Archives de Catégorie: CULTURE JUDAÏSME, infos et vie juive – LA PARACHA DE LA SEMAINE – EVENEMENTS

APPARU : LA PREUVE VIVANTE DE L’IMPOSTURE FILLON

 

Apparu : la preuve vivante de l’imposture Fillon

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Benoist Apparu va donc prêcher la bonne parole pour François Fillon, après avoir été le fervent soutien d’Ali Juppé, l’apôtre de l’identité heureuse.

Rien de plus normal, d’ailleurs, puisque tout ce joli monde mange dans la même gamelle depuis des lustres et mène la même politique, avec les résultats que l’on connaît :

La France est ruinée ( Fillon le disait déjà lui-même en 2007 ) et l’immigration est devenue incontrôlable, puisque depuis 20 ans il n’y a plus d’autorité de l’Etat.

Pour Benoist Apparu, “Il est irresponsable d’établir une corrélation entre l’attentat de Berlin et la politique migratoire d’Angela Merkel” !

La preuve ? Le migrant pakistanais arrêté, a rapidement été libéré après enquête.

Les “fachos” de l’AfD et du FN  avaient donc tout faux !

Hélas, mauvaise pioche pour Benoist Apparu.

Celui que toutes les polices d’Europe recherchent est Anis Amri,  un migrant Tunisien arrivé en Allemagne en 2015, suite à la politique suicidaire de “Mama Merkel”. C’est ainsi…monsieur Apparu.

Ce brave Amri, salafiste jugé comme terroriste potentiel par les services de sécurité allemands, a quand même déposé 7 demandes d’asile sous des identités et des nationalités différentes. Preuve que l’Allemagne, c’est le foutoir complet, comme en France, où le gouvernement a perdu le contrôle de la situation.

C’est donc bien un migrant qui a tué à Berlin et pas le Saint-Esprit ! 

Mais si Apparu refuse tout lien entre immigration et attentats, alors que tous les terroristes sont issus de l’immigration, il n’hésite pas en revanche, à faire l’amalgame entre le FN et “la campagne de calomnie qui frappe Farid Fillon”.

“Bien sûr que je mêle le FN à cela, s’est-il insurgé, regardez tous les retweets qui sont faits de ces trucs-là et les appartenances politiques des uns et des autres. Il ne faut pas aller très loin pour comprendre que c’est clairement la fachosphère donc le FN qui l’organise”.

Comme si le FN n’avait que ça à faire. Un peu de sérieux ! Le FN n’est pas une cour de récréation.

Primo, les patriotes n’ont pas besoin du FN pour constater la mollesse d’un Juppé ou d’un Fillon face aux exigences communautaristes des musulmans. On les a vus au pouvoir en tant que Premiers ministres….les rois du renoncement permanent.

Secundo, si monsieur Apparu fait l’amalgame entre patriotes et fachos, c’est que sa fibre patriotique ne doit pas être très affirmée, de peur de passer pour un néo-nazi sans doute … ? Mais passons.

Ensuite, Benoist Apparu soutient que “l’immigration zéro est impossible”.

Tout faux là encore. Au Japon, troisième économie du monde, il n’y a pas d’immigration et en 2011, ce pays n’a accueilli que 1870 demandeurs d’asile pour 125 millions d’habitants. La France a accordé l’asile à 100% des migrants de Calais.

Pour le Premier ministre Shinzo Abe, “les populations à forte proportion immigrée, connaissent beaucoup de frictions et de mécontentements”. C’est joliment dit, mais en France, on est au bord de l’insurrection généralisée !

Mexique et Corée du Sud sont aussi les pays les plus restrictifs en matière d’accueil.

Benoist Apparu souhaite des quotas d’immigration“Il s’agit de diminuer le fossé qui existe entre les communautés et de retrouver le bonheur d’être ensemble.”

Une nouvelle version de l’identité heureuse, sans doute…

Il plaide pour un “patriotisme sain”, comme celui qui règne aux JO.

Vaste programme ! J’avoue humblement que le patriote que je suis ne sait vraiment pas ce qu’est un “patriotisme sain”.

Je connais le patriotisme mariniste, réservé aux fachos nazifiés si j’ai bien compris  Benoist Apparu, mais le patriotisme sain, je ne vois vraiment pas !

Bref, au lieu de voir un facho derrière chaque arbre, Apparu serait bien avisé de consulter le rapport publié en 2005 par le Centre français de recherche sur le renseignement, CF2R.

Il y découvrirait que l’islamisme représentait à l’époque 5 à 10% de la communauté musulmane et que 1% des musulmans français étaient prêts à s’engager ou à soutenir activement le jihad.

Le temps a passé depuis 2005. Et l’actualité a prouvé que ce rapport était juste.

Si on extrapole les chiffres du CF2R, avec 8 millions de musulmans sur notre sol, nous aurions entre 400000 et 800000 islamistes en France, dont 80000 prêts au jihad.

Mais ces chiffres sont largement dépassés, car en onze ans d’islamisation de la société, islamisation largement encouragée par une classe politique démissionnaire restée les bras ballants face au danger, le nombre d’islamistes doit dépasser largement le million.

“Le bonheur de vivre ensemble”, si cher à Benoist Apparu, ne semble donc pas pour demain !

Jacques Gillemain

Apparu : la preuve vivante de l’imposture Fillon

(Source : Riposte laïque)

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CULTURE JUDAÏSME – Mois de Eloul 5774 (août-septembre 2014)

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 Le Choul’hane ‘Aroukh dit que si un homme doit choisir entre écouter les sonneries du Chofar et prier avec la communauté, la priorité revient au Chofar, corne de bélier qui rappelle précisément le bélier qui fut sacrifié à la place d’Isaac, référence incontestable à l’annulation totale de l’Ego et à l’attachement à Hachem. (Univers Torah) Le chofar est comme un cri du coeur déchirant, qui appelle tous les Juifs, quels qu’ils soient, pratiquants ou non, à se rapprocher d’Hachem, car il n’est jamais trop tard pour faire « téchouva » (retour au Créateur) ; quoi qu’il fasse, un Juif reste un Juif sa vie entière (exemple : même s’il se convertit à une autre religion et regrette après coup, s’il fait téchouva d’un coeur sincère et revient à son peuple, cela lui sera pardonné Là-Haut.) Ainsi, un juif ne doit jamais se désespérer de ses fautes, car avec le Maître du monde, toute faute sera pardonnée si le retour vers Lui est vraiment sincère et est suivi d’effet.  ______________________________________________________

Modia nous propose l’étude de la paracha hebdomadaire, cette semaine, deux pour le prix d’une !

Nouvelle et double paracha de la semaine et enseignements sur la téchouva :

Cette semaine, nous sommes dans la 51e Paracha – Nitsavim : Tous debout CLIQUEZ ICI

Thèmes : Placés tous ensemble face aux choix du bonheur et, dans notre nuit, conscients de nos fautes et de nos faiblesses, nous nous orientons tous ensemble à nouveau vers la lumière offerte et nous y parviendrons à Roch ha Chana et au Kippour. La paracha nous éclaire sur ce qu’est la téchouva, le retour au bon avec les enseignements de deux grands rabbins de notre histoire: Ribbi Yaâqov Abouhatséra et le Chla ha Qaddoch.

et aussi la 52e Paracha – Vayélékh : Et il alla. Devarim (Le Deutéronome) 29, 9 – 31, 30  CLIQUEZ ICI

Calendrier des fêtes

Sur la page d’accueil de Modia, vous trouvez le calendrier précis de toutes les dates des fêtes et les liens avec le sens de chaque fête.

http://www.modia.org/

Nouvelles au 18 septembre 2014

La vérité sur la volonté pacifique des Etats occidentaux et les gains inimaginables des ventes d’armes à tous les candidats aux guerres dans le monde par ces puissants Etats.

http://www.modia.org/infos/israel2/nouvelles.php

Nouvelles au 15 septembre 2014

La situation au Proche Orient s’aggrave constamment :

– L’Etat islamique qui semble menacé par une coalition de nombreux Etats réussit remarquablement son extension dans de nombreux pays qu’il déstabilise, dans le recrutement de nombreux jeunes des pays d’Europe et en majorité de jeunes français qui veulent participer au djihad international pour l’avancée mondiale d’un islamisme radical.

– Les USA semblent…  (la suite ici : http://www.modia.org/infos/israel2/nouvelles.php

Rav Yehoshua Rahamim Dufour

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Ecouter et voir la vidéo : gilbert montagne schema Israel interprété par l’artiste lors de son concert du mois dernier en Israël

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Avec Modia, étudions la paracha de cette semaine : Ki Tavo

Nouvelle paracha de la semaine

Cette semaine, nous sommes dans la 50e Paracha : Ki Tavo « Quand tu viendras » Devarim (Le Deutéronome) 26, 1 – 29, 8
Thèmes de la paracha : Le peuple a bénéficié sans cesse de dons gratuits : la vie, la sortie d’Egypte, le don de la Torah et bientôt l’héritage de la terre d’Israël. Mais il a reçu aussi le modèle de la société idéale, ses modes de régulation, les moyens personnels de vivre heureux, de trouver la complétude de la néchama (paracha précédente, Ki-tétsé avec la libération de la prisonnière) et de vaincre les adversaires (Âmaléq). Tout semblerait parfait ; c’est à ce moment-là que la Torah vient nous enseigner comme à des jeunes mariés qui ont eu une belle cérémonie et sont installés dans leur nouvel appartement (la terre d’Israël) : le manque de conscience et le mauvais usage peuvent rapidement gâcher un bonheur qui avait tout pour réussir. C’est en ce point que nous recevons cet enseignement essentiel pour assurer le bonheur et pour qu’il ne tourne pas au drame et en malédictions par notre faute. C’est l’art de bien gérer le bonheur. Comment ? En restant toujours conscient de sa source et en la reconnaissant. Nous verrons la magnifique conclusion du Baâl hattourim. . CLIQUEZ ICI

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Cours du rav Dynovisz en vidéo :

La civilisation des lâches – Ki Tétsé- 1 Sept 2014

 

RESUME DU COURS :

Notre paracha s’inscrit dans le sujet de la teshuva, du retour. Elle nous montre qu’il y a un point de départ que l’on n’a pas su percevoir, puis les choses se sont aggravées et l’on s’est éloigné. « Quand tu verras l’animal de ton prochain… » ne sois pas indifférent car, ensuite, tu ne te sentiras plus concerné par rien. Par l’histoire du soldat qui voit une belle prisonnière, et par les sujets suivants qui sont en réalité l’enchaînement des conséquences, la Torah, nous dit Rashi, montre le mécanisme du mauvais penchant, pour que nous sachions nous en préserver : même si le soldat a fait tout ce que la Torah demande, dans la mesure où cela a mal commencé, cela ne peut que mal se terminer. Mais nos Maîtres révèlent que ce récit nous montre, d’une façon bien plus large, tous les mécanismes du monde. De même que ces parents imaginaires amènent leur enfant au tribunal, avant qu’il n’ait tué quelqu’un, de la même façon, nous devons prendre les problèmes et faire tout ce qui est nécessaire, dès le départ, sinon ce sera trop tard.

(source : site du rav Dynovisz)
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La guerre

Nouvelles sur les données internes en Israël au 1 septembre 2014: CLIQUEZ ICI

Bonne année

Le calendrier de toutes les fêtes de la prochaine nouvelle année CLIQUEZ ICI

Nous sommes dans le mois de Eloul

Pour assimiler toute la puissance de ce mois, voyez encore ici  tout ce qui se passe chaque jour de ce mois et le sens de cela dans l’histoire, dans les textes et dans les vies, chez les Sa ges de vos traditions, le tout avec références, lien à la vie et photos.  CLIQUEZ ICI

Nouvelle paracha de la semaine

Cette semaine, nous sommes dans la Ki Tétsé « Quand tu sortiras » Devarim (Le Deutéronome) 21, 10 – 25, 19

Thèmes de la paracha
 : Cette étude de la paracha est dédiée à chaque lecteur et à chaque lectrice pour leur souhaiter de réunir dans la plénitude ce qui est ici exposé.
La Torah  nous y demande de passer à l’action : désirer, combattre, conquérir et REUNIR, c’est le tiqqoune le plus important. Cette paracha vous permettra de comprendre comment se relient les 4 différents niveaux des commentaires, et beaucoup de méthodes pour l’étude. CLIQUEZ ICI

Autre étude nécessaire constamment

Pour comprendre et vivre la havdala afin de garder en soi et entre nous la vie divine de Chabbat pendant la semaine: Cliquez ici

Chavoua tov
Rav Yehoshua Rahamim Dufour
(Source : Modia)
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La paracha avec le site Modia :

1. La nouvelle paracha. Cette semaine, nous sommes dans la 48e paracha: Chofétim : « Des juges » Dévarim (Le Deutéronome) 16, 18 – 21, 9
Thèmes de la paracha : Le judaïsme est un équilibre : analyser rigoureusement, mais relier l’idéal au plus concret.
http://www.modia.org/tora/devarim/choftim.php

Elle nous enseigne SUR CECI:
La paracha transmet les mitsvotes 436 à 490, plus de cinquante. Elles concernent simultanément ce que la tradition indique être les trois piliers qui portent le monde : la Torah, le service de D.ieu (âvoda) et l’aide à autrui ( guémiloute ‘hassadim).

2. Nous venons d’entrer dans le mois extraordinaire de Eloul qui ouvre les fêtes annuelles. Vous trouverez sur cette page, le sens de ce mois et de toutes les fêtes qui vont s’ouvrir et que nous devons préparer dans leur intériorité puissante. Vous serez stupéfaits de la richesse de ces textes qui vous apprendront beaucoup: http://www.modia.org/infos/calendrier/eloul.html

3. ICI, BONNE ANNEE : le calendrier de toutes les fêtes de la prochaine nouvelle année CLIQUEZ ICI
http://www.modia.org/infos/etudes/calendrierjuif.php

4. Rebellion contre Netanyahou au conseil des ministres menés par Bennet et Lieberman qui n’acceptent pas sa concession au Hamas d’un cessez le feu indéterminé où le Hamas crie sa victoire.  Netanyahou n’a pas voulu soumettre sa décision à un vote. Des dirigeants de régions protestent également.
Sondages importants: la détermination de Netanyahou et son action face au Hamas avaient satisfait 82 pour cent des Israéliens il y a un mois. Aujourd’hui, ce soutien est tombé à 38 pour cent, sans aucun doute devant ses avancées et reculs qui redonnent puissance aux ennemis déterminés à abattre Israel avec le soutien international.

Les favorables à Netanyahou déclarent que le Hamas a perdu ses forces, les autres répliquent qu’il n’a pas cessé d’augmenter ses tirs de roquettes, jusque 100 par jour la semaine dernière et 200 hier.

Pour bien comprendre toutes les données: CLIQUEZ ICI

Rav Yehoshua Rahamim Dufour

CULTURE JUDAÏSME – Mois de Av 5774 (août 2014)

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Comme chaque semaine, voici l’étude sur la paracha du site Modia :

Cette semaine, nous sommes dans la 47e paracha: Réé, « Vois ». Dévarim (Le Deutéronome) 11, 26 – 16, 1 Haftara: Isaïe 54.11 – 55.5.

Thèmes de la paracha : La Torah n’est pas une théorie ni une spiritualité mais elle est un corps vivant, pour des vivants, inséparable en toutes ses parties dans l’action des mitsvotes…

CLIQUEZ ICI  http://www.modia.org/tora/devarim/ree.php

Elle nous enseigne SUR CECI : La paracha transmet les mitsvotes 436 à 490, plus de cinquante. Elles concernent simultanément ce que la tradition indique être les trois piliers qui portent le monde : la Torah, le service de D.ieu (âvoda) et l’aide à autrui ( guémiloute ‘hassadim).

LA GUERRE :

Nouvelles au 18 août 2014

1- Ce soir, à minuit, fin du cessez le feu. Chacun des deux partenaires fait des déclarations sur les concessions qu’il ne fera pas. Lisez l’analyse très importante et précise de la situation qui est bien plus large que ce que l’on dit habituellement:

http://www.modia.org/infos/israel2/nouvelles.php

Rav Yehoshua Rahamim Dufour

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La rubrique « nouvelles » sur Modia et les études de la semaine :

Explorez les rubriques tout autour de la page d’accueil du site Modia:

1 – LA GUERRE :

NOUVELLES très Instables et nouvelles et changeantes au 11 AOÛT 2014. La trêve a repris pour trois jours pour commencer des négociations, avec incertitude sur ce que fera le Hamas, très affaibli mais violant sans cesse les accords de cessez le feu et sachant que Israël arrêtera alors la négociation et répliquera très durement.

2- Nous sommes dans le mois de AV. Aujourd’hui, Tou bé Av, la fête de l’amour. Pour assimiler toute la puissance de ce mois, voyez encore ici  tout ce qui se passe chaque jour de ce mois et le sens de cela dans l’histoire, dans les textes et dans les vies, chez les Sages de vos traditions, le tout avec références, lien à la vie et photos.  CLIQUEZ ICI

3- NOUVELLE PARACHA DE LA SEMAINE :

Cette semaine, nous sommes dans la 46e Paracha: Êqév « A la suite de… » Devarim (Le Deutéronome) 7, 12 – 11, 25
Thèmes de la paracha : L’amour juif. Apprendre l’amour dans la Torah par la science de l’écoute.

CLIQUEZ ICI  http://www.modia.org/tora/devarim/eqev.php

Elle  nous enseigne sur tout ceci :
Peut-on prescrire l’amour ? La Torah nous enseigne sur l’amour. La nature et la règle de l’amour. Le refus d’aimer. Découvrir par la Torah ce qu’est l’amour. Rachi et l’amour. Le Chla : amour et humilité. La confiance de l’amour. Le chant et l’amour.

Rav Yehoshua Rahamim Dufour

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                     Vue sur la Mer Morte depuis le Mt Nébo (Wikipedia)
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Voici l’étude de la paracha de la semaine du site Modia :
Cette semaine, nous sommes dans la 45e Paracha : Vaét’hannane « J’implorai »

Devarim (Le Deutéronome) 3, 23 – 7, 11 

Thèmes de la paracha 

Après des parachiyotes qui traitaient de problèmes collectifs ou de morale générale, nous sommes maintenant dans l’expression sous la forme de je-tu :
– le premier mot de la paracha est « j’implorai », vaét’hanane
– le chémâ dit : « tu aimeras… » vé ahavta.
En ce sens, il est indispensable de lire la haftara, si tendre, en Isaïe 40, 1-26 : Na’hamou, na’hamou, consolez mon peuple ! ...
Pour lire la suite : Modia
Pour lire la paracha :

CULTURE JUDAÏSME – Mois de Tamouz 5774 (juillet 2014)

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Comme chaque semaine, voici les commentaires de la paracha sur Modia :

NOUVELLE PARACHA DE LA SEMAINE – 44e Paracha – Dévarim : Etapes Devarim (Le Deutéronome) 1, 1 – 3, 22
CLIQUEZ ICI  http://www.modia.org/tora/devarim/devarim.php

Elle  nous enseigne SUR CECI : Le livre précédent, Bémibar 35, 34, se terminait par un verset où plusieurs sens importants sont liés : « Ne souillez pas la Terre (d’Israël) où vous séjournez – car Je réside dedans – car Je suis Hachém qui réside parmi les fils d’Israël« . Nous devons faire un saut intellectuel, sortir de notre conception politique et économique pour regarder la véritable réalité de la terre d’Israël.

En plus, cette semaine nous allons entrer dans le mois de Av avec le jour terrible de Tichea bé Av et la fête de l’Amour le 15 de ce mois.   

CLIQUEZ ICI 

Rav Yehoshua Ra’hamim Dufour

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Nous retrouvons, comme nous en avions l’habitude chaque semaine, l’étude de la paracha et la diffusion des nouvelles de l’excellent site Modia :

NOUVELLE PARACHA DE LA SEMAINE – 43e Paracha : Massêi « Etapes » Bamidbar (Les Nombres) 33, 1 – 36, 13

Elle  nous enseigne SUR CECI : Comprendre le sens des étapes dans la vie, à partir des étapes traversées par le peuple juif à la sortie d’Egypte
CLIQUEZ ICI   http://www.modia.org/tora/bamidbar/massei.php
 

Immense campagne d’information falsifiée également avec photos falsifiées contre IsraEL:
CLIQUEZ ICI  

A l’heure où le Hamas a construit de nombreux tunnels à partir des habitations pour aller enlever des habitants ou soldats israéliens, contrairement à tout le droit des guerres, des manifestations violentes ont lieu surtout en France contre IsraEL accusée de ne pas respecter le droit de la guerre et d’agir contre la population palestinienne que le Hamas prend en otage!
Pour toutes les données chiffrées sur cette guerre et le nombre des victimes: CLIQUEZ ICI et   CLIQUEZ ICI

Rav Yehoshua Ra’hamim Dufour

CULTURE JUDAÏSME – Mois de Sivan 5774 (juin 2014)

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Données nouvelles très importantes sur le conflit d’Israel

POUR RÉFLÉCHIR : Important sondage parmi les Palestiniens qui nous éclaire sur leur solution au conflit avec Israël (par le Washington Institute). Seule une minorité opte pour la solution avec deux Etats ou pour la coexistence de deux populations dans un seul Etat recouvrant l’ensemble des zones.  Et 55,4 pour cent à 68,4 pour cent suivant les régions réclament ce qu’ils nomment « leurs droits historiques sur TOUTE la Palestine ».

CLIQUEZ ICI

et voyez le graphique des résultats du sondage, en page d’accueil de Modia
http://www.modia.org

Développements importants concernant les 3 jeunes enlevés près de Hébron par le Hamas et dans la recherche de solutions. L’échange de leur libération contre des prisonniers palestiniens terroristes semble de plus en plus difficile car il apparait que de tels terroristes libérés ont à nouveau tué des Israéliens. Netanyahou en tire les enseignements.

1.   PARACHA DE LA SEMAINE – 39e Paracha : ‘Houqate – « Statut stable » Bamidbar (Les Nombres) 19, 1 – 22, 1
Elle  nous enseigne SUR CECI : Les règles invisibles de tout le bonheur et de l’ordre des choses. Comment trouver la force et la tenir.
Si les Juifs connaissaient ces enseignements, ils seraient moins obnubilés par le prestige des nations et leur force. Et lire absolument la haftara (Livre des Juges 11, 1-33), rien n’a changé depuis lors dans les faux arguments contre Israël, et dans l’issue des combats.

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 Vivez cette merveille, puis recevez-la cette relation magnifique de don d’amour. L’actualité du type journalistique oublie toutes ces dimensions de la relation d’amour.  Entrainons-nous, jouissons et peu à peu ces démarches deviendront permanentes et quotidiennes dans les différentes formes de nos activités et de notre vie:

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2 – Nous allons entrer le 29 juin dans le mois de Tamouz. Pour assimiler toute la puissance de ce mois, voyez encore ici  tout ce qui se passe chaque jour de ce mois et le sens de cela dans l’histoire, dans les textes et dans les vies, chez les Sages de vos traditions, le tout avec références, lien à la vie et photos.  CLIQUEZ ICI

3 -Lisez encore lentement ce message, aboutissement de nos progrès en chaque jour du Omer jusqu’au don de la Torah à Chavouote maintenant. Je vous relance AVEC ÉMOTION un appel intense. Plus de 1000 lecteurs sur Modia par JOUR cette semaine et toujours une pluie continue de lettres de remerciements pour la Torah vivante offerte sur Modia. Mais mon coeur a été touché PÉNIBLEMENT et stupéfait quand -en retour- j’ai déjà demandé une aide qui n’a pas reçu d’écho. Incompréhensible: une aide non pour moi ni pour Modia mais pour une malade (Meirav Haik) victime d’une maladie non encore identifiée dans le traitement et qui cause un accroissement continu de douleurs depuis 20 ans. Je l’ai connue Meirav Haik, ici à l’Université en Israël, comme brillante étudiante très multilingue en psychologie et criminologie et d’une droiture exemplaire et rarement estimée de tous. Et, depuis, avec une équipe médicale de chercheurs renommés qui s’est étendue dans plusieurs pays et avec plusieurs bénévoles de grand coeur et fidèles à cette action, nous luttons avec elle pour sa subsistance et le paiement des nombreux soins et aides dont elle a besoin (et qui exigent plus de 5000 euros par mois!). Les recherches depuis plus d’un an sont sur le point d’aboutir et de recevoir les autorisations des commissions légales nationales et internationales. M A IS c’est ici notre rôle, qui est non seulement de soutien psychologique et moral mais aussi matériel et financier dans ce cas extrême et qui, par vous aussi, aidera ensuite de nombreux malades. Il faut lui trouver plusieurs dizaines de milliers de shékels par mois mais elle touchait de l’Etat seulement 1600 chékels par mois et l’Etat d’Israel vient de réduire cela à 1100 chékels (soit 232 euros par mois, un scandale). Nos efforts actifs pour faire changer ces décisions officielles sont restés vains. Donc, seule l’aide externe que nous organisons avec vous-même peut soutenir le bon processus vital et thérapeutique et vraiment peut l’aider concrètement à SURVIVRE en attendant l’injection du traitement en voie de découverte mais toujours reporté. Hélas, après notre dernier appel nous n’avons reçu pour lui transmettre que 2 petits dons, ce fut un CHOC énorme pour nous et en contradiction avec les multiples et incessantes lettres de remerciement que nous recevons pour ce que Modia apporte aux lecteurs. Finalement, dans le cadre du DON essentiel, la Torah, à Chavouote, je renouvelle donc cet appel, merci pour elle et pour cela, dans la générosité. ET NOUS DEVONS imaginer ce que serait notre vie dans ces conditions que seuls des bénévoles (VOUS) peuvent sauver, et la bénédiction vous en reviendra. Je ne vous envoie pas une demande sur Paypal car nous avons eu des échecs répétés sur ce service. Mais je vous demande de m’adresser personnellement votre chèque TRES GÉNÉREUX écrit à son SEUL nom (Meirav Haik) que je lui remettrai personnellement. Voici mon adresse pour ce don qui vous reviendra en immenses bénédictions : Yehoshua Dufour, 3 Itshaq ben Dor, Jérusalem 93281; Israel. Vous avez ainsi l’assurance que votre chèque lui sera remis et à elle seule. Que PAR CELA la santé règne toujours dans votre maison, dans votre famille et en vous DANS LE BONHEUR. 

Faites suivre ce message à vos amis et communautés et associations.

Chabbat chalom

Rav Yehoshua Rahamim Dufour

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Si vous voulez approfondir encore le sens de la Fête de Chavouote

CLIQUEZ ICI

http://www.modia.org/infos/etudes/chavouote.html

1.   PARACHA DE LA SEMAINE – 36e Paracha – Béhaâlotékha: « Quand tu feras monter » Bamidbar (Les Nombres) 8, 1 – 12, 16
Elle  nous enseigne « L’art d’éduquer en élevant vers le haut ». Cette étude est dédiée à toutes les mamans et à tous les pères qui veulent transmettre une éducation juive et épanouie. Il est clair qu’on ne peut pas intégrer tous ces commentaires si riches en une seule lecture. Il faudra y revenir souvent….

CLIQUEZ ICI

2 – Il  faut prolonger l’intégration en nous du don de la Torah  préparé par la traversée du désert, puis par les progrès des jours du Omer et réaliser que Chavouote n’est pas terminé au lendemain de la fête: CAR LE DON DE LA TORAH N’EST PAS CELUI D’UN TEXTE IMPRIMÉ SUR DES PIERRES,
mais c’est un texte qui  S’INSCRIT DANS NOS COEURS ET NOTRE VIE ET nous initie à la conscience continue de la PRESENCE totale de Dieu en toute la Création continue
et dans l’union constante entre nous et LUI.
De jour en jour, nous dévelop
perons cela autour de nous et en nous

jusqu’à parvenir à voir à « nouveau » cette présence dans le renouveau de la Création qui fleurit  en chaque instant:

en chaque fleur, pour nous exercer, saisissons le don, recevons-le comme des enfants le saisissent dans l’action permanente des parents envers eux

et jouissons-en et remercions en relation de bénédictions.

Faisons l’exercice: voici un simple exemple, dans un parcours de quelques centaines de mètres , je partage avec vous mon regard en marchant depuis ma maison à Jérusalem. Vivez-y cette merveille, puis recevez-la cette relation magnifique de don d’amour. L’actualité du type journalistique oublie toutes ces dimensions de la relation d’amour.  Entrainons-nous, jouissons et peu à peu ces démarches deviendront permanentes et quotidiennes dans les différentes formes de nos activités et de notre vie:

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3 – Nous sommes entrés dans le mois de Sivane. Pour assimiler toute la puissance de ce mois, voyez encore ici  tout ce qui se passe chaque jour de ce mois et le sens de cela dans l’histoire, dans les textes et dans les vies, chez les Sages de vos traditions, le tout avec références, lien à la vie et photos.  CLIQUEZ ICI

L’audience de Modia bat tous les records. Vérifiez-le sur l’organisme qui contrôle ces audiences dans les sites francophones pour les nécessités des organismes qui voudraient s’y placer en publicité (ce qui n’est pas le cas de Modia). Allez voir les résultats et vous constaterez ceci dans http://www.hit-parade.com/     Sur les 261.129 sites contrôlés, Modia est le 338e et dans la classification des sites répertoriés comme « professionnels » en toutes catégories, il est le 111e et parmi les sites professionnels placés dans la seule rubrique « culture » il est le… 10e.  Et cela sans budget commercial ni professionnellement rémunéré, sans équipe, sans financement. Seulement par la dynamique de la Torah en chacun de nous qui la partagez avec vos amis et associations et communautés.

Rav Yehoshua Rahamim Dufour

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37ème paracha Chela’h lekha « Envoie toi-même » Bamidbar (Les Nombres) 13,1 – 15,41


Reprise louyehi 2010 et 2011


La paracha de cette semaine nous enseigne l’art d’éduquer en élevant vers le haut. Elle prescrit de faire le rite de Pessa’h Chéni le 14 du second mois (Iyar). Le rav Dufour enseigne que ce doublement de la fête de Pessa’h concerne les personnes qui ne se trouvaient pas dans la situation de pureté adéquate lors de la date principale de la fête : celui qui a eu un flux, la nidda, l’accouchée, celui qui a été en contact avec un cadavre (névéla) ou avec des reptiles interdits (Vayiqra 11); dans certains cas un bain rituel (tévila) avant la nuit pouvait cependant permettre de consommer le sacrifice normalement ; cela concerne aussi les personnes qui étaient éloignées de plus de 18 kilomètres de l’extrêmité de la ville (Pessa’him 93 b) les convertis depuis Pessa’h qui ne faisaient pas le rite de la Pâque individuellement après leur conversion, mais avec les autres membres du peuple (Rachi sur 9, 14) ; les Sages ont étendu ce Pessa’h chéni à ceux qui auraient oublié le premier Pessa’h, ceux qui auraient été empêchés, ou l’auraient négligé (mais cela était facultatif pour les femmes, Pessa’him 91 b). Par contre, celui qui, délibérément, ne fait aucun des deux Pessah, mérite la peine de karète (retranchement du peuple).


