20 juin 1899 : naissance de Jean Moulin – 21 juin 1943 : arrestation du résistant – 8 juillet 1943, Jean Moulin décède à la suite d’interrogatoires jalonnés d’atroces tortures infligées par les nazis

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Le père de Jean Moulin est enseignant laïc (professeur d’Histoire géographie) à l’Université populaire de Bézier. Jean Pierre Moulin naît le 20 juin 1899 à Bézier. Il est le petit-fils d’un insurgé de 1851. (Coup d’État du 2 décembre 1851 : acte par lequel, en violation de la légitimité constitutionnelle, Louis-Napoléon Bonaparte, alors président de la République française depuis trois ans, conserve le pouvoir à quelques mois de la fin de son mandat, alors que la Constitution de la Deuxième République lui interdisait de se représenter.)

Il passe une enfance paisible en compagnie de sa sœur Laure et de son frère Joseph (qui meurt d’une pneumonie en 1907), et s’adonne à sa passion pour le dessin, où il excelle, au point de pouvoir vendre dessins, aquarelles ou caricatures à des journaux (ce qui ne plaisait pas à son père). Il fréquente le lycée Henri-IV de Béziers, ou il est un élève moyen. Plus tard, et dans la lignée de son père, élu conseiller général de l’Hérault en 1913 sous la bannière radicale-socialiste, Jean Moulin se forge de profondes convictions républicaines, suivant avec assiduité la vie politique nationale.

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Jean Moulin enfant © Coll. Escoffier-Dubois, Musée du Général Leclerc

En 1917, il s’inscrit à la faculté de droit de Montpellier. Son père l’introduit alors dans le milieu politique. Il est nommé attaché au cabinet du préfet de l’Hérault, sous la présidence de Raymond Poincaré. Mobilisé le 17 avril 1918, Jean Moulin est affecté au 2ème régiment du génie (basé à Metz après la victoire). Après une formation accélérée, il arrive dans les Vosges, à Charmes, le 20 septembre et s’apprête à monter en ligne quand l’armistice est proclamé. Il est envoyé successivement en Seine-et-Oise, à Verdun, puis à Chalon-sur-Saône ;  il est tour à tour menuisier, terrassier, téléphoniste aux 7e et 9e régiments du génie. Il est démobilisé début novembre 1919 et se présente tout de suite à la préfecture de Montpellier, où il reprend ses fonctions le 4 novembre 1919. La qualité de son travail l’amène à être promu chef-adjoint de cabinet fin 1920. En 1921, il obtient sa licence en droit. Parallèlement, il devient vice-président de l’assemblée générale des étudiants de Montpellier (section locale de l’UNEF) et membre des Jeunesses laïques et républicaines.

Jean Moulin aura une histoire d'amour avec la peintre Antoinette Sachs, juste avant la guerre.

Jean Moulin artiste

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Jean Moulin, artiste avant d’être un héros

Jean Moulin

Le 6 février 1922, il entre dans l’administration préfectorale en tant que chef de cabinet du préfet de la Savoie, à Chambéry, poste très important pour son âge, sous la présidence d’Alexandre Millerand. De 1925 à 1930, il est sous-préfet d’Albertville. Il est à l’époque le plus jeune sous-préfet de France, sous la présidence de Gaston Doumergue. En septembre 1926, il se marie avec Marguerite Cerruti ; mais celle-ci s’ennuie dans la sous-préfecture et quitte Jean Moulin pour aller vivre à Paris ; il demande le divorce et l’obtient deux ans plus tard.

En 1930, il est promu sous-préfet de 2e classe à Châteaulin, dans le Finistère. Il y fréquente des poètes locaux comme Saint-Pol-Roux à Camaret et le poète et peintre  Max Jacob à Quimper. Il est reçu chez le sculpteur Giovanni Leonardi et commence à collectionner les tableaux et à dessiner sous le pseudonyme de « Romanin » ; il s’essaie aussi à la céramique. Il est également illustrateur du morlaisien Tristan Corbière  pour son recueil de poèmes Armor. Parallèlement, il publie des caricatures et des dessins humoristiques dans la revue Le Rire et dans Candide sous le pseudonyme de Romanin. Sa passion pour l’art et notamment l’art contemporain s’exprime aussi à travers son amitié pour Max Jacob et sa collection de tableaux où sont représentés Chirico, Dufy et Friesz.

