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Les convulsions d’un régime agonisant

Les convulsions d’un régime agonisant______________________________________________________

Après le débarquement en juin 1944, la libération de la France n’était plus qu’une question de semaines ou de mois. Ce fut pourtant à ce moment-là que la collaboration avec les nazis devint la plus brutale et la plus sanglante comme si une pulsion suicidaire s’était emparée des dirigeants de Vichy. Il serait évidemment excessif  de comparer la situation d’alors avec celle d’aujourd’hui mais ce rappel montre qu’un régime qui se sait condamné devient sujet à de terribles convulsions. L’actualité la plus récente en fournit une bonne illustration.

Tous les piliers sur lesquels reposait la présidence de Macron s’effondrent sous nos yeux. La mondialisation agonise sous les coups de Donald Trump et son volet migratoire est désormais rejeté par une majorité de gouvernements européens. Alors qu’il voulait assurer le leadership en Europe, Macron se retrouve ainsi isolé sur la scène internationale. Ses réformes internes, qu’il s’agisse du pouvoir d’achat, du chômage, de l’éducation, de la justice, ou de la sécurité, sont vouées à l’échec parce qu’il ne veut pas s’attaquer à la cause réelle de nos maux. En effet, le poids social et financier de l’immigration annule les bénéfices escomptés et seuls les très riches tirent profit de cette politique.

Face à cette situation, le pouvoir et sa collabosphère sont pris de panique et se lancent dans une surenchère insensée. Ce sont des provocations comme Médine au Bataclan ou le spectacle bestial de la nuit de la musique à l’Elysée. Ce sont aussi des propos scandaleux alimentant le racisme à notre encontre comme l’évocation incessante des « mâles blancs ». C’est enfin la répression  avec l’arrestation arbitraire de patriotes et par ricochet la mise en accusation d’associations faisant partie du CNRE. On sait désormais que Macron préfère la « diversité » et qu’en cas de crise grave il utilisera les forces de l’ordre pour combattre les Français de souche.

Il est clair que ces convulsions d’un régime agonisant menacent tous nos compatriotes mais leur libération s’inscrit désormais dans un mouvement mondial irréversible. La collabosphère peut bien s’exciter sur ses plateaux de télévision. Comme par le passé, elle  a pour seul avenir le châtiment exemplaire que la nation réserve aux traîtres.

(Source : Riposte laïque)

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Musique – Shirel

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Vidéo : Shirel dans « Là où je t’emmènerai : « Israël, une terre de promesses »

La chanteuse franco-israélienne Shirel a emmené dimanche soir les téléspectateurs de TF1 en Israël.

Shirel intervenait dans le cadre de la bulle vidéo “Là où je t’emmènerai”, diffusée chaque weekend sur la chaîne française. A travers le regard d’une personnalité, le public est ainsi invité à découvrir les différentes facettes d’un pays, ses richesses naturelles et les initiatives menées en faveur de l’environnement.

“J’aimerai vous faire découvrir Israël, l’endroit où j’ai décidé de vivre. D’abord, Israël c’est le berceau de l’humanité, c’est une terre de promesses, une terre où on a fait refleurir le désert”, affirme la chanteuse.

“Il y a une lumière extraordinaire. On lève les yeux au ciel, et c’est vrai que la lumière de Jérusalem est connue à cause des pierres, mais aussi on a l’impression d’être dans un endroit très spécial”, souligne-t-elle, alors que l’on voit se défiler derrière elle plusieurs paysages et sites touristiques d’Israël.

“J’ai choisi d’aller vivre à Tel-Aviv car c’est une ville qui a une énergie extraordinaire, inspiratrice. En contraste avec la modernité, il y a aussi Jaffa qui est le plus vieux port du monde, avec ses pêcheurs, ses petits bateaux. C’est très agréable d’y aller se promener “, poursuit la jeune chanteuse.

“En fait, j’ai trouvé mon lieu où reprendre mon oxygène. C’est un endroit où je peux créer, où je peux ressentir et en même temps où j’ai l’impression d’avoir un passé millénaire”, conclu Shirel.

Shirel Israël Là où je t’emmènerai

En 2014, l’humoriste et chanteur Michel Leeb avait choisi d’évoquer Jérusalem, “un endroit que l’on ne peut jamais oublier”.

Déborah Partouche – © Le Monde Juif .info | Photo | DR

VIDEO | Shirel dans Là où je t’emmènerai : “Israël, une terre de promesses »

(Source : le monde juif.info)

Interview Jeane Manson et Shirel

Nouveau Clip de Shirel : Isha Yeoudia ( Femme Juive)

Shirel – Halleluyah

JERUSALEM SHIREL

 

Sur la paracha Nasso – Qui était Na’hchone ben Aminadav ? Par Mendy Kaminker / La grande voix, par Yitschak Meir Kagan

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Qui était Na’hchone ben Aminadav ?

Il était prince de la tribu de Juda et le beau-frère d’Aaron, le grand prêtre. Au moment où tous étaient hésitants, il sauta dans les flots bouillonnants de la mer. C’était Na’hchone, fils d’Aminadav.

Voici un portrait de l’homme dont l’action discrète laissa une marque indélébile sur notre nation.

Son origine familiale

Na’hchone était un descendant de la cinquième génération de Juda, fils de Jacob. (Son père était Aminadav, fils de Ram, fils de ‘Hetsron, fils de Perets, fils de Juda.)1

Il est mentionné pour la première fois dans la Torah lorsque Aaron épouse sa sœur : « Aaron prit pour femme Elichéva, fille d’Aminadav, sœur de Na’hchone. »2 La Torah énonce généralement des noms lorsqu’elle évoque quelqu’un de nouveau, et les commentateurs s’interrogent ici sur la raison de la mention du frère d’Elichéva.

Ils suggèrent qu’avant d’épouser Elichéva, Aaron s’était renseigné au sujet de Na’hchone, son futur beau-frère. Nous apprenons d’Aaron que lorsque l’on cherche une épouse, il est important de vérifier la qualité de ses frères. Des frères droits et raffinés indiquent que la sœur sera une digne partenaire de vie.3

À l’ouverture de la mer

Sept jours après la sortie d’Égypte, les Israélites se retrouvèrent coincés entre une mer déchaînée et l’armée égyptienne vengeresse. Alors D.ieu donna à Moïse un ordre qui semblait impossible à réaliser : « Parle aux enfants d’Israël et qu’ils avancent. »4

L’ordre avait été donné d’avancer, avec ou sans mer sur le chemin. Mais qui voudrait faire le premier pas ? C’est à ce moment que le dévouement et la bravoure de Na’hchone se manifestèrent. Le Midrache5 et le Talmud6 font le récit suivant :

Quand Israël se tenait face à la mer des Joncs et que l’ordre fut donné d’avancer, chacune des tribus hésita, disant : « Nous ne voulons pas être les premiers à sauter dans la mer. »

Na’hchone vit ce qui se passait et sauta dans la mer.

À ce moment, Moïse se tenait en prière. D.ieu lui dit : « Mes bien-aimés se noient dans la mer orageuse, et tu es là à prier ? »

Moïse répondit : « Maître du monde, que dois-je faire ? »

D.ieu dit : « Élève ton bâton et étend ta main sur la mer. Celle-ci s’ouvrira et Israël entrera dans la mer sur la terre ferme. »

Et ce fut ainsi. Suivant l’exemple de Na’hchone, les Israélites entrèrent dans la mer et furent sauvés.

La récompense de Na’hchone

Le Midrache énumère les récompenses que l’acte courageux de Na’hchone lui valut :

  • Il fut nommé Na’hchone, car il sauta dans les vagues (na’hchol) de la mer.7
  • Cinq héros d’Israël furent parmi ses descendants : David, Daniel, ‘Hananiah, Mischaël et Azariah.8
  • La royauté éternelle d’Israël fut donné à sa tribu, Juda, et il s’ensuit que Machia’h sera également son descendant.9

Après que Moïse eut achevé d’édifier le Tabernacle dans le désert, les chefs des douze tribus d’Israël offrirent des sacrifices et des offrandes pour l’inaugurer. Bien que Juda ne fut pas la plus ancienne des tribus, Na’hchone, prince de Juda, fut le premier à apporter son sacrifice.10 C’est peut-être une récompense pour son dévouement et sa bravoure.

Na’hchone était également parmi les soixante-dix anciens auxquels Moïse transmit de son esprit.11

Son décès

La nomination de Na’hchone comme ancien eut un résultat tragique. Nous lisons que la deuxième année après la sortie d’Égypte, « Le peuple affecta de se plaindre, et ce fut mal aux oreilles de D.ieu. D.ieu entendit et Sa colère s’enflamma, et un feu de l’Éternel sévit parmi eux, consumant les extrémités du camp. »12 Le Midrache explique que « les extrémités du camp » est une référence aux soixante-dix anciens,13 parmi lesquels Na’hchone.14

Un symbole de force

Le nom de Na’hchone est devenu synonyme de courage et de détermination à faire ce qui est nécessaire, même lorsque ce n’est pas populaire.

Inspiré par Na’hchone, le roi David a écrit dans les Psaumes : « J’ai sombré dans les profondeurs boueuses, et je n’ai pas pied ; Je suis venu dans l’eau profonde, et le courant m’a emporté… Ne laissez pas le courant d’eau me balayer, ni la profondeur m’avaler, que la bouche de l’abîme ne se referme pas sur moi ! »15

Le Rabbi considérait l’acte de Na’hchone comme un appel à l’action :

« Un homme du nom de Na’hchone a sauté dans la mer et a ainsi déclenché le grand miracle de l’ouverture de la mer. Techniquement, il n’était pas tenu de le faire, mais il savait que D.ieu voulait qu’Israël avance vers le Sinaï. Il a pris ses responsabilités : il y avait une mer sur son chemin, il a sauté dans la mer et a avancé vers son but.

« La leçon de ceci pour nous tous, c’est que nous devons rester concentrés sur la mission de notre vie, au mépris de tous les obstacles. »16

NOTES

1.

Chroniques I 2,4-10.

2.

Exode 6,23.

3.

Rachi ad loc.

4.

Rachi ad loc.

5.

Mekhilta, Bechala’h 5; Pirké deRabbi Eliezer 42 ; Exode Rabba 13, et autres.

6.

Sota 37a.

7.

Exode Rabba ibid.

8.

Ibid.

9.

Talmud et Mekhilta ibid.

10.

Nombres 7,12.

11.

Yalkout Shimoni, Nombres 7:36.

12.

Nombres 11,1.

13.

Midrache Rabba ad loc.

14.

Le Seder Olam Rabba stipule que Na’hchone est décédé dans la deuxième année après l’Exode. Le Rabbi relie cela à la mort des anciens (Iguerot Kodech, vol. 3, p. 225).

15.

Psaumes 69, 3 ; 16.

16.

Extrait d’un discours du 10 Chevat 5716.

Mendy Kaminker

Qui était Na’hchone ben Aminadav ?

(Source : Chabad.org)

-==-

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La grande voix

Le dernier verset de Nasso est :

« Et quand Moïse s’approcha de la tente d’Assignation pour parler avec Lui (le Tout Puissant), il entendit la voix lui parler, venant d’en haut du Kaporet (couvercle d’or) qui est sur l’Arche du Témoignage, d’entre les deux Chérubins ; et [D.ieu] lui parla » (Nombres 7, 89).

Quand Moïse entendit la voix de D.ieu dans le Sanctuaire, un phénomène miraculeux se produisit. Bien que la voix divine fût aussi forte qu’au Mont Sinaï, où deux millions de personnes l’avaient entendue, si forte qu’elle aurait pu résonner bien au-delà des limites du Tabernacle, elle était miraculeusement coupée à l’entrée du Sanctuaire et ne s’en échappait pas. Moïse était obligé de pénétrer à l’intérieur du Tabernacle pour pouvoir l’entendre (voir Rachi).

La ‘Hassidout propose une explication qui apporte un éclairage sur la nécessité que cette voix ne soit pas entendue au-delà de l’entrée du Tabernacle. D.ieu désire que l’homme Le serve par son libre arbitre et que cette « voix de D.ieu », c’est-à-dire Son appel, Son message et Son enseignement, soit apportée au monde par le service de l’homme.

La « voix de D.ieu » est la révélation de D.ieu. Un lieu que le Tout Puissant choisit comme endroit fixe pour des révélations successives, un lieu où Sa voix s’entend encore et encore, est un lieu qui possède un ordre de sainteté supérieur. Tel était le Tabernacle, appelé « Tente d’Assignation » parce que la Présence Divine s’y rencontrait régulièrement. La « voix de D.ieu », la même voix forte entendue au Sinaï remplissait régulièrement et de façon répétée le Tabernacle.

Si la voix et la parole du Tout Puissant avaient résonné dans le monde, de façon répétée et régulière, le monde tout entier serait devenu une grande « Tente d’Assignation », un Sanctuaire dans lequel l’homme n’aurait pu choisir d’aller dans le sens contraire des désirs divins. Le libre-arbitre n’aurait pas été possible. Mais le désir divin était que nous transformions, par notre service et non par une intervention divine, l’environnement dans lequel Sa voix n’est pas « entendue » et que nous en fassions un lieu où Sa Présence peut résider.

La grande voix

(Source : Chabbad.org)

Paracha Nasso : L’après Chavouot

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Pour ceux qui évoluent quotidiennement dans le monde de la Torah, la fête de Chavouot ne s’est en fait pas terminée. Elle nous accompagne de son intense présence et trace même la voie du futur ! Par contre, pour tous ceux qui n’ont pas eu la chance d’aborder la fête à son haut niveau spirituel, ce « moment » du calendrier hébraïque est derrière eux et ils l’ont oublié.

