Israël – 1er mai 2017

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Tensions sur le Golan : troupes pro-iraniennes en marche

Tensions sur le Golan : troupes pro-iraniennes en mouvement vers Quneitra

Tôt jeudi matin du 27 avril, un mélange de forces syriennes, iraniennes et du Hezbollah s’est lancé dans une offensive générale dans le Sud de la Syrie, prêt à faire un bond sur la frontière du Golan israélien. Elles avancent en dépit de tous les avertissements israéliens qui ont été transmis par Moscou à Téhéran et au Hezbollah.

Ces dernières mises en garde ont été directement transmises par le Ministre de la Défense Avigdor Lieberman, qui est en visite dans la capitale russe, cette semaine, afin de participer à une conférence sur la sécurité internationale. Après son entrevue avec le Ministre russe des Affaires étrangères, Sergeï Lavrov et le ministre russe de la Défense, Le Général Sergeï Shogun, le Ministre israélien a déclaré clairement, mercredi : « Israël ne permettra pas la concentration de forces iraniennes et du Hezbollah su sa frontière du Golan ».

Jeudi matin, il était évident qu’une décision venait d’être prise à Moscou, Téhéran, Damas et Beyrouth, de façon à ignorer complètement l’avertissement de Lieberman.

Selon les sources des renseignements militaires de Debkafile, jeudi matin très tôt, des milices chiites sous le commandement des officiers des Gardiens de la Révolution Iranienne, au coude à coude avec des hommes des troupes du Hezbollah, pour organiser cette Brigade du Bouclier-Sud, en lançant leur offensive sur le Mont Hermon, au sud-ouest de Damas, en chemin vers la région frontalière du Golan syro-israélien, dans la région de Quneitra. Les contingents syriens prenant part à cette poussée vers l’ouest appartiennent à la 42ème Brigade d’élite de l’armée syrienne, ainsi qu’à des éléments de la 4ème Division mécanisée (blindée).

Leur premier objectif est de s’emparer d’une série de villages détenus par les rebelles syriens dans la région druze d’Hadar, sur les versants du Mont. Ils avancent vers le Golan le long de la route de Beit Jinn.

Il n’ a pas encore eu de discours confirmant que l’avertissement diffusé par le Ministre de la Défense depuis Moscou a d’ores et déjà produit une réplique à ces provocations iraniennes. Il est, en revanche, très possible qu’on puisse prouver que les cinq explosions et les boules de feu qu’elles ont répandu près de l’aéroport International de Damas, jeudi matin, vers 3h30, soient directement connectées à cette offensive chiite.

DEBKAfile Reportage Spécial 27 Avril2017, 9:14 AM (IDT)

Adaptation : Marc Brzustowski

Tensions sur le Golan : troupes pro-iraniennes en marche©

(Source  JForum)

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Admour de Kaliv : les épreuves n’ont jamais entamé sa foi

 

L’Admour de Kaliv, grande figure du monde orthodoxe d’Israël, est un rescapé de la Shoah. Il a traversé de terribles épreuves avant d’être miraculeusement sauvé de l’enfer.

Lors de son internement dans le camp de la mort nazi d’Auschwitz, il a été la proie, comme bien d’autres Juifs, du sinistre docteur Mengele. Les expériences qu’il a subies l’ont rendu stérile et imberbe.

Marié juste avant la guerre, il a été séparé de son épouse pendant la Shoah mais il l’a miraculeusement retrouvée après la tourmente. Le couple est monté en Israël en 1962. Depuis,  le Rav voyage dans le monde entier pour donner des conférences et raconter son histoire.

A l’occasion du Yom Hashoah, le Admour de Kaliv a accordé une longue interview au magazine du site israélien Behadrei Haredim. Evoquant les années terribles de l’occupation nazie, il a rappelé notamment comment il avait maintes fois échappé de justesse à la mort alors que toute sa famille était massacrée.

