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Récit d’un bûcher où l’Inquisition espagnole brûla des Juifs de Tolède en décembre 1680

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De tout temps, les Juifs furent persécutés. N’oublions pas ces gens qui périrent par la main d’une Eglise toute-puissante et pleine de haine pour ceux qui n’avaient pas les mêmes croyances qu’elle et que celle-ci voulait soumettre à n’importe quel prix.

Aujourd’hui est l’anniversaire des victimes d’un bûcher qui se tint à Tolède le 21 décembre 1680, au cours duquel des Juifs furent accusées de « judaïser ». Il s’agit de Portugais qui ont fui l’Inquisition dans leur pays d’origine. 2 d’entre eux, Balthasar Lopez Cardoso et sa cousine Felipa Lopez, qui restent fermes dans leurs croyances, sont brûlés vifs sur le bûcher alors que les autres accusés sont d’abord garrottés.

En Espagne, dans le contexte de la reconquête des territoires musulmans par les chrétiens espagnols et la construction d’une identité nationale basée sur la foi catholique, les nouveaux chrétiens faisaient l’objet, depuis le début du XIVe siècle, de persécutions soutenues par les autorités, comme, en particulier, la révolte de Pedro Sarmiento à Tolède en 1449, qui avait abouti à la proclamation des premiers statuts de «limpieza de sangre» (« pureté de sang », en espagnol) refusant l’accès à diverses fonctions publiques aux nouveaux chrétiens. Ce sont au premier chef les « marranes » (« porcs » en espagnol), c’est-à-dire les juifs convertis au christianisme, dont le nombre fut particulièrement élevé après les répressions anti-juives de 1391, qui furent suspectés de ne pas être sincères dans leur nouvelle foi chrétienne – souvent à juste titre, leur conversion étant le résultat des menaces de mort à leur encontre – et de poursuivre la pratique du judaïsme  en secret.

Comme les évêques demandaient aux souverains de pouvoir prouver la vigueur de leur engagement en pourchassant les « nouveaux chrétiens » dont la conversion n’était pas jugée sincère, et comme les Rois catholiques refusaient l’intervention directe d’un légat du Pape dans les affaires intérieures du pays, les ambassadeurs espagnols à Rome firent pression pour obtenir l’ Inquisition. Le Pape accéda à leur requête à contrecœur, ne pouvant contrôler cette institution.

Le 17 septembre 1480, les premiers inquisiteurs dominicains, Miguel de Morillo et Juan de San Martín, sont nommés par l’État. Ils prennent leurs fonctions à Séville, où la communauté marrane menacée échoue dans une tentative d’insurrection. Six personnes sont brûlées vives. L’Inquisition commence ainsi sa longue carrière. Les humiliations et persécutions incessantes menées contre les hérétiques par les inquisiteurs sont loin d’être toujours désintéressées. En effet, lors des confiscations de biens, qui frappent non seulement ceux qui sont jugés coupables mais aussi toute leur famille, le Saint-Office perçoit une part de plus en plus élevée, pouvant atteindre 80 % du produit des biens saisis. Ainsi, il leur arrive de déterrer des morts pour un procès au terme duquel les os sont brûlés et les biens du défunt transférés. Certains Juifs accusés de ne pas avoir dénoncé des conversos sont tués par l’Inquisition. Certains membres du clergé tombent eux aussi sous les accusations.

L’Inquisition prend fin en Espagne officiellement sous Napoléon 1er en 1808, puis est rétablie en 1814. Elle est définitivement abolie par la reine Marie-Christine en 1834, et la « limpieza de sangre » le 13 mai 1865. Lorsque le décret de l’Alhambra ordonnant l’expulsion des juifs fut officiellement abrogé en 1967 par le gouvernement franquiste, il était lettre morte depuis longtemps, et des dizaines de milliers de descendants des expulsés, persécutés dans le reste de l’Europe pendant la Seconde Guerre mondiale, ont pu se réfugier en Espagne et y être accueillis en tant qu’anciens Espagnols. (Wikipedia)

Nous avons retrouvé une description d’un autodafé de 1680, mais qui s’est tenu à Madrid au mois de juin précédant celui de décembre cité ci-dessus, et qui montre la terrible répression contre ceux qui refusaient d’embrasser la religion catholique qu’imposa l’Eglise au temps de l’Inquisition, fut-ce en France ou en Espagne. Nous assistons en quelque sorte ici aux féroces "jeux du cirque" romains, adaptés à la manière espagnole.

L’orthographe du texte ci-dessous est l’orthographe originale de l’ouvrage édité à Paris, en 1814 et dont l’auteur est Joseph del Olmo.

Extraits du livre « Auto général de fé qui a eu lieu à Madrid en la présente année 1680, en présence du Roi, notre souverain Charles II et de leurs majestés la reine son épouse et la reine son auguste mère. Etant grand inquisiteur général, son excellence don Diego Sarmenton de Valladrarès. »…

Le bûcher avait 70 pieds en carré et était élevé de 7 pieds. On y avait ménagé dans le centre un escalier de pierres et les commodités nécessaires pour le service …

Le soir… on conduisit dans les prisons secrètes de l’Inquisition les criminels qui, jusqu’à ce jour, avaient été répartis dans les maisons des familiers tant à cause de leur grand nombre que pour les tenir séparés, et sans qu’ils eussent aucune communication entre eux. Lorsqu’ils furent tous rassemblés, vers les 10 h du soir, après leur avoir fait donner à souper, don Antonio Gambrana de Bolanos, inquisiteur le plus ancien, assisté d’un secrétaire, entra dans le lieu où se trouvaient les criminels condamnés à être remis au bras séculier (relaxados), au propre, relâcher, (terme dont se sert l’Inquisition pour désigner ceux qu’elle condamne à mort et qui doivent être exécutés par la justice ordinaire) et signifia à chacun d’eux leur sentence en ces termes :

« Mon frère, on a examiné votre affaire et elle a été communiquée à des personnes doctes et profondément versées dans les lettres et dans les sciences. Vos crimes sont si grands et d’une si mauvaise qualité que pour leur châtiment et pour l’exemple, on a trouvé juste que demain vous ayez à murir. Je vous en préviens afin que vous puissiez le faire comme il convient. 2 religieux resteront près de vous. »

L’inquisiteur, après avoir expliqué ces paroles à chacun des condamnés… faisait entrer les 2 religieux et plaçait à la porte 2 familiers en sentinelle. C’est dans cette forme, avec cet ordre, que 23 sentences de mort furent signifiées… A 3 heures du matin, on commença à distribuer les habits de cérémonie aux criminels, ce que le tribunal fit avec une si grande diligence qu’on pût leur donner à déjeûner à 5 heures. On remit en même temps aux alcades du tribunal, des listes doubles, contenant les noms des criminels et l’ordre dans lequel ils devaient marcher à la procession, et être ensuite appelés pour entendre leurs sentences en public.

