L’Iran à l’Ère de l’après-Daesh : Objectifs, Opportunités et défis

Dr. Raz Zimmt[1]

Principal Argument développé :
Les buts stratégiques de l’Iran

En Syrie et en Irak, l’effondrement progressif de l’Etat Islamique est proche de toucher à sa fin. A la suite de la conclusion de ce processus de désintégration, Daesh va retourner à sa “situation naturelle” d’organisation terroriste djihadiste, qui n’a pas besoin d’administrer ou de protéger un Etat disposant de frontières territoriales. La chute de l’Etat Islamique crée de nouvelles opportunités pour l’Iran qui cherche à accroître son influence en Syrie, en Irak et dans le Moyen-Orient tout entier [2]

  • L’Iran, qui a précédemment démontré son habileté à exploiter toutes les occasions pour renforcer son statut en tant que puissance régionale, souhaite capitaliser le vide généré en Syrie et en Irak par la chute de Daesh, pour faire progresser ses ambitions dans la région et jouer un rôle central dans le façonnage du Moyen-Orient d’après-Daesh. Les actions de l’Iran en Syrie et en Irak font partie d’une stratégie iranienne globale qui oeuvre pour son hégémonie régionale. Iran cherche à augmenter son influence sur les Etats et les organisations de la région, tout en empêchant les forces déployées sous le patronage occidental et américain de prendre racine en Syrie, Irak ou dans tout autre pays. L’ingérence régionale de l’Iran est destinée, non seulement à propager son idéologie (“exporter la révolution”), mais principalement à réaliser les intérêts nationaux Iraniens, que Téhéran perçoit comme vitaux.
  • En poursuivant sa politique actuelle en Syrie et en Irak, l’Iran cherche à poursuivre plusieurs objectifs centraux :
    • Sécuriser et refaçonner le régime syrien : Préserver le régime du Président Assad, contribuer à sa stabilisation et développer l’influence iranienne  sur celui-ci, sont des objectifs vitaux pour l’Iran. Cette politique découle du rôle du régime syrien, en tant qu’allié stratégique de l’Iran dans le monde arabe, et des conséquences négatives éventuelles qu’aurait la chute d’ Assad pour le  Hezbollah libanais, qui dépend du caractère crucial du foyer logistique syrien pour le transfert de l’assistance iranienne  envers la milice chitte libanaise. De plus, la localisation de la Syrie au cœur du monde arabe est perçue comme un centre géopolitique à partir duquel, à l’avenir, l’Iran pourra mener sa politique subversive afin de faire avancer son hégémonie régionale.
    • Renforcer une sphère d’influence Irano-Chi’ite, qui s’étendra depuis l’Iran à travers l’Irak vers la Syrie et le Liban, puis la Méditerranée. Dans cette sphère d’influence, l’Iran peut créer un couloir terrestre d’Iran en Syrie et au Liban. Un tel couloir fournirait à l’Iran une nouvelle route lui permettant de transférer des forces, des armes et de l’équipement vers la Syrie et le Liban. Ceci en supplément des voies aériennes, que l’Iran utilise très fréquemment à présent, et des routes maritimes, que l’Iran a utilisé plusieurs fois par le passé. Il apparaît que l’Iran veut aussi obtenir un accès à la mer Méditerranée, et installer une présence avancée sur le le long terme en Syrie (bien que des responsables iraniens importants aient pu démentir ces intentions).
