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Rencontre avec Joseph Joffo autour du « sac de billes » à la synagogue de la Place des Vosges

Un sac de billes____________________________________________________

300 personnes sont venues samedi soir 18 Mars écouter le témoignage de Joseph Joffo. Le format de la soirée était original : le débat fut encadré par des jeunes étudiantes cadres des Perspectives EI des Vosges, Margaux Koren et Anouck Helft, et de nombreux adolescents et enfants purent interroger Joseph Joffo qui se plia au jeu des questions-réponses.

Le Grand rabbin Kaufmann a remercié toutes les familles et en particulier les étudiants venus honorer M. Joffo. Il a rendu hommage à M Joffo et à son épouse pour leur présence.

(Source : Consistoire)

Pour en savoir plus…

« Un sac de billes » est un roman autobiographique, publié en 1978 et traduit en 18 langues. Ce livre a en effet connu un vif succès en librairie (20 millions de livres vendus dans 23 pays).

Ce livre raconte l’épopée, entre 1941 et 1944, de deux garçonnets juifs en fuite dans la France occupée. Le récit autobiographique de Joseph Joffo, écrit avec Claude Klotz (Patrick Cauvin) en 1973, a connu un grand succès en librairie. Il vient d’être porté à l’écran en janvier 2017.

Batyste Fleurial, Dorian Le Clech, Patrick Bruel

Un très beau livre, émouvant et fort…
Alphonse Boudard.

Ce livre qui est celui de la peur, de l’angoisse, de la souffrance aurait pu être aussi le livre de la haine, mais il est, en fin de compte, un cri d’espoir et d’amour.
Bernard Clavel.

Parmi les témoignages sans nombre consacrés aux temps maudits, celui-là est unique, par la nature de l’expérience, l’émotion, la gaieté, la douleur enfantine. Et conté de telle manière que l’aventure saisit, entraîne, porte le lecteur de page en page et jusqu’à la dernière ligne.
Joseph Kessel.

Une spontanéité, un humour, une tendresse, une émotion discrète qui en font un livre pas comme les autres.
La Croix.

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Les Bâtisseurs du Temps

Colin Greer Imagines Rabbi Abraham Joshua Heschel — Jewish Plays Project

L’oeuvre capitale « Les Bâtisseurs du Temps » d’Abraham Joshua Heschel sera rééditée dans les prochaines semaines, grâce à Monsieur Claude Sarfati. Une réédition très attendue.

Pour plus de précisions vous pouvez contacter Monsieur Sarfati (La Torah-Oblong-sarfati. /sarfati.claude@orange.fr ou par téléphone : 06 80 42 26 08).

En attendant, nous avons le plaisir de pouvoir découvrir dès à présent l’introduction à cette rédition écrite par  Maurice-Ruben HAYOUN.

Abraham Joshua Heschel, figure emblématique de la pensée juive contemporaine

L’homme juif n’est jamais seul en ce monde : la Tora est constamment à ses côtés… (A.J. Heschel)

Le Juif doit se surpasser pour être normal. Pour être un homme il doit être plus qu’un homme. Pour être un peuple, les Juifs doivent être plus qu’un peuple… (Les Bâtisseurs du temps, p.53.)

Melting pot dans tous les sens du terme, les USA nous ont habitués à ce brassage des cultures et à ce métissage des hommes. Le cas que nous allons évoquer dans les pages suivantes en est une belle illustration : il montre comment un Juif européen, Abraham Joshua Heschel a incarné dans cette société aux valeurs si différentes des nôtres, un modèle, une vision du monde, qui avait surgi dans ce que le romancier judéo-autrichien Stefan Zweig a nommé le monde d’hier, un univers englouti, perdu, et presque oublié à tout jamais.

Cette lutte contre l’amnésie, la disparition, l’extermination, ce philosophe-théologien aux accents prophétiques l’a menée, et, dans une certaine mesure, l’a même gagnée.

Dans ce livre, réédité grâce à la passion et à la ténacité de Monsieur Claude Sarfati, Heschel montre que ce qui relève de l’espace peut disparaître, mais pas ce qui relève du temps et lui appartient.

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Né en 1907 à Varsovie, ce qui  fait d’Emmanuel Levinas son aîné d’une petite année,  venu au monde dans une contrée bien plus reculée d’Europe orientale, la Lituanie, Abraham Joshua Heschel connut, à peu de choses près, le même destin que son alter ego parisien : comme son coreligionnaire lituanien, il dut partir, quitter sa Varsovie natale, son milieu naturel, emportant avec lui cet univers peuplé de hassidim qui, contrairement à leurs frères «d’Occident» n’avaient pas relégué à l’arrière-plan leur attachement aux pratiques religieuses ancestrales.

Refusant de troquer leur identité juive proprement dite contre le plat de lentilles d’une culture européenne broyant tout sur son passage, comme la totalisation et le savoir absolu de Hegel, Ils continuaient de vivre conformément aux directives des dynasties hassidiques de leur époque.

Comme chacun sait, chaque secte hassidique portait à sa tête un tsaddiq (un Juste), qui réglait pour tous ses membres jusqu’aux plus infimes détails de la vie quotidienne.

Mais de substantielles différences subsistent entre ces deux coryphées de la pensée philosophique du judaïsme au cours du XXe siècle.

Sous l’angle de l’attachement au hassidisme et à la kabbale(1), ces deux penseurs juifs, Levinas et Heschel suivaient des orientations presque opposées. Alors que Levinas(2) ne cessera jamais de manifester une certaine retenue, pour ne pas dire une réserve(3) teintée d’hostilité, à l’égard du hassidisme et de  la mystique en général, ce même ésotérisme juif, cette kabbale(4) qui offrait l’indispensable fondement théologique aux doctrines des adeptes du Baalshemtov,  Heschel restera, sa vie durant, attaché à ce courant de pensée qu’il incarnait, au vrai sens du terme, dans un judaïsme américain oublieux de ses racines et de cette vieille, mais Ô combien authentique piété, à l’abri de toute contamination des idéaux de l’Emancipation, pire, des tentations d’une assimilation délétère.

De ce point de vue, un monde séparait les deux hommes : Levinas est né dans la place forte, le bastion du talmud, la Lituanie du Gaon de Vilna(5) qui avait mené une lutte acharnée contre ces hassidim dans le comportement desquels il subodorait presque de l’hérésie… Pour Heschel, ce hassidisme était la saveur exquise du judaïsme, dans lequel il avait baigné  dans sa jeunesse, un véritable élixir de jouvence, la garantie d’un culte jeune, vivant et plein de force. Mais il n’a jamais négligé les études talmudiques, comme l’attestent les multiples renvois aux sources juives anciennes, au midrash et au talmud.

Donc, ce rapprochement entre ces deux penseurs issus d’Europe orientale, c’est-à-dire des Ostjuden, ne va guère plus loin, même si tous deux ont dû s’adapter, chacun à sa façon, à leur nouveau mode de vie, l’un en France, donc en Occident (comme le dit Levinas si souvent en parlant de Juifs occidentaux par opposition à sa propre provenance), et l’autre aux Etats-Unis après un bref passage à Londres, où il tenta de créer un centre d’études juives.

Levinas, que je sache, s’est très vite mis au français ; sa première année à Strasbourg fut consacrée à l’apprentissage du latin à l’université locale, ce qui facilitait grandement l’acquisition de la langue de Voltaire. Il a  toujours recouru à cette grande langue de culture tandis que Heschel, en raison de ses origines varsoviennes, a dû parler le yiddish et le polonais et a écrit ses œuvres dans au moins quatre langues : en yiddish, en allemand, en hébreu et enfin en anglais.

Dans ce contexte, on doit citer le cas de Martin Buber, né à Vienne mais ayant passé son enfance dans le lycée de Lvov (Lemberg), la capitale de la Galicie autrichienne, chez ses grands parents paternels, et qui maîtrisait à la fois le polonais et l’allemand, sans même parler de l’hébreu biblique et rabbinique, sous la férule bienveillante de son grand père, le célèbre érudit Salomon Buber, éditeur de  maints midrachim.

Depuis l’imposant ouvrage de Edward K. Kaplan(6) et son adaptation française, la vie et l’œuvre de Heschel sont mieux connues.  Et sa réputation avait dépassé les limites de son pays d’adoption, le continent nord-américain.

Ayant baigné dans ce milieu entièrement imprégné de culture traditionnelle où le lernen était de tradition depuis des décennies, voire des siècles, le jeune Heschel était déjà ordonné rabbin hassidique au sortir de l’adolescence. Il obtint donc dans son milieu d’origine l’ordination, mais cela ne lui a pas suffi.

Comme Léo Baeck qui fut son maître avec Ismar Elbogen et Julius Gutmann à Berlin, dans le cadre de la Hochschule für die Wissenschaft des Judentums, berceau de la réforme et du libéralisme, il quittera le judaïsme d’Europe de l’est pour soutenir une thèse de doctorat à l’université sur le thème de La conscience prophétique.

Parallèlement à cette formation purement universitaire, le jeune homme qui vivait modestement dans la capitale du IIIème Reich, suivait les cours à la Hochschule, une scolarité sanctionnée par l’octroi d’une nouvelle ordination rabbinique, frappée, celle-ci, du sceau libéral.

On sent déjà chez lui les efforts en vue d’un rassemblement des deux partis de la culture religieuse, les traditionnalistes et les libéraux. Cela ne manquera pas de peser lorsque Heschel exercera son magistère aux USA où les libéraux et les réformés s’étaient taillé la part du lion. Il voulait parler à tous les juifs, sans exclusive aucune.

On peut s’interroger sur cette tension polaire qui fit d’un jeune émigré d’Europe orientale un être un peu hybride, car affilié à deux approches contrastées d’une même et unique tradition.

