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Tchaikovsky’s « Sleeping Beauty » Flash Mob in Jerusalem

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La Belle au Bois dormant de Tchaïkovsky

Tchaikovsky’s Sleeping Beauty Flash

(Source : Youtube)

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Retour sur la fête de Chavouot

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Le contexte

Dans l’art de la communication, le choix du décor joue un rôle important. Le décor lui-même constitue une part importante du message et ne peut être dissocié de son contenu. Choisir un environnement adéquat ne facilite pas seulement la compréhension du concept, mais peut également souligner et amorcer concrètement son application.

De telles considérations s’appliquent au choix de Dieu pour le lieu du Don de la Torah. Nos Sages s’interrogent : « Pourquoi la Torah fut-elle donnée dans le désert ? Le choix de D.ieu nous livre des perspectives profondes : (Bamidbar Rabba 19, 26)

Plus que cela, la signification de cet état de fait ne concerne pas seulement le peuple juif au moment du Don de la Torah, mais chaque homme, dans chaque génération. Car dans la liturgie juive, nous prononçons les mots « Notène haTorah » « Qui donne la Torah », en utilisant le présent. Il convient donc de comprendre, en tout temps et en tous lieux, les enseignements que nous donne le choix du lieu du Don de la Torah.

Car la Torah ne constitue pas la possession exclusive d’un individu particulier, d’une tribu ou d’un type de personnalité. Bien au contraire, « la couronne de la Torah est mise de côté, attendant et est prête pour chaque Juif… Celui qui en a le désir peut venir et se l’approprier. » (Sifrei). La nature du désert sans propriétaire nous donne également une clé pour comprendre comment appliquer l’enseignement que l’on vient de citer quand il s’agit d’acquérir la Torah.

Nos Sages disent qu’un individu « doit faire de lui-même un désert, se débarrassant de toutes ses préoccupations », c’est-à-dire qu’il doit se libérer de tout ce qui le retient dans son engagement pour la Torah, qui représente la volonté de D.ieu et Sa sagesse. Elle est donc infinie et illimitée, tout comme l’est D.ieu Lui-même.

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Hommage au roi et au Roi des rois

L’établissement de la royauté est lié au projet d’Israël de faire de ce monde un réceptacle pour la Divinité. Les relations comme celle de deux amis, sont dépendantes de la communication et du partage. Plus encore, étant donné qu’elles se confinent dans les domaines où il peut effectivement être question de partage, elles restent limitées dans leur portée. Par contre, la relation entre un roi et ses sujets est totalement inclusive, puisque l’existence-même des sujets dépend complètement du roi.

La royauté terrestre prend sa source dans notre relation avec le Roi des rois. L’annulation de l’ego devant un roi mortel doit imprégner le Kabbalat Ol, l’acceptation du joug Divin« , dans chaque dimension de son service divin, approfondissant l’intensité de son engagement jusqu’à ce qu’il affecte son essence elle-même.

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Stalktr.net

Un engament pour la Torah qui jaillit de notre moi

L’effet de la royauté sur notre service divin fait écho au sujet du « Et Moché monta… » L’engagement appuyé sur le Kabalat Ol, l’acceptation du royaume Divin, émerge de l’homme lui-même, car, dans l’idéal, ce sont les sujets qui réclament la royauté. A l’inversa, l’autre aspect : « Et D.ieu descendit« , la révélation de la Torah qui vient d’En-Haut, introduit une dimension nouvelle et extérieure au cadre de référence de l’homme : nous servons D.ieu parce qu’Il nous a commandé de le faire.

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L’achèvement du processus

Le but ultime de la création est une fusion des deux approches : à la fois une révélation de la Divinité qui vient d’En-haut et une transformation de l’homme et de son environnement en réceptacles pour la Divinité. Cet idéal se réalisera lors de la délivrance : nous assisterons à des révélations transcendantes de la Divinité mais dans un monde qui aura été raffiné.

Ce processus de raffinement parvint à un sommet à l’époque du roi David, et se traduisit en 2 réalisations significatives. La première fut la consolidation de la royauté. Bien que Chaoul eût fait office de roi d’Israël avant David, sa souveraineté n’avait pas été acceptée par toutes les tribus. De plus, « une fois que David fut oint, il acquit la couronne royale. Depuis lors, la royauté lui appartient, à lui seul, à lui et à  ses descendants, à tout jamais. » Ce ne fut pas le cas de Chaoul. »

Le lien entre la Délivrance et le roi David apparaît dans le fait que le Machia’h sera l’un de ses descendants. En fait, le Machia’h est identifié au Roi David au point que nous prions pour sa venue dans ces termes : « Rapidement fais que la pousse de David fleurisse. »

Image associée   Israël : le désert en fleurs

La floraison ultime

La paracha Bamidbar « Dans le désert » est toujours lue avant la fête de Chavouot. Les fêtes juives ne font pas que commémorer des événements du passé, mais nous donnent également l’opportunité de les revivre. Pour revivre l’expérience du Sinaï, il nous faut d’abord passer par le désert et ses leçons, du moins au sens spirituel. Tel est le message que nous communique la lecture de la Torah de cette semaine de Chavouot.

(Source : Beth Loubavitch 2018 (5778) et 2019 (5779)

LES CONSEQUENCES DES GRANDES INVASIONS BARBARES DU XXIe SIECLE – 11 juin 2019

Le véritable danger qui nous menace doit être appelé par son nom !

ISLAM DEHORS !

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Le véritable danger qui nous menace doit être appelé par son nom : l’islam!

Dans le grand désordre qui s’empare, aujourd’hui, de la civilisation occidentale, le plus grand danger de désintégration qui menace notre société est porté par l’Islam.

Il est plus comminatoire que toutes les déviances sociétales libertaires qui atteignent notre espace de vie car les transformations qu’il promet sont létales.

En réalité, cette menace n’est pas vraiment nouvelle. Elle perdure au contraire depuis 13 siècles, sous une forme agressive et parfois maligne en fonction de l’état de résistance qui lui est manifesté.

Né dans la péninsule arabique, ce dogme nouveau mais rétrograde s’est très vite implanté par la force, atteignant le nord de l’Afrique puis la péninsule ibérique puis la partie sud de la France. Là, il fut d’abord stoppé puis repoussé par nos ancêtres les Francs. Depuis, ayant perdu de sa superbe face à l’opposition résolue de ses adversaires, il s’était habitué à procéder le plus souvent par la ruse et la patience pour conquérir et grandir.

Aujourd’hui, ce qui déroge à l’habitude, c’est l’extrême passivité que nos dirigeants, toutes tendances politiques confondues, déploient désormais dans cette lutte millénaire et qui donne des ailes aux mahométans. On pourrait parfois y voir une complaisance coupable, un quasi-renoncement, voire une forme d’adhésion collaborationniste.

Cette idéologie, marquée des atours fallacieux d’une religion prétendument guidée par l’amour, la tolérance et l’envie de paix, agit, dans ses fiefs les plus anciens par «l’épée», et à l’extérieur, au grand jour,  avec des armes parfaitement sournoises. En effet, sous le prétexte soi-disant pacifique du prosélytisme, elle utilise l’instrument redoutable de la migration, à l’échelle, actuellement de l’envahissement, pour s’étendre méthodiquement et inlassablement dans tous les pays du globe, même ceux qui pourraient en être les plus protégés par exemple en raison de leur insularité.

Présentée comme une suite logique et incontournable des anciennes pratiques monothéistes, forcément dévoyées, cette doctrine s’en différencie par ses propres principes fondateurs.

D’abord, elle se présente comme la vérité ultime apportée aux hommes par le dernier prophète qui remit aux hommes la véritable révélation. La dernière donc la seule acceptable !… Ce message apocryphe est-il acceptable ?

Ensuite, elle se présente comme universelle, c’est à dire qu’elle a vocation à convertir l’ensemble des êtres humains, quels qu’ils soient et où qu’ils se trouvent. Cet objectif n’a pas de limite territoriale mais surtout il ne se fixe aucun délai. Le temps de « Dieu » n’est pas celui de l’homme et rien ne pousse à en faire l’économie dans la conquête des « âmes ».

Ce qui caractérise cette tendance confessionnelle est son aptitude à l’adaptation. L’outil subtil de la taqîya, c’est à dire celui du mensonge légalisé, est le vice qu’elle tolère et même qu’elle recommande aux fidèles pour éviter la suspicion des infidèles, acquérir leur confiance pour mieux les réduire.

L’habileté suprême de l’islam, dans les pays occidentaux, est d’emprunter le langage des droits de l’homme, qui nous intimide et nous leurre pour faire accepter leurs pratiques puis les faire légitimer. Les usages et toutes les pratiques légales en sont bouleversées.

Par exemple,  l’autorisation du burkini dans une piscine publique d’une ville du Nord a été donnée en violation des règles générales régissant les questions d’hygiène dans les piscines, par le défenseur des droits.

Que dire de la place accordée aux femmes dans cette société  et du sort qui leur est réservé ?

Dès lors, toute critique de l’Islam devient une attaque islamophobe.

Nos hommes politiques désarmés, à l’exception de quelques-uns qui conséquemment sont assimilés à des racistes fascisant, établissent une classification inexistante et arbitraire en inventant la notion d’islamisme ou encore islam politique qui s’opposerait à la notion neutre et respectable d’islam.

Cette idée est à la fois irréaliste et méprisable. Elle est la démonstration de l’absence de volonté de faire valoir la règle républicaine face à l’intrusion de la règle religieuse et nonobstant les règles établies par la loi de 1905.

Il est parfaitement claire que l’État se sent totalement démuni devant ce phénomène qui agit comme un alien qui phagocyte et digère la société pour en faire une espèce de conglomérat religieux. Son manque de courage est manifeste quand sa traîtrise se profile insidieuse.

La soumission, règle intangible de cette idéologie, ne saurait plier devant l’expression du libre arbitre et de la liberté que prône la culture occidentale. En conséquence, l’option d’adhérer à l’islam est incompatible avec celle d’intégrer l’espace républicain.  Ce choix est marqué dès l’origine de toute impossibilité de retour en arrière. L’apostasie est pour les tenants coraniques un « péché » absolu passible de la peine de mort : musulman un jour, musulman toujours, pourrait-on dire !

Pourtant, à cause de la loi du sol et à cause de la vague irrésistible de l’immigration de masse injustement assimilée au droit d’asile, la citoyenneté de notre pays s’est trouvé infestée par des hordes assassines qui ont, par la suite, gagné les rangs de la barbarie djihadiste et ont retourné leurs armes contre la patrie. Aujourd’hui vaincus et aux mains de la justice humaine,  il se trouve, parmi nos concitoyens, des illuminés et des traîtres qui s’opposent aux sanctions qui les menacent là-bas. Nous sommes enjoints de leur éviter de subir le sort qu’ils ont eux-mêmes fait subir à des victimes expiatoires. Nous devrions les rapatrier sur le sol de la mère patrie pour leur appliquer des peines de droit commun sans rapport avec leurs infâmes forfaits, au risque de les voir rapidement libérés, prêts à réitérer leurs ignobles forfaits. De quel droit devrions-nous supplanter, par nos principes juridiques, la justice des pays souverains comme l’Irak ?

Pourquoi ne pourrions-nous appliquer la règle de l’indignité nationale à tous ces criminels qui ne méritent plus l’identité nationale que nous leur avons octroyée avec générosité ?

L’ennemi d’aujourd’hui n’ayant que peu de différence avec celui  d’hier, seule la couleur brune ayant été remplacée par la verte, devrait-il connaître plus d’indulgence de notre part ? Pour rappel, pas moins de 100 000 individus en ont été frappés après 1944 !

Le salut, face au danger qui nous menace, ne viendra que de mesures courageuses succédant à un regard patriotique et lucide de la situation.

Jean-Jacques Fifre

Le véritable danger qui nous menace doit être appelé par son nom !

(Source : Riposte laïque)

A partir de samedi soir jusqu’à lundi soir, c’est la magnifique fête de Chavouôt ! ‘Hag samea’h à tous les Juifs !

https://i2.wp.com/dossier.universtorah.com/T1T2/fe0025-don-tora.jpg

Moïse sur le mont Sinaï qui rapporte les Tables de la Loi (les 10 Commandements)

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Le monde ne le sait malheureusement pas, et c’est dommage pour lui, mais la Torah a été donnée pour lui aussi, et pas seulement au peuple juif, qui finit par être choisi par le Créateur après le refus des 70 nations présentes alors sur la planète ! Et dire que les nations ont aujourd’hui le culot d’être jalouses de l’élection d’Israël en tant que guide et modèle d’éthique et de sa brillante réussite, avec l’aide d’Hachem qui a toujours protégé, protège et protégera toujours Son peuple de la destruction, car en tant que nation, elle est la seule sur terre à être immortelle, ce qui n’est nullement le cas des nations qui s’attaquent à elle et que l’on voit décliner et s’éteindre petit à petit jusqu’à disparaître complètement, n’étant plus qu’un souvenir historique, ce qui est aussi le cas des grandes civilisations qui ont dominé le monde dans l’Antiquité ! L’homme, le partenaire de l’Eternel, fut mis sur cette terre pour améliorer le monde. C’est ce que s’évertue à faire le peuple juif avec beaucoup de courage, d’énergie, de ténacité et de candeur, et il y réussit peu à peu ! Son arme : la Torah qui lui insuffle la force de se battre et l’éternelle espérance en un monde meilleur, un objectif vers lequel il se dirige rapidement, à présent qu’il habite à nouveau sa terre ancestrale, où il revient graduellement de tous les pays où il était dispersé, un pays où il peut aussi se réfugier lorsqu’il est persécuté. _______________________________________________________

Cours du Rav ‘Haïm Dynovisz sur les 10 Commandements
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LA FÊTE DE CHAVOUÔT
Les 4 noms de la fête :
‘HAG HACHAVOUÔT FÊTE DES SEMAINES
YOM HABIKOURIM FÊTE DES PREMICES
‘HAG HAKATSIR FÊTE DES MOISSONS
ATSERET CESSATION (DE TOUT TRAVAIL)

 

Plan de l’étude

LA TORAH ? UN DON D’AMOUR DU CREATEUR
COMPOSITION DE LA TORAH
TRANSMISSION DE LA TORAH ORALE
Chronologie
LA REVELATION DU SINAÏ
LES MOTS DE D.IEU
OU SITUE-T-ON LE MONT SINAÏ ?
LE DON DES 10 PAROLES
LE VEAU D’OR
UN ENGAGEMENT DE L’HOMME AVEC LE CREATEUR
LA VEILLEE DE CHAVOUÔT
LA FÊTE DE CHAVOUÔT
Consommation de mets lactés
QUELQUES REMARQUES & PENSEES SUR CHAVOUÔT
Meguila Ruth
Anniversaire de la mort du Roi David
Chavouôt est aussi la fête du patriarche Jacob
CHAVOUÔT, UN AUTRE SENS DE LA LIBERTE
AUTHENTICITE DE LA TORAH

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LA TORAH ? UN DON D’AMOUR DU CREATEUR

A l’origine, la Torah fut proposée à tous les peuples de la terre, qui, tous sans exception, la refusèrent. Elle fut alors proposée aux Bné Yisrael en l’an 2448, dit de la création du monde (environ 1300 ans avant l’ère actuelle), qui l’acceptèrent. Elle se présente sous la forme d’un long parchemin enroulé autour de deux axes qui contient les 5 parties. Elle est copiée à la plume d’oie (ou roseau) par un sofer (scribe), qui a appris en détail les règles de l’écriture. La Torah est divisée en péricopes (appelées « parachyiote » ); il y en a autant qu’il y a de semaines dans l’année juive. Chaque Chabbat, on récite publiquement une péricope, de sorte que la Torah est entièrement lue à la synagogue en une année. Chaque péricope (paracha) est divisée en sept passages ; pour chacun d’eux, un fidèle est invité à monter à la tribune et c’est à son intention que l’officiant lit le texte sacré. En s’approchant de la Torah, le fidèle récite une bénédiction dans laquelle il loue son Créateur de « nous avoir choisis parmi les peuples et de nous avoir donné sa Torah ». La Torah est revêtue de divers parements qui sont offerts en ex-voto par les fidèles. Elle est promenée, avant et après la lecture, parmi les fidèles de la synagogue et proposée à leur dévotion.

La valeur numérique du mot Torah est égale à 611, comme les 611 comman-dements que nous a transmis Moché rabbénou (les deux premiers ayant été entendus par Israël directement de D.ieu Lui-même (traité de Makot). Les 10 paroles – dont sont tirés les 10 commandements destinés au monde entier comportent 620 lettres qui correspondent à la valeur numérique du mot « keter » (couronne) – représentent les 613 commandements de la Torah et les 7 commandements rabbiniques (Netilat Yadaïm, Erouvine, Pourim ‘Hanoucca, les Bera’hot, les bougies de Chabbat et Yom tov ainsi que le Hallel.) – Na’hmanide.
Les ‘Dix Commandements’ constituent donc le fondement de la Torah. Ils comprennent toutes les mitsvote de celle-ci, valables pour toutes les époques et sont les suivants :

1) Je suis l’Eternel ton D.ieu
2) Tu n’auras pas d’autre dieu que Moi et donc, tu ne feras pas de sculpture à l’image de ce qui est dans le ciel, sur la terre ou sur les eaux et tu ne te prosterneras pas devant elles, car je suis un dieu jaloux.
3) Tu ne prononceras pas le nom de ton D.ieu à l’appui du mensonge.
4) Observe le jour du Shabbat pour le sanctifier.
5) Honore ton père et ta mère.
6) Tu ne tueras point.
7) Tu ne commettras point l’adultère.
8) Tu ne voleras point.
9) Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain.
10) Tu ne convoiteras pas la femme, la maison, le champ, le serviteur, la servante, le bœuf, l’âne, rien de ce qui appartient à ton prochain.