Cependant, tout se disposait sur le théâtre, les spectateurs prenaient séance et afin d’éviter toute difficulté d’étiquette, les ranges furent réglés, comme ils le sont pour les combats de taureaux, auxquels la Cour assiste … 36 mannequins ou effigies de criminels condamnés à être remis à la justice séculière qui avaient eu le malheur de mourir pendant l’instruction de leur procès ou qui étaient parvenus à s’échapper étaient revêtus d’une longue robe chargée de flammes et plusieurs d’entr’eux tenaient dans leurs mains une boëte qui renfermait les os du criminel qu’ils représentaient.

11 coupables admis à pénitence et qui avaient fait abjuration de lévi (ainsi nomée parce qu’elle porte sur une hérésie qui est estimée avoir peu de conséquence, telle que la bigamie, les pratiques superstitieuses, etc…) Ils portaient tous des torches de cire jaune et en étaient quitte pour quelques années de prison, ou quelques centaines de coups de verges ; Ces derniers portaient une corde au cou, à laquelle on avait pratiqué autant de nœuds qu’ils devaient recevoir de centaines de coups.

Suivaient 54 convaincus d’avoir judaïsé », et qui étaient condamnés à la prison perpétuelle, ou au bannissement, et tous à la confiscation de leurs biens. Ils étaient vêtus de sambenitos, sur lesquels était peinte une crois de saint André.

Enfin 21 relaxados en personne, c’est-à-dire condamnés au feu, comme relaps et pervers… Tous portaient des robes et des capuchons semés de flammes. On avait peint des dragons parmi les flammes sur la robe des plus obstinés hérétiques ; 12 avaient des bâillons.

A la suite des criminels, marchaient les familiers de l’Inquisition et les membres du tribunal. Les familiers qui étaient des premières familles de l’Espagne… Après les familiers, marchait le tribunal de Tolède, le conseil suprême de l’Inquisition, accompagné par le corps de ville de Madrid, les tribunaux et le conseil de Castille. Enfin, le grand inquisiteur ayant près de lui le gouverneur du conseil de Castille, qui est la première magistrature de l’Espagne. L’inquisiteur était vêtu de violet et montait un beau cheval bai. La selle et la housse étaient également violet. Il était suivi de 12 laquais, dont les livrées de pluche de soie étaient aussi violet… La procession alla ensuite se ranger sur les gradins opposés au trône du grand inquisiteur qui était descendu de cheval au bas de l’escalier et avait été prendre sa place.

Le grand inquisiteur, revêtu de ses habits pontificaux, alla d’abord recevoir du roi le serment par lequel S.M. s’engageait pour elle et pour ses successeurs, à maintenir l’inquisition dans ses états. … Le célébrant dit l’Introït de la messe après lequel il récita un sermon qui dura très long-temps, et que notre auteur rapporte tout entier. L’orateur prouva clairement qu’il n’y a au monde d’autres ennemis de D.ieu que les Juifs, les Mahométant et les Hérétiques. Il avoue qu’il y a bien à la rigueur quelques autres vices et crimes par lesquels les hommes peuvent encore offenser la Divinité,mais que ce n’est rien en comparaison d’être Juif, Hérétique ou Mahométan ; et qu’ainsi on ne peut rien faire de plus agréable à Dieu que de le délivrer de ces 3 sortes d’ennemis, ce qui ne pourrait se faire probablement sans le secours du saint office.

Après le sermon, le grand inquisiteur donna, avec une sonnette, un signal et l’on commença à appeler les causes… Chaque criminel, soit en personne, soit en effigie, appelé à son tour, était placé dans une des cages et un juge lisait un résumé de la cause et la sentence du saint office. Le criminel se retirait ensuite pour retourner à sa place sur les gradins. Pendant cette lecture, on avait amené un autre criminel dans la seconde cage, et le second juge, dès que le premier avait fini, commençais la lecture de la cause et de la sentence du second criminel… On choisit ce moment pour servir des rafraîchissemens aux dames et aux personnes distinguées et les juges, les familiers et les autres employés de l’Iquisition, allèrent aux buvettes et aux buffets qui avaient été préparés par une sage prévoyance.

La lecture des causes et des jugemens terminée, les relaxados furent envoyés au lieu de leur supplice. L’absolution fut donnée avec toute la pompe et les cérémonies d’usage dans l’Eglise, à ceux des coupables admis à la réconciliation, et qui n’étaient condamnés qu’au fouet et à la prison… La messe continua ensuite…  Après la messe, le grand inquisiteur descendit de son trôle, et le roi retourna à son palais…

… vers les 4 heures de l’après-midi, l’exécution des relaxados avait commencé ; elle dura toute la nuit. Il était 9 heures du matin avant que tous les corps fussent consumés. On avait élevé sur les bûches, des poteaux disposés de manière que l’on pût étrangler, avant que les flammes pussent les atteindre, ceux des criminels qi avaient montré quelque signe de repentir. Les autres furent brûlés vifs.

Plaque commémorative datant de 2009, de la ville de Ribadavia  en hommage à ses citoyens condamnés par l’Inquisition il y "400 années à cause de leur croyance".

(Source : Wikipedia)