« Vers la fin de la guerre, a-t-il relaté, alors que nous étions détenus à Auschwitz, les Allemands nous ont transférés un jour dans le ghetto de Varsovie qui avait été totalement détruit. Nous avons travaillé sur place durement dans une usine allemande où se trouvait également le Admour de Klausenburg ».

« Un jour, a-t-il poursuivi, les Allemands ont demandé des volontaires pour aller dans un autre endroit. Je savais d’expérience que lorsqu’ils posaient une telle question, cela signifiait que ceux qui restaient étaient condamnés. Mais j’hésitais et la nuit suivante, mon père m’est apparu en rêve pour me dire : « Si on te demande de partir, ne t’en vas pas ». J’ai obéi et j’ai été sauvé. Un grand nombre de personnes sont parties et ont été assassinées ».

C’étaient les derniers jours de la guerre, alors que les Russes approchaient de Varsovie. Les Polonais, encouragés par les nouvelles, se sont révoltés contre les nazis. Mais ces derniers poursuivaient leurs atrocités : « Nous étions enfermés dans un camp, alors que le feu brulait autour de nous. Les nazis ne nous ont pas exterminés par le gaz, ils ont choisi cette fois les flammes et j’ai été choisi, dans un groupe de quatre personnes, pour y être jeté ».

Et de continuer : « J’ai voulu d’abord réciter le Shema Israël. Je me suis alors adressé au Tout Puissant pour formuler un vœu. Je lui ai dit : « A quoi Te servira mon Shema avant ma mort ? Si jamais je sors vivant, je consacrerai ma vie à convaincre le maximum de Juifs de lire le Shema tous les jours ».

Et le miracle est arrivé: les Allemands ont ouvert la porte pour rechercher des travailleurs. J’ai dit à mes compagnons : « fuyons ! Et ils m’ont rétorqué : ils vont nous tirer dessus. J’ai répondu : et si nous ne fuyons pas, ils ne vont pas tirer sur nous ? » Nous avons alors décidé de nous enfuir et grâce à D. nous avons été sauvés ».

Pour conclure ce récit bouleversant, le Admour de Kaliv a rappelé la coutume instituée avec l’approbation des grands rabbanim d’Israël consistant à réciter tout le verset du Shema Israël à la fin de l’office, après Aleinou, en souvenir des six millions de Juifs massacrés par les Nazis.

Et d’affirmer, avec une foi absolue et inébranlable : « Personne ne peut comprendre ce qui s’est passé et nous ne mettons pas en doute les décisions divines ».

Admour de Kaliv : les épreuves n’ont jamais entamé sa foi

(Source : Chiourim.com)

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La Brigade juive : ces Juifs de Palestine qui ont combattu les nazis

Yom Hashoah commémore le massacre de six millions de Juifs mais également le courage et l’héroïsme de ceux qui se sont dressés contre les nazis. Parmi eux figuraient plusieurs volontaires juifs enrôlés dans l’armée britannique.

L’engagement des Juifs dans une armée afin de défendre leur territoire ou leurs coreligionnaires ne date ni d’hier, ni de 1948. Dès la Première Guerre Mondiale, des Juifs opposés à l’Empire ottoman qui occupe la Palestine ont voulu participer à l’effort de guerre britannique visant à la conquérir. Lors de la Seconde Guerre Mondiale, la lutte contre les nazis prendra le pas sur la lutte contre les britanniques, qui occupe à cette époque la Palestine.
Avant la Seconde Guerre Mondiale, la population juive atteint les 400 000 âmes.

La volonté des Juifs de combattre les nazis

Chaïm Weizmann, alors président de l’Organisation Sioniste Mondiale, propose aux Britanniques une coopération totale de la population juive de Palestine pour combattre l’ennemi nazi et ce, malgré la politique de Londres qui visait à limiter les droits des Juifs en Eretz Israël. Dans un premier temps, son idée d’armée juive se battant sous drapeau juif mais sous les ordres des Britanniques est rejetée.

