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Judaïsme – Les bénédictions journalières

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    LE JUDAÏSME AU QUOTIDIEN

La vie du peuple juif pratiquant le judaïsme, qui n’est pas une religion mais un mode de vie, est rythmé tout au long de la journée par des bénédictions, des prières et des gestes ancestraux qui se transmettent de génération en génération et qui font sa force.

La révélation de la Torah a eu lieu il y a 3 319 ans  en cette année 2013 (5773) le 6 Sivan 2448 de l’année hébraïque

devant tout le peuple hébreu rassemblé par Moïse autour du mont Sinaï. Là, ils  reçurent les Tables de la loi de D.ieu,  par la bouche de Moïse. Par la suite, les Sages ont institué les rites et les différentes prières adaptées à chaque activité de la vie quotidienne. Les Juifs sont restés fidèles en tous points à la Torah et aux rites ancestraux.  Et cela tout en évoluant et en s’adaptant au fur et à mesure que le monde se modernise. C’est ce qui fait leur longévité malgré l’oppression, la captivité, l’exil, les pogroms et même la shoah…

Regardez cette vidéo qui raconte la vie des juifs d’Europe de l’Est (en Ukraine) au début du XXème siècle et les traditions juives (extrait du film « un violon sur le toît ») : 

Tradition – Un violon sur le toitYouTube

                                                                                                                                                                                            BERAKHOTE (BENEDICTIONS)

         (SOURCES : CHOUL’HANE AROUKH-SIDOUR L’ARME DE LA PAROLE)

 Temple in Jerusalem

   But et catégories de Bérakote (bénédictions)

La Torah et les Sages ont institué des bérakhote par lesquelles nous devons exprimer notre reconnaissance pour les jouissances et les bienfaits que D.ieu nous accorde ainsi que nos louanges pour sa grandeur infinie. Il existe 3 catégories de bérakhote :

– 1/ Pour toute jouissance que l’on éprouve en ce monde, que ce soit par le goût, l’odorat ou la vue

– 2/ Les bérakhote qui précèdent la réalisation d’une mitsva (commandement) Ex. (pour les hommes : mettre les téfiline)

– 3/ Pour exprimer une louange à D.ieu pour sa Toute Puissance (ex. devant certains phénomènes naturels), pour les bontés qu’Il nous prodigue (ex. Chéhé’héyanou à l’arrivée d’un évènement, ou Hagomel au retour de voyage)

Importance primordiale de la bérakha (bénédiction)

Nous lisons dans Pirkei Avot (traité des Pères) chap. 3,20 : « Le magasin est ouvert, le propriétaire vend à crédit, chacun est libre de se servir, mais de sa propre main il inscrit sa dette sur le livre… ». Il s’agit de ce monde où le Créateur nous donne la liberté de jouissance et ‘l’ordinateur’ céleste fonctionne de telle sorte que ce qui est reçu est automatiquement inscrit par soi-même à son compte. En quittant ce monde, on devra couvrir une énorme dette accumulée, à moins qu’on ait eu, au fur et à mesure, ‘payé’ au Créateur la jouissance ou les bienfaits reçus. Comment ? Par la bérakha.

Le Talmud nous rapporte 2 versets apparemment contradictoires : « A l’Eternel appartient la terre et ce qu’elle renferme… » (psaume 24.1), « Les cieux ont à l’Eternel, mais la terre, il l’a octroyée à l’homme » (psaume 115, 16)

L’explication est la suivante : Avant la bérakha, la terre appartient à l’Eternel et lorsque nous prononçons la bérakha, la jouissance du monde nous est octroyée (bien entendu dans la limite du permis).

Le Talmud ajoute : « Jouir de ce monde sans bérakha équivaut non seulement à commettre n vol de la propriété de D.ieu, mais aussi à spolier la communauté d’Israël (car on la prive de la bénédiction qu’en retour chaque bérakha attire sur elle. »

 

Signification profonde du manger et de la bérakha

L’homme se sent relié à son Créateur par l’intermédiaire de la nature avec laquelle il est en prise directe et la fait accéder à D.ieu au niveau le plus élevé. Toute matière contient une base de spiritualité. Tout aliment comestible en particulier végétal ou animal, renferme ce que nos Sages désignent par une « étincelle de kédoucha »(sainteté)  provenant des sphères spirituelles supérieures. En prononçant la bérakha et en mangeant cet aliment, nous libérons cette kédoucha et nous l’intégrons à notre âme, la matière devenant alors déchet. Notre être, ainsi enrichi, utilisant les forces physiques nécessaires pour étudier la Torah et pratiquer les mitsvote, (commandements) va élever cette kédoucha et ainsi la ramener à sa source supérieure.

                 BERAKHOTE A SAVOIR PAR CŒUR (en bleu) 

                                Principe fondamental du judaïsme :

           « J’ai D.ieu constamment présent devant moi » (psaume 16,8)

 

LE MATIN  AU REVEIL, AVANT MÊME DE METTRE UN PIED PAR TERRE LE MATIN, ON DIRA :

Modé (pour l’homme, la femme dira Moda) ani léfanekha mélekh ‘haï vekayam chéhé’hézarta bi nichmati be’hemla raba émounatékha.

(Je te remercie, Ô Roi vivant et éternel, de m’avoir rendu, dans Ta bonté, mon âme. Grande est Ta fidélité)

Il est recommandé que l’eau se trouve à moins de 4 pas (environ 2 m), dans un récipient à côté du lit. (Cependant, il est admis de se rendre jusqu’au lavabo en ne faisant que 4 pas à la fois, puis de s’arrêter, puis de faire à nouveau 4 pas, et ainsi de suite, jusqu’au but.)

(Il s’agit là en fait d’éliminer le résidu d’impureté qui s’est fixé aux extrémités des doigts pendant notre sommeil. On considère en effet que l’impureté est ce manque de lucidité ou de conscience où l’homme perd la notion de D.ieu. C’est en cela que le sommeil ressemble à la mort, considérée comme le suprême degré d’impureté. )

ON FAIT ENSUITE L’ABLUTION DES MAINS, SANS BENEDICTION  (ON PREND LE KELI DE LA MAIN DROITE ET ON REMPLIT LE KELI, PUIS ON LE PASSE DANS LA MAIN GAUCHE ET ON RINCE LA MAIN DROITE. ENSUITE ON RINCE LA MAIN GAUCHE, PUIS LA MAIN DROITE A NOUVEAU ET AINSI DE SUITE EN VERSANT DE L’EAU 3 FOIS SUR CHAQUE MAIN. ON RECITE LA BRAKHA SUIVANTE : EN SE FROTTANT LES MAINS, PUIS ON LES SECHE).

APRES AVOIR ETE AUX TOILETTES ET S’ÊTRE LAVE LES MAINS, ON FAIT A NOUVEAU NETILAT YADAYIM  (CHAQUE FOIS QUE L’ON EST ALLE AUX TOILETTES, OU SI ON A PREVU DE CONSOMMER DU PAIN, ON FERA NETILAT. ON PROCEDE AINSI : (ON PREND LE KELI DE LA MAIN DROITE ET ON LE REMPLIT, PUIS ON LE PASSE DANS LA MAIN GAUCHE ET VERSE L’EAU 3 FOIS SUR LA MAIN DROITE ET 3 FOIS SUR LA MAIN GAUCHE. ON SECHE LES MAINS. ON LES ELEVE A HAUTEUR DES YEUX ET ON RECITE LA BRAKHA DE NETILAT.)

Baroukh ata Ado-naï élohénou mélekh ha’olam, acher kidéchanou bemitsvotav vetsivanou ‘al netilat  Yadayim

(Sois béni, Eternel notre D.ieu, Roi du monde, qui nous a sanctifiés par ses commandements et nous a ordonné d’élever les mains.

(cette prière doit se réciter chaque fois que l’on a l’intention de consommer un volume minimum de pain de 2 cazaït (équivalent à environ 60 g). Pour une quantité inférieure, on fera nétilat yadayim sans bérakha.

 

APRES AVOIR ETE AUX TOILETTES ET FAIT L’ABLUTION DES MAINS, ON DIT ‘ACHER YATSAR’

Baroukh ata Ado-naï élohénou mélekh ha’olam acher yatsa et haadam be’hokhma, ouvara vo nekavim nekavim, ‘haloulim ‘haloulim, galouï véyadoua’ lifné khissé khévodéka chéïm yissatem é’had méhem, o im yipatéa’h é’had méhem, i efchar lehitkayen afilou cha’a a’hat. Baroukh ata Ado-naï rofé khol bassar oumafli la’assot.

(Sois béni Eternel notre D.ieu, Roi du monde, qui a façonné l’homme avec sagesse, en le créant avec des orifices et des ouvertures. Tu sais pertinemment que si l’un de ces orifices venait à s’ouvrir de façon incontrôlée ou à se boucher définitivement, il serait impossible de survivre, ne serait-ce qu’une heure. Sois béni, ô Eternel, guérisseur de toute chair, prodigieux dans l’acte créateur.)

