Archives de Catégorie: CULTURE JUDAÏSME, infos et vie juive – LA PARACHA DE LA SEMAINE – EVENEMENTS

Pessa’h et les sales gosses

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Mercredi 8 avril au soir, nous Juifs allons fêter Pessah, la Paque juive.

C’est la fête qui dure huit jours durant lesquels on ne mange pas de pain mais (si on en a) des matsot, le pain azyme qui n’a pas eu le temps de lever parce qu’il fallait filer en vitesse avant que Pharaon change d’avis.

La fête commence par un grand dîner familial (sauf cette année) appelé Séder durant lequel on mange de l’agneau et des aliments symboliques et on lit tout haut la Hagada, le récit de la sortie d’Egypte et des rites de la soirée.

Bien sûr nous savons que D.ieu a créé le ciel, la terre, tout ça, mais ça reste théorique car personne n’y était. En revanche nous étions là quand Il nous a sortis d’Egypte, nous Lui en sommes reconnaissants, et nous le rappelons souvent dans nos prières.
Le souvenir de la sortie d’Egypte nous sert « de preuve et de rappel » en cas de crise de foi. (1)

Pé-sah, fête de la transmission aux enfants, veut aussi dire la bouche (PÉ)-qui parle (SAH).

La Torah nous dit :

Pentateuque Exode Bechala’h Ch. 13:
14 Et lorsque ton fils, UN JOUR, te questionnera en disant: « Qu’est-ce que cela? » tu lui répondras: « D’une main toute puissante, l’Éternel nous a fait sortir d’Égypte, d’une maison d’esclavage

Pour Rachi (rabbin français, 1040-1105) commentateur incontournable de la Torah, ce « UN JOUR » fait référence au futur.

La Hagada de Pessah, rédigé en hébreu et en araméen il y a 2000 ans par les Sages du Talmud (commentaire explicatif de la Torah) raconte la présence à table de 4 ENFANTS qui posent des questions.

Nous allons nous intéresser au 2ème, puis au 5ème enfant (Suspens…)

Extrait de la Hagada :
« ! La Torah parle de quatre enfants : un est sage, un est méchant, un est simple et un ne sait pas interroger. » …
« Le méchant, que dit-il ? « Qu’est-ce que ce culte pour vous ? »
Il dit « pour vous », mais pas pour lui ! En s’excluant ainsi de la communauté, il a renié ce qui est fondamental.
Aussi, toi, émousse-lui les dents et dis-lui : « C’est pour ceci que l’Éternel a agi pour moi quand je suis sorti d’Égypte. » « Pour moi », mais pas pour lui ! S’il avait été là, il n’aurait pas été libéré ! » (2)

Le 2eme enfant, le méchant

En hébreu le « RACHA » est, cela dépend des traductions de la Hagada, le méchant, le rebelle, l’impie, le pervers…

Rappelons quand même que ce rebelle

1) vient au Séder, probablement avec une bouteille de vin casher
2) participe en posant sa question «Qu’est-ce que ce culte pour vous?»

Son cas est donc loin d’être désespéré !

Le RACHA est intelligent et provocateur, on l’imagine avec un petit sourire en coin et un air supérieur…

Le Sage du Talmud ne conseille pas au père de lui répondre: « Si TU avais été là, TU n’aurais pas été libéré ! » : non, il s’agit de lui faire comprendre qu’il s’exclut mais sans l’humilier, juste en lui « émoussant les dents », c’est-à-dire en réduisant son agressivité. (Le mot RACHA est d’ailleurs composé de  RA (le mal) et de la lettre Chin qui veut dire « dent »)

Par sa question, le RACHA demande :

« Pourquoi vous singularisez-vous des autres peuples avec ce dîner formaliste et compliqué ?
A quoi servent ces rites désuets ?
Pourquoi vous imposez-vous de respecter ce rite-là?
Pourquoi tentez-vous de m’imposer ce rite-là ?
Pourquoi tentez-vous de m’imposer des rites ?
En quoi manger cette délicieuse viande grillée fait partie du culte, c’est à dire la spiritualité ? »

Cette rebelle-attitude est très actuelle (prochaine étape, demander pourquoi D.ieu et les Juifs oppriment Pharaon et les Égyptiens) (3)

Quand on analyse les 4 enfants comme les 4 étapes de l’assimilation (4), l’étape RACHA est celle de l’enfant du Juif religieux (le Juif religieux est l’enfant qui est Sage) : le RACHA, immigré de la 2ème génération, est bien intégré au monde moderne (romain, grec, allemand, américain, rien de moderne sous le soleil), il vient au Séder de son père mais en se demandant un peu pourquoi.

Il est imprégné de l’idée occidentale de Séparation de l’Eglise et de l’Etat, qui parait aller de soi, mais non, c’est seulement du ici et maintenant, et ce n’est pas un concept juif.
Comme quoi il est plus facile de sortir le Juif d’exil que l’exil du Juif.

Dans le judaïsme, il n’y a pas d’un côté le matériel et de l’autre le spirituel, d’un côté la religion et de l’autre la vie réelle : business, politique, guerre etc. :

  • Abraham et Moïse étaient aussi chefs de guerre,
  • David écrivait des psaumes ET régnait,
  • les rabbins ont des mots très durs pour les escrocs barbus,
  • il y a une façon juive de d’agir, de parler, de s’habiller, alors que quand j’étais jeune on disait: « Israélite à la maison, français dehors ».

Dans le judaïsme, pas de « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » ni « Mon royaume n’est pas de ce monde » (comme ce n’est pas ma religion, j’ai fait mes recherches et lu que ces citations de Jésus n’étaient pas sensées le cantonner au ciel car à l’origine, le Christ-Rédempteur était aussi Christ-Roi).

Pessah, en plus d’une commémoration, nous permet d’actualiser notre histoire : quand nous disons depuis 2000 ans le soir de Pessah « L’an prochain à Jérusalem » c’est une déclaration sioniste, pas une vieille prière.

Très cher RACHA, crois-moi, sans l’étude et l’observance de ces rites, nous n’aurions pas traversé les millénaires et les continents en restant un seul peuple, pour enfin refonder un état.

Le 5eme enfant, le grand absent

Lors du Séder, nous buvons 4 coupes de vin et certains en remplissent une 5ème en l’honneur du prophète Elie, qui ramènera « le cœur des enfants à leurs pères » : comme l’annonce la toute dernière prophétie du tout dernier prophète. (Prophètes-Malahie 3-24)

Pour le Rabbi des Loubavitch, il existe un 5ème enfant, qui n’est pas venu ce soir, car d’exil en exil, il s’est perdu au sein des Nations :

« Prenant conscience de la petite minorité à laquelle ils appartenaient, en butte aux inévitables difficultés de leur réinsertion, certains parents eurent l’idée – qu’ils communiquèrent à leurs enfants- que l’assimilation était la seule solution. Mais leurs efforts pour abandonner le mode de vie juif engendrèrent un conflit spirituel grave en eux. Résolus à épargner à leurs enfants la tension créée par une loyauté écartélée, il leur fallait trouver une explication rationnelle à leur désertion par rapport à l’héritage juif ; ils tâchèrent donc de se convaincre et de convaincre leurs enfants que la vie de Torah et de Mitzvoth [commandements] n’était pas adaptée à leur nouvel environnement.

Pour y réussir, il fallait trouver des carences, voire des défauts, au mode de vie juif, et en même temps se persuader que tout ce qu’il y avait de non-juif autour d’eux était, au contraire, attirant et bénéfique. Ils firent l’un et l’autre.

… La fête de Pessa’h et la délivrance qu’elle célèbre rappellent opportunément que la survie juive ne dépend pas de l’imitation de l’environnement non-juif, mais de la fidélité à nos traditions et à notre vocation religieuse ». (5)

D’après nos Sages, la sortie d’Égypte représente le modèle des libérations futures (6), et pour Manitou (rabbin franco-israélien Léon Ashkenazi (1922-1996) la 5ème coupe annonce le retour du 5ème enfant symbolisant le retour des Juifs en Israël.

Pour Manitou, ce retour est plus important que le retour d’Égypte à Israël car

  • nous ne sommes restés que 200 ans en exil en Égypte alors que nous sommes restés 2000 ans en exil,
  • nous sommes revenus d’un seul pays l’Égypte alors que nous revenons maintenant de tous les pays du monde,
  • nous ne sommes pas revenus définitivement d’Égypte en Israël puisque la destruction des deux Temples a été suivie d’expulsions, alors que le présent retour en Israël, début des temps messianiques, sera définitif
  • la sortie d’Égypte s’est faite grâce à des miracles car nous avons eu besoin que D.ieu force la nature pour nous faire sortir, alors que le présent retour en Israël se fait selon les lois naturelles (vote de l’ONU, arrivée en bateau ou en avion) ce qui est beaucoup mieux. (7)

Passage de la Mer Rouge

Et nos descendants diront le soir de Pessah :

« Ce soir nous commémorons également la sortie de nos ancêtres d’Europe et des pays arabo-musulmans«

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Joëlle de Paris pour Dreuz.info.

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Sources

Joëlle de Paris

Pessah et les sales gosses

(Source : Dreuz.info)

Comment réagir et se renforcer dans les périodes difficiles – Le Corona, le machia’h ou LE MAÎTRE DU MONDE ?

APPARU : LA PREUVE VIVANTE DE L’IMPOSTURE FILLON

 

Apparu : la preuve vivante de l’imposture Fillon

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Benoist Apparu va donc prêcher la bonne parole pour François Fillon, après avoir été le fervent soutien d’Ali Juppé, l’apôtre de l’identité heureuse.

Rien de plus normal, d’ailleurs, puisque tout ce joli monde mange dans la même gamelle depuis des lustres et mène la même politique, avec les résultats que l’on connaît :

La France est ruinée ( Fillon le disait déjà lui-même en 2007 ) et l’immigration est devenue incontrôlable, puisque depuis 20 ans il n’y a plus d’autorité de l’Etat.

Pour Benoist Apparu, “Il est irresponsable d’établir une corrélation entre l’attentat de Berlin et la politique migratoire d’Angela Merkel” !

La preuve ? Le migrant pakistanais arrêté, a rapidement été libéré après enquête.

Les “fachos” de l’AfD et du FN  avaient donc tout faux !

Hélas, mauvaise pioche pour Benoist Apparu.

Celui que toutes les polices d’Europe recherchent est Anis Amri,  un migrant Tunisien arrivé en Allemagne en 2015, suite à la politique suicidaire de “Mama Merkel”. C’est ainsi…monsieur Apparu.

Ce brave Amri, salafiste jugé comme terroriste potentiel par les services de sécurité allemands, a quand même déposé 7 demandes d’asile sous des identités et des nationalités différentes. Preuve que l’Allemagne, c’est le foutoir complet, comme en France, où le gouvernement a perdu le contrôle de la situation.

C’est donc bien un migrant qui a tué à Berlin et pas le Saint-Esprit ! 

Mais si Apparu refuse tout lien entre immigration et attentats, alors que tous les terroristes sont issus de l’immigration, il n’hésite pas en revanche, à faire l’amalgame entre le FN et “la campagne de calomnie qui frappe Farid Fillon”.

“Bien sûr que je mêle le FN à cela, s’est-il insurgé, regardez tous les retweets qui sont faits de ces trucs-là et les appartenances politiques des uns et des autres. Il ne faut pas aller très loin pour comprendre que c’est clairement la fachosphère donc le FN qui l’organise”.

Comme si le FN n’avait que ça à faire. Un peu de sérieux ! Le FN n’est pas une cour de récréation.

Primo, les patriotes n’ont pas besoin du FN pour constater la mollesse d’un Juppé ou d’un Fillon face aux exigences communautaristes des musulmans. On les a vus au pouvoir en tant que Premiers ministres….les rois du renoncement permanent.

Secundo, si monsieur Apparu fait l’amalgame entre patriotes et fachos, c’est que sa fibre patriotique ne doit pas être très affirmée, de peur de passer pour un néo-nazi sans doute … ? Mais passons.

Ensuite, Benoist Apparu soutient que “l’immigration zéro est impossible”.

Tout faux là encore. Au Japon, troisième économie du monde, il n’y a pas d’immigration et en 2011, ce pays n’a accueilli que 1870 demandeurs d’asile pour 125 millions d’habitants. La France a accordé l’asile à 100% des migrants de Calais.

Pour le Premier ministre Shinzo Abe, “les populations à forte proportion immigrée, connaissent beaucoup de frictions et de mécontentements”. C’est joliment dit, mais en France, on est au bord de l’insurrection généralisée !

Mexique et Corée du Sud sont aussi les pays les plus restrictifs en matière d’accueil.

Benoist Apparu souhaite des quotas d’immigration“Il s’agit de diminuer le fossé qui existe entre les communautés et de retrouver le bonheur d’être ensemble.”

Une nouvelle version de l’identité heureuse, sans doute…

Il plaide pour un “patriotisme sain”, comme celui qui règne aux JO.

Vaste programme ! J’avoue humblement que le patriote que je suis ne sait vraiment pas ce qu’est un “patriotisme sain”.

Je connais le patriotisme mariniste, réservé aux fachos nazifiés si j’ai bien compris  Benoist Apparu, mais le patriotisme sain, je ne vois vraiment pas !

Bref, au lieu de voir un facho derrière chaque arbre, Apparu serait bien avisé de consulter le rapport publié en 2005 par le Centre français de recherche sur le renseignement, CF2R.

Il y découvrirait que l’islamisme représentait à l’époque 5 à 10% de la communauté musulmane et que 1% des musulmans français étaient prêts à s’engager ou à soutenir activement le jihad.

Le temps a passé depuis 2005. Et l’actualité a prouvé que ce rapport était juste.

Si on extrapole les chiffres du CF2R, avec 8 millions de musulmans sur notre sol, nous aurions entre 400000 et 800000 islamistes en France, dont 80000 prêts au jihad.

Mais ces chiffres sont largement dépassés, car en onze ans d’islamisation de la société, islamisation largement encouragée par une classe politique démissionnaire restée les bras ballants face au danger, le nombre d’islamistes doit dépasser largement le million.

“Le bonheur de vivre ensemble”, si cher à Benoist Apparu, ne semble donc pas pour demain !

Jacques Gillemain

Apparu : la preuve vivante de l’imposture Fillon

(Source : Riposte laïque)

CULTURE JUDAÏSME – Mois de Eloul 5774 (août-septembre 2014)

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 Le Choul’hane ‘Aroukh dit que si un homme doit choisir entre écouter les sonneries du Chofar et prier avec la communauté, la priorité revient au Chofar, corne de bélier qui rappelle précisément le bélier qui fut sacrifié à la place d’Isaac, référence incontestable à l’annulation totale de l’Ego et à l’attachement à Hachem. (Univers Torah) Le chofar est comme un cri du coeur déchirant, qui appelle tous les Juifs, quels qu’ils soient, pratiquants ou non, à se rapprocher d’Hachem, car il n’est jamais trop tard pour faire « téchouva » (retour au Créateur) ; quoi qu’il fasse, un Juif reste un Juif sa vie entière (exemple : même s’il se convertit à une autre religion et regrette après coup, s’il fait téchouva d’un coeur sincère et revient à son peuple, cela lui sera pardonné Là-Haut.) Ainsi, un juif ne doit jamais se désespérer de ses fautes, car avec le Maître du monde, toute faute sera pardonnée si le retour vers Lui est vraiment sincère et est suivi d’effet.  ______________________________________________________

Modia nous propose l’étude de la paracha hebdomadaire, cette semaine, deux pour le prix d’une !

Nouvelle et double paracha de la semaine et enseignements sur la téchouva :

Cette semaine, nous sommes dans la 51e Paracha – Nitsavim : Tous debout CLIQUEZ ICI

Thèmes : Placés tous ensemble face aux choix du bonheur et, dans notre nuit, conscients de nos fautes et de nos faiblesses, nous nous orientons tous ensemble à nouveau vers la lumière offerte et nous y parviendrons à Roch ha Chana et au Kippour. La paracha nous éclaire sur ce qu’est la téchouva, le retour au bon avec les enseignements de deux grands rabbins de notre histoire: Ribbi Yaâqov Abouhatséra et le Chla ha Qaddoch.

et aussi la 52e Paracha – Vayélékh : Et il alla. Devarim (Le Deutéronome) 29, 9 – 31, 30  CLIQUEZ ICI

Calendrier des fêtes

Sur la page d’accueil de Modia, vous trouvez le calendrier précis de toutes les dates des fêtes et les liens avec le sens de chaque fête.

http://www.modia.org/

Nouvelles au 18 septembre 2014

La vérité sur la volonté pacifique des Etats occidentaux et les gains inimaginables des ventes d’armes à tous les candidats aux guerres dans le monde par ces puissants Etats.

http://www.modia.org/infos/israel2/nouvelles.php

Nouvelles au 15 septembre 2014

La situation au Proche Orient s’aggrave constamment :

– L’Etat islamique qui semble menacé par une coalition de nombreux Etats réussit remarquablement son extension dans de nombreux pays qu’il déstabilise, dans le recrutement de nombreux jeunes des pays d’Europe et en majorité de jeunes français qui veulent participer au djihad international pour l’avancée mondiale d’un islamisme radical.

– Les USA semblent…  (la suite ici : http://www.modia.org/infos/israel2/nouvelles.php

Rav Yehoshua Rahamim Dufour

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Ecouter et voir la vidéo : gilbert montagne schema Israel interprété par l’artiste lors de son concert du mois dernier en Israël

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Avec Modia, étudions la paracha de cette semaine : Ki Tavo

Nouvelle paracha de la semaine

Cette semaine, nous sommes dans la 50e Paracha : Ki Tavo « Quand tu viendras » Devarim (Le Deutéronome) 26, 1 – 29, 8
Thèmes de la paracha : Le peuple a bénéficié sans cesse de dons gratuits : la vie, la sortie d’Egypte, le don de la Torah et bientôt l’héritage de la terre d’Israël. Mais il a reçu aussi le modèle de la société idéale, ses modes de régulation, les moyens personnels de vivre heureux, de trouver la complétude de la néchama (paracha précédente, Ki-tétsé avec la libération de la prisonnière) et de vaincre les adversaires (Âmaléq). Tout semblerait parfait ; c’est à ce moment-là que la Torah vient nous enseigner comme à des jeunes mariés qui ont eu une belle cérémonie et sont installés dans leur nouvel appartement (la terre d’Israël) : le manque de conscience et le mauvais usage peuvent rapidement gâcher un bonheur qui avait tout pour réussir. C’est en ce point que nous recevons cet enseignement essentiel pour assurer le bonheur et pour qu’il ne tourne pas au drame et en malédictions par notre faute. C’est l’art de bien gérer le bonheur. Comment ? En restant toujours conscient de sa source et en la reconnaissant. Nous verrons la magnifique conclusion du Baâl hattourim. . CLIQUEZ ICI

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Cours du rav Dynovisz en vidéo :

La civilisation des lâches – Ki Tétsé- 1 Sept 2014

 

RESUME DU COURS :

Notre paracha s’inscrit dans le sujet de la teshuva, du retour. Elle nous montre qu’il y a un point de départ que l’on n’a pas su percevoir, puis les choses se sont aggravées et l’on s’est éloigné. « Quand tu verras l’animal de ton prochain… » ne sois pas indifférent car, ensuite, tu ne te sentiras plus concerné par rien. Par l’histoire du soldat qui voit une belle prisonnière, et par les sujets suivants qui sont en réalité l’enchaînement des conséquences, la Torah, nous dit Rashi, montre le mécanisme du mauvais penchant, pour que nous sachions nous en préserver : même si le soldat a fait tout ce que la Torah demande, dans la mesure où cela a mal commencé, cela ne peut que mal se terminer. Mais nos Maîtres révèlent que ce récit nous montre, d’une façon bien plus large, tous les mécanismes du monde. De même que ces parents imaginaires amènent leur enfant au tribunal, avant qu’il n’ait tué quelqu’un, de la même façon, nous devons prendre les problèmes et faire tout ce qui est nécessaire, dès le départ, sinon ce sera trop tard.

(source : site du rav Dynovisz)
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La guerre

Nouvelles sur les données internes en Israël au 1 septembre 2014: CLIQUEZ ICI

Bonne année

Le calendrier de toutes les fêtes de la prochaine nouvelle année CLIQUEZ ICI

Nous sommes dans le mois de Eloul

Pour assimiler toute la puissance de ce mois, voyez encore ici  tout ce qui se passe chaque jour de ce mois et le sens de cela dans l’histoire, dans les textes et dans les vies, chez les Sa ges de vos traditions, le tout avec références, lien à la vie et photos.  CLIQUEZ ICI

Nouvelle paracha de la semaine

Cette semaine, nous sommes dans la Ki Tétsé « Quand tu sortiras » Devarim (Le Deutéronome) 21, 10 – 25, 19

Thèmes de la paracha
 : Cette étude de la paracha est dédiée à chaque lecteur et à chaque lectrice pour leur souhaiter de réunir dans la plénitude ce qui est ici exposé.
La Torah  nous y demande de passer à l’action : désirer, combattre, conquérir et REUNIR, c’est le tiqqoune le plus important. Cette paracha vous permettra de comprendre comment se relient les 4 différents niveaux des commentaires, et beaucoup de méthodes pour l’étude. CLIQUEZ ICI

Autre étude nécessaire constamment

Pour comprendre et vivre la havdala afin de garder en soi et entre nous la vie divine de Chabbat pendant la semaine: Cliquez ici

Chavoua tov
Rav Yehoshua Rahamim Dufour
(Source : Modia)
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La paracha avec le site Modia :

1. La nouvelle paracha. Cette semaine, nous sommes dans la 48e paracha: Chofétim : « Des juges » Dévarim (Le Deutéronome) 16, 18 – 21, 9
Thèmes de la paracha : Le judaïsme est un équilibre : analyser rigoureusement, mais relier l’idéal au plus concret.
http://www.modia.org/tora/devarim/choftim.php

Elle nous enseigne SUR CECI:
La paracha transmet les mitsvotes 436 à 490, plus de cinquante. Elles concernent simultanément ce que la tradition indique être les trois piliers qui portent le monde : la Torah, le service de D.ieu (âvoda) et l’aide à autrui ( guémiloute ‘hassadim).

2. Nous venons d’entrer dans le mois extraordinaire de Eloul qui ouvre les fêtes annuelles. Vous trouverez sur cette page, le sens de ce mois et de toutes les fêtes qui vont s’ouvrir et que nous devons préparer dans leur intériorité puissante. Vous serez stupéfaits de la richesse de ces textes qui vous apprendront beaucoup: http://www.modia.org/infos/calendrier/eloul.html

3. ICI, BONNE ANNEE : le calendrier de toutes les fêtes de la prochaine nouvelle année CLIQUEZ ICI
http://www.modia.org/infos/etudes/calendrierjuif.php

4. Rebellion contre Netanyahou au conseil des ministres menés par Bennet et Lieberman qui n’acceptent pas sa concession au Hamas d’un cessez le feu indéterminé où le Hamas crie sa victoire.  Netanyahou n’a pas voulu soumettre sa décision à un vote. Des dirigeants de régions protestent également.
Sondages importants: la détermination de Netanyahou et son action face au Hamas avaient satisfait 82 pour cent des Israéliens il y a un mois. Aujourd’hui, ce soutien est tombé à 38 pour cent, sans aucun doute devant ses avancées et reculs qui redonnent puissance aux ennemis déterminés à abattre Israel avec le soutien international.

Les favorables à Netanyahou déclarent que le Hamas a perdu ses forces, les autres répliquent qu’il n’a pas cessé d’augmenter ses tirs de roquettes, jusque 100 par jour la semaine dernière et 200 hier.

Pour bien comprendre toutes les données: CLIQUEZ ICI

Rav Yehoshua Rahamim Dufour

CULTURE JUDAÏSME – Mois de Av 5774 (août 2014)

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Comme chaque semaine, voici l’étude sur la paracha du site Modia :

Cette semaine, nous sommes dans la 47e paracha: Réé, « Vois ». Dévarim (Le Deutéronome) 11, 26 – 16, 1 Haftara: Isaïe 54.11 – 55.5.

Thèmes de la paracha : La Torah n’est pas une théorie ni une spiritualité mais elle est un corps vivant, pour des vivants, inséparable en toutes ses parties dans l’action des mitsvotes…

CLIQUEZ ICI  http://www.modia.org/tora/devarim/ree.php

Elle nous enseigne SUR CECI : La paracha transmet les mitsvotes 436 à 490, plus de cinquante. Elles concernent simultanément ce que la tradition indique être les trois piliers qui portent le monde : la Torah, le service de D.ieu (âvoda) et l’aide à autrui ( guémiloute ‘hassadim).

LA GUERRE :

Nouvelles au 18 août 2014

1- Ce soir, à minuit, fin du cessez le feu. Chacun des deux partenaires fait des déclarations sur les concessions qu’il ne fera pas. Lisez l’analyse très importante et précise de la situation qui est bien plus large que ce que l’on dit habituellement:

http://www.modia.org/infos/israel2/nouvelles.php

Rav Yehoshua Rahamim Dufour

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La rubrique « nouvelles » sur Modia et les études de la semaine :

Explorez les rubriques tout autour de la page d’accueil du site Modia:

1 – LA GUERRE :

NOUVELLES très Instables et nouvelles et changeantes au 11 AOÛT 2014. La trêve a repris pour trois jours pour commencer des négociations, avec incertitude sur ce que fera le Hamas, très affaibli mais violant sans cesse les accords de cessez le feu et sachant que Israël arrêtera alors la négociation et répliquera très durement.

2- Nous sommes dans le mois de AV. Aujourd’hui, Tou bé Av, la fête de l’amour. Pour assimiler toute la puissance de ce mois, voyez encore ici  tout ce qui se passe chaque jour de ce mois et le sens de cela dans l’histoire, dans les textes et dans les vies, chez les Sages de vos traditions, le tout avec références, lien à la vie et photos.  CLIQUEZ ICI

3- NOUVELLE PARACHA DE LA SEMAINE :

Cette semaine, nous sommes dans la 46e Paracha: Êqév « A la suite de… » Devarim (Le Deutéronome) 7, 12 – 11, 25
Thèmes de la paracha : L’amour juif. Apprendre l’amour dans la Torah par la science de l’écoute.

CLIQUEZ ICI  http://www.modia.org/tora/devarim/eqev.php

Elle  nous enseigne sur tout ceci :
Peut-on prescrire l’amour ? La Torah nous enseigne sur l’amour. La nature et la règle de l’amour. Le refus d’aimer. Découvrir par la Torah ce qu’est l’amour. Rachi et l’amour. Le Chla : amour et humilité. La confiance de l’amour. Le chant et l’amour.

Rav Yehoshua Rahamim Dufour

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                     Vue sur la Mer Morte depuis le Mt Nébo (Wikipedia)
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Voici l’étude de la paracha de la semaine du site Modia :
Cette semaine, nous sommes dans la 45e Paracha : Vaét’hannane « J’implorai »

Devarim (Le Deutéronome) 3, 23 – 7, 11 

Thèmes de la paracha 

Après des parachiyotes qui traitaient de problèmes collectifs ou de morale générale, nous sommes maintenant dans l’expression sous la forme de je-tu :
– le premier mot de la paracha est « j’implorai », vaét’hanane
– le chémâ dit : « tu aimeras… » vé ahavta.
En ce sens, il est indispensable de lire la haftara, si tendre, en Isaïe 40, 1-26 : Na’hamou, na’hamou, consolez mon peuple ! ...
Pour lire la suite : Modia
Pour lire la paracha :

CULTURE JUDAÏSME – Mois de Tamouz 5774 (juillet 2014)

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Comme chaque semaine, voici les commentaires de la paracha sur Modia :

NOUVELLE PARACHA DE LA SEMAINE – 44e Paracha – Dévarim : Etapes Devarim (Le Deutéronome) 1, 1 – 3, 22
CLIQUEZ ICI  http://www.modia.org/tora/devarim/devarim.php

Elle  nous enseigne SUR CECI : Le livre précédent, Bémibar 35, 34, se terminait par un verset où plusieurs sens importants sont liés : « Ne souillez pas la Terre (d’Israël) où vous séjournez – car Je réside dedans – car Je suis Hachém qui réside parmi les fils d’Israël« . Nous devons faire un saut intellectuel, sortir de notre conception politique et économique pour regarder la véritable réalité de la terre d’Israël.

En plus, cette semaine nous allons entrer dans le mois de Av avec le jour terrible de Tichea bé Av et la fête de l’Amour le 15 de ce mois.   

CLIQUEZ ICI 

Rav Yehoshua Ra’hamim Dufour

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Nous retrouvons, comme nous en avions l’habitude chaque semaine, l’étude de la paracha et la diffusion des nouvelles de l’excellent site Modia :

NOUVELLE PARACHA DE LA SEMAINE – 43e Paracha : Massêi « Etapes » Bamidbar (Les Nombres) 33, 1 – 36, 13

Elle  nous enseigne SUR CECI : Comprendre le sens des étapes dans la vie, à partir des étapes traversées par le peuple juif à la sortie d’Egypte
CLIQUEZ ICI   http://www.modia.org/tora/bamidbar/massei.php
 

Immense campagne d’information falsifiée également avec photos falsifiées contre IsraEL:
CLIQUEZ ICI  

A l’heure où le Hamas a construit de nombreux tunnels à partir des habitations pour aller enlever des habitants ou soldats israéliens, contrairement à tout le droit des guerres, des manifestations violentes ont lieu surtout en France contre IsraEL accusée de ne pas respecter le droit de la guerre et d’agir contre la population palestinienne que le Hamas prend en otage!
Pour toutes les données chiffrées sur cette guerre et le nombre des victimes: CLIQUEZ ICI et   CLIQUEZ ICI

Rav Yehoshua Ra’hamim Dufour

CULTURE JUDAÏSME – Mois de Sivan 5774 (juin 2014)

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Données nouvelles très importantes sur le conflit d’Israel

POUR RÉFLÉCHIR : Important sondage parmi les Palestiniens qui nous éclaire sur leur solution au conflit avec Israël (par le Washington Institute). Seule une minorité opte pour la solution avec deux Etats ou pour la coexistence de deux populations dans un seul Etat recouvrant l’ensemble des zones.  Et 55,4 pour cent à 68,4 pour cent suivant les régions réclament ce qu’ils nomment « leurs droits historiques sur TOUTE la Palestine ».

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et voyez le graphique des résultats du sondage, en page d’accueil de Modia
http://www.modia.org

Développements importants concernant les 3 jeunes enlevés près de Hébron par le Hamas et dans la recherche de solutions. L’échange de leur libération contre des prisonniers palestiniens terroristes semble de plus en plus difficile car il apparait que de tels terroristes libérés ont à nouveau tué des Israéliens. Netanyahou en tire les enseignements.

1.   PARACHA DE LA SEMAINE – 39e Paracha : ‘Houqate – « Statut stable » Bamidbar (Les Nombres) 19, 1 – 22, 1
Elle  nous enseigne SUR CECI : Les règles invisibles de tout le bonheur et de l’ordre des choses. Comment trouver la force et la tenir.
Si les Juifs connaissaient ces enseignements, ils seraient moins obnubilés par le prestige des nations et leur force. Et lire absolument la haftara (Livre des Juges 11, 1-33), rien n’a changé depuis lors dans les faux arguments contre Israël, et dans l’issue des combats.

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 Vivez cette merveille, puis recevez-la cette relation magnifique de don d’amour. L’actualité du type journalistique oublie toutes ces dimensions de la relation d’amour.  Entrainons-nous, jouissons et peu à peu ces démarches deviendront permanentes et quotidiennes dans les différentes formes de nos activités et de notre vie:

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2 – Nous allons entrer le 29 juin dans le mois de Tamouz. Pour assimiler toute la puissance de ce mois, voyez encore ici  tout ce qui se passe chaque jour de ce mois et le sens de cela dans l’histoire, dans les textes et dans les vies, chez les Sages de vos traditions, le tout avec références, lien à la vie et photos.  CLIQUEZ ICI

3 -Lisez encore lentement ce message, aboutissement de nos progrès en chaque jour du Omer jusqu’au don de la Torah à Chavouote maintenant. Je vous relance AVEC ÉMOTION un appel intense. Plus de 1000 lecteurs sur Modia par JOUR cette semaine et toujours une pluie continue de lettres de remerciements pour la Torah vivante offerte sur Modia. Mais mon coeur a été touché PÉNIBLEMENT et stupéfait quand -en retour- j’ai déjà demandé une aide qui n’a pas reçu d’écho. Incompréhensible: une aide non pour moi ni pour Modia mais pour une malade (Meirav Haik) victime d’une maladie non encore identifiée dans le traitement et qui cause un accroissement continu de douleurs depuis 20 ans. Je l’ai connue Meirav Haik, ici à l’Université en Israël, comme brillante étudiante très multilingue en psychologie et criminologie et d’une droiture exemplaire et rarement estimée de tous. Et, depuis, avec une équipe médicale de chercheurs renommés qui s’est étendue dans plusieurs pays et avec plusieurs bénévoles de grand coeur et fidèles à cette action, nous luttons avec elle pour sa subsistance et le paiement des nombreux soins et aides dont elle a besoin (et qui exigent plus de 5000 euros par mois!). Les recherches depuis plus d’un an sont sur le point d’aboutir et de recevoir les autorisations des commissions légales nationales et internationales. M A IS c’est ici notre rôle, qui est non seulement de soutien psychologique et moral mais aussi matériel et financier dans ce cas extrême et qui, par vous aussi, aidera ensuite de nombreux malades. Il faut lui trouver plusieurs dizaines de milliers de shékels par mois mais elle touchait de l’Etat seulement 1600 chékels par mois et l’Etat d’Israel vient de réduire cela à 1100 chékels (soit 232 euros par mois, un scandale). Nos efforts actifs pour faire changer ces décisions officielles sont restés vains. Donc, seule l’aide externe que nous organisons avec vous-même peut soutenir le bon processus vital et thérapeutique et vraiment peut l’aider concrètement à SURVIVRE en attendant l’injection du traitement en voie de découverte mais toujours reporté. Hélas, après notre dernier appel nous n’avons reçu pour lui transmettre que 2 petits dons, ce fut un CHOC énorme pour nous et en contradiction avec les multiples et incessantes lettres de remerciement que nous recevons pour ce que Modia apporte aux lecteurs. Finalement, dans le cadre du DON essentiel, la Torah, à Chavouote, je renouvelle donc cet appel, merci pour elle et pour cela, dans la générosité. ET NOUS DEVONS imaginer ce que serait notre vie dans ces conditions que seuls des bénévoles (VOUS) peuvent sauver, et la bénédiction vous en reviendra. Je ne vous envoie pas une demande sur Paypal car nous avons eu des échecs répétés sur ce service. Mais je vous demande de m’adresser personnellement votre chèque TRES GÉNÉREUX écrit à son SEUL nom (Meirav Haik) que je lui remettrai personnellement. Voici mon adresse pour ce don qui vous reviendra en immenses bénédictions : Yehoshua Dufour, 3 Itshaq ben Dor, Jérusalem 93281; Israel. Vous avez ainsi l’assurance que votre chèque lui sera remis et à elle seule. Que PAR CELA la santé règne toujours dans votre maison, dans votre famille et en vous DANS LE BONHEUR. 

Faites suivre ce message à vos amis et communautés et associations.

Chabbat chalom

Rav Yehoshua Rahamim Dufour

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Si vous voulez approfondir encore le sens de la Fête de Chavouote

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1.   PARACHA DE LA SEMAINE – 36e Paracha – Béhaâlotékha: « Quand tu feras monter » Bamidbar (Les Nombres) 8, 1 – 12, 16
Elle  nous enseigne « L’art d’éduquer en élevant vers le haut ». Cette étude est dédiée à toutes les mamans et à tous les pères qui veulent transmettre une éducation juive et épanouie. Il est clair qu’on ne peut pas intégrer tous ces commentaires si riches en une seule lecture. Il faudra y revenir souvent….

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2 – Il  faut prolonger l’intégration en nous du don de la Torah  préparé par la traversée du désert, puis par les progrès des jours du Omer et réaliser que Chavouote n’est pas terminé au lendemain de la fête: CAR LE DON DE LA TORAH N’EST PAS CELUI D’UN TEXTE IMPRIMÉ SUR DES PIERRES,
mais c’est un texte qui  S’INSCRIT DANS NOS COEURS ET NOTRE VIE ET nous initie à la conscience continue de la PRESENCE totale de Dieu en toute la Création continue
et dans l’union constante entre nous et LUI.
De jour en jour, nous dévelop
perons cela autour de nous et en nous

jusqu’à parvenir à voir à « nouveau » cette présence dans le renouveau de la Création qui fleurit  en chaque instant:

en chaque fleur, pour nous exercer, saisissons le don, recevons-le comme des enfants le saisissent dans l’action permanente des parents envers eux

et jouissons-en et remercions en relation de bénédictions.

Faisons l’exercice: voici un simple exemple, dans un parcours de quelques centaines de mètres , je partage avec vous mon regard en marchant depuis ma maison à Jérusalem. Vivez-y cette merveille, puis recevez-la cette relation magnifique de don d’amour. L’actualité du type journalistique oublie toutes ces dimensions de la relation d’amour.  Entrainons-nous, jouissons et peu à peu ces démarches deviendront permanentes et quotidiennes dans les différentes formes de nos activités et de notre vie:

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3 – Nous sommes entrés dans le mois de Sivane. Pour assimiler toute la puissance de ce mois, voyez encore ici  tout ce qui se passe chaque jour de ce mois et le sens de cela dans l’histoire, dans les textes et dans les vies, chez les Sages de vos traditions, le tout avec références, lien à la vie et photos.  CLIQUEZ ICI

L’audience de Modia bat tous les records. Vérifiez-le sur l’organisme qui contrôle ces audiences dans les sites francophones pour les nécessités des organismes qui voudraient s’y placer en publicité (ce qui n’est pas le cas de Modia). Allez voir les résultats et vous constaterez ceci dans http://www.hit-parade.com/     Sur les 261.129 sites contrôlés, Modia est le 338e et dans la classification des sites répertoriés comme « professionnels » en toutes catégories, il est le 111e et parmi les sites professionnels placés dans la seule rubrique « culture » il est le… 10e.  Et cela sans budget commercial ni professionnellement rémunéré, sans équipe, sans financement. Seulement par la dynamique de la Torah en chacun de nous qui la partagez avec vos amis et associations et communautés.

Rav Yehoshua Rahamim Dufour

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37ème paracha Chela’h lekha « Envoie toi-même » Bamidbar (Les Nombres) 13,1 – 15,41


Reprise louyehi 2010 et 2011


La paracha de cette semaine nous enseigne l’art d’éduquer en élevant vers le haut. Elle prescrit de faire le rite de Pessa’h Chéni le 14 du second mois (Iyar). Le rav Dufour enseigne que ce doublement de la fête de Pessa’h concerne les personnes qui ne se trouvaient pas dans la situation de pureté adéquate lors de la date principale de la fête : celui qui a eu un flux, la nidda, l’accouchée, celui qui a été en contact avec un cadavre (névéla) ou avec des reptiles interdits (Vayiqra 11); dans certains cas un bain rituel (tévila) avant la nuit pouvait cependant permettre de consommer le sacrifice normalement ; cela concerne aussi les personnes qui étaient éloignées de plus de 18 kilomètres de l’extrêmité de la ville (Pessa’him 93 b) les convertis depuis Pessa’h qui ne faisaient pas le rite de la Pâque individuellement après leur conversion, mais avec les autres membres du peuple (Rachi sur 9, 14) ; les Sages ont étendu ce Pessa’h chéni à ceux qui auraient oublié le premier Pessa’h, ceux qui auraient été empêchés, ou l’auraient négligé (mais cela était facultatif pour les femmes, Pessa’him 91 b). Par contre, celui qui, délibérément, ne fait aucun des deux Pessah, mérite la peine de karète (retranchement du peuple).


Au second Pessa’h, Pessa’h chéni, on grille également l’agneau pascal et on en suit tous les rites :
– on le mange avec la matsa et le maror (seconde mitsva, 9, 11):
– on ne laisse pas de l’agneau après le matin (quatrième mitsva, 9, 12):
– on n’en brise pas les os (cinquième mitsva, 9, 12) ; mais, en dehors de ce qui concerne le sacrifice il y a des différences car on peut alors avoir du ‘hamets chez soi, on ne donne pas le caractère de fête et on peut travailler, on ne dit pas le hallel.
La mitsva (10, 9-10) prescrit de sonner des trompettes en argent (au moins 2 et au maximum 120) lors de la joie des sacrifices publics, des fêtes et du renouvellement du mois (voir Choulk’hane Aroukh, Ora’h ‘Hayim 576, 1, 1). Il y avait ainsi entre 21 à 48 sonneries par jour (Roche Hachana 29 a et Michna Ar’hine II, 3). (On les sonnait aussi dans la situation de guerre).


Sur un ton essentiellement narratif, cette paracha traite principalement du thème des « néraglim » (explorateurs) envoyés découvrir la terre de Canaan, de laquelle 10 sur les 12 envoyés médirent auprès du peuple, qui se découragea. La paracha Chela’h lekha suit l’épisode qui relate les paroles prononcées par Myriam à l’encontre de son frère Moché qui déclencha la colère divine et eut pour conséquence la maladie dont elle fut frappée. La notion de savoir reconnaître un bienfait est très importante. Question posée par la Guémara : « Une parole prononcée peut-elle être effacée ou non ? » Nous avons généralement tendance à oublier les conséquences des paroles que nous prononçons, qui laissent toujours une trace, à notre insu. Mais il existe une différence fondamentale entre les réflexions des Sages d’Israël et celles des philosophes sur le sujet qui concerne la supériorité du genre humain. La question est posée plus particulièrement ainsi : « La supériorité du genre humain réside-t-elle dans le fait que l’homme est un être pensant ou dans le fait qu’il est un être parlant ? »


Les philosophes répondent que c’est parce que l’homme est doté d’intelligence qu’il diffère des éléments de la création et qu’il les domine. Les Sages d’Israël, eux, considèrent que la suprématie de l’homme sur l’animal ne repose pas sur le seul fait qu’il pense, mais qu’il soit doté de la parole. Les Sages veulent dire par là que si la faculté de penser est certes très importante (sans elle l’homme est amoindri), la parole est néanmoins ce qui permet à la pensée de s’exprimer et d’agir. Elle est donc plus importante. Force est de constater que dans la vie quotidienne la parole peut avoir une grande influence en société. Il ne suffit pas seulement de réfléchir et de penser, mais pour convaincre, il est nécessaire de concrétiser sa pensée en l’exprimant par la parole et en la comparant à celle des autres.


La génération du déluge avait réussi à unir toutes les nations dans le but de construire la gigantesque tour de Babel, symbole de leur orgueil. Alors Hachem érigea des barrières invisibles, mais infranchissables en brouillant leur langage. Chacun se mit alors à parler une langue différente, ce qui eut pour conséquence l’incompréhension : par exemple, lorsqu’un ouvrier demandait un marteau à son compagnon de travail, celui-ci lui tendait une brique. Le premier pensait que le second se moquait de lui et dans sa colère, il l’assommait. Ainsi, ceux-là même qui avaient réussi à convaincre les peuples de former une coalition néfaste grâce au pouvoir de la parole se virent dispersés aux quatre coins de la terre et leur projet vaniteux fut anéanti. La tradition nous apprend qu’il est même interdit de s’entretenir de son prochain pour dire du bien. Le Hefets Hayim explique dans son ouvrage « Chmirath Ha Lachon » pourquoi : » Quand je dis du bien de quelqu’un, je n’examine qu’une seule facette de sa personnalité, mais au fond de moi-même, en disant seulement du bien, est-ce que je n’attends pas et ne provoque pas la réaction de mon interlocuteur qui peut dire « Ah, il n’est pas aussi bien que cela…? »


Rabbi Israël Abou’hassera (Baba Salé) à qui on demandait pourquoi ses bénédictions avaient une telle influence, répondait : « Je veille à ne jamais proférer de mensonge, ni à médire sur qui que ce soit. C’est pourquoi ma demande est exaucée, car tout comme Hachem a ordonné au feu de brûler et à l’eau d’humidifier, Il a établi que la langue de l’homme doit avoir une bonne influence ; il en est ainsi si elle agit pour le bien et qu’elle garde sa pureté originelle en se préservant de toute parole négative ou mensongère. » Le fléau qui détruit Israël est la médisance et chacun doit faire preuve de vigilance à cet égard et lutter contre elle. Le traité « Ketouvote p.110 » indique : « celui qui vit hors d’Israël est comme s’il n’avait pas de dieu, car inévitablement il voit et entend ce qui est proposé au regard et à l’audition par les valeurs de ce monde-là, les « dieux » de ce monde et n’intègre pas en lui ce que la terre et la Torah de cette terre donnent à intégrer, le dieu de cette terre et de cette Torah. »
Le verset 15,39 de cette paracha traite de ce que l’on voit et interdit de se laisser égarer par les yeux. Les Sages attirent notre attention sur le fait que le regard communique directement avec le cœur et le désir « âyine » (œil en hébreu signifie également la source) ; c’est-à-dire qu’il est presque impossible de se défendre ensuite contre ce que l’on a laissé entrer dans le regard ; il a déjà atteint le cœur. Cela concerne les pulsions par exemple le penchant à la colère, à l’impudeur, à l’idolâtrie, etc. Nous devons donc être constamment très attentifs à cela en évitant certaines situations.


La condition à la venue des temps messianiques est d’ailleurs liée à notre capacité de contrôler ce que l’on voit et ce qu’on entend. Nous devons être assez lucides et assez forts pour ne pas juger autrui par ce biais. De nos jours, où les médias nous influencent tellement, nous avons tendance à nous faire leur complice et voir le monde à travers leur point de vue. Les Sages nous avertissent : « Faites-vous des gardiens en tous vos portails ». Le Rav ‘Hayim Vital dit que nos yeux qui voient, nos oreilles qui entendent, notre bouche qui parle, notre nez qui sent, nos sens qui constatent par les mains et les pieds sont les lieux et portails (chaâr) par lesquels se jouent ces grandes choses.


En résumé, ainsi devons nous, en permanence, exercer une garde vigilante sur chacun de ces portails. La Torah nous met d’ailleurs en garde à ce sujet : sans le contrôle du regard, il n’y aura pas de miséricorde ni de salut dans le monde. Alors, ne nous laissons pas égarer par nos yeux, nos oreilles ou notre bouche et essayons d’orienter positivement notre approche vers les autres et essayons de poser sur eux un regard toujours plein de compréhension, ce qui, soit dit en passant, est souvent plus facile à dire qu’à faire ! Cependant, nous devons nous efforcer, tout en étant critique vis à vis de nous-même et vis à vis du prochain, d’essayer de ne relever essentiellement que les aspects positifs et les mettre en relief. Ce n’est que de cette façon que nous pourrons développer nos facultés personnelles ainsi que celles des autres. Finalement, la parole est absolument
fondamentale à l’ordre du monde puisqu’elle entraîne l’exil, la dispersion, la rédemption, l’unité.


