Lundi 21 janvier, la joyeuse fête de Toubichvat : la fête des arbres

________________________________________________
Le 15 du mois de Chevat, sur la terre d’Israël, marque le début d’une nouvelle année pour les arbres. En effet, à cette époque de l’année, les arbres les plus précoces émergent de leur sommeil hivernal et entament un nouveau cycle de floraison. C’EST POURQUOI, LE 15 CHEVAT, NOUS FÊTONS LE NOUVEL AN DES ARBRES ! (Chabad.org)

DANS  L’AMANDIER  EN  FLEURS

Dans l’amandier en fleurs un oiseau s’est posé,

Venu pour se nourrir du seul nectar des fleurs.

La rosée a perlé des arbres tout en pleurs

Qu’ainsi pour l’abreuver le ciel lui a donné.

L’abondante nature est tout son univers.

Créée par l’Eternel, toi rose menorah

De tes tendres couleurs ose élever les bras.

Dis, joli troubadour, chante nous quelques vers.

La boule de plumes là-haut a regardé,

Dans le limpide azur vers Toi, ô notre Roi.

Il sait que ce qu’il a il ne le doit qu’à Toi

Et vers le Créateur son chant s’est élevé.

L’oiseau, reconnaissant, s’adresse à l’Eternel,

Dans son langage émet des sons mélodieux,

D’artistiques trilles, doux et élogieux

Dans l’air pur du printemps s’élèvent jusqu’au ciel.

Chevat*  est odorant déjà. Ce chant gracieux,

Ton être en perçoit l’écho dans le lointain.

Il calme ton cœur lourd et tu sais le divin

Sous le ciel d’Israël cruel mais lumineux.

Ainsi tendrement te sens tu réconforté.

Chante à ton tour au Ciel des louanges à la vie

Du Créateur tu sais tu es aimé aussi !

Alors, comme l’oiseau tu peux remercier.

Maryse

(le mois hébreu qui correspond à janvier)

  Cerisiers en fleurs – photo © Robert BROUAT
___________________________________________________________
Miniature
Vidéo de la fête de Tou Bichevat, le nouvel an des arbres, chez les ‘Hassidim de « Presmishlan » & « Vizhnitz », deux grands courants ‘hassidiques ! Comme à leur habitude, la fête est célébrée royalement, les ‘hassidim dansant et scrutant les moindres gestes et bénédictions du Rabbi. Cette fois-ci, les bénédictions sont adressés aux fruits !
VIDEO :
Quelle est la dernière fois où vous avez souhaité une bonne année à un arbre ? Le 15ème jour du mois hébraïque de Chevat est une occasion en or. Il est connu sous le nom de Tou BiChevat, le Nouvel An des arbres. Mais il y a arbre et arbre. Il y a celui qui produit des fruits, et celui qui n’en produit point. Certains arbres sont grands et imposants, comme les cèdres du Liban ; d’autres sont petits, humbles, comme le buisson d’épines. Il est des arbres bruyants, et il en est des silencieux. Bref, il n’existe pas deux arbres qui soient pareils.

De même il y a homme et homme. Il y a celui dont les bonnes actions sont comme des fruits juteux, et celui qui vit seulement pour lui-même. Certains hommes sont orgueilleux et arrogants, d’autres sont effacés et modestes. Il est des hommes bruyants qui remuent beaucoup l’air autour d’eux ; il en est qui, sans attirer l’attention, vaquent, silencieusement à leurs affaires. Il n’existe pas deux hommes semblables.

Quand D.ieu parla pour la première fois à Moïse, Il ne l’appela point d’un cèdre en flammes ou d’un palmier, mais d’un buisson d’épines ardent. Ainsi D.ieu montrait au premier berger d’Israël qu’il devait chercher l’ardent esprit divin dans le coeur de son humble troupeau. D.ieu ne demeure point parmi les orgueilleux et les arrogants.La rose est la reine des fleurs ; le raisin le roi des fruits, car avec lui on produit le vin qui est la plus vieille et la meilleure boisson de l’homme. La rose pousse sur le buisson d’épines, et le raisin sur la vigne basse. Dieu ne nous donne-t-Il pas de ce fait une grande leçon d’humilité ?

Mais au fait, pourquoi les arbres célèbrent-ils leur Nouvel An si longtemps après le nôtre ? Cela est dû à la saison des pluies en Israël qui commence avec la fête de Souccot. Il faut quatre mois pour que les eaux des pluies saturent le sol, nourrissent les arbres et les bichonnent jusqu’à ce qu’ils puissent produire des fruits. C’est important à savoir si vous vous apprêtez à donner vos dîmes de fruits, comme nous le faisions à l’époque du Temple, parce que les diverses dîmes varient d’année en année. C’est également important si vous êtes un arbre et cherchez une raison de faire la fête.

A Tou BiChevat, au nouvel an  des arbres, c’est leur fête. Alors, ceux-ci font un peu les fous ;  ils  prennent des teintes ou des poses plus farfelues les unes que les autres…

arbreforain.jpgRegardez, celui-ci en est tout rouge de plaisir !

jacaranda, Arbres - csp5482003
Ceux-là sont parés pour faire la fête et ont mis des perruques colorées !

  Voilà un arbre sioniste qui tient à marquer clairement son appartenance !

    Certains se font même cabanes pour abriter les jeux des enfants,

   ou même en toboggan !

Celui-là a vraiment l’air très fatigué et baille à fendre l’âme !

D’autres se couchent littéralement en travers de la route

Aviez-vous déjà vu des arbres dansants …
et des arbres qui chantent à gorge déployée ?

Image hébergée par servimg.com

Voyez comme celui-là se déhanche en marquant le rythme !
 
Deux arbres enlacés - Ensemble
Ou qui s’enlacent , en amoureux ? Peinture de Pierre Marcel

http://www.lepommier.net/hearts/index_fr.htm

… ou encore qui grimpent si haut qu’on croirait qu’ils veulent atteindre le ciel ?
tulipes, Arbres, ressort - csp1834707
Certains ont des myriades d’admiratrices de toutes couleurs et de tous horizons
Oiseaux, et, Arbres - csp7040757
Tous ensemble pour une soirée réussie entre amis
Arbres, emballé, lumières - csp2953177
Il y en a même qui vont jusqu’à se parer de guirlandes pour faire la fête toute la nuit !
Coucher soleil, derrière, les, Arbres - csp4803784Rêverie devant un superbe coucher de soleil flamboyant
 

Ces deux-là se baignent carrément dans la rivière, admirant leur reflet moiré dans l’eau ayant pris elle-même  la couleur du ciel ! (Photo Gérard Thérin)

Le pin de Bristlecone Mathusalem, Californie, USAQuant à celui-ci, déguisé en spectre, il semble entamer une danse en invoquant le Ciel de ses branches dénudées.

Regardez, certains se croient eux aussi déjà à Pourim et vont jusqu’à se déguiser … en chameaux ?

DSC05589

où en « grosse tête d’humain », planté au beau milieu de la place du village…

DSC05808 en pieuvre géante !

