PARACHAT HACHAVOUA – PARACHA DE LA SEMAINE (du vendredi 14 au samedi 15 février 2020)

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Un cours vidéo du Rav ‘Haïm Dynovisz sur la paracha de la semaine :

Mais où est donc la place des non juifs ?? Paracha Ytro 19 Janvier 2011

Existe t il une différence entre les hommes et les peuples ? Sommes nous tous véritablement égaux ? Où se situe la différence entre Israël et les nations ? Toutes les réponses dans ce cours fondamental qui ouvre les portes sur les notions les plus fondamentales de l’existence.

Mais ou est donc la place des non juifs?? Paracha Ytro

(Source : Site du Rav)

Paris

Lille
Strasbourg
Lyon
Nice
Marseille
Montpellier
Toulouse
Bordeaux
Déb.
17.50
17.44

17.29

17.46
17.40

17.49

17.54
18.04
18.10
Fin

18.59

18.54
18.38
18.52
18.44
18.52

18.58

19.08
19.15

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Cette semaine nous étudions la paracha Yithro (Devarim 29,9 – 30,20)

29,9
Vous êtes placés aujourd’hui, vous tous, en présence de l’Éternel, votre Dieu: vos chefs de tribus, vos anciens, vos préposés, chaque citoyen d’Israël;
29,10
vos enfants, vos femmes et l’étranger qui est dans tes camps, depuis le fendeur de bois jusqu’au puiseur d’eau,
29,11
afin d’entrer dans l’alliance de l’Éternel, ton Dieu, et dans son pacte solennel, par lesquels il traite avec toi en ce jour,
29,12
voulant te constituer aujourd’hui pour son peuple, et lui-même être ton Dieu, comme il te l’a déclaré, et comme il l’avait juré à tes pères Abraham, Isaac et Jacob.
29,13
Et ce n’est pas avec vous seuls que j’institue cette alliance et ce pacte;
29,14
mais avec ceux qui sont aujourd’hui placés avec nous, en présence de l’Éternel, notre Dieu, et avec ceux qui ne sont pas ici, à côté de nous, en ce jour.
29,15
Car vous savez le séjour que nous avons fait au pays d’Egypte, et nos pérégrinations parmi les peuples où vous avez passé;
29,16
vous avez vu leurs abominations et leurs immondes idoles, le bois et la pierre; l’argent et l’or déifiés chez eux.
29,17
Or, il pourrait se trouver parmi vous un homme ou une femme, une famille, une tribu, dont l’esprit, infidèle aujourd’hui déjà à l’Éternel, notre Dieu, se déterminerait à servir les dieux de ces nations; il pourrait exister parmi vous quelque racine d’où naîtraient des fruits vénéneux et amers.
29,18
C’est-à-dire qu’après avoir entendu les termes de cette imprécation, cet homme se donnerait de l’assurance dans le secret de son cœur, en disant: « Je resterai heureux, tout en me livrant à la passion de mon cœur; » et alors la passion assouvie entraînerait celle qui a soif.
29,19
L’Éternel ne consentira jamais à lui pardonner! Oui, alors, la colère de l’Éternel et son indignation s’enflammeront contre cet homme, et toutes les malédictions consignées dans ce livre s’abattront sur lui, et le Seigneur effacera son nom de dessous le ciel.
29,20
Et il le distinguera, par le malheur, entre toutes les tribus d’Israël, en lui infligeant toutes les malédictions du pacte formulé dans ce livre de la doctrine.
29,21
Alors, quand les générations futures, vos descendants qui naîtront plus tard, et l’étranger venu d’une contrée lointaine, observeront les plaies de ce pays-là et les calamités dont le Seigneur l’aura affligé:
29,22
terre de soufre et de sel, partout calcinée, inculte et improductive, impuissante à faire pousser une herbe; ruinée comme Sodome et Gomorrhe, Adma et Séboïm, que l’Éternel bouleversa dans sa colère et dans son courroux;
29,23
et quand ils diront, tous ces peuples: « A quel propos l’Éternel a-t-il ainsi traité ce pays? Pourquoi s’est allumée cette grande colère? »
29,24
On répondra: « Parce qu’ils ont abandonné l’alliance de l’Éternel, Dieu de leurs pères, l’alliance qu’il avait contractée avec eux, après les avoir fait sortir du pays d’Egypte;
29,25
parce qu’ils sont allés servir des divinités étrangères et se prosterner devant elles, des divinités qu’ils ne connaissaient point et qu’ils n’avaient pas reçues en partage.
29,26