BRAKHOTE HARICHONIM (BENED. INITIALES avant consommation)

(hamotsi sur le pain baroukh ata ado-naï élohénou mélèkh haôlam hamotsi lékhem mine haarets.

(Sois béni, Eternel notre D.ieu, Roi du monde, qui fait sortir le pain de la terre.)

– On récite cette bénédiction immédiatement après nétilat yadayimet sans s’interrompre pour parler. On soulève le pain des 2 mains et on dit la bénédiction

Sans s’interrompre, immédiatement après la bénédiction, on mange un morceau de pain trempé dans le sel. – la table est comparée au mizbéa’h (l’autel) et il est dit  « A chacun de tes sacrifices tu ajouteras du sel ». (Lévitique 2, 13)

En semaine, on coupe le pain (de telle sorte que la tranche reste fermement attachée à la miche) avant la bénédiction afin de pouvoir manger sans interruption. Le Chabbat, 2 pains sont nécessaires et on fait la bénédiction sur le pain non encore coupé. On le coupe après la bénédiction.

Cette bérakha (bénédiction) sur le pain exempte de bérakhote tout ce que l’on mange et que l’on boit pendant le repas, excepté le vin (si on n’a pas fait kidouch au préalable) et les fruits qui se mangent sans pain.

(mézonote sur le couscous, les pâtes, le riz, les céréales, les gâteaux, les beignets…) baroukh ata ado-naï élohénou mélèkh haôlam boré miné mézonote)

 

(haguéfène sur le vin ou le jus de raisin : baroukh ata ado-naï élohénou mélèkh haôlam boré péri haguéfène)

 

(ha’arets sur les fruits de l’arbre) : baroukh ata ado-naï élohénou mrélèkh haôlam, boré péri haets)

 

(ha’adama sur les fruits de la terre) : baroukh ata ado-naï élohénou mrélèkh haôlam, boré péri ha’adama)

 

(chéakol sur tout le reste : poisson, viande, autres boissons…: baroukh ata ado-naï élohénou mélèkh haôlam, chéakol nihia bidvaro)

 

 

BRAKHOTE A’HA’HONIM (BENED. FINALES après le repas)

MEEN CHALOCH

Après avoir consommé la quantité requise de vin, de pâtisserie ou des 5 fruits d’Israël, qui sont : raisin, figue, grenade, olive, datte.

Baroukh ata ado-naï elohénou melekh haolam (Sois béni, Eternel notre D.ieu, Roi du monde

(pâtisserie) âl hami’hia veal hakalkala (pour les vivres et la subsistance)

(vin) âl haguefen veal peri haguefen (pour la vigne et le fruit de la vigne)

(5 fruits d’Israël raisins, figues, grenades, olives, dates) âl haetz véperi haetz (pour les arbres et les fruits de l’arbre) ve al tenouvat hassadé véal eretz ‘hemda tova ourkhava chératsita véhis’halta laavoténou léékhol mipiria vélisboâ mitouva. Rakheim Ado-naï élohénou âlénou véâl Yisrael yirakh véhal har tsion michkan kévodakh, véâl misba’hakh, véâl hé’halakh ouvné yeroushalayim îr haqodèch bimhéra véyaménou véhaâlénou létokha vésamékhénou  béviniana  ounva’hakh âléyah bikdoucha ouvtahara. (pour la production des champs, pour la terre enviable, belle, spacieuse, que tu as bien voulu léguer à nos ancêtres afin que l’on se nourrisse de son fruit et que nous soyons rassasiés de son bien. Aie pitié, Eternel notre D.ieu, de nous, d’Israël ton peuple, de Jérusalem ta ville, du mont Sion, demeure de ta gloire, de ton autel, de ton sanctuaire et construis Jérusalem, ville sainte, promptement, de nos jours ; fais-nous y monter et réjouis nous de sa construction. Nous te bénirons pour elle dans la sainteté et la pureté.)

(Chabbat ) véna’haménou béyom hachabbat hazé (veuille nous libérer en ce jour du Chabbat)

(Roch ‘Hodèche) véza’hkhénou létova béyom roch ‘hodèche hazé (souviens toi de nous pour le bien en ce jour de Roch ‘hodech)

(Roch Hachana) véza’hkhénou létova béyom hazikarone hazé (souviens toi de nous pour le bien en ce jour de Roch Hachana)

(les 3 fêtes Pessa’h : Hag Hamatsote) (réjouis nous en ce jour de Pessa’h)

(                 Chavouôt : Hag hachavouôt)

(                 Souccote Hag hasoukat)

(Chémini Atserète : Chemini Hag âtsérète)

Hag Béyom tov oumétiv lakol vénodé lékha âl haaretz (en ce jour de convocation sainte, car tu es bon et tu fais du bien à tous. Nous te remercions, Eternel notre D.ieu, pour le pays)

 

(après la pâtisserie : vâl hami’hia véâl hacalcala) (et pour les vivres et la subsistance)

(après le vin : véâl péri haguéfène) (et pour le fruit de la vigne)

(après les 5 fruits d’Israël (blé, orge, raisin, figue, grenade, olive, datte) : véâl hapérote) (pour les arbres et les fruits de l’arbre).

 

BORE NEFACHOTE

Après avoir consommé des boissons autres que le vin, des fruits autres que les 5 espèces, du fromage, des œufs, du poisson, de la viande…  

Baroukh ata ado-naï, hélohénou mélekh haôlam boré néfachote rabote vé’hes’honane âl kol mah chébarata léha’hayote bahem néfèche kol ‘haï. Baroukh ‘haï haôlamim.

(Sois béni, Eternel notre D.ieu, Roi du monde, créateur de nombreuses âmes avec leurs besoins,

pour tout ce que tu as créé afin que toute âme vivante puisse survivre. Béni soit le vivant éternel.)

 

CHEHE’HIYANOU

à la fin du kidouch, sur un fruit nouveau :

barou’h ata ado-naï élohé-nou mélekh haôlam chéhé’hiyanou vékiémanou véhiguihanou lazmane hazé.

PRIERES JOURNALIERES EXPLIQUEES (nouveau) / Prières chantées

  Le Temple de Jérusalem ________________________________________________________

Le Juif s’adresse au D.ieu Un au moyen de la téfila (la prière) mot dont la racine léitpallél signifie s’évaluer, se juger. La prière est tout autant pour l’homme lui-même que pour D.ieu. Cependant, aucun Juif ne doit consacrer sa vie uniquement à la prière et même un rabbin, chef spirituel et religieux, a le devoir d’avoir d’autres occupations ainsi qu’une vie de famille. La prière étant un face à face entre l’homme et D.ieu, le Juif ou la Juive peut donc s’adresser directement à Lui. En effet, dans la prière juive il n’y a aucun intermédiaire entre l’homme et D.ieu et lorsqu’on fait le « vidouï » (la confession des fautes), contenu dans certaines prières, on s’adresse directement au Créateur. Le judaïsme part du principe que la prière a un pouvoir illimité et qu’elles sont toutes écoutées et prises en compte par D.ieu qui les désire et les attend. La prière peut se faire à peu près n’importe où, mais deux endroits sont cependant privilégiés : la maison et la synagogue.

Le judaïsme n’est pas replié sur lui-même et sait faire acte de reconnaissance envers les pays qui hébergent les Juifs. Par exemple, à la synagogue , chaque Chabbat après la lecture de la Torah, on récite la « prière pour les gouvernants qui, en France, s’appelle « Prière pour la République Française ». Les Juifs étant disséminés dans tous les pays, ils ont le devoir d’être reconnaissants envers le pays où ils vivent, de prier pour la tranquillité et la prospérité du pays et d’attirer sur ses dirigeants (et ce, quelles que soient ses propres opinions politiques), la bénédiction du Tout-Puissant. Cette bénédiction remonte à l’époque de l’exil de Babylone, après la destruction du 1er Temple, en 586 avant notre ère – Jérémie enjoignait aux exilés : « Recherchez la paix pour la ville où je vous ai exilés, priez en sa faveur, car votre paix dépend de sa paix » (Jérémie 29,7). A travers les âges, selon les pays et les époques, en fonction aussi de la manière dont les Juifs étaient traités, de multiples versions ont été élaborées, en hébreu ou en langue étrangère, à l’intention du roi, de l’empereur ou du président. La prière pour la république française, qui remonte sans doute au début de notre siècle, est l’expression d’une adhésion sincère et loyale à la France, d’une profonde reconnaissance et de la volonté d’être des citoyens à part entière. Voici le contenu de cette prière : « D.ieu Eternel, Maître du monde, ta providence embrasse les cieux et la terre ; la force et la puissance t’appartiennent ; par toi seul tout s’élève et tout s’affermit. De ta demeure sainte, ô Seigneur, bénis et protège la République France et le peuple français. Que la France vive heureuse et prospère ; qu’elle soit forte et grande par l’union et la concorde. Que les rayons de Ta lumière éclairent ceux qui président aux destinées de l’Etat et qui font régner dans notre pays l’ordre et la justice. Que la France jouisse d’une paix durable et conserve son rang glorieux au milieu des nations. Que la France reste fidèle à sa noble tradition et défende toujours le droit et la liberté. Accueille favorablement nos vœux ; que les paroles de nos lèvres et les sentiments de notre cœur trouvent grâce devant toi, ô Seigneur, notre créateur et notre libérateur. » Connaissez-vous une autre religion qui ait institué une prière comme celle-ci ?

