Photos inédites de la libération de la vieille ville / La vie de David Ben Gourion

On y découvre le Premier ministre et le président de l’époque, au moment où ils foulent pour la première fois l’esplanade ainsi que d’autres clichés qui étaient restés jusqu’à présent inconnus du grand public.

Libération de la vieille ville: la bibliothèque nationale diffuse des photos inédites

David Ben Gourion arrive au Kotel le 11-06-67

Le président Zalman Shazar prie au Kotel le 11-06-67

Le président Zalman Shazar prie au Kotel le 11-06-67

Le rabbin de Tsahal, Shlomo Goren

Le rabbin de Tsahal, Shlomo Goren

Premier contact avec le Kotel

Premier contact avec le Kotel

Photos inédites de la libération de la vieille ville

(Source : JForum)

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DAVID BEN GOURION. PORTRAIT D’UN VISIONNAIRE JUIF

Résultat de recherche d'images pour "photos de David Ben Gourion enfant" David Ben Gourion jeune – (Płońsk, Pologne, 1886 -Tel-Aviv 1973)

À l’époque de sa naissance, Plonsk se trouve dans la partie de la Pologne (Royaume de Pologne ou Royaume du Congrès) relevant de l’Empire russe.

En 1906, un jeune Juif polonais arrive en Palestine, armé d’une certitude inébranlable : la liberté, les Juifs ne peuvent l’obtenir que sur la terre d’Israël, en créant un État souverain. David Ben Gourion considérera toujours que son existence ne prit son sens véritable que lorsqu’il débarqua à Jaffa en septembre 1906.

Cadet d’une famille de cinq enfants, David Gruen est né dans une bourgade située à 60 km de Varsovie, où les Juifs formaient la majorité de la population. Si rien ne distinguait ce shtetl de centaines d’autres localités du même type à l’intérieur de la « zone de résidence » russe où vivent environ cinq millions de Juifs, la famille du futur David Ben Gourion est quelque peu atypique. Contrairement à leurs voisins qui demeurent fidèles à l’orthodoxie religieuse la plus stricte, les Gruen sont sensibles aux idées modernisatrices de la Haskalah et sont d’ardents soutiens des Amants de Sion (Hovevei Tzion), un mouvement né dans les années 1881-1882 pour encourager la présence juive en Palestine. Ils développent chez le jeune David le goût de l’étude de la Bible et de la langue hébraïque, qui ne sont pas sans incidence sur sa vocation sioniste. Celle-ci s’éveille très tôt. À 14 ans, après avoir acquis les rudiments de l’enseignement religieux dans l’école juive traditionnelle, David Ben Gourion fonde l’association Ezra, vouée à la dissémination de l’hébreu parmi la jeunesse. Ce geste est de nature éminemment politique : promouvoir l’hébreu comme langue parlée, et donc refuser le yiddish, qui est la principale langue de communication des Juifs d’Europe orientale, c’est symboliquement marquer la volonté de revenir à Sion et de refuser l’exil. David Ben Gourion se tiendra strictement à cette ligne, militant activement après son installation en Palestine pour que toutes les délibérations et publications de son parti, le Poalei Tzion (Ouvriers de Sion), se fassent en hébreu.

C’est au cours d’un séjour à Varsovie en 1905 qu’il découvre cette formation politique qui défend un curieux mélange de marxisme et de nationalisme juif. D’emblée, il devient un orateur remarqué mais il est très vite persuadé que l’avenir du sionisme ne se joue pas en Diaspora, mais en Palestine. En août 1906, il s’embarque à Odessa à destination de Jaffa.

