Archives de Catégorie: CULTURE JUDAÏSME, infos et vie juive – LA PARACHA DE LA SEMAINE – EVENEMENTS

CULTURE JUDAÏSME – La paracha de la semaine – Mois de adar II – 5774 (mars 2014)

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Les études hebdomadaires avec Modia :

1. PARACHA DE LA SEMAINE – Nous sommes vers ce futur Chabbate dans la 26e paracha de la Torah et la 4e paracha du 3e livre de la Torah, Vayiqra (Le Lévitique). Elle se nomme : Tazriâ: « Elle ensemencera » Vayiqra (Lévitique) 12, 1 – 13, 59.
En cette étude de la paracha Tazriâ, on découvrira la splendeur juive de la femme et la beauté d’une vie de pureté interne et externe.
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les thèmes principaux de la paracha à y étudier :
Premier niveau :
– Conception juive du pur, du non-pur, et de la purification
– Sexe et pureté Rabbéinou Bé’hayé : l’ordre juste Le Chla : la lumière surgit des ténèbres Conclusion
– Le vêtement.

Deuxième niveau :
– L’être de la femme, selon la Torah (En hommage à celles qui mettent au monde le monde, avec nous les hommes, de mois en mois et d’âges en âges).
–  Le cycle du temps de la femme La femme et le sanctuaire
– Beauté de la conception juive de la femme Le désir (ratsone) dans le lien de la femme et de l’homme Les trente-trois jours de pureté Autre exemple : la légèreté L’imparfait et la sainteté Enseignements de ces orientations et nuances Une question pertinente sur le rapport de la femme au temps Le risque.
– Le rapport sexuel et la sainteté
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– etc
Et cette étude en anglais de la paracha (pour vos amis anglophones): CLIQUEZ ICI
2 – Nous allons bientôt terminer le merveilleux mois de Adar 2. Voyez ici  tout ce qui se passe chaque jour de ce double mois et le sens de cela dans l’histoire, dans les textes et dans les vies, chez les Sages de vos traditions, le tout avec références, lien à la vie et photos.  CLIQUEZ ICI
3 – Dès maintenant, préparons la Fête de Pessa’h pour en faire une vraie réussite intérieure (c’est encore bien plus important que le nettoyage des saletés externes) :
en 2014-5774, Pessah se déroule le soir du 14 avril, 14 Nissane
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Rav Yehosua Rahamim Dufour

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J´suis ta reine, pas ta boniche !!  Tazria- Un cours époustouflant du rav Dynovisz – 24 Mars 2014

Rien n´est plus difficile que de savoir parler, s´exprimer, communiquer. Toute l´histoire humaine est celle de la communication et toutes les frustrations, déceptions, peines et colères découlent de notre incapacité a nous faire comprendre. Mais pourquoi l´autre n´écoute t-il pas? Peut être ne savons nous pas lui parler. Mais au lieu de voir le problème chez nous, nous préférons accuser le monde entier. Ce cours révèle le secret de la maladie qui ronge l´humanité toute entière et propose la solution messianique de la délivrance finale….. écoutez !

La suite de la paracha ici :

J´suis le meilleur, j´vais gagner !  Tazria – 26 Mars 2014

Tous les blocages, les bouchons, les frustrations et les refoulements que nous sentons en nous sont la conséquence de notre manque de confiance en nous. Et la matrice de ce manque de confiance est notre bouche, notre « sale bouche ». Nos paroles pessimistes, découragées et décourageantes, nos « c´est perdu d´avance », nos « j´y crois », « je n´y arriverai pas »…et a plus fortes raisons, nos paroles accusatrices qui rendent tout le monde responsable de mes échecs sauf moi….. notre bouche est notre tombe, et d´ailleurs c´est notre bouche qui nous bouche ! Le Machia’h apprendra aux hommes a être des vainqueurs, des gagnants, parce que fondamentalement, l´homme est le meilleur !

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Le jour juif commence la veille au début de la nuit ; il se termine au coucher du soleil.  En tous cas, l’allumage des bougies de Chabbate ne doit pas se faire plus tard que 18 minutes avant le coucher du soleil. (Source : Modia)

Il est indispensable de lire la traduction en français de chaque paracha avant ce commentaire pour bien le comprendre.

(Reprise de 2011)

27e Paracha : Tazriâ – « Elle ensemencera » Vayiqra (Lévitique) 12, 1 – 13, 59 – Année 5771

La paracha Tazriâ contient 5 commandements positifs et 2 interdictions (de 166 à 172) : Prescriptions concernant la femme en couches. Offrande de la femme après son accouchement. Impureté de la lèpre. Prescriptions sur le comportement du lépreux. La lèpre des vêtements. Interdiction à une personne impure de consommer des choses sanctifiées. Interdiction de raser la partie teigneuse de la chevelure.

Dans les versets qui se trouvent au début de la paracha, il s’agit des lois concernant la femme qui vient d’accoucher. Si celle-ci accouche d’un garçon, elle reste impure pendant 40 jours, tandis que si elle accouche d’une fille, elle reste impure pendant 80 jours, soit deux fois plus longtemps. Quelle est la signification de cette loi ? Dans le judaïsme, l’impureté n’est pas un terme péjoratif ; c’ est d’abord un état spirituel lié au religieux : on parle d’impureté rituelle. Une personne en état d’impureté ne peut pas participer au culte. Cet état d’impureté est provisoire, il prend fin par un rituel qui permet de redevenir pur. La plus grande source d’impureté est la mort. Tout contact, même symbolique, avec la mort engendre l’impureté. Autrement dit, la pureté correspond à la vie tandis que l’impureté est liée à la mort.

Il existe un rapport très important entre le judaïsme et la sainteté de la vie, le respect et le choix de la vie, comme nous l’explique le verset où Moïse recommande aux enfants d’Israël de choisir la vie et non la mort et de donner un sens à la vie : « J’ai placé devant toi la vie et la mort, le bonheur et le malheur. Choisis la vie ! » – Deutéronome 30, 19 – Par ce commandement, nous ne devons pas nous contenter juste de vivre mais nous devons faire consciemment le choix de la vie. On peut d’ailleurs faire un rapprochement entre la définition par la Torah de « l’impureté » et l’état de « déprime » de la femme après l’accouchement, défini par les psychologues d’aujourd’hui, ou dans les cas les plus graves de l’état de « dépression », c’est-à-dire la perte du goût de vivre, à un degré ou à un autre. En effet la période d’impureté correspond au temps nécessaire à la personne qui a eu contact avec la mort de se reconstruire et de faire à nouveau le choix de la vie. Les règles sont la source la plus fréquente d’impureté de la femme. Le sang menstruel représente la vie, donc lorsqu’il est perdu, on suppose qu’il y a perte de la vie et l’on devient impur. Mais cet état d’impureté n’est pas définitif, d’ailleurs le rituel du Mikvé, accompli par la femme à la fin de ses règles, lui permet une renaissance symbolique et donc le retour à la vie.

Le miracle de la vie est une source éternelle d’émerveillement et de reconnaissance à D.ieu  Pour les rabbins, chaque vie est un miracle du ciel. L’enfant dans le ventre d’une mère souligne déjà le miracle puisqu’il ne tombe pas sous l’effet de son poids. En Lévitique Rabba (Ed. Vilna) chapitre 14 , il est dit au sujet d’une femme qui enfantera : « Tu m’as octroyé vie et bonté, et Tes soins vigilants ont préservé mon souffle » (Job 10, 12). Rabi Aba bar Kahana dit : en général si un homme prend un sac de pièces et qu’il retourne le sac, n’est-ce pas que les pièces vont se répandre ? Et voilà que l’enfant reste dans le giron de sa mère, et le Saint, béni soit-Il, fait qu’il ne tombe pas et qu’il meurt. N’est-ce pas une louange exprimée par « Tu m’as octroyé vie et bonté… «  ? Lévitique chapitre 12 1-« L’Éternel parla à moïse en ces termes :  Parle ainsi aux enfants d’Israël : lorsqu’une femme, ayant conçu, enfantera un mâle, elle sera impure durant sept jours, comme lorsqu’elle est isolée à cause de sa souffrance. Au huitième jour, on circoncira l’excroissance de l’enfant. Puis, trente-trois jours durant, la femme restera dans le sang de purification : elle ne touchera à rien de consacré, elle n’entrera point dans le saint lieu, que les jours de sa purification ne soient accomplis. Si c’est une fille qu’elle met au monde, elle sera impure deux semaines, comme lors de son isolement; puis, durant soixante-six jours, elle restera dans le sang de purification. Quand sera accompli le temps de sa purification, pour un garçon ou pour une fille, elle apportera un agneau d’un an comme holocauste, et une jeune colombe ou une tourterelle comme expiatoire, à l’entrée de la Tente d’assignation, et les remettra au pontife.Celui-ci les offrira devant le Seigneur, fera expiation pour elle, et elle sera purifiée du flux de son sang. Telle est la règle de la femme qui enfante, qu’il s’agisse d’un garçon ou qu’il s’agisse d’une fille. Si ses moyens ne lui permettent pas d’offrir un agneau, elle prendra deux tourterelles ou deux jeunes colombes, l’une pour holocauste, l’autre pour expiatoire; et le pontife fera expiation pour elle, et elle sera purifiée. »

Abraham Ibn Ezra dit : Lorsqu’une femme, ayant conçu, après avoir terminé les lois de pureté et d’impuretéconcernant la nourriture, la Torah mentionne les lois de l’impureté de l’homme; et ellecommence par la femme qui accouche, car la naissance constitue le début (de la vie). Lévitique Rabba chapitre 14 « Certes, j’ai été enfanté dans l’iniquité, et c’est dans le péché que ma mère m’a conçu » (Ps 51, 7). Rav Aha remarque que le mot Avon(iniquité) est écrit plein (avec deux vav) pour t’enseigner que le plus pieux des pieux ne peut concevoir sans un désir. David a dit au Saint, béni soit-Il : « Maître du monde, est-ce que mon père a voulu me faire naître ou a-t-il voulu se satisfaire lui (dans l’acte intime) ? (Réponse) : Sache qu’il en est ainsi : au moment de la relation chacun tourne son visage vers un côté et Toi tu fais rentrer chaque semence (les parents sont pris par leur désir, mais D.ieu s’occupe de la semence qui donnera la vie de l’enfant).Et c’est ce qu’a dit David : « car mon père et ma mère m’ont abandonné, mais D.ieu m’a rassemblé« .La conception d’un enfant est un acte d’amour entre un homme et une femme. Le mariage commence d’abord par l’amour réciproque entre un homme et une femme, puis l’enfant naîtra de cet amour. Sans le désir minimal de l’un vers l’autre, aucune relation intime, ni aucune conception ne pourrait avoir lieu (dans de bonnes conditions). Ce thème se trouve exprimé dans le Midrach. Le Talmud affirme que lorsqu’une femme est enceinte, l’enfant à naître reçoit l’enseignement de toute la Torah. Quand il naît, « un ange frappe l’enfant sur sa lèvre supérieure » et il ou elle oublie tout. Cela signifie néanmoins que, profondément enfouie en l’enfant, demeure la conscience de toute la Torah. Chaque Juif, homme ou femme, possède ce niveau profond de savoir et de reconnaissance. La vie est un processus de remémoration et les schémas imposés d’en haut, qui nous font intégrer « de force » des schémas de vie juive, ne font en réalité que susciter notre reconnaissance profonde, notre propre choix d’être un Juif vivant.

La naissance est un mystère extraordinaire que l’homme malgré les progrès scientifiques, n’arrive pas à égaler.Penchons nous sur la question de savoir pourquoi D.ieu a créé l’homme, pourquoi D.ieu a créé le monde et pourquoi, le monde une fois créé, D.ieu ne l’a t-il pas créé parfait sans mal et sans souffrance ? La Michna répond à cette question dans le Traité Avot.  » Le monde a été créé par dix paroles. Mais D.ieu n’aurait-il pas pu créer le monde en une seule parole ? Certainement, mais c’est pour donner un salaire aux justes qui font exister et subsister un monde créé par une parole« . Notre monde a été créé graduellement, étape par étape, et dans cet univers, l’homme a une mission très importante.Hachem lui a confié la tâche de croître, de se multiplier, de conquérir le monde et de protéger la nature. Nous pouvons donc en déduire que l’être humain est associé à l’oeuvre de la création. Un Midrach raconte:  » Un Romain avait posé la question à un sage d’Israël: qu’est ce qui est plus beau, l’oeuvre divine ou l’oeuvre humaine ? Le sage répondit:  » l’oeuvre humaine » Comment est-ce possible ? Le Rabbin prit du lin brut et un vêtement. Lequel des 2 est le meilleur ? Le vêtement, bien sûr, répliqua le Romain.

Ce que l’Eternel a fait doit être perfectionné par l’homme, comme il est écrit dans la prière du Kiddouch:          »D.ieu a créé pour que nous fassions« . L’homme continue l’oeuvre du Créateur: nous sommes associés à D.ieu dans l’oeuvre de la création du monde. On peut aisément admettre que l’homme n’aurait pas été heureux dans un monde parfait. Le Talmud de Jérusalem affirme ainsi qu’un être humain a honte de manger de la nourriture qu’il n’a pas méritée par son labeur. Rabbi Yossef Caro appelle cette nourriture le pain de la honte. Car travailler et gagner son pain à la sueur de son front est justement ce qui donne au pain sa véritable saveur.Ce n’est que grâce à notre apport que la perfection pourrait être atteinte. Le mal et le désordre existent sur terre. D.ieu, qui a créé le monde , nous a accordé le plus grand des mérites : lui donner la dernière touche, celle de la perfection. Ramhal explique que le monde a été créé à un niveau très bas afin qu’il nous soit possible de l’améliorer. En fait, le summum de la Création n’est autre que le libre arbitre. Cela consiste à faire le bien, non pas comme une contrainte qui nous serait imposée, mais comme une décision volontaire mue par une profonde réflexion. L’homme a été créé avec cet instinct du mal afin qu’il puisse le détruire et le sublimer. Ce n’est donc que l’existence du mal qui permet d’atteindre un bien supérieur. Et c’est là le plus grand des bonheurs.

Qu’en est-il de notre communion avec D.ieu ? Dans la Gemara Massekhèth Sanhédrine (22a) (notamment) il est dit : »Celui qui prie doit se voir lui-même comme étant tout proche de la Présence divine.  » selon qu’il est écrit : » Chivithi Hachem leNegdi Tamid « ). (Je me représente en permanence Hachem devant moi…) (Tehimim 16. 8) Cette phrase est si importante qu’il nous est recommandés de la placer à tous les endroits possibles pour nous rappeler cela. La note en français dans le Pata’h Eliahou (pour les sefarades), à la page 107 concernant l’après Chaharit va dans ce sens. Est-ce que nous sentons Hachem proche de nous, ou est-ce que nous nous sentons comme en nidda ? Nul besoin d’être un grand mystique, et c’est là le but de tout Juif. Ne nous donnons aucun repos jusqu’à ce que nous ayons trouvé cette communion véritable avec Hachem. Ce n’est qu’à travers la lutte qu’elle mène ici-bas que l’âme peut s’élever plus haut De la même façon qu’une femme se renouvelle chaque mois, le peuple juif se renouvellera au temps de sa rédemption, qui verra l’apogée de son union suprême avec D.ieu. Quel que soit le haut degré spirituel qu’une personne puisse atteindre, elle n’est pas purifiée tant qu’elle n’est pas “sortie”, tant qu’elle n’agit pas sur “l’extérieur”. Selon la Torah,cependant, on est purifié au moment où on sort du mikvé et non lorsque l’on s’y trouve immergé. Ainsi, le but ultime de notre élévation spirituelle, nos « montées », n’est pas de se retirer du monde, c’est la création  « faire une demeure pour D.ieu dans les mondes inféreurs », c’est-à-dire agir sur « l’extérieur », en amenant la sainteté dans les niveaux les plus bas de la réalité. Malgré le haut degré spirituel qu’une personne puisse atteindre, elle n’est pas purifiée tant qu’elle n’est pas «sortie », tant qu’elle n’agit pas sur « l’extérieur ».

En pratique, cela signifie que « l’essentiel est dans l’action » : l’action dans le monde, dans le raffinement de son propre être intérieur, et aussi de sa propre part du monde, pour faire « une demeure pour D.ieu ». Tout comme l’état d’élévation du Chabbat est appelé la « source de bénédiction » pour la semaine, et Roch ‘Hodech l’est pour le mois, la purification de la personne au mikvé doit imprégner ses pensées, ses paroles et ses actions après qu’elle sera sortie du mikvé. L’accomplissement des mitsvote procure les  « vêtements » de l’âme. Le moment de la conception est crucial, la disposition d’esprit et la pureté des parents déterminent, dans une grande mesure, les « vêtements » que l’âme de l’enfant conçu portera. En somme, non seulement les lois de la Pureté Familiale ont-elles une signification profonde, mais, comme l’explique le Rabbi de Loubavitch, l’accomplissement de cette mitsva a une influence directe et profonde sur la santé spirituelle et physique de nos enfants et, par extension, sur toutes les générations du peuple juif pour l’éternité.

La purification similaire à la touma de la nidda (impureté menstruelle de la femme) est l’occasion d’aborder la question selon des sens élevés et abordables à la fois. Sans aborder le coté technique (ôna, comment le calculer …etc., ce reporter au Choul’hane Aroukh), cela donne toujours une autre dimension à l’accomplissement de la mitsva, quand on comprend un peu du sens profond qu’elle véhicule. Pour la nidda, nous trouvons un principe commun avec roch ‘Hodèch (ce Chabbat ce sera d’ailleurs Roch ‘Hodèch), un temps d’éloignement entre l’homme et la femme. Dans Chir HaChirim, Hachem est le » ‘Hatane » et son peuple est la « Kala« , comme dans le couple, dans l’histoire du peuple Juif, il y a eu des périodes de proximité et d’éloignement. Nos prophètes nous ont parlé de cela, par exemple, Isaïe (chapitre  59: 1-9) « Voici, la main d Hachem n’est pas devenue trop courte pour délivrer, ni son oreille trop appesantie pour entendre; mais vos iniquités ont fait séparation entre vous et votre Eloqim, et vos péchés ont fait qu’il a caché de vous sa face, pour ne pas écouter. Car vos mains sont souillées de sang, et vos doigts, d’iniquité; vos lèvres ont dit des mensonges,   votre langue a murmuré l’iniquité ;  il n’y a personne qui invoque la justice, et personne qui plaide en jugement avec intégrité; on se confie dans le néant, et on parle avec fausseté ; on conçoit l’oppression, et     on enfante l’iniquité. Ils font éclore des oeufs de serpent, et ils tissent des toiles d’araignées, celui qui mange de leurs oeufs mourra, et si l’on en écrase un, il en éclot une vipère. Leurs toiles ne deviendront pas des vêtements, et ils ne se couvriront point de leurs oeuvres ; leurs oeuvres sont des oeuvres d’iniquité, et des  actes de violence sont dans leurs mains. Leurs pieds courent au mal, et se hâtent pour verser le sang innocent; leurs pensées sont des pensées d’iniquité; la destruction et la ruine sont dans leurs sentiers; le chemin de la paix, ils ne le connaissent pas, et il n’y a pas de rectitude dans leurs voies ; ils ont perverti leurs sentiers ; quiconque y marche ne connaît pas la paix. C’est pourquoi le juste jugement est loin de   nous, et la justice ne nous atteint pas ; nous attendons la lumière, et voici les ténèbres ! la clarté, et nous marchons dans l’obscurité« .Voilà des paroles (que l’on peu juger dures) de nos prophètes. Que diraient-ils aujourd’hui ? Parlons de la Kala et   de son ‘Hatane. Donc des temps d’éloignement ou Hachem nous considéra comme Nidda, puis des temps   de proximité. De même, à Roch ‘Hodèch, il y a cet aspect croissant et décroissant et surtout « renouvellement » et ce renouvellement passe par la téchouva qui change le mazal (destin). Mais le qahal (le rassemblement) passe par chacun d’entre nous  et nous n’avons pas à attendre que cela change du coté du rassemblement pour changer de notre côté. Le tiqqoune ôlame (réparation du monde) commence par nous-mêmes, et nous ne devons pas attendre les autres qui attendent après nous, à nous de commencer sans attendre.

Dans le livre de l’Ecclésiaste (I, 9), nous lisons le jugement que porte son auteur en disant « il n’y a rien de nouveau sous le soleil »..On n’arrive à une telle conclusion que si l’on ne prend pas en compte l’idéal d’une vie future. Or, les prophètes nous assurent toujours que l’avenir sera meilleur.. Chacun des trois grands prophètes, Isaïe, Jerémie et Ezechiel savait faire ressortir le renouveau qui interviendra dans la perspective du futur et les promesses se complétant les unes les autres. Il en ressort, que l’ère messianique n’apportera pas seulement des modifications externes : la cessation de la haine contre Israël, le règne de la paix à travers le monde et l’honneur rétabli au bénéfice d’Israël. La révolution messianique ne consistera pas uniquement dans le changement des circonstances, par rapport à la société et à l’histoire. Même l’individu vivant dans la société, subira des changements, et au lieu d’un coeur de pierre, à la place de l’indifférence envers autrui et même envers D.ieu, sera créé un coeur nouveau, un coeur sensible, naîtra un « coeur de chair ». C’est à partir de là que débute l’espérance d’une réussite différente pour la vie future. Il ne suffira pas de modifier les conditions de vie du peuple. Il s’agira d’un changement radical et profond dans l’âme humaine. Par ce moyen, il sera possible d’assurer que le mauvais penchant de l’homme habitué à faire le mal contre ses semblables et à trahir D.ieu, cessera d’exister.

Ezéchiel, dans son livre, revient à trois reprises sur cette idée. 1° Le prophète s’adresse à ceux que l’on appelle « les habitants de Jérusalem, dont il dit qu’ils se sont éloignés de D.ieu, alors que c’est à eux que fut donné le pays en héritage. Il console les exilés qui seront les seuls à mériter la terre d’Israël et il leur dit : « Ils y viendront et ils enlèveront toutes les abominations et toutes les horreurs. Et je leur donnerai un seul (un autre coeur) cœur, et je mettrai parmi vous un esprit nouveau ; j’ôterai le coeur de pierre de leur corps et je leur donnerai un coeur de chair, afin qu’ils suivent mes lois, qu’ils observent mes prescriptions et les accomplissent, et ils seront pour moi un peuple et je serai pour eux un D.ieu » (Ezéchiel 11, 18-20). 2° Dans le recueil de consolations débutant au chapitre 34 de son livre, Ezéchiel parle de purification par des eaux pures versées sur le peuple, et il vise par là le renouveau par la pureté. Parlant d’un coeur nouveau, il veut mettre l’accent sur un renouveau religieux général et fondamental, ne concernant pas uniquement l’abandon de l’idolâtrie. mais également le renouveau du coeur et de l’esprit, permettant d’insuffler l’esprit de D.ieu dans le peuple. 3° Mais ce qui apparaît dans ces deux passages en tant que promesse, comme étant le changement que D.ieu fournira comme un don d’amour pour la fin des temps, ressort mieux dans le chapitre consacré à la rétribution, question ayant beaucoup préoccupé la génération du prophète. Il s’agit du chapitre 18, verset 31, où en parlant du présent, il demande non seulement l’abandon des pratiques idolâtres, mais formule une demande plus générale en disant : « Rejetez loin de vous tous les péchés que vous avez commis, faites-vous un coeur nouveau et une âme nouvelle, et pourquoi mourriez-vous, maison d’Israël ? » En parlant du coeur nouveau demandé à l’homme, s’agit-il d’une demande faite à l’homme sans que celui-ci puisse changer quoi que ce soit ou au contraire a-t-il un pouvoir sur lui-même ? A cela répond très nettement un texte de la TORAH. Il est écrit en effet : « Et l’Eternel, ton D.ieu, circoncira ton coeur, et celui de ta postérité, pour que tu aimes l’Eternel ton D.ieu, de tout ton coeur et de toute ton âme, et assures ton existence. » (Deut. 30,  6).

Moïse lui-même avait déjà annoncé pareille transformation en disant : »Supprimez donc l’impureté de votre coeur, et cessez de raidir votre cou. » (Deut. 10 16) Nous voyons ainsi que la plupart des promesses annoncées par les prophètes, tant matérielles que spirituelles et psychologiques, ne concernent pas uniquement des annonces et des assurances solennelles pour un avenir lointain, mais elles engagent le peuple à faire des efforts personnels en vue d’atteindre ces objectifs. Pour ce qui est du coeur et de l’esprit nouveau, nous avons l’exemple de David. Il pourrait servir de modèle permanent pour toutes les générations, pour ce qui est de la pénitence. Il a demandé la même faveur à D.ieu en disant après avoir reconnu sa faute (mort d’Urie, époux de Bethsabée qu’il convoitait) : « O D.ieu, crée en moi un coeur pur, et fais renaître dans mon sein un esprit droit. Ne me rejette pas de devant ta face, ne me retire pas ta sainte inspiration. » (Psaumes 60, 12-13). Ainsi, à partir de l’indication de la Torah, le Roi David avait compris la nécessité de faire un effort personnel, mais la promesse biblique vient nous enseigner qu’il nous faut aussi l’aide céleste pour avoir la force de dominer le penchant qui nous entraîne au péché. La Agada, à propos de ce renouveau du coeur, compris dans un sens plus limité par Ezechiel relatif aux péchés que l’homme commet envers D.ieu, voit un aspect élargi au mauvais penchant en général. Les maîtres du Midrach rattachent l’expression « coeur nouveau » exigé par la Torah au renouveau des coeurs tel que le voit Ezechiel et tel qu’il ressort de la prière de David.

Voici ce que nous dit le Yalkout Chimoni sur Ezéchiel, (rèmèz 375) : « Rabbi Avira, et selon certains, Rabbi Jozué, fils de Levi disent : Il existe 7 noms pour définir le mauvais penchant : D.ieu l’a intitulé RA = mauvais, car il est écrit : car les conceptions du coeur de l’homme sont mauvaises dès son enfance. (Genèse 8, 20). Moïse l’a surnommé « le prépuce », « supprimez donc le prépuce, l’impureté de votre cœur » (Deut. 10, 16). David l’a nommé « l’impur » en disant : « crée en moi un coeur pur » (Psaumes 60, 12), ce qui laisse entendre qu’il peut être impur. Le Roi Salomon l’a considéré comme un « ennemi », en disant : « Si ton ennemi a faim, donne lui à manger » (Proverbes 25, 21). Sur ce verset, Rachi souligne « si le mauvais penchant te tente, va étudier la Torah et t’abreuver à elle. » Isaïel’appelle « l’obstacle« car dit-il : « Enlevez tout obstacle de la voie de mon peuple » (Isaïe 67, 14). Ezechiel le surnomme « pierre », en disant : « j’ôterai le coeur de pierre de votre chair » (Ezechiel 36, 26). Enfin Joël l’appelle « le fléau du Nord » en disant : « et ce ( fléau) du Nord je l’éloignerai de vous ». Chez Jerémie, nous trouvons un changement radical. Il annonce que dans le futur, le rapport à la Torah et à D.ieu va se modifier, comme si l’ancienne alliance allait faire place à une nouvelle alliance.

Ce n’est en aucun cas le contenu de la Torah qui va changer, mais le rapport à elle de la part de ceux qui vont l’accomplir. La foi sera désormais d’une autre nature. Les commandements de la Torah feront l’objet d’une demande constante émanant de D.ieu, adressée à Son peuple, et c’est aussi ce qui se produira dans le futur.   Elle deviendra également une exigence de la part de l’homme, comme si elle était spontanée. C’est ce qui ressort du texte suivant : « Voici des jours vont venir, dit le Seigneur, où je conclurai avec la maison  d’IsraëlL et la maison de Juda une alliance nouvelle, qui ne sera pas comme l’alliance que j’ai conclue   avec leurs pères le jour où je les ai pris par la main pour les tirer du pays d’Egyte,  alliance qu’il ont  rompue, eux, alors que Je les avais étroitement unis à Moi, dit le Seigneur, mais voici quelle alliance je conclurai avec la maison d’Israël, au terme de cette époque, dit l’Eternel : je ferai pénétrer ma foi en eux, c’est dans leur coeur que je l’inscrirai : je serai leur D.ieu et ils seront Mon peuple.(Jerémie 31, 31-33). Selon Abrabanel, il ne s’agit pas d’une « nouvelle alliance », mais d’une alliance inscrite dans les coeurs pour qu’elle ne les quitte plus, s’agissant bien entendu de la Torah telle qu’elle fut donnée par Moïse. C’est ce que souligne le Yerouchalmi sur Meguila, chapitre I, hala’ha 1 en disant que même si les livresprophétiques venaient à disparaître à la fin des temps, la Torah resterait toujours la même. Mais Abrabanel veut mettre l’accent sur le fait que cette notion d’alliance nouvelle pourrait poser beaucoup de questions. Il considère qu’à l’avenir, D.ieu donnera une nouvelle alliance à Son peuple, ce qui irait à l’encontre de l’idée traditionnelle selon laquelle la Torah qui nous fut donnée au Sinaï est immuable, aussi bien dans son expression que dans le temps. Et d’ajouter : « nos ennemis n’ont jamais cessé de nous combattre à ce sujet. » En se référant à un commentaire sur cette notion de nouvelle alliance que suggère Jerémie, nous devons nous souvenir de cette interpellation de Malakie 3, 22,disant : «Souvenez- vous de la Loi de Moïse, Mon serviteur que je lui ai ordonnée au Horeb, à tout Israël, en lui donnant des décrets et des lois. »

Sur ce passage, Radak est formel en déclarant : « le renouveau de la loi ne signifie pas changement mais accomplissement. » Les changements que prévoient les trois grands prophètes, seront des changements intervenant dans le coeur et dans l’esprit des hommes. Pour Ezéchiel, il s’agira d’un changement radical dans les rapports entre le peuple élu et D.ieu, d’une sorte de spontanéité. Pour Jerémie, la Torah sera perçue comme une Loi du coeur, autonome et non imposée. Pour Isaïe enfin, le sort du peuple d’Israël passera du malheur à la joie, et de plus, le peuple trouvera la force d’amener les justes des nations à la connaissance du Créateur. A cette idée classique de délivrance viennent s’ajouter d’autres points importants, concernant les changements qui interviendront à la fin des temps. Dans l’ère messianique, tout se renouvellera. Ainsi, on trouvera des noms nouveaux pour la Terre d’Israël et pour Sion. Ils auront pour motifs les modifications intervenues entre la période de l’exil et ses souffrances et celle qui entraînera le bonheur de la délivrance. Ainsi, lisons-nous : « et on t’appellera d’un nom nouveau, qu’aura désigné la bouche de l’Eternel. Et tu seras une couronne glorieuse aux mains de l’Eternel, et un diadème royal dans la paume de ton D.ieu. Tu ne seras plus nommée la Délaissée et la terre ne s’appellera plus Solitude ; toi, tu auras nom Celle que j’aime, et ta terre se nommera l’Epousée ; parce que tu seras la bien-aimée de l’Eternel, et parce que ta terre connaîtra les épousailles ». (Isaïe 62, 2-4). Mais nous savons que rien dans la Torah ne sera modifié. La seule chose que nous devons modifier, c’est notre comportement pour tenter par là même d’influencer nos contemporains, pour préparer avec eux les jours meilleurs annoncés par nos prophètes.

Chaque détail appartenant à notre monde humain a son parallèle au niveau spirituel. L’apogée des relations humaines se trouve dans celle qui unit l’homme et la femme dans le mariage. Avec l’aide de D.ieu, le mariage conduit à la naissance des enfants.Dans divers passages de la Torah, l’image du mariage est utilisée pour décrire la relation qui unit le Peuple Juif à D.ieu. La plus célèbre d’entre elles se lit dans le Cantique des Cantiques du Roi Salomon. La «  bien aimée  » qu’on y trouve est le Peuple Juif qui entretient une relation complexe avec D.ieu : parfois, il s’éloigne de Lui, parfois il s’en rapproche. Le Prophète Isaïe utilise également une métaphore similaire : La femme qui donne naissance à un enfant mâle : « Quand une femme conçoit et porte un fils ». Habituellement ce passage par son sens littéral. Si c’est un garçon, l’enfant doit être circoncis, et garçon ou fille, la mère se doit d’apporter une offrande au Temple, en général deux colombes. Elle apporte son don 40 jours après la naissance, si c’est un garçon et 80 jours plus tard, si c’est une fille. Ces colombes constituaient les offrandes les plus populaires apportées au Temple de Jérusalem.

Le grand Sage marocain, Rabbi ‘Haïm ben Attar (auteur du commentaire Ohr Ha’haïm sur la Torah, 1696-1743) suggère une autre manière de lire ce texte. Tout comme dans le Cantique des Cantiques ou dans Isaïe, la femme représente le Peuple Juif : à travers une relation accomplie entre le Peuple Juif et D.ieu, naît un enfant. Rabbi ‘Haïm explique que la naissance symbolise la Rédemption. Le sens de plénitude et d’accomplissement que ressent un couple lorsqu’il a un enfant reflète la très grande réalité spirituelle dont un Peuple Juif, libre et indépendant, fait l’expérience lorsqu’il est enfin capable de servir D.ieu d’une façon complète. Notre histoire nous présente un certain nombre d’exemples de rédemptions. Il y a plus de 3 300 ans, il y eut la rédemption d’Egypte. Alors que nous vivions en Terre d’Israël, nous avons souvent subi les attaques et les persécutions de nos voisins et D.ieu nous en délivrait. A l’époque de Pourim, nous avons miraculeusement échappé à une menace d’extermination. Nous avons été libérés de Babylone et sommes revenus en Terre d’Israël où nous avons construit le Second Temple. Quelques siècles plus tard, nous avons été sauvés de l’oppression grecque, à l’époque de ‘Hanoucca , etc…

Le problème était , à chacun de ces moments de rédemption, qu’ils étaient suivis d’une nouvelle phase d’exil. Notre espoir et notre foi sont dans la Rédemption ultime, qui sera permanente et totale. Cela mettra fin à tout conflit, pour nous, le Peuple Juif, mais aussi à l’échelle du monde entier. Rabbi ‘Haïm explique que cette rédemption permanente est symbolisée par la naissance d’un garçon décrite au début de la paracha. Le mâle est physiquement plus fort et cette force dénote la permanence de la Rédemption. Comment y parvenir ? Quand la femme, le Peuple Juif, « conçoit ». La graine est semée dans le sol et cette ensemencement représente notre service de D.ieu dans notre monde matériel. En fait, il existe des idées merveilleuses, des sentiments et des états de conscience auxquels nous devrions aspirer, mais la base réelle de toute chose est la réalité pratique de l’observance des commandements de la Torah dans notre vie quotidienne, comme manger des aliments cachers, donner la charité ou observer le Chabbat. Ces réalités concrètes créent le lien tangible avec D.ieu qui mène à la naissance et comme conséquence de la naissance, à l’expérience merveilleuse d’apporter des offrandes au Temple, et pour l’humanité dans son ensemble, à l’accomplissement du but de la Création.(Adaptation libre de Likoutei Si’hot, vol. I, p. 236-9)

Les cérémonies qui entourent le grand moment de la naissance et l’idée de la Brith Milah, l’Alliance de la Circoncision, qui crée un lien particulier entre D.ieu et l’enfant mâle nous sont expliquées dans la paracha.. Les Sages nous disent qu’une fille est considérée comme née avec la circoncision. C’est pourquoi chaque Juif entre dans le monde avec un lien tout particulier avec D.ieu. Il est courant que cette Paracha soit lue pendant le mois de Nissan, un mois joyeux, inextricablement lié avec Pessa’h et la Rédemption d’Égypte. Cet événement constitua en fait, la naissance du Peuple Juif. L’Exode est décrit en ces termes par le Prophète Ezéchiel. Il utilise l’allégorie de la naissance pour décrire toute l’expérience du Peuple Juif quittant l’Égypte, errant dans le désert tout en mettant sa foi exclusivement en D.ieu, et finalement son développement en une nation mûre servant D.ieu par la Torah et ses commandements. Nous trouvons également des enseignements comparant notre expérience ultérieure d’exil à un état de grossesse. L’enfant pas encore né, est entièrement formé, mais il ne fonctionne pas encore comme un être humain normal. Il possède des yeux et des oreilles, mais il ne peut ni voir ni entendre. De la même façon, le Peuple Juif, ne peut fonctionner convenablement, en utilisant pleinement sa stature et sa sensibilité spirituelles. Alors qu’ils sont toujours en exil, ils accomplissent les mitsvote, mais ils ne sont pas véritablement conscients de leur importance. C’est pour cette raison que de nombreuses personnes n’ont pas encore pris la mesure de l’importance de les observer. Si nous avions la conscience d’une personne mûre, c’est avec allégresse que chacun d’entre nous s’y livrerait de plein cœur ! Comme dans le cas d’une mère qui attend un bébé devant naître de façon imminente, nous aussi attendons avec impatience la renaissance et le renouvellement du Peuple Juif et du monde, avec la venue de Machia’h. L’attitude adéquate pendant ces derniers instants est l’accomplissement des mitsvote, l’étude de la Torah et tout particulièrement l’amour de chacun. C’est ainsi que nous parviendrons à la naissance et la renaissance, pour le bien de l’humanité toute entière.

Le trésor atteint une nouvelle fois est celui-ci : le talmud utilise à nouveau la règle de « sémikhoute happarachiyote » et constate que cette paracha Tazriâ qui traite de la relation sexuelle et de la pureté se trouve à proximité immédiate du verset précédent qui demande de « distinguer » (lehavdil) entre l’impur et le pur, entre la bête cachère que l’on peut mangeret la bête non cachère que l’on ne doit pas manger. Ce qui veut nous signifier que ceux qui se comporteront dans la relation sexuelle selon ces enseignements de la Torah qui « distinguent » les périodes et qui « distinguent » ce qui estdu domaine de la qédoucha (sainteté) et ce qui ne l’est pas et vivent ainsi la relation sexuelle et le couple selon l’enseignement ci-dessus, auront des enfants qui leur ressembleront dans la sainteté et qui seront des maîtres véritables capables de « distinguer » dans l’étude de la Torah, de l’analyser, de la comprendre jusqu’à la halakha, et d’enseigner. Il ne s’agissait donc pas en réalité du sexe des enfants mis au monde. Ribbi Yehoshua ben Lévi le dit explicitement dans le Talmud. Ribbi Yo’hanane dit que celui qui fait la « havdala » à la sortie du Chabbat sera dans le même cas, car c’est le même mot et, donc, il parle de la même réalité. Le Tour ne parlait pas là de « morale » au sens étroit, mais il nous indique la nature de l’être et du moment; c’est seulement à cause de cela que découle une morale, une façon de se comporter que l’on appelle moussar, en hébreu). Le Tour fait l’observation suivante : le premier enseignement de la paracha Tazriâ (Vayiqra 12, 1) est mis à proximité du paragraphe (Vayiqra 11, 44) qui traite de la sainteté que Hachém va transmettre à l’homme. (Note – on appelle cela des « parachiyote sémoukhote » ou la règle de « sémikhoute happarachiyote« , jonction de deux parachoyote que décrit Rachi en Dévarim 21, 22. Cela veut dire qu’il faut interpréter le second passage d’après le sens du premier). – le Tour en conclut qu’il faut se sanctifier, se faire qadoche, être dans la qédoucha à l’heure de la relation sexuelle. On comprend alors pourquoi le Cantique des Cantiques utilise ces images sexuelles; ce n’est pas du symbolisme, ni de l’anthropomorphisme; il est parlé en ces termes parce que c’est l’expression la plus juste et la plus reliée à la qéddoucha (sainteté) dont il est traité alors. Et c’est pour ce motif que le Cantique des Cantiques est, en sa brièveté, central ; il porte, disent nos Sages, tous les secrets de la Torah.

(Sources : CISU Belgique – iquebec.ifrance.com/beit-shalom/613.htm – Susan Handelman Tali Löwenthal, Chabad.org, Massorti – Grand Rabbin Alain Goldman, Communauté online – Akadem – Rav Dufour, Modia)

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Les différentes études et la paracha de la semaine avec Modia :

1. PARACHA DE LA SEMAINE – Nous sommes vers ce futur Chabbate dans la 26e paracha de la Torah et la 3e paracha du 3e livre de la Torah, Vayiqra (Le Lévitique). Elle se nomme : Chémini: Au huitième jour Vayiqra (Lévitique) 9, 1 – 11, 47

La méthode d’étude par le coeur
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Sens global de la paracha à travers les thèmes principaux et les mitsvotes. La paracha Chémini continue à mettre en oeuvre la restauration de l’univers et des humains à travers l’ordonnancement de la vie du Temple. C’est bien notre préoccupation à tous, à l’époque que nous traversons où les peuples veulent réorganiser le monde pour ce qu’ils croyent être le bien (hier les bienfaits de la « civilisation occidentale » par le colonialisme, puis le communisme, puis l’existentialisme, puis le tiers-mondisme, pour aujourd’hui le mondialisme, puis l’islamisme, etc.)
et toujours par un moyen: la domination, l’intolérance, la cruauté des armes et de l’extermination économique. La Torah assume ce besoin de l’homme d’atteindre « le grand soir » (le Zohar en parle de ce mythe pour en déjouer l’illusion) et parvenir, au delà de la semaine, au 8e jour du bonheur absolu. Le judaïsme a sa réponse aussi, mais non pas par la force des armées ni par la corruption en politique qui jubile dans de nombreux pays occidentaux ou autres. Mais il s’agira bien, cependant, d’assumer nos pulsions sanguinaires car elles existent chez tous les humains sans exception.
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Et cette étude en anglais de la paracha (pour vos amis anglophones): CLIQUEZ ICI

 

2 – Nous sommes dans le merveilleux mois de Adar 2. Voyez ici  tout ce qui se passe chaque jour de ce double mois et le sens de cela dans l’histoire, dans les textes et dans les vies, chez les Sages de vos traditions, le tout avec références, lien à la vie et photos.  CLIQUEZ ICI

3 Dès maintenant, préparons la Fête de Pessa’h pour en faire une vraie réussite intérieure (c’est encore bien plus important que le nettoyage des saletés externes) :
en 2014-5774, Pessah se déroule le soir du 14 avril, 14 Nissane
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4 – NOUS NE SOMMES PAS DES TÉMOINS EXTERNES AU DUO D’AMOUR DIVIN. LISEZ DONC AUSSI LES POÈMES DE « NOTRE PARTICIP ATION DIRECTE DANS CE DUO D’AMOUR ».
Et 3 nouveaux poèmes sont insérés ; les voici :
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5 – Prières nécessaires pour la réussite qui tarde encore des recherches sur la maladie extrêmement douloureuse (avec accroissement continu des douleurs et troubles) de Nadra que les lecteurs de Modia soutiennent avec fidélité. En équipe avec plusieurs bénévoles de grand coeur et fidèles à cette action, nous luttons avec elle pour sa subsistance et le paiement des nombreux soins et aides dont elle a besoin. Et tous les envois de dons par les lecteurs de Modia lui sont intégralement versés sans aucun prélèvement.
Elle touchait de l’Etat seulement 1 600 chékels par mois et on vient de réduire à 1100 (soit 229 euros par mois, un scandale).
Donc, seule l’aide externe que nous organisons peut l’aider à survivre. Hélas, après notre dernier appel nous n’avons reçu pour lui transmettre que 2 petits dons, ce fut un choc pour nous et en contradiction avec les multiples et incessantes lettres de remerciement que nous recevons pour ce que Modia apporte aux lecteurs. Finalement, je renouvelle donc cet appel, merci pour elle et pour cela, dans la générosité, nous devons imaginer ce que serait notre vie dans ces conditions que seuls des bénévoles peuvent sauver, et la bénédiction vous en reviendra.
Lisez le lien ci-dessous:

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Rav Yehoshua Ra’hamim Dufour

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Le jour juif commence la veille au début de la nuit ; il se termine au coucher du soleil.  En tous cas, l’allumage des bougies de chabbate ne doit pas se faire plus tard que 18 minutes avant le coucher du soleil. (Source : Modia)

Il est indispensable de lire la traduction en français de chaque paracha avant ce commentaire pour bien le comprendre.

Texte de la paracha dans la Bible hébraïque ici : Lire le texte

26e Paracha : Chémini – « Au huitième jour » Vayiqra (Lévitique) 9, 1 – 11, 47 (Chabbat Para)

Au 8ème  jour (suivant les 7 jours d’inauguration), Aaron ainsi que ses fils commencent leur office de Cohanim, de prêtres. Après que les différentes offrandes ont été présentées, un feu sort de devant l’Eternel et les consume sur l’Autel. Dès lors, la Présence Divine réside dans le Sanctuaire. Les deux premiers fils d’Aaron, Nadav et Avihou, offrent « un feu étranger que D.ieu ne leur avait pas commandé » et meurent devant D.ieu. Aaron demeure silencieux devant ce drame. Suite à cela, Moïse et Aaron sont en désaccord sur un détail de la loi concernant les sacrifices, et Moïse reconnaît qu’Aaron a raison… D.ieu ordonne les lois de la cacherout, désignant les espèces permises à la consommation et celles qui sont interdites. Les animaux terrestres ne sont autorisés que s’ils sont à la fois ruminants et ont le sabot fendu. Les poissons doivent avoir des écailles et des nageoires. Une liste d’oiseaux non cachères est donnée, ainsi qu’une liste d’insectes cachères (quatre espèces de sauterelles). La paracha de Chemini contient également certaines lois relatives à la pureté rituelle qui incluent le pouvoir purifiant du Mikvé (un bassin répondant à des critères spécifiques) et d’une source. Le peuple juif est enjoint de « distinguer entre le pur et l’impur ».

Ce Chabbat porte le nom de « Para », nous dit Samuel Mimoun, nous lirons donc la haftara de la vache rousse. Elle précède toujours Chabbat Hahodech, chabbat précédant roch hodech Nissan. Pourquoi cette lecture, avant roch hodech Nissan ? A l’époque du Temple, chacun avait l’obligation de se purifier de l’impureté venant d’un mort, avant l’arrivée du 14 Nissan, jour du sacrifice pascal. Seules les eaux lustrales (cendres de vache rousse mélangées à de l’eau vive) pouvaient servir à cette purification. C’est pour rappeler à la communauté ceci, que fut instauré Chabbat Para. De nos jours, bien que le Temple soit malheureusement détruit, cette paracha est tout de même lue. L’étude des lois de la vache rousse nous sera comptée comme si nous avons fait l’effort de nous purifier, afin d’accomplir le pèlerinage de Pessa’h. Le rite de purification grâce à la vache rousse est un rite très minutieux, même s’il demeure incompréhensible. Ceci démontre bien l’attachement d’Israël à la Torah. Nous bénéficierons alors d’une protection divine spéciale, Hachem nous purifiant, et nous aidant à nous perfectionner et à nous approcher de lui ! Par ailleurs, la vache rousse vient quelque part expier la faute du veau d’or (la vache étant la mère du veau). La haftara associée à la paracha Para (Ezéchiel 36, 16 et suivants) annonce le processus de purification qui sera restauré lorsque viendra le Messie. Le prophète promet que Hachem « répandra alors des eaux pures [sur les enfants d’Israël], et qu’Il les purifiera de toutes leurs impuretés et de toutes leurs idoles » (36, 25). On remarquera que la purification, selon ce verset, ne sera pas effectuée au moyen d’une immersion dans les eaux d’un miqvé, comme il aurait été naturel, mais au moyen d’une aspersion qui ressemblera à celle que l’on doit employer avec l’eau lustrale contenant les cendres de la vache rousse.

La haftara associée à la paracha Para (Ezéchiel 36, 16 et suivants) annonce le processus de purification qui sera restauré lorsque viendra le Messie. Le prophète promet qu’ Hachem « répandra alors des eaux pures [sur les enfants d’Israël], et qu’Il les purifiera de toutes leurs impuretés et de toutes leurs idoles » (36, 25). Selon ce verset, la purification ne sera pas effectuée au moyen d’une immersion dans les eaux d’un miqvé, comme il aurait été naturel, mais au moyen d’une aspersion qui ressemblera à celle que l’on doit employer avec l’eau lustrale contenant les cendres de la vache rousse. Cette analogie suggère un lien étroit entre la faute et la mort : Le processus de purification des péchés sera semblable à celui par lequel est rétablie la pureté de celui qui a eu un contact avec un mort. Ainsi que l’explique Rachi (Bamidbar 19, 22), la vache rousse est destinée à réparer la faute du veau d’or. Or, nous apprend la Guemara (Avoda zara  5a), lorsque les enfants d’Israël ont reçu la Torah, celle-ci leur a conféré l’immortalité. C’est la faute du veau d’or qui les en a déchus.

 

Le Rav Dufour nous explique que la paracha Chémini continue à mettre en oeuvre la restauration de l’univers et des humains à travers l’ordonnancement de la vie du Temple. C’est bien notre préoccupation à tous, à l’époque que nous traversons où les peuples veulent réorganiser le monde pour ce qu’ils pensent être le bien (hier les bienfaits de la « civilisation occidentale » par le colonialisme, puis le communisme, puis l’existentialisme, puis le tiers-mondisme, pour aujourd’hui le mondialisme, puis l’islamisme, etc…) et toujours par le moyen de la domination, l’intolérance, la cruauté des armes et de l’extermination économique. La Torah assume ce besoin de l’homme d’atteindre « le grand soir » (le Zohar en parle de ce mythe pour en déjouer l’illusion) et parvenir, au delà de la semaine, au 8e jour du bonheur absolu. Le judaïsme a sa réponse aussi, mais non pas par la force des armées. Il s’agira bien, cependant, d’assumer nos pulsions sanguinaires car elles existent chez tous les humains sans exception. Pour cela, la paracha comporte les mitsvotes 150 à 166 qui concernent la réglementation des Cohanim dans le sanctuaire : nous savons que le Cohen est, parmi les Juifs  – le prototype de l’homme rénové – celui qui meut le service désintéressé de la rénovation du monde dans l’ordre bénéfique de la bénédiction. Ainsi est, à son image, le peuple juif au milieu des nations, comme une lumière et comme un Cohen. Que le Ciel nous rende vite ce lieu et sa fonction, comme Il nous l’a promis, pour le bonheur d’Israël et de toutes les nations.

 

Selon le Séfèr ha-hinoukh (mitsva  263),  nous indique le Rav Jacques Kohn, on peut expliquer l’impureté du cadavre humain de la façon suivante : La mort consiste en ce que l’âme se détache du corps, de sorte que celui-ci se trouve désormais privé de toute spiritualité. Entrer en contact avec un mort crée un dommage à la spiritualité de celui qui le touche. L’impureté qui en résulte est là pour nous rappeler que notre corps est destiné à s’unir à l’âme et qu’il doit tendre alors à refuser les tentations terrestres. De la même façon, lors de l’épisode du veau d’or, les enfants d’Israël ont troqué leur relation intime avec Hachem contre un matérialisme avilissant. Cependant, leur brève expérience du mont Sinaï leur a fait prendre conscience qu’il est possible de se libérer de ses pulsions matérielles et tendre à un contact avec Lui. Ezéchiel fait la comparaison entre la purification desfautes et les cendres de la vache rousse. Le prophète nous annonce : « Je vous donnerai un coeur nouveau, et Je mettrai au dedans de vous un esprit nouveau ; et J’ôterai de votre chair le coeur de pierre, et Je vous donnerai un coeur de chair » (36, 26). Ce verset traduit, nous explique Ramban (Nahmanide), le désir de notre peuple d’accomplir la volonté de Hachem. Un jour viendra où le corps et ses pulsions retrouveront leur véritable place : leur effacement au profit de la perfection qu’a connue Adam avant sa faute. C’est alors qu’ils se détacheront complètement des passions physiques.

 

C’était le 1er Nissan 2449 depuis la Création (1312 avant l’ère commune), deux semaines avant le premier anniversaire de l’Exode, le jour où le Sanctuaire devait être érigé et inauguré. En réalité, le Sanctuaire fonctionnait déjà depuis sept jours, mais il s’agissait d’une période d’« entraînement » au cours de laquelle Aharon et ses fils furent initiés à la prêtrise. C’était donc en ce 8ème jour qu’Aharon allait prendre son rôle de Cohen Gadol et que la Présence Divine (la Chekhina) allait résider dans le Sanctuaire. C’est alors que la tragédie frappa. Les deux fils aînés d’Aharon, Nadav et Avihou « offrirent un feu étranger devant D.ieu, que D.ieu n’avait pas ordonné. Un feu jaillit de devant D.ieu qui les consuma et ils moururent devant D.ieu » (Lévitique 10, 1-2) D.ieu ordonna que l’inauguration du Sanctuaire ne soit pas interrompue. Bien qu’Aharon et les deux fils qui lui restaient eussent le statut d’endeuillés du premier jour (onanim), à qui il est d’ordinaire interdit de consommer la viande sainte des sacrifices, ils reçurent l’ordre formel de prendre part à ces offrandes particulières, apportées ce jour en l’honneur de l’inauguration du Sanctuaire. C’est ce que firent Aharon, Eléazar et Itamar.

 

Mais en ce jour, il y avait également une autre offrande, sans relation avec l’inauguration. Il s’agissait de la chèvre apportée le premier jour de chaque mois comme sacrifice expiatoire. Et c’est au sujet de ce sacrifice que se souleva le désaccord entre Moïse et Aharon. Moïse constata que la chair de la chèvre avait été brûlée, comme le requerrait la loi pour une offrande qui, pour quelque raison que ce soit, ne pouvait être consommée. Il demanda avec colère pourquoi ce sacrifice n’avait pas été mangé comme D.ieu l’avait ordonné concernant les autres sacrifices. Aharon expliqua qu’il avait fait une distinction entre Kodchei Chaah, les offrandes ponctuelles commandées par D.ieu pour une occasion exceptionnelle, et Kodchei Dorot, les sacrifices réguliers qui s’appliquent de la même façon pour toutes les générations. Si D.ieu avait ordonné quelque chose concernant l’offrande unique à l’occasion de l’inauguration, argumenta Aharon, il ne fallait pas en déduire qu’il en allait de même pour le sacrifice mensuel. Dans ce cas-là, il convenait d’appliquer les lois ordinaires, qui en interdisent la consommation à un endeuillé. Moïse écouta l’argumentaire d’Aharon et reconnut qu’il avait raison. Il admit que cette distinction lui avait échappé et que la conclusion d’Aharon était juste.

 

« La bienveillance et la vérité se rencontrent ; la droiture et la paix se sont embrassées. »  (Psaumes 85, 11) « La bienveillance », c’est Aharon ; « La vérité », c’est Moïse. « La droiture », c’est Moïse ; « la paix », c’est Aharon. » (Midrache Rabba). Le Grand Rabbin Lord Jonathan Sacks nous explque que tout cela se passait le 1er Nissan 2449 depuis la Création (1312 avant l’ère commune), deux semaines avant le premier anniversaire de l’Exode, le jour où le Sanctuaire devait être érigé et inauguré. Les Sages disent qu’au Ciel, c’était le jour le plus joyeux depuis la création. (Megilla 10b) Chabbad.org  continue l’explication : En réalité, le Sanctuaire fonctionnait déjà depuis sept jours, mais il s’agissait d’une période d’’entraînement ‘  au cours de laquelle Aharon et ses fils furent initiés à la prêtrise. C’était donc en ce jour qu’Aharon allait prendre son rôle de Cohen Gadol et que la Force Divine (la Chekhina) allait résider dans le Sanctuaire.

 

Nous voilà devant une confrontation entre la vérité et la bienveillance, entre la droiture d’un côté, et la paix de l’autre. Moïse, chargé de transmettre la Torah – la vérité par excellence – ne voyait aucune raison de faire la distinction entre Kodchei Chaah et Kodchei Dorot, entre quelque chose qui est justifié par l’occasion unique du moment et quelque chose qui constitue une routine dans le service de D.ieu. Ce qui est vrai et juste est toujours vrai et juste, quelles que soient les circonstances. Aharon, d’un autre côté, était le Grand Prêtre d’Israël, l’incarnation de l’aspiration du peuple à se rapprocher de D.ieu et à Le servir. Il comprenait que le service de D.ieu est l’offrande de tout ce que l’homme possède, le don du meilleur que recèle sa personne subjective. Il était conscient qu’il existe des hauts et des bas dans la vie de l’homme et que ce qui est attendu de lui dans ses moments les meilleurs, les plus inspirés, ne s’applique pas nécessairement à la personne qu’il est dans la vie quotidienne.

 

De là jaillit le conflit. D’un côté se tient Moïse, transmettant la vérité et la volonté divines. Une vérité et une volonté aussi immuables que leur Concepteur. De l’autre côté se tient Aharon, conduisant l’effort du peuple pour s’approcher de cette même vérité et de cette même volonté avec leurs moyens humains : un esprit subjectif pour chercher, un cœur inconstant pour ressentir et des actions soumises aux aléas des circonstances. Et qu’arrive-t-il ? Moïse est d’accord avec Aharon ! La vérité absolue donne la légitimité aux « sous-vérités » d’un monde relatif. Que s’est-il réellement passé ? Comment cette contradiction apparemment insoluble put-elle être résolue ? Ce qui se passa fut que Moïse gagna une compréhension plus profonde de la nature de la vérité. Quand nous observons et discutons de notre propre réalité, résolument subjective, nous utilisons avec facilité l’adjectif « vrai ».

 

Nous parlons de nos « véritables sentiments » et de nos « vrais désirs ». Nous prétendons « vraiment comprendre » quelque chose ou avoir découvert des « faits véridiques » concernant certaines circonstances. Mais si nous définissons « la vérité » comme une réalité absolue et objective, il semblerait que ce terme ne puisse être appliqué qu’à la vérité absolue du Divin. Son emploi dans notre réalité subjective n’est-il qu’un leurre ? Nous mentons-nous à nous-mêmes ? La ‘Hassidout répond par la négative. Le prophète (Jérémie 10, 10) déclare : « D.ieu est la vérité », mais les Maîtres de la ‘Hassidout comprennent ces paroles comme signifiant que non seulement D.ieu est l’essence de la vérité, mais qu’Il est également la source de tout ce qui est défini comme « vrai » dans notre monde. Sa vérité est absolue ; toutes les autres « vérités » sont relatives et n’ont de réalité que celle qu’Il a choisi de leur attribuer. Mais c’est Lui qui crée ces réalités subjectives et, ce faisant, a conféré à leur existence vérité et légitimité. Ainsi, lorsque nous observons des vérités relatives dans Sa création, celles-ci sont des expressions (quoiqu’imparfaites) de Sa vérité universelle, telle qu’elle se manifeste au sein des limites des nombreux « mondes » et réalités qu’Il a créés.

 

En d’autres termes, quand une personne « se donne entièrement », fait son maximum, elle atteint un absolu personnel, quelque chose qui, dans le contexte de son monde subjectif, personnel est vrai. Et toutes les vérités, y compris de telles vérités subjectives, sont l’expression d’une vérité plus profonde qui est la source de leur existence et de leur validité : la vérité de leur Créateur. C’est ainsi que sa vérité personnelle entre en contact avec la vérité de D.ieu. C’est là l’héritage conjoint de Moïse et d’Aharon : nous devons tendre à la vérité, guidés par les directives de la Torah, en utilisant les talents et les ressources dont nous avons été dotés. Nous ne devons pas être dissuadés, dans notre quête, par les limites de notre compréhension, la subjectivité de nos sentiments et la relativité de nos actions. Si nos efforts sont véritables, même « véritables » seulement dans le contexte de notre existence relative, alors « Moïse » concèdera à « Aharon » que sa vérité est une parcelle de la Vérité Absolue à laquelle nous aspirons.

 

L’Écriture appelle l’âme de l’homme « une lampe de D.ieu ». (Proverbes 20,27) La flamme d’une lampe s’élance vers le haut, comme pour se libérer de la mèche et se perdre dans les océans d’énergie qui parcourent les cieux. Mais, alors même qu’elle s’étire vers le haut, la flamme se retient également, resserrant son attache à la mèche et s’abreuvant avec avidité de l’huile de la lampe qui entretient son existence en tant que flamme individuelle. Et c’est cette tension induite par deux énergies contraires, ce vacillement entre l’existence et la dissolution, qui produit sa lumière.Le « feu divin » qui consuma les âmes de Nadav et Avihou est-il ce même feu qui est présent au cœur de chaque âme : le désir ardent de l’âme de se libérer des oripeaux matériels qui l’éloignent de sa Source. Nadav et Avihou « s’approchèrent de D.ieu » et cédèrent à la tentation d’alimenter le ratso de leurs âmes au point que celui-ci submergea leur chov et qu’ils se dégagèrent alors du « cycle » de la vie. Ainsi leurs âmes brisèrent-elles littéralement leur lien avec leur corps et furent totalement consumées dans une union extatique avec D.ieu. C’était là cependant un « feu étranger », un feu que « D.ieu n’avait pas ordonné ». L’homme n’a en effet pas été créé pour consumer son être physique dans un feu d’extase spirituelle. Bien qu’Il ait doté notre âme d’un désir pour la transcendance de soi, D.ieu désire que nous ancrions notre ferveur dans la réalité. Il veut que nous « installions » cette aspiration dans notre être physique, que nous l’absorbions et en faisions une partie de notre expérience quotidienne.

 

L’un des fondements de l’identité juive authentique est le fait que le judaïsme refuse de concevoir une relation spirituelle authentique avec D.ieu qui ne puisse se confronter à la réalité concrète de ce monde, le transformer et faire de la matière et de la matérialité des réceptacles à la présence de D.ieu dans ce monde, à savoir : au dévoilement de Son action concrète à  l’intérieur de l’histoire humaine. L’idée, aussi noble soit-elle, n’a de valeur réelle que si elle réussit sans violence, sans fanatisme et sans intolérance, à convaincre ce monde de l’accepter et de s’adapter à elle.  L’union, ou le mariage entre l’idéal et la réalité, l’espoir et le pragmatisme est le couple sacré fondateur d’une spiritualité vivante et authentique. Or, le rav Dynovisz  nous explique que Nadav et Avihou n’étaient pas mariés et que c’est précisément pour cela qu’ils furent foudroyés, pour ne pas, en quelque sorte, qu’ils servent d’exemple erronné au monde. Car le judaïsme considère comme une aberration l’idée de pouvoir être un représentant de D.ieu sans être marié. L’épouse authentique, en effet, est l’incarnation de la force qui réalise concrètement dans ce monde les aspirations, parfois trop abstraites, de l’homme. Une religion céleste, un royaume qui n’est pas de ce monde, sont les affres d’une religion masculine, célibataire et destructive.  L’Essence de la Torah conclue que ce tragique événement vient nous apporter un enseignement pour toutes les générations : on ne peut se targuer de faire advenir le tikoun (réparation) final si la génération n’est pas mûre pour cela, même si on a la dimension d’un grand sage. Il faut d’abord opérer en soi et vis-à-vis des autres les changements nécessaires, pour pouvoir ensuite faire progresser la génération. Et alors peut-être pourra-t-on tenter, comme Nadav et Avihou, l’arrangement final…

 

Pour compléter le récit de la paracha qui décrit l’inauguration du sanctuaire dans le désert, la haftara décrit la façon dont le roi David apporta l’Arche à Jérusalem, pour préparer la construction du Temple. Accompagnant l’arche, le roi David était au comble de la joie : la présence de D.ieu résiderait dans la ville qu’il avait construite. Et donc, « Le roi David dansait passionnément et caracolait devant D.ieu. » Sa femme Mi’hal, fille du roi Chaoul, regarda par la fenêtre et fut horrifiée de la conduite de son mari. Quand il rentra, elle lui en fit le reproche : « Où est la gloire du roi d’Israël qui s’est découvert aujourd’hui comme se découvre le plus bas des hommes. » David lui répondit sèchement : « En présence de D.ieu Qui m’a choisi plutôt que ton père… je me tiendrai en plus basse estime encore que cela. » Pourquoi le texte se réfère-t-il à Mi’hal comme à la fille du roi Chaoul et pourquoi David mentionne la préséance que D.ieu lui accorda sur Chaoul ? Parce que là est le coeur du problème. David disait à Mi’hal, sans mâcher ses mots, que son attitude à se laisser aller, à se donner entièrement à D.ieu, sans aucune retenue, était la raison pour laquelle D.ieu l’avait préféré à Chaoul. Chaoul avait suivi sa logique. Bien sûr, il était soumis à la volonté de D.ieu, mais seulement dans les limites de sa compréhension. Il ne pouvait s’abandonner totalement. Alors que pour David, cette aptitude à se donner complètement était le fondement de sa relation avec D.ieu. Il ne connaissait aucune contrainte et se dévouait à Lui de tout son être.

 

Et cela le mettait dans un état de joie illimitée. Il ne dansait pas pour une joie personnelle. Son allégresse n’était pas causée par la réalisation de la grandeur de ce qu’il avait accompli. En fait, il était en présence de D.ieu et le célébrait sans limites. Car tout comme D.ieu est illimité et infini, le service humain doit-il ne connaître aucune restriction. Il était bien loin de réfléchir à ce que signifiait un « comportement respectable et approprié ». Son « moi » était totalement annulé, il formait un avec la Divinité, devant laquelle il n’existe aucune possibilité pour un mortel de se considérer comme ayant quelque grandeur que ce soit. Maïmonide l’exprime succinctement : « Celui qui s’enorgueillit, recherchant son propre honneur… en telles situations est considéré comme un fauteur et un fou« . Il avertit : « Ne recherche pas la gloire devant le Roi. (Par contre) celui qui s’abaisse et pense peu de bien de sa personne… est véritablement quelqu’un de grand, méritant qu’on l’honore. »

 

L’Eternel nous a fait connaître, parmi les mitsvote (commandements) qu’il nous a énoncées dans la Torah, la manière dont nous devons nous alimenter nous rappelle le Rabbin Jean Schwarz. Il nous a, pour ainsi dire, prescrit un régime alimentaire particulier. Une telle minutie peut sembler étonnante. Pourquoi Dieu s’est-il abaissé jusqu’à régler notre alimentation ? Notre nourriture a-t-elle donc une si grande importance à Ses yeux ? Qu’importe ce que l’on mange pourvu que l’on pense et agisse convenablement, n’est-ce pas ? Effectivement, c’est notre manière de penser et notre façon d’agir qui sont les éléments les plus nobles de chacun de nous. Et si l’Eternel s’est donné la peine de nous prescrire des règles alimentaires strictes, s’il nous a interdit certaines nourritures, c’est justement pour nous permettre d’améliorer et de perfectionner notre manière d’agir et de nous comporter.

 

Par instinct, en effet, l’homme est porté à s’alimenter, à consommer ce qui lui semble agréable, à ses yeux ou à son goût, sans s’imposer aucune limitation, si ce n’est – et encore ! – celle de son appétit. C’est tout juste s’il accepte de s’abstenir de certains aliments qui peuvent l’empoisonner : mais souvent il ne veut même pas se passer de certains plats qui, il le sait, lui sont pourtant nocifs. Tellement puissant est en lui l’instinct qui le pousse à manger. En nous demandant de limiter les aliments que nous consommons, de nous abstenir même de mets qui, à première vue, n’ont rien de nocif et sont même très appétissants, D.ieu veut nous imposer une discipline. Il désire que nous devenions assez forts pour pouvoir nous opposer, même à cet instinct si puissant qui nous pousse à manger tout ce que bon nous semble. En apprenant à dire non à cet instinct, nous nous habituerons à dire non également à d’autres désirs répréhensibles qui, bien souvent, s’éveillent dans notre cœur.

 

« Sanctifiez-vous et restez saints, parce que je suis saint et ne souillez pas vos âmes par tous ces reptiles qui se meuvent sur la terre. » (Lévitique, II, 44) Dans cette paracha il est également question de la nourriture cachère. A ce propos, les animaux cachères doivent être des mammifères ruminants avec le sabot fendu et les poissons doivent avoir également deux signes, des écailles et des nageoires, nous explique le Rav Joseph ‘Haïm Sitruk. Les oiseaux n’ont pas de signe distinctif,  mais la Torah établit une liste de ceux qui sont interdits, qui semblent tous être des rapaces qui capturent leurs proies en vol. Le Maharal de Prague indique que la Torah a donné la liste des 4 animaux qui ne présentent qu’un seul des deux signes (le chameau, le lièvre, la « gerboise » et le porc) pour établir un parallèle avec les civilisations qui, dans la tradition orale, sont appelées les 4 royautés : Babel – la Babylonie, Paras – la Perse, Yavan – la Grèce et Edom – la civilisation de Rome (l’occident contemporain). La dernière civilisation (Edom-Rome) est comparée au porc car, selon le Midrach, c’est cette civilisation qui sera contemporaine du retour du peuple d’Israël sur sa terre et vers la Torah. Choses que nous constatons bien sûr aujourd’hui…  D’ailleurs le mot « ‘Hazir » (porc) vient de la même racine que le mot « ‘Hazar », revenir.Le Maharal ajoute une idée très intéressante : Les signes de cacherout nous révèlent de grands enseignements.

 

Les sabots (qui ont trait à la démarche de l’animal) et l’appareil digestif (qui consiste à ruminer) incarnent les deux grandes civilisations du monde : l’occident et l’orient. L’occident représente les pates de l’animal et l’orient son estomac. Ainsi l’orient, tel l’estomac qui rumine, est une civilisation toujours tournée vers son passé. Son slogan pourrait être : « C’était mieux avant »… En d’autres termes, l’orient parle toujours de son passé prestigieux. Pour les Juifs d’Afrique du nord qui nous lisent, l’expression « ya Hasserra » marque bien cette nostalgie du passé. L’occident, lui, est le lieu de toutes les révolutions qui se projettent toujours dans le futur, leur slogan étant : « Demain, ce sera bien ». Entre un orient nostalgique et un occident révolutionnaire, la Torah n’a pas choisi. Elle estime que le vrai temps de l’action de l’homme, c’est le présent. En d’autres termes : être Juif, vivre la Torah, c’est se souvenir de notre passé prestigieux et préparer notre avenir glorieux. C’est entre ces deux temps que se situe la vie d’un Juif conclue le Rav.

 

(Sources : Chiourim.com – Rav Dufour – Samuel Mimoun,  La minute d’étude – Jacques Kohn, Chiourim.com – Grand Rabbin et Lord Jonathan Sacks, JForum – Chabbad.org – Rav Dynovisz – Rav Mordékhaï Chriqui et Dr Avraham-Gilles Morali, L’Essence de la Torah – Rabbin Jean Schwarz, Lamed  – Rav Joseph ‘Haïm Sitruk.)

 

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Les études de la semaine avec Modia :

PARACHA DE LA SEMAINE – Nous sommes vers ce futur Chabbate dans la 25e paracha de la Torah et la 2e paracha du 3e livre de la Torah, Vayiqra (Le Lévitique). Elle se nomme : TSAV (Lévitique 6, 1 – 8, 35).
Elle nous semble l’une des plus importantes au point qu’on l’enseigne aux jeunes enfants. Pourquoi? L’essentiel de la création et de la constitution du peuple juif ont été exposés dans les deux premiers livres de la Torah. Et maintenant on reprend ces thèmes exposés en les expliquant CAR notre tendance est toujours de falsifier la Torah pour déplacer l’essentiel en y mettant au premier plan une lecture qui porte sur les points secondaires. Plus encore, en créant à la place de la relation directe au Créateur une relation d’esclavage mental à des humains, à leurs théories et promesses et en méprisant ceux qui ne partagent pas ces nouvelles croyances. Nos Sages appellent crument cela : l’idolatrie. Cette actualité est encore très puissante de nos jours. C’est pourquoi, il est nécessaire d’étudier attentivement cette paracha avec les enseignements des Grands Sages authentiques et d’y revenir sans cesse. C’est urgent : savoir comment se rapprocher en rapprochant chacune des dynamiques de notre être vers le niveau de Hachém, c’est le sens du sacrifice: rapprochement, montée.
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Et cette étude en anglais de la paracha (pour vos amis anglophones): CLIQUEZ ICI

3 Dès maintenant, préparons la fête de Pourim,
– Jeûne d’Esther, 13 mars et
– Pourim 15 au soir et 16 mars ! CLIQUEZ ICI

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25e Paracha – Tsav : Ordonne, d’urgence Vayiqra (Le Lévitique) 6, 1 – 8, 3

D.ieu demande à Moïse qu’il ordonne à Aaron et à ses fils les lois qu’il leur appartient d’observer, en tant que cohanim, au cours de leur service dans le Tabernacle. Un feu constant doit brûler sur l’Autel. Sur ce feu sont entièrement consumés les holocaustes, les graisses des sacrifices de Paix (Chelamim), d’Expiation (’Hatat) et de Faute (Acham). Sera également consumée la poignée de la fleur de farine prélevée de l’oblation (Min’ha) et de son huile. Les cohanim consomment la viande des sacrifices d’Expiation et de Faute ainsi que les restes de l’oblation. Le sacrifice de Paix est consommé par celui qui l’a offert sauf pour certaines portions qui reviennent aux prêtres. La viande sainte des offrandes ne peut être consommée que par des personnes rituellement pures, en lieu saint et en un temps précisément défini. Aaron ainsi que ses fils demeurent sept jours dans le Tabernacle pendant lesquels Moïse les initie à la prêtrise.

« Ordonne à Aaron et à ses fils (Lévitique 6,1). Le roi Salomon dit : « Mets rarement le pied dans la maison de ton prochain, de peur qu’il n’ait assez de toi et qu’il ne te haïsse. » (Proverbes 25,17) Ce verset nous apprend que l’homme doit veiller à avoir des amis et à les rencontrer, mais il ne doit se rendre que de temps en temps dans leurs maisons, sans en abuser, même si se réunir entre amis est une excellente chose. C’est la meilleure manière pour que la paix règne entre eux. Personne n’ignore que celui qui veut se faire de bons amis doit posséder deux vertus : (a) Être humble et jamais arrogant, car si la personne se montre fière, les gens s’en éloignent et finissent par le prendre en grippe. (b) N’avoir peur de personne. Bien qu’il soit excellent d’avoir de nombreux amis, le roi Salomon met en garde les gens afin qu’ils n’aillent pas trop souvent dans la maison de ceux qu’ils aiment. On finit par ressentir de l’aversion pour l’ami qui vient trop souvent chez soi. Le miel est doux, mais si on en mange en très grande quantité, cela devient malsain.

En général, l’excès dans n’importe quel domaine s’avère néfaste. Il en est ainsi par exemple de la pluie dont dépend la vie du monde, nous dit Jacob ben Isaac Achkenazi de Janow, toutefois, si elle tombe trop abondamment, c’est une mauvaise chose qui provoque de multiples dégâts. Le verset dit : « Dans la maison de ton prochain ». S’il ne faut pas aller trop souvent dans la maison de ton ami, même le plus cher, alors, à plus forte raison, évite de pénétrer à tout moment dans la demeure d’une personne quelconque. Il faut s’abstenir de pénétrer chez le gens à des heures bien précises : lorsqu’on mange, on boit, on dort ou on travaille. Le Midrach dit à ce sujet : (Mid. Prov. 25, 17, Hag. 7a) Ne vas pas trop souvent dans le Temple. Ici se pose une question : il est pourtant bien dit dans les psaumes : « J’entrerai dans Ta maison, avec des holocaustes » (Psaume 66, 13), ce qui signifie : je viendrai souvent dans le Temple pour offrir des sacrifices. L’explication est qu’un holocauste est offert lorsqu’un homme a fauté en pensée, ce qui n’est pas aisément contrôlable. Il est donc bien d’offrir à chaque fois des holocaustes. L’avertissement contre de fréquentes visites au Temple réfère aux offrandes données après une faute, non plus commis en pensée, mais en acte. D.ieu préfère que l’on ne faute pas, plutôt que de faire une offrande d’expiation après avoir commis une faute. (Il s’agit de 2 offrandes différentes : qorban olot, holocauste, et qorban ‘hattat, offrande d’expiation.)

On sait que la plupart des mauvaises pensées viennent la nuit. C’est pourquoi la Torah dit : Ordonne à Aaron et à ses fils en disant : « Voici la loi de l’holocauste : l’holocaust sera sur le brasier, sur l’autel, toute la nuit jusqu’au matin et le feu de l’autel y brûlera. » (Lév. 6, 2) Il faut offrir un holocauste la nuit pour les mauvaises pensées qui germent à ce moment-là. Il est évident que l’holocauste est plus important que toutes les autres offrandes. On ne rétrocède donc rien de ce type de sacrifice, y compris pour le cohen. De plus, alors que les autres offrandes sont mangées, l’holocauste n’est touché par personne. On le brûlerait alors intégralement sur l’autel en expiation. Le corps ne devait obtenir aucun plaisir de ce type de sacrifice. L’homme doit se conduire humblement pour servir D.ieu, grâce aux prières et aux commandements. Il mettra tout honneur personnel de côté afin d’honorer D.ieu et Lui seul. Même si le cohen devait se baisser au moment d’ôter les cendres de l’autel, il devait toutefois porter les beaux habits réservés à l’exécution des autres tâches saintes dans le Temple. Cela nous apprend que, lorsqu’un homme prie ou accomplit de bonnes actions, il doit toujours être bien habillé et se purifier. Ramasser les cendres ne constituait pas un des plus nobles devoirs saints ; il fallait tout de même revêtir ses plus beaux habits. Nos sages disent : « Celui qui honore convenablement le Saint, béni soit-Il, sera à son tour honoré ; par contre, celui qui veut minimiser la gloire de D.ieu sera sévèrement puni par le Saint, béni soit-Il. »  

Chabad.org nous demande comment se rapprocher d’Hachem ? En rapprochant chacune des dynamiques de notre être vers le niveau de Hachem. C’est le sens du mot « corbane », qui signifie, qui sifnifie rapprochement. Le rav Dufour nous rappelle que depuis des années, les nations accusent mensongèrement Israël de forfaits, de tuer des innocents sans jugement (vieux truc antisémite), de sacrifier l’existence et le territoire d’autrui. Pourtant, il s’agit de son propre territoire, c’est Israël qui est attaquée et se défend, et elle n’applique aucune de ces règles immorales qu’on lui reproche. De même qu’autrefois on tuait les Juifs, sois-disant au nom de leur Torah, pour leur reprocher de l’avoir, l’absurdité des antisémites n’ayant aucune pudeur, aujourd’hui encore, les nations dénient le Juif et Israël. Il est important de détecter la continuité des attitudes, et de rester soi-même sans courir après les appréciations auxquelles il faudrait aboutir par concessions. Mais le plus cynique étant encore que les accusateurs, eux, exterminent à des milliers de kilomètres des populations civiles sans vergogne pour atteindre leur but, et y refusent toute présence d’observateurs. Et, en notre génération, ils ont exercé des massacres nombreux sur des populations qu’ils colonisaient sur des territoires externes au leur.

La pression sur Israël est immense, portée par des coalitions hétéroclites sur le plan culturel ou politique, au point que cela ne relève plus du rationnel.  La Choa n’a rien appris à ces peuples qui se disent civilisés et sont des barbares infâmes dans des bas de soie, comme disait Napoléon de son ministre. 6 000 000 de victimes auxquelles certains de ces peuples ont collaboré n’entraînent chez eux aucun scrupule ni culpabilité. Et des siècles de bûchers de Juifs ne leur suscitent aucun remords ni scrupules.  Et ces peuples trouvent même en Israël quelques collaborateurs empressés (politiciens, dits intellectuels, groupes dits pacifistes) qui parcourent les capitales pour faciliter la destruction d’Israël en promouvant la politique de ses adversaires. Et les chefs politiques eux-mêmes ne manifestent pas de force morale suffisante pour résister aux pressions qui veulent les faire capituler

Alors, les angoisses montent, les souvenirs macabres se ravivent avec l’inquiétude que cette fois encore il n’y aurait pas d’arrêt de la machine de mort. Quelle prière adresser en ce cas ? Y aura-t’il un espoir de réponse ? La paracha Tsav arrive à temps pour nous dire que la solution ne tient que dans notre rapprochement réel et sincère à la Torah et à sa morale qui nous relient au D.ieu de la bénédiction vitale. Le mot Tsav signifie qu’il faut le dire d’urgence au peuple, pour qu’il agisse avec empressement en se rapprochant vers D.ieu dans la pureté de ses actes. Les lettres finales des mots qui commencent la paracha (Moché llémor tsav éte) forment le mot Torah,  pour nous indiquer que c’est cela la Torah de vie.

La Torah est le livre de lois  juives, mais que sont ces lois ? De simples ordres adressés par un D.ieu infini et omniscient à un homme insignifiant et ignorant ? Certes. Mais à un autre niveau, elles sont plus que cela. C’est quelque chose qui est mis en évidence par les deux significations du nom de la partie de la Torah dans laquelle elles apparaissent : Tsav. Tsav signifie « commander ». Ce mot exprime ici un commandement de D.ieu concernant le don d’offrandes au Sanctuaire, lié à la notion générale de bienfaisance. Mais Tsav a aussi comme signification « connecter », exprimant l’idée que les lois divines établissent un lien entre l’individu et D.ieu. La mystique juive fait valoir que cette connexion ne peut être tenue pour acquise. D.ieu est infini, au-delà de toutes définitions et catégories. Comparé à D.ieu, l’univers tout entier est plus insignifiant qu’un grain de poussière ; il est comme nul. Et si le vaste univers est lui-même insignifiant par rapport à D.ieu, quelle peut être l’importance d’un frêle petit être humain, homme ou femme ? Pourtant, D.ieu donne les lois de la Torah à de frêles êtres humains. Le fait même que D.ieu adresse un commandement à une personne confère un sens et une importance à la vie de cette personne. Il ou elle est désormais en relation avec D.ieu, relié avec Lui par une instruction divine.

Le Rabbi de Loubavitch souligne que cette connexion existe, même si la personne n’accomplit pas concrètement cette instruction. Comme les Sages l’ont dit : « Même s’il a fauté, il est un Juif. » Le fait que les 613 commandements de la Torah soient adressés à l’individu lui attribue un rôle et un but importants. Bien sûr, ce rôle est correctement rempli par le respect des commandements. Toutefois, la personne qui ne les observe pas encore n’a pas perdu son rôle dans le système : elle a une connexion, même si elle est négative. La prochaine étape, bien sûr, est de transformer le négatif en positif. Et de fait, quand il s’agit d’un commandement tel que la charité, dans lequel il faut se démunir de donner quelque chose, nous avons tous besoin d’encouragement. Les Sages nous disent que telle est la puissance du mot « Tsav » au début de cette paracha : nous encourager, à travers les générations. L’encouragement réside dans la conscience que, grâce à ce commandement de la Torah, nous sommes vraiment en relation avec D.ieu.

Le mot tsav, commente Rachi, implique toujours une idée de zèle. Cela signifie que Aharon a été exhorté à agir immédiatement. Dans un autre contexte, observe le ‘Hanoukat ha-Bayit, le Talmud (Qiddouchin 31a) nous enseigne : « Celui qui accomplit une mitsva pour en avoir reçu l’ordre est plus digne que celui qui l’effectue sans y être astreint. » Cette affirmation est ainsi expliquée par les Tossafoth : « Celui qui a l’obligation de réaliser une mitsva est plus anxieux et tourmenté à l’idée de l’enfreindre ou de ne pas l’exécuter correctement. En revanche, celui qui n’a pas d’obligation a toujours la possibilité de ne pas l’accomplir s’il le décide. » Sous cet éclairage, nous comprenons mieux le commentaire susmentionné de Rachi. Puisque Aharon était astreint à tous les commandements que Moché allait lui communiquer, il fallait l’exhorter au zèle et à la promptitude. Car, de son côté, le yétsèr ha-ra’ (« penchant au mal ») accomplit assidûment sa tâche consistant à dresser des obstacles devant l’homme pour l’empêcher d’assumer ses devoirs. Celui qui ne prend pas soin d’agir rapidement et sans délai ne pourra maîtriser son inclination.

Le Talmud (Sanhédrin 56b) interprète le verbe tsav – « ordonne » – comme ayant une connotation d’idolâtrie, selon le verset (Hoché‘a 5, 11) : « Efraïm est oppressé, rompu, à juste titre, puisqu’il a suivi le tsav (le commandement des prophètes de Ba‘al). » Pourquoi n’a-t-il pas été enjoint à Moché : « dis (émor) à Aharon et à ses fils », selon la formule habituelle ? s’étonne le Chakh. Et si ce terme – tsav – évoque l’idolâtrie, ne valait-il pas mieux l’éviter ? Dans ses « Lois sur l’entrée dans le Sanctuaire » (9, 13), le Rambam stipule : « Un cohen qui s’est livré à l’idolâtrie, délibérément ou involontairement, même s’il s’en est repenti par une techouva sincère et complète, ne pourra plus jamais accomplir le service dans le Temple, comme il est écrit (Ye‘hezqel 44, 13) : “Ils ne s’approcheront pas de moi pour exercer Mon sacerdoce.” » Ayant prêté – involontairement – sa collaboration à la confection du veau d’or (cf. Chemot32), Aharon aurait pu penser qu’il avait le statut de « cohen ayant pratiqué l’idolâtrie ». Ainsi, la Torah emploie précisément le verbe : tsav – « ordonne », pour faire allusion au culte des dieux étrangers, afin de bien souligner qu’Aharon, en réalité, n’a pris aucune part à cet acte. Il était totalement innocent. Il n’avait agi alors que pour sanctifier le Nom d’Hachem, espérant faire traîner les choses en longueur afin que les enfants d’Israël ne sombrent pas dans l’idolâtrie. Chiourim.com

« La communauté se rassembla à l’entrée de la tente de rendez- vous » (Lévitique 8,4). Jacob ben Isaac Achkenazi de Janow dit qu’un grand miracle se produisit : tout le peuple d’Israël, soit 600 000 Juifs, se tenait devant la porte du sanctuaire. Comment fut-il possible, alors que la porte d’entrée était si petite ? Moïse, stupéfait, s’adressa à D.ieu : « Comment faire tenir autant de Juifs à la porte du sanctuaire ; sans compter les 60 000 jeunes hommes de moins de 20 ans. » Le Saint, bénit soit-Il répondit : « Pour Moi, il n’y a rien d’étonnant à cela. J’ai déployé le ciel et Je l’ai fait s’étendre extrêment loi à partir d’un simple filament. » Il en fut de même au mont Sinaï où se trouvaienet des centaines de milliers d’anges et de Juifs. Comment ont-ils pu tenir tous ensemble ? D.ieu dit à la montagne : « Etends-toi et élargis-toi ». Et le miracle se produisit. Même chose pour la porte du sanctuaire : D.ieu dit : « Elargis-toi afin que tout le peuple d’Israël puisse être reçu. » Quand le Messie viendra, tous les morts ressusciteront, depuis Adam jusqu’à la dernière personne décédée. Ils se réuniront tous à Jérusalem. Si le Saint, béni soit-Il, n’agrandit pas la ville sainte, il ne sera pas possible d’y accueillir tout le monde.

Tsav explique le passage de la temporalité à l’éternité. L’homme qui récite le kiddouch du Chabbat est le partenaire de D.ieu dans l’acte de création, car, nous dit la Guémara, « le verbe est créateur ». (Chabbat 119b) Mais si le Chabbat vient signifier la création, le début du monde, il est aussi porteur du signe de la finalité, du projet divin pour le monde et l’homme. C’est là la seconde dimension du Chabbat : il est « comme le monde qui vient » (méen olam haba). Le olam haba signifie littéralement « le monde qui vient », c’est-à-dire la monde que l’homme doit faire advenir dans la réalité par ses actes et sa foi. La conception juive du monde à venir ou plus précisément « le monde qui vient » n’est pas un monde sans matérialité, où seules les âmes justes bénéficieraient de la grâce et de la félicité divines. Il s’agit au contraire de notre monde qui’on aura réussi à transformer en paradis terrestre, à savoir, un monde qui reconnaîtra la Souveraineté de D.ieu sur tous les actes de notre vie, sur notre passé et sur notre devenir. La Force divine sera ainsi presque « tangible », car « la terre entière sera remplie de la connaissence de D.ieu ». (Isaïe 9,11).

Ce degré de proximité avec D.ieu nous en avons chaque semaine une ébauche, avec le Chabbat. Nous nous détachons de la matérialité pour vivre dans un monde empreint de spiritualité, fait de prières, d’étude et aussi de délectations culinaires, celles-ci représentant l’union réussie du matériel et du spirituel. Ainsi, le vin avec lequel nous célébrons le kiddouch, le pain que nous mangeons, deviennent les instruments de la sanctification du monde matériel et de son élévation vers un idéal de sainteté. En effet, le Ari zal nous a révélé que le Chabbat tous les mondes s’élèvent vers leur Créateur. Dans cet espace sanctifié, qui se trouve déployé et démultiplié dans chaque foyer juif par le respect du Chabbat, nous goûtons à l’éternité. Par notre détachement d’avec les contraintes d’ordre matériel, nous faisons effraction dans le temps, tout simplement nous l’oublions. Celui-ci n’est plus qu’un simple instrument créé par D.ieu pour nous structurer les différentes étapes du Chabbat et il ne joue pas un rôle déterminant dans notre relation qui s’établit avec D.ieu pendant le Chabbat.

Ce que nous cherchons (et pouvons trouver) c’est la proximité avec D.ieu, la dévékout (adhésion) en proclamant Son Unité. Et D.ieu, en parallèle, affirme l’unité du peuple juif. Comme nous le disons à la prière de Min’ha : « Tu es Un et Ton Nom Un » ; et qui est comme Ton peuple Israël, nation une sur la terre ». Cette proclamation de l’unicité de D.ieu, qui renvoie à l’unicité du peuple juif, est une invite à une relation d’une très grande proximité entre le Créateur et Son peuple, niveau atteint en particulier lors de la prière de Min’ha du Chabbat, point culminant de ce jour. En reconnaissant D.ieu comme créateur du monde le Chabbat, puis en reconnaissant D.ieu comme intervenant directement dans l’histoire des hommes, on s’inscrit dans un espace qui transcende le temps et nous projette dans le monde de l’éternité, du  Bien éternel. Dans ce monde, le mal se sera transformé en Bien, les êtres ayant tous reconnu la souveraineté de D.ieu sur leur création, leur liberté et leur devenir. Ils auront fait ainsi effraction dans le temps, valeur relative car créée, pour amener le monde à la rédemption, au-delà du temps.

Le Chabbat précédant Pourim, les sages ont institué la lecture du passage de la Torah nous ordonnant de  nous souvenir de ce qu’a fait Amaleq au peuple juif sortant d’Egypte : « Souviens-toi de ce que t’a fait Amaleq sur le chemin , à votre sortie d’Egypte. Il te rencontra en chemin, démembra tous les gens affaiblis sur tes arrières ; toi, tu étais las et épuisé, et lui ne craignait pas D.ieu. Ce sera lorsque le Seigneur ton D.ieu t’aura donné le repos de tous tes ennemis alentour, dans le pays que le Seigneur ton D.ieu te donne en héritage pour l’occuper, tu effaceras le souvenir d’Amaleq de dessous les cieux, ne l’oublie point. » (Dévarim 25, 17-19) Le Sefer Ha’hinoukh énumère à partir de ces versets 3 commandements : se souvenir de ce que nous a fait Amaleq, effacer ses descendants, hommes comme femmes, et ne pas oublier ce qu’il nous a fait (mitsvote 603 à 605) La différence entre se souvenir et ne pas oublier est expliquée par le Midrach : « Se souvenir par des paroles et ne pas oublier dans son cœur. », d’où l’obligation pour chaque Juif de venir entendre ce passage de la Torah le Chabbat précédant Pourim (les paroles) à et de méditer sur le rôle d’Amaleq et du mal.

