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YOM HAZIKARON : ISRAËL SE SOUVIENT DE SES NOMBREUSES VICTIMES, SOLDATS ET CIVILS – [Vidéo] – un nouveau mémorial inauguré à Jérusalem

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Les commémorations de la Journée du Souvenir en mémoire des victimes des soldats tués et des victimes israéliennes du terrorisme ont débuté dimanche matin, avec l’inauguration d’un nouveau mémorial à Jérusalem, en présence du président, du Premier ministre et du chef d’état-major de l’armée.

Mémorial des soldats tués au combat inaugurés à Jérusalem

« Le secret du souvenir israélien réside dans la continuité », a déclaré Reuven Rivlin lors de la cérémonie, ajoutant que « la mémoire juive et israélienne rapprochent ce qui relie le passé au présent, et le présent au futur ».

A l’approche de l’anniversaire des 50 ans de la Guerre des Six Jours, Rivlin a promis aux parents des soldats tués au combat que la nation se souviendrait des victimes, même après la mort de leurs parents.

Le souvenir sera intact, « d’une génération à l’autre », a-t-il encore dit.

Benyamin Netanyahou a de son côté fait référence au mémorial qui devient « aujourd’hui l’un des symboles de l’Etat d’Israël ».

« Ces murs sont faits de la puissance de la terre, son dôme fait de la bravoure et du sacrifice », a-t-il dit.

« Nous portons tous les nombreuses générations qui nous ont précédées et marchons avec elles », a ajouté le Premier ministre, avant de rendre hommage à l’histoire du peuple d’Israël.

« La torche a été allumée à Modi’in (…) et cette torche n’a pas été éteinte dans le Ghetto de Varsovie ou dans les camps d’extermination. Elle a été transmise aux organisations souterraines juives et au Groupe de la Brigade Juive, puis aux soldats de Tsahal et à tous les services de sécurité ».

C’est à l’entrée du cimetière du Mont Herzl, qu’a été érigé ce nouveau mémorial de 18 mètres de hauteur, en hommage aux 23.000 soldats israéliens tués au combat.

Dans le hall du mémorial, plus de 6 000 briques de pierre alignées s’ouvrent comme une cheminée en spirale sur le ciel. Elles sont séparées d’un espace pour laisser passer la lumière.

Mémorial en hommage aux soldats israéliens tués au combat, inauguré à Jérusalem

Sur chacune de ces briques figure le nom d’un soldat tué et sa date de décès.

Les noms sont classés chronologiquement selon les dates de décès des soldats.

Un ordinateur est également mis à la disposition des visiteurs, qui peuvent localiser rapidement la pierre d’un soldat grâce à un système de recherche.

Des photos, des films, ainsi que de courtes biographies de chaque soldat sont également accessibles.

Grâce a une application, les visiteurs peuvent aussi prendre une photo d’un nom et obtenir directement des informations sur le soldat recherché.

L’objectif de ce nouveau mémorial est de permettre au pays de se souvenir de ces soldats disparus en tant qu’individus et de leur histoire personnelle.

Le site, dont la construction a démarré en janvier 2015, ouvrira ses portes au public ce lundi, jour du Souvenir des victimes du terrorisme dans tout le pays.

Source

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Quelques-unes des milliers de victimes des attentats perpétrés par les colons arabes auto-proclamés « palestiniens », et par d’autres envahisseurs musulmans ailleurs :
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Vidéo : Shoah

Et parce que chez les Juifs, la vie est la plus forte que la mort, avec la valeureuse armée israélienne :

Vidéo : HATIKVA – Israel Defense Forces Taufan

Bonne et longue vie                     à l’Etat d’Israël !

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ISRAËL, ROSE PARMI LES RONCES

 

‘Hanouca 2016 – Le judaisme est une nationalite, non une religion, par le Rav ‘Haim Dynovisz

Le judaisme est une nationalite NON une religion! -Hanouka- 2016

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Un cours sur ‘Hanoucca, par le Rav Dynovisz

Télécharger vidéo

(Source : Site du Rav Dynovisz)

 

 

 

 

Eh oui, ce soir commence la fête du nouvel an des arbres, Tou Bichevate ! Vive la fête !

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VIDEO : TOU BICHVATYouTube

Le 15 du mois de Chevat, sur la terre d’Israël, marque le début d’une nouvelle année pour les arbres. En effet, à cette époque de l’année, les arbres les plus précoces émergent de leur sommeil hivernal et entament un nouveau cycle de floraison. C’EST POURQUOI, LE 15 CHEVAT, NOUS FÊTONS LE NOUVEL AN DES ARBRES ! (Chabad.org)

Cerisiers en fleurs – photo © Robert BROUAT
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Miniature
Vidéo de la fête de Tou Bichevat, le nouvel an des arbres, chez les ‘Hassidim de « Presmishlan » & « Vizhnitz », deux grands courants ‘hassidiques ! Comme à leur habitude, la fête est célébrée royalement, les ‘hassidim dansant et scrutant les moindres gestes et bénédictions du Rabbi. Cette fois-ci, les bénédictions sont adressés aux fruits !
VIDEO :
Quelle est la dernière fois où vous avez souhaité une bonne année à un arbre ? Le 15ème jour du mois hébraïque de Chevat est une occasion en or. Il est connu sous le nom de Tou BiChevat, le Nouvel An des arbres. Mais il y a arbre et arbre. Il y a celui qui produit des fruits, et celui qui n’en produit point. Certains arbres sont grands et imposants, comme les cèdres du Liban ; d’autres sont petits, humbles, comme le buisson d’épines. Il est des arbres bruyants, et il en est des silencieux. Bref, il n’existe pas deux arbres qui soient pareils.

De même il y a homme et homme. Il y a celui dont les bonnes actions sont comme des fruits juteux, et celui qui vit seulement pour lui-même. Certains hommes sont orgueilleux et arrogants, d’autres sont effacés et modestes. Il est des hommes bruyants qui remuent beaucoup l’air autour d’eux ; il en est qui, sans attirer l’attention, vaquent, silencieusement à leurs affaires. Il n’existe pas deux hommes semblables.

Quand D.ieu parla pour la première fois à Moïse, Il ne l’appela point d’un cèdre en flammes ou d’un palmier, mais d’un buisson d’épines ardent. Ainsi D.ieu montrait au premier berger d’Israël qu’il devait chercher l’ardent esprit divin dans le coeur de son humble troupeau. D.ieu ne demeure point parmi les orgueilleux et les arrogants.La rose est la reine des fleurs ; le raisin le roi des fruits, car avec lui on produit le vin qui est la plus vieille et la meilleure boisson de l’homme. La rose pousse sur le buisson d’épines, et le raisin sur la vigne basse. Dieu ne nous donne-t-Il pas de ce fait une grande leçon d’humilité ?

Mais au fait, pourquoi les arbres célèbrent-ils leur Nouvel An si longtemps après le nôtre ? Cela est dû à la saison des pluies en Israël qui commence avec la fête de Souccot. Il faut quatre mois pour que les eaux des pluies saturent le sol, nourrissent les arbres et les bichonnent jusqu’à ce qu’ils puissent produire des fruits. C’est important à savoir si vous vous apprêtez à donner vos dîmes de fruits, comme nous le faisions à l’époque du Temple, parce que les diverses dîmes varient d’année en année. C’est également important si vous êtes un arbre et cherchez une raison de faire la fête.

A Tou BiChevat, au nouvel an  des arbres, c’est leur fête. Alors, ceux-ci font un peu les fous ;  ils  prennent des teintes ou des poses plus farfelues les unes que les autres…

arbreforain.jpgRegardez, celui-ci en est tout rouge de plaisir !

jacaranda, Arbres - csp5482003
Ceux-là sont parés pour faire la fête et ont mis des perruques colorées !

  Voilà un arbre sioniste qui tient à marquer clairement son appartenance !

    Certains se font même cabanes pour abriter les jeux des enfants,

   ou même en toboggan !

Aviez-vous déjà vu des arbres dansants …
et des arbres qui chantent à gorge déployée ?

Image hébergée par servimg.com

Voyez comme celui-là se déhanche en marquant le rythme !

Deux arbres enlacés - Ensemble
Ou qui s’enlacent , en amoureux ? Peinture de Pierre Marcel

http://www.lepommier.net/hearts/index_fr.htm

… ou encore qui grimpent si haut qu’on croirait qu’ils veulent atteindre le ciel ?
tulipes, Arbres, ressort - csp1834707
Certains ont des myriades d’admiratrices de toutes couleurs et de tous horizons
Oiseaux, et, Arbres - csp7040757
Tous ensemble pour une soirée réussie entre amis
Arbres, emballé, lumières - csp2953177
Il y en a même qui vont jusqu’à se parer de guirlandes pour faire la fête toute la nuit !
Coucher soleil, derrière, les, Arbres - csp4803784Rêverie devant un superbe coucher de soleil flamboyant


Ces deux-là se baignent carrément dans la rivière, admirant leur reflet moiré dans l’eau ayant pris elle-même  la couleur du ciel ! (Photo Gérard Thérin)

Le pin de Bristlecone Mathusalem, Californie, USAQuant à celui-ci, déguisé en spectre, il semble entamer une danse en invoquant le Ciel de ses branches dénudées.

Regardez, certains se croient eux aussi déjà à Pourim et vont jusqu’à se déguiser … en chameaux ?

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où en « grosse tête d’humain », planté au beau milieu de la place du village…

DSC05808 en pieuvre géante !

Le pin penché

ou bien encore… en lampadaire !!! (photo Huguette Balland )

DSC04920 Quant à celui-ci,  il semblerait qu’il ait débuté l’apprentissage de l’écriture… cependant un a encore beaucoup  de progrès à faire semble-t-il !

Voyez celui-là qui s’est  transformé en aire de jeux et accueille les enfants

Dragonnier (Dracaena draco)et celui-là en parasol pour protéger les humains d’un soleil trop ardant

Nous, les  humains, pouvons nous joindre à la célébration des arbres. Après tout, la Torah ne dit-elle pas que « l’homme est un arbre des champs » ? Nos âmes sont nourries par des racines profondes, qui remontent jusqu’à Abraham et Sarah ; nous sommes tournés vers le ciel tout en nous tenant fermement sur le sol ; et quand nous faisons les choses comme il faut, nous produisons des fruits qui profitent au monde : nos bonnes actions.

Dans le monde juif, nous marquons ce jour en consommant des fruits, en particulier ceux à travers lesquels la Torah fait l’éloge de l’abondance de la Terre Sainte : les raisins, les figues, les grenades, les olives et les dattes. En ce jour, nous nous rappelons que « l’homme est un arbre des champs » (Deutéronome 20, 19) et méditons sur les leçons que nous pouvons apprendre de notre double botanique.

Jardin promenade sous les arbres photo zabh 09Petite conversation entre amis

arbres et ciel rivage côte atlantique MarocAccompagnés par le rythme du ressac de la mer, deux arbres dans une tenue sobre entonnent un chant à la gloire d’Hachem sous l’oeil attentif du  chef d’orchestre.
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Regardez comme cet arbre se démène pour exécuter une danse échevelée…
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Celui-ci se tortille  et se déhanche,  comme soudain pris de frénésie…

Syria - Syrie - Wind - Vent - Arbres - TreesCeux-là semblent épuisés de danser et prêts à tomber au sol de fatigue

Les arbres les plus grands du Mondetandis qu’un petit malin se hisse au-dessus des autres pour mieux admirer le paysage.

   Encore tout étourdi d’avoir tant dansé, celui-là nous tire sa révérence.

Cerisier ornement  Fleurs de cerisier,  Michel BIDAULT

Quelle fête, mes amis, on rit, on danse, on chante ! La nature tout entière est en fête et la sève des arbres monte déjà dans les branches décorées de blanc ou de rose pour la fête.

RenaissanceAdmirez cette splendeur ! C’est celle qu’Hachem donne à toute la nature qui nous entoure.  Sachons apprécier ce magnifique cadeau en la regardant d’un oeil  neuf et émerveillé à chaque saison et respecter cette nature qui a été confiée à nos soins par le Créateur. Nous en sommes tous responsables !

arbres-libanTiens, un tout jeune arbre vient rejoindre la fête ! Bienvenue et longue vie à toi petit ! Aujourd’hui, des centaines de jeunes pousses comme toi viendront enrichir la nature.

Copyright © <©MAP-A>Hachem ne nous a-t-il pas fait cadeau d’une terre magnifique remplie de merveilles ?

Sachons la préserver, protégeons nos arbres, les poumons verts de la terre, vie de la terre.

Dans la Biblea hébraïque, parmi les nombreuses ordonnances du « code de sainteté » figure la façon de traiter les arbres : il convient, après les avoir plantés, d’en considérer pendant trois ans les fruits comme une excroissance (orlah) à laquelle il est défendu de toucher ; la quatrième année suivant leur plantation (neta revaï), ces fruits doivent être consacrés à Dieu et ne peuvent servir au profit personnel qu’à partir de la cinquième année2.

Sur les 7 espèces énumérées par Moïse pour illustrer la fertilité de la terre d’Israël, 5 sont produites par des arbres  (le raisin, la figue, la grenade, l’olive huileuse et la datte). L’un des bienfaits dont D.ieu comble le peuple d’Israël est qu’ils jouiront, en prenant possession du pays, de vignobles et d’oliveraies qu’ils n’auront pas plantés. Il convient de lui en rendre grâce en prélevant les dîmes sur les produits de la terre au long des six premières années du  cycle septennaire de celle-ci. Ces dîmes, prélevées en sus de la dîme réservée aux prêtres, doivent être apportées dans la localité du sanctuaire ou converties en argent à dépenser dans cette localité, et consommées en état de pureté rituelle par l’agriculteur lors des première, seconde, quatrième et cinquième année et par les Lévites (ainsi que, plus tard, les nécessiteux) au cours des troisième et sixième années du cycle ; il n’y a pas de dîme la septième année. Enfin, les arbres fruitiers sont si précieux qu’il est interdit de les détruire  lors d’un siège militaire car « l’homme est un arbre du champ».  Le juste est également comparé au palmier ou au cèdre7 et ses fruits ainsi que la Torah à un « arbre de vie ».

Fleur du grenadier – [Passé le quinze shevat,] la majeure partie de la saison des pluies a eu lieu … la sève remonte, la verdure repousse et les fruits éclosent  – fleur de grenade en voie de maturation. (Wikipedia)

Pour fêter Tou Bichvate, voici une vidéo musicale en rapport avec la forêt, dont le compositeur est Robert Schmann (1810-1856) : Waldszenen Op. 82 (Forest Scenes) by Robert Schumann, Hal FREEDMAN

Tou BiChevat est une fête à forte connotation spirituelle. Loin d’être une pure célébration écologique (dans le sens moderne du terme) et dénué de toute velléité de panthéisme, il se veut réflexion autour des interrelations entre l’homme, D.ieu, la nature, le peuple juif et la Terre d’Israël.« Car l’homme est un arbre des champs ». (Deutéronome 20, 19)  A travers ce verset, la Torah initie une réflexion sur le passé, le présent et le devenir de l’individu. 3 composants essentiels font qu’un arbre est arbre : les racines, le tronc et les produits : feuilles, fleurs et fruits.

Les racines sont essentielles à la croissance d’un arbre : plus elles sont fortes et implantées dans un sol riche, plus fort sera l’arbre. Les racines, c’est l’ascendance, la famille, l’enfance, les bases de l’éducation, de la morale et de la foi ; c’est prendre pied dans une histoire familiale, c’est « avoir des racines » ancrées dans une tradition, c’est puiser son énergie dans un terreau nourricier. Se couper de ses racines, c’est un peu se couper les vivres : on peut en mourir.

Les racines donnent le tronc : celui-ci représente l’éducation, l’enfance et l’adolescence, l’âge auquel l’on se « fait ». Encore faut-il qu’il soit assez fort et étoffé pour résister au vent et à la tempête ; l’éducation doit être fondée sur des principes moraux et religieux suffisamment cohérents pour que le futur adulte puisse résister à toutes les tentations négatives. Et de même que le tronc ne cesse de s’épaissir, l’étude et les connaissances sont indispensables à la bonne croissance de l’être humain.

Cependant, le seul développement personnel ne suffit pas à l’individu ; il serait stérile. Tout comme l’arbre justifie son existence par ses fonctions de producteur d’oxygène et de bois, de nourricier pour les hommes et le monde animal ou tout simplement, par le fait qu’il procure de l’ombre en été et du plaisir à la vue, l’homme doit produire des fruits et irradier autour de lui : accomplir les commandements divins, faire de bonnes actions, communiquer, échanger et partager. C’est là ce qui fait un être humain accompli, c’est là le devenir de l’homme, qui évolue dans le rapport à autrui. Et pour tout cela, pour que l’arbre puisse se développer, il est un élément indispensable : l’eau.

Pour un juif, l’élément vital est la Torah : à plusieurs reprises dans la Bible, la Torah est d’ailleurs comparée à l’eau, à un puits d’eaux vivifiantes (entre autres Deut. 32:2) ; c’est elle qui l’accompagne sa vie durant, c’est elle qui le guide et le fortifie. L’homme sage imprégné de l’étude de la Torah n’est pas cet homme à l’état de nature qui se confronte à cette Nature. De ce fait, il est capable de maîtriser d’abord sa propre nature. Seule l’étude peut lui conférer une telle force et une telle audace. Elle lui permet de transcender l’apparence tragique des éléments naturels. (Pour lui, les fleuves ne vont pas forcément à la mer.) Elle permet également aux Sages de fixer Tou BiChevat avec un mois d’avance lorsque la Torah l’exige.

Dans les Maximes des Pères (Pikeï Avoth, Chap.III, 7) la Michna enseigne au nom de Rabbi Jacob : « Celui qui va son chemin en répétant son étude et qui s’interrompt pour dire : le bel arbre que voici ! L’Ecriture le lui compte comme s’il avait fauté en son âme. » Cette Michna nous rappelle la préséance de l’étude sur les beautés de la nature. La Nature ne saurait s’immiscer entre l’Homme et son Créateur, entre l’Homme et son prochain. Toute tentation panthéiste nous est refusée, car elle finirait par occulter, sous les oripeaux de la Beauté naturelle du monde, les vrais enjeux de notre passage ici bas.

La fête de Tou Bichevat est donc l’occasion de fêter la nature et de remercier D.ieu pour Sa création et la jouissance qu’Il nous en accorde. C’est aussi le temps d’une manifestation d’amour pour la Terre d’Israël. Mais c’est surtout le moment de faire le point sur notre croissance personnelle pour que notre arbre, poumon de la terre, puisse donner ses fruits et que tous en bénéficient.

« Il est bon que l’homme apprenne, à travers les arbres, à reconnaître le doigt de D.ieu, créateur de l’Univers.» Il les aime surtout à cause des fruits qu’ils lui fournissent. Il est appelé à les juger selon la forme et la couleur, la saveur du fruit qu’ils offrent à son appétit. Ainsi, le jugement qu’il porte se trouve être fondé sur une base toute matérielle, toute terre à terre. L’homme juge si « l’arbre est bon ou mauvais » (Genèse, 2, 9).

Mais il y a aussi, dans la création divine, l’arbre de la connaissance. Il est bon que nous écoutions l’enseignement qu’à travers le Midrach les arbres et leurs fruits donnent à l’homme, créature divine comme eux, et que, de cette façon, nous approchions d’une connaissance plus grande de D.ieu.

Pourquoi mange-t-on d’ailleurs 15 sortes de fruits à Tou Bichvat (le 15 Chevat) ? Bien entendu, il y a un rapport avec la date de la fête. Mais encore ?

Le chiffre 15, en hébreu, est formé de la lettre « yod » et de la lettre « ». Ces deux lettres forment également le nom de Dieu : dans chaque fruit, si nous savons l’observer et non seule­ment le croquer nous reconnaissons D.ieu, nous pouvons admirer les merveil­leux rouages de la Création.

Le peuple d’Israël est comparé à une vigne : la vigne est plus basse que tous les autres arbres. C’est elle pourtant qui les dépasse tous par ses qualités. Une branche de vigne replantée en n’importe quel endroit, prend immédiatement racine et produit un cep nouveau. De la même manière un juste, transplanté en n’importe quel endroit, arrive à se taire respecter et attire au­tour de lui les faibles et les hésitants. Les feuilles de vigne couvrent et cachent les grappes de raisin. Les ignorants et les hommes sans valeur se mettent souvent en avant des sages. Toutes les vignes portent de grosses et de petites grappes; mais les grosses grappes pendent plus bas que les petites. Les savants sont plus modestes que ceux dont les connaissances sont bien faibles et bien légères. La vigne produit du verjus aussi bien que du vin. Il faut pourtant faire la bénédiction pour l’un comme pour l’autre produit de la vigne. Les enfants d’Israël louent l’Eternel pour le mal comme pour le bien qu’il leur envoie. Le raisin commence par être foulé aux pieds, dans le pressoir ; mais fina­lement il est présenté même à la table des rois. Le peuple d’Israël est bien souvent, lui aussi, opprimé et foulé aux pieds ; mais un jour viendra où les plus grands reconnaîtront son mérite et sa valeur. Pour vivre et se développer, la vigne s’appuie sur du bois mort, ses tuteurs. Pour vivre et se développer, Israël doit également prendre appui sur les générations antérieures.Dès la Création les arbres se disputèrent. Chacun d’eux se croyait supérieur à l’autre. Le chêne avança sa taille, le dattier son fruit, le myrte son feuillage, etc. Devant cet étalage de qualité, la vigne, elle se taisait. Elle se savait petite de taille, foulée aux pieds, mangée par les animaux. Mais l’homme eut pitié d’elle. De son raisin il fit du vin et ce vin est utilisé à consacrer toutes les fêtes, tous les jours de Chabbat, ainsi que tous les moments heu­reux de l’existence de chaque Juif.

La vigne est le premier fruit dont la plantation est mentionnée dans la Torah. C’est Noé qui s’en est chargé. Le Satan (le mauvais penchant) s’est associé à lui et a arrosé le plant du sang d’une brebis, d’un lion, d’un porc et d’un singe. Interrogé par Noé sur la raison pour laquelle il avait choisi ces animaux, il répondit : « Quand l’homme boira le jus de ce fruit, il deviendra doux comme une brebis ; s’il en boit un peu plus, il se croira fort comme un lion : s’il en boit encore, il se conduira comme un porc ; s’il continue à boire, il sera aussi laid qu’un singe ! »

Le peuple d’Israël est également comparé aux noix. Tous les hommes, grands et pe­tits, aiment jouer avec des noix et s’amusent à les faire rouler. Tous se moquent et méprisent les enfants d’Israël.

La noix, cependant a un avan­tage sur les autres fruits : laissez-la tomber dans la boue, elle n’en peut pas moins être consommée ; le fruit qui est à l’intérieur de la coquille n’en reste pas moins appétissant. Toutes les humiliations que l’on veut faire éprouver à Israël ne peuvent le dimi­nuer et amoindrir sa valeur spirituelle et son idéal.

La noix peut être brisée par une pierre. A nous de choisir la pierre qui l’ouvrira. La Torah est en pierre (les deux Tables de la Loi), le mauvais pen­chant aussi est appelé une pierre par nos Prophètes. A nous de choisir celle des deux qui sera appelé à maîtriser Israël et à diriger sa destinée.

La coquille de la noix et te cer­neau ne font qu’un seul et même fruit. L’un protège l’autre. Dès que la coquille est séparée du fruit, on la jette. Les ignorants et les savants font tous partie à titre égal de la Communauté d’Israël. Mais les ignorants ne peuvent s’y maintenir que dans la mesure où ils restent auprès des savants, en contact avec eux, et leur permettent, en les aidant, et en les protégeant, de dé­velopper et de divulguer leur science religieuse.

On ne peut enlever une noix d’un sac sans faire bouger en même temps les autres noix -Symbole de la solidarité juive – : quand un juif se conduit mal, tous ses frères en subissent les conséquences ; quand un des nôtres est arraché à notre milieu, tous nous nous en ressentons.

De même le peuple d’Israël est comparé à une olive ; celle-ci ne donne son huile qu’après avoir été écrasée. Israël ne fait jamais aussi puissamment connaître son message que sous la souffrance et l’oppression.

Le symbole de la paix rétablie entre les hommes et D.ieu après le déluge a été l’arc-en-ciel. C’est la colombe rapportant la branche d’olivier à Noé qui en a été cependant le signe avant coureur.

L’huile ne peut jamais se mêler à l’eau, il y a une incompatibilité entre ces deux éléments. Il y a la même incompatibilité entre la Torah et l’assimilation aux civilisations ambiantes.

Le jour de la mort du roi Salomon, tous les arbres prirent le deuil en hommage au plus sage des rois et décidèrent de faire tomber leur feuillage. L’olivier seul ne se conforma pas à cette décision. Les autres arbres s’indignèrent : « Tu ne daignes pas pleurer le plus grand et le plus intelligent de tous les rois» Vous montrez là un signe bien extérieur de deuil, répondit l’olivier. Moi, c’est au fond de moi-même que j’éprouve cette perte. Voyez donc comme mon cœur est vide ! » Effectivement, les vieux oliviers ont depuis cette époque un tronc creux !

Quant au  juste, il est comparé au dattier (et au cèdre) (cf. Psaume 92,13). Les autres arbres sont, en effet, difficilement reconnaissables de loin ; le dattier (et le cèdre) seuls peuvent être identifiés malgré la distance. Il en est ainsi des justes : leurs bonnes actions les font remarquer de très loin.

Le palmier-dattier est le fruit qui offre le plus de bienfaits et qui rend le plus de service à chaque Juif : son fruit est consommé ; ses branches servent de Loulav pendant la fête de Souccot ; son feuillage est utilisé pour couvrir la Soucca ; son écorce sert à confectionner des cordages, son tronc fabriquer des poutres pour les maisons et des meubles. Le juste, lui aussi, doit mettre toutes ses facultés au service de son prochain.

Le figuier se trouve mentionné dans les premières pages de la Torah : ses feuilles ont servi à revêtir Adam et Eve. Il est le symbole de l’avenir radieux qui est réservé au pays d’Israël où « Chacun demeurera à l’ombre de son figuier» (Michée, 4, 4).

La Torah est comparée à un figuier : les fruits de la plupart des arbres arrivent à maturité au même moment. Il en est autrement du figuier : ses fruits mûrissent les uns après les autres et doivent être cueillis petit à petit. De même, le « produit » de la Torah ne peut être « cueilli » et assimilé en une fois mais plutôt en doses régulières et continues.

Tous les fruits ont des déchets coquilles, noyaux, pépins, épluchures. Dans la figue tout est bon. Toute science à ses mauvais côtés et ses utilisations néfastes. Dans la Torah, cet Enseignement divin, tout est parfait.

Rabbi Akiba avait l’habitude d’étudier avec ses élèves à l’ombre d’un figuier. Il remarqua bientôt que tous les matins, avant son arrivée, le jardinier se rendait à son arbre pour y cueillir les figues qui avaient mûri depuis la veille. Rabbi Akiba décida d’aller étu­dier dans un autre jardin. Mais le jardinier le rejoignit et lui dit : « Rabbi, pourquoi donc ne venez-vous plus étudier sous mon figuier ? »

Je craignais que vous ne me soupçonniez de manger vos figues. »

-Le jardinier fit comprendre à Rabbi Akiba qu’il n’en était rien et celui-ci reprit sa place habituelle. Quant au jardinier il ne vint pas de bon matin cueillir ses fruits, comme il le faisait auparavant. Mais à peine le rabbin et ses élèves s’étaient ils installés que les figues mûres tombèrent et s’écrasèrent sur eux …

Voyez-vous, dit Rabbi Akiba à ses élèves, le bon jardinier sait quand le moment est venu de cueillir ses fruits. De la même manière, le Saint, béni soi-t-Il, sait quand vient le moment pour les justes de quitter ce monde et il les recueille auprès de lui ».

Les Kabbalistes ont fait du 15 Chevat un véritable jour de fête. Ils y ont introduit un rituel, que l’on nomme « Le Seder de Tou Bichevat ». Celui-ci est décrit pour la première fois dans l’ouvrage mystique «Hemdat Yamim » qui est publié en 1763, et il consiste en la consommation de vin rouge, de vin blanc, de « fruits d’Israël » (ce sont les fruits dont la Terre d’Israël a été bénie, à savoir le blé, l’orge, la datte, la figue, la grenade, le raisin et l’olive). Tout ceci est fait dans un ordre bien précis et accompagné de la lecture de textes de la Bible ou du Zohar (principal ouvrage de la Kabbale).

Cette coutume s’est vite répandue à travers les communautés juives de diaspora, et elle est devenue un moment majeur de l’expression de la nostalgie du peuple juif de sa terre, à travers les siècles et les pays.

Plusieurs coutumes ont été adoptées à Tou Bichevat, jour de fête non chômé. On a l’habitude de faire un repas de famille au cours duquel on déguste le plus de fruits possible ; au minimum 15 pour certains. On s’efforce de consommer les 7 Fruits d’Israël (qui ne viennent pas forcément d’Israël) et au moins un fruit nouveau (sur lequel on prononce la bénédiction Chéhé’héyanou).

Depuis le retour du peuple juif sur sa Terre et la création de l’Etat d’Israël, on a décidé de marquer ce jour par la plantation d’arbres. Les écoliers sortent dans les forêts et plantent chacun leur arbre, et toute une pédagogie est mise en place autour des thèmes de l’attachement à la Terre d’Israël et aux valeurs écologiques.

COMMENT LES HOMMES CELEBRENT-ILS TOU BICHEVAT ?

En ce jour, il est de coutume de consommer les fruits qui font la réputation de la terre d’Israël : olives, dattes, raisins, figues et grenades. Ainsi, le 15 chevat on procède, comme à  Pessa’h ou à Roch Hachana, à un Séder ou « Ordre » de consommation de fruits, accompagné de la récitation de versets bibliques, de passages du Talmud et du Zohar liés à cette circonstance. Le séder le plus connu est celui tiré du livre Péri ‘Ets Hadar, imprimé pour la première fois à Salonique en 1753 qui fut diffusé dans le monde entier. Il fut réimprimé à Pise en 1763, à Amsterdam en1859, à Izmir-Smyrne en 1876, à Livourne en 1885 et à Bagdad en 1936, là où se trouvaient de grandes communautés juives.
Règles générales du Seder :

On lira tout d’abord les textes suivants en hébreu et en français, si l’entourage ne comprend pas la langue de la Bible :
Gn 1,9-13: récit de la création des végétaux.
Lv 26, 3-13: les bénédictions.
Dt 8,1-10: L’éloge des sept fruits de la terre d’Israël : blé, orge, raisin, grenade, figue, olive, datte.
Ez 17; 34; 36; 47.
Jl 2.
Ps 72; 147; 148; 65; 126.
• Le seder consiste à manger essentiellement des fruits, précédés de la berakha adéquate.
• Le chef de famille pourra dire, seul, les berakhot, et les participants répondre « Amen ».
•Si l’on mange un fruit pour la première fois cette année on récite :
« Baroukhattah Adonaï-Elohénou, mélekh aolam, chéhé’eyanou vekiyyémanou, veigianou lazemân azé.
Loué sois-Tu Éternel, notre Dieu, Roi de l ‘univers, qui nous as fait vivre et atteindre cette époque-ci.«
•Mais on ne répète pas la bénédiction pour un deuxième fruit nouveau au même repas.
•On doit veiller à ce qu’aucun fruit consommé ne soit véreux.
Le Blé
On commence la dégustation d’un gâteau à base de blé ou d’orge.
C’est en effet le blé qui inaugure l’éloge des fruits de la terre d’Israël: « Une terre qui produit le blé et l’orge » (Dt 8, 8).
Le blé, cité 30 fois dans la Bible, est l’aliment de base de l’homme.
Avant la consommation, on récite :
« Baroukhattah Adonaï-Elohénou, mélekh aolam, boré miné mézenot.
Loué sois-Tu Éternel, notre Dieu, Roi de l ‘univers,qui crées toutes sortes d’aliments. »
L’Olive
Ensuite on prend une olive.
L’olivier qui devient très vieux, millénaire dit-on, symbolise l’ancienneté, et ses feuilles persistantes, l’opiniâtreté.
De son fruit, on tire par pression l’huile d’olive, qui porte la lumière (de la ménorah du Temple) ou qui sert à la consécration du roi ou du Grand Prêtre (le Messie, le Mashiah est littéralement « l’Oint »).
Le fruit vert, confit dans la saumure et consommé comme olive de table, nous enseigne que l’amer s’adoucit par le travail et le temps…
L’olive est citée 38 fois dans la Bible : « Tes fils seront comme des plants d’olivier autour de la table » (Ps 128,3).
Avant la consommation, on récite :
« Baroukhattah Adonaï-Elohénou, mélekh aolam, boré peri aets.
Loué sois-Tu Éternel, notre Dieu, Roi de l ‘univers,qui crées le fruit de l’arbre. »
La Datte
On enchaîne avec la datte : symbole de la douceur.
Quand la Torah fait référence au miel, il s’agit du sucre de la datte.
Ses branches (palmes) servent à réaliser une mitsva (le loulav à Soukkot).
Ses graines, pourvues d’un albumen oléagineux donnent l’huile de palmiste.
« Le juste fleurit comme le palmier dattier » (Ps 92,13) est l’une des 12 citations de la datte dans la Bible.
Le Raisin
Ensuite, on mange le raisin, si souvent mentionné dans la tradition juive. Le raisin donne le vin qui occupe une place de choix dans le culte. D’où l’obligation de ne consommer que du vin ou du jus de raisin casher.
Le vin peut à la fois servir pour les grandes cérémonies (kiddouch, mariage – pages en préparation, etc.) mais il peut également égarer l’homme (l’alcoolisme).
Le raisin est mentionné 19 fois dans la Bible, et le vin 141 fois, comme : « Et le vin réjouit le cœur de l’homme. » (Ps104,15).