Tous les sujets évoqués dans la Torah constituent une leçon pour le service divin du Juif. « Torah » dérive d’ailleurs du mot « Horaa », « l’instruction ». À plus forte raison lorsqu’il s’agit du Tabernacle, qui constitue un thème central dans le service divin de chaque individu, comme le souligne le verset « Ils me feront un sanctuaire et Je résiderai en leur sein » (Exode 25,8), sur lequel nos Sages enseignent : « au sein de chaque membre du peuple juif » (Réchit ‘Hokhma, Alchikh, ChaLaH, Likoutei Torah). Et, au sein même du Tabernacle, l’allumage de la Ménorah constituait une part essentielle du service. L’éclairage en la matière nous est donné par Rachi sur ce verset. En effet, le commentaire de Rachi a vocation à être étudié et compris de façon universelle, par les hommes, les femmes et même les enfants de cinq ans qui étudient le sens simple des versets, il est donc logique que ce soit ce commentaire qui renferme un enseignement qui s’applique à chaque Juif, quel que soit son niveau dans le service de D.ieu. Sur le verset « Quand tu feras monter les lumières », Rachi enseigne « Puisque la flamme monte, on emploie pour l’allumage de ces lumières l’expression “ monter”. Il fallait allumer jusqu’à ce que la flamme monte par elle-même. » La leçon qui découle de cela s’applique bien à l’ensemble du service de D.ieu : il est du devoir de chaque Juif d’« allumer » son âme, au sujet de laquelle il est écrit « la bougie de D-ieu est l’âme de l’homme » (Proverbes 20, 27), pour qu’elle brille de la lumière de la Torah et des Commandements, car « le Commandement est une bougie et la Torah est une lumière » (Proverbes 6, 23). À travers cela, il éclaire le monde entier, ce qui fait apparaître que tout ce qui s’y trouve est lié avec la sainteté. Telle est, en effet, la finalité de la Création : « faire pour D-ieu une demeure dans les mondes inférieurs ».


– « La flamme » désigne le but à atteindre. En effet, il n’appartient pas au Juif de « créer la bougie », mais seulement de l’allumer. La bougie existe déjà et est prête à être allumée. Il ne reste plus alors qu’à faire monter la flamme : l’âme est présente, la Torah est les Commandements sont à notre portée, il ne reste plus qu’à s’en servir pour « allumer » l’âme.
– « Monte » enseigne de quelle façon ce travail doit se faire. Le judaïsme distingue entre une attitude statique (עמידה) et une attitude dynamique (הליכה). On peut en effet servir D ieu, mais en faisant du « sur place », sans s’améliorer au fil du temps. Cependant, une notion forte de la Torah est le principe de « מעלין בקודש – s’élever dans la sainteté » qui exige que l’on progresse perpétuellement. Ce qui fait qu’un Juif n’est jamais statique, car il est toujours en train « d’avancer » spirituellement.
En outre, il ne s’agit pas seulement ici d’« avancer », mais de « s’élever » (« monte par elle-même ») : le fait « d’avancer » se comprend généralement comme la progression en direction de son objectif, mais sur un plan horizontal, c’est-à-dire en restant à un même niveau. « L’élévation », en revanche, désigne une progression lors de laquelle on s’élève d’un niveau à un autre, le dernier étant sans aucune commune mesure avec le précédent. Il ne s’agit pas en effet d’élargir le champ de son service divin, mais de passer à une toute autre sorte, bien plus élevée, de service divin.


– « par elle-même » nous enseigne une composante essentielle de ce travail « d’allumage » : celui-ci doit se faire de sorte que ce qui est allumé brille par soi-même, sans avoir encore besoin de celui qui allume. Dans le travail personnel de l’homme, cela signifie que, bien qu’étant naturellement l’objet d’influences extérieures (à commencer par celle de D-ieu qui lui insuffle les forces nécessaires à sa réussite, celles de la Torah et des Commandements avec lesquelles il fait briller son âme, celle de son environnement familial et communautaire qui le motive à servir D-ieu), son objectif est néanmoins que « la flamme » monte « d’elle-même » : son service ne peut pas se reposer indéfiniment sur les forces extérieures qui le soutiennent, il doit donc finir par arriver au niveau ou il éclaire par lui-même, de façon autonome.


Un exemple à cela est fourni par la relation entre le maître et l’élève : bien que le maître donne à l’élève toutes les méthodes et les techniques d’apprentissage nécessaires, l’objectif est que l’élève s’approfondisse seul sur le sujet, jusqu’à ce qu’il le comprenne à travers ses propres facultés intellectuelles. Ceci exprime le sujet du Don de la Torah : D-ieu (le « maître ») a donné toute la Torah au peuple d’Israël. Néanmoins, les Juifs (« l’élève ») doivent s’efforcer par leurs propres forces de comprendre la Torah et d’y développer des ‘hidouchim, des nouveaux enseignements. En réalité, dans la mesure où la Torah leur a été donnée, il n’y a qu’eux qui puissent la déterminer. (En effet, la Torah « n’est pas dans les cieux » et la loi est fixée d’après ce que le Beth Din statue, conformément aux lois relatives aux jugements rabbiniques). Bien que notre génération, la dernière de l’exil, soit extrêmement pauvre du point de vue spirituel, elle est en même temps le « talon » du peuple juif à travers les âges qui va élever le corps tout entier, toutes les générations précédentes, car elle a la force d’être « une flamme qui monte par elle-même » et d’amener la Délivrance messianique. La conscience de cela doit renforcer la joie qui anime les dernières préparations à la Délivrance et pousser chacun à rajouter dans « la Torah qui est lumière », de façon à éclairer tout son entourage, et, par là, le monde entier. Alors, immédiatement, nous irons en terre sainte, à Jérusalem, la ville sainte, sur la montagne sainte, dans le troisième Temple, dans le Saint des Saints, « avec nos jeunes et nos vieux, avec nos fils et nos filles » (Exode 10, 9).


« C’est l’image même de D.ieu qu’il (Moïse) contemple… » (Nombres 12-8) Israël est un peuple saint qui fait attention à ne pas franchir les limites pour ‘monter vers D.ieu’. Ils se tiennent au loin et croient en Hachem avec juste leur émouna. Et cela fait référence à Moché Rabbénou (Exode 3-6) : « Moché se couvrit le visage, craignant de regarder le Seigneur.» Même Moché notre maître, s’est caché le visage et a eu peur de regarder Hachem. C’est ainsi qu’il a mérité d’acquérir des perceptions divines immenses comme il est écrit : « C’est l’image même de D.ieu qu’il (Moché) contemple… » Cela fait aussi référence au verset      ( Isaïe 57-19) : « Paix, paix,dit Il, pour qui s’est éloigné, comme pour le plus proche. » (Likouté Halakhot Kétoubot 4-4) « Moïse implora Hachem en disant : Seigneur, Oh ! guéris-la, de grâce ! » (Nombres 12-8) Quand les rigueurs, que D.ieu préserve, se renforcent sur un homme, celui qui prie pour lui ne doit pas évoquer son nom. Cela afin que ne se renforcent pas les jugements stricts, que D.ieu préserve. C’est pour cela que le père de Noé ne l’avait pas nommé à sa naissance, car le monde était régit par la rigueur, et il n’avait pas voulu lui attribué un nom. Car par le nom il aurait été reconnu parmi les accusateurs et les jugements rigoureux auraient pu s’abattre sur l’enfant. Ainsi quand Moïse a prié en faveur de Myriam, il na pas évoqué son nom et a dit simplement : Oh ! guéris-la, de grâce ! Etant donné qu’elle croulait sous la stricte justice, Moïse n’a pas voulu prononcer son nom explicitement. Malgré tout il a voilé son nom dans sa prière par une allusion merveilleuse. Car en hébreu ‘Oh ! guéris’ (Nah réfah) a la même valeur numérique que le nom Myriam-Yokhèvet (Yokhèvet est le nom de la mère de Myriam). Il a donc vraiment fait cela intentionnellement, puisqu’il faut rappeler le nom du malade et celui de sa mère lorsqu’on prie pour ce dernier. Mais Moïse n’a pas voulu l’exprimer de façon évidente.(Likouté Moharan 1-174).


D’habitude Moïse sait réagir aux situations difficiles : lorsque le peuple qui naguère a entendu la voix de Dieu lui interdire le culte des idoles, danse frénétiquement autour du veau d’or, on aurait pu s’attendre au désespoir de sa part. Or c’est là que Moïse se révèle dans toute sa grandeur. Il reste maître de la situation, punit les coupables, intercède auprès de Dieu en faveur du peuple, et refuse de fonder un « nouveau peuple » à la place des Hébreux. Pourtant, l’idolâtrie est la pire des transgressions aux yeux de la Torah. On peut donc être surpris de voir Moïse dans la paracha Behaalotekha être « brisé » par une effronterie beaucoup moins grave de la part du peuple, celle de la demande de la viande: « La populace au sein du peuple fut pris d’une envie, les enfants d’Israël revinrent à pleurer devant Dieu en disant: Qui nous nourrira de viande? … Moïse dit à Dieu: Pourquoi as-Tu fait du mal à ton serviteur, pourquoi n’ais-je pas trouvé grâce à tes yeux, pour que tu m’imposes la charge de tout ce peuple ?

…Donnes-moi donc la mort si j’ai trouvé grâce à tes yeux »(11, 4, 11 et 15). C’est là qu’apparaît le point faible de la personnalité de Moïse. Alors qu’il peut appréhender victorieusement les enjeux d’une spiritualité adverse, telle que l’idolâtrie, il ne peut pas affronter l’effronterie des enfants d’Israël. En effet, la demande de viande ne constituait nullement une transgression d’un commandement ou une spiritualité nouvelle, c’était simplement de la ‘houtspa, une audace ingrate face au bienfait de l’alimentation en manne. C’est justement ce que Moïse, dont le rôle est de transmettre la Torah, ne peut assumer. En effet, la transmission de la Torah exige un minimum d’effacement (bocheth panim) de la part de l’élève, ce qui est incompatible avec l’effronterie.


Il y a donc quelque chose qui manque dans la Torah telle qu’elle est transmise par Moïse, c’est la capacité de donner une réponse au questionnement posé par l’effronterie des enfants d’Israël. Or cette capacité est indispensable pour qui veut révéler la Torah au temps du Retour: « à l’approche de la venue du Messie l’effronterie l’emportera » (Sota 49b). La grandeur du Messie consiste dans la capacité d’amener la libération d’Israël à une génération révoltée, et de considérer la sainteté de l’être hébraïque indépendamment des actes. On peut donc dire que l’épreuve que les hébreux ont inflige à Moïse en demandant la viande, avait pour but de le faire accéder à la dignité messianique. Si l’épreuve avait réussi, Moïse devenu Messie, aurait rétabli l’harmonie du monde telle qu’elle était du temps du premier Homme, lorsque la Nature et l’Âme n’étaient pas encore en opposition (cf. Rav Kook, Chemonah kevatsim VIII, 157). Mais le temps n’était pas encore arrivé, et l’accomplissement de l’histoire fut repoussé de plusieurs milliers d’années. Eldad et Médad prophétisèrent alors: « Moïse va mourir, c’est Josué qui fera la conquête », ou encore, ils annoncèrent les guerres messianiques de Gog et Magog (Sanhédrin 17a), que Moïse ne mènera pas. C’est cette exigence d’harmonie qui pousse également Myriam et Aharon dans notre paracha à critiquer la vie ascétique de Moïse, qui se sépare de sa femme pour être en état de prophétiser à tout moment. L’idéal serait en effet que la vie naturelle ne soit pas une entrave a la prophétie, comme au temps de l’Eden, mais le temps n’en était pas encore venu. L’analyse du rav Kook mène à comprendre le mouvement de révolte contre la tradition qui se manifeste aux temps de l’accomplissement de l’histoire, comme expriment l’espérance subconsciente de la réalisation de l’harmonie de la morale et de la Nature.


(Sources : Rav Arié Levy, Guysen International News – Sepharad.org – Rav Dufour, Modia – Eli Touger, Nissan Mindel, Chabad.org – Breslevparis.com)

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Préparer la fête de de Chavouote et la paracha de la semaine avec Modia :

PREPAREZ La nuit et le jour extraordinaires de Chavouote  (6 nissane)
le 3 au jour, toute la nuit et le 4 juin

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1.   PARACHA DE LA SEMAINE – 36e Paracha – Béhaâlotékha: « Quand tu feras monter » Bamidbar (Les Nombres) 8, 1 – 12, 16
Elle  nous enseigne « L’art d’éduquer en élevant vers le haut ». Cette étude est dédiée à toutes les mamans et à tous les pères qui veulent transmettre une éducation juive et épanouie. Il est clair qu’on ne peut pas intégrer tous ces commentaires si riches en une seule lecture. Il faudra y revenir souvent….

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2 – Nous sommes entrés dans le mois extraordinaire de Nissane. Pour assimiler toute la puissance de ce mois, voyez encore ici  tout ce qui se passe chaque jour de ce mois et le sens de cela dans l’histoire, dans les textes et dans les vies, chez les Sages de vos traditions, le tout avec références, lien à la vie et photos.  CLIQUEZ ICI

3 – Et voici le sens du Ômer qui va se continuer jusqu’à Chavouote

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Voici les études de la semaine du site Modia :

1 – PARACHA DE LA SEMAINE – Nasso (Les Nombres) 1, 1 – 4, 20
Elle  nous enseigne la science du passage à la joie pour le peuple juif !…

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2 – Nous sommes entrés ce soir jeudi 29 mai dans un NOUVEAU MOIS, voir l’étude sur Roche ‘Hoddéche

3 – L’important MOIS DE SIVAN. Voir la particularité de ce mois et ses faits marquants : Sivane

4 – CHAVOUÔTE : Fête de Chavouôte

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35e Paracha: Nasso – Fais le relevé Bémidbar (Les Nombres) 4, 21 – 7, 89
La minute d’étude nous résume ainsi la paracha : les Léviims des familles de Guerchon et de Mérari sont choisis pour le service. Hachem ordonne que toutes les personnes impures quittent le camp – Le vidouï : la mitsva de confesser verbalement ses fautes – Exhortation à ne pas retenir ce qui est du aux cohanim et aux léviim – La sota : femme suspectée d’adultère – Le nazir – Birkat cohanim : la bénédiction des prêtres – Les offrandes des princes le jour de consécration de l’autel. La paracha Nasso passe de l’organisation du peuple et des léviïm qui a commencé dans la parachat BeMidbar à la position du Sanctuaire au milieu du peuple. La parachah commence par le rôle des descendants de Guershon et celui des descendants de Merari dans le transport du Sanctuaire et dans le décompte des léviïm. Elle continue par la préservation du lien de pureté envers le Sanctuaire en renvoyant du camp du Sanctuaire ceux qui sont impurs, et en faisant de lui le centre social pour Israël. C’est là qu’un homme qui a fauté envers autrui rend son bien au cohen, là qu’un homme et une femme se présentent quand l’homme est jaloux, là que se présente le nazir à la fin de son voeu pour se raser la tête et offrir son sacrifice. La bénédiction de Hachem à Israël sortira de la bouche des cohanim qui servent dans le Sanctuaire. Toutes les tribus ont participé à l’inauguration de l’autel et du Sanctuaire par l’offrande des chefs de tribus, un pour chacun des douze jours qui ont suivi l’onction.

Après le dénombrement des Enfants d’Israël, la Torah va apporter quelques précisions : 3 groupes constitueront la tribu de Lévi, le 3ème fils de Jacob. Par rapport au Michkan, ses 3 fils camperont : Qehat au Sud, Guerchon à l’Ouest, Merari au Nord. La Torah définit ensuite 3 zones de Kedoucha : – le Michkan, – le camp des Léviyim, – le camp des 12 Tribus d’Israël. (Le Secret du Maguen David et des 12 Tribus d’Israël – La Voix de la Communauté – Tichri 5770, n° 61) La paracha de la semaine aborde 3 autres sujets importants, que Yaniv commentera Chabbath matin et Chabbath après-midi : – La cérémonie de la Sota (une femme soupçonnée d’adultère) – le Nazir (pendant un temps déterminé, un Juif accepte un certain état de pureté et de sanctification) – La bénédiction des Cohanim, récitée à la répétition de la ’Amida de Cha’hrit et Moussaf, dont voici une traduction : « Que Hachem te bénisse et qu’Il te garde ! Que Hachem éclaire Sa Face vers toi et qu’Il te fasse une faveur ! Que Hachem lève Sa Face vers toi et qu’Il place pour toi la paix ! Ils placeront Mon Nom sur les Enfants d’Israël, et Moi Je les bénirai. » (Nombres, VI.24-27)

La Paracha de Nasso est lue habituellement le Chabbat qui suit la fête de Chavouot ou bien, comme cette année, le Chabbath qui précède la fête, nous explique-t-on sur Daf Haguéoula. Il serait donc logique de trouver, dans la Paracha de Nasso, une allusion au caractère spécifique du premier Chabbat après le Don de la Torah. Avant le Don de la Torah, il y avait un schisme entre les dimensions Célestes et celles de ce monde : « Ceux qui étaient en Haut ne pouvaient pas descendre en Bas ; ceux qui étaient ici-bas ne pouvaient pas monter vers le Haut. » Le Don de la Torah annula ce décret ; les Cieux et le Terrestre pouvaient, alors, s’unir. Ainsi, les mitsvote appliquées avant le Don de la Torah n’avaient pas la même valeur que celles qui sont appliquées aujourd’hui, après le Don de la Torah. Il en est ainsi pour la mitsva du Chabbat. Bien que les Juifs aient observé le Chabbat avant même le Don de la Torah, il est clair que cette pratique ne peut pas être comparée à la façon avec laquelle ils l’observèrent une fois que la Torah fut donnée.

Nos sages nous apprennent que chacun des événements important de notre calendrier se reproduit chaque année. Ainsi, ce Chabbat qui est le premier Chabbat après la fête de Chavouot devrait être vécu comme le premier Chabbat que nos ancêtres ont observé après le Don de la Torah. L’homme appelle par la pratique des mitsvote, les dimensions « supérieures » à descendre dans les réalités terrestres. Or, avant Matan Torah – le Don de la Torah – il était impossible à l’homme de produire ceci par ses propres moyens. En conséquence, les objets matériels ne pouvaient être investis de Sainteté. Grâce à nos actions, depuis le Don de la Torah, les dimensions spirituelles habitent notre entourage matériel. Car les Mitsvot émanent de l’Essence de D.ieu. Ainsi, l’homme, qui pratique les mitsvote, n’est plus limité à ses forces personnelles, car il est missionné par D.ieu ; il est donc investi par l’Essence du divin et ses actes matériels s’imprègnent alors de Sainteté.

Ce concept est intimement lié au Chabbat : le Chabbat a cela de magique d’être plus haut que la Création, car en ce jour, nous cessons toutes actions créatives. Le jour de Chabbat, le Juif est investi « d’un amour pur pour D.ieu, d’un amour qui transcende l’intellect ». Cet amour est plus haut que celui qui l’habite pendant la semaine, car ce dernier est le fruit du labeur et de l’effort – la raison et la rationalité. Le niveau d’amour atteint le Chabbat transforme l’individu et ses désirs ne sont pas les mêmes que ceux qu’il a dans le courant de la semaine. Le Chabbat traduit, donc, le lien entre les deux composantes de l’existence : il est, d’une part, la révélation de la plus haute des saintetés ; mais son impact s’inscrit, d’autre part, dans les aspects les plus concrets de la Création. En ce jour, les désirs les plus bas se trouvent transformés.C’est cette idée maîtresse qui s’exprime chaque année en ce Chabbat particulier où nous lisons au début de la Paracha de Nasso : « Compte les descendants de Guerchon… » Le nom Guerchon découle du mot hébraïque Guérech qui signifie, d’une part, produire (en termes d’agriculture), mais aussi Guérech – chasser. Ceci représente dans sa lecture symbolique, le pouvoir de révéler l’amour latent que l’homme a pour D.ieu (comme le fruit dans la terre) ; ainsi que la faculté de chasser le mal. Ces deux actions sont, comme nous l’avons vu plus haut, intimement liées au Chabbat. (Likouté Si’hoth Vol VIII)

Sur le blog Nefech ‘Haya, on nous rappelle que la proximité avec D.ieu lors du Matan Torah a fait dire à nos Maîtres que l’on doit pouvoir lire dans cette paracha Nasso les premiers effets du don de la Torah. Dans une approche immédiate, on peut déjà réfléchir sur le nom qu’elle porte. Nasso est un mot qui nous renvoie à l’idée d’élévation (Ce mot est un verbe énoncé à l’impératif qui signifie « Compte » ou « Elève »). A partir de là, les commentateurs nous conduisent vers une idée audacieuse : dans son essence la Torah est si élevée qu’elle échappe à toute définition. Dans l’un de ses commentaires sur un verset de la paracha Michpatim (Chap. 21, verset 13), Rachi appelle la Torah du nom de « Parabole de l’Ancien » (En hébreu « Machal Hakadmoni ». L’Ancien, ici, c’est D.ieu. L’expression vient en fait du premier livre du prophète Chmouel, chap. 24, verset 13). L’appellation est curieuse pour ne pas dire dévalorisante ! Comment peut-on qualifier la parole de D.ieu de parabole quand on connaît la richesse infinie de la Torah ? L’étonnement est justifié mais on verra qu’il ne résistera pas à un examen profond de ce terme.

Qu’est ce qu’une parabole ? Quand un maître veut expliquer à son élève un concept difficile, il utilise une parabole, c’est à dire un ensemble d’images familières à l’élève, dans laquelle il glissera le concept en question. Une parabole est donc, une approche d’un concept intellectuel complexe, situé à un niveau plus bas que le concept d’origine. Ainsi, plus l’élève aura du mal à comprendre la pensée du maître, plus ce dernier sera obligé de descendre son idée vers le monde matériel en l’illustrant par des repères accessibles à son disciple. Prenons l’exemple de la lumière et de l’obscurité. Une idée très fine (appartenant au monde spirituel) pourra être qualifiée de lumineuse comme une lumière matérielle permettra d’avoir un champ de vision très clair. Sommes-nous en présence de deux lumières ? En aucune façon. C’est simplement le même concept qui a quitté le monde de l’abstraction pour descendre de niveau en niveau afin de s’habiller dans le monde matériel.

Une sagesse infinie Il en est de même pour la Torah que nous connaissons à travers les lois et les récits qui y sont rapportés. On y parle de personnages, de situations différentes ou d’objets qui ne sont en fait que des paraboles de la Torah telle qu’elle est chez D.ieu à un niveau spirituel très élevé. La Torah dans son essence est infinie puisqu’elle est la sagesse de D.ieu, Lui aussi infini. De ce fait, elle ne peut en aucune façon être appréhendée par l’homme, par nature, limité intellectuellement. Mais pour qu’il puisse, malgré cela, y avoir accès, D.ieu a habillé Sa sagesse à travers une immense parabole constituée de la Torah, du Talmud, du Midrach et d’autres textes fondateurs du judaïsme qui ne seront que des supports nous permettant de comprendre la sagesse divine.

Avraham est, certes, un personnage historique qui inaugure la voie royale de notre histoire mais au second degré il quitte son apparence humaine pour incarner une vertu : celle de la bonté à travers laquelle ses faits et gestes nous apprendrons ce qu’est cette vertu. Et tous les milliers de commentaires que nous trouverons sur le patriarche ne seront pas seulement de merveilleuses explications (Bien évidemment, cette règle s’applique à tous les personnages et toutes les situations de la Torah qui possèdent, eux aussi, un caractère infini) : plus ils seront fins, plus ils nous rapprocheront de l’essence de la Torah. On voit de là à quel point l’étude de la Torah est vitale. En s’y consacrant avec profondeur, on apprend à connaître D.ieu et à gravir les degrés infinis qui nous conduisent vers Lui.
La Torah est infinie et nous invite, chaque jour, à nous dépasser pour nous rapprocher de D.ieu. Dans l’éducation de nos enfants, cette conscience, joue un rôle déterminant pour l’acquisition de la crainte de D.ieu, car quand un individu réalise que l’autorité qui le gouverne transcende l’humain, sa soumission à la Torah est à la mesure de l’immensité de la divinité qu’on lui enseigne. Il pourra, alors, s’y attacher de toutes ses forces.

« Et l’esprit de Hachem le saisit… » (Shoftim 13:25) Selon le blog Breslev Shuvu Bonim, la raison principale de la Création du monde a été de révéler la crainte et la royauté de Hachem, « la crainte de Hachem est pure, elle subsiste éternellement » (Psaumes 19:10). Chacun doit savoir que la seule chose qui existe, c’est la crainte de Hachem. Il faut être dans la crainte de Hachem et seulement Le craindre. On ne doit rien craindre d’autre, aucune personne, ni Haman, ni Pharaon, ni les nazis. On ne doit que craindre Hachem. Il est absolument interdit de craindre un ministre, un noble, un voleur ou un terroriste. La création tout entière est Son royaume, elle révèle la royauté de Hachem dans le monde. La création entière s’écrie : « Hachem est le Roi. Hachem règne. Hachem sera le Roi pour toujours ». Rien d’autre que Hachem n’existe. Les terroristes n’existent pas. Les meurtriers n’existent pas. Rien n’existe.

Rabbenou dit que la première chose pour servir Hachem consiste à n’avoir aucune peur. Ceci est l’enseignement crucial de Rabbi Nahman, nous ne devons pas avoir peur. Le Rebbe n’est d’aucune utilité pour les lâches, pour les timorés. De quoi avoir peur ? Il y a un D.ieu dans le monde. Hachem est vivant et existe. Il y a des Justes, comme Moche Rabbenou ou Yehochoua ben Noun. Ils ont un contrôle complet de ce monde. Ils sont responsables de tout. Si une personne veut avoir du succès dans le service de Hachem, s’il veut avoir de la réussite dans ses entreprises, alors il doit tout d’abord être courageux. Il ne doit ressentir en lui aucune peur. Le Megaleh Amoukot (Rav Nosson Shapira) dit que la peur est la plus grande Toumah/impureté qui existe dans le monde. Quand une personne a peur, cela signifie qu’elle n’a pas la foi. Aussi, lorsqu’une personne ressent de la peur, elle doit la déraciner totalement.

Dans la Torah 249, Rabbenou dit : « L’essentiel de la force d’une personne est dans son cœur. Celui qui est fort dans son cœur et n’a peur d’aucune personne ou d’aucune chose, il est capable de faire des merveilles, des actes de bravoure et de remporter la victoire dans tous ses combats, simplement par la force de son cœur ». Un homme doit être courageux, intrépide, en toute circonstance. C’est seulement ainsi qu’il sera victorieux dans tous ses combats. C’est le principe de « Qui est considéré comme une personne forte ? Celui qui domine son mauvais penchant » (Avot 4:1). La première des batailles c’est surmonter les mauvaises pensées qu’on a dans son cœur. C’est aussi s’éloigner des lieux et des visions interdits. C’est pourquoi il est écrit à propos de Chimchon (Shoftim 13:25) : « Il était rempli de l’esprit de Hachem… entre Tzaraah et Eshta’ol ». Dans ces lieux l’esprit de Hachem l’a saisi et lui a donné la puissance et la force du cœur, là, dans ces mêmes lieux, il a tué un lion et il a accompli des actes prodigieux et impressionnants.

Il y a une histoire vraie qui s’est passée pendant la Shoah : un nazi était prêt à tirer sur un Juif. Il le tenait contre un mur et il lui a dit : « Maintenant, je vais te tuer ! » Et ce Juif lui a répondu : « Tu ne peux pas me tuer ! Seul Hachem peut me tuer ! » Cela a irrité le nazi et il a répété : « Je vais te tuer ! Écoute, je suis prêt à tirer ! » Et le Juif a répondu : « C’est Hachem, pas toi ». Le nazi a crié : « Je suis prêt. Je me décide ! » Le Juif dit : « Non ! C’est seulement Hachem. Seul Hachem peut tirer. Je n’ai pas peur de vous ». Ce nazi a été réduit au silence et s’est enfui en laissant le Juif vivant. Il pensait que si tout est vraiment de Hachem, alors je ne vais pas être Son émissaire. Ce Juif a traversé toute la guerre en sachant que tout vient de Hachem. Il n’y a rien d’autre, seulement Hachem. C’est son mérite qui l’a sauvé.Tout ce que nous traversons durant nos cent vingt ans, tout ce qui nous arrive, tout n’est qu’une épreuve avec les nazis, une épreuve avec les terroristes et les assassins. Tout provient de graves décrets. Nous devons révéler la foi qui est cachée dans le cœur, révéler la foi qu’aucun ministre, aucune personne, aucun ennemi ne peuvent nous faire tomber de notre foi.

Nous devons vraiment nous renforcer, mettre dans nos cœurs et comprendre vraiment que Hachem existe. Nous devons rester dans la foi que Hachem est Un, et tout ce qui apparaît est vraiment inexistant. La chose principale c’est simplement de croire dans le vrai Juste, de diffuser une telle émouna qu’il n’y a que Hachem. Il est très difficile de parvenir à un tel niveau de confiance par soi-même. Seule une personne qui s’accroche au vrai Juste peut atteindre ce niveau. Parce que le Juste peut l’éveiller à une telle foi et stimuler cette foi, pour qu’elle se développe au point qu’il peut faire usage de ce point de foi. Parce que le vrai Juste s’est complètement annulé devant Hachem. Il n’a pas d’existence propre. Il n’a pas d’entité personnelle. Il n’a peur de rien. Celui qui mérite de trouver un tel vrai Juste peut parvenir à cette annulation de soi-même. Et cette foi parvient à un niveau élevé et impressionnant. Ainsi, grâce à cela, tout le monde va s’incliner et se prosterner devant Lui, tous les ennemis, tous les nazis, tous les terroristes, et tous viendront s’incliner et se prosterner devant Lui.

Jacques Kohn : La fin de la parachat Nasso s’attarde longuement sur les dons offerts par les chefs de tribus, princes d’Israël, à l’occasion de l’inauguration de l’autel du Tabernacle. Le premier dans l’ordre des donateurs a été Na‘hchon fils de ‘Aminadav, chef de la tribu de Juda (Bamidbar 7, 12). La Torah et le Midrach relèvent, en l’honneur de Na‘hchon, deux titres de noblesse : 1. Lorsque la Torah signale que Aaron a épousé Elichéva’ (Chemot 6, 23), elle précise – indication exceptionnelle en une telle circonstance – qu’elle était la sœur de Na‘hchon. Et Rachi (ad loc.) de préciser, citant la Guemara (Baba Batra 110a) : « D’où nous apprenons que celui qui prend femme doit se préoccuper de la moralité de ses frères. » 2. « Lorsque les enfants d’Israël se sont trouvés au bord de la mer des Joncs, rapporte la Guemara Sota (37a), chacune des tribus cherchait à se défiler, aucune d’elles ne voulant entrer la première dans la mer. Tandis qu’elles en étaient encore à palabrer entre elles, Na‘hchon fils de ‘Aminadav a bondi pour être le premier à sauter dans les flots. » Ces mérites ont valu à Na‘hchon fils de ‘Aminadav une double récompense : – C’est lui qui a été désigné pour être le premier des donateurs lors de l’inauguration de l’autel du Tabernacle. – Il a été, comme l’indique le livre de Ruth (4, 20 et suivants), l’ancêtre du roi David, et donc celui du Messie.
Le Rav Dufour nous dit que les Lévi descendent du 3e fils de Yaâqov et Léa, nommé Lévi. Lévi vécut 137 ans (2195-2332). Il avait 34 ans à la mort de Yits’haq, 60 à la mort de son père Yaâqov, et 114 à la mort de Yosséf. Il n’a pas connu Moché, son arrière petit-fils. (Chémote 6, 16-18). Lévi a eu trois fils (lire Bémidbar 3, 13-17…) : Guérchone, Kéhate et Mérari et une fille Jokhébed qui épousera Amram, le fils de Kéhate et ceux-ci donneront naissance à Aarone, Myriam et Moché. C’est un petit-fils de Kéhate nommé Qora’h, qui contestera Moché. Les fils d’Aharone seront Nadav et Avihou qui mourront en s’approchant du Sanctuaire, Elâzar et Itamar. Lien entre la joie et le Lévi : Le verset de Proverbes 21, 15 dit : « pratiquer la justice est une joie pour l’homme de bien et un supplice pour les faiseurs de vilenie ». Il ne s’agit pas ici de la justice humaine mais de celle qui assure l’ordonnancement du monde et son existence.

L’état de joie caractérise celui qui est relié au tsadiq ‘hakham, au juste qui est un savant en Torah. Cela est dit dans le psaume 32, 11 : « réjouissez-vous en Hachém, soyez dans l’allégresse, juste, entonnez des chants de joie vous tous les coeurs droits » (sim’hou…). C’est ce point que Rabbéinou Bé’hayé utilise pour nous faire comprendre que le Lévi fait rayonner la joie là où il réside, dans le camp de tout Israël. Rabbéinou Be’hayé dit encore : le Sanctuaire était habité par les chants et le jeu des instruments de musique. Car ils mènent l’homme vers la joie. C’est pour cela que le Lévi n’accomplissait son service collectif que de l’âge de 30 à 50 ans, car c’est à ces âges que la voix est la plus forte pour porter le chant et la joie, comme il est dit à la fin du chapitre 5 des Pirqéi Avotes (Principes des Pères) ; voir aussi le traité ‘Holine page 24 a. Le rôle des Lévi est essentiel pour apporter la joie. De même, les Juifs, nous devons apporter cette joie de la Torah dans le monde. La Torah ne peut donc pas être montrée dans la tristesse, la constriction, ce qui n’est pas lumineux ni propre.

Le nazir est une personne qui fait vœu d’ascétisme (Nombres 6, 1-21), nous explique Wikipedia. Le mot nazir signifie « consacré » ou « séparé ». Le nazir se consacre à D.ieu pendant une période de temps déterminée, durant laquelle elle s’engage à rester en état de pureté. Il s’abstient de boire du vin ou de toute autre boisson alcoolisée, de tirer profit d’un produit de la vigne, de se couper les cheveux, ou d’approcher un cadavre, même celui d’un membre de sa propre famille. Si, pour une raison ou l’autre, le nazir contracte une impureté par contact avec un cadavre, la Torah comporte une prescription de purification : se raser le crâne, attendre 7 jours et, le 8ème, apporter 2 tour- terelles et 2 pigeons au cohen comme offrande d’expiation pour la faute d’impureté. Le vœu peut dès lors recommencer. La période de vœu accomplie, le nazir doit apporter une brebis et un bélier en offrande au Temple, se raser le crâne et brûler ses cheveux sur l’autel ; il peut alors boire du vin et retourner à la vie normale. Chaque être humain est une entité unique et irremplaçable, égale en dignité à tous les autres hommes et qu’on peut en aucun cas faire atteinte à cette dignité, tant physiquement que moralement. C’est cette spécifité de chaque homme qui nous semble être la véritable antidote contre toutes les exactions perpétrées au cours de l’histoire humaine, au nom de faux-grands principes qui se sont tous soldés par des catastrophes humanitaires. Car il n’y a pas à changer l’homme : il faut d’abord l’accepter tel qu’il est, dans sa grandeur, mais aussi dans sa faiblesse, et poser comme principe éthique le dire de Hillel (traité Chabbat) : « Ne fais pas à autrui ce qui est détestable à tes yeux ».

Ce principe fondamental de toute la Torah, et de toute éthique digne de ce nom repose sur une notion cardinale : celle de la réciprocité dans le respect de l’homme. Car chaque-un doit se voir comme un homme se tournant vers autrui et également comme un autrui recevant le respect qui lui revient en tant qu’être humain. Ceci entraînera un autre principe tout aussi fondamental, et de plus codifié par la Halakha : la responsabilité collective. Chacun est responsable de tous, et tous sont responsables de chaque-un. Ce qui interdit les exactions de type « raison d’état », monnaie courante dans nos démocraties, même les plus respectueuses des droits de l’homme. Car enfin de quels droits de l’homme s’agit-il ? A travers la déclaration de l’homme et du citoyen de 1789, puis celle des Nations Unies de 1948, les fondements éthiques apparaissent ténus : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. » (Article 1). Mais en vertu de quoi ? Sur quelles bases s’appuient nos révolutionnaires de 1789 ou nos juristes de 1948 ? Parce que le fondement d’une telle déclaration ne repose que sur le bon vouloir de l’homme d’accepter l’autre, ces principes se sont trouvés bafoués tout au long de notre tragique histoire. Il nous semble que si l’homme se définit comme étant le reflet d’une dimension ayant son origine dans la Hauteur, c’est-à-dire d’une dimension qui le dépasse, mais qui néanmoins est présente en lui, alors il y aura là une véritable source éthique empêchant l’homme de porter atteinte à un autre homme, celui-ci étant porteur de quelque chose de plus que le simple humain de l’homme : la trace de D.ieu.

Ce principe en dignité, mais de différence dans l’essence de chaque homme étant posé, nous pouvons comprendre ce que veut dire le Ramhal, qui nous enseigne, qui écrit, dans « La Voie des Justes » : « Si l’ascétisme est nécessaire et obligatoire, pourquoi nos maîtres ne lui ont-ils pas donné force de loi, comme ils l’ont fait en élevant d’autres barrières et instaurant d’autres décrets ? Nos maîtres ne décrètent une décision que dans le cas où la majorité de la communauté serait capable de la supporter (Baba Batra 60b)… Car il est impossible que toute la nation atteigne le même niveau. » (Messilat Yécharim chap. 13). Le Ramhal met en exergue un principe qui semblerait à première vue « anti-démocratique » : les hommes d’une même nation ne seraient pas égaux quant à leur capacité à atteindre la sainteté… Mais il faut ici différencier entre égalité et identité. Le judaïsme proclame la spécificité de chaque être humain, chacun étant chaque-un, (selon une formule fréquemment utilisée par Benny Lévy z’l), un modèle unique dans l’univers, avec ses caractéristiques physiques et psychiques, son histoire et ses aspirations propres. Il y a donc différence de nature pour chaque individu. Ce qui n’implique en aucun cas une quelconque inégalité entre les hommes, bien au contraire.

Etant donné qu’il existe autant d’aspirations humaines qu’il y a d’hommes sur la terre, chaque-un se tournera vers la voie qui lui est propre. Ainsi, certains aspireront à une plus grande spiritualité, d’autres chercheront un équilibre entre le spirituel et l’action dans ce monde, d’aucuns encore considéreront que l’essentiel est d’agir et d’influer sur le monde. Le Ramhal nous propose donc une éthique de la différenciation, presque casuistique. Si un homme considère qu’il secrète en lui la capacité de se rapprocher de son Créateur, il doit emprunter le chemin de l’ascèse et du naziréat. En cela, il est l’homme saint que décrit le Ramban. Si par contre, il s’impose de façon articificielle des jeûnes et des souffrances physiques qui ne le font pas progresser sur le chemin de la spiritualité, il faut le considérer comme un fauteur, selon le Rambam. Mais la progression spirituelle personnelle doit-elle être considérée comme une fin en soi ? La Torah vient nous dire qu’il faut pratiquer la responsabilité collective. Un homme ne peut se considérer avoir atteint son but dans la vie que s’il se lie avec, et positivement, sur son entourage.

Il est nécessaire que l’élite se perfectionne pour que, grâce à elle, ceux qui ne sont pas préparés, méritent aussi l’amour de D.ieu et l’Emanation de Sa présence. » (Messilat Yécharim, fin chap. 13) L’ascète ne peut considérer avoir atteint son but d’élévation spirituelle que s’il est solidaire des communautés qui l’entourent (dansla mesure de ses moyens). Il peut s’agir de sa famille, de sa communauté, de sa ville, de sa nation, voire, de la terre toute entière, mais dans tous les cas, il y a nécessité fondamentale d’interaction entre le monde et lui. Et plus l’homme aura atteint un degré de perfection et de sérénité intérieure, plus il devra (car il en aura les moyens psychologiques et spirituels) tenter d’aider le collectif. Là est peut-être la raison profonde du sacrifice que le nazir devait apporter au Temple : il ne s’était occupé durant sa période de retranchement que de son bien-être spirituel propre, et n’avait pas œuvré pour la communauté dans ce même laps de temps. C’est pour cela que le Texte nous dit qu’i devra se tenir « à l’entrée de la Tente d’Assignation» (Bamidbar 6, 10) ; uniquement à l’entrée, pour faire preuve d’humilité, nous disent nos Sages, humilité qu’il aurait pu perdre dans son isolement par rapport au peuple, et avec laquelle il importe au premier chef de renouer après sa période de naziréat. Comme le dit le Rav Chimchon Raphaël Hirsch : « Le nazir ressemble à un être d’élite qui essaye de se rapprocher de D.ieu par le renoncement, mais qui court le danger de se refuser en définitive à la lutte qui, seule, engage et consacre l’homme… car le judaïsme ne se conçoit que dans la vie, ne s’accomplit qu’en dominant la matière et non pas en la refusant. » (Rav C.R. Hirsch, commentaires sur Bamidbar 6).

(Sources : La Minute d’étude – A.C.I. St Fons – Daf Haguéoula – Nefech ‘Haya – Breslev Shuvu Bonim – Jacques Kohn, Cheela – Rav Dufour, Modia – Wikipedia – Rav M. Chriqui, Dr A.G. Morali, l’Essence de la Torah)

CULTURE JUDAÏSME – La paracha de la semaine – Mois de Iyar 5774 (mai 2014)

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Actualité, nouvelle paracha, fêtes, avec Modia

A l’approche de la visite du Pape en Israël, une minuscule minorité d’extrémistes a placé des graphitis (tags) hostiles sur des bâtiments chrétiens. L’ensemble des responsables les condamnent. Une autre minorité de gauche essaie de saisir cette affaire pour attaquer Israël dans les médias internationaux en diffusant l’idée fausse que le gouvernement et les autorités ne font rien contre ces actions.

Rav Yehoshua Rahamim Dufour, rédacteur du site Modia

1.   PARACHA DE LA SEMAINE – Behoukotaï: Selon mes lois Vayiqra 26, 3 – 27, 34
La terre d’Israël, dispositif réel et nécessaire de l’amour et de la paix. Cette paracha termine le livre de Vayiqra qui nous transmet tout le dispositif prévu par le Créateur. C’est le coeur de la Torah. Et la dernière paracha montre que la terre d’Israël en est un élément essentiel. Cette paracha exige de nous que nous fassions un effort important pour sortir d’une vision politique de la terre d’Israël et pour adopter le regard de la Torah.

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2 – Nous sommes encore dans le mois de Iyar. Pour assimiler toute la puissance de ce mois, voyez encore ici  tout ce qui se passe chaque jour de ce mois et le sens de cela dans l’histoire, dans les textes et dans les vies, chez les Sages de vos traditions, le tout avec références, lien à la vie et photos.  CLIQUEZ ICI

3 – Et voici le sens du Ômer que l’on dit dès la fin du premier jour de Pessa’h, après le coucher du soleil

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Comment compter le Ômér chaque soir et quel développement personnel y réaliser en chaque jour (cette page sera mise à jour).

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Le 12 au soir on allume pour ouvrir le 28e jour du Omer
Le 13 au soir on allume pour ouvrir le 29e jour du Omer
Le 14 mai au soir on allume pour ouvrir le 30e jour du Omer
Le 15 au soir on allume pour ouvrir le 31e jour du Omer

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33e paracha – Be’houqotaï: Selon mes lois Vayiqra 26, 3 – 27, 34

La paracha Be’houqotaï est celle qui clôt le livre de Vayiqra (Lévitique). Sur le site Lamed, on nous dit que nous apprenons l’histoire juive non seulement pour éviter les erreurs du passé, mais aussi parce que nous nous dirigeons tous vers une certaine destination. Le livre de Vayikra se termine avec la paracha Be’houqotaï, par un passage particulièrement sévère dans lequel D.ieu
nous fait connaître tous les châtiments qui s’abattront sur nous au cas où nous ne serions pas fidèles à l’alliance que nous avons contractée avec lui au Sinaï. Les détails de ces punitions sont nombreux et, hélas, plusieurs fois au cours de notre longue histoire, nous avons eu l’occasion de sentir effectivement la main de Dieu et de voir se réaliser le châtiment divin.Mais, en même temps, nous avons vu aussi l’Eternel tenir scrupuleusement sa promesse, telle qu’elle se trouve exprimée dans la paracha à la fin des châtiments, à savoir que, malgré son courroux et malgré notre mauvaise conduite répétée, jamais l’Eternel ne nous rejettera pour toujours, jamais il ne permettra que nous soyons complètement anéantis, car, pour lui, l’alliance contractée avec nous est éternelle, Et cette alliance, si elle nous impose certaines obligations, exige également de la part de Dieu une protection sans laquelle nous ne pourrions subsister.

Aussi, comme disent nos Sages, Dieu est-il toujours venu avec nous en exil, tout comme au début de notre histoire il se trouvait à nos côtés en Egypte. Il a, pour ainsi dire, partagé les souffrances causées par les châtiments qu’il s’est vu obligé de nous infliger; car, en père aimant, il souffre du mal qu’il lui faut faire subir à ses enfants. Ce qui est vrai pour le peuple d’Israël dans son ensemble, l’est également pour chacun de nous individuellement. Il peut nous arriver de sentir s’abattre sur nous cruellement la main de Dieu, de souffrir de maux, de deuils, de maladies pénibles. jamais il ne nous faut cependant douter de la bonté divine, du fait qu’il est le père de chacun de nous individuellement et que le sort de chacun de nous lui tient à cœur. Les souffrances constituent souvent un châtiment; mais elles peuvent aussi être totalement inexplicables, et leur raison nous échapper complètement. N’oublions pas, dans tous les cas, que l’Eternel est notre Dieu, dans les mauvais comme dans les bons moments de l’existence.