La Michna rapporte ainsi qu’il existe quatre qualités chez ceux qui se rendent à la maison d’étude – le Bet hamidrach :

celui qui s’y rend et agit est un ‘hassid ;

celui qui y va et n’agit pas sera  » récompensé  » pour son déplacement ;

celui qui agit, mais n’y se rend pas sera  » gratifié  » pour son action ;

mais celui qui n’y va pas et n’agit pas est un  » mécréant « . (Maximes des Pères 5, 14)

Or, en quoi ce dernier compte-t-il parmi ceux qui ont un quelconque lien avec la maison d’études, puisqu’il ne s’y rend pas et n’accomplit pas les mitsvot ? Rabbi Yossef Chlomo Kahaneman zatsal, l’illustre rav de Poniovitch, répond à cette question grâce à la parabole suivante, en forme de récit… Daniel, un étudiant de sa yéchiva, semble passer par une période difficile : il ne comprend pas clairement ce qu’il étudie, il sent que ses prières sont énoncées de manière superficielle, et, en un mot, il broie du noir… Une dépression qui lui donne envie d’abandonner la yéchiva et de quitter le monde de la Torah. Il ferme donc sa Guémara, sort dans la ville, et au premier coin de rue, il rencontre ce fameux personnage de la Michna : celui qui ne va même pas au Bet hamidrach et qui n’agit pas… Daniel voit de quoi il a l’air, s’enquiert de ce qu’il cherche en ce monde et de ce que sont ses valeurs. Alors, une immense vague de repentir le submerge, et il s’en retourne bien vite à la yéchiva… C’est donc bel et bien grâce à ce personnage qualifié par nos Sages de  » mécréant  » que Daniel est resté plus lié que jamais au monde de la Torah. Il est donc logique qu’une telle personne  » négationniste  » figure quand même sur la liste de ceux qui ont un lien avec la Torah…

C’est ainsi qu’à l’issue d’un séminaire organisé pour des Juifs laïcs, lors duquel le  » point d’orgue  » des débats fut la mise en exergue du repentir authentique, rabbi Yaacov Galinski s’approcha d’une personne hirsute qui étudiait passionnément un texte du Talmud et lui demanda : « Selon vous, quelle étude a plus de valeur au Ciel : la vôtre, ou celle d’un ba’hour yéchiva à Bné-Brak ? » Or à sa grande surprise, la réponse fut : « L’étude d’un ba’hour yéchiva ! » Rav Galinski le pria de s’expliquer, et le hippie lui répondit : « Je connais bien la rue avec toutes ses tentations. Je sais que ce ne sont que des mirages vides de sens et dépourvus de la moindre valeur ! Il est donc logique que j’opte pour l’étude de la Torah. Mais le ba’hour yéchiva, quant à lui, n’est jamais sorti de là, et il peut fort bien s’imaginer que la rue qui scintille dehors pourrait lui procurer aussi d’autres ‘valeurs’. Et pourtant, il persévère et continue d’étudier… »

Chalom C

Paracha Nasso : L’après Chavouoth

(Source : Chiourim.com)

Chavouot : le Livre de Ruth comme la Haggada- vidéos

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La libération d’Egypte du peuple hébreu réduit à un esclavage destructeur, génocidaire, trouve sa cause essentielle dans le don et l’acceptation de la Loi au Sinaï.

Autant dire que dans la liturgie juive, les célébrations de Pessa’h et de Chavouot sont chevillées comme l’étaient les panneaux du Sanctuaire lors de la traversée du désert.

Autant dire aussi que le Livre de Ruth, qui doit être lu à Chavouot, est d’importance comparable à la Haggada de Pessah, même s’il est beaucoup plus court, même s’il est récité de manière moins cérémonielle.

Si la Haggada de Pessah relate les circonstances et les perspectives de la liberté, le Livre de Ruth explique les raisons pour lesquelles nous méritons de rester libres, de ne pas retomber dans l’Egypte intérieure, pire que l’Egypte pharaonique, parce que là règne la dureté du cœur, l’inattention qui aggrave la solitude et la détresse d’autrui.

A la solitude doit faire face la sollicitude, à la détresse, la solidarité. C’est parce qu’une femme, une étrangère, Ruth, sut faire preuve et de sollicitude et de solidarité vis-à-vis d’une mère meurtrie par la mort de son époux et de ses fils, puis vis-à-vis d’un vieillard dont la notabilité ne masquait plus son esseulement, qu’elle mérite d’être appelée splendide et de voir son nom et ses actes chaque fois racontés à propos du don de la Torah. Pourtant, les temps étaient si durs, l’époque si noire que le « chacun pour soi  » eut été sinon excusable, en tout cas explicable.

C’était en effet en Israël un temps d’anarchie puisque les Juges méritaient de passer en jugement. Comme un malheur en engendre un autre, une terrible famine se déclara dans la région de Bethléem.

Famine d’avertissement : elle sévit dans une ville qui s’appelle Maison du Pain ou de la Subsistance (léh’em). Dans ces circonstances, à peine survivant en un lieu au-dessus duquel le ciel s’est refermé, un couple de Judéens, Elimelekh et sa femme Noémie, prennent la décision d’émigrer. Vers où? Vers des terres sombres mais moins faméliques, vers Moab, la contrée fondée par les fils incestueux de Loth et de ses filles, rescapées de Sodome et de Gomorrhe, qui commirent l’acte abominable pour se donner une descendance tandis qu’elles croyaient advenue la fin du monde (Gen., 19, 36).

Le couple d’émigrés a deux fils aux noms bien pessimistes, conférés en temps de famine, Mah’lon (le Profane) et Khilion (l’Aboli). Apres l’installation à Moab, Elimelekh décède. Noemie reste seule. Ses deux fils prendront respectivement pour épouses les Moabites Ruth et Ôrpa. Mais le malheur est infatigable. Les deux fils décèdent à leur tour et voici trois femmes seules, sans ressources.

Comment faire face à la misère et à cette solitude, car nul voisin ne s’est manifesté pour les soutenir?

Entre-temps, Dieu s’est ressouvenu de la vocation de Bethleem. Le pain y est réapparu avec la fin de la famine. L’ayant appris, Noemie prend la décision de « désemigrer », si l’on peut dire, de s’en revenir en son établissement initial.

Quel sort sera réservé là aux deux jeunes veuves étrangères qui demeurent avec elle ? Elle ne saurait le dire. C’est pourquoi elle tente de les délier du lien qui les unit ensemble mais à titre posthume. Que chacune se sente libre de s’en retoumer chez soi : Noemie est trop âgée pour espérer enfanter de nouveau et leur donner des époux de substitution au titre du lévirat, d’un lévirat entendu de la manière la plus large possible. Finalement, Ôrpa ne résistera pas aux raisons invoquées par la mère-veuve. Ruth choisira de lui rester attachée, coûte que coûte, de partager non seulement sa vie, mais, en cas de besoin, sa mort.

Première splendeur de Ruth : à ses yeux, l’épreuve ne corrode pas le lien avant de le briser. Au contraire : elle le renforce en tout ce qui le tresse : « Ton peuple, mon peuple ; ton Dieu, mon Dieu » (1,16). Les deux femmes à jamais unies arrivent enfin à Bethléem désormais la bien nommée, la bien-aimée. Ce retour ne va pas sans susciter quelques remarques dans le voisinage.

Nouvelle urgence : comment à présent se nourrir ? La loi d’Israël prévoit que les pauvres, ceux que le sort a marqués du sceau du fer rouge, ont le droit de glaner dans la partie du champ que la loi de bonté, de h ’essed, leur réserve.

En toute propriété humaine, l’origine divine des bienfaits qu’elle représente doit être préservée. Noemie n’ignore pas qu’à Bethleem — où elle a conservé la propriété d’un champ formellement en déshérence —elle est parente d’un des personnages les plus notables de la cite, Boaz, désormais avancé en honneurs, en richesses, mais aussi en âge.

C’est sur le champ de Boaz qu’elle invite Ruth à s’en aller glaner pour les nourrir toutes deux dignement, pour échapper à la mendicité.

Ruth entend l’invitation de Noémie comme l’on entend un son qui va plus loin qu’on ne l’imagine. Elle se met à glaner. Boaz vient. Les salutations qu’il échange avec les autres moissonneurs sont des bénédictions de vaste portée aussi, qui en appellent chaque fois à la Présence divine (2, 4). Aux yeux de Boaz, les moissonneurs ne constituent pas une masse humaine indistincte.

La présence de Ruth attire son attention. On lui dit qui elle est, d’où elle vient. De cette Histoire dévoilée, Boaz conclut à ses propres devoirs. Il s’adresse directement à Ruth. L’appelle tout de suite « ma fille » ; l’assure qu’elle peut glaner afin de manger aujourd’hui mais aussi pour atténuer en elle la peur du lendemain.

Une pareille générosité suscite une reconnaissance d’ampleur analogue. Ruth relève la grandeur de Boaz : il l’a reconnue quoiqu’étrangère, parce qu’étrangère (2, 10). Etrangère ? Ainsi Ruth n’a retiré aucun avantage de son attachement à Noémie ? Un tel désintéressement ne restera pas sans suite. Informée de l’aube humaine renaissante, Noémie pressent qu’autre chose est en train de germer.

Elle pousse Ruth à la rencontre de cet avenir qui s’ajoutera à la moisson actuelle des champs de Bethléem. Il faut faire lever les récoltes de la reconnaissance mutuelle qui vient d’advenir entre la jeune veuve et le vieillard sans descendance. Et comme souvent dans le recit biblique, lorsque l’Histoire doit passer par le chas d’une aiguille, la nuit et le sommeil sont les matrices du futur.

Ruth ira se porter et se poster aux pieds de Boaz dormant dans son champ, avec pour seule couche la clarté des étoiles. Le dormeur ressent cette présence. Son sommeil est interrompu par un élancement de frayeur qui se renforce lorsqu’il découvre la Moabite près de son propre corps. Toutefois, l’équivoque se dissipe instantanément.

Dans cette proximité, Boaz ne voit pas la tentative de rééditer l’acte commis par les filles de Loth avec leur père mais la confirmation du mouvement de reconnaissance commencé en plein jour. A la générosité de Boaz, l’homme puissant et riche mais vieux et seul, Ruth répond en lui offrant ce qu’elle est : une femme qui peut encore porter le futur dans ses flancs.

Boaz accepte ce qui n’est autre qu’une alliance. Mais rien en lui ne se débonde d’une passion trop longtemps contenue. La conscience de ses devoirs reste intacte. S’il faut sauver Ruth, il faut le faire en sauvant Noemie et en respectant les règles qu’enseigne la Loi de vie.

Quel que soit l’élan qui porte Ruth vers l’être qui fut capable de reconnaitre l’Anonyme, Boaz doit d’abord solliciter celui dont il sait qu’il a meilleur titre que lui à accomplir cette salvation parce qu’il est plus proche parent encore de Noemie. Mais que le contrat soit clairement entendu : l’on ne saurait acquérir le champ de Noemie sans Noemie et Noémie sans Ruth, de sorte que le nom du fils défunt, Mah’lon, ne soit pas abrogé de la mémoire d’Israel. Dûment averti et de ses droits et de ses obligations, ce plus proche parent se désiste.

Alors, et alors seulement, Boaz confirme l’alliance suscitée par Noémie et mise en œuvre par l’étrangère solidaire et désintéressée. Boaz la prendra pour épouse. Le peuple tout entier voudra porter témoignage des conditions et des espérances de cette Alliance qu’il rattache à Rachel et à Léa. Alliance que Dieu confirme, puisque Ruth conçoit et qu’elle enfante un fils. Cependant, son nom ne lui sera pas immédiatement conféré. En attendant, qui le nourrira ? Ruth ? La splendeur de Ruth irradie dans l’immensité de nouveau prolongée de son désintéressement total : « Noémie prit le nouveau-né, le mit sur sa poitrine, et lui donna ses soins maternels. » Le voisinage a compris la portée d’un tel geste que Ruth laisse faire. Il déclare : « Un fils est né à Noémie » (4,17).

Par l’union entre Ruth et Boaz, deux actes essentiels de générosité futurante ont simultanément été accomplis. Le nom du fils décédé est maintenu vivant. Mais le nom de la mère-veuve, si durement éprouvée, si intensément clairvoyante, sera inscrit également dans l’Histoire. Ce fils s’appellera désormais Ôved, le Serviteur. De lui naîtra le roi David. Et de lui, toujours pour ces raisons, devra naître l’être que l’espérance humaine dénomme le Messie.

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Raphaël Draï zal, L’Arche Juin 1997

 

 

MEGUILAT  RUTH ET SES ENSEIGNEMENTS

L’héroïne de la fête de Shavouoth est Ruth la Moabite. Ruth était une personne d’une essence très élevée : son nom en hébreu s’écrit : רות d’une valeur numérique de 606. N’étant pas juive de naissance ? elle devait donc s’attacher aux 7 mitsvoth noahides et c’est ainsi que l’on apprend qu’elle était une tsadéket car elle appliquait les 613 mitsvoth de la Torah (606+7=613).
La Torah stipule de ne pas avoir de rapports d’aucune sorte avec le Moabite mais pas avec LA Moabite c’est la raison pour laquelle de par sa conduite exemplaire et de par sa volonté de s’intégrer au peuple juif, elle a eu la possibilité de donner naissance à des Juifs, puisque leur père Boaz était juif et qu’à cette époque la filiation était patrilinéaire. De toute façon, d’après certains commentateurs, Ruth et Orpa

Le premier mot hébraïque du livre de Ruth la Moabite nous annonce une tragédie et les quatre chapitres composant le livre de Ruth va, littéralement par des allusions, relever des enseignements importants tant pour la vie sociale que sur le plan moral.

Le récit débute ainsi :….. L’action se situe au moment où on jugeait les Juges – période de décadence pendant laquelle les Juges n’avaient pas d’autorité ni une bonne presse ainsi qu’il est écrit au début de la meguilat Ruth : ויהי בימי שפוט השופטים.

Il y eut une période de famine sévère. Afin de préserver sa famille de cette famine, Elimelekh décide de fuir de Beith Léhem en Judée pour se réfugier dans les plaines de Moab. Les prénoms des membres de cette famille sont significatifs puisque Elimelekh signifie que mon D est Roi, Naomi, l’épouse s’appelle Douceur, les deux fils se nomment Mahlon et Khilion ce qui signifie respectueusement : maladif et chétif…..

Peu de temps après, Elimelekh meurt suivi d’assez près par ses deux fils qui entretemps avaient épousé des Moabiot. Le nom de l’une d’elles présage aussi de l’avenir : Orpa nom qui vient du mot oref ou nuque ce qui signifie qu’elle va partir et tourner le dos à Naomi sa belle-mère, alors que Ruth fait serment d’attachement et de fidélité à celle-ci.