Autrefois, au Temple, les cohanim (prêtres)  priaient à plat ventre, le visage contre terre, les bras étendus sur le sol vers le haut du corps. Aujourd’hui, les Juifs prient assis ou debout, mais jamais ni à genoux, ni prosternés. Certaines prières peuvent se faire chez soi ou à la synagogue, d’autres ne peuvent se faire que dans l’un de ces deux endroits. Mais de tout temps, les Hébreux, puis les Juifs d’aujourd’hui, se sont toujours tournés vers Jérusalem pour prier. Si l’on se trouve en Israël, on se tourne vers Jérusalem. Si l’on se trouve à Jérusalem même et que l’on n’est pas face au Kotel (le mur occidental), on se tourne vers le mont du Temple. En dehors d’Eretz Israël, il convient de se tourner vers Israël, de se concentrer sur Jérusalem, puis sur le mont du Temple (aujourd’hui appelée l’esplanade des mosquées), où était construit le Temple, pour toutes les nations avant chaque prière.

PRIERES DU MATIN

Dès le réveil, sans même se laver les mains et encore au lit, on dit le Modé ani (pour les hommes) et Moda ani (pour les femmes) :

Modé (moda) ani léfanekha, mélekh ‘haï vékayam chéhé’hézarta bi nichmati be’hemla. Rabba émounatékha.

Je te remercie, ô roi virant éternel,  d’avoir restitué mon âme avec compassion;  tu es de grande confiance !

Modé ani.  Cette phrase, dite dès que l’on a ouvert les yeux, avant même de faire aucun geste, exprime l’opposition entre D.ieu, souverain, éternellement vivant, et l’être humain, dépendant, éphémère, mortel. Le sommeil de la nuit est la preuve de cette dépendance, puisque l’homme, perdant toute lucidité, toute conscience, est comme privé de son âme. Aussi doit-il éprouver une reconnaissance infinie pour celui qui, au matin, la lui rend.

On se rince ensuite les mains (il est possible de placer une cuvette et un kéli rempli d’eau (broc à 2 anses)  – que l’on recouvre – près du lit, et on se rince les mains 1 fois sur chaque main, en alternance, en commençant par la main droite (on tient alors le broc de la main gauche) jusqu’à avoir rincé 3 fois chaque main en alternant main droite et main gauche. Puis on élève les deux mains à hauteur du visage.

*On peut aussi se rendre dans la salle de bains ou dans les toilettes pour faire ses besoins  en marquant un arrêt tous les 4 pas. Ensuite, après s’être lavé les mains, on les  rince  comme ci-dessus.

La prière d’Acher Yatsar

La bénédiction suivante se dit chaque fois que l’on aura fait ses besoins naturels et après s’être lavé les mains (ne pas oublier de se couvrir la tête pour réciter les bénédictions où le nom de D.ieu est mentionné) :

Baroukh ata Ado-naï, élohénou mélekh haolam acher yatsar et haadam békho’hma, ouvara vo nékavim nékavim, khaloulim, khaaloulim. Galouï véyadouâ lifné khissé ‘hévodéra chéim yisatem ékhad méhem o im yipatéa’h ékhad méhem é (ou) i efchar léhitkayem afilou chaâh eikhat. Baroukh ata ado-naï rofé ‘hol bassar oumafli laâssote.

Sois béni,ô Eternel, notre D.ieu, roi du monde, qui a façonné l’homme avec sagesse, en le créant avec des orifices et des ouvertures. Tu sais pertinemment que si l’un de ces orifices venait à s’ouvrir de façon incontrôlée ou à se boucher définitivement, il serait impossible de survivre, ne serait-ce qu’une heure. Sois béni, ô Eternel, guérisseur de toute chair, prodigieux dans l’acte (créateur).

Acher yatsar. Il est peu probable qu’une telle bénédiction existe dans une autre religion. Le judaïsme prétend régenter toutes les activités humaines, les plus nobles comme les plus triviales, les plus publiques comme les plus intimes… Si l’absorption des aliments est indispensable à la santé de l’homme et à sa survie, leur évacuation l’est encore plus. Remercions D.ieu de nous avoir doté d’un système à la fois complexe et efficace d’évacuation et d’élimination des toxines et d’absorption d’éléments nutritifs par toutes sortes d’orifices et d’ouvertures, bouche, narines, pores, urètre, etc… ; remercier D.ieu fait partie de cette conscience que l’on a du caractère merveilleux de la création dont il est non seulement l’auteur, mais aussi de façon permanente, le grand guérisseur à « l’intervention prodigieuse » mafli la assote (Juges 13, 11)

Une bénédiction pour chaque chose, par le Dr Kenneth M. Prager

Quand j’étais élève à l’école juive, mes camarades et moi trouvions risible l’affiche accrochée au mur à la sortie des toilettes. Il s’agissait d’une ancienne bénédiction juive, connue sous le nom de acher yatsar, que l’on récite après s’être soulagé…. A nos yeux, les bénédictions devaient être réservées aux prières, aux jours de fêtes, ou afin de remercier D.ieu pour la nourriture ou un acte de délivrance, mais certainement pas pour une fonction corporelle plutôt embarrassante. Il me fallut plusieurs décennies avant de comprendre toute la sagesse que contenait cette bénédiction, composée par Abayé, rabbin babylonien du 4ème siècle.

La bénédiction de Abayé est citée dans le Talmud, l’ouvrage encyclopédique de la Loi et du Savoir juif rédigé au cours des cinq premiers siècles de l’ère commune. La religion juive est replète de ces bénédictions ou berakhote, comme elles sont appelées en hébreu. En fait, un traité entier du Talmud, de 128 pages, leur est consacré. A la page 120 (Berakhot 60b) du texte ancien, il est écrit : « Abayé dit, quand on sort des cabinets, on doit dire : Béni soit-Il Celui qui a formé l’homme avec sagesse et Qui a créé en lui de nombreux orifices et cavités. Il est évident et connu devant le trône de Ta gloire que si l’un d’eux se rompait ou s’obstruait, il serait impossible de survivre et de se tenir devant Toi. Béni sois-Tu, Toi qui guérit toute chaire et accomplit des prodiges. » Un juif pratiquant récite cette bénédiction en hébreu après chaque visite aux toilettes.

Ce n’est qu’au cours de ma seconde année d’études en médecine que j’ai fini par comprendre le bien-fondé de cette prière. La pathophysiologie m’a permis de réaliser les terribles conséquences d’aberrations même mineures dans la structure et le fonctionnement du corps humain. J’ai finalement cessé de considérer mes visites aux toilettes comme une chose évidente. J’ai réalisé au contraire que de nombreux procédés doivent s’opérer correctement afin que ces brèves interruptions de ma vie quotidienne se déroulent normalement.

J’ai pensé à Abayé et à sa bénédiction. Je me suis souvenu de mes années à l’école juive et des plaisanteries qu’avait suscitées cette affiche à la sortie des toilettes. Mais après avoir rencontré des patients dont la vie est dépendante d’appareils de dialyse, et d’autres avec des colostomies et des cathéters urinaires, j’ai compris combien ce rabbin était sage. Et puis, c’est arrivé : j’ai commencé à réciter la berakha de Abayé. Au début, j’ai dû avoir recours à mon sidour, livre de prière, pour ne pas me tromper. A force – et les opportunités de pratiquer cette bénédiction ne manquent pas – je suis parvenu à réciter le texte couramment, avec sincérité et compréhension.

Au fur et à mesure des années, réciter acher yatsar est devenu pour moi un moyen d’exprimer ma gratitude, non seulement pour le bon fonctionnement de mes organes excrétoires, mais également pour la bonne santé de mon organisme en général. Le texte se réfère après tout aux conséquences catastrophiques de la rupture ou de l’obstruction de n’importe quelle structure de l’organisme, pas seulement celle de l’appareil urinaire ou gastro-intestinal. Abayé était-il en mesure de prévoir que le « blocage de la cavité » ou lumen, d’une artère coronaire constituerait la cause la plus fréquente de mort dans les pays industrialisés quelque 16 siècles plus tard ?

Un patient est resté gravé tout particulièrement dans ma mémoire, car son histoire renforce à mes yeux la véracité et la beauté du acher yatsar à jamais. Josh était un étudiant de 20 ans, ayant subi une fracture instable de la troisième et de la quatrième vertèbre cervicale dans un accident de moto. Il était presque mort de sa blessure et avait dû être placé d’urgence sous respiration artificielle avec intubation. Au départ, il était totalement paralysé et pouvait seulement fléchir très légèrement son biceps droit.