Fidèle à l’idée cardinale du sionisme de « retour à la terre », il s’engage comme travailleur agricole dans les nouveaux villages juifs créés dans les années 1880. L’expérience la plus déterminante a lieu en Galilée, où les implantations ont introduit un mode de fonctionnement collectif et se sont dotées d’organisations armées d’autodéfense, deux éléments qui préfigurent le kibboutz. Cultiver la terre ne l’enthousiasme toutefois que modérément. Sa vraie passion, c’est la politique. En 1910, il rejoint Jérusalem, où il dirige avec son inséparable ami Yitzhak Ben Zvi – futur second président de l’État d’Israël –, le journal Ha-Achdout (l’Unité), organe du parti Poalei Tzion. Il signe ses articles d’un nouveau nom, Ben Gourion, en hommage au défenseur de Jérusalem contre les légions romaines en 70 de notre ère. Inlassablement, il répète que la communauté juive de Palestine doit s’organiser comme une force politique puissante. La révolution jeune-turque de 1908 entretient l’espoir d’une réforme de l’Empire ottoman dont le projet sioniste pourrait profiter. David Ben Gourion choisit de « s’ottomaniser ». En 1911, il rejoint Salonique pour apprendre le turc avant de gagner Istanbul, où il étudie le droit durant trois ans. Mais cette stratégie d’ouverture est un échec : en mars 1915, il est expulsé de Palestine – où il s’était réfugié lors du déclenchement de la Première Guerre mondiale – dans le cadre d’un vaste mouvement de répression mené par les autorités turques contre les sionistes.

Résultat de recherche d'images pour "photos de David Ben Gourion enfant"David Ben Gourion en 1917

Il gagne New York, où il investit toute son énergie dans le mouvement He-Haloutz, dont l’objectif est de préparer les jeunes Juifs à immigrer en Palestine. Les résultats sont fort modestes. À la suite de la déclaration Balfour (2 novembre 1917) sur l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif, il gagne l’Égypte (1918) et s’enrôle dans la Légion juive formée de bataillons juifs intégrés à l’armée britannique mais ne participe pas aux combats pour la libération de la Palestine conduits par le général Allenby. Son ascension politique commence avec l’instauration de l’administration britannique sur la Palestine.

Méthodiquement, David Ben Gourion consolide son pouvoir sur trois fronts. D’abord, il œuvre pour l’unification politique des différents groupuscules du mouvement ouvrier en Palestine, devant notamment résister à la fin des années 1920 aux conceptions opposées de Vladimir Jabotinsky. Cet objectif sera atteint en 1930 avec la constitution du Mapai (parti des Ouvriers d’Eretz Israël), qui dominera la vie politique israélienne jusqu’en… 1977. En 1921, David Ben Gourion prend la tête d’une nouvelle organisation, la Histadrouth (fondée en 1920), qui devient le véritable agent de structuration de la société juive en Palestine. Ce « syndicat » intervient aussi bien dans le domaine social (cliniques, restaurants collectifs, Bourses du travail…) qu’économique en contrôlant les implantations agricoles, les coopératives de distribution et de consommation et une multitude d’entreprises. Il gère un réseau d’écoles, des journaux, des clubs sportifs et, surtout, une armée clandestine, la Haganah, dont le rôle deviendra de plus en plus important au fur et à mesure que les relations avec la population arabe se tendent. La Histadrouth fonctionne comme une préfiguration de l’État juif encore à venir. Enfin, en 1933, David Ben Gourion prend le contrôle de l’Organisation sioniste, qui rassemble, au niveau mondial, les Juifs favorables à la création d’un foyer national.

Image associée David Ben Gourion avec sa femme Paula, qu’il épousa en 1917

Désormais, les sionistes-socialistes de David Ben Gourion ont la haute main sur la direction politique de la nation juive. Logiquement, il devient en 1935 le président de l’exécutif de l’Agence juive, c’est-à-dire, de fait, le chef du « quasi-gouvernement » juif en Palestine. Dès lors, il va pousser la revendication sioniste un cran au-dessus. Sous la pression conjuguée de la dégradation du climat politique en Palestine avec le déclenchement de la grande révolte arabe en 1936, de la montée de l’antisémitisme en Europe et de la publication par Londres en 1939 du Livre blanc qui contingente strictement l’immigration, David Ben Gourion s’engage résolument dans ce qu’il nomme le sionisme combattant : multiplication des villages juifs – accélération de l’immigration – renforcement de la Haganah, l’armée clandestine. Il s’agit de hâter l’établissement d’un État juif, un objectif qui, David Ben Gourion en est persuadé, requiert le soutien de la puissance montante, les États-Unis. En pleine guerre, il passe plus d’une année en Amérique pour convaincre les Juifs américains et le gouvernement de soutenir la création d’un État juif. Un travail de conviction qui s’avérera fort précieux lorsque l’Assemblée générale de l’O.N.U. se prononcera en ce sens en novembre 1947.

