme les uniques propriétaires des pouvoirs et qui sont prêts à faire feu de tout bois pour le conserver, y compris en jouant avec le feu, pour ne pas dire avec le diable.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Sidney Touati pour Dreuz.info.

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