Pourtant, les choses semblent s’être plutôt bien passées, puisque Léo Baeck le prendra sous sa protection et lui confiera une charge de conférence en matière talmudique. Il est vrai qu’il était parfaitement qualifié pour ce type d’enseignement qui avait bercé son adolescence et même sa prime enfance. Il suffit de feuilleter l’autobiographie d’un Salomon Maimon (1750/52-1800) pour se faire une idée de la place occupée par la littérature talmudique dans l’ancien système éducatif juif.…(7)

L’Allemagne, le judaïsme allemand et la science du judaïsme (la Wissenschaft des Judentums) ont donc joué un grand rôle dans le développement et la maturation de Heschel qui soutient sa thèse de doctorat sur place à Berlin sur La conscience prophétique.(8)

Maître de conférences, toujours à Berlin, Heschel finit par attirer l’attention d’un autre grand penseur juif de l’époque, Martin Buber, qui s’était fait connaître par ses ouvrages sur le hassidisme et aussi par ses publications sionistes, sans même parler de son maître-livre (1923) Je et tu qui le rendit célèbre dans le monde entier.

En 1937, Buber (9) qui avait pris la relève de Rosenzweig dès 1929 pour devenir le spiritus rector du Lehrhaus de Francfort-sur-le-Main, recruta le jeune Heschel comme successeur, car lui-même finit par se rendre à l’Université Hébraïque de Jérusalem où l’attendait une chaire de professeur de sociologie.

Les gouverneurs de la jeune institution refusèrent de lui confier une chaire d’études juives en raison de ses idées religieuses peu orthodoxes. Heschel s’opposa courtoisement à Buber au sujet de la place des commandements dans la religion juive.

Buber ne pouvait pas admettre que le contenu de la Révélation fût une pléthore de commandements positifs et négatifs. De même, sa conception du message prophétique était autre que celle de Heschel ; pour Buber, la prophétie ne serait qu’une manière symbolique de transmettre un message moral.. Alors que Heschel, contrairement au talmud selon lequel depuis la destruction du temple la prophétie n’était plus que l’apanage des enfants et des fous, tenait que la prophétie se poursuivait encore de notre temps et qu’un savant comme Maimonide avait, d’une certaine façon, atteint ce stade ultime de la connaissance.

Nous sommes en 1937/38, la vie juive s’était pratiquement à l’arrêt en Allemagne où les Nazis avaient mis en place d’abominables législations racistes et antisémites.

Les juifs avaient été chassés des emplois publics, de l’administration, de l’armée, de l’édition, des hôpitaux, des écoles et des universités… Ils n’avaient même plus le droit de fréquenter les jardins publics ! Courageusement, le jeune trentenaire accepta de quitter Berlin pour Francfort-sur-le-Main afin d’y entretenir la flamme si vacillante d’un judaïsme déclaré hors la loi.

Il tenta d’organiser quelques enseignements destinés aux adultes (jüdische Erwachsenenbildung) mais la Gestapo surveillait tous ses faits et gestes. Et un soir d’automne 1938, Heschel fut arrêté dans la modeste chambre qu’il louait chez une famille juive de Francfort avec d’autres compagnons d’infortune : tous furent renvoyés en Pologne dont ils étaient originaires.

On se souvient que le jeune juif polonais, le fameux Herschel Grynszpan qui assassina le conseiller d’ambassade à Paris vom Rath, reconnut avoir perpétré son acte en raison des conditions inhumaines faites à ses parents, bloqués avec des milliers d’autres coreligionnaires,  dans un no man’s land, à la frontière entre la Pologne et le Reich, chacune de ces deux puissances exigeant de l’autre qu’elle la débarrasse de ses juifs indésirables…


Expulsé vers la Pologne, Heschel tenta de faire sur place ce qu’on lui avait interdit à Francfort : maintenir le judaïsme en vie, porter aide et assistance à une population démunie et privée de tout. 

Expulsé vers la Pologne, Heschel tenta de faire sur place ce qu’on lui avait interdit à Francfort : maintenir le judaïsme en vie, porter aide et assistance à une population démunie et privée de tout.

Il demeura sur place environ dix mois et réussit à s’envoler pour l’Angleterre d’où le professeur Julian Morgenstern de Cincinnati, chargé de faciliter le rapatriement des savants juifs de l’Allemagne nazie, et lui aussi spécialiste du prophétisme et dirigeant du Hebrew Union College de Cincinnati (Ohio), réussit à le faire venir aux USA.

On notera, en passant, que les premiers travaux d’André Néher, titulaire de la première chaire d’études hébraïques et juives à l’Université de Strasbourg, portaient aussi sur l’essence du prophétisme (10) ; une influence de Heschel sur les collègues juifs de France n’est donc pas à exclure.

Installé dès 1940 aux USA, le jeune universitaire trouve tout de même le temps de se marier le 10 décembre 1946 à Los Angeles avec une pianiste.

Au plan professionnel, il est tout naturellement embauché par le séminaire rabbinique du judaïsme libéral (HUC, Cincinnati) où il enseignera environ cinq années.

Là aussi surgit un paradoxe : certes, il avait fait comme son maître Léo Baeck, issu d’un milieu très orthodoxe, ayant entamé des études rabbiniques sous l’égide des orthodoxes mais qui finit par trouver refuge chez les libéraux.

On se rappelle que Heschel avait obtenu l’ordination des deux bords mais dans quel sens penchait son cœur ? Tout son être le poussait en direction de la mystique, du hassidisme, vers une foi non conceptualisée mais intelligente et éclairée, bref vers un judaïsme plus traditionnel, appelé aux USA conservative… Et dès que l’ occasion se présenta, il alla rejoindre le collegium des professeurs du Jewish Theological Seminary de New York (JTS). Sur place, Heschel n’eut pas que des amis car lui-même avait affirmé avec force ses orientations religieuses qui paraissaient très personnelles à certains collègues.

« Quand je défilais à Selma, je sentais que mes jambes priaient. »


Abraham Heschel avec Martin Luther King, le 7 décembre 1965

 

Une profonde amitié    unissant le rabbin-prophète au militant noir des droits civiques, le pasteur Martin Luther King : Heschel effectua la célèbre marche aux côtés du pasteur qui allait être assassiné.


Surtout, ce comportement de prophète en indisposait plus d’un qui ne jouissait pas de la même exposition médiatique. Dans ce contexte, rappelons la profonde amitié unissant le rabbin-prophète au militant noir des droits civiques, le pasteur Martin Luther King.

Heschel effectua la célèbre marche aux côtés du pasteur qui allait être assassiné.  Il y eut donc aussi certaines rivalités, voire même des animosités avec des collègues dispensant à peu près le même enseignement que Heschel, le talmud, la philosophie médiévale, la mystique, etc… Mais l’enthousiasme hassidique de ce professeur, cette hitlahavout, vint à bout de tous les obstacles d’un milieu universitaire borné.

Au cours de ces années là, un autre grand savant, un éminent talmudiste, enseignait aussi au JTS, Saül Libermann ; c’était un érudit (11) hors pair qui alliait les méthodes scientifiques modernes à une stricte observance de la tradition..

C’est avec lui que Gershom Scholem décida de collaborer pour déterminer les rapports entre la mystique de la Merkaba (la vision du char divin du prophète Ezéchiel) et la tradition talmudique(12). Il est vrai que Heschel n’aurait certainement pas suivi les mêmes méthodes utilisées par Scholem dans son approche des grands textes mystiques(13). Mais on constatera en lisant ces Bâtisseurs du temps que Heschel renvoie très souvent au Zohar et à son exégèse ésotérique.

Selon son excellent biographe, Edward Kaplan(14) (dans A. Heschel : la sainteté en paroles, piété, poétique, action), la vie et l’œuvre de  l’auteur se diviserait en trois grandes parties : a) de 1940 à 1950, la première et très fructueuse décennie passée aux USA, l’auteur se livre à un approfondissement des valeurs philosophico-théologiques du judaïsme américain ; b) de 1951 à 1962 il adopte une approche plus critique de la pratique juive sur place, tant chez les conservative que chez les libéraux ; c) de 1962 à 1972 on assiste à ce que le biographe nomme «l’activisme prophétique».

Le père Pierre-Maurice Bogaert avait rédigé une excellent compte-rendu du livre de Kaplan dans la Revue théologique de Louvain (15) dans lequel il relevait la «théologie des profondeurs» de Heschel et ce qu’il nommait «l’absentéisme spirituel» de ses coreligionnaires américains.

En parcourant les écrits de Heschel, on remarque quelques affinités avec l’Essence du judaïsme de Léo Baeck (Paris, PUF, 1992) : on y parle de l’élection d’Israël, de la Révélation ainsi d’une application des mitzwot, raisonnée et empreinte de spiritualité.

Heschel évite les anthropomorphismes, mais préconise l’anthropopathie, c’est-à-dire qu’il prêté à Dieu ce qui ressemble fort à des sentiments humains. On sent percer le théologien sous le philosophe : Dieu, et l’homme, dans son sillage, sont toujours traités dans leur irréductibilité aux choses du monde. Cela rappelle Rosenzweig mais cela rappelle aussi Levinas et ses notions de visage et d’infini…

Quelques citations qui parlent d’elles-mêmes :

La conscience de Dieu est aussi proche de l’homme pieux que le battement de son cœur, souvent calme, profonde, mais parfois aussi débordante, enivrante, mettant le feu à l’âme…

L’autobiographie de Heschel n’a paru qu’à titre posthume, intitulée Le tourment de la vérité et présentée par sa fille Susannah Heschel.