Au second Pessa’h, Pessa’h chéni, on grille également l’agneau pascal et on en suit tous les rites :
– on le mange avec la matsa et le maror (seconde mitsva, 9, 11):
– on ne laisse pas de l’agneau après le matin (quatrième mitsva, 9, 12):
– on n’en brise pas les os (cinquième mitsva, 9, 12) ; mais, en dehors de ce qui concerne le sacrifice il y a des différences car on peut alors avoir du ‘hamets chez soi, on ne donne pas le caractère de fête et on peut travailler, on ne dit pas le hallel.
La mitsva (10, 9-10) prescrit de sonner des trompettes en argent (au moins 2 et au maximum 120) lors de la joie des sacrifices publics, des fêtes et du renouvellement du mois (voir Choulk’hane Aroukh, Ora’h ‘Hayim 576, 1, 1). Il y avait ainsi entre 21 à 48 sonneries par jour (Roche Hachana 29 a et Michna Ar’hine II, 3). (On les sonnait aussi dans la situation de guerre).


Sur un ton essentiellement narratif, cette paracha traite principalement du thème des « néraglim » (explorateurs) envoyés découvrir la terre de Canaan, de laquelle 10 sur les 12 envoyés médirent auprès du peuple, qui se découragea. La paracha Chela’h lekha suit l’épisode qui relate les paroles prononcées par Myriam à l’encontre de son frère Moché qui déclencha la colère divine et eut pour conséquence la maladie dont elle fut frappée. La notion de savoir reconnaître un bienfait est très importante. Question posée par la Guémara : « Une parole prononcée peut-elle être effacée ou non ? » Nous avons généralement tendance à oublier les conséquences des paroles que nous prononçons, qui laissent toujours une trace, à notre insu. Mais il existe une différence fondamentale entre les réflexions des Sages d’Israël et celles des philosophes sur le sujet qui concerne la supériorité du genre humain. La question est posée plus particulièrement ainsi : « La supériorité du genre humain réside-t-elle dans le fait que l’homme est un être pensant ou dans le fait qu’il est un être parlant ? »


Les philosophes répondent que c’est parce que l’homme est doté d’intelligence qu’il diffère des éléments de la création et qu’il les domine. Les Sages d’Israël, eux, considèrent que la suprématie de l’homme sur l’animal ne repose pas sur le seul fait qu’il pense, mais qu’il soit doté de la parole. Les Sages veulent dire par là que si la faculté de penser est certes très importante (sans elle l’homme est amoindri), la parole est néanmoins ce qui permet à la pensée de s’exprimer et d’agir. Elle est donc plus importante. Force est de constater que dans la vie quotidienne la parole peut avoir une grande influence en société. Il ne suffit pas seulement de réfléchir et de penser, mais pour convaincre, il est nécessaire de concrétiser sa pensée en l’exprimant par la parole et en la comparant à celle des autres.


La génération du déluge avait réussi à unir toutes les nations dans le but de construire la gigantesque tour de Babel, symbole de leur orgueil. Alors Hachem érigea des barrières invisibles, mais infranchissables en brouillant leur langage. Chacun se mit alors à parler une langue différente, ce qui eut pour conséquence l’incompréhension : par exemple, lorsqu’un ouvrier demandait un marteau à son compagnon de travail, celui-ci lui tendait une brique. Le premier pensait que le second se moquait de lui et dans sa colère, il l’assommait. Ainsi, ceux-là même qui avaient réussi à convaincre les peuples de former une coalition néfaste grâce au pouvoir de la parole se virent dispersés aux quatre coins de la terre et leur projet vaniteux fut anéanti. La tradition nous apprend qu’il est même interdit de s’entretenir de son prochain pour dire du bien. Le Hefets Hayim explique dans son ouvrage « Chmirath Ha Lachon » pourquoi : » Quand je dis du bien de quelqu’un, je n’examine qu’une seule facette de sa personnalité, mais au fond de moi-même, en disant seulement du bien, est-ce que je n’attends pas et ne provoque pas la réaction de mon interlocuteur qui peut dire « Ah, il n’est pas aussi bien que cela…? »


Rabbi Israël Abou’hassera (Baba Salé) à qui on demandait pourquoi ses bénédictions avaient une telle influence, répondait : « Je veille à ne jamais proférer de mensonge, ni à médire sur qui que ce soit. C’est pourquoi ma demande est exaucée, car tout comme Hachem a ordonné au feu de brûler et à l’eau d’humidifier, Il a établi que la langue de l’homme doit avoir une bonne influence ; il en est ainsi si elle agit pour le bien et qu’elle garde sa pureté originelle en se préservant de toute parole négative ou mensongère. » Le fléau qui détruit Israël est la médisance et chacun doit faire preuve de vigilance à cet égard et lutter contre elle. Le traité « Ketouvote p.110 » indique : « celui qui vit hors d’Israël est comme s’il n’avait pas de dieu, car inévitablement il voit et entend ce qui est proposé au regard et à l’audition par les valeurs de ce monde-là, les « dieux » de ce monde et n’intègre pas en lui ce que la terre et la Torah de cette terre donnent à intégrer, le dieu de cette terre et de cette Torah. »
Le verset 15,39 de cette paracha traite de ce que l’on voit et interdit de se laisser égarer par les yeux. Les Sages attirent notre attention sur le fait que le regard communique directement avec le cœur et le désir « âyine » (œil en hébreu signifie également la source) ; c’est-à-dire qu’il est presque impossible de se défendre ensuite contre ce que l’on a laissé entrer dans le regard ; il a déjà atteint le cœur. Cela concerne les pulsions par exemple le penchant à la colère, à l’impudeur, à l’idolâtrie, etc. Nous devons donc être constamment très attentifs à cela en évitant certaines situations.


La condition à la venue des temps messianiques est d’ailleurs liée à notre capacité de contrôler ce que l’on voit et ce qu’on entend. Nous devons être assez lucides et assez forts pour ne pas juger autrui par ce biais. De nos jours, où les médias nous influencent tellement, nous avons tendance à nous faire leur complice et voir le monde à travers leur point de vue. Les Sages nous avertissent : « Faites-vous des gardiens en tous vos portails ». Le Rav ‘Hayim Vital dit que nos yeux qui voient, nos oreilles qui entendent, notre bouche qui parle, notre nez qui sent, nos sens qui constatent par les mains et les pieds sont les lieux et portails (chaâr) par lesquels se jouent ces grandes choses.


En résumé, ainsi devons nous, en permanence, exercer une garde vigilante sur chacun de ces portails. La Torah nous met d’ailleurs en garde à ce sujet : sans le contrôle du regard, il n’y aura pas de miséricorde ni de salut dans le monde. Alors, ne nous laissons pas égarer par nos yeux, nos oreilles ou notre bouche et essayons d’orienter positivement notre approche vers les autres et essayons de poser sur eux un regard toujours plein de compréhension, ce qui, soit dit en passant, est souvent plus facile à dire qu’à faire ! Cependant, nous devons nous efforcer, tout en étant critique vis à vis de nous-même et vis à vis du prochain, d’essayer de ne relever essentiellement que les aspects positifs et les mettre en relief. Ce n’est que de cette façon que nous pourrons développer nos facultés personnelles ainsi que celles des autres. Finalement, la parole est absolument
fondamentale à l’ordre du monde puisqu’elle entraîne l’exil, la dispersion, la rédemption, l’unité.


Tous les sujets évoqués dans la Torah constituent une leçon pour le service divin du Juif. « Torah » dérive d’ailleurs du mot « Horaa », « l’instruction ». À plus forte raison lorsqu’il s’agit du Tabernacle, qui constitue un thème central dans le service divin de chaque individu, comme le souligne le verset « Ils me feront un sanctuaire et Je résiderai en leur sein » (Exode 25,8), sur lequel nos Sages enseignent : « au sein de chaque membre du peuple juif » (Réchit ‘Hokhma, Alchikh, ChaLaH, Likoutei Torah). Et, au sein même du Tabernacle, l’allumage de la Ménorah constituait une part essentielle du service. L’éclairage en la matière nous est donné par Rachi sur ce verset. En effet, le commentaire de Rachi a vocation à être étudié et compris de façon universelle, par les hommes, les femmes et même les enfants de cinq ans qui étudient le sens simple des versets, il est donc logique que ce soit ce commentaire qui renferme un enseignement qui s’applique à chaque Juif, quel que soit son niveau dans le service de D.ieu. Sur le verset « Quand tu feras monter les lumières », Rachi enseigne « Puisque la flamme monte, on emploie pour l’allumage de ces lumières l’expression “ monter”. Il fallait allumer jusqu’à ce que la flamme monte par elle-même. » La leçon qui découle de cela s’applique bien à l’ensemble du service de D.ieu : il est du devoir de chaque Juif d’« allumer » son âme, au sujet de laquelle il est écrit « la bougie de D-ieu est l’âme de l’homme » (Proverbes 20, 27), pour qu’elle brille de la lumière de la Torah et des Commandements, car « le Commandement est une bougie et la Torah est une lumière » (Proverbes 6, 23). À travers cela, il éclaire le monde entier, ce qui fait apparaître que tout ce qui s’y trouve est lié avec la sainteté. Telle est, en effet, la finalité de la Création : « faire pour D-ieu une demeure dans les mondes inférieurs ».


– « La flamme » désigne le but à atteindre. En effet, il n’appartient pas au Juif de « créer la bougie », mais seulement de l’allumer. La bougie existe déjà et est prête à être allumée. Il ne reste plus alors qu’à faire monter la flamme : l’âme est présente, la Torah est les Commandements sont à notre portée, il ne reste plus qu’à s’en servir pour « allumer » l’âme.
– « Monte » enseigne de quelle façon ce travail doit se faire. Le judaïsme distingue entre une attitude statique (עמידה) et une attitude dynamique (הליכה). On peut en effet servir D ieu, mais en faisant du « sur place », sans s’améliorer au fil du temps. Cependant, une notion forte de la Torah est le principe de « מעלין בקודש – s’élever dans la sainteté » qui exige que l’on progresse perpétuellement. Ce qui fait qu’un Juif n’est jamais statique, car il est toujours en train « d’avancer » spirituellement.
En outre, il ne s’agit pas seulement ici d’« avancer », mais de « s’élever » (« monte par elle-même ») : le fait « d’avancer » se comprend généralement comme la progression en direction de son objectif, mais sur un plan horizontal, c’est-à-dire en restant à un même niveau. « L’élévation », en revanche, désigne une progression lors de laquelle on s’élève d’un niveau à un autre, le dernier étant sans aucune commune mesure avec le précédent. Il ne s’agit pas en effet d’élargir le champ de son service divin, mais de passer à une toute autre sorte, bien plus élevée, de service divin.


– « par elle-même » nous enseigne une composante essentielle de ce travail « d’allumage » : celui-ci doit se faire de sorte que ce qui est allumé brille par soi-même, sans avoir encore besoin de celui qui allume. Dans le travail personnel de l’homme, cela signifie que, bien qu’étant naturellement l’objet d’influences extérieures (à commencer par celle de D-ieu qui lui insuffle les forces nécessaires à sa réussite, celles de la Torah et des Commandements avec lesquelles il fait briller son âme, celle de son environnement familial et communautaire qui le motive à servir D-ieu), son objectif est néanmoins que « la flamme » monte « d’elle-même » : son service ne peut pas se reposer indéfiniment sur les forces extérieures qui le soutiennent, il doit donc finir par arriver au niveau ou il éclaire par lui-même, de façon autonome.


Un exemple à cela est fourni par la relation entre le maître et l’élève : bien que le maître donne à l’élève toutes les méthodes et les techniques d’apprentissage nécessaires, l’objectif est que l’élève s’approfondisse seul sur le sujet, jusqu’à ce qu’il le comprenne à travers ses propres facultés intellectuelles. Ceci exprime le sujet du Don de la Torah : D-ieu (le « maître ») a donné toute la Torah au peuple d’Israël. Néanmoins, les Juifs (« l’élève ») doivent s’efforcer par leurs propres forces de comprendre la Torah et d’y développer des ‘hidouchim, des nouveaux enseignements. En réalité, dans la mesure où la Torah leur a été donnée, il n’y a qu’eux qui puissent la déterminer. (En effet, la Torah « n’est pas dans les cieux » et la loi est fixée d’après ce que le Beth Din statue, conformément aux lois relatives aux jugements rabbiniques). Bien que notre génération, la dernière de l’exil, soit extrêmement pauvre du point de vue spirituel, elle est en même temps le « talon » du peuple juif à travers les âges qui va élever le corps tout entier, toutes les générations précédentes, car elle a la force d’être « une flamme qui monte par elle-même » et d’amener la Délivrance messianique. La conscience de cela doit renforcer la joie qui anime les dernières préparations à la Délivrance et pousser chacun à rajouter dans « la Torah qui est lumière », de façon à éclairer tout son entourage, et, par là, le monde entier. Alors, immédiatement, nous irons en terre sainte, à Jérusalem, la ville sainte, sur la montagne sainte, dans le troisième Temple, dans le Saint des Saints, « avec nos jeunes et nos vieux, avec nos fils et nos filles » (Exode 10, 9).


« C’est l’image même de D.ieu qu’il (Moïse) contemple… » (Nombres 12-8) Israël est un peuple saint qui fait attention à ne pas franchir les limites pour ‘monter vers D.ieu’. Ils se tiennent au loin et croient en Hachem avec juste leur émouna. Et cela fait référence à Moché Rabbénou (Exode 3-6) : « Moché se couvrit le visage, craignant de regarder le Seigneur.» Même Moché notre maître, s’est caché le visage et a eu peur de regarder Hachem. C’est ainsi qu’il a mérité d’acquérir des perceptions divines immenses comme il est écrit : « C’est l’image même de D.ieu qu’il (Moché) contemple… » Cela fait aussi référence au verset      ( Isaïe 57-19) : « Paix, paix,dit Il, pour qui s’est éloigné, comme pour le plus proche. » (Likouté Halakhot Kétoubot 4-4) « Moïse implora Hachem en disant : Seigneur, Oh ! guéris-la, de grâce ! » (Nombres 12-8) Quand les rigueurs, que D.ieu préserve, se renforcent sur un homme, celui qui prie pour lui ne doit pas évoquer son nom. Cela afin que ne se renforcent pas les jugements stricts, que D.ieu préserve. C’est pour cela que le père de Noé ne l’avait pas nommé à sa naissance, car le monde était régit par la rigueur, et il n’avait pas voulu lui attribué un nom. Car par le nom il aurait été reconnu parmi les accusateurs et les jugements rigoureux auraient pu s’abattre sur l’enfant. Ainsi quand Moïse a prié en faveur de Myriam, il na pas évoqué son nom et a dit simplement : Oh ! guéris-la, de grâce ! Etant donné qu’elle croulait sous la stricte justice, Moïse n’a pas voulu prononcer son nom explicitement. Malgré tout il a voilé son nom dans sa prière par une allusion merveilleuse. Car en hébreu ‘Oh ! guéris’ (Nah réfah) a la même valeur numérique que le nom Myriam-Yokhèvet (Yokhèvet est le nom de la mère de Myriam). Il a donc vraiment fait cela intentionnellement, puisqu’il faut rappeler le nom du malade et celui de sa mère lorsqu’on prie pour ce dernier. Mais Moïse n’a pas voulu l’exprimer de façon évidente.(Likouté Moharan 1-174).


D’habitude Moïse sait réagir aux situations difficiles : lorsque le peuple qui naguère a entendu la voix de Dieu lui interdire le culte des idoles, danse frénétiquement autour du veau d’or, on aurait pu s’attendre au désespoir de sa part. Or c’est là que Moïse se révèle dans toute sa grandeur. Il reste maître de la situation, punit les coupables, intercède auprès de Dieu en faveur du peuple, et refuse de fonder un « nouveau peuple » à la place des Hébreux. Pourtant, l’idolâtrie est la pire des transgressions aux yeux de la Torah. On peut donc être surpris de voir Moïse dans la paracha Behaalotekha être « brisé » par une effronterie beaucoup moins grave de la part du peuple, celle de la demande de la viande: « La populace au sein du peuple fut pris d’une envie, les enfants d’Israël revinrent à pleurer devant Dieu en disant: Qui nous nourrira de viande? … Moïse dit à Dieu: Pourquoi as-Tu fait du mal à ton serviteur, pourquoi n’ais-je pas trouvé grâce à tes yeux, pour que tu m’imposes la charge de tout ce peuple ?

…Donnes-moi donc la mort si j’ai trouvé grâce à tes yeux »(11, 4, 11 et 15). C’est là qu’apparaît le point faible de la personnalité de Moïse. Alors qu’il peut appréhender victorieusement les enjeux d’une spiritualité adverse, telle que l’idolâtrie, il ne peut pas affronter l’effronterie des enfants d’Israël. En effet, la demande de viande ne constituait nullement une transgression d’un commandement ou une spiritualité nouvelle, c’était simplement de la ‘houtspa, une audace ingrate face au bienfait de l’alimentation en manne. C’est justement ce que Moïse, dont le rôle est de transmettre la Torah, ne peut assumer. En effet, la transmission de la Torah exige un minimum d’effacement (bocheth panim) de la part de l’élève, ce qui est incompatible avec l’effronterie.


Il y a donc quelque chose qui manque dans la Torah telle qu’elle est transmise par Moïse, c’est la capacité de donner une réponse au questionnement posé par l’effronterie des enfants d’Israël. Or cette capacité est indispensable pour qui veut révéler la Torah au temps du Retour: « à l’approche de la venue du Messie l’effronterie l’emportera » (Sota 49b). La grandeur du Messie consiste dans la capacité d’amener la libération d’Israël à une génération révoltée, et de considérer la sainteté de l’être hébraïque indépendamment des actes. On peut donc dire que l’épreuve que les hébreux ont inflige à Moïse en demandant la viande, avait pour but de le faire accéder à la dignité messianique. Si l’épreuve avait réussi, Moïse devenu Messie, aurait rétabli l’harmonie du monde telle qu’elle était du temps du premier Homme, lorsque la Nature et l’Âme n’étaient pas encore en opposition (cf. Rav Kook, Chemonah kevatsim VIII, 157). Mais le temps n’était pas encore arrivé, et l’accomplissement de l’histoire fut repoussé de plusieurs milliers d’années. Eldad et Médad prophétisèrent alors: « Moïse va mourir, c’est Josué qui fera la conquête », ou encore, ils annoncèrent les guerres messianiques de Gog et Magog (Sanhédrin 17a), que Moïse ne mènera pas. C’est cette exigence d’harmonie qui pousse également Myriam et Aharon dans notre paracha à critiquer la vie ascétique de Moïse, qui se sépare de sa femme pour être en état de prophétiser à tout moment. L’idéal serait en effet que la vie naturelle ne soit pas une entrave a la prophétie, comme au temps de l’Eden, mais le temps n’en était pas encore venu. L’analyse du rav Kook mène à comprendre le mouvement de révolte contre la tradition qui se manifeste aux temps de l’accomplissement de l’histoire, comme expriment l’espérance subconsciente de la réalisation de l’harmonie de la morale et de la Nature.


(Sources : Rav Arié Levy, Guysen International News – Sepharad.org – Rav Dufour, Modia – Eli Touger, Nissan Mindel, Chabad.org – Breslevparis.com)

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Préparer la fête de de Chavouote et la paracha de la semaine avec Modia :

PREPAREZ La nuit et le jour extraordinaires de Chavouote  (6 nissane)
le 3 au jour, toute la nuit et le 4 juin

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http://www.modia.org/infos/etudes/chavouote.html

1.   PARACHA DE LA SEMAINE – 36e Paracha – Béhaâlotékha: « Quand tu feras monter » Bamidbar (Les Nombres) 8, 1 – 12, 16
Elle  nous enseigne « L’art d’éduquer en élevant vers le haut ». Cette étude est dédiée à toutes les mamans et à tous les pères qui veulent transmettre une éducation juive et épanouie. Il est clair qu’on ne peut pas intégrer tous ces commentaires si riches en une seule lecture. Il faudra y revenir souvent….

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2 – Nous sommes entrés dans le mois extraordinaire de Nissane. Pour assimiler toute la puissance de ce mois, voyez encore ici  tout ce qui se passe chaque jour de ce mois et le sens de cela dans l’histoire, dans les textes et dans les vies, chez les Sages de vos traditions, le tout avec références, lien à la vie et photos.  CLIQUEZ ICI

3 – Et voici le sens du Ômer qui va se continuer jusqu’à Chavouote

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Voici les études de la semaine du site Modia :

1 – PARACHA DE LA SEMAINE – Nasso (Les Nombres) 1, 1 – 4, 20
Elle  nous enseigne la science du passage à la joie pour le peuple juif !…

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2 – Nous sommes entrés ce soir jeudi 29 mai dans un NOUVEAU MOIS, voir l’étude sur Roche ‘Hoddéche

3 – L’important MOIS DE SIVAN. Voir la particularité de ce mois et ses faits marquants : Sivane

4 – CHAVOUÔTE : Fête de Chavouôte

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35e Paracha: Nasso – Fais le relevé Bémidbar (Les Nombres) 4, 21 – 7, 89
La minute d’étude nous résume ainsi la paracha : les Léviims des familles de Guerchon et de Mérari sont choisis pour le service. Hachem ordonne que toutes les personnes impures quittent le camp – Le vidouï : la mitsva de confesser verbalement ses fautes – Exhortation à ne pas retenir ce qui est du aux cohanim et aux léviim – La sota : femme suspectée d’adultère – Le nazir – Birkat cohanim : la bénédiction des prêtres – Les offrandes des princes le jour de consécration de l’autel. La paracha Nasso passe de l’organisation du peuple et des léviïm qui a commencé dans la parachat BeMidbar à la position du Sanctuaire au milieu du peuple. La parachah commence par le rôle des descendants de Guershon et celui des descendants de Merari dans le transport du Sanctuaire et dans le décompte des léviïm. Elle continue par la préservation du lien de pureté envers le Sanctuaire en renvoyant du camp du Sanctuaire ceux qui sont impurs, et en faisant de lui le centre social pour Israël. C’est là qu’un homme qui a fauté envers autrui rend son bien au cohen, là qu’un homme et une femme se présentent quand l’homme est jaloux, là que se présente le nazir à la fin de son voeu pour se raser la tête et offrir son sacrifice. La bénédiction de Hachem à Israël sortira de la bouche des cohanim qui servent dans le Sanctuaire. Toutes les tribus ont participé à l’inauguration de l’autel et du Sanctuaire par l’offrande des chefs de tribus, un pour chacun des douze jours qui ont suivi l’onction.

Après le dénombrement des Enfants d’Israël, la Torah va apporter quelques précisions : 3 groupes constitueront la tribu de Lévi, le 3ème fils de Jacob. Par rapport au Michkan, ses 3 fils camperont : Qehat au Sud, Guerchon à l’Ouest, Merari au Nord. La Torah définit ensuite 3 zones de Kedoucha : – le Michkan, – le camp des Léviyim, – le camp des 12 Tribus d’Israël. (Le Secret du Maguen David et des 12 Tribus d’Israël – La Voix de la Communauté – Tichri 5770, n° 61) La paracha de la semaine aborde 3 autres sujets importants, que Yaniv commentera Chabbath matin et Chabbath après-midi : – La cérémonie de la Sota (une femme soupçonnée d’adultère) – le Nazir (pendant un temps déterminé, un Juif accepte un certain état de pureté et de sanctification) – La bénédiction des Cohanim, récitée à la répétition de la ’Amida de Cha’hrit et Moussaf, dont voici une traduction : « Que Hachem te bénisse et qu’Il te garde ! Que Hachem éclaire Sa Face vers toi et qu’Il te fasse une faveur ! Que Hachem lève Sa Face vers toi et qu’Il place pour toi la paix ! Ils placeront Mon Nom sur les Enfants d’Israël, et Moi Je les bénirai. » (Nombres, VI.24-27)

La Paracha de Nasso est lue habituellement le Chabbat qui suit la fête de Chavouot ou bien, comme cette année, le Chabbath qui précède la fête, nous explique-t-on sur Daf Haguéoula. Il serait donc logique de trouver, dans la Paracha de Nasso, une allusion au caractère spécifique du premier Chabbat après le Don de la Torah. Avant le Don de la Torah, il y avait un schisme entre les dimensions Célestes et celles de ce monde : « Ceux qui étaient en Haut ne pouvaient pas descendre en Bas ; ceux qui étaient ici-bas ne pouvaient pas monter vers le Haut. » Le Don de la Torah annula ce décret ; les Cieux et le Terrestre pouvaient, alors, s’unir. Ainsi, les mitsvote appliquées avant le Don de la Torah n’avaient pas la même valeur que celles qui sont appliquées aujourd’hui, après le Don de la Torah. Il en est ainsi pour la mitsva du Chabbat. Bien que les Juifs aient observé le Chabbat avant même le Don de la Torah, il est clair que cette pratique ne peut pas être comparée à la façon avec laquelle ils l’observèrent une fois que la Torah fut donnée.

Nos sages nous apprennent que chacun des événements important de notre calendrier se reproduit chaque année. Ainsi, ce Chabbat qui est le premier Chabbat après la fête de Chavouot devrait être vécu comme le premier Chabbat que nos ancêtres ont observé après le Don de la Torah. L’homme appelle par la pratique des mitsvote, les dimensions « supérieures » à descendre dans les réalités terrestres. Or, avant Matan Torah – le Don de la Torah – il était impossible à l’homme de produire ceci par ses propres moyens. En conséquence, les objets matériels ne pouvaient être investis de Sainteté. Grâce à nos actions, depuis le Don de la Torah, les dimensions spirituelles habitent notre entourage matériel. Car les Mitsvot émanent de l’Essence de D.ieu. Ainsi, l’homme, qui pratique les mitsvote, n’est plus limité à ses forces personnelles, car il est missionné par D.ieu ; il est donc investi par l’Essence du divin et ses actes matériels s’imprègnent alors de Sainteté.

Ce concept est intimement lié au Chabbat : le Chabbat a cela de magique d’être plus haut que la Création, car en ce jour, nous cessons toutes actions créatives. Le jour de Chabbat, le Juif est investi « d’un amour pur pour D.ieu, d’un amour qui transcende l’intellect ». Cet amour est plus haut que celui qui l’habite pendant la semaine, car ce dernier est le fruit du labeur et de l’effort – la raison et la rationalité. Le niveau d’amour atteint le Chabbat transforme l’individu et ses désirs ne sont pas les mêmes que ceux qu’il a dans le courant de la semaine. Le Chabbat traduit, donc, le lien entre les deux composantes de l’existence : il est, d’une part, la révélation de la plus haute des saintetés ; mais son impact s’inscrit, d’autre part, dans les aspects les plus concrets de la Création. En ce jour, les désirs les plus bas se trouvent transformés.C’est cette idée maîtresse qui s’exprime chaque année en ce Chabbat particulier où nous lisons au début de la Paracha de Nasso : « Compte les descendants de Guerchon… » Le nom Guerchon découle du mot hébraïque Guérech qui signifie, d’une part, produire (en termes d’agriculture), mais aussi Guérech – chasser. Ceci représente dans sa lecture symbolique, le pouvoir de révéler l’amour latent que l’homme a pour D.ieu (comme le fruit dans la terre) ; ainsi que la faculté de chasser le mal. Ces deux actions sont, comme nous l’avons vu plus haut, intimement liées au Chabbat. (Likouté Si’hoth Vol VIII)

Sur le blog Nefech ‘Haya, on nous rappelle que la proximité avec D.ieu lors du Matan Torah a fait dire à nos Maîtres que l’on doit pouvoir lire dans cette paracha Nasso les premiers effets du don de la Torah. Dans une approche immédiate, on peut déjà réfléchir sur le nom qu’elle porte. Nasso est un mot qui nous renvoie à l’idée d’élévation (Ce mot est un verbe énoncé à l’impératif qui signifie « Compte » ou « Elève »). A partir de là, les commentateurs nous conduisent vers une idée audacieuse : dans son essence la Torah est si élevée qu’elle échappe à toute définition. Dans l’un de ses commentaires sur un verset de la paracha Michpatim (Chap. 21, verset 13), Rachi appelle la Torah du nom de « Parabole de l’Ancien » (En hébreu « Machal Hakadmoni ». L’Ancien, ici, c’est D.ieu. L’expression vient en fait du premier livre du prophète Chmouel, chap. 24, verset 13). L’appellation est curieuse pour ne pas dire dévalorisante ! Comment peut-on qualifier la parole de D.ieu de parabole quand on connaît la richesse infinie de la Torah ? L’étonnement est justifié mais on verra qu’il ne résistera pas à un examen profond de ce terme.

Qu’est ce qu’une parabole ? Quand un maître veut expliquer à son élève un concept difficile, il utilise une parabole, c’est à dire un ensemble d’images familières à l’élève, dans laquelle il glissera le concept en question. Une parabole est donc, une approche d’un concept intellectuel complexe, situé à un niveau plus bas que le concept d’origine. Ainsi, plus l’élève aura du mal à comprendre la pensée du maître, plus ce dernier sera obligé de descendre son idée vers le monde matériel en l’illustrant par des repères accessibles à son disciple. Prenons l’exemple de la lumière et de l’obscurité. Une idée très fine (appartenant au monde spirituel) pourra être qualifiée de lumineuse comme une lumière matérielle permettra d’avoir un champ de vision très clair. Sommes-nous en présence de deux lumières ? En aucune façon. C’est simplement le même concept qui a quitté le monde de l’abstraction pour descendre de niveau en niveau afin de s’habiller dans le monde matériel.

Une sagesse infinie Il en est de même pour la Torah que nous connaissons à travers les lois et les récits qui y sont rapportés. On y parle de personnages, de situations différentes ou d’objets qui ne sont en fait que des paraboles de la Torah telle qu’elle est chez D.ieu à un niveau spirituel très élevé. La Torah dans son essence est infinie puisqu’elle est la sagesse de D.ieu, Lui aussi infini. De ce fait, elle ne peut en aucune façon être appréhendée par l’homme, par nature, limité intellectuellement. Mais pour qu’il puisse, malgré cela, y avoir accès, D.ieu a habillé Sa sagesse à travers une immense parabole constituée de la Torah, du Talmud, du Midrach et d’autres textes fondateurs du judaïsme qui ne seront que des supports nous permettant de comprendre la sagesse divine.