La première coupe de Vin
Ici on boit la 1ère coupe de vin blanc, après avoir fait la bénédiction :
« Baroukh attah Adonaï-Elohénou, mélekh aolam, boré peri agfen.
Loué sois-Tu Éternel, notre Dieu, Roi de l ‘univers,qui crées le fruit de la vigne. »
La Figue
Selon le midrach, les feuilles de figue ont servi à couvrir la nudité d’Adam et Ève après leur faute.
On retrouve des figues, « après que Nabuchodonosor, roi de Babylone, eut exilé de Jérusalem et amené à Babylone Yekhonia roi de Juda […] dans deux corbeilles […] étaient placées devant le sanctuaire de Dieu. L’une contenait des figues excellentes et l’autre des figues extrêmement mauvaises » (Jr 24).
Même si pour les botanistes, elle est un « faux fruit », la figue n’en reste pas moins un végétal très prisé car elle n’a ni coquille, ni pépins, ni noyaux: elle devient « le fruit » par excellence!
Elle apparaît 39 fois dans la Bible. « Comme les premiers fruits mûrs sur le figuier, j’avais considéré vos ancêtres » (Os 9,10).
La Grenade
En hébreu, la grenade évoque l’élévation (rimôn <-> ram), mais aussi le prélèvement (térouma).
Le prophète Jérémie enseigne que cent grenades d’airain se trouvaient sur les colonnes du Temple de Jérusalem, et la Torah (Ex 28, 33) qu’elles se trouvaient autour de la bordure de la robe du Grand Prêtre (36 devant et 36 derrière). Ces grenades grelots annonçaient le passage du Cohen et permettaient aux gens impurs de s’écarter de lui.
La grenade est mentionnée 32 fois dans la Bible.
« Puissions-nous être remplis de mitsvot comme la grenade! » souhaite-t-on le soir de Roch Hachana; pourquoi pas à Tou BiChevat?
Le Cédrat
Le cédrat ou étrog fut, selon un avis rabbinique, le fruit de la connaissance du bien et du mal. (Selon d’autres, il s’agissait du raisin ou du blé).
Attention, en général, on ne fait pas la bénédiction de chéhéh’eyanou sur le cédrat car on l’a déjà dite à Soukkot, en faisant la bénédiction sur le loulav.
L’étrog n’est pas mentionné nominativement dans la Bible, mais uniquement comme péri ‘ets hadar, « fruit du bel arbre ».
La Pomme
La pomme est mentionnée dans le Cantique des Cantiques.
Le « champ de pommes », le verger des secrets, se trouve abondamment cité dans la Kabbale.
A propos du doux parfum qui émane des vêtements de Jacob, venant recevoir la bénédiction de son père Isaac (Gn 27, 27), le midrach enseigne que ses vêtements provenaient du paradis, dont les pommes exhalaient un parfum enivrant.
La pomme est mentionnée 6 fois dans la Bible: « L’odeur de tes narines – par où Dieu insuffla l’âme à l’homme – est comme celle des pommiers ». (Ct 7,  9).


La deuxième coupe de Vin
On boit ensuite la 2ème coupe de vin blanc mélangé à un peu de vin rouge.
La Noix
La noix évoque la boîte crânienne, la coque de la noix protégeant un fruit ressemblant au cerveau (cerneau). La noix, egoz, a pour valeur numérique 17 qui est égale au mot tov, « bon ».
Comme elle est composées de quatre parties, les kabbalistes y décèlent les quatre lettres du Tétragramme divin (Zohar II 15 B).
Il n’existe qu’une seule mention de la noix dans la Bible : « Vers le verger des noyers je suis descendue ». (Ct 6,11).
L’Amande
Dans tous les pays où il pousse, l’amandier  est le premier arbre à fleurir. Réputée pour sa promptitude, l’amande arrive à maturation (après la chute de la fleur) en 21 jours. Cela n’est pas sans évoquer les trois semaines qui séparent le 17 tamouz du 9 Av (période de deuil).
La branche d’amandier fleurie confirma aux yeux de tout Israël l’élection d’Aaron (Nb 17,33) et inaugure la prophétie de Jérémie (Jr 1,11). Déjà dans la Torah, les amandes sont envoyées comme offrande par Jacob au vice-roi d’Égypte (qu’il ne sait pas être son fils Joseph) afin de l’amadouer. (Gn 43,11).
Le Caroube
Le caroubier, à l’opposé de l’amandier, est très long à donner des fruits (70 ans). Il symbolise les efforts des générations précédentes pour les suivantes:
« Un jour, alors que ‘Honi marchait sur la route, il vit un homme qui plantait un caroubier:
– Combien d’années faut-il pour qu’un caroubier porte des fruits ? lui demanda ‘Honi.
– Soixante-dix ans, répondit le paysan.
– Et tu ne te demandes pas si tu vas vivre soixante-dix ans, si tu vas pouvoir manger de ses fruits ? »
L’homme répondit: « Dès ma jeunesse, j’ai trouvé des caroubiers, car mes ancêtres en ont donc planté pour moi; de même j’en plante pour mes descendants… » (TB Taanit 23 a).
Le mot « carat », unité de mesure de masse du diamant et de l’or, vient de « caroube », et correspondait au poids d’une graine de caroube (entre 185 et 205 mg; 1 carat = 200 mg).

La Poire
Originaire du Proche-Orient et du nord de l’Asie centrale, la poire a plus de 4000 ans d’âge. Elle se consomme de nombreuses façons : crue et cuite sous forme de compotes, poires au four, tartes, pâtisseries, confitures… Elle est aussi transformée en fruits confits, sirop, alcools.

La troisième coupe de Vin
On boit ensuite la 3ème coupe de vin moitié rouge moitié blanc.
A partir de là, les fruits mentionnés dans le Péri ‘Ets Hadar ne sont pas facilement identifiables.
Ils correspondent sans doute à des fruits des régions où vécurent les communautés juives. Chacun complétera cette liste pour accomplir le verset : « De tous les arbres du jardin tu mangeras ».
Certains mangent 15 sortes de fruits, selon le nombre de cantiques des degrés (Chir HaMaalot) des Psaumes, d’autres en mangent 30 ou plus, chacun suivant ses coutumes, ses moyens et les disponibilités du marché.


La quatrième coupe de Vin
On terminera avec la 4ème coupe de vin rouge additionnée d’un peu de vin blanc.

La bénédiction pour les fruits poussant sur les arbres :

Baroukh ata A-donaï Elo-heinou melekh haolam boré péri haets

[Béni sois-Tu, É-ternel notre D.ieu, Roi de l’univers, qui crée le fruit de l’arbre.]

Si on goûte un fruit pour la première fois de la saison, on récite la bénédiction de Chéhé’hyanou avant de dire celle sur le fruit :

Baroukh ata A-donaï Elo-heinou melekh haolam chéhé’hyanou vékiyémanou véhiguiyanou lizmane hazé

[Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, qui nous a accordé la vie, nous a sustentés et nous a permis d’atteindre cette occasion.]

– Cette journée n’est pas une des grandes fêtes (Yom Tov), toutes les formes de travail sont autorisées. Toutefois, en raison du caractère festif de la journée, nous ne récitons pas les supplications (Ta’hanoun) lors des trois prières.

– Certains ont la coutume de manger du caroube. Le maître de la Kabbale, le saint Arizal, mangeait quinze sortes de fruits en ce jour.

En ce qui concerne les fruits provenant d’Israël, il faut s’assurer de prélever la « Terouma » et le « Maasser ». Il est également important de se renseigner auprès d’une autorité rabbinique compétente pour ce qui concerne les lois de la Chemita.

QUELQUES RECETTES POUR TOU BICHEVAT :

Entrée, ou apéritif

Prenez 2 oignions blancs, vous coupez en lamelles très fines et en longueur/ Prenez une dizaine de dattes, enlevez les noyaux, vous les coupez en fines lamelles, vous faite revenir avec du beurre dans une poele, (les oignions en premier) pendant  4 mn , surtout ne pas les brûler, ils ne doivent pas non plus être croquants ; faire très attention à bien les dorer , ajouter les dattes, une demi cuillère à café de miel, à peine un peu de citron très peu, ou de la vanille.

Faire cuire à feu très doux, lorsque l’oignon, est très tendre et que ça sent très bon dans la cuisine, c’est cuit. Ne pas servir dans des assiettes, mais dans des cuillères individuelles, que vous remplissez sur chaque cuillère et vous décorez avec un fil de la peau d’un citron de tel sorte que le goût du zeste ressorte, (Forum Harissa)

Soupe « spécial Tou BiChevat » à l’orge perlé

Ingrédients:

2 gros oignons en fin petits cubes [haches]
2 tomates pelées [sous l eau chaude]
3-4 branches de céleri + les feuilles
sel, poivre, marak of, un peu de curcuma
2 bonnes poignées d orge perlée

Préparation:

faire revenir les oignons dans de l huile d olive , quand ils sont blonds, couper les tomates pelées en petits morceaux, et rajouter, couper les céleri très fins [en rondelles] couvrir d eau + 2 doigts, rajouter sel, poivre, épice marak of [bouillon cube parve] , orge perlée, et laisser mijoter a feu doux jusqu a cuisson de l orge>

Pour ceux  qui n ont pas le temps, faire tremper l’orge dans de l eau bouillante 1h, ça réduit son temps de cuisson de moitié

vous pouvez rajouter du kosbor[coriandre fraîche] pour le goût
On peut ajouter des petits morceaux de viande si on veut la soupe Bassari [viande]

Figues cuites en accompagnement des viandes

La figue est un fruit dont la saveur se marie très bien avec les viandes blanches et les gibiers. On pourra donc :

  • la faire rôtir à même le plat de viande,
  • en farcir un poulet avec des épices ou des olives,
  • la laisser réduire en purée, mélanger à des pommes de terre, pour accompagner une viande plus forte,
  • la cuire en brochettes, en alternant des morceaux de dinde, d’oignon et de figue,
  • l’ajouter dans un tajine de veau, avec des pruneaux et des pommes des patates douces,
  • en faire un chutney avec des oignons, des pommes, de la cannelle, du poivre, du gingembre, du miel et du citron,
  • l’incorporer dans une version originale du riz pilaf, avec des oignons, un petit piment émincé, du gingembre râpé et du riz sauvage,
  • ou, tout simplement, la passer quelques minutes sur chaque face dans une poêle chaude beurrée

Agneau aux amandes et pignons

Il faut environ 1 kg d’agneau, faire revenir la viande avec des oignions et de l’huile, sel et poivre les dorés sans les brûler ni les caraméliser. Lorsque la viande devient dorée, ajouter de l’eau à couvrir la viande, 2 ou 3 bâtons de cannelle, du gingembre en poudre attention ne pas en mettre beaucoup, du safran, laisser mijoter à feu doux, la sauce doit n’être ni trop épaisse ni trop liquide.

Préparer les pruneaux et les abricots pour les faire pocher, si vous les achetez aux poids la préparation ne doit pas durée plus de 5 minutes, si c’est en sac il faut 10 à 15 minutes, mettre de l’eau dans un casserole ajouter un bâton de cannelle, du sucre, moi je ne mets que du sucre roux et très peu, je n’attend pas que l’eau soit chaude si non le fruit devient trop mou. Quand votre sauce à une jolie couleur et que votre viande est tendre, vous pouvez ajouter les fruits. Servir dans son plat si la cuisson a été faite dans un tajine, ou dans une grande assiette ajouter les amandes que vous avez fait à peine dorer au four et des pignons au moment de servir pour qu’ils restent croquants.(Forum Harissa)

Gâteau de dattes

Battre un mélange blanc, bien mousseux: 5 oeufs, une pincée de sel, 4 cuillères à soupe de sucre cristallisé, 1 sachet de sucre vanille et le jus d’un citron. Ajouter peu à peu, deux cuillères à soupe d’huile, un verre de cerneaux de noix grossièrement moulus,1 verre de dattes hâchées imbibées d’eau chaude, 4 cuillère à soupe de farine pâtissière tamisée avec une cuillère de levure. Verser le mélange obtenu dans un moule enduit de margarine allant au four. Enfourner à feu doux pendant 50 minutes. (Suite 101.fr)

tarte special toubichevat – Recette Cuisine et Patisserie Cacher

(sources Chabad.org – Lamed – Au service de l’Ecriture – Forum Harissa – J.attitude – magazine Adama du KKL)

« Quand on abat un arbre, celui-ci pousse un cri silencieux qui traverse le monde de part en part » Chapitres de Rabbi Eliezer, 33

(Voir aussi CULTURE JUDAÏSME TOU BICHVAT –  du 3 décembre 2009)

Tou Bichvat et le retour du peuple juif sur sa terre Par Pierre

Pour préparer le séder, AVEC LA HAGGADAH DE TOU BICHEVAT, par Hillel Bakis, voir ce lien EDITION 2009 NOUVELLE EDITION

Et puis, sur Univers Torah, vous trouverez :

Tou Bichevate et les fruits
Le Maharal de Prague dans son livre « Netivote ‘Olam », explique que le monde et son contenu été créé dans le but d’honorer D. Ainsi, une bénédiction récitée par une personne sur un fruit par exemple, dévoile la splendeur du nom divin qui se dégage de la création de ce fruit. Par contre la personne qui profite de ce monde sans faire les bénédictions de circonstance, autrement dit sans être reconnaissante à D., « vole » des Bérakhote à D.
Il empêche donc la révélation divine qui devait sortir de ce fruit.

Faire une bénédiction sur un fruit, avant de le consommer, c’est reconnaître qu’il appartient à D. et que l’on se doit de demander la permission d’en profiter à son créateur.

Manger sans bénédiction ,c’est donc voler le maître du monde.
Si ceci est d’une parfaite logique, il est plus difficile de comprendre pourquoi la Guémara parle de voler le peuple d’Israël?

Rachi, sur place, explique que lorsqu’il ont fauté (manger sans Bérakha), les fruits sont frappés. En d’autres termes, l’absence de bénédiction, par les hommes, sur les fruits, a empêché par contrecoup la bénédiction divine de se répandre sur les fruits. La récolte en a subit les conséquences: les fruits sont moins beaux, moins nombreux (voir le Marcha)

LA MAGNIFIQUE ET UNIQUE FÊTE DE CHAVOUÔT

Je viens de réaliser que depuis notre changement d’hébergeur voici plusieurs années,  la fête de Chavouôt n’avait curieusement pas encore été remise à l’honneur, bien que cette fête soit pourtant ma préférée ! Je me propose donc de la réinsérer sur ce blog, même si cette fête vient de se terminer. louyehi

Le monde ne le sait malheureusement pas, et c’est dommage pour lui, mais la Torah a été donnée pour lui aussi, et pas seulement au peuple juif, qui finit par être choisi par le Créateur après le refus des 70 nations présentes alors sur la planète ! Et dire que les nations ont aujourd’hui le culot d’être jalouses de l’élection d’Israël en tant que guide et modèle d’éthique et de sa brillante réussite, avec l’aide d’Hachem qui a toujours protégé, protège et protégera toujours Son peuple de la destruction, car en tant que nation, elle est la seule sur terre à être immortelle, ce qui n’est nullement le cas des nations qui s’attaquent à elle et que l’on voit décliner et s’éteindre petit à petit jusqu’à disparaître complètement, n’étant plus qu’un souvenir historique, ce qui est aussi le cas des grandes civilisations qui ont dominé le monde dans l’Antiquité ! L’homme, le partenaire de l’Eternel, fut mis sur cette terre pour améliorer le monde. C’est ce que s’évertue à faire le peuple juif avec beaucoup de courage, d’énergie, de ténacité et de candeur, et il y réussit peu à peu ! Son arme : la Torah qui lui insuffle la force de se battre et l’éternelle espérance en un monde meilleur, un objectif vers lequel il se dirige rapidement, à présent qu’il habite à nouveau sa terre ancestrale, où il revient graduellement de tous les pays où il était dispersé, un pays où il peut aussi se réfugier lorsqu’il est persécuté. _______________________________________________________

Cours du Rav ‘Haïm Dynovisz sur les 10 Commandements
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LA FÊTE DE CHAVOUÔT
Les 4 noms de la fête :
‘HAG HACHAVOUÔT FÊTE DES SEMAINES
YOM HABIKOURIM FÊTE DES PREMICES
‘HAG HAKATSIR FÊTE DES MOISSONS
ATSERET CESSATION (DE TOUT TRAVAIL)

 

Plan de l’étude

LA TORAH ? UN DON D’AMOUR DU CREATEUR
COMPOSITION DE LA TORAH
TRANSMISSION DE LA TORAH ORALE
Chronologie
LA REVELATION DU SINAÏ
LES MOTS DE D.IEU
OU SITUE-T-ON LE MONT SINAÏ ?
LE DON DES 10 PAROLES
LE VEAU D’OR
UN ENGAGEMENT DE L’HOMME AVEC LE CREATEUR
LA VEILLEE DE CHAVOUÔT
LA FÊTE DE CHAVOUÔT
Consommation de mets lactés
QUELQUES REMARQUES & PENSEES SUR CHAVOUÔT
Meguila Ruth
Anniversaire de la mort du Roi David
Chavouôt est aussi la fête du patriarche Jacob
CHAVOUÔT, UN AUTRE SENS DE LA LIBERTE
AUTHENTICITE DE LA TORAH

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LA TORAH ? UN DON D’AMOUR DU CREATEUR

A l’origine, la Torah fut proposée à tous les peuples de la terre, qui, tous sans exception, la refusèrent. Elle fut alors proposée aux Bné Yisrael en l’an 2448, dit de la création du monde (environ 1300 ans avant l’ère actuelle), qui l’acceptèrent. Elle se présente sous la forme d’un long parchemin enroulé autour de deux axes qui contient les 5 parties. Elle est copiée à la plume d’oie (ou roseau) par un sofer (scribe), qui a appris en détail les règles de l’écriture. La Torah est divisée en péricopes (appelées « parachyiote » ); il y en a autant qu’il y a de semaines dans l’année juive. Chaque Chabbat, on récite publiquement une péricope, de sorte que la Torah est entièrement lue à la synagogue en une année. Chaque péricope (paracha) est divisée en sept passages ; pour chacun d’eux, un fidèle est invité à monter à la tribune et c’est à son intention que l’officiant lit le texte sacré. En s’approchant de la Torah, le fidèle récite une bénédiction dans laquelle il loue son Créateur de « nous avoir choisis parmi les peuples et de nous avoir donné sa Torah ». La Torah est revêtue de divers parements qui sont offerts en ex-voto par les fidèles. Elle est promenée, avant et après la lecture, parmi les fidèles de la synagogue et proposée à leur dévotion.

La valeur numérique du mot Torah est égale à 611, comme les 611 comman-dements que nous a transmis Moché rabbénou (les deux premiers ayant été entendus par Israël directement de D.ieu Lui-même (traité de Makot). Les 10 paroles – dont sont tirés les 10 commandements destinés au monde entier comportent 620 lettres qui correspondent à la valeur numérique du mot « keter » (couronne) – représentent les 613 commandements de la Torah et les 7 commandements rabbiniques (Netilat Yadaïm, Erouvine, Pourim ‘Hanoucca, les Bera’hot, les bougies de Chabbat et Yom tov ainsi que le Hallel.) – Na’hmanide.
Les ‘Dix Commandements’ constituent donc le fondement de la Torah. Ils comprennent toutes les mitsvote de celle-ci, valables pour toutes les époques et sont les suivants :

1) Je suis l’Eternel ton D.ieu
2) Tu n’auras pas d’autre dieu que Moi et donc, tu ne feras pas de sculpture à l’image de ce qui est dans le ciel, sur la terre ou sur les eaux et tu ne te prosterneras pas devant elles, car je suis un dieu jaloux.
3) Tu ne prononceras pas le nom de ton D.ieu à l’appui du mensonge.
4) Observe le jour du Shabbat pour le sanctifier.
5) Honore ton père et ta mère.
6) Tu ne tueras point.
7) Tu ne commettras point l’adultère.
8) Tu ne voleras point.
9) Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain.
10) Tu ne convoiteras pas la femme, la maison, le champ, le serviteur, la servante, le bœuf, l’âne, rien de ce qui appartient à ton prochain.

La Torah n’est pas seulement l’histoire du peuple juif jusqu’à la mort de Moïse. C’est à la fois une loi accompagnée des 613 Mitsvote positives et négatives qui guide notre vie et le plus merveilleux cadeau du Créateur fait à l’homme après celui de la vie elle-même, don qui marque l’année juive d’une reconnaissance éternelle de la part de Sa créature. C’est aussi un rouleau de parchemin transmis par l’intermédiaire de Moïse, et complété par la loi orale et ses commentaires rabbiniques jusqu’à nos jours. La fête de Chavouôt est enfin, selon le sens étymologique, un enseignement qui doit se perpétuer de génération en génération.

• La Torah comporte 70 facettes. (Nombre, Rabba 13, 15).
• La Torah rappelle le langage de chacun (Berakhot 31 ).
• La Torah ne peut être qu’étudiée en groupe (Berakhot 31).
• La Torah est comme de l’eau, qui coule goutte à goutte et qui mit par devenir un fleuve (Cantique des cantiques Raba 1,19).
• La Torah est une lumière (Meguila 16b).
• La Torah est la condition de base de la création du monde (Béréchit Raba 1,2). La Torah est arbre de vie (Proverbes 3,18).

COMPOSITION DE LA TORAH

La tradition rapporte que toutes les âmes juives de toutes les générations à venir jusqu’à la fin des temps étaient présentes au Sinaï (Midrach Rabba), y compris celles des convertis et ce don est renouvelé chaque année le jour de Chavouôt. Toutes les prophéties de tous les prophètes à venir ont également été reçues au Sinaï. Lorsque Haqqadoch Baroukh Hou (Le Saint Béni Soit-Il) révéla la Torah à Israël au Sinaï, Il la dicta à Moïse dans cet ordre : – Bible – Michna – Talmud – Agada, ainsi que tout ce que l’élève allait un jour demander à son maître. Comme il est dit : « L’Eternel prononcera toutes ces paroles ». (Exode 20). Les 3 derniers livres (Michna, Talmud, Agada) furent donnés oralement (Chemot rabba).
La « Torah chebikhtav » (Loi écrite) comporte les parties suivantes :

– TANAKH (initiales de Torah, Neviim, Ketouvim), composé de 24 livres – TORAH (Bible) 5 livres de Moïse : Berechit (Genèse), Chemot (Exode), Vayikra (Levitique), – Bamidbar (Nombres), Devarim (Michné Torah (Deutéronome). – NEVIIM (Prophètes) 8 livres : Josué, les Juges, Samuel I & 2, Rois 1 & 2, Isaïe, Jérémie, Ezéchiel, les 12 prophètes (Osée, Joël, Amos, Obadia, Jonas, Michée, Na’houm, ‘Habacuc, Tséphania, ‘Haggai, Za’harie, Mala’hie). – KETOUVIM (Ecrits, ou Hagiographes) 11 livres : Ruth, les Psaume, Job, les Proverbes, le Cantique des Cantiques, les Lamentations, l’Ecclésiaste, Esther, Daniel, Ezra, Ne’hemie, Chroniques I et II.

La « Torah Chebeal Péh » (la tradition orale) comporte les parties suivantes :
– LA MICHNA en 6 volumes (ou Chass) contiennent les enseignements des Tanaïm, qui furent codifiés par Rabbi Jehoudah Hanassi aux environ de 3950 (temps hébraïque).

– 1) ZERAÏM (lois agricoles)
– 2) MOED (fêtes)
– 3) NACHIM (lois matrimoniales)
– 4) NEZIKIM (dommages)
– 5) KADACHIM (choses saintes)
– 6) Taharot (lois de pureté)

– LE TALMUD contient les enseignements des Amoraïm 3979-4235 (temps hébraïque). Ils constituent le commentaire de la michna. LE TALMUD DE JERUSALEM fut compilé par Rabbi Jo’hanan en 4039. LE TALMUD DE Babylone fut compilé par Rav Aché et Ravina en 4234.

– Le SHOUL’HAN AROUKH constitue la conclusion de la Hala’ha (Loi) et sa codification, d’après le Talmud et les Richonim. Ses auteurs sont : Rabbi Joseph Caro, de Safed et Rabbi Moïse Isserlés de Cracovie (le Rama) en 5335.

L’étude de la Torah l’emporte sur tous les commandements, car elle conduit à l’action. L’homme sera d’abord jugé sur l’étude de la Torah et seulement ensuite sur ses actions. L’obligation de l’étude de la Torah dure jusqu’au jour de sa mort, comme il est dit en Deutéronome 4 : « Dans la crainte que tu n’oublies les choses que tes yeux ont vues et qu’elles ne s’écartent de ton cœur aucun jour de ta vie ! » Tout homme est tenu de se chercher un maître pour étudier la Torah. On est tenu d’étudier à mi-voix et de raisonner à mi-voix. Celui qui étudie la Loi écrite sans la comprendre réalise néanmoins la mitsva de l’étude, par contre l’étude de la Tradition orale exige la compréhension pour avoir valeur de mitsva. (Maïmonide, Choul’han Aroukh).

TRANSMISSION DE LA TORAH ORALE

La michna avait été donnée au Sinaï à Moché Rabbénou avec la Torah lors du Matane Torah. « Moïse reçut la Torah du Sinaï, il la transmit à Josué, Josué aux Anciens, les Anciens aux Prophètes, et les Prophètes la transmirent aux hommes de la Grande Assemblée. Ceux-ci disaient trois choses: Soyez circonspects dans le jugement, élevez de nombreux disciples et faites une haie autour de la Torah.» (Chapitre 1, Michna 1). Depuis ce jour, l’enseignement de la Torah n’a pas cessé de nourrir l’âme de chaque Juif, de génération en génération, en une chaîne ininterrompue et chaque Juif a le devoir de la transmettre à ses enfants.

Depuis Moché Rabbénou (2448) jusqu’à Hillel Hazzaqén (3768 ou an 8), on enseigna la michna. Beaucoup de grands Sages avaient tenté de composer des recueils des différentes traditions « avant Ribbi Yéhouda Hannassi » (qodém Rabbi), nommé aussi Hamé’habér, le rédacteur, ou Rabbi, ou Rabbénou Haqqadoche parce qu’il vécut dans la plus grande pureté jusque dans ses gestes les plus intimes. Ribbi Yéhouda Hannassi a organisé ces traditions d’abord de manière à faciliter la mémorisation, sans que cet ordre ne corresponde à notre conception actuelle des encyclopédies thématiques. Ribbi Âqiva, le Maître des plus grands, avait entrepris le recueil et la classification de toutes les traditions. Jusqu’à la destruction du Temple, il y avait certes des traditions multiples, mais il n’y avait pas de dissensions dans les discussions entre eux. Puis, le Temple fut détruit et le Sanhédrine partit pour Yavné avec les yéchivotes et il erra en dix pérégrinations. Non seulement l’arrêt de la pratique des mitsvote liées au Temple créa une perte considérable des traditions, mais c’est surtout le traumatisme de cette destruction qui entraîna la perte de nombre de traditions, la perte du rapport entre l’essentiel et l’accessoire et celle du point commun qui unissait des traditions différentes.

Chronologie (dates du calendrier hébraïque, commençant à la création d’ Adam, le premier homme)

2448 – Moïse reçoit la Torah sur le Mont Sinaï

2488 – Josué – Eléazar

2516 – Pin’has – Les Anciens et les Juges :

Othniel jusqu’à 2566

Ehoud jusqu’à 2636

Shamgar jusqu’à 2636

Barak & Deborah jusqu’à 2676

Guideon & son fils jusqu’à 2719

Tola jusqu’à 2742

Yaïr jusqu’à 2764

Jephté jusqu’à 2787

Ivtzan (Boaz) jusqu’à 2793

Elon jusqu’à 2803

Abdon jusqu’à 2811

Samson jusqu’à 2830

2830 – Eli et son Beth Din (tribunal rabbinique)

2870 – Samuel et son Beth Din

2884 – David et son Beth Din

2924 – A’hiyah de Chiloh et son Beth Din

2962 – Le Prophète Élie

3047 – Élicha

3055 – Yéhoyada le Prêtre

3070 – Zekhariah le Prêtre

3090 – Hosée

3110 – Amos

3140 – Isaïe

3160 – Micah

3190 – Joël

3240 – Nahoum

3254 – Habacuc

3280 – Céphaniah

3316 – Jérémie

3350 – Baroukh fils de Nériah

3370 – Ezra et son Beth Din (Les hommes de la Grande Assemblée – incluant Daniel, Mordekhaï, Néhémiah, Hananiah, Michael et Azariah)

3400 – Simon le Juste

3460 – Antignos de Soho

3500 – Jossé fils de Yoézer et Jossé fils de Yo’hanan

3560 – Josué fils de Pera’hiah et Nitaï l’Arbelite

3621 – Judah fils de Tabbaï et Simon fils de Chata’h

3722 – Chemaya et Avtalyon

3728 – Hillel et Chammaï

3768 – Rabban Simon fils de Hillel et Rabbi Yo’hanan fils de Zakkaï

3800 – Rabban Gamliel fils de Simon et les disciples de Rabbi Yo’hanan fils de Zakkaï

3810 – Rabban Simon fils de Gamliel et Rabbi Akiba

3828 – Rabban Gamliel et les disciples of Rabbi Akiba

3881 – Rabban Simon fils de Gamliel

3910 – Rabbi Judah le Prince – Rédacteur de la Mishna

3979 – Ses fils, Rabbi Simon et R. Gamliel, R. ‘Hiyah, Rav, Samuel et Yo’hanan

4010 – R. Houna, R. Judah, R. Na’hman, R. Kahana

4060 – Rabba et R. Joseph

4085 – Abayé et Rava

4127 – Rav Achi et Ravina

4260 – Achèvement du Talmud par R. Achi, Ravina et leurs disciples

A cause de l’écart entre l’origine divine de la Torah et la nature humaine, et aussi en raison des grandes catastrophes, la tradition avait toujours été confrontée à ces phénomènes d’oubli ; ainsi, Moché Rabbénou lui-même affronta ce phénomène de l’incertitude, de la perte des connaissances sous l’effet de la colère. Yehoshua (Josué), son disciple, et les autres Sages, sous l’effet de la douleur éprouvée à la mort du Maître, oublièrent 300 règles ou 700 règles ou 3000 règles qu’ils avaient reçues (Témoura 15-16). Un autre processus mettait en péril la connaissance. Les plus grands Maîtres reconnaissaient humblement que les capacités de connaissance baissaient de génération en génération (contrai-rement à ce qu’en dit le concept moderne de « progrès » dans la connaissance).

Cependant la Torah constitue toujours, de nos jours, la parole permanente de D.ieu et rien de ce qu’elle contient ne sera jamais inapproprié ou dépourvu de pertinence. Puisqu’elle est vraie, elle ne pourra jamais être changée et nous a été donnée pour tous les temps : passés, présents et futurs. Le grand théologien Maimonide (1135-1204), qui tenta de résumer la foi juive en treize dogmes, en consacra deux à la Torah : la Torah entière est celle qui a été donnée à Moïse ; elle ne sera pas modifiée et le Créateur n’en donnera jamais d’autre.

Chavouôt, c’est aussi le terme d’un jubilé à la fin du décompte des 49 jours qui débute à partir du second soir de Pessa’h. Cette fête tombe obligatoirement le 6 Sivan et jamais un mardi, un jeudi ou un samedi. En diaspora, il est fêté deux jours : le 6 et le 7 Sivan. C’est aussi l’une des 3 fêtes de pèlerinage avec les fêtes de Pessa’h et Souccot et tout comme ces deux autres, Chavouôt est aussi appelée Atseret (assemblée solennelle) Ce mot signifie également (clôture). C’est la clôture de Pessa’h. Cette fête marque le début de la moisson du blé en Israël et du point de vue religieux, elle conclut la libération physique des Bné Yisrael qui, en acceptant la Torah, sont devenus les témoins de D.ieu et responsables de Son message aux yeux des nations. Historiquement, à l’époque du Temple de Jérusalem, ces pèlerinages annuels étaient l’occasion d’apporter les premiers fruits de la récolte qui étaient offerts à D.ieu. Ces dénominations sont issues du texte de la Bible hébraïque : le nom de Hag ha-Katsir (fête de la récolte) provient du livre de l’Exode 23, 16 ; le nom de Hag Chavouôt (fête des semaines) apparaît dans les livres de l’Exode 34, 22 et du Deutéronome 16, 10 ; le nom de Yom ha-Bikkourim (fête des prémices) est mentionné dans le livre des Nombres 28, 26. La principale signification de la fête reste la célébration du don de la Torah au peuple d’Israël, choisi parmi les peuples pour la recevoir, selon la tradition.
A cette époque de l’Israël biblique, la récolte du grain nouveau durait 7 semaines et cette période était l’occasion de réjouissances. Elle commençait avec la récolte de l’orge à l’époque de la Pâque et se terminait avec celle du froment à Chavouôt. Cette fête cloturait donc la récolte du grain, tout comme le 8ème jour de Souccot (la Fête des Cabanes) clôt celle des fruits. Les bné Yisrael devaient apporter les prémices de la récolte du froment,  » les prémices de ton labeur que tu as cultivé dans ton champ ». » Il ne s’agit pas d’offrandes prescrites pour la communauté, mais « avec un tribut d’une offrande de ta main en toute liberté… tu réjouiras le Seigneur ton Dieu, toi et ton fils, et ta fille,[…] le Lévite qui réside dans tes portes, l’étranger, l’orphelin et la veuve » (Deutéronome 16-9,12) Le Lévitique 23,16-22 mentionne également une offrande des premiers fruits que toute la communauté devait apporter. Divers sacrifices animaux étaient également accomplis ainsi que l’offrande de deux miches de pain provenant de la nouvelle récolte. Le travail était interdit. Dans le déroulement du calendrier hébraïque, Chavouôt apparaît comme la fête qui complète et clôture Pessa’h, la fête de la liberté, laquelle atteint son apogée et prend tout son sens lorsque survient Chavouôt, qui concrétise l’espoir né de la liberté fraîchement acquise à Pessa’h. Chavouôt signifie « semaines », car cette fête tombe 7 semaines après Pessah. (En acceptant la Torah, Israël devient vraiment le témoin de D.ieu et responsable de Son message aux yeux des nations).