Micha Brumlik, notre collègue allemand, a réuni trois penseurs juifs, Buber, Heschel et Levinas, dans un essai (16)paru outre-Rhin. Il évoque la publication par la veuve du penseur, Sylvia Heschel, tout juste un an après la mort de son époux, d’une étude de ce dernier sur un célèbre maître hassidique, Rabbi Menahem Mendel de Kotz.

Et c’est la remarque placée par Heschel en exergue qui retient toute notre attention : Voici pourquoi je devais absolument rédiger ce livre… Outre quelques détails autobiographiques, rappelant sa naissance à Varsovie, Heschel relate qu’il passa une partie de sa prime enfance en Ukraine, dans la localité de Metsbih, une bourgade où le fondateur de la secte, le Baalshemtob a passé les dernières années de sa vie. On comprend mieux que rien n’a pu déraciner les convictions profondes de Heschel.

C’est qu’il descendait lui-même de grandes dynasties hassidiques, tant du côté paternel que maternel. Parlant du paysage de son enfance, Heschel affirme avec une pointe de nostalgie que chaque pas fait sur le chemin évoquait une prière et chaque pierre rappelait un miracle… Il ajoutait qu’il n’avait que neuf ans lorsqu’il entendit parler pour la première fois du rabbi de Kotz.

C’est à ce guide spirituel qu’il devait une meilleure maîtrise de soi, une conduite plus équilibrée, loin des effusions qui transforment souvent en enfer une vie qui promettait pourtant d’être paisible. Brumlik souligne que contrairement à Buber qui avait quelque peu transfiguré les dévots qu’il décrivait dans ses ouvrages, Heschel, lui, en était le produit, le descendant et le continuateur naturel. D’où son côté prophétique que presque tous ceux qui l’on côtoyé, connu ou simplement lu, mettent en avant. Cet homme qui se dépensait sans compter pour ses idées n’a vécu que soixante-cinq ans sur cette terre, dont plus de la moitié dans des cercles d’Europe de l’est (Ostjuden), que ce fût à Berlin, Francfort, Varsovie, Vilna et  Mezbih, autant de centres culturels juifs où, au total, on dénombrait pas moins de dix-neuf journaux ou publications communautaires…


Cette religiosité simple mais profonde a donc accompagné Heschel toute sa vie et même quand on a pu croire qu’il ralliait la science du judaïsme dans sa version typiquement germanique, éradiquant ainsi son héritage hassidique, il a fini par revenir à lui-même et à retrouver ses propres racines.


Cette religiosité simple mais profonde a donc accompagné Heschel toute sa vie et même quand on a pu croire qu’il ralliait la science du judaïsme dans sa version typiquement germanique, éradiquant ainsi son héritage hassidique, il a fini par revenir à lui-même et à retrouver ses propres racines. Quand il se préparait à soutenir son doctoral à l’université de Berlin, il avait publié non seulement des ouvrages (sur Maimonide, 1935),  (sur Isaac Abrabanel, 1937) mais aussi des articles dans la célèbre revue d’érudition de l’époque (MGWJ) (17) dont l’esprit était imprégné d’historicisme. C’est-à-dire qu’on s’y livrait un peu à l’archéologie de la philosophie juive, comme des épigraphistes qui déchiffrent les inscriptions de vieilles pierres tombales, au lieu d’œuvrer à l’émergence d’une pensée juive vivante, en accord avec son temps, voire même en avance sur lui.

En fait, et toute sa production philosophico-théologique le prouve, Heschel en Amérique s’est voulu l’apôtre d’un néo-hassidisme destiné à rappeler aux juifs de ce continent leurs origines, notamment est-européennes..

Mais il critiquait aussi ce qu’il nommait le pan-halakhisme de certains rabbins ultra-orthodoxes. Brumlik montre bien qu’une faille béait dans l’âme de ces êtres, ces juifs américains, écartelés entre un passé irrattrapable et un avenir insaisissable parce qu’imprévisible.

Il relate une anecdote significative consignée par écrit par Heschel en personne. Au milieu des années cinquante, un de ses étudiants lui pose des questions sur le déroulement d’un chabbat chez les hassidim de Williamsburg à New York. Heschel lui demande pour quelles raisons il n’effectue pas le déplacement pour s’en rendre compte par lui-même. Et voici la réponse de l’étudiant : je ne peux pas le faire. Car après avoir quitté ma Pologne natale, je suis devenu un Occidental moderne. Et je ne peux plus revenir en arrière…


Aller de l’avant tout en tenant compte du passé, sans retour en arrière, sans régression : tel fut le défi que Heschel tenta de relever dans une œuvre riche et très personnelle.


Aller de l’avant tout en tenant compte du passé, sans retour en arrière, sans régression : tel fut le défi que Heschel tenta de relever dans une œuvre riche et très personnelle.

Il faut dire un mot de ce que pensait Heschel de la Shoah au cours de laquelle plusieurs membres de sa famille furent tués. Cette catastrophe est comparable à la destruction du temple de Jérusalem, elle laissa le judaïsme d’Europe et du reste du monde dans un état de sidération profonde. Le premier point est que Heschel refuse toute théologie de la Shoah. Il va même jusqu’à écrire que tenter de répondre à cette catastrophe revient à commettre un blasphème.

Un blasphème suprême: Israël nous permet de supporter le supplice d’Auschwitz sans désespoir radical, de percevoir un rayon de l’éclat divin dans les jungles de l’Histoire. Cela nous rappelle aussi le beau roman d’André Schwarz-Bart, Le dernier des Justes qui fut aussi traduit en anglais aux USA : The last of the Just… et qui se vendit à près d’un demi million d’exemplaires(18).

Avant de se concentrer sur Les Bâtisseurs du temps, passons brièvement en revue les grandes articulations de la pensée de ce rabbin-prophète qui n’hésita pas à s’engager aussi bien auprès du pape Paul VI lors du concile Vatican II que de la lutte des afro-américains en faveur des droits civiques, déjà évoquée plus haut.. Ou contre la guerre au Vietnam. Avoir des idées racistes, disait-il, c’était blasphémer, commettre une profanation du Nom divin (hillul ha-Shem). Heschel n’établissait pas de séparation entre les grands drames de son temps : Auschwitz et Hiroshima sont toujours présents à ma pensée…

Le respect de la solennité et du repos du chabbat, avec un autre ouvrage, déjà mentionné, La terre est à Dieu, et où Heschel rend hommage au judaïsme hassidique d’Europe de l’est qui l’a vu naître : tous deux devenus sous la plume heureuse de Georges Levitte Les Bâtisseurs du temps. On trouve ensuite d’autres ouvrages : Man is not alone (1951) () ; God in search of man. A philosophy of religion (1955) ; Le tourment de la vérité (1976). ; L’homme n’est pas seul ( 1989) ; Tora min ha-shamayim be-ispaklarya shel ha dorot (La Tora divine au fil des générations ; texte en hébreu traduit en anglais par le rabbin Gordon Tucker ; Die Prophetie (1936) ; Man’s quest for God : studies in prayer and symbolism (1954)


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Heschel ne s’est pas intéressé exclusivement au judaïsme, il a appréhendé le phénomène religieux en général et n’hésitait pas à dire que les adeptes des différentes religions devaient échanger entre eux car aucune religion n’est une île lointaine, isolée du reste du monde.

Ce qui explique que Heschel favorisera le dialogue interreligieux, non seulement avec les chrétiens mais aussi, quoique plus timidement, avec l’islam.


Que pouvons nous retirer de ces œuvres ?

Une certaine adaptation des valeurs hassidiques de chaleur humaine, de solidarité, de bonté et d’authenticité ; un souci de l’autre ou du prochain.

Heschel ne s’est pas intéressé exclusivement au judaïsme, il a appréhendé le phénomène religieux en général et n’hésitait pas à dire que les adeptes des différentes religions devaient échanger entre eux car aucune religion n’est une île lointaine, isolée du reste du monde.

Ce qui explique que Heschel favorisera le dialogue interreligieux, non seulement avec les chrétiens mais aussi, quoique plus timidement, avec l’islam(19).

Nourri des sources juives anciennes (même s’il n’aurait pas voulu avaliser cette expression trop historiciste), Heschel était bien conscient du rapport dialectique qu’entretenaient au sein du judaïsme rabbinique deux courants assez différents l’un de l’autre : l’aggada et la halakha.

La même dialectique est incarnée par de grandes figures de leurs générations respectives : rabbi Akiba tenait que la Tora était tissée de paroles, de mots de provenance divine, presque de mystères et d’obscures allégories qu’il convenait d’interpréter correctement. Rabbi Ismaël, l’auteur d’un système herméneutique connu, était d’avis, quant à lui, que la Tora s’exprimait dans le langage des hommes, donc favorisait une démarche logique et promouvait le sens obvie (pechat).

Tout étudiant de la littérature rabbinique sait qu’elle ne contient pas de théologie systématique digne de ce nom et qu’il faut soi-même rapprocher les textes les uns des autres pour pouvoir en extraire une théorie proche de la vérité.


Pour Heschel, Dieu est une réalité qui ne se réduit pas à une simple projection psychologique ni même à une abstraction philosophique.Quant à la pratique religieuse, Heschel a mis en valeur la notion traditionnelle de kawwanah, l’intention profonde.

Pour Heschel, Dieu est une réalité qui ne se réduit pas à une simple projection psychologique ni même à une abstraction philosophique.

