L’ESPERANCE EN UN MONDE MEILLEUR auquel les Hommes ont le devoir de contribuer activement – Expliquer les Juifs et le judaïsme aux non-juifs et aux Juifs non initiés au judaïsme

____________LA COLOMBE DE LA PAIX_____________

Camerounais Main Dans La MainCamerounais Main Dans La Main

La lumière d’Israël brillera un jour et la paix sera sur le monde ! 

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Image associéeDanse folklorique israélienne : la danse des jeunes filles de Jérusalem

Extraits du « Petit traité » de Claude Riveline, une présentation du judaïsme facile à lire car elle est succincte et claire, depuis les sources bibliques jusqu’aux problèmes contemporains. Claude Riveline est un ancien élève de l’Ecole polytechnique, ingénieur général des mines et professeur de gestion à l’Ecole des mines de Paris.

Le mot « Juif » désigne une grande variété de personnes. c’est ce qu’il y a de commun entre un diamantaire d’Anvers, un soldat israélien, un rabbin de Meknès ; entre Jésus, Freud et Einstein ; entre des agriculteurs de Judée d’il y a 2 000 ans, de riches marchands d’Amsterdam au Grand Siècle et de misérables colporteurs en Europe au XIXe siècle. A quoi il convient d’ajouter tous ceux qui se considèrent comme Juifs, même si d’autres Juifs ne les reconnaissent pas comme tels, soit parce qu’ils ont adopté une autre religion, soit parce que leur mère n’est pas juive, soit parce que leur conversion au Judaïsme n’est pas acceptée par tous. Mais la dimension juive de tous ces personnages se rattache à l’une ou l’autre des 3 origines : une tradition religieuse et savante, une tradition nationale, une tradition familiale.

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Toutefois, si différents qu’ils soient les uns des autres, ces Juifs ont en commun une longue histoire, sans doute l’une des plus anciennes de toutes les civilisations encore vivantes. Il ne reste plus d’Athéniens du temps de Socrate, plus de Romain du temps de César, mais un Juif de Jérusalem parle la même langue aujourd’hui qu’il y a 2 000 ans, étudie les mêmes textes et célèbre les mêmes fêtes.

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Yom Yerushalayim

Les Juif ont autre chose en commun : des adversaires. Jean-Paul Sartre, dans ses « Réflexions sur la question juive » (Gallimard, 1954), affirme même que la seule dimension commune à tous les Juifs est l’existence de l’antisémitisme. Je pense qu’il a tort. S’il est vrai que les persécutions révèlent leur Judaïsme à ceux qui l’auraient oublié, un destin juif est toujours associé à une certaine conception de l’Histoire, un projeet pour l’aventure humaine. C’est ce qu’on appelle usuellement le messianisme. La première énigme qu’offre l’existence des Juifs, avant leuer diversité, est leur survie. Or, leur histoire expliquerait plutôt leur disparition, soit par assimilation aux cultures ambiantes dans les bonnes périodes, soit par extermination dans les mauvaises.

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Leur survie s’explique selon moi par des raisons internes au peuple juif, à savoir, une fidélité extrême au projet messianique, et il importe donc de comprendre d’abord ce qu’il contient. En bref, c’est un programme de vie collective pour toutes les familles humaines qui doit réconcilier morale et politique, c’est-à-dire, le respect des personnes et le maintien de l’ordre, programme dont les personnages clés sont les figures bibliques d’Abraham et de Moïse. Les Juifs connaissent ce programme bien mieux que leur histoire, et c’est là qu’ils déchiffrent leur véritable identité. Avant d’avoir une histoire, les Juifs ont une mémoire.