Le Temple de Jérusalem, lieu de prière pour toutes les nations

Temple de Salomon : la mer d'Airain.
La Mer d’airain, dans le temple de Salomon. (Bible de Mortier et Covens) .cosmovisions.com
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Temple de Salomon.
Le Temple de Salomon reconstitué par Perrot et Chipiez, d’après la description d’Ezéchiel..cosmovisions.com
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LE 1er TEMPLE, CELUI  DE SALOMON
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(modifié le 22 avril 2009 – repris et modifié le 11 mars 2013)
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LE TEMPLE DE SALOMON
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YERUSHALAYIM, LA VILLE DES PAIX, BÂTIE SUR LE MONT MORIAH
Chem (le fils de Noé) était roi de Chalem (nom primitif de Jérusalem). Quand les enfants d’Israël sortirent d’Egypte sous la conduite de Moïse et d’Aaron, ils transportèrent le Tabernacle dans le désert et l’installèrent successivement à Guilgal, puis à Chilon (en Samarie), Nov, Guivone. C’est Abraham qui nommera ce lieu (D.ieu s’y manifeste), ce qui, par contraction, donne le nom Yirouchalayim (la ville des paix) (Jérusalem).  Quand le Temple fut érigé sous le roi Salomon, sur le territoire de Yéhouda et de Binyamine, en plein coeur de Jérusalem, il fut interdit de bâtir ailleurs un autre Temple. Les Jébuséens remplacèrent les Amorites sur le site actuel de Jérusalem et lui donnèrent leur nom : Jébus. Avimelekh, ancêtre des Jébuséens, avait fait jurer à Isaac que ses descendants ne feraient pas de mal à sa lignée pendant 3 générations. Les Jébuséens,  pour se moquer des hébreux , firent des idoles de cuivre, une partie de ces idoles étaient aveugles (rappelant Isaac à la fin de sa vie) et l’autre boiteuse (comme Jacob, après sa lutte avec l’ange). Mais à l’époque du roi  David, (fils de Jessée, de la tribu de Juda), les 3 générations étaient passées. David annonça à ses hommes:  « Celui qui vaincra les jébuséens et enlèvera les idoles aveugles et boiteuses sera chef d’armée. » Yoav, fils de Tserouya fut cet homme. David monta à sa suite et conquit Jérusalem. Malgré sa victoire, David, qui était un être droit,  préleva 50 chekels de chacune des 12 tribus pour acheter l’ère de battage du Mont Moriah. Ainsi, par ce geste, c’est la totalité du peuple juif qui a acquis, et est donc « propriétaire légal » de la terre où furent bâtis les deux Temples, sur la terre que l’Eternel leur avait donnée. (Ne pas oublier, cependant, que l’unique et réel propriétaire de la terre d’Israël est le Créateur). Jérusalem fut la ville sainte, héritage de tout le peuple d’Israël à tout jamais. Cependant, D.ieu refusa à David de constuire lui-même le Temple, car il avait dû mener de nombreuses guerres pour conquérir les contrées environnantes. Mais c’est son fils Salomon qui concrétisa ce désir.
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CONVENTION AVEC LE ROI DE TYR
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Salomon devint roi à l’âge de douze ans. Son nom hébraïque, Chlomo, rappelle que la paix prévalut durant son règne. Il hérita d’un puissant royaume qui s’étendait de Tiphsah, sur l’Euphrate à la frontière d’Egypte.. Les tribus d’Israël étaient en sécurité et chacun vivait tranquille sous sa vigne et sous son figuier. Alors Salomon envoya des ambassadeurs à Hiram, roi de Tyr, qui avait déjà été l’ami de son père, le roi David, pour lui dire : « Tu sais bien que mon père David n’a pas pu construire un temple pour son D.ieu, à cause de la guerre que les ennemis lui ont faite de tous côtés, jusqu’à ce que l’Eternel les eût mis sous la plante de ses pieds. Grâce à l’Eternel, mon D.ieu, je vis en paix avec tous les peuples qui m’entourent. Je projette donc d’édifier une maison en l’honneur de l’Eternel, selon ce que D.ieu a dit à mon père : « C’est ton successeur au trône qui bâtira la Maison élevée en mon honneur ». « Et maintenant, donne des ordres pour qu’on me coupe des cèdres du Liban et du bois des cyprès ; mes travailleurs aideront les tiens, dont je te paierai le salaire selon ce que tu me diras. »
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Lorsque Hiram reçut ce message, il en éprouva une grande joie et dit  au roi d’Israël : « Je satisferai ton désir en bois de cèdre et en bois de genévrier. Mes serviteurs transporteront les troncs d’arbres du Liban à la mer ; je les ferai assembler en radeaux qui iront par mer jusqu’à l’endroit où tu voudras en prendre livraison ; de mon côté, je te prie de me fournir, pour l’entretien de ma maison, du froment et de l’huile d’olive ». Et Salomon et Hiram conclurent un pacte dans ces conditions. Le pacte entre Hiram et Salomon fut honoré et dura 20 ans. Hiram fournit le bois de cèdre et de genévrier, en échange, Salomon procura chaque année 20.000 muids (1 muid = 365 l) de blé et 20.000 mesures d’huile vierge. Salomon céda également 20 cités de Galilée. Les historiens rapportent que Hiram ne fut pas entièrement satisfait, alors Salomon lui promit une expédition commune vers le mystérieux pays d’Ophir afin de ramener l’or et les pierres précieuses.
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SALOMON SE MET A L’OEUVRE POUR CONSTRUIRE LE 1er TEMPLE DE JERUSALEM
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Alors Salomon leva dans tout Israël des hommes de corvée dont il envoya 10 000, tour à tour, travailler au Liban avec les gens de Hiram. Il y eut en outre 70 000 porteurs et 80 000 taileurs de pierres. C’est dans ces carrières des montagnes qu’on apprêtait les pierres de taille, de sorte que sur l’emplacement même de l’édifice, sur le mont Moriah à Jérusalem, on n’entendait aucun bruit de marteau, ni de hache, ni de quelque instrument en fer que ce fût.
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vidéo présentant des fresques qui illustrent les travaux d’extraction de la pierre et la préparation du bois pour la construction du Temple de Salomon « http://www.youtube.com/v/Kn6HzQLEHWU&hl=fr&fs=1&rel=0&color1=0×006699&color2=0x54abd6&border=1″></param><param (SaratogaJoe)
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DESCRIPTION SOMMAIRE DU TEMPLE
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Ce fut la 4ème année de son règne que Salomon, le 1er Iyar – qui correspond généralement au mois d’avril ou mai dans le calendrier grégorien (II Chroniques 3, 2 et Ezra 3, 8 – 13), commença la construction du Temple. Cet édifice fut bâti sur le plan du Tabernacle. Ses dimensions étaient les suivantes : 60 coudées de long, 20 de large et 30 de haut. A l’Orient s’élevait un portique de 20 coudées de longueur, qui avait à son entrée 2 grandes colonnes d’airain ornées de sculptures magnifiques. Aux 3 autres côtés du Temple s’adossait un bâtiment haut de 18 coudées, divisé en 3 étages, avec des chambres bien éclairées par des fenêtres. L’aménagement intérieur du temple fut décrit dans la Bible (livre des Rois, I, chap.6)
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L’intérieur comprenait le Saint et le Saint des Saints, séparés l’un de l’autre par un précieux rideau.
