PERSONNE N’EN PARLE, NOUS SI ! PROSTITUTION : Les marchés aux esclaves sexuelles n’ont pas disparu chez les arabes, bien au contraire ! Et ce ne sont pas des rumeurs, comme certains voudraient nous le faire croire !! Ils ont seulement pris un autre visage et se sont modernisés : LA TRAITE DES FEMMES ICI ET AILLEURS, HIER ET AUJOURD’HUI !

La traite arabo-musulmane : une réalité occultée

Parce que chez les barbares la femme n’est qu’un objet sexuel et une bonne-à- tout-faire, hier comme aujourd’hui, l’esclavage sexuel qu’ils pratiquent est on ne peut plus florissant en Europe, avec la complicité de nos gouvernants, que cela ne dérange pas, puisqu’ils acceptent sur leur propre sol que soit pratiqué l’esclavage sexuel des adolescentes et jeunes femmes blanches par les arabo-musulmans. ________________________________________________________

Jusqu’au XIXe siècle, les corsaires nord-africains capturent des esclaves sur les côtes des pays européens et les navires européens.

Entre 1530 et 1780, au moins 1 200 000 Européens furent emmenés en esclavage en Afrique du Nord seul le nombre d’hommes est à peu près quantifiable, tandis que le nombre de femmes victimes de cette traite est très difficile à quantifier et généralement largement sous-estimé.

L’esclavage sexuel et harems

Comme dans le reste du monde, les maîtres entretiennent des relations érotiques et sexuelles avec leurs esclaves femmes, seul le monde arabe a rempli spécifiquement les fameux harems, l’équivalent des gynécées chez les musulmans, de femmes-esclaves déportées exclusivement dans un but érotique et sexuel.

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Comme pour les gynécées transatlantiques, une législation a été prévue pour la reconnaissance des enfants nés de ces relations maître-esclave48, car lorsque les concubines des harems mettaient un enfant au monde, elles étaient émancipées.
Pour cette raison, le prix d’une femme-esclave est bien plus élevé que celui d’un homme.

Ibn Habib al Baghdâdî (H.113-H.182), explique la vente des femmes esclaves lors la célèbre foire de Dûmat al-Jandal avant l’islam,
il cite notamment "Quant à la tribu de Kalb, elle y apportait
beaucoup d’esclaves femelles, qui étaient présentées sous des tentes de laines ; la tribu les contraignant à la prostitution…" , Tabari explique51 que la prostitution des femmes esclaves par leurs maîtres a été interdite. Cependant les maîtres continuent à entretenir une relation sexuelle avec celles-ci, si elles ne sont pas mariées.

Les jâriyat des harems ont en pratique un statut comparable à des épouses libres, celles des harems impériaux deviennent même très influentes sur le pouvoir Ottoman, elles ont une influence connue sur les décisions hautement politique.

Ailleurs, les femmes esclaves sont comme les autres d’abord une force de travail et non un objet de divertissement. Mais l’un n’empêche pas l’autre.

Par région

Proche et Moyen Orient

Le califat abbasside de Bagdad (750-1258) a importé des dizaines de milliers d’esclaves originaires d’Asie centrale et d’Afrique orientale. Ils étaient employés aux travaux agricoles et d’irrigation.

Khanat de Crimée

Les marchands d’esclaves du Khanat de Crimée (1430-1783) vendaient
des esclaves razziés parmi les populations slaves et caucasiennes55.
Pour se protéger des raids tatars (les Tatars descendent des Mongols et pratiquent l’islam sunnite), les Russes avaient édifié des fortifications le long de la frontière au XVIIe siècle.

Al-Andalus (Espagne)

Avec les conquêtes musulmanes (al-Andalus), la traite concerne l’Espagne et les côtes du bassin méditerranéen. Répondant aux tentatives de reconquête des chrétiens du nord de la péninsule ibérique, les califes de Cordoue lancent des expéditions de représailles, source de prisonniers : en 985, les musulmans pillent Barcelone et en 997 Saint-Jacques-de-Compostelle.

En 1185, une attaque musulmane sur Lisbonne fait de nombreux captifs. La piraterie des barbaresques menace le littoral et occasionne des captures d’esclaves : c’est le cas au sac de Rome en 846, de Gênes en 933 et de Tarragone en 1185.

En Europe orientale, les raids musulmans contre l’empire byzantin sont encore une source d’approvisionnement en esclaves, source utilisée aussi par les marchands italiens depuis la fin du XIIe siècle et qui ne tarisse qu’après la conquête ottomane dans la deuxième moitié du XVe siècle.

Les esclaves européens du monde musulman viennent aussi des marchés de Verdun ou de Kiev pendant le Haut Moyen Âge. Les marchands musulmans
viennent y acheter de la main d’œuvre servile. Un recensement fait état de 10 000 esclaves européens amenés à Cordoue entre 912 et 961. La traite dure longtemps car les maîtres musulmans ont sans cesse besoin de renouveler leurs esclaves :  ces derniers n’ont pas d’enfants (mariage interdit et eunuques)

Une autre source d’esclaves pour al-Andalus est la côte septentrionale de l’Afrique, d’où des noirs capturés au cours de raids sont emmenés en Espagne (musulmane comme chrétienne) par des marchands musulmans et catalans.

Régence d’Alger (Algérie)

Fichier:Marche aux esclaves d alger gravure.jpg

"Manière dont les prisonniers chrétiens sont vendus comme esclaves au marché d’Alger". Gravure hollandaise de 1684

Rachat de captifs chrétiens à Alger par de Mercédairess (vers 1670)

Comme la régence de Tunis, le protectorat ottoman et état barbaresque qu’est la régence d’Alger (entité précédant l’Algérie française), pratique l’esclavage des chrétiens.

Au début du XXe siècle, l’esclavage est progressivement interdit au sein de l’Algérie française.  L’Algérie reste le pays d’Afrique du Nord qui a accueilli le plus petit nombre d’esclaves noirs, si l’on se réfère aux estimations de la traite transsaharienne :  65 000 entrées en Algérie de 1700 à 1880 contre 100 000 en Tunisie, 400 000 en Libye, 515 000 au Maroc et 800 000 en Égypte.
Les autorités françaises – impériales et républicaines – ont plus que toléré la continuité de la traite arabe après 1848  57.