Le pin penché

ou bien encore… en lampadaire !!! (photo Huguette Balland )

DSC04920 Quant à celui-ci,  il semblerait qu’il ait débuté l’apprentissage de l’écriture… cependant un a encore beaucoup  de progrès à faire semble-t-il !

Voyez celui-là qui s’est  transformé en aire de jeux et accueille les enfants

Dragonnier (Dracaena draco)et celui-là en parasol pour protéger les humains d’un soleil trop ardant

Nous, les  humains, pouvons nous joindre à la célébration des arbres. Après tout, la Torah ne dit-elle pas que « l’homme est un arbre des champs » ? Nos âmes sont nourries par des racines profondes, qui remontent jusqu’à Abraham et Sarah ; nous sommes tournés vers le ciel tout en nous tenant fermement sur le sol ; et quand nous faisons les choses comme il faut, nous produisons des fruits qui profitent au monde : nos bonnes actions.

Dans le monde juif, nous marquons ce jour en consommant des fruits, en particulier ceux à travers lesquels la Torah fait l’éloge de l’abondance de la Terre Sainte : les raisins, les figues, les grenades, les olives et les dattes. En ce jour, nous nous rappelons que « l’homme est un arbre des champs » (Deutéronome 20, 19) et méditons sur les leçons que nous pouvons apprendre de notre double botanique.

Jardin promenade sous les arbres photo zabh 09Petite conversation entre amis
 
arbres et ciel rivage côte atlantique MarocAccompagnés par le rythme du ressac de la mer, deux arbres dans une tenue sobre entonnent un chant à la gloire d’Hachem sous l’oeil attentif du  chef d’orchestre.
collinet.jpg (90679 bytes)
Regardez comme cet arbre se démène pour exécuter une danse échevelée…
https://i2.wp.com/www.arbres.org/illustrations/hetre_tortillard.jpg
Celui-ci se tortille  et se déhanche,  comme soudain pris de frénésie…

Syria - Syrie - Wind - Vent - Arbres - TreesCeux-là semblent épuisés de danser et prêts à tomber au sol de fatigue

Les arbres les plus grands du Mondetandis qu’un petit malin se hisse au-dessus des autres pour mieux admirer le paysage.

   Encore tout étourdi d’avoir tant dansé, celui-là nous tire sa révérence.

Cerisier ornement  Fleurs de cerisier,  Michel BIDAULT

Quelle fête, mes amis, on rit, on danse, on chante ! La nature tout entière est en fête et la sève des arbres monte déjà dans les branches décorées de blanc ou de rose pour la fête.

RenaissanceAdmirez cette splendeur ! C’est celle qu’Hachem donne à toute la nature qui nous entoure.  Sachons apprécier ce magnifique cadeau en la regardant d’un oeil  neuf et émerveillé à chaque saison et respecter cette nature qui a été confiée à nos soins par le Créateur. Nous en sommes tous responsables !

arbres-libanTiens, un tout jeune arbre vient rejoindre la fête ! Bienvenue et longue vie à toi petit ! Aujourd’hui, des centaines de jeunes pousses comme toi viendront enrichir la nature.

Copyright © <©MAP-A>Hachem ne nous a-t-il pas fait cadeau d’une terre magnifique remplie de merveilles ?

Sachons la préserver, protégeons nos arbres, les poumons verts de la terre, vie de la terre.

Dans la Bible hébraïque, parmi les nombreuses ordonnances du « code de sainteté » figure la façon de traiter les arbres : il convient, après les avoir plantés, d’en considérer pendant trois ans les fruits comme une excroissance (orlah) à laquelle il est défendu de toucher ; la quatrième année suivant leur plantation (neta revaï), ces fruits doivent être consacrés à Dieu et ne peuvent servir au profit personnel qu’à partir de la cinquième année2.

Sur les 7 espèces énumérées par Moïse pour illustrer la fertilité de la terre d’Israël, 5 sont produites par des arbres  (le raisin, la figue, la grenade, l’olive huileuse et la datte). L’un des bienfaits dont D.ieu comble le peuple d’Israël est qu’ils jouiront, en prenant possession du pays, de vignobles et d’oliveraies qu’ils n’auront pas plantés. Il convient de lui en rendre grâce en prélevant les dîmes sur les produits de la terre au long des six premières années du  cycle septennaire de celle-ci. Ces dîmes, prélevées en sus de la dîme réservée aux prêtres, doivent être apportées dans la localité du sanctuaire ou converties en argent à dépenser dans cette localité, et consommées en état de pureté rituelle par l’agriculteur lors des première, seconde, quatrième et cinquième année et par les Lévites (ainsi que, plus tard, les nécessiteux) au cours des troisième et sixième années du cycle ; il n’y a pas de dîme la septième année. Enfin, les arbres fruitiers sont si précieux qu’il est interdit de les détruire  lors d’un siège militaire car « l’homme est un arbre du champ».  Le juste est également comparé au palmier ou au cèdre7 et ses fruits ainsi que la Torah à un « arbre de vie ».

Fleur du grenadier – [Passé le quinze shevat,] la majeure partie de la saison des pluies a eu lieu … la sève remonte, la verdure repousse et les fruits éclosent  – fleur de grenade en voie de maturation. (Wikipedia)

Pour fêter Tou Bichvate, voici une

vidéo musicaleen rapport avec la forêt, dont le compositeur est Robert Schmann (1810-1856) : Waldszenen Op. 82 (Forest Scenes) by Robert Schumann, Hal FREEDMAN

Tou BiChevat est une fête à forte connotation spirituelle. Loin d’être une pure célébration écologique (dans le sens moderne du terme) et dénué de toute velléité de panthéisme, il se veut réflexion autour des interrelations entre l’homme, D.ieu, la nature, le peuple juif et la Terre d’Israël.« Car l’homme est un arbre des champs ». (Deutéronome 20, 19)  A travers ce verset, la Torah initie une réflexion sur le passé, le présent et le devenir de l’individu. 3 composants essentiels font qu’un arbre est arbre : les racines, le tronc et les produits : feuilles, fleurs et fruits.

Les racines sont essentielles à la croissance d’un arbre : plus elles sont fortes et implantées dans un sol riche, plus fort sera l’arbre. Les racines, c’est l’ascendance, la famille, l’enfance, les bases de l’éducation, de la morale et de la foi ; c’est prendre pied dans une histoire familiale, c’est « avoir des racines » ancrées dans une tradition, c’est puiser son énergie dans un terreau nourricier. Se couper de ses racines, c’est un peu se couper les vivres : on peut en mourir.

Les racines donnent le tronc : celui-ci représente l’éducation, l’enfance et l’adolescence, l’âge auquel l’on se « fait ». Encore faut-il qu’il soit assez fort et étoffé pour résister au vent et à la tempête ; l’éducation doit être fondée sur des principes moraux et religieux suffisamment cohérents pour que le futur adulte puisse résister à toutes les tentations négatives. Et de même que le tronc ne cesse de s’épaissir, l’étude et les connaissances sont indispensables à la bonne croissance de l’être humain.

