Les 10 commandements, version temps modernes

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vidéo : Yoni Shlomo chante « La Torah & les Nations » (Torah-Box)


Chavouot

Un moment d’éternité

avec Raphaël SADIN

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Aujourd’hui plus que jamais, le Décalogue offre au monde des messages d’une actualité surprenante

La fête de Chavouot, qui commémore le jour où Dieu a donné la Torah sur le Mont Sinaï, est l’occasion idéale de découvrir le message ô combien contemporain des Dix Commandements.

1. Je suis l’Éternel ton Dieu…

Nous vivons à l’ère du relativisme culturel. Le sécularisme a eu pour conséquence de reléguer la morale au rang de simple préférence personnelle.

Le péché, le Mal, les mauvaises actions : ces mots ne veulent plus rien dire dans notre monde où rien ne fait désormais figure de vérité absolue. Bien au contraire. Aujourd’hui, la critique d’une malversation ou de mœurs dépravées est immédiatement stigmatisée comme de l’intolérance et de la bigoterie.

Comment en sommes-nous arrivés à une telle inversion des valeurs ? Dostoïevski l’a bien compris lorsqu’il écrit dans Les Frères Karamazov : « Si Dieu n’existe pas, alors tout est permis. »

« Je suis le Seigneur ton Dieu » est le premier des dix commandements car sans ce pré-requis, rien de ce qui suit n’a de sens. De même, sans croyance en Dieu, l’humanité perd toute raison d’agir en qualité d’êtres humains dignes de ce nom, car créés à l’image de Dieu.

2. Tu n’auras point d’autres dieux que Moi…

Lorsque nos héros ne sont plus définis par leurs vertus mais par leur valeur financière, alors nous servons de faux dieux. Nous idolâtrons des magnats de la finance, et décidons de mener des vies ayant pour seule fin de remplir nos comptes bancaires, et de laisser nos esprits en friche.

C’est dans cet esprit mercantile que nous insufflons à nos enfants l’objectif de la réussite, pour ensuite la définir en des termes vides de toute aspiration spirituelle.

Il suffit de comparer les salaires de nos enseignants et de nos dirigeants spirituels à ceux des magnats de la finance, des idoles sportives et des grandes figures du music-hall pour discerner sans aucune difficulté qui sont les idoles du monde actuel.

Pour croire en Dieu, il faut impérativement rejeter tous les faux dieux de notre société qui étouffent la voix de notre conscience et l’effervescence de notre âme.

3. Tu ne prononceras point le nom de Dieu en vain

Rien n’est plus tragique que le Mal perpétré au nom de Dieu. Ce genre de crime salit toutes les religions, car il associe au Tout-Puissant l’attribut de méchanceté.

C’est ce troisième commandement qui est si effrontément violé par tous les actes de terrorisme commis soi-disant « au nom de Dieu ».

Aucune personne réellement croyante ne pourra jamais admettre qu’un Dieu de bonté approuve l’abattage à bout portant d’un enseignant dans la fleur de l’âge ainsi que trois enfants purs et innocents à l’entrée d’une école. Aucun homme doué de foi ne pourra jamais croire qu’un Dieu de miséricorde consente au placement d’explosifs sur la ligne d’arrivée d’une course de marathon, de sorte que des coureurs innocents perdent leurs jambes et que des passants tout aussi innocents soient aussi mutilés à vie ou tués. Aucun honnête serviteur de Dieu ne pourra jamais diffamer Son saint Nom en l’utilisant pour justifier des attentats-suicides et des meurtres horribles, devenus les exemples du fanatisme religieux du XXIème siècle.

Dieu nous a ordonné dans des termes sans équivoque de ne jamais abuser de Son Nom pour le Mal, ni pour justifier un acte hostile.

4. Souviens-toi du jour du Chabbath pour le sanctifier

Le Chabbath est bien plus qu’un banal jour de congé. Durant les six premiers jours de la semaine, nous nous impliquons dans le monde matériel qui nous entoure. Ces six jours représentent les six directions cardinales : l’est, l’ouest, le nord, le sud, en haut, en bas. Quant au septième jour, il ne se borne pas à ces critères physiques ; c’est un jour consacré à notre propre intériorité.

