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Maïmonide, “Le Prince des Médecins” (vidéo)

  Moïse Maïmonide
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Par le Docteur H. Aaron  Mimoun

La médecine de cette époque, après l’influence grecque, était représentée par de grands médecins juifs et arabes.

A côté des monuments de la Tradition Hébraïque que sont des œuvres comme le Michné Torah ” (Répétition de la Loi), encore appelé “Yad Hah’azaka” (“La Main Forte”), ou le Guide des Égarés, Maimonide (1138-1204) a écrit d’autres textes moins connus et à visée essentiellement médicale.

Maïmonide s’est intéressé à la science médicale dès son jeune âge, considérant qu’il y a là une activité “religieuse” propre à renforcer la “vertu”.

II décida d’exercer véritablement le métier de médecin lorsque son frère David disparut dans un naufrage lors d’un voyage d’affaires, laissant Maimonide dans un grand désespoir moral et dans un dénuement matériel total.

Ne voulant tirer aucune rétribution de ses travaux sur la Torah, Maïmonide subvint à ses besoins grâce à l’exercice de la médecine. Son prestige, ses connaissances, devaient rapidement faire de lui un médecin réputé.

Le Sultan Saladin, conquérant de l’Egypte, en fit le médecin de sa cour. On venait aussi le consulter depuis la Syrie, la Palestine, et encore de plus loin. On dit même que Richard Cœur de Lion, qui régnait en Terre Sainte proposa de l’attacher à sa cour.

La médecine de Maimonide puisait à trois sources : les notions de santé dans la Tradition Hébraïque, la médecine pratiquée à son époque, ses propres recherches et analyses liées à des expérimentations personnelles.

En ce qui concerne la médecine de l’époque, elle était influencée par les écrits d’Hippocrate ( 460-377), de Galien (131-201), de Rahzès (860-923), d’Avicenne (980-1037), d’Asaph Hayehoudi (environ VIIème siècle), d’Isaac Israëli (830-930) et d’autres encore.

La médecine de cette époque, après l’influence grecque, était donc représentée par de grands médecins juifs et arabes.

La plupart des écrits médicaux de Maïmonide sont des commandes.

Faisait il une différence quant à la certitude de ses ouvrages sur la tradition et la justesse de sa position à ce sujet (qu’il tenait absolument à transmettre aux générations futures), par rapport à une certaine relativité de la vérité médicale telle qu’il la pressentait ? Nous le pensons.

Tous ces ouvrages médicaux ont été écrits en judéo-arabe.

 

 Prière médicale de Maïmonide

” Mon Dieu, remplis mon âme d’amour pour l’art (médical) et pour toutes les créatures. N’admets pas que la soif du gain et la recherche de la gloire m’influencent dans l’exercice de mon art, car les ennemis de la vérité et de l’amour des hommes pourraient facilement m’abuser et m’éloigner du noble devoir de faire du bien à Tes enfants. Soutiens la force de mon cœur pour qu’il soit toujours prêt à servir le pauvre et le riche, l’ami et l’ennemi, le bon et le mauvais.

Fais que je ne vois que l’Homme dans celui qui souffre. Fais que mon esprit reste clair près du lit du malade, qu’il ne soit distrait par aucune chose étrangère, afin qu’il ait présent tout ce que l’expérience et la science lui ont enseigné ; car grandes et sublimes sont les recherches scientifiques qui ont pour but de conserver la santé et la vie de toutes les créatures. Fais que mes malades aient confiance en moi et mon art, qu’ils suivent mes conseils et mes prescriptions. Éloigne de leur lit l’armée des parents conseils et les gardes qui savent toujours tout, car c’est une vengeance dangereuse qui, par vanité, fait échouer les meilleures intentions de l’art et conduit souvent les créatures à la mort. Si les ignorants me blâment et me raillent, fais que l’amour de mon art, comme cuirasse, me rende invulnérable pour que je puisse persévérer dans le vrai, sans égard au prestige, au renom et à l’âge de mes ennemis.

Prête moi, mon D.ieu, l’indulgence et la patience auprès des malades entêtés et grossiers. Fais que je sois modéré en tout mais insatiable dans mon amour de la science. ةloigne de moi l’idée que je peux tout. Donne-moi la force, la volonté et l’occasion d’élargir de plus en plus mes connaissances. Je peux aujourd’hui découvrir dans mon savoir des choses que je ne soupçonnais pas hier, car l’art est grand mais l’esprit de l’homme pénètre tout. “

“L’essentiel pour l’alimentation (comme dans tous les domaines) est de parvenir à un équilibre et de s’y tenir…”

Maïmonide (1138-1204). Lettre pour conseil diète et hygiène écrite par Maïmonide

A propos des lois juives sur l’alimentation (Cacherout), il dit dans le Guide Des Egarés III 35 :

” … Les lois alimentaires nous éduquent à la maîtrise de nos instincts. Elles nous habituent à contenir l’avidité et la faiblesse qu’on éprouve de rechercher ce qu’il y a de plus doux et d’adopter comme but, la passion de manger et de boire… “

Ainsi, pour Maïmonide, ces lois alimentaires de la Torah sont entre autres significations, un exercice d’auto-discipline pour aider l’homme à réprimer son instinct animal à l’égard de la nourriture.

Maïmonide poursuit : “… Quant à ce qui est indispensable, comme de manger et de boire, l’homme doit se borner à ce qui est le plus utile et avoir en vue le seul besoin de se nourrir et non la jouissance, il faut se borner au nécessaire et s’abstenir du superflu“.

Dans son “Traité de Conservation De La Santé”, il reprend ces recommandations de la Tradition Hébraïque (Talmud Berah’ot 62 b) : “On ne mangera jamais que l’on ait faim et l’on ne boira jamais que l’on ait soif“.

La physiologie moderne nous confirme que la faim et la soif entrent dans le cadre d’un auto-équilibre grâce à des mécanismes complexes de régulation hormonale.

Maïmonide connaît bien le Talmud Guittin 70 a : “On ne mangera pas jusqu’à réplétion complète de l’estomac, mais on restera d’un quart environ au-dessous de la satiété complète“.

La physiologie gastrique montre qu’un estomac plein a du mal à se contracter convenablement, d’où une diminution de son travail de broyage par difficulté mécanique et passage d’aliments insuffisamment préparés dans le duodénum et l’intestin grêle, qui devront alors fournir un travail supplémentaire.

Il prend d’autres exemples du Talmud, que nous retrouvons dans les conseils que l’on reçoit de nos jours dans les services de gastro entérologie; (Chabbat 82 a) :”On ne se retiendra jamais pour satisfaire ses besoins naturels même un instant tant pour uriner que pour aller à la selle

Maimonide y ajoute cette notion d’hygiène très actuelle: “… Lorsque l’homme travaille, se fatigue suffisamment, se nourrit modérément et lorsque ses intestins se vident facilement : ses forces se raffermissent…
Par contre, qui mène une vie tranquille sans exercice physique, qui tarde à satisfaire ses besoins naturels,… mangerait-il des aliments sains… que, sa vie durant, il serait sujet à des affections diverses..”

Du Talmud Berah’ot 32a, Maimonide reprend encore cette assertion, qui nous apparaît véritablement comme une anticipation lorsque nous constatons les ravages occasionnés par les maladies de pléthore dans nos pays industrialisés :
La gloutonnerie est comme un poison mortel pour le corps humain et la véritable cause de toutes les affections… dont la plupart ont pour origine les aliments nuisibles, une alimentation trop abondante, même lorsqu’il s’agit d’aliments sains“.

Pour terminer cette évocation de quelques enseignements de Maimonide sur l’alimentation, voici ce qu’il écrit dans “Le Guide des Egarés” I p. 267, 268 :
 L’essentiel pour l’alimentation (comme dans tous les domaines) est de parvenir à un équilibre et de s’y tenir…

EQUILIBRE, voici un maître mot pour qui veut comprendre la leçon maïmonidienne.

LES TROUBLES PSYCHOSOMATIQUES

‘Aussi ne faut-il pas trop y penser, ni trop se réjouir ni trop s’attrister, car bonheur et malheur ne sont grands que dans notre imaginaire.’

Concluons en nous arrêtant un peu sur cette caractéristique essentielle de la médecine de Maimonide : la psychosomatique. Maimonide considère que la maladie résulte de la rupture d’un équilibre. Cet équilibre, à la fois physique et mental, sera maintenu et conforté chez celui qui, en toutes choses, saura s’en tenir au juste milieu.

Le corps et l’esprit, bien que réalités distinctes, entretiennent chez l’être humain des relations d’interdépendances. Tout déséquilibre dans l’un se répercute sur l’autre, compromettant ainsi l’harmonie de l’être.

Voici ce que Maïmonide écrit dans ” Le Traité de l’Asthme ” : “ Il est clair pour les médecins, que l’on ne peut parvenir à la thérapeutique des maladies de manière directe ; il faut s’efforcer avant tout de bien connaître le tempérament du malade…

II faudra donc, pour guérir le patient, tenir compte entre autres choses, de ses données psychiques. Dans ce même traité, on trouve au chapitre VII :
” Quant aux émotions, leur importance nous est connue ; c’est à dire que l’action de la souffrance morale et de l’oppression, que nous constatons, affaiblit les fonctions psychiques et physiques à tel point qu’au cours des repas, l’appétit disparaît à cause de la douleur, de l’angoisse, de la tristesse ou des soucis. Si l’homme veut alors élever la voix, cela lui sera impossible, car son émotion affaiblit ses organes respiratoires dont il ne pourra se servir convenablement… Il n’a même pas de force pour lever ou déplacer ses membres. Si cet état persiste, il tombera obligatoirement malade et si cela se prolonge, il mourra… La joie et le plaisir provoquent l’état contraire et renforcent le moral et les mouvements du sang et de l’esprit. Ainsi, l’organisme verra s’accomplir ses fonctions aussi complètement que possible.

Si l’on exagère la jouissance, comme cela arrive chez les ignorants et les débiles, on peut en devenir malade et même en mourir à cause de l’anéantissement et du pourrissement de l’âme, laquelle quitte le corps, le cœur se refroidit et l’homme mourra. La thérapeutique de ces deux sortes d’émotions psychiques et leur prévention ne consiste pas uniquement en un régime alimentaire et des soins médicaux… elle dépend d’autres spécialités, telle que l’étude des vertus par les “philosophes” (nous dirions aujourd’hui psychiatres ou psychosomaticiens)… Il n’y a pas de doute que par ces méthodes le malade guérira bien mieux… Ainsi, les enseignements des “philosophes” les éloigneront des émotions. Ils ne se sentiront pas trop affectés par la tristesse ou par la joie, comme cela arrive aux gens ordinaires.

Leurs émotions seront influencées par des conseils humains, sans manifestations organiques à l’exception d’un resserrement de cœur, de la faiblesse et de ce qui en résulte. De même grâce aux enseignements éthiques, on regarde avec d’autres yeux le monde et ce qu’il contient, qu’il s’agisse de bonheur ou de malheur, car au fond ces deux états n’existent pas. Aussi ne faut-il pas trop y penser, ni trop se réjouir ni trop s’attrister, car bonheur et malheur ne sont grands que dans notre imaginaire. Une analyse réelle, montre qu’ils ne sont que plaisanteries et jeux, qui passent comme la nuit”

Ce texte sublime montre bien à quel point Maimonide était en avance sur les notions de prévention en matière de psychiatrie, de psychologie et de psychosomatique.

C’est à travers la Tradition Hébraïque que Maïmonide développe sa conception de l’homme, mélange inextricable d’un corps et d’un esprit totalement interdépendants.

Toute l’œuvre de Maïmonide, qu’elle soit théologique, philosophique, juridique ou médicale, est profonde, claire, concise. Il a été un grand codificateur et un pilier universel de la connaissance humaine.

Ses capacités de synthèse et d’organisation, la puissance de son intelligence et son audace intellectuelle dans tous les domaines ont fait de Maimonide un savant reconnu par toute l’humanité.

Pour le monde médical, il est “Le Prince des Médecins”. Pour les Juifs, il est “l’Aigle de la synagogue”.

Sur sa tombe présumée à Tibériade (Israël) est inscrite en Hébreu la phrase souvent citée à son propos : “Mi Moshé ad Moshé, Lo Kam ké Moshé” (“De Moïse à Moïse, il ne s’est levé personne comme Moïse).

Le Premier Moïse est celui de l’Exode, l’autre est Moïse fils de Maïmon, Rabbi Moshé Ben Maïmon, dit le “RAMBAM”.

Dr Hervé Aaron  Mimoun

Source : lamed.fr

 

Moïse Maïmonide

Maïmonide, “Le Prince des Médecins”(vidéo)

(Source : JForum)

PARACHAT HACHAVOUA – LA PARACHA de la semaine du vendredi 15 au Chabbat 16 Av 5779 (de la semaine du vendredi 16 au samedi 17 août 2019)

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Cette semaine, nous étudions la paracha Vaet’hanan (Devarim 3,23 – 7,11)

3,23

J’implorai l’Éternel à cette époque, en disant:

3,24

« Seigneur Éternel déjà tu as rendu ton serviteur témoin de ta grandeur et de la force de ton bras; et quelle est la puissance, dans le ciel ou sur la terre, qui pourrait imiter tes œuvres et tes merveilles?

3,25

Ah! Laisse-moi traverser, que je voie cet heureux pays qui est au delà du Jourdain, cette belle montagne, et le Liban! »

3,26

Mais l’Éternel, irrité contre moi à cause de vous, ne m’exauça point; et l’Éternel me dit: « Assez! Ne me parle pas davantage à ce sujet.

3,27

Monte au sommet du Pisga, porte ta vue au couchant et au nord, au midi et à l’orient, et regarde de tes yeux; car tu ne passeras point ce Jourdain.

3,28

Donne des instructions à Josué, exhorte-le au courage et à la résolution; car c’est lui qui marchera à la tête de ce peuple, lui qui les mettra en possession du pays que tu vas contempler. »

3,29

Nous demeurâmes ainsi dans la vallée, en face de Beth-Peor.

4,1

« Maintenant donc, ô Israël! Ecoute les lois et les règles que je t’enseigne pour les pratiquer, afin que vous viviez et que vous arriviez à posséder le pays que l’Éternel, Dieu de vos pères, vous donne.

4,2

N’ajoutez rien à ce que je vous prescris et n’en retranchez rien, de manière à observer les commandements de l’Éternel, votre Dieu, tels que je vous les prescris.

4,3

Ce sont vos propres yeux qui ont vu ce que l’Éternel a fait à l’occasion de Baal-Peor: quiconque s’était abandonné à Baal-Peor, l’Éternel, ton Dieu, l’a exterminé du milieu de toi.

4,4

Et vous qui êtes restés fidèles à l’Éternel, votre Dieu, vous êtes tous vivants aujourd’hui!

4,5

Voyez, je vous ai enseigné des lois et des statuts, selon ce que m’a ordonné l’Éternel, mon Dieu, afin que vous vous y conformiez dans le pays où vous allez entrer pour le posséder.

4,6

Observez-les et pratiquez-les! Ce sera là votre sagesse et votre intelligence aux yeux des peuples, car lorsqu’ils auront connaissance de toutes ces lois, ils diront: « Elle ne peut être que sage et intelligente, cette grande nation! »

4,7

En effet, où est le peuple assez grand pour avoir des divinités accessibles, comme l’Éternel, notre Dieu, l’est pour nous toutes les fois que nous l’invoquons?

4,8

Et où est le peuple assez grand pour posséder des lois et des statuts aussi bien ordonnés que toute cette doctrine que je vous présente aujourd’hui?

4,9

Mais aussi garde-toi, et évite avec soin, pour ton salut, d’oublier les événements dont tes yeux furent témoins, de les laisser échapper de ta pensée, à aucun moment de ton existence! Fais-les connaître à tes enfants et aux enfants de tes enfants!

4,10

N’oublie pas ce jour où tu parus en présence de l’Éternel, ton Dieu, au Horeb, lorsque l’Éternel m’eut dit: « Convoque ce peuple de ma part, je veux leur faire entendre mes paroles, afin qu’ils apprennent à me révérer tant qu’ils vivront sur la terre, et qu’ils l’enseignent à leurs enfants. »

4,11

Vous vous approchâtes alors, et vous fîtes halte au pied de la montagne; et la montagne était embrasée de feux qui s’élevaient jusqu’au ciel, et voilée de nuages et de brume.

4,12

Et l’Éternel vous parla du milieu de ces feux; vous entendiez le son des paroles, mais vous ne perceviez aucune image, rien qu’une voix.

4,13

Et il vous promulgua son alliance, qu’il vous enjoignait d’observer, à savoir les dix paroles. Puis il les écrivit sur deux tables de pierre.

4,14

Quant à moi, l’Éternel m’ordonna en ce temps-là de vous exposer des lois et des statuts, que vous aurez à observer dans le pays où vous allez pour en prendre possession.

4,15

Prenez donc bien garde à vous-mêmes! Car vous n’avez vu aucune figure, le jour où le Seigneur vous parla sur le Horeb du milieu du feu;

4,16

craignez de vous pervertir en vous fabriquant des idoles, représentation ou symbole de quoi que ce soit: image d’un individu mâle ou femelle;

4,17

image de quelque animal terrestre; image d’un volatile quelconque, qui vole sous le ciel;

4,18

image de ce qui rampe sur le sol, ou de tout poisson qui vit dans les eaux au-dessous de la terre.

4,19

Tu pourrais aussi porter tes regards vers le ciel et, en voyant le soleil, la lune, les étoiles, toute la milice céleste, tu pourrais te laisser induire à te prosterner devant eux et à les adorer: or, c’est l’Éternel, ton Dieu, qui les a donnés en partage à tous les peuples sous le ciel.

4,20

Mais vous, l’Éternel vous a adoptés, il vous a arrachés de ce creuset de fer, l’Egypte, pour que vous fussiez un peuple lui appartenant, comme vous l’êtes aujourd’hui.

4,21

L’Éternel s’est courroucé contre moi à cause de vous; il a juré que je ne franchirai pas le Jourdain que je n’entrerai point dans ce bon pays que l’Éternel, ton Dieu, te donne en héritage.