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Dans le Saint, les portes (à l´entrée du temple) étaient faites en genévrier, sculptées et recouvertes de feuilles d´or. (I Rois 6,34, 35) Outre l’autel des parfums, on pouvait y voir 10 tables pour les 12 pains de proposition et 10 chandeliers à 7 branches, 5 de chaque côté, le tout en or très fin.
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Dans le Saint des Saints, seule l’Arche de l’Alliance devait trouver place, surmontée de deux kérouvim (chérubins) en bois d’arbre à huile, recouverts d’or (I Rois 6,23-28, 31-33; 8,6). Les murs et les plafonds du sanctuaire furent lambrissés en bois de cèdre et ornés de fleurs, de palmes et de chérubins artistiquement sculptés, le tout revêtu d’or d’Ophir Tous les ustensiles du Temple étaient en or. Le parquet même était pourvu d’un revêtement d’or. Autour des constructions,  2 parvis étaient situé l’un à l’intérieur, réservé au cohanim (prêtres), avec l’autel des holocaustes, ainsi qu’un grand bassin destiné aux ablutions des prêtres et appelé mer d’airain, reposant sur 12 boeufs d’airain. Des 2 côtés de l’autel étaient rangés 10 autres bassins mobiles pour le lavage des chairs destinées aux combustions sur l’autel – l’autre parvis était situé à l’extérieur,  pour le peuple.
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Deux immenses kérouvîm (chérubins) en bois d´arbre à huile, recouverts d´or, se trouvaient dans le Saint des  Saints, au dessus de l´arche de l´alliance. (I Rois 6,23-28, 31-33, 8,6)
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(Un autre Hiram (ou Hirom) est lié au Temple de Salomon, c’est le bronzier phénicien, ou maître maçon qui excellait dans le travail de l’or, de l’argent, du cuivre, du fer, du bois, de la pierre et des étoffes (I Rois 5, 8-11, 18; 7,13, 14, 40, 45; II Chroniques 2,13-16), que le livre des rois (I Rois, 7, 13-45) présente ainsi : « Le roi Salomon demanda de pouvoir engager Hiram de Sor (Tyr) qui était fils d’une veuve de la tribu de Nephtali. Son père était un homme de Sor, artisan du bronze [...]. Hiram acheva tout l’ouvrage qu’il devait faire pour le roi Salomon dans la Maison de l’Eternel : les deux colonnes les volutes des deux chapiteaux qui sont au sommet de ces colonnes, les deux entrelacs pour couvrir les deux volutes des chapiteaux qui sont au sommet des colonnes, les 400 grenades pour les 2 entrelacs - 2 rangées de grenades par entrelacs – pour couvrir les 2 volutes des chapiteaux qui sont sur les colonnes, les 10  bases et les 10 cuves posées sur celles-ci, la Mer – il n’y en avait qu’une – avec, sous elle, les douze boeufs, les bassins, les pelles, les bassines à aspersion et tous les autres accessoires. Ce que fit Hiram pour le roi Salomon dans la Maison du Seigneur était en bronze poli ».)
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DEDICACE DU TEMPLE
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Au bout de 7 ans, lorsque Salomon eut achevé cette splendide construction, dans l’année hébraïque 2928 (en – 960 avant l’ère commune), on apporta tout le mobilier sacré et l´arche de l´alliance fut placée dans le Saint des Saints. Alors, une nuée remplit le temple. Salomon, debout sur une estrade devant l´autel des sacrifices,  présenta à l´Eternel une longue prière de louanges, lui demandant bonté de coeur et miséricorde sur ceux qui se tourneraient vers lui pour le craindre et le servir, qu´il soit d´Israël ou étranger. 22 000 taureaux et 120 000 moutons furent offerts en holocauste (sacrifice) à l’Eternel. Salomon réunit à Jérusalem les principaux de toutes les tribus pour la dédicace solennelle de l’édifice. Les Cohanim et les Lévites organisèrent le transport de l’Arche d’Alliance de la Cité de David dans le Temple. Tout le peuple marcha devant l’arche avec des transports de joie. Les Lévites faisaient retentir leurs cymbales, leurs harpes et leurs cithares et 120 Cohanim sonnaient de la trompette et tout le peuple chantait : « Rendez grâce à l’Eternel, car Il est bon, car sa bienveillance est éternelle ! » Au moment où les Lévites sortirent du Lieu Saint, après y avoir déposé l’arche, la Majesté Divine remplit le Temple de l’Eternel.
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Prière d’inauguration et bénédiction du peuple
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Alors, Salomon, du haut d’une tribune placée au centre du parvis bénit toute l’assemblée ; puis, fléchissant les genoux, il étendit ses mains vers les cieux et dit : « Eternel, D.ieu d’Israël ! Nulle puissance ne t’égale, ni là-haut dans le ciel, ni ici-bas sur la terre. Mais est-ce qu’en vérité D.ieu résiderait sur la terre ? Alors que le ciel et tous les cieux ne sauraient te contenir, combien moins encore, cette maison que je viens d’édifier ! Aussi n’a-t-elle été faite qu’afin que Tu y écoutes la prière de Tes serviteurs. Ah !  que Tes yeux soient ouverts jour et nuit sur cette Maison, qui est le lieu dont Tu as dit : « Mon nom y reposera. » Exauce les prières que Ton serviteur et Ton peuple t’adresseront dans ce lieu ; exauce-les du lieu de Ta demeure. Si un homme pèche envers son prochain – car il n’est point d’homme qui ne pèche – et qu’on lui défère le serment et qu’il vienne le prononcer ici, devant Ton autel, Toi Tu l’entendras dans le ciel, Tu feras justice à Tes serviteurs, en punissant le coupable et en protégeant l’innocent. Si quelque membre de Ton peuple d’Israël te supplie et t’implore, –  chacun connaît la plaie de son coeur, Toi, Tu l’entendras du ciel, Ton auguste résidence, et Tu agiras avec clémence, en traitant chacun selon sa conduite ; car Toi seul connais le coeur de tous les humains. Si le ciel se ferme et refuse sa pluie, si une famine survient dans le pays, s’il sévit une épidémie ou une calamité quelconque, parce que les enfants d’Israël auront péché devant Toi, mais s’ils prient en ce lieu et se repentent de leur péché, Toi, Tu les entendras dans le ciel et Tu leur pardonneras. Si les Enfants d’Israël ont péché contre Toi, si Tu les as livrés à leurs ennemis et fait emmener en captivité, et s’ils s’amendent et t’adressent leur prière en se tournant vers la ville que Tu as élue, alors du haut des cieux, exauce leur prière et pardonne à Ton peuple. Je t’implore aussi pour l’étranger qui ne fait pas partie de ton peuple d’Israël et qui viendrait de loin pour prier dans Ta maison. Toi, Tu l’entendras du ciel et Tu exauceras les voeux que t’adressera l’étranger, afin que tous les peuples du monde connaissent Ton nom et qu’ils Te révèrent. » Quand  Salomon eut achevé cette prière, il se leva et bénit de nouveau l’asemblée, en disant : « Béni soit l’Eternel qui a donné du repos à son peuple Israël, comme Il l’a promis ! Qu’il soit avec nous, afin que nous marchions dans toutes Ses voies ! »
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Le roi et tout le peuple offrirent alors de nouveaux sacrifices.  La fête dura 14 jours : l’´inauguration 7 jours et la fête de Soukkot 7 autres jours. Après quoi, tous bénirent le roi et regagnèrent leurs demeures le coeur plein de joie et de reconnaissance.
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LE MONT MORIAH, PIERRE DE FONDEMENT DU MONDE ET PORTE DU CIEL