Pendant ces six jours, la matérialité, notre corps, ont la primauté. Le septième jour est dévolu à l’épanouissement de notre spiritualité, à la culture de notre âme.

Le Chabbat, cette journée tournée vers une vision plus élevée de notre vrai moi en tant que quêteur de la contemplation et de l’union avec Dieu, nous permet d’atteindre le but de tous nos efforts.

Le monde foisonnant de la technologie ne laisse pas de repos ou de moment pour l’introspection. Le battage incessant des mails, SMS, et autres navigations sur internet constituent des armes de distraction massive !

Serions-nous capables de mettre un terme à leur contrôle apparemment illimité de nos vies ?

Le commandement du Chabbath nous prouve qu’il est non seulement possible, mais même obligatoire d’y mettre le holà. Ainsi le Chabbath nous permet-il non seulement de renouer avec Dieu, mais aussi avec nous-mêmes.

5. Honore ton père et ta mère…

De nos jours, les gens ont bien plus peur de vieillir que de mourir…

L’âgisme… C’est le terme qui a été inventé pour qualifier les stéréotypes négatifs visant les personnes âgées dans nos sociétés modernes. Lorsque la Bible parle des « Anciens d’Israël », elle vient désigner les individus les plus sages de la société. Aujourd’hui, l’âge est identifié à une forme d’incapacité ainsi que de déchéance physique et mentale. Être vieux dans notre culture est souvent perçu comme une malédiction.

On voit ici le fossé béant d’avec la vision biblique, qui exige le respect de l’âge et les témoignages d’honneur dus notamment à ses propres parents. Comment se fait-il que tous les adolescents d’aujourd’hui soient tellement certains d’en savoir beaucoup plus sur la vie que ceux qui les ont élevés ? Et pourquoi est-ce que chaque enfant a automatiquement droit à tout ce qu’il exige de la part de ses parents, mais que lorsque les parents se retrouvent des années plus tard dans le besoin, ils se voient si souvent refuser l’aide qu’ils ont accordée sans compter à leurs enfants ?

Étrangement, le devoir d’honorer ses parents apparaît sur la table de la loi consacrée aux commandements régissant la relation entre l’homme et Dieu. Pourquoi cela ? Et les rabbins de répondre que nos parents ont le mérite d’avoir participé à notre création, au même titre que Dieu Lui-même.

6. Tu ne tueras point

Le meurtre est interdit, quelle que soit sa motivation. Le XXème siècle a été le témoin de la légitimation du meurtre de masse pour des raisons raciales. Seuls les Aryens de sang pur se voyaient accorder le privilège de vivre par les dirigeants barbares du Troisième Reich. Pour sa part, la civilisation du XXIème siècle est aux prises avec ceux qui justifient le meurtre par des motifs religieux. Or ces deux types de menaces pesant sur le devenir du genre humain sont clairement désignés et pourfendus par le sixième commandement.

7. Tu ne commettras point d’adultère

Il fut un temps où les gens avaient compris que mariage rimait avec engagement et que les vœux de fidélité mutuelle étaient les meilleurs garants d’un bonheur durable.

Il fut un temps où les gens avaient compris que le véritable amour était un pré-requis nécessaire à une sexualité authentique et que les kiddouchin (le mot hébreu pour désigner la sainteté du mariage) étaient le moyen idéal de sceller l’union parfaite entre un homme et une femme.

Il faut bien du courage pour défier une culture qui célèbre la promiscuité sexuelle et glorifie son obsession de la pornographie. La société sexualisée à outrance environnante force nos jeunes à croire que le plaisir physique est notre plus grand atout et que la performance sexuelle l’emporte sur la droiture,  l’intelligence et toutes autres réalisations humaines. Sexe facile, drague permanente menant à des adultères occasionnels : la société contemporaine a échangé le septième commandement contre la licence et l’immoralité – et tant pis si le prix à payer se compte en foyers brisés, en fantasmes inassouvis et en souffrance issues du non-respect des lois divines que Dieu nous a enseignées pour atteindre le vrai bonheur.