Ce n’est pas le concept divin de Kant, tel qu’il fut étudié par Julius Gutmann, par exemple. Quant à la pratique religieuse, Heschel a mis en valeur la notion traditionnelle de kawwanah, l’intention profonde. Aucune heure ne ressemble à une autre, passée ou à venir. On a un peu l’impression de lire du Bergson ou du … Levinas. La voie est étroite entre le ritualisme, résultat d’une répétition mécanique, dépourvue d’âme, d’intention, et ce renouvellement constant qu’offre justement la kawwanah…

Aucun domaine n’est à négliger, l’homme qui croit doit s’investir en toute situation qui implique la réaffirmation des valeurs morales et religieuses : le statut divin de toutes les créatures constitue le trait fondamental de la philosophie religieuse de Heschel. Cet homme qui n’a eu qu’une vie très brève, en a retiré assez de sagesse pour dire ceci : Quand j’étais jeune, j’aimais les gens intelligents, maintenant que je suis vieux je préfère les gens qui sont bons et bienveillants…

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Il est temps de passer au contenu théologique des Bâtisseurs du temps.

Les premières pages de ce beau livre constituent un vibrant hommage à un univers ancien, celui des rabbins hassidiques qui étaient autant des pasteurs que des meneurs d’hommes.

Tout dans leurs actes et leurs paroles exhalaient la bonté, la foi naïve, l’abandon confiant à Dieu. Rien, nous dit Heschel, n’était laissé au hasard. Tout avait un sens, même les actes les plus anodins de la vie quotidienne.

Nous avons comparé plus ces quelques à l’esprit qui entoure les pages des Mémoires de Stefan Zweig, contraint lui aussi à l’exil par les Nazis qui mirent fin à cet univers des sectes hassidiques où Dieu était partout, présent à chaque instant du jour et de la nuit.

Heschel traduit du yiddish les paroles que le bedeau criait aux premières lueurs de l’aube pour réveiller les juifs du bourg et leur rappeler les devoirs religieux. En ce temps là, tout était naturel, tout semblait couler de source : les hassidim évoluaient dans leur univers, un univers scandé par les prières quotidiennes, les fêtes juives et l’étude de la Tora. Heschel parle même d’une réunion de cochers, délaissant leurs fiacres pour se réunir en équipe étudiant la Tora de Dieu dans leur langue yiddish, une langue dans laquelle même un érudit comme rabbi Nahman de Braslav préférait épancher son cœur.

A cette époque, le professeur d’université n’avait pas encore détrôné le talmid-hakham, le disciple des sages. C’était le magguid, le récitant inspiré qui menait la communauté, il était le lien vivant tissé entre les puissances d’en-haut et les créatures d’en-bas. Ce vibrant hommage rendu au judaïsme d’Europe de l’Est éradiqué par la barbarie nazie se retrouve aussi chez un grand romancier juif né en Galicie autrichienne, Joseph Roth, et notamment dans son bel ouvrage, Le poids de la grâce

Avec leurs chétifs moyens, ces hassidim savaient faire face à l’adversité. La foi et la prière étaient leur unique panoplie, leur seule stratégie de survie dans un environnement hostile et parfois même meurtrier. Mais Heschel n’oublie jamais l’autre grande branche du judaïsme : aux côtés des ashkénazes il y a les séfarades et à ce sujet nous avons repensé à une belle phrase écrite par Léo Baeck dans son Essence du judaïsme : les ashkénazes avaient la culture de la piété et les séfarades la piété de la culture…

Le chabbat est la pièce maîtresse de l’existence juive. C’est le jour que tous les hommes, soucieux de se retrouver, de renouer avec la spiritualité, attendent  avec impatience. On a dit plus haut que même les êtres les plus simples s’adonnaient à l’étude de la Tora de Dieu, sans que cela ne les conduise jamais à se détacher du monde. Ils sont la nostalgie d’un monde éternel, figé, celui du chabbat, mais ne souhaitent pas sombrer dans un ascétisme de mauvais aloi ni dans je ne sais quelle contemption du corps.

Heschel cite de très nombreux passages de la littérature traditionnelle tressant des couronnes au chabbat, à son harmonie, à ses joies ineffables, à ses plaisirs mêmes, au soulagement de l’homme qui peut enfin s’arrêter, se regarder et regarder tout autour de lui… Le chabbat relève du monde futur, c’est une parcelle d’éternité dans notre vie. Ha-chabbat ma’én olam ha ba : c’est un parfum du monde futur. Citons cette belle formule :  le monde se sustente de ce qui le dépasse (p. 44 in fine)

La possibilité nous est offerte de consacrer au moins un septième de notre vie à l’amour désintéressé de Dieu : c’est le présente que nous fait le chabbat, ce septième jour qui nous associé à l’œuvre de la création. Le respect du chabbat est consigné dans le Décalogue, mais, nous dit le Talmud, il n’est pas exclusivement réservé aux Juifs. Car ils ne sont pas les seuls à bénéficier des bienfaits de la création, toute l’humanité y prend part. C’est le chabbat de la création (chabbat de-beri’a) : l’humanité dans son intégralité devrait respecter le chabbat puisqu’elle bénéficie de toute l’économie universelle de la création.

Grâce au chabbat, l’homme réussit à transcender les limites du monde visible. Il entre alors en relation avec des puissances occultes, invisibles mais agissantes. Nous n’avons pas la place pour évoquer toutes les prières du chabbat commentées par l’auteur ; comment, par exemple, Israël devient l’époux de la fiancée, de la princesse chabbat, comme dans le fameux poème de Heinrich Heine.Résultat de recherche d'images pour "Abraham Joshua Heschel"

Le chabbat a sauvé Israël de la disparition physique et de l’assimilation religieuse. Lisons ce passage tiré de ce livre :

Dans la confusion spirituelle de ces cent dernières années, la plupart d’entre nous n’ont jeté qu’un regard de mépris sur l’incomparable beauté de nos pauvres vieilles familles. Nous comparions nos pères et nos grands-pères, nos savants et nos rabbins aux intellectuels russes ou allemands. Nous prêchions au nom du «XXe siècle», nous mesurions les mérites de Berditchev et de Guer selon les canons de Paris et de Heidelberg. Aveuglés par les lumières des grandes capitales, nous avions perdu le regard intérieur(20).

Mais Heschel ne désespère pas ; il poursuit en ces termes et on connaît peu de critiques aussi acérées contre l’american way of life :

Petit à petit, la vie d’autrefois a révélé sa beauté intérieure, la civilisation d’aujourd’hui, son vide…. Nous avons troqué la sainteté pour l’utilité, la loyauté pour la réussite, la sagesse pour l’information, les prières pour des discours, la tradition pour la mode.

Devons-nous, pour autant, baisser les bras ? Non point, car tout n’est pas perdu grâce à cette sacralisation typiquement juive du temps où le moindre acte se voit promu au rang de sanctification pour les prières et actions de grâce :

Un monde a disparu. Tout ce qui reste est un sanctuaire caché au royaume de l’esprit. Nous, les hommes de ma génération, en détenons encore les clés. Si nous oublions, si nous n’ouvrons pas les portes, la sainteté de tous ces siècles demeurera le secret de Dieu.. Nous, les hommes de ma génération, détenons la clé du sanctuaire où dort notre âme délaissée. Si nous la perdons, nous ne serons plus jamais les mêmes. (p 92)

Alors comment rester fidèle au message, comment rester juif dans cette désolation et cette confusion,

Être juif c’est conserver son âme pure, c’est ouvrir les vannes au flot infini de nos efforts, afin que Dieu n’ait pas à se repentir de sa Création. Le judaïsme n’est pas une qualité de l’âme, mais une vie spirituelle. L’âme nous été donnée à notre naissance, mais l’esprit nous devons l’acquérir. (p 93… Nous sommes l’enjeu de Dieu dans l’Histoire  humaine).

Maurice-Ruben Hayoun

Les Bâtisseurs du Temps

(Source : JForum)

Levinas : une idée de Dieu

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Levinas : une idée de D.ieu


Levinas, De Dieu qui vient à L’idée  (Vrin, 1982, 2004)

Exception faite de sa thèse de doctorat d’Etat Totalité et infini (1961), Emmanuel Levinas a surtout privilégié les recueils d’articles ou d’études distinctes, regroupés par affinités thématiques. Et le recueil qu’on a choisi de présenter en raison de son exceptionnelle richesse, porte sur Dieu et les conceptions qu’on est en mesure de s’en faire. D’où le titre.


CouvertureLevinas a poursuivi, sa vie durant, une seule, mais très puissante idée : remplacer l’ontologie, le savoir, la science absolue, par l’éthique, le souci de l’autre, la responsabilité pour le prochain, au point même d’assumer l’inconfortable condition (ou in-condition) d’otage.

Levinas a poursuivi, sa vie durant, une seule, mais très puissante idée : remplacer l’ontologie, le savoir, la science absolue, par l’éthique, le souci de l’autre, la responsabilité pour le prochain, au point même d’assumer l’inconfortable condition (ou in-condition) d’otage.

Quoi qu’il fasse, l’Autre, le prochain me commande cette position morale à laquelle rien ne me permet de me dérober.

Position irrémissible, dit le philosophe, comparable à mon être-pour-la-mort dont parle Heidegger dans Être et temps (1927) : je ne peux pas charger quelqu’un de mourir à ma place, c’est moi que la mort touchera au moment de la fin. Je ne peux pas déléguer un autre…

Levinas a donc poursuivi cette voie de l’éthique, devenue philosophie première, ayant en son centre le prochain, et par voie de corrélation, Dieu lui-même. Car le prochain me remet à l’esprit le verset du Décalogue, Tu ne tueras point…


L’homme doit exercer sa responsabilité pour autrui sans le moindre souci de réciprocité.

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Emmanuel Levinas

L’homme doit exercer sa responsabilité pour autrui sans le moindre souci de réciprocité.

C’est d’ailleurs ce qui sépare l’idée Je-Tu de Buber des conceptions de Levinas.