Égypte

L’Égypte islamique a largement fait usage des esclaves soldats, les Mamelouks, capturés ou achetés parmi les chrétiens et les tribus païennes, puis instruits au métier des armes et affranchis.

En 1260, leur chef Baybars prit le pouvoir. Les Mamelouks le conservèrent jusqu’à la conquête par les Turcs en 1516-1520.

Il faut remarquer que même lorsqu’ils furent les maîtres de l’Égypte, les mamelouks conservèrent leur mode de recrutement, à partir d’esclaves.

Maroc

Le dernier marché ux esclaves officiel du Maghreb est fermé au Maroc par les Français lors de l’instauration du Protectorat en 1920.

Empire ottoman

Rachat de captifs chrétiens à Alger par des Mercédaires (vers 1670).
« Les Religieux de la Mercy de France, qui font, un 1. Vœu de Racheter les Captifs, et en cas de besoin de demeurer en leur place, ayant l’an 1662, rachepté en Alger environ 400(?) Esclaves et la(?) 1666 fait une rédemption à Tunis et en l’année 1667 une autre en Algerie »

L’esclavage et la traite continuent avec les attaques des Turcs ottomans :
par les pirates musulmans au XIVe siècle, dans les Balkans au XVe siècle et lors des expéditions navales turques en Espagne et en Italie, au siècle suivant. Les esclaves venaient des régions slaves et d’Afrique.

A Istanbul, les esclaves ont pu représenter jusqu’à un cinquième de la population totale. Les esclaves étaient employés dans l’armée (les janissaires), la marine, les harems. Certains étaient domestiques ou artisans.  À la suite des Tanzimats, une série de réformes allant de 1839 à 1876, le nombre d’esclaves baissa progressivement.

Les Ottomans ont créé à partir du XVe siècle des unités d’élites avec des esclaves chrétiens, les janissaires, de "Yeni Çeri", "nouvelle milice" en turc.

Ces esclaves étaient encasernés très jeunes, entraînés et convertis à l’Islam. Ils formaient ainsi une communauté extrêmement soudée, armée redoutée qui comme les mamelouks se mit à intervenir dans la vie politique d’Istanbul. Néanmoins, cette pratique d’esclavage contribuait au dynamisme et à la propagation de l’islam.

Enfin, la pratique des eunuques, héritée de Byzance se poursuit à la cour du sultan, ainsi que la capture de femmes pour la domesticité et les harems.
En effet, la castration étant strictement interdite en islam, des eunuques étaient importés d’Europe et de régions non islamisés en Afrique45.

Inde

L’Inde connaît au XIIIe siècle une dynastie des esclaves fondée par Qûtb ud-Dîn Aibak en 1206 et qui garde le pouvoir sur la vallée du Gange jusqu’en 1290.
Les sultans musulmans du Deccan opèrent de nombreuses razzias d’esclaves en Inde.

Afrique noire

L’approvisionnement en esclaves noirs se fait par les deux extrémités du Sahara :

Extrémité orientale

Dès le VIIe siècle, plusieurs expéditions musulmanes montent vers la Nubie, en suivant le Nil. Les vainqueurs exigent des esclaves comme tribut : en 642, le roi de Nubie Kalidurat doit livrer 360 esclaves par an aux musulmans.

Selon le même processus, une série de raids musulmans menacent l’Abyssinie chrétienne. Les Arabes traversent la Mer Rouge et s’installent sur la côte éthiopienne, en fondant d’abord quelques comptoirs de traite négrière (archipel des Dahlaks, Aydab et Souakim par exemple).

Les marchands arabes y échangent les produits apportés par des marchands asiatiques contre des esclaves noirs. En effet, des inscriptions javanaises et des textes arabes montrent qu’aux IXe et Xe siècles Java entretenait des échanges commerciaux avec la côte est de l’Afrique, qui incluaient l’achat d’esclaves "jenggi", c’est-à-dire originaires du "Zenj", nom que les Arabes de l’époque donnaient à la côte est de l’Afrique.

Puis les Arabes pénètrent davantage dans les terres et finissent par installer de petits sultanats autonomes en Éthiopie : celui d’Adal par exemple exportait les esclaves du pays. Ces sultanats disparurent au XVe siècle.

Au XVIe siècle, les raids viennent à nouveau d’Égypte où les Turcs s’installent.
Le négus d’Éthiopie appelle les chrétiens d’Occident à l’aide. L’Espagne, l’Italie et le Portugal envoient des hommes. Les Portugais voulant contrôler la route des Indes orientales attaquent les comptoirs arabes : en 1517, ils incendient le comptoir arabe de Zeilah. Christophe de Gama mène une expédition en Abyssinie vers 1542-1543. Les renforts portugais repoussent les Turcs vers le nord de l’Abyssinie.

Extrémité occidentale

Avec l’avancée de l’islam, l’esclavage se développe. Dès le VIIe siècle, sans parler de conquêtes, les premiers raids arabes dans le Sahara approvisionnent les marchés aux esclaves.

Au XIe siècle, le trafic caravanier augmente et les chefs de tribus africaines se convertissent. En 1077, Abu Bakr Ibn Omar lance une expédition sanguinaire au Ghana. Mais les Berbères Almoravides du Maroc n’arrivent pas à s’installer durablement. En 1222, Sundjata Keïta abolit l’esclavage en créant l’Empire du Mali (Charte du Manden).

Au XVIe siècle, les expéditions menées par les gouverneurs d’Alger se multiplient dans le Sahara central. L’effondrement de l’empire songhaï entraîne une chasse aux esclaves dans les pays du Niger.

Jusqu’au XIXe siècle, les corsaires nord-africains capturent des esclaves sur les côtes des pays européens et les navires européens.

Entre 1530 et 1780, au moins 1 200 000 Européens furent emmenés en esclavage en Afrique du Nord (seul le nombre d’hommes est à peu près quantifiable, tandis que le nombre de femmes victimes de cette traite est très difficile à quantifier et généralement largement sous-estimé).

Chronologie de l’abolition de l’esclavage dans le monde arabo-musulman

Selon Malek Chebel dans son livre "L’esclavage en terre d’islam" 58,
il existerait encore 3 millions d’esclaves dans le monde musulman.