    • Renforcer les mécanismes permettant de faire pression et d’augmenter graduellement le niveau de menace imposé à Israël, tout en créant une situation de dissuasion. Cela peut se produire en augmentant les capacités militaires du Hezbollah, en développant les possibilités du Hezbollah pour fabriquer ses propres armes, et en établissant des réseaux terroristes sur les hauteurs du Golan, dans le but de générer un nouveau front permettant de défier Israël. Il nous apparaît que, selon le point de vue de l’Iran, les réseaux forgés sur les hauteurs du Golanseront constitués d’agents opérationnels du Hezbollah, des membres des milices chi’ites soutenues par l’Iran et d’acteurs locaux de la région (milice de défense nationale syrienne, constituée de Chiites et de Druzes).[3]
    • Maintenir l’intégrité territoriale de l’Irak, par un gouvernement dominé par les Chiites et leurs alliés sous l’influence de l’Iran. Pour promouvoir cet objectif  this politique, l’Iran renforce ses milices chiites en Irak qui opèrent sous son influence (“Les Unités de Mobilisation Populaire”, UMP), permettant à l’Iran de faiore progresser sonplan par étapes en Irak, grâce à ces milices.
    • Déloger les Etats-Unis de la région. Les U.S.A sont perçus par l’Iran comme une menace majeure contre sa sécurité nationale et ses intérêts vitaux. La première étape pour réaliser cet objectif est de diminuer l’influence américaine en Syrie et en Irak durant la phase faisant immédiatement suite à la chute de l’Etat Islamique, et après, l’Iran viser à émousser l’influence américaine dans d’autres pays à travers le Moyen-Orient.
    • Accroître l’influence politique, économique, religieuse et culturelle de l’Iran en Syrie, Irak et au Liban. Ceci peut se réaliser en exploitant la faiblesse des gouvernements centraux de ces pays, et grâce aux opportunités qui se présentent lors du processus de reconstruction des économies et des infrastructures en Syrie et en Irak, qui ont été dévastées par les guerres faisant rage dans ces pays au cours de ces dernières années. Un outil important pour l’accomplissement de cet objectif est fourni par les communautés chiites résidant dans ces pays (et en Syrie, grâce à la communauté Alaouite), qui font l’expérience de tensions sectaires  avec les communautés sunnites voisines.
    • Pour réaliser ses objectifs stratégiques, l’Iran continue à investir l’essentiel de ses efforts en Syrie pour stabiliser le règne du régime Assad et étendre les territoires sous son contrôle. En dépit des victoires significatives des forces du régime Assad, la dernière d’entre elle étant la chute de “l’Etat Islamique,” en tant que tel, une victoire décisive et finale est encore à réaliser, et l’effort militaire continue de poser un défi majeur à l’Iran et aux Gardiens de la Révolution, et cela leur impose un lourd bilan de pertes sur leur main d’oeuvre et sur ses clients (ainsi, par exemple, lors de la campagne pour prendre Albu Kamal, le dernier bastion important de l’Etat Islamique en Syrie, plusieurs officiers des Gardiens de la Révolution ont été tués, dont le principal bras droit de Qassem Soleimani, Karaillah Samadi, et deux autres officiers supérieurs ayant le rang de colonel).