Ce dernier prône l’asymétrie la plus parfaite puisqu’il refuse de s’occuper de le responsabilité d’autrui à son égard. Pas de corrélation ou amour du prochain. Et c’est le visage de l’autre qui me rappelle à mon devoir. Cette attitude d’exposition à la blessure ou à la meurtrissure me permet de transcender mon être, un être à la liberté meurtrière car sa première réaction est de me dicter une certaine indifférence à l’égard d’autrui. Pastichant Aristote qui stipule que nul n’est méchant volontairement dans l’Ethique à Nicomaque, Levinas écrit que nul n’est bon volontairement.

C’est pourquoi, sans viser pour le prochain un amour avec Eros, il recommande la non-in-différence, premier pas vers une socialité, soucieuse d’imposer la concorde aux consciences se réclamant de principes contradictoires et disposées naturellement à se combattre sans merci.

Mais ce n’est pas aussi simple qu’il paraît ; car, comment se faire une idée de Dieu ? Comment faire pour contourner ce que Descartes a bien posé dans ses Méditations, si adroitement commentées par le père de la phénoménologie Edmund Husserl dans ses Méditations cartésiennes.


La problématique est la suivante : comment notre pensée et notre intellect, peuvent-ils penser l’infini qui les dépasse sans commune mesure ? Et pourtant nous parvenons à comprendre cela, sans pour autant pouvoir se faire une idée de Dieu ?


La problématique est la suivante : comment notre pensée, notre intellect, peut-elle, peut-il, penser l’infini qui la dépasse sans commune mesure ? Et pourtant nous parvenons à comprendre cela, sans pour autant pouvoir se faire une idée de Dieu ?

Pas d’idée possible de Dieu mais, en revanche, Dieu en nous, Dieu en tant qu’infini, présent dans notre spéculation. Ainsi pense une pensée qui pense qu’elle ne pense…

Aux yeux de Descartes qui a puissamment contribué à débroussailler la question, cette idée d’infini a été mise en nous. Par qui ? Par Dieu lui-même et elle se trouve en nous depuis le moment de notre création, de notre venue à l’être. Mais cette critique de la théologie populaire est ravageuse car elle implique que tant d’expressions de la piété populaire deviennent insensées (impensables) aux yeux du philosophe qui cherche le fond des choses.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, signalons une référence talmudique que Levinas place, comme à son habitude, au terme de ses analyses : Tout est entre les mains du ciel, hormis la crainte du ciel (traité de Berachot fol 33b et aussi les Pirké Abot).

Outre l’autonomie du sujet moral, ce principe talmudique délimite bien ce qui relève de Dieu et ce qui relève de l’homme. La toute-puissance divine se trouve limitée par le libre arbitre humain que cette même divinité à tenu à préserver. Elle n’empiète pas sur le règne de l’humain dans sa relation avec la transcendance.

Levinas consacre ensuite dans ce même recueil de substantiels développements à la nécessité de la justice.

Il emprunte au Gorgias de Platon quelques idées marquantes.

Le disciple de Socrate énonce un au-delà de la justice institutionnelle en dehors du visible et de l’invisible, en-dehors de l’apparaître, comme celui des morts jugeant les morts (Gorgias 253e), comme si la justice des vivants ne pouvait pas traverser les vêtements des hommes.  C’est-à-dire ne pouvait pas penser les attributs qui, en autrui, s’offrent au savoir… Comme si la justice des vivants ne pouvait pas dépouiller les juges des qualités de leur nature qui leur sont toujours communes avec celles qui recouvrent les juges et comme si elle ne pouvait pas s’intéresser à des gens qui ne soient pas des gens de qualité, et dans la proximité d’autrui, sortir vers l’absolument autre…

Levinas poursuit ses développements en citant ce mythe du Gorgias (523 c-d) où Zeus reproche au dernier jugement, qu’il entend améliorer dans un esprit quasi-divin, de rester un tribunal où les hommes, tout habillés sont jugés par des hommes eux aussi également habillés et «ayant placé en devant de l’âme qui est la leur, un écran qui est fait d’yeux, d’oreilles et corps dans son ensemble. Un écran fait d’yeux et d’oreilles !! A méditer…

Ces paroles de Platon ont été énoncées il y a près de deux millénaires et demi et pourraient sembler d’une brûlante actualité.

Sans vouloir se transposer dans la problématique actuelle, où chaque jour que Dieu fait voir apparaître une nouvelle charge ou un nouveau chef d’inculpation, il faut rappeler les scrupules d’un très haut magistrat disparu, Jean-François Burgelin, lequel, dans une communication à l’Académie des Sciences Morales et Politiques confiait n’avoir jamais condamné de justiciables dont son intime conviction le poussait pourtant à conclure à leur culpabilité. Il ne l’a pas fait, dit-il, faute de preuve…

Résultat de recherche d'images pour "burgelin"Jean-François Burgelin

Voici un haut magistrat que son éducation religieuse incitait à joindre de l’éthique et de  l’équité au Code pénal… et qui fait honneur à la justice qu’il a servie.

Un autre haut magistrat, appelé depuis à siéger au Conseil constitutionnel, recommandait lui aussi, à ses jeunes collègues de rendre la justice les mains tremblantes, de se dire que l’être humain assis en face d’eux est un autre moi-même…

Voici ce que Levinas écrit dans ce contexte au sujet de l’éthique :

L’éthique ne vient pas se superposer à l’essence comme une couche seconde où se réfugierait in regard idéologique, incapable de regarder le réel en face.

Cette citation brille par son univocité et se passe de commentaire. Levinas ajoute même : devant le prochain, je comparais plus que je n’apparais.

Dans les autres études de ce recueil, Levinas s’en retourne à des analyses portant sur le moi et sur son asservissement, son enchaînement au soi dont il subit la tyrannie. Voici la définition de l’intentionnalité qu’il nous donne au nom de Husserl :  cette vigilance du moi venant des profondeurs de sa subjectivité qui transcende son immanence, ce De profoundis de l’esprit, cet éclatement au cœur de la substance, cette insomnie se décrit, certes, chez Husserl, comme intentionnalité.

On a déjà vu dans de précédents articles publiés ici même que Levinas aimait apporter des références scripturaires en renfort de ses thèses philosophiques : peut-on de l’infini avoir idée ?

En d’autres termes plus directs : Dieu peut-il tenir en moi ? D’ où la formule : je pense plus que le pensé de ma pensée…  le IN de l’infini  est à la fois la négation et l’affection du fini, le non et le dans. C’est aussi la pensée humaine à la recherche de Dieu. Cette idée d’infini qui me dépasse est pourtant bien en moi et c’est un autre qui l’y a mise. Levinas cite Isaïe (65 ;1) :  J’ai été recherché par ceux qui n’ont pas posé de questions. J’ai été trouvé par ceux qui n’ont pas demandé.

Levinas, suivant Rosenzweig, cite Kierkegaard qui fut le premier à penser Dieu sans le penser à partir du monde. Plus l’homme éprouve, dit-il, le besoin de Dieu et plus il est parfait. Mais plus l’homme se tourne vers les biens matériels et plus il s’éloigne de Dieu et de la perfection. Et l’on suit Platon dans son Gorgias, Les yeux perdraient le monde en regardant les choses.

Le Dieu de la Bible signifie l’au-delà de l’être, donc la transcendance. Ce qui reviendrait à dire que cette divinité biblique n’a pas de sens, n’est pas, à proprement parler, pensable.

Peut-on appliquer le Je pense à Dieu ? Non point, car l’idée de Dieu fait éclater la pensée, l’unité du cogito.


Voici la conclusion de Levinas : l’idée de Dieu, c’est Dieu en moi. Or, la mise en nous d’une telle idée inenglobable, rompt la conscience qui vise des idées et renverse la présence à soi. L’idée de Dieu et jusqu’à l’énigme du mot Dieu, venu d’on ne sait d’où ni comment…


Voici la conclusion de Levinas : l’idée de Dieu, c’est Dieu en moi. Or, la mise en nous d’une telle idée inenglobable, rompt la conscience qui vise des idées et renverse la présence à soi. L’idée de Dieu et jusqu’à l’énigme du mot Dieu, venu d’on ne sait d’où ni comment… L’une des plus remarquables expressions de la transcendance  est donnée par Descartes qui parle de la mise de cette idée de l’infini dans le fini, dépassant nettement sa capacité. Descartes  exprime cette façon de penser l’infini sans jamais l’égaler.

L’intelligibilité de la transcendance n’est pas ontologique. La transcendance de Dieu ne peut ni se dire ni se penser en termes de l’être, élément de la philosophie, derrière lequel elle ne voit que nuit. Mais cette rupture, cette contradiction concernant la compréhension de l’infini, ne retire pas à Dieu de sa signifiance qui ne se ramène pas à de simples pensées.

On a déjà évoqué le problème de l’unité ou de la dualité de la pensée de Levinas qui reprend le Nouveau Penser de Rosenzweig ; cela consistait à instiller dans la spéculation philosophique une dose de théologie. Comment concilier le monothéisme biblique avec le paganisme polythéiste des Grecs ? Mon souci partout, dit l’auteur, c’est justement de traduire ce non-hellénisme de la Bible en termes helléniques et non pas de répéter les formules bibliques dans leur sens obvie. Véritable oxymore.

L’éthique est avant l’ontologique, entendez par là la totalisation du savoir absolu de Hegel. L’éthique est plus ontologique, plus sublime que l’ontologie elle-même. Sans cette démarche, l’homme est quelque peu perdu dans le monde, un monde où il n’a jamais cherché à venir, et où, pourtant il se trouve. Levinas avait déjà parlé de Geworfenheit (être jeté dans le monde), il y ajoute désormais l’Ausgeliefertheit (le fait d’être livré pieds et poings liés). Deux termes provenant directement de Heidegger.

Dans un étude intitulée Dieu et la philosophie, Levinas opère cette translation, si caractéristique de sa philosophie, passant de l’ontologie à l’éthique : la transcendance de l’infini se transforme en relation avec autrui qui est mon prochain.