1846  A  1980 DES PAYS MUSULMANS

1846 : abolition de l’esclavage en Tunisie,

1848 : abolition de l’esclavage en Algérie,

1876 : abolition de l’esclavage en Turquie,

1897 : abolition de l’esclavage à Zanzibar,

1922 : abolition de l’esclavage au Maroc,

1923 : abolition de l’esclavage en Afghanistan,

1924 : abolition de l’esclavage en Irak,

1929 : abolition de l’esclavage en Transjordanie,

1929 : abolition de l’esclavage en Iran,

1937 : abolition de l’esclavage à Bahreïn,

1949 : abolition de l’esclavage au Koweït,

1952 : abolition de l’esclavage au Qatar,

1968 : abolition de l’esclavage en Arabie saoudite,

1970 : abolition de l’esclavage à Oman.

1980 : la Mauritanie est le dernier pays à abolir l’esclavage.
Cependant, il resterait au moins 100 000 esclaves dans ce pays en 2002.

De nos jours, l’Esclavage au Soudan dans un contexte de guerre civile continue à perdurer avec la tentative d’imposition de la charia aux populations chrétiennes et animistes du Soudan du Sud [réf. souhaitée

Esclavage dans le monde arabo-musulman

L’islam prend naissance dans un monde dont l’esclavage est une composante, et Mahomet accorde un statut aux esclaves différent de celui accordé aux esclaves chez les Grecs et les Romains avant lui. Néanmoins, des compagnons ont rapportés ces paroles: "Je serai l’adversaire de trois catégories de personnes le Jour du Jugement. Et parmi ces trois catégories, il cita celui qui asservit un homme libre, puis le vend et récolte cet argent."

Seul livre religieux établissant un plan d’État et privé d’affranchissement systématique et progressif des esclaves4, tel que l’allocation d’une part du budget de l’État pour l’émancipation, le Coran n’interdit pourtant pas formellement l’esclavage. Il légalise en fait la pratique, en vigueur à l’époque en Arabie comme ailleurs, consistant à réduire en esclavage les ennemis capturés sur le champ de bataille.

L’asservissement des prisonniers de guerre n’est pas pratiqué par les premiers califes11 ; Omar ibn al-Khattab (634-644) est d’ailleurs à l’origine d’une législation qui vise à interdire de mettre en servitude un musulman. Il y fait toutefois la distinction entre les « infidèles » et les croyants. Cette prescription, qui encourage les musulmans aura par la suite des répercussions dans le cadre des campagnes de razzias en Afrique noire et dans le Sud de l’Europe, où les habitants sont capturés puis livrés au trafic d’esclaves. Ainsi, Gao et surtout Tombouctou, villes à majorité musulmane, prospèrent aux XVe siècle et XVIe siècle grâce à la traite arabe transsaharienne.

Provenance des esclaves

Du respect de l’interdiction d’asservir un musulman découle la nécessité de s’approvisionner en esclaves aux marges du monde sous domination musulmane : chacun de ses pôles, (Bagdad, Al-Andalus, Maghreb), va mettre en place ses filières d’approvisionnement.

Marché aux esclaves au Yémen, XIIIe siècle

Le califat de Bagdad et l’Égypte ont les besoins les plus élevés en esclaves, et la richesse nécessaire pour en acquérir massivement.
Les guerres quasi continuelles contre l’Empire byzantin, puis les États d’Europe de l’est et d’Europe centrale procurent pendant des siècles des captifs réduits en esclavage. L’Empire byzantin pratique de même lorsqu’il a le dessus.

D’autres circuits d’importation se développent, moins aléatoires que les expéditions militaires, donc plus lucratifs pour les intermédiaires. Des circuits de traite se créent avec leurs divers « gisements » : Les esclaves européens, principalement des slaves païens (Esclavons) : apparus par petits groupes dans les Balkans vers le VIIe siècle, combattus par les Francs et les Byzantins, ils alimentent les marchés d’esclaves. Les commerçants vénitiens assurent l’acheminement vers l’Espagne musulmane et le Moyen-Orient. Cette source se tarit vers le IXe siècle, avec la christianisation et l’apparition d’États slaves organisés et capables de se défendre. L’Esclavonie (la Slavonie actuelle) était nommée en arabe le « pays des esclaves »

L’approvisionnement en esclaves européens chrétiens prend un grand essor lors des croisades, lorsque les armées musulmanes, défendant leurs terres au Proche-Orient contre les croisés, font des captifs qui sont souvent réduits en esclavage, s’il ne sont pas rançonnés. Une autre source d’esclaves européens s’ouvre d’abord avec la conquête de l’Espagne et des raids terrestres dans l’actuelle France, puis avec les attaques de navires chrétiens en Méditerranée et des razzias sur les côtes des pays européens par les corsaires barbaresques et les Turcs qui durent jusqu’au début du XIXe siècle. Ces esclaves sont principalement italiens, espagnols et français, mais des attaques ont eu lieu également contre l’Angleterre et jusqu’en Islande. Au cours de la Reconquista, les conflits et les razzias sont l’occasion pour faire des esclaves chrétiens pour travailler dans les plantations andalouses13. Les Slaves sont acheminés depuis la Russie vers Venise ou Marseille où ils sont ensuite transportés vers les pays musulmans14. Des eunuques à Verdun avant d’être exportés vers les ports détenus par les Byzantins ou les musulmans.

Les esclaves blancs, ou mamelouks (arabe : mamlūk1, « possédé »), formés de Circassiens du Caucase ou de Turcs d’Asie centrale, revendus aux grands marchés que sont Samarcande et les ports de la mer Noire. L’Asie centrale est alors nommée par les Arabes le «  pays des Turcs » . Le calife de Bagdad possède 11 000 esclaves dans son palais au IXe siècle.

Les esclaves noirs (en arabe Zendj19) du Soudan du Sud ou collectés sur les côtes d’Afrique noire, organisant une première traite des noirs. Le Soudan est alors nommé en arabe le « pays des noirs ».

Rôle de l’esclave dans le monde musulman

Les esclaves sous le califat accèdent parfois à des postes prestigieux : en plus des classiques travaux domestiques, artisanaux ou agricoles (dans les plantations de canne à sucre par exemple21), les esclaves peuvent devenir favoris, conseillers, chambellans, et surtout soldats, ce qui reste rare.

L’autre différence est l’esclavage à destination des harems : même si dans toutes les sociétés esclavagistes, la femme esclave est souvent asservie sexuellement par son maître, les femmes vendues aux harems sont aussi des esclaves de plaisir (danse, chants, sexe). Des jeunes garçons étaient aussi placés dans les harems. Selon la charia, en dehors du mariage, les seules relations sexuelles permises doivent être entre le maître et son esclave femme.