La Torah n’est pas seulement l’histoire du peuple juif jusqu’à la mort de Moïse. C’est à la fois une loi accompagnée des 613 Mitsvote positives et négatives qui guide notre vie et le plus merveilleux cadeau du Créateur fait à l’homme après celui de la vie elle-même, don qui marque l’année juive d’une reconnaissance éternelle de la part de Sa créature. C’est aussi un rouleau de parchemin transmis par l’intermédiaire de Moïse, et complété par la loi orale et ses commentaires rabbiniques jusqu’à nos jours. La fête de Chavouôt est enfin, selon le sens étymologique, un enseignement qui doit se perpétuer de génération en génération.

• La Torah comporte 70 facettes. (Nombre, Rabba 13, 15).
• La Torah rappelle le langage de chacun (Berakhot 31 ).
• La Torah ne peut être qu’étudiée en groupe (Berakhot 31).
• La Torah est comme de l’eau, qui coule goutte à goutte et qui mit par devenir un fleuve (Cantique des cantiques Raba 1,19).
• La Torah est une lumière (Meguila 16b).
• La Torah est la condition de base de la création du monde (Béréchit Raba 1,2). La Torah est arbre de vie (Proverbes 3,18).

 

COMPOSITION DE LA TORAH

La tradition rapporte que toutes les âmes juives de toutes les générations à venir jusqu’à la fin des temps étaient présentes au Sinaï (Midrach Rabba), y compris celles des convertis et ce don est renouvelé chaque année le jour de Chavouôt. Toutes les prophéties de tous les prophètes à venir ont également été reçues au Sinaï. Lorsque Haqqadoch Baroukh Hou (Le Saint Béni Soit-Il) révéla la Torah à Israël au Sinaï, Il la dicta à Moïse dans cet ordre : – Bible – Michna – Talmud – Agada, ainsi que tout ce que l’élève allait un jour demander à son maître. Comme il est dit : « L’Eternel prononcera toutes ces paroles ». (Exode 20). Les 3 derniers livres (Michna, Talmud, Agada) furent donnés oralement (Chemot rabba).
La « Torah chebikhtav » (Loi écrite) comporte les parties suivantes :

– TANAKH (initiales de Torah, Neviim, Ketouvim), composé de 24 livres – TORAH (Bible) 5 livres de Moïse : Berechit (Genèse), Chemot (Exode), Vayikra (Levitique), – Bamidbar (Nombres), Devarim (Michné Torah (Deutéronome). – NEVIIM (Prophètes) 8 livres : Josué, les Juges, Samuel I & 2, Rois 1 & 2, Isaïe, Jérémie, Ezéchiel, les 12 prophètes (Osée, Joël, Amos, Obadia, Jonas, Michée, Na’houm, ‘Habacuc, Tséphania, ‘Haggai, Za’harie, Mala’hie). – KETOUVIM (Ecrits, ou Hagiographes) 11 livres : Ruth, les Psaume, Job, les Proverbes, le Cantique des Cantiques, les Lamentations, l’Ecclésiaste, Esther, Daniel, Ezra, Ne’hemie, Chroniques I et II.

La « Torah Chebeal Péh » (la tradition orale) comporte les parties suivantes :
– LA MICHNA en 6 volumes (ou Chass) contiennent les enseignements des Tanaïm, qui furent codifiés par Rabbi Jehoudah Hanassi aux environ de 3950 (temps hébraïque).

– 1) ZERAÏM (lois agricoles)
– 2) MOED (fêtes)
– 3) NACHIM (lois matrimoniales)
– 4) NEZIKIM (dommages)
– 5) KADACHIM (choses saintes)
– 6) Taharot (lois de pureté)

– LE TALMUD contient les enseignements des Amoraïm 3979-4235 (temps hébraïque). Ils constituent le commentaire de la michna. LE TALMUD DE JERUSALEM fut compilé par Rabbi Jo’hanan en 4039. LE TALMUD DE Babylone fut compilé par Rav Aché et Ravina en 4234.

– Le SHOUL’HAN AROUKH constitue la conclusion de la Hala’ha (Loi) et sa codification, d’après le Talmud et les Richonim. Ses auteurs sont : Rabbi Joseph Caro, de Safed et Rabbi Moïse Isserlés de Cracovie (le Rama) en 5335.

L’étude de la Torah l’emporte sur tous les commandements, car elle conduit à l’action. L’homme sera d’abord jugé sur l’étude de la Torah et seulement ensuite sur ses actions. L’obligation de l’étude de la Torah dure jusqu’au jour de sa mort, comme il est dit en Deutéronome 4 : « Dans la crainte que tu n’oublies les choses que tes yeux ont vues et qu’elles ne s’écartent de ton cœur aucun jour de ta vie ! » Tout homme est tenu de se chercher un maître pour étudier la Torah. On est tenu d’étudier à mi-voix et de raisonner à mi-voix. Celui qui étudie la Loi écrite sans la comprendre réalise néanmoins la mitsva de l’étude, par contre l’étude de la Tradition orale exige la compréhension pour avoir valeur de mitsva. (Maïmonide, Choul’han Aroukh).

TRANSMISSION DE LA TORAH ORALE

La michna avait été donnée au Sinaï à Moché Rabbénou avec la Torah lors du Matane Torah. « Moïse reçut la Torah du Sinaï, il la transmit à Josué, Josué aux Anciens, les Anciens aux Prophètes, et les Prophètes la transmirent aux hommes de la Grande Assemblée. Ceux-ci disaient trois choses: Soyez circonspects dans le jugement, élevez de nombreux disciples et faites une haie autour de la Torah.» (Chapitre 1, Michna 1). Depuis ce jour, l’enseignement de la Torah n’a pas cessé de nourrir l’âme de chaque Juif, de génération en génération, en une chaîne ininterrompue et chaque Juif a le devoir de la transmettre à ses enfants.

Depuis Moché Rabbénou (2448) jusqu’à Hillel Hazzaqén (3768 ou an 8), on enseigna la michna. Beaucoup de grands Sages avaient tenté de composer des recueils des différentes traditions « avant Ribbi Yéhouda Hannassi » (qodém Rabbi), nommé aussi Hamé’habér, le rédacteur, ou Rabbi, ou Rabbénou Haqqadoche parce qu’il vécut dans la plus grande pureté jusque dans ses gestes les plus intimes. Ribbi Yéhouda Hannassi a organisé ces traditions d’abord de manière à faciliter la mémorisation, sans que cet ordre ne corresponde à notre conception actuelle des encyclopédies thématiques. Ribbi Âqiva, le Maître des plus grands, avait entrepris le recueil et la classification de toutes les traditions. Jusqu’à la destruction du Temple, il y avait certes des traditions multiples, mais il n’y avait pas de dissensions dans les discussions entre eux. Puis, le Temple fut détruit et le Sanhédrine partit pour Yavné avec les yéchivotes et il erra en dix pérégrinations. Non seulement l’arrêt de la pratique des mitsvote liées au Temple créa une perte considérable des traditions, mais c’est surtout le traumatisme de cette destruction qui entraîna la perte de nombre de traditions, la perte du rapport entre l’essentiel et l’accessoire et celle du point commun qui unissait des traditions différentes.

Chronologie (dates du calendrier hébraïque, commençant à la création d’ Adam, le premier homme)

2448 – Moïse reçoit la Torah sur le Mont Sinaï

2488 – Josué – Eléazar

2516 – Pin’has – Les Anciens et les Juges :

Othniel jusqu’à 2566

Ehoud jusqu’à 2636

Shamgar jusqu’à 2636

Barak & Deborah jusqu’à 2676

Guideon & son fils jusqu’à 2719

Tola jusqu’à 2742

Yaïr jusqu’à 2764

Jephté jusqu’à 2787

Ivtzan (Boaz) jusqu’à 2793

Elon jusqu’à 2803

Abdon jusqu’à 2811

Samson jusqu’à 2830

2830 – Eli et son Beth Din (tribunal rabbinique)

2870 – Samuel et son Beth Din

2884 – David et son Beth Din

2924 – A’hiyah de Chiloh et son Beth Din

2962 – Le Prophète Élie

3047 – Élicha

3055 – Yéhoyada le Prêtre

3070 – Zekhariah le Prêtre

3090 – Hosée

3110 – Amos

3140 – Isaïe

3160 – Micah

3190 – Joël

3240 – Nahoum

3254 – Habacuc

3280 – Céphaniah

3316 – Jérémie

3350 – Baroukh fils de Nériah

3370 – Ezra et son Beth Din (Les hommes de la Grande Assemblée – incluant Daniel, Mordekhaï, Néhémiah, Hananiah, Michael et Azariah)

3400 – Simon le Juste

3460 – Antignos de Soho

3500 – Jossé fils de Yoézer et Jossé fils de Yo’hanan

3560 – Josué fils de Pera’hiah et Nitaï l’Arbelite

3621 – Judah fils de Tabbaï et Simon fils de Chata’h

3722 – Chemaya et Avtalyon

3728 – Hillel et Chammaï

3768 – Rabban Simon fils de Hillel et Rabbi Yo’hanan fils de Zakkaï

3800 – Rabban Gamliel fils de Simon et les disciples de Rabbi Yo’hanan fils de Zakkaï

3810 – Rabban Simon fils de Gamliel et Rabbi Akiba

3828 – Rabban Gamliel et les disciples of Rabbi Akiba

3881 – Rabban Simon fils de Gamliel

3910 – Rabbi Judah le Prince – Rédacteur de la Mishna

3979 – Ses fils, Rabbi Simon et R. Gamliel, R. ‘Hiyah, Rav, Samuel et Yo’hanan

4010 – R. Houna, R. Judah, R. Na’hman, R. Kahana

4060 – Rabba et R. Joseph

4085 – Abayé et Rava

4127 – Rav Achi et Ravina

4260 – Achèvement du Talmud par R. Achi, Ravina et leurs disciples

A cause de l’écart entre l’origine divine de la Torah et la nature humaine, et aussi en raison des grandes catastrophes, la tradition avait toujours été confrontée à ces phénomènes d’oubli ; ainsi, Moché Rabbénou lui-même affronta ce phénomène de l’incertitude, de la perte des connaissances sous l’effet de la colère. Yehoshua (Josué), son disciple, et les autres Sages, sous l’effet de la douleur éprouvée à la mort du Maître, oublièrent 300 règles ou 700 règles ou 3000 règles qu’ils avaient reçues (Témoura 15-16). Un autre processus mettait en péril la connaissance. Les plus grands Maîtres reconnaissaient humblement que les capacités de connaissance baissaient de génération en génération (contrai-rement à ce qu’en dit le concept moderne de « progrès » dans la connaissance).

Cependant la Torah constitue toujours, de nos jours, la parole permanente de D.ieu et rien de ce qu’elle contient ne sera jamais inapproprié ou dépourvu de pertinence. Puisqu’elle est vraie, elle ne pourra jamais être changée et nous a été donnée pour tous les temps : passés, présents et futurs. Le grand théologien Maimonide (1135-1204), qui tenta de résumer la foi juive en treize dogmes, en consacra deux à la Torah : la Torah entière est celle qui a été donnée à Moïse ; elle ne sera pas modifiée et le Créateur n’en donnera jamais d’autre.

Chavouôt, c’est aussi le terme d’un jubilé à la fin du décompte des 49 jours qui débute à partir du second soir de Pessa’h. Cette fête tombe obligatoirement le 6 Sivan et jamais un mardi, un jeudi ou un samedi. En diaspora, il est fêté deux jours : le 6 et le 7 Sivan. C’est aussi l’une des 3 fêtes de pèlerinage avec les fêtes de Pessa’h et Souccot et tout comme ces deux autres, Chavouôt est aussi appelée Atseret (assemblée solennelle) Ce mot signifie également (clôture). C’est la clôture de Pessa’h. Cette fête marque le début de la moisson du blé en Israël et du point de vue religieux, elle conclut la libération physique des Bné Yisrael qui, en acceptant la Torah, sont devenus les témoins de D.ieu et responsables de Son message aux yeux des nations. Historiquement, à l’époque du Temple de Jérusalem, ces pèlerinages annuels étaient l’occasion d’apporter les premiers fruits de la récolte qui étaient offerts à D.ieu. Ces dénominations sont issues du texte de la Bible hébraïque : le nom de Hag ha-Katsir (fête de la récolte) provient du livre de l’Exode 23, 16 ; le nom de Hag Chavouôt (fête des semaines) apparaît dans les livres de l’Exode 34, 22 et du Deutéronome 16, 10 ; le nom de Yom ha-Bikkourim (fête des prémices) est mentionné dans le livre des Nombres 28, 26. La principale signification de la fête reste la célébration du don de la Torah au peuple d’Israël, choisi parmi les peuples pour la recevoir, selon la tradition.
A cette époque de l’Israël biblique, la récolte du grain nouveau durait 7 semaines et cette période était l’occasion de réjouissances. Elle commençait avec la récolte de l’orge à l’époque de la Pâque et se terminait avec celle du froment à Chavouôt. Cette fête cloturait donc la récolte du grain, tout comme le 8ème jour de Souccot (la Fête des Cabanes) clôt celle des fruits. Les bné Yisrael devaient apporter les prémices de la récolte du froment,  » les prémices de ton labeur que tu as cultivé dans ton champ ». » Il ne s’agit pas d’offrandes prescrites pour la communauté, mais « avec un tribut d’une offrande de ta main en toute liberté… tu réjouiras le Seigneur ton Dieu, toi et ton fils, et ta fille,[…] le Lévite qui réside dans tes portes, l’étranger, l’orphelin et la veuve » (Deutéronome 16-9,12) Le Lévitique 23,16-22 mentionne également une offrande des premiers fruits que toute la communauté devait apporter. Divers sacrifices animaux étaient également accomplis ainsi que l’offrande de deux miches de pain provenant de la nouvelle récolte. Le travail était interdit. Dans le déroulement du calendrier hébraïque, Chavouôt apparaît comme la fête qui complète et clôture Pessa’h, la fête de la liberté, laquelle atteint son apogée et prend tout son sens lorsque survient Chavouôt, qui concrétise l’espoir né de la liberté fraîchement acquise à Pessa’h. Chavouôt signifie « semaines », car cette fête tombe 7 semaines après Pessah. (En acceptant la Torah, Israël devient vraiment le témoin de D.ieu et responsable de Son message aux yeux des nations).

Le Talmud traite de la réception de la Loi au Sinaï. (Chabbat, 87). On y trouve un passage susceptible de fournir une interprétation de l’origine de l’Etoile de David. Transmission de la parole d’un Sage de Galilée: « Béni soit l’Eternel qui transmit la lumière de sa triple parole (Pentateuque, Prophètes, Hagiographes) aux trois parties du peuple (Cohen, Lévi, Israël) le 3éme mois (Sivan) par le 3ème enfant (Moïse, troisième enfant de Yo’heved) ». Indépendamment d’une explication plus profonde de cette parole, on en déduit que le peuple juif ainsi que la Torah peuvent être considérés comme étant divisés en trois parties. Le  » Maguen-David  » est-il autre chose que deux triangles étroitement enlacés ? Ce sont Israël et la Torah, inséparablement liés l’un à l’autre, comme le corps et l’âme, la Torah étant l’âme du peuple. Ce signe est à juste titre le « bouclier » de chaque roi juif, voire de tout Juif, aussi longtemps qu’il reconnaît faire partie de cette nation et accepte de recevoir en son âme la Torah. L’un des temps forts de la fête est la lecture des 10 Commandements à la synagogue. Tous, hommes, femmes et enfants depuis le berceau se doivent d’y assister avec la même intensité que lors du don initial. Certains ont également l’habitude de disposer dans la synagogue et dans la maison des plantes, fleurs et arbustes en souvenir du fait que toute la création a frémi comme les plantes lorsque la Torah fut énoncée sur le Mont Sinaï. On commence la fête par l’allumage des bougies le soir de ce Yom Tov, avec la bénédiction « chéhéhyanou », ainsi que le second soir (en diaspora).

 

LA REVELATION DU SINAÏ

Chaque printemps, les Juifs du monde entier célèbrent la fête de Chavouôt, l’évènement le plus important dans l’histoire de l’humanité : la révélation de D.ieu au Mont Sinaï, accompagnée du don de la Torah. A cette époque eurent lieu une série d’événements prodigieux en faveur des enfants d’Israël. En effet, déjà avant l’ouverture de la mer Rouge, il y avait eu un autre miracle après leur sortie d’Egypte : certains des Enfants d’Israël avaient contracté des infirmités durant leur long esclavage. D.ieu envoya des anges les guérir et ils purent se présenter tous unis, d’un seul cœur et comme un seul homme au pied de la montagne. Cependant, le prodigieux événement du don de la Torah s’est déroulé devant tout le peuple réuni pour le don de la Torah et des 10 Commandements destinés au monde, (qui sont 613 pour les Juifs), donnés par le Créateur par la bouche de Moïse au Mont Sinaï le 6 Sivan 2448 selon le calendrier hébraïque (1312 ans avant l’ère commune. Plus de 3 000 ans se sont écoulés depuis lors, mais de toute l’histoire humaine, elle demeure la seule révélation collective de D.ieu reconnue si largement. Ainsi, chaque année, le peuple juif reçoit à nouveau la Torah. Mais tout dépend de notre préparation à recevoir ce trésor spirituel que D.ieu nous a donné en vue de notre bien éternel.