On appelle tokhe‘hoth (« avertissements »), ou kelaloth (« malédictions » dans le langage de la Michna [Meguila 3, 6]), les passages dans lesquels Moïse a mis en garde les enfants d’Israël en leur annonçant les malheurs auxquels ils s’exposeront s’ils n’observent pas scrupuleusement la Tora. Ces passages, contenus tant dans la parachath Be‘houqothaï (Wayiqra 26, 14 à 46) que dans la parachath Ki thavo (Devarim 28, 15, 69), ont souvent créé chez les fidèles dans les synagogues un sentiment de frayeur et d’appréhension, tant et si bien que certains répugnent à être appelés pour en suivre la lecture devant le rouleau de la Tora. On en est réduit à appeler le bedeau, attitude blessante consistant à « sacrifier » l’un des membres les plus modestes de la communauté au profit supposé de celle-ci, ou bien à y appeler « quiconque en voudra », procédé moins inélégant mais que l’on pourrait qualifier d’irrévérencieux envers un texte inscrit dans la Tora ; Dans certaines communautés, ce sont les rabbins eux-mêmes qui se font alors appeler à la Tora. Peut-être se souviennent-ils alors que ces « avertissements » sont considérés, dans beaucoup de milieux hassidiques, comme de véritables bénédictions. Ils s’appuient sur un texte du Zohar dans lequel le prophète Elie indique que ce que nous tenons pour des oracles de malheur est constitué en réalité de promesses et de consolations, comme lorsqu’un roi qui aime son fils le morigène, sans pourtant lui retirer son amour.

En Israël, l’année 5775 qui vient sera une année où on devra observer la chemita (jachère qui a lieu toutes les 7èmes années. Le site Chabbad.org nous dit que les fermiers en Israël sont requis, par la loi juive, de respecter la Chemita laissant leurs champs reposer une année entière, une fois tous les sept ans (Vayikra 25, 1-7). Nous travaillons la terre six années consécutives bien que la sagesse conventionnelle indique que ce n’est pas sain pour le sol. En fait, le sol garde sa force et produit une récolte plus importante la sixième année, en vue de l’année de la Chemita. Et puis nous nous interrompons la septième année, en dépit de nos doutes et de nos soucis bien naturels sur la façon dont nous allons pourvoir aux besoins de nos familles. Ce type de comportement pourrait apparaître comme la meilleure manière d’aller au désastre. Et pourtant, pour les Juifs en Israël, cela produit des résultats extraordinaires. Cela renforce notre foi dans le fait que la terre appartient à D.ieu, que notre succès découle directement de Sa bénédiction et que nous devons Lui être reconnaissants pour tout ce que nous possédons.

Il est aisé de partager avec les autres quand nous pouvons nous permettre de partager, quand nous avons un revenu stable et quand nous savons comment nous paierons les dépenses du lendemain. Mais il est beaucoup plus difficile d’être charitable quand nous ne sommes pas sûrs de quoi seront faits les lendemains. Les propriétaires n’avaient aucun revenu pendant la Chemita et pourtant ils abandonnaient les récoltes qui poussaient spontanément pendant cette année-là. C’est ainsi que se trouvaient resserrés les liens qui unissaient la communauté. En dehors d’Israël, ce phénomène est mis en évidence par les contributions aux caisses de rétablissement de la justice, que d’autres appellent « charité ». La sagesse conventionnelle dicte que plus nous donnons, moins nous avons ! Mais de la perspective divine, il en va autrement : plus nous donnons, plus nous pouvons nous permettre de donner. La charité renforce donc notre foi et notre unité.

La chemita est en quelque sorte le Chabbat de la terre, que l’on doit laisser en repos pendant une année entière). Comment se fait-il, qu’aujourd’hui, après tout ce qui est arrivé au peuple juif, et un peu plus de 60 ans après la Choah, il soit le seul peuple sur terre à qui on refuse le droit d’exister ? Les autres peuples après s’être battus pour leur terre l’on conquise par la force : ils se sont battus et ils ont gagné, peu importe de quelle façon (le Rav Dynovisz nous rappelle ici le génocide des Indiens d’Amérique, et il y en a eu tant d’autres dans le monde…) Ainsi, selon les lois de l’histoire des hommes, celui qui a conquis une terre y reste jusqu’à ce que plus fort que lui vienne et l’en chasse. Mais les Juifs sont le seul peuple sur terre que l’Eternel n’autorise pas à être le vrai propriétaire de la terre d’Israël car elle est Sa terre. C’est pourquoi le peuple juif doit se considérer comme le locataire d’Hachem. L’Eternel est donc le vrai propriétaire de cette terre d’Israël ; il autorise Son peuple à l’habiter, pourvu qu’il s’y comporte selon Ses préceptes et qu’il y étudie Sa Torah. Le Rav nous explique que les Juifs n’ont pas le droit de céder la moindre parcelle de cette terre à un autre peuple, sous peine de voir s’accomplir les menaces contenues dans Sa Torah.

L’Eternel veut faire entendre Son message à Son peuple et leur signifie qu’ils doivent reconnaitre que cette terre est à l’Eternel, sinon les peuples les accuseront d’occuper une terre qui ne leur appartient pas. De nombreux Juifs n’ont pas encore pris conscience de cela. Et en effet, la Torah rejoint ici précisément le cœur de l´actualite brulante concernant le processus de paix, le partage de la terre et le fameux concept de la « paix » contre les territoires. Les peuples disent à Israël : « cette terre n’est pas à vous ! » C’est pour cela que la paracha Be’houkotaï dit « Vous serez dispersés au milieu des nations, vous partirez en exil et il vous arrivera toutes sortes de catastrophes si vous oubliez que cette terre (d’Israël) est à Moi. » Le rav nous apprend encore que certains maîtres disent que c’est la raison cachée pour laquelle les explorateurs n’ont pas voulu y entrer. Là est toute la difficulté du peuple juif de vivre sur cette terre. C’est pourquoi la loi de la chemita est extrêmement importante. Le message fondamental concernant le peuple juif est donc bien que si le peuple juif reconnaît que la terre d’Israël est à Hachem, alors, il y restera pour l’éternité. La Torah a été donnée au peuple juif pour arriver aussi à la signification de la chemita, un peuple qui vit complètement investi dans sa relation avec ce monde en ayant intégré que la terre est à D.ieu. D.ieu, qu’il doit vivre, et peu importent les pressions qu’exercent les nations sur Israël pour le faire céder.

La croyance que le monde appartient à D.ieu et que notre succès dépend de Lui est une notion libératrice, nous enseigne le rav Lazer Gurkov. Elle nous permet de poser le fardeau que nous traînons. Nous continuons à travailler, mais nous respirons plus facilement. Nous savons que D.ieu guide nos pas et que tout arrive pour une bonne raison. Nous apprenons à voir la main de D.ieu dans tout ce que nous faisons et Sa présence dans tout ce que nous voyons. Cela nous conduit à l’ultime raison pour la Chemita que nous proposent les commentateurs bibliques. Le Talmud nous indique que dans le Temple, les Lévites chantaient chaque jour des louanges à D.ieu. Le Chabbat, le septième jour, leurs chants évoquaient le jour du repos éternel, l’âge messianique.

Le Talmud nous enseigne que notre monde durera six millénaires. Les deux premiers ont été consacrés à la création, les deux suivants à la Torah et les deux derniers seront consacrés à Machia’h. En fait, nos Sages affirment qu’au cours du septième millénaire, le monde comme nous le connaissons cessera d’exister. Il deviendra un monde de liberté et de Divinité.La Chemita, la septième année, comme le Chabbat, le septième jour, représentent l’époque messianique. Notre foi en D.ieu est renforcée durant la Chemita, tout comme elle le sera à l’ère messianique. Notre unité est renforcée durant la Chemita tout comme à l’ère où Machia’h introduira un âge de paix. La sixième année est une année d’abondance tout comme l’ère qu’introduira Machia’h : une ère de prospérité. Mais c’est par la liberté qui régnera que l’époque de Machia’h sera la plus remarquable. En fait, la Chemita est une année d’émancipation. Les esclaves sont libérés et toutes les dettes exonérées.

La mitsva de la Chemita ne se résume pas à s’abstenir de tout travail et à respecter des commandements restrictifs. À l’instar du Chabbat hebdomadaire, la Chemita est en effet porteuse d’un message positif de sainteté que la Torah accorde aux hommes fidèles à son esprit. Les grands ouvrages de la littérature juive remarquent en effet que de la même manière que le Chabbat constitue une « source de bénédictions » à partir de laquelle tous les jours de la semaine sont sanctifiés tant aux plans spirituel que matériel, ainsi en est-il de la Chemita : c’est d’elle qu’émane un souffle de bienfaits à la fois spirituel et matériel pour toutes les autres années  » Car la terre est à Moi !  » Outre les lois agricoles, l’année sabbatique de la Chemita voit également l’annulation des dettes : le prêteur n’a plus le droit de réclamer à l’emprunteur le remboursement d’un prêt (l’emprunteur peut néanmoins s’en acquitter de son plein gré).

Cette loi risquait de se retourner contre les pauvres qu’elle était supposée protéger d’un endettement excessif, car les prêteurs éventuels pouvaient refuser de prêter de l’argent ; Hillel l’Ancien institua donc la procédure du « Prouzboul », par laquelle le prêteur transfère au tribunal rabbinique le droit de récupérer ses dettes : en effet, il n’y a pas d’annulation des dettes envers le tribunal rabbinique. Concrètement, il est d’usage de prononcer devant trois Juifs, qui forment pour la circonstance un Beth Din, un « tribunal rabbinique » la formule suivante : « Je vous transmets tous les prêts que j’ai concédés, pour que je puisse les réclamer quand je le voudrai. » Il est également possible de procéder au Prozboul en remplissant un formulaire que l’on remet à un Beth Din. Dans la mesure où l’annulation des dettes se fait dans les derniers instants de l’année de Chemita, il est recommandé de procéder au Prouzboul lundi 13 septembre 2015, veille de Roch Hachana, en même temps que Hatarat Nedarim, l’annulation des vœux. Même si on a fait le Prozboul l’année dernière, on doit le refaire cette année si on a prêté de l’argent au cours de l’année.

La Torah nous dit que la Terre d’Israël a été choisie par Hachem comme Sa résidence parfaite, ainsi que de Son chalom, nous explique le Rav Dufour. Certes, il nous laisse libre de nous boucher le coeur, et de continuer à poser le problème de la paix et de la terre d’Israël dans les termes qui ne sont pas la Torah, et ce sont des idéologies étrangères qui ne prennent nullement en compte la nature de la terre d’Israël et son chalom divin donné. Nous sommes placés devant un choix: plaire à ces idéologies qui nous apprécieront apparemment de les flatter au lieu de nous placer en Juif avec notre représentation de la terre d’Israël et du chalom. En fait, à juste titre, ces non-Juifs méprisent ces Juifs qui veulent les copier et se déguisant en ce qu’ils ne sont pas. Les Juifs qui se prosternent devant les idéologies non juives devraient comprendre que les peuples, quand ils font cette guerre continuelle à Israël pour le dépouiller, c’est qu’ils reconnaissent implicitement sa grandeur, nous dit le Rav Dufour. Ils veulent dévaliser la joaillerie spirituelle qui détient les vraies clefs de la vie; ils le pressentent. L’erreur est simplement de penser qu’on peut les acquérir en tuant et volant. Vous me direz aussi: « mais on est quand même libre de ne pas adhérer à la Torah! ». Dites à vos enfant: « mais je suis quand même libre de ne pas vous aimer! ». Il y a une phase de ce rejet apparent de ce à quoi on doit le plus: c’est l’adolescence où on pense que l’on n’arrivera pas à se trouver soi-même sans casser la coquille. Mais l’amour n’est pas une coquille, c’est l’union et la vie.
On ne peut pas trier dans la Torah ni dans Rachi. Ses mots sont impressionnants, clairs et précis.

Voici le commentaire sur ce Rachi dans Le Pentateuque de la Fondation Lévy (Exode) page 277, note 32, poursuit le Rav : « Rachi, ici sui le Sifra qui dit « celui qui sort hors de la terre d’Israël; » tandis que le Talmud Kétouvote 110b indique (celui qui habite hors d’Israël). Tous deux avancent comme preuve supplémentaire de leur assertion les paroles de David (I Samuel 26,19) « cat ils m’empêchent aujourd’hui de demeurer dans l’héritage de Hachém, disant: va servir d’autres dieux ». Mais, objectent-ils, quelqu’un a-t-il jamais ordonné à David de servir d’autres dieux ? Qu’il dût vivre hors d’Erets Israël (ou qu’il dût la quitter), c’était comme si on lui ordonnait d’adorer les idoles ». Et me rav conclut : Que le Créateur veuille révéler à nos dirigeants, et au peuple, la grandeur et la fonction de la terre d’Israël et de notre peuple. Que, après Lag ba Omér puis en la 6e semaine consacrée à l’amélioration de la relation sexuelle, tout le plan d’union se réalise pour chaque être afin que chacun puisse vivre dans le bonheur l’être unique dans lequel il a été créé. Que le Créateur nous donne des Sages qui instruisent le peuple ignorant, et qu’ils lui fassent découvrir que la vie est la Torah.

Le commentaire de Rachi sur un verset de la paracha Béhar, si proche (Vayiqra 25,38) dit : « Je suis Hachém votre D.ieu, qui vous ai fait sortir du pays d’Egypte pour vous donner le pays de Kanaâne, pour être votre D.ieu ». Saisissons bien l’intentsité d’union affective de ces mots « donner… être votre ». Rachi dit: – « Je vous ai fait sortir mais la condition en était que vous acceptiez Mes commandements même s’ils vous pèsent. – Je vous ai donné ce pays, mais comme récompense de ce que vous acceptiez mes commandements. (et on arrive au plus important) – « pour être votre D.ieu ». Pour quiconque habite la terre d’Israël, Je suis D.ieu, mais pour celui qui sort de cette terre, c’est comme s’il adorait des idoles ». On ne peut pas trier dans la Torah ni dans Rachi. Ses mots sont impressionnants et clairs et précis.

La paracha de Béhar débute avec ces versets : « Quand vous serez entrés dans le pays que Je vous donne, la terre sera soumise à un chômage en l’honneur de l’Éternel ». Yonathan Bendennnoune nous dit que dans les explications du Sfat Emet sur ce sujet, on retient l’idée que la venue et le maintien de notre peuple en Eretz-Israël sont soumis à la condition du respect de la Chemita. Autrement dit, on ne peut donner un sens véritable à la promesse et à l’héritage de la  » Terre sainte  » que pour autant que le peuple d’Israël y respecte en tous points cette éminente mitsva ! Pour mieux saisir le fond de sa pensée, il convient de formuler ici une remarque importante : en effet, on relève dans les versets de la Torah une contradiction apparente concernant l’héritage d’Eretz-Israël. D’une part, nous savons que chaque Juif, dans l’essence profonde de son âme, possède en propre une part en Eretz-Israël. Car, de la même façon que chaque âme juive détient une part personnelle dans l’étude de la Torah – comme nous l’affirmons dans nos prières : « Donne-nous notre part dans la Torah » -, ainsi en est-il de la terre de nos ancêtres. Le Sfat Emet l’énonce pour ainsi dire explicitement : « Chaque parcelle de terre d’Eretz-Israël est en relation avec des âmes spécifiques du peuple juif ».

À cet égard, on serait enclin à voir tout simplement dans cet héritage l’accomplissement du verset des Psaumes : « Quant à la terre, Il la céda à l’homme »… Pourtant, d’autres versets semblent suivre avec un sens tout à fait opposé ! Par exemple, lorsque la Torah énonce la mitsva de restituer – lors du yovel (le Jubilé, qui est la 50e année suivant sept années de Chemita) – les terres à leurs propriétaires initiaux, elle s’exprime en ces termes : « Nulle terre ne sera vendue irrévocablement, car la terre est à Moi ! », (Vayikra, 25, 23). Verset que le Sforno commente ainsi : « La terre – c’est-à-dire le territoire – est la terre de D.ieu. ‘ Vous n’êtes que des étrangers domiciliés chez Moi ’ dans ce même territoire, car il ne s’inscrit pas dans le principe initial : ‘ La terre, Il la céda à l’homme ’ ». Alors comment peut-on résoudre cette apparente contradiction ? En remettant justement cet « héritage de la terre » dans son juste contexte.

Certes, tout terrain qu’un homme achète dans n’importe quel endroit du globe devient sien en vertu de l’énoncé « La terre, Il la céda à l’homme ». Cependant, cette acquisition reste superficielle. Mais pour ce qui est d’Eretz-Israël, les choses prennent un tout autre aspect : le rapport entre l’homme et la terre y est essentiellement spirituel, et c’est pourquoi une relation profonde existe entre ce pays et les âmes du peuple juif. Or, en vertu de cette relation spirituelle profonde, les principes de « l’acquisition » y sont régis par des règles radicalement différentes. Ainsi, du fait que la conquête d’Eretz-Israël par le peuple hébreu n’avait aucune commune mesure avec les autres conquêtes territoriales de toute l’histoire humaine, le privilège d’y séjourner a d’emblée été conditionné exclusivement par son respect de la Chemita. C’est cette mitsva qui accordait au peuple d’Israël son « droit de séjour » sur sa terre, et c’est elle qui décida, lorsque vint ce sinistre jour, de l’en expulser… Car l’exil vient précisément rappeler aux membres du peuple d’Israël que la terre de leurs ancêtres ne leur fut pas donnée dans le seul but d’une prospérité agricole…

À propos de la Terre  » sainte « . De fait, l’exil de notre peuple chassé de sa terre est justement le  » prix  » à payer pour avoir transgressé le « chômage » de cette même terre : voilà pourquoi l’exil babylonien consécutif à la destruction du Premier Temple eut une durée exacte de 70 ans, correspondant au nombre de Chemitot que le peuple hébreu avait manqué de respecter comme il convient.
À de nombreuses reprises, nous remarquons ainsi que la Torah considère la Terre d’Israël comme une entité vivante et nullement comme un simple agglomérat de terre et de pierres…  De ce fait, les versets parlent souvent d’elle comme d’un être animé et lui attribue des réactions propres aux êtres vivants. « La terre ne vous vomira pas (…) comme elle a vomi le peuple qui vous a précédés », (Vayikra, 18, 28) en est un exemple probant, car aux yeux de la Torah, de la même manière qu’un organisme vivant rejette tout aliment nocif, ainsi la terre d’Israël ne peut-elle supporter la présence de peuples dont les mœurs et la conduite ne correspondent pas à sa dimension et à sa haute valeur. Ainsi, nous pouvons retenir que si nous aspirons bel et bien à atteindre sur la terre de nos ancêtres la sérénité qui nous a fait tant défaut jusque-là, nous devons tout d’abord nous atteler à respecter ses propres exigences. Et Yonathan Bendenmoune conclue que c’est en observant très rigoureusement le « repos » de la terre d’Israël que nous pourrons espérer voir émerger l’ère de notre « repos » à nous… avec la construction du Troisième Temple à Jérusalem.

(Sources : Lamed – Jacques Kohn, Chiourim.com – Chabbad.org – Rav Dynovisz – Rav Lazer Gurkov Chabbad.org – Rav Dufour, Modia – Yonathan Bendenmoune)

 

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Les études du site Modia pour la semaine :

1.   1ère PARACHA DE LA SEMAINE – 32e Paracha – Behar: Au mont Vayiqra 25, 1 – 26, 2
Elle vous donnera la conception de ce qu’est pour le judaisme Aimer en principes et aimer en faits.

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2ème PARACHA DE LA SEMAINE – 33e Paracha – Be’houqotaï: Selon mes lois Vayiqra 26, 3 – 27, 34
Cette paracha termine le livre de Vayiqra qui nous transmet tout le dispositif prévu par le Créateur. C’est le coeur de la Torah. Et la dernière paracha montre que la terre d’Israël en est un élément essentiel. Cette paracha exige de nous que nous fassions un effort important pour sortir d’une vision politique de la terre d’Israël et pour adopter le regard de la Torah.

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2 – Nous sommes encore dans le mois de Iyar. Pour assimiler toute la puissance de ce mois, voyez encore ici  tout ce qui se passe chaque jour de ce mois et le sens de cela dans l’histoire, dans les textes et dans les vies, chez les Sages de vos traditions, le tout avec références, lien à la vie et photos.  CLIQUEZ ICI

3 – Et voici le sens du Ômer que l’on dit dès la fin du premier jour de Pessa’h, après le coucher du soleil

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Comment compter le Ômér chaque soir et quel développement personnel y réaliser en chaque jour (cette page sera mise à jour).

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Le 5 mai au soir on allume pour ouvrir le 21e jour du Omer
Le 6 au soir on allume pour ouvrir le 22e jour du Omer
Le 7 au soir on allume pour ouvrir le 23e jour du Omer

Rav  Yehoshua Rahamim Dufour

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32ème paracha « Behar » « Au mont » Vayiqra 25, 1 – 26, 2


Reprise louyehi 2011 remaniée – Au Mont Sinaï, D.ieu prescrit à Moïse le repos septénaire de la terre et institue le jubilée, tous les 50 ans, lors duquel les terrains et les habitations hors des villes fortifiées reviennent à leur propriétaire initial. Le jubilée est également marqué par l’affranchissement des ‘esclaves’, occasion pour le texte de préciser les conditions générales dans lesquelles un Israélite peut tomber en servitude, les dispositions légales qui encadrent celle-ci et les moyens par lesquels ils peut racheter sa liberté. « Je suis Hachem votre D.ieu qui vous ai fait sortir du pays d’Egypte, pour vous donner le pays de Canaan, pour être votre D.ieu. » (Lévitique 25, 38) A propos de ce verset, le Talmud cite la beraïta suivante : Nos maîres ont enseigné : En règle générale, l’homme doit habiter le pays d’Israël, même dans une ville dont la majorité des habitants est idolâtre et ne doit pas habiter hors du pays, même dans une ville dont la majorité des habitants est membre d’Israël. Car quiconque habite Erets Israel ressemble à quelqu’un qui a un D.ieu, et quiconque habite hors d’Eretz Israel ressemble à quelqu’un qui n’a pas de D.ieu, puisqu’il est dit : « Pour vous donner le pays de Canaan, pour être votre D.ieu ». (On objecte : cela signifie-t-il qui habitent hors d’Eretz Israel n’auraient pas de D.ieu ? C’est donc pour dire que quiconque habite hors du pays d’Israël est comme s’il était idolâtre.


Ce texte n’est en général pas considéré comme ayant force de loi. Cependant, Rabbi Yecha’ya di Trani signale dans son commentaire sur le traité de « Ketoubot » que telle était la règle « Lorsqu’Israël était sur sa terre », c’est-à-dire en un temps de souveraineté politique hébraïque sur Eretz Israel. Le verset qui sert de base à cet enseignement se trouve en fait à la suite d’un ensemble de prescriptions concernant le caractère inaliénable d’Eretz Israël. L’ensemble de ces prescriptions se trouve défini comme ayant été transmis à Moïse sur le Mont Sinaï. « Et D.ieu s’adressa à Moïse sur le mont Sinaï, en disant… » (Lévitique 25, 1) D’où la question de Rachi : « Toute la Torah a été donnée au Sinaï ; pourquoi le rappeler de façon spécifique à propos des mitsvote concernant la relation d’Israël à sa terre : chemita, yovel (jubilée), etc… ? La réponse, dont la source est dans le Midrach Torat Cohanim est que la Torah a tenu à donner ces mitsvote de la vie quotidienne en Eretz Israël, révélée au Sinaï dans tous leurs détails, en modèle au reste des commandements dont seuls les principes généraux sont donnés explicitement dans la Torah écrite.


La question de savoir quel est le rapport entre la chemita et le Sinaï prend une ampleur renouvelée dans notre temps, où une partie du peuple juif contemporain se définissant comme fidèle à la Torah du Sinaï, considère cependant que celle-ci ne postule pas forcément la vie en Eretz Israel. On peut penser que le traité Kétoubot a tenu à employer des termes aussi durs que « comme s’il était idolâtre » pour stigmatiser une belle doctrine , selon laquelle la Torah du Sinaï serait une « religion » indépendante théoriquement de « Sion ». Or, on sait ce qui risque d’advenir de « religions » issues d’Israël, mais coupées d’Eretz Israel considérée uniquement comme « terre sainte ». Toutefois, il faut préciser que cette condamnation des Juifs habitant hors du Pays d’Israël ne concerne pas forcément tous les Juifs de diaspora. Il ya en effet dans le terme employé par le Talmud et que nous avons traduit par « habiter » le sens de habiter de façon principale, définitive. Ce mot « ladour » s’oppose à un autre mot « lagour », qui signifie « séjourner de façon provisoire » (Genèse 47, 4) « C’est pour séjourner « lagour » au pays (d’Egypte) que nous sommes venus », ainsi que le commentaire de la Haggada de Pessa’h : « et non pour s’y installer ». En d’autres termes, les Juifs qui se savent en exil hors d’Eretz Israel , mais sont empêchés d’y vivre pour des raisons de force majeure , ne sont pas dans un cas visé par la beraïta. Cela pose le problème de la définition de la « diaspora ». S’agit-il de la diaspora de l’Etat d’Israël contamporain, ou bien de la diaspora du deuxième Royaume de Juda détruit par Rome il y a 2 000 ans et qui se trouve – sans l’assumer réellement – contemporaine de l’Etat d’Israël actuel ? Cette question est, dans l’état des choses renvoyée à la conscience individuelle de chacun et à sa sincérité. Mais il est un secteur de la population juive de diaspora où l’interpellation de notre beraïta ne peut être entendue que de façon très inconfortable. Il s’agit de ceux des Juifs qui cherchent dans la « religion » un alibi pour ne pas vivre à Sion.


Dans la paracha Behar, il est écrit: « Ne vous lésez point l’un l’autre, mais redoute ton D ieu ! Car je suis l’Eternel votre D.ieu ». (Vayikra 25:17). En d’autres termes, on doit arriver à éprouver le même sentiment de sainte crainte et de trépidation s’il nous vient à vouloir léser autrui, que lorsqu’on se trouve face à D.ieu. Et bien que la chose est difficile, nous sommes néanmoins ordonnés de faire ainsi. Et de plus, les transgressions entre l’homme et son prochain prennent préséance sur celles entre l’homme et D.ieu. Nos Sages ont expliqué que ce verset interdit les paroles frauduleuses. Cela inclut l’avertissement de ne pas diminuer une autre personne par des paroles blessantes, de ne pas lui donner de conseils qui ne sont pas réellement bénéfiques pour lui, mais bénéfiques pour le conseilleur. Il ne devra pas utiliser le pouvoir de sa parole pour causer de la peine ou pour embarrasser autrui. Il ne devra même pas examiner de la marchandise qui est en vente s’il n’a pas d’argent avec lui ou s’il n’a pas l’intention de l’acheter. Même un mot qui fait allusion à quelque propos blessant pour son prochain rentre la catégorie de cette interdiction.


Cependant, la société dans laquelle nous vivons est caractérisée par le contraire de tout ce qui est interdit dans cette mitsva. Il est courant de dénigrer son prochain ou de se moquer de lui par qu’il souffre d’une certaine déficience. Nous disons que nous plaisantons simplement, alors qu’en fait nous ne plaisantons pas du tout mais nous faisons de lui un sujet de moquerie. La racine de cette impudence est la déficience dans notre attitude envers les mitsvote entre l’homme et son prochain. De même que nous n’estimons pas cette catégorie de mitsvote, nous ne considérons pas les gens selon leur vraie valeur. Cet comportement superficiel nous mène directement à une attitude indulgente qui peut nous permettre des comportements impudents. En contraste avec cela, il semble que nous comprenions mieux les commandements entre l’homme et D.ieu. Nous savons que les lois ont la même valeur indépendamment de la grandeur ou de la grosseur du sujet de la mitsva et qu’il n’y a donc pas de sens à les observer partiellement. Nous savons qu’un animal n’est pas cachère si l’on découvre un trou dans ses poumons après l’abattage, que le trou soit petit ou grand. Il n’y pas de différence si une personne moissonne entièrement son champ le Chabbat ou s’il arrache quelques plantes du sol. Cependant, si nous réalisons que le propre comportement envers les autres êtres humains est obligatoirement parce que cela est ordonné par D.ieu, alors il devient plus évident que même la plus petite « piqûre » qui puisse causer de la peine à autrui est une transgression majeure de l’interdiction de ne pas blesser autrui par nos paroles. Que soit béni celui qui parvient à accomplir tout cela.


La paracha Behar interdit de prêter de l’argent et d’en tirer le moindre profit : « N’accepte de sa part ni intérêt ni usure, mais crains ton D.ieu, et que ton frère vive avec toi ! » (Vayikra, 25, 36) Le Kli Yakar explique que la raison de cette interdiction réside dans le fait que la Torah proscrit de se livrer à une profession « oisive » et non productive dont le gain est assuré sans nul risque, car cela pourrait générer chez l’homme une confiance absolue dans l’argent – au détriment de la confiance en l’aide divine. La parabole suivante illustre comment les tsaddikim ont été à toutes les époques le symbole vivant du déni de toute dépendance vis-à-vis de l’argent, allant même souvent jusqu’à l’abandonner sans le moindre scrupule… Chargé de ses livres d’étude qu’il transportait toujours de ville en ville, le ‘Hafetz ‘Haïm se retrouva un vendredi après-midi forcé de passer le Chabbat dans un hameau. C’est au rav de la localité que revint donc l’honneur d’héberger l’illustre maître de Radine. Or, peu avant l’entrée du Chabbat, le ‘Hafetz ‘Haïm se souvint qu’il avait en sa possession une grande somme d’argent, qu’il confia donc avec son portefeuille à son hôte. Pendant le Chabbat, le rav fut fort tracassé par le fait que son prestigieux invité avait déposé chez lui tout son argent sans témoins, acte en fait prohibé par la Hala’ha (voir ‘Hochen Michpat, 70, 1) : en effet, cela peut inciter un dépositaire malhonnête à nier ensuite l’existence de ce dépôt. Mais sachant pertinemment que son invité respectait scrupuleusement la Hala’ha, le rav décida d’attendre la sortie du Chabbat pour lui demander des explications. Après la cérémonie de la havdala, le ‘Hafetz ‘Haïm prit sa valise, s’empara de ses livres et après avoir remercié le maître de maison pour son hospitalité, il se dirigea vers la porte… Le rav lui rappela alors qu’il ne lui avait pas encore restitué son portefeuille. « Je le sais bien, mais comme nous étions seuls lorsque je vous l’ai confié et qu’il n’y avait alors personne d’autre présent pour que je le prenne en témoin, je n’ai pas voulu enfreindre un interdit de notre Hala’ha… si bien que je vous l’ai finalement donné en cadeau ! ». Le rav essaya ensuite de rendre l’argent à son propriétaire, mais ce dernier argua que depuis vendredi soir, ce n’était déjà plus son argent. Le rav décida alors d’ouvrir une brèche contre cette argumentation sur un tout autre terrain : il pria le ‘Hafetz ‘Haïm d’accepter l’argent comme cadeau… Mais il essuya de sa part un refus catégorique : « (…) Celui qui hait les présents vivra ! » (Proverbes 15, 27). Sans le moindre regret, le maître de Radine s’engouffra dans la carriole qui l’attendait, laissant derrière lui un portefeuille plein et un hôte stupéfait.


« Si tu fais une vente à ton prochain ou si tu acquiers de sa main quelque chose… » (Vayiqra 25:14) S’il existe bien des endroits où il est difficile de sentir auprès de nous la Chekhina (Présence divine), il s’agit de ceux où nous achetons ou vendons les biens dont nous avons besoin. De fait, le supermarché, l’épicerie de notre quartier ou la boulangerie de notre village ne sont pas les lieux où nous allons en pensant à D.ieu, pour Le rencontrer ou pour nous en rapprocher. Pourtant, la terre est remplie de la gloire d’Hachem et peu importe ce que nous faisons et l’endroit où nous nous trouvons, le Créateur est à nos côtés et Il n’attend qu’une chose : que nous fassions appel à Lui, que nous Le prions et que nous tenions compte de Sa volonté. Notre Créateur désire à chaque instant de notre vie que nous pensions à Lui, même lors des moments où tout nous incite à L’oublier. Lorsque nous plaçons sincèrement Hachem en notre cœur et que nous Le mettons en avant lors de nos échanges commerciaux avec nos semblables, nous avançons à grands pas vers le but ultime de notre passage ici-bas : le rapprochement avec le Divin. Le judaïsme ne prône pas l’égalité. La Torah vit dans le concret : elle sait très bien qu’il y aura jusqu’à la fin des temps des riches et des pauvres. Mais pour chacun, elle donne la possibilité de fuir les risques que sa situation peut lui faire encourir. Pour le riche et pour le pauvre, elle montre une voie permettant d’accéder à une vie spirituelle, en tenant compte des caractéristiques de chacun. Le pauvre en évitant de se laisser entraîner dans une vie uniquement matérielle. Le riche, en lui donnant la possibilité de considérer que le prêt d’argent sans intérêt est un moyen de réfréner ses pulsions de désir matériel et de jeter un œil vers une vie plus tournée vers la ‘ réparation du monde ‘. Telle est la justice idéale selon la Torah.


La Torah fut donnée aux Hébreux voici plus de 3 300 ans, un jour de Chabbat Kodech, au sixième jour du mois de Sivan, plus exactement en l’an 2448 depuis la création du monde. C’est au plus fort d’un tumulte et d’un ébranlement que le Créateur du monde se manifeste sur le Mont Sinaï avant d’offrir la Torah à Son Peuple Israël. Cet événement est inscrit depuis lors dans la conscience de la nation juive, non pas comme un simple fait historique impressionnant, héritage d’un lointain passé, mais bien plus comme l’événement majeur sur lequel repose toute notre vie, passée, présente et future. C’est ainsi que le Créateur du monde déclare dans la Sainte Torah (Devarim, 4: 9- 10) : «Seulement, garde-toi et évite avec soin, pour ton salut, d’oublier les événe- ments dont tes yeux ont été témoins, de les laisser échapper de ta pensée, à aucun moment de ton existence. Fais les connaître à tes enfants et aux enfants de tes enfants. N’oublie pas ce jour où tu te tenais en présence de l’Eternel ton D.ieu, au Horev, lorsque l’Eternel me dit : «Convoque ce peuple de Ma part, Je veux leur faire entendre Mes paroles afin qu’ils apprennent à Me révérer tant qu’ils vivront sur la terre, et qu’ils l’enseignent à leurs enfants»

La Torah est un trésor précieusement conservé par les Juifs au fil des millénaires. Les Sages nous affirment que 974 générations avant la création du monde, D.ieu siégeait : consultant, étudiant, examinant et concevant la Torah toute entière. Et pour chacun des détails et des paroles de la Torah, D.ieu s’employa à les analyser profondément, à 248 reprises – à l’image des 248 membres de l’homme – avant de les faire jaillir de Sa parole et de les inscrire définitivement dans la Torah. D.ieu ne créa le monde que pour la Torah, afin que le peuple d’Israël l’accepte, l’étudie et l’accomplisse. C’est ainsi que D.ieu mit en place tous les détails de la création, de telle sorte qu’ils permettent la mise en pratique de la Torah. Ainsi par exemple, sommes-nous enjoints à pratiquer la circoncision sur un nouveau-né de 8 jours. C’est pour cette raison que l’Eternel a créé en ce monde une règle naturelle, celle de la coagulation du sang chez un bébé, qui n’est totale qu’au terme de huit jours. De même sommes-nous soumis à l’abstention de tout travail le septiè- me jour, le Chabbath. En l’occurrence, D.ieu a créé des forces de l’âme et du corps humain telles, que celui-ci est naturellement dépendant d’un jour de repos hebdomadaire. Ainsi en va-t-il de toute la nature créée par rapport à la Torah.

La Torah représente donc le «plan architectural» à l’origine du monde, comme le rappelle le Zohar : «D.ieu a contemplé la Torah afin de créer le monde», c’est-à-dire qu’il s’est inspiré de la Torah, comme d’un plan, pour créer le monde. Pourtant, D.ieu n’a pas donné la Torah immédiatement après la création du monde, mais a «patienté» pendant plus de 26 générations (Celles de Adam le premier homme, Shet, Enosh, Keinan, Mahalalel, Ye- red, Hanoh, Métoushélah, Lémeh, Noah, Shem, Arpahshad, Shélah, Ever, Peleg, Réou, Séroug, Nahor, Térah, Avraham, Itshak, Yaacov, Lévi, Kéhat, Amram et Moché notre maître) avant de trouver la génération la plus adéquate pour cela. Une génération sortie d’Egypte, après y avoir connu de grandes remises en question en matière de foi, contemplé des miracles, et soumise à de nombreuses épreuves. Celle qui a vu aussi, face à face, la Providence du Créateur du monde, les dix plaies, la sortie d’Egypte, l’ouverture de la Mer Rouge, etc. … C’est donc cette génération qui a semblé la plus à même de recevoir la Torah au regard de D.ieu.


Il semble qu’au bout du compte, D.ieu ait attendu l’espace de 1000 générations avant de donner Sa Torah, à Son peuple d’Israël, comme il est écrit : « Rappelez-vous éternellement son alliance, le pacte qu’il a promulgué pour mille générations» (Divré Hayamim 1, 16 :1.). Feu et nuage D.ieu illumina le Mont Sinaï tout entier par un feu tout particulier : un feu de Kédoucha, et la rosée qui tomba alors ne l’éteint pas. Rabbi Shimon Ben Lakish : «Lors du Matan Torah, tout était de feu, la Torah elle-même fut écrite en lettres de feu noir sur feu blanc. Moché Rabbénou était tel une flamme incandescente que les Bné Israël craignaient d’approcher. Tous les anges étaient en feu et le Mont Sinaï brillait lui aussi d’un grand feu. Et Hachem descendit vers le peuple au cœur de ce grand feu, et Ses Paroles y furent entendues. Il s’agissait d’un spectacle impressionnant. Mais pourquoi la Torah fut-elle donnée au milieu du feu et de l’obscurité ? Afin de nous enseigner que tous ceux qui étudient la Torah et la mettent en pratique seront préservés du feu du guéhinom (enfer) et de l’obscurité de laGalout (exil). Une nuée recouvrait le Mont Sinaï tout entier, mais le miracle fut que cette fumée ne se distinguait, ni du feu ni de la montagne. Tous les vents les plus doux du Gan Eden se purent sentir, à même d’apaiser les âmes. Chlomo HaMélèkh (le Roi Salomon) dit à propos de cette nuée, dans Chir haChirim (le Cantique des Cantiques) : «Embaumée de myrrhe et d’encens».


La montagne trembla alors bien plus que lors d’un tremblement de terre, en même temps que toutes les montagnes du monde, du haut vers le bas. Les eaux des océans et des fleuves s’agitèrent tout autant, le Jourdain inversant même son flux, tous les arbres et tous les rochers grondèrent. Une Bat Kol (voix céleste) se fit soudain entendre : «Qu’as- tu, oh mer, pour t’enfuir ? Jourdain, pour retourner en arrière ? Montagnes, pourquoi bondissez-vous comme des béliers, et vous, collines, comme des agneaux ?» (Téhilim, 114 , 6). Ils répondirent : «A l’aspect du Seigneur, tremble, ô terre, à l’aspect du D.ieu de Yaacov !» (Téhilim 114, 8) Nos‘Hakhamim (Sages) enseignent à ce propos : «Au moment ou Da- vid haMélèkh entreprit de procéder aux excavations préalables aux fondations du Beth Hamikdach, il parvint à une profondeur de .0 amote (2. mètres) et trouva un bloc d’argile bloqué, qu’il tenta d’extraire et de jeter. Ce bloc lui dit : «Tu ne peux rien contre moi, car je bouche l’abîme». Le Roi David lui demanda : «Depuis combien de temps es-tu ici ?». «Depuis le moment où D.ieu a fait entendre Sa voix sur le Mont Sinaï, disant : «Je Suis l’Eternel Ton D.ieu». La terre en a tremblé, sur le point de s’effondrer. Hachem m’a alors envoyé ici me chargeant de boucher ce gouffre, lui évitant de croître et d’anéantir ainsi toute la ter- re. Et lorsque les eaux m’aperçoivent, le Chem Haméforach (Nom divin immémorial) inscrit sur moi, elles s’en détournent immédiatement».


Le Mont Sinaï était éclairé grâce à une pierre précieuse, le «Bedolah» (cristal ou quartz) que D.ieu déplaça pour la placer au-dessus des Bné Israël. Ainsi, la montagne fut suspendue dans les airs pendant cet événement, à l’image d’une‘Houpa (dais nuptial) dressée pour des mariés : Hachem et Son peuple. Les témoins attendus pour cette cérémonie furent les cieux et la terre, la Kétouba (acte de mariage) fut la Torah elle-même. Et D.ieu prononça cette mise en garde : «Si vous acceptez Ma Torah, rien de mieux, sinon, ce lieu sera votre sépulture car le monde n’a de raison d’être que pour la Torah». Cependant, les Bné Israël avaient promis : «Naassé Vé Nichma» (nous accomplirons puis nous comprendrons), prêts à recevoir la Torah de leur plein gré. Mais pour ce qui concerne la Torah orale, constituée de multiples détails, craignant de ne pouvoir respecter leur engagement, se montrèrent alors réticents. C’est pour cela qu’Hachem retourna la montagne au-dessus de leurs têtes, à l’image d’un toit. Mais au bout du compte, ils acceptèrent également la Torah orale, de plein gré. Cette résolution se déroula bien plus tard, au temps de Mordéchaï et Esther, lorsqu’ils furent délivrés de la menace planifiée par le vil Haman.


Tous se tenaient au pied de la montagne, définitivement prêts, et résolus à recevoir la Torah. Au moment où D.ieu souhaita se manifester afin de donner la Torah aux Bné Israël, le monde tout entier se tut : nul oiseau ne s’envola, nulle vache ne se mit à meugler et aucun autre animal n’émit le moindre son. Les anges eux-mêmes interrompirent leur service et restèrent silencieux. Le monde dans son ensemble donnait l’impression d’être vide de toute vie. Des cieux au-dessus du Mont Sinaï, Hachem se révéla à Israël, comme il est dit : «Vous avez vu que des cieux Je vous ai parlé». Lorsque la Voix retentit d’un bout à l’autre de la terre, ébranlant le monde tout entier, un grand tremblement s’empara de tous les dirigeants de toutes les royautés de la planète, chacun dans son palais. Ils se réunirent et se dirigèrent vers Bilam (le prophète des nations) qui était leur prophète. Ils lui dirent : «Quelle est donc ce tumulte que nous avons entendu ? D.ieu souhaite t-il envoyer un déluge et détruire le monde ?». Bilam répondit : «Stupides que vous êtes ! D.ieu a déjà juré de ne plus envoyer de déluge sur le monde ! Il s’agit en vérité d’un trésor préservé par D.ieu dans les cieux, et il vient à présent l’offrir à Ses enfants». Aussitôt, tous acceptèrent et s’écrièrent : «Hachem offrira Sa puissance à Son peuple, Hachem bénira Son peuple dans la paix». Au même moment, Hachem offrit la possibilité à toutes les idoles du monde de venir se prosterner devant la Chehina (le force divine). Un miracle se produisit alors : chaque bouche s’emplit d’eau, que chaque idole recracha sur les idolâtres, les ridiculisant, leur disant : «Vous avez abandonné le Maître du monde, Créateur des cieux et de la terre, pour venir nous servir, nous les statues, qui «ont une bouche, mais ne parlent pas» (Téhilim). Les Bnei Israel, qui avaient entendu la Voix directement ne furent cependant pas en mesure de pouvoir supporter une telle intensité de sainteté.


3 catégories se distinguèrent alors : Première catégorie : La majorité du peuple vit son âme quitter le corps à chaque Parole prononcée par D.ieu, comme il est écrit : «Mon âme m’a quitté par sa parole», s’élevant jusqu’au Trône divin. La Torah de- manda à D.ieu : «Maître du monde, M’as-tu créé pour rien, 974 générations avant même la création du monde ?! Et existe-t-il donc un roi qui, au moment même où il marie sa fille (la Torah), tue ses enfants ?! Aussitôt, la Torah restitua à chacun des Bné Israël son âme, comme il est écrit : «La Torah d’Hachem est intègre, restitue l’âme». Seconde catégorie : Elle concerne ceux qui se trouvaient à un stade plus élevé encore, capables de supporter une telle Kédoucha : leur âme ne les quitta pas. Pourtant, dans le même temps, à chaque Parole divine, ils s’en trouvaient ébranlés, du fait de sa puissance redoutable, à tel point qu’ils ne purent rester à leurs places et furent projetés en arrière, à plus de 12 mil (environ 12 kilomètres), comme il est dit : «Et le peuple vit, tressaillit et se tint au loin». Hachem dit alors aux anges du service de descendre et de leur venir en aide. Ce qu’ils firent immédiatement, comme on le ferait en tenant la main d’un nourrisson, pour lui apprendre à marcher seul. Troisième catégorie : Il s’agit des plus élevés parmi le peuple. Ils restèrent à leur place mais furent très affaiblis en entendant la Parole divine. Que fit alors Hachem ? A chaque parole prononcée, il embauma le monde entier d’encens, afin de renforcer les âmes ébranlées par cette expérience. Après chaque parole, le vent se levait et dispersait ce baume ambiant jusqu’au Gan Eden (paradis), avant de revenir dans ce monde pour chaque nouvelle parole.


(sources : Rav Léon Askénazi, Leçons sur la Torah – Dr Michaël Aboulafia, Machon Meir – Torah.net – Hamodia – Rabbi Na’hman, La Pause Café – la toile scoute – Extrait de Lois et Récits de Chavouôt – Torah Box)

 

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Voici l’étude de la paracha de la semaine, avec le site Modia, ici :

1.   PARACHA DE LA SEMAINE – 31e Paracha – Emor: Dis Vayiqra (Lévitique) 21, 1 – 24, 22
Elle vous donnera la conception de ce qu’est l’humanisme du Juif et sa mission, une sainteté très personnelle au nom : qédoucha. Elle concrétise de façon personnelle et vitale et concrète ainsi la paracha précédente.

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Le nouveau mois de Iyar(généralement en mai)

La particularité du mois de Iyar

Il est appelé aussi mois de Ziv, ce qui veut dire « mois du rayonnement ».  Cela veut dire que la merveille de la  la sortie d’Egypte,  qui est une re-Création du monde comme on le rappelle dans le qiddouche du soir de Chabbate, va atteindre son objectif en ce mois.

On passe du potentiel à la réalisation  …

Cliquez ici : Calendrier juif du mois de Iyar

Rav  Yehoshua Rahamim Dufour

 

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31e Paracha : Emor « Dis » – Vayiqra (Lévitique) 21, 1 – 24, 22 (2013)


En quoi est-il étonnant qu’Hachem ait demandé qu’on Lui construise un Michkane et un Bet Hamikdach ? En quoi cette injonction est-elle importante ? Comment comprendre que si les goyim (nations) avaient conscience de l’importance du Bet Hamikdach, ils en pleureraient la destruction, tous les 9 av, (tichabéav) comme le pleurent les Juifs ? Le Rav Raphaël Sadin nous demande encore : qu’est-ce que le Temple ? Un temple est a priori antijudaïque, car D.ieu est absolu, au-delà de l’être. D.ieu se réduire D.ieu dans un si petit espace ? Ramban (Na’hmanide) et les Richonim expliquent que le Temple est l’endroit qui est préservé, un endroit préservé de la folie du monde, un endroit complètement pur. Il faut qu’un endroit reste pur comme avant la faute d’Adam Harichon et la faute du Veau d’Or et que celle-ci n’ait pas de prise. Quand on dit que c’est la maison de D.ieu, on signifie que c’est l’endroit où la Divinité peut se révéler sans les filtres, sans les « klipote » écorces. Là-bas, on peut voir la manifestation absolue de la Vérité. La faute métaphysique du veau d’or a détruit l’accès à la Vérité à partir du monde, à partir de la nature, de l’espace profane. C’est pourquoi D.ieu a créé un espace complètement pur, préservé de la faute, où on a la possibilité de rencontrer le visage de la Divinité en toute pureté.