Les mamelouks sont les soldats les plus appréciés : acquis jeunes, ils sont formés et encasernés, autant pour créer un esprit de corps militaire que pour les isoler de la population. Leur nom qui veut simplement dire « esclave blanc » devient synonyme de soldat turc. Les mamelouks arrivent même au pouvoir suprême en Égypte pendant certaines périodes. La garde personnelle du calife al-Mutasim (833-842) compte de nombreux esclaves soldats (entre 4 000 et 70 000 selon les sources).  Le calife Jafar al-Mutawakkil (846-861) met des esclaves turcs à tous les postes de son gouvernement, mais finit assassiné par sa garde mamelouk. Trois de ses quatre successeurs subissent la même fin. Ahmad Ibn Touloun, turc envoyé au Caire en 868, se constitue une armée de Grecs, de Soudanais et de Turcs, et se rend indépendant en Égypte (dynastie des Toulounides).

À l’autre extrémité du monde sous domination musulmane, les Esclavons armés prennent une part active aux luttes qui divisent l’Espagne en taifas, et se créent même un royaume à Valence.

Enfin, le califat de Bagdad connaît entre 869 et 883 sa grande révolte d’esclaves noirs, la révolte des Zanj dans les plantations du sud de l’Irak23. À la différence de la révolte de Spartacus contre Rome, cette révolte d’esclaves a un fondement idéologique, car elle est animée par un mouvement qui prône violemment un islam égalitaire, le kharidjisme. Les soldats noirs envoyés contre eux désertent et rallient la révolte ; les mamelouks régnants mettent des années pour en venir à bout.

Postérité, asservissement sexuel et castration

Dans l’empire arabo-musulman, les hommes réduits en esclavage pour garder les harems sont châtrés pour devenir les fameux « eunuques ». Il existe différents niveaux de castration, la plus radicale réservée à des sujets jeunes auxquels on procède à l’ablation des testicules et du pénis le plus près possible du ventre. Cette pratique radicale est réservée aux eunuques du monde arabo-musulman, s’occupant de la garde des harems.

Les eunuques sont très prisés des musulmans, or la castration est interdite en islam, l’opération d’émasculation des eunuques est ainsi déléguée aux non musulmans, d’abord dans des centres spécialisés dans la castration depuis l’Antiquité en Europe, comme à Verdun ou à Prague (du VIIeS au XeS), ainsi qu’au Caire par les chrétiens coptes (jusqu’à l’invasion ottomane), les musulmans peuvent se fournir de même d’eunuques châtrés par des marchands chrétiens ou juifs sur le chemin entre les rapts et l’arrivée en terre d’islam. Sur le territoire de l’empire Ottoman, les eunuques proviennent principalement du Tchad et d’Ethiopie, et l’opération d’émasculation est réalisée sur le chemin par des marchands Juifs et chrétiens à prix d’or. La castration continuera de se pratiquer dans le monde catholique européen sans alimenter le monde musulman en eunuques jusqu’au XVIIIe siècle, lorsque le pape Clément XIV interdira la castration. Cette interdiction ne concernera plus que les quelques chanteurs castras, qui, dans la très grandes majorité des cas, ne sont pas des esclaves.

La thèse de Tidiane N’Diaye et l’approche anthropologique

L’Anthropologue, économiste et essayiste, Tidiane N’Diaye, soutient qu’une des grandes particularités de l’esclavage arabo-islamique est la castration généralisée des esclaves mâles[réf. insuffisante]28 « Car dès les débuts de cette traite, les négriers veulent empêcher qu’ils ne fassent souche. Comme cela n’a rien de métaphysique, la castration apparaît comme une solution bien pratique.[réf. à confirmer] Ainsi, dans cette entreprise d’avilissement d’êtres humains, si les Arabes destinent la plupart des femmes noires aux harems, ils mutilent les hommes, par des procédés très rudimentaires et qui causent une effroyable mortalité. Les chiffres de cette traite sont tout simplement effrayants» 29". Selon le chercheur en anthropologie, cette absence de descendants d’esclaves participe sûrement à l’absence de débat sur la reconnaissance de l’esclavagisme arabo-musulman, ainsi que les traces endémiques d’esclavage dans ces sociétés.

« Comparé à la traite des Noirs organisée par les Européens, le trafic d’esclaves du monde musulman a démarré plus tôt, a duré plus longtemps et, ce qui est plus important, a touché un plus grand nombre d’esclaves », écrit en résumé l’économiste Paul Bairoch30. Tidiane N’Diaye soutient qu’il ne reste plus guère de trace des esclaves noirs en terre d’islam en raison de la généralisation de la castration[réf. insuffisante], des mauvais traitements et d’une très forte mortalité, alors que leurs descendants sont au nombre d’environ 70 millions sur le continent américain.

Cependant, selon le Groupement des Anthropologistes de Langue Française (GALF), l’étude génétique des populations nord africaines, sur base de séquences cibles de l’ADN mitochondrial31, montre que les populations berbères du Nord aficain présentent un métissage avec d’une part les populations européennes et d’autre part avec les populations moyen-orientales et sub-sahariennes témoignant de mélanges des peuples dans tout le nord africain. L’étude montre que les populations berbères modernes ont hérités de gènes d’ancêtres esclaves transsahariens, « Des contacts entre le nord de l’Afrique et de grands empires subsahariens (tels ceux du Ghana, du Mali, ou encore l’empire Songhaï) sont également rapportés par l’histoire, lors de commerces transsahariens d’or, de sel et d’esclaves. ». D’après les anthropologues, les populations nord africaines présentent une position intermédiaire entre les populations européennes et subsahariennes, avec une prédominance moyen-orientale au Maghreb et une prédominance sub-saharienne et est-afrifcaine en Egypte.

L’approche du sociologue Cahit Güngör

Selon le Docteur en sociologie, Cahit Güngör, l’absence de traces endémiques d’esclaves en terre d’islam doit beaucoup au fait de l’application du commandement coranique par les états musulmans, consistant à utiliser l’argent de l’impôt à l’état pour émanciper progressivement les esclaves, les esclaves mukataba et les esclaves musulmans en priorité, ainsi qu’aux autres moyens d’affranchissements permettant aux esclaves libérés de retourner dans leurs régions natives plus dans le sud (de même que les fugitifs). Les descendants des esclaves noirs se sont également en bonne partie mélangés par métissage dans la population. Les mariages esclave-libre étant tolérés dans les deux sens en islam. Il y a de même le mélange de la descendance métissée des esclaves noires comme blanches des harems directement émancipées dès qu’elle sont enceintes de leurs maîtres et enfantent de ceux-ci dans les populations autochtones, les fameuses umm walad.