Il est souvent reproché à Israël de garder jalousement sa Torah. Cependant, ce reproche est infondé, puisque l’Eternel avait commencé par proposer sa Torah à toutes les nations. (ex. : Edom, peuples descendants d’Esaü – frère jumeau du patriarche Jacob – qui demanda ce qu’elle contenait. Alors l’Eternel répondit : « Tu ne tueras point » et les peuples se retiraient en disant « Maître des Mondes, comment pouvons-nous accepter une Torah qui interdit de tuer ? N’est-il pas écrit au sujet de notre ancêtre Esaü : « Et tu vivras par ton épée ? » Amon et Moab (peuples issus de l’union incestueuse de Lot – neveu d’Abraham – avec ses filles) refusèrent la Torah parce qu’il est prescrit de s’éloigner de tout inceste, les descendants d’Ismaël la refusèrent parce que le vol y est interdit et qu’il y est prescrit le respect du bien du prochain. Ainsi chaque peuple de la terre trouva une bonne raison pour refuser la Torah. Seuls les enfants d’Israël l’acceptèrent en disant : « Naassé venichma » (Nous ferons, et puis nous écouterons), se soumettant ainsi aux Commandements, parfois sans même en comprendre les fondements, simplement parce que ces commandements constituent l’expression de la volonté divine. La révélation du Sinaï et l’apparition de l’Eternel au milieu des fumées et des flammes, du tonnerre et des éclairs est un événement exceptionnel qui n’a jamais eu son pareil dans le passé et qui n’aura plus son pareil dans l’avenir et ce, jusqu’à la fin des temps. Cela ne pouvait se produire qu’une seule fois. La révélation de la Torah devant tout un peuple est bien un événement capital pour l’humanité.

 

OÙ SE TROUVE LE MONT SINAÏ ?

Si les géographes sont d’accord pour situer le Mont Sinaï dans la péninsule qui porte ce nom, dans cette bande de terre triangulaire bordée par la Mer Rouge à l’Ouest, et le Golfe d’Akaba à l’Est, il leur est plus difficile de fixer sur lequel des Monts de cette presqu’île montagneuse a eu lieu la Révélation. La Tradition juive elle-même n’est guère plus explicite et ne tenait pas à faire connaître le lieu exact de cet événement, craignant qu’il ne donnât lieu à un culte idolâtre. Nos Sages demandent :  » Qu’a-t-il de particulier d’ailleurs, le Mont Sinaï ?  » II a joui d’un certain privilège tant que le Créateur s’y manifesta et fit connaître sa volonté à son peuple. Mais une fois la Majesté divine partie, ce mont reprenait son caractère antérieur. La preuve, c’est que l’on permit immédiatement après la Révélation l’accès de la montagne à tous, hommes et animaux. « C’est la personnalité de chacun qui donne son caractère à la place qu’il occupe « , selon un adage de nos Sages.

Néanmoins, des voyageurs de toutes confessions décrivent la grandeur fantastique de ces rochers de toutes les couleurs, s’élevant à plus de 2.000 m, nus à leur sommet, mais couverts de riches verdures à leur base ( » que les troupeaux n’y viennent pas brouter pendant la manifestation de D.ieu « , avait déjà dit Moïse). Ils font part de leur étonnement devant la pureté de l’air qui permet d’apercevoir par tous les temps les sommets des montagnes ; ils ne manquent pas de reconnaître dans ces vastes vallées, l’endroit où 600.000 Juifs pouvaient facilement se tenir pour percevoir la Parole de D.ieu.

Il faut savoir que c’est à ce même endroit que Moïse avait assisté à la première manifestation de D.ieu qui s’était adressé à lui du milieu d’un buisson qui semblait brûler sans se consumer. Le nom même du buisson en hébreu (Sné) n’aurait-il pas donné son nom au Mont Sinaï ? Hypothèse en tout cas meilleure que celle qui fait dériver ce nom de « Simanaï  » ( mes miracles ), bien que celle due à un bon mot d’un rabbin du Midrash n’en a pas moins une profonde signification : Sinaï viendrait de  » Sinea « , la haine, car la Révélation a entraîné la haine des autres peuples contre Israël… Mais ce qui compte avant tout est le fait que cet évènement unique, dont les Enfants d’Israël furent à la fois les témoins et les héros, apporta il y a 35 siècles à un monde plongé dans la barbarie une lueur divine dont la nécessité se fait encore sentir de nos jours.

LES MOTS DE D.IEU

Voici ce que dit la Bible : (Chemote – Exode – 19 1-10 et 15-19) « Le 3ème mois après leur sortie d’Egypte, ce jour-là, ils (les Enfants d’Israël) … Ils partirent de Réfidim, arrivèrent dans le désert du Sinaï et campèrent dans le désert. Israël campa là, en face de la montagne. Moïse monta vers D.ieu. D.ieu l’appela de la montagne et dit : « Voici comme tu parleras à la maison de Jacob, et ce que tu diras aux fils d’Israël. Vous avez vu ce que j’ai fait aux Egyptiens. Je vous ai portés sur des ailes d’aigle et amenés à moi. Maintenant, si vous écoutez ma voix et observez mon alliance, vous serez pour moi un peuple trésor parmi les nations, car toute la terre est à moi. Vous serez pour moi un peuple de prêtres et une nation sainte : telles sont les paroles que tu diras aux enfants d’Israël. »

Moïse alla, convoqua les anciens du peuple et leur dit tout ce que D.ieu lui avait ordonné. Le peuple entier, d’une seule voix, répondit : « Tout ce que l’Eternel a dit, nous le ferons. » D.ieu dit à Moïse : « Va trouver le peuple et fais-le se sanctifier aujourd’hui et demain : qu’ils lavent leurs vêtements. Qu’ils soient prêts pour le 3ème jour, car le 3ème jour, D.ieu descendra aux yeux de tout le peuple sur le mont Sinaï. ».. Le surlendemain, dès le matin, il y eut des coupes de tonnerre, des éclairs et une épaisse nuée sur la montagne et un son de chofar(cor) très puissant : dans le camps, tout le monde trembla. Moïse fit sortir tout le peuple du camp à la rencontre de D.ieu et il se tint au pied de la mon- tagne. Le mont Sinaï était tout fumant et toute la montagne tremblait. Le son du chofar allait s’amplifiant : Moïse parlait et D.ieu répondait dans une voix. »
« Et tout le peuple voyait les voix, les torches, le son du chofar (cor), la montagne fumante ; le peuple vit, recula et se tint au loin. Ils dirent à Moïse : Parle-nous toi, et nous écouterons, mais que D.ieu ne nous parle pas, sinon, nous mourrons. Moïse dit au peuple : Soyez sans crainte ! C’est pour vous éprouver que l’Eternel est venu et pour que sa crainte soit sur vos visages et que vous ne péchiez point. » (Chemote – Exode – 20, 18-19).

En Exode 19 il est dit que le 2 Sivan Moïse monta vers D.ieu. Il dit, s’adressant à Moïse : « Et vous serez pour Moi une dynastie de prêtres et un peuple saint », et Israël répondit : « Tout ce que D.ieu a dit, nous l’accomplirons. » Le 3 Sivan « Moïse rapporta les paroles du peuple à D.ieu » et D.ieu ordonna d’éloigner le peuple de la montagne. Le 4 Sivan, D.ieu ordonne à Moïse : « Va vers le peuple et sanctifie les ». Il dit au peuple : « Soyez prêts dans 3 jours ». Ce fut le 3ème jour. D.ieu descendit sur le Mont Sinaï. Le 6 Sivan, la Torah fut donnée à Israël. D’après Rabbi Yossi, il s’agirait du 7 Sivan. Cependant tous conviennent que ce fut un Chabbat. Le commandement de ne pas adorer d’idole nous renvoie à la tendance que nous avons de vouloir échapper à D.ieu en déifiant nos désirs et notre propre personne. Nous limitons notre sens de la réalité à ce que nous pouvons voir. Il n’y a pas de place pour la progression spirituelle dans une religion idolâtre. Il n’y a de place que pour l’ego et le désir. Si nous observons attentivement le second commandement : « N’aie aucun autre dieu devant Moi » nous briserons chaque barrière que l’ego a pu ériger en nous – tout au moins celles qui existent en nous aujourd’hui. Nous ne pouvons servir aucune autre force, ni supporter aucun obstacle dans notre quête de D.ieu.

Le jour de Chavouôt s’est exprimé le plus grand amour qui ait existé, celui de D.ieu et de Son peuple, à qui Il donna un baiser pour l’éternité… La première bénédiction, qui précède la lecture du Chema, le matin (Cha’hrit) et le soir (Arvit), concerne la création de l’univers et des astres (Yotser or, yotser haméorot le matin, Maariv aravim le soir). La deuxième bénédiction a pour thème central la Torah, que D.ieu a transmise au peuple juif. Il y est essentiel-lement question de l’amour inconditionnel que D.ieu porte à son peuple, amour qui s’est manifesté de façon éclatante à travers la Torah que nous avons reçu au Mont Sinaï. Et cet amour trouve son point d’orgue le jour du don de la Torah (Matan Torah), c’est-à-dire à Chavouoth. Les premiers mots de cette seconde bénédiction sont: «Tu nous portes un amour éternel» et les derniers : «Béni sois-Tu D.ieu qui aime Son peuple Israël.»

A ce sujet, dans «Les devoirs des cœurs» (Chaar habé’hina chap. 5), Rabbénou Bahya développe les différents aspects de la bonté infinie de D.ieu envers ses créatures, et c’est en prenant conscience de l’ampleur de ces bienfaits, que celui qui cherche honnêtement la vérité sera amené à la conclusion logique que son but doit être de faire la volonté de son Bienfaiteur, ne serait-ce que par reconnaissance. Rabbénou Bahya conclut ainsi: «Le plus grand des bienfaits que D.ieu ait accordé à l’homme, et qui est également une preuve éclatante de son existence, est sans aucun doute la Torah qu’il nous a transmise par l’intermédiaire de Moïse, Son prophète. Ainsi, les miracles qu’il a provoqué renversement des lois de la nature, nous permettent d’acquérir une foi véritable en Lui, par qui ces miracles se sont produits.»

Quiconque a soif de vérité et possède un esprit logique comprend que l’homme ne peut atteindre le bonheur, ni même la sérénité sans comprendre les raisons de son existence sur terre pour trouver un sens à sa vie. Si D.ieu ne nous avait pas dévoilé le sens de la création dans la Torah, nous aurions dû nous lancer dans une recherche longue et difficile pour percer ces secrets, tout comme l’a fait notre ancêtre Avraham, avant la révélation au Mont Sinaï. Pour celui qui a réfléchi à la condition humaine, la reconnaissance envers D.ieu doit être sans borne, Lui qui nous a livré tous les éléments de réponse en nous accordant la Torah.

Un verset dans la Torah nous montre à quel point l’homme ne peut vivre sans explication sur sa propre existence: « Car cette loi que Je t’impose en ce jour, elle n’est ni trop ardue pour toi, ni placée trop loin. Elle n’est pas dans le ciel pour que tu dises: ‘Qui montera pour nous au ciel, nous l’ira quérir et nous la fera entendre pour que nous l’observions?’ Elle n’est pas non plus au-delà de l’océan pour que tu dises: ‘Qui traverseras pour nous l’océan et nous l’ira quérir et nous la fera entendre afin que l’observions.’ Non, la chose est tout près de toi, tu l’as dans la bouche et dans le cœur pour pouvoir l’observer ! » (Deut . 30 11-14).
Un commentaire du Rav Avdimi (Talmud Erouvin 55a) nous dit : «Il est sous-entendu qu’effectivement, si la Torah se trouvait au ciel ou de l’autre côté de la mer, il serait du devoir de l’homme d’aller la chercher, pour trouver le sens de sa vie !» Est-il concevable que notre monde, aujourd’hui infiniment plus sophistiqué que la plus complexe des machines nous ait été livré sans précision sur ce à quoi il est destiné et sans mode d’emploi ? En prenant conscience de cette réalité, il doit naître en nous une reconnaissance sans borne envers notre Créateur, qui, grâce à Sa Torah, permet de comprendre le fonctionnement et l’utilité du monde.» C’est une joie permanente que doit susciter en nous le fait de détenir la Torah, véritable mode d’emploi de l’univers.

«Tu aimeras l’Eternel ton D.ieu de tout ton cœur, de toute ton âme, et de tout ton pouvoir» (Début du Chema, Deutéronome 6 5). Le Sifri pose la question : «Comment parvenir à accomplir cet ordre? Comment aimer D.ieu concrè-tement? Est il possible de «forcer» des sentiments? Le verset suivant nous donne la réponse: « Ces paroles que Je te transmets aujourd’hui seront gravées dans ton cœur » (Deutéronome 6 6). «Ces paroles», cela signifie la Torah, car c’est en étudiant la Torah qu’elle se grave dans le cœur et c’est par sa découverte et son étude que des sentiments réciproques pourront naître en nous. Un verset du Cantique des Cantiques présente à ce sujet une approche métaphorique et puissante. «Qu’il me prodigue les baisers de sa bouche» (1, 2). Nos maîtres comprennent ce verset comme se rapportant à la révélation au Mont Sinaï, véritable baiser de D.ieu (Midrach Chir hachirim rabba chap. 1).Et c’est seulement par l’étude que nous pourront rendre à D.ieu son baiser, et éveiller notre amour pour Lui.

Le Rav Salomon conclut par une remarque. Dans le texte des prières, la fête de Chavouôt est appelée: l’anniversaire du don de la Torah (zman matan torateinou). C’est que l’essence même de notre joie est la prise de conscience de notre privilège immense : celui de jouir de la marque d’amour la plus extraordinaire venant du Créateur, le don de la Torah. C’est cette joie qui a vu le jour à Chavouôt, que nous exprimons quotidiennement, soir et matin, dans nos prières qui exaltent D.ieu, ‘qui aime Son peuple Israël’».

Chaque mitsva négative étant en parallèle avec un jour de l’année solaire, chaque jour nous présente de nouveaux défis. Nous pouvons y échapper en redéfinissant la loi juive, ou bien nous pouvons nous redéfinir nous-même, en rejetant chaque tentation qui s’offre à nous. Les deux premiers commandements sont comparés aux baisers de l’amant que le Roi Salomon décrit dans « Le Cantique des Cantiques » dont il est question plus haut. Le premier est le baiser de la connexion, le second est le baiser de l’exclusivité.

      Moïse brise les premières Tables de la Loi après qu’il ait vu que le peuple faisait un veau d’or

LE VEAU D’OR

La plupart de ceux de nos penseurs traditionnels qui se sont penchés sur l’épisode du veau d’or, ont proposé des explications qui, sans exonérer bien entendu les enfants d’Israël de leur culpabilité, les font bénéficier de circonstances largement atténuantes.

Si en effet on avait dû les juger selon les apparences, il aurait fallu leur imputer le péché très grave d’idolâtrie, et donc s’étonner de la relative mansuétude de Hachem qui ne les a pas condamnés aussi sévèrement qu’ils l’auraient mérité.

En fait, comme l’expliquent Ibn Ezra, Abarbanel et d’autres auteurs, les enfants d’Israël ont craint que Moïse ne descende plus jamais du mont Sinaï, et ils ont créé à sa place une image certes interdite, mais qui ne reniait pas Hachem en tant que divinité qui les avait libérés d’Egypte.

Il convient également de rappeler que, selon le texte biblique ( Chemoth 32, 28), le nombre des admirateurs du veau d’or n’a été que d’environ trois mille individus.

On peut dire, avec Ibn Ezra, que le but des créateurs du veau d’or ne tendait qu’au remplacement de Moïse par un intermédiaire entre Hachem et les hommes, ce qu’interdit la Tora ainsi que l’explique ce commenteur ad Chemoth 20, 20.

Les enfants d’Israël se sont situés au Mont Sinaï, explique rav Dessler, à un niveau spirituel extrêmement élevé, puisqu’il leur a valu de mériter la révélation de la Chekhina . Hachem dirigeait leur destin par des miracles apparents. Mais lorsqu’ils ont commencé de douter du retour de Moïse, ils ont cru qu’ils ne parviendraient plus à se maintenir à un tel niveau. Privés de l’aide divine qui leur parvenait par son intermédiaire, ils se sont persuadés qu’ils étaient en danger de tomber entre les mains du yétser hara’ . Ils se sont convaincus que, s’ils succombaient une seule fois, il n’existerait aucune limite à la profondeur de leur chute. C’est pourquoi ils ont décidé de régresser à un niveau d’existence plus naturel, de manière à apprendre à découvrir la présence de Hachem dans la nature elle-même.

Celui dont la véritable madréga se situe au niveau de la nature, poursuit rav Dessler, peut légitimement découvrir la plénitude spirituelle en reconnaissant Hachem à l’intérieur du domaine de celle-ci. C’est ainsi que dans l’épisode des « serpents brûlants » ( Bamidbar 21, 6), Celui-ci a ordonné explicitement que l’on confectionne une imitation d’un de ces reptiles et qu’on la fixe à une perche, « afin que les enfants d’Israël dirigent leurs regards vers le Ciel et qu’ils soumettent leurs coeurs à leur Père dans les Cieux » ( Michna Roch Hachana 3, 8). Il s’agissait pour eux de s’imprégner de l’idée que les malheurs causés par les serpents venimeux étaient venus, eux aussi, sur l’ordre divin. Il est sûr que nous sommes loin, ici, de l’idolâtrie. Il n’est pas interdit, selon la Halakha , de réaliser la forme d’un serpent, ou celle d’un veau, dès lors que ce n’est pas à des fins d’adoration. Les seules images qu’il est interdit d’élaborer sous aucun prétexte sont celles représentant une forme humaine, ou les quatre ‘hayoth du Chariot divin (Ezéchiel 1, 10) : l’homme, le lion, le boeuf et l’aigle présentés ensemble ( ‘Avoda Zara 43b ; Choul’han ‘Aroukh , Yoré Dé‘a 141, 4). Jacques Kohn Techouvot.com

 

UN ENGAGEMENT DE L’HOMME AVEC LE CREATEUR

Le fait que la Torah nous ait été donnée en plein désert met non seulement en valeur le caractère universel de la Torah qui transcende toute idée de lieu et de temps, mais toute personne qui désire sincèrement et profondément prendre cette Loi sur elle le peut sans aucun problème. Ce n’est qu’unis et renforcés par ces lois de la Torah que nous pouvons concrétiser et assumer notre identité du « peuple Israël » sur une terre commune, la Terre d’Israël.
L’engagement que nous prenons à Chavouôt de respecter la Torah pour assumer notre identité est comme un contrat qui nous lie à D.ieu. Tout se passe comme si la période de Pessah et de l’Omer était vécue comme des fiançailles dont le couronnement serait le mariage entre Dieu et l’assemblée d’Israël, au Mont Sinaï.