Dans le Temple, il fallait que l’espace où se trouvait l’arche d’alliance ne prenne pas de place. C’est une manifestation de D.ieu qui n’obéit pas aux règles naturelles physiques du monde. A cet endroit, on voyait clairement la Divinité. Le Temple est l’endroit où la Vérité s’éclaire, s’illumine. Ainsi, 10 miracles s’accomplissaient quotidiennement dans le Temple et à Jérusalem : • Aucune femme n’avorta jamais à cause de l’odeur de la viande des sacrifices; • La viande provenant des sacrifices ne se décomposait point; • On ne voyait aucune mouche dans l’abattoir du temple; • Jamais une impureté accidentelle ne souilla le Kohen HaGadol le jour de Yom Kippour • La pluie n’éteignait pas le feu qui brûlait sur l’Autel ; • Le vent ne parvenait pas à déranger la colonne de fumée qui s’élevait des sacrifices ; • Jamais on ne trouva une disqualification dans l’Omer; ni dans les deux pains de Chavouote ou dans les pains de la proposition; • Le peuple, quoique serré à cause du grand nombre de personnes qui se trouvaient dans le temple, pouvait cependant se prosterner aisément; • Jamais serpent ni scorpion ne blessa quelqu’un à Jérusalem; • Enfin, personne ne se plaignit jamais d’être trop à l’étroit dans Jérusalem.

La seconde fonction du Temple c’est une relation avec D.ieu. Le Temple est un escalier mystique et spirituel où s’opère un double mouvement : de bas en haut et de haut en bas. Toutes les bénédictions du monde passaient par le Temple de Jérusalem. C’est pourquoi, quand on prie, on doit toujours le faire tournés vers Jérusalem et le mont du Temple, où que nous soyons dans le monde. Ainsi, la prière passe par le Temple ainsi que la réponse de D.ieu. Le Gaon de Vilna dit que le Icar de la guéoula va passer par le fait d’habiter la veille ville de Jérusalem.Il dit que l’étude de la Cabala et la capacité d’investir la veille ville de Jérusalem pour que le présence de la Torah y brille pour que puisse se faire un lien entre D.ieu est les hommes en un double mouvement (est primordial.) Le Texte dit que si les non juifs connaissaient l’importance du Temple de Jérusalem, ils pleureraient tous sa destruction et sa perte le jour anniversaire de sa destruction, le 9 av (Tichabéav). Le Temple concerne donc l’humanité tout entière.

Les offrandes au Temple (le pain, le vin, l’eau, les fruits, la viande rôtie, les encens…) représentaient en quelque sorte la manière de nourrir D.ieu. Mais, demanderez-vous, en quoi D.ieu a-t-Il besoin qu’on lui apporte toutes ces choses ? Il est certain que D.ieu n’a besoin de rien, mais s’Il nous demande une faveur, cela ne dépend que de nous. La notion d’offrir à D.ieu des corbanote est la notion d’avoir à cœur de penser que dans chaque acte : manger, boire, respirer, etc… se loge le secret le plus ultime de la Vérité, de la spiritualité, de la sainteté et du lien avec D.ieu. C’est à travers un rapport sanctifié, un rapport à la nourriture qui se déroule au Temple que la Vie elle-même est le lieu le plus profond du rapport à D.ieu.

« L’Eternel dit à Moïse : « Parle aux Cohanim, fils d’Aaron et dis-leur : Nul ne doit se souiller par le cadavre d’un de ses concitoyens. » (Lévitique, 21, 1) Comment comprendre ce verset de la Paracha Emor ? Le Maharal de Prague nous enseigne une chose extraordinaire : la spiritualité est au-dedans de la vie de chaque homme. La spiritualité est la vie. La vie est spirituelle en essence, simplement comme toute chose, la vie se dégrade si on passe à côté des secrets de l’existence et de la vie. L’âme et le corps ne font qu’un. Or, les Cohanim dans le travail au Temple sont collés à la vie dans son secret le plus profont et ne peuvent donc pas toucher à la mort. Toute existence collée à D.ieu est immortelle. Est mortel celui qui est le résultat des causes qui l’entourent. Est immortel celui qui est en connexion avec la pureté, avec D.ieu.

Voici le discours de la dédicace du sanctuaire (I Rois chapitre 8, 12 – 8,53) : Alors Salomon dit : « L’Eternel a promis de réisider dans cette brume ; c’est donc bien pour Toi, Eternel, que j’ai bâti cette demeure ; elle sera à jamais le siège de Ta résidence ». Puis, le roi tourna sa face et bénit toute l’assemblée d’Israël, celle-ci restant debout, et il dit : « Loué soit l’Eternel, D.ieu d’Israël, qui a dit de Sa propre bouche à David, mon père, et réalisé de sa propre main cette parole : « Depuis le jour où J’ai fait sortir Mon peuple Israël de l’Egypte, Je n’avais choisi aucune ville entre les tribus d’Israël, pour l’édification du Temple où devait régner Mon nom. Et maintenant J’ai adopté David comme chef de Mon peuple Israël. » Or, David, mon père, eut la pensée d’édifier un Temple en l’honneur de l’Eternel, D.ieu d’Israël. Mais l’Eternel dit à David, mon père : « La pensée que tu as conçue d’édifier un Temple en Mon honneur est une bonne pensée. Toutefois, ce n’est pas toi qui bâtiras ce Temple ; c’est ton fils, celui qui doit naître de toi, qui bâtira ce Temple en Mon honneur. » L’Eternel a réalisé Sa parole ; j’ai remplacé David, mon père, sur le trône d’Israël, selon la parole du Seigneur ; j’ai construit ce Temple sous l’invocation de l’Eternel, D.ieu d’Israël, et j’y ai assigné une place à l’arche où repose l’alliance de l’Eternel, celle qu’Il fit avec nos pères lorsqu’Il les eut tirés du pays d’Egypte. »

Puis, Salomon alla se placer devant l’autel du Seingeur en présence deet oute l’assemblée d’Israël, étendit les mains vers le ciel et dit : « Eternel D.ieu d’Israël ! Nulle puissance ne T’égale, ni là-haut dans le ciel, ni sur la terre ici-bas, Toi qui maintiens ton pacte de bienveillance à tes serviteurs, lorsqu’ils marchent de tout leur cœur dans Ta voie ; Toi qui as observé à l’égard de Ton serviteur David, mon père, ce que Tu lui avais promis… Ta bouche l’avait proclamé, Ta main l’a accompli en ce jour. Et maintenant, Seigneur, D.ieu d’Israël, garde à Ton serviteur David, mon père, la promesse que Tu lui a faite en ces termes : « Aucun des tiens ne sera exclu par Moi du trône d’Israël, pour que que tes fils persévèrent dans leur voie, marchant devant Moi comme tu as marché toi-même. » Maintenant donc, D.ieu d’Israël, daigne réaliser la promesse que Tu as faite à Ton serviteur, à David, mon père. Mais est-ce qu’en vérité, D.ieu résiderait sur la terre ? Alors que le ciel et tous les cieux ne sauraient Te contenir, combien moins cette maison que je viens d’édifier ! Tu accueilleras cependant, Eternel mon D.ieu, la prière et les supplications de Ton serviteur, Tu exauceras la prière fervente qu’il t’adresse en ce jour : que Tes yeux soient ouverts nuit et jour sur cette maison, sur ce lieu dont Tu as dit : « Mon nom y règnera, » et que Tu entends les prières que Ton serviteu t’y adressera. Oui, Tu entendras les supplications de Ton serviteur et de Ton peuple Israël, proférées en ce lieu ; du haut du ciel ou Tu résides, Tu les écouteras et Tu pardonneras.

Si un homme faute envers son prochain, et qu’on lui défère le serment, et qu’il vienne le prononcer ici, devant Ton autel, Toi, Tu l’entendras dans le ciel, Tu agiras, Tu feras justice à Tes serviteurs, punissant le coupable et faisant en faisant retomber son méfait sur sa tête, favorisant l’innocent en raison de sa droiture. Si Ton peuple Israël est battu par un ennemi pour T’avoir offensé, mais qu’ensuite ils reviennent Toi, rendent hommage à Ton nom, te prient et T’implorent dans cette maison, Toi, Tu les entendras dans le ciel, Tu pardonneras l’offense de Ton peuple Israël, et Tu le ramèneras dans le pays que Tu as donné à ses pères. Si le ciel se ferme et refuse la pluie, parce qu’ils auront fauté devant Toi, mais qu’ils prient dans ce lieu, rendent hommage à Ton nom et reviennent à leur faute parce que Tu les auras châtiés, Toi, Tu les entendras dans le ciel, Tu pardonneras la faute de Tes serviteurs, de Ton peuple Israël, en leur montrant le bon chemin où ils doivent marcher, et Tu enverras la pluie à ce pays que Tu as donné en possession à Ton peuple. Si une famine survient dans le pays, s’il y sévit une épidémie, une maladie des blés, une calamité ou un fléau quelconques ; si quelque membre de Ton peuple Israël Te supplie et T’implore, chacun connaissant la plaie de son cœur et étendant les mains vers cette maison, Toi, Tu l’entendras du ciel, Ton auguste résidence, et Tu agiras avec clémence, traitant chacun selon sa conduite, selon que Tu connais son cœur, car seul Tu connais le cœur de tous les humains.De la sorte, ils Te révèreront tout le temps qu’ils vivront sur cette terre que Tu as donnée à nos aïeux.

Je t’implore aussi pour l’étranger qui ne fait pas partie de Ton peuple Israël et qui viendrait de loin pour honorer Ton nom. Car ils entendront parler de Ton grand nom, de Ta main puissante et de Ton bras étendu, et ils viendront prier dans cette maison ; Toi, Tu l’entendras du ciel, Ton auguste résidence, et Tu exauceras les vœux que T’adressera l’étranger, afin que tous les peuples du monde connaissent Ton nom, qu’ils Te révèrent comme Ton peuple Israël, et qu’ils sachent qu’elle est sous l’invocation de Ton nom, cette maison que j’ai bâtie. Quand Ton peuple ira en guerre contre l’ennemi, là où Tu l’enverras, et qu’ils T’adresseront leur prière, Seigneur, tournés vers la ville que Tu as élue et vers la maison que j’ai bâtie en Ton honneur, Tu entendras du ciel leur voix, leurs supplications, et Tu leur feras justice. Que s’ils fautent envers Toi – car il n’est point d’homme qui ne faute – et qu’irrité contre eux, tu les abandonnes à l’ennemi, pour qu’il les conduise captifs dans son pays éloigné ou voisin et que, venant à résipiscence dans le pays de leur exil, ils s’amendent et T’implorent en disant : « nous avons fauté, nous avons mal agi, nous sommes coupables » ; s’ils reviennent à Toi de tout leur cœur et de toute leur âme dans le pays où leurs ennemis les détiennent et qu’ils T’adressent leur prière dans la direction du pays que Tu as donné à leurs pères, de la ville que Tu as élue et de la maison que j’ai bâtie en Ton honneur, du haut du ciel, Ton auguste demeure, Tu entendras, Tu écouteras leur prière suppliante, et Tu leur feras justice.

Tu pardonneras à Ton peuple ses fautes, ses offenses à Ton égard, et Tu inspireras compassion pour lui à ses vainqueurs, afin qu’ils aient pitié de lui. Car il est Ton peuple et Ton héritage, que Tu as fait sortir de l’Egypte, du milieu de ce creuset de fer. Que Te yeux restent ouverts aux supplications de Ton serviteur. Et à celles de Ton peuple Israël, pour les exaucer toutes les fois qu’ils T’invoqueront. Car Toi-Même Tu Te les es réservés comme Ton héritage entre tous les peuples de la terre, comme Tu l’as déclaré par l’organe de Moïse, Ton serviteur, alors que Tu fis sortir nos pères de l’Egypte, ô Seigneur – Elohim ! » Alors que Salomon termine sa prière devant l’autel en présence de tout le peuple, un prodige se produit : D.ieu répond à sa prière. Le feu descend du ciel et consume l’holocauste et les sacrifices, la gloire de D.ieu remplit le Temple au point que personne ne peut y entrer. Le peuple se réjouit.

Nous apprenons, dit le Rav Philippe Haddad, l’histoire juive non seulement pour éviter les erreurs du passé, mais aussi parce que nous nous dirigeons tous vers une certaine destination. Le livre de Vayikra se termine par un passage particulièrement sévère dans lequel Dieu nous fait connaître tous les châtiments qui s’abattront sur nous au cas où nous ne serions pas fidèles à l’alliance que nous avons contractée avec lui au Sinaï. Les détails de ces punitions sont nombreux et, hélas, plusieurs fois au cours de notre longue histoire, nous avons eu l’occasion de sentir effectivement la main de Dieu et de voir se réaliser le châtiment divin. Mais, en même temps, nous avons vu aussi l’Eternel tenir scrupuleusement sa promesse, telle qu’elle se trouve exprimée dans notre paracha à la fin des châtiments, à savoir que, malgré son courroux et malgré notre mauvaise conduite répétée, jamais l’Eternel ne nous rejettera pour toujours, jamais il ne permettra que nous soyons complètement anéantis, car, pour lui, l’alliance contractée avec nous est éternelle, Et cette alliance, si elle nous impose certaines obligations, exige également de la part de Dieu une protection sans laquelle nous ne pourrions subsister. Aussi, comme disent nos Sages, Dieu est-il toujours venu avec nous en exil, tout comme au début de notre histoire il se trouvait à nos côtés en Egypte. Il a, pour ainsi dire, partagé les souffrances causées par les châtiments qu’il s’est vu obligé de nous infliger; car, en père aimant, il souffre du mal qu’il lui faut faire subir à ses enfants. Ce qui est vrai pour le peuple d’Israël dans son ensemble, l’est également pour chacun de nous individuellement. Il peut nous arriver de sentir s’abattre sur nous cruellement la main de Dieu, de souffrir de maux, de deuils, de maladies pénibles. jamais il ne nous faut cependant douter de la bonté divine, du fait qu’il est le père de chacun de nous individuellement et que le sort de chacun de nous lui tient à cœur. Les souffrances constituent souvent un châtiment; mais elles peuvent aussi être totalement inexplicables, et leur raison nous échapper complètement . N’oublions pas, dans tous les cas, que l’Eternel est notre Dieu, dans les mauvais comme dans les bons moments de l’existence.

Nos Sages associent le commandement Emor avec l’obligation du ‘Hinou’h, l’éducation des enfants, commentant : Il est écrit : « Parle » et il est écrit « dis-leur ». Pourquoi la répétition dans le même verset ? Pour mettre en garde les parents concernant leurs enfants… Lehazhir, le mot hébreu traduit par « mettre en garde » partage la même racine que le mot Zohar, qui signifie « rayonnement ». Cela nous enseigne une leçon fondamentale concernant l’éducation : elle doit se caractériser par une lumière rayonnante. En général, deux approches sont tentées pour persuader les enfants de rejeter un comportement indésirable : mettre l’accent sur sa bassesse ou montrer une alternative positive. Lehazhir souligne l’importance de répandre la lumière, car « une petite lumière repousse beaucoup d’obscurité » et en répandant la lumière, on allume la lumière intérieure que possède chacun. Ce concept possède aussi une signification plus profonde. Dans son sens complet, le ‘Hinou’h de nos enfants, et par extension de tous ceux que l’on influence, ne doit pas être considéré comme une obligation qui dépasse notre propre service divin, comme une autre tâche à accomplir, mais comme une émanation naturelle de ce service. Quand le service divin de l’individu atteint un sommet parfait, et en s’attachant à Ahavat Israël et A’hdout Israël (l’amour et l’unité du Peuple Juif) il se joint aux autres, son contact avec eux permet et accélère leurs progrès personnels. La lumière qui émane de sa conduite illuminera et éduquera tous ceux avec lesquels il entrera en contact. Et cet allumage de lumière par la lumière nous conduira à l’ère où « le Sage brillera comme la splendeur du firmament » et « Israël… quittera son exil avec miséricorde ». Adapté de Likoutei Si’hot vol. 27, p. 159 et suiv. et Sefer HaSi’hot 5750 p. 443 et suiv.

Il est classique depuis Rabbi Yéhouda Halévi de dire que le D.ieu d’Israël est celui de l’histoire. La révélation et la providence se manifestent à travers la réalité historique plus qu’à travers une prise de conscience spéculative. Le Rav Oury Cherky explique qu’on peut affirmer que le Saint béni-soit-il rencontre l’homme dans le temps, car le temps est la manière de l’homme de vivre le monde. Un verset à la fin de la liste des fêtes, laisse à penser qu’il est possible de continuer l’œuvre de sanctification du temps dans la suite de l’histoire, après la sortie d’Egypte. C’est: « Moïse enseigna les fêtes de D.ieu aux enfants d’Israël » (23,44). On peut comprendre ce verset comme signifiant que Moise a enseigné aux enfants d’Israël la faculté de créer des fêtes nouvelles au cours de l’histoire. Or, juste après cette phrase le texte rappelle deux commandements relatifs au service du Temple: l’allumage du candélabre et les douze pains de proposition. Il est aisé de reconnaître là des allusions aux fêtes ultérieures de Hanoucca et Pourim, célébrées respectivement par des lumières et un repas (le douzième mois). Il est plus ardu de déchiffrer l’allusion contenue dans l’épisode du blasphémateur qui apparaît immédiatement après. Il s’agissait d’un semi-hébreu semi-égyptien, que sa condition ambiguë a poussé à la détérioration de la parole. Le texte dit que Moise et les enfants d’Israël ne savaient pas comment le juger. Il semble que Moise, lui-même Hébreu de naissance et Egyptien de culture, ayant lui-même des difficultés à parler, ait été intrigué par un personnage lui ressemblant par ses données de départ, et qu’il se serait demandé si le personnage n’était qu’un vil blasphémateur ou si son effronterie ne portait pas en germe celle du libérateur des temps messianiques là où, selon le Talmud, l’effronterie sera abondante. Le blasphémateur du temps de Moise a été lapidé, mais le récit porte en lui l’allusion à une fête des temps du Retour où l’on fête la sortie du dernier exil, réalisée grâce à l’effronterie des juifs, initiée par un produit de la culture européenne, qui décida de revenir à son peuple et à sa terre.

Le mois de Iyar : Le rav Salomon Malka nous explique que le second mois selon le décompte scripturaire s’intitule Iyar. Dans le livre des Rois on le nomme ziv en allusion à la splendeur du soleil qui réchauffe sans atteindre les chaleurs caniculaires de l’été. Il est connu comme un mois ayant des qualités thérapeutiques, probablement grâce à la manne bienfaitrice qui a commencé à se répandre chaque matin dès le début de ce mois. L’anagramme de Iyar semble aller dans le même sens Je suis D. ton guérisseur (Ani Hachem Rofékha). Ce mois est riche en événements que nous aurons à expliquer en détail. Le recensement de la population des hébreux sortis d’Egypte a commencé le premier Iyar. C’est aussi ce jour que débuta la construction du premier Temple par le Roi Salomon. Le quatorze de ce mois, est annoncé par la Thora Pessah Chéni, le second Pessah, qui permettait aux hommes impurs à Nissan de se rattraper en célébrant Pessah à Iyar. En ce jour est mort Rabbi Meïr Baal Haness. On l’appelle Hilloula de Rabbi Meïr. Le 18 Iyar c’est la grande Hilloula appelée Hilloula de Rabbi Chimon Bar Yohaï. Elle porte aussi le nom de Lag Baomer. Elle met fin à la période de deuil le 33ème jour du décompte du Omer.
L’histoire récente a marqué ce mois par la plus formidable et inespérée nouvelle. La résurrection de l’état d’Israël après presque deux mille ans d’exil. Aucun peuple au monde n’est revenu sur le sol des ancêtres après une si longue absence. Le 5 Iyar 5708, l’O.N.U. reconnaît le droit au peuple juif d’avoir un état indépendant. Elle admet cet état dans le concert des nations. Le lendemain sept pays arabes, voisins, l’attaquent pour essayer de le rayer de la carte comme vouloir étouffer un bébé à peine sorti du ventre de la mère. Le courage des nouveaux israéliens vient à bout de ses armées belliqueuses. Le prix que le jeune état a payé pour sa survie a été très lourd. La veille de cet anniversaire, l’état d’Israël se souvient de ses héros comme des milliers d’autres qui sont tombés sur le champ d’honneur, un champ qui a la superficie de tout le pays. Dans ce jour du souvenir, les citoyens israéliens se rendent aux cimetières pour prier sur les tombes des jeunes soldats et des habitants victimes d’attentats qui sont morts pour la défense de leur état. Le soixantième anniversaire d’Israël n’a pas réglé les problèmes avec ses voisins notamment la guerre larvée imposée par les palestiniens. C’est pourquoi nous continuerons à prier pour que D. qui nous a permis de retrouver la terre ancestrale, contribuera à ramener la paix dans cette région.

Le sens du nom du mois d’Iyar est très profond, et le rav Dynovisz nous apprend que ce nom est une superposition de lettres : youd, youd, alef, rech, qui ne veut rien dire ni en hébreu, ni en araméen. C’est un mot composé des lettres initiales des 3 patriarches et d’une des matriarches : youd pour Itz’hak, youd pour Yaacov, alef pour Avraham et rech pour Ra’hel. Mais qu’ont vu nos Maîtres dans ce mois qui corresponde à ces patriarches et matriarche ? Les 4 roues du char divin sont : Avraham, Itz’hak, Yaacov et David. Pour ce qui est du nom du mois de Iyar, c’est Rachel qui remplace David pour la représentation de la 4ème roue du char divin. Il y a a ici quelques chose d’important : la Torah nous révèle, au sujet du mois de Iyar que Pessa’h chéni offre la possibilité pour ceux qui n’ont pas pu faire Pessa’h à la bonne date ont la possibilité de se rattraper en faisant Pessa’h chéni. Il y a donc toujours une téchouva possible. Avec alef, youd, rech, cela donne Ani Hachem rofé’ha : Je suis HM ton guérisseur, verset qui fait allusion à la téchouva. La racine du mois de Iyar est lié à Pessa’h chéni. Le mois de Yiar est donc le retour possible de tout celui qui le désire. Il y a des fois où l’homme soit impuissant devant la maladie, il ne reste qu’à se tourner vers Hachem. Le mois de Yiar fait allusion au fait que le Âm Yisrael est complètement malade et qu’il se tourne vers Hachem et fait un retour vers D.ieu. Le Rambam (Maïmonide) disait que de la même manière qu’il y a le médecin du corps, il y a le médecin de l’âme. Les médecins du corps et les médecins de l’âme sont les maîtres d’Israël, qui aident chacun d’entre nous à revenir vers HM et à se guérir. Dans cette perspective, le verset « Ani Hachem rofé’ha » signifierait que si le le peuple d’Israël s’est tellement éloigné que les rabanim et même les tsadiqim ne peuvent plus rien faire pour lui, tellement il s’est éloigné, alors, seul Hachem peut ramener Son peuple vers Lui.

Le rav Dynovisz ajoute que rien n’est gratuit ici-bas; D.ieu veut des hommes et non des parasites. Rachel a été capable de payer en quelque sorte son tribu à Hachem en faisant du bien à celui qui les avait fait souffrir, elle et son fils Yossef en le vendant à des Egyptiens. Au moment de la délivrance, Hachem réunira les tsadiqim de tous les temps, se demandant par le mérite de qui cette délivrance se fera, et Hachem dira que ce sera par le mérite de Ra’hel. Le mérite de la délivrance se rattache ainsi au mois de Iyar. Avraham, il a prié pour sauver Sodome et Lot, son neveu, malgré son ingratitude. Itz’hak a vu qu’il sortirait de son fils Essav la lumière de Rabbi Méir et ne l’adandonna pas. Quant à Yaakov, il a su sortir de la klippa (l’écorce) de Lavan les mères d’Israël. Ainsi, le mois de Iyar est le signe que le trésor se cache là où l’on croit qu’il n’y a plus rien à trouver. C’est dans le désespoir que l’on trouve le trésor. Après le désespoir de la guerre et de la Choah, en 1948, c’est le 5 du mois de Iyar que le peuple juif a retrouvé sa terre et qu’est né l’Etat d’Israël. Or, ceux qui ont déclaré cette naissance étaient les moins concernés pas la Torah et les plus malades d´Israël ; ceux dont on s´était désespéré ! Ils voulaient faire d´Israël un pays comme les autres, sans Torah. Mais Hachem dit : Je vais vous soigner, et c´est ce qu´Il a fait. Aujourd´hui, en Israël, la Torah est étudiée partout. Nous ne misons pas sur les malades, mais Hachem les guérit et Il réussit ! C´est le secret du mois de Iyar, Et cela est lié à la paracha Emor, où Moché doit transmettre aux cohanim qu´ils sont la tribu responsable des autres. Etre choisi est une responsabilité. Il faut être à la hauteur morale et spirituelle d´Israël ! Nous ne devons pas critiquer le pays, mais prier et agir pour lui. Il faut respecter chaque Juif, et l´étincelle divine qui est en lui. Il faut le ramener à Hachem, au lieu de le critiquer. C´est seulement ainsi que le Machia’h se dévoilera. Le mois de Iyar est le symbole du fait qu´Hachem ne rejette personne. Lui-même s´occupe de son peuple. Que nous ayons le mérite d´être à la hauteur de ce mois !!

(Sources : Rav Raphaël Sadin – Rav Philippe Haddad – Grand Rabbin Alain Goldman, Communauté online – Rav Oury Cherky – Rav Salomon Malka – Rav Dynovisz)

CULTURE JUDAÏSME – La paracha de la semaine – Mois de nissan 5774 (avril 2014)

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La vie, par Marc Chagall  ________________________________________________________

1.   PARACHA DE LA SEMAINE – 30e Paracha – Qéddochim: Soyez saints Vayiqra (Lévitique) 19, 1 – 29, 27
Elle vous donnera la conception de ce qu’est l’humanisme du Juif et sa mission, une sainteté au nom : qédoucha. Les formes de sainteté, le vocabulaire de la sainteté.

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2 – Nous sommes encore dans le mois de Nissane, c’est celui de Pessah. Pour assimiler toute la puissance de cette fête, voyez encore ici  tout ce qui se passe chaque jour de ce mois et le sens de cela dans l’histoire, dans les textes et dans les vies, chez les Sages de vos traditions, le tout avec références, lien à la vie et photos.  CLIQUEZ ICI

3 –  Si nous voulons méditer encore sur la Fête de Pessa’h pour en faire une vraie réussite intérieure  :

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La semaine après le premier jour de Pessa’h est appelée ‘Hol ha moed. Qu’est-ce que cela signifie ? CLIQUEZ ICI

Et voici le sens du Ômer que l’on dit dès la fin du premier jour de Pessa’h, après le coucher du soleil

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Comment compter le Ômér chaque soir et quel développement personnel y réaliser en chaque jour (cette page sera mise à jour).

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Le 20 au soir on allume pour ouvrir le 6e jour du Omer
Le 21 au soir on allume pour ouvrir le 7e jour du Omer
Le 22 au soir on allume pour ouvrir le 8e jour du Omer

Rav Yehoshua Rahamim Dufour

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Le jour juif commence la veille au début de la nuit ; il se termine au coucher du soleil.  En tous cas, l’allumage des bougies de Chabbate ne doit pas se faire plus tard que 18 minutes avant le coucher du soleil. (Source : Modia)
Il est indispensable de lire la traduction en français de chaque paracha avant ce commentaire pour bien le comprendre. Texte dans la Bible hébraïque ici : Lire le texte

30e Paracha – Qéddochim : Soyez saints Vayiqra (Lévitique) 19, 1 – 29, 27

La paracha Kedochim commence par cette injonction : « Soyez saints, car Je suis saint, Moi, l’Eternel votre D.ieu. » A sa suite sont énoncées de nombreuses mitsvot (commandements) par l’accomplissement desquelles le Juif se sanctifie et établit un lien avec la sainteté de D.ieu. Ces mitsvote incluent la prohibition de l’idolâtrie, la mistva de tsédaka (charité), le principe de l’égalité de tous devant la justice, le Chabbat, la moralité sexuelle, l’honnêteté en affaires, l’honneur et la crainte des parents, le caractère sacré de la vie. C’est aussi dans la paracha Kedochim qu’est exprimé le principe que Rabbi Akiva qualifie de cardinal et dont Hillel dit « c’est là toute la Torah, le reste en est le commentaire » : aime ton prochain comme toi-même.

Le rav Benchettrit nous rappelle que la paracha Kedochim commence par cette injonction : « Soyez saints, car Je suis saint, Moi, l’Eternel votre D.ieu. » A sa suite sont énoncées de nombreuses mitsvote (commandements) par l’accomplissement desquelles le Juif se sanctifie et établit un lien avec la sainteté de D.ieu .Ces mitsvote incluent la prohibition de l’idolâtrie, la mistva de tsédaka (rétablir la justice en donnant de l’argent aux pauvres), le principe de l’égalité de tous devant la justice, le Chabbat, la moralité sexuelle, l’honnêteté en affaires, l’honneur et la crainte des parents, le caractère sacré de la vie. C’est aussi dans la paracha Kedochim qu’est exprimé le principe que Rabbi Akiva qualifie de cardinal et dont Hillel dit « c’est là toute la Torah, le reste en est le commentaire » : aime ton prochain comme toi-même.» ravbenchettrit.com La sainteté est-elle ringarde ? Nous demande quant à lui Philippe Haddad. Parler de sainteté aujourd’hui, c’est parler d’un monde inconnu, utiliser un vocabulaire d’un autre temps, d’une autre époque. Il est possible que le terme paraisse ringard, et pourtant, il nous semble présenter des thèmes toujours d’actualité.

Avec le Rav Philippe Haddad, nous voyons par exemple que la crainte des parents, qui n’a rien à voir avec la peur, ou la « trouille » du gendarme, mais qui signifie assumer une filiation, même si le conflit des générations obligera le jeune à trouver sa voie personnelle. Les crises de sociétés naissent souvent de malentendus entre les géniteurs et leurs progénitures. « Ne pas médire, ne pas colporter », le fameux « lachon hara ». Quelle est donc cette fameuse thérapie sociale qui consiste à dire du mal de son voisin ? Quelle part de meurtre symbolique sous-tendent ces paroles accablantes, voire, accusatrices ? L’autre fameux « tu aimeras ton prochain comme toi-même » ! Bien entendu, il ne s’agit pas ici d’un rapport amoureux, mais bien d’une responsabilité envers autrui, d’une attention par rapport à ses manques. Bref, la sainteté, ce serait autre chose que la fuite du monde ou un rejet de la société des hommes ; ce serait une vigilance quotidienenne envers ceux qui nous sont le plus proches : nos parents, nos collègues, nos voisins, D.ieu… On peut peut-être lire les livres du Bon D.ieu sans tomber dans les bondieuseries !

Sur ce verset “Soyez saints” (Lévitique 19, 2), le rav David Hanania Pinto nous explique que les Sages disent : “Éloignez-vous de l’impudicité et des transgressions” (Vayiqra Raba 24:6, Rachi Ibid.). Il faut se demander quel est le lien entre les parachiyote A’haré Mote et Qedochim, qui sont le plus souvent lues ensemble (..). Le Ba’al Hatourim écrit à ce propos : « Il est écrit ci-dessus : respectez mes barrières, et tout de suite après : soyez saints, car si l’on se garde de la faute on ne rencontre plus la tentation du péché » (Yoma 38b) et on est sanctifié d’en haut (Ibid. 39a)” (Lévitique 19, 2). Comme dans beaucoup d’autres endroits, la Torah nous met ici en garde sur la sainteté et la pureté des benei Israel, en leur enjoignant de s’écarter des coutumes et des cultures des autres peuples. Le Rambam écrit à ce propos (Hilkhoth ‘Aqoum, I, ch. 11) : “On n’observe pas les coutumes des non-juifs et on ne cherche à leur ressembler ni par le vêtement ni par la coiffure, ainsi qu’il est écrit : “Vous n’adopterez pas les lois de ce peuple” (Lévitique 20, 23), “Ne vous conformez pas à leurs lois” (Ibid. 18, 3), ou encore “Prends garde de te fourvoyer sur leurs traces” (Deutéronome 12, 30).

Tout cela traite du même sujet, qui est de se garder de leur ressembler : le juif doit être différent d’eux.” La Torah nous a particulièrement mis en garde contre le fait de se mélanger à eux (par le mariage) : “Ne te marie pas avec eux, ne donne pas ta fille à son fils et ne prends pas sa fille pour ton fils” (Deutéronome 7, 3) et le Rambam enseigne que cette interdiction s’applique à tous les peuples (Hilkhoth Issouré Bia, ch. 2 hal. 1). Elle a pour but de nous empêcher d’apprendre de leurs actes et de leur mauvaise conduite, en particulier dans le domaine des mœurs, comme l’ont dit les Sages : “Dix mesures d’immoralité sont descendues dans le monde… [et neuf ont été prises par certains peuples]” (Qidouchin 49b). On entend pourtant souvent des gens qui demandent pourquoi la Torah est tellement opposée aux mariages mixtes, sans manifester la moindre pitié pour deux personnes qui voudraient se marier.

On demande aussi fréquemment pourquoi les choses sont rendues si difficiles à un non-juif qui souhaite se convertir : on le fait revenir sans cesse (“On repousse le prosélyte trois fois”, et s’il insiste, à partir de là on l’accepte (Ruth Raba 2, 17). Les Sages ont dit que de nos jours, il faut demander à un prosélyte : “Pourquoi veux-tu te convertir, ne sais-tu pas que les juifs sont persécutés et accablés de malheurs ?” (Yébamoth 47a). De plus, on l’informe que ce qui lui était permis jusqu’à présent lui devient interdit et on lui signale qu’il ne doit pas venir se plaindre ensuite sous prétexte qu’il y a beaucoup de juifs qui n’observent pas la Torah et les mitsvote sans que cela change rien à leur statut de juif, alors qu’on l’oblige pour sa part à prendre entièrement sur lui le joug de la Torah et des mitsvote. Cela paraît injuste !

Pour l’expliquer, il faut commencer par la dernière question : pourquoi les juifs qui n’observent rien restent-ils néanmoins juifs (“les benei Israel, même s’ils fautent, se repentent et sont des juifs” (Chemoth Raba 23:11), alors qu’un non-juif qui veut se convertir doit accepter le joug de la Torah et des mitsvote ? C’est qu’un juif de naissance le restera jusqu’au jour de sa mort, parce qu’il naît avec une étincelle qui le prédispose à se repentir, fût-ce au dernier instant de sa vie, fût-ce dans une autre incarnation où il devra réparer ses fautes (Zohar II 91b, 76b). Si rien de tout cela ne se réalise, il recevra son châtiment dans le Guéhénom, où il sera purifié et sanctifié afin qu’il ne reste en lui aucune scorie (II Samuel 14:14).

Le Or Ha’haïm traite également de ce point à propos du verset : “Le nom de l’homme d’Israël frappé était Zimri fils de Salou” (Nombres 25:14). La raison pour laquelle il est dit “l’homme d’Israël” avant de dire “frappé” peut se comprendre à la lumière de l’enseignement des kabbalistes selon lequel rien ne se perd des étincelles de sainteté, toutes méritant en fin de compte de retourner à l’endroit d’où elles étaient venues. Même si un homme d’Israël se conduit mal et s’attaque à son âme, il finira tout de même par revenir à sa source, c’est pourquoi il est dit “le nom de l’homme d’Israël” : il continue à porter le nom d’Israël même après son acte, pour nous enseigner qu’il n’est pas arraché de sa racine.” Ce n’est pas le cas du non-juif, qui est né sans la moindre étincelle de retour à D.ieu. En outre, rien ni personne ne l’oblige à se convertir au judaïsme, bien au contraire le judaïsme voit souvent d’un mauvais œil la présence des prosélytes (Yébamoth 47b).

Par conséquent s’il décide de faire ce pas pour diverses raisons, il doit observer la Torah et les mitswote dans leur intégralité, et ne peut pas demander pourquoi tel autre juif ne les observe pas sans cesser pour autant d’être juif, alors que si lui négligeait ses engagements, il jetterait un doute sur la valeur de sa conversion, sans compter que s’il a la nostalgie de sa vie antérieure, il risque de se détériorer encore davantage et de revenir à sa situation initiale (Qidouchin 17b). En effet, si les Sages ont interdit au juif de naissance de s’approcher de tous les endroits qu’il fréquentait avant de se repentir (Chabath 13a), comme le nazir à qui l’on dit de faire tout le tour du vignoble pour ne pas y rentrer, ou encore, dans le langage du Rambam : “Au point que celui qui connaît tout ce qui est caché puisse témoigner sur lui qu’il ne retombera plus jamais dans cette faute” (Hilkhote Techouva ch. 2 halakha 2), à plus forte raison un converti doit-il prendre garde à se tenir soigneusement écarté de son passé sans y rester lié fût-ce par un seul élément. S’il accepte tout à l’exception d’une seule chose, on ne le reçoit pas (Tan’houma Vayiqra 2), parce ce que cette chose unique entraînerait une nostalgie du tout et sa conversion ne serait pas parfaite. Ce n’est pas pour rien que nos Sages ont interdit de rappeler ses antécédents à un converti (Baba Metsia 58b) : cela créerait en lui une nostalgie et une envie de faire marche arrière.

Mais aujourd’hui, à cause de nos nombreuses fautes, on trouve beaucoup de gens qui se convertissent en divers endroits en cachant la vérité aux dayanim, (juges rabbiniques), à savoir, qu’ils n’ont pas d’autre intention que de se marier avec un conjoint juif. Ils doivent savoir que ce ne sont pas les dayanim qu’ils trompent, mais eux-mêmes, car un doute très sérieux plane sur leur conversion. Quant à tous ces juifs et juives qui les épousent, et trompent le beith din en connivence avec eux, ils encourent un très grand châtiment et devront rendre compte de leurs actes. Les enfants de ce couple tourneront mal, renieront la Torah et les mitsvote, et se révolteront contre tout le peuple d’Israël dans son ensemble. Le cas d’un converti sincère qui veut être un juif observant de la Torah et des mitsvote, par amour et respect pour D-ieu, est bien différent. Celui-là méritera qu’il y ait dans sa descendance des justes et des hommes pieux, et que sortent de ses fils des fils qui seront saints, et des filles qui épouseront des cohanim (Bamidbar Raba 8, 10). Il s’appelle guer tsédeq (“converti selon la justice”) (Sanhédrin 96b), car il souhaite véritablement s’associer à l’héritage d’Israël.

Tout ce que nous venons de dire nous aidera aussi à comprendre l’interdiction des mariages mixtes (qui va encore plus loin que le cas des convertis hypocrites), ainsi que celle d’observer les lois des autres peuples (“Ne vous conformez pas à leurs lois” (Lévitique. 18, 3)). Quelles sont ces lois ? Rachi dit qu’il s’agit de leurs conventions sociales et culturelles, leurs théâtres, leurs stades et choses du même ordre. Pourquoi donc avons-nous reçu l’ordre de fuir ces comportements, quel mal y a-t-il ? On sait qu’au début, les autres peuples se présentent avec leur culture qui paraît pleine d’idées bonnes et sages, mais quand on se laisse séduire, on ne peut plus s’échapper, on tombe dans le piège des théâtres, des cafés, des stades et ainsi de suite, toutes choses parfaitement interdites, et on finit par en arriver aux trois fautes les plus graves (idolâtrie, relations interdites et meurtre). La Tora met en garde contre ce qui risque de se passer à la fin, et défend de se conduire comme les autres peuples pour ne pas tomber complètement entre leurs mains.

On peut illustrer cette idée par l’histoire des enfants de Jacob, quand ils sont descendus en Égypte. Au début, les égyptiens leur ont donné ce que le pays avait de mieux, la terre de Gochen (Genèse 47, 6, 11). Il n’y a pas de plus grands égards que d’installer ses invités à un endroit beau et bon… mais les résultats ont été mauvais : “Ils conçurent de l’aversion pour les benei Israel ” (Yalqout Chimoni Chemoth 1 sur Exode 1:12), car ceux-ci se sont laissés tenter par les égyptiens et leurs théâtres au point que les autochtones en ont eu assez ; or une faute en entraîne une autre (Avoth 4:2), si bien qu’ils en sont arrivés à ne plus tenir aucun compte de la Torah et ont atteint la quarante-neuvième porte de l’impureté (Zohar Yitro 39a). C’est pourquoi la Torah met en garde : “Les pratiques du pays d’Égypte où vous avez demeuré, ne les imitez pas” (Lévitique 18, 3). Les benei Israel devaient effacer de leur mémoire tout ce qu’ils avaient fait en Égypte, pour cesser d’en subir l’influence et ne plus être vulnérable dans l’avenir. On apprend de ce verset qu’il suffit parfois d’apercevoir quelque chose d’interdit pour que cela ait des répercussions dans l’avenir, principe qui s’applique également à l’impure télévision, qui peut faire beaucoup de mal à l’homme pour le restant de ses jours.

En effet, pendant les 210 ans où les benei Israel ont vécu en Égypte, non seulement ils n’ont pas pris du bon temps mais ils ont été réduits à un esclavage terrible. Il est donc bien évident qu’ils n’avaient pas le temps de se livrer aux mêmes plaisirs que les égyptiens. Pourtant, les voir se comporter de façon interdite à un moment où ils étaient esclaves leur a causé du tort pour l’avenir, au point que la Torah nous a enjoint de ne pas y revenir. À plus forte raison cela est-il vrai d’un spectacle ou d’un acte interdit à un moment où l’on n’est pas esclave… on risque alors de tomber totalement sous l’influence empoisonnée des non-juifs. Les véritables conventions socioculturelles que tout juif doit s’efforcer d’observer sont celles dont il est écrit : “Tiens-toi fermement aux préceptes sans jamais faiblir, sois-leur fidèle, car ils sont ta vie” (Proverbes 4:13). Les préceptes, c’est la Torah, comme l’écrit Rachi sur ce verset. C’est aussi la crainte d’Hachem, ainsi qu’il est écrit : “La crainte d’Hachem est la leçon de la sagesse” (Ibid. 15:33) et ce n’est que par l’étude de la Torah et par la foi que l’homme acquiert une véritable fidélité et mérite une vie digne de ce nom.

« Tu aimeras ton prochain comme toi-même, je suis l’Eternel.  » (Lévitique, 19, 18) Il est écrit réellement « comme toi-même ». C’est a dire, bien sur, ne pas faire a l’autre ce que l’on ne désire pas que l’on nous fasse, mais également rechercher pour l’autre autant de bien que ce l’on en voudrait pour soi-même, ressentir pour l’autre la même peine que l’on ressent pour soi-même, excuser les erreurs de l’autre de la même facon que l’on excuse les siennes … Et tout ceci doit s’appliquer a chaque juif quel qu’il soit: à nos proches bien sur, mais aussi bien à celui qui nous a fait du tort, ou à celui que l’on n’a jamais vu. Comment mettre en pratique ce commandement de façon concrète ? Nous demande Chlomo. Un exemple : Un commercant ne reste pas chez lui de façon passive, en attendant qu’un client éventuel s’y présente. Il ouvre des magasins, organise des campagnes publicitaires, prospecte de nouveaux clients, car il s’agit de son propre argent. Et bien c’est avec le même engouement que devons aider l’autre : sortir à la rencontre de celui qui a besoin d’aide, et ne pas attendre qu’il se présente.

Il peut s’agir, selon Harrissa.com, de personnes malades qui ont besoin de reconfort, de pauvres qui ont besoin d’aide financière, de familles qui ont besoin d’un prêt passager, de mères de familles à qui on peut donner le moyen de se reposer … On peut trouver ainsi de nombreux exemples. Et de même que nous devons aider les autres de facon matérielle, nous devons les aider de façon spirituelle. Que ce soit dans le domaine des connaissances en Torah et de sa compréhension, ou que ce soit dans le domaine des bons comportements et des bons sentiments, nous avons le devoir de faire profiter les autres de ce que nous avons et de les aider ainsi à progresser. Bien entendu, ceci concerne chacun d’entre nous, y compris ceux qui se considèrent eux-même comme des « pauvres spirituellement », de même que le pauvre financièrement a lui aussi le devoir de donner de l’argent pour aider d’autres pauvres. Et tout ceci doit être fait dans la mesure de « comme toi-même », c’est-à-dire avec la volonté de transmettre réellement à l’autre tout ce que l’on possède dans ce domaine, et afin que lui-même puisse le transmettre à son tour.

Parmi les lois de la Torah, il ne nous est pas permis de faire un classement, de considérer l’accomplissement de telle mitsva, plus important que de telle autre nous informe le rav Jean Schwarz. Cependant, plus d’une fois, nos Sages se sont posé la question : Quelle loi de la Torah est-elle à même de résumer le but qu’a recherché l’Eternel en nous faisant connaître les règles de vie que contient son message ? Rabbi Akiba, se faisant le porte-parole de nos Sages, répond : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même « , voilà le grand principe de la Torah toute entière. Dans toute notre vie nous ne devons pas avoir d’autre but que l’observance de cette mitsva. Les autres commandements ne sont là que pour nous aider et nous entraîner à mieux accomplir ce grand devoir d’amour ». Toutes nos actions, en effet, doivent avoir en vue le bien-être des hommes. Tous nos efforts, notre propre perfectionnement même, doivent tendre à augmenter en nous la dose d’amour que nous pouvons distribuer autour de nous. Tous les jours de notre existence, nous nous devons de semer autour de nous, du matin au soir, des graines de bonheur et de les arroser d’amour pour qu’elles germent et produisent à leur tour des fruits.

Aimer le prochain c’est respecter sa personne, sa vie, ses biens, ses convictions, sa personnalité. Aimer son prochain, c’est l’encourager, l’aider, le soutenir. L’aimer comme soi-même, c’est tendre à obtenir pour lui tout ce que nous désirerions obtenir pour nous-mêmes; c’est le considérer comme un autre soi-même qui a les mêmes désirs, les mêmes besoins que nous; qui a droit au même respect, à la même justice, au même amour que nous, quelles que soient sa couleur, sa foi, ses opinions. Tout cela uniquement parce qu’en tant qu’homme il est indubitablement notre frère, égal à nous en tous points. Et s’il arrivait que nous, de notre côté, nous nous contentions de peu et acceptions que l’on ne nous respecte pas, nous n’aurions pas pour autant le droit d’exiger de notre prochain qu’il sacrifie, lui aussi, comme nous le faisons, les droits imprescriptibles de la personne humaine. II nous faudrait, dans ce cas-là, lutter pour qu’il obtienne lui, ce que nous méprisons nous. Oui, l’amour peut être capable de telles exigences pour le bonheur de l’autre.