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Jean Moulin avec Pierre et Nena Cot, en Autriche, en février 1934

En décembre 1932, Pierre Cot le nomme chef adjoint de son cabinet aux Affaires étrangères sous la présidence de Paul Doumer. En 1933, il est sous-préfet de Thonon-les-Bains et occupe parallèlement la fonction de chef de cabinet de Pierre Cot au ministère de l’Air, sous la présidence d’Albert Lebrun. Il est promu sous-préfet de 1re classe, et le 19 janvier 1934, il est nommé sous-préfet de Montargis, mais n’occupe pas cette fonction, préférant demeurer au cabinet de Pierre Cot. Au début avril, il est rattaché à la préfecture de la Seine et s’installe à Paris. Le 1er juillet 1934, il prend ses fonctions de secrétaire général de la préfecture de la Somme à Amiens, fonctions qu’il va quitter deux ans plus tard en juin 1936. Cette même année, il est à nouveau nommé chef de cabinet de Pierre Cot, au ministère de l’Air du Front populaire, et avec le ministre, conformément à la politique décidée par Léon Blum, il aide clandestinement les républicains espagnols en leur envoyant des avions et des pilotes. Il participe à cette époque à l’organisation de nombreux raids aériens civils comme la traversée de l’Atlantique sud par Maryse Bastié, la course Istres-Damas-Le Bourget.

En janvier 1937, à l’âge de trente-huit ans, il est nommé préfet de l’Aveyron ; c’est à l’époque le plus jeune préfet de France. Ses actions en faveur de l’aviation lui permettent de passer cette même année du génie à la réserve de l’Armée de l’air. Il est affecté à partir de février 1937 à la base de Marignane avec le grade de caporal-chef (mars 1937), puis en février 1938 au bataillon de l’air n° 117, basé à Issy-les-Moulineaux. Il est nommé sergent de réserve le 10 décembre 1938.

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En janvier 1939, il est nommé préfet d’Eure-et-Loir à Chartres. Après la déclaration de guerre, il demande à plusieurs reprises à être dégagé de ses fonctions de préfet, persuadé, comme il l’écrit, que sa « place n’est point à l’arrière, à la tête d’un département essentiellement rural ». Il se porte donc candidat à l’école des mitrailleurs en allant à l’encontre de la décision du ministère de l’Intérieur. Il passe sa visite médicale d’incorporation à l’école le 9 décembre 1939 sur la base 117 d’Issy-les-Moulineaux. Il est déclaré inapte le lendemain pour un problème de vue. Il force alors le destin en exigeant une contre-visite à Tours qui, cette fois, le déclare apte. Mais le ministère de l’Intérieur l’oblige dès le lendemain à reprendre immédiatement son poste de préfet, d’où il s’emploie, dans des conditions très difficiles, à assurer la sécurité de la population. Devant l’arrivée imminente des Allemands dans Chartres, Jean Moulin écrit à ses parents, le 15 juin 1940 : « Si les Allemands — ils sont capables de tout — me faisaient dire des choses contraires à l’honneur, vous savez déjà que cela n’est pas vrai».