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Si le monde savait l’importance que représente le Temple, le monde entier viendrait le reconstruire, dit  Jean Marc (Haïm) Rosenfeld Directeur Europe du Mah’on Amikdach à Jérusalem.  Nos Maîtres nous enseignent que celui qui comprend le fonctionnement du Temple, son emplacement et les objets qui s’y trouvent, comprend le pourquoi de la création du monde et surtout le rôle de chacun d’entre nous sur terre. D. ieu a crée le monde à partir d’un endroit bien précis qu’Il a privilégié pour cette création, qui est appelé la Pierre Angulaire du Monde: le Mont Moriah. De cet endroit, D.ieu a pris de la terre pour créer Adam et c’est à partir de là que s’accomplira la résurrection morale et spirituelle de l’humanité..
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C’est aussi là qu’Adam fit le premier  sacrifice animal, lorsque D.ieu a décidé de lui pardonner sa faute. Noé, dans son arche après le déluge lâcha la fameuse colombe, qui revint à la fin de la journée avec une branche d’olivier où était accrochée une olive fraîche, signe que les eaux s’étaient retirées. Nos Maîtres nous enseignent que cette branche d’olivier provenait du Mont des Oliviers, qui se situe à Jérusalem et que cet endroit n’avait pas été recouvert lors du déluge, puisque la Présence Divine y siégeait. (Genèse  28,17) ….. « Quiconque prie à Jérusalem, c’est comme s’il priait devant le trône de gloire, car là se trouve la porte du ciel ouverte pour entendre les prières.  » En Genèse 22,2, D.ieu dit à Abraham, fils de Tera’h, lui-même fils de Sem :  » Va-t-en vers la terre de Moriah « . Rachi, le célèbre commentateur médiéval de la Bible et du Talmud, nous explique que la terre de Moriah,  c’est Jérusalem, comme il ressort des Chroniques II, 3, 1. C’est à cet endroit qu’eut lieu la ligature d’ Isaac et qu’Abraham sacrifia un bélier en signe de remerciement au Créateur. C’est ausi là que D.ieu révéla à Abraham qu’à cet endroit serait construit le futur Temple. En ce même lieu, Jacob, le fils d’Isaac, s’étant assoupi, fit le rêve de l’échelle où montaient et descendaient des anges du ciel. En se réveillant, il dit : “Assurément  l’Eternel est présent en ce lieu et moi je l’ignorais”. “Que ce lieu est redoutable, ceci n’est autre que la maison de D., et ici est la porte du Ciel”. (Genèse 28). Ainsi, toutes les prières des juifs du monde entier passent continuellement par Jérusalem, s’y rassemblent et s’élèvent de là vers le Créateur.
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DESTRUCTION DU 1er TEMPLE
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Le Temple de Salomon fut détruit en 3338 du calendrier hébraïque ( – 586 avant l’ère commune) par Nabuchodonosor et le peuple hébreu déporté en Babylonie. Lorsque Salomon a construit le Temple, il savait qu’il serait un jour détruit, et il y bâtit un endroit pour y cacher l’Arche, en bas d’un profond labyrinthe, (qui, outre les 2 Tables de la Loi, contenait un flacon de Manne céleste dont D.ieu avait gratifié  les Hébreux pour qu’ils puissent se nourrir pendant les 40 ans d’errance dans le désert, ainsi que le bâton d’Aharon et un flacon d’huile d’onction). C’est Josias qui ordonna de la cacher là où Salomon avait prévu, comme il est écrit «  il dit aux Lévites qui enseignent à tout Israël, consacrés à D.ieu « déposez l’Arche Sainte à l’endroit préparé par Salomon fils de David, le Roi d’Israël ; puis vous ne la porterez plus sur l’épaule ; maintenant vous servirez l’Eternel votre D.ieu … ».
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EXIL EN BABYLONIE POUR LES UNS, FUITE EN EGYPTE POUR LES AUTRES…
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Voici le fameux psaume 137, qui témoigne du désir ardent du peuple Juif captif et en chemin pour Babylone, de retourner dans leur patrie : (Sur les rives des fleuves de Babylone, là nous nous assîmes et nous pleurâmes au souvenir de Sion. Aux saules qui les bordent, nous suspendîmes nos harpes ; car là nos maîtres nous demandaient des hymnes, nos oppresseurs – des chants de joie. « Chantez-nous, disaient-ils, un des cantiques de Sion ! » Comment chanterions nous l’hymne de l’Eternel en terre étrangère ? Si je t’oublie jamais, Jérusalem, que ma droite me refuse son service ! Que ma langue s’attache à mon palais, si je ne place Jérusalem au sommet de toutes mes joies ! ») Les Juifs restés dans le pays avaient à leur tête Guedaliah, fils d’Ahicam, gouverneur de Judée. Ce qui restait du peuple se groupa autour de lui et se réfugièrent chez les peules voisins. Guédaliah et le prophète Jérémie étaient établis à Mitspah. Mais Guedaliah fut asassiné au 7ème mois (Tichri), par Ismaël, descendant de la famille de David. Il était jaloux de l’autorité du gouverneur et fomenta un complot, qui fut dénoncé. Cependant, le gouverneur se refusant à y croire, invita sans méfiance Ismaël à un repas au cours duquel il fut assassiné avec un grand nombre de Judéens et de Chaldéens, qui se trouvaient auprès du gouverneur. (En souvenir de ce triste événement, un jeûne a été institué chaque année, le 3 tichri.) Le reste du peuple s’enfuit en Egypte, malgré les supplications du prophète Jérémie, qui parlait au nom de l’Eternel ; il savait que s’ils fuyaient en Egypte, ils seraient tués par le glaive et par la famine. Mais ils ne voulurent pas l’écouter et la parole de l’Eternel se réalisa. Ils moururent tous là-bas.
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RETOUR DES EXILES
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La captivité de Babylone avait duré 70 ans, au terme desquels la prophétie de Jérémie prédisant le retour en terre d’Israël  s’accomplit. Vers l’an  – 536 avant notre ère, les Juifs obtinrent la permission de retourner en Israël. En effet, dès la 1ère année du règne de Cyrus,  roi de Perse, dont l’Eternel avait touché le coeur, celui-ci fit proclamer dans tout son empire un édit autorisant les Juifs à retourner dans leur pays et de reconstruire le Temple : »L’Eternel, D.ieu du ciel, m’a mis entre les mains tous les royaumes de la terre et c’est Lui qui m’a donné mission de Lui bâtir un temple à Jérusalem. Que tous ceux qui sont de Son peuple montent à Jérusalem et qu’ils construisent la maison de l’Eternel, du D.ieu d’Israël ! » . Ces faits sont  relatés dans la Meguilat Esther, qui raconte comment les Juifs  faillirent tous être anéantis en un seul jour. Grâce à la reine Esther et à son parent Mardochée, le mauvais sort se transforma très heureusement en bien et c’est cette période que l’on commémore chaque année à la fête de Pourim.  Le psaume 126 chante cette libération : « Quand l’Eternel ramena les captifs de Sion, nous étions comme des gens qui rêvent. Alors, notre bouche s’emplit de chants, notre langue d’accents d’allégresse. Alors, on s’écria parmi les peuples : « Le Seigneur a fait de grandes choses pour ces gens ! » Oui, l’Eternel a fait de grandes choses à notre égard, profonde est notre joie. Ramène nos captifs, ô Eternel, comme (Tu ramènes) des ruisseaux dans le désert du Neguev. Ceux qui ont semé dans les larmes, puissent-ils récolter dans la joie ! C’est en pleurant que s’en va celui qui porte les grains pour les lancer à la volée, mais il revient avec des transports de joie, pliant sous le poids de ses gerbes. « .