La paracha constitue la suite logique d’A’harè mote, nous rappelle le Grand Rabbinat du Québec. En effet après que la Torah eut prescrit toutes les règles concernant les ârayot, impudicités et liaisons interdites, Qédochim recommande aux Bené Yisrael d’être saints. Il ne suffit point de s’éloigner de toutes les pratiques abominables connues en Égypte et réprouvées par D.ieu, il faut en plus se sanctifier, autrement dit aller jusqu’à s’interdire même ce qui est permis. L’importance de cette paracha se trouve soulignée puisqu’elle est enseignée en présence de tout le peuple, comme pour Mattane Torah, le don de la Torah. En effet, en plus de s’adresser à toute la communauté d’Israël comme ce fut le cas de la Révélation divine au Mont Sinaï, prescrit-elle des commandements qui correspondent aux dix paroles du décalogue. Cependant, quand bien même une telle correspondance serait-elle établie, pour quelle raison la Tora procède-t-elle à cette répétition ? Une différence majeure existe, nous semble-t-il, entre les deux textes. Celui du décalogue est au singulier. Sans doute, ne fut-il transmis qu’à Moché. En revanche, ce texte étant au pluriel signifie que toute la communauté d’Israël est aussi concernée par ces prescriptions tant par le texte du décalogue que par sa reprise dans la paracha Qédochim.


La sainteté parfaite est du domaine de D.ieu ; néanmoins les hommes ont le devoir de Lui ressembler. Pour ‘Hatam Sofèr, il existe chez les peuples des saints qui ne le sont que par répulsion pour le monde et leurs appétits physiques et matériels qui s’y rattachent. En revanche, concernant Israël, les saints tendent véritablement à ressembler à leur Créateur conformément au texte car Je suis saint et non par répulsion pour le monde. « Révérez chacun votre mère et votre père, et observez Mes Chabbat : je suis l’Ét’ernel, votre D’ieu. Révérez chacun, votre mère et votre père et observez Mes Chabbat. » Quel lien logique relie les deux versets, soyez saints et révérez chacun, votre mère et votre père? De même quel est le lien entre révérez les parents et observez Mes Chabbat? Or ha’Hayim établit ainsi ce lien : le non respect de l’interdit de la débauche et des impudicités entraîne le non respect des parents. Le Talmud Sanhedrin 52a. enseigne : « Quiconque s’adonne à la débauche, et par conséquent, s’éloigne de la voie qui mène à la sainteté attire sur ses parents le mépris de tous et les créatures maudissent ceux qui lui ont donné naissance. »


Yossèf s’apprêtait à fauter avec la femme de Potifar n’était l’apparition du portrait de son père qui l’en empêcha à la toute dernière minute (Voir Sota 36b). Ainsi grâce au respect dû à son père, Yossèf put garder sa sainteté. Le Zohar III 301b attribue le jour du Chabbat à Yossef, chaque jour de la semaine revenant à un tsaddiq, un Juste. Et Yossef, s’écartant de la âvèra chèl ârayot, la faute de l’impudicité, mérite d’être le patron d’un jour aussi saint. De plus, le texte précise : « observez Mes Chabbat ». Le pluriel fait allusion tant au Chabbat, jour saint de la semaine, qu’au bérit mila, l’alliance de la circoncision, car quiconque respecte cette alliance mérite d’être appelé saint comme le Chabbat. Mais Rav Alchèkh souligne que la sainteté conduit la personne à la vie du Ôlam ha-ba, le monde à venir. En revanche, les parents lui procurent la vie dans ce monde. Et sans la vie de ce monde, l’homme ne saurait prétendre au monde futur. Aussi faut-il autant craindre et respecter les parents que viser la sainteté.


Mais malgré la prescription de respecter ses parents, l’homme est tenu d’observer les chabbat : « Si ton père te dit : profane le Chabbat ! Ne l’écoute pas. De même pour toutes les autres prescriptions car Je suis l’Ét’ernel votre D’ieu, toi et ton père, vous devez m’honorer. C’est pourquoi tu ne dois pas lui obéir pour annuler Mes paroles » cf. Rachi. Cependant pourquoi la Torah a-t-elle choisi la mitsva du Chabbat pour enseigner que le respect des parents s’arrête là où intervient le respect dû au Créateur? C’est que l’homme, bien que redevable à ses parents de son existence, doit toujours penser que, sans D.ieu, ses parents eux-mêmes n’auraient jamais existé. Aussi le Chabbat est-il cité en preuve de la création du monde par D.ieu.


«Ne vous adressez point aux idoles et ne vous fabriquez point des dieux de métal ». S’agissant d’établir un lien avec ce qui précède, Kéli Yaqar enseigne qu’il est naturel, après avoir recommandé la crainte et le respect des parents, que le texte passe à l’interdiction de l’idolâtrie. Un idolâtre a, certes, tendance à considérer sa divinité et son idole comme des parents ainsi qu’il est dit (Yirmiya 2, 27) : « Ils disent au bois : Tu es mon père! à la pierre : C’est toi qui m’a donné la vie ! » Le texte exclut donc du respect tout autre intervenant. La naissance d’un être humain est le fait de l’association du père, de la mère et de D.ieu. « Ne vous adressez point aux idoles » S’adresser aux idoles, même en pensée, est interdit car la pensée en matière d’idolâtrie équivaut à l’acte. C’est pourquoi de la péniya, la pensée, le texte passe aussitôt à l’interdit de fabriquer des dieux qui est l’acte. Rav Alchèkh, quant à lui, trouve qu’en recommandant la crainte et le respect des parents qui lui procurent la vie de ce monde, l’homme serait enclin à penser que les astres, les étoiles et les êtres célestes, parce qu’ils contribuent à la vie de ce monde, méritent de retenir sa considération au point de les vénérer et les adorer. C’est pourquoi le texte interdit de s’adresser à ces divinités et de fabriquer des dieux en métal.


« Et quand vous sacrifierez une victime rémunératoire à l’Ét’ernel sacrifiez-la de manière à être agréés.» Le qorbane chélamim, sacrifice rémunératoire, est appelé ainsi parce qu’il n’est point sacrifié pour réparer une faute. Chélamim, dérive de, chalom, parce qu’il ramène la paix entre l’homme et son Créateur. Ainsi l’homme qui satisfait aux exigences de sainteté, respectant père et mère, observant les Chabbat et n’adorant point les idoles, n’aura à sacrifier que des chélamim. Il ne se rend point coupable de quelque faute nécessitant une réparation. C’est le meilleur sacrifice aux yeux de l’Ét’ernel. Il est offert de manière à être agréé. Toutes les lois énoncées dans cette paracha montrent combien la Torah vise essentiellement l’unité du peuple d’Israël afin de le conduire à la délivrance totale. « Parle à toute la communauté des enfants d’Israël » afin de la maintenir solidaire et unie. L’unité est cette particularité qui fait d’Israël un peuple élu. Aussi pour cette raison la paracha s’achève-t-elle sur l’élection du peuple d’Israël qui, parce qu’il doit se comporter selon les lois de sainteté, à été choisi d’entre tous les peuples. Ainsi dira-t-elle (Vayiqra 20, 26) : « Soyez saints pour Moi, car Je suis saint, Moi l’Éternel, et Je vous ai séparés d’avec les peuples pour que vous soyez à Moi. »


Les maîtres d’Israël, nous explique « L’Essence de la Torah », ont dit que le corps de la Torah dépendait de la paracha de Kédochim. Pour atteindre la sainteté, il ne faut pas se détacher de la matérialité, mais au contraire le sanctifier par un travail incessant sur sa pensée, sa parole et ses actes. Cette sanctification sera possible après un long travail de séparation et de maîtrise de ses désirs, pour ensuite les réintégrer dans un double mouvement qui ira du haut en bas, puis de bas en haut. C’est ainsi que le Ramhal décrit l’homme saitn dans le dernier chapitre de Messilat Yecharim, après qu’il ait gravi tous les échelons des valeurs morales que la Torah demande de lui : « L’homme qui se sanctifie par la sainteté de son Créateur élève ses actes les plus matériels au niveau dinvin. » Le Talmud enseigne d’ailleurs que la consommation des aliments sacrés provenant des sacrifices est un commandement positif de la Torah : « Les Cohanim mangent les viandes des sacrifices, et les fauteurs expient ainsi leurs fautes. » (Pessa’him 59b)… Ainsi l’homme saint est considéré comme un sanctuaire, un Temple, un autel… La nourriture et les boissons que l’homme saint consomme s’élèvent, comme si elles étaient offertes réellement sur l’autel. » (Messilat Yécharim.chap. 26)


(Sources : Chabbad.org – ravbenchettrit.com – Rav Philippe Haddad, J15.village.over-blog.com – Rav David Hanania Pinto Breslev.co.il – Chlomo – Harissa.com – Rabbin Jean Scwharz, Lamed – Grand Rabbinat du Québec – Rav Mordekhaaï Chriqui, Dr Avraham-Gilles Morali, L’Essence de la Torah)

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Rav Yehoshua Rahamim Dufour

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Le jour juif commence la veille au début de la nuit ; il se termine au coucher du soleil.  En tous cas, l’allumage des bougies de Chabbate ne doit pas se faire plus tard que 18 minutes avant le coucher du soleil. (Source : Modia)
Il est indispensable de lire la traduction en français de chaque paracha avant ce commentaire pour bien le comprendre. Texte dans la Bible hébraïque ici : Lire le texte

29e Paracha – A’haré Mote: Après la mort… Vayiqra (Lévitique) 16, 1 – 18, 30

Le nom de la paracha de cette semaine fait référence à la mort des 2 fils d’Ahraon, Nadab et Avihou. Elle fait la transition entre tout ce qui concerne le rôle du Grand Prêtre (le Cohen Gadol réparant les préjudices causés par Adam), et les prescriptions de sainteté concernant chacun des membres du peuple d’Israël. Après la mort des fils d’Aaron, D.ieu prescrit à ce dernier, par l’intermédiaire de Moïse, la liturgie du korbane (rapprochement) de Yom Kippour, avec ses korbanote (pluriel de korbane) spécifiques, les rites à effectuer dans le Saint des Saints – lieu du sanctuaire le plus intérieur, où se trouve l’Arche sur laquelle réside la Présence divine – et l’envoi du bouc émissaire. Il interdit d’apporter des korbanote hors de l’enceinte sacrée et insiste sur la valeur absolutrice du sang, ainsi que l’interdit de sa consommation. La paracha se clôt sur l’énumération des interdits sexuels : les divers cas d’inceste, les rapports avec une femme en menstrues, l’adultère, les rapports homosexuels, la bestialité. Elle interdit également de consacrer ses enfants au Moloch et précise que c’est parce que les Cananéens se sont ainsi complus dans ces abominations que la terre de Canaan les vomit. « Vous observerez Mes lois et Mes statuts, parce que l’homme (ha-adam) qui les pratique obtient, par eux, la vie Je suis l’Eternel ». (Lévitique 18,5) L’exposé des prescriptions en vue de la sainteté – commencé dans cette paracha A’haré mot – va se poursuivre dans les parachas suivantes ; il s’adressera à tous les enfants d’Israël dans la paracha Kédochim, puis plus spécifiquement aux prêtres dans la paracha Emor ; dans Béhar, il sera question de la sainteté du temps (chabbat, fêtes…), et des relations sociales et professionnelles.


Cette paracha, nous dit le rav Jacques Kohn, commence par un verset qui semble totalement étranger au sujet qui en fait la substance : « Hachem parla à Moïse après la mort des deux fils d’Aaron qui, en s’approchant devant Hachem, étaient morts » (Vayiqra 16, 1). Pourquoi ce rapprochement entre la mort des fils d’Aaron et le service de Yom kippour, rapprochement d’autant plus insolite que celle-ci a eu lieu le jour de Roch ‘hodèch nissan, alors que Yom kippour tombe en tichri, soit six mois plus tard, demande le rav Jacques Kohn ? Une première façon de comprendre ce rapprochement nous est proposée par la Guemara Yerouchalmi Yoma 1, 1, ainsi que par Vayiqra rabba 20, 12 : « De même que Yom kippour procure propitiation des péchés (kappara), de même la mort des tsaddiqim procure-t-elle propitiation des péchés. » En d’autres termes, il existe une parenté étroite entre la mort des fils d’Aaron et le jour de Kippour : Ils contribuent l’un comme l’autre à la rémission de nos fautes. Essayant d’approfondir ce principe, nous pouvons constater que, très souvent dans notre histoire, des événements bénéfiques exceptionnels ont été précédés par des tragédies. Il en a été ainsi de la mort de Nadav et Avihou, survenue en pleine inauguration du Tabernacle.


Il en a été ainsi également de l’incident survenu à Pérets-‘ouzza lorsque, tandis que l’Arche sainte était transportée à Jérusalem depuis Qiryath-Ye‘arim où elle avait été déposée après avoir été reprise aux Philistins qui l’avaient capturée. Un homme nommé ‘Ouzza fut foudroyé par Hachem parce que, dans l’allégresse de son retour, il l’avait touchée (II Samuel 6, 1 et suivants) alors que, n’appartenant pas à la tribu de Lévi, il n’avait pas le droit de le faire. Il en a été pareillement (II Samuel 24, 1 et suivant) lorsque périrent 70 000 hommes juste avant que David ait acquis l’aire d’Arauna sur laquelle son fils Salomon allait construire plus tard le Temple de Jérusalem. Selon une opinion très répandue, la création de l’Etat d’Israël a eu un rapport de causalité étroit avec la Choah qui l’a précédée de quelques années. Une situation tout aussi paradoxale, où l’on voit de l’impureté surgir la pureté, peut être observée lorsque l’on introduit dans un miqvé (bain rituel de purification) de « l’eau puisée » (mayyim cheouvim). Celle-ci était impure, mais elle va participer désormais de la pureté de l’eau du miqvé et contribuer à la purification de ce que l’on y trempera. Il en est de même, enfin, des cendres de la vache rousse : Celui qui les manipule devient impur, alors que ces mêmes cendres vont rendre pur celui qui était impur (metamei tehorim, metahèr temèïm).


« L’Eternel parla à Moché, après la mort des deux fils de Aaron, qui, s’étant approchés de D-ieu, avaient péri. » (Lévitique 16 – 1) D’après nos sages, les enfants d’Aaron, Nadav et Avihou, étaient des Tsadikim, des justes. Leur faute était qu’ils se soient tant approchés de D.ieu de sorte que leur corps n’a pu résister devant l’intense sainteté. Le désir de Nadav et d’Avihou était de s’approcher de D.ieu, jusqu’à se fondre en Lui. Cette volonté était si grande que leur âme les quitta. Cela s’appelle « mourir d’aimer ». Cet état d’esprit est en contradiction avec le projet Divin qui souhaite que l’âme réside dans le corps pour effectuer un changement dans le monde physique par l’accomplissement de la Torah et des mitsvote. Les fils d’Aaron symbolisent un aspect négatif de la volonté d’abnégation. L’homme doit ne jamais essayer de s’approcher de Hachem aux dépens de sa mission personnelle dans ce monde, et peu importe les motivations qui l’habitent. Le Talmud nous relate que « quatre personnes sont entrées dans le Pardess, le Verger : Ben Azaï jeta un coup d’œil et mourut… Rabbi Akiva entra en paix et en sortit en paix. »


« Entrer dans le Pardess », exprime la tentative d’atteindre les plus hauts niveaux dans l’union avec D.ieu et cela en se plongeant dans les dimensions ésotériques de la Torah. L’entreprise de Ben Azaï est restée sans succès, car comme chez Nadav et Avihou, sa soif extrême de sainteté le poussa à traverser des frontières interdites. C’est ce qui causa sa disparition. Rabbi Akiva, cependant, « entra en paix et sortit en paix. » La cause qui permit à Rabbi Akiva de « sortir en paix » est qu’il soit « entré en paix. » La motivation qui le poussait à s’approcher de D.ieu était le désir de mieux connaître D.ieu pour mieux accomplir Sa volonté ici-bas. Ainsi, il fut capable de traverser les dimensions les plus élevées en étant confronté à des choix difficiles et dangereux pour arriver, enfin, à un aboutissement positif. Néanmoins, Rabbi Akiva ne représente pas, encore, le niveau absolu du désir d’un Juif à accomplir la volonté de D.ieu en remplissant sa mission ici-bas. Cette position s’est concrétisée en la personne d’Avraham, le premier Juif.


Bien que sa motivation première ait été d’obéir à D.ieu, Rabbi Akiva désirait donner sa vie pour la sanctification du Nom de D.ieu. D’ailleurs, ce souhait s’accomplit, plus tard, lorsque qu’il fut torturé à mort par les romains. Juste avant de mourir, Rabbi Akiva déclara qu’il avait passé sa vie entière à espérer pouvoir vivre cet instant. Avraham, par contre, n’a jamais recherché cela. Il ne pensait qu’à D.ieu et sa vie entière fut consacrée à faire connaître Son Nom dans le monde. Si le sacrifice personnel s’était présenté, il aurait donné, volontiers sa vie, mais ceci ne représentait pas chez Avraham une fin en soi. Nous devons apprendre d’Avraham que notre souci primordial doit être d’accomplir la volonté de Hachem, sans y impliquer nos intérêts personnels, même si ceux-ci sont spirituels. Si toutes nos actions sont faites Lechem Chamayim – à l’égard du Ciel -, nous sommes assurés que notre « entrée dans le Pardess » et que « notre sortie » seront paisibles. Alors, notre service de D.ieu sera complet car il aura apporté la paix entre le spirituel et le matériel. (Likouté Si’hoth Vol III) –


« Il revêtira la tunique de lin de sainteté » (Lev. 16,4). D’après Jacob ben Isaac Achkenazi de Janow dans « Le commentaire de la Torah », le verset dit que le prêtre porte quatre habits pour Yom Kippour dont la tunique en lin. Il y avait 8 vêtements que le grand prêtre avait l’habitude de revêtir tout le reste de l’année (Lev. R. 21,10). Mais pendant Yom Kipour, le grand prêtre se trouvait à l’intérieur du Saint des Saints ; il ne devait pas porter d’habit en or, métal qui se trouvait dans l’idole faite par le peuple d’Israël dans le désert. Il fallait éviter que le prêtre ne rappelle ce péché en arborant un habit doré dans le Saint qui contenait l’Arche et le propitiatoire. Les 4 habits correspondent aux 4 groupes d’anges qui entouraient le trône divin. Les habits étaient en lin, afin que le grand prêtre s’humilie et se rabaisse, car le lin pousse dans la terre et le prêtre doit se souvenir qu’il vient de la terre et qu’il y retournera. Par contre, la laine des moutons est tirée d’un animal, donc d’une créature vivante. Les vêtements portés par le grand prêtre àYom Kippour aux 3 mondes dont l’homme est formé. Il mettait une culotte de lin sur la partie inférieure du corps, référence au monde inférieur qui sera entièrement détruit et décomposé, tout comme les aliments et les boissons absorbés qui sont digérés et expulsés. Ensuite, il mettait une ceinture de lin, correspondant au cœur de l’homme, c’est-à-dire au monde intermédiaire, espace où gravitent les astres. Ils ne cessent jamais leur rotation éternelle tout comme le cœur humain qui bat continuellement. Il portait également une tiare de lin sur la tête, allusion au monde des anges qui sont pure intelligence ; or, on sait que la tête de l’homme est le siège de l’intelligence et de la sagesse.


Le Talmud (traité Makot 23b) nous enseigne qu’il y a, dans toute la Torah, 613 commandements ; 248 Commandements Positifs (« fais ») et 365 Commandements Négatifs (« ne fais pas »). Toutefois, le Talmud ne donne pas la liste de ces commandements. Plusieurs grands sages du Judaïsme ont compilé une liste complète de ces commandements. La liste ci-après, qui concerne spécifiquement la paracha A’harémote, suit l’opinion de Maïmonide, tel qu’il les dénombre dans son œuvre maîtresse, le Michné Torah. Il est à noter que beaucoup de ces commandements (tels que ceux liés aux sacrifices) ne sont pas applicables tant qu’il n’y a pas de Temple à Jérusalem.


184. Pour les Cohanim, entrer à l’intérieur du Sanctuaire uniquement pour accomplir le service au Temple (3:16:2)
185. Servir au Temple le jour du Grand Pardon (3:16:3)
186. Ne pas tuer rituellement un sacrifice en dehors du Sanctuaire (3:17:3)
187. Couvrir le sang d’un animal tué rituellement (3:17:13)
188. Ne pas avoir de plaisir avec une femme ayant le statut de ‘ervah (3:18:6)
189. Ne pas découvrir la nudité de son père (3:18:7)
190. Ne pas découvrir la nudité de sa mère (3:18:7)
191. Ne pas avoir de rapport conjugal avec la femme de son père, même si elle n’est pas sa mère (3:18:8)
192. Ne pas découvrir la nudité de sa soeur, du côté de son père ou de sa mère (3:18:9)
193. Ne pas avoir de relations intimes avec la fille de son fils (3:18:10)
194. Ne pas avoir de relations intimes avec la fille de sa fille (3:18:10)
195. Ne pas avoir de relations intimes avec sa fille (3:18:10)
196. Ne pas avoir de relations intimes avec une soeur du côté de son père qui est la fille de la femme de son père (3:18:11)
197. Ne pas avoir de relations intimes avec la soeur de son père (3:18:12)
198. Ne pas avoir de relations intimes avec la soeur de sa mère (3:18:13)
199. Ne pas avoir de relations sexuelles avec le frère de son père (3:18:14)
200. Ne pas avoir de relations intimes avec la femme d’un frère de son père (3:18:14)
201. Ne pas avoir de relations intimes avec la femme de son fils (3:18:15)
202. Ne pas avoir de relations intimes avec la femme de son frère (3:18:16)
203. Ne pas avoir de relations intimes avec une femme et sa fille (3:18:17)
204. Ne pas avoir de relations intimes avec une femme et la fille de son fils (3:18:17)
205. Ne pas avoir de relations intimes avec une femme et la fille de sa fille (3:18:17)
206. Ne pas avoir de relations intimes avec deux soeurs en vie (3:18:18)
207. Ne pas avoir de relations intimes avec une femme dans la période de ses règles (3:18:19)
208. Ne pas donner nos enfants à l’idole Molech (3:18:21)
209. Pour un homme, ne pas avoir de relations sexuelles avec un homme (3:18:22)
210. Ne pas avoir de relations sexuelles avec un animal (3:18:23)
211. Pour une femme, ne pas avoir de relations sexuelles avec un animal (3:18:23)


« Car quiconque fera l’une de ces horreurs, les personnes qui les feront seront retranchées du sein de leur peuple. (Lév. 18,29) » Il existe 3 sortes de retranchement « karète) : le corps seul peut être retranché, d’autres fois, c’est l’âme ou bien ce sont l’âme et le corps qui le sont (Na’hmanide : Chaar ha gemoul, sur Lev. 18,29) Le premier cas concerne le grand juste qui commet une faute, comme par exemple un savant (en Torah) qui s’unit à sa femme après les 7 jours d’impureté rituelle, mais avant qu’elle ne se soit immergée dans un bain rituel. Ils s’allongent tous les deux dans le lit, lui dans ses habits et elle dans les siens. Ce savant meurt à mi-parcours dans le cycle de la vie, soit 35 ans. C’est un retranchement des ans et des jours. Il en est de même avec un vieillard qui commet une faute : il aura les ans retranchés, mais, comme il est très vieux, c’est impossible. Il a en effet déjà presque vécu la totalité de sa vie. Dans ce cas, le Saint, béni soit-Il, lui retranche des jours. Si son destin est scellé de telle sorte qu’il doit vivre 70 ans, il ne vivra pas jusqu’au terme normal de sa vie.


La Guemara dit (M.K. 28a, J. Bik. 2.1) : « Quand Rabbi Joseph eut 70 ans, il célébra une fête en se disant : « J’ai vécu jusqu’à maintenant, je ne peux plus être frappé par un châtiment divin, je sui devenu vraiment trop vieux. » Rabba lui demanda : « Certes, tu as échappé au retranchement des ans, mais qui te dit que tu as échappé au châtiment de la mort soudaine ? Peut-être as-tu commis une faute, si bien que tu ne vivras pas jusqu’au dernier des jours qui t’étaient normalement assignés par le destin. » Rabbi Joseph répondit : « Quoi qu’il arive, j’ai largement dépassé la moitié de mon existence. Il est devenu impossible de reconnaître ce châtiment de la mort soudaine ; comment savoir si la mort est due à une faute ou pas ? La mort par châtiment divin se reconnaît très bien quand un homme ne vit pas plus de 35 ans ; cela prouve immanquablement qu’il est coupable. Toutefois, en ce qui me concerne, je suis devenu trop vieux pour que l’on sache si je mourrai ou non frappé par ce châtiment. » Nos sages disent : Le Saint, béni soit-Il avertit la personne qui subit cette punition : si un vieillard meurt après 3 jours de maladie, c’est qu’il s’est rendu coupable. Le Talmud de Jérusalem explique : Comment sait-on qu’un vieillard qui mange de la graisse ou profane le Chabbat est coupable d’une mort par châtiment divin ? L’explication est : s’il meurt en un jour, il s’agit forcément d’une mort provoquée par le courroux de D.ieu. S’il meurt le 2ème jour, c’est une mort soudaine causée par l’effroi. Mais s’il meurt au bout de 3 jours, c’est une mort par châtiment divin. Toutes ces morts sont appelées extirpation du corps par châtiment divin.


Le verset dit à ce sujet : « Les personnes qui le feront seront retranchées du sein de leur peuple. » (Lévitique 18,29) Sur terre, le corps est retranché du peuple, mais l’âme gagne aussitôt le Gan Eden dans le monde avenir et elle se relèvera au moment de la résurrection des morts. L’autre extirpation, celle de l’âme, intervient lorsqu’une personne mange du levain à Pessa’h, ne jeûne pas à Yom Kippour, travaille pendant les jours redoutables ou couche avec une femme mariée. Dans tous ces cas, l’âme n’atteint pas le Gan Eden où demeurent d’autres âmes. Le verset dit : « Cette personne-là, son âme sera retranchée d’Israël. » (Ex. 12,15) Par contre, le corps ne sera pas retranché du monde. L’homme pourra vivre très longtemps en paix, acquérir des richesses, mais son âme disparaîtra dans le monde à venir. La 3ème extirpation est celle du corps et de l’âme ; celle-ci intervient lorsque quelqu’un adore une idole ou, D.ieu nous en préserve, profane le Nom béni. Dans ce cas, il est dit : « Cette personne est retranchée, retranchée de son peuple. » (Nombres 15,31) Le mot « retranché » est employé 2 fois, car son âme et son corps sont tous deux détruits ; le corps dans ce monde-ci et l’âme dans le monde à venir. Non seulement l’âme périra dans le monde à venir, mais elle devra également endurer pendant très longtemps les tortures de l’enfer. Ensuite, elle retrouvera l’apaisement, goûtera aux plaisirs et aux trésors d’équité du Gan Eden. Toutefois, cette âme ne pourra jamais trouver une place qui lui revienne en propre, comme c’est le cas pour les autres âmes.


Le B’ehayé écrit : « L’âme brille d’une lumière très pure, même dans le ventre de la mère où une lueur scintille au-dessus de la tête de l’enfant, comme l’indique la Guemara » (Nid. 16a et 30b, BHM 1,153-155) : « Une lumière brille dans la matrice maternelle, si bien que l’enfant voit d’un bout de la terre à l’autre ; au moment de naître, un ange apparaît : il frappe l’enfant sur la bouche et alors le bébé oublie aussitôt toute la Torah qu’il a étudiée dans le ventre de sa mère. Le lendemain matin, l’ange le conduit au Gan Eden pour lui montrer les justes qui y demeurent, leurs couronnes sur la tête. L’ange s’adresse à l’enfant : « Tous ceux qui sont assis là ont été créés sur la terre ; c’est à ton tour de t’y rendre. Tous ont étudié la Torah et respecté les commandements d’Hachem. C’est la raison pour laquelle ils ont mérité autant de prestige et d’honneur. Après ta naissance, fais de même et ainsi, tu deviendras digne d’une semblable gloire. Mais si tu ne respectes ni la Torah, ni les commandements, il te faudra demeurer ailleurs. » Le soir venu, l’ange conduit le bébé dans le Guehinom. L’enfant y aperçoit les impies en train d’être copieusement battus et de brûler en hurlant de douleur. L’ange dit : « Tous ceux-là n’ont pas respecté la Torah et les commandements ; ils sont condamnés à souffrir au Gehinom. Fais donc bien attention à toujours étudier la Torah et à respecter les commandements, afin de ne pas connaître à ton tour pareille humiliation. » Au moment de la naissance de l’enfant, l’ange frappait sa bouche et il oubliait instantanément tout ce qu’il avait vu ou appris. Cela nous explique pourquoi l’enfant pleure quand il vient au monde. Le Be’hayé ajoute : « Cela nous apprend que l’homme dans le ventre de la mère est prêt à recevoir la sagesse et l’intelligence, mais l’ange lui fait tout oublier. »


La Torah insiste sur le lien entre la possession de la Terre d’Israël et le respect des interdits sexuels. Mais quel rapport existe-t-il entre ces deux concepts ? Sortis depuis peu du pays d’Egypte et se rendant en Canaan, les Hébreux non seulement se trouvaient à mi-chemin, au sens propre du terme, entre deux pays différents, mais allaient aussi se sentir tiraillés entre deux modes de vie. Ils avaient certes peu profité de la civilisation égyptienne ; ils en avaient été plutôt les esclaves. Elle gardait cependant à leurs yeux un certain éclat, ne serait-ce que par le fait qu’elle leur fut jusqu’alors inaccessible. Ils pouvaient donc être tentés de vouloir l’adopter à leur tour maintenant qu’ils étaient libres. D’un autre côté, ils partaient pour Canaan, un pays dont ils connaissaient bien peu de chose. Cette terre leur était promise par Dieu: ils allaient bientôt en devenir les maîtres après en avoir dépossédé les habitants. En prenant possession des demeures cananéennes, de leurs édifices publics comme de leurs terres, ne seront-ils pas tentés d’hériter en même temps de leurs usages, de leurs lois, et pourquoi pas de leurs dieux ? Aussi, l’Eternel tient-il à les mettre en garde – pendant qu’ils se trouvent être entre l’Egypte et Canaan – contre cette double tentation.


Le peuple d’Israël venait de recevoir au Sinaï sa propre constitution. II avait dorénavant ses lois distinctives, édictées par D.ieu lui-même. II se devait d’avoir sa manière propre de vivre, ne pas chercher à droite et à gauche – ni en Egypte ni en Canaan – des règles de vie qui ne pouvaient être qu’inférieures aux siennes. Ce même genre de tentation existe pour tous ceux qui vivent parmi des non-juifs. II peut arriver que, par ignorance de sa propre valeur, on soit ébloui par la manière de vivre des autres; il se peut aussi que, plus simplement, on ne désire pas se faire remarquer en vivant différemment des autres. Et, petit à petit, on en arrive ainsi à remplacer son propre patrimoine, ses propres lois, son mode de vie, toute son identité, par des lois empruntées, qui ne nous sont pas adaptées et qui nous font perdre notre personnalité.C’est pourquoi l’Eternel ajoute – pour nous comme pour nos ancêtres – « Ce sont Mes lois et Mes statuts que vous devez observer: grâce à elles seules vous vivrez votre propre vie » (18, 10). « Les pratiques du pays d’Egypte où vous avez demeuré, ne les imitez pas; n’agissez pas non plus selon les pratiques du pays de Canaan où je vous amène, et ne suivez pas leurs lois.  » (Lévitique, 18, 3)


Si Hachem a estimé qu’il était bon et nécessaire de nous transmettre toutes ces lumières, même si elles sont trop fortes pour nos petites tailles en raison de nos fragilités et de nos défauts, ce n’est pas à nous de juger ni de décréter qu’elles ne sont pas notre voie, ni que nous n’en sommes pas dignes. C’est cela l’humilité : accepter l’extraordinaire Torah, simplement telle qu’elle est et parce qu’elle nous est donnée ; c’est le premier mot du Juif chaque matin : « Modé ani », je reconnais, j’accepte. Le Créateur nous a donné Sa Torah ainsi que ce maître-lumière qu’est Moïse ; à nous de l’accepter, nous devons même accepter d’oser dire le grandiose qaddiche et nous associer à ce que disent les anges (Baroukh kévod-Hachém miméqomo), bénédiction la gloire de Hachem depuis Son lieu). Lui Seul est capable de lier toutes les questions contradictoires de la lumière et de la médiocrité, voilà pourquoi on doit encore le reconnaître à l’heure où la mort est rencontrée, dans les petites morts ou dans la grande mort, et alors on le bénit encore en disant que, Seul, Il sait en cela où est la vérité que l’on ne peut comprendre, Lui qui est bénédiction (« Baroukh dayane haéméte », Béni est le juge de vérité). C’est par l’effet de Sa bonté qu’Hachem nous a faits à Son image et à Sa ressemblance. Il nous a fait connaître Son Nom et Sa Torah, Son peuple et Sa terre, ainsi que les secrets de la vie et de la mort, nous mettant devant l’épreuve pour que nous puissions nous dépasser. Si nous l’ignorons, Lui sait pourquoi, et ce n’est pas le lot de quelques individus éprouvés, c’est le lot de chacun d’entre nous, pour vivre plus, dans la vérité. Ainsi, le moins que nous puissions faire est de Lui témoigner un peu de reconnaissance, sans jugement, mais dans une confiance affectueuse.


Avec le rav Léon Askénazi, nous allons voir l’universalisme de la Torah qu’induit ce verset, le Torah Temima cite laberaïta suivante : Tania (on enseigne) : Rabbi Méir (Rabbi Baroukh Halévi Epstein) a dit (Baba Qama 38a) : « D’où savons-nous que même un idolâtre qui s’occupe de Torah équivaut à un grand prêtre ? C’est parce que le verset dit : « l’homme qui les pratique ». Il n’est pas dit : prêtres, lévites et fils d’Israël, mais « homme ». On serait tenté d’objecter à cela l’enseignement bien connu de la Guemara (Yébamot 61a) sur le verset du prophète Ezéchiel (Ezéchiel 34,31) : « Et vous, Mes brebis, brebis que Je fais paître, vous êtes (des) hommes (adam), Moi Je suis votre D.ieu, dit le Seigneur D.ieu. » Ce qui mène le Talmud à dire : « Vous êtes nommés adam, et les nations du monde (idolâtres) ne sont pas nommées adam ! »


Dans bien des milieux piétistes, on en conclut de façon fautive que seuls les Juifs seraient des hommes et que les goyim (les nations) ne le seraient pas ! Cela dénote de la part de ces milieux une ignorance extrême de la foi monothéiste d’Israël, qui n’est pas une « monolâtrie », ainsi que de la précision des textes qu’ils ne citent que très approximativement. On consultera avec profit la note des Tossafistes sur le sujet (Sanhédrin 59a) : « Il y a une différence entre adam et ha-adam. » Adam, sans l’article, désigne une lignée messianique qui va du premier Adam au fils de l’Homme, seule soumise à l’ensemble des commandements de la Torah, Ha-adam, l’Homme en général, désigne tous les hommes qui peuvent, a priori, être tous des justes selon la loi de Noé. Or, le verset d’Ezéchiel porte le mom « adam » et non « ha-adam ».


On comprendra donc que la traduction citée par nous (Traduction de la Bible du Rabbinat) est imprécise en français et c’est pourquoi nous l’avons citée sous cette forme : « vous êtes (des) hommes ». Le mot « des » est en trop, car il renvoie fautivement à l’article ha-adam. D’autre part, le verset d’Ezéchiel est interprété pour Israël seul, en ce qui concerne l’impureté contractée au contact du cadavre (Yébamot 61 a, sur Nombres 19,14). Du Torah Temima nous apprenons 2 choses essentielles : a) Un homme, de quelque peuple qu’il soit été qui s’occupe de Torah équivaut au Cohen Gadol. En effet, notre verset porte le mot ha-adam, qui signifie bien tout homme, même idolâtre ! La question de savoir si les goyim doivent être considérés comme idolâtres, fût-ce à leur insu, est un autre problème. Cette référence se retrouve aussi sous « Nations du monde ». b) Dans cette « occupation de la Torah », il ne s’agit pas d’étude comme l’indique habituellement le terme employé « la’assoq ba-Torah », mais bien de pratique, puisque le verset porte le terme « acher ya’assé otam » (qui les pratique).


Le Rav Eskenazi nous enseigne encore que Kéter Torah, la « couronne » de la Torah concerne d’une part Israël soumis aux 613 commandements de la loi de Moïse, et d’autre part les non-Juifs qui acceptent comme Torah les 7 commandements de la loi de Noé. En effet, on indique que la valeur numérique du mot « kéter » est 620, c’est-à-dire l’ensemble des 613 et 7. D’autres ajoutent que l’on compte 620 lettres dans le texte des 10 commandements du Sinaï. Cet enseignement universaliste est à méditer profondément, à l’heure où un particularisme exacerbé semble envahir les milieux piétistes de la communauté juive, tant à l’étranger qu’en Israël même.


(Sources : Editions Bakish – Rabbin Jacques Kohn, Chiourim.com – Chabbad.org – Jacob ben Isaac Achkenazi de Janow dans « Le commentaire de la Torah » – Talmud.blogspot.com – Rabbin Jean Schwarz, Lamed – Rav Léon Eskenazi « Leçons sur la Torah »)

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1. PARACHA DE LA SEMAINE –
D’abord, si vous ne l’avez pas lu, le commentaire de Modia sur la paracha Tazria, allez le lire absolument car vous y trouverez la conception juive de la femme, c’est indispensable à connaître.

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Puis nous sommes en cette nouvelle semaine vers ce futur Chabbate dans la 27e paracha de la Torah et la 5e paracha du 3e livre de la Torah, Vayiqra (Le Lévitique). Elle se nomme : Métsorâ: et nous éclaire sur la médisance. Mais aussi nous révèle la splendeur de MYRIAM.

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Nous sommes entrés dans le mois de Nissane, c’est celui de Pessah. Pour assimiler toute la puissance de cette fête, voyez ici  tout ce qui se passe chaque jour de ce mois et le sens de cela dans l’histoire, dans les textes et dans les vies, chez les Sages de vos traditions, le tout avec références, lien à la vie et photos.

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Le jour juif commence la veille au début de la nuit ; il se termine au coucher du soleil.  En tous cas, l’allumage des bougies de Chabbate ne doit pas se faire plus tard que 18 minutes avant le coucher du soleil. (Source : Modia)
Il est indispensable de lire la traduction en français de chaque paracha avant ce commentaire pour bien le comprendre.Texte de la paracha dans la Bible hébraïque ici : Lire le texte

28e paracha – Metsorâ : Lèpre Vayiqra 14, 1 – 15, 33

La paracha Metsora fait partie du Lévitique, la traduction littérale est « atteint d’impureté». Elle fait suite à la paraxha Tazria « sur la conception » et précède la Paraxha A’Haré’Mote. Ce passage évoque la pureté et l’impureté, il évoque aussi le conseil de l’Eternel à Moïse. Il lui indique avec beaucoup de détails les étapes du processus de retour à la purification d’une personne ateinte de métsora. L’Eternel donne des indications en matière de lieu, de délais et des sacrifices nécessaires. Toutes ces étapes nécessitent le recours au pontife « prêtre » et non à un médecin. De même, il prévoit un processus similaire en cas de pauvreté du lépreux. Puis l’Eternel s’adresse aussi à Aaron, frère de Moïse et Myriam, grand-prêtre, et évoque le cas de l’altération des murs dans une maison, puis élargit le débat sur la l’atteinte au pur et à l’impur. Enfin, l’Eternel évoque le cas de la gonorrhée, infection sexuellement transmissible, des pertes de matière séminale pour l’homme et de la période des règles pour la femme, tout en précisant les étapes pour le retour à la pureté, à savoir principalement le bain et l’attente du soir.

Le mot metsora est l’acrostiche de motsi chem ra, le diffamateur. Les fautes à l’origine de la tsaraat, sont au nombre de 11 ou sept suivant les sources : L’idolâtrie, le blasphème, l’impureté, le vol, la médisance, le faux témoignage, le jugement injuste, le sermenet vain, le vol, profoquer des querelles, le « mauvais œil » apparenté à l’avarice. La lachone hara, littéralement «mauvaise langue », est le péché le plus grave de tous ceux concernés par cette plaie qui revêtait la forme la plus maligne, car celui qui pratique la médisance ou la calomnie renie la Torah. Lorsqu’une personne critique une autre, trois personnes au minimum sont touchées et sont ou se meurtrissent elles-mêmes : la personne qui diffame, la personne ou les personnes qui écoutent et croient les ragots vrais ou faux, et la victime. Le metsora était soumis à des lois d’isolation particulières. Parce qu’il avait calomnié une personne, provoquant son « isolation » dans l’esprit de plusieurs, il était donc corrigé de la même façon et était coupé de la société afin de bien mesurer les conséquences de son acte vis à vis d’un membre de son peuple. Beaucoup de ces mesures étaient semblables à celles observées pour un deuil : Le metsora était exclu du camp, comme dans le cas de Myriam. Il devait déchirer son vêtement comme dans le cas d’un deuil. Il devait laisser pousser ses cheveux. Il devait se couvrir la bouche pour avoir diffamé son prochain et porter un voile sur la tête comme pour un mort. Il criait devant lui « impur, impur, tamé, tamé » afin que ceux qui le croisent puissent prier pour sa guérison.

Selon « Ashdod Café », la Tradition juive nous donne une interprétation très intéressante du processus de l’évolution de la plaie de tsaraat destinée à corriger celui qui commet ce péché. Les lettres de l’alphabet hébreu peuvent se regrouper en sept groupes de trois lettres qui peuvent se permuter six fois entre elles et former des racines de mots. Suivant ce principe, la racine du mot tsaraat, tsara se permute comme suit et décrit l’évolution de la maladie destinée à ramener le pécheur dans le droit chemin :
1. tsara, צרע la plaie en elle-même
2. tsaar, צער douleur, attrister
3. raats, רעץ briser
4. ratsa, רצע frapper, fouetter,
5. atsar, עצר stopper et maîtriser, régner
6. arats, ערץ rendre l’honneur à une personne que l’on craint et révère.

D.ieu frappe, la douleur est forte et provoque un brisement. Des souffrances sont occasionnées par la correction. La correction produit son effet et le fauteur se repent. Il va essayer de maîtriser et de contrôler sa langue pour finalement plier le genou en reconnaissance au Créateur Qui corrige celui qu’Il aime. Avec la maladie, D.ieu prévoit toujours le remède. Il est la Source de la guérison, et le verset suivant nous le dévoile : Si un homme a dans la peau de sa chair une tumeur, ou une dartre, ou une tache blanchâtre, et qu’elle soit devenue, dans la peau de sa chair, une plaie comme de lèpre, on l’amènera à Aaron, le Cohen, ou à l’un de ses fils. (Lévitique 13:2).

Qui est le pontife ? Il s’agit du « Cohen Gadol». Dans le Lévitique, il s’agit d’Aaron ou l’un de ses fils. Il est l’intermédiaire entre l’Eternel et l’ensemble de la communauté. Le nom de la paracha, Metsora, signifie : « une personne atteinte de tsaraat ». La tsaraat, que nous avons rencontrée dans la paracha précédente, Tazria, était une affection par laquelle une personne contractait une impureté rituelle qui lui interdisait de pénétrer dans le Temple, de participer à ses divers rituels ainsi qu’à la vie sociale de la communauté. Ainsi séparé du Temple – lieu de vie et de divinité (qui est la source de vie) – et de la vie sociale, le metsora est, selon les paroles de nos Sages, une métaphore de la mort. Bien que le mot metsora soit effectivement l’un des premiers de la paracha, le sujet du premier tiers de celle-ci évoque le processus par lequel le metsora est guéri de la tsaraat, c’est-à-dire de la négation de la situation d’être un metsora. Le sujet du second tiers de la paracha est la tsaraat qui affecte une maison et de quelle manière une maison peut en être purifiée. La troisième partie de la paracha traite de deux autres formes d’impureté, non liées à la tsaraat, et de leur purification.

Compte tenu de la nature dégradante de la tsaraat, il semble étonnant qu’une paracha consacrée aux moyens de guérir une personne de cette affliction porte le nom de celui qui en est affecté. Toutefois, l’explication qui est donnée du nom de la paracha précédente, Tazria, peut servir à expliquer le nom de cette paracha-ci. Tazria désigne l’acte « d’ensemencement », le fait de s’engager de façon optimiste dans un processus qui mène à une nouvelle vie et à une nouvelle croissance, bien que l’essentiel de la paracha traite des détails de la maladie de la tsaraat, l’antithèse de la vie, car celle-ci n’est pas conçue comme un châtiment, mais un nouveau départ, une incitation à réaffirmer la vie. En tant que telle, elle peut et doit être perçue comme l’« ensemencement » d’un degré plus élevé d’existence. De la même manière, la paracha de metsora est appelée du nom d’une personne atteinte de cette maladie, bien qu’elle traite essentiellement de la manière d’en délivrer celui qui en souffre, parce que le processus de purification est en soi un prolongement de l’affection elle-même. Ce n’est que l’étape suivante du processus de réhabilitation qui a commencé en contractant la maladie.