De nombreux Juifs du Yishouv souhaitant tout de même combattre les nazis s’engagent dans l’armée britannique. Certaines compagnies entièrement juives sont intégrées aux bataillons britanniques tandis qu’en septembre 1940, quinze bataillons juifs sont formés pour combattre en Grèce.

Mais il n’y avait toujours pas de formation militaire juive à l’image de la Légion juive de 1917. Malgré les pressions des organisations juives, le gouvernement britannique s’y refusa. En Palestine, le Livre Blanc faisait son effet, régulait le nombre de Juifs, limitait leur immigration et les empêchait d’acheter des terres.

Certains responsables britanniques craignaient qu’une «Force Juive» soit la base de la révolte juive contre l’ordre britannique en Palestine Mandataire.

En août 1944, Churchill finit par accepter et créé la Brigade juive. Certains historiens estiment qu’il aurait été fortement choqué par le massacre de la population juive de Hongrie pendant la Shoah, ce qui aurait compté dans sa décision.

En 1944, les alliés font pour la première fois état des atrocités commises par les nazis au cours de la Shoah. Winston Churchill envoie un télégramme personnel au Président des États-Unis, Franklin D. Roosevelt. Il lui explique ceci :

«Les Juifs… eux plus que tout autre race ont le droit de frapper les Allemands avec un corps militaire indépendant et reconnu comme juif.» Le Président des États-Unis a répondu qu’il n’y voyait aucune objection.

La Brigade juive voit le jour

Le 3 juillet 1944, le gouvernement britannique autorise la création de la Brigade juive

Le 20 septembre 1944, un communiqué officiel du ministère britannique de la Guerre annonce la formation de la Brigade Juive (Jewish Brigade Group) au sein de l’armée britannique. Elle établit ses quartiers en Égypte.

Le drapeau sioniste devient l’emblème de la brigade qui compte 5000 volontaires juifs de Palestine organisés en trois bataillons d’infanterie.

En octobre 1944, la brigade rejoint l’Italie et les Britanniques engagés dans la campagne d’Italie. Elle prend part à l’offensive finale, combat les parachutistes allemands. A la fin du conflit, les soldats juifs organisent l’élimination de plusieurs responsables et collaborateurs nazis.

Après la guerre, la brigade aide au mieux les survivants de la Shoah, en les assistant notamment dans leur immigration vers Eretz Israël et soutient activement la Haganah, une des forces armées juives qui participera plus tard à la création de Tsahal.

Parmi les membres les plus connus de la Brigade juive figurent notamment Mordechaï Maklef et Haïm Laskov qui sont respectivement les troisième et cinquième Chef d’état-major de Tsahal ainsi que Shlomo Shamir, futur Commandant de la marine israélienne puis de l’armée de l’air. Moshe Tavor, futur agent du Mossad qui participera à l’enlèvement du nazi Eichmann en 1961, a également pris part à ses activités.

[Tsahal]

La Brigade juive : ces Juifs de Palestine qui ont combattu les nazis

(Source : Chiourim.com)

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Je suis juive

Née et élevée au sein d’une famille française de longue date, j’étais française sans avoir à me poser de question. Mais être juive, qu’est-ce que cela signifie pour moi comme pour mes parents, dès lors qu’agnostique – comme l’étaient déjà mes grands parents – la religion était totalement absente de notre foyer familial ?

De mon père, j’ai surtout retenu que son appartenance à la judéité était liée au savoir et à la culture que les juifs ont acquis au fil des siècles en des temps où fort peu y avaient accès. Ils étaient demeurés le peuple du Livre, quelles que soient les persécutions, la misère et l’errance.

Pour ma mère, il s’agissait d’avantage d’un attachement aux valeurs pour lesquelles, au long de leur longue et tragique histoire, les juifs n’avaient cessé de lutter : la tolérance, le respect des droits de chacun et de toutes
les identités, la solidarité.