Alors la colère de l’Éternel s’est allumée contre ce pays-là, au point de diriger sur lui toutes les malédictions écrites dans ce livre;
29,27
et l’Éternel les a arrachés de leur sol avec colère, animosité, indignation extrême, et il les a jetés sur une autre terre comme cela se voit aujourd’hui. »
29,28
Les choses cachées appartiennent au Seigneur, notre Dieu; mais les choses révélées importent à nous et à nos enfants jusqu’aux derniers âges, afin que nous mettions en pratique toutes les paroles de cette doctrine.
30,1
« Or, quand te seront survenus tous ces événements, la bénédiction ou la malédiction que j’offre à ton choix; si tu les prends à cœur au milieu de tous ces peuples où t’aura relégué l’Éternel, ton Dieu,
30,2
que tu retournes à l’Éternel, ton Dieu, et que tu obéisses à sa voix en tout ce que je te recommande aujourd’hui, toi et tes enfants, de tout ton cœur et de toute ton âme,
30,3
l’Éternel, ton Dieu, te prenant en pitié, mettra un terme à ton exil, et il te rassemblera du sein des peuples parmi lesquels il t’aura dispersé.
30,4
Tes proscrits, fussent-ils à l’extrémité des cieux, l’Éternel, ton Dieu, te rappellerait de là, et là même il irait te reprendre.
30,5
Et il te ramènera, l’Éternel, ton Dieu, dans le pays qu’auront possédé tes pères, et tu le posséderas à ton tour; et il te rendra florissant et nombreux, plus que tes pères.
30,6
Et l’Éternel, ton Dieu, circoncira ton cœur et celui de ta postérité, pour que tu aimes l’Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur et de toute ton âme, et assures ton existence.
30,7
Et l’Éternel, ton Dieu, fera peser toutes ces malédictions-là sur tes ennemis, sur ceux dont la haine t’aura persécuté.
30,8
Tandis que toi, revenu au bien, tu seras docile à la voix du Seigneur, accomplissant tous ses commandements que je te prescris aujourd’hui.
30,9
Et le Seigneur, ton Dieu, te prodiguera des biens en favorisant tout le travail de ta main, le fruit de tes entrailles, le fruit de ton bétail, le fruit de ton sol; car il se plaira de nouveau, le Seigneur, à te faire du bien, comme il s’y est plu pour tes ancêtres,
30,10
pourvu que tu écoutes la voix de l’Éternel, ton Dieu, en gardant ses préceptes et ses lois, tracés dans ce livre de la doctrine; que tu reviennes à l’Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur et de toute ton âme.
30,11
Car cette loi que je t’impose en ce jour, elle n’est ni trop ardue pour toi, ni placée trop loin.
30,12
Elle n’est pas dans le ciel, pour que tu dises: « Qui montera pour nous au ciel et nous l’ira quérir, et nous la fera entendre afin que nous l’observions? »
30,13
Elle n’est pas non plus au delà de l’océan, pour que tu dises: « Qui traversera pour nous l’océan et nous l’ira quérir, et nous la fera entendre afin que nous l’observions? »
30,14
Non, la chose est tout près de toi: tu l’as dans la bouche et dans le cœur, pour pouvoir l’observer!
30,15
Vois, je te propose en ce jour, d’un côté, la vie avec le bien, de l’autre, la mort avec le mal.
30,16
En faisant ce que je te recommande en ce jour: aimer l’Éternel, ton Dieu, marcher dans ses voies, garder ses préceptes, ses lois et ses décrets, tu vivras, tu grandiras et tu seras béni de l’Éternel, ton Dieu, dans le pays où tu vas entrer pour le conquérir.
30,17
Mais si, m’aliénant ton cœur, tu deviens indocile; si tu t’égares jusqu’à te prosterner devant des dieux étrangers et leur rendre un culte,
30,18
je vous le déclare aujourd’hui, vous périrez à coup sûr! Vous n’aurez pas de longs jours sur cette terre où vous allez pénétrer, en passant le Jourdain, pour en faire la conquête!
30,19
J’en atteste sur vous, en ce jour, le ciel et la terre: j’ai placé devant toi la vie et la mort, le bonheur et la calamité; choisis la vie! Et tu vivras alors, toi et ta postérité.
30,20
Aime l’Éternel, ton Dieu, écoute sa voix, reste-lui fidèle: c’est là la condition de ta vie et de ta longévité, c’est ainsi que tu te maintiendras dans le pays que l’Éternel a juré à tes pères, Abraham, Isaac et Jacob, de leur donner. »
(Source : Torah-Box)
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Révolution ou évolution ?