Tabari et une approche historienne

Tabari rapporte que, déjà du temps de Mahomet, Muqawqis aurait envoyé à celui-ci deux femmes esclaves et un eunuque nommé Mâbûr41,42. Mahomet avait pour compagnon un ancien esclave originaire d’Éthiopie s’appelant Bilal, dont il fera le premier muezzin de l’islam,et qu’il fait racheter pour l’affranchit. Bilal fut acheté aux polytéistes mecquois puis libéré par Abu bakr43. Mahomet interdit la castration des esclaves, en disant qu’il fallait castrer celui qui castrerait son esclave.

Historiquement, les esclaves eunuques existaient depuis l’antiquité : « eunuque (du grec, eunoukhos, « qui garde le lit »), homme châtré, qui était chargé — particulièrement en Orient — de la surveillance des femmes, ou qui occupait des fonctions politiques ou religieuses. Depuis l’Antiquité, en Extrême-Orient et au Proche-Orient, les eunuques étaient chargés de garder les femmes dans les harems, ou leur servaient de chambellans. (…) La castration étant interdite en islam, les eunuques étaient importés des territoires non musulmans, comme l’Ethiopie et le Tchad sous le règne Ottoman de 1299 à 1922. Ils avaient notamment la garde du harem impérial. » . À l’époque Carolingienne l’Europe a été pourvoyeuse d’esclaves exportés vers les pays musulmans : des Européens non chrétiens étaient vendus par d’autres Européens chrétiens aux marchands trafiquants d’esclaves.

CHLOE PROSTITUTION REPRISE DE LA TRAITE DES FEMMES

les proxénètes « de proximité » ont de nouveaux moyens de chantage pour contraindre des collégiennes et lycéennes à se prostituer pour eux.

On parle beaucoup des violences conjugales, et à juste titre. Mais on oublie celles qu’exercent, dans nos pays, les compagnons proxénètes des prostituées, pour porter une fugitive attention aux réseaux venant d’ailleurs. Le proxénétisme de proximité est pourtant florissant, à tel point qu’en Europe, le phénomène des « loverboys » commence à inquiéter. Une prise de conscience salutaire à l’heure où, en France, le Collectif pour la Grande cause nationale 2010 inclut clairement la prostitution au nombre des violences faites aux femmes.

Aux Pays-Bas comme en Allemagne (1), la presse a récemment évoqué l’inquiétude qui gagne parents, enseignants et policiers face à un phénomène qui fait un nombre croissant de victimes, notamment mineures. Même l’Onu a souligné la part de plus en plus déterminante qu’occupent dans de nombreux pays d’Europe (2) les victimes « nationales » de la traite des femmes, désormais plus nombreuses que celles d’autres nationalités.

Sous le joli nom de « loverboys », dont on notera au passage la connotation flatteuse alors qu’il existe dans le vocabulaire un terme juridiquement plus juste (proxénètes), sévissent des hommes qui usent de leur charme pour convaincre leurs jeunes compagnes de « choisir » la prostitution.

Proxénète, un métier comme les autres ?

Ces garçons, qui ont compris que le proxénétisme était une carrière rentable et sans risque, connaissent toutes les ficelles du métier : repérer de jeunes collégiennes ou lycéennes en manque d’amour ou « d’aventure », leur offrir les attentions, les soirées auxquelles elles aspirent, les isoler savamment de leur milieu, briser tout repère, toute issue ; enfin évoquer des dettes et le besoin d’un dépannage passager… Des méthodes éprouvées de manipulation, un système de pouvoir et de contrôle subtil qui a fait ses preuves depuis des lustres, envoyant des générations de jeunes femmes dans les maisons closes ou bars à hôtesses. À ces procédés inusables, la modernité adjoint de nouveaux outils : quelques photos compromettantes que l’amoureux envisage de faire circuler sur Internet peuvent achever de convaincre une éventuelle récalcitrante. Et si « l’amour » ne suffit pas, la violence déclarée reste un recours tout trouvé.

L’impuissance des parents et des autorités est réelle. Car ces jeunes filles, qui se voient rarement comme des victimes ou qui manquent de preuves, ne portent pas plainte. Comment identifier comme proxénète l’homme que l’on aime ? Victime de violences conjugales et/ou prostituée par son compagnon : même difficulté à dénoncer, même douleur à s’arracher au seul univers connu. On connaît la quadrature du cercle à laquelle se heurtent les femmes concernées. En l’occurrence, comment prouver la contrainte ?

Un secteur hors contrôle

La France n’est pas à l’abri. Si le même phénomène existe de toute évidence dans notre pays (deux affaires successives (3) ont révélé en France l’envoi par leurs proxénètes de jeunes filles mineures dans les bars belges), les plus manifestement touchés semblent aujourd’hui être les Pays-Bas et l’Allemagne. Ces États ont dépénalisé le proxénétisme (respectivement en 2000 et 2002) en légalisant une « prostitution libre et volontaire ». Promouvoir les tenanciers de bordels au rang de chefs d’entreprise, proposer des postes de « travailleuse du sexe » dans les agences pour l’emploi, tirer des profits substantiels du commerce du corps des femmes, constitue une politique évidemment favorable aux proxénètes, prêts à tout pour toucher leur part du gâteau. Les Pays-Bas sont d’ailleurs en proie à un malaise croissant face à l’extension de la criminalité et de la traite des femmes, suite à la libéralisation du secteur de l’industrie du sexe. La dernière proposition (4) du ministre de la Justice, repousser l’âge légal de la prostitution de 18 à 21 ans et faire passer aux « candidates » un entretien d’embauche, pourrait prêter à rire si l’affaire n’était si grave.

En attendant, les jeunes femmes et filles exploitées, trompées, continuent d’alimenter le circuit prostitutionnel. Et les clients prostitueurs restent sûrs de leur bon droit, encouragés à « consommer » ce qui ne serait plus qu’un service parmi d’autres, et désormais portés en toute logique à se syndiquer garantir leur droit à une « prestation » de qualité.