Mais qui est donc cet Amaleq pour que la Torah y consacre 3 de ses mitsvote ? Amaleq est le petit-fils d’Esaü. Son nom apparaît pour la 1ère fois dans la Torah au chapitre 36, verset 12 du livre de Béréchit : « Timna était concubine d’Elifaz, fils d’Esaü ; elle lui enfanta Amaleq ». Il apparaît de nouveau dans le livre de Chémot, où il livre bataille au peuple juif fraîchement sorti d’Egypte : « Amaleq vint et attaqua Israël à Réfidim… L’Eternel dit à Moïse : « Ecris cela en souvenir, dans le Livre et place-le aux oreilles de Josué : que j’effacerai le souvenir d’Amaleq de dessous les cieux. » (Chémot 27, 8 et 14). Amalek représente dans la typologie billique le mal personnifié.  Une question persiste : quelle est la motivation profonde de la haine d’Amaleq contre Israël ? A travers Israël, c’est D.ieu Lui-même que vise Amaleq. Dans Devarim 25,18, à propos de la guerre entre Israël et Amaleq, il est dit : « Il te rencontrera (karékha) en chemin. » L’analyse étymologique de ce mot « kara » renvoie à mikré, le hasard. Ainsi, est subtilement définie par le Midrach la caractéristique intrinsèque de ce peuple : pour Amaleq, tout ce qui arrive dans le monde est le fruit du hasard, du mikré. Mais la guerre entre Israël et Amaleq n’est pas la manifestation d’une simple querelle familiale qui aurait dégénéré.

Ce que vise en fait Amaleq, c’est le Trône même de D.ieu tel que l’indique le verset clôturant la guerre entre ces deux peuples : Car la main est sur le trône de l’Eternel, le trône de l’Eternel, guerre à Amaleq par l’Eternel, de génération en génération. » (Chémot 17,16) Si les Sages ont décrété que Pourim serait la seule fête qui persisterait à la fin des temps, c’est pour bien souligner que c’est la dimension de la direction divine qui se dévoile à l’intérieur de la nature qui sera le fondement même de la rédemption finale. Ce qui vient remettre fondamentalement en question Amaleq, c’est la Providence divine, c’est le fait que l’histoire humaine a un sens, dans la double acception du terme : elle est le produit de la volonté divine, et elle se dirige vers un but que D.ieu lui a assignée, à savoir, la rédemption, la guéoula finale avec la venue du Messie, la disparition du mal et la résurrection des morts, pour qu’apparaisse la Gloire de Son Unicité, c’est-à-dire, qu’Il est le seul à décider de tous les événements qui se produisent sur terre.

(Sources : Chabad.org – Jacob ben Isaac Achkenazi de Janow, Le Commentaire sur la Torah – Rav Mordékhaï Chriqui et Dr Avraham-Gilles Morali, « L’essence de la Torah »

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Voici l’étude de la paracha de la semaine et autres annonces à lire sur le site Modia :

1. PARACHA DE LA SEMAINE – Nous sommes vers ce futur Chabbate dans la 24e paracha de la Torah et la 1e paracha du 3e livre de la Torah, Vayiqra (Le Lévitique). Elle se nomme : 24e Paracha – Vayiqra: « il appela » Vayiqra 1, 1 – 6, 26.

1. PARACHA DE LA SEMAINE – Nous sommes vers ce futur Chabbate dans la 24e paracha de la Torah et la 1e paracha du 3e livre de la Torah, Vayiqra (Le Lévitique). Elle se nomme : 24e Paracha – Vayiqra: « il appela » Vayiqra 1, 1 – 6, 26.

En voici l’axe et les nombreux thèmes étudiés: L’actualité et la paracha. Les mitsvotes et les thèmes de la paracha. Le sens global. Un signe d’appel pour bien comprendre tout le livre. L’interpellation amoureuse de Hachém dans l’enseignement. Le respect de tendresse dans l’éducation. Ahava ou kavod ? Donner à l’autre le temps de réfléchir. Les principes d’une pédagogie juive. Être rosée sur la terre de l’autre. Le vide dans l’amour . Aider l’autre à entendre. La pauvreté de D.ieu selon Ribbi Yaâqov Abou’hatséra. Le pouvoir de l’homme de répondre et reconstruire. La modestie de Moché. Aller au rythme de l’autre. La patience de D.ieu. Etude d’un commentaire bref de Rachi, avant Pessa’h. Le terme hébraïque : léchém. Applications pédagogiques. Hébreu à mémoriser Les petites lettres dans la Torah.
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Et cette étude en anglais de la paracha (pour vos amis anglophones): CLIQUEZ ICI

2 – Dès maintenant, nous sommes dans le merveilleux mois de Adar 2. Voyez ici  tout ce qui se passe chaque jour de ce double mois et le sens de cela dans l’histoire, dans les textes et dans les vies, chez les Sages de vos traditions, le tout avec références, lien à la vie et photos.  CLIQUEZ ICI

3 Dès maintenant, préparons la fête de Pourim,
– Jeûne d’Esther, 13 mars et
– Pourim 15 au soir et 16 mars ! 

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5 – Prières nécessaires pour la réussite qui tarde encore des recherches sur la maladie extrêmement douloureuse (avec accroissement continu des douleurs et troubles) de Nadra que les lecteurs de Modia soutiennent avec fidélité. Nous luttons avec elle pour sa subsistance et le paiement des nombreux soins et aides dont elle a besoin. Elle touchait pour cela seulement 1600 chékels par mois et on vient de réduire à 1100 (soit 229 euros par mois, un scandale). Donc, seule l’aide externe que nous organisons peut l’aider à survivre. Hélas, après notre appel nous n’avons reçu pour lui transmettre que 2 petits dons, ce fut un choc pour nous et en contradiction avec les multiples et incessantes lettres de remerciement que nous recevons pour ce que Modia apporte aux lecteurs. Finalement, je renouvelle donc cet appel, merci pour elle et pour cela, dans la générosité, nous devons imaginer ce que serait notre vie dans ces conditions que seuls des bénévoles peuvent sauver, voyez le lien ci-dessous:

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Rav Yehoshua Rahamim Dufour

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Le jour juif commence la veille au début de la nuit ; il se termine au coucher du soleil.  En tous cas, l’allumage des bougies de chabbate ne doit pas se faire plus tard que 18 minutes avant le coucher du soleil. (Source : Modia)

Il est indispensable de lire la traduction en français de chaque paracha avant ce commentaire pour bien le comprendre.

Texte de la paracha dans la Bible hébraïque ici : Lire le texte

24e Paracha : Vayiqra –  »  Il appela  » Vayiqra (Le Lévitique) 1, 1 – 6, 26

Cette paracha ouvre le 3e livre de la Torah, le plus court : « Torat Kohanim » (la loi des Cohanim), centre de la Torah.Un célèbre adage de la tradition juive, nous dit le Rav Joseph ‘Haïm Sitruk,  invite à entreprendre l’étude des Cinq Livres de la Torah pour un petit enfant lorsqu’il approche de l’âge de 5 ans, en commençant par le livre de Vayikra. Mais la question qu’on peut légitimement poser est de savoir si c’était bien là la partie de notre Torah la plus attirante pour un enfant : la longue série de tous ces sacrifices du Temple, avec la relative « violence » des effusions de sang des animaux apportés en offrandes ? Les Sages du Talmud expliquent : « Que ceux qui sont purs viennent étudier les choses pures ! » C’est là une optique plus intéressante : car dans la conscience d’un enfant, il est tout simplement fondamental de savoir que l’on peut réparer une bêtise ou une faute. En fait, la Torah va indiquer à la conscience de l’enfant le principe fondamental voulant qu’il existe toujours « une 2e chance ». Or, cette expérience de la réparation pour un jeune être qui se construit est tout simplement vitale : rien – même pas l’échec – n’est irrémédiable ou définitif, tout est en mutation !

Quant aux « images de violence », consultez les bandes dessinées proposées aujourd’hui aux enfants de cet âge là : vous y verrez les visages terrifiants des pseudo-héros dessinés au fil des pages et les histoires hallucinantes dans lesquelles on les entraîne…l’angoisse de l’enfant n’est pas provoquée par le spectacle qu’il contemple, mais par son imagination qui travaille… Or dans la paracha Vayikra, on confronte l’enfant à une situation de « réalité » en lui enseignant que le but de la Torah est d’aider à le construire en tant que personne véhiculant un concept et une dimension qui s’appelle « la pureté » pour lui donner espoir en l’avenir. Voilà pourquoi aujourd’hui, face à toutes les théories modernes, notre « vieille Torah » présente dans ce domaine un aspect tellement novateur et révolutionnaire.

La Torah enseigne, nous rappelle le Rav Dufour, que chaque matin, le Juif doit se rendre compte que tout appartient à Hachem, vers Lequel toutes ses actions doivent s’orienter, dans le seul but de Le servir, afin d’élever tous les éléments qui composent le monde vers le Créateur. Ainsi, le sacrifice relie-t-il le monde à Sa source. Cependant, la bonne réussite du but voulu à travers le sacrifice implique la pureté d’intention de celui qui l’apporte. Na’hmanide dit que quand on sacrifie l’offrande, on doit penser au fait qu’en réalité on aurait dû appliquer ces actions sur soi-même, ce qui doit générer un sentiment d’humilité et d’abnégation indispensables à l’élévation des éléments (Psaume 51) : «  Le sacrifice à D.ieu, c’est un esprit brisé. Un cœur humble, l’Eternel ne le méprise pas ». Peut-être est-ce pour cela que la présente paracha commence par « Vayiqra »  « Il appela Moché » (lev. 1-1) et que ce terme se termine par la lettre « Alef » diminuée par rapport aux autres lettres, symbole de la modestie de Moché sur laquelle nous devrions tous prendre modèle. Le commentateur Beer Moché explique que c’est une invitation à faire techouva (retour vers D.ieu).  

Beer Moché cite le texte des Pirke Avot, chap. 6, Michna 2 qui dit au nom de Rabbi Yehochoua ben Levi : « Tous les jours une voix céleste proclame cette parole du haut du Mt Horeb : Malheur à ceux qui infligent la honte à la Torah, car celui qui ne s’occupe pas de la Loi est un homme méprisable. »  Le Baal Chem Tov explique « qu’il s’agit là de la voix de la conscience qui s’éveille quotidiennement parmi les hommes. L’homme comprend grâce à son intelligence qu’il doit changer d’attitude en tentant de réparer le mal qu’il a pu causer, alors on peut dire qu’il a réellement entendu cette voix céleste. »Ce sentiment de faute nous invitant à réparation, nous l’éprouvons de nos jours dans nos maisons d’études, nos synagogues, et autrefois la Tente d’assignation, partout où règne la Chekhina, (la force divine). Nos Maîtres nous enseignent que D.ieu est présent partout, il nous attend, mais nous ne sommes pas toujours présents, ainsi que l’exprime le prophète Isaïe (L, 8) en disant : « « Pourquoi suis-je venu et n’ai-je trouvé personne, Pourquoi ai-je appelé et nul n’a répondu ? »«  L’appel divin à la pénitence est en fait un cri de révolte, de souffrance et si l’homme en comprend le sens, alors il peut trouver la voie du repentir.

En ce qui concerne le motif de l’appel lancé par Hachem à Moché, dans la paracha il est écrit : « Si quelqu’un d’entre vous veut présenter au Seigneur une offrande de bétail » (Lévitique I, 2). Or, quelle que soit la nature de l’offrande apportée, l’essentiel est que cela se fasse « au seuil de la Tente d’assignation,  pour  être agréable au Seigneur. » (Lévitique I, 3). Dans ces passages qui font appel à notre sens de la « techouva » et où il est question de sacrifices, il s’agit de l’homme acceptant librement de faire une offrande. Si tel est le cas, c’est alors la preuve qu’il a compris la nécessité de réaliser une telle action. Ainsi fallait-il d’abord que Moché entende la voix céleste. C’est alors seulement qu’Hachem a pu lui confier les ordonnances relatives aux sacrifices qu’auraient à apporter les fidèles lorsque ceux-ci auraient compris qu’il ne s’agissait pas d’actes purement formels, mais qu’ils seraient la conséquence d’une volonté consciente de réparer des fautes.

Aujourd’hui, le Temple n’existe plus et les sacrifices sont suspendus. Mais nous sommes toujours semblables aux Hébreux qui ont entendu le message divin au pied du Mt Sinaï. Même s’il n’apporte plus de sacrifices, l’homme est toujours invité à faire « techouva » et à réparer ses fautes, répondant ainsi à la voix céleste qui se fait entendre à travers notre conscience. Ce que le peuple d’Israël a le plus de difficulté à vivre est le passage des ténèbres à la lumière. En effet, ce n’est pas une évolution progressive et prévisible qui caractérise ce passage mais un retournement soudain et inattendu qu’il faut être capable de supporter. Ce processus est expliqué dans la Torah, quand l’homme et la femme (jusque-là côte à côte, se retrouvent séparés et face à face.) « et D.ieu endormit l’homme » (Berechit 2,21). De la même manière avant d’accéder à la première construction du Temple, il sera obligatoire de passer par l’étape du « sommeil » durant laquelle la Chekhina ne sera pas visible, comme l’explique Rabbi Eliezer à Rabbi Hiya dans la vallée d’Arbel (Traité brakhot du Talmud de Jérusalem et Midrach Chorer Tov) : « Comme la pénombre du crépuscule sera la délivrance d’Israël ». La pénombre  représente l’absence de la Chékhina (force divine).  Ainsi chaque fois qu’Israël s’apprête à reconstruire le Temple, la pénombre précède cette construction. Ce fut le cas au temps d’Amalek (1er Temple), qui avait attaqué les Hébreux au sortir d’Egypte pour les anéantir et au temps d’Amane, (2e Temple) qui, lui aussi, voulait anéantir ce peuple. Ainsi peut-on sans doute penser avec raison que l’action d’Hitler, qui voulait, avec la choah, anéantir la totalité des Juifs, (il a vécu juste avant la création de l’Etat d’Israël) a précédé la construction du troisième Temple.

A l’approche de Pourim, nous allons lire le récit du Livre d’Esther, quand les Enfants d’Israël faillirent être exterminés par le décret obtenu par Amane et quand Esther dit à Mordekhaï : « Va rassembler tous les Juifs. »(Esther 4, 16) C’était la réponse aux propos pervers d’Amane : « Il y a un peuple répandu, dispersé parmi les autres » (Esther 3,8). Ainsi la violence et la terreur qui sévissent aujourd’hui contre les Juifs est la continuité de ce qui s’est souvent passé depuis des millénaires. Le peuple sait qu’il doit accomplir la volonté d’Hachem en renforçant ses racines, en retournant en masse non seulement à la Torah, mais aussi vers Eretz Yisrael s’il veut sauver sa terre et sa propre existence, préservant ainsi la source de bienfait et de bonheur pour l’humanité, comme l’a demandé Hachem. Dans la Meguilat Esther, un verset évoque le sommeil du Roi : « Durant  cette nuit le sommeil du Roi était perturbé » (Méguila 6,1). Or dans le Traité Méguila (15b) il est dit que « le Roi » fait allusion à D.ieu et la déclaration d’Amane : « Il y a un peuple dispersé et  désuni… » fait allusion au « sommeil » de D.ieu (la Chekhina qui protège Israël n’est plus active.) Le moment est ainsi choisi par les ennemis d’Israël  pour détruire le peuple juif. « Le sommeil du Roi est perturbé » signifie que la Chekhina entre à nouveau en action pour libérer Israël. (Dans le récit de Pourim, c’est par le biais de Mordekhaï et d’Esther, les seuls à ne s’être pas prosternés devant Amane pendant la période de pré-délivrance du peuple juif que cela se produit.)

Le Rav Shaül Botschko donne l’explication de Rachi, qui a su nous dévoiler le véritable caractère d’Amalek. Ainsi l’expression « karkha » (t’a attaqué) exprime la méchanceté d’Amalek et correspond à l’une des 3 fautes cardinales que sont le meurtre, la perversion sexuelle et l’idolâtrie. Il ne reste rien de la dignité humaine quand ces 3 registres de valeur morale sont foulés aux pieds, ceux qui s’en rendent coupables étant voués à la destruction. Rachi donne donc 3 significations correspondant à ces fautes : 1- « karkha » a la même racine que (hasard) – Amalek a rencontré Israël sur son chemin comme par hasard, l’attaquant sans raison. 2- « kéri » est lié à l’émission de sperme hors rapport, qui rend l’homme impur et l’empêche d’entrer dans le Sanctuaire. Selon se sens, l’attaque des Amalécites a consisté à rendre les Hébreux impurs en les entraînant à l’homosexualité. 3 – le sens du mot établit un lien avec la notion de froid (kor). Après la sortie d’Egypte et les miracles qui l’ont accompagnée, les peuples restaient à l’écart d’Israël par crainte des conséquences s’ils se montraient hostiles. En les attaquant, Amalek a montré qu’Israël pouvait être vulnérable. « Il a refroidi Israël » dit Rachi, il a porté atteinte à sa « force de dissuasion », dirait-on aujourd’hui.

Le Rav Mordehaï  Elyahou  nous fait part, sur ce point, de ce que dit Maïmonide : La Torah nous donne la mitsva « d’effacer le souvenir d’Amalek » chaque jour, chaque heure, selon l’opinion de Maïmonide. Nos sages expliquent « acher kara’h badere » (comme il t’a surpris chemin faisant) dans le sens d’une rencontre fortuite. D’autres commentateurs disent que la manière d’agir d’Amalek est en rapport avec le mot « froid ». Amalek « refroidit » l’envie d’étudier la Torah et d’accomplir les mitsvote. Or, nous ne devons pas nous laisser détourner de la Torah, sous quelque prétexte que ce soit, ce qui mettrait le peuple en danger. Quoiqu’il en soit, les 3 sens expliqués par Rachi donnent les dimensions de la méchanceté d’Amalek, peuple de vils assassins, qui surprend le faible, le vulnérable, l’agresse et l’élimine gratuitement. Mais être vicieux ne suffit pas à Amalek. Il lui faut encore entraîner autrui, et plus sa victime est pure, plus sa joie est grande.  De plus, Israël a été choisi par Hachem pour être le véhicule de Sa Présence dans le monde. Or, Amalek ne craint pas le Maître du Monde et voudrait prouver qu’Il ne veille pas sur le peuple qui se prétend Son peuple et que celui-ci est aussi vulnérable que n’importe quel autre peuple. Mais nous savons que ce 13ème mois dans lequel , « Adar chéni », ou Adar II se trouve sous le signe de l’unité,  puisque le chiffre 13 a la valeur numérique du mot « E’had » (Un). Nous devons le vivre avec la certitude que le peuple d’Israël est au dessus du Mazal* (le 13e mois) et que le déterminisme de l’histoire des peuples ne nous concerne pas. L’unité n’est possible qu’au dessus du mazal, c’est-à-dire, lorsque l’homme cesse d’avoir peur du monde qui l’entoure, s’affranchit de son esclavage mental et physique aux seules règles de la réalité matérielle et reste fidèle à la Torah et aux mitsvote.

* (Les 12 signes du zodiaque de l’année sont connus depuis les temps les plus anciens. Au cours de l’année, le soleil les traverse successivement, passant un mois avec chacun d’eux. On dit qu’un Mazal (signe zodiacal) spécial domine chaque mois ; c’est la constellation qui est traversée ce moi-là. Le Créateur envoie Ses bénédictions par leur intermédiaire. Ainsi le mot « mazal » est devenu synonyme de bénédiction. Nos Sages disent toutefois qu’il n’y a pas de signe zodiacal réservé à Israël parce que les Juifs se situent au-dessus du mazal (destin) et bénéficient, grâce à leur observance de la Torah et des mitsvote, directement de la protection et des bénéfiques décisions d’Haqqadoch Baroukh Hou.) Mais quand nos Sages disent : « Le peuple d’Israël n’est pas soumis au destin », c’est en pensant aux étoiles et aux constellations qui répandent l’abondance ou la pauvreté dans le monde. A l’aide de l’étude de la Torah et des prières, le peuple d’Israël est capable de retourner la situation favorablement, car il n’est pas soumis à l’influence des étoiles et des constellations.

A l’approche de la fête de Pourim,  nous allons parler d’Amane, qui incarne la ¨dictature¨ qu’exerce le monde sur l’homme, tout comme Amalek d’ailleurs. Ainsi perdons-nous l’unité et tout se déchire. Nos maîtres disent : Amalek déchire le Nom de D’Hachem en deux ! A l’intérieur du peuple juif plane aussi l’esprit de la Déchirure. Nous savons que la fin de son long exil sera caractérisée plus que tout par la déchirure. Dans son essence, Israël est tout le contraire : Avraham est celui qui a commencé à réparer la déchirure disent nos Maîtres dans le Midrach. Le peuple juif est aussi celui qui proclame depuis des millénaires : « En ce Jour D.ieu Sera Un et Son Nom Un ». Mais toutes les forces de la nuit se renforcent avant la levée du matin. Plus ce peuple revient sur sa terre, plus les forces de la déchirure tentent de la morceler et de la fragmenter. Mais l’unité, qui est le signe de cette année, empêchera sans aucun doute que se réalise la déchirure du peuple et de la Terre. Ainsi le mois de Pourim, qui a failli être le plus triste de l’année est-il devenu le plus joyeux de tous. Nous savons que tout peut changer en un clin d’œil !

Alors, même si nous ne savons plus qui est Amalek, envoyé par Essav et que nous savons que la menace sera toujours présente, Hachem considère notre lecture à ce sujet comme si on avait effectivement effacé le nom d’Amalek, Il  nous épargne pour la grandeur du Nom Divin et nous assure la délivrance prochaine et entière. Précisément, nous dit Izhak Attia, Israël traverse actuellement à nouveau une période sombre et douloureuse. Cependant, il nous reste encore à espérer qu’Hachem plie nos ennemis à Sa volonté et que ceux qui haïssent les Juifs soient couverts de honte. Ainsi passerons nous des ténèbres à la lumière. Alors, il faut montrer à Amalek que Mordekhaï est plus fort que lui et qu’en dépit des apparences, tous les espoirs sont permis pour le peuple juif. Celui-ci revient, en toute conscience, en Eretz Yisrael, la Terre sur laquelle Haqqadoch Baroukh Hou lui a demandé de vivre. Il s’y trouve maintenant non seulement par la volonté d’Hachem, mais aussi par la volonté des nations, pour les nations et malgré les nations et ce n’est pas un « hasard », mais simplement sur Son ordre « Vayikra » (Il appela) et par Sa volonté. Ainsi en dépit de tout et de tous, il y restera !

Dès le premier mot, qui donne son nom au Livre lui-même, nous est révélée l’identité et le rôle, à la fois de cette paracha et du Livre entier : il y est parlé du rapprochement et la manière d’y parvenir. Cependant, nous explique le rav Dynovisz, le contenu semble bien loin de cette vision des choses, car bien qu’il soit expliqué comment nous devons servir Hachem… en apportant des animaux ! La Torah ne construit pas le même modèle que les religions qui sacrifient des animaux devant les divinités idolâtres, pour les calmer le courroux et se faire pardonner.  Mais le travail autour du Temple, qu’on appelle improprement en français « sacrifices », connotent de manière injustifiée une idée très négative de massacre d’animaux avec des bains de sang. Mais dans la Torah, les offrandes n’ont pas pour but l’expiation de fautes, d’ailleurs, celui qui faute consciemment et volontairement ne peut apporter d’offrandes au Temple ! La Torah prévoit, pour cela, d’autres modes de réparation. En effet, ne peuvent être apportées au Temple que des offrandes spontanées, ou pour la réparation de fautes non intentionnelles, faites par inadvertance. Cependant, comment une personne peut-elle fauter par oubli ou inadvertance, car si nous aimons vraiment quelqu’un, nous ne pouvons l’offenser sans faire exprès ! Si nous offensons Hachem par oubli, cela prouve que nous ne sommes pas vraiment connectés à Lui. C’est lorsque l’on est loin que l’on fait des erreurs et que l’on porte atteinte à l’autre. C’est pourquoi, dans le Temple, nous venons réparer l’éloignement.

La paracha Vayikra nous parle des korbanote. La Torah nous dit « voilà ce qui se passera quand un homme voudra se rapprocher d’Hachem. » Le mot « korban » vient de la racine « karov » qui signifie proche. Jamais il n’est parlé de « sacrifices ». Le « korban » n’est donc pas un « sacrifice  pour se faire pardonner », mais bien un moyen de rapprochement d’Hachem. Ce mot n’existe même pas, en hébreu, car il est totalement étranger à la pensée juive ! Les prophètes parlent d’une « Maison de prière pour tous les peuples ».  Ils savaient donc qu’il y aurait le Temple de la Délivrance, puisque les deux premiers n’ont jamais réuni toutes les nations.  Certains de nos Maîtres, en quittant ce monde, ont pleuré, non la mort, mais la passivité, l’immobilisme et l’inaction qui y sont inhérents. C’est aussi pourquoi « les méchants sont appelés morts, même de leur vivant », car ils n’ont aucune possibilité de connecter ce monde matériel à Hachem. Quel est le critère pour savoir si je suis ou non rapproché d’Hachem ? Il est appelé « Vie » ! Il est la Source de Vie. Il ne suffit pas de savoir qu’il faut changer le monde, il faut le faire, et c’est bien là, la faute d’Adam : Hachem voulait qu’il choisisse l’arbre de la Vie, mais il a préféré l’arbre de la connaissance du bien et du mal.

Celui qui sait, qui connaît la vérité sans l’accomplir et sans rien réaliser, est mort. De même qu’une civilisation qui fonde tout sur le savoir est morte, tandis que le juif s’implique dans la réalité pour la changer, et c’est la vie. Hachem a créé le monde « laassot« , pour que l’homme le parachève. Ainsi, pour m’approcher de D.ieu, je dois me demander où est mon projet de transformer l’animalité de ce monde. C’est le vrai débat entre les deux dimensions de notre peuple, dans toutes les générations : le conflit, déjà, entre Yossef qui incarne le Juif investi dans le monde matériel, et Yehuda et David, hommes de la connexion. Tout Juif sait que le monde ne peut se passer de la Torah ; mais elle doit former les soldats de la construction de ce monde, avec tous les efforts et implications que cela comporte. Pour nous rapprocher d’Hachem, nous venons naturellement avec nos prières et notre étude de la Torah. Mais il nous est dit aussi : venez avec des animaux et montrez-Moi votre degré d’implication dans ce monde animal ! Que faisons-nous concrètement et matériellement pour le transformer et l’édifier ?

Ainsi, pour approfondir les choses, le rav Mordékhaï Chriqui et le Dr Avraham-Gilles Morali nous apprennent que le Korban apporté au Temple s’inscrit dans un plan encore plus large, puisqu’il est chargé de dispenser le flux divin au monde entier. Le Temple est en effet le point de jonction entre les mondes supérieurs et le monde terrestre. C’est à partir du Temple et du travail des Cohanim que va s’opérer le passage du spirituel au matériel. Chaque élément du Temple va ainsi avoir un rôle quasi-cosmique, puisque c’est à partir de lui que l’abondance divine pourra se déverser dans le monde. Ainsi, les Pains de Proposition  déposés sur la table du sanctuaire seront les vecteurs de l’abondance alimentaire dans le monde, et empêcheront toute famine. L’encens, travail hautement sipirituel, assurera la paix dans le monde, valeur également très élevée.

Le travail de sélection (des différents animaux amenés au Temple) s’avère central dans le Temple, puisque c’est par et pour les Korbanote que le Temple fonctionne. Même si le Temple Lui-même a une sainteté intrinsèque indépendante des korbanote qu’on y pratique. Si la Torah y a consacré un livre entier (Vayikra), c’est que les korbanote sont essentiels à qui veut répondre à l’appel (vayikra) lancé par D.ieu pour tenter de se rapprocher de Lui, pour tenter la grande expérience de la Dévékout. Car les Korbanote nous offrent la possibilité unique de trier en nous le Bien et le mal, et ainsi de nous élever vers le Haut, vers le spirituel. Quand les korbanote ne purent plus être pratiqués après la destruction du Temple, les Sages les ont remplacés par la prière, qui est devenue le vecteur de communication entre nous et Hachem, ainsi que le dit le prophète Osée : « Nous complèterons les sacrifices des taureaux par nos prières ». (14,3)

Mais ce rapprochement entre Hachem et nous va plus loin. Par ce travail des korbanote, on ne fait rien de moins qu’atteindre le but que D.ieu avait assigné au monde en le créant : rassembler tous les éléments disparates de la création et les faire remonter vers leur origine divine. Dans le langage de la Cabale, réunion des éléments séparés (nifradim) à la Source (chorech) pour atteindre l’adhésion (dévékout) à Hachem. Le Ram’hal décrit ce principe comme la perfection et le but ultime de tout homme : « Et lorsque tu approfondiras le sujet, tu verras que la véritable perfection est uniquement l’adhésion à D.ieu ». (Mésilat Yécharim, La voie des Justes, chapitre 1). Le Korban n’est pas cette image fausse et dévoyée d’animaux sacrifiés pour un D.ieu affamé de sang, mais qu contraire le vecteur d’une plus grande spiritualité, le moyen d’atteindre des sommets destinés à l’union de êtres créés avec leur Créateur, et ainsi d’amener sur terre une plus grande fraternité, car tous les hommes se retrouveront unis par l’image du divin inscrit en eux et qui s’exprimera en plein après le travail préliminaire des korbanote.

(Sources :  Rav Dufour, Modia – Dror Meshulam – Michaël Mouyal, Lamed – Rav Moshé Assis, Rav  Mordehaï  Elyahou, Rav Dov Bigon, Izhak Attia, Rav Shaül Botschko, Rav Joseph ‘Haïm Sitruk, Torah Box – Rav ‘Haïm Dinoviszrav Mordékhaï Chriqui et le Dr Avraham-Gilles Morali, L’essence de la Torah)

CULTURE JUDAÏSME – La paracha de la semaine – Mois de adar I – 5774 (février 2014)

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Avec Modia, voici l’étude de la semaine :

1. PARACHA DE LA SEMAINE – Nous sommes vers ce futur Chabbate dans la 23e paracha de la Torah et la 10e paracha du second livre de la Torah, Chémote. Elle se nomme : Paracha – Péqoudé : Voici les fonctions dans le Sanctuaire Chémote (Exode) 35, 1 – 40, 38
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2 – Nous sommes dans le merveilleux mois de Adar qui cette année EST DOUBLÉ. Voyez ici  tout ce qui se passe chaque jour de ce double mois et le sens de cela dans l’histoire, dans les textes et dans les vies, chez les Sages de vos traditions, le tout avec références, lien à la vie et photos.  CLIQUEZ ICI

3 Dès maintenant, préparons la fête de Pourim,
– Jeûne d’Esther, 13 mars et
– Pourim
15 au soir et 16 mars ! CLIQUEZ ICI

– Dès maintenant, préparez aussi tout sur la Fête de Pessa’h pour en faire une vraie réussite intérieure (c’est encore bien plus important que le nettoyage des saletés externes) :
en 2014-5774, Pessah se déroule le soir du 14 avril, 14 Nissane
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RAV YEHOSHUA RAHAMIM DUFOUR

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Le jour juif commence la veille au début de la nuit ; il se termine au coucher du soleil.  En tous cas, l’allumage des bougies de chabbate ne doit pas se faire plus tard que 18 minutes avant le coucher du soleil. (Source : Modia)

Il est indispensable de lire la traduction en français de chaque paracha avant ce commentaire pour bien le comprendre.

Texte de la paracha dans la Bible hébraïque ici : Lire le texte

23e Paracha : Péqoudé – « Voici les fonctions dans le Sanctuaire »Chémote (Exode) 35, 1 – 40, 38

Avec le Rav Attali, nous voyons que la construction du Tabernacle (Michkan) y est décrite jusque dans les moindres détails – valeur et quantité d’or et d’argent utilisés, la couleur des étoffes, les pierres utilisées portant les noms de chacune des tribus, les ustensiles, les huiles, le candélabre d’or pur, la plaque d’or (diadème), les vêtements sacrés… La disposition des objets est minutieuse et en conformité avec les prescriptions de l’Eternel. D.ieu expliqua à Moché comment procéder : Quand utiliser le Tabernacle, où l’installer, comment vêtir et oindre Aaron et ses fils… Le tabernacle fut érigé le 1er jour du mois de la deuxième année. Moché y installa les « objets » et procéda au rituel ordonné par l’Eternel. Il offrit l’holocauste/le sacrifice et l’oblation. Une nuée divine couvrait le Tabernacle durant le jour et le feu y brillait la nuit.

Zoltan Berkovits nous rappelle que les deux parachiyotes Vayaqhel et Péqoudé sont indissociables, et sont généralement lues ensemble le même Chabbat. Mais quand on est dans une année comportant un mois supplémentaire, celui d’Adar II, ce qui est le cas cette année, on sépare la paracha Péqoudé. Mais, en fait, elle ne fait que préciser l’énumération (c’est le sens du mot péqoudé, comme le dit Rachi dans son commentaire du premier verset) des ustensiles du michkane ou tabernacle. On peut voir toute cette paracha comme un « rapport financier » d’une minutie exemplaire concernant les frais de la construction du Tabernacle. Moïse, en terminant dans tous ses détails le « petit sanctuaire portatif’,  a vérifié chaque dépense et l’utilisation de tous les dons en faveur du Tabernacle. Nous sommes émerveillés par le « bilan » de Moïse, où les comptes sont établis avec une probité difficilement concevable de nos jours, où les « notes de complaisance » et les factures « préfabriquées » sont si répandues. La Torah, par ailleurs si discrète, qui condense en quelques phrases des lois fondamentales, consacre une paracha entière à la « comptabilité » de Moïse. La Bible tient ainsi à souligner l’importance de l’honnêteté la plus scrupuleuse dans les affaires, et surtout dans la gestion des « fonds publics ».

Cette paracha Péqoudé continue  donc Vayaqhel et termine le livre de la sortie d’Egypte, nous dit le Rav Dufour, et le peuple acquiert le dispositif de sainteté par le sanctuaire afin qu’il reste au niveau de qahal (l’assemblée ‘des enfants d’Israël’) comme nous l’avons vu dans la paracha précédente.  Notre paracha dit : « ce sont là les énumérations du sanctuaire, sanctuaire » Ce sont des articulations nécessaires de la relation d’amour et du don entre le Créateur et le peuple qu’Il  s’est choisi. Le texte comporte deux fois le mot michkane, montrant par là que cette union est à deux niveaux en haut et en bas, et cela de même. En bas, ce n’est pas du « matériel », mais c’est la présence divine dans le concret, ce que l’on appelle la Chékhina  (la force divine) ou la malkhoute, la royauté divine se réalisant, aussi réelle et importante, mais dans l’état de pauvreté qui nous caractérise, et pourtant en immense beauté

« Voici les comptes du Tabernacle – le Tabernacle du témoignage -tels qu’ils furent établis sur l’ordre de Moïse. »  (Exode, 38, 21) Avec le Rabbin Jean Schwarz, nous voyons que le Tabernacle est édifié et que grâce à la générosité de tout le peuple, les matériaux offerts ont excédé largement les besoins et Moïse s’est même trouvé dans l’obligation, à un moment donné, de demander aux enfants d’Israël de cesser leurs offrandes. C’est avec joie et de bon cœur que nos ancêtres s’étaient dessaisis de leurs trésors pour que le Tabernacle fût digne de l’Eternel qui devait y demeurer et qu’ils voulaient ainsi honorer de tout leur être. Au moment où s’achèvent les travaux, nous voyons Moïse faire ici, en détail, les comptes de l’or, l’argent, le cuivre, les étoffes précieuses, etc., utilisés aussi bien pour le Tabernacle que pour les ustensiles et les ornements sacrés. Ces comptes, personne ne les lui avait demandés, ni Dieu, ni les enfants d’Israël. On lui faisait toute confiance pour l’administration de ces dons. Et pourtant Moïse a tenu à ce que tout un chacun sache comment les matériaux précieux avaient été utilisés et que personne ne puisse avoir le moindre soupçon à son égard. Aussi n’a-t-il d’ailleurs pas fait les comptes lui-même mais il a chargé Itamar, le fils d’Aaron, d’en effectuer le contrôle et d’en publier les résultats.

En agissant de la sorte, Moïse voulait, selon une expression de nos Sages, être quitte envers Dieu et envers les hommes Non seulement envers D.ieu qui sait tout et n’a donc pas besoin qu’on lui fasse des comptes ; mais encore envers tout le peuple, qui, lui, avait besoin de connaître clairement et sans hésitation aucune l’utilisation des dons qu’il avait offerts à l’Eternel. C’est seulement après avoir obtenu le  » quitus  » de la part du peuple tout comme il l’avait déjà de la part de Dieu que Moïse pouvait juger avoir honnêtement géré les fonds publics.Trop souvent on a tendance à considérer que, Dieu étant témoin de notre honnêteté, on peut traiter par le mépris les soupçons qui pourraient s’élever dans l’esprit des hommes concernant notre gestion. En réalité, il est indispensable que nous fassions, tout comme Moïse, le nécessaire pour que notre prochain puisse, à l’instar de Dieu, approuver sans hésitation notre action.

« Voici les comptes du Tabernacle, le Tabernacle du Témoignage, tels qu’ils ont été établis selon la parole de Moïse » (Chemot 38 : 21). Le rav Attali nous dit que le Baal Hatourim précise que le mot pikoudé est écrit avec un Vav supplémentaire pour signifier le fait que Moïse présenta un compte précis et détaillé de chaque centime reçu pour la construction du Tabernacle, à tous les 600 000 membres (Vav = 6) de la nation afin que nul ne puisse le soupçonner d’avoir détourné la moindre somme à son profit.  Pourquoi Moïse a-t-il tant insisté pour dévoiler l’état des comptes à toute la nation ? Après tout, D .ieu Lui-même se porta garant de l’intégrité de Moïse disant « Dans toute Ma maison, il est le plus fiable ». Alors, que recherchait Moïse de plus ?

Le Midrach explique que Moïse avait entendu certaines personnes mal intentionnées murmurer, derrière son dos, qu’il s’appropriait une partie de l’argent récolté « partout où il allait, ils le poursuivaient de leurs accusations (Chemot/Ki tissa 33 :8) disant, par exemple « Il n’est pas étonnant que cet homme, seul dépositaire de tout l’or et l’argent, soit si riche… Il ne doit de comptes à personne ! » Moché avait surpris des remarques parmi le peuple. Certains commentaient: « Ces derniers temps, le cou du fils d’Amram est bien gras !« . Et il entendit la réponse: « Cela n’est pas étonnant! Il est responsable de tout l’argent du Michkan! Moché surpris, s’etait alors promis: « Dès que la construction du Michkan sera achevée, je rendrai un compte exact de la manière dont j’ai utilisé l’argent !« 

(Comme D.ieu avait permis à Moché de garder le saphir qui restait après avoir gravé les tables de la loi, certains s’étonnèrent de sa richesse soudaine).  Aussi, lorsque le Tabernacle fut terminé, Moïse tint aussitôt à réagir à ces accusations en ouvrant ses livres de comptes à tous afin qu’ils puissent les examiner, à leur gré et, au besoin, les discuter. « De cela, nous apprenons » écrit le Chlah Hakadoch « que toute personne dont la réputation est mise en cause se doit de prouver son innocence en public ». On ne peut se contenter de sa bonne renommée pour s’exempter du devoir de prouver son intégrité. Moïse fut une nouvelle fois attaqué au motif qu’il accumulait jalousement pouvoir et honneurs, par Korah et ses adeptes, qui prétendaient qu’il n’était pas, sans conteste, l’envoyé de D.ieu, tentant de le discréditer aux yeux des enfants d’Israël; en réponse, Moïse précisa « Je ne leur ai pas pris le moindre âne et je n’ai jamais fauté envers l’un d’entre eux » (Korah 16 : 15). Raphaël Shimshon Hirsh explique que Moïse s’efforça de justifier auprès du Peuple qu’il avait été désigné par D.ieu en qualité de messager, prouvant qu’il ne tirait aucun avantage de sa position de dirigeant, justifiant que personne ne pouvait être exempté de la mitsva « Vous devez vous justifier devant D.ieu et devant le Peuple d’Israël ». C’est la responsabilité de tout dirigeant de s’assurer qu’il n’est l’objet d’aucune suspicion !

La paracha Peqoudé présente, entre autres particularités, celle de revenir sur la contribution d’un demi-chéqel que devait offrir chacun des membres de la communauté d’Israël nous explique le Rav Jacques Kohn : « Un bèqa’ par tête, un demi-chéqel selon le chéqel du sanctuaire, pour quiconque se soumet au dénombrement, depuis celui qui est âgé de vingt ans et plus, pour 603 550 » (Chemot 38, 26).  Le Midrach Tan‘houma (Ki Tissa) est admiratif : Admirez Israël, à qui même ses péchés procurent de bonnes choses ! Les frères de Joseph ont vendu celui-ci en esclavage, ce qui a procuré au monde de quoi se nourrir pendant sept années de famine. Ici aussi, les enfants d’Israël ont péché avec le veau d’or, ce qui leur a procuré la mitsva du demi-chéqel.  Etonnant Midrach que celui-là ! Il est vrai que le péché des frères de Joseph a permis un développement positif dans le plan divin. Mais attribuer à la faute du veau d’or un mérite quelconque paraît abusif.  En fait, si les enfants d’Israël ont réuni, pour la fabrication du Tabernacle, 603 550 demi-Chéqels, comme indiqué plus haut, cela veut dire à l’évidence que le erev rav (ramassis) qui les a accompagnés, et dont la Mekhilta évalue l’importance à plus d’un million d’hommes, n’y a pas participé.  Or, c’est ce « ramassis » qui a porté la responsabilité première de la confection du veau d’or, et il est ainsi démontré qu’il a été tenu à l’écart de la fabrication du Tabernacle.  Sa disparition a ainsi marqué un moment décisif dans le destin du peuple d’Israël, qui a ainsi trouvé, grâce au veau d’or, si l’on peut dire, l’unité qui lui faisait défaut.

 « Et Dieu a parlé à Moïse et il a dit : Au premier mois, le premier jour du mois, tu érigeras le Tabernacle de la Tente d’Assignation » (Exode 40, 1-2) Avec la Yéchiva des étudiants, nous voyons qu’ « Au premier mois », c’’est le mois de Nis san. (Targoum Yonathan ben Ouziel) La paracha – qui énumère tous les détails de la construction du Michkan – nous informe donc que l’inauguration de celui-ci eut lieu Roch Hodech Nis san. Or, le Midrach Rabba (Bamidbar Rabba 13, 2) nous dit que le Michkan fut terminé le 25 Kislev […] du fait que le travail de construction du Tabernacle fut terminé le 25 Kislev et qu’il resta démonté jusqu’au 1er Nis san, Israël dirent : Voilà, nous avons achevé le Tabernacle ! Quand la présence divine viendra-t-elle et résidera-t-elle dans l’œuvre de nos mains ? […] Ainsi, D.ieu donna l’ordre à Moïse d’ériger et d’inaugurer le Michkan plus de trois mois après que sa construction fut menée à son terme. Tous les éléments étaient prêts, il ne restait plus qu’à les assembler. Alors pourquoi, malgré la frustration du peuple, imposer une telle attente ?

Le Talmud [Chabbat 87b] met l’accent sur la coïncidence voulue et recherchée entre le jour de l’érection et celui qui se distingua de tous les autres par les dix couronnes qui lui furent décernées :
Ce premier  Nissan de la seconde année de la sortie d’Egypte fut un dimanche, premier jour de la création du monde ; il fut le premier jour où les phylarques des tribus offrirent leurs présents pour l’inauguration du Tabernacle ; où les Cohanim commencèrent leurs sacerdoces ; où le culte des sacrifices quotidiens débuta ; où le feu du ciel descendit pour consumer les sacrifices ; où l’on commença la consommation de la viande sacrée à l’intérieur du Sanctuaire ; où la Chékhina vint résider au-dessus de l’arche sainte ; où les Cohanim commencèrent à adresser leurs bénédictions au peuple ; où les hauts-lieux furent défendus et où commença le compte des mois. (Traduction commentée empruntée au rabbin Elie Munk)

Rav Shimshon Raphaël Hirsch, sur ce verset, explique cette volonté de D.ieu de voir l’inauguration du Tabernacle coïncider avec ce jour particulier dont parle la Guemara, ce Roch Hodech Nissan 2448 (Rachi sur A.Z. 9a) : [Le sujet] se clarifie si nous considérons – comme nous l’avons déjà expliqué plus haut, chapitre 12, verset 2 – le fait que la signification de nos nouvelles lunes réside essentiellement dans l’idée qu’elles ne constituent pas une célébration de l’événement astronomique en soi, mais qu’elles font figure, dans leur processus naturel, de modèle et d’avertissement pour l’établissement et la réalisation de « nouvelles lunes » sociales humaines, de renouvellements sociaux-humains. En effet, dans la paracha Bo, Hirsch développe longuement l’idée que Roch Hodech ne consiste pas à établir les débuts de mois du calendrier juif. Il est la consécration, par les représentants attitrés du peuple juif, d’un moment voué à la rencontre avec Dieu. Roch Hodech est aussi appelé « Mo’èd » qui signifie « Réunion », un moment convenu ou Dieu souhaite que son peuple vienne le rencontrer. Une idée dont Henri Meschonnic (in Les Noms, traduction de l’Exode, Desclée de Brouwer 2003, p201) rend admirablement compte dans sa traduction des mots  « la demeure de la tente du lieu de rencontre ».

Et Rav Shimshon Raphaël Hirsch de poursuivre : L’érection du Tabernacle, qui devait marquer le retour de la majesté divine dans la sphère terrestre juive – et inaugurer ainsi le « Mo’èd » d’Israël, la conjonction d’Israël avec son « soleil », son illumination par la lumière de son Dieu -, cette érection devait avoir lieu le jour de la première nouvelle lune, c’est-à-dire le jour de la nouvelle lune avec lequel commençaient les années d’Israël. […] Ainsi, la conjoncture de ce jour était idéale. Au confluent de l’inauguration du palais terrestre où Dieu allait résider – où l’on pourrait aller le rencontrer, et de la première des néoménies – jour premier parmi les premiers. Cela valait la peine de patienter trois mois ! Et Hirsch de conclure : La nouvelle lune de la renaissance nationale devait également être la nouvelle lune du retour de la Chékhina, de la réalisation de la promesse (et je résiderai parmi eux) dans laquelle la délivrance nationale trouve son aboutissement.  Le début de la nouvelle ère nationale du peuple juif, récemment affranchi, devait être couronné par l’avènement de la Chékhina  (la force divine) venant résider au milieu de son peuple. Pour Israël, en effet, la renaissance nationale n’acquiert toute sa signification que grâce à la présence de la Chékhina. Elle est un préalable indispensable à toute autre revendication, de quelque nature que ce soit.

Le dévoilement surnaturel de la présence de D.ieu dans le monde est le but de la Torah, nous explique le site Chiour Avigès, mais ce dévoilement n’est pas adressé à l’homme. Dans la révélation sinaïque comme dans la révélation du buisson ardent il y a toujours un double jeu dans la révélation, d’un côté D.ieu dit  » Ne regardez pas ! Ne montez pas sur la montagne ! », Moïse se couvre la face au moment de la révélation devant le buisson ardent, mais par ailleurs, D.ieu se révèle par des prodiges incroyables. En fait cette révélation est une révélation dans la nature et pour le monde, mais devant cette révélation l’homme doit continuer à évoluer dans la rationalité, cette révélation qui est la finalité de la création du monde ne lui est pas adressée spécifiquement, pour l’homme ce n’est qu’un effet secondaire du fait qu’il s’élève par l’étude ou la prière.

La rationalité permet a l’homme d’exister malgré D.ieu, ou plutôt la rationalité donne l’homme l’illusion d’exister malgré D.ieu, et c’est dans cette rationalité du « nous ferons et nous comprendrons » que l’homme doit évoluer, mais l’homme doit aussi savoir que lorsqu’il fait le bien à travers cette rationalité,  il crée un dévoilement divin dans la création, qui a pour but la finalisation de la création du monde. Il y a dans ce dévoilement qui n’est pas adressé à l’homme un message d’humilité et de modestie pour lui, l’homme n’est pas le centre du monde, il n’est qu’un canal qui contribue a la création du monde, il doit savoir qu’il est responsable face au monde et que si il faute, il n’est pas la seule victime de ses erreurs il détruit aussi l’univers.

Une autre idée que l’on peut dégager du Talmud dans sa manière de gérer le surnaturel peut être déduite de la Gemara dans Chabat que l’on a citée plus haut, et qui conclue « qu’à l’époque d’A’hasveroch, les juifs ont reçu la Torah à nouveau avec amour et de bon cœur », selon Tosfot, cela veut dire que les juifs ont accepté de bon coeur la révélation surnaturelle qu’il y a dans la Torah. Ce qui veut dire que les juifs à Pourim ont su intégrer le miracle dans une rationalité pour en tirer une morale. Comme Moïse, qui se détourne pour voir le buisson ardent, par ce qu’il se dit que D.ieu veut lui montrer quelque chose par ce miracle, les juifs ont compris que, par l’histoire de la reine Esther et d’A’hasveroch, D.ieu voulait montrer quelque chose. Mais ils ont inscrit le miracle dans un discours rationnel, comme un récit, pour qu’il ne soit pas traumatisant, mais qu’au contraire qu’il soit une source de force et de courage. La Paracha de cette semaine, Pékoudé, dernière Paracha du livre de Chemot, nous rappelle le site « la minute d’étude », est suivie par la Paracha Vayikra, première paracha du livre du Lévitique. Selon nos sages, nous devons trouver un rapport entre ces deux passages. La fin de Pékoudé nous raconte qu’une nuée est descendue sur le sanctuaire. Le but de ce nuage était de dissimuler. La nuée empêchait Moché d’entrer dans le Temple.  Le thème de Vayikra, à l’opposé, est la révélation, « D.ieu appela Moché » pour se révéler à lui. Ainsi, la révélation de Vayikra suit le voilement de Pékoudé. Mais une révélation qui vient à la suite d’une dissimulation est bien plus accentuée que celle qui surviendrait sans voilement antérieur. La téchouva (repentir – retour) représente, dans le service de D.ieu, une révélation qui suit une période de dissimulation. Avant la Téchouva, l’homme était éloigné d’Hachem et écarté de la Torah et des mitsvote. Il était donc dans un état de voile. Sa téchouva, son retour vers D.ieu constitue la révélation. En effet, nos sages nous enseignent que le Juif qui se repent des méfaits passés (Baal Téchouva) jouit d’une expérience de la Divinité plus haute que celle dont jouit celui qui était toujours vertueux. C’est avec exaltation qu’il fuit le voile vers la révélation.

Quand une personne fait téchouva, « ses péchés intentionnels sont considérés comme des mérites. » Nos sages déclarent, d’ailleurs, que « dans l’endroit où se trouve le Baal Téchouva, même le plus vertueux ne peut se tenir. » Le tsadik, le juste, a banni complètement le mal. Alors que le Baal Téchouva, en retournant vers Hachem de tout son cœur, transforme le mal en bien. Si bien que ses péchés intentionnels sont à présent considérés comme de bonnes actions. En faisant téchouva, il transforme l’obscurité en lumière. La révélation est donc le produit d’une dissimulation passagère. L’enseignement est clair : Quelle que soit notre situation spirituelle, nous ne devons jamais désespérer ! Nous ne devons jamais penser que notre état spirituel est tellement bas qu’aucun espoir n’existe. Au contraire, c’est précisément après une période de voile que la révélation la plus haute devient possible. Les générations passées étaient certainement d’un niveau spirituel supérieur au notre, cependant ils ont été privés de la guéoula (délivrance). Notre génération est celle de la venue de Machia’h. Puisque la plus haute révélation vient à la suite de la descente la plus basse, nous devons prendre conscience et nous renforcer dans la propagation de la lumière en avançant toujours plus loin. C’est ainsi que nous mériterons la délivrance complète – cette révélation suivra la dissimulation de l’exil – alors, « la nuit éclairera comme le jour. » (Likouté Si’hoth vol XVI)

Péqoudé conclut le livre de Chemote (Exode) sur la nuée qui enveloppe Tente d’assignation ; c’est le couronnement du « Michkan » (Tabernacle) qui n’était jusqu’alors qu’un « corps » matériel. Des lors, cet édifice reçoit son âme « La Chekhina » (force divine) (Ex.15:34) Le « Michkan » (tout ce qui est dit à ce propos est aussi valable pour le « Bet HaMikdach« ) n’est qu’une sorte d’instrument spirituel construit selon les instructions de la Torah, afin d’enraciner la sainteté dans le monde matériel; c’est-à-dire, pour servir de point de contact entre la sainteté suprême inaccessible et le monde fini. La forme d’ensemble du « Michkan » ainsi que les moindres détails sont une sorte de projection du monde supérieur sur notre monde. En fait, il est comme une fenêtre ouverte entre le monde physique et les mondes d’En Haut. Le « Saint des Saints » est donc un lieu situe à la fois dans notre monde et dans les autres mondes. Il faut respecter des règles rigoureuses pour l’édification de ce lieu, afin que celui-ci soit pleinement saint Le « Michkan » est une image symbolique de l’ensemble du système des mondes. Chacune des pièces ou parvis était séparée du « Saint des Saints » par un rideau, qui constituait comme une représentation archétypale de ce que les cabalistes appellent « l’écran »; c’est à dire une sorte de barrière qui a pour fonction d’empêcher le flux divin de s’épancher dans toute sa pureté. Cet écran provoque un obscurcissement et modifie la lumière drainée par ce flux. Un faisceau lumineux, tant qu’il ne heurte aucun objet opaque, reste essentiellement lumière; Quand au contraire il heurte un écran, ce faisceau crée une image: celle-ci n’est que l’image, résultant de la projection du monde de « l’Ein-Sof« . (l’émanation)

L’écran lui-même n’est qu’une image; dans la source divine ces barrières n’existent pas: l’unité y est parfaite. Son essence ne subit aucun changement; comme on le voit avec l’astre solaire: le rayon qui en provient ne provoque aucun changement en lui. Ce flux, pour D-ieu, ne procède pas vraiment de son être essentiel, mais est comme un rayon qui se propage à partir de la source, appelée « Chekhina ». Quant a la « Chekhina« , les mondes ne peuvent ni recevoir, ni supporter sa lumière, si ce n’est dissimulée dans un vêtement, masquée par des écrans, qui voilent ainsi la lumière de « l’Ein-Sof » pour que ces mondes ne se dissolvent pas. La différence entre les mondes supérieurs et les mondes inferieurs, est dans le degré de dévoilement de ce flux de vitalité appelé au sens figure « lumière ». En ce monde, toute chose pour exister contient de cette lumière, même les pierres ont au dedans d’elles cette lumière, mais très contractée, très dissimulée: la vitalité d’une pierre est si réduite qu’elle n’a même pas la force de végéter. Dans les plantes, l’illumination a subi une contraction moindre; enfin cette lumière est plus largement dévoilée dans le règne animal et encore plus dans l’humain. Ce processus de contraction s’appelle « Tsimtsoum »: D-ieu se cache lui-même, faisant abstraction de son essence infinie et comprimant sa lumière dans l’exacte mesure nécessaire au monde pour exister. Au sein de la lumière totale et infinie, rien ne pouvait exister; l’existence du monde ne devient possible que par l’acte spécial que constitue le retrait de D-ieu ou la contraction divine. Un tel voilement, est donc la condition élémentaire de l’existence du fini.

Les éléments de ce processus se retrouvent au cinéma: Avant le commencement de la projection, la salle était remplie de lumière; cette situation ne permettait pas au film d’être projeté, car les images y auraient été dissoutes. Pour pouvoir projeter le film, il faut au préalable supprimer la lumière ambiante, et créer ainsi une obscurité artificielle. C’est ce qui est indique dans le livre de « Berechit » (la Genèse) « des ténèbres couvraient la face de l’abime » (Gen.1:2) De même, lorsque l’on raconte un film: nous commençons généralement notre récit âpres l’extinction des lumières. Ce qui c’est passe avant, lorsque la lumière était encore dans la salle, n’a pas de rapport avec l’histoire; et n’a donc pas besoin d’être conté, c’est pourquoi la Thora ne parle pas de ce qui était avant les ténèbres. Un film a avant tout été conçu et réalise par un réalisateur: « et l’esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux. » le résultat de sa création est mis sur une fine pellicule. La projection commence par un faisceau lumineux qui traverse l’obscurité « D-ieu dit que la lumière soit ! Et la lumière fut. » Silence dans la salle. L’écran est « vide » puis apparaissent des images « informes ». « Dieu vit que la lumière était bonne. » Notre projectionniste a règle son objectif et le faisceau lumineux crée une image claire. « et Dieu sépara la lumière d’avec les ténèbres ». devant ce faisceau on a placé la pellicule qui filtre la lumière; en la dissimulant ou en la dévoilant, sans pour autant altérer la source lumineuse.

Nous en sommes les acteurs. Un bon acteur se doit de suivre les directives du metteur en scène; car lui seul a une vue d’ensemble de ce qu’il veut créer. Un acteur qui jouerait un rôle qui ne lui est pas demandé et qui ne serait pas en harmonie avec l’ensemble, serait « viré » sur le champ. Notre metteur en scène « qui a les moyens », laisse ces mauvais acteurs sur le plateau de tournage « faire les pitres », ils reçoivent malgré tout un salaire. Mais ils ne figureront pas dans la projection du film qui est le but ultime de cette œuvre monumentale. (déjà six millénaires de tournage !) Tout comme dans un film, il y a les acteurs de chair et de sang, et les acteurs de lumière projetée sur l’écran. Il y a le monde d’en bas qui a son homologue dans le monde d’en haut, et tous deux, sans vivre la même histoire, sont intrinsèquement lies. On a la chance d’avoir été engagés pour « jouer le premier rôle, » c’est pourquoi il n’est pas de jour ou les medias ne se préoccupent pas de nous: c’est le prix à payer par les vedettes. Mais ce qui compte pour nous c’est de bien assimiler le script (la Torah) et de bien jouer notre rôle, en appliquant du mieux que l’on peut les « mitsvote« .

« Au premier mois de la deuxième année, au premier mois, fut érigée la demeure » (Ex. 40,17) Le Midrach écrit (Ex R. 52, 2-3, Tanh. Peqoudé II, Tanh (B) II. 132-133)  Jacob ben Isaac Achkenazi de Janow nous explique que Moïse érigea trois fois le sanctuaire. Il le dressa une première fois quand on apporta un sacrifice le matin de bonne heure ; ensuite, on le démonta. La deuxième fois, ce fut lorsqu’on offrit le sacrifice d’inauguration. La troisième fois, ce fut au moment du sacrifice du soir. Les sages qui travaillaient à sa construction ne réussirent pas à l’assembler ; ils apportèrent donc les différentes parties à Moïse qui se plaignait de n’avoir pas pu travailler à la construction du sanctuaire. Le Saint, béni soit-Il, dit : « Personne au monde ne pourra monter les multiples parties du sanctuaire ; toi seul, Moïse, tu y arriveras ; le peuple d’Israël pourra ainsi constater que c’est bien toi qui l’as assemblé. » Le Yalkout écrit (Yalk. I. 386) : De nombreux miracles se produisirent lors de l’érection du sanctuaire. La cour ne mesurait pas plus de 50 coudées de large ; toutefois, 600 000 personnes pouvaient y tenir, ce qui constituait un véritable prodige. On vit du feu descendre du ciel jusque dans la cour, rentrer à l’intérieur de la tente du rendezvous puis monter sur l’autel consumer les sacrifices et finalement y rester. Lorsqu’on se prosternait dans le sanctuaire, une distance de 4 coudées séparait chaque fidèle. Le Behayé écrit : « Le Saint, béni soit-Il, dit : « J’ai laissé la Chekhina (force divine) demeurer parmi vous, mais si vous péchez, elle se retirera. Dans l’avenir, elle restera parmi vous pour toujours. A présent, vous la voyez à travers le feu ; après la venue du Messie, vous la verrez très clairement, comme le dit le versetCar face à face, ils voient YH et VH revenir à Sion’. » (Is. 52,8).

(Sources : Zoltan Berkovits, Lamed – Rav Dufour, Modia- Rabbin Jean Schwarz, Lamed  – Rav Attali, Orisrael.org – Rabbin Jacques Kohn  – La Yéchiva des Etudiants  – Chabbad.org – Chiour Avigès – La minute d’étude – Jacob ben Isaac Achkenazi de Janow, Le commentaire sur la Torah)

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Chavoua tov, Bonne semaine à chacun.

Rav Yehoshua Rahamim Dufour ________________________________________________________

Le jour juif commence la veille au début de la nuit ; il se termine au coucher du soleil.  En tous cas, l’allumage des bougies de chabbate ne doit pas se faire plus tard que 18 minutes avant le coucher du soleil. (Source : Modia)

Il est indispensable de lire la traduction en français de chaque paracha avant ce commentaire pour bien le comprendre.

Texte de la paracha dans la Bible hébraïque ici : Lire le texte

22e Paracha Vayaqhel « Il fit assembler, Moché, tout… « Chémote (Exode) 35, 1 – 40, 38

Cette paracha nous enseigne, nous dit le Rav Dufour, l’ordre de l’univers, l’ordonnancement de ce qui se passe dans le temps, notre tâche dans ce contexte : nous « rassembler ». Cela veut dire : – être ensemble à un certain niveau de très grande qualité, – agir avec cette qualité dans l’espace (vivre comme sanctuaire)  – dans le temps (vivre dans le Chabbat)  – selon le modèle donné par Hachém, – et cela dans une attitude relationnelle (la réciproque du don maximum qu’Il nous fait). Il n’est pas étonnant que cette paracha nous soit donnée à l’approche de la fête de Pourim qui, malgré toutes les difficultés de notre histoire et toutes les difficultés personnelles de chacun, nous a révélé que l’ordre du monde est mené par la bonté du Créateur. Dans ce contexte, où nous avons compris que nous n’habitons pas chez les autres qui seraient les acteurs puissants de l’histoire, la paracha vient nous apprendre comment vivre chez nous, dans un lieu magnifique qui est nommé michkane ou mikddache (lieu de résidence et de sainteté). D.ieu dit : Je serai « miqddaché«  par eux, Je résiderai en eux ; traduction non élégante mais qui exprime exactement la phrase hébraïque.

La fonction du sanctuaire est de rétablir la relation de bonheur qui a existé entre D.ieu et l’homme créé : ainsi, le Chabbat lui-même nous rend participants de ce « monde à venir » qui reprend et réalise le plan initial, il préfigure un monde qui sera totalement Chabbat ; chaque membre du peuple d’Israël en est déjà une part. Aujourd’hui, le Chabbat nous le fait vivre et sentir dans l’organisation du temps et dans l’organisation de l’espace, et dans l’organisation des relations et de notre propre être. La maison particulière devient ainsi un miqddache qatane, un petit sanctuaire.  La paracha nous demande tout de suite de protéger cet état de qualité si haute et ce collectif de qualité en n’y faisant pas de feu, qui réfère à la brutalité de la production concrète. On comprend maintenant pourquoi la Torah et nos Sages ont organisé de façon très concrète la protection du Chabbat, par quelques interdictions supplémentaires, car on ne peut vivre cet état de bonheur ici sans l’organiser concrètement ; la sortie des automatismes de travail et d’agitation et de préoccupations ne se réalise pas sans une protection.  On ne reçoit pas sans préparation des amis, de même pour le Chabbat qui est de cet ordre de ce qui nous est précieux, et bien au-delà.

Avec Michaël Mouyal , nous voyons la spiritualisation des matériaux physiques du Tabernacle qui permettait la révélation de D.ieu dans ce sanctuaire. Il en est de même pour la prière. Après que l’homme se soit élevé et raffiné à travers sa prière, D.ieu se dévoile dans la réalisation des demandes formulées. La Paracha s’ouvre par le verset :  » Voici les comptes du Tabernacle, Tabernacle de témoignage  » (Ex. 38 : 21). Mais pourquoi la Torah répète-t-elle le mot Tabernacle ? Certains répondent en disant qu’en fait, il y avait deux Tabernacles, celui énoncé dans la section de Térouma et celui évoqué dans les sections de Vayakhel et Pékoudé. Le Tabernacle évoqué dans Terouma est celui qui se trouve au Ciel, lorsque D.ieu le décrit à Moïse pour que les Juifs le construisent, alors que le Tabernacle énoncé dans les deux autres sections est le Tabernacle matérialisé, lorsque les Juifs procèdent à sa fabrication. Ce deuxième Tabernacle est celui que décrit la Torah comme  » Tabernacle de témoignage  ». Mais on ne trouve pas cette mention à propos du Tabernacle céleste. C’est bien que le Tabernacle matériel a un avantage que n’a pas le Tabernacle spirituel. Lequel ?

Le Talmud fait remarquer que dans la paracha de Pékoudé, il est écrit 18 fois la mention  » Il fit comme D.ieu a ordonné à Moïse  » ou autre mention de ce style. Cela correspond aux 18 bénédictions  de la Amida (prière que l’on récite debout). Lorsque Betsalel et Aholiav étaient tous deux réunis, cette phrase est écrite 18 fois ce qui fait bien référence aux 18 bénédictions. Mais la Guemara objecte qu’en réalité, cette mention se retrouve 19 fois, ce à quoi elle répond que la première fois (chap. 38, vers. 22), seul Betsalel a été évoqué et non Aholiav. Mais lorsque Betsalel et Aholiav étaient tous deux réunis, cette phrase est écrite 18 fois ce qui fait bien référence aux 18 bénédictions. Betsalel et Aholiav étaient les deux sculpteurs, qui ont formés les ustensiles du Tabernacle. Ils étaient très intelligents et D.ieu les a dotés d’une sagesse particulière. Betsalel était de la tribu de Juda et Aholiav était de la tribu de Dan. Alors que Juda était la tribu la plus élevée et prestigieuse, Dan était une tribu assez modeste. Malgré cela, le décompte ne peut commencer que lorsque Betsalel et Aholiav sont tous les deux réunis, et non lorsque Betsalel est seul, et même s’il vient de la tribu la plus importante. Il doit s’associer et élever même une tribu très modeste. C’est de cette manière que l’on obtient dix-huit fois la phrase  » comme ordonna à Moïse « , correspondant aux dix-huit bénédictions de la Amida.

La Amida sert à élever la personne, aussi basse soit-elle. La prière doit consister à élever le niveau le plus bas, et doit donc se faire en présence d’un  »Aholiav »pour l’élever. C’est d’ailleurs pour cela que la prière est comparée à une échelle plantée à terre dont le sommet atteint le ciel. C’est à dire que la prière arrive à lier la terre avec le ciel, et parvint à apporter l’élévation à une situation très modeste. Une personne qui se sent éloignée et spirituellement basse pourra s’élever et atteindre des hauteurs spirituelles si elle se concentre dans la prière et dirige son cœur vers son Créateur, avec sincérité et authenticité. Mais en quoi consiste cette intention particulière au moment de la prière, capable de l’élever considérablement ? Lorsque l’homme constate ce qu’il a, il risque de le détacher de D.ieu; la prière vient permettre de rectifier cela. La réponse se trouve dans le contenu des mots :  » Comme D.ieu a ordonné à Moïse « .

Lors de la prière, un homme demande à D.ieu de réaliser ses désirs, de lui donner de la Sagesse, guérison, subsistance… Apparemment, tous ces points semblent être naturels. Une personne peut croire qu’il est intelligent par nature, que s’il est riche c’est parce qu’il travaille beaucoup, ou s’il a guéri c’est parce qu’il a été voir un bon médecin. Lorsque l’homme constate ce qu’il a, il risque de le détacher de D.ieu. Et la prière vient permettre de rectifier cela. Il s’agit de s’en remettre totalement à son Créateur et de croire avec sincérité que c’est Lui qui est à l’origine de tout le bien. C’est à Lui qu’il convient d’adresser nos requêtes. Tout provient de D.ieu. C’est cette idée qui ressort aussi de la mention :  » Il fit comme D.ieu a ordonné à Moïse « , qui laisse entendre que Seul l’Eternel est à l’origine de tout. C’est cette conscience de rattachement à D.ieu qui permet à l’homme de s’élever à travers la prière,  »Aholiav » peut ainsi s’élever.

Cette idée se retrouve particulièrement à travers la construction du Tabernacle. D.ieu se dévoilait justement dans ce Tabernacle terrestre, formé par des objets et des ustensiles matériels. La matière pouvait recevoir l’élévation pour que D.ieu puisse y résider. Cela, à l’image de la prière qui permet à un homme qui se sent complètement matériel et éloigné de la spiritualité, de s’élever et se rapprocher de D.ieu. De plus, c’est cette spiritualisation des matériaux physiques du Tabernacle qui a permis la Révélation de D.ieu dans ce sanctuaire. Et il en est de même pour la prière. Après que l’homme se soit élevé et raffiné à travers sa prière, cela peut engendrer le dévoilement de D.ieu, qui s’exprime par la réalisation des demandes formulées. Mais seulement, tout ceci n’est valable que pour un Tabernacle matériel et concret. C’est un tel Tabernacle qui peut recevoir le dévoilement de la divinité par l’intermédiaire de l’élévation de la matière. En revanche, le Tabernacle céleste, celui évoqué dans la Paracha de Terouma, n’étant que spirituel, est dépourvu de cette propriété. C’est pour cela que ce Tabernacle matériel construit par les Juifs, put recevoir le qualificatif de  »Tabernacle de témoignage », car c’est lui qui peut témoigner du dévoilement de la présence divine. Lorsqu’il y a élévation de la matière, il y a aussi dévoilement de D.ieu. Que D.ieu fasse qu’Il se dévoile de nouveau parmi Son peuple dans le Troisième Temple, par le mérite de nos prières, Amen.

« Que tous les sages de cœur viennent et accomplissent » (Exode 35, 10) Le rav Shlomo Yaffe nous explique que Moïse appela chaque membre du peuple d’Israël à mettre ses talents particuliers (sa « sagesse ») au service de l’édification du Michkane, le Tabernacle du désert. Le Michkane fut une merveille d’art et d’ingénierie, qui nécessita une grande sagesse et la mise en œuvre de nombreux talents. Mais pourquoi en a-t-il appelé aux « sages de cœur » ? Cette notion n’est-elle pas contradictoire en elle-même ? Car, après tout, la sagesse relève de l’esprit, et les émotions du cœur ! La Torah nous enseigne ici une puissante leçon, que nous pouvons mettre à profit pour l’édification de notre Michkane personnel. Le talent en lui-même est stérile, et l’émotion seule est imprévisible.

Il se peut qu’un sage possède une certaine connaissance, mais que celle-ci n’ait pourtant aucun impact sur sa vie. Elle demeure dans la vitrine de son esprit, sans jamais être employée à diriger son comportement. Une autre personne peut faire l’expérience d’une profonde émotion religieuse, dont l’expression est si forte qu’elle atteint un point où elle perd de vue d’autres choses importantes et positives dans lesquelles elle devrait également s’investir, ou bien elle devient exagérément critique de ceux qui semblent ne pas partager son degré de ferveur. Pour parer à ces travers, D.ieu ordonne à Moïse de dire au peuple juif : alors que chacun et chacune d’entre vous s’emploie à construire un Michkane personnel – un Sanctuaire pour D.ieu fait des matériaux de votre vie – veillez à être « sages de cœur ». « Sage » : laissez la sagesse divine diriger vos sentiments d’une manière constructive, équilibrée et intégrale. « De cœur » : laissez cette sagesse créer un flux d’enthousiasme et de passion pour le bien et le divin qui remplissent votre être et changent le monde

Avec le Grand Rabbin Jacques Ouaknin , nous voyons que de même que le Sanctuaire est capable d’expier la faute du Veau d’Or, le Chabbat peut procurer le pardon de tout péché, fut-il celui de l’idolâtrie. Afin de calmer leurs appréhensions quant à l’avenir, Moïse s’adresse à toute la communauté des enfants d’Israël et leur fit comprendre que le jour de Kippour a pu expier la faute du Veau d’Or, mais que le Chabbat sera toujours présent, pour procurer le pardon pour les autres fautes, même l’idolâtrie, allusion aux fautes comparables à celle du Veau d’Or. Le texte emploie une expression particulière pour désigner la communauté d’Israël: « Vayaqhel Moché êt kol adat bené Israël » Moise rassembla toute la communauté des enfants d’Israël. Le mot « adat » laisse entendre que Moïse n’a rassemblé que les notables, les grands personnages de la communauté. Le devoir de réprimande doit être exercé par les dignitaires et les autorités morales de la communauté. Personne n’accède à une dignité si le Ciel ne l’a pas décidé ainsi.

Moise pensait donc s’appuyer sur les dignitaires pour faire passer le message. Nous retrouvons d’ailleurs cette méthode des cercles concentriques chaque fois qu’il s’agit de la transmission de la Torah. Rambam ne nous dit-il pas qu’il faut répéter 4 fois une halakha pour la retenir ! Nous l’apprenons de Moïse lui-même qui donnait une première leçon à son frère Aaron, puis répétait la même leçon devant Aaron et ses fils. Ensuite, les Anciens se joignaient à eux et Moïse répétait la même leçon. Et enfin, avant de se retirer pour laisser la place à Aaron, Moïse exposait la même leçon devant tout le peuple réuni. Après l’avoir reçue de l’Eternel, Moise a répété 4 fois la Torah. Le Chabbat constitue l’aboutissement des 6 jours de la création. Sans création, il n’y a pas de Chabbat. C’est pourquoi la Torah parle des 6 jours de la semaine pendant lesquels l’homme doit travailler et s’adonner à toutes ses occupations. De cette formulation de la Torah, deux déductions sont évidentes. La première est que le travail est nécessaire, le travail est noble. La seconde est que le travail n’a de sens et n’est sanctifié que par l’institution du Chabbat.

Les jours de la semaine ne sont considérés que comme des moments de préparation pour le Chabbat qui ne saurait exister ici bas, sans les 6 jours de travail, et ces 6 jours n’ont aucun sens sans le Chabbat. D’autre part, la semaine et le Chabbat sont en opposition : ils sont différents dans toutes leurs manifestations: « Que tu tiennes le Chabbat en honneur » (Isaïe 58,13) signifie: que tes vêtements du Chabbat ne soient pas les mêmes que ceux de la semaine. Que ta démarche du Chabbat ne soit pas celle de la semaine. Le jour du Chabbat, tes préoccupations ne doivent pas être les mêmes que celles de la semaine. Le Chabbat est sanctifié, c’est-à-dire, séparé, différent, distingué des autres jours. C’est pourquoi nous devons éviter d’aborder tout sujet pouvant créer des dissensions, des crispations ou des irritations. C’est le sens que donne les Hassidim à « l’interdiction de faire du feu » mise en exergue par rapport à tous les autres travaux interdits.

Ne mettez pas le feu de la discorde dans vos demeures en abordant des sujets pouvant susciter la colère, la mauvaise humeur, la dispute. Le fait que la Torah parle de « demeures » au pluriel « Vous n’allumerez pas de feu dans vos demeures » fait allusion, selon le Maguid, à la demeure en Israël et celle de l’exil, insistant ainsi sur l’observance du Chabbath obligatoire quelle que soit la situation du peuple d’Israël. Ainsi, le Chabbat possède un caractère miraculeux et régénérateur, qui a permis au peuple juif de survivre malgré les vicissitudes qu’il a connues durant 2 000 ans et qu’il permet aujourd’hui à tous ceux qui l’observent, de connaître un moment de lumière et de vrai bonheur au milieu d’un flot de grisaille. Le Chabbat a un pouvoir tel qu’il est capable de redonner à l’homme toute sa dignité et tout son éclat.

En compagnie du rav Léon Askénazi, nous étudions l’un des thèmes qu’enseigne la tradition (sans donner de réfèrences trop précises) vient d’un des commentateurs du Zohar qui est le Chla’h : toute l’histoire du grand 7ème jour, toute l’histoire du monde depuis la fin du 6ème jour du commencement, jusqu’à l’achèvement de l’histoire du 7ème jour, lorsqu’on arrivera à la fin du 6ème millénaire, au 8ème jour peut être considérée comme la construction du Beit Hamiqdach. La diffèrence qu’il y a entre le monde des 6 jours et le monde du 7ème jour c’est que dans le monde des 6 jours, D.ieu est présent. Lorsque l’on lit attentivement le récit des 6 jours du commencement on voit que c’est un monde où D.ieu est présent, Sa présence est dévoilée, le fait qu’il agit pour modifier le monde pour l’agencer nous est formulé par le texte de manière directe, immédiate, « expérimentable », mais il n’y a pas d’homme, l’homme arrive à la fin du 6ème jour.  Et dès que l’homme arrive dans le monde selon le récit, D.ieu se cache. Donc la différence entre le monde des 6 jours et le 7ème jour est la suivante : dans le monde des 6 jours c’est la présence de D.ieu et l’absence de l’homme, dans le monde du 7ème jour c’est l’homme qui est le maître de l’histoire mais D.ieu est caché. Nous avons le problème d’une impossiblité de présence réciproque de D.ieu et de l’homme. Précisèment la définition du Beit Hamiqdash ou du Mishkane c’est d’être la maison où Dieu et l’homme peuvent être simultanément en présence.

Le Zohar explique cela de la manière suivante : Dans le monde de D.ieu il n’y a pas de place pour l’homme. Il donne alors l’image qui est plus qu’une image : dans le soleil, il n’y a pas de place pour la lumière d’une bougie, et inversèment dans le monde de l’homme, pour la même raison, il n’y a pas de place pour D.ieu : dans le monde de la bougie, il n’y a pas de place pour le soleil. Par conséquent, il y a une impossibilité à priori de la construction du monde lui-même. C’est dire qu’un monde où D.ieu et l’homme seraient présents est impossible ! Le secret de la Torah c’est qu’il y a une alliance entre le Créateur et la créature pour tenter de dépasser cette impossibilité et de construire quand même un monde où Dieu et l’homme seraient présents l’un à l’autre : c’est cela le Beit Hamiqdach. Alors, le secret de la Torah pour que la présence de l’homme et de D.ieu soit possible sans danger pour l’homme pour les deux raisons vues précèdemment (dans le monde de la bougie pas de place pour le soleil et dans le monde du soleil pas de place pour la bougie) c’est la sainteté.

C’est pourquoi le Beit Hamiqdach s’appelle la « maison de sainteté ». S’il y a sainteté, la présence réciproque de l’homme et de D.ieu est possible. S’il n’y a pas sainteté, elle est impossible. Il y a là un thème qui explique l’ensemble du récit de la bible. Plus il y a sainteté, plus  la Chekhina se dévoile. Moins il y a de sainteté, plus la Chekhina est cachée. L’objectif de la construction du monde c’est donc de construire le Beit Hamiqdach. Le Beit Hamiqdach dont la Torah parle est d’une certaine manière, le modèle, la préfiguration de ce que doit être le monde pour que l’homme et D.ieu, D.ieu et l’homme, soient présents l’un à l’autre dans le même monde, ce qui est le monde du 8ème jour. Par conséquent, toute l’histoire du monde est vue de ce point de vue–là comme la construction du Beit Hamiqdach. On comprend donc le lien entre le 7ème jour et le Beit Hamiqdach. C’est pourquoi la Halakha va déduire des travaux nécessaires pour la construction du Michkane, ce qu’on appelle un travail interdit le jour du Chabat. On voit pourquoi c’est directement de cet exemple que la Halakha va déduire la définition des travaux interdits le jour du Chabat. Parce qu’en fin de compte, le travail, quelque soit le travail, la Avoda, c’est la construction du monde comme Beit Hamiqdach.

«Heureux  ceux qui habitent ta maison Ils disent constamment ta louange » Le Pchat (premier niveau d’explication) pour ‘Ta maison’ c’est le Temple. Mais on peut bien comprendre qu’il s’agit du monde.  Dans le mot Berechit, la dernière lettre est Tav, au milieu c’est Youd : Bayit (maison)

C’est-à–dire que tout l’objectif du monde est de construire une maison. Une maison qui pourra être commune à D.ieu et à l’homme. Ainsi, pendant les 6 jours cette maison est vide de l’homme : ce n’est donc pas la maison que D.ieu voulait. Le 7ème jour c’est apparemment vide de D.ieu et ce n’est donc pas la maison que l’homme veut. Enseignement de Rabbi Na’hman de Braslav dans la formulation ’hassidique : On parle de Olam Hazeh (ce monde-ci) et de Olam Haba (le monde futur) Olam haba, on comprend, mais Olam Hazeh, où est-il ? Ici c’est le Guéhinam !

L’objectif est de construire un Olam Hazé qui serait vivable. C’est cela Olam Haba. [Ne pas traduire par « au-delà » le « Olam là-bas » mais c’est le Olam Haba, le monde qui est en train de venir, en train de se faire. C’est le Olam Hazé qui deviendra le Olam Haba.] L’idée importante : Tant D.ieu de sa part, ce qu’il a exprimé à travers la parole des prophètes, que l’homme pour la sienne, ne sont pas satisfaits du monde parce que c’est soit le monde de D.ieu sans l’homme, soit le monde de l’homme sans D.ieu. Le Talmud (Sanhédrin 97b) formule la certitude de l’avènement messianique de la manière suivante : Celui qui est en deuil finira par saturer (de son deuil) Inévitablement le deuil prendra fin. Un deuil permanent n’existe pas. Une religion qui serait une religion de deuil, ce n’est pas juif.

Toutes les communautés qui basculent dans ce profil de la religion triste de la cérémonie de deuil où la cérémonie religieuse se passe entièrement dans des prières de deuils, finissent par disparaître. Moi, explique encore le rav Askénazi, de tradition séfarade, j’ai été impressionné par cette tendance du judaïsme séfardi originel, espagnol et portugais, parce que c’est la définition même de la religiosité de l’âme espagnole et portugaise pour laquelle l’expérience religieuse est l’expérience du deuil. Un deuil inouï dans cette religion vécue en tant que deuil. La formule la plus directe est de dire cela : il y a une espèce de prise de conscience qu’exister c’est un mal. Et par conséquent la vie revient à expier le fait d’exister. C’est la culpabilité d’être… Méfiez-vous ! La névrose religieuse, même de ce genre guette même les juifs. C’est contre cela que la ’Hassidout a voulu réagir en basculant du côté de Torat Mosheh (la Torah de Moïse) par le chant, la danse, la joie, le rire, l’étude heureuse.

Concernant le erev rav, le Rav Shmouel Fischel nous dit :.Rachi explique qu’il s’agit d’un mélange de peuples qui se sont joints au peuple d’Israël au moment de la sortie d’Egypte et que Moïse a convertis sans l’approbation divine, et qui n’étaient pas sincères. Iben Ezra explique qu’il s’agit d’égyptiens qui seraient le « Assafsouf » cité dans Bamidbar 11,4. Le Rav Léon Askenazi poursuit : A la fin de la paracha, D.ieu dit à Moïse : « va dire à Israël méfiez-vous maintenant vous êtes devenus Am Qashe Oref » (un peuple à la nuque raide). Mais la Quashout Oref vient du Erev Rav. Israël a pris sur lui d’être cela pour pouvoir être Israël. Dit très rapidement au niveau sociologique : Lorsque les Juifs reviennent d’exil, ils ramènent avec eux toutes les manières d’être Goy, avec les qualités et les défauts. Et c’est tout cela ensemble mis dans le même creuset qui devient la société d’Israël. Or, je vous suppose très préoccupés des événements contemporains. Je distribue une feuille de références dont je vous ai fait des copies en hébreu où tout ces événements qui se passent aujourd’hui sont indiqués dans des réfèrences qui vous sont données, en particulier du  Zohar et du Talmud mais surtout du Rav Kook qui décrivent et expliquent ce qui se passe actuellement, et tout cela est indexé au Erev Rav. Je vous en lis une phrase : « Qui sont ceux-là qui persécutent le reste de leur frères, les enfants d’Israël, qui rendent leur vie amère et qui mettent en danger leur existence ? Déjà nos maîtres ont défini les malheurs des hommes de la génération précédant la Guéoula. » Et on nous donne toute une série de références. Une phrase est très frappante: « C’est ceux qui présentent une apparence extérieure israélienne alors que l’intérieur de leur identité n’est plus juive »

(Sources : Rav Dufour, Modia  – Michaël Mouyal, Lamed – Rav Shlomo Yaffe – Grand Rabbin Jacques Ouaknin, Vie Juive – Rav Léon Askenazi – Rav Shmouel Fischel)

_______________________________________________________ _______________________________________________________ Etudier la paracha de la semaine avec Modia : PARACHA DE LA SEMAINE – Nous sommes vers ce futur Chabbate dans la 21e paracha de la Torah et la 8e paracha du second livre de la Torah, Chémote. Elle se nomme : « KI TISSA, Quand tu recevras le compte. Chémote (Exode) 30, 11 – 34, 35 En voici l’axe: Comment sauver Israël? Par une longue étude de la Torah sur le coeur, avec le coeur. Qui compte en Israël? Quel peuple être ? CLIQUEZ ICI Et cette étude en anglais de la paracha (pour vos amis anglophones): CLIQUEZ ICI Et ici, les liens vers toutes les études, articles, photos, etc  : http://www.modia.org Rav Yehoshua Rahamim Dufour ________________________________________________________

Le jour juif commence la veille au début de la nuit ; il se termine au coucher du soleil.  En tous cas, l’allumage des bougies de chabbate ne doit pas se faire plus tard que 18 minutes avant le coucher du soleil. (Source : Modia)

Il est indispensable de lire la traduction en français de chaque paracha avant ce commentaire pour bien le comprendre.

Texte de la paracha dans la Bible hébraïque ici : Lire le texte

21e Paracha: Ki Tissa –  » Quand tu recevras le compte » Chémote (Exode) 30, 11 – 34, 35

Hachem prescrit à Moïse de recenser les Hébreux indirectement, en mettant en place un don obligatoire d’un ½ sicle par tête. Il lui décrit ensuite la vasque de bronze pour les ablutions sacerdotales ainsi que l’huile dont seront oints le sanctuaire et ses desservants, et enfin la composition de l’encens. Après avoir désigné Betsalel et Aholiav pour accomplir ces divers travaux, et avoir renouvelé l’exigence du Chabbat comme signe exclusif entre D.ieu et Son peuple, Il confie les Tables à Moïse. Pendant ce temps, le peuple s’impatiente et demande à Aaron de leur façonner une idole qui remplacera Moïse. La clameur impie parvient jusqu’au Sinaï : D.ieu fait descendre Moïse. Ce dernier, prenant connaissance de la faute du Veau d’Or, brise les tables. Sous ses ordres, ceux qui sont restés fidèles à Hachem, principalement la tribu de Lévi, passent au fil de l’épée les rebelles. D.ieu décrète qu’Il ne résidera plus parmi eux, mais les guidera par un intermédiaire. Moïse prie pour le pardon des fautes et est exaucé. D.ieu lui révèleSa gloire et Ses 13 attributs de miséricorde, puis réitère les commandements prescrits lors de la première montée. Quand Moïse redescend enfin avec une copie des Tables de la Loi, son visage rayonne tant qu’il doit porter un voile.

Ki Tissa débute par la suite de la préparation du Sanctuaire et du culte. Dans « la minute d’étude », on nous apprend que la collecte du demi-chékel a été prise comme rachat et donnée pour le culte. Les bnei Israël reçoivent l’ordre de faire la bassine pour les ablutions, l’huile et l’encens pour embaumer et oindre, nommer celui qui doit superviser les travaux et mettre en garde: il s’agit de Betsalel et de la mise en garde sur l’observance du Chabat. Quand Moché a tardé à redescendre de la montagne, les bnei Israël ont concrétisé la présence de Hachem par la statue d’un Veau en or et non par le Sanctuaire. A la suite de cela, Hachem a dit «Je ne monterai pas au milieu de vous». Malgré tout, Il s’est révélé à Moché dans le creux du rocher, car «tu as trouvé grâce à Mes yeux», et pour remplacer les Tables qu’il avait brisées, Il lui a donné les deuxièmes Tables et a conclu une alliance par l’annonce des lois qui concernent le public. Dans ce contexte, il est question de l’éclat du visage de Moché.

La paracha décrit la fabrication du Veau d’Or nous rappelle Aish.fr. La question évidente qui se pose est la suivante : comment les Juifs ont-ils pu commettre une telle faute? Après tout, ils venaient tout juste d’être témoins des Dix Plaies orchestrées par D.ieu et de la séparation miraculeuse de la Mer Rouge. Qui dans le camp israélite avait l’audace de se tourner si promptement vers l’idolâtrie? Voici ce qui se passa : durant des centaines d’années, les Juifs furent de vulgaires esclaves en Egypte, maltraités et ridiculisés. Et puis avec les Dix Plaies, la roue tourna et 3 millions d’entre eux sortirent d’Egypte au nez et à la barbe de l’ennemi ! Lorsque les Juifs quittèrent le pays, un petit groupe d’Egyptiens « sauta dans le train en marche » et se rattacha au camp juif. Ce groupe est connu sous le nom de « multitude mélangée », Erev Rav en hébreu. Etant donné qu’ils ne s’étaient pas intégrés au Peuple Juif, le Veau d’Or fut l’occasion pour eux de lancer une révolution – aussi autodestructive qu’elle ait pu se révéler.

Les cabbalistes expliquent que l’énergie de cette multitude mélangée trouve son écho dans l’inclinaison qui pousse chacun d’entre nous à nous éloigner de D.ieu. Il nous arrive d’être frustrés parce que les choses ne vont pas exactement comme nous l’aurions souhaité. Alors nous nous mettons en colère et nous nous rebellons. Or c’est bien la pire des erreurs. Car en réalité, le degré suprême de notre expression humaine consiste à utiliser notre libre-arbitre pour découvrir Dieu – au sein même des épreuves et tribulations de la vie quotidienne. Quelle est donc la clé pour combattre cette tendance autodestructrice ? Reconnaître qu’il s’agit d’une entité étrangère à nous, au même titre que cette multitude séparée. Parce qu’à la base, notre désir ultime est de servir D.ieu… par tous les moyens.

Dans la malheureuse histoire du Veau d’Or, seule une tribu n’a pas fauté: la Tribu de Lévy (ou Levi, Levi Strauss, Lewis, Loewi, Levis 501, etc…). C’est d’ailleurs cette tribu qui a répondu à l’appel de Moché: passer par le fil de l’épée tous ceux qui fautèrent en faisant le veau d’or. C’est d’ailleurs à cette occasion, que D-ieu retira la responsabilité du service dans le temple aux Bechorot, aux premiers-nés. A partir du veau d’or, ce ne sont plus les aînés qui exerceront le service dans le Temple, mais les Levy (et les Cohen, qui sont une branche de la famille Levy). A ce propos, le Rav Schwab raconte donc une histoire. Il était invité un jour chez le « Nassi Hador », le plus grand de la génération: le Hafetz Haïm. Et pendant ce Shabbat, le Hafetz Haïm posa une question bizarre au Rav Schwab: – « Es-tu Cohen ? » – « Non » – « Ah, dommage…et es-tu Levy ? » – « Non plus » – « Ah c’est vraiment bête car lorsque Machiah viendra, seuls les Cohen ou les Levy pourront servir dans le temple. Et comme je suis Cohen (le Hafetz Haïm était effectivement Cohen : Rabbi Israël Meïr Kagan, Kagan étant la transcription polonaise de Cohen), je pourrais servir. Et pas toi. Et au fait, pourquoi n’es-tu pas Cohen ? »  Alors là, le Rav Schwab tombe des nues. Qu’est-ce que c’est que cette question ? C’est évident ! Parce que mon père n’est pas Cohen ! « Et pourquoi ton père n’est pas Cohen ? »

Le Rav Schwab ne comprend vraiment pas: qu’est ce que j’y peux moi si mon père n’était pas Cohen ? Alors le Hafetz Haïm lui expliqua: « loin de moi l’idée de te narguer en disant « t’as les boules Coco, moi je suis Cohen et pas toi. C’est bête, hein ? « Non, ce que je veux te montrer c’est que si tu n’es pas Cohen ou Levy, c’est qu’à un moment de l’histoire de l’humanité, il fallait répondre à un appel. Il fallait répondre à l’appel de Moïse qui demandait d’aller avec lui pour punir la faute du Veau d’Or. Mes ancêtres y ont répondu : pas les tiens.Ce que je veux te montrer, ce sont les conséquences énormes que peuvent engendrer un choix de l’homme ». Nous sommes tous chaque jour confrontés à des appels: faut-il prendre telle ou telle responsabilité ? Faut-il agir tel que l’on me le conseille…ou faut-il désobéir ? Chacune des réponses que nous apportons aura évidemment une conséquence pour nous, mais aussi pour notre entourage, et pire encore: pour nos enfants et nos petits-enfants ! Nous devons tous répondre à des appels et des défis en matière d’éducation juive, de transmission de la tradition juive ou de refus de l’assimilation. Il faut y répondre ! Pour notre bien, mais aussi pour nos enfants ! Voilà la vraie leçon du Hafetz Haïm.