- Plan du Temple d'Hérode.
LE SECOND TEMPLE, CELUI D’HERODE – Dessin d’après Vogué
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LE SECOND TEMPLE

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Le second Temple, construit pour remplacer le premier, fut l’oeuvre ambitieuse du roi d’Israël Hérode le Grand. Les travaux commencèrent en 3742 du calendrier hébraïque (- 536 avant notre ère). Cet ouvrage devait lui permettre de se rendre populaire auprès de ses sujets qui, le tenaient dans le plus profond mépris. Il fut élevé lui aussi sur le Mont du Temple, à l’endroit du précédent.  Ce travail nécessita 10 000 hommes et dix ans de travail rien que pour construire les murs de soutènement autour du Mont du Temple (au sommet duquel se trouve aujourd’hui le sanctuaire musulman appelé le Dôme du Rocher). Le Mur Occidental appelé Kotel (ou « mur des lamentations ) ne constitue qu’une partie de ce mur de soutènement de 500 mètres de longueur, conçu dès l’origine pour contenir une énorme esplanade artificielle qui aurait pu accueillir douze terrains de football. Quand il entreprit de construire le Temple lui-même sur cette esplanade, Hérode se surpassa. Même le Talmud reconnaît que le résultat a été spectaculaire.

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Le Temple fut magnifiquement  reconstruit , mais n’atteignit plus jamais la qédoucha (sainteté) dont avait bénéficié le Templed e Salomon. Les chants de joie furent couverts par les larmes de tristesse de ceux qui avaient connu la grandeur du premier Temple. Le second Temple servit cependant le peuple juif pendant 420 ans. Pour le Rambam, l’Arche n’est pas un meuble ou un ustensile du Beth-Hamikdach, mais l’essence même du Sanctuaire, puisque la Révélation se faisait au travers de l’Arche et de ses chérubins. Il était donc indispensable qu’il soit présent éternellement pour que la Présence Divine ne puisse quitter ce lieu, même après la destruction des deux Temples. (Souvenons nous que Salomon  avait bâti un endroit pour y cacher l’Arche, au fond d’un profond labyrinthe).  L’Arche n’a donc jamais quitté ce lieu, elle est toujours prête pour  la Révélation Messianique.
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DESCRIPTION DU SECOND TEMPLE
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Voici ce que dit de ce Temple, construit par Hérode le Grand,  l’historien de l’époque Flavius Josèphe dans « La Guerre des Juifs) : « De quelque endroit qu’on le contemplât, le Sanctuaire avait tout ce qu’il fallait pour éblouir l’esprit et les yeux. Renvoyés dans toutes les directions par les énormes plaques d’or, les premiers rayons du soleil reflétaient d’énormes rayonnements de feu qui forçaient ceux qui les contemplaient à détourner leurs regards comme s’ils avaient observé directement le soleil. Aux étrangers qui s’approchaient, il ressemblait à distance à une montagne couverte de neige, car tout ce qui n’était pas couvert par de l’or était d’un blanc éblouissant… » (Guerre juive, p. 304) « Le Temple était, comme je l’ai dit, bâti sur une forte éminence, et c’est à peine si, à  l’origine, le plateau qui la terminait suffit à contenir le sanctuaire et l’autel Les pentes, tout alentour, étaient escarpées. Mais quand le roi Salomon, qui d’ailleurs construisit le Temple, entoura d’un mur le côté oriental de l’édifice, il établit un portique sur le terrassement….. L’abondance des ressources et la générosité du peuple imprimaient aux projets une grandeur extraordinaire … Tous les portiques avaient une double rangée de colonnes, d’une hauteur de vingt-cinq coudées, taillées d’une seule pièce dans des blocs d’un marbre très blanc. Les lambris qui couvraient ces portiques étaient de cèdre. La richesse naturelle des lambris, l’art dont ils étaient polis et ajustés offraient un merveilleux spectacle, mais aucun travail de peinture ou de sculpture n’y ajoutait un ornement extérieur. La largeur des portiques était de trente coudées, et leur périmètre total, en y comprenant la tour Antonia, mesurait six stades ; toute la partie qui était à découvert était pavée de pierres différentes, aux couleurs variées…. Dans les autres directions, deux portes, l’une au midi, l’autre au nord, conduisaient à la cour des femmes… L’endroit était d’ailleurs ouvert également pour le culte aux femmes de la région et à leurs coreligionnaires venues du dehors. La partie occidentale n’avait pas de porte de ce côté, le mur était continu. Les portiques situés entre les portes, au dedans du mur faisant face aux salles du Trésor, étaient soutenus sur des colonnes très belles et très hautes : bien que simples et non doubles, ces portiques ne le cédaient en rien, sauf pour les dimensions, aux portiques inférieurs.
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Des 10 portes, 9 étaient entièrement recouvertes d’or et d’argent, comme aussi les montants et les linteaux : l’une d’elles, hors du Temple, devait à la gloire de l’airain de Corinthe sa grande supériorité sur celles qui étaient lamées d’argent et d’or. Chaque portail comprenait deux battants dont chacun avait trente coudées de hauteur et quinze de largeur. Après l’entrée, ces portails, s’élargissant à l’intérieur, embrassaient à droite et à gauche des vestibules longs et larges de trente coudées ; semblables à des tours, leur hauteur dépassait quarante coudées ; chacun était soutenu par deux colonnes, dont la circonférence mesurait douze coudées. Les dimensions des autres portes étaient les mêmes. Mais celle qui s’ouvrait au delà du portail corinthien, vers l’Orient, du côté de la salle des femmes, et en face de la porte du Temple, était plus vaste ; elle avait cinquante coudées d’élévation ; ses portes atteignaient quarante coudées, et son ornementation était plus magnifique, en raison de l’épaisseur de l’argent et de l’or qui y étaient prodigués. C’est Alexandre père de Tibère qui en avait garni les neuf autres portes. Quinze degrés conduisaient du mur des femmes au grand portail ; ils étaient moins élevés que les cinq degrés qui menaient aux autres portails… Le Temple, cet édifice sacré, était placé au centre : on y accédait par douze marches. La hauteur et la largeur de sa façade mesuraient également cent coudées.
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Les métopes* étaient toutes dorées : par ces ouvertures, la première partie de la nef apparaissait complètement du dehors dans sa majesté, et les côtés de la porte intérieure se montraient tout étincelants d’or aux yeux des spectateurs. Comme le Temple portait un double toit, la première partie de la nef, seule, s’ouvrait à une grande hauteur, mesurant quatre-vingt-dix coudées d’élévation, cinquante de longueur et vingt de largeur. Le portail de cette nef était tout entier, comme je l’ai déjà dit, lamé d’or ; il en était de même de toute la paroi avoisinante : les pampres qui revêtaient la surface de la porte étaient d’or également, et des grappes de la taille d’un homme y pendaient. Comme le Temple avait un double toit la perspective intérieure était plus basse que l’extérieure ; là les portes d’or avaient cinquante-cinq coudées de hauteur et seize de largeur. Devant elles se trouvait un voile de longueur égale, un peplos babylonien, brodé de laine violette, de lin, d’écarlate et de pourpre ; ce travail admirable offrait, dans sa matière, un mélange savant et comme une image de l’univers ; car il paraissait symboliser par l’écarlate le feu, par le lin la terre, par le violet l’air, par la pourpre la mer. Pour deux de ces matières, c’était la couleur qui faisait la ressemblance ; pour le lin et la pourpre, c’était leur origine, puisque l’un est fourni par la terre, l’autre par la mer. Sur le peplos était brodé tout le spectacle des cieux, les signes du zodiaque exceptés.