La responsabilité politique des États qui banalisent la prostitution comme un job branché, et celle des médias qui servent en permanence des images de « call girls » et autres Pretty women tellement émancipées, sont largement posées. Combien de temps faudra-t-il pour que la prostitution soit reconnue comme l’une des plus fondamentales violences faites aux femmes, loin de la complaisance et du fantasme ?

(1) Un article du journal allemand Speigel (en anglais)
Un article du site allemand DW-word.de (en anglais)

(2) Un document PDF (en anglais) de l’UNODC (United Nations Office on Drugs and Crime)

(3) Un article du site de la revue Mouvement du Nid-France

(4) Un article du site Néerlandais DutchNews.nl (en anglais)

décembre 2009

C’est la deuxième fois en deux mois : mardi 24 novembre, la police judiciaire de Lille a extrait des adolescentes françaises prostituées dans des bordels belges, tout proches de la France. Une pratique repérée depuis 2008 et en augmentation.

Un mélo du 19e siècle ? Non, une histoire très contemporaine : deux adolescentes en octobre 2009, puis cinq autres en novembre, toutes mineures (entre 15 et 17 ans), ont été successivement retrouvées dans des bordels belges. Adroitement poussées par des "amoureux" proxénètes, toutes racontent un itinéraire semblable : la galère, la précarité, la violence, la détresse. Toutes rencontrent de séduisants jeunes gens, attentifs et portés sur la fête, qui savent se rendre indispensables. Après quelques mois de romance, les galants conduisent leurs protégées dans un "bar montant" de l’autre côté de la frontière belge. Chantage, manipulation, violence si nécessaire.

C’est ainsi qu’en octobre, la police judiciaire de Lille a interpellé trois suspects à peine plus âgés que les victimes, des délinquants déjà connus pour vols, recels et violence ; un quatrième homme est toujours recherché. Pour novembre, les suspects sont plus âgés cette fois et bien insérés dans leur vie professionnelle et sociale. Un seul d’entre eux avait déjà été condamné. Tous produisaient à l’attention des patrons de bordels peu regardants des papiers d’identité grossièrement contrefaits, faisant passer leur recrue pour majeure.

Selon le quotidien La Voix du Nord du mercredi 7 octobre, interrogeant la police judiciaire de Lille, on assiste à une « reconversion » des délinquants dans le proxénétisme, une "carrière" très rentable et, grâce à la complaisance belge, sans risques. C’est en apprenant que les enquêtes concernaient des mineures que la police criminelle belge aurait en effet appuyé l’action de la PJ de Lille. Une victime âgée de 18 ans révolus aurait-elle bénéficié de la même détermination ?

Selon les enquêteurs, les proxén7tes interpellés en novembre ont reconnu les faits sans comprendre leur gravité [1]. Ils se sont justifiés en dépeignant leurs victimes comme des "filles faciles" et ne comprennent pas ce qu’on leur reproche : « c’est une pratique monnaie courante ici », s’est défendu l’un d’eux. Un policier indique : « On ne voyait pas ça, il y a encore quelques années. Cette affaire est révélatrice de ce qui se passe aujourd’hui. La prostitution devient un phénomène courant. »

C..L.E.
Des alarmes similaires se font désormais entendre dans toutes les zones transfrontalières vers des pays qui ont dépénalisé le proxénétisme, comme l’Espagne ou l’Allemagne.

Sandra Wickert, journaliste à Café Babel, le « magasine européen », décrit ainsi le manège entre la ville allemande de Kehl, et Strasbourg, à quelques minutes de route :

Le soir venu, elles [les personnes prostituées] sont rassemblées et charriées par minibus entiers, passent l’ancienne frontière pour aller jouer en nocturne de l’autre côté du pont, avant qu’on vienne les récupérer aux premières lueurs de l’aube une fois leur mission accomplie. La période durant laquelle siège le Parlement européen les trouve en pleine effervescence.

Depuis la mairie de Strasbourg, le constat est clair, comme le résume la journaliste : « Pour que le problème puisse se régler à Strasbourg, il ne faut pas perdre de vue que ce commerce se passe des deux côtés du Rhin. L’aide de l’Allemagne est donc indispensable. »

À lire également, notre interview de Jean-Marc Souvira, commissaire à l’Office central pour la répression de la traite des êtres humains. Selon lui, les régimes réglementaristes (Allemagne, Pays-Bas…) « favorisent les réseaux, ils sont des appels ». Et les zones transfrontalières sont prisées des traficants, que leurs victimes soient raptées depuis le continent africain, d’une ville d’Europe centrale ou… de la banlieue de Lille :

Les frontières sont des zones très intéressantes pour les réseaux, elles permettent une grande mobilité. Le temps d’interpeller les filles d’un réseau, et c’en est d’autres. Le réseau a envoyé les premières dans un autre pays. Une personne peut être arrêtée d’un côté de la frontière mais pas de l’autre (exemple : France/Allemagne), en vertu du pouvoir régalien de chaque pays. Ce sont également des zones qui permettent de brouiller les pistes en matière de remontée d’argent.

http://www.prostitutionetsociete.fr/actualites/actualites-france/titre-belgique
[1] Nord-Éclair, 28 novembre 2009

http://www.prostitutionetsociete.fr/prevention-et-education/traite/enquete-sur-l-esclavage-sexuel

Lydia Cacho

Enquête sur l’esclavage sexuel dans le monde

Nouveau Monde, 2011

septembre 2011, par Claudine Legardinier

Séquestrée en 2005 après avoir enquêté sur un réseau international de pédopornographie, distinguée par Amnesty International, lauréate du Prix mondial de la liberté de la presse, la journaliste mexicaine Lydia Cacho a investigué pendant six ans pour mettre à jour les rouages de la traite des femmes. Qui osera encore dire que la traite est un mythe ?

A l’heure où certains s’évertuent à nier son existence pour mieux ouvrir la voie à la toute puissante industrie du sexe, le livre de Lydia Cacho vient à point nommé montrer les véritables dimensions de la traite des femmes. Le constat est implacable : si les auteurs opèrent avec une impunité « alarmante », c’est du fait de leurs liens avec les pouvoirs en place.