Raphaël Bloch, de la yéchiva des étudiants,  nous enseigne que la Guemara Berakhot 55a explique : « Rabbi Shmouel fils de Na’hmani dit au nom de Rabbi Yonathan : Betsalel se prénomme ainsi par sa sagesse. Lorsque le Saint Béni Soit-Il dit à Moshé : va et parle à Betsalel, qu’il fasse le Tabernacle, l’arche et les ustensiles, Moshé alla dire à Betsalel dans l’ordre in verse, qu’il fasse l’arche, les ustensiles et le Tabernacle. Betsalel lui répondit : Moshé, notre maître, depuis toujours l’homme construit sa maison, et seulement ensuite y fait entrer ses ustensiles, et tu me dis de faire l’arche et les ustensiles avant le Tabernacle, mais où les ferai-je entrer ? Peut-être le Saint Béni Soit-Il t’a-t-il dit : le Tabernacle, l’arche et les ustensiles ? Moshé lui répondit : (c’est juste) étais-tu à l’ombre de D.ieu pour que tu le saches ?

Rav Yehouda au nom de Rav dit : Betsalel savait associer les lettres avec lesquelles ont été créés le ciel et la terre (…) » A maintes reprises, nos Sages ont enseigné que la parole divine devait être traduite par le prophète en fonction de la réalité humaine. Il n’y a donc pas lieu de s’étonner du fait que Moshé ait « traduit » l’ordre dans lequel devaient être fabriqués le Tabernacle et les ustensiles. Pour autant, il est étonnant que Moshé ait compris un ordre inversé, alors que la remarque de Betsalel relève du bon sens le plus élémentaire. Et malgré cette apparente évidence, Moshé trouve la réplique de Betsalel si extraordinaire qu’il ne voit pas comment ce dernier a pu deviner la parole divine, si ce n’est en se trouvant à l’ombre de D.ieu (c’est précisément le sens du mot Betsalel, composé de deux parties : Betsel, « à l’ombre », El, « D.ieu »). Il semble donc que Moshé et Betsalel avaient deux conceptions totalement différentes du rôle du Tabernacle et de ses ustensiles.

Au début de la parasha suivante, Vayakhel, Moshé rassemble toute la communauté et leur enseigne la Mitsva de Shabbat et celle de la mise en œuvre du Tabernacle. Rashi nous précise que cela eut lieu dès le lendemain de Yom Kippour, jour du don des deuxièmes tables de la Loi (on se rappelle que les premières avaient été brisées suite à la faute du veau d’or). Le Ramban explique le lien entre ces deux événements : c’est justement maintenant, lorsque D.ieu a pardonné au peuple juif, qu’Il leur a donné de nouvelles tables, qu’Il a conclu une nouvelle alliance, qu’Il réside de nouveau parmi eux, c’est alors que Moshé leur enjoint de construire le Tabernacle, ordre que D.ieu lui avait donné avant qu’il ne brise les premières tables. Nous sommes donc à l’aube d’une reconstruction, une nouvelle réalité s’impose : tout est à refaire. Par quoi commencer ? Dans l’esprit de Moshé, le Tabernacle représentait l’espace dans lequel s’effectue le service de D.ieu, et les ustensiles l’ouvrage humain. Or la faute du veau d’or correspond à un échec dans la manière de se servir des moyens mis à notre disposition pour servir D.ieu [[Pour beaucoup de commentateurs, le veau d’or n’était pas réellement de l’idolâtrie]]. Il fallait donc commencer à réparer en fabriquant de nouveaux ustensiles. Betsalel, quant à lui, avait une autre vision de la teshouva. Lorsque D.ieu révèle à Moshé les treize attributs de miséricorde, il dit : Hashem, Hashem, D.ieu compatissant, miséricordieux, lent à la colère, plein de générosité etc. Les deux premiers attributs sont donc le Nom divin répété deux fois. Rashi commente : « Je suis D.ieu avant que l’homme ne faute, Je suis D.ieu après que l’homme a fauté. » Il ressort donc que le deuxième nom est celui qui s’applique à la teshouva, et reste de manière étonnante identique au premier. Rav Yitz’hak Hutner explique de la manière suivante : « D’ici nous voyons que la force de la teshouva ne peut s’exprimer par des mots ou une association de mots qui ont une traduction ou un sens dans d’autres circonstances, ainsi qu’il en est pour les autres attributs. La force de la teshouva s’exprime seulement par le nom de D.ieu, ‘Hashem’, qui ne peut être traduit, et ne peut s’associer qu’à D.ieu. D’ici nous apprenons que la force de la teshouva n’est pas une force comme les autres forces qui dirigent le monde. C’est l’expression même d’une réalité nouvelle, car le sens le plus simple du nom ‘Hashem’ est le suivant : ‘Celui qui donne naissance (fait naître) la réalité, et qui à chaque instant la renouvelle ex nihilo.’ Puisqu’il n’y a pas d’autre expression pour la teshouva, c’est donc que la teshouva est une deuxième création. » C’est ainsi peut-être que Betsalel concevait la réalité du peuple juif au lendemain de Yom Kippour, jour de pardon, jour du don des deuxièmes tables. Une nouvelle réalité n’est pas une reconstruction, elle est identique à la première, de même que le nom de D.ieu est identique avant que l’homme ne faute et après qu’il a fauté. Il faut donc commencer comme pour la première création du monde par constituer l’espace qu’est le Tabernacle, et ensuite seulement les ustensiles.[[On doit néanmoins garder à l’esprit que ce nom, « Hashem », est celui réservé à une teshouva complète. Le Maharal enseigne que l’attribut « vénaké » est celui qui correspond à une teshouva partielle. Dans ce dernier cas, il n’y a pas de réalité nouvelle.]] Il est possible que cette capacité qu’a démontrée Betsalel de cerner jusqu’où peut aller la force de la teshouva en tant que nouvelle création ait fait dire à nos Sages : « Betsalel savait associer les lettres avec lesquelles ont été créés le ciel et la terre. »

Mais qui étaient donc Betsalel et Aholiav ? Le Rav Dufour nous explique que Betsalel ben Ouri, de la tribu de Judah, prénom qui signifie « dans l’ombre de D.ieu »et Aholiav ben Ahisamakh de celle de Dan, Aholiav signifie « tente du père » étaient deux artisans orfèvres chargés d’embellir l’arche Sainte et ses ustensiles, deux hommes au cœur rempli de sagesse qu’Hachem avait chargés de la construction de Son sanctuaire. Le Rav Dufour nous explique  que l’œuvre de Betsalel et d’Aholiav est l’œuvre et la présence de ceux que la Torah nomme, « ‘hakham lév« , (sage de cœur) – (Torah. Exode, Chémote 31,6 – 35,10 – et surtout Chémote 36,1) qui mandate de tels hommes  d’agir pour le bien du peuple: « Donc Bétsalel et Oholiav et tout homme Sage de Coeur à qui Hachém a donné la sagesse et la compréhension pour connaître, faire tout le travail saint vers tout ce que Hachém a ordonné« . Et c’est ainsi, comme il est dit en Chémote 36,8 : »tout Sage de coeur accomplirent le travail du Sanctuaire, fabrique des tapis de lin et d’azur, de pourpre et d’écarlate, décorés de deux chérubins, oeuvre de création attentive et réussie (‘hochév) les a réalisés« ). Cela est si important que les Proverbes (Michlé 10,8) disent que ce Sage de coeur, dans sa sagesse « prend » la mistva de cela.

David Touboul nous dit que les Sages du Midrach se posent des questions sur  la personnalité de Betsalel et d’Oholiav, puisque la Torah ne raconte aucun détail sur leur personne. D’où Betsalel tenait-il ses dons ? A-t-il bénéficié d’une prophétie particulière ? Etait-il prédestiné depuis l’enfance pour cette mission particulière, ou bien a-t-il été choisi et s’est ensuite débrouillé pour faire ce qu’on lui demandait le mieux possible ? Un midrach célèbre s’intéresse à sa désignation, car la formule utilisée par la Torah est assez inhabituelle (D.ieu le désigne par son nom) Pour Rabbi Itzhak, on ne doit pas désigner de Parnass, c’est-à-dire de personne chargée d’une mission pour la communauté, de dirigeant public, si cette personne ne réunit pas tous les suffrages, n’obtient pas l’assentiment de tous. Autrement dit, il ne s’agit pas d’une désignation autoritaire et imposée d’en haut, mais D.ieu propose, Moïse et le peuple acceptent. Personne ne sera étonné que les rabbins du Talmud voient en Betsalel un des leurs avant de voir en lui un artiste particulièrement génial et doué. Pour Rabbi Yohanan, D.ieu ne donne de don particulier qu’à ceux qui possèdent déjà une certaine sagesse, et le mot Hokhma renvoie à l’érudition rabbinique. Betsalel est et restera dans la tradition juive l’artiste par excellence, l’archétype de quelqu’un de doué qui possède tous les talents, tous les dons pour assembler, créer et façonner.

Sur Machia’h arrive, on nous dit que chaque Juif doit savoir qu’il a la force d’accomplir tout ce qui est nécessaire, de « Aleph » jusqu’à « Tav » (de A à Z). Et ceci s’exprime en premier lieu dans sa vie quotidienne. Dès qu’il se réveille le matin, il dit la prière de « Modé ani » à travers laquelle il reconnaît D-ieu, s’annule devant Lui et s’unit à Lui au point où sa première expression est « Modé – reconnaissant » et seulement dans un deuxième temps exprime-t-il sa propre existence : « ani – je suis ». Cela constitue le « Aleph » de sa journée. « Beth » : au cours de la journée, il s’affaire au contact du monde, il travaille honnêtement et sanctifie le monde. « Guimel » : arrivent la conclusion et le bilan de son labeur lors de la prière de Arvit et de la lecture du Chéma qui précède le coucher. La vie tout entière suit aussi cette répartition : d’abord le début de sa mission dans la vie, puis le milieu de sa mission et la conclusion de celle-ci dans la perfection, en particulier dans notre génération où l’accent est mis sur la nécessité de conclure le travail et d’amener concrètement la Délivrance messianique ! Cette force vient à chaque Juif de Moïse et du « Moïse » de chaque génération grâce à qui il peut recevoir la lumière du rayonnement de gloire. Plus encore : chaque Juif possède son propre rayonnement de gloire de par l’étincelle de Moïse qu’il a en lui. C’est encore plus perceptible chez les chefs de toutes les générations, jusqu’à mon beau-père, le Rabbi, comme préparation au temps où D.ieu rétablira « Tes juges comme autrefois, tes conseillers, comme à l’origine » (Isaïe 1, 26), en premier lieu desquels sera le Machia’h.

Pour en revenir au « Erev rav », sur Terredisraël, on approfondit la question en expliquant  que c’est un groupe d’étrangers dont Moïse a accepté la conversion contre l’avis divin et qui se sont joints aux Hébreux lors de la sortie d’Egypte. La tradition juive en fait des convertis non sincères qui furent responsables, notamment de la faute du veau d’or, comportements indignes se manifestant parmi les Juifs. Et le Rav Shmouel Fischel du site Sheela nous dit que le Iben Ezra explique qu’il s’agit d’égyptiens qui seraient le « Assafsouf » cité dans Bamidbar {11,4). Ils auraient été les catalyseurs de certaines révoltes contre Moshé Rabénou pendant les 40 ans de traversée du désert. Le « Erev Rav » s’est donc greffé au peuple d’Israël et il n’est plus possible a priori de définir d’une façon précise qui en fait partie. Par contre nous trouvons dans la Guemara et dans d’autres sources de nos sages que la notion de « Erev Rav » fait aussi allusion à de mauvaises vertus qui pourraient se trouver dans chacun d’entre nous. Israel613 explique que la poussée principale du érev rav consiste en fait à unifier Essav et Ichmaël et à séparer les  deux Mashia’h. Par conséquent, notre plus grand service et plus grande bataille est de rompre et d’éliminer la force du érev rav, la klipa  (l’écorce) du sein d’Israël, car c’est notre plus grand ennemi. La klipa  du érev rav fonctionne au moyen du mensonge et par des chemins épineux, donc la guerre contre le érev rav est la plus difficile et la plus amère de toutes les guerres. Nous devons donc nous renforcer pour cette guerre et quiconque ne participe pas à la bataille contre devient, en fait, un allié de la klipa du érev rav. Kol ha Tor, chapitre 2, section 2, lettre beit.

Le Rav Elie Kahn ajoute que le Kol ha Tor est un livre qui a été écrit par Rabbi Hillel de Schlauw, élève du Gaon de Vilna, sur le déroulement de la rédemption, selon les enseignements de son maitre. Il a été édité par le Rav Cacher dans un ouvrage qui s’appelle « Hatekoufa Haguedola » et qui se trouve dans le commerce. Le Rav Cacher y a rajouté une introduction.  Citons un exemple contemporain du Erev Rav. De la même façon, De nos jours, quand les nations se rendent compte qu’elles ne peuvent empêcher le retour d’Israël sur sa terre, elles votent la création de l’Etat hébreu, mais en infiltrant des ennemis qui font tout pour le détruire. Le rav Dynovicz nous dit que ce sont, en particulier, toutes les idéologies qui, de l’intérieur, essaient de faire douter les Juifs de leurs droits. Ces ennemis de l’intérieur sont presque toujours des Juifs, mais cette paracha nous révèle que les moteurs en sont le Erev Rav (exemple : le noyau dirigeant des dangereux « Naturé Karta » sont, à la base, des non-Juifs infiltrés par les nations pour détruire l’Etat d’Israël de l’intérieur et tenter de mettre fin à son projet sioniste. Le Zohar enseigne que notre délivrance ne dépend que de notre force pour nous nettoyer ! Et c’est ce qu’avait annoncé Hachem par Son prophète : « Un jour, Je prendrai la Terre et Je la secouerai pour en faire tomber toutes les saletés. » Le Zohar dévoile que ce sera le dernier grand combat d’Israël : discerner qui sont les vrais, et qui sont les faux et ceux qui les manipulent. Ainsi, comme on le voit tous les jours, les faux messianismes de Edom et d’Ichmaël sont actuellement très actifs au sein d’Israël, aussi bien sur le plan politique que religieux.

(Sources : La minute d’étude – Aish.com – Raphaël Bloch , la Yechiva des Etudiants – Rav Dufour – Blog de David Boutboul – Machia’h arrive – Terredisiraël.com  – Rav Shmouel Fishel, Sheela -Israel613 – Rav Elie Kahn z’al – Rav Dynovisz)

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La paracha de la semaine et les nouvelles sur Modia :

Paracha de la semaine et nouvelles dramatiques

– Allez au centre de la page d’accueil de Modia 

http://www.modia.org

et vous trouverez les liens et la présentation détaillée de

1 – la paracha de la semaine :

PARACHA DE LA SEMAINE – Nous sommes vers ce futur Chabbate dans la 20e paracha de la Torah et la 7e paracha du second livre de la Torah, Chémote. Elle se nomme : « TETSAVÉ, Tu ordonneras ». Chémote (L’Exode) 27, 20 – 30, 10.
En voici l’axe: La beauté de l’homme idéal et son vêtement Construire le moi juif . Les sens et l’attention. La beauté de participation (nature d’Israël). La beauté de participation (nature d’Israël reliant le bas et le haut). La beauté de participation de notre être. Le vêtement de Moché. Le vêtement du Cohen. Le vêtement du Juif. etc
2 – Dès maintenant, nous sommes dans le merveilleux mois de Adar. Voyez ici  tout ce qui se passe chaque jour de ce mois et le sens de cela dans l’histoire, dans les textes et dans les vies, chez les Sages de vos traditions, le tout avec références, lien à la vie et photos.  CLIQUEZ ICI

3 – Voici la principale nouvelle en deux points:

L’offensive mondiale dramatique de John Kerry contre IsraËL qu’il menace sans fard. Et derrière lui, bien entendu, son patron qui le mandate pour cela: Obama. Voici les faits à lire ci-dessous.  Les conséquences sont dramatiques parce qu’elles signent au niveau mondial l’autorisation du monde occidental de continuer les multiples menaces et agressions antisémites et antiisraéliennes concrètes qui s’élèvent dans les différents pays européens autour de l’Allemagne experte, jusqu’aux tentatives juridiques européennes d’interdire la circoncision.

La tactique Kerry/Obama est la suivante:  (suite de cette analyse au centre de la page d’accueil de Modia)
– Bonne semaine, Chavoua tov  et Bon nouveau mois de Adar 1, ‘Hoddesh tov !

Yehoshua Rahamim Dufour ________________________________________________________

Texte de la paracha dans la Bible hébraïque ici : Lire le texte

20e Paracha: Tétsavé – « Tu ordonneras » Chémote (L’Exode) 27, 20 – 30, 10

Hachem prescrit à Moïse d’ordonner aux Hébreux de préparer de l’huile d’olive pure afin que le chandelier soit perpétuellement allumé. Il lui détaill ensuite la confection des habits sacerdotaux, ceux du Cohen Gadol Aaron et ceux des cohanim des fils. Il lui prescrit également la liturgie sacrificielle de l’initriation des Cohanim eet de l’inauguration du sanctuaire, ainsi que le sacrifice perpétuel de 2 moutons quotidiens. La paracha s’achève par la description de l’autel d’or sur lequel est offert l’encens et son rapport avec la liturgie de Yom Kippour.

Depuis la naissance du guide d’Israël, le nom de Moïse apparaît dans toutes les parachiyote, sauf dans celles de Tétsavé. Curieuse coïncidence, la paracha Tétsavé est toujours lue dans la semaine de l’anniversaire de Moïse, comme pour nous dire, bien que son nom ne soit pas mentionné, Moïse est toujours omniprésent. C’est dans la semaine où est lue la paracha de Tetsavé qu’est commémorée la mort de Moïse. C’est en effet le 7 adar que se situent à la fois la naissance et le décès de Moïse, nous dit le rav Léon Askénazi. Or, il est frappant de remarquer que c’est précisément dans cette paracha que le nom de Moïse n’apparaît pas. On explique habituellement ce fait de la manière suivante : lorsque Moïse a intercédé en faveur d’Israël à propos de l’épisode de la faute du Veau d’Or, il a demandé expressément ceci (Exode 32, 32-33) : « Et maintenant, veuille suspendre leur faute, sinon efface-moi de Ton livre que Tu as écrit. D.ieu répondit : « C’est celui qui aura fauté envers Moi que j’effacerai de mon livre. » Cependant, selon l’adage traditionnel (Zohar ‘Hadach, Midrach Hané’élam, P. 60b) : « La malédiction d’un sage, même si elle n’a pas d’objet, se réalise en quoi que ce soit ». L’effacement du nom de Moïse aura lieu précisément dans cette paracha. Il faut certes comprendre qu’un sage ne profère jamais de paroles vaines. Il y a toujours ne serait-ce que dans la marge de subconscience qui accompagne tout événement, une raison cachée qui rend compte de ce qui aura été proféré.

La parole d’un sage est vérité, même si dans les apparences elle dépasse notre propre perception de la réalité. Or, dans le dialogue entre Moïse et D.ieu, concernant la faute du Veau d’Or, il est évidente que la culpabilité, et donc la punition éventuelle, ne pouvait être imputée à Moïse ; Pourquoi ? En ce cas, se met-il en jeu de manière aussi directe ? « Efface-moi de Ton livre que Tu as écrit ! » Rachi, citant le traité Berakhot (Berakhot 32a) indique qu’il s’agit du livre de la Torah : « Qu’on ne dise pas de moi que je n’ai pas été capable de prier pour eux. » C’est la Loi que Moïse transmet à Israël qui les rend passibles de faute en cas de transgression ; il doit donc, lui-même, pouvoir intercéder pour eux en cas de faute qui mettrait leur existence en jeu. Plus profondément encore, Moïse prend acte par là même d’une certaine responsabilité de la faute du peuple, comme si elle le concernait malgré lui et à son insu.

On étudiera à ce sujet la manière dont Rachi interprète l’interpellation de D.ieu à Moïse au moment de la faute du Veau d’Or (Exode 32,7) : Et D.ieu dit à Moïse : « Va, descends, car ton peuple s’est mal conduit, celui que tu as fait monter du pays d’Egypte. » Rachi : Il n’est pas écrit « le peuple » s’est mal conduit ; mais « ton peuple ». Il s’agit du « grand mélange » (le ‘erev rav) que tu as accepté de convertir de ta propre initiative. (Récit de l’adjonction du ‘erev rav aux tribus d’Israël au chapitre 12, verset 38 de l’Exode). D’une certaine manière, donc, Moïse serait, en quoi que ce soit, impliqué malgré lui dans cette faute. C’est lui, Moïse, eet non D.ieu Lui-même que « le peuple » voulait remplacer par l’idole du Veau d’Or (Exode 32,1). « Fais-nous des die »ux qui marcheront devant nous, car cet homme, Moïse, qui nous a fait monter d’Egypte, nous ne savons pas ce qu’il en est advenu. » Ainsi, ce qu’il fallait éviter essentiellement, c’est le culte de Moïse, en tant que médiateur. C’est pourquoi, essentiellement, le nom de Moïse disparaît de la paracha qui concerne, centralement, le culte du Tabernacle. Il est donc important de comprendre comment la Torah formule le rôle de Moïse comme médiateur de la Loi. Son génie pédagogique consiste dans le fait que la conformité à la Loi doit procéder de façon spontanée et autonome de la part de celui qui reçoit son enseignement, beaucoup plus que d’une obéissance à un ordre. En effet, le verset dit expressément : « Quant à toi, tu ordonneras aux enfants d’Israël. Et ils t’apporteront… »

Le rav poursuit : Le fait que les enfants d’Israël t’apportent l’huile pure sera la conséquence de l’enseignement que tu leur auras donné. On le voit bien, pour le comprendre clairement, il faut lire l’expression employée dans sa signification hébraïque. Le verbe traduit par « tu ordonneras » (tetsavé) possède 2 constructions grammaticales : il signifie soit « donner des instructions » lorsqu’on emploie la forme verbale du datif (tsav el) ; soit « donner une instruction » lorsqu’on emploie la forme du complément d’objet direct, ce qui est le cas ici (tsav et). Moïse ne doit pas se borner à donner des ordres. Cela impliquerait l’erreur de croire que c’est à lui que l’on obéit quand on se conforme à la Loi. Tout autrement, il donne une instruction, une formation, un enseignement, dont le résultat doit être que, de façon spontanée et autonome, celui qui en a été l’objet décide par lui-même d’agir conformément à la Loi qu’il reçoit. Moïse réussit comme parte-parole de la Loi, lorsqu’il s’efface totalement devant la Loi qu’il transmet. Il était important de comprendre que c’est précisément à propos du culte du Temple que cela devait être enseigné.

Moïse est cependant présent dès le premier mot « et toi tu ordonneras aux enfants d’Israël qu’ils prennent de l’huile d’olive pure concassée pour le luminaire », et toi (ata) désigne bien sûr Moché, mais son nom n’est jamais mentionné, nous dit le rav Philippe Haddad. Celui dont la mission est de redonner la valeur du nom dans une société égyptienne anonyme, lui qui se révèle dans le livre de Chémote, le livre des noms, lui dans la première question à D.ieu est « quel est ton nom ? », lui dont le nom lu à l’envers (de gauche à droite) donne Hachem = le Nom, brille ici par son absence. Moïse a gagné, il est un bon avocat, il en ressort grandi. Mais dans cette histoire qui dit « grandeur » dit « risque de fascination ». Moïse ne fut-il pas idolâtré par une certaine frange du peuple qui voyait en lui un dieu, un « ich haélokim » que l’on peut traduire soit « homme de D.ieu » soit dans son sens idolâtre « homme Dieu », une sorte de pharaon d’Egypte ? N’était-il pas pour certains un « pharaon » fils de Bytia la princesse ? Moïse a sauvé Israël de la mort en Egypte, il le sauve de la destruction au Sinaï. Quelle stratégie adopter pour que de nouveau Moïse ne soit pas auréolé des oripeaux divins ? Effacer son nom, pour la gloire de Celui qui est source de vie. « Et maintenant suspend leur faute, et si c’est pour ton nom ineffable (ayin, le transcendant) alors efface-moi de ton livre ». Le pardon divin va de pair avec l’effacement du nom de Moïse, afin que les croyants reconnaissent la grandeur du Créateur. La lumière du candélabre qui brillera à partir de l’huile offerte par l’ensemble des enfants d’Israël ne doit briller que de la lumière divine, sans l’ombre de l’homme, fût-il Moïse lui-même. La grandeur d’un maître reste sa transparence !

« Tu ordonneras aux bnei Israël et ils prendront pour toi de l’huile d’olive concassée pour le luminaire pour faire monter la lumière perpétuelle. » Le rav David Pinto nous explique que l’on pourrait expliquer cette phrase comme une allusion. En effet, la menora fait allusion au Chabbat : les 6 branches font allusion aux 6 jours  de la semaine, et les 3 branches d’un côté et les 3 branches de l’autre font allusion aux 3 jours de la semaine suivant le Chabbat, qui se nourrissent de la sainteté du Chabbat précédent, et aux 3 jours précédant le Chabbat, qui se nourrissent de la sainteté du Chabbat suivant. Les 7 lampes qui brillent vis-à-vis de la face de la menora sont une allusion au fait que les 6 jours sont bénis en lui. C’est ce que dit le verset « Et toi, ordonne aux bnei Israël », c’est-à-dire toi Moché, qui es monté au ciel et y est resté pendant 40 jours et 40 nuits, qui as contemplé l’immense bonheur de jouir de l’éclat de la Chekhina, « toi », tu pourras enseigner aux bnei Israël ce qu’est le plaisir infini du jour du Chabat, qui est vraiment « un peu du monde à venir ». Dans la phrase « qu’ils prennent pour toi de l’huile d’olive pure… » il y a une allusion à l’âme supplémentaire que l’homme reçoit pendant  le Chabbat. En effet, les lettres de « hachemen » (l’huile) sont les  mêmes que celles de « nechama » (l’âme). « Pour alimenter les lampes  en permanence » nous dit que l’âme supplémentaire brillera en eux  toujours, tous les Chabbatote, et illuminera les 6 jours.

La Yéchiva des Etudiants nous explique que le Maharal dans Netiv haTorah au chapitre 12 nous explique le poids que prennent les paroles d’un Sage : « La malédiction [en général, pas spécifiquement pour un Sage] existe du fait du ‘manque’ attaché au récipiendaire. C’est en cela que l’atteint la malédiction, parce qu’il agit envers l’autre de manière inconvenante. Faire du mal à autrui s’appelle un ‘manque’, ce qui entraîne vers lui la malédiction. » En d’autres termes, si quelqu’un se comporte mal envers son prochain et que ce dernier le maudit, l’acte négatif a créé un ‘manque’ qui fait que la malédiction pourra avoir un effet. « Mais la malédiction du Sage, même gratuitement, peut prendre effet, car les gens ordinaires sont considérés en situation de ‘manque’ par rapport aux Sages. » Il existe un décalage entre le Sage et une personne ordinaire. Ce décalage est assimilé par le Maharal à un ‘manque’, ce qui fait que même sans raison particulière, ou si elle assortie d’une condition qui n’est pas remplie, la malédiction d’un Sage à l’encontre de quelqu’un d’autre a la possibilité de se concrétiser.

Cette explication du Maharal ne semble pas résoudre le problème posé par le cas de Moché, qui s’était maudit lui-même au cas où D.ieu ne pardonnerait pas aux enfants d’Israël. Peut-on parler, à ce propos, de situation de ‘manque’ par rapport à lui-même ? Dans les nouvelles éditions du Baal haTourim, une deuxième réponse est proposée quant à l’absence du nom de Moché dans notre paracha : « De plus, cette paracha parle de la prêtrise, et Moché aurait dû devenir Grand Prêtre, mais comme il refusa d’aller accomplir la mission que D.ieu voulait lui confier, cette charge lui fut ôtée pour être donnée à Aharon (traité Zeva’him 102a). C’est pourquoi le nom de Moché n’est pas mentionné ici, en relation avec la tristesse qu’il ressentait. » Cette explication est étonnante : pourquoi Moché aurait-il été triste de voir son frère élevé au rang de Grand Prêtre à sa place ? Mais peut-être pouvons-nous utiliser cette Guemara pour mieux comprendre la première explication du Baal haTourim. Le destin de Moché était de devenir Grand Prêtre. Lorsqu’il échoue, parce qu’il refuse d’assumer le rôle que D.ieu envisage pour lui, il établit un ‘manque’ par rapport à son potentiel, par rapport à lui-même. Et malgré le fait que D.ieu pardonne aux enfants d’Israël, la malédiction proférée par Moché, « efface moi de Ton livre », s’accomplit. Le décalage de Moché par rapport à son destin initial crée l’espace dans lequel la malédiction va se réaliser. Ce décalage se trouve être à propos de la prêtrise, le nom de Moché sera donc absent de notre paracha qui traite de la prêtrise.

 «Observez le Tabernacle et faites-en un modèle pour votre vie spirituelle», nous disent les cabalistes. En étudiant sa structure et son mobilier, nous pouvons en tirer de nombreux enseignements en ce qui concerne la «structure et le mobilier» de notre propre vie. Attardons-nous sur la menorah, le Candélabre à sept branches qui illuminait le Tabernacle (michkan). Le Talmud établit que l’éclat de la menorah rayonnait même à l’extérieur du Sanctuaire. En fait, elle avait pour but d’éclairer le monde entier. Dans le Tabernacle humain, la menorah représente le rayonnement intérieur de chaque individu, la lumière de son âme. Cultiver notre lumière intérieure est le travail d’une vie, dont le processus est décrit dans les instructions données par D.ieu pour allumer la menorah. L’une des clés que nous possédons pour décoder les secrets de la Torah consiste à être sensible aux emplois grammaticaux inhabituels ou irréguliers dans son langage.  Chaque fois que la Torah dévie de sa structure linguistique habituelle, cela nous incite à nous plonger plus profondément dans le verset. Moins la terminologie est courante et plus nombreux sont les secrets qu’elle révèle.

Quand D.ieu commence à donner les instructions concernant la menorah, Il dit à Moché : «Et tu commanderas aux Enfants d’Israël qu’ils t’apportent de l’huile d’olive pure, concassée pour le lu minaire, pour allumer les lampes» (Exode 27 : 20) La formulation semble assez simple. Mais en y jetant un regard attentif, ce dialogue livre de nombreux secrets. Tout d’abord, quand D.ieu donne des instructions à Moché, Il le fait en ces termes : «Parle (ou «commande») aux Enfants d’Israël…». Or, ici Il dit : «Et tu commanderas aux Enfants d’Israël…» Cette légère modification n’est pas simplement un changement technique mais comporte une implication philosophique. D.ieu désire-t-Il simplement que Moché transmette un message ou veut-Il qu’il endosse un rôle plus actif et plus visible en relayant Ses instructions ? Quel type d’intermédiaire D.ieu attend-Il de la part de Moché ? D’autre part, que signifient les mots «concassée pour le luminaire» ? Ne se serait-on pas attendu que D.ieu s’exprime ainsi «concassée pour illuminer» ? Après tout, l’huile était utilisée pour illuminer le Tabernacle et pas seulement pour être versée en haut de la menorah, le luminaire? Ces deux détails singuliers fonctionnent comme des drapeaux rouges qui nous signalent que nous devons nous interroger. La signification de la ménorah Le luminaire représente les profondeurs de l’âme, sa source essentielle de lumière, d’où émergent toutes ses forces et tous ses dons. Tout comme l’adrénaline, cette puissante et essentielle source de lumière est réservée pour les moments de grand besoin et nous n’y avons habituellement pas accès. Mais «concassée pour le luminaire», quand nous sommes dans l’urgence, confrontés à un défi que nous devons surmonter, elle surgit et nous octroie des forces extraordinaires.

C’est ainsi que tout au long de leur histoire, les Juifs ont pu conserver leur engagement à la Torah, malgré les terribles dangers que cela impliquait. On peut évoquer, par exemple, le fait que malgré la menace d’Haman d’annihiler la nation juive dans son ensemble, les Juifs ne renoncèrent pas à leur identité, ils ne tentèrent pas même de la cacher. Bien au contraire, ils se réunirent publiquement dans la prière et l’étude de la Torah. Un autre exemple nous est fourni par le grand nombre de ceux qui bravèrent le régime communiste, qui s’accrochèrent à leur identité juive, malgré tous les risques mortels encourus. D.ieu demanda de l’huile d’olive «concassée pour le luminaire». Il décréta des situations écrasantes parce qu’elles sont des opportunités pour développer l’endurance et la croissance, une lumière qui illumine l’environnement. «Et tu commanderas aux Enfants d’Israël» Le mot Tetsavé, «commanderas», possède un autre sens : «attacher». Dans cette acception, le verset se lit : «Et tu (Moché) attacheras les Enfants d’Israël (à D.ieu), et ils t’apporteront de l’huile d’olive».

Le «travail» de Moché consistait à rapprocher le peuple de D.ieu. Moché, nous explique la Cabale, est un expert pour cultiver et nourrir la foi en D.ieu. Cela ne signifie pas que, sans lui, nous n’aurions pas foi en D.ieu ! La foi fait partie de la constitution de notre âme. Mais il s’agit plutôt du fait que notre foi a tendance à rester abstraite et ne pas avoir d’impact sur notre vie quotidienne. Le travail de Moché concrétise notre foi, pour qu’elle touche notre conscience et nous fasse agir. Et c’est tout particulièrement vrai lorsque, parlant de l’huile de la menorah, D.ieu désigne Moché du doigt et dit : «Tu attacheras…» : ton rôle est vital pour attacher la conscience du peuple à son Créateur. Parce que plus notre foi en D.ieu est tangible, plus nous sommes capables de transformer les défis que nous rencontrons en opportunité pour nous développer. Tel est le travail d’un dirigeant juif : nous inspirer pour que nous transformions nos difficultés et leur donnions une réponse extraordinaire. Moché nous attire par la vision d’une vie meilleure, une vie tournée vers D.ieu au point que nous ressentons une profonde insatisfaction, voire un «écrasement» devant ce statu quo. Et puis l’huile commence à s’écouler. L’huile est la plus précieuse, la plus puissante.

« Tu feras confectionner, pour Aaron ton frère, des vêtements sacrés, insignes d’honneur et de majesté« . (Exode, 28, 2) Le rabbin Jean Schwarz nous rappelle que Aaron avait été le fidèle compagnon de Moïse pendant toute la période où celui-ci était en pourparlers avec Pharaon pour      obtenir l’affranchissement des Hébreux. Dorénavant, il sera chargé plus spécialement du culte de l’Eternel dans le Tabernacle, lui et ses descendants après lui. Et pour permettre à Aaron d’accomplir convenablement ce service divin, l’Eternel demande à Moise de lui confectionner des vêtements et des ornements spéciaux, qu’il revêtira quand il se présentera devant Dieu. En lisant tous les détails que nous fournit la Torah sur ces habits, on peut se demander pourquoi Aaron n’aurait pas, tout aussi bien, pu exercer son ministère dans ses vêtements de tous les jours. Qu’ajoutent à un tel service les habits particuliers Effectivement, nous savons que le vêtement que nous portons n’est pas d’une grande importance. On ne peut juger quelqu’un d’après ses habits. Ni l’intelligence, ni le cœur, ni aucun des nobles sentiments ne se manifestent dans ce que nous revêtons. Par contre, nous avons la possibilité de nous rendre compte si notre interlocuteur est un homme soigné et bien élevé d’après la manière dont il est vêtu, que ses vêtements soient riches ou non.

Par ailleurs, si nous avons du respect ou de la considération pour une personne, nous avons à cœur de nous présenter devant elle avec une mise plus soignée que devant n’importe qui. En agissant ainsi, nous lui montrons que nous avons fait un effort pour elle, que nous l’aimons et que nous lui sommes tout dévoués. II en est de même envers Dieu. Certes l’Eternel connaît les sentiments profonds de notre cœur et n’a pas besoin, lui, de marques extérieures de respect et d’amour. II n’en faut pas moins que nous, de notre côté, pour nous-mêmes plus que pour Dieu, nous fassions un effort pour nous présenter devant lui convenablement et soigneusement vêtus. Dans une certaine mesure, chacun de nous est au service de Dieu, tout comme le grand prêtre l’était au Tabernacle. Chacun se doit donc de soigner sa mise en toute occasion et plus particulièrement quand il est reçu en audience par l’Eternel au moment de la prière.

Tali Loewenthal nous explique que le Temple, point de convergence entre le D.ieu et le monde, fut de tout temps un thème majeur de la conscience juive. La Torah décrit avec force détails le prototype du Temple, le Sanctuaire portatif que Moïse et le peuple juif construisirent dans le désert du Sinaï. La paracha de la semaine dernière décrivit de quelle manière le Sanctuaire devait être construit. Il y avait la Cour, avec l’Autel de cuivre pour les sacrifices. Puis, à l’ouest, il y avait le Sanctuaire intérieur, avec des murs de bois de cèdre recouvert d’or et un toit formé de délicate tapisserie. Cette paracha décrivit aussi la plupart des objets sacrés qui devaient y être placés : l’Arche d’or contenant les Tables de la Loi ; la Table d’or et la Ménorah, candélabre à huile en or à sept branches. Mais l’élément principal ne fut pas mentionné, comme nous allons le voir. Tetsavé (Exode 27,30-30,10), décrit les vêtements des « prêtres » qui officiaient dans le Sanctuaire : Aharon et ses fils. Elle relate ensuite la manière dont ceux-ci devaient être sanctifiés avec de l’huile d’onction, et comment le service dans le Sanctuaire devait débuter. Tout à fait à la fin de la paracha de cette semaine, un dernier élément est décrit : c’est l’Autel d’Or sur lequel le prêtre offrait l’encens deux fois par jour, chaque matin et chaque après-midi. Il était placé dans le Sanctuaire intérieur, près de la Menorah en or.

Nos Sages s’interrogent sur le fait qu’une partie si importante du Sanctuaire soit évoquée en dernier. Pourquoi ne fait-elle pas partie de la paracha de la semaine passée dans laquelle étaient décrits tous les autres composants du Sanctuaire ? L’une des réponses à cela est : L’Autel d’Or est réservé pour la fin parce qu’il exprime la raison d’être du Sanctuaire tout entier. C’est son apogée. Ceci parce que le service de l’Autel d’Or était accompli de façon solitaire. Tous les autres services du Temple étaient publics. Le Talmud de Jérusalem (Yoma 5:2) déclare que lorsque que le prêtre pénétrait dans le Sanctuaire pour offrir l’encens sur l’Autel d’Or, il était seul avec D.ieu. Ceci souligne la dimension personnelle et intime de toute l’observance juive. À cause de la chaleur sociale de la vie juive, nous oublions parfois la joie et le sentiment d’accomplissement que le Judaïsme peut nous apporter en tant qu’individus. Chaque mitsva (commandement divin) constitue un lien personnel avec D.ieu. Que l’on accomplisse une mitsva seul ou avec un groupe de gens, celle-ci comporte toujours une dimension personnelle et intime. L’accent mis sur l’Autel d’Or dans la paracha nous rappelle que par la pratique juive dans notre vie quotidienne, chacun peut pénétrer l’atmosphère parfumée du Sanctuaire et offrir des encens à D.ieu. (Basé sur le Likoutei Si’hot du Rabbi de Loubavitch, vol. 1 p.171-2)

Le Temple est le microcosme de l’univers, au même titre que l’homme. Il contient en lui tous les éléments de la nature, et leur donne leur valeur et leur sainteté. Il y a en quelque sorte « transfert » de la sainteté du Temple vers la nature, celui-ci dispensant la sainteté concentrée à l’extrême en son sein vers le monde entier. Le Temple vit du travail et des sacrifices qu’y font les Cohanim, mais Il prodigue à l’extérieur, au monde entier, toute l’Influence que D.ieu désire déverser dans Son monde. La table des Pains de Proposition sera le canal de l’abondance alimentaire dans le monde ; l’encens apportera la paix ; le Candélabre dispensera l’intelligence et la sagesse à tous les peuples, etc… Nous pouvons  comparer le Temple à une sorte d’immense « salle des machines » qui dirige le monde dans son ensemble. Comme le dit le Midrach « Si les peuples savaient combien le Temple leur prodigue  leur bien-être, ils le construiraient en or » (Bamidbar Rabba 1, 3). Espérons que le message universel inscrit dans le Temple se révèlera aux peuples, et qu’ainsi Israël et les nations oeuvreront de pair pour faire advenir la révélation de l’Unité à toutes les familles de la terre.

(Sources : Rav Léon Askénazi, leçons sur la Torah – Rabbin Philippe Haddad – Rabbi Davdi Pinto- La Yéchiva des Etudiants – Loubavitch.fr – Rabbin Jean Schwartz, Lamed – Rav Tali Loewenthal, Chabad.org – Rav Mordékhaï Chriqui, Dr Avraham-Gilles Morali, l’Essence de la Torah)

________________________________________________________ ______________________________________________________ Voici les liens pour étudier la paracha et le nouveau mois juif de Adar sur Modia: Nous sommes vers ce futur Chabbate dans la 19e paracha de la Torah et la 6e paracha du second livre de la Torah, Chémote. Elle se nomme : « Térouma, Prélèvement de l’offrance dans le sanctuaire ». Chémote (L’Exode) 25, 1 – 27, 19. En voici l’axe: Ce qu’est le sanctuaire. Comment s’y comporter. Comment être des sanctuaires de La présence. Beaucoup le sont et ne le savent pas. Beaucoup le savent et l’oublient. Peu savent qu’ils sont ensemble un seul sanctuaire de La présence. ». . CLIQUEZ ICI Et cette étude en anglais de la paracha (pour vos amis anglophones): CLIQUEZ ICI Le nouveau mois juif de Adar commence : Mois de Adar – Modia ______________________________________________________

Le jour juif commence la veille au début de la nuit ; il se termine au coucher du soleil.  En tous cas, l’allumage des bougies de chabbate ne doit pas se faire plus tard que 18 minutes avant le coucher du soleil. (Source : Modia)

Il est indispensable de lire la traduction en français de chaque paracha avant ce commentaire pour bien le comprendre.

Texte de la paracha dans la Bible hébraïque ici : Lire le texte

19e Paracha – Térouma : Prélèvement d’offrande Chémote (L’Exode) 25, 1 – 27, 19

Il est demandé au peuple d’Israël de faire don de 15 matériaux – or, argent, cuivre ; laine teinte de bleu, de pourpre et de rouge ; lin, poils de chèvre, peaux d’animaux, bois, huile d’olive, épices et gemmes – desquels D.ieu dit à Moïse « Ils Me feront un sanctuaire et Je résiderai parmi eux. » Au sommet du mont Sinaï, Moïse reçoit des instructions détaillées sur la façon de construire cette demeure pour D.ieu afin qu’elle puisse être facilement démontée, transportée et réassemblée lors du voyage du peuple dans le désert. Dans la pièce la plus intérieure du sanctuaire, derrière un rideau artistiquement tressé, se trouvait l’arche contenant les tables du témoignage sur lesquelles étaient gravés les Dix Commandements ; sur le couvercle de l’arche, se tenaient deux chérubins ailés, taillés dans un bloc d’or pur. Dans la pièce extérieure se dressait la Ménorah à sept branches et la table sur laquelle les « pains de proposition » étaient disposés. Les trois murs du sanctuaire étaient composés de l’assemblage de 48 planches de bois qui étaient chacune recouverte d’or et tenue par une paire de socles en argent. Le toit était constitué de trois couches de couvertures : a. des tapisseries multicolores de laine et de lin, b. une couverture de poil de chèvre, c. une couverture en peau de bélier et de ta’hach. Face à l’entrée du sanctuaire, une tenture brodée était tenue par cinq poteaux. Entourant le sanctuaire et l’autel recouvert de plaques de cuivre, il y avait une clôture de tentures de lin soutenues par 60 poteaux en bois comportant des crochets et des ornements en argent et renforcées par des pieux de cuivre.

Beith Loubavitch nous pose la question suivante : pourquoi sommes-nous là ? Cette question maîtresse a été posée par des courants de pensée de Torah variés, Talmud, Moussar, Zohar, chacun à leur tour, chacun selon sa propre optique. L’enseignement ‘hassidique explique que toutes ces visions, ainsi que celles que l’on trouve dans d’autres ouvrages cabbalistiques et philosophiques sont toutes des facettes variées d’un désir divin unique dans la création, comme il s’exprime dans les différents « mondes », ou royaumes de la création de D.ieu. Le ‘hassidisme offre également sa propre formulation de ce désir divin : pour que nous fassions « une demeure pour D.ieu dans le monde matériel. » Qu’est-ce que cela signifie ? Une des pierres angulaires de notre foi est que « le monde entier est rempli de Sa présence » et qu’ « il n’y a pas un endroit vide de Lui ». Ainsi il ne nous revient pas de faire venir D.ieu dans le monde matériel : il s’y trouve déjà. Mais D.ieu peut se trouver dans le monde sans y avoir de résidence. Être « à la maison » implique être dans un lieu qui accueille votre présence, un un lieu  où l’on va s’affairer à accomplir vos désirs et satisfaire vos besoins. Cela veut dire être dans un lieu où vous pouvez être vraiment vous-mêmes contrairement à l’attitude que vous empruntez en public ou ailleurs.

Le monde matériel, dans son état naturel, n’est pas un environnement hospitalier pour D.ieu. Il n’y a qu’un point commun entre toutes les créatures matérielles, c’est leur égocentrisme intrinsèque, le fait que le fondement et le but de leur existence soient fondés sur l’ego. Avec chaque iota de sa masse, la pierre proclame : « je suis ». L’arbre et l’animal, dans chacun de leurs accomplissements, n’aspirent qu’à la préservation et la reproduction. Et qui plus que l’homme possède une ambition démesurée pour se mettre en avant, ambition qui deveient en lui bien souvent, un idéal qui le consume ? Le seul problème de cet égocentrisme n’est pas une caractéristique incidente ou secondaire de notre monde, mais son trait dominant. Ainsi pour faire de notre monde une « résidence » pour D.ieu, devons-nous en transformer sa nature elle-même. Nous devons reconstruire les fondements de son idenetité et faire de cette entité tournée vers elle-même quelque chose qui existe pour un dessein plus grand qu’elle. Chaque fois que nous saisissons un objet matériel ou que nous utilisons une aptitude et que nous les engageons dans le service de .Dieu, nous opérons une telle transformation. Quand nous prenons un morceau de cuir et en faisons une paire de «tefilines », que nous prenons une pièce de monnaie et la donnons à un nécessiteux, que nous employons notre esprit à l’étude d’un chapitre de Torah, nous opérons une telle transformation.

Deux pas sont nécessaires dans l’entreprise de faire de notre monde une résidence pour D.ieu. Le premier pas implique de faire des ressources matérielles « un réceptacle pour la Divinité » : façonner le cuir en tefilines, donner l’argent à un nécessiteux, programmer du temps pour l’étude de la Torah. Le second pas consiste à utiliser effectivement ces « réceptacles » pour qu’ils servent la volonté divine : attacher les tefilines sur le bras et sur la tête, utiliser l’argent donné à nourrir ceux qui en ont besoin, étudier la Torah, etc… Le morceau de cuir qui disait à l’origine « J’existe », dit maintenant « J’existe pour servir mon Créateur ». Une pièce dans une poche dit « J’aime l’argent » ; dans une boite de tsédaqa, elle dit « Le but de la vie n’est pas de recevoir, mais de donner. » Le cerveau humain dit « Enrichis-toi » ; le cerveau qui étudie la Torah dit « Connais ton Créateur. »

Une partie importante du livre de l’Exode est dédiée à la construction du Sanctuaire érigé par les enfants d’Israël dans le désert. Le Sanctuaire qui fut édifié dans le désert constitue une formidable innovation dans l’histoire du monde et dans les réalisations de l’humanité : une « maison » matérielle dans laquelle la Ché’hina – la Présence Divine – allait s’incarner et résider. En fait, l’idée parait si extraordinaire qu’elle interpella le Roi Salomon – le plus sages des hommes (Rois I 8 – 27) : «Le Ciel et tous les Cieux ne sauraient Te contenir, combien moins cette maison que je viens d’édifier ? » Comment, alors, comprendre qu’une chose aussi extraordinaire puisse être réalisée par les hommes, et que ce commandement incombe à chaque individu ? En réalité, seuls quelques privilégiés – tels que Betsalel et son équipe – furent engagés de manière effective dans l’édification du Temple et furent, pour cela, inspirés du souffle de D.ieu. Néanmoins, la Torah affirme clairement que cette œuvre dépendait des efforts et des dons de tous. Comment avons-nous – en tant qu’individu – le pouvoir d’inviter la Présence Divine à résider dans une structure physique et limitée ?

Au sujet du sanctuaire construit dans le désert par les enfants d’Israël, la Torah, généralement économe de ses mots au point que de nombreuses lois sont parfois contenues dans un seul mot, voire une seule lettre, est inhabituellement prolixe. Les 15 matériaux employés à la construction du Sanctuaire sont énumérés à trois reprises ; ses éléments et ses ustensiles, 8 fois ; et chaque détail de l’édification du Sanctuaire, depuis les dimensions de chaque panneau de bois, de chaque pilier, jusqu’à la couleur de chaque tapisserie, est explicité non pas une, mais deux fois, d’abord dans le récit du commandement de D.ieu à Moïse, puis de nouveau dans le récit de la construction du Sanctuaire. En tout, ce sont 13 chapitres qui décrivent comment certains matériaux appartenant au monde physique furent façonnés en un édifice consacré au service de D.ieu, ainsi que la formation des Cohanim (prêtres) qui devaient y officier. (Par contraste, la Torah ne consacre qu’un unique chapitre au récit de la création de l’univers, 3chapitres à la description de sa révélation au mont Sinaï et 11 chapitres à l’histoire de l’Exode.)

Le Sanctuaire est le modèle et le prototype de toutes les demeures ultérieures de D.ieu, construites sur le sol terrestre. Ainsi, la considérable importance attribuée à l’étape de sa « construction » (contrairement à l’étape de la « mise en œuvre ») implique que, dans notre vie également, transformer nos ressources personnelles en éléments ayant le potentiel de servir D.ieu est quelque chose de fondamental. Faire de nous-mêmes des « réceptacles  » pour la Divinité est, en un certain sens, plus important que d’apporter effectivement la Divinité dans notre vie. Car là est le véritable enjeu de la transformation : le passage d’un être centré sur lui-même à un être dévoué à quelque chose de plus grand que lui. Si D.ieu avait seulement désiré un environnement hospitalier, Il n’avait pas besoin d’un monde matériel ; un monde spirituel aurait pu tout aussi bien Le servir. Ce que D.ieu désirait était la transformation elle-même : le défi et l’accomplissement de la transcendance du moi et de la redéfinition de la matérialité. Cette transformation et cette redéfinition s’effectuent lors de la première étape, lorsque l’objet matériel est fait instrument du divin. La seconde étape consiste seulement à réaliser un potentiel déjà établi, en donnant à l’objet ce qui est désormais son usage naturel..

Hachem nous a donné des yeux pour voir et un coeur pour aimer. Ainsi, sachons reconnaître que le monde qu’Il a créé pour nous est d’une très grande beauté. Un aspect de cette beauté est la couleur : le bleu du ciel et le bleu plus profond de la mer, le brun et le vert des collines, le rougeoiement des couchers du soleil, l’arc-en-ciel multicolore et les myriades d’autres couleurs qui nous entourent à chaque instant de notre vie. Les couleurs possèdent également une signification spirituelle. Une expression de cette idée est à trouver dans la façon dont elles apparaissent dans la paracha Terouma, dans la description qui nous est donnée de la construction du Sanctuaire. (Exode, chapitres 25 à 27) Le Sanctuaire, construit avec soin par Moïse et le peuple juif après qu’ils aient reçu la Torah au mont Sinaï, était donc le prototype du Temple. Comme dans le Temple de Jérusalem, il créait un espace sacré, avec des niveaux croissants de sainteté : la cour extérieure, puis une pièce intérieure où se tenait la Ménorah en or, puis la pièce la plus intérieure, le Saint des Saints, où se trouvait l’Arche sainte qui contenait deux blocs de saphir, gravés des Dix Commandements, que Moïse avait rapportés du Sinaï. Les murs du Sanctuaire étaient faits de planches de bois recouvertes d’or, tenues fermement par de lourds socles d’argent. Ces murs étaient presque entièrement recouverts d’une tenture faite d’étoffes spécialement tissées. Il y avait aussi les vêtements des Prêtres. La Torah énumère au début de la paracha les diverses matières constituant ces tissus : de la laine bleue, de la laine violette, de la laine écarlate, du lin blanc…

La ‘hassidout explique que le Sanctuaire n’est pas seulement un édifice matériel destiné à être construit sous la forme plus pérenne du Temple à Jérusalem. Le Sanctuaire existe aussi dans le cœur de chacun. Ainsi D.ieu déclare-t-Il dans la Torah : « Ils me feront un Sanctuaire, et Je résiderai en eux » (Exode 25, 8) Le verset ne dit pas « Je résiderai en lui », dans le Sanctuaire, mais « Je résiderai en eux », dans le cœur de chaque Juif. Nous en venons donc à la question : que signifient les couleurs dans le sanctuaire du cœur ? Voici comment Rabbi Yossef Its’hak Schneersohn, le 6ème Rabbi de Loubavitch, les explique. (Ce qui suit est basé sur un discours de Rabbi Yossef Its’hak Schneersohn, 5708, pp. 141-145) : Le bleu exprime notre crainte devant l’infinie grandeur du Divin. Toute l’immensité de notre univers décrite par les astronomes n’est rien comparée à D.ieu dont l’infinitude absolue dépasse le monde. Cette idée fait naître un sentiment de crainte : le bleu. Et pourtant les Kabbalistes nous disent que la même idée peut induire un sentiment différent, une soif passionnée de se lier avec D.ieu, au-delà du monde, au-delà de la vie elle-même, un amour enflammé pour D.ieu: l’écarlate.

La combinaison de ces deux sentiments, la crainte et l’amour enflammé, conduit à la perception de notre propre petitesse, une conscience de notre pitoyable insignifiance par rapport à la grandeur infinie de D.ieu. De cette perspective, on considère sa propre personne avec compassion, comme en observant de très haut : pauvre petit moi, si perdu à penser exclusivement à moi-même… Ce mélange de bleu et de rouge écarlate donne le violet. Mais il existe aussi une autre forme d’amour de D.ieu. Non pas l’amour enflammé qui transcende l’univers, mais un amour qui coule comme de l’eau pure, conscient de la proximité intime et bienveillante de D.ieu et de l’amour de D.ieu pour nous. Ce chaleureux sentiment d’amour et de bienveillance est le blanc. Ce sont là les couleurs de l’âme, les émotions avec lesquelles nous nous lions à D.ieu dans notre propre Sanctuaire intérieur : le bleu, l’écarlate, le violet, le blanc…

Dans le commentaire sur la Torah de Jacob ben Isaac Achkenazi de Janow, on peu lire que le verset suivant se réfère au Messie « De l’huile pour l’éclairage » (Ex. 25,6), qui nous éclairera comme une bonne huile, afin de nous délivrer des ténèbres de la diaspora. Au sujet du Messie, il est écrit : « Je disposerai une lampe pour Mon oint. » (Psaume 132, 17) J’ai préparé une lumière pour le Messie qui nous illuminera. Cela nous apprend que durant l’exil, les enfants d’Israël devront donner des offrandes et faire la tsédaka afin d’être délivrés de la servitude. Rachi dit qu’il fallait aussi des aromates comme l’évoque la paracha Ki Tissa (Ex. 30,23) La Torah explique qu’il faut faire du commerce en utilisant des poids justes, afin de ne jamais effectuer de fausses pesées. (Siphra. Lév. 19, 35-36, B.B. 89b, Deut. 25, 13-15.) Tout de suite après, on raconte l’histoire d’Amalec qui tua beaucoup de Juifs. (Ex. 17,8-16) En effet, lorsqu’on ne paie pas correctement et qu’on se sert de poids truqués, les ennemis, D.ieu nous en préserve, risquent de s’abattre sur le peuple d’Israël, de tuer des Juifs et de prendre leur argent. Le Midrach (B.B. 9a) nous apprend ceci : Tant que le sanctuaire, et plus tard, le Temple, existaient, ils protégeaient Israël de la captivité ; mais quand ils furent détruits, ce futr alors la tsédaka qui préserva de l’exil ; c’est pourquoi la Torah énumère les différents exils dans les versets se rapportant au tabernacle.

 « Tu feras une Ménora d’or pur. » (Exode 25-31)Maïmonide dessina en détail la Ménorah. Son schéma nous aide à mieux comprendre les formes du chandelier. En effet, il y décrit avec précision : les branches, les fleurs, les calices et bien d’autres détails. Maïmonide traça les verres de la Ménorah en forme de triangle. Cependant, il les dessina à l’envers, c’est-à-dire la pointe vers le haut. Tous les 22 verres de la Ménorah sont représentés par des triangles inversés qui ont le côté le plus large vers le bas et la pointe vers le haut. Donc, selon Maïmonide les verres de la Ménorah donnent l’impression de transvaser leur contenu à l’extérieur. Quel message peut-on apprendre de cela ? En fait, les verres symbolisent ici, le but et la fonction de la Ménorah en particulier et du Temple en général.  De façon générale, une Ménorah ou un chandelier ont pour but d’illuminer l’intérieur de la maison. La Ménorah du sanctuaire, elle, devait servir à éclairer l’extérieur, car ni Hachem, ni le Temple n’avaient besoin de la lumière de la Ménorah. Elle se trouvait là pour illuminer le monde et montrer que la Divinité résidait parmi Israël. C’est pourquoi, selon nos sages, les fenêtres du Beth-Hamikdach étaient construites de manière à ne pas laisser pénétrer la lumière de l’extérieur ; elles faisaient jaillir les rayons de la Ménorah à l’extérieur, en direction de tout l’univers.  Ainsi, les gobelets de la Ménorah étaient inversés comme des verres prêts à déverser le liquide qu’ils contiennent à ceux qui ont soif. La leçon est claire : à l’instar du Temple qui éclairait le monde et ne retenait rien de sa lumière, nous devons nous aussi utiliser la lumière de la Torah et des mitsvote pour éclairer notre entourage et le monde dans son ensemble par la sainteté qu’elles produisent. Likouté Si’hoth

Le Rav M. Chriqui et le Dr A.G. Morali nous expliquent que le Temple est le point de jonction entre le monde supérieur, entièrement saint, et le monde terrestre, composé de forces duelles, spirituelles et matérielles. L’existence du Temple vient signer une accession possible de toutes ces forces matérielles vers un idéal de sainteté. Le but de D.ieu en créant le monde n’était rien d’autre que cela : pouvoir entraîner les forces empruntes de matérialité vers un monde fait de spiritualité. Par son édification, et surtout par le travail sacrificiel que font les prêtres au Temple, le monde matériel s’élève vers le divin. Et là est le souhait le plus profond de D.ieu, comme l’exprime le Midrach : avoir une résidence parmi les êtres terrestres.

Le Temple est en fait la possibilité qu’a donnée D.ieu à l’homme de sanctifier l’espace, qui est une des 3 dimensions de la sainteté. Le Sefer Hayetsira explique en effet que tout ce qui a été créé par D.ieu peut se diviser en une des 3 catégories suivantes : l’espace, le temps et l’être ; ou, dans le langage du Sefer Hayetsira, le monde, l’année et l’être, ôlam, chana, néfech ; (chapitre 2, Michna 6). Le but de la création est d’élever ces 3 dimensions vers la sainteté. L’élévation du temps se fait par le Chabbat et les fêtes, celle de l’espace par le Temple et celle de l’homme par le travail des mitsvote.

Dans Israël Actualité, Yvan Lellouche met l’accent sur le fait que le tabernacle était appelé Michkane, ce mot hébreu signifie résidence, de la racine  chakhane, habiter, mais aussi machkone, un gage. Le gage qu’Hachem donne aux enfants d’Israël, s’ils se conduisent dignement, ceux-ci mériteront que la Majesté divine demeure parmi eux, dans le cas contraire, la Chékhina leur est retirée. D.ieu a effectivement ordonné à Israël la construction d’un sanctuaire pour résider parmi eux… Bien sûr il ne faut pas comprendre ce concept littéralement, écrit le rav Chalom Messas zal dans son livre « Ham Achémech », car le verset dit : « Mala arets kévodo » (le monde entier est rempli de la Gloire de l’Eternel. Et à ce propos le prophète Yhéchaya diet : « Quel lieu pourrait être celui de mon repos ? » et dans le Cantique des Cantique, il est écrit : « Le Roi Salomon s’est construit un sanctuaire en bois du Liban… Les piliers, il les a faits d’argent, d’or et de carmin. L’intérieur est dallé de « l’amour des filles de Jérusalem »…

Le Roi s’est-il vraiment construit un sanctuaire ? Est-il possible que D.ieu fasse résider Sa Majesté en un lieu construit par des êtres humains, s’interroge Rabbénou Be’hayé ? Un tel endroit a-t-il pu être construit en bois du Liban avec des piliers d’argent ? Le but ultime du Tabernacle est de démontrer l’Amour de D.ieu pour le peuple d’Israël. Quand D.ieu dit à Moïse : « Qu’ils apportent pour Moi une offrande élevée », Il employa le mot « li » pour Moi, qui peut signifier également  « pour le Yod ». Pour nous apprendre qu’un individu donnant la tsédaka doit penser au Tétragramme (Yod Ké, et Vav Ké). En effet, l’argent donné représente le Yod. La main représente le . La main comporte 5 doigts et la valeur numérique de est 5. Le bras étendu pour donner la tsédaka à l’indigent représente le Vav. Enfin, la main ouverte tendue par le pauvre est symbolisée par le (final). Cette configuration nous apprend qu’Hachem est avec les pauvres et Il nous montre ainsi l’importance de la tsédaka.

Le Rambam explique qu’en réalité, quand on donne une pièce à un pauvre, en réalité, on prend ! Ce que le donateur « donne » au pauvre est limité et temporaire. Par contre, la récompense du donateur est infinie et se poursuit même dans le monde futur. De plus, le Talmud affirme que lorsqu’une personne donne la tsédaka dans un but désintéressé, elle crée un ange par le mérite de sa bonne action. Si cela est vrai d’un don consenti à un simple mortel, combien alors l’est encore davantage une contribution pour la construction du Tabernacle ou d’un centre d’étude pour la Torah ! Cela ressemble à un homme qui apporterait un cadeau à un roi puissant. Si ce présent est accepté, le donateur est plus heureux que s’il avait lui-même reçu du roi une importante récompense ! Offrir un présent au Roi constitue d’avantage un cadeau reçu qu’un don. Par conséquent, si Hachem désire accepter un présent des enfants d’Israël pour construire le Tabernacle, ils ne donnent pas, mais au contraire, prennent ; ils retirent de leur contribution la bénédiction et la protection divines. Puissions-nous avoir le mérite d’assister à la reconstruction du 3ème Temple de Jérusalem ! Amen.

(Source : Beith Loubavitch – Yanki Tauber – Tali Loewenthal, Chabbad.com – Yvan Lellouche, Israël Actualité – Jacob ben Isaac Achkenazi de Janow, Commentaire sur la Torah – Rav M. Chriqui et le Dr A.G. Morali, l’Essence de la Torah)

CULTURE JUDAÏSME – La paracha de la semaine du mois de chevate 5774 (janvier 2014)

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POUR L’AMOUR DE SION

Je suis devenue Juive – Reviens vers ton Peuple

Voici la dernière vidéo du Rav Dynovisz. Celle-ci est exceptionnelle, puisqu’elle présente une juive du nom de Tsipora Odaya, une amie très chère, que beaucoup d’entre vous connaissaient depuis quelques années sous un autre nom. En effet, elle rédigeait des articles sur différents sites juifs. Certains d’entre vous l’ont peut-être déjà vue sur le petit écran voici quelques années, elle avait alors  été interviewée à plusieurs reprises à la regrettée télévision juive française TFJ.

Il y a 9 ans, cette femme non juive qui vivait en France, a eu le courage de quitter sa Corse natale et de tout laisser derrière elle pour monter en Israël pour se mettre au service du peuple juif, d’abord en tant que bénévole chez Tsahal, puis, plus tard, dans les maisons de retraite, où elle aidait les personnes âgées, dont beaucoup étaient des rescapées de la Shoah. Elle y apportait chaleur humaine et optimisme à des gens devenus physiquement dépendants. Après de nombreuses et longues épreuves, son courage a été récompensé et elle est enfin revenue vers son peuple. Regardez, c’est très émouvant…

Voir la vidéo : http://bneadam.tv/video.php?video_id=9941

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La paracha hebdomadaire avec Modia :

PARACHA DE LA SEMAINE 
Nous sommes vers ce futur Chabbate dans la 18e paracha de la Torah et la 5e paracha du second livre de la Torah, Chémote. Elle se nomme : « Michpatim, les statuts de l’amour réel ». Chémote (L’Exode) 21, 1 – 24, 18. 

En voici l’axe: La cohérence du religieux et de l’acte – Une initiation de base au judaïsme, jusqu’au sommet. Ch. 19, 5 : « Et maintenant, si vous écoutez ma voix, et si vous gardez mon alliance, vous serez pour moi un trésor choisi parmi tous les peuples, car à moi est toute la terre ». .
* Thèmes que vous pouvez ici étudier :
Le sens de cette unité de la vie divine et de nos actes sociaux. CLIQUEZ ICIEt cette étude en anglais de la paracha (pour vos amis anglophones): CLIQUEZ ICI
NOUVELLES
Liberman, le ministre des Affaires étrangères d’Israël convoque les ambassadeurs européens pour protester devant eux au sujet de la campagne de déligitimation que leurs pays mènent contre Israël.
A contrario, le Premier ministre du Canada agit ostensiblement dans le monde pour rectifier et il valorise constamment les droits d’Israël; il sera reçu pendant 4 jours en Israël. Les Etats européens sont pourtant les plus mal placés pour mener cette campagne anti-israélienne en raison de leur histoire récente qu’on ne peut oublier et qu’ils ravivent sans pudeur dans leur agression.
Rav Yehoshua Rahamim Dufour
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Le jour juif commence la veille au début de la nuit ; il se termine au coucher du soleil.  En tous cas, l’allumage des bougies de chabbate ne doit pas se faire plus tard que 18 minutes avant le coucher du soleil. (Source : Modia)

Il est indispensable de lire la traduction en français de chaque paracha avant ce commentaire pour bien le comprendre.

Texte de la paracha dans la Bible hébraïque ici : Lire le texte

18e Paracha – Michpatim : Les lois – Chémote (L’Exode) 21, 1 – 24, 18

Les points principaux de la paracha : Les ordonnances divines qui régissent la conduite du juif envers son prochain : le serviteur et la servante juifs, le meurtrier et celui qui tue accidentellement. Lois concernant les juges. Lois concernant le respect des parents, des juges, d’Hachem, de la veuve, de l’orphelin ainsi que de l’étranger. L’interdit concernant le mélange de la viande et du lait La mitsva des sacrifices lors des fêtes L’interdiction de travailler le chabbat ainsi que la septième année : la chémita. Hachem annonce à Moché que dorénavant un ange conduira les enfants d’Israël. Moché monte au ciel pour recevoir les lou’hote, (tables de la loi) A la suite de la révélation du Sinaï, D.ieu promulgue une série de lois à l’adresse du peuple d’Israël. Elles incluent les lois relatives au serviteur contractuel, aux peines sanctionnant le meurtre, le rapt, l’agression et le vol, les lois civiles relatives aux réparations des dommages, aux prêts financiers, et à la responsabilité des quatre catégories de gardiens, ainsi que les lois régissant le procédé judiciaire mené par les tribunaux. Sont également enseignées les lois mettant en garde contre le fait de maltraiter les étrangers. L’observance des fêtes saisonnières et des offrandes agricoles qui devaient être apportées au Saint Temple à Jérusalem. L’interdiction de cuire de la viande avec du lait et la mitsva de prier. D.ieu promet de mener le peuple d’Israël à la Terre Sainte et les prévient de ne pas adopter les comportements païens de ses habitants actuels. Le peuple juif proclame  « Nous ferons puis nous comprendrons » tout ce que D.ieu nous commande. Laissant Aaron et Hour en charge du camp israélite, Moïse gravit le mont Sinaï et y demeure pendant quarante jours et quarante nuits pour recevoir la Torah de D.ieu.

 Sepharad.org aborde la loi du talion dont nous parle la Torah cette semaine : « oeil pour oeil, dent pour dent, main pour main, pied pour pied, brûlure pour brûlure, blessure pour blessure, contusion pour contusion » . (Ex. XXI 24,25)  Le principe de base de la justice pénale repose sur la peine proportionnée au délit. C’est ainsi que s’énonce la justice pure dans le cadre du droit mosaïque. Son mode d’application fixé par la loi orale se traduit par la réparation du préjudice, sous forme de dommages et intérêts. La loi orale s’inspire de l’esprit de la loi écrite qui a pour vocation de proclamer les principes fondamentaux dans leur pureté originelle, de manière stricte et intransigeante. La règle du talion a fait l’objet de critiques ; elle fut ramenée à un niveau de civilisation primitive, contraire à une conscience juridique évoluée. Mais ces objections ne sont pas fondées, car dans son application la doctrine juive est d’une grande humanité. L’indication nous est fournie à travers l’exemple du premier précepte moral adressé à l’homme. En effet, la défense d’Adam et Eve de ne point manger le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, tout au début de l’histoire universelle, renferme en elle la reconnaissance par l’homme de ce qu’il doit considérer comme bien, et ce qu’il doit rejeter comme mal.

Chimchon Raphaël Hirsch écrit : « C’est par la maîtrise des tentations des sens que l’homme devient homme, et cet acte d’auto-discipline se situe perpétuellement au commencement de l’oeuvre de l’éducation morale. Encore aujourd’hui toute exigence de la loi divine place chacun de nous devant l’arbre de la connaissance, et appelle sa décision, soit pour obéir à la voix de nos sens, de notre fantaisie impure, de notre instinct animal, soit pour obéir, conscients de notre mission supérieure à la voix de l’Eternel. » Le Zohar dit : « C’est en vertu de la grâce de l’Eternel qu’Il commua la peine de mort prévue dans le plan initial suite à la faute, en celle du bannissement du paradis, et de la vie en exil. Cette attitude donne aux hommes l’exemple à suivre dans tous les temps. » La forme spécifique que le droit mosaïque a donnée à la règle du talion, bien que d’une rigueur certaine, d’une quête de l’absolu, n’est en fait que plus objective.

Le Grand Rabbin Elie Munk écrit à ce propos : « La loi du talion est la négation du juridisme empirique ou politique d’une cité ou d’un empire, des économies de grâces des religions, des équilibres approximatifs des systèmes humains ; il est l’affirmation que tout se pèse et se paie en métaphysique comme en psychologie, en morale comme en sociologie, et dès le présente autant que dans l’avenir, individuellement et collectivement. Aucun des systèmes de rechange si souvent proposés n’atteint le même degré de logique, de justice et aussi d’efficacité morale et pédagogique. » Rappelons que toute atteinte au prochain, à l’instar de ce qui est rapporté dans les versets précités, occasionne un double préjudice. Et c’est en rapport avec cela que s’effectue la réparation.

Le dommage présente un aspect matériel, financier ; l’auteur du délit est condamné au 5 exigences suivantes : 1) la réparation du dommage en lui-même ; celui de la valeur vénale d’un oeil, d’une dent, etc… 2) le dédommagement de la souffrance infligée 3) le versement du coût de la médication et des soins à la lésion causée 4) l’indemnité de chômage 5) l’assistance morale pour la gêne endurée. Hormis cela, l’auteur du délit ayant provoqué chez la victime un désagrément moral et une épreuve psychologique pour lesquels ceux-ci n’ont nulle autre forme et moyen de réparation que la demande du pardon auprès de la victime. Précisons enfin que si la Torah avait usé d’un langage clairement évident en ce qui concerne la réparation matérielle, nous en aurions conclu que c’est là l’élément essentiel. L’expression controversée et néanmoins divine « oeil pour oeil » a le mérite de souligner que la personne rendue coupable doit réaliser la dimension du mal causé comme si elle devait l’éprouver ; car c’est ainsi seulement qu’elle peut accéder au pardon. Mais la Torah a fait preuve de compassion et ne réclame que la réparation matérielle et morale. A signaler enfin que le rabbin Elie Munk rapporte que le « jus talionis » a été affirmé par Kant comme par les fondateurs du droit international, comme fondement universellement valable de la justice pénale.

Dans la paracha on nous présente le début d’un code civil exemplaire, celui de la société hébraïque et évoque notamment le cas de ce qui, en français est mal traduit par l’ « esclavage » au temps des Hébreux. En effet, le mot « eved«  chez les hébreux signifiait« serviteur attaché à une maison », ce qui n’a rien à voir avec le concept de l’esclave tel que l’ont compris à leur avantage les autres peuples en exploitant à outrance l’être humain sans aucun égard pour sa personne.. Chez les hébreux, le serviteur avait un statut privilégié ; certes il devait travailler, mais les gens trop pauvres pour subvenir eux-mêmes à leurs besoins avaient à leur disposition ce moyen de survivre grâce au gîte et au couvert contre leur travail et les individus qui avaient commis un vol par exemple devenaient  le serviteur de la famille qu’ils ‘avaient volée et qui pouvaient l’acquérir pour une durée limitée dans le temps. Le but de cet servitude était pédagogique.

La Bible ne vient pas prôner l’esclavagisme, mais plutôt humaniser la relation entre les hommes, en ayant pour objectif de construire une société où la justice leur permettra de vivre dans le respect mutuel et la paix, car dans la société antique le maître n’a que des droits sur son serviteur, droit de vie ou de mort alors que le sujet n’a que des devoirs vis-à-vis de son souverain. Il est certain que le fait de se retrouver serviteur attaché à une maison de celui à qui il a volé donnera au voleur une leçon, mais il faut bien comprendre que la vente du voleur en tant que serviteur n’est pas une sorte de vengeance ou une simple punition. En réalité, cela a une vraie valeur éducative et pédagogique. Il s’agit de faire prendre conscience au voleur qu’il est néfaste de voler, de sorte qu’il ne récidive pas. La Torah punit toujours avec équité et le judaïsme est un système de pensée intelligent, qui tente de remédier à un problème par sa racine. Ainsi, le voleur ayant pris quelque chose qui ne lui appartenait pas, la Torah le dépossèdera de ce qui lui appartient afin qu’il ressente ce que perdre ses biens signifie, ce qui l’immunisera probablement contre toute récidive de vol. Car c’est en vivant la condition de serviteur que le voleur s’écartera du vol. C’est en se voyant éloigné de sa femme et de ses enfants qu’il ressentira la peine qu’a pu connaître la personne qu’il a volée. La Torah sait cela.

Mais cette paracha vient également nous enseigner que le maître a aussi des devoirs vis-à-vis de son serviteur. Si, par exemple le propriétaire blesse son domestique, il doit immédiatement le  libérer, car le serviteur possède également des droits. Nahmanide nous enseigne : « Si cette paracha commence par le cas du serviteur attaché à une maison, c’est pour t’apprendre qu’il doit être libéré la 7ème année.» Il sera donc libre une fois sa peine accomplie et jusque-là il doit recevoir nourriture, habillement et logement. Mais la Torah nous enseigne qu il a également droit au respect et qu’on doit apprendre à l’encourager, le respecter, en un mot le considérer comme soi-même (une étincelle divine ne réside-t-elle pas en tout homme ? C’est là un très bel enseignement de la Torah dont les nations feraient bien de s’inspirer ! Précisons, comme nous le dit le Rav Dov Lumbroso Roth, que si l’on est attentif à ces lois de société, on peut comprendre comment se comporter dans la vie quotidienne. Il rappelle aussi très justement que la Torah est au fondement même de toutes les valeurs et lois civiles qui régissent aujourd’hui le monde démocratique et sans que les nations prennent elles-mêmes conscience qu’elles sont puisées dans la Torah.

L’état de serviteur hébreu attaché à une maison est plus un incident de parcours qu’une fatalité et le serviteur  étranger garde sa dimension humaine : De ce fait, le sort du serviteur dans la législation juive est meilleur que celui de l’esclave du monde gréco-romain. Le Kéli Yaqar (Chlomo Èfrayim de Lunchits – né en Pologne, mort à Prague en 1619) souligne que ce serviteur, vendu pour vol commis qu’il ne peut rembourser, est coupable de 3 fautes principales : 1/ voler les biens de son prochain; 2/ tromper le propriétaire du bien volé; 3/ trahir la Providence. Pour chacune de ces fautes, il mérite une année de servitude. Néanmoins devant s’acquitter, en raison de l’amende qui le frappe, du double paiement, il servira son maître pendant 6 ans.

Le serviteur hébreu attaché à une maison est donc en quelque sorte en « stage de réinsertion » à l’issue duquel il devra reprendre sa place au sein de la société. Il travaille donc au service de son maître pour une durée limitée à 6 années, mais la 7ème année, il sera libéré. (Exode 21, 1) Le maître a pour devoir de le traiter aussi bien que lui-même. Pendant toute la période où le serviteur est sous son toit, son maître a l’obligation de le nourrir, des mêmes mets que ceux qu’il consomme lui-même, de le loger et de le blanchir en échange de son travail. Il n’a pas le droit de l’humilier, comme il est écrit dans (Job 31, 13) « Si j’ai méprisé le droit de mon serviteur ou de ma servante quand ils contestaient avec moi… » (Rambam/Maïmonide, Hilkhoth’avadim 9,12) Il arrive même que le serviteur ne veuille plus s’en aller, son temps de servage terminé, pour ga gner sa vie par lui-même, s’étant attaché à ses maîtres, qui prennent toutes les décisions pour lui.

Dans ce cas, « si le serviteur dit : J’aime mon maître, ma femme et mes enfants, je ne veux pas être affranchi, son maître l’amènera par-devant le tribunal, on le placera près d’une porte ou d’un poteau et son maître lui percera l’oreille avec un poinçon et il servira indéfiniment » (Chemote 21,1-6). Dans la Torah orale, l’expression en hébreu (indéfiniment, ou à jamais) « ôlam » signifie en réalité jusqu’au jubilée de la 50èmeannée. Le maître approchera alors le serviteur du linteau de la porte et lui poinçonnera l’oreille droite à l’endroit où on appose généralement la mézouza (sur le côté droit du montant de la porte). Hatam Sofèr dit que le maître, en achetant un serviteur sait qu’en réalité il s’est acquis un maître (cf. Ârakhine 30a). Mais à la fin des 6 années de service en ne reprenant pas sa liberté, il dévoile qu’il a une nature de serviteur. Pour vouloir demeurer le serviteur de l’homme et non celui d’Hachem, il doit être poinçonné.

Le Talmud traduit la symbolique de l’oreille et de la porte en insistant sur 2 évènements majeurs auxquels le serviteur n’a pas prêté oreille : la sortie d’Egypte et le don de la Torah au Sinaï, qui font de l’homme un être vraiment libre. Rabbi Chimon, fils de Rabbi, expliquait : en quoi la porte ou son poteau diffèrent-ils de tout autre objet de la maison ? L’Eternel dit «  la porte et son poteau furent témoins en Egypte Au moment où je passais par-dessus le linteau et les deux poteaux (à Pessa’h, où les Hébreux avaient peint leurs linteaux avec le sang de l’agneau pascal pour qu’Haqadoch Baroukh Hou repère facilement les maisons des hébreux pour épargner leurs premiers nés) Quand je dis « Les enfants d’Israël sont mes serviteurs » et non pas des serviteurs  des serviteurs. Et je les délivrai de l’esclavage vers la liberté, et celui-ci va à présent s’acheter un maître ? Qu’il soit marqué d’un poinçon en leur présence ! » En effet, le message divin du « Chema Israel  » Hachem Elohénou, Hachem E’had » (écoute Israël, l’Eternel est notre D.ieu, l’Eternel est Un (Deut. 6,4), qui demande aux Enfants d’Israël de n’avoir que D.ieu pour Maître et non un être humain, semble ici mal compris par cet homme qui accepte d’aliéner sa liberté à un autre homme. (Exode 21, 5-6)

Quant au serviteur non juif attaché à une maison, il a le statut d’un converti. Il doit pratiquer toutes les mitsvote de la Torah à l’exception des mitsvote actives qui dépendent du temps. Son maître doit affranchir son serviteur non juif s’il le prive de l’usage d’un de ses membres (Chemote 21, 23). S’il le tue, il est condamné à mort (Chemote 21, 20 ; Sanhédrin 71b). Il est interdit de livrer à son maître un serviteur fugitif (Devarim 23, 16). Le peuple hébreu apprend ainsi que celui qui se met au service d’une tierce personne doit être respecté et ne subir aucune humiliation. On vient ainsi nous enseigner que dans le cas du serviteur d’origine étrangère, il s’agissait d’une première étape en vue de son intégration (sa conversion en termes religieux) dans la communauté juive. Dans ce cas, il pouvait acquérir pleinement les droits réservés à tout autre fidèle de la communauté, sans aucune forme d’exclusion. Tout cela nous enseigne que l’Eternel manifeste sa compassion envers toutes Ses créatures. La Torah illustre ici le principe énoncé dans Avot 6, 2. que l’homme n’est véritablement libre que s’il se met au service de D.ieu. Bien sûr, la Torah contraint l’homme à l’obéissance, mais le fait même d’obéir à D.ieu est déjà le premier acte de la liberté de l’homme.

Le nom de la paracha de cette semaine est « Michpatim » (lois). Il existe plusieurs mots pour dire « lois » en hébreu. Tous ont une signification semblable, mais légèrement nuancée. Michpatim ou « jugements » fait référence à des lois qui peuvent être aisément comprises par l’intellect humain, comme ne pas voler ou ne pas tuer. De fait, la plupart des ldois contenues dans la paracha sont de cette nature. Un autre terme – Houkim ou « statuts » – évoque les lois qui ne sont pas ordinairement accessibles à l’entendement humain. Un exemple de ces lois est fourni par l’interdiction de mélanger le lait et la viande, également présente dans la paracha. À bon nombre de reprises dans notre histoire, des lois de cette catégorie nous ont présenté un défi. À certaines époques, les non-juifs se sont moqués de notre ferme adhésion à ces lois. Et à notre époque, gouvernée par la rationalité, de nombreux Juifs se demandent pourquoi elles sont nécessaires. Néanmoins les ‘Houkim constituent un aspect important de notre lien avec D.ieu. Une troisième catégorie de lois est appelée Edout, « témoignage ». Le commandement d’observer la fête de Pessa’h en fait partie. Nous observons cette fête en témoignage et comme signe du fait que D.ieu nous a sortis d’Égypte. Sans la Torah, nous n’aurions pas pensé à ce commandement. Mais comme nous le possédons, il prend tout son sens.

Il est intéressant d’observer que l’atmosphère totalement miraculeuse de la paracha de la semaine dernière, dans laquelle D.ieu s’adresse à toute la nation, depuis le Mont Sinaï, est suivie des lois apparemment ordinaires et très terre-à-terre, paracha dont le nom est précisément Michpatim. Nous aurions pu nous attendre à ce que nous soit demandé un aspect plus intense de notre relation avec D.ieu, comme il peut s’exprimer, par exemple, dans les « statuts » irrationnels ou tout au moins dans les « témoignages ». Pourquoi l’accent est-il plutôt mis cette semaine sur de simples lois de justice entre un homme et son prochain ?  La réponse à cela est que ce fait en lui-même nous aide à saisir un aspect essentiel de la Torah et de son dessein. Il existe une dimension physique à la vie : le monde matériel de la vie de tous les jours. Mais il y a aussi une dimension spirituelle et divine, un royaume de pureté et de sainteté infinies.

Le but de la Torah est de réunir ces deux dimensions. Par notre adhésion aux lois de la Torah, notre vie quotidienne, dans sa « normalité », devient une expression du divin. Cette notion est soulignée par la juxtaposition de ces deux parachas. La semaine passée, nous avons lu la paracha qui racontait la révélation de D.ieu. Cette semaine, nous lisons celle qui traite de la vie de tous les jours, des lois simples, que chacun peut comprendre. La force de la Torah est telle que l’inspiration du Sinaï devient compréhensible et significative au niveau de notre vie quotidienne. Par la Torah, ces deux dimensions se trouvent réunies. Dans les détails de la vie pratique, vécue conformément à la Torah, nous découvrons la Présence du divin. (Librement adapté du Likoutei Si’hot du Rabbi de Loubavitch, vol. 16, p. 247)

Après la révélation au Mont Sinaï, D.ieu transmet au peuple juif une série de lois. Une première partie est constituée de comman­dements d’ordre social (interdiction du meurtre, du kidnapping, du vol, les lois sur les dommages corporels ou financiers, les règles régissant les tri­bunaux, etc.. Il transmet aussi le devoir de respecter l’étranger, ainsi que les commandements liés aux trois fêtes de pèlerinage (Pessa’h, Chavouot et Souccot) et les prélèvements agricoles qu’il convient d’offrir à cette occasion à Jérusalem. Nous trouvons enfin l’interdiction de mélanger du lait et de la viande ainsi que le devoir de la prière. D.ieu renouvelle la promesse de donner au peuple juif la Terre Promise et l’enjoint de se garder d’adopter les comportements païens de ceux qui y habitent encore. Le peuple juif s’engage dans les termes : « Nous ferons et nous écouterons »ce que D.ieu leur de­mande. Laissant la charge du camp à Aharon et ‘Hour (le fils de Myriam), Moché monte sur le Mont Sinaï pour une période de 40 jours et 40 nuits afin d’y recevoir la Torah…

Dans la paracha, sont juxtaposés deux thèmes n’ayant à priori aucun rapport apparent. Ainsi, on parle d’abord du séducteur, puis des sor cières (qu’on doit empêcher de vivre) ! Ces deux thèmes ne semblent pas avoir de rapport ! Comment expliquer leur juxtaposition ? En fait, Hachem créa dans le monde, des forces distinctes pouvant agir dans n’importe quel cadre, qu’il soit bon ou mauvais. A nous de diriger ces forces dans le bon sens ! Ainsi, la sorcière utilise de l’énergie (créée aussi par Hachem) pour supprimer certaines choses qu’elle n’est pas prête à accepter, ou bien pour créer les objets de son désir.

On retrouve cette même problématique chez le séducteur. En effet, le séducteur se sert de la force de la parole, pour transformer la réalité telle qu’il la désire pour lui : il va convaincre une jeune fille de le suivre, prétendant que c’est pour son bien à elle. Il veut concrétiser ses fantasmes, avec cette force créée par Hachem ; d’où la juxtaposition de ces deux personnages. En effet, ils utilisent les forces et énergies créées par Hachem dans un mauvais cadre. Dans notre histoire, le précurseur de la séduction fut le serpent qui séduit Hava afin qu’elle goûte l’arbre de la connaissance. Le serpent donna alors l’impression à ‘Hava de la beauté de l’extérieur, de l’inaccessible. Ce mode de pensée rejoint bien celui du séducteur et de la sorcière désirant tous deux rendre accessible l’inaccessible. Pour éviter de tomber dans ce piège, il faut confronter sa vie à la Torah qui nous donne des exigences afin de bien vivre dans la réalité. Ceci nous permettra d’utiliser les forces de la création à bon escient. A ce propos, il existe une guémara disant : « Si pendant la amida apparaît un serpent, ne bouge pas, ce qui n’est pas le cas s’il s’agit d’un scorpion ! »

En fait, lors de la prière, le divin et les plaisirs extérieurs (imagés ici par le serpent) se confrontent. Il nous arrive parfois d’être très proche du divin avec tout de même certaines incohérences et paradoxes dans notre existence quotidienne. Le conseil ici est de conti nuer à prier, et de toujours rester en contact avec notre créateur. En revanche, si un scorpion, est là, il faut s’arrêter de prier. En fait, le scorpion « akrav », a la même racine que « Ikar », l’essentiel. Le scorpion, symbolise ici l’absence d’un élément essentiel dans notre foi, et sans cela la prière n’a pas de sens. Pour cette raison, on s’arrêtera de prier s’il y a un scorpion. En effet, il symbolise l’hérésie, c’est-à-dire un refus de relation avec Hachem. Prier n’a donc plus de sens. La Torah et l’hérésie sont incompatibles. L’hérésie se retrouve chez Amalec qui introduit la notion de hasard et de doute. Nous avons le devoir de supprimer la source de l’hérésie. Ainsi, Hachem sera UN comme il est écrit dans le Chéma. Aussi, Amalec, qui n’accepte rien au dessus de lui, renie Hachem. Il prétend être au dessus de tout et avoir accès à tout ; même démarche que le séducteur et la sorcière. Soyons conscients de notre dépendance en Hachem ! Utilisons les forces de la nature comme il se doit, comme la Torah nous le prescrit ! (D’après le Gaon de Vilna)

(Sources : Chabbad.org – Sepharad.org – Rav Attoun – Rav Dov Lombroso Roth – Rabbinat du Québec – Jacques Kohn, Sheela – Communauté Online – Tali Löwenthal –  ACIBE (Association Culturelle Israélite de Brevannes et Environs)

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Site « Beyond Love »
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La paracha de la semaine avec Modia :
PARACHA DE LA SEMAINE – Nous sommes vers ce futur Chabbate dans la 17e paracha de la Torah et la 4e paracha du second livre de la Torah, Chémote. Elle se nomme : Yitro Viens. Chémote (L’Exode) 18, 1 – 20, 23. En voici l’axe: Ch. 19, 5 : « Et maintenant, si vous écoutez ma voix, et si vous gardez mon alliance, vous serez pour moi un trésor choisi parmi tous les peuples, car à moi est toute la terre« . Un peuple qui écoute et respecte, face au don de la Torah .