La première question qui se pose est de savoir pourquoi, (comme le montre la généalogie de Ruth : le Roi David est issu d’une Moabite et, le Roi Messie sera également un descendant de la Moabite ). C’est parce qu’il est écrit qu’UN Moabite ne pourrait rentrer dans le Kahal de D mais pas UNE Moabite…..

Donc,  rien n’est étonnant sur ce plan : les enfants issus d’une union d’un Juif avec une Moabite ou une Ammonite ne seront pas considérés comme Mamzérim (bâtard dans la terminologie française mais  qui signifie littéralement porteur d’un défaut étranger).

Se pose la question de savoir pourquoi, si peu de temps après  avoir organisé le repli de sa famille dans les plaines de Moav, Elimelekh décède….

Le commentaire de Torah Temima explique qu’en se désolidarisant du peuple dans une période aussi troublée qu’une famine, Elimelekh a pris une décision révélatrice de sa désolidarisation. On pourrait alors se poser une autre question : il y a eu d’autres famines dans la Bible notamment celle où Jacob envoya ses fils en Egypte….

La différence entre ces deux situations est que Jacob a envoyé ses fils en Egypte non pas pour aller vivre en Egypte MAIS pour acheter du blé et continuer à vivre là où ils vivaient déjà avec les autres voisins.
Valeurs morales se trouvant énoncées dans la méguilah de Ruth :
Orpa se rend au raisonnement de sa belle-mère et s’en retourne chez ses parents, tourne le dos à Naomi et au judaïsme. Elle montre sa nuque en repartant : Orpa. Elle se désolidarise elle aussi et ne montre aucun attachement à cette famille qui l’avait adoptée et avec laquelle elle aurait continué à vivre si tout s’était bien déroulé. Par contre, Ruth montre son adhésion totale au judaïsme et à sa famille : “ne me contrains pas à partir loin de toi, car là où tu iras, j’irai et là où tu dormiras, je dormirai, et ton D sera le mien. Où tu seras enterrée sera le lieu de ma sépulture” Soumission totale au judaïsme et au respect des parents bien qu’il  ne s’agisse ici que de la belle-mère….

Mitsva du Yiboum (lévirat) : chapitre. I verset 11 :
Naomi leur dit : retournez chez vous mes filles, pourquoi viendriez- vous avec moi ? Aurai-je encore des fils dans mes entrailles que vous pourriez épouser ? ……..

Lorsqu’un homme meurt sans laisser de descendance, le ou l’un des frères restant même s’ils  sont mariés doivent donner une descendance posthume au frère défunt (il y a aussi la possibilité de renoncer à cet acte par une autre mitsva qui est celle du déchaussement) et si ce n’est un frère, on recherche le parent le plus proche pour accomplir cette mitsva. Par ces paroles et celles des versets suivants dans lesquels Naomi va encore plus loin en envisageant que même si elle avait eu la possibilité encore d’appartenir à un homme et de retomber enceinte à nouveau et d’élever de Boaz encore une raison pour que les deux moabites restent avec Naomi mais, en l’état présent, il n’y a aucune possibilité de pratiquer cette mitsva……

Un intérêt réside en la mitsva : celui de pouvoir restituer à la veuve et ensuite au descendant putatif du défunt les terrains qu’il avait en sa possession à son décès faute de quoi ces biens tombent dans les biens publics.

Dans ce cas précis, Noémie qui était riche au temps où son mari vivait. A la mort de celui-ci et de ses deux fils, les biens furent annexés à la communauté, d’où son opiniâtreté à vouloir donner une descendance posthume à son fils de manière à pouvoir récupérer les terrains de la famille si durement éprouvée.

Cependant, plus loin dans le texte, cette mitsva prendra sa pleine expression lorsque, au chapitre II, se dessine un espoir de pratiquer cette mitsva lorsque Naomi apprend qu’un parent de son défunt mari habite dans la région et il se prénomme Boaz (bo = en lui, oz, force).

C’est ainsi que par la suite, Ruth, dont la réputation de femme vertueuse devance ses pas attire l’attention de Boaz et la mitsva du lévirat se réalisera, récompensant l’attitude de Ruth ainsi que la vertu de Naomi…….

Mitsvoth ayant trait aux pauvres, aux étrangers, aux veuves et aux orphelins  dans le domaine agricole :

Le glanage (leket לקט): les personnes appartenant aux catégories ci-dessus ont le droit de pratiquer le glanage ce qui signifie que les travailleurs laissant tomber des épis de céréales derrière eux, ces épis peuvent être récupérés par les pauvres etc…..

Le coin (פיאה-péa) : un coin des champs doit être obligatoirement être laissé à la disposition des indigents énumérés ci-dessus…..de même en cueillant les fruits d’un arbre, on en laisse une partie à la discrétion de l’indigent.

L’oubli (shikheha שיכחה) : les gerbes laissées et oubliées le sont également au profit des nécessiteux.
Ruth la Moabite a donc profité de ces dispositions prescrites dans la Torah pour vivre avec Naomi……
Les différents mérites composant la personnalité de Ruth lui auront permis d’être la génitrice d’une lignée de prestige puisqu’elle fut l’aïeule du  Roi David et donc de Salomon puis, à la fin des temps, du Roi Messie.

L’histoire de Ruth tout comme celle d’Esther est présentée sur un rouleau de parchemin écrit à la main par un sofer ou scribe. Dans le Tanakh on compte cinq meguiloth :
MEGUILATH ESTHER (le mot meguilah vient du mot glil = rouleau ou liglol = enrouler)
MEGUILATH RUTH
SHIR HASHIRIM (Cantique des Cantiques)
KOHELETH (L’Ecclésiaste)
EIKHAH (Les Lamentations).

Caroline ElishévaRebouth

Chavouot : le Livre de Ruth comme la Haggada- vidéos

(Source : JForum)

Chavouôte – cours vidéo

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https://livetourism.tv/newravdynovisz/wp-content/uploads/2016/09/logoRD.png

 

Voici un  magnifique cours qui fait bien comprendre ce qu’être juif signifie. Être juif est une identité, une manière très spécifique de se comporter et d’être, et non une religion.

La magnifique et unique fête de Chavouôte

____________________________________________________      Le monde ne le sait malheureusement pas, et c’est dommage pour lui, mais la Torah a été donnée pour lui aussi, et pas seulement au peuple juif, qui finit par être choisi par le Créateur après le refus des 70 nations présentes alors sur la planète ! Et dire que les nations ont aujourd’hui le culot d’être jalouses de l’élection d’Israël en tant que guide et modèle d’éthique et de sa brillante réussite, avec l’aide d’Hachem qui a toujours protégé, protège et protégera toujours Son peuple de la destruction, car en tant que nation, elle est la seule sur terre à être immortelle, ce qui n’est nullement le cas des nations qui s’attaquent à elle et que l’on voit décliner et s’éteindre petit à petit jusqu’à disparaître complètement, n’étant plus qu’un souvenir historique, ce qui est aussi le cas des grandes civilisations qui ont dominé le monde dans l’Antiquité ! L’homme, le partenaire de l’Eternel, fut mis sur cette terre pour améliorer le monde. C’est ce que s’évertue à faire le peuple juif avec beaucoup de courage, d’énergie, de ténacité et de candeur, et il y réussit peu à peu ! Son arme : la Torah qui lui insuffle la force de se battre et l’éternelle espérance en un monde meilleur, un objectif vers lequel il se dirige rapidement, à présent qu’il habite à nouveau sa terre ancestrale, où il revient graduellement de tous les pays où il était dispersé, un pays où il peut aussi se réfugier lorsqu’il est persécuté. _______________________________________________________

LA FÊTE DE CHAVOUÔT
Les 4 noms de la fête :
‘HAG HACHAVOUÔT FÊTE DES SEMAINES
YOM HABIKOURIM FÊTE DES PREMICES
‘HAG HAKATSIR FÊTE DES MOISSONS
ATSERET CESSATION (DE TOUT TRAVAIL)

Cours du Rav ‘Haïm Dynovisz sur les 10 Commandements

Plan de l’étude

LA TORAH ? UN DON D’AMOUR DU CREATEUR
COMPOSITION DE LA TORAH
TRANSMISSION DE LA TORAH ORALE
Chronologie
LA REVELATION DU SINAÏ
LES MOTS DE D.IEU
OU SITUE-T-ON LE MONT SINAÏ ?
LE DON DES 10 PAROLES
LE VEAU D’OR
UN ENGAGEMENT DE L’HOMME AVEC LE CREATEUR
LA VEILLEE DE CHAVOUÔT
LA FÊTE DE CHAVOUÔT
Consommation de mets lactés
QUELQUES REMARQUES & PENSEES SUR CHAVOUÔT
Meguila Ruth
Anniversaire de la mort du Roi David
Chavouôt est aussi la fête du patriarche Jacob
CHAVOUÔT, UN AUTRE SENS DE LA LIBERTE
AUTHENTICITE DE LA TORAH

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LA TORAH ? UN DON D’AMOUR DU CREATEUR

A l’origine, la Torah fut proposée à tous les peuples de la terre, qui, tous sans exception, la refusèrent. Elle fut alors proposée aux Bné Yisrael en l’an 2448, dit de la création du monde (environ 1300 ans avant l’ère actuelle), qui l’acceptèrent. Elle se présente sous la forme d’un long parchemin enroulé autour de deux axes qui contient les 5 parties. Elle est copiée à la plume d’oie (ou roseau) par un sofer (scribe), qui a appris en détail les règles de l’écriture. La Torah est divisée en péricopes (appelées « parachyiote » ); il y en a autant qu’il y a de semaines dans l’année juive. Chaque Chabbat, on récite publiquement une péricope, de sorte que la Torah est entièrement lue à la synagogue en une année. Chaque péricope (paracha) est divisée en sept passages ; pour chacun d’eux, un fidèle est invité à monter à la tribune et c’est à son intention que l’officiant lit le texte sacré. En s’approchant de la Torah, le fidèle récite une bénédiction dans laquelle il loue son Créateur de « nous avoir choisis parmi les peuples et de nous avoir donné sa Torah ». La Torah est revêtue de divers parements qui sont offerts en ex-voto par les fidèles. Elle est promenée, avant et après la lecture, parmi les fidèles de la synagogue et proposée à leur dévotion.

La valeur numérique du mot Torah est égale à 611, comme les 611 comman-dements que nous a transmis Moché rabbénou (les deux premiers ayant été entendus par Israël directement de D.ieu Lui-même (traité de Makot). Les 10 paroles – dont sont tirés les 10 commandements destinés au monde entier comportent 620 lettres qui correspondent à la valeur numérique du mot « keter » (couronne) – représentent les 613 commandements de la Torah et les 7 commandements rabbiniques (Netilat Yadaïm, Erouvine, Pourim ‘Hanoucca, les Bera’hot, les bougies de Chabbat et Yom tov ainsi que le Hallel.) – Na’hmanide.
Les ‘Dix Commandements’ constituent donc le fondement de la Torah. Ils comprennent toutes les mitsvote de celle-ci, valables pour toutes les époques et sont les suivants :

1) Je suis l’Eternel ton D.ieu
2) Tu n’auras pas d’autre dieu que Moi et donc, tu ne feras pas de sculpture à l’image de ce qui est dans le ciel, sur la terre ou sur les eaux et tu ne te prosterneras pas devant elles, car je suis un dieu jaloux.
3) Tu ne prononceras pas le nom de ton D.ieu à l’appui du mensonge.
4) Observe le jour du Shabbat pour le sanctifier.
5) Honore ton père et ta mère.
6) Tu ne tueras point.
7) Tu ne commettras point l’adultère.
8) Tu ne voleras point.
9) Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain.
10) Tu ne convoiteras pas la femme, la maison, le champ, le serviteur, la servante, le bœuf, l’âne, rien de ce qui appartient à ton prochain.

La Torah n’est pas seulement l’histoire du peuple juif jusqu’à la mort de Moïse. C’est à la fois une loi accompagnée des 613 Mitsvote positives et négatives qui guide notre vie et le plus merveilleux cadeau du Créateur fait à l’homme après celui de la vie elle-même, don qui marque l’année juive d’une reconnaissance éternelle de la part de Sa créature. C’est aussi un rouleau de parchemin transmis par l’intermédiaire de Moïse, et complété par la loi orale et ses commentaires rabbiniques jusqu’à nos jours. La fête de Chavouôt est enfin, selon le sens étymologique, un enseignement qui doit se perpétuer de génération en génération.

• La Torah comporte 70 facettes. (Nombre, Rabba 13, 15).
• La Torah rappelle le langage de chacun (Berakhot 31 ).
• La Torah ne peut être qu’étudiée en groupe (Berakhot 31).
• La Torah est comme de l’eau, qui coule goutte à goutte et qui mit par devenir un fleuve (Cantique des cantiques Raba 1,19).
• La Torah est une lumière (Meguila 16b).
• La Torah est la condition de base de la création du monde (Béréchit Raba 1,2). La Torah est arbre de vie (Proverbes 3,18).

COMPOSITION DE LA TORAH

La tradition rapporte que toutes les âmes juives de toutes les générations à venir jusqu’à la fin des temps étaient présentes au Sinaï (Midrach Rabba), y compris celles des convertis et ce don est renouvelé chaque année le jour de Chavouôt. Toutes les prophéties de tous les prophètes à venir ont également été reçues au Sinaï. Lorsque Haqqadoch Baroukh Hou (Le Saint Béni Soit-Il) révéla la Torah à Israël au Sinaï, Il la dicta à Moïse dans cet ordre : – Bible – Michna – Talmud – Agada, ainsi que tout ce que l’élève allait un jour demander à son maître. Comme il est dit : « L’Eternel prononcera toutes ces paroles ». (Exode 20). Les 3 derniers livres (Michna, Talmud, Agada) furent donnés oralement (Chemot rabba).
La « Torah chebikhtav » (Loi écrite) comporte les parties suivantes :

– TANAKH (initiales de Torah, Neviim, Ketouvim), composé de 24 livres – TORAH (Bible) 5 livres de Moïse : Berechit (Genèse), Chemot (Exode), Vayikra (Levitique), – Bamidbar (Nombres), Devarim (Michné Torah (Deutéronome). – NEVIIM (Prophètes) 8 livres : Josué, les Juges, Samuel I & 2, Rois 1 & 2, Isaïe, Jérémie, Ezéchiel, les 12 prophètes (Osée, Joël, Amos, Obadia, Jonas, Michée, Na’houm, ‘Habacuc, Tséphania, ‘Haggai, Za’harie, Mala’hie). – KETOUVIM (Ecrits, ou Hagiographes) 11 livres : Ruth, les Psaume, Job, les Proverbes, le Cantique des Cantiques, les Lamentations, l’Ecclésiaste, Esther, Daniel, Ezra, Ne’hemie, Chroniques I et II.