4,22

Ainsi je mourrai dans ce pays-ci, je ne passerai point le Jourdain; mais vous, vous irez, et vous prendrez possession de cette belle contrée.

4,23

Prenez garde d’oublier l’alliance que l’Éternel, votre Dieu, a contractée avec vous, de vous faire une idole, une image quelconque, que l’Éternel, ton Dieu, t’a défendue.

4,24

Car l’Éternel, ton Dieu, est un feu dévorant, une divinité jalouse!

4,25

Quand vous aurez engendré des enfants, puis des petits-enfants, et que vous aurez vieilli sur cette terre; si vous dégénérez alors, si vous fabriquez une idole, image d’un être quelconque, faisant ainsi ce qui déplaît à l’Éternel, ton Dieu, et l’offense,

4,26

j’en prends à témoin contre vous, aujourd’hui, les cieux et la terre, vous disparaîtrez promptement de ce pays pour la possession duquel vous allez passer le Jourdain; vous n’y prolongerez pas vos jours, vous en serez proscrits au contraire!

4,27

L’Éternel vous dispersera parmi les peuples, et vous serez réduits à un misérable reste au milieu des nations où l’Éternel vous conduira.

4,28

Là, vous serez soumis à ces dieux, œuvre des mains de l’homme, dieux de bois et de pierre, qui ne voient ni n’entendent, qui ne mangent ni ne respirent.

4,29

C’est alors que tu auras recours à l’Éternel, ton Dieu, et tu le retrouveras, si tu le cherches de tout ton cœur et de toute ton âme.

4,30

Dans ta détresse, quand tu auras essuyé tous ces malheurs, après de longs jours tu reviendras à l’Éternel, ton Dieu, et tu écouteras sa voix.

4,31

Car, c’est un Dieu clément que l’Éternel, ton Dieu, il ne te délaissera pas, il ne consommera pas ta perte, et il n’oubliera point l’alliance de tes pères, l’alliance qu’il leur a jurée.

4,32

De fait, interroge donc les premiers âges, qui ont précédé le tien, depuis le jour où Dieu créa l’homme sur la terre, et d’un bout du ciel jusqu’à l’autre, demande si rien d’aussi grand est encore arrivé, ou si l’on a ouï chose pareille!

4,33

Quel peuple a entendu, comme tu l’as entendue, la voix de Dieu parlant du sein de la flamme, et a pu vivre?

4,34

Et quelle divinité entreprit jamais d’aller se chercher un peuple au milieu d’un autre peuple, à force d’épreuves, de signes et de miracles, en combattant d’une main puissante et d’un bras étendu, en imposant la terreur, toutes choses que l’Éternel, votre Dieu, a faites pour vous, en Egypte, à vos yeux?

4,35

Toi, tu as été initié à cette connaissance: que l’Éternel seul est Dieu, qu’il n’en est point d’autre.

4,36

Du haut du ciel il t’a fait entendre sa voix pour te discipliner; sur la terre il t’a fait voir son feu imposant, et du milieu de ce feu tu as entendu ses paroles.

4,37

Et parce qu’il a aimé tes ancêtres, il a adopté leur postérité après eux, et il t’a fait sortir sous ses yeux, par sa toute-puissance, de l’Egypte,

4,38

pour déposséder, à ton profit, des peuples plus grands et plus forts que toi; pour te conduire dans leur pays et te le donner en héritage, comme tu le vois aujourd’hui.

4,39

Reconnais à présent, et imprime-le dans ton cœur, que l’Éternel seul est Dieu, dans le ciel en haut comme ici-bas sur la terre, qu’il n’en est point d’autres!

4,40

Et tu observeras ses lois et ses commandements, que je te prescris aujourd’hui, pour ton bonheur et pour celui de tes enfants après toi, et afin que ton existence se prolonge sur cette terre que l’Éternel, ton Dieu, te donne à perpétuité. »

4,41

C’est alors que Moïse désigna trois villes en deçà du Jourdain, à l’orient,

4,42

pour servir de refuge au meurtrier qui ferait mourir son prochain sans préméditation et sans avoir été précédemment son ennemi, afin qu’en se réfugiant dans une de ces villes, il pût sauver sa vie.

4,43

C’étaient: Bécer, dans le désert, dans le plat pays appartenant à la tribut de Ruben; Ramoth, en Galaad, à la tribu de Gad, et Golân, dans le Basan, à celle de Manassé.

4,44

Or, ceci est la doctrine que Moïse exposa aux enfants d’Israël.

4,45

Voici les avertissements, lois et règlements que Moïse donna aux enfants d’Israël après leur sortie d’Egypte,

4,46

au bord du Jourdain, dans la vallée qui fait face à Beth-Peor, dans le pays de Sihôn, roi des Amorréens, qui résidait à Hesbon, et qui fut vaincu par Moïse et les enfants d’Israël après leur sortie d’Egypte;

4,47

de sorte qu’ils prirent possession de son pays et de celui d’Og, roi du Basan, des pays de ces deux rois des Amorréens, situés en deçà du Jourdain, à l’orient:

4,48

depuis Aroer, qui est au bord du torrent d’Arnon, jusqu’à la montagne de Ciôn, autrement le Hermon;

4,49

et toute la Plaine du côté oriental du Jourdain jusqu’à la mer de la Plaine, sous le versant du Pisga.

5,1

Moïse fit appel à tout Israël, et leur dit: « Ecoute, Israël, les lois et les statuts que je vous fais entendre aujourd’hui; étudiez-les et appliquez-vous à les suivre.

5,2

L’Éternel, notre Dieu, a contracté avec nous une alliance au Horeb.

5,3

Ce n’est pas avec nos pères que l’Éternel a contracté cette alliance, c’est avec nous-mêmes, nous qui sommes ici, aujourd’hui, tous vivants.

5,4

C’est face à face que l’Éternel vous parla sur la montagne, du milieu de la flamme.

5,5

Moi, je me tenais, en ce temps-là, entre l’Éternel et vous, pour vous exposer la parole de l’Éternel, parce que, terrifiés par la flamme, vous n’approchâtes point de la montagne; et il disait:

5,6

(I). « Je suis l’Éternel, ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Egypte, d’une maison d’esclavage.

5,7

(II). Tu n’auras point d’autre Dieu que moi.

5,8

Tu ne te feras point d’idole, l’image de quoi que ce soit dans le ciel en haut, ou en bas sur la terre, ou dans les eaux au-dessous de la terre

5,9

Tu ne te prosterneras point devant elles, tu ne les adoreras point; car moi seul, l’Éternel, je suis ton Dieu, Dieu jaloux, qui poursuis le crime des pères sur la troisième et la quatrième générations, pour ceux qui m’offensent,

5,10

et qui étends mes faveurs à la millième, pour ceux qui m’aiment et gardent mes commandements.

5,11

(III). Tu n’invoqueras point le nom de l’Éternel, ton Dieu, à l’appui du mensonge; car l’Éternel ne laisse pas impuni celui qui invoque son nom pour le mensonge.

5,12

(IV). Observe le jour du Sabbat pour le sanctifier, comme te l’a prescrit l’Éternel, ton Dieu.

5,13

Durant six jours tu travailleras et t’occuperas de toutes tes affaires;

5,14

mais le septième jour est la trêve de l’Éternel, ton Dieu: tu n’y feras aucun travail, toi, ton fils ni ta fille, ton esclave mâle ou femelle, ton bœuf, ton âne, ni tes autres bêtes, non plus que l’étranger qui est dans tes murs; car ton serviteur et ta servante doivent se reposer comme toi.

5,15

Et tu te souviendras que tu fus esclave au pays d’Egypte, et que l’Éternel, ton Dieu, t’en a fait sortir d’une main puissante et d’un bras étendu; c’est pourquoi l’Éternel, ton Dieu, t’a prescrit d’observer le jour du Sabbat.

5,16

(V). Honore ton père et ta mère, comme te l’a prescrit l’Éternel, ton Dieu, afin de prolonger tes jours et de vivre heureux sur la terre que l’Éternel, ton Dieu, te destine.

5,17

(VI). Ne commets point d’homicide. (VII). Ne commets point d’adultère. (VIII). Ne commets point de larcin. (IX). Ne porte point contre ton prochain un faux témoignage.

5,18

(X). Ne convoite point la femme de ton prochain, et ne désire la maison de ton prochain ni son champ, son esclave ni sa servante, son bœuf ni son âne, ni rien de ce qui est à ton prochain. »

5,19

Ces paroles, l’Éternel les adressa à toute votre assemblée sur la montagne, du milieu des feux, des nuées et de la brume, d’une voix puissante, sans y rien ajouter; puis il les écrivit sur deux tables de pierre, qu’il me remit.

5,20

Or, quand vous eûtes entendu cette voix sortir du sein des ténèbres, tandis que la montagne était en feu, vous vîntes tous à moi, les chefs de vos tribus et vos anciens,

5,21

en disant: « Certes, l’Éternel, notre Dieu, nous a révélé sa gloire et sa grandeur, et nous avons entendu sa voix du milieu de la flamme; nous avons vu aujourd’hui Dieu parler à l’homme et celui-ci vivre!

5,22

Mais désormais, pourquoi nous exposer à mourir, consumés par cette grande flamme? Si nous entendons une fois de plus la voix de l’Éternel, notre Dieu, nous sommes morts.

5,23

Car est-il une seule créature qui ait entendu, comme nous, la voix du Dieu vivant parler du milieu du feu, et soit demeurée vivante?

5,24

Va toi-même et écoute tout ce que dira l’Éternel, notre Dieu; et c’est toi qui nous rapporteras tout ce que l’Éternel, notre Dieu, t’aura dit, et nous l’entendrons, et nous obéirons. »

5,25

L’Éternel entendit les paroles que vous m’adressiez, et il me dit: « J’ai ouï la voix de ce peuple, les paroles qu’il t’adresse: tout ce qu’ils ont dit est bien dit.

5,26

Ah! S’ils pouvaient conserver en tout temps cette disposition à me craindre et à garder tous mes commandements! Alors ils seraient heureux, et leurs enfants aussi, à jamais!

5,27

Va, dis-leur de rentrer dans leurs tentes;

5,28

toi ensuite, tu resteras ici avec moi, et je te dirai toute la loi, et les statuts et les règles que tu dois leur enseigner, afin qu’ils les observent dans le pays dont je leur destine la possession. »

5,29

Ayez donc soin d’observer ce que l’Éternel, votre Dieu, vous a ordonné; ne vous en écartez ni à droite ni à gauche.

5,30

Toute la voie que l’Éternel, votre Dieu, vous a tracée, suivez-la, et vous vivrez heureux, et vous aurez de longs jours dans le pays que vous posséderez.

6,1

« Or, voici la loi, les statuts et les règles que l’Éternel, votre Dieu, m’a ordonné de vous enseigner, et que vous avez à suivre dans le pays dont vous allez prendre possession;

6,2

afin que tu révères l’Éternel, ton Dieu, en observant tous ses statuts et ses préceptes que je te transmets, toi, et ton fils et ton petit-fils, tout le temps de votre vie, et afin que vos jours se prolongent.

6,3

Tu écouteras donc, Israël, et tu observeras avec soin, afin de prospérer et de multiplier sans mesure, ainsi que l’Éternel, Dieu de tes pères, te l’a promis, dans ce pays ruisselant de lait et de miel.

6,4

Ecoute, Israël: l’Éternel est notre Dieu, l’Éternel est un!

6,5

Tu aimeras l’Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton pouvoir.

6,6

Ces devoirs que je t’impose aujourd’hui seront gravés dans ton cœur.

6,7

Tu les inculqueras à tes enfants et tu t’en entretiendras, soit dans ta maison, soit en voyage, en te couchant et en te levant.

6,8

Tu les attacheras, comme symbole, sur ton bras, et les porteras en fronteau entre tes yeux.

6,9

Tu les inscriras sur les poteaux de ta maison et sur tes portes.

6,10

Or, quand l’Éternel, ton Dieu, t’aura installé dans le pays qu’il a juré à tes pères, Abraham, Isaac et Jacob, de te donner, pays aux villes grandes et belles, que tu n’as point bâties;

6,11

avec des maisons abondantes en biens, que tu n’y as pas répandus, des citernes toutes faites, que tu n’as pas creusées, des vignes et des oliviers, que tu n’as point plantés; quand tu jouiras de ces biens et t’en rassasieras,

6,12

garde-toi d’oublier l’Éternel, qui t’a tiré du pays d’Egypte, d’une maison de servitude!

6,13

C’est l’Éternel, ton Dieu, que tu dois adorer, c’est lui que tu dois servir, c’est par son nom que tu dois jurer.

6,14

Ne suivez point des divinités étrangères, aucun des dieux de ces peuples qui vous entourent.

6,15

Car une divinité jalouse, l’Éternel, ton Dieu, est au milieu de toi: crains que son courroux ne s’allume contre toi et qu’il ne t’anéantisse de dessus la face de la terre.

6,16

Ne tentez point l’Éternel, votre Dieu, comme vous l’avez tenté à Massa.

6,17

Gardez, au contraire, les commandements de l’Éternel, votre Dieu, les statuts et les lois qu’il vous a imposés.

6,18

Fais ce qui est juste et agréable aux yeux du Seigneur, afin d’être heureux et d’arriver à posséder ce bon pays que le Seigneur a promis par serment à tes pères,

6,19

lorsqu’il repoussera tous tes ennemis de devant toi, comme l’a déclaré le Seigneur.

6,20

Quand ton fils t’interrogera un jour, disant: « Qu’est-ce que ces statuts, ces lois, ces règlements, que l’Éternel, notre Dieu, vous a imposés? »

6,21

Tu répondras à ton fils: « Nous étions asservis à Pharaon, en Egypte, et l’Éternel nous en fit sortir d’une main puissante.

6,22

Il opéra des signes et des prodiges, grands et terribles, sur l’Egypte, sur Pharaon et toute sa maison, sous nos yeux.

6,23

Et nous, il nous fit sortir de là pour nous amener ici, pour nous gratifier du pays qu’il avait promis à nos pères;

6,24

et il nous prescrivit d’exécuter toutes ces lois, de révérer l’Éternel, notre Dieu, pour que nous fussions heureux à jamais, pour qu’il conservât nos jours comme il l’a fait jusqu’ici.

6,25

Et ce sera œuvre méritoire pour nous de pratiquer soigneusement toute cette loi devant le Seigneur, notre Dieu, telle qu’il nous l’a prescrite. »

7,1

Lorsque l’Éternel, ton Dieu, t’aura fait entrer dans le pays où tu te rends pour le conquérir; quand il aura écarté de devant toi ces nombreuses peuplades, le Héthéen, le Ghirgachéen, l’Amorréen, le Cananéen, le Phérézéen, le Hévéen et le Jébuséen, sept peuplades plus nombreuses et plus puissantes que toi;

7,2

quand l’Éternel, ton Dieu, te les aura livrés et que tu les auras vaincus, tu les frapperas d’anathème. Point de pacte avec eux, point de merci pour eux!

7,3

Ne t’allie avec aucun d’eux: ta fille, ne la donne pas à son fils, et sa fille, n’en fais pas l’épouse du tien!

7,4

Car il détacherait ton fils de moi, et ils adoreraient des divinités étrangères, et la colère du Seigneur s’allumerait contre vous, et il vous aurait bientôt anéantis.

7,5

Non, voici ce que vous devrez leur faire: vous renverserez leurs autels, vous briserez leurs monuments, vous abattrez leurs bosquets, vous livrerez leurs statues aux flammes.

7,6

Car tu es un peuple consacré à l’Éternel, ton Dieu: il t’a choisi, l’Éternel, ton Dieu, pour lui être un peuple spécial entre tous les peuples qui sont sur la face de la terre.

7,7

Si l’Éternel vous a préférés, vous a distingués, ce n’est pas que vous soyez plus nombreux que les autres peuples, car vous êtes le moindre de tous;

7,8

c’est parce que l’Éternel vous aime, parce qu’il est fidèle au serment qu’il a fait à vos aïeux; voilà pourquoi il vous a, d’un bras puissant, arrachés et sauvés de la maison de servitude, de la main de Pharaon, roi d’Egypte.

7,9

Reconnais donc que l’Éternel, ton Dieu, lui seul est Dieu, un Dieu véridique, fidèle au pacte de bienveillance pour ceux qui l’aiment et obéissent à ses lois, jusqu’à la millième génération;

7,10

mais qui punit ses ennemis directement, en les faisant périr, et n’ajourne point, à l’égard de son contempteur, le paiement qui lui est dû.

7,11

Tu observeras donc la loi, et les décrets et les règles, que je t’ordonne en ce jour d’exécuter.
(Source : Torah-Box)
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Notre paracha mentionne le fameux verset du « Chéma Israël » :
« Véhaavta ète Hachem Eloké’ha be’hol levave’ha (…) [Tu aimeras l’Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur] », (Devarim, 6, 5). Et Rachi d’ajouter à ce propos : « ‘De tout ton cœur’ : il ne faut pas que ton cœur soit divisé à l’égard d’Hachem ! ».

En fait, c’est sur le fondement de ce verset que les Juifs, à travers toutes les épreuves de l’Histoire, ont sacrifié leur vie pour le Saint Nom divin. Toutefois, ce commandement concerne essentiellement la conduite des vivants tout au long de leur vie, et pas seulement le sacrifice suprême « au Nom de D.ieu ». Le rabbi de Kotsk ne disait-il pas qu’il est plus difficile de vivre en sanctifiant quotidiennement le Nom divin, que de mourir pour Son Nom…

Voici donc deux histoires qui illustrent ce que la Torah exige réellement de nous.
Après que le jeune fils du ‘Hafetz ‘Haïm, rabbi Avraham, fut décédé subitement, toute la ville vint assister à l’oraison funèbre prononcée par l’illustre maître de Radine.

