L’absence de sélection est responsable de l’engorgement des universités

https://i0.wp.com/www.dreuz.info/wp-content/uploads/2017/07/images.duckduckgo.com_-5.jpg  C’est presque cela, le bac en 2017 !!  Dès lors, quelle valeur a-t-il encore ? AUCUNE ! Ainsi aurons-nous de plus en plus d’incapables dans tous les domaines. UN BEAU GÂCHIS : UNE PERTE DE TEMPS POUR  BEAUCOUP « D’ETUDIANTS » QUI AURAIENT PU EXERCER DES METIERS MANUELS, ARTISTIQUES, OU AUTRES, NE REQUERANT PAS LE BAC, PERTE D’ARGENT POUR TOUT LE MONDE, ET  LA DEVALORISATION DES VRAIS BÂCHELIERS, CEUX QUI N’ONT PAS EU BESOIN QUE L’ON TRAFIQUE LEURS NOTES POUR LE DECROCHER !! louyehi

Selon les médias officiels, 87.000 bacheliers de la promotion 2017 chercheraient désespérément une université qui veuille les accueillir.

  1. Ils étaient seulement 7 500 dans ce cas en 2015 selon une enquête du Monde. (1) Comment le nombre des laissés-pour-compte aurait-il pu décupler en l’espace de deux ans ? Comprenne qui pourra dans ce pays ravagé par l’anomie. Je pense qu’il ne faut pas se fier aux chiffres donnés en pâture pour préparer l’opinion publique à accepter que l’éducation nationale soit exemptée de coupes budgétaires alors que l’armée a encore été sabrée par les énarques qui nous gouvernent.
  2. La proportion de bacheliers dans une génération ne cesse de croître. Ils représentaient  – 8% de la promotion de 1958, – 20% celle de 1970, –  43% celle de 1990, 65% celle de 2010, et 79% celle de 2017. Au train où vont les choses, tout le monde aura son baccalauréat en 2030.

Que faudrait-il faire pour désengorger l’entrée à l’université ?

Les personnes autorisées à donner leur opinion sur les chaînes de télévision françaises réclament plus de moyens pour accueillir les bacheliers. Cela est conforme à la doxa socialiste, mais cela signifie plus d’impôts pour la moitié des ménages français qui sont assujettis à l’impôt sur le revenu, car les étudiants ne paient pas leurs études à leur valeur réelle en France. Ce détail fâcheux est toujours ignoré dans les pseudo-débats organisés par la classe jacassante.

Pour les personnes non autorisées à s’exprimer sur les plateaux de télévision, il ne s’agit pas d’une inadéquation entre l’offre de places disponibles et la demande de places à l’université.

En prolégomènes, notons avec ironie que ceux qui invoquent un jour le marché sont les mêmes qui n’acceptent pas sa loi d’airain.

L’offre des diplômés ne reflète jamais l’attente du marché du travail en France

Il y a toujours beaucoup trop de places offertes dans des disciplines offrant un débouché professionnel réduit comme les lettres, les arts ou la psychologie, et pas assez de places dans les disciplines scientifiques.

Selon une étude américaine, 85% des emplois en 2030 n’existent pas encore. En dehors des universités privées qui échappent à la tutelle publique, l’université française sera incapable de s’adapter à cette mutation profonde du marché du travail.

Il y a beaucoup trop de bacheliers qui n’ont pas le niveau requis pour entrer à l’université

Le taux d’échec en première année d’université atteint 50%. C’est un gâchis de temps pour les intéressés et un gâchis d’argent pour les contribuables qui n’ont pas leur mot à dire. Le mammouth de l’Éducation Nationale refuse la sélection en raison de son idéologie égalitariste. Il confond l’égalité de chance avec l’égalité de résultat. Le refus de la sélection entraîne l’engorgement à l’entrée des universités.

La proportion de bacheliers ne varie pas d’une génération à l’autre

Une initiative intéressante a été lancée avec la publication des séries «Auriez-vous obtenu le certificat d’études primaires en telle année ?» En appliquant les barèmes de l’époque, deux tiers des jeunes n’auraient pas obtenu ce diplôme aujourd’hui.