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  • L’Iran a l’intention d’employer les forces opérant sous le commandement des Gardiens de la Révolution pour s’établir dans les zones d’où les rebelles Syriens et Daesh ont été expulsés, dans le but de créer une sphère d’influence s’étirant d’Iran à travers l’Irak et la Syrie vers le Liban et la Méditerranée. Les lignes territoriales de contrôle d’Est en ouest peremttraient un accès direct à ses alliés en Syrie et au Liban. L’effort iranien visant à établir ce couloir est réalisé par l’avancée des forces partisanes du régime Assad, comprenant le Hezbollah et les milices chiites opérant sous le parrainage des Gardiens de la Révolution, vers des points stratégiques traversant la frontière Irak-Syrie. L’Iran encourage les organisations sous sa tutelle en Irak et en Syrie à opérer près de la frontière syro-irakienne. Nous évaluons qu’aujourd’hui, les organisations bébéficiant du parrainage Iranien ont le contrôle ou de l’influence sur de vastes bandes de la zone frontalière.
Les Obstacles entravant la Réalisation des intérêts de l’ Iran
  • L’Iran est pourtant confronté à plusieurs obstacles fondamentaux quand il tente de s’établir en tant qu’acteur puissant dans le domaine “réservé” Arabe au Moyen-Orient : en tant que pays avec une majorité persane et persophone, il est perçu dans le monde Arabe, et même parmi ses propres alliés, comme un acteur étranger qui, parfois, se comporte de manière hautaine et même raciste envers ses voisins Arabes. Deuxièmement, l’Iran chiite lutte pour réaliser son hégémonie régionale dans une sphère qui reste majoritairement musulmane Sunnite. L’usage d’organisations supplétives locales permet à l’Iran un relatif camouflage de son  implication directe sur ce théâtre d’opérations, mais il se manifeste aussi des problèmes inhérents à une  strategie qui repose sur des opérateurs supplétifs, qui, à certains moments, ont leurs propres intérêts et qui ne suivent pas forcément l’agenda dicté par l’Iran à la lettre.
  • La création d’une sphère d’influence Iranienne dans l’ouest de l’Irak et dans l’Est de la Syrie et l’établissement du fameux couloir terrestre allant d’Iran en  direction de la Méditerranée représente un véritable défi  pour l’Iran. Le gouvernement d’Irak (avec l’encouragement américain) peut entraver le transfert d’armes par le biais de cette route. De plus, certaines parties de cette route sont contrôlées par des forces opposées à l’ingérence iranienne, comme les milices Kurdes soutenues par les Etats-Unis ou les communautés Sunnites résidant en Irak centrale et de l’ouest. Daesh va probablement modifier ses modes de combat et se tourner vers les tactiques de guérilla et de terrorisme pour survivre après la campagne menée contre ce mouvement ern Irak, et il peut mener des attaques de frappes et de fuite contre des véhicules iraniens se déplaçant le long de ce couloir terrestre(les véhicules Iraniens peuvent être perçus comme des cibles attractives pour Daesh au cours de sa probable future incarnation).
  • Les actions des superpuissances et d’autres gouvernements dans la région, et, en particulier, ceux de Russie, des Etats-Unis, et de Turquie, court-circuitent aussi la capacité de l’Iran à réaliser son but d’hégémonie régionale et frustre ses espoirs de faire fusionner l’Est de la Syrie et l’ouest de l’Irak comme parties intégrantes de sa sphère d’influence. En Syrie, la Russie est devenu l’acteur dominant, et, dès lors, l’Iran a endossé le rôle secondaire au cours des évolutions militaires et politiques qui sont survenues durant les deux années passées (ce qui crée incidemment des tensions dans les relations entre l’Iran et la Russie). Un autre acteur rivalisant avec l’Iran en Syrie (et au-delà) est la Turquie, qui souhaite jouer un rôle central en donnant des gages qu’il combattrait Daesh pour façonner les accords politiques futurs en Syrie à son avantage [notamment concernant les enclaves kurdes]. En outre,, il est probable que la Turquie sunnite percevra l’influence chiite croissante dont l’Iran est le fer de lance comme un préjudice porté à ses propres intérêts.
  • Les efforts de l’Iran pour maximiser son influence sur ce théâtre d’opérations peut déboucher sur des conflits encore plus importants avec les Etats-Unis d’Amérique, en particulier au cours de toute la Présidence Trump. L’Iran observe avec inquiétude les activités des Etats-Unis contre les forces du régime Syrien, et les perçoivent comme une nouvelle phase dans la bataille pour façonner la Syrie le jour d’après-Daesh et comme un “complot américain”, qui vise à réduire l’influence iranienne. En outre, la présence iranienne en Syrie accroît la probabilité de frictions avec Israël et cela peut déboucher sur une escalade entre les deux pays, selon un agenda qui ne conviendrait pas du tout à l’Iran.