La « Torah Chebeal Péh » (la tradition orale) comporte les parties suivantes :
– LA MICHNA en 6 volumes (ou Chass) contiennent les enseignements des Tanaïm, qui furent codifiés par Rabbi Jehoudah Hanassi aux environ de 3950 (temps hébraïque).

– 1) ZERAÏM (lois agricoles)
– 2) MOED (fêtes)
– 3) NACHIM (lois matrimoniales)
– 4) NEZIKIM (dommages)
– 5) KADACHIM (choses saintes)
– 6) Taharot (lois de pureté)

– LE TALMUD contient les enseignements des Amoraïm 3979-4235 (temps hébraïque). Ils constituent le commentaire de la michna. LE TALMUD DE JERUSALEM fut compilé par Rabbi Jo’hanan en 4039. LE TALMUD DE Babylone fut compilé par Rav Aché et Ravina en 4234.

– Le SHOUL’HAN AROUKH constitue la conclusion de la Hala’ha (Loi) et sa codification, d’après le Talmud et les Richonim. Ses auteurs sont : Rabbi Joseph Caro, de Safed et Rabbi Moïse Isserlés de Cracovie (le Rama) en 5335.

L’étude de la Torah l’emporte sur tous les commandements, car elle conduit à l’action. L’homme sera d’abord jugé sur l’étude de la Torah et seulement ensuite sur ses actions. L’obligation de l’étude de la Torah dure jusqu’au jour de sa mort, comme il est dit en Deutéronome 4 : « Dans la crainte que tu n’oublies les choses que tes yeux ont vues et qu’elles ne s’écartent de ton cœur aucun jour de ta vie ! » Tout homme est tenu de se chercher un maître pour étudier la Torah. On est tenu d’étudier à mi-voix et de raisonner à mi-voix. Celui qui étudie la Loi écrite sans la comprendre réalise néanmoins la mitsva de l’étude, par contre l’étude de la Tradition orale exige la compréhension pour avoir valeur de mitsva. (Maïmonide, Choul’han Aroukh).

TRANSMISSION DE LA TORAH ORALE

La michna avait été donnée au Sinaï à Moché Rabbénou avec la Torah lors du Matane Torah. « Moïse reçut la Torah du Sinaï, il la transmit à Josué, Josué aux Anciens, les Anciens aux Prophètes, et les Prophètes la transmirent aux hommes de la Grande Assemblée. Ceux-ci disaient trois choses: Soyez circonspects dans le jugement, élevez de nombreux disciples et faites une haie autour de la Torah.» (Chapitre 1, Michna 1). Depuis ce jour, l’enseignement de la Torah n’a pas cessé de nourrir l’âme de chaque Juif, de génération en génération, en une chaîne ininterrompue et chaque Juif a le devoir de la transmettre à ses enfants.

Depuis Moché Rabbénou (2448) jusqu’à Hillel Hazzaqén (3768 ou an 8), on enseigna la michna. Beaucoup de grands Sages avaient tenté de composer des recueils des différentes traditions « avant Ribbi Yéhouda Hannassi » (qodém Rabbi), nommé aussi Hamé’habér, le rédacteur, ou Rabbi, ou Rabbénou Haqqadoche parce qu’il vécut dans la plus grande pureté jusque dans ses gestes les plus intimes. Ribbi Yéhouda Hannassi a organisé ces traditions d’abord de manière à faciliter la mémorisation, sans que cet ordre ne corresponde à notre conception actuelle des encyclopédies thématiques. Ribbi Âqiva, le Maître des plus grands, avait entrepris le recueil et la classification de toutes les traditions. Jusqu’à la destruction du Temple, il y avait certes des traditions multiples, mais il n’y avait pas de dissensions dans les discussions entre eux. Puis, le Temple fut détruit et le Sanhédrine partit pour Yavné avec les yéchivotes et il erra en dix pérégrinations. Non seulement l’arrêt de la pratique des mitsvote liées au Temple créa une perte considérable des traditions, mais c’est surtout le traumatisme de cette destruction qui entraîna la perte de nombre de traditions, la perte du rapport entre l’essentiel et l’accessoire et celle du point commun qui unissait des traditions différentes.

Chronologie (dates du calendrier hébraïque, commençant à la création d’ Adam, le premier homme)

2448 – Moïse reçoit la Torah sur le Mont Sinaï

2488 – Josué – Eléazar

2516 – Pin’has – Les Anciens et les Juges :

Othniel jusqu’à 2566

Ehoud jusqu’à 2636

Shamgar jusqu’à 2636

Barak & Deborah jusqu’à 2676

Guideon & son fils jusqu’à 2719

Tola jusqu’à 2742

Yaïr jusqu’à 2764

Jephté jusqu’à 2787

Ivtzan (Boaz) jusqu’à 2793

Elon jusqu’à 2803

Abdon jusqu’à 2811

Samson jusqu’à 2830

2830 – Eli et son Beth Din (tribunal rabbinique)

2870 – Samuel et son Beth Din

2884 – David et son Beth Din

2924 – A’hiyah de Chiloh et son Beth Din

2962 – Le Prophète Élie

3047 – Élicha

3055 – Yéhoyada le Prêtre

3070 – Zekhariah le Prêtre

3090 – Hosée

3110 – Amos

3140 – Isaïe

3160 – Micah

3190 – Joël

3240 – Nahoum

3254 – Habacuc

3280 – Céphaniah

3316 – Jérémie

3350 – Baroukh fils de Nériah

3370 – Ezra et son Beth Din (Les hommes de la Grande Assemblée – incluant Daniel, Mordekhaï, Néhémiah, Hananiah, Michael et Azariah)

3400 – Simon le Juste

3460 – Antignos de Soho

3500 – Jossé fils de Yoézer et Jossé fils de Yo’hanan

3560 – Josué fils de Pera’hiah et Nitaï l’Arbelite

3621 – Judah fils de Tabbaï et Simon fils de Chata’h

3722 – Chemaya et Avtalyon

3728 – Hillel et Chammaï

3768 – Rabban Simon fils de Hillel et Rabbi Yo’hanan fils de Zakkaï

3800 – Rabban Gamliel fils de Simon et les disciples de Rabbi Yo’hanan fils de Zakkaï

3810 – Rabban Simon fils de Gamliel et Rabbi Akiba

3828 – Rabban Gamliel et les disciples of Rabbi Akiba

3881 – Rabban Simon fils de Gamliel

3910 – Rabbi Judah le Prince – Rédacteur de la Mishna

3979 – Ses fils, Rabbi Simon et R. Gamliel, R. ‘Hiyah, Rav, Samuel et Yo’hanan

4010 – R. Houna, R. Judah, R. Na’hman, R. Kahana

4060 – Rabba et R. Joseph

4085 – Abayé et Rava

4127 – Rav Achi et Ravina

4260 – Achèvement du Talmud par R. Achi, Ravina et leurs disciples

A cause de l’écart entre l’origine divine de la Torah et la nature humaine, et aussi en raison des grandes catastrophes, la tradition avait toujours été confrontée à ces phénomènes d’oubli ; ainsi, Moché Rabbénou lui-même affronta ce phénomène de l’incertitude, de la perte des connaissances sous l’effet de la colère. Yehoshua (Josué), son disciple, et les autres Sages, sous l’effet de la douleur éprouvée à la mort du Maître, oublièrent 300 règles ou 700 règles ou 3000 règles qu’ils avaient reçues (Témoura 15-16). Un autre processus mettait en péril la connaissance. Les plus grands Maîtres reconnaissaient humblement que les capacités de connaissance baissaient de génération en génération (contrai-rement à ce qu’en dit le concept moderne de « progrès » dans la connaissance).

Cependant la Torah constitue toujours, de nos jours, la parole permanente de D.ieu et rien de ce qu’elle contient ne sera jamais inapproprié ou dépourvu de pertinence. Puisqu’elle est vraie, elle ne pourra jamais être changée et nous a été donnée pour tous les temps : passés, présents et futurs. Le grand théologien Maimonide (1135-1204), qui tenta de résumer la foi juive en treize dogmes, en consacra deux à la Torah : la Torah entière est celle qui a été donnée à Moïse ; elle ne sera pas modifiée et le Créateur n’en donnera jamais d’autre.

Chavouôt, c’est aussi le terme d’un jubilé à la fin du décompte des 49 jours qui débute à partir du second soir de Pessa’h. Cette fête tombe obligatoirement le 6 Sivan et jamais un mardi, un jeudi ou un samedi. En diaspora, il est fêté deux jours : le 6 et le 7 Sivan. C’est aussi l’une des 3 fêtes de pèlerinage avec les fêtes de Pessa’h et Souccot et tout comme ces deux autres, Chavouôt est aussi appelée Atseret (assemblée solennelle) Ce mot signifie également (clôture). C’est la clôture de Pessa’h. Cette fête marque le début de la moisson du blé en Israël et du point de vue religieux, elle conclut la libération physique des Bné Yisrael qui, en acceptant la Torah, sont devenus les témoins de D.ieu et responsables de Son message aux yeux des nations. Historiquement, à l’époque du Temple de Jérusalem, ces pèlerinages annuels étaient l’occasion d’apporter les premiers fruits de la récolte qui étaient offerts à D.ieu. Ces dénominations sont issues du texte de la Bible hébraïque : le nom de Hag ha-Katsir (fête de la récolte) provient du livre de l’Exode 23, 16 ; le nom de Hag Chavouôt (fête des semaines) apparaît dans les livres de l’Exode 34, 22 et du Deutéronome 16, 10 ; le nom de Yom ha-Bikkourim (fête des prémices) est mentionné dans le livre des Nombres 28, 26. La principale signification de la fête reste la célébration du don de la Torah au peuple d’Israël, choisi parmi les peuples pour la recevoir, selon la tradition.
A cette époque de l’Israël biblique, la récolte du grain nouveau durait 7 semaines et cette période était l’occasion de réjouissances. Elle commençait avec la récolte de l’orge à l’époque de la Pâque et se terminait avec celle du froment à Chavouôt. Cette fête cloturait donc la récolte du grain, tout comme le 8ème jour de Souccot (la Fête des Cabanes) clôt celle des fruits. Les bné Yisrael devaient apporter les prémices de la récolte du froment,  » les prémices de ton labeur que tu as cultivé dans ton champ ». » Il ne s’agit pas d’offrandes prescrites pour la communauté, mais « avec un tribut d’une offrande de ta main en toute liberté… tu réjouiras le Seigneur ton Dieu, toi et ton fils, et ta fille,[…] le Lévite qui réside dans tes portes, l’étranger, l’orphelin et la veuve » (Deutéronome 16-9,12) Le Lévitique 23,16-22 mentionne également une offrande des premiers fruits que toute la communauté devait apporter. Divers sacrifices animaux étaient également accomplis ainsi que l’offrande de deux miches de pain provenant de la nouvelle récolte. Le travail était interdit. Dans le déroulement du calendrier hébraïque, Chavouôt apparaît comme la fête qui complète et clôture Pessa’h, la fête de la liberté, laquelle atteint son apogée et prend tout son sens lorsque survient Chavouôt, qui concrétise l’espoir né de la liberté fraîchement acquise à Pessa’h. Chavouôt signifie « semaines », car cette fête tombe 7 semaines après Pessah. (En acceptant la Torah, Israël devient vraiment le témoin de D.ieu et responsable de Son message aux yeux des nations).

Le Talmud traite de la réception de la Loi au Sinaï. (Chabbat, 87). On y trouve un passage susceptible de fournir une interprétation de l’origine de l’Etoile de David. Transmission de la parole d’un Sage de Galilée: « Béni soit l’Eternel qui transmit la lumière de sa triple parole (Pentateuque, Prophètes, Hagiographes) aux trois parties du peuple (Cohen, Lévi, Israël) le 3éme mois (Sivan) par le 3ème enfant (Moïse, troisième enfant de Yo’heved) ». Indépendamment d’une explication plus profonde de cette parole, on en déduit que le peuple juif ainsi que la Torah peuvent être considérés comme étant divisés en trois parties. Le  » Maguen-David  » est-il autre chose que deux triangles étroitement enlacés ? Ce sont Israël et la Torah, inséparablement liés l’un à l’autre, comme le corps et l’âme, la Torah étant l’âme du peuple. Ce signe est à juste titre le « bouclier » de chaque roi juif, voire de tout Juif, aussi longtemps qu’il reconnaît faire partie de cette nation et accepte de recevoir en son âme la Torah. L’un des temps forts de la fête est la lecture des 10 Commandements à la synagogue. Tous, hommes, femmes et enfants depuis le berceau se doivent d’y assister avec la même intensité que lors du don initial. Certains ont également l’habitude de disposer dans la synagogue et dans la maison des plantes, fleurs et arbustes en souvenir du fait que toute la création a frémi comme les plantes lorsque la Torah fut énoncée sur le Mont Sinaï. On commence la fête par l’allumage des bougies le soir de ce Yom Tov, avec la bénédiction « chéhéhyanou », ainsi que le second soir (en diaspora).