Cependant, le seul développement personnel ne suffit pas à l’individu ; il serait stérile. Tout comme l’arbre justifie son existence par ses fonctions de producteur d’oxygène et de bois, de nourricier pour les hommes et le monde animal ou tout simplement, par le fait qu’il procure de l’ombre en été et du plaisir à la vue, l’homme doit produire des fruits et irradier autour de lui : accomplir les commandements divins, faire de bonnes actions, communiquer, échanger et partager. C’est là ce qui fait un être humain accompli, c’est là le devenir de l’homme, qui évolue dans le rapport à autrui. Et pour tout cela, pour que l’arbre puisse se développer, il est un élément indispensable : l’eau.

Pour un juif, l’élément vital est la Torah : à plusieurs reprises dans la Bible, la Torah est d’ailleurs comparée à l’eau, à un puits d’eaux vivifiantes (entre autres Deut. 32:2) ; c’est elle qui l’accompagne sa vie durant, c’est elle qui le guide et le fortifie. L’homme sage imprégné de l’étude de la Torah n’est pas cet homme à l’état de nature qui se confronte à cette Nature. De ce fait, il est capable de maîtriser d’abord sa propre nature. Seule l’étude peut lui conférer une telle force et une telle audace. Elle lui permet de transcender l’apparence tragique des éléments naturels. (Pour lui, les fleuves ne vont pas forcément à la mer.) Elle permet également aux Sages de fixer Tou BiChevat avec un mois d’avance lorsque la Torah l’exige.

Dans les Maximes des Pères (Pikeï Avoth, Chap.III, 7) la Michna enseigne au nom de Rabbi Jacob : « Celui qui va son chemin en répétant son étude et qui s’interrompt pour dire : le bel arbre que voici ! L’Ecriture le lui compte comme s’il avait fauté en son âme. » Cette Michna nous rappelle la préséance de l’étude sur les beautés de la nature. La Nature ne saurait s’immiscer entre l’Homme et son Créateur, entre l’Homme et son prochain. Toute tentation panthéiste nous est refusée, car elle finirait par occulter, sous les oripeaux de la Beauté naturelle du monde, les vrais enjeux de notre passage ici bas.

La fête de Tou Bichevat est donc l’occasion de fêter la nature et de remercier D.ieu pour Sa création et la jouissance qu’Il nous en accorde. C’est aussi le temps d’une manifestation d’amour pour la Terre d’Israël. Mais c’est surtout le moment de faire le point sur notre croissance personnelle pour que notre arbre, poumon de la terre, puisse donner ses fruits et que tous en bénéficient.

« Il est bon que l’homme apprenne, à travers les arbres, à reconnaître le doigt de D.ieu, créateur de l’Univers.» Il les aime surtout à cause des fruits qu’ils lui fournissent. Il est appelé à les juger selon la forme et la couleur, la saveur du fruit qu’ils offrent à son appétit. Ainsi, le jugement qu’il porte se trouve être fondé sur une base toute matérielle, toute terre à terre. L’homme juge si « l’arbre est bon ou mauvais » (Genèse, 2, 9).

Mais il y a aussi, dans la création divine, l’arbre de la connaissance. Il est bon que nous écoutions l’enseignement qu’à travers le Midrach les arbres et leurs fruits donnent à l’homme, créature divine comme eux, et que, de cette façon, nous approchions d’une connaissance plus grande de D.ieu.

Pourquoi mange-t-on d’ailleurs 15 sortes de fruits à Tou Bichvat (le 15 Chevat) ? Bien entendu, il y a un rapport avec la date de la fête. Mais encore ?

Le chiffre 15, en hébreu, est formé de la lettre « yod » et de la lettre « ». Ces deux lettres forment également le nom de Dieu : dans chaque fruit, si nous savons l’observer et non seule­ment le croquer nous reconnaissons D.ieu, nous pouvons admirer les merveil­leux rouages de la Création.

Le peuple d’Israël est comparé à une vigne : la vigne est plus basse que tous les autres arbres. C’est elle pourtant qui les dépasse tous par ses qualités. Une branche de vigne replantée en n’importe quel endroit, prend immédiatement racine et produit un cep nouveau. De la même manière un juste, transplanté en n’importe quel endroit, arrive à se taire respecter et attire au­tour de lui les faibles et les hésitants. Les feuilles de vigne couvrent et cachent les grappes de raisin. Les ignorants et les hommes sans valeur se mettent souvent en avant des sages. Toutes les vignes portent de grosses et de petites grappes; mais les grosses grappes pendent plus bas que les petites. Les savants sont plus modestes que ceux dont les connaissances sont bien faibles et bien légères. La vigne produit du verjus aussi bien que du vin. Il faut pourtant faire la bénédiction pour l’un comme pour l’autre produit de la vigne. Les enfants d’Israël louent l’Eternel pour le mal comme pour le bien qu’il leur envoie. Le raisin commence par être foulé aux pieds, dans le pressoir ; mais fina­lement il est présenté même à la table des rois. Le peuple d’Israël est bien souvent, lui aussi, opprimé et foulé aux pieds ; mais un jour viendra où les plus grands reconnaîtront son mérite et sa valeur. Pour vivre et se développer, la vigne s’appuie sur du bois mort, ses tuteurs. Pour vivre et se développer, Israël doit également prendre appui sur les générations antérieures.Dès la Création les arbres se disputèrent. Chacun d’eux se croyait supérieur à l’autre. Le chêne avança sa taille, le dattier son fruit, le myrte son feuillage, etc. Devant cet étalage de qualité, la vigne, elle se taisait. Elle se savait petite de taille, foulée aux pieds, mangée par les animaux. Mais l’homme eut pitié d’elle. De son raisin il fit du vin et ce vin est utilisé à consacrer toutes les fêtes, tous les jours de Chabbat, ainsi que tous les moments heu­reux de l’existence de chaque Juif.

La vigne est le premier fruit dont la plantation est mentionnée dans la Torah. C’est Noé qui s’en est chargé. Le Satan (le mauvais penchant) s’est associé à lui et a arrosé le plant du sang d’une brebis, d’un lion, d’un porc et d’un singe. Interrogé par Noé sur la raison pour laquelle il avait choisi ces animaux, il répondit : « Quand l’homme boira le jus de ce fruit, il deviendra doux comme une brebis ; s’il en boit un peu plus, il se croira fort comme un lion : s’il en boit encore, il se conduira comme un porc ; s’il continue à boire, il sera aussi laid qu’un singe ! »

Le peuple d’Israël est également comparé aux noix. Tous les hommes, grands et pe­tits, aiment jouer avec des noix et s’amusent à les faire rouler. Tous se moquent et méprisent les enfants d’Israël.

La noix, cependant a un avan­tage sur les autres fruits : laissez-la tomber dans la boue, elle n’en peut pas moins être consommée ; le fruit qui est à l’intérieur de la coquille n’en reste pas moins appétissant. Toutes les humiliations que l’on veut faire éprouver à Israël ne peuvent le dimi­nuer et amoindrir sa valeur spirituelle et son idéal.