Le Talmud traite de la réception de la Loi au Sinaï. (Chabbat, 87). On y trouve un passage susceptible de fournir une interprétation de l’origine de l’Etoile de David. Transmission de la parole d’un Sage de Galilée: « Béni soit l’Eternel qui transmit la lumière de sa triple parole (Pentateuque, Prophètes, Hagiographes) aux trois parties du peuple (Cohen, Lévi, Israël) le 3éme mois (Sivan) par le 3ème enfant (Moïse, troisième enfant de Yo’heved) ». Indépendamment d’une explication plus profonde de cette parole, on en déduit que le peuple juif ainsi que la Torah peuvent être considérés comme étant divisés en trois parties. Le  » Maguen-David  » est-il autre chose que deux triangles étroitement enlacés ? Ce sont Israël et la Torah, inséparablement liés l’un à l’autre, comme le corps et l’âme, la Torah étant l’âme du peuple. Ce signe est à juste titre le « bouclier » de chaque roi juif, voire de tout Juif, aussi longtemps qu’il reconnaît faire partie de cette nation et accepte de recevoir en son âme la Torah. L’un des temps forts de la fête est la lecture des 10 Commandements à la synagogue. Tous, hommes, femmes et enfants depuis le berceau se doivent d’y assister avec la même intensité que lors du don initial. Certains ont également l’habitude de disposer dans la synagogue et dans la maison des plantes, fleurs et arbustes en souvenir du fait que toute la création a frémi comme les plantes lorsque la Torah fut énoncée sur le Mont Sinaï. On commence la fête par l’allumage des bougies le soir de ce Yom Tov, avec la bénédiction « chéhéhyanou », ainsi que le second soir (en diaspora).

LA REVELATION DU SINAÏ

Chaque printemps, les Juifs du monde entier célèbrent la fête de Chavouôt, l’évènement le plus important dans l’histoire de l’humanité : la révélation de D.ieu au Mont Sinaï, accompagnée du don de la Torah. A cette époque eurent lieu une série d’événements prodigieux en faveur des enfants d’Israël. En effet, déjà avant l’ouverture de la mer Rouge, il y avait eu un autre miracle après leur sortie d’Egypte : certains des Enfants d’Israël avaient contracté des infirmités durant leur long esclavage. D.ieu envoya des anges les guérir et ils purent se présenter tous unis, d’un seul cœur et comme un seul homme au pied de la montagne. Cependant, le prodigieux événement du don de la Torah s’est déroulé devant tout le peuple réuni pour le don de la Torah et des 10 Commandements destinés au monde, (qui sont 613 pour les Juifs), donnés par le Créateur par la bouche de Moïse au Mont Sinaï le 6 Sivan 2448 selon le calendrier hébraïque (1312 ans avant l’ère commune. Plus de 3 000 ans se sont écoulés depuis lors, mais de toute l’histoire humaine, elle demeure la seule révélation collective de D.ieu reconnue si largement. Ainsi, chaque année, le peuple juif reçoit à nouveau la Torah. Mais tout dépend de notre préparation à recevoir ce trésor spirituel que D.ieu nous a donné en vue de notre bien éternel.

Il est souvent reproché à Israël de garder jalousement sa Torah. Cependant, ce reproche est infondé, puisque l’Eternel avait commencé par proposer sa Torah à toutes les nations. (ex. : Edom, peuples descendants d’Esaü – frère jumeau du patriarche Jacob – qui demanda ce qu’elle contenait. Alors l’Eternel répondit : « Tu ne tueras point » et les peuples se retiraient en disant « Maître des Mondes, comment pouvons-nous accepter une Torah qui interdit de tuer ? N’est-il pas écrit au sujet de notre ancêtre Esaü : « Et tu vivras par ton épée ? » Amon et Moab (peuples issus de l’union incestueuse de Lot – neveu d’Abraham – avec ses filles) refusèrent la Torah parce qu’il est prescrit de s’éloigner de tout inceste, les descendants d’Ismaël la refusèrent parce que le vol y est interdit et qu’il y est prescrit le respect du bien du prochain. Ainsi chaque peuple de la terre trouva une bonne raison pour refuser la Torah. Seuls les enfants d’Israël l’acceptèrent en disant : « Naassé venichma » (Nous ferons, et puis nous écouterons), se soumettant ainsi aux Commandements, parfois sans même en comprendre les fondements, simplement parce que ces commandements constituent l’expression de la volonté divine. La révélation du Sinaï et l’apparition de l’Eternel au milieu des fumées et des flammes, du tonnerre et des éclairs est un événement exceptionnel qui n’a jamais eu son pareil dans le passé et qui n’aura plus son pareil dans l’avenir et ce, jusqu’à la fin des temps. Cela ne pouvait se produire qu’une seule fois. La révélation de la Torah devant tout un peuple est bien un événement capital pour l’humanité.

OÙ SE TROUVE LE MONT SINAÏ ?

Si les géographes sont d’accord pour situer le Mont Sinaï dans la péninsule qui porte ce nom, dans cette bande de terre triangulaire bordée par la Mer Rouge à l’Ouest, et le Golfe d’Akaba à l’Est, il leur est plus difficile de fixer sur lequel des Monts de cette presqu’île montagneuse a eu lieu la Révélation. La Tradition juive elle-même n’est guère plus explicite et ne tenait pas à faire connaître le lieu exact de cet événement, craignant qu’il ne donnât lieu à un culte idolâtre. Nos Sages demandent :  » Qu’a-t-il de particulier d’ailleurs, le Mont Sinaï ?  » II a joui d’un certain privilège tant que le Créateur s’y manifesta et fit connaître sa volonté à son peuple. Mais une fois la Majesté divine partie, ce mont reprenait son caractère antérieur. La preuve, c’est que l’on permit immédiatement après la Révélation l’accès de la montagne à tous, hommes et animaux. « C’est la personnalité de chacun qui donne son caractère à la place qu’il occupe « , selon un adage de nos Sages.

Néanmoins, des voyageurs de toutes confessions décrivent la grandeur fantastique de ces rochers de toutes les couleurs, s’élevant à plus de 2.000 m, nus à leur sommet, mais couverts de riches verdures à leur base ( » que les troupeaux n’y viennent pas brouter pendant la manifestation de D.ieu « , avait déjà dit Moïse). Ils font part de leur étonnement devant la pureté de l’air qui permet d’apercevoir par tous les temps les sommets des montagnes ; ils ne manquent pas de reconnaître dans ces vastes vallées, l’endroit où 600.000 Juifs pouvaient facilement se tenir pour percevoir la Parole de D.ieu.

Il faut savoir que c’est à ce même endroit que Moïse avait assisté à la première manifestation de D.ieu qui s’était adressé à lui du milieu d’un buisson qui semblait brûler sans se consumer. Le nom même du buisson en hébreu (Sné) n’aurait-il pas donné son nom au Mont Sinaï ? Hypothèse en tout cas meilleure que celle qui fait dériver ce nom de « Simanaï  » ( mes miracles ), bien que celle due à un bon mot d’un rabbin du Midrash n’en a pas moins une profonde signification : Sinaï viendrait de  » Sinea « , la haine, car la Révélation a entraîné la haine des autres peuples contre Israël… Mais ce qui compte avant tout est le fait que cet évènement unique, dont les Enfants d’Israël furent à la fois les témoins et les héros, apporta il y a 35 siècles à un monde plongé dans la barbarie une lueur divine dont la nécessité se fait encore sentir de nos jours.

LES MOTS DE D.IEU

Voici ce que dit la Bible : (Chemote – Exode – 19 1-10 et 15-19) « Le 3ème mois après leur sortie d’Egypte, ce jour-là, ils (les Enfants d’Israël) … Ils partirent de Réfidim, arrivèrent dans le désert du Sinaï et campèrent dans le désert. Israël campa là, en face de la montagne. Moïse monta vers D.ieu. D.ieu l’appela de la montagne et dit : « Voici comme tu parleras à la maison de Jacob, et ce que tu diras aux fils d’Israël. Vous avez vu ce que j’ai fait aux Egyptiens. Je vous ai portés sur des ailes d’aigle et amenés à moi. Maintenant, si vous écoutez ma voix et observez mon alliance, vous serez pour moi un peuple trésor parmi les nations, car toute la terre est à moi. Vous serez pour moi un peuple de prêtres et une nation sainte : telles sont les paroles que tu diras aux enfants d’Israël. »

Moïse alla, convoqua les anciens du peuple et leur dit tout ce que D.ieu lui avait ordonné. Le peuple entier, d’une seule voix, répondit : « Tout ce que l’Eternel a dit, nous le ferons. » D.ieu dit à Moïse : « Va trouver le peuple et fais-le se sanctifier aujourd’hui et demain : qu’ils lavent leurs vêtements. Qu’ils soient prêts pour le 3ème jour, car le 3ème jour, D.ieu descendra aux yeux de tout le peuple sur le mont Sinaï. ».. Le surlendemain, dès le matin, il y eut des coupes de tonnerre, des éclairs et une épaisse nuée sur la montagne et un son de chofar(cor) très puissant : dans le camps, tout le monde trembla. Moïse fit sortir tout le peuple du camp à la rencontre de D.ieu et il se tint au pied de la mon- tagne. Le mont Sinaï était tout fumant et toute la montagne tremblait. Le son du chofar allait s’amplifiant : Moïse parlait et D.ieu répondait dans une voix. »
« Et tout le peuple voyait les voix, les torches, le son du chofar (cor), la montagne fumante ; le peuple vit, recula et se tint au loin. Ils dirent à Moïse : Parle-nous toi, et nous écouterons, mais que D.ieu ne nous parle pas, sinon, nous mourrons. Moïse dit au peuple : Soyez sans crainte ! C’est pour vous éprouver que l’Eternel est venu et pour que sa crainte soit sur vos visages et que vous ne péchiez point. » (Chemote – Exode – 20, 18-19).

En Exode 19 il est dit que le 2 Sivan Moïse monta vers D.ieu. Il dit, s’adressant à Moïse : « Et vous serez pour Moi une dynastie de prêtres et un peuple saint », et Israël répondit : « Tout ce que D.ieu a dit, nous l’accomplirons. » Le 3 Sivan « Moïse rapporta les paroles du peuple à D.ieu » et D.ieu ordonna d’éloigner le peuple de la montagne. Le 4 Sivan, D.ieu ordonne à Moïse : « Va vers le peuple et sanctifie les ». Il dit au peuple : « Soyez prêts dans 3 jours ». Ce fut le 3ème jour. D.ieu descendit sur le Mont Sinaï. Le 6 Sivan, la Torah fut donnée à Israël. D’après Rabbi Yossi, il s’agirait du 7 Sivan. Cependant tous conviennent que ce fut un Chabbat. Le commandement de ne pas adorer d’idole nous renvoie à la tendance que nous avons de vouloir échapper à D.ieu en déifiant nos désirs et notre propre personne. Nous limitons notre sens de la réalité à ce que nous pouvons voir. Il n’y a pas de place pour la progression spirituelle dans une religion idolâtre. Il n’y a de place que pour l’ego et le désir. Si nous observons attentivement le second commandement : « N’aie aucun autre dieu devant Moi » nous briserons chaque barrière que l’ego a pu ériger en nous – tout au moins celles qui existent en nous aujourd’hui. Nous ne pouvons servir aucune autre force, ni supporter aucun obstacle dans notre quête de D.ieu.

Le jour de Chavouôt s’est exprimé le plus grand amour qui ait existé, celui de D.ieu et de Son peuple, à qui Il donna un baiser pour l’éternité… La première bénédiction, qui précède la lecture du Chema, le matin (Cha’hrit) et le soir (Arvit), concerne la création de l’univers et des astres (Yotser or, yotser haméorot le matin, Maariv aravim le soir). La deuxième bénédiction a pour thème central la Torah, que D.ieu a transmise au peuple juif. Il y est essentiel-lement question de l’amour inconditionnel que D.ieu porte à son peuple, amour qui s’est manifesté de façon éclatante à travers la Torah que nous avons reçu au Mont Sinaï. Et cet amour trouve son point d’orgue le jour du don de la Torah (Matan Torah), c’est-à-dire à Chavouoth. Les premiers mots de cette seconde bénédiction sont: «Tu nous portes un amour éternel» et les derniers : «Béni sois-Tu D.ieu qui aime Son peuple Israël.»

A ce sujet, dans «Les devoirs des cœurs» (Chaar habé’hina chap. 5), Rabbénou Bahya développe les différents aspects de la bonté infinie de D.ieu envers ses créatures, et c’est en prenant conscience de l’ampleur de ces bienfaits, que celui qui cherche honnêtement la vérité sera amené à la conclusion logique que son but doit être de faire la volonté de son Bienfaiteur, ne serait-ce que par reconnaissance. Rabbénou Bahya conclut ainsi: «Le plus grand des bienfaits que D.ieu ait accordé à l’homme, et qui est également une preuve éclatante de son existence, est sans aucun doute la Torah qu’il nous a transmise par l’intermédiaire de Moïse, Son prophète. Ainsi, les miracles qu’il a provoqué renversement des lois de la nature, nous permettent d’acquérir une foi véritable en Lui, par qui ces miracles se sont produits.»

Quiconque a soif de vérité et possède un esprit logique comprend que l’homme ne peut atteindre le bonheur, ni même la sérénité sans comprendre les raisons de son existence sur terre pour trouver un sens à sa vie. Si D.ieu ne nous avait pas dévoilé le sens de la création dans la Torah, nous aurions dû nous lancer dans une recherche longue et difficile pour percer ces secrets, tout comme l’a fait notre ancêtre Avraham, avant la révélation au Mont Sinaï. Pour celui qui a réfléchi à la condition humaine, la reconnaissance envers D.ieu doit être sans borne, Lui qui nous a livré tous les éléments de réponse en nous accordant la Torah.

Un verset dans la Torah nous montre à quel point l’homme ne peut vivre sans explication sur sa propre existence: « Car cette loi que Je t’impose en ce jour, elle n’est ni trop ardue pour toi, ni placée trop loin. Elle n’est pas dans le ciel pour que tu dises: ‘Qui montera pour nous au ciel, nous l’ira quérir et nous la fera entendre pour que nous l’observions?’ Elle n’est pas non plus au-delà de l’océan pour que tu dises: ‘Qui traverseras pour nous l’océan et nous l’ira quérir et nous la fera entendre afin que l’observions.’ Non, la chose est tout près de toi, tu l’as dans la bouche et dans le cœur pour pouvoir l’observer ! » (Deut . 30 11-14).
Un commentaire du Rav Avdimi (Talmud Erouvin 55a) nous dit : «Il est sous-entendu qu’effectivement, si la Torah se trouvait au ciel ou de l’autre côté de la mer, il serait du devoir de l’homme d’aller la chercher, pour trouver le sens de sa vie !» Est-il concevable que notre monde, aujourd’hui infiniment plus sophistiqué que la plus complexe des machines nous ait été livré sans précision sur ce à quoi il est destiné et sans mode d’emploi ? En prenant conscience de cette réalité, il doit naître en nous une reconnaissance sans borne envers notre Créateur, qui, grâce à Sa Torah, permet de comprendre le fonctionnement et l’utilité du monde.» C’est une joie permanente que doit susciter en nous le fait de détenir la Torah, véritable mode d’emploi de l’univers.

«Tu aimeras l’Eternel ton D.ieu de tout ton cœur, de toute ton âme, et de tout ton pouvoir» (Début du Chema, Deutéronome 6 5). Le Sifri pose la question : «Comment parvenir à accomplir cet ordre? Comment aimer D.ieu concrè-tement? Est il possible de «forcer» des sentiments? Le verset suivant nous donne la réponse: « Ces paroles que Je te transmets aujourd’hui seront gravées dans ton cœur » (Deutéronome 6 6). «Ces paroles», cela signifie la Torah, car c’est en étudiant la Torah qu’elle se grave dans le cœur et c’est par sa découverte et son étude que des sentiments réciproques pourront naître en nous. Un verset du Cantique des Cantiques présente à ce sujet une approche métaphorique et puissante. «Qu’il me prodigue les baisers de sa bouche» (1, 2). Nos maîtres comprennent ce verset comme se rapportant à la révélation au Mont Sinaï, véritable baiser de D.ieu (Midrach Chir hachirim rabba chap. 1).Et c’est seulement par l’étude que nous pourront rendre à D.ieu son baiser, et éveiller notre amour pour Lui.

Le Rav Salomon conclut par une remarque. Dans le texte des prières, la fête de Chavouôt est appelée: l’anniversaire du don de la Torah (zman matan torateinou). C’est que l’essence même de notre joie est la prise de conscience de notre privilège immense : celui de jouir de la marque d’amour la plus extraordinaire venant du Créateur, le don de la Torah. C’est cette joie qui a vu le jour à Chavouôt, que nous exprimons quotidiennement, soir et matin, dans nos prières qui exaltent D.ieu, ‘qui aime Son peuple Israël’».

Chaque mitsva négative étant en parallèle avec un jour de l’année solaire, chaque jour nous présente de nouveaux défis. Nous pouvons y échapper en redéfinissant la loi juive, ou bien nous pouvons nous redéfinir nous-même, en rejetant chaque tentation qui s’offre à nous. Les deux premiers commandements sont comparés aux baisers de l’amant que le Roi Salomon décrit dans « Le Cantique des Cantiques » dont il est question plus haut. Le premier est le baiser de la connexion, le second est le baiser de l’exclusivité.

LE VEAU D’OR

La plupart de ceux de nos penseurs traditionnels qui se sont penchés sur l’épisode du veau d’or, ont proposé des explications qui, sans exonérer bien entendu les enfants d’Israël de leur culpabilité, les font bénéficier de circonstances largement atténuantes.

Si en effet on avait dû les juger selon les apparences, il aurait fallu leur imputer le péché très grave d’idolâtrie, et donc s’étonner de la relative mansuétude de Hachem qui ne les a pas condamnés aussi sévèrement qu’ils l’auraient mérité.

En fait, comme l’expliquent Ibn Ezra, Abarbanel et d’autres auteurs, les enfants d’Israël ont craint que Moïse ne descende plus jamais du mont Sinaï, et ils ont créé à sa place une image certes interdite, mais qui ne reniait pas Hachem en tant que divinité qui les avait libérés d’Egypte.

Il convient également de rappeler que, selon le texte biblique ( Chemoth 32, 28), le nombre des admirateurs du veau d’or n’a été que d’environ trois mille individus.

On peut dire, avec Ibn Ezra, que le but des créateurs du veau d’or ne tendait qu’au remplacement de Moïse par un intermédiaire entre Hachem et les hommes, ce qu’interdit la Tora ainsi que l’explique ce commenteur ad Chemoth 20, 20.

Les enfants d’Israël se sont situés au Mont Sinaï, explique rav Dessler, à un niveau spirituel extrêmement élevé, puisqu’il leur a valu de mériter la révélation de la Chekhina . Hachem dirigeait leur destin par des miracles apparents. Mais lorsqu’ils ont commencé de douter du retour de Moïse, ils ont cru qu’ils ne parviendraient plus à se maintenir à un tel niveau. Privés de l’aide divine qui leur parvenait par son intermédiaire, ils se sont persuadés qu’ils étaient en danger de tomber entre les mains du yétser hara’ . Ils se sont convaincus que, s’ils succombaient une seule fois, il n’existerait aucune limite à la profondeur de leur chute. C’est pourquoi ils ont décidé de régresser à un niveau d’existence plus naturel, de manière à apprendre à découvrir la présence de Hachem dans la nature elle-même.

Celui dont la véritable madréga se situe au niveau de la nature, poursuit rav Dessler, peut légitimement découvrir la plénitude spirituelle en reconnaissant Hachem à l’intérieur du domaine de celle-ci. C’est ainsi que dans l’épisode des « serpents brûlants » ( Bamidbar 21, 6), Celui-ci a ordonné explicitement que l’on confectionne une imitation d’un de ces reptiles et qu’on la fixe à une perche, « afin que les enfants d’Israël dirigent leurs regards vers le Ciel et qu’ils soumettent leurs coeurs à leur Père dans les Cieux » ( Michna Roch Hachana 3, 8). Il s’agissait pour eux de s’imprégner de l’idée que les malheurs causés par les serpents venimeux étaient venus, eux aussi, sur l’ordre divin. Il est sûr que nous sommes loin, ici, de l’idolâtrie. Il n’est pas interdit, selon la Halakha , de réaliser la forme d’un serpent, ou celle d’un veau, dès lors que ce n’est pas à des fins d’adoration. Les seules images qu’il est interdit d’élaborer sous aucun prétexte sont celles représentant une forme humaine, ou les quatre ‘hayoth du Chariot divin (Ezéchiel 1, 10) : l’homme, le lion, le boeuf et l’aigle présentés ensemble ( ‘Avoda Zara 43b ; Choul’han ‘Aroukh , Yoré Dé‘a 141, 4). Jacques Kohn Techouvot.com

UN ENGAGEMENT DE L’HOMME AVEC LE CREATEUR

Le fait que la Torah nous ait été donnée en plein désert met non seulement en valeur le caractère universel de la Torah qui transcende toute idée de lieu et de temps, mais toute personne qui désire sincèrement et profondément prendre cette Loi sur elle le peut sans aucun problème. Ce n’est qu’unis et renforcés par ces lois de la Torah que nous pouvons concrétiser et assumer notre identité du « peuple Israël » sur une terre commune, la Terre d’Israël.
L’engagement que nous prenons à Chavouôt de respecter la Torah pour assumer notre identité est comme un contrat qui nous lie à D.ieu. Tout se passe comme si la période de Pessah et de l’Omer était vécue comme des fiançailles dont le couronnement serait le mariage entre Dieu et l’assemblée d’Israël, au Mont Sinaï.

De même que des fiancés acceptent de respecter un contrat qui les unit mutuellement, le peuple d’Israël a alors accepté la Torah en déclarant « Naassé vénichma » que nous pouvons traduire et vivre de trois manières : « Observons-la et ensuite essayons de la comprendre », « observons-la, ce qui nous permettra de la comprendre », ou encore « observons-la et en même temps (au fur et à mesure) essayons de la comprendre ». Quoi qu’il en soit, il ne s’agit pas pour nous de réduire la Torah à une pratique rituelle, en faisant des gestes dont on ne comprend pas le sens. Tout doit être basé sur la recherche constante d’une compréhension plus approfondie de nos lois.

LE DON DES 10 PAROLES

Chavouôt vient donc célébrer la promulgation de la Loi au Mont Sinaï, avec la transmission des Tables comportant les dix paroles qu’Hachem a données par la bouche de Moïse. Mais contrairement aux autres peuples qui ont conquis un territoire, puis adopté des lois sociales leur permettant de cohabiter, le peuple hébreu a choisi de suivre ces prescriptions à la lettre et de se doter de principes moraux et spirituels qui transcendent le temps et l’espace, donnant ainsi un sens profond à leur vie. « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » – Levitique 19 – Peut-être ce commandement pourrait-il être la source des 248 commandements positifs. (Mais cela n’engage que moi).

Cette mitsva, l’une des plus connues, mais aussi l’une des mitsvote les plus importantes, puisqu’elle nous relie les uns aux autres par l’amour, n’est pas l’apanage du monde chrétien. Hélas, depuis des siècles, son antisémitisme a réussi à faire croire au monde que cela n’est pas écrit dans la Torah, mais dans le texte nouveau de sa religion, en ajoutant que les Juifs n’avaient que la crainte, la lettre et pas l’esprit et qu’ils avaient tué leur prophète et D.ieu lui-même. Infamies dont on n’arrive pas à comprendre comment ces millions d’individus religieux sont parvenus ainsi à mentir sur la parole de D.ieu elle-même et à tuer Son peuple. C’est pourtant la vérité historique, si contraire à ce qu’elle prétend être, une religion d’amour. Elle fut une religion de massacres du peuple de D.ieu. Il en reste une civilisation occidentale qui, encore de nos jours, s’allie aux ennemis du peuple juif, car même si elle en a perdu la théologie, elle a gardé cet antisémitisme viscéral.

Dans ce contexte, il faut savoir que l’essentiel est « ahava », amour. En hébreu, ce mot est constitué de lettres qui sont tout un enseignement. En effet, l’obligation de répéter chaque jour le « chéma Yisraël » nous montre bien que l’amour est le centre de la Torah. Dans ce Chémâ, le mot Un (é’had) a la guématria 13, comme « ahava » (amour) et ce mot « é’had » y est entouré du mot « ahava » avant et après ce verset ; il y a donc là un enseignement sur la primauté absolue de l’amour dans le message de la Torah. La plénitude des 10 paroles divines reçues constitue notre enjeu de l’unité et se joue particulièrement dans l’aventure du « deux ». Le Un divin est amour et, à notre niveau, toute unité doit être soumise au 2 de l’amour. C’est ce que veulent nous signifier nos Sages quand il nous font remarquer qu’il est dit dans Chir haChirim (Cantique des Cantiques) : ‘ il m’embrassera des baisers de sa bouche’. La fin du psaume 62 (verset 13) qui dit : « et à Toi Adonoute est la bonté » le confirme.

Au début de l’ère chrétienne, Hillel, avec son collègue Chamaï constituaient la toute dernière des «Zougot » (paires), et sans doute la plus célèbre de la transmission de la Torah depuis Moché rabbénou. Après avoir essuyé un refus auprès de Chamaï, un étranger vint un jour se présenter devant son collègue Hillel en lui demandant qu’il le convertisse, à la condition qu’il lui apprenne toute la Torah pendant qu’il se tiendrait sur un pied. Celui-ci accepta de lui donner des cours pour et lui dit « Ce qui est haïssable à tes yeux, ne le fais pas à ton prochain », (Talmud de Babylone, Shabbat 31a) voici toute la Torah et le reste n’est que commentaire de ce passage. Va et étudie ! » En citant le commandement ainsi exprimé comme rappel de l’amour dont il est question ici, qui est également un comportement (ne fais pas…), le texte donne l’indication d’une limite dans les comportements possibles à l’égard de l’autre.

Au second siècle de notre ère, le grand rabbi Aqiba considérait le comman-dement d’amour du prochain comme le « grand principe » ou « principe universel » exprimant la totalité de la Torah (Talmud de Jérusalem, Nedarim 9, 4). A sa suite, on a pu dire que les 613 commandements dépendent directement de celui-ci. Maïmonide (12ème siècle) prend positivement la formule d’Hillel qui devient : « Fais aux autres ce que tu voudrais qu’ils te fassent », que des commentateurs ont repris ainsi : « que le bien d’autrui te soit aussi précieux que le tien », ce qui peut être entendu comme l’expression d‘un infini respect des biens, non seulement matériels, mais aussi intellectuels et spirituels d’autrui et donc comme la source du pluralisme juif. Au 16ème siècle, les maîtres de la Kabbale, établis à Safed en Galilée, firent précéder chaque prière de ce préambule : « Me voici prêt et disposé à accomplir ce commandement : Aime ton prochain comme toi même».

Le Baal Chem Tov, fondateur du Hassidisme au 18ème siècle disait : « J’aspire à pouvoir aimer les personnes les plus pieuses autant que D.ieu aime les plus impies. » L’humour signale enfin qu’il est assez facile d’aimer « le monde entier », plus facile en tous cas que d’« aimer ton prochain », qui est à la fois unique et proche ! Il y a des efforts à déployer pour « aimer » un éventuel concurrent, un rival potentiel, celui qui est trop « comme moi-même » !

LA VEILLEE DE CHAVOUÔT

Le Midrach nous enseigne que les enfants d’Israël s’endormirent la nuit qui précéda le don des Dix Paroles, et Hachem les réveilla au son du chofar et du tonnerre. Ainsi en restant éveillé toute la nuit de Chavouôt, chacun, dans chaque génération, fait réparation de la faute des pères. C’est pourquoi cette nuit nous lisons le « Tikoun leil Chavouôt, » littéralement  » (Réparation de la nuit de Chavouôt), les textes qui sont des extraits de la Torah, des Prophètes, des Hagiographes, de la Michna, du Zohar, ainsi que la liste des 613 mitsvote. Mais l’essentiel est d’étudier la Torah. Le Ari Zal dit que celui qui étudie la Torah toute la nuit de Chavouôt et ne dort pas toute cette nuit, est sûr de terminer l’année.

Ceux qui veulent étudier en français prennent le Sefer Ha’hinouch (livre des 613 mitsvote). La Meguila de Ruth est également lue ce soir-là. On peut y ajouter les chapitres 19 et 20 de l’Exode. Que peut signifier le Midrach lorsqu’il parle de l’endormissement des enfants d’Israël ? L’un des sens de ce texte est qu’il existe une situation de sommeil par rapport à la Torah. Au plan symbolique, ce sommeil peut traduire une paresse face à l’étude : faire passer d’abord son bien être physique ou matériel par exemple. Les sages avaient conscience de cette réalité, c’est pourquoi dans les Pirke Avot (Chapitres des Pères), que nous lisons justement entre Pessah et Chavouôt, de nombreux enseignements ont trait au limoud Torah.

Chaque année, la Torah est proposée à l’être collectif d’Israël, chaque jour elle est offerte à l’individu. Avant de la recevoir, nous sommes toujours dans un état de sommeil. Ce qui nous pousse à l’accepter, à l’étudier, à l’introduire dans notre pensée et de notre vie, c’est la voix du Sinaï émanant de notre Créateur. Voilà l’urgence : devenir des êtres nouveaux. Il n’existe pas d’autre salaire que celui d’être en marche vers soi-même, parachevant par cette acceptation les « six jours du commencement ». Nous comprenons qu’Hachem soit pressé, car Il attend notre bonheur.

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Consommation de mets lactés

Les raisons pour lesquelles la tradition a retenu la préparation et la consommation de mets lactés pour Chavouôt, “Halavi” sont multiples. Le Mont Sinaï où fut donné la Torah est appelé dans le Psaume 68 Mont Gavnounim, dans lequel on reconnaît le mot « guevina » (fromage). Ces plats lactés seront consommés avec du pain, et l’on consomme ensuite de la viande, avec du pain également. On retrouve ici le souvenir des deux pains qui accompagnaient le sacrifice apporté au Temple ce jour-là. Les mots « Moché rabbénou » (Moïse notre maître) est égale à 613, comme les 613 commandements. Avec la Torah, les Juifs reçurent les lois concernant l’abattage rituel. Ils ne pouvaient plus utiliser leur vaisselle qui avaient servi à de la viande non abattue rituellement et ne pouvaient pas la cachériser le jour même de la fête car c’était Chabbat.

En attendant de pouvoir se conformer aux règles de “Cacherout” qui prônent la séparation des mets lactés de ceux carnés, les Hébreux se contentèrent donc de nourriture lactée. Les maisonnées juives depuis lors se délectent de gâteaux au fromage blanc pour les Ashkénazes et de couscous au beurre pour les Séfarades d’Algérie… En effet, il est d’usage, le matin de Chavouôt de consommer un repas lacté, précédant le repas de viande usuel aux jours de fête. Mais c’est en toute humilité (et en état de pauvreté du savoir) de l’étude de la Torah, en délaissant sa grandeur (éventuelle !), en acceptant ce don de la Sagesse divine comme un bienfait et en s’attelant à son étude et à sa pratique tout en ressentant la vitalité qu’il nous apporte que l’on doit s’approcher de la Torah.

La Torah est comparée au lait : « Comme le miel et le lait, [la Torah] coule sous ta langue » (Cantique des Cantiques 4:11). De même que le lait a la capacité de subvenir totalement aux besoins nutritifs du nourrisson, la Torah procure toute la « nourriture spirituelle » nécessaire à l’âme humaine. De plus, la guematria (valeur numérique) du mot hébreu pour lait, ‘halav, est de 40. Celle-ci a également une signification plus profonde en ce sens qu’il y eut 40 générations depuis Moïse, qui consigna la Torah Ecrite, jusqu’à la génération de Ravina et Rav Achi qui rédigèrent la version finale de la Torah Orale, le Talmud. (Moïse passa 40 jours supplémentaires sur le Mont Sinaï, à prier pour le pardon de la faute du Veau d’Or,) puis une nouvelle période de 40 jours avant de revenir avec de nouvelles tables de la loi en pierre. De plus, le Talmud commence avec la lettre mèm – guematria 40 s’achève également avec un mèm.

Selon le Zohar, chacun des 365 jours de l’année correspond spécifiquement à l’un des 365 commandements négatifs de la Torah. La mitsva qui correspond au jour de Chavouôt est la suivante, comme le dit la Torah : « Apportez des Bikourim (premiers fruits) au Saint Temple de D.ieu ; tu ne feras pas cuire un chevreau dans le lait de sa mère » (Exode 34:26). Comme le premier jour pour apporter des Bikourim est Chavouôt (la Torah appelle Chavouôt « la fête des Bikourim »), la seconde moitié de ce verset 6 au sujet du lait et de la viande (6 est le commandement négatif qui correspond au jour de Chavouôt). Ainsi lors de cette fête, nous prenons deux repas, un avec des laitages et l’autre avec de la viande, en prenant bien soin de ne pas les mélanger.

On ne doit pas utiliser le même pain pour les deux repas, de peur que le pain soit entré en contact avec un plat de viande. En prenant deux repas différents – l’un lacté et l’autre carné – nous avons deux pains, ce qui correspond à l’offrande particulière des « Deux Pains » qui était apportée au Temple à Chavouot.

Le Mont Sinaï porte également le nom de Har Gavnounim, la montagne aux pics majestueux. Le mot hébreu pour fromage est guevina, qui s’apparente sur le plan étymologique à Har Gavnounim.

De plus, la guematria de guevina (fromage) est de 70, ce qui correspond aux « 70 facettes de la Torah ». Quand Moïse, 3 mois après sa naissance le septième jour du mois d’Adar fut déposé sur le Nil (le 6 Sivan) et sauvé par la fille de Pharaon qui l’adopta, un problème se posa immédiatement : quelle nourriture donner au bébé ? A cette époque, lorsque la mère biologique n’était pas disponible, on devait faire appel aux services d’une nourrice. Mais Moïse refusait d’être nourri par toute femme égyptienne.