Tous deux sont morts en déportation, me laissant pour seul héritage ces valeurs humanistes que pour eux le judaïsme incarnait.

simone-veil

De cet héritage, il ne m’est pas possible de dissocier le souvenir sans cesse présent, obsédant même, des six millions de juifs exterminés pour la seule raison qu’ils étaient juifs. Six millions dont furent mes parents, mon frère et nombre de
mes proches. Je ne peux me séparer d’eux.

Cela suffit pour que jusqu’à ma mort, ma judéité soit imprescriptible.

Le kaddish sera dit sur ma tombe.

Je suis juive. Simone VEIL

Merci a Danielle Hababou et au Dr Daniele Guedj

29 octobre 2014

(Source : Terre d’israel)

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Yom Hashoah Clip en souvenir des 6 Millions de juifs exterminés

Voir la vidéo : Yom Hashoah Clip en souvenir des 6 Millions de juifs exterminés

(Source : Chiourim.com)

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« Le plus dur ce n’était pas les coups ni le froid, c’était la faim »

A l’occasion de Yom Hashoah, LPH a recueilli le témoignage exclusif de Madame Rahel Zini, rescapée d’Auschwitz. Rahel Zini a pris sa revanche sur le nazisme: mariée au Rav Meir Zini, elle est la mère du non moins célèbre Rav Eliahou Zini de Haïfa, ou encore la grand-mère du Colonel David Zini, officier réputé de Tsahal. Mère de six enfants, elle compte désormais une descendance de plus de 120 petits-enfants et arrière-petits-enfants!

A 94 ans, elle fait partie des derniers témoins directs de l’horreur qu’a été la Shoah. Elle nous livre son histoire, la monstruosité dont elle et des millions de nos frères et sœurs ont été victimes pendant cette période noire de l’histoire.

Le P’tit Hebdo: Où avez-vous grandi?

Rahel Zini: Je suis née en Tchécoslovaquie devenue malheureusement hongroise. Mon père était avocat, ma mère était d’une famille aisée. Nous étions des Juifs assimilés. Nous vivions dans un château, dans un village de 350 personnes, entourés d’amis chrétiens. Nous avions même le téléphone, la radio et une voiture!

J’avais 22 ans quand la guerre a éclaté.

Lph : Comment se sont alors comportées vos relations chrétiennes ?

R.Z.: Je garde en mémoire un souvenir qui va répondre à votre question. Nous vivions donc dans un château mais il a fallu que nous partions pour le ghetto, comme tous les Juifs. J’avais une très bonne amie qui, la veille de notre entrée dans le ghetto, m’a proposé de garder mes robes. Je lui ai répondu que ce n’était pas la peine: si je revenais vivante, je voulais avoir de quoi m’habiller. Elle est revenue le soir même en insistant. Je les lui ai donc confiées. Une autre amie chrétienne m’a raconté qu’elle l’avait rencontrée avec une de mes robes et lui a demandée pourquoi elle portait mes vêtements. Si elle avait répondu »elle est morte », j’aurais compris, mais elle a répondu »il y a longtemps qu’elle est crevée »….

Lph: Vous avez ensuite été déportée ?

R.Z.: J’ai été déportée avec ma mère et ma sœur enceinte de six mois. Mon père avait été réquisitionné déjà avec les autres hommes valides du ghetto.

Quand nous avons été déportées nous étions 85 personnes dans un wagon où il y a avait la place pour trois chevaux. Il n’y avait que des vieillards, des handicapés, des enfants, des femmes qui allaitaient, des femmes enceintes.

Une petite fille de 8 ou 9 ans qui était dans le wagon a demandé: »c’est maintenant que le gaz arrive? ». Sur les 85 personnes présentes, personne n’a répondu, c’était terrible… En effet, nous savions, nous avions entendu à la radio ce qui se passait pour les Juifs déportés.

