Pistes pour une restauration de l’Ecole de la République …

Pistes pour une restauration de l’Ecole de la République …_____________________________________________________

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Chaque année lorsque l’été arrive la période du bac donne toujours lieu à des débats sur les sujets des épreuves , les programmes, l’organisation de la vie étudiante et les différentes filières que l’on propose aux bacheliers ainsi que la question des places en université avec son lot de controverses et de problèmes .

Mais curieusement j’ai remarqué que, par contre, l’école primaire et le collège intéressent bien moins l’opinion comme si ça n’avait pas de rapport ou comme si ça n’avait qu’une moindre importance .

Ca donnerait presque l’impression que le thème de l’éducation ne devenait digne d’intérêt qu’a la condition qu’ il y ait un examen à passer et un diplôme à obtenir au final .
Comme si la place de l’éducation n’était qu’entre les quatre murs de la fac et qu’elle serait inutile dans la vie personnelle, qu’elle serait un simple outil à utiliser le temps de trouver un travail, puis basta .

On constate que le niveau du bac baisse, que les universités sont saturées d’inscrits qui n’ont pas les compétences pour suivre , or ce sont des conséquences .

Les causes sont à chercher beaucoup plus tôt .

En imaginant que du jour au lendemain il serait possible de bâtir des facs qui pourraient accueillir tous les étudiants du pays le problème ne serait pas résolu pour autant .
Autant construire des garderies géantes …

Ou est l’intérêt d’avoir un amphi plein si la moitié des élèves présents n’ont pas les capacités et ne suivent pas ?

Ou est l’intérêt d’avoir un taux de réussite énorme au bac si ce diplôme n’est plus une confirmation que l’élève possède les connaissances nécessaires pour la suite mais juste une récompense sans signification , comme le bonbon que le docteur donne aux enfants quand ils sont sages pendant la piqure ?

Quand des correcteurs déplorent le bac devenu une pochette cadeau et décrient les étudiants-touristes dont ils ne voient pas le visage de toute l’année je les comprends tout à fait mais il faut retourner au commencement pour stopper efficacement les dégâts .

Vous pourrez retourner le bac dans tous les sens , le durcir ou en faire une évaluation en contrôle continu , vous pourrez réaménager le monde universitaire comme vous le voulez … Si le niveau n’y est pas ça sera surtout beaucoup de bruit pour rien .

Si vous en avez la curiosité feuilletez les anciens manuels scolaires de vos grands parents et de vos parents , avec un peu de chance si ils étaient soigneux vous pourrez aussi jeter un coup d’œil à leurs cahiers et faites la comparaison entre ce qui était demandé aux enfants à cette époque et ce qui leur est demandé actuellement.
( D’ailleurs pour ceux qui n’ont pas les livres ou les cahiers de leurs ainés à disposition il y a un grand nombre de collections d’ouvrages de dictées , de récitations , d’arithmétique et de leçons de choses et de morales qui sont réédités en librairie pour les nostalgiques et qui sont très intéressants.)

Il ne faut pas oublier que le certificat d’étude se passait dès onze ans et pourtant en 2017 des lycées de 18 ans auraient bien du mal à en comprendre seulement l’énoncé .
( Pour rappel la pétition désolante lancée en 2015 par des candidats au bac qui trouvaient les textes à analyser trop compliqués surtout celui du Tigre bleu de l’Euphrate car il faisaient la confusion entre l’animal et le fleuve … )

Les élèves n’ont pas été changés par magie, ils n’ont pas moins de neurones que ceux d’il y a 40 ou 50 ans , en revanche les méthodes des professeurs et les programmes scolaires ont très souvent fait l’objet de modifications lourdes de conséquences et de retournements .

Une attention plus grande devrait être portée au commencement de la vie scolaire car c’est un moment beaucoup plus déterminant qu’on ne l’imaginerait .

Je pense par exemple à un témoignage d’une maitresse qui racontait certains de ses rendez vous avec des parents qui , quand leur fils en CM1 manifeste des difficultés à lire / écrire / se concentrer , s’imaginent que ça va aller mieux avec le temps et ne prennent pas l’affaire au sérieux car « Il est encore jeune après tout , c’est le début . » sans se sentir plus concernés ou contrariés que ça .

C’est cette sorte de tabou , assez récent, de la moindre exigence lorsque les enfants sont jeunes et débutent qui empêche de s’occuper du problème à la base .

En 1950 on avait pas peur de faire lire à une classe de CM1 un poème de Victor Hugo et de leur en demander la signification,

on n’ avait pas peur de leur demander une rédaction de plusieurs pages qui nécessitait de l’imagination et une expression correcte,

on avait pas peur de leur enseigner des règles de géométrie et d’arithmétique qui donneraient des sueurs froides aux bacheliers actuels,

on avait pas peur de leur apprendre l’histoire de personnages comme Clovis , Charlemagne, Bayard , Du Guesclin ou encore Roland , François 1er, et j’en passe .

Ca ne les empêchait pas d’être des enfants parfaitement épanouis qui s’amusaient au football ou aux billes à la récréation et ça n’en faisait pas non plus des forçats malheureux, épuisés ou encore traumatisés de l’école .

Au contraire je remarque qu’ironiquement les enfants et adolescents n’ont jamais autant détesté l’école et critiqué l’autorité que depuis qu’on à tout fait pour assouplir l’une et l’autre … Et ce n’est pas surprenant :
Est ce qu’on ne dit pas que moins on fait d’efforts plus le peu qu’on fera paraîtra dur et contraignant ?
Moins nous en avons demandé aux élèves ( tant au niveau des connaissances que de la discipline .) moins ils se sont habitués à en fournir.

Si il y avait une refonte globale du parcours scolaire dés le début et que l’on osait remettre au goût du jour un programme plus exigeant ainsi qu’une discipline plus rigide

si on stoppait les concessions et la pédagogie pour favoriser l’éducation et la sélection sur le seul mérite

alors enfin une modification du bac viendrait en conséquence et les places d’université reviendraient à des étudiants prêts et compétents.
Les facs seraient probablement moins bondées mais elles seraient occupées par des élèves qui méritent vraiment d’y être et qui tiendront leur année .

La qualité est beaucoup plus importante que la quantité.

PS : Sans jamais négliger les élèves en difficulté, évidemment, qui y gagneraient à être mieux guidés et mieux soutenus plutôt qu’envoyés dans des filières qui ne leur correspondent pas par des correcteurs qui croient leur rendre service en les notant avec indulgence ce qui est tout sauf constructif et sain pour eux surtout lorsqu’ils se retrouvent dans le grand bain sans le bagage nécessaire ce qui leur fait plus de mal que de bien.

Pistes pour une restauration de l’Ecole de la République …

(Source : Résistance Républicaine)

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