Le Talmud explique que sa bouche devait rester absolument pure, étant donné qu’un jour, elle communiquerait directement avec D.ieu. C’est pourquoi celui qui proclamera les paroles saintes de la Torah refusa le lait d’une nourrice égyptienne. Finalement, la fille de Pharaon trouva la seule femme dont Moïse accepta le lait : Yokheved, sa mère biologique. Ainsi Moïse, le futur grand guide du peuple juif fut nourri, élevé et formé, juste sous le nez de Pharaon, dans sa propre maison, à ses propres frais ! De plus, la mère de Moïse reçut un salaire pour nourrir son propre enfant ! La consommation de plats lactés à Chavouôt commémore donc également ces circonstances survenues dans l’enfance de Moïse.

QUELQUES REMARQUES & PENSEES SUR CHAVOUÔT

Meguila Ruth

Ruth, descendante de Loth, (le neveu de Moïse) est une princesse moabite qui s’est convertie au judaïsme au 10ème siècle avant l’ère commune. Elle se maria avec Boaz, représente un modèle d’acceptation de la Torah et sans elle l’histoire juive n’aurait pas de continuité. Ruth est la personne en quête de Torah par excellence, que l’on dresse devant nous comme le modèle éclatant de la bonne façon d’accepter la Torah. Si nous pouvions apprendre à lui ressembler dans notre acceptation personnelle de la Torah (l’acte du Service divin qui est l’essence même de Chavouôt), nous réussirions à absorber l’intégralité de l’élévation spirituelle que D.ieu nous offre à l’occasion de cette fête. Elle faisait preuve d’un tel amour et d’un tel souci pour le devenir d’une autre personne (en l’occurrence sa belle-mère) qu’elle est considérée comme le modèle parfait sur lequel nous devons calquer notre propre acceptation de la Torah.

Tous les êtres humains ont l’obligation de respecter les 7 lois noa’hides – ainsi nommées parce qu’elles furent données après le déluge – de même que Ruth l’avait dès sa naissance, en tant que moabite. Si on ajoute ces 7 commandements à la valeur de son nom, on obtient 613, le nombre de commandements de la Torah. L’un des 613 commandements est d’aimer D.ieu. Elle était en quête de la vérité et de la bonne manière de vivre et par-dessus tout, elle voulait s’attacher à D.ieu avec fidélité et se connecter ainsi à la Source de toute vie et de tout être. Elle ne pouvait le faire qu’en s’attachant à une personne déjà proche de D.ieu. Elle a donc suivi sa belle- mère Naomi, plutôt qu’une vérité abstraite.

Le choix de Ruth à Chavouôt est d’abord justifié par le fait qu’une partie du récit se déroule en Israël, durant la moisson des blés, qui est justement la période dans laquelle tombe Chavouôt. Dans cette méguila, nous apprenons que David descend de Ruth la Moabite. Ainsi la plus noble famille en Israël, la dynastie royale de David, est issue de souche païenne! Or la Torah nous enseigne: « Un Ammonite ou un Moabite n’entrera pas dans la Communauté de l’Éternel » (Deutéronome, 23,4). Selon l’interprétation littérale de ce texte, l’accès au Judaïsme aurait donc été interdit à Ruth. Par conséquent un descendant d’une Moabite, devenue juive à l’encontre de cette loi n’aurait jamais pu revêtir la dignité royale. Mais la Loi orale précise que seule la conversion des hommes moabites et ammonites est interdite. Ruth pouvait donc devenir juive et donner naissance à la maison royale de David. L’existence d’un juif issu de cette souche est donc une preuve de plus de l’authenticité et de la véracité de la Loi Orale. Porter atteinte à celle-ci aurait eu pour conséquence l’impossibilité pour les descendants de Ruth d’occuper le trône. L’histoire de Ruth lue à Chavouôt, fête de la Promulgation de la Torah, est un symbole vivant à travers les siècles de l’importance capitale de la Loi Orale. Le Livre de Ruth fait partie des cinq rouleaux ou méguilote, qui se trouvent dans les Hagiographes ou Kétouvim. On lit aussi Michlé ou Proverbes.

Anniversaire de la mort du Roi David

Chavouôt est aussi l’anniversaire de la mort du roi David, qui naquit à Beth- Lehem en 2854 après la création du monde. Il appartenait à la dixième géné- ration de Juda, fils de Yaakov. Un de ses ancêtres fut Nahchon, fils d’Aminadav, qui se distingua lors de la traversée de la Mer Rouge lorsque celle-ci refusa de se fendre. Nahchon fut le premier à apporter des offrandes au Michkan lorsque celui-ci fut installé dans le désert un an après la traversée de la Mer Rouge. L’arrière grand-père de David, Boaz, était juge et possédait une grande fortune. Sa générosité était célèbre. Cette noble tradition fut maintenue par la famille de Ichaï, le père de David, qui était le président du Sanhédrin. Les qualités insignes de cette dynastie étaient l’érudition, la piété, la gentillesse et la générosité.
Dans la Bible il n’est nulle part mentionné le fait que Chavouôt soit la fête de la Promulgation de la Loi. C’est la Loi orale, appelée  » Torah ché-beal pè « , qui le porte à notre connaissance. Chavouôt nous fournit par ailleurs une autre preuve de l’importance de cette dernière. Le second jour de Chavouôt, nous lisons l’histoire de la généalogie du roi David. jour anniversaire de sa naissance ( le livre de Ruth fait partie des 5 rouleaux (ou méguilote) qui se trouvent dans les Hagiographes, ou « Ketouvim ». La Meguilat Ruth est lue à Chavouôt (on lit aussi Michlé ou Proverbes.

Chavouôt est aussi la fête du patriarche Jacob

Selon le Traité des Pères (1,2) notre monde repose sur trois piliers:  » Torah, Avodah, Guemilout ‘Hassadim » (l’étude, le Culte divin, la Charité), représentés par nos trois patriarches : la  » Guemilout ‘Hassadim », (l’altruisme, l’amour du prochain,) trouve toute son expression dans le caractère d’Abraham. Malgré la chaleur torride et le fait qu’il soit malade, (il en était au 3ème jour de la circoncision), il attend les voyageurs inconnus pour remplir envers eux les devoirs de l’hospitalité. Le sacrifice d’Isaac, c’est la  » Avodah « ; c’est le dévouement pour D.ieu qu’Isaac a manifesté par son sacrifice volontaire; il restera toujours un exemple incomparable de l’homme au service de son D.ieu. Enfin, d’après la tradition, Jacob « assis dans les tentes » dans le chemin qui sépare- Beérchèva de ‘Haran, a voué 14 années de sa vie à l’étude exclusive de la Torah auprès de Sem et Eber. Il représente la  » Torah « .

Ainsi Pessa’h tire son nom de l’agneau pascal (allusion à Isaac). Chavouôt, la fête de la Torah se rattache à Jacob. Enfin, Souccot se rapporte à Abraham. On pourrait objecter qu’Isaac n’était pas le fils unique d’Abraham et qu’il y avait aussi Ismaël et les fils de Ketoura. Par ailleurs, Isaac était aussi le père d’Esaü, or, c’est uniquement Jacob qui est l’héritier spirituel de la maison d’Abraham. Si Pessah et Souccot, (fêtes qui rappellent Isaac et Abraham) ont à côté de leur jours fériés aussi le ‘Hol Hamoed, (demi-fête) c’est une allusion à ceux de leurs descendants dont le caractère n’était pas empreint de sainteté. Par contre, Chavouôt, la fête de Jacob, ne connaît pas de ‘Hol Hamoed, (demi-fête) car Jacob a transmis son héritage spirituel à tous ses enfants sans exception.
Symbolique de Chavouôt

Nous savons que le tabernacle et plus tard le Temple sont perçus par les Rabbins comme des compromis de Dieu envers les hommes qui, d’une façon ou d’une autre, cherchent à se représenter le divin. Mais au moment de Chavouôt, un tel compromis est impossible. La fête de la révélation ne peut pas se compromettre en cédant à la pression des besoins humains. Le refus du compromis et le refus de toutes formes de simplification, c’est aussi cela la symbolique de Chavouôt. Pour comprendre la nature profonde du problème du fonctionnement psycho-logique des membres de la communauté juive (à savoir : pourquoi si peu de fidèles se retrouvent à la synagogue pour fêter Chavouôt) nous porterons un regard positif, bien que sans doute quelque peu naïf sur la question. Il semble que ce manque de participation n’est finalement que l’expression d’une compréhension profonde – bien que probablement inconsciente – du sens de D.ieu et de la Révélation. Le Créateur étant présent partout et à tout moment et la Révélation étant, elle aussi, continuelle, en quoi la journée de Chavouôt est-elle nécessaire ? Comment et surtout pourquoi marquer, à l’aide d’une fête spéciale, un concept qui dépasse le cadre d’une limite temporelle et géographique ? Si D.ieu est D.ieu, et si la Révélation a lieu en tout lieu et à tout moment – et non seulement sur le mont Sinaï il y a plusieurs milliers d’années – quel besoin avons-nous de nous réunir à la synagogue pour Chavouôt ? Voilà, semble-t-il, les éléments qui font que cette fête n’est que peu observée dans l’ensemble du monde Juif.

Ouvrons la porte sur une autre dimension de cette fête donnant lieu à une autre interprétation. Et si Chavouôt n’était qu’une autre forme de compromis entre Dieu et les hommes ? Un compromis non pas palpable physiquement – comme le tabernacle, le Temple et les sacrifices – mais un compromis dans le temps, dans la dimension temporelle ? L’homme, nous ne le savons que trop bien, ne peut pas vivre dans l’abstraction pure. Même lorsqu’il s’agit de Dieu, notre esprit demande une forme de conceptualisation, une forme de représentation, quelque chose de tangible que nous puissions appréhender. Refusant l’objet de représentation physique, la tradition juive a peut-être opté pour une représentation dans le temps qui, une fois dans l’année, nous permet de focaliser nos esprits sur la nature de D.ieu, de sa Révélation et de sa Loi.

CHAVOUÔT, UN AUTRE SENS DE LA LIBERTE

Rabbi Yehochoua ben Lévi a dit « Seul est libre celui qui fait son occupation de la Torah. Grâce à la Torah, les Enfants d’Israël sont des hommes libres « . Il semblerait à première vue que celui qui accepte le joug de la Torah, qui se soumet aux commandements et aux interdits émanant d’une source extérieure à lui-même, abdique sa propre liberté, sa propre indépendance. On pourrait croire que dès lors qu’un homme accepte d’être assujetti aux volontés émanant d’une source étrangère à lui même, il ne saurait y avoir de place pour une affirmation de soi, pour une expression personnelle. Mais il n’en est rien et si nous tenons compte du fait que l’homme est par nature un être social, ayant besoin (de façon innée ou autrement) d’un état social afin d’échapper à un intolérable état de nature, nous serons amenés à conclure qu’il ne peut jamais être véritablement indépendant, entièrement libre d’agir comme il l’entend. Ce seront en effet tantôt les impératifs de sa foi, tantôt les lois de son souverain, qui lui imposeront certaines limitations.

Fondamentalement, une révolution signifierait simplement un changement de gouvernement ou de souverain, éventuellement de lois ; mais en vérité ce ne serait rien qu’une substitution, non un changement absolu dans l’état de l’homme. Celui-ci est soumis, tout au long de sa vie, à son Yétzère (inclination au mal) et à son Yotzère (le Créateur). Afin de concilier ce fait empirique avec son idéal de liberté et d’individualité, chacun devra délibérément et par un choix motivé par le désir d’en faire partie, se faire une obligation d’accepter les règles de ce code. Contrairement à l’esclave, c’est le privilège de l’homme libre de choisir le groupe ou ordre auquel il désire s’identifier. Mais, une fois le choix fait, il sera lié par les règles du groupe qu’il a choisi. Techniquement parlant, il sera contraint, mais non asservi ; sujet à des restrictions, mais libre de changer.
Ainsi pouvons nous faire cette distinction : Soumission par la force, sans considération de manière ou de degré = esclavage. Soumission par choix, sans considération de ce à quoi ou celui à qui on est soumis = liberté. A la lumière de cette définition, l’homme est le dernier venu dans l’ordre de la création, et destiné dès le début à avoir un but unique. Afin de réaliser ce pour quoi il est sur cette terre, (son propre développement de plus en plus poussé, l’homme doit pouvoir se mouvoir selon sa propre volonté, décidant souverainement comment agir et se comporter par rapport aux directives et aux objectifs qui lui ont été révélés. L’ alternative donnée à l’homme, est, d’une part, le Yétzère du cœur de l’homme –  » méchant dès sa jeunesse  » et né avec l’homme même, et d’autre part la Torah, antidote des forces du Yétzère, principe et guide grâce auquel l’homme peut contrôler et canaliser ces forces (c’est-à-dire conquérir, utiliser et sublimer les qualités du Yétzère, ainsi qu’il est écrit :  » C’est à la vigueur des bœufs qu’on doit l’abondance de la moisson « ).

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L’alternative par laquelle l’homme peut répondre à cet esclavage (état passif) consiste à faire usage du pouvoir de choisir qui lui est donné :  » J’ai mis devant vous la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction, choisissez la vie « . Celui qui fait ce choix, qui fait son occupation de la Torah, qui accepte le code des lois Divines pour diriger son cœur, celui-là est un homme libre, qui fait usage du privilège qu’il a de choisir. Oui,  » serviteur de son Yotzère, son Créateur « , mais serviteur par choix délibéré, par désir de compter parmi les membres de ce groupe particulier. Telle est la signification de notre liberté, de notre délivrance qui commença par la promesse :  » Je vous affranchirai des travaux dont vous chargent les Egyptiens, et je vous délivrai de votre servitude ; et je vous sauverai à bras étendu et par de grands jugements « , pour atteindre son apogée avec :  » Je vous prendrai pour Mon peuple  » La Torah fut donnée seulement à Chavouôt, où nous avons accédé à la liberté, dernière phase du processus de notre libération et liberté et Torah sont ici synonymes.

Oui, être juif, c’est construire sa vie selon ce mode bien particulier dans lequel tout est Torah. Ainsi le don de la Torah parachève la formation du peuple et imprime son modèle, sa personnalité dans tous les détails de son existence. Chavouôt et le don de la Torah octroyèrent bien un sens à cette liberté, un contenu positif à l’existence du peuple juif. Nos Sages ont d’ailleurs exprimé cette idée par le biais d’un commentaire célèbre d’un verset de la Bible (3): “Et les tables (de la loi) étaient l’ouvrage de D-ieu et ces caractères, gravés sur les tables, étaient des caractères divins.” Or le terme “gravé” qui se dit, en hébreu, “harout” peut se lire également “hérout”, la liberté. (Talmud Erouvin 54a) Le Talmud affirme: “Ne lis point ‘harout mais plutôt ‘hérout, car n’est vraiment libre que celui qui se consacre à la Torah.” La promulgation de la Torah sur le mont Sinaï il y a plus de 3 300 ans représente un événement unique dans l’Histoire. Avant tout, il s’agit là d’un acte par lequel D.ieu “descend” des hauteurs célestes vers le monde ici-bas. Jusqu’alors, l’abîme infini entre l’homme et D.ieu paraissait infranchissable.

Cependant, si le don de la Torah présente ce caractère d’événement historique singulier dans lequel le Divin joue un rôle décisif, en revanche l’acceptation de la Torah constitue un processus de longue durée dans lequel l’homme détient une place centrale. Recevoir la Torah ne consiste pas à en écouter le message de manière passive, mais il consiste en un engagement personnel à vivre pleinement selon ses principes et à en respecter les commandements chaque jour de notre vie. Pour que la Torah puisse nous être donnée, il nous faut d’une part faire preuve de la même disposition d’esprit que les Hébreux sur le mont Sinaï lorsqu’ils prononcèrent le fameux « Naassé vénichma » (nous ferons et nous comprendrons) Exode 24. Chaque juif reçoit la Torah selon sa propre manière et selon son propre rythme. La Torah qui un jour fut donnée sur le mont Sinaï continue à être reçue par Israël de manière personnelle, collective et nationale. Cette acceptation ne constitue pas un événement moins important, car elle donne à la Torah son caractère de Torat ‘haïm, de Torah de vie.
Quintescence de la Torah

La signification toute particulière de la Torah perd de son évidence dès lors qu’on la définit en ayant recourt à des analogies. Par exemple, quiconque cherche à limiter la Torah à un livre de lois religieuses altère la conception du judaïsme ; l’essence même de la Torah est alors occultée. La Torah se trouve ainsi amputée de l’une de ses caractéristiques fondamentale, celle de constituer une entité spécifique qui se suffit à sa propre définition. Le terme Torah ne devrait donc être utilisé dans aucun autre contexte que celui de la Torah elle-même. Les religions présentent en général un cadre d’idées et de pratiques ayant pour but de régler une partie de l’existence, celle qui a trait au service de Dieu. Mais le judaïsme tel que la Torah le reflète ne peut être confiné dans un cadre partiel. La quintessence du judaïsme réside précisément dans sa conception d’ensemble de la vie qui, à sa manière, englobe tous les détails de la vie du peuple juif.

C’est pourquoi la Torah recèle en son sein davantage que des aspects rituels qui concernent les relations entre l’homme et D.ieu, ou que des lois sociales qui régissent les rapports entre l’homme et son prochain. C’est aussi un livre d’Histoire, de poésies, de morale ou de prophéties, où les directives les plus solidement arrêtées peuvent côtoyer des hésitations, voire des interrogations, toutes ces composantes se conjuguant pour ne former qu’une seule entité.
Ceux qui veulent à tout prix faire entrer la Torah dans le cadre d’une religion – qu’ils la renient ou qu’ils la respectent – en détruisent l’essence pour la transformer en quelque chose de complètement différent. Ils en font une religion parmi tant d’autres. Une telle conception “emprisonne” la Torah au sein d’un domaine bien délimité; pis encore, c’est comme si on la dévitalisait complè-tement. Les Dix Paroles constituent un bon exemple de la variété des nombreux éléments qui composent la Torah et la structure de la Torah rappelle celle de la vie elle-même : impossible de la diviser en pans bien distincts les uns des autres. Tout comme l’être humain, la Torah ne peut être fragmentée. Chacune des parties de notre existence se nourrit des autres, de près ou de loin. Ainsi l’injonction de donner aux pauvres à celle “d’aimer son prochain comme soi-même”. La Torah se veut un guide et une fondation conduisant la vie du peuple dans son ensemble. Ce sont bien les deux réunis, la Torah et le peuple juif, qui constituent la quintessence du judaïsme.

AUTHENTICITE DE LA TORAH

En son sens premier, la Torah désigne le Pentateuque, dont la tradition juive attribue la rédaction à Moïse inspiré par Dieu. Le Talmud l’appellera plus tard « Torah chébiketav », la « Torah-qui-est-par-écrit ». Elle comprend des commandements (la tradition en compte 613) et de multiples récits. Mais elle forme un tout qui est la Parole divine. La Torah est proposée aux fidèles comme la seule source d’inspiration et ils doivent s’y référer continuellement : « Le livre de cette Torah ne quittera pas ta bouche, et tu la méditeras jour et nuit, afin d’observer tout ce qui est inscrit ; alors, tu réussiras dans tes entreprises, et tu feras preuve d’intelligence » (Josué, I, 8).

Le grand succès de la tradition juive réside dans la méticulosité de la transmission du texte de la Torah. Quelle que soit la page à laquelle on ouvre un livre de Torah, les Sages sont toujours en désaccord et les divergences du Talmud portent souvent sur des détails infiniment subtils. (Hillel et Chamaï, Rabbi Méri et Rabbi Yéhouda, etc…) De là vient la popularité de l’expression « chicaneries talmudiques ». Maïmonide nous dit (Michné Torah, Lois de Mamrim 1, 3) « En ce qui concerne les lois traditionnelles, il n’y a jamais eu de contro-verses. S’il y en eut, nous pouvons être sûr que la tradition ne remonte pas jusqu’à Moïse. Quand aux lois déduites au moyen des principes herméneutiques, si elles ont reçu l’approbation de tous les membres du Sanhédrin, elles étaient irrévocables. S’il y avait une divergence d’opinion parmi eux, le Sanhédrin suivait l’avis de la majorité et tranchait la loi en accord avec cette opinion. Ce principe s’appliquait également aux décrets, aux ordonnances et aux coutumes ».

L’un des principes fondamentaux du judaïsme est que la Torah orale (le Talmud) a été transmise à Moïse au Mont Sinaï. Mais imaginons que la Torah orale ne soit pas issue de Sinaï, et que quelque part, il y a quelques milliers d’années, un groupe de rabbins se soit rassemblé pour composer le Talmud et nous ait fait croire qu’il soit venu de D.ieu. Le judaïsme ne fait pas de compromis quand il est question de vérité. Nous n’acceptons même pas les plus petits détails ? Encore moins une religion entière. Un esprit critique et indépendant, ainsi que la recherche de la vérité sont dans la nature de chaque juif. Il serait tout à fait ridicule de dire que des rabbins se soient réunis et aient tout concocté, tombant d’accord sur tout, en dehors des plus infimes détails. Et il est encore plus tiré par les cheveux de croire que des rabbins aient pu se réunir et imposer une pseudo Torah orale au peuple juif tout entier ! Tout ceci encourage fortement le peuple juif à observer les paroles de la Torah orale, puisqu’elles ont été transmises fidèlement de génération en génération et la croyance en l’authenticité de la Torah figure parmi les articles fondamentaux de la foi du judaïsme.

Mise à part la prétention d’une révélation au Mont Sinaï, c’est un fait qu’aucun autre peuple n’a jamais tenté de prétendre à une révélation nationale du même ordre. Une révélation nationale – contrairement à une révélation personnelle – est un mensonge qui ne prend pas. C’est un événement bien trop énorme pour être fabriqué. La seule manière d’affirmer une telle chose est qu’elle se soit produite. Seul le judaïsme peut prétendre à une révélation nationale, puisque le peuple juif est le seul peuple dans l’histoire de l’humanité qui ait jamais expérimenté cela. De plus, il est intéressant de noter que les autres religions majeures acceptent toutes deux la révélation juive au Mont Sinaï, comme étant la clef de voûte de leur propre religion. En introduisant leur religion, ils savaient que si une révélation nationale ne peut pas être fabriquée, elle ne peut pas non plus être niée. L’auteur de la Torah peut tranquillement prédire qu’il n’y aura jamais d’autre prétention de révélation nationale au cours de l’histoire, parce que Seul D.ieu Lui-Même pouvait savoir que cela ne se produirait qu’une seule fois, au Mont Sinaï il y a plus de 3.000 ans.

La Torah est comparée à l’eau, source jaillissante qui jamais ne tarit, (indispensable à la vie juive et coule toujours vers le bas, symbole d’humilité nécessaire pour l’acquérir, elle est aussi précieuse que l’eau dans le désert et étanche la soif. Elle est également comparée à un arbre de vie qui donne son fruit, à des perles, parce qu’elle est précieuse et à de l’or parce qu’elle est pure et inaltérable. Elle a été donnée dans le désert, qui est immense. Ainsi, la Torah est infinie et seul celui qui se considère comme un désert inculte peut acquérir ses connaissances.

(Sources : site Terre d’Israël – alephbeth.net ( Rav Adin Even-Israël Steinsaltz ) Fond Social Juif Unifié – Chabbad.org – Dr Ehrmann, Rabbin Shraga Simmons, Lamed et (Trait d’Union) – Rav Dufour, Modia – sefarad.org , Rabbin David Meyer – Consistoire.org – (Pinchas H. Peli : La Tora aujourd’hui : la Bible nous parle, Desclée de Brouwer, Paris, 1988, p. 151-157 – Aharon Altabé – ) Rav Eliahou Elkaïm de la Yéchiva Daat’Haïm – Rav Avdimi – Communauté Online, David Levy – De génération en génération… être juif, Jacques Ouaknin – Le chandelier d’or, Josy Eisenberg/Adin Steinsaltz, Choul’hane Aroukh – L’essence de la Torah, Rav M. Chriqui/Dr A.G. Morali)

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La Torah est source de joie…

et source de vie !

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FÊTES JUIVES : Célébration du Chabbat – Vidéo en anglais

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Le Chabbat ou Shabbat (hébreu : שבת – cessation) ou Shabbes en yiddish est le jour de repos assigné au septième jour de la semaine juive, le samedi, qui commence dès la tombée de la nuit du vendredi soir.

Il est observé par beaucoup de juifs, indépendamment de leur degré de pratique. Il commence le vendredi, 18 minutes avant le coucher du soleil et se termine le samedi après l’apparition des 3 premières étoiles (approximativement 40 minutes après le coucher du soleil), soit une durée variant entre 25 heures et 25 heures 30 selon les saisons. La période supplémentaire (Tosefet Shabbat) avant le coucher du soleil n’est pas partout de 18 minutes, pour certains, elle est de 22 ou 24 minutes, à Safed 30 minutes, à Jérusalem elle est de 40 minutes. Maale Adumim et Petach Tikvah observent la même heure que Jérusalem car les premiers habitants venaient de Jérusalem et ils ont apporté leurs coutumes avec eux. Il existe des tableaux (lou’hot) des heures dites distribuées dans la plupart des communautés.

  • Movaé Chabbat (מובאי שבת) : entrée du Chabbat1
  • Motsaé Chabbat (מוצאי שבת) : sortie du Chabbat

« Souviens-toi du jour du repos, pour le sanctifier.
Tu travailleras six jours, et tu feras tout ton ouvrage.
Mais le septième jour est le jour du repos de l’Éternel, ton Dieu : tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bétail, ni l’étranger qui est dans tes portes. Car en six jours l’Éternel a fait les cieux, la terre et la mer, et tout ce qui y est contenu, et il s’est reposé le septième jour : c’est pourquoi l’Éternel a béni le jour du repos et l’a sanctifié. »
Exode 20:8-11 »

Le chabbat est également jour chômé officiel en Israël, jour où outre les magasins, les transports publics ne fonctionnent pas.

Le chabbat trouve son origine dans la Genèse, premier livre de la Bible.

Genèse 2:2-3 : Dieu acheva au septième jour Son œuvre, qu’il avait faite, et Il S’abstint au septième jour de toute son œuvre, qu’il avait faite.

Et Dieu bénit le septième jour, et Il le sanctifia, car en ce jour, Il S’abstint de toute Son œuvre qu’il avait créée en la faisant. L’observance du chabbat est mentionnée en de nombreuses occurrences dans la Torah, les plus notables étant Exode 20:8-11 et Deutéronome 5:12-15.

Exode 20:8-11
Souviens-toi du jour du repos, pour le sanctifier.
Tu travailleras six jours, et tu feras tout ton ouvrage.
Mais le septième jour est le jour du repos de l’Éternel, ton Dieu: tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bétail, ni l’étranger qui est dans tes portes.
Car en six jours l’Éternel a fait les cieux, la terre et la mer, et tout ce qui y est contenu, et Il s’est reposé le septième jour: c’est pourquoi l’Éternel a béni le jour du repos et l’a sanctifié.
Le Shabbat est présenté ici comme un trait d’union entre l’humain et le divin, créature et Créateur, marquant les deux rythmes, les synchronisant, chacun à son échelle. « Soyez saints comme je suis Saint »

Deutéronome 5:12-15
Observe le jour du repos, pour le sanctifier, comme l’Éternel, ton Dieu, te l’a ordonné.
Tu travailleras six jours, et tu feras tout ton ouvrage.
Mais le septième jour est le jour du repos de l’Éternel, ton Dieu: tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bœuf, ni ton âne, ni aucune de tes bêtes, ni l’étranger qui est dans tes portes, afin que ton serviteur et ta servante se reposent comme toi.Tu te souviendras que tu as été esclave au pays d’Égypte, et que l’Éternel, ton Dieu, t’en a fait sortir à main forte et à bras étendu : c’est pourquoi l’Éternel, ton Dieu, t’a ordonné d’observer le jour du repos.

Le chabbat n’est pas seulement le tribut à « Dieu le créateur » (Elohim), il est aussi celui à « Dieu le Sauveur » (YHWH), qui exige l’abolition des barrières non seulement professionnelles mais aussi sociales en ce jour. Toutefois, ainsi que le rappelle le Shema Israël, YHWH est Elohim, il est unique.

Il existe d’autres occurrences importantes à Ex XXXI,12-17, Ex XXXV,2-3,Lv XIX,3,Lv XIX,30,Lv XXIII,3, et Nb XXVIII,9-10.

D’autres citations directes dans le Tanakh incluent LVI,4-6, Ezéchiel (ch. 20, 22, 23) et IX,14, sans compter les nombreuses allusions et citations dont le shabbat n’est pas le sujet central.

Le chabbat est le principe fondamental du judaïsme.

Observer le chabbat, cesser tout travail à l’approche de la nuit de vendredi soir, c’est faire publiquement la profession de foi que Dieu a créé l’Univers en partant de rien, que Son Esprit domine la matière, qu’Il Est le Maître de notre force de travail, de notre vie.

Le chabbat est un jour de célébration autant que de prière. Trois repas meilleurs que l’ordinaire, les shalosh seoudot, sont offerts à la fin de chaque office :

  1. Seouda richona le Erev chabbat, le vendredi soir
  2. Seouda chenit après chaharit + Moussaf, le samedi, un peu après midi
  3. Seouda chlichit, entre Minha et Arvit de Motsei chabbat (la prière du soir qui clôture chabbat), en fin d’après-midi Les meilleures denrées sont réservées pour chabbat. Dans certains milieux moins favorisés, c’est le seul jour où l’on mange de la viande, bien qu’il n’y ait pas de stricte obligation à en consommer, comme ce serait le cas à Yom Tov (jour de fête).

Melave Malka représente le dernier repas à la sortie de shabbat destiné à retarder le départ de ce jour saint: seuls les plus pratiquants ajoutent ce dernier repas. L’affluence des fidèles est également plus importante le shabbat qu’en semaine (même si elle n’égale pas Yom Kippour). Elle est pour certains le seul jour de pratique religieuse.

Le chabbat étant un jour de fête et de réjouissance, tout jeûne est interdit. Tout autre jeûne que celui de Yom Kippour (qui n’est pas un jour de deuil malgré les signes extérieurs de mortification) tombant un chabbat doit être reporté au jeudi précédent, en règle générale. De même, les endeuillés en période de chiv’ah doivent se conduire « normalement » le chabbat, sans exprimer ouvertement les signes extérieurs de deuil (comme la Qeri’ah). Ils restent toutefois astreints au deuil en privé, ne se lavant pas et se réfrénant de toute activité joyeuse ou sexuelle.

une mitsva spécifiquement réservée aux femmes (l’épouse ou la mère). Si l’épouse ne peut allumer les lumières (certaines utilisent de l’huile et non des bougies), c’est à l’homme de les allumer. De même, un homme vivant seul a le même devoir d’allumer ces lumières.

Bien que la plupart des lois chabbatiques soient restrictives (cf. infra), le Talmud enseigne que le quatrième des Dix Commandements contient les allusions aux prescriptions positives du chabbat, à savoir :

  • la récitation du Kiddouch chel yom Chabbat (sanctification du jour de chabbat) sur une coupe de vin cacher, au commencement du chabbat, avant le premier repas (Séouda richona, cf supra) et après les prières du matin, lors du second repas (séouda chènit, cf. supra).
  • manger trois repas somptueux (cf. supra), les deux premiers repas devant être entamés avec deux tresses de ‘halla  (pain tressé traditionnel). Le troisième repas, la Seouda chlichit, est généralement léger et souvent parvé (neutre) ou halavi (laitier), ce qui contraste avec les précédents.
  • la récitation de la Havdala, ou « séparation », à la tombée de la nuit du samedi, réalisée sur une coupe de vin, des épices odorantes et une bougie à deux mèches.
  • le délice du chabbat (Oneg chabbat), obligation de profiter de ce jour et de s’en réjouir : beaux habits, bonnes chaussures, bonne nourriture etc. sont recommandés, et, dans une certaine mesure, les rapports conjugaux, pour autant que l’union soit légitime et que chaque partenaire en éprouve du plaisir.
  • l’honoration du chabbat (Kavod chabbat), en faisant un effort pendant la semaine afin de préparer chaque chabbat à venir. Ceci peut inclure une douche le vendredi soir (avant Shabbat), une coupe de cheveux, des vêtements spéciaux, de préférence beaux et confortables, mais aussi s’abstenir de tenir des conversations déplaisantes. (Wikipedia)

VIDEO : Shabbat – A day of rest & rejuvenation – Documentary – Chabad

Fêtons ensemble la joyeuse fête de POURIM !

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« Et ils me construiront un sanctuaire pour que je réside au milieu d’eux. »(Ex 25,8″)

       ‘Hag samea’h lékoulam !

               P O U R I M  

Etude de Modia sur cette fête ici : http://www.modia.org/infos/etudes/pourim.html

Pour aller sur la page d’accueil du site Modia, c’est ici : Modia

3 février 2009

maquette palais de Darius


LE CONTEXTE HISTORIQUE DE POURIM

Le festin d’Esther

Depuis les temps les plus reculés de l’Antiquité, les Hébreux ont toujours occupé la terre d’Israël, (même au temps des exils forcés), il est toujours resté des Hébreux qui vivaient sur cette terre. Israël est le pays donné par D.ieu à son peuple, qui a accepté contraint et forcé la Torah au pied du Mont Sinaï, mais de son plein gré à Pourim. Ce peuple singulier, dont les descendants sont aujourd’hui appelés Juifs et Israéliens et qui, d’après la Bible, sont tenus d’une part de garder la Torah qu’ils ont promis de respecter, d’autre part, de vivre sur cette terre, elle aussi singulière à bien des égards et pas sur une autre. Ce sont là les conditions mêmes pour l’existence du peuple juif. Aujourd’hui on voit bien que cela gêne beaucoup ceux qui voudraient prendre leur place, c’est pourquoi certains essaient très habilement de détourner les Juifs de leur Torah par toutes sortes de stratagèmes jusqu’au plus haut niveau de la hiérarchie. D’autres, voudraient radicalement les exterminer pour s’installer sur leur terre. Ils s’acharnent en vain à nier les faits et à vouloir effacer toute trace archéologique des Hébreux. Mais lorsqu’ils agissaient de leur plein gré, les Juifs ont toujours vécu sur la terre d’Israël. Le récit qui va suivre est véridique et a été transmis, tout comme la Torah, et fêté dès l’année même qui a suivi les faits, et cela de génération en génération.