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LES ORIGINES

Les Juifs sont parfois désignés comme le peuple du Livre. Le Livre en question est bien sûr la Bible, plus précisément la partie que les chrétiens appellent l’Ancien Testament. Dans cet ensemble de textes prophétiques, les Juifs portent une dévotion particulière aux 5 livres de Moïse, en grec, le Pentateuque et en hébreu, la Torah. Ecrite en hébreu et aujourd’hui encore à la main sur des rouleaux de parchemin, la Torah est au centre du culte de synagogues, elle est lue, chantée, étudiée, commentés par les Juifs dès leur plus jeune âge depuis des millénaires. Un enfant juif qui connaît par le menu les faits et gestes d’Abraham et de Moïse n’a que de vagues lueurs sur l’affaire Dreyfgus ou l’histoire du sionisme. Plutôt qu’une histoire, les Juifs ont une mémoire. Aussi, pour comprendre qui ils sont aujourd’hui, est-il important de savoir comment ils comprennent la Bible.

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Marc Chagall

La faute d’Adam et Eve

Dans la Bible, tout ce qui s’y passe doit être compris aussi à plusieurs niveaux, car la Torah est codée et ne livre ses secrets que lorsqu’elle est lue en hébreu, sans  traduction, laquelle est une sorte de « trahison » en soi, car l’hébreu est une langue bien spécifique qu’il faut décrypter et décortiquer mot après mot, aucune  répétition dans la bible n’est fortuite ; elle a une signification bien précise que l’on ne saurait deviner spontanément, de là l’étude minutieuse des textes que font les Juifs. Au premier degré, la Bible raconte la naissance du peuple juif à partir du récit de la création du monde et celle du premier couple adamique. Adam et Eve. Tout le monde se souvient de la faute de l’arbre de la connaissance du bien et du mal : le Créateur avait installé Adam et Eve dans une sorte de paradis, le jardin d’Eden, et leur avait tout permis sauf la consommation d’un certain fruit. Sur les conseils du serpent, Eve, puis Adam, mangent du fruit défendu et sont chassés du jardin.

De ce récit, la tradition juive retient des idées fondamentales sur l’homme, sa liberté et ses devoirs. Tout d’abord, il résulte de ce récit que toute l’humanité descend du même couple, ce qui interdit toute discrimination, tout racisme. Une conséquence pratique est que n’importe quel être humain peut, s’il le veut vraiment, se convertir au judaïsme.

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Une autre conséquence est que l’homme est invité à obéir à D.ieu et qu’il a donc la liberté de désobéir. Chose étrange : le Tout-Puissant ne sait pas ce que l’homme va faire. Il y a entre le Créateur eet sa créature un dialogue problématique, comme entre deux associés. D.ieu, après avoir créé une ébauche du monde en 6 jours, confie à l’homme le soin d’achever cette création. Mais Il ne s’en désintéresse pas. Adam et Eve étaient prévenus : « Si vous désobéissez, vous serez punis. » A l’inverse des dieux de l’Olympe qui frappent selon leur fantaisie, le D.ieu des Juifs apparaît comme un partenaire exigeant, mais loyal.

Le fruit de l’arbre n’est associé, dans la tradition juive, ni au péché de chair, ni à la science comme dans le mythe de Prométhée. Beaucoup de commentateurs pensent que ce fruit était quelconque. Il avait pour seule vertu d’obliger Adam et Eve à bien regarder chaque fruit, à s’interroger sur sa nature avant de se l’approprier. On retrouve cette préoccupation dans les règles de la nourriture casher, qui occupent une grande place dans la vie des Juifs pratiquants d’aujourd’hui. Être attentif à ce que l’on voit, fût-ce un aliment, est un impératif présent dans toute la suite du texte biblique.

L’arc-en-ciel rappelle celui apparu dans les cieux à la suite du déluge biblique par lequel D.ieu indiquait qu’il faisait la promesse de ne plus détruire le monde entier par les eaux.

Les 70 nations de la terre et le déluge

Tout le monde connaît l’arche de Noé et la colombe au rameau d’olivier qui annonça la fin de la colère divine. Ce que l’on sait moins, c’est la raison pour laquelle D.ieu s’était résolu à détruire l’humanité. Le texte indique que la violence s’était installée parmi les hommes, violence caractérisée notamment par le fait que les plus forts enlevaient les femmes qu’ils trouvaient à leur goût. Cette génération vivait dans une sorte d’anarchie et aboutit à une impasse.