Une longue période de rééducation et de revalidation s’en suivit. Au cours des premiers mois, des signes prometteurs de guérison neurologique apparurent soudainement et de manière inattendue : le mouvement d’un doigt ici, le fléchissement d’un orteil là ; le retour d’une sensation ici, l’adduction d’un groupe de muscles là. Avec un courage phénoménal, beaucoup de travail et un excellent physiothérapeute, Josh fit des progrès quotidiens. Finalement, après ce qui sembla être un miracle, il put à nouveau marcher à l’aide d’une attelle et d’une canne.

Mais Josh avait toujours besoin d’un cathéter. Je ne connaissais que trop bien les problèmes et les périls que ce jeune homme devrait rencontrer pour le restant de ses jours du fait de sa vessie neurogénique. Les urologues étaient très pessimistes sur ses chances de pouvoir se passer un jour d’un cathéter ; cela n’était jamais arrivé pour une blessure du cordon médullaire de cette gravité. Mais l’impossible se produisit. J’étais là, le jour où Josh put retirer son cathéter urinaire. J’ai pensé à la prière de acher yatsar de Abayé. Comme je ne pouvais imaginer de circonstances plus appropriées pour sa récitation, j’ai suggéré à Josh, lui aussi ancien élève d’une école juive, de lire cette prière. Il accepta. Alors qu’il récitait cette ancienne berakha, des larmes me vinrent aux yeux.

Josh est mon fils. (Source Lamed)

L’INTESTIN

dessin Jean-Christophe Martinez

La prière de Acher Yatsar

(en phonétique, traduite en français et en hébreu, qui se lit de droite à gauche)

Baroukh ata Ado-nay élo-énou mélèkh a-Olam

Béni sois Tu, Hachem notre D.ieu, Roi du du monde

achér yatsar èt a-adam békhokhma.

Qui a façonné l’homme avec sagesse

Ouvara vo nékavim nékavim, H’aloulim Haloulim.

et qui a créé en lui de nombreux orifices et cavités,

Galoui’ vé-yadoua lifné khissé khévodékha

il est évident et connu devant le Trône de Ta Gloire

ché im yissatèm eHad mé-èm o im yipataH’ eHad méhém

que si l’un d’eux se rompait ou s’obstruait,

i éfchar lé-it-ka-yèm afilou cha-â eH’at.

il serait impossible de survivre et de se tenir devant Toi.

Baroukh ata Ado-nay rofé khol bassar oumafli la-hassot:.

Béni sois-Tu, Toi qui guérit toute chair et accomplit des merveilles. (traduction cyber-contact)

בָּרוּךְ אַתָּה יְהֹוָה אֱלֹהֵינוּ מֶלֶךְ הָעוֹלָם אֲשֶׁר יָצַר אֶת
.הָאָדָם בְּחָכְמָה וּבָרָא בוֹ נְקָבִים נְקָבִים חֲלוּלִים חֲלוּלִים
גָּלוּי וְיָדוּעַ לִפְנֵי כִסֵּא כְבוֹדֶךָ שֶׁאִם יִפָּתֵחַ אֶחָד מֵהֶם
אוֹ יִסָּתֵם אֶחָד מֵהֶם אִי אֶפְשַׁר לְהִתְקַיֵּם וְלַעֲמוֹד לְפָנֶיךָ
.אֲפִילוּ שָׁעָה אֶחָת
.בָּרוּךְ אַתָּה יְהֹוָה רוֹפֵא כָל בָּשָׂר וּמַפְלִיא לַעֲשֹוֹת

Comprendre la prière de Acher Yatsar

Il est très important de comprendre cette bénédiction et vous allez voir que les termes qui y sont employés  sont merveilleux.  Nos Sages rapportent qu’une « ségoula », (un remède) très efficace pour la « refoua chelema », (la guérison des malades) est la récitation de cette prière de remerciement à Haqadoch Baroukh Hou (Le Saint Béni Soit-Il).

Dans le Choulkhan Aroukh, (livre où sont inscrites toutes les lois de la vie pratique quotidienne du judaïsme) Maran (Rav Joseph Caro, l’auteur du Choulkhan Aroukh, qui vivait au XVIème siècle), consacre un paragraphe entier à l’explication de cette bénédiction.

Pour bien comprendre, reprenons la bénédiction d’abord ligne par ligne et mot à mot :

« Baroukh ata Ado-nay élo-énou mélèkh a-Olam achér yatsar èt a-adam békhokhma« .  Béni sois Tu, Hachem notre D.ieu, Roi du du monde Qui a façonné l’homme avec sagesse

On commence par glorifier Hachem qui a créé l’être humain  « békhokhma », avec sagesse. Dans la bénédiction de la Guemara Masse’het, Rachi explique au nom du Midrach, qui cite un passouk (verset) dans Tehilim (les Psaumes) : « Tu es grand et Tu réalises des merveilles. » Le Midrach demande ce que veut dire cette phrase.  L’être humain est comparable à une outre remplie d’air  Si cette outre venait à être percée, le plus petit trou laisserait échapper cet air. Le Midrach dit que le corps est rempli d’orifices, et pourtant l’air que l’homme respire reste en lui. C’est la sagesse divine, que seul Haqadoch Baroukh Hou possède pour avoir réalisé l’être humain dans de telles conditions.

Pour sa part, Tossafote (écrits réalisés  par un groupe d’environ 300 rabbins médiévaux du XIè au XIVème siècle) rapporte au nom du Midrach que Hachem a créé l’être humain avec sagesse. Le Midrach demande de quel type de sagesse il est question ici et répond que Hachem a créé tous les besoins de l’être humain et en dernier, Il a créé l’être humain. Comme il est marqué dans la Guamara : « Voici pourquoi Hachem a créé l’être humain la veille de Chabbat. Pour qu’Adam harichon (l’homme primordial) passe au repas de Chabbat immédiatement. » L’univers entier a été préparé pendant  6  jours  pour les besoins de l’homme : les animaux, les plantes, la nature et en dernier l’homme, pour que  celui-ci trouve tout prêt. C’est cela la sagesse dont il est question ici. D’après Tossafote, dans cette bénédiction, on glorifie Hachem précisément sur cet esprit de prévision. D’ailleurs Tossafote dit : Quel est l’homme sage ? C’est l’homme prévoyant. Quand Haqadoch Baroukh Hou a créé l’homme, il a d’abord été prévoyant en préparant tous ses besoins, et puis il l’a créé en dernier. C’est donc cette glorification dont on fait mention dans la bénédiction de Acher Yatsar.

« Ouvara vo nékavim nékavim, H’aloulim Haloulim. » (et qui a créé en lui de nombreux orifices et cavités,)

Le corps est composé notamment de nombreux orifices ( nékavim nékavim ) tels que la bouche, les narines, l’anus. « H’aloulim Haloulim » veut dire de nombreux organes. Des organes creux comme l’intestin, le cœur, l’estomac. Ici, le Tour (Baâlhattourim, dit le Tour, nom de Rabbi Yaâqov ben Achér ben Yé’hiel(1270-1343), ainsi surnommé car cela veut dire : celui qui a rédigé le livre intitulé le Tour. fils de Rabbénou Achér dit le Roche (1250-1327), auteur du grand livre de halakha Hilkhote Achéri sur tout le Talmud fait remarquer . Ainsi, le Tour nous explique que  « ’haloulim ‘haloulim » a la guématria (valeur numérique) 124 + 124 = 248, qui correspond au nombre total des organes du corps humain.

« Galoui’ vé-yadoua lifné khissé khévodékha » il est évident et connu devant le Trône de Ta Gloire « ché im yissatèm eHad mé-èm o im yipataH’ eHad méhém » que si l’un d’eux se rompait,  s’obstruait, ou s’ouvrait « i éfchar lé-it-ka-yèm afilou cha-â eH’at. » il serait impossible de survivre et de se tenir devant Toi.

De quoi s’agit-il ici ? Lorsqu’on dit : « ché im yissatèm e’had mé-èm » (si l’un d’eux venait à s’obstruer), à quoi faisons-nous allusion ? Dans la Guemara Nida, il est dit : « tout le temps où le fœtus se trouve dans le ventre de sa maman, son nombril (qui lui sert à se nourrir) est ouvert et sa bouche est fermée. A partir du moment précis où le bébé vient au monde,  ce qui était ouvert se referme (le nombril) et ce qui était fermé s’ouvre (la bouche)» La Guémara termine en disant : « S’il n’en était pas ainsi, le bébé ne pourrait pas vivre un seul instant. »

Par conséquent, lorsqu’on dit « ché im yissatèm eHad mé-èm (si l’un des orifices cités ci-dessus, et plus particulièrement la bouche venait à se fermer un seul instant, il serait impossible de continuer à vivre. »

D’après le Maharal de Rottenbourg , l’un des Richonim (décisionnaires médiévaux) on aurait dû enlever les 3 mots « afilou cha-â eH’at », invoquant le fait que l’homme ferme sa bouche un nombre incalculable de fois dans la journée sans en mourir pour autant.

