Nice 1984 : 3410 caméras avec haut-parleur pour traquer les récalcitrants

Nice 1984 : 3410 caméras avec haut-parleur pour traquer les récalcitrants______________________________________________

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Nous vivons un cauchemar tout éveillés…

Nice a sorti les grands moyens : tous les policiers de la ville mobilisés non pas pour empêcher la racaille de voler, agresser, tuer…. Non, pour surveiller le grand délinquant qui oserait discuter sur la place avec d’autres, qui sortirait sans masque et qui serait dehors sans attestation et/ou sans motif ! Quant à celui qui voudrait aller voir la mer, faire un tour sur la Promenade des Anglais, le tarif est unique : « 135 euros » ! Avec toutes les heures des hauts-parleurs qui rappellent les interdits et gestes barrière… : 1984, vous dis-je !

https://www.lci.fr/societe/covid-19-les-cameras-de-video-surveillance-utilisees-a-nice-pour-faire-respecter-le-confinement-2179402.html

1984, si vous ne l’avez jamais lu, ou si vous avez oublié… 1984, c’est ici et maintenant, je vous le répète.

Ici le début du roman, lu à haute voix… Ça fait froid dans le dos…
Lire ci-dessous la suite d’un excellent travail de présentation de 1984, avec à la fin une des multiples adaptations d’Orwell.  J’ai beaucoup apprécié ce commentaire posté sous la vidéo il y a presque un an :
Le 12 avril 2020. Après un mois de confinement, et 4 milliards de personnes à l’arrêt, 1984 sort du rayon fiction et entre dans le rayon documentaire.
Cette fois, notre rubrique cinéma ne sera pas une rubrique plaisir, une rubrique culture, mais la rubrique « regardez dans quelle dictature nous entrons »…

« De tous les carrefours importants, le visage à la moustache noire vous fixait du regard. Il y en avait un sur le mur d’en face. BIG BROTHER VOUS REGARDE, répétait la légende, tandis que le regard des yeux noirs pénétrait les yeux de Winston… Au loin, un hélicoptère glissa entre les toits, plana un moment, telle une mouche bleue, puis repartit comme une flèche, dans un vol courbe. C’était une patrouille qui venait mettre le nez aux fenêtres des gens. Mais les patrouilles n’avaient pas d’importance. Seule comptait la Police de la Pensée. »

1984 nous plonge dans un monde où la surveillance est partout, le libre arbitre n’existe pas, la liberté ne peut être rêvée sans être suspecté de crime de la pensée. Winston (dont un hommage a été rendu à son personnage par Dan Brown dans le superbe Origine) rentre chez lui :

A chaque palier, sur une affiche collée au mur, face à la cage de l’ascenseur, l’énorme visage vous fixait du regard. C’était un de ces portrait arrangés de telle sorte que les yeux semblent suivre celui qui passe. La légende, sous le portait disait : BIG BROTHER VOUS REGARDE. »

Tout de suite, le décor est planté, l’oppression augmente. Petit à petit, en suivant Winston dans son quotidien, on comprend l’ampleur de ses restrictions. Le frigo est vide, le gin médical est la seule boisson autorisée avec le café de la Vérité (café de mauvais goût, sans doute coupé). Un écran immense est présent dans l’appartement. Il diffuse sans cesse la propagande du Parti, ne peut être éteint et surveille chacun des gestes et des paroles de ses occupants. Le seul moment où l’on est un peu en paix, c’est une fois dans son lit, quand les lumières s’éteignent à 23h30…à condition de ne pas rêver à voix haute ! Des hélicoptères sillonnent les rues afin d’observer au travers des fenêtres si vos actions sont conformes à celles attendues par le Parti.

Le plus déroutant, c’est qu’il n’existe pas une liste de faits et gestes, de paroles ou d’actions formellement interdites…Mais tout ce qui sort de l’ordinaire est dangereux, tout ce qui n’est pas conforme à l’orthodoxie de pensée est criminel.

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George Orwell développe le concept de la Doublepensée. C’est la capacité à accepter simultanément deux points de vue opposés et mettre en veilleuse tout esprit critique. Le parti peut décider que deux choses contraires existent concomitamment ou alternativement en fonction de ses besoins. Les étoiles peuvent être à la fois des astres lointains dans l’espace permettant de guider les marins mais aussi des boules de feu que le parti allume dans le ciel à quelques km de distance et que ce dernier a le pouvoir d’éteindre.

C’est la doublepensée. « La guerre c’est la paix », « La liberté c’est l’esclavage » et « l’ignorance c’est la force » sont les slogans du Parti et répétés comme un leitmotiv.

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Le Parti est tellement puissant et ses membres soumis à sa doctrine que Winston apprend à ses dépens que 2 + 2 = 5. C’est une exemple pour illustrer le totalitarisme de la pensée. Si le Parti décide que 2 + 2 = 5 et pas 4, juste parce qu’il l’a décidé, alors tout membre du Parti verra que 2 + 2 = 5. Cela permet d’illustrer les mécanismes mensongers mis en oeuvre pour transmettre une idéologie politique. Ce livre est une référence en la matière. George Orwell n’est pas l’inventeur de cette équation fausse, il n’a fait que la reprendre. Elle apparaît en titre de chapitre d’un récit sur Union Soviétique (Assignment in Utopia de Eugène Lyons).

Il est évident que de nombreuses allusions sont faites aux régimes totalitaires et despotiques: le Communisme, le Nazisme… N’oublions pas que ce récit a été écrit en 1949, en Angleterre, au sortir de la seconde guerre mondiale. On retrouve d’ailleurs un Londres bombardé dans le roman et dont les habitations sont délabrées.

La police de la Pensée est habillée de noir, avec de grandes bottes de cuir de la même couleur et dont on entend le bruit des talons sur les marches d’escalier quand elles viennent vous chercher… Référence à peine voilée aux milices SS.

Un dernier point pour transcrire le climat voulu par George Orwell… Il y développe un nouveau langage : le novlangue. La seule langue dont le nombre de mots composant son vocabulaire décline année après année. Elle est constituée d’abréviations, de mots collés et d’un nombre de verbes de plus en plus restreint… Il y a comme un écho au langage SMS d’aujourd’hui…

« Le véritable but du novlangue est de restreindre les limites de la pensée. A la fin, nous rendrons littéralement impossible le crime de la Pensée car il n’y aura plus de mots pour l’exprimer. »

1984 est LE livre fondateur des romans d’anticipations décrivant une société futuriste soumise à un régime totalitaire restreignant toute liberté de penser, d’agir, d’être… Et donc, toute accession au bonheur.

C’est un roman propice à la réflexion, mais veillons à garder notre esprit critique et à ne pas effectuer des comparaisons exagérées avec le monde et la société d’aujourd’hui. Le principe d’une dystopie est de décrire un monde utopique virant au cauchemar…

Gageons que notre intelligence humaine nous préservera de ces travers… Mais restons vigilant et comme Big Brother : Ouvrons l’Oeil !

Rappelons enfin que, pour les passionnés, il existe plusieurs adaptations du roman. Nous reprenons ici celle de 1953 en VO sous-titrée.

Christine Tasin
Christine Tasin
(Source : Riposte laïque)

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