Un lien très particulier unit les actuels israéliens (les Hébreux) au peuple iranien d’aujourd’hui (les Perses) : c’est Pourim (qui signifie sorts, allusion à un certain tirage au sort dont il sera question plus loin…). A la mort de Salomon, il y eut un schisme. Son grand royaume donna naissance à deux petits royaumes : celui d’Israël, au nord, qui fut anéanti par les Assyriens, les Juifs déportés et entièrement assimilés (ce sont les 10 tribus perdues d’Israël), et celui de Juda, au sud, avec des rois restés fidèles à la Torah. Malheureusement, la situation se dégrada encore et en 586 avant l’ère commune les Babyloniens détruisirent le temple (le 9 av 3174 du calendrier hébraïque) et exilèrent les hébreux en Babylonie jusqu’au renversement de l’empire par les perses. A cette époque, une partie du peuple Juif se trouvait en Israël en attendant de pouvoir réédifier le Temple, l’autre étant dispersée dans l’empire perse. Voici le tout dernier passage du 36ème et dernier chapitre du T.A.N.A.K.H. (la Bible hébraïque) : “Dans la 1ère année de Cyrus, roi de Perse, à l’époque où devait s’accomplir la parole de l’Eternel, annoncée par Jérémie, l’Eternel éveilla le bon vouloir de Cyrus, roi de Perse ; et celui-ci fit proclamer, dans tout son royaume, par la voix (des hérauts) et aussi par des missives écrites, ce qui suit : « AINSI PARLE CYRUS, ROI DE PERSE : L’ETERNEL, D.IEU DU CIEL, M’A MIS ENTRE LES MAINS TOUS LES ROYAUMES DE LA TERRE, ET C’EST LUI QUI M’A DONNE MISSION DE LUI BÂTIR UN TEMPLE A JERUSALEM, QUI EST EN JUDEE. S’IL EST PARMI VOUS QUELQU’UN QUI APPARTIENNE A SON PEUPLE, QUE L’ETERNEL, SON D.IEU, SOIT AVEC LUI, POUR QU’IL MONTE… “ Par la suite, les Juifs furent déplacés en Babylonie jusqu’au renversement de l’empire par les perses et ont vécu en bonne entente avec la population environnante, mais… Voici donc cette belle histoire vraie, qui s’est passée il y a très, très longtemps…

Cyrus le grand

QUELQUES DATES PRECEDANT LES EVENEMENTS QUI CONDUISIRENT A POURIM

-721  (1er exode, celui du Royaume d’Israël, de Samarie vers l’Assyrie)
Premier Exode, avec l’exil des 10 tribus d’Israël par l’Assyrien Sénachérib à Ninive, Babel, Suse… Cette diaspora forcée des Juifs va par son exemple, ses prières, son mode de vie, fortement influencer et faire naître dans ces peuplades primitives un esprit nouveau, un horizon spirituel plus élevé.

– 640 à – 600 : Cyrus 1er – devient le premier roi d’Anshan, dans la plaine de Marvdasht, dans le Fars

– 600 à – 559 Cambyse 1er succède à son père comme roi d’Anshan. Il est également le père de Cyrus II Le Grand. Il devint le vassal du Mède Cyaxare (puis d’Astyage) dont il a épousé la fille : Mandane.

– 597 Nabuchodonosor II s’empare de Jérusalem et ordonne la déportation de 3 000 Juifs choisis parmi les élites du Royaume de Juda.

– 587 (3338, date hébraïque) : destruction du premier Temple de Jérusalem par Nabukhanetsar (Nabuchodonosor) et exil des élites  judéennes à Babel

– 539 (3391, date hébraïque) Cyrus, roi de Perse prend Babylone, libère les juifs de leur exode, les autorise à rentrer chez eux et ordonne la reconstruction du Temple. Mais seuls environ 40 000 d’entre eux retourneront en Eretz Yisrael. Suse devient la capitale d’hiver du royaume. Mordekhaï quitte Babel pour Suse afin de faire « monter » les exilés de Samarie et de Judée. Cyrus avait une très grande réputation de sagesse et de respect auprès des populations étrangères qui l’avait même précédé avant qu’il n’entre en Babylonie pour faire sa conquête. Ainsi Gobryas le gouverneur de Gutium, chef de Nabonide, qui avait reçut le commandement des troupes devant arrêter l’avancée des Perses sur Babylone mit tout simplement son armée à la disposition de Cyrus le Grand ! La ville de Sippar où Nabonide avait son quartier général fut prise le quatorzième jour “sans combats“, comme fut également prise deux jours plus tard Babylone, sans l’effusion d’une goutte de sang ! Mieux, Cyrus ordonna de mettre jusqu’à la fin du mois, des boucliers et des gardes autour des portes des lieux de prière pour qu’à aucun moment il n’y ait d’interruption dans les célébrations   et dans les prières.

La paix régna dans la cité tandis que Cyrus entrait dans Babylone ; il fut salué sur son passage par toute la foule de Babylone en fête. Sur le cylindre de Cyrus, il est écrit : “Quand je suis entré dans Babylone en paix, j’ai établi ma résidence royale dans le palais des princes sous les acclamations et les cris de joie… J’ai libéré ceux que le joug accablait dans Babylone”. (On retrouve dans ces paroles l’écho des paroles du prophète Esaïe...) “Je suis Cyrus, le roi de toutes choses, roi de toute la terre…” Il s’y fit reconnaître comme roi, mais n’annexa pas le pays. Il restitua à toutes les populations leurs divinités et permit aux chefs de familles juives de rentrer chez eux avec femmes et enfants. Cyrus faisait donc preuve d’un esprit de tolérance et allait changer, en son temps, l’image d’un monde cruel et décadent en permettant à des centaines de milliers d’exilés de diverses nations de pouvoir enfin rentrer dans leur pays d’origine et de revoir la région que Dieu leur avait promis.

530 -522 (3395, date hébraïque) Mort du roi Cyrus. Cambyse II, son fils lui succède comme roi des Perses   ; Préférant guerroyer en Egypte, il s’y fait couronner à Saïs et sacrer pharaon à Héliopolis de par son ascendance maternelle, fondant la 27ème dynastie des pharaons. Selon Hérodote, Cyrus mourut lors d’une campagne contre la reine des Massagètes, un petit pays près du lac Oxien (l’actuelle mer d’Aral) qui infligea la première défaite à ceux qui ne connaissaient que des victoires ! Cambyse II récupéra le corps de son père sur le champ de bataille avec une dizaine de survivants, retraversa l’Oxus et prit alors sa succession sur tout l’empire. Mais tout un esprit de grandeur et de générosité venait de mourir avec Cyrus le Grand … Cependant, l’esprit de Cambyse se troubla et il se livra à des violences durant son court règne de deux ans, particulièrement après le meurtre de sa sœur Rosane. Il perdit deux batailles : la première à l’oasis d’Ammon, la seconde contre l’Ethiopie. Ayant appris que son frère venait d’usurper le pouvoir, il se serait suicidé sur le chemin du retour vers la Perse. Son frère Bardiya ayant usurpé le trône, Darius 1er le fera assassiner.

– 522 (3427) Darius 1er reprend le pouvoir et doit dès son accession au pouvoir réprimer de nombreuses révoltes des pays vassaux (historiquement dans l’année de l’usurpation qui ne durerait  quelques mois; douze ans après, selon la Bible) l‘ordre est d’abord donné de freiner, puis de surseoir à la reconstruction du Temple. Il ordonne à nouveau la reconstruction du Temple de Jérusalem et donne tous les moyens matériels à Zéroubabel pour le faire; il restitue la vaisselle du Temple volée par Nabuchodonosor, qui ne possédait pas moins de 1080 trésors différents, qu’il avait enterrés dans le lit de l’Euphrate. D.ieu, voyant que Cyrus était digne de confiance et pour le remercier d’avoir donné l’ordre de reconstruire le Temple, lui révéla la cachette. Ce trésor fut transmis à son successeur Assuérus).

L’histoire d’Esther et les complots de Pourim se seraient produits entre

– 530 et – 542 (3395 et 3407, date hébraïque). Assuérus, de son vrai nom Xerxès I, succéda à son père Darius,   sur le trône des Achéménides. C’était un homme de haute stature, très beau, mais sans noblesse de caractère. C’était un homme très cruel, qui, de plus,  n’aimait pas les Juifs. Ce fut cependant un grand guerrier.

2 Rois 24:10 :

“En ces temps-là, les
serviteurs de Nabuchodonosor, roi de Babylone, montèrent vers Jérusalem.

Babel vient du
verbe “BLL”, qui signifie : mêler, confondre (les
langages). La tour de Babel est donc celle qui mêle (les langages).

Le mot “Babel” se
rencontre dans de nombreux autres textes bibliques puisque “Babel” signifie aussi Babylone.
La
tour de Babel, celle qui mêla les langages, est aussi la tour de Babylone
– ou la “ziggourat” de Babylone.

cylindre de Cyrus

LES PRINCIPAUX PERSONNAGES

CYRUS LE GRAND

Il est le fondateur de l’empire perse, successeur de l’empire mède et son règne précéda les événements de Pourim. (Kurâsh est le nom qu’on lui donne dans le Fars iranienpatrie des Perses). En s’emparant de la prestigieuse Babylone, Cyrus II le Grand, roi des Perses et des Mèdes, fonde le premier empire à vocation universelle de l’Histoire humaine. Cyrus appartient à la dynastie des Achéménides. Il est le fils d’un roi perse du nom de Cambyse. Sa mère, Mandane, est elle-même la fille d’Astyage, le puissant roi des Mèdes, qui tient les Perses sous sa coupe. (Perses et Mèdes sont deux peuples apparentés qui, au 7ème siècle avant l’ère commune, occupaient les plateaux de l’Iran). Lorsqu’il entre dans Babylone, Cyrus détrône Balthazar, fils de Nabonide, et lui confie un gouvernement en Médie. Il installe son propre fils Cambyse sur le trône de Babylone. C’en est alors fini de l’empire néo-babylonien de Nabuchodonosor. Il porte le titre de « roi des rois » ou « grand roi » pour signifier qu’il accepte l’existence d’autres souverains à ses côtés. Dans ses triomphes, Cyrus se montre à la fois habile et humain. C’est ainsi qu’il libère les Juifs déportés à Babylone par Nabuchodonosor et les gratifie de généreuses donations pour reconstruire leur Temple à Jérusalem. Respectueux des croyances et des traditions des peuples qu’il a soumis,  partout ou presque, il est accueilli en libérateur. L’empire de Cyrus rayonnera sur le Moyen-Orient et au-delà pendant deux siècles, jusqu’à l’arrivée d’Alexandre le Grand. Cyrus, qui a pleuré sur la destruction du Temple (Seder Eliahou raba 19) devint l’instrument choisi par D.ieu pour accomplir l’ancienne prophétie et ramener la « Chekhina » (Présence Divine) à Jérusalem.

HADASSA / ESTHER

Hadassa est un prénom perse (qui signifie le myrthe, cette plante qui exhale un bon parfum, ainsi ses actes étaient beaux (Midrach Rabba). Esther (nom qui vient du mot hébreu « seter » qui signifie « caché » (Meguila 13), fille d’Avigaïl. En langue perse, cela (Ashtar) signifie « étoile brillante », la « biche de l’aurore » (traité méguila). Rabbi Meïr précise qu’elle était l’épouse de Mardochée. Mais, enlevée de force, comme toutes les autres jeunes femmes, elle accepte de rester dans la maison du roi, tout en étant fidèle à son époux,  pour un dessein qu’elle ne connaît pas encore, mais qu’Hachem va bientôt lui révéler, par l’intermédiaire de Mordekhaï, aux instructions duquel elle se conformait, tout comme si elle était encore sous sa tutelle, et Esther est une femme fidèle. Contrairement aux autres jeunes femmes, cette jeune femme modeste ne voulut se parer d’aucun atour en présence du roi lorsqu’elle se présenta comme candidate à la couronne royale. Cependant ce roi, bien qu’il aimait le faste tapageur, s’éprend d’Esther, dont la qualité principale est la réserve, la discrétion et qui, par sa personnalité, influence le roi.

Mais l’histoire de Pourim est celle d’un miracle caché et les Juifs méritaient d’être punis pour avoir participé au banquet organisé par Assuérus. Voilà pourquoi Hachem a envoyé Amane pour les massacrer. Mais avant de concrétiser cette menace incarnée par Amane, Il a prévu le moyen pour les Juifs d’y échapper : Il fallait que les Juifs se repentent de leur conduite et qu’il se dresse, en la personne d’Esther, quelqu’un pour les sauver. Les desseins divins sont toujours entourés de mystère. Esther est la cachée, la non dévoilée, la victime, Israël et la femme, et l’humanité bafouée. Cette jeune femme qui allait régner sur 127 pays était à la fois discrète, (par le mérite du roi Saül),  pudique, (par celui de la Matriarche Rachel,) qui a mérité que Saül soit son descendant (Traité Meguila). Esther faisait preuve d’une grande intelligence, de sobriété, et d’une énergie tenace tout en étant d’une grande simplicité. Elle savait également faire preuve de retenue en toute circonstance. Elle réussit à ne pas dévoiler son identité pendant les cinq années pendant lesquelles elle résida au palais royal. C’est grâce à cette qualité qu’elle put attendre le moment propice pour jouer de l’effet de surprise et faire part au roi de sa requête, qui sauva son peuple. Bien qu’isolée de son peuple pendant plusieurs années, elle lui reste cependant profondément attachée ainsi qu’au judaïsme et à son D.ieu. (Nos Sages nous disent qu’elle observait la Torah en cachette et que, ne pouvant manger cachère, elle se nourrissait principalement de fruits secs (c’est pourquoi les petits gâteaux de Pourim appelés « oreilles d’Amane » en sont fourrés). Esther est un modèle pour les femmes juives de tous les temps.

MORDEKHAÏ (MARDOCHEE) (conseiller du roi)

En araméen « Mor-dékhaï » signifie « homme-pur ». Mordekhaï (Mardochée) était originaire de Judée, descendant  du roi Chaoul (Saül). Il était fils de Yaïr, lui-même fils de Sémei, qui était lui-même fils de Kich, de la tribu de Benjamin, l’une des 2 tribus qui constituèrent le Royaume de Juda avant sa destruction par les Babyloniens et le déportations de l’élite du royaume vers l’empire Perse. Mordekhaï avait lui-même été déporté de Jérusalem avec les captifs par le roi de Babylone de l’époque, Nabuchodonosor. Il s’était d’abord installé dans la ville de Chouchan (Suse), capitale du royaume et avait été nommé conseiller du roi de Perse Akhachvéroch (Assuérus). Cependant son attachement à la cause juive ne l’empêchait pas d’être loyal envers la couronne, principe fondamental de la morale juive. Le roi exigeait qu’on fasse d’Amane un sujet de culte et tous les serviteurs du roi admis à la cour royale s’agenouillaient et se prosternaient devant Amane. Mais de tous   les hommes de la cour, seul Mordekhaï  ne s’agenouilla ni ne se prosterna jamais devant lui, car les Juifs ne se prosternent que devant le Créateur. Un homme juif, dit la Meguila Esther 2,5 qui étudiait la Torah chaque jour, n’avait pas consommé d’aliments interdits, n’avait pas participé au festin d’Assuérus. Il était prêt à donner sa vie pour D.ieu lorsqu’il avait risqué celle-ci pour ne pas s’être prosterné devant Amane. C’est pourquoi il mérita le nom de « Juif » (Yalkout Chimoni). Mordekhaï représente à la fois le juif attaché à la tradition et celui qui veut afficher fièrement et ouvertement son identité, la vitalité de son peuple et est le contrepoids au danger d’assimilation, de dépérissement et d’extermination. Il vivait de tout son être le péril qui hantait sa nation. C’est donc à juste titre qu’il est appelé à la fin de la Meguilale défenseur de son peuple“. Mordekhaï est lui aussi un modèle pour tout Juif.

AKHACHVEROCH (ASSUERUS) (roi de Babylonie)

D’après les historiens modernes, Assuérus, de son vrai nom Xerxès I, régna de 485 à 465 avant l’ère commune sur un immense empire. Il succéda à son père Darius, sur le trône des Achéménides. C’était un homme de haute stature, très beau, mais sans noblesse de caractère  (cf. Hérodote 9, 108). C’était un homme cruel qui n’aimait pas les Juifs. Ce fut cependant un grand guerrier. La tradition orale considère Assuérus comme un personnage conscient du rôle qu’il jouait, (par conséquent son changement d’attitude envers les Juifs relève du miracle.) En effet, « ce même Assuérus » (Esther 1,1) est constant dans sa méchanceté du début à la fin du récit (Traité Meguila) Tout le bien qu’a fait Assuérus à Esther, à Mordekhaï et à Israël est dû non à lui, mais à D.ieu (Maharal). Dans la Meguila, lorsqu’il est question du « Roi » sans précision du nom d’Assuérus, il s’agit en fait du Roi de l’Univers, Haqqadoch Baroukh Hou.

AMANE (1er ministre du roi) Amane est le fils d’Hammédate l’Agaguite, un descendant d’Amalek, (celui qui avait attaqué lâchement et sans raison les Hébreux dans le désert, par l’arrière, à leur sortie de l’esclavage d’Egypte alors qu’ils étaient faibles et fatigués.) On dit qu’Amane aurait eu 208 fils. (Amalek fait partie de ce qu’on appelle le “é’rev rav” – la multitude mélangée – issue de la semence du serpent qui a copulé avec Eve.) La tradition dit qu’Amalek est le petit-fils d’Esaü. La première occurrence biblique (Genèse 36, 12) donne la généalogie d’Amalek. (Il est le fils du couple Eliphaz/Timnaa’, Eliphaz étant lui-même le fils du couple Esaü/A’dah.) Aman lui-même est un descendant du roi Agag, lui-même issu de la tribu d’Amalek. (Lorsque le roi d’Israël Shaoul vengea son peuple et combattit Amalek, alors gouverné par Agag, il eut pitié de ce dernier et ne le tua pas.) Agag eut pour descendance Amane, qui voulut lui aussi perpétrer à son tour le crime d’Amalek. Amane est  l’incarnation du mal, de la vilénie, de la haine viscérale des Juifs, de la perversion, de l’insolence, de l’orgueil ; il représente le mauvais penchant, les mauvaises pulsions en nous auxquelles on s’attache. Outre la charge de 1er ministre, il reçoit d’Assuérus deux cadeaux : l’anneau royal (le sceau lui permettant de promulguer des décrets et un palais). Ce serait la raison pour laquelle on fait deux cadeaux à Pourim

LE RECIT DE POURIM

L’histoire de Pourim, d’après les livres de Daniel et d’Ezra donnent le contexte du récit de la Meguila d’Esther. A cette époque, le peuple juif était déjà exilé en Babylonie, le Temple avait été détruit, l’empire était tombé aux mains des Perses et s’étendait de l’Inde à l’Ethiopie. Le roi de Perse se nommait alors Assuérus (485-465 avant l’ère commune) et sa femme Vashti. Le vertueux monarque Cyrus, qui l’avait précédé, avait pleuré sur la destruction du Temple et permis aux fils d’Israël qui le désiraient de rentrer chez eux afin qu’ils reconstruisent le Temple. Mais seulement 42 000 d’entre eux décidèrent de rentrer au pays et des millions restèrent en Babylonie. Mais son successeur n’était pas un ami des Juifs.

Le récit commence vers la fin des 70 années d’exil des Juifs en Babylonie. Le méchant roi perse Assuérus, qui s’est élevé lui-même au rang de souverain et dont l’immense empire s’étend sur 127 provinces de l’Inde (Houdou) à l’Ethiopie (Koush) est alors à la 3ème année de son règne. Comme ses prédécesseurs, il fit de Chouchane (Suse), la capitale, sa résidence. A l’occasion de ses noces et afin d’éblouir ses sujets pour que son règne usurpé ait une chance d’acquérir le soutien de ses sujets, Assuérus exhibe ses trésors au cours d’un fastueux banquet de débauche où des mets étaient servis dans de la vaisselle en or, afin de manifester sa grandeur et auxquels il convie l’ensemble des grands du pays, l’armée de Perse et de Médie, les nobles et les gouverneurs des provinces, festivités qui durent 180 jours. En effet, Assuérus, qui a hérité du trésor de Cyrus l’exhibe au cours de cette fête, à raison de 6 trésors par jour, qui correspondent, nous dit le Gaon de Vilna, aux notions de « richesse, gloire, royaume, magnificence, excellence, majesté.» (180 x 6 = 1080), ce qui correspond aussi aux 1080 trésors que Nabuchodonosor avait volé au Temple de Jérusalem. « Ce n’étaient que tentures blanches, vertes et bleues de ciel, fixées par des cordons de bussys et de pourpre sur des cylindres d’argent et des colonnes de marbre ; des divans d’or et d’argent sur des mosaïque de porphyre, de marbre blanc, de nacre et de marbre noir ». (Meguila 1,6) La reine Vashti en fait autant de son côté avec les femmes du royaume.

A la fin des festivités, toute la population de Suse est conviée à un nouveau festin de 7 jours dans les dépendances du palais royal. Mordekhaï (Mardochée), le conseiller du roi, a interdit aux Juifs de se rendre à l’invitation d’Assuérus. Malgré sa ferme opposition, ceux-ci assistent au festin de débauche et d‘extravagance, où l’on continue à manger et à boire dans de la vaisselle d’or dont les pièces sont toutes différentes les unes des autres et dont on n’en fait  qu’un usage unique. Mais bien que toute cette vaisselle soit d’une beauté incomparable, celle-ci est éclipsée et prend l’aspect terne du plomb lorsqu’on commence à introduire les vases sacrés volés au Temple (Yalkout Chim’oni). Cette profanation attriste beaucoup de Juifs qui quittent le festin quand ils voient les vases sacrés, d’autant plus que le roi se pavane dans les magnifiques vêtements du Grand Prêtre (Cohen Gadol), fait de 8 pièces différentes, qui officiait autrefois au Temple, profanant ainsi encore davantage la grandeur d’Hachem. (Ces vêtements, ainsi que la vaisselle, provenaient du pillage du Temple par Nabuchodonosor). Inutile de dire qu’outre la profanation du Temple, de D.ieu Lui-même, des commandements de la Torah, du fait même que beaucoup de plats contenaient des mets interdits aux Juifs. Cependant, aucun des convives ne soupçonne encore que cette désobéissance sera la cause d’un grand danger qui planera sur tous les Juifs du monde à cette époque.

Voyant que ceux-ci passent outre, dès le premier jour du festin, Mordekhaï et les Sages du Sanhédrin jeûnent et prient pendant 6 jours. Or, le 7ème jour, jour du Chabbat, nous dit Rachi, le cœur du roi étant mis en liesse par le vin, il ordonne à ses 7 eunuques Mehouman, Bizzeta, Harbona, Bigta, Abagta, Zêtar et Carcas de faire paraître devant lui la reine Vashti nue, revêtue de sa seule couronne royale afin que chacun puisse admirer sa beauté. Mais la reine refuse de paraître ainsi. C’est alors que le roi se met en colère. (La tradition rapporte que la reine Vashti avait dépouillé les filles d’Israël et les obligeait à travailler le jour du Chabbat.) Le roi demande conseil sur la conduite à tenir en pareil cas. Or parmi ceux qui approchent le roi de près, un certain Amane exerce de hautes fonctions auprès de lui. Celui-ci lui conseille de répudier la reine et de la faire exécuter, arguant que sa conduite agira sans doute comme un poison parmi ses sujets et que son exemple pourrait être imité par d’autres… A regret, (car le roi semblait aimer sa femme), celui-ci consent à la répudier. Elle est exécutée.

Une fois les effets de l’alcool estompés, le roi, revenu de sa colère, se souvient qu’il a répudié Vashti. Désormais sans reine, Assuérus s’enquiert d’en trouver une autre. Pour cela il n’hésite pas à faire enlever de force, par ses fonctionnaires, les plus belles jeunes filles du royaume contre leur gré, sans toutefois révéler le but de leur venue au palais. Elles vont grossir le harem du roi sous la direction de Hegaï, le gardien des femmes. Parmi celles-ci se trouve une jeune orpheline juive, elle aussi d’une grande beauté, proche de Mordekhaï et élevée par lui du nom d’Hadassa (Esther), fille d’Avigaïl. Sur les conseils de ce dernier, Esther tait le fait qu’elle appartienne au peuple juif. Au bout des 12 mois réglementaires dans le harem, (au cas où certaines jeunes filles seraient atteintes de maladies contagieuses) son tour arrive et elle doit apparaître devant le roi. Esther est finalement choisie parmi toutes les jolies filles du royaume et Assuérus place sur sa tête la couronne royale. Sept suivantes sont attachées à la personne d’Esther. Le roi donne un grand festin en l’honneur de la nouvelle reine, accordant des allègements d’impôts aux provinces et distribuant de somptueux cadeaux. C’est là le début de toute une suite d’événements qui relèvent du pur miracle.

Entre-temps, Mordekhaï a surpris un complot contre le roi, fomenté par deux des eunuques du roi, Bigtân et Térech, le déjoue et prévient la reine Esther, qui en informe le roi Assuérus. Les deux coupables sont pendus et le fait consigné dans les annales du Palais, puis oublié. A la suite de cela, Amane est élevé à la plus haute dignité du royaume, celle de Grand Vizir (premier ministre) Tout gonflé d’orgueil, il ordonne à quiconque le croise de se prosterner et de s’agenouiller devant lui. Cependant, Mordekhaï est le seul à ne pas se prosterner devant lui. Fou de rage, mais ne pouvant s’en prendre directement à Mordekhaï, il décide d’en finir avec tous ces Juifs, (qui refusent en fait l’idolâtrie). Il dit alors au roi : (Meguila 3, 8-9) « Il est une nation répandue, disséminée parmi les autres nations dans toutes les provinces de ton royaume ; ces gens ont des lois qui diffèrent de celles de toute autre nation ; quant aux lois du roi, ils ne les observent point : il n’est donc pas de l’intérêt du roi de les conserver. Si tel est le bon plaisir du roi, qu’il soit rendu un ordre écrit de les faire périr et moi, je mettrai dix mille kikkars d’argent à la disposition des agents royaux pour être versés dans les trésors du roi.

Cela se passe au mois de Nissane. Le roi ôte son anneau de son doigt et le remet à Amane, lui disant (Meguila 3, 10) « Je t’abandonne à la fois l’argent et cette nation, dont tu feras ce que bon te semblera. » Amane tire au sort « pour » le jour qui doit être propice au massacre du peuple juif : le sort désigne la date du 13 Adar. Il persuade le roi de donner son accord et lui offre même une énorme somme d’argent en échange des pleins pouvoirs (déjà la corruption !) Ils lui sont remis et un décret royal publié dans tout l’empire annonce que la population tout entière doit se tenir prête à la date tirée au sort. Un courrier est adressé aux gouverneurs de chaque province selon la langue et l’écriture de chacune d’elles, revêtu du sceau royal ordonnant d’exterminer et d’anéantir tous les Juifs en un seul jour.

Mordekhaï, (Mardochée) prenant connaissance de l’édit d’extermination et voyant en cela le signe d’une faute collective demande alors à la reine Esther prend en main le sort de son peuple. Après un temps d’hésitation, elle décide de lutter en agissant elle aussi pour son peuple et se tourne vers D.ieu. Elle fait dire à Mordekhaï “Va rassembler tous les Juifs présents à Suse et jeûnez à mon intention” (Esther 4,16) Elle jeûne pendant 3 jours. Mordekhaï se revêt de la tenue de deuil et fait pénitence. Le peuple entier, saisi d’épouvante, en fait tout autant. Le troisième jour, Esther, qui sent que le moment est venu de se dévoiler aux yeux du roi, adresse à Hachem une ardente prière pour qu’Il lui permette de réussir dans sa dangereuse mission. Elle revêt ses atours de reine et, bien qu’elle n’y fût pas conviée, prend sur elle de se présenter au roi, au péril de sa vie, car quiconque se présente devant lui sans y avoir été invité est condamné à mort. Il est alors évident pour le roi, devant la mine défaite et l’air inquiet d’Esther, que celle-ci a quelque chose de grave et d’urgent à lui dire. D.ieu l’exauce en éveillant la sympathie du roi pour elle. Il lui tend son sceptre d’or et  lui demande ce qu’elle désire, lui précisant qu’elle peut lui demander jusqu’à la moitié du royaume à l’exception d’une chose qui pourrait mettre en péril la stabilité de son trône.

Afin de tendre un piège à Amane en le prenant par surprise pour qu’il n’ait pas l’occasion de former une conspiration contre elle ni de se rebeller, Esther, sachant Assuérus inconstant et capable de changer d’idée à tout moment convie le roi et Amane ensemble à un banquet et dit au roi qu’elle a quelque chose de très important à lui demander.(Gaon de Vilna) Elle veut qu’Amane soit présent de sorte qu’Assuérus s’engage spontanément. Amane est inquiet et se demande avec appréhension la raison de cette soudaine invitation. Au cours du banquet, simple, contrairement à celui précédemment donné par Assuérus, où s’enivrait la populace, là président la convenance, la dignité et les nobles et délicates manières. Esther flatte Amane afin de désarmer ce dernier et provoquer la jalousie du roi. Celui-ci questionne sa femme sur la raison de cette invitation. Mais Esther n’ose pas la lui révéler et l’informe qu’il aura la réponse lors du prochain banquet, auquel elle convie également le méchant Amane. Celui-ci rentre chez lui ce soir-là tout à fait rassuré et se dit qu’il n’y a pas plus grand que lui dans tout le royaume. Amane croise à nouveau Mordekhaï en sortant du banquet. Celui-ci refuse à nouveau de se prosterner devant lui. Alors, fou de colère et ruminant sa vengeance, il projette, avec sa femme Zérech et ses amis, de faire pendre Mordekhaï et à cet effet, il fait immédiatement dresser une potence devant le Palais. Amane se réjouit de pendre celui qu’il déteste tant.

Il cherche Mordekhaï et le trouve dans sa tenue de deuil devant le Bet Hamidrach (la maison d’étude), où il a l’habitude d’enseigner la Torah aux petits enfants. Le Midrach rapporte que Mordekhaï courre dans la rue derrière les enfants qui sortent du cours de Talmud Torah et demande au premier d’entre eux ce qu’il a appris à l’école. Celui-ci répond : « Ne crains pas la frayeur soudaine, ni la tourmente des méchants quand elle arrive. » Le second répond : « voici le verset que j’ai appris aujourd’hui : Faites un projet, il échouera ! Dites un parole : elle ne tiendra pas ! Car D.ieu est avec nous. » (Proverbes 3) Un troisième dit : « Jusqu’à votre vieillesse, c’est Moi. Jusqu’au temps des cheveux blancs, je vous soutiendrai ; Je l’ai fait et Je veux encore porter, soutenir et libérer. » (Isaïe 46,4). Mordekhaï se réjouit en entendant cela, se rendant compte qu’Hachem est toujours avec Son peuple. Cependant il faut que les Juifs se remettent en question et fassent « téchouva », (retour à D.ieu). Le spectacle de ces enfants met Amane au comble de la fureur. Il dit : « Je vais faire tuer tous ces enfants en premier ! » Il ordonne de les enchaîner et dispose des hommes pour les garder. Les enfants se mettent à pleurer et implorent D.ieu de tout leur cœur. Mais Hachem ne reste jamais sourd aux larmes versées et Il entend les cris et les pleurs des enfants, qui ont eux aussi participé à la prière et jeûné depuis trois jours. Pour leur mérite, D.ieu a pitié en voyant le repentir de Son peuple et Il pardonne à tous les Enfants d’Israël.

A la suite de l’annonce du banquet offert par Esther, le roi Assuérus, intrigué, ne parvient pas à s’endormir. Il se fait lire les annales du Palais et s’aperçoit que c’est grâce à Mordekhaï qu’il est encore en vie. Le lendemain matin à l’aube Amane se présente devant lui. Ne lui laissant pas le temps d’exprimer sa requête, le roi lui demande ce qu’il convient de faire pour un homme que l’on voudrait honorer. Amane, dont l’orgueil est immense, croit que le Roi parle de lui et donne au roi son opinion. Il s’ensuit un  quiproquo à la fin duquel Amane se retrouve bientôt contraint d’escorter son rival Mordekhaï en habits royaux, monté sur un cheval portant la couronne royale, devant la foule dans les rues de la capitale, précédé de cette proclamation  « Voilà ce qui se fait pour l’homme que le roi veut honorer ». (Meguila 6, 9)

Malgré lui, Amane doit à nouveau se rendre au festin de la reine Esther. Le soir même, la reine révèle au roi son origine juive et accuse Amane de tramer un complot contre elle et son peuple afin de les exterminer. “Nous avons été vendus, moi et mon peuple, pour être détruits, exterminés, anéantis” (Esther 7,4). Le roi apprend encore de la bouche d’Esther que c’est son grand vizir lui-même, Amane, qui est l’auteur de ce nouveau complot. Amane est atterré. Assuérus dans son désarroi et sa colère se lève du festin et sort dans le parc royal pour se calmer. Brusquement saisi de panique, Amane se lève pour implorer la pitié de la reine et trébuche sur le divan. Le roi revient à cet instant et voit Amane aux  pieds d’Esther, assise sur le divan. Croyant qu’il fait la cour à la reine il se fâche de plus belle contre Amane. Arbona, l’un des eunuques du roi informe celui-ci qu’Amane a préparé une potence pour Mardochée (qui, avait sauvé la vie du roi). Le sort se retourne ainsi contre Amane et il est immédiatement pendu à sa propre potence avec dix de ses fils (il en avait 208 !) : Parchandata, Dalphôn, Aspata, Porata, Adalia, Aridata, Parmachta, Arissaï, Aridaï Vaïzata sont eux aussi mis à  mort et leur mère Zérech, s’enfuit. Ces dix fils avaient en effet été les instigateurs du décret par lequel le roi Assuérus avait arrêté la reconstruction du Temple.