Le ‘Hafetz ‘Haïm, très ému, raconta au public qu’à l’époque de l’Inquisition espagnole en 5252 (1492), une mère juive assista à la cruelle mise à mort de ses deux fils. Elle leva ses yeux au ciel et s’écria : « Maître du monde ! J’avoue que jusqu’aujourd’hui, tant que mes enfants vivaient, je ne pouvais pas T’aimer d’un amour total, car je gardais un petit recoin de mon cœur pour l’amour de mes enfants. Mais maintenant que Tu me les as pris, je n’ai plus que Toi au monde et je pourrai dorénavant accomplir intégralement la mitsva de ‘be’hol levave’ha’ [de tout ton cœur] ! »

À ce moment, le ‘Hafetz ‘Haïm leva ses yeux vers le ciel et s’écria : « Maître du monde ! L’amour que je ressentais jusqu’à présent pour mon fils, je Te le consacre entièrement ! »…

Dans le camp de concentration nazi de Buchenwald, un ancien élève de rabbi Godl Ayzner zatsal, l’illustre machguia’h de Gour, s’approcha furtivement de son ancien maître pour le supplier, les larmes aux yeux, de lui insuffler de la émouna (foi et confiance en D.ieu) dans ce sinistre endroit. Rabbi Godl l’attrapa alors par le bras et le mena dans un coin quelque peu à l’abri des regards indiscrets. Là, face à son élève ébahi, il tira de sa chaussure quelques pages fripées de l’ouvrage ‘Hovot Halevavot, (au Chapitre de l’amour divin) – que seul D.ieu sait comment il était parvenu à sauvegarder au cœur de cet enfer terrestre -, et il se mit à lire la phrase suivante attribuée au ‘hassid : « Mon D.ieu ! Tu m’as affamé, Tu m’as laissé sans habits, Tu m’as installé dans les ténèbres, et Tu m’as montré Ta force et Ta puissance. Mais sache que même si Tu me brûles dans le feu, cela ne fera qu’agrandir mon amour pour Toi ! »

La parabole de la semaine: Vaet’hanane

(Source : Chiourim.com)

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Vaeth’hanan : Le cinquième empire

Cette semaine, paracha Vaét’hanan, nous entamons la série des sept haftarot dites « de consolation », en contrepoids des catastrophes évoquées par le jeûne du 9 Av. Ce sera pour nous l’occasion de découvrir comment le royaume du Machia’h, le « cinquième Royaume », est évoqué dans les prophéties de Daniel.

La première vision de Daniel s’achève sur l’apparition suivante : « Je continuai à regarder et c’est alors que les trônes furent jetés, et qu’un Ancien des jours prit place. Son vêtement avait la blancheur de la neige, et la chevelure de Sa tête celle de la laine éclatante. Son trône était des flammes étincelantes et ses roues un feu incandescent (…) » (Daniel ch. 7, 9-10). Après avoir décrit les dominations successives des Quatre puissances du monde, Daniel voit à présent le déroulement du Jugement dernier. Les allusions de ces versets renvoient à des concepts profonds et difficilement abordables dans leur approche première, puisqu’elles annoncent la manière dont D.ieu jugera les nations dans les Temps futurs.

Il est un point que l’on pourra cependant retenir : « Les trônes furent jetés ». Selon l’Abarbanel (Mayan 8 Tamar 7), ces trônes désignent ce qu’on appelle communément le « Kissé haKavod » [le Trône céleste], que l’on pourrait assimiler à un « ministère céleste ». Dans cette « salle du Trône », sont rassemblés tous les Anges des nations – aussi appelés les « Princes des nations » – qui participent activement à l’Administration divine du monde. Pendant toute la période de l’exil, ces Princes des nations plaident chacun en faveur de la nation dont ils ont la charge, et c’est sous leur influence que les événements sont décidés ici-bas.

Mais lorsque l’exil prendra fin, la première chose à laquelle on assistera sera la « levée des trônes », c’est-à-dire que les pouvoirs de tout ordre seront abolis. Ceci renvoie à l’idée souvent évoquée par nos Sages, selon laquelle D.ieu ne frappe un peuple qu’après avoir rabaissé son Ange dans les Cieux, car le pouvoir du premier est directement dépendant de l’influence du second.

Après l’abolition des puissances dominatrices, la vision poursuit ainsi : « Je regardai encore dans la vision nocturne, et voilà qu’au sein des nuages célestes, survint quelqu’un qui ressemblait à un fils de l’homme ; il arriva jusqu’à l’Ancien des jours, et on le mit en sa présence. C’est à lui que furent données la domination, la gloire et la royauté ; l’ensemble des nations, peuples et langues lui rendaient hommage. Sa domination était une domination éternelle, immuable et sa royauté ne devait plus être détruite » (verset 13-14).

On remarque d’emblée que dans la vision de Daniel, l’avènement de cette dernière royauté est distinct des événements précédents ; il apparaît même comme une nouvelle vision : « Je regardai encore ». Sans équivoque, cela désigne l’ordre exact des événements : en un premier temps, les Empires seront rabaissés, et ensuite seulement surviendra le règne du Machia’h. Nos Sages ont d’ailleurs mentionné cette succession d’événements explicitement : « Dans les temps futurs, les enfants d’Ichmaël susciteront trois guerres chaotiques, comme il est dit (Ichaya 21, 15) : ‘Devant les glaives ils ont fui…’ – le premier combat sera sur la mer : ‘…devant les épées tranchantes…’ ; le second combat aura lieu dans les champs : ‘…devant les arcs tendus…’ ; le troisième combat, le plus rude, aura lieu dans la métropole de Rome comme il est dit : ‘…devant la violence des combats’. C’est alors que surviendra le fils de David, il assistera à la perte de l’un et de l’autre et de là, il se rendra en Erets-Israël comme il est dit : ‘Qui viendra d’Edom, les vêtements teints de rouge’ (Ichaya 63, 1) ».
Comme nous le voyons de ce texte, les temps messianiques débuteront avec la chute de Rome – ou plus précisément, comme nous l’avons vu, du pouvoir émanant de Rome – et c’est seulement ensuite que se manifestera le Machia’h. Rachi, à la fin de Daniel (12, 12), cite d’ailleurs un Midrach selon lequel le Machia’h, après s’être révélé, se « voilera » pendant 45 ans, après quoi son règne débutera concrètement.

Dans cette vision, on apprend en outre que cet homme surviendra « du sein des nuages célestes ». Selon les commentateurs, l’évocation de ces nuages renvoie à trois idées essentielles. Premièrement, les nuages filtrent la lumière du jour et l’empêchent d’éclairer correctement la surface de la terre. De la même manière, la rédemption surviendra à partir d’une relative obscurité, c’est-à-dire dans un climat d’épreuves et de douleurs, dont la rigueur constituera l’amorce de la délivrance.

Par ailleurs, en observant le ciel par temps nuageux, on s’aperçoit qu’il peut se couvrir ou se dégager à une allure phénoménale et qu’en dépit de leur densité, les masses nuageuses se déplacent à un rythme étourdissant. Ceci révèle un second point relatif aux temps messianiques : les événements surviendront d’une manière aussi dense que fulgurante et sans que quiconque ne puisse les prédire, les faits conduiront l’histoire à sa finalité à une allure hallucinante. Enfin, ces « nuages célestes » sont également une allusion aux Nuées célestes qui entouraient les enfants d’Israël dans le désert : de la même manière qu’au sortir de l’Egypte, D.ieu guida chacun de leur pas tout au long du périple du désert, ainsi dans les temps futurs, tous les événements se dérouleront sous le sceau d’une assistance divine accrue.

A ce fils de l’homme « furent données la domination, la gloire et la royauté ». Ces trois dimensions représentent ce qui avait été ôté du peuple juif pendant toute la durée de l’exil, à savoir la vaillance, la dignité et la souveraineté. Lorsque le Machia’h règnera sur le peuple juif, il lui rendra tous ces attributs, au point où « l’ensemble des nations, peuples et langues lui rendront hommage ».
Il est également annoncé que « sa domination sera une domination éternelle, immuable et sa royauté ne devra plus être détruite » : cette rédemption ne sera pas semblable à la sortie d’Egypte ou au retour de Perse, car désormais plus jamais les nations du monde ne domineront le peuple juif.

La date de la venue du Machia’h

Dans la suite de ce premier songe, Daniel voit apparaître un ange, comme nous l’avons vu la semaine passée. Après lui avoir révélé le sens de la quatrième et plus terrible des bêtes, l’ange conclut : « Tous seront livrés entre ses mains durant une période, deux périodes et une demi-période. Puis la cour de Justice tiendra séance et on lui enlèvera le pouvoir de façon à le détruire… » (versets 25-26). Autrement dit, le terme de la domination de ce quatrième et dernier exil surviendra après les « périodes » énoncées ici. Or, comme le dit Rachi, « la date de ce terme est obscure, comme il est annoncé à Daniel dans sa dernière vision : ‘Tiens cachées ces révélations’ (12, 4), et les commentateurs l’ont élucidée chacun selon sa propre interprétation, mais toutes les dates avancées sont à présent déjà révolues… ».

Rachi ne manque cependant pas de rapporter une interprétation – celle de rav Saadya Gaon – renvoyant à une date ultérieure à son époque. D’après lui, la délivrance viendra au terme « d’une période » elle-même composée d’en tout « deux périodes et demi ». Ces deux « périodes » sont l’addition du temps qui s’écoula entre la sortie d’Egypte et la construction du Premier Temple – à savoir 480 ans – et celui que dura le Premier Temple – 410 ans. A ce total de 890 ans, il convient d’ajouter « une demi-période » – 445 ans – pour obtenir un total de 1335. Ce nombre, conclut Rachi, est d’ailleurs évoqué par allusion dans le verset : « Et Moi, Je voilerai Ma Face » [Haster Astir], dont la valeur numérique équivaut à ce total.

Ce total correspond d’ailleurs à une autre annonce faite à la fin du Livre de Daniel, dans sa dernière vision : « Heureux celui qui attendra avec confiance, et qui verra la fin des mille trois cent trente cinq jours [ou ans] ».
C’est donc plus de treize siècles après la destruction du Temple que devrait survenir la rédemption finale, c’est-à-dire en l’an 5157 depuis la Création du monde (1397 de l’ère commune).

Le Ramban a une toute autre approche de ces « périodes ». Premièrement, « une période, deux périodes et une demi-période » reviennent selon lui à dire 3 périodes et demi. Ensuite, l’unité de cette « période » fut selon lui révélée à Avraham, lors de l’Alliance de Ben haBétarim, et correspond donc à la somme des quatre cents ans de l’exil égyptien et des quarante ans du désert. Ce qui revient en bref à un total de 1540 ans.

Par ailleurs, le Ramban considère que ces « périodes » n’ont pas pour point de départ la destruction du Temple, mais elles désignent en réalité la durée totale du Quatrième empire. La domination de Rome sur l’empire précédent, la Grèce, débuta en effet avec les guerres puniques et s’imposa environ 205 ans avant la destruction du Temple, aux alentours de l’an 135 avant l’ère commune, peu après la chute de Carthage et l’établissement d’un pouvoir permanent sur la péninsule grecque (ces 205 ans de domination romaine ajoutés aux 1335 ans annoncés dans la dernière vision de Daniel correspondent aux 1540 ans de ces trois périodes et demi). En conclusion, la domination de Rome devra s’achever en l’an 5163 de la Création du monde, à savoir en l’an 1403 de l’ère commune.

L’Abarbanel, pour sa part, considère que ces périodes [idane] font référence à une heure où le peuple juif connut une grâce [idoun] et une sérénité relative, c’est-à-dire pendant toute la durée d’existence du Temple de Chlomo (410). Ces trois périodes et demi correspondent donc à 1435 années qui, additionnées à la date de la destruction du Temple, renvoient à l’an 5263 (1503).

A une époque plus contemporaine, le Malbim rapporte un calcul similaire à celui de l’Abarbanel, selon lequel la période de base est bien les 410 ans du Premier Temple. A la différence près que selon lui, la demi-période n’est pas la moitié d’une unité, mais celle du total des trois périodes : « Une période, deux périodes » plus la moitié de cette addition (1230), c’est-à-dire 615, ce qui donne un total de 1845 ans. Cet auteur avança donc l’hypothèse que la délivrance était prévue pour l’an 5673 (1913 de l’ère commune).

Ces différents termes, malheureusement, se sont tous avérés erronés. Rachi l’a d’ailleurs précisé en préambule de son commentaire : ces calculs ne relèvent que de conjectures hasardeuses, et peuvent s’avérer aussi incorrectes que les nombreuses autres qui les ont précédées. Néanmoins, on ne peut affirmer pour autant que ces supputations fussent, à proprement parler, fausses. L’une ou l’autre de ces dates pouvaient effectivement receler un grand potentiel de délivrance, que le peuple juif n’a regrettablement pas réussi à exploiter convenablement.

Révélations

Une autre référence ayant émis un avis sur la question est le Gaon de Vilna. Dans son commentaire sur Sifra déTsniouta (ouvrage attribué à Yaacov Avinou), le Gaon de Vilna écrit, dans un langage réservé aux initiés, un calcul précis grâce auquel il détermine la date de la venue du Machia’h. Mais même parmi les plus grands érudits, bien peu sont capables d’élucider le sens de ces révélations. En conclusion de cette annonce, le Gaon de Vilna écrit : « J’interdis à quiconque, par serment solennel dans le D.ieu d’Israël, de révéler la date de la délivrance ! »

A ce sujet, on raconte que du temps de rav ‘Haïm de Volhozin, le plus fidèle disciple du Gaon, un brillant élève déclara un jour qu’il pensait avoir résolu ce calcul énigmatique. Mais lorsque rav ‘Haïm lui avait demandé d’énoncer son explication, cet élève avait refusé de lui répondre, par crainte du serment du Gaon de Vilna. Mais rav ‘Haïm n’en démordit pas : il ordonna à son élève de lui révéler son calcul ! Or à l’instant même où le jeune homme allait s’exécuter, sa bouche se déforma et il fut dès lors incapable de prononcer le moindre mot… Rav ‘Haïm se rendit alors sur la tombe de son maître, et l’implora d’épargner son élève du terrible serment. Ses prières furent exaucées, et le jeune disciple guérit.

Des années plus tard, alors que sévissait le décret des « Cantonnistes » – ces enfants que l’armée russe enrôlait en bas âge pour un service militaire de vingt ans –, un congrès général rassembla tous les grands Rabbanim de l’Europe de l’Est à St-Petersburg. Dans le climat régnant, et à l’évocation des nombreux décrets qui s’abattaient alors sur le peuple juif, l’un des Rabbanim présents se leva et déclara : « Ces décrets sont d’une telle ampleur, qu’ils sont peut-être les signes avant-coureurs de la venue du Machia’h ». Ces mots – qui exprimaient fort ce que beaucoup pensaient tout bas – suscita une vive émotion au sein de l’assemblée : « Peut-être est-ce réellement le Machia’h »…

Un vieux rav, dont peu avaient remarqué la présence jusque-là, demanda alors à prendre la parole. Lorsque le silence se fut installé, il prononça les mots suivants : « Messieurs, j’ai entendu des voix s’élever en affirmant que ces événements seraient peut-être l’annonce du Machia’h : je tiens à vous assurer qu’il n’en est rien ! Si vous vous demandez comment je peux avoir cette assurance, sachez que dans le commentaire du Gaon de Vilna sur le Sifra déTsniouta, il établit le calcul de l’avènement de la délivrance, et j’ai moi-même la certitude d’en connaître la signification. Je peux donc vous assurer que le Machia’h n’est pas encore sur le point d’arriver…

Mais par ailleurs, la réaction qu’a suscitée chez vous cette annonce m’a hautement inquiété. Car je me dis que si une telle rumeur devait se propager parmi le peuple, la déception qui s’ensuivrait pourrait avoir des conséquences terribles sur le moral collectif. Or, je suis persuadé que si le Gaon de Vilna avait su que nous en viendrions à une telle situation, il nous aurait sans aucun doute déliés de son serment ».

Reprenant son souffle, l’orateur prit un ton solennel et poursuivit : « Pour le bien du peuple juif, je vous annonce donc que la date de la venue du Machia’h, selon le compte du Gaon de Vilna, est prévue pour l’an… ». Mais le vieux rav ne put achever sa phrase : au moment où il s’apprêtait à annoncer la date, il fut pris d’une attaque soudaine et il tomba raide mort… (récits rapportés par rav Yé’hezkel Avramski zatsal, cités dans le « Ouvdot véHanhagot leBeth Brisk).

Yonathan Bendennnoune, Hamodia-Edition Français

Vaeth’hanan : Le cinquième empire

(Source : Chiourim.com)

Des renards observés prés du Kotel… (Vidéo)

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A lire aussiEmouvant : de nombreux jeunes sur l’Esplanade du Temple (vidéo) ____________________________________________

Vidéo : Des renards observés prés du Kotel, remplissant ainsi la promesse biblique de l’arrivée du troisième Temple Juif

Selon la prophétie biblique, la venue de renards sur les ruines du Temple est un rappel à une prophétie biblique pleine d’espoir pour le peuple Juif : le troisième Temple est en route.

Alors que le monde juif compte les jours jusqu’au neuf Av (Tisha Be’Av), date à laquelle les Juifs pleurent la destruction des deux temples de Jérusalem après sa destruction par les Romains, des renards ont été aperçus, se promenant près du mur du Kotel, a annoncé jeudi un communiqué de presse.

Vidéo

Il est écrit dans le Livre des Lamentations (5:18), qui est lu à Tisha Be’Av, que le mont Sion  où se trouvaient les temples sera tellement oublié que « les renards marcheront à l’intérieur ». Dans le traité Makkot (24b), le Talmud affirme que si les prophéties de destruction d’Uriah ont été accomplies, il en sera de même pour celles de Zacharie sur la reconstruction du Temple. Lire la suite  sur Infos Israel News

Des renards observés prés du Kottel… (Vidéo)

(Source : JForum)

 

Le 9 Av et les 3 semaines

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9 Av : Etranges coïncidances !

C’est à la date du 9 av qu’ont eu lieu notamment les événements suivants :

Les enfants d’Israël ont entendu le rapport des explorateurs et ont porté le deuil toute la nuit durant ( Ta’anith 29a). C’est en punition de ce manque de confiance en Hachem qu’ils ont erré dans le désert pendant quarante ans.

Destruction du premier Temple le 9 av 3174 (29 juillet 422 avant l’ère commune).

Destruction du deuxième Temple le 9 av 3830 (4 août 70).

Labourage et salage de Jérusalem par les Romains le 9 av 3831 (25 juillet 71).