Ce n’est pas parce que la réussite au baccalauréat augmente que le niveau des élèves est meilleur qu’avant

Les barèmes ont été abaissés par des instructions précises du mammouth qui ont été données aux correcteurs. Même avec ces instructions prônant une grande clémence du jury, une pétition a circulé en 2016 parce que l’épreuve d’anglais était jugée trop difficile. Rendez-vous compte qu’on leur demandait de situer Manhattan ! (2)

A l’école primaire et au collège des années soixante que j’ai fréquenté, le barème pour la dictée était un point de pénalité pour une faute de ponctuation, deux points pour une faute d’orthographe, et quatre points pour une faute de grammaire. Si ce barème était appliqué de nos jours, les trois quarts des collégiens et des lycéens auraient un zéro sur vingt à cette épreuve du certificat d’études primaires que leurs arrière-grands-parents ont obtenu. La dévaluation des diplômes en France subit le même sort que l’ancien franc.

L’extrême mansuétude des barèmes conduit à l’inflation des mentions

Les bons élèves en sont victimes, car ils ne trouvent plus de place à l’université. C’est comme la loi de Gresham où la mauvaise monnaie chasse la bonne. Le mammouth n’échappe pas à la loi d’airain du marché qu’il abhorre.

La solution est de donner un chèque d’éducation aux parents pour choisir une école privée hors contrat avec le ministère. Pour une raison incompréhensible, tous les politiciens veulent réformer le mammouth alors que cette mission est impossible en raison du dogmatisme idéologique de ce bastion de la gauche. Le poisson pourrit toujours par la tête.

Le nombre d’illettrés ne varie pas non plus dans le temps

Le service militaire obligatoire permettait à l’encadrement de recenser la proportion d’analphabètes dans une génération de conscrits.

Le recensement des illettrés échoit, à leurs dépens, aux professeurs d’université quand ils corrigent les copies des étudiants. Au lieu de se concentrer sur la présentation des idées qu’on leur demande d’exposer, leur lecture est pourrie par le nombre invraisemblable de fautes grammaticales commises par ces jeunes adultes qui sont en âge de voter depuis la réforme contestable de l’énarque Valéry Giscard d’Estaing qui a abaissé la majorité de 21 à 18 ans, peu après son arrivée à l’Élysée, en 1974. Le progressisme de la majorité est une régression pour la minorité vieillissante qui a du recul.

La différence entre un analphabète de 1900 et un illettré de 2017, c’est que le premier ne bénéficiait pas de l’apprentissage de la lecture, de l’écriture et du calcul, car il travaillait dès son plus jeune âge aux champs, à l’usine ou à la mine alors que l’illettré ne veut rien apprendre à l’école qui est obligatoire de l’âge de 6 ans jusqu’à 16 ans.

Il faudrait abaisser à 12 ans la limite de l’âge scolaire obligatoire, et envoyer les récalcitrants dans la voie de l’apprentissage d’un métier ou dans des camps de redressement pour les plus dangereux à l’ordre public. Un professeur n’est pas payé pour maintenir un tant soit peu de discipline que n’assument pas les parents libertaires de la génération née après 1968.

Les moyens donnés à l’école sont beaucoup moins importants que la volonté de réussir

Le nouveau ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer dont on dit le plus grand bien veut mettre le paquet sur le cours préparatoire où tout se joue. Il veut instaurer la classe de douze élèves pour les élèves en difficulté. Le nombre réduit d’élèves devrait permettre à l’institutrice de s’occuper mieux d’eux. Je n’emploie par le mot de professeure des écoles qui est un mot ronflant de la novlangue. Mais cette mesure va alourdir pour rien la facture du contribuable.

Mon expérience personnelle plaide pour le retour à la compétition dès le plus jeune âge et à l’autorité incontestée de l’instituteur

Dans ma classe du cours préparatoire à l’école publique de Berre-l’Étang dans les Bouches-du-Rhône, en 1962, nous étions 39 garçons, dont un tiers d’Arabes. L’école primaire n’était pas encore mixte à mon grand regret. Mon voisin de banc était Rachid, un grand Berbère de 12 ans dont les parents avaient réussi à fuir à temps l’Algérie. Il avait la plus belle écriture de la classe. Je regardais avec envie son maniement aisé de la plume que nous trempions dans le même encrier noir. Ses pleins et ses déliés faisaient l’admiration de l’institutrice qui le citait souvent en exemple alors que ma page était toujours salie par mes petits doigts gourds. Si la dextérité des doigts de Rachid faisait sa gloire, son retard scolaire de cinq ans ne lui permit pas d’aller au-delà du certificat d’études primaires qu’il obtint avant de trouver facilement un travail à la raffinerie de Shell.