* Thèmes que vous pouvez ici étudier :
L’écoute, les conversions, les répartitions des rôles dans le judaïsme et dans la Création, les mitsvotes positives et négatives.
Et la fête de Yitro chez les Juifs de Tunisie, les Tunes! Et entendre le chant de la paracha. Et le cours d’hébreu, etc. CLIQUEZ ICI
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Le jour juif commence la veille au début de la nuit ; il se termine au coucher du soleil.  En tous cas, l’allumage des bougies de chabbate ne doit pas se faire plus tard que 18 minutes avant le coucher du soleil. (Source : Modia)

Il est indispensable de lire la traduction en français de chaque paracha avant ce commentaire pour bien le comprendre. Texte de la paracha dans la Bible hébraïque ici : Lire le texte

17e Paracha : Yitro Chémote (L’Exode) 18, 1 – 20, 23

Le beau-père de Moïse, Yitro, a eu connaissance des grands miracles accomplis par D.ieu pour les enfants d’Israël. Il quitte Midiane pour rejoindre le camp des Hébreux, accompagné de l’épouse de Moïse et de ses deux fils. Yitro conseille à son gendre d’établir une hiérarchie de magistrats et de juges qui l’assisteront dans sa tâche d’administrer le peuple et de rendre la justice. Le peuple campe face au mont Sinaï. Moïse monte vers D.ieu et rapporte Sa parole : « Vous serez pour Moi un royaume de prêtres et une nation sainte ». Et le peuple répond « Tout ce que l’É-ternel a dit nous le ferons ». Le sixième jour du troisième mois (le mois de sivan), sept semaines après la Sortie d’Egypte, le peuple d’Israël est tout entier rassemblé au pied du Mont Sinaï sur lequel D.ieu descend au milieu du tonnerre, des éclairs, d’une lourde nuée, au son du chofar, la corne de bélier. D.ieu appelle Moïse au sommet de la montagne. Il proclame les Dix Commandements : croire en D.ieu, rejeter l’idolâtrie, ne pas invoquer le nom de l’É-ternel à l’appui du mensonge, sanctifier le jour du Chabbat, honorer son père et sa mère, ne pas commettre d’homicide, ne pas commettre d’adultère, ne pas commettre de vol, ne pas porter un faux témoignage, ne pas convoiter ce qui appartient à son prochain. Les Israélites s’écrient à Moïse que l’intensité de la révélation est trop intense pour eux et lui demandent de recevoir la Torah de D.ieu et de la leur transmettre.

« Et il advint, le 3ème jour, quand vint le matin, qu’il eut des tonnerres et des éclairs, un épais nuage sur la montagne, et le son du Choffar extrêmement fort ; et le peuple tout entier dans le camp trembla. Et Moïse fit sortir le peuple du camp pour rencontrer D.ieu et ils se tinrent au pied de la montagne… Et D.ieu descendit sur le mont Sinaï, en haut de la montagne. Et D.ieu appela Moïse en haut de la montagne, et Moïse monta. » (Exode 19, 16-20) – L’événement le plus considérable de l’histoire du monde se tint le Chabbat, au 6ème  jour du mois de Sivan de l’an 2448 depuis la Création (1313 avant l’ère commune). Chabbad.org nous nous explique ce merveilleux moment de l’histoire qu’est le don de la Torah à tout un peuple. En ce jour, tout le peuple d’Israël – plus de 2 millions d’hommes, femmes et enfants (Un recensement tenu 11 mois plus tard dénombra 603 550 hommes âgés de 20 à 60 ans, ainsi que les âmes de toutes les générations futures – se rassemblèrent au pied du mont Sinaï pour recevoir la Torah de D.ieu. Depuis ce jour, cet événement fut consigné dans notre calendrier sous le nom de fête de Chavouôt, « le temps du Don de notre Torah ». Mais la Torah que nous reçûmes au Sinaï était déjà en notre possession depuis de nombreuses générations. Nos ancêtres avaient étudié et accompli toute la Torah avant même qu’elle fut donnée, observant chacune de ses lois et dispositions, y compris l’obligation de faire un érouv tavchiline (Procédé permettant de préparer des aliments le jour d’une fête pour le Chabbat qui suit immédiatement)quand une fête tombe la veille de Chabbat. (Talmud, Yoma 28b) Aucun document nou veau ne fut dévoilé au Sinaï et aucun code de comportement précédemment inconnu n’y fut révélé. Qu’est-ce donc qui nous fut donné lors du « Don de notre Torah » ?

Le Midrach explique la signification de cet événement par la parabole suivante : « Un jour, un roi décréta que le peuple de Rome avait l’interdiction de descendre en Syrie et le peuple de Syrie avait l’interdiction de monter à Rome. De la même façon, lorsque D.ieu créa le monde, Il décréta que « Les cieux appartiennent à D.ieu et la terre a été donnée à l’homme. » (Talmud, Yoma 28b)  Mais quand Il voulut donner la Torah à Israël, Il abrogea Son premier décret et déclara : Les règnes inférieurs peuvent monter vers les règnes supérieurs et les règnes supérieurs peuvent descendre dans les règnes inférieurs. Et Moi-même Je commencerai, comme il est écrit : « Et D.ieu descendit sur le Mont Sinaï » (Exode 19,20) et puis, « Et à Moïse, Il dit : monte vers D.ieu. » (Ibid.24, 19) (Midrach Tan’houma, Vaéra 15 ; Midrach Rabbah, Chemot 12,4).    

Pendant les 25 premiers siècles de l’histoire, il existait une gzérah – un décret et un schisme – qui séparait la réalité en deux mondes hermétiques : le spirituel et le matériel. Le spirituel ne pouvait pas être réellement introduit ici-bas, sa réalité même s’opposant à toute concrétisation, et le matériel ne pouvait être rendu transcendant et divin, sa nature le maintenant confiné dans la finitude et l’éphémère des règnes inférieurs. Dès lors, la Torah, qui est la sagesse et la volonté divines, ne pouvait avoir aucun effet réel sur le monde matériel. C’était un manifeste purement spirituel, ne relevant que de l’âme de l’homme et de la réalité spirituelle des cieux. Bien que ses concepts pussent être – et furent effectivement – appliqués à la vie physique, celle-ci ne pouvait pas être élevée. Elle pouvait certes être améliorée et perfectionnée jusqu’à atteindre les limites de son potentiel, mais elle ne pouvait pas transcender sa grossièreté et sa subjectivité inhérentes. Au Sinaï, D.ieu révoqua le décret qui séparait la matière et l’esprit en deux domaines distincts. D.ieu descendit sur le mont Sinaï, apportant la spiritualité des cieux à la terre. Il convoqua Moïse au sommet de la montagne, donnant à l’être humain la capacité d’élever son être physique et le monde matériel à un degré d’existence supérieur. La Torah pouvait désormais sanctifier la vie matérielle. Cette rencontre entre D.ieu et l’homme au Sinaï introduisit un nou veau phénomène : le heftsa chel kedouchah ou objet saint.

Après l’épisode du Sinaï, quand un homme matériel prend une pièce d’argent matérielle, gagnée par son labeur et ses talents matériels, et la donne à la charité, ou quand il cuit de la farine et de l’eau et en fait du pain azyme (matsa) et la consomme la première nuit de Pessa’h, ou quand il donne à un morceau de cuir une forme et des mesures spécifiques, y insère des parchemins sur lesquels sont écrits certains versets et les lie à sa tête et à son bras en tant que tefiline, l’objet avec lequel il a accompli la mitsva (commandement divin) est transformé. Une chose limitée et matérielle devient sainte et sa substance, car sa substance et sa forme incarnent désormais la réalisation d’un désir et d’un commandement divins. Les mitsvote pouvaient être – et furent effectivement – observées avant la révélation du Sinaï. Mais, parce qu’elles n’avaient pas encore été commandées par D.ieu, elles n’avaient pas le pouvoir de combler le fossé qui séparait la matière de l’esprit. Ce n’est que lorsqu’elle fut ordonnée par D.ieu, Créateur et concepteur à la fois du matériel et du spirituel, qu’une mitsva put dépasser les définitions naturelles de ces deux royaumes. Ce n’est qu’après le Sinaï qu’une mitsva put concrétiser le spirituel et sanctifier le matériel.

Un détail curieux relaté par nos Sages à propos de la révélation au Sinaï. La Torah nous dit que D.ieu prononça les 10 Commandements d’une « grande voix, qui ne cessa pas » (Deutéronome 5,19) Le Midrach donne plusieurs interprétations quant à cette description de la voix divine. L’une de ces interprétations est que le divin ne se limita pas à la langue sainte, mais résonna dans les 70 langues de l’humanité. Une autre signification est que la voix ne cessa pas ce Chabbat matin il y a quelque 3 300 ans : à travers les générations, tous les prophètes et les sages qui ont prophétisé, enseigné et approfondi la sagesse de la Torah furent la prolongation de cette voix divine, car ils n’ajoutèrent rien qui n’était déjà inhérent aux 10 Commandements. Finalement, le Midrach offre une troisième explication de cette nature « incessante » et continuelle de la voix : la voix divine au Sinaï avait ceci d’unique qu’elle ne produisait pas d’écho. Les deux premières interprétations soulignent à l’évidence l’universalité et l’éternité de la Torah. Mais qu’y a-t-il « de grand et d’incessant » dans une voix qui ne donne pas d’écho ? Pourquoi la voix divine au Sinaï devait-elle se distinguer de cette manière de tous les autres sons ? En réalité, c’est bien cette nature particulière de la communication divine – l’absence d’écho – qui exprime l’essence même de ce qui s’est passé au Sinaï. Un écho est créé lorsqu’un son rencontre une substance qui lui résiste : au lieu d’absorber ses ondes, la substance les repousse et les renvoie ainsi dans l’espace. Avant le Sinaï, la voix de la Torah avait un écho. Relevant de la spiritualité des cieux, elle ne pouvait pas véritablement pénétrer la matérialité de la terre. Certes, le monde pouvait entendre parler de la Torah et en être affecté, mais il restait un certain degré de résistance, car la Torah et le monde matériel demeuraient définis par leurs natures propres, l’une « supérieure » et l’autre « inférieure ». Au Sinaï cependant, D.ieu annula le décret qui séparait le ciel de la terre. Le monde pouvait désormais absorber complètement la voix divine. Un objet matériel pouvait dorénavant être unifié avec son rôle et sa mission. Il y a ici une importante leçon à tirer pour nous, dont la mission dans la vie est de mettre en pratique le système de valeurs et les idéaux de la Torah.

Au Sinaï, les Hébreux furent chargés de servir de « lumière pour les nations », c’est-à-dire de personnifier dans leurs propres vies et d’enseigner à toute l’humanité l’idée que, quelles que soient les conditions du moment, du lieu ou de la société, il existe une vérité et un code moral absolus, sans équivoque et divinement prescrits auxquels les Juifs doivent adhérer. Il se peut que, parfois, nous soyons confrontés à un monde apparemment indifférent, voire résistant. Il se peut que l’un ou l’autre des préceptes de la Torah paraisse ne pas s’appliquer à la réalité d’aujourd’hui. C’est pourquoi la Torah nous relate que la voix qui transmettait le message de D.ieu n’avait pas d’écho. La voix des 10 Commandements pénétra chaque objet et chaque réalité dans l’univers. De sorte que quelle que soit la résistance que nous puissions rencontrer lorsque nous les mettons en application, celle-ci n’est que superficielle et temporaire. Car au Sinaï, l’essence de chaque être créé fut rendue compatible avec, et totalement réceptive à la bonté et la perfection que D.ieu désire dans cet être.

Pourquoi la paracha du don de la Torah porte-t-elle le nom d’un ancien idolâtre ? Seules quelques Parachyiote sont nommées du nom d’individus et, quand le fait se produit, il réclame une attention toute particulière. Si cela est vrai concernant toutes les sections de la Torah, ça l’est d’autant plus dans notre Paracha, qui relate le don de la Torah. Le fait qu’elle porte le nom de « Yitro » indique qu’il existe un lien entre le personnage et cet événement. Qui était Yitro ? La Torah le décrit (Exode 18,1) comme le Cohen de Midian. Nos Sages donnent deux définitions du mot Cohen (Mekhilta sur ce verset) : a) « Gouverneur » : en effet, Yitro gouvernait la terre de Midian. b) « Prêtre ». Il conduisait le peuple de Midian dans son culte. Et de fait, nos Sages relatent (Mekhilta sur Exode 18,1 ; Zohar vol. II p. 69a ; Rachi, Exode 18,9) que Yitro avait reconnu toutes les fausses divinités du monde. Le lien entre la première interprétation et le don de la Torah est évident car il reflète la portée de l’engagement de Yitro : bien qu’il ait vécu dans la richesse et le confort, il se trouva prêt à voyager dans le désert pour écouter les paroles de la Torah. (Rachi, Exode 18,5) Mais la seconde interprétation est problématique. Nos Sages enseignent (Talmud Baba Metsia 58b, cité dans le Michné Torah, Hilkhot Mekhira 14,13) en effet qu’il est interdit de dire à un converti : « Rappelle-toi tes actes antérieurs. »

L’insigne honneur que la Torah accorde à cet homme est très significatif. Il  indique en premier que la Torah n’est pas le seul apanage du peuple juif. Cette loi universelle s’adresse à toutes les nations et Yitro représente l’exemple par excellence du païen militant qui, après avoir reconnu la futilité des cultes polythéistes dont il fut le grand-prêtre, vient adhérer corps et âme, à la Loi d’Israël. Lors de la fête de Chavouoth qui célèbre l’anniversaire de cet événement grandiose de la théophanie et du don de la Torah au Sinaï, c’est traditionnellement l’histoire de Ruth la Moabite qui est mise à l’honneur, et dont la lecture est réservée à cette occasion. De nouveau, le caractère universaliste de la Torah est mis en évidence. La Mekhilta, texte midrachique sur le livre de l’Exode, rapporte différents avis à propos des événements qui incitèrent Yitro à venir vers le peuple d’Israël. 

Avec le Grand Rabbin Chalom Benizri, nous allons voir la ou les motivations qui a ou ont conduit Yitro à la conversion.Trois Maîtres de la Michna (Rabbi Yehochoua, Rabbi Eliezer et Rabbi Eleazar Ha Modaï) s’entendent pour dire que c’est la guerre d’Amalek qui a pris à cœur Yithro, mais ce qui l’a décidé en définitive, c’est pour l’un le passage de la mer rouge, et pour l’autre, le don de la Torah. C’est là le sens de l’expression ‘vayichma Yithro’ – il a entendu, dans le sens de comprendre, d’intérioriser les choses, et non une écoute extérieure, telles les nations à l’entour qui, bien qu’ils aient entendu, ne sont pas venus. Comme il est écrit ‘des peuples apprennent et ils tremblent’ ; ‘un frisson s’empare des habitants de Philistie’. Les autres nations se sont contentées des sept lois noa’hides et n’ont pas cherché à intégrer le peuple juif, mais Yithro ne s’est pas limité à cela.

Le Rav Dufour nous enseigne ici que le bon usage de la parole nous a été donné par Avraham Avinou : c’est cela, cette « perle » dont on nous dit qu’Avraham la portait à son cou, et qui guérissait tous les malades qui la voyait : c’est cette science du bon usage de la parole. il diffusait la connaissance de D.ieu par la parole et confirmait les gens dans cette voie (Sota 10 b). Rabbénou Bé’hayé parle d’une « thérapie de la parole » (réfouate hallachone) chez Avraham envers son entourage et qui faisait que nombre d’entre eux « entraient sous les ailes de la Chékhina » (se convertissaient) et cela était pour eux un arbre de vie. C’est sur ce modèle d’Avraham que Moché parla à Yitro, avant même le Sinaï (opinion du Rambane), et c’est dans l’écoute de ce que lui dit Moché qu’il se convertit. Tout cela est l’introduction de Rabbénou Bé’hayé à la paracha.Les convertis étaient au Sinaï, et Rabbénou Bé’hayé explique les 5 premiers versets de la paracha qui montrent Yitro allant porter sa découverte aux membres de son clan pour les ramener à la conversion, puis allant avec tout le peuple au mont Sinaï. De là, par sa présence, on comprend le verset qui parle de la présence de tous les convertis à venir au Sinaï, à travers cette représentation symbolique, par cette néchama, où il est dit: « nous et tous ceux qui sont avec nous« . Le terme employé par Rabbénou Bé’hayé est, avec précision, légayére (convertir).  

Combien de fois, sinon presque toujours, les conversions sont des retours après de nombreuses générations ; ou des « néchamotes juives authentiques égarées » dans la Création pour une certaine fonction ; le travail laborieux qu’elles feront est ainsi intégré dans la gestation globale. Rabbénou Bé’hayé le montre en dévoilant cette question chez Yitro : Yitro est la 10e génération depuis… Mitsrayim (nom de l »Egypte !), fils de ‘Ham, fils de Noa’h (Noé) – Noé eut un fils, Chém, dont descend Avraham, également à la 10e génération ! – il y a également 10 générations de ‘Ham à Midiane, dont vient Yitro. Midiane est le fils qu’Avraham eut avec Qétoura, la femme qu’il épousa après la mort de Sara. Cette histoire de famille (avec le chiffre 10 qui hante cette paracha) peut sembler à la fois compliquée et curieusement très précise ; mais cela nous montre que cette « histoire » est un grand projet familial où les enjeux se jouent sur de nombreuses générations. Un point revient fréquemment sous la plume du Chla et des Sages : Yitro fait également la réparation (le tiqqoune) de l’étape de Caïn qui a été le premier meurtrier fraternel envers Abel. Quand il aborde Moché (Chémote 18, 6), Yitro lui dit : ani ‘hoténékha Yitro ba élékha (moi, ton beau-père, Yitro,  je viens vers toi) ; Moché comprend le message car il connait les règles et codes du texte et il voit que les initiales forment le mot a’hi (mon frère) et il comprend que c’est la réconciliation du meurtrier et de la victime dont ils sont chacun le rebondissement dans l’histoire, ce que la tradition appelle « le guilgoul ».

L’un des commandements donnés au Sinaï, nous dit le Rav Ygal Pizem, a des résonances qui ne peuvent aujourd’hui nous laisser indifférents. C’est le dernier. Il nous ordonne de ne pas désirer le bien d’autrui, une injonction dont la pertinence étonnera nos commentateurs : peut-on contraindre le cœur, à l’origine du désir ? Il est, aujourd’hui, un fait indéniable : ce commandement s’avère plus difficile à mettre en pratique qu’il y a encore cinquante ans. Durant des siècles, la condition humaine évolua sous le poids de la pauvreté, de la maladie et des dangers de toutes sortes. Dans de telles conditions d’existence, le désir n’avait qu’une place réduite etcela pour deux raisons : le champ d’objets et de situations « désirables » était limité. D’un autre côté, les individus pensaient plus à survivre qu’à vivre. A la différence des siècles précédents, on peut dire que notre monde se singularise par trois paramètres nouveaux : quantitativement, il est plus riche, il fonctionne par la dynamique du désir qu’il suscite chez l’autre et il est accessible à n’importe qui. La problématique de ce commandement est donc à repenser radicalement puisque la société, dans ses moindres recoins, m’incite en permanence à convoiter, qu’il s’agisse d’objets ou de situations permis ou interdits. Comment puis-je imposer un contrôle sur les sentiments et les pulsions du cœur ? Il est facile de faire comprendre à un homme l’importance du respect des parents ou la gravité de l’idolâtrie. Même une réflexion sommaire pourra l’amener à prendre conscience du poids de ces deux commandements. Mais comment cet homme pourra t-il contrôler son cœur pour ne pas convoiter la maison, la femme ou la maison de son prochain ?

La réponse à cette question se trouve à la fois dans l’architecture des 10 commandements et dans celle du corps humain : l’interdit de la convoi-tise se trouve à l’issue des dix commandements, c’est-à-dire sous les neuf autres, comme le cœur qui se situe sous la tête. A comprendre de la sorte : si D.ieu a construit le corps humain en plaçant la tête au dessus du cœur, c’est pournous faire comprendre que l’intellect doit im-poser une domination sur le cœur, en d’autres termes que les idées doivent (et peuvent) imposer une autorité sur les sentiments. Pour cela l’homme doit donner, dans sa vie quotidienne, la priorité à la réflexion et placer les sentiments après cette réflexion. C’est ainsi qu’il pourra contrôler son impulsivité. C’est ce qui peut expliquer que le premier commandement est celui de la foi. L’une des nombreuses ramifications de ce commandement consiste en la conviction que tout ce que D.ieu a donné à chacun est bien à sa place. Si par l’étude de la Thora (régulière et profonde) j’arrive à comprendre ce principe, j’aurai la force d’imprimer cette conviction dans mon cœur. Et de ce fait, je ne pourrai plus convoiter le moindre élément appartenant à mon prochain ! Mais le désir n’est plus seulement une caractéristique de la nature humaine. Il est devenu le moteur psychologique notre société. Dès lors pour réduire sa force, chacun d’entre nous se doit de consacrer dans sa vie, une part à l’étude de la Torah plus importance que celle des hommes simples des générations précédentes. Ce rajout est possible car nous disposons de plus detemps et de confort matériel. Il nous suffit d’ouvrir les livres.

Pour admettre la supérmatie de D.ieu, il est nécessaire de comprendre la source de l’idolâtrie. Le Rambam écrit (Michné Torah, Hilkhot Avodat Kokhavim 1,1) : « A l’époque d’Enoch, les hommes commirent une grave erreur… Ils dirent que D.ieu avait créé les étoiles et les sphères à travers lesquelles Il contrôlerait le monde. Il les avait placées dans les cieux et les traitait avec honneur… En conséquence, ils estimaient correct [pour l’homme] de louer et glorifier [ces entités] et de les traiter avec honneur. » Ainsi, l’adoration de fausses divinités prend-elle ses racines dans une mauvaise compréhension du fait que D.ieu influence ce monde à travers des intermédiaires. Nos Sages commentent (Midrach Béréchit Rabba 10,6 ; Zohar vol. 1 p. 251a) : « Il n’existe pas un brin d’herbe dans ce domaine [matériel] qui n’ait pas une force spirituelle l’obligeant à pousser. » Cependant, les idolâtres confèrent une autorité indépendante à ces intermédiaires, pensant qu’ils contrôlent l’influence qu’ils dispensent. En réalité, ces « dieux » ne sont rien d’autre qu’une « hache entre les mains du bûcheron » (Voir Isaïe 10,15 ; Maamar Véyadaata 5657 où ce concept est largement développé), ne possédant aucune importance ou volonté propres et c’est pourquoi il est incorrect et interdit de les servir. (5ème des 13 principes de la Foi de Maïmonidecommentaire sur la Michna, introduction au 10e chapitre de Sanhédrine.) Lorsque nos Sages ont déclaré que Yitro avait reconnu toutes les fausses divinités du monde, cela signifie qu’il connaissait tous les vecteurs par lesquels D.ieu achemine Son énergie dans le monde. Malgré sa conscience de ces forces spirituelles, il rejeta leur culte et déclara (Exode 18, 10-11) : « Béni soit D.ieu… Maintenant je sais que D.ieu est plus grand que toutes les divinités. »

Revenant à Chabbad.org, on apprent que la reconnaissance de D.ieu par Yitro ne constitua pas seulement un événement personnel. Ses mots de louange suscitèrent « la révélation de D.ieu dans Sa gloire, dans les royaumes supérieurs et inférieurs. Après cela, Il donna la Torah, dans une parfaite [confirmation de] Sa domination sur toute existence. » (Zohar vol. II p. 67b) La reconnaissance individuelle de D.ieu par Yitro exprimait le but du don de la Torah. Elle prépara le macrocosme, soit le monde entier, pour une telle révélation. Le Rambam statue : (Rambam, Michné Torah,  conclusion de Hilkhot ‘Hanouccah. La source du Rambam est sujette à débat. Le Tsema’h Tsedek (Ohr HaTorah Mishlei p. 553) cite Guittin 59b. Voir Likoutei Si’hot vol. 8 p. 349ff ) « La Torah n’a été donnée que pour faire la paix dans le monde. » Et pourtant, la paix n’est pas la raison de l’existence de la Torah. Celle-ci existait avant même la création du monde. (Midrache Téhilim 90:4, Béréchit Rabbah 88:2) Elle constitue la sagesse de D.ieu, (Tanya chap. 3) qui est Une avec Lui. (Zohar vol. I p. 24a) Et tout comme D.ieu transcende la notion de finalité, ainsi en est-t-il de la Torah. Cependant, le Rambam insiste non sur le but de la Torah elle-même, mais sur celui du don de la Torah : pourquoi celle-ci fut donnée aux mortels. Il explique que la Torah a été donnée, non seulement pour disséminer la Lumière divine, mais aussi pour cultiver la paix. Ce mot signifie l’harmonie entre des opposés. À un niveau absolu, il désigne la résolution de la dichotomie entre le physique et le spirituel, le mouvement qui permet à un monde, dans lequel la présence de D.ieu n’est pas extérieurement manifeste, de reconnaître la vérité de Son Être et d’en être imprégné.

A propos du verset : « Les cieux sont les cieux de D.ieu, mais la terre Il l’a donnée aux enfants de l’homme », (Psaumes 115, 16) nos Sages expliquent (Midrach Chemot Rabba 12:3) qu’à l’origine un décret divin séparait le physique du spirituel, c’est-à-dire que la nature de l’existence matérielle empêchait quiconque de réellement apprécier la réalité spirituelle. En effet, le mot hébraïque pour “monde”, olam, partage la même racine que le mot helèm qui signifie “dissimulation”. Mais au moment du don de la Torah, D.ieu « annula ce décret » et permit que l’unité de ces deux dimensions puisse s’opérer. Qui plus est, la paix véritable implique davantage que la simple négation de l’opposition. Le but en est que des forces, qui étaient auparavant en opposition, se reconnaissent un territoire commun et se rejoignent dans une activité positive. De même, la paix qui émane de la Torah ne consiste pas tant en une révélation divine si intense que le monde matériel est obligé de la reconnaître, qu’en une prise de conscience de D.ieu dans le contexte du monde lui-même.

D.ieu est présent dans chaque élément de l’existence. A chaque instant, la Création est renouvelée. Si la divine énergie créatrice venait à manquer, le monde retournerait au néant absolu. (Tanya, Shaar HaYi’houd VehaEmounah, ch. 1). La Torah nous permet d’apprécier cette divinité intérieure et nous permet de vivre en harmonie avec elle. Au niveau individuel, la reconnaissance de Yitro de la suprématie de D.ieu accomplit cela. Depuis le culte de « toutes les fausses divinités du monde », il en arriva à une profonde reconnaissance de la souveraineté de D.ieu. (La transformation de Yitro rendit possible le don de la Torah qui, à son tour, transforme le monde. Le Zohar (vol. III p. 47b) relie la transformation de l’existence matérielle au verset : (Ecclésiaste 2,17 ) « J’ai vu un avantage de la lumière sur l’obscurité. » Le mot Yitaron (יתרון, qui a la même racine que le nom Yitro, יתרו) signifiant « avantage » peut aussi être traduit par « qualité supérieure ». Ainsi ce verset peut être interprété comme indiquant que la lumière qui provient de la transformation de l’obscurité possède une qualité supérieure.

Deux idées découlent de cela. D’abord, que la transformation de l’obscurité résulte en une lumière supérieure à celle qui se révèlerait naturellement, et ensuite, que cette lumière supérieure n’est pas opposée au monde matériel. Au contraire, c’est l’obscurité du monde qui est sa source. Le Tanya (Chapitre 36) décrit le don de la Torah comme un avant goût de l’ère messianique. Car lorsque la Torah fut donnée, toute existence se tint dans un état d’unité absolue avec D.ieu. Pourtant, lors du don de la Torah, la révélation fut à l’initiative de D.ieu. Comme le monde n’avait pas encore été raffiné, sa nature était en opposition avec la manifestation de la Divinité,  et c’est pourquoi la révélation miraculeuse ne perdura pas. Mais, dans les siècles qui suivirent, l’observance de la Torah et de ses mitsvote par l’homme a doucement fait pénétrer la divinité dans le tissu du monde. A l’ère de la rédemption, la dichotomie sera définitivement dissoute et nous prendrons conscience que notre monde est la résidence de D.ieu. (Cf. Midrache Tan’houma, parachat Be’houkotaï, sec. 3) Adapté de : Likoutei Si’hot Vol. 11 p.74ff ; Vol. 15, p.379ff ; Vol.16, p.198

La Torah ne doit pas se lire seulement comme un livre délivrant des concepts et des notions écrits, nous disent Rav M. Chriqui et A-G. Morali, mais aussi comme la Parole du D.ieu Vivant, c’est-à-dire un enseignement oral qui se renouvelle chaque jour, par l’interprétation qu’en font les sages de chaque génération en fonction de la façon dont la Bible interpelle chaque homme à travers sa problèmatique propre. L’étude désintéressée est le moyen indispensable pour tenter de s’approcher du but le plus profond que D.ieu nous a assigné : adhérer à Lui (dévékout). L’adhésion est en effet le but ultime, comme le dit la Torah : « C’est le Seigneur ton D.ieu quer vous suivrez et que vous craindrez, vous garderez Ses prescriptions, vous écouterez Sa voix, c’est Lui que vous servirez, c’est à Lui que vous vous attacherez. » (Dévarim 13, 5) Le Talmud dit : « Comme le Seigneur est miséricordieux, toi aussi sois miséricordieux. » D.ieu ensevelit les morts, rend visite aux malades ; toi aussi, pratique ces mitsvote pour Lui ressmebler. » (Chabbat 133 b, et Rachi sur Dévarim 13,5). Le Sefer Ha’hinoukh 98a a fait de cet enseignement talmudique le 611ème commandement. Le Ramhal enseigne également que le but ultime de la Torah est d’adhérer à D.ieu, afin que l’homme puisse se rapprocher de la Racine qui lui a donné la vie. Ainsi, le lien entre le Dispensateur de la vie et le récipiendaire de celle-ci, l’homme, sera indissoluble. Et la Torah est le moyen incontournable de faire arriver ce flux de vie divin jusqu’à l’homme. Comme le dit le Zohar, la Torah est le principe géniteur de la vie.

(Sources : Chabbad.org – CISU – Grand Rabbin Chalom Benizri – Rav Dufour, Modia – Rav Ygal Pizem, Nefech ‘Haya – Rav Mordekhaï Chriqui, Dr Avraham-Gilles Morali, L’Essence de la Torah)

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                                           Image Univers Torah
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La paracha avec le site Modia :
1. PARACHA DE LA SEMAINE – Nous sommes vers ce futur Chabbate dans la 4e paracha du second livre de la Torah, Chémote. Elle se nomme : Béchallah’, Il envoya . Chémote (L’Exode) 13, 17 – 17, 16. On la nomme Chabbate Chira .
* Thèmes que vous pouvez ici étudier :
Où vivre, Vers quoi vivre? Un peuple qui apprend à vivre en parfait état de marche, ayant écouté Hachém et Myriam avec confiance! CLIQUEZ ICIEt cette étude en anglais de la paracha (pour vos amis anglophones): CLIQUEZ ICI

2- 

La situation médicale de Ariel Sharon (ancien Premier ministre historique, dans le coma depuis 8 ans et qui vient de subir deux attaques cérébrales nouvelles) continue à se dégrader progressivement et rapidement. Les médecins disent qu’il se bat comme un lion. Chacun sait ce qu’il y a à faire dans ces circonstances.
Netanyahou serait prêt à des concessions territoriales réciproques avec les Palestiniens.
3 – 
 
Le sens de la fête de Tou Bi Chevate
le nouvel an de la nature
avec très nombreuses splendides photos de l’auteur de ces pages. 
Voyez les différentes pages de préparation et d’étude sur la page d’accueil du site Modia : 

Bonne semaine

Rav Yehoshua Rahamim Dufour

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Un magnifique cours du rav Dynovisz A NE PAS MANQUER sur la paracha Bechalla’h ci-dessous !

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Le jour juif commence la veille au début de la nuit ; il se termine au coucher du soleil.  En tous cas, l’allumage des bougies de chabbate ne doit pas se faire plus tard que 18 minutes avant le coucher du soleil. (Source : Modia)

Il est indispensable de lire la traduction en français de chaque paracha avant ce commentaire pour bien le comprendre. Texte de la paracha dans la Bible hébraïque ici : Lire le texte

16e Paracha – Béchalla’h : Il envoya Chémote (L’Exode) 13, 17 – 17, 16 – Chabbate Chir

En résumé,  dans cette paracha, nous dit Netiv David, nous voyons le peuple qui se trouve rapidement acculé à la mer, menacé par les armées égyptiennes que Pharaon a lancées à sa poursuite. Moïse se fait l’interprète de L’anxiété du peuple auprès de D. Les rangs des armées du Pharaon sont saisis de confusion et sous la protection d’un épais nuage, Israël traverse la mer Bouge qui s’ouvre à son passage. Dans leur aveugle précipitation, les chars et les cavaliers du Pharaon prennent le chemin de la mer qui soudain se referme sur eux, engloutissant hommes et bêtes. Sur l’autre rive s’élève le chant triomphant du peuple. Myriam, à la tête des femmes juives, entonne à son tour l’hymne de la joie. Le peuple manque d’eau, des sources amères sont adoucies par l’ordre divin. Le peuple manque de viande et des cailles en grand nombre s’abattent autour du camp. Le peuple manque de pain, et la manne commence à couvrir tous les matins les alentours des tentes. Cependant, le Sabbat, institué dans son expression collective, se manifeste aussitôt, par l’arrêt de la manne en cette journée. Un incident, de nouveau dû au manque d’eau oppose Moïse au peuple. Amalek attaque Israël et, dans une courte bataille, est défait. Ordre est donné d’effacer le souvenir d’Amalek de la terre des hommes. .

Rabbi David Hanania Pinto nous dit que les Sages nous expliquent que lorsque la Mer s’est fendue pour laisser passer les bnei Israël, elle s’est fendue en 12 sentiers correspondant aux douze tribus. (La preuve scientifique vient d’en être faite à l’aide de photographies qui montrent 12 voies à l’endroit où les Enfants d’Israël sont sensés avoir traversé lors de leur sortie d’Egypte.) Dans chaque sentier, il y avait une tribu, avec entre elles une muraille d’eau. Mais pour qu’elles puissent tout de même se voir, ces murailles étaient transparentes comme du verre et des fenêtres y étaient ouvertes. Apparemment il y a lieu de s’étonner. Pourquoi tous ces miracles ont-ils été faits ? Ne suffisait-il pas d’une seule route à l’intérieur de la mer pour tous les bnei Israël, puisque le but de tout le monde était de traverser la mer ! De plus, pourquoi seraient-elles transparentes comme du verre avec des fenêtres ?

Au moment où nous sommes sortis d’Egypte, Hachem a voulu nous enseigner la voie à suivre, et les actions à faire. Chaque tribu avait ses coutumes et ses habitudes, différentes de celles des autres, c’est pourquoi Hachem leur a préparé dans la mer un sentier pour chacune. Mais même à l’intérieur de sa propre voie, l’un ne doit pas oublier l’autre, ni faire abstraction de lui, c’est pourquoi nous avons eu besoin du miracle que ces murailles soient transparentes comme du verre. Malgré tout, cela ne suffit pas, de seulement voir l’autre sans essayer de l’aider dans son épreuve, ou de se réjouir de sa joie, ce n’est pas cela la volonté du Saint béni soit-Il. C’est pourquoi Il leur a construit des fenêtres dans ces murailles, par lesquelles on pouvait se parler. De même, c’est la voie de Hachem qu’il faut suivre pour toutes les générations, comme un seul homme avec un seul cœur.

On raconte qu’un jour, on a demandé au ‘Hafets ‘Haïm : «Pourquoi les bnei Israël sont-ils divisés en toutes sortes de communautés, les sépharadim, les achkénazim, les ‘hassidim et les mitnagdim ? Pourquoi n’avons-nous pas une voie unique pour servir Hachem ?» Il l’a expliqué par une parabole. Toute armée au monde, bien que son but soit de lutter contre le même ennemi, est composée de plusieurs forces, l’aviation, la marine, les fantassins… chacun a son rôle, chacun a un travail différent de celui du voisin, mais le dénominateur commun entre eux est que tous luttent contre le même ennemi et pour le même but. De même, a expliqué le ‘Hafets ‘Haïm, le peuple d’Israël est un seul peuple, son but est de lutter contre le grand ennemi, le mauvais penchant, et c’est cela le dénominateur commun à nous tous, ainsi que le fait que nous cherchions tous à servir Hachem. Mais chacun appartient à un bataillon différent, et personne n’est meilleur que l’autre, nous sommes tous comme un seul homme avec un seul cœur.

(Exode Chapitre 17, 7-8) « 7. Il appela  ce lieu « Massa (« Provocation ») et Mériba (« Querelle »), parce que les Israélites avaient cherché querelle, et parce qu’ils avaient provoqué le Seigneur, en disant : le Seigneur est-il parmi nous ou non ? 8. Et Amalek vint à Rephidim pour faire la guerre contre Israël. » (Exode 17-13 – 17-14) «  Et Josué vainquit Amalek et son peuple, au tranchant de l’épée. L’Eternel dit à Moïse : Ecris cela dans le livre pour que le souvenir s’en conserve, et déclare à Josué que j’effacerai la mémoire d’Amalek de dessous les cieux. » (Exode 17 – 16) « Il dit : Parce que la main a été levée sur le trône de l’Eternel, il y aura guerre de l’Eternel contre Amalek, de génération en génération. (Deutéronome 25, 17- 19) « Souviens-toi de ce que t’a fait Amalek, sur le chemin, à votre sortie d’Egypte. Il te rencontra en chemin, démembra tous les gens affaiblis sur tes arrières ; toi, tu étais las et épuisé, et lui ne craignait pas Dieu. Ce sera lorsque le Seigneur ton Dieu t’aura donné le repos de tous tes ennemis alentour, dans le pays que le Seigneur ton Dieu te donne en héritage pour l’occuper, tu effaceras le souvenir d’Amalek de dessous les cieux, ne l’oublie point.» (1 Samuel 15, 2 – 3) « Ainsi parle l’Eternel des armées : Je me souviens de ce qu’Amalek fit à Israël, lorsqu’il lui ferma le chemin à sa sortie d’Egypte. Va maintenant, frappe Amalek et dévouez par interdit tout ce qui lui appartient ; tu ne l’épargneras point, et tu feras mourir hommes et femmes, enfants et nourrissons, bœufs et brebis, chameaux et ânes. »

Raphaël Bloch, sur le site letalmud.blogspot.com cite Rachi, qui explique : « Amalek ne craignait pas D.ieu, ce qui aurait pu le retenir de vous nuire. » Après sa victoire sur Amalek , Moïse construit un autel qu’il nomme : « D.ieu m’a fait un miracle ! ». . Puis dans le verset suivant : « Il dit : car une main est sur le trône de D.ieu, il y aura une guerre de D.ieu contre Amalek de génération en génération. » On remarque dans ce verset que le mot « trône » et le nom de D.ieu sont transcrits de manière partielle. Rachi commente : « La main de D.ieu s’est levée pour prêter serment sur son trône que cette guerre et cette haine qu’Il déclare à Amalek seront éternelles. Et pourquoi le mot ‘trône’ est-il incomplet, ainsi que le nom de D.ieu ? Parce que D.ieu a juré que son nom et son trône ne seraient pas achevés tant que Amalek survivra. » Raphaël Bloch : Nous allons tenter d’avancer une explication à cette opposition clairement définie par Rachi entre le trône et le nom de D.ieu d’une part, et l’existence d’Amalek d’autre part. Nos Sages enseignent dans le Midrach : les Patriarches sont la « Merkava » (littéralement le char divin). La « Merkava » signifie la réalisation concrète de la Présence Divine. Le travail qu’ils ont accompli a permis de constituer le peuple juif, dont la mission est d’attester l’unité et le règne de D.ieu. Comme nous le savons, il y a trois Patriarches. Ce qui implique que le trône divin n’aurait que trois pieds. Le quatrième pied sera, prochainement nous l’espérons, celui que constituera le roi David en la personne de son descendant le Machia’h. C’est donc à ce moment-là que sonnera le glas pour Amalek.

Dans le traité Pessa’him 50a est citée la prophétie de Zacharie : « Et D.ieu sera Roi sur toute la terre, ce jour-là D.ieu sera un et son nom sera un. » La Guemara demande : aujourd’hui, n’est-Il pas un ? Rabbi A’ha fils de ‘Hanina répond : le monde futur n’est pas comme ce monde-ci. Dans ce monde-ci, pour de bonnes nouvelles on dit la bénédiction suivante : Béni sois-Tu qui est bon et qui fait le bien, et pour les mauvaises nouvelles, on dit : Béni sois-Tu qui est le juge de la vérité. Alors que dans le monde futur, il n’y aura que : Béni sois-Tu qui est bon et qui fait le bien. « Son nom sera un ». La Guemara demande : aujourd’hui, Son nom n’est-il pas un ? Rav Na’hman fils de Rabbi Yitz’hak répond : aujourd’hui, son nom ne se lit pas comme il s’écrit, alors que dans les temps futurs il se lira comme il s’écrit. Le nom que nous donnons à D.ieu reflète la perception que nous pouvons avoir de Lui. Grâce aux Patriarches, nous concevons que nous devons bénir D.ieu pour les mauvaises nouvelles comme pour les bonnes. Mais cela demande un effort spirituel et intellectuel qui nous permet d’affirmer : tout ce que fait D.ieu est pour le bien ! Ce décalage est l’espace d’Amalek. Il faut se souvenir qu’avant l’attaque d’Amalek, le monde entier était subjugué par les miracles de la sortie d’Egypte et de la Mer Rouge. C’est Amalek qui va se sacrifier pour semer le doute. Il va, au péril de sa vie, dévaloriser la révélation divine. Mais n’oublions pas que le véritable Amalek se situe en notre propre cœur. Luttons pour mettre fin à ce décalage entre ce que nous savons et ce que nous vivons. Alors le trône sera achevé et son nom sera un. Le peuple d’Amalek croit parfaitement en Hakadoch Baroukh Hou, mais d’après lui la résidence d’Hachem n’est qu’en haut, dans les sphères célestes, et n’a pas sa place dans le monde, si bas, de la matière. Ainsi Amalek se bat pour que la Torah, les mitsvote et donc la présence d’Hachem reste du domaine du Ciel et n’ait pas sa place sur terre.

D’où vient Amalek ? Reb Meir Schuster nous explique que la progéniture d’Amalek est l’archétype de l’ennemi du peuple juif. Son existence même est diamétralement opposée à la Torah. Les Sages décrivent le peuple d’Amalek comme étant l’essence de tout le mal dans le monde.  De nos jours, nous ne connaissons pas les descendants d’Amalek. Le concept d’ « Amalek » nous aide donc depuis la nuit des temps à comprendre le phénomène déroutant de l’anti-sémitisme, qui n’a sociologiquement aucun équivalent. Le nom même « anti-sémitisme » est unique. Il décrit la haine d’un peuple contre un groupe bien spécifique, les Juifs. Nous sommes le seul peuple au monde contre lequel il existe une telle haine. Et cela porte sur la prédiction de la Torah, qui dit que jusqu’aux temps messianiques il y aura une nation, Amalek, qui fera preuve d’une haine innée, viscérale et inexplicable envers le peuple juif.

Qui est Amalek ? Raphaël Bloch nous dit qu’il était le fils illégitime d’Elifaz et petit-fils d’Essav. En tant que tel, il est chef d’une tribu Edomite (Gen. 36, 16), les Amalécites. Sa mère, Timna, sœur de Lotan, provenait de la tribu des Horrites, dont le territoire avait été annexé à Edom. La grand-mère d’Amalek était la fille illégitime du père d’Amalek. (Genèse, 26, 12). «Timna devint concubine d’Élifaz, fils d’Ésaü ; elle lui enfanta Amalek. Tels sont les enfants de Ada, épouse d’Ésaü. » L’attaque d’Amalek contre Israël, suit exactement le moment où Israël se pose la question de la présence de D.ieu en son sein. Les rabbins remarquent que la valeur numérique de safek (doute) est égale à celle d’Amalek. Dans la tradition juive, Amalek va symboliser l’anti-Israël, celui qui veut détruire le peuple juif, au nom d’une haine viscérale. Dans la Méguila d’Esther le descendant d’Amalek n’est autre que Haman. (Exode Chapitre 17)

Aron Moss, de Chabbad.org  nous rappelle qu’Amalek était le chef des Amalécites, une tribu de nomades. Mais après avoir exterminé tous les Amalécites, le roi Saül avait épargné Agag. Ce geste allait à l’encontre de l’ordre divin transmis par le prophète Samuel. Cette erreur valut son trône à Saül. Par la suite, ainsi que le raconte le livre d’Esther, les exilés du premier Temple auront à pâtir des volontés génocidaires d’Haman, fils de Hamedata, descendant d’ Agag, roi des Amalécites. Pour les Juifs, Amalek représente donc l’archétype de l’ennemi d’Israël et des Juifs.

Il n’y a qu’une réponse aux attaques d’Amalek nous dit Aron Moss : l’annihilation. Rien ne sert d’argumenter, cela ne marche pas avec lui. Le pouvoir de ce cynisme est irrationnel. Le moment le plus intense, le plus édifiant et le plus profond de l’éveil spirituel peut être balayé en un instant par les railleries d’Amalek. L’argument le plus logique peut être détourné avec ce raccourci : « revient à la réalité ! » « Ne charrie pas ! » ou bien « Est-ce que tu te prendrais pour un saint ? » Il n’existe aucune réponse à ce genre de pique de bas étage. On ne peut combattre le cynisme de façon raisonnée. On ne peut que l’éradiquer. La prochaine fois qu’un cynique amalek se dresse contre toi, écrase-le, bats-le à son propre jeu en accomplissant des mitsvote. Sois aimable sans explication, aime ton prochain de manière irrationnelle. Deviens un héros dans ta propre bataille intérieure et libère ton âme emprisonnée. C’est ainsi que tu tueras l’amalécite.

Yanki Tauber, lui, nous apprend qu’un adage talmudique dit que « Paix » n’est pas un simple mot, c’est le nom de D.ieu. En effet, « la Torah ne fut donnée que pour établir la paix dans le monde ». Pour citer encore le Talmud : « Trois traits caractérisent les Israélites : ils sont miséricordieux, humbles et charitables ». Si quelqu’un ne possède pas ces qualités, nous sommes conduits à douter de sa judéité. Même lorsque nous sommes obligés, en tant que société, de punir les criminels ou de livrer des guerres, nous le faisons à contrecœur, sans passion, et sans haine. L’amour est la marque du Judaïsme. Certains parmi nous avancent même que c’est nous qui l’avons enseigné au monde. Aimer son prochain comme soi-même, nous dit le Talmud, est la Torah tout entière. Le reste en est le commentaire. « Il n’est pas de service de D.ieu aussi grand que le service du cœur », déclare le Zohar.

Yanki Tauber nous explique aussi que l’amour est la marque du Judaïsme. Certains parmi nous avancent même que c’est nous qui l’avons enseigné au monde. Une fois par an, cependant, dans les synagogues, on écoute la lecture de la Torah qui nous demande de haïr. Amalek ne fut pas la seule nation à nous avoir agressés. Au cours de nos 4 000 ans d’histoire, il y en eut beaucoup d’autres qui firent de même, parfois pire. Mais Amalek est particulier en ce qu’il est l’essence du mal. Il n’avait aucune raison rationnelle de nous attaquer. Il n’avait rien à y ga gner. Amalek déteste simplement le bien et cherche à le détruire partout où il s’épanouit dans le monde. Il nous est enjoint d’aimer toutes les créatures et les créations de D.ieu, y compris les moins aimables d’entre elles. Mais lorsque la haine à l’état pur se déchaine, elle doit être détruite. Parce que si vous aimez le monde de D.ieu, vous ne ressentez pas d’amour envers les forces qui cherchent à le détruire. Dans les paroles de nos Sages : « Celui qui est compatissant envers les cruels finira par être cruel envers les compatissants. »

Avec Chlomo, sur Harissa.com, nous voyons que c’est à la suite de la traversée de la mer Rouge que tous les juifs ont chanté la célèbre « Chirat Hayam » (« Az Yachir Moshe« ). La Torah distingue à ce sujet le chant des hommes de celui des femmes. Les femmes ont en effet marque une joie beaucoup plus grande lors de cette evenement, puisqu’elles ont accompagne leurs chants avec le son des tambourins et avec des danses. Ceci explique le choix de nos sages, de lire ce Chabbat comme haftarah un passage dans lequel le chant de la femme est indiqué avant celui de l’homme (« Vatachar Devora »). Le Midrach nous dit que que les anges attachés au service divin voulaient également chanter la Chira, mais que D.ieu les en a empêché, et les a retenus jusqu’à ce que les juifs aient fini de chanter. Et l’un des avis considère que c’est jusqu’à ce que les femmes, précisément, aient fini de chanter.

Pourquoi la joie des femmes fut-elle à ce point beaucoup plus intense que celle des hommes ? Tout simplement parce que leur souffrance en Egypte était supérieure à celle des hommes. Parmi les décrets imposés par Pharaon, le plus menacant de tous fut le suivant : »Tout enfant mâle qui naitra, vous le jetterez dans le fleuve« . Le coeur d’une mère est incapable de supporter une telle chose, et de tout évidence, leur douleur devait être sans comparaison avec celle des pères. Ceci explique que lors de la délivrance, leur joie était également plus profonde que celle de leurs époux. Les récits de la Torah ont nécessairement une composante éternelle, un enseignement valable pour toutes les générations. C’est à dire que les décrets de Pharaon sont bien présents dans chaque génération, mais prennent simplement des aspects différents selon les époques. Pharaon, à son époque, avait ordonne la mort physique des enfants juifs, en les noyant dans le Nil. Quant au « Pharaon » des autres générations, il aspire à l’élimination des enfants par d’autres moyens, moins cruels mais tout aussi dangereux.

A notre époque, les « décrets de Pharaon » se traduisent sur un plan spirituel. Le Pharaon de notre époque, c’est l’esprit qui règne dans le monde occidental, de considérer que l’éducation juive authentique peut être sacrifiée au profit d’autres valeurs. En obéissance à ce principe,  les enfants sont coupés de la source réelle qui nous fait vivre, qui les fait vivre, et qui est la Torah, l’élément naturel du juif. Un enfant juif, pour se développer normalement sur un plan matériel comme spirituel, en harmonie avec sa nature profonde, a besoin d’une foi forte, de l’étude de la Torah et d’une éducation vraie et profonde. Les « décrets de Pharaon » de notre époque mettent en danger l’existence du peuple juif, comme le faisaient les décrets de Pharaon de l’époque, à la différence près qu’ils prennent aujourd’hui une apparence bien plus sournoise. De même qu’en Egypte ce sont les femmes qui ont le plus souffert des décrets de Pharaon, de même à notre époque leur rôle est de se mobiliser afin d’apporter à leurs enfants l’éducation juive authentique dont ils ont besoin. Chaque femme juive doit être consciente de sa capacité à réaliser ceci, et du grand mérite qui lui est donné de donner naissance à une génération juive authentique. Par le fait qu’elles assureront à leurs enfants une véritable éducation juive, ceci aura une incidence positive sur le monde en général et elles auront elles-mêmes une réelle satisfaction de leurs enfants, et elles pourront ainsi chanter la « Chira » avec enthousiasme lors de la délivrance complète et définitive.

L’Essence de la Torah nous apprend que dans la déchirure de la mer des Joncs, la Hagada voit le plus grand de tous les miracles que D.ieu ait jamais accompli jusqu’à ce jour. Les sages de la Hagada abondent en exégèses pour prouver que les plaies qui se sont abattues sur les Egyptiens lors de cet évènement étaient 5 fois supérieures aux célèbres10 plaies d’Egypte réunies. Mais ce que vient nous enseigner ici Rabbi Yossé le Galiléen, ce n’est pas de « mesurer » les miracles, mais plutôt de nous faire saisir le message divin qui se cache derrière cette « main » de D.ieu qui délivre comme elle n’a jamais délivré jusqu’alors. Il y a là une dimension cosmique qui permettra au peuple d’Israël de conserver la foi jusqu’à l’arrivée du Messie. A partir de cette vision gigantesque de la déchirure de la mer et de l’engloutissement de tous les Egyptiens, la foi d’Israël en D.ieu et en Son prophète Moïse deviendra scellée et inébranlable. Mais que représente cette main divine pour que la foi d’Israël soit aussi solidement ancrée ? Qu’ont-ils vu au bord de cette mer des Joncs ?

Le Ramhal nous révèle que non seulement la mer s’est ouverte, mais aussi l’échelle du temps. D.ieu leur  permis de voir toute l’histoire de l’humanité, depuis les exils successifs jusqu’à la rédemption finale. Le temps n’est en effet qu’une composante de l’univers créé par D.ieu. Il peut moduler celle-ci à Son gré, et la faire disparaître ou se contracter en fonction de chaque situation. Cet événement de la déchirure de la mer Rouge est pour D.ieu le moment adéquat pour « déchirer » devant Son peuple toute la dimension de la temporalité et leur faire voir l’évolution de l’humanité à travers l’histoire. (Otsrot Ramhal, paracha Bechala’h). « Yam souf » peut aussi se lire « sof » (la fin). D.ieu choisit pour cela le lieu de la plus haute révélation divine dans l’histoire qui ait jamais eu lieu. Car à ce moment, même le mal, Pharaon  reconnaît que c’est D.ieu Qui dirige le monde, en déclarant « Qui est comme Toi, parmi les dieux, ô Eternel, qui est comme Toi, merveilleux de sainteté » : le but de la sainteté est alors atteint. Cette révélation massive n’est rien d’autre que la Chékhina (Présence divine) elle-même. Bien entendu, il est clair, pour éliminer d’emblée tout anthropomorphisme, que D.ieu ne possède pas de main, ni aucun organe susceptible de ressembler au corps humain. Mai comme le dit le Rav Isaac ‘Haver, la main de D.ieu dont parle le texte biblique correspond à une force supérieure, céleste, qui fait intervenir toutes les mains du monde de tous les êtres. (Rav Isaac ‘Haver, Pit’hé Chéarim, Netiv Igoulim veyocher, peta’h 1). « Tous les détails de toutes les forces du monde entier sont représentés par le microcosme humain, et ces forces sont appelées des noms des organes humains. Car ces noms (des organes humains) Car ces noms sont empruntés au registre des forces supérieures qui agissent sur ces organes pour leur donner la vitalité. »

La main de D.ieu, en l’occurrence, est la force supérieure qui créé l’action dans le monde (de la même façon que la main humaine est ce qui va traduire notre volonté en acte). Et cette action de D.ieu dans le monde s’appelle Chékhina, la Présence divine qui se révèle ici-bas, point de rencontre entre D.ieu et les créatures et passage obligatoire pour toutes ces créatures vers la compréhension divine. Elle est le lien qu’assure D.ieu avec le monde, et c’est par elle que le monde physique peut atteindre son tikoun, sa réparation. A savoir, que tous nos efforts, toute notre étude, toutes nos mitsvote ne doivent tendre que vers un seul et même but : réparer la Chékhina pour qu’elle s’élève et qu’elle nous élève vers les plus hauts sommets du Divin, décrits par les cabalistes comme le Keter (la couronne), idée fondamentale dans la Cabale : on ne peut accéder aux plus hauts degrés que si on a intégré en soi les degrés inférieurs. Et grâce à cette intégration, on peut transformer ces degrés inférieurs en degrés supérieurs. Ainsi, la royauté peut s’élever jusqu’à la couronne et ne faire plus qu’un avec elle. C’est le secret de la restauration de la Présence divine. Ce miracle est donc vraiment le plus grand : il transcende le temps et l’espace pour nous projeter dans l’idéal messianique de la fin des temps et de la révélation divine sur terre. Et ceci apparaît justement dans la Chira, qui vient signifier la chute du mal par D.ieu Lui-même. Les dernières forces du mal succombent dans la mer, Pharaon lui-même reconnaît que D.ieu est le Maître du monde, alors peut advenir la rédemption finale.

Il en ira de même pour la rédemption de la fin des temps, nous dit le Ramhal dans Daat Tévounot. Avant l’arrivée du Messie, il y aura une recrudescence du mal pour permettre au Bien de mieux faire éclater a contrario sa lumière : « La cause essentielle de l’existence du mal dans la direction du monde est la révélation de l’Unité, qui nécessite dans un premier temps de dévoiler le mal et de le laisser faire tout ce qui est dans sa nature afin de démontrer ensuite l’unité de Son gouvernement par la transformation du mal en Bien. Pour cette raison, le Souverain se cache et voile Sa Face et laisse le mal s’amplifier jusqu’à la dernière limite possible, c’est-à-dire jusqu’à la quasi-destruction du monde. Cette situation donnera alors un sens extrême à la révélation de Son unité dévoilée. En réparant les détériorations du mal par Sa souveraineté, la lumière sera dévoilée à partir de l’obscurité. » ((Rabbi Moché ‘Hayim Luzzatto (Ramhal) Daat Ténouvot, Les voies de la Direction divine. Traduction M. CHriqui et D. Cohen, Ed. Ramhal, 2002, P. 383))

 (Sources : Akadem – Netiv David – Rabbi David Hanania Pinto, Hevrat Pinto – Raphaël Bloch, letalmud.blogspot.com – Reb Meir Schuster, Ohr Somayach  Raphaël Bloch – Aron Moss, Chabbad.org – Yanki Tauber – Chlomo, Harissa.com – Rav Mordekhaï Chriqui, Dr A.G. Morali, L’Essence de la Torah)

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115014
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Jeudi 16 janvier sera la fête de Tou Bichvat. Retrouvez ici les différentes études sur ce thème du site Modia :

Ouvrez ces pages :

1.

 Le sens de la fête de Tou Bi Chevate, le nouvel an de la nature.

Photos de l’auteur. Copyright.

2.
L’enseignement de chaque jour du mois de Chevate.

Photos de l’auteur. Copyright.

3.

La beauté intime de Jérusalem dans le mois de Chevate et à Tou bi Chevate Ma yadidote michkénotéikha,(Psaume 84,2) Quelles sont aimables Tes  
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4.
La beauté intime de Jérusalem en Chevate et à Tou bi Chevate (suite)

Photos de l’auteur. Copyright.

Notre pureté et notre sensibilité en Chevate et àTou bi Chevate

Photos de l’auteur. Copyright.

6.
Nous sommes la preuve de la présence du Créateur.

Photos de l’auteur. Copyright.

7. NOUS NE SOMMES PAS SEULEMENT LES TÉMOINS EXTERNES DE CE DUO D’AMOUR. LISEZ DONC AUSSI LES POÈMES DE « NOTRE insertion et PARTICIPATION DIRECTE DANS CE DUO D’AMOUR ». LISEZ pour cela PLUS DE 32 POÈMES QUI SONT AINSI NOS BATTEMENTS DE COEUR (32 est la guématria de coeur, lev, en hébreu). Cliquez pour cela sur chaque des noms des poèmes de la rubrique « Amour d’Esther et du Roi » sur cette page :
http://www.modia.org/poeme/multilingues/amour-ester.htm

La paracha avec le site Modia :

1.

PARACHA DE LA SEMAINE – Nous sommes vers ce futur Chabbate dans la 3e paracha du second livre de la Torah, Chémote. Elle se nomme : Bo, Viens Chémote (L’Exode) 10, 1 – 13, 7 .
* Thèmes que vous pouvez ici étudier : 
Comment re-créer et renouveler le mois et le couple! 
Comment ne pas vivre dans les ténèbres d’Egypte!

LIEN    http://www.modia.org/tora/chemote/bo.php

Et cette étude en anglais de la paracha (pour vos amis anglophones):

LIEN    http://www.modia.org/modia-english/shemot/bo.htm

2.

Nouvelles significatives très délicates: suivez-les chaque jour sur ce lien; vous apprendrez la réalité vécue par Israël:

Rav Yehoshua Rahamim Dufour

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Le jour juif commence la veille au début de la nuit ; il se termine au coucher du soleil.  En tous cas, l’allumage des bougies de chabbate ne doit pas se faire plus tard que 18 minutes avant le coucher du soleil. (Source : Modia)

Il est indispensable de lire la traduction en français de chaque paracha avant ce commentaire pour bien le comprendre. Texte de la paracha dans la Bible hébraïque ici : Lire le texte

15e Paracha – Bo : Viens Chémote (L’Exode) 10, 1 – 13, 7

Les trois dernières plaies s’abattent sur l’Égypte : un immense nuage de sauterelles dévore toutes les plantations ; une obscurité épaisse et palpable enveloppe le pays et tous les premiers-nés de l’Égypte sont tués à minuit du 15ème jour du mois de nis sane. D.ieu ordonne la première mitsva (commandement) au peuple d’Israël : établir un calendrier basé sur la renaissance périodique de la lune. Les Israélites doivent également offrir à D.ieu un « sacrifice pascal » : un agneau ou un chevreau doit être égorgé et son sang doit être aspergé sur les montants et le linteau de la porte de chaque foyer juif afin que D.ieu « saute par-dessus » ces maisons lorsqu’Il ira tuer les premiers-nés égyptiens. La viande grillée du sacrifice devra être consommée ce soir-là avec de la matsa (du pain azyme – non levé) et des herbes amères. La mort des premiers-nés finit par briser la résistance de Pharaon et il renvoie les Enfants d’Israël de sa terre. Ils partent en telle hâte que leur pâte n’a pas le temps de lever et le seul pain qu’ils peuvent emporter est de la matsa. Avant de partir, ils demandent à leurs voisins égyptiens de l’or, de l’argent et des vêtements, vidant l’Égypte de ses richesses. Les Enfants d’Israël reçoivent le commandement de consacrer tous leurs premiers-nés et de célébrer l’anniversaire de l’Exode chaque année en éliminant tout levain de leurs possessions pendant sept jours, en mangeant de la matsa et en racontant l’histoire de leur délivrance à leurs enfants. Il leur est aussi commandé de porter des téfilines sur le bras et la tête chaque jour (sauf le Chabbat et les jours de fête) pour se rappeler l’Exode et leur engagement envers D.ieu qui en a découlé.

« Tu le raconteras à ton fils et à ton petit fils… » Qui n’a pas été intrigué, depuis son enfance, par ce rite étrange et fascinant, nous demande  Shmouel Darmon ? Des ingrédients spéciaux, un plateau qu’on couvre et qu’on découvre, qu’on retire de la table  puis qu’on ramène ? Un morceau de matsa caché puis dévoilé et consommé en fin de repas… Beaucoup d’interrogations… L’éducation dans la Torah commence par le questionnement : ma zé ? Qu’est-ce que c’est ? Et les Sages nous disent que les lettres du mot Adam, l’homme, ont la même valeur numérique (45), que le mot Ma, quoi ? Clin d’oeil pour nous dire que l’homme est avant tout une question. Question très difficile, tellement difficile que de nombreuses lunes sont déjà passées, et qu’il y en a encore qui y réfléchissent… Mais l’homme-question se construit lui-même par les interrogations qu’il ose se poser sur le monde environnant, et sur lui-même, son monde intérieur, si riche et pourtant si méconnu. La Torah agit comme miroir du questionnement, tout en donnant un semblant de réponse,  qui renvoie et réfléchit une autre question, et encore une autre, à l’infini. A l’image d’un rayon lumineux qui irait frapper un prisme, et qui se réfléchirait, à l’infini. Il n’existerait alors qu’une seule question, un peu comme la lumière qui contient bien des nuances colorées, les fameuses 7 couleurs de l’arc en ciel. Une seule question, mais des centaines de nuances…

En manière d’éducation, il n’existe pas hélas de recette miracle. La Torah nous dit simplement d’éduquer l’enfant selon sa voie. La sienne, pas la nôtre. Pas ce que nous imaginons être le meilleur pour lui. Je connais des personnes qui se sont pleinement épanouies dans le domaine de la Torah. La Yéchiva les a aidé à structurer leurs pensées, leur appris à partager aussi. Elle leur a permis, pour ceux qui l’ont quitté ensuite, d’affronter la vie en mettant le maximum  de chance de leur côté. Par contre, d’autres personnes ont eu moins de chance. Elles n’ont pas supporté le rythme effréné, la force de l’étude quotidienne. Elles auraient pu  s’en sortir, si elles avaient eu un enseignement plus adapté, plus sensible à leurs vrais besoins. Car la Torah est le remède de l’âme, mais comme tout remède, il faut faire attention  aux quantités. Il y en a qui supportent avec joie, mishnayote sur mishnayote, daf sur daf de guémara ! Mais il y en a d’autres qui n’ont pas la même sim’ha et les mêmes capacités dans l’étude.

Le danger est donc que ces néchamote (âmes) finissent par tout rejeter. Comme le dit le roi Salomon : « si tu as trouvé du miel, consomme-en modérément, de peur que ton coeur ne finisse par le rejeter. » Car quel drame si d’un côté, on assiste à une jeunesse en perdition, à la recherche de repères  que la société ambiante est bien incapable de leur transmettre, et si de l’autre, des âmes plus fragiles prennent le prétexte de la Yéchiva pour tout rejeter par la suite ! Dans les deux cas, quel héritage leurs enfants de la génération suivante recevront-ils ? Il est donc clair qu’il est impossible de brader totalement un enfant, et en même temps impossible de le laisser gâcher sa vie dans un laxisme absolu. Dans cette génération proche de la venue du Mashia’h, tous les Sages de la génération étant formels, il devient urgent de sensibiliser les parents sur l’importance des valeurs de la Torah, seule garante de la survie d’Israël en gola (exil). La Torah, oui ! Mais pas dans l’angoisse ! La Torah, oui ! Mais pas dans la peur ! Réussir à transmettre à ses enfants l’enthousiasme et la sim’ha (joie) de la Torah, c’est avoir remporté la moitié de la victoire !

Aux parents qui n’ont pas eu la chance de recevoir une transmission, sachez qu’il n’est pas trop tard ! Chaque juif, chaque juive, a une part dans la Torah. Et même si le dialogue parent-enfant a été jonché d’incompréhensions et de rancune, il n’est jamais trop tard, pour une fois de plus, recommencer. Commencer une nouvelle fois autour d’une question. Et petit à petit, parvenir à injecter la émouna, (la foi) et le retour à la Torah. Sachez qu’aucun effort n’est vraiment vain. De toutes nos tentatives, il reste toujours quelque chose. Un petit point lumineux qui brille, et qu’il ne tient qu’à nous de raviver. A ceux qui sont loin de la Torah,  qu’ils se souviennent de leur Créateur ! Et à ceux qui sont penchés sur leur guémara, du matin au soir qu’ils n’oublient pas leurs frères et soeurs dans les ténèbres qui n’ont pas eu cette chance de se connecter à l’héritage si riche du Sinaï !

La sortie d’Egypte fut précédée par les 10 plaies qui révélèrent la toute puissance de D.ieu sur les forces de la nature. Le mot Ness possède plusieurs sens en hébreu : il désigne le miracle, mais aussi l’étendard et l’épreuve. Si la langue hébraïque est pauvre en vocabulaire, elle est riche par les sens qu’elle véhicule. Quel lien peut-il donc exister entre tous ses termes ? L’épreuve, quelle soit morale, spirituelle, intellectuelle ou physique, représente le dépassement de ses propres limites. L’épreuve ne consiste pas tant à réaliser l’impossible qu’à accomplir l’extraordinaire. Un examen réussie signifie que nous avions plus de force que nous l’imaginions. Cette victoire sur nous-mêmes deviendra notre étendard. C’est là le miracle que l’homme peut réaliser. De la même manière que Dieu dépasse sa transcendance pour agir dans le monde immanent, ainsi l’individu est-il capable de quitter sa propre nature limitée pour réaliser l’exploit moral, intellectuel ou physique. Chaque fois que Dieu fait des miracles c’est pour rappeler que l’homme peut lui aussi réaliser l’acte surnaturel par excellence : le respect et l’amour du prochain. Mais le pharaon resta sourd à la leçon.

Elisha Greenbaum nous apprend que le Rabbi de Loubavitch s’interrogeait sur la raison pour laquelle D.ieu a tant insisté sur le fait de tout faire Lui-même. Pourquoi n’a-t-Il pas laissé quelque chose à faire aux anges ?Pourquoi fallait-il absolument relever que D.ieu a agi seul ? Dans un commentaire, le Rabbi a expliqué que D.ieu nous enseigne ici ce qu’il faut faire face à des personnes en détresse. De temps en temps nous croisons des gens qui ont besoin de notre aide et il est de notre devoir de répondre à leur appel. Cela peut parfois être pénible, voire éprouvant, mais nous devons être prêts à sacrifier notre confort pour sauver un autre Juif, à « descendre en Égypte », à quitter notre position de confort et de facilité pour s’engager dans un bourbier parsemé d’embûches et de dangers. Aucun sacrifice n’est trop grand. Il a tout fait Lui-même sans attendre que des anges jouent un rôle.

Il serait tellement facile de se détendre et de laisser le gros du travail aux autres. « Évidemment que je remplirai mon rôle. J’entends bien participer à l’effort commun. Toutefois, il est clair que sauver le monde doit être une action collective. Je me satisfais parfaitement de ma petite part de gloire. Personne ne m’en voudra si j’attends d’être rejoint par d’autres avant de faire un pas en avant. » Mais ce n’est pas la leçon que nous apprenons de D.ieu. Il a tout fait Lui-même sans attendre que des anges ou d’autres protagonistes jouent leur rôle. Quand vous voyez quelqu’un qui attend d’être sauvé, ne restez pas en arrière avec la foule des spectateurs. Joignez-vous aux efforts de secours. Les personnes en danger n’ont pas le temps d’attendre que vous ayez terminé d’ergoter sur la chaîne de commandement ; elles attendent que vous les sauviez. Si nous voyons un problème, il nous revient de lui apporter une solution. Si nous apprenons que quelqu’un subit un tort, nous devons nous battre pour lui. Sa cause est notre cause, ses besoins sont notre responsabilité. Nous n’attendons pas que d’autres nous relayent. Nous acceptons avec reconnaissance notre mission de sauver le monde et de forger l’avenir.

Yehuda-Israël Rück nous dit que dans son commentaire sur la Torah (Chémot 13, 16), le Ramban écrit : « Après avoir pris connaissance des miracles éclatants et dévoilés, l’homme doit ensuite accéder à la prise de conscience de la réalité des miracles cachés, car ils qui constituent le fondement sur lequel repose toute la Torah. Et aucun homme ne saurait avoir part à la Torah de Moché rabbénou tant qu’il n’est pas d’abord persuadé que tous les évènements que nous vivons (mikréinou) et toutes les choses du monde qui nous arrivent (devaréinou) – en tant qu’individu ou comme collectivité – relèvent tous du miracle proprement dit, puisque rien au monde ne comporte de dimension normative (téva), quelle qu’elle soit, ni aucune forme de régularité (minhago chel olam) »… Contemporains de la sortie d’Egypte, les miracles nous révèlent en effet que les lois du monde sont en dernière instance l’expression du dévoilement de D.ieu dans la nature et dans l’Histoire. Que la Création toute entière est intimement liée au régime d’une première nécessité : celle du « séder Eloki ». Les miracles n’ont donc de sens que pour autant où ils sont vécus comme une sorte de surdétermination métaphysique qui, en se déployant à partir des injonctions divines les plus hautes jusque dans l’épaisseur du réel, pousse l’homme de cette révélation à y inscrire sa propre existence présente. Et tel serait l’enseignement qu’ont gravés en nous les « plaies d’Egypte » : Israël ne devient qui il est que lorsqu’il assume sa qualité de peuple de D.ieu, c’est-à-dire lorsqu’il engage son être dans la révélation d’une autre modalité du réel.

D’après le Ramban, l’une des fonctions primordiales du miracle serait ainsi de rappeler à l’homme que tous les phénomènes de la nature qui l’entoure et ceux de sa propre identité sont tous révélateurs du rapport qu’il entretient avec la révélation divine, un rapport qui n’est autre que l’expression de sa responsabilité. Car, de même que la nature ou les principes qui sous-tendent la compréhension du monde sont la manifestation ici-bas des dispositions par lesquelles D.ieu se dévoile, exprimant de la sorte Sa conduite du monde (hachga’ha – Sa providence), en vertu d’un véritable mouvement de va-et-vient entre le Créateur et ses créatures, ils sont aussi autant de dimensions matérielles du monde données à l’homme comme moyens d’accès au divin. Autant de marques laissées au cœur du réel, qui nous permettent de nous lier à Sa réalité, d’entrer en dialogue avec Lui. Cette surdétermination métaphysique dont les miracles sont le signe nous révèlerait alors que la création toute entière est dans son essence même, dans ses lois et dans ses phénomènes, convocation de l’existence humaine dans son rapport au dévoilement de la transcendance. L’existence juive n’est pas neutre. Elle est le lieu où s’exprime la parole de D.ieu. Elle ce lien, ce nœud dont parle le Maharal de Prague à propos du miracle : « Kécher vé’Hibour, une véritable unité entre le monde tel qu’il nous est donné à voir et la transcendance ». Un lien qui répond « à une rationalité qui lui est propre » (Gvourot haChem, deuxième préface, p.7).

La sortie d’Egypte et avant elle, l’alliance contractée avec les Avote, (les Pères) sont inexorablement liées au projet divin, plaçant Israël face à la terrible responsabilité d’expérimenter le monde comme le déroulement d’un processus gouverné par une intention et menant vers un but. Problème existentiel s’il en est, puisqu’il place au centre de la providence et donc de la direction divine du monde, non pas D.ieu seul, mais l’homme Israël. L’expérience des miracles aura pour toujours jeté notre peuple au cœur d’une odyssée où il doit désormais faire tout ce qui est en son pouvoir afin d’exprimer de manière la plus authentique possible la volonté divine présidant à son dévoilement dans le réel, c’est-à-dire dans l’Histoire. Car, comme l’enseigne le « Netsiv », si ce n’est pas lui qui s’en charge, l’Eternel le fera à sa place. A telle enseigne qu’à l’heure de la sortie d’Egypte, en même temps qu’apparaît le peuple de D.ieu (l’effet), est rendue visible dans le monde, sous le mode de l’universel, sa cause métaphysique : l’existence de D.ieu elle-même. Et, s’élevant alors au-dessus de la nature, le peuple juif fait alors l’expérience de sa propre dimension surnaturelle et miraculeuse, un goût à l’existence qui ne le quittera plus. Etant liée en son essence même aux miracles de la sortie d’Egypte et de la révélation sinaïtique, la subjectivité d’Israël a montré qu’il existe une dimension du sensé foudroyant le cadre de la nature et de l’Histoire, pour y laisser s’exprimer le dévoilement de la transcendance, la vraie place de la créature.

Sommes-nous vraiment conscients de notre liberté ? nous demande Madame Hassoun, de la synagogue de la rue Henri Murger à Paris/En Egypte, les Juifs ont exprimé leur liberté en refusant de se soumettre aux mœurs des Egyptiens. Grâce à 3 choses ils ont été libérés, alors qu’ils étaient plongés dans les 49 degrés d’impureté, tel un embryon baignant dans les eaux de sa mère : ils n’ont pas changé leur nom, leur vêtement (les femmes juives s’habillaient de manière décente et comme des princesses), et leur langue (l’hébreu). La sortie d’Egypte est comparée à la naissance d’un bébé… C’est un véritable miracle engendré par de nombreuses souffrances. On peut se demander pourquoi Hachem est descendu lui-même en Egypte et n’a pas envoyé des anges pour délivrer les bnei Israel ? Car l’impureté des juifs à cette époque était tellement élevée que les anges accusaient les juifs! Hachem n’a donc pas voulu les envoyer car il savait qu’ils ne les sauveraient pas. Les femmes ont eu leur mot à dire. Qui a dit qu’une femme juive devait s’effacer ? Bien au contraire… Les hommes, déprimés par l’esclavage, se sont séparés d’elles. Elles ont gémi, pleuré, se sont plaint à Hachem… et Il les a écouté. Le Zohar Hakadoch nous révèle que les larmes d’une femme qui souffre de l’indifférence que son mari lui porte montent directement chez Hachem… et ainsi la délivrance est enclenchée… Si les femmes n’avaient pas été là pour dire à leur mari : « Je ne suis pas d’accord que tu te laisses décourager par les décrets de Pharaon, j’aurai des enfants, en exil, et avec toi… (et leur redonner confiance en eux… et en Hachem) », nous ne serions pas là aujourd’hui.

La liberté dans le Judaisme, c’est être maître de ses pulsions, de ses instincts, mais surtout la liberté est de se soumettre à un Roi Eternel, Miséricordieux, qui nous offre ce cadeau, cet épanouissement qu’est la Torah. Qui a dit que la Torah était contraignante ?… Pharaon lui-même. Lorsque Moïse lui redemande à sortir d’Egypte, ce dernier lui répond : « A quoi cela sert il ? Vous allez sortir de mon pays pour être contraint à servir votre D.ieu.  Quelle corvée ! Restez ici ! ». Mais Moïse parle au nom du peuple juif « Ce que tu appelles contrainte pour nous c’est une Joie, une fête ». Ce Pharaon peut être camouflé dans nos maisons. Soupirer lorsqu’un pauvre nous tend la main, être de mauvaise humeur et stressé avant l’entrée de Chabat, traîner la patte lorsqu’il s’agit de cuisiner les préparatifs de chabat, tout cela est susceptible d’être remarqué et assimilé par nos enfants, ou par nos invités. Ils comprendront bien vite, à tort, que Chabat est une corvée, un stress… et ainsi reprendront en quelque sorte les idées que Pharaon diffusait il y a 3 000 ans. Que nous méritions d’être libérés de cet exil dans la joie.

On peut se poser la question : Pourquoi 10 plaies successives, et pas une seule énorme ? On peut trouver la comparaison suivante : un homme qui marche dans le désert et qui trouve un énorme lingot d’or sur son chemin ressentira une joie immense d’un coup, mais après ça, plus rien. Tandis que ce même homme qui marche dans le désert et trouve un petit lingot d’or sera très heureux, puis quelques minutes après trouve un autre lingot, il sera encore plus heureux et prendre encore plus conscience de la notion de miracle. Ainsi le but des 10 plaies étaient d’augmenter la simh’a des juifs. Pour finir, rappelez vous toujours de votre valeur, ayez la satisfaction dès que vous faites une bonne action. Essayer d’élever un maximum de matériel (une table, en étudiant dessus, un frigidaire en mettant de la nourriture casher dedans…).

« Tu le raconteras à ton fils et à ton petit fils… » Qui n’a pas été intrigué, depuis son enfance, par ce rite étrange et fascinant, nous demande  Shmouel Darmon ? Des ingrédients spéciaux, un plateau qu’on couvre et qu’on découvre, qu’on retire de la table  puis qu’on ramène ? Un morceau de matsa caché puis dévoilé et consommé en fin de repas… Beaucoup d’interrogations… L’éducation dans la Torah commence par le questionnement : ma zé ? Qu’est-ce que c’est ? Et les Sages nous disent que les lettres du mot Adam, l’homme, ont la même valeur numérique (45), que le mot Ma, quoi ? Clin d’oeil pour nous dire que l’homme est avant tout une question. Question très difficile, tellement difficile que de nombreuses lunes sont déjà passées, et qu’il y en a encore qui y réfléchissent… Mais l’homme-question se construit lui-même par les interrogations qu’il ose se poser sur le monde environnant, et sur lui-même, son monde intérieur, si riche et pourtant si méconnu. La Torah agit comme miroir du questionnement, tout en donnant un semblant de réponse,  qui renvoie et réfléchit une autre question, et encore une autre, à l’infini. A l’image d’un rayon lumineux qui irait frapper un prisme, et qui se réfléchirait, à l’infini. Il n’existerait alors qu’une seule question, un peu comme la lumière qui contient bien des nuances colorées, les fameuses 7 couleurs de l’arc en ciel. Une seule question, mais des centaines de nuances…

En manière d’éducation, il n’existe pas hélas de recette miracle. La Torah nous dit simplement d’éduquer l’enfant selon sa voie. La sienne, pas la nôtre. Pas ce que nous imaginons être le meilleur pour lui. Je connais des personnes qui se sont pleinement épanouies dans le domaine de la Torah. La Yéchiva les a aidé à structurer leurs pensées, leur appris à partager aussi. Elle leur a permis, pour ceux qui l’ont quitté ensuite, d’affronter la vie en mettant le maximum  de chance de leur côté. Par contre, d’autres personnes ont eu moins de chance. Elles n’ont pas supporté le rythme effréné, la force de l’étude quotidienne. Elles auraient pu  s’en sortir, si elles avaient eu un enseignement plus adapté, plus sensible à leurs vrais besoins. Car la Torah est le remède de l’âme, mais comme tout remède, il faut faire attention  aux quantités. Il y en a qui supportent avec joie, mishnayote sur mishnayote, daf sur daf de guémara ! Mais il y en a d’autres qui n’ont pas la même sim’ha et les mêmes capacités dans l’étude.

Le danger est donc que ces néchamote (âmes) finissent par tout rejeter. Comme le dit le roi Salomon : « si tu as trouvé du miel, consomme-en modérément, de peur que ton coeur ne finisse par le rejeter. » Car quel drame si d’un côté, on assiste à une jeunesse en perdition, à la recherche de repères  que la société ambiante est bien incapable de leur transmettre, et si de l’autre, des âmes plus fragiles prennent le prétexte de la Yéchiva pour tout rejeter par la suite ! Dans les deux cas, quel héritage leurs enfants de la génération suivante recevront-ils ? Il est donc clair qu’il est impossible de brader totalement un enfant, et en même temps impossible de le laisser gâcher sa vie dans un laxisme absolu. Dans cette génération proche de la venue du Mashia’h, tous les Sages de la génération étant formels, il devient urgent de sensibiliser les parents sur l’importance des valeurs de la Torah, seule garante de la survie d’Israël en gola (exil). La Torah, oui ! Mais pas dans l’angoisse ! La Torah, oui ! Mais pas dans la peur ! Réussir à transmettre à ses enfants l’enthousiasme et la sim’ha (joie) de la Torah, c’est avoir remporté la moitié de la victoire !

Aux parents qui n’ont pas eu la chance de recevoir une transmission, sachez qu’il n’est pas trop tard ! Chaque juif, chaque juive, a une part dans la Torah. Et même si le dialogue parent-enfant a été jonché d’incompréhensions et de rancune, il n’est jamais trop tard, pour une fois de plus, recommencer. Commencer une nouvelle fois autour d’une question. Et petit à petit, parvenir à injecter la émouna, (la foi) et le retour à la Torah. Sachez qu’aucun effort n’est vraiment vain. De toutes nos tentatives, il reste toujours quelque chose. Un petit point lumineux qui brille, et qu’il ne tient qu’à nous de raviver. A ceux qui sont loin de la Torah,  qu’ils se souviennent de leur Créateur ! Et à ceux qui sont penchés sur leur guémara, du matin au soir qu’ils n’oublient pas leurs frères et soeurs dans les ténèbres qui n’ont pas eu cette chance de se connecter à l’héritage si riche du Sinaï !

Après les fameuses 10 plaies, la paracha de Bo est très particulière. Eytan Fiszon nous dit qu’elle vient donner le tampon de cachérisation de la sortie d’Egypte. Au début du chapitre 12. D.ieu nous donne la première mitsva en tant que peuple, c’est le fait de changer de calendrier, et ainsi de changer le point de vue de l’Histoire. Commençant par le mois de nis san, par le printemps, l’Histoire devient un vecteur optimiste et non pessimiste comme elle l’était sous le règne égyptien en commençant par tichri, l’automne.Le Philosophe Paul Valery disait : »les civilisations se savent mortelles! ». A cela répond le Maaral de Prague par son livre  »Netzah Israël », l’éternité d’Israël. Il y a donc une mitsva de sanctifier le nouveau mois qui débute, cela se fait lors de la nouvelle lune. Et Rachi d’expliquer que Moché a eu du mal à comprendre comment faire. La raison est apportée dans le Talmud (Baba batra 75a) : »le visage de Moché est semblable au soleil alors que celui de Yeochoua est comme la lune ». Moché est total, perfection faite Homme, il ne peut saisir qu’il y a de la sainteté dans une lune pas encore pleine, il est semblable au soleil, toujours rond ! Rachi nous dit que D.ieu lui a montré la nouvelle lune et pour ce faire il lui a montré le coucher du soleil (seul moment où la lune et le soleil sont visibles) ainsi il lui montre son successeur, Yeochoua, semblable à la lune, capable de dévoiler la sainteté qu’il y a dans le perfectionnement et non juste dans la perfection. L’évolution constante est la valeur de la Terre d’Israël, c’est pourquoi Yeochoua nous y conduira.

L’un des passages peut être les plus étonnants apparaît quelques 5 versets plus haut. Nous racontant la sortie concrète des enfants d’Israël, la Torah vient nous dire que les chiens n’ont pas aboyé. . Certes il y avait des chiens en Egypte, mais pourquoi la Torah nous en parle-t-elle ? La Torah parle d’animaux de temps à autres mais ce n’est pas un livre zoologique, même les chats, divinisés  en Egypte ne sont pas mentionnés. Alors pourquoi le chien ! Selon le Perek Chira, livre écrit par le roi David par esprit prophétique, toutes les créatures chantent la louange du créateur. Et ceux qui viennent clore cet éloge magnifique ne sont autres que les chiens. Mais que disent ces créatures, symbole de  »Houtzpa » : »venez, prosternons nous et soumettons  nous,  et recevons la bénédiction devant l’Eternel notre D.ieu’‘. Le culot provient du fait que la personne se pense être la source des valeurs, mais en réalité, tout ce qu’il demande est un dévoilement réel de LA véritable source de vie. Peut être y-a-t-il également un lien avec le fait que le chien, Anubis, est la divinité représentant le passage de cette vie à l’autre selon la mythologie égyptienne. La momification montre que la conception de l’éternité n’était alors basée que sur la matière, et ici D.ieu dévoile la vraie valeur de l’infini. Si les chiens n’ont donc pas aboyé, c’est que durant la sortie d’Egypte, même le culot a trouvé à qui parler.

Selon le Rachbam la mitsva de tefilin qui se trouve à la fin de la paracha est bien  »deoraita » (de la Torah) bien que n’étant pas inscrite. Elle représente donc la force de la loi orale, la tradition d’Israël. Ceci étant, quel est son rapport avec l’Egypte ? La réponse se trouve au Louvre dans la section égyptologie, ou dans d’autres séries télévisées inspirées de l’Egypte antique, ou nous pouvons voir que les Pharaons et leurs familles portaient eux aussi des Tefilin comme marque de la grandeur de L’Egypte. Un serpent entre les yeux et sur le bras. Nous sortons d’Egypte et prenons sa force avec nous sans oublier de la corriger. Le bijou égyptien qui était circulaire représentant une Egypte dominée par le cycle de la nature est récupéré par le peuple élu qui le transforme en ligne droite représentant un idéal basé sur la morale. La force de la sortie d’Egypte provient de la transmission de la tradition du peuple juif. Cette tradition nous révèle qu’en Egypte, D.ieu s’est dévoilé à  l’humanité et ainsi lui a montré  qu’il était la source de vie et qu’il voulait que le peuple d’Israël soit le vecteur de son dévoilement. C’est pourquoi lorsqu’il sort, même les chiens ne se sentent pas l’envie d’aboyer. Leur appel de révélation est entendu, et ils ne leur reste  plus qu’à accomplir le deuxième stade de leur louange, se prosterner devant celui qui transmet le message divin. Pour que cette réalité de délivrance soit viable, D.ieu nous enseigne la dimension de sainteté qu’il y a dans le perfectionnement, valeur intrinsèque à l’Homme.

Grâce à  tous ces évènements, ceux de l’Egypte qui ont su ouvrir les yeux suffisamment grands ne peuvent que devenir les représentants de l’humanité, ces fameuses armées de D.ieu qui portent sur leur dos les enfants d’Israël,  tel un cortège militaire avançant avec leur drapeau bien brandi,  pour annoncer au monde quel est l’idéal qu’il proclame.  Ce drapeau, antithèse de l’Egypte  et sa grande pyramide ne prônant qu’une dimension de dévoilement du haut vers le bas vient apporter sa réponse, un deuxième triangle dévoilant le lien de bas en haut qui doit exister. Tout ceci bordé de deux lignes montrant le chemin à suivre tel un Talit bordant les 4 coins de la vie de l’homme, et peigné de cette couleur  »tehelet », azur, magnifique qui nous rappelle la source de vie. C’est cela le tampon de cachérisation de la sortie d’Egypte, pas simplement une sortie mais le départ vers l’identité nationale d’Israël en Terre d’Israël, pouvant devenir le réel vecteur du dévoilement divin. Rousseau avait dit que le monde ne saurait ce que les juifs ont réellement à dire que lorsqu’ils auront des universités à eux où  ils pourront parler sans crainte des nations.

Voyons maintenant les dimensions célestes des 10 plaies avec le Rav Mordékhaï Chriqui et le Dr Avraham-Gilles Morali. Cette paracha est celle de la délivrance à proprement parler. On y voit le peuple d’Israël quitter pour toujours l’Egypte, et commencer la marche vers la liberté qui les amènera au pied du mont Sinaï pour recevoir la Torah. Mais pour atteindre ce sommet, il aura fallu d’abord passer par les 10 plaies. Celles-ci se divisent en 2 : les 7 premières contenues dans la paracha Vaéra, et les 3 dernières dans notre paracha. Cette séparation n’est évidemment pas arbitraire (comme tout le reste dans la Torah). Le chiffre 10 est, dans la tradition juive, un élément fondateur : il vient signifier les 10 paroles avec lesquelles D.ieu a créé le monde (les 10 maamarote) et les 10 commandements, le Décalogue révélé au mont Sinaï ; (dans le 1er chapitre de Berechit, on trouve 10 fois « et D.ieu dit », qui font intervenir 10 actes créateurs) dans le monde cabalistique, il renvoie aux 10 sefirote. Il y a entre ces 3 catégories de 10 éléments (les 10 maamarote, les 10 plaies et les 10 commandements) u lien ontologique représenté par les 10 sefirote, qi font passer le monde d’un élément à un autre en vue d’une toujours plus grande révélation de l’Unité divine. En effet, par les 10 paroles créatrices de D.ieu, s’effectue le passage du néant à l’existence du monde de la nature ; puis par les 10 plaies, D.ieu montre qu’Il peut annuler ces mêmes lois qu’Il a créées ; enfin, avec les 10 commandements, le monde accède à un niveau plus élevé de révélation de D.ieu, la Torah.

Dans le Sefer Hayetsira (le Livre de la création), attribué par la tradition au patriarche Abraham lui-même, on peut lire : « Par 32 voies mystérieuses de sagesse, D.ieu a créé le monde… » Ce sont les 10 nombres primordiaux (les séfirote) et les 22 lettres de l’alphabet hébreu. Les séfirote donc dès le début de la création et vont être constituées de deux éléments qui semblent contradictoires l’un avec l’autre, mais qui en fait se complètent pour qu’il y ait conjonction possible entre le spirituel et le matériel, la lumière et le réceptacle « or vékéli ». (Par réceptacle, il ne faut pas entendre un « vase » dans lequel on enfermerait un peu de lumière divine, mais plutôt le principe de limitation qui permettrait d’isoler une parcelle de la lumière divine, un peu comme un écran qui nous permettrait de fixer quelques images d’un film qui tournerait à très grande vitesse. Pour le Ramhal, le kéli se définit comme l’idée de la fonction.) Les séfirote seront donc comme le « patron », la structure première à partir de laquelle tous les existants vont prendre forme, au fur et à mesure de leur apparition, d’abord dans le monde spirituel, puis dans le monde matériel.