La noix peut être brisée par une pierre. A nous de choisir la pierre qui l’ouvrira. La Torah est en pierre (les deux Tables de la Loi), le mauvais pen­chant aussi est appelé une pierre par nos Prophètes. A nous de choisir celle des deux qui sera appelé à maîtriser Israël et à diriger sa destinée.

La coquille de la noix et te cer­neau ne font qu’un seul et même fruit. L’un protège l’autre. Dès que la coquille est séparée du fruit, on la jette. Les ignorants et les savants font tous partie à titre égal de la Communauté d’Israël. Mais les ignorants ne peuvent s’y maintenir que dans la mesure où ils restent auprès des savants, en contact avec eux, et leur permettent, en les aidant, et en les protégeant, de dé­velopper et de divulguer leur science religieuse.

On ne peut enlever une noix d’un sac sans faire bouger en même temps les autres noix -Symbole de la solidarité juive – : quand un juif se conduit mal, tous ses frères en subissent les conséquences ; quand un des nôtres est arraché à notre milieu, tous nous nous en ressentons.

De même le peuple d’Israël est comparé à une olive ; celle-ci ne donne son huile qu’après avoir été écrasée. Israël ne fait jamais aussi puissamment connaître son message que sous la souffrance et l’oppression.

Le symbole de la paix rétablie entre les hommes et D.ieu après le déluge a été l’arc-en-ciel. C’est la colombe rapportant la branche d’olivier à Noé qui en a été cependant le signe avant coureur.

L’huile ne peut jamais se mêler à l’eau, il y a une incompatibilité entre ces deux éléments. Il y a la même incompatibilité entre la Torah et l’assimilation aux civilisations ambiantes.

Le jour de la mort du roi Salomon, tous les arbres prirent le deuil en hommage au plus sage des rois et décidèrent de faire tomber leur feuillage. L’olivier seul ne se conforma pas à cette décision. Les autres arbres s’indignèrent : « Tu ne daignes pas pleurer le plus grand et le plus intelligent de tous les rois» Vous montrez là un signe bien extérieur de deuil, répondit l’olivier. Moi, c’est au fond de moi-même que j’éprouve cette perte. Voyez donc comme mon cœur est vide ! » Effectivement, les vieux oliviers ont depuis cette époque un tronc creux !

Quant au  juste, il est comparé au dattier (et au cèdre) (cf. Psaume 92,13). Les autres arbres sont, en effet, difficilement reconnaissables de loin ; le dattier (et le cèdre) seuls peuvent être identifiés malgré la distance. Il en est ainsi des justes : leurs bonnes actions les font remarquer de très loin.

Le palmier-dattier est le fruit qui offre le plus de bienfaits et qui rend le plus de service à chaque Juif : son fruit est consommé ; ses branches servent de Loulav pendant la fête de Souccot ; son feuillage est utilisé pour couvrir la Soucca ; son écorce sert à confectionner des cordages, son tronc fabriquer des poutres pour les maisons et des meubles. Le juste, lui aussi, doit mettre toutes ses facultés au service de son prochain.

Le figuier se trouve mentionné dans les premières pages de la Torah : ses feuilles ont servi à revêtir Adam et Eve. Il est le symbole de l’avenir radieux qui est réservé au pays d’Israël où « Chacun demeurera à l’ombre de son figuier» (Michée, 4, 4).

La Torah est comparée à un figuier : les fruits de la plupart des arbres arrivent à maturité au même moment. Il en est autrement du figuier : ses fruits mûrissent les uns après les autres et doivent être cueillis petit à petit. De même, le « produit » de la Torah ne peut être « cueilli » et assimilé en une fois mais plutôt en doses régulières et continues.

Tous les fruits ont des déchets coquilles, noyaux, pépins, épluchures. Dans la figue tout est bon. Toute science à ses mauvais côtés et ses utilisations néfastes. Dans la Torah, cet Enseignement divin, tout est parfait.

Rabbi Akiba avait l’habitude d’étudier avec ses élèves à l’ombre d’un figuier. Il remarqua bientôt que tous les matins, avant son arrivée, le jardinier se rendait à son arbre pour y cueillir les figues qui avaient mûri depuis la veille. Rabbi Akiba décida d’aller étu­dier dans un autre jardin. Mais le jardinier le rejoignit et lui dit : « Rabbi, pourquoi donc ne venez-vous plus étudier sous mon figuier ? »

Je craignais que vous ne me soupçonniez de manger vos figues. »

-Le jardinier fit comprendre à Rabbi Akiba qu’il n’en était rien et celui-ci reprit sa place habituelle. Quant au jardinier il ne vint pas de bon matin cueillir ses fruits, comme il le faisait auparavant. Mais à peine le rabbin et ses élèves s’étaient ils installés que les figues mûres tombèrent et s’écrasèrent sur eux …

Voyez-vous, dit Rabbi Akiba à ses élèves, le bon jardinier sait quand le moment est venu de cueillir ses fruits. De la même manière, le Saint, béni soi-t-Il, sait quand vient le moment pour les justes de quitter ce monde et il les recueille auprès de lui ».

Les Kabbalistes ont fait du 15 Chevat un véritable jour de fête. Ils y ont introduit un rituel, que l’on nomme « Le Seder de Tou Bichevat ». Celui-ci est décrit pour la première fois dans l’ouvrage mystique «Hemdat Yamim » qui est publié en 1763, et il consiste en la consommation de vin rouge, de vin blanc, de « fruits d’Israël » (ce sont les fruits dont la Terre d’Israël a été bénie, à savoir le blé, l’orge, la datte, la figue, la grenade, le raisin et l’olive). Tout ceci est fait dans un ordre bien précis et accompagné de la lecture de textes de la Bible ou du Zohar (principal ouvrage de la Kabbale).

Cette coutume s’est vite répandue à travers les communautés juives de diaspora, et elle est devenue un moment majeur de l’expression de la nostalgie du peuple juif de sa terre, à travers les siècles et les pays.

Plusieurs coutumes ont été adoptées à Tou Bichevat, jour de fête non chômé. On a l’habitude de faire un repas de famille au cours duquel on déguste le plus de fruits possible ; au minimum 15 pour certains. On s’efforce de consommer les 7 Fruits d’Israël (qui ne viennent pas forcément d’Israël) et au moins un fruit nouveau (sur lequel on prononce la bénédiction Chéhé’héyanou).

Depuis le retour du peuple juif sur sa Terre et la création de l’Etat d’Israël, on a décidé de marquer ce jour par la plantation d’arbres. Les écoliers sortent dans les forêts et plantent chacun leur arbre, et toute une pédagogie est mise en place autour des thèmes de l’attachement à la Terre d’Israël et aux valeurs écologiques.

Comment les hommes célèbrent-ils Tou Bichevat ? 