Défaite et massacre de l’armée de Bar Kokhba le 9 av 3895 (5 août 135).

Proclamation de la première Croisade par le pape Urbain II le 9 av 4855 (14 juillet 1095). Cette proclamation a eu pour conséquence le massacre de milliers de Juifs en Europe et en Erets Yisrael .

Massacre des martyrs de York le 9 av 4950 (14 juillet 1190).

Expulsion des Juifs d’Angleterre le 9 av 5050 (18 juillet 1290).

Expulsion des Juifs d’Espagne le 9 av 5252 (2 août 1492).

Déclaration de la première Guerre mondiale le 9 av 5674 (1er août 1914).

A la même date, début des persécutions des Juifs de Russie d’Asie.

Le 10 juillet 1942 (25 tamouz 5702), les Nazis ont commencé de détruire systématiquement le Ghetto de Varsovie, en déportant chaque jour entre six et dix mille Juifs. Lorsque le Ghetto s’est révolté, il n’y restait plus que 40 000 Juifs. Leur déportation a commencé le 9 av (23 juillet 1942).

Est-ce pure coïncidence ?

Il est difficile de l’admettre lorsqu’on sait que la probabilité que deux événements aient lieu le même jour de l’année est de 1 sur 365.

Celle que trois événements aient lieu est de 1 sur 365 fois 365, soit 1 sur 133 225.

La probabilité que ces douze événements dont a été victime le même peuple aient eu lieu le même jour est de 1 sur 15 318 milliards de milliards de milliards, soit 365 élevés à la puissance 11

Par Jacques Kohn zal

9 Av : Etranges coïncidences

(Source : Chiourim.com)

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Les Trois Semaines sont une période annuelle de deuil qui tombe en été. C’est lorsque nous marquons le deuil de la destruction du Saint Temple de Jérusalem et le début de l’exil dans lequel nous nous trouvons encore.

Cette période débute le 17 du mois hébraïque de Tamouz, un jour de jeûne qui marque le jour où la muraille de Jérusalem fut éventrée par les Romains en l’an 69 de l’ère commune.

Elle culmine et se conclut avec le jeûne du 9 Av, la date à laquelle les deux Temples furent incendiés. C’est le jour le plus triste du calendrier juif, lors duquel eurent lieu d’autres tragédies au cours de notre histoire.

Observances :

Il y a plusieurs coutumes liées au deuil suivies pendant toute la période de Trois Semaines. Nous ne nous coupons pas les cheveux, nous n’achetons pas d’habits neufs, nous n’écoutons pas de musique. Nous ne célébrons pas de mariages en cette période.

Le 17 Tamouz est un jour de jeûne lors duquel nous nous abstenons de manger et de boire depuis l’aube jusqu’à la tombée de la nuit.

Ceux qui pleurent la destruction de Jérusalem mériteront de la voir reconstruite avec la venue de Machia’hLes derniers Neuf Jours des Trois Semaines, le deuil est intensifié. À partir du 1er Av, nous ne mangeons plus de viande, ne buvons pas de vin et ne portons pas de vêtements fraîchement lavés.

Le 9 Av est un jeûne plus rigoureux que celui du 17 Tamouz. Il débute au coucher du soleil, la veille au soir. Nous nous réunissons alors à la synagogue pour lire le livre des Lamentations. En plus du jeûne, nous nous abstenons également en ce jour : de nous laver, d’appliquer crèmes et lotions, de porter des chaussures de cuir et de relations conjugales. Jusqu’à midi, nous nous asseyons par terre ou sur des tabourets bas.

Les Trois Semaines ont une portée qui dépasse le jeûne et les lamentations. Nos Sages nous enseignent que ceux qui pleurent la destruction de Jérusalem mériteront de la voir reconstruite avec la venue de Machia’h. Puisse ce jour advenir rapidement, et alors toutes les dates tristes du calendrier seront transformées en jours de joie immense et de bonheur.

(Source : Chabbad.org)

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Histoire

Isaïe et sa mission divine
Réprimande et consolation
Chabbat ‘Hazone, le Chabbat précédant « Tichea beAv », et Chabbat Na’hamou, le Chabbat qui le suit, doivent tous deux leurs noms au Livre d’Isaïe.
Les tristes prophéties de Jérémie
Le grand prophète Jérémie vécut en une période des plus critiques de l’histoire juive. Il fut témoin de la destruction de Jérusalem et du Beth Hamikdache après que ses avertissements répétés et ses prophéties eurent été ignorés de tous…
La prophétie d'Ézéchiel
Les circonstances de la vie du prophète Ezéchiel à Babylone à qui D.ieu révéla la forme du troisième Temple.
Jérémie et le gabaonite
Tous les soldats babyloniens avaient jetés leur hache sur la muraille de Jérusalem, sans succès. C’est alors que le général Nebouzaradan s’avança lui-même pour le faire…
La première chute de Jérusalem
aux mains des Babyloniens
Une année après l’autre, le roi Nabuchodonosor de Babylone entendait une voix céleste qui lui disait: “Va et détruis Jérusalem.” Mais il avait peur d’attaquer la ville sainte…
La plaidoirie de nos pères
Extraits du Midrache Eikha
Devant la cruauté barbares des ennemis d’Israël, les Patriarches, Moïse et notre mère Rachel plaident auprès de D.ieu pour leurs enfants
Sur les bords des fleuves de Babylone
Quand les captifs arrivèrent à Babylone, une humiliation supplémentaire les attendait: une fête d’un faste vraiment royal devait avoir lieu en leur présence, et à laquelle assistèrent Néboukhadnetzar en personne, ses ministres et ses généraux…
Kamtsa et Bar Kamtsa
Les ravages de la haine
L’un des hommes influents de Jérusalem avait un ami nommé Kamtsa et un ennemi nommé Bar Kamtsa. Il organisa un jour dans sa maison une fête à laquelle furent conviés tous les grands noms que comptait la ville…
Le Kotel: un monument indestructible
Les Romains ne se contentèrent pas de détruire le Temple, ils y mirent aussi le feu. Et quand la fumée se dissipa, on constata qu’un seul mur avait subsité.
La seconde chute de Jérusalem
aux mains des Romains
Depuis trois ans, Vespasien assiégeait Jérusalem. Personne ne pouvait entrer dans la Ville Sainte ou la quitter. La famine menaçait les habitants assiégés…
Sous le joug des Romains
La cruauté des empereurs romains
Les lois imposées par les Romains en Erets Israël étaient d’une dureté sans égale. Les empereurs, froidement cruels et assoiffés de sang, persécutèrent les Juifs par tous les moyens en leur pouvoir…
Yavneh
À l’époque de la destruction du second Temple (le 9 Av 3828), une ville connut la célébrité dans le pays d’Israël ravagé. Non seulement le cruel général romain Vespasien l’épargna, mais il permit qu’elle devînt le centre de l’érudition juive.
La révolte de Bar Cokhba
La chute de Béthar
52 ans après la destruction de Jérusalem par les Romains, la place forte de Béthar, au sud-ouest de la ville, fut capturée et détruite par le général romain Sévère…
Les 10 Martyrs
Assara Harouguei Malkhout
L’un des épisodes les plus émouvants dans l’histoire du martyre juif est celui des Dix Martyrs: le récit déchirant décrivant de façon explicite la mort de 10 luminaires de la Torah de l’époque de la Michna qui furent massacrés sur l’autel de la haine insensée.
Les martyrs d'York
1189-1190
Les événements tragiques autour du couronnement de Richard Cœur de Lion
L'expulsion des Juifs d'Angleterre
Le 9 Av 5050 (1290)
Les premiers documents historiques relatifs aux Juifs en Angleterre datent d’environ dix siècles avant que Guillaume le Conquérant conquît le pays en 1066 à bataille de Hastings, et y fonda la monarchie anglaise…
L'impitoyable expulsion d'Espagne
Le 9 Av 5252 (1492)
La prise de Grenade en 1492 fit du roi Ferdinand le maître absolu d’une Espagne désormais entièrement catholique, et, hélas, fanatisée…
Le Talmud brûle en Italie
Tragédie au 16ème siècle
Peu après la découverte de l’imprimerie en Europe, l’Italie devint le centre principal pour l’impression des livres sacrés hébraïques…
Les martyrs de Meurs
Lors des Croisades en Allemagne il y a mille ans
“Maintenant, conclut le Gouverneur, vous avez le choix: ou accepter notre foi, alors vous serez épargnés et pourrez continuer à vivre en paix, ou vous rendre aux Croisés, qui vous feront souffrir mille morts avant de vous tuer pour de bon…”
Les événements de 1648 et 1649
L’histoire des pogromes atroces que les Cosaques déclenchèrent sous le commandement de Bogdan Chmielnicki (que son nom soit effacé) dans les années 5408 et 5409 (1648 et 1649).
Accusation de meurtre rituel à Metz
Les Juifs messins subirent, tout comme les Juifs des autres villes du Moyen Âge, diverses persécutions et durent faire face aux calomnies forgées en vue de leur perte. Une des plus graves accusations de meurtre rituel dont les Juifs messins furent l’objet eut lieu en 1670…
En quelle année le Second Temple fut-il détruit, en 69 ou en 70?
Dans certains articles sur votre site, il est dit que le Second Temple fut détruit en 69 de l’ère commune, et dans d’autres, en 70. Qu’en est-il vraiment ?

Les Trois Semaines et le 9 Av

(Source : Chabbad.org)

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De la tristesse, jaillit la joie !

Le 9 Av, jour de deuil du peuple juif, est l’occasion de réaliser que le temps est vivant. L’occasion aussi de se rapprocher de D.ieu… Le jour du 9 Av est considéré à juste titre comme le jour le plus triste du calendrier juif.

Ce jour-là, nous commémorons la destruction des deux temples et les souffrances du peuple d’Israël durant toutes les générations.

Ce deuil et cette profonde tristesse s’expriment par le jeûne et les lois afférentes à cette journée. On doit notamment appliquer cinq hala’hoth (lois) : ne pas manger, ne pas boire, ne pas laver ni oindre son corps, ne pas porter de chaussures de cuir, ne pas avoir de rapports conjugaux. On notera également que l’on restera assis par terre, comme le font les personnes en deuil; Pour Ticha beav, depuis le début du jeûne jusqu’à ‘hatsoth, la mi-journée du lendemain.

Après avoir cité ces lois, il est d’autant plus difficile de comprendre une autre halacha de Ticha beav : ce jour-là, on ne prononce pas le texte des supplications (ta’hanoun) dans la prière, et on ne fait pas néfilath apaïm (placer sa tête dans son bras pendant la récitation du ta’hanoun).

Pour quelle raison ? Parce que ce jour, comme les jours fériés, est appelé Moed (Choul’han Arou’h Ora’h Haïm 559 ; 4).

Cette affirmation de nos maîtres trouve son origine dans un verset des Lamentations : ce terme, Moed, est employé au sujet de la destruction du Temple. « Il a convoqué une assemblée (Moed) pour briser mes jeunes guerriers » (1 ; 15). Mais on le sait, le mot Moed est toujours employé dans la Thora pour exprimer la notion de fête. Alors comment comprendre cette appellation pour Ticha beav, dans la mesure où ce jour ne ressemble en rien à une fête ?

Sentiment de liberté

Certains commentateurs nous apportent un premier élément de réponse en expliquant que d’après la tradition, le Messie naîtra le jour de Ticha beav (cf. Midrach Esther Rabba introduction 14).

C’est donc une raison de ressentir dès aujourd’hui un certain sentiment de consolation et de joie.

Une deuxième réponse, rapportée au nom de Rabbi Yérou’ham de Mir, va nous faire découvrir une nouvelle approche du concept de deuil le 9 Av. A la différence des fêtes profanes, les fêtes juives ne sont pas une commémoration d’événements historiques. Dans l’optique de la Thora, l’homme traverse le temps. Et chaque année, aux mêmes dates fixées depuis toujours, le temps est imprégné d’éléments spirituels, qui ont un rapport avec les événements qui ont lieu à ces dates.

Au moment où l’homme traverse telle ou telle période, il ressent l’influence qui imprègne cette période, comme notamment un sentiment de délivrance, de foi ou de joie. Le temps n’est donc pas, selon notre tradition, un élément vide; Il a une vie en soi.

Lorsque arrive le mois de Nissan et la fête de Pessa’h par exemple, le moment est propice pour revivre la délivrance et l’élan de foi qui l’a accompagnée. Avec la fête de Chavouot, et la Révélation au Mont Sinaï, le temps est propice à un nouvel engagement, une acceptation de la Thora plus profonde.

Véritable source de joie

En intériorisant les enseignements de chaque fête, chacun a la possibilité de ressentir une nouvelle proximité avec le Créateur. Cela est vrai pour toutes les fêtes juives, et là se trouve le sens véritable du concept de Moed et des Moadim (fêtes), qui sont autant d’occasions de se rapprocher de D.ieu, source véritable de joie.

Rapprochement

Plus encore, ressentir la proximité et l’amour de D.ieu envers nous, Lui qui s’est manifesté de façon éclatante à ces dates, doit naturellement nous inciter à nous rapprocher de Lui. Le concept de Moed exprime donc un temps particulier qui crée le rapprochement entre l’homme et son Créateur. Et pour comprendre profondément comment ce rapprochement de D.ieu s’effectue, on peut prendre l’exemple des relations humaines.

Deux situations tout à fait différentes peuvent provoquer un rapprochement entre deux êtres.

Se souvenir de moments intenses, revivre une proximité avec une personne, provoque une volonté d’approfondir encore le lien et de se rapprocher de l’autre. A l’inverse, un éloignement entre deux êtres peut aussi faire naître la volonté profonde de se rapprocher. On prend conscience de l’ampleur de l’éloignement, et l’on souhaite alors recréer la proximité…

Le 9 Av, nous traversons un temps de deuil, le temps qui a été marqué à tout jamais par la destruction des deux temples, et par l’éloignement de D.ieu qui en a découlé, éloignement qui ne fait que s’amplifier, année après année. Le 9 Av, nous nous lamentons sur les souffrances du peuple juif, qui s’est éloigné de son Créateur.

En vivant profondément ce jour et en méditant sur ce que nous avons perdu, nous avons l’occasion unique de prendre conscience et de ressentir à quel point nous nous sommes éloignés de D.ieu.

Et c’est justement la prise de conscience de cet éloignement qui va éveiller en nous un élan vers Lui. Et alors, aussi paradoxale que cela puisse paraître, du plus triste des deuils va jaillir une joie profonde.

C’est cette joie qui confère à cette journée de deuil le titre de Moed, car se rapprocher de D.ieu est la seule joie véritable en ce monde.

Lorsque nous prendrons conscience, au plus profond de nous, du sens véritable de la destruction (‘Horban), nous pourrons mériter que le jour de Ticha béav devienne un véritable Moed.

Rav Eliahou Elkaïm de la Yéshiva Daat Haim

De la tristesse, jaillit la joie – Rav Eliahou Elkaïm

(Source : Chiourim.com)

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Récit inédit

Un cri à fendre le coeur

Vous vous demandez comment prendre le deuil pour un événement survenu 2000 ans plus tôt ? Voici une histoire poignante qui transformera à tout jamais votre Ticha Béav.

Chaque année, à l’approche de Ticha Béav, j’étais prise dans un dilemme. C’est un jour où nous sommes censés pleurer la disparition de notre Temple. Ce jour-là, nous nous abstenons de manger, de boire ou de porter des chaussures en cuir, et nous suivons diverses coutumes exceptionnelles de deuil.

Chaque année, je venais à la synagogue pour écouter la lecture du Livre des Lamentations, qui déplore la destruction de Jérusalem. Cependant, chaque année, je finissais par rêvasser et mes pensées me conduisaient vers des thèmes totalement étrangers à ce jour. Lorsque l’officiant lisait des versets sur le Temple, je me déconnectais totalement, je projetais mes vacances d’été, la fête célébrant la fin de mes examens, ou j’espérais simplement que le jeûne allait bien se dérouler cette année.

En effet, il est difficile de plonger sincèrement dans l’atmosphère de deuil pour un événement survenu 2000 ans plus tôt – nous n’avons jamais vu le Temple, et nous ne sentons pas vraiment le manque dans notre vie quotidienne. Mais un jour, mon optique changea du tout au tout.

Le moment décisif

Dans le cadre de mon service militaire dans l’armée israélienne, je fus assignée à mon grand bonheur dans une unité d’enseignement. J’effectuai mon service sur le site de caravanes de Bat ‘Hatsor, près de Gadéra. Le site contenait 700 caravanes, hébergeant des milliers de nouveaux immigrants éthiopiens. Le matin, j’enseignais aux immigrants à l’école Yad Chabtaï à Ashdod. L’après-midi et le soir, je faisais office de conseillère socio-psychologique.

Cet épisode se déroula peu de temps après l’Opération Salomon en 1993, au cours de laquelle près de 14 500 Juifs originaires d’Éthiopie avaient été transportés par pont aérien en Israël. Cette opération avait été particulièrement émouvante, et toute la population israélienne avait été surprise de voir des Juifs, qui en réalité, avaient été coupés de notre peuple plusieurs générations plus tôt.

Ils observaient le Chabbat, connaissaient la plupart des fêtes et maintenaient la tradition juive d’une manière fidèle et traditionnelle. Mais il était clair que leurs connaissances étaient partielles ; la séparation qu’ils avaient vécue pendant toutes ces années avait eu une influence sur leur système de traditions.

Ils n’avaient jamais entendu parler du Jour de l’Indépendance (en Israël), ni de Yom Yérouchalayim, ni même de Pourim ou ‘Hanouka, aucun de ces événements historiques qui eurent lieu suite à leur coupure d’avec le peuple juif.

Je me rendis compte que si je ne me concentrais pas sur ces lacunes qu’il fallait combler, leur intégration en Israël ne serait jamais parfaite. Je décidai de consacrer chaque jour un temps considérable à l’enseignement du judaïsme.

Pessa’h et la montée au Temple

Le mois de Nissan était là et j’avais commencé à enseigner des cours sur la fête de Pessa’h. Ma classe contenait 20 élèves, entre le CE2 et la sixième. (Ils étaient placés selon leur niveau de lecture plutôt que par âge). Ces enfants étaient arrivés en Israël quelques mois plus tôt et ils aimaient par-dessus tout écouter des histoires; en effet, la lecture et l’écriture hébraïque étaient encore un obstacle pour une partie d’entre eux.