On a parfois reproché à Levinas d’avoir fait preuve d’excès en plaçant l’autre, autrui, au cœur même de sa philosophie, au point d’accepter d’en être l’otage. Mais il y a le problème du mal qui pose une question incontournable et dont le livre de Job offre un cas emblématique. La question est : mais pour quelle raison donc, Dieu n’a t il pas créé un monde plus accueillant, moins hostile, plus humain ?

La philosophie et la religion, dit Levinas, n’apportent pas la même réponse. La première se veut dure et obéit à la loi d’airain des concepts et des principes ; la seconde est plus portée sur la consolation, le repentir et le pardon.

C’est pourtant ces deux tendances contradictoires que Levinas a tenté de rapprocher en parlant de Dieu qui ne peut être pour nous une idée, mais une présence comme l’infini est pensable par les êtres finis que nous sommes.

Maurice-Ruben Hayoun

Levinas : une idée de Dieu

(Source : JForum)

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Oskar Freysinger, l’islam et les censeurs

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Oskar Freysinger, l’islam et les censeurs

La biographie d’Oskar Freysinger donne une idée du genre d’attitudes totalitaires auxquelles le politicien a été confronté. La presse et le milieu culturel en sont les vedettes.

L’éjection d’Oskar Freysinger du Conseil d’État valaisan m’a rappelé la biographie du politicien publiée en 2010, «Oskar et les minarets*». Elle illustre magnifiquement la manière dont il a été traité, notamment par l’élite culturelle de notre pays. Les médias ayant commis leur habituelle censure sur cette bio à l’époque, il est toujours temps de découvrir quelques reflets de la vie qui va… quand on est un brillant UDC.

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L’ouvrage est signé Slobodan Despot, écrivain, traducteur et éditeur, devenu le porte-parole d’Oskar durant son mandat à l’exécutif. Il dresse un portrait très vivant du politicien, entre récit, citations et longue interview sur l’islam. J’ai choisi quelques épisodes de ce passionnant livre.

Oskar est licencié en littératures allemande et française, il a été longtemps professeur d’allemand. Il est aussi écrivain, chanteur, bateleur… Il rédige des pamphlets politiques, fait des poèmes rimés pour les fêtes, crée des dizaines de chansons, musique et parole, qu’il joue avec sa guitare. Ce n’est pas du grand art, et il tombe parfois dans la vulgarité, mais pour animer des soirées, c’est top.

L’enseignant tombe dans la politique par hasard en se lançant dans un combat contre une réforme scolaire. Elle est refusée par 73% des votants. Il entre dans l’arène politique en 1997 sous les couleurs démocrates-chrétiennes et en 1998, le polyglotte est sollicité pour traduire une conférence de Christoph Blocher à Conthey. Il répond : «Je ne veux rien avoir affaire avec les nazis !»

«Je ne connaissais le parti de Blocher que par le filtre des médias. J’ai donc été de l’autre côté de la barrière. Voilà pourquoi je comprends très bien, aujourd’hui, comment se forme l’image monstrueuse de l’UDC et de ses personnalités dans la tête des gens ordinaires.» Il lit le programme du parti UDC une année plus tard et constate qu’il n’a «aucun rapport avec les accusations de racisme, de haine de l’étranger, d’antisémitisme qu’on adressait à ce parti.» Son programme : défense de la famille, de la souveraineté, des petites entreprises, attachement aux racines chrétiennes du pays, méfiance à l’égard de l’immigration incontrôlée et des sirènes de la globalisation, droit à la vie. Il implante l’UDC en Valais et est élu en 2003 député au Conseil national.

Le journal Le Confédéré le compare à Hitler. Or, son père que le nazisme «débéquetait» a appris à ses enfants à se méfier des idéologies et à rejeter les totalitarismes. Ses références ? «Des textes essentiels pour l’humanité», dont les auteurs se nomment Platon, Shakespeare, Goethe, Tolstoï, Nietzsche… Lecteur boulimique, il devenu un fou de littérature grâce à un prof.

L’ouvrage de Despot décrit minutieusement la campagne sur l’interdiction des minarets, les entorses à la liberté d’expression, les pièges, l’attitude des journalistes qui refusent de voir que les minarets comptent peu devant le désir de stopper l’emprise de l’obscurantisme qui s’étend.

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Sur le plan littéraire, Oskar rédige un premier recueil de nouvelles, Bruchige Welten (Mondes friables) qui paraît en novembre 2004. La polémique autour du «Pissoir-Poet» déferle. L’éditeur reçoit des menaces et des centaines de lettres d’insultes de la part de non-lecteurs. Le livre est refusé par les libraires. Il ne fera l’objet d’aucun compte-rendu du cercle vertueux des médias. L’auteur en vendra quand même 3000 exemplaires.

Le Blick, qui faisait déjà passer Freysinger pour «un facho, un menteur et un obsédé sexuel» dénonce ses Mondes friables «comme un répugnant ouvrage de pornographie». Sur 170 pages, le recueil comporte deux scènes de sexe : un viol et une scène de lesbianisme entre deux femmes musulmanes auxquelles leur liaison vaudra la mort. Despot observe : «Si son livre devait choquer quelqu’un, pensait Oskar, ce serait par le sort horrible infligé par la charia aux deux amantes qu’un patriarcat écrasant a poussées dans les bras l’une de l’autre. Et pourtant non : ce n’est pas sur leur lapidation que les médias suisses vont se répandre en anathèmes, mais sur la description de leurs amours !»

L’auteur se souvient de l’origine de sa nouvelle : «Je tombe un jour sur un site appelé «femmes afghanes». On y trouve un catalogue des horreurs commises par les talibans sur les femmes, documenté par des vidéos de lapidations, d’exécutions dans des stades, des photos de femmes brûlées à l’acide. De ma vie, je n’avais jamais vu un tel cabinet d’horreurs. J’étais dans un état indescriptible en sortant de cette séance. Il me fallait réagir, n’importe comment, par pure solidarité humaine. Je me suis précipité sur mon ordinateur pour écrire cette histoire.»

Le politicien est en fait attaqué sur des scènes de sexe –bien anodines– pour éviter qu’on parle du fond : la terreur religieuse, la cruauté des châtiments des textes islamiques. Et parce qu’agonir d’insultes un UDC est toujours jouissif. Mais cette réaction conduira Oskar à s’intéresser de plus près à l’islam et à la complaisance dont il fait l’objet dans notre société. Avec une lucidité rare, comme l’illustrent ces quelques citations :

«A mon avis, l’opposition entre le modèle totalitaire socialiste et le modèle islamique n’est qu’apparente. Il n’y avait pas de laïcisme en URSS : on divinisait les dirigeants et les maîtres à penser, de Marx à Staline, et l’on posait le «grand soir» comme un événement eschatologique, comme la fin des temps de l’Evangile. Dans l’islam, d’autre part, le royaume qu’on bâtit est purement de ce monde. On n’a aucun contact avec Allah, tout est immanent, y compris ce paradis qui n’est qu’une version «cinq étoiles» de la vie sur terre.
Le socialisme est donc moins matériel et l’islamisme moins spirituel qu’ils ne semblent. Les deux sont des systèmes dogmatiques et collectivistes, allergiques à la liberté individuelle que porte le christianisme dans son essence.»

«L’islam est un formalisme extrême. On y exprime sa fidélité par des rites et ces rites suffisent. C’est un kit de survie : ablutions, prières, pèlerinage à La Mecque et le croyant est en règle. L’introspection n’existe pas, ou en tout cas n’est pas requise. On devient un automate de la foi, comme un soldat dressé à faire son école de section les yeux fermés.»

Voilà les gens de gauche «prêts à renier tous leurs combats post-soixante-huitards : féminisme, égalitarisme, mouvement gay… Tout passe à la trappe. Face au modèle de société islamique, leur système de valeurs s’évapore, ils ne se demandent pas une seconde comment ils vont concilier la carpe et le lapin. Ils sont comme des chiots qui frétillent de la queue devant leur maître. (…) C’est alors que deviennent acceptables, sous le drapeau de l’islam et sous prétexte d’ouverture à l’autre, des valeurs qu’ils auraient vomies venant de la religion chrétienne. (…) Au nom du multiculturalisme, ils épousent la plus dictatoriale des monocultures.»

«(…) dans l’islam, la morale se fonde sur la loi alors que dans notre conception du droit, la loi se fonde sur la morale. Un exemple pour illustrer ce propos : chez nous, un principe moral décrète qu’il est mal de tuer. Cependant, la loi résultant de ce principe moral doit prendre en considération qu’en cas de légitime défense il peut arriver qu’un humain en tue un autre sans être puni par la suite. Il est toujours mal de tuer, mais le législateur admet une légitimité dans certains cas d’urgence.

Il en est tout autrement dans l’islam. La charia prescrit en effet précisément quand, dans quelles conditions et comment exactement certaines personnes peuvent être tuées ou non. La morale exige simplement que ce catalogue soit respecté ; à l’inverse, il est immoral de ne pas respecter ce catalogue. La morale est déduite de la norme légale, intervient donc après la loi, ce qui est d’ailleurs logique dans la conception de l’islam, puisque la loi est divine et non créée et vaut donc une fois pour toutes.»

Et sa lucidité porte aussi sur l’Etat hébreu : «… la haine incroyable dont on accable l’Etat d’Israël dépasse largement ses méfaits réels. Aux yeux de la gauche européenne, le juif n’est acceptable qu’en tant que victime. Une victime qu’on célèbre par des exercices de contrition qui servent à établir le règne de la culpabilité sur la société occidentale. Le juif fort et debout vient brouiller cette image. Il est non seulement inutile mais encore contre-productif dans ce dessein. Lui, l’éternel apatride, a osé s’ancrer dans un territoire, créer une armée, des frontières. Le nomade qui se sédentarise : un cauchemar pour l’idéologie mondialiste qui cherche, elle, à nomadiser les sédentaires. L’islam, qui transcende les frontières et soumet toutes les nations à un projet sans autre limite que la planète entière, correspond mieux, dans son idée, à l’horizon mental de nos internationalistes.