  • A l’intérieur de l’Iran, l’implication iranienne en Syrie pose également un véritable défi. Les opérations militaires prolongées en Syrie continuent à réclamer un lourd bilan en pertes humaines et en facture financière pour l’Iran, qui, par moment, provoque des critiques internes. En outre, les menées de l’Iran vers l’hégémonie au Moyen-Orient peuvent réclamer d’augmenter ses “investissements” en Syrie, en Irak, au Leban et sur d’autres scènes de conflit avec les Etats Arabes Sunnites, dirigés par l’Arabie Saoudite et avec les Etats-Unis. L’expansion des investissements Iraniens en personnel militaire [chaire à canons] et d’autres ressources en des situations diversifiées de conflit est susceptible de raviver les contestations internes.
Les multiples Facettes irakiennes
  • Les pertes incapacitantes de Daesh créent de nouvelles opportunités pour l’Iran d’étendre son influence en Irak. A la différence de la Syrie, la présence militaire directe de l’Iran en Irak est extremement limitée et elle est foncièrement basée sur les milices Hashd al-Shaabi ou Unités de Mobilisation Populaire, dont la plupart opèrent souds le parrainage direct ou indirect des Gardiens de la Révolution. Ces milices jouent un rôle important dans l’arène intérieure en Irak, qui risque même de s’accentuer à la suite de la fin de campagne contre Daesh, quand ces milices revendiqueront leur place dans le nouvel ordre politique en Irak. Il apparaît que certaines de ces milices sont fidèles à l’Iran et il apparaît aussi très clairement que la capacité du gouvernement central à Bagdad à leur imposer sa volonté est plus quemis en doute.
  • L’Iran perçoit son implication en Irak comme un moyen essentiel de maintenir son influence dans le pays et d’empêcher la présence et l’influence americaine de perdurer, et que l’Iran perçoit comme une menace contre ses intérêts nationaux. Selon Téhéran, l’affaiblissement de Daesh peut accélérer  la confrontation contre les Etats-Unis pour s’emparer du pouvoir en Irak. L’Iran désire plus que tout neutraliser l’influence américaine en Irak, qui s’est accrue au cours de la campagne contre Daesh, et en particulier au cours de la bataille de Mossoul.
  • Tout comme dans le cadre de sa politique en Syrie, l’Iran bouge de façon à accroître son influence en Irak, aussi bien dans les domaines économiques, culturels que religieux. L’Iran investit de gros efforts en augmentant le volumede ses échanges commerciaux avec l’Irak, il s’est emparé de plusieurs champs pétroliers  dans les régions frontalières avec l’Irak, et l’Iran peut contribuer à reconstruire les zones conquises par Daesh. L’Iran poursuit aussi ses efforts pour accroître son influence religieuse dans les villes  irakiennes considérées comme saintes par la communauté chiite.
  • L’assistance Iranienne a fourni une contribution significative à la chute de l’Etat Islamique et à l’affaiblissement (temporaire?) ede Daesh, mais elle a aussi eu pour conséquience d’alimenter les critiques à l’intérieur de l’Irak contre l’ingérence de l’Iran dans ses affaires internes. Cette critique reflète la complexité de l’arène politique interne aux Chiites en Irak, qui comprend une multitude de visions différentes et même parfois opposées concernant l’implication de l’Iran  dans le pays. Au cours des deux dernières années, le responsable clérical et homme politique irakien chiite, Muqtada al-Sadr, a dirigé l’opposition contre l’implication de l’Iran en Irak. Jusqu’à il y a peu, Al-Sadr était considéré comme un protégéde l’Iran, mais ces toutes dernières années, il s’est éloigné des positions des Iraniens et a commencé à les critiquer publiquement à cause de cette ingérence en Irak. L’Iran erst troublé par son militantisme grandissant et en particulier ses liens en bourgeonnement avec l’Arabie Saoudite, le principal rival régional de l’Iran.
  • Le Premier Ministre Haidar al-Abadi, qui a été nommé à ce poste à l’été 2014 en remplacement du pro-Iranien Nouri al-Maliki, a aussi adopté une position indépendante vis-à-vis de l’Iran. Au cœur de la politique d’ al-Abadi, se loge le désir d’éviter de transformer son pays en un “satellite iranien”. L’Irak a aussi un intérêt sous-jacent à continuer  à bénéficier de l’aide et du soutien militaire américain et à maintenir des relations positives avec les Etats Sunnites Arabes, dont le principal d’entre eux, l’Arabie Saoudite. L’entrée de la Turquie comme nouvel acteur sur la scène irakienne est aussi perçue comme une menace par l’Iran, qui est dérangé par l’objectif de la Turquie de renforcer son emprise sur le Nord de l’Irak (Kurdistan inclus).
  • Un autre défi auquel l’Iran est confronté provient des Kurdes du Nord de l’Irak, bien que ce défi ait été significativement réduit, du fait de l’échec de l’initiative kurde qui a mené un référendum sur l’indépendance de facto de la région Kurde. L’Iran is perturbé par la transformation de la région Kurde en Irak en Etat de-facto indépendant. Selon le point de vue de Téhéran, une telle tendance peut mettre en péril l’intégrité territoriale de l’Irak, porter préjudice aux efforts de l’Iran pour garantir son emprise sur l’Irak et enhardir les aspirations séparatistes parmi sa propre minorité kurde en Iran.
En résumé :