LA REVELATION DU SINAÏ

Chaque printemps, les Juifs du monde entier célèbrent la fête de Chavouôt, l’évènement le plus important dans l’histoire de l’humanité : la révélation de D.ieu au Mont Sinaï, accompagnée du don de la Torah. A cette époque eurent lieu une série d’événements prodigieux en faveur des enfants d’Israël. En effet, déjà avant l’ouverture de la mer Rouge, il y avait eu un autre miracle après leur sortie d’Egypte : certains des Enfants d’Israël avaient contracté des infirmités durant leur long esclavage. D.ieu envoya des anges les guérir et ils purent se présenter tous unis, d’un seul cœur et comme un seul homme au pied de la montagne. Cependant, le prodigieux événement du don de la Torah s’est déroulé devant tout le peuple réuni pour le don de la Torah et des 10 Commandements destinés au monde, (qui sont 613 pour les Juifs), donnés par le Créateur par la bouche de Moïse au Mont Sinaï le 6 Sivan 2448 selon le calendrier hébraïque (1312 ans avant l’ère commune. Plus de 3 000 ans se sont écoulés depuis lors, mais de toute l’histoire humaine, elle demeure la seule révélation collective de D.ieu reconnue si largement. Ainsi, chaque année, le peuple juif reçoit à nouveau la Torah. Mais tout dépend de notre préparation à recevoir ce trésor spirituel que D.ieu nous a donné en vue de notre bien éternel.

Il est souvent reproché à Israël de garder jalousement sa Torah. Cependant, ce reproche est infondé, puisque l’Eternel avait commencé par proposer sa Torah à toutes les nations. (ex. : Edom, peuples descendants d’Esaü – frère jumeau du patriarche Jacob – qui demanda ce qu’elle contenait. Alors l’Eternel répondit : « Tu ne tueras point » et les peuples se retiraient en disant « Maître des Mondes, comment pouvons-nous accepter une Torah qui interdit de tuer ? N’est-il pas écrit au sujet de notre ancêtre Esaü : « Et tu vivras par ton épée ? » Amon et Moab (peuples issus de l’union incestueuse de Lot – neveu d’Abraham – avec ses filles) refusèrent la Torah parce qu’il est prescrit de s’éloigner de tout inceste, les descendants d’Ismaël la refusèrent parce que le vol y est interdit et qu’il y est prescrit le respect du bien du prochain. Ainsi chaque peuple de la terre trouva une bonne raison pour refuser la Torah. Seuls les enfants d’Israël l’acceptèrent en disant : « Naassé venichma » (Nous ferons, et puis nous écouterons), se soumettant ainsi aux Commandements, parfois sans même en comprendre les fondements, simplement parce que ces commandements constituent l’expression de la volonté divine. La révélation du Sinaï et l’apparition de l’Eternel au milieu des fumées et des flammes, du tonnerre et des éclairs est un événement exceptionnel qui n’a jamais eu son pareil dans le passé et qui n’aura plus son pareil dans l’avenir et ce, jusqu’à la fin des temps. Cela ne pouvait se produire qu’une seule fois. La révélation de la Torah devant tout un peuple est bien un événement capital pour l’humanité.

OÙ SE TROUVE LE MONT SINAÏ ?

Si les géographes sont d’accord pour situer le Mont Sinaï dans la péninsule qui porte ce nom, dans cette bande de terre triangulaire bordée par la Mer Rouge à l’Ouest, et le Golfe d’Akaba à l’Est, il leur est plus difficile de fixer sur lequel des Monts de cette presqu’île montagneuse a eu lieu la Révélation. La Tradition juive elle-même n’est guère plus explicite et ne tenait pas à faire connaître le lieu exact de cet événement, craignant qu’il ne donnât lieu à un culte idolâtre. Nos Sages demandent :  » Qu’a-t-il de particulier d’ailleurs, le Mont Sinaï ?  » II a joui d’un certain privilège tant que le Créateur s’y manifesta et fit connaître sa volonté à son peuple. Mais une fois la Majesté divine partie, ce mont reprenait son caractère antérieur. La preuve, c’est que l’on permit immédiatement après la Révélation l’accès de la montagne à tous, hommes et animaux. « C’est la personnalité de chacun qui donne son caractère à la place qu’il occupe « , selon un adage de nos Sages.

Néanmoins, des voyageurs de toutes confessions décrivent la grandeur fantastique de ces rochers de toutes les couleurs, s’élevant à plus de 2.000 m, nus à leur sommet, mais couverts de riches verdures à leur base ( » que les troupeaux n’y viennent pas brouter pendant la manifestation de D.ieu « , avait déjà dit Moïse). Ils font part de leur étonnement devant la pureté de l’air qui permet d’apercevoir par tous les temps les sommets des montagnes ; ils ne manquent pas de reconnaître dans ces vastes vallées, l’endroit où 600.000 Juifs pouvaient facilement se tenir pour percevoir la Parole de D.ieu.

Il faut savoir que c’est à ce même endroit que Moïse avait assisté à la première manifestation de D.ieu qui s’était adressé à lui du milieu d’un buisson qui semblait brûler sans se consumer. Le nom même du buisson en hébreu (Sné) n’aurait-il pas donné son nom au Mont Sinaï ? Hypothèse en tout cas meilleure que celle qui fait dériver ce nom de « Simanaï  » ( mes miracles ), bien que celle due à un bon mot d’un rabbin du Midrash n’en a pas moins une profonde signification : Sinaï viendrait de  » Sinea « , la haine, car la Révélation a entraîné la haine des autres peuples contre Israël… Mais ce qui compte avant tout est le fait que cet évènement unique, dont les Enfants d’Israël furent à la fois les témoins et les héros, apporta il y a 35 siècles à un monde plongé dans la barbarie une lueur divine dont la nécessité se fait encore sentir de nos jours.

LES MOTS DE D.IEU

Voici ce que dit la Bible : (Chemote – Exode – 19 1-10 et 15-19) « Le 3ème mois après leur sortie d’Egypte, ce jour-là, ils (les Enfants d’Israël) … Ils partirent de Réfidim, arrivèrent dans le désert du Sinaï et campèrent dans le désert. Israël campa là, en face de la montagne. Moïse monta vers D.ieu. D.ieu l’appela de la montagne et dit : « Voici comme tu parleras à la maison de Jacob, et ce que tu diras aux fils d’Israël. Vous avez vu ce que j’ai fait aux Egyptiens. Je vous ai portés sur des ailes d’aigle et amenés à moi. Maintenant, si vous écoutez ma voix et observez mon alliance, vous serez pour moi un peuple trésor parmi les nations, car toute la terre est à moi. Vous serez pour moi un peuple de prêtres et une nation sainte : telles sont les paroles que tu diras aux enfants d’Israël. »

Moïse alla, convoqua les anciens du peuple et leur dit tout ce que D.ieu lui avait ordonné. Le peuple entier, d’une seule voix, répondit : « Tout ce que l’Eternel a dit, nous le ferons. » D.ieu dit à Moïse : « Va trouver le peuple et fais-le se sanctifier aujourd’hui et demain : qu’ils lavent leurs vêtements. Qu’ils soient prêts pour le 3ème jour, car le 3ème jour, D.ieu descendra aux yeux de tout le peuple sur le mont Sinaï. ».. Le surlendemain, dès le matin, il y eut des coupes de tonnerre, des éclairs et une épaisse nuée sur la montagne et un son de chofar(cor) très puissant : dans le camps, tout le monde trembla. Moïse fit sortir tout le peuple du camp à la rencontre de D.ieu et il se tint au pied de la mon- tagne. Le mont Sinaï était tout fumant et toute la montagne tremblait. Le son du chofar allait s’amplifiant : Moïse parlait et D.ieu répondait dans une voix. »
« Et tout le peuple voyait les voix, les torches, le son du chofar (cor), la montagne fumante ; le peuple vit, recula et se tint au loin. Ils dirent à Moïse : Parle-nous toi, et nous écouterons, mais que D.ieu ne nous parle pas, sinon, nous mourrons. Moïse dit au peuple : Soyez sans crainte ! C’est pour vous éprouver que l’Eternel est venu et pour que sa crainte soit sur vos visages et que vous ne péchiez point. » (Chemote – Exode – 20, 18-19).

En Exode 19 il est dit que le 2 Sivan Moïse monta vers D.ieu. Il dit, s’adressant à Moïse : « Et vous serez pour Moi une dynastie de prêtres et un peuple saint », et Israël répondit : « Tout ce que D.ieu a dit, nous l’accomplirons. » Le 3 Sivan « Moïse rapporta les paroles du peuple à D.ieu » et D.ieu ordonna d’éloigner le peuple de la montagne. Le 4 Sivan, D.ieu ordonne à Moïse : « Va vers le peuple et sanctifie les ». Il dit au peuple : « Soyez prêts dans 3 jours ». Ce fut le 3ème jour. D.ieu descendit sur le Mont Sinaï. Le 6 Sivan, la Torah fut donnée à Israël. D’après Rabbi Yossi, il s’agirait du 7 Sivan. Cependant tous conviennent que ce fut un Chabbat. Le commandement de ne pas adorer d’idole nous renvoie à la tendance que nous avons de vouloir échapper à D.ieu en déifiant nos désirs et notre propre personne. Nous limitons notre sens de la réalité à ce que nous pouvons voir. Il n’y a pas de place pour la progression spirituelle dans une religion idolâtre. Il n’y a de place que pour l’ego et le désir. Si nous observons attentivement le second commandement : « N’aie aucun autre dieu devant Moi » nous briserons chaque barrière que l’ego a pu ériger en nous – tout au moins celles qui existent en nous aujourd’hui. Nous ne pouvons servir aucune autre force, ni supporter aucun obstacle dans notre quête de D.ieu.

Le jour de Chavouôt s’est exprimé le plus grand amour qui ait existé, celui de D.ieu et de Son peuple, à qui Il donna un baiser pour l’éternité… La première bénédiction, qui précède la lecture du Chema, le matin (Cha’hrit) et le soir (Arvit), concerne la création de l’univers et des astres (Yotser or, yotser haméorot le matin, Maariv aravim le soir). La deuxième bénédiction a pour thème central la Torah, que D.ieu a transmise au peuple juif. Il y est essentiel-lement question de l’amour inconditionnel que D.ieu porte à son peuple, amour qui s’est manifesté de façon éclatante à travers la Torah que nous avons reçu au Mont Sinaï. Et cet amour trouve son point d’orgue le jour du don de la Torah (Matan Torah), c’est-à-dire à Chavouoth. Les premiers mots de cette seconde bénédiction sont: «Tu nous portes un amour éternel» et les derniers : «Béni sois-Tu D.ieu qui aime Son peuple Israël.»

A ce sujet, dans «Les devoirs des cœurs» (Chaar habé’hina chap. 5), Rabbénou Bahya développe les différents aspects de la bonté infinie de D.ieu envers ses créatures, et c’est en prenant conscience de l’ampleur de ces bienfaits, que celui qui cherche honnêtement la vérité sera amené à la conclusion logique que son but doit être de faire la volonté de son Bienfaiteur, ne serait-ce que par reconnaissance. Rabbénou Bahya conclut ainsi: «Le plus grand des bienfaits que D.ieu ait accordé à l’homme, et qui est également une preuve éclatante de son existence, est sans aucun doute la Torah qu’il nous a transmise par l’intermédiaire de Moïse, Son prophète. Ainsi, les miracles qu’il a provoqué renversement des lois de la nature, nous permettent d’acquérir une foi véritable en Lui, par qui ces miracles se sont produits.»

Quiconque a soif de vérité et possède un esprit logique comprend que l’homme ne peut atteindre le bonheur, ni même la sérénité sans comprendre les raisons de son existence sur terre pour trouver un sens à sa vie. Si D.ieu ne nous avait pas dévoilé le sens de la création dans la Torah, nous aurions dû nous lancer dans une recherche longue et difficile pour percer ces secrets, tout comme l’a fait notre ancêtre Avraham, avant la révélation au Mont Sinaï. Pour celui qui a réfléchi à la condition humaine, la reconnaissance envers D.ieu doit être sans borne, Lui qui nous a livré tous les éléments de réponse en nous accordant la Torah.

Un verset dans la Torah nous montre à quel point l’homme ne peut vivre sans explication sur sa propre existence: « Car cette loi que Je t’impose en ce jour, elle n’est ni trop ardue pour toi, ni placée trop loin. Elle n’est pas dans le ciel pour que tu dises: ‘Qui montera pour nous au ciel, nous l’ira quérir et nous la fera entendre pour que nous l’observions?’ Elle n’est pas non plus au-delà de l’océan pour que tu dises: ‘Qui traverseras pour nous l’océan et nous l’ira quérir et nous la fera entendre afin que l’observions.’ Non, la chose est tout près de toi, tu l’as dans la bouche et dans le cœur pour pouvoir l’observer ! » (Deut . 30 11-14).
Un commentaire du Rav Avdimi (Talmud Erouvin 55a) nous dit : «Il est sous-entendu qu’effectivement, si la Torah se trouvait au ciel ou de l’autre côté de la mer, il serait du devoir de l’homme d’aller la chercher, pour trouver le sens de sa vie !» Est-il concevable que notre monde, aujourd’hui infiniment plus sophistiqué que la plus complexe des machines nous ait été livré sans précision sur ce à quoi il est destiné et sans mode d’emploi ? En prenant conscience de cette réalité, il doit naître en nous une reconnaissance sans borne envers notre Créateur, qui, grâce à Sa Torah, permet de comprendre le fonctionnement et l’utilité du monde.» C’est une joie permanente que doit susciter en nous le fait de détenir la Torah, véritable mode d’emploi de l’univers.

«Tu aimeras l’Eternel ton D.ieu de tout ton cœur, de toute ton âme, et de tout ton pouvoir» (Début du Chema, Deutéronome 6 5). Le Sifri pose la question : «Comment parvenir à accomplir cet ordre? Comment aimer D.ieu concrè-tement? Est il possible de «forcer» des sentiments? Le verset suivant nous donne la réponse: « Ces paroles que Je te transmets aujourd’hui seront gravées dans ton cœur » (Deutéronome 6 6). «Ces paroles», cela signifie la Torah, car c’est en étudiant la Torah qu’elle se grave dans le cœur et c’est par sa découverte et son étude que des sentiments réciproques pourront naître en nous. Un verset du Cantique des Cantiques présente à ce sujet une approche métaphorique et puissante. «Qu’il me prodigue les baisers de sa bouche» (1, 2). Nos maîtres comprennent ce verset comme se rapportant à la révélation au Mont Sinaï, véritable baiser de D.ieu (Midrach Chir hachirim rabba chap. 1).Et c’est seulement par l’étude que nous pourront rendre à D.ieu son baiser, et éveiller notre amour pour Lui.