De même que des fiancés acceptent de respecter un contrat qui les unit mutuellement, le peuple d’Israël a alors accepté la Torah en déclarant « Naassé vénichma » que nous pouvons traduire et vivre de trois manières : « Observons-la et ensuite essayons de la comprendre », « observons-la, ce qui nous permettra de la comprendre », ou encore « observons-la et en même temps (au fur et à mesure) essayons de la comprendre ». Quoi qu’il en soit, il ne s’agit pas pour nous de réduire la Torah à une pratique rituelle, en faisant des gestes dont on ne comprend pas le sens. Tout doit être basé sur la recherche constante d’une compréhension plus approfondie de nos lois.

LE DON DES 10 PAROLES

Chavouôt vient donc célébrer la promulgation de la Loi au Mont Sinaï, avec la transmission des Tables comportant les dix paroles qu’Hachem a données par la bouche de Moïse. Mais contrairement aux autres peuples qui ont conquis un territoire, puis adopté des lois sociales leur permettant de cohabiter, le peuple hébreu a choisi de suivre ces prescriptions à la lettre et de se doter de principes moraux et spirituels qui transcendent le temps et l’espace, donnant ainsi un sens profond à leur vie. « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » – Levitique 19 – Peut-être ce commandement pourrait-il être la source des 248 commandements positifs. (Mais cela n’engage que moi).

Cette mitsva, l’une des plus connues, mais aussi l’une des mitsvote les plus importantes, puisqu’elle nous relie les uns aux autres par l’amour, n’est pas l’apanage du monde chrétien. Hélas, depuis des siècles, son antisémitisme a réussi à faire croire au monde que cela n’est pas écrit dans la Torah, mais dans le texte nouveau de sa religion, en ajoutant que les Juifs n’avaient que la crainte, la lettre et pas l’esprit et qu’ils avaient tué leur prophète et D.ieu lui-même. Infamies dont on n’arrive pas à comprendre comment ces millions d’individus religieux sont parvenus ainsi à mentir sur la parole de D.ieu elle-même et à tuer Son peuple. C’est pourtant la vérité historique, si contraire à ce qu’elle prétend être, une religion d’amour. Elle fut une religion de massacres du peuple de D.ieu. Il en reste une civilisation occidentale qui, encore de nos jours, s’allie aux ennemis du peuple juif, car même si elle en a perdu la théologie, elle a gardé cet antisémitisme viscéral.

Dans ce contexte, il faut savoir que l’essentiel est « ahava », amour. En hébreu, ce mot est constitué de lettres qui sont tout un enseignement. En effet, l’obligation de répéter chaque jour le « chéma Yisraël » nous montre bien que l’amour est le centre de la Torah. Dans ce Chémâ, le mot Un (é’had) a la guématria 13, comme « ahava » (amour) et ce mot « é’had » y est entouré du mot « ahava » avant et après ce verset ; il y a donc là un enseignement sur la primauté absolue de l’amour dans le message de la Torah. La plénitude des 10 paroles divines reçues constitue notre enjeu de l’unité et se joue particulièrement dans l’aventure du « deux ». Le Un divin est amour et, à notre niveau, toute unité doit être soumise au 2 de l’amour. C’est ce que veulent nous signifier nos Sages quand il nous font remarquer qu’il est dit dans Chir haChirim (Cantique des Cantiques) : ‘ il m’embrassera des baisers de sa bouche’. La fin du psaume 62 (verset 13) qui dit : « et à Toi Adonoute est la bonté » le confirme.

Au début de l’ère chrétienne, Hillel, avec son collègue Chamaï constituaient la toute dernière des «Zougot » (paires), et sans doute la plus célèbre de la transmission de la Torah depuis Moché rabbénou. Après avoir essuyé un refus auprès de Chamaï, un étranger vint un jour se présenter devant son collègue Hillel en lui demandant qu’il le convertisse, à la condition qu’il lui apprenne toute la Torah pendant qu’il se tiendrait sur un pied. Celui-ci accepta de lui donner des cours pour et lui dit « Ce qui est haïssable à tes yeux, ne le fais pas à ton prochain », (Talmud de Babylone, Shabbat 31a) voici toute la Torah et le reste n’est que commentaire de ce passage. Va et étudie ! » En citant le commandement ainsi exprimé comme rappel de l’amour dont il est question ici, qui est également un comportement (ne fais pas…), le texte donne l’indication d’une limite dans les comportements possibles à l’égard de l’autre.

Au second siècle de notre ère, le grand rabbi Aqiba considérait le comman-dement d’amour du prochain comme le « grand principe » ou « principe universel » exprimant la totalité de la Torah (Talmud de Jérusalem, Nedarim 9, 4). A sa suite, on a pu dire que les 613 commandements dépendent directement de celui-ci. Maïmonide (12ème siècle) prend positivement la formule d’Hillel qui devient : « Fais aux autres ce que tu voudrais qu’ils te fassent », que des commentateurs ont repris ainsi : « que le bien d’autrui te soit aussi précieux que le tien », ce qui peut être entendu comme l’expression d‘un infini respect des biens, non seulement matériels, mais aussi intellectuels et spirituels d’autrui et donc comme la source du pluralisme juif. Au 16ème siècle, les maîtres de la Kabbale, établis à Safed en Galilée, firent précéder chaque prière de ce préambule : « Me voici prêt et disposé à accomplir ce commandement : Aime ton prochain comme toi même».

Le Baal Chem Tov, fondateur du Hassidisme au 18ème siècle disait : « J’aspire à pouvoir aimer les personnes les plus pieuses autant que D.ieu aime les plus impies. » L’humour signale enfin qu’il est assez facile d’aimer « le monde entier », plus facile en tous cas que d’« aimer ton prochain », qui est à la fois unique et proche ! Il y a des efforts à déployer pour « aimer » un éventuel concurrent, un rival potentiel, celui qui est trop « comme moi-même » !

LA VEILLEE DE CHAVOUÔT

Le Midrach nous enseigne que les enfants d’Israël s’endormirent la nuit qui précéda le don des Dix Paroles, et Hachem les réveilla au son du chofar et du tonnerre. Ainsi en restant éveillé toute la nuit de Chavouôt, chacun, dans chaque génération, fait réparation de la faute des pères. C’est pourquoi cette nuit nous lisons le « Tikoun leil Chavouôt, » littéralement  » (Réparation de la nuit de Chavouôt), les textes qui sont des extraits de la Torah, des Prophètes, des Hagiographes, de la Michna, du Zohar, ainsi que la liste des 613 mitsvote. Mais l’essentiel est d’étudier la Torah. Le Ari Zal dit que celui qui étudie la Torah toute la nuit de Chavouôt et ne dort pas toute cette nuit, est sûr de terminer l’année.

Ceux qui veulent étudier en français prennent le Sefer Ha’hinouch (livre des 613 mitsvote). La Meguila de Ruth est également lue ce soir-là. On peut y ajouter les chapitres 19 et 20 de l’Exode. Que peut signifier le Midrach lorsqu’il parle de l’endormissement des enfants d’Israël ? L’un des sens de ce texte est qu’il existe une situation de sommeil par rapport à la Torah. Au plan symbolique, ce sommeil peut traduire une paresse face à l’étude : faire passer d’abord son bien être physique ou matériel par exemple. Les sages avaient conscience de cette réalité, c’est pourquoi dans les Pirke Avot (Chapitres des Pères), que nous lisons justement entre Pessah et Chavouôt, de nombreux enseignements ont trait au limoud Torah.

Chaque année, la Torah est proposée à l’être collectif d’Israël, chaque jour elle est offerte à l’individu. Avant de la recevoir, nous sommes toujours dans un état de sommeil. Ce qui nous pousse à l’accepter, à l’étudier, à l’introduire dans notre pensée et de notre vie, c’est la voix du Sinaï émanant de notre Créateur. Voilà l’urgence : devenir des êtres nouveaux. Il n’existe pas d’autre salaire que celui d’être en marche vers soi-même, parachevant par cette acceptation les « six jours du commencement ». Nous comprenons qu’Hachem soit pressé, car Il attend notre bonheur.

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Consommation de mets lactés

Les raisons pour lesquelles la tradition a retenu la préparation et la consommation de mets lactés pour Chavouôt, “Halavi” sont multiples. Le Mont Sinaï où fut donné la Torah est appelé dans le Psaume 68 Mont Gavnounim, dans lequel on reconnaît le mot « guevina » (fromage). Ces plats lactés seront consommés avec du pain, et l’on consomme ensuite de la viande, avec du pain également. On retrouve ici le souvenir des deux pains qui accompagnaient le sacrifice apporté au Temple ce jour-là. Les mots « Moché rabbénou » (Moïse notre maître) est égale à 613, comme les 613 commandements. Avec la Torah, les Juifs reçurent les lois concernant l’abattage rituel. Ils ne pouvaient plus utiliser leur vaisselle qui avaient servi à de la viande non abattue rituellement et ne pouvaient pas la cachériser le jour même de la fête car c’était Chabbat.

En attendant de pouvoir se conformer aux règles de “Cacherout” qui prônent la séparation des mets lactés de ceux carnés, les Hébreux se contentèrent donc de nourriture lactée. Les maisonnées juives depuis lors se délectent de gâteaux au fromage blanc pour les Ashkénazes et de couscous au beurre pour les Séfarades d’Algérie… En effet, il est d’usage, le matin de Chavouôt de consommer un repas lacté, précédant le repas de viande usuel aux jours de fête. Mais c’est en toute humilité (et en état de pauvreté du savoir) de l’étude de la Torah, en délaissant sa grandeur (éventuelle !), en acceptant ce don de la Sagesse divine comme un bienfait et en s’attelant à son étude et à sa pratique tout en ressentant la vitalité qu’il nous apporte que l’on doit s’approcher de la Torah.

La Torah est comparée au lait : « Comme le miel et le lait, [la Torah] coule sous ta langue » (Cantique des Cantiques 4:11). De même que le lait a la capacité de subvenir totalement aux besoins nutritifs du nourrisson, la Torah procure toute la « nourriture spirituelle » nécessaire à l’âme humaine. De plus, la guematria (valeur numérique) du mot hébreu pour lait, ‘halav, est de 40. Celle-ci a également une signification plus profonde en ce sens qu’il y eut 40 générations depuis Moïse, qui consigna la Torah Ecrite, jusqu’à la génération de Ravina et Rav Achi qui rédigèrent la version finale de la Torah Orale, le Talmud. (Moïse passa 40 jours supplémentaires sur le Mont Sinaï, à prier pour le pardon de la faute du Veau d’Or,) puis une nouvelle période de 40 jours avant de revenir avec de nouvelles tables de la loi en pierre. De plus, le Talmud commence avec la lettre mèm – guematria 40 s’achève également avec un mèm.

Selon le Zohar, chacun des 365 jours de l’année correspond spécifiquement à l’un des 365 commandements négatifs de la Torah. La mitsva qui correspond au jour de Chavouôt est la suivante, comme le dit la Torah : « Apportez des Bikourim (premiers fruits) au Saint Temple de D.ieu ; tu ne feras pas cuire un chevreau dans le lait de sa mère » (Exode 34:26). Comme le premier jour pour apporter des Bikourim est Chavouôt (la Torah appelle Chavouôt « la fête des Bikourim »), la seconde moitié de ce verset 6 au sujet du lait et de la viande (6 est le commandement négatif qui correspond au jour de Chavouôt). Ainsi lors de cette fête, nous prenons deux repas, un avec des laitages et l’autre avec de la viande, en prenant bien soin de ne pas les mélanger.

On ne doit pas utiliser le même pain pour les deux repas, de peur que le pain soit entré en contact avec un plat de viande. En prenant deux repas différents – l’un lacté et l’autre carné – nous avons deux pains, ce qui correspond à l’offrande particulière des « Deux Pains » qui était apportée au Temple à Chavouot.

Le Mont Sinaï porte également le nom de Har Gavnounim, la montagne aux pics majestueux. Le mot hébreu pour fromage est guevina, qui s’apparente sur le plan étymologique à Har Gavnounim.

De plus, la guematria de guevina (fromage) est de 70, ce qui correspond aux « 70 facettes de la Torah ». Quand Moïse, 3 mois après sa naissance le septième jour du mois d’Adar fut déposé sur le Nil (le 6 Sivan) et sauvé par la fille de Pharaon qui l’adopta, un problème se posa immédiatement : quelle nourriture donner au bébé ? A cette époque, lorsque la mère biologique n’était pas disponible, on devait faire appel aux services d’une nourrice. Mais Moïse refusait d’être nourri par toute femme égyptienne.

Le Talmud explique que sa bouche devait rester absolument pure, étant donné qu’un jour, elle communiquerait directement avec D.ieu. C’est pourquoi celui qui proclamera les paroles saintes de la Torah refusa le lait d’une nourrice égyptienne. Finalement, la fille de Pharaon trouva la seule femme dont Moïse accepta le lait : Yokheved, sa mère biologique. Ainsi Moïse, le futur grand guide du peuple juif fut nourri, élevé et formé, juste sous le nez de Pharaon, dans sa propre maison, à ses propres frais ! De plus, la mère de Moïse reçut un salaire pour nourrir son propre enfant ! La consommation de plats lactés à Chavouôt commémore donc également ces circonstances survenues dans l’enfance de Moïse.

QUELQUES REMARQUES & PENSEES SUR CHAVOUÔT

Meguila Ruth

Ruth, descendante de Loth, (le neveu de Moïse) est une princesse moabite qui s’est convertie au judaïsme au 10ème siècle avant l’ère commune. Elle se maria avec Boaz, représente un modèle d’acceptation de la Torah et sans elle l’histoire juive n’aurait pas de continuité. Ruth est la personne en quête de Torah par excellence, que l’on dresse devant nous comme le modèle éclatant de la bonne façon d’accepter la Torah. Si nous pouvions apprendre à lui ressembler dans notre acceptation personnelle de la Torah (l’acte du Service divin qui est l’essence même de Chavouôt), nous réussirions à absorber l’intégralité de l’élévation spirituelle que D.ieu nous offre à l’occasion de cette fête. Elle faisait preuve d’un tel amour et d’un tel souci pour le devenir d’une autre personne (en l’occurrence sa belle-mère) qu’elle est considérée comme le modèle parfait sur lequel nous devons calquer notre propre acceptation de la Torah.

Tous les êtres humains ont l’obligation de respecter les 7 lois noa’hides – ainsi nommées parce qu’elles furent données après le déluge – de même que Ruth l’avait dès sa naissance, en tant que moabite. Si on ajoute ces 7 commandements à la valeur de son nom, on obtient 613, le nombre de commandements de la Torah. L’un des 613 commandements est d’aimer D.ieu. Elle était en quête de la vérité et de la bonne manière de vivre et par-dessus tout, elle voulait s’attacher à D.ieu avec fidélité et se connecter ainsi à la Source de toute vie et de tout être. Elle ne pouvait le faire qu’en s’attachant à une personne déjà proche de D.ieu. Elle a donc suivi sa belle- mère Naomi, plutôt qu’une vérité abstraite.

Le choix de Ruth à Chavouôt est d’abord justifié par le fait qu’une partie du récit se déroule en Israël, durant la moisson des blés, qui est justement la période dans laquelle tombe Chavouôt. Dans cette méguila, nous apprenons que David descend de Ruth la Moabite. Ainsi la plus noble famille en Israël, la dynastie royale de David, est issue de souche païenne! Or la Torah nous enseigne: « Un Ammonite ou un Moabite n’entrera pas dans la Communauté de l’Éternel » (Deutéronome, 23,4). Selon l’interprétation littérale de ce texte, l’accès au Judaïsme aurait donc été interdit à Ruth. Par conséquent un descendant d’une Moabite, devenue juive à l’encontre de cette loi n’aurait jamais pu revêtir la dignité royale. Mais la Loi orale précise que seule la conversion des hommes moabites et ammonites est interdite. Ruth pouvait donc devenir juive et donner naissance à la maison royale de David. L’existence d’un juif issu de cette souche est donc une preuve de plus de l’authenticité et de la véracité de la Loi Orale. Porter atteinte à celle-ci aurait eu pour conséquence l’impossibilité pour les descendants de Ruth d’occuper le trône. L’histoire de Ruth lue à Chavouôt, fête de la Promulgation de la Torah, est un symbole vivant à travers les siècles de l’importance capitale de la Loi Orale. Le Livre de Ruth fait partie des cinq rouleaux ou méguilote, qui se trouvent dans les Hagiographes ou Kétouvim. On lit aussi Michlé ou Proverbes.

