Le D.ieu de la Bible aussi violent que le « Dieu » de l’islam ? Quand La Croix trompe ses lecteurs chrétiens

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Dans un reportage, La Croix donne la parole à un homme réfugié au Liban, lequel explique les exactions barbares de l’Etat islamique – non pas en les décrivant comme suite logique des injonctions coraniques – mais en rattachant ces odieux massacres au Livre de Josué dans la Bible hébraïque !

Sans hésiter, il considère que les islamistes ont puisé leur inspiration belliqueuse dans le récit biblique, laissant entendre qu’au fond il ne s’agit de leur part que d’une application radicale du texte inspiré…  (A sa naissance, l’islam s’est d’abord inspiré du judaïsme pour fonder sa croyance, mais en le pervertissant pour le mettre à la portée de ses adeptes, eux-mêmes pervertis, et dont ils ont conservé certains rites en les détournant complètement de leur sens premier. Donnons-en pour exemple la fête sanglante et révoltante de l’Aïd el Kebir, inspirée des sacrifices des Cohanim du temps du Temple de Jérusalem, où les animaux étaient offerts à D.ieu pour racheter les fautes des hommes, dans le plus grand respect de l’animal et avec reconnaissance envers lui. Ce dont les musulmans sont incapables. C’est pourquoi chaque année a lieu un véritable massacre,  n’importe qui (parfois même de jeunes enfants) mettant à mort ces pauvres bêtes n’importe où, n’importe comment et dans les plus cruelles conditions, sous le regard ravi des petits musulmans habitués à voir ainsi donner la mort sans autre but réel que de faire couler le sang : un rite scandaleux ! Car tout ce que les musulmans ont copié chez les Juifs est perverti, sali, vidé de son sens et mis au service du mal le plus absolu. Un fait qui peut se vérifier chaque jour  : l’islam issue du coran n’est qu’une doctrine sadique et criminelle. louyehi)  C’est là encore le mantra du « véritable islam » qui ne peut être que pacifique… Coup double magique pour la vulgate des médias : l’islam est innocent, et le judaïsme est source de conflits.

Lors de débats sur les plateaux de télévision, combien de fois n’entend-on pas des journalistes et autres « spécialistes » invités affirmer d’un air doctoral que le coran est exactement « comme la bible » …

Ainsi, ces assertions totalement insensées démontrent combien l’allégeance idéologique aveugle peut piétiner la vraie connaissance des textes bibliques dans le seul but d’offrir une image de l’islamisme revirginisé. Comment oublier l’avertissement du Christ : « vous verrez des loups voraces déguisés en doux agneaux ! ».

Le récit biblique est-il réellement incitation à la violence ?

La Bible a une telle réputation de violence, que la plupart des médias présentent son Dieu comme archaïque et infréquentable. Le récit biblique fait-il vraiment couler le sang avec complaisance, comme dans un film d’horreur? Y a-t-il derrière tout cela une divinité sadique avide de sang et ennemie jurée des êtres humains ? Certains – marcionites qui s’ignorent – ciblent essentiellement le premier testament en précisant que l’évangile, lui, au moins, nous présente un Dieu non-violent !

Elucubrations paradoxales, puisque le premier Testament nous offre de magnifiques passages tout empreints de la tendresse de Dieu, par exemple Osée, ou encore les psaumes. Par ailleurs le nouveau Testament contient des pages où s’affichent la violence humaine et la fureur divine ; c’est le cas de l’apocalypse de Jean, pamphlet anti-romain, censé clore la révélation judéo-chrétienne…

Mis sur le marché des idées au IIème siècle par Marcion, utilisé durant des siècles d’antijudaïsme arrogant, le cliché du « Dieu des juifs violent et du Dieu bon des chrétiens » ne résiste pas à une analyse sérieuse.

Certes, on trouve des expressions de violence dans les récits des deux parties de la Bible, (ancien et nouveau testament) mais ce premier degré signifie avant tout que l’Ecriture Sainte n’est pas un livre religieux édifiant, aseptisé, qui nous présenterait une humanité idéale, des vérités à croire préemballées et des règles à pratiquer sans réfléchir.