Ces deux mots à la mode exercent l’esprit des historiens et des spécialistes des sciences sociales dans leur quête pour comprendre les orientations de la vie humaine. Il semble toujours y avoir deux façons de faire les choses. D’un côté, la transformation révolutionnaire soudaine et globale, et de l’autre : l’approche progressive, axée sur la croissance et le développement.

Ces deux approches se retrouvent-elles aussi dans le monde de la Torah ?

Absolument. Voyons comment.

Il y a plus de 3 300 ans, la Torah fut donnée sur le mont Sinaï en présence de tout le peuple juif. À ce moment-là, il y eut du tonnerre et des éclairs, le son d’un grand shofar et le peuple fut saisi de peur et de tremblement. Ce fut une expérience vraiment intense, une révolution dans la conscience humaine ! Un événement unique qui allait changer la vie de tous.

Dans le même temps, il y a aussi un aspect développemental dans le Don de la Torah.

Ceci est manifeste lorsque nous considérons les bénédictions sur la Torah récitées dans le cadre des prières quotidiennes du matin. Des bénédictions similaires sont également dites lors de la lecture de la Torah à la synagogue.

Une bénédiction se termine par les mots « … Béni sois-tu, Ô D.ieu, qui enseigne la Torah à Son peuple Israël ». Une autre bénédiction se termine par les mots « … Béni sois-tu, Ô D.ieu, qui donne la Torah. » Ces bénédictions sont au présent. Prenez la deuxième bénédiction. Ne faudrait-il pas plutôt dire « qui a donné la Torah » puisque ce fut un événement historique unique ?

Mais le texte de ces bénédictions est très précis. Elles nous disent qu’il y a une révélation de la Torah dynamique et continue à travers le temps : la Torah est infinie, il y a toujours des aspects plus profonds et plus larges de la Torah qui attendent d’être révélés.1

Les Sages nous disent qu’en étudiant la Torah, nous devons éprouver un immense sentiment de crainte, ainsi qu’un sentiment de joie. Car D.ieu Lui-même est présent dans ces enseignements. Chaque fois que nous étudions la Torah, c’est d’une certaine façon une répétition du Don de la Torah. Tout comme il y eut alors un sentiment de crainte, lorsque nous étudions nous devrions éprouver un sentiment de crainte. En même temps, notre conscience de l’unicité et de la beauté de cette expérience nous procure un sentiment de joie… Car D.ieu est présent et se réjouit dans Sa Torah chaque fois que nous prenons un livre de Torah et étudions quelques lignes, que nous assistons à un cours de Torah ou que nous trouvons des enseignements de Torah en ligne (pas le Chabbat évidemment).