Le Tour réplique et dit :qu’il maintient ses propos et répète qu’il s’agit bien de la bouche. Et quand on dit : « si la bouche venait à se fermer, il ne serait pas possible de continuer à vivre, car en fait, il ne s’agit pas de la vie de tous les jours, mais de l’instant précis de la naissance ».

La bouche du bébé qui naît doit s’ouvrir. Si elle reste fermée, La Guémara confirme que «ce qui était fermé s’ouvre et ce qui était ouvert se ferme ». Si, à D.ieu ne plaise, celle-ci ne s’ouvre pas, alors, il ne pourrait vivre un seul instant. »

photo http://www.geocities.com / akramjfr / embryo.jpg,

Dans le Beit Yossef, , Maran (Yossef Karo, également l’auteur du Choul’han Aroukh, qui est une compilation des lois du Talmud) ajoute d’autres explications et que nous savons que les orifices de l’être humain peuvent rester momentanément fermés dans une certaine limite au-delà de laquelle s’il restent fermés, cela peut être très dangereux et entraîner des conséquences tragiques. Ainsi, quand on dit « si l’un d’entre eux venait à se boucher , ce qui signifie « au-delà de sa limite supportable ». On peut se retenir d’uriner ou d’aller à la selle dans certaines limites. Au-delà, cela met la santé en danger.

Dans le Beit Yossef, Marane continue :  « si l’un d’entre eux venait à s’ouvrir » De quoi parle-t-on ici ? De quoi parle-t-on ici ? Il s’agit des orifices des besoins naturels. Si quelqu’un va de façon exagérée faire ses besoins naturels, il est à craindre pour son état physique : (deshydratation, différentes maladies peuvent alors apparaître) il tombe à nouveau dans le risque de ne pas pouvoir continuer à vivre.

VOILA POURQUOI ON GLORIFIE HAQADOCH BAROUKH HOU (le Saint Béni soit-Il.)

La prière continue ainsi : « Baroukh ata Ado-nay rofé khol bassar oumafli la-hassot:.Béni sois-Tu, Toi qui guéris toute chair et réalise des merveilles « rofé khol bassar ». Le Radin, un rabbin du 14e siècle, autre décisionnaire médiéval élève du Roche, dit « Rofé khol bassar » fait allusion à la capacité que le Créateur a eue de mettre dans ces « nékavim nékavim, H’aloulim Haloulim. » différents orifices et organes du corps, celle de faire le tri des diverses parties des aliments, (ce qui est une capacité remarquable du corps humain), qui garde le bon (pour le nourrir) et rejette le reste (pour le guérir). Car en effet, si tel n’était pas le cas, les aliments pourraient pourrir dans le corps et causer l’irréparable. Cette capacité d’extraction des détritus alimentaires est donc bien une guérison. C’est pourquoi on utilise ce terme de « réfoua » (guérison)

« ou mafli la-hassot » (et réalise des merveilles) . Dans le Choulkhan Aroukh, Marane explique que cette expression est égale à celle qui dit « achér yatsar èt a-adam békhokhma. » L’être humain est comparable à une outre. Pourtant si l’outre contient de l’air, si cet air s’échappe, l’outre se vide. L’être humain est rempli d’orifices, pourtant, ce qui est contenu dans le corps ne s’échappe pas Dans le Beit Yossef, Marane rapporte cependant une autre explication du Radin « Qui a façonné l’homme avec sagesse » Dans le Beit Yossef, sur « réalise des merveilles » il est dit : « la merveille dont il est question ici, c’est qu’H.B.H. fait le tri dans le corps humain. Il lui laisse le bon et Il lui enlève le mauvais. »

Ce tri étant qualifiable de réfoua (guérison), il semblerait qu’on répète deux fois  la même chose. Le Radin a dit : ces orifices et ces organes ont la capacité donnée par le Créateur. de faire le tri « et réalise des merveilles », ce qui est une guérison. Le Radin dit encore que Haqadoch Baroukh Hou (le Saint Béni soit-Il) fait le tri dans le corps humain. C’est en apparence deux fois la même répétition. Or, en fait, dans le Beit Yossef, Marane demande au nom du Radin ce que veut dire « qui guérit toute chair ». Le Créateur a donné la capacité aux organes et aux orifices de faire le tri. L’extraction du mauvais est qualifiable de réfoua (guérison). « Mafli laasot » réalise des merveilles.

Le Radin dit à propos de « guérit toute chair », qu’on glorifie le fait que le Créateur. a donné la capacité de faire le tri des éléments qui pourraient leur nuire aux nombreux orifices et organes du corps humain. C’est ce qu’on glorifie ici. « et accomplit des merveilles ». Un mot saute alors aux yeux, et le Radin fait ressortir qu’on glorifie l’action, bien sûr mise en place par le Créateur, on s’émerveille de ce qui se passe dans le corps humain. A la fin de la bénédiction « et accomplit des merveilles » fait référence à D.ieu. La chose sur laquelle on s’émerveille, c’est bien L’Eternel, qui l’accomplit par l’intermédiaire des organes. C’est une nuance très fine. On s’émerveille de ce que D.ieu a permis à notre corps de réaliser.

L’être humain s’arrête bien souvent à ce que l’on voit, et on pense que c’est formidable, que la meilleure machine conçue par l’humain ne pourrait arriver à une telle prévision. Alors on s’émerveille sur l’action. Le Radin dit : mais sachez qu’en réalité, c’est Haqadoch Baroukh Hou qui effectue ce tri et réalise des merveilles. Dans le Beit Yossef, Marane, après avoir cité cette explication du Radin, termine en disant qu’elle est juste. Pourquoi ? La finalité de la conception d’un juif est de tout rattacher à D.ieu. Constater les merveilles que D.ieu a créées pour l’homme est un devoir pour Ses créatures,mais il faut savoir rattacher toutes ces merveilles au Créateur.

L’homme a tendance à ne considérer que ce que ses yeux lui donnent à voir : la photo. Or, c’est le Créateur Lui-Même qui en quelque sorte prend la photo ! C’est Lui qui l’a créée. Ainsi, la fin de la bénédiction remet les pendules à l’heure, et attire notre attention en  nous signifiant que le Créateur est bien l’auteur de ces merveilles.

Pour en revenir à un point important de la prière, quand on dit « i éfchar lé-it-ka-yèm afilou cha-â eH’at», la traduction littérale serait la suivante : Il serait impossible de survivre une seule heure.  En vérité, si l’on raisonne, on s’aperçoit qu’il est évident qu’il ne s’agit pas d’une heure de 60 mn. Pourquoi ? Bouchez-vous le nez et la bouche ainsi et vous verrez que vous ne tiendrez pas une heure dans ces conditions. Alors comment peut-on dire cela dans la bénédiction ? Il ne serait pas possible de continuer à vivre même une heure. Le rav David Pitoun nous explique : « Il y a plus de 15 ans, j’avais lu l’explication dans un livre, mais je ne savais plus dans lequel. Assis à ma table de travail, je me lève tout à coup. Je me plante devant la bibliothèque et je commence à regarder tous les livres un par un et tout à coup, dans un coin, je retrouve un livre acheté à Paris il y a une quinzaine d’années. Son titre « Baroukh ché amar » sur l’explication et le commentaire des prières, écrit par le fils du Aroukh hachoulkhan, Rabbi Baroukh Epstein, et là, P. 17, je retrouve l’explication des termes de la bénédiction d’Acher Yatsar.

A l’aide de nombreuses preuves énoncées l’une derrière l’autre (entre autres le Targoum d’Onqelos, les Tehilim, Esaïe, Amos, les Rois, etc… ) Rabbi Baroukh Epstein y explique en effet sur une page et demie, qu’il est certain qu’il ne s’agit pas ici d’une heure de 60 mn, parce que le fait de boucher le nez et la bouche pendant un laps de temps aussi long est inconcevable ; il ne s’agit donc pas d’une heure ordinaire et explique que le mot « cha-â » est un mot araméen, qui, traduit en hébreu, veut dire heure avec un « alef » et non avec un « » comme il a été écrit lorsque le mot a été mis en hébreu, mais ; à l’origine, c’était un mot araméen s’écrivant ainsi : « chine, ayin, alef », c’est donc bien la traduction araméenne du mot hébreu« réga » , qui signifie instant . Rabbi Baroukh Epstein dit aussi que parfois, le mot « cha’â » s’adapte au contexte : tantôt il veut dire 60 mn, tantôt, selon le contexte, il veut dire moins, parfois il peut même  vouloir dire plus. Il est important donc de savoir cela pour donner un sens à cette bénédiction. (D’après un cours du Rav D. Pitoun)

Thirsty It's mePhotos Anna Plaza                     & Darla K. Cobus

La prière du Acher Yatsar est mentionné dans le Talmud (Berakhot 60b) comme l’une des bénédictions établies par les hommes de la Grande Assemblée (- 410 – 310 avant l’ère commune).  Ainsi, en Plus de reconnaître la sagesse de D.ieu dans la création de notre corps, la bénédiction comprend aussi une affirmation de pouvoir de guérison de D.ieu.