Noé et sa famille en réchappent. Ils ont mis longtemps à fabriquer leur navire, ce qui devait susciter la perplexité de leurs contemporains et les alerter sur l’imminence du châtiment divin : le D.ieu de la Bible prévient toujours. Par ailleurs, Noé apporte la preuve que le mérite d’un seul individu peut sauver l’humanité, ou du moins permettre à l’Histoire de suivre son cours. Chaque Juif est invité à se dire à tout instant qu’il est peut-être celui-là.

Le texte rapporte qu’après le déluge, les 3 fils de Noé, Sem, Cham et Japhet eurent de nombreux descendants, et 17 noms sont explicitement cités. Ce nombre de 70 désigne dans toute la tradition juive celui des nations initiales du monde. On trouve, par exemple, dans cette liste, des fils de Cham, Canaan et Mitsraïm, appellation hébraïque de l’Egypte, et un fils de Japhet, Yavan, qui deviendra la Grèce. La tradition juive prête à ces 70 nations une authenticité, une importance dans la réussite de l’Histoire comparable à celle des Juifs. Ceci est par exemple attesté par le fait que le grand Sanhédrin, le tribunal suprême de Jérusalem, ne pouvait valablement délibérer que si ses membres parlaienet à eux tous les 70 langues de la terre.

Les noms des fils de Noé indiquent leur manière d’être : « Chem » veut dire « le nom ». C’est de là que vient le mot « sémite », qui englobe notamment les Juifs.Il évoque la singularité de chaque sujet, la préoccupation d’un sens. « Cham » évoque la chaleur, l’énergie, c’est-à-dire la prééminence des forces naturelles. « Japhet » évoque la beauté. En bénissant ses 3 fils, Noé met clairement Cham en état de subordination par rapport aux deux autres et confie à Japhet le soin de veiller à lapaix entre tous les hommes. Il s’agit d’un idéal d’harmonie, que l’on associe notamment à la culture grecque classique.

D.ieu n’avait donné aucun ordre aux hommes depuis Adam et Eve. Cela change avec Noé. La tradition juive enseigne (ce n’est pas très explicite dans le texte biblique) que les nations de la terre reçoivent alors 7 commandements, les fameux commandements noa’hides (du nom hébraïque de Noé) :

  • interdiction du meurtre,
  • du vol,
  • du blasphème,
  • de l’idolâtrie,
  • des unions illicites
  • de manger la chair d’un animal vivant
  • obligation d’établir des tribunaux

Ce code est confié à Japhet pour son apostolat à l’usage de l’humanité entière. L’existence de ces lois noa’hides explique l’attitude de la tradition juive à l’égard du non-juif, et notamment sur le problème des conversions. Un non-juif qui respecte ces 7 commandements peut atteindre un degré de perfection égal ou supérieur à celui du meilleur des Juifs, lequel est astreint, non pas à 7, mais à 613 commandements, qui portent sur les moindres détails de son comportement. Les rabbins découragent donc les candidats à la conversion en leur faisant valoir qu’il vaut mieux rester un bon Gentil que de devenir un mauvais Juif.

La tour de Babel

Après l’épisode de la tour de Babel où l’unité factice de l’humanité tourne résolument le dos aux aberrations qui ont conduit au déluge, et elle entreprend de construire une ville et une tour qui matérialisent son unité. Mais la violence est tournée contre D.ieu, car cette tour devait atteindre le ciel. Le récit de la Tour de Babel fournit un bon exemple de la richesse du vocabulaire hébreu et de la manière de l’interpréter des exégètes juifs. Le texte dit en effet que les hommes avaient entrepris cette construction « de peur de nous disperser sur toute la surface de la terre. » Or, « surface » se dit en hébreu biblique de la même manière que « les visages » ; c’est donc la multiplicité des nations de caractères, des opinions, qui les effrayait. J’ai aventuré l’hypothèse que la langue unique des origines ressemblait au langage informatique, qui n’a que 2 mots : oui et non, et que le matériau qui constituait la tour était du béton, pierre artificielle qui vient de nulle part. La tentation de la tour de Babel ne nous pas quittés.