Il nous semble qu’on peut établir un parallèle entre les 10 séfirote et les 10 plaies, comme le fait par exemple le « Maguid Mecharim » (du Rav Yosef Karo, qui sont des commentaires sur la paracha Bo.) Tout d’abord, le chiffre en soi est plus qu’une allusion au parallèle entre les 2 concepts. Ensuite, on trouve, à propos des 10 plaies, la racine sfor (de sefira), qui signifie aussi raconter : « J’ai endurci le cœur de Pharaon, afin que je place Mes signes (les plaies) au milieu d’eux, et afin que tu racontes (tesaper) à ton fils, à ton petit-fils, ce que J’ai fait aux Egyptiens… et vous saurez que Je suis l’Eternel ». (Chemote 10, 1-2) Dans ce verset, d’après l’enseignement du Maguid Mecharim, sont associées les notions de plaies et de sefirote, même si ce n’est qu’au niveau allusif (remez). De plus, la subdivision des 10 plaies entre les 7 premières, qui sont rapportées dans la paracha Vaéra et les 3 dernières, insérées dans la paracha Bo, est également suggestive des 10 plaies. Le texte biblique met en exergue un principe fondamental de la Cabale : ce que D.ieu a créé dans le monde du Bien, Il l’a créé en parallèle dans le monde du mal : « D.ieu a fait correspondre l’un à l’autre (zé léoumat zé assa Elokim) » (Ecclésiaste 7, 14). Le Ramhal nous enseigne qu’il existe 2 systèmes que D.ieu a créés dans le monde : celui du Bien et celui du mal. Et la gloire de D.ieu ne se dévoilera dans le monde que lorsque celui-ci, dans sa totalité, aura intégré et admis le principe de l’unicité de D.ieu, c’est-à-dire qu’Il est la Source de tout, du Bien et du mal, et lorsque « l’ange du mal se prosternera devant D.ieu », c’est-à-dire lorsque le mal se transformera en Bien.

(Sources : Chabad.org – Philippe Haddad, Alliance – Elisha Greenbaum – Yehuda-Israël Rück, Chiourim.com – Madame Hassoun, de la synagogue rue Henri Murger Paris, 9èmeShmouel Darmon, overblog.com –Eytan Fiszon, Jerusalem_info – Rav Mordékhaï Chriqui et le Dr Avraham-Gilles Morali, L’Essence de la Torah)

CULTURE JUDAÏSME – La paracha de la semaine du mois de tévète 5774

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1- Voyez tous les liens en page d’accueil de Modia  
2- L’étude de la nouvelle paracha de cette semaine : notre libération et notre réalisation sur tous les plans, sens de la sortie d’Egypte :
Nous sommes vers ce futur Chabbate dans la seconde paracha du second livre de la Torah, Chémote. Elle se nomme : Vaéra –  » Je me suis montré  » Chémote (L’Exode) 6, 2 – 9, 35.
* Thèmes que vous pouvez ici étudier :
a) la paracha est de début de l’épopée qui va aboutir à la sortie d’Egypte. Cet épisode est si important que c’est une mitsva de s’en souvenir et de se la rappeler chaque jour (Dévarim 5, 15). Dix événements historiques seulement ont ce statut. La sortie d’Egypte est même évoquée chaque fois que l’on évoque la droiture qui est exigée dans notre comportement (ne pas avoir de faux poids ni de fausses mesures) car D. a été droit et fiable (néémane) envers nous et nous a sauvés comme Il l’avait promis .
b) La paracha va nous enseigner combien il nous est difficile d’avancer vers le bonheur, alors qu’il tient seulement à l’ouverture et à la confiance. Combien l’homme veut constamment saboter ce bonheur offert. Nous devons nous souvenir de ces épisodes comme l’application d’un ordre reçu, une mitsva, et nous souvenir également de Jérusalem comme nous le dit le psaume 137 que nous disons au moment de la cérémonie du mariage. Nous comprendrons en fin d’étude comment ces deux épisodes sont reliés en un seul dans nos défis quotidiens. Nous allons découvrir ce que cela veut dire : nous souvenir de la sortie d’Egypte et quelle est la fonction de ce souvenir.
c) Comment faire réussir le plan divin? Quatre conditions pour le Juif : – connaître la mission de son peuple, – sortir d’une terre et entrer dans l’autre – aider au projet divin – avoir confiance, bita’hone. En cette paracha, vous pourrez réaliser une étude personnelle importante sur le fond, et un grand progrès dans la maîtrise des méthodes d’étude en vous reportant aux références que vous trouverez ici.
d) Et l’étude de la haftara .
  LIEN
3- L’actualité  ou l’actu- alitée
– Grand événement. Des centaines de millions ou quelques milliards de personnes dans le monde entier vont célébrer le 25 décembre la naissance d’un petit bébé juif, mais oui: Juif. Et cela toutes opinions et religions confondues dans beaucoup de pays…
La suite ici, sur la page d’accueil : Modia
Bonne semaine, Chavouâ tov

Rav Yehoshua Rahamim Dufour

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                             Vidéo de la paracha Vaéra, par le rav  Dynovisz
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Le jour juif commence la veille au début de la nuit ; il se termine au coucher du soleil.  En tous cas, l’allumage des bougies de chabbate ne doit pas se faire plus tard que 18 minutes avant le coucher du soleil. (Source : Modia)

Il est indispensable de lire la traduction en français de chaque paracha avant ce commentaire pour bien le comprendre. Texte de la paracha dans la Bible hébraïque ici : Lire le texte

14e Paracha – Vaéra : Je me suis montré Chémote (L’Exode) 6, 2 – 9, 35

D.ieu Se révèle à Moïse et lui répond. Il lui promet la délivrance par 4 verbes différents : Il promet de « sortir » les enfants d’Israël d’Egypte, de les « sauver », de les « délivrer », et de les « prendre comme Son Peuple » sur le Mont Sinaï pour les conduire sur la Terre Promise.Moïse et Aharon, à plusieurs reprises, se présentent devant le Pharaon pour exiger, au nom de D.ieu : « Libère Mon Peuple pour qu’il Me serve dans le désert. » A chaque fois, le Pharaon refuse. Le bâton d’Aharon se transforme en serpent. Les sorciers égyptiens en font de même mais le bâton d’Aharon avale les bâtons des sorciers égyptiens. D.ieu envoie une série de plaies sur l’Egypte. Puis, l’Egypte est frappée par une série de plaies dont nous avons le récit des sept premières dans notre Paracha. L’eau se transforme en sang, des armées de grenouilles envahissent les terres, la vermine infeste les hommes et les animaux. Des bêtes sauvages envahissent les villes, la peste tue les animaux domestiques, les ulcères touchent les égyptiens. Lors de la septième plaie, le feu et l’eau s’unissent pour former des grêlons qui, en tombant détruisent et brûlent les récoltes et les animaux. Malgré toutes ces plaies, « le coeur du pharaon était endurci et il ne laissait pas partir les enfants d’Israël, comme D.ieu l’avait annoncé à Moïse. »

C’est dans la paracha Vaéra que commence le récit des 10 plaies d’Egypte. Ce récit se poursuit dans les chapitres suivants dans la paracha Bo, jusqu’à la dernière des plaies, la mort des premiers nés Egyptiens. La Torah nous indique de façon explicite la raison pour laquelle il fallut un nombre aussi grand d’interventions divines pour mener le pharaon à décider de laisser sortir le peuple des Hébreux de cet empire dont la civilisation était devenue totalitaire. (Exode 10, 1 et 2) « Va chez le pharaon, car c’est Moi qui ait appesanti son cœur et celui de ses serviteurs, afin d’imposer ces signes (prodiges) en son sein. Et afin que tu aies à raconter à ton fils et à ton petit-fils ce que J’ai fait à l’Egypte et les signes que Je leur ai imposés. Et vous saurez que Je suis l’Eternel. » Dans ce verset, nous dit le rav Léon Askénazi, il semble que Hachem exhorte Moïse à ne pas perdre patience. Il endurcit le cœur du pharaon jusqu’à ce que lui et ses serviteurs reconnaissent l’intervention de Hachem dans l’histoire de son monde. La Torah emploie le terme Hachem pour indiquer la révélation du Créateur dans Son monde. Son attribut de Providence et de Maître de l’Histoire des hommes. Lorsqu’elle parle du Créateur comme garant des lois qui régissent les phénomènes du monde, elle emploie le terme Eloqim, qui désigne l’attribut de rigueur manifesté à travers les lois de la Création.

Pour ce qui concerne l’Egypte, si l’objectif des plaies avait été uniquement d’obliger le pharaon à laisser partir Israël, il aurait suffi d’une seule, la dernière. Elle a eu effectivement le résultat escompté : impressionner le pharaon pour qu’il comprenne que son intérêt est de laisser sortir le peuple. Mais la finalité de l’intervention divine est d’un autre ordre. Le passage du peuple d’Israël en Egypte aurait dû avoir pour résultat de transmettre le témoignage de la foi des Hébreux depuis le temps des patriarches : D.ieu n’est pas seulement le Créateur du monde et le Garant de l’ordre des lois de la nature. Il intervient dans l’histoire du monde. La « foi » d’Abraham est indiquée par le verset (Genèse 15, 6) : « Et il eut foi en Hachem et Hachem lui en fit un mérite. » Le mérite d’Abraham indiqué en ce verset n’est pas de faire confiance à une promesse de D.ieu, sachant que c’est D.ieu Lui-Même qui s’adresse à lui pour lui promettre un enfant de Sarah. Il avait déjà en effet foi en D.ieu comme Créateur du monde, Eloquim. Mais c’est précisément les lois du monde qui l’empêchent d’enfanter (« Il le fit sortir en dehors ». (Genèse 15,5) Rachi nous explique que selon le sens littéral, Il le fit sortir de sa tente pour lui montrer les étoiles. Selon le Midrach, Il lui dit : « Sors de ton histoire naturelle. Tu as vu dans les astres que tu n’étais pas destiné à  engendrer un fils. Abram n’a pas de fils, mais Abraham aura un fils. »

Croire en la promesse de Hachem en dépit de la foi préalable en Eloqim (D.ieu Créateur), est un surhaussement de la foi qui fait tout le mérite qu’indique ce verset. On aurait dû s’attendre à ce que la « mission » d’Israël en Egypte, inaugurée par Joseph, ait pour résultat ce dévoilement de la foi des Hébreux, initiée par Abraham, au sein de la civilisation égyptienne. Or, cela n’a pas été le cas. C’est pourquoi D.ieu décide d’intervenir par Lui-Même. Il est urgent de sauver Israël de l’Egypte : les 2 causes de l’érosion d’identité qui guettent notre peuple au sein des civilisations étrangères, la persécution et l’assimilation jouent à plein. Mais il ne faut pas que le passage d’Israël en Egypte soit privé de signification. C’est pourquoi les péripéties de l’intervention de D.ieu, dont le résultat doit être le salut d’Israël ont pour objet principal, cependant, d’obtenir la reconnaissance par le pharaon et ses serviteurs, du fait qu’une Volonté libre et souveraine agit à travers les plaies qui frappent l’Egypte. C’est bien ce qu’indique le récit des 7 premières plaies que relate la paracha. Les Egyptiens découvrent dans la progression des événements un principe qui s’oppose radicalement à l’impersonnel des lois de la nature (Cf. en particulier Exode 8,15). La plaie « distingue » entre Egyptiens et Hébreux. Cette découverte culminera au moment de la dernière plaie. Non seulement elle distingue entre Egyptiens et Hébreux, mais plus encore entre les premiers-nés et le reste de la famille. Le principe d’ « individualisation », que Juda Halévy défit comme étant la spécificité de la foi d’Israël, se manifeste à l’évidence : la providence de D.ieu s’attache à la destinée de chaque individu.

Pour ce qui concerne le deuxième objectif de la finalité de ces plaies, il concerne Israël lui-même : « Et afin que tu aies à raconter à ton fils et à ton petit-fils ce que J’ai fait à l’Egypte et les signes que Je leur ai imposés. Et vous saurez que Je suis Hachem ». La fin du verset indique bien qu’il était nécessaire qu’Israël soit convaincu de l’intervention de D.ieu. Et cela, pas seulement par connaissance conceptuelle des termes intellectuels de la foi d’Israël, selon laquelle le Dieu des pères n’est pas uniquement connu comme Créateur, mais aussi comme Providence, mais par expérience concrète de l’évènement qui manifeste la vérité de cette foi dans la réalité de l’expérience. Ce n’est pas « théologiquement » que les Hébreux ont été appelés à cette connaissance, mais « historiquement ». Et de fait, l’écueil que cette génération d’Israël devait éviter consistait à croire que c’était Moïse l’auteur des événements de la délivrance d’Egypte et non D.ieu Lui-Même. Il a fallu sans doute attendre l’époque contemporaine pour comprendre la portée de ce danger. En effet, de nos jours, la même erreur est largement répandue dans les cercles de Juifs croyants dits ’harédim.

Ils refusent de considérer l’évidence de l’intervention de D.ieu dans les événements qui ont permis la libération de notre peuple de l’asservissement du dernier exil. A l’instar des Juifs ignorants de la foi d’Israël, ils imputent au « sionisme » seul le mérite exclusif de cette fin d’exil, alors qu’ils n’en est que le vecteur politique, condition nécessaire mais non suffisante d’un événement aussi massif : le rassemblement des exilés après 2 000 ans d’exil. Au temps de la sortie d’Egypte, ils auraient fait cause commune avec le ‘érev rav qui avait « divinisé » Moïse comme « médiateur-libérateur » (Cf Exode 32,1) « Le peuple, voyant que Moïse tardait à descendre de la montagne, s’attroupa autour d’Aaron et lui dit : « Allons, fais-nous un dieu qui marche à notre tête, puisque celui-ci, Moïse, l’homme qui nous a fait monter du pays d’Egypte, nous ne savons pas ce qu’il est devenu ».   Comme eux, ils auraient fait partie de la génération perdue du désert. On se souviendra à ce propos de ce qu’enseigne le texte de la Haggada de Pessa’h au sujet du fils racha (mauvais), « celui qui se met hors de la collectivité » : « S’il avait été là-bas (en Egypte), il n’aurait pas été sauvé ». Le rav Tvi Yéhouda Kook ‘zal disait à ce propos : « Là-bas (cham), il n’aurait pas été délivré. Mais ici, maintenant, à la fin du dernier exil, il le sera, malgré lui. 

Le Rav Chlomo Aviner nous apprend que l’assimilation dévore à ce point le peuple Juif que l’on estime que 500 juifs s’assimilent chaque jour en terre d’exil, 150.000 par an, un million en 10 Ans et 6 millions en quarante années. Le Judaïsme est donc appelé à péricliter s’il reste en exil, sauf miracle ; ainsi, le Judaïsme russe reprend racine en Israël. Il est vrai que certains ilots de Torah se développent dans le monde. Mais ils ne constituent qu’une minorité. Ils font penser à ces ponts supérieurs du Titanic où l’on  continuait à danser alors que les flots avaient déjà envahi toutes les parties inférieures de l’immense navire. Le Judaïsme d’exil est appelé à la décomposition. La bulle d’oxygène prise par les juifs avant leur départ en exil a été consommée. Un juif américain interrogea, un jour, le Rav Abraham Isaac Kook (le père du rav mentionné plus haut) : « Comment pouvez-vous favoriser la alya (montée) des juifs en Israël ? Le pays ne connait-il pas une crise spirituelle très grave? » Le Rav lui répondit : « Mais ici, aussi, sévit une grave crise spirituelle, seulement, je vais t’expliquer la différence de nature de ces crises, elles constituent en terre d’Israël les douleurs de l’enfantement alors qu’elles sont les douleurs d’un agonisant en exil ». Les problèmes ne doivent donc pas nous effrayer et l’appel qui parvient à nos oreilles doit nous remplir d’espoir. Cet appel qui dit « Pars pour toi vers ton pays, vers ta nature, vers toi-même« .

Abraham représente le summum de la bonté envers les êtres. Trois jours après sa circoncision, il oublie ses souffrances et sa douleur et court inviter des anges déguisés en idolâtres. Il fait preuve d’hospitalité même envers ce qu’il combat. On raconte qu’un jour, un grand rabbin arriva incognito dans une ville et fût invité par un simple villageois. Quand, le lendemain, la nouvelle de sa visite se répandit dans la ville, les riches habitants de celle-ci offrirent l’hospitalité à ce maître mais ils furent éconduits: « Vous n’invitez chez vous que des anges ! » entendirent ils. « Hier, vous ne m’avez pas adressé la parole ». Ces habitants ne ressemblent pas au patriarche qui aime le monde entier, les hommes de valeur et ceux de moins de valeur. On raconte aussi, à propos du Rav Moche Feinstein que lorsque celui-ci vivait encore en Russie, il s’occupa, une fois, de récolter des fonds pour envoyer un malade atteint de tuberculose à la montagne. Ce malade n’était pas n’importe quel malade puisqu’il n’était pas du tout religieux et totalement éloigné de la Torah. Personne ne voulant s’en occuper, le Rav avait dû personnellement récolter des fonds pour sa guérison. Quelques années plus tard, le gouvernement communiste pratiqua une politique de guerre contre la religion juive et les rabbins en furent une cible privilégiée. Le Rav Feinstein fût convoqué par un responsable communiste.Mais, lorsque celui-ci aperçut le Rav, il ordonna immédiatement qu’on le relâche en s’expliquant: « Cet homme est un véritable communiste il ne fait aucune différence entre les êtres. C’est mon frère qu’il sauva, il y a quelques années, de la tuberculose. Et le fait qu’il n’était pas religieux ne l’a en rien découragé ».

Chifra et Pouah, sont deux sages-femmes aux qualités morales à valeur individuelle et collective.Le Rav Dov Bigon nous enseigne qu’à l’époque de la captivité en Egypte, Chifra et Pouah étaient les sages-femmes en chef, pour ainsi dire Chifra, rapporte Rachi, était le surnom de Yokhéved, mère de Moïse, du fait de sa qualité principale, prodiguer un meilleur bien-être au bébé ; Pouah, celui de Miriam, sœur de Moïse, du fait qu’elle susurrait, à l’instar des femmes qui cherchent à calmer le nourrisson. Elles se complétaient donc, travaillant au bon état physique du bébé, à sa santé, à ce qu’il reçût une alimentation convenable et qu’il fût protégé contre les intempéries. Elle lui procurait chaleur et amour, et le calmait lorsqu’il pleurait, avec calme et doigté pour lui permettre d’épanouir son âme en toute quiétude. Ces deux éminentes personnalités du peuple juif incarnaient des valeurs qui valent, certes, pour les nourrissons, mais aussi pour l’homme, en général. Durant toute sa vie, il a également besoin des qualités qu’elles incarnaient, d’un meilleur bien-être, de chaleur, d’amour  (Chémot I, 15).Tout comme le simple particulier, la nation a aussi besoin de ces qualités spirituelles qu’incarnaient les deux Sages-femmes, pour améliorer son économie, sa subsistance et sa sécurité ; valeurs qui, depuis la création de l’Etat, ont toujours eu la priorité. Mais, peut-être, ce dernier a plus encore besoin de celles qu’incarnait Pouah, renforcer notre unité en multipliant les expressions d’amour, de foi, de tolérance de dialogues et de réconciliation entre les différents courants d’opinions. Ce faisant, nous pourrons progresser ensemble sur le chemin souvent tortueux qui mène à la délivrance pleine et entière que nous espérons voir se concrétiser au plus vite.

D.ieu se révèle à Moïse. Employant les « quatre expressions de délivrance », Il promet de faire sortir les Enfants d’Israël d’Égypte, de les délivrer de leur servitude, de les rédimer et d’en faire Son peuple élu au Mont Sinaï, suite à quoi Il les conduira à la terre qu’il a promise aux Patriarches en héritage éternel. Moïse et Aharon se présentent à plusieurs reprises devant Pharaon pour exiger au nom de D.ieu « Laisse partir Mon peuple, afin qu’il puisse Me servir dans le désert », mais Pharaon refuse à chaque fois. Le bâton de Moïse se transforme en serpent et avale les bâtons magiques des sorciers égyptiens. D.ieu envoie ensuite une série de plaies sur les Égyptiens. Les eaux du Nil se changent en sang, des grenouilles envahissent le pays par millions, une vermine infeste hommes et bêtes. Des hordes d’animaux sauvages envahissent les villes, une maladie mortelle s’abat sur les animaux domestiques, de douloureux furoncles affligent les Égyptiens. Lors de la septième plaie, le feu et la glace se combinent dans des grêlons dévastateurs qui pleuvent du ciel. Toutefois, « le cœur de Pharaon s’endurcit et il ne voulut point laisser partir les enfants d’Israël ; comme D.ieu l’avait dit à Moïse. »

« Et Moïse était âgé de quatre-vingts ans, Aaron de quatre-vingt-trois ans, lorsqu’ils parlèrent au pharaon » (Exode 7, 7) Le Grand Rabbin Alain Goldmann pose la question de savoir pour quelle raison la Torah nous donne l’âge de ces deux personnages lorsqu’ils se présentèrent devant le pharaon ? Qu’est-ce que cela nous apprend ? Nous savons que jusqu’à leur apparition dans l’histoire biblique, nous avions connaissance de l’existence d’un juste cheminant pour accomplir l’œuvre de D.ieu, accomplissant les préceptes et faisant de bonnes actions, servant d’exemple par sa piété, son dévouement et sa crainte de D.ieu. A propos d’Abraham, il est écrit : « Par toi seront bénies les nations de la terre. Si je l’ai distingué, c’est pour qu’il ordonne à ses enfants et aux siens d’avoir à garder le chemin de D.ieu en pratiquant la vertu et la justice. » (Genèse 18, 18-19). C’est à partir de Moïse et d’Aaron que débute l’exemple-type du libérateur et du guide brisant la tyrannie et les tyrans, soutenant les faibles, cassant les entraves et libérant les enchaînés en les ramenant à la liberté. Ils sont capables de fendre les mers pour les amener au Sinaï, pour y recevoir la Torah. C’est depuis ce temps que s’est ouverte une page nouvelle dans l’Histoire du peuple d’Israël et de toute l’humanité. Le texte biblique tient donc à nous préciser que ce temps remonte à l’époque où s’adressant au pharaon, ils acceptèrent cette mission divine nouvelle. (Selon le Akedath itshak de R. Isaac Arama)

La paracha Vaéra décrit les 7 premières des Dix Plaies, les cataclysmes que D.ieu mis en œuvre pour montrer aux Juifs, aux Égyptiens et au monde entier que Lui seul est le maître de la création et de toutes les forces qui s’y trouvent. Chabbad.org  nous dit que dans ce contexte, le terme Vaéra (« et J’apparus ») s’applique adéquatement à tout le contenu de la paracha : D.ieu « cesse de se cacher », pour ainsi dire, et manifeste Son pouvoir surnaturel et miraculeux aux yeux de toute l’humanité. Rappelons toutefois que les mots qui ouvrent cette paracha font partie de la réponse à la question accusatrice de Moïse à la fin de la paracha précédente : « Ô D.ieu, pourquoi as-Tu maltraité ce peuple ? » Bien que nous ayons vu que, dans une perspective élargie de l’histoire, Moïse ne remit pas en question la justice de D.ieu par ces paroles, le contexte implique que c’est bien ce qu’il fit. Et dans ce contexte, les premiers mots la paracha constituent la réprimande que D.ieu adresse à Moïse. D.ieu reproche à Moïse d’avoir mis Sa justice en question. C’est certainement intéressant, mais cela doit également être utile : la Torah n’aurait en effet pas relevé un incident qui semble rejaillir de manière aussi désobligeante à l’égard de Moïse s’il ne contenait pas une leçon pour nous.

Cette leçon émerge lorsque nous considérons le contexte de la question de Moïse. Moïse fut élevé dans la maison d’Amram, le plus illustre Juif de sa génération, le fils aîné de Kehath, second fils de Lévi, dont la tribu se consacra avec abnégation à préserver les enseignements et les traditions héritées des Patriarches. Aussi Moïse avait-il très certainement été bien édifié dans sa jeunesse au sujet des Patriarches et des Matriarches et de leur foi totale et inconditionnelle en D.ieu, qu’ils conservèrent même lorsqu’elle fut durement mise à l’épreuve. Mais il savait aussi que D.ieu est censé être bon et miséricordieux, que les Juifs sont Son peuple élu et que leur insoutenable souffrance avait dépassé toute justification rationnelle. C’est pourquoi, en toute sincérité, il s’écria et plaida : « Ô D.ieu, pourquoi as-Tu maltraité ce peuple ?! »

Le fait que D.ieu immortalisa cette protestation en l’inscrivant dans la Torah implique que l’erreur de Moïse ne fut pas de se plaindre contre D.ieu en soi, mais plutôt autre chose. D.ieu dit à Moïse ce qu’était cette « autre chose » en commençant Son reproche par les mots : « Je suis D.ieu, et Je suis apparu » ou littéralement « Et J’ai été vu ». Bien sûr, il est impossible de voir D.ieu, car D.ieu ne possède pas de forme physique qui puisse être captée par notre sens de la vision. Mais en énonçant Sa révélation en ces termes, D.ieu signifie qu’il est possible d’être aussi certain de Sa réalité qu’on peut l’être de ce que l’on voit de ses propres yeux. Le fait de voir quelque chose a un profond impact sur nous : nous croyons en la vérité de ce que nous avons vu. Pour cette raison, quelqu’un qui assiste à un incident qui est ensuite porté devant une cour de justice ne peut pas être celui qui jugera ce cas. Sa mémoire de ce qu’il a vu le rend en effet imperméable aux arguments des parties, qui n’auront pas d’influence sur sa version des événements. (Talmud Roch Hachana 26a). (En revanche, quand on entend seulement quelque chose de quelqu’un, un tiers peut contester la véracité de ce que nous avons entendu, voire réussir à nous faire changer d’optique.)

Ainsi, D.ieu dit-Il à Moïse : « Bien sûr, tu crois en Moi. Tu as absorbé les enseignements de ta famille et tu ne doutes pas de Moi. Mais tu dois nourrir ta foi encore davantage, jusqu’à ce qu’elle soit si concrète que tu Me voies pour ainsi dire dans la création, que tu sois si sûr de Ma réalité que rien ne puisse en ébranler ta conviction. Alors, tu ne seras plus troublé par les contradictions entre ta foi et ce qu’affirme ta raison. » Oui, D.ieu désire que nous utilisions nos capacités intellectuelles dans notre rapport avec le monde et avec Lui. Et quand cet intellect affirme que quelque chose ne va pas dans la façon dont D.ieu dirige le monde, nous ne devons pas occulter la vérité telle que nous la voyons. Nous devons nous exclamer vers D.ieu : « Pourquoi as-Tu maltraité ce peuple ? Pourquoi nous laisses-Tu souffrir ? Ne sommes-nous pas Ton peuple élu, Ton aîné ? Où est ta compassion ? Où est ta justice ? »

Mais en même temps, ces questions ne peuvent et ne doivent pas porter la moindre atteinte à notre foi absolue et inébranlable en la réalité et la bonté de D.ieu. Plus précisément, elles ne doivent nullement interférer dans l’accomplissement de toutes nos obligations dans la mise en œuvre de la volonté divine et de notre mission sur terre. Notre plainte, ardente et angoissée, et les accusations que nous lançons à D.ieu doivent coexister avec notre empressement enthousiaste à accomplir Sa volonté et notre profonde gratitude pour avoir la possibilité de l’accomplir.  Il est donc significatif que cette paracha, tout au long de laquelle le peuple juif est plongé dans les profondeurs de l’exil égyptien, s’intitule Vaéra, « J’ai été vu ». La leçon que nous devons en tirer est que nous devons simultanément refuser obstinément de nous résoudre à passer ne serait-ce qu’une minute de plus en exil, tout en refusant obstinément de permettre au fait que nous sommes – pour l’instant – en exil d’interférer avec ce que nous avons à accomplir dans l’instant présent.

D’où devons-nous alors tirer la force de croire en D.ieu si profondément que nous le voyons littéralement, même dans les plus sombres moments de l’exil ? D.ieu répond à cette question à travers ces paroles : « Je suis apparu à Abraham, Isaac et Jacob. » Les Patriarches possédaient cette foi inébranlable et, étant leur descendance, nous en avons hérité. Selon les lois d’héritage de la Torah, l’héritier n’a pas besoin de posséder quelque qualité particulière pour pouvoir hériter. Il hérite pleinement et entièrement par le simple fait qu’il est l’héritier. Notre foi absolue et infinie en D.ieu est l’héritage dont nous devons nous prévaloir. Tout ce que nous avons à faire est de la nourrir – « faire pâturer la foi » (Psaumes 37,3) – et, nous aussi, nous « verrons » D.ieu. Cette foi nous permettra de passer les derniers moments de notre exil en espérant et exigeant sa fin, tout en optimisant notre utilisation des moments restants. Par ce mérite, nous serons témoins de l’accomplissement de la promesse divine : « La gloire de D.ieu sera révélée et toute chair la verra ensemble » (Isaïe 40,5) avec la Rédemption finale. (Hitvaadouyot 5743, vol. 2, pp. 823-830)

(Sources : Thora Digest – rav Léon Askénazi, Leçons sur la Torah – Rav Chlomo Aviner – Rav Dov Bigon – Grand Rabbin Alain Goldmann – Chabbad.org)

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Prière, Paracha de la semaine, Nouvelles… avec Modia

1 –  UNE IMPORTANTE NOUVELLE ETUDE : RÉUSSIR NOTRE RESPIRATION DIVINE : http://www.modia.org/hebreu/corps-suite.php Elle est la suite de la première étude qui nous a transmise ce que nous a enseigné le Roi David sur la respiration http://www.modia.org/hebreu/corps.php et elle nous éclaire sur cela dans l’intimité du Roi de Perse et de la Reine Esther et sur ces autres source

2 -Dernières informations ultrasensibles sur Israël

Israël est souvent vu pour son très haut niveau en sécurité, en technologie, en commerce international, en solidarité des communautés juives internationales MAIS IL EST AUSSI INDISPENSABLE D’ÊTRE INFORMÉS sur la réalité sociale qui exige plus que tout notre conscience et vérité et solidarité : viennent d’être publiés les recherches d’Etat (Bitouah léoumi) sur la pauvreté en Israël définie par la difficulté à se procurer le minimum vital et d’abord en nourriture.

Le nombre de famille ainsi touchées a doublé depuis 1999. Et pourtant 64 pour cent d’entre elles travaillent. Un tiers des enfants en Israël sont dans la pauvreté caractérisée d’abord par le manque de nourriture basique, avec les conduites de pré-délinquance qui s’ensuivent pour s’en procurer. 23 pour cent de la population soit 1.754.700 habitants y vivent dans cette pauvreté, ce qui correspond à 19,4 pour cent des familles. Et 22,7 pour cent des personnes âgées. L’information sioniste doit être la première à diffuser ces informations vraies.

3. Voyez l’ensemble des études de Modia sur la page d’accueil du site Modia avec les liens directs :

http://www.modia.org

Bonne journée.  Rav Yehoshua Rahamim Dufour

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1- SHMUEL BEN SIMHA, père de famille est en état d’inconscience à la suite d’une opération pratiquée au cerveau et son avenir est incertain.

Priez, lisez des tehilims : le 20, 121, 130 et autres du fond du coeur pour que du ciel ces prières soient écoutées et que cet homme guerisse ! Faire suivre au maximum de personnes autour de vous pour sauver sa vie.

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2- MERVEILLES DE LA NEIGE  A JÉRUSALEM,  32 PHOTOS dont 5 nouvelles,  par le Rav Yehoshua Rahamim Dufour

LIEN 

Plus de 900 personnes ont déjà regardé ces images en quelques heures.

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3- Par milliers, coupures de courant dans le pays et donc problèmes sociaux nombreux très réels. Mais il faut voir la réalité: 0 degré de température n’est pas une catastrophe nationale, ni imprévisible. On se moque du monde et on aime faire un drame pour soi de ce qui arrive constamment aux autres sans qu’ils s’estiment être des victimes mondiales. Aidons-nous les uns les autres et continuons et chantons! C’est si beau la neige ! Mais si vous voulez dire votre désespoir parce qu’il ou elle ne viendra pas ce soir, chantez-le bien comme ceci:

LIEN

4- Nous sommes pendant ce futur Chabbate dans la première paracha du second livre de la Torah, Chémote. Elle se nomme donc : Chémote –  » Les noms ». * Thèmes de la paracha que vous pouvez ici étudier : Un peuple de re-naissants. Toutes les bases pour réussir à ce que notre peuple renaisse en vivant ensemble le judaïsme .

http://www.modia.org/tora/chemote/chemote.php

Nous sommes entrés dans le mois juif de Tévète. Voyez le lien qui vous apprendra beaucoup. LIEN 

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Le jour juif commence la veille au début de la nuit ; il se termine au coucher du soleil.  En tous cas, l’allumage des bougies de chabbate ne doit pas se faire plus tard que 18 minutes avant le coucher du soleil. (Source : Modia)
Il est indispensable de lire la traduction en français de chaque paracha avant ce commentaire pour bien le comprendre. Texte de la paracha dans la Bible hébraïque ici : Lire le texte
13e Paracha – Chémote : Voici les noms Chémote (L’Exode) 1, 1 – 6, 2
Les Enfants d’Israël se multiplient en Égypte. Les services rendus par Joseph au pays sont bien vite oubliés par le pouvoir qui, prenant peur de cette population étrangère sur ses terres au nombre toujours croissant, la réduit en esclavage. Pharaon ordonne aux sages-femmes israélites, Chifrah et Pouah, de tuer tous les garçons dès leur naissance. Constatant que celles-ci ne lui ont pas obéi, il ordonne à ses soldats de jeter les bébés des Hébreux dans le Nil. Un garçon naît à Yo’heved, la fille de Lévi, et son mari Amram, puis est placé dans un panier flottant sur les eaux du fleuve, pendant que sa grande sœur, Myriam, observe de loin. La fille de Pharaon découvre le bébé, l’élève comme son fils et lui donne le nom de Moïse. Jeune homme, Moïse quitte le palais et découvre les difficultés qu’endurent ses frères hébreux. Il voit un Égyptien maltraiter un Hébreu : il tue ce dernier, puis craignant d’être découvert, s’enfuit à Midian auprès de Yitro, dont il épouse la fille, Tsipora et devient berger des troupeaux de son beau-père.  D.ieu se révèle à lui dans un buisson ardent et lui ordonne de faire sortir Son peuple d’gypte. Moïse finit par accepter cette mission. Avec son frère Aaron, qui lui sert de porte-parole, ils exigent de Pharaon qu’il laisse partir les Israélites 3 jours au désert, pour rendre un culte à D.ieu. Pharaon refuse et rend le labeur encore plus pénible. Incompréhension de Moïse, qui a l’impression d’être la cause des souffrances redoublées des siens. D.ieu promet que la délivrance est proche.
Le second livre s’ouvre  donc sur la famille et la naissance  de Moïse, son enfance. Ainsi allons-nous commencer à relater la vie du leader hébreu qu’était Moïse. La paracha Chemote est l’histoire d’une galoute  (exil) : celle de l’exil et de l’asservissement des Enfants d’Israël en Égypte, que nos Sages considèrent comme étant la source et le prototype de tous les exils et de toutes les persécutions dont allait souffrir le peuple juif. Mais elle est aussi l’histoire de comment Moïse devint le leader juif par excellence. Chabbad.org reprend : chaque détail que la Torah relate à propos de Moïse est une leçon en matière de leadership juif. Il est rapporté que la mère de Moïse, Yokheved, était née « à l’intérieur des murailles » de l’Égypte, dès l’arrivée de la famille de Jacob. Ceci, explique le Rabbi de Loubavitch, signifie que Yokheved n’appartenait ni à la « vieille génération » née en Terre Sainte, pour qui la galout resterait toujours un monde étranger et inintelligible, non plus qu’à la génération née en Égypte pour laquelle la situation d’exil était un fait de la vie des plus naturels et des plus évidents. Elle était à cheval sur ces deux mondes, c’est-à-dire qu’elle possédait une connaissance intime des circonstances de l’exil ainsi que la vision transcendante qui permet de les dépasser. C’est pourquoi c’est elle, Yokheved, qui fut à même de porter puis d’éduquer celui qui allait sauver les Enfants d’Israël de leur exil.
Les circonstances de la naissance de Moïse sont, quant à elles, édifiantes sur l’abnégation qui doit caractériser un chef. Yokheved et son époux Amram s’étaient séparés lorsque Pharaon avait décrété que tous les garçons hébreux qui naitraient seraient jetés dans le Nil. Leur fille aînée, Myriam, leur en avait alors fait le reproche : « Votre décret est pire encore que celui de Pharaon : lui a décrété d’exterminer les garçons, mais votre action signifie la fin de tous les enfants juifs. » Amram et Yokheved avaient alors réalisé qu’en tant que chefs dont les actions étaient des modèles pour les autres, ils se devaient de dépasser la menace et l’angoisse liées au fait de mettre au monde des enfants juifs en ces temps terribles. Le résultat de leur remariage fut la naissance de Moïse. Quand Moïse naquit, « la maison se remplit de lumière », attestant de son avenir comme celui qui allait éclairer l’humanité. Mais cette lumière dut immédiatement être dissimulée, car, comme tous les premiers-nés mâles chez les Hébreux, il était en danger constant d’être découvert par les tueurs de bébés à la solde de Pharaon. C’est alors qu’il fut placé dans le Nil, dans l’abri précaire d’un panier en roseaux, partageant ainsi, même si ce n’est que potentiellement, le sort des autres bébés jetés dans les eaux du fleuve.C’est encore là une leçon de leadership : un chef ne peut pas apparaître « d’en haut ». Il doit partager le sort de son peuple. Tel était le message que D.ieu Lui-même lui adressa lorsqu’il lui apparut plus tard au sein du buisson ardent : « Je suis avec eux dans leur malheur. »
Mais le placement de Moïse dans le Nil ne fut pas seulement une manifestation de sympathie à l’égard de la cause d’Israël : ce fut également la première étape de leur délivrance. Nos sages enseignent que Pharaon avait ordonné que tous les nouveau-nés mâles des hébreux soient jetés au Nil parce que ses astrologues lui avaient dit que c’est à travers l’eau que le sauveur d’Israël connaîtrait sa fin (cette prédiction allait s’accomplir bien des années plus tard lorsqu’il fut refusé à Moïse de pénétrer en Terre Sainte à cause de « Eaux de la Rébellion »). Le jour où Moïse fut placé dans le Nil, les astrologues informèrent Pharaon que celui qui était destiné à libérer le peuple d’Israël avait été jeté à l’eau, et le décret fut révoqué. Âgé d’à peine trois mois et, en apparence, un protagoniste passif des événements qui se déroulaient autour de lui, Moïse remplissait déjà son rôle de sauveur de son peuple.Grâce à l’ingénieux stratagème de Myriam, Moïse fut allaité et élevé dans sa petite enfance par sa propre mère. Il fut cependant amené ensuite dans le palais de Pharaon pour y être élevé comme un membre de la famille royale. Moïse dut être à la fois un esclave hébreu et un prince égyptien. Pour guider son peuple, il devait partager son sort ; mais pour vaincre les forces qui l’asservissaient, il devait infiltrer la citadelle de la royauté égyptienne. Il dut « venir à Pharaon » (Exode 10, 1) et acquérir une connaissance profonde de l’essence de son pouvoir et de sa vigueur.
Le premier acte de Moïse à être explicitement relaté dans la Torah définit deux tâches essentielles qui incombent à un chef : défendre son peuple contre la menace extérieure et sauvegarder son intégrité à l’intérieur. Le jour où il parvient à l’âge adulte, Moïse « sort chez ses frères » et « voit leur affliction ». Ses années passées dans le palais de Pharaon ne l’ont pas rendu antipathique à sa tribu d’origine d’esclaves hébreux, ni insensible à leur misère. Il voit un Égyptien frapper à mort un Juif et il se sent contraint d’agir, sacrifiant, par cet unique geste, sa vie privilégiée de membre de la classe régnante et liant désormais son sort à celui de ses frères. Le jour suivant, il agit de nouveau, cette fois-ci en intervenant dans une querelle entre deux Juifs. Devant ce conflit qui opposait deux de ses frères, il comprend soudain que leur asservissement ne découle pas de la puissance de l’Égypte, mais de la désunion en leur sein, et que leur rédemption ne pourra se faire qu’en suscitant chez les membres de cette toute jeune nation un sentiment d’interdépendance et de responsabilité mutuelle. Après ces deux démonstrations de leadership, on aurait pu s’attendre à ce que Moïse endosse immédiatement son rôle de chef d’Israël. Mais ce ne fut pas le cas. Il devait d’abord devenir un berger. Car le rôle d’un chef d’Israël n’est pas seulement de défendre, de sauver, de prêcher et de gouverner, mais, aussi et surtout, de nourrir. Moïse est le sauveur d’Israël, leur guide et leur législateur, mais également leur raaya méhémna – leur « berger fidèle » et « berger de la foi », c’est-à-dire que c’est lui qui pourvoit à leurs besoins, tant matériels que spirituels, nourrissant leurs corps avec la manne et leurs âmes avec la foi.
Moïse n’accepta jamais non plus le décret de galoute. Après avoir accepté, par la force de l’ordre divin, la mission de faire sortir Israël d’Égypte, il se lança dans une lutte permanente pour faire que cette rédemption soit la rédemption finale et ultime. Jusqu’au dernier jour de sa vie, Moïse implora D.ieu de lui permettre de conduire son peuple dans la Terre Sainte ; jusqu’à son dernier jour, il brava la colère de D.ieu dans ses efforts d’éliminer toute autre galoute de l’histoire juive. Selon les propres mots de Moïse : « Je suppliais D.ieu… S’il te plaît, laisse-moi traverser et voir ce bon pays de l’autre côté du Jourdain, la bonne montagne [Jérusalem] et le Levanon [le Saint Temple]. Et D.ieu se mit en colère contre moi à cause de vous… et Il me dit : Assez ! Ne Me parle plus de cette question… » (Deutéronome 3,23-26). Le Rabbi de Loubavitch a dit : D.ieu a dit : « Cela suffit ! » Mais Moïse ne se tut pas. Car la re mise en question par Moïse du plan divin ne s’arrêta pas avec sa disparition de la vie physique. Le Zohar nous explique que chaque âme juive possède au plus profond d’elle-même une étincelle de l’âme de Moïse. Ainsi chaque Juif, qui tempête aux portes du ciel en réclamant la rédemption à cor et à cri poursuit le combat de Moïse contre le décret de la galoute.
Nous sommes probablement, la génération qui peut mieux comprendre cette paracha nous enseigne le Rav Dufour, et ceci pour deux motifs : Comme nous, les Hébreux avaient reçu tous les enseignements des Patriarches et Matriarches, l’éclairage de la Création, de l’histoire, de la morale, des dimensions essentielles de l’être. Et maintenant, il fallait apprendre à vivre tout cela en peuple. De plus, nous sommes parfaitement, comme nos frères d’Egypte alors, menacés d’étranglement progressif et organisé. Voici des décades que les nations ont décrété les « droits légitimes du peuple palestinien », ce qui veut dire clairement pour eux leur droit de prendre notre place dans la géographie et dans l’existence. Et chaque erreur de notre part, ou chaque occasion, ou chaque tentative de négociation ou chaque geste de paix leur redonnent cette même espérance. Et nous ne manquons pas d’erreurs et de non-claivoyance, ni même de collaboration directe avec ceux qui programment et avouent notre perte. Pharaon est aujourd’hui l’ONU, portée par les nations et, en effet, il représentait l’ensemble des nations et leur meilleur. Nous avons aujourd’hui la fragilité du petit Moché menacé de mort : tous les tirs de mortiers contre nos quartiers, nos jeunes décimés, et nos réactions de défense pour survivre sont dénommées « crime contre l’humanité ». Avraham et Yaâqov avaient reçu également la terre de Canaan (livre Béréchite) et ils ont été forcés de la quitter pour se remettre entre ces pinces des belles civilisations d’antan.
Le plus grand « lapsus révélateur » de Freud apparaît dans son dernier livre, « Moïse et le Monothéisme », une œuvre des plus étranges qui parut en 1939, époque à laquelle Freud s’était réfugié en Angleterre. C’est ce que nous révèle le Rav Jonathan Sacks.  Pour une raison inconnue, ses commentateurs (du moins ceux que j’ai lus), dit-il, ne l’ont pas relevé. C’est à cette époque dramatique que Freud écrivit ce livre qu’il qualifia au départ de « nouvelle historique » et dans lequel il s’évertuait à prouver que Moïse était un Égyptien. Au début de son récit, on trouve un épisode très curieux. Freud remarque que de nombreux érudits ont mis en évidence un thème commun dans les histoires traitant de l’enfance des héros : la naissance d’un héros survient systématiquement dans un contexte de grand danger. Puis, étant bébé, il est soumis aux éléments naturels d’une façon qui devrait normalement lui coûter la vie – parfois en étant placé dans une boite qui est ensuite jetée à l’eau. L’enfant est ensuite sauvé puis élevé par des parents adoptifs, mais il finit néanmoins par découvrir sa véritable identité. C’est l’histoire que l’on raconte à propos de Sargon, de Gilgamesh, d’Œdipe, de Romulus et de beaucoup d’autres. C’est également la trame de l’histoire de Moïse.
Mais, à ce point de son exposé, Freud relève que l’histoire de Moïse diffère des autres sur un point. Elle est même l’exact in verse : dans l’histoire classique, les parents adoptifs du héros sont des gens de condition modeste et celui-ci finit par découvrir qu’il est un prince de sang royal. Dans l’histoire de Moïse, c’est le contraire. C’est sa famille adoptive qui est la famille royale. Il est élevé par la fille de Pharaon. Sa véritable identité, telle qu’il la découvrira, est qu’il appartient par sa naissance à une nation d’esclaves. Ayant constaté cette particularité, Freud ne parvint pas à en trouver la signification. Faisant marche arrière, il conclut qu’il s’agissait d’une falsification de l’histoire destinée à cacher le fait que Moïse était véritablement l’enfant de la fille de Pharaon et qu’il était donc réellement un prince d’Égypte. Ce dont Freud ne s’est pas rendu compte est que l’histoire de Moïse n’est pas un mythe, mais un anti-mythe. Une histoire qui se saisit d’un mythe et le renverse.
Son message est simple et révolutionnaire. La vraie royauté, suggère la Bible, relève d’une sagesse à l’opposé de la sagesse conventionnelle. Elle ne se distingue pas par la concentration de privilèges et de richesses, ni par la splendeur ou les palais. Elle réside dans le courage moral. C’est en découvrant qu’il était un fils d’esclaves que Moïse trouva la grandeur. Ce n’était pas le pouvoir qui comptait, mais la lutte pour la justice et la liberté. S’il avait été un prince égyptien, son rôle serait resté anecdotique. Ce n’est qu’en restant fidèle à son peuple et à D.ieu qu’il devint un héros. Freud avait des sentiments mitigés concernant sa propre identité. Il admirait les Juifs mais restait sourd à la musique du Judaïsme. C’est pourquoi, je soupçonne, il ne s’aperçut pas qu’il était face à l’une des plus puissantes vérités morales que la Bible ait jamais enseignées : ceux qui sont méprisés par le monde sont chéris par D.ieu. Un enfant d’esclaves peut être plus grand qu’un prince. Les valeurs de D.ieu ne sont pas affaire de pouvoir ou de privilèges, mais résident dans la capacité à reconnaître l’image de D.ieu chez les faibles, les impuissants, les affligés, les souffrants, et à se battre pour leur cause. Quel message de courage Freud aurait pu adresser à son peuple en cette période si sombre ! Tâchons d’être capables de voir ce qu’il n’a pas distingué : que l’histoire de Moïse est l’un des plus puissants récits d’espoir dans la littérature humaine.
Dans l’Essence de la Torah, nous apprenons que si le second livre de la Torah s’intitule « les noms » c’est que ce mot a une profonde signification liée à la nature même des évènements qui s’y déroulent, de l’exil d’Egypte à la délivrance, en passant par le don de la Torah et l’édification du Tabernacle. Les noms dont il s’agit sont en fait les noms de D.ieu, qui sont la clé de la rédemption et de la sainteté. L’exil d’Egypte fut le plus dur que connurent les enfants d’Israël sous le règne « d’un nouveau pharaon qui ne connaissait pas Joseph » dit la Torah. Celui-ci décida d’arrêter la croissance extraordinaire que connaissaient les femmes d’Israël, puisqu’elles mettaient au monde 6 enfants à chaque accouchement, nous dit le Midrach. Il décréta que chaque nouveau-né mâle devait mourir. Et ce desposte sanguinaire utilisait leur sang pour prendre son bain quotidien, et se servait de leur corps comme briques pour construire ses pyramides. Les tortionnaires modernes des Juifs n’ont rien inventé ! La question qui se pose est évidemment : pourquoi les Hébreux devaient-ils subir, avant même qu’ils ne forment un peuple à part entière, une telle souffrance qui devait malheureusement se répéter à l’infini durant les longs exils qu’ils connurent au cours de leur histoire ? L’homme a besoin de sentir qu’il peut dominer son destin. C’est par ce contrôle qu’il pourra sentir posséder ce qui lui semble le plus cher, sa liberté. Mais les cabalistes, notamment le  Ramhal, nous enseignent que ce besoin fondamental de comprendre et de dominer son destin n’est en fait que le résultat de la faute d’Adam. Ce qu’a voulu le 1er homme lors de la faute, c’est intégrer en lui la capacité de juger, de comprendre, d’analyser les événements de sa vie. Cette voie n’est évidemment pas à rejeter, mais il fallait qu’Adam fasse preuve de patience et surtout d’humilité pour n’entamer cette recherche qu’après l’entrée du Chabbat, moment où il aurait pu goûter du fruit de l’Arbre de Vie, c’est-à-dire de la foi en une souveraineté unique et totale qui dirige absolument tout, et passer ainsi  au second plan les questions qu’il aurait pu avoir concernant ses choix de vie. La finalité des choses étant voilée, Il ne nous reste que les questions sur les problèmes fondamentaux de notre existence, avec rarement des réponses claires et nettes.
Dans la faute du premier homme, la tradition juive décèle l’indice d’une tentative à se dépasser, et à « corriger » cette faute pour réintégrer la voie de l’Arbre de Vie, ou mieux encore, pour associer les 2 Arbres fondamentaux, qui sont les 2 façons d’être homme, celle de la foi et celle de l’investigation, pour qu’elles se conjuguent harmonieusement dans la vie de tout individu. La recherche du pourquoi n’est donc qu’une tentative d’apaiser l’inquiétude qui agite l’homme depuis la faute d’Adam et que nous interprétons comme un moyen d’accéder à la liberté. Concernant le pourquoi de l’exil. Nous trouvons dans le Traité Nédarim (p 32a) 3 explications. La 1ère est celle de Rabbi Elazar qui avance que l’exil serait la conséquence de la faute d’Abraham qui aurait « utilisé les sages de la Torah pour partir en guerre. Cette opinion nous laisse perplexe, puisque l’on voit que de tout temps, y compris à l’époque de David, les soldats étaient choisis justement parmi les plus grands sages de la génération. La 2ème explication est donnée par Chmouel, (le prophète Samuel) qui dit qu’Abraham aurait exagéré quant à la question qu’il a posée à D.ieu en lui demandant comme il saurait qu’il possèderait la terre d’Israël. Cette opinion est aussi difficilement acceptable, puisque le Midrach nous enseigne que D.ieu a fait voir à Abraham tous les exils que le peuple juif endurerait, et qu’il était donc tout à fait légitime de se demander après un si dur et si long exil, les Juifs pourraient un jour réintégrer leur terre. La 12ème opinion est émise par Rabbi Yo’hanan qui affirme que l’exil est dû au fait qu’Abraham n’aurait pas accepté les convertis de Sodome. Lorsque l’on relit le texte biblique où Abraham supplie D.ieu de ne pas détruire Sodome pour les quelques sages qui pourraient s’y trouver, l’explication de Rabbi Yo’hanan ne laisse pas de surprendre. (Bien évidemment, ces géants de la Torah ne se trompaient pas, et derrière ces explications se cachent des notions beaucoup plus profondes qui ne peuvent être développées ici.
Le Ari Zal, dans un texte sur les « Kavanot de Pessa’h », nous enseigne que la génération qui descendit en Egypte et qui en sortit était issue des âmes produites de façon impure par Adam, lorsqu’il se sépara de sa femme pendant 130 ans et émit sa semence en vain. Ces âmes errèrent dans le monde à la recherche d’une réparation qui n’arriva pas. Au contraire, les générations du Déluge, de la Tour de Babel et de Sodome ne firent que reprendre à leur compte la même faute. Il s’ensuivit qu’il fallut une descente dans le lieu où régnait cette pratique, l’Egypte, pour pouvoir rassembler toutes ces âmes et les faire intégrer à des corps qui oeuvreraient dans le sens d’une sanctification, d’une élévation spirituelle. Il faut comprendre ce qui se cache derrière ce langage codé.
Si les cabalistes jugent l’émission de semence comme une des fautes les plus graves qu’un homme puisse commettre face à D.ieu,  c’est parce qu’ils y voient toute la sainteté en potentiel de l’homme. La semence est en effet le principe donateur (géniteur) qui viendra se loger dans le principe récepteur (femelle) pour faire advenir un être à part entière, avec son âme et son corps. Or, le principe donateur premier, qui a fait advenir tous les mondes et tous les êtres, n’est rien d’autre… que D.ieu Lui-Même (ou plus exactement Sa volonté créatrice). L’homme ayant l’obligation (codifiée même par la loi juive) d’imiter son Créateur, gaspiller sa semence équivaudrait à profaner le Nom de D.ieu, puisqu’on ne reconnaîtrait pas à D.ieu le principe de donner la vie, l’homme dispersant ce potentiel de vie qu’il détient en lui, aux 4 vents. Cette interdiction ne provient donc pas d’un discours moralisateur, mais plutôt s’inscrit dans le respect profond et inconditionnel qu’un individu doit avoir pour la vie et pour la possibilité de la donner, à l’instar du D.ieu Créateur.
De par cette émission disparate, au hasard, dira le Midrach, des âmes potentielles se trouvent également dispersées et en quête d’un repos dans un corps. La dira le Midrach, des âmes potentielles se trouvent également dispersées et en quête d’un repos dans un corps. Les générations qui suivirent Adam ne purent fournir ce cadre corporel nécessaire à ces âmes et il s’ensuivit la descente en Egypte, lieu où étaient pratiquées toutes les déviances sexuelles (le Midrach nous dit en effet que l’Egypte est appelée « Ervat haarets », ou la nudité de la terre, pour bien mettre en exergue que les Egyptiens étaient passés maîtres en débauche sexuelle). Nous voyons ici un principe fondamental : c’est en se plongeant dans le lieu où règne l’interdiction à corriger que l’on pourra éliminer celle-ci et la ramener du côté du Bien. L’exil d’Egypte, prototype de tous les exils à venir, nous enseigne que la rédemption ne peut advenir que si l’on « rassemble » toutes les âmes perdues, toutes les fautes commises pour les transformer en actes méritoires.
Ce n’est qu’en se mesurant au mal pour le transformer que la guéoula (rédemption) fera suite à la galoute (l’exil). Ces deux mots viennent de la racine gal (mouvement) ; c’est la roue qui tourne (Maharal, Netsa’h Israël, chap. 1) Comme si l’exil et la rédemption n’étaient que les 2 facettes d’un même mouvement historique ne visant qu’à) une seule chose : faire connaître la gloire de D.ieu au monde. Même si l’exil, la souffrance semble s’opposer au Bien que D.ieu octroie aux individus, il faut voir dans le renversement de l’exil en rédemption la mutation de l’ensemble du monde, y compris la partie qui pratique le mal, vers le Bien Absolu et total. Le livre de l’Exode est en fait le livre des Noms : des Noms de D.ieu qui vont engendrer la rédemption et les âmes d’Israël. Ce sont elles qui rendront la rédemption effective dans les différentes terres d’exil. Elles sont le prolongement de la Présence divine. Le Ramhal explique (Maamar Haguéoula) que l’exil d’Israël va permettre à la Lumière divine qui n’a pas intégré les kélim (le potentiel de la création matérielle), grâce à l’exil des âmes d’Israël – les âmes d’Israël étant un prolongement de la lumière divine – de s’unir au réceptacle d’une manière dissimulée. Et lors de la guéoula, D.ieu fera éclore Sa gloire. Tout ce que nous demande D.ieu, c’est d’adhérer à la croyance que c’est Lui, contre toute logique humaine, qui décide du sort de chacun. La foi ne signifie rien d’autre que cela : faire confiance en D.ieu quels que soient les événements qui traversent notre vie. Ainsi, le Nom de D.ieu sera présent pour toujours et non caché derrière la nature. Tel est le but de la rédemption : faire régner la gloire de D.ieu sur le monde, dans le ciel et sur la terre.
Si la Torah, qui s’exprime généralement d’une façon très concise, a repris ici les noms des enfants d’Israël, c’est pour nous faire comprendre – au moment où allait commencer pour les descendants de Jacob un séjour à l’étranger – l’importance qu’allaient revêtir pendant leur exil les noms hébreux qu’ils avaient. Ces noms, ils se devaient absolument de les maintenir et de les conserver si, le moment venu, quand aura sonné l’heure de la libération prévue et prédite par l’Eternel, ils voulaient qu’on les retrouvât en tant qu’enfants d’Israël au milieu des Egyptiens. II ne fallait pas que, tentés par l’assimilation, les Hébreux, en arrivent à adopter des noms égyptiens, puis la manière de vivre et de se comporter des étrangers au milieu desquels ils séjournaient provisoirement. En conservant leurs noms, ils maintenaient, en même temps, leur propre personnalité et préservaient leur véritable identité. Ils gardaient, dans leur for intérieur, leur liberté malgré l’asservissement; ils conservaient enfin leur foi en un avenir meilleur, leur espoir de se retrouver un jour libres, sur leur propre terre, comme l’Eternel le leur avait assuré. C’est pourquoi la Torah a tenu à signaler aux enfants d’Israël, au moment de leur départ à l’étranger, l’extrême importance de leurs noms. Cette répétition constitue une sorte de mot d’ordre qui continue à garder toute sa valeur aujourd’hui comme alors, pour tous ceux qui vivent en dehors d’Israël : leurs noms hébreux constituent leur sauvegarde et sont les garants de leur identité.
(Sources : Chabad.org – Léon Askénazi, leçons sur la Torah – Rav Dufour, Modia – Rav Jonathan Sacks – Rav Mordekaï Chriqui/Dr Avraham-Gilles Morali, l’Essence de la Torah ) Normal
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File:Guercino Jacob Ephraim and Manasseh.jpg
Jacob, Joseph, Ephraïm et Ménaché – Peinture de Giovanni Francesco Barbieri, dit Guercino (1591 – 1666)
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La paracha de la semaine avec Modia :
1 – Nous sommes pendant ce futur Chabbate dans la dernière et 12e paracha du premier livre de la Torah, nommé Béréchite. 
Cette paracha se nomme : Vayé’hi –  » Il vécut… » Béréchite (La Genèse) 47, 28 – 50, 26 
* Thèmes de cette paracha que vous pouvez ici étudier : S’AIMER. Le « dérékh éréts » et la bonté gratuite et immédiate :
2 – Voyez sur ce lien les merveilles de la pluie en ce moment à Jérusalem (photos de l’auteur): http://www.modia.org/tora/berechite/hessed-vayekhi.php
Chavoua tov

Rav Yehoshua Rahamim Dufour

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Il est indispensable de lire la traduction en français de chaque paracha avant ce commentaire pour bien le comprendre. Texte de la paracha dans la Bible hébraïque ici : Lire le texte

12e Paracha : Vayé’hi –  »   Il vécut »  Béréchite (La Genèse) 47, 28 – 50, 26

En résumé, Jacob, âgé de 147 ans, sent sa fin approcher, et demande à bénir ses successeurs; d’abord les fils de Joseph, en commençant, au grand étonnement de celui-ci, par le cadet Ephraïm; ensuite ses fils dans un langage poétique contenant de nombreuses allusions à leur avenir et à la fin des temps. Il demande ensuite à être enterré avec ses pères à Hébron dans le tombeau des Patriarches au côté de sa femme Léa. Un immense cortège funèbre l’y accompagne, impressionnant les Cananéens. De retour en Égypte, Joseph assure ses frères de l’absence de toute velléité de revanche à leur égard. Joseph meurt, et fait jurer aux fils d’Israël d’emporter sa dépouille avec eux lorsqu’ils retourneront au pays de Canaan.

La paracha Vaye’hi vient clôturer le livre de Béréchite. Le premier livre de la Torah constitue le plan fondamental de tout ce qui arrivera dans la suite de l’histoire. Que ce soit avec les patriarches qui ont posé les fondements inébranlables du peuple juif et de sa foi, ou bien avec les 12 tribus, notamment Joseph et Juda, représentant les 2 formes de messianité qui feront advenir la rédemption. C’est donc dire que tout le programme de l’histoire de l’humanité se trouve présent dans le livre de Béréchite, que ce soit de façon claire ou voilée. Pour utiliser un langage moderne, on pourrait dire que le livre de Béréchite est comme une sorte de molécule d’ADN dans laquelle se trouve inscrit tout le programme qui donnera naissance aux protéines et au corps. Notre rôle, en étudiant ce livre, est donc de décrypter les messages codés qui y sont inscrits pour mieux comprendre notre présent, et travailler pour l’élaboration d’un futur en accord avec les principes et les valeurs toraniques.

Chabbad.org nous enseigne que Jacob connut l’apogée du voyage de sa vie en Égypte. Il y rencontra des épreuves de nature différente de celles qu’il avait connues au préalable, car il y vécut dans une immense richesse au sein d’une société décadente. Mais, comme nous l’avons dit plus haut, même avant de pénétrer en Égypte, Jacob avait résolu ces difficultés en envoyant devant lui Juda pour y établir des Yechivote. Par cet acte, il détermina la tournure de son devenir en Égypte. Qui plus est, non seulement Jacob s’adonna  alors à l’étude de la Torah, mais il y impliqua ses enfants et ses petits-enfants. Plutôt que d’accepter les valeurs de la culture environnante, les descendants de Jacob se joignirent à lui dans l’étude. Pour eux, la descente en Égypte constituait une transition radicale : la plus grande partie de leur vie adulte s’était passée en Terre d’Israël, dans une atmosphère de sainteté. Et pourtant, motivés par l’exemple de Jacob et sous sa direction, ils furent capables d’imprégner l’Égypte de la sainte atmosphère de la Terre Sainte à travers l’étude et le service de D.ieu. Le Rav Davidovicz, de l’école Kehilat Chnéor, nous apprend que la raison pour laquelle l’esclavage en Egypte a commencé pour la famille de Jacob est le fait que malheureusement,  après la disparition de Jacob et de ses enfants, au fil des années, ces yéchivote ont fini par être délaissées et l’étude de la Torah abandonnée. Les Hébreux de Gochen se sont alors mis à oublier que c’était D.ieu Lui-même qui était à l’origine de tous leurs biens et de tout le confort dont ils jouissaient. L’orgueil s’étant installé chez eux, Hachem les a punis en les rendant esclaves des Egyptiens.

L’engagement indéfectible et sans compromis de Jacob pour la Torah dans toutes les circonstances de son existence est l’expression de la vie véritable dont la Torah l’a animé. Sa relation avec D.ieu, englobait toute sa vie et pénétrait dans chaque aspect de son être et de sa personnalité. Ce qui permet de comprendre pourquoi cette Paracha est appelée Vaye’hi, « Et il vécut », bien qu’elle parle de la mort de Jacob. Comme le montrent les événements relatés dans la paracha, la vie de Jacob fut marquée par une relation à D.ieu qui transcendait les limites physiques. Et puisqu’il partagea cette qualité avec ses descendants, elle fut perpétuée dans sa postérité au-delà de sa vie mortelle. Comme le disent nos Sages : « Jacob, notre ancêtre, n’est pas mort. De même que ses descendants sont en vie, il est également vivant. » (Talmud Taanit 5b)Ce concept ne s’applique pas seulement aux descendant directs de Jacob, mais aux Juifs de toutes les époques. La vitalité qui anime un Juif dans son service divin aujourd’hui reflète la vie de Jacob, notre Père. (Ce concept de vie perpétuelle est enseigné en relation avec Jacob et non avec Avraham et Isaac, car la notion de « ses descendants sont vivants » ne concerne que Jacob. En effet, « La couche de Jacob fut parfaite » (Rachi sur Genèse 47,31), ce qui signifie que tous ses fils furent vertueux et leur descendance devint le peuple juif. En revanche, Avraham engendra Ismaël et Isaac engendra Ésaü. (Talmud Pesa’him 56a ; voir ausssi Maharcha sur Taanit ibid.))Et, inversement, le lien avec la Torah que Jacob entretint est une source de vie pour tous ses descendants à travers les générations.

Nos Sages établissent, « Bien qu’un Juif faute, il reste un Juif . » et le Rambam déclare, « Une personne dont le penchant négatif l’oblige à refuser l’observance d’une mitsva ou à commettre un péché … espère [toujours] faire partie du Peuple Juif et désire accomplir toutes les mitsvote et se séparer du péché. C’est seulement son [mauvais] penchant qui la force [à agir autrement]. » (Michné Torah, Hilkhot Guerouchine 2:20.) Quel que soit son comportement, chaque membre de notre peuple reste un Juif et possède un lien avec la Torah dans sa totalité. « La Torah que Moïse nous a ordonnée est un héritage de la maison de Jacob. » (Deutéronome 33, 4) C’est là l’héritage spirituel que Jacob nous a légué, le signe de la perpétuation de sa vie et de notre propre vitalité.

Ce Chabbat est appelé « Chabbat ‘Hazak » de par la coutume (Cf. Choul’hane Aroukh Ora’h ‘Haïm, fin du chap. 139. Voir également Likoutei Si’hot, vol. 25, p. 474)  de proclamer ‘Hazak, ‘Hazak, Venit’hazèk (« Sois fort, sois fort et que nous soyons renforcés ») à la conclusion de la lecture de la Torah, en reconnaissance pour avoir achevé le Livre de Béréchite – la Genèse. La conscience nourrie par la lecture de Vaye’hi génère de la force. Quand un Juif sait qu’on lui a attribué en héritage une vie intrinsèque qui s’exprime dans son lien avec la Torah, et que viendra un temps où cette relation connaîtra une dimension parfaite, il acquiert la force intérieure de relever les défis de son environnement. En mettant en valeur l’expression de ce potentiel dans l’ensemble notre peuple, nous hâtons le temps lors duquel il atteindra son point culminant dans l’Ère de la Rédemption. Adapté de Likoutei Si’hot vol. 10 p. 160 et suiv. et Si’hot Chabbat parachat Vayé’hi 5751. (D’après les enseignements du Rabbi de Loubavitch)

« Et il arriva en ce lieu et il s’y installa car le soleil s’était couché, et il prit quelques pierres de l’endroit et [les] plaça à sa tête, et il s’allongea en ce lieu» Genèse 28, 11 « Jacob appela ses fils et dit, « Rassemblez-vous et je vous dirai ce qu’il adviendra de vous à la fin des jours. Rassemblez-vous et écoutez, fils de Jacob, écoutez Israël, votre père. » (Genèse 49, 1-2) Les 12 individus devinrent une âme unifiée. Chana Kroll nous explique que lorsque Jacob avait quitté Beer Chéva pour ‘Haran, il s’était arrêté en route pour passer la nuit dans un lieu désert qui deviendrait un jour le site du Saint Temple. Ayant rassemblé douze pierres, il les avait placées tout autour de l’endroit où il allait s’allonger. Alors que, s’allongeant, il posait sa tête, les douze pierres avaient fusionnèrent pour n’en former qu’une seule. Des années plus tard, en Égypte, alors que Jacob était sur le point de mourir, il appela à son chevet ses douze fils. Ils se rassemblèrent autour de lui et les douze individus devinrent une âme unifiée. Ils prononcèrent la prière du Chéma devant leur père Jacob, lui assurant ainsi que les principes du service de D.ieu et de la reconnaissance de Son absolue Unicité seraient également vécus et enseignés par eux. Une famille unie, avec un seul cœur et une seule âme.

Quand Jacob avait rassemblé ces douze pierres, sur le chemin de ‘Haran, il l’avait fait dans l’intention de s’attacher les douze fils qu’il devait avoir. De fait, le mot hébreu « évène » (pierre) est constitué de deux mots : « Av » (père) et « Ben » (fils), de sorte que le mot « pierre » contient la liaison du père et du fils. Suivant l’intention Divine, les douze pierres fusionnèrent : non seulement seraient-elles toujours liées à lui, leur origine commune, mais elles seraient également liées les unes avec les autres. L’unité du Peuple d’Israël, nous enseigne-t-on, est le reflet de l’Unité du Créateur. Dans nos prières quotidiennes, nous prenons sur nous la mistva d’Ahavat Israël (aimer son prochain juif avec le même amour que celui que l’on se porte à soi-même) avant même de prononcer le Chema Israël, la proclamation de l’Unité de D.ieu. Plusieurs fois dans la journée, nous implorons D.ieu de « nous bénir tous comme un ».

Que signifie réellement cette fusion de pierres et d’âmes ? Il est clair que pour optimiser notre relation avec D.ieu, nous devons faire de même dans nos relations avec nos prochains. Quand l’unité en bas (c’est-à-dire l’unité entre les Juifs) est la plus complète, cela permet – voire commande – aux bénédictions de se déverser. On nous apprend même que lorsque nos ancêtres furent unis dans l’idolâtrie, l’exil qui en résulta fut moins sévère que ce qui résulta du fait d’être immergés à la fois dans la Torah et dans des conflits internes – quantitativement par plus de 1900 ans, et qualitativement par plusieurs croisades, une Inquisition, la Shoah et malheureusement bien plus encore. Mais comment parvenir à cette unité essentielle ? Que signifie réellement cette fusion de pierres et d’âmes ? Pour comprendre ce qui est attendu de nous, il nous faut contempler Celui auquel nous souhaitons ressembler. La ‘Hassidoute explique que D.ieu créa le monde parce qu’Il désire une résidence ici-bas. Peut-être vous êtes-vous demandé quelle sorte d’intérêt cela peut avoir pour Lui ? L’intérêt, en bref, c’est que lorsque, dans un lieu qui est le siège de tellement de contradictions apparentes et de diversité, on peut reconnaître Son Unité, cette reconnaissance est plus solide et plus réelle que les toutes les louanges qui Lui sont adressées dans les mondes supérieurs.

A un niveau plus profond, l’Unité de D.ieu est en réalité exprimée par l’existence même d’une telle diversité au sein de la Création. Notre unité en tant que peuple a pour objet de refléter ce concept. Son Unité donne naissance à la diversité, le rôle de la nôtre est d’être issue de la diversité et de la soutenir. Car une unité qui naît de la diversité a bien plus de réalité qu’une unité qui s’appuie sur l’uniformité. On peut mieux apprécier cette idée en observant l’un des détails qui présida à la construction du Saint Temple. Il y avait 13 entrées par lesquelles on pouvait pénétrer dans le Temple : une pour chaque tribu et une porte générale, ouverte à tous. Toutes ces portes n’étaient pas superflues : il y avait clairement des avantages à utiliser la porte qui était précisément attribuée à sa tribu et d’autres avantages à utiliser la 13ème porte. Il y a des moments où nous recherchons D.ieu en tant qu’individus et d’autres où nous Le recherchons simplement comme en tant que Juifs.

La force de chaque individu resta intacte .Jacob ne prit pas une grande pierre pour s’y étendre, pas plus qu’il ne donna une bénédiction unique à tous ses 12 fils. Au contraire, il rassembla 12 pierres distinctes et il donna 12 bénédictions particulières « sur mesure » à ses 12 fils et à leurs descendants. Dans les deux situations, il y eut un moment de fusion, de réunion dans une unité absolue. Ce fut une unité d’autant plus solide que la force de chaque individu restait intacte. Immédiatement après avoir prononcé « Chema Israël » comme un seul homme, les fils redevinrent à nouveau des âmes individuelles pour pouvoir recevoir leurs bénédictions respectives de leur père, qui allaient être les outils de leurs démarches individuelles dans ce monde. Il nous appartient d’apprendre à vivre avec les deux approches : les bénédictions individuelles et l’unité solide comme la pierre. Aucune ne pourra être vraie sans l’autre.

Nous trouvons dans cette paracha, nous dit le Rav Dufour, la formule par laquelle les parents bénissent leurs enfants : « Yéssimékha Elo-him ké Ephraïm vékhi Ménaché, Qu’Il te place Elo-him comme Ephraïm et comme Ménaché » et pour les filles on place les noms de matriarches: « Yéssimékhe Elo-him ké Sarah, Rivaka, Ra’hél vé Léa, Qu’Il te place El-ohim comme Sarah, Rivka, Ra’hél et Léa ». Ensuite les parents ajoutent la bénédiction que disent les Cohanim : Yévarékhékha Ado-naï vé yichmérékha. Yaér Ado-naï panav élékha vi’hounékha. Yissa Ado-naï panav élékha véyassém lékha chalom. Que Hachém te bénisse et te garde. Que Hachém éclaire Sa face vers toi et te procure Sa grâce. Que Hachém lève Sa face vers toi et qu’Il place vers Toi la complétude paisible.  Cette bénédiction est dite généralement en plaçant la main ou les deux mains sur la tête de chaque enfant successivement le soir du Chabbat; certains le font à l’arrivée de la synagogue à la maison, d’autres après le Kiddouch. Ou à toute autre occasion. La bénédiction est dite également à l’épouse.

Pour que sa bénédiction soit efficiente, Jacob dit: Hé-assefou, Rassemblez-vous, Hitqabetsou, serrez vos rangs, Vechim’ou, et écoutez…L’Eternel avait dit à Abraham « Ta descendance sera aussi nombreuse que le sable de la terre ». Le Grand Rabbin Jacques Ouaknin nous demande quel est le sens de cette comparaison ? Un grain de sable isolé est vite emporté par les vagues tandis que beaucoup de grains entassés, liés les uns aux autres, deviennent une barrière, capable d’endiguer l’avance de la mer. Tel est le message de Jacob à ses descendants: Un juif isolé peut être considéré comme perdu. La Halakha interdit d’ailleurs aux juifs d’habiter dans une ville où il n’y a pas une communauté d’au moins dix personnes. En effet, comment une famille isolée peut-elle valablement élever ses enfants, célébrer les fêtes, manger cachère et maintenir intégralement son identité ? Les juifs ne se sont maintenus contre vents et marées comme ce sable du bord de mer que dans la mesure où ils étaient liés les uns aux autres, se soutenant et s’encourageant l’un l’autre. Pour demeurer juif on a besoin de cette chaleur humaine au sein la communauté, de ce sentiment de sécurité et de solidarité.

Rassemblez-vous et serrez vos coudes : deux conditions indispensables pour être réceptif au message de Jacob, notre ancêtre. Un juif ne peut pas vivre en ermite. Et si le judaïsme a triomphé des épreuves les plus terribles, il le doit à sa fidélité à la communauté, dans la cohésion et dans l’union des forces, dans la complémentarité des uns et des autres. Israël sans la Torah n’est plus Israël. Tout le monde n’est pas apte à faire de l’étude sa principale occupation. Il faut se tourner alors vers l’association des deux frères Yssakhar et Zevouloun. : l’un s’occupant d’étude de la Torah, l’autre se chargeant de pourvoir à ses besoins, les deux se partageant le mérite de leur survie. Le Midrach donne l’image de ce père qui, avant de mourir, réunit ses enfants et leur présente un fagot de bambous en leur demandant de le briser en deux. Aucun des enfants n’y arrive. Alors le père prend le fagot et en tire tige par tige qu’il brise aisément. Les enfants comprirent la leçon : tant qu’ils sont unis personne ne peut les vaincre.

On l’a vu lors de la destruction du Second Temple de Jérusalem. Pourquoi le Temple a-t-il été détruit ? Nos Sages en voient la cause dans la haine gratuite qui régnait au sein du peuple. La haine entraîne la discorde et la discussion. La discorde entraîne la dislocation de la communauté et la fin du peuple juif. Cette simple expression employée par Jacob « Héassefou, Hitqabetsou Vechim’ou » « rassemblez-­vous, serrez les rangs et écoutez » constitue certainement l’essentiel du testament spirituel que Jacob tenait à transmettre à ses 12 enfants, puisque l’inspiration divine l’ayant quitté, il s’est contenté de bénir chacun selon sa vocation. Jacob rappelle à ses enfants que le caractère universel du peuple d’Israël passe par son particularisme. C’est en étant un juif authentique que le juif atteint la dimension de l’homme universel. C’est pourquoi Jacob précise: écoutez Israël (autre nom de Jacob) votre père. En définitive, aux yeux des peuples, votre sagesse réside dans la Torah et pas dans toute autre doctrine que vous auriez envie d’aller chercher ailleurs, parce qu’elle vous paraît plus attrayante.

Avec Manitou, nous apprenons que dans l’identité Israël, il y a une première dimension de la vocation « Malekhet Kohanim Vegoï Qadosh » qui est de se mettre au service de la civilisation dominante du temps. A tour de rôle chaque nation va devenir la figure de prou de la recherche de l’universel humain et c’est elle qui fonde l’empire.  Il y a alors une tendance messianique d’Israël de se mettre au service de cette civilisation dominante pour la « cashériser », pour la sanctifier. C’est ce qu’a rêvé de faire Joseph en Egypte. Et c’est le modèle de la vocation messianique de type diaspora. Etre au service de la civilisation du temps, celle qui est occupée à faire l’empire en voulant faire l’universel humain.

Le récit de cette descente de Jacob, s’installant dans la civilisation du temps qu’est l’Egypte, par le biais de Joseph qui en est le levier, le véhicule, c’est la dimension Jacob du peuple d’Israël. Dès qu’il s’agit de Jacob, il est normal que Jacob se sente chez lui en exil. Il faut voir à quel point c’est notre carte d’identité historique qui nous est donnée là : Joseph seul est capable d’être dans l’Egypte. On l’apprendra de la Parashah Shémot : VeYosseh Hayah BéMitsraïm.  Joseph seul était capable d’aller dans l’Egypte et de rester hébreu. Jacob lui doit s’installer dans le ghetto de Goshen. Parce que si cette dimension du peuple juif au service de la nation étrangère s’installe au coeur de la civilisation étrangère, elle s’assimile. C’est le problème de l’assimilation.

Joseph seul est le cas particulier. Rachi cite un Midrach qui le met en évidence : Pourquoi au début du livre de l’Exode lors de la descente des enfants de Jacob en Egypte, un verset exceptionnel pour Joseph : VeYosseh hayah BéMitsraïm  Rachi citant le Midrach : ce Joseph vendu du pays de Kenaan comme esclave en Egypte est devenu à la tête du palais de Pharaon et est resté tsadik. Yossef haTsadik c’est le seul à pouvoir rester tsadik dans l’Egypte. Les autres pour rester Israël sont au service de l’Egypte dans le ghetto. Ce sont les bergers des troupeaux des Egyptiens. Les Juifs sont des médiateurs de valeur et en leur qualité d’intermédiaire, on a besoin d’eux…

La communauté juive au service de la civilisation extérieure a le même problème qui nous est raconté des enfants de Jacob en Egypte : lorsque la dimension Israël s’installe en exil elle s’appelle Jacob, et elle s’installe et c’est fini ! Elle a son vocabulaire messianique d’espérance, mais cela reste un vocabulaire messianique d’espérance ! Il faut que Juda prenne le relai pour que cela se concrétise. Joseph c’est la descente en Egypte. Juda c’est la sortie d’Egypte. Tant que c’est le temps de l’exil, c’est Joseph  qui est Israël. Dès que le temps de fin d’exil arrive, parce que cette tentative a échoué –  et il n’y a aucune exception, aucun Joseph de l’histoire du monde n’a jamais réussi à cachériser la civilisation de l’empire du temps, les empires ont pris fin dans l’éclatement et les catastrophes. Jamais

Israël n’a réussi à sauver l’empire. C’est cela la vocation messianique de la diaspora : tenter de sauver l’impérialisme des Goyim. Lorsque Joseph va diagnostiquer que c’est un échec, il leur dit : « le temps arrivera où Dieu vous fera signe et vous sortirez et emporterez ma momie pour éviter qu’elle devienne idole de l’Egypte… ».

Dès que la communauté juive, qui est l’Israël de l’exil, s’installe au service d’une civilisation, il y a tout de suite la différence : Joseph qui est à l’Elysée et les Juifs à la rue Pavée, c’est à dire le palais du Pharaon et Goshen le ghetto. Ce Joseph est souvent économiste, financier, conseiller… de la civilisation en question. C’est tellement simple que cela donne le vertige : une histoire simple qui se fait depuis l’origine et qui recommence. On n’arrive pas à s’en rappeler, à la comprendre et à savoir comment réagir, mais c’est la même histoire. Dès qu’Israël redevient Jacob, il est l’homme de l’exil et s’installe en exil. Il y a un verset de fin de la Paracha Vaye’hi que nous citons dans la Hagadah de Pessa’h, lorsque le dernier verset montre les enfants d’Israël prospérant en Egypte, la Hagadah dit alors : « Melamed Shéhayou metsouyanim sham : ils étaient très bien là-bas metsouyan ».

Jacob est chez lui chez Joseph. Or ‘Ha’hayim pose le problème pour les enfants de Jacob, lorsqu’ils ont ramenés le corps de Jacob à la caverne de Ma’hpelah pourquoi n’y sont-ils pas restés ? Pourquoi sont-ils redescendus ? C’est là que le Or ha’hayim dévoile que c’est cela la catastrophe qui a fait que l’on n’a été que 70 et non pas 80. Si la famille de Jacob avait été 80, alors l’histoire d’Israël aurait été toute autre : elle aurait été une histoire de messianité dans la splendeur et dans la gloire. Lacharnière de cet enseignement est un Midrach difficile cité par Rachi : Joseph est cette tendance d’Israël à rêver d’être au service de la civilisation extérieure pour la sauver.

Le problème n’est pas que Juda a raison et que Joseph a tort. Les deux ont raison, cela dépend simplement du temps dans lequel on est : si on est dans le temps Joseph, c’est Joseph qui a raison, si on est dans le temps de Juda, c’est Juda qui a raison. Le problème contemporain est très clair, on est dans un temps charnière où tous se pose la question : en quel temps sommes-nous ? Le temps de Juda ou le temps de Joseph ? Si c’est le temps de Joseph, alors il faut s’installer en diaspora. Il faut s’installer à Shtarim. Il faut s’installer à Shkhem et c’est Joseph lui-même qui le dit. C’est cet élan messianique pour sauver le monde que Dieu a créé. Or, la révélation de Dieu s’est faite aux pères d’Israël pour que les fils soient au service du salut messianique de l’humanité. C’est à ce niveau-là qu’il faut penser l’inconscient juif. Et par conséquent Joseph rêve cela. Là où c’est déjà la nuit, il faut y être les étoiles, là où le blé pousse, il faut aller y faire les gerbes… C’est cette histoire qui nous est racontée.

Quand on est au temps de Joseph, Jacob se connait comme Jacob et s’installe chez Joseph, mais il y a un danger : la femme de Putifar ! L’Egypte dans la figure de la femme de Putifar a voulu s’annexer la force de Joseph, comme d’ailleurs on le verra, la tendance de l’Egypte est à chaque fois de s’annexer l’identité d’Israël pour féconder l’Egypte. C’est ce que reprochera Juda à Joseph lorsqu’il plaide le dossier d’Israël contre cette usurpation d’identité que l’Egypte veut faire : Ki Kamokha KéFaro : tu veux prendre Benjamin comme l’ancêtre du Pharaon du temps d’Abraham  a voulu prendre Sarah ! Ce qui est la dernière chance des engendrements en Israël, l’Egypte veut se l’approprier pour féconder l’Egypte. Alors l’Egypte est devenue sans progéniture –  le colonialisme est cet aspect de l’impérialisme qui continue avec les enfants des autres  – Juda fait ce reproche à Joseph de vouloir faire comme Pharaon avec Sarah. Pharaon du temps de Moïse veut tuer les garçons et garder les filles qui enfantent… Il veut s’approprier la matrice d’engendrement…

C’est ce que désigne la femme de Putifar. On apprend que Putifar est eunuque ! Sa femme voudrait être fécondée par Joseph parce que son mari égyptien ne peut plus la féconder. Cela se lit à livre ouvert. La femme de Putifar veut Joseph. Joseph ne lui laisse en mains que son déguisement égyptien. C’est la frustration totale. Si elle l’envoie en camps de concentration ce n’est pas pour le punir d’avoir voulu séduire la femme de Putifar, mais il est puni pour ne pas s’être laissé séduire par elle. La femme de Putifar dit à son mari : je le veux, il ne veut pas, venge moi ! C’est ce qui se passe, lisez bien le texte, c’est l’inverse. Joseph arrivant dans une civilisation est le théophore : « porteur de l’idée de Dieu ». Et lorsqu’ils croient par-là être sauvé, Joseph se déclare athée… C’est par exemple la relation entre l’intelligentsia juive et la France. La France attend un message de salut du peuple de Dieu. Et l’intelligentsia juive lui enseigne l’athéisme juif… Pour schématiser un mécanisme qui n’a jamais eu d’exception, c’est la frustration  totale !

Un Midrach cité par Rachi montre à quel point c’est ce qui se passe : Joseph a failli succomber aux charmes de la femme de Putifar. A ce moment-là lui apparait la figure de son père. Les psychologues expliquent par-là l’inhibition… mais le Midrach explique qu’il s’est rendu compte que ses enfants risquaient de ne plus ressembler à son père. C’est le drame d’un judaïsme qui s’installe au service des nations, et qui au moment où il risque de disparaître assimilé se reprend, déclenchant la frustration de la nation en question dont découle l’antisémitisme. Il faut savoir que c’est comme cela que ça se passe et il n’y a malheureusement jamais eu d’exception. Alors le Midrach dit ceci : Quand la femme de Putifar a voulu s’emparer de Joseph, il a planté ses doigts en terre et a perdu 10 gouttes de sperme tombées par ses 10 doigts et correspondant aux 10 tribus qu’il devait enfanter. Il y a une perte d’énergie d’Israël dans cette aventure.

Joseph aurait pu être le père de 12 tribus mais il ne lui en est resté que deux. Ce qui fait qu’Israël au lieu d’être à l’indice 80 a été à l’indice 70. C’est un thème de Kaballah. Le Or Ha’hayim grand commentateur de la Torah, Al Pi Hakaballah, contemporain du Baal Shem Tov, a expliqué cela : c’est un Israël galoutique qui apparait en ce temps-là et qui s’installe en tant qu’Israël galoutique. Un Israël où il y aurait eu les deux forces messianiques, l’autre force aurait déjà pris le relai au moment où ils ont ramené le cercueil de Jacob, et ils seraient restés en Erets Israël. On a laissé femme et enfants, les troupeaux qu’il faut retourner aller chercher… On est retourné les chercher et on y est resté.  On a tardé pour s’installer… La sortie d’Egypte aurait pu se faire tout de suite. Et elle en s’est pas faite, on s’est installé.

Avant sa mort, Jacob rassemble ses enfants pour les bénir. Le rav Haïm Dynovisz nous enseigne qu’au sens premier, le pschat, on dit que Jacob désirait leur révéler la fin des temps, la délivrance. Or, le mot hébreu utilisé dans la Torah est le mot « ketz« . Au niveau du dernier sens, celui du sod, on ne traduit plus « ketz » par délivrance, mais par limite. L’intention de Jacob n’était pas à proprement parler de dévoiler ce qu’il avait vu sur l’histoire jusqu’à la délivrance finale. Non, son intention première était plutôt de transmettre à ses enfants les principes fondamentaux qui permettront à Israël de traverser l’histoire et d’arriver jusqu’à la guéoula (délivrance) finale. Il voulait leur enseigner ce qui est l’essentiel, c’est-à-dire l’essence de toute la Torah, qui est d’apprendre à reconnaître leurs propres limites et c’est d’ailleurs ce qu’il va faire. Dans les bénédictions qu’il donne à chacun il leur est clairement dit qu’ils ne doivent pas s’en écarter, en leur faisant comprendre qu’à chacun d’eux Hachem a donné une mission spécifique. Si on respecte et que l’on utilise à bon escient les dons offerts par Hachem à chacun d’entre nous, en d’autres termes, si on accomplit la mission  spécifique qu’Hachem nous a donnée, et que chacun fait l’effort d’être ce qu’il est réellement, sans tricher, la réussite est alors au bout du chemin.

Le rav Mordékhaï Chriqui et le Dr Avraham-Gilles Morali nous disent qu’à travers l’acceptation volontaire de la Torah, c’est une nouvelle dimension de la rédemption qui s’ouvre dans le paysage historique : celle de faire l’unité entre la volonté divine et celle de l’homme. C’est grâce à cela que la construction du second Temple s’avéra possible, et c’est grâce à cette dimension retrouvée dans les temps modernes que nous pourrons bâtir le 3ème Temple, et ce, pour l’éternité.

(Sources : Wikipedia – Chabbad.org –  Rav Davidovicz, de l’école Kehilat Chnéor – Chana Kroll – Rav Dufour, Modia – Grand Rabbin Jacques Ouaknin, Vie Juive – Manitou – rav Mordékhaï Chriqui et le Dr Avraham-Gilles Morali, L’Essence de la Torah)

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   1 – Voici les études pour vivre de façon supplémentaire cette expérience intérieure de “voir la lumière de Hanouka”, maintenant en ce 5e jour: http://www.modia.org/priere/joie.php

NE MANQUEZ PAS CETTE PAGE ! Pour cette seconde partie de la grande expérience de Hanouka, de la 5e à la 8e lumière, lisez aussi cette page qui vous emmènera très loin dans la beauté de votre           expérience intérieure :

http://www.modia.org/infos/etudes/hanouka-rencontre.html

 
2 –  Nous sommes cette semaine dans la préparation par l’étude de la magnifique 11e Paracha: Vayigash –  » Il rencontra… » Béréchite (La Genèse) 44,18 – 47, 27 

* Thèmes de la paracha que vous pouvez ici étudier : Cette paracha nous apprend 4 démarches essentielles: – comment se ren-contrer dans une écoute véritable, – comment résoudre les conflits en 7 clefs, – combien et comment la Torah nous fournit ces clefs, – nous ne pouvons le découvrir qu’en étudiant la Torah avec nos Sages.

http://www.modia.org/tora/berechite/vayigache..php

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Il est indispensable de lire la traduction en français de chaque paracha avant ce commentaire pour bien le comprendre. Texte de la paracha dans la Bible hébraïque ici : Lire le texte

11e Paracha – Vayigache: Il rencontra – Béréchite (La Genèse) 44,18 – 47, 27

Judah s’approche de Joseph pour plaider la libération de Benjamin, s’offrant comme esclave à la place de son jeune frère. Devant cette expression de loyauté l’un envers l’autre, Joseph ne peut davantage se contenir et leur révèle son identité. « Je suis Joseph », dit-il d’une voix chargée de pleurs. « Mon père vit-il encore ? » Ses frères sont accablés de honte et de remords, mais il les réconforte en leur disant « ce n’est pas vous qui m’avez fait venir ici, c’est D.ieu, afin de nous sauver, nous et toute le pays, de la famine. » Il se jette ensuite au cou de Benjamin et pleure.

Les frères, chargés de présents, s’empressent de retourner en Canaan pour y apporter la bonne nouvelle. Jacob descend alors en Égypte avec ses fils et leurs familles, 70âmes en tout, afin d’y retrouver Joseph après 22 ans de séparation. Sur son chemin, il reçoit la promesse de D.ieu « N’hésite point à descendre en Égypte, car Je t’y ferai devenir une grande nation. Moi-même, Je descendrai avec toi en Égypte ; Moi-même Je t’en ferai remonter ». Joseph rassemble les richesses de l’Égypte au profit de Pharaon en vendant nourritures et semences pendant la famine. Pharaon donna à Jacob et à sa famille la région fertile de Gochen, où les enfants d’Israël connurent une prospérité prodigieuse.