Cela signifie que, non seulement notre connaissance de la Torah, mais aussi l’expérience que nous en avons se développe progressivement tout au long de notre vie. Nous pouvons apprendre le même passage des centaines de fois, mais avec toujours plus de profondeur et de sens. Et au cours de l’histoire, nos Sages ont révélé de nouvelles dimensions de la Torah, qu’il s’agisse de halakha (loi) qui s’applique à une situation nouvelle ou de nouvelles perspectives de progression spirituelle.

Tous ces enseignements étaient présents dans la révolution originale, lors du Don de la Torah, mais en attente d’être révélés. Cela se produit progressivement, au fil des générations, au fur et à mesure que les Sages expliquent la rencontre de la Torah divine avec la vie quotidienne. De cette manière, la révolution se combine à l’évolution, les grands changements imprègnent les développements progressifs de notre appréciation et de notre expérience de la Torah. Cette double approche de la Torah entraînera la révolution ultime : celle du Machia’h (le Messie), lorsque le monde et tous les aspects de la vie seront perçus comme exprimant l’Unité du Divin.

NOTES

1.

Voir Likoutei Torah de Rabbi Chnéour Zalman, Tazria 23a et le second maamar Anokhi 5749 et Sefer HaSichot 5752 vol. 2, p. 507-8 du Rabbi de Loubavitch.

Révolution et évolution

(Source : Chabbad.org)

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Du matin jusqu’au soir

La Torah raconte que lorsqu’Ytro rejoignit le peuple juif, il vit comment son gendre Moché jugeait le peuple : « Le peuple se tenait devant Moché du matin jusqu’au soir. »

Rachi cite à ce propos un commentaire du Talmud : « Est-il seulement possible de juger ainsi [du matin jusqu’au soir] ? Ceci nous apprend que lorsqu’un juge rend un verdict fidèle à la vérité, même pendant la durée d’une seule heure, on considère qu’il est devenu l’associé du Saint béni soit-Il dans la Création du monde, au sujet de laquelle il est dit : ‘ Ce fut le soir, ce fut le matin ’… » (Chabbat 10/a)

Les jugements de vérité

Le Méche’h ‘Ho’hma aborde ce thème en établissant un lien avec l’interdit de « planter un arbre à proximité du mizbéa’h [l’Autel du Temple] ».
L’arbre fruitier symbolise les apports nutritifs que requièrent les êtres vivants. Les différentes étapes du développement et de la maturation d’un arbre représentent cette faculté, propre aux fruits, d’alimenter les hommes pour qu’ils puissent eux-mêmes se développer. D’autre part, le mizbéa’h est quant à lui le symbole par excellence du service divin, preuve en est qu’un sacrifice ne peut être offert nulle part ailleurs. Or, si la Torah nous interdit de planter un arbre à proximité du mizbéa’h, c’est justement pour que nul ne vienne à penser que les sacrifices de bêtes seraient « bénéfiques » à D.ieu, au même titre que les fruits le sont pour le corps humain.

L’un des principes élémentaires de la foi juive énonce en effet que le Créateur est d’une Puissance illimitée, et qu’Il n’a nullement besoin de Ses créatures. Sa perfection étant absolue, les sacrifices ne Lui apportent donc rien ; c’est au contraire au profit de ceux qui les approchent que le principe des sacrifices a été formulé, pour leur permettre d’accroître la Clémence divine à leur égard. Voilà pourquoi la Torah exige qu’aux alentours du mizbéa’h, on ne trouve que des minéraux et des êtres inanimés, pour que personne ne vienne à se fourvoyer dans ce genre de pensées.

C’est en cela qu’un juge qui prononce un verdict fidèle à la vérité s’associe au Créateur dans Son œuvre. De la même manière que D.ieu créa le monde sans en dégager le moindre intérêt personnel, mais uniquement pour le bénéfice des êtres créés, ainsi le juge doit avoir pour unique but, dans sa démarche de juger ses semblables, la recherche de la vérité et l’intérêt des plaignants.