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Il est arrêté le 17 juin 1940 par les Allemands parce qu’il refuse d’accuser une troupe de tirailleurs sénégalais de l’Armée française d’avoir commis de prétendues atrocités envers des civils à La Taye, un hameau de Saint-Georges-sur-Eure, en réalité victimes de bombardements allemands. Frappé à coups de poing et enfermé pour refus de complicité avec les Allemands, il tente de se suicider en se tranchant la gorge avec un débris de verre. Il évite la mort de peu et conserve ensuite une cicatrice qu’il cache sous un foulard. En raison de ses idées républicaines marquées à gauche, il est révoqué par le régime de Vichy du maréchal Pétain le 2 novembre 1940 et placé en disponibilité. Il se met alors à la rédaction de son journal, Premier combat, où il relate sa résistance contre les nazis à Chartres de manière sobre et extrêmement détaillée ; ce journal sera publié à la Libération et préfacé par le général de Gaulle.

Résultat de recherche d'images pour "photos de Jean Moulin soldat"Jean Moulin ( à droite ) avec son groupe et son lieutenant ( en uniforme noir)

Refusant l’occupation nazie et décidé à entrer dans la clandestinité, il quitte Chartres le 15 novembre 1940 et s’installe dans sa maison familiale de Saint-Andiol, dans les Bouches-du-Rhône, d’où, pressé par le besoin de « faire quelque chose », il s’impose deux buts : tout d’abord il veut se rendre compte de l’ampleur de la Résistance française et ensuite aller à Londres afin d’engager les pourparlers avecla France libre. Il possède une fausse carte d’identité au nom de Joseph Mercier (prénom hommage à son frère décédé), professeur de droit. Il s’installe à Marseille, à l’Hôtel Moderne et rencontre, dans plusieurs villes du Midi, des résistants parmi lesquels Henri Frenay, le chef du mouvement de Libération nationale, ainsi qu’Antoinette Sachs, qui lui facilite les contacts.

Après avoir réussi à obtenir un visa et un faux passeport, le 9 septembre 1941, il rejoint l’organisation de résistance la France libre à Londres, en passant par l’Espagne et le Portugal. Il est reçu par Charles de Gaulle, à qui il fait un compte rendu de l’état de la Résistance en France et de ses besoins, notamment financiers et en armement. Jean Moulin impressionne vivement Charles de Gaulle, en qui il reconnaît « un très grand bonhomme. Grand de toutes façons.» À Londres, il suit un entraînement pour apprendre à sauter en parachute, tirer au pistolet et se servir d’un poignard. À l’issue de quelques entretiens, il est envoyé à Lyon par de Gaulle pour unifier les mouvements de la Résistance.

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Misant sur l’ambition et les capacités de réseau de Jean Moulin, de Gaulle en fait son délégué civil et militaire pour la zone libre (moitié sud de la France) ; il le charge d’unifier sur le territoire français les trois principaux mouvements de résistance,  Combat, dirigé par Henri Frenay, Franc-Tireur et Libération-Nord-Libération-Sud, ainsi que tous leurs différents services (propagande, renseignements, sabotage, entraide), afin d’en faire une armée secrète chaperonnée par les Forces Françaises Libres, entièrement placées sous les ordres du général. Avec des ordres de mission, des moyens financiers et de communication radio directe avec le général de Gaulle à Londres, il est parachuté, en compagnie de Raymond Fassin et Hervé Monjaret, au cours d’une opération Blind (à l’aveugle), dans les Alpilles, dans la nuit du 31 décembre 1941 au 1er janvier 1942 à 15 km de Saint-Andiol qu’il rejoint à pied. Il prend le pseudonyme évocateur de Rex dans la Résistance. Pour accomplir sa mission, Jean Moulin rencontre, entre autres, Henri Frenay à Marseille et Raymond Aubrac à Lyon. Il est aidé dans sa tâche par Daniel Cordier qui s’occupe de la logistique, et par Colette Pons.

Le 27 novembre 1942, est créé le Comité de coordination de la Zone Sud à Collonges-au-Mont-d’Or, dans le but de coordonner, avec la mouvance communiste, les trois mouvements principaux de résistance de la zone libre ; ce regroupement donne ensuite naissance aux Mouvements unis de la Résistance   (le MUR) (membre du directoire et secrétaire général : Pierre Dumas) le 26 janvier 1943 lors d’une réunion au domicile d’Enri Deschamps à Miribel (en banlieue lyonnaise). Dans ce nouveau mouvement, Jean Moulin cherche, non sans mal, à contenir les velléités de commandement d’Henri Frenay, chef du mouvement Combat, d’Emmanuel d’Astier de la Vigerie, chef de Libération-Sud, et de Jean-Pierre Lévy, chef de Franc-Tireur.