Il est visionnaire sur ce qui se produit aujourd’hui : «Le plus grand problème des Etats européens modernes provient du fait que l’immigration incontrôlée et l’affaiblissement, voire la suppression des frontières extérieures provoque l’émergence de nombreuses frontières intérieures, parfois invisibles. Si nous refusons de chercher des réponses valables à ces problèmes, si nous en faisons un tabou pour ne pas devoir les aborder, l’espace UE prometteur d’une grande liberté risque fort de devenir un espace de sociétés en conflit.»

Après son premier roman, «La Spirale», Oskar demande son adhésion à la Société suisse des auteurs, financée par l’État, qui s’engage dans ses statuts à œuvrer en faveur de la liberté d’expression. Refus. Ses membres musulmans et socialistes (sic !) ne comprendraient pas. La polémique enfle et l’association finit par lui proposer de signer un document d’allégeance à ses thèses. «Des thèses de gauche, bien entendu.» On imagine sa réponse. «Police de la pensée ! Je les appelle policiers de la pensée, ils me répondent : nous vous sommons de penser comme nous ! Comment font-ils, ces apparatchiks, pour ne pas voir l’absurdité de leur situation ? Et ont-ils seulement pensé à faire signer à leurs membres musulmans une déclaration d’allégeance à notre Etat de droit ?»

Après une alerte cardiaque, en 2000, Oskar écrit son meilleur texte, «Le nez dans le soleil, un petit bijou poétique inspiré par la figure de son grand-père. Jacques Chessex qui l’a lu sans en connaître l’auteur, déclare à l’éditrice qu’il est splendide et révèle une écriture «typiquement féminine». Encore une fois, les médias ne pipent mot sur cette œuvre. Les médias adorent l’inviter pour animer leurs débats, mais les mêmes s’interdisent de mentionner ses ouvrages.

En 2009, le Prix Rilke propose le thème «Frontières». Oskar envoie un poème classique en alexandrins sur la notion de frontière et de liberté. Les candidatures sont anonymes. Fin juillet, il apprend qu’il est le lauréat du Grand prix de poésie décerné aux pièces isolées. Les médias lui tombent dessus. A la remise officielle, les acteurs de la compagnie «Opale» qui lisent un extrait des œuvres primées refusent celle d’Oskar, sans que cette «grève» soit signalée à Freysinger. C’est la fille de la secrétaire qui s’y colle maladroitement. Lorsqu’ils apprennent la raison de cette étrange prestation, durant la soirée, on imagine ce qu’Oskar et sa femme ressentent.

«Quelle est leur vision du monde s’ils n’arrivent pas à accepter un homme qui ne pense pas comme eux ? Au nom de la tolérance, ces gens pratiquent l’intolérance la plus étroite. A nous la peur si on leur confiait un jour le pouvoir sur autrui… La liberté artistique qu’ils invoquent à tout bout de champ est l’instrument de leur répression envers ceux qui ne dansent pas sur la même musique.» L’épisode ne dérange pas les journalistes.

Et Despot de conclure l’épisode : «Comme elle est plus vaste, comme elle est plus grave, la question que soulève ce petit incident mondain ! C’est l’art qui s’abolit en devenant politique, ce sont les prétendus disciples de Voltaire troquant les Lumières pour des œillères.»

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Mireille Vallette pour Dreuz.info.

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Oskar Freysinger, l’islam et les censeurs

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Pré-commandez « La Révolution Trump ne fait que commencer » par Guy Millière_____________________________________________________

En publiant cet appel à des pré-commandes du dernier livre de Guy Millière, « La Révolution Trump », Riposte Laïque s’associe, par solidarité militante, à la bataille de réinformation menée par l’auteur, et par tous ceux qui soutiennent l’action du nouveau président des Etats-Uni

Entrez dans la Grande Histoire.

Pré-commandez La Révolution Trump de Guy Millière. 

Le complexe politico-médiatique, qui refuse de voir la réalité du choc des civilisations, du choc des cultures, de la lutte à mort entre le Bien, incarné par l’Occident, et le Mal incarné par l’islam conquérant, vous abreuve de mensonges. Trop c’est trop !

Sur l’islam et le terrorisme islamique, sur l’immigration incontrôlée, Trump a, seul,  eu le courage et l’intelligence stratégique de mettre en pièces les tabous, qui font écran entre le monde réel et nous. Ni l’Amérique ni l’Europe ne sont des terres d’islam. Et ni l’Amérique ni l’Europe n’ont vocation à le  devenir. La civilisation occidentale doit survivre et l’emporter !

Permettez par votre action au seul livre de désintoxication qui donne les informations que l’on ne trouvera nulle part ailleurs d’exister ! Apprenez ce que l’on vous cache sur Donald Trump !

Pour payer le crime d’avoir voulu juger sur pièces, en connaissance de cause, sans adhérer à la pensée officielle, Guy Millière, déjà boycotté parce qu’il a critiqué Barack Obama et pour avoir soutenu et continue à soutenir Donald Trump, le Président qui s’est opposé à l’immigration musulmane aux Etats-Unis, pourrait se voir frappé de mort civile, de mort médiatique. Son œuvre pourrait faire l’objet d’une condamnation morale, génératrice d’exclusion.

Pour contrer l’exécution symbolique qui vient, aidez-nous en pré-commandant le livre.

Donald Trump a été élu Président le 8 novembre 2016. Il a pris ses fonctions le 20 janvier dernier.

Au moment de son élection, une campagne planétaire de dénigrement sans précédent a été lancée contre lui. Il a été décrit comme un abruti, un fasciste, un raciste, un malade relevant de l’asile psychiatrique, « un gros con » selon les mots d’un intellectuel, un vil “antisémite” selon ceux d’un autre. La campagne se poursuit jusqu’à ce jour.

Cela doit être dit : Donald Trump ne correspond en rien aux insultes et aux invectives lancées contre lui. Il a un programme précis, un projet élaboré avec quelques-uns des meilleurs économistes et géopolitologues américains. Il a des ministres, des conseillers, une stratégie qu’il a commencé à mettre en œuvre.

Ses décisions et ses actions auront un impact sur la planète, sur la France, sur nos propres vies. Elles ont d’ores et déjà un impact. Elles sont porteuses d’une révolution qui s’enclenche et qui dérange visiblement les adeptes de l’ordre établi.

Guy Millière, l’un des meilleurs connaisseurs français des Etats-Unis, l’homme qui avait magistralement expliqué la doctrine Bush après le 11 septembre 2001 et qui avait anticipé dès janvier 2009 ce que seraient les effets délétères des années Obama, donne en ce livre les moyens de comprendre et de déchiffrer.

Ses analyses sont d’une pertinence inégalée parce qu’elles s’appuient sur une connaissance inégalée de son sujet.

Elles sont un antidote contre ce que Jean-Francois Revel appelait la “connaissance inutile”.

Elles doivent impérativement pouvoir être à la disposition du plus grand nombre.

Elles le seront si, et seulement si, vous faites le nécessaire pour que ce livre existe et soit largement diffusé.

Il vous suffit pour cela de faire un geste simple.

Il ne reste que 30 jours ! Alors n’attendez pas !

Si le seuil des 475 exemplaires pré-vendus est atteint, le projet sera financé. Si les 475 exemplaires n’étaient pas atteints, les sommes ne seraient bien entendu pas débitées.

Pour préacheter et soutenir le projet : https://www.kickstarter.com/projects/563310650/la-revolution-trump-de-guy-milliere-les-discours-d

P.S. : L’éditeur nous précise que ceux qui le désirent peuvent conserver leur anonymat en utilisant un pseudonyme lors de la réservation.

Si le seuil des 475 exemplaires vendus est atteint, le projet sera financé, et les acheteurs recevront un message leur donnant l’adresse où, en donnant leur pseudonyme, le livre leur sera remis. Les autres recevront le livre par la poste.

Il va de soi, rappelons le, que si les 475 exemplaires n’étaient pas atteints, les sommes ne seraient pas débitées.

De plus, outre la dédicace de l’auteur, dès l’achat de trois exemplaires, une belle récompense vous sera offerte : un exemplaire du livre de Guy Millière « Comment le peuple palestinien fut inventé ».

A noter que dès l’achat de dix exemplaires, en plus du livre « Comment le peuple palestinien fut inventé », vous recevrez l’édition originale du livre « Le Grand Remplacement » de Renaud Camus.

Livre / Le génocide vendéen juridiquement confirmé

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Jacques Villemain, diplomate et juriste, a travaillé pendant plusieurs années sur ce sujet en relisant tous les travaux des historiens.

Pour la très grande majorité des Vendéens, cette question ne se posait plus. Il restait, cependant, quelques historiens pour nier la volonté génocidaire du Comité de salut public dirigé par Robespierre et l’exécution sanglante du crime de génocide en Vendée militaire par les colonnes infernales de Turreau, à partir de janvier 1794.

Le mot « génocide » n’existait pas à l’époque de la Révolution française. Il n’existait pas, non plus, lors de la Shoah ou pendant le massacre des Arméniens par les Turcs.

Le crime de génocide a reçu, depuis, une qualification juridique extrêmement précise qui a permis les jugements des génocides du Rwanda ou de Srebrenica.