Le Rav Salomon conclut par une remarque. Dans le texte des prières, la fête de Chavouôt est appelée: l’anniversaire du don de la Torah (zman matan torateinou). C’est que l’essence même de notre joie est la prise de conscience de notre privilège immense : celui de jouir de la marque d’amour la plus extraordinaire venant du Créateur, le don de la Torah. C’est cette joie qui a vu le jour à Chavouôt, que nous exprimons quotidiennement, soir et matin, dans nos prières qui exaltent D.ieu, ‘qui aime Son peuple Israël’».

Chaque mitsva négative étant en parallèle avec un jour de l’année solaire, chaque jour nous présente de nouveaux défis. Nous pouvons y échapper en redéfinissant la loi juive, ou bien nous pouvons nous redéfinir nous-même, en rejetant chaque tentation qui s’offre à nous. Les deux premiers commandements sont comparés aux baisers de l’amant que le Roi Salomon décrit dans « Le Cantique des Cantiques » dont il est question plus haut. Le premier est le baiser de la connexion, le second est le baiser de l’exclusivité.

LE VEAU D’OR

La plupart de ceux de nos penseurs traditionnels qui se sont penchés sur l’épisode du veau d’or, ont proposé des explications qui, sans exonérer bien entendu les enfants d’Israël de leur culpabilité, les font bénéficier de circonstances largement atténuantes.

Si en effet on avait dû les juger selon les apparences, il aurait fallu leur imputer le péché très grave d’idolâtrie, et donc s’étonner de la relative mansuétude de Hachem qui ne les a pas condamnés aussi sévèrement qu’ils l’auraient mérité.

En fait, comme l’expliquent Ibn Ezra, Abarbanel et d’autres auteurs, les enfants d’Israël ont craint que Moïse ne descende plus jamais du mont Sinaï, et ils ont créé à sa place une image certes interdite, mais qui ne reniait pas Hachem en tant que divinité qui les avait libérés d’Egypte.

Il convient également de rappeler que, selon le texte biblique ( Chemoth 32, 28), le nombre des admirateurs du veau d’or n’a été que d’environ trois mille individus.

On peut dire, avec Ibn Ezra, que le but des créateurs du veau d’or ne tendait qu’au remplacement de Moïse par un intermédiaire entre Hachem et les hommes, ce qu’interdit la Tora ainsi que l’explique ce commenteur ad Chemoth 20, 20.

Les enfants d’Israël se sont situés au Mont Sinaï, explique rav Dessler, à un niveau spirituel extrêmement élevé, puisqu’il leur a valu de mériter la révélation de la Chekhina . Hachem dirigeait leur destin par des miracles apparents. Mais lorsqu’ils ont commencé de douter du retour de Moïse, ils ont cru qu’ils ne parviendraient plus à se maintenir à un tel niveau. Privés de l’aide divine qui leur parvenait par son intermédiaire, ils se sont persuadés qu’ils étaient en danger de tomber entre les mains du yétser hara’ . Ils se sont convaincus que, s’ils succombaient une seule fois, il n’existerait aucune limite à la profondeur de leur chute. C’est pourquoi ils ont décidé de régresser à un niveau d’existence plus naturel, de manière à apprendre à découvrir la présence de Hachem dans la nature elle-même.

Celui dont la véritable madréga se situe au niveau de la nature, poursuit rav Dessler, peut légitimement découvrir la plénitude spirituelle en reconnaissant Hachem à l’intérieur du domaine de celle-ci. C’est ainsi que dans l’épisode des « serpents brûlants » ( Bamidbar 21, 6), Celui-ci a ordonné explicitement que l’on confectionne une imitation d’un de ces reptiles et qu’on la fixe à une perche, « afin que les enfants d’Israël dirigent leurs regards vers le Ciel et qu’ils soumettent leurs coeurs à leur Père dans les Cieux » ( Michna Roch Hachana 3, 8). Il s’agissait pour eux de s’imprégner de l’idée que les malheurs causés par les serpents venimeux étaient venus, eux aussi, sur l’ordre divin. Il est sûr que nous sommes loin, ici, de l’idolâtrie. Il n’est pas interdit, selon la Halakha , de réaliser la forme d’un serpent, ou celle d’un veau, dès lors que ce n’est pas à des fins d’adoration. Les seules images qu’il est interdit d’élaborer sous aucun prétexte sont celles représentant une forme humaine, ou les quatre ‘hayoth du Chariot divin (Ezéchiel 1, 10) : l’homme, le lion, le boeuf et l’aigle présentés ensemble ( ‘Avoda Zara 43b ; Choul’han ‘Aroukh , Yoré Dé‘a 141, 4). Jacques Kohn Techouvot.com

UN ENGAGEMENT DE L’HOMME AVEC LE CREATEUR

Le fait que la Torah nous ait été donnée en plein désert met non seulement en valeur le caractère universel de la Torah qui transcende toute idée de lieu et de temps, mais toute personne qui désire sincèrement et profondément prendre cette Loi sur elle le peut sans aucun problème. Ce n’est qu’unis et renforcés par ces lois de la Torah que nous pouvons concrétiser et assumer notre identité du « peuple Israël » sur une terre commune, la Terre d’Israël.
L’engagement que nous prenons à Chavouôt de respecter la Torah pour assumer notre identité est comme un contrat qui nous lie à D.ieu. Tout se passe comme si la période de Pessah et de l’Omer était vécue comme des fiançailles dont le couronnement serait le mariage entre Dieu et l’assemblée d’Israël, au Mont Sinaï.

De même que des fiancés acceptent de respecter un contrat qui les unit mutuellement, le peuple d’Israël a alors accepté la Torah en déclarant « Naassé vénichma » que nous pouvons traduire et vivre de trois manières : « Observons-la et ensuite essayons de la comprendre », « observons-la, ce qui nous permettra de la comprendre », ou encore « observons-la et en même temps (au fur et à mesure) essayons de la comprendre ». Quoi qu’il en soit, il ne s’agit pas pour nous de réduire la Torah à une pratique rituelle, en faisant des gestes dont on ne comprend pas le sens. Tout doit être basé sur la recherche constante d’une compréhension plus approfondie de nos lois.

LE DON DES 10 PAROLES

Chavouôt vient donc célébrer la promulgation de la Loi au Mont Sinaï, avec la transmission des Tables comportant les dix paroles qu’Hachem a données par la bouche de Moïse. Mais contrairement aux autres peuples qui ont conquis un territoire, puis adopté des lois sociales leur permettant de cohabiter, le peuple hébreu a choisi de suivre ces prescriptions à la lettre et de se doter de principes moraux et spirituels qui transcendent le temps et l’espace, donnant ainsi un sens profond à leur vie. « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » – Levitique 19 – Peut-être ce commandement pourrait-il être la source des 248 commandements positifs. (Mais cela n’engage que moi).

Cette mitsva, l’une des plus connues, mais aussi l’une des mitsvote les plus importantes, puisqu’elle nous relie les uns aux autres par l’amour, n’est pas l’apanage du monde chrétien. Hélas, depuis des siècles, son antisémitisme a réussi à faire croire au monde que cela n’est pas écrit dans la Torah, mais dans le texte nouveau de sa religion, en ajoutant que les Juifs n’avaient que la crainte, la lettre et pas l’esprit et qu’ils avaient tué leur prophète et D.ieu lui-même. Infamies dont on n’arrive pas à comprendre comment ces millions d’individus religieux sont parvenus ainsi à mentir sur la parole de D.ieu elle-même et à tuer Son peuple. C’est pourtant la vérité historique, si contraire à ce qu’elle prétend être, une religion d’amour. Elle fut une religion de massacres du peuple de D.ieu. Il en reste une civilisation occidentale qui, encore de nos jours, s’allie aux ennemis du peuple juif, car même si elle en a perdu la théologie, elle a gardé cet antisémitisme viscéral.

Dans ce contexte, il faut savoir que l’essentiel est « ahava », amour. En hébreu, ce mot est constitué de lettres qui sont tout un enseignement. En effet, l’obligation de répéter chaque jour le « chéma Yisraël » nous montre bien que l’amour est le centre de la Torah. Dans ce Chémâ, le mot Un (é’had) a la guématria 13, comme « ahava » (amour) et ce mot « é’had » y est entouré du mot « ahava » avant et après ce verset ; il y a donc là un enseignement sur la primauté absolue de l’amour dans le message de la Torah. La plénitude des 10 paroles divines reçues constitue notre enjeu de l’unité et se joue particulièrement dans l’aventure du « deux ». Le Un divin est amour et, à notre niveau, toute unité doit être soumise au 2 de l’amour. C’est ce que veulent nous signifier nos Sages quand il nous font remarquer qu’il est dit dans Chir haChirim (Cantique des Cantiques) : ‘ il m’embrassera des baisers de sa bouche’. La fin du psaume 62 (verset 13) qui dit : « et à Toi Adonoute est la bonté » le confirme.

Au début de l’ère chrétienne, Hillel, avec son collègue Chamaï constituaient la toute dernière des «Zougot » (paires), et sans doute la plus célèbre de la transmission de la Torah depuis Moché rabbénou. Après avoir essuyé un refus auprès de Chamaï, un étranger vint un jour se présenter devant son collègue Hillel en lui demandant qu’il le convertisse, à la condition qu’il lui apprenne toute la Torah pendant qu’il se tiendrait sur un pied. Celui-ci accepta de lui donner des cours pour et lui dit « Ce qui est haïssable à tes yeux, ne le fais pas à ton prochain », (Talmud de Babylone, Shabbat 31a) voici toute la Torah et le reste n’est que commentaire de ce passage. Va et étudie ! » En citant le commandement ainsi exprimé comme rappel de l’amour dont il est question ici, qui est également un comportement (ne fais pas…), le texte donne l’indication d’une limite dans les comportements possibles à l’égard de l’autre.

Au second siècle de notre ère, le grand rabbi Aqiba considérait le comman-dement d’amour du prochain comme le « grand principe » ou « principe universel » exprimant la totalité de la Torah (Talmud de Jérusalem, Nedarim 9, 4). A sa suite, on a pu dire que les 613 commandements dépendent directement de celui-ci. Maïmonide (12ème siècle) prend positivement la formule d’Hillel qui devient : « Fais aux autres ce que tu voudrais qu’ils te fassent », que des commentateurs ont repris ainsi : « que le bien d’autrui te soit aussi précieux que le tien », ce qui peut être entendu comme l’expression d‘un infini respect des biens, non seulement matériels, mais aussi intellectuels et spirituels d’autrui et donc comme la source du pluralisme juif. Au 16ème siècle, les maîtres de la Kabbale, établis à Safed en Galilée, firent précéder chaque prière de ce préambule : « Me voici prêt et disposé à accomplir ce commandement : Aime ton prochain comme toi même».

Le Baal Chem Tov, fondateur du Hassidisme au 18ème siècle disait : « J’aspire à pouvoir aimer les personnes les plus pieuses autant que D.ieu aime les plus impies. » L’humour signale enfin qu’il est assez facile d’aimer « le monde entier », plus facile en tous cas que d’« aimer ton prochain », qui est à la fois unique et proche ! Il y a des efforts à déployer pour « aimer » un éventuel concurrent, un rival potentiel, celui qui est trop « comme moi-même » !

LA VEILLEE DE CHAVOUÔT

Le Midrach nous enseigne que les enfants d’Israël s’endormirent la nuit qui précéda le don des Dix Paroles, et Hachem les réveilla au son du chofar et du tonnerre. Ainsi en restant éveillé toute la nuit de Chavouôt, chacun, dans chaque génération, fait réparation de la faute des pères. C’est pourquoi cette nuit nous lisons le « Tikoun leil Chavouôt, » littéralement  » (Réparation de la nuit de Chavouôt), les textes qui sont des extraits de la Torah, des Prophètes, des Hagiographes, de la Michna, du Zohar, ainsi que la liste des 613 mitsvote. Mais l’essentiel est d’étudier la Torah. Le Ari Zal dit que celui qui étudie la Torah toute la nuit de Chavouôt et ne dort pas toute cette nuit, est sûr de terminer l’année.

Ceux qui veulent étudier en français prennent le Sefer Ha’hinouch (livre des 613 mitsvote). La Meguila de Ruth est également lue ce soir-là. On peut y ajouter les chapitres 19 et 20 de l’Exode. Que peut signifier le Midrach lorsqu’il parle de l’endormissement des enfants d’Israël ? L’un des sens de ce texte est qu’il existe une situation de sommeil par rapport à la Torah. Au plan symbolique, ce sommeil peut traduire une paresse face à l’étude : faire passer d’abord son bien être physique ou matériel par exemple. Les sages avaient conscience de cette réalité, c’est pourquoi dans les Pirke Avot (Chapitres des Pères), que nous lisons justement entre Pessah et Chavouôt, de nombreux enseignements ont trait au limoud Torah.

Chaque année, la Torah est proposée à l’être collectif d’Israël, chaque jour elle est offerte à l’individu. Avant de la recevoir, nous sommes toujours dans un état de sommeil. Ce qui nous pousse à l’accepter, à l’étudier, à l’introduire dans notre pensée et de notre vie, c’est la voix du Sinaï émanant de notre Créateur. Voilà l’urgence : devenir des êtres nouveaux. Il n’existe pas d’autre salaire que celui d’être en marche vers soi-même, parachevant par cette acceptation les « six jours du commencement ». Nous comprenons qu’Hachem soit pressé, car Il attend notre bonheur.

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Consommation de mets lactés

Les raisons pour lesquelles la tradition a retenu la préparation et la consommation de mets lactés pour Chavouôt, “Halavi” sont multiples. Le Mont Sinaï où fut donné la Torah est appelé dans le Psaume 68 Mont Gavnounim, dans lequel on reconnaît le mot « guevina » (fromage). Ces plats lactés seront consommés avec du pain, et l’on consomme ensuite de la viande, avec du pain également. On retrouve ici le souvenir des deux pains qui accompagnaient le sacrifice apporté au Temple ce jour-là. Les mots « Moché rabbénou » (Moïse notre maître) est égale à 613, comme les 613 commandements. Avec la Torah, les Juifs reçurent les lois concernant l’abattage rituel. Ils ne pouvaient plus utiliser leur vaisselle qui avaient servi à de la viande non abattue rituellement et ne pouvaient pas la cachériser le jour même de la fête car c’était Chabbat.