On a continué jusqu’à Auschwitz. Une fois arrivés, nous avons ouvert le wagon et nous avons malheureusement sortis plusieurs cadavres…On entendait des cris, des coups.

Un vieil ami de notre famille avait dans sa main une paire de chaussures montantes pour hommes, très bonnes: il me les a tendues et m’a dit »là où je vais, je n’en aurais pas besoin ». Il me les a données. C’était très dur.

Lph: Que s’est-il passé sur place ?

R.Z.: On nous a demandé de nous déshabiller complètement et de bien ranger nos vêtements et nos chaussures pour les retrouver.

Nous sommes alors arrivées sur une place au milieu de laquelle était assis un homme très gros avec des gants jusqu’aux coudes: c’était Josef Mengele. Nous passions notre première sélection. Les micros hurlaient: »Celle qui va à droite aura un litre de lait et un pain entier par jour! ». Je vois que celles qui vont là-bas sont les jeunes mères et les handicapés. Je dis à ma mère que nous devons aller à gauche. Elle était réticente mais finalement, nous partons à gauche. Nous avons alors bénéficié d’un premier miracle: si nous étions parties à droite nous ne serions probablement plus là.

Je passe, comme toutes, nue, devant Mengele, pour la sélection. Nous sommes conduits dans une grande salle avec des pommeaux de douche au plafond. On était à peu près 800 femmes nues dedans. Les nazis se sont mis aux fenêtres et ont crié: »Le gaz arrive! ». Les femmes se sont précipitées vers la porte: plusieurs sont mortes piétinées. Heureusement c’était de l’eau tiède qui est sortie des douches. Nous ne nous sommes pas lavées, nous avons bu cette eau: on ne nous avait rien donné à boire depuis 48 heures! On nous a ensuite rasé la tête.

En sortant on nous a donné un morceau de savon sur lequel était inscrit RIF. Apres plusieurs heures de réflexion, nous avons compris qu’il s’agissait des initiales allemandes de »pure graisse juive ». Nous avons donc enterré ces savons: ils étaient les corps de nos coreligionnaires…

Nous sommes entrées ensuite dans la bicoque qu’ils nous ont donnée après nous avoir tatoué le numéro sur le bras. Ils nous injectaient du chrome avec des seringues complétement rouillées pour que nous ne puissions pas avoir d’enfant. Dans la nourriture, que l’on recevait dans des boites de conserve rouillées, ils mettaient aussi des produits dont de la levure pour que nos ventres gonflent.

Lph: Vous êtes restées à Auschwitz tout le temps ?

R.Z.: Nous avons été amenées dans un camp de travail près de Cracovie. On portait toute la journée des pierres de 20 kg. Un jeune kapo juif d’une vingtaine d’années qui nous surveillait, trouvait que ma mère ne courait pas assez vite. Il lui a donné une gifle qui lui a éclaté une veine. Ma mère a riposté: »tu n’as pas honte! Je pourrais être ta mère! ». Il lui a répondu: »Si tu savais les expériences sexuelles que je dois subir depuis des années par la femme SS avec qui je vis, tu comprendrais que je suis devenu un sauvage pareil ».

Un beau jour, ils nous ramènent à Auschwitz. On était désespérées. On savait que le pire nous attendait. Nous passons une deuxième sélection avec Mengele. On avait sur nous la robe rayée sans sous-vêtements. Cette robe était composée d’un tiers de tissu, d’un tiers d’orties et d’un tiers des cheveux des Juifs. Il fallait passer toute nue, les mains en l’air. J’avais un furoncle sous le bras dû au manque de vitamine. Ma mère avait demandé à une amie anesthésiste de me l’ouvrir. Je n’ai pas levé les bras complétement, ma blessure risquait d’être fatale pour moi. Mengele a crié : »reviens celle qui n’avait pas les deux mains en l’air ! » Comme j’étais dans une foule, je ne suis pas revenue et j’ai pu passer. Encore un miracle…

Puis on nous a emmenées en Allemagne. Nous étions crasseuses avec des robes déchirées. Nous devions être formées pour le travail par trois ingénieurs. J’ai surpris une de leur conversation. L’un disait: »ce sont des cadavres, ce n’est pas de la main-d’œuvre! Il faut les renvoyer à Auschwitz ». Son collègue lui a rétorqué : »tu es prêt à avoir leur mort sur la conscience si on les renvoie ? ». Alors ils nous ont gardées. Ce fut un miracle !