Anniversaire de la mort du Roi David

Chavouôt est aussi l’anniversaire de la mort du roi David, qui naquit à Beth- Lehem en 2854 après la création du monde. Il appartenait à la dixième géné- ration de Juda, fils de Yaakov. Un de ses ancêtres fut Nahchon, fils d’Aminadav, qui se distingua lors de la traversée de la Mer Rouge lorsque celle-ci refusa de se fendre. Nahchon fut le premier à apporter des offrandes au Michkan lorsque celui-ci fut installé dans le désert un an après la traversée de la Mer Rouge. L’arrière grand-père de David, Boaz, était juge et possédait une grande fortune. Sa générosité était célèbre. Cette noble tradition fut maintenue par la famille de Ichaï, le père de David, qui était le président du Sanhédrin. Les qualités insignes de cette dynastie étaient l’érudition, la piété, la gentillesse et la générosité.
Dans la Bible il n’est nulle part mentionné le fait que Chavouôt soit la fête de la Promulgation de la Loi. C’est la Loi orale, appelée  » Torah ché-beal pè « , qui le porte à notre connaissance. Chavouôt nous fournit par ailleurs une autre preuve de l’importance de cette dernière. Le second jour de Chavouôt, nous lisons l’histoire de la généalogie du roi David. jour anniversaire de sa naissance ( le livre de Ruth fait partie des 5 rouleaux (ou méguilote) qui se trouvent dans les Hagiographes, ou « Ketouvim ». La Meguilat Ruth est lue à Chavouôt (on lit aussi Michlé ou Proverbes.

Chavouôt est aussi la fête du patriarche Jacob

Selon le Traité des Pères (1,2) notre monde repose sur trois piliers:  » Torah, Avodah, Guemilout ‘Hassadim » (l’étude, le Culte divin, la Charité), représentés par nos trois patriarches : la  » Guemilout ‘Hassadim », (l’altruisme, l’amour du prochain,) trouve toute son expression dans le caractère d’Abraham. Malgré la chaleur torride et le fait qu’il soit malade, (il en était au 3ème jour de la circoncision), il attend les voyageurs inconnus pour remplir envers eux les devoirs de l’hospitalité. Le sacrifice d’Isaac, c’est la  » Avodah « ; c’est le dévouement pour D.ieu qu’Isaac a manifesté par son sacrifice volontaire; il restera toujours un exemple incomparable de l’homme au service de son D.ieu. Enfin, d’après la tradition, Jacob « assis dans les tentes » dans le chemin qui sépare- Beérchèva de ‘Haran, a voué 14 années de sa vie à l’étude exclusive de la Torah auprès de Sem et Eber. Il représente la  » Torah « .

Ainsi Pessa’h tire son nom de l’agneau pascal (allusion à Isaac). Chavouôt, la fête de la Torah se rattache à Jacob. Enfin, Souccot se rapporte à Abraham. On pourrait objecter qu’Isaac n’était pas le fils unique d’Abraham et qu’il y avait aussi Ismaël et les fils de Ketoura. Par ailleurs, Isaac était aussi le père d’Esaü, or, c’est uniquement Jacob qui est l’héritier spirituel de la maison d’Abraham. Si Pessah et Souccot, (fêtes qui rappellent Isaac et Abraham) ont à côté de leur jours fériés aussi le ‘Hol Hamoed, (demi-fête) c’est une allusion à ceux de leurs descendants dont le caractère n’était pas empreint de sainteté. Par contre, Chavouôt, la fête de Jacob, ne connaît pas de ‘Hol Hamoed, (demi-fête) car Jacob a transmis son héritage spirituel à tous ses enfants sans exception.
Symbolique de Chavouôt

Nous savons que le tabernacle et plus tard le Temple sont perçus par les Rabbins comme des compromis de Dieu envers les hommes qui, d’une façon ou d’une autre, cherchent à se représenter le divin. Mais au moment de Chavouôt, un tel compromis est impossible. La fête de la révélation ne peut pas se compromettre en cédant à la pression des besoins humains. Le refus du compromis et le refus de toutes formes de simplification, c’est aussi cela la symbolique de Chavouôt. Pour comprendre la nature profonde du problème du fonctionnement psycho-logique des membres de la communauté juive (à savoir : pourquoi si peu de fidèles se retrouvent à la synagogue pour fêter Chavouôt) nous porterons un regard positif, bien que sans doute quelque peu naïf sur la question. Il semble que ce manque de participation n’est finalement que l’expression d’une compréhension profonde – bien que probablement inconsciente – du sens de D.ieu et de la Révélation. Le Créateur étant présent partout et à tout moment et la Révélation étant, elle aussi, continuelle, en quoi la journée de Chavouôt est-elle nécessaire ? Comment et surtout pourquoi marquer, à l’aide d’une fête spéciale, un concept qui dépasse le cadre d’une limite temporelle et géographique ? Si D.ieu est D.ieu, et si la Révélation a lieu en tout lieu et à tout moment – et non seulement sur le mont Sinaï il y a plusieurs milliers d’années – quel besoin avons-nous de nous réunir à la synagogue pour Chavouôt ? Voilà, semble-t-il, les éléments qui font que cette fête n’est que peu observée dans l’ensemble du monde Juif.

Ouvrons la porte sur une autre dimension de cette fête donnant lieu à une autre interprétation. Et si Chavouôt n’était qu’une autre forme de compromis entre Dieu et les hommes ? Un compromis non pas palpable physiquement – comme le tabernacle, le Temple et les sacrifices – mais un compromis dans le temps, dans la dimension temporelle ? L’homme, nous ne le savons que trop bien, ne peut pas vivre dans l’abstraction pure. Même lorsqu’il s’agit de Dieu, notre esprit demande une forme de conceptualisation, une forme de représentation, quelque chose de tangible que nous puissions appréhender. Refusant l’objet de représentation physique, la tradition juive a peut-être opté pour une représentation dans le temps qui, une fois dans l’année, nous permet de focaliser nos esprits sur la nature de D.ieu, de sa Révélation et de sa Loi.

CHAVOUÔT, UN AUTRE SENS DE LA LIBERTE

Rabbi Yehochoua ben Lévi a dit « Seul est libre celui qui fait son occupation de la Torah. Grâce à la Torah, les Enfants d’Israël sont des hommes libres « . Il semblerait à première vue que celui qui accepte le joug de la Torah, qui se soumet aux commandements et aux interdits émanant d’une source extérieure à lui-même, abdique sa propre liberté, sa propre indépendance. On pourrait croire que dès lors qu’un homme accepte d’être assujetti aux volontés émanant d’une source étrangère à lui même, il ne saurait y avoir de place pour une affirmation de soi, pour une expression personnelle. Mais il n’en est rien et si nous tenons compte du fait que l’homme est par nature un être social, ayant besoin (de façon innée ou autrement) d’un état social afin d’échapper à un intolérable état de nature, nous serons amenés à conclure qu’il ne peut jamais être véritablement indépendant, entièrement libre d’agir comme il l’entend. Ce seront en effet tantôt les impératifs de sa foi, tantôt les lois de son souverain, qui lui imposeront certaines limitations.

Fondamentalement, une révolution signifierait simplement un changement de gouvernement ou de souverain, éventuellement de lois ; mais en vérité ce ne serait rien qu’une substitution, non un changement absolu dans l’état de l’homme. Celui-ci est soumis, tout au long de sa vie, à son Yétzère (inclination au mal) et à son Yotzère (le Créateur). Afin de concilier ce fait empirique avec son idéal de liberté et d’individualité, chacun devra délibérément et par un choix motivé par le désir d’en faire partie, se faire une obligation d’accepter les règles de ce code. Contrairement à l’esclave, c’est le privilège de l’homme libre de choisir le groupe ou ordre auquel il désire s’identifier. Mais, une fois le choix fait, il sera lié par les règles du groupe qu’il a choisi. Techniquement parlant, il sera contraint, mais non asservi ; sujet à des restrictions, mais libre de changer.
Ainsi pouvons nous faire cette distinction : Soumission par la force, sans considération de manière ou de degré = esclavage. Soumission par choix, sans considération de ce à quoi ou celui à qui on est soumis = liberté. A la lumière de cette définition, l’homme est le dernier venu dans l’ordre de la création, et destiné dès le début à avoir un but unique. Afin de réaliser ce pour quoi il est sur cette terre, (son propre développement de plus en plus poussé, l’homme doit pouvoir se mouvoir selon sa propre volonté, décidant souverainement comment agir et se comporter par rapport aux directives et aux objectifs qui lui ont été révélés. L’ alternative donnée à l’homme, est, d’une part, le Yétzère du cœur de l’homme –  » méchant dès sa jeunesse  » et né avec l’homme même, et d’autre part la Torah, antidote des forces du Yétzère, principe et guide grâce auquel l’homme peut contrôler et canaliser ces forces (c’est-à-dire conquérir, utiliser et sublimer les qualités du Yétzère, ainsi qu’il est écrit :  » C’est à la vigueur des bœufs qu’on doit l’abondance de la moisson « ).

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L’alternative par laquelle l’homme peut répondre à cet esclavage (état passif) consiste à faire usage du pouvoir de choisir qui lui est donné :  » J’ai mis devant vous la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction, choisissez la vie « . Celui qui fait ce choix, qui fait son occupation de la Torah, qui accepte le code des lois Divines pour diriger son cœur, celui-là est un homme libre, qui fait usage du privilège qu’il a de choisir. Oui,  » serviteur de son Yotzère, son Créateur « , mais serviteur par choix délibéré, par désir de compter parmi les membres de ce groupe particulier. Telle est la signification de notre liberté, de notre délivrance qui commença par la promesse :  » Je vous affranchirai des travaux dont vous chargent les Egyptiens, et je vous délivrai de votre servitude ; et je vous sauverai à bras étendu et par de grands jugements « , pour atteindre son apogée avec :  » Je vous prendrai pour Mon peuple  » La Torah fut donnée seulement à Chavouôt, où nous avons accédé à la liberté, dernière phase du processus de notre libération et liberté et Torah sont ici synonymes.

Oui, être juif, c’est construire sa vie selon ce mode bien particulier dans lequel tout est Torah. Ainsi le don de la Torah parachève la formation du peuple et imprime son modèle, sa personnalité dans tous les détails de son existence. Chavouôt et le don de la Torah octroyèrent bien un sens à cette liberté, un contenu positif à l’existence du peuple juif. Nos Sages ont d’ailleurs exprimé cette idée par le biais d’un commentaire célèbre d’un verset de la Bible (3): “Et les tables (de la loi) étaient l’ouvrage de D-ieu et ces caractères, gravés sur les tables, étaient des caractères divins.” Or le terme “gravé” qui se dit, en hébreu, “harout” peut se lire également “hérout”, la liberté. (Talmud Erouvin 54a) Le Talmud affirme: “Ne lis point ‘harout mais plutôt ‘hérout, car n’est vraiment libre que celui qui se consacre à la Torah.” La promulgation de la Torah sur le mont Sinaï il y a plus de 3 300 ans représente un événement unique dans l’Histoire. Avant tout, il s’agit là d’un acte par lequel D.ieu “descend” des hauteurs célestes vers le monde ici-bas. Jusqu’alors, l’abîme infini entre l’homme et D.ieu paraissait infranchissable.

Cependant, si le don de la Torah présente ce caractère d’événement historique singulier dans lequel le Divin joue un rôle décisif, en revanche l’acceptation de la Torah constitue un processus de longue durée dans lequel l’homme détient une place centrale. Recevoir la Torah ne consiste pas à en écouter le message de manière passive, mais il consiste en un engagement personnel à vivre pleinement selon ses principes et à en respecter les commandements chaque jour de notre vie. Pour que la Torah puisse nous être donnée, il nous faut d’une part faire preuve de la même disposition d’esprit que les Hébreux sur le mont Sinaï lorsqu’ils prononcèrent le fameux « Naassé vénichma » (nous ferons et nous comprendrons) Exode 24. Chaque juif reçoit la Torah selon sa propre manière et selon son propre rythme. La Torah qui un jour fut donnée sur le mont Sinaï continue à être reçue par Israël de manière personnelle, collective et nationale. Cette acceptation ne constitue pas un événement moins important, car elle donne à la Torah son caractère de Torat ‘haïm, de Torah de vie.
Quintescence de la Torah

La signification toute particulière de la Torah perd de son évidence dès lors qu’on la définit en ayant recourt à des analogies. Par exemple, quiconque cherche à limiter la Torah à un livre de lois religieuses altère la conception du judaïsme ; l’essence même de la Torah est alors occultée. La Torah se trouve ainsi amputée de l’une de ses caractéristiques fondamentale, celle de constituer une entité spécifique qui se suffit à sa propre définition. Le terme Torah ne devrait donc être utilisé dans aucun autre contexte que celui de la Torah elle-même. Les religions présentent en général un cadre d’idées et de pratiques ayant pour but de régler une partie de l’existence, celle qui a trait au service de Dieu. Mais le judaïsme tel que la Torah le reflète ne peut être confiné dans un cadre partiel. La quintessence du judaïsme réside précisément dans sa conception d’ensemble de la vie qui, à sa manière, englobe tous les détails de la vie du peuple juif.

C’est pourquoi la Torah recèle en son sein davantage que des aspects rituels qui concernent les relations entre l’homme et D.ieu, ou que des lois sociales qui régissent les rapports entre l’homme et son prochain. C’est aussi un livre d’Histoire, de poésies, de morale ou de prophéties, où les directives les plus solidement arrêtées peuvent côtoyer des hésitations, voire des interrogations, toutes ces composantes se conjuguant pour ne former qu’une seule entité.
Ceux qui veulent à tout prix faire entrer la Torah dans le cadre d’une religion – qu’ils la renient ou qu’ils la respectent – en détruisent l’essence pour la transformer en quelque chose de complètement différent. Ils en font une religion parmi tant d’autres. Une telle conception “emprisonne” la Torah au sein d’un domaine bien délimité; pis encore, c’est comme si on la dévitalisait complè-tement. Les Dix Paroles constituent un bon exemple de la variété des nombreux éléments qui composent la Torah et la structure de la Torah rappelle celle de la vie elle-même : impossible de la diviser en pans bien distincts les uns des autres. Tout comme l’être humain, la Torah ne peut être fragmentée. Chacune des parties de notre existence se nourrit des autres, de près ou de loin. Ainsi l’injonction de donner aux pauvres à celle “d’aimer son prochain comme soi-même”. La Torah se veut un guide et une fondation conduisant la vie du peuple dans son ensemble. Ce sont bien les deux réunis, la Torah et le peuple juif, qui constituent la quintessence du judaïsme.

AUTHENTICITE DE LA TORAH

En son sens premier, la Torah désigne le Pentateuque, dont la tradition juive attribue la rédaction à Moïse inspiré par Dieu. Le Talmud l’appellera plus tard « Torah chébiketav », la « Torah-qui-est-par-écrit ». Elle comprend des commandements (la tradition en compte 613) et de multiples récits. Mais elle forme un tout qui est la Parole divine. La Torah est proposée aux fidèles comme la seule source d’inspiration et ils doivent s’y référer continuellement : « Le livre de cette Torah ne quittera pas ta bouche, et tu la méditeras jour et nuit, afin d’observer tout ce qui est inscrit ; alors, tu réussiras dans tes entreprises, et tu feras preuve d’intelligence » (Josué, I, 8).

Le grand succès de la tradition juive réside dans la méticulosité de la transmission du texte de la Torah. Quelle que soit la page à laquelle on ouvre un livre de Torah, les Sages sont toujours en désaccord et les divergences du Talmud portent souvent sur des détails infiniment subtils. (Hillel et Chamaï, Rabbi Méri et Rabbi Yéhouda, etc…) De là vient la popularité de l’expression « chicaneries talmudiques ». Maïmonide nous dit (Michné Torah, Lois de Mamrim 1, 3) « En ce qui concerne les lois traditionnelles, il n’y a jamais eu de contro-verses. S’il y en eut, nous pouvons être sûr que la tradition ne remonte pas jusqu’à Moïse. Quand aux lois déduites au moyen des principes herméneutiques, si elles ont reçu l’approbation de tous les membres du Sanhédrin, elles étaient irrévocables. S’il y avait une divergence d’opinion parmi eux, le Sanhédrin suivait l’avis de la majorité et tranchait la loi en accord avec cette opinion. Ce principe s’appliquait également aux décrets, aux ordonnances et aux coutumes ».

L’un des principes fondamentaux du judaïsme est que la Torah orale (le Talmud) a été transmise à Moïse au Mont Sinaï. Mais imaginons que la Torah orale ne soit pas issue de Sinaï, et que quelque part, il y a quelques milliers d’années, un groupe de rabbins se soit rassemblé pour composer le Talmud et nous ait fait croire qu’il soit venu de D.ieu. Le judaïsme ne fait pas de compromis quand il est question de vérité. Nous n’acceptons même pas les plus petits détails ? Encore moins une religion entière. Un esprit critique et indépendant, ainsi que la recherche de la vérité sont dans la nature de chaque juif. Il serait tout à fait ridicule de dire que des rabbins se soient réunis et aient tout concocté, tombant d’accord sur tout, en dehors des plus infimes détails. Et il est encore plus tiré par les cheveux de croire que des rabbins aient pu se réunir et imposer une pseudo Torah orale au peuple juif tout entier ! Tout ceci encourage fortement le peuple juif à observer les paroles de la Torah orale, puisqu’elles ont été transmises fidèlement de génération en génération et la croyance en l’authenticité de la Torah figure parmi les articles fondamentaux de la foi du judaïsme.

Mise à part la prétention d’une révélation au Mont Sinaï, c’est un fait qu’aucun autre peuple n’a jamais tenté de prétendre à une révélation nationale du même ordre. Une révélation nationale – contrairement à une révélation personnelle – est un mensonge qui ne prend pas. C’est un événement bien trop énorme pour être fabriqué. La seule manière d’affirmer une telle chose est qu’elle se soit produite. Seul le judaïsme peut prétendre à une révélation nationale, puisque le peuple juif est le seul peuple dans l’histoire de l’humanité qui ait jamais expérimenté cela. De plus, il est intéressant de noter que les autres religions majeures acceptent toutes deux la révélation juive au Mont Sinaï, comme étant la clef de voûte de leur propre religion. En introduisant leur religion, ils savaient que si une révélation nationale ne peut pas être fabriquée, elle ne peut pas non plus être niée. L’auteur de la Torah peut tranquillement prédire qu’il n’y aura jamais d’autre prétention de révélation nationale au cours de l’histoire, parce que Seul D.ieu Lui-Même pouvait savoir que cela ne se produirait qu’une seule fois, au Mont Sinaï il y a plus de 3.000 ans.