En attendant de pouvoir se conformer aux règles de “Cacherout” qui prônent la séparation des mets lactés de ceux carnés, les Hébreux se contentèrent donc de nourriture lactée. Les maisonnées juives depuis lors se délectent de gâteaux au fromage blanc pour les Ashkénazes et de couscous au beurre pour les Séfarades d’Algérie… En effet, il est d’usage, le matin de Chavouôt de consommer un repas lacté, précédant le repas de viande usuel aux jours de fête. Mais c’est en toute humilité (et en état de pauvreté du savoir) de l’étude de la Torah, en délaissant sa grandeur (éventuelle !), en acceptant ce don de la Sagesse divine comme un bienfait et en s’attelant à son étude et à sa pratique tout en ressentant la vitalité qu’il nous apporte que l’on doit s’approcher de la Torah.

La Torah est comparée au lait : « Comme le miel et le lait, [la Torah] coule sous ta langue » (Cantique des Cantiques 4:11). De même que le lait a la capacité de subvenir totalement aux besoins nutritifs du nourrisson, la Torah procure toute la « nourriture spirituelle » nécessaire à l’âme humaine. De plus, la guematria (valeur numérique) du mot hébreu pour lait, ‘halav, est de 40. Celle-ci a également une signification plus profonde en ce sens qu’il y eut 40 générations depuis Moïse, qui consigna la Torah Ecrite, jusqu’à la génération de Ravina et Rav Achi qui rédigèrent la version finale de la Torah Orale, le Talmud. (Moïse passa 40 jours supplémentaires sur le Mont Sinaï, à prier pour le pardon de la faute du Veau d’Or,) puis une nouvelle période de 40 jours avant de revenir avec de nouvelles tables de la loi en pierre. De plus, le Talmud commence avec la lettre mèm – guematria 40 s’achève également avec un mèm.

Selon le Zohar, chacun des 365 jours de l’année correspond spécifiquement à l’un des 365 commandements négatifs de la Torah. La mitsva qui correspond au jour de Chavouôt est la suivante, comme le dit la Torah : « Apportez des Bikourim (premiers fruits) au Saint Temple de D.ieu ; tu ne feras pas cuire un chevreau dans le lait de sa mère » (Exode 34:26). Comme le premier jour pour apporter des Bikourim est Chavouôt (la Torah appelle Chavouôt « la fête des Bikourim »), la seconde moitié de ce verset 6 au sujet du lait et de la viande (6 est le commandement négatif qui correspond au jour de Chavouôt). Ainsi lors de cette fête, nous prenons deux repas, un avec des laitages et l’autre avec de la viande, en prenant bien soin de ne pas les mélanger.

On ne doit pas utiliser le même pain pour les deux repas, de peur que le pain soit entré en contact avec un plat de viande. En prenant deux repas différents – l’un lacté et l’autre carné – nous avons deux pains, ce qui correspond à l’offrande particulière des « Deux Pains » qui était apportée au Temple à Chavouot.

Le Mont Sinaï porte également le nom de Har Gavnounim, la montagne aux pics majestueux. Le mot hébreu pour fromage est guevina, qui s’apparente sur le plan étymologique à Har Gavnounim.

De plus, la guematria de guevina (fromage) est de 70, ce qui correspond aux « 70 facettes de la Torah ». Quand Moïse, 3 mois après sa naissance le septième jour du mois d’Adar fut déposé sur le Nil (le 6 Sivan) et sauvé par la fille de Pharaon qui l’adopta, un problème se posa immédiatement : quelle nourriture donner au bébé ? A cette époque, lorsque la mère biologique n’était pas disponible, on devait faire appel aux services d’une nourrice. Mais Moïse refusait d’être nourri par toute femme égyptienne.

Le Talmud explique que sa bouche devait rester absolument pure, étant donné qu’un jour, elle communiquerait directement avec D.ieu. C’est pourquoi celui qui proclamera les paroles saintes de la Torah refusa le lait d’une nourrice égyptienne. Finalement, la fille de Pharaon trouva la seule femme dont Moïse accepta le lait : Yokheved, sa mère biologique. Ainsi Moïse, le futur grand guide du peuple juif fut nourri, élevé et formé, juste sous le nez de Pharaon, dans sa propre maison, à ses propres frais ! De plus, la mère de Moïse reçut un salaire pour nourrir son propre enfant ! La consommation de plats lactés à Chavouôt commémore donc également ces circonstances survenues dans l’enfance de Moïse.

QUELQUES REMARQUES & PENSEES SUR CHAVOUÔT

Meguila Ruth

Ruth, descendante de Loth, (le neveu de Moïse) est une princesse moabite qui s’est convertie au judaïsme au 10ème siècle avant l’ère commune. Elle se maria avec Boaz, représente un modèle d’acceptation de la Torah et sans elle l’histoire juive n’aurait pas de continuité. Ruth est la personne en quête de Torah par excellence, que l’on dresse devant nous comme le modèle éclatant de la bonne façon d’accepter la Torah. Si nous pouvions apprendre à lui ressembler dans notre acceptation personnelle de la Torah (l’acte du Service divin qui est l’essence même de Chavouôt), nous réussirions à absorber l’intégralité de l’élévation spirituelle que D.ieu nous offre à l’occasion de cette fête. Elle faisait preuve d’un tel amour et d’un tel souci pour le devenir d’une autre personne (en l’occurrence sa belle-mère) qu’elle est considérée comme le modèle parfait sur lequel nous devons calquer notre propre acceptation de la Torah.

Tous les êtres humains ont l’obligation de respecter les 7 lois noa’hides – ainsi nommées parce qu’elles furent données après le déluge – de même que Ruth l’avait dès sa naissance, en tant que moabite. Si on ajoute ces 7 commandements à la valeur de son nom, on obtient 613, le nombre de commandements de la Torah. L’un des 613 commandements est d’aimer D.ieu. Elle était en quête de la vérité et de la bonne manière de vivre et par-dessus tout, elle voulait s’attacher à D.ieu avec fidélité et se connecter ainsi à la Source de toute vie et de tout être. Elle ne pouvait le faire qu’en s’attachant à une personne déjà proche de D.ieu. Elle a donc suivi sa belle- mère Naomi, plutôt qu’une vérité abstraite.

Le choix de Ruth à Chavouôt est d’abord justifié par le fait qu’une partie du récit se déroule en Israël, durant la moisson des blés, qui est justement la période dans laquelle tombe Chavouôt. Dans cette méguila, nous apprenons que David descend de Ruth la Moabite. Ainsi la plus noble famille en Israël, la dynastie royale de David, est issue de souche païenne! Or la Torah nous enseigne: « Un Ammonite ou un Moabite n’entrera pas dans la Communauté de l’Éternel » (Deutéronome, 23,4). Selon l’interprétation littérale de ce texte, l’accès au Judaïsme aurait donc été interdit à Ruth. Par conséquent un descendant d’une Moabite, devenue juive à l’encontre de cette loi n’aurait jamais pu revêtir la dignité royale. Mais la Loi orale précise que seule la conversion des hommes moabites et ammonites est interdite. Ruth pouvait donc devenir juive et donner naissance à la maison royale de David. L’existence d’un juif issu de cette souche est donc une preuve de plus de l’authenticité et de la véracité de la Loi Orale. Porter atteinte à celle-ci aurait eu pour conséquence l’impossibilité pour les descendants de Ruth d’occuper le trône. L’histoire de Ruth lue à Chavouôt, fête de la Promulgation de la Torah, est un symbole vivant à travers les siècles de l’importance capitale de la Loi Orale. Le Livre de Ruth fait partie des cinq rouleaux ou méguilote, qui se trouvent dans les Hagiographes ou Kétouvim. On lit aussi Michlé ou Proverbes.

Anniversaire de la mort du Roi David

Chavouôt est aussi l’anniversaire de la mort du roi David, qui naquit à Beth- Lehem en 2854 après la création du monde. Il appartenait à la dixième géné- ration de Juda, fils de Yaakov. Un de ses ancêtres fut Nahchon, fils d’Aminadav, qui se distingua lors de la traversée de la Mer Rouge lorsque celle-ci refusa de se fendre. Nahchon fut le premier à apporter des offrandes au Michkan lorsque celui-ci fut installé dans le désert un an après la traversée de la Mer Rouge. L’arrière grand-père de David, Boaz, était juge et possédait une grande fortune. Sa générosité était célèbre. Cette noble tradition fut maintenue par la famille de Ichaï, le père de David, qui était le président du Sanhédrin. Les qualités insignes de cette dynastie étaient l’érudition, la piété, la gentillesse et la générosité.
Dans la Bible il n’est nulle part mentionné le fait que Chavouôt soit la fête de la Promulgation de la Loi. C’est la Loi orale, appelée  » Torah ché-beal pè « , qui le porte à notre connaissance. Chavouôt nous fournit par ailleurs une autre preuve de l’importance de cette dernière. Le second jour de Chavouôt, nous lisons l’histoire de la généalogie du roi David. jour anniversaire de sa naissance ( le livre de Ruth fait partie des 5 rouleaux (ou méguilote) qui se trouvent dans les Hagiographes, ou « Ketouvim ». La Meguilat Ruth est lue à Chavouôt (on lit aussi Michlé ou Proverbes.

Chavouôt est aussi la fête du patriarche Jacob

Selon le Traité des Pères (1,2) notre monde repose sur trois piliers:  » Torah, Avodah, Guemilout ‘Hassadim » (l’étude, le Culte divin, la Charité), représentés par nos trois patriarches : la  » Guemilout ‘Hassadim », (l’altruisme, l’amour du prochain,) trouve toute son expression dans le caractère d’Abraham. Malgré la chaleur torride et le fait qu’il soit malade, (il en était au 3ème jour de la circoncision), il attend les voyageurs inconnus pour remplir envers eux les devoirs de l’hospitalité. Le sacrifice d’Isaac, c’est la  » Avodah « ; c’est le dévouement pour D.ieu qu’Isaac a manifesté par son sacrifice volontaire; il restera toujours un exemple incomparable de l’homme au service de son D.ieu. Enfin, d’après la tradition, Jacob « assis dans les tentes » dans le chemin qui sépare- Beérchèva de ‘Haran, a voué 14 années de sa vie à l’étude exclusive de la Torah auprès de Sem et Eber. Il représente la  » Torah « .

Ainsi Pessa’h tire son nom de l’agneau pascal (allusion à Isaac). Chavouôt, la fête de la Torah se rattache à Jacob. Enfin, Souccot se rapporte à Abraham. On pourrait objecter qu’Isaac n’était pas le fils unique d’Abraham et qu’il y avait aussi Ismaël et les fils de Ketoura. Par ailleurs, Isaac était aussi le père d’Esaü, or, c’est uniquement Jacob qui est l’héritier spirituel de la maison d’Abraham. Si Pessah et Souccot, (fêtes qui rappellent Isaac et Abraham) ont à côté de leur jours fériés aussi le ‘Hol Hamoed, (demi-fête) c’est une allusion à ceux de leurs descendants dont le caractère n’était pas empreint de sainteté. Par contre, Chavouôt, la fête de Jacob, ne connaît pas de ‘Hol Hamoed, (demi-fête) car Jacob a transmis son héritage spirituel à tous ses enfants sans exception.
Symbolique de Chavouôt

Nous savons que le tabernacle et plus tard le Temple sont perçus par les Rabbins comme des compromis de Dieu envers les hommes qui, d’une façon ou d’une autre, cherchent à se représenter le divin. Mais au moment de Chavouôt, un tel compromis est impossible. La fête de la révélation ne peut pas se compromettre en cédant à la pression des besoins humains. Le refus du compromis et le refus de toutes formes de simplification, c’est aussi cela la symbolique de Chavouôt. Pour comprendre la nature profonde du problème du fonctionnement psycho-logique des membres de la communauté juive (à savoir : pourquoi si peu de fidèles se retrouvent à la synagogue pour fêter Chavouôt) nous porterons un regard positif, bien que sans doute quelque peu naïf sur la question. Il semble que ce manque de participation n’est finalement que l’expression d’une compréhension profonde – bien que probablement inconsciente – du sens de D.ieu et de la Révélation. Le Créateur étant présent partout et à tout moment et la Révélation étant, elle aussi, continuelle, en quoi la journée de Chavouôt est-elle nécessaire ? Comment et surtout pourquoi marquer, à l’aide d’une fête spéciale, un concept qui dépasse le cadre d’une limite temporelle et géographique ? Si D.ieu est D.ieu, et si la Révélation a lieu en tout lieu et à tout moment – et non seulement sur le mont Sinaï il y a plusieurs milliers d’années – quel besoin avons-nous de nous réunir à la synagogue pour Chavouôt ? Voilà, semble-t-il, les éléments qui font que cette fête n’est que peu observée dans l’ensemble du monde Juif.

Ouvrons la porte sur une autre dimension de cette fête donnant lieu à une autre interprétation. Et si Chavouôt n’était qu’une autre forme de compromis entre Dieu et les hommes ? Un compromis non pas palpable physiquement – comme le tabernacle, le Temple et les sacrifices – mais un compromis dans le temps, dans la dimension temporelle ? L’homme, nous ne le savons que trop bien, ne peut pas vivre dans l’abstraction pure. Même lorsqu’il s’agit de Dieu, notre esprit demande une forme de conceptualisation, une forme de représentation, quelque chose de tangible que nous puissions appréhender. Refusant l’objet de représentation physique, la tradition juive a peut-être opté pour une représentation dans le temps qui, une fois dans l’année, nous permet de focaliser nos esprits sur la nature de D.ieu, de sa Révélation et de sa Loi.