En un sens, nous sommes tous des bébés. En effet, ne sommes-nous pas comme des nouveaux-nés dans ce monde, entièrement dépendants de l’amour de notre Créateur pour nous soutenir et nous garder en vie pour Ses desseins et pour  Sa gloire.  Qu’Hachem vous donne à tous la santé et la paix !

Après l’ablution des mains et la toilette, on dit :

Baroukh ata Ado-naï, élohénou mélekh haolam, acher kidéchanou bémitsvotav vétsivanou âl nétilat yadayim.

Sois béni, ô Eternel, notre D.ieu, roi du monde, qui nous a sanctifiés par ses commandements et nous a ordonné d’élever les mains.

Nétilat. Le fait de se laver les mains le matin avant d’accomplir 4 pas n’a aucun rapport avec l’hygiène corporelle qui est supposée acquise. Par une volonté délibérée émanant de l’homme (koa’h gavra = une force humaine), il s’agit plutôt d’éliminer le résidu d’impureté qui s’est fixé aux extrémités des doigts pendant notre sommeil. Nous considérons en effet que l’impureté est ce manque de lucidité ou de conscience où l’homme perd la notion de D.ieu. C’est en cela que le sommeil ressemble à la mort, considérée comme le suprême degré de l’impureté. Dans la bénédiction, on ne parle pas d’ablutions, mais d’élévation : ces mains, qui vont commencer une journée de travail, ont pour tâche de sanctifier l’oeuvre humaine, comme le prêtre qui se sanctifie avant de servir D.ieu dans le Temple. Tâche difficile qui consiste à sublimer la matière !

Talit Katan

Prière pour le Talit qatane qui se porte sous la chemise ou chemisette (pour les hommes)

Baroukh ata Ado-naï élohénou mélekh haolam acher kidéchanou bémitsvotav vétsivanou âl mitsvat tsitsit.

Sois béni, ô Eternel, notre D.ieu, roi du monde, qui nous a sanctifiés par ses commandements et nous a ordonné le commandement des tsitsit.

Elohaï néchama chénatata bi téhora (hi). Ata vérata. Ata yétsarta. Ata néfarta bi. Véata méchaméra békirbi. Véata âtid litéla miméni oulhakhazira bi léâtid lavo. Kol zémane chéhanéchama békirbi. Modé (moda) ani léfanékha Adonaï hélohaï vélohé avotaï ribone kol hamaâssim. Adone kol hanéchamote. Baroukh ata Ado-naï hamakhazir néchamote lifguérim métim.

Ô mon D.ieu, l’âme que tu as mise en moi est pure, c’est toi qui l’as créée, toi qui l’as formée, toi qui l’as insufflée en moi, toi qui la protèges en mon sein. Plus tard, tu me l’enlèveras pour me la restituer dans l’avenir. Tout le temps que l’âme est en moi, je veux te remercier, ô Eternel mon D.ieu et D.ieu de mes pères, maître de tous les événements, seigneur de toutes les âmes ;  sois béni, ô Eternel, qui fait revenir les âmes dans les corps morts.

Elohaï. 2 sujets dans ce texte : l’âme, sa nature, invariablement pure, parcelle du « Seigneur de toutes les âmes » et la résurrection des morts. Le texte insiste sur la pureté de l’âme pour marquer l’opposition à la conception chrétienne du péché originel, selon laquelle l’âme a été souillée dès l’origine. Et puisque D.ieu est le « Maître de l’histoire », on peut aussi être convaincu que les morts ressusciteront par sa volonté, aussi vrai que nous nous réveillons après un sommeil profond, semblable à l’état de mort. Ces deux idées se rejoignent dans la conscience que l’âme et le corps sont co-responsables du comportement de l’homme. La résurrection est comme une récompense, équitable pour les deux.

(source ‘L’arme de la parole’, Roch Hachana, traduction et commentaires Rabbin Claude Brahami)

Mettre les Tefilin

         Un soldat de l’Armée de défense d’Israël porte Téfiline

Démonstration du Rav Ron  Chaya, en vidéo ici :

Halakha (loi juive) : Les « Tefilines » (1) (cours vidéo de rav Ron

Comment bien mettre les Téfilines 2/3 – Vidéo Dailymotion

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(en cours)

Santé et bien-être de l’âme (CULTURE JUDAÏSME, infos et vie juive) La prière d’Acher Yatsar

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POUR S’INFORMER ET REFLECHIR SELON LA TORAH

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Une bénédiction pour chaque chose, par le Dr Kenneth M. Prager

Quand j’étais élève à l’école juive, mes camarades et moi trouvions risible l’affiche accrochée au mur à la sortie des toilettes. Il s’agissait d’une ancienne bénédiction juive, connue sous le nom de acher yatsar, que l’on récite après s’être soulagé…. A nos yeux, les bénédictions devaient être réservées aux prières, aux jours de fêtes, ou afin de remercier D.ieu pour la nourriture ou un acte de délivrance, mais certainement pas pour une fonction corporelle plutôt embarrassante. Il me fallut plusieurs décennies avant de comprendre toute la sagesse que contenait cette bénédiction, composée par Abayé, rabbin babylonien du 4ème siècle.

La bénédiction de Abayé est citée dans le Talmud, l’ouvrage encyclopédique de la Loi et du Savoir juif rédigé au cours des cinq premiers siècles de l’ère commune. La religion juive est replète de ces bénédictions ou berakhote, comme elles sont appelées en hébreu. En fait, un traité entier du Talmud, de 128 pages, leur est consacré. A la page 120 (Berakhot 60b) du texte ancien, il est écrit : « Abayé dit, quand on sort des cabinets, on doit dire : Béni soit-Il Celui qui a formé l’homme avec sagesse et Qui a créé en lui de nombreux orifices et cavités. Il est évident et connu devant le trône de Ta gloire que si l’un d’eux se rompait ou s’obstruait, il serait impossible de survivre et de se tenir devant Toi. Béni sois-Tu, Toi qui guérit toute chaire et accomplit des prodiges. » Un juif pratiquant récite cette bénédiction en hébreu après chaque visite aux toilettes.

Ce n’est qu’au cours de ma seconde année d’études en médecine que j’ai fini par comprendre le bien-fondé de cette prière. La pathophysiologie m’a permis de réaliser les terribles conséquences d’aberrations même mineures dans la structure et le fonctionnement du corps humain. J’ai finalement cessé de considérer mes visites aux toilettes comme une chose évidente. J’ai réalisé au contraire que de nombreux procédés doivent s’opérer correctement afin que ces brèves interruptions de ma vie quotidienne se déroulent normalement.

J’ai pensé à Abayé et à sa bénédiction. Je me suis souvenu de mes années à l’école juive et des plaisanteries qu’avait suscitées cette affiche à la sortie des toilettes. Mais après avoir rencontré des patients dont la vie est dépendante d’appareils de dialyse, et d’autres avec des colostomies et des cathéters urinaires, j’ai compris combien ce rabbin était sage. Et puis, c’est arrivé : j’ai commencé à réciter la berakha de Abayé. Au début, j’ai dû avoir recours à mon sidour, livre de prière, pour ne pas me tromper. A force – et les opportunités de pratiquer cette bénédiction ne manquent pas – je suis parvenu à réciter le texte couramment, avec sincérité et compréhension.

Au fur et à mesure des années, réciter acher yatsar est devenu pour moi un moyen d’exprimer ma gratitude, non seulement pour le bon fonctionnement de mes organes excrétoires, mais également pour la bonne santé de mon organisme en général. Le texte se réfère après tout aux conséquences catastrophiques de la rupture ou de l’obstruction de n’importe quelle structure de l’organisme, pas seulement celle de l’appareil urinaire ou gastro-intestinal. Abayé était-il en mesure de prévoir que le « blocage de la cavité » ou lumen, d’une artère coronaire constituerait la cause la plus fréquente de mort dans les pays industrialisés quelque 16 siècles plus tard ?

Un patient est resté gravé tout particulièrement dans ma mémoire, car son histoire renforce à mes yeux la véracité et la beauté du acher yatsar à jamais. Josh était un étudiant de 20 ans, ayant subi une fracture instable de la troisième et de la quatrième vertèbre cervicale dans un accident de moto. Il était presque mort de sa blessure et avait dû être placé d’urgence sous respiration artificielle avec intubation. Au départ, il était totalement paralysé et pouvait seulement fléchir très légèrement son biceps droit.

Une longue période de rééducation et de revalidation s’en suivit. Au cours des premiers mois, des signes prometteurs de guérison neurologique apparurent soudainement et de manière inattendue : le mouvement d’un doigt ici, le fléchissement d’un orteil là ; le retour d’une sensation ici, l’adduction d’un groupe de muscles là. Avec un courage phénoménal, beaucoup de travail et un excellent physiothérapeute, Josh fit des progrès quotidiens. Finalement, après ce qui sembla être un miracle, il put à nouveau marcher à l’aide d’une attelle et d’une canne.