Avraham est, certes, un personnage historique qui inaugure la voie royale de notre histoire mais au second degré il quitte son apparence humaine pour incarner une vertu : celle de la bonté à travers laquelle ses faits et gestes nous apprendrons ce qu’est cette vertu. Et tous les milliers de commentaires que nous trouverons sur le patriarche ne seront pas seulement de merveilleuses explications (Bien évidemment, cette règle s’applique à tous les personnages et toutes les situations de la Torah qui possèdent, eux aussi, un caractère infini) : plus ils seront fins, plus ils nous rapprocheront de l’essence de la Torah. On voit de là à quel point l’étude de la Torah est vitale. En s’y consacrant avec profondeur, on apprend à connaître D.ieu et à gravir les degrés infinis qui nous conduisent vers Lui.
La Torah est infinie et nous invite, chaque jour, à nous dépasser pour nous rapprocher de D.ieu. Dans l’éducation de nos enfants, cette conscience, joue un rôle déterminant pour l’acquisition de la crainte de D.ieu, car quand un individu réalise que l’autorité qui le gouverne transcende l’humain, sa soumission à la Torah est à la mesure de l’immensité de la divinité qu’on lui enseigne. Il pourra, alors, s’y attacher de toutes ses forces.

« Et l’esprit de Hachem le saisit… » (Shoftim 13:25) Selon le blog Breslev Shuvu Bonim, la raison principale de la Création du monde a été de révéler la crainte et la royauté de Hachem, « la crainte de Hachem est pure, elle subsiste éternellement » (Psaumes 19:10). Chacun doit savoir que la seule chose qui existe, c’est la crainte de Hachem. Il faut être dans la crainte de Hachem et seulement Le craindre. On ne doit rien craindre d’autre, aucune personne, ni Haman, ni Pharaon, ni les nazis. On ne doit que craindre Hachem. Il est absolument interdit de craindre un ministre, un noble, un voleur ou un terroriste. La création tout entière est Son royaume, elle révèle la royauté de Hachem dans le monde. La création entière s’écrie : « Hachem est le Roi. Hachem règne. Hachem sera le Roi pour toujours ». Rien d’autre que Hachem n’existe. Les terroristes n’existent pas. Les meurtriers n’existent pas. Rien n’existe.

Rabbenou dit que la première chose pour servir Hachem consiste à n’avoir aucune peur. Ceci est l’enseignement crucial de Rabbi Nahman, nous ne devons pas avoir peur. Le Rebbe n’est d’aucune utilité pour les lâches, pour les timorés. De quoi avoir peur ? Il y a un D.ieu dans le monde. Hachem est vivant et existe. Il y a des Justes, comme Moche Rabbenou ou Yehochoua ben Noun. Ils ont un contrôle complet de ce monde. Ils sont responsables de tout. Si une personne veut avoir du succès dans le service de Hachem, s’il veut avoir de la réussite dans ses entreprises, alors il doit tout d’abord être courageux. Il ne doit ressentir en lui aucune peur. Le Megaleh Amoukot (Rav Nosson Shapira) dit que la peur est la plus grande Toumah/impureté qui existe dans le monde. Quand une personne a peur, cela signifie qu’elle n’a pas la foi. Aussi, lorsqu’une personne ressent de la peur, elle doit la déraciner totalement.

Dans la Torah 249, Rabbenou dit : « L’essentiel de la force d’une personne est dans son cœur. Celui qui est fort dans son cœur et n’a peur d’aucune personne ou d’aucune chose, il est capable de faire des merveilles, des actes de bravoure et de remporter la victoire dans tous ses combats, simplement par la force de son cœur ». Un homme doit être courageux, intrépide, en toute circonstance. C’est seulement ainsi qu’il sera victorieux dans tous ses combats. C’est le principe de « Qui est considéré comme une personne forte ? Celui qui domine son mauvais penchant » (Avot 4:1). La première des batailles c’est surmonter les mauvaises pensées qu’on a dans son cœur. C’est aussi s’éloigner des lieux et des visions interdits. C’est pourquoi il est écrit à propos de Chimchon (Shoftim 13:25) : « Il était rempli de l’esprit de Hachem… entre Tzaraah et Eshta’ol ». Dans ces lieux l’esprit de Hachem l’a saisi et lui a donné la puissance et la force du cœur, là, dans ces mêmes lieux, il a tué un lion et il a accompli des actes prodigieux et impressionnants.

Il y a une histoire vraie qui s’est passée pendant la Shoah : un nazi était prêt à tirer sur un Juif. Il le tenait contre un mur et il lui a dit : « Maintenant, je vais te tuer ! » Et ce Juif lui a répondu : « Tu ne peux pas me tuer ! Seul Hachem peut me tuer ! » Cela a irrité le nazi et il a répété : « Je vais te tuer ! Écoute, je suis prêt à tirer ! » Et le Juif a répondu : « C’est Hachem, pas toi ». Le nazi a crié : « Je suis prêt. Je me décide ! » Le Juif dit : « Non ! C’est seulement Hachem. Seul Hachem peut tirer. Je n’ai pas peur de vous ». Ce nazi a été réduit au silence et s’est enfui en laissant le Juif vivant. Il pensait que si tout est vraiment de Hachem, alors je ne vais pas être Son émissaire. Ce Juif a traversé toute la guerre en sachant que tout vient de Hachem. Il n’y a rien d’autre, seulement Hachem. C’est son mérite qui l’a sauvé.Tout ce que nous traversons durant nos cent vingt ans, tout ce qui nous arrive, tout n’est qu’une épreuve avec les nazis, une épreuve avec les terroristes et les assassins. Tout provient de graves décrets. Nous devons révéler la foi qui est cachée dans le cœur, révéler la foi qu’aucun ministre, aucune personne, aucun ennemi ne peuvent nous faire tomber de notre foi.

Nous devons vraiment nous renforcer, mettre dans nos cœurs et comprendre vraiment que Hachem existe. Nous devons rester dans la foi que Hachem est Un, et tout ce qui apparaît est vraiment inexistant. La chose principale c’est simplement de croire dans le vrai Juste, de diffuser une telle émouna qu’il n’y a que Hachem. Il est très difficile de parvenir à un tel niveau de confiance par soi-même. Seule une personne qui s’accroche au vrai Juste peut atteindre ce niveau. Parce que le Juste peut l’éveiller à une telle foi et stimuler cette foi, pour qu’elle se développe au point qu’il peut faire usage de ce point de foi. Parce que le vrai Juste s’est complètement annulé devant Hachem. Il n’a pas d’existence propre. Il n’a pas d’entité personnelle. Il n’a peur de rien. Celui qui mérite de trouver un tel vrai Juste peut parvenir à cette annulation de soi-même. Et cette foi parvient à un niveau élevé et impressionnant. Ainsi, grâce à cela, tout le monde va s’incliner et se prosterner devant Lui, tous les ennemis, tous les nazis, tous les terroristes, et tous viendront s’incliner et se prosterner devant Lui.

Jacques Kohn : La fin de la parachat Nasso s’attarde longuement sur les dons offerts par les chefs de tribus, princes d’Israël, à l’occasion de l’inauguration de l’autel du Tabernacle. Le premier dans l’ordre des donateurs a été Na‘hchon fils de ‘Aminadav, chef de la tribu de Juda (Bamidbar 7, 12). La Torah et le Midrach relèvent, en l’honneur de Na‘hchon, deux titres de noblesse : 1. Lorsque la Torah signale que Aaron a épousé Elichéva’ (Chemot 6, 23), elle précise – indication exceptionnelle en une telle circonstance – qu’elle était la sœur de Na‘hchon. Et Rachi (ad loc.) de préciser, citant la Guemara (Baba Batra 110a) : « D’où nous apprenons que celui qui prend femme doit se préoccuper de la moralité de ses frères. » 2. « Lorsque les enfants d’Israël se sont trouvés au bord de la mer des Joncs, rapporte la Guemara Sota (37a), chacune des tribus cherchait à se défiler, aucune d’elles ne voulant entrer la première dans la mer. Tandis qu’elles en étaient encore à palabrer entre elles, Na‘hchon fils de ‘Aminadav a bondi pour être le premier à sauter dans les flots. » Ces mérites ont valu à Na‘hchon fils de ‘Aminadav une double récompense : – C’est lui qui a été désigné pour être le premier des donateurs lors de l’inauguration de l’autel du Tabernacle. – Il a été, comme l’indique le livre de Ruth (4, 20 et suivants), l’ancêtre du roi David, et donc celui du Messie.
Le Rav Dufour nous dit que les Lévi descendent du 3e fils de Yaâqov et Léa, nommé Lévi. Lévi vécut 137 ans (2195-2332). Il avait 34 ans à la mort de Yits’haq, 60 à la mort de son père Yaâqov, et 114 à la mort de Yosséf. Il n’a pas connu Moché, son arrière petit-fils. (Chémote 6, 16-18). Lévi a eu trois fils (lire Bémidbar 3, 13-17…) : Guérchone, Kéhate et Mérari et une fille Jokhébed qui épousera Amram, le fils de Kéhate et ceux-ci donneront naissance à Aarone, Myriam et Moché. C’est un petit-fils de Kéhate nommé Qora’h, qui contestera Moché. Les fils d’Aharone seront Nadav et Avihou qui mourront en s’approchant du Sanctuaire, Elâzar et Itamar. Lien entre la joie et le Lévi : Le verset de Proverbes 21, 15 dit : « pratiquer la justice est une joie pour l’homme de bien et un supplice pour les faiseurs de vilenie ». Il ne s’agit pas ici de la justice humaine mais de celle qui assure l’ordonnancement du monde et son existence.

L’état de joie caractérise celui qui est relié au tsadiq ‘hakham, au juste qui est un savant en Torah. Cela est dit dans le psaume 32, 11 : « réjouissez-vous en Hachém, soyez dans l’allégresse, juste, entonnez des chants de joie vous tous les coeurs droits » (sim’hou…). C’est ce point que Rabbéinou Bé’hayé utilise pour nous faire comprendre que le Lévi fait rayonner la joie là où il réside, dans le camp de tout Israël. Rabbéinou Be’hayé dit encore : le Sanctuaire était habité par les chants et le jeu des instruments de musique. Car ils mènent l’homme vers la joie. C’est pour cela que le Lévi n’accomplissait son service collectif que de l’âge de 30 à 50 ans, car c’est à ces âges que la voix est la plus forte pour porter le chant et la joie, comme il est dit à la fin du chapitre 5 des Pirqéi Avotes (Principes des Pères) ; voir aussi le traité ‘Holine page 24 a. Le rôle des Lévi est essentiel pour apporter la joie. De même, les Juifs, nous devons apporter cette joie de la Torah dans le monde. La Torah ne peut donc pas être montrée dans la tristesse, la constriction, ce qui n’est pas lumineux ni propre.

Le nazir est une personne qui fait vœu d’ascétisme (Nombres 6, 1-21), nous explique Wikipedia. Le mot nazir signifie « consacré » ou « séparé ». Le nazir se consacre à D.ieu pendant une période de temps déterminée, durant laquelle elle s’engage à rester en état de pureté. Il s’abstient de boire du vin ou de toute autre boisson alcoolisée, de tirer profit d’un produit de la vigne, de se couper les cheveux, ou d’approcher un cadavre, même celui d’un membre de sa propre famille. Si, pour une raison ou l’autre, le nazir contracte une impureté par contact avec un cadavre, la Torah comporte une prescription de purification : se raser le crâne, attendre 7 jours et, le 8ème, apporter 2 tour- terelles et 2 pigeons au cohen comme offrande d’expiation pour la faute d’impureté. Le vœu peut dès lors recommencer. La période de vœu accomplie, le nazir doit apporter une brebis et un bélier en offrande au Temple, se raser le crâne et brûler ses cheveux sur l’autel ; il peut alors boire du vin et retourner à la vie normale. Chaque être humain est une entité unique et irremplaçable, égale en dignité à tous les autres hommes et qu’on peut en aucun cas faire atteinte à cette dignité, tant physiquement que moralement. C’est cette spécifité de chaque homme qui nous semble être la véritable antidote contre toutes les exactions perpétrées au cours de l’histoire humaine, au nom de faux-grands principes qui se sont tous soldés par des catastrophes humanitaires. Car il n’y a pas à changer l’homme : il faut d’abord l’accepter tel qu’il est, dans sa grandeur, mais aussi dans sa faiblesse, et poser comme principe éthique le dire de Hillel (traité Chabbat) : « Ne fais pas à autrui ce qui est détestable à tes yeux ».

Ce principe fondamental de toute la Torah, et de toute éthique digne de ce nom repose sur une notion cardinale : celle de la réciprocité dans le respect de l’homme. Car chaque-un doit se voir comme un homme se tournant vers autrui et également comme un autrui recevant le respect qui lui revient en tant qu’être humain. Ceci entraînera un autre principe tout aussi fondamental, et de plus codifié par la Halakha : la responsabilité collective. Chacun est responsable de tous, et tous sont responsables de chaque-un. Ce qui interdit les exactions de type « raison d’état », monnaie courante dans nos démocraties, même les plus respectueuses des droits de l’homme. Car enfin de quels droits de l’homme s’agit-il ? A travers la déclaration de l’homme et du citoyen de 1789, puis celle des Nations Unies de 1948, les fondements éthiques apparaissent ténus : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. » (Article 1). Mais en vertu de quoi ? Sur quelles bases s’appuient nos révolutionnaires de 1789 ou nos juristes de 1948 ? Parce que le fondement d’une telle déclaration ne repose que sur le bon vouloir de l’homme d’accepter l’autre, ces principes se sont trouvés bafoués tout au long de notre tragique histoire. Il nous semble que si l’homme se définit comme étant le reflet d’une dimension ayant son origine dans la Hauteur, c’est-à-dire d’une dimension qui le dépasse, mais qui néanmoins est présente en lui, alors il y aura là une véritable source éthique empêchant l’homme de porter atteinte à un autre homme, celui-ci étant porteur de quelque chose de plus que le simple humain de l’homme : la trace de D.ieu.

Ce principe en dignité, mais de différence dans l’essence de chaque homme étant posé, nous pouvons comprendre ce que veut dire le Ramhal, qui nous enseigne, qui écrit, dans « La Voie des Justes » : « Si l’ascétisme est nécessaire et obligatoire, pourquoi nos maîtres ne lui ont-ils pas donné force de loi, comme ils l’ont fait en élevant d’autres barrières et instaurant d’autres décrets ? Nos maîtres ne décrètent une décision que dans le cas où la majorité de la communauté serait capable de la supporter (Baba Batra 60b)… Car il est impossible que toute la nation atteigne le même niveau. » (Messilat Yécharim chap. 13). Le Ramhal met en exergue un principe qui semblerait à première vue « anti-démocratique » : les hommes d’une même nation ne seraient pas égaux quant à leur capacité à atteindre la sainteté… Mais il faut ici différencier entre égalité et identité. Le judaïsme proclame la spécificité de chaque être humain, chacun étant chaque-un, (selon une formule fréquemment utilisée par Benny Lévy z’l), un modèle unique dans l’univers, avec ses caractéristiques physiques et psychiques, son histoire et ses aspirations propres. Il y a donc différence de nature pour chaque individu. Ce qui n’implique en aucun cas une quelconque inégalité entre les hommes, bien au contraire.

Etant donné qu’il existe autant d’aspirations humaines qu’il y a d’hommes sur la terre, chaque-un se tournera vers la voie qui lui est propre. Ainsi, certains aspireront à une plus grande spiritualité, d’autres chercheront un équilibre entre le spirituel et l’action dans ce monde, d’aucuns encore considéreront que l’essentiel est d’agir et d’influer sur le monde. Le Ramhal nous propose donc une éthique de la différenciation, presque casuistique. Si un homme considère qu’il secrète en lui la capacité de se rapprocher de son Créateur, il doit emprunter le chemin de l’ascèse et du naziréat. En cela, il est l’homme saint que décrit le Ramban. Si par contre, il s’impose de façon articificielle des jeûnes et des souffrances physiques qui ne le font pas progresser sur le chemin de la spiritualité, il faut le considérer comme un fauteur, selon le Rambam. Mais la progression spirituelle personnelle doit-elle être considérée comme une fin en soi ? La Torah vient nous dire qu’il faut pratiquer la responsabilité collective. Un homme ne peut se considérer avoir atteint son but dans la vie que s’il se lie avec, et positivement, sur son entourage.

Il est nécessaire que l’élite se perfectionne pour que, grâce à elle, ceux qui ne sont pas préparés, méritent aussi l’amour de D.ieu et l’Emanation de Sa présence. » (Messilat Yécharim, fin chap. 13) L’ascète ne peut considérer avoir atteint son but d’élévation spirituelle que s’il est solidaire des communautés qui l’entourent (dansla mesure de ses moyens). Il peut s’agir de sa famille, de sa communauté, de sa ville, de sa nation, voire, de la terre toute entière, mais dans tous les cas, il y a nécessité fondamentale d’interaction entre le monde et lui. Et plus l’homme aura atteint un degré de perfection et de sérénité intérieure, plus il devra (car il en aura les moyens psychologiques et spirituels) tenter d’aider le collectif. Là est peut-être la raison profonde du sacrifice que le nazir devait apporter au Temple : il ne s’était occupé durant sa période de retranchement que de son bien-être spirituel propre, et n’avait pas œuvré pour la communauté dans ce même laps de temps. C’est pour cela que le Texte nous dit qu’i devra se tenir « à l’entrée de la Tente d’Assignation» (Bamidbar 6, 10) ; uniquement à l’entrée, pour faire preuve d’humilité, nous disent nos Sages, humilité qu’il aurait pu perdre dans son isolement par rapport au peuple, et avec laquelle il importe au premier chef de renouer après sa période de naziréat. Comme le dit le Rav Chimchon Raphaël Hirsch : « Le nazir ressemble à un être d’élite qui essaye de se rapprocher de D.ieu par le renoncement, mais qui court le danger de se refuser en définitive à la lutte qui, seule, engage et consacre l’homme… car le judaïsme ne se conçoit que dans la vie, ne s’accomplit qu’en dominant la matière et non pas en la refusant. » (Rav C.R. Hirsch, commentaires sur Bamidbar 6).

(Sources : La Minute d’étude – A.C.I. St Fons – Daf Haguéoula – Nefech ‘Haya – Breslev Shuvu Bonim – Jacques Kohn, Cheela – Rav Dufour, Modia – Wikipedia – Rav M. Chriqui, Dr A.G. Morali, l’Essence de la Torah)

CULTURE JUDAÏSME – La paracha de la semaine – Mois de Iyar 5774 (mai 2014)

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Actualité, nouvelle paracha, fêtes, avec Modia

A l’approche de la visite du Pape en Israël, une minuscule minorité d’extrémistes a placé des graphitis (tags) hostiles sur des bâtiments chrétiens. L’ensemble des responsables les condamnent. Une autre minorité de gauche essaie de saisir cette affaire pour attaquer Israël dans les médias internationaux en diffusant l’idée fausse que le gouvernement et les autorités ne font rien contre ces actions.

Rav Yehoshua Rahamim Dufour, rédacteur du site Modia

1.   PARACHA DE LA SEMAINE – Behoukotaï: Selon mes lois Vayiqra 26, 3 – 27, 34
La terre d’Israël, dispositif réel et nécessaire de l’amour et de la paix. Cette paracha termine le livre de Vayiqra qui nous transmet tout le dispositif prévu par le Créateur. C’est le coeur de la Torah. Et la dernière paracha montre que la terre d’Israël en est un élément essentiel. Cette paracha exige de nous que nous fassions un effort important pour sortir d’une vision politique de la terre d’Israël et pour adopter le regard de la Torah.

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2 – Nous sommes encore dans le mois de Iyar. Pour assimiler toute la puissance de ce mois, voyez encore ici  tout ce qui se passe chaque jour de ce mois et le sens de cela dans l’histoire, dans les textes et dans les vies, chez les Sages de vos traditions, le tout avec références, lien à la vie et photos.  CLIQUEZ ICI

3 – Et voici le sens du Ômer que l’on dit dès la fin du premier jour de Pessa’h, après le coucher du soleil

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Comment compter le Ômér chaque soir et quel développement personnel y réaliser en chaque jour (cette page sera mise à jour).

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Le 12 au soir on allume pour ouvrir le 28e jour du Omer
Le 13 au soir on allume pour ouvrir le 29e jour du Omer
Le 14 mai au soir on allume pour ouvrir le 30e jour du Omer
Le 15 au soir on allume pour ouvrir le 31e jour du Omer

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33e paracha – Be’houqotaï: Selon mes lois Vayiqra 26, 3 – 27, 34

La paracha Be’houqotaï est celle qui clôt le livre de Vayiqra (Lévitique). Sur le site Lamed, on nous dit que nous apprenons l’histoire juive non seulement pour éviter les erreurs du passé, mais aussi parce que nous nous dirigeons tous vers une certaine destination. Le livre de Vayikra se termine avec la paracha Be’houqotaï, par un passage particulièrement sévère dans lequel D.ieu
nous fait connaître tous les châtiments qui s’abattront sur nous au cas où nous ne serions pas fidèles à l’alliance que nous avons contractée avec lui au Sinaï. Les détails de ces punitions sont nombreux et, hélas, plusieurs fois au cours de notre longue histoire, nous avons eu l’occasion de sentir effectivement la main de Dieu et de voir se réaliser le châtiment divin.Mais, en même temps, nous avons vu aussi l’Eternel tenir scrupuleusement sa promesse, telle qu’elle se trouve exprimée dans la paracha à la fin des châtiments, à savoir que, malgré son courroux et malgré notre mauvaise conduite répétée, jamais l’Eternel ne nous rejettera pour toujours, jamais il ne permettra que nous soyons complètement anéantis, car, pour lui, l’alliance contractée avec nous est éternelle, Et cette alliance, si elle nous impose certaines obligations, exige également de la part de Dieu une protection sans laquelle nous ne pourrions subsister.

Aussi, comme disent nos Sages, Dieu est-il toujours venu avec nous en exil, tout comme au début de notre histoire il se trouvait à nos côtés en Egypte. Il a, pour ainsi dire, partagé les souffrances causées par les châtiments qu’il s’est vu obligé de nous infliger; car, en père aimant, il souffre du mal qu’il lui faut faire subir à ses enfants. Ce qui est vrai pour le peuple d’Israël dans son ensemble, l’est également pour chacun de nous individuellement. Il peut nous arriver de sentir s’abattre sur nous cruellement la main de Dieu, de souffrir de maux, de deuils, de maladies pénibles. jamais il ne nous faut cependant douter de la bonté divine, du fait qu’il est le père de chacun de nous individuellement et que le sort de chacun de nous lui tient à cœur. Les souffrances constituent souvent un châtiment; mais elles peuvent aussi être totalement inexplicables, et leur raison nous échapper complètement. N’oublions pas, dans tous les cas, que l’Eternel est notre Dieu, dans les mauvais comme dans les bons moments de l’existence.

On appelle tokhe‘hoth (« avertissements »), ou kelaloth (« malédictions » dans le langage de la Michna [Meguila 3, 6]), les passages dans lesquels Moïse a mis en garde les enfants d’Israël en leur annonçant les malheurs auxquels ils s’exposeront s’ils n’observent pas scrupuleusement la Tora. Ces passages, contenus tant dans la parachath Be‘houqothaï (Wayiqra 26, 14 à 46) que dans la parachath Ki thavo (Devarim 28, 15, 69), ont souvent créé chez les fidèles dans les synagogues un sentiment de frayeur et d’appréhension, tant et si bien que certains répugnent à être appelés pour en suivre la lecture devant le rouleau de la Tora. On en est réduit à appeler le bedeau, attitude blessante consistant à « sacrifier » l’un des membres les plus modestes de la communauté au profit supposé de celle-ci, ou bien à y appeler « quiconque en voudra », procédé moins inélégant mais que l’on pourrait qualifier d’irrévérencieux envers un texte inscrit dans la Tora ; Dans certaines communautés, ce sont les rabbins eux-mêmes qui se font alors appeler à la Tora. Peut-être se souviennent-ils alors que ces « avertissements » sont considérés, dans beaucoup de milieux hassidiques, comme de véritables bénédictions. Ils s’appuient sur un texte du Zohar dans lequel le prophète Elie indique que ce que nous tenons pour des oracles de malheur est constitué en réalité de promesses et de consolations, comme lorsqu’un roi qui aime son fils le morigène, sans pourtant lui retirer son amour.

En Israël, l’année 5775 qui vient sera une année où on devra observer la chemita (jachère qui a lieu toutes les 7èmes années. Le site Chabbad.org nous dit que les fermiers en Israël sont requis, par la loi juive, de respecter la Chemita laissant leurs champs reposer une année entière, une fois tous les sept ans (Vayikra 25, 1-7). Nous travaillons la terre six années consécutives bien que la sagesse conventionnelle indique que ce n’est pas sain pour le sol. En fait, le sol garde sa force et produit une récolte plus importante la sixième année, en vue de l’année de la Chemita. Et puis nous nous interrompons la septième année, en dépit de nos doutes et de nos soucis bien naturels sur la façon dont nous allons pourvoir aux besoins de nos familles. Ce type de comportement pourrait apparaître comme la meilleure manière d’aller au désastre. Et pourtant, pour les Juifs en Israël, cela produit des résultats extraordinaires. Cela renforce notre foi dans le fait que la terre appartient à D.ieu, que notre succès découle directement de Sa bénédiction et que nous devons Lui être reconnaissants pour tout ce que nous possédons.

Il est aisé de partager avec les autres quand nous pouvons nous permettre de partager, quand nous avons un revenu stable et quand nous savons comment nous paierons les dépenses du lendemain. Mais il est beaucoup plus difficile d’être charitable quand nous ne sommes pas sûrs de quoi seront faits les lendemains. Les propriétaires n’avaient aucun revenu pendant la Chemita et pourtant ils abandonnaient les récoltes qui poussaient spontanément pendant cette année-là. C’est ainsi que se trouvaient resserrés les liens qui unissaient la communauté. En dehors d’Israël, ce phénomène est mis en évidence par les contributions aux caisses de rétablissement de la justice, que d’autres appellent « charité ». La sagesse conventionnelle dicte que plus nous donnons, moins nous avons ! Mais de la perspective divine, il en va autrement : plus nous donnons, plus nous pouvons nous permettre de donner. La charité renforce donc notre foi et notre unité.

La chemita est en quelque sorte le Chabbat de la terre, que l’on doit laisser en repos pendant une année entière). Comment se fait-il, qu’aujourd’hui, après tout ce qui est arrivé au peuple juif, et un peu plus de 60 ans après la Choah, il soit le seul peuple sur terre à qui on refuse le droit d’exister ? Les autres peuples après s’être battus pour leur terre l’on conquise par la force : ils se sont battus et ils ont gagné, peu importe de quelle façon (le Rav Dynovisz nous rappelle ici le génocide des Indiens d’Amérique, et il y en a eu tant d’autres dans le monde…) Ainsi, selon les lois de l’histoire des hommes, celui qui a conquis une terre y reste jusqu’à ce que plus fort que lui vienne et l’en chasse. Mais les Juifs sont le seul peuple sur terre que l’Eternel n’autorise pas à être le vrai propriétaire de la terre d’Israël car elle est Sa terre. C’est pourquoi le peuple juif doit se considérer comme le locataire d’Hachem. L’Eternel est donc le vrai propriétaire de cette terre d’Israël ; il autorise Son peuple à l’habiter, pourvu qu’il s’y comporte selon Ses préceptes et qu’il y étudie Sa Torah. Le Rav nous explique que les Juifs n’ont pas le droit de céder la moindre parcelle de cette terre à un autre peuple, sous peine de voir s’accomplir les menaces contenues dans Sa Torah.

L’Eternel veut faire entendre Son message à Son peuple et leur signifie qu’ils doivent reconnaitre que cette terre est à l’Eternel, sinon les peuples les accuseront d’occuper une terre qui ne leur appartient pas. De nombreux Juifs n’ont pas encore pris conscience de cela. Et en effet, la Torah rejoint ici précisément le cœur de l´actualite brulante concernant le processus de paix, le partage de la terre et le fameux concept de la « paix » contre les territoires. Les peuples disent à Israël : « cette terre n’est pas à vous ! » C’est pour cela que la paracha Be’houkotaï dit « Vous serez dispersés au milieu des nations, vous partirez en exil et il vous arrivera toutes sortes de catastrophes si vous oubliez que cette terre (d’Israël) est à Moi. » Le rav nous apprend encore que certains maîtres disent que c’est la raison cachée pour laquelle les explorateurs n’ont pas voulu y entrer. Là est toute la difficulté du peuple juif de vivre sur cette terre. C’est pourquoi la loi de la chemita est extrêmement importante. Le message fondamental concernant le peuple juif est donc bien que si le peuple juif reconnaît que la terre d’Israël est à Hachem, alors, il y restera pour l’éternité. La Torah a été donnée au peuple juif pour arriver aussi à la signification de la chemita, un peuple qui vit complètement investi dans sa relation avec ce monde en ayant intégré que la terre est à D.ieu. D.ieu, qu’il doit vivre, et peu importent les pressions qu’exercent les nations sur Israël pour le faire céder.

La croyance que le monde appartient à D.ieu et que notre succès dépend de Lui est une notion libératrice, nous enseigne le rav Lazer Gurkov. Elle nous permet de poser le fardeau que nous traînons. Nous continuons à travailler, mais nous respirons plus facilement. Nous savons que D.ieu guide nos pas et que tout arrive pour une bonne raison. Nous apprenons à voir la main de D.ieu dans tout ce que nous faisons et Sa présence dans tout ce que nous voyons. Cela nous conduit à l’ultime raison pour la Chemita que nous proposent les commentateurs bibliques. Le Talmud nous indique que dans le Temple, les Lévites chantaient chaque jour des louanges à D.ieu. Le Chabbat, le septième jour, leurs chants évoquaient le jour du repos éternel, l’âge messianique.

