Hommage à Michel Berger : voici 25 ans ce 2 août que le chanteur a disparu / Sur les traces de Michel Berger

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Hommage à Michel Berger : voici 25 ans ce 2 août que le chanteur a disparu

Quelques mots d’amour, Michel Berger

Michel Berger Seras- tu là

Michel Berger – Le Paradis Blanc

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Sur les traces de Michel Berger

02.08.2017 – Pendant deux décennies, il aura marqué de son empreinte la musique populaire française, contribué au génie de Véronique Sanson, offert des chansons devenues emblématiques à France Gall, Johnny Hallyday et Françoise Hardy. Vingt-cinq ans après sa disparition brutale à l’âge de 44 ans, Michel Berger a laissé une trace et une œuvre indélébiles. Mais existe-t-il aujourd’hui une descendance ou une filiation artistique ?

« Quelle importance où et quand ça frappe/ On ne se souvient plus, on est dans les vapes ». Ces paroles, célébrant initialement le pouvoir indicible des attractions du cœur, ont soudainement pris une funeste résonance. Elles figurent sur le disque Double jeu, ultime offrande du chanteur et enregistré à deux voix avec France Gall.

Un mois et demi après sa sortie, Michel Berger est fauché dans ses élans. De battre son cœur s’est arrêté. Il s’effondre sur un court de tennis à Ramatuelle. Stupeur générale. Comme son ami Balavoine quelques années auparavant, une disparition soudaine et brutale. De lui, il y a cette image de gendre idéal, bien élevé et sans frasques. Un romantique exacerbé qui masquait de nombreux tourments intérieurs et notamment un syndrome tenace d’abandon : le professeur Hamburger, son père, qui prétextera une amnésie postopératoire pour renier sa famille, Véronique Sanson – muse et premier grand amour – qui lui fait le désormais célèbre coup du paquet de cigarettes pour s’envoler rejoindre le musicien américain Stephen Stills.

Ces blessures intimes, auxquelles on peut ajouter les maladies incurables de son frère Bernard et de sa fille Pauline, vont inspirer bon nombre de textes de ses chansons. Celles-ci frappaient par leur expressivité mélodique, un chant à la féminité assumée et renfermant cette vulnérabilité propre aux grands songwriters. Un partage du refrain mémorisable et chantant, un indéniable faiseur de tubes.

« Il y avait chez lui un sens de la ligne, un instinct de la mélodie extrêmement français et un vrai rapport au texte. Serge Perathoner, son claviériste, me disait récemment que Michel posait la feuille, prenait son cahier avec les dix pages de texte. Puis il impulsait les premières notes et ça jaillissait presque instantanément », note Yvan Cassar, pianiste et arrangeur de renom à qui on doit des collaborations avec Johnny Hallyday, Mylène Farmer ou Charles Aznavour.

Sur ses traces …

Lors des Francofolies de la Rochelle, il y a quelques semaines, lui et Christophe Willem ont créé un spectacle autour du répertoire de Michel Berger, un récital épuré autour de cinq pianos installés sur la scène du théâtre de la Coursive. Ce qu’a donné Cassar à entendre au niveau des arrangements était propice à la félicité. Classe, créatif et moderne. Des inclinaisons ragtime (Chanson pour consoler, À moitié, à demi, pas du tout), des percées soul (La bonne musique), des envolées à l’élégance suprême (Diego).

Il n’y avait aucun mauvais goût dans son approche, mais une audace presque toujours gagnante. Ce constat-là ne s’applique pas forcément à l’interprétation de Willem. Bien sûr, le garçon – aussi à l’aise en voix de tête que de poitrine – chante divinement bien. Mais hormis sur SOS d’un terrien en détresse d’une technicité impeccable ou Si maman si d’une sobriété bienvenue, l’émotion est restée à quai. Trop d’intonations anglo-saxonnes, trop de préciosité, trop d’inflexions à contre-courant de l’essence même des mots.

Quel artiste marche aujourd’hui dans les traces de Michel Berger ? Difficile de trouver spontanément un descendant direct. Longtemps aussi, l’exploration de ses morceaux est restée plus que mesurée. Et ce ne sont pas les relectures dont se sont acquittés à une époque les sociétaires de la Star Academy ou Lââm (Chanter pour ceux qui sont loin de chez eux) qui méritent une éventuelle canonisation. « Michel Berger a été au purgatoire pendant quelques années. Il était reconnu par sa génération, mais souffrait d’un déficit de reconnaissance par la nouvelle scène. Là aujourd’hui, on sent que c’est quelqu’un que les jeunes artistes aiment bien, qui est devenu une référence. Goldman, Balvaloine, Berger, qui étaient d’ailleurs très proches tous les trois, sont en quelque sorte réhabilités depuis trois, quatre années. Ces chanteurs-là étaient ceux de leurs parents, ils passent beaucoup à la radio. Donc la jeune génération les a beaucoup entendus », explique Didier Varrod, journaliste et auteur de documentaires remarqués sur Véronique Sanson, Renaud, Barbara. Parfois, on entend en interview des artistes tels que Cléa Vincent, Juliette Armanet ou Adrien Durand (leader du groupe Bon Voyage Organisation) le citer comme influence.

Parfois surgit aussi une relecture convaincante d’un de ses titres, comme celle récemment du Prince des villes par Guillaume Teyssier. Il se dit également qu’un hommage, sous la direction artistique du groupe L’impératrice et avec un casting tentateur (Tim Dup, Fishbach…), serait dans les clous pour cet automne à l’Espace Michel-Berger de Sannois.

Pas d’album hommage

Autre anomalie alors que le genre pullule à un rythme frénétique : l’absence d’un album-hommage  concernant Michel Berger. Peut-être doit-on regarder du côté des ayants droit pour y trouver une tentative d’explication. « On sait que France Gall est un peu exigeante par rapport aux propositions artistiques qui peuvent tourner autour du répertoire de Berger et du sien. On a vu comment elle a réagi à l’album de Jenifer. Cela doit freiner les ardeurs de ceux qui pouvaient éventuellement en avoir envie », argue Didier Varrod.

Qui donc comme figure tutélaire ? Au cours d’un entretien donné à la presse belge au moment de la sortie du spectacle musical Résiste, France Gall avait répondu…Stromae. Loin de se révéler une évidence. Il convient, plus assurément, de regarder du côté de Calogero pour élire l’héritier légitime du moment. Preuve flagrante à l’appui, le dernier single de l’artiste (Je joue de la musique) tournant actuellement en boucle sur les ondes. Clin d’œil appuyé, aussi bien sur le champ lexical que musical. Appétit analogue pour la mélodie fougueuse et immédiate.

« Même si l’instrument de Calogero n’est pas le piano, mais la basse, il y a beaucoup de similitudes entre les deux. Ce sont des non-chanteurs qui sont devenus chanteurs, des mélodistes de grand talent, des personnes qui adorent la production et écrire pour les autres. Les chansons de Calogero pour Françoise Hardy ont le même éclat que celles faites par Berger pour elle ». En somme, un des seuls représentants de la chanson française à réveiller son fantôme. Et c’est tout à son honneur.

Patrice Demailly

RFI Musique

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