En ce jour, il est de coutume de consommer les fruits qui font la réputation de la terre d’Israël : olives, dattes, raisins, figues et grenades. Ainsi, le 15 chevat on procède, comme à  Pessa’h ou à Roch Hachana, à un Séder ou « Ordre » de consommation de fruits, accompagné de la récitation de versets bibliques, de passages du Talmud et du Zohar liés à cette circonstance. Le séder le plus connu est celui tiré du livre Péri ‘Ets Hadar, imprimé pour la première fois à Salonique en 1753 qui fut diffusé dans le monde entier. Il fut réimprimé à Pise en 1763, à Amsterdam en1859, à Izmir-Smyrne en 1876, à Livourne en 1885 et à Bagdad en 1936, là où se trouvaient de grandes communautés juives.
Règles générales du Seder :
 
On lira tout d’abord les textes suivants en hébreu et en français, si l’entourage ne comprend pas la langue de la Bible :
Gn 1,9-13: récit de la création des végétaux.
Lv 26, 3-13: les bénédictions.
Dt 8,1-10: L’éloge des sept fruits de la terre d’Israël : blé, orge, raisin, grenade, figue, olive, datte.
Ez 17; 34; 36; 47.
Jl 2.
Ps 72; 147; 148; 65; 126.
• Le seder consiste à manger essentiellement des fruits, précédés de la berakha adéquate.
• Le chef de famille pourra dire, seul, les berakhot, et les participants répondre « Amen ».
•Si l’on mange un fruit pour la première fois cette année on récite :
« Baroukhattah Adonaï-Elohénou, mélekh aolam, chéhé’eyanou vekiyyémanou, veigianou lazemân azé.
Loué sois-Tu Éternel, notre Dieu, Roi de l ‘univers, qui nous as fait vivre et atteindre cette époque-ci.«
•Mais on ne répète pas la bénédiction pour un deuxième fruit nouveau au même repas.
•On doit veiller à ce qu’aucun fruit consommé ne soit véreux.
Le Blé
On commence la dégustation d’un gâteau à base de blé ou d’orge.
C’est en effet le blé qui inaugure l’éloge des fruits de la terre d’Israël: « Une terre qui produit le blé et l’orge » (Dt 8, 8).
Le blé, cité 30 fois dans la Bible, est l’aliment de base de l’homme.
Avant la consommation, on récite :
« Baroukhattah Adonaï-Elohénou, mélekh aolam, boré miné mézenot.
Loué sois-Tu Éternel, notre Dieu, Roi de l ‘univers,qui crées toutes sortes d’aliments. »
L’Olive
Ensuite on prend une olive.
L’olivier qui devient très vieux, millénaire dit-on, symbolise l’ancienneté, et ses feuilles persistantes, l’opiniâtreté.
De son fruit, on tire par pression l’huile d’olive, qui porte la lumière (de la ménorah du Temple) ou qui sert à la consécration du roi ou du Grand Prêtre (le Messie, le Mashiah est littéralement « l’Oint »).
Le fruit vert, confit dans la saumure et consommé comme olive de table, nous enseigne que l’amer s’adoucit par le travail et le temps…
L’olive est citée 38 fois dans la Bible : « Tes fils seront comme des plants d’olivier autour de la table » (Ps 128,3).
Avant la consommation, on récite :
« Baroukhattah Adonaï-Elohénou, mélekh aolam, boré peri aets.
Loué sois-Tu Éternel, notre Dieu, Roi de l ‘univers,qui crées le fruit de l’arbre. »
La Datte
On enchaîne avec la datte : symbole de la douceur.
Quand la Torah fait référence au miel, il s’agit du sucre de la datte.
Ses branches (palmes) servent à réaliser une mitsva (le loulav à Soukkot).
Ses graines, pourvues d’un albumen oléagineux donnent l’huile de palmiste.
« Le juste fleurit comme le palmier dattier » (Ps 92,13) est l’une des 12 citations de la datte dans la Bible.
Le Raisin
Ensuite, on mange le raisin, si souvent mentionné dans la tradition juive. Le raisin donne le vin qui occupe une place de choix dans le culte. D’où l’obligation de ne consommer que du vin ou du jus de raisin casher.
Le vin peut à la fois servir pour les grandes cérémonies (kiddouch, mariage – pages en préparation, etc.) mais il peut également égarer l’homme (l’alcoolisme).
Le raisin est mentionné 19 fois dans la Bible, et le vin 141 fois, comme : « Et le vin réjouit le cœur de l’homme. » (Ps104,15).

 
La première coupe de Vin
Ici on boit la 1ère coupe de vin blanc, après avoir fait la bénédiction :
« Baroukh attah Adonaï-Elohénou, mélekh aolam, boré peri agfen.
Loué sois-Tu Éternel, notre Dieu, Roi de l ‘univers,qui crées le fruit de la vigne. »
La Figue
Selon le midrach, les feuilles de figue ont servi à couvrir la nudité d’Adam et Ève après leur faute.
On retrouve des figues, « après que Nabuchodonosor, roi de Babylone, eut exilé de Jérusalem et amené à Babylone Yekhonia roi de Juda […] dans deux corbeilles […] étaient placées devant le sanctuaire de Dieu. L’une contenait des figues excellentes et l’autre des figues extrêmement mauvaises » (Jr 24).
Même si pour les botanistes, elle est un « faux fruit », la figue n’en reste pas moins un végétal très prisé car elle n’a ni coquille, ni pépins, ni noyaux: elle devient « le fruit » par excellence!
Elle apparaît 39 fois dans la Bible. « Comme les premiers fruits mûrs sur le figuier, j’avais considéré vos ancêtres » (Os 9,10).
La Grenade
En hébreu, la grenade évoque l’élévation (rimôn <-> ram), mais aussi le prélèvement (térouma).
Le prophète Jérémie enseigne que cent grenades d’airain se trouvaient sur les colonnes du Temple de Jérusalem, et la Torah (Ex 28, 33) qu’elles se trouvaient autour de la bordure de la robe du Grand Prêtre (36 devant et 36 derrière). Ces grenades grelots annonçaient le passage du Cohen et permettaient aux gens impurs de s’écarter de lui.
La grenade est mentionnée 32 fois dans la Bible.
« Puissions-nous être remplis de mitsvot comme la grenade! » souhaite-t-on le soir de Roch Hachana; pourquoi pas à Tou BiChevat?
Le Cédrat
Le cédrat ou étrog fut, selon un avis rabbinique, le fruit de la connaissance du bien et du mal. (Selon d’autres, il s’agissait du raisin ou du blé).
Attention, en général, on ne fait pas la bénédiction de chéhéh’eyanou sur le cédrat car on l’a déjà dite à Soukkot, en faisant la bénédiction sur le loulav.
L’étrog n’est pas mentionné nominativement dans la Bible, mais uniquement comme péri ‘ets hadar, « fruit du bel arbre ».
La Pomme
La pomme est mentionnée dans le Cantique des Cantiques.
Le « champ de pommes », le verger des secrets, se trouve abondamment cité dans la Kabbale.
A propos du doux parfum qui émane des vêtements de Jacob, venant recevoir la bénédiction de son père Isaac (Gn 27, 27), le midrach enseigne que ses vêtements provenaient du paradis, dont les pommes exhalaient un parfum enivrant.
La pomme est mentionnée 6 fois dans la Bible: « L’odeur de tes narines – par où Dieu insuffla l’âme à l’homme – est comme celle des pommiers ». (Ct 7,  9).