En somme, la chute de l’Etat Islamique eb Syrie et en Irak et la transformation de Daesh en organisation terroriste et de guérilla crée une fenêtre d’opportunité pour que l’Iran réalise ses objectifs régionaux et répande son influence. Ses premières priorités sont le Liban, la Syrie, l’Irak et le Yémen, sur lesquels l’Iran a d’ores et déjà planté ses griffes, principalement par l’entremise de ses supplétifs chiites. Quoiqu’il en soit, la capacité de l’Iran à cimenter son influence est sous la contrainte des  caractéristiques fondamentales du système moyen-oriental, dont la principale est la composition démographique de la région et l’influence rivale d’autres acteurs régionaux (L’Arabie Saoudite, qui agrège une coalition de pays sunnites autour d’elle) et internationaux. La capacité de l’Iranà accroître son influence dans la région dépend non seulement de ses intentions et désirs, mais aussi des adaptations politiques odes autres états et autres acteurs non-étatiques, internationaux et locaux, opérant dans la région, et de leurs décisions montrant qu’ils vont soit faciliter les ambitions de l’Iran ou défier ses efforts visant à établir une sphère d’influence sous domination Iranienne.

Dr. Raz Zimmt

Chercheur permanent  à l’Institut d’Etudes de la Sécurité Nationale (INSS), et au Centre de l’Alliance pour les études iraniennes de l’Université de Tel-Aviv, chercheur au Forum poure une Réflexion régionale et éditeur de “Spotlight on Iran (éclairages sur l’Iran” publié par le Meir Amit Intelligence and Terrorism Information Center.

Centre Méir Amit d’informations et de renseignements sur le Terrorisme

Adaptation : Marc Brzustowski

Annexes

  • Below are five annexes dealing with the various aspects of Iran’s involvement in Syria, Iraq and the Middle East at large:
  • Annex A: The evolution of Iran’s involvement in Syria.
  • Annex B: The nature of the Iran’s current operation in Syria.
  • Annex C: The challenges to Iran’s involvement in Syria, Iraq and the Arab world at large.
  • Annex D: Iran’s involvement in Iraq.
  • Annex E: The Challenges to Iran’s involvement in Iraq.

[1] This document is an expansive update to an August 31, 2017 report by the Intelligence and Terrorism Information Center: “Iran in the Post-ISIS Era: Aims, Opportunities and Challenges”. http://www.terrorism-info.org.il/en/iran-post-isis-era-aims-opportunities-challenges/ 
[2] On the local, regional and international ramifications of the collapse of the Islamic State, see a publication of the Intelligence and Terrorism Information Center from November 16, 2017: “The Collapse of the Islamic State: What Comes Next?” http://www.terrorism-info.org.il/en/collapse-islamic-state-comes-next/ 
[3] In the past, a Shi’ite Iraqi operative, Abu Mahdi al-Muhandes, who serves as the Deputy Commander of the Popular Mobilization Committee (PMC, an umbrella structure of Shia militias operating under Iranian patronage), stated that if Hassan Nasrallah asked to turn toward Israel if conflict erupts, the PMC will do so. In this context see our publication from July 20, 2017: “Iran’s interests and intent in Iraq and Syria reflected in statements by senior commanders of the Popular Mobilization Committee, the umbrella organization of the Shi’ite militias in Iraq handled by the Iranian Qods Force”.

https://i0.wp.com/www.terrorism-info.org.il/app/uploads/2017/11/228_17_03-1.jpg

In Syria and Iraq, the gradual collapse of the Islamic State, established in Iraq and Syria, has come to an end. Following the conclusion of this process of disintegration, ISIS has returned to its “natural state” of a jihadist terror organization, which does not need to administer or protect a state with territorial borders.

(Source : JForum)

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