Abraham, associé du Créateur

Le projet messianique reçoit une définition précise quelques générations plus tard, lorsqu’un berge de Mésopotamie du nom d’Abram (il n’est pas encore appelé Abraham), est interpelé par le Créateur pour quitter sa famille et son pays, et pour aller fonder une nation nouvelle sur la terre de Canaan. Cette nation aura des particularités singulières : il règnera entre tous les habitants le même respect affectueux qu’au sein d’une famille unie, malgré les nécessités de l’administration et de l’ordre public. La vocation de ce projet, tribal au départ, est résolument universelle. Toutes les familles de la Terre, chacune à leuer manière, devront à terme s’en inspirer.

Pour comprendre l’audace de ce projet, il faut se représenter, en termes modernes, un carrefour urbain où un agent fait passer les voitures, tantôt d’un côté, tantôt de l’autre.

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Israël et l’Egypte

Arrivés à 70 avec Jacob et Joseph, les Juifs repartent d’Egypte 2 siècles plus tard en une foule de plus de 2 millions. C’est la passage de la famille au peuple, et la question se pose de savoir pourquoi il fallait que cette mutation se produise en Egypte. Pour le comprendre, il faut partir de la remarque que la Bible tout entière a pour théâtre 3 contrées, l’Egypte, Babel et Canaan, qui par leurs caractéristiques géographiques suscitent des civilisations contrastées.

L’Egypte est une longue oasis, irriguée avec une parfaite régularité par le Nil. C’est le lieu de la planète où la maîtrise de l’homme sur la matière est une évidence : par le dessin des canaux et le réglage de l’rirrigation, le pouvoir politique peut décider du sort de l’agriculture. Aussi, le pharaon règne-t-il comme un dieu sur les choses, les bêtes et les gens. Tous les peuples de l’Antiquité, notamment les Grecs et les Romains, ont été fascinés par la puissance et la pérennité de l’empire d’Egypte.

Babel (à ne pas confondre avec la tour du même nom) désigne une entité plus vague centrée sur la Mésopotamie et au périmètre variable au cours des temps. Les 2 grands fleuves, le Tigre et l’Euphrate, ont des cours et des débits capricieux, et nulle part on ne retrouve une zone de sécurité comparable à l’Egypte. Aussi les habitants sont-ils condamnés à la mobilité et à l’échange. C’est un monde de pasteurs et c’est là qu’Abraham est né.

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Canaan est située à la charnière entre ces deux mondes. Cette petite contrée peut être transformée en un jardin s’il pleut suffisamment ou en un affreux désert si la pluie vient à manquer. Les hommes y ont spontanément les yeux tournés vers le ciel. Les Egyptiens cités dans la Bible ne portent pas de nom propre (à une exception près, Putiphar, employeur puis beau-père de Joseph), mais seulement des noms de fonctions (le préposé au pain, le préposé aux boissons, etc…), au même titre que les esclaves représentés sur leurs fresques ont tous le même visage et ne diffèrenet que par leurs outils.

Le pharaon de Joseph, fils de Jacob, devenu Israël en se battant avec l’ange d’Esaü et en sortant vainqueur et qui fonda les tribus d’Israël – a été attentif à ses recommandations et il accueille le patriarche Jacob avec bonté et respect. Il est vrai que la situation se dégrade en Egypte lorsqu’apparaît un nouveau pharaon « qui n’avait pas connu Joseph », et les persécutions commencent pour le peuple juif devenu entre temps très nombreux. Un dur esclavage lui est imposé et le meurtre des bébés mâles est décrété. Ils sont jetés dans le Nil dès leur naissance. Mais de ces malheurs émergera le salut. Le  bébé Moïse échappe à la mort grâce à la fille du pharaon qui le découvre sur le Nil et l’adopte. Il passera les 40 premières années de sa vie dans un rôle de prince égyptien. Tel était l’homme dont la Bible nous dit qu’aucun autre prophète ne fut jamais plus proche de D.ieu. Une éducation égyptienne lui était donc nécessaire.