L’un des termes par lesquels les Prophètes décrivent le processus messianique, et même le Machia’h lui-même, est celui de « germination ». « Car, de même que la terre fait jaillir ses pousses, de même qu’un jardin fait germer ses semences, ainsi D.ieu fera pousser la justice et la louange devant toutes les nations. » (Isaïe 61, 11) « Voici que des jours viennent, dit D.ieu, où Je ferai s’élever un juste plant de David, un roi qui régnera et prospérera et qui exercera le droit et la justice dans le pays. » (Jérémie 23, 5 ; voir aussi ibid. 33,15) En outre, les Sages du Talmud disent que le qualificatif du Machia’h est « le Metsora de la Maison de Rabbi Yéhouda le Prince », citant le verset (Isaïe 53,4) : « En vérité, ce fut nos maladies qu’il endurait et nos souffrances qu’il portait, mais nous le considérions comme un metsora, frappé par D.ieu et affligé. » (Sanhédrin 98b ; Rachi ad loc)
Le Talmud relate même un épisode dans lequel le Machia’h apparut sous l’aspect d’un metsora : Rabbi Yéhouda ben Lévi rencontra le prophète Élie qui se tenait à l’entrée de la grotte de Rabbi Chimone bar Yo’haï. Il demanda à Élie : « Quand le Machia’h viendra-t-il ? » Élie répondit : « Va et demande-lui toi-même. » – Où se trouve-t-il ? – À l’entrée de la ville. – Et par quel signe pourrais-je le reconnaître ? – Il est assis parmi les pauvres affligés de tsaraat. Mais, alors que les autres défont tous leurs bandages puis [après avoir soigné leurs plaies] les rattachent tous, il défait et refait ses bandages un par un, en se disant : « Peut-être serai-je appelé [pour me révéler comme le Machia’h et, s’il en est ainsi,] je ne peux être retardé [en ayant à refaire de nombreux bandages.] » (Sanhédrin 98a ; Rachi ad loc. Voir l’analyse et les sources citées dans Kol Yisrael, pp 449-455)

Dans ce contexte, il est possible d’interpréter les noms des deux parachiote traitant de la tsaraat comme exprimant le processus messianique : Tazria, qui signifie « ensemencer », désigne les efforts que nous faisons pour que la Rédemption « germe ». Metsora désigne le Machia’h lui-même. C’est ainsi que la phrase Tazria-Metsora signifie : « Sème les graines de la Rédemption messianique. » La plupart des années, les deux parachiote de Tazria et Metsora sont lues ensemble. Dans le contexte allégorique que nous venons de mentionner, cela nous enseigne que nous devons considérer nos efforts pour raffiner le monde à travers l’étude de la Torah et l’accomplissement des Mitsvot, non uniquement comme une fin en soi – ce qu’ils sont, eu égard à notre obligation d’accomplir les commandements divins par soumission absolue –, mais également comme les moyens de hâter la venue du Machia’h. Nous ne devons pas dissocier notre Tazria, notre ensemencement, de Metsora, son but messianique. Plus encore, nous devrions considérer nos efforts et leur finalité, c’est-à-dire le fait de vivre notre vie en accord avec les commandements de la Torah d’une part et la Rédemption messianique d’autre part, non pas comme deux entités distinctes, mais comme une continuité.

D’une part, vivre une vie de Torah conduit naturellement à la rédemption, et d’autre part la rédemption n’est rien d’autre que la pleine éclosion de la Torah et des commandements que nous aurons connus au cours de notre exil. La Torah des temps messianiques sera la même Torah que celle que nous avons actuellement à la différence près que ses dimensions les plus profondes nous seront entièrement révélées. De même que nous continuerons à observer les commandements de la Torah, mais de la manière la plus complète qui puisse être, aussi bien quantitativement, tels que les commandements qui ne peuvent être accomplis que le Temple existe et que l’ensemble de la nation juive se trouve sur sa terre, que qualitativement, lorsque la réalité se défera du matérialisme grossier qui occulte actuellement la plupart des révélations divines qui résultent de notre pratique des mitsvote, ainsi que de l’orientation matérialiste naturelle de notre conscience, qui cèdera la place à une conscience élevée de D.ieu. En lisant dans la Torah l’odyssée du metsora et le processus de sa rédemption de l’ostracisme, de son « exil » social, nous lisons en même temps l’odyssée de nos crises et de nos rédemptions spirituelles personnelles ainsi que notre odyssée collective à travers l’exil, qui nous mène vers notre Rédemption finale. (Likoutei Si’hot, vol. 22, pp 70-80).

« Le Cohen ordonnera qu’on vide la maison avant qu’il n’entre pour examiner la plaie. » (Lévitique, 14, 3) Le Rabbin Jean Schwarz nous dit que l’atteinte d’impureté peut, entre autres, s’attaquer aux murs des maisons. Elle entraîne, dans certains cas, la démolition totale de la demeure en question. Aussi, avant que le Cohen, qui est appelé à prendre éventuellement une telle décision, ne vienne se prononcer, on est tenu de vider complètement la maison, de disposer tout son contenu dans la rue, à la vue de tout le monde… Cette réglementation a pour but, selon nos Sages, de nous forcer à étaler au grand jour tout ce que nous possédons, à ouvrir par la force des choses toute grande notre maison que nous tenions fermée jusqu’ici. Car là aussi, la lèpre est la punition d’une faute morale, qui, cette fois-ci, a pour nom l’égoïsme.

L’égoïsme nous pousse à fermer nos maisons, à conserver pour nous seuls les biens que nous possédons, à ne pas recevoir chez nous le pauvre qui est dans le besoin, à refuser de prêter un objet qu’on nous demande, à mentir en disant qu’on ne possède pas un tel objet, etc. Aussi, quand l’homme se referme ainsi sur lui-même, l’atteinte d’impureté vient-elle ouvrir de force la porte qu’il tenait si bien fermée. Tous ses biens sont maintenant exposés en plein soleil à la vue de tout un chacun. Tout le monde pourra voir, entre autres, qu’il avait en sa possession l’objet qu’il ne voulait pas prêter. Chacun pourra se rendre compte qu’il est plus riche qu’il ne veut le paraître et qu’il conserve pour son usage exclusif tous les biens que l’Eternel a bien voulu lui accorder. L’égoïsme peut ronger nos cœurs comme une véritable impureté, nous rendre totalement insensibles aux malheurs du prochain, nous faire penser à notre seul bonheur, à notre seul bien-être. Tout peut s’écrouler autour de l’égoïste. Que lui importe puisqu’il a son chez soi où il se sent bien au chaud et à l’abri. Mais attention ! Une telle impureté est capable d’avoir pour conséquence qu’il ne puisse plus, lui non plus, profiter des richesses qu’il possède, car elle aura entraîné la démolition de la maison où il croyait pourtant pouvoir être heureux en parfait égoïste.

« Quand tu pénétreras dans la terre de Canaan que Je te donne en possession et que J’infligerai un cas de Tsaraat dans une maison… » (Lévitique 14, 34) Dans le Livre du Lévitique, la Torah parle de la maladie de la Tsaraat qui existait à l’époque biblique. Cette affection n’apparaissait pas uniquement sur les personnes, mais aussi sur les objets inanimés, y compris les murs de la maison. Lorsque ce cas se présentait, toute la partie atteinte devait être enlevée, ce qui impliquait de grosses dépenses pour le propriétaire.Cette maladie étrange n’était pas une maladie physique, mais plutôt la manifestation physique d’une maladie spirituelle. Quand une personne était spirituellement malade, D.ieu l’alertait de son état en touchant d’abord ses biens, puis son corps, pour qu’elle soit incitée à se repentir comme il convient et à améliorer son comportement. Il arriva souvent, cependant, qu’un homme qui n’avait rien fait de mal découvrait que les murs de sa maison étaient affectés. Pourquoi les innocents souffraient-ils également ? Ce qui avait paru être un coup du sort était en fait une grande bénédiction La réponse est que de nombreux Israélites vivaient dans des maisons qui avaient été construites par les Cananéens, qui avaient précédemment occupé la terre. De nombreux Cananéens avaient caché leurs trésors dans les murs de leurs maisons, si bien que, lorsque la maison d’un Israélite se trouvait affectée, il était forcé de démolir les murs et il trouvait le trésor caché. Ainsi, ce qui avait paru être un coup du sort ou une punition injustifiée d’En Haut s’avérait être une grande bénédiction.

Quand nous nous retournons sur tous les soucis qui se sont présentés dans notre vie, il n’est pas difficile d’accepter les problèmes qui se sont résolus. Nous réalisons que D.ieu nous avait envoyé des signes visibles pour nous forcer à prendre conscience de nos véritables manquements d’alors. Mais qu’en est-il lorsque la vie nous frappe en pleine face, alors même que nous nous pensons innocents, alors même que nous faisons ce qui est bon ? Quand cela arrive, nous crions à l’injustice : « Qu’ai-je fait de mal maintenant pour mériter de tels problèmes ? » Ce dont nous prenons conscience est que les trésors cachés de la vie ne sont parfois découverts qu’à travers des difficultés et des pertes.

Ces difficultés que nous jugeons si vite comme le signe que « D.ieu nous donne du fil à retordre » peuvent être, en fait, Sa manière de nous donner des cadeaux qui dépassent nos rêves. Nous pouvons réagir en maudissant nos soucis et ignorer totalement le trésor qui a été prévu pour nous, bien plus abondant que le montant de notre perte. Bien sûr, si seulement nous savions ce qui se cache derrière ce mur, nous serions heureux de le démolir. Mais nous ne le savons pas. C’est à cela que sert la foi : à se sentir serein, en sécurité, reconnaissant et heureux même quand nous ne comprenons pas ce qui se passe. Quand nous craignons les difficultés et les changements, non seulement nous manifestons un manque de foi, mais nous renonçons inconsciemment aux grands bienfaits qui nous attendent juste de l’autre côté de nos ennuis.

D’après les « Leçons sur la Torah » de Léon Askénazy, le terme de  »metsora » peut être traduit par « atteint d’impureté :  »metsora » est  »motsi – ra »,  »celui qui fait sortir (de lui) le mal » ». Le rôle du pontife va être d’aider l’individu guéri à se purifier. Après avoir constaté la guérison de celui qui est atteint d’impureté, de métsora, le pontife procède à un sacrifice pour purifier l’individu atteint. La symbolique associée est expliquée par Rachi dans son commentaire sur la Torah : les taches viennent de la médisance (symbolique du pépiement des oiseaux) et de l’orgueil (symbolique du cèdre de grande hauteur). Le remède est de s’abaisser de son orgueil comme le ver (autre traduction du mot qui signifie aussi  »laine écarlate ») et l’hysope qui est une herbe basse. L’étape suivante concerne la purification physique de l’individu : laver ses vêtements, raser tous ses cheveux, prendre un bain. Il réintègre le campement, mais reste isolé sept jours, au bout desquels il procède à nouveau à une purification physique.

C’est seulement ensuite qu’a lieu la purification morale par un sacrifice de faute (reconnaître sa faute) et un sacrifice d’expiation (fait de devenir plus pieux), où le pontife purificateur présente « l’homme à purifier devant l’Eternel à l’entrée de la Tente d’assignation. Le Pontife est le lien entre l’homme qui se purifie et le Seigneur : le pontife fait expiation pour lui devant l’Eternel. Ainsi l’individu redevient pur. » Le processus de purification est également décrit pour l’individu pauvre, car les règles de la Torah s’appliquent indépendamment de la richesse de l’individu. La paracha Metsora évoque aussi deux autres situations d’impureté : – l’une concernant les vêtements et habitations, – l’autre concernant la souillure par les écoulements du corps. Là encore le pontife a un rôle purificateur.

Le rabbin Jean Schwarz commente ainsi la phrase concernant la personne atteinte de « metsora » : « Il sera présenté au pontife. Mais aussi on lui présentera le pontife comme modèle à suivre dorénavant. Le Pontife qui mène dans la société une vie active et se fait aimer et respecter du fait qu’il cherche, en toute circonstance, à établir la paix entre les individus et dans la société toute entière ». En reprenant les « Leçons sur la Torah » de Léon Askénazi, dans les parachyote Tazria et Metsora, la Torah développe les lois portant sur la distinction entre l’état de pureté et celui d’impureté, déjà introduites dans les chapitres précédents du Lévitique : – dans les premiers chapitres la « mise à part des prêtres de toute situation menant à l’impureté » ; – dans la paracha Chemini, l’ensemble des règles concernant la nourriture ; – dans Tazria – Metsora, les situations d’impureté qui concernent le corps lui-même, impureté aussi qui peut s’attacher aux vêtements et même aux habitations ; – enfin dans les parachiote suivantes, les règles touchant à l’impureté fondamentales qui résulte du contact avec la mort.

Plus l’homme est capable de sainteté et plus il devient vulnérable au risque d’impureté. On pourrait en effet considérer comme paradoxal, le fait que ce soit précisément dans le Lévitique que se trouvent développées avec une telle minutie, et élaborées avec une telle précision, les définitions de situations d’impureté. Le Lévitique, désigné par l’expression Torat Cohanim, peut être lu tout entier comme une invitation à réaliser en soi, à tous les niveaux d’être, l’être de sainteté. Et l’on pourrait supposer qu’une telle invitation ne concernerait que ceux sur qui aucune situation d’impureté n’aurait déjà plus de prise. Or, le principe enseigné ici par la Torah est absolument opposé. Non seulement l’être de sainteté est encore plus exposé que d’autre au risque de l’impureté ; mais plus encore, c’est chez lui que l’impureté se dévoile, est effective. Elle se dévoile précisément dans l’effort d’élévation qui mène à la sainteté ; car cet effort consiste à évacuer, « mettre en dehors » la part de mort qui est mêlée à toute vie dans la condition terrestre.

« Voici quelle sera la loi du « metsora » (torat ha-metsora) au jour de sa purification : il sera présenté au Cohen » (Vayiqra 4,2). Rabbi Yehochoua ben Lévi a enseigné : Le rabbin Jacques Konh za’l nous apprend que le mot torat (« loi de ») est employé à cinq reprises dans la Tora à propos d’une personne « metsora ». C’est pour nous apprendre que celui qui profère du lachone hara’ (« propos médisants ») transgresse chacun des cinq livres de la Torah (Vayiqra rabba 15, 6). Quel est le rapport entre le lachone hara’ et les cinq livres de la Torah. Dans Berechit 3, 5, le serpent encourage Eve, en employant du lachone hara’, à manger le fruit de l’arbre de la connaissance. Il lui déclare : « Tout artisan déteste ceux qui font le même travail que lui. Hachem a mangé du fruit de l’arbre, puis Il a créé le monde. [Si donc vous en mangez à votre tour, vous serez comme Lui] » (Rachi ad loc. et Beréchith rabba 19, 4). Dans Chemot (4, 6), Hachem demande à Moïse de mettre sa main en son sein, et « voici que sa main était comme la neige ». Cela est arrivé, explique Rachi au nom du Midrach ta’houma 23, parce qu’il avait calomnié les enfants d’Israël en suggérant qu’ils pourraient ne pas le croire (Chemot 4, 1), raison pour laquelle, explique le Midrach tan’houma, il a été frappé de « metsora ». Dans Vayiqra (19, 16), la Torah prohibe explicitement le lachone hara’ en interdisant de « colporter dans nos peuples ». Le livre de Bamidbar nous apprend que Myriam a été frappée par la « metsora » pour avoir émis du lachone hara’ à l’encontre de son frère Moïse. Et dans Devarim (24, 8 et 9) la Torah nous met en garde contre la plaie de la « metsora » et rappelle celle qui a frappé Myriam. Voilà pourquoi, étant donné que le lachone hara’ est mentionné, soit explicitement soit implicitement, dans chacun des livres de la Torah, celui qui en répand est considéré comme les ayant transgressés tous les cinq.

La haftara attachée à la paracha Metsora’ (II Rois 7, 3 et suivants) raconte un épisode survenu à l’époque du prophète Elisée, tandis que le Royaume du Nord était engagé dans une guerre contre la Syrie, dont les troupes assiégeaient Samarie. 4 « hommes atteints de métsora » se trouvaient alors bannis, comme l’exige la Torah (Vayiqra 13, 46), hors de la ville. Une remarque s’impose d’emblée : Le royaume d’Israël connaissait alors une profonde déchéance religieuse, que le siège de sa capitale ne pouvait qu’accentuer. Cependant, malgré l’impiété généralisée de la population, encouragée et entretenue par ses rois, les lois sur la « metsora » continuaient d’être respectées avec minutie. Ce respect des halakhote est d’autant plus remarquable que ces 4 hommes n’étaient autres que Guéhazi, le serviteur d’Elisée, et ses trois fils (Sota 47a), et nous savons par ailleurs que Guéhazi fait partie de ceux qui n’ont pas droit au monde à venir (Sanhédrin 100a).

Le siège de leur ville inquiétait grandement ces quatre personnes: S’ils retournaient dans celle-ci, ils y mourraient de faim, et s’ils restaient sur place ils mourraient également. Ils décidèrent donc de chercher asile dans le camp des Syriens, se disant qu’ils y trouveraient peut-être une chance de survie. Mais arrivés dans le camp ennemi, une surprise totalement inattendue les y attendait : Hachem y avait suscité une terreur panique. Les soldats s’étaient enfuis, abandonnant sur place leurs équipements, leur nourriture et ce qu’ils avaient de plus précieux. Nos quatre hommes, ravis de l’aubaine, entrèrent dans une tente pour y manger et boire, puis ils emportèrent l’argent, l’or et les vêtements ainsi abandonnés. Après quoi ils annoncèrent la bonne nouvelle aux assiégés, et ceux-ci se précipitèrent à leur tour hors des murs de la ville pour enfin s’alimenter et se désaltérer. Cet épisode nous apprend que même celui qui a fauté ne devient pas nécessairement mauvais : Ce sont les personnes atteintes de métsora, et eux seuls, qui ont permis aux habitants de la ville, en leur annonçant que le siège était levé, d’échapper à la mort.

Toutes les mitsvote peuvent être vues dans l’optique d’élever la matière vers le spirituel pour reconnaître que tout n’a qu’une source, le D.ieu Qui donne la vie. D’après tous les commentateurs classiques, comme par exemple Rabbi Judah Halévy dans son Kouzari, tous les éléments créés se subdivisent en 4 catégories : le minéral, le végétal, l’animal et l’homme (ou l’être parlant). Ainsi, toutes les actions de l’homme dans ce monde n’auront pas d’autre but que d’élever en permanence la matérialité vers le spirituel, et de le hisser lui aussi plus près de son Créateur. Il s’agit de sanctifier le monde dans toutes les actions, même les plus prosaïques. Dans le quotidien, que ce soit dans le domaine familial ou social, nos actions doivent en permanence être empreintes de cette aspiration à un monde toujours plus riche en spiritualité. Les exemples sont aussi nombreux que toutes les situations possibles et imaginables dans lesquelles évoluent les hommes. Il s’agit d’une éthique de tous les instants, fondée sur un rapport fait de crainte et d’amour pour Celui Qui insuffle la vie et son ordonnancement selon une morale trans-historique. Cette morale atteint tous les échelons de la vie quotidienne, que ce soit dans les rapports sociaux entre employeurs et employés, ou au sein du cadre familial, où parents et enfants ont chacun des droits et des devoirs. (par exemple, chapitre 11 du Messilat Yécharim – La Voie des Justes.) Là est la fonction de cette âme que D.ieu a déposée, « ensemencée » en nous.
(Sources : Chabbad.org – MJLF- Ashdod Café – Rav Jean Schwarz, Lamed – Rav Léon Askénazi, « Leçons sur la Torah » – Rabbin Jacques Kohn za’l, Chiourim.com – Rav Mordékhaï Chriqui et Dr Avraham-Gilles Morali, « L’essence de la Torah)

CULTURE JUDAÏSME – La paracha de la semaine – Mois de adar II – 5774 (mars 2014)

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Les études hebdomadaires avec Modia :

1. PARACHA DE LA SEMAINE – Nous sommes vers ce futur Chabbate dans la 26e paracha de la Torah et la 4e paracha du 3e livre de la Torah, Vayiqra (Le Lévitique). Elle se nomme : Tazriâ: « Elle ensemencera » Vayiqra (Lévitique) 12, 1 – 13, 59.
En cette étude de la paracha Tazriâ, on découvrira la splendeur juive de la femme et la beauté d’une vie de pureté interne et externe.
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les thèmes principaux de la paracha à y étudier :
Premier niveau :
– Conception juive du pur, du non-pur, et de la purification
– Sexe et pureté Rabbéinou Bé’hayé : l’ordre juste Le Chla : la lumière surgit des ténèbres Conclusion
– Le vêtement.

Deuxième niveau :
– L’être de la femme, selon la Torah (En hommage à celles qui mettent au monde le monde, avec nous les hommes, de mois en mois et d’âges en âges).
–  Le cycle du temps de la femme La femme et le sanctuaire
– Beauté de la conception juive de la femme Le désir (ratsone) dans le lien de la femme et de l’homme Les trente-trois jours de pureté Autre exemple : la légèreté L’imparfait et la sainteté Enseignements de ces orientations et nuances Une question pertinente sur le rapport de la femme au temps Le risque.
– Le rapport sexuel et la sainteté
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– etc
Et cette étude en anglais de la paracha (pour vos amis anglophones): CLIQUEZ ICI
2 – Nous allons bientôt terminer le merveilleux mois de Adar 2. Voyez ici  tout ce qui se passe chaque jour de ce double mois et le sens de cela dans l’histoire, dans les textes et dans les vies, chez les Sages de vos traditions, le tout avec références, lien à la vie et photos.  CLIQUEZ ICI
3 – Dès maintenant, préparons la Fête de Pessa’h pour en faire une vraie réussite intérieure (c’est encore bien plus important que le nettoyage des saletés externes) :
en 2014-5774, Pessah se déroule le soir du 14 avril, 14 Nissane
CLIQUEZ ICI
Rav Yehosua Rahamim Dufour

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J´suis ta reine, pas ta boniche !!  Tazria- Un cours époustouflant du rav Dynovisz – 24 Mars 2014

Rien n´est plus difficile que de savoir parler, s´exprimer, communiquer. Toute l´histoire humaine est celle de la communication et toutes les frustrations, déceptions, peines et colères découlent de notre incapacité a nous faire comprendre. Mais pourquoi l´autre n´écoute t-il pas? Peut être ne savons nous pas lui parler. Mais au lieu de voir le problème chez nous, nous préférons accuser le monde entier. Ce cours révèle le secret de la maladie qui ronge l´humanité toute entière et propose la solution messianique de la délivrance finale….. écoutez !

La suite de la paracha ici :

J´suis le meilleur, j´vais gagner !  Tazria – 26 Mars 2014

Tous les blocages, les bouchons, les frustrations et les refoulements que nous sentons en nous sont la conséquence de notre manque de confiance en nous. Et la matrice de ce manque de confiance est notre bouche, notre « sale bouche ». Nos paroles pessimistes, découragées et décourageantes, nos « c´est perdu d´avance », nos « j´y crois », « je n´y arriverai pas »…et a plus fortes raisons, nos paroles accusatrices qui rendent tout le monde responsable de mes échecs sauf moi….. notre bouche est notre tombe, et d´ailleurs c´est notre bouche qui nous bouche ! Le Machia’h apprendra aux hommes a être des vainqueurs, des gagnants, parce que fondamentalement, l´homme est le meilleur !

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Le jour juif commence la veille au début de la nuit ; il se termine au coucher du soleil.  En tous cas, l’allumage des bougies de Chabbate ne doit pas se faire plus tard que 18 minutes avant le coucher du soleil. (Source : Modia)

Il est indispensable de lire la traduction en français de chaque paracha avant ce commentaire pour bien le comprendre.

(Reprise de 2011)

27e Paracha : Tazriâ – « Elle ensemencera » Vayiqra (Lévitique) 12, 1 – 13, 59 – Année 5771

La paracha Tazriâ contient 5 commandements positifs et 2 interdictions (de 166 à 172) : Prescriptions concernant la femme en couches. Offrande de la femme après son accouchement. Impureté de la lèpre. Prescriptions sur le comportement du lépreux. La lèpre des vêtements. Interdiction à une personne impure de consommer des choses sanctifiées. Interdiction de raser la partie teigneuse de la chevelure.

Dans les versets qui se trouvent au début de la paracha, il s’agit des lois concernant la femme qui vient d’accoucher. Si celle-ci accouche d’un garçon, elle reste impure pendant 40 jours, tandis que si elle accouche d’une fille, elle reste impure pendant 80 jours, soit deux fois plus longtemps. Quelle est la signification de cette loi ? Dans le judaïsme, l’impureté n’est pas un terme péjoratif ; c’ est d’abord un état spirituel lié au religieux : on parle d’impureté rituelle. Une personne en état d’impureté ne peut pas participer au culte. Cet état d’impureté est provisoire, il prend fin par un rituel qui permet de redevenir pur. La plus grande source d’impureté est la mort. Tout contact, même symbolique, avec la mort engendre l’impureté. Autrement dit, la pureté correspond à la vie tandis que l’impureté est liée à la mort.

Il existe un rapport très important entre le judaïsme et la sainteté de la vie, le respect et le choix de la vie, comme nous l’explique le verset où Moïse recommande aux enfants d’Israël de choisir la vie et non la mort et de donner un sens à la vie : « J’ai placé devant toi la vie et la mort, le bonheur et le malheur. Choisis la vie ! » – Deutéronome 30, 19 – Par ce commandement, nous ne devons pas nous contenter juste de vivre mais nous devons faire consciemment le choix de la vie. On peut d’ailleurs faire un rapprochement entre la définition par la Torah de « l’impureté » et l’état de « déprime » de la femme après l’accouchement, défini par les psychologues d’aujourd’hui, ou dans les cas les plus graves de l’état de « dépression », c’est-à-dire la perte du goût de vivre, à un degré ou à un autre. En effet la période d’impureté correspond au temps nécessaire à la personne qui a eu contact avec la mort de se reconstruire et de faire à nouveau le choix de la vie. Les règles sont la source la plus fréquente d’impureté de la femme. Le sang menstruel représente la vie, donc lorsqu’il est perdu, on suppose qu’il y a perte de la vie et l’on devient impur. Mais cet état d’impureté n’est pas définitif, d’ailleurs le rituel du Mikvé, accompli par la femme à la fin de ses règles, lui permet une renaissance symbolique et donc le retour à la vie.

Le miracle de la vie est une source éternelle d’émerveillement et de reconnaissance à D.ieu  Pour les rabbins, chaque vie est un miracle du ciel. L’enfant dans le ventre d’une mère souligne déjà le miracle puisqu’il ne tombe pas sous l’effet de son poids. En Lévitique Rabba (Ed. Vilna) chapitre 14 , il est dit au sujet d’une femme qui enfantera : « Tu m’as octroyé vie et bonté, et Tes soins vigilants ont préservé mon souffle » (Job 10, 12). Rabi Aba bar Kahana dit : en général si un homme prend un sac de pièces et qu’il retourne le sac, n’est-ce pas que les pièces vont se répandre ? Et voilà que l’enfant reste dans le giron de sa mère, et le Saint, béni soit-Il, fait qu’il ne tombe pas et qu’il meurt. N’est-ce pas une louange exprimée par « Tu m’as octroyé vie et bonté… «  ? Lévitique chapitre 12 1-« L’Éternel parla à moïse en ces termes :  Parle ainsi aux enfants d’Israël : lorsqu’une femme, ayant conçu, enfantera un mâle, elle sera impure durant sept jours, comme lorsqu’elle est isolée à cause de sa souffrance. Au huitième jour, on circoncira l’excroissance de l’enfant. Puis, trente-trois jours durant, la femme restera dans le sang de purification : elle ne touchera à rien de consacré, elle n’entrera point dans le saint lieu, que les jours de sa purification ne soient accomplis. Si c’est une fille qu’elle met au monde, elle sera impure deux semaines, comme lors de son isolement; puis, durant soixante-six jours, elle restera dans le sang de purification. Quand sera accompli le temps de sa purification, pour un garçon ou pour une fille, elle apportera un agneau d’un an comme holocauste, et une jeune colombe ou une tourterelle comme expiatoire, à l’entrée de la Tente d’assignation, et les remettra au pontife.Celui-ci les offrira devant le Seigneur, fera expiation pour elle, et elle sera purifiée du flux de son sang. Telle est la règle de la femme qui enfante, qu’il s’agisse d’un garçon ou qu’il s’agisse d’une fille. Si ses moyens ne lui permettent pas d’offrir un agneau, elle prendra deux tourterelles ou deux jeunes colombes, l’une pour holocauste, l’autre pour expiatoire; et le pontife fera expiation pour elle, et elle sera purifiée. »

Abraham Ibn Ezra dit : Lorsqu’une femme, ayant conçu, après avoir terminé les lois de pureté et d’impuretéconcernant la nourriture, la Torah mentionne les lois de l’impureté de l’homme; et ellecommence par la femme qui accouche, car la naissance constitue le début (de la vie). Lévitique Rabba chapitre 14 « Certes, j’ai été enfanté dans l’iniquité, et c’est dans le péché que ma mère m’a conçu » (Ps 51, 7). Rav Aha remarque que le mot Avon(iniquité) est écrit plein (avec deux vav) pour t’enseigner que le plus pieux des pieux ne peut concevoir sans un désir. David a dit au Saint, béni soit-Il : « Maître du monde, est-ce que mon père a voulu me faire naître ou a-t-il voulu se satisfaire lui (dans l’acte intime) ? (Réponse) : Sache qu’il en est ainsi : au moment de la relation chacun tourne son visage vers un côté et Toi tu fais rentrer chaque semence (les parents sont pris par leur désir, mais D.ieu s’occupe de la semence qui donnera la vie de l’enfant).Et c’est ce qu’a dit David : « car mon père et ma mère m’ont abandonné, mais D.ieu m’a rassemblé« .La conception d’un enfant est un acte d’amour entre un homme et une femme. Le mariage commence d’abord par l’amour réciproque entre un homme et une femme, puis l’enfant naîtra de cet amour. Sans le désir minimal de l’un vers l’autre, aucune relation intime, ni aucune conception ne pourrait avoir lieu (dans de bonnes conditions). Ce thème se trouve exprimé dans le Midrach. Le Talmud affirme que lorsqu’une femme est enceinte, l’enfant à naître reçoit l’enseignement de toute la Torah. Quand il naît, « un ange frappe l’enfant sur sa lèvre supérieure » et il ou elle oublie tout. Cela signifie néanmoins que, profondément enfouie en l’enfant, demeure la conscience de toute la Torah. Chaque Juif, homme ou femme, possède ce niveau profond de savoir et de reconnaissance. La vie est un processus de remémoration et les schémas imposés d’en haut, qui nous font intégrer « de force » des schémas de vie juive, ne font en réalité que susciter notre reconnaissance profonde, notre propre choix d’être un Juif vivant.

La naissance est un mystère extraordinaire que l’homme malgré les progrès scientifiques, n’arrive pas à égaler.Penchons nous sur la question de savoir pourquoi D.ieu a créé l’homme, pourquoi D.ieu a créé le monde et pourquoi, le monde une fois créé, D.ieu ne l’a t-il pas créé parfait sans mal et sans souffrance ? La Michna répond à cette question dans le Traité Avot.  » Le monde a été créé par dix paroles. Mais D.ieu n’aurait-il pas pu créer le monde en une seule parole ? Certainement, mais c’est pour donner un salaire aux justes qui font exister et subsister un monde créé par une parole« . Notre monde a été créé graduellement, étape par étape, et dans cet univers, l’homme a une mission très importante.Hachem lui a confié la tâche de croître, de se multiplier, de conquérir le monde et de protéger la nature. Nous pouvons donc en déduire que l’être humain est associé à l’oeuvre de la création. Un Midrach raconte:  » Un Romain avait posé la question à un sage d’Israël: qu’est ce qui est plus beau, l’oeuvre divine ou l’oeuvre humaine ? Le sage répondit:  » l’oeuvre humaine » Comment est-ce possible ? Le Rabbin prit du lin brut et un vêtement. Lequel des 2 est le meilleur ? Le vêtement, bien sûr, répliqua le Romain.

Ce que l’Eternel a fait doit être perfectionné par l’homme, comme il est écrit dans la prière du Kiddouch:          »D.ieu a créé pour que nous fassions« . L’homme continue l’oeuvre du Créateur: nous sommes associés à D.ieu dans l’oeuvre de la création du monde. On peut aisément admettre que l’homme n’aurait pas été heureux dans un monde parfait. Le Talmud de Jérusalem affirme ainsi qu’un être humain a honte de manger de la nourriture qu’il n’a pas méritée par son labeur. Rabbi Yossef Caro appelle cette nourriture le pain de la honte. Car travailler et gagner son pain à la sueur de son front est justement ce qui donne au pain sa véritable saveur.Ce n’est que grâce à notre apport que la perfection pourrait être atteinte. Le mal et le désordre existent sur terre. D.ieu, qui a créé le monde , nous a accordé le plus grand des mérites : lui donner la dernière touche, celle de la perfection. Ramhal explique que le monde a été créé à un niveau très bas afin qu’il nous soit possible de l’améliorer. En fait, le summum de la Création n’est autre que le libre arbitre. Cela consiste à faire le bien, non pas comme une contrainte qui nous serait imposée, mais comme une décision volontaire mue par une profonde réflexion. L’homme a été créé avec cet instinct du mal afin qu’il puisse le détruire et le sublimer. Ce n’est donc que l’existence du mal qui permet d’atteindre un bien supérieur. Et c’est là le plus grand des bonheurs.

Qu’en est-il de notre communion avec D.ieu ? Dans la Gemara Massekhèth Sanhédrine (22a) (notamment) il est dit : »Celui qui prie doit se voir lui-même comme étant tout proche de la Présence divine.  » selon qu’il est écrit : » Chivithi Hachem leNegdi Tamid « ). (Je me représente en permanence Hachem devant moi…) (Tehimim 16. 8) Cette phrase est si importante qu’il nous est recommandés de la placer à tous les endroits possibles pour nous rappeler cela. La note en français dans le Pata’h Eliahou (pour les sefarades), à la page 107 concernant l’après Chaharit va dans ce sens. Est-ce que nous sentons Hachem proche de nous, ou est-ce que nous nous sentons comme en nidda ? Nul besoin d’être un grand mystique, et c’est là le but de tout Juif. Ne nous donnons aucun repos jusqu’à ce que nous ayons trouvé cette communion véritable avec Hachem. Ce n’est qu’à travers la lutte qu’elle mène ici-bas que l’âme peut s’élever plus haut De la même façon qu’une femme se renouvelle chaque mois, le peuple juif se renouvellera au temps de sa rédemption, qui verra l’apogée de son union suprême avec D.ieu. Quel que soit le haut degré spirituel qu’une personne puisse atteindre, elle n’est pas purifiée tant qu’elle n’est pas “sortie”, tant qu’elle n’agit pas sur “l’extérieur”. Selon la Torah,cependant, on est purifié au moment où on sort du mikvé et non lorsque l’on s’y trouve immergé. Ainsi, le but ultime de notre élévation spirituelle, nos « montées », n’est pas de se retirer du monde, c’est la création  « faire une demeure pour D.ieu dans les mondes inféreurs », c’est-à-dire agir sur « l’extérieur », en amenant la sainteté dans les niveaux les plus bas de la réalité. Malgré le haut degré spirituel qu’une personne puisse atteindre, elle n’est pas purifiée tant qu’elle n’est pas «sortie », tant qu’elle n’agit pas sur « l’extérieur ».

En pratique, cela signifie que « l’essentiel est dans l’action » : l’action dans le monde, dans le raffinement de son propre être intérieur, et aussi de sa propre part du monde, pour faire « une demeure pour D.ieu ». Tout comme l’état d’élévation du Chabbat est appelé la « source de bénédiction » pour la semaine, et Roch ‘Hodech l’est pour le mois, la purification de la personne au mikvé doit imprégner ses pensées, ses paroles et ses actions après qu’elle sera sortie du mikvé. L’accomplissement des mitsvote procure les  « vêtements » de l’âme. Le moment de la conception est crucial, la disposition d’esprit et la pureté des parents déterminent, dans une grande mesure, les « vêtements » que l’âme de l’enfant conçu portera. En somme, non seulement les lois de la Pureté Familiale ont-elles une signification profonde, mais, comme l’explique le Rabbi de Loubavitch, l’accomplissement de cette mitsva a une influence directe et profonde sur la santé spirituelle et physique de nos enfants et, par extension, sur toutes les générations du peuple juif pour l’éternité.

La purification similaire à la touma de la nidda (impureté menstruelle de la femme) est l’occasion d’aborder la question selon des sens élevés et abordables à la fois. Sans aborder le coté technique (ôna, comment le calculer …etc., ce reporter au Choul’hane Aroukh), cela donne toujours une autre dimension à l’accomplissement de la mitsva, quand on comprend un peu du sens profond qu’elle véhicule. Pour la nidda, nous trouvons un principe commun avec roch ‘Hodèch (ce Chabbat ce sera d’ailleurs Roch ‘Hodèch), un temps d’éloignement entre l’homme et la femme. Dans Chir HaChirim, Hachem est le » ‘Hatane » et son peuple est la « Kala« , comme dans le couple, dans l’histoire du peuple Juif, il y a eu des périodes de proximité et d’éloignement. Nos prophètes nous ont parlé de cela, par exemple, Isaïe (chapitre  59: 1-9) « Voici, la main d Hachem n’est pas devenue trop courte pour délivrer, ni son oreille trop appesantie pour entendre; mais vos iniquités ont fait séparation entre vous et votre Eloqim, et vos péchés ont fait qu’il a caché de vous sa face, pour ne pas écouter. Car vos mains sont souillées de sang, et vos doigts, d’iniquité; vos lèvres ont dit des mensonges,   votre langue a murmuré l’iniquité ;  il n’y a personne qui invoque la justice, et personne qui plaide en jugement avec intégrité; on se confie dans le néant, et on parle avec fausseté ; on conçoit l’oppression, et     on enfante l’iniquité. Ils font éclore des oeufs de serpent, et ils tissent des toiles d’araignées, celui qui mange de leurs oeufs mourra, et si l’on en écrase un, il en éclot une vipère. Leurs toiles ne deviendront pas des vêtements, et ils ne se couvriront point de leurs oeuvres ; leurs oeuvres sont des oeuvres d’iniquité, et des  actes de violence sont dans leurs mains. Leurs pieds courent au mal, et se hâtent pour verser le sang innocent; leurs pensées sont des pensées d’iniquité; la destruction et la ruine sont dans leurs sentiers; le chemin de la paix, ils ne le connaissent pas, et il n’y a pas de rectitude dans leurs voies ; ils ont perverti leurs sentiers ; quiconque y marche ne connaît pas la paix. C’est pourquoi le juste jugement est loin de   nous, et la justice ne nous atteint pas ; nous attendons la lumière, et voici les ténèbres ! la clarté, et nous marchons dans l’obscurité« .Voilà des paroles (que l’on peu juger dures) de nos prophètes. Que diraient-ils aujourd’hui ? Parlons de la Kala et   de son ‘Hatane. Donc des temps d’éloignement ou Hachem nous considéra comme Nidda, puis des temps   de proximité. De même, à Roch ‘Hodèch, il y a cet aspect croissant et décroissant et surtout « renouvellement » et ce renouvellement passe par la téchouva qui change le mazal (destin). Mais le qahal (le rassemblement) passe par chacun d’entre nous  et nous n’avons pas à attendre que cela change du coté du rassemblement pour changer de notre côté. Le tiqqoune ôlame (réparation du monde) commence par nous-mêmes, et nous ne devons pas attendre les autres qui attendent après nous, à nous de commencer sans attendre.

Dans le livre de l’Ecclésiaste (I, 9), nous lisons le jugement que porte son auteur en disant « il n’y a rien de nouveau sous le soleil »..On n’arrive à une telle conclusion que si l’on ne prend pas en compte l’idéal d’une vie future. Or, les prophètes nous assurent toujours que l’avenir sera meilleur.. Chacun des trois grands prophètes, Isaïe, Jerémie et Ezechiel savait faire ressortir le renouveau qui interviendra dans la perspective du futur et les promesses se complétant les unes les autres. Il en ressort, que l’ère messianique n’apportera pas seulement des modifications externes : la cessation de la haine contre Israël, le règne de la paix à travers le monde et l’honneur rétabli au bénéfice d’Israël. La révolution messianique ne consistera pas uniquement dans le changement des circonstances, par rapport à la société et à l’histoire. Même l’individu vivant dans la société, subira des changements, et au lieu d’un coeur de pierre, à la place de l’indifférence envers autrui et même envers D.ieu, sera créé un coeur nouveau, un coeur sensible, naîtra un « coeur de chair ». C’est à partir de là que débute l’espérance d’une réussite différente pour la vie future. Il ne suffira pas de modifier les conditions de vie du peuple. Il s’agira d’un changement radical et profond dans l’âme humaine. Par ce moyen, il sera possible d’assurer que le mauvais penchant de l’homme habitué à faire le mal contre ses semblables et à trahir D.ieu, cessera d’exister.

Ezéchiel, dans son livre, revient à trois reprises sur cette idée. 1° Le prophète s’adresse à ceux que l’on appelle « les habitants de Jérusalem, dont il dit qu’ils se sont éloignés de D.ieu, alors que c’est à eux que fut donné le pays en héritage. Il console les exilés qui seront les seuls à mériter la terre d’Israël et il leur dit : « Ils y viendront et ils enlèveront toutes les abominations et toutes les horreurs. Et je leur donnerai un seul (un autre coeur) cœur, et je mettrai parmi vous un esprit nouveau ; j’ôterai le coeur de pierre de leur corps et je leur donnerai un coeur de chair, afin qu’ils suivent mes lois, qu’ils observent mes prescriptions et les accomplissent, et ils seront pour moi un peuple et je serai pour eux un D.ieu » (Ezéchiel 11, 18-20). 2° Dans le recueil de consolations débutant au chapitre 34 de son livre, Ezéchiel parle de purification par des eaux pures versées sur le peuple, et il vise par là le renouveau par la pureté. Parlant d’un coeur nouveau, il veut mettre l’accent sur un renouveau religieux général et fondamental, ne concernant pas uniquement l’abandon de l’idolâtrie. mais également le renouveau du coeur et de l’esprit, permettant d’insuffler l’esprit de D.ieu dans le peuple. 3° Mais ce qui apparaît dans ces deux passages en tant que promesse, comme étant le changement que D.ieu fournira comme un don d’amour pour la fin des temps, ressort mieux dans le chapitre consacré à la rétribution, question ayant beaucoup préoccupé la génération du prophète. Il s’agit du chapitre 18, verset 31, où en parlant du présent, il demande non seulement l’abandon des pratiques idolâtres, mais formule une demande plus générale en disant : « Rejetez loin de vous tous les péchés que vous avez commis, faites-vous un coeur nouveau et une âme nouvelle, et pourquoi mourriez-vous, maison d’Israël ? » En parlant du coeur nouveau demandé à l’homme, s’agit-il d’une demande faite à l’homme sans que celui-ci puisse changer quoi que ce soit ou au contraire a-t-il un pouvoir sur lui-même ? A cela répond très nettement un texte de la TORAH. Il est écrit en effet : « Et l’Eternel, ton D.ieu, circoncira ton coeur, et celui de ta postérité, pour que tu aimes l’Eternel ton D.ieu, de tout ton coeur et de toute ton âme, et assures ton existence. » (Deut. 30,  6).

Moïse lui-même avait déjà annoncé pareille transformation en disant : »Supprimez donc l’impureté de votre coeur, et cessez de raidir votre cou. » (Deut. 10 16) Nous voyons ainsi que la plupart des promesses annoncées par les prophètes, tant matérielles que spirituelles et psychologiques, ne concernent pas uniquement des annonces et des assurances solennelles pour un avenir lointain, mais elles engagent le peuple à faire des efforts personnels en vue d’atteindre ces objectifs. Pour ce qui est du coeur et de l’esprit nouveau, nous avons l’exemple de David. Il pourrait servir de modèle permanent pour toutes les générations, pour ce qui est de la pénitence. Il a demandé la même faveur à D.ieu en disant après avoir reconnu sa faute (mort d’Urie, époux de Bethsabée qu’il convoitait) : « O D.ieu, crée en moi un coeur pur, et fais renaître dans mon sein un esprit droit. Ne me rejette pas de devant ta face, ne me retire pas ta sainte inspiration. » (Psaumes 60, 12-13). Ainsi, à partir de l’indication de la Torah, le Roi David avait compris la nécessité de faire un effort personnel, mais la promesse biblique vient nous enseigner qu’il nous faut aussi l’aide céleste pour avoir la force de dominer le penchant qui nous entraîne au péché. La Agada, à propos de ce renouveau du coeur, compris dans un sens plus limité par Ezechiel relatif aux péchés que l’homme commet envers D.ieu, voit un aspect élargi au mauvais penchant en général. Les maîtres du Midrach rattachent l’expression « coeur nouveau » exigé par la Torah au renouveau des coeurs tel que le voit Ezechiel et tel qu’il ressort de la prière de David.

Voici ce que nous dit le Yalkout Chimoni sur Ezéchiel, (rèmèz 375) : « Rabbi Avira, et selon certains, Rabbi Jozué, fils de Levi disent : Il existe 7 noms pour définir le mauvais penchant : D.ieu l’a intitulé RA = mauvais, car il est écrit : car les conceptions du coeur de l’homme sont mauvaises dès son enfance. (Genèse 8, 20). Moïse l’a surnommé « le prépuce », « supprimez donc le prépuce, l’impureté de votre cœur » (Deut. 10, 16). David l’a nommé « l’impur » en disant : « crée en moi un coeur pur » (Psaumes 60, 12), ce qui laisse entendre qu’il peut être impur. Le Roi Salomon l’a considéré comme un « ennemi », en disant : « Si ton ennemi a faim, donne lui à manger » (Proverbes 25, 21). Sur ce verset, Rachi souligne « si le mauvais penchant te tente, va étudier la Torah et t’abreuver à elle. » Isaïel’appelle « l’obstacle« car dit-il : « Enlevez tout obstacle de la voie de mon peuple » (Isaïe 67, 14). Ezechiel le surnomme « pierre », en disant : « j’ôterai le coeur de pierre de votre chair » (Ezechiel 36, 26). Enfin Joël l’appelle « le fléau du Nord » en disant : « et ce ( fléau) du Nord je l’éloignerai de vous ». Chez Jerémie, nous trouvons un changement radical. Il annonce que dans le futur, le rapport à la Torah et à D.ieu va se modifier, comme si l’ancienne alliance allait faire place à une nouvelle alliance.