Le Talmud nous enseigne que notre monde durera six millénaires. Les deux premiers ont été consacrés à la création, les deux suivants à la Torah et les deux derniers seront consacrés à Machia’h. En fait, nos Sages affirment qu’au cours du septième millénaire, le monde comme nous le connaissons cessera d’exister. Il deviendra un monde de liberté et de Divinité.La Chemita, la septième année, comme le Chabbat, le septième jour, représentent l’époque messianique. Notre foi en D.ieu est renforcée durant la Chemita, tout comme elle le sera à l’ère messianique. Notre unité est renforcée durant la Chemita tout comme à l’ère où Machia’h introduira un âge de paix. La sixième année est une année d’abondance tout comme l’ère qu’introduira Machia’h : une ère de prospérité. Mais c’est par la liberté qui régnera que l’époque de Machia’h sera la plus remarquable. En fait, la Chemita est une année d’émancipation. Les esclaves sont libérés et toutes les dettes exonérées.

La mitsva de la Chemita ne se résume pas à s’abstenir de tout travail et à respecter des commandements restrictifs. À l’instar du Chabbat hebdomadaire, la Chemita est en effet porteuse d’un message positif de sainteté que la Torah accorde aux hommes fidèles à son esprit. Les grands ouvrages de la littérature juive remarquent en effet que de la même manière que le Chabbat constitue une « source de bénédictions » à partir de laquelle tous les jours de la semaine sont sanctifiés tant aux plans spirituel que matériel, ainsi en est-il de la Chemita : c’est d’elle qu’émane un souffle de bienfaits à la fois spirituel et matériel pour toutes les autres années  » Car la terre est à Moi !  » Outre les lois agricoles, l’année sabbatique de la Chemita voit également l’annulation des dettes : le prêteur n’a plus le droit de réclamer à l’emprunteur le remboursement d’un prêt (l’emprunteur peut néanmoins s’en acquitter de son plein gré).

Cette loi risquait de se retourner contre les pauvres qu’elle était supposée protéger d’un endettement excessif, car les prêteurs éventuels pouvaient refuser de prêter de l’argent ; Hillel l’Ancien institua donc la procédure du « Prouzboul », par laquelle le prêteur transfère au tribunal rabbinique le droit de récupérer ses dettes : en effet, il n’y a pas d’annulation des dettes envers le tribunal rabbinique. Concrètement, il est d’usage de prononcer devant trois Juifs, qui forment pour la circonstance un Beth Din, un « tribunal rabbinique » la formule suivante : « Je vous transmets tous les prêts que j’ai concédés, pour que je puisse les réclamer quand je le voudrai. » Il est également possible de procéder au Prozboul en remplissant un formulaire que l’on remet à un Beth Din. Dans la mesure où l’annulation des dettes se fait dans les derniers instants de l’année de Chemita, il est recommandé de procéder au Prouzboul lundi 13 septembre 2015, veille de Roch Hachana, en même temps que Hatarat Nedarim, l’annulation des vœux. Même si on a fait le Prozboul l’année dernière, on doit le refaire cette année si on a prêté de l’argent au cours de l’année.

La Torah nous dit que la Terre d’Israël a été choisie par Hachem comme Sa résidence parfaite, ainsi que de Son chalom, nous explique le Rav Dufour. Certes, il nous laisse libre de nous boucher le coeur, et de continuer à poser le problème de la paix et de la terre d’Israël dans les termes qui ne sont pas la Torah, et ce sont des idéologies étrangères qui ne prennent nullement en compte la nature de la terre d’Israël et son chalom divin donné. Nous sommes placés devant un choix: plaire à ces idéologies qui nous apprécieront apparemment de les flatter au lieu de nous placer en Juif avec notre représentation de la terre d’Israël et du chalom. En fait, à juste titre, ces non-Juifs méprisent ces Juifs qui veulent les copier et se déguisant en ce qu’ils ne sont pas. Les Juifs qui se prosternent devant les idéologies non juives devraient comprendre que les peuples, quand ils font cette guerre continuelle à Israël pour le dépouiller, c’est qu’ils reconnaissent implicitement sa grandeur, nous dit le Rav Dufour. Ils veulent dévaliser la joaillerie spirituelle qui détient les vraies clefs de la vie; ils le pressentent. L’erreur est simplement de penser qu’on peut les acquérir en tuant et volant. Vous me direz aussi: « mais on est quand même libre de ne pas adhérer à la Torah! ». Dites à vos enfant: « mais je suis quand même libre de ne pas vous aimer! ». Il y a une phase de ce rejet apparent de ce à quoi on doit le plus: c’est l’adolescence où on pense que l’on n’arrivera pas à se trouver soi-même sans casser la coquille. Mais l’amour n’est pas une coquille, c’est l’union et la vie.
On ne peut pas trier dans la Torah ni dans Rachi. Ses mots sont impressionnants, clairs et précis.

Voici le commentaire sur ce Rachi dans Le Pentateuque de la Fondation Lévy (Exode) page 277, note 32, poursuit le Rav : « Rachi, ici sui le Sifra qui dit « celui qui sort hors de la terre d’Israël; » tandis que le Talmud Kétouvote 110b indique (celui qui habite hors d’Israël). Tous deux avancent comme preuve supplémentaire de leur assertion les paroles de David (I Samuel 26,19) « cat ils m’empêchent aujourd’hui de demeurer dans l’héritage de Hachém, disant: va servir d’autres dieux ». Mais, objectent-ils, quelqu’un a-t-il jamais ordonné à David de servir d’autres dieux ? Qu’il dût vivre hors d’Erets Israël (ou qu’il dût la quitter), c’était comme si on lui ordonnait d’adorer les idoles ». Et me rav conclut : Que le Créateur veuille révéler à nos dirigeants, et au peuple, la grandeur et la fonction de la terre d’Israël et de notre peuple. Que, après Lag ba Omér puis en la 6e semaine consacrée à l’amélioration de la relation sexuelle, tout le plan d’union se réalise pour chaque être afin que chacun puisse vivre dans le bonheur l’être unique dans lequel il a été créé. Que le Créateur nous donne des Sages qui instruisent le peuple ignorant, et qu’ils lui fassent découvrir que la vie est la Torah.

Le commentaire de Rachi sur un verset de la paracha Béhar, si proche (Vayiqra 25,38) dit : « Je suis Hachém votre D.ieu, qui vous ai fait sortir du pays d’Egypte pour vous donner le pays de Kanaâne, pour être votre D.ieu ». Saisissons bien l’intentsité d’union affective de ces mots « donner… être votre ». Rachi dit: – « Je vous ai fait sortir mais la condition en était que vous acceptiez Mes commandements même s’ils vous pèsent. – Je vous ai donné ce pays, mais comme récompense de ce que vous acceptiez mes commandements. (et on arrive au plus important) – « pour être votre D.ieu ». Pour quiconque habite la terre d’Israël, Je suis D.ieu, mais pour celui qui sort de cette terre, c’est comme s’il adorait des idoles ». On ne peut pas trier dans la Torah ni dans Rachi. Ses mots sont impressionnants et clairs et précis.

La paracha de Béhar débute avec ces versets : « Quand vous serez entrés dans le pays que Je vous donne, la terre sera soumise à un chômage en l’honneur de l’Éternel ». Yonathan Bendennnoune nous dit que dans les explications du Sfat Emet sur ce sujet, on retient l’idée que la venue et le maintien de notre peuple en Eretz-Israël sont soumis à la condition du respect de la Chemita. Autrement dit, on ne peut donner un sens véritable à la promesse et à l’héritage de la  » Terre sainte  » que pour autant que le peuple d’Israël y respecte en tous points cette éminente mitsva ! Pour mieux saisir le fond de sa pensée, il convient de formuler ici une remarque importante : en effet, on relève dans les versets de la Torah une contradiction apparente concernant l’héritage d’Eretz-Israël. D’une part, nous savons que chaque Juif, dans l’essence profonde de son âme, possède en propre une part en Eretz-Israël. Car, de la même façon que chaque âme juive détient une part personnelle dans l’étude de la Torah – comme nous l’affirmons dans nos prières : « Donne-nous notre part dans la Torah » -, ainsi en est-il de la terre de nos ancêtres. Le Sfat Emet l’énonce pour ainsi dire explicitement : « Chaque parcelle de terre d’Eretz-Israël est en relation avec des âmes spécifiques du peuple juif ».

À cet égard, on serait enclin à voir tout simplement dans cet héritage l’accomplissement du verset des Psaumes : « Quant à la terre, Il la céda à l’homme »… Pourtant, d’autres versets semblent suivre avec un sens tout à fait opposé ! Par exemple, lorsque la Torah énonce la mitsva de restituer – lors du yovel (le Jubilé, qui est la 50e année suivant sept années de Chemita) – les terres à leurs propriétaires initiaux, elle s’exprime en ces termes : « Nulle terre ne sera vendue irrévocablement, car la terre est à Moi ! », (Vayikra, 25, 23). Verset que le Sforno commente ainsi : « La terre – c’est-à-dire le territoire – est la terre de D.ieu. ‘ Vous n’êtes que des étrangers domiciliés chez Moi ’ dans ce même territoire, car il ne s’inscrit pas dans le principe initial : ‘ La terre, Il la céda à l’homme ’ ». Alors comment peut-on résoudre cette apparente contradiction ? En remettant justement cet « héritage de la terre » dans son juste contexte.

Certes, tout terrain qu’un homme achète dans n’importe quel endroit du globe devient sien en vertu de l’énoncé « La terre, Il la céda à l’homme ». Cependant, cette acquisition reste superficielle. Mais pour ce qui est d’Eretz-Israël, les choses prennent un tout autre aspect : le rapport entre l’homme et la terre y est essentiellement spirituel, et c’est pourquoi une relation profonde existe entre ce pays et les âmes du peuple juif. Or, en vertu de cette relation spirituelle profonde, les principes de « l’acquisition » y sont régis par des règles radicalement différentes. Ainsi, du fait que la conquête d’Eretz-Israël par le peuple hébreu n’avait aucune commune mesure avec les autres conquêtes territoriales de toute l’histoire humaine, le privilège d’y séjourner a d’emblée été conditionné exclusivement par son respect de la Chemita. C’est cette mitsva qui accordait au peuple d’Israël son « droit de séjour » sur sa terre, et c’est elle qui décida, lorsque vint ce sinistre jour, de l’en expulser… Car l’exil vient précisément rappeler aux membres du peuple d’Israël que la terre de leurs ancêtres ne leur fut pas donnée dans le seul but d’une prospérité agricole…

À propos de la Terre  » sainte « . De fait, l’exil de notre peuple chassé de sa terre est justement le  » prix  » à payer pour avoir transgressé le « chômage » de cette même terre : voilà pourquoi l’exil babylonien consécutif à la destruction du Premier Temple eut une durée exacte de 70 ans, correspondant au nombre de Chemitot que le peuple hébreu avait manqué de respecter comme il convient.
À de nombreuses reprises, nous remarquons ainsi que la Torah considère la Terre d’Israël comme une entité vivante et nullement comme un simple agglomérat de terre et de pierres…  De ce fait, les versets parlent souvent d’elle comme d’un être animé et lui attribue des réactions propres aux êtres vivants. « La terre ne vous vomira pas (…) comme elle a vomi le peuple qui vous a précédés », (Vayikra, 18, 28) en est un exemple probant, car aux yeux de la Torah, de la même manière qu’un organisme vivant rejette tout aliment nocif, ainsi la terre d’Israël ne peut-elle supporter la présence de peuples dont les mœurs et la conduite ne correspondent pas à sa dimension et à sa haute valeur. Ainsi, nous pouvons retenir que si nous aspirons bel et bien à atteindre sur la terre de nos ancêtres la sérénité qui nous a fait tant défaut jusque-là, nous devons tout d’abord nous atteler à respecter ses propres exigences. Et Yonathan Bendenmoune conclue que c’est en observant très rigoureusement le « repos » de la terre d’Israël que nous pourrons espérer voir émerger l’ère de notre « repos » à nous… avec la construction du Troisième Temple à Jérusalem.

(Sources : Lamed – Jacques Kohn, Chiourim.com – Chabbad.org – Rav Dynovisz – Rav Lazer Gurkov Chabbad.org – Rav Dufour, Modia – Yonathan Bendenmoune)

 

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Les études du site Modia pour la semaine :

1.   1ère PARACHA DE LA SEMAINE – 32e Paracha – Behar: Au mont Vayiqra 25, 1 – 26, 2
Elle vous donnera la conception de ce qu’est pour le judaisme Aimer en principes et aimer en faits.

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2ème PARACHA DE LA SEMAINE – 33e Paracha – Be’houqotaï: Selon mes lois Vayiqra 26, 3 – 27, 34
Cette paracha termine le livre de Vayiqra qui nous transmet tout le dispositif prévu par le Créateur. C’est le coeur de la Torah. Et la dernière paracha montre que la terre d’Israël en est un élément essentiel. Cette paracha exige de nous que nous fassions un effort important pour sortir d’une vision politique de la terre d’Israël et pour adopter le regard de la Torah.

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2 – Nous sommes encore dans le mois de Iyar. Pour assimiler toute la puissance de ce mois, voyez encore ici  tout ce qui se passe chaque jour de ce mois et le sens de cela dans l’histoire, dans les textes et dans les vies, chez les Sages de vos traditions, le tout avec références, lien à la vie et photos.  CLIQUEZ ICI

3 – Et voici le sens du Ômer que l’on dit dès la fin du premier jour de Pessa’h, après le coucher du soleil

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Comment compter le Ômér chaque soir et quel développement personnel y réaliser en chaque jour (cette page sera mise à jour).

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Le 5 mai au soir on allume pour ouvrir le 21e jour du Omer
Le 6 au soir on allume pour ouvrir le 22e jour du Omer
Le 7 au soir on allume pour ouvrir le 23e jour du Omer

Rav  Yehoshua Rahamim Dufour

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32ème paracha « Behar » « Au mont » Vayiqra 25, 1 – 26, 2


Reprise louyehi 2011 remaniée – Au Mont Sinaï, D.ieu prescrit à Moïse le repos septénaire de la terre et institue le jubilée, tous les 50 ans, lors duquel les terrains et les habitations hors des villes fortifiées reviennent à leur propriétaire initial. Le jubilée est également marqué par l’affranchissement des ‘esclaves’, occasion pour le texte de préciser les conditions générales dans lesquelles un Israélite peut tomber en servitude, les dispositions légales qui encadrent celle-ci et les moyens par lesquels ils peut racheter sa liberté. « Je suis Hachem votre D.ieu qui vous ai fait sortir du pays d’Egypte, pour vous donner le pays de Canaan, pour être votre D.ieu. » (Lévitique 25, 38) A propos de ce verset, le Talmud cite la beraïta suivante : Nos maîres ont enseigné : En règle générale, l’homme doit habiter le pays d’Israël, même dans une ville dont la majorité des habitants est idolâtre et ne doit pas habiter hors du pays, même dans une ville dont la majorité des habitants est membre d’Israël. Car quiconque habite Erets Israel ressemble à quelqu’un qui a un D.ieu, et quiconque habite hors d’Eretz Israel ressemble à quelqu’un qui n’a pas de D.ieu, puisqu’il est dit : « Pour vous donner le pays de Canaan, pour être votre D.ieu ». (On objecte : cela signifie-t-il qui habitent hors d’Eretz Israel n’auraient pas de D.ieu ? C’est donc pour dire que quiconque habite hors du pays d’Israël est comme s’il était idolâtre.


Ce texte n’est en général pas considéré comme ayant force de loi. Cependant, Rabbi Yecha’ya di Trani signale dans son commentaire sur le traité de « Ketoubot » que telle était la règle « Lorsqu’Israël était sur sa terre », c’est-à-dire en un temps de souveraineté politique hébraïque sur Eretz Israel. Le verset qui sert de base à cet enseignement se trouve en fait à la suite d’un ensemble de prescriptions concernant le caractère inaliénable d’Eretz Israël. L’ensemble de ces prescriptions se trouve défini comme ayant été transmis à Moïse sur le Mont Sinaï. « Et D.ieu s’adressa à Moïse sur le mont Sinaï, en disant… » (Lévitique 25, 1) D’où la question de Rachi : « Toute la Torah a été donnée au Sinaï ; pourquoi le rappeler de façon spécifique à propos des mitsvote concernant la relation d’Israël à sa terre : chemita, yovel (jubilée), etc… ? La réponse, dont la source est dans le Midrach Torat Cohanim est que la Torah a tenu à donner ces mitsvote de la vie quotidienne en Eretz Israël, révélée au Sinaï dans tous leurs détails, en modèle au reste des commandements dont seuls les principes généraux sont donnés explicitement dans la Torah écrite.


La question de savoir quel est le rapport entre la chemita et le Sinaï prend une ampleur renouvelée dans notre temps, où une partie du peuple juif contemporain se définissant comme fidèle à la Torah du Sinaï, considère cependant que celle-ci ne postule pas forcément la vie en Eretz Israel. On peut penser que le traité Kétoubot a tenu à employer des termes aussi durs que « comme s’il était idolâtre » pour stigmatiser une belle doctrine , selon laquelle la Torah du Sinaï serait une « religion » indépendante théoriquement de « Sion ». Or, on sait ce qui risque d’advenir de « religions » issues d’Israël, mais coupées d’Eretz Israel considérée uniquement comme « terre sainte ». Toutefois, il faut préciser que cette condamnation des Juifs habitant hors du Pays d’Israël ne concerne pas forcément tous les Juifs de diaspora. Il ya en effet dans le terme employé par le Talmud et que nous avons traduit par « habiter » le sens de habiter de façon principale, définitive. Ce mot « ladour » s’oppose à un autre mot « lagour », qui signifie « séjourner de façon provisoire » (Genèse 47, 4) « C’est pour séjourner « lagour » au pays (d’Egypte) que nous sommes venus », ainsi que le commentaire de la Haggada de Pessa’h : « et non pour s’y installer ». En d’autres termes, les Juifs qui se savent en exil hors d’Eretz Israel , mais sont empêchés d’y vivre pour des raisons de force majeure , ne sont pas dans un cas visé par la beraïta. Cela pose le problème de la définition de la « diaspora ». S’agit-il de la diaspora de l’Etat d’Israël contamporain, ou bien de la diaspora du deuxième Royaume de Juda détruit par Rome il y a 2 000 ans et qui se trouve – sans l’assumer réellement – contemporaine de l’Etat d’Israël actuel ? Cette question est, dans l’état des choses renvoyée à la conscience individuelle de chacun et à sa sincérité. Mais il est un secteur de la population juive de diaspora où l’interpellation de notre beraïta ne peut être entendue que de façon très inconfortable. Il s’agit de ceux des Juifs qui cherchent dans la « religion » un alibi pour ne pas vivre à Sion.


Dans la paracha Behar, il est écrit: « Ne vous lésez point l’un l’autre, mais redoute ton D ieu ! Car je suis l’Eternel votre D.ieu ». (Vayikra 25:17). En d’autres termes, on doit arriver à éprouver le même sentiment de sainte crainte et de trépidation s’il nous vient à vouloir léser autrui, que lorsqu’on se trouve face à D.ieu. Et bien que la chose est difficile, nous sommes néanmoins ordonnés de faire ainsi. Et de plus, les transgressions entre l’homme et son prochain prennent préséance sur celles entre l’homme et D.ieu. Nos Sages ont expliqué que ce verset interdit les paroles frauduleuses. Cela inclut l’avertissement de ne pas diminuer une autre personne par des paroles blessantes, de ne pas lui donner de conseils qui ne sont pas réellement bénéfiques pour lui, mais bénéfiques pour le conseilleur. Il ne devra pas utiliser le pouvoir de sa parole pour causer de la peine ou pour embarrasser autrui. Il ne devra même pas examiner de la marchandise qui est en vente s’il n’a pas d’argent avec lui ou s’il n’a pas l’intention de l’acheter. Même un mot qui fait allusion à quelque propos blessant pour son prochain rentre la catégorie de cette interdiction.


Cependant, la société dans laquelle nous vivons est caractérisée par le contraire de tout ce qui est interdit dans cette mitsva. Il est courant de dénigrer son prochain ou de se moquer de lui par qu’il souffre d’une certaine déficience. Nous disons que nous plaisantons simplement, alors qu’en fait nous ne plaisantons pas du tout mais nous faisons de lui un sujet de moquerie. La racine de cette impudence est la déficience dans notre attitude envers les mitsvote entre l’homme et son prochain. De même que nous n’estimons pas cette catégorie de mitsvote, nous ne considérons pas les gens selon leur vraie valeur. Cet comportement superficiel nous mène directement à une attitude indulgente qui peut nous permettre des comportements impudents. En contraste avec cela, il semble que nous comprenions mieux les commandements entre l’homme et D.ieu. Nous savons que les lois ont la même valeur indépendamment de la grandeur ou de la grosseur du sujet de la mitsva et qu’il n’y a donc pas de sens à les observer partiellement. Nous savons qu’un animal n’est pas cachère si l’on découvre un trou dans ses poumons après l’abattage, que le trou soit petit ou grand. Il n’y pas de différence si une personne moissonne entièrement son champ le Chabbat ou s’il arrache quelques plantes du sol. Cependant, si nous réalisons que le propre comportement envers les autres êtres humains est obligatoirement parce que cela est ordonné par D.ieu, alors il devient plus évident que même la plus petite « piqûre » qui puisse causer de la peine à autrui est une transgression majeure de l’interdiction de ne pas blesser autrui par nos paroles. Que soit béni celui qui parvient à accomplir tout cela.


La paracha Behar interdit de prêter de l’argent et d’en tirer le moindre profit : « N’accepte de sa part ni intérêt ni usure, mais crains ton D.ieu, et que ton frère vive avec toi ! » (Vayikra, 25, 36) Le Kli Yakar explique que la raison de cette interdiction réside dans le fait que la Torah proscrit de se livrer à une profession « oisive » et non productive dont le gain est assuré sans nul risque, car cela pourrait générer chez l’homme une confiance absolue dans l’argent – au détriment de la confiance en l’aide divine. La parabole suivante illustre comment les tsaddikim ont été à toutes les époques le symbole vivant du déni de toute dépendance vis-à-vis de l’argent, allant même souvent jusqu’à l’abandonner sans le moindre scrupule… Chargé de ses livres d’étude qu’il transportait toujours de ville en ville, le ‘Hafetz ‘Haïm se retrouva un vendredi après-midi forcé de passer le Chabbat dans un hameau. C’est au rav de la localité que revint donc l’honneur d’héberger l’illustre maître de Radine. Or, peu avant l’entrée du Chabbat, le ‘Hafetz ‘Haïm se souvint qu’il avait en sa possession une grande somme d’argent, qu’il confia donc avec son portefeuille à son hôte. Pendant le Chabbat, le rav fut fort tracassé par le fait que son prestigieux invité avait déposé chez lui tout son argent sans témoins, acte en fait prohibé par la Hala’ha (voir ‘Hochen Michpat, 70, 1) : en effet, cela peut inciter un dépositaire malhonnête à nier ensuite l’existence de ce dépôt. Mais sachant pertinemment que son invité respectait scrupuleusement la Hala’ha, le rav décida d’attendre la sortie du Chabbat pour lui demander des explications. Après la cérémonie de la havdala, le ‘Hafetz ‘Haïm prit sa valise, s’empara de ses livres et après avoir remercié le maître de maison pour son hospitalité, il se dirigea vers la porte… Le rav lui rappela alors qu’il ne lui avait pas encore restitué son portefeuille. « Je le sais bien, mais comme nous étions seuls lorsque je vous l’ai confié et qu’il n’y avait alors personne d’autre présent pour que je le prenne en témoin, je n’ai pas voulu enfreindre un interdit de notre Hala’ha… si bien que je vous l’ai finalement donné en cadeau ! ». Le rav essaya ensuite de rendre l’argent à son propriétaire, mais ce dernier argua que depuis vendredi soir, ce n’était déjà plus son argent. Le rav décida alors d’ouvrir une brèche contre cette argumentation sur un tout autre terrain : il pria le ‘Hafetz ‘Haïm d’accepter l’argent comme cadeau… Mais il essuya de sa part un refus catégorique : « (…) Celui qui hait les présents vivra ! » (Proverbes 15, 27). Sans le moindre regret, le maître de Radine s’engouffra dans la carriole qui l’attendait, laissant derrière lui un portefeuille plein et un hôte stupéfait.


« Si tu fais une vente à ton prochain ou si tu acquiers de sa main quelque chose… » (Vayiqra 25:14) S’il existe bien des endroits où il est difficile de sentir auprès de nous la Chekhina (Présence divine), il s’agit de ceux où nous achetons ou vendons les biens dont nous avons besoin. De fait, le supermarché, l’épicerie de notre quartier ou la boulangerie de notre village ne sont pas les lieux où nous allons en pensant à D.ieu, pour Le rencontrer ou pour nous en rapprocher. Pourtant, la terre est remplie de la gloire d’Hachem et peu importe ce que nous faisons et l’endroit où nous nous trouvons, le Créateur est à nos côtés et Il n’attend qu’une chose : que nous fassions appel à Lui, que nous Le prions et que nous tenions compte de Sa volonté. Notre Créateur désire à chaque instant de notre vie que nous pensions à Lui, même lors des moments où tout nous incite à L’oublier. Lorsque nous plaçons sincèrement Hachem en notre cœur et que nous Le mettons en avant lors de nos échanges commerciaux avec nos semblables, nous avançons à grands pas vers le but ultime de notre passage ici-bas : le rapprochement avec le Divin. Le judaïsme ne prône pas l’égalité. La Torah vit dans le concret : elle sait très bien qu’il y aura jusqu’à la fin des temps des riches et des pauvres. Mais pour chacun, elle donne la possibilité de fuir les risques que sa situation peut lui faire encourir. Pour le riche et pour le pauvre, elle montre une voie permettant d’accéder à une vie spirituelle, en tenant compte des caractéristiques de chacun. Le pauvre en évitant de se laisser entraîner dans une vie uniquement matérielle. Le riche, en lui donnant la possibilité de considérer que le prêt d’argent sans intérêt est un moyen de réfréner ses pulsions de désir matériel et de jeter un œil vers une vie plus tournée vers la ‘ réparation du monde ‘. Telle est la justice idéale selon la Torah.


La Torah fut donnée aux Hébreux voici plus de 3 300 ans, un jour de Chabbat Kodech, au sixième jour du mois de Sivan, plus exactement en l’an 2448 depuis la création du monde. C’est au plus fort d’un tumulte et d’un ébranlement que le Créateur du monde se manifeste sur le Mont Sinaï avant d’offrir la Torah à Son Peuple Israël. Cet événement est inscrit depuis lors dans la conscience de la nation juive, non pas comme un simple fait historique impressionnant, héritage d’un lointain passé, mais bien plus comme l’événement majeur sur lequel repose toute notre vie, passée, présente et future. C’est ainsi que le Créateur du monde déclare dans la Sainte Torah (Devarim, 4: 9- 10) : «Seulement, garde-toi et évite avec soin, pour ton salut, d’oublier les événe- ments dont tes yeux ont été témoins, de les laisser échapper de ta pensée, à aucun moment de ton existence. Fais les connaître à tes enfants et aux enfants de tes enfants. N’oublie pas ce jour où tu te tenais en présence de l’Eternel ton D.ieu, au Horev, lorsque l’Eternel me dit : «Convoque ce peuple de Ma part, Je veux leur faire entendre Mes paroles afin qu’ils apprennent à Me révérer tant qu’ils vivront sur la terre, et qu’ils l’enseignent à leurs enfants»

La Torah est un trésor précieusement conservé par les Juifs au fil des millénaires. Les Sages nous affirment que 974 générations avant la création du monde, D.ieu siégeait : consultant, étudiant, examinant et concevant la Torah toute entière. Et pour chacun des détails et des paroles de la Torah, D.ieu s’employa à les analyser profondément, à 248 reprises – à l’image des 248 membres de l’homme – avant de les faire jaillir de Sa parole et de les inscrire définitivement dans la Torah. D.ieu ne créa le monde que pour la Torah, afin que le peuple d’Israël l’accepte, l’étudie et l’accomplisse. C’est ainsi que D.ieu mit en place tous les détails de la création, de telle sorte qu’ils permettent la mise en pratique de la Torah. Ainsi par exemple, sommes-nous enjoints à pratiquer la circoncision sur un nouveau-né de 8 jours. C’est pour cette raison que l’Eternel a créé en ce monde une règle naturelle, celle de la coagulation du sang chez un bébé, qui n’est totale qu’au terme de huit jours. De même sommes-nous soumis à l’abstention de tout travail le septiè- me jour, le Chabbath. En l’occurrence, D.ieu a créé des forces de l’âme et du corps humain telles, que celui-ci est naturellement dépendant d’un jour de repos hebdomadaire. Ainsi en va-t-il de toute la nature créée par rapport à la Torah.

La Torah représente donc le «plan architectural» à l’origine du monde, comme le rappelle le Zohar : «D.ieu a contemplé la Torah afin de créer le monde», c’est-à-dire qu’il s’est inspiré de la Torah, comme d’un plan, pour créer le monde. Pourtant, D.ieu n’a pas donné la Torah immédiatement après la création du monde, mais a «patienté» pendant plus de 26 générations (Celles de Adam le premier homme, Shet, Enosh, Keinan, Mahalalel, Ye- red, Hanoh, Métoushélah, Lémeh, Noah, Shem, Arpahshad, Shélah, Ever, Peleg, Réou, Séroug, Nahor, Térah, Avraham, Itshak, Yaacov, Lévi, Kéhat, Amram et Moché notre maître) avant de trouver la génération la plus adéquate pour cela. Une génération sortie d’Egypte, après y avoir connu de grandes remises en question en matière de foi, contemplé des miracles, et soumise à de nombreuses épreuves. Celle qui a vu aussi, face à face, la Providence du Créateur du monde, les dix plaies, la sortie d’Egypte, l’ouverture de la Mer Rouge, etc. … C’est donc cette génération qui a semblé la plus à même de recevoir la Torah au regard de D.ieu.


Il semble qu’au bout du compte, D.ieu ait attendu l’espace de 1000 générations avant de donner Sa Torah, à Son peuple d’Israël, comme il est écrit : « Rappelez-vous éternellement son alliance, le pacte qu’il a promulgué pour mille générations» (Divré Hayamim 1, 16 :1.). Feu et nuage D.ieu illumina le Mont Sinaï tout entier par un feu tout particulier : un feu de Kédoucha, et la rosée qui tomba alors ne l’éteint pas. Rabbi Shimon Ben Lakish : «Lors du Matan Torah, tout était de feu, la Torah elle-même fut écrite en lettres de feu noir sur feu blanc. Moché Rabbénou était tel une flamme incandescente que les Bné Israël craignaient d’approcher. Tous les anges étaient en feu et le Mont Sinaï brillait lui aussi d’un grand feu. Et Hachem descendit vers le peuple au cœur de ce grand feu, et Ses Paroles y furent entendues. Il s’agissait d’un spectacle impressionnant. Mais pourquoi la Torah fut-elle donnée au milieu du feu et de l’obscurité ? Afin de nous enseigner que tous ceux qui étudient la Torah et la mettent en pratique seront préservés du feu du guéhinom (enfer) et de l’obscurité de laGalout (exil). Une nuée recouvrait le Mont Sinaï tout entier, mais le miracle fut que cette fumée ne se distinguait, ni du feu ni de la montagne. Tous les vents les plus doux du Gan Eden se purent sentir, à même d’apaiser les âmes. Chlomo HaMélèkh (le Roi Salomon) dit à propos de cette nuée, dans Chir haChirim (le Cantique des Cantiques) : «Embaumée de myrrhe et d’encens».