La Bible n’est pas un prêt à penser ! Comme le disait Calvin avec justesse, les Ecritures saintes sont en fait le « miroir de l’âme humaine ». C’est surtout l’histoire d’une relation vivante et constructive, celle de l’alliance de Dieu avec son peuple – Israel et Eglise – composé d’êtres humains imparfaits mais appelés à se laisser transformer maintenant (olam hazè) par l’Esprit pour accéder au monde à venir (olam haba). Il est bon de rappeler que contrairement au coran, les passages du 1er testament ne sont pas « abrogés » mais font partie intégrale de la parole de Dieu. Une parole qui ne tombe pas du ciel mais qui s’enracine dans les réalités humaines telles qu’elles sont, pour les faire évoluer vers l’accomplissement du bien voulu par Dieu : le meilleur et le pire coexistent en l’être humain.

Caricatures

Avec le prisme déformant de la culture dominante et de la confusion ignorant les genres littéraires, une approche superficielle des Ecritures revient à confronter le lecteur à un Dieu repoussant. Un œil superficiel et une lecture littéraliste amèneront des doutes : à peine le Créateur a-t-il lancé le monde dans l’aventure de la vie, qu’il décide de l’annuler par le déluge, à l’exception d’une famille. Quand il libère son peuple d’Egypte, il le fait au prix de la mort des premiers-nés égyptiens, et lorsque les rescapés de l’exode arrivent en Terre promise, c’est le bain de sang parmi les tribus de Canaan. Mais est-ce vraiment ce que le texte veut dire ?

Le risque d’aplatir à l’extrême le récit, de l’anecdotiser et de le déformer à l’aune de nos concepts modernes est bien réel, et on perd alors le fil conducteur de l’alliance, qui nous parle essentiellement, tout au long de la Bible, d’un Dieu de justice, de vérité et de paix, un Etre bon qui fait passer l’humanité des ténèbres à la lumière. Le Dieu de la Pâque est aussi le Dieu des dix commandements, ancêtres des droits de l’homme.

Les expressions bibliques prises à la lettre peuvent rendre le message inaudible. Culturellement, il est clair que pour les anciens, Dieu est à l’origine de toute chose et de tout événement heureux ou malheureux. Il n’y a pas la notion de causes secondes ou d’initiative humaine. Encore que la responsabilité des hommes dans les malheurs soit toujours fortement soulignée.

Pourtant, si le Dieu des israélites était dénommé « le Dieu ami des hommes » dans l’antiquité, c’est bien parce qu’il se comporte à l’opposé de la divinité mythologique grecque jouant de manière sadique avec les destinées humaines.

Josué

En ce qui concerne par exemple l’épisode de Josué entrant en Terre promise, les controverses sont fréquentes et les détracteurs de l’Israël moderne y trouvent à bon compte une référence simpliste.

Or, l’honnêteté intellectuelle minimale exige de faire le lien entre le livre de Josué à tonalité guerrière, et les réalités historiques reconstituées par les spécialistes. Malgré la dureté volontairement expressive du texte, on sait aujourd’hui que la constitution d’une confédération de tribus sémites s’est en réalité effectuée pacifiquement dans cette région. Les cités-forteresses jusqu’alors vassales de la puissante Egypte se sont solidarisées librement et les archéologues sont certains que les murailles de Jéricho ne se sont pas effondrées sous un assaut conquérant des Hébreux. La mention de processions répétées autour de la cité de Jéricho reflète plus une prière liturgique qu’une stratégie militaire offensive. Les murailles étaient déjà affaissées à l’époque en question. Si les murs tombent, c’est à la manière dont la Parole de Dieu déplace les montagnes et ouvre des perspectives nouvelles à ceux qui se sentaient enfermés dans l’oppression.