Jean Moulin utilise ensuite ses dons artistiques pour se créer une couverture de marchand de tableaux et ouvre la galerie d’art « Romanin » — pseudonyme d’artiste de Jean Moulin — au 22,  rue de France, à Nice. En février 1943, il retourne rendre compte de sa mission à Londres avec le général Delestraint, chef de l’Armée Secrète (AS) choisi d’un commun accord par les mouvements de résistance et par le général de Gaulle pour diriger uniquement leurs actions militaires sous l’ordre direct de ce dernier. Toutefois, si les mouvements de résistance ont accepté l’unification des mouvements pour améliorer leur efficacité ainsi que leur financement, leurs chefs n’acceptent que difficilement la tutelle militaire de Londres : Henri Frenay en particulier souhaite garder le contrôle de la résistance intérieure et mène une violente campagne contre le général Delestraint, dont il refuse de reconnaître l’autorité à la tête de l’Armée secrète.

Le 14 février 1943, Jean Moulin va à Londres rendre compte de sa mission à Charles de Gaulle qui le décore de la croix de la Libération et le nomme secrètement ministre membre du Comité national français et seul représentant de ce comité pour l’ensemble du territoire métropolitain. Il revient en France le 21 mars 1943, en atterrissant de nuit à Melay, chargé de créer le CNR (le Conseil national de la Résistance), tâche complexe, car il est toujours peu reconnu par les mouvements de résistance. En particulier le responsable de la zone Nord, Pierre Brossolette, suscite bien des difficultés. Cependant, les sujets de discorde sont résolus, et la première réunion en séance plénière du CNR se tient à Paris, 48, rue du Four, le 27 mai 1943.

Jean Moulin parvient à se faire admettre comme chef du CNR qui réunit les dirigeants de tous les groupes de la résistance française. Le CNR représente alors l’unité des forces résistantes françaises aux yeux des Alliés et l’embryon d’une assemblée politique représentative. Le CNR reconnaît en de Gaulle le chef légitime du gouvernement provisoire français et souhaite que le général Giraud  prenne le commandement de l’armée française. Moulin participe, avec le mouvement Franc-Tireur, à la création du maquis du Vercors, également  contesté par les hommes de Combat. Cependant les motifs d’inquiétude s’accumulent : le commandant Henri Manhès est arrêté à Paris en mars 1943, quelques mois avant l’arrestation du général Charles Delestraint, l’Armée secrète est décapitée, et Jean Moulin lui-même se sait traqué, comme il l’écrit au général de Gaulle : « Je suis recherché maintenant tout à la fois par Vichy et la Gestapo qui n’ignore rien de mon identité, ni de mes activités. Ma tâche devient donc de plus en plus délicate, alors que les difficultés ne cessent d’augmenter. Si je venais à disparaître, je n’aurais pas eu le temps matériel de mettre au courant mes successeurs. »

Maison « du docteur Dugoujon » à Caluire-et-Cuire, banlieue de Lyon

L’arrestation de Jean Moulin fait encore à ce jour l’objet de nombreuses interrogations. À l’issue d’investigations et de manipulations menées par différents services allemands, elle intervient dans le contexte des fortes tensions entre composantes de la Résistance et dans celui de communications entre les services de renseignements de l’administration de Vichy, de la Résistance et de l’Allemagne.