J’avais projeté de relier Pessa’h aux autres fêtes en mentionnant très brièvement les trois fêtes principales de l’année au cours desquelles le peuple juif montait à Jérusalem.

« Aujourd’hui, c’est le premier jour de Nissan, et on célèbre Pessa’h ce mois-ci », commençais-je. « Pessa’h est l’une des trois fêtes au cours desquelles le peuple juif dans son ensemble avait l’habitude de se rendre à Jérusalem, au Temple. »

À ce moment-là, un élève bondit de sa chaise, me coupant au milieu de la phrase. « Maîtresse, as-tu déjà été au Temple ? »

Je lui souris, me rendant compte qu’il était quelque peu désorienté. « Non, bien entendu, non. C’était il y a très longtemps ! »

Mon élève persistait, et d’autres élèves se joignirent à lui. « D’accord, c’était il y a très longtemps. Mais y étais-tu ? Étais-tu au Temple il y a longtemps de cela ? »

Je souris à nouveau, cette fois-ci quelque peu désorientée moi-même. « Ne comprend-il pas ? Peut-être que mon hébreu est trop difficile pour lui », pensais-je.

« Non, mais bien sûr que non. C’était il y a très très longtemps ! »

À présent, le reste des élèves se joignirent à lui en provoquant un beau tumulte. « Tu n’y as jamais été ? » « Maîtresse, ça fait quoi d’être au Temple ? » « À quoi ressemble le Temple ? »

« Silence ! » Je tentais de calmer tout le monde. « Écoutez-moi bien: il n’y a pas de Temple ! Il y avait un Temple il y a de nombreuses années, mais aujourd’hui, nous n’avons pas de Temple. Il a été détruit, brûlé. Je n’y ai jamais été, mon père ni plus, et mon grand-père non plus ! Cela fait deux mille ans que nous n’avons pas eus de Temple ! »

Je répétais ces paroles à plusieurs reprises, comprenant très difficilement qu’ils avaient tant de difficulté à intégrer ces propos. C’était quoi, la grande affaire ? Nous avons tous grandi avec cette réalité. Pourquoi étaient-ils si perturbés ?

Le tumulte dans la classe augmentait progressivement. Ils commencèrent à parler entre eux en amharique, à débattre, traduire, expliquer et crier et je perdis totalement le contrôle de la classe. À la sonnerie, ils rassemblèrent leurs affaires de classe et coururent à la maison. Je quittais l’école épuisée et profondément troublée.

La surprise du lendemain

Le lendemain matin, j’étais à peine perturbée par les événements de la veille. En réalité, j’avais presque oublié cet incident. Ce jour-là, j’avais projeté d’enseigner simplement des matières profanes comme les mathématiques, la géométrie, etc.

Je descendis de l’autobus et avançai lentement en direction de l’école. Alors que je m’approchais de la grille, le garde posté à l’entrée s’approcha de moi, l’air quelque peu soucieux. « Dis-moi », me dit-il, « Sais-tu peut-être ce qu’il se passe ici aujourd’hui ? »

J’essayais de me rappeler d’une activité particulière projetée ce jour-là ou d’une cérémonie que j’avais oubliée, mais rien d’exceptionnel ne me vint à l’esprit.

« Pourquoi ? » lui dis-je. « Que s’est-il passé ? »

Il ne répondit pas. Il pointa du doigt en direction de l’entrée du bâtiment de l’école.

Je levais la tête et vis un groupe assez important d’immigrants éthiopiens d’âge adulte, apparemment, les parents de mes élèves. Que font-ils ici ? Et pourquoi crient-ils ?

Je les abordais, tentant de comprendre le but de leur visite grâce aux maigres connaissances en amharique que je possédais.

Lorsque je m’approchais, tout le monde se calma. L’un des adultes dont l’hébreu était d’un meilleur niveau me demanda : « Es-tu la maîtresse de nos enfants ? »

« Oui, » répondis-je. « Quel est le problème, monsieur ? »

« Nos enfants sont rentrés à la maison hier et nous ont raconté que leur maîtresse leur avait enseigné que le Temple de Jérusalem n’existe plus. Qui pourrait bien leur dire une telle bêtise ? » me demanda-t-il en me décochant un regard de colère.

« C’est moi qui leur ai raconté cela. Nous parlions du Temple et j’ai senti qu’ils étaient un peu désorientés à ce sujet. Je leur ai alors expliqué que le Temple avait été brûlé il y a des milliers d’années et qu’aujourd’hui, nous n’avons plus de Temple. C’est tout. Pourquoi en faire tout un plat ? »

Il était incrédule. « Quoi ? De quoi parles-tu ? »

J’étais encore plus déroutée qu’avant. « Je ne comprends pas. Pourquoi êtes-vous tous fâchés ? Je leur ai simplement rappelé que le Temple a été détruit et qu’il n’existe plus aujourd’hui. »

Les protestations reprirent, cette fois-ci plus fortes qu’avant.

Le représentant calma les autres adultes, et s’adressa à nouveau à moi. « En es-tu sûre ? »

« Est-ce que je suis certaine que le Temple a été détruit ? Bien entendu, j’en suis sûre ! » J’avais du mal à cacher un sourire. Quelle scène étrange.

L’homme se tourna vers ses amis et d’un ton dramatique, traduisit ce que je lui avais dit. À ce moment-là, ils commencèrent enfin à intégrer la nouvelle.

Mais maintenant, une scène différente avait succédé à la précédente : une femme tomba au sol, une seconde éclata en sanglots. Un homme à leurs côtés se contenta de me fixer d’un regard incrédule. Un groupe d’hommes troublés et incrédules commença à parler entre eux à voix basse, très vite. Les enfants se tenaient de côté, observant la scène, plongés dans la perplexité. Une autre femme commença à pousser un cri déchirant. Son mari s’approcha d’elle pour l’étreindre.

J’assistais à cette scène, totalement abasourdie.

J’avais l’impression que je venais de leur communiquer la pire nouvelle possible. On aurait dit que je venais de leur annoncer la perte d’un être cher. J’étais debout, face à un groupe de Juifs qui effectuaient un deuil sincère de la destruction du Temple.

Un Ticha Béav pas comme les autres

Quelques mois plus tard, ce fut Ticha Béav. J’avais déjà été rendue à la vie civile, prête à aller à l’université, et l’époque de mon service militaire me semblait déjà bien loin.

Comme c’était mon habitude chaque année, je me rendis à la synagogue. À mon arrivée, tout le monde était déjà assis sur le sol (comme c’est l’usage pour les endeuillés), et j’attendais d’entendre la lecture du Livre des Lamentations. Je m’attendais, comme les années précédentes, à ce que ce jour soit un moment de rêvasserie, et j’espérais ne pas avoir trop faim.

La lecture du Livre des Lamentations commença, et je commençai à lire les deux premiers versets.

« Hélas, elle est assise dans sa solitude… comme une veuve… Elle pleure amèrement la nuit et ses larmes sont sur ses joues. Elle ne trouve aucun réconfort auprès de tous ses amants ; tous ses amis l’ont trahie, ils sont devenus ses ennemis. »

Soudain, ce premier jour du mois de Nissan commença à défiler dans ma tête. Les regards en colère de ces enfants. Les cris des parents. Les pleurs des mères. Le silence pitoyable des hommes. Le choc qui les avait bouleversés au moment de recevoir cette terrible nouvelle, comme si on venait de leur annoncer la mort d’un être cher.

À ce moment-là, je compris.

Je compris que c’est exactement ainsi que nous sommes censés pleurer la disparition du Temple à Ticha Béav. Nous sommes censés pleurer la perte de l’unité et de la paix dans le monde entier. Nous sommes supposés nous lamenter sur la disparition de la Présence divine et de la sainteté de nos vies en Israël. Nous sommes censés être peinés par la destruction de notre centre spirituel, qui servait à unifier tout le peuple juif.

Nous sommes supposés ressentir que quelque chose de très précieux nous a été pris pour toujours. Nous sommes supposés pleurer, être choqués et en colère, nous effondrer. Nous sommes censés pleurer la destruction du Temple, regretter une ère magnifique qui a été déracinée de la surface de la terre. L’incroyable proximité que nous avions avec D.ieu – ce sentiment qu’Il est sincèrement en nous – s’est évaporée et a disparu complètement.

À l’approche de Ticha Beav, je reviens sur cet incident avec mes élèves et leurs parents, et j’essaie de me relier à cette leçon capitale qu’ils m’ont apprise : ce que signifie vraiment la perte de notre saint Temple.

Crédit photo : Jody Sugar

Un cri à fendre le cœur

(Source : Aish.fr)

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Nouveau livre sur le 9 Av et la période de Ben Hametsarim du Rav Yonathan Salem traduit en français.

Ce livre comprend

– un dvar torah  de qualité,

– une liste de Questions/Réponses,

– les différentes Guemarot relatives à la période entièrement en français.

 

Pour accéder gratuitement au livre au format pdf :

Offert par l’association Chalom Laam, du Rav Yaacov Hillel.

Livre sur Ben Hametsarim et le 9 Av à télécharger gratuitement !

(Source : Chiourim.com)

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Comment on torture les animaux au Maghreb et en Turquie

Comment on torture les animaux au Maghreb et en Turquie

Voici Sue Ellen, loin d’imaginer le martyre qui l’attend __________________________________________________

Je reçois sans cesse des mails me demandant de signer pour la protection des chats de gouttière ou de la fourmi d’Argentine. Le plus souvent, j’ai envie de répondre que je m’occuperai volontiers du comportement social des hyménoptères, mais qu’on me débarrasse d’abord des sauvages qui nous envahissent et précipitent les enfants sous les trains, voire du balcon des musées. Un documentaire de la télévision belge m’a fait changer d’avis. Depuis que je fuis les journaux télévisés désinformateurs, je me rabats sur les documentaires. Ils ne mentent pas.
https://www.facebook.com/watch/?v=175673113316859

Le bien-être animal s’arrête aux frontières de l’Europe. Ici, les transports sont parfois accompagnés par la police qui contrôle les pauses, la température, l’hydratation. Mais pas dans ces pays ! La compassion ne franchit pas leurs frontières. Chaque jour, des centaines d’animaux sont transportés sur des milliers de kilomètres dans des conditions inadmissibles pour être abattus en Turquie, l’un des pays d’exploitation de bétail les plus importants. Depuis l’Allemagne, le transport prend 70 heures. Le passage le plus habituel se fait via la frontière bulgare. De juin à septembre, les températures atteignent 35 à 40 degrés. Le bétail est enfermé nuit et jour sous une chaleur insoutenable.

Si vous allez à la frontière turque entre juin, août et septembre, vous verrez beaucoup de transport d’animaux qui souffrent énormément des températures très élevées. Ils sont coincés souvent durant plusieurs jours. Ils ne sont pas traités à temps et régulièrement, depuis six ans, nous recensons des animaux qui meurent de soif au sens propre. Certains sont blessés, d’autres mettent bas dans ces conditions terribles.

https://www.rtl.be/info/magazine/animaux/-certains-meurent-de-soif-d-autres-sont-blesses-des-animaux-sont-enfermes-nuit-et-jour-sous-40c-pour-etre-abattus-en-dehors-de-l-ue-video–1065526.aspx

Face à la souffrance animale les présidents des groupes S&D, ALDE et PPE ont préféré choisir la lâcheté et l’immobilisme en refusant de faire la lumière sur les responsabilités d’effroyables conditions de transport de plusieurs millions d’animaux vivants en Europe. Pour ne pas déplaire aux intérêts purement financiers de quelques grands groupes de transport et de l’agro-alimentaire, on méprise la volonté de millions de citoyens d’avoir un vrai débat sur la souffrance animale et le respect des normes européennes.

https://www.ciwf.fr/actualites/2018/03/transport-danimaux-vivants-lue-choisit-la-voie-de-garage

Plusieurs enquêteurs ont été les témoins d’un camion transportant des taureaux depuis la Lettonie, bloqué à la frontière turque durant six jours. Ce camion avait déjà parcouru 2 600 km sur plus de 5 jours. Quand ils ont finalement été autorisés à entrer en Turquie, ils avaient encore 2 000 km à parcourir pour rejoindre l’Irak !

https://www.ciwf.fr/campagnes/stop-aux-longs-transports-danimaux-vivants/les-transports-et-leurope/

Quand un bovin est saigné, il peut mettre jusqu’à 14 minutes à perdre conscience, à cause d’une artère préservée qui continue à irriguer le cerveau. Les bovins ont une agonie beaucoup plus longue que les moutons. Si en Europe, des dérogations sont parfois possibles pour pratiquer l’abattage sans étourdissement, certaines règles demeurent incontournables, comme celle de ne pas suspendre un animal vivant.

Ajout louyehi : (Ceci n’arrive pas dans l’abbatage cachère. Voici  une vidéo de démonstration de ce qu’est le polygone de Willis chez l’animal : Le-polygone-de-Willis (rav-Ron-CHAYA), pour ceux qui peuvent la visionner, Dailymotion ayant fait des modifications quant à la lecture de ses vidéos.) https://s1-ssl.dmcdn.net/3i9a/1280x720-p03.jpgSchéma du polygone de Willis chez le petit et le gros bétail

Le fait que l’animal souffre au cours d’un abattage rituel cachère (she’hita) est un mythe. Les Juifs ont un grand respect envers les animaux et ne les font pas souffrir. Le rabbin explique dans cette vidéo que chez les animaux cachères, petit et gros bétail,  il existe une artère située au niveau du cerveau de l’animal. Si, en tranchant la carotide on va jusqu’à cette artère et qu’on la tranche – ce que fait le sacrificateur juif – elle se vide très rapidement de son sang, ce qui provoque instantanément la mort de l’animal, qui ne souffre donc pas au cours de l’abattage.

Comment la shehita se déroule-t-elle ? La trachée, l’œsophage et l’artère du polygone de Willis de l’animal sont tranchés suivant une trajectoire précise avec un chalaf, (couteau très affuté, sans encoche ni irrégularité). La bête abattue se vide de son sang, car la consommation de sang (tout comme celle du nerf sciatique) est interdite par la Torah : « seulement, vous ne mangerez point de chair avec son âme, avec son sang » (Genèse 9 : 4). L’animal abattu est ensuite inspecté (notamment les poumons pour s’assurer que la bête n’est pas malade) et pour contrôler le déroulement conforme de la shehita aux exigences rituelles. La viande est ensuite découpée, trempée et salée afin, que les résidus de sang soient éliminés. La consommation de sang étant strictement interdite chez les Juifs. Le judaïsme interdit aussi la consommation concomitante de viandes et de produits laitiers. Ces aliments ne doivent pas, en outre, avoir été manipulés avec les mêmes ustensiles, de la cuillère aux récipients. Le Consistoire central israélite de France est chargé d’accorder des cartes aux sacrificateurs juifs. En savoir plus sur https://www.laculturegenerale.com/difference-halal-casher/ | La culture générale  –  louyehi)

https://www.lexpress.fr/actualite/societe/video-maltraitance-animale-l214-denonce-les-conditions-d-abattage-hors-ue_1898321.html

J’aime beaucoup les vaches, elles sont belles et tellement touchantes. Dimanche dernier je me suis arrêtée pour photographier une Limousine qui mâchait tranquillement de l’herbe. Heureuse. Sereine. Après ce reportage abominable, je me suis demandé si son propriétaire allait lui aussi la vendre à l’étranger ! Cette bête magnifique et si paisible. Pour être exportés hors de l’Europe (comme c’est dit complaisamment ! En fait c’est : exportés en Turquie et dans le Maghreb !) les bovins subissent des heures et des heures de trajet dans des conditions abominables.

Les images retournent l’estomac. Le reportage s’attaque aux conditions cruelles d’abattage des bovins dans certains pays (susmentionnés), ainsi qu’aux durées de transport interminables dont ils sont victimes. Chaque année, plus de trois millions d’animaux sont exportés de l’Europe vers des pays tiers (commentaire voir plus haut) pour y être engraissés ou abattus. Des pays où ils ne bénéficient d’aucune protection.

Dès que les transports s’éternisent et plus ils s’allongent, plus les animaux se déshydratent, se fatiguent, tombent à l’intérieur des camions et se mutilent. Certaines bêtes meurent cruellement durant les trajets. Et dès la sortie de l’Union européenne, les camions n’ont plus aucune structure adaptée pour les transporter. A cause de la densité à l’intérieur des poids lourds, les animaux, les uns sur les autres, restent debout des heures et des kilomètres durant.  Sans pause, sans nourriture, et sans eau.

A cette première maltraitance faite aux animaux nés en France s’ajoute celle des conditions d’abattages dans les pays du Moyen-Orient ou du Maghreb, où les bovins sont exportés en nombre. C’est la surproduction de viande dans l’Hexagone, encouragée par les politiques agricoles, qui pousse à exporter. Alors que la consommation des Français ne cesse de diminuer depuis une vingtaine d’années, et que celle de viande bovine a chuté de presque 3%, la production nationale bovine a pourtant progressé l’an dernier.
(Et j’interromps ici pour me demander pourquoi nous voulons aussi acheter des bovins au Canada, si nous en avons trop ?).

Problème : il n’existe actuellement aucune limite dans la durée des transports. Actuellement, 89% des Français sont favorables à une limitation de 8 heures. Mais si la question animale est en train de prendre de plus en plus de place au niveau politique et sociétal, celle-ci n’a pas encore une place de choix chez les politiques.

Un bovin met jusqu’à 14 minutes pour perdre conscience

Une vidéo, dont les images sont difficilement soutenables, a été tournée dans des abattoirs du Liban et de Turquie, où aucune réglementation de protection animale ne s’applique. Dans l’abattoir libanais, on voit un jeune bœuf entravé par une corde nouée à la patte. Sa tête, renversée de force, est maintenue au sol, avant qu’il soit saigné.