La montagne trembla alors bien plus que lors d’un tremblement de terre, en même temps que toutes les montagnes du monde, du haut vers le bas. Les eaux des océans et des fleuves s’agitèrent tout autant, le Jourdain inversant même son flux, tous les arbres et tous les rochers grondèrent. Une Bat Kol (voix céleste) se fit soudain entendre : «Qu’as- tu, oh mer, pour t’enfuir ? Jourdain, pour retourner en arrière ? Montagnes, pourquoi bondissez-vous comme des béliers, et vous, collines, comme des agneaux ?» (Téhilim, 114 , 6). Ils répondirent : «A l’aspect du Seigneur, tremble, ô terre, à l’aspect du D.ieu de Yaacov !» (Téhilim 114, 8) Nos‘Hakhamim (Sages) enseignent à ce propos : «Au moment ou Da- vid haMélèkh entreprit de procéder aux excavations préalables aux fondations du Beth Hamikdach, il parvint à une profondeur de .0 amote (2. mètres) et trouva un bloc d’argile bloqué, qu’il tenta d’extraire et de jeter. Ce bloc lui dit : «Tu ne peux rien contre moi, car je bouche l’abîme». Le Roi David lui demanda : «Depuis combien de temps es-tu ici ?». «Depuis le moment où D.ieu a fait entendre Sa voix sur le Mont Sinaï, disant : «Je Suis l’Eternel Ton D.ieu». La terre en a tremblé, sur le point de s’effondrer. Hachem m’a alors envoyé ici me chargeant de boucher ce gouffre, lui évitant de croître et d’anéantir ainsi toute la ter- re. Et lorsque les eaux m’aperçoivent, le Chem Haméforach (Nom divin immémorial) inscrit sur moi, elles s’en détournent immédiatement».


Le Mont Sinaï était éclairé grâce à une pierre précieuse, le «Bedolah» (cristal ou quartz) que D.ieu déplaça pour la placer au-dessus des Bné Israël. Ainsi, la montagne fut suspendue dans les airs pendant cet événement, à l’image d’une‘Houpa (dais nuptial) dressée pour des mariés : Hachem et Son peuple. Les témoins attendus pour cette cérémonie furent les cieux et la terre, la Kétouba (acte de mariage) fut la Torah elle-même. Et D.ieu prononça cette mise en garde : «Si vous acceptez Ma Torah, rien de mieux, sinon, ce lieu sera votre sépulture car le monde n’a de raison d’être que pour la Torah». Cependant, les Bné Israël avaient promis : «Naassé Vé Nichma» (nous accomplirons puis nous comprendrons), prêts à recevoir la Torah de leur plein gré. Mais pour ce qui concerne la Torah orale, constituée de multiples détails, craignant de ne pouvoir respecter leur engagement, se montrèrent alors réticents. C’est pour cela qu’Hachem retourna la montagne au-dessus de leurs têtes, à l’image d’un toit. Mais au bout du compte, ils acceptèrent également la Torah orale, de plein gré. Cette résolution se déroula bien plus tard, au temps de Mordéchaï et Esther, lorsqu’ils furent délivrés de la menace planifiée par le vil Haman.


Tous se tenaient au pied de la montagne, définitivement prêts, et résolus à recevoir la Torah. Au moment où D.ieu souhaita se manifester afin de donner la Torah aux Bné Israël, le monde tout entier se tut : nul oiseau ne s’envola, nulle vache ne se mit à meugler et aucun autre animal n’émit le moindre son. Les anges eux-mêmes interrompirent leur service et restèrent silencieux. Le monde dans son ensemble donnait l’impression d’être vide de toute vie. Des cieux au-dessus du Mont Sinaï, Hachem se révéla à Israël, comme il est dit : «Vous avez vu que des cieux Je vous ai parlé». Lorsque la Voix retentit d’un bout à l’autre de la terre, ébranlant le monde tout entier, un grand tremblement s’empara de tous les dirigeants de toutes les royautés de la planète, chacun dans son palais. Ils se réunirent et se dirigèrent vers Bilam (le prophète des nations) qui était leur prophète. Ils lui dirent : «Quelle est donc ce tumulte que nous avons entendu ? D.ieu souhaite t-il envoyer un déluge et détruire le monde ?». Bilam répondit : «Stupides que vous êtes ! D.ieu a déjà juré de ne plus envoyer de déluge sur le monde ! Il s’agit en vérité d’un trésor préservé par D.ieu dans les cieux, et il vient à présent l’offrir à Ses enfants». Aussitôt, tous acceptèrent et s’écrièrent : «Hachem offrira Sa puissance à Son peuple, Hachem bénira Son peuple dans la paix». Au même moment, Hachem offrit la possibilité à toutes les idoles du monde de venir se prosterner devant la Chehina (le force divine). Un miracle se produisit alors : chaque bouche s’emplit d’eau, que chaque idole recracha sur les idolâtres, les ridiculisant, leur disant : «Vous avez abandonné le Maître du monde, Créateur des cieux et de la terre, pour venir nous servir, nous les statues, qui «ont une bouche, mais ne parlent pas» (Téhilim). Les Bnei Israel, qui avaient entendu la Voix directement ne furent cependant pas en mesure de pouvoir supporter une telle intensité de sainteté.


3 catégories se distinguèrent alors : Première catégorie : La majorité du peuple vit son âme quitter le corps à chaque Parole prononcée par D.ieu, comme il est écrit : «Mon âme m’a quitté par sa parole», s’élevant jusqu’au Trône divin. La Torah de- manda à D.ieu : «Maître du monde, M’as-tu créé pour rien, 974 générations avant même la création du monde ?! Et existe-t-il donc un roi qui, au moment même où il marie sa fille (la Torah), tue ses enfants ?! Aussitôt, la Torah restitua à chacun des Bné Israël son âme, comme il est écrit : «La Torah d’Hachem est intègre, restitue l’âme». Seconde catégorie : Elle concerne ceux qui se trouvaient à un stade plus élevé encore, capables de supporter une telle Kédoucha : leur âme ne les quitta pas. Pourtant, dans le même temps, à chaque Parole divine, ils s’en trouvaient ébranlés, du fait de sa puissance redoutable, à tel point qu’ils ne purent rester à leurs places et furent projetés en arrière, à plus de 12 mil (environ 12 kilomètres), comme il est dit : «Et le peuple vit, tressaillit et se tint au loin». Hachem dit alors aux anges du service de descendre et de leur venir en aide. Ce qu’ils firent immédiatement, comme on le ferait en tenant la main d’un nourrisson, pour lui apprendre à marcher seul. Troisième catégorie : Il s’agit des plus élevés parmi le peuple. Ils restèrent à leur place mais furent très affaiblis en entendant la Parole divine. Que fit alors Hachem ? A chaque parole prononcée, il embauma le monde entier d’encens, afin de renforcer les âmes ébranlées par cette expérience. Après chaque parole, le vent se levait et dispersait ce baume ambiant jusqu’au Gan Eden (paradis), avant de revenir dans ce monde pour chaque nouvelle parole.


(sources : Rav Léon Askénazi, Leçons sur la Torah – Dr Michaël Aboulafia, Machon Meir – Torah.net – Hamodia – Rabbi Na’hman, La Pause Café – la toile scoute – Extrait de Lois et Récits de Chavouôt – Torah Box)

 

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Voici l’étude de la paracha de la semaine, avec le site Modia, ici :

1.   PARACHA DE LA SEMAINE – 31e Paracha – Emor: Dis Vayiqra (Lévitique) 21, 1 – 24, 22
Elle vous donnera la conception de ce qu’est l’humanisme du Juif et sa mission, une sainteté très personnelle au nom : qédoucha. Elle concrétise de façon personnelle et vitale et concrète ainsi la paracha précédente.

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Le nouveau mois de Iyar(généralement en mai)

La particularité du mois de Iyar

Il est appelé aussi mois de Ziv, ce qui veut dire « mois du rayonnement ».  Cela veut dire que la merveille de la  la sortie d’Egypte,  qui est une re-Création du monde comme on le rappelle dans le qiddouche du soir de Chabbate, va atteindre son objectif en ce mois.

On passe du potentiel à la réalisation  …

Cliquez ici : Calendrier juif du mois de Iyar

Rav  Yehoshua Rahamim Dufour

 

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31e Paracha : Emor « Dis » – Vayiqra (Lévitique) 21, 1 – 24, 22 (2013)


En quoi est-il étonnant qu’Hachem ait demandé qu’on Lui construise un Michkane et un Bet Hamikdach ? En quoi cette injonction est-elle importante ? Comment comprendre que si les goyim (nations) avaient conscience de l’importance du Bet Hamikdach, ils en pleureraient la destruction, tous les 9 av, (tichabéav) comme le pleurent les Juifs ? Le Rav Raphaël Sadin nous demande encore : qu’est-ce que le Temple ? Un temple est a priori antijudaïque, car D.ieu est absolu, au-delà de l’être. D.ieu se réduire D.ieu dans un si petit espace ? Ramban (Na’hmanide) et les Richonim expliquent que le Temple est l’endroit qui est préservé, un endroit préservé de la folie du monde, un endroit complètement pur. Il faut qu’un endroit reste pur comme avant la faute d’Adam Harichon et la faute du Veau d’Or et que celle-ci n’ait pas de prise. Quand on dit que c’est la maison de D.ieu, on signifie que c’est l’endroit où la Divinité peut se révéler sans les filtres, sans les « klipote » écorces. Là-bas, on peut voir la manifestation absolue de la Vérité. La faute métaphysique du veau d’or a détruit l’accès à la Vérité à partir du monde, à partir de la nature, de l’espace profane. C’est pourquoi D.ieu a créé un espace complètement pur, préservé de la faute, où on a la possibilité de rencontrer le visage de la Divinité en toute pureté.

Dans le Temple, il fallait que l’espace où se trouvait l’arche d’alliance ne prenne pas de place. C’est une manifestation de D.ieu qui n’obéit pas aux règles naturelles physiques du monde. A cet endroit, on voyait clairement la Divinité. Le Temple est l’endroit où la Vérité s’éclaire, s’illumine. Ainsi, 10 miracles s’accomplissaient quotidiennement dans le Temple et à Jérusalem : • Aucune femme n’avorta jamais à cause de l’odeur de la viande des sacrifices; • La viande provenant des sacrifices ne se décomposait point; • On ne voyait aucune mouche dans l’abattoir du temple; • Jamais une impureté accidentelle ne souilla le Kohen HaGadol le jour de Yom Kippour • La pluie n’éteignait pas le feu qui brûlait sur l’Autel ; • Le vent ne parvenait pas à déranger la colonne de fumée qui s’élevait des sacrifices ; • Jamais on ne trouva une disqualification dans l’Omer; ni dans les deux pains de Chavouote ou dans les pains de la proposition; • Le peuple, quoique serré à cause du grand nombre de personnes qui se trouvaient dans le temple, pouvait cependant se prosterner aisément; • Jamais serpent ni scorpion ne blessa quelqu’un à Jérusalem; • Enfin, personne ne se plaignit jamais d’être trop à l’étroit dans Jérusalem.

La seconde fonction du Temple c’est une relation avec D.ieu. Le Temple est un escalier mystique et spirituel où s’opère un double mouvement : de bas en haut et de haut en bas. Toutes les bénédictions du monde passaient par le Temple de Jérusalem. C’est pourquoi, quand on prie, on doit toujours le faire tournés vers Jérusalem et le mont du Temple, où que nous soyons dans le monde. Ainsi, la prière passe par le Temple ainsi que la réponse de D.ieu. Le Gaon de Vilna dit que le Icar de la guéoula va passer par le fait d’habiter la veille ville de Jérusalem.Il dit que l’étude de la Cabala et la capacité d’investir la veille ville de Jérusalem pour que le présence de la Torah y brille pour que puisse se faire un lien entre D.ieu est les hommes en un double mouvement (est primordial.) Le Texte dit que si les non juifs connaissaient l’importance du Temple de Jérusalem, ils pleureraient tous sa destruction et sa perte le jour anniversaire de sa destruction, le 9 av (Tichabéav). Le Temple concerne donc l’humanité tout entière.

Les offrandes au Temple (le pain, le vin, l’eau, les fruits, la viande rôtie, les encens…) représentaient en quelque sorte la manière de nourrir D.ieu. Mais, demanderez-vous, en quoi D.ieu a-t-Il besoin qu’on lui apporte toutes ces choses ? Il est certain que D.ieu n’a besoin de rien, mais s’Il nous demande une faveur, cela ne dépend que de nous. La notion d’offrir à D.ieu des corbanote est la notion d’avoir à cœur de penser que dans chaque acte : manger, boire, respirer, etc… se loge le secret le plus ultime de la Vérité, de la spiritualité, de la sainteté et du lien avec D.ieu. C’est à travers un rapport sanctifié, un rapport à la nourriture qui se déroule au Temple que la Vie elle-même est le lieu le plus profond du rapport à D.ieu.

« L’Eternel dit à Moïse : « Parle aux Cohanim, fils d’Aaron et dis-leur : Nul ne doit se souiller par le cadavre d’un de ses concitoyens. » (Lévitique, 21, 1) Comment comprendre ce verset de la Paracha Emor ? Le Maharal de Prague nous enseigne une chose extraordinaire : la spiritualité est au-dedans de la vie de chaque homme. La spiritualité est la vie. La vie est spirituelle en essence, simplement comme toute chose, la vie se dégrade si on passe à côté des secrets de l’existence et de la vie. L’âme et le corps ne font qu’un. Or, les Cohanim dans le travail au Temple sont collés à la vie dans son secret le plus profont et ne peuvent donc pas toucher à la mort. Toute existence collée à D.ieu est immortelle. Est mortel celui qui est le résultat des causes qui l’entourent. Est immortel celui qui est en connexion avec la pureté, avec D.ieu.

Voici le discours de la dédicace du sanctuaire (I Rois chapitre 8, 12 – 8,53) : Alors Salomon dit : « L’Eternel a promis de réisider dans cette brume ; c’est donc bien pour Toi, Eternel, que j’ai bâti cette demeure ; elle sera à jamais le siège de Ta résidence ». Puis, le roi tourna sa face et bénit toute l’assemblée d’Israël, celle-ci restant debout, et il dit : « Loué soit l’Eternel, D.ieu d’Israël, qui a dit de Sa propre bouche à David, mon père, et réalisé de sa propre main cette parole : « Depuis le jour où J’ai fait sortir Mon peuple Israël de l’Egypte, Je n’avais choisi aucune ville entre les tribus d’Israël, pour l’édification du Temple où devait régner Mon nom. Et maintenant J’ai adopté David comme chef de Mon peuple Israël. » Or, David, mon père, eut la pensée d’édifier un Temple en l’honneur de l’Eternel, D.ieu d’Israël. Mais l’Eternel dit à David, mon père : « La pensée que tu as conçue d’édifier un Temple en Mon honneur est une bonne pensée. Toutefois, ce n’est pas toi qui bâtiras ce Temple ; c’est ton fils, celui qui doit naître de toi, qui bâtira ce Temple en Mon honneur. » L’Eternel a réalisé Sa parole ; j’ai remplacé David, mon père, sur le trône d’Israël, selon la parole du Seigneur ; j’ai construit ce Temple sous l’invocation de l’Eternel, D.ieu d’Israël, et j’y ai assigné une place à l’arche où repose l’alliance de l’Eternel, celle qu’Il fit avec nos pères lorsqu’Il les eut tirés du pays d’Egypte. »

Puis, Salomon alla se placer devant l’autel du Seingeur en présence deet oute l’assemblée d’Israël, étendit les mains vers le ciel et dit : « Eternel D.ieu d’Israël ! Nulle puissance ne T’égale, ni là-haut dans le ciel, ni sur la terre ici-bas, Toi qui maintiens ton pacte de bienveillance à tes serviteurs, lorsqu’ils marchent de tout leur cœur dans Ta voie ; Toi qui as observé à l’égard de Ton serviteur David, mon père, ce que Tu lui avais promis… Ta bouche l’avait proclamé, Ta main l’a accompli en ce jour. Et maintenant, Seigneur, D.ieu d’Israël, garde à Ton serviteur David, mon père, la promesse que Tu lui a faite en ces termes : « Aucun des tiens ne sera exclu par Moi du trône d’Israël, pour que que tes fils persévèrent dans leur voie, marchant devant Moi comme tu as marché toi-même. » Maintenant donc, D.ieu d’Israël, daigne réaliser la promesse que Tu as faite à Ton serviteur, à David, mon père. Mais est-ce qu’en vérité, D.ieu résiderait sur la terre ? Alors que le ciel et tous les cieux ne sauraient Te contenir, combien moins cette maison que je viens d’édifier ! Tu accueilleras cependant, Eternel mon D.ieu, la prière et les supplications de Ton serviteur, Tu exauceras la prière fervente qu’il t’adresse en ce jour : que Tes yeux soient ouverts nuit et jour sur cette maison, sur ce lieu dont Tu as dit : « Mon nom y règnera, » et que Tu entends les prières que Ton serviteu t’y adressera. Oui, Tu entendras les supplications de Ton serviteur et de Ton peuple Israël, proférées en ce lieu ; du haut du ciel ou Tu résides, Tu les écouteras et Tu pardonneras.

Si un homme faute envers son prochain, et qu’on lui défère le serment, et qu’il vienne le prononcer ici, devant Ton autel, Toi, Tu l’entendras dans le ciel, Tu agiras, Tu feras justice à Tes serviteurs, punissant le coupable et faisant en faisant retomber son méfait sur sa tête, favorisant l’innocent en raison de sa droiture. Si Ton peuple Israël est battu par un ennemi pour T’avoir offensé, mais qu’ensuite ils reviennent Toi, rendent hommage à Ton nom, te prient et T’implorent dans cette maison, Toi, Tu les entendras dans le ciel, Tu pardonneras l’offense de Ton peuple Israël, et Tu le ramèneras dans le pays que Tu as donné à ses pères. Si le ciel se ferme et refuse la pluie, parce qu’ils auront fauté devant Toi, mais qu’ils prient dans ce lieu, rendent hommage à Ton nom et reviennent à leur faute parce que Tu les auras châtiés, Toi, Tu les entendras dans le ciel, Tu pardonneras la faute de Tes serviteurs, de Ton peuple Israël, en leur montrant le bon chemin où ils doivent marcher, et Tu enverras la pluie à ce pays que Tu as donné en possession à Ton peuple. Si une famine survient dans le pays, s’il y sévit une épidémie, une maladie des blés, une calamité ou un fléau quelconques ; si quelque membre de Ton peuple Israël Te supplie et T’implore, chacun connaissant la plaie de son cœur et étendant les mains vers cette maison, Toi, Tu l’entendras du ciel, Ton auguste résidence, et Tu agiras avec clémence, traitant chacun selon sa conduite, selon que Tu connais son cœur, car seul Tu connais le cœur de tous les humains.De la sorte, ils Te révèreront tout le temps qu’ils vivront sur cette terre que Tu as donnée à nos aïeux.

Je t’implore aussi pour l’étranger qui ne fait pas partie de Ton peuple Israël et qui viendrait de loin pour honorer Ton nom. Car ils entendront parler de Ton grand nom, de Ta main puissante et de Ton bras étendu, et ils viendront prier dans cette maison ; Toi, Tu l’entendras du ciel, Ton auguste résidence, et Tu exauceras les vœux que T’adressera l’étranger, afin que tous les peuples du monde connaissent Ton nom, qu’ils Te révèrent comme Ton peuple Israël, et qu’ils sachent qu’elle est sous l’invocation de Ton nom, cette maison que j’ai bâtie. Quand Ton peuple ira en guerre contre l’ennemi, là où Tu l’enverras, et qu’ils T’adresseront leur prière, Seigneur, tournés vers la ville que Tu as élue et vers la maison que j’ai bâtie en Ton honneur, Tu entendras du ciel leur voix, leurs supplications, et Tu leur feras justice. Que s’ils fautent envers Toi – car il n’est point d’homme qui ne faute – et qu’irrité contre eux, tu les abandonnes à l’ennemi, pour qu’il les conduise captifs dans son pays éloigné ou voisin et que, venant à résipiscence dans le pays de leur exil, ils s’amendent et T’implorent en disant : « nous avons fauté, nous avons mal agi, nous sommes coupables » ; s’ils reviennent à Toi de tout leur cœur et de toute leur âme dans le pays où leurs ennemis les détiennent et qu’ils T’adressent leur prière dans la direction du pays que Tu as donné à leurs pères, de la ville que Tu as élue et de la maison que j’ai bâtie en Ton honneur, du haut du ciel, Ton auguste demeure, Tu entendras, Tu écouteras leur prière suppliante, et Tu leur feras justice.

Tu pardonneras à Ton peuple ses fautes, ses offenses à Ton égard, et Tu inspireras compassion pour lui à ses vainqueurs, afin qu’ils aient pitié de lui. Car il est Ton peuple et Ton héritage, que Tu as fait sortir de l’Egypte, du milieu de ce creuset de fer. Que Te yeux restent ouverts aux supplications de Ton serviteur. Et à celles de Ton peuple Israël, pour les exaucer toutes les fois qu’ils T’invoqueront. Car Toi-Même Tu Te les es réservés comme Ton héritage entre tous les peuples de la terre, comme Tu l’as déclaré par l’organe de Moïse, Ton serviteur, alors que Tu fis sortir nos pères de l’Egypte, ô Seigneur – Elohim ! » Alors que Salomon termine sa prière devant l’autel en présence de tout le peuple, un prodige se produit : D.ieu répond à sa prière. Le feu descend du ciel et consume l’holocauste et les sacrifices, la gloire de D.ieu remplit le Temple au point que personne ne peut y entrer. Le peuple se réjouit.

Nous apprenons, dit le Rav Philippe Haddad, l’histoire juive non seulement pour éviter les erreurs du passé, mais aussi parce que nous nous dirigeons tous vers une certaine destination. Le livre de Vayikra se termine par un passage particulièrement sévère dans lequel Dieu nous fait connaître tous les châtiments qui s’abattront sur nous au cas où nous ne serions pas fidèles à l’alliance que nous avons contractée avec lui au Sinaï. Les détails de ces punitions sont nombreux et, hélas, plusieurs fois au cours de notre longue histoire, nous avons eu l’occasion de sentir effectivement la main de Dieu et de voir se réaliser le châtiment divin. Mais, en même temps, nous avons vu aussi l’Eternel tenir scrupuleusement sa promesse, telle qu’elle se trouve exprimée dans notre paracha à la fin des châtiments, à savoir que, malgré son courroux et malgré notre mauvaise conduite répétée, jamais l’Eternel ne nous rejettera pour toujours, jamais il ne permettra que nous soyons complètement anéantis, car, pour lui, l’alliance contractée avec nous est éternelle, Et cette alliance, si elle nous impose certaines obligations, exige également de la part de Dieu une protection sans laquelle nous ne pourrions subsister. Aussi, comme disent nos Sages, Dieu est-il toujours venu avec nous en exil, tout comme au début de notre histoire il se trouvait à nos côtés en Egypte. Il a, pour ainsi dire, partagé les souffrances causées par les châtiments qu’il s’est vu obligé de nous infliger; car, en père aimant, il souffre du mal qu’il lui faut faire subir à ses enfants. Ce qui est vrai pour le peuple d’Israël dans son ensemble, l’est également pour chacun de nous individuellement. Il peut nous arriver de sentir s’abattre sur nous cruellement la main de Dieu, de souffrir de maux, de deuils, de maladies pénibles. jamais il ne nous faut cependant douter de la bonté divine, du fait qu’il est le père de chacun de nous individuellement et que le sort de chacun de nous lui tient à cœur. Les souffrances constituent souvent un châtiment; mais elles peuvent aussi être totalement inexplicables, et leur raison nous échapper complètement . N’oublions pas, dans tous les cas, que l’Eternel est notre Dieu, dans les mauvais comme dans les bons moments de l’existence.

Nos Sages associent le commandement Emor avec l’obligation du ‘Hinou’h, l’éducation des enfants, commentant : Il est écrit : « Parle » et il est écrit « dis-leur ». Pourquoi la répétition dans le même verset ? Pour mettre en garde les parents concernant leurs enfants… Lehazhir, le mot hébreu traduit par « mettre en garde » partage la même racine que le mot Zohar, qui signifie « rayonnement ». Cela nous enseigne une leçon fondamentale concernant l’éducation : elle doit se caractériser par une lumière rayonnante. En général, deux approches sont tentées pour persuader les enfants de rejeter un comportement indésirable : mettre l’accent sur sa bassesse ou montrer une alternative positive. Lehazhir souligne l’importance de répandre la lumière, car « une petite lumière repousse beaucoup d’obscurité » et en répandant la lumière, on allume la lumière intérieure que possède chacun. Ce concept possède aussi une signification plus profonde. Dans son sens complet, le ‘Hinou’h de nos enfants, et par extension de tous ceux que l’on influence, ne doit pas être considéré comme une obligation qui dépasse notre propre service divin, comme une autre tâche à accomplir, mais comme une émanation naturelle de ce service. Quand le service divin de l’individu atteint un sommet parfait, et en s’attachant à Ahavat Israël et A’hdout Israël (l’amour et l’unité du Peuple Juif) il se joint aux autres, son contact avec eux permet et accélère leurs progrès personnels. La lumière qui émane de sa conduite illuminera et éduquera tous ceux avec lesquels il entrera en contact. Et cet allumage de lumière par la lumière nous conduira à l’ère où « le Sage brillera comme la splendeur du firmament » et « Israël… quittera son exil avec miséricorde ». Adapté de Likoutei Si’hot vol. 27, p. 159 et suiv. et Sefer HaSi’hot 5750 p. 443 et suiv.

Il est classique depuis Rabbi Yéhouda Halévi de dire que le D.ieu d’Israël est celui de l’histoire. La révélation et la providence se manifestent à travers la réalité historique plus qu’à travers une prise de conscience spéculative. Le Rav Oury Cherky explique qu’on peut affirmer que le Saint béni-soit-il rencontre l’homme dans le temps, car le temps est la manière de l’homme de vivre le monde. Un verset à la fin de la liste des fêtes, laisse à penser qu’il est possible de continuer l’œuvre de sanctification du temps dans la suite de l’histoire, après la sortie d’Egypte. C’est: « Moïse enseigna les fêtes de D.ieu aux enfants d’Israël » (23,44). On peut comprendre ce verset comme signifiant que Moise a enseigné aux enfants d’Israël la faculté de créer des fêtes nouvelles au cours de l’histoire. Or, juste après cette phrase le texte rappelle deux commandements relatifs au service du Temple: l’allumage du candélabre et les douze pains de proposition. Il est aisé de reconnaître là des allusions aux fêtes ultérieures de Hanoucca et Pourim, célébrées respectivement par des lumières et un repas (le douzième mois). Il est plus ardu de déchiffrer l’allusion contenue dans l’épisode du blasphémateur qui apparaît immédiatement après. Il s’agissait d’un semi-hébreu semi-égyptien, que sa condition ambiguë a poussé à la détérioration de la parole. Le texte dit que Moise et les enfants d’Israël ne savaient pas comment le juger. Il semble que Moise, lui-même Hébreu de naissance et Egyptien de culture, ayant lui-même des difficultés à parler, ait été intrigué par un personnage lui ressemblant par ses données de départ, et qu’il se serait demandé si le personnage n’était qu’un vil blasphémateur ou si son effronterie ne portait pas en germe celle du libérateur des temps messianiques là où, selon le Talmud, l’effronterie sera abondante. Le blasphémateur du temps de Moise a été lapidé, mais le récit porte en lui l’allusion à une fête des temps du Retour où l’on fête la sortie du dernier exil, réalisée grâce à l’effronterie des juifs, initiée par un produit de la culture européenne, qui décida de revenir à son peuple et à sa terre.

Le mois de Iyar : Le rav Salomon Malka nous explique que le second mois selon le décompte scripturaire s’intitule Iyar. Dans le livre des Rois on le nomme ziv en allusion à la splendeur du soleil qui réchauffe sans atteindre les chaleurs caniculaires de l’été. Il est connu comme un mois ayant des qualités thérapeutiques, probablement grâce à la manne bienfaitrice qui a commencé à se répandre chaque matin dès le début de ce mois. L’anagramme de Iyar semble aller dans le même sens Je suis D. ton guérisseur (Ani Hachem Rofékha). Ce mois est riche en événements que nous aurons à expliquer en détail. Le recensement de la population des hébreux sortis d’Egypte a commencé le premier Iyar. C’est aussi ce jour que débuta la construction du premier Temple par le Roi Salomon. Le quatorze de ce mois, est annoncé par la Thora Pessah Chéni, le second Pessah, qui permettait aux hommes impurs à Nissan de se rattraper en célébrant Pessah à Iyar. En ce jour est mort Rabbi Meïr Baal Haness. On l’appelle Hilloula de Rabbi Meïr. Le 18 Iyar c’est la grande Hilloula appelée Hilloula de Rabbi Chimon Bar Yohaï. Elle porte aussi le nom de Lag Baomer. Elle met fin à la période de deuil le 33ème jour du décompte du Omer.
L’histoire récente a marqué ce mois par la plus formidable et inespérée nouvelle. La résurrection de l’état d’Israël après presque deux mille ans d’exil. Aucun peuple au monde n’est revenu sur le sol des ancêtres après une si longue absence. Le 5 Iyar 5708, l’O.N.U. reconnaît le droit au peuple juif d’avoir un état indépendant. Elle admet cet état dans le concert des nations. Le lendemain sept pays arabes, voisins, l’attaquent pour essayer de le rayer de la carte comme vouloir étouffer un bébé à peine sorti du ventre de la mère. Le courage des nouveaux israéliens vient à bout de ses armées belliqueuses. Le prix que le jeune état a payé pour sa survie a été très lourd. La veille de cet anniversaire, l’état d’Israël se souvient de ses héros comme des milliers d’autres qui sont tombés sur le champ d’honneur, un champ qui a la superficie de tout le pays. Dans ce jour du souvenir, les citoyens israéliens se rendent aux cimetières pour prier sur les tombes des jeunes soldats et des habitants victimes d’attentats qui sont morts pour la défense de leur état. Le soixantième anniversaire d’Israël n’a pas réglé les problèmes avec ses voisins notamment la guerre larvée imposée par les palestiniens. C’est pourquoi nous continuerons à prier pour que D. qui nous a permis de retrouver la terre ancestrale, contribuera à ramener la paix dans cette région.