Si nous faisions notre tâche, nous recevions le soir une tranche de pain composé de trois quarts de farine et un quart de sciure de bois.

Lph : De quoi avez-vous le plus souffert ?

R.Z.: Les coups ne me faisaient rien. La faim était le plus terrible. Une nuit, je ne pouvais pas dormir, tellement j’avais faim. Alors je me suis dit: je ne mange pas ma tranche de pain le matin, je la cache sous le matelas pour la manger le soir avant de dormir. On dormait à trois sur un lit de 80 cm. Je reviens le soir, je ne trouve pas ma tranche de pain. Je m’énerve dans toutes les langues que je connaissais accusant mes camarades de vol! Ma mère devient blanche: c’était elle qui l’avait mangée…

Lph : Comment êtes-vous sorties d’Auschwitz ?

R.Z.: Je suis sortie du camp avec ma mère. Dès le départ, nous savions que ma sœur ne survivrait pas… Quand le vent a commencé à tourner pour les nazis, on nous a entassées à 25 dans un wagon ouvert. Il faisait froid. Nous avions pour deux jours un morceau de pain et une bouteille d’eau. Le matin on s’aperçoit que les Anglais ont bombardé le train. La marche de la mort a alors commencé à travers toute la Forêt Noire. Le dernier jour, ils nous ont donné des macaronis crus et pas d’eau comme nourriture…

Puis les soldats américains sont arrivés. Ils nous ont emmenées dans un hôtel luxueux. Les officiers américains juifs nous ont donné tout ce dont on pouvait rêver: des chaussures confisquées aux allemands, de la nourriture! Je me souviens que j’avais envie de gruyère, un officier américain m’a apporté un gruyère entier!

Des Yougoslaves ont arraché les rideaux de l’hôtel pour nous coudre des robes tout de suite.

Lph : Comment avez-vous rencontré votre mari dans ce contexte ?

R.Z.: Les Américains nous emmenaient danser tous les soirs. Quand ils sont partis, nous étions un peu désemparées. L’armée française a pris leur place. Les soldats français étaient beaucoup plus affaiblis, eux aussi par la faim et la dureté de la guerre. Le 14 juillet, il était impensable que nous ne sortions pas danser! Nous avons donc invité les Juifs de l’armée française. C’est ainsi que j’ai connu mon mari, aumônier. Nous nous sommes mariés dans notre château d’avant-guerre.

Puis nous sommes partis en Algérie. Pour moi, c’était un monde qui avait 50 ans de retard sur l’Europe. Mon fils ainé Eliahou est nommé d’après mon père.

Je me suis bien adaptée au monde séfarade. Je ne connais que peu d’ashkénazes aujourd’hui! J’ai aimé la chaleur et la convivialité de cette culture.

Lph : Aujourd’hui vous vivez en Israël. Est-ce l’accomplissement de votre vie ?

R.Z.: Pendant 40 ans, mon mari a été Rabbin. Nous avons fait notre alya il y a 10 ans. Mon mari aurait voulu venir plus tôt. Je suis heureuse de vivre en Israël. Quand nous sommes arrivés en France d’Algérie, nous vivions dans deux pièces de 45 m2 avec nos six enfants. Aujourd’hui nous devons mesurer la beauté de notre pays et des gens qui l’habitent !

Propos recueillis par Avraham Azoulay écrit par Guitel Benishay LPH

« Le plus dur ce n’était pas les coups ni le froid, c’était la faim « 

(Source : Chiourim.com)

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