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Klaus Barbie

Cette opération a lieu le 21 juin 1943 à Caluire, dans la « maison du docteur Dugoujon » (en fait louée par le docteur Dugoujon), où s’est tenue une réunion avec plusieurs responsables de la Résistance dont André Lassagne, Albert Lacaze, Raymond Aubrac et Bruno Larat. La venue de René Hardy à la réunion alors qu’il n’y est pas convoqué a amené nombre de résistants à suspecter ce dernier d’avoir, par sa présence, indiqué à Klaus Barbie le lieu précis de cette réunion secrète. René Hardy *, arrêté puis relâché par la Gestapo quelques jours auparavant, est d’ailleurs le seul à s’évader lors de cette arrestation, n’étant pas menotté mais ayant eu juste les poignets entravés par de simples liens. René Hardy est accusé après guerre d’avoir dénoncé Jean Moulin aux Allemands, et comparaît dans un procès en 1947.

Le 21 juin, convoqués par  Jean Moulin à la suite de l’arrestation de Delestaint,  les dirigeants des MUR se réunissent chez le docteur  Frédéric Dugoujon, à Caluire-et-Cuire, dans la banlieue de Lyon : Jean Moulin, André Lassagne, Raymond Aubrac, Henri Aubry, Bruno Larat, le colonel Emile Schwarzfeld et le colonel Albert Lacaze. Sur ordre de Bénouville, appuyé par Claude Bourdet et Jacques Baumel, Henri Aubry convainc Hardy, très réticent, de venir l’appuyer de ses dons de débatteur. Un des buts de la réunion est de désigner le nouveau chef de l’Armée Secrète. Il faut absolument que ce soit un proche de Combat.

Un premier groupe arrivé à l’heure est installé au premier étage par le Docteur, Jean Moulin, Raymond Aubrac et Schwarzfeld sont emmenés par la bonne dans la salle d’attente. Le SD « service de la sécurité » allemand fait irruption dans la maison et arrête tous les gens présents. Mis hors de cause, les vrais patients ont été relâchés. Des résistants appréhendés ce jour-là, Aubry (après torture et interrogatoire) est remis en liberté, le 13 décembre 1943, Lacaze et Dougoujon (sur non-lieu après procès) le 17 janvier 1944. Moulin, Lassagne, Larat et Schwarzfeld restent aux mains de l’ennemi, seul Lassagne reviendra de déportation. Aubrac s’évadera grâce à sa femme Lucie. Hardy, le seul à avoir les mains ligotées par un « cabriolet » corde à nœuds terminée par deux morceaux de bois utilisée pour lier les mains des prévenus. (les autres sont menottés), parvient à s’enfuir mais est finalement arrêté par la police française chez une amie où il s’était réfugié. Soigné à l’hôpital militaire allemand de la Croix-Rousse, il parvient à s’en évader.

Jean Moulin, arrêté dans la maison louée par le docteur Dugoujon à Caluire le 21 juin 1943 avec les autres responsables de la Résistance et enfermé à la prison Monluc à Lyon. Après avoir été identifié, il est quotidiennement conduit au siège de la Gestapo, à l’Ecole de santé, avenue Berthelot, à Lyon,  afin d’être interrogé et torturé par le chef de la Gestapo, Klaus Barbie. Il est ensuite transféré à la Gestapo de Paris, avenue Foch. Officiellement, Jean Moulin meurt de ses blessures le 8 juillet 1943, en gare de Metz, dans le train Paris-Berlin, mais l’acte de décès allemand, daté du 8 juillet 1943 et indiquant Metz comme lieu de décès, est rédigé six mois plus tard, le 3 février 1944. Quant au certificat de décès, il est rédigé le 25 juillet 1943, ce qui laisse planer un doute sur les circonstances de sa mort. Le 9 juillet 1943, le corps d’« un ressortissant français décédé en territoire allemand » — présumé être Jean Moulin — est rapatrié à Paris, gare de l’Est, et aussitôt incinéré. L’urne contenant ses cendres est ensuite déposée au cimetière du Père-Lachaise, case 10137, avec pour seule mention « Inconnu incinéré, 09-07-43 ». En 1945, sa famille fait déplacer cette urne dans le carré de la Résistance du cimetière. L’urne est finalement transférée au Panthéon, en 1964. Jean Moulin est considéré comme l’un des principaux héros de la Résistance et honoré par plusieurs monuments.