Pour la journaliste, qui refuse l’idée que l’esclavage sexuel puisse être envisagé comme une réponse acceptable à la pauvreté, on assiste à une recrudescence des réseaux qui pratiquent l’enlèvement, la vente et l’exploitation des femmes et des petites filles, partout dans le monde. Turquie, Israël, Birmanie, Mexique, Japon, Cambodge, Vietnam… Lydia Cacho est allée voir. Sans cacher sa peur (on la voir sortir en courant d’un casino cambodgien dirigé par une triade chinoise ou se déguiser en religieuse pour entrer dans les bordels de Mexico), elle a interrogé l’ensemble des acteurs : trafiquants, clients, mais aussi personnes prostituées dont elle recueille les témoignages avec humanité.

Selon elle, l’exploitation sexuelle fait partie, avec les casinos, des activités de toutes les organisations criminelles : yakusas japonais, triades chinoises, mafias italiennes, russes ou albanaises, cartels de la drogue en Amérique Latine. « Le plaisir charnel est essentiel à leur pouvoir économique et politique ». La journaliste met à jour les fonctionnements du système, l’action des banques et de la bourse, éléments clé du blanchiment, le rôle majeur des armées, la manne financière que représente la réglementation de la prostitution pour les gouvernements.

Quant aux prétendues actions, à commencer par la lutte contre la traite, elle en dénonce la mascarade quand les autorités et les personnels de migration sont en réalité corrompus, quand les policiers, les militaires, les politiques, les juges sont eux-mêmes clients. Après enquête, même le rapatriement des victimes recouvrirait des arrangements pour se débarrasser de jeunes femmes qui ont « fait leur temps ».

Mais pour nous, un autre constat de l’auteure est capital : le fait que le discours idéologique sur la "liberté" de se prostituer fait désormais partie des techniques criminelles. Les trafiquants eux-mêmes ont compris les avantages qu’ils pouvaient tirer du parfum libéral et progressiste créé autour du commerce du sexe et de la propagande sur la prostitution dite "volontaire". Lydia Cacho explique comment des dirigeants corrompus pèsent sur les réunions internationales sur la traite et comment ils font passer des lois qui leur sont favorables. Elle parle de « l’argent dépensé chaque année par ces investisseurs pour créer un lobby politique en faveur de la normalisation de l’esclavage » et cite même un réseau colombien qui finance une campagne de défense des droits des prostituées…

Un certain nombre de passages du livre sont durs – on apprend ainsi que la Birmanie, avec ses esclaves sexuelles et son nettoyage ethnique, est « un camp d’extermination de femmes » – mais la charge est salutaire. Lydia Cacho n’épargne personne. Fustigeant des trafiquants qui « se servent de la forte dynamique machiste qui régit le monde », elle met clairement en cause les "clients" de la prostitution, citant en exergue Victor Malarek [1] : « si les hommes, à travers le monde, ne recherchaient pas de relations sexuelles payantes, il ne serait pas nécessaire de traquer, de rabaisser et de soumettre des millions de femmes et de petites filles et de leur imposer cette expérience déshumanisante »

Publié dans Prostitution et Société numéro 172.

[1] Victor Malarek, The Johns. Sex for sale and the men who buy it ; New York, Arcade, 2009


http://www.prostitutionetsociete.fr/prevention-et-education/traite/allemagne-la-flambee-des-trafics

Allemagne, la flambée des trafics

juin 2010, par Elise Guiraud

Un rapport de police rendu public le 25 mai 2010 signale un accroissement inexorable des trafics d’êtres humains – en majorité, des femmes et des filles – en Allemagne, pays qui a dépénalisé le proxénétisme en 2002.

Sur les cinq dernières années, la police déplore une augmentation de 70% des cas recensés : un véritable afflux de « chair à bordel », raflée principalement en Europe centrale et sur le continent africain.

À l’origine, la loi de 2002 déréglementant le système prostitutionnel visait à garantir aux personnes prostituées des « conditions de travail » sécurisées, plus d’autonomie face à leurs « employeurs » (les proxénétes) et de garanties vis-à-vis de leurs « consommateurs » (les « clients » prostitueurs). Il s’agissait également de lutter contre le « stigmate » infamant qui pèse sur elles, en affirmant que se prostituer est un travail comme un autre.

Mais les bilans de cette politique, dont ce récent rapport de police, concluent à son échec sur tous les plans. L’explosion du trafic des êtres humains signale assez combien le crime organisé est comme un poisson dans l’eau sur le sol germanique. Les personnes prostituées en situation illégale n’ont aucun secours à espérer des dispositions « protectrices » de la loi de 2002.

Quant aux personnes prostituées en situation régulière, elles n’en tirent pas plus d’avantages : elles évitent comme la peste de s’enregistrer en bonne et dûe forme auprès des autorités. En effet, le fameux « stigmate » n’a pas reculé d’un pouce, alors que le mépris pour les personnes prostituées atteint, lui, de nouveaux records : à la faveur de la « crise économique », les patrons de bordels ont inauguré des formules de type buffet à volonté, permettant aux « clients » prostitueurs de consommer autant de femmes qu’ils en étaient capables [1].

Comme le remarque avec justesse Amanda Kloer, de l’organisation « End Human Trafficking », ce terrible saut quantitatif n’est sans doute pas seulement imputable à la législation allemande, si favorable aux proxénétes. Sans doute, et c’est heureux, la police repère de mieux en mieux les victimes de trafics. Mais, écrit-elle, « nous commençons à voir se dessiner un motif composé de trafics d’êtres humains, de violence et d’exploitation à l’encontre des femmes, dans les pays qui ont légalisé le système prostitutionnel ». Citant les échecs des expériences australiennes, néerlandaises et à présent, allemandes, elle espère que ces constats seront suffisants « pour donner un sérieux coup d’arrêt à ceux qui prétendent que la légalisation est la solution pour réduire les trafics et la violence dans cette industrie. »

http://www.prostitutionetsociete.fr/politiques-publiques/legislations-nationales/femmes-en-solde-en-allemagne-crise

Allemagne

Femmes en solde en Allemagne, crise oblige !

mars 2009, par Elise Guiraud

Payez 70 euros et servez-vous : le buffet, la bière… les femmes, tout est à volonté !

Telle est l’offre alléchante qu’un bordel berlinois propose à ses clients, dans l’espoir d’endiguer la baisse de fréquentation liée à la crise économique.

Femmes chosifiées, leur corps réduit à l’état de marchandise, guère mieux considérées qu’un steak : voici l’illustration, poussée à l’absurde, de la violence intrinsèque de la prostitution. Rien de neuf, donc, sous le néon des bordels allemands. Cependant, cette "politique marketing" soulève quelques remarques.