Je veux montrer comment ces sauvages habituent les enfants aux violences (on leur montre comment crever les yeux des vaches et comment leur briser les pattes à coups de massue). Ils pataugent dans le sang et rigolent. Les pauvres vaches hurlent. Je n’ai pas pu voir jusqu’au bout. (Ce sont des animaux qui ont vécu en Bavière et en France, qui sont élevées avec soin et profitent de la vie dans nos prés verdoyants). J’ai enregistré deux courtes vidéos sur la torture des animaux en Egypte, au Liban, au Maroc. C’est INSOUTENABLE !! Et des enfants participent activement. Ils les battent, leur éclatent le crâne, les martyrisent. Des vaches et des moutons qui viennent de nos prairies !

Ce sont des bêtes sauvages ces gens, et nous, on est en train d’adopter leurs traditions sans moufeter. Dans les jardins d’enfants en Allemagne, interdiction de saucisses viennoises, de boules de gomme et de sauce bolognaise à la cantine ! Interdiction de dire un seul mot de critique. Interdiction de manger un sandwiche au jambon à cent mètres d’une mosquée, interdiction de refuser les bâchées dans nos institutions, interdiction, défense de ci, défense de là, et ils martyrisent de pauvres vaches qui ne demandent rien que de terminer leur vie sans souffrance.

Plus que 4 jours avant la « fête » du mouton, ils vont pouvoir s’en donner à cœur joie. Et faire participer tous les enfants. Question de les habituer au sang.

Anne Schubert

Comment on torture les animaux au Maghreb et en Turquie

(Source : Riposte laïque)

PARACHAT HACHAVOUA – PARACHA DE LA SEMAINE du vendredi 1er au Chabbat 2 Av 5779 (du vendredi 2 au samedi 3 août 2019)

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Reprise de 2011

A la synagogue cette semaine, nous lirons la 42e Paracha : Mattote « Tribus » Bémidbar (Les Nombres) 30, 1 – 32, 41

ainsi que la 43e Paracha : Massêi « Etapes » Bamidbar (Les Nombres) 33, 1 – 36, 13

Mattote

La paracha de cette semaine nous livre un enseignement très riche sur la vision de l’homme dans la pensée juive. Celle-ci traite d’abord des voeux prononcés et de leur validité ou non (ch. 30, 3).   Puis de la vengeance de mort envers les Madianites qui ont voulu anéantir Israël par l’assimilation (ch. 31), par les charmes de leur culture et des mariages mixtes. La guerre est engagée contre Midian pour leur participation au complot pour la destruction morale d’Israël. La Torah fait un récit détaillé du butin recueilli et de sa distribution entre le peuple, les combattants, les Lévites et le Grand-Prêtre. Les tribus de Réouven et de Gad , munies de grands troupeaux, (rejointes ensuite par la moitié de la tribu de Ménaché) demandent que leur part de la Terre Promise leur soit attribuée à l’est du Jourdain, s’agissant d’un pâturage de choix pour leurs troupeaux.(ch. 32) Moïse, d’abord irrité par cette demande, l’accepte sous la condition que ces tribus participent – et mènent – d’abord à la conquête des terres à l’ouest du Jourdain. Toute la paracha tourne autour de la question du respect de la parole donnée ou simplement dite : Moïse transmet  – les conditions qui doivent assurer l’application d’un voeu,  – la procédure à appliquer quand les bnéi Yisrael n’ont pas été fidèles à leur promesse d’anéantir tous les Madianites, – les conditions à respecter dans le contrat pour ceux qui veulent rester au delà du Jourdain.

Le texte nous indique qu’il est légitime de faire des voeux, c’est-à-dire de s’imposer, par serment, des obligations qui ne font pas partie des prescriptions de la Torah. Et pourtant, toute la tradition s’accorde pour dire que la torah est la même pour tous les hommes, et que ses commandements ne peuvent évoluer au gré des personnes. Il est donc interdit d’ajouter, ou de retrancher quoi que ce soit des prescriptions. Comment, dans ce cas, un homme pourrait choisir d’observer des commandements supplémentaires, et de plus, en se liant par un vœu ? Cette possibilité montre que la Loi tient compte des différences entre les hommes, et qu’elle laisse à chacun la liberté d’incarner sa propre subjectivité dans l’observance des commandements. C’est la parole de l’homme qui fait le serment, et non son intention seule. Pour la tradition grecque, l’homme est différent de l’animal parce qu’il est capable de penser. Pour la tradition juive, c’est la parole, et non la pensée qui marque l’humanité. La différence est de taille, et révèle une vision très différente de la vocation humaine. La parole est l’instrument de la relation. C’est par sa Parole que le Seigneur a créé le monde et les animaux. Et l’homme ? Non. Il est créé avec de la terre et de l’air, le souffle de Dieu. Parce que comme Dieu, il est fait pour entrer en relation avec le monde au moyen de la parole, qu’il reçoit dans le souffle divin. Créé à l’image de Dieu, l’homme est être de relation, avec le créateur, avec son prochain, et avec la création elle-même. La parole s’adresse toujours à quelqu’un d’autre que soi-même, tandis que la pensée est individuelle. Il est en effet très difficile de penser en commun… La réflexion tourne l’homme vers son intériorité, vers lui-même. Si l’homme est d’abord un être de pensée, il se construit seul, et se trouve au centre de sa propre vie. La parole l’appelle à sortir de lui pour entrer en relation, et s’engager pour les autres. Toute parole devrait être une responsabilité pour celui qui la prononce, pas seulement le vœu. En hébreu, parole, événement et chose sont un seul mot, le mot « davar », car tout événement et toute chose gardent la trace de la parole qui est à leur origine. Comme la parole divine, la parole de l’homme peut créer et faire vivre, et ce sont les paroles de bénédictions, au cœur de la liturgie juive.

Un thème que l’on retrouve constamment dans l’enseignement juif est la rencontre entre la spiritualité et la vie, entre les rêves idéalistes et la dure réalité. Le choc de ces deux dimensions et la recherche d’une solution à ce problème sont exprimés dans un incident relaté dans la paracha de Mattote. Après quarante années d’errance dans le désert, le peuple juif campait sur la rive orientale du Jourdain et allait bientôt traverser le fleuve et conquérir la Terre d’Israël. C’est alors qu’un groupe constitué de deux tribus (Réouven et Gad) s’approcha de Moïse et exprima une requête : « Nous avons des troupeaux de moutons, dirent-ils. La terre sur laquelle nous trouvons actuellement, à l’est du Jourdain, est une bonne terre pour l’élevage. Permets-nous de rester ici plutôt que de traverser le Jourdain. » Moïse réagit avec une grande inquiétude. Il considérait cela comme une répétition de la dispute avec les Explorateurs, quelque quarante années auparavant, lorsque le peuple avait soutenu qu’il valait mieux ne pas entrer dans la Terre. La demande de rester à l’est du Jourdain paraissait semblable. Toutefois, après en avoir discuté avec les membres des deux tribus, Moïse accepta leur requête. Du moment qu’ils aideraient le reste du peuple à conquérir le territoire à l’ouest du Jourdain, ce serait correct. Quelle est la teneur exacte de cet épisode ? Quel en est l’enjeu véritable ? Cette requête contraria tout d’abord Moïse, et puis il s’en accommoda. Pour quelle raison ? Les Sages nous disent que la raison pour laquelle bon nombre de nos ancêtres (y compris nos Patriarches et les fils de Jacob) étaient des bergers est que cette activité leur permettait de garder un état d’esprit spirituel, loin du tumulte de la ville. La  génération des explorateurs ne voulut pas entrer en Terre Sainte parce qu’elle préférait la spiritualité du désert. Ils s’y sentaient proches de D.ieu. Ils n’avaient pas besoin de travailler pour leur subsistance : la manne tombée du ciel et l’eau qui coulait du rocher subvenaient à leurs besoins matériels. Entrer en Terre Sainte signifiait qu’il faudrait labourer et récolter et s’adonner à toutes les activités routinières d’une vie besogneuse. Ils préféraient donc demeurer dans le désert. Ce déséquilibre en faveur du purement spirituel fut condamné par D.ieu.

La génération des Explorateurs voulait que tout le peuple juif tout entier reste dans un monde spirituel. En revanche, ces deux tribus constituaient une minorité. Plus encore, ils acceptèrent de traverser le Jourdain pour aider le reste de leur peuple à conquérir la terre. Cela signifie qu’ils acceptaient que leur spiritualité soit au bénéfice des autres. Dans ces conditions, Moïse pouvait approuver leur plan. De nos jours, il y a ceux qui sont principalement actifs dans le monde des affaires ou dans d’autres métiers, pendant que d’autres se dévouent à la dimension spirituelle de la vie et font de l’étude de la Torah leur activité première. L’existence de ces deux groupes, ceux qui sont actifs dans le monde d’un côté et les érudits de l’autre, est une caractéristique traditionnelle de la communauté juive. (Dans la société en général, également, on trouve de nombreux savants et chercheurs à temps plein.) Parfois, la question est posée de savoir si l’érudit en Torah est, en quelque sorte, « en fuite » du monde réel. La leçon de la paracha est que si les érudits considèrent leur véritable dessein comme étant d’aider les autres, en leur communiquant les connaissances et l’inspiration qu’ils puisent dans la Torah, alors ils ne sont pas des déserteurs. Au contraire, ils participent à allier le spirituel et le concret, et à faire de la réalité de ce monde une véritable demeure pour le divin. (Adaptation libre du Likoutei Si’hot du Rabbi de Loubavitch, vol. 8 p. 189-191)

L’âme est la personne, le « soi » qui habite le corps et agit à travers lui. Sans l’âme, le corps est comme une ampoule sans électricité, un ordinateur sans programme, une combinaison spatiale sans astronaute à l’intérieur. Lorsqu’il reçoit l’âme, le corps acquiert la vie, la vue et l’ouïe, la pensée et la parole, l’intelligence et les émotions, la volonté et le désir, la personnalité et l’identité. En vérité, ce n’est pas seulement l’être humain, mais toute chose créée qui possède une « âme ». Les animaux ont une âme, tout comme les plantes et même les objets inanimés. Chaque brin d’herbe possède une âme, de même que chaque grain de sable. Ce n’est pas seulement la vie, mais également l’existence elle-même qui a besoin d’une âme pour la maintenir : une « étincelle de divinité » qui l’imprègne constamment de réalité et de sens. Une âme n’est pas seulement le moteur de la vie ; elle incorpore également le pourquoi de l’existence d’une chose, son sens et son objet. C’est « son identité profonde, sa raison d’être. Tout comme “l’âme” d’une œuvre musicale est la vision du compositeur qui confère vie et énergie aux notes jouées : les sonorités des notes sont comme le corps qui exprime la vision et l’émotion de l’âme qu’elles recèlent. Chaque âme est l’expression de l’intention et de la vision divine dans la création de cette créature particulière. » (Simon Jacobson, dans “Une vie pleine de sens”).Mais c’est l’âme humaine qui est la plus complexe et la plus élevée de toutes les âmes. Nos Sages ont dit : « Elle est appelée de cinq noms : Nefech (âme), Roua’h (esprit), Néchama (souffle), Haya (vie) et Yé’hida (singularité). » (Midrache Rabbah, Béréchit 14:9) Les Maîtres ‘hassidiques expliquent que ces cinq « noms » de l’âme décrivent en fait cinq niveaux ou dimensions de l’âme. Nefech est l’âme en tant que moteur de la vie corporelle. Roua’h est l’être émotionnel et la « personnalité ». Néchama est l’être intellectuel. ‘Haya est l’être suprarationnel, le siège de la volonté, du désir, de l’engagement et de la foi. Yé’hida évoque l’essence de l’âme : son unité avec sa source qui est l’essence singulière de D.ieu. Car l’essence de l’âme humaine est « littéralement une parcelle de D.ieu d’En-haut » (Tanya, chap. 2) une partie de D.ieu en nous, pour ainsi dire.

Les Maîtres ‘hassidiques parlent de deux âmes distinctes qui donnent vie à l’être humain : une « âme animale » et une « âme divine ». L’âme animale est mue par son instinct de conservation et d’autosatisfaction. En cela, elle ressemble à l’âme et à l’être de toutes les autres créatures. Mais nous possédons aussi une « âme divine », une âme mue par le désir de se reconnecter avec sa Source. Notre vie est l’histoire de la rivalité et de l’interaction entre ces deux âmes, à mesure que nous luttons pour équilibrer et réconcilier nos besoins et nos désirs physiques avec nos aspirations spirituelles, nos inclinations égocentriques avec nos idéaux altruistes. Ces deux âmes ne résident toutefois pas « côte à côte » dans le corps : l’âme divine est revêtue à l’intérieur de l’âme animale, tout comme celle-ci est revêtue à l’intérieur du corps. Cela signifie que l’âme animale, elle aussi, reçoit sa vitalité de la « parcelle de D.ieu d’En-haut » qu’elle renferme. Si, en surface, ces deux âmes sont en conflit, dans leur essence, elles sont compatibles. (Tanya, chap. de 1 à 12 et al.)

L’essence divine de l’âme humaine est ce qui élève l’être humain au-dessus et le distingue de toutes les autres créatures, y compris les anges. L’ange est certes plus spirituel, mais l’être humain est plus divin. Aucune créature ne peut posséder un véritable libre arbitre. Une créature, par définition, ne possède que – et consiste seulement en – ce que son créateur lui a attribué ; là est sa « nature », et chacune de ses inclinations et de ses actions seront déterminées par cette nature. C’est seulement dans l’âme humaine que le Créateur a mis de Sa propre essence. L’âme humaine est donc le seul être véritablement « supranaturel » (mis à part le Créateur Lui-même), c’est-à-dire un être qui n’est pas limité par sa propre nature ; un être qui a la capacité de se transcender ; un être qui peut choisir de ne pas simplement réagir à son environnement, mais agir dessus ; un être dont les choix et les actes ont par conséquent un véritable sens. Une âme est formée dans la matrice des mondes supérieurs spirituels, où elle acquiert son identité et sa mission particulières. Pour mener cette mission à bien, elle est envoyée dans le monde matériel, revêtue dans une âme animale et équipée d’un corps. Ici-bas, l’âme divine est mise à l’épreuve des besoins et des désirs de l’âme animale, contraires (en apparence) à ses aspirations. Dans ce monde, la réalité divine est voilée par la forte perception de soi du corps et de tout le monde matériel. Pourtant c’est précisément dans ce champ de bataille où la vérité est dissimulée et où l’épreuve est constante que l’âme peut pleinement révéler et exprimer son pouvoir divin. L’âme est pourvue d’une boussole et d’une carte pour naviguer à travers les défis de la vie matérielle, ainsi que des ressources pour la fortifier. La Torah est « le plan divin de la création » qui guide et instruit l’âme dans la mission de sa vie. La Torah est également « une nourriture pour l’âme » : en étudiant la Torah, l’âme ingère et digère la sagesse divine et reçoit ainsi l’énergie divine lui permettant de persévérer dans sa mission et d’en surmonter les épreuves.

Une mitsva est une action divine. Chaque fois que l’âme accomplit une mitsva – en donnant une pièce à la charité, en mettant les téfilines, en allumant les bougies de Chabbat, etc –, elle agit comme un « partenaire de D.ieu dans la création » et amène la présence de D.ieu à l’intérieur du monde. Les mitsvot sont toutes des actions matérielles, de sorte que l’âme peut seulement les accomplir lorsqu’elle réside ici-bas, investie dans l’âme animale et dans le corps. Ainsi, le cours de la vie matérielle est la seule occasion pour l’âme d’accomplir des mitsvot. Tout ce qui vient avant et après est seulement le préambule et l’épilogue de la période la plus importante et la plus élevée de l’âme : celle où ses actes relient D.ieu au monde. Lorsqu’elle a terminé son existence physique, l’âme retrouve une existence purement spirituelle. Elle ne peut plus faire de mitsvote, mais les actions divines qu’elle a accomplies lors de sa vie matérielle l’ont cependant élevée à des hauteurs qu’elle n’aurait pas même pu contempler avant sa descente ici-bas. Ces mitsvot sont comme des semences qui germent dans le terreau du monde matériel, puis se développent et se multiplient, propulsant l’âme toujours plus haut ; de même que le font les bonnes actions accomplies en ce monde par d’autres pour le mérite de l’âme d’un défunt. Finalement, l’âme sera réunie avec le corps. À l’ère messianique, la résurrection des morts introduira un « monde futur » de vie physique éternelle, dans lequel « la mort sera à jamais anéantie ». (Isaïe 25,8) Dans le monde futur, la création tout entière reflétera pleinement et sans limitation l’infinité et la perfection de son Créateur, et la matérialité transcendera la finitude et l’éphémérité qui la définissent dans le monde imparfait d’aujourd’hui.

Les traits de caractère de force et de fermeté évoquent une réponse mitigée. D’une part, tout le monde admire une personne droite et respecte l’individu qui a le courage de persévérer dans ses convictions malgré les épreuves. Et pourtant, une personne forte peut également être considérée comme rigide et insensible, s’agrippant avec entêtement à ses propres vues sans prendre les autres en considération. Donnant des conseils contre cette tendance, nos Sages commentent : « L’homme devrait toujours être souple comme le roseau et non rigide comme le cèdre ».

