Calais : le retour de l’Art Dégénéré, signe des temps, imposé à nos contemporains…

Je suis une incorrigible ringarde, une immonde réactionnaire, une fieffée passéiste : je n’aime pas l’Art Contemporain. La honte m’habite de ne pas frémir d’extase devant l’oeuvre Merde d’Artiste de l’italien Piero Manzoni, jolie boîte de conserve sensée contenir les excréments du créateur et adjugée parfois jusqu’à plus de 200 000 € dans les ventes aux enchères branchées, ou devant une vieille serpillière puante intitulée pompeusement Passé Urinesque… Je fais le désespoir de mes amis bobos qui s’échinent à me traîner dans des expos conceptuelles. « Con-quoi ? », « CONCEPTUELLES, t’es bête ou tu le fais exprès ? ». Non, je ne le fais pas exprès, je m’ennuie à mourir dans leurs musées dédiés à l’Art Con- temporain. Il m’arrive même d’oser leur dire « c’est moche » d’une voix étouffée sachant pertinemment qu’ils vont me répondre que non, ce n’est pas moche, c’est juste que tu n’aimes pas, que tu ne comprends pas et puis ça veut dire quoi « moche » , peux-tu me définir le Beau ? Comme je ne vais pas leur ressortir l’Article de l’Encyclopédie sur le Beau de Diderot auquel ils ne comprennent rien, je me contente de prendre la fuite vers la cafétéria du musée où on sert un excellent expresso.

Lassée de ces expérimentations artistiques, j’ai adopté une attitude radicale, je ne fréquente plus ni les bobos ni les temples de l’Art Contemporain. Depuis, je me sens beaucoup mieux.

Tu avances ou tu recules, comment veux-tu que je te module ?

Manque de chance, la maire de Calais, Natacha Bouchart, a découvert récemment les joies de l’Art Contemporain lorsque le gribouilleur milliardaire Bansky est venu se fendre sur quelques murs lépreux de la ville de quelques dessins promouvant le « vivre-ensemble » et fustigeant les « inqualifiables violences policières ». Depuis, c’est le bonheur ! Avec la venue de l’été, les Calaisiens ont droit chaque année à une exposition urbaine d’œuvres contemporaines. Les trottoirs et les places s’ornent de bonbons géants en plastique, d’éléphants à paillettes ou en capsules de bière ou encore de monumentaux lapins jaunes en résine.

Cette année, Calais a encore gagné le pompon du mauvais goût. Natacha Bouchart, pourtant plus connue pour son amour des gazons fleuris que des œuvres conceptuelles a offert les trottoirs de la ville aux Simonnet, joyeux couple spécialisé depuis les années soixante-dix dans l’Art Modulaire, ce qui consiste à faire s’enfiler des petites œuvres pour en créer de grandes… tout est affaire d’enfilage dans l’Art Contemporain. La location des modules en question est diluée dans un budget global de 700 000€ destiné aux animations d’été. Je vous laisse deviner qui se fait enfiler dans cette histoire.

Face à la mairie, devant un beffroi déjà passablement phallique, s’élèvent trois érections en résine, jaune, rouge et noire. Faut-il y voir un reflet de la diversité dans une ville où le « vivre-ensemble » n’engendre que du bonheur ? Parfois, un goéland facétieux lâche sa fiente au sommet d’une des sculptures polymorphes, évoquant à s’y méprendre un reliquat d’éjaculation. Les clandestins photographient la chose sur leur Iphone dernier cri, en riant comme des bossus. Les mères cachent les yeux des enfants qui demandent innocemment :  «Maman, pourquoi y a des zizis dans la rue ? ».

Au détour d’un boulevard, une autre sculpture baptisée Anasphère ouvre ses béances au regard ébahi du badaud tandis que d’étranges bêtes suceuses en résine blanche ressemblant vaguement à des ténias en goguette attirent les chiures de mouettes indélicates. Plus loin, devant le Sex shop, un enfilage de capsules évoque à s’y méprendre un plug anal…

La ville est fière d’accueillir les auteurs de ces sculptures monumentales, les Simonnet, qui se définissent eux-mêmes comme des bousiers en créant des œuvres à partir d’herbe séchée et en en révélant le con-tenu con-ceptuel. De l’Art scatologique en quelque sorte ou juste… de la m….

Clodovéa Malle

Calais : le retour de l’Art Dégénéré

(Source : Riposte laïque)

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