L’abandon des punitions et des châtiments corporels est une grosse erreur de la part des progressistes, car l’enfant est un barbare en puissance comme l’a révélé William Golding, un ancien instituteur britannique, dans son roman Lord of the Flies* (3) Il reçut pour ce livre paru en 1954 le prix Nobel de littérature la même année.

Malgré le nombre élevé d’élèves dans ma classe, il n’y eut pas de redoublement, car nous avions la volonté de bien faire. Réussir ne veut rien dire pour un enfant. Malheur à celui qui faisait l’objet d’une remarque dans le cahier de correspondance, car nous savions que ses parents allaient le punir.

Les punitions (piquet ou suppression de récréation) et les châtiments corporels (tape des doigts avec une règle en fer, pincement d’oreille ou de cheveux, ou gifle pour les plus turbulents) étaient monnaie courante pour faire respecter la discipline dans la classe. Qu’il fût français ou arabe, aucun élève n’eût osé braver l’autorité de la maîtresse et a fortiori celle du maître. A présent, si un Arabe est giflé en classe parce qu’il sème le désordre, on dira aussitôt que le maître est raciste. Dans le cas improbable où il ne serait pas radié, dans le cas où il ne serait pas accablé par les journalistes qui auraient eu vent de l’affaire par un avocat de la famille de la prétendue victime, dans le cas où il ne se suiciderait pas en raison de la pression qu’il subirait, les parents se chargeraient de lui régler son compte.

La nostalgie d’une France disparue me hante. Le maître portant la blouse grise comme tous les écoliers dans le film culte d’Yves Robert, tiré du livre de La Guerre des boutons* de Louis Pergaud, était la France de 1962. Maintenant, les instituteurs vont à l’école avec la peur au ventre. C’est ça la France multiculturelle et ouverte qui est vantée par les progressistes.

Les élus britanniques ont condamné la fessée des parents qui sont passibles d’une peine de prison. Il n’y a rien d’extraordinaire à ce que la société orwellienne s’épanouisse dans le pays de l’auteur de 1984*. Il faut s’habituer à tout, nous dit-on. Il m’arrive parfois de me dire que l’on a peut-être enfin touché le fonds, mais il est toujours enfoncé, car l’âme humaine est insondable.

Le classement à chaque fin de trimestre donnait lieu à une forte compétition. Tous les instituteurs de l’école primaire prenaient un malin plaisir à annoncer le classement en commençant par les derniers pour entretenir le suspense jusqu’au bout. Nos petits cœurs battaient la chamade en attendant le verdict. Puis venait le grand jour avec la remise des prix en fin d’année où certains de mes camarades m’écœuraient avec leurs bras chargés de livres. Nos récompenses étaient dérisoires par rapport aux cadeaux offerts de nos jours aux élèves. Mais pour ma génération, la reconnaissance était la meilleure récompense que l’on pouvait nous faire. Cela fera ricaner les lecteurs de la génération Mitterrand qui n’ont vécu que dans le mensonge et l’inversion des valeurs. Comme disent certaines de mes connaissances américaines de Californie ou de New York, I am either an unreconstructed conservative or an unreconstructed Southerner. Name it as you want !

N’en déplaise aux jeunes générations qui n’ont pas connu cette école de la république que l’on vénérait, je ne connais pas de meilleur exemple que la compétition dès le plus jeune âge pour hisser le niveau scolaire.

Donner des moyens supplémentaires à des élèves qui ne veulent pas apprendre ne servira absolument à rien. C’est aussi vain que de vouloir déradicaliser des musulmans dans des centres d’accueil comme le prétend le gouvernement français.

Tout réside dans la volonté individuelle et collective de réussir ce pari que l’ancienne ministre Najat Vallaud-Belkacem a tué en supprimant les bourses au mérite et en donnant une prime annuelle de 1000 € aux décrocheurs qui reviennent à l’école. La gauche a condamné l’autorité en mai 1968, mais les dégâts s’avèrent irréparables. Pauvre France !

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Bernard Martoia pour Dreuz.info.

Sources
(1) http://www.lemonde.fr/education/article/2015/08/06/7500-bacheliers-attendent-encore-une-place-a-l-universite

(2) http://www.lemonde.fr/bac-lycee/article/2016/06/20/bac-2016-petition-contre-l-epreuve-d-anglais-qui-demandait-de-situer-manhattan

(2) The Lord of the Flies by William Golding

L’absence de sélection est responsable de l’engorgement des universités

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