Bien que l’image de la force personnelle que projette parfois la société fasse l’amalgame entre ces deux types de fermetés, celui qui possède du discernement ne doit pas tomber dans la confusion. La dureté de l’insensibilité reflète une inaptitude à répondre aux exigences de la vie. Une force intérieure positive, par contre, permet une réponse active à ces demandes mais une réponse déterminée non par les pressions de l’environnement mais par la profondeur des convictions. Ces concepts se retrouvent dans le nom de la paracha de cette semaine ; Mattote. Le mot au singulier : Maté signifie littéralement « branche ». Ce terme est également utilisé pour évoquer les tribus du Peuple Juif, parce que le chef de chaque tribu se distinguait par sa verge de commandement. Pour des raisons similaires, le mot Chévèt, signifiant littéralement « bâton » est également utilisé pour désigner une tribu. Quelle différence oppose ces deux termes ? Une branche est souple, flexible alors qu’un bâton est ferme et ne plie pas. Car une branche est fraîchement cueillie ou toujours rattachée à l’arbre sur lequel elle a grandi. C’est ce qui explique sa souplesse. Par contre, un bâton a été détaché de l’arbre depuis longtemps et au fil du temps, il est devenu sec, dur et ferme. Ces deux termes servent comme analogies pour exprimer différents niveaux dans le potentiel de notre âme. Le terme de Maté, « branche » se réfère à l’âme comme elle existe dans les royaumes spirituels où sa connexion avec la Divinité est manifeste. Elle partage un lien actif avec la nourriture vitale et spirituelle qu’elle reçoit. Chévèt, « bâton », se réfère par contre à l’âme comme elle existe dans notre monde matériel, habillée dans un corps physique. Au niveau de la conscience, elle a été coupée de sa source spirituelle et son lien avec la Divinité n’est plus ressenti. Dans cette perspective, il est possible pour les deux de représenter des types de force et de dureté soit positifs soit négatifs. Il peut exister une tendance à l’insensibilité spirituelle, un manque de réponse à la Divinité investie dans la création. Par ailleurs, c’est également dans notre monde matériel que la force de la résolution de l’homme peut se révéler. Car pour observer la Torah et ses mitsvote malgré les difficultés de notre environnement, il faut une persévérance résolue qui jaillit d’une conscience intérieure de la vérité de notre mission. Bien plus encore, quand une personne prend un tel engagement, il lui est accordé plus de force que celle qu’elle possède réellement ; l’essence de la force de son âme se révèle à travers ses efforts. Cela reflète une source spirituelle plus profonde que le niveau de l’âme révélée dans les mondes spirituels. Car dans les royaumes spirituels, les forces de perception de l’âme sont de première importance. L’essence, le cœur même de l’âme, néanmoins, transcende toute perception car c’est une « partie réelle de D.ieu » un potentiel spirituel qui ne peut être contenu même dans une existence spirituelle parfaite. C’est ce potentiel essentiel qui fournit les ressources de forces puissantes à l’âme revêtue dans le corps, lui permettant de persévérer dans son service Divin. Cela renvoie à la qualité unique de notre monde, « le jardin » dans lequel poussent les arbres dont sont coupées ces branches. Bien que les circonstances matérielles aient pour effet que l’âme se sente séparée de sa source, ce défi suscite l’expression de nos potentiels spirituels les plus profonds. Cela nous donne en retour la force d’un roi, l’aptitude à maîtriser notre environnement et à le modeler selon les désirs de la Torah.

Au début du chapitre 31 des Nombres, D.ieu dit à Moïse : « Exerce la vengeance des enfants d’Israël à l’encontre des Midianim ». Qu’ont fait les Midianim pour mériter la vengeance des enfants d’Israël ? A la fin de la paracha de Balak, la Torah raconte que les Midianim ont poussé le peuple juif à s’abandonner au culte idolâtre et à la débauche sexuelle. Ecart moral qui a ensuite coûté la vie à 24000 enfants d’Israël (Nb 25, 9). Moïse transmet ensuite le commandement de D.ieu au peuple, mais en modifiant la formulation : « Qu’ils aillent contre Midian exercer la vengeance de D.ieu sur Midian ». Ce n’est plus la vengeance des enfants d’Israël dont il s’agit, mais de la vengeance de D.ieu . Mais pourquoi Moïse n’a-t-il pas repris simplement l’énoncé divin ? Le Keli Yakar explique : Les midianim ont doublement fauté puisqu’ils ont porté atteinte à D.ieu et aux enfants d’Israël. Ils ont fauté contre D.ieu puisqu’ils ont poussé le peuple à l’idolâtrie et à la débauche et ils ont péché contre Israël puisqu’ils provoqué la mort de 24000 d’entre eux. D.ieu dit à Moïse « Exerce la vengeance des enfants d’Israël », non pas la mienne mais celle d’Israël. Moi, Je pardonne mais Je ne pardonne pas pour le mal qu’ils ont commis à Mon peuple. Mais Moïse modifie l’intitulé du commandement car D.ieu lui avait dit : « Exerce la vengeance des enfants d’Israël, après quoi tu mourras ».

Moïse savait combien le peuple tenait à lui. La nation se sentirait complètement perdue si après avoir perdu Myriam et Aaron, le troisième berger disparaissait aussi. Aussi, Moïse craignait que les enfants d’Israël tiennent le raisonnement suivant : « Nous savons que la mort de Moïse dépend de l’application de notre vengeance. Or nous ne voulons pas que le prophète meurt. Donc nous remettons notre vengeance à plus tard. Moïse ne voulait que le peuple lui sauve la vie en reléguant à plus tard l’accomplissement de la volonté divine. C’est pourquoi il parla de la vengeance de D.ieu et non de celle d’Israël. Car si D.ieu exige qu’on Le venge, on ne peut que s’exécuter immédiatement. On peut renoncer à notre vengeance mais non à celle ordonnée par D.ieu pour D.ieu. C’est pour cela que Moïse a présente l’affaire ainsi.  Observons que si l’injonction de vengeance contre Midian n’avait pas été donnée par D.ieu, les enfants d’Israël ne se seraient pas vengés. D’ailleurs, il semble que ce soit là la nature des Juifs : ils ne se vengent pas. Après la Choa, les rescapés et les survivants auraient pu se venger. Pourtant très rares sont ceux qui l’ont fait. Cela ne veut pas dire que les Juifs n’espèrent pas en l’application d’une certaine justice à l’égard de ceux qui les ont fait souffrir, justice qui porterait le masque de la vengeance. Mais cela veut dire qu’ils ne veulent pas l’appliquée eux-mêmes. L’expression consacrée est bien connue : « Que D.ieu venge son sang ». Et quand il est question de la vengeance dans la Bible, c’est toujours par rapport à D.ieu. D’où l’image du D.ieu des Juifs comme un D.ieu vengeur. Mais ceux qui le proclamaient n’avaient pas compris que c’est ce que les Juifs n’étaient pas capables de faire eux-mêmes qu’ils laissaient pour D.ieu. La nature profonde d’Israël ne supporte pas l’utilisation de la violence. Elle est passion pour la paix. Cette paix est notre espoir ultime, notre raison de vivre. Ici, nous voyons la force que possède chaque Juif. Chaque membre de notre communauté, même un jeune qui n’a pas encore atteint l’âge de la majorité religieuse, a la possibilité d’imprégner les entités de notre monde matériel avec de la sainteté, celle des sacrifices qui étaient offerts dans le Beth hamikdach. Et ces lois ne s’appliquaient pas seulement à l’époque du Beth Hamikdach ; elles sont toujours d’actualité dans notre exil présent. En disséminant un amour illimité, nous avons la force d’effacer ces situations, tout comme la guerre de Midian causa l’annulation totale de cette nation.

Les temps modernes, depuis soixante années, posent un dilemme à toute conscience juive, digne de ce nom qui vit dans la diaspora. Sommes-nous devenus comme les deux tribus et demie de Mattote ? Il y a lieu de dire qu’en terme de chiffre brut, nous formons un bien gros cheptel, face à la population israélienne. Nous avons construit des enclos et nous avons bâti des villes. Nous sommes considérés dans nos contrées comme un exemple d’intégration réussie. Nous sommes fidèles aux lois du pays qui nous a accueilli, et nous supportons le poids de cette promesse au détriment, souvent, de nos propres engagements séculaires. Et pourtant, les villes et les états qui nous ont hébergé foisonnent d’histoires les plus terribles à l’encontre de ce peuple qui ne finit pas d’errer. L’Espagne a eu son inquisition, la Russie sa peste et ses pogroms, L’Allemagne, sa solution finale et ses chambres à gaz. Les pays de l’Islam se sont montrés très friands en mesures vexatoires et des bastonnades agrémentées de tueries ponctuelles. Mais le troupeau aime surtout la bonne pâturage. Moïse a eu les mots justes pour mettre en garde les deux tribus qui se sont installées en face, le temps de traverser un fleuve. Elles voulaient vivre à l’est du Jourdain et leurs consœurs à l’ouest. Nous sommes nous mêmes à des kilomètres de notre point de ralliement, même si les moyens de communications sont performants. Il suffit de quelques heures d’avion pour toucher le sol de nos pères. Spirituellement, la séparation peut devenir infranchissable. Les exemples sont légions. Une éducation ratée, et une nonchalance dans nos relations avec le monde environnant, suffisent pour qu’un enfant devenu adulte rejette l’ensemble. Les conséquences peuvent être dramatiques. Il est temps que le troupeau regagne la maison mère. D.ieu a décidé que le retour de ses brebis se réalise dans les meilleures conditions pour que la reconstruction définitive du Troisième Temple puisse venir.

(sources : Rav Dufour, Modia – Nathalie Bruyère, Un Echo d’Israël – Tali Loewenthal, Yanki Tauber, Eli Touger, Chabad.org – Rabbin Michael Jorno, Irpourdemain – Rabbin Salomon Malka, forum de Noa’h)

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Route de l'Exode des Israélites de l'Egypte à la Terre promise     Itinéraire de la sortie d’Egypte des Enfants d’Israël – Bible history _______________________________________________________

Massêi

Texte de la paracha dans la Bible hébraïque ici : Lire le texte

43e Paracha : Massêi « Etapes » Bamidbar (Les Nombres) 33, 1 – 36, 13

Nous abordons maintenant la dernière paracha du 4ème et avant-dernier livre de la Torah, celui de Bamidbar (Les Nombres). Elle  détermine les frontières du pays d’Israël. Dans ce cadre, le texte biblique et dresse la liste des douze représentants des douze tribus d’Israël qui devront prendre possession de la terre. C’est alors qu’il est question de la tribu de Lévi puisqu’elle n’a pas de lot territorial en terre promise : « Voici les villes que vous donnerez aux lévites : les six villes de refuge où l’assassin par inadvertance peut se réfugier [pour échapper à la vengeance légitime des proches de la victime] et en plus d’elles, vous donnerez quarante deux villes » (Nombres 35, 6 et 7). Les quarante-deux étapes, sous la conduite de Moïse et d’Aaron des enfants d’Israël depuis la sortie d’Égypte sont énumérées, depuis l’exode d’Égypte jusqu’aux plaines de Moab, sur le versant du fleuve faisant face à la terre de Canaan. Les frontières de la Terre Promise sont indiquées et les villes de refuge sont désignées, qui serviront de lieu de protection et d’exil aux meurtriers involontaires. Les cinq filles de Tselof’had épousent des hommes de leur propre tribu (celle de Ménaché) afin d’y maintenir le territoire reçu en héritage de leur père. Cependant, un crime même non voulu est une situation de déséquilibre. Il s’agit d’une vie, d’une image de D.ieu qui n’est plus par la faute involontaire d’un autre homme. Dans un monde où la mort violente se banalise, où la télévision à l’heure du repas annonce dans une indifférence quasi générale les victimes de toutes sortes, la Torah rappelle qu’un être vivant a une valeur incommensurable. Elle appelle cet homme privant un autre de son existence : un criminel. Les circonstances de cette mort sont toujours prises en compte, mais le titre « criminel » dévolu à son auteur lui colle désormais à la peau.  Il est vrai que le temps de guerre est propice malheureusement à la privation de la vie de ses ennemis. On est fier du héros qui par son comportement exemplaire a éliminé un grand nombre d’adversaires. Au nom de la légitime défense, les guerriers ont une stature qui sert d’exemple et d’honneur. Pourtant la Torah met en garde les militaires qui s’aviliraient à un débordement inhumain contre leurs ennemis. L’histoire récente a démontré qu’en Israël, les tribunaux militaires ont sévi contre certains soldats qui n’ont pas respecté les morts d’en face. Pourtant les images choquantes de palestiniens dépeçant impunément deux morts juifs, réclament au moins une vengeance similaire. La loi est contre cette vengeance malgré tout.Tout être a droit au respect et à sa dignité parce qu’il a une partie de D.ieu en lui.

La Torah précise par où le peuple passa durant ce très long voyage. Ils s’installa 19 ans à Kadès où il coula des jours heureux dans le luxe et les plaisirs. Les principaux déplacements des Hébreux eurent lieu pendant les premières et les dernières années. Durant les premiers mois, ils parcoururent 4 villes de Ramsès à Etam (ou Ritma) C’est dans cette ville que Moïse envoya les espions. Pourquoi a-t-on appelé la ville Ritma ? Les Hébreux ont décrié la terre d’Israël. Or, ritma signifie « charbons ardents ». celui qui profère des médisances ou qui dit du mal est comparé à un charbon ardent. Après la mort d’Aaron, ils se rendirent dans 5 villes, du mont Hor jusqu’à la frontière du pays de Moab. Cela se passait la 40ème année. La Torah nous fait ainsi savoir qu’Israël n’était pas comme un vagabond ou un voyageur égaré qui ignore quelle route emprunter et ne trouve jamais le repos. D.ieu les conduisaient le jour grâce au nuage et la nuit grâce aux colonnes de feu. (Chab. 22b-23b) D.ieu nomme tous les lieux où Israël est passé une fois dans le désert ; de la sorte, le peuple se souvient de tous les bienfaits accomplis pendant 40 ans. Nos Sages racontent une parabole : un roi conduisit son fils dans un pays lointain à travers de longues routes, afin de l’amener chez le seul docteur quipuisse le guérir. De retour chez lui, le roi dit à son fils : « Cher fils, maintenant que tu as retrouvé la santé, rappelle-toi bien les lieux que nous avons traversés. N’oublie pas qu’ici nous nous sommes rafraîchis tant nous étions accablés par la chaleur torride et que, dans cet autre endroit, tu as eu des maux de tête. » D.ieu nomme tous les lieux où Israël est passé une fois dans le désert : de la sorte, le peuple se souvient de tous les bienfaits accomplis pendant 40 ans. D.ieu dit : « Dans tel endroit, j’ai accompli tel bientfait et dans tel autre, encore un autre miracle. » Tous les campements furent ainsi remémorés. D.ieu indiquait les dendroits où Israël était passé sans la moindre difficulté grâce aux miracles divins (Tanh. Masse 3)

Israël reviendra dans le désert au temps du Messie et D.ieu accomplira à nouveau tous les miracles qui eurent lieu durant la sortie d’Egypte. Haqadoch Baroukh Hou conduira Son peuple grâce à la nuée et Il lui fournira de bons aliments, comme Il le fit durant la traversée du désert. Le verset dit d’ailleurs « Je vous amènerai au désert des peuples et j’entrerai là en jugement avec vous face à face (Ex. 20-35)  C’est pourquoi dans ce passage, on trouve 2 fois Point de départ (Nombres 33-2) Cela indique la sortie d’Egypte, mais également la sortie de l’exil. Comme le désert a recueilli Israël qui put le traverser sans mal, D.ieu donnera une bonne récompense au désert à la venue du Messie : de beaux arbres y pousseront ; on respirera de bonnes senteurs d’œillets et de roses, on trouvera de magnifiques champs, des vignobles, une multitude de somptueux jardins avec de beaux fruits et des oliviers. Les pays où les gens vivaient auparavant seront détruits et le désert leur servira de demeure, car le désert est aussi vaste que l’ensemble des terres habitées. Nous pouvons en déduire ceci : D.ieu récompensera le désert pour avoir recueilli le peuple d’Israël qui en fit sa demeure. Il ne peut donc, a fortiori, que récompenser au centuple tout maître de maison qui accueille un savant et l’honore comme un hôte de marque. Certains Sages disent : D.ieu nomma toutes les villes où Il accomplit des miracles et des prodiges afin que, si un Juif passe par l’une de ces cités, il récite une bénédiction et loue le Saint béni soit-Il, pour toutes les merveilles réalisées. Chaque ville est désignée par son nom afin qu’elles soient toutes connues et qu’on puisse les nommer. On doit bien veiller à ce que tout juif apprenne ces noms de lieux afin de pouvoir toujours les conserver en mémoire.

Voici les 42 étapes des Hébreux pendant les 40 ans qu’ils ont passé dans le désert à leur sortie d’Egypte :

12 ETAPES EN L’AN 2448

1  Ramsés

2  Souccote

3  Etam

4  Pi-Ahirote

5  Mara

6  Elim

7  Mer des Joncs

8  Désert de Sine

9  Dofka

10 Alouch

11 Réfidim

12 Désert du Sinaï

 

3 ETAPES EN L’AN 2449

13 Kivrote-Hataava

14 Hatsérote

15 Ritma

 

19 ETAPES DE 2449 A 2488

16 Rimone-Péréts

17 Livna

18 Rissa

19 Déhélate

20 Mont Séfér

21 Harada

22 Makélote

23 Tahate

24 Téra

25 Mithka

26 Hachmona

27 Motsérote

28 Béné-Yaakane

29 Hor-Haguidgad 

30 Jofhate

31 Avrona

32 Etsione-guéhér

33 Kaddéche

34 Mont Hor

 

8 ETAPES FINALES EN 2488,  jusqu’au Jourdain, près de Jéricho

35 Tsalmona

36 Pounone

37 Obote

 38 Illé-Avarim

39 Dihone-Gad

40 Almone

41 Collines de Aharim

42 Steppes de Moav   

En fait, les 42 villes étaient aussi des villes de refuge pour les meurtriers involontaires ainsi que le Talmud (Makot 10a) le déduit du verset « et en plus d’elles (vehalehem), vous donnerez quarante deux villes ». En effet, le verset n’a pas dit simplement « et aussi quarante deux villes « mais « et en plus d’elles », sous entendu « vous donnerez des villes qui auront le même statut que les six ». Mais quelle serait alors la particularité des six villes ? Les six villes sont avant out des villes de refuge et seulement ensuite des villes de lévites (puisque le verset dit bien que ce sont les villes de refuge qui seront données aux lévites). Les quarante deux autres sont avant tout des villes de lévites et seulement ensuite des villes de refuge puisque le verset ne parle clairement que de six villes et que les quarante deux autres sont déduites d’une exégèse. Conséquence pratique de ce distinguo : les six villes de refuge assument leur rôle que le meurtrier s’y rende consciemment ou non contrairement aux quarante deux villes qui ne servent de refuge à l’assassin par inadvertance que si celui-ci s’y est rendu consciemment, c’est-à-dire qu’il sait que la ville en question est aussi une ville refuge. Autre incidence : le meurtrier involontaire devait payer le prix de sa maison dans les quarante villes mais non dans les six principales (Yoma 10a et 13 a et Lois sur le meurtrier 8, 10 de Maïmonide). Le Baal Chem Tov dit que chacun d’entre nous traverse ces 42 étapes au cours de sa vie. En mentionnant les points de départ, surtout à partir de Ramsès, métropole d’Egypte, pour se jeter dans un désert sans se préoccuper des soucis des lendemains, se lancer à l’aventure sans vivres et sans eau, le texte, selon Rav Alchèkh, tient à signaler la confiance aveugle des Bénè Yisraèl en D.ieu. C’est d’ailleurs le souvenir de cette confiance que ne cesse d’apprécier D.ieu Yirmiya 2, 2. :« Ainsi parle l’Ét’ernel: Je te garde le souvenir de l’affection de ta jeunesse, de ton amour au temps de tes fiançailles quand tu Me suivais dans le désert, dans une région inculte« . Ce souvenir à lui seul milite en faveur des Enfants d’Israël. D’ieu, le moment venu, les rassemblera en un clin d’oeil comme Il l’avait fait lors de la sortie d’Égypte.