Mais les Juifs ne sont pas encore sauvés et il plane au-dessus d’eux le terrible décret. Le roi ôte à nouveau son anneau du doigt (qu’il avait repris à Amane) et le remet cette fois à Mordekhaï. Alors Esther se rend une nouvelle fois chez le roi et tombe à ses pieds en pleurant. Elle le supplie d’annuler l’édit d’Amane. Assuérus lui tend à nouveau son sceptre et lui demande de se relever. Il  lui dit qu’il n’est pas possible d’annuler un décret qui a été scellé de l’anneau du roi. Toutefois, il l’informe qu’il a donné sa bague, munie du sceau royal, à Mordekhaï. Le même jour, Assuérus fait don à la reine Esther de la maison d’Amane.

Le roi dit à la reine Esther et au Juif Mordekhaï  : « Eh bien, écrivez vous-mêmes, au nom du roi, en faveur des Juifs, comme vous le jugerez bon, et signez avec l’anneau royal, car un ordre écrit au nom du roi et muni du sceau royal ne peut être annulé. » (Meguila 8,8) Sur l’heure même on convoque les secrétaires royaux. Nous sommes alors le 3ème mois, le mois de Sivan. Les courriers sont envoyés aux satrapes, gouverneurs et préfets des 127 provinces de Hodou à Kouch qui déclarent que le roi autorise les Juifs dans chaque ville à se rassembler et à défendre leur vie en tuant quiconque les attaquerait en un seul et même jour dans toutes les provinces du roi Assuérus le 13ème jour du 12ème mois, qui est le mois d’Adar.(Meguila 8, 11) Cela est porté à la connaissance du peuple et les Juifs se tiennent prêts à exécuter la sentence contre leurs ennemis.

Mordekhaï sort alors de chez le roi en habit royal, une couronne sur la tête et « la ville de Suse fut dans la jubilation et dans la joie. Pour les Juifs, ce n’était que joie rayonnante, contentement, allégresse et marques d’honneur. » (Meguila 8, 15-16) Le premier jour, on extermine quelque 500 hommes rien que dans la ville de Suse. Cependant, le butin rejoint directement le trésor du roi et les Juifs n’y touchent pas. (On pourra remarquer que lorsque les Juifs tuent leurs ennemis, ils évitent toujours scrupuleusement de les piller, contrairement aux  autres peuples qui ont cette coutume). Ce 14 Adar, les combats cessèrent et malgré leur fatigue, après le combat, les Juifs de Suse célèbrent leur délivrance et leur victoire par un festin le 14ème jour de Adar. Esther et Mordekhaï rapportèrent les événements tragiques qui s’étaient transformés en événement joyeux qu’ils venaient de vivre dans la Méguila et instituèrent cette date du 14 Adar comme fête officielle de Pourim (afin de toujours se souvenir du « pour » (sort) qui devait leur être fatal et qui s’est brusquement transformé en un immense bonheur d’avoir été sauvés miraculeusement par Hachem, dans Sa grande miséricorde.“Les obstacles ne sont pas des refus mais des indications : plus l’obstacle est important, plus il indique un grand profit si l’on sait développer sa volonté, continuer à vouloir – jusqu’à surmonter l’obstacle.” (Likoute Moharan 1,66) … LA SUITE  ICI : CULTURE JUDAÏSME POURIM (2)

A LIRE AVEC ATTENTION : COURS TRES COMPLET SUR LA FÊTE DE POURIM, AVEC ENORMEMENT D’INFORMATIONS SUR LE REMARQUABLE SITE MODIA, CLIQUEZ SUR CE LIEN :Préparons la fête très importante de Pourim (27 au soir et 28 février et le 29 pour quelques villes)
IMPORTANT: lire et étudier aussi sur le site Modia les précisions et enseignements sur les données historiques précises et complètes, accompagnées de très belles images, à l’origine de cette fête sur ce même site.  LIEN ICI. et ici : préparation mondiale de téchouva de tous les Juifs, où qu’ils soient, à la fête d’Esther ainsi que le TEXTE COMPLET DU LIVRE D’ESTHER texte complet du livre d’Esther


JOYEUSE FÊTE DE POURIM A TOUS !

Et n’oubliez pas le

JEÛNE (avancé) D’ESTHER (taânite) LE JEUDI 11 adar (25 février 2010)

A partir de la sortie des étoiles débute le jeûne (obligatoire  pour les Juifs adultes de plus de 13 ans et pour les Juives de plus de 12 ans, sauf si on est malade, enceinte ou qu’on allaite.) Le Choulkhane Aroukh dit : “On ne jeûne que pendant la journée et il est permis de manger toute la nuit du Taânite jusqu’à l’aube, à condition d’avoir l’intention de veiller  toute la nuit. Si l’on s’endort, même si on se réveille avant l’aube, on ne doit plus manger. Ce n’est que si on a l’habitude de se réveiller au milieu de la nuit, par exemple pour boire un verre d’eau, qu’on le peut cette nuit ausi. De toute façon, si avant de dormir on a l’intention de se réveiller avant l’aube pour manger, c’eest permis.”

On ne mange plus après le lever du soleil jusqu’à son coucher (en France : 5h57 –  jusqu’à 18h57, le jeudi soir) On peut encore manger et boire modérément entre l’aurore et le lever du soleil pour mieux tenir le jeûne pendant la journée. Il n’y a pas d’autres interdits pour ce jeûne, qui doit être accompagné de la téchouva (retour vers Hachem) ; notre changement personnel est efficace quand il est sincère, réel, complet, alors Hachém l’entend. C’est la téchouva qui donne son sens au jeûne. (Modia)


Meguila d’Esther
LIEN pour lire la SUITE (2) : CULTURE JUDAÏSME POURIM (2)

CULTURE JUDAÏSME POURIM (2)

Le jour où les ennemis des Juifs avaient espéré prendre le dessus sur eux…, ce fut le contraire qui se passa.(Esther 9.1)

QUELQUES PRECISIONS

RAPPEL
Contrairement à ce qu’affirment certains qui ont falsifié la Torah et voudraient qu’on les considère comme “le véritable Israël”, ceci n’est pas une “histoire” allégorique de pure fiction, mais un fait avéré qui, tout comme la Torah, a été consigné par écrit depuis l’époque des faits et retransmis fidèlement de génération en génération.

LA MEGUILA D’ESTHER

Tout au long de ses 10 chapitres on ne trouve nulle part le nom de D.ieu mentionné. Cependant, il y figure bien, mais de manière voilée, dans certaines expressions du texte, comme par exemple le mot « Roi », etc. ..  En effet, le miracle de Pourim se réalise de manière voilée, au travers de phénomènes naturels, qui, mis bout à bout, témoignent de la volonté divine.

Lorsqu’on lit la Meguila on se rend compte que le mérite d’Esther était grand, car bien qu’elle fût pendant plusieurs années uniquement au contact de non juifs, elle continua à vivre en juive en suivant les préceptes de la Torah en cachette du roi et de sa cour. Par exemple, dans la Meguila, il est spécifié qu’Esther possédait 7 suivantes. Chacune des 6 premières était préposée à un jour de la semaine, lorsque la reine vaquait à ses activités et ne s’en étonnait  pas, la 7e qui restait auprès d’elle le jour du Chabbat la voyait se reposer et ne s’en étonnait pas non plus. Ainsi Esther pouvait-elle observer le Chabbat sans que cela éveille la curiosité de quiconque à la cour. Toujours fidèle à Hachem, bien que ne pouvant pas manger cachère, elle se contentait de végétaux (fruits et légumes) et mangeait des fruits secs. C’est pourquoi, de nos jours, ces petits gâteaux appelés « oreilles d’Amane » sont encore fourrés de fruits secs, en souvenir d’Esther.

LA PREDICTION

Si nous remontons un peu dans le temps, nous voyons qu’il existe une prophétie annoncée par Jérémie au lendemain de la destruction du premier Temple (Jérémie 29-10) qui dit : « Quand Babylone sera au terme de 70 ans pleinement révolus, Je prendrai soin de vous et J’accomplirai en votre faveur Ma bienveillante promesse de vous ramener en ces lieux. » Cette annonce inquiète les monarques de Babylone. Au lendemain de la révolte contre Balthazar de Darius, roi de Médie et de son gendre Cyrus, roi de Perse, jusque-là soumis au roi de Babylone, seule la ville de Babylone résiste aux attaques de Cyrus et Darius.

Le soir de Pessa’h marque cependant un tournant décisif. Les armées perses et mèdes reculent. Balthazar, qui exulte, insulte le D.ieu d’Israël et fait apporter les ustensiles sacrés que Nabuchodonosor avait pillés dans le Temple de Jérusalem et se fait servir à boire dedans. Mais une « main invisible » trace sur le mur des lettres hébraïques que le roi ne sait pas déchiffrer. On fait appel au prophète Daniel, qui déchiffrela mystérieuse inscription qui disait : « Les jours de ta royauté sont comptés et la fin en a été décidée – tu as été pesé et trouvé trop léger – ton royaume a été divisé et donné aux Mèdes et aux Perses ; c’est pourquoi cette nuit même les rois de Perse et de Médie prendront Babylone. » Bouleversé par cette annonce, Balthazar commande qu’on verrouille toutes les portes et qu’on exécute quiconque les franchirait. Il sort au milieu de la nuit pour tout vérifier. Les gardes dorment. Il  franchit les portes pour s’assurer que l’ennemi ne se rapproche pas. Entre temps les gardes se sont réveillés et malgré ses supplications, ils le mettent à mort, selon l’ordre reçu !

Alors Cyrus déclare « Je sais que le D.ieu d’Israël est plus grand  que tous les autres dieux. Si D.ieu m’accorde la royauté, je ramènerais les exilés d’Israël dans leur pays ». Comme on le sait Cyrus tient sa promesse et ordonne qu’on reconstruise le Temple. Mais lorsque Assuérus monte lui-même sur le trône de l’empire perse, il ordonne qu’on arrête la reconstruction du Temple. Lui aussi attend la fin de la période des 70 années de la prophétie. Quand, selon ses calculs (qui étaient faux) il croit cette période écoulée, il s’empresse de célébrer un gigantesque festin, à l’occasion de ses noces avec la jeune et jolie Vashti, la fille de Balthazar et petite-fille de Nabuchodonosor, l’unique survivante de sa famille. C’est d’ailleurs  elle qui insiste auprès du roi pour que les travaux de reconstruction du Temple soient interrompus. Une lettre achève de convaincre Assuérus ; elle émane des ennemis des Juifs, dont les fils d’Amane font partie et accuse les Juifs de construire le Temple de Jérusalem en vue de fomenter une rébellion contre le roi.

CHOUCHAN POURIM

L’histoire de Pourim s’est passée dans la ville de Chouchan (Suse), capitale du royaume perse. Aujourd’hui, dans toutes les villes qui portaient autrefois une enceinte du temps de Josué et de Moché, (au temps où les Hébreux ont reçu la Torah), y compris Jérusalem, cette fête (appelée Chouchan Pourim), est célébrée non le 14, mais le 15 Adar. En effet, dans ces villes, les combats durèrent plus longtemps. De ce fait Pourim ne put être célébré que plus tard. Cela nous permet ainsi de faire la relation entre la Torah et Pourim, qui eut lieu beaucoup plus tard. Ainsi associe-t-on Esther avec la Torah. A la fin du livre de Devarim, dans la paracha Vayelekh, il est écrit : « Je vais cacher Ma face ». Il est ainsi annoncé qu’un jour D.ieu voilera sa face et ne parlera plus aux hommes et cela confirmera le temps de la fin du 1er Temple, la fin de la prophétie, qui associe l’idolâtrie dans le peuple et les prophètes qui rappellent au peuple où est le droit chemin. Ensuite seulement s’ouvrira une nouvelle ère, qui sera le temps du second Temple, avec la confirmation du monothéisme du peuple juif.

Cette nouvelle période, celle du second Temple, commence avec Pourim, quand le peuple juif a renouvelé et affirmé librement sa promesse faite à Hachem de Lui être fidèle au Mont Sinaï. La Torah nous dit : « ils ont pratiqué et ils ont reçu ». La tradition explique qu’à Pourim, tout le peuple a pratiqué les mitsvote, et ainsi accepté de son plein gré la Torah du Sinaï et il a reçu en retour le salut d’Hachem. Ainsi, le peuple juif, renaissant de ses cendres, repart vers une nouvelle vie, qui sera l’histoire de la 2ème Maison d’Israël, qui dure jusqu’à aujourd’hui, qui est la fin de ce temps. L’époque de la prophétie prend donc fin avec la Meguila d’Esther. (On sait par ailleurs que malheureusement, les prophètes ne furent pas écoutés en leur temps, plus, ils furent persécutés et parfois mis à mort et le peuple a eu à s’en repentir.) Ce sont les Sages qui remplacèrent les prophètes.

La ville de Chouchan (Suse) est très importante pour comprendre l’histoire du Moyen-Orient au cours des 5 000 ans de son occupation. Elle est l’une des plus anciennes cités de la région et fut fondée vers l’an 4 000 avant l’ère commune. Elle était située sur un point de passage reliant la vallée du Tigre au plateau iranien. C’était une ville vaste et belle qui fut complètement détruite par les arabes bien après les faits de Pourim, il y a environ 1 300 ans, quand ceux-ci envahirent le plateau iranien et s’en emparèrent. Pour s’opposer à la farouche résistance des villes de cette région, ses ennemis la rasèrent entièrement. Selon d’anciens manuscrits c’était une des plus vieilles cités du monde.On situe Chouchan, ancienne cité de la civilisation élamite au sud de l’actuel Iran, à environ 140 km à l’est du fleuve Tigre, qui ne présente plus aujourd’hui qu’un champ de ruines. La petite ville de Shush à proximité a pris sa continuité.

POURQUOI SEULEMENT 10 FILS D’AMANE FURENT-ILS PENDUS SUR LES 208 ?

Ce sont ces 10 là uniquement parmi tous les enfants d’Amane qui ont été pendus. L’ordre avait été donné par le roi Korèche de rebâtir le Temple et de reprendre la vie normale selon la Torah sur la terre d’Israël. Rachi explique que sous la royauté d’Assuérus, les 10 fils d’Amane ont diffusé des lettres interdisant cette construction car ils étaient contre l’implantation des Juifs sur la terre d’Israël. Le roi, influencé par ces lettres et par sa femme Vashti (qui, elle aussi fut exécutée), fit arrêter les travaux de reconstruction et on dut attendre Darius pour que la mesure devienne effective.

POURQUOI  ISRAËL A FAILLI  ÊTRE ANEANTI

Rabbi Shimon Bar Yohaï nous dit que si les Juifs avaient mérité une punition, c’est parce qu’ils participèrent aux repas de débauche du méchant Assuérus. Mais c’est aussi parce qu’ils s’étaient prosternés devant une idole à l’époque de Nabuchodonosor, dit Rachi. Ainsi Haqqadoch Baroukh Hou a-t-Il été indulgent avec eux puisqu’Il n’a pas permis leur destruction, (mais peut-être l’indulgence d’Hachem est-elle aussi due au mérite des petits enfants de la yéchiva qui avaient jeûné et prié durant 3 jours ?) Mais en vérité, les juifs n’eurent qu’une attitude extérieure (à l’époque de Nabuchodonosor et non sincère vis-à-vis de l’idolâtrie), aussi Haqqadoch Baroukh hou a-t-il agi Lui aussi de façon extérieure, sans aller jusqu’à leur destruction. Ici s’applique le verset : « Car ce n’est pas volontiers qu’Il humilie. » (Lamentations 3, 33)

LE SCEAU DU ROI

Le moment qui semble sceller le destin d’Israël est celui où le roi Assuérus remet son anneau à Amane. Dans les sociétés anciennes, l’anneau royal portait le sceau du souverain. Dans le traité (Meguila, chap. 1 ou 3, 8 à 11) il est dit : « Amane dit au roi Assuérus : il y a un peuple unique disséminé et dispersé parmi tous les peuples, dans toutes les provinces de ton royaume; leurs lois sont différentes de tout peuple, et ils n’agissent pas selon les lois du roi : il n’est pas dans ton intérêt de les laisser en repos. Si cela semble bon au roi, signe leur perte, et je ferai peser dix mille talents d’argent par les fonctionnaires du royaume, pour les verser dans les coffres du roi. Le roi retira de son doigt l’anneau et le donna à Amane, fils de Hammédata, l’Agaguite, adversaire des Juifs. Le roi dit à Amane : l’argent t’est donné, ainsi que ce peuple. Fais-en ce qu’il te plaira. » Rabbi Aba bar Kahana enseigne que l’effet de l’enlèvement de cette bague fut plus considérable que l’action des 48 prophètes et 7 prophétesses inspirés par D.ieu qui se sont levée en Israël. Amane pouvait dès lors assumer son funeste projet. Car aucun d’entre eux ne parvint à ramener Israël sur le droit chemin, alors que cette bague retirée eut ce pouvoir. Nos Sages ont enseigné que les prophètes et prophétesses ont prophétisé en Israël et qu’ils ne retirèrent ni n’ajoutèrent rien à ce qui est mentionné dans la Torah, sauf à ajouter la lecture de la Meguila. Cela signifie donc qu’aucun prophète postérieur ne peut remettre en cause l’autorité surpême de Moïse, par qui la Torah et les mitsvote furent données. Cet anneau a donc réveillé la conscience juive et son identité profonde, et c’est au moment du voilement de D.ieu, dans l’exil, que les Juifs acceptent la Torah.

LE COUPLE ESTHER-MORDEKHAÏ FACE A AMANE

Esther et Mordékhaï sont un  exemple de l’humain, femme et homme. En hébreu, non seulement l’homme est fait à l’image de D.ieu et à Sa ressemblance mais le nom “homme” sous plusieurs formes est à la fois la caractéristique de l’homme et celle de D.ieu (adam, iche). Leur exemple nous enseigne comment résister et réagir face aux médias ou aux leaders culturels ou politiques d’aujourd’hui qui prétendent dire la vérité et ne sont que vanité et arrogance. Ces deux personnages nous enseignent comment leur résister et réagir de la bonne manière, notamment par une utilisation méthodique et conjointe faite de subtilité, d’intelligence, d’étude, de prière et de jeûne, ainsi que de la combinaison des qualités masculines et féminines présentes dans le peuple.

Esther et Mordékhaï ensemble ont la même « guématria » que le grand nom de Dieu en 72 lettres qui se répète 13 fois comme les 13 qualités de miséricorde. Ainsi seul, ce couple parfaitement coordonné de la femme cachée Esther et de l’homme pur Mordekhaï peut autoriser le désir divin à se réaliser. C’est alors qu’Amane le fourbe, le persécuteur, entre en scène. La qualité de relation entre ces trois personnages est de l’ordre de ce que l’on appelle la « qéddoucha ». (la sainteté), mais celle-ci est toujours sanctionnée par une séparation. Qui veut aimer ainsi n’aime pas selon les modèles de la société traditionnelle. Cependant, le peuple juif est un peuple qui choisit de n’être “pas comme les autres”, c’est ce qu’est la « qéddoucha ». Mais cela agace énormément les autres peuples et cet agacement prend la forme de l’antisémitisme. Tous les prophètes nous montrent, comme dans le livre d’Esther, qu’il n’y a qu’un remède qui puisse en venir à bout, c’est la persévérance dans la « téchouva » (pénitence avec retour vers Hachem) totale et jusqu’au dernier moment.

LA SYMBOLIQUE DE POURIM

« Pourim » est la fête des sorts s’écrit ainsi en hébreu פורים et veut dire « sorts », « pour » étant le singulier. (nous jeûnons le 13 Adar pour rappeler que D.ieu exauce toute personne en détresse qui jeûne et s’engage dans une téchouva sincère. La signification du jeûne d’Esther est la suivante : Mordekhaï avait, comme tous, pratiqué un jeûne de trois jours sur la demande de la reine Esther (comme Moché Rabbénou quand Amalek avait attaqué les Hébreux à la sortie d’Egypte.) Mordekhaï demanda l’année qui suivit ce miracle, d’observer ce jeûne qui avait aidé à sauver le peuple juif. En effet, Hachem Tsevaot a entendu la prière de Son peuple, a exercé Sa grande miséricorde et l’a épargné, renversant la situation pour les Juifs, qui tuèrent 75 000 Perses qui voulaient attenter à leur vie pour se défendre et pas un seul Juif ne mourut ! Ainsi exprimons nous cette victoire sur l’ennemi, qui ne dépendait pas, ne dépend pas et ne dépendra jamais de l’utilisation des seules armes de guerre, mais de la téchouva, de la prière et des mitsvote, et avec l’aide d’Hachem, ils obtiennent la victoire.

Ainsi tous les Juifs du monde sont invités à pratiquer un jeûne ce jour-là. La fête de Pourim, c’est une avalanche de bénédictions et de lumière symbolisée par le rouleau si la fête  « se déroule » conformément aux Mitsvote. Le repas et qui comporte, en hébreu, des lettres du nom de D.ieu (concrétisation physique et complète de la bénédiction). En hébreu, le vin (lié, au sens du « sod », secret et au chiffre 70 nous indique que dans cette fête, nous sommes à la limite du concret et de son renouvellement par les secrets du Créateur se déversant sur Son peuple) et 70 réfère aux 70 ans d’exil en Babylonie avant la délivrance.

L’histoire de Pourim représente le sauvetage du peuple juif, par l’intermédiaire d’Esther et chacun peut se sentir redevable à Hachem d’avoir échappé à un si grand danger. Mais nous savons que le Créateur met toujours la guérison avant le mal : ainsi Esther est choisie par le roi pour sa beauté sans que le roi ait connaissance de ses origines. Elle a la responsabilité de sauver son peuple de l’extermination par Amalek et c’est ce qu’elle fait. Amalek est l’archétype même de l’antisémite ( ici sous les traits de l’orgueilleux Amane) qui  représente le mal, le doute, la haine. Selon le Ari Zal (Rabbi Itzhak Louria), le jour de Kippour est appelé “Yom Hakippourim”, littéralement: « le jour qui est comme Pourim. » Pourim serait donc plus importante que Kippour, donc la fête la plus importante de l’année ? C’est précisément le cas. Outre les textes officiels, de nombreux Sages ont écrit sur Pourim, ex. le Maharal de Prague (Or Hadach) le Rema (Mehir Yaïn), le Malbim, etc… De plus, un traité tout entier parlant de ce sujet figure dans le talmud (Meguila).

LES DINIM  DE POURIM (lois pratiques)

Lecture de la Méguila (Le livre d’Esther) Comme nous le dit le Talmud, c’est bien à l’époque de Mordekhaï et d’Esther qu’Israël a accepté de nouveau l’alliance du Sinaï. C’est la raison pour laquelle le rouleau d’Esther (Meguila Esther) est déroulé entièrement avant lecture et généralement replié trois fois sur lui-même. Il est lu à la synagogue doit être écrit par un « sofer » un scribe (et non dans un livre imprimé) sur une peau de mouton avec la même méticulosité que le rouleau de la Torah. Il est lu une première fois le soir du 13 Adar à l’heure de Min’ha, puis une seconde fois le matin de Pourim. Là, le public dit ensemble quelques versets qui seront lus ensuite à la Communauté. On doit énoncer d’un seul souffle le nom des 10 fils d’Amane, qui sont Parchandata, Dalpton, Aspata, Porata, Adalia, Aridata, Parmachta, Arissaï, Aridaï et Vaïzata.

En l’honneur de la Méguila, on revêtira des habits de Chabat dès le soir; en rentrant de la synagogue ; on trouvera à la maison, des lumières allumées, une table dressée, un intérieur bien rangé. On a l’obligation de manger, de boire et de se réjouir à Pourim. Déjà le soir du quatorze on se réjouira, et on consommera un repas un peu plus copieux. On allume les bougies, en signe de joie et de fête, même si on prend le repas quand il fait encore jour. Tout le monde est concerné par l’écoute de la Méguila : les hommes, les femmes, (plus particulièrement, par l’intermédiaire d’Esther), les garçons et les filles à partir de l’âge de la Bar Mitsva et Bat Mitsva, à savoir, 13 ans pour les garçons et 12 ans pour les filles. On doit en écouter de vive voix chaque mot (en veillant à ce que, lors de la lecture à la synagogue, le silence revienne rapidement après que le nom de Amane ait été hué). Les bénédictions doivent être dites debout. Si l’épouse n’a pu se rendre à la synagogue, son mari se fera un devoir de relire à la maison la Méguila pour elle. Les endeuillés doivent écouter eux aussi la Méguila à la synagogue. Le soir, on fait 4 bénédictions : 3 avant la lecture et 1 après.

Il est strictement interdit de parler dés le début de la récitation des Bra’hot initiales de la Meguila, jusqu’à la fin de la Bra’ha finale, après la lecture de la Meguila. Il est interdit de consommer quoi que ce soit avant la lecture de la Meguila, le soir comme le matin. Cependant, on peut boire de l’eau ou un café ou un thé avant la lecture de la Meguila. De même, on peut consommer des fruits, des pâtisseries ou même du pain, en quantité inférieure à Kabetsa (inférieure à 54 g).

A Pourim il convient d’effectuer les 4 mitsvote qui commencent par la lettre מ « mem » :

1 – Mikra Méguila Lecture de la Méguila (livre d’Esther – 10 chapitres) Lue le 13 Adar après le jeûne et le 14 au matin

2 – Michloah ManothCadeaux comestibles aux amis. (Au moins 2 cadeaux comestibles à 1 ami nécessitant au moins 2 bénédictions et prêts à être consommés). Cela met en lumière deux notions : l’amitié et l’unité, qui servent de base au miracle de Pourim. C’est pourquoi nous envoyons des cadeaux aux amis et parents.

3 – Matanoth Laévyonim Dons aux pauvres (à au moins 2 pauvres ou affligés) Commandement positif, il permet d’associer les pauvres et les nécessiteux à la joie de Pourim.« Mordekhaï mit par écrit ces événements et expédia des lettres à tous les Juifs … les enjoignant … à en faire des jours de festin et de réjouissances et une occasion d’envoyer des présents, l’un à l’autre et des dons aux pauvres ». “Ces dons peuvent être faits en espèce ou en comestible le jour de Pourim. Ce jour là on doit donner à tout pauvre qui le demande. Même un pauvre doit donner à plus pauvre que lui. Il n’y a pas plus grande joie que de réjouir le coeur des personnes dans le besoin. Le Rambam (Maïmonide) écrit :”Il vaut mieux donner beaucoup de dons aux pauvres que de dépenser de grandes sommes pour le repas de Pourim ou l’envoi des mets. Car il n’y a pas de joie plus grande et plus belle que celle de réjouir les pauvres, les orphelins, les veuves et les prosélytes. La personne qui réjouit le cœur de ces malheureux est comparable à la Présence Divine, à propos de laquelle il est dit : “Pour ranimer l’esprit des découragés et raviver le cœur des malheureux” (Isaï 57.15). La dépense pour les pauvres doit donc excéder celle du repas. Les femmes sont également concernées par cette mitsva. Les hommes enverront leurs mets à un homme et les femmes, à une femme. Ces préceptes doivent être accomplis le jour. Là où il n’y a pas de pauvres, on peut réserver, le jour de Pourim, une somme que l’on donnera plus tard à des indigents. Tout au long de l’année, les Juifs doivent se sentir responsables du bien-être des pauvres. Mais cette notion prend un sens particulier à Pourim ; en aidant un Juif à célébrer dignement Pourim, nous montrons que nous sommes un peuple uni par un but commun.

4 – Michte Pourim Festin de Pourim. Il a lieu le jour de Pourim après Mine’ha et il doit y avoir abondance de lumière. Si cela tombe le vendredi, il a lieu le midi. Afin de louer D.ieu pour ces miracles (Esther 9,22) il y a obligation d’être dans la joie et pour les hommes, de boire du vin (tout en veillant à ne pas dépasser ses limites de manière à ne pas gâcher la fête et rester conforme à une vie de Torah et de mitsvote afin de louer D.ieu pour ces miracles (Esther 9,22) au point de ne plus faire la différence entre « Baroukh Mordekhaï » (béni soit Mordekhaï) et « Aroukh Amane » (maudit soit Amane). (On se trouve alors à la limite du mal et de la  lumière.)

Le don du ½ chekel (Mahatsit Hachekel) Don du demi chékel (3 fois le ½ chékel) On a coutume, avant la prière de Min’ha, de donner 3 pièces de 50 centimes d’euros en Tsedaqa ( pour rétablir la justice vis-à-vis du pauvre). A l’époque du Temple, les Juifs payaient, à partir du 1er Adar, l’impôt du demi chékel pour l’organisation des sacrifices. Ils suivaient ainsi la prescription du Livre de l’Exode (Paracha Ki tissa 30, 11 à 16). Dans ce passage, l’expression (impôt de l’Eternel ou prélèvement pour D.ieu) figure 3 fois, d’où l’habitude de donner trois fois ½ chekel. Le demi-chékel versé le jour de Pourim est un don au bénéfice des pauvres. Ce geste rappelle cet impôt au bénéfice du culte des sacrifices.

Mitsva de se déguiser A l’occasion de cette fête, on a coutume de se déguiser et comme toutes les mitsvote, il faut encourager les enfants à pratiquer celles de Pourim.Comme Esther, D.ieu a agi de manière cachée, alors à Pourim on se cache derrière des costumes et des masques. Cependant on ne se déguise pas dans des costumes de l’autre sexe et ceux-ci doivent rester dans le cadre de la signification de la fête, qui ne doit pas se transformer en un carnaval non juif n’ayant rien à voir avec les événements célébrés.

BENEDICTIONS DE POURIM

Avant la lecture de la Méguila on récite 3 bénédictions :  

Pourim vu par Sarel

La première bénédiction est celle habituellement prononcée avant l’accomplissement d’un acte religieux : “Baroukh ata Hachem, elohénou mélekh haôlam achèr qidechanou bemitsvotav vetsivanou âl miqra Méguila” (Tu es source de bénédiction, Eternel notre D.ieu, Roi du monde, qui nous a sanctifié par ses commandements et nous a ordonné la lecture de la Meguila). La seconde : “Baroukh ata Hachem, élohénou mélekh haôlam ché’assa nissim la-avothénou bayamim hahèm bazeman hazè” (Tu es source de bénédiction, Eternel notre D.ieu, Roi du monde, qui a accompli des miracles pour nos ancêtres en ces jours-là, à cette époque). La troisième bénédiction est celle de chèhè’hèyanou (qui, dans le rite séfarade, n’est récitée que lors de la lecture de la Meguila de la nuit) et qui exprime notre gratitude pour le temps que nous vivons maintenant.“Baroukh ata Hachem, élohénou mélekh haôlam chéhè’hèyanou viqimanou véhigiyânou lizman hazé” (Tu es source de bénédiction, Éternel, notre D.ieu, Roi du monde, qui nous a fait vivre et exister et parvenir à cette époque). Il faut être 10 (minyan) pour réciter la bénédiction finale : ici, les femmes peuvent compter dans ce quorum.

Après la lecture de la Méguila on dit : “Baroukh ata Hachem, elohénou mélekh haôlam harav ète rivénou véhadane ète dinénou véhanoqème ète niqmaténou véhamchallénou guémoul lékhol oyévé nafchénou, véhanifrâ lanou mitsarénou. Baroukh ata Hachem, hanifrâ léâmo yisrael miqol tsaréhem haèle hamochiâ. (Sois béni, Eternel notre D.ieu, Roi du monde, qui défend notre cause, qui nous rend justice, qui prend sur lui notre vengeance, qui châtie tous nos ennemis et se venge de nos oppresseurs. Sois béni, Eternel, qui venge son peuple Isrâël de tous ses ennemis, ô D.ieu sauveur !) Puis, on ajoute :

“Arour haman”(maudit soit Hamane) “Baroukh Mordekhaï” (3 fois) (béni soit Mordékhaï)

“Aroura zérèch (maudite soit Zérech) “Baroukha Esther” (3 fois) (bénie soit Esther)

“Arourim kol harchayim (maudits soient tous les méchants) “Baroukhim kol yisrael”(3 fois) (béni soit tout Israël)

“Végam harvona vakhour létov” (Ainsi que Harbona au bon souvenir).

SIGNIFICATION DU DEGUISEMENT DE POURIM

Outre l’aspect festif, se déguiser à Pourim nous rappelle qu’à la fin de la Méguila d’Esther, l’humble serviteur fut traité comme un très haut dignitaire du royaume (Mordekhaï), alors que le premier ministre fut traité comme un traitre (Amane). Se déguiser a donc pour caractère essentiel de ne plus savoir qui est qui et de confondre le rôle de chacun. Lors de cette fête, nous lâchons avec dérision les vêtements habituels pour adopter le déguisement de Pourim, pour manifester que notre habit est bien autre chose : une autre lumière, celle de la peau qui était “or (lumière)” et  non pas la “peau ôr” de notre carapace. On se déguise aussi pour affirmer que quelle que soit la manière dont D.ieu déguise Ses miracles, nous sommes capables de voir derrière les faits apparemment naturels les vraies interventions de Sa main. La foi peut inverser le cours de ce qui est pressenti.

LES LECONS DE POURIM

A Pourim, nos Sages démontrent que c’est le désir fort de D.ieu, qui a besoin d’élever Sa créature à une proximité stupéfiante avec Lui, qui s’est exercé lors de la rencontre d’Esther et du Roi, comme l’aboutissement du Cantique des Cantiques. Cette intensité est démontrée par le fait de dérouler totalement le rouleau avant même sa lecture, lettre d’amour d’Hachem, et bénédiction qui emplit tout, du début à la fin. On  dit qu’il y a alors une lumière dans le monde comme il n’y en a dans aucune autre fête. Voilà pourquoi on célébrera toujours Pourim.

Pourim est l’occasion de rendre grâce au Maître de nos destinées d’avoir fait échouer les plans assassins ourdis – déjà – par des dignitaires perses contre les juifs. Tout est décidé par Haqqadoch Baroukh Hou, mais c’est à l’homme de savoir par son action juste et responsable, arriver à se sauver par la techouva, la tsédaqa, la téfila et l’intelligence. Ce n’est que lorsque les juifs sont faibles spirituellement qu’Amalek les attaque. Malgré le fait que cette fête contienne l’enseignement que D.ieu tiendra désormais on visage dissimulé, Il sera toujours présent, car c’est Lui qui tire les fils du destin de l’humanité. Il ne fait que changer de stratégie pour mieux révéler Sa gloire, se révélant dans toute Sa splendeur à travers la nature des choses de la vie quotidienne, qu’il faut apprendre à regarder et à apprécier. La fête de Pourim est considérée comme un jour de joie et comme une commémoration de l’oeuvre divine, mais de façon indirecte, le nom de Dieu n’étant pas mentionné dans le livre. En la célébrant, nous renouvelons notre affirmation de notre foi en Dieu. On prend là toute la mesure de l’action permanente de D.ieu dans le monde.