CHAVOUÔT, UN AUTRE SENS DE LA LIBERTE

Rabbi Yehochoua ben Lévi a dit « Seul est libre celui qui fait son occupation de la Torah. Grâce à la Torah, les Enfants d’Israël sont des hommes libres « . Il semblerait à première vue que celui qui accepte le joug de la Torah, qui se soumet aux commandements et aux interdits émanant d’une source extérieure à lui-même, abdique sa propre liberté, sa propre indépendance. On pourrait croire que dès lors qu’un homme accepte d’être assujetti aux volontés émanant d’une source étrangère à lui même, il ne saurait y avoir de place pour une affirmation de soi, pour une expression personnelle. Mais il n’en est rien et si nous tenons compte du fait que l’homme est par nature un être social, ayant besoin (de façon innée ou autrement) d’un état social afin d’échapper à un intolérable état de nature, nous serons amenés à conclure qu’il ne peut jamais être véritablement indépendant, entièrement libre d’agir comme il l’entend. Ce seront en effet tantôt les impératifs de sa foi, tantôt les lois de son souverain, qui lui imposeront certaines limitations.

Fondamentalement, une révolution signifierait simplement un changement de gouvernement ou de souverain, éventuellement de lois ; mais en vérité ce ne serait rien qu’une substitution, non un changement absolu dans l’état de l’homme. Celui-ci est soumis, tout au long de sa vie, à son Yétzère (inclination au mal) et à son Yotzère (le Créateur). Afin de concilier ce fait empirique avec son idéal de liberté et d’individualité, chacun devra délibérément et par un choix motivé par le désir d’en faire partie, se faire une obligation d’accepter les règles de ce code. Contrairement à l’esclave, c’est le privilège de l’homme libre de choisir le groupe ou ordre auquel il désire s’identifier. Mais, une fois le choix fait, il sera lié par les règles du groupe qu’il a choisi. Techniquement parlant, il sera contraint, mais non asservi ; sujet à des restrictions, mais libre de changer.
Ainsi pouvons nous faire cette distinction : Soumission par la force, sans considération de manière ou de degré = esclavage. Soumission par choix, sans considération de ce à quoi ou celui à qui on est soumis = liberté. A la lumière de cette définition, l’homme est le dernier venu dans l’ordre de la création, et destiné dès le début à avoir un but unique. Afin de réaliser ce pour quoi il est sur cette terre, (son propre développement de plus en plus poussé, l’homme doit pouvoir se mouvoir selon sa propre volonté, décidant souverainement comment agir et se comporter par rapport aux directives et aux objectifs qui lui ont été révélés. L’ alternative donnée à l’homme, est, d’une part, le Yétzère du cœur de l’homme –  » méchant dès sa jeunesse  » et né avec l’homme même, et d’autre part la Torah, antidote des forces du Yétzère, principe et guide grâce auquel l’homme peut contrôler et canaliser ces forces (c’est-à-dire conquérir, utiliser et sublimer les qualités du Yétzère, ainsi qu’il est écrit :  » C’est à la vigueur des bœufs qu’on doit l’abondance de la moisson « ).

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L’alternative par laquelle l’homme peut répondre à cet esclavage (état passif) consiste à faire usage du pouvoir de choisir qui lui est donné :  » J’ai mis devant vous la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction, choisissez la vie « . Celui qui fait ce choix, qui fait son occupation de la Torah, qui accepte le code des lois Divines pour diriger son cœur, celui-là est un homme libre, qui fait usage du privilège qu’il a de choisir. Oui,  » serviteur de son Yotzère, son Créateur « , mais serviteur par choix délibéré, par désir de compter parmi les membres de ce groupe particulier. Telle est la signification de notre liberté, de notre délivrance qui commença par la promesse :  » Je vous affranchirai des travaux dont vous chargent les Egyptiens, et je vous délivrai de votre servitude ; et je vous sauverai à bras étendu et par de grands jugements « , pour atteindre son apogée avec :  » Je vous prendrai pour Mon peuple  » La Torah fut donnée seulement à Chavouôt, où nous avons accédé à la liberté, dernière phase du processus de notre libération et liberté et Torah sont ici synonymes.

Oui, être juif, c’est construire sa vie selon ce mode bien particulier dans lequel tout est Torah. Ainsi le don de la Torah parachève la formation du peuple et imprime son modèle, sa personnalité dans tous les détails de son existence. Chavouôt et le don de la Torah octroyèrent bien un sens à cette liberté, un contenu positif à l’existence du peuple juif. Nos Sages ont d’ailleurs exprimé cette idée par le biais d’un commentaire célèbre d’un verset de la Bible (3): “Et les tables (de la loi) étaient l’ouvrage de D-ieu et ces caractères, gravés sur les tables, étaient des caractères divins.” Or le terme “gravé” qui se dit, en hébreu, “harout” peut se lire également “hérout”, la liberté. (Talmud Erouvin 54a) Le Talmud affirme: “Ne lis point ‘harout mais plutôt ‘hérout, car n’est vraiment libre que celui qui se consacre à la Torah.” La promulgation de la Torah sur le mont Sinaï il y a plus de 3 300 ans représente un événement unique dans l’Histoire. Avant tout, il s’agit là d’un acte par lequel D.ieu “descend” des hauteurs célestes vers le monde ici-bas. Jusqu’alors, l’abîme infini entre l’homme et D.ieu paraissait infranchissable.

Cependant, si le don de la Torah présente ce caractère d’événement historique singulier dans lequel le Divin joue un rôle décisif, en revanche l’acceptation de la Torah constitue un processus de longue durée dans lequel l’homme détient une place centrale. Recevoir la Torah ne consiste pas à en écouter le message de manière passive, mais il consiste en un engagement personnel à vivre pleinement selon ses principes et à en respecter les commandements chaque jour de notre vie. Pour que la Torah puisse nous être donnée, il nous faut d’une part faire preuve de la même disposition d’esprit que les Hébreux sur le mont Sinaï lorsqu’ils prononcèrent le fameux « Naassé vénichma » (nous ferons et nous comprendrons) Exode 24. Chaque juif reçoit la Torah selon sa propre manière et selon son propre rythme. La Torah qui un jour fut donnée sur le mont Sinaï continue à être reçue par Israël de manière personnelle, collective et nationale. Cette acceptation ne constitue pas un événement moins important, car elle donne à la Torah son caractère de Torat ‘haïm, de Torah de vie.
Quintescence de la Torah

La signification toute particulière de la Torah perd de son évidence dès lors qu’on la définit en ayant recourt à des analogies. Par exemple, quiconque cherche à limiter la Torah à un livre de lois religieuses altère la conception du judaïsme ; l’essence même de la Torah est alors occultée. La Torah se trouve ainsi amputée de l’une de ses caractéristiques fondamentale, celle de constituer une entité spécifique qui se suffit à sa propre définition. Le terme Torah ne devrait donc être utilisé dans aucun autre contexte que celui de la Torah elle-même. Les religions présentent en général un cadre d’idées et de pratiques ayant pour but de régler une partie de l’existence, celle qui a trait au service de Dieu. Mais le judaïsme tel que la Torah le reflète ne peut être confiné dans un cadre partiel. La quintessence du judaïsme réside précisément dans sa conception d’ensemble de la vie qui, à sa manière, englobe tous les détails de la vie du peuple juif.

C’est pourquoi la Torah recèle en son sein davantage que des aspects rituels qui concernent les relations entre l’homme et D.ieu, ou que des lois sociales qui régissent les rapports entre l’homme et son prochain. C’est aussi un livre d’Histoire, de poésies, de morale ou de prophéties, où les directives les plus solidement arrêtées peuvent côtoyer des hésitations, voire des interrogations, toutes ces composantes se conjuguant pour ne former qu’une seule entité.
Ceux qui veulent à tout prix faire entrer la Torah dans le cadre d’une religion – qu’ils la renient ou qu’ils la respectent – en détruisent l’essence pour la transformer en quelque chose de complètement différent. Ils en font une religion parmi tant d’autres. Une telle conception “emprisonne” la Torah au sein d’un domaine bien délimité; pis encore, c’est comme si on la dévitalisait complè-tement. Les Dix Paroles constituent un bon exemple de la variété des nombreux éléments qui composent la Torah et la structure de la Torah rappelle celle de la vie elle-même : impossible de la diviser en pans bien distincts les uns des autres. Tout comme l’être humain, la Torah ne peut être fragmentée. Chacune des parties de notre existence se nourrit des autres, de près ou de loin. Ainsi l’injonction de donner aux pauvres à celle “d’aimer son prochain comme soi-même”. La Torah se veut un guide et une fondation conduisant la vie du peuple dans son ensemble. Ce sont bien les deux réunis, la Torah et le peuple juif, qui constituent la quintessence du judaïsme.

AUTHENTICITE DE LA TORAH

En son sens premier, la Torah désigne le Pentateuque, dont la tradition juive attribue la rédaction à Moïse inspiré par Dieu. Le Talmud l’appellera plus tard « Torah chébiketav », la « Torah-qui-est-par-écrit ». Elle comprend des commandements (la tradition en compte 613) et de multiples récits. Mais elle forme un tout qui est la Parole divine. La Torah est proposée aux fidèles comme la seule source d’inspiration et ils doivent s’y référer continuellement : « Le livre de cette Torah ne quittera pas ta bouche, et tu la méditeras jour et nuit, afin d’observer tout ce qui est inscrit ; alors, tu réussiras dans tes entreprises, et tu feras preuve d’intelligence » (Josué, I, 8).

Le grand succès de la tradition juive réside dans la méticulosité de la transmission du texte de la Torah. Quelle que soit la page à laquelle on ouvre un livre de Torah, les Sages sont toujours en désaccord et les divergences du Talmud portent souvent sur des détails infiniment subtils. (Hillel et Chamaï, Rabbi Méri et Rabbi Yéhouda, etc…) De là vient la popularité de l’expression « chicaneries talmudiques ». Maïmonide nous dit (Michné Torah, Lois de Mamrim 1, 3) « En ce qui concerne les lois traditionnelles, il n’y a jamais eu de contro-verses. S’il y en eut, nous pouvons être sûr que la tradition ne remonte pas jusqu’à Moïse. Quand aux lois déduites au moyen des principes herméneutiques, si elles ont reçu l’approbation de tous les membres du Sanhédrin, elles étaient irrévocables. S’il y avait une divergence d’opinion parmi eux, le Sanhédrin suivait l’avis de la majorité et tranchait la loi en accord avec cette opinion. Ce principe s’appliquait également aux décrets, aux ordonnances et aux coutumes ».

L’un des principes fondamentaux du judaïsme est que la Torah orale (le Talmud) a été transmise à Moïse au Mont Sinaï. Mais imaginons que la Torah orale ne soit pas issue de Sinaï, et que quelque part, il y a quelques milliers d’années, un groupe de rabbins se soit rassemblé pour composer le Talmud et nous ait fait croire qu’il soit venu de D.ieu. Le judaïsme ne fait pas de compromis quand il est question de vérité. Nous n’acceptons même pas les plus petits détails ? Encore moins une religion entière. Un esprit critique et indépendant, ainsi que la recherche de la vérité sont dans la nature de chaque juif. Il serait tout à fait ridicule de dire que des rabbins se soient réunis et aient tout concocté, tombant d’accord sur tout, en dehors des plus infimes détails. Et il est encore plus tiré par les cheveux de croire que des rabbins aient pu se réunir et imposer une pseudo Torah orale au peuple juif tout entier ! Tout ceci encourage fortement le peuple juif à observer les paroles de la Torah orale, puisqu’elles ont été transmises fidèlement de génération en génération et la croyance en l’authenticité de la Torah figure parmi les articles fondamentaux de la foi du judaïsme.

Mise à part la prétention d’une révélation au Mont Sinaï, c’est un fait qu’aucun autre peuple n’a jamais tenté de prétendre à une révélation nationale du même ordre. Une révélation nationale – contrairement à une révélation personnelle – est un mensonge qui ne prend pas. C’est un événement bien trop énorme pour être fabriqué. La seule manière d’affirmer une telle chose est qu’elle se soit produite. Seul le judaïsme peut prétendre à une révélation nationale, puisque le peuple juif est le seul peuple dans l’histoire de l’humanité qui ait jamais expérimenté cela. De plus, il est intéressant de noter que les autres religions majeures acceptent toutes deux la révélation juive au Mont Sinaï, comme étant la clef de voûte de leur propre religion. En introduisant leur religion, ils savaient que si une révélation nationale ne peut pas être fabriquée, elle ne peut pas non plus être niée. L’auteur de la Torah peut tranquillement prédire qu’il n’y aura jamais d’autre prétention de révélation nationale au cours de l’histoire, parce que Seul D.ieu Lui-Même pouvait savoir que cela ne se produirait qu’une seule fois, au Mont Sinaï il y a plus de 3.000 ans.

La Torah est comparée à l’eau, source jaillissante qui jamais ne tarit, (indispensable à la vie juive et coule toujours vers le bas, symbole d’humilité nécessaire pour l’acquérir, elle est aussi précieuse que l’eau dans le désert et étanche la soif. Elle est également comparée à un arbre de vie qui donne son fruit, à des perles, parce qu’elle est précieuse et à de l’or parce qu’elle est pure et inaltérable. Elle a été donnée dans le désert, qui est immense. Ainsi, la Torah est infinie et seul celui qui se considère comme un désert inculte peut acquérir ses connaissances.

(Sources : site Terre d’Israël – alephbeth.net ( Rav Adin Even-Israël Steinsaltz ) Fond Social Juif Unifié – Chabbad.org – Dr Ehrmann, Rabbin Shraga Simmons, Lamed et (Trait d’Union) – Rav Dufour, Modia – sefarad.org , Rabbin David Meyer – Consistoire.org – (Pinchas H. Peli : La Tora aujourd’hui : la Bible nous parle, Desclée de Brouwer, Paris, 1988, p. 151-157 – Aharon Altabé – ) Rav Eliahou Elkaïm de la Yéchiva Daat’Haïm – Rav Avdimi – Communauté Online, David Levy – De génération en génération… être juif, Jacques Ouaknin – Le chandelier d’or, Josy Eisenberg/Adin Steinsaltz, Choul’hane Aroukh – L’essence de la Torah, Rav M. Chriqui/Dr A.G. Morali)

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La Torah est source de joie…

et source de vie !

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