Le sens du nom du mois d’Iyar est très profond, et le rav Dynovisz nous apprend que ce nom est une superposition de lettres : youd, youd, alef, rech, qui ne veut rien dire ni en hébreu, ni en araméen. C’est un mot composé des lettres initiales des 3 patriarches et d’une des matriarches : youd pour Itz’hak, youd pour Yaacov, alef pour Avraham et rech pour Ra’hel. Mais qu’ont vu nos Maîtres dans ce mois qui corresponde à ces patriarches et matriarche ? Les 4 roues du char divin sont : Avraham, Itz’hak, Yaacov et David. Pour ce qui est du nom du mois de Iyar, c’est Rachel qui remplace David pour la représentation de la 4ème roue du char divin. Il y a a ici quelques chose d’important : la Torah nous révèle, au sujet du mois de Iyar que Pessa’h chéni offre la possibilité pour ceux qui n’ont pas pu faire Pessa’h à la bonne date ont la possibilité de se rattraper en faisant Pessa’h chéni. Il y a donc toujours une téchouva possible. Avec alef, youd, rech, cela donne Ani Hachem rofé’ha : Je suis HM ton guérisseur, verset qui fait allusion à la téchouva. La racine du mois de Iyar est lié à Pessa’h chéni. Le mois de Yiar est donc le retour possible de tout celui qui le désire. Il y a des fois où l’homme soit impuissant devant la maladie, il ne reste qu’à se tourner vers Hachem. Le mois de Yiar fait allusion au fait que le Âm Yisrael est complètement malade et qu’il se tourne vers Hachem et fait un retour vers D.ieu. Le Rambam (Maïmonide) disait que de la même manière qu’il y a le médecin du corps, il y a le médecin de l’âme. Les médecins du corps et les médecins de l’âme sont les maîtres d’Israël, qui aident chacun d’entre nous à revenir vers HM et à se guérir. Dans cette perspective, le verset « Ani Hachem rofé’ha » signifierait que si le le peuple d’Israël s’est tellement éloigné que les rabanim et même les tsadiqim ne peuvent plus rien faire pour lui, tellement il s’est éloigné, alors, seul Hachem peut ramener Son peuple vers Lui.

Le rav Dynovisz ajoute que rien n’est gratuit ici-bas; D.ieu veut des hommes et non des parasites. Rachel a été capable de payer en quelque sorte son tribu à Hachem en faisant du bien à celui qui les avait fait souffrir, elle et son fils Yossef en le vendant à des Egyptiens. Au moment de la délivrance, Hachem réunira les tsadiqim de tous les temps, se demandant par le mérite de qui cette délivrance se fera, et Hachem dira que ce sera par le mérite de Ra’hel. Le mérite de la délivrance se rattache ainsi au mois de Iyar. Avraham, il a prié pour sauver Sodome et Lot, son neveu, malgré son ingratitude. Itz’hak a vu qu’il sortirait de son fils Essav la lumière de Rabbi Méir et ne l’adandonna pas. Quant à Yaakov, il a su sortir de la klippa (l’écorce) de Lavan les mères d’Israël. Ainsi, le mois de Iyar est le signe que le trésor se cache là où l’on croit qu’il n’y a plus rien à trouver. C’est dans le désespoir que l’on trouve le trésor. Après le désespoir de la guerre et de la Choah, en 1948, c’est le 5 du mois de Iyar que le peuple juif a retrouvé sa terre et qu’est né l’Etat d’Israël. Or, ceux qui ont déclaré cette naissance étaient les moins concernés pas la Torah et les plus malades d´Israël ; ceux dont on s´était désespéré ! Ils voulaient faire d´Israël un pays comme les autres, sans Torah. Mais Hachem dit : Je vais vous soigner, et c´est ce qu´Il a fait. Aujourd´hui, en Israël, la Torah est étudiée partout. Nous ne misons pas sur les malades, mais Hachem les guérit et Il réussit ! C´est le secret du mois de Iyar, Et cela est lié à la paracha Emor, où Moché doit transmettre aux cohanim qu´ils sont la tribu responsable des autres. Etre choisi est une responsabilité. Il faut être à la hauteur morale et spirituelle d´Israël ! Nous ne devons pas critiquer le pays, mais prier et agir pour lui. Il faut respecter chaque Juif, et l´étincelle divine qui est en lui. Il faut le ramener à Hachem, au lieu de le critiquer. C´est seulement ainsi que le Machia’h se dévoilera. Le mois de Iyar est le symbole du fait qu´Hachem ne rejette personne. Lui-même s´occupe de son peuple. Que nous ayons le mérite d´être à la hauteur de ce mois !!

(Sources : Rav Raphaël Sadin – Rav Philippe Haddad – Grand Rabbin Alain Goldman, Communauté online – Rav Oury Cherky – Rav Salomon Malka – Rav Dynovisz)

CULTURE JUDAÏSME – La paracha de la semaine – Mois de nissan 5774 (avril 2014)

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La vie, par Marc Chagall  ________________________________________________________

1.   PARACHA DE LA SEMAINE – 30e Paracha – Qéddochim: Soyez saints Vayiqra (Lévitique) 19, 1 – 29, 27
Elle vous donnera la conception de ce qu’est l’humanisme du Juif et sa mission, une sainteté au nom : qédoucha. Les formes de sainteté, le vocabulaire de la sainteté.

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2 – Nous sommes encore dans le mois de Nissane, c’est celui de Pessah. Pour assimiler toute la puissance de cette fête, voyez encore ici  tout ce qui se passe chaque jour de ce mois et le sens de cela dans l’histoire, dans les textes et dans les vies, chez les Sages de vos traditions, le tout avec références, lien à la vie et photos.  CLIQUEZ ICI

3 –  Si nous voulons méditer encore sur la Fête de Pessa’h pour en faire une vraie réussite intérieure  :

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La semaine après le premier jour de Pessa’h est appelée ‘Hol ha moed. Qu’est-ce que cela signifie ? CLIQUEZ ICI

Et voici le sens du Ômer que l’on dit dès la fin du premier jour de Pessa’h, après le coucher du soleil

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Comment compter le Ômér chaque soir et quel développement personnel y réaliser en chaque jour (cette page sera mise à jour).

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Le 20 au soir on allume pour ouvrir le 6e jour du Omer
Le 21 au soir on allume pour ouvrir le 7e jour du Omer
Le 22 au soir on allume pour ouvrir le 8e jour du Omer

Rav Yehoshua Rahamim Dufour

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Le jour juif commence la veille au début de la nuit ; il se termine au coucher du soleil.  En tous cas, l’allumage des bougies de Chabbate ne doit pas se faire plus tard que 18 minutes avant le coucher du soleil. (Source : Modia)
Il est indispensable de lire la traduction en français de chaque paracha avant ce commentaire pour bien le comprendre. Texte dans la Bible hébraïque ici : Lire le texte

30e Paracha – Qéddochim : Soyez saints Vayiqra (Lévitique) 19, 1 – 29, 27

La paracha Kedochim commence par cette injonction : « Soyez saints, car Je suis saint, Moi, l’Eternel votre D.ieu. » A sa suite sont énoncées de nombreuses mitsvot (commandements) par l’accomplissement desquelles le Juif se sanctifie et établit un lien avec la sainteté de D.ieu. Ces mitsvote incluent la prohibition de l’idolâtrie, la mistva de tsédaka (charité), le principe de l’égalité de tous devant la justice, le Chabbat, la moralité sexuelle, l’honnêteté en affaires, l’honneur et la crainte des parents, le caractère sacré de la vie. C’est aussi dans la paracha Kedochim qu’est exprimé le principe que Rabbi Akiva qualifie de cardinal et dont Hillel dit « c’est là toute la Torah, le reste en est le commentaire » : aime ton prochain comme toi-même.

Le rav Benchettrit nous rappelle que la paracha Kedochim commence par cette injonction : « Soyez saints, car Je suis saint, Moi, l’Eternel votre D.ieu. » A sa suite sont énoncées de nombreuses mitsvote (commandements) par l’accomplissement desquelles le Juif se sanctifie et établit un lien avec la sainteté de D.ieu .Ces mitsvote incluent la prohibition de l’idolâtrie, la mistva de tsédaka (rétablir la justice en donnant de l’argent aux pauvres), le principe de l’égalité de tous devant la justice, le Chabbat, la moralité sexuelle, l’honnêteté en affaires, l’honneur et la crainte des parents, le caractère sacré de la vie. C’est aussi dans la paracha Kedochim qu’est exprimé le principe que Rabbi Akiva qualifie de cardinal et dont Hillel dit « c’est là toute la Torah, le reste en est le commentaire » : aime ton prochain comme toi-même.» ravbenchettrit.com La sainteté est-elle ringarde ? Nous demande quant à lui Philippe Haddad. Parler de sainteté aujourd’hui, c’est parler d’un monde inconnu, utiliser un vocabulaire d’un autre temps, d’une autre époque. Il est possible que le terme paraisse ringard, et pourtant, il nous semble présenter des thèmes toujours d’actualité.

Avec le Rav Philippe Haddad, nous voyons par exemple que la crainte des parents, qui n’a rien à voir avec la peur, ou la « trouille » du gendarme, mais qui signifie assumer une filiation, même si le conflit des générations obligera le jeune à trouver sa voie personnelle. Les crises de sociétés naissent souvent de malentendus entre les géniteurs et leurs progénitures. « Ne pas médire, ne pas colporter », le fameux « lachon hara ». Quelle est donc cette fameuse thérapie sociale qui consiste à dire du mal de son voisin ? Quelle part de meurtre symbolique sous-tendent ces paroles accablantes, voire, accusatrices ? L’autre fameux « tu aimeras ton prochain comme toi-même » ! Bien entendu, il ne s’agit pas ici d’un rapport amoureux, mais bien d’une responsabilité envers autrui, d’une attention par rapport à ses manques. Bref, la sainteté, ce serait autre chose que la fuite du monde ou un rejet de la société des hommes ; ce serait une vigilance quotidienenne envers ceux qui nous sont le plus proches : nos parents, nos collègues, nos voisins, D.ieu… On peut peut-être lire les livres du Bon D.ieu sans tomber dans les bondieuseries !

Sur ce verset “Soyez saints” (Lévitique 19, 2), le rav David Hanania Pinto nous explique que les Sages disent : “Éloignez-vous de l’impudicité et des transgressions” (Vayiqra Raba 24:6, Rachi Ibid.). Il faut se demander quel est le lien entre les parachiyote A’haré Mote et Qedochim, qui sont le plus souvent lues ensemble (..). Le Ba’al Hatourim écrit à ce propos : « Il est écrit ci-dessus : respectez mes barrières, et tout de suite après : soyez saints, car si l’on se garde de la faute on ne rencontre plus la tentation du péché » (Yoma 38b) et on est sanctifié d’en haut (Ibid. 39a)” (Lévitique 19, 2). Comme dans beaucoup d’autres endroits, la Torah nous met ici en garde sur la sainteté et la pureté des benei Israel, en leur enjoignant de s’écarter des coutumes et des cultures des autres peuples. Le Rambam écrit à ce propos (Hilkhoth ‘Aqoum, I, ch. 11) : “On n’observe pas les coutumes des non-juifs et on ne cherche à leur ressembler ni par le vêtement ni par la coiffure, ainsi qu’il est écrit : “Vous n’adopterez pas les lois de ce peuple” (Lévitique 20, 23), “Ne vous conformez pas à leurs lois” (Ibid. 18, 3), ou encore “Prends garde de te fourvoyer sur leurs traces” (Deutéronome 12, 30).

Tout cela traite du même sujet, qui est de se garder de leur ressembler : le juif doit être différent d’eux.” La Torah nous a particulièrement mis en garde contre le fait de se mélanger à eux (par le mariage) : “Ne te marie pas avec eux, ne donne pas ta fille à son fils et ne prends pas sa fille pour ton fils” (Deutéronome 7, 3) et le Rambam enseigne que cette interdiction s’applique à tous les peuples (Hilkhoth Issouré Bia, ch. 2 hal. 1). Elle a pour but de nous empêcher d’apprendre de leurs actes et de leur mauvaise conduite, en particulier dans le domaine des mœurs, comme l’ont dit les Sages : “Dix mesures d’immoralité sont descendues dans le monde… [et neuf ont été prises par certains peuples]” (Qidouchin 49b). On entend pourtant souvent des gens qui demandent pourquoi la Torah est tellement opposée aux mariages mixtes, sans manifester la moindre pitié pour deux personnes qui voudraient se marier.

On demande aussi fréquemment pourquoi les choses sont rendues si difficiles à un non-juif qui souhaite se convertir : on le fait revenir sans cesse (“On repousse le prosélyte trois fois”, et s’il insiste, à partir de là on l’accepte (Ruth Raba 2, 17). Les Sages ont dit que de nos jours, il faut demander à un prosélyte : “Pourquoi veux-tu te convertir, ne sais-tu pas que les juifs sont persécutés et accablés de malheurs ?” (Yébamoth 47a). De plus, on l’informe que ce qui lui était permis jusqu’à présent lui devient interdit et on lui signale qu’il ne doit pas venir se plaindre ensuite sous prétexte qu’il y a beaucoup de juifs qui n’observent pas la Torah et les mitsvote sans que cela change rien à leur statut de juif, alors qu’on l’oblige pour sa part à prendre entièrement sur lui le joug de la Torah et des mitsvote. Cela paraît injuste !

Pour l’expliquer, il faut commencer par la dernière question : pourquoi les juifs qui n’observent rien restent-ils néanmoins juifs (“les benei Israel, même s’ils fautent, se repentent et sont des juifs” (Chemoth Raba 23:11), alors qu’un non-juif qui veut se convertir doit accepter le joug de la Torah et des mitsvote ? C’est qu’un juif de naissance le restera jusqu’au jour de sa mort, parce qu’il naît avec une étincelle qui le prédispose à se repentir, fût-ce au dernier instant de sa vie, fût-ce dans une autre incarnation où il devra réparer ses fautes (Zohar II 91b, 76b). Si rien de tout cela ne se réalise, il recevra son châtiment dans le Guéhénom, où il sera purifié et sanctifié afin qu’il ne reste en lui aucune scorie (II Samuel 14:14).

Le Or Ha’haïm traite également de ce point à propos du verset : “Le nom de l’homme d’Israël frappé était Zimri fils de Salou” (Nombres 25:14). La raison pour laquelle il est dit “l’homme d’Israël” avant de dire “frappé” peut se comprendre à la lumière de l’enseignement des kabbalistes selon lequel rien ne se perd des étincelles de sainteté, toutes méritant en fin de compte de retourner à l’endroit d’où elles étaient venues. Même si un homme d’Israël se conduit mal et s’attaque à son âme, il finira tout de même par revenir à sa source, c’est pourquoi il est dit “le nom de l’homme d’Israël” : il continue à porter le nom d’Israël même après son acte, pour nous enseigner qu’il n’est pas arraché de sa racine.” Ce n’est pas le cas du non-juif, qui est né sans la moindre étincelle de retour à D.ieu. En outre, rien ni personne ne l’oblige à se convertir au judaïsme, bien au contraire le judaïsme voit souvent d’un mauvais œil la présence des prosélytes (Yébamoth 47b).

Par conséquent s’il décide de faire ce pas pour diverses raisons, il doit observer la Torah et les mitswote dans leur intégralité, et ne peut pas demander pourquoi tel autre juif ne les observe pas sans cesser pour autant d’être juif, alors que si lui négligeait ses engagements, il jetterait un doute sur la valeur de sa conversion, sans compter que s’il a la nostalgie de sa vie antérieure, il risque de se détériorer encore davantage et de revenir à sa situation initiale (Qidouchin 17b). En effet, si les Sages ont interdit au juif de naissance de s’approcher de tous les endroits qu’il fréquentait avant de se repentir (Chabath 13a), comme le nazir à qui l’on dit de faire tout le tour du vignoble pour ne pas y rentrer, ou encore, dans le langage du Rambam : “Au point que celui qui connaît tout ce qui est caché puisse témoigner sur lui qu’il ne retombera plus jamais dans cette faute” (Hilkhote Techouva ch. 2 halakha 2), à plus forte raison un converti doit-il prendre garde à se tenir soigneusement écarté de son passé sans y rester lié fût-ce par un seul élément. S’il accepte tout à l’exception d’une seule chose, on ne le reçoit pas (Tan’houma Vayiqra 2), parce ce que cette chose unique entraînerait une nostalgie du tout et sa conversion ne serait pas parfaite. Ce n’est pas pour rien que nos Sages ont interdit de rappeler ses antécédents à un converti (Baba Metsia 58b) : cela créerait en lui une nostalgie et une envie de faire marche arrière.

Mais aujourd’hui, à cause de nos nombreuses fautes, on trouve beaucoup de gens qui se convertissent en divers endroits en cachant la vérité aux dayanim, (juges rabbiniques), à savoir, qu’ils n’ont pas d’autre intention que de se marier avec un conjoint juif. Ils doivent savoir que ce ne sont pas les dayanim qu’ils trompent, mais eux-mêmes, car un doute très sérieux plane sur leur conversion. Quant à tous ces juifs et juives qui les épousent, et trompent le beith din en connivence avec eux, ils encourent un très grand châtiment et devront rendre compte de leurs actes. Les enfants de ce couple tourneront mal, renieront la Torah et les mitsvote, et se révolteront contre tout le peuple d’Israël dans son ensemble. Le cas d’un converti sincère qui veut être un juif observant de la Torah et des mitsvote, par amour et respect pour D-ieu, est bien différent. Celui-là méritera qu’il y ait dans sa descendance des justes et des hommes pieux, et que sortent de ses fils des fils qui seront saints, et des filles qui épouseront des cohanim (Bamidbar Raba 8, 10). Il s’appelle guer tsédeq (“converti selon la justice”) (Sanhédrin 96b), car il souhaite véritablement s’associer à l’héritage d’Israël.

Tout ce que nous venons de dire nous aidera aussi à comprendre l’interdiction des mariages mixtes (qui va encore plus loin que le cas des convertis hypocrites), ainsi que celle d’observer les lois des autres peuples (“Ne vous conformez pas à leurs lois” (Lévitique. 18, 3)). Quelles sont ces lois ? Rachi dit qu’il s’agit de leurs conventions sociales et culturelles, leurs théâtres, leurs stades et choses du même ordre. Pourquoi donc avons-nous reçu l’ordre de fuir ces comportements, quel mal y a-t-il ? On sait qu’au début, les autres peuples se présentent avec leur culture qui paraît pleine d’idées bonnes et sages, mais quand on se laisse séduire, on ne peut plus s’échapper, on tombe dans le piège des théâtres, des cafés, des stades et ainsi de suite, toutes choses parfaitement interdites, et on finit par en arriver aux trois fautes les plus graves (idolâtrie, relations interdites et meurtre). La Tora met en garde contre ce qui risque de se passer à la fin, et défend de se conduire comme les autres peuples pour ne pas tomber complètement entre leurs mains.

On peut illustrer cette idée par l’histoire des enfants de Jacob, quand ils sont descendus en Égypte. Au début, les égyptiens leur ont donné ce que le pays avait de mieux, la terre de Gochen (Genèse 47, 6, 11). Il n’y a pas de plus grands égards que d’installer ses invités à un endroit beau et bon… mais les résultats ont été mauvais : “Ils conçurent de l’aversion pour les benei Israel ” (Yalqout Chimoni Chemoth 1 sur Exode 1:12), car ceux-ci se sont laissés tenter par les égyptiens et leurs théâtres au point que les autochtones en ont eu assez ; or une faute en entraîne une autre (Avoth 4:2), si bien qu’ils en sont arrivés à ne plus tenir aucun compte de la Torah et ont atteint la quarante-neuvième porte de l’impureté (Zohar Yitro 39a). C’est pourquoi la Torah met en garde : “Les pratiques du pays d’Égypte où vous avez demeuré, ne les imitez pas” (Lévitique 18, 3). Les benei Israel devaient effacer de leur mémoire tout ce qu’ils avaient fait en Égypte, pour cesser d’en subir l’influence et ne plus être vulnérable dans l’avenir. On apprend de ce verset qu’il suffit parfois d’apercevoir quelque chose d’interdit pour que cela ait des répercussions dans l’avenir, principe qui s’applique également à l’impure télévision, qui peut faire beaucoup de mal à l’homme pour le restant de ses jours.

En effet, pendant les 210 ans où les benei Israel ont vécu en Égypte, non seulement ils n’ont pas pris du bon temps mais ils ont été réduits à un esclavage terrible. Il est donc bien évident qu’ils n’avaient pas le temps de se livrer aux mêmes plaisirs que les égyptiens. Pourtant, les voir se comporter de façon interdite à un moment où ils étaient esclaves leur a causé du tort pour l’avenir, au point que la Torah nous a enjoint de ne pas y revenir. À plus forte raison cela est-il vrai d’un spectacle ou d’un acte interdit à un moment où l’on n’est pas esclave… on risque alors de tomber totalement sous l’influence empoisonnée des non-juifs. Les véritables conventions socioculturelles que tout juif doit s’efforcer d’observer sont celles dont il est écrit : “Tiens-toi fermement aux préceptes sans jamais faiblir, sois-leur fidèle, car ils sont ta vie” (Proverbes 4:13). Les préceptes, c’est la Torah, comme l’écrit Rachi sur ce verset. C’est aussi la crainte d’Hachem, ainsi qu’il est écrit : “La crainte d’Hachem est la leçon de la sagesse” (Ibid. 15:33) et ce n’est que par l’étude de la Torah et par la foi que l’homme acquiert une véritable fidélité et mérite une vie digne de ce nom.

« Tu aimeras ton prochain comme toi-même, je suis l’Eternel.  » (Lévitique, 19, 18) Il est écrit réellement « comme toi-même ». C’est a dire, bien sur, ne pas faire a l’autre ce que l’on ne désire pas que l’on nous fasse, mais également rechercher pour l’autre autant de bien que ce l’on en voudrait pour soi-même, ressentir pour l’autre la même peine que l’on ressent pour soi-même, excuser les erreurs de l’autre de la même facon que l’on excuse les siennes … Et tout ceci doit s’appliquer a chaque juif quel qu’il soit: à nos proches bien sur, mais aussi bien à celui qui nous a fait du tort, ou à celui que l’on n’a jamais vu. Comment mettre en pratique ce commandement de façon concrète ? Nous demande Chlomo. Un exemple : Un commercant ne reste pas chez lui de façon passive, en attendant qu’un client éventuel s’y présente. Il ouvre des magasins, organise des campagnes publicitaires, prospecte de nouveaux clients, car il s’agit de son propre argent. Et bien c’est avec le même engouement que devons aider l’autre : sortir à la rencontre de celui qui a besoin d’aide, et ne pas attendre qu’il se présente.

Il peut s’agir, selon Harrissa.com, de personnes malades qui ont besoin de reconfort, de pauvres qui ont besoin d’aide financière, de familles qui ont besoin d’un prêt passager, de mères de familles à qui on peut donner le moyen de se reposer … On peut trouver ainsi de nombreux exemples. Et de même que nous devons aider les autres de facon matérielle, nous devons les aider de façon spirituelle. Que ce soit dans le domaine des connaissances en Torah et de sa compréhension, ou que ce soit dans le domaine des bons comportements et des bons sentiments, nous avons le devoir de faire profiter les autres de ce que nous avons et de les aider ainsi à progresser. Bien entendu, ceci concerne chacun d’entre nous, y compris ceux qui se considèrent eux-même comme des « pauvres spirituellement », de même que le pauvre financièrement a lui aussi le devoir de donner de l’argent pour aider d’autres pauvres. Et tout ceci doit être fait dans la mesure de « comme toi-même », c’est-à-dire avec la volonté de transmettre réellement à l’autre tout ce que l’on possède dans ce domaine, et afin que lui-même puisse le transmettre à son tour.

Parmi les lois de la Torah, il ne nous est pas permis de faire un classement, de considérer l’accomplissement de telle mitsva, plus important que de telle autre nous informe le rav Jean Schwarz. Cependant, plus d’une fois, nos Sages se sont posé la question : Quelle loi de la Torah est-elle à même de résumer le but qu’a recherché l’Eternel en nous faisant connaître les règles de vie que contient son message ? Rabbi Akiba, se faisant le porte-parole de nos Sages, répond : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même « , voilà le grand principe de la Torah toute entière. Dans toute notre vie nous ne devons pas avoir d’autre but que l’observance de cette mitsva. Les autres commandements ne sont là que pour nous aider et nous entraîner à mieux accomplir ce grand devoir d’amour ». Toutes nos actions, en effet, doivent avoir en vue le bien-être des hommes. Tous nos efforts, notre propre perfectionnement même, doivent tendre à augmenter en nous la dose d’amour que nous pouvons distribuer autour de nous. Tous les jours de notre existence, nous nous devons de semer autour de nous, du matin au soir, des graines de bonheur et de les arroser d’amour pour qu’elles germent et produisent à leur tour des fruits.

Aimer le prochain c’est respecter sa personne, sa vie, ses biens, ses convictions, sa personnalité. Aimer son prochain, c’est l’encourager, l’aider, le soutenir. L’aimer comme soi-même, c’est tendre à obtenir pour lui tout ce que nous désirerions obtenir pour nous-mêmes; c’est le considérer comme un autre soi-même qui a les mêmes désirs, les mêmes besoins que nous; qui a droit au même respect, à la même justice, au même amour que nous, quelles que soient sa couleur, sa foi, ses opinions. Tout cela uniquement parce qu’en tant qu’homme il est indubitablement notre frère, égal à nous en tous points. Et s’il arrivait que nous, de notre côté, nous nous contentions de peu et acceptions que l’on ne nous respecte pas, nous n’aurions pas pour autant le droit d’exiger de notre prochain qu’il sacrifie, lui aussi, comme nous le faisons, les droits imprescriptibles de la personne humaine. II nous faudrait, dans ce cas-là, lutter pour qu’il obtienne lui, ce que nous méprisons nous. Oui, l’amour peut être capable de telles exigences pour le bonheur de l’autre.


La paracha constitue la suite logique d’A’harè mote, nous rappelle le Grand Rabbinat du Québec. En effet après que la Torah eut prescrit toutes les règles concernant les ârayot, impudicités et liaisons interdites, Qédochim recommande aux Bené Yisrael d’être saints. Il ne suffit point de s’éloigner de toutes les pratiques abominables connues en Égypte et réprouvées par D.ieu, il faut en plus se sanctifier, autrement dit aller jusqu’à s’interdire même ce qui est permis. L’importance de cette paracha se trouve soulignée puisqu’elle est enseignée en présence de tout le peuple, comme pour Mattane Torah, le don de la Torah. En effet, en plus de s’adresser à toute la communauté d’Israël comme ce fut le cas de la Révélation divine au Mont Sinaï, prescrit-elle des commandements qui correspondent aux dix paroles du décalogue. Cependant, quand bien même une telle correspondance serait-elle établie, pour quelle raison la Tora procède-t-elle à cette répétition ? Une différence majeure existe, nous semble-t-il, entre les deux textes. Celui du décalogue est au singulier. Sans doute, ne fut-il transmis qu’à Moché. En revanche, ce texte étant au pluriel signifie que toute la communauté d’Israël est aussi concernée par ces prescriptions tant par le texte du décalogue que par sa reprise dans la paracha Qédochim.


La sainteté parfaite est du domaine de D.ieu ; néanmoins les hommes ont le devoir de Lui ressembler. Pour ‘Hatam Sofèr, il existe chez les peuples des saints qui ne le sont que par répulsion pour le monde et leurs appétits physiques et matériels qui s’y rattachent. En revanche, concernant Israël, les saints tendent véritablement à ressembler à leur Créateur conformément au texte car Je suis saint et non par répulsion pour le monde. « Révérez chacun votre mère et votre père, et observez Mes Chabbat : je suis l’Ét’ernel, votre D’ieu. Révérez chacun, votre mère et votre père et observez Mes Chabbat. » Quel lien logique relie les deux versets, soyez saints et révérez chacun, votre mère et votre père? De même quel est le lien entre révérez les parents et observez Mes Chabbat? Or ha’Hayim établit ainsi ce lien : le non respect de l’interdit de la débauche et des impudicités entraîne le non respect des parents. Le Talmud Sanhedrin 52a. enseigne : « Quiconque s’adonne à la débauche, et par conséquent, s’éloigne de la voie qui mène à la sainteté attire sur ses parents le mépris de tous et les créatures maudissent ceux qui lui ont donné naissance. »


Yossèf s’apprêtait à fauter avec la femme de Potifar n’était l’apparition du portrait de son père qui l’en empêcha à la toute dernière minute (Voir Sota 36b). Ainsi grâce au respect dû à son père, Yossèf put garder sa sainteté. Le Zohar III 301b attribue le jour du Chabbat à Yossef, chaque jour de la semaine revenant à un tsaddiq, un Juste. Et Yossef, s’écartant de la âvèra chèl ârayot, la faute de l’impudicité, mérite d’être le patron d’un jour aussi saint. De plus, le texte précise : « observez Mes Chabbat ». Le pluriel fait allusion tant au Chabbat, jour saint de la semaine, qu’au bérit mila, l’alliance de la circoncision, car quiconque respecte cette alliance mérite d’être appelé saint comme le Chabbat. Mais Rav Alchèkh souligne que la sainteté conduit la personne à la vie du Ôlam ha-ba, le monde à venir. En revanche, les parents lui procurent la vie dans ce monde. Et sans la vie de ce monde, l’homme ne saurait prétendre au monde futur. Aussi faut-il autant craindre et respecter les parents que viser la sainteté.


Mais malgré la prescription de respecter ses parents, l’homme est tenu d’observer les chabbat : « Si ton père te dit : profane le Chabbat ! Ne l’écoute pas. De même pour toutes les autres prescriptions car Je suis l’Ét’ernel votre D’ieu, toi et ton père, vous devez m’honorer. C’est pourquoi tu ne dois pas lui obéir pour annuler Mes paroles » cf. Rachi. Cependant pourquoi la Torah a-t-elle choisi la mitsva du Chabbat pour enseigner que le respect des parents s’arrête là où intervient le respect dû au Créateur? C’est que l’homme, bien que redevable à ses parents de son existence, doit toujours penser que, sans D.ieu, ses parents eux-mêmes n’auraient jamais existé. Aussi le Chabbat est-il cité en preuve de la création du monde par D.ieu.