Mais Josh avait toujours besoin d’un cathéter. Je ne connaissais que trop bien les problèmes et les périls que ce jeune homme devrait rencontrer pour le restant de ses jours du fait de sa vessie neurogénique. Les urologues étaient très pessimistes sur ses chances de pouvoir se passer un jour d’un cathéter ; cela n’était jamais arrivé pour une blessure du cordon médullaire de cette gravité. Mais l’impossible se produisit. J’étais là, le jour où Josh put retirer son cathéter urinaire. J’ai pensé à la prière de acher yatsar de Abayé. Comme je ne pouvais imaginer de circonstances plus appropriées pour sa récitation, j’ai suggéré à Josh, lui aussi ancien élève d’une école juive, de lire cette prière. Il accepta. Alors qu’il récitait cette ancienne berakha, des larmes me vinrent aux yeux.

Josh est mon fils. (Source Lamed)

L’INTESTIN

dessin Jean-Christophe Martinez

La prière de Acher Yatsar

(en phonétique, traduite en français et en hébreu, qui se lit de droite à gauche)

Baroukh ata Ado-nay élo-énou mélèkh a-Olam

Béni sois Tu, Hachem notre D.ieu, Roi du du monde

achér yatsar èt a-adam békhokhma.

Qui a façonné l’homme avec sagesse

 

Ouvara vo nékavim nékavim, H’aloulim Haloulim.

et qui a créé en lui de nombreux orifices et cavités,

 

Galoui’ vé-yadoua lifné khissé khévodékha

il est évident et connu devant le Trône de Ta Gloire

 

ché im yissatèm eHad mé-èm o im yipataH’ eHad méhém

que si l’un d’eux se rompait ou s’obstruait,

 

i éfchar lé-it-ka-yèm afilou cha-â eH’at.

il serait impossible de survivre et de se tenir devant Toi.

 

Baroukh ata Ado-nay rofé khol bassar oumafli la-hassot:.

Béni sois-Tu, Toi qui guérit toute chair et accomplit des merveilles. (traduction cyber-contact)

בָּרוּךְ אַתָּה יְהֹוָה אֱלֹהֵינוּ מֶלֶךְ הָעוֹלָם אֲשֶׁר יָצַר אֶת
.הָאָדָם בְּחָכְמָה וּבָרָא בוֹ נְקָבִים נְקָבִים חֲלוּלִים חֲלוּלִים
גָּלוּי וְיָדוּעַ לִפְנֵי כִסֵּא כְבוֹדֶךָ שֶׁאִם יִפָּתֵחַ אֶחָד מֵהֶם
אוֹ יִסָּתֵם אֶחָד מֵהֶם אִי אֶפְשַׁר לְהִתְקַיֵּם וְלַעֲמוֹד לְפָנֶיךָ
.אֲפִילוּ שָׁעָה אֶחָת
.בָּרוּךְ אַתָּה יְהֹוָה רוֹפֵא כָל בָּשָׂר וּמַפְלִיא לַעֲשֹוֹת

Comprendre la prière de Acher Yatsar

Il est très important de comprendre cette bénédiction et vous allez voir que les termes qui y sont employés  sont merveilleux.  Nos Sages rapportent qu’une « ségoula », (un remède) très efficace pour la « refoua chelema », (la guérison des malades) est la récitation de cette prière de remerciement à Haqadoch Baroukh Hou (Le Saint Béni Soit-Il).

Dans le Choulkhan Aroukh, (livre où sont inscrites toutes les lois de la vie pratique quotidienne du judaïsme) Maran (Rav Joseph Caro, l’auteur du Choulkhan Aroukh, qui vivait au XVIème siècle), consacre un paragraphe entier à l’explication de cette bénédiction.

Pour bien comprendre, reprenons la bénédiction d’abord ligne par ligne et mot à mot :

« Baroukh ata Ado-nay élo-énou mélèkh a-Olam achér yatsar èt a-adam békhokhma« .  Béni sois Tu, Hachem notre D.ieu, Roi du du monde Qui a façonné l’homme avec sagesse

On commence par glorifier Hachem qui a créé l’être humain  « békhokhma », avec sagesse. Dans la bénédiction de la Guemara Masse’het, Rachi explique au nom du Midrach, qui cite un passouk (verset) dans Tehilim (les Psaumes) : « Tu es grand et Tu réalises des merveilles. » Le Midrach demande ce que veut dire cette phrase.  L’être humain est comparable à une outre remplie d’air  Si cette outre venait à être percée, le plus petit trou laisserait échapper cet air. Le Midrach dit que le corps est rempli d’orifices, et pourtant l’air que l’homme respire reste en lui. C’est la sagesse divine, que seul Haqadoch Baroukh Hou possède pour avoir réalisé l’être humain dans de telles conditions.

Pour sa part, Tossafote (écrits réalisés  par un groupe d’environ 300 rabbins médiévaux du XIè au XIVème siècle) rapporte au nom du Midrach que Hachem a créé l’être humain avec sagesse. Le Midrach demande de quel type de sagesse il est question ici et répond que Hachem a créé tous les besoins de l’être humain et en dernier, Il a créé l’être humain. Comme il est marqué dans la Guamara : « Voici pourquoi Hachem a créé l’être humain la veille de Chabbat. Pour qu’Adam harichon (l’homme primordial) passe au repas de Chabbat immédiatement. » L’univers entier a été préparé pendant  6  jours  pour les besoins de l’homme : les animaux, les plantes, la nature et en dernier l’homme, pour que  celui-ci trouve tout prêt. C’est cela la sagesse dont il est question ici. D’après Tossafote, dans cette bénédiction, on glorifie Hachem précisément sur cet esprit de prévision. D’ailleurs Tossafote dit : Quel est l’homme sage ? C’est l’homme prévoyant. Quand Haqadoch Baroukh Hou a créé l’homme, il a d’abord été prévoyant en préparant tous ses besoins, et puis il l’a créé en dernier. C’est donc cette glorification dont on fait mention dans la bénédiction de Acher Yatsar.

« Ouvara vo nékavim nékavim, H’aloulim Haloulim. » (et qui a créé en lui de nombreux orifices et cavités,)

Le corps est composé notamment de nombreux orifices ( nékavim nékavim ) tels que la bouche, les narines, l’anus. « H’aloulim Haloulim » veut dire de nombreux organes. Des organes creux comme l’intestin, le cœur, l’estomac. Ici, le Tour (Baâlhattourim, dit le Tour, nom de Rabbi Yaâqov ben Achér ben Yé’hiel(1270-1343), ainsi surnommé car cela veut dire : celui qui a rédigé le livre intitulé le Tour. fils de Rabbénou Achér dit le Roche (1250-1327), auteur du grand livre de halakha Hilkhote Achéri sur tout le Talmud fait remarquer . Ainsi, le Tour nous explique que  « ’haloulim ‘haloulim » a la guématria (valeur numérique) 124 + 124 = 248, qui correspond au nombre total des organes du corps humain.

« Galoui’ vé-yadoua lifné khissé khévodékha » il est évident et connu devant le Trône de Ta Gloire « ché im yissatèm eHad mé-èm o im yipataH’ eHad méhém » que si l’un d’eux se rompait,  s’obstruait, ou s’ouvrait « i éfchar lé-it-ka-yèm afilou cha-â eH’at. » il serait impossible de survivre et de se tenir devant Toi.

De quoi s’agit-il ici ? Lorsqu’on dit : « ché im yissatèm e’had mé-èm » (si l’un d’eux venait à s’obstruer), à quoi faisons-nous allusion ? Dans la Guemara Nida, il est dit : « tout le temps où le fœtus se trouve dans le ventre de sa maman, son nombril (qui lui sert à se nourrir) est ouvert et sa bouche est fermée. A partir du moment précis où le bébé vient au monde,  ce qui était ouvert se referme (le nombril) et ce qui était fermé s’ouvre (la bouche)» La Guémara termine en disant : « S’il n’en était pas ainsi, le bébé ne pourrait pas vivre un seul instant. »

Par conséquent, lorsqu’on dit « ché im yissatèm eHad mé-èm (si l’un des orifices cités ci-dessus, et plus particulièrement la bouche venait à se fermer un seul instant, il serait impossible de continuer à vivre. »

 

D’après le Maharal de Rottenbourg , l’un des Richonim (décisionnaires médiévaux) on aurait dû enlever les 3 mots « afilou cha-â eH’at », invoquant le fait que l’homme ferme sa bouche un nombre incalculable de fois dans la journée sans en mourir pour autant.

 

Le Tour réplique et dit :qu’il maintient ses propos et répète qu’il s’agit bien de la bouche. Et quand on dit : « si la bouche venait à se fermer, il ne serait pas possible de continuer à vivre, car en fait, il ne s’agit pas de la vie de tous les jours, mais de l’instant précis de la naissance ».