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Après l’épisode des 10 plaies infligées à pharaon pour qu’il libère les Hébreux esclaves, la sortie d’Egypte est l’événement initiateur du projet messianique au niveau national comme la conversion d’Abraham au judaïsme l’avait été au niveau individuel. Elle est célébrée avec une grande ferveur dans les familles juives lors de la soirée pascale, le « Séder », repas accompagné de nombreux rites qui viennent enseigner aux plus jeunes enfants leur identité d’esclaves libérés.

Les Juifs ne sont pas sortis d’Egypte les mains vides. Sur ordre exprès et répété de D.ieu, ils emportent des objets d’or, des objets d’argent et des tissus précieux qui serviront à confectionner le Tabeernacle, ce temple portatif du désert, où Moïse s’entretenait avec le Créateur (le veau d’or, avait une autre provenance). En revanche, ils n’emportent pas de pain levé. Ils rejettent la fermentation, force obscure qui dilate de gaz la pâte du pain, à l’image de l’orgueil qui enfle de vide l’idée que l’homme se fait de lui-même. Encore aujourd’hui, la fête de Pâque est précédée d’une élimination méticuleuse de tout levain, au profit du seul pain azyme, qui compose aussi les hosties catholiques.

Le contraste entre l’or et le pain apporte une nouvelle indication sur le projet messianique. L’or, le plus parfait des métaux, symbolise la victoire de la raison sur la nature, et la présence de l’or égyptien avait le lieu le plus sacré pour les Juifs laisse entendre qu’ils n’ont aucune inhibition devant la science héritée des Grecs et des Romains, eux-mêmes héritiers de l’Egypte. Le progrès matériel fait partie du projet messianique, mais les ferments de tyrannie qu’il recèle doivent faire l’objet d’une vigilance constante.

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La révélation du Sinaï

Quelques semaines après son départ d’Egypte marqué par des prodiges tels que la traversée de la Mer Rouge et l’anéantissement de la cavalerie du pharaon, le peuple d’Israël entend la voix de D.ieu proclamer 10 paroles du haut du mont Sinaï dans un spectaculaire déploiement d’images et de sons. Ensuite, Moïse restera 40 jours sur la montagne pour écrire le texte de la Torah et pour recueillir tous les commentaires non écrits qui permettent de comprendre et de mettre en pratique les 613 commandements qu’elle contient.

Pourquoi D.ieu a-t-il privilégié 10 paroles avec tant d’éclat ? Elles sont composées d’une présentation du divin locuteur (« Je suis l’Eternel, ton D.ieu qui t’ai fait sortir du pays d’Egypte, d’une maison d’esclavage »), de 4 commandements de nature religieuse (interdiction des idoles, interdiction des faux serments institution du repos hebdomadaire du Chabat, respect des parents), puis de 5 interdits de nature sociale (le meurtre, l’adultère, le vol, le faux témoignage, la convoitise). L’énigme consiste en ceci que ces divers impératifs figurent sous des formes voisines dans le reste de la Torah, sans q’uil leur soit conféré un relief particulier.