Un autre point commun lie le mizbéa’h à la fonction des juges : l’un comme l’autre ont pour objectif de rapprocher le cœur des hommes de leur Créateur. En effet, par la résolution des conflits et l’établissement de compromis, le juge parvient à faire régner la paix dans le monde, pas moins que le mizbéa’h avec les sacrifices qui y étaient approchés. C’est en ce sens que nos Sages stipulent que le grand Sanhédrin de Jérusalem devait être installé précisément à proximité du mizbéa’h, dans l’enceinte même du Temple, car leur rôle était similaire.

Le Méche’h ‘Ho’hma étaye cette idée à l’aide de deux enseignements, a priori redondants, tirés des Maximes des Pères : « Le Monde se maintient grâce à trois choses : la Torah, le service sacerdotal et l’altruisme » (1, 2). Et un peu plus loin dans ce même chapitre, on retrouve une idée similaire : « Raban Chimon ben Gamliel dit : Le Monde subsiste sur trois valeurs : sur le jugement, sur la vérité et sur la paix » (18). Avant que nous ne tentions de comprendre le sens de cette répétition, on remarque toutefois un parallèle relativement clair entre ces deux enseignements : si la « vérité » est une référence évidente à la Torah et la « paix » à l’altruisme cité dans la première michna, il en résulte donc que le « jugement » est l’expression du service sacerdotal. Ce qui confirme le lien profond unissant ces deux notions.

La justice maintient le monde

La seconde de ces michnayot, citée au nom de Raban Chimon ben Gamliel, est rapportée par le Tour en guise d’introduction à son traité de droit civil (‘Hochen Michpat). Le Tour ramène à sa suite un commentaire de Rabbénou Yona, selon lequel il convient de voir dans ces enseignements deux thèmes bien distincts. Si le premier s’intéresse à savoir sur quoi le monde se « maintient » – c’est-à-dire le but de la création et sa raison d’être – le second explique quant à lui ce qui lui permet de « subsister », car si le jugement, la paix et la vérité ne régnaient pas dans le monde, les hommes s’entredévoreraient les uns les autres.

À l’aide de ces éclaircissements, le Tour apporte une explication remarquable à l’idée déjà vue plus haut : « Lorsqu’un juge rend un verdict fidèle à la vérité, il devient comme l’associé du Saint béni soit-Il dans la Création du monde ». En effet, « D.ieu créa le monde dans le but qu’il se maintienne, mais lorsque des mécréants volent et trompent leurs semblables, ils contribuent à détruire le monde, comme nous le voyons au sujet de la génération du Déluge, dont le sort fut scellé par la faute du vol (…) Par conséquent, lorsqu’un juge brise les élans des fourbes, qu’il arrache leurs larcins de leurs mains pour les restituer à leurs propriétaires, il permet au monde d’exister et il contribue à concrétiser la volonté du Créateur, Qui créa le monde pour qu’il subsiste. »

Cette réalité est en vérité déjà évoquée par le plus sage d’entre les hommes : « Le roi conserve son pays par la justice » (Proverbes 29, 4) – c’est-à-dire, comme l’explique Rachi : « S’il est un juge de vérité, il affermira son pays ». Car de fait, il permet ainsi au peuple de perdurer selon les principes de la loyauté, de la justice et de la vérité.