 
La deuxième coupe de Vin
On boit ensuite la 2ème coupe de vin blanc mélangé à un peu de vin rouge.
La Noix
La noix évoque la boîte crânienne, la coque de la noix protégeant un fruit ressemblant au cerveau (cerneau). La noix, egoz, a pour valeur numérique 17 qui est égale au mot tov, « bon ».
Comme elle est composées de quatre parties, les kabbalistes y décèlent les quatre lettres du Tétragramme divin (Zohar II 15 B).
Il n’existe qu’une seule mention de la noix dans la Bible : « Vers le verger des noyers je suis descendue ». (Ct 6,11).
L’Amande
Dans tous les pays où il pousse, l’amandier  est le premier arbre à fleurir. Réputée pour sa promptitude, l’amande arrive à maturation (après la chute de la fleur) en 21 jours. Cela n’est pas sans évoquer les trois semaines qui séparent le 17 tamouz du 9 Av (période de deuil).
La branche d’amandier fleurie confirma aux yeux de tout Israël l’élection d’Aaron (Nb 17,33) et inaugure la prophétie de Jérémie (Jr 1,11). Déjà dans la Torah, les amandes sont envoyées comme offrande par Jacob au vice-roi d’Égypte (qu’il ne sait pas être son fils Joseph) afin de l’amadouer. (Gn 43,11).
Le Caroube
Le caroubier, à l’opposé de l’amandier, est très long à donner des fruits (70 ans). Il symbolise les efforts des générations précédentes pour les suivantes:
« Un jour, alors que ‘Honi marchait sur la route, il vit un homme qui plantait un caroubier:
– Combien d’années faut-il pour qu’un caroubier porte des fruits ? lui demanda ‘Honi.
– Soixante-dix ans, répondit le paysan.
– Et tu ne te demandes pas si tu vas vivre soixante-dix ans, si tu vas pouvoir manger de ses fruits ? »
L’homme répondit: « Dès ma jeunesse, j’ai trouvé des caroubiers, car mes ancêtres en ont donc planté pour moi; de même j’en plante pour mes descendants… » (TB Taanit 23 a).
Le mot « carat », unité de mesure de masse du diamant et de l’or, vient de « caroube », et correspondait au poids d’une graine de caroube (entre 185 et 205 mg; 1 carat = 200 mg).

La Poire
Originaire du Proche-Orient et du nord de l’Asie centrale, la poire a plus de 4000 ans d’âge. Elle se consomme de nombreuses façons : crue et cuite sous forme de compotes, poires au four, tartes, pâtisseries, confitures… Elle est aussi transformée en fruits confits, sirop, alcools.
 
La troisième coupe de Vin
On boit ensuite la 3ème coupe de vin moitié rouge moitié blanc.
A partir de là, les fruits mentionnés dans le Péri ‘Ets Hadar ne sont pas facilement identifiables.
Ils correspondent sans doute à des fruits des régions où vécurent les communautés juives. Chacun complétera cette liste pour accomplir le verset : « De tous les arbres du jardin tu mangeras ».
Certains mangent 15 sortes de fruits, selon le nombre de cantiques des degrés (Chir HaMaalot) des Psaumes, d’autres en mangent 30 ou plus, chacun suivant ses coutumes, ses moyens et les disponibilités du marché.
 
 
La quatrième coupe de Vin
On terminera avec la 4ème coupe de vin rouge additionnée d’un peu de vin blanc.

La bénédiction pour les fruits poussant sur les arbres :

Baroukh ata A-donaï Elo-heinou melekh haolam boré péri haets

[Béni sois-Tu, É-ternel notre D.ieu, Roi de l’univers, qui crée le fruit de l’arbre.]

Si on goûte un fruit pour la première fois de la saison, on récite la bénédiction de Chéhé’hyanou avant de dire celle sur le fruit :

Baroukh ata A-donaï Elo-heinou melekh haolam chéhé’hyanou vékiyémanou véhiguiyanou lizmane hazé

[Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, qui nous a accordé la vie, nous a sustentés et nous a permis d’atteindre cette occasion.]

– Cette journée n’est pas une des grandes fêtes (Yom Tov), toutes les formes de travail sont autorisées. Toutefois, en raison du caractère festif de la journée, nous ne récitons pas les supplications (Ta’hanoun) lors des trois prières.

– Certains ont la coutume de manger du caroube. Le maître de la Kabbale, le saint Arizal, mangeait quinze sortes de fruits en ce jour.

En ce qui concerne les fruits provenant d’Israël, il faut s’assurer de prélever la « Terouma » et le « Maasser ». Il est également important de se renseigner auprès d’une autorité rabbinique compétente pour ce qui concerne les lois de la Chemita.

Quelques recettes pour Tou Bichevat Entrée, ou apéritif

Prenez 2 oignions blancs, vous coupez en lamelles très fines et en longueur/ Prenez une dizaine de dattes, enlevez les noyaux, vous les coupez en fines lamelles, vous faite revenir avec du beurre dans une poele, (les oignions en premier) pendant  4 mn , surtout ne pas les brûler, ils ne doivent pas non plus être croquants ; faire très attention à bien les dorer , ajouter les dattes, une demi cuillère à café de miel, à peine un peu de citron très peu, ou de la vanille.

Faire cuire à feu très doux, lorsque l’oignon, est très tendre et que ça sent très bon dans la cuisine, c’est cuit. Ne pas servir dans des assiettes, mais dans des cuillères individuelles, que vous remplissez sur chaque cuillère et vous décorez avec un fil de la peau d’un citron de tel sorte que le goût du zeste ressorte, (Forum Harissa)

Soupe « spécial Tou BiChevat » à l’orge perlé

Ingrédients:

2 gros oignons en fin petits cubes [haches]
2 tomates pelées [sous l eau chaude]
3-4 branches de céleri + les feuilles
sel, poivre, marak of, un peu de curcuma
2 bonnes poignées d orge perlée

Préparation:

faire revenir les oignons dans de l huile d olive , quand ils sont blonds, couper les tomates pelées en petits morceaux, et rajouter, couper les céleri très fins [en rondelles] couvrir d eau + 2 doigts, rajouter sel, poivre, épice marak of [bouillon cube parve] , orge perlée, et laisser mijoter a feu doux jusqu a cuisson de l orge>

Pour ceux  qui n ont pas le temps, faire tremper l’orge dans de l eau bouillante 1h, ça réduit son temps de cuisson de moitié

vous pouvez rajouter du kosbor[coriandre fraîche] pour le goût
On peut ajouter des petits morceaux de viande si on veut la soupe Bassari [viande]

Figues cuites en accompagnement des viandes

La figue est un fruit dont la saveur se marie très bien avec les viandes blanches et les gibiers. On pourra donc :

  • la faire rôtir à même le plat de viande,
  • en farcir un poulet avec des épices ou des olives,
  • la laisser réduire en purée, mélanger à des pommes de terre, pour accompagner une viande plus forte,
  • la cuire en brochettes, en alternant des morceaux de dinde, d’oignon et de figue,
  • l’ajouter dans un tajine de veau, avec des pruneaux et des pommes des patates douces,
  • en faire un chutney avec des oignons, des pommes, de la cannelle, du poivre, du gingembre, du miel et du citron,
  • l’incorporer dans une version originale du riz pilaf, avec des oignons, un petit piment émincé, du gingembre râpé et du riz sauvage,
  • ou, tout simplement, la passer quelques minutes sur chaque face dans une poêle chaude beurrée

Agneau aux amandes et pignons

Il faut environ 1 kg d’agneau, faire revenir la viande avec des oignions et de l’huile, sel et poivre les dorés sans les brûler ni les caraméliser. Lorsque la viande devient dorée, ajouter de l’eau à couvrir la viande, 2 ou 3 bâtons de cannelle, du gingembre en poudre attention ne pas en mettre beaucoup, du safran, laisser mijoter à feu doux, la sauce doit n’être ni trop épaisse ni trop liquide.

