Pas de points d’eau pour les migrants : Natacha Bouchart a raison

Pas de points d’eau pour les migrants : Natacha Bouchart a raison______________________________________________________

Pour régler la question dite des migrants de Calais, ou plutôt celle de clandestins qui stationnent à proximité de ladite ville,  le Ministre de l’Intérieur , M. Collomb, ne trouve de meilleure solution que dans la création de deux centres d’accueil.

Faut-il rappeler que le précédent gouvernement avait cru ou feint de croire que la solution était de disséminer les clandestins dans toute la France, surtout les villages perdus au cœur de la France profonde, où les clandestins – même animés de la meilleure volonté au monde et en dépit de tout le travail de persuasion mené par les bonnes âmes – les clandestins  donc, n’avaient aucune chance d’y trouver une quelconque raison de vivre. Fallait-il qu’il soit désespéré, le précédent gouvernement,  devant cette  situation maintenant quasi insoluble pour n’avoir que cette option à se mettre sous la dent.

Las ! Malgré l’accueil de villageois voyant là l’occasion de leur vie d’exhiber leur belle âme, on n’a pas dû attendre bien longtemps pour voir les clandestins devenus migrants aller squatter à Calais, devant la blanche Albion qui leur ferme ses portes.

Le présent gouvernement ne pouvait demeurer sans rien faire. Il fait mieux que le précédent en créant à Calais deux centres d’hébergement. Pourquoi donc à Calais ? Si ces gens-là fuient la misère et la guerre, pourquoi les enkyster à Calais ? A la suite de ses prédécesseurs, l’actuel gouvernement  acte donc que notre pays joue les gardes-frontières du Royaume-Uni au nom d’accords fumeux conclus en catimini, jamais remis en question, et que Calais en soit son poste-frontière. Soit dit in petto, on peut juger sadique d’offrir aux migrants des centres d’hébergement précisément devant la porte du pays qui ne veut pas d’eux. C’est comme faire faire un stage d’amaigrissement chez Ladurée. Fin de l’aparté.

Tant pis pour Calais, tant pis pour les Calaisiens, tant pis pour les routiers et les automobilistes qui empruntent la rocade. Tant pis pour la France doublement bafouée dans sa souveraineté.

Natacha Bouchart, péchant sans doute par excès d’optimisme, avait déjà entrepris une opération de séduction auprès des touristes anglais qui depuis la création de la jungle, désertaient sa bonne ville.  Avec cette décision, là voilà maintenant revenue à la case départ. Aussi a-t-elle opté de ne pas répondre à l’injonction que lui fait le Conseil d’Etat :

La décision de justice du Conseil d’Etat est une injustice pour les Calaisiens, car elle les met de nouveau sous la menace de la recréation d’une énième jungle. Aussi en l’absence de politique nationale et européenne offrant une solution globale de maîtrise de l’immigration, la Ville de Calais ne donnera pas suite aux injonctions qui lui ont été faites.

Telle est la teneur du communiqué de l’édile de Calais qui refuse d’installer des points d’eau et des sanitaires et résiste aux habituels arguments  faisant valoir les  risques sanitaires  qu’encourt la population calaisienne  du fait de l’absence d’hygiène des camps de migrants. Passons sur l’aspect chantage de tels propos, mais peut-on assurer aux Calaisiens que les sanitaires seront maintenus propres et par qui ?

Qu’on voit dans la situation actuelle à laquelle doit faire face cette élue du peuple un retour de bâton ironique de la politique qu’elle a soutenue, elle l’alliée de Sarkozy auteur des accords dits du Touquet, elle qui voyait les migrants comme une richesse culturelle pour les Calaisiens, sur ce coup-là,  je la soutiens et je l’approuve. C’est par l’expérience et le pragmatisme qu’évoluent les idées et les actes.

Quoi qu’il en soit, ne nous leurrons pas. Même si Natacha Bouchart sort vainqueur de son bras de fer avec le Conseil d’Etat, la situation ne sera pas réglée pour autant. Elle ne peut l’être qu’en aval, par l’arrêt des vagues migratoires, et qu’en amont, en remettant sur la table, les accords passés avec le Royaume-Uni.

Florence Labbé

Pas de points d’eau pour les migrants : Natacha Bouchart a raison

(Source : Riposte laïque)

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