La Torah est comparée à l’eau, source jaillissante qui jamais ne tarit, (indispensable à la vie juive et coule toujours vers le bas, symbole d’humilité nécessaire pour l’acquérir, elle est aussi précieuse que l’eau dans le désert et étanche la soif. Elle est également comparée à un arbre de vie qui donne son fruit, à des perles, parce qu’elle est précieuse et à de l’or parce qu’elle est pure et inaltérable. Elle a été donnée dans le désert, qui est immense. Ainsi, la Torah est infinie et seul celui qui se considère comme un désert inculte peut acquérir ses connaissances.

(Sources : site Terre d’Israël – alephbeth.net ( Rav Adin Even-Israël Steinsaltz ) Fond Social Juif Unifié – Chabbad.org – Dr Ehrmann, Rabbin Shraga Simmons, Lamed et (Trait d’Union) – Rav Dufour, Modia – sefarad.org , Rabbin David Meyer – Consistoire.org – (Pinchas H. Peli : La Tora aujourd’hui : la Bible nous parle, Desclée de Brouwer, Paris, 1988, p. 151-157 – Aharon Altabé – ) Rav Eliahou Elkaïm de la Yéchiva Daat’Haïm – Rav Avdimi – Communauté Online, David Levy – De génération en génération… être juif, Jacques Ouaknin – Le chandelier d’or, Josy Eisenberg/Adin Steinsaltz, Choul’hane Aroukh – L’essence de la Torah, Rav M. Chriqui/Dr A.G. Morali)

La Torah est source de joie…

et source de vie !

‘HAG SAMEA’H A TOUS LES JUIFS DU MONDE !

« Royal baby »: quatre millions de petits Anglais pauvres, et moi et moi et moi… Beaucoup d’Anglais sont plus préoccupés par le sort de millions d’enfants pauvres

La famille royale aimerait que la naissance de son dernier chérubin, Archie, soit mieux accueillie. Mais beaucoup d’Anglais sont bien plus préoccupés par le sort de millions d’enfants pauvres sur leur territoire. 

Au terme d’un suspense savamment entretenu par les médias à l’échelle planétaire, était enfin annoncée, le 6 mai, la naissance d’Archie Harrison Mountbatten-Windsor, « royal baby », fils de Harry et Meghan, les Duc et Duchesse de Sussex, dont le mariage le 19 mai 2018, avait défrayé la chronique en marquant un tournant manifeste pour la famille royale britannique.

Cher « royal baby »…

L’agitation médiatique est frénétique autour du « bébé royal », qui est le fruit d’une union entre une actrice hollywoodienne métisse et un descendant de l’ancienne maison des Saxe-Cobourg-Gotha (appelée maison de Windsor par la famille royale britannique pour faire oublier ses origines allemandes en 1917). Par opposition au Brexit, présenté le plus souvent sous un jour extrêmement négatif et qui n’en finit pas d’envenimer la vie politique britannique, cette naissance est censée symboliser le triomphe du multiculturalisme et du vivre-ensemble face à la tentation du repli identitaire qui guette les Etats de la « vieille Europe ». S’agissant d’une si noble cause, on ne saurait lésiner sur les moyens financiers mis à disposition pour en porter l’étendard.

En rétrospective, on sait maintenant, grâce aux tabloïds anglais, que le mariage de Meghan et Harry, financé en grande partie par l’argent des contribuables britanniques, a bien coûté 32 millions de livres sterling (ce qui inclut le coût de la robe de Meghan achetée finalement pour 500 000 dollars !). Plus récemment, une « baby shower » – cérémonie prénatale de remise de cadeaux à la future mère – organisée à New York en février 2019 par les amis de Meghan a atteint la bagatelle de 330 000 £. Les nombreux invités au rang desquels se trouvaient par exemple la championne de tennis Serena Williams et Amal, l’épouse de l’acteur George Clooney, ne sont pas repartis les mains vides mais avec un sac de cadeaux d’une valeur de 700 livres sterling !

4,5 millions d’enfants pauvres

Cette exhibition décomplexée de leur immense richesse par des membres de la famille royale peut cependant paraître indécente au regard de la situation de pauvreté de dizaines de milliers d’écoliers anglais, qui se rendent désormais chaque jour à l’école le ventre vide. Cet étalage de luxe intervient, en effet, dans un contexte où 4,5 millions d’enfants au Royaume-Uni sont tombés dans la pauvreté au fil des dernières années. Les ONG, telles que End Hunger UK ou bien la Food Foundation, tirent depuis quelques années déjà, la sonnette d’alarme concernant la réapparition de la faim ou du manque de nourriture dans les familles britanniques défavorisées. N’en déplaise aux pourfendeurs du Brexit, la paupérisation à un rythme inquiétant des classes populaires et d’une partie des classes moyennes, est une cause supplémentaire du vote des électeurs en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.

Les opposants à la monarchie, regroupés dans le groupe de pression Republic, dénoncent, quant à eux, depuis longtemps, une disproportion criante de traitement entre celui des enfants britanniques dans leur ensemble et celui réservé aux « Royals ».

« Les enfants perdus d’Angleterre »

On peut également mentionner l’attitude dévoyée – voire la faillite – des services sociaux britanniques, épinglés par les Nations unies elles-mêmes. Afin de remplir des foyers gérés par des sociétés privées au nord du pays, ces services placent de force et en toute impunité des enfants arrachés à leurs familles – la plupart venant du Grand Londres – dans ces institutions, sous les prétextes les plus fallacieux. 70 % des foyers pour mineurs appartiennent, en effet, non pas à l’Etat, mais à de grosses entreprises qui font d’énormes profits dans le cadre de ce trafic légalisé. Les foyers sont ainsi construits dans une logique économique sans tenir aucunement compte de l’intérêt des enfants et des familles.Nombre de ces enfants sombrent ensuite dans le désespoir, avant de devenir la proie de cercles qui les exploitent sexuellement. Ces cercles criminels sont parfois dirigés par des ressortissants du Pakistan ou du Bangladesh. Peu de personnes osent dénoncer ce phénomène de peur d’être taxés de discrimination. En témoignent les scandales sexuels de Rotherham, Rochdale, Telford et Oxford. Un reportage « Les enfants perdus d’Angleterre » présenté par Marina Carrère d’Encausse et diffusé sur France 5 le 16 avril dernier, rappelait à cet égard les tenants et les aboutissants de ces pratiques inouïes outre-Manche.

Autre chose en tête…

Cette succession de scandales a révulsé nombre de Britanniques qui, se sentant impuissants face à l’emprise du politiquement correct et à l’inertie de leur système, ne souhaitent plus qu’une chose : protéger véritablement les familles et les enfants ; reprendre les rênes de leur destin au plus vite ; contrôler les flux migratoires ; accélérer les expulsions de criminels étrangers et en finir avec l’impunité dont jouissent les services sociaux en vertu de lois aujourd’hui jugées iniques telles que le Children Act de 1989 qui, depuis trente ans, sous prétexte de les protéger, brise des familles et vulnérabilise des enfants, le plus souvent dans un souci de rentabilité au profit de sociétés privées qui ont pris place sur le marché.

C’est pourquoi dans un tel contexte, il n’est pas certain que la naissance d’un nouveau membre de la famille royale dans des conditions ultra-privilégiées, soit un élément apaisant, rassurant et unificateur pour le reste de la société britannique.

Ana Pouvreau et Mark Porter

« Royal baby »: quatre millions de petits Anglais pauvres, et moi et moi et moi…

(Source : Causeur)

PARACHAT HACHAVOUA – PARACHA DE LA SEMAINE – Chabbat 12-13 Iyar 5779 – 17-18 mai 2019

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Cette semaine nous étudions la paracha Emor (Vayikra 21,1 – 24,23)

Lire la paracha en français :

21,1
L’Éternel dit à Moïse: « Parle aux pontifes, fils d’Aaron, et dis-leur: Nul ne doit se souiller par le cadavre d’un de ses concitoyens,
21,2
si ce n’est pour ses parents les plus proches: pour sa mère ou son père, pour son fils ou sa fille, ou pour son frère;
21,3
pour sa sœur aussi, si elle est vierge, habitant près de lui, et n’a pas encore appartenu à un homme, pour elle il peut se souiller.
21,4
Il ne doit pas se rendre impur, lui qui est maître parmi les siens, de manière à s’avilir.
21,5
ils ne feront point de tonsure à leur tête, ne raseront point l’extrémité de leur barbe, et ne pratiqueront point d’incision sur leur chair.
21,6
Ils doivent rester saints pour leur Dieu, et ne pas profaner le nom de leur Dieu; car ce sont les sacrifices de l’Éternel, c’est le pain de leur Dieu qu’ils ont à offrir: ils doivent être saints.
21,7
Une femme prostituée ou déshonorée, ils ne l’épouseront point; une femme répudiée par son mari, ils ne l’épouseront point: car le pontife est consacré à son Dieu.
21,8
Tiens-le pour saint, car c’est lui qui offre le pain de ton Dieu; qu’il soit saint pour toi, parce que je suis saint, moi l’Éternel, qui vous sanctifie.
21,9
Et si la fille de quelque pontife se déshonore par la prostitution, c’est son père qu’elle déshonore: elle périra par le feu.
21,10
Quant au pontife supérieur à ses frères, sur la tête duquel aura coulé l’huile d’onction, et qu’on aura investi du droit de revêtir les insignes, il ne doit point découvrir sa tête ni déchirer ses vêtements;
21,11
il n’approchera d’aucun corps mort; pour son père même et pour sa mère il ne se souillera point;
21,12
et il ne quittera point le sanctuaire, pour ne pas ravaler le sanctuaire de son Dieu, car il porte le sacre de l’huile d’onction de son Dieu: je suis l’Éternel.
21,13
De plus, il devra épouser une femme qui soit vierge.
21,14
Une veuve, une femme répudiée ou déshonorée, une courtisane, il ne l’épousera point: il ne peut prendre pour femme qu’une vierge d’entre son peuple,
21,15
et ne doit point dégrader sa race au milieu de son peuple: je suis l’Éternel, qui l’ai consacré! »
21,16
L’Éternel parla à Moïse en ces termes:
21,17
« Parle ainsi à Aaron: Quelqu’un de ta postérité, dans les âges futurs, qui serait atteint d’une infirmité, ne sera pas admis à offrir le pain de son Dieu.
21,18
Car quiconque a une infirmité ne saurait être admis: un individu aveugle ou boiteux, ayant le nez écrasé ou des organes inégaux;
21,19
ou celui qui serait estropié, soit du pied, soit de la main;
21,20
ou un bossu, ou un nain; celui qui a une taie sur l’œil, la gale sèche ou humide, ou les testicules broyés.
21,21
Tout individu infirme, de la race d’Aaron le pontife, ne se présentera pas pour offrir les sacrifices de l’Éternel. Atteint d’une infirmité, il ne peut se présenter pour offrir le pain de son Dieu.
21,22
Le pain de son Dieu, provenant des offrandes très-saintes comme des offrandes saintes, il peut s’en nourrir;
21,23
mais qu’il ne pénètre point jusqu’au voile, et qu’il n’approche point de l’autel, car il a une infirmité, et il ne doit point profaner mes choses saintes, car c’est moi, l’Éternel, qui les sanctifie. »
21,24
Et Moïse le redit à Aaron et à ses fils, et à tous les enfants d’Israël.
22,1
L’Éternel parla ainsi à Moïse:
22,2
« Avertis Aaron et ses fils d’être circonspects à l’égard des saintetés des enfants d’Israël, pour ne pas profaner mon saint nom en profanant ce que ceux-ci me consacrent: je suis l’Éternel.
22,3
Dis-leur: à l’avenir, quiconque de toute votre famille, étant en état de souillure, s’approcherait des saintetés que les enfants d’Israël consacrent à l’Éternel, cette personne sera retranchée de devant moi: je suis l’Éternel.
22,4
Tout individu de la race d’Aaron, atteint de lèpre ou de flux, ne mangera pas de choses saintes qu’il ne soit devenu pur. De même, celui qui touche à une personne souillée par un cadavre, ou celui qui a laissé échapper de la matière séminale,
22,5
ou celui qui aurait touché à quelque reptile de nature à le souiller, ou à un homme qui lui aurait communiqué une impureté quelconque:
22,6
la personne qui y touche devant rester souillée jusqu’au soir, le pontife ne mangera rien des choses saintes qu’il n’ait baigné son corps dans l’eau.
22,7
Après le soleil couché, il deviendra pur; et alors il pourra jouir des choses saintes, car elles sont sa subsistance.
22,8
Une bête morte ou déchirée, il n’en mangera point, elle le rendrait impur: je suis l’Éternel.
22,9
Qu’ils respectent mon observance et ne s’exposent pas, à cause d’elle, à un péché, car ils mourraient pour l’avoir violée: je suis l’Éternel qui les sanctifie.
22,10
Nul profane ne mangera d’une chose sainte; celui qui habite chez un pontife ou est salarié par lui, ne mangera point d’une chose sainte.
22,11
Mais si un pontife a acheté une personne à prix d’argent, elle pourra en manger; et les esclaves nés chez lui, ceux-là aussi mangeront de son pain.
22,12
Si la fille d’un prêtre est mariée à un profane, elle ne mangera point des saintes offrandes.
22,13
Si cette fille de pontife devient veuve ou est divorcée, qu’elle n’ait point de postérité, et qu’elle retourne à la maison de son père comme en sa jeunesse, elle mangera du pain de son père; mais aucun profane n’en mangera.
22,14
Si quelqu’un avait, par inadvertance, mangé une chose sainte, il en ajoutera le cinquième en sus, qu’il donnera au pontife avec la chose sainte.
22,15
Ils ne doivent pas laisser profaner les saintetés des enfants d’Israël, ce dont ils font hommage à l’Éternel,
22,16
et faire peser sur eux un délit punissable, alors qu’ils consommeraient leurs propres saintetés; car c’est moi, l’Éternel, qui les sanctifie. »
22,17
L’Éternel parla à Moïse en ces termes:
22,18
« parle à Aaron et à ses fils, ainsi qu’à tous les enfants d’Israël, et dis-leur: qui que ce soit de la maison d’Israël, ou parmi les étrangers en Israël, qui voudra présenter son offrande, par suite de quelque vœu ou don volontaire de leur part; s’ils l’offrent à l’Éternel comme holocauste,
22,19
pour être agréés, prenez-la sans défaut, mâle, parmi le gros bétail, les brebis ou les chèvres.
22,20
Tout animal qui aurait un défaut, ne l’offrez point; car il ne sera pas agréé de votre part.
22,21
De même, si quelqu’un veut offrir une victime rémunératoire à l’Éternel, par suite d’un vœu particulier ou d’un don volontaire, dans le gros ou dans le menu bétail, cette victime, pour être agréée, doit être irréprochable, n’avoir aucun défaut.
22,22
Une bête aveugle, estropiée ou mutilée, affectée de verrues, de gale sèche ou humide, vous ne les offrirez point à l’Éternel, et vous n’en ferez rien brûler sur l’autel en son honneur.
22,23
Si une grosse ou une menue bête a un membre trop long ou trop court, tu pourras l’employer comme offrande volontaire, mais comme offrande votive elle ne serait point agréée.
22,24
Celle qui a les testicules froissés, écrasés, rompus ou coupés, ne l’offrez point à l’Éternel, et dans votre pays ne faites point pareille chose.
22,25
De la part même d’un étranger vous n’offrirez aucun de ces animaux comme aliment à votre Dieu; car ils ont subi une mutilation, ils sont défectueux, vous ne les feriez point agréer. »
22,26
L’Éternel parla à moïse en ces termes:
22,27
« Lorsqu’un veau, un agneau ou un chevreau vient de naître, il doit rester sept jours auprès de sa mère; à partir du huitième jour seulement, il sera propre à être offert en sacrifice à l’Éternel.
22,28
Grosse ou menue bête, vous n’égorgerez point l’animal avec son petit le même jour.
22,29
Quand vous ferez un sacrifice de reconnaissance à l’Éternel, faites ce sacrifice de manière à être agréés.
22,30
Il devra être consommé le jour même, vous n’en laisserez rien pour le lendemain: je suis l’Éternel.
22,31
Gardez mes commandements et pratiquez-les: je suis l’Éternel.
22,32
Ne déshonorez point mon saint nom, afin que je sois sanctifié au milieu des enfants d’Israël, moi, l’Éternel, qui vous sanctifie,
22,33
qui vous ai fait sortir du pays d’Egypte pour devenir votre Dieu: je suis l’Éternel. »
23,1
L’Éternel parla ainsi à Moïse:
23,2
« Parle aux enfants d’Israël et dis-leur les solennités de l’Éternel, que vous devez célébrer comme convocations saintes. Les voici, mes solennités:
23,3
pendant six jours on se livrera au travail, mais le septième jour il y aura repos, repos solennel pour une sainte convocation: vous ne ferez aucun travail. Ce sera le Sabbat de l’Éternel, dans toutes vos habitations.
23,4
Voici les solennités de l’Éternel, convocations saintes, que vous célébrerez en leur saison.
23,5
Au premier mois, le quatorze du mois, vers le soir, la Pâque sera offerte au Seigneur;
23,6
et au quinzième jour de ce mois, ce sera la fête des Azymes pour le Seigneur: durant sept jours vous mangerez des azymes.
23,7
Le premier jour, il y aura pour vous convocation sainte: vous ne ferez aucune œuvre servile.
23,8
Vous offrirez un sacrifice au Seigneur sept jours de suite. Le septième jour, il y aura convocation sainte: vous ne ferez aucune œuvre servile. »
23,9
L’Éternel parla ainsi à Moïse:
23,10
« Parle aux enfants d’Israël et dis-leur: quand vous serez arrivés dans le pays que je vous accorde, et que vous y ferez la moisson, vous apporterez un ômer des prémices de votre moisson au pontife,
23,11
lequel balancera cet ômer devant le Seigneur, pour vous le rendre propice; c’est le lendemain de la fête que le pontife le balancera.
23,12
Vous offrirez, le jour du balancement de l’ômer, un agneau sans défaut, âgé d’un an, en holocauste à l’Éternel.
23,13
Son oblation: deux dixièmes de fleur de farine pétrie à l’huile, à brûler en l’honneur de l’Éternel comme odeur agréable; et sa libation: un quart de hîn de vin.
23,14
Vous ne mangerez ni pain, ni grains torréfiés, ni gruau, jusqu’à ce jour même, jusqu’à ce que vous ayez apporté l’offrande de votre Dieu; statut perpétuel pour vos générations, dans toutes vos demeures.
23,15
Puis, vous compterez chacun, depuis le lendemain de la fête, depuis le jour où vous aurez offert l’ômer du balancement, sept semaines, qui doivent être entières;
23,16
vous compterez jusqu’au lendemain de la septième semaine, soit cinquante jours, et vous offrirez à l’Éternel une oblation nouvelle.
23,17
De vos habitations, vous apporterez deux pains destinés au balancement, qui seront faits de deux dixièmes de farine fine et cuits à pâte levée: ce seront des prémices pour l’Éternel.
23,18
Vous offrirez, avec ces pains, sept agneaux sans défaut, âgés d’un an, un jeune taureau et deux béliers; ils formeront un holocauste pour le Seigneur, avec leurs oblations et leurs libations, sacrifice d’une odeur agréable à l’Éternel.
23,19
Vous ajouterez un bouc pour le péché, et deux agneaux d’un an comme sacrifice rémunératoire.
23,20
Le pontife les balancera, avec le pain des prémices, devant l’Éternel, ainsi que deux des agneaux: ils seront consacrés à l’Éternel, au profit du pontife.
23,21
Et vous célébrerez ce même jour: ce sera pour vous une convocation sainte, où vous ne ferez aucune œuvre servile; statut invariable, dans toutes vos demeures, pour vos générations.
23,22
Et quand vous ferez la moisson dans votre pays, tu laisseras la tienne inachevée au bout de ton champ, et tu ne ramasseras point les glanes de ta moisson. Abandonne-les au pauvre et à l’étranger: je suis l’Éternel votre Dieu. »
23,23
L’Éternel parla à Moïse en ces termes:
23,24
« Parle ainsi aux enfants d’Israël: au septième mois, le premier jour du mois, aura lieu pour vous un repos solennel; commémoration par une fanfare, convocation sainte.
23,25
Vous ne ferez aucune œuvre servile, et vous offrirez un sacrifice à l’Éternel. »
23,26
L’Éternel parla à moïse en ces termes:
23,27
« Mais au dixième jour de ce septième mois, qui est le jour des Expiations, il y aura pour vous convocation sainte: vous mortifierez vos personnes, vous offrirez un sacrifice à l’Éternel,
23,28
et vous ne ferez aucun travail en ce même jour; car c’est un jour d’expiation, destiné à vous réhabiliter devant l’Éternel votre Dieu.
23,29
Aussi, toute personne qui ne se mortifiera pas en ce même jour, sera supprimée de son peuple;
23,30
et toute personne qui fera un travail quelconque en ce même jour, j’anéantirai cette personne-là du milieu de son peuple.
23,31
Ne faites donc aucune sorte de travail: loi perpétuelle pour vos générations, dans toutes vos demeures.
23,32
Ce jour est pour vous un chômage absolu, où vous mortifierez vos personnes; dès le neuf du mois au soir, depuis un soir jusqu’à l’autre, vous observerez votre chômage. »
23,33
L’Éternel parla à moïse en ces termes:
23,34
« Parle ainsi aux enfants d’Israël: le quinzième jour de ce septième mois aura lieu la fête des Tentes, durant sept jours, en l’honneur de l’Éternel.
23,35
Le premier jour, convocation sainte: vous ne ferez aucune œuvre servile.
23,36
Sept jours durant, vous offrirez des sacrifices à l’Éternel. Le huitième jour, vous aurez encore une convocation sainte, et vous offrirez un sacrifice à l’Éternel: c’est une fête de clôture, vous n’y ferez aucune œuvre servile.
23,37
Ce sont là les solennités de l’Éternel, que vous célébrerez comme convocations saintes, en offrant des sacrifices à l’Éternel, holocaustes et oblations, victimes et libations, selon le rite de chaque jour,
23,38
indépendamment des sabbats de l’Éternel; indépendamment aussi de vos dons, et de toutes vos offrandes votives ou volontaires, dont vous ferez hommage à l’Éternel.
23,39
Mais le quinzième jour du septième mois, quand vous aurez rentré la récolte de la terre, vous fêterez la fête du Seigneur, qui durera sept jours; le premier jour il y aura chômage, et chômage le huitième jour.
23,40
Vous prendrez, le premier jour, du fruit de l’arbre hadar, des branches de palmier, des rameaux de l’arbre aboth et des saules de rivière; et vous vous réjouirez, en présence de l’Éternel votre Dieu, pendant sept jours.
23,41
Vous la fêterez, cette fête du Seigneur, sept jours chaque année, règle immuable pour vos générations; c’est au septième mois que vous la solenniserez.
23,42
Vous demeurerez dans des tentes durant sept jours; tout indigène en Israël demeurera sous la tente,
23,43
afin que vos générations sachent que j’ai donné des tentes pour demeure aux enfants d’Israël, quand je les ai fait sortir du pays d’Egypte, moi, l’Éternel, votre Dieu! »
23,44
Et Moïse exposa les solennités de l’Éternel aux enfants d’Israël.
24,1
L’Éternel parla à Moïse en ces termes:
24,2
« Ordonne aux enfants d’Israël de te choisir une huile pure d’olives concassées, pour le luminaire, afin d’alimenter les lampes en permanence.
24,3
C’est en dehors du voile qui abrite le Statut, dans la Tente d’assignation, qu’Aaron les entretiendra depuis le soir jusqu’au matin, devant l’Éternel, constamment: règle perpétuelle pour vos générations.
24,4
C’est sur le candélabre d’or pur qu’il entretiendra ces lampes, devant l’Éternel, constamment.
24,5
Tu prendras aussi de la fleur de farine, et tu en cuiras douze gâteaux, chaque gâteau contenant deux dixièmes.
24,6
Tu les disposeras en deux rangées, six par rangée, sur la table d’or pur, devant l’Éternel.
24,7
Tu mettras sur chaque rangée de l’encens pur, qui servira de mémorial aux pains, pour être brûlé en l’honneur de l’Éternel.
24,8
Régulièrement chaque jour de sabbat, on les disposera devant l’Éternel, en permanence, de la part des enfants d’Israël: c’est une alliance perpétuelle.
24,9
Ce pain appartiendra à Aaron et à ses fils, qui le mangeront en lieu saint; car c’est une chose éminemment sainte, qui lui revient sur les offrandes de l’Éternel, comme portion invariable. »
24,10
Il arriva que le fils d’une femme israélite, lequel avait pour père un Egyptien, était allé se mêler aux enfants d’Israël; une querelle s’éleva dans le camp, entre ce fils d’une Israélite et un homme d’Israël.
24,11
Le fils de la femme israélite proféra, en blasphémant, le Nom sacré; on le conduisit devant Moïse. Le nom de sa mère était Chelomith, fille de Dibri, de la tribu de Dan.
24,12
On le mit en lieu sûr, jusqu’à ce qu’une décision intervînt de la part de l’Éternel.
24,13
Et l’Éternel parla ainsi à Moïse:
24,14
« Qu’on emmène le blasphémateur hors du camp; que tous ceux qui l’ont entendu imposent leurs mains sur sa tête, et que toute la communauté le lapide.
24,15
Parle aussi aux enfants d’Israël en ces termes: quiconque outrage son Dieu portera la peine de son crime.
24,16
Pour celui qui blasphème nominativement l’Éternel, il doit être mis à mort, toute la communauté devra le lapider; étranger comme indigène, s’il a blasphémé nominativement, il sera puni de mort.
24,17
Si quelqu’un fait périr une créature humaine, il sera mis à mort.
24,18
S’il fait périr un animal, il le paiera, corps pour corps.
24,19
Et si quelqu’un fait une blessure à son prochain, comme il a agi lui-même on agira à son égard:
24,20
fracture pour fracture, œil pour œil, dent pour dent; selon la lésion qu’il aura faite à autrui, ainsi lui sera-t-il fait.
24,21
Qui tue un animal doit le payer, et qui tue un homme doit mourir.
24,22
Même législation vous régira, étrangers comme nationaux; car je suis l’Éternel, votre Dieu à tous. »
24,23
Moïse le redit aux enfants d’Israël. On emmena le blasphémateur hors du camp, et on le tua à coups de pierres; et les enfants d’Israël firent comme l’Éternel avait ordonné à Moïse.
(Source : Torah-Box)