Le Keli Yakar propose un éclairage intéressant concernant notre sujet. Voici le fil directeur de sa pensée : les quarante deux villes correspondent aux quarante deux étapes effectuées dans le désert par les enfants d’Israël, rapportées précisément au début de la paracha. Ces quarante deux étapes se réfèrent à une période d’errance pour le peuple où celui-ci est étranger partout où il campait. Dans les quarante deux étapes, les enfants d’Israël étaient des étrangers, nulle part chez eux. De même, il a été donné aux lévites, qui n’ont pas reçu de terre dans le pays promis, quarante deux villes comme pour traduire leur situation. Les lévites n’ont pas de territoire, simplement des villes ici ou là, des étrangers partout. D.ieu est leur lot. C’est dans cette perspective que le Keli Yakar explique que les villes des lévites étaient aussi des villes refuge. En effet, l’assassin involontaire par en exil et s’installe dans un lieu qui n’est pas le sien. Sa conscience de meurtrier se voit augmenter de celle de l’étranger, du nouveau venu que l’on regarde sous toutes les coutures. Si les villes de refuge n’avaient pas été des villes de lévites, les habitants auraient pu faire comprendre à l’assassin qu’il n’est qu’un étranger, de passage et qu’il n’est pas forcément le bienvenu. Mais chez les lévites, jamais le meurtrier ne pourra entendre de tels propos puisque les lévites ont une conscience exacerbé de leur caractère d’étranger. «Vous connaissez l’âme de l’étranger puisque vous-mêmes, vous le fûtes » (Ex 23, 9). Que l’étranger ne se sente pas étranger était déjà une importante préoccupation de Joseph, vice roi d’Egypte, « qui a installé le peuple (d’Egypte) dans les villes » du pays de pharaon. Pourquoi cela ? Pour que les égyptiens se sentent aussi des étrangers dans ces grandes villes, eux qui venaient de la campagne bordant le Nil et qu’ils ne puisent, de ce fait, accuser les hébreux d’être des étrangers (cf.‘Houlin 60b). Mais malheureusement, les enfants de ces égyptiens qui étaient nés là où leurs parents avaient émigré ne se sentaient plus étrangers. C’est alors que certains de leur bon droit de se trouver chez eux, ils ont commencé à persécuter ceux et celles qu’ils considéraient comme des étrangers… Le judaïsme se situe aux antipodes de ce comportement puisqu’il invite constamment l’autochtone à se considéré comme un étranger : « Car la terre est à Moi, car vous n’êtes que des étrangers domiciliés chez Moi » (Lv 25, 23). Ainsi, même sur sa terre, le Juif n’oublie pas qu’il est l’hôte du divin.

Il fallut toutes ces étapes pour que les Juifs passent d’Égypte en Israël, sur une période qui dura 40 ans. Chaque étape du voyage était exclusivement déterminée par décret divin : la nuée qui planait sur le campement juif commençait à se déplacer. Le camp tout entier empaquetait alors ses affaires et se mettait en route. Quand la nuée s’arrêtait, ils s’arrêtaient et quand elle se mettait en marche, ils la suivaient. C’est ce qui se passa pendant les 42 étapes et départs qui les conduisirent vers Israël. La Torah déclare : « Voici les étapes (massei) des Enfants d’Israël qui quittèrent la terre d’Égypte… » (Nombres 33, 1). On peut se poser la question de savoir pourquoi le verset déclare « Voici les étapes » à la forme plurielle : ils ne sortirent pas d’Égypte à chacune des 42 étapes. Il est sûr qu’après la première halte du voyage, une fois qu’ils furent arrivés à Ramsès, ils n’allaient plus quitter l’Égypte mais Ramsès, et ainsi de suite. Après ce premier arrêt, les 41 suivants ne se faisaient-ils pas dans la direction d’Israël plutôt que par rapport à la sortie d’Égypte ? La réponse simple que l’on peut avancer est que tant qu’une personne n’arrive pas à son but ultime, Israël (au sens spirituel tout comme au sens matériel), elle est toujours dans le processus de quitter l’Égypte. Toutefois, le verset possède une signification encore plus profonde : il se réfère aux voyages de la vie de chaque individu. Plus encore, la vie de toute personne peut être analysée à travers le prisme de ces 42 voyages des Juifs depuis l’Égypte vers Israël. En d’autres termes, il est possible d’identifier le voyage à travers la vie de chaque individu des 42 étapes du voyage décrit dans la Torah.

Le mot « Égypte », en hébreu Mitsrayim, est également dérivé du mot qui signifie « limites » ou « contraintes ». En hébreu, métsar veut dire « détresse ». Cela vient du mot tsar, « étroit ». Chacun et chacune est confronté dans sa vie à des situations que la Torah qualifie de limitées et d’étroites. Ce sont des circonstances où la personne sent que quelque chose l’empêche de se comporter de manière adéquate. Pour sortir de cet espace restreint, il lui faut déployer une certaine énergie. Et quand elle réussit à échapper à ce confinement, c’est comme si elle avait quitté ce lieu pour un espace grand ouvert. Quand vous vous libérez d’un problème, vous poussez un soupir de soulagement : « Je suis sorti de cette passe difficile ! » Le verset signifie donc que la vie du Juif, qui commence à sa naissance, consiste en une succession de passes difficiles suivies de soulagement et de développement. Cela veut dire qu’à chaque moment de notre vie, à chaque étape de notre vie, nous rencontrons certains obstacles et certaines épreuves à surmonter. Ce sont les passes difficiles. Bien sûr, ces situations n’ont pas pour but de nous étouffer ou de nous pousser à l’abandon. Au contraire, en surmontant ces difficultés, nous nous renforçons et agrandissons notre conscience de D.ieu. Cela peut être comparé à une armée. Quand vous commencez l’entraînement de base, on vous fait courir dix kilomètres, porter des fardeaux, passer par des situations difficiles. Pourquoi ? Parce que ce n’est qu’une fois que vous avez surmonté ces difficultés que vous devenez un bon soldat. Si vous ne l’aviez pas fait, il ne vous serait jamais venu à l’idée que vous étiez capable de le faire. Quand vous surmontez des difficultés, vous construisez votre force. Tout comme cela est vrai de situations physiques, cela l’est également dans le domaine spirituel. Dans ce contexte, « l’Égypte » ne désigne pas un territoire, un pays nommé Égypte ; cela se réfère aux étapes d’étroitesse et de développement par lesquelles nous passons tous dans notre voyage vers la perfection spirituelle, représentée par la Terre d’Israël.

Telle est la vie. Ce qui peut être difficile à l’âge de cinq ans est une plaisanterie à dix ans, et ce qui est difficile à dix ans est une plaisanterie à vingt ans. La personne qui vient de se marier se débat dans sa première année de mariage pour s’habituer à sa nouvelle vie. C’est difficile. Mais quand des gens sont mariés depuis 25 ans et marient leurs propres enfants, ils affrontent des problèmes et des difficultés d’un tout autre ordre. Et puis viennent les soucis liés à l’âge plus avancé et au fait d’être grands-parents. Chaque étape de la vie a ses propres caractéristiques. D.ieu nous place constamment dans de nouvelles situations, et nous devons les affronter et grandir à travers elles. Et puis nous passons à une autre étape et à une autre encore et ainsi de suite. C’est une succession de situations d’étroitesse. Quand cela finit-il ? À la fin de la vie. En d’autres termes, le commencement est l’Égypte, la naissance, et l’arrivée en Israël à l’issue de la quarante-deuxième étape a lieu quand la personne achève son voyage dans ce monde et parvient à la terre du Monde Futur. Jusqu’alors, la vie de l’homme est une série d’étapes, chacune étant étroite par rapport à celle qui la suit, et les épreuves changent et se compliquent à mesure que vous les traversez. Ceci à un niveau individuel. Tout ceci se passe également chaque jour. Il y a en cela, bien sûr, différents niveaux. La nation connaît ses propres étapes, et l’individu les siennes. Chaque jour, l’être humain traverse ces étapes depuis le moment où il se lève jusqu’à ce qu’il se couche le soir.

Le fait d’être perpétuellement en voyage peut susciter deux réactions : la première rend la personne très arrogante au point qu’elle puisse dire « Regardez le chemin que j’ai parcouru. Je me rappelle à quel niveau j’étais il y a des années, et maintenant que je me suis battu et que j’ai travaillé dur, je me suis hissé à un niveau bien supérieur. » À cette personne, la Torah répond, « Ne sois pas si arrogante. Il est possible que tu aies traversé vingt-deux étapes. C’est magnifique, mais il t’en reste encore vingt. Tant que tu seras en vie, tu ne pourras pas te satisfaire du nombre d’étapes qui tu as traversées. » Et puis, il y a la personne qui déprime. Elle dit, « Mon D.ieu, c’est terrible. Je suis encore à un niveau si bas. Comment pourrais-je jamais arriver au niveau de cette autre personne ? Regarde-la. Elle a tellement mieux réussi que moi. A quoi bon même essayer ? » Pour cette personne, il y a aussi un mot d’encouragement. Selon qui vous êtes et la façon dont vous abordez la vie, la Torah a un message pour vous. Ce qu’elle répond à cette personne, c’est : « Ne désespère pas, parce que D.ieu n’a jamais attendu que quelqu’un passe de l’Égypte à Israël d’un seul coup. Dès le début, la Torah nous prévient que notre voyage se fera en 42 courtes étapes. Personne ne devrait jamais désespérer, parce que tant que l’on s’efforce d’avancer, tant que l’on n’abandonne pas et que l’on ne s’arrête pas de courir, on reste dans la course. D.ieu est Celui qui peut lire le cœur de chacun. Il est Celui qui donne les points. Vous ne pouvez jamais vous comparer à qui que ce soit d’autre parce que vous ne savez pas d’où l’autre est parti et quels sont ses handicaps. La chose importante est de savoir qu’il faut continuer à avancer. Avancer d’une étape à l’autre et laisser D.ieu faire les évaluations. » À celui qui dit avec désespoir : « Regardez tout le chemin qu’il me reste à parcourir », la Torah répond : « Ne renonce pas. Regarde toute la distance que tu as déjà parcourue. Encore un peu, encore un petit effort et tu atteindras la prochaine étape. N’entreprends pas tout le voyage en une seule fois. Avance pas à pas, étape par étape. Fixe-toi comme but la prochaine halte. »

« Voici le pays qui tombera en votre possession, le pays de Canaan suivant ses limites » (Nombres 34,2) Nos Sages disent : La terre qui vous tombera en héritage par la voie du sort, il est juste qu’elle devienne la vôtre, puisqu’elle vous est due. Le Saint béni soit-Il dit : La terre d’Israël est appelée Ma terre, comme l’explique le verset : « La terre est à Moi » (Lévitique 25,23) Israël est Mon peuple et Mon serviteur comme le dit le verset « Car c’est de Moi que les fils d’Israël sont esclaves. » (Lévitique 25,55) Mieux vaut que Je donne Ma terre à MPes serviteurs et à Mes fils. «  Nos Sages ajoutent : Dans le verset, il est écrit : « Le pays qui tombera en votre possession », ce qui signifie : le Nom béni fit tomber du ciel les 7 anges qui dominent les 7 nations et les livra tout attachés à Moïse en lui disant : « Vois, ils n’ont plus aucune force. » « La terre au milieu de laquelle Je demeurerai » (Nombres 35,34) D.ieu dit : « Evitez de Me flatter, car Je demeure parmi vous. » (Mid. Ps 101, 7) Même impur, le peuple d’Israël est aimé et la Chékhina (Présence divine) se trouve à ses côtés (Siphre. Nom. 35,34), comme le dit le verset : « Il demeure avec eux, au milieu de leurs impuretés. » (Lév. 16,16) Rabbi Nathan dit : (Mekh. Pisha 124, Meg. 29a, Ber, 7a, B.B. 25a, Chah. 22b, Nom.R 7,8, Siphre. Nom. 35, 34) La Chékhina se trouve partout où se trouve le peuple d’Israël. Elle se trouvait en Egypte au milieu du peuple juif, à Babylone et dans tous les exils, comme le confirme le verset : « Qui donc est celui qui vient d’Edom de Bosrah, en habits de couleurs vives ? » (Is. 63,1) Quand nous retournerons à Jérusalem, la Chekhina sera auprès de nous, comme le dit le verset : « Alors, Hachem, ton D.ieu, ramènera les captifs et aura pitié de toi, Il se remettra à te rassembler de chez tous les peuples où t’aura dispersé Hachem, ton D.ieu. » (Deut. 30,3)

L’énumération que fait Moïse des 42 « voyages » des Hébreux à travers le désert.sont des voyages qui, selon Rabbi Israël Baal Chem Tov, sont reproduits dans le voyage personnel de chacun à travers la vie. Ces 42 voyages sont, bien sûr, les phases et les étapes d’un plus grand voyage, celui de la progression des confins de l’Égypte jusqu’à la Terre Promise. Mais chacune de ces étapes est également une entité en soi : la Torah les appelle des « voyages » (massaote) et non des « haltes ». Nous ne sommes pas là pour traverser la vie, nous dit la Torah ; nous sommes là pour la vivre. Le grand voyage de l’humanité se reflète dans le voyage personnel de chaque individu. Car chacun doit réaliser qu’il a sa propre mission, et un rythme auquel celle-ci doit s’accomplir. Pour certains, le voyage signifie dépasser son niveau de conscience spirituelle, alors que pour d’autres, cela signifie résister à s’enliser dans la plus grossière matérialité et s’engager sur le chemin de la quête spirituelle. Il y a toutefois un dénominateur commun à tous ces voyages individuels. Ils impliquent tous un « départ d’Égypte », car même l’état spirituel le plus développé est limité par rapport au but ultime. Et aucun de ces voyages n’a d’objectif pour lui-même : ils font tous partie de notre progression vers ce but.

Les étapes énumérées par la Torah représente donc l’histoire du monde, depuis la volonté créatrice du Tsimtsoum (retrait du Créateur pour laisser la place à l’homme) jusqu’à la venue du Messie. Ceci apparaît aussi en filigrane à travers le nombre 42. Il représente effet un des noms de D.ieu, tel que les cabalistes le décrivent à propos des 42 mots du poème liturgique « ANA BEKOA’H » inséré dans la prière du matin et du soir du Chabbat. Les initiales des 6 mots qui composent chacune des 7 phrases forment un des noms de D.ieu. Viendra un temps où nous parviendrons tous en Erets Israël. Chacun de nous vivra sa rédemption personnelle et le peuple juif dans son ensemble atteindra aussi la rédemption. Avec un seul voyage, un homme peut quitter son Égypte personnelle et se joindre à la progression de l’humanité vers la Rédemption. Et ce premier voyage annonce le suivant, initiant de ce fait une dynamique qui se perpétuera jusqu’à ce que le but ultime soit atteint et que nous pénétrions tous à nouveau en Erets Israël sous la conduite de Machia’h. Puisse cela se réaliser très bientôt. Amen.

(Sources : Jacob ben Isaac Achkenazi de Janow, « Le commentaire sur la Torah » – Nechoma Greisman, Chabad.org – Rabbin Jacky Milewski, Irpourdemain – Rabbin S. Malka Chiourim.org)

 

Chant juif « Ana Bekoa’h »

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Ana Bekoa’h

Voir la vidéo : ana becoah, Prière Ana Bekoach avec paroles et explications – Yossi Taieb

18 février 2006

Ecrit par Spartakus FreeMann

(Source : Kel)

https://img.maxisciences.com/article/international/l-arc-en-ciel-est-un-phenomene-optique-et-meteorologique-du-au-passage-de-la-lumiere-du-soleil-dans-des-gouttes-de-pluie_6c6482d75f2c7bee32a04c891cab697db3418916.jpg

L’arc-en-ciel offert par le Maître du monde à l’humanité après le déluge, qui scelle la promesse de ne plus submerger la terre entière par les eaux. __________________________________________________

Ce magnifique poème, qui est une prière en 7 vers de 6 mots attribuée à un sage du 1er siècle, le kabbaliste Rabbi Né’hounia ben Hakana.  Cette prière, qui comporte 42 lettres, est basée sur le Nom de 42 Lettres, une méditation sur les noms de D.ieu, développée par Moïse Maïmonide dans le Guide des Egarés (1,62).

« D.ieu sera UN et Son nom sera UN » (Zaccarie 14,19), dans l’Eternité comme avant la Création, mais actuellement Ses noms sont multiples et dérivés pour les hommes. Cette prière fut écrite selon les soixante-dix noms de D.ieu — un terme en relation avec Abraham. En retenant la première lettre de chaque mot, le nom en 42 lettres est créé. « D.ieu sera Un et Son nom sera UN » (Zaccarie 14,19), dans l’Eternité comme avant la Création, mais actuellement Ses noms sont multiples et dérivés pour les hommes.

La combinaison du Ana Becoach est dissimulée dans les 42 premières lettres du livre de la Genèse (du mot BERESHIT au mot VAVOHOO). Les lettres se traduisent en utilisant un calcul cabalistique secret.

La prière du Ana Becoach est tenue en grande estime par les adeptes spirituels et cabalistes qui connaissent la grande influence que contient cette combinaison de 42 lettres. Les cabalistes emploient cette prière pour la protection, la guérison et l’équilibre.