Ce n’est en aucun cas le contenu de la Torah qui va changer, mais le rapport à elle de la part de ceux qui vont l’accomplir. La foi sera désormais d’une autre nature. Les commandements de la Torah feront l’objet d’une demande constante émanant de D.ieu, adressée à Son peuple, et c’est aussi ce qui se produira dans le futur.   Elle deviendra également une exigence de la part de l’homme, comme si elle était spontanée. C’est ce qui ressort du texte suivant : « Voici des jours vont venir, dit le Seigneur, où je conclurai avec la maison  d’IsraëlL et la maison de Juda une alliance nouvelle, qui ne sera pas comme l’alliance que j’ai conclue   avec leurs pères le jour où je les ai pris par la main pour les tirer du pays d’Egyte,  alliance qu’il ont  rompue, eux, alors que Je les avais étroitement unis à Moi, dit le Seigneur, mais voici quelle alliance je conclurai avec la maison d’Israël, au terme de cette époque, dit l’Eternel : je ferai pénétrer ma foi en eux, c’est dans leur coeur que je l’inscrirai : je serai leur D.ieu et ils seront Mon peuple.(Jerémie 31, 31-33). Selon Abrabanel, il ne s’agit pas d’une « nouvelle alliance », mais d’une alliance inscrite dans les coeurs pour qu’elle ne les quitte plus, s’agissant bien entendu de la Torah telle qu’elle fut donnée par Moïse. C’est ce que souligne le Yerouchalmi sur Meguila, chapitre I, hala’ha 1 en disant que même si les livresprophétiques venaient à disparaître à la fin des temps, la Torah resterait toujours la même. Mais Abrabanel veut mettre l’accent sur le fait que cette notion d’alliance nouvelle pourrait poser beaucoup de questions. Il considère qu’à l’avenir, D.ieu donnera une nouvelle alliance à Son peuple, ce qui irait à l’encontre de l’idée traditionnelle selon laquelle la Torah qui nous fut donnée au Sinaï est immuable, aussi bien dans son expression que dans le temps. Et d’ajouter : « nos ennemis n’ont jamais cessé de nous combattre à ce sujet. » En se référant à un commentaire sur cette notion de nouvelle alliance que suggère Jerémie, nous devons nous souvenir de cette interpellation de Malakie 3, 22,disant : «Souvenez- vous de la Loi de Moïse, Mon serviteur que je lui ai ordonnée au Horeb, à tout Israël, en lui donnant des décrets et des lois. »

Sur ce passage, Radak est formel en déclarant : « le renouveau de la loi ne signifie pas changement mais accomplissement. » Les changements que prévoient les trois grands prophètes, seront des changements intervenant dans le coeur et dans l’esprit des hommes. Pour Ezéchiel, il s’agira d’un changement radical dans les rapports entre le peuple élu et D.ieu, d’une sorte de spontanéité. Pour Jerémie, la Torah sera perçue comme une Loi du coeur, autonome et non imposée. Pour Isaïe enfin, le sort du peuple d’Israël passera du malheur à la joie, et de plus, le peuple trouvera la force d’amener les justes des nations à la connaissance du Créateur. A cette idée classique de délivrance viennent s’ajouter d’autres points importants, concernant les changements qui interviendront à la fin des temps. Dans l’ère messianique, tout se renouvellera. Ainsi, on trouvera des noms nouveaux pour la Terre d’Israël et pour Sion. Ils auront pour motifs les modifications intervenues entre la période de l’exil et ses souffrances et celle qui entraînera le bonheur de la délivrance. Ainsi, lisons-nous : « et on t’appellera d’un nom nouveau, qu’aura désigné la bouche de l’Eternel. Et tu seras une couronne glorieuse aux mains de l’Eternel, et un diadème royal dans la paume de ton D.ieu. Tu ne seras plus nommée la Délaissée et la terre ne s’appellera plus Solitude ; toi, tu auras nom Celle que j’aime, et ta terre se nommera l’Epousée ; parce que tu seras la bien-aimée de l’Eternel, et parce que ta terre connaîtra les épousailles ». (Isaïe 62, 2-4). Mais nous savons que rien dans la Torah ne sera modifié. La seule chose que nous devons modifier, c’est notre comportement pour tenter par là même d’influencer nos contemporains, pour préparer avec eux les jours meilleurs annoncés par nos prophètes.

Chaque détail appartenant à notre monde humain a son parallèle au niveau spirituel. L’apogée des relations humaines se trouve dans celle qui unit l’homme et la femme dans le mariage. Avec l’aide de D.ieu, le mariage conduit à la naissance des enfants.Dans divers passages de la Torah, l’image du mariage est utilisée pour décrire la relation qui unit le Peuple Juif à D.ieu. La plus célèbre d’entre elles se lit dans le Cantique des Cantiques du Roi Salomon. La «  bien aimée  » qu’on y trouve est le Peuple Juif qui entretient une relation complexe avec D.ieu : parfois, il s’éloigne de Lui, parfois il s’en rapproche. Le Prophète Isaïe utilise également une métaphore similaire : La femme qui donne naissance à un enfant mâle : « Quand une femme conçoit et porte un fils ». Habituellement ce passage par son sens littéral. Si c’est un garçon, l’enfant doit être circoncis, et garçon ou fille, la mère se doit d’apporter une offrande au Temple, en général deux colombes. Elle apporte son don 40 jours après la naissance, si c’est un garçon et 80 jours plus tard, si c’est une fille. Ces colombes constituaient les offrandes les plus populaires apportées au Temple de Jérusalem.

Le grand Sage marocain, Rabbi ‘Haïm ben Attar (auteur du commentaire Ohr Ha’haïm sur la Torah, 1696-1743) suggère une autre manière de lire ce texte. Tout comme dans le Cantique des Cantiques ou dans Isaïe, la femme représente le Peuple Juif : à travers une relation accomplie entre le Peuple Juif et D.ieu, naît un enfant. Rabbi ‘Haïm explique que la naissance symbolise la Rédemption. Le sens de plénitude et d’accomplissement que ressent un couple lorsqu’il a un enfant reflète la très grande réalité spirituelle dont un Peuple Juif, libre et indépendant, fait l’expérience lorsqu’il est enfin capable de servir D.ieu d’une façon complète. Notre histoire nous présente un certain nombre d’exemples de rédemptions. Il y a plus de 3 300 ans, il y eut la rédemption d’Egypte. Alors que nous vivions en Terre d’Israël, nous avons souvent subi les attaques et les persécutions de nos voisins et D.ieu nous en délivrait. A l’époque de Pourim, nous avons miraculeusement échappé à une menace d’extermination. Nous avons été libérés de Babylone et sommes revenus en Terre d’Israël où nous avons construit le Second Temple. Quelques siècles plus tard, nous avons été sauvés de l’oppression grecque, à l’époque de ‘Hanoucca , etc…

Le problème était , à chacun de ces moments de rédemption, qu’ils étaient suivis d’une nouvelle phase d’exil. Notre espoir et notre foi sont dans la Rédemption ultime, qui sera permanente et totale. Cela mettra fin à tout conflit, pour nous, le Peuple Juif, mais aussi à l’échelle du monde entier. Rabbi ‘Haïm explique que cette rédemption permanente est symbolisée par la naissance d’un garçon décrite au début de la paracha. Le mâle est physiquement plus fort et cette force dénote la permanence de la Rédemption. Comment y parvenir ? Quand la femme, le Peuple Juif, « conçoit ». La graine est semée dans le sol et cette ensemencement représente notre service de D.ieu dans notre monde matériel. En fait, il existe des idées merveilleuses, des sentiments et des états de conscience auxquels nous devrions aspirer, mais la base réelle de toute chose est la réalité pratique de l’observance des commandements de la Torah dans notre vie quotidienne, comme manger des aliments cachers, donner la charité ou observer le Chabbat. Ces réalités concrètes créent le lien tangible avec D.ieu qui mène à la naissance et comme conséquence de la naissance, à l’expérience merveilleuse d’apporter des offrandes au Temple, et pour l’humanité dans son ensemble, à l’accomplissement du but de la Création.(Adaptation libre de Likoutei Si’hot, vol. I, p. 236-9)

Les cérémonies qui entourent le grand moment de la naissance et l’idée de la Brith Milah, l’Alliance de la Circoncision, qui crée un lien particulier entre D.ieu et l’enfant mâle nous sont expliquées dans la paracha.. Les Sages nous disent qu’une fille est considérée comme née avec la circoncision. C’est pourquoi chaque Juif entre dans le monde avec un lien tout particulier avec D.ieu. Il est courant que cette Paracha soit lue pendant le mois de Nissan, un mois joyeux, inextricablement lié avec Pessa’h et la Rédemption d’Égypte. Cet événement constitua en fait, la naissance du Peuple Juif. L’Exode est décrit en ces termes par le Prophète Ezéchiel. Il utilise l’allégorie de la naissance pour décrire toute l’expérience du Peuple Juif quittant l’Égypte, errant dans le désert tout en mettant sa foi exclusivement en D.ieu, et finalement son développement en une nation mûre servant D.ieu par la Torah et ses commandements. Nous trouvons également des enseignements comparant notre expérience ultérieure d’exil à un état de grossesse. L’enfant pas encore né, est entièrement formé, mais il ne fonctionne pas encore comme un être humain normal. Il possède des yeux et des oreilles, mais il ne peut ni voir ni entendre. De la même façon, le Peuple Juif, ne peut fonctionner convenablement, en utilisant pleinement sa stature et sa sensibilité spirituelles. Alors qu’ils sont toujours en exil, ils accomplissent les mitsvote, mais ils ne sont pas véritablement conscients de leur importance. C’est pour cette raison que de nombreuses personnes n’ont pas encore pris la mesure de l’importance de les observer. Si nous avions la conscience d’une personne mûre, c’est avec allégresse que chacun d’entre nous s’y livrerait de plein cœur ! Comme dans le cas d’une mère qui attend un bébé devant naître de façon imminente, nous aussi attendons avec impatience la renaissance et le renouvellement du Peuple Juif et du monde, avec la venue de Machia’h. L’attitude adéquate pendant ces derniers instants est l’accomplissement des mitsvote, l’étude de la Torah et tout particulièrement l’amour de chacun. C’est ainsi que nous parviendrons à la naissance et la renaissance, pour le bien de l’humanité toute entière.

Le trésor atteint une nouvelle fois est celui-ci : le talmud utilise à nouveau la règle de « sémikhoute happarachiyote » et constate que cette paracha Tazriâ qui traite de la relation sexuelle et de la pureté se trouve à proximité immédiate du verset précédent qui demande de « distinguer » (lehavdil) entre l’impur et le pur, entre la bête cachère que l’on peut mangeret la bête non cachère que l’on ne doit pas manger. Ce qui veut nous signifier que ceux qui se comporteront dans la relation sexuelle selon ces enseignements de la Torah qui « distinguent » les périodes et qui « distinguent » ce qui estdu domaine de la qédoucha (sainteté) et ce qui ne l’est pas et vivent ainsi la relation sexuelle et le couple selon l’enseignement ci-dessus, auront des enfants qui leur ressembleront dans la sainteté et qui seront des maîtres véritables capables de « distinguer » dans l’étude de la Torah, de l’analyser, de la comprendre jusqu’à la halakha, et d’enseigner. Il ne s’agissait donc pas en réalité du sexe des enfants mis au monde. Ribbi Yehoshua ben Lévi le dit explicitement dans le Talmud. Ribbi Yo’hanane dit que celui qui fait la « havdala » à la sortie du Chabbat sera dans le même cas, car c’est le même mot et, donc, il parle de la même réalité. Le Tour ne parlait pas là de « morale » au sens étroit, mais il nous indique la nature de l’être et du moment; c’est seulement à cause de cela que découle une morale, une façon de se comporter que l’on appelle moussar, en hébreu). Le Tour fait l’observation suivante : le premier enseignement de la paracha Tazriâ (Vayiqra 12, 1) est mis à proximité du paragraphe (Vayiqra 11, 44) qui traite de la sainteté que Hachém va transmettre à l’homme. (Note – on appelle cela des « parachiyote sémoukhote » ou la règle de « sémikhoute happarachiyote« , jonction de deux parachoyote que décrit Rachi en Dévarim 21, 22. Cela veut dire qu’il faut interpréter le second passage d’après le sens du premier). – le Tour en conclut qu’il faut se sanctifier, se faire qadoche, être dans la qédoucha à l’heure de la relation sexuelle. On comprend alors pourquoi le Cantique des Cantiques utilise ces images sexuelles; ce n’est pas du symbolisme, ni de l’anthropomorphisme; il est parlé en ces termes parce que c’est l’expression la plus juste et la plus reliée à la qéddoucha (sainteté) dont il est traité alors. Et c’est pour ce motif que le Cantique des Cantiques est, en sa brièveté, central ; il porte, disent nos Sages, tous les secrets de la Torah.

(Sources : CISU Belgique – iquebec.ifrance.com/beit-shalom/613.htm – Susan Handelman Tali Löwenthal, Chabad.org, Massorti – Grand Rabbin Alain Goldman, Communauté online – Akadem – Rav Dufour, Modia)

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Les différentes études et la paracha de la semaine avec Modia :

1. PARACHA DE LA SEMAINE – Nous sommes vers ce futur Chabbate dans la 26e paracha de la Torah et la 3e paracha du 3e livre de la Torah, Vayiqra (Le Lévitique). Elle se nomme : Chémini: Au huitième jour Vayiqra (Lévitique) 9, 1 – 11, 47

La méthode d’étude par le coeur
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Sens global de la paracha à travers les thèmes principaux et les mitsvotes. La paracha Chémini continue à mettre en oeuvre la restauration de l’univers et des humains à travers l’ordonnancement de la vie du Temple. C’est bien notre préoccupation à tous, à l’époque que nous traversons où les peuples veulent réorganiser le monde pour ce qu’ils croyent être le bien (hier les bienfaits de la « civilisation occidentale » par le colonialisme, puis le communisme, puis l’existentialisme, puis le tiers-mondisme, pour aujourd’hui le mondialisme, puis l’islamisme, etc.)
et toujours par un moyen: la domination, l’intolérance, la cruauté des armes et de l’extermination économique. La Torah assume ce besoin de l’homme d’atteindre « le grand soir » (le Zohar en parle de ce mythe pour en déjouer l’illusion) et parvenir, au delà de la semaine, au 8e jour du bonheur absolu. Le judaïsme a sa réponse aussi, mais non pas par la force des armées ni par la corruption en politique qui jubile dans de nombreux pays occidentaux ou autres. Mais il s’agira bien, cependant, d’assumer nos pulsions sanguinaires car elles existent chez tous les humains sans exception.
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Et cette étude en anglais de la paracha (pour vos amis anglophones): CLIQUEZ ICI

 

2 – Nous sommes dans le merveilleux mois de Adar 2. Voyez ici  tout ce qui se passe chaque jour de ce double mois et le sens de cela dans l’histoire, dans les textes et dans les vies, chez les Sages de vos traditions, le tout avec références, lien à la vie et photos.  CLIQUEZ ICI

3 Dès maintenant, préparons la Fête de Pessa’h pour en faire une vraie réussite intérieure (c’est encore bien plus important que le nettoyage des saletés externes) :
en 2014-5774, Pessah se déroule le soir du 14 avril, 14 Nissane
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4 – NOUS NE SOMMES PAS DES TÉMOINS EXTERNES AU DUO D’AMOUR DIVIN. LISEZ DONC AUSSI LES POÈMES DE « NOTRE PARTICIP ATION DIRECTE DANS CE DUO D’AMOUR ».
Et 3 nouveaux poèmes sont insérés ; les voici :
Ton silence cliquez ici
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Toutes les religions cliquez ici

5 – Prières nécessaires pour la réussite qui tarde encore des recherches sur la maladie extrêmement douloureuse (avec accroissement continu des douleurs et troubles) de Nadra que les lecteurs de Modia soutiennent avec fidélité. En équipe avec plusieurs bénévoles de grand coeur et fidèles à cette action, nous luttons avec elle pour sa subsistance et le paiement des nombreux soins et aides dont elle a besoin. Et tous les envois de dons par les lecteurs de Modia lui sont intégralement versés sans aucun prélèvement.
Elle touchait de l’Etat seulement 1 600 chékels par mois et on vient de réduire à 1100 (soit 229 euros par mois, un scandale).
Donc, seule l’aide externe que nous organisons peut l’aider à survivre. Hélas, après notre dernier appel nous n’avons reçu pour lui transmettre que 2 petits dons, ce fut un choc pour nous et en contradiction avec les multiples et incessantes lettres de remerciement que nous recevons pour ce que Modia apporte aux lecteurs. Finalement, je renouvelle donc cet appel, merci pour elle et pour cela, dans la générosité, nous devons imaginer ce que serait notre vie dans ces conditions que seuls des bénévoles peuvent sauver, et la bénédiction vous en reviendra.
Lisez le lien ci-dessous:

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Rav Yehoshua Ra’hamim Dufour

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Le jour juif commence la veille au début de la nuit ; il se termine au coucher du soleil.  En tous cas, l’allumage des bougies de chabbate ne doit pas se faire plus tard que 18 minutes avant le coucher du soleil. (Source : Modia)

Il est indispensable de lire la traduction en français de chaque paracha avant ce commentaire pour bien le comprendre.

Texte de la paracha dans la Bible hébraïque ici : Lire le texte

26e Paracha : Chémini – « Au huitième jour » Vayiqra (Lévitique) 9, 1 – 11, 47 (Chabbat Para)

Au 8ème  jour (suivant les 7 jours d’inauguration), Aaron ainsi que ses fils commencent leur office de Cohanim, de prêtres. Après que les différentes offrandes ont été présentées, un feu sort de devant l’Eternel et les consume sur l’Autel. Dès lors, la Présence Divine réside dans le Sanctuaire. Les deux premiers fils d’Aaron, Nadav et Avihou, offrent « un feu étranger que D.ieu ne leur avait pas commandé » et meurent devant D.ieu. Aaron demeure silencieux devant ce drame. Suite à cela, Moïse et Aaron sont en désaccord sur un détail de la loi concernant les sacrifices, et Moïse reconnaît qu’Aaron a raison… D.ieu ordonne les lois de la cacherout, désignant les espèces permises à la consommation et celles qui sont interdites. Les animaux terrestres ne sont autorisés que s’ils sont à la fois ruminants et ont le sabot fendu. Les poissons doivent avoir des écailles et des nageoires. Une liste d’oiseaux non cachères est donnée, ainsi qu’une liste d’insectes cachères (quatre espèces de sauterelles). La paracha de Chemini contient également certaines lois relatives à la pureté rituelle qui incluent le pouvoir purifiant du Mikvé (un bassin répondant à des critères spécifiques) et d’une source. Le peuple juif est enjoint de « distinguer entre le pur et l’impur ».

Ce Chabbat porte le nom de « Para », nous dit Samuel Mimoun, nous lirons donc la haftara de la vache rousse. Elle précède toujours Chabbat Hahodech, chabbat précédant roch hodech Nissan. Pourquoi cette lecture, avant roch hodech Nissan ? A l’époque du Temple, chacun avait l’obligation de se purifier de l’impureté venant d’un mort, avant l’arrivée du 14 Nissan, jour du sacrifice pascal. Seules les eaux lustrales (cendres de vache rousse mélangées à de l’eau vive) pouvaient servir à cette purification. C’est pour rappeler à la communauté ceci, que fut instauré Chabbat Para. De nos jours, bien que le Temple soit malheureusement détruit, cette paracha est tout de même lue. L’étude des lois de la vache rousse nous sera comptée comme si nous avons fait l’effort de nous purifier, afin d’accomplir le pèlerinage de Pessa’h. Le rite de purification grâce à la vache rousse est un rite très minutieux, même s’il demeure incompréhensible. Ceci démontre bien l’attachement d’Israël à la Torah. Nous bénéficierons alors d’une protection divine spéciale, Hachem nous purifiant, et nous aidant à nous perfectionner et à nous approcher de lui ! Par ailleurs, la vache rousse vient quelque part expier la faute du veau d’or (la vache étant la mère du veau). La haftara associée à la paracha Para (Ezéchiel 36, 16 et suivants) annonce le processus de purification qui sera restauré lorsque viendra le Messie. Le prophète promet que Hachem « répandra alors des eaux pures [sur les enfants d’Israël], et qu’Il les purifiera de toutes leurs impuretés et de toutes leurs idoles » (36, 25). On remarquera que la purification, selon ce verset, ne sera pas effectuée au moyen d’une immersion dans les eaux d’un miqvé, comme il aurait été naturel, mais au moyen d’une aspersion qui ressemblera à celle que l’on doit employer avec l’eau lustrale contenant les cendres de la vache rousse.

La haftara associée à la paracha Para (Ezéchiel 36, 16 et suivants) annonce le processus de purification qui sera restauré lorsque viendra le Messie. Le prophète promet qu’ Hachem « répandra alors des eaux pures [sur les enfants d’Israël], et qu’Il les purifiera de toutes leurs impuretés et de toutes leurs idoles » (36, 25). Selon ce verset, la purification ne sera pas effectuée au moyen d’une immersion dans les eaux d’un miqvé, comme il aurait été naturel, mais au moyen d’une aspersion qui ressemblera à celle que l’on doit employer avec l’eau lustrale contenant les cendres de la vache rousse. Cette analogie suggère un lien étroit entre la faute et la mort : Le processus de purification des péchés sera semblable à celui par lequel est rétablie la pureté de celui qui a eu un contact avec un mort. Ainsi que l’explique Rachi (Bamidbar 19, 22), la vache rousse est destinée à réparer la faute du veau d’or. Or, nous apprend la Guemara (Avoda zara  5a), lorsque les enfants d’Israël ont reçu la Torah, celle-ci leur a conféré l’immortalité. C’est la faute du veau d’or qui les en a déchus.

 

Le Rav Dufour nous explique que la paracha Chémini continue à mettre en oeuvre la restauration de l’univers et des humains à travers l’ordonnancement de la vie du Temple. C’est bien notre préoccupation à tous, à l’époque que nous traversons où les peuples veulent réorganiser le monde pour ce qu’ils pensent être le bien (hier les bienfaits de la « civilisation occidentale » par le colonialisme, puis le communisme, puis l’existentialisme, puis le tiers-mondisme, pour aujourd’hui le mondialisme, puis l’islamisme, etc…) et toujours par le moyen de la domination, l’intolérance, la cruauté des armes et de l’extermination économique. La Torah assume ce besoin de l’homme d’atteindre « le grand soir » (le Zohar en parle de ce mythe pour en déjouer l’illusion) et parvenir, au delà de la semaine, au 8e jour du bonheur absolu. Le judaïsme a sa réponse aussi, mais non pas par la force des armées. Il s’agira bien, cependant, d’assumer nos pulsions sanguinaires car elles existent chez tous les humains sans exception. Pour cela, la paracha comporte les mitsvotes 150 à 166 qui concernent la réglementation des Cohanim dans le sanctuaire : nous savons que le Cohen est, parmi les Juifs  – le prototype de l’homme rénové – celui qui meut le service désintéressé de la rénovation du monde dans l’ordre bénéfique de la bénédiction. Ainsi est, à son image, le peuple juif au milieu des nations, comme une lumière et comme un Cohen. Que le Ciel nous rende vite ce lieu et sa fonction, comme Il nous l’a promis, pour le bonheur d’Israël et de toutes les nations.

 

Selon le Séfèr ha-hinoukh (mitsva  263),  nous indique le Rav Jacques Kohn, on peut expliquer l’impureté du cadavre humain de la façon suivante : La mort consiste en ce que l’âme se détache du corps, de sorte que celui-ci se trouve désormais privé de toute spiritualité. Entrer en contact avec un mort crée un dommage à la spiritualité de celui qui le touche. L’impureté qui en résulte est là pour nous rappeler que notre corps est destiné à s’unir à l’âme et qu’il doit tendre alors à refuser les tentations terrestres. De la même façon, lors de l’épisode du veau d’or, les enfants d’Israël ont troqué leur relation intime avec Hachem contre un matérialisme avilissant. Cependant, leur brève expérience du mont Sinaï leur a fait prendre conscience qu’il est possible de se libérer de ses pulsions matérielles et tendre à un contact avec Lui. Ezéchiel fait la comparaison entre la purification desfautes et les cendres de la vache rousse. Le prophète nous annonce : « Je vous donnerai un coeur nouveau, et Je mettrai au dedans de vous un esprit nouveau ; et J’ôterai de votre chair le coeur de pierre, et Je vous donnerai un coeur de chair » (36, 26). Ce verset traduit, nous explique Ramban (Nahmanide), le désir de notre peuple d’accomplir la volonté de Hachem. Un jour viendra où le corps et ses pulsions retrouveront leur véritable place : leur effacement au profit de la perfection qu’a connue Adam avant sa faute. C’est alors qu’ils se détacheront complètement des passions physiques.

 

C’était le 1er Nissan 2449 depuis la Création (1312 avant l’ère commune), deux semaines avant le premier anniversaire de l’Exode, le jour où le Sanctuaire devait être érigé et inauguré. En réalité, le Sanctuaire fonctionnait déjà depuis sept jours, mais il s’agissait d’une période d’« entraînement » au cours de laquelle Aharon et ses fils furent initiés à la prêtrise. C’était donc en ce 8ème jour qu’Aharon allait prendre son rôle de Cohen Gadol et que la Présence Divine (la Chekhina) allait résider dans le Sanctuaire. C’est alors que la tragédie frappa. Les deux fils aînés d’Aharon, Nadav et Avihou « offrirent un feu étranger devant D.ieu, que D.ieu n’avait pas ordonné. Un feu jaillit de devant D.ieu qui les consuma et ils moururent devant D.ieu » (Lévitique 10, 1-2) D.ieu ordonna que l’inauguration du Sanctuaire ne soit pas interrompue. Bien qu’Aharon et les deux fils qui lui restaient eussent le statut d’endeuillés du premier jour (onanim), à qui il est d’ordinaire interdit de consommer la viande sainte des sacrifices, ils reçurent l’ordre formel de prendre part à ces offrandes particulières, apportées ce jour en l’honneur de l’inauguration du Sanctuaire. C’est ce que firent Aharon, Eléazar et Itamar.

 

Mais en ce jour, il y avait également une autre offrande, sans relation avec l’inauguration. Il s’agissait de la chèvre apportée le premier jour de chaque mois comme sacrifice expiatoire. Et c’est au sujet de ce sacrifice que se souleva le désaccord entre Moïse et Aharon. Moïse constata que la chair de la chèvre avait été brûlée, comme le requerrait la loi pour une offrande qui, pour quelque raison que ce soit, ne pouvait être consommée. Il demanda avec colère pourquoi ce sacrifice n’avait pas été mangé comme D.ieu l’avait ordonné concernant les autres sacrifices. Aharon expliqua qu’il avait fait une distinction entre Kodchei Chaah, les offrandes ponctuelles commandées par D.ieu pour une occasion exceptionnelle, et Kodchei Dorot, les sacrifices réguliers qui s’appliquent de la même façon pour toutes les générations. Si D.ieu avait ordonné quelque chose concernant l’offrande unique à l’occasion de l’inauguration, argumenta Aharon, il ne fallait pas en déduire qu’il en allait de même pour le sacrifice mensuel. Dans ce cas-là, il convenait d’appliquer les lois ordinaires, qui en interdisent la consommation à un endeuillé. Moïse écouta l’argumentaire d’Aharon et reconnut qu’il avait raison. Il admit que cette distinction lui avait échappé et que la conclusion d’Aharon était juste.

 

« La bienveillance et la vérité se rencontrent ; la droiture et la paix se sont embrassées. »  (Psaumes 85, 11) « La bienveillance », c’est Aharon ; « La vérité », c’est Moïse. « La droiture », c’est Moïse ; « la paix », c’est Aharon. » (Midrache Rabba). Le Grand Rabbin Lord Jonathan Sacks nous explque que tout cela se passait le 1er Nissan 2449 depuis la Création (1312 avant l’ère commune), deux semaines avant le premier anniversaire de l’Exode, le jour où le Sanctuaire devait être érigé et inauguré. Les Sages disent qu’au Ciel, c’était le jour le plus joyeux depuis la création. (Megilla 10b) Chabbad.org  continue l’explication : En réalité, le Sanctuaire fonctionnait déjà depuis sept jours, mais il s’agissait d’une période d’’entraînement ‘  au cours de laquelle Aharon et ses fils furent initiés à la prêtrise. C’était donc en ce jour qu’Aharon allait prendre son rôle de Cohen Gadol et que la Force Divine (la Chekhina) allait résider dans le Sanctuaire.

 

Nous voilà devant une confrontation entre la vérité et la bienveillance, entre la droiture d’un côté, et la paix de l’autre. Moïse, chargé de transmettre la Torah – la vérité par excellence – ne voyait aucune raison de faire la distinction entre Kodchei Chaah et Kodchei Dorot, entre quelque chose qui est justifié par l’occasion unique du moment et quelque chose qui constitue une routine dans le service de D.ieu. Ce qui est vrai et juste est toujours vrai et juste, quelles que soient les circonstances. Aharon, d’un autre côté, était le Grand Prêtre d’Israël, l’incarnation de l’aspiration du peuple à se rapprocher de D.ieu et à Le servir. Il comprenait que le service de D.ieu est l’offrande de tout ce que l’homme possède, le don du meilleur que recèle sa personne subjective. Il était conscient qu’il existe des hauts et des bas dans la vie de l’homme et que ce qui est attendu de lui dans ses moments les meilleurs, les plus inspirés, ne s’applique pas nécessairement à la personne qu’il est dans la vie quotidienne.

 

De là jaillit le conflit. D’un côté se tient Moïse, transmettant la vérité et la volonté divines. Une vérité et une volonté aussi immuables que leur Concepteur. De l’autre côté se tient Aharon, conduisant l’effort du peuple pour s’approcher de cette même vérité et de cette même volonté avec leurs moyens humains : un esprit subjectif pour chercher, un cœur inconstant pour ressentir et des actions soumises aux aléas des circonstances. Et qu’arrive-t-il ? Moïse est d’accord avec Aharon ! La vérité absolue donne la légitimité aux « sous-vérités » d’un monde relatif. Que s’est-il réellement passé ? Comment cette contradiction apparemment insoluble put-elle être résolue ? Ce qui se passa fut que Moïse gagna une compréhension plus profonde de la nature de la vérité. Quand nous observons et discutons de notre propre réalité, résolument subjective, nous utilisons avec facilité l’adjectif « vrai ».

 

Nous parlons de nos « véritables sentiments » et de nos « vrais désirs ». Nous prétendons « vraiment comprendre » quelque chose ou avoir découvert des « faits véridiques » concernant certaines circonstances. Mais si nous définissons « la vérité » comme une réalité absolue et objective, il semblerait que ce terme ne puisse être appliqué qu’à la vérité absolue du Divin. Son emploi dans notre réalité subjective n’est-il qu’un leurre ? Nous mentons-nous à nous-mêmes ? La ‘Hassidout répond par la négative. Le prophète (Jérémie 10, 10) déclare : « D.ieu est la vérité », mais les Maîtres de la ‘Hassidout comprennent ces paroles comme signifiant que non seulement D.ieu est l’essence de la vérité, mais qu’Il est également la source de tout ce qui est défini comme « vrai » dans notre monde. Sa vérité est absolue ; toutes les autres « vérités » sont relatives et n’ont de réalité que celle qu’Il a choisi de leur attribuer. Mais c’est Lui qui crée ces réalités subjectives et, ce faisant, a conféré à leur existence vérité et légitimité. Ainsi, lorsque nous observons des vérités relatives dans Sa création, celles-ci sont des expressions (quoiqu’imparfaites) de Sa vérité universelle, telle qu’elle se manifeste au sein des limites des nombreux « mondes » et réalités qu’Il a créés.

 

En d’autres termes, quand une personne « se donne entièrement », fait son maximum, elle atteint un absolu personnel, quelque chose qui, dans le contexte de son monde subjectif, personnel est vrai. Et toutes les vérités, y compris de telles vérités subjectives, sont l’expression d’une vérité plus profonde qui est la source de leur existence et de leur validité : la vérité de leur Créateur. C’est ainsi que sa vérité personnelle entre en contact avec la vérité de D.ieu. C’est là l’héritage conjoint de Moïse et d’Aharon : nous devons tendre à la vérité, guidés par les directives de la Torah, en utilisant les talents et les ressources dont nous avons été dotés. Nous ne devons pas être dissuadés, dans notre quête, par les limites de notre compréhension, la subjectivité de nos sentiments et la relativité de nos actions. Si nos efforts sont véritables, même « véritables » seulement dans le contexte de notre existence relative, alors « Moïse » concèdera à « Aharon » que sa vérité est une parcelle de la Vérité Absolue à laquelle nous aspirons.

 

L’Écriture appelle l’âme de l’homme « une lampe de D.ieu ». (Proverbes 20,27) La flamme d’une lampe s’élance vers le haut, comme pour se libérer de la mèche et se perdre dans les océans d’énergie qui parcourent les cieux. Mais, alors même qu’elle s’étire vers le haut, la flamme se retient également, resserrant son attache à la mèche et s’abreuvant avec avidité de l’huile de la lampe qui entretient son existence en tant que flamme individuelle. Et c’est cette tension induite par deux énergies contraires, ce vacillement entre l’existence et la dissolution, qui produit sa lumière.Le « feu divin » qui consuma les âmes de Nadav et Avihou est-il ce même feu qui est présent au cœur de chaque âme : le désir ardent de l’âme de se libérer des oripeaux matériels qui l’éloignent de sa Source. Nadav et Avihou « s’approchèrent de D.ieu » et cédèrent à la tentation d’alimenter le ratso de leurs âmes au point que celui-ci submergea leur chov et qu’ils se dégagèrent alors du « cycle » de la vie. Ainsi leurs âmes brisèrent-elles littéralement leur lien avec leur corps et furent totalement consumées dans une union extatique avec D.ieu. C’était là cependant un « feu étranger », un feu que « D.ieu n’avait pas ordonné ». L’homme n’a en effet pas été créé pour consumer son être physique dans un feu d’extase spirituelle. Bien qu’Il ait doté notre âme d’un désir pour la transcendance de soi, D.ieu désire que nous ancrions notre ferveur dans la réalité. Il veut que nous « installions » cette aspiration dans notre être physique, que nous l’absorbions et en faisions une partie de notre expérience quotidienne.

 

L’un des fondements de l’identité juive authentique est le fait que le judaïsme refuse de concevoir une relation spirituelle authentique avec D.ieu qui ne puisse se confronter à la réalité concrète de ce monde, le transformer et faire de la matière et de la matérialité des réceptacles à la présence de D.ieu dans ce monde, à savoir : au dévoilement de Son action concrète à  l’intérieur de l’histoire humaine. L’idée, aussi noble soit-elle, n’a de valeur réelle que si elle réussit sans violence, sans fanatisme et sans intolérance, à convaincre ce monde de l’accepter et de s’adapter à elle.  L’union, ou le mariage entre l’idéal et la réalité, l’espoir et le pragmatisme est le couple sacré fondateur d’une spiritualité vivante et authentique. Or, le rav Dynovisz  nous explique que Nadav et Avihou n’étaient pas mariés et que c’est précisément pour cela qu’ils furent foudroyés, pour ne pas, en quelque sorte, qu’ils servent d’exemple erronné au monde. Car le judaïsme considère comme une aberration l’idée de pouvoir être un représentant de D.ieu sans être marié. L’épouse authentique, en effet, est l’incarnation de la force qui réalise concrètement dans ce monde les aspirations, parfois trop abstraites, de l’homme. Une religion céleste, un royaume qui n’est pas de ce monde, sont les affres d’une religion masculine, célibataire et destructive.  L’Essence de la Torah conclue que ce tragique événement vient nous apporter un enseignement pour toutes les générations : on ne peut se targuer de faire advenir le tikoun (réparation) final si la génération n’est pas mûre pour cela, même si on a la dimension d’un grand sage. Il faut d’abord opérer en soi et vis-à-vis des autres les changements nécessaires, pour pouvoir ensuite faire progresser la génération. Et alors peut-être pourra-t-on tenter, comme Nadav et Avihou, l’arrangement final…

 

Pour compléter le récit de la paracha qui décrit l’inauguration du sanctuaire dans le désert, la haftara décrit la façon dont le roi David apporta l’Arche à Jérusalem, pour préparer la construction du Temple. Accompagnant l’arche, le roi David était au comble de la joie : la présence de D.ieu résiderait dans la ville qu’il avait construite. Et donc, « Le roi David dansait passionnément et caracolait devant D.ieu. » Sa femme Mi’hal, fille du roi Chaoul, regarda par la fenêtre et fut horrifiée de la conduite de son mari. Quand il rentra, elle lui en fit le reproche : « Où est la gloire du roi d’Israël qui s’est découvert aujourd’hui comme se découvre le plus bas des hommes. » David lui répondit sèchement : « En présence de D.ieu Qui m’a choisi plutôt que ton père… je me tiendrai en plus basse estime encore que cela. » Pourquoi le texte se réfère-t-il à Mi’hal comme à la fille du roi Chaoul et pourquoi David mentionne la préséance que D.ieu lui accorda sur Chaoul ? Parce que là est le coeur du problème. David disait à Mi’hal, sans mâcher ses mots, que son attitude à se laisser aller, à se donner entièrement à D.ieu, sans aucune retenue, était la raison pour laquelle D.ieu l’avait préféré à Chaoul. Chaoul avait suivi sa logique. Bien sûr, il était soumis à la volonté de D.ieu, mais seulement dans les limites de sa compréhension. Il ne pouvait s’abandonner totalement. Alors que pour David, cette aptitude à se donner complètement était le fondement de sa relation avec D.ieu. Il ne connaissait aucune contrainte et se dévouait à Lui de tout son être.

 

Et cela le mettait dans un état de joie illimitée. Il ne dansait pas pour une joie personnelle. Son allégresse n’était pas causée par la réalisation de la grandeur de ce qu’il avait accompli. En fait, il était en présence de D.ieu et le célébrait sans limites. Car tout comme D.ieu est illimité et infini, le service humain doit-il ne connaître aucune restriction. Il était bien loin de réfléchir à ce que signifiait un « comportement respectable et approprié ». Son « moi » était totalement annulé, il formait un avec la Divinité, devant laquelle il n’existe aucune possibilité pour un mortel de se considérer comme ayant quelque grandeur que ce soit. Maïmonide l’exprime succinctement : « Celui qui s’enorgueillit, recherchant son propre honneur… en telles situations est considéré comme un fauteur et un fou« . Il avertit : « Ne recherche pas la gloire devant le Roi. (Par contre) celui qui s’abaisse et pense peu de bien de sa personne… est véritablement quelqu’un de grand, méritant qu’on l’honore. »

 

L’Eternel nous a fait connaître, parmi les mitsvote (commandements) qu’il nous a énoncées dans la Torah, la manière dont nous devons nous alimenter nous rappelle le Rabbin Jean Schwarz. Il nous a, pour ainsi dire, prescrit un régime alimentaire particulier. Une telle minutie peut sembler étonnante. Pourquoi Dieu s’est-il abaissé jusqu’à régler notre alimentation ? Notre nourriture a-t-elle donc une si grande importance à Ses yeux ? Qu’importe ce que l’on mange pourvu que l’on pense et agisse convenablement, n’est-ce pas ? Effectivement, c’est notre manière de penser et notre façon d’agir qui sont les éléments les plus nobles de chacun de nous. Et si l’Eternel s’est donné la peine de nous prescrire des règles alimentaires strictes, s’il nous a interdit certaines nourritures, c’est justement pour nous permettre d’améliorer et de perfectionner notre manière d’agir et de nous comporter.

 

Par instinct, en effet, l’homme est porté à s’alimenter, à consommer ce qui lui semble agréable, à ses yeux ou à son goût, sans s’imposer aucune limitation, si ce n’est – et encore ! – celle de son appétit. C’est tout juste s’il accepte de s’abstenir de certains aliments qui peuvent l’empoisonner : mais souvent il ne veut même pas se passer de certains plats qui, il le sait, lui sont pourtant nocifs. Tellement puissant est en lui l’instinct qui le pousse à manger. En nous demandant de limiter les aliments que nous consommons, de nous abstenir même de mets qui, à première vue, n’ont rien de nocif et sont même très appétissants, D.ieu veut nous imposer une discipline. Il désire que nous devenions assez forts pour pouvoir nous opposer, même à cet instinct si puissant qui nous pousse à manger tout ce que bon nous semble. En apprenant à dire non à cet instinct, nous nous habituerons à dire non également à d’autres désirs répréhensibles qui, bien souvent, s’éveillent dans notre cœur.

 

« Sanctifiez-vous et restez saints, parce que je suis saint et ne souillez pas vos âmes par tous ces reptiles qui se meuvent sur la terre. » (Lévitique, II, 44) Dans cette paracha il est également question de la nourriture cachère. A ce propos, les animaux cachères doivent être des mammifères ruminants avec le sabot fendu et les poissons doivent avoir également deux signes, des écailles et des nageoires, nous explique le Rav Joseph ‘Haïm Sitruk. Les oiseaux n’ont pas de signe distinctif,  mais la Torah établit une liste de ceux qui sont interdits, qui semblent tous être des rapaces qui capturent leurs proies en vol. Le Maharal de Prague indique que la Torah a donné la liste des 4 animaux qui ne présentent qu’un seul des deux signes (le chameau, le lièvre, la « gerboise » et le porc) pour établir un parallèle avec les civilisations qui, dans la tradition orale, sont appelées les 4 royautés : Babel – la Babylonie, Paras – la Perse, Yavan – la Grèce et Edom – la civilisation de Rome (l’occident contemporain). La dernière civilisation (Edom-Rome) est comparée au porc car, selon le Midrach, c’est cette civilisation qui sera contemporaine du retour du peuple d’Israël sur sa terre et vers la Torah. Choses que nous constatons bien sûr aujourd’hui…  D’ailleurs le mot « ‘Hazir » (porc) vient de la même racine que le mot « ‘Hazar », revenir.Le Maharal ajoute une idée très intéressante : Les signes de cacherout nous révèlent de grands enseignements.

 

Les sabots (qui ont trait à la démarche de l’animal) et l’appareil digestif (qui consiste à ruminer) incarnent les deux grandes civilisations du monde : l’occident et l’orient. L’occident représente les pates de l’animal et l’orient son estomac. Ainsi l’orient, tel l’estomac qui rumine, est une civilisation toujours tournée vers son passé. Son slogan pourrait être : « C’était mieux avant »… En d’autres termes, l’orient parle toujours de son passé prestigieux. Pour les Juifs d’Afrique du nord qui nous lisent, l’expression « ya Hasserra » marque bien cette nostalgie du passé. L’occident, lui, est le lieu de toutes les révolutions qui se projettent toujours dans le futur, leur slogan étant : « Demain, ce sera bien ». Entre un orient nostalgique et un occident révolutionnaire, la Torah n’a pas choisi. Elle estime que le vrai temps de l’action de l’homme, c’est le présent. En d’autres termes : être Juif, vivre la Torah, c’est se souvenir de notre passé prestigieux et préparer notre avenir glorieux. C’est entre ces deux temps que se situe la vie d’un Juif conclue le Rav.

 

(Sources : Chiourim.com – Rav Dufour – Samuel Mimoun,  La minute d’étude – Jacques Kohn, Chiourim.com – Grand Rabbin et Lord Jonathan Sacks, JForum – Chabbad.org – Rav Dynovisz – Rav Mordékhaï Chriqui et Dr Avraham-Gilles Morali, L’Essence de la Torah – Rabbin Jean Schwarz, Lamed  – Rav Joseph ‘Haïm Sitruk.)

 

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Les études de la semaine avec Modia :

PARACHA DE LA SEMAINE – Nous sommes vers ce futur Chabbate dans la 25e paracha de la Torah et la 2e paracha du 3e livre de la Torah, Vayiqra (Le Lévitique). Elle se nomme : TSAV (Lévitique 6, 1 – 8, 35).
Elle nous semble l’une des plus importantes au point qu’on l’enseigne aux jeunes enfants. Pourquoi? L’essentiel de la création et de la constitution du peuple juif ont été exposés dans les deux premiers livres de la Torah. Et maintenant on reprend ces thèmes exposés en les expliquant CAR notre tendance est toujours de falsifier la Torah pour déplacer l’essentiel en y mettant au premier plan une lecture qui porte sur les points secondaires. Plus encore, en créant à la place de la relation directe au Créateur une relation d’esclavage mental à des humains, à leurs théories et promesses et en méprisant ceux qui ne partagent pas ces nouvelles croyances. Nos Sages appellent crument cela : l’idolatrie. Cette actualité est encore très puissante de nos jours. C’est pourquoi, il est nécessaire d’étudier attentivement cette paracha avec les enseignements des Grands Sages authentiques et d’y revenir sans cesse. C’est urgent : savoir comment se rapprocher en rapprochant chacune des dynamiques de notre être vers le niveau de Hachém, c’est le sens du sacrifice: rapprochement, montée.
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Et cette étude en anglais de la paracha (pour vos amis anglophones): CLIQUEZ ICI

3 Dès maintenant, préparons la fête de Pourim,
– Jeûne d’Esther, 13 mars et
– Pourim 15 au soir et 16 mars ! CLIQUEZ ICI

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25e Paracha – Tsav : Ordonne, d’urgence Vayiqra (Le Lévitique) 6, 1 – 8, 3

D.ieu demande à Moïse qu’il ordonne à Aaron et à ses fils les lois qu’il leur appartient d’observer, en tant que cohanim, au cours de leur service dans le Tabernacle. Un feu constant doit brûler sur l’Autel. Sur ce feu sont entièrement consumés les holocaustes, les graisses des sacrifices de Paix (Chelamim), d’Expiation (’Hatat) et de Faute (Acham). Sera également consumée la poignée de la fleur de farine prélevée de l’oblation (Min’ha) et de son huile. Les cohanim consomment la viande des sacrifices d’Expiation et de Faute ainsi que les restes de l’oblation. Le sacrifice de Paix est consommé par celui qui l’a offert sauf pour certaines portions qui reviennent aux prêtres. La viande sainte des offrandes ne peut être consommée que par des personnes rituellement pures, en lieu saint et en un temps précisément défini. Aaron ainsi que ses fils demeurent sept jours dans le Tabernacle pendant lesquels Moïse les initie à la prêtrise.

« Ordonne à Aaron et à ses fils (Lévitique 6,1). Le roi Salomon dit : « Mets rarement le pied dans la maison de ton prochain, de peur qu’il n’ait assez de toi et qu’il ne te haïsse. » (Proverbes 25,17) Ce verset nous apprend que l’homme doit veiller à avoir des amis et à les rencontrer, mais il ne doit se rendre que de temps en temps dans leurs maisons, sans en abuser, même si se réunir entre amis est une excellente chose. C’est la meilleure manière pour que la paix règne entre eux. Personne n’ignore que celui qui veut se faire de bons amis doit posséder deux vertus : (a) Être humble et jamais arrogant, car si la personne se montre fière, les gens s’en éloignent et finissent par le prendre en grippe. (b) N’avoir peur de personne. Bien qu’il soit excellent d’avoir de nombreux amis, le roi Salomon met en garde les gens afin qu’ils n’aillent pas trop souvent dans la maison de ceux qu’ils aiment. On finit par ressentir de l’aversion pour l’ami qui vient trop souvent chez soi. Le miel est doux, mais si on en mange en très grande quantité, cela devient malsain.