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Quand on pénétrait à l’intérieur, c’était la partie basse du Temple qui recevait le visiteur. Elle avait soixante coudées de hauteur, une longueur égale et vingt coudées de largeur. A leur tour, ces soixante coudées étaient divisées : la première section offrait, sur une étendue de quarante coudées, trois oeuvres admirables et célèbres dans le monde entier, le chandelier, la table, l’encensoir. Les sept lampes du chandelier représentaient les planètes, car c’était bien le nombre des branches du candélabre ; les douze pains sur l’autel figuraient le cercle du zodiaque et l’année. L’encensoir, avec les treize parfums dont il était rempli, et qui provenaient de la mer et des régions habitées ou inhabitées de la terre, indiquait que tout appartient à Dieu et existe pour Dieu. La partie la plus reculée de l’enceinte mesurait vingt coudées ; un voile la séparait aussi de l’extérieur. Aucun objet ne se trouvait là ; elle était pour tous inaccessible, intangible, invisible ; on l’appelait le « Saint des Saints ». Sur les côtés du Temple inférieur étaient de nombreuses habitations sur triple étage, communiquant entre elles ; de part et d’autre des entrées spéciales y conduisaient depuis le portail. Le Temple haut, plus étroit, n’avait pas d’habitations ; il élevait à quarante coudées son propre faîtage, d’un style plus simple que le Temple inférieur. Si l’on ajoute ce nombre aux soixante coudées du Temple bas, on obtient une hauteur totale de cent coudées.

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A la façade extérieure il ne manquait rien de ce qui pouvait frapper l’esprit ou les yeux. Partout revêtu de plaques d’or massif, le Temple brillait, aux premiers rayons du jour, d’un éclat si vif que les spectateurs devaient en détourner leurs regards comme des rayons du soleil. Pour les étrangers qui arrivaient à Jérusalem il ressemblait de loin à une montagne couverte de neige, car là où il n’était pas doré, il apparaissait de la plus pure blancheur. Sur son toit se dressaient des broches d’or, finement aiguisées, pour écarter les souillures des oiseaux qui seraient venus s’y poser. Quelques-unes des pierres de l’édifice avaient quarante-cinq coudées de longueur, cinq de hauteur et six de profondeur. Devant le Temple se trouvait l’autel qui mesurait quinze coudées de hauteur, et se développait également sur une longueur et une largeur d’environ cinquante coudées ; de forme carrée, il était pourvu aux angles d’appendices en forme de cornet. On y accédait du midi par une rampe en pente douce. Le fer n’avait pas été employé pour construire cet autel, et jamais le fer ne l’avait touché. Le Temple et l’autel étaient entourés d’une balustrade de pierres, belles et délicatement ouvragées, qui avait environ une coudée de hauteur;elle maintenait le peuple à distance et le séparait des prêtres. »

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*métope : Terme d’architecture. Intervalle carré entre les triglyphes de la frise dorique et dans lequel on met des ornements. La métope est l’intervalle entre 2 opes. Métope barlongue : celle qui est plus large que haute. Les métopes du Parthénon ornées de sculptures par Phidias. Demi-métope, métope tronquée qui se trouve aux angles de la frise dorique.

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ULTIME REVOLTE JUIVE POUR RECONQUERIR LE PAYS ET SAUVER JERUSALEM ET LE TEMPLE
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Cependant, Hérode trouva bon de placer à l’entrée principale du Temple un énorme aigle romain, ce que les Juifs pieux ont tenu pour un sacrilège. Un groupe d’étudiants en Torah brisa promptement cet emblème d’idolâtrie et d’oppression, mais Hérode les fit pourchasser, traîner sous des chaînes jusqu’à sa résidence de Jéricho, où ils furent brûlés vivants. Ce second Temple sera à son tour détruit en l’an 70 de notre ère, par l’armée romaine lors de la ruine de Jérusalem, à la suite de la révolte juive. L’épisode de sa destruction a également été raconté en détail par l’historien Flavius Josèphe dans sa « Guerre des Juifs ». Il ne reste aujourd’hui du second Temple qu’un seul mur,  vénéré par le peuple hébreu : le Kotel, ou Mur Occidental, ou encore « Mur des Lamentatiosn ». Ce vestige reste un lieu de culte de toute première importance pour les Juifs encore aujourd’hui. Le chef d’une des dernières  révoltes, Shimon Bar Kokhba (132) réussit à restaurer brièvement la souveraineté juive et à reconquérir Jérusalem et la Judée. Mais étant donné l’écrasante puissance des Romains, le résultat était inévitable et Jérusalem fut à nouveau prise. Jérusalem  a été, de tout temps,  le point de ralliement des Juifs et a fortiori  à cette époque. Elle était puissamment fortifiée et le nombre de ses défenseurs grossissait chaque jour. On peut évaluer la population de Jérusalem de cette époque à environ 600 000 âmes, sans compter tous ceux qui étaient accourus du dehors. La ville, largement approvisionnée, pouvait soutenir un siège de plusieurs années et les assiégés ne manquaient pas de vaillance.  Mais les assiégés étaient divisés en 2 camps : le parti pour la paix qui, pour sauver le Temple, était disposé à la soumission et le parti de la guerre, qui exigeait la lutte jusqu’au bout. Un incendie ravagea une partie des provisions des assiégés. Après 3 ans de siège, quand Titus eut concentré une armée de 80 000 hommes autour de la ville, les assiégés firent des sorties audacieuses pour tenter d’empêcher les travaux de siège et démolir les machines de guerre dressées contre la ville, mais  les provisions avaient fini  par s’épuiser et ce fut la famine.
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Destruction du second Temple de Jérusalem par les Romains
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DESTRUCTRION DU SECOND TEMPLE ET DE JERUSALEM