« Si les clients n’arrivent même plus à financer leur logement, leur nourriture et leur voiture, comment voulez-vous qu’ils fassent des frais pour du sexe ? », s’émeut Monika Heitmann, militante d’une structure « d’assistance aux prostituées [1] », pour justifier cette décision.

Le célèbre argument des "besoins irrépressibles des hommes" en prend un sacré coup. Les promoteurs de la prostitution nous expliquent pourtant depuis des lustres qu’il est vital pour la société de faciliter l’exercice du "droit de l’homme" qui consiste à payer autrui pour lui extorquer un acte sexuel.
Sans cela, nous assurait-on, les pauvres, fous de frustration, deviendraient dépressifs, violents, violeurs même. Puisque leur besoin est "irrépressible". Voici que l’on apprend qu’en définitive, ce fameux besoin s’évanouit au premier coup de semonce sur le portefeuille !

Du côté des femmes, celles-là mêmes qui font l’objet du grand "destockage" berlinois, on apprend qu’elles sont de plus en plus nombreuses à regagner les trottoirs. Auf wiedersehen, les bordels et leurs ponctions léonines sur les revenus de la passe : crise oblige, pour survivre, il est plus profitable de chercher son acheteur dans un cadre moins luxueux. Et de ne pas se montrer regardante : « Beaucoup de femmes viennent nous voir et ne savent plus comment s’en sortir. Avec la crise, les clients en veulent davantage pour moins d’argent. Ils deviennent plus pressants, certains les font même chanter », constate Monika Heitmann. Car, admet-elle, contrairement aux promesses des promoteurs de la loi de dépénalisation du proxénétisme de 2001, la "stigmatisation" est toujours aussi violente, et les personnes prostituées… savent encore moins comment « s’en sortir ».

Pendant ce temps, Uwe Kaltenberg [2], représentant de la "Fédération allemande du commerce érotique", réclame l’octroi de subventions publiques aux proxénètes "victimes de la crise".

« Nous n’avons certainement pas encore atteint le point plus bas », prévenait quant à lui Karl-Théodor zu Guttemberg, ministre allemand de l’économie [3]. Il parlait de la crise économique. En termes de cynisme et de mépris des droits humains, gageons que le constat sera longtemps le même pour le commerce des femmes en pays réglementariste.

[1] À la lecture de ce genre de déclaration, on se demande si "l’assistance aux personnes prostituées" consisterait à veiller à la satisfaction des "clients" et des proxénètes. Les citations de Monika Heitmann proviennent du quotidien régional La Voix du Nord du 25 mars 2009 et du site internet belge "7 sur 7".

[2] Selon 7 sur 7.

[3] L’Humanité, mercredi 25 mars 2009
http://www.prostitutionetsociete.fr/politiques-publiques/legislations-nationales/femmes-en-solde-en-allemagne-crise

(Envoyé par ARK)

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5 réponses à “PERSONNE N’EN PARLE, NOUS SI ! PROSTITUTION : Les marchés aux esclaves sexuelles n’ont pas disparu chez les arabes, bien au contraire ! Et ce ne sont pas des rumeurs, comme certains voudraient nous le faire croire !! Ils ont seulement pris un autre visage et se sont modernisés : LA TRAITE DES FEMMES ICI ET AILLEURS, HIER ET AUJOURD’HUI !

  1. Ca cree des emplois apparament avec la complicite de tout le monde ! Parceque avec le depouillement generalise des femmes et des hommes par les riches y reste qu.oi pour vivre aux misereux que de se vendre comme du betail???

  2. en parler de quoi sale haineux, pourquoi tu n’en parles pas de toutes ces milliers d’histoires d amours et de mariages mixtes , de couples mixtes franco maghrebin , en parler de leurs milliers d’enfants , intègres et honnetes, de vrais joujous….
    plutôt parle de l’exclavagisme homosexuel que subissent les maghrébins que tu veux fruster…

  3. Excellent blog. Étant maghrébine j’ai beaucoup souffert en tant qu’étudiante des maghrébins. Je cherchais un mari quand eux cherchaient à me rabaisser pour profiter de mon corps. J’ai compris que l’islam était derrière leurs frustrations et je suis contente de sortir de cette religion. je connais la honte que peuvent sentir ces filles une fois qu’un homme à réussi à lui voler son honneur et l’isolement ainsi que l’exclusion ressentie. Je pense à mes enfants. Je ne veux pas qu’un jour on les traque kidnappe viole ou rabaisse. Je pense que la meilleure solution est l’information et la confiance dans l’état qui peut aider les filles.

  4. Donc, Chaïb, si je comprends bien, vous êtes un maghrébin frustré, haineux de tous ceux qui ont une opinion différente de la vôtre, même s’ils ne vous ont rien fait et bien sûr, vous inversez les rôles : cela fait beaucoup, non ?

    Bien sûr, il n’est pas question ici des quelques arabes qui sortent du lot – dont j’ose espérer que vous faites partie pour ce qui est du respect d’autrui et ne font pas preuve de duplicité ni de violence – et il en est heureusement quelques-uns dans la grande masse qui ont une bonne morale, et qui sont d’autant plus appréciables qu’ils sont différents de leurs congénères. Il en est en effet qui ne violent pas leurs filles, qui respectent leur femme, (et non leurs femmes, car ceux-là sont musulmans, donc la plupart du temps endoctrinés à bafouer tous les droits de l’homme) ne la prennent pas pour des esclaves et qui respectent ceux qui sont différents, quelques exceptions venant souvent confirmer une règle – mais nous parlons de la grande majorité d’entre les arabo-musulmans qui sont parfaitement décrits plus haut et qui ont un penchant pour la bestialité, la violence, la cruauté gratuite et qui, par déni de soi, par manque de courage et par lâcheté, prennent les autres comme larbins et (ou) comme cible.

    Ces articles ne sont pas inventés. Ce sont des faits historiques et rien de ce qu’on pourra en dire ne peut être contesté. Il faut parfois savoir regarder la vérité en face et cesser d’attribuer aux autres ses propres travers.

  5. equilibré tout meme

    "Il faut parfois savoir regarder la vérité en face et cesser d’attribuer aux autres ses propres travers." dixit "bo"
    vous n’auriez jamais pu mieux dire.salam

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