Ainsi, que nous voulions bien le reconnaître ou non, ce qui ressemble souvent à un « hasard » est bel et bien l’œuvre de D.ieu. Mais cette histoire montre le courage et le sacrifice de soi d’Esther et de Mordekhaï, puis du peuple juif. Aucun Juif ne se convertit aux rites païens pendant toute l’année que dura le danger, serait-ce pour sauver sa vie. Le peuple tout entier connut un réveil qui le ramena à la Torah et aux Mitsvote. C’est par ce mérite qu’il put se dresser contre ses ennemis et sauver sa vie. Chaque année, le 14 Adar, en accomplissant les mitsvote de la fête de Pourim nous réaffirmons notre attachement aux valeurs éternelles de la Torah et prenons part à ce mérite qui a permis de délivrer le peuple juif au temps de Mordekhaï et d’Esther. Ainsi il faut être attentif afin de pouvoir reconnaître les manifestations de bienveillance d’Hachem dans le monde, lui en savoir gré, le remercier en faisant « téchouva » et en essayant de rectifier nos propres comportements dans le but d’améliorer le monde (tiqoun ôlam).

DES RAISONS DE SE REJOUIR

La fête de Pourim est considérée comme un jour de joie et comme une célébration de l’oeuvre divine, mais de façon indirecte, car comme expliqué plus haut, le nom de D.ieu n’est jamais mentionné dans le texte. Si cette fête ne véhicule aucun message éthique ou religieux clair, elle comporte néanmoins, comme celle de ‘Hanoukah, une forte connotation nationale, qui commémore la victoire des Juifs sur leurs ennemis et la chute d’Amane, qui incarne l’archétype de l’antisémite. En célébrant la fête des sorts, nous renouvelons notre affirmation de notre foi en D.ieu. La Meguila d’Esther nous donne d’ailleurs le ton vers la fin du rouleau : « Ce n’était pour les Juifs que joie rayonnante, contentement, allégresse et marques d’honneur ». (Esther 8,16.) La mitsva est donc de se réjouir.

Mais il existe aujourd’hui bien des raisons de se réjouir. Le Tanya de Rabbi Chnéour Zalman de Lyadi (1745-1812) nous dit qu’en dépit du contexte dramatique dans lequel nous vivons actuellement, il ne faut jamais perdre de vue qu’il y a plusieurs bonnes raisons d’être joyeux : PARCE QUE C’EST UN BON MOYEN DE REUSSIR « On ne peut surmonter son mauvais penchant  que dans l’entrain qui provient de la joie et d’un cœur ouvert et lavé de toute trace de souci et de tristesse. » PARCE QUE C’EST UNE BONNE CHOSE EN SOI. La joie est la meilleure manière d’être et n’est pas si difficile à atteindre. Il suffit de se concentrer sur les bonnes choses autour de soi. Ainsi, même si les choses négatives prennent le dessus dans la vie, nous savons qu’elles n’ont rien à y faire et nous devons les expulser pour laisser place au positif. PARCE QUE LE MOMENT S’Y PRÊTE. Si être joyeux nécessite quand même parfois quelques efforts, il arrive cependant que la gaieté soit « dans l’air » et alors on la laisse pénétrer notre âme. Nos Sages enseignent que « Lorsque le mois de Adar fait son entrée, la joie se multiplie ». Pour le peuple juif, c’est un mois où arrivent toutes sortes de bonnes choses. Donc rien de particulier à faire en ce sens, si ce n’est de ne pas empêcher la joie d’entrer. Les Sages n’ont-ils pas dit « Quand vient le mois de Adar, on multiplie la joie. »

A l’époque de Pourim, la nature du danger encouru par les Enfants d’Israël par la faute d’Amane était d’être exterminés. Le peuple fut en danger corporellement. C’est donc corporellement qu’il se réjouit pour célébrer sa liberté retrouvée, lors de la lecture de la Meguila, et les enfants s’en donnent à cœur joie lorsqu’ils font retentir leurs crécelles et qu’ils huent le nom d’Amane (dont le nom revient 54 fois ; ce chiffre, « dane » c’est « l’ordre de la justice » dure au service des intérêts des puissants, système aboli par la puissance même de Celui qui se nomme « Ra’hamim » – miséricordieux – et qui contrôle l’ordre de la justice injuste pour faire gagner le Bien dans le monde qu’Il a créé, ce que le peuple d’Abraham a le devoir de rappeler et de manifester.) On célèbre l’évènement autour d’un festin où le vin est abondamment consommé, en se déguisant et en chantant, la joie et l’optimisme caractérisant cette fête, mais le sérieux et la rationalité ne sont pas opposés à l’optimisme et à la joie. Pourim permet de s’élever au-dessus de son propre engagement quotidien et de voir le monde dans la perspective de sa finalité. Alors tous les personnages et toutes les époques ont leur rôle positif à jouer.

Le fait est que s’il veut survivre,  le peuple juif n’a pas le choix : il doit faire téchouva (retour à D.ieu),  adhérer à la Torah et vivre avec elle tous les jours de sa vie. Cela n’est nullement une option, mais bien une obligation pour tout juif, même s’il l’ignore du fait de l’assimilation et il n’est jamais trop tard pour faire “téchouva” ; c’est aussi ce qu’est sensé faire le dirigeant de la terre d’Israël, car comme le dit le roi David dans le psaume 21 : “Le désir de son coeur, Tu le lui as accordé, et l’expression de ses lèvres Tu ne l’as pas repoussée”. Ainsi si le dirigeant d’Israël se place dans l’axe et la dépendance de la Torah, ses souhaits de réussite, qu’il n’oserait même pas exprimer, seront réalisés, de même, comme tout dirigeant qui n’a pas encore entamé sa tâche, les promesses de bonheur qu’il aura fait à son peuple se réaliseront. C’est pour cela que le roi d’Israël (le dirigeant) devrait toujours avoir 2 rouleaux de Torah près de lui (un dans sa vie privée et l’autre pour son action officielle). En d’autres termes, le dirigeant d’Israël devrait être capable d’étudier la Torah, de la comprendre et la consulter, et cela marche et s’est maintes fois vérifié dans l’histoire.

Ainsi, nous savons que chaque fois qu’il a couru un grand danger, c’est grâce à sa foi qu’Israël a été sauvé ; le peuple du D.ieu Un a de tout temps été persévérant dans son espoir de se voir enfin reconnu comme peuple Un sur sa terre Une. Ainsi que l’enseignent nos Sages, l’âme des juifs est littéralement “une partie de D.ieu”. Par conséquent, la joie n’est en définitive pas une technique qu’il faille maîtriser, ni un but à atteindre, ni même un état auquel s’abandonner. C’est simplement ce que nous sommes, en vertu de notre lien avec Celui dont il est dit « Force et joie emplissent Sa résidence » (Chroniques I, 16, 27). Au temps d’Amane, le judaïsme et les Juifs furent remis en question en bloc : tout devait disparaître. Par sa réaction, Pourim représente cette prise de conscience totale du fait juif. C’est l’exaltation de cette sainteté incarnée dans ce peuple et que personne ne pourra jamais effacer. Ainsi, l’amour du prochain, la fraternité entre Juifs sont un bouclier devant les menaces d’ “Amalec”. (concept symbolisant ceux qui veulent anéantir le peuple juif.)

Jean Racine s’est inspiré de cet épisode biblique pour composer sa fameuse tragédie en 3 actes intitulée “Esther”, qui fut représentée pour la première fois en 1689 à Saint-Cyr.

VIDEOS du film “ESTHER” en 10 parties :1/“http://www.youtube.com/v/GLLFsywI6eU&hl=fr&fs=1&rel=0&color1=0×006699&color2=0x54abd6&border=1″></param><param

2/ “http://www.youtube.com/v/30q-oEvxYgM&hl=fr&fs=1&rel=0&color1=0×006699&color2=0x54abd6&border=1″></param><param

3/ http://www.youtube.com/v/Lrv9UXgG3Mw&hl=fr&fs=1&rel=0&color1=0×006699&color2=0x54abd6&border=1″></param><param

4/“http://www.youtube.com/v/gUHYwDBHP-E&hl=fr&fs=1&rel=0&color1=0×006699&color2=0x54abd6&border=1″></param><param

5/“http://www.youtube.com/v/DFF6J6eT7Us&hl=fr&fs=1&rel=0&color1=0×006699&color2=0x54abd6&border=1″></param><param

6/ http://www.youtube.com/v/X5JZcl3VQI4&hl=fr&fs=1&rel=0&color1=0×006699&color2=0x54abd6&border=1″></param><param

7/ “http://www.youtube.com/v/brvvByZdKrg&hl=fr&fs=1&rel=0&color1=0×006699&color2=0x54abd6&border=1″></param><param

8/ “http://www.youtube.com/v/-gaUXGFp8X4&hl=fr&fs=1&rel=0&color1=0×006699&color2=0x54abd6&border=1″></param><param

9/ “http://www.youtube.com/v/UNClcEEQE6g&hl=fr&fs=1&rel=0&color1=0×006699&color2=0x54abd6&border=1″></param><param

10/ “http://www.youtube.com/v/u3ChNK6FeQM&hl=fr&fs=1&rel=0&color1=0×006699&color2=0x54abd6&border=1″></param><param

Dans le prolongement du sujet de Pourim, il faut savoir qu’au cours du procès de Nürenberg, le
journal Newsweek du 28 octobre 1946, à la rubrique ‘Affaires Étrangères p.45′,
rapporte : “Seul Julius Streicher s’en alla sans dignité. Il fallut le
pousser sur le plancher, les yeux hagards et hurlant Heil Hitler. En
montant les marches, il s’écria Et maintenant, je vais à D.ieu…”
Dans sa rubrique ‘Le saviez-vous ?’, le site “UNIVERS TORAH” vous propose l’article suivant :
Pourim 1946

(Sources : Wikipedia – Herodote.net – Jean-François Zilbermann (Vers l’unité de l’Orient) – Albert Soued – Albert Bensoussan et Nicole Myriam Madar, Le Monde Juif – Le Grand rabbin de Paris David Messas – Consistoire de Paris – Joël Mergui – Aharon Altabé – Rav Mordehaï Chriqui (le ptit hebdo) – fr.chabad.org – Lamed – Rabbi Joshua Kullock JDC Europe – Dany Sebban Modia.org – Mme R. Benaïm – L. Loï – Rabbin Philippe Haddad – Akadem  – Haim Nisenbaum, la Bible commentée – kifonline.com  – FSJU – CISU-be – Israëlfr.com – Radio JM, le Coeur Méditerranéen – Rav D. Pitoun – Ezida)

Remercions de tout coeur les auteurs (le plus souvent des rabbins) des sites et textes cités ci-dessus qui, par leur travail et leurs immenses connaissances ainsi que de ceux de tous les grands Sages de la Torah qui les ont précédés, grâce auxquels le texte ci-dessus a pu être rassemblé, mais c’est à Haqqadoch Baroukh Hou que vont toutes nos louanges et remerciements, sans qui aucun des faits relatés ici n’auraient jamais existé, par conséquent,  n’auraient jamais pu être écrits. Amen. Ken yehi ratson.

“Les oreilles d’Amane” fourrées aux fruits secs, chocolat ou confiture

LIEN POUR LIRE L’HISTOIRE DE POURIM ET ACCEDER AU SITE MODIA, (pour un cours complet ainsi que la lecture, en français, du ROULEAU  D’ESTHER – texte complet accompagné d’un commentaire) : CULTURE JUDAÏSME POURIM(1)

A l’occasion de la prochaine fête de Pourim, AKADEM nous offre quelques cours sur le sujet :

Le rôle de la femme dans l’histoire juive, par Marc KUJAWSKI

Historicité de la Meguila, par Claude BRAHAMI

Pourim et le rouleau d’Esther, avec Claude SULTAN

Pourim ou la célébration d’Esther, par Claude RIVELINE

Fête, festin et farce, par Yeshaya DALSACE

ÔMERGRAMME cliquez ici

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VIDEO

TABLEAUX CHABAD.ORG

Evénement
Année depuis la Création
A’hachvéroch monte sur le trône de Perse
3392 (-369)
Le festin d’A’hachvéroch, qui dura 180 jours
3395 (-366)
Esther est emmenée au palais d’A’hachvéroch
Tévet, 3399 (-362)
Haman tire au sort
Nissan, 3404 (-357)
Premiers décrets envoyés par Haman
13 Nissan 3404 (-357)
Les trois jours de jeûne ordonnés par Esther
14-16 Nissan 3404 (-357)
La chute d’Haman et son exécution par pendaison
17 Nissan 3404 (-357)
Seconds décrets, qui renversent les premiers
23 Sivan 3404 (-357)
La tristesse est changée en joie ; les fils d’Haman sont exécutés
13 Adar 3405 (-356)
Célébrations de Pourim partout sauf à Chouchane, où la lutte se poursuit contre les ennemis des Juifs
14 Adar 3405 (-356)
Célébration de Pourim à Chouchane
15 Adar 3405 (-356)
La Méguila est écrite ; la fête de Pourim est instaurée pour toutes les générations à venir
3406 (-355

Chabbat prochain, nous fêterons Tou BiChevat, le nouvel an des arbres

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Le 15 du mois de Chevat, sur la terre d’Israël, marque le début d’une nouvelle année pour les arbres. En effet, à cette époque de l’année, les arbres les plus précoces émergent de leur sommeil hivernal et entament un nouveau cycle de floraison. C’EST POURQUOI, LE 15 CHEVAT, NOUS FÊTONS LE NOUVEL AN DES ARBRES ! (Chabad.org)

DANS  L’AMANDIER  EN  FLEURS

Dans l’amandier en fleurs un oiseau s’est posé,

Venu pour se nourrir du seul nectar des fleurs.

La rosée a perlé des arbres tout en pleurs

Qu’ainsi pour l’abreuver le ciel lui a donné.

L’abondante nature est tout son univers.

Créée par l’Eternel, toi rose menorah

De tes tendres couleurs ose élever les bras.

Dis, joli troubadour, chante nous quelques vers.

La boule de plumes là-haut a regardé,

Dans le limpide azur vers Toi, ô notre Roi.

Il sait que ce qu’il a il ne le doit qu’à Toi

Et vers le Créateur son chant s’est élevé.

L’oiseau, reconnaissant, s’adresse à l’Eternel,

Dans son langage émet des sons mélodieux,

D’artistiques trilles, doux et élogieux

Dans l’air pur du printemps s’élèvent jusqu’au ciel.

Chevat*  est odorant déjà. Ce chant gracieux,

Ton être en perçoit l’écho dans le lointain.

Il calme ton cœur lourd et tu sais le divin

Sous le ciel d’Israël cruel mais lumineux.

Ainsi tendrement te sens tu réconforté.

Chante à ton tour au Ciel des louanges à la vie

Du Créateur tu sais tu es aimé aussi !

Alors, comme l’oiseau tu peux remercier.

Maryse

(le mois hébreu qui correspond à janvier)

  Cerisiers en fleurs – photo © Robert BROUAT
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Miniature
Vidéo de la fête de Tou Bichevat, le nouvel an des arbres, chez les ‘Hassidim de « Presmishlan » & « Vizhnitz », deux grands courants ‘hassidiques ! Comme à leur habitude, la fête est célébrée royalement, les ‘hassidim dansant et scrutant les moindres gestes et bénédictions du Rabbi. Cette fois-ci, les bénédictions sont adressés aux fruits !
VIDEO :
Quelle est la dernière fois où vous avez souhaité une bonne année à un arbre ? Le 15ème jour du mois hébraïque de Chevat est une occasion en or. Il est connu sous le nom de Tou BiChevat, le Nouvel An des arbres. Mais il y a arbre et arbre. Il y a celui qui produit des fruits, et celui qui n’en produit point. Certains arbres sont grands et imposants, comme les cèdres du Liban ; d’autres sont petits, humbles, comme le buisson d’épines. Il est des arbres bruyants, et il en est des silencieux. Bref, il n’existe pas deux arbres qui soient pareils.

De même il y a homme et homme. Il y a celui dont les bonnes actions sont comme des fruits juteux, et celui qui vit seulement pour lui-même. Certains hommes sont orgueilleux et arrogants, d’autres sont effacés et modestes. Il est des hommes bruyants qui remuent beaucoup l’air autour d’eux ; il en est qui, sans attirer l’attention, vaquent, silencieusement à leurs affaires. Il n’existe pas deux hommes semblables.

Quand D.ieu parla pour la première fois à Moïse, Il ne l’appela point d’un cèdre en flammes ou d’un palmier, mais d’un buisson d’épines ardent. Ainsi D.ieu montrait au premier berger d’Israël qu’il devait chercher l’ardent esprit divin dans le coeur de son humble troupeau. D.ieu ne demeure point parmi les orgueilleux et les arrogants.La rose est la reine des fleurs ; le raisin le roi des fruits, car avec lui on produit le vin qui est la plus vieille et la meilleure boisson de l’homme. La rose pousse sur le buisson d’épines, et le raisin sur la vigne basse. Dieu ne nous donne-t-Il pas de ce fait une grande leçon d’humilité ?

Mais au fait, pourquoi les arbres célèbrent-ils leur Nouvel An si longtemps après le nôtre ? Cela est dû à la saison des pluies en Israël qui commence avec la fête de Souccot. Il faut quatre mois pour que les eaux des pluies saturent le sol, nourrissent les arbres et les bichonnent jusqu’à ce qu’ils puissent produire des fruits. C’est important à savoir si vous vous apprêtez à donner vos dîmes de fruits, comme nous le faisions à l’époque du Temple, parce que les diverses dîmes varient d’année en année. C’est également important si vous êtes un arbre et cherchez une raison de faire la fête.

A Tou BiChevat, au nouvel an  des arbres, c’est leur fête. Alors, ceux-ci font un peu les fous ;  ils  prennent des teintes ou des poses plus farfelues les unes que les autres…

arbreforain.jpgRegardez, celui-ci en est tout rouge de plaisir !

jacaranda, Arbres - csp5482003
Ceux-là sont parés pour faire la fête et ont mis des perruques colorées !

  Voilà un arbre sioniste qui tient à marquer clairement son appartenance !

    Certains se font même cabanes pour abriter les jeux des enfants,

   ou même en toboggan !

Celui-là a vraiment l’air très fatigué et baille à fendre l’âme !

D’autres se couchent littéralement en travers de la route

Aviez-vous déjà vu des arbres dansants …
et des arbres qui chantent à gorge déployée ?

Image hébergée par servimg.com

Voyez comme celui-là se déhanche en marquant le rythme !

Deux arbres enlacés - Ensemble
Ou qui s’enlacent , en amoureux ? Peinture de Pierre Marcel

http://www.lepommier.net/hearts/index_fr.htm

… ou encore qui grimpent si haut qu’on croirait qu’ils veulent atteindre le ciel ?
tulipes, Arbres, ressort - csp1834707
Certains ont des myriades d’admiratrices de toutes couleurs et de tous horizons
Oiseaux, et, Arbres - csp7040757
Tous ensemble pour une soirée réussie entre amis
Arbres, emballé, lumières - csp2953177
Il y en a même qui vont jusqu’à se parer de guirlandes pour faire la fête toute la nuit !
Coucher soleil, derrière, les, Arbres - csp4803784Rêverie devant un superbe coucher de soleil flamboyant


Ces deux-là se baignent carrément dans la rivière, admirant leur reflet moiré dans l’eau ayant pris elle-même  la couleur du ciel ! (Photo Gérard Thérin)

Le pin de Bristlecone Mathusalem, Californie, USAQuant à celui-ci, déguisé en spectre, il semble entamer une danse en invoquant le Ciel de ses branches dénudées.

Regardez, certains se croient eux aussi déjà à Pourim et vont jusqu’à se déguiser … en chameaux ?

DSC05589

où en « grosse tête d’humain », planté au beau milieu de la place du village…

DSC05808 en pieuvre géante !

Le pin penché

ou bien encore… en lampadaire !!! (photo Huguette Balland )

DSC04920 Quant à celui-ci,  il semblerait qu’il ait débuté l’apprentissage de l’écriture… cependant un a encore beaucoup  de progrès à faire semble-t-il !

Voyez celui-là qui s’est  transformé en aire de jeux et accueille les enfants

Dragonnier (Dracaena draco)et celui-là en parasol pour protéger les humains d’un soleil trop ardant

Nous, les  humains, pouvons nous joindre à la célébration des arbres. Après tout, la Torah ne dit-elle pas que « l’homme est un arbre des champs » ? Nos âmes sont nourries par des racines profondes, qui remontent jusqu’à Abraham et Sarah ; nous sommes tournés vers le ciel tout en nous tenant fermement sur le sol ; et quand nous faisons les choses comme il faut, nous produisons des fruits qui profitent au monde : nos bonnes actions.

Dans le monde juif, nous marquons ce jour en consommant des fruits, en particulier ceux à travers lesquels la Torah fait l’éloge de l’abondance de la Terre Sainte : les raisins, les figues, les grenades, les olives et les dattes. En ce jour, nous nous rappelons que « l’homme est un arbre des champs » (Deutéronome 20, 19) et méditons sur les leçons que nous pouvons apprendre de notre double botanique.

Jardin promenade sous les arbres photo  zabh 09Petite conversation entre amis

arbres et ciel rivage côte atlantique MarocAccompagnés par le rythme du ressac de la mer, deux arbres dans une tenue sobre entonnent un chant à la gloire d’Hachem sous l’oeil attentif du  chef d’orchestre.
collinet.jpg (90679 bytes)
Regardez comme cet arbre se démène pour exécuter une danse échevelée…
https://i0.wp.com/www.arbres.org/illustrations/hetre_tortillard.jpg
Celui-ci se tortille  et se déhanche,  comme soudain pris de frénésie…

Syria - Syrie - Wind - Vent - Arbres - TreesCeux-là semblent épuisés de danser et prêts à tomber au sol de fatigue

Les arbres les plus grands du Mondetandis qu’un petit malin se hisse au-dessus des autres pour mieux admirer le paysage.

   Encore tout étourdi d’avoir tant dansé, celui-là nous tire sa révérence.

Cerisier ornement  Fleurs de cerisier,  Michel BIDAULT

Quelle fête, mes amis, on rit, on danse, on chante ! La nature tout entière est en fête et la sève des arbres monte déjà dans les branches décorées de blanc ou de rose pour la fête.

RenaissanceAdmirez cette splendeur ! C’est celle qu’Hachem donne à toute la nature qui nous entoure.  Sachons apprécier ce magnifique cadeau en la regardant d’un oeil  neuf et émerveillé à chaque saison et respecter cette nature qui a été confiée à nos soins par le Créateur. Nous en sommes tous responsables !

arbres-libanTiens, un tout jeune arbre vient rejoindre la fête ! Bienvenue et longue vie à toi petit ! Aujourd’hui, des centaines de jeunes pousses comme toi viendront enrichir la nature.

Copyright © <©MAP-A>Hachem ne nous a-t-il pas fait cadeau d’une terre magnifique remplie de merveilles ?

Sachons la préserver, protégeons nos arbres, les poumons verts de la terre, vie de la terre.

Dans la Bible hébraïque, parmi les nombreuses ordonnances du « code de sainteté » figure la façon de traiter les arbres : il convient, après les avoir plantés, d’en considérer pendant trois ans les fruits comme une excroissance (orlah) à laquelle il est défendu de toucher ; la quatrième année suivant leur plantation (neta revaï), ces fruits doivent être consacrés à Dieu et ne peuvent servir au profit personnel qu’à partir de la cinquième année2.

Sur les 7 espèces énumérées par Moïse pour illustrer la fertilité de la terre d’Israël, 5 sont produites par des arbres  (le raisin, la figue, la grenade, l’olive huileuse et la datte). L’un des bienfaits dont D.ieu comble le peuple d’Israël est qu’ils jouiront, en prenant possession du pays, de vignobles et d’oliveraies qu’ils n’auront pas plantés. Il convient de lui en rendre grâce en prélevant les dîmes sur les produits de la terre au long des six premières années du  cycle septennaire de celle-ci. Ces dîmes, prélevées en sus de la dîme réservée aux prêtres, doivent être apportées dans la localité du sanctuaire ou converties en argent à dépenser dans cette localité, et consommées en état de pureté rituelle par l’agriculteur lors des première, seconde, quatrième et cinquième année et par les Lévites (ainsi que, plus tard, les nécessiteux) au cours des troisième et sixième années du cycle ; il n’y a pas de dîme la septième année. Enfin, les arbres fruitiers sont si précieux qu’il est interdit de les détruire  lors d’un siège militaire car « l’homme est un arbre du champ».  Le juste est également comparé au palmier ou au cèdre7 et ses fruits ainsi que la Torah à un « arbre de vie ».

Fleur du grenadier – [Passé le quinze shevat,] la majeure partie de la saison des pluies a eu lieu … la sève remonte, la verdure repousse et les fruits éclosent  – fleur de grenade en voie de maturation. (Wikipedia)

Pour fêter Tou Bichvate, voici une

vidéo musicaleen rapport avec la forêt, dont le compositeur est Robert Schmann (1810-1856) : Waldszenen Op. 82 (Forest Scenes) by Robert Schumann, Hal FREEDMAN

Tou BiChevat est une fête à forte connotation spirituelle. Loin d’être une pure célébration écologique (dans le sens moderne du terme) et dénué de toute velléité de panthéisme, il se veut réflexion autour des interrelations entre l’homme, D.ieu, la nature, le peuple juif et la Terre d’Israël.« Car l’homme est un arbre des champs ». (Deutéronome 20, 19)  A travers ce verset, la Torah initie une réflexion sur le passé, le présent et le devenir de l’individu. 3 composants essentiels font qu’un arbre est arbre : les racines, le tronc et les produits : feuilles, fleurs et fruits.

Les racines sont essentielles à la croissance d’un arbre : plus elles sont fortes et implantées dans un sol riche, plus fort sera l’arbre. Les racines, c’est l’ascendance, la famille, l’enfance, les bases de l’éducation, de la morale et de la foi ; c’est prendre pied dans une histoire familiale, c’est « avoir des racines » ancrées dans une tradition, c’est puiser son énergie dans un terreau nourricier. Se couper de ses racines, c’est un peu se couper les vivres : on peut en mourir.

Les racines donnent le tronc : celui-ci représente l’éducation, l’enfance et l’adolescence, l’âge auquel l’on se « fait ». Encore faut-il qu’il soit assez fort et étoffé pour résister au vent et à la tempête ; l’éducation doit être fondée sur des principes moraux et religieux suffisamment cohérents pour que le futur adulte puisse résister à toutes les tentations négatives. Et de même que le tronc ne cesse de s’épaissir, l’étude et les connaissances sont indispensables à la bonne croissance de l’être humain.

Cependant, le seul développement personnel ne suffit pas à l’individu ; il serait stérile. Tout comme l’arbre justifie son existence par ses fonctions de producteur d’oxygène et de bois, de nourricier pour les hommes et le monde animal ou tout simplement, par le fait qu’il procure de l’ombre en été et du plaisir à la vue, l’homme doit produire des fruits et irradier autour de lui : accomplir les commandements divins, faire de bonnes actions, communiquer, échanger et partager. C’est là ce qui fait un être humain accompli, c’est là le devenir de l’homme, qui évolue dans le rapport à autrui. Et pour tout cela, pour que l’arbre puisse se développer, il est un élément indispensable : l’eau.

Pour un juif, l’élément vital est la Torah : à plusieurs reprises dans la Bible, la Torah est d’ailleurs comparée à l’eau, à un puits d’eaux vivifiantes (entre autres Deut. 32:2) ; c’est elle qui l’accompagne sa vie durant, c’est elle qui le guide et le fortifie. L’homme sage imprégné de l’étude de la Torah n’est pas cet homme à l’état de nature qui se confronte à cette Nature. De ce fait, il est capable de maîtriser d’abord sa propre nature. Seule l’étude peut lui conférer une telle force et une telle audace. Elle lui permet de transcender l’apparence tragique des éléments naturels. (Pour lui, les fleuves ne vont pas forcément à la mer.) Elle permet également aux Sages de fixer Tou BiChevat avec un mois d’avance lorsque la Torah l’exige.

Dans les Maximes des Pères (Pikeï Avoth, Chap.III, 7) la Michna enseigne au nom de Rabbi Jacob : « Celui qui va son chemin en répétant son étude et qui s’interrompt pour dire : le bel arbre que voici ! L’Ecriture le lui compte comme s’il avait fauté en son âme. » Cette Michna nous rappelle la préséance de l’étude sur les beautés de la nature. La Nature ne saurait s’immiscer entre l’Homme et son Créateur, entre l’Homme et son prochain. Toute tentation panthéiste nous est refusée, car elle finirait par occulter, sous les oripeaux de la Beauté naturelle du monde, les vrais enjeux de notre passage ici bas.

La fête de Tou Bichevat est donc l’occasion de fêter la nature et de remercier D.ieu pour Sa création et la jouissance qu’Il nous en accorde. C’est aussi le temps d’une manifestation d’amour pour la Terre d’Israël. Mais c’est surtout le moment de faire le point sur notre croissance personnelle pour que notre arbre, poumon de la terre, puisse donner ses fruits et que tous en bénéficient.

« Il est bon que l’homme apprenne, à travers les arbres, à reconnaître le doigt de D.ieu, créateur de l’Univers.» Il les aime surtout à cause des fruits qu’ils lui fournissent. Il est appelé à les juger selon la forme et la couleur, la saveur du fruit qu’ils offrent à son appétit. Ainsi, le jugement qu’il porte se trouve être fondé sur une base toute matérielle, toute terre à terre. L’homme juge si « l’arbre est bon ou mauvais » (Genèse, 2, 9).

Mais il y a aussi, dans la création divine, l’arbre de la connaissance. Il est bon que nous écoutions l’enseignement qu’à travers le Midrach les arbres et leurs fruits donnent à l’homme, créature divine comme eux, et que, de cette façon, nous approchions d’une connaissance plus grande de D.ieu.

Pourquoi mange-t-on d’ailleurs 15 sortes de fruits à Tou Bichvat (le 15 Chevat) ? Bien entendu, il y a un rapport avec la date de la fête. Mais encore ?

Le chiffre 15, en hébreu, est formé de la lettre « yod » et de la lettre « ». Ces deux lettres forment également le nom de Dieu : dans chaque fruit, si nous savons l’observer et non seule­ment le croquer nous reconnaissons D.ieu, nous pouvons admirer les merveil­leux rouages de la Création.

Le peuple d’Israël est comparé à une vigne : la vigne est plus basse que tous les autres arbres. C’est elle pourtant qui les dépasse tous par ses qualités. Une branche de vigne replantée en n’importe quel endroit, prend immédiatement racine et produit un cep nouveau. De la même manière un juste, transplanté en n’importe quel endroit, arrive à se taire respecter et attire au­tour de lui les faibles et les hésitants. Les feuilles de vigne couvrent et cachent les grappes de raisin. Les ignorants et les hommes sans valeur se mettent souvent en avant des sages. Toutes les vignes portent de grosses et de petites grappes; mais les grosses grappes pendent plus bas que les petites. Les savants sont plus modestes que ceux dont les connaissances sont bien faibles et bien légères. La vigne produit du verjus aussi bien que du vin. Il faut pourtant faire la bénédiction pour l’un comme pour l’autre produit de la vigne. Les enfants d’Israël louent l’Eternel pour le mal comme pour le bien qu’il leur envoie. Le raisin commence par être foulé aux pieds, dans le pressoir ; mais fina­lement il est présenté même à la table des rois. Le peuple d’Israël est bien souvent, lui aussi, opprimé et foulé aux pieds ; mais un jour viendra où les plus grands reconnaîtront son mérite et sa valeur. Pour vivre et se développer, la vigne s’appuie sur du bois mort, ses tuteurs. Pour vivre et se développer, Israël doit également prendre appui sur les générations antérieures.Dès la Création les arbres se disputèrent. Chacun d’eux se croyait supérieur à l’autre. Le chêne avança sa taille, le dattier son fruit, le myrte son feuillage, etc. Devant cet étalage de qualité, la vigne, elle se taisait. Elle se savait petite de taille, foulée aux pieds, mangée par les animaux. Mais l’homme eut pitié d’elle. De son raisin il fit du vin et ce vin est utilisé à consacrer toutes les fêtes, tous les jours de Chabbat, ainsi que tous les moments heu­reux de l’existence de chaque Juif.

La vigne est le premier fruit dont la plantation est mentionnée dans la Torah. C’est Noé qui s’en est chargé. Le Satan (le mauvais penchant) s’est associé à lui et a arrosé le plant du sang d’une brebis, d’un lion, d’un porc et d’un singe. Interrogé par Noé sur la raison pour laquelle il avait choisi ces animaux, il répondit : « Quand l’homme boira le jus de ce fruit, il deviendra doux comme une brebis ; s’il en boit un peu plus, il se croira fort comme un lion : s’il en boit encore, il se conduira comme un porc ; s’il continue à boire, il sera aussi laid qu’un singe ! »

Le peuple d’Israël est également comparé aux noix. Tous les hommes, grands et pe­tits, aiment jouer avec des noix et s’amusent à les faire rouler. Tous se moquent et méprisent les enfants d’Israël.

La noix, cependant a un avan­tage sur les autres fruits : laissez-la tomber dans la boue, elle n’en peut pas moins être consommée ; le fruit qui est à l’intérieur de la coquille n’en reste pas moins appétissant. Toutes les humiliations que l’on veut faire éprouver à Israël ne peuvent le dimi­nuer et amoindrir sa valeur spirituelle et son idéal.

La noix peut être brisée par une pierre. A nous de choisir la pierre qui l’ouvrira. La Torah est en pierre (les deux Tables de la Loi), le mauvais pen­chant aussi est appelé une pierre par nos Prophètes. A nous de choisir celle des deux qui sera appelé à maîtriser Israël et à diriger sa destinée.