De quoi parle notre Paracha ?

 

  • Lois liées aux cohanim
  • Personnes auxquelles la térouma est interdite
  • Le hilloul Hachem (profanation du nom divin) et le kidouch Hachem (sanctification du nom divin)
  • Les thèmes des fêtes et leurs sacrifices respectifs

 

  • Le blasphémateur

La Paracha de Emor (qui signifie « parle« ) commence avec des lois spécifiques aux Prêtres (Cohanim) et au Grand Prêtre (Cohen Gadol), ainsi que des règles concernant le service dans le Temple. Un Cohen ne doit pas se rendre impur par contact avec un défunt, excepté pour porter le deuil de ses parents les plus proches. Un Cohen ne peut pas se marier avec une femme divorcée ou une femme qui a eu des relations avec une personne qu’elle ne peut pas épouser. Par ailleurs, un Cohen qui a certains défauts physiques ne peut pas effectuer le service dans le Temple.

Un veau, un agneau, ou un petit doit être laissé près de sa mère au moins 7 jours avant de pouvoir être offert en sacrifice. Par ailleurs, on ne peut sacrifier le même jour un animal et son petit.

La seconde partie de la paracha donne la calendrier annuel des fêtes juives. Le 14 Nissan est offert l’agneau Pascal. Puis, le 15 Nissan commencent les 7 jours de la fête de Pessa’h (8 jours en dehors de la terre d’Israël). Le deuxième jour de Pessa’h est offert l’offrande du Omer (Omer = mesure de volume), première offrande faite d’orge inaugurant la nouvelle récolte. Ce même jour commence le décompte dit « décompte du Omer »qui comprend 49 jours. Le cinquantième jour tombe la fête de Chavouot qui célèbre le don de la Torah. Le 1er Tichri tombe Roch Hachana, désigné dans la Thora comme le jour « souvenir de la sonnerie (du choffar). Le 10 Tichri est la date de Yom Kippour, jour de jeûne. Puis, le 15 Tichri commencent les 8 jours de Souccot (9 jours en dehors de la terre d’Israël). La Paracha mentionne l’interdiction d’assassiner, de blesser son prochain ou de détruire ce qui lui appartient.

Haftara :
Cette haftara (Ezéchiel 44, 15-31), définit ce que sera le rôle des Cohanim dans le futur troisième Temple.

La parabole de la semaine: Emor

La Paracha Emor énumère en détail les fêtes juives, parmi lesquelles celle de Souccot : « Vous demeurerez dans des souccot durant sept jours ; tout citoyen en Israël demeurera sous la soucca », (Vaykra, 23, 42)

L’illustre Alchikh Hakadoch explique dans son commentaire sur la Torah ce qui semble apparaître comme une « redondance » dans ce verset. En effet, en quittant sa maison pour aller habiter dans la soucca afin d’accomplir la mitsva, chaque juif déclare que ce monde matériel n’est qu’éphémère et qu’il n’est lui-même, en tant qu’individu, que « de passage ». Ainsi, demeurons-nous dans ces cabanes pendant sept jours, chaque jour symbolisant dix années de notre vie. Toutefois, ceux qu’on appelle les « citoyens » (à savoir les tsadikim -voir à ce propos le Traité talmudique Baba Batra 15/a, où Avraham Avinou est appelé le « citoyen ») ne se contentent pas des sept jours de Souccot : l’accumulation des biens et acquisitions matériels ne les séduisent en rien, et ils demeurent toute leur vie dans une soucca !

Rabbi Yaacov Galinsky chlita, raconte à ce propos la parabole suivante…
Vers la fin de ses jours, le célèbre Sage de Mekhnès, rabbi Refaël Barou’h Tolédano zatsal, vint s’installer en Israël.
Voulant accomplir la mitsva de « yichouv bé-Eretz Israël » [s’installer sur la terre dévolue au peuple juif – Ndlr], il exprima son souhait d’acheter un appartement à Bné Brak. Ne possédant pas la somme requise, il dut avoir recours à des emprunts. Une fois ce problème financier résolu, il lui fallut encore entreprendre des travaux de rénovation. Enfin, l’appartement fut prêt et on vint lui annoncer qu’il était possible d’y emménager.
Or, à la grande surprise de sa famille, il annonça qu’il envisageait de trouver un locataire pour occuper cet appartement et d’utiliser le loyer ainsi perçu afin de financer la location de son propre domicile.
Pressé de questions par son propre entourage, il révéla même qu’il ne voulait pas s’établir dans sa propre demeure, car il avait « peur »… « Je ne veux pas habiter dans ma propre maison. Au Maroc non plus, je n’habitais pas dans ma propriété. Car j’ai peur ! ».
Constatant le grand étonnement et l’incompréhension qu’il suscitait autour de lui, il ajouta : « Je crains qu’en habitant chez moi en toute sécurité et sans nulle inquiétude de me faire congédier par le propriétaire, je risque de me sentir trop ‘enraciné’… au point d’oublier que ce monde est bel et bien provisoire ! ». (Source : Hamodia.fr)

Parachath Emor : Un homme entre deux femmes!

Dans l’énumération des personnes décédées pour lesquelles un kohen a le droit, sinon le devoir, de se rendre impur, la Tora mentionne « son parent ( cheèro ) qui est proche de lui » ( Wayiqra 21, 2). Et Rachi de préciser, citant Yevamoth 22b, que le mot cheèro désigne son épouse.
Rabbeinou be’hayé (Espagne 1050 – -1120) éclaire cette concordance des mots « cheèr » et « épouse » en faisant appel au verset en question lui-même :

« Si ce n’est pour son cheèr qui est proche de lui, pour sa mère et pour son père ? »

Mais un peu plus loin, fait observer ce commentateur, lorsque la Tora énoncera les interdictions applicables au kohen gadol , elle écrira qu’il ne devra se rendre impur « ni pour son père, ni pour sa mère » ( Wayiqra 21, 11).
Pour quelle raison, se demande-t-il, le texte commence-t-il par énoncer que le kohen se rendra impur « pour sa mère et pour son père », donnant ainsi priorité à sa mère, pour ensuite interdire au kohen gadol de se rendre impur « ni pour son père, ni pour sa mère », inversant ainsi l’ordre de leur parenté ?
Il en est ainsi, explique-t-il entre autres raisons, parce que si la Tora avait placé le père en tête dans les deux versets, cela aurait eu pour conséquence, dans le cas du simple kohen , de créer une succession épouse – père – mère, et de placer ainsi un homme entre deux femmes, ce qui n’aurait pas été convenable.

Haftarath parachath Emor : Les fils de Tsaddoq

Dans le premier verset de cette haftara (Ezéchiel 44, 15 à 31), le prophète met l’accent sur le rôle que joueront « les kohanim fils de Tsaddoq » dans le service qui sera célébré dans le troisième Temple.
Que signifie cette restriction de la fonction sacerdotale aux seuls « fils de Tsaddoq ».
Déjà au chapitre 40, 46 Ezéchiel avait annoncé que ce sont les fils de Tsaddoq , et eux seuls ( Metsoudath David ), qui assureront alors le service de Hachem , et ce par opposition à ceux « qui se sont éloignés de Hachem dans les égarements d’Israël par lesquels ils se sont égarés d’auprès de Lui » (44, 10).
Au début de la monarchie, deux grands prêtres se sont partagé la dignité de kohen gadol , Tsaddoq et Eviathar (voir notamment I Samuel 15, 24 à 29).
Cependant, Eviathar s’est rangé aux côtés d’ Adoniyahou lorsque celui-ci s’est dressé contre son père, le roi David, qui avait désigné Salomon comme son successeur (I Rois 1, 7).
En punition de sa rébellion, Salomon le démit de ses fonctions sacerdotales et l’exila à Anatoth (I Rois 2, 26 et 27).
Rappelons que le prophète Jérémie faisait partie des « kohanim qui étaient à Anatoth » (Jérémie 1, 1). On peut donc dire d’Ezéchiel et de Jérémie que, bien qu’ils fissent l’un et l’autre partie des kohanim , ils n’appartenaient pas au même lignage.
Signalons encore que la dignité de kohen gadol , pendant la période du deuxième Temple, a toujours été conférée aux seuls descendants de Tsaddoq , en tout cas jusqu’aux Hasmonéens.

Jacques Kohn zal.