Résultat de recherche d'images pour "photos de David Ben Gourion enfant"David Ben-Gurion, entouré des membres du gouvernement provisoire, proclame la Déclaration d’indépendance dans le hall du musée de Tel Aviv, le 14 mai 1948. (Crédit : bureau de presse du gouvernement israélien)

La bataille diplomatique est menée prioritairement par le leader sioniste Chaïm Weizmann. David Ben Gourion, pour sa part, se consacre, dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, à la lutte politique et militaire contre la Grande-Bretagne en encourageant l’immigration illégale des rescapés juifs du génocide nazi et en supervisant les opérations de sabotage contre les forces britanniques. Cette pression constante pousse Londres à renoncer au mandat sur la Palestine. David Ben Gourion ne laisse pas passer l’occasion et proclame la création d’unÉtat juif souverain le 14 mai 1948. C’est ce jour-là que Ben Gourion lit la déclaration d’indépendance de l’Etat d’Israël dont il deviendra le premier chef de gouvernement. Pour réaliser ce rêve qui paraît totalement utopique au début du xxe siècle, il faudra une obstination peu commune et une force d’engagement rare, deux qualités dont David Ben Gourion saura faire preuve tout au long de sa vie.

ben gourion

La guerre avec les États arabes voisins commence immédiatement,  mais David Ben Gourion, désormais Premier ministre et ministre de la Défense, a préparé la jeune armée formée par l’unification des forces clandestines à cet assaut Tsahal, qui est la réunion de la Haganah, le Lehi et l’Irgoun, dissoute peu de temps après, accusée de préparer un coup d’état. Il suit de très près les opérations militaires. Israël sort finalement vainqueur de cette première confrontation militaire. Dès lors, Ben Gourion n’aura de cesse de travailler sur l’agrandissement de l’état et d’y assurer une majorité juive aussi large que possible.

Résultat de recherche d'images pour "photos de David Ben Gourion enfant"

David Ben Gourion restera 13 ans à la tête du gouvernement, de mai 1948 à juin 1963. À ce poste, il s’attache méthodiquement à consolider l’État. L’enseignement est nationalisé, les Bourses du travail transférées à l’État. Ce dernier devient l’agent par excellence de la fusion des immigrants, qui affluent par centaines de milliers, en un ensemble national cohérent. David Ben Gourion engage aussi le jeune État dans des négociations avec la République fédérale d’Allemagne, qui aboutissent en 1952 aux accords de réparation, incluant indemnisation pour les victimes du nazisme et dédommagement collectif pour Israël. (Source : Encyclopédie Larousse)

Ben Gourion occupe, hormis une césure en 1954 et 55, le poste de premier ministre de 1948 à 1963 ; il renforce relations diplomatiques avec l’occident et en particulier la France, visant à renforcer la politique de défense. Il organisait gagne la guerre du Sinaï contre l’Egypte et se rapproche de la Turquie. Il démissionne une dernière fois, des suites de l’affaire Lavon (organisation d’attentats anti-occidentaux en Egypte dans lesquels il est impliqué). Il participe à la vie politique israélienne jusqu’à sa mort en 1973, à l’âge de 84 ans. Petit de taille, mais doté d’une forte personnalité et d’un charisme impressionnant, David Ben Gourion a marqué l’histoire du pays et même de son époque entière de par son authenticité et son acharnement.

Tombe de David Ben Gourion au kibbouts de Sdé Boker, dans le cadre grandiose d’un canyon du Néguev

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