Préparer les pruneaux et les abricots pour les faire pocher, si vous les achetez aux poids la préparation ne doit pas durée plus de 5 minutes, si c’est en sac il faut 10 à 15 minutes, mettre de l’eau dans un casserole ajouter un bâton de cannelle, du sucre, moi je ne mets que du sucre roux et très peu, je n’attend pas que l’eau soit chaude si non le fruit devient trop mou. Quand votre sauce à une jolie couleur et que votre viande est tendre, vous pouvez ajouter les fruits. Servir dans son plat si la cuisson a été faite dans un tajine, ou dans une grande assiette ajouter les amandes que vous avez fait à peine dorer au four et des pignons au moment de servir pour qu’ils restent croquants.(Forum Harissa)

Gâteau de dattes

Battre un mélange blanc, bien mousseux: 5 oeufs, une pincée de sel, 4 cuillères à soupe de sucre cristallisé, 1 sachet de sucre vanille et le jus d’un citron. Ajouter peu à peu, deux cuillères à soupe d’huile, un verre de cerneaux de noix grossièrement moulus,1 verre de dattes hâchées imbibées d’eau chaude, 4 cuillère à soupe de farine pâtissière tamisée avec une cuillère de levure. Verser le mélange obtenu dans un moule enduit de margarine allant au four. Enfourner à feu doux pendant 50 minutes. (Suite 101.fr)

tarte special toubichevat – Recette Cuisine et Patisserie Cacher

(sources Chabad.org – Lamed – Au service de l’Ecriture – Forum Harissa – J.attitude – magazine Adama du KKL)

« Quand on abat un arbre, celui-ci pousse un cri silencieux qui traverse le monde de part en part » Chapitres de Rabbi Eliezer, 33

(Voir aussi CULTURE JUDAÏSME TOU BICHVAT –  du 3 décembre 2009)

——-

Tou Bichvat et le retour du peuple juif sur sa terre, par Pierre Caïn

La Torah au présent (d’ après des écrits de transmission de Torah)

 

La fête de Tou Bichvat a ses rites, agricoles, mais ne s’accompagne apparemment pas de support thoraïque. Erreur : il existe des textes qui permettent d’ancrer résolument la plantation d’arbres , geste symbolique ‘noble’ , mais « banalisé’, dans la tradition juive.

Il suffit de se référer à la paracha Bechalla’h qui coïncide chaque année avec le Roch Hachanah ( Nouvel An) des arbres

 

A la période de Tou Bichvat, la nature sort de son hibernation et, souterrainement, elle commence à se renouveler par la montée de sève dans les arbres (1). La terre d’Israël renouvelle ses forces, retrouve en quelque sorte sa fertilité.

 

 

 

La coïncidence Tou Bichvat – Chabat Chira , lecture du Cantique de la Mer, n’est pas fortuite non plus. Ce Cantique sera pour Israël, à toutes les époques de son histoire d’une actualité jamais démentie. Dans ce Cantique, l’âme du peuple hébreu s’est élevée au-dessus d’elle même, pour devenir une source de spiritualité , une source de Torah ! » (2). Cette coïncidence exprime ainsi parfaitement la volonté affirmée de « doubler » l’événement naturel ( l’éclosion du monde végétal ) par l’Histoire humaine : en l’occurrence l’éveil du peuple hébreu sorti de l’enfermement de l’Egypte.

 

Jacob étendra ses racines, Israël donnera des bourgeons et des fleurs

 

Autre recommandation: Moïse et les B’nei Israël chantent dans « le Cantique de la Mer » , après le passage de Yam Souf – ( la Mer des Joncs , improprement appelée la Mer Rouge) (Chemoth –Exode XV, 16, 17 ) « ce peuple que tu as acquis , tu le feras venir et tu le fixeras, tu le planteras sur la montagne de Ton héritage ». (3)

 

C’est – à –dire que la descendance aura comme impératif de planter sur cette montagne sacrée (4) et Dieu sera prêt à mener à bien cet objectif

 

Allégorie bucolique reprise par le prophète Amos 9, 14-15 : « Je ramènerai les captifs de mon peuple Israël (… ) , je les replanterai dans leur sol, et ils ne seront plus déracinés de ce sol que je leur ai donné, dit l’Eternel ton Dieu »

 

Ceci est retrouvé dans Jérémie 32, 41 : « Je prendrai plaisir à les rendre heureux et les implanterai solidement dans ce pays, de tout mon coeur et de toute mon âme « (3, p.271)

 

Le prophète Isaïe disait aussi : « Dans les temps à venir, Jacob étendra ses racines, Israël donnera des bourgeons et des fleurs , et ils couvriront de fruits la surface du globe « (Isaïe 27, 6 )…

Lire la suite : Tou Bichvat et le retour du peuple juif sur sa terre Par Pierre Caïn

(Source : Terredisrael – INFO’SION THORA, Jérusalem-capitale – Eretz Israël)

Préparer le Séder

Pour préparer le séder, AVEC LA HAGGADAH DE TOU BICHEVAT, par Hillel Bakis, voir ce lien EDITION 2009 NOUVELLE EDITION

Et puis, sur Univers Torah, vous trouverez :

Tou Bichevate et les fruits

Halakha :  Sédèr de Tou Bichvate

Les Fetes :  Le mois de Chevate

Dvar Tora :  Les fruits: signes de la fin des temps

Divers :  L’Étrog ou la sagesse de la Tora

Halakha :  Tou Bichevate dans la Halakha

Les Fetes :  Source et Signification de Tou Bichevate

Halakha :  Tou Bichevate et les fruits

Les Fetes :  Chévate, sous le signe du verseau

Halakha :  Ordre des bénédictions

Le Maharal de Prague dans son livre « Netivote ‘Olam », explique que le monde et son contenu été créé dans le but d’honorer D. Ainsi, une bénédiction récitée par une personne sur un fruit par exemple, dévoile la splendeur du nom divin qui se dégage de la création de ce fruit. Par contre la personne qui profite de ce monde sans faire les bénédictions de circonstance, autrement dit sans être reconnaissante à D., « vole » des Bérakhote à D.
Il empêche donc la révélation divine qui devait sortir de ce fruit.