Jacques Villemain, diplomate et juriste, a travaillé pendant plusieurs années sur ce sujet en relisant tous les travaux des historiens, qu’ils considèrent la réalité du génocide ou qu’ils la nient, et en reprenant les faits et les écrits de ceux qui donnaient les ordres et de ceux qui les exécutaient. Il les a comparés aux jugements des massacres contemporains.

Sa conclusion est limpide : si l’on jugeait avec les critères actuels, devant un tribunal international, les exactions des colonnes infernales, le crime de génocide serait avéré et les responsables condamnés. Pour l’auteur, le massacre des Lucs-sur-Boulogne suffirait, seul, à qualifier la terrible répression de génocide.

Écrit dans une forme très abordable, facile à lire, pédagogique, cet essai juridique doit trouver sa place dans toutes les bibliothèques vendéennes et françaises. Il met un terme définitif à toutes les approximations sémantiques des historiens partisans.

Vendée 1793-1794 – Crime de guerre ? Crime contre l’humanité ? Génocide ? Une étude juridique de Jacques Villemain

Les Éditions du Cerf, 320 pages, 24 euros

Pour acheter le livre, cliquez sur le lien ci-dessous :

(Source : BOULEVARD VOLTAIRE)

Des remèdes de cheval pour combattre l’islam et ses adeptes

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Paul Korlov propose dans son livre 40 mesures sévères pour résoudre les problèmes que posent l’islam et ses activistes, et rappelle les bases de cette doctrine.

Paul Korlov, un pseudonyme, nous propose «40 mesures pour apaiser l’avenir» dans son livre «Islam, que faire ?*».

Avec elles, les contempteurs de l’islam se sentiraient peut-être apaisés, mais les musulmans seraient déchaînés. Elles montrent à quel point l’emprise et les méfaits de l’islam en France conduisent ses adversaires à suggérer des remèdes de plus en plus radicaux. A commencer –ou finir- par la «remigration» qui rassemble un nombre croissant de défenseurs. Autant dire une guerre civile, même si ses partisans assurent aimablement que tout se fera dans le respect, le calme, une douce mais ferme obligation.

Korlov n’échappe pas à cette tentation. Il estime nécessaire de «définir avec les pays d’origine les conditions financières et pratiques d’un retour massif aux pays de leur population». Mais c’est à l’intérieur surtout qu’il voit l’antidote.

L’interdiction de l’islam n’est pas au programme, mais certaines mesures s’en approchent grandement. Coran, Hadiths, biographie du prophète (sira) ne seraient autorisés que s’ils étaient précédés d’un avertissement à l’image de «Mein Kampf». «On ne changera rien aux textes sacrés, on n’en retranchera rien, on ne fera qu’y ajouter des commentaires et des mises en garde.»

les remèdes sont rudes parce que la maladie est grave

Les diffuseurs de cette idéologie politico-religieuse, les imams, devraient reconnaître l’incompatibilité de certains de leurs dogmes avec la loi française, et accepter d’y renoncer. Ils devraient aussi faire viser chaque sermon du vendredi avant qu’il ne soit prononcé.

Pour Korlov, les remèdes sont rudes parce que la maladie est grave: l’islam est une menace «infiniment plus grave que l’éphémère nazisme…» Un danger pour la permanence même de notre civilisation.

Sous le règne korlovien, il n’y aura plus de nouvelle mosquée, car chacune représente «un centre d’endoctrinement à la charia, donc au suprématisme et à la ségrégation religieuse». Et on proscrira les tenues musulmanes, l’apartheid alimentaire, funéraire, professionnel, matrimonial, les pressions à l’hôpital, dans le sport, etc. Les peines seront sévères pour sanctionner ce qu’on a défini comme illégal dans le dogme, et on renversera la pratique actuelle des lois Pleven, Gayssot, Taubira: les accusations de provocation publique à la discrimination et à la haine changeront de cibles.

Interdictions professionnelles

La pratique de l’islam sera cantonnée à la sphère privée, les écoles coraniques seront étroitement surveillées, l’enseignement de cette religion dans les écoles publiques exonéré de toute complaisance. Il faudra restreindre, voire interdire l’accès des «musulmans déclarés» à l’armée, à la police, à la fonction publique, voire au secteur privé, et envisager de pouvoir les licencier à la première revendication communautaire.

Il faudra aussi revoir les conditions d’attribution des aides sociales, modifier les conditions d’acquisition de la nationalité, expulser plus facilement. Et rétablir «le crime d’intelligence avec l’ennemi». Quant à l’immigration en provenance de pays musulmans, elle sera limitée au strict minimum.

Korlov cite aussi une mesure facile à introduire -pour moi la plus urgente – mais paradoxalement aussi improbable que les autres : «un débat franc et ouvert» sur l’islam, sur la vie de Mahomet. «L’islam radical doit être combattu sur le plan des idées avec toute la force des Lumières et de la pensée occidentale.»

Certaines propositions sont le fait de citoyens excédés et parfois désespérés à la vue des graves blessures qu’inflige une frange croissante de «croyants» aux démocraties, à la France en particulier. Mais comment comptent-ils les appliquer ? Lois d’exception ? Suppression de la charte des droits de l’homme, application sélective de cette charte aux non-musulmans exclusivement ? Korlov ne le révèle pas. Et pour tout dire, certaines de ses mesures qui ciblent tous les musulmans, pourraient transformer nos démocraties en nouvelles tyrannies. D’autant que l’auteur observe qu’une majorité des musulmans pratique un islam paisible, même si c’est par ignorance de ses textes. Avant les remèdes de cheval, il en est d’autres, qu’il cite et qui pourraient être absorbés dans une société lucide.

But ? Islamiser l’Europe

Korlov fait divers rappels historiques, dont l’application du jihad depuis Mohamed jusqu’aux Frères musulmans et à leurs disciples.

Il considère 1979 et la révolution iranienne comme le «début du troisième Jihad conquérant de l’histoire», le moment où l’islam entre en ébullition, où les musulmans accueillis en nombre en Europe se réapproprient, par le biais surtout des Frères musulmans, une religion figée depuis dix siècles. Le but ? «Il n’est pas secret : islamiser l’Europe, imposer la charia partout, aux musulmans et aux autres.»

toujours cette historique fumisterie : des musulmans qui dénoncent l’hostilité croissante qu’ils suscitent et qui réussissent  à se faire passer eux-mêmes pour des victimes

L’auteur énumère les problèmes qu’a apporté l’islam : délinquance en tous genres, agressions, violence, mépris de la loi, tenues vestimentaires discriminantes, revendications incessantes dans l’entreprise, à l’école, à l’hôpital, etc. De nombreux exemples spécifiques font parfois penser que le point de non-retour est atteint.

Et face à ce gâchis, une incroyable -admirable ?- absence de rétorsions : des insultes ici ou là, quelques têtes de porc devant les mosquées, des tags, une salle de prière saccagée… Mais toujours cette historique fumisterie : des musulmans qui dénoncent l’hostilité croissante qu’ils suscitent et qui réussissent  à se faire passer eux-mêmes pour des victimes.

Une partie dense résume avec une parfaite clarté ce qui choque les non-musulmans dans cette doctrine. Il présente «l’islam d’un point de vue infidèle (…) l’islam-dogme officiel, idéologie orthodoxe, l’islam de référence première et ultime». Il part des bases politiques du VIIe siècle coulées dans le béton au Xe, figées sur une vision puritaine et rigoriste. Cet islam enseigné aujourd’hui dans toutes les mosquées. Cette partie est une utile révision pour ceux qui connaissent cette doxa et une approche précieuse, bien structurée, pour les néophytes.

Le texte décrit les conséquences dans le quotidien de cette idéologie suprématiste, immorale, considérée par ses adeptes comme ce qui existe de meilleur pour l’humanité. Une doctrine qui méprise, injurie, encourage à la haine, à la violence, au meurtre, à la guerre totale. Et qui affaiblit nos valeurs par la tentative de faire criminaliser toute critique de l’islam.

«Plus de 60 % du Coran est consacré à la critique de l’Autre», affirme Korlov

Paul Korlov n’impute pas les maux qu’il décrit à une majorité pacifique qui pratique peu ou pas, qui ne connaît pas ses textes. Cette majorité serait d’ailleurs bien incapable de trouver dans le Coran ou la Sunna «une objection sérieuse» aux injonctions guerrières, à l’exigence de soumission, à l’impossibilité d’accepter l’Autre prônés par la doxa. «Plus de 60 % du Coran est consacré à la critique de l’Autre», affirme Korlov.

L’auteur décrit aussi les «symptômes psychiques de l’islam», son suprématisme, l’interdiction de le quitter ou même de remettre en question un élément de sa doxa. Il met en évidence l’étrange fierté de ces conquêtes sanglantes et fulgurantes qui seraient un bienfait pour l’humanité. Il en cite quelques caractéristiques :

  • des dizaines de millions de morts,
  • un interminable et féroce esclavage dont de dévastatrices castrations.

Au XXIe siècle, l’islam estime être encore sous la menace des Croisés

Il estime que le Maghreb, la Libye, l’Égypte et le Proche-Orient «ont été et sont encore colonisés depuis 13 siècles sans que personne ne s’en émeuve à part quelques kabyles». Et cette religion de 1,3 milliards d’adeptes est aussi celle de la paranoïa : «L’islam souffre d’un sentiment de persécution allant jusqu’à l’irrationalité et au délire». Au XXIe siècle, il estime être encore sous la menace des Croisés.

«Islam, que faire?: 40 mesures pour apaiser l’avenir*», accessible par Amazon.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Mireille Vallette pour Dreuz.info.

* En achetant le livre avec ce lien, vous soutenez Dreuz qui reçoit une commission de 5%. Cette information est fournie pour assurer une parfaite transparence des conséquences de votre action, conformément à la recommandation 16 CFR § 255.5 de la Federal Trade Commission.

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