Alors pourquoi le texte s’est-il forgé une réputation aussi belliqueuse? Sans doute en raison d’une lecture réductrice ignorante des genres littéraires, car au moment où ce récit combatif s’articule de cette manière, le fragile Israël tremble devant l’imminente menace assyrienne et il s’agit, par une épopée volontariste, de redonner un moral de résistants à des populations qui se voient déjà anéanties. Le risque d’en tirer des conclusions incitant à l’agression reste inexistant aujourd’hui : les populations ennemies mentionnées n’existent plus de nos jours ! Partir à l’assaut des Amorites ne fera pas beaucoup de victimes en 2017…

Tandis qu’à l’inverse, lorsque le coran demande aux « vrais croyants » d’éliminer les adversaires de la loi d’Allah, à savoir les juifs et les chrétiens, cela représente de toute évidence un risque majeur pour une part considérable de l’humanité contemporaine, puisque ceux-ci sont présents en chair et en os dans le monde entier : les attentats collectifs ou individuels permanents dirigés contre eux témoignent de ce danger sacralisé par un texte prétendument révélé…

Mais dans le débat ciblé sur le caractère soi-disant agressif du Livre de Josué, on oublie souvent un autre chapitre du même récit, celui où les éclaireurs envoyés par le même Josué sont sauvés par Rahab, la prostituée étrangère qui les cache dans sa maison. Dans ce cas précis, le message se lit dans un registre nettement pacifiant : car le texte conclut que pour résoudre les problèmes dans l’urgence, on a besoin les uns des autres, au-delà des différences et des classifications sociales.

Culture biblique de vie et non de mort

Faut-il rappeler la période-clé dans la formulation hébraïque de la résurrection des morts, celle des Maccabîm, 2 siècles avant l’ère courante. Après les massacres massifs de la jeunesse juive par le roi Syrien Antiochus Epiphane, les survivants traumatisés approfondissent la conviction que le Dieu d’Israël n’abandonne pas les siens, victimes de la violence et des injustices. La foi en la résurrection est une affirmation militante de la victoire de la vérité sur le mensonge et de la vie sur la mort. Am Israel haï !

Sur le même terrain de la brutalité, on retrouve des écrits de Paul qui médite sur le mystère de la crucifixion de Jésus, lui, le Pharisien initialement devenu radical envers les dissidents, mais ayant finalement renoncé à toute violence après la rencontre du chemin de Damas. C’est pourquoi il annonce avec conviction la fin de ce cercle vicieux : « la mort a été engloutie dans la victoire » (1 Cor 15.54). La scandaleuse croix infligée par Rome au rabbi juif Yeshua a visibilisé la supériorité de l’amour vécu jusqu’au bout, dans une même fidélité envers Dieu et envers les hommes…

C’est la vie qui l’a emporté…De par la « résurrection », son être personnel et sa cause humaniste ont déjoué la tentative d’élimination. Cette exaltation d’une dignité humaine victorieuse des tyrannies concernera tous les amis de la paix par son message libérateur et créateur d’avenir. C’est aussi une dénonciation de l’illusoire toute-puissance de l’arrogant Empire de Rome, particulièrement meurtrière envers les habitants de Judée.

Nous avons là une véritable profession de foi en une humanité délivrée des engrenages mortels de la violence. L’amour étant le contraire même de la mort, il est, sous toutes ses formes, ce qui fait vivre ; ainsi, toute agressivité mortifère est déjà potentiellement vaincue dans ses prétentions.

Reste à défendre et actualiser la paix dans les situations d’aujourd’hui, à travers le dialogue, la réciprocité, mais aussi quand il n’y a plus d’alternative, le rapport de force défensif pour assurer la survie …

Tout le contraire de ce que revendiquent radicalement les mouvements les plus influents et significatifs du monde musulman, à l’instar des djihadistes et autres salafistes en expansion permanente, y compris en Europe.

Nous sommes tous conscients de la complexité géopolitique qui se renforce de jour en jour avec l’accélération d’événements préoccupants, mais c’est bien dans ces réalités périlleuses que l’étendard éthique du respect de la vie doit faire front avec intelligence aux multiples protagonistes d’une culture de mort et de domination totalitaire.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez prêtre, pour Dreuz.info.

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