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Il est à noter que, dans la première parole,  D.ieu se présente en faisant référence à l’Egypte, ce qui confirme l’importance de cette civilisation, mais pour souligner aussitôt son défaut : l’esclavage. Ilsraël aura pour tâche de mettre en oeuvre les vertus égyptiennes tout en protégeant la liberté de chaque personne. Cette liberté est affirmée par la 4ème parole, qui concerne le Chabat. Du vendredi soir au samedi soir, les Juifs pratiquants d’aujourd’hui observent un chômage d’une extrême précision, qui les écarte de toute action créatrice, jusqu’à leur interdire d’écrire, de cuisiner, de prendre un moyen de transport ou de porter un objet hors de chez eux. Un pareil carcan évoque guère la liberté, mais icette 4ème parole précise que les interdits s’appliquenet aux serviteurs. Ces derniers sont ainsi arrachés à leur sujétion, au même titre que leur maître qui, en s’imposant les mêmes contraintes, échappe pour un jour à la vie des affaires. La Torah prescrit de mettre cette disponibilité à profit pour célébrer des rites joyeux, repas de fêtes, chants et rencontres amicales.

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Le veau d’or et les rébellions d’Israël

Trois jours après la traversée de la Mer Rouge, le peuple murmurait déjà contre Moïse et voulait retourner en Egypte. L’esclavage a ses douceurs, notamment l’irresponsabilité. Cette nostalgie s’exprimera avec une violence particulière à l’occasion de la faute du veau d’or. Ce drame a été provoqué par un malentendu sur la durée du séjour de Moïse sur le mont Sinaï. Se croyant abandonnés, les Juifs demandent à son frère Aaron de leur dresser une idole. Il réclame de l’or qu’il met à fondre, et il sort du creuset un veau qui répond à leur attente.

On associe usutllement le culte du veau d’or à celui des affaires et du lucre. C’est là un contresens. Le monde biblique du lucre est l’empire de Babel, dont la tradition juive nous dit que la divinité tutélaire était Mercure, le dieu romain des voyageurs et des voleurs. Le veau est ici un symbole égyptien, évocateur de l’immobilité terrienne. Beaucoup de commentateurs le rattachent au souvenir de Joseph, associé à l’image du taureau dans la bénédiction finale de Moïse (« Joseph, taureau aîné superbe ») et qui rappelle aux Juifs le temps où ils faisait si bon vivre en Egypte. C’est avec les bijoux personnels du peuple qu’Aaron a fondu la statue du veau et ces dons volontaires n’évoquent guère l’avarice.

L’Eernel informe Moïse, toujours sur le Sinaï, du culte du veau d’or, et lui annonce son intention d’anéantir le peuple, et de faire de lui, Moïse, un nouvel Abraham. Moïse plaide avec succès la grâce du peuple, mais après être redescendu il brise les tables gravées par D.ieu, et fait exécuter 3 000 meneurs. La ribu de Lévi, qui ne s’était pas associée à ce culte, reçoit le monopole de la prêtrise, auparavant destinée aux aînés de toutes les tribus.

La faute des explorateurs

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Les explorateurs en terre de Canaan

Après le veau d’or, le peuple juif reçoit de nouvelles tables de la loi. Mais les affrontements vont continuer. L’un d’entre eux, l’épisode des explorateurs, va peser d’un grand poids. La terre de Canaan, promise aux patriarches et destination des rescapés d’Egypte, n’était qu’à quelques jours de marche du Sinaï. Le peuple réclame à Moïse une opération de reconnaissance des lieux, et Moïse choisit 12 guerriers, un par tribu, pour cette mission. Sur 12, 10 reviennent avec une description effrayante de la terre et de ses habitants. Le peuple est désespéré, et D.ieu en conclut qu’il est trop imprégné de son récent destin d’esclaves pour assumer les charges d’une existence économique et politique normale, et il le condamne à errer 40 ans dans le désert jusqu’à ce que tous les hommes qui avaient plus de 20 ans lors de la sortie d’Egypte soient morts.

Le récit biblique ne porte que sur les 2 premières et sur la dernière année de ce séjour. Aucun événement particulier n’est signalé durant les 37 ans intermédiaires, mais des indications précises sont données sur le monde de vie dans le désert. A la manière d’une barre de métal que l’on remet droit en la ployant dans l’autre sens, les Juifs vont être énergiquement soignés contre les tares des sédentaires contractées en Egypte.

