Législatives : un suppléant « En Marche » bientôt jugé pour agressions sexuelles

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Certains des journalistes qui ont joué à plein le jeu de Macron se rendent compte du machiavélisme du nouveau président et commencent à changer de ton…

Décidément, l’image pacifiste et lisse dont voulait se parer LREM est en train de se gâter. Une pétition circule actuellement pour évincer Alain Brevet (au centre de la photo ci-dessus) qui va bientôt être jugé pour des affaires de viols dont il a oublié de parler lorsqu’on lui a proposé d’être suppléant.

Il y a aussi l’affaire Bayrou dont la justice semble s’occuper et qui vient de susciter des débats passionnés dans la presse pour les irrégularités de son parti le Modem, dans l’utilisation d’une ou plusieurs attachées parlementaires à temps partiel aux frais de la Commission européenne. Bayrou, qui vient de proposer une loi de « moralité de la vie publique » s’est contenté de fournir de fades explications et de se payer le luxe de contacter un journaliste pour lui demander de calmer le jeu. Il est sorti tout sourire du dernier Conseil des ministres en compagnie du 1er ministre. Pendant ce temps, Richard Ferrand semble sortir son épingle du jeu bien qu’une nouvelle affaire soit en train d’alourdir son cas.

Mais l’imposture LREM s’étale sur le flanc législatif : les Français qui se sont largement abstenus aux élections législatives, commencent à faire part de leur grogne, et la presse se fait l’écho de quelques dérives. On savait déjà qu’un candidat REM s’était distingué pour violences conjugales et à présent c’est un violeur en série qui sort du bois.

L’affaire Alain Brevet est amplement détaillée dans le Parisien : suppléant d’Isia Khalfi, qualifiée dans la 1ère circonscription des Hauts-de-Seine (Colombes – Gennevilliers – Villeneuve), il était déjà convoqué dès le lendemain du premier tour devant le tribunal de Nanterre.

« C’est un très gros caillou dans la chaussure d’Isia Khalfi, candidate (LREM) dans la 1ère circonscription des Hauts-de-Seine (Colombes – Gennevilliers – Villeneuve). Son suppléant, Alain Brevet, est en effet aux prises avec la justice dans une affaire d’agressions sexuelles. Mis en examen, le marcheur était même convoqué lundi, au lendemain du premier tour, devant le tribunal correctionnel de Nanterre pour en répondre.

L’affaire remonte à l’époque où Alain Brevet dirigeait un foyer du comité d’aide aux réfugiés à Bois-Colombes. Trois salariées avaient saisi la justice pour dénoncer des viols commis d’avril 2010 à mars 2012. L’information judiciaire ouverte à la suite de ces plaintes avait conduit à la mise en examen d’Alain Brevet puis à son renvoi devant le tribunal correctionnel, décidé en août dernier. »

Il doit comparaître au début de l’année prochaine.

« S’ils n’avaient été requalifiés en agressions sexuelles, les faits reprochés l’auraient mené aux assises. C’est finalement devant le tribunal correctionnel qu’il en répondra. Son procès a été renvoyé au 5 mars 2018, à la demande d’une partie civile empêchée.

Isia Khalfi, arrivée en tête au premier tour (29,6%), tombe des nues. ‘Nous l’avons appris samedi soir’, raconte la ‘candidate. Un électeur nous a appelés après avoir vu le nom d’Alain Brevet sur un bulletin de vote. Il nous a prévenus qu’il était concerné par une affaire’. »

Une version appuyée par Laurianne Rossi, la référente départementale En Marche ! :

« Nous découvrons les faits qui lui sont reprochés. Si nous avions eu des soupçons sur ses agissements, nous ne l’aurions évidemment jamais choisi comme suppléant », affirme celle qui est aussi candidate sur la 11e circonscription (Montrouge – Malakoff – Bagneux).

« J’ai oublié de parler de cette affaire lorsque l’on m’a proposé d’être suppléant »

Le principal intéressé lui-même confirme avoir dissimulé ses ennuis judiciaires au mouvement d’Emmanuel Macron. « J’ai caché cette affaire à En Marche ! depuis le début, assure Alain Brevet. J’ai oublié d’en parler lorsque l’on m’a proposé d’être suppléant. Pour moi, cette affaire devait être réglée ce lundi. J’espérais un non-lieu (NDLR : une relaxe) pour expliquer que les soupçons qui pesaient sur moi étaient levés. »

Il assure aussi avoir conscience du tort qu’il porte désormais à sa candidate titulaire. « Je regrette maintenant de n’avoir rien dit car cela porte préjudice à Isia Khalfi, reprend Alain Brevet. Elle n’a rien à se reprocher, et n’était absolument pas au courant. »

Sur le fond du dossier, il refuse de « donner plus de détail avant d’avoir consulté son avocat » mais assure que « sa femme est au courant de l’affaire et m’apporte son soutien inconditionnel. Elle a une confiance totale en moi. »

Coincée par le silence républicain durant le week-end dernier, l’équipe de campagne, qui « ne connaît pas les détails de l’affaire », n’a pas pu « réagir publiquement » mais a pris des mesures radicales. «Nous l’avons exclu de la campagne sur-le-champ, tonne Isia Khalfi. J’ai coupé tout contact avec lui. »

En pleine campagne d’entre-deux-tours, les conséquences politiques pourraient être désastreuses. « Je ne crois pas que cela remette en cause la bonne campagne qu’Isia a menée et la sincérité de sa candidature. Elle a tout notre soutien », assure Laurianne Rossi. « Et je rappelle qu’il y a la présomption d’innocence. » « Si je suis élue, je ferai en sorte qu’il ne siège jamais à l’Assemblée nationale », promet de son côté Isia Khalfi.

La candidate communiste enfonce le clou

« Le meilleur moyen d’en être sûr, c’est de ne pas l’élire » tacle Elsa Faucillon, l’adversaire (PCF) d’Isia Khalfi au deuxième tour. « Il savait qu’il allait être jugé, c’est irresponsable de sa part de se présenter, quel que soit le verdict » cingle-t-elle, tout en affirmant « tenir à la présomption d’innocence. »

« Je trouve qu’Isia Khalfi réagit avec beaucoup de légèreté compte tenu de la fonction à laquelle elle aspire, enfonce encore Elsa Faucillon. Cela prouve les limites du système Macron. En réalité, les gens ne se connaissent pas. »

Ainsi, de nouvelles questions se posent quant aux investitures données à la sauvette à de parfaits inconnus qui ont évincé les ténors de l’Assemblée et qui deviendront sous peu députés au terme du résultat qui sortira des urnes le 18 juin : ces potentiels élus qui dans leur grande majorité n’ont aucune compétence politique, auront-ils les qualités de haute moralité requise pour proposer et voter les lois au nom du peuple français, dont plus de la moitié a boudé le scrutin ?

Si comptablement LREM rafle la quasi-totalité des sièges de l’Assemblée nationale, au nom d’une poignée de 15% d’électeurs qui les yeux fermés a donné à ce parti les pleins pouvoirs, les plus hautes responsabilités et la majorité législative absolue, à plusieurs niveaux, le doute s’installe quant au bon fonctionnement de cette classe de novices… qui sera au mieux et au pire une armée de fantoches et une chambre d’enregistrement des décisions du Prince.

En quelque sorte, la démocratie est en danger.

Les institutions de la Vème République viennent de faire éclater au grand jour leurs failles et leurs limites.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Nancy Verdier pour Dreuz.info.

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