Dans une note datée du 1er juin 1946, le général de Gaulle rend hommage à la conduite héroïque de Jean Moulin, alias Max : « MAX, pur et bon compagnon de ceux qui n’avaient foi qu’en la France, a su mourir héroïquement pour elle. Le rôle capital qu’il a joué dans notre combat ne sera jamais raconté par lui-même, mais ce n’est pas sans émotion qu’on lira le JOURNAL que Jean Moulin écrivit à propos des évènements qui l’amenèrent, dès 1940, à dire NON à l’ennemi. La force de caractère, la clairvoyance et l’énergie qu’il montra en cette occasion ne se démentirent jamais. Que son nom demeure vivant comme son œuvre demeure vivante ! » Plus tard, dans ses Mémoires de guerre, Charles de Gaulle rend de nouveau hommage à Jean Moulin en ces termes : « Cet homme, jeune encore, mais dont la carrière avait déjà formé l’expérience, était pétri de la même pâte que les meilleurs de mes compagnons. Rempli, jusqu’aux bords de l’âme, de la passion de la France, convaincu que le  « gaullisme » devait être, non seulement l’instrument du combat, mais encore le moteur de toute une rénovation, pénétré du sentiment que l’État s’incorporait à la France Libre, il aspirait aux grandes entreprises. Mais aussi, plein de jugement, voyant choses et gens comme ils étaient, c’est à pas comptés qu’il marcherait sur une route minée par les pièges des adversaires et encombrée des obstacles élevés par les amis. Homme de foi et de calcul, ne doutant de rien et se défiant de tout, apôtre en même temps que ministre, Moulin devait, en dix-huit mois, accomplir une tâche capitale. La Résistance dans la Métropole, où ne se dessinait encore qu’une unité symbolique, il allait l’amener à l’unité pratique. Ensuite, trahi, fait prisonnier, affreusement torturé par un ennemi sans honneur, Jean Moulin mourrait pour la France, comme tant de bons soldats qui, sous le soleil ou dans l’ombre, sacrifièrent un long soir vide pour mieux « remplir leur matin ».

C’est grâce à des gens comme Jean Moulin, et ils furent nombreux, à résister aux nazis, que nous avons pu naître français. Soyons donc reconnaissants à tous ces résistants qui ont fait que la France ait pu vivre et continuer à rayonner jusqu’il y a peu. louyehi

Description de cette image, également commentée ci-après

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Le général de Gaulle entouré de Pierre Messmer, Georges Pompidou et André Malraux lors du transfert au panthéon des cendres de Jean Moulin

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 Quelques jours avant l’arrestation dans la maison du docteur Dugoujon, le 7 juin 1943, dans le train Lyon-Paris, Hardy qui a rendez-vous avec Jean-Guy Bernard afin d’organiser le sabotage-Fer en zone Nord, est reconnu par Jean Multon, résistant retourné accompagné de Bobby Moog, agent français de L’Avwehr-Dijon. Moog arrête Hardy et le confie à la Feldgendarmerie de Chalon-sur-Saône. Remontés dans le train, Moog et Multon arrêtent à Paris le général Delestraint, Joseph Gastaldo et Jena-Louis Théobald. Le 10 juin 1943, Hardy est pris en compte par  Klaus Barbie, chef du service SD IV du KdS  de Lyon. Nul ne sait ce qui s’est exactement passé, sinon que finalement Barbie libère Hardy. Hardy *revoit ses compagnons auxquels il se garde bien d’avouer cet épisode. Plus tard, dans les locaux du KdS, il croise Edmée Delestraz, agent du colonel Groussard.