La coquille de la noix et te cer­neau ne font qu’un seul et même fruit. L’un protège l’autre. Dès que la coquille est séparée du fruit, on la jette. Les ignorants et les savants font tous partie à titre égal de la Communauté d’Israël. Mais les ignorants ne peuvent s’y maintenir que dans la mesure où ils restent auprès des savants, en contact avec eux, et leur permettent, en les aidant, et en les protégeant, de dé­velopper et de divulguer leur science religieuse.

On ne peut enlever une noix d’un sac sans faire bouger en même temps les autres noix -Symbole de la solidarité juive – : quand un juif se conduit mal, tous ses frères en subissent les conséquences ; quand un des nôtres est arraché à notre milieu, tous nous nous en ressentons.

De même le peuple d’Israël est comparé à une olive ; celle-ci ne donne son huile qu’après avoir été écrasée. Israël ne fait jamais aussi puissamment connaître son message que sous la souffrance et l’oppression.

Le symbole de la paix rétablie entre les hommes et D.ieu après le déluge a été l’arc-en-ciel. C’est la colombe rapportant la branche d’olivier à Noé qui en a été cependant le signe avant coureur.

L’huile ne peut jamais se mêler à l’eau, il y a une incompatibilité entre ces deux éléments. Il y a la même incompatibilité entre la Torah et l’assimilation aux civilisations ambiantes.

Le jour de la mort du roi Salomon, tous les arbres prirent le deuil en hommage au plus sage des rois et décidèrent de faire tomber leur feuillage. L’olivier seul ne se conforma pas à cette décision. Les autres arbres s’indignèrent : « Tu ne daignes pas pleurer le plus grand et le plus intelligent de tous les rois» Vous montrez là un signe bien extérieur de deuil, répondit l’olivier. Moi, c’est au fond de moi-même que j’éprouve cette perte. Voyez donc comme mon cœur est vide ! » Effectivement, les vieux oliviers ont depuis cette époque un tronc creux !

Quant au  juste, il est comparé au dattier (et au cèdre) (cf. Psaume 92,13). Les autres arbres sont, en effet, difficilement reconnaissables de loin ; le dattier (et le cèdre) seuls peuvent être identifiés malgré la distance. Il en est ainsi des justes : leurs bonnes actions les font remarquer de très loin.

Le palmier-dattier est le fruit qui offre le plus de bienfaits et qui rend le plus de service à chaque Juif : son fruit est consommé ; ses branches servent de Loulav pendant la fête de Souccot ; son feuillage est utilisé pour couvrir la Soucca ; son écorce sert à confectionner des cordages, son tronc fabriquer des poutres pour les maisons et des meubles. Le juste, lui aussi, doit mettre toutes ses facultés au service de son prochain.

Le figuier se trouve mentionné dans les premières pages de la Torah : ses feuilles ont servi à revêtir Adam et Eve. Il est le symbole de l’avenir radieux qui est réservé au pays d’Israël où « Chacun demeurera à l’ombre de son figuier» (Michée, 4, 4).

La Torah est comparée à un figuier : les fruits de la plupart des arbres arrivent à maturité au même moment. Il en est autrement du figuier : ses fruits mûrissent les uns après les autres et doivent être cueillis petit à petit. De même, le « produit » de la Torah ne peut être « cueilli » et assimilé en une fois mais plutôt en doses régulières et continues.

Tous les fruits ont des déchets coquilles, noyaux, pépins, épluchures. Dans la figue tout est bon. Toute science à ses mauvais côtés et ses utilisations néfastes. Dans la Torah, cet Enseignement divin, tout est parfait.

Rabbi Akiba avait l’habitude d’étudier avec ses élèves à l’ombre d’un figuier. Il remarqua bientôt que tous les matins, avant son arrivée, le jardinier se rendait à son arbre pour y cueillir les figues qui avaient mûri depuis la veille. Rabbi Akiba décida d’aller étu­dier dans un autre jardin. Mais le jardinier le rejoignit et lui dit : « Rabbi, pourquoi donc ne venez-vous plus étudier sous mon figuier ? »

Je craignais que vous ne me soupçonniez de manger vos figues. »

-Le jardinier fit comprendre à Rabbi Akiba qu’il n’en était rien et celui-ci reprit sa place habituelle. Quant au jardinier il ne vint pas de bon matin cueillir ses fruits, comme il le faisait auparavant. Mais à peine le rabbin et ses élèves s’étaient ils installés que les figues mûres tombèrent et s’écrasèrent sur eux …

Voyez-vous, dit Rabbi Akiba à ses élèves, le bon jardinier sait quand le moment est venu de cueillir ses fruits. De la même manière, le Saint, béni soi-t-Il, sait quand vient le moment pour les justes de quitter ce monde et il les recueille auprès de lui ».

Les Kabbalistes ont fait du 15 Chevat un véritable jour de fête. Ils y ont introduit un rituel, que l’on nomme « Le Seder de Tou Bichevat ». Celui-ci est décrit pour la première fois dans l’ouvrage mystique «Hemdat Yamim » qui est publié en 1763, et il consiste en la consommation de vin rouge, de vin blanc, de « fruits d’Israël » (ce sont les fruits dont la Terre d’Israël a été bénie, à savoir le blé, l’orge, la datte, la figue, la grenade, le raisin et l’olive). Tout ceci est fait dans un ordre bien précis et accompagné de la lecture de textes de la Bible ou du Zohar (principal ouvrage de la Kabbale).

Cette coutume s’est vite répandue à travers les communautés juives de diaspora, et elle est devenue un moment majeur de l’expression de la nostalgie du peuple juif de sa terre, à travers les siècles et les pays.

Plusieurs coutumes ont été adoptées à Tou Bichevat, jour de fête non chômé. On a l’habitude de faire un repas de famille au cours duquel on déguste le plus de fruits possible ; au minimum 15 pour certains. On s’efforce de consommer les 7 Fruits d’Israël (qui ne viennent pas forcément d’Israël) et au moins un fruit nouveau (sur lequel on prononce la bénédiction Chéhé’héyanou).

Depuis le retour du peuple juif sur sa Terre et la création de l’Etat d’Israël, on a décidé de marquer ce jour par la plantation d’arbres. Les écoliers sortent dans les forêts et plantent chacun leur arbre, et toute une pédagogie est mise en place autour des thèmes de l’attachement à la Terre d’Israël et aux valeurs écologiques.

Comment les hommes célèbrent-ils Tou Bichevat ? 

En ce jour, il est de coutume de consommer les fruits qui font la réputation de la terre d’Israël : olives, dattes, raisins, figues et grenades. Ainsi, le 15 chevat on procède, comme à  Pessa’h ou à Roch Hachana, à un Séder ou « Ordre » de consommation de fruits, accompagné de la récitation de versets bibliques, de passages du Talmud et du Zohar liés à cette circonstance. Le séder le plus connu est celui tiré du livre Péri ‘Ets Hadar, imprimé pour la première fois à Salonique en 1753 qui fut diffusé dans le monde entier. Il fut réimprimé à Pise en 1763, à Amsterdam en1859, à Izmir-Smyrne en 1876, à Livourne en 1885 et à Bagdad en 1936, là où se trouvaient de grandes communautés juives.
Règles générales du Seder :

On lira tout d’abord les textes suivants en hébreu et en français, si l’entourage ne comprend pas la langue de la Bible :
Gn 1,9-13: récit de la création des végétaux.
Lv 26, 3-13: les bénédictions.
Dt 8,1-10: L’éloge des sept fruits de la terre d’Israël : blé, orge, raisin, grenade, figue, olive, datte.
Ez 17; 34; 36; 47.
Jl 2.
Ps 72; 147; 148; 65; 126.
• Le seder consiste à manger essentiellement des fruits, précédés de la berakha adéquate.
• Le chef de famille pourra dire, seul, les berakhot, et les participants répondre « Amen ».
•Si l’on mange un fruit pour la première fois cette année on récite :
« Baroukhattah Adonaï-Elohénou, mélekh aolam, chéhé’eyanou vekiyyémanou, veigianou lazemân azé.
Loué sois-Tu Éternel, notre Dieu, Roi de l ‘univers, qui nous as fait vivre et atteindre cette époque-ci.«
•Mais on ne répète pas la bénédiction pour un deuxième fruit nouveau au même repas.
•On doit veiller à ce qu’aucun fruit consommé ne soit véreux.
Le Blé
On commence la dégustation d’un gâteau à base de blé ou d’orge.
C’est en effet le blé qui inaugure l’éloge des fruits de la terre d’Israël: « Une terre qui produit le blé et l’orge » (Dt 8, 8).
Le blé, cité 30 fois dans la Bible, est l’aliment de base de l’homme.
Avant la consommation, on récite :
« Baroukhattah Adonaï-Elohénou, mélekh aolam, boré miné mézenot.
Loué sois-Tu Éternel, notre Dieu, Roi de l ‘univers,qui crées toutes sortes d’aliments. »
L’Olive
Ensuite on prend une olive.
L’olivier qui devient très vieux, millénaire dit-on, symbolise l’ancienneté, et ses feuilles persistantes, l’opiniâtreté.
De son fruit, on tire par pression l’huile d’olive, qui porte la lumière (de la ménorah du Temple) ou qui sert à la consécration du roi ou du Grand Prêtre (le Messie, le Mashiah est littéralement « l’Oint »).
Le fruit vert, confit dans la saumure et consommé comme olive de table, nous enseigne que l’amer s’adoucit par le travail et le temps…
L’olive est citée 38 fois dans la Bible : « Tes fils seront comme des plants d’olivier autour de la table » (Ps 128,3).
Avant la consommation, on récite :
« Baroukhattah Adonaï-Elohénou, mélekh aolam, boré peri aets.
Loué sois-Tu Éternel, notre Dieu, Roi de l ‘univers,qui crées le fruit de l’arbre. »
La Datte
On enchaîne avec la datte : symbole de la douceur.
Quand la Torah fait référence au miel, il s’agit du sucre de la datte.
Ses branches (palmes) servent à réaliser une mitsva (le loulav à Soukkot).
Ses graines, pourvues d’un albumen oléagineux donnent l’huile de palmiste.
« Le juste fleurit comme le palmier dattier » (Ps 92,13) est l’une des 12 citations de la datte dans la Bible.
Le Raisin
Ensuite, on mange le raisin, si souvent mentionné dans la tradition juive. Le raisin donne le vin qui occupe une place de choix dans le culte. D’où l’obligation de ne consommer que du vin ou du jus de raisin casher.
Le vin peut à la fois servir pour les grandes cérémonies (kiddouch, mariage – pages en préparation, etc.) mais il peut également égarer l’homme (l’alcoolisme).
Le raisin est mentionné 19 fois dans la Bible, et le vin 141 fois, comme : « Et le vin réjouit le cœur de l’homme. » (Ps104,15).


La première coupe de Vin
Ici on boit la 1ère coupe de vin blanc, après avoir fait la bénédiction :
« Baroukh attah Adonaï-Elohénou, mélekh aolam, boré peri agfen.
Loué sois-Tu Éternel, notre Dieu, Roi de l ‘univers,qui crées le fruit de la vigne. »
La Figue
Selon le midrach, les feuilles de figue ont servi à couvrir la nudité d’Adam et Ève après leur faute.
On retrouve des figues, « après que Nabuchodonosor, roi de Babylone, eut exilé de Jérusalem et amené à Babylone Yekhonia roi de Juda […] dans deux corbeilles […] étaient placées devant le sanctuaire de Dieu. L’une contenait des figues excellentes et l’autre des figues extrêmement mauvaises » (Jr 24).
Même si pour les botanistes, elle est un « faux fruit », la figue n’en reste pas moins un végétal très prisé car elle n’a ni coquille, ni pépins, ni noyaux: elle devient « le fruit » par excellence!
Elle apparaît 39 fois dans la Bible. « Comme les premiers fruits mûrs sur le figuier, j’avais considéré vos ancêtres » (Os 9,10).
La Grenade
En hébreu, la grenade évoque l’élévation (rimôn <-> ram), mais aussi le prélèvement (térouma).
Le prophète Jérémie enseigne que cent grenades d’airain se trouvaient sur les colonnes du Temple de Jérusalem, et la Torah (Ex 28, 33) qu’elles se trouvaient autour de la bordure de la robe du Grand Prêtre (36 devant et 36 derrière). Ces grenades grelots annonçaient le passage du Cohen et permettaient aux gens impurs de s’écarter de lui.
La grenade est mentionnée 32 fois dans la Bible.
« Puissions-nous être remplis de mitsvot comme la grenade! » souhaite-t-on le soir de Roch Hachana; pourquoi pas à Tou BiChevat?
Le Cédrat
Le cédrat ou étrog fut, selon un avis rabbinique, le fruit de la connaissance du bien et du mal. (Selon d’autres, il s’agissait du raisin ou du blé).
Attention, en général, on ne fait pas la bénédiction de chéhéh’eyanou sur le cédrat car on l’a déjà dite à Soukkot, en faisant la bénédiction sur le loulav.
L’étrog n’est pas mentionné nominativement dans la Bible, mais uniquement comme péri ‘ets hadar, « fruit du bel arbre ».
La Pomme
La pomme est mentionnée dans le Cantique des Cantiques.
Le « champ de pommes », le verger des secrets, se trouve abondamment cité dans la Kabbale.
A propos du doux parfum qui émane des vêtements de Jacob, venant recevoir la bénédiction de son père Isaac (Gn 27, 27), le midrach enseigne que ses vêtements provenaient du paradis, dont les pommes exhalaient un parfum enivrant.
La pomme est mentionnée 6 fois dans la Bible: « L’odeur de tes narines – par où Dieu insuffla l’âme à l’homme – est comme celle des pommiers ». (Ct 7,  9).


La deuxième coupe de Vin
On boit ensuite la 2ème coupe de vin blanc mélangé à un peu de vin rouge.
La Noix
La noix évoque la boîte crânienne, la coque de la noix protégeant un fruit ressemblant au cerveau (cerneau). La noix, egoz, a pour valeur numérique 17 qui est égale au mot tov, « bon ».
Comme elle est composées de quatre parties, les kabbalistes y décèlent les quatre lettres du Tétragramme divin (Zohar II 15 B).
Il n’existe qu’une seule mention de la noix dans la Bible : « Vers le verger des noyers je suis descendue ». (Ct 6,11).
L’Amande
Dans tous les pays où il pousse, l’amandier  est le premier arbre à fleurir. Réputée pour sa promptitude, l’amande arrive à maturation (après la chute de la fleur) en 21 jours. Cela n’est pas sans évoquer les trois semaines qui séparent le 17 tamouz du 9 Av (période de deuil).
La branche d’amandier fleurie confirma aux yeux de tout Israël l’élection d’Aaron (Nb 17,33) et inaugure la prophétie de Jérémie (Jr 1,11). Déjà dans la Torah, les amandes sont envoyées comme offrande par Jacob au vice-roi d’Égypte (qu’il ne sait pas être son fils Joseph) afin de l’amadouer. (Gn 43,11).
Le Caroube
Le caroubier, à l’opposé de l’amandier, est très long à donner des fruits (70 ans). Il symbolise les efforts des générations précédentes pour les suivantes:
« Un jour, alors que ‘Honi marchait sur la route, il vit un homme qui plantait un caroubier:
– Combien d’années faut-il pour qu’un caroubier porte des fruits ? lui demanda ‘Honi.
– Soixante-dix ans, répondit le paysan.
– Et tu ne te demandes pas si tu vas vivre soixante-dix ans, si tu vas pouvoir manger de ses fruits ? »
L’homme répondit: « Dès ma jeunesse, j’ai trouvé des caroubiers, car mes ancêtres en ont donc planté pour moi; de même j’en plante pour mes descendants… » (TB Taanit 23 a).
Le mot « carat », unité de mesure de masse du diamant et de l’or, vient de « caroube », et correspondait au poids d’une graine de caroube (entre 185 et 205 mg; 1 carat = 200 mg).

La Poire
Originaire du Proche-Orient et du nord de l’Asie centrale, la poire a plus de 4000 ans d’âge. Elle se consomme de nombreuses façons : crue et cuite sous forme de compotes, poires au four, tartes, pâtisseries, confitures… Elle est aussi transformée en fruits confits, sirop, alcools.

La troisième coupe de Vin
On boit ensuite la 3ème coupe de vin moitié rouge moitié blanc.
A partir de là, les fruits mentionnés dans le Péri ‘Ets Hadar ne sont pas facilement identifiables.
Ils correspondent sans doute à des fruits des régions où vécurent les communautés juives. Chacun complétera cette liste pour accomplir le verset : « De tous les arbres du jardin tu mangeras ».
Certains mangent 15 sortes de fruits, selon le nombre de cantiques des degrés (Chir HaMaalot) des Psaumes, d’autres en mangent 30 ou plus, chacun suivant ses coutumes, ses moyens et les disponibilités du marché.


La quatrième coupe de Vin
On terminera avec la 4ème coupe de vin rouge additionnée d’un peu de vin blanc.

La bénédiction pour les fruits poussant sur les arbres :

Baroukh ata A-donaï Elo-heinou melekh haolam boré péri haets

[Béni sois-Tu, É-ternel notre D.ieu, Roi de l’univers, qui crée le fruit de l’arbre.]

Si on goûte un fruit pour la première fois de la saison, on récite la bénédiction de Chéhé’hyanou avant de dire celle sur le fruit :

Baroukh ata A-donaï Elo-heinou melekh haolam chéhé’hyanou vékiyémanou véhiguiyanou lizmane hazé

[Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, qui nous a accordé la vie, nous a sustentés et nous a permis d’atteindre cette occasion.]

– Cette journée n’est pas une des grandes fêtes (Yom Tov), toutes les formes de travail sont autorisées. Toutefois, en raison du caractère festif de la journée, nous ne récitons pas les supplications (Ta’hanoun) lors des trois prières.

– Certains ont la coutume de manger du caroube. Le maître de la Kabbale, le saint Arizal, mangeait quinze sortes de fruits en ce jour.

En ce qui concerne les fruits provenant d’Israël, il faut s’assurer de prélever la « Terouma » et le « Maasser ». Il est également important de se renseigner auprès d’une autorité rabbinique compétente pour ce qui concerne les lois de la Chemita.

Quelques recettes pour Tou Bichevat Entrée, ou apéritif

Prenez 2 oignions blancs, vous coupez en lamelles très fines et en longueur/ Prenez une dizaine de dattes, enlevez les noyaux, vous les coupez en fines lamelles, vous faite revenir avec du beurre dans une poele, (les oignions en premier) pendant  4 mn , surtout ne pas les brûler, ils ne doivent pas non plus être croquants ; faire très attention à bien les dorer , ajouter les dattes, une demi cuillère à café de miel, à peine un peu de citron très peu, ou de la vanille.

Faire cuire à feu très doux, lorsque l’oignon, est très tendre et que ça sent très bon dans la cuisine, c’est cuit. Ne pas servir dans des assiettes, mais dans des cuillères individuelles, que vous remplissez sur chaque cuillère et vous décorez avec un fil de la peau d’un citron de tel sorte que le goût du zeste ressorte, (Forum Harissa)

Soupe « spécial Tou BiChevat » à l’orge perlé

Ingrédients:

2 gros oignons en fin petits cubes [haches]
2 tomates pelées [sous l eau chaude]
3-4 branches de céleri + les feuilles
sel, poivre, marak of, un peu de curcuma
2 bonnes poignées d orge perlée

Préparation:

faire revenir les oignons dans de l huile d olive , quand ils sont blonds, couper les tomates pelées en petits morceaux, et rajouter, couper les céleri très fins [en rondelles] couvrir d eau + 2 doigts, rajouter sel, poivre, épice marak of [bouillon cube parve] , orge perlée, et laisser mijoter a feu doux jusqu a cuisson de l orge>

Pour ceux  qui n ont pas le temps, faire tremper l’orge dans de l eau bouillante 1h, ça réduit son temps de cuisson de moitié

vous pouvez rajouter du kosbor[coriandre fraîche] pour le goût
On peut ajouter des petits morceaux de viande si on veut la soupe Bassari [viande]

Figues cuites en accompagnement des viandes

La figue est un fruit dont la saveur se marie très bien avec les viandes blanches et les gibiers. On pourra donc :

  • la faire rôtir à même le plat de viande,
  • en farcir un poulet avec des épices ou des olives,
  • la laisser réduire en purée, mélanger à des pommes de terre, pour accompagner une viande plus forte,
  • la cuire en brochettes, en alternant des morceaux de dinde, d’oignon et de figue,
  • l’ajouter dans un tajine de veau, avec des pruneaux et des pommes des patates douces,
  • en faire un chutney avec des oignons, des pommes, de la cannelle, du poivre, du gingembre, du miel et du citron,
  • l’incorporer dans une version originale du riz pilaf, avec des oignons, un petit piment émincé, du gingembre râpé et du riz sauvage,
  • ou, tout simplement, la passer quelques minutes sur chaque face dans une poêle chaude beurrée

Agneau aux amandes et pignons

Il faut environ 1 kg d’agneau, faire revenir la viande avec des oignions et de l’huile, sel et poivre les dorés sans les brûler ni les caraméliser. Lorsque la viande devient dorée, ajouter de l’eau à couvrir la viande, 2 ou 3 bâtons de cannelle, du gingembre en poudre attention ne pas en mettre beaucoup, du safran, laisser mijoter à feu doux, la sauce doit n’être ni trop épaisse ni trop liquide.

Préparer les pruneaux et les abricots pour les faire pocher, si vous les achetez aux poids la préparation ne doit pas durée plus de 5 minutes, si c’est en sac il faut 10 à 15 minutes, mettre de l’eau dans un casserole ajouter un bâton de cannelle, du sucre, moi je ne mets que du sucre roux et très peu, je n’attend pas que l’eau soit chaude si non le fruit devient trop mou. Quand votre sauce à une jolie couleur et que votre viande est tendre, vous pouvez ajouter les fruits. Servir dans son plat si la cuisson a été faite dans un tajine, ou dans une grande assiette ajouter les amandes que vous avez fait à peine dorer au four et des pignons au moment de servir pour qu’ils restent croquants.(Forum Harissa)

Gâteau de dattes

Battre un mélange blanc, bien mousseux: 5 oeufs, une pincée de sel, 4 cuillères à soupe de sucre cristallisé, 1 sachet de sucre vanille et le jus d’un citron. Ajouter peu à peu, deux cuillères à soupe d’huile, un verre de cerneaux de noix grossièrement moulus,1 verre de dattes hâchées imbibées d’eau chaude, 4 cuillère à soupe de farine pâtissière tamisée avec une cuillère de levure. Verser le mélange obtenu dans un moule enduit de margarine allant au four. Enfourner à feu doux pendant 50 minutes. (Suite 101.fr)

tarte special toubichevat – Recette Cuisine et Patisserie Cacher

(sources Chabad.org – Lamed – Au service de l’Ecriture – Forum Harissa – J.attitude – magazine Adama du KKL)

« Quand on abat un arbre, celui-ci pousse un cri silencieux qui traverse le monde de part en part » Chapitres de Rabbi Eliezer, 33

(Voir aussi CULTURE JUDAÏSME TOU BICHVAT –  du 3 décembre 2009)

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Tou Bichvat et le retour du peuple juif sur sa terre, par Pierre Caïn

La Torah au présent (d’ après des écrits de transmission de Torah)

 

La fête de Tou Bichvat a ses rites, agricoles, mais ne s’accompagne apparemment pas de support thoraïque. Erreur : il existe des textes qui permettent d’ancrer résolument la plantation d’arbres , geste symbolique ‘noble’ , mais « banalisé’, dans la tradition juive.

Il suffit de se référer à la paracha Bechalla’h qui coïncide chaque année avec le Roch Hachanah ( Nouvel An) des arbres

 

A la période de Tou Bichvat, la nature sort de son hibernation et, souterrainement, elle commence à se renouveler par la montée de sève dans les arbres (1). La terre d’Israël renouvelle ses forces, retrouve en quelque sorte sa fertilité.

 

 

 

La coïncidence Tou Bichvat – Chabat Chira , lecture du Cantique de la Mer, n’est pas fortuite non plus. Ce Cantique sera pour Israël, à toutes les époques de son histoire d’une actualité jamais démentie. Dans ce Cantique, l’âme du peuple hébreu s’est élevée au-dessus d’elle même, pour devenir une source de spiritualité , une source de Torah ! » (2). Cette coïncidence exprime ainsi parfaitement la volonté affirmée de « doubler » l’événement naturel ( l’éclosion du monde végétal ) par l’Histoire humaine : en l’occurrence l’éveil du peuple hébreu sorti de l’enfermement de l’Egypte.

 

Jacob étendra ses racines, Israël donnera des bourgeons et des fleurs

 

Autre recommandation: Moïse et les B’nei Israël chantent dans « le Cantique de la Mer » , après le passage de Yam Souf – ( la Mer des Joncs , improprement appelée la Mer Rouge) (Chemoth –Exode XV, 16, 17 ) « ce peuple que tu as acquis , tu le feras venir et tu le fixeras, tu le planteras sur la montagne de Ton héritage ». (3)

 

C’est – à –dire que la descendance aura comme impératif de planter sur cette montagne sacrée (4) et Dieu sera prêt à mener à bien cet objectif

 

Allégorie bucolique reprise par le prophète Amos 9, 14-15 : « Je ramènerai les captifs de mon peuple Israël (… ) , je les replanterai dans leur sol, et ils ne seront plus déracinés de ce sol que je leur ai donné, dit l’Eternel ton Dieu »

 

Ceci est retrouvé dans Jérémie 32, 41 : « Je prendrai plaisir à les rendre heureux et les implanterai solidement dans ce pays, de tout mon coeur et de toute mon âme « (3, p.271)

 

Le prophète Isaïe disait aussi : « Dans les temps à venir, Jacob étendra ses racines, Israël donnera des bourgeons et des fleurs , et ils couvriront de fruits la surface du globe « (Isaïe 27, 6 )…

Lire la suite : Tou Bichvat et le retour du peuple juif sur sa terre Par Pierre Caïn

(Source : Terredisrael – INFO’SION THORA, Jérusalem-capitale – Eretz Israël)

 

Préparer le Séder

Pour préparer le séder, AVEC LA HAGGADAH DE TOU BICHEVAT, par Hillel Bakis, voir ce lien EDITION 2009 NOUVELLE EDITION

Et puis, sur Univers Torah, vous trouverez :

Tou Bichevate et les fruits

Halakha :  Sédèr de Tou Bichvate

Les Fetes :  Le mois de Chevate

Dvar Tora :  Les fruits: signes de la fin des temps

Divers :  L’Étrog ou la sagesse de la Tora

Halakha :  Tou Bichevate dans la Halakha

Les Fetes :  Source et Signification de Tou Bichevate

Halakha :  Tou Bichevate et les fruits

Les Fetes :  Chévate, sous le signe du verseau

Halakha :  Ordre des bénédictions

Le Maharal de Prague dans son livre « Netivote ‘Olam », explique que le monde et son contenu été créé dans le but d’honorer D. Ainsi, une bénédiction récitée par une personne sur un fruit par exemple, dévoile la splendeur du nom divin qui se dégage de la création de ce fruit. Par contre la personne qui profite de ce monde sans faire les bénédictions de circonstance, autrement dit sans être reconnaissante à D., « vole » des Bérakhote à D.
Il empêche donc la révélation divine qui devait sortir de ce fruit.

Faire une bénédiction sur un fruit, avant de le consommer, c’est reconnaître qu’il appartient à D. et que l’on se doit de demander la permission d’en profiter à son créateur.

Manger sans bénédiction ,c’est donc voler le maître du monde.
Si ceci est d’une parfaite logique, il est plus difficile de comprendre pourquoi la Guémara parle de voler le peuple d’Israël?

Rachi, sur place, explique que lorsqu’il ont fauté (manger sans Bérakha), les fruits sont frappés. En d’autres termes, l’absence de bénédiction, par les hommes, sur les fruits, a empêché par contrecoup la bénédiction divine de se répandre sur les fruits. La récolte en a subit les conséquences: les fruits sont moins beaux, moins nombreux (voir le Marcha)

Chant de Tou BiChevat (terredisrael)

Source : Children Songs and a Poem for Tu B’Shvat – Zagit-Zviya Netter

VIDEO : TOU BICHVATYouTube

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Hommage à un jeune arbre abattu avant d’avoir donné ses fruits : Ilan Halimi

LE SOUVENIR D’ILAN RESTERA TOUJOURS VIVANT EN NOUS  !Ilan Halimi avait été retrouvé bailloné, nu, agonisant, près d'une voie ferrée.

Ilan Halimi avait été retrouvé bailloné, nu, agonisant après d’atroces tortures, près d’une voie ferrée (7sur7.be ), attiré dans un piège tendu par des antisémites
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Roch Hachana Léilan, le nouvel an des arbres coïncide cette année avec le 5ème anniversaire de la disparition du jeune et trop tôt disparu Ilan Halimi, que nous n’avons bien sûr pas oublié. Son souvenir reste  enfoui au fond de nos coeurs et nous lui rendons hommage à l’occasion de cette si belle fête (malheureusement pas très connue de tous les Juifs, et c’est pour cela que nous essayons de la faire connaître).

Rappel :

HOMMAGE : ILAN, arbre en hébreu. PRIONS POUR CET ARBRISSEAU ABATTU AVANT D’AVOIR PU DONNER SES FRUITS. ILAN HALIMI est ce jeune homme lâchement et sauvagement mis à mort en 2006 simplement parce qu’il était juif, après avoir subi d’atroces tortures, justement à cette époque de l’année, où l’on fête le Nouvel An des Arbres. Heureusement, nous savons que les barbares qui ont commis cet horrible meurtre, après avoir été jugés par les hommes, le seront aussi, le moment venu, par le Maître du Monde, à qui rien n’échappe ! Mais l’essentiel en ce qui nous concerne tous est de ne jamais oublier Ilan.

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BENEDICTION DES ARBRES EN FLEURS AU MOIS DE NISSAN

Birkat ha-Ilanot (Extrait du livre “Lois & Récits de Pessah”, éditions Torah-Box  – disponible sur http://www.torah-box.com/ebook)

Celui qui, pendant le mois de Nissan voit des arbres fruitiers en fleurs, dira la bénédiction des arbres « Birkat ha-Ilanot », afin de remercier l’Eternel d’avoir fait refleurir les arbres desséchés.
La formule de la bénédiction est la suivante : “Baroukh ata Adona-y éloh-énou mélékh ha olam chélo hissér béolamo cloum oubara bo briote tovot véilanot tovot léhanot bahèm béné adam« 
A priori, on remplira la mitsva le premier jour. Si l’on n’a pas réussi à la réaliser, il sera permis de dire la bénédiction tout le mois de Nissan. Même pendant le mois d’Iyar, il est possible de la dire à condition qu’il y ait des fleurs sur les arbres, même si une partie des fruits a déjà poussé. A priori, il faut dire la bénédiction quand on voit deux arbres fruitiers et non de simples arbres non-fruitiers. Si par erreur, on a dit la bénédiction sur des arbres non-fruitiers, on ne redira pas la bénédiction quand on verra des arbres fruitiers. On ne dira la bénédiction que lorsqu’on voit les arbres. Et donc, s’il se trouve un grand rassemblement qui en gène la vue, on attendra le moment propice avant de dire la bénédiction. Mais si l’on a dit la bénédiction, sans avoir vu l’arbre en fleurs, quand on le verra alors on ne le bénira pas à nouveau. (source Torah Box)

Ilan Halimi, 7 ans après. Par Guershon Nduwa

23 jours de nuit totale (adhésif jamais retiré de son visage et de ses yeux), terrorisé, interdit d’usage des toilettes, nu, affamé, frigorifié, nourri par une paille. Son corps sera torturé, massacré d’impacts et de brûlures de cigarettes jusqu’aux parties génitales. Sa chair dès lors à vif, Youssuf Fofana lui « nettoyera à l’acide » après avoir commencé à lui trancher la gorge et à lui infliger des blessures au couteau (non mortelles). Ilan est encore vif et conscient. Il va jusqu’à faire entendre ses hurlements à ses parents par téléphone. Il sera ensuite aspergé d’essence par Youssuf Fofana qui mettra le feu au corps d’Ilan, brûlé vif sur 80% du corps avant d’être jeté baillonné menotté yeux bandés, toujours nu, sur des voies ferrées. Ilan se traînera plusieurs heures dans les bois, avant d’arriver à un grillage, puis près d’un chemin de fer avant que des passants ne le découvrent vivant et agonisant au petit matin. Incapable de s’exprimer, il décèdera dans l’ambulance.

Si l’horreur n’a pas disparu de l’actualité internationale, qui aurait pu imaginer qu’elle surgirait sous la forme d’une pure duplication des expériences de séquestration, de torture et d’assassinat « vues à la télé ». Ainsi, si la perte de repères moraux devait apparaître à la télé comme le corollaire de la violence en terrain de guerre, rien, dans le pacifisme français apparent, ne préparait le Spectateur à recueillir le corps réellement mutilé d’un jeune homme de 23 ans, Ilan Halimi.

Les communautés juives et noires ont particulièrement été outrée devant l’horreur réalisée par un sombre gang proclamant fièrement son identité : « gang des barbares ».

Barbare, barbaros. L’étymologie grecque nous rappelle que le barbare est à l’origine l’étranger à la Cité. Dans les débris du corps de ce juif français, n’est-ce pas notre propre identité citoyenne que nous devons rechercher ? Si cette mort injustifiable a été fomentée par un amalgame d’images télévisuelles et de préjugés, alors nous devons donner une actualité sans précédant au mouvement fondamental de séparation entre la barbarie et la civilisation…

Lire la suite ici : http://www.fjn-123.fr/spip.php?article1085

(Source : Juifs Noirs)
En deux mots, qui est Guershon Nduwa ?
Originaire de la République Démocratique du Congo,  le rabbin Guershon Nduwa est  Psychologue à « Médecins sans frontières ». Il est le représentant et fondateur de la communauté juive noire en Ile-de-France et président de la Fraternité Judéo-noire.