La bouche du bébé qui naît doit s’ouvrir. Si elle reste fermée, La Guémara confirme que «ce qui était fermé s’ouvre et ce qui était ouvert se ferme ». Si, à D.ieu ne plaise, celle-ci ne s’ouvre pas, alors, il ne pourrait vivre un seul instant. »

 

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Dans le Beit Yossef, , Maran (Yossef Karo, également l’auteur du Choul’han Aroukh, qui est une compilation des lois du Talmud) ajoute d’autres explications et que nous savons que les orifices de l’être humain peuvent rester momentanément fermés dans une certaine limite au-delà de laquelle s’il restent fermés, cela peut être très dangereux et entraîner des conséquences tragiques. Ainsi, quand on dit « si l’un d’entre eux venait à se boucher , ce qui signifie « au-delà de sa limite supportable ». On peut se retenir d’uriner ou d’aller à la selle dans certaines limites. Au-delà, cela met la santé en danger.

 

Dans le Beit Yossef, Marane continue :  « si l’un d’entre eux venait à s’ouvrir » De quoi parle-t-on ici ? De quoi parle-t-on ici ? Il s’agit des orifices des besoins naturels. Si quelqu’un va de façon exagérée faire ses besoins naturels, il est à craindre pour son état physique : (deshydratation, différentes maladies peuvent alors apparaître) il tombe à nouveau dans le risque de ne pas pouvoir continuer à vivre.

VOILA POURQUOI ON GLORIFIE HAQADOCH BAROUKH HOU (le Saint Béni soit-Il.)

La prière continue ainsi : « Baroukh ata Ado-nay rofé khol bassar oumafli la-hassot:.Béni sois-Tu, Toi qui guéris toute chair et réalise des merveilles « rofé khol bassar ». Le Radin, un rabbin du 14e siècle, autre décisionnaire médiéval élève du Roche, dit « Rofé khol bassar » fait allusion à la capacité que le Créateur a eue de mettre dans ces « nékavim nékavim, H’aloulim Haloulim. » différents orifices et organes du corps, celle de faire le tri des diverses parties des aliments, (ce qui est une capacité remarquable du corps humain), qui garde le bon (pour le nourrir) et rejette le reste (pour le guérir). Car en effet, si tel n’était pas le cas, les aliments pourraient pourrir dans le corps et causer l’irréparable. Cette capacité d’extraction des détritus alimentaires est donc bien une guérison. C’est pourquoi on utilise ce terme de « réfoua » (guérison)

« ou mafli la-hassot » (et réalise des merveilles) . Dans le Choulkhan Aroukh, Marane explique que cette expression est égale à celle qui dit « achér yatsar èt a-adam békhokhma. » L’être humain est comparable à une outre. Pourtant si l’outre contient de l’air, si cet air s’échappe, l’outre se vide. L’être humain est rempli d’orifices, pourtant, ce qui est contenu dans le corps ne s’échappe pas Dans le Beit Yossef, Marane rapporte cependant une autre explication du Radin « Qui a façonné l’homme avec sagesse » Dans le Beit Yossef, sur « réalise des merveilles » il est dit : « la merveille dont il est question ici, c’est qu’H.B.H. fait le tri dans le corps humain. Il lui laisse le bon et Il lui enlève le mauvais. »

Ce tri étant qualifiable de réfoua (guérison), il semblerait qu’on répète deux fois  la même chose. Le Radin a dit : ces orifices et ces organes ont la capacité donnée par le Créateur. de faire le tri « et réalise des merveilles », ce qui est une guérison. Le Radin dit encore que Haqadoch Baroukh Hou (le Saint Béni soit-Il) fait le tri dans le corps humain. C’est en apparence deux fois la même répétition. Or, en fait, dans le Beit Yossef, Marane demande au nom du Radin ce que veut dire « qui guérit toute chair ». Le Créateur a donné la capacité aux organes et aux orifices de faire le tri. L’extraction du mauvais est qualifiable de réfoua (guérison). « Mafli laasot » réalise des merveilles.

Le Radin dit à propos de « guérit toute chair », qu’on glorifie le fait que le Créateur. a donné la capacité de faire le tri des éléments qui pourraient leur nuire aux nombreux orifices et organes du corps humain. C’est ce qu’on glorifie ici. « et accomplit des merveilles ». Un mot saute alors aux yeux, et le Radin fait ressortir qu’on glorifie l’action, bien sûr mise en place par le Créateur, on s’émerveille de ce qui se passe dans le corps humain. A la fin de la bénédiction « et accomplit des merveilles » fait référence à D.ieu. La chose sur laquelle on s’émerveille, c’est bien L’Eternel, qui l’accomplit par l’intermédiaire des organes. C’est une nuance très fine. On s’émerveille de ce que D.ieu a permis à notre corps de réaliser.

 

L’être humain s’arrête bien souvent à ce que l’on voit, et on pense que c’est formidable, que la meilleure machine conçue par l’humain ne pourrait arriver à une telle prévision. Alors on s’émerveille sur l’action. Le Radin dit : mais sachez qu’en réalité, c’est Haqadoch Baroukh Hou qui effectue ce tri et réalise des merveilles. Dans le Beit Yossef, Marane, après avoir cité cette explication du Radin, termine en disant qu’elle est juste. Pourquoi ? La finalité de la conception d’un juif est de tout rattacher à D.ieu. Constater les merveilles que D.ieu a créées pour l’homme est un devoir pour Ses créatures,mais il faut savoir rattacher toutes ces merveilles au Créateur.

L’homme a tendance à ne considérer que ce que ses yeux lui donnent à voir : la photo. Or, c’est le Créateur Lui-Même qui en quelque sorte prend la photo ! C’est Lui qui l’a créée. Ainsi, la fin de la bénédiction remet les pendules à l’heure, et attire notre attention en  nous signifiant que le Créateur est bien l’auteur de ces merveilles.

Pour en revenir à un point important de la prière, quand on dit « i éfchar lé-it-ka-yèm afilou cha-â eH’at», la traduction littérale serait la suivante : Il serait impossible de survivre une seule heure.  En vérité, si l’on raisonne, on s’aperçoit qu’il est évident qu’il ne s’agit pas d’une heure de 60 mn. Pourquoi ? Bouchez-vous le nez et la bouche ainsi et vous verrez que vous ne tiendrez pas une heure dans ces conditions. Alors comment peut-on dire cela dans la bénédiction ? Il ne serait pas possible de continuer à vivre même une heure. Le rav David Pitoun nous explique : « Il y a plus de 15 ans, j’avais lu l’explication dans un livre, mais je ne savais plus dans lequel. Assis à ma table de travail, je me lève tout à coup. Je me plante devant la bibliothèque et je commence à regarder tous les livres un par un et tout à coup, dans un coin, je retrouve un livre acheté à Paris il y a une quinzaine d’années. Son titre « Baroukh ché amar » sur l’explication et le commentaire des prières, écrit par le fils du Aroukh hachoulkhan, Rabbi Baroukh Epstein, et là, P. 17, je retrouve l’explication des termes de la bénédiction d’Acher Yatsar.

 

 

A l’aide de nombreuses preuves énoncées l’une derrière l’autre (entre autres le Targoum d’Onqelos, les Tehilim, Esaïe, Amos, les Rois, etc… ) Rabbi Baroukh Epstein y explique en effet sur une page et demie, qu’il est certain qu’il ne s’agit pas ici d’une heure de 60 mn, parce que le fait de boucher le nez et la bouche pendant un laps de temps aussi long est inconcevable ; il ne s’agit donc pas d’une heure ordinaire et explique que le mot « cha-â » est un mot araméen, qui, traduit en hébreu, veut dire heure avec un « alef » et non avec un « » comme il a été écrit lorsque le mot a été mis en hébreu, mais ; à l’origine, c’était un mot araméen s’écrivant ainsi : « chine, ayin, alef », c’est donc bien la traduction araméenne du mot hébreu« réga » , qui signifie instant . Rabbi Baroukh Epstein dit aussi que parfois, le mot « cha’â » s’adapte au contexte : tantôt il veut dire 60 mn, tantôt, selon le contexte, il veut dire moins, parfois il peut même  vouloir dire plus. Il est important donc de savoir cela pour donner un sens à cette bénédiction. (D’après un cours du Rav D. Pitoun)

Thirsty It's mePhotos Anna Plaza                     & Darla K. Cobus

La prière du Acher Yatsar est mentionné dans le Talmud (Berakhot 60b) comme l’une des bénédictions établies par les hommes de la Grande Assemblée (- 410 – 310 avant l’ère commune).  Ainsi, en Plus de reconnaître la sagesse de D.ieu dans la création de notre corps, la bénédiction comprend aussi une affirmation de pouvoir de guérison de D.ieu.

En un sens, nous sommes tous des bébés. En effet, ne sommes-nous pas comme des nouveaux-nés dans ce monde, entièrement dépendants de l’amour de notre Créateur pour nous soutenir et nous garder en vie pour Ses desseins et pour  Sa gloire.  Qu’Hachem vous donne à tous la santé et la paix!