En août 1943, Hardy reprend contact avec ses camarades résistants. Malgré les bruits désobligeants qui circulent à son sujet, il est caché par Marcel Degliame. À la requête de Claude Bourdet, il est interrogé par un commissaire de police ami de Moulin. Au NAP-Fer, il est remplacé par La Combe. Le nouveau chef de l’AS est un membre de Combat. Les successeurs de Jean Moulin n’éveillent pas l’ire des chefs de la Résistance intérieure en zone Sud. Dans l’équipe de Bénouville, Hardy effectue des missions à Paris, auprès de Castellane et Richard qu’il met en contact avec Jean Gemähling, chef du service de renseignement des MUR. En août 1944, Hardy passe en Afrique du Nord avec Lydie Bastien. A la requête de Frenay par la Sécurité Militaire de Paul Paillole, il rejoint le Commissariat au rapatriement qu’il suit à Paris après la Libération.  Hardy est nommé directeur technique du ministère des prisonniers, déportés et réfugiés.

Le 12 décembre 1944, accusé d’avoir eu avec l’ennemi des contacts ayant abouti à l’arrestation de Delestraint et des conjurés de Caluire, Hardy est arrêté. Défendu par Maurice Garçon, soutenu par Frenay, Baumel, Bourdet, Bénouville, Albert Camus, (alors rédacteur en chef de Combat), en dépit du témoignage à charge de Lazare Rachline, convaincu de sa culpabilité, il est acquitté, faute de preuve, par la cour de justice de la Seine, le 24 janvier 1947. Mais malgré son double acquittement, la responsabilité de Hardy dans l’affaire de Caluire reste soumise à controverse, de nombreuses personnalités impliquées ou non dans l’affaire ayant émis des témoignages ou des analyses contradictoires, sur divers éléments du dossier. On a longtemps confondu causes et circonstances de l’affaire. Le général Charles Delestraint fut arrêté par Moog et Multon, le 9 juin. Or, les mêmes Moog et Multon avaient arrêté Hardy dans le train de Paris dans la nuit du 7 au 8. Il est avéré que René Hardy n’était pas au courant du rendez-vous de Delestraint que Multon avait appris en relevant une boîte aux lettres d’Henri Aubry.Trouvé en septembre 1944 dans les locaux du KdS de Marseille, le rapport Flora (rédigé le 19 juillet 1943 par Ernst Dunker), mentionne que Didot arrêté le 9 juin 1943 dans le Lyon-Paris, a permis les arrestations de Caluire. Trouvé en octobre 1946, dans les archives des Affaires étrangères de Berlin, le second rapport Kaltenbrunner, daté du 29 juin 1943, révèle qu’Hardy, retourné dès son arrestation dans le Lyon-Paris, a livré le plan de sabotage SNCF et contribué à de nombreuses arrestations, pas seulement celles de Caluire.

Hardy est un résistant qui, certes, pendant deux ans, a rendu d’immenses services à la France. Mais à compter de sa réapparition du 12 juin 1943, son comportement est devenu bizarre. Les mensonges des protagonistes de ce drame ont noyé l’essentiel dans un tourbillon de détails contradictoires. Comment savoir à partir de quand, exactement, Hardy a été traité par les services allemands ? Dans quelle mesure a-t-il donné satisfaction à ses traitants ? Bien d’autres questions restent à ce jour sans réponse Aux yeux des historiens spécialisés, les deux rapports allemands pèsent très lourdement dans le sens de la culpabilité objective de René Hardy, quelles qu’aient pu être ses intentions personnelles. Daniel Cordier souligne que les reconstitutions de cette affaire ne sont que des hypothèses d’historiens, impossibles à prouver, dans l’état actuel des connaissances. Après la guerre, Hardy devient écrivain. Le plaidoyer de son avocat, Maurice Garçon, puis l’adaptation pour le grand écran d’Amère victoire par Nicholas Ray contribuèrent à sa notoriété littéraire dans les années 1950-1960. René Hardy est mort le 12 avril 1987 à Melle (Deux-Sèvres).

(Source : Wikipedia)

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