Faire une bénédiction sur un fruit, avant de le consommer, c’est reconnaître qu’il appartient à D. et que l’on se doit de demander la permission d’en profiter à son créateur.

Manger sans bénédiction ,c’est donc voler le maître du monde.
Si ceci est d’une parfaite logique, il est plus difficile de comprendre pourquoi la Guémara parle de voler le peuple d’Israël?

Rachi, sur place, explique que lorsqu’il ont fauté (manger sans Bérakha), les fruits sont frappés. En d’autres termes, l’absence de bénédiction, par les hommes, sur les fruits, a empêché par contrecoup la bénédiction divine de se répandre sur les fruits. La récolte en a subit les conséquences: les fruits sont moins beaux, moins nombreux (voir le Marcha)

Chant de Tou BiChevat (terredisrael)

Source : Children Songs and a Poem for Tu B’Shvat – Zagit-Zviya Netter –

VIDEO : TOU BICHVATYouTube

—–

Hommage à un jeune arbre abattu avant d’avoir donné ses fruits : Ilan Halimi

LE SOUVENIR D’ILAN RESTERA TOUJOURS VIVANT EN NOUS  !Ilan Halimi avait été retrouvé bailloné, nu, agonisant, près d'une voie ferrée.

Ilan Halimi avait été retrouvé bailloné, nu, agonisant après d’atroces tortures, près d’une voie ferrée (7sur7.be ), attiré dans un piège tendu par des antisémites
_______________________________________________________

Roch Hachana Léilan, le nouvel an des arbres coïncide cette année avec le 5ème anniversaire de la disparition du jeune et trop tôt disparu Ilan Halimi, que nous n’avons bien sûr pas oublié. Son souvenir reste  enfoui au fond de nos coeurs et nous lui rendons hommage à l’occasion de cette si belle fête (malheureusement pas très connue de tous les Juifs, et c’est pour cela que nous essayons de la faire connaître).

Rappel :

HOMMAGE : ILAN, arbre en hébreu. PRIONS POUR CET ARBRISSEAU ABATTU AVANT D’AVOIR PU DONNER SES FRUITS. ILAN HALIMI est ce jeune homme lâchement et sauvagement mis à mort en 2006 simplement parce qu’il était juif, après avoir subi d’atroces tortures, justement à cette époque de l’année, où l’on fête le Nouvel An des Arbres. Heureusement, nous savons que les barbares qui ont commis cet horrible meurtre, après avoir été jugés par les hommes, le seront aussi, le moment venu, par le Maître du Monde, à qui rien n’échappe ! Mais l’essentiel en ce qui nous concerne tous est de ne jamais oublier Ilan.

——————————————————————————–
BENEDICTION DES ARBRES EN FLEURS AU MOIS DE NISSAN

Birkat ha-Ilanot (Extrait du livre “Lois & Récits de Pessah”, éditions Torah-Box  – disponible sur http://www.torah-box.com/ebook)

Celui qui, pendant le mois de Nissan voit des arbres fruitiers en fleurs, dira la bénédiction des arbres « Birkat ha-Ilanot », afin de remercier l’Eternel d’avoir fait refleurir les arbres desséchés.
La formule de la bénédiction est la suivante : “Baroukh ata Adona-y éloh-énou mélékh ha olam chélo hissér béolamo cloum oubara bo briote tovot véilanot tovot léhanot bahèm béné adam« 
A priori, on remplira la mitsva le premier jour. Si l’on n’a pas réussi à la réaliser, il sera permis de dire la bénédiction tout le mois de Nissan. Même pendant le mois d’Iyar, il est possible de la dire à condition qu’il y ait des fleurs sur les arbres, même si une partie des fruits a déjà poussé. A priori, il faut dire la bénédiction quand on voit deux arbres fruitiers et non de simples arbres non-fruitiers. Si par erreur, on a dit la bénédiction sur des arbres non-fruitiers, on ne redira pas la bénédiction quand on verra des arbres fruitiers. On ne dira la bénédiction que lorsqu’on voit les arbres. Et donc, s’il se trouve un grand rassemblement qui en gène la vue, on attendra le moment propice avant de dire la bénédiction. Mais si l’on a dit la bénédiction, sans avoir vu l’arbre en fleurs, quand on le verra alors on ne le bénira pas à nouveau. (source Torah Box)

Ilan Halimi, 7 ans après. Par Guershon Nduwa

23 jours de nuit totale (adhésif jamais retiré de son visage et de ses yeux), terrorisé, interdit d’usage des toilettes, nu, affamé, frigorifié, nourri par une paille. Son corps sera torturé, massacré d’impacts et de brûlures de cigarettes jusqu’aux parties génitales. Sa chair dès lors à vif, Youssuf Fofana lui « nettoyera à l’acide » après avoir commencé à lui trancher la gorge et à lui infliger des blessures au couteau (non mortelles). Ilan est encore vif et conscient. Il va jusqu’à faire entendre ses hurlements à ses parents par téléphone. Il sera ensuite aspergé d’essence par Youssuf Fofana qui mettra le feu au corps d’Ilan, brûlé vif sur 80% du corps avant d’être jeté baillonné menotté yeux bandés, toujours nu, sur des voies ferrées. Ilan se traînera plusieurs heures dans les bois, avant d’arriver à un grillage, puis près d’un chemin de fer avant que des passants ne le découvrent vivant et agonisant au petit matin. Incapable de s’exprimer, il décèdera dans l’ambulance.

Si l’horreur n’a pas disparu de l’actualité internationale, qui aurait pu imaginer qu’elle surgirait sous la forme d’une pure duplication des expériences de séquestration, de torture et d’assassinat « vues à la télé ». Ainsi, si la perte de repères moraux devait apparaître à la télé comme le corollaire de la violence en terrain de guerre, rien, dans le pacifisme français apparent, ne préparait le Spectateur à recueillir le corps réellement mutilé d’un jeune homme de 23 ans, Ilan Halimi.

Les communautés juives et noires ont particulièrement été outrée devant l’horreur réalisée par un sombre gang proclamant fièrement son identité : « gang des barbares ».

Barbare, barbaros. L’étymologie grecque nous rappelle que le barbare est à l’origine l’étranger à la Cité. Dans les débris du corps de ce juif français, n’est-ce pas notre propre identité citoyenne que nous devons rechercher ? Si cette mort injustifiable a été fomentée par un amalgame d’images télévisuelles et de préjugés, alors nous devons donner une actualité sans précédant au mouvement fondamental de séparation entre la barbarie et la civilisation…

Lire la suite ici : http://www.fjn-123.fr/spip.php?article1085

(Source : Juifs Noirs)
En deux mots, qui est Guershon Nduwa ?
Originaire de la République Démocratique du Congo,  Guershon Nduwa est  Psychologue à « Médecins sans frontières ». Il est le représentant et fondateur de la communauté juive noire en Ile-de-France et président de la Fraternité Judéo-noire.

‘Hag samea’h à tous les juifs du monde !

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s