Le rav Jean Schwarz, du site Lamed, nous explique qu’après une longue attente, après beaucoup de souffrances, Joseph voit enfin se réaliser les rêves qu’il avait faits dans la maison paternelle. : Ses frères viennent se prosterner devant lui, certes; mais au-delà de ce geste de soumission, qui s’adresse en réalité au monarque, Joseph se rend compte que son absence a recréé l’unité entre les frères – entre tous les frères -et qu’il n’y avait plus place dorénavant pour une différenciation entre les enfants des  » servantes  » et les autres. Or c’est bien là ce qu’il avait rêvé à l’époque.

Cette fraternité, il en a été le témoin ému quand il a entendu avec quelle flamme Juda a plaidé devant lui la cause de Benjamin et s’est même proposé de prendre sa place. Mais il a surtout senti le remords qui brûlait le cœur de ses frères et c’est cet ensemble de faits qui l’a fait éclater en, larmes. Larmes d’émotion, mais aussi larmes de joie. Dorénavant, il en était certain, l’union régnait vraiment entre ses frères, si différents les uns des autres, mais tous liés intimement l’un à l’autre.

S’il avait été si dur envers eux quand ils se sont retrouvés face à face en. Egypte, s’il avait su maîtriser son cœur et leur parler comme un étranger, c’était pour mieux se persuader que cette unité était établie pour de bon et non pas seulement superficiellement, sous la poussée des événements. L’épreuve était maintenant achevée. II ne restait plus à Joseph qu’à faire sortir tous les témoins dont la présence pourrait être gênante pour ses. frères, afin que, à son grand bonheur, puisse s’opérer la réconciliation et les retrouvailles de douze frères dorénavant unis par un même amour.

Sur le site Chabbad.org, nous voyons que dans la paracha Vayigach, nous sommes témoins de la réconciliation entre Joseph et ses frères et des retrouvailles entre Joseph et son père Jacob. La tension dramatique amorcée dans la paracha Vayéchev connaît maintenant son dénouement. La famille élue est de nouveau au complet et Jacob peut enfin espérer consacrer le reste de sa vie à préparer ses descendants à leur destinée, celle de devenir la nation qui méritera de recevoir la Torah, qui sera leur guide et outil pour accomplir le but ultime de la création : transformer le monde en la demeure souhaitée par D.ieu.

De plus, une importante intrigue secondaire trouve est également résolue dans cette paracha : le conflit idéologique entre Joseph, d’une part, et tous ses frères (menés par Judah), de l’autre.

Le conflit spirituel qui opposait Joseph à Judah avait pour objet leurs approches respectives, chacun pensant que la sienne servirait le plus efficacement la cause de la diffusion de la conscience de D.ieu. Joseph était en faveur d’un engagement proactif dans le monde, en exploitant ses institutions, sa culture, sa technologie et son énergie émotionnelle pour la sainteté. Ses frères, sous la direction de Judah, préféraient s’éloigner du monde et de ses tentations et périls, choisissant de consacrer leur existence à l’accroissement de leur propre sainteté, inspirant par ce biais le reste de l’humanité à se joindre à eux et à les suivre sur ce chemin. Ces préférences divergentes de Joseph et de ses frères se reflétaient dans leurs occupations respectives : alors que Joseph était devenu un administrateur et un homme d’État chevronné, considérablement investi dans des préoccupations matérielles, ses frères avaient choisi d’être bergers, n’ayant que de maigres contacts avec la société et disposant de temps considérable pour méditer sur la grandeur de la nature et pour communier avec D.ieu.

Bien que chacune de ces deux approches possédât ses qualités propres, Jacob avait montré qu’il préférait celle de Joseph, comme nous l’avons lu précédemment. Cependant, bien que Jacob eût raison de reconnaître que l’approche de Joseph est plus essentielle dans la lutte contre le parti pris négatif du monde à l’égard de la divinité, celle de Judah est tout aussi essentielle et est, en réalité, complémentaire à celle de Joseph. Le point faible de l’approche de Joseph est qu’elle laisse trop de place à la vanité. Quelle que soit l’ampleur de notre dévouement à D.ieu et de notre engagement à mener à bien la mission qu’Il nous a confié, le fait même que nous devions y employer notre propre intelligence, notre créativité, notre ingéniosité, notre force d’entreprendre et notre courage pour mener à bien notre mission divine peut laisser s’installer en nous un sentiment exacerbé d’autosatisfaction. En dehors de son effet nuisible sur notre propre évolution spirituelle et sur notre relation avec D.ieu, cette autosatisfaction contrecarre également nos efforts dans la sensibilisation de l’humanité au divin, car même la plus infime présence d’orgueil dans notre propre psyché nous empêche de l’identifier dans notre environnement et de l’éradiquer. Ce fut là la raison profonde, la raison spirituelle, pour laquelle Joseph fut incapable d’acquérir les terres des prêtres idolâtres lorsqu’il prit possession de l’ensemble du royaume d’Égypte. (Genèse 47,22)

Judah, de son côté, incarnant l’aspiration désintéressée à se fondre dans la présence de D.ieu. Quand nous adoptons son attitude, nos interactions avec le monde sont alors empreintes de sacrifice de soi, c’est-à-dire de dévouement à la volonté de D.ieu sans aucune arrière-pensée de glorification personnelle ou d’inquiétude au sujet d’éventuelles répercussions. L’alliance du désintéressement de Judah et de la vaillance de Joseph nous permet donc d’exercer tous les talents que D.ieu nous a donnés, sans devenir la proie d’une dangereuse autosatisfaction. C’est la raison pour laquelle cette paracha est nommée Vayigach (« il s’approcha »), se référant à la façon dont Judah s’approcha de Joseph. Pour pouvoir assurer le succès de notre mission, nous autres, les « Joseph », devons permettre aux « Judah » de nous approcher et de nous compléter.

Comme nous l’avons vu, la raison pour laquelle Jacob préférait Joseph et ses qualités à Judah et aux siennes était qu’il avait compris que ce seraient les qualités de Joseph qui permettraient au peuple juif de survivre, de s’épanouir et d’accomplir son destin durant son long voyage vers les temps messianiques. Toutefois, lorsque ce but sera atteint, il ne sera plus nécessaire d’accorder la prééminence à Joseph et à son approche, car le désintéressement de Judah constituera alors notre conscience dominante. C’est la raison pour laquelle Judah est l’ancêtre direct du Machia’h : c’est cette qualité en particulier qui nous fera passer de la mentalité de l’exil à celle de la Rédemption.

En fait, à mesure que nous nous approchons de la Rédemption, la balance penche progressivement en faveur de Judah. D’une part, nous constatons que le monde devient au fil du temps de plus en plus réceptif au message du Judaïsme ; parallèlement, les obstacles qui rendirent la vie juive si difficile dans de si nombreuses parties du monde et pendant si longtemps sont en train de disparaître. D’autre part, plus le mal sent sa fin approcher, plus son opposition à la sainteté devient féroce. C’est pourquoi l’antisémitisme et la hargne antireligieuse sont également en plein essor, sans parler de la séduction croissante exercée par toutes les formes de plaisirs matériels. En une telle époque, notre seule défense possible est une bonne dose de sens du sacrifice de soi de Judah.

Assurément, le sens du sacrifice fut essentiel pour nous durant notre long exil. Sans cette qualité nous n’aurions pu survivre à ses horreurs. Plus encore, le sincère dévouement à l’accomplissement de la volonté de D.ieu par la pratique de Ses commandements est ce qui a graduellement, mais continuellement raffiné la réalité matérielle au point ou le monde est désormais prêt pour l’ordre nouveau qui sera introduit par la Rédemption. En ce sens, l’approche de Judah vers Joseph préfigurait la Rédemption : lorsqu’il approcha Joseph, il ignorait que c’était son frère, mais en exigeant un comportement éthique de celui qu’il pensait être un despote immoral, Judah suscita la révélation de la vérité.

La leçon qu’il convient de tirer de la paracha Vayigach est donc de maintenir l’équilibre adéquat entre la créativité et l’abnégation, en se rappelant toujours que la clé pour surmonter à la fois notre exil personnel et notre exil général est de cultiver l’état d’esprit de la Rédemption. Ne pas fuir notre destinée, mais plutôt assumer notre rôle d’ambassadeurs de la Torah dans le monde nous permet de survivre à l’exil et de hâter la Rédemption, ce qui aura pour conséquence d’apporter l’unité et la paix à toute l’humanité. (Sefer HaSi’hot 5750, vol. 1, pp. 218-220 ; Sefer HaSi’hot 5751, vol. 1, pp. 210-214 ; Sefer HaMaamarim 5746, pp 74-75)

« Et Judah, Jacob  l’envoya devant lui, vers Joseph, pour le guider, pour lui préparer l’entrée à Gochèn. » (Genèse, 46,28) Rachi commente que c’était « Pour lui préparer un centre d’études, une yéchiva, d’où sortira l’enseignement. »  En effet, nous dit le rav Atali, de Tioul.com, l’Egypte avait une culture et un culte inadéquates pour Jacob. Donc Judah partit préparer le terrain pour empêcher une osmose entre les 2 peuples. C’est ainsi qu’il fonda une yéchiva qui contribuera à créer une atmosphère propice où la torah puisse se pratiquer sans que les Hébreux soient atteints par les influences de l’Egypte. Une yéchiva est d’abord une protection de la nature, dans la mesure où le peuple d’Israël à un but et une fonction différente dans le monde, il fallait pour que les tribus puissent s’épanouir dans leur idéal, un moteur pour ce peuple.  Une yéchiva fait naître des enseignants, elle est l’endroit où les idées du Judaïsme se développent et se transmettent. Elle est donc le lieu de prédilection qui, non seulement protège contre les idées extérieures, contre les influences des autres cultures qui poussent les Juifs à se diriger hors de leur idéal, mais qui est aussi l’organe central, le cœur de la réflexion et de l’identité juives. Il semblerait que Jacob ait envoyé Judah chez Joseph pour l’informer que, bien qu’étant le second du roi et un homme très occupé, il n’était pas dispensé de se préoccuper de la fondation d’une yéchiva. Bien qu’étant très absorbé par ses fonctions de dirigeant du pays, Joseph devait quand même se préoccuper du développement de la Torah dans le pays.

A plus forte raison chacun d’entre nous, nous devons veiller à diffuser la pratique de la Torah autour de nous, en nous écartant au préalable des influences néfastes qui pourraient entraver son développement, puis en instaurant un endroit où la Torah puisse se pratiquer convenablement.  Jacob aurait pu s’inquiéter d’abord d’avoir un bel endroit où fixer sa résidence, d’y construire une maison confortable, de vérifier si l’endroit était bien approvisionné en nourriture, etc. Mais, en réalité, il ne se soucia en premier lieu que de la construction d’un endroit où l’on puisse se préoccuper de la Torah en toute quiétude. Maintenant on comprend pourquoi on doit choisir un endroit de Torah avant de déménager. Combien de juifs aurait-on pu sauver avec cette réflexion !

La personnalité profonde, morale et spirituelle de Joseph venait de son intériorité et n’était en rien affectée par la société ni l’environnement dans lesquels il évoluait, pas plus que par ses occupations qui l’accaparaient 24 heures par jour. L’antagonisme entre Joseph et ses frères était celui qui opposait une tradition spirituelle et un nouveau matérialisme, une communauté de bergers et un entrepreneur. Les frères ne pouvaient accepter qu’une personne puisse mener une existence profane sans devenir matérialiste, qu’une personne puisse rester unie avec D.ieu tout en se plongeant dans les affaires de la société la plus dépravée au monde qu’était la société Egyptienne. Et c’est Joseph qui rêvait sortir victorieux de ce conflit. L’ascèse spirituelle qui avait caractérisé les 3 premières générations de l’histoire juive était destinée à prendre fin. Du fait de la famine qui régnait alors sur le pays des Hébreux, Jacob et sa famille déménagèrent en Egypte où le creuset de l’exil allait forger leurs descendants et en faire la nation d’Israël.

Comme Joseph en avait eu la prémonition dans ses rêves, ses frères et son père s’inclinèrent devant lui, indiquant par là la soumission de leur approche à la sienne. Jacob avait compris depuis toujours la signification de ces rêves et avait attendu leur réalisation. Les frères de  Joseph, quant à eux, qui trouvaient plus difficile d’accepter que l’ère des bergers touchait à sa fin, le combattirent pendant 22 ans. Finalement, ils en vinrent eux aussi à accepter le défi historique qu’allait devoir relever Israël, en vivant une vie spirituelle dans un environnement matérialiste. Mais ce fut néanmoins Judah et non Joseph qui fut choisi pour établir cette maison d’étude qui servirait comme source d’enseignement de la Torah pour les Juifs en Egypte.

Les 3 premières générations de la vie juive n’avaient pas constitué un « faux départ ». Bien au contraire, elles étaient les fondements de tout ce qui allait suivre. C’est là que Joseph prit la force de persévérer dans sa foi et sa droiture dans un environnement étranger. C’est sur ces fondements que l’édifice tout entier de l’histoire juive allait être bâti. Le Juif vit dans un monde matériel, mais ses racines sont enfouies dans le sol d’une spiritualité parfaite. Dans sa vie quotidienne, il doit être un Joseph, mais son éducation doit li être donnée par un Judah.

La paix familiale et sociale et l’amour lui-même sont un long parcours laborieux nous dit le rav Dufour, de Modia.La Torah nous a enseigné par là, dans les parachiyote précédentes, que toutes ces souffrances sont des épreuves normales à franchir dans un long parcours pour améliorer le monde où les forces du bien et du mal luttent. Par là, il s’agit aussi de nous améliorer nous-mêmes. Cette conception tonique et courageuse est éloignée des idéologies de bonheur calme et immédiat. Cette paracha nous apprend enfin la clef de la résolution des conflits, des retrouvailles et des réconciliations. Ce n’est pas une simple prescription morale, du type « réconciliez-vous, aimez-vous les uns les autres »; les slogans faciles de « paix immédiate » ne sont que des manipulations mensongères utilisées par des camps agressifs qui y trouvent une nouvelle arme se rapprocher, liquider les contentieux, ne pas humilier l’autre dans le règlement, ne pas raviver les blessures, enfin, retrouver ensemble les véritables bases et les véritables droits de chacun.

Avec Joseph, le juste, nous avons  donc là l’exemple rare d’un personnage qui vit totalement dans la Torah et totalement dans les affaires de la Cité. Le résultat en est que les nations elles-mêmes s’en remettent à un tel Juif. Nous avons besoin de tels leaders en Israël au lieu de seuls politiciens. Etudions pour comprendre quel est ce type d’homme.  Nous apprenons aussi la patience dans la vie sociale. En effet, les frères de Joseph avaient péché lourdement et terriblement et, maintenant, nous découvrons la qualité à laquelle ils sont parvenus, dans chacun de leurs mots face à Joseph et entre eux. Ne désespérons pas les uns des autres, notre néchama (âme) est pure, à tous, et travaillons lentement à l’amélioration commune, ensemble. Pour ces motifs, la paracha est d’une actualité brûlante.

Quant au rav Chlomo Aviner, il nous apprend qu’on estime à tort que la génération de la sortie d’Egypte était plus grande que la nôtre. Dirigée par Moïse, elle a connu de grands miracles. La nôtre traverse une crise en ce qui concerne la Torah et Eretz-Israël, crise  insignifiante comparée à la Faute du Veau d’Or et de celle des Explorateurs, pour ne citer que les plus connues. A maintes reprises, nos Sages ont enseigné que la Délivrance que prépare  notre génération sera plus grande que celle d’Egypte et même, suivant l’opinion de Ben-Zoma, qu’aux temps messianiques on ne la mentionnera  plus (cft. Traité « Bérakhot » 10 b), enseignement fondé sur une prophétie de Jérémie (23, 7-8).

Le miracle du rassemblement des dispersés est plus grand que celui de la  sortie d’Egypte car jadis notre peuple s’était rendu en Israël à partir d’un seul  endroit tandis qu’à la nôtre il revient de toutes les parties du monde dans un  synchronisme qui tient du miracle. Bien plus : en Egypte, nous étions dirigés par Moïse ; actuellement, nous sommes pareils à un « troupeau sans berger » (Sources passim), un manque mais un avantage aussi car le « troupeau » en question a su, seul, accomplir d’immenses réalisations : la réédification du pays, le retour, la création de l’Etat, les victoires militaires, le renouveau de la Torah, etc. En fin de compte, le « berger » reviendra mais il ne devra pas résoudre les problèmes qui dépassent le « troupeau ».

Rappelons brièvement une parabole de Rachi (sur Psaume 70) : celle d’un roi courroucé qui détruit la bergerie, exile le berger et le troupeau. Une fois apaisé, il reconstruit la bergerie, y réintroduit le troupeau mais laisse le berger en exil, ce dernier ne revenant « Qu’à la fin ». Lors de la sortie d’Egypte, nous dépendions totalement du berger ; c’est  pourquoi nous avons commis la Faute du Veau d’Or dès qu’il s’est absenté.  En constant état de dépendance, nous tombions souvent comme un petit  enfant. A présent, nous pouvons prendre seuls les décisions qui s’imposent.

Dans l’Introduction au « Nétsa’h Israël », le « Maharal » de Prague opère une véritable révolution.  La relation, explique-t-il, entre la sortie d’Egypte et la libération de l’esclavage où nous tiennent les nations sont comme la relation  de cause à effet. La grandeur de « l’effet » est sans aucune mesure avec la petitesse de la « cause » ; pourtant, en potentiel, celle-là contient celle-ci, à l’instar du pépin et de l’arbre pleinement épanoui. En d’autres termes, lors de la sortie d’Egypte, nous avions en potentiel de quoi réaliser les grandes entreprises avec le talent que nous connaissons, pareils aux adultes qui mettent en pratique le potentiel de leur enfance.

Un jour, le Rav Kook expliquait en substance à son fils, le Rav Tzvi-Yéhouda, que nous n’étions qu’au tout début de la Délivrance ; pourtant nous avons en potentiel le pouvoir de la mener à bien jusqu’au bout. Par conséquent, chercher à savoir si notre génération est plus grande ou plus petite que celle de la sortie d’Egypte est une fausse interrogation puisque celle-ci est la mise en pratique du potentiel contenu dans celle-là, processus d’une durée plusieurs fois millénaire dont nous avons le privilège d’entrevoir le terme.

(Sources : Chabbad.org – Rav Jean Schwarz – Lamed – RavAtali  – Tioul.com – rav Dufour, Modia – Rav Chlomo Aviner)

CULTURE JUDAISME – La paracha de la semaine du mois de Kislev 5774

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   1 – Voici les études pour vivre de façon supplémentaire cette expérience intérieure de “voir la lumière de Hanouka”, maintenant en ce 5e jour:
http://www.modia.org/priere/joie.php

NE MANQUEZ PAS CETTE PAGE ! Pour cette seconde partie de la grande expérience de Hanouka, de la 5e à la 8e lumière, lisez aussi cette page qui vous emmènera très loin dans la beauté de votre           expérience intérieure :

http://www.modia.org/infos/etudes/hanouka-rencontre.html

 
2 –  Nous sommes cette semaine dans la préparation par l’étude de la magnifique 11e Paracha: Vayigash –  » Il rencontra… » Béréchite (La Genèse) 44,18 – 47, 27 

* Thèmes de la paracha que vous pouvez ici étudier :
Cette paracha nous apprend 4 démarches essentielles:
– comment se ren-contrer dans une écoute véritable,
– comment résoudre les conflits en 7 clefs,
– combien et comment la Torah nous fournit ces clefs,
– nous ne pouvons le découvrir qu’en étudiant la Torah avec nos Sages.

http://www.modia.org/tora/berechite/vayigache..php

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Comme chaque semaine, l’étude de la paracha et des fêtes avec le rav Dufour, sur le site Modia :
  1 –       ‘HANOUKA: SOYONS BIEN INFORMÉS ET LUCIDES… POURQUOI DONC L’ACCORD AVEC L’IRAN a été signé QUAND KHOMEINI, LE SEUL DIRIGEANT, CONFIRME CLAIREMENT SA LIGNE QUAND IL VIENT DE DÉCLARER avec précision QU’ISRAËL EST « CONDAMNÉ À PÉRIR, ÊTRE ANÉANTI ET DISPARAÎTRE,  traduction exacte de MAHKOUM BÉZAVÂL » en parsi ! TOUT SERA EFFECTIF SEULEMENT SI L’OCCIDENT A PRÉVU UN CONTRÔLE RIGOUREUX DANS L’ACCORD ET S’IL L’EXERCE. Lisez aussi cette page que nous avons écrite, basée sur la tradition juive dans la relation à l’Iran. C’est UNE INITIATIVE POUR LA PAIX ENTRE ISRAEL ET L’IRAN. L’union unique entre l’Iran et Israël peut-elle et va t’elle refleurir ?  http://www.modia.org/infos/iran-us-israel.php
2 – TOUT CELA EST HANOUKA. « Il n’y aura plus de méfaits, ni plus de violences sur toute Ma sainte montagne car la terre sera pleine de la connaissance de Hachem, comme l’eau emplit la mer » (Isaïe 11,9). MAIS POUR CELA, ON NE PEUT PAS SEULEMENT S’ENFERMER ENTRE 4 MURS… Mais le SCANDALE LE PLUS CHOQUANT est que  24 heures après le test qu’a réalisé Khomeini sur l’anéantissement d’IsraËL Obama n’a prononcé aucune parole d’opposition à cette déclaration. Là il a osé le pire. Et s’est dévoilé. PRIORITE : En page d’accueil de Modia, préparons d’urgence LA FÊTE DE ‘HANOUCA QUI COMMENCE LE 28 NOVEMBRE…http://www.modia.org
3Nous sommes cette semaine dans la préparation par l’étude de la magnifique 10e Paracha: Miqéts –  » Au bout de… » Béréchite (La Genèse) 41,1 – 44, 17
* Thèmes de la paracha que vous pouvez ici étudier :
• Le rêve (‘halom) de Pharaon: 7 vaches (parote) belles et grasses dévorées par 7 vaches maigres; puis 7 épis (chibolim) pleins dévorés par 7 épis maigres. L’échec des devins (‘hartoumim) pour comprendre le rêve. 
• Yosséf retiré de la prison ; il interprète (potér) le rêve et conseille le Pharaon. Il est nommé second (michné) de Pharaon avec autorité sur toute l’Egypte. 
• La naissance de Ménaché et celle d’Ephraïm. 
• La disette (raâv) en Egypte et dans tous les pays. 

Rabbénou Bé’hayé place toute la paracha Miqéts sous l’égide de ce verset des Proverbes (Michlé 3, 5) : Béta’h él Hachém békhol libékha, véél-binatékha al-tichaêne « Aie confiance vers Hachém de tout ton coeur, et vers la compréhension de ton intelligence ne t’appuie pas » (traduction volontairement littérale). 

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Il est indispensable de lire la traduction en français de chaque paracha avant ce commentaire pour bien le comprendre. Texte de la paracha dans la Bible hébraïque ici : Lire le texte

10ème Paracha Miqets  « Au bout de… » Béréchite (La Genèse) 41,1 – 44, 17

(reprise louyehi année 5770)

Après l’interprétation magistrale du rêve de Pharaon par Yossef, celui-ci peut, grâce à cela sortir de prison et même, fait incroyable, d’occuper la plus haute fonction en Egypte, celle de vice-roi pour avoir permis d’éviter la famine au pays et même d’être en mesure de fournir du blé à vendre aux autres pays, donc de leur éviter à eux aussi de subir la famine tout en contribuant à la prospérité de l’Egypte, ce en quoi les Juifs ont de tout temps excellé. Sous l’impulsion de Yossef, on construit en Egypte d’immenses entrepôts et pendant 7 ans, on y engrange tout le blé qui, pendant cette période, pousse en quantité tout à fait exceptionnelle, dépassant très largement les besoins de la population Egyptienne. Ainsi, Yossef sera le premier prototype de ce que l’on nomme aujourd’hui le « Juif de diaspora ». Extérieurement, il se met à ressembler à un Egyptien, le cou paré d’un collier d’or et au doigt la bague de Pharaon comme insigne de pouvoir que ce dernier lui conféré, mais intérieurement, et le récit de la Torah nous le montre clairement, il est et reste en toute circonstance Yossef l’hébreu. Pharaon fait monter Yossef sur un char et commande à tous ses sujets de lui obéir, puis il le marie à une Egyptienne dont il a 2 fils : Menaché et Ephraïm.

Yossef est souvent reconnu comme le spécialiste de l’économie de son temps. Il rêve de faire de ses frères des étoiles de lumière qui éclaireraient le monde aux temps d’obscurité: Il est, comme le dit le Rav Léon Eskénazi, l’idéaliste des humanismes de sincérités successives à tous les « siècles de lumières ». A propos du passage de Genèse 48, 8, Rachi dit « l’aventure qu’inaugure Yossef le voue aux séductions des femmes et ses enfants ne ressemblent plus à ses pères », mais, ajoute le Rav Askénazi, elle le mène aussi au fait de la gloire : il est le conseiller privé des pharaons, des rois, des présidents dont il sait déchiffrer les rêves… Les chrétiens donnèrent même son nom au père nourricier de leur messie chez les nations (Joseph, le charpentier, dont ils ont fait un saint).En dépit de « l’aventure Yossef », à laquelle ses frères restent fidèles, ils craignent cependant que ce rêve ne devienne un cauchemar, et de fait, nous dit encore le Rav Askenazi, la « vocation Yossef » a toujours abouti, sans aucune exception, au terrible échec des catastrophes de fin d’exil.Ainsi, l’Espagne chrétienne et l’Allemagne nazie ne font que reprendre le « final » de l’histoire inaugurée par lui à la sortie d’Egypte. En effet, seul 1/5e des Hébreux du temps de Moïse sortirent d’Egypte, le reste ayant disparu dans la « plaie des ténèbres », comme nous l’indique Rachi sur Exode 13,18.

Il existe un lien entre cette paracha, qui se lit le Chabbat de ‘Hanouca et cette fête elle-même, dont le héros est Juda Maccabi, qui apparaît comme l’un des porte-drapeaux de la fidélité hébraïque et reste modèlede la restauration nationale d’Israël. Rappelons à ce propos que contre toute vraissemblance, une poignée de Juifs a tenu tête pendant des années à l’empire grec, réussissant à réinstaurer une dynastie juive en Israël pendant plus de 200 ans ! Nos Sages disent que le lien réside dans le 1er verset de la paracha, qui parle de la « fin de 2 ans », fin d’un cycle pendant lequel Yossef est en prison et d’où il sort à la faveur de l’interprétation du rêve du Pharaon. « D.ieu mit fin à l’obscurité ». (Parce que Yossef devait sortir de l’obscurité de la prison, Pharaon eut ces rêves.) Or, les maîtres du Midrach (Béréchit Rabba 2,5) disent que la Grèce est l’empire qui a « obscurci les yeux d’Israël » L’exil grec se distingue en effet des autres par le fait que les Grecs voulaient porter atteinte non au corps physique des Juifs, mais à leur intégrité morale et spirituelle. Beaucoup de Juifs se laissèrent d’ailleurs séduire par cette assimilation intellectuelle, comparée par nos Sages aux pires ténèbres qui soient, similaires à ce que connut Yossef dans sa prison égyptienne.

On pourrait se demander si le fait suivant n’est vraiment que pure coiïncidence : On sait en effet que les chrétiens ont donné le nom de Juda à l’antagoniste du « fils de Joseph », dont ils ont fait un traitre à leur messie dans le récit qu’ils nomment «Passion » (et dont il est resté dans le langage populaire l’expression négative, signe de trahison: « le baiser de Juda »). Cela nous renvoit brusquement à l’actualité, et on peut également se poser la question de savoir si nous sommes actuellement au temps de Yossef, à ce celui de Juda, ou encore, à celui de Moïse. Cette question est au combien importante au regard de l’avenir de l’histoire du peuple Juif. (Moïse est lui-même travesti en Egyptien et au service d’un pharaon, mais il sait se défaire du masque de sa vocation échouée pour redevenir l’hébreu qu’il a, comme Yossef, toujours su rester au fond de lui), mettant fin à la vocation « Yossef » en passant le relais « Israël » à Juda. « Quand Israël sortit d’Egypte, la maison de Jacob du milieu d’un peuple à la langue barbare, Juda devint son sanctuaire, Israël le domaine de son empire. »(Psaumes 114, 1 et 2) Cette question est au combien importante au regard de l’avenir de l’histoire du peuple Juif. L’identité juive contemporaine ne serait-elle donc pas un choix entre deux fidélités (Israël ou diaspora), mais bien plutôt une question de diagnostique d’époque, à savoir : Yossef ou Moïse ? Ainsi, les Juifs du paradoxe seraient-ils ceux qui, tout en se disant fidèles à Moïse, continueraient à jouer une répétition de l’histoire de Yossef ?

Le thème de la fraternité est fondamental pour comprendre la nature de l’espérance messianique propre à la prophétie hébraïque. Au temps des rêves de l’adolescent qu’était Yossef lorsqu’il vivait au milieu de ses frères, ceux-ci étaient alors déjà adultes et avaient vécu l’échec de la tentative déjà voulue par Jacob chez Laban. Ils sont les héros du retour à la terre des Hébreux et à l’identité hébraïque.Yossef et Juda sont en profond désaccord quant à la façon d’amener la rédemption au monde. De ce désaccord naîtra la haine entre Yossef et ses frères, qui vont condamner Yossef à sa vocation, à la fois pour le punir de l’irrresponsabilité et de l’insouciance de son rêve d’enfant, mais aussi pour l’obliger à faire la preuve de son « idéal ». Moïse mettra d’ailleurs fin à cette aventure lorsque l’empire du Pharaon, au service duquel Yossef avait attiré tout Israël, se trouvera à saturation quand le mal et la violence arriveront à leur paroxysme avec la mort des premiers nés mâles juifs.La suite de l’histoire n’est que le récit de la recherche de la fraternité perdue entre les 12 tribus d’Israël.

Le texte biblique nous suggère d’ailleurs l’existence d’un dialogue de fraternité depuis Adam (où toute l’histoire du premier homme peut être vue comme une « recherche en fraternité » – Adam étant dans l’attente d’un fils capable d’être aussi un « frère » – jusqu’à Abraham, qui irait d’Abraham à Yossef, passerait par Isaac et Ichmaël, Jacob et Esaü et continuerait par l’histoire de Yossef et de ses frères. Lorsque Yossef voit apparaître ses frères venus chercher des vivres, il se cache d’eux pour les amener à se repentir afin d’obtenir qu’ils fassent tous preuve de fraternité envers le plus jeune d’entre eux, Benjamin, qui fait l’objet d’une recherche vers l’union des 12 tribus et symbolise dans l’histoire d’Israël ce qui unit le ciel et la terrre, c’est-à-dire le Temple, dont Yossef sait pertinemment qu’il est le moteur spirituel de l’histoire, Benjamin étant la clé de voûte de tout l’édiffice Israël. C’est en effet sur le territoire de Benjamin – Jérusalem – que se construira plus tard la Maison de D.ieu, trait d’union, non seulement de tous les membres de la grande famille d’Israël, mais aussi de toutes les familles de la terre. N’oublions pas que c’est à travers le Temple que D.ieu déverse Sa bénédiction sur le monde et que c’est Lui qui fera advenir la libération finale de tous les peuples, quand ceux-ci auront reconnu unanimement ce que le Juif récite plusieurs fois par jour dans la prière du « Chema Yisrael », (écoute Israël), à savoir, que « l’Eternel est Un et que Son Nom est Un ».

(sources : « Leçons sur la Torah », Léon Askénazi – «Beth Israël, par Léo Lévi et Jolanda Luzzatto – « L’essence de la Torah, Rav M. Chriqui & Dr A. G. Morali)

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Cette nouvelle semaine nous présente une paracha pleine de conflits, ce qui va bien nous éclairer dans la vie
pour analyser, comprendre et y découvrir les voies de la Torah. Le lien pour arriver à cette étude en est sur cette page:
http://www.modia.org

Et au centre de cette page d’accueil de Modia également, je partage avec vous
 mon analyse de ce qui semble se passer dans les négociations avec l’Iran,
sur la base des analyses déjà nombreuses réalisées sur Obama et Hollande par des spécialistes bien éclairés.

Bonne semaine, chavoua tov.
Rav Yehoshua Rahamim Dufour 

Au milieu de la page d’accueil de Modia,
en plus de tous les liens d’études et de vie dans la Torah, vous trouverez aussi mon texte sur les
« Dernières informations ultrasensibles dans la presse israélienne » concernant les négociations avec l’Iran et sur les territoires et en particulier des révélations graves de la presse israélienne sur les actes passés anti-israéliens de Kerry.

Bonne journée
Rav Yehoshua Rahamim Dufour

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Il est indispensable de lire la traduction en français de chaque paracha avant ce commentaire pour bien le comprendre. Texte de la paracha dans la Bible hébraïque ici : Lire le texte

Reprise de la paracha de la semaine de novembre 2009 sur louyehi

9e Paracha : Vayéchév –  »   Il demeura » Béréchite (La Genèse) 37,1 – 40, 23

Jacob s’installe enfin en Israël. Le périple de plus de 20 ans s’achève. Le bilan est très positif. Il revient chez son père Isaac, marié et entouré de 12 fils et 1 fille. Il peut s’attendre à vivre une retraite paisible. Le Rav S.Malka nous explique que le terme vayechev convient parfaitement au commun des mortels qui veut savourer une fin de vie en attendant de quitter ce monde pour s’éterniser dans un autre, meilleur. Jacob donc s’installe. Mais Joseph, à 17 ans, va lui aussi comme son père, rêver. Par deux fois il raconte ses rêves à ses frères qui ne supportent pas cet enfant gâté à la tunique rayée (offerte à Joseph, le fils aîné de Rachel, par leur père. Le sens de ses rêves est très clair. Le premier rêve se déroule dans un champ. Douze gerbes sont confectionnées par les douze frères. Onze gerbes se prosternent devant la douzième fabriquée par Joseph.  Le second rêve semble encore plus explicite que le premier. Le soleil, la lune et onze étoiles se prosternent devant Joseph. Jacob rappelle à l’ordre son jeune fils, considérant toute cette effervescence comme une imagination débordante d’un enfant oisif. Mais le séjour de Jacob sur la Terre d’Israël va se transformer en cauchemar. Ce jeune fils sera vendu par ses frères. Le père aura une information mensongère. La tunique trempée dans le sang d’une brebis fera croire que Joseph a été dévoré et donc mort et déchiqueté. Pendant 20 ans Jacob refusera toute consolation pour la perte de son fils et ne goûtera pas aux délices d’une retraite méritée. Rachi et d’autres commentateurs expliquent cette situation par un midrash, difficile à sa première lecture. « Non contents de profiter des bienfaits qu’ils auront dans le monde futur, les justes aimeraient tirer profit des bienfaits de ce monde ici-bas. »

Le juste n’a qu’à bien se tenir. S’il vit très confortablement dans ce monde ci, c’est qu’il ne mérite pas la vie idyllique du monde céleste. On ne peut pas obtenir le bénéfice de ses bonnes actions là où on se trouve. C’est un choix qui est posé au futur candidat à la vie juste et honorable. C’est peut-être pour cela que les candidats ne se bousculent pas au por-tillon. Le raisonnement pourtant tient bien la route. Un homme, ici-bas, se fabrique une réputation, un mode de vie voulu. Toute son existence, il vérifie ses moindres gestes pour former un tout. Il s’abstient volontairement de tout abus. Dans son langage, autour de son entourage, avec ses amis, ses collègues il démontre que son choix est inébranlable. Le moindre débordement peut lui être fatal.

Le monde qu’il fréquente lui en voudra d’avoir abusé de sa confiance. S’il se repose sur des lauriers d’hier, il peut être taxé d’hypocrite voire d’escroc. Jacob a gagné ses galons d’homme propre. Avec Lavan, avec Esaü, il est resté fidèle avec lui-même. Il prône l’amour de D. mais sans aucun bénéfice personnel, une sorte de couverture qui serait la raison de son comportement et qui détruirait l’image de l’homme intègre. D.ieu, on le sait, met à l’épreuve ceux qui lui sont proches plus que les autres. C’est la démonstration éclatante que ces hommes, peu nombreux se hissent par ce système au sommet. Ils sont des tsadikim : des justes

« Jacob demeura dans le pays des – Mégouré – pérégrinations de son père, dans le pays de Canaan. » (Genèse 37 – 1) Le Maguid de Mézéritch commente ainsi ce verset : Les mots « Jacob demeura » font allusion à l’investissement de l’homme « dans le pays », le monde matériel. Le mot « mégouré » qui est traduit par « pérégrinations » peut aussi signifier, selon une autre racine hébraïque, « amasser ». La mission de l’homme ici-bas est d’amasser et de rassembler les étincelles Divines qui se trouvent dans le monde matériel. Ce fut l’occupation de Jacob en terre de Canaan ; il s’est investi dans le monde matériel, dans des activités mondaines, afin de raffiner celui-ci et d’en extraire les étincelles Divines qui l’habitent. Ainsi, il ramena la matière vers « son Père »  – D.ieu.

Ce type démarche dans le service de D.ieu demande une certaine abnégation. Le peuple Juif est appelé d’ailleurs dans la Torah « l’armée de D.ieu », car la mission du soldat consiste à accomplir son devoir même si, certaines fois, les ordres dépassent sa compréhension. Il en fut ainsi pour Jacob qui quitta Béer-Chéva pour se rendre chez Lavan. C’est là qu’il entama sa mission de récolte des étincelles. Il venait de prendre conscience qu’il ne pouvait pas cohabiter avec son frère Esaü ; il quitta alors l’ambiance tranquille et l’esprit de Torah qui régnaient chez ses parents. Il ne demanda jamais pourquoi c’était à lui de s’exiler et de quitter sa tour d’ivoire. C’est avec joie et enthousiasme qu’il s’engagea dans sa mission.

Or, nous constatons que cette apparente descente contribua précisément à l’élévation absolue du Patriarche Jacob tant dans la dimension spirituelle que dans la richesse matérielle. Ceci constitue une leçon incontournable : Le service de D.ieu ne consiste pas à chercher des missions héroïques et élevées. Notre rôle est seulement d’utiliser les objets matériels en les sublimant dans le service de D.ieu. Les gestes les plus simples contribuent à la sanctification de ce monde. (Likouté Si’hoth Vol I) (Daf Haguéoula)

« Les frères de Joseph furent jaloux de lui, mais son père attendait la réalisation du rêve« . (Genèse 37, II) C’est au tour de Joseph d’être dorénavant, pendant plusieurs semaines, au centre d’une série de parachiyote. Dès aujourd’hui, la Torah va nous présenter ce jeune homme, nous préciser en quoi il différait de tous ses frères et aussi nous faire saisir pourquoi ceux-ci étaient jaloux de lui, nous dit le site Lamed. Le rav Mevora’h Zerbib, sur Radio RCJ, rapporte que lorsque Joseph avait 7 ans, il a subi un terrible choc psychologique : il a perdu sa maman, Rachel, morte en mettant au monde son petit frère Benjamin. La tradition rapporte que son père Jacob avait offert à son fils préféré une magnifique tunique de consolation bigarrée. Celle-ci avait déjà éveillé la jalousie de ses frères.

Les 12 garçons de Jacob se décomposaient ainsi : 6enfants de Léa, 2 enfants de Rachel (Joseph, et Benjamin qui était encore un bébé) et 4 enfants de Bilha et Zilpa. Ces derniers étaient mal vus par les enfants de Léa et un tant soit peu rejetés du sein de la famille, du fait que leurs mères étaient des servantes. Seul joseph, nous dit la Torah, frayait avec eux et les considérait comme des frères à part entière. Ce sont eux qu’il fréquentait, plus même que ses autres frères, justement parce que ceux-ci les méprisaient et les humiliaient. N’avaient-ils donc pas tous le même père -même nés de mères différentes, n’étaient ils pas tous de vrais frères ?

Fort de sa conviction, persuadé d’être, lui, sur la bonne voie, Joseph se trouve être encouragé dans son opposition à toute discrimination entre ses frères, par son père, Jacob, qui le distingue en lui faisant confectionner un  » vêtement bigarré « . Loin de comprendre qu’ils faisaient fausse route, les frères de Joseph retournent maintenant leur haine contre lui. Mais joseph, non content d’agir sur le moment pour la pleine reconnaissance des droits des enfants de Bilha et de Zilpa, se met à rêver : Un jour viendra, pense-t-il, où  » les gerbes de ses frères se prosterneront devant la sienne « , où ses frères saisiront que lui seul était sur le bon chemin et adopteront sa manière de voir et d’agir. Bien entendu, ces songes ne font qu’accentuer la fureur de ses frères.  » II faut, se disent-ils, que ce  » rêveur  » disparaisse, que ce moralisateur soit empêché de nous faire des reproches, nous voulons tranquillement continuer à appliquer notre discrimination.

C’est une histoire ancienne et nouvelle à la fois, nous dit le Rav Tuvia Bolton, de Loubavitch.fr. Dans la semaine du 19 Kislev, «Roch Hachana de la ‘Hassidout», elle s’impose avec une urgence impérative : «Un jour, le Baal Chem Tov laissa son âme s’élever dans les mondes spirituels. Là, il parvint jusqu’au ‘Palais du Machia’h’. Il posa alors à ce dernier l’éternelle question : ‘Maître, quand viendras-tu ?’ ‘Quand les sources de tes enseignements se seront répandues au dehors’ lui fut-il répondu.» Cette histoire fait partie de ce fonds traditionnel qui a le secret de réapparaître à chaque fois que l’on en a besoin, et toujours de manière opportune. N’est-ce pas, cependant, l’occasion d’en retrouver toutes les implications ? L’image est véritablement vertigineuse : le Baal Chem Tov, fondateur du ‘hassidisme, interrogeant le Machia’h sur le temps de sa venue… Il est vrai que cette question est sur les lèvres de tous depuis que le monde fut créé et qu’elle ne cessera d’être posée que lorsque l’avènement tant attendu se sera enfin concrétisé. Pourtant, un tel dialogue interpelle. Il nous dit que l’attente est constante et partout, que les mondes spirituels eux-mêmes l’expriment. Il nous dit aussi que la réponse est largement entre nos mains.

De fait, Machia’h, interrogé, livre ici une clé : la diffusion des enseignements du Baal Chem Tov, la ‘Hassidout, est le secret de sa venue. Il est loisible de s’interroger sur cette relation. L’étude de la Torah est toujours essentielle, dans toutes ses parties. Pourquoi la ‘Hassidout joue-t-elle particulièrement comme un rôle de catalyseur des efforts millénaires du peuple juif ? Elle est l’essence ultime, que D.ieu révéla parce que la lumière doit toujours l’emporter sur l’obscurité. Elle est cette essence qui pénètre tout et ne se confond avec rien tant elle transcende tous les niveaux qu’elle peut rencontrer. Elle est cette essence qui anime tout ce en quoi elle se revêt. Mais cette «diffusion» doit aller plus loin encore. Elle ne doit pas se contenter de rester limitée à un cercle d’initiés, voire à un large groupe d’érudits enthousiastes. Elle doit atteindre «l’extérieur» : ce domaine où tous les efforts, même les mieux intentionnés, renoncent. Elle doit atteindre aussi «l’extérieur» personnel de chacun, cette zone d’ombre de la personnalité que la lumière ne parvient pas toujours à percer.

Nous poursuivons ce commentaire avec Chiourim.com : « Je suis avec lui même dans l’épreuve » (Berechit 37, 25) : « Leurs chameaux portaient des aromates, du baume et du lotus » Au sujet des Ismaélites qui transportaient Joseph, vendu par ses frères, le commentateur Rachi explique : «Pourquoi la Torah raconte-t-elle ce qu’ils portaient ? Pour annoncer la récompense des Tsadikim, car les Ismaélites n’ont l’habitude de transporter que du pétrole et du goudron dont l’odeur est mauvaise, et pour Joseph ce sont des aromates qui se sont présentées, pour que la mauvaise odeur ne l’incommode pas». Quelle signification ont une bonne ou une mauvaise odeur alors que Joseph est arraché à son père et vendu comme esclave en Egypte ?

Rav Haïm Schmoulevitch zatsal a donné à ce propos une parabole : Un enfant était malade et devait subir une opération. Le jour où il rentra à l’hôpital, sa famille l’accompagna jusqu’à la porte de l’hôpital, en lui donnant une abondance de cadeaux et de friandises. Seuls son père et sa mère rentrèrent avec lui à l’hôpital, et restèrent avec lui jusqu’à l’heure de l’opération. Quand il fut conduit dans la salle d’opération, il était précédé d’un médecin à la mine sombre qui demanda aux parents de sortir de la salle. Les parents embrassèrent l’enfant et le suivirent des yeux jusqu’au moment où la porte se ferma devant eux, et il resta seul. L’enfant regarda autour de lui et vit que tous les présents étaient recouverts de blouses vertes et avaient l’air très sérieux. Sur la table à côté de lui étaient posés tous les instruments nécessaires à l’opération, et une lumière aveuglante provenait d’une grande lampe suspendue au-dessus de lui. Il éclata en pleurs. Tout à coup, il vit par une petite fenêtre dans l’un des coins de la pièce qu’en regardant bien, le visage apaisant de sa chère maman se dessinait. Il se calma immédiatement, arrêta de pleurer et se mit à sourire. En réalité, qu’est-ce qui avait changé ? Tout le spectacle effrayant était encore à sa place. Oui, mais subir une opération, même une opération sérieuse, avec Maman, c’est autre chose !

C’est pour cela que Joseph a été emmené en Egypte par des chameaux qui transportaient des aromates, nous précise le site Chiourim.com. On connaît les paroles du Midrach citées par Rachi (plus haut). La question se pose : après les aventures de Joseph, et après la souffrance et les humiliations qui ont été les siennes au moment de sa vente comme esclave, quelle valeur a cette bonté de Hachem envers lui, de lui envoyer des chameaux qui transportent des aromates ? L’image de l’enfant qui voit sa mère au moment de l’opération l’explique parfaitement. L’odeur des aromates qui est montée aux narines de Joseph quand il est monté sur le chameau destiné à l’emmener en Egypte est un clin d’oeil de Hachem qui regarde par la fenêtre. Certes, l’«opération» est dure, ses frères le vendent comme esclave, mais savoir et sentir que «Je suis avec lui dans la souffrance» (Téhilim 91, 15) donne une image différente. Ton Père est avec toi, tu n’es pas seul, tout ce qu’on peut te faciliter, cela sera certainement fait. Car quand ton Père est avec toi, tout est différent.

Le mot « bonjour » est un mot anodin et banalisé, mais il peut changer une vie et constitue, peut-être une thérapie psychologique des plus efficaces. Le mot «bonjour» qui, avant d’être un salut, est une bénédiction : en saluant quelqu’un nous, lui souhaitons un «bon» jour, un souhait porteur de bénédictions. Sommes-nous conscients de la charge affective qui passe avec un «bonjour», accompagné d’un sourire et prononcé avec enthousiasme ? Pour trouver une réponse à cette question, il suffira de se pencher sur le dernier chapitre de la paracha Vayechev.

Sur une accusation malveillante, Joseph est jeté en prison. Quelques temps plus tard, deux serviteurs du Pharaon, sont eux aussi condamnés à la prison pour avoir commis une faute envers le monarque, et durant un an, ils vont séjourner dans la même prison que Joseph. Une nuit, à l’issue de cette période, chacun des deux a un rêve qu’ils ne parviennent pas à comprendre. Le matin, Joseph les rencontre et s’étonne de voir chez eux un visage tourmenté, triste, dira Rachi. Mais Joseph ne se contente pas de ce constat. Il leur demande pourquoi leur visage traduit une inquiétude. Ils expliquent alors, à Joseph, qu’ils ont eu un rêve qu’ils ne parviennent pas à comprendre. Cet échange étonne plusieurs commentateurs: pourquoi la Torah nous décrit-elle le dialogue entre Joseph et les deux serviteurs. Il aurait été plus simple de nous dire que Joseph écouta le récit des deux rêves et les expliqua ! C’est qu’en fait, répondent nos Maîtres, la Torah veut nous délivrer un message essentiel, d’une portée psychologique extraordinaire.

Le jeune Joseph se trouve séparé de sa famille, en prison, accusé à tort et sans aucune perspective de libération. Rien donc qui le pousserait à prendre  en compte le malheur des autres ! Et pourtant, dans cette situation, il va, non seulement, remarquer la souffrance de deux hommes, mais chercher aussi à comprendre leur détresse et y apporter une solution ! De cette attitude, on peut apprendre combien, doit être importante, à nos yeux, la situation morale et psychologique de notre prochain. Comme nous l’enseignent les Pirké Avote (Chapitre 4, Michna 15), on doit non seulement saluer tout individu, mais être le premier à le faire ! Cette promptitude traduit le respect et l’intérêt que l’on porte à autrui. Mais Joseph va ici au-delà d’un rituel de courtoisie : on peut saluer, formellement, sans aller plus loin, comme une simple mesure de politesse. Ce n’est pas ce que la Torah nous enseigne. Le moindre détail anormal, chez notre prochain doit nous inquiéter, même si notre propre situation est difficile.

Dernier point, et non des moindres. On pourrait penser qu’un simple bonjour ou que la démarche (verbale) de s’enquérir de la situation de notre ami ont peu d’importance.  Pour s’inscrire en faux contre une telle option, on pensera aux conséquences de l’attitude de Joseph : en s’inquiétant de la condition des deux serviteurs de Pharaon, il expliqua leur rêve et connut par la suite, sa libération de prison, pour au final, accéder aux plus hautes fonctions politiques et sauver sa famille, et tout un peuple, de la famine. Cette conduite ne doit pas rester un fait isolé, propre à un grand homme. Chacun peut l’appliquer dans sa vie quotidienne et lutter de la sorte contre la famine morale et la détresse humaine qui règnent dans le monde. Un bonjour chaleureux et attentionné peut parfois sauver une vie au bord du désespoir.

(Sources : Nefech Haya – S. Malka – Daf Haguéoula – Rav Mevora’h Zerbib, Radio RCJ – Lamed – Rav Tuvia Bolton, Loubavitch.fr – Chiourim.com)

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Il est indispensable de lire la traduction en français de chaque paracha avant ce commentaire pour bien le comprendre. Texte de la paracha dans la Bible hébraïque ici : Lire le texte

Reprise de la paracha de la semaine de novembre 2009 sur louyehi

8ème Paracha Vayichla’h « Et il envoya » Béréchite (La Genèse) 32,4 – 36, 43 

Vingt ans après avoir fui la colère de son frère Esaü, nous retrouvons Jacob sur le chemin du retour à Canaan, accompagné de toute sa famille, de ses domestique et de ses troupeaux lorsqu’il apprend soudain que son frère vient à sa rencontre avec 400  hommes. Effrayé et se préparant au pire, , il s’apprête à l’affronter et sépare ses biens et sa famille en deux camps, afin d’en préserver une partie en cas d’attaque. Il supplie Dieu de l’aider malgré les bienfaits dont il a déjà bénéficié, envoie à Esaü des présents, et traverse La rivière Jabbok. La nuit, il lutte jusqu’au matin avec « un
homme, » qui le blesse au nerf sciatique et refuse de le laisser partir avant qu’il ne l’ait béni. L’homme en question était en fait un ange envoyé par D.ieu Lui-Même. Il lui annonce que son nom ne sera désormais plus Jacob mais Israël, car il a lutté avec Dieu et les hommes, et l’a emporté.

Les messagers de Jacobs sont chargés de cadeaux constitués de plusieurs espèces de bétail.pour son frère Esaü. Jacob souhaite ainsi apaiser la rancune de son frère pour avoir reçu la bénédiction paternelle que celui-ci espérait obtenir pour lui-même. Au moment de remettre le présents, les messagers sont chargés de dire au nom de Jacob : « J’ai tardé jusqu’à maintenant, car j’ai séjourné chez Laban ». C’était
leur oncle commun dont nous savons combien il était rusé. Par la mention faite
de cet oncle commun, Jacob veut calmer les ressentiments de ce frère qui lui
voue une haine profonde. Il semble vouloir lui dire : « Au fond, tu ne peux m’en vouloir. La bénédiction paternelle ne m’a pas rapporté grand chose. Tout ce que j’ai acquis, ce n’est pas grâce à Laban. Bien au contraire, il n’a pas cessé de m’exploiter. Tout ce que je possède n’est que le produit de mon travail, en étant parti de rien. »

En précisant à son frère qu’il avait « séjourné » chez Laban, Jacob veut surtout souligner le fait qu’il est resté égal à lui-même, sans rien changer de ses qualités
personnelles, faites de désintéressement, et qu’au total, il n’a nullement subi
l’influence perverse de Laban. En effet, faisant un jeu de mots comme le souligne le commentaire de Rachi, en utilisant le terme « garti » pour dire « j’ai séjourné », il veut indiquer par là qu’il n’a malgré tout jamais cessé d’observer les 613 mitzvote, qui se résument par l’expression « tariyag », par inversion des lettres hébraïques. En
insistant sur ce point, il voulait souligner l’importance qu’avaient pour lui,
(bien avant qu’ils ne fussent promulgués au Sinaï), les commandements de la
Torah. C’était pour lui la seule et la véritable richesse et non la possession
de biens matériels résultant de la bénédiction paternelle. Lui transmettant ce
message, Jacob espérait que son frère admettrait que c’était là une raison
suffisante pour effacer le contentieux de leurs jeunes années, avec notamment
l’épisode de la bénédiction détournée sur sa tête.

Mais contrairement à ses craintes,les retrouvailles se passent dans la joie, et chacun fait route de son côté. Esaü s’installe à Séïr, Jacob à Souccot puis à Sichem. À Sichem, sa fille Dina est enlevée et (probablement) violée par le prince de la ville. Ses frères Siméon et Levi, ayant persuadé les Sichémites de se circoncire afin
qu’Israélites et Sichémites s’unissent, les massacrent au troisième jour de
leur convalescence, causant le départ précipité d’un Jacob furieux.Jacob part à
Béthel, où il érige le sanctuaire à Dieu; Dieu se révèle à lui, et lui confirme
son nouveau statut d’Israël. La famille fait route vers Ephrata, mais Rachel
meurt en chemin, en donnant naissance à son second fils, Benjamin. Isaac meurt,
et est enseveli par ses fils à Hébron. La généalogie d’Esaü est établie.

On peut avancer sans se tromper que Jacob savait dans quel monde il vivait et ce monde n’avait rien d’idyllique. Il y a 3 500 ans, les gens sacrifiaient leurs enfants à Molokh, d’autre part, la guerre et les pillages faisaient partie du quotidien. Il savait que la mission particulière de sa vie était de révéler le gigantesque potentiel positif enfermé dans son frère extérieurement malfaisant. Il savait également que dès qu’il y serait parvenu, le monde entier se trouverait transformé pour le bien. chacun d’entre nous a hérité de sa propre « portion du monde » : les ressources matérielles dont nous disposons, les talents et les capacités dont nous avons été gratifiés, le cercle de notre famille, amis et collègues avec lesquels nous interagissons et que nous influençons. Transformer la nature de la réalité dans notre part du monde transformera la nature de la réalité de la Création en bien et fera disparaître le mal de l’univers.Le monde est un et nous vivons dans le monde.

En exposant le fait que malgré les conditions difficiles dans lesquelles il s’était trouvé durant vingt ans, face à son frère, Jacob a surtout à cœur d’exprimer sa confiance dans la protection divine. De même qu’il a surmonté les pièges et la ruse de Laban,  il ne craint pas l’avenir, car il n’a jamais faibli dans sa confiance en Haqadoch Baroukh Hou, ni dans son intégrité. Aussi, devant le caractère dangereux que représente se prochaine rencontre avec Esaü, il affirme bien haut et de façon non équivoque, sa confiance totale en D.ieu, Jacob ne craint pas le combat, mais essaie d’abord la diplomatie. Il y ajoutera également la prière. Ce sont les trois éléments sur lesquels s’appuie le peuple juif, face à toutes les difficultés rencontrées.Ainsi, si Jacob sort victorieux de cette aventure au plan spirituel, c’est bien parce que son destin est entre les mains de D.ieu et sa descendance en est une preuve constante, comme en témoigne la miraculeuse résurrection de l’Etat d’Israël et sa survie, malgré que le monde entier veuille sa perte. Ainsi, les juifs se doivent d’être forts, capables de se défendre et s’il le faut, se tenir prêts au combat. Mais ils ne doivent pas, pour autant, oublier de compter sur leur allié de toujours, l’Eternel, ni négliger tous les moyens possibles d’ « acheter » Esaü. La plus chère des paix est en effet bien plus avantageuse que la guerre la « meilleure marché ».

haftara : pour les Ashkénazes : Osée 11:7–12:12, qui relate la grandeur de Jacob/Israël et ses hauts-faits, dont sa lutte avec l’ange

et pour les Sépharades : Obadia 1:1-21

(sources Wikipédia – Communauté online – Lamed – Loubavitch)

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Message du rav Dufour, qui publie regulierement etudes de la Torah, nouvelles d`Israel, etc… sur son  site Modia :

Paracha – Etudes – Nouvelles – Demande

 – Il y a eu une ENORME panne et il a fallu changer le matériel informatique, transférer, reformater.

–  Voici la reprise. Pour tout cela (Paracha – Etudes – Nouvelles – Demande), voyez la première page de Modia:
– Mais voici un résumé très partiel :
1 – Nous sommes cette semaine dans la préparation par l’étude de la magnifique 7e paracha de la Torah, VAYETSÉ (« Il sortit »), dans le livre de Béréchite (La Genèse) 28,10 – 32, 3. Comment réussir à évoluer et à faire virer l’histoire vers le bonheur. Notre être véritable, en son lieu véritable, voici le soutien de la Torah…

http://www.modia.org/tora/berechite/vayetse.php

2 – A propos du vav, voir ici les notions d’hébreu dans les autres parachiyotes. :
3 — Nous sommes maintenant dans le mois de KISLEV. Ce lien vous apprendra beaucoup sur l’histoire juive ancienne et contemporaine pour déchiffrer le présent. C’est un mois chargé de souvenirs douloureux.
http://www.modia.org/infos/calendrier/kislev.html
4 – Nous sollicitons exceptionnellement votre aide financière pour Modia. J’assume seul et, évidemment, sans aucune rémunération d’aucune sorte tout le travail de préparation et de réalisation continue de Modia. Je lance seulement un appel quand des frais trop importants tombent en plus pour assurer votre bénéfice personnel dans l’étude de la Torah. C’est le cas: comme vous l’avez constaté, les bulletins ne fonctionnaient plus car la panne technique a été générale et totale et il a fallu changer le matériel performant en plus des nombreux frais, donc 3 000 euros sans compter ma participation. Si vous appréciez ce service de Modia dont vous bénéficiez dans votre vie, aidez pour vous et pour les autres en droiture (par chèque à ce nom Dufour, à m’adresser: Dufour, 3 rehov Itshaq ben Dor, 93281 Jérusalem) pour assumer en association les nombreux et considérables frais.
5 – Elections municipales en Israël: le calme est revenu.

6 –  Beaucoup de lecteurs me font part de leur changement de mail pour le bulletin. Je ne peux pas m’occuper de ce service auquel vous avez accès directement sur le site. Faites-le vous-même. En haut au centre de la page d’accueil de Modia puis à droite, il y a la rubrique « s’abonner » sur laquelle vous pouvez vous inscrire, annuler pour ensuite réintroduire un nouveau mail ou annuler totalement.

– la succession du Rav Ovadia Yossef, zal. Les deux dirigeants de son Parti trouvent un compromis entre eux.
– il faut reprendre la vie politique avec des sujets qui peuvent mettre les députés en évidence; beaucoup ont trouvé un nouveau sujet: les mariages sous des formes qui annuleraient la législation actuelle contrôlée entièrement par le Grand Rabbinat. N’entrons pas dans le détail car il y a peu de chance que cela aboutisse rapidement. C’est surtout une opération publicitaire.
Cordialement à chacun…
Rav Yehoshua Rahamim Dufour
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Il est indispensable de lire la traduction en français de chaque paracha avant ce commentaire pour bien le comprendre. Texte de la paracha dans la Bible hébraïque ici : Lire le texte

7e Paracha – Vayétsé: Il sortit Béréchite (La Genèse) 28,10 – 32, 3

Le texte ci-dessous aborde les différents thèmes de la paracha sans suivre l’ordre de la Bible hébraïque. Désormais, nous apprend l’Essence de la Torah, pour Isaac, c’est par Jacob que se fera le double tikoun (réparation) de l’extériorité et de l’intériorité. Il faut donc lire la paracha Vayetsé comme l’apprentissage pour Jacob de la matérialité, du mal et de la fourberie représentée par Lavan, qu’il lui faudra surmonter pour parer le futur peuple d’Israël de toutes les armes nécessaires contre le mal. (Jacob fondera sa famille, qui deviendra les 12 tribus d’Israël.

Signification des brebis rayées : Ce troupeau n’est qu’une parabole du futur peuple d’Israel qui sortira de Jacob et des 12 tribus. Le Zohar établit ici clairement un parallèle entre le troupeau de Jacob et le peuple d’Israël. Le travail de sélection qu’opéra Jacob auprès des brebis vient révéler la différenciation d’Israël par rapport aux autres nations. D’après le Ari Zal, Jacob donne naissance à des animaux rayés, pointillés et mouchetés : en hébreu « akoudim, nekoudim et béroudim (ou télouim) ». Akoudim correspond au monde uni, parfait. Akoud vient du verbe laakod (lier, unifier, comme par exemple ligotage d’Isaac, où Isaac est lié à son père, il ne fait plus qu’un avec lui. La lumière de D.ieu n’e »st pas séparée par des réceptacles différents.

Puis, la 2ème phase, la nécessaire brisure des réceptacles (chvirat hakélim), nécessaire, car il faut une chute pour faire apparaître le mérite de l’homme et son intervention après le retrait de D.ieu (tsimsoum), l’homme imparfait puisque séparé de D.ieu, c’est le monde des nékoudim, (qui signifie « points »), donc séparation. Dans ce monde, les réceptacles ne seront pas organisés entre eux et chacun vouodra maitriser sa lumière, ce qui produira la brisure des réceptacles. Jacob va intervenir dans le tikoun du monde des nékoudim en plaçant les rameaux en face des animaux, c’est-à-dire, en reformant l’union de la lumière avec les réceptacles. Ceci nous montre que l’homme peut et doit agir sur le monde pour tenter de réunr les forces du divin avec celles de la matérialité. Jacob prépare les âmes d’Israël aux graves ennuis qu’elles auront à affronter, il faudra pour cela un peuple à la nuque raide. Puis vient la phase de réparation, le tikoun : dans le langage lourianique, emprunté à notre paracha, les béroudim, animaux mouchetés, habillés de tâches régulières et suivies. Les béroudim représentent donc la phase de récemption qui suivra la phase de brisure.

Avec Tioul.com, abordons maintenant le fameux thème du rêve de Jacob. Dans une situation qui semblait sans issue : Jacob vient de quitter sa famille, fuyant la maison de ses parents et se retrouve sur le chemin vers la maison de son oncle Lavan démuni de tout, car il est  menacé par son frère jumeau Esaü, furieux d’avoir été frustré de la bénédiction qu’Isaac lui destinait. quitte Béer Chéva pour se rendre à ‘Harane. En chemin, il s’arrête dans “Le lieu” dont la Torah ne précise pas le nom et qui correspond au mont Moria (mont du Temple). Il prend des pierres de l’endroit et les place sous sa tête. Il fera un rêve prophétique merveilleux. Quel enseignement veut-elle nous léguer ? Selon le sens simple, admis par le commentateur de Rachi, on peut expliquer que Jacob dispose les pierres comme une barrière autour de sa tête cherchant ainsi à se protéger d’animaux dangereux, tels que les serpents et les scorpions, qui risqueraient de l’attaquer pendant la nuit. Cette explication de Rachi semble déroutante.  En effet, Jacob se coucha en prenant soin d’entourer sa tête de pierres pour se protéger des animaux sauvages. Si les animaux sauvages constituaient un danger, il aurait dû protéger l’ensemble de son corps qui reste vulnérable, en construisant une grande et solide muraille. A quoi servait donc ce muret ? S’interrogent les commentateurs. Très souvent, les hommes sont convaincus que tous leurs biens, leurs acquisitions et leurs réussites matérielles sont les fruits de leurs efforts personnels, de leur perspicacité, finissent à avoir le sentiment inébranlable de leur maîtrise et de leur supériorité.

Par son attitude assez surprenante, Yaacov nous met en garde contre une telle attitude et souhaite, nous enseigner qu’en réalité chaque aspect de la vie, la santé, la subsistance… est régie depuis le Ciel.  Même si évidemment nous sommes obligés de déployer des efforts parfois difficiles, on ne doit jamais perdre de vue le fait que tout provient directement de D.ieu.  D.ieu intervient pour nous à chaque instant. Toutefois, cette intervention divine est très souvent maquillée. Lorsqu’un homme parvient à une foi parfaite et inébranlable, il réalise que ses actes, son talent et ses réussites ne sont en faites que le fruit des mains de D.ieu qui dirige le monde. Nous comprenons maintenant la conduite de Jacob de se contenter de disposer quelques pierres autour de sa tête, ceci afin de se conformer à son obligation de fournir un effort individuel. De toute façon, sa protection viendrait directement de D.ieu.

Dans cette situation précaire, Jacob  a su placer sa confiance en D.ieu. En réponse à sa détermination, il mérita de recevoir un rêve hors du commun : une échelle qui prenait appui sur le sol et qui semblait atteindre le ciel et sur laquelle des anges montaient et descendaient. Chaque ange représentait l’ange protecteur de chaque nation du monde, toutes ont eu leurs heures de gloire, mais au terme de leur ascension, comme les anges prophétiques de Jacob, elles redescendent toutes. La signification de l’échelle donnée par le Zohar est la suivante : « Que signifie cette échelle ? C’est ce degré de l’essence divine de laquelle dépendent les autres : c’est la base du monde. C’est pourquoi le sommet de l’échelle touchait au ciel. Les anges, sont les chefs célestes des autres peuples qui montent, descendent sur cette échelle. Tant qu’Israël reste dans la faute, ce sont les anges des autres peuples qui montent sur cette échelle. Mais quand Israël se corrige, l’échelle est enlevée et le pouvoir des anges, chefs des peuples, prend fin. » (Zohar sur Vayétsé)

Pour Na’hmanide (commentateur du 13ème siècle), le songe qu’il a, permet à Yaacov de comprendre que toute la terre dépendait des forces supérieures émanant de D.ieu, des anges, tandis que lui, Yaacov, était directement soumis à D.ieu, ainsi qu’il est écrit : « Oui, je suis avec toi ; je veillerai sur chacun de tes pas…. ». (Genèse 28, 15). Toujours selon ce même commentateur citant l’opinion de Rabbi Eliezer le Grand, D.ieu fit voir à Yaacov, comme il le fit pour Avraham, dans l’alliance des morceaux dépecés (Genèse 15, 9-10), le règne de 4 empiresl’Egypte, la Perse, la Grèce et Rome.

Jacob vit donc un ange qui montait, gravissant 70 échelons, puis redescendit. Il reconnut l’ange du royaume de Babylone.  Jacob comprit que ses descendants devraient subir 70 années d’exil en Babylonie. Après avoir atteint le 70ème échelon, l’ange tomba et Jacob comprit qu’après 70 ans, les Juifs seraient libérés de l’exil des Babyloniens. Puis l’ange de la Perse tomba après 52 échelons, donc l’exil perse cesserait au bout de 52 ans.  L’ange de la Grèce tomba après 22 échelons, ce qui signifiait que l’occupation grecque durerait 22 ans. Enfin, Jacob vit l’ange d’Edom qui s’élevait toujours plus haut sans jamais redescendre ! Jacob fut saisi de stupeur. L’exil de Rome (celui du peuple juif) durerait-il éternellement ? « Ne t’inquiète pas, lui répondit D.ieu. Même si l’ange monte aussi haut que les étoiles, c’est Moi-mêmequi le ferais tomber quand son temps viendra ! » (Midrach Vayikra-Raa 68-2) Ce ne sera pas un dénouement politique ou militaire, c’est bien D.ieu Lui-Même qui interviendra. Les premiers anges qui montaient, ce sont ceux qui accompagnaient Jacob en Erets Israël (jusqu’à la frontière). Ceux qui descendaient venaient prendre la relève pour l’accompagner eh dehors d’Israël. Autre explication : les anges avaient été créés par les mitsvote (bonnes actions) de Jacob, comme il est dit dans les Pirkei Avote 4,13 : « Celui qui fait une mitsva acquiert une protecteur » (Rav Yéhouda Berdugo). « L’échelle était sur la terre, dressée vers le ciel ». L’homme doit toujours tendre vers des buts spirituels, il doit toujours agir « lechem chamaïm » (pour le Ciel : de manière désintéressée) et réciproquement si l’on veut s’élever très haut. Il ne faut jamais oublier de garder les pieds sur terre.

Et Jacob fit un vœu en disant : « Si D.ieu est avec moi et qu’Il me garde sur ce chemin où je vais, et qu’Il me donne du pain pour manger et un vêtement pour me vêtir ; et je reviendrai en paix à la maison de mon père, et c’est Hachem qui sera pour moi D.ieu. » Le rav Léon Askénazi nous enseigne dans « leçons sur la Torah » que le vœu de Jacob à D.ieu n’était pas une prière de type « marchandage » : « Tu seras mon D.ieu à condition que… » En effet, Jacob part en exil investi d’une double tâche : la sienne propre, la vocation spirituelle pour laquelle il a reçu la bénédiction d’Abraham (Genèse 28, 4) ;  et aussi la bénédiction propre aux tâches matérielles prévues par Isaac pour Esaü (Cf. Paracha Toledot).Mais celle-ci, qui lui fut imposée par sa mère Rivka, Jacob commence par la refuser. Elle lui est trop imcompatible. Il faut donc le vœu de s’en priver. Il ne demande que le pain pour manger et le vêtement pour s’habiller. En cela, il refuse même le commerce : vendre le pain pour acheter le vêtement ou l’inverse. Et il sait que Hachem ne sera vraiment son D.ieu qu’à son retour en Erets Israël. En effet, comme le dit le Talmud : « Quiconque réside de façon principale (ha-dar et non ha-gar) en dehors du pays est comme s’il était idolâtre. »

La rencontre entre Jacob et Rachel, qui inaugure l’histoire des engendrements de la nation d’Israël telle que la Bible la raconte, a pour contexte une scène inattendue. Il s’agit d’un « dialogue » au sujet du « salut » entre Jacob, berger hébreu de la famille d’Abraham et les bergers des troupeaux des nations assemblés à ‘Haran, (qui signifie colère, courroux.) Ces nations, le texte les nomme Fils de Qedem (Genèse 29, 1) : fils de l’Orient u fils de l’antérieur, suivant la double acception de ce terme en hébreu – l’Orient, l’antérieur : lieu et moment d’origine des bergers du monde, selon la prophétie hébraïque. « Dialogue du salut » : Il faudrait plutôt dire dialogue des saluts, au pluriel. En effet, les quelques mots qui y sont échangés – impressionnants de concision et de densité – débutent par « mes frères » et s’achèvent par « paix ». Or, il ne s’agit pas là seulement d’un échange de formules de salutations où se nouerait un dialogue de savoir-vivre, mais de la progression d’une problématique d’affrontement de deux conceptions métaphysiques du salut.

Voici le texte (Genèse 29,1 à 10. Traduction /a Bible du Rabbinat, édition bilingue. Traduction française sous la direction du grand rabbin Zadoc Kahn, Librairie Colbo, Paris, 1978.) : Jacob se remit en chemin et alla vers la terre des enfants de l’Orient. Il vit un puits dans les champs ; et là, 3 troupeaux de menu bétail étaient couchés à l’entour, car ce puits servait à abreuver les troupeaux. Or la pierre, sur la margelle du puits, était grosse. Quand tous les troupeaux y étaient réunis, on faisait glisser la pierre de dessus la margelle du puits et l’on abreuvait le bétail, puis on replaçait la pierre sur la margelle du puits. Jacob leur dit  « Mes frères, d’où êtes-vous ? Ils répondirent : « Nous sommes de ‘Haran. » Il leur dit : « Connaissez-vous Laban (petit-fils de Na’hor ? » Ils répondirent : « Nous le connaissons. » Il leur dit : « Est-il en paix ? » Et ils répondirent : « En paix ; et voici Rachel, sa fille, qui vient avec son troupeau. » « Mais, reprit-il, le jour est encore long, il n’est pas l’heure de faire rentrer le bétail : abreuvez les brebis et les menez paître. » Ils dirent : « Nous ne saurions, jusqu’à ce que tous les troupeaux soient rassemblés : on déplacera alors la pierre qui couvre l’orifice du puits et nous ferons boire les brebis. » « Comme il s’entretenait avec eux, Rachel vint avec le troupeau de son père (car elle était bergère.) Lorsque Jacob vit Rachel, fille de Laban, frère de sa mère, il s’avança, fit glisser la pierre de dessus de la margelle du puits, et fit boire les brebis de Laban, frère de sa mère. »

A la manière du Midrach, nous dit le Rav Askénazi, nous lirons ce texte à 2 niveaux. En premier lieu, celui de l’événement : pourquoi la Bible tient-elle à nous faire savoir que la rencontre entre Jacob le berger et Rachel la bergère (verset 9 : « car elle était bergère ») devait avoir pour circonstance déterminante ce dialogue entre, d’une part les bergers de la tentative de l’universel humain (versets 3 et 8 : « quand tous les troupeaux ») et, de l’autre, Jacob, serviteur du D.ieu Un ? De quel relais de vocation pastorale s’agit-il, auprès du puits dont la margelle était couverte par une grosse pierre ? En second lieu, nous lirons l’avènement de la théologie morale inaugurée par Israël, en interpellation ce celle, souvent religieuse mais toujours privée d’espérance morale, malgré l’apparence des formulations liturgiques, de toutes les traditions antérieures ou extérieurs à Israël.

Depuis qu’à l’origine de l’histoire, le fils de l’homme, Caïn, a tué son frère Abel, le mot « frère » est pratiquement occulté, et le récit biblique devient, littéralement, celui d’une « recherche en fraternité »,. Il faudra attendre Abraham pour que l’être-frère et l’être-sœur réapparaissent dans le monde de l’homme, dont la prophétie hébraïque nous dévoile à sa manière le projet, l’enjeu et les dramatiques situations qui s’y attachent : situations socio-historiques perpétuellement reprises à travers le geste, parfois la gesticulation des cultures et des civilisations, jusqu’à leur aboutissement messianique.

Or, voici que la dernière tentative de fraternité, la plus intime, vient d’échouer. Le lecteur avait précédemment appris la séparation d’Abraham et de Loth, oncle et neveu qui auraient pu être frères (Cf. Genèse 13, 8). Il avait appris celle d’Isaac et d’Ichmaël, demi-frères qui ne se parlent jamais, même pas à demi-mot, et à propos desquels le texte n’emploie jamais le terme de « frères ». Puis vient le temps de Jacbob et Esaü, frère de la même mère et jumeaux de surcroît, comme Caïn et Abel. Ceux-là se parlent, et leur dialogue est déterminant pour l’avenir de l’histoire du salut. A qui appartiennent l’aînesse et les bénédictions ? Qui est capable d’être frère de frère ? Qui aura droit au nom d’Israël ? Or, Rivka, la mère, avait dit : « Voici, Esaü ton frère entreprend de te tuer ; aussi mon fils, obéis-moi, pars, enfuis-toi chez Laban, mon frère, à ‘Haran.» (Genèse 27, 43).

Et Jacob s’enfuit, à l’endroit où peut-être l’on sait encore ce que c’est qu’être frère, dans la famille de sa mère. Il s’enfuit de la haine-frustration d’Esaü, investi de surcroît d’une mission précise : prendre femme dans la famille de Laban, à ‘Haran. Laban, frère de Rivqa, était le petit-fils de Na’hor, frère d’Abraham, qui avait certes quitté la civilisation maudite de Babel, au temps de Nimrod à Our Kasdim, mais s’était arrêté en chemin. Et c’est ainsi que les premiers mots de Jacob, arrivé au puits de ‘Haran, furent : « mes frères ». Il avait vu qu’il s’agissait de bergers…

« Mes frères ! » alors que sa propre expérience quant à l’histoire de la famille d’Abraham aurait pu, aurait dû le mener à une définitive désespérance quant à l’être-frère. Tout se passe comme si la Torah voulait mettre ici l’accent sur l’incoercible optimisme de l’être hébreu dans son éperdue recherche de fraternité, en dépit de toutes les déceptions. A ce sujet, le psychologue et écrivain français  Manès Sperber, né dans l’empire austro-hongrois à l’époque du nazisme, qui fut l’une des premières personnalités à être arrêtée par la Gestapo et qui survécut, a eu un jour un mot terrible en s’exprimant à propos de la Choah : « Nous avons été victimes de notre capacité d’espérance !… »

Quoi qu’il en soit, il est clair que la Torah lie absolument le problème de l’amour entre époux et épouse et celui de frères entre eux. A sa manière, la psychologue et psychanayste Eliane Amado Lévy-Valensi mettait souvent en évidence que Joseph, frère premier-né qui aime ses frères et met en cela fin à la malédiction de Caïn, naît de Jacob et Rachel, les seuls époux dont la Bible dit qu’ils s’aimaient, sans réticence. A propos d’Isaac et Rivka, en effet, le texte parle bien d’amour, mais ajoute (Genèse 24, 67) : « Il l’aima et Isaac se consola de sa mère. » L’amour de Jacob pour Rachel était, dès son commencement, un amour absolument pur de tout autre motivation (Genèse 29, 18)  « Et Jacob aima Rachel. » Le message de l’événement est important : l’amour du prochain ne peut être enseigné, témoigné, vécu, que par ceux qui vivent intensément l’amour de l’époux pour l’épouse, ceux pour qui l’épouse est déjà devenue sœur, comme au temps des patriarches. Le Talmud abonde en sources claires et limpides à ce sujet, dans sa lecture du Cantique des Cantiques.

Le message théologique d’Israël tient en ces quelques mots, lus en hébreu : « Mes frères, d’où êtes-vous ? Ils repondirent : de ‘Haran. » Ces mots sont tous des mots-clés de la lecture midrachique et qabbalistique de l’hébreu biblique, et les hébraïsants le reconnaîtront facilement en lisant avec nous : « Mes frères, vous venez du néant. » Ils répondirent : « Nous venons de l’endroit de la colère du monde. » En effet, le mot « ayin » signifie simulatnément où et le néant. De même, le mot ‘haran est lu par le Midrach à travers le mot ’haron, le courroux. Ce dialogue est étonnant de simplicité et de profondeur récapitulative des doctrines du salut :

Pour Jacob, le problème que l’homme doit résoudre est celui de la coexistence des frères entre eux. Cela vient de ce que nous sommes des créatures. Le Créateur nous donne en grâce tout l’être qui nous fait être, mais par là même Il crée Ses créatures rivales entre elles. Il nous donne tout, sauf l’amour du frère, qu’il réclame de nous, pour notre salut. Pour les bergers de ‘Haran : Tu dis que nous venons du néant et que nous devons mériter le droit d’avoir reçu l’être qui nous fait exister ? C’est toi qui le dis ; mais nous, nous savons que nous venons de la colère du monde, qui mit une lourde pierre sur la margelle du puits ; et cette pierre « empêche les troupeaux d’étancher leur soif ». A l’origine, il y eut un grand couroux ; cela explique le sort de ceux que tu nommes les créatures. Mais nous savons que, tous ensemble, nous pourrons, à la fin du jour, retirer la pierre de la margelle du puits. (Genèse 24, 8).

Et pourtant, ajoute Jacob, n’avez-vous pas entendu parler d’Abraham, ne connaissez-vous pas Laban, fils de Béthouel, fils de Na’hor, frère d’Abraham ? N’y a-t-il pas chez lui la paix ?... Ils répondirent : « Nous connaissons… la paix. » Or, pendant que se poursuit sempiternellement, jusqu’à la fin des temps, cet impossible dialogue entre la Torah des Hébreux et l’utopie désespérée des bergers de l’universel, voici que Jacob, tout seul, ayant vu Rachel, eut la force de lever la pierre « et abreuva le troupeau de Laban, frère de sa mère. »

(Sources : Rav Mordékhaï Chriqui, Dr Avraham-Gilles Morali, L’Essence de la Torah –  Tioul.com – Rav Léon Askénazi, Leçons sur la Torah)

CULTURE JUDAÏSME, infos et vie juive, mois de Tichri et ‘Hechvan 5774

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Comme chaque semaine, lisez l`etude de la paracha sur Modia :

6e Paracha: Tolédote – Béréchite (La Genèse) 25, 19 – 28, 9

« Comment réussir les générations »

« Et ce sont les engendrements de Yits’haq fils d’Avraham, Avraham… »

Splendeur de la relation dans le couple qui vit de la Torah

Lien vers l`etude de la paracha : Toledote

Lien vers la page d`accueil du site Modia : Modia

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Page de garde du site d`etude Modia : Modia

Nous sommes cette semaine dans la préparation par l’étude de la magnifique 5e paracha HAYÉ SARAH (« LES VIES DE SARAH »), dans le livre de Béréchite (La Genèse) 23, 1 – 25, 18. Tout le monde a vécu, vit ou vivra des drames familiaux, voici le soutien de la Torah…

Lire la suite sur Modia : http://www.modia.org/tora/berechite/haye-sara.php:

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Vous trouverez le commentaire de louyehi ci-dessous, a la date du 26 Octobre. Le titre est ecrit en rouge ainsi :

Paracha lue Chabbat 26 octobre 2013 – 22 ‘Hechvan 5774

5e Paracha : ‘Hayé Sara « Les vies de Sara » Béréchite (LaGenèse) 23, 1 – 25, 18 ______________________________________________________

Etude de la semaine et « importantes nouvelles » sur le site Modia  (Car ce qui se passe autour de nous, c`est la vie de tous les jours avec ses joies et ses drames ; or, la Torah, c`est la vie. Un juif ne se contente pas d`etudier la Torah, il la vie en direct, au jour le jour.)

Nous sollicitons encore l’aide de vos prières pour parvenir à la conclusion finale et heureuse des recherches scientifiques pour la cessation des douleurs croissantes de Meirav Haik. Et je sollicite encore votre aide financière (par chèque à son nom, à m’adresser: Dufour, 3 rehov Itshaq ben Dor, 93281 Jérusalem) pour assumer les nombreux et considérables services de soins supplémentaires non pris en charge.

Le mois de ‘Hechvane. Ce lien vous apprendra beaucoup sur l’histoire juive ancienne et contemporaine pour déchiffrer le présent. C’est un mois chargé de souvenirs douloureux. Il y a parfois des problèmes techniques sur cette page, dus au service du serveur externe et non à Modia.

http://www.modia.org/infos/calendrier/hechvane.html

Nous sommes cette semaine dans la préparation par l’étude de la 4e paracha Vayéra (« Il se fit voir »), dans le livre de Béréchite (La Genèse) 18, 1 – 22, 24. Cette paracha nous apprend les règles de lecture de la Torah pour que ses messages soient efficaces en nous !

http://www.modia.org/tora/berechite/vayera.php

Négociations avec Iran, trois positions:
– L’iran change son ton, prend des mesures plus démocratiques dans le pays, sourit, veulent coopération, supprimer les sanctions qui ruinent l’économie, ne pas renoncer au nucléaire civil, rester dans le brouillard sur le nucléaire militaire.
– les USA apprécient les changements iraniens, affirment qu’ils seront vigilants sur le nucléaire militaire et déclarent que leur position suivra la réalité.
– Israël maintient son discours: pas de concessions sans certitude et engagement et preuves de la suppression du nucléaire militaire.

Important sondage de l’Université Columbia par by John Helliwell, Richard Layard and Jeffrey Sachs
unsdsn.org/files/2013/09/WorldHappinessReport2013_online.pdf
Ce sondage porte sur le sentiment de bonheur des citoyens dans les différents pays. Israël est très bien placé (11e) bien avant les USA (17e), la Belgique (21e), la France (25e) , l’Allemagne (26e) et le rêve de Thailande (36e).

Etude en 2011 publiée maintenant sur la pauvreté en Israël par le Bureau officiel des Statistiques.  31% des Israéliens sont sous le risque de tomber dans la pauvreté. Et 40% chez les enfants contre 20% dans l’Union Européenne.

La ville israélienne qui comporte le plus d’habitants musulmans est Jérusalem avec 35% soit 288.000. Le taux de reproduction est le plus élevé d’Israël avec 2,5% mais en baisse par rapport aux 3,8% il y a quelques années. Le taux de reproduction des Juifs est de 1,7 comme celui des Chrétiens; celui des Druzes est de 1,5.

Rav Yehoshua Rahamim Dufour

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Vous trouverez le commentaire de louyehi ci-dessous, a la date du 28 septembre. Le titre est ecrit en rouge ainsi :

Paracha lue Chabbat 19 octobre 2013 – 15 ‘Hechvan 5774

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Le calendrier juif, le commentaire de la Torah, etc… avec Modia ici :

1 -Jeudi soir 3 octobre et Vendredi  4, nous entrerons dans le nouveau mois, ‘Hechvane. Ce lien vous apprendra beaucoup sur l’histoire juive ancienne et contemporaine pour déchiffrer le présent. C’est un mois chargé de souvenirs douloureux.
http://www.modia.org/infos/calendrier/hechvane.html

2 – Nous venons de commencer avec Béréchite l’étude de la Torah et son étude de ses textes ci-dessous est nécessaire pour comprendre ensuite toute la Torah mais cela vous demandera plus qu’une semaine pour les approfondir pendant que les études suivantes s’ajouteront. Donc, nous vous mettons aussi le lien avec la nouvelle paracha de cette semaine, Noah.

3 – Nous sommes cette semaine dans la préparation par l’étude de la paracha Noah (Noé), dans le livre de Béréchite (La Genèse) 7, 1 – 11, 32. Son thème : Quel homme ou femme être ? Des tsaddiqim: un tsaddiq (un juste) ou une tsaddéqète (une juste) qui choisit, persévère, fructifie et apporte discrètement la bénédiction dans un monde de violence même si le prix à payer est très cher par l’isolement et la différence.

http://www.modia.org/tora/berechite/noah.php

4 – Dans la 1e paracha, Béréchite, « au commencement de », et autour d’elle, il y a beaucoup d’études. Pourquoi? Parce que cette la base de toute la Torah, c’est là que sont les principes de base, c’est là que nous apprenons les méthodes pour étudier et comprendre la Torah et cela nous servira ensuite dans l’étude de chaque paracha. Il faudra donc revenir à cette page-ci  très souvent.

Sur la paracha Béréchite : plusieurs études pour découvrir les bases de toute la Torah, de toute l’existence, et de notre développement personnel
1e étude sur la paracha Béréchite
http://www.modia.org/tora/berechite/berechite.html

etc…

Retrouvez toutes les etudes du Rav Dufour sur Modia ici : Modia

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Vous trouverez le texte du commentaire de la paracha de cette semaine sur louyehi ci-dessous a la date du 28 septembre. Le titre est ecrit en rouge ainsi :

2e Paracha : Noa’h « Noé » Béréchite  (Genèse) 7, 1 – 11, 32   5769 revue en 5770

Paracha lue Chabbat 5 octobre 2013 – 1er ‘Hechvane 5774

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Nous commençons la nouvelle année de la Torah ce Chabbat avec une paracha tres riche, celle de Berechite, toujours en partenariat avec le site Modia :

Nous sommes dans cette paracha Béréchite, « au commencement de », et autour d’elle, il y a beaucoup d’études. Pourquoi ? Parce que cette la base de toute la Torah, c’est là que sont les principes de base, c’est là que nous apprenons les méthodes pour étudier et comprendre la Torah et cela nous servira ensuite dans l’étude de chaque paracha. Il faudra donc revenir à cette page-ci très souvent.

Sur la paracha Béréchite : plusieurs études pour découvrir les bases de toute la Torah, de toute l’existence, et de notre développement personnel
1. La première étude sur la paracha Béréchite
www.modia.org/tora/berechite/berechite.html

2e étude Avant la 1e lettre de la Torah : le coeur (avec le Gaone de Vilna) 1e lettre de la Torah : le couple (secrets du chiffre)
www.modia.org/tora/berechite/berechite2.html#Gaone »

3e étude. La 1e mitsva de la Torah : procréer (commentaires du Chla) et la prière du Chla pour obtenir des enfants
www.modia.org/tora/berechite/berechite3.html

4e étude. Le 1e commentaire de Rachi : le droit des Juifs à la terre d’Israël
www.modia.org/tora/berechite/berechite4.html

5e étude de la paracha Béréchite: comment vaincre les ténèbres
www.modia.org/tora/berechite/berechite-prudence.html

6. Découvrir ici chaque paracha de la Torah en chiffres. Quand on aime, ça compte! Bien utile aussi pour préparer sa bar-mitsva. Notre paracha a 146 versets, soit la 8e; (et 1931 mots, soit la 8e; et 7235 lettres, soit la 11e). Elle est écrite sur 230 lignes dans le Séfer Torah.
www.modia.org/tora/statistiques.html

7. Un poème nouveau: Rénovation d’Adam.
www.modia.org/poeme/presence/adam.html

8. Explorez ici une galerie de photos
www.modia.org/galerie/orkid.html

9. Etudiez la paracha avec 7 Sages
www.modia.org/tora/berechite/berechite.html#Sage

10. Etudiez la paracha en English
www.modia.org/modia-english/berechite/berechite.htm

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Vous trouverez le commentaire de louyehi a la suite de Vezote Haberakha, a la date du 28 septembre. Le titre est ecrit en rouge ainsi :

Paracha lue Chabbat 28 septembre 2013 – 24 Tichri 5774

Bonne fin de fete a tous !

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 Preparer Kippour et la fete de Souccote avec Modia
Pour bien préparer d’urgence Kippour et Souccote, rendez-vous sur ces liens de Modia :
CETTE SEMAINE préparer Kippour qui a lieu le 13 au soir et le 14:
(lien d’ étude approfondie et des coutumes)
www.modia.org/infos/etudes/yom-kippour.phpLe sens du chofar:www.modia.org/infos/calendrier/eloul.php#chofarpuisSouccote (lien d’étude approfondie et de coutumes) commence le 18 septembre au soir et dure une semaine maintenant, il faut étudier pour réussir la progression dans le calendrier de la téchouva, avec tous les liens sur cette page:www.modia.org/infos/etudes/souccote.phpLe sens du loulav:www.modia.org/infos/etudes/souc-suite.phpet tous les liens de Modia sur la page d’accueil :www.modia.org/Guémar ‘hatima tovaRaav Yehoshua Rahamim Dufour

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Les fêtes de Tichri avec Modia :

Les séli’hotes:

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Le sens du chofar:

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Le sens du loulav:

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Le calendrier de la nouvelle année Roche Ha Chana, (lien d’ étude approfondie et coutumes) commence le 4 septembre au soir jusqu’au 6 septembre au soir avant Chabbat…

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Kippour (lien d’ étude approfondie et coutumes), 13 septembre au soir et le 14 et…

http://www.modia.org/infos/etudes/yom-kippour.php

Souccote (lien d’étude approfondie et de coutumes) commence le 18 septembre au soir et dure une semaine maintenant, il faut étudier pour réussir la progression dans le calendrier de la téchouva, avec tous les liens sur cette page:

http://www.modia.org/infos/etudes/souccote.php

Images intégrées 3

Les 2 dernières parachiyote sont reprises de l’année 2012 sur louyehi et données à l’avance.

CHANA TOVA A TOUS LES JUIFS DU MONDE !

Il est indispensable de lire la traduction en français de chaque paracha avant ce commentaire pour bien le comprendre.