«Ne vous adressez point aux idoles et ne vous fabriquez point des dieux de métal ». S’agissant d’établir un lien avec ce qui précède, Kéli Yaqar enseigne qu’il est naturel, après avoir recommandé la crainte et le respect des parents, que le texte passe à l’interdiction de l’idolâtrie. Un idolâtre a, certes, tendance à considérer sa divinité et son idole comme des parents ainsi qu’il est dit (Yirmiya 2, 27) : « Ils disent au bois : Tu es mon père! à la pierre : C’est toi qui m’a donné la vie ! » Le texte exclut donc du respect tout autre intervenant. La naissance d’un être humain est le fait de l’association du père, de la mère et de D.ieu. « Ne vous adressez point aux idoles » S’adresser aux idoles, même en pensée, est interdit car la pensée en matière d’idolâtrie équivaut à l’acte. C’est pourquoi de la péniya, la pensée, le texte passe aussitôt à l’interdit de fabriquer des dieux qui est l’acte. Rav Alchèkh, quant à lui, trouve qu’en recommandant la crainte et le respect des parents qui lui procurent la vie de ce monde, l’homme serait enclin à penser que les astres, les étoiles et les êtres célestes, parce qu’ils contribuent à la vie de ce monde, méritent de retenir sa considération au point de les vénérer et les adorer. C’est pourquoi le texte interdit de s’adresser à ces divinités et de fabriquer des dieux en métal.


« Et quand vous sacrifierez une victime rémunératoire à l’Ét’ernel sacrifiez-la de manière à être agréés.» Le qorbane chélamim, sacrifice rémunératoire, est appelé ainsi parce qu’il n’est point sacrifié pour réparer une faute. Chélamim, dérive de, chalom, parce qu’il ramène la paix entre l’homme et son Créateur. Ainsi l’homme qui satisfait aux exigences de sainteté, respectant père et mère, observant les Chabbat et n’adorant point les idoles, n’aura à sacrifier que des chélamim. Il ne se rend point coupable de quelque faute nécessitant une réparation. C’est le meilleur sacrifice aux yeux de l’Ét’ernel. Il est offert de manière à être agréé. Toutes les lois énoncées dans cette paracha montrent combien la Torah vise essentiellement l’unité du peuple d’Israël afin de le conduire à la délivrance totale. « Parle à toute la communauté des enfants d’Israël » afin de la maintenir solidaire et unie. L’unité est cette particularité qui fait d’Israël un peuple élu. Aussi pour cette raison la paracha s’achève-t-elle sur l’élection du peuple d’Israël qui, parce qu’il doit se comporter selon les lois de sainteté, à été choisi d’entre tous les peuples. Ainsi dira-t-elle (Vayiqra 20, 26) : « Soyez saints pour Moi, car Je suis saint, Moi l’Éternel, et Je vous ai séparés d’avec les peuples pour que vous soyez à Moi. »


Les maîtres d’Israël, nous explique « L’Essence de la Torah », ont dit que le corps de la Torah dépendait de la paracha de Kédochim. Pour atteindre la sainteté, il ne faut pas se détacher de la matérialité, mais au contraire le sanctifier par un travail incessant sur sa pensée, sa parole et ses actes. Cette sanctification sera possible après un long travail de séparation et de maîtrise de ses désirs, pour ensuite les réintégrer dans un double mouvement qui ira du haut en bas, puis de bas en haut. C’est ainsi que le Ramhal décrit l’homme saitn dans le dernier chapitre de Messilat Yecharim, après qu’il ait gravi tous les échelons des valeurs morales que la Torah demande de lui : « L’homme qui se sanctifie par la sainteté de son Créateur élève ses actes les plus matériels au niveau dinvin. » Le Talmud enseigne d’ailleurs que la consommation des aliments sacrés provenant des sacrifices est un commandement positif de la Torah : « Les Cohanim mangent les viandes des sacrifices, et les fauteurs expient ainsi leurs fautes. » (Pessa’him 59b)… Ainsi l’homme saint est considéré comme un sanctuaire, un Temple, un autel… La nourriture et les boissons que l’homme saint consomme s’élèvent, comme si elles étaient offertes réellement sur l’autel. » (Messilat Yécharim.chap. 26)


(Sources : Chabbad.org – ravbenchettrit.com – Rav Philippe Haddad, J15.village.over-blog.com – Rav David Hanania Pinto Breslev.co.il – Chlomo – Harissa.com – Rabbin Jean Scwharz, Lamed – Grand Rabbinat du Québec – Rav Mordekhaaï Chriqui, Dr Avraham-Gilles Morali, L’Essence de la Torah)

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La première vous donnera la conception juive de la mort et la seconde paracha vous donnera la conception juive de la vie qui est la qédoucha :

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Rav Yehoshua Rahamim Dufour

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Le jour juif commence la veille au début de la nuit ; il se termine au coucher du soleil.  En tous cas, l’allumage des bougies de Chabbate ne doit pas se faire plus tard que 18 minutes avant le coucher du soleil. (Source : Modia)
Il est indispensable de lire la traduction en français de chaque paracha avant ce commentaire pour bien le comprendre. Texte dans la Bible hébraïque ici : Lire le texte

29e Paracha – A’haré Mote: Après la mort… Vayiqra (Lévitique) 16, 1 – 18, 30

Le nom de la paracha de cette semaine fait référence à la mort des 2 fils d’Ahraon, Nadab et Avihou. Elle fait la transition entre tout ce qui concerne le rôle du Grand Prêtre (le Cohen Gadol réparant les préjudices causés par Adam), et les prescriptions de sainteté concernant chacun des membres du peuple d’Israël. Après la mort des fils d’Aaron, D.ieu prescrit à ce dernier, par l’intermédiaire de Moïse, la liturgie du korbane (rapprochement) de Yom Kippour, avec ses korbanote (pluriel de korbane) spécifiques, les rites à effectuer dans le Saint des Saints – lieu du sanctuaire le plus intérieur, où se trouve l’Arche sur laquelle réside la Présence divine – et l’envoi du bouc émissaire. Il interdit d’apporter des korbanote hors de l’enceinte sacrée et insiste sur la valeur absolutrice du sang, ainsi que l’interdit de sa consommation. La paracha se clôt sur l’énumération des interdits sexuels : les divers cas d’inceste, les rapports avec une femme en menstrues, l’adultère, les rapports homosexuels, la bestialité. Elle interdit également de consacrer ses enfants au Moloch et précise que c’est parce que les Cananéens se sont ainsi complus dans ces abominations que la terre de Canaan les vomit. « Vous observerez Mes lois et Mes statuts, parce que l’homme (ha-adam) qui les pratique obtient, par eux, la vie Je suis l’Eternel ». (Lévitique 18,5) L’exposé des prescriptions en vue de la sainteté – commencé dans cette paracha A’haré mot – va se poursuivre dans les parachas suivantes ; il s’adressera à tous les enfants d’Israël dans la paracha Kédochim, puis plus spécifiquement aux prêtres dans la paracha Emor ; dans Béhar, il sera question de la sainteté du temps (chabbat, fêtes…), et des relations sociales et professionnelles.


Cette paracha, nous dit le rav Jacques Kohn, commence par un verset qui semble totalement étranger au sujet qui en fait la substance : « Hachem parla à Moïse après la mort des deux fils d’Aaron qui, en s’approchant devant Hachem, étaient morts » (Vayiqra 16, 1). Pourquoi ce rapprochement entre la mort des fils d’Aaron et le service de Yom kippour, rapprochement d’autant plus insolite que celle-ci a eu lieu le jour de Roch ‘hodèch nissan, alors que Yom kippour tombe en tichri, soit six mois plus tard, demande le rav Jacques Kohn ? Une première façon de comprendre ce rapprochement nous est proposée par la Guemara Yerouchalmi Yoma 1, 1, ainsi que par Vayiqra rabba 20, 12 : « De même que Yom kippour procure propitiation des péchés (kappara), de même la mort des tsaddiqim procure-t-elle propitiation des péchés. » En d’autres termes, il existe une parenté étroite entre la mort des fils d’Aaron et le jour de Kippour : Ils contribuent l’un comme l’autre à la rémission de nos fautes. Essayant d’approfondir ce principe, nous pouvons constater que, très souvent dans notre histoire, des événements bénéfiques exceptionnels ont été précédés par des tragédies. Il en a été ainsi de la mort de Nadav et Avihou, survenue en pleine inauguration du Tabernacle.


Il en a été ainsi également de l’incident survenu à Pérets-‘ouzza lorsque, tandis que l’Arche sainte était transportée à Jérusalem depuis Qiryath-Ye‘arim où elle avait été déposée après avoir été reprise aux Philistins qui l’avaient capturée. Un homme nommé ‘Ouzza fut foudroyé par Hachem parce que, dans l’allégresse de son retour, il l’avait touchée (II Samuel 6, 1 et suivants) alors que, n’appartenant pas à la tribu de Lévi, il n’avait pas le droit de le faire. Il en a été pareillement (II Samuel 24, 1 et suivant) lorsque périrent 70 000 hommes juste avant que David ait acquis l’aire d’Arauna sur laquelle son fils Salomon allait construire plus tard le Temple de Jérusalem. Selon une opinion très répandue, la création de l’Etat d’Israël a eu un rapport de causalité étroit avec la Choah qui l’a précédée de quelques années. Une situation tout aussi paradoxale, où l’on voit de l’impureté surgir la pureté, peut être observée lorsque l’on introduit dans un miqvé (bain rituel de purification) de « l’eau puisée » (mayyim cheouvim). Celle-ci était impure, mais elle va participer désormais de la pureté de l’eau du miqvé et contribuer à la purification de ce que l’on y trempera. Il en est de même, enfin, des cendres de la vache rousse : Celui qui les manipule devient impur, alors que ces mêmes cendres vont rendre pur celui qui était impur (metamei tehorim, metahèr temèïm).


« L’Eternel parla à Moché, après la mort des deux fils de Aaron, qui, s’étant approchés de D-ieu, avaient péri. » (Lévitique 16 – 1) D’après nos sages, les enfants d’Aaron, Nadav et Avihou, étaient des Tsadikim, des justes. Leur faute était qu’ils se soient tant approchés de D.ieu de sorte que leur corps n’a pu résister devant l’intense sainteté. Le désir de Nadav et d’Avihou était de s’approcher de D.ieu, jusqu’à se fondre en Lui. Cette volonté était si grande que leur âme les quitta. Cela s’appelle « mourir d’aimer ». Cet état d’esprit est en contradiction avec le projet Divin qui souhaite que l’âme réside dans le corps pour effectuer un changement dans le monde physique par l’accomplissement de la Torah et des mitsvote. Les fils d’Aaron symbolisent un aspect négatif de la volonté d’abnégation. L’homme doit ne jamais essayer de s’approcher de Hachem aux dépens de sa mission personnelle dans ce monde, et peu importe les motivations qui l’habitent. Le Talmud nous relate que « quatre personnes sont entrées dans le Pardess, le Verger : Ben Azaï jeta un coup d’œil et mourut… Rabbi Akiva entra en paix et en sortit en paix. »


« Entrer dans le Pardess », exprime la tentative d’atteindre les plus hauts niveaux dans l’union avec D.ieu et cela en se plongeant dans les dimensions ésotériques de la Torah. L’entreprise de Ben Azaï est restée sans succès, car comme chez Nadav et Avihou, sa soif extrême de sainteté le poussa à traverser des frontières interdites. C’est ce qui causa sa disparition. Rabbi Akiva, cependant, « entra en paix et sortit en paix. » La cause qui permit à Rabbi Akiva de « sortir en paix » est qu’il soit « entré en paix. » La motivation qui le poussait à s’approcher de D.ieu était le désir de mieux connaître D.ieu pour mieux accomplir Sa volonté ici-bas. Ainsi, il fut capable de traverser les dimensions les plus élevées en étant confronté à des choix difficiles et dangereux pour arriver, enfin, à un aboutissement positif. Néanmoins, Rabbi Akiva ne représente pas, encore, le niveau absolu du désir d’un Juif à accomplir la volonté de D.ieu en remplissant sa mission ici-bas. Cette position s’est concrétisée en la personne d’Avraham, le premier Juif.


Bien que sa motivation première ait été d’obéir à D.ieu, Rabbi Akiva désirait donner sa vie pour la sanctification du Nom de D.ieu. D’ailleurs, ce souhait s’accomplit, plus tard, lorsque qu’il fut torturé à mort par les romains. Juste avant de mourir, Rabbi Akiva déclara qu’il avait passé sa vie entière à espérer pouvoir vivre cet instant. Avraham, par contre, n’a jamais recherché cela. Il ne pensait qu’à D.ieu et sa vie entière fut consacrée à faire connaître Son Nom dans le monde. Si le sacrifice personnel s’était présenté, il aurait donné, volontiers sa vie, mais ceci ne représentait pas chez Avraham une fin en soi. Nous devons apprendre d’Avraham que notre souci primordial doit être d’accomplir la volonté de Hachem, sans y impliquer nos intérêts personnels, même si ceux-ci sont spirituels. Si toutes nos actions sont faites Lechem Chamayim – à l’égard du Ciel -, nous sommes assurés que notre « entrée dans le Pardess » et que « notre sortie » seront paisibles. Alors, notre service de D.ieu sera complet car il aura apporté la paix entre le spirituel et le matériel. (Likouté Si’hoth Vol III) –


« Il revêtira la tunique de lin de sainteté » (Lev. 16,4). D’après Jacob ben Isaac Achkenazi de Janow dans « Le commentaire de la Torah », le verset dit que le prêtre porte quatre habits pour Yom Kippour dont la tunique en lin. Il y avait 8 vêtements que le grand prêtre avait l’habitude de revêtir tout le reste de l’année (Lev. R. 21,10). Mais pendant Yom Kipour, le grand prêtre se trouvait à l’intérieur du Saint des Saints ; il ne devait pas porter d’habit en or, métal qui se trouvait dans l’idole faite par le peuple d’Israël dans le désert. Il fallait éviter que le prêtre ne rappelle ce péché en arborant un habit doré dans le Saint qui contenait l’Arche et le propitiatoire. Les 4 habits correspondent aux 4 groupes d’anges qui entouraient le trône divin. Les habits étaient en lin, afin que le grand prêtre s’humilie et se rabaisse, car le lin pousse dans la terre et le prêtre doit se souvenir qu’il vient de la terre et qu’il y retournera. Par contre, la laine des moutons est tirée d’un animal, donc d’une créature vivante. Les vêtements portés par le grand prêtre àYom Kippour aux 3 mondes dont l’homme est formé. Il mettait une culotte de lin sur la partie inférieure du corps, référence au monde inférieur qui sera entièrement détruit et décomposé, tout comme les aliments et les boissons absorbés qui sont digérés et expulsés. Ensuite, il mettait une ceinture de lin, correspondant au cœur de l’homme, c’est-à-dire au monde intermédiaire, espace où gravitent les astres. Ils ne cessent jamais leur rotation éternelle tout comme le cœur humain qui bat continuellement. Il portait également une tiare de lin sur la tête, allusion au monde des anges qui sont pure intelligence ; or, on sait que la tête de l’homme est le siège de l’intelligence et de la sagesse.


Le Talmud (traité Makot 23b) nous enseigne qu’il y a, dans toute la Torah, 613 commandements ; 248 Commandements Positifs (« fais ») et 365 Commandements Négatifs (« ne fais pas »). Toutefois, le Talmud ne donne pas la liste de ces commandements. Plusieurs grands sages du Judaïsme ont compilé une liste complète de ces commandements. La liste ci-après, qui concerne spécifiquement la paracha A’harémote, suit l’opinion de Maïmonide, tel qu’il les dénombre dans son œuvre maîtresse, le Michné Torah. Il est à noter que beaucoup de ces commandements (tels que ceux liés aux sacrifices) ne sont pas applicables tant qu’il n’y a pas de Temple à Jérusalem.


184. Pour les Cohanim, entrer à l’intérieur du Sanctuaire uniquement pour accomplir le service au Temple (3:16:2)
185. Servir au Temple le jour du Grand Pardon (3:16:3)
186. Ne pas tuer rituellement un sacrifice en dehors du Sanctuaire (3:17:3)
187. Couvrir le sang d’un animal tué rituellement (3:17:13)
188. Ne pas avoir de plaisir avec une femme ayant le statut de ‘ervah (3:18:6)
189. Ne pas découvrir la nudité de son père (3:18:7)
190. Ne pas découvrir la nudité de sa mère (3:18:7)
191. Ne pas avoir de rapport conjugal avec la femme de son père, même si elle n’est pas sa mère (3:18:8)
192. Ne pas découvrir la nudité de sa soeur, du côté de son père ou de sa mère (3:18:9)
193. Ne pas avoir de relations intimes avec la fille de son fils (3:18:10)
194. Ne pas avoir de relations intimes avec la fille de sa fille (3:18:10)
195. Ne pas avoir de relations intimes avec sa fille (3:18:10)
196. Ne pas avoir de relations intimes avec une soeur du côté de son père qui est la fille de la femme de son père (3:18:11)
197. Ne pas avoir de relations intimes avec la soeur de son père (3:18:12)
198. Ne pas avoir de relations intimes avec la soeur de sa mère (3:18:13)
199. Ne pas avoir de relations sexuelles avec le frère de son père (3:18:14)
200. Ne pas avoir de relations intimes avec la femme d’un frère de son père (3:18:14)
201. Ne pas avoir de relations intimes avec la femme de son fils (3:18:15)
202. Ne pas avoir de relations intimes avec la femme de son frère (3:18:16)
203. Ne pas avoir de relations intimes avec une femme et sa fille (3:18:17)
204. Ne pas avoir de relations intimes avec une femme et la fille de son fils (3:18:17)
205. Ne pas avoir de relations intimes avec une femme et la fille de sa fille (3:18:17)
206. Ne pas avoir de relations intimes avec deux soeurs en vie (3:18:18)
207. Ne pas avoir de relations intimes avec une femme dans la période de ses règles (3:18:19)
208. Ne pas donner nos enfants à l’idole Molech (3:18:21)
209. Pour un homme, ne pas avoir de relations sexuelles avec un homme (3:18:22)
210. Ne pas avoir de relations sexuelles avec un animal (3:18:23)
211. Pour une femme, ne pas avoir de relations sexuelles avec un animal (3:18:23)


« Car quiconque fera l’une de ces horreurs, les personnes qui les feront seront retranchées du sein de leur peuple. (Lév. 18,29) » Il existe 3 sortes de retranchement « karète) : le corps seul peut être retranché, d’autres fois, c’est l’âme ou bien ce sont l’âme et le corps qui le sont (Na’hmanide : Chaar ha gemoul, sur Lev. 18,29) Le premier cas concerne le grand juste qui commet une faute, comme par exemple un savant (en Torah) qui s’unit à sa femme après les 7 jours d’impureté rituelle, mais avant qu’elle ne se soit immergée dans un bain rituel. Ils s’allongent tous les deux dans le lit, lui dans ses habits et elle dans les siens. Ce savant meurt à mi-parcours dans le cycle de la vie, soit 35 ans. C’est un retranchement des ans et des jours. Il en est de même avec un vieillard qui commet une faute : il aura les ans retranchés, mais, comme il est très vieux, c’est impossible. Il a en effet déjà presque vécu la totalité de sa vie. Dans ce cas, le Saint, béni soit-Il, lui retranche des jours. Si son destin est scellé de telle sorte qu’il doit vivre 70 ans, il ne vivra pas jusqu’au terme normal de sa vie.


La Guemara dit (M.K. 28a, J. Bik. 2.1) : « Quand Rabbi Joseph eut 70 ans, il célébra une fête en se disant : « J’ai vécu jusqu’à maintenant, je ne peux plus être frappé par un châtiment divin, je sui devenu vraiment trop vieux. » Rabba lui demanda : « Certes, tu as échappé au retranchement des ans, mais qui te dit que tu as échappé au châtiment de la mort soudaine ? Peut-être as-tu commis une faute, si bien que tu ne vivras pas jusqu’au dernier des jours qui t’étaient normalement assignés par le destin. » Rabbi Joseph répondit : « Quoi qu’il arive, j’ai largement dépassé la moitié de mon existence. Il est devenu impossible de reconnaître ce châtiment de la mort soudaine ; comment savoir si la mort est due à une faute ou pas ? La mort par châtiment divin se reconnaît très bien quand un homme ne vit pas plus de 35 ans ; cela prouve immanquablement qu’il est coupable. Toutefois, en ce qui me concerne, je suis devenu trop vieux pour que l’on sache si je mourrai ou non frappé par ce châtiment. » Nos sages disent : Le Saint, béni soit-Il avertit la personne qui subit cette punition : si un vieillard meurt après 3 jours de maladie, c’est qu’il s’est rendu coupable. Le Talmud de Jérusalem explique : Comment sait-on qu’un vieillard qui mange de la graisse ou profane le Chabbat est coupable d’une mort par châtiment divin ? L’explication est : s’il meurt en un jour, il s’agit forcément d’une mort provoquée par le courroux de D.ieu. S’il meurt le 2ème jour, c’est une mort soudaine causée par l’effroi. Mais s’il meurt au bout de 3 jours, c’est une mort par châtiment divin. Toutes ces morts sont appelées extirpation du corps par châtiment divin.


Le verset dit à ce sujet : « Les personnes qui le feront seront retranchées du sein de leur peuple. » (Lévitique 18,29) Sur terre, le corps est retranché du peuple, mais l’âme gagne aussitôt le Gan Eden dans le monde avenir et elle se relèvera au moment de la résurrection des morts. L’autre extirpation, celle de l’âme, intervient lorsqu’une personne mange du levain à Pessa’h, ne jeûne pas à Yom Kippour, travaille pendant les jours redoutables ou couche avec une femme mariée. Dans tous ces cas, l’âme n’atteint pas le Gan Eden où demeurent d’autres âmes. Le verset dit : « Cette personne-là, son âme sera retranchée d’Israël. » (Ex. 12,15) Par contre, le corps ne sera pas retranché du monde. L’homme pourra vivre très longtemps en paix, acquérir des richesses, mais son âme disparaîtra dans le monde à venir. La 3ème extirpation est celle du corps et de l’âme ; celle-ci intervient lorsque quelqu’un adore une idole ou, D.ieu nous en préserve, profane le Nom béni. Dans ce cas, il est dit : « Cette personne est retranchée, retranchée de son peuple. » (Nombres 15,31) Le mot « retranché » est employé 2 fois, car son âme et son corps sont tous deux détruits ; le corps dans ce monde-ci et l’âme dans le monde à venir. Non seulement l’âme périra dans le monde à venir, mais elle devra également endurer pendant très longtemps les tortures de l’enfer. Ensuite, elle retrouvera l’apaisement, goûtera aux plaisirs et aux trésors d’équité du Gan Eden. Toutefois, cette âme ne pourra jamais trouver une place qui lui revienne en propre, comme c’est le cas pour les autres âmes.


Le B’ehayé écrit : « L’âme brille d’une lumière très pure, même dans le ventre de la mère où une lueur scintille au-dessus de la tête de l’enfant, comme l’indique la Guemara » (Nid. 16a et 30b, BHM 1,153-155) : « Une lumière brille dans la matrice maternelle, si bien que l’enfant voit d’un bout de la terre à l’autre ; au moment de naître, un ange apparaît : il frappe l’enfant sur la bouche et alors le bébé oublie aussitôt toute la Torah qu’il a étudiée dans le ventre de sa mère. Le lendemain matin, l’ange le conduit au Gan Eden pour lui montrer les justes qui y demeurent, leurs couronnes sur la tête. L’ange s’adresse à l’enfant : « Tous ceux qui sont assis là ont été créés sur la terre ; c’est à ton tour de t’y rendre. Tous ont étudié la Torah et respecté les commandements d’Hachem. C’est la raison pour laquelle ils ont mérité autant de prestige et d’honneur. Après ta naissance, fais de même et ainsi, tu deviendras digne d’une semblable gloire. Mais si tu ne respectes ni la Torah, ni les commandements, il te faudra demeurer ailleurs. » Le soir venu, l’ange conduit le bébé dans le Guehinom. L’enfant y aperçoit les impies en train d’être copieusement battus et de brûler en hurlant de douleur. L’ange dit : « Tous ceux-là n’ont pas respecté la Torah et les commandements ; ils sont condamnés à souffrir au Gehinom. Fais donc bien attention à toujours étudier la Torah et à respecter les commandements, afin de ne pas connaître à ton tour pareille humiliation. » Au moment de la naissance de l’enfant, l’ange frappait sa bouche et il oubliait instantanément tout ce qu’il avait vu ou appris. Cela nous explique pourquoi l’enfant pleure quand il vient au monde. Le Be’hayé ajoute : « Cela nous apprend que l’homme dans le ventre de la mère est prêt à recevoir la sagesse et l’intelligence, mais l’ange lui fait tout oublier. »


La Torah insiste sur le lien entre la possession de la Terre d’Israël et le respect des interdits sexuels. Mais quel rapport existe-t-il entre ces deux concepts ? Sortis depuis peu du pays d’Egypte et se rendant en Canaan, les Hébreux non seulement se trouvaient à mi-chemin, au sens propre du terme, entre deux pays différents, mais allaient aussi se sentir tiraillés entre deux modes de vie. Ils avaient certes peu profité de la civilisation égyptienne ; ils en avaient été plutôt les esclaves. Elle gardait cependant à leurs yeux un certain éclat, ne serait-ce que par le fait qu’elle leur fut jusqu’alors inaccessible. Ils pouvaient donc être tentés de vouloir l’adopter à leur tour maintenant qu’ils étaient libres. D’un autre côté, ils partaient pour Canaan, un pays dont ils connaissaient bien peu de chose. Cette terre leur était promise par Dieu: ils allaient bientôt en devenir les maîtres après en avoir dépossédé les habitants. En prenant possession des demeures cananéennes, de leurs édifices publics comme de leurs terres, ne seront-ils pas tentés d’hériter en même temps de leurs usages, de leurs lois, et pourquoi pas de leurs dieux ? Aussi, l’Eternel tient-il à les mettre en garde – pendant qu’ils se trouvent être entre l’Egypte et Canaan – contre cette double tentation.


Le peuple d’Israël venait de recevoir au Sinaï sa propre constitution. II avait dorénavant ses lois distinctives, édictées par D.ieu lui-même. II se devait d’avoir sa manière propre de vivre, ne pas chercher à droite et à gauche – ni en Egypte ni en Canaan – des règles de vie qui ne pouvaient être qu’inférieures aux siennes. Ce même genre de tentation existe pour tous ceux qui vivent parmi des non-juifs. II peut arriver que, par ignorance de sa propre valeur, on soit ébloui par la manière de vivre des autres; il se peut aussi que, plus simplement, on ne désire pas se faire remarquer en vivant différemment des autres. Et, petit à petit, on en arrive ainsi à remplacer son propre patrimoine, ses propres lois, son mode de vie, toute son identité, par des lois empruntées, qui ne nous sont pas adaptées et qui nous font perdre notre personnalité.C’est pourquoi l’Eternel ajoute – pour nous comme pour nos ancêtres – « Ce sont Mes lois et Mes statuts que vous devez observer: grâce à elles seules vous vivrez votre propre vie » (18, 10). « Les pratiques du pays d’Egypte où vous avez demeuré, ne les imitez pas; n’agissez pas non plus selon les pratiques du pays de Canaan où je vous amène, et ne suivez pas leurs lois.  » (Lévitique, 18, 3)


Si Hachem a estimé qu’il était bon et nécessaire de nous transmettre toutes ces lumières, même si elles sont trop fortes pour nos petites tailles en raison de nos fragilités et de nos défauts, ce n’est pas à nous de juger ni de décréter qu’elles ne sont pas notre voie, ni que nous n’en sommes pas dignes. C’est cela l’humilité : accepter l’extraordinaire Torah, simplement telle qu’elle est et parce qu’elle nous est donnée ; c’est le premier mot du Juif chaque matin : « Modé ani », je reconnais, j’accepte. Le Créateur nous a donné Sa Torah ainsi que ce maître-lumière qu’est Moïse ; à nous de l’accepter, nous devons même accepter d’oser dire le grandiose qaddiche et nous associer à ce que disent les anges (Baroukh kévod-Hachém miméqomo), bénédiction la gloire de Hachem depuis Son lieu). Lui Seul est capable de lier toutes les questions contradictoires de la lumière et de la médiocrité, voilà pourquoi on doit encore le reconnaître à l’heure où la mort est rencontrée, dans les petites morts ou dans la grande mort, et alors on le bénit encore en disant que, Seul, Il sait en cela où est la vérité que l’on ne peut comprendre, Lui qui est bénédiction (« Baroukh dayane haéméte », Béni est le juge de vérité). C’est par l’effet de Sa bonté qu’Hachem nous a faits à Son image et à Sa ressemblance. Il nous a fait connaître Son Nom et Sa Torah, Son peuple et Sa terre, ainsi que les secrets de la vie et de la mort, nous mettant devant l’épreuve pour que nous puissions nous dépasser. Si nous l’ignorons, Lui sait pourquoi, et ce n’est pas le lot de quelques individus éprouvés, c’est le lot de chacun d’entre nous, pour vivre plus, dans la vérité. Ainsi, le moins que nous puissions faire est de Lui témoigner un peu de reconnaissance, sans jugement, mais dans une confiance affectueuse.


Avec le rav Léon Askénazi, nous allons voir l’universalisme de la Torah qu’induit ce verset, le Torah Temima cite laberaïta suivante : Tania (on enseigne) : Rabbi Méir (Rabbi Baroukh Halévi Epstein) a dit (Baba Qama 38a) : « D’où savons-nous que même un idolâtre qui s’occupe de Torah équivaut à un grand prêtre ? C’est parce que le verset dit : « l’homme qui les pratique ». Il n’est pas dit : prêtres, lévites et fils d’Israël, mais « homme ». On serait tenté d’objecter à cela l’enseignement bien connu de la Guemara (Yébamot 61a) sur le verset du prophète Ezéchiel (Ezéchiel 34,31) : « Et vous, Mes brebis, brebis que Je fais paître, vous êtes (des) hommes (adam), Moi Je suis votre D.ieu, dit le Seigneur D.ieu. » Ce qui mène le Talmud à dire : « Vous êtes nommés adam, et les nations du monde (idolâtres) ne sont pas nommées adam ! »


Dans bien des milieux piétistes, on en conclut de façon fautive que seuls les Juifs seraient des hommes et que les goyim (les nations) ne le seraient pas ! Cela dénote de la part de ces milieux une ignorance extrême de la foi monothéiste d’Israël, qui n’est pas une « monolâtrie », ainsi que de la précision des textes qu’ils ne citent que très approximativement. On consultera avec profit la note des Tossafistes sur le sujet (Sanhédrin 59a) : « Il y a une différence entre adam et ha-adam. » Adam, sans l’article, désigne une lignée messianique qui va du premier Adam au fils de l’Homme, seule soumise à l’ensemble des commandements de la Torah, Ha-adam, l’Homme en général, désigne tous les hommes qui peuvent, a priori, être tous des justes selon la loi de Noé. Or, le verset d’Ezéchiel porte le mom « adam » et non « ha-adam ».