Cette foule considérable 600 000 hommes de plus de 20 ans, plus les femmes et les enfants) marchait en colonne, groupés par tribus, la tribu de Lévi transportant le temple démontable, le Tabernacle, et les objets du culte. Quand le mouvement s’arrêtait, le camp s’installait en carré autour du Tabernacle. Un nuage les guidait le jour, une colonne de feu la nuit. Mais ils ne savaient jamais pour combien de temps ils étaient installés. Cela pouvait durer quelques jours ou plusieurs années. Si mobiles que soient les nomades, ils organisent leurs déplacements. Cette possibilité n’existait pas pour les Juifs.

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Le prophète Bilam et son ânesse

Le traitement fut efficace, si l’on en juge par l’admiration que le camp d’Israël inspira au prophète des nations, Bilam, lorsqu’au terme de ce séjour, les Juifs se heurtèrente à d’autres peuples. Bilam est un prophète non juif, plus proche de D.ieu que Moïse lui-même, que l’un des rois de la région avait sollicité pour maudire les Juifs dont il redoutait la puissance guerrière. Bilam multiplie sacrifices et sortilèges, s’efforce de répondre à la demande qui lui est faite, mais au lieu des malédictions contre le peuple d’Israël, il ne peut prononcer que des bénédictions. On lui doit, en particulier, cette sentence, souvent gravée au fronton des synagogues d’aujourd’hui : « Que tes tentes sont belles, Jacob, tes demeures, Israël ».

Les commentateurs se demandent ce qui a pu inspirer Bilam, et ils donnent cette réponse surprenante : il a observé que les ouvertures des tentes n’étaient pas les unes en face des autres, ce qui protégeait l’intimité de chaque famille. Politologue compétent, Bilam savait que pour maintenir l’ordre dans une foule, surtout si les prétextes guerriers ou économiques font défaut, un système policier est indispensable, fondé sur la surveillance des uns par les autres. Rien de tel dans ce camp, ce qui suggère que chaque famille porte par elle-même les exigences morales de tous. C’est une autre définition de l’idéal messianique : le peuple d’Israël va dans la suite mettre ces vertus à l’épreuve de l’installation sur sa terre.

Sous la conduite du successeur de Moïse, Josué, les Juifs vont peu à peu occuper la terre promise à leurs ancêtres, et donc se sédentariser. Les hommes concernés sont nés dans le désert, où ils ont appris la Torah, et ils auraient dû mettre en oeuvre ses enseignements et fonder aussitôt une nation messianique. Ce n’est pas ce qui s’est produit, et après de nombreuses péripéties, les Juifs ont été chassés de leur terre, successivement par Babel, en – 722 et – 586, et par Rome aux premiers siècles de notre ère.

Le Temple

Pendant plusieurs siècles après la sortie de l’Egypte, c’est le Tabernacle du désert qui servit de Temple, installé successivement dans plusieurs localités de Canaan. Après la conquête de Jérusalem par le roi David, celui-ci conçut le projet d’un Temple de pierre, qui fut construit par son fils Salomon. Quelques siècles plus tard, il fut détruit par Nabuchodonosor, et reconstruit au bout de 70 ans. Il fut finalement détruit par les Romains en l’an 70 de l’ère chrétienne.

Ces édifices furent chaque fois plus majestueux, mais le plan fut immuable : il s’agissait d’enceintes successives, allant de la plus profane, où femmes et visiteurs étrangers étaient accueillis, jusqu’à la plus sacrée, le Saint des Saints, où se trouvait l’Arche d’alliance contenant les tables de la loi, et où seul le Grand prêtre avait accès, et encore, une seule fois par an. A mi-chemin, un parvis où se trouvait l’autel des sacrifices, domaine exclusif des prêtres.