Texte de la paracha dans la Bible hébraïque ici : Lire le texte

53e Paracha : Haazinou Dévarim (Le Deutéronome) 32, 1- 52 (lue Chabbat chouva le 3 Tichri 5774 (7 septembre 2013)

La paracha de « Haazinou » (Ecoutez) est l’avant-dernière du Pentateuque. C’est un cantique prophétique rédigé dans un style lyrique que le plus grand des prophètes notre maitre Moise a composé avant sa mort. Elle a pour thème principal le cantique de 70 lignes que Moïse adressa au peuple juif le dernier jour de sa vie. Prenant à témoin le ciel et la terre, il exhorte le peuple de « se souvenir des temps anciens », « Interroge ton père et il te racontera, tes sages et ils te diront », comment D.ieu « les a trouvé dans le désert », en a fait un peuple, les a choisi pour Lui, et leur a donné une terre magnifique. Le cantique met aussi en garde contre la chute spirituelle, résultat du fait que le peuple « s’est engraissé, et s’est révolté et a abandonné le D.ieu qui l’a fait » Alors, Moïse décrit les calamités qui pourraient s’ensuivre, mais que finalement, la rédemption viendra. D.ieu vengera le sang du peuple juif qui a étéversé et réconciliera le peuple avec sa terre.La paracha se conclut avec l’instruction donnée par D.ieu à Moïse de monter sur le mont Névo d’où il pourra seulement contempler toute la Terre Promise avant de quitter ce monde.

Cette paracha comprend la chira (chant) que Moché enseigna aux enfants d’Israël, le jour de son décès. Ce chant dépeint de manière poétique ce qui arrivera aux enfants d’Israël jusqu’à la fin des temps. Première partie du chant : Moché prend comme témoins le ciel et la terre pour avertir les enfants d’Israël de rester fidèles à la Torah – Comparaison de la Torah à la pluie et à la rosée – Perfection de l’oeuvre et de la justice d’Hachem – Moché explique que toute faute a son origine en elle-même. Hachem n’est donc pas à blâmer Deuxième partie du chant : Enumération des bontés d’Hachem envers le peuple juif Troisième partie du chant : Moché prophétise la rébellion des enfants d’Israël Quatrième partie du chant : Le châtiment d’Hachem suite aux fautes de ses enfants Cinquième partie du chant : La destruction dont Hachem pense frapper ses enfants, et la raison de son abstention Dernière partie du chant : Consolation du peuple juif, et la promesse que justice sera faite à leurs oppresseurs Après le chant de Haazinou, Hachem ordonne à Moché de gravir le mont Névo, afin de contempler Erets Canaan. Cette paracha prolonge ce qui a été dit dans la paracha Reèh, c’est un poème et une Torah éternels, un témoignage de Moché envers les bnei Israël pour les assurer qu’ils continueront à être le peuple d’Israël. Le poème se divise en six parties: – 1) L’introduction dans les versets 1-3, – 2) les voies de la providence divine dans les versets 4-14, –  3) la faute du peuple dans les versets 15-18, _ 4) Hachem cache Sa face dans les versets 19-35, – 5) Il s’apaise dans les versets 36-43, – 6) Le poème est attribué à Moché et Yéhochoua dans les versets 44-47. A la fin de la paracha est répété ce qui est dit dans la paracha Pin’has, l’ordre à Moché de monter sur le mont Nevo pour voir Erets Israël avant sa mort.

Le chant de Haazinou a une importance particulière.L’auteur du Nétivot Chalom, rabbi Chalom Noah Berezovsky de Slonim, s’étonne : pourquoi ce chant est-il si important, si fondamental ? D’ailleurs, pourquoi ce texte est-il appelé « chant » ? Un chant n’est-il pas l’expression de la joie, comme le cantique de la mer Rouge ? Or, Haazinou est au contraire chargé de menaces ; y sont décrites les tribulations auxquelles Israël se trouvera confronté au long des générations de ses exils, dont le verset 22 donne le ton : « car un feu s’est allumé dans ma colère, qui consumera jusqu’au plus bas du Chéol ; il dévorera la terre et sa récolte et embrasera les fondations des monts. »  Et Nahmanide (32, 40) d’expliquer : « et voici que ce chant, qui témoigne à notre égard comme un témoin véridique et fiable, expose explicitement tout ce qui nous surviendra... » Pour commencer, le texte fait état de toutes les grâces et des miracles dont D.ieu nous a gratifiés pour nous faire sortir d’Égypte et pour nous amener à la terre délicieuse (v. 10-11) : « il l’a trouvé dans une terre désertique, une solitude hurlante et dévastée, il l’a entouré, veillé… comme l’aigle éveille son nid, plane sur ses aiglons… » Puis sont rappelées les fautes d’Israël au temps du Premier Temple qui ont mené au bannissement et à l’occultation de la Face du Saint béni soit-Il. Enfin, le chant annonce ce qui se produira dans l’après des jours d’exil (v. 43) : « Félicitez Son peuple, ô nations… Il exercera sa vindicte sur ses oppresseurs, et Il restaurera Sa terre et Son peuple ». Ce chant met donc en évidence la Providence de D.ieu dans le monde, et en particulier Sa Providence à l’égard d’Israël, en tout temps, aux jours heureux et aux jours moins heureux. Ce qui est bien l’objectif de la Torah : dévoiler la Présence agissante de D.ieu dans le monde. Les propos de Nahmanide éclairent aussi l’importance que la Torah donne à ces versets, au point de les appeler « chant », car l’histoire d’Israël dans le monde est le cantique même de la Création, où se manifeste la Providence divine. C’est ce qu’écrit le rabbi de Slonim : « l’essence de ce chant est de garantir la permanence du lien unissant D.ieu à Israël et d’en témoigner. »  Ce n’est pas par hasard que cette paracha est toujours lue dans les parages de Roch Hachana, le jour du Jugement, le jour où nous sacrons Dieu Roi du monde, ainsi que nous le déclarons dans la liturgie de ce jour : « Règne glorieusement sur le monde tout entier, et que ton honneur s’exalte au-dessus de toute la terre. »

« Ecoutez, cieux, je vais parler », nos Sages précisent dans le Midrach (Devarim 306) que D.ieu a ordonné à Moché de dire aux bnei Israël : « Regardez si les cieux que J’ai créés pour vous servir ont changé de conduite, ou si le soleil a décidé de ne plus se lever à l’est pour éclairer le monde entier. Non seulement ce n’est pas le cas, mais il est de surcroît heureux d’accomplir Ma volonté, comme il est dit (Psaumes 19, 6) :Celui-ci, pareil au jeune époux sortant de sa chambre nuptiale’. « Que la terre entende les paroles de ma bouche » : Observez si la terre que J’ai créée pour être à votre service a changé sa façon d’être : y avez-vous planté des graines qu’elle n’ait pas fait pousser ? A-t-elle produit de l’orge lorsque vous y avez semé du blé ? Une vache a-t-elle un jour refusé de battre le blé et de labourer, ou alors un âne a-t-il refusé de porter le joug et d’avancer ? Si eux qui n’ont rien à gagner ni à perdre, qui ne sont ni récompensés pour leurs bonnes actions ni punis pour leur désobéissance, et qui n’ont pas à se soucier d’une descendance ne changent pas leur conduite, a fortiori vous qui êtes récompensés ou punis selon vos actes et qui vous préoccupez de vos enfants, combien devez-vous faire attention à ne pas dévier de votre route ! » Nous devons donc établir un raisonnement a fortiori : bien que les éléments de la nature n’aient pas de conscience, ils accomplissent avec joie la volonté du Créateur et Lui chantent des louanges. La montagne a même tremblé lorsque la présence divine y est descendue. A plus forte raison, nous, dont l’âme est une parcelle divine, combien devons-nous Le craindre !

Ce qui  importait à Moché au moment où il allait quitter ce monde, c’était de faire comprendre à nos ancêtres, – cette nouvelle génération qui, seule, contrairement à la précédente disparue dans le désert, allait entrer en Canaan – leur responsabilité dans le déroulement de l’histoire de leur peuple. Le cours de cette histoire dépendait de chacun d’eux individuellement dans le passé. II reposera sur chacun d’eux dans l’avenir. Chacun de nous a besoin de se tourner vers son passé de le sentir, de le comprendre et de s’y rattacher.C’est grâce aux événements de notre histoire, grâce au comportement courageux de nos ancêtres, que la chaîne est parvenue solide jusqu’à nous et que nous avons pu y relier le maillon que nous formons. Le passé est donc pour nous riche en enseignements. Mais ce retour vers le passé ne suffit pas; il nous faut encore consolider cet anneau nouveau que nous sommes afin d’assurer à tout prix la continuité de la chaîne; il nous faut nous tourner surtout vers l’avenir et prendre des dispositions utiles pour que la chaîne s’allonge sans cassure, quelles que soient les circonstances -heureuses ou malheureuses -de l’heure. Dans le passé, nos ancêtres ont su maintenir intact, dans des conditions souvent très difficiles, chaque anneau de la longue chaîne qui les rattachait au passé. Ils puisaient leur force dans leur fidélité absolue en D.ieu et dans leur espérance tout aussi absolue en l’homme. A nous d’en faire autant pour éviter toute fêlure dans la longue chaîne des générations qui est venue jusqu’à nous.L’histoire fait partie de la conscience de notre peuple; elle doit nous servir de tremplin pour mieux préparer son avenir.

Voici que nous sommes arrivés au sommet de la Torah, ce qui nous y est dit est donc l’essentiel. De plus, nous y recevons le dernier message de Moché, et Rachi nous a appris, à l’occasion des  dernières paroles de Yaâqov, que lorsqu’on approche du moment de la mort on a l’obligation de dire les enseignements importants (qu’ils plaisent ou non). Aussi, ce que va nous révéler Moché est de la plus grande importance. La paracha va donc nous entraîner avec Moché notre Maître sur des cimes très élevées de la Torah et de l’existence. Nous pourrions penser que cela n’est pas de notre niveau, mais ce serait là une fausse humilité, car seul D.ieu décide et connaît ce dont nous sommes capables ; et s’Il estime que, membres de Son peuple à qui Il a donné Sa parole, et que  nous sommes capables d’entendre ces niveaux, c’est à nous de l’accepter, et d’étudier cette paracha.
Le Rav Chalom Messas, zal, dans Vé’ham haChamech, son commentaire de la Torah, dit que « chacun a l’obligation d’étudier continuellement la Torah selon ses capacités et ses forces, et il y a celui qui le peut pour le talmud, pour la michna, pour la Torah, pour les psaumes. Et pour Hachém, tout cela est une même chose. C’est le sens du verset des psaumes 119,96: «  A toute chose j’ai vu des limites, mais ta Torah est infiniment vaste« . Cela veut dire que pour toute chose il y a son plan initial de réalisation et la fin de la réalisation; et celui qui ne va pas jusqu’à la fin de la réalisation de son projet, n’a rien accompli du tout; par exemple un menuisier qui peut réaliser un récipient, et il a dans ses mains des planches, mais tant qu’il ne les a pas assemblées, c’est comme s’il n’avait rien fait du tout. Mais ce n’est pas ainsi en ce qui concerne la Torah car elle est infiniment vaste au point qu’il est impossible d’en atteindre la fin, car elle n’a ni limite ni fin, mais chacune de ses composantes doit être considérée comme une fin en soi ». Si Moché n’interpelle pas les humains, mais les cieux et la terre, c’est que l’essentiel de l’homme est à l’image de l’union des cieux et de la terre, car il est face à la vérité dernière et globale des choses.  Tout risque encore une fois de s’effondrer par la faute des hommes qui ne croiront pas à l’amour donné dans la Torah qui est vie, ni dans le fil conducteur qui les mène, ni en la bonne terre, ni en leur union d’être ensemble et avec Hachém. Moché en tremble, tout est fragile, mais Le Rocher est ferme. Moché est resté ferme et il sait qu’Il apaisera Son peuple et le vengera de tous ceux qui le dépècent.  Moché montre que, d’âge en âge, Israël aura envie de coopérer avec les ennemis qui voudraient le détruire.  Et, finalement, D.ieu devra redresser Lui-même l’histoire ainsi gâchée, mais que de carnages inutiles auront eu lieu par notre faute.

Comme Moché a désigné plus haut le ciel et la terre comme témoins (31:28), il se tourne à présent vers eux afin qu’ils entendent sa mise en garde. En effet, la loi veut qu’on ne punisse pas un homme à moins de l’avoir mis en garde devant 2 témoins. Si on l’a prévenu sans témoins de la punition qu’il encourait, ce n’est pas considéré comme une mise en garde légale acceptable. C’est la raison pour laquelle Moché a dit: Ecoutez cieux, Je vais parler. En d’autres termes: soyez témoins de la mise en garde que j’adresse à Israel! Vous pourrez ensuite témoigner que je les ai prévenus. Terre ! Entends les paroles…que Je leur adresse. Pourquoi Moché a-t-il désigné le ciel et la terre comme témoins? Il existe plusieurs raisons à ce choix: 1. Moché s’est dit: Je suis un être humain et je vais bientôt mourir. Si les israelites demandent un jour: Pourquoi sommes-nous punis? Nous n’avons pas accepté l’alliance! Qui pourra les contredire ? Moché a donc pris à témoin le ciel et la terre qui existeront éternellement. 2. Si les israelites observent la Torah, ces mêmes témoins leur enverront la bénédiction: la vigne produira ses fruits, la terre donnera sa récolte et le ciel donnera la rosée. Par contre, si les israelites sont coupables, la main des témoins sera la première contre eux, ainsi qu’il est écrit: Il fermera le cie, il n’y aura pas de pluie et la terre ne donnera pas sa récolte…Vous serez rapidement anéantis de la bonne terre par les nations. 3. La Torah a été donnée du ciel, comme il est écrit: Vous avez vu que Je vous ai parlé du Ciel. D’autre part, les israelites étaient debout sur terre lorsqu’ils ont dit Nous ferons et nous écouterons. 4. Prenons comme parabole un roi dont le fils a emprunté une mauvaise voie. Il a tenté de ramener son fils sur le droit chemin. Au début, pour ne pas lui faire honte, il s’est plaint de lui aux membres de sa famille. Lorsque cela n’a pas servi, il s’est mis à se plaindre à ses amis, puis à ses voisins, mais sans résultat. En fin de compte, le roi a reproché à son fils: Qui rest-t-il devant qui je puisse me plaindre de toi ? C’est ce que dit ici le verset: Ecoutez cieux, Je vais parler. Après toutes les remontrances, Moché s’adresse au ciel et à la terre en dernier recours (Meam Loez).

Chaque expérience juive s’accompagne de chant. Des œuvres cantoriales des Fêtes Solennelles aux zemirot chantées à la table de Chabbat, de la musique larmoyante de la ‘houppah à celle des danses énergiques qui la suivent, du Mah Nichtanah du Seder de Pessa’h aux berceuses nocturnes, l’année juive est assurément une année musicale. Pourquoi le chant est-il un acteur aussi central de la vie juive ? Le chant est la plume du cœur. Il exprime à nous-mêmes et aux autres les parties les plus profondes de nos cœurs et de nos âmes, qui ne peuvent être exprimées au moyen de syllabes finies. Le chant crée un mariage entre qui nous sommes et qui nous devrions être  Le chant apporte l’émotion et la profondeur là où il pénètre. C’est un voyage intérieur, vers soi-même, qui amène notre être véritable au premier plan de notre conscience. C’est le mariage entre qui nous sommes et qui nous devrions être. Vous n’avez pas besoin d’être un fin musicologue pour apprécier la puissance d’une mélodie. Vous n’avez pas besoin de détenir le titre de chanteur pour chanter. Tout ce dont vous avez besoin est d’un cœur. La plus grande partie de la lecture de la Torah de Haazinou se compose d’un « chant » de 70 lignes que Moïse adressa au peuple d’Israël le dernier jour de sa vie terrestre.

Pourquoi Moïse chanta-t-il le dernier jour de sa vie ? Pourquoi le plus long morceau lyrique de la Torah fut-il chanté en ce qui semblait être l’un des jours les plus tristes de l’histoire juive, le jour où le plus grand dirigeant juif de tous les temps quitta ce monde ? Peut-être Moïse voulut-il nous laisser avec la puissance du chant. Il quittait son troupeau et, jusqu’à la fin des temps, il n’y aurait pas quelqu’un comme lui pour guider la nation. Il nous a ainsi donné un outil qui nous permettrait de trouver D.ieu en nous-mêmes, de créer un leadership même en l’absence de véritables leaders. Il nous a appris comment entretenir la flamme du judaïsme que ce soit dans les chambres à gaz – où des Juifs ont chanté le Ani Maamin (« Je crois ! ») en allant à la mort – ou en étant assis à la table de Chabbat avec famille et amis. Lors de son dernier jour de guide communautaire du peuple Juifs, Moïse nous donna le moyen de persévérer : le chant. Et très bientôt, quand Machia’h viendra, nous mériterons d’entendre le plus grand de tous les chants, lorsque nous chanterons et danserons avec D.ieu Lui-même dans la plus magnifique danse de tous les temps

Il est évident que la délivrance annoncée concerne l’avenir et non l’époque du Second Temple, ou la prophétie « Nations chantez les louanges de Son peuple« (Deut.32, 43) était loin de s’être réalisée; les peuples a cette époque se moquaient d’Israel, disant: « A quoi travaillent ces juifs misérables ? » (Nehemie 3,34). Aussi les hauts dignitaires juifs qui vivaient à la cour du roi de Babylone étaient soumis à sa tutelle. D.ieu ne s’était pas a ce moment « vengé de Ses ennemis », Il n’avait pas « accordé l’expiation à Sa terre et à Son peuple ». (Deut. 32,43) La réalisation des paroles de ce cantique n’est pas subordonnée au repentir d’Israël: il vient simplement témoigner que nous ferons le mal et que nous nous reprendrons le dessus, que D.ieu d’une part, nous poursuivra de son courroux, mais qu’il ne nous fera pas disparaitre et que, nous prenant en pitié, tirant, par le glaive, vengeance de nos ennemis, Il pardonnera nos péchés pour l’amour de son Nom. Ainsi ce cantique parle de la délivrance future; il est plein de grandeur ; il embrasse à la fois le présent, le passe et l’avenir, ce monde-ci et le monde futur. Ce cantique est une célébration de l’avenir d’Israël, dans tout son éclat, aux temps messianiques. Le monothéisme implique une conception universelle de l’humanité et considère comme une unité l’ensemble des événements et des actes des hommes sur terre. Il donne ainsi un sens à l’histoire et demeure fidèle à l’idée d’une histoire universelle, composée des multiples histoires particulières des peuples, mais qui maintient à jour le jugement de l’humanité par la providence. Le monothéisme au but messianique est la clef de l’histoire, sans cela l’histoire n’aurait pas de sens. En effet, une histoire universelle sans but final serait semblable à un navire qui vogue à l’aventure, donc un non-sens.

Dans la perspective de la Torah, l’histoire comprend une finalité, elle a un sens cohérent et constitue la réalisation du plan de D-ieu. Le peuple d’Israël aspire au « Tikoun » (réparation) total de l’univers, il aspire au pardon purificateur qui ne soit pas seulement au niveau individuel, mais d’un « tikoun » qui s’étende à la cause même du péché et cela passe par l’avènement du Messie qui seul est en mesure d’éliminer l’esprit d’impureté ancré dans la création; car son nom précède la création du monde. Des l’origine les conditions de la rédemption ont été incrustées dans le monde; mais la fin de l’aventure dépend de la spiritualisation de l’univers. La relation de l’homme avec D.ieu n’est pas extérieure à l’histoire c’est au contraire cette progression qui la détermine. Aussi l’achèvement de l’histoire ne dépend pas d’un moment fixe des les origines, mais il se dégage et émerge du développement historique. En vérité, si Israël a pu résister aux assauts furieux des impérialismes et se renouveler sens cesse c’est qu’il incarnait une force spirituelle métaphysique qui puisait aux sources de l’infini. Les nations, n’envisagent pas qu’il puisse exister un avenir qui ne soit fondé sur la matérialité. Même si des personnes individuelles sont en principe parfaitement capables de dépasser ce point de vue, les nations, elles, ne fondent pas leur existence sur un tel projet. Leur volonté de puissance, épouse parfaitement les contours de ce monde fini.La dimension dynamique d’ouverture sur le métaphysique est essentielle; la figer, ou l’ignorer, c’est arrêter le devenir. Aucun accroissement, aussi complet et accompli soit-il, de l’infrastructure matérielle n’est susceptible d’assurer le plein développement des potentialités de l’humain.

La déficience fondamentale de la Création, qui s’exprime sur le plan individuel par la faute, sur le plan social et historique par le pouvoir des empires et sur le plan cosmique par l’impureté; n’est pas considérée comme une injustice arbitraire, mais comme une condition pour la maturation d’un monde nouveau. La présence d’Israël rappelle de par sa liaison avec la transcendance, l’indispensable nécessite de surmonter la vitalité brute des forces physiques afin de les orienter vers leurs destinations spirituelles. Présence messianique pour arracher l’histoire humaine à une finitude qui la conduirait naturellement vers une dégradation et vers la mort. La Torah exige que le présent soit un engagement et que le futur ne soit pas envisagé comme un destin, mais comme une création. Le Messie c’est la réalisation complète de l’Homme, dans l’accroissement de tout ce qui fait la richesse de son fond vital, et plus particulièrement, de ce qu’il a en propre, la faculté de dépasser son être, de vivre non pas replie sur lui-même mais ouvert sur l’autre.

La faculté de pouvoir s’ouvrir au métaphysique, l’effort d’édification, dans la poursuite inlassable du projet divin qui nous traverse. La finalité ultime de ce monde c’est la rédemption qui s’ouvre sur le monde-qui-vient dans lequel la vie prendrait un sens nouveau. Royauté qui tire sa légitimité, non d’une force humaine poussée à l’extrême, mais d’une reconnaissance et d’une acceptation du pouvoir divin accompagnée d’une soumission à l’autorité absolue de la Loi. Israël, porteur-témoin de la mitsva, joue dans l’histoire le rôle d’aiguilleur pour en orienter le sens, et empêche l’univers de s’enliser dans le déterminisme naturel. Israel n’est pas une nation parmi les nations, mais un peuple dont la vocation est d’être porteur et responsable de la Torah, introduite dans l’histoire afin de l’aiguiller et de l’orienter. Le divin investit l’histoire et ne la supprime pas, les temps messianiques marquant l’accomplissement de l’idéal dans la réalité des faits. A la fin des temps, le règne du Messie, assurera le triomphe sur les empires de ce monde par la délivrance d’Israël et l’inauguration du royaume de D.ieu

(Sources : Thoradigest  – Nahum Botschko, Yechivat Hekhal Eliyahou – Ville de Netanya – Nahum Botschko,Yechivat Hekhal Eliyahou – Rabbi David ‘Hanania Pinto chelita, Hevrat Pinto – Rabbin Jean Schwarz, Lamed -Rav Dufour, Modia –Levi Avtzon, Chabad.org – La Minute d’Etude)

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Images intégrées 8

Il est indispensable de lire la traduction en français de chaque paracha avant ce commentaire pour bien le comprendre.

Texte de la paracha dans la Bible hébraïque ici : Lire le texte

54e Paracha : Vézote habbérakha « Et ceci est la bénédiction » Devarim (Le Deutéronome) 33, 1- 34, 12

La lecture annuelle de la Torah se conclue sur la paracha « Vézote Habérakha »,(Deutéronome, 34,8) où nous sont relatés les derniers jours de Moïse et sa disparition. Le verset dit : « Les enfants d’Israël pleurèrent Moïse durant trente jours. » Nos sages font remarquer qu’à propos de la disparition d’Aaron, qui est décrite dans la section ‘Houkat, ( Nombres, 20,29) le texte nous dit : « Chaque maison d’Israël pleura Aaron», le terme « maison » faisant référence au fait qu’à la disparition d’Aaron, et à la différence de Moïse, les hommes et les femmes marquèrent le deuil. On trouve chez les commentateurs de la Torah deux explications à cette différence (Cf. Avote DéRabbi Nathan 12,4) Selon les uns, (Deuxième opinion citée par le Avoth DéRabbi Nathan. C’est aussi l’opinion du Ibn Ezra, du Panéa’h Raza et du ‘Hizkouni sur la section Bérakha. Voir aussi le commentaire du Or Ha’haïm.) à la disparition d’Aaron, Moïse lui-même prit le deuil pour son frère. C’est donc « par respect pour Moïse que tous, y compris les femmes, prirent le deuil d’Aaron ». (Termes du Panéa’h Raza ibid)  En revanche, à la disparition de Moïse, « il n’était pas de sage de la dimension de ce dernier qui prit le deuil » (Termes du Panéa’h Raza ibid. Selon cette interprétation, comme la seconde citée par le texte, seuls les hommes pleurèrent la disparition de Moïse. Pour autant, d’après cette manière d’expliquer la différence entre la disparition de Moïse et celle d’Aaron, il faudrait comprendre comment celle-ci implique que les femmes se distinguèrent des hommes alors que cette distinction s’explique parfaitement d’après la deuxième optique. C’est peut-être la raison pour laquelle Rachi retient la deuxième opinion car la première n’explique pas la différence d’expression entre « chaque maison » et « les enfants d’Israël ») et c’est pourquoi seuls les hommes pleurèrent sa disparition. Selon d’autres commentateurs, ((Pirké DéRabbi Eliézer chap. 17 et première opinion citée par le Avoth DéRabbi Nathan. Voir aussi le Midrach Cala Rabati chap. 3, Midrach Tan’houma, Edition Bober, Addenda à la section ‘Houkat, commentaire de Rachi sur la section Bérakha (34,8). Voir aussi la traduction araméenne de Rabbi Yonathan Ben Ouziel et commentaire de Rachi sur le verset de la section ‘Houkat (20,29)) c’est du fait qu’Aaron « recherchait la paix et instaurait la paix entre un homme et son prochain, entre une femme et son mari » que tous, hommes et femmes, pleurèrent sa disparition. Alors que pour Moïse, seuls les hommes portèrent le deuil. (On peut ajouter que, pour Moïse, tous les hommes ne portèrent pas le deuil car il n’est pas écrit « tous les enfants d’Israël ». On comprend dès lors pourquoi Rachi précise qu’Aaron apportait la paix entre « un homme et son prochain » et ne se contente pas de mentionner qu’Aaron apportait la paix entre « une femme et son mari ». Car le premier élément explique pourquoi tous les hommes pleurèrent Aaron alors que le second explique pourquoi les femmes aussi portèrent le deuil.)

D’après la première explication, le fait que seuls les hommes pleurèrent la disparition de Moïse met en évidence la grandeur de ce dernier qui fut telle qu’il ne laissa pas de maître d’une élévation équivalente. C’est cette grandeur même qui explique pourquoi seuls les hommes prirent alors le deuil. Par contre, selon la deuxième explication, le même élément semble montrer qu’amener la paix « entre un homme et son prochain, entre une femme et son mari » est une qualité qui n’avait pas atteint chez Moïse la même perfection que chez Aaron. Cela semble étonnant. En effet, au moment où la Torah relate disparition de Moïse, il aurait paru convenable de mentionner ses qualités.(Certes, la Torah, en mentionnant la disparition de Moïse ou d’Aaron, précise toujours la raison pour laquelle ils n’eurent pas le mérite d’entrer en terre d’Israël, à savoir le fait d’avoir frappé le rocher au lieu de lui parler. Mais Rachi prend à chaque fois la peine d’expliquer que cette référence à cette faute a pour finalité de nous apprendre que c’est la seule qui pouvait leur être reprochée. Par conséquent, si ce n’était cette volonté de précision, la Torah n’a pas à mentionner de faute en relatant la disparition de justes tels que Moïse ou Aaron).  De fait, le même passage (Deutéronome, 34,7, 34,10 et versets suivants) nous rapporte que « son apparence [même après sa mort] n’avait pas changé », qu’« il ne se leva plus de prophète comme Moïse… pour tous les prodiges et le bras fort… » Comment donc comprendre qu’en même temps soit mis l’accent sur le fait qu’il n’avait pas atteint la même perfection qu’Aaron dans la recherche de la paix ?

Cette question devient plus forte si l’on analyse de près le commentaire de Rachi qui rapporte la deuxième explication. Rachi commente: « [il est écrit à propos de la disparition de Moïse] ‘les enfants [litt. les fils] d’Israël’, c’est-à-dire les hommes. Mais pour Aaron, du fait qu’il recherchait la paix et instaurait la paix entre un homme et son prochain, et entre une femme et son mari, il est dit ; ‘chaque maison d’Israël’, c’est-à-dire les hommes et les femmes. » Cette formulation du commentaire de Rachi est étonnante. En effet, si son intention était d’expliquer la différence d’expression, il aurait dû commencer par faire remarquer cette différence puis l’expliquer par le fait qu’Aaron recherchait la paix. Mais Rachi  (De fait, les commentateurs cités dans la note 4 adoptent la même formulation de leur commentaire ) commence par mentionner qu’Aaron « recherchait la paix et instaurait la paix entre un homme et son prochain, et entre une femme et son mari », et ce avec une description détaillée (qu’il a déjà donnée dans son commentaire sur la disparition d’Aaron). (On peut remarquer plusieurs différences de formulation entre le commentaire de Rachi sur la section ‘Houkat et celui sur la section Bérakha. Le propos de ce commentaire n’est pas de donner la raison de ces différences.) Il faut donc en déduire que Rachi ne veut pas seulement expliquer la différence entre les deux expressions employées (« les enfants d’Israël » et « chaque maison d’Israël ») mais aussi rappeler cette élévation particulière d’Aaron par rapport à Moïse. La question initiale se trouve donc renforcée : pourquoi Rachi tient-il à mentionner avec précision, dans le passage décrivant la disparition de Moïse, ce qui semble être le contraire d’une élévation par rapport à Aaron ?

Nous ne pouvons pas répondre à cette question en avançant que c’est du fait même de l’élévation de Moïse que la Torah doit préciser cette différence. La recherche de la paix telle qu’on pouvait la trouver chez Moïse aurait pu, du fait de la grandeur de celui-ci, être considérée comme un degré de perfection dont on peut se suffire. Il fallait donc mentionner que seule la recherche de la paix d’Aaron constitue la perfection que la Torah nous demande. Cette réponse n’est pas satisfaisante car elle n’explique pas pourquoi c’est précisément au moment où l’on décrit la disparition de Moïse qu’il fallait apporter cette précision. Force est donc d’expliquer que cette différence entre Moïse et Aaron est un élément dont le rappel est nécessaire dans le contexte de la description de la disparition de Moïse. Et c’est la raison pour laquelle le verset mentionne que seuls « les enfants [c’est-à-dire les hommes] d’Israël pleurèrent Moïse » et que Rachi explicite la grandeur d’Aaron en ce qu’il « recherchait la paix et instaurait la paix entre un homme et son prochain, et entre une femme et son mari ». Il nous reste donc à expliquer en quoi cet élément est nécessaire dans ce passage.

« …Le huitième jour sera pour vous un appel de sainteté et vous approcherez un sacrifice au nom de l’Eternel, ce sera la clôture et vous ne ferez aucun travail. » (Lévitique vayikra 23, 36) « Et le huitième jour, sera clôture pour vous, toute œuvre de travail vous ne ferez pas, et vous offrirez un holocauste de feu, odeur agréable à l’Eternel. » (Nombres bamidbar 29) Chemini Atséret est une fête en elle-même (en diaspora, le second jour se nomme Sim’hat Torah), c’est pourquoi on ne prend pas son repas dans la soucca et on n’agite pas le loulav. Cette fête est comparée au dernier repas qu’un roi offre à son fils qui déclare : Mes enfants, il m’est difficile de me séparer de vous, restez encore un jour. » (Rachi sur Vayikra)  Rabbi Lévi enseigne : Le Saint, béni soit-Il voulut offrir pour chaque mois d’été, une fête à Israël : En nissan Pessah, en iyar le second Pessah (pour celui qui n’aurait pu faire le premier), en sivan, Chavouot. Quand les enfants d’Israël commirent la faute du veau d’or, Il annula les mois de tamouz, av, éloul. Quand arriva tichri, Israël se repentit, alors le Saint, béni soit-Il, offrit trois fêtes Roch Hachana pour compenser tamouz, Kippour pour compenser av et Soukot pour éloul. Il manquait une fête pour tichri, Il donna Chemini Atséret. » (Pessikta de rav Kahana)

« Il y eut un roi en Yechouroun » (Deut. 33,5) Le Hizkuni écrit : Moïse était un roi pour Israël. « Quand se réunirent les chefs du peuple » (Deut. 33,5) Moïse était appelé roi ; il fit sonner la trompette pour réunir toute la communauté d’Israël à la manière d’un souverain. Il s’avéra donc tout à fait normal que ce soit Moïse qui bénisse Israël. Pour Rachi, ce verset signifie que D.ieu est le roi du peuple d’Israël (R.H. 32b) Ces deux interprétations nous enseignent la chose suivante : lorsqu’il s’agit de désigner un chef de communauté ou un juge, ceux qui sont chargés de les nommer doivent auparavant bien s’assurer que les postulants sont dignes d’occuper ces charges, car il arrive très souvent qu’on se trompe sur les gens. Le verset dit : « Ils regardent derière Moïse » (Ex. 33,8) Ils observèrent attentivement et sans relâche toutes les actions de Moïse, pour être sûrs qu’il était digne de devenir roi d’Israël. Moïse fut donc surveillé jusqu’à ce que tout le monde soit absolument convaincu qu’il pouvait devenir un roi parfait. Rachi explique que ce verset fait allusion à D.ieu ; Israël mit D.ieu de nombreuses fois à l’épreuve pour finalement l’adopter comme roi. Ce verset signifie également que le peuple juif prit D.ieu pour souverain après l’avoir longuement observé et éprouvé. (Yéchouroun, nom de la racine hébraïque serait « regarder ») « L’homme de D.ieu » : Moïse est appelé « homme divin », car il prodigue le bien par ses jugements et en respectant les commandements. Il est comme un mari (Ich veut dire à la fois « homme » et « mari ».) qui peut exaucer les vœux de son épouse ou ne pas s’en soucier. Moïse disait à sa guise : « Lève-toi, D.ieu, retour,e D.ieu. » Quand il le voulait, il pouvait demander à D.ieu de rester parmi le peuple juif, exactement comme un mari qui donne des ordres à sa femme ; c’est la raison pour laquelle Moïse est surnommé l’ « époux » de D.ieu. « avant sa mort » : l’ange de la mort se tenait auprès de Moïse afin d’emporter son âme. Moïse le pria d’attendre qu’il puisse finir de bénir Israël.

« Hachem est venu du Sinaï ». Le Toldot Itzhak écrit, en se référant au Ramban : Ce verset nous apprend que Moïse parla d’abord à Israël des bonnes choses : il expliqua que la Chekhina s’était révélée sur le mont Sinaï, puis qu’elle demeura dans le sanctuaire ; elle est restée depuis lors auprès du peuple d’Israël. Le Midrach dit (Lev. R. 13,2, A.Z. 2b, Mekh. Bahodech. Yitro,5) : D.ieu alla voir tous les peuples dans l’intention de leur révéler la Torah. Ismaël et Esaü, qui étaient pourtant fils d’Abraham et d’Isaac, refusèrent de la recevoir  « Oui, il est l’ami des peuples » (Deut. 33,3). D.ieu fit don de la Torah et Il appela le peuple d’Israël : « Mon peuple bien-aimé » « Mais tous les saints sont dans Ta main » (Deut. 33,3). Tous les saints qui ont sanctifié le Nom divin au moment de l’adoration du veau d’or sont dans Ta main, notamment la tribu des Lévites qui mit sa vie en péril en tuant les idolâtres. « Et ils s’abaissent à tes pieds ». Les Lévites mirent aussi leur vie en danger en portant l’Arche et les autres objets de culte. Certains moururent, car ils ne firent pas assez attention en remplissant ce devoir saint. « Chacun porte son poids de Tes paroles ». Les Lévites ont beaucoup étudié, enseigné la Torah et tranché des questions légales ou juridiques pour le peuple d’Israël.

Il est normal de clôturer les fêtes de Tichri dans la joie. Parce que le repentir n’est pas accessible à tous, le repentir nécessite une vie intérieure, beaucoup de gravité, une prise de conscience et il arrive malheureusement assez souvent qu’à l’occasion de Roch Hachana et de Kippour, seuls ceux qui ont une conscience aigüe de leurs responsabilités morales, qui se remettent en question, qui cherchent à approfondir puis y arriver. Lorsqu’on a une vie intérieure intense, on peut faire téchouva et se repentir. Une seconde chance est offerte, comme l’enseignait le rav Kook, à tous ceux qui n’ont pas su profiter des fêtes austères de Roch Hachana et de Kippour pour se repentir et qui trouvent en Souccot et particulièrement en Chemini Atseret (Sim’hat Torah) une dernière occasion de se repentir. Ils ne le font pas par la prière, mais par l’ouverture au monde, par l’accueil, par le respect des autres, par la joie. Nous savons que le repentir peut se faire par la crainte, mais aussi par la peur ou par la joie, celle de vivre ensemble et de vivre bien avec les autres. A l’époque du Temple, Israël offrait des sacrifices au Temple, des taureaux au nombre de 70, le même nombre que les nations de la terre, avec les 70 langues, les 70 cultures, les 70 manières d’être homme et les 70 juges du Sanhédrin. Ainsi, était-il très important d’offrir 70 taureaux. Cela rappelait qu’on n’était pas seulement tournés vers soi-mêê, mais vers le chiffre 70, vers l’humanité entière avec toutes ses différences, ses particularismes dont il faut savoir parfois se détacher lorsqu’ils sont mauvais pour nous et parfois s’en inspirer, parce que c’est bénéfique pour les homme et pour Iisraël. Alors, cette ouverture sur les 70 nations, sur les 70 manières d’être homme, mais aussi avec Sim’hat Torah, la joie dans la Torah. Tout cela donne à ces fêtes un sens du vivre ensemble, mais aussi une véritable joie, un vrai bonheur d’être juif.

La plupart des Juifs oublient que Jérusalem et la terre d’Israël sont un lieu de bénédiction pour l’ensemble de la Création et des peuples et ils se cantonnent dans les positions suivantes (ou bien une assimilation dans la culture des autres nations et ne faisant de leur judaïsme qu’une religion avec quelques prières pour le gouvernement de leur pays, ou même en oubliant cela; ou bien un nationalisme fermé à finalité fermée, considérant les autres nations et religions à distance comme d’autres univers ou erronées). En cette paracha sur la bénédiction, Rachi nous rappelle la véritable fonction de bénédiction du peuple juif pour tous: – sur le verset 33,17 de la paracha « aux extrémités de la terre », il écrit « Il n’y avait pas, vraiment, de prince ou de roi qui n’ait acquis sur la terre d’Israël un palais ou un terrain car elle possédait de l’importance pour eux tous comme il est écrit en Jérémie 3,19: un patrimoine désiré par les armées des nations. »- sur le verset 33,17 de la paracha « et des trésors », il écrit: « les marchands des autres nations viendront et verront alors tout Israël adorer un D.ieu unique et manger la même nourriture alors que chez les adorateurs d’idoles chaque divinité ne ressemble pas à celle de l’autre ni la nourriture de l’un à celle de l’autre. Et alors ils se convertiront mitgayérin comme il est écrit « cham yizbé’hou zivhé tsédéq « , et là ils sacrifieront des sacrifices de justice ». Et le Talmud développe ces thèmes (Sanhédrine). Cet enseignement d’un judaïsme ouvert aux peuples et à leur conversion éventuelle sans difficulté en étonnera beaucoup. Nous n’avons pas encore rectifié les erreurs de l’histoire dues aux persécutions que nous avons subies.

Nos ennemis de par le monde et l’histoire recherchent la faille chez le peuple juif, l’endroit ou le noyau au sein duquel le judaïsme n’a plus siège, là où Moïse est bel et bien mort et enterré. Des fois il leur semble que cela est le cas en haut de l’échelle sociale, chez les intellectuels qui sont si ouverts aux cultures étrangères, ou chez les industriels et les cadres si bien assimilés; mais oh erreur, dès qu’ils regardent de plus près, ils s’aperçoivent que le judaïsme est encore lá, bien vivant, quoique peut-être sous-jacent ou caché à l’intérieur de leur cœur.  Et nos ennemis alors de tourner leur regard vers le bas de l’échelle sociale, vers la classe pauvre et opprimée. Tiens! Là il leur semble que Moïse ait été effacé de leur pénible existence. Et mais non! Là encore tout au contraire, Moïse est vivant, et c’est sa Torah qui les maintient même, qui leur permet de survivre, de se rehausser.  Nos ennemis en viennent à s’organiser afin de mettre un terme à cette lueur juive. Peine perdue. Echec à tous les efforts d’extermination, tant du corps que de l’esprit. Des Grecs aux Romains, des Nazis aux Soviétiques, personne ne réussit á trouver le tombeau de Moïse. « Moïse est mort le 7 Adar », mais aussi « Moïse est né le 7 Adar » : s’il est arrivé qu’en un endroit quelconque, ou dans un cercle quelconque Moïse fût mort, aussitôt, dans un autre endroit, le voilà bel et bien vivant. Si dans une génération il y a une grande assimilation, voilà que dans la prochaine génération la lueur rejaillit. Aucun effort, tant interne qu’externe, n’arrive à faire tarir cette source qu’est la Torah; elle est partout, elle s’infiltre dans tous les cœurs, et c’est elle que nous fêtons joyeusement en ce jour de Simhat Torah.  La tête haute et avec fierté nous la portons, car c’est elle qui nous transporte et nous élève.

Le Talmud nous enseigne qu’il n’y a aucune coïncidence entre le choix de la période de l’année où nous célébrons notre foi en D.ieu et Souccot. Ceci semble arbitraire. Comment un séjour de 40 ans dans le désert peut-il se traduire par une semaine particulière dans l’année ? En fait, le temps de Soucca ainsi que la structure physique de la Soucca ont un rapport essentiel avec l’identité.juive Nous ne quittons pas nos maisons à cause de la canicule extérieure, nous laissons nos maisons pour éprouver notre vulnérabilité. C’est à ce moment-là que nous ne semblons pas aveuglés par l’amour de D.ieu. Il faut relever des défis vis à vis de la vie elle-même. Nous, les Juifs, nous n’avons pas été créés pour avoir un ” logement permanent “. Nous avons été créés pour la Soucca. Quand nous devons nous déplacer dans une ruelle de façon rapide, nous pouvons être effrayés. C’est un choix que nous avons à faire, notamment dans les moments où notre foi est examinée. Ce que nous pouvons percevoir, c’est l’éternité de la Soucca. Aussi nous pouvons envisager avec sérénité n’importe quel ” désert ” dans lequel D.ieu veut nous faire voyager.Selon le Midrach, le Tout-Puissant avait comme intention première au moment de la Création que les fruits et l’écorce des arbres aient le même goût. Mais les arbres se sont rebellés et seul l’un d’entre eux a développé cette qualité unique, le cédratier. L’écorce du cédratier et le cédrat, ou étrog, ont le même goût.

Souccot, la saison où nous utilisons l’étrog et trois autres espèces végétales comme point central de nos prières – représente un retour à cet état idéal où rien n’est perdu ; où chaque chose a un but et une signification, où même l’écorce a le goût du fruit. Nous pensions peut-être que les fauteurs (l’écorce) n’étaient pas connectés au peuple juif, nous pensions peut-être que les fautes (l’écorce) que nous avions faites dans le passé, étaient perdues à jamais. A Souccot, nous sommes réunis avec le noyau de bien qui réside dans ces morceaux oubliés, de notre peuple ou de nous-mêmes. En cela se trouve la plus grande joie. La joie ultime est la joie de retrouver ce que nous avons perdu. Et c’est pourquoi Souccot est appelé « le temps de notre joie ». A Souccot, nous ne recevons rien de nouveau. Nous retrouvons ce que nous avions un jour. L’eau dans laquelle nous avons jeté nos fautes, est maintenant récupérée pour accomplir la plus joyeuse cérémonie. Cette joie est la joie de la réunion avec cette partie de nous-mêmes que nous pensions perdue. Cette joie émane d’un sentiment de complétude et d’entièreté, une joie qui « si vous ne l’avez jamais vu, vous n’avez jamais vu de joie de votre vie ». La joie que nous ressentons en abordant la vie avec foi, a le pouvoir non seulement de nous changer individuellement et en tant que juifs, mais également de changer la face du monde.

PS Qadoch signifie sainteté ou séparation

(Sources : Chabad.org – Consistoire de Paris -Amitié judéo chrétienne de France – Grand Rabbin de France Gilles Bernheim – Rav Dufour, Modia – Rabbin Ye’hiel Yaakov Weinberg, Lamed – louyehi)

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Nous recommençons à présent un nouveau cycle d’une année avec la paracha hebdomadaire, un condensé des années précédentes :

Il est indispensable de lire la traduction en français de chaque paracha avant ce commentaire pour bien le comprendre.

Texte de la paracha dans la Bible hébraïque ici : Lire le texte

1ère paracha Béréchite  « En un commencement de… «  Béréchite (La Genèse) 1, 1 – 6, 8

Paracha lue Chabbat 28 septembre 2013 – 24 Tichri 5774

Après avoir célébré Sim’hat Torah, où nous avons dansé, chanté et lu la fin de la Torah et son début, enchaînant ainsi la dernière phrase de la Torah (où Moché termine par une louange) avec la première, celle de la Création. Rachi dit que la Torah se termine par le fait que Moché ait brisé les Tables de la Loi écrites par la main divine et que D.ieu l’en a félicité, parce que lorsqu’il descendit du Mt Sinaï et qu’il vit ce que le peuple s’adonnait à l’idolâtrie du veau d’or, il savait que selon les tables de la loi, la punition que méritaient les enfants d’Israël était l’extermination. Il brisa les Tables en disant à Hachem que si la Torah était là pour détruire son peuple, son peuple n’en voulait pas. Et Hachem le félicita.

Ainsi Moché avait bien compris à quel point Hachem aime Son peuple et à quel point il est interdit de se décourager, même si les textes semblent affirmer le contraire. Rabbi Na’hman le disait avec force et vigueur : « le désespoir n’existe pas ! » Lorsque nous limitons notre rapport avec Hachem à une relation punition/récompense, nous sommes sans le savoir les victimes du « yetser hara » (penchant au mal) nous dit G. Chouraqui. Certes, la faute est grave, surtout quand elle est volontaire, mais il y a toujours de l’espoir. « Au commencement D.ieu créa le ciel et la terre » (premiers mots de la Torah). Et Rachi nous dit : ce commencement c’est Israël. Hachem a créé le monde pour nous permettre de nous épanouir et pas pour nous voir souffrir. Lorsqu’on sait relier la fin de la Torah à son début, alors c’est la joie de Sim’hat Torah, une joie basée sur la conviction qu’Hachem est bon et que la Torah qu’Il nous a donnée pour apprendre à Le connaître et à L`aimer est bonne elle aussi. Le commencement c’est de choisir d’être heureux, avec Hachem et Sa Torah.

Ce premier livre de la Bible, qui a pour nom, comme cette paracha « Berechit » est très longue, et est le fondement de toute la Torah. La première mitsva que nous rencontrons dans la Torah est celle de procréer (pérou ourévou), ce qui est demandé à nouveau dans la paracha suivante : Noa’h. Cette paracha raconte la création du monde par le Créateur et traite du but de cette création, qui est le peuple d’Israël, de la raison d’être de l’univers ainsi que de l’humanité et du fonctionnement de l’homme, de la présence divine également répartie entre l’homme et la femme et par extension, elle traite du couple juif, de la famille juive et de la société juive. Nous y voyons l’apparition du premier homme, Adam, créé avec de la glaise et qui, seul sur la terre, s’ennuyait. La tradition nous apprend qu’on situe le « Gan Eden » (Jardin d’Eden) à Jérusalem et que c’est là que le monde commença. On assiste à la création de sa compagne, Eve, tirée du « côté » d’Adam. Pour cela le Créateur le plongea dans un profond sommeil. Puis Eve écoute la voix du serpent (qui représente Samaël (un démon), et mange du fruit de l’arbre de la connaissance que D.ieu avait interdit de « manger ».

Mais le serpent agit avec perfidie et adresse : il parle à Eve en lui demandant ce qu’a dit D.ieu. Celle-ci répond que le Créateur a interdit de « toucher » de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Le serpent lui répond qu’elle ne mourra pas et l’invite à toucher l’arbre. Voyant que c’était la vérité, Eve cueillit le fruit, en mangea et en donna à Adam. (Image symbolisant la faute). Tous deux furent chassés du Gan Eden (jardin d’Eden) et de ce jour l’homme devint mortel, dut travailler à la sueur de son front et la femme enfanter dans la douleur. Quant au serpent, il fut désormais privé de ses pattes et condamné à se traîner dans la poussière. Après la naissance de leur descendance  première :  Caïn et Abel, un drame éclata. Caïn tua son frère (manque de dialogue entre les deux frères). Exil de Caïn et naissance d’autres enfants, dont on nous donne les noms.

Nous savons qu’après avoir tué son frère cadet Abel, qui exerçait le métier de pasteur de menu bétail (parce que le sacrifice de celui-ci avait été agréé par D.ieu et pas le sien, Caïn (qui était agriculteur) dut s’exiler et fut condamné à l’errance, mais il eut de nombreux enfants. Adam et Eve eurent d’autres enfants, garçons et filles et on sait que leur 3ème fils fut nommé Seth. En sont issues 8 générations jusqu’à Noé. Adam vécut 930 ans. D’Eve on ne dit rien à ce sujet, mais les Rabbins nous apprennent que c’est Eve qui disparut d’abord et qu’Adam l’enterra dans la caverne de Makhpela. Voici les noms des fils d’Adam et Eve : Caïn, Abel. La postérité d’Adam et Eve par Seth (qui vécut 912 ans) fut la suivante : Énosch vécut 905 ans, Kénan vécut 910 ans, Mahalaleel vécut 895 ans, Jéred vécut 962 ans. Hénoc vécut 365 ans Metuschélah vécut 969 ans, Lémec vécut 777 ans et engendra Noé.

La Torah commence par la lettre « beit » de BERECHIT, seconde lettre de l’alphabet hébraïque, donc  de valeur 2 en guématria. Car tout se joue en couple dans la Torah.(ajout personnel : 0n pourrait dire  aussi que le verbe avec lequel Hachem créa le monde commence aussi par la lettre « beit » acher bara Eloqim) Dans la dernière partie de la paracha et dans l’optique de la procréation, on nous présente la prière du Chla pour avoir une descendance conforme à la Torah. Mais approfondissons cette paracha avec le rav Dufour sur le site Modia, qui nous explique que la paracha Béréchit nous enseigne également comment vaincre les ténèbres. Pourquoi D.ieu a-t-il, à la création du monde, séparé la lumière des ténèbres ? ‘’Au commencement, D.ieu avait créé le ciel et la terre. Or, la terre n’était que solitude et chaos ; des ténèbres couvraient la face de l’abîme et le souffle de D.ieu planait sur la face des eaux. D.ieu dit : « que la lumière soit ! » Et la lumière fut. D.ieu considéra que la lumière était bonne et il établit une distinction entre la lumière et les ténèbres.’D.ieu appela la lumière Jour et les ténèbres Nuit. Il fut soir, il fut matin, – jour un.’’Au cours du 1er jour de la Création, la Bible dit : « il fut soir, il fut matin, jour un » Dans cette simple phrase  réside l’explication du « jour juif. » En effet, chacun sait que les journées du Juif, bien qu’elles durent elles aussi 24h, débutent non pas à l’aube, comme pour le reste du monde, mais avec la tombée de la nuit. Cela tient au fait que le Juif respecte scrupuleusement et « à la lettre près » tout ce que contient la Bible et n’a jamais cherché à l’interpréter au mieux de ses intérêts, mais uniquement dans le but de respecter la parole de son Créateur. Mais de quelle lumière parle-t-on lorsqu’on lit : « Et la lumière fut »? On sait, car cela est dit dans le Texte de la Bible, que D.ieu ne créa les deux luminaires (soleil et lune) que le 4ème jour de la Création.

Pourquoi, lors de la création du monde, D.ieu a-t-il séparé la lumière des ténèbres ? A un premier niveau de compréhension, Rachi nous explique que c’est parce qu’il ne convenait pas de tout mélanger et de crééer un tohu bohu (tohou vavohou), ce qui aurait signifié retourner au chaos. Mais il y a lieu de s’étonner lorsque le Créateur prend soin, dès qu’il voit la lumière, de la délimiter et de mettre ailleurs les ténèbres. (A un second niveau, Rachi nous dit que le Créateur a vu que les méchants ne feraient pas bon usage de la lumière. C’est pourquoi il l’a bien séparée des ténèbres. En voyant ce qui se passerait à la génération du déluge (et de telles situations se sont, malheureusement depuis, reproduites) D.ieu n’a pas voulu laisser abîmer cette lumière par la perversité humaine, qui ne veut que détruire. Alors quelle est cette ‘ lumière primordiale’ dont on parle ici, et où est-elle maintenant ?  Ainsi cette lumière n’est elle pas celle que nous connaissons C’est tout simplement la « lumière divine », dont la tradition nous dit que D.ieu l’a gardée pour les justes. Cette lumière, c’est celle qui jaillit quelquefois dans les trop rares moments de pureté de l’être et qu’on trouve dans l’abandon confiant, dans la pureté d’un regard ou dans la vérité d’une parole. Cette lumière D.ieu l’a mise de côté pour les justes, dont ceux-ci pourront jouir non pas dans ce monde, mais dans le monde à venir.‘’D.ieu appela la lumière Jour et les ténèbres Nuit. Il fut soir, il fut matin, – jour un.’’

Hachem nous demande aussi de respecter toutes les créatures. « Voici le livre des générations d’Adam, le jour où l’Eternel créa Adam, Il le fit à sa ressemblance » Berechit (5,1) Rabbi Akiba dit : « aime ton prochain comme toi-même est l’un des principes les plus importants de la Torah ». Ben Azaï affirme d’ailleurs que : « Il le fit à sa ressemblance » est un principe encore bien plus important. (Talmud Yeroushalmi Nedarim 9,4) Pure création de D.ieu, l’homme doit être respecté parce qu’il a été conçu et créé par le Maître de l’univers. L’Eternel chérit toutes Ses créatures, c’est pourquoi nous devons toutes les respecter et honorer l’homme. Le Sefer Orekh Yamim explique de la manière suivante le verset de la Michna Avot « Qui est digne d’honneur ?  Celui qui honore les autres. » Comme il est écrit : « Ceux qui M’honorent, je les honorerai ». (Samuel 1,2.)

Ainsi dans le site « Cyber contact » il est rapporté : « Le rav Yaacov Yossef Herman, l’un des pionniers du judaïsme américain, avait l’habitude de recevoir des dizaines de personnes à déjeuner le jour du Chabbat. Lorsqu’il revint de la prière un certain Chabbat, il nota que l’un de ses invités était assis tout seul à une petite table dans un coin. L’invité semblait dévorer la nourriture en en parsemant une bonne partie autour de l’assiette de telle sorte que les autres invités l’avaient cantonné au fond de la pièce afin qu’il continue ses agapes tout seul. Le rav Yaacov Yossef Herman se lava les mains et au lieu d’aller s’installer à sa place habituelle, à la tête de la table d’hôte, il prit une chaise et la traîna à travers la pièce pour aller s’installer à la table de cet ‘ invité indésirable…’ « Rav Yaacov Yossef, » s’écrièrent les autres invités, « pourquoi ne vous installez vous pas à la tête de la table, comme d’habitude ? Je ne crois pas que Rav Meir souhaite manger tout seul » dit tranquillement le rav. Les invités continuèrent à inciter le Rav à venir s’installer à sa place habituelle. Il finit par accepter, emmenant, bien évidemment, avec lui Rav Meir à la tête de la table, à ses côtés. » Ainsi même si, en soi, un être humain n’est pas véritablement digne d’honneur (il est fait de chair et de sang, avec toutes ses faiblesses), nous  devons le respecter parce qu’il abrite en lui une étincelle divine.

« Et la terre était tohu vohu » (Gen 1, 2). Selon Na’hmanide, le mot tohu désigne une matière extrêmement fine (dak méod), inconsistante (eyn bo mamach), créée ex-nihilo, possédant la faculté de recevoir une forme et de passer du potentiel au concret. C’est littéralement la matière première, et c’est à partir de cette matière que D.ieu a tout créé. Bohu désigne la forme vêtue par cette matière. Le mot se compose de deux mots : « bo hou, en lui, il y a », « en lui, dans cet élément, se trouve une forme » (Nahmanide et Rabbénou Be’hayé). « La terre était tohu et vohu » et on serait tenté de dire « La terre est tohu et vohu ». Le monde qui nous entoure est sans dessus dessous. Le mot tahah signifie s’étonner, être surpris, rechercher la nature d’une chose. Le mot tohu désigne donc le sentiment que l’homme ressent face à une situation trouble et confuse. Rachi explique : « tohu signifie étonnement et stupeur « car l’homme s’étonne et reste stupéfait sur le bohu, sur le contenu » de la création. Dès l’origine, la question est lieu de questionnement, de stupeur face à l’immensité de la nature. Le premier regard posé sur ce qui nous entoure est un regard admiratif et interrogateur. Puis, dans un second commentaire, Rachi cite la traduction en vieux français de tohu : étourdissement. A ses premières heures, le monde est un espace d’étourdissement, d’absence de repère. En liant ces deux commentaires de Rachi, on peut dire que l’étonnement qui provoque la stupéfaction débouche sur l’étourdissement. Autrement dit, certaines questions peuvent paralyser, endormir, pousser à la passivité. Le pourquoi de la vie et de la destinée terrestre risquent de mener l’homme vers le laisser aller, vers le tohu. Mais dans le judaïsme, l’interrogation sur le sens de la vie est au contraire moteur d’éveil et d‘action. Le juif est celui qui met fin au tohu, à l’étourdissement. C’est bien ce que dit un enseignement talmudique connu : « il eut 2 000 ans de tohu, puis Abraham apparut. » Dans le tohu c’est-à-dire dans la question, se dissimule le bohu, le lieu du sens.

(sources G.Chouraqui, terredisrael –  Rav Mordekhaï Chriqui, Dr Avraham-Gilles Morali, l’Essence de la Torah – Modia- Rabbin Jacky Milewski, irpoudemain)

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Il est indispensable de lire la traduction en français de chaque paracha avant ce commentaire pour bien le comprendre.

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2e Paracha : Noa’h « Noé » Béréchite  (Genèse) 7, 1 – 11, 32   5769 revue en 5770

Paracha lue Chabbat 5 octobre 2013 – 1er ‘Hechvane 5774

La seconde paracha traite du déluge et quel homme ou femme être, choisir, persévérer, fructifier et apporter une bénédiction discrète dans un monde de violence, même si le prix à payer pour cela passe par l’isolement et la différence. Nous apprenons la généalogie de Noa’h, (Noé) homme juste, mais qui n’avait cependant pas transmis correctement ses principes de vie à sa descendance. Avant le déluge, le monde était composé d’un seul continent, le climat était doux, la végétation florissante (Midrach Rabba c.35). L’homme devint oisif, idolâtre, sombra dans le vol et la débauche, ce qui provoqua le courroux divin (Genèse Noa’h 6,11-14). Hachem n’ayant pu trouver qu’un juste et sa famille sur la terre (tout le reste du monde étant corrompu), Il décida d’y mettre fin et invita Noa’h et sa famille à se construire une arche goudronnée et étanche pour y placer des couples de tous les animaux de la terre afin de les sauver du déluge. Il est aussi question, dans cette paracha, de la tour de Babel, le don de D.ieu : l’arc-en-ciel, signe qu’Il ne détruira plus jamais la terre, l’ivresse de Noé et la conduite différente de ses fils et on passe en revue les générations jusqu’à Abraham.

Le projet divin est non seulement la science de l’univers comme lieu d’expansion de la bénédiction divine, mais aussi la connaissance de la vie interne de D.ieu dans une relation au niveau masculin-féminin, à l’image du Créateur entre Haqqadoch Baroukh Hou et la Chékhina. Mieux, D.ieu a remis à l’homme une certaine influence sur la Création en lui permettant de faire le « tiqqoune » afin de réparer le monde en montrant à l’homme que c’est par les prières et les mitsvotes que cela peut se faire. On nous montre comment découvrir le meilleur en chacun dans le peuple (qui n’est alors pas encore Juif) et on nous explique comment orienter sa vie vers le bien en commençant par respecter les mitsvote et comment devenir un homme juste ayant la crainte du Ciel, un « tsaddiq bitemimoute ».

La paracha nous permet d’assister  à l’entrée de Noa’h, (qui fut chargé d’être à l’origine du « nouveau monde »), de sa famille et des couples d’animaux de la Création dans l’arche, au déluge, puis les différentes tentatives pour savoir si la terre commençait à être libérée de l’eau qui l’avait recouverte et noyé tous les « rachayim » (les méchants) d’abord en lâchant un corbeau, puis une colombe. Après 40 jours et 40 nuits de pluies diluviennes, lorsque les eaux refluent et que D.ieu permet à Noé et à sa famille de descendre sur la terre ferme, du côté du Mont Ararat, où l’arche avait échoué. Le Créateur conclut avec eux une alliance et leur promet de ne plus détruire l’humanité, en offrant au monde le magnifique arc en ciel, qui rappelle cette promesse. Puis Hachem donne les 7 « lois Noa’hiques », qui aujourd’hui encore sont en vigueur pour ce qui concerne tous les peuples de la terre, les Juifs ayant reçu plus tard la Torah avec ses 613 « mitsvote » commandements.  Il s’agit d’un enseignement complet destiné aux descendants de Noa’h et non d’une religion. Il n’y a aucun culte ou rituel à rendre. Il suffit d’appliquer ces lois au quotidien, qui sont :

1Reconnaître qu’il n’y a qu’un seul D.ieu, Infini et Suprême au-dessus de toute chose. (Ne pas Le remplacer par des idoles, qu’il s’agisse de nous-même, ou d’autres créatures. Ce commandement inclut des actes tels que la prière, l’étude et la méditation.) 2- Respect du Créateur. (Quelle que puisse être la mesure de notre frustration ou de notre colère, ne pas la laisser pas éclater en blasphémant contre notre Créateur.) 3- Respect de la vie humaine. Tout être humain est un monde entier, (donc sauver une vie, c’est sauver le monde entier. Détruire une vie, c’est détruire un monde entier). 4- Respect de l’institution du mariage. (Le mariage est un acte divin par excellence. Le mariage d’un homme et d’une femme est un reflet de l’unité de D.ieu et de Sa création. La déloyauté dans le cadre du mariage est une atteinte contre cette unité.) 5- Respect des droits et de la propriété d’autrui. (Soyons honnêtes dans toutes nos entreprises commerciales. En comptant sur D.ieu plutôt que sur nos propres manigances, nous exprimons notre confiance en Lui en tant que Pourvoyeur de Vie.) 6- Respect des créatures de D.ieu. (A l’origine, il était défendu à l’homme de consommer de la viande. Après le Déluge, celui lu fut autorisé, mais avec une mise en garde : ne pas causer de souffrances inutiles à une quelconque créature, donc, ne pas consommer un animal ou un membre d’animal vivant parce que cela est cruel (Ce qui signifie, entre autres, – ne pas consommer d’huîtres. Sont également interdits : anguilles, fruits de mer et coquillages en tous genres – dont crevettes, crabes, écrevisses, homards, etc… – à noter d’ailleurs que leur cuisson se fait « de leur vivant » ! cruel, non ? …) 7- Maintien de la justice. (La justice est l’affaire de D.ieu, mais nous avons le devoir d’édicter des lois nécessaires et de veiller à leur application dans tous les domaines possibles, car lorsque nous rectifions les errements de la société, nos actions font de nous des partenaires dans la perpétuation de la création.) 

Le Rav Shaoul Sillam nous apprend que la raison pour laquelle Hachem a détruit tout règne végétal, animal et humain en le submergeant, visait en quelque sorte à purifier l’humanité, à la manière d’un gigantesque mikvé. (Torah Or, début de la Paracha Noa’h). Cette idée de mikvé accompagne tout mouvement de sanctification dans le judaïsme. Le Créateur donne un ordre à la famille de Noé : «  Croissez et multipliez et remplissez la terre ! Que votre ascendant et votre terreur soient sur tous les animaux de la terre et sur tous les poissons de la mer, sont livrés en vos mains. Tout ce qui se meut, tout ce qui vit, servira à  votre nourriture ; de même que les végétaux, je vous livre tout. Toutefois aucune créature tant que son sang maintient sa vie, vous n’en mangerez. Toutefois encore, votre sang, qui fait votre vie, j’en demanderai compte : je le redemanderai à tout animal ; et à l’homme lui-même, si l’homme frappe son frère, je redemanderai la vie de l’homme. Celui qui verse le sang de l’homme, par l’homme son sang sera versé ; car l’homme a été fait à l’image de D.ieu ».

Puis la paracha nomme toutes les générations jusqu’à Abraham : ADAM, SETH, ENOCH, KENANE, MAHALALEL, YERED, ‘HANOKH, METOUCHELAH, LAMEKH, NOA’H, soit les 10 générations depuis la création du monde, puis les 10 générations suivantes, avec CHEM, ARPACHAD, CHELA’H, EVER, PELEG, REOU, SEROUG, NA’HOR, TERA’H et AVRAHAM. (Abraham se situe donc à la 10ème génération de Noa’h et à la 20ème génération d’Adam.) et conclut avec le sujet qui termine l’histoire commune universelle et commence celle du peuple d’Israël : Abram. Celui-ci, sur la demande du Créateur, quitte la ville d’Our Kasdim avec sa femme Saraï, son père Tera’h et son neveu, Loth, pour se diriger vers le pays de Canaan, mais ils s’arrêtent en chemin à Harran.

Cependant, alors que quelques temps après, Noé ayant planté une vigne s’est ennivré. Son second fils, ‘Ham, « découvre sa nudité, » et colporte l’incident à ses frères, méprisant ainsi son père et réduisant à néant son autorité, en conséquence de quoi son propre fils,Canaan, ne saura plus ce que le terme « filiation » signifie  et créera un monde sans cette notion, un monde sans mémoire, où les hommes n’existent que par le rôle qu’ils occupent dans la société. Il sera maudit à travers son fils Canaan. Les autres fils de Noé, Chem et Yafet, agissent de manière remarquable. Ils ne jugent pas leur père mais le protègent dans sa déchéance, couvrant sa nudité d’un manteau. Les fils de Noé engendrent les diverses nations du globe. Puis, certains de leurs descendants construisent une tour s’élevant jusqu’aux cieux dans le but d’atteindre D.ieu, mais Lui descend et provoque la confusion des langues. C’est alors la naissance des langues des nations.

Pourquoi les hommes ont-ils construit la tour de Babel ? Les rescapés du déluge (après seulement 340 ans auparavant) – Seder ‘Olam Rabba – voulurent se réunir autour d’un projet qui leur semblait essentiel : construire une tour  qui permettrait de faire savoir aux voyageurs les plus lointains qu’ici se trouvait une ville ; d’autre part, elle aurait l’avantage d’offrir la possibilité de guetter de son sommet les ennemis qui tenteraient d’attaquer la ville. Mais ce projet déplut tant à Hachem qu’Il jugea nécessaire d’intervenir. Qu’y avait-il donc de si grave à vouloir construire une telle tour ? Il se trouve que les auteurs de ce projet désiraient que l’Histoire retienne leur nom et étaient prêts à utiliser tous les moyens pour atteindre ce but, qu’il soit licite ou non. Mais même si vouloir laisser une trace sur cette terre est une bonne chose en soi, et qu’œuvrer pour faire connaître un projet est quelque chose d’encore plus constructif, le contenu de l’idée et le message diffusé constituent cependant des points capitaux.

C’est précisément sur ces points que le projet de la tour de Babel présentait de grosses lacunes, car avoir pour seul but de se faire connaître ne va pas dans le sens des principes de la Torah et la mise en avant excessive de son « ego » ne peut mener son ou ses auteurs qu’à une punition. Visiblement, ces hommes n’avaient tiré aucune leçon du déluge et Hachem intervint. L’épisode de la tour de Babel veut nous enseigner qu’Hachem attend de nous non pas que nous voulions nous « faire un nom », (Noa’h 11, 4) mais que nous construisions « une ville et sa tour », mais cet édifice doit être une synagogue, une maison d ‘étude, lieux de Torah et fierté d’une ville. Ces lieux de Torah permettront de chasser l’ennemi  le « yetser hara » mauvais penchant, de notre vie et constitueront un témoignage éternel de notre passage sur cette terre. Ainsi pouvons nous entrer dans la véritable histoire de la Torah. Hachem dispersa ces hommes sur toute la surface de la terre… et confondit le langage des hommes » (Noa’h 11,8-9) C’est donc dans l’épisode de la tour de Babel que prend source la diversité des langues et les descendants de Noa’h auraient dû se préoccuper d’assigner un objectif moral à leur existence. D’autant plus que se limiter au seul objectif de « se faire un nom » sous-entendait nécessairement le recours à des voies allant à l’encontre de la justice et de la droiture. Ainsi, dispersés malgré eux à la surface de la planète, les hommes de la Tour ainsi que leurs descendants auront pour mission, 4000 ans durant, de préparer – souvent à leur insu – le monde à sa vocation : la rédemption finale, c’est-à-dire le dévoilement ici bas de la Divinité, par le biais du travail humain.

En conclusion, le projet divin est non seulement d’établir un lien entre D.ieu et l’homme, mais c’est aussi .la science de l’univers comme lieu d’expansion de la bénédiction divine et la connaissance de la vie interne de D.ieu dans une relation au niveau masculin-féminin, à l’image du Créateur entre Haqqadoche Baroukh Hou et la Chékhina. (Présence Divine). Mieux, D.ieu a remis à l’homme une certaine influence sur la Création en lui permettant à la fois de faire le « tiqqoune » afin de réparer le monde en montrant à l’homme que c’est par les prières et les « mitsvote » (commandements) que cela peut se faire tout en transmettant Sa parole, en donnant l’exemple dans notre propre génération. Autrement dit, il faut essayer d’être un Homme à l’image de D.ieu. « Le rôle du Juif est si important au monde qu’il en empêche la destruction, c’est comme si, par lui, le monde était recréé. » Yoma 38b. Ainsi, la paracha nous enseigne comment découvrir le meilleur en chacun dans le peuple et on nous explique comment orienter sa vie vers le Bien en respectant les « mitsvote » (commandements) et en étant un homme juste ayant la crainte du Ciel, un « tsaddiq bitemimoute 

(Sources Levana L. Sola  « Malkhout.com » – Rav Shaoul Sillam Rav Yaacov Levi, – Rav Dufour, Modia -Le P’tit Hebdo – site Loubavitch – Rav David Pitoun Kountras)

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Il est indispensable de lire la traduction en français de chaque paracha avant ce commentaire pour bien le comprendre.

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3e Paracha : Lékh lékha « Va vers toi-même »Béréchite (La Genèse) 12, 1 – 17, 27

Paracha lue Chabbat 12 octobre 2013 – 8 ‘Hechvan 5774

La paracha nous montre le parcours d’Abraham en tant que re-créateur patient de l’homme, des relations entre les hommes et de la fidélité au Créateur. Ce que Noa’h avait commencé va être continué par Abram-Abraham. Car Hachém avait dit à Abram : « Va vers toi-même, hors de ton pays, de ta patrie et de la maison paternelle, vers le pays que je t’indiquerai. Et Je ferai de toi une grande nation et Je te bénirai, Je grandirai ton nom, et tu seras bénédiction. » Dans Ma’hsof halavane, Rabbénou Yaâqov Abou’hatséra nous fait comprendre, par l’intermédiaire du Rav Dufour, le projet global de ce verset de la Torah. Le fait que Hachém dise « lékh lékha », va vers toi-même, (en raison de ce que tu es toi-même) » avant d’indiquer d’où partir et vers où aller pour y atteindre le maximum de la qédoucha (sainteté) divine signifie que Hachém indique à Avram et, par extension, à tout son peuple qu’il est digne de ce parcours et qu’il n’a pas à le refuser en pensant que ce programme le dépasse; car lui-même, Avram, est fait dans la nature de ce but, dans la matière de cette terre qui est le lieu de la présence divine. Mais bien plus, Hachém lui fait comprendre que, par cette similarité de nature qui constitue le peuple juif dont il est le prototype, le père du peuple, il va atteindre à la véritable dimension de son être, de sa « néchama » (son âme) qui est composée de néphéche, roua’h et néchama.Ainsi Avram voyait-il la lumière de la terre sainte, lumière de loin (Béréchite 22, 4), à partir de la lumière qu’il découvrait en lui-même, au cœur de son propre être.

Pour y parvenir, il faut abandonner tout ce qui constitue la participation à une réalité autre que la pureté de cette lumière. C’est pourquoi Hachem a dit à Avram : « sors de ta terre », car l’homme absorbe généralement de manière automatique les caractéristiques propres au pays qu’il habite, dont le judaïsme devient alors la note mineure et non plus la note dominante de l’être, absorbé dans le climat environnant (Traité Kétouvote p. 109-110). On a alors tendance à adopter le dieu du pays. Le Talmud dit : « C’est comme s’il n’avait plus le D.ieu d’Israël ». Puis Hachem utilise le terme de patrie « molédéte » et ensuite il dit « quitte la maison de ton père », de celui qui avait intégré toute l’âme de ce pays. Alors ensuite seulement, il pouvait atteindre à la plénitude de la terre d’Israël : « Je ferai de toi un grand peuple» de par cette identité noble (phrase correspondant au concept juif de « néféche ». Ensuite Hachem dit : « Puis Je te bénirai » (ce qui correspond au « roua’h », puis « je grandirai ton nom », qui est le niveau de la « néchama ». Puis Hachem dit : « et tu seras une bénédiction », alors tout sera accompli selon le vœu du Créateur.

Le Rav Dufour nous explique que toute l’histoire d’Abraham est non seulement une ère créative, mais que de plus, elle est de même nature que la Création elle-même ! Avraham a donc « recréé » le monde, ce qui nous enseigne que par la parole, nous avons la capacité de rénover et ainsi, de recréer le monde, ce qui est la tâche quotidienne de tout Juif tout au long de sa vie. Ainsi devons-nous être très attentif au choix des mots utilisés par la Torah et les mettre en liaison avec les auters passages ou ce même mot est utilisé. Le Rav nous explique encore que le plan d’Hachem doit se déroulemer très lentement, à travers des barrages et parfois très cruelles, ce qui fait le critère de leur authenticité et que ce sont autant de défis qui nous aident à devenir des hommes. Cela est d’ailleurs le propre d’Abraham et de ceux de sa souche, qui sont capables de traverser avec constance et fidélité ces épreuves, parfois terribles, sans tenir compte des pressions externes, des conseils extérieurs en ne se basant que des seuls critères du Créateur et en faisant ses choix uniquement en fonction de cela.

Quand en 1948 (année du calendrier hébraïque) D.ieu dit à Abraham de tout quitter et de « partir vers lui-même », celui-ci est âgé de 75 ans. Le Baal Hatourim nous révèle que la valeur numérique des 4 lettres de l’expression « lekh lekha » est de 100. Ainsi le message adressé par D. à Abraham est le suivant : « Après avoir quitté ton pays d’adoption, dans 100 ans, tu auras 175 ans et Je ferai  de toi une grande nation à travers la naissance de ton fils Yist’hak.

Mais Abram-Abraham n’a pas atteint le but qu’il s’était fixé d’aller vers lui-même en une seule fois s’est remis à l’ouvrage de nombreuses fois avant de réussir à devenir ce qu’il était quand il enfanta son fils Yts’haq, de qui est né tout le peuple juif ; après la naissance de son fils, il continua à s’améliorer. Il savait qu’on ne peut atteindre l’idéal qu’après avoir fait de longs et nombreux efforts, subi des échecs, et qu’il faut franchir chaque étape l’une après l’autre, sans se décourager, quitte à revenir plusieurs fois sur ce qu’on a pu « rater » afin d’atteindre le but que l’on s’est fixé. Mais Abraham était un homme solide, qui pouvait et savait résister aux nombreuses propositions et idées propagées par les nations, et il l’a prouvé lorsqu’il était encore dans la maison paternelle et qu’il a détruit les idoles de ce dernier.

Ainsi Avraham fut-il sans cesse confronté aux épreuves les plus dures. Ce qui l’a caractérisé et en a fait notre modèle universel, ce sont deux attitudes : il n’a jamais quitté l’axe de sa vérité personnelle (lékh lékha, va vers toi-même) et, dans l’épreuve, il ne perdait pas de vue la solution à venir. Comme Avraham, il faut savoir traverser les épreuves incessantes en parvenant à conserver le regard, le cœur, le moral uniquement au coeur des choses qui est inébranlable, qui est promesse faite par Celui qui nous a créés pour le bonheur et cela explique le verset qui est représenté en toute synagogue : chiviti Hachém lé néghdi tamid, je me suis représenté Hachém devant moi toujours.

Abram/Abraham réussit aussi en tant que leader d’un groupe d’hommes qui allaient bientôt former, au fil des siècles et de patriarche en patriarche, une nation, le peuple hébreu, puis le peuple juif et dont. Abram/Abraham fut le premier d’une lignée de guides spirituels qui formeront ce qu’on appelle maintenant le peuple juif et que Moïse, avec l’aide de D.ieu, conduira jusqu’au Sinaï, où il deviendra une vraie nation avec sa loi divine qu’elle a su garder vivante jusqu’à aujourd’hui.Or, la femme d’Abram, Saraï, ne lui avait pas donné d’enfant. Elle avait une esclave Egyptienne nommée Agar. Saraï permit à Agar qu’elle « se rapproche »  d’Abram, espérant ainsi donner une postérité à son mari, Hachem lui ayant promis une très nombreuse descendance. Mais très vite, Agar devint hostile envers Saraï : « quand elle vit qu’elle avait conçu, sa maîtresse devint l’objet de son dédain. » Après que la situation entre Saraï et Agar se fut considérablement détériorée, Saraï l’humilia et Agar s’enfuit dans le désert. Alors, l’ange d’Hachem dit à Agar : « Tu concevras et tu mettras au monde un fils, tu le nommeras Ichmael, parce que D.ieu a entendu ton affliction. » (qui deviendra le père spirituel des musulmans) « Celui-ci sera un homme sauvage : sa main sera contre tous, et la main de tous contre lui, mais il demeurera à la face de tous ses frères. » Rachi explique que « un homme sauvage » c’est un homme qui aime les vastes espaces pour y chasser les bêtes sauvages, qui vit dans la nature, comme les animaux sauvages. Ainsi qu’il est écrit à propos d’Ichmael : « Il s’établit dans le désert de Paran et il tirait de l’arc. » Genèse 21, 20 « Sa main sera  contre tous » (brigandage). Il nuit aux autres hommes « et la main de tous contre lui » Ils l’auront tous en haine et le combattront. De là découle une haine entre lui et l’humanité. « Il demeurera à la face de tous ses frères » Sa postérité sera grande. On doit tenir compte de lui à cause de son grand nombre.

Le rav David Botshko explique que s’il y a une contradiction entre son nom, Ichmael, (celui qui écoute) qui exprime par essence l’idée d’un homme de foi et sa manifestation violente dans le monde, telle que ce verset l’exprime, peut-être est-ce là que réside la différence entre les fils de Ya’akov et ceux d’Ichmael. Israël n’a pas seulement théoriquement foi en Dieu ; c’est un peuple qui vit sa vie selon la Torah divine. Mais la foi d’Ichmael n’a aucune influence sur sa vie pratique. Il y a chez lui une complète dichotomie entre sa haute conception religieuse et sa vie réelle sauvage et corrompue. Mais voici ce que dit le Rav Léon Ashkenazy sur la descendance du Patriarche : « En Babylonie, Abraham s’appelait Avram, nom araméen. Lorsqu’il revient au pays des Hébreux, il se nomme Abraham. De cette identité des Hébreux dans l’exil de Babylone, une partie seulement est revenue au pays des Hébreux. Les autres branches se sont installées en rivalité d’Israël. Térah, le père d’Abraham eut trois fils : Nahor, Haran (son fils, Loth fondera les peuplades d’Amon et Moab) et Abraham. Haran est mort en Babylonie. Nahor a quitté la Babylonie, mais n’est pas revenu au pays des Hébreux. Il s’est installé dans la région du Liban et de la Syrie où il a fait souche et est devenu un des pires ennemis d’Israël (cf. dans la Bible les guerres du roi Aram contre David !). »

Ce fut en Terre Sainte qu’Abraham rencontra Malki Tsedek, roi de Shalem, qui était alors prêtre de D.ieu, le Très Haut (Genèse 14, 18). Nos Sages identifient Malki Tsedek à Chem, le fils de Noé. Il y a des signes que Chem transmit à Abraham la tradition mystique. D’après certaines autorités, Abraham fut l’auteur du Sefer Yetsira (le Livre de la Formation), l’un des ouvrages fondamentaux de la Kabbale. Le Talmud affirme qu’Abraham, Isaac et Jacob avaient tous trois étudié dans les académies de Chem et Eber. Il déclare également que les Patriarches respectaient la Torah dans sa totalité, bien qu’elle n’ait pas encore été donnée. Comment était-ce possible ? Les Maîtres de la Kabbale expliquent qu’ils l’accomplissaient sous sa forme spirituelle, car ce ne fut qu’à travers Moïse que les injonctions de la Torah s’incarnèrent dans l’observance matérielle des mistvote. Les Patriarches, cependant, étaient bien conscients du flux spirituel affecté par l’accomplissement des mistvote. Le Zohar met en parallèle l’épisode biblique de Jacob avec les bâtons, les abreuvoirs et les moutons tachetés avec la mitsva de mettre les téfilines. Ces deux actions suscitèrent une émanation divine similaire. Toutefois, après le Don de la Torah au Sinaï, la volonté de D.ieu fut que ce flux spirituel se fasse en portant une paire de téfilines matériels.

Nous vivons actuellement dans une humanité primitive, vulgaire dans sa cruauté économique envers les pauvres, immorale envers autrui, envers l’étranger et envers la femme. C’est une société qui détruit tout, jusqu’au centre du bonheur qu’est la terre d’Israël et Jérusalem, le coeur du monde Mais le centre de la domination du monde est encore la Tour de Babel, ou la seule valeur actuelle est la domination de l’argent et cet univers fou s’écroule dans la confusion mondiale comme la Tour de Babel (Béréchite 11, 9). Ainsi, dans le lieu où nous sommes, si loin des espoirs, il faut voir l’union de Hachém et de son peuple. Jérusalem, étymologiquement, c’est cela, et ce sera toujours cela ; le reste est secondaire, même si cela prend l’apparence terrible, dans l’actualité, du sacrifice de Yits’haq, on doit traverser l’épreuve avec courage. Ainsi Abraham nous montre-t-il l’art d’avancer d’année en année pour bâtir le bonheur, atteindre ce seul être de bonheur qu’est chacun d’entre nous, avec assurance, en surmontant toutes les peurs et tous les doutes qui peuvent parfois nous assaillir. Alors, quand, âgé, il atteint ce programme dans cette construction de lui-même, Abraham reçoit la bénédiction de « tout ». C’est le verset de Béréchite 24, 1 qu’on lit pour chaque mariage. On redit ces mots « kol » (tout) dans chaque bénédiction après le repas. Celui qui veut entendre, comprendre et réaliser, le peut. L’aide de Hachém ne nous manquera pas pour cela. C’est le programme des Juifs, « Yéhoudim« , dont le nom est composé des lettres même de Hachém, et de la lettre dalet de notre « daloute » (pauvreté) et dont le graphisme figure les dimensions horizontales et verticales de notre monde.

Apprendre à se connaître est une  chose primordiale pour devenir un Homme : Aller vers soi même, c’est cela que veut nous enseigner principalement la paracha lekh lekha, à travers  Abram, qui partit à la recherche de la lumière qui était en lui, au cœur de son propre être et qui est en tout être humain, mais qu’il faut trouver et ensuite constamment raviver. Il réussit donc, à partir de cela, d’abord à se réaliser en tant qu’Homme. Tout un chacun possède le libre arbitre, ainsi fut-il créé, muni d’un penchant au bien et d’un penchant au mal, détenant la liberté de se diriger vers l’un ou l’autre à son gré. Les mitsvote (commandements) sont là pour aider l’homme à s’élever vers les échelons supérieurs en direction d’Hachem. L’Eternel éclaire en permanence celui qui désire s’approcher de Lui, et chaque action positive y contribue,l’âme donnant au corps son impulsion et sa force vitale. En retour, le corps lui impose ses capacités, son mode de perception du monde matériel.

Nous vivons actuellement dans une humanité primitive, vulgaire dans sa cruauté économique envers les pauvres, immorale envers autrui, envers l’étranger et envers la femme. C’est une société qui détruit tout, jusqu’au centre du bonheur qu’est la terre d’Israël et Jérusalem, le coeur du coeur. Le centre de la domination du monde est encore la Tour de Babel, ou la seule valeur actuelle est la domination pour l’argent, World Commercial Tower, et cet univers fou s’écroule dans la confusion mondiale comme la Tour de Babel (Béréchite 11, 9). Ainsi, dans le lieu où nous sommes si loin des espoirs, il faut voir l’union de Hachém et de son peuple. Jérusalem, étymologiquement, c’est cela, et sera toujours cela. Le reste est secondaire, même s’il prend l’apparence terrible dans l’actualité du sacrifice de Yits’haq. Il doit être traversé avec courage. Quand on a bien compris cet axe d’Avraham et de tous ces Juifs qui sont fils d’Avraham, on peut commencer à lire et à comprendre cette paracha de ‘Hayé Sara, si douloureuse.

Cependant,  Avraham nous montre l’art d’avancer d’années en années pour bâtir le bonheur, atteindre ce seul être de bonheur que nous sommes chacun, avec l’assurance en surmontant toutes les peurs et tous les doutes. Alors, quand il atteint ce programme et fut âgé dans cette construction, il reçut la bénédiction de « tout », c’est le verset de Béréchite 24, 1 qu’on lit pour chaque mariage. On redit ces mots (tout, kol) dans chaque bénédiction après le repas. Cela est clair: celui qui veut entendre et comprendre et réaliser, le peut. L’aide de Hachém ne nous manquera pas pour cela. Cela, c’est le programme d’être Juif et Juive, Yéhoudim, dont le nom est composé des lettres même de Hachém, et de la lettre dalet de notre pauvreté (daloute) et dont le graphisme figure les dimensions horizontales et verticales de notre monde.

(Sources : Rav Didier Weill – Rav Dufour, Modia -– Nissan Dovid Dubov, Chabad.org – Rav David Pitoun – Rav David Botshko – Rav Léon Ashkenazy – Loubavitch – Rav Elyakim Simsovic –.image-in.co.il )

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Il est indispensable de lire la traduction en français de chaque paracha avant ce commentaire pour bien le comprendre.

Texte de la paracha dans la Bible hébraïque ici : Lire le texte

4e Paracha : Vayéra  « Il se fit voir » Béréchite (La Genèse) 18, 1 – 22, 24

Paracha lue Chabbat 19 octobre 2013 – 15 ‘Hechvan 5774

Hachem apparaît à Abraham, âgé 99 ans, personnage central de cette paracha, et lui demande de pratiquer la mila (circoncision) sur lui-même et sur le peuple. Avraham demande conseil auprès de ses 3 amis (Aner, Eshkol et Mamré) pour savoir s’il faut accomplir la réaliser en public ou dans l’intimité. En effet, Avraham n’avait comme objectif que de rapprocher sous les ailes de la Chekhina tous les égarés. Il craignait qu’en faisant la mila, les gens s’abstiennent de le côtoyer et qu’ils médisent de la Torah puisqu’elle n’a pas de pitié envers les créatures, puisqu’elle ordonne de pratiquer la mila même sur les plus âgés. Toutes ces craintes étaient justifiées puisqu’en ces temps de barbarie et de sacrifices humains aux idoles, Avraham véhiculait une image plutôt pacifiste de la Torah qui n’impose aucune mortification ni aucun martyr. Il craignait donc que cet acte ne vienne contredire toute son œuvre et pensait qu’il fallait plutôt le pratiquer dans l’intimité, afin de continuer à tisser des liens d’amour envers les autres, pour rapprocher de nouvelles âmes sous les ailes de la Chekhina. C’est pourquoi il demanda conseil à ses amis.

Le Rav Yossef Atoun nous rappelle que les parachyiote vont par couple. Ainsi, dans la précédente, nous avons appris l’existence d’Abram, devenu Abraham, et ce qu’il lui arriva. Dans cette paracha, il sera le personnage central et nous allons y apprendre à connaître qui était Abraham avinou, qui nous enseigne qu’il était doté de la vertu de « hessed » (générosité). Appliquant les principes de la Torah avant qu’elle ne soit promulguée au Mt Sinaï, il se révèle ici un ardent défenseur de la justice. Dans le 1er chapitre des Pirké Avote, michna 18, il est dit « Rabane Chimone ben Gamliel disait : le monde repose sur trois choses : sur la justice, la vérité et la concorde. » Le Talmud Taanite 68a vient compléter ce texte et dit : « ces trois choses n’en font en réalité qu’une seule : si le jugement est exécuté (si la justice s’exerce), la vérité est satisfaite et la paix peut alors régner. »

Concernant les promesses faites à Abraham dans la paracha précédente, le Rav Léon Askenazy nous enseigne qu’on peut y remarquer une difficulté, non pas d’admettre que D.ieu puisse accomplir ce qu’Il promet, mais de réaliser que c’est bien à lui que D.ieu s’adresse. Il s’opère là une mutation d’identité qu’Abraham doit vivre pour être capable d’entendre ce qu’il écoute. Il écoute ce que D.ieu lui dit dans ces promesses, mais il n’arrive pas à les entendre. Pourquoi ? Parce qu’il revient d’une identité d’exil, l’identité araméenne et qu’il lui faut transformer son identité en redevenant hébreu. Cette difficulté à admettre qu’il a le mérite d’être celui que D.ieu interpelle par ces promesses est parallèle à cet effort de retrouver la racine hébraïque de son identité qui s’était diluée et clandestinisée dans l’identité de la « galout » (l’exil) de la civilisation de Babel. En effet, Abraham n’est pas un Mésopotamien qui, par magie, deviendrait hébreu à la suite d’une révélation qui lui parle en hébreu tout simplement parce que Abraham est déjà hébreu, un hébreu se trouvant en situation de diaspora et en fonction de diaspora dans la civilisation du temps qui est celle de Babel

Il s’est passé, à cette époque, un événement grave : cette civilisation, celle du tyran Nimrod, devient totalitaire. Et comme dans toute civilisation qui devient totalitaire, (en résumant les midrachim) l’identité la plus exposée est toujours celle d’Israël. Cela se retrouve dans l’exil d’Egypte, mais aussi à travers tous les autres exils. Les minorités sont alors interpellées, mais plus centralement cette manière d’être homme si particulière qu’est l’identité hébraïque. Mais il y avait une dispersion des Hébreux à Babel, d’où va se détacher une famille, rescapée de la fournaise d’Our-Qasdim. Pour le dire en des termes actuels, les Juifs sont sortis de la civilisation européenne contemporaine et de toutes ces annexes du colonialisme européen et sont en train de vivre cette mutation d’identité qui les mène à redevenir des Hébreux. Cela se passe dans la société d’Israël, la matrice du ré-engendrement de l’Israël hébreue à partir de l’Israël juive. C’est la même difficulté, le même effort, le même problème dont nous fait part la Torah en ce qui concerne l’histoire d’Abraham et de sa famille. Ainsi Abram l’hébreu devenu araméen doit redevenir Abraham l’hébreu. Une des dimensions de cette mutation est de passer d’une identité d’exil très spécifique (Abraham n’était pas juif, mais il était en quelque sorte judéo-mésopotamien) à l’indice de l’universel : en quelque sorte « judéo-l’humanité-tout-entière ». C’est précisément cela l’hébreu.