On comprendra donc que la traduction citée par nous (Traduction de la Bible du Rabbinat) est imprécise en français et c’est pourquoi nous l’avons citée sous cette forme : « vous êtes (des) hommes ». Le mot « des » est en trop, car il renvoie fautivement à l’article ha-adam. D’autre part, le verset d’Ezéchiel est interprété pour Israël seul, en ce qui concerne l’impureté contractée au contact du cadavre (Yébamot 61 a, sur Nombres 19,14). Du Torah Temima nous apprenons 2 choses essentielles : a) Un homme, de quelque peuple qu’il soit été qui s’occupe de Torah équivaut au Cohen Gadol. En effet, notre verset porte le mot ha-adam, qui signifie bien tout homme, même idolâtre ! La question de savoir si les goyim doivent être considérés comme idolâtres, fût-ce à leur insu, est un autre problème. Cette référence se retrouve aussi sous « Nations du monde ». b) Dans cette « occupation de la Torah », il ne s’agit pas d’étude comme l’indique habituellement le terme employé « la’assoq ba-Torah », mais bien de pratique, puisque le verset porte le terme « acher ya’assé otam » (qui les pratique).


Le Rav Eskenazi nous enseigne encore que Kéter Torah, la « couronne » de la Torah concerne d’une part Israël soumis aux 613 commandements de la loi de Moïse, et d’autre part les non-Juifs qui acceptent comme Torah les 7 commandements de la loi de Noé. En effet, on indique que la valeur numérique du mot « kéter » est 620, c’est-à-dire l’ensemble des 613 et 7. D’autres ajoutent que l’on compte 620 lettres dans le texte des 10 commandements du Sinaï. Cet enseignement universaliste est à méditer profondément, à l’heure où un particularisme exacerbé semble envahir les milieux piétistes de la communauté juive, tant à l’étranger qu’en Israël même.


(Sources : Editions Bakish – Rabbin Jacques Kohn, Chiourim.com – Chabbad.org – Jacob ben Isaac Achkenazi de Janow dans « Le commentaire de la Torah » – Talmud.blogspot.com – Rabbin Jean Schwarz, Lamed – Rav Léon Eskenazi « Leçons sur la Torah »)

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1. PARACHA DE LA SEMAINE –
D’abord, si vous ne l’avez pas lu, le commentaire de Modia sur la paracha Tazria, allez le lire absolument car vous y trouverez la conception juive de la femme, c’est indispensable à connaître.

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Puis nous sommes en cette nouvelle semaine vers ce futur Chabbate dans la 27e paracha de la Torah et la 5e paracha du 3e livre de la Torah, Vayiqra (Le Lévitique). Elle se nomme : Métsorâ: et nous éclaire sur la médisance. Mais aussi nous révèle la splendeur de MYRIAM.

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Nous sommes entrés dans le mois de Nissane, c’est celui de Pessah. Pour assimiler toute la puissance de cette fête, voyez ici  tout ce qui se passe chaque jour de ce mois et le sens de cela dans l’histoire, dans les textes et dans les vies, chez les Sages de vos traditions, le tout avec références, lien à la vie et photos.

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Le jour juif commence la veille au début de la nuit ; il se termine au coucher du soleil.  En tous cas, l’allumage des bougies de Chabbate ne doit pas se faire plus tard que 18 minutes avant le coucher du soleil. (Source : Modia)
Il est indispensable de lire la traduction en français de chaque paracha avant ce commentaire pour bien le comprendre.Texte de la paracha dans la Bible hébraïque ici : Lire le texte

28e paracha – Metsorâ : Lèpre Vayiqra 14, 1 – 15, 33

La paracha Metsora fait partie du Lévitique, la traduction littérale est « atteint d’impureté». Elle fait suite à la paraxha Tazria « sur la conception » et précède la Paraxha A’Haré’Mote. Ce passage évoque la pureté et l’impureté, il évoque aussi le conseil de l’Eternel à Moïse. Il lui indique avec beaucoup de détails les étapes du processus de retour à la purification d’une personne ateinte de métsora. L’Eternel donne des indications en matière de lieu, de délais et des sacrifices nécessaires. Toutes ces étapes nécessitent le recours au pontife « prêtre » et non à un médecin. De même, il prévoit un processus similaire en cas de pauvreté du lépreux. Puis l’Eternel s’adresse aussi à Aaron, frère de Moïse et Myriam, grand-prêtre, et évoque le cas de l’altération des murs dans une maison, puis élargit le débat sur la l’atteinte au pur et à l’impur. Enfin, l’Eternel évoque le cas de la gonorrhée, infection sexuellement transmissible, des pertes de matière séminale pour l’homme et de la période des règles pour la femme, tout en précisant les étapes pour le retour à la pureté, à savoir principalement le bain et l’attente du soir.

Le mot metsora est l’acrostiche de motsi chem ra, le diffamateur. Les fautes à l’origine de la tsaraat, sont au nombre de 11 ou sept suivant les sources : L’idolâtrie, le blasphème, l’impureté, le vol, la médisance, le faux témoignage, le jugement injuste, le sermenet vain, le vol, profoquer des querelles, le « mauvais œil » apparenté à l’avarice. La lachone hara, littéralement «mauvaise langue », est le péché le plus grave de tous ceux concernés par cette plaie qui revêtait la forme la plus maligne, car celui qui pratique la médisance ou la calomnie renie la Torah. Lorsqu’une personne critique une autre, trois personnes au minimum sont touchées et sont ou se meurtrissent elles-mêmes : la personne qui diffame, la personne ou les personnes qui écoutent et croient les ragots vrais ou faux, et la victime. Le metsora était soumis à des lois d’isolation particulières. Parce qu’il avait calomnié une personne, provoquant son « isolation » dans l’esprit de plusieurs, il était donc corrigé de la même façon et était coupé de la société afin de bien mesurer les conséquences de son acte vis à vis d’un membre de son peuple. Beaucoup de ces mesures étaient semblables à celles observées pour un deuil : Le metsora était exclu du camp, comme dans le cas de Myriam. Il devait déchirer son vêtement comme dans le cas d’un deuil. Il devait laisser pousser ses cheveux. Il devait se couvrir la bouche pour avoir diffamé son prochain et porter un voile sur la tête comme pour un mort. Il criait devant lui « impur, impur, tamé, tamé » afin que ceux qui le croisent puissent prier pour sa guérison.

Selon « Ashdod Café », la Tradition juive nous donne une interprétation très intéressante du processus de l’évolution de la plaie de tsaraat destinée à corriger celui qui commet ce péché. Les lettres de l’alphabet hébreu peuvent se regrouper en sept groupes de trois lettres qui peuvent se permuter six fois entre elles et former des racines de mots. Suivant ce principe, la racine du mot tsaraat, tsara se permute comme suit et décrit l’évolution de la maladie destinée à ramener le pécheur dans le droit chemin :
1. tsara, צרע la plaie en elle-même
2. tsaar, צער douleur, attrister
3. raats, רעץ briser
4. ratsa, רצע frapper, fouetter,
5. atsar, עצר stopper et maîtriser, régner
6. arats, ערץ rendre l’honneur à une personne que l’on craint et révère.

D.ieu frappe, la douleur est forte et provoque un brisement. Des souffrances sont occasionnées par la correction. La correction produit son effet et le fauteur se repent. Il va essayer de maîtriser et de contrôler sa langue pour finalement plier le genou en reconnaissance au Créateur Qui corrige celui qu’Il aime. Avec la maladie, D.ieu prévoit toujours le remède. Il est la Source de la guérison, et le verset suivant nous le dévoile : Si un homme a dans la peau de sa chair une tumeur, ou une dartre, ou une tache blanchâtre, et qu’elle soit devenue, dans la peau de sa chair, une plaie comme de lèpre, on l’amènera à Aaron, le Cohen, ou à l’un de ses fils. (Lévitique 13:2).

Qui est le pontife ? Il s’agit du « Cohen Gadol». Dans le Lévitique, il s’agit d’Aaron ou l’un de ses fils. Il est l’intermédiaire entre l’Eternel et l’ensemble de la communauté. Le nom de la paracha, Metsora, signifie : « une personne atteinte de tsaraat ». La tsaraat, que nous avons rencontrée dans la paracha précédente, Tazria, était une affection par laquelle une personne contractait une impureté rituelle qui lui interdisait de pénétrer dans le Temple, de participer à ses divers rituels ainsi qu’à la vie sociale de la communauté. Ainsi séparé du Temple – lieu de vie et de divinité (qui est la source de vie) – et de la vie sociale, le metsora est, selon les paroles de nos Sages, une métaphore de la mort. Bien que le mot metsora soit effectivement l’un des premiers de la paracha, le sujet du premier tiers de celle-ci évoque le processus par lequel le metsora est guéri de la tsaraat, c’est-à-dire de la négation de la situation d’être un metsora. Le sujet du second tiers de la paracha est la tsaraat qui affecte une maison et de quelle manière une maison peut en être purifiée. La troisième partie de la paracha traite de deux autres formes d’impureté, non liées à la tsaraat, et de leur purification.

Compte tenu de la nature dégradante de la tsaraat, il semble étonnant qu’une paracha consacrée aux moyens de guérir une personne de cette affliction porte le nom de celui qui en est affecté. Toutefois, l’explication qui est donnée du nom de la paracha précédente, Tazria, peut servir à expliquer le nom de cette paracha-ci. Tazria désigne l’acte « d’ensemencement », le fait de s’engager de façon optimiste dans un processus qui mène à une nouvelle vie et à une nouvelle croissance, bien que l’essentiel de la paracha traite des détails de la maladie de la tsaraat, l’antithèse de la vie, car celle-ci n’est pas conçue comme un châtiment, mais un nouveau départ, une incitation à réaffirmer la vie. En tant que telle, elle peut et doit être perçue comme l’« ensemencement » d’un degré plus élevé d’existence. De la même manière, la paracha de metsora est appelée du nom d’une personne atteinte de cette maladie, bien qu’elle traite essentiellement de la manière d’en délivrer celui qui en souffre, parce que le processus de purification est en soi un prolongement de l’affection elle-même. Ce n’est que l’étape suivante du processus de réhabilitation qui a commencé en contractant la maladie.

L’un des termes par lesquels les Prophètes décrivent le processus messianique, et même le Machia’h lui-même, est celui de « germination ». « Car, de même que la terre fait jaillir ses pousses, de même qu’un jardin fait germer ses semences, ainsi D.ieu fera pousser la justice et la louange devant toutes les nations. » (Isaïe 61, 11) « Voici que des jours viennent, dit D.ieu, où Je ferai s’élever un juste plant de David, un roi qui régnera et prospérera et qui exercera le droit et la justice dans le pays. » (Jérémie 23, 5 ; voir aussi ibid. 33,15) En outre, les Sages du Talmud disent que le qualificatif du Machia’h est « le Metsora de la Maison de Rabbi Yéhouda le Prince », citant le verset (Isaïe 53,4) : « En vérité, ce fut nos maladies qu’il endurait et nos souffrances qu’il portait, mais nous le considérions comme un metsora, frappé par D.ieu et affligé. » (Sanhédrin 98b ; Rachi ad loc)
Le Talmud relate même un épisode dans lequel le Machia’h apparut sous l’aspect d’un metsora : Rabbi Yéhouda ben Lévi rencontra le prophète Élie qui se tenait à l’entrée de la grotte de Rabbi Chimone bar Yo’haï. Il demanda à Élie : « Quand le Machia’h viendra-t-il ? » Élie répondit : « Va et demande-lui toi-même. » – Où se trouve-t-il ? – À l’entrée de la ville. – Et par quel signe pourrais-je le reconnaître ? – Il est assis parmi les pauvres affligés de tsaraat. Mais, alors que les autres défont tous leurs bandages puis [après avoir soigné leurs plaies] les rattachent tous, il défait et refait ses bandages un par un, en se disant : « Peut-être serai-je appelé [pour me révéler comme le Machia’h et, s’il en est ainsi,] je ne peux être retardé [en ayant à refaire de nombreux bandages.] » (Sanhédrin 98a ; Rachi ad loc. Voir l’analyse et les sources citées dans Kol Yisrael, pp 449-455)

Dans ce contexte, il est possible d’interpréter les noms des deux parachiote traitant de la tsaraat comme exprimant le processus messianique : Tazria, qui signifie « ensemencer », désigne les efforts que nous faisons pour que la Rédemption « germe ». Metsora désigne le Machia’h lui-même. C’est ainsi que la phrase Tazria-Metsora signifie : « Sème les graines de la Rédemption messianique. » La plupart des années, les deux parachiote de Tazria et Metsora sont lues ensemble. Dans le contexte allégorique que nous venons de mentionner, cela nous enseigne que nous devons considérer nos efforts pour raffiner le monde à travers l’étude de la Torah et l’accomplissement des Mitsvot, non uniquement comme une fin en soi – ce qu’ils sont, eu égard à notre obligation d’accomplir les commandements divins par soumission absolue –, mais également comme les moyens de hâter la venue du Machia’h. Nous ne devons pas dissocier notre Tazria, notre ensemencement, de Metsora, son but messianique. Plus encore, nous devrions considérer nos efforts et leur finalité, c’est-à-dire le fait de vivre notre vie en accord avec les commandements de la Torah d’une part et la Rédemption messianique d’autre part, non pas comme deux entités distinctes, mais comme une continuité.

D’une part, vivre une vie de Torah conduit naturellement à la rédemption, et d’autre part la rédemption n’est rien d’autre que la pleine éclosion de la Torah et des commandements que nous aurons connus au cours de notre exil. La Torah des temps messianiques sera la même Torah que celle que nous avons actuellement à la différence près que ses dimensions les plus profondes nous seront entièrement révélées. De même que nous continuerons à observer les commandements de la Torah, mais de la manière la plus complète qui puisse être, aussi bien quantitativement, tels que les commandements qui ne peuvent être accomplis que le Temple existe et que l’ensemble de la nation juive se trouve sur sa terre, que qualitativement, lorsque la réalité se défera du matérialisme grossier qui occulte actuellement la plupart des révélations divines qui résultent de notre pratique des mitsvote, ainsi que de l’orientation matérialiste naturelle de notre conscience, qui cèdera la place à une conscience élevée de D.ieu. En lisant dans la Torah l’odyssée du metsora et le processus de sa rédemption de l’ostracisme, de son « exil » social, nous lisons en même temps l’odyssée de nos crises et de nos rédemptions spirituelles personnelles ainsi que notre odyssée collective à travers l’exil, qui nous mène vers notre Rédemption finale. (Likoutei Si’hot, vol. 22, pp 70-80).

« Le Cohen ordonnera qu’on vide la maison avant qu’il n’entre pour examiner la plaie. » (Lévitique, 14, 3) Le Rabbin Jean Schwarz nous dit que l’atteinte d’impureté peut, entre autres, s’attaquer aux murs des maisons. Elle entraîne, dans certains cas, la démolition totale de la demeure en question. Aussi, avant que le Cohen, qui est appelé à prendre éventuellement une telle décision, ne vienne se prononcer, on est tenu de vider complètement la maison, de disposer tout son contenu dans la rue, à la vue de tout le monde… Cette réglementation a pour but, selon nos Sages, de nous forcer à étaler au grand jour tout ce que nous possédons, à ouvrir par la force des choses toute grande notre maison que nous tenions fermée jusqu’ici. Car là aussi, la lèpre est la punition d’une faute morale, qui, cette fois-ci, a pour nom l’égoïsme.

L’égoïsme nous pousse à fermer nos maisons, à conserver pour nous seuls les biens que nous possédons, à ne pas recevoir chez nous le pauvre qui est dans le besoin, à refuser de prêter un objet qu’on nous demande, à mentir en disant qu’on ne possède pas un tel objet, etc. Aussi, quand l’homme se referme ainsi sur lui-même, l’atteinte d’impureté vient-elle ouvrir de force la porte qu’il tenait si bien fermée. Tous ses biens sont maintenant exposés en plein soleil à la vue de tout un chacun. Tout le monde pourra voir, entre autres, qu’il avait en sa possession l’objet qu’il ne voulait pas prêter. Chacun pourra se rendre compte qu’il est plus riche qu’il ne veut le paraître et qu’il conserve pour son usage exclusif tous les biens que l’Eternel a bien voulu lui accorder. L’égoïsme peut ronger nos cœurs comme une véritable impureté, nous rendre totalement insensibles aux malheurs du prochain, nous faire penser à notre seul bonheur, à notre seul bien-être. Tout peut s’écrouler autour de l’égoïste. Que lui importe puisqu’il a son chez soi où il se sent bien au chaud et à l’abri. Mais attention ! Une telle impureté est capable d’avoir pour conséquence qu’il ne puisse plus, lui non plus, profiter des richesses qu’il possède, car elle aura entraîné la démolition de la maison où il croyait pourtant pouvoir être heureux en parfait égoïste.

« Quand tu pénétreras dans la terre de Canaan que Je te donne en possession et que J’infligerai un cas de Tsaraat dans une maison… » (Lévitique 14, 34) Dans le Livre du Lévitique, la Torah parle de la maladie de la Tsaraat qui existait à l’époque biblique. Cette affection n’apparaissait pas uniquement sur les personnes, mais aussi sur les objets inanimés, y compris les murs de la maison. Lorsque ce cas se présentait, toute la partie atteinte devait être enlevée, ce qui impliquait de grosses dépenses pour le propriétaire.Cette maladie étrange n’était pas une maladie physique, mais plutôt la manifestation physique d’une maladie spirituelle. Quand une personne était spirituellement malade, D.ieu l’alertait de son état en touchant d’abord ses biens, puis son corps, pour qu’elle soit incitée à se repentir comme il convient et à améliorer son comportement. Il arriva souvent, cependant, qu’un homme qui n’avait rien fait de mal découvrait que les murs de sa maison étaient affectés. Pourquoi les innocents souffraient-ils également ? Ce qui avait paru être un coup du sort était en fait une grande bénédiction La réponse est que de nombreux Israélites vivaient dans des maisons qui avaient été construites par les Cananéens, qui avaient précédemment occupé la terre. De nombreux Cananéens avaient caché leurs trésors dans les murs de leurs maisons, si bien que, lorsque la maison d’un Israélite se trouvait affectée, il était forcé de démolir les murs et il trouvait le trésor caché. Ainsi, ce qui avait paru être un coup du sort ou une punition injustifiée d’En Haut s’avérait être une grande bénédiction.

Quand nous nous retournons sur tous les soucis qui se sont présentés dans notre vie, il n’est pas difficile d’accepter les problèmes qui se sont résolus. Nous réalisons que D.ieu nous avait envoyé des signes visibles pour nous forcer à prendre conscience de nos véritables manquements d’alors. Mais qu’en est-il lorsque la vie nous frappe en pleine face, alors même que nous nous pensons innocents, alors même que nous faisons ce qui est bon ? Quand cela arrive, nous crions à l’injustice : « Qu’ai-je fait de mal maintenant pour mériter de tels problèmes ? » Ce dont nous prenons conscience est que les trésors cachés de la vie ne sont parfois découverts qu’à travers des difficultés et des pertes.

Ces difficultés que nous jugeons si vite comme le signe que « D.ieu nous donne du fil à retordre » peuvent être, en fait, Sa manière de nous donner des cadeaux qui dépassent nos rêves. Nous pouvons réagir en maudissant nos soucis et ignorer totalement le trésor qui a été prévu pour nous, bien plus abondant que le montant de notre perte. Bien sûr, si seulement nous savions ce qui se cache derrière ce mur, nous serions heureux de le démolir. Mais nous ne le savons pas. C’est à cela que sert la foi : à se sentir serein, en sécurité, reconnaissant et heureux même quand nous ne comprenons pas ce qui se passe. Quand nous craignons les difficultés et les changements, non seulement nous manifestons un manque de foi, mais nous renonçons inconsciemment aux grands bienfaits qui nous attendent juste de l’autre côté de nos ennuis.

D’après les « Leçons sur la Torah » de Léon Askénazy, le terme de  »metsora » peut être traduit par « atteint d’impureté :  »metsora » est  »motsi – ra »,  »celui qui fait sortir (de lui) le mal » ». Le rôle du pontife va être d’aider l’individu guéri à se purifier. Après avoir constaté la guérison de celui qui est atteint d’impureté, de métsora, le pontife procède à un sacrifice pour purifier l’individu atteint. La symbolique associée est expliquée par Rachi dans son commentaire sur la Torah : les taches viennent de la médisance (symbolique du pépiement des oiseaux) et de l’orgueil (symbolique du cèdre de grande hauteur). Le remède est de s’abaisser de son orgueil comme le ver (autre traduction du mot qui signifie aussi  »laine écarlate ») et l’hysope qui est une herbe basse. L’étape suivante concerne la purification physique de l’individu : laver ses vêtements, raser tous ses cheveux, prendre un bain. Il réintègre le campement, mais reste isolé sept jours, au bout desquels il procède à nouveau à une purification physique.

C’est seulement ensuite qu’a lieu la purification morale par un sacrifice de faute (reconnaître sa faute) et un sacrifice d’expiation (fait de devenir plus pieux), où le pontife purificateur présente « l’homme à purifier devant l’Eternel à l’entrée de la Tente d’assignation. Le Pontife est le lien entre l’homme qui se purifie et le Seigneur : le pontife fait expiation pour lui devant l’Eternel. Ainsi l’individu redevient pur. » Le processus de purification est également décrit pour l’individu pauvre, car les règles de la Torah s’appliquent indépendamment de la richesse de l’individu. La paracha Metsora évoque aussi deux autres situations d’impureté : – l’une concernant les vêtements et habitations, – l’autre concernant la souillure par les écoulements du corps. Là encore le pontife a un rôle purificateur.

Le rabbin Jean Schwarz commente ainsi la phrase concernant la personne atteinte de « metsora » : « Il sera présenté au pontife. Mais aussi on lui présentera le pontife comme modèle à suivre dorénavant. Le Pontife qui mène dans la société une vie active et se fait aimer et respecter du fait qu’il cherche, en toute circonstance, à établir la paix entre les individus et dans la société toute entière ». En reprenant les « Leçons sur la Torah » de Léon Askénazi, dans les parachyote Tazria et Metsora, la Torah développe les lois portant sur la distinction entre l’état de pureté et celui d’impureté, déjà introduites dans les chapitres précédents du Lévitique : – dans les premiers chapitres la « mise à part des prêtres de toute situation menant à l’impureté » ; – dans la paracha Chemini, l’ensemble des règles concernant la nourriture ; – dans Tazria – Metsora, les situations d’impureté qui concernent le corps lui-même, impureté aussi qui peut s’attacher aux vêtements et même aux habitations ; – enfin dans les parachiote suivantes, les règles touchant à l’impureté fondamentales qui résulte du contact avec la mort.

Plus l’homme est capable de sainteté et plus il devient vulnérable au risque d’impureté. On pourrait en effet considérer comme paradoxal, le fait que ce soit précisément dans le Lévitique que se trouvent développées avec une telle minutie, et élaborées avec une telle précision, les définitions de situations d’impureté. Le Lévitique, désigné par l’expression Torat Cohanim, peut être lu tout entier comme une invitation à réaliser en soi, à tous les niveaux d’être, l’être de sainteté. Et l’on pourrait supposer qu’une telle invitation ne concernerait que ceux sur qui aucune situation d’impureté n’aurait déjà plus de prise. Or, le principe enseigné ici par la Torah est absolument opposé. Non seulement l’être de sainteté est encore plus exposé que d’autre au risque de l’impureté ; mais plus encore, c’est chez lui que l’impureté se dévoile, est effective. Elle se dévoile précisément dans l’effort d’élévation qui mène à la sainteté ; car cet effort consiste à évacuer, « mettre en dehors » la part de mort qui est mêlée à toute vie dans la condition terrestre.

« Voici quelle sera la loi du « metsora » (torat ha-metsora) au jour de sa purification : il sera présenté au Cohen » (Vayiqra 4,2). Rabbi Yehochoua ben Lévi a enseigné : Le rabbin Jacques Konh za’l nous apprend que le mot torat (« loi de ») est employé à cinq reprises dans la Tora à propos d’une personne « metsora ». C’est pour nous apprendre que celui qui profère du lachone hara’ (« propos médisants ») transgresse chacun des cinq livres de la Torah (Vayiqra rabba 15, 6). Quel est le rapport entre le lachone hara’ et les cinq livres de la Torah. Dans Berechit 3, 5, le serpent encourage Eve, en employant du lachone hara’, à manger le fruit de l’arbre de la connaissance. Il lui déclare : « Tout artisan déteste ceux qui font le même travail que lui. Hachem a mangé du fruit de l’arbre, puis Il a créé le monde. [Si donc vous en mangez à votre tour, vous serez comme Lui] » (Rachi ad loc. et Beréchith rabba 19, 4). Dans Chemot (4, 6), Hachem demande à Moïse de mettre sa main en son sein, et « voici que sa main était comme la neige ». Cela est arrivé, explique Rachi au nom du Midrach ta’houma 23, parce qu’il avait calomnié les enfants d’Israël en suggérant qu’ils pourraient ne pas le croire (Chemot 4, 1), raison pour laquelle, explique le Midrach tan’houma, il a été frappé de « metsora ». Dans Vayiqra (19, 16), la Torah prohibe explicitement le lachone hara’ en interdisant de « colporter dans nos peuples ». Le livre de Bamidbar nous apprend que Myriam a été frappée par la « metsora » pour avoir émis du lachone hara’ à l’encontre de son frère Moïse. Et dans Devarim (24, 8 et 9) la Torah nous met en garde contre la plaie de la « metsora » et rappelle celle qui a frappé Myriam. Voilà pourquoi, étant donné que le lachone hara’ est mentionné, soit explicitement soit implicitement, dans chacun des livres de la Torah, celui qui en répand est considéré comme les ayant transgressés tous les cinq.

La haftara attachée à la paracha Metsora’ (II Rois 7, 3 et suivants) raconte un épisode survenu à l’époque du prophète Elisée, tandis que le Royaume du Nord était engagé dans une guerre contre la Syrie, dont les troupes assiégeaient Samarie. 4 « hommes atteints de métsora » se trouvaient alors bannis, comme l’exige la Torah (Vayiqra 13, 46), hors de la ville. Une remarque s’impose d’emblée : Le royaume d’Israël connaissait alors une profonde déchéance religieuse, que le siège de sa capitale ne pouvait qu’accentuer. Cependant, malgré l’impiété généralisée de la population, encouragée et entretenue par ses rois, les lois sur la « metsora » continuaient d’être respectées avec minutie. Ce respect des halakhote est d’autant plus remarquable que ces 4 hommes n’étaient autres que Guéhazi, le serviteur d’Elisée, et ses trois fils (Sota 47a), et nous savons par ailleurs que Guéhazi fait partie de ceux qui n’ont pas droit au monde à venir (Sanhédrin 100a).

Le siège de leur ville inquiétait grandement ces quatre personnes: S’ils retournaient dans celle-ci, ils y mourraient de faim, et s’ils restaient sur place ils mourraient également. Ils décidèrent donc de chercher asile dans le camp des Syriens, se disant qu’ils y trouveraient peut-être une chance de survie. Mais arrivés dans le camp ennemi, une surprise totalement inattendue les y attendait : Hachem y avait suscité une terreur panique. Les soldats s’étaient enfuis, abandonnant sur place leurs équipements, leur nourriture et ce qu’ils avaient de plus précieux. Nos quatre hommes, ravis de l’aubaine, entrèrent dans une tente pour y manger et boire, puis ils emportèrent l’argent, l’or et les vêtements ainsi abandonnés. Après quoi ils annoncèrent la bonne nouvelle aux assiégés, et ceux-ci se précipitèrent à leur tour hors des murs de la ville pour enfin s’alimenter et se désaltérer. Cet épisode nous apprend que même celui qui a fauté ne devient pas nécessairement mauvais : Ce sont les personnes atteintes de métsora, et eux seuls, qui ont permis aux habitants de la ville, en leur annonçant que le siège était levé, d’échapper à la mort.

Toutes les mitsvote peuvent être vues dans l’optique d’élever la matière vers le spirituel pour reconnaître que tout n’a qu’une source, le D.ieu Qui donne la vie. D’après tous les commentateurs classiques, comme par exemple Rabbi Judah Halévy dans son Kouzari, tous les éléments créés se subdivisent en 4 catégories : le minéral, le végétal, l’animal et l’homme (ou l’être parlant). Ainsi, toutes les actions de l’homme dans ce monde n’auront pas d’autre but que d’élever en permanence la matérialité vers le spirituel, et de le hisser lui aussi plus près de son Créateur. Il s’agit de sanctifier le monde dans toutes les actions, même les plus prosaïques. Dans le quotidien, que ce soit dans le domaine familial ou social, nos actions doivent en permanence être empreintes de cette aspiration à un monde toujours plus riche en spiritualité. Les exemples sont aussi nombreux que toutes les situations possibles et imaginables dans lesquelles évoluent les hommes. Il s’agit d’une éthique de tous les instants, fondée sur un rapport fait de crainte et d’amour pour Celui Qui insuffle la vie et son ordonnancement selon une morale trans-historique. Cette morale atteint tous les échelons de la vie quotidienne, que ce soit dans les rapports sociaux entre employeurs et employés, ou au sein du cadre familial, où parents et enfants ont chacun des droits et des devoirs. (par exemple, chapitre 11 du Messilat Yécharim – La Voie des Justes.) Là est la fonction de cette âme que D.ieu a déposée, « ensemencée » en nous.
(Sources : Chabbad.org – MJLF- Ashdod Café – Rav Jean Schwarz, Lamed – Rav Léon Askénazi, « Leçons sur la Torah » – Rabbin Jacques Kohn za’l, Chiourim.com – Rav Mordékhaï Chriqui et Dr Avraham-Gilles Morali, « L’essence de la Torah)