Les rituels qui s’y tenaient étaient nombreux et variés, mais leur finalité peut se résumer ainsi : il s’agissait d’arracher les hommes aux sujétions de la nature et à leurs fautes involontaires, et de gérer l’identité collective de la Nation à l’abri des urgences et des contraintes du politique. En lagage traditionnel, ces missions se situent aux frontières du pur et de l’impur, et du sacré et du profane. La notion d’impureté ne renvoie pas à des souillures matérielles, mais à l’animalité de l’homme, concrétisée par certains mécanismes dont il est le siège (notamment les écoulements génitaux masculins et féminins) et par le contact avec la mort. Un reste des rituels de purification du Temple peut s’observer dans le maniement du goupillon aux enterrements catholiques.

Les moyens mis en oeuvre étaient pour l’essentiel des repas composés de viandes, mais aussi de végétaux, de vin, d’huile, d’eau, et même de sel, offerts par de simples fidèles ou par des dignitaires, et consommés, selon les cas, par les prêtres ou par les donateurs, les plus sacrés étant intégralement brûlés, « parfums agréables à D.ieu ».

Ces repas et les gestes qui les accompagnaient devaient être sans défaut : les animaux offerts ne devaient pas avoir la moindre tare, et les prêtres ne devaient pas commettre le moindre impair dans leur rituel, pas même en pensée. Au demeurant, seuls les prêtres d’une apparence physique parfaite étaient autorisés à officier au Temple.

Ce dernier détail met bien en relief la différence entre la pureté et le sacré. Les prêtres écartés du culte n’étaient pas pour autant considérés comme impurs ; mais ils n’étaient pas acceptables pour matérialiser cette vie sociale de rêve, encore que tout-à-fait concrète, qui faisait du Temple le conservatoire vivant de l’identité collective. Toute violence n’était pas absente dans ce lieu de paix, puisque les animaux y mouraient en grand nombre ; mais à travers eux mourait symboliquement la mauvaise part de l’homme, celle qui se révèle par ses fautes involontaires et par ses impuretés rituelles.

Par ailleurs, manifestant d’une autre manière la recherche par les Juifs de la maîtrise des mécanismes de la nature, les sacrifices ponctuaient l’écoulement du temps : sacrifices quotidiens, hebdomadaires (pour célébrer le Chabat), mensuels (pour la nouvelle lune), annuels (pour chacune des fêtes.) L’existence du Temple et son fonctionnement ont joué un rôle si central dans la conscience collective des Juifs que son prestige a toujours dépassé celui des rois, et que sa disparition donne lieu encore aujourd’hui à 3 jours de jêune et de deuil aux dates anniversaires des étapes de sa destruction.

Mais pour autant, le statut politique du peuple d’Israël n’a jamais été celui d’une théocratie. On désigne en général par ce mot le gouvernement des cohanim (prêtres hébreux). Or, les cohanim et leurs assistants, les lévites appartenaient à la tribu de Lévi, qui n’avait pas reçu de province en partage lors de la distribution du territoire par Josué, mais seulement quelques villes de refuge pour les meurtriers involontaires. Les cohanim dont la dignité était donc exclusivement héréditaire, ne jouissaient d’aucune prérogative en dehors du culte ; aujourd’hui leurs descendants bénéficient de quelques privilèges honorifiques dans le rituel des synagogue.Ils n’avaient pour ressource permanente qu’un prélèvement d’environ 2% des récoltes. Les lévites, quant à eux, beaucoup plus nombreux, avaient collectivement droit à 10% de ces récoltes. Mais aucun collecteur d’impôt ne gérait cette distribution. C’était affaire de piété des donateurs et de débrouillardise des bénéficiaires.

Par ailleurs, l’ensemble du peuple était étroitement associé à la vie du Temple : les prêtres habitaient dans tout le pays, et n’étaient de service que 2 fois une semaine par an. Lorsque c’était le cas, les habitants de leur région les accompagnaient ou célébraient chez eux différents cultes destinés à vivre chez eux ces jours solennels. Enfin, tous les Juifs devaient au moins une fois par an se rendre à Jérusalem à l’occasion des fêtes.

A suivre…

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