La paracha Vayéra s’ouvrant sur une apparition de D.ieu à Abraham, le Midrach (Béréchit Rabba 48,2) fait le lien entre les 2 passages par l’intermédiaire du verset de Job 19,26 : . « Et par ma chair, j’ai contemplé D.ieu », ce que le Midrach interprète ainsi « Si je n’avais pas circoncis ma chair, D.ieu n’aurait pu se dévoiler à moi », qui nous montre que c’est la circoncision qui avait permis à D.ieu de se révéler au Patriarche. C’est pourquoi « D.ieu lui est apparu ». Mais tout à coup, on s’aperçoit qu’Abraham interrompt de lui-même la discussion avec D.ieu pour inviter des personnes qu’il soupçonne d’idolâtrie. Si ‘l’Eternel ne se fâche pas en voyant Abraham accorder la priorité à ces voyageurs, qui sont supposés être des idolâtres, des étrangers, des inconnus, c’est que tout homme est un frère et tout particulièrement celui qui est dans le besoin. C’est ainsi que l’Eternel a attendu, avec patience et avec plaisir, qu’Abraham et Sarah s’occupent de tout leur cœur de ces trois voyageurs. Lorsqu’ils furent partis, alors seulement, l’Eternel put commencer son entretien avec Abraham. Rabbi Na’hman enseigne à ce sujet : « l’essentiel du judaïsme consiste à se comporter simplement, sans aucune sophistication et à veiller à ce que D.ieu soit présent dans chaque chose que l’on fasse, sans prêter attention à son prestige personnel. Si la présence de D.ieu y est, qu’on la fasse, sinon, non » (Likoutey Moharan 12, tome 2)

« Et D.ieu lui apparut dans les plaines de Mamré » Genèse 18, 1.C’était le 3e jour après qu’Abraham fut entré dans une alliance éternelle avec D.ieu par la « brit mila ». à l’âge de 99 ans. Fatigué, il est assis à l’entrée de sa tente et D.ieu vient lui rendre visite. Même si le Créateur s’était déjà manifesté à Abraham, jamais il ne l’avait fait à un tel degré. Cependant, contrairement à ses autres expériences avec la révélation divine, lors desquelles il se sentait envahi par la crainte et tombait à terre, cette fois, Abraham n’est pas terrifié. Il reste donc assis et s’en pénètre sereinement. En effet, une fois circoncis, la révélation n’est plus de nature à troubler sa sérénité Et c’est précisément l’objet de la « brit mila » (l’alliance de la circoncision) : c’est la mitsva qui relie les niveaux les plus hauts avec les plus bas. En effet, comme l’exprime Maïmonide (Lois de la Circoncision 3:9), « 3 alliances furent établies concernant (l’observance de)] toutes les mitsvote de la Torah, alors que 13 alliances le furent concernant la circoncision ». Cependant, c’est la seule mitsva qui concrètement s’inscrit dans le corps humain – plus particulièrement l’organe le plus associé au plaisir physique et aux instincts égoïstes – et l’imprègne d’une sainteté extraordinaire. Et c’est par l’intermédiaire de cette mitsva que chaque juif a la capacité d’imprégner non seulement son corps, mais son habitat terrestre tout entier de sens et de divinité.

C’est ce qui explique pourquoi nos Sages nous disent que les descendants d’Abraham furent récompensés par la Terre d’Israël comme héritage éternel, par le mérite de la circoncision. Car la capacité d’imprégner également la terre – avec tout ce qu’elle représente et symbolise en terme de matérialité –  de sainteté, découle de la mitsva de la circoncision. Avant qu’Abraham ne se circoncise, il n’était pas un « récipient » pour la révélation divine. Le spirituel et le matériel ne pouvaient pas fusionner harmonieusement. Mais, dès qu’il fut circoncis, « D.ieu lui apparut ». La révélation divine n’était plus de nature à troubler sa sérénité. Au passage, il est intéressant de noter que le verset dit « D.ieu  lui apparut »Il faut comprendre par là qu’en tant que descendant d’Abraham, en tant qu’individu ayant été introduit dans « l’Alliance de notre Père Abraham », chaque Juif est un héritier de tout son patrimoine spirituel, y compris du fait que D.ieu se révèle à « lui » le jour de sa circoncision tout comme Il se révéla à Abraham. Mais la différence avec « chaque Juif », c’est qu’Abraham parvient à vivre concrètement cette révélation, car il est tellement grand. Certes, chaque Juif a reçu les mêmes sublimes niveaux de divinité que ceux qu’Abraham reçut et intériorisa, mais pour percevoir cette révélation, il faut être méritant.  Quant aux femmes, comme le dit le Talmud (Avodah Zara 27a), “Les femmes sont considérées comme étant (nées) circoncises.” Tous les avantages spirituels acquis par les hommes à travers la circoncision sont des qualités innées des femmes juives. La conscience que chaque Juif est l’objet de cette extraordinaire révélation le conduit à faire des efforts pour être digne de la percevoir en retenant la leçon essentielle de la circoncision : attendre le moment de pouvoir concrètement voir la révélation du Machia’h et créer l’harmonie dans sa vie personnelle entre ne spirituel et le matériel et imprégner le monde de kedoucha (sainteté), de Torah et de mistvote.

Pour interpréter la plainte d’Avraham : « Tant que je n’avais pas encore pratiqué la mila, des passants et des promeneurs venaient me visiter… » « Passants et promeneurs » se dit en hébreu (dans ce contexte) : « ‘Ovrim Véshavim » Or le mot « ovrim » a la même racine que le mot « avera », qui signifie « transgression ». Le mot « chavim » a la même racine que le mot « techouva » (retour avec repentir et désir de changement). Nous pouvons retenir plusieurs messages de morale de toutes les craintes d’Abraham : Il arrive parfois que l’on hésite à exprimer clairement nos positions religieuses par crainte de choquer ou mettre mal à l‘aise certaines personnes. Nous apprenons du conseil de Mamré que lorsqu’il s’agit d’un ordre formel, et surtout explicite, d’Hachem, en d’autres termes, lorsqu’il s’agit de l’accomplissement d’une obligation religieuse, le juif ne doit pas chercher à ménager l’entourage, ni les conceptions des uns et des autres. Une personne qui refuse de faire « techouva », qui refuse de changer, utilisera toujours des prétextes pour remettre en question les fondements de la Torah. C’est pourquoi, lorsqu’il s’agit d’accomplir nos obligations religieuses – les « mitsvote » – il ne faut pas faire l’erreur de croire qu’il faut prendre en compte la « sensibilité » de certains « êtres » encore fragiles psychologiquement, et à cause de cela, hésiter ou mettre des formes à notre pratique religieuse, car la vérité doit être dite, même si elle n’est pas toujours agréable à entendre !

Alors qu’il en est au 3ème jour après sa mila, pratiquée par lui-même (le moment le plus douloureux), Hachem vient le visiter dans les plaines de Mamré, (d’où la déduction de la mitsva de  rendre visite aux malades) – ne voulant pas qu’il se fatigue en accueillant d’éventuels voyageurs – Hachem fait « sortir le soleil de son enveloppe », et à cause de cette chaleur torride, toute personne va se décourager de sortir ce jour là. Mais Abraham va quand même accueillir les 3 hommes qui arrivent au loin et se précipite vers eux ; (en réalité ce sont 3 anges dont l’un est là pour lui annoncer la naissance de son fils Isaac et 2 autres pour détruire les villes voisines de Sodome et Gomorrhe (une seule mitsva par ange). Abraham plaide en faveur des deux villes, finissant par obtenir qu’elles soient sauvées s’il s’y trouve seulement 10 justes. Cependant, à Sodome, seul Loth accueille les visiteurs avec hospitalité, ce qui lui vaut l’hostilité de la foule. Les anges sauvent Loth et ses deux filles tandis qu’un déluge de feu et de soufre s’abat sur les villes. Les deux  aînées de ses filles périssent à Sodome. Il n’est suivi que par ses deux plus jeunes filles et par sa femme. Cependant, celle-ci, transgressant les ordres d’Achem, se retourne pour voir la ville détruite et se retrouve transformée, dit-on, en statue de sel !

Cependant, Loth se réfugie à Tsoar puis dans une caverne, où ses filles, se croyant désormais seules au monde avec leur père l’ennivrent et ont des relations incestueuses avec lui, d’où naîtront Moab et Ammon. Abraham s’installe ensuite chez Abimelekh, le roi des Philistins, où Sarah est convoitée par son hôte. Après l’intervention d’Hachem, celle-ci est libérée saine et sauve. Puis, Sarah est enceinte d’Isaac. Cependant, le « lachon hara » (la médisance) fait dire à certains que ce fils serait celui d’Abimelekh, alors que Sarah n’a en réalité et grâce à D.ieu, eu aucune relation intime avec lui. Pour toute réponse, Hachem trouve une réponse imparable : Isaac est tout le portrait d’Abraham. L’enfant grandit et est sevré. Mais Ismaël le jalouse et lui veut du mal. Sarah obtient alors d’Abraham le renvoi de Hagar et son fils Ismaël. Dans le désert, alors que leurs provisions en eau se trouvaient épuisées, l’enfant pleure amèrement. Hachem l’entend et dévoile à la mère et à l’enfant une source d’eau. Ismaël s’installe dans le désert de Paran et y trouve femme.

Alors qu’Isaac est âgé de 37 ans, D.ieu éprouve Abraham en lui demandant de Lui présenter Isaac en holocauste. Abraham s’exécute, mais au moment où il a ligoté Isaac sur l’autel et s’apprête à le sacrifier, un ange l’arrête, répétant sa phrase par deux fois. C’est alors que Hachem lui annonce : (Berechit – Genèse 22,16 – 18) : « Je jure par Moi-Même que, parce que tu as agi ainsi, parce que tu n’as point épargné ton enfant, ton fils unique, je te comblerai de mes faveurs ; Je multiplierai ta race comme les étoiles du ciel et comme le sable du rivage de la mer et ta postérité conquerra les portes de ses ennemis. Et toutes les nations de la terre s’estimeront heureuses de ta postérité, en récompense de ce que tu as obéi à ma voix. »

Puis, c’est l’annonce à Abraham de la naissance de Rivka. Pour tous les croyants, Abraham est celui qui a fait connaître le monothéisme biblique. Appliquant les principes de la Torah avant que celle-ci ne fut promulguée au Mont Sinaï, il va se révéler dans ce texte comme un ardent défenseur de la justice. A travers certains épisodes bibliques, ce personnage va nous éclairer sur cette notion si fondamentale qu’est la justice. Dans le 1er chapitre, Michna 18 des « Pirké Avot » on nous enseigne que Rabane Shimone ben Gamliel disait : « le monde repose sur trois choses : sur la justice, la vérité et la concorde. » Le Talmud Taanit 68 a, vient compléter ce texte en disant : « ces trois choses n’en font en réalité qu’une seule : si le jugement est exécuté (si la justice s’exerce), la vérité est satisfaite et la paix peut alors régner. » Nous trouvons la même conception de la justice dans le traité talmudique Haguigua  12 b, où l’on demande : « Sur quoi repose le monde ? Sur un pilier qui a pour nom justice (juste), » se fondant sur le passage de Proverbes 10,25 : « « Le juste est le fondement du monde. »« . La tradition nous enseigne qu’on exige d’un juge une attitude compréhensive et humaine, car le rôle du juge est d’exercer une justice charitable, à l’image de D.ieu, Juge suprême qui représente la source même de la justice.

Abraham avait reçu la promesse de devenir un grand peuple, afin que ses descendants perpétuent le principe de charité et de justice, unies en un seul élément. La promesse qui lui est faite ne pourra se réaliser qu’à cette condition. Après le péché originel, 7 commandements furent donnés aux fils de Noé (Sanhédrin 56 a), se composent de 6 interdictions essentielles et d’un seul précepte positif : la nomination des juges. La charité n’y est pas indiquée en tant qu’élément inséparable de la justice. Abraham renoua pourtant avec ce principe. Le verset cité relie « la voie de l’Eternel » avec les notions de « charité » et de « justice ». Abraham avait découvert cette voie en modifiant, le premier, la notion du principe de justice, en l’élevant au niveau où elle se trouvait avant le péché originel, quand D.ieu exigeait de l’homme d’être son digne représentant sur la terre.  Comme pour bien nous montrer les traits de caractère de ce patriarche, nous pouvons comprendre ce qu’en dit la Michna 19, chapitre 5 des Pirké Avot : « Celui qui possède les trois qualités suivantes est un disciple du patriarche Abraham : la générosité, l’humilité et l’abnégation. » Ce sont ces trois traits dont témoignait notre patriarche. A nous de nous montrer dignes de l’héritage spirituel qu’il nous a légué.

(Sources : Rav Ovadia Yossef – R. David A. Pitoun – Grd Rabbin Alain Goldman – Rav Léon Askenazy – Rav Joseph Attoun – Ipourdemain – site Chabad – Lamed – Le p’tit hebdo – zehout.fr)

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Il est indispensable de lire la traduction en français de chaque paracha avant ce commentaire pour bien le comprendre.

Texte de la paracha dans la Bible hébraïque ici : Lire le texte

5e Paracha : ‘Hayé Sara « Les vies de Sara » Béréchite (La Genèse) 23, 1 – 25, 18

Paracha lue Chabbat 26 octobre 2013 – 22 ‘Hechvan 5774

La paracha‘Hayé Sarah commence par le compte des années de Sarah, qui fut de 127 ans. On nous dit comment Abraham a acheté la grotte de Qiriate Arba (‘Hévrone) pour y enterrer sa femme. On y fait le récit des négociations qu’a menées Abraham en vue de l’acquisition de la caverne de Ma’hpéla, dont il voulait faire le lieu de sépulture de Sarah. Le Zohar 1, 127, nous explique que tout avait commencé ainsi : voulant nourrir ses invités venus pour les funérailles de Sarah, Abraham s’était lancé à la poursuite d’un veau en fuite. Il aperçut soudain un rayonnement lumineux provenant d’une grotte. Il y entra et il put sentir une odeur merveilleuse, celle du Gan Eden. Il entendit alors des anges lui annoncer : « Ici, sont enterrés Adam et Eve ». Il comprit alors que c’était là l’entrée du Gan Eden et il choisit cet endroit comme lieu de repos éternel. D’autre part, dans Berechit 24,63, on nous dit qu’« Yitzhaq était sorti dans les champs pour prier, à l’approche du soir » En fait, il s’agit du champ qu’Abraham avait acquis près du caveau de Ma’hpela. Yitz’hak y respirait comme un parfum de paradis et y percevait la proximité de la Chekhina (Présence divine). Selon Rabbi Schim’on, ce fut donc vers le tombeau de sa mère que Yitz’hak alla pour se recueillir avant de prendre la plus importante décision de sa vie, celle de prendre femme. . Abraham se remarie ensuite avec Kétorah et meurt. Ses deux fils assistent à son décès et on apprend qu’Ichmaël avait fait téchouva (repentance, retour). Puis on nous donne les noms de la descendance d’Ichmaël.

Alors qu’Abraham semble jouir de toutes les bénédictions que lui a promises Hachem, y compris l’avenir de son fils, D.ieu le soumet à la plus grande épreuve de foi, en demandant Isaac en sacrifice. Abraham et Isaac s’y soumettent. Isaac, dans la fleur de l’âge, et capable d’arrêter son père, un vieillard, ne le fait pas lorsqu’il constate qu’il n’y a pas de bête à sacrifier, ni même lorsque son père le lie sur l’autel. Selon les Sages du Midrach, leurs épreuves sont analogues à celles subies par Job, et le satan intervient à plusieurs reprises pour tenter leur foi, non par des promesses, mais en faisant remarquer à Abraham sa « folie » et à Isaac sa force. Hachem intervient alors en envoyant un ange au moment où Abraham lève le couteau au-dessus de son fils, promettant à Abraham une descendance innombrable. Un bélier est sacrifié en lieu et place.

Sarah, la première matriarche de l’histoire biblique, meurt donc à « 100 ans et 20 ans et 7 ans », juste après la « Âqueda ». Rachi, qui se base ici sur le Middrache Rabba, dit que »cent ans et vingt ans » veut dire qu’elle était à 100 ans comme à 20 ans concernant le péché, c’est-à-dire qu’elle n’a pas péché jusqu’à 100 ans, puisque jusqu’à 20 ans (avant la Torah) le Ciel ne sanctionnait pas les fautes des moins de 20 ans (voir Rachi, Traité Chabbate 89 b). Quant à « vingt ans et sept ans », cela concerne sa beauté qu’elle avait conservée. « Les années des vies de Sarah » : cette répétition veut nous indiquer que toutes les années furent égales en qualité. Cependant, ce n’est pas que les années de Sarah furent d’égale qualité, mais c’est Hachém qui les a vues comme cela : « Il connaît Hachém les jours des intègres, et leur héritage toujours sera » (psaume 37, 18), ceci pour nous dire que Sara était bien connue de Hachém, Il voyait qu’elle était parfaite, et cela en chacune de ses années. C’est pourquoi l’héritage de Sarah durera toujours. En effet, le livre Sédér ôlam nous apprend que Rivqa (la future femme de Yits’haq) naquit le jour du décès de Sarah. C’était donc par le mérite de Sarah.Yits’haq avait alors 37 ans.

Le Middrache, nous dit le Rav Dufour, explique par de nombreux exemples que la simultanéité de la naissance et de la mort d’un tsaddiq (juste) est une règle. Ainsi pouvons nous mieux comprendre le pluriel de l’expression : ‘hayé Sara, « vies de Sara ». Vie maintenant et vie à l’avenir, vie quand elle est ici et vie poursuivie quand elle est dans le monde d’En-haut, vie propre et vie continuée par une autre. Le Middrache nous montre encore que cette prolongation est doublée par le fait que Sara (qui a vécu 127 ans) a fait que Esther, sa descendante, a mérité de régner sur 127 provinces et nous aide à comprendre la proposition que fait l’hébreu en nommant « hayim » (vies) ce que les autres langues nomment au singulier.  Le Rav Dufour nous dit aussi que la paracha est une grande méditation sur l’âge, le Zohar la prolonge sur cette voie. Le premier mot Vayiyou a comme guématria 37, qui est le nombre d’années atteint par Yits’haq lors de la âqéda, le sacrifice.  Ce sont les seules 37 années de vrai bonheur de la vie de Sara sur les 127. Cela est résumé dans le verset 30, 1 : (apporte-moi des enfants car si je n’en ai pas je suis une morte!) : 90 années de privation douloureuse, ensuite ce fut la vie heureuse avec l’époux et l’enfant. Pourtant, pendant les 10 premièresannées, ce furent encore des années terribles car l’un des fils d’Avraham (Yichmaël) voulait tuer l’autre (Béréchite Rabba 53 et Or ha’hayim). Seulement ensuite, après l’éloignement d’Ichmaël, elle a vraiment vécu. Ceci nous apprend autre chose, dit le Zohar : alors que les hommes moyens franchissent des stades et ne s’améliorent plus après l’âge de 70 ans, il n’y a pas de telle limite pour les tsaddiqim et ils montent de degré en degré chaque jour quel que soit leur âge (I, 124 b).

En Berechite 23-3 on peut lire : « Abraham se leva de devant la face de son mort, il parla aux gens de ‘Het en disant… » Cette phrase atteste, explique le Rav Yonathan Eybescheitz, que Sarah était digne d’être enterrée dans la caverne de Ma’hpela, enceinte funéraire entourée de sainteté et destinée à des personnes qui quitteraient ce monde sous l’effet d’un « baiser divin ». Mais Abraham n’ayant pas assisté à son décès, comment savait-il qu’elle n’avait pas été enlevée tout simplement par l’Ange de la Mort, mais qu’elle était morte par un baiser divin ? Nos Sages nous apprennent (Avoda Zara 20b) qu’une goutte jaillie de l’épée de l’ange de la mort tombe sur le corps du défunt, provoquant sa décomposition et décolorant son visage. Or, lorsqu’Abraham regarda la dépouille de Sarah, il vit que son visage était resté inchangé. Il comprit alors qu’elle n’avait pas quitté ce monde sous l’effet de l’ange de la mort, c’est pourquoi « il se leva de devant sa face » et alla parler aux gens de ‘Het.

Nos Sages nous apprennent que la caverne de Ma’hpela est devenue, avec le Mont du Temple et le tombeau de Joseph, l’un des trois endroits en Erets Yisraël dont les non Juifs ne peuvent pas contester les droits que nous y possédons (Beréchite rabba 79, 7). C’est dans cet esprit qu’il faut comprendre les pourparlers qui ont conduit à l’achat de la caverne. « Donnez-moi une propriété funéraire ! », commence par demander Abraham aux fils de ‘Heth. (Beréchit 23, 4) Cependant ses interlocuteurs ne l’entendent pas de cette oreille : « Dans la meilleure de nos tombes enterre ton mort, aucun parmi nous ne te le refusera » (Beréchite 23, 5). Autrement dit, nous acceptons que tu enterres Sarah dans cette caverne, mais celle-ci doit continuer de nous appartenir. C’est un refus poli. Cependant, Abraham feint de n’avoir pas compris. « Veuille ‘Efron, fils de Tso‘har, me donner la caverne de Makhpéla qui lui appartient, et qui est au bout de son champ. Pour argent plein qu’il me la donne, au milieu de vous, en propriété funéraire » (23, 9). C’est de nouveau une possession pleine et entière que réclame Abraham, un vrai droit de propriété.‘Efron, renouvelant sa proposition de permettre à Abraham d’enterrer sa femme dans la caverne, ajoute qu’il la lui « donne » (23, 11).

Mais une donation n’est pas une vente, elle peut être révoquée et Abraham insiste pour l’acheter. « ’Efron répondit à Avraham en lui disant. Monseigneur, écoute moi : une parcelle de terrain qui ne vaut que 400 Shekel d’argent, qu’est ce que cela peut représenter entre toi et moi ?! Enterres y ton mort. » (Bereshit 23-14 et 15). Rachi demande : « Entre 2 amis, qu’est-ce qu’une telle somme peut bien représenter ? Depuis quand les deux hommes se connaissaient ils ? » Rabbi Rabbi ‘Haïm de Wiznitz répond en disant que chacun des deux est « l’ami » d’une certaine chose. Voici ce qu’a voulut dire ‘Efron : Moi, je suis « l’ami » de l’argent car j’aime l’argent, et 400 chekalim d’argent ne me suffisent pas puisque « celui qui aime l’argent, ne s’en rassasie jamais ! ». Et toi, tu es « l’ami » des mitsvote, car tu aimes les mitsvote, puisque tu es prêt à investir tout l’argent du monde afin d’accomplir une mitsva. Donc, une telle somme d’argent ne représente pas grand-chose pour deux « amis » comme nous ! Ces tractations qui nous sont rapportées tout au long des 20 premiers versets de cette paracha, nous montrent, qu’au-delà des apparences d’une courtoisie toute orientale contenue dans les paroles échangées par les négociateurs, qu’elles ont cependant été ardues.

En faisant l’acquisition de la grotte de Makhpela à Qiriate Arba (‘Hévrone)  qu’il achète à prix d’or (400 sicles), Abraham se prosterna devant les enfants de Heth. De là on apprend que celui qui vit en discrétion sa religion, sans excès ostentatoire, mais qui agit surtout avec honnêteté et droiture au nom de l’Eternel, peut être reconnu comme « prince de Dieu » au milieu des hommes. « Sois toujours le premier à saluer, disent nos sages, même un idolâtre » « Abraham se prosterna » : l’humilité est la porte de l’amitié.   Il charge ensuite son serviteur Eliézer de trouver une femme pour Isaac parmi sa famille à Harran (l’actuelle Syrie). C’est là que Rivka (Rebecca) fait son apparition dans la Torah et de là on apprend qu’elle consolera Yits’haq de la mort de sa mère Sarah. En effet, on nous dit que Rivka était si   parfaite  que la nuée qui se tenait au-dessus de la tente de sa belle-mère revint et que le miracle des bougies allumées d’un Chabbat à l’autre se reproduisit dès qu’elle y habita. En arrivant, Eliézer rencontre Rivka au puits. Outre sa générosité, elle est la fille de Bethuel, le neveu d’Abraham. Grâce à de sompteux présents, Eliézer obtient de repartir avec Rivqa. Les mariés se rencontrant en Canaan tombent fortement amoureux. De son côté, Abraham se remarie avec Ketourah, qui lui donne de nombreux fils, lesquels donneront naissance à autant de nations, dont les Midianites. Après avoir fait d’Isaac son unique héritier, Abraham meurt à 175 ans « rassasié de jours » et « béni en tout ». Il est enseveli par Isaac et Ismaël, dont le récit biblique établit la descendance et rapporte le décès.

Voyant la fin de sa vie approcher, Abraham confie une mission à son  plus fidèle serviteur, le Damascénien Eliezer et lui demande d’aller chercher une épouse digne de son fils Its’hak au lieu de résidence de Nahor, afin de trouver parmi sa famille une femme pour Isaac, Rebecca, (Rivka) fille de Bethouel et petite-fille de Nahor. Il lui dit : « Je te demande de me jurer par Hachem qui est le D.ieu du ciel et le D.ieu de la terre, que tu ne choisiras pas une femme pour mon fils, parmi les filles de Kena’an où nous résidons. Tu iras seulement vers ma terre d’origine, dans le lieu où je suis né, et c’est là que tu choisiras une épouse pour mon fils Its’hak. » (Berechite 24-3 et 4) Abraham redoute en effet les filles de Kena’an où il réside. Il demande donc à son serviteur d’aller jusqu’à ‘Haran, le lieu de naissance d’Avraham, afin d’y choisir une épouse pour Its’hak. Pour s’assurer qu’Eli’ezer ne pendra pas une fille de Kena’an, Avraham lui fait prêter serment. En effet, à Aram Naharaîm ‘Haran, les gens étaient dotés de mauvaises qualités humaines et s’illustraient particulièrement par leurs mœurs dépravées. Or, les midote (qualités humaines) sont ancrées très profondément dans le sang et dans la personnalité de l’individu, les transmettant à sa descendance. Il se trouvait que les filles de ‘Haran ne s’illustraient pas particulièrement par leurs mauvaises midote, mais surtout par leurs fausses conception idolâtres. Cependant, la conception n’est pas vraiment quelque chose qui se transmet systématiquement par héritage. C’est pourquoi Abraham donna sa préférence pour un pays où les gens possèdent de mauvaises conceptions, sur lesquels il est possible d’influer positivement pour les ramener dans le droit chemin plutôt qu’un pays où les gens possèdent de mauvaises midote (qualités humaines) et dont la nature se transmet à la descendance est très difficile à changer.

En arrivant à ‘Haran, Eli’ezer prie Hachem de l’aider dans son entreprise. Lorsqu’ Eli’ezer va se tenir prêt de la source d’eau à ‘Haran, en guettant les filles de la ville afin de savoir laquelle d’entre elles viendra l’abreuver – lui et ses chameaux – (en signe que sa prière a été exaucée) « Il n’avait pas encore fini de parler que voici venir Rebecca, la fille de Bethouel, fils de Milka, épouse de Nahor, frère d’Avraham, la cruche sur l’épaule ». (Genèse, 24,15) Comme il l’avait espéré, D.ieu envoie à Eliezer la candidate idéale : Rivka, qui lui donne à boire ainsi qu’à ses chameaux. Rivka qui descend vers la source d’eau, et il constate que l’eau monte d’elle-même vers Rivka ! Y a-t-il encore un doute sur le fait que Rivka est bien la femme destinée par Hachem pour Its’hak ? Pourtant plus loin, la Torah poursuit (Genèse 24, 21) : « Et cet homme émerveillé, la considérait en silence, désireux de savoir si l’Eternel avait béni son voyage ou non ». Eliezer eut donc un instant d’hésitation : « Il vit que Rivka mettrait au monde d’un côté Essav, sachant les conséquences néfastes qui procéderaient d’un tel engendrement (Choah, pogroms, croisades…) pour le peuple d’Israël. Et de l’autre il vit que Yaakov, Père du peuple d’Israël, devait naître de cette union. » Ce doute était fondé. La suite des événements lui permit de comprendre que cette union entre Its’hak et Rivka était l’expression de la volonté divine. Rivka consolera Yits’haq de la mort de sa mère Sarah. En effet, on nous dit que Rivka était si parfaite que la nuée qui se tenait au-dessus de la tente de sa belle-mère revint et que le miracle des bougies allumées d’un Chabbat à l’autre se reproduisit dès qu’elle y habita.

On pourrait déduire de ce fameux épisode que Rivka est débordante de générosité et donc, digne d’entrer dans la famille d’Abraham. C’est exact, mais la future épouse d’Itzhak fait preuve également d’autres qualités. Dix chameaux à désaltérer, c’est énorme ! D’autant que ceux-ci viennent de faire une longue route et sont donc probablement assoiffés et peuvent boire jusqu’à 200 litres chacun. Rivka n’est donc pas seulement généreuse, elle est aussi courageuse et déterminée. Rivka continue « jusqu’à ce qu’ils aient tous bu », précise le texte ! C’est cette détermination que l’on retrouvera un peu plus tard quand, à la question d’Eliezer : « y a-t-il chez vous de la place pour nous loger ? »(Berechit 24,23), elle répondra sans hésiter et sans demander à ses parents : « il y a chez nous de la paille et du fourrage en abondance et de la place pour loger! ». On sent bien que si, de retour chez elle, elle ne trouve ni place, ni fourrage, ni paille, elle trouvera bien le moyen de s’en procurer ailleurs ! Et c’est cette même détermination que l’on retrouvera à nouveau le lendemain lorsqu’Eliezer prie ses hôtes de bien vouloir le laisser repartir avec Rivka. Betouel et Laban, trouvent ce départ précipité mais Rivka répondra simplement mais fermement, en un seul mot, comme si sa décision ne demandait ni explication, ni justification, ni approbation parentale : « je pars ! » (Berechit 24,58).

On peut être surpris lorsque, quelques versets plus loin, la même jeune fille si déterminée, en apercevant Itz’hak « tombe de chameau » et se couvre d’un voile (Berechit 24,64-65) ! Pour Rivka, la détermination, la force de caractère, ne sont pas une fin en soi, mais un moyen nécessaire pour préserver ses qualités « juives »  dans l’environnement hostile de Haran, personnalisé par Betouel et Lavan. Mais une fois arrivée chez Abraham et Itz’hak, hommes droits, intègres et entiers, elle laisse volontiers à son époux le devant la scène ; au moins jusqu’à ce qu’Itzhak, vieilli, soit aveuglé au propre comme au figuré et veuille accorder la ‘Berakha’ (bénédiction) à Essav. Elle retrouve alors la détermination de sa jeunesse. Il lui faut donc à nouveau décider seule de quelle manière elle fera échouer les projets de son mari. La grandeur de Rivka est donc d’avoir su adapter son attitude aux circonstances. Elle semble vouloir nous enseigner que l’homme n’est jamais prisonnier de son caractère. Le niveau spirituel d’un individu – même le plus élevé des niveaux, même le niveau qui fait mériter des miracles – n’indique en rien l’état de ses midote (qualités humaines). Et en tant que fidèle envoyé de son maître, Eli’ezer met malgré tout Rebecca à l’épreuve du ‘hessed (la bonté), qui est la mida (qualité) de prédilection d’Avraham, et ce n’est que lorsque Rebecca gagne cette épreuve qu’Eli’ezer sait qu’elle est véritablement la femme destinée à Its’hak. (Yalkout Maamarim)

On nous explique ici le rôle d’Avraham dans le projet divin : réussir sa descendance, bien que dans l’épreuve, par la émouna (la foi en Hachem). Pour nous faire comprendre qu’Hachem  met l’homme à l’épreuve afin de permettre à cette émouna d’émerger et de pouvoir faire une confiance totale au Créateur dans les pires circonstances. C’est en quelque sorte l’aboutissement du « lekh lekha » de la 3ème  paracha. D’autre part, Abraham nous fait comprendre que la vie n’est pas basée sur la « réussite » ni du « pouvoir » de l’homme, mais sur la réussite de l’amour et de la bonté sur lesquels, à la base, fut fondé le monde. On nous dit aussi que « D.ieu a transformé cette capacité d’Abraham en pouvoir de réaliser la justice divine qui régule le monde dans la bonté, participant ainsi à la force créatrice de Hachem. » On nous y indique aussi qu’un Tsaddiq (un juste) répare plus encore le monde par sa mort que durant sa vie. Dans l’idéal, l’homme est sensé réaliser que la vie est un dur travail, parsemée d’épreuves qu’il doit surmonter graduellement jusqu’à traverser la mort pour la réunir à la véritable vie. Ainsi,  nous dit-on,  la mort ne serait pas une simple aventure personnelle, mais elle se vivrait dans la conscience de l’appartenance au peuple qui a pour fonction d’améliorer le monde.

Qui est Rivka ? On est donc en droit d’être surpris lorsque, quelques versets plus loin, cette femme si forte et si déterminée, en apercevant Itzhak « tombe de chameau » et se couvre d’un voile (Berechit 24,64-65) ! Pour Rivka, la détermination, la force de caractère, ne sont pas une fin en soi mais un moyen nécessaire pour préserver ses qualités « abrahamiques » dans l’environnement hostile de Haran, personnalisé par Betouel et Lavan, les Araméens (en hébreu, « Arami », l’Araméen, est l’anagramme de « ramai », le trompeur). Mais une fois arrivée chez Avraham et Itzhak, hommes droits, intègres et entiers, elle laisse volontiers à son époux le devant la scène. En tout cas, jusqu’à ce qu’Itzhak, aveuglé au propre comme au figuré, veut accorder la ‘Berakha’ à Essav. Elle retrouve alors une dernière fois la détermination de sa jeunesse. Il lui faut donc à nouveau décider seule de quelle manière elle fera échouer les projets de son mari. La grandeur de Rivka est donc d’avoir su adapter son attitude aux circonstances. Elle semble vouloir nous enseigner que l’homme n’est jamais prisonnier de son caractèreL’histoire du peuple juif nous dirige réso-lument vers le dévoilement de la royauté divine. Les maîtres des secrets de la Torah enseignent que cette royauté, la Malkhout, est féminine. Ainsi, plus on avance vers la délivrance finale et plus l’importance de la femme se dévoile.

A l’époque des Avote (Patriarches), la royauté était complètement voilée, prisonnière. C’est la raison pour laquelle Rivka se trouvait chez deux des plus grands mécréants de l’humanité, Lavan et Bétouël. Il fallut de nombreux miracles pour la sortir et aussi pour qu’elle enfante, étant donné qu’elle était stérile. Sa personnalité nous est cachée (excepté ce que nous dit la Torah sur son immense générosité) comme la Malkhout à cette époque. Avec sa personnalité complexe, c’est elle qui assurera le futur du peuple juif en convainquant Yaakov de prendre les bénédictions à la place de son frère. A l’invitation d’Eliézer, et malgré le refus de Lavan (et de sa mère) Rivka, alors âgée seulement de 3 ans nous dit-on, s’exclama : je le suivrai ! (‘Hayé Sarah 24,58) ; nos Sages commentent : que vous le vouliez ou non ! (Berechit Rabba 80,12). Cette vigueur extrême cache cependant une vie vouée à la bonté, ce que ressentit Isaac dès la première rencontre : « Isaac sortit prier dans les champs (…) en levant les yeux, il vit que des chameaux (Gmalim) s’avan-çaient » (‘Hayé Sarah 24,63). Rabbi Meir de Primichlan commente : Isaac vit s’approcher la bienfaisance.

Rivka est une femme active, elle parle peu et agit beaucoup. Elle ne craint pas les défis, accepte le risque de la malédiction (Toldot 27,13) pourvu qu’elle arrive à ses fins. Rivka sait parfaitement gérer les confits internes (notamment Toldot 25,22) elle garde secrètement son problème de stérilité, comme les conflits externes (quoi que préférant Yaacov, elle ne désire aucunement la disparition d’ Essav (Toldot 27,45). Son nom débute par un « Reich », symbole de ce dualisme : le Reich représente en effet l’extrême pauvreté רש ) ) mais aussi la noblesse ( ראש ). Le Midrach Rabba (Emor 30,10) compare les quatre Mères aux « quatre espèces » : le Loulav symbolise Rivka, précisément pour le double aspect du palmier, produisant d’une part des fruits (Yaacov), mais d’autre part des épines (Essav). Ce qui a entraîné le choix d’Eliézer, c’est le bon cœur de Rébecca, sa détermination à aider son prochain, à ne pas ménager sa peine pour lui, à servir même les animaux dans toute la mesure où ceux-ci en avaient besoin. En agissant ainsi, Rébecca avait prouvé qu’elle était digne d’entrer dans la famille du patriarche Abraham. Rabbi Isaac dit qu’elle était « comme la rose entre les épines » (Chir hachirim, chap.2), comme il est dit (Gen. 25): Isaac avait 40 ans lorsqu’il prit Rébecca, fille de Béthouel l’araméen de Padan Aram, soeur de Laban l’Araméen. Si on nous apprend qu’elle est de Padan Aram, c’est pour nous dire qu’elle était soeur de Laban. Cela nous apprend donc que son père était un gredin, que son frère et les gens de sa ville l’étaient également, et cette femme juste est sortie du milieu d’eux (ainsi elle est comparée à une rose entre les épines).

Pourquoi Abraham tenait-il tant à la grotte de Makhpela ? Le Midrach rapporte donc qu’il avait découvert le tombeau d’Adam et Eve, comme Adam, après le décès de ‘Hava, avait senti l’odeur du Gan Eden qui se dégageait de la grotte, attenante à l’entrée du Gan Eden et y inhuma sa femme. Personne ne connut l’emplacement de la caverne jusqu’à la venue d’Avraham qui à son tour sentit l’odeur et aspira à entrer en possession de la grotte » (Zohar ‘Hadach, Ruth, p. 97b). L’importance de la Caverne de Makhpela dépasse  d’ailleurs l’entendement humain. Le mot Makhpela est associé aux notions de multiplication et de double : 2 x 2 = 4. Quatre couples y sont enterrés : Adam et ‘Hava, Avraham et Sarah, Itzhak et Rivka, Yaakov et Léa, ainsi que la tête d’Esav nous dit le Midrash, c’est aussi là que se trouve la porte du Gan ‘Eden. Rabbi Nathan enseigne que ces quatre couples correspondent aux quatre Parachyiote contenues dans les boitiers des Téfilines de la tête et du bras. De la même manière que les Téfilines nous reconnectent à notre source spirituelle, la Caverne de Makhpela est le lieu géographique de cette source, l’endroit en Israël où tout a commencé.

Les patriarches sont enterrés dans le lieu de l’universel pour rappeler que la vocation de l’hébraïsme est de se situer dans l’histoire des hommes et non de rompre avec elle. (Le calendrier hébraïque est daté de 5769 = 2008 depuis Adam, et non depuis la naissance d’Israël). Rachi rapporte (Genèse 2, 7 et Genèse 23, 1) que le Créateur prit la poussière de Jérusalem pour façonner Adam, le père de tous les humains, et que c’est à Hébron que le premier couple de l’humanité fut enterré. Si les Juifs revendiquent ces lieux, ce n’est point par impérialisme territorial, mais bien parce qu’ils sont à leurs yeux, les lieux de bénédictions pour l’humanité, c’est pourquoi ils doivent rester ouverts à tous hommes épris de paix. Lorsque la Néchama quitte ce monde, elle pénètre dans la Caverne de la Makhpéla, où se trouve l’entrée du Gan ‘Eden. Elle rencontre alors Adam Harichone (l’homme primordial) et les Patriarches qui lui remettent un « laissez-passer ». Si le défunt est méritant, les anges gardiens du Gan ‘Eden honorent le « laissez-passer » et permettent à la néchama de pénétrer au Gan » (Zohar Parachat Lèkh Lékha p. 81b). Ces quelques passages du Zohar expriment sans équivoque l’importance de la Caverne de la Makhpéla. Mais il est encore un symbole qu’il faut savoir saisir : lorsqu’ Abraham décide d’inhumer Sarah à proximité d’Adam et de ‘Hava, la conception jusqu’alors humaniste d’Avraham laisse place au message de Sarah Iménou : la spécificité juive à laquelle fut vouée sa vie. Avraham avinou voulut en effet exprimer que Sarah, Mère du seul Peuple Juif, incarne en fait la continuation directe d’Adam et de ‘Hava, le but ultime de la création de l’Homme.

(sources  : malheureusement, quelques-unes des sources ont été perdues du fait de problèmes d’ordinateur –  Rav Dufour, Modia – Grand Rabbin Jacques Ouaknin – Orisrael.org – Rav Dov Lombroso Roth – Rav David Pitoun)

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Il est indispensable de lire la traduction en français de chaque paracha avant ce commentaire pour bien le comprendre.

Texte de la paracha dans la Bible hébraïque ici : Lire le texte

6e paracha Tolédote  « Comment réussir les générations » Béréchite (La Genèse) 25, 19 – 28, 9  version 5770

Paracha lue Chabbat 2 novembre 2013 – 29 ‘Hechvan 5774

Le problème de la transmission aux générations est évoqué ici. On aborde aussi celui de la fraternité, de la stérilité d’Yits’haq et de sa femme Rivka. On apprend qu’après la prière d’Isaac et de sa femme, Rivka est enfin enceinte et qu’elle souffre beaucoup. L’explication vient d’Hachem, qui lui dit qu’elle donnera naissance à deux nations : (le peuple Hébreu et Edom, qui donnera plus tard Amalek, ennemi juré des Béné Yisrael, Amman (que l’on retrouvera plus tard avec l’histoire d’Esther) et la civilisation romaine qui fit tant de mal aux Hébreux et continue d’en faire aux Juifs d’aujourd’hui et qui se cachent souvent perfidement, comme Essav, derrière un masque aimable). Nous voyons l’enlèvement de Rivka  par Avimélekh, les puits bouchés par lui, la réconciliation, la fondation de la ville de Beer Cheva à cet endroit, qui signifie « le ville aux septe puits ». Il est également question de la rivalité des deux frères jumeaux nés d’Yits’haq et de Rivka. Puis on nous raconte le stratagème imaginé par Rivka pour que Yaaqov (le tsaddiq) reçoive la bénédiction de son père Yaacov à la place de son frère Essav, (le perfide) car elle avait compris que c’était celui qui devait fonder la nation des Hébreux et la demande du père à ses fils de ne pas prendre femme dans le pays de Canaan, ce que fit du reste Essav. On apprend alors que ce dernier conçoit le dessein d’éliminer son frère et on assiste au départ de Yaaqov dans la famille de sa mère, chez son oncle Laban. On nous parle, dans l’idéal, du partage de l’être dans le couple, le regard positif qu’on se devrait d’avoir envers le conjoint et grâce au regard que chacun porte sur l’autre, en arriver à la plénitude de l’échange dans ce couple. On nous explique ce qu’est le divorce juif en cas d’échec.

La paracha Toledote est en quelque sorte le récit des engendrements et du progrès mesianique de l’histoire, mais au-delà, il s’agit d’un récit de la lumière, après la naissance d’Adam Harichon, où l’on voit comment les éléments se mettent en place peu à peu, comme si les personnages nous enseignaient à se demander non pas « qui es tu ? », mais « le fils de qui es tu ? », celui que tu es capable d’engendrer. Mais l’enseignement juif envisage la vie de l’individu comme l’expression d’une lutte intérieure. Un côté de l’homme se lie à la nature, intouchée et incontrôlée, comme les forêts vierges et les champs en friches. L’autre côté possède une qualité divine, exprimant D.ieu Qui a créé la nature pour y installer Sa résidence.

L’aspect de l’individualité non «cultivé» s’appelle «l’âme naturelle» ou «l’âme animale» Parfois, les Sages le décrivent comme «le penchant vers le mal» Le problème est que, la plupart du temps, il n’apparaît pas «mauvais», mais tout juste comme libre et sans retenue: naturel. La qualité Divine est connue comme «l’âme Divine», l’étincelle de D.ieu à l’intérieur de tout un chacun. Parfois elle est simplement qualifiée comme «le penchant vers le bien» Ces deux forces, l’âme naturelle et l’âme divine, combattent à l’intérieur de l’être humain. Chacune tente de s’imposer dans la vie quotidienne de l’individu, à propos de ce qu’il pense, de ce qu’il dit et de ce qu’il fait. Mais l’âme divine ne cherche pas à simplement gagner cette bataille, son but est de transformer l’âme naturelle, de la raffiner et de révéler son extraordinaire potentiel de bien. La relation de ces deux dimensions qui s’affrontent dans la vie humaine, est décrite dans la paracha, à travers le récit concernant des frères jumeaux : Essav, le premier né, qui représente l’âme naturelle et Yaacov, le plus jeune, représentant l’âme divine. Or, dans la Torah, tout ce qui est est relaté ne nous éclaire pas simplement sur l’histoire du peuple juif, mais aussi sur sa psychologie spirituelle. Chaque événemenet fait l’objet d’une description de ce qui se produisit il y a des milliers d’années et se répète également sous une autre forme dans la vie de chacun.

Ainsi, chez Essav, l’âme naturelle exprime, pour ainsi dire la première, ses revendications dans notre conscience. Nos besoins primaires et premiers sont relatifs à l’âme naturelle et au corps : la nourriture, le confort physique. Essav grandit comme un homme des champs, un chasseur. La Torah raconte qu’à sa naissance, Yaacov tenait dans sa main le talon d’Essav. Yaacov, l’âme divine, tente de transformer Essav. Yaacov grandit comme un homme «qui résidait dans les tentes» Les Sages expliquent que cette expression n’a pas seulement pour but de conceptualiser la civilisation, mais aussi l’étude. D.ieu révèle Sa volonté et Sa sagesse à travers Ses enseignements qui s’expriment aujourd’hui dans des milliers de volumes d’explications sur la Torah.Yaacov, était un érudit et la connaissance mène à l’action. 

Its’hak, le père, dit à son fils Essav de sortir dans les champs et de chasser pour lui préparer un plat savoureux. Leur mère, Rivka, s’adressa à Yaacov, lui dit que cet ordre le concernait, lui : Yaacov plutôt qu’Essav devait rapporter ces mets succulents à Its’hak. N’était-il pas suffisant que Yaacov, l’érudit, reste simplement dans la tente de la Torah, en train d’étudier ? Devait-il aussi se lever et chercher à changer le monde ? Le résultat de cette démarche fut que Yaacov reçut la bénédiction de Its’hak : une merveilleuse bénédiction à propos de la rosée des cieux et de la richesse de la terre. Nos Sages commentent cette bénédiction en expliquant son sens métaphorique exprimant la sagesse et son sens littéral : l’abondance matérielle. Car le Juif ne doit pas renoncer au monde : son but est de transformer le monde entier en une résidence pour D.ieu.

Mais avons-nous vraiment la force de changer notre propre vie ? Ou sommes-nous entièrement le produit de notre propre vie, ballottés par les influences de toutes sortes exercées sur notre vie de toutes parts : celle, très puissante des camarades de notre classe à l’école et au lycée, le barrage quotidien des médias, l’influence plus subtile de la littérature, de l’art et même de l’architecture (et bien d’autres encore) Tout cela additionné forme une organisation extraordinaire de forces qui agissent sur l’esprit de chaque individu. En conséquence de quoi, certains sociologues vont même jusqu’à douter de notre aptitude à avoir une perspective indépendante sur quoi que ce soit.

Un exemple de quelqu’un qui exprima réellement son indépendance, basée sur la volonté de D.ieu plutôt que sur la pression de ses pairs apparaît dans la paracha. Il s’agit de Rivka, la femme d’Its’hak, qui, malgré ses origines (née dans une famille d’idolâtres, bien que son grand-oncle Abraham était célèbre pour son rejet de l’idolâtrie et pour sa foi en un D.ieu unique) avait réussi à s’ériger au-dessus de cette situation. Rachi souligne que malgré cet environnement, elle était parvenue à formuler et à maintenir une perspective personnelle et indépendante sur la vie. Malgré la désapprobation de ses parents, elle avait saisi l’occasion de s’unir à la célèbre famile de monothéistes en épousant Its’hak. Un autre aspect de son indépendance : dans un récit personnel et révélateur, nous apprenons comment elle subit ses premières années de stérilité puis une grossesse très douloureuse qui culmina en la naissance de jumeaux totalement différents : Yaacov et Essav.Bien que remplie d’un amour et d’un respect incommensurables pour son mari Its’hak, elle avait reçu une prophétie concernant l’avenir de leurs deux enfants. Cette prémonition et sa perception de la réalité, très terre-à-terre, la détermina dans sa démarche pour que Yaacov, plutôt qu’Essav, reçoive les bénédictions d’Its’hak. La Paracha relate la façon dont elle y parvint. Ainsi, l’une des leçons que nous enseigne cet épisode est l’importance de la force de caractère. Rivka put se battre pour ce qu’elle savait être juste, risquant, dans le processus, son bien-être personnel. Et c’est ainsi qu’elle assura l’établissement du Peuple Juif, les enfants de Yaacov.

 Mais qu’en est-il d’Ichmael ? Quel est son rôle dans le plan Divin ? Pourquoi son nom et son origine sont-ils si proches d’Israël ? Sur le chemin qui mène à D.ieu se présentent constamment des possibilités de déviation qui, si elles sont empruntées, nous appellent à une remise en question ou tout au moins une amélioration. Les deux déviations principales du judaïsme, telles des écorces entourant le fruit, sont représentées par l’occident et l’Islam, ‘Esav et Ichmael. Leurs jours saints – vendredi pour l’Islam et dimanche pour l’occident – entourent le nôtre. Leurs femmes sont d’un côté trop recouvertes et de l’autre côté trop dévêtues. L’occident représente une utilisation abusive de l’intelligence humaine, au détriment de la foi et l’Islam une utilisation abusive de la foi, sans intelligence. Ces déviations de la foi et de l’intelligence proviennent cependant de nos erreurs.

Ainsi, lorsqu’un juif n’utilise pas son intelligence pour servir D.ieu, celle-ci part renforcer ceux qui nient Sa présence sur terre et qui l’éloignent de Lui très intelligemment. De l’autre côté lorsque l’orsqu’on n’utilise pas assez la foi, la émouna, celle-ci part renforcer l’Islam qui fait preuve d’une foi apparemment sans faille pour détruire les Juifs. C’est en vérité notre propre force qui se retourne contre nous On comprend alors le nom d’Ichmael : D.ieu l’écoutera. Car l’expression première de la émouna est la prière avec dévotion, celle qui n’est jamais ignorée. Soit nous l’utilisons, soit nous voyons des foules assoiffées de haine, se répandant en prières cinq fois par jour, retourner contre nous, les armes que nous n’utilisons pas. Le rôle d’Ichmael est de faire reconstruire notre relation avec D.ieu et notre confiance en nous.

Le Talmud (Pessa’him  56a) raconte la crainte qu’eut Ya’akov que l’un de ses enfants soit indigne, comme ce fut le cas pour Avraham « de qui sortit Ichmaël » et pour Itz’hak « de qui sortit ‘Essav ». L’idée de « sortie » ou plutôt d’expulsion est développée par l’Admour Hazaken (Likouté  Torah Va’et’hanan p. 5a et Chir Hachirim p. 9d) : Ichmael symbolise les « déchets spirituels » d’Avraham : la bonté et le don, lorsqu’ils ne sont pas travaillés se transforment en adultère (don mal dirigé) ; ‘Essav : les « déchets spirituels » d’Itz’hak, la rigueur brute (celle-ci engendra notamment croisades, inquisition et Shoah). De façon générale, Ichmael et ‘Essav symbolisent les 70 Nations : 35 d’entre elles sont sous l’augure de la « bonté impure », les 35 autres sous celui de la rigueur impure (Sefer Halikoutim – Tséma’h Tsédèk – Ichmael 1488). Le rôle des Nations en général, concrétisation sur terre des 7 (x10) attributs de l’impureté, sera de permettre le libre arbitre. Quant aux méfaits d’Ichmael (tant sur le plan corporel que sur le plan spirituel), le Zohar (Chémote 17a) considère l’exil d’Ichmael comme le pire des exils et précise en (Vaéra .32a) : les enfants d’Ichmaël tenteront d’empêcher le retour d’Israël sur sa Terre, et ce jusqu’à que se finisse le mérite de leur mila. C’est d’ailleurs ainsi que le Midrach (Pirké De Rabbi Eliézer ch.32) justifie son nom : « pourquoi est-il appelé Ichmael ? Parce que D.ieu écoutera les clameurs de son Peuple oppressé par Ichmael ».

(sources : Rav  Yossef Attoun –  Loubavitch.fr – Rav Eliahou HavivRav Shaoul Sillam -.Israel Actualités)

Judaïsme – Les bénédictions journalières

    LE JUDAÏSME AU QUOTIDIEN

La vie du peuple juif pratiquant le judaïsme, qui n’est pas une religion mais un mode de vie, est rythmé tout au long de la journée par des bénédictions, des prières et des gestes ancestraux qui se transmettent de génération en génération et qui font sa force.

La révélation de la Torah a eu lieu il y a 3 319 ans  en cette année 2013 (5773) le 6 Sivan 2448 de l’année hébraïque

devant tout le peuple hébreu rassemblé par Moïse autour du mont Sinaï. Là, ils  reçurent les Tables de la loi de D.ieu,  par la bouche de Moïse. Par la suite, les Sages ont institué les rites et les différentes prières adaptées à chaque activité de la vie quotidienne. Les Juifs sont restés fidèles en tous points à la Torah et aux rites ancestraux.  Et cela tout en évoluant et en s’adaptant au fur et à mesure que le monde se modernise. C’est ce qui fait leur longévité malgré l’oppression, la captivité, l’exil, les pogroms et même la shoah…

Regardez cette vidéo qui raconte la vie des juifs d’Europe de l’Est (en Ukraine) au début du XXème siècle et les traditions juives (extrait du film « un violon sur le toît ») : 

Tradition – Un violon sur le toitYouTube

                                                                                                                                   BERAKHOTE (BENEDICTIONS)

         (SOURCES : CHOUL’HANE AROUKH-SIDOUR L’ARME DE LA PAROLE)

 Temple in Jerusalem

   But et catégories de Bérakote (bénédictions)

La Torah et les Sages ont institué des bérakhote par lesquelles nous devons exprimer notre reconnaissance pour les jouissances et les bienfaits que D.ieu nous accorde ainsi que nos louanges pour sa grandeur infinie. Il existe 3 catégories de bérakhote :

– 1/ Pour toute jouissance que l’on éprouve en ce monde, que ce soit par le goût, l’odorat ou la vue

– 2/ Les bérakhote qui précèdent la réalisation d’une mitsva (commandement) Ex. (pour les hommes : mettre les téfiline)

– 3/ Pour exprimer une louange à D.ieu pour sa Toute Puissance (ex. devant certains phénomènes naturels), pour les bontés qu’Il nous prodigue (ex. Chéhé’héyanou à l’arrivée d’un évènement, ou Hagomel au retour de voyage)

Importance primordiale de la bérakha (bénédiction)

Nous lisons dans Pirkei Avot (traité des Pères) chap. 3,20 : « Le magasin est ouvert, le propriétaire vend à crédit, chacun est libre de se servir, mais de sa propre main il inscrit sa dette sur le livre… ». Il s’agit de ce monde où le Créateur nous donne la liberté de jouissance et ‘l’ordinateur’ céleste fonctionne de telle sorte que ce qui est reçu est automatiquement inscrit par soi-même à son compte. En quittant ce monde, on devra couvrir une énorme dette accumulée, à moins qu’on ait eu, au fur et à mesure, ‘payé’ au Créateur la jouissance ou les bienfaits reçus. Comment ? Par la bérakha.

Le Talmud nous rapporte 2 versets apparemment contradictoires : « A l’Eternel appartient la terre et ce qu’elle renferme… » (psaume 24.1), « Les cieux ont à l’Eternel, mais la terre, il l’a octroyée à l’homme » (psaume 115, 16)

L’explication est la suivante : Avant la bérakha, la terre appartient à l’Eternel et lorsque nous prononçons la bérakha, la jouissance du monde nous est octroyée (bien entendu dans la limite du permis).

Le Talmud ajoute : « Jouir de ce monde sans bérakha équivaut non seulement à commettre n vol de la propriété de D.ieu, mais aussi à spolier la communauté d’Israël (car on la prive de la bénédiction qu’en retour chaque bérakha attire sur elle. »

 

Signification profonde du manger et de la bérakha

L’homme se sent relié à son Créateur par l’intermédiaire de la nature avec laquelle il est en prise directe et la fait accéder à D.ieu au niveau le plus élevé. Toute matière contient une base de spiritualité. Tout aliment comestible en particulier végétal ou animal, renferme ce que nos Sages désignent par une « étincelle de kédoucha »(sainteté)  provenant des sphères spirituelles supérieures. En prononçant la bérakha et en mangeant cet aliment, nous libérons cette kédoucha et nous l’intégrons à notre âme, la matière devenant alors déchet. Notre être, ainsi enrichi, utilisant les forces physiques nécessaires pour étudier la Torah et pratiquer les mitsvote, (commandements) va élever cette kédoucha et ainsi la ramener à sa source supérieure.

                 BERAKHOTE A SAVOIR PAR CŒUR (en bleu) 

                                Principe fondamental du judaïsme :

           « J’ai D.ieu constamment présent devant moi » (psaume 16,8)

 

LE MATIN  AU REVEIL, AVANT MÊME DE METTRE UN PIED PAR TERRE LE MATIN, ON DIRA :

Modé (pour l’homme, la femme dira Moda) ani léfanekha mélekh ‘haï vekayam chéhé’hézarta bi nichmati be’hemla raba émounatékha.

(Je te remercie, Ô Roi vivant et éternel, de m’avoir rendu, dans Ta bonté, mon âme. Grande est Ta fidélité)

Il est recommandé que l’eau se trouve à moins de 4 pas (environ 2 m), dans un récipient à côté du lit. (Cependant, il est admis de se rendre jusqu’au lavabo en ne faisant que 4 pas à la fois, puis de s’arrêter, puis de faire à nouveau 4 pas, et ainsi de suite, jusqu’au but.)

(Il s’agit là en fait d’éliminer le résidu d’impureté qui s’est fixé aux extrémités des doigts pendant notre sommeil. On considère en effet que l’impureté est ce manque de lucidité ou de conscience où l’homme perd la notion de D.ieu. C’est en cela que le sommeil ressemble à la mort, considérée comme le suprême degré d’impureté. )

ON FAIT ENSUITE L’ABLUTION DES MAINS, SANS BENEDICTION  (ON PREND LE KELI DE LA MAIN DROITE ET ON REMPLIT LE KELI, PUIS ON LE PASSE DANS LA MAIN GAUCHE ET ON RINCE LA MAIN DROITE. ENSUITE ON RINCE LA MAIN GAUCHE, PUIS LA MAIN DROITE A NOUVEAU ET AINSI DE SUITE EN VERSANT DE L’EAU 3 FOIS SUR CHAQUE MAIN. ON RECITE LA BRAKHA SUIVANTE : EN SE FROTTANT LES MAINS, PUIS ON LES SECHE).

APRES AVOIR ETE AUX TOILETTES ET S’ÊTRE LAVE LES MAINS, ON FAIT A NOUVEAU NETILAT YADAYIM  (CHAQUE FOIS QUE L’ON EST ALLE AUX TOILETTES, OU SI ON A PREVU DE CONSOMMER DU PAIN, ON FERA NETILAT. ON PROCEDE AINSI : (ON PREND LE KELI DE LA MAIN DROITE ET ON LE REMPLIT, PUIS ON LE PASSE DANS LA MAIN GAUCHE ET VERSE L’EAU 3 FOIS SUR LA MAIN DROITE ET 3 FOIS SUR LA MAIN GAUCHE. ON SECHE LES MAINS. ON LES ELEVE A HAUTEUR DES YEUX ET ON RECITE LA BRAKHA DE NETILAT.)

Baroukh ata Ado-naï élohénou mélekh ha’olam, acher kidéchanou bemitsvotav vetsivanou ‘al netilat  Yadayim

(Sois béni, Eternel notre D.ieu, Roi du monde, qui nous a sanctifiés par ses commandements et nous a ordonné d’élever les mains.

(cette prière doit se réciter chaque fois que l’on a l’intention de consommer un volume minimum de pain de 2 cazaït (équivalent à environ 60 g). Pour une quantité inférieure, on fera nétilat yadayim sans bérakha.

 

APRES AVOIR ETE AUX TOILETTES ET FAIT L’ABLUTION DES MAINS, ON DIT ‘ACHER YATSAR’

Baroukh ata Ado-naï élohénou mélekh ha’olam acher yatsa et haadam be’hokhma, ouvara vo nekavim nekavim, ‘haloulim ‘haloulim, galouï véyadoua’ lifné khissé khévodéka chéïm yissatem é’had méhem, o im yipatéa’h é’had méhem, i efchar lehitkayen afilou cha’a a’hat. Baroukh ata Ado-naï rofé khol bassar oumafli la’assot.

(Sois béni Eternel notre D.ieu, Roi du monde, qui a façonné l’homme avec sagesse, en le créant avec des orifices et des ouvertures. Tu sais pertinemment que si l’un de ces orifices venait à s’ouvrir de façon incontrôlée ou à se boucher définitivement, il serait impossible de survivre, ne serait-ce qu’une heure. Sois béni, ô Eternel, guérisseur de toute chair, prodigieux dans l’acte créateur.)

BRAKHOTE HARICHONIM (BENED. INITIALES avant consommation)

(hamotsi sur le pain baroukh ata ado-naï élohénou mélèkh haôlam hamotsi lékhem mine haarets.

(Sois béni, Eternel notre D.ieu, Roi du monde, qui fait sortir le pain de la terre.)

– On récite cette bénédiction immédiatement après nétilat yadayimet sans s’interrompre pour parler. On soulève le pain des 2 mains et on dit la bénédiction

Sans s’interrompre, immédiatement après la bénédiction, on mange un morceau de pain trempé dans le sel. – la table est comparée au mizbéa’h (l’autel) et il est dit  « A chacun de tes sacrifices tu ajouteras du sel ». (Lévitique 2, 13)

En semaine, on coupe le pain (de telle sorte que la tranche reste fermement attachée à la miche) avant la bénédiction afin de pouvoir manger sans interruption. Le Chabbat, 2 pains sont nécessaires et on fait la bénédiction sur le pain non encore coupé. On le coupe après la bénédiction.

Cette bérakha (bénédiction) sur le pain exempte de bérakhote tout ce que l’on mange et que l’on boit pendant le repas, excepté le vin (si on n’a pas fait kidouch au préalable) et les fruits qui se mangent sans pain.

(mézonote sur le couscous, les pâtes, le riz, les céréales, les gâteaux, les beignets…) baroukh ata ado-naï élohénou mélèkh haôlam boré miné mézonote)

 

(haguéfène sur le vin ou le jus de raisin : baroukh ata ado-naï élohénou mélèkh haôlam boré péri haguéfène)

 

(ha’arets sur les fruits de l’arbre) : baroukh ata ado-naï élohénou mrélèkh haôlam, boré péri haets)

 

(ha’adama sur les fruits de la terre) : baroukh ata ado-naï élohénou mrélèkh haôlam, boré péri ha’adama)

 

(chéakol sur tout le reste : poisson, viande, autres boissons…: baroukh ata ado-naï élohénou mélèkh haôlam, chéakol nihia bidvaro)

 

 

BRAKHOTE A’HA’HONIM (BENED. FINALES après le repas)

MEEN CHALOCH

Après avoir consommé la quantité requise de vin, de pâtisserie ou des 5 fruits d’Israël, qui sont : raisin, figue, grenade, olive, datte.

Baroukh ata ado-naï elohénou melekh haolam (Sois béni, Eternel notre D.ieu, Roi du monde

(pâtisserie) âl hami’hia veal hakalkala (pour les vivres et la subsistance)

(vin) âl haguefen veal peri haguefen (pour la vigne et le fruit de la vigne)

(5 fruits d’Israël raisins, figues, grenades, olives, dates) âl haetz véperi haetz (pour les arbres et les fruits de l’arbre) ve al tenouvat hassadé véal eretz ‘hemda tova ourkhava chératsita véhis’halta laavoténou léékhol mipiria vélisboâ mitouva. Rakheim Ado-naï élohénou âlénou véâl Yisrael yirakh véhal har tsion michkan kévodakh, véâl misba’hakh, véâl hé’halakh ouvné yeroushalayim îr haqodèch bimhéra véyaménou véhaâlénou létokha vésamékhénou  béviniana  ounva’hakh âléyah bikdoucha ouvtahara. (pour la production des champs, pour la terre enviable, belle, spacieuse, que tu as bien voulu léguer à nos ancêtres afin que l’on se nourrisse de son fruit et que nous soyons rassasiés de son bien. Aie pitié, Eternel notre D.ieu, de nous, d’Israël ton peuple, de Jérusalem ta ville, du mont Sion, demeure de ta gloire, de ton autel, de ton sanctuaire et construis Jérusalem, ville sainte, promptement, de nos jours ; fais-nous y monter et réjouis nous de sa construction. Nous te bénirons pour elle dans la sainteté et la pureté.)

(Chabbat ) véna’haménou béyom hachabbat hazé (veuille nous libérer en ce jour du Chabbat)

(Roch ‘Hodèche) véza’hkhénou létova béyom roch ‘hodèche hazé (souviens toi de nous pour le bien en ce jour de Roch ‘hodech)

(Roch Hachana) véza’hkhénou létova béyom hazikarone hazé (souviens toi de nous pour le bien en ce jour de Roch Hachana)

(les 3 fêtes Pessa’h : Hag Hamatsote) (réjouis nous en ce jour de Pessa’h)

(                 Chavouôt : Hag hachavouôt)

(                 Souccote Hag hasoukat)

(Chémini Atserète : Chemini Hag âtsérète)

Hag Béyom tov oumétiv lakol vénodé lékha âl haaretz (en ce jour de convocation sainte, car tu es bon et tu fais du bien à tous. Nous te remercions, Eternel notre D.ieu, pour le pays)

 

(après la pâtisserie : vâl hami’hia véâl hacalcala) (et pour les vivres et la subsistance)

(après le vin : véâl péri haguéfène) (et pour le fruit de la vigne)

(après les 5 fruits d’Israël (blé, orge, raisin, figue, grenade, olive, datte) : véâl hapérote) (pour les arbres et les fruits de l’arbre).

 

BORE NEFACHOTE

Après avoir consommé des boissons autres que le vin, des fruits autres que les 5 espèces, du fromage, des œufs, du poisson, de la viande…  

Baroukh ata ado-naï, hélohénou mélekh haôlam boré néfachote rabote vé’hes’honane âl kol mah chébarata léha’hayote bahem néfèche kol ‘haï. Baroukh ‘haï haôlamim.

(Sois béni, Eternel notre D.ieu, Roi du monde, créateur de nombreuses âmes avec leurs besoins,

pour tout ce que tu as créé afin que toute âme vivante puisse survivre. Béni soit le vivant éternel.)

 

CHEHE’HIYANOU

à la fin du kidouch, sur un fruit nouveau :

barou’h ata ado-naï élohé-nou mélekh haôlam chéhé’hiyanou vékiémanou véhiguihanou lazmane hazé.

Vidéo : Judaïsme – Les bénédictions journalières

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Le Juif récite le « Chema Yisrael » 2 fois par jour. C’est aussi la prière que l’on dit lorsque l’on est en danger, lorsque l’on sait que l’on va quitter ce monde…

Le Chema en français

Couvrez vos yeux avec votre main droite et dites :

Écoute Israël, l’Éternel est notre D.ieu, l’Éternel est Un.1

Récitez le verset suivant à voix basse :

Béni soit le nom de la gloire de Sa royauté à tout jamais.

Et tu aimeras l’Éternel ton D.ieu de tout ton coeur, de toute ton âme, avec tout ton pouvoir. Que les paroles que Je t’adresse aujourd’hui soient sur ton coeur. Tu les enseigneras à tes fils, tu en parleras assis dans ta maison, en marchant sur le chemin ton coucher et à ton lever. Tu les attacheras en signe sur ta main et elles seront comme fronteaux entre tes yeux. Tu les écriras sur les poteaux de ta maison et à tes portes.

Et ce sera, si vous écoutez bien Mes commandements que Je vous ordonne aujourd’hui, d’aimer l’Éternel votre D.ieu et le servir de tout votre coeur et de toute votre âme. Je donnerai la pluie de votre terre en son temps, averse d’automne et ondée printemps, et tu récolteras ton blé, ton vin et ton huile. Je donnerai l’herbe dans ton champ pour ton bétail, tu mangeras et tu seras rassasié. Gardez-vous de laisser séduire votre coeur, de vous écarter et de séduire d’autres dieux, de vous prosterner devant eux. La colère de l’Éternel s’enflammerait contre vous. Il fermerait les cieux, il n ‘ y aurait plus de pluie et la terre ne donnerait plus sa récolte, et vous disparaîtriez bientôt du bon pays que D.ieu vous donne. Mettez ces paroles que Je vous énonce, dans votre coeur et dans votre âme, attachez-les comme signe à votre main et qu’elles soient en fronteau entre vos yeux. Vous les enseignerez à vos fils, pour vous en entretenir assis dans votre maison, en marchant sur le chemin, en se couchant et en se levant. Tu l’écriras sur les poteaux de ta maison et sur tes portes afin que se multiplient vos jours et ceux de vos enfants sur la terre que D.ieu à juré à vos pères de leur donner, comme les jours des cieux sur la terre.

L’Éternel parla à Moïse en ces termes : Parle aux enfants d’Israël, et dis-leur de se faire des franges aux coins de leurs vêtements, dans toutes leurs générations, et d’ajouter à la frange de chaque coin un cordon d’azur. Cela formera pour vous des franges dont la vue vous rappellera tous les commandements de l’Éternel, afin que vous les exécutiez et ne vous égariez pas à la suite de votre cœur et de vos yeux, qui vous entraînent à l’infidélité. Vous vous rappellerez ainsi et vous accomplirez tous mes commandements, et vous serez saints pour votre Dieu. Je suis l’Éternel votre Dieu, qui vous ai fait sortir du pays d’Égypte pour devenir votre Dieu ; Je suis moi, l’Éternel, je suis votre Dieu !

Texte en hébreu, version phonétique :

CHEMA ISRAEL

On porte la main droite sur les yeux et on dit :

Chema Israel Ado-nai éloénou Ado-nai e’Hade:

 (A voix basse)
Baroukh chem kévode malkhouto léolam vaéde:
Vea avta ete Ado-nay eloekha bekhol levavkha ouv khol nafchekha
ouv khol meodekha : Veayou adevarim aele acher anokhi metsavekha
ayom el levavekha Vechinane tam levandkha vedibarta bam bechiv
tekha bevetekha ouv lekhtdkha vaderekh ouv chokhbekha ouv koumekha:
Ouk chartam leote al yadekha :
(les garçons et les hommes embrassent le Tefilin du bras)
veayou letotafote ben enekha:
(on embrasse le Tefilin de la tête)
 Oukhtavtam al mezouzote betekha ouvicharekha:
Veaya im chamoa tichmeou al mitsvotai acher anokhi metsave et khem ayom
leaava et Ado-nay eloekhem oul ovdo bekhol levav khem ouv khol nafchekhem :
Venatati metar artsekhem be ito yore oumalkoch veassafta deganekha vetiroch
kha veits arekha : Venatati essav bessade kha livem tekha veakhalta vessava ta :
Icham rou lakhem pen yifte levav khem vessartem vahvade tem elo im aH’erim
ye ichtaH’ avitèm laèm : VéH’ ara
(On baisse la voix jusqu’a “a! aarets atova”)
 af adonai bakhem vehatsar et achamaim veto yi-ye matar veaadama lo titen et yevoula
 va avade tem me era meal aarets atova  /////
acher Ado-nay noten lakhern :
Vessam tem et devarai ele levav  khem veal nafchekhem oukchartem otam leote
al yade khem
(on embrasse la Téfila du bras)
 veayou letotafote ben enekhem
(on embrasse la Tefila de la tete)
Ve limade tem otam èt benékhém ledaber bam béchivtékha bévétékha ouv
 lekkhtekha vadérèkh ouv chokhbékha ouv kournékha:
Oukhtavtarn al mézouzote bétékha ou vichãrékha : Léma âne yirbou yémékhèm
vime vénékhèm al a adama acher nichba adonai Ia avotékhèm latet laèm
kirmé achamaim al a arets:
Vayomèr Ado-nay  èl moché lemor : Daber èl béné israel véamarta ale em véâssou laèm
tsitsite
(on embrasse les Tsitsit)
al kane fé vigdéem lédorotam vénate nou al tsitsite
(on embrasse les Tsitsit)
 akanaf petil tekhelete : Veaya Iakhem letsitsite
(on embrasse les Tsitsit)
 our item oto ouz khartem et kol mitsvote adonai vaassitem otam velo tatourou
aH’are levavkhem veaH’are enekhem acher atem zonim aH’ are em :
 Léma âne tizkérou va âssitèm et kol mitsvotai vi yitèm kédochim leloékhèm :
 Ani Ado-nay  eloekhem achèr otséti étkhèm mé-érèts mitsraim li yote lakhèm lélo im
ani Ado-nay  éloékhèm:
L’officiant répète a haute voix:
Ado-nay eloekhem emet.

(Source : La quoti halakhique)

Mordechai Ben David (MBD) – Chema Israel JattitudeTV

ישראל Shema Israel yaakov shwekey

Une histoire vraie …

En 1945, Rabbin Eliezer Silver fut envoyé en Europe pour aider à retrouver les enfants juifs qui avaient été cachés pendant l’Holocauste chez des familles non-juives. Comment s’y prit-il pour découvrir les enfants juifs ? Il se rendait à des réunions d’enfants et proclamait à voix haute la prière du Chéma Israël : « Ecoute ô Israël, l’Eternel est notre D.ieu, l’Eternel est Un. » Puis il observait les visages des enfants à la recherche de ceux qui avaient les larmes aux yeux ; ces enfants juifs ayant conservé au fond de leur mémoire le souvenir inoubliable de leur maman qui chaque soir les bordait en récitant le Chéma avec eux.

Chéma Israël, « Ecoute ô Israël, l’Eternel est notre D.ieu, l’Eternel est Un » est sans doute la plus célèbre de toutes les prières juives.

Le Chéma est une profession de foi, un serment d’allégeance au Dieu unique. Elle est prononcée au réveil le matin et au coucher la nuit. Elle est dite au moment de louer D.ieu ou de l’implorer. C’est la toute première prière qu’un enfant juif apprend à réciter. Ce sont les derniers mots qu’un juif prononce avant de rendre l’âme.

Le Talmud affirme que lorsque Jacob s’apprêtait à révéler la date de la fin des temps à ses enfants, il craignit que l’un d’entre eux fusse un non-croyant. Ses fils le rassurèrent aussitôt en s’écriant : « Chéma Israël. »

La Torah rapporte que Moïse inclut le Chéma dans son discours d’adieu au peuple juif.

Nous récitons le Chéma en nous préparant à la lecture de la Torah les Chabbath et fêtes. Et nous récitons le Chéma à la fin du jour le plus saint, celui de Yom Kippour, lorsque nous atteignons le niveau des anges.

Le Chéma est écrit dans la mézouza que nous fixons aux linteaux de nos portes ainsi que dans les tefilines que nous attachons à notre bras et à notre tête.

Le cri du Chéma symbolise la manifestation ultime de notre foi dans les situations les plus tragiques.

A travers les siècles, le cri du Chéma a toujours symbolisé la manifestation ultime de notre foi dans les situations les plus tragiques. C’est avec le Chéma aux lèvres que les juifs acceptèrent le chemin du martyre sur le bûcher de l’Inquisiteur ou dans les chambres à gaz nazies.

Quelle est la signification profonde de cette affirmation historique de la conviction religieuse centrale du judaïsme ?

Chéma : « Le mode d’emploi »

Nous avons l’ordre de réciter le Chéma deux fois par jour : une fois le matin et de nouveau le soir. Cette exigence est dérivée du verset (Deutéronome 6, 7) : « Tu en parleras assis dans ta maison, en marchant sur le chemin en te couchant et en te levant » (Deut. 6, 7). Le Talmud explique que l’expression « en te couchant et en te levant » ne se réfère pas à la position littérale du corps de l’homme mais désigne plutôt le moment de la journée auquel il convient de réciter le Chéma (Berakhot 10b).

En termes techniques, le moment pour réciter le Chéma du soir débute à la tombée de la nuit (environ 40 minutes après le coucher du soleil) et se poursuit jusqu’à minuit (ou si nécessaire jusqu’à l’aube du jour suivant). Le moment pour réciter le Chéma du matin débute environ une heure après le lever du soleil (à partir du moment où l’on peut reconnaître un ami à quatre coudées de distance) et continue jusqu’à environ 8h du matin (la fin de trois heures saisonnières complètes).

Le Chéma aborde les concepts de l’amour de D.ieu, de l’étude de la Torah et de la transmission de la tradition juive à nos enfants.

Le Chéma complet est compris de trois paragraphes de la Torah. Le premier paragraphe, Deutéronome 6, 4-9, aborde les concepts de l’amour de D.ieu, de l’étude de la Torah et de la transmission de la tradition juive à nos enfants.

Ces versets se réfèrent aussi spécifiquement aux mitsvot de téfilines et mézouza. Pendant la prière, nous portons les téfilines comme un signe ostensible de la proximité de D.ieu à notre tête et à notre cerveau, montrant ainsi que chacune de nos pensées et de nos émotions sont dirigées vers D.ieu. Le parchemin de la mezouza est fixé aux linteaux de nos portes pour montrer que nous nous sentons en sécurité en présence de D.ieu.

Le deuxième paragraphe, Deutéronome 11, 3-21, nous parle des conséquences positives de l’accomplissement des mitsvot et des conséquences négatives dans le cas contraire.

Le troisième paragraphe, Nombres 15, 37-41 aborde spécifiquement la mitsva de porter les tsisit et l’Exode d’Egypte. Les tsitsit constituent un rappel physique des 613 commandements de la Torah. Nous déduisons cela de la valeur numérique du mot tsitsit (600), plus les cinq nœuds et huit fils sur chaque coin, ce qui fait 613 en tout.

L’unité divine

Le thème central du premier verset est l’Unité de D.ieu : « Ecoute ô Israël, le Seigneur est notre D.ieu, le Seigneur est Un » (Deutéronome 6, 4).

Plus loin, tel que cela est écrit dans le parchemin de la Torah, les lettres « Ayin » et « Daled » du premier verset sont agrandies de manière à former le terme hébraïque Ed, « témoin ». Quand nous récitons le Chéma, nous témoignons de l’Unicité de D.ieu.

Pourquoi l’ « unicité » est un thème aussi central dans la croyance juif ? En quoi cela importe-t-il que D.ieu soit un et non pas trois.

Le même D.ieu qui nous prodigue tant de bonté un jour, peut faire en sorte que tout aille si mal le lendemain.

Les évènements de notre monde pourraient sembler masquer l’idée que D.ieu est un. Un jour nous nous levons et tout va bien dans le meilleur des mondes. Le lendemain, tout va de travers. Que s’est-il passé ?! Est-ce possible que le même D.ieu qui nous prodigue tant de bonté un jour, puisse faire en sorte que tout aille si mal le lendemain ? Nous savons que D.ieu est bon, alors comment peut-il y avoir tant de douleur dans ce monde ? Est-ce simplement de la « malchance » ?

Le Chéma est une déclaration que tous les évènements de la vie proviennent de l’Un, et uniquement de l’Un. La confusion émane de notre perception limitée de la réalité. Une manière de comprendre l’unité de D.ieu est d’imaginer une lumière se reflétant à travers un prisme. Même si nous voyons de nombreuses couleurs du spectre, celle-ci émanent en réalité d’une seule et unique lumière. De même, même s’il semble que certains évènements ne sont pas causés par D.ieu mais plutôt par une quelconque autre force ou malchance, en réalité, ils proviennent tous du Dieu unique. Dans le plan éternel magistral, tout est pour le « bien », car D.ieu sait ce qui est le meilleur pour nous.

Ce principe se situe aux antipodes de la doctrine zoroastrienne de la dualité qui prône l’idée de deux pouvoirs conflictuels ; le bien et le mal.

Quand un juif récite le Chéma, l’habitude est qu’il ferme ses yeux et les couvre avec sa main. L’autre occurrence dans la tradition juive où les yeux de la personne sont fermés est la mort. Tout comme au jour dernier où nous finirons par comprendre comment même le « mal » était en réalité pour le « bien », de même en récitant le Chéma nous aspirons à atteindre ce niveau de foi et de compréhension.

Nos Sages nous disent que le patriarche Jacob, après une séparation de 22 ans avec son fils Joseph, descendit finalement en Egypte pour le revoir. Lors de leurs retrouvailles, Jacob récita le Chéma. Toutes ces années de nostalgie pour son fils disparu depuis si longtemps se cristallisèrent en la prière chargée d’émotion de Chéma Israël.

Aimer Dieu

Le deuxième verset du Chéma est : « Et tu aimeras l’Éternel ton D.ieu de tout ton cœur, de toute ton âme, avec toutes tes ressources » (Deut. 6, 5)

Que signifie aimer D.ieu de tout son cœur ? Le Talmud explique que le mot « cœur » est une métaphore pour les « désirs ». Même aujourd’hui, nous disons en langage familier « J’aime le chocolat » pour exprimer le fait que nous désirons du chocolat. Quand le Chéma nous enjoint d’ « aimer D.ieu de tout ton cœur », il nous demande d’utiliser non seulement nos « bons traits de caractère » comme la bonté ou la compassion pour accomplir la volonté de D.ieu, mais aussi d’utiliser nos traits de caractère plus critiques pour Le servir.

Profitez de ce monde afin de vous aider à vous détendre et à mieux apprécier le monde que D.ieu a créé.

Par exemple, quand vous allez dans un bon restaurant, n’y allez pas parce que vous désirez faire bombance. Essayez plutôt de garder en tête que vous manger pour conserver votre corps en bonne santé cela afin d’être à même de servir D.ieu. De la même manière, si vous vous offrez un CD de musique, vous devriez essayer l’écouter dans le but de vous détendre et de mieux apprécier le monde que D.ieu a créé.

Que signifie « aimer D.ieu de toute son âme » ?

Le grand sage du Talmud Rabbi Akiva (IIème siècle) aimait tellement D.ieu qu’il enseigna la Torah en dépit du décret romain qui l’interdisait. Quand les romains s’en aperçurent, ils le condamnèrent à une mort atroce. Ils prirent un grand peigne de fer et se mirent racler sa chair avec. Alors qu’il se faisait torturer, Rabbi Akiva récita le Chéma avec une ferveur joyeuse : « Ecoute ô Israël, le Seigneur est notre D.ieu, le Seigneur est Un. »

Ses disciples ahuris lui demandèrent : « Maître, comment pouvez-vous louer D.ieu en subissant de telles torture ? »

Rabbi Akiva répliqua : « Toute ma vie, j’ai aspiré à aimer D.ieu de toute mon âme. A présent que j’ai l’opportunité de l’accomplir, je le fais avec joie ! » Avec son dernier souffle, il sanctifia le nom de D.ieu en criant les mots du Chéma (Talmud – Berakhot 61a).

La dernière partie de ce verset nous enjoint d’ « aimer D.ieu avec toutes nos ressources ». Ceci est difficile à comprendre parce qu’en règle général, la Torah ordonne les séries de commandements du plus facile au plus ardu. Or dans ce cas précis, l’ordre est le suivant : Aime Dieu émotionnellement (« cœur »), sois même prêt à donner ta vie si nécessaire (« âme »), et même à dépenser ton argent pour Lui !

Est-ce une progression logique ? Y aurait-il vraiment des personnes qui considèrent que l’argent est plus important que leur vie même ?!

La réponse est oui. Le Talmud (Berakhot 54a) évoque le cas d’un homme qui traverse un champ épineux et retrousse son pantalon afin d’éviter de le déchirer. Les jambes de ce malheureux sont toutes égratignées et tailladées mais au moins, son pantalon est sain et sauf !

Dans le Nevada, où les jeux d’argent sont légaux et où chaque hôtel possède son propre casino, les fenêtres des chambres d’hôtels sont spécialement destinées pour ne s’ouvrir que l’espace d’une petite fente. Pourquoi ? Pour que les clients qui perdent leur argent au jeu ne soient pas tentés de sauter par la fenêtre. Eh oui, pour certaines personnes, l’argent revêt plus d’importance que la vie même.

L’Unité Juive

Seth Mandel, le père de Koby Mandel, l’adolescent de treize ans qui fut matraqué à mort dans une grotte par des terroristes arabes, prit la parole lors d’un grand rassemblement pro-israélien à Washington DC en avril 2002. Il raconta l’histoire suivante :

Dans l’attentat à la bombe de la pizzeria Sbarro qui fit 15 victimes à Jérusalem, cinq membres de la famille Dutch trouvèrent la mort. L’un d’entre eux était un petit garçon de 4 ans appelé Avraham Its’hak. Alors qu’il gisait à même le sol, saignant, brûlant et agonisant, il dit à son père : « Abba, aide-moi s’il te plait. Sauve-moi. »

Alors qu’il gisait à même le sol, à l’article de la mort, ils récitèrent les mots du Chéma à l’unisson.

Son père s’approcha de lui et lui tint la main. Puis ils récitèrent les mots du Chéma à l’unisson.

Seth Mandel dit à la foule de Washington :

« Mon fils Koby est mort seul. Je n’ai pas eu la chance de réciter le Chéma avec lui. Alors maintenant, je veux que vous m’aidiez à réciter le Chéma pour les centaines de juifs qui ont été assassinés au cours des violences qui agitent le Moyen Orient. Dites le Chéma avec moi pour le mérite du petit garçon de Sbarro. Et dites le Chéma avec moi pour le mérite de mon fils Koby. » Puis il conduisit la foule de 250 000 personnes réunies devant lui dans la récitation du Chéma.

L’histoire biblique et moderne démontre que l’unité juive a apporté de la sécurité aussi bien au peuple juif qu’au monde entier. Un assaut physique et spirituel fut lancé contre l’humanité le 11 septembre. La tension en Israël continue à monter. La menace du terrorisme pèse encore lourdement sur nous. Qui sait ce que nous réserve l’avenir ? Que pouvons-nous faire ?

Maintenant, dans notre époque turbulente, chacun d’entre nous, hommes, femmes ou enfants peut aider d’une manière simple mais ô combien puissante : chaque matin et soir, prenez une pause de 15 secondes de ce que vous êtes en train de faire et récitez le Chéma.

Le plus important est de comprendre et de vous concentrer sur la signification des mots. Si vous ne comprenez pas l’Hébreu, vous pouvez le réciter également en français. Et par la suite, tâchez d’apprendre la prononciation et la signification afin d’être à même de le réciter en Hébreu également.

Les parents peuvent dire le Chéma à voix haute avec leurs enfants. Cela peut être très rassurant pour eux d’ajouter à leur rituel nocturne la récitation le Chéma, une prière au Tout Puissant pour qu’Il les protège.

Dire le Chéma est une formule simple, forte de six mots, destinée à unir tous les gens qui aiment la paix ainsi qu’à apporter davantage de lumière spirituelle dans notre monde.

Le texte du Chéma

Tout de suite après avoir récité le Chéma, concentrez-vous sur l’accomplissement des commandements positifs de réciter le Chéma chaque matin. Il est important de prononcer distinctement les mots et de bien les articuler.

En priant sans un quorum d’hommes, commencez par cette formule de trois mots :

D.ieu, Roi fidèle.

Récitez le premier verset à voix haute en couvrant vos yeux avec votre main droite et ayez l’intention expresse d’accepter la souveraineté absolue de D.ieu.

Ecoute ô Israël, l’Eternel est notre D.ieu, l’Eternel est Un.

A voix basse :

Béni soit le nom de la gloire de Sa royauté à tout jamais.

En récitant le premier paragraphe (Deutéronome 6, 5-9), concentrez-vous sur l’acceptation du commandement d’aimer D.ieu. Touchez vos téfilines de la main en disant « Tu les attacheras » et celles de la tête en disant « et elles seront comme fronteaux », puis embrassez les extrémités de vos doigts.

Et tu aimeras l’Éternel ton D.ieu de tout ton cœur, de toute ton âme, avec tout ton pouvoir. Que les paroles que Je t’adresse aujourd’hui soient sur ton cœur. Tu les enseigneras à tes fils, tu en parleras assis dans ta maison, en marchant sur le chemin à ton coucher et à ton lever. Tu les attacheras en signe sur ta main et elles seront comme fronteaux entre tes yeux. Tu les écriras sur les poteaux de ta maison et à tes portes.

Voici ce passage en hébreu :

En récitant le deuxième paragraphe (Deutéronome 11, 13-21), concentrez-vous sur l’acceptation de tous les commandements ainsi que le concept de récompense et punition. Touchez vos téfilines des bras en disant « Tu les attacheras » et celles de la tête en disant « et elles seront comme fronteaux », puis embrassez les bouts de vos doigts.

Et ce sera, si vous écoutez bien Mes commandements que Je vous ordonne aujourd’hui, d’aimer l’Éternel votre D.ieu et le servir de tout votre cœur et de toute votre âme. Je donnerai la pluie de votre terre en son temps, averse d’automne et ondée du printemps, et tu récolteras ton blé, ton vin et ton huile. Je donnerai l’herbe dans ton champ pour ton bétail, tu mangeras et tu seras rassasié.

Gardez-vous de laisser séduire votre cœur, de vous écarter et de séduire d’autres dieux, de vous prosterner devant eux. La colère de l’Éternel s’enflammerait contre vous. Il fermerait les cieux, il n ‘ y aurait plus de pluie et la terre ne donnerait plus sa récolte, et vous disparaîtriez bientôt du bon pays que D.ieu vous donne.

Mettez ces paroles que Je vous énonce, dans votre cœur et dans votre âme, attachez-les comme signe à votre main et qu’elles soient en fronteau entre vos yeux. Vous les enseignerez à vos fils, pour vous en entretenir assis dans votre maison, en marchant sur le chemin, en se couchant et en se levant. Tu l’écriras sur les poteaux de ta maison et sur tes portes afin que se multiplient vos jours et ceux de vos enfants sur la terre que D.ieu à juré à vos pères de leur donner, comme les jours des cieux sur la terre.

Avant de réciter le troisième paragraphe (Nombres 15, 37-41), les tsitsit qui étaient jusque là tenus dans la main gauche, sont tenus dans la main droite également. On embrasse les tsitsit à chaque mention du mot « tsitsit » et à la fin du paragraphe, on les passe devant ses yeux en disant « dont la vue » :

L’Éternel parla à Moïse en ces termes : Parle aux enfants d’Israël, et dis-leur de se faire des franges aux coins de leurs vêtements, dans toutes leurs générations, et d’ajouter à la frange de chaque coin un cordon d’azur. Cela formera pour vous des franges dont la vue vous rappellera tous les commandements de l’Éternel, afin que vous les exécutiez et ne vous égariez pas à la suite de votre cœur et de vos yeux, qui vous entraînent à l’infidélité. Vous vous rappellerez ainsi et vous accomplirez tous mes commandements, et vous serez saints pour votre Dieu. Je suis l’Éternel votre Dieu, qui vous ai fait sortir du pays d’Égypte pour devenir votre Dieu ; Je suis moi, l’Éternel, je suis votre Dieu ! (Source : Aish.fr)

Ecouter le récit de cette histoire vraie en musique :

-ישראל Shema Israel yaakov shwekey

Une autre version , au Kotel : shema israel