8. Tu ne voleras point

Pour le Talmud, le vol ne se résume pas seulement à s’accaparer illégalement la propriété d’autrui. En fait, nous volons notre prochain à chaque fois que nous ne remplissons pas nos obligations, comme par exemple quand nous ne fournissons pas tout le travail attendu que ce soit en qualité comme en quantité, et alors même que nous en percevons un salaire donné.

Pas étonnant que les sociologues nous affirment aujourd’hui que le vol est devenu un problème national de proportion endémique. Une agence spécialisée a même calculé que le « vol de temps » coûtera par exemple à l’économie américaine près de 70 milliards de dollars par an. Le «vol de temps» est défini comme « les actions délibérées des employés qui résultent d’une mauvaise utilisation du temps, à la fois massive et croissante, et du gaspillage en résultant. Voici quelques exemples de vol de temps : arriver en retard au travail, quitter plus tôt, prendre des jours de maladie injustifiés, papoter sans limite avec les collègues, transformer la machine à café en salon de causerie, ne pas porter l’attention nécessaire dans la tâche à accomplir , lire des romans et des magazines au boulot, gérer sa propre entreprise informelle pendant les heures de travail, déjeuner au bureau puis sortir pour « l’heure du déjeuner » , passer des appels téléphoniques personnels excessifs, rêver, faire de longues et fréquentes pauses café ou fringale, etc. »

Peu importe notre emploi, si nous ne sommes pas assez consciencieux pour l’accomplir au mieux de notre capacité, nous violons le huitième commandement.

9. Tu ne porteras point de faux témoignage

Les mots sont des armes. Ils peuvent parfois guérir, mais ils peuvent aussi tuer. Le faux témoignage est stigmatisé du même côté des Tables de la loi que le péché du meurtre. Et c’est une erreur de croire que ce commandement ne se préoccupe que des témoignages donnés dans une salle d’audience. Beaucoup plus souvent, il s’agit d’un péché commis sur une base quotidienne par le biais de discours négatifs, de calomnie, de rumeurs malveillantes et de ragots blessants.

Les mots peuvent détruire des réputations. Ils peuvent tuer des amitiés. Ils peuvent blesser leurs victimes plus sévèrement qu’une peine d’emprisonnement prononcée par un juge dans un tribunal.

Les ragots, comme dit plus haut, ne sont pas moins que de la boue sociale pour les oreilles. Pourtant, dans notre culture d’aujourd’hui, il est le principal objectif de nos médias et le thème constant de nos conversations. Pour la Torah, c’est bien plus qu’un péché : c’est une maladie, une maladie semblable à la lèpre, et qui exigeait que les coupables de diffamation soient punis d’isolement.

Il est bon de se rappeler ce fameux aphorisme de Eleanor Roosevelt : « Les grands esprits discutent des idées ; les esprits communs discutent des événements ; les esprits étroits discutent des personnes ».

10. Tu ne convoiteras point

C’est le dernier commandement : nos commentateurs expliquent qu’il est censé nous mener au plus haut niveau de sainteté. Il exige non seulement que nous contrôlions nos actions et nos paroles, mais même nos pensées. Il vise un défaut universel de l’homme, et annonce pourtant très clairement que nous pouvons le surmonter.

Si le désir de quelque chose est fondé sur le besoin que l’on en a, alors sa réalisation emporte la satisfaction. Si le but cependant est simplement d’avoir plus que les autres, alors nous sommes condamnés à la déception et à toujours plus de frustrations. Il y a toujours quelqu’un qui a quelque chose que nous n’avons pas – ce qui est suffisant pour susciter en nous l’envie de ne pas se contenter de ce qui est nôtre. C’est pourquoi la convoitise consume celui qui la pratique.

Dans un sens plus profond, ceux qui convoitent ne veulent pas reconnaitre cette vérité suprême : il y a assez d’abondance dans ce monde pour satisfaire les besoins de chacun. Pourtant il n’y aura jamais assez pour satisfaire la cupidité des gens.

Chavouot nous a apporté ce cadeau du Décalogue. Aucun autre résumé de droit n’a si brillamment synthétisé une ordonnance pour vivre une vie à la fois épanouissante et spirituellement enrichissante. Et c’est sans doute la raison pour laquelle ces lois ont été données en tant que commandements, et non pas seulement à titre de suggestions.

Les 10 commandements, version temps modernes

(Source : Aish.fr)

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