Sur Molière, vos profs vous ont raconté des « fake news »

_______________________________________________

Vous allez devoir réactualiser vos connaissances. Ce que vos profs vous ont raconté sur Molière était forgé de toutes pièces.

Pures fables. Le grand-père Cressé qui emmène le petit Jean-Baptiste voir les farceurs du Pont-Neuf… Les liens noués avec le prince de Conti au collège de Clermont…

Le père Poquelin qui voulait forcer son rejeton à reprendre sa charge de tapissier valet de chambre du roi… La vie de bohème menée par la troupe de l’Illustre Théâtre durant sa longue tournée provinciale… Le ménage désuni avec Armande… La mort en scène pendant la représentation du «Malade imaginaire»..

Fake news, tout ça. Même l’enterrement à la sauvette dans un coin de cimetière destiné aux enfants morts non baptisés.

Non, aucune preuve que le grand-père ait initié Jean-Baptiste au théâtre, ni que son père ait cherché à l’en détourner. Molière n’a vraisemblablement jamais croisé Conti au collège.

Peu de chances, de toute façon, qu’un prince du sang lui eût adressé la parole.

La tournée de l’Illustre Théâtre n’avait rien à voir avec les tribulations des saltimbanques de «Capitaine Fracasse». Rien ne permet non plus d’affirmer qu’Armande a cocufié son mari. Leur différence d’âge était courante à l’époque.

Molière était riche

Molière est mort chez lui, pas sur le plateau. N’ayant pas abjuré sa profession, il a été enterré discrètement, à la nuit tombée, mais en bonne place, escorté par huit prêtres, des orphelins de l’hospice des Enfants bleus, plus 700 ou 800 personnes, «suivies, rapporte un témoin, d’autant ou plus de pauvres à qui on fit l’aumône que cet illustre défunt leur avait ordonnée un moment avant que d’expirer». Car Molière était riche.

Puisque Georges Forestier réfute ce qu’on a seriné jusqu’ici, notamment ceux qui se sont appuyés sur «la Vie de M. de Molière», de Grimarest, presque entièrement controuvée, que lui reste-t-il à nous raconter ?

Les faits vérifiables et vérifiés. A savoir 544 pages exemptes de pédanterie, bien écrites, aussi animées qu’un roman, qui ne peuvent que renforcer notre vénération pour le saint patron du théâtre.

Jacques NersonJacques Nerson

Molière, par Georges Forestier,
Gallimard, 544 p., 24 euros

Sur Molière, vos profs vous ont raconté des fake news

(Source : JForum)

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s