En général, l’excès dans n’importe quel domaine s’avère néfaste. Il en est ainsi par exemple de la pluie dont dépend la vie du monde, nous dit Jacob ben Isaac Achkenazi de Janow, toutefois, si elle tombe trop abondamment, c’est une mauvaise chose qui provoque de multiples dégâts. Le verset dit : « Dans la maison de ton prochain ». S’il ne faut pas aller trop souvent dans la maison de ton ami, même le plus cher, alors, à plus forte raison, évite de pénétrer à tout moment dans la demeure d’une personne quelconque. Il faut s’abstenir de pénétrer chez le gens à des heures bien précises : lorsqu’on mange, on boit, on dort ou on travaille. Le Midrach dit à ce sujet : (Mid. Prov. 25, 17, Hag. 7a) Ne vas pas trop souvent dans le Temple. Ici se pose une question : il est pourtant bien dit dans les psaumes : « J’entrerai dans Ta maison, avec des holocaustes » (Psaume 66, 13), ce qui signifie : je viendrai souvent dans le Temple pour offrir des sacrifices. L’explication est qu’un holocauste est offert lorsqu’un homme a fauté en pensée, ce qui n’est pas aisément contrôlable. Il est donc bien d’offrir à chaque fois des holocaustes. L’avertissement contre de fréquentes visites au Temple réfère aux offrandes données après une faute, non plus commis en pensée, mais en acte. D.ieu préfère que l’on ne faute pas, plutôt que de faire une offrande d’expiation après avoir commis une faute. (Il s’agit de 2 offrandes différentes : qorban olot, holocauste, et qorban ‘hattat, offrande d’expiation.)

On sait que la plupart des mauvaises pensées viennent la nuit. C’est pourquoi la Torah dit : Ordonne à Aaron et à ses fils en disant : « Voici la loi de l’holocauste : l’holocaust sera sur le brasier, sur l’autel, toute la nuit jusqu’au matin et le feu de l’autel y brûlera. » (Lév. 6, 2) Il faut offrir un holocauste la nuit pour les mauvaises pensées qui germent à ce moment-là. Il est évident que l’holocauste est plus important que toutes les autres offrandes. On ne rétrocède donc rien de ce type de sacrifice, y compris pour le cohen. De plus, alors que les autres offrandes sont mangées, l’holocauste n’est touché par personne. On le brûlerait alors intégralement sur l’autel en expiation. Le corps ne devait obtenir aucun plaisir de ce type de sacrifice. L’homme doit se conduire humblement pour servir D.ieu, grâce aux prières et aux commandements. Il mettra tout honneur personnel de côté afin d’honorer D.ieu et Lui seul. Même si le cohen devait se baisser au moment d’ôter les cendres de l’autel, il devait toutefois porter les beaux habits réservés à l’exécution des autres tâches saintes dans le Temple. Cela nous apprend que, lorsqu’un homme prie ou accomplit de bonnes actions, il doit toujours être bien habillé et se purifier. Ramasser les cendres ne constituait pas un des plus nobles devoirs saints ; il fallait tout de même revêtir ses plus beaux habits. Nos sages disent : « Celui qui honore convenablement le Saint, béni soit-Il, sera à son tour honoré ; par contre, celui qui veut minimiser la gloire de D.ieu sera sévèrement puni par le Saint, béni soit-Il. »  

Chabad.org nous demande comment se rapprocher d’Hachem ? En rapprochant chacune des dynamiques de notre être vers le niveau de Hachem. C’est le sens du mot « corbane », qui signifie, qui sifnifie rapprochement. Le rav Dufour nous rappelle que depuis des années, les nations accusent mensongèrement Israël de forfaits, de tuer des innocents sans jugement (vieux truc antisémite), de sacrifier l’existence et le territoire d’autrui. Pourtant, il s’agit de son propre territoire, c’est Israël qui est attaquée et se défend, et elle n’applique aucune de ces règles immorales qu’on lui reproche. De même qu’autrefois on tuait les Juifs, sois-disant au nom de leur Torah, pour leur reprocher de l’avoir, l’absurdité des antisémites n’ayant aucune pudeur, aujourd’hui encore, les nations dénient le Juif et Israël. Il est important de détecter la continuité des attitudes, et de rester soi-même sans courir après les appréciations auxquelles il faudrait aboutir par concessions. Mais le plus cynique étant encore que les accusateurs, eux, exterminent à des milliers de kilomètres des populations civiles sans vergogne pour atteindre leur but, et y refusent toute présence d’observateurs. Et, en notre génération, ils ont exercé des massacres nombreux sur des populations qu’ils colonisaient sur des territoires externes au leur.

La pression sur Israël est immense, portée par des coalitions hétéroclites sur le plan culturel ou politique, au point que cela ne relève plus du rationnel.  La Choa n’a rien appris à ces peuples qui se disent civilisés et sont des barbares infâmes dans des bas de soie, comme disait Napoléon de son ministre. 6 000 000 de victimes auxquelles certains de ces peuples ont collaboré n’entraînent chez eux aucun scrupule ni culpabilité. Et des siècles de bûchers de Juifs ne leur suscitent aucun remords ni scrupules.  Et ces peuples trouvent même en Israël quelques collaborateurs empressés (politiciens, dits intellectuels, groupes dits pacifistes) qui parcourent les capitales pour faciliter la destruction d’Israël en promouvant la politique de ses adversaires. Et les chefs politiques eux-mêmes ne manifestent pas de force morale suffisante pour résister aux pressions qui veulent les faire capituler

Alors, les angoisses montent, les souvenirs macabres se ravivent avec l’inquiétude que cette fois encore il n’y aurait pas d’arrêt de la machine de mort. Quelle prière adresser en ce cas ? Y aura-t’il un espoir de réponse ? La paracha Tsav arrive à temps pour nous dire que la solution ne tient que dans notre rapprochement réel et sincère à la Torah et à sa morale qui nous relient au D.ieu de la bénédiction vitale. Le mot Tsav signifie qu’il faut le dire d’urgence au peuple, pour qu’il agisse avec empressement en se rapprochant vers D.ieu dans la pureté de ses actes. Les lettres finales des mots qui commencent la paracha (Moché llémor tsav éte) forment le mot Torah,  pour nous indiquer que c’est cela la Torah de vie.

La Torah est le livre de lois  juives, mais que sont ces lois ? De simples ordres adressés par un D.ieu infini et omniscient à un homme insignifiant et ignorant ? Certes. Mais à un autre niveau, elles sont plus que cela. C’est quelque chose qui est mis en évidence par les deux significations du nom de la partie de la Torah dans laquelle elles apparaissent : Tsav. Tsav signifie « commander ». Ce mot exprime ici un commandement de D.ieu concernant le don d’offrandes au Sanctuaire, lié à la notion générale de bienfaisance. Mais Tsav a aussi comme signification « connecter », exprimant l’idée que les lois divines établissent un lien entre l’individu et D.ieu. La mystique juive fait valoir que cette connexion ne peut être tenue pour acquise. D.ieu est infini, au-delà de toutes définitions et catégories. Comparé à D.ieu, l’univers tout entier est plus insignifiant qu’un grain de poussière ; il est comme nul. Et si le vaste univers est lui-même insignifiant par rapport à D.ieu, quelle peut être l’importance d’un frêle petit être humain, homme ou femme ? Pourtant, D.ieu donne les lois de la Torah à de frêles êtres humains. Le fait même que D.ieu adresse un commandement à une personne confère un sens et une importance à la vie de cette personne. Il ou elle est désormais en relation avec D.ieu, relié avec Lui par une instruction divine.

Le Rabbi de Loubavitch souligne que cette connexion existe, même si la personne n’accomplit pas concrètement cette instruction. Comme les Sages l’ont dit : « Même s’il a fauté, il est un Juif. » Le fait que les 613 commandements de la Torah soient adressés à l’individu lui attribue un rôle et un but importants. Bien sûr, ce rôle est correctement rempli par le respect des commandements. Toutefois, la personne qui ne les observe pas encore n’a pas perdu son rôle dans le système : elle a une connexion, même si elle est négative. La prochaine étape, bien sûr, est de transformer le négatif en positif. Et de fait, quand il s’agit d’un commandement tel que la charité, dans lequel il faut se démunir de donner quelque chose, nous avons tous besoin d’encouragement. Les Sages nous disent que telle est la puissance du mot « Tsav » au début de cette paracha : nous encourager, à travers les générations. L’encouragement réside dans la conscience que, grâce à ce commandement de la Torah, nous sommes vraiment en relation avec D.ieu.

Le mot tsav, commente Rachi, implique toujours une idée de zèle. Cela signifie que Aharon a été exhorté à agir immédiatement. Dans un autre contexte, observe le ‘Hanoukat ha-Bayit, le Talmud (Qiddouchin 31a) nous enseigne : « Celui qui accomplit une mitsva pour en avoir reçu l’ordre est plus digne que celui qui l’effectue sans y être astreint. » Cette affirmation est ainsi expliquée par les Tossafoth : « Celui qui a l’obligation de réaliser une mitsva est plus anxieux et tourmenté à l’idée de l’enfreindre ou de ne pas l’exécuter correctement. En revanche, celui qui n’a pas d’obligation a toujours la possibilité de ne pas l’accomplir s’il le décide. » Sous cet éclairage, nous comprenons mieux le commentaire susmentionné de Rachi. Puisque Aharon était astreint à tous les commandements que Moché allait lui communiquer, il fallait l’exhorter au zèle et à la promptitude. Car, de son côté, le yétsèr ha-ra’ (« penchant au mal ») accomplit assidûment sa tâche consistant à dresser des obstacles devant l’homme pour l’empêcher d’assumer ses devoirs. Celui qui ne prend pas soin d’agir rapidement et sans délai ne pourra maîtriser son inclination.

Le Talmud (Sanhédrin 56b) interprète le verbe tsav – « ordonne » – comme ayant une connotation d’idolâtrie, selon le verset (Hoché‘a 5, 11) : « Efraïm est oppressé, rompu, à juste titre, puisqu’il a suivi le tsav (le commandement des prophètes de Ba‘al). » Pourquoi n’a-t-il pas été enjoint à Moché : « dis (émor) à Aharon et à ses fils », selon la formule habituelle ? s’étonne le Chakh. Et si ce terme – tsav – évoque l’idolâtrie, ne valait-il pas mieux l’éviter ? Dans ses « Lois sur l’entrée dans le Sanctuaire » (9, 13), le Rambam stipule : « Un cohen qui s’est livré à l’idolâtrie, délibérément ou involontairement, même s’il s’en est repenti par une techouva sincère et complète, ne pourra plus jamais accomplir le service dans le Temple, comme il est écrit (Ye‘hezqel 44, 13) : “Ils ne s’approcheront pas de moi pour exercer Mon sacerdoce.” » Ayant prêté – involontairement – sa collaboration à la confection du veau d’or (cf. Chemot32), Aharon aurait pu penser qu’il avait le statut de « cohen ayant pratiqué l’idolâtrie ». Ainsi, la Torah emploie précisément le verbe : tsav – « ordonne », pour faire allusion au culte des dieux étrangers, afin de bien souligner qu’Aharon, en réalité, n’a pris aucune part à cet acte. Il était totalement innocent. Il n’avait agi alors que pour sanctifier le Nom d’Hachem, espérant faire traîner les choses en longueur afin que les enfants d’Israël ne sombrent pas dans l’idolâtrie. Chiourim.com

« La communauté se rassembla à l’entrée de la tente de rendez- vous » (Lévitique 8,4). Jacob ben Isaac Achkenazi de Janow dit qu’un grand miracle se produisit : tout le peuple d’Israël, soit 600 000 Juifs, se tenait devant la porte du sanctuaire. Comment fut-il possible, alors que la porte d’entrée était si petite ? Moïse, stupéfait, s’adressa à D.ieu : « Comment faire tenir autant de Juifs à la porte du sanctuaire ; sans compter les 60 000 jeunes hommes de moins de 20 ans. » Le Saint, bénit soit-Il répondit : « Pour Moi, il n’y a rien d’étonnant à cela. J’ai déployé le ciel et Je l’ai fait s’étendre extrêment loi à partir d’un simple filament. » Il en fut de même au mont Sinaï où se trouvaienet des centaines de milliers d’anges et de Juifs. Comment ont-ils pu tenir tous ensemble ? D.ieu dit à la montagne : « Etends-toi et élargis-toi ». Et le miracle se produisit. Même chose pour la porte du sanctuaire : D.ieu dit : « Elargis-toi afin que tout le peuple d’Israël puisse être reçu. » Quand le Messie viendra, tous les morts ressusciteront, depuis Adam jusqu’à la dernière personne décédée. Ils se réuniront tous à Jérusalem. Si le Saint, béni soit-Il, n’agrandit pas la ville sainte, il ne sera pas possible d’y accueillir tout le monde.

Tsav explique le passage de la temporalité à l’éternité. L’homme qui récite le kiddouch du Chabbat est le partenaire de D.ieu dans l’acte de création, car, nous dit la Guémara, « le verbe est créateur ». (Chabbat 119b) Mais si le Chabbat vient signifier la création, le début du monde, il est aussi porteur du signe de la finalité, du projet divin pour le monde et l’homme. C’est là la seconde dimension du Chabbat : il est « comme le monde qui vient » (méen olam haba). Le olam haba signifie littéralement « le monde qui vient », c’est-à-dire la monde que l’homme doit faire advenir dans la réalité par ses actes et sa foi. La conception juive du monde à venir ou plus précisément « le monde qui vient » n’est pas un monde sans matérialité, où seules les âmes justes bénéficieraient de la grâce et de la félicité divines. Il s’agit au contraire de notre monde qui’on aura réussi à transformer en paradis terrestre, à savoir, un monde qui reconnaîtra la Souveraineté de D.ieu sur tous les actes de notre vie, sur notre passé et sur notre devenir. La Force divine sera ainsi presque « tangible », car « la terre entière sera remplie de la connaissence de D.ieu ». (Isaïe 9,11).

Ce degré de proximité avec D.ieu nous en avons chaque semaine une ébauche, avec le Chabbat. Nous nous détachons de la matérialité pour vivre dans un monde empreint de spiritualité, fait de prières, d’étude et aussi de délectations culinaires, celles-ci représentant l’union réussie du matériel et du spirituel. Ainsi, le vin avec lequel nous célébrons le kiddouch, le pain que nous mangeons, deviennent les instruments de la sanctification du monde matériel et de son élévation vers un idéal de sainteté. En effet, le Ari zal nous a révélé que le Chabbat tous les mondes s’élèvent vers leur Créateur. Dans cet espace sanctifié, qui se trouve déployé et démultiplié dans chaque foyer juif par le respect du Chabbat, nous goûtons à l’éternité. Par notre détachement d’avec les contraintes d’ordre matériel, nous faisons effraction dans le temps, tout simplement nous l’oublions. Celui-ci n’est plus qu’un simple instrument créé par D.ieu pour nous structurer les différentes étapes du Chabbat et il ne joue pas un rôle déterminant dans notre relation qui s’établit avec D.ieu pendant le Chabbat.

Ce que nous cherchons (et pouvons trouver) c’est la proximité avec D.ieu, la dévékout (adhésion) en proclamant Son Unité. Et D.ieu, en parallèle, affirme l’unité du peuple juif. Comme nous le disons à la prière de Min’ha : « Tu es Un et Ton Nom Un » ; et qui est comme Ton peuple Israël, nation une sur la terre ». Cette proclamation de l’unicité de D.ieu, qui renvoie à l’unicité du peuple juif, est une invite à une relation d’une très grande proximité entre le Créateur et Son peuple, niveau atteint en particulier lors de la prière de Min’ha du Chabbat, point culminant de ce jour. En reconnaissant D.ieu comme créateur du monde le Chabbat, puis en reconnaissant D.ieu comme intervenant directement dans l’histoire des hommes, on s’inscrit dans un espace qui transcende le temps et nous projette dans le monde de l’éternité, du  Bien éternel. Dans ce monde, le mal se sera transformé en Bien, les êtres ayant tous reconnu la souveraineté de D.ieu sur leur création, leur liberté et leur devenir. Ils auront fait ainsi effraction dans le temps, valeur relative car créée, pour amener le monde à la rédemption, au-delà du temps.

Le Chabbat précédant Pourim, les sages ont institué la lecture du passage de la Torah nous ordonnant de  nous souvenir de ce qu’a fait Amaleq au peuple juif sortant d’Egypte : « Souviens-toi de ce que t’a fait Amaleq sur le chemin , à votre sortie d’Egypte. Il te rencontra en chemin, démembra tous les gens affaiblis sur tes arrières ; toi, tu étais las et épuisé, et lui ne craignait pas D.ieu. Ce sera lorsque le Seigneur ton D.ieu t’aura donné le repos de tous tes ennemis alentour, dans le pays que le Seigneur ton D.ieu te donne en héritage pour l’occuper, tu effaceras le souvenir d’Amaleq de dessous les cieux, ne l’oublie point. » (Dévarim 25, 17-19) Le Sefer Ha’hinoukh énumère à partir de ces versets 3 commandements : se souvenir de ce que nous a fait Amaleq, effacer ses descendants, hommes comme femmes, et ne pas oublier ce qu’il nous a fait (mitsvote 603 à 605) La différence entre se souvenir et ne pas oublier est expliquée par le Midrach : « Se souvenir par des paroles et ne pas oublier dans son cœur. », d’où l’obligation pour chaque Juif de venir entendre ce passage de la Torah le Chabbat précédant Pourim (les paroles) à et de méditer sur le rôle d’Amaleq et du mal.

Mais qui est donc cet Amaleq pour que la Torah y consacre 3 de ses mitsvote ? Amaleq est le petit-fils d’Esaü. Son nom apparaît pour la 1ère fois dans la Torah au chapitre 36, verset 12 du livre de Béréchit : « Timna était concubine d’Elifaz, fils d’Esaü ; elle lui enfanta Amaleq ». Il apparaît de nouveau dans le livre de Chémot, où il livre bataille au peuple juif fraîchement sorti d’Egypte : « Amaleq vint et attaqua Israël à Réfidim… L’Eternel dit à Moïse : « Ecris cela en souvenir, dans le Livre et place-le aux oreilles de Josué : que j’effacerai le souvenir d’Amaleq de dessous les cieux. » (Chémot 27, 8 et 14). Amalek représente dans la typologie billique le mal personnifié.  Une question persiste : quelle est la motivation profonde de la haine d’Amaleq contre Israël ? A travers Israël, c’est D.ieu Lui-même que vise Amaleq. Dans Devarim 25,18, à propos de la guerre entre Israël et Amaleq, il est dit : « Il te rencontrera (karékha) en chemin. » L’analyse étymologique de ce mot « kara » renvoie à mikré, le hasard. Ainsi, est subtilement définie par le Midrach la caractéristique intrinsèque de ce peuple : pour Amaleq, tout ce qui arrive dans le monde est le fruit du hasard, du mikré. Mais la guerre entre Israël et Amaleq n’est pas la manifestation d’une simple querelle familiale qui aurait dégénéré.

Ce que vise en fait Amaleq, c’est le Trône même de D.ieu tel que l’indique le verset clôturant la guerre entre ces deux peuples : Car la main est sur le trône de l’Eternel, le trône de l’Eternel, guerre à Amaleq par l’Eternel, de génération en génération. » (Chémot 17,16) Si les Sages ont décrété que Pourim serait la seule fête qui persisterait à la fin des temps, c’est pour bien souligner que c’est la dimension de la direction divine qui se dévoile à l’intérieur de la nature qui sera le fondement même de la rédemption finale. Ce qui vient remettre fondamentalement en question Amaleq, c’est la Providence divine, c’est le fait que l’histoire humaine a un sens, dans la double acception du terme : elle est le produit de la volonté divine, et elle se dirige vers un but que D.ieu lui a assignée, à savoir, la rédemption, la guéoula finale avec la venue du Messie, la disparition du mal et la résurrection des morts, pour qu’apparaisse la Gloire de Son Unicité, c’est-à-dire, qu’Il est le seul à décider de tous les événements qui se produisent sur terre.

(Sources : Chabad.org – Jacob ben Isaac Achkenazi de Janow, Le Commentaire sur la Torah – Rav Mordékhaï Chriqui et Dr Avraham-Gilles Morali, « L’essence de la Torah »

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Voici l’étude de la paracha de la semaine et autres annonces à lire sur le site Modia :

1. PARACHA DE LA SEMAINE – Nous sommes vers ce futur Chabbate dans la 24e paracha de la Torah et la 1e paracha du 3e livre de la Torah, Vayiqra (Le Lévitique). Elle se nomme : 24e Paracha – Vayiqra: « il appela » Vayiqra 1, 1 – 6, 26.

1. PARACHA DE LA SEMAINE – Nous sommes vers ce futur Chabbate dans la 24e paracha de la Torah et la 1e paracha du 3e livre de la Torah, Vayiqra (Le Lévitique). Elle se nomme : 24e Paracha – Vayiqra: « il appela » Vayiqra 1, 1 – 6, 26.

En voici l’axe et les nombreux thèmes étudiés: L’actualité et la paracha. Les mitsvotes et les thèmes de la paracha. Le sens global. Un signe d’appel pour bien comprendre tout le livre. L’interpellation amoureuse de Hachém dans l’enseignement. Le respect de tendresse dans l’éducation. Ahava ou kavod ? Donner à l’autre le temps de réfléchir. Les principes d’une pédagogie juive. Être rosée sur la terre de l’autre. Le vide dans l’amour . Aider l’autre à entendre. La pauvreté de D.ieu selon Ribbi Yaâqov Abou’hatséra. Le pouvoir de l’homme de répondre et reconstruire. La modestie de Moché. Aller au rythme de l’autre. La patience de D.ieu. Etude d’un commentaire bref de Rachi, avant Pessa’h. Le terme hébraïque : léchém. Applications pédagogiques. Hébreu à mémoriser Les petites lettres dans la Torah.
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Et cette étude en anglais de la paracha (pour vos amis anglophones): CLIQUEZ ICI

2 – Dès maintenant, nous sommes dans le merveilleux mois de Adar 2. Voyez ici  tout ce qui se passe chaque jour de ce double mois et le sens de cela dans l’histoire, dans les textes et dans les vies, chez les Sages de vos traditions, le tout avec références, lien à la vie et photos.  CLIQUEZ ICI

3 Dès maintenant, préparons la fête de Pourim,
– Jeûne d’Esther, 13 mars et
– Pourim 15 au soir et 16 mars ! 

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5 – Prières nécessaires pour la réussite qui tarde encore des recherches sur la maladie extrêmement douloureuse (avec accroissement continu des douleurs et troubles) de Nadra que les lecteurs de Modia soutiennent avec fidélité. Nous luttons avec elle pour sa subsistance et le paiement des nombreux soins et aides dont elle a besoin. Elle touchait pour cela seulement 1600 chékels par mois et on vient de réduire à 1100 (soit 229 euros par mois, un scandale). Donc, seule l’aide externe que nous organisons peut l’aider à survivre. Hélas, après notre appel nous n’avons reçu pour lui transmettre que 2 petits dons, ce fut un choc pour nous et en contradiction avec les multiples et incessantes lettres de remerciement que nous recevons pour ce que Modia apporte aux lecteurs. Finalement, je renouvelle donc cet appel, merci pour elle et pour cela, dans la générosité, nous devons imaginer ce que serait notre vie dans ces conditions que seuls des bénévoles peuvent sauver, voyez le lien ci-dessous:

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Rav Yehoshua Rahamim Dufour

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Le jour juif commence la veille au début de la nuit ; il se termine au coucher du soleil.  En tous cas, l’allumage des bougies de chabbate ne doit pas se faire plus tard que 18 minutes avant le coucher du soleil. (Source : Modia)

Il est indispensable de lire la traduction en français de chaque paracha avant ce commentaire pour bien le comprendre.

Texte de la paracha dans la Bible hébraïque ici : Lire le texte

24e Paracha : Vayiqra –  »  Il appela  » Vayiqra (Le Lévitique) 1, 1 – 6, 26

Cette paracha ouvre le 3e livre de la Torah, le plus court : « Torat Kohanim » (la loi des Cohanim), centre de la Torah.Un célèbre adage de la tradition juive, nous dit le Rav Joseph ‘Haïm Sitruk,  invite à entreprendre l’étude des Cinq Livres de la Torah pour un petit enfant lorsqu’il approche de l’âge de 5 ans, en commençant par le livre de Vayikra. Mais la question qu’on peut légitimement poser est de savoir si c’était bien là la partie de notre Torah la plus attirante pour un enfant : la longue série de tous ces sacrifices du Temple, avec la relative « violence » des effusions de sang des animaux apportés en offrandes ? Les Sages du Talmud expliquent : « Que ceux qui sont purs viennent étudier les choses pures ! » C’est là une optique plus intéressante : car dans la conscience d’un enfant, il est tout simplement fondamental de savoir que l’on peut réparer une bêtise ou une faute. En fait, la Torah va indiquer à la conscience de l’enfant le principe fondamental voulant qu’il existe toujours « une 2e chance ». Or, cette expérience de la réparation pour un jeune être qui se construit est tout simplement vitale : rien – même pas l’échec – n’est irrémédiable ou définitif, tout est en mutation !

Quant aux « images de violence », consultez les bandes dessinées proposées aujourd’hui aux enfants de cet âge là : vous y verrez les visages terrifiants des pseudo-héros dessinés au fil des pages et les histoires hallucinantes dans lesquelles on les entraîne…l’angoisse de l’enfant n’est pas provoquée par le spectacle qu’il contemple, mais par son imagination qui travaille… Or dans la paracha Vayikra, on confronte l’enfant à une situation de « réalité » en lui enseignant que le but de la Torah est d’aider à le construire en tant que personne véhiculant un concept et une dimension qui s’appelle « la pureté » pour lui donner espoir en l’avenir. Voilà pourquoi aujourd’hui, face à toutes les théories modernes, notre « vieille Torah » présente dans ce domaine un aspect tellement novateur et révolutionnaire.

La Torah enseigne, nous rappelle le Rav Dufour, que chaque matin, le Juif doit se rendre compte que tout appartient à Hachem, vers Lequel toutes ses actions doivent s’orienter, dans le seul but de Le servir, afin d’élever tous les éléments qui composent le monde vers le Créateur. Ainsi, le sacrifice relie-t-il le monde à Sa source. Cependant, la bonne réussite du but voulu à travers le sacrifice implique la pureté d’intention de celui qui l’apporte. Na’hmanide dit que quand on sacrifie l’offrande, on doit penser au fait qu’en réalité on aurait dû appliquer ces actions sur soi-même, ce qui doit générer un sentiment d’humilité et d’abnégation indispensables à l’élévation des éléments (Psaume 51) : «  Le sacrifice à D.ieu, c’est un esprit brisé. Un cœur humble, l’Eternel ne le méprise pas ». Peut-être est-ce pour cela que la présente paracha commence par « Vayiqra »  « Il appela Moché » (lev. 1-1) et que ce terme se termine par la lettre « Alef » diminuée par rapport aux autres lettres, symbole de la modestie de Moché sur laquelle nous devrions tous prendre modèle. Le commentateur Beer Moché explique que c’est une invitation à faire techouva (retour vers D.ieu).  

Beer Moché cite le texte des Pirke Avot, chap. 6, Michna 2 qui dit au nom de Rabbi Yehochoua ben Levi : « Tous les jours une voix céleste proclame cette parole du haut du Mt Horeb : Malheur à ceux qui infligent la honte à la Torah, car celui qui ne s’occupe pas de la Loi est un homme méprisable. »  Le Baal Chem Tov explique « qu’il s’agit là de la voix de la conscience qui s’éveille quotidiennement parmi les hommes. L’homme comprend grâce à son intelligence qu’il doit changer d’attitude en tentant de réparer le mal qu’il a pu causer, alors on peut dire qu’il a réellement entendu cette voix céleste. »Ce sentiment de faute nous invitant à réparation, nous l’éprouvons de nos jours dans nos maisons d’études, nos synagogues, et autrefois la Tente d’assignation, partout où règne la Chekhina, (la force divine). Nos Maîtres nous enseignent que D.ieu est présent partout, il nous attend, mais nous ne sommes pas toujours présents, ainsi que l’exprime le prophète Isaïe (L, 8) en disant : « « Pourquoi suis-je venu et n’ai-je trouvé personne, Pourquoi ai-je appelé et nul n’a répondu ? »«  L’appel divin à la pénitence est en fait un cri de révolte, de souffrance et si l’homme en comprend le sens, alors il peut trouver la voie du repentir.

En ce qui concerne le motif de l’appel lancé par Hachem à Moché, dans la paracha il est écrit : « Si quelqu’un d’entre vous veut présenter au Seigneur une offrande de bétail » (Lévitique I, 2). Or, quelle que soit la nature de l’offrande apportée, l’essentiel est que cela se fasse « au seuil de la Tente d’assignation,  pour  être agréable au Seigneur. » (Lévitique I, 3). Dans ces passages qui font appel à notre sens de la « techouva » et où il est question de sacrifices, il s’agit de l’homme acceptant librement de faire une offrande. Si tel est le cas, c’est alors la preuve qu’il a compris la nécessité de réaliser une telle action. Ainsi fallait-il d’abord que Moché entende la voix céleste. C’est alors seulement qu’Hachem a pu lui confier les ordonnances relatives aux sacrifices qu’auraient à apporter les fidèles lorsque ceux-ci auraient compris qu’il ne s’agissait pas d’actes purement formels, mais qu’ils seraient la conséquence d’une volonté consciente de réparer des fautes.

Aujourd’hui, le Temple n’existe plus et les sacrifices sont suspendus. Mais nous sommes toujours semblables aux Hébreux qui ont entendu le message divin au pied du Mt Sinaï. Même s’il n’apporte plus de sacrifices, l’homme est toujours invité à faire « techouva » et à réparer ses fautes, répondant ainsi à la voix céleste qui se fait entendre à travers notre conscience. Ce que le peuple d’Israël a le plus de difficulté à vivre est le passage des ténèbres à la lumière. En effet, ce n’est pas une évolution progressive et prévisible qui caractérise ce passage mais un retournement soudain et inattendu qu’il faut être capable de supporter. Ce processus est expliqué dans la Torah, quand l’homme et la femme (jusque-là côte à côte, se retrouvent séparés et face à face.) « et D.ieu endormit l’homme » (Berechit 2,21). De la même manière avant d’accéder à la première construction du Temple, il sera obligatoire de passer par l’étape du « sommeil » durant laquelle la Chekhina ne sera pas visible, comme l’explique Rabbi Eliezer à Rabbi Hiya dans la vallée d’Arbel (Traité brakhot du Talmud de Jérusalem et Midrach Chorer Tov) : « Comme la pénombre du crépuscule sera la délivrance d’Israël ». La pénombre  représente l’absence de la Chékhina (force divine).  Ainsi chaque fois qu’Israël s’apprête à reconstruire le Temple, la pénombre précède cette construction. Ce fut le cas au temps d’Amalek (1er Temple), qui avait attaqué les Hébreux au sortir d’Egypte pour les anéantir et au temps d’Amane, (2e Temple) qui, lui aussi, voulait anéantir ce peuple. Ainsi peut-on sans doute penser avec raison que l’action d’Hitler, qui voulait, avec la choah, anéantir la totalité des Juifs, (il a vécu juste avant la création de l’Etat d’Israël) a précédé la construction du troisième Temple.

A l’approche de Pourim, nous allons lire le récit du Livre d’Esther, quand les Enfants d’Israël faillirent être exterminés par le décret obtenu par Amane et quand Esther dit à Mordekhaï : « Va rassembler tous les Juifs. »(Esther 4, 16) C’était la réponse aux propos pervers d’Amane : « Il y a un peuple répandu, dispersé parmi les autres » (Esther 3,8). Ainsi la violence et la terreur qui sévissent aujourd’hui contre les Juifs est la continuité de ce qui s’est souvent passé depuis des millénaires. Le peuple sait qu’il doit accomplir la volonté d’Hachem en renforçant ses racines, en retournant en masse non seulement à la Torah, mais aussi vers Eretz Yisrael s’il veut sauver sa terre et sa propre existence, préservant ainsi la source de bienfait et de bonheur pour l’humanité, comme l’a demandé Hachem. Dans la Meguilat Esther, un verset évoque le sommeil du Roi : « Durant  cette nuit le sommeil du Roi était perturbé » (Méguila 6,1). Or dans le Traité Méguila (15b) il est dit que « le Roi » fait allusion à D.ieu et la déclaration d’Amane : « Il y a un peuple dispersé et  désuni… » fait allusion au « sommeil » de D.ieu (la Chekhina qui protège Israël n’est plus active.) Le moment est ainsi choisi par les ennemis d’Israël  pour détruire le peuple juif. « Le sommeil du Roi est perturbé » signifie que la Chekhina entre à nouveau en action pour libérer Israël. (Dans le récit de Pourim, c’est par le biais de Mordekhaï et d’Esther, les seuls à ne s’être pas prosternés devant Amane pendant la période de pré-délivrance du peuple juif que cela se produit.)

Le Rav Shaül Botschko donne l’explication de Rachi, qui a su nous dévoiler le véritable caractère d’Amalek. Ainsi l’expression « karkha » (t’a attaqué) exprime la méchanceté d’Amalek et correspond à l’une des 3 fautes cardinales que sont le meurtre, la perversion sexuelle et l’idolâtrie. Il ne reste rien de la dignité humaine quand ces 3 registres de valeur morale sont foulés aux pieds, ceux qui s’en rendent coupables étant voués à la destruction. Rachi donne donc 3 significations correspondant à ces fautes : 1- « karkha » a la même racine que (hasard) – Amalek a rencontré Israël sur son chemin comme par hasard, l’attaquant sans raison. 2- « kéri » est lié à l’émission de sperme hors rapport, qui rend l’homme impur et l’empêche d’entrer dans le Sanctuaire. Selon se sens, l’attaque des Amalécites a consisté à rendre les Hébreux impurs en les entraînant à l’homosexualité. 3 – le sens du mot établit un lien avec la notion de froid (kor). Après la sortie d’Egypte et les miracles qui l’ont accompagnée, les peuples restaient à l’écart d’Israël par crainte des conséquences s’ils se montraient hostiles. En les attaquant, Amalek a montré qu’Israël pouvait être vulnérable. « Il a refroidi Israël » dit Rachi, il a porté atteinte à sa « force de dissuasion », dirait-on aujourd’hui.

Le Rav Mordehaï  Elyahou  nous fait part, sur ce point, de ce que dit Maïmonide : La Torah nous donne la mitsva « d’effacer le souvenir d’Amalek » chaque jour, chaque heure, selon l’opinion de Maïmonide. Nos sages expliquent « acher kara’h badere » (comme il t’a surpris chemin faisant) dans le sens d’une rencontre fortuite. D’autres commentateurs disent que la manière d’agir d’Amalek est en rapport avec le mot « froid ». Amalek « refroidit » l’envie d’étudier la Torah et d’accomplir les mitsvote. Or, nous ne devons pas nous laisser détourner de la Torah, sous quelque prétexte que ce soit, ce qui mettrait le peuple en danger. Quoiqu’il en soit, les 3 sens expliqués par Rachi donnent les dimensions de la méchanceté d’Amalek, peuple de vils assassins, qui surprend le faible, le vulnérable, l’agresse et l’élimine gratuitement. Mais être vicieux ne suffit pas à Amalek. Il lui faut encore entraîner autrui, et plus sa victime est pure, plus sa joie est grande.  De plus, Israël a été choisi par Hachem pour être le véhicule de Sa Présence dans le monde. Or, Amalek ne craint pas le Maître du Monde et voudrait prouver qu’Il ne veille pas sur le peuple qui se prétend Son peuple et que celui-ci est aussi vulnérable que n’importe quel autre peuple. Mais nous savons que ce 13ème mois dans lequel , « Adar chéni », ou Adar II se trouve sous le signe de l’unité,  puisque le chiffre 13 a la valeur numérique du mot « E’had » (Un). Nous devons le vivre avec la certitude que le peuple d’Israël est au dessus du Mazal* (le 13e mois) et que le déterminisme de l’histoire des peuples ne nous concerne pas. L’unité n’est possible qu’au dessus du mazal, c’est-à-dire, lorsque l’homme cesse d’avoir peur du monde qui l’entoure, s’affranchit de son esclavage mental et physique aux seules règles de la réalité matérielle et reste fidèle à la Torah et aux mitsvote.

* (Les 12 signes du zodiaque de l’année sont connus depuis les temps les plus anciens. Au cours de l’année, le soleil les traverse successivement, passant un mois avec chacun d’eux. On dit qu’un Mazal (signe zodiacal) spécial domine chaque mois ; c’est la constellation qui est traversée ce moi-là. Le Créateur envoie Ses bénédictions par leur intermédiaire. Ainsi le mot « mazal » est devenu synonyme de bénédiction. Nos Sages disent toutefois qu’il n’y a pas de signe zodiacal réservé à Israël parce que les Juifs se situent au-dessus du mazal (destin) et bénéficient, grâce à leur observance de la Torah et des mitsvote, directement de la protection et des bénéfiques décisions d’Haqqadoch Baroukh Hou.) Mais quand nos Sages disent : « Le peuple d’Israël n’est pas soumis au destin », c’est en pensant aux étoiles et aux constellations qui répandent l’abondance ou la pauvreté dans le monde. A l’aide de l’étude de la Torah et des prières, le peuple d’Israël est capable de retourner la situation favorablement, car il n’est pas soumis à l’influence des étoiles et des constellations.

A l’approche de la fête de Pourim,  nous allons parler d’Amane, qui incarne la ¨dictature¨ qu’exerce le monde sur l’homme, tout comme Amalek d’ailleurs. Ainsi perdons-nous l’unité et tout se déchire. Nos maîtres disent : Amalek déchire le Nom de D’Hachem en deux ! A l’intérieur du peuple juif plane aussi l’esprit de la Déchirure. Nous savons que la fin de son long exil sera caractérisée plus que tout par la déchirure. Dans son essence, Israël est tout le contraire : Avraham est celui qui a commencé à réparer la déchirure disent nos Maîtres dans le Midrach. Le peuple juif est aussi celui qui proclame depuis des millénaires : « En ce Jour D.ieu Sera Un et Son Nom Un ». Mais toutes les forces de la nuit se renforcent avant la levée du matin. Plus ce peuple revient sur sa terre, plus les forces de la déchirure tentent de la morceler et de la fragmenter. Mais l’unité, qui est le signe de cette année, empêchera sans aucun doute que se réalise la déchirure du peuple et de la Terre. Ainsi le mois de Pourim, qui a failli être le plus triste de l’année est-il devenu le plus joyeux de tous. Nous savons que tout peut changer en un clin d’œil !

Alors, même si nous ne savons plus qui est Amalek, envoyé par Essav et que nous savons que la menace sera toujours présente, Hachem considère notre lecture à ce sujet comme si on avait effectivement effacé le nom d’Amalek, Il  nous épargne pour la grandeur du Nom Divin et nous assure la délivrance prochaine et entière. Précisément, nous dit Izhak Attia, Israël traverse actuellement à nouveau une période sombre et douloureuse. Cependant, il nous reste encore à espérer qu’Hachem plie nos ennemis à Sa volonté et que ceux qui haïssent les Juifs soient couverts de honte. Ainsi passerons nous des ténèbres à la lumière. Alors, il faut montrer à Amalek que Mordekhaï est plus fort que lui et qu’en dépit des apparences, tous les espoirs sont permis pour le peuple juif. Celui-ci revient, en toute conscience, en Eretz Yisrael, la Terre sur laquelle Haqqadoch Baroukh Hou lui a demandé de vivre. Il s’y trouve maintenant non seulement par la volonté d’Hachem, mais aussi par la volonté des nations, pour les nations et malgré les nations et ce n’est pas un « hasard », mais simplement sur Son ordre « Vayikra » (Il appela) et par Sa volonté. Ainsi en dépit de tout et de tous, il y restera !

Dès le premier mot, qui donne son nom au Livre lui-même, nous est révélée l’identité et le rôle, à la fois de cette paracha et du Livre entier : il y est parlé du rapprochement et la manière d’y parvenir. Cependant, nous explique le rav Dynovisz, le contenu semble bien loin de cette vision des choses, car bien qu’il soit expliqué comment nous devons servir Hachem… en apportant des animaux ! La Torah ne construit pas le même modèle que les religions qui sacrifient des animaux devant les divinités idolâtres, pour les calmer le courroux et se faire pardonner.  Mais le travail autour du Temple, qu’on appelle improprement en français « sacrifices », connotent de manière injustifiée une idée très négative de massacre d’animaux avec des bains de sang. Mais dans la Torah, les offrandes n’ont pas pour but l’expiation de fautes, d’ailleurs, celui qui faute consciemment et volontairement ne peut apporter d’offrandes au Temple ! La Torah prévoit, pour cela, d’autres modes de réparation. En effet, ne peuvent être apportées au Temple que des offrandes spontanées, ou pour la réparation de fautes non intentionnelles, faites par inadvertance. Cependant, comment une personne peut-elle fauter par oubli ou inadvertance, car si nous aimons vraiment quelqu’un, nous ne pouvons l’offenser sans faire exprès ! Si nous offensons Hachem par oubli, cela prouve que nous ne sommes pas vraiment connectés à Lui. C’est lorsque l’on est loin que l’on fait des erreurs et que l’on porte atteinte à l’autre. C’est pourquoi, dans le Temple, nous venons réparer l’éloignement.

La paracha Vayikra nous parle des korbanote. La Torah nous dit « voilà ce qui se passera quand un homme voudra se rapprocher d’Hachem. » Le mot « korban » vient de la racine « karov » qui signifie proche. Jamais il n’est parlé de « sacrifices ». Le « korban » n’est donc pas un « sacrifice  pour se faire pardonner », mais bien un moyen de rapprochement d’Hachem. Ce mot n’existe même pas, en hébreu, car il est totalement étranger à la pensée juive ! Les prophètes parlent d’une « Maison de prière pour tous les peuples ».  Ils savaient donc qu’il y aurait le Temple de la Délivrance, puisque les deux premiers n’ont jamais réuni toutes les nations.  Certains de nos Maîtres, en quittant ce monde, ont pleuré, non la mort, mais la passivité, l’immobilisme et l’inaction qui y sont inhérents. C’est aussi pourquoi « les méchants sont appelés morts, même de leur vivant », car ils n’ont aucune possibilité de connecter ce monde matériel à Hachem. Quel est le critère pour savoir si je suis ou non rapproché d’Hachem ? Il est appelé « Vie » ! Il est la Source de Vie. Il ne suffit pas de savoir qu’il faut changer le monde, il faut le faire, et c’est bien là, la faute d’Adam : Hachem voulait qu’il choisisse l’arbre de la Vie, mais il a préféré l’arbre de la connaissance du bien et du mal.

Celui qui sait, qui connaît la vérité sans l’accomplir et sans rien réaliser, est mort. De même qu’une civilisation qui fonde tout sur le savoir est morte, tandis que le juif s’implique dans la réalité pour la changer, et c’est la vie. Hachem a créé le monde « laassot« , pour que l’homme le parachève. Ainsi, pour m’approcher de D.ieu, je dois me demander où est mon projet de transformer l’animalité de ce monde. C’est le vrai débat entre les deux dimensions de notre peuple, dans toutes les générations : le conflit, déjà, entre Yossef qui incarne le Juif investi dans le monde matériel, et Yehuda et David, hommes de la connexion. Tout Juif sait que le monde ne peut se passer de la Torah ; mais elle doit former les soldats de la construction de ce monde, avec tous les efforts et implications que cela comporte. Pour nous rapprocher d’Hachem, nous venons naturellement avec nos prières et notre étude de la Torah. Mais il nous est dit aussi : venez avec des animaux et montrez-Moi votre degré d’implication dans ce monde animal ! Que faisons-nous concrètement et matériellement pour le transformer et l’édifier ?

Ainsi, pour approfondir les choses, le rav Mordékhaï Chriqui et le Dr Avraham-Gilles Morali nous apprennent que le Korban apporté au Temple s’inscrit dans un plan encore plus large, puisqu’il est chargé de dispenser le flux divin au monde entier. Le Temple est en effet le point de jonction entre les mondes supérieurs et le monde terrestre. C’est à partir du Temple et du travail des Cohanim que va s’opérer le passage du spirituel au matériel. Chaque élément du Temple va ainsi avoir un rôle quasi-cosmique, puisque c’est à partir de lui que l’abondance divine pourra se déverser dans le monde. Ainsi, les Pains de Proposition  déposés sur la table du sanctuaire seront les vecteurs de l’abondance alimentaire dans le monde, et empêcheront toute famine. L’encens, travail hautement sipirituel, assurera la paix dans le monde, valeur également très élevée.

Le travail de sélection (des différents animaux amenés au Temple) s’avère central dans le Temple, puisque c’est par et pour les Korbanote que le Temple fonctionne. Même si le Temple Lui-même a une sainteté intrinsèque indépendante des korbanote qu’on y pratique. Si la Torah y a consacré un livre entier (Vayikra), c’est que les korbanote sont essentiels à qui veut répondre à l’appel (vayikra) lancé par D.ieu pour tenter de se rapprocher de Lui, pour tenter la grande expérience de la Dévékout. Car les Korbanote nous offrent la possibilité unique de trier en nous le Bien et le mal, et ainsi de nous élever vers le Haut, vers le spirituel. Quand les korbanote ne purent plus être pratiqués après la destruction du Temple, les Sages les ont remplacés par la prière, qui est devenue le vecteur de communication entre nous et Hachem, ainsi que le dit le prophète Osée : « Nous complèterons les sacrifices des taureaux par nos prières ». (14,3)

Mais ce rapprochement entre Hachem et nous va plus loin. Par ce travail des korbanote, on ne fait rien de moins qu’atteindre le but que D.ieu avait assigné au monde en le créant : rassembler tous les éléments disparates de la création et les faire remonter vers leur origine divine. Dans le langage de la Cabale, réunion des éléments séparés (nifradim) à la Source (chorech) pour atteindre l’adhésion (dévékout) à Hachem. Le Ram’hal décrit ce principe comme la perfection et le but ultime de tout homme : « Et lorsque tu approfondiras le sujet, tu verras que la véritable perfection est uniquement l’adhésion à D.ieu ». (Mésilat Yécharim, La voie des Justes, chapitre 1). Le Korban n’est pas cette image fausse et dévoyée d’animaux sacrifiés pour un D.ieu affamé de sang, mais qu contraire le vecteur d’une plus grande spiritualité, le moyen d’atteindre des sommets destinés à l’union de êtres créés avec leur Créateur, et ainsi d’amener sur terre une plus grande fraternité, car tous les hommes se retrouveront unis par l’image du divin inscrit en eux et qui s’exprimera en plein après le travail préliminaire des korbanote.

(Sources :  Rav Dufour, Modia – Dror Meshulam – Michaël Mouyal, Lamed – Rav Moshé Assis, Rav  Mordehaï  Elyahou, Rav Dov Bigon, Izhak Attia, Rav Shaül Botschko, Rav Joseph ‘Haïm Sitruk, Torah Box – Rav ‘Haïm Dinoviszrav Mordékhaï Chriqui et le Dr Avraham-Gilles Morali, L’essence de la Torah)