Adapté par Y. Bendennoune à partir d’un article du rav Moché Reiss, pour Hamodia en hébreu

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Paracha Ytro : Du matin jusqu’au soir

(Source : Chiourim.com)

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La conversion d’Yitro

Dans un commentaire devenu célèbre, Rachi explique au début de notre paracha les motivations qui poussèrent Yitro à rejoindre le peuple juif : « ‘Yitro, prêtre de Midian, beau-père de Moché apprit tout ce que D.ieu avait fait…’ (Chémot 18, 1) – Quelle information l’incita à venir ? L’ouverture de la mer des Joncs et la guerre contre Amalek. »

Ce commentaire de Rachi est extrait d’un passage talmudique (Zéva’him 116/a), entièrement consacré à cette question : « Quelle information incita Yitro à venir se convertir ? Rabbi Yéhochoua dit : Il apprit la nouvelle de la guerre menée contre Amalek, car il est dit juste avant [à la fin de Béchala’h] : ‘Yéhochoua triompha d’Amalek et de son peuple’. Rabbi Eliézer Hamodaï dit : Il apprit la nouvelle du Don de la Torah [certains avis estiment en effet qu’Yitro ne rejoignit les Hébreux qu’après le Don de la Torah]. Rabbi Elazar dit : Il apprit la nouvelle de l’ouverture de la mer des Joncs. » Pour chacun de ces avis, le Talmud établit une corrélation entre les mots : « Yitro apprit [vayichma’] », et la même expression que l’on retrouve dans ces différents contextes.
S’il convient de comprendre sur quel point ces Sages sont partagés, une autre question mérite d’être posée ici. En effet, en lisant attentivement les premiers versets de notre paracha, nous remarquerons que la Torah semble elle-même répondre à cette fameuse question : « Yitro, prêtre de Midian, beau-père de Moché apprit tout ce que D.ieu avait fait pour Moché et pour Israël Son peuple, lorsque l’Eternel avait fait sortir Israël de l’Egypte. » Voilà donc que la Torah indique explicitement que ce ne fut ni la guerre d’Amalek, ni l’ouverture de la mer et encore moins le Don de la Torah qui incitèrent Yitro à se convertir, mais tout simplement les miracles de la sortie d’Egypte ! Qu’est-ce qui détermina les Sages du Talmud à ne pas tenir compte de ce verset ?

Le but de la sortie d’Egypte

Pour résoudre ce problème, nous devons comprendre que la sortie d’Egypte et les miracles qui l’accompagnèrent ne reflètent qu’une part de cette Vérité qu’Yitro découvrit. En apprenant ces miracles, le prêtre de Midian fut certes interpelé, mais une question subsista : l’émancipation des Hébreux se résuma-t-elle à rendre la liberté à un peuple d’esclaves ? Cet événement était-il similaire à tous les autres affranchissements que connurent des centaines de peuples d’esclaves au fil de l’histoire ? Forcément non, car ceci n’aurait pas justifié la manifestation de tant de miracles ! Et par ailleurs, comme le remarquent les commentateurs, s’il n’était question que de délivrer un peuple oppressé, ceci aurait pu se faire à l’intérieur même du territoire égyptien. Si c’est bien par une « sortie » que le peuple hébreu fut délivré et au moyen de prodiges surnaturels, cette délivrance n’était donc nécessairement que la première étape de tout un processus. Yitro comprit donc que c’est au cœur des événements qui suivirent, que se dissimulait le but de cette délivrance : la guerre contre Amalek, le Don de la Torah et l’ouverture de la mer des Joncs.

Dominer les trois règnes

Or, que découvrit Yitro dans ces différents faits ? Comme nous le savons, Yitro était un maître dans le culte des idoles, au point que nos Sages disent qu’il n’y avait pas une seule pratique idolâtre au monde qu’il n’ait pas expérimentée. Et comme le rappelle le Ioun Yaacov (commentaire dans le Ein Yaacov), le fondement de l’idolâtrie repose sur une fâcheuse erreur que commirent les hommes dans les premiers siècles de l’humanité : « Comme l’Eternel a créé des astres et des constellations pour diriger le monde, qu’Il les a établis dans les cieux et qu’Il leur a accordé tant d’honneur pour qu’ils soient devant Lui comme des serviteurs qui officient devant leur Maître, il convient donc de les louer, de les glorifier et de leur faire honneur, car c’est bien là la volonté du Créateur… » (Maïmonide Hilkhot Avodat Kokhavim 1, 1).