(Source : Acibe)

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Le Temple avant le Temple

Le Temple apparait dans la Bible lorsque Dieu dit aux hébreux: וְעָשׂוּ לִי מִקְדָשׁ וְשָׁכַנְתִי בְתוֹכָם »Ils me construiront un sanctuaire, pour que je réside au milieu d’eux » (Ex 25,8). La racine du verbe résider (שכן) va donner son nom au lieu: le Michkan qui est donc littéralement la résidence de Dieu sur terre. Au début du livre de l’Exode,quand les Hébreux errent dans le désert, ce Michkan est portatif. Il est monté et démonté à chaque étape de leur errance.Le Sanctuaire sert de lieu de rencontre entre Dieu et son prophète Moïse.Vient la fin de la traversée du désert,les Hébreux entrent en Terre d’Israël.Si on assimile naturellement le Temple à la ville de Jérusalem, la chose est loin d’être évidente dans le texte biblique.Dieu demande à plusieurs reprises d’édifier un Sanctuaire mais sans jamais préciser le lieu. Le texte parle seulement du lieu que Dieu « choisira ».

Le Temple de Jérusalem

Par Dan Jaffé

Texte du cours Alef-Bet visible surwww.akadem.org/pour-commencer Février 2013

Depuis près de 2 000 ans les juifs se recueillent au Mur Occidental, dernier vestige du Temple.

Quand les hébreux s’installent en terre d’Israël, aux environs du XVe siècle avant l’ère chrétienne, le sanctuaire portatif qui ressemble encore à une grande tente, est d’abord déposé à Shilo. Cet emplacement devient le lieu de culte principal, l’endroit où les Hébreux se retrouvent pour les fêtes annuelles et dans laquelle est placée l’Arche d’Alliance.

Le Premier Temple de Jérusalem

Il faut attendre le roi Salomon, fils du roi David, vers 950 avant l’ère chrétienne, pour que soit construit le Temple à Jérusalem. Il est situé sur le mont Moriah qu’on appelle communément le « Mont du Temple ».

Pendant le règne de Salomon, le Temple représente l’élément central du culte juif. Les pèlerins y affluent de tous les points du pays, conformément au commandement divin qui prévoit trois fêtes de pèlerinage par an.

Mais en –931, lepays se coupe en deux. C’est le schisme, les dix tribus du Nord, font sécession, abandonnant les deux petites tribus de Juda et Benjamin au Sud, sur le territoire desquelles se trouve le Temple. Celui-ci va néanmoins rapidement perdre de son prestige. Il est contesté comme élément central du monde juif. Jéroboam, roi du Nord, construit des sanctuaires concurrents à Dan et de Beth El. Le Temple ne retrouvera jamais plus son éclat d’antan et cela jusqu’à sa destruction par les armées babyloniennes en–586,et l’exil des juifs emmenés en captivité à Babylone.

Le Second Temple de Jérusalem

Le Second Temple est construit environ soixante-dix ans après la destruction du Premier, c’est-à-dire autour de 516 avant l’ère chrétienne. A l’époque d’Ezra et de Néhémie, au Ve siècle avant l’ère chrétienne, le Temple retrouve son rôle de centre cultuel et spirituel au cœur du monde juif. Ces deux personnages bibliques réorganisent le monde sacerdotal et imposent des réformes pour réorganiser la vie juive. Le Temple retrouve tout son rayonnement jusqu’à l’époque du roi séleucide Antiochus IV Epiphane au IIe siècle avant l’ère chrétienne, qui, avec l’aide des élites hellénisées,fait du Temple de Jérusalem un lieu de culte païen. La révolte des Maccabées et la victoire qui s’en suivit mettra un terme provisoire à cette profanation. Cette situation durera jusqu’en –37.

Le roi Hérode entreprend alors d’immenses travaux d’aménagement et de rénovation du Second Temple. A tel point qu’on parle jusqu’à aujourd’hui de Temple d’Hérode. La beauté du Temple orné de marbre vert et blanc devient légendaire. Cet édifice majestueux amena les Sages du Talmud -pourtant hostiles à Hérode- à affirmer : « Celui qui n’a pas vu le Temple d’Hérode n’a jamais vu de belle construction de sa vie« .

Mais Hérode est aussi celui qui va indirectement entraîner la perte irrémédiable du Temple. Roi client de l’empire romain, il nomme et défait les grands prêtres selon son bon vouloir. La révolte juive éclate contre l’empire Romain en l’an 66. Elle est relatée par Flavius Josèphe, témoin des faits, dans son ouvrage « La Guerre des Juifs » contre les Romains. Cette insurrection est réprimée par les armées romaines en 70 ; le Temple est détruit : c’en est fini de la souveraineté juive sur sa terre. C’est le début de la dispersion, de l’exil et d’un judaïsme sans temple.

Alors à quoi ressemble ce Temple ?

Cette magnifique construction abrite un palais, une cour de jugement et des habitations privées. Le bâtiment principal se compose d’une pièce nommé le « Saint des Saints » (Qodesh ha-qodashim) dans laquelle le grand prêtre (le cohen gadol) n’entre qu’une fois l’an, durant le jour le plus solennel du calendrier juif, le Yom Kipour.

L’objet qui retient particulièrement l’attention au sein du Temple, est l’Arche surmontée de deux chérubins en or, en hébreu les Kerouvim, déployant leurs ailes. A l’intérieur de l’Arche, se trouvent les deux Tables de la Loi ou « Tables d’Alliance » en hébreu les lou’hot sur lesquelles sont gravés les dix commandements.

Dans l’enceinte du Temple, on distingue trois espaces :

-Le parvis des prêtres qui officiaient au sein du Temple.

-Le parvis des enfants d’Israël, réservé aux hommes.

-Le parvis des femmes.

Tous les éléments du Temple sont très précisément décrits dans les livres des Rois.

Concrètement que se passe-t-il au Temple ?

Le Temple de Jérusalem ou bet ha-miqdach est le sanctuaire dans lequel est pratiqué le culte juif qui consiste principalement en trois pratiques distinctes: les sacrifices animaliers, les pèlerinages à Jérusalem et une lecture publique du rouleau de la Tora.

Outre les sacrifices communautaires quotidiens, on offrait au Temple des sacrifices supplémentaires apportés le jour du Shabath, durant les fêtes ou encore à l’initiative de particuliers, afin d’exprimer leur reconnaissance ou leur expiation. La veille de la Pâques (Pessa’h), chaque famille devait se rendre à Jérusalem, afin d’offrir le sacrifice pascal. Ce culte se pratiquait avec un agneau sacrifié dans l’avant-cour du Temple.

Les personnages principaux du Temple sont les prêtres (cohen/cohanim) et les lévites (de la tribu de Lévi) qui assurent le service du Temple. Théoriquement héréditaire, la prêtrise fera l’objet de toutes les convoitises, en particulier sous le Second Temple. La corruption et les règlements de comptes mèneront à de nombreuses dérives et usurpations.

Le Temple après le Temple

Après la destruction du Second Temple de Jérusalem en l’an 70, la société juive se recompose progressivement. La synagogue, du grec synagoge »lieu de rencontre », devient un lieu de lecture du texte biblique, de prière quotidienne et de vie sociale. Progressivement, la synagogue est perçue comme un substitut de Temple.

Les Sages du Talmud développent un double rapport au Temple : d’une part la volonté que son culte soit rétabli et d’autre part la mise en place de moyens de substitution au culte du Temple. Il s’agit d’inventer une nouvelle forme de judaïsme: un judaïsme sans temple…

Réduit en ruines, le temple n’en continue pas moins d’occuper une place centrale dans la vie juive et dans l’élaboration d’un rituel. La nostalgie du Temple reste intacte.Trois fois par jour les Juifs où qu’ils soient dans le monde se tournent vers Jérusalem, au moment de la prière. Prière directement calquée sur le rituel des sacrifices au Temple.

Le service religieux du Chabat, de ses deux pains traditionnels jusqu’à l’office du Samedi matin, découlent eux aussi directement du rituels du temple. La destruction du Temple est perçue comme un des événements les plus dramatiques de l’histoire juive et le point de départ des malheurs du peuple et de son exil. Le souvenir de sa perte jalonne ainsi le calendrier et les rites juifs : trois jours par an, dont le 9 Av sont consacrés au jeûne en souvenir du Temple.

Vous connaissez certainement cette étrange coutume consistant à briser un verre à la fin d’une cérémonie de mariage ; eh bien c’est là aussi une manière de se souvenir de la destruction du Temple, même dans les moments de grande joie. Enfin et peut être surtout, même détruit, le Temple continue à exister de façon très vive dans les discussions et réflexions des Sages du Talmud qui ambitionnent de restructurer la vie juive après l’effondrement du Sanctuaire.

Peu à peu se met en place un corpus d’usages et de réflexions qui d’abord strictement oral, va se consigner par écrit pour donner naissance à la Michna, la Guemara, c’est-à-dire au Talmud, autour duquel va se restructurer toute la vie juive. Plus près de nous, le souvenir du Temple a pris une nouvelle dimension dans la conscience juive. En1967, l’armée israélienne repousse l’assaut ennemi et reprend le contrôle de Jérusalem jusque là coupée en deux et interdite d’accès aux juifs.

Pour la première fois depuis des siècles les Juifs ont accès au dernier vestige du Temple : un mur de soutènement de l’esplanade, dernier vestige de l’édifice sur lequel des centaines de générations étaient venues pleurer et dire leur nostalgie et leur tristesse de la dispersion. Même si les archéologues ne s’accordent pas sur la datation exacte de ce vestige, ce mur est devenu le symbole de l’époque du Temple.

Pourquoi dès lors fait-il l’objet de tant de ferveur ?

Le Mur est révéré par les juifs d’abord à cause de sa proximité avec le Saint des Saints, situé sur le mont du Temple et considéré comme l’endroit le plus saint du monde juif. Il symbolise aussi l’époque où le peuple uni autour de son temple résidait sur une même terre, l’époque d’avant la dispersion.

Avec la dispersion des juifs à travers le monde et les persécutions qu’ils subirent, Jérusalem devint le référent absolu commun à tous les Juifs : celui vers lequel tous les juifs du monde se tournent avant de prier. Le Mur (Kotel) est également devenu un symbole national israélien très fort. On y organise des cérémonies militaires comme les commémorations des disparus et les cérémonies de serment des soldats nouvellement enrôlés.

Pour le monde juif actuel, il n’est pas question de la construction d’un troisième temple avant que soient réunies les conditions préalables. Parmi celles-ci, l’avènement de l’ère messianique qui permettra aux Juifs de résider paisiblement en Israël. Maïmonide explique d’ailleurs que le troisième temple ne pourra être le fruit de l’entreprise des hommes mais que seule la volonté divine présidera à sa reconstruction. On comprend mieux dès lors pourquoi ce lieu cristallise tant de passion et de fascination.

(Source : Akadem.org)

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Bénédiction des Cohanim sur les marches du Temple de Jérusalem. Au Temple, 4 000 chanteurs officiaient lors des trois grandes fêtes annuelles de pèlerinage. Ainsi, à cet endroit, retentissaient des chants accompagnés d’instruments de musique ; les cordes : harpes, (kinors), nebels (harpes à 12 cordes) et luths ; parmi les cuivres figuraient le chalumeau, la flûte, le cor, ainsi que les trompettes d’argent, dont on sonnait « avec éclat » ; quant aux  percussions, elles réunissaient petites et grandes cymbales, tambours, tambourins et sistres.

Les lévites étaient au nombre d’environ trente-huit mille. Vingt-quatre mille furent attachés au service du temple, aux sacrifices, à la garde des portes, et formaient une milice sacrée. Ils étaient divisés en vingt-quatre groupes, qui remplissaient leurs fonctions à tour de rôle, d’un sabbat à l’autre. Toutefois on les réunissait dans certaines circonstances ; quatre mille étaient employés comme chantres et musiciens, et David avait fait fabriquer autant d’instruments de musique à leur usage. On tirait au sort les noms de ceux qui devaient remplir leur office pendant la période de sept jours ; les chœurs se composaient par conséquent de cent soixante-cinq musiciens.

On choisissait parmi les quatre mille lévites les musiciens les plus habiles, au nombre de deux cent quatre-vingt-huit, et on les répartissait dans les vingt-quatre groupes afin de diriger et de soutenir l’ensemble.

La Bible contient les paroles de nombreux chants dont, malheureusement, la musique nous est inconnue. Elle devait être belle, et même, dans certains cas, toucher au sublime. L’élévation poétique des Psaumes donne à penser que la musique qui les accompagnait était, elle aussi, d’une grande beauté.

En dehors du Temple, certains Hébreux devaient être des instrumentistes ou des chanteurs d’exception, car selon un bas-relief assyrien, le roi Sennakérib réclama en guise de tribut au roi Hizqiya des musiciens. Il devait donc s’agir  d’interprètes de premier plan.

Mais parmi tous les virtuoses, le roi David (l’auteur de nombreux psaumes) se distingue particulièrement. Il était à la fois musicien et poète. Ayant été berger dans sa jeunesse, il avait connu les joies simples que procurent les murmures des ruisseaux et les bêlements des agneaux répondant à sa voix. Touché par la beauté de cette “ musique ” qui s’élevait de la nature, il prenait sa harpe et adressait à D.ieu des louanges. Jeune homme, David jouait de la harpe avec un tel talent qu’il fut recommandé à Saül, le roi, qui le prit à son service. Saül l’appelait quand il était en proie à l’angoisse et à l’agitation. David venait alors, et faisait monter de sa harpe des sons mélodieux et doux qui apaisaient le cœur du roi

Judaïsme – Être une femme, quelle bénédiction !

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Chaque matin, hommes et femmes récitent la même prière : “Birkot Hacha’har”. Pourtant, une bénédiction particulière n’est réservée qu’à nous les femmes : “Ché’assani Kirtsono” (“qui m’a faite selon Sa volonté”). Quelles sont donc ces qualités si spéciales qu’Hachem nous a données ?

Un attachement profond à Hachem

La première chose que nous possédons et qui crée un lien si spécial entre nous et Hachem, c’est notre Emouna (foi en D.ieu) !

Comme l’enseigne le Talmud (Ta’anit 8a), nous, les femmes, avons au plus profond de nous (ou de nos cœurs) cette croyance profonde, cette foi en Lui, qui nous accompagne 24 heures sur 24.

Et le Maharal de Prague (dans Nétivot ‘Olam) nous dit que la femme est, par essence, beaucoup plus attachée à D.ieu que l’homme. C’est pour ça que nous sommes dispensées de porter une Kippa sur la tête ou des Tsitsit sous nos robes, parce que nous n’avons pas besoin de rappel physique pour témoigner de cet attachement qui est, chez nous, comme inné.

Rappelez-vous de nos grands-mères, certaines n’avaient pas appris à lire, mais toutes parlaient chaque jour de longues minutes face à la Mézouza, ou près de la fenêtre en levant les yeux au ciel ! Car la Emouna ne s’apprend pas. Elle fait partie de nous, de notre ADN de femme. Et cette foi constante en D.ieu est une force que nous recevons à chaque génération et que nous transmettons à notre tour à nos enfants et petits-enfants.

Intuition et attention : deux qualités en or !

Contrairement à l’homme, la femme possède la “Bina”, c’est-à-dire une intuition particulière. Cette intuition nous sert à mieux ressentir notre proximité avec Hachem. Au quotidien, chaque femme se sert de la Bina pour comprendre les besoins de chacun, pour pouvoir y répondre avec la plus grande attention.

C’est pour ça que le roi Salomon disait que c’est “la sagesse des femmes qui bâtit leur foyer” (Michlé 14, 1). La femme est en effet le pilier de la famille, elle se soucie du bien-être de chacun et fait en sorte que toute la maisonnée tourne sans l’ombre d’un grain de sable qui viendrait enrayer la machine.

C’est en fait elle la femme vertueuse, la Echèt ‘Hayil que décrit le roi Salomon et que nous chantons le vendredi soir, celle qui s’occupe de chacun dans les moindres détails.

Une beauté intérieure

La Torah valorise l’intériorité de la femme. C’est grâce à leurs vertus que de nombreuses délivrances ont eu lieu dans l’histoire juive. D’ailleurs, ce sont les miroirs des femmes que D.ieu a accepté en premier pour la construction du Michkan (Tabernacle). Parce que ces miroirs symbolisaient la beauté de la femme… qu’elle réservait à leur mari. Cette beauté intérieure est toujours valorisée. Non pas parce que la discrétion est une qualité, mais parce qu’en chacune de nous, des trésors sont renfermés… dont Seul D.ieu connaît réellement la valeur !

A l’image d’Hachem dont on peut croire que le “visage” est caché (Téhilim 13), en réalité, Sa beauté et Sa grâce peuvent être contemplées à chaque instant dans la nature.

Notre véritable beauté à nous, les femmes, est naturelle et se voit dans nos gestes, dans nos paroles. Sans que nous n’ayons besoin d’artifices ou d’habits “dernière tendance”.

Ce lien si spécial qui nous unit à D.ieu est une bénédiction ! Comme nous existons selon Ses attentes, cela signifie que nous avons un lien unique avec Lui.

Nous avons la possibilité à chaque moment de la journée de Lui ouvrir notre cœur par nos pensées et nos actions. Et comme Il nous a créées selon Sa volonté, Hachem se montre à l’écoute de nos désirs… Nous avons donc la possibilité, à l’image de nos Imaot (matriarches), d’accomplir à notre tour de grandes délivrances, que ce soit par l’éducation de nos enfants (dans la droiture et l’amour), ou encore par la diffusion de Torah, en organisant des cours chez nous, en aidant notre entourage et bien plus encore…

Et comme le dit Rabbi Yonathan Eybeschitz : « Le pouvoir de la femme, c’est ce qu’il y a de plus fort au monde !« . Alors… avec ce super-pouvoir, qu’allez-vous accomplir de grand aujourd’hui ?

‘Haya B. – © Torah-Box