L’erreur fondamentale, qui amena ces générations à se fourvoyer ainsi, résidait dans leur difficulté à comprendre la place qu’occupe l’homme ici-bas. En effet, si l’on observe la puissance des éléments, l’influence des signes du zodiac et la domination farouche que l’homme peut imposer à ses semblables, on est en droit de se demander : quelle hiérarchie règne parmi les œuvres de la création ? C’est en y répondant de manière erronée que ces générations arrivèrent à la conclusion que l’homme, être faible et insignifiant parmi tous, doit se plier aux éléments, qui le dominent sur de nombreux plans.

Le roi David évoque lui-même cette question dans l’un de ses Psaumes (8) : « Lorsque je contemple Tes cieux, œuvre de Ta main, la lune et les étoiles que Tu as formées… Qu’est donc l’homme pour que Tu penses à lui ? Le fils d’Adam pour que Tu le protèges ? » Mais la conclusion à laquelle il aboutit s’avère bien différente : « Pourtant, Tu l’as fait presque l’égal des être divins, Tu l’as couronné de gloire et de magnificence ! Tu lui as donné l’empire sur les œuvres de Tes mains, et mis tout à ses pieds… »

Ce que les premiers idolâtres ignoraient, c’est que leur âme est une parcelle de la Divinité, que son rôle est précisément de régner sur l’ensemble des éléments. Si les autres créations paraissent certes nettement plus puissantes que l’être humain, il a cependant le pouvoir de s’élever éminemment, au point de tous les dominer. Et par conséquent, lorsqu’un homme s’incline devant une autre œuvre de la création, c’est comme si le Maître se prosternait devant son serviteur !
Cette réalité apparut à Yitro grâce aux différents événements qui suivirent la sortie d’Egypte, et qui en constituent donc la finalité. Dans chacun d’eux, il put voir comment le peuple juif domina les trois grands règnes de l’existence : la nature, les hommes et les mondes célestes. En apprenant comment la mer s’était ouverte devant les enfants d’Israël, il sut que l’homme domine la nature et que s’il est digne de son rôle, les éléments se plieront à sa volonté.

Plus tard, le peuple hébreu fut agressé par Amalek. Nos Sages expliquent que cette offensive était le résultat du doute qui assaillit les Hébreux dans le verset précédent, où ils s’exclamèrent : « L’Eternel est-Il parmi nous ou non ? » Par ces mots, le peuple eut un doute précisément sur ce point : « D.ieu est-Il en nous ? Sommes-nous une parcelle de Sa Divinité, et méritons-nous de nous élever au-dessus du restant de la création ? » En réponse, les Hébreux furent attaqués par Amalek, et leur victoire prouva que pas un homme ne pourra les dominer, tant qu’ils lèveront leurs yeux vers le Ciel et se rappelleront d’où ils sont issus (cf. Roch Hachana 3,8). Enfin, avec le Don de la Torah, la preuve fut établie que l’être humain peut même dominer les êtres célestes, en dépit de toute la perfection dont ces derniers sont dotés. On se rappelle en effet que pour amener la Torah ici-bas, Moché dut se confronter aux anges qui refusaient de le laisser l’emporter, et qu’il les vainquit haut la main.

C’est donc en voyant comment le peuple juif domina et vainquit ces trois règnes, qu’Yitro prit la décision de renoncer aux idoles. Il comprit alors que l’être humain était la plus éminente œuvre de la création, et qu’il ne tenait qu’à lui de s’élever au-dessus des autres créatures ; que s’il tend à se rapprocher de sa Source divine, il deviendra lui-même « l’égal des être divins, couronné de gloire et de magnificence ». Et en conséquence, il ne mérite de se prosterner devant nul autre que le Créateur en Personne.

La conversion d’Yitro

Yonathan Bendennnoune, en partenariat avec Hamodia.fr

(Source : Chiourim.com)

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