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Néron avait été envoyé à Jérusalem pour la détruire. Il tira des flèches dans toutes les directions; elles atteignaient toutes Jérusalem. Néron pensa: « Le Saint Béni Soit-Il veut détruire son Temple et m’en faire porter la responsabilité. » Il  comprit alors qu’il ne serait qu’un instrument et alla se convertir au judaïsme. (En effet, la tradition nous apprend que le comportement du peuple s’était tellement détérioré que D.ieu avait décidé, par l’intermédiaire des Romains, de détruire Son Temple.) Le 7 Iyar de l’an hébraïque 3830 (70 de l’ère commune), les défenseurs furent contraints d’abandonner les murs extérieurs, une première brèche ayant été faite dans le mur d’enceinte de la ville. Le 17 Tammouz, sous les coups de béliers, les murs de la 2ème enceinte s’écoulèrent . C’est à cette même date que le sacrifice quotidien cessa, faute de victimes. Au début du mois d’Av, les Romains s’emparèrent de la partie basse de la ville et tentèrent d’attaquer la colline du Temple, puissamment fortifiée ; mais tous leurs assauts furent repoussés, les assiégés se défendant vaillamment. Le 9 et le 10 Av, les assiégés tentèrent encore une sortie, mais furent repoussés et le Temple fut incendié et brûla tout entier ; seuls quelques débris du mur occidental subsistent encore de nos jours.

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CE QUE DISENT NOS TEXTES

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Ainsi la prophétie d’Ourie (qui vivait du temps du 1er Temple)   : « Sion sera labourée comme un champ, Jérusalem deviendra un monceau de ruines et la montagne du Temple une hauteur boisée » (Michée, 3; 12) ne tarda pas à se réaliser. Conformément à la coutume romaine,  l’empereur Adrien rasa Jérusalem et laboura son sol avec une charrue tirée par un bœuf. La Judée fut appelée Palaestina et Jérusalem Aelia Capitolina. Des milliers de Juifs avaient péri durant le siège et ailleurs dans le pays plusieurs autres milliers de Juifs avaient été réduits en esclavage. La date du 9 Av, date funeste pour le peuple juif, celle de la destruction successive de ses 2 Temples donne lieu, aujourd’hui encore, après des millénaires, à une période de deuil. Les Juifs jeûnent pendant 3 jours et pleurent aux dates anniversaire des étapes de sa destruction, au ressenti de la perte du Temple détruit, symbole d’une haute spiritualité aujourd’hui perdue et que chaque Juif a modestement le devoir d’essayer de retrouver, selon ses capacités propres et de revenir progressivement, en nombre, vers Erets Yisrael (la terre d’Israël).

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Mais le grand Rabbi Akiva fait remarquer dans (Talmud, Makot, 24b) qu’il est dit encore dans le livre de Zacharie : « Ainsi parle l’Eternel : Je suis revenu à Sion et J’ai rétabli Ma demeure au milieu de Jérusalem. Jérusalem s’appellera « la vlle de fidélité » et la montagne de l’Eternel la montagne sainte. Ainsi parle l’Eternel : De nouveau des vieillards et de vieilles femmes seront assis sur les places de Jérusalem, tous un bâton à la main, à cause de leur grand âge. Les places de la cité seront pleines de jeunes garçons et de jeunes filles qui s’y ébattront. A cette époque, il n’y aura plus ni famine ni guerre, ni jalousie ni rivalité, car les bienfaits seront distribués en abondance et les délices trouvés comme la poussière. Le monde entier ne s’occupera que de la seule connaissance de D.ieu »… (Isaïe 11,.9). Tant que la prophétie d’Ourie ne s’était pas accomplie, nous pouvions craindre que la prédiction de Zacharie ne se réalisât pas. Aujourd’hui que la sainte maison est devenue un endroit boisé…, ainsi que D.ieu l’avait prédit par la bouche d’Ourie, nous avons un nouvel appui à notre ferme espoir que D.ieu reconstruira Sa Maison et Sa Ville, comme Il nous l’a fait promettre par Son prophète Zacharie. L’exil d’Israël ne dure qu’un jour (de D.ieu) c »est -à-dire 1000 ans du temps des hommes et s’il se prolonge, c’est par l’infidélité d’Israël… Ainsi puisse, par les mérites du peuple Juif, le Messie bientôt arriver et le 3ème Temple descendre, par la Volonté Divine et les nations se rassembler à nouveau, comme autrefois, sur le mont Sion autour du sanctuaire, demeure de la grande gloire de l’Eternel. Amen, ken yehi ratson.

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POUR VOIR DE SUPERBES PHOTOS DES VESTIGES DU SECOND TEMPLE DE JERUSALEM, ALLEZ SUR Modia – "Jérusalem que j’aime."

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Vidéo Des nouvelles de l’Arche d’Alliance ? « http://www.youtube.com/v/4m7tg6y2xBQ&hl=fr&fs=1&rel=0&color1=0×006699&color2=0x54abd6&border=1″></param><param

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Tous les sites sur le Temple de Jerusalem

Le Temple de Salomon et l’Islam

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(Source : alephbeth.net / Phéniciens.com / Histoire sainte illustrée  par le Rav Arthur Weil , 3ème édition, Librairie Goldschmidt,, Bâle – Machon Hamikdash – Modia / Harrissa.com /  Fr.chabbad.org) /  Alliance)

Le troisième Temple, par le Rav Léon Askenazi

Lorsque nous vivons un événement de changement d’identité, ce que j’ai l’habitude d’appeler de mutation d’identité, bien que logiquement ces deux termes sont en collision de concept, il y a inévitablement un monde de passions tel que chacun les vit à sa manière ; et puisque notre vie s’insère dans la durée cela change parois le long de la durée, cela se nuance le long du temps de chacun, mais je vais essayer de me tenir au niveau le plus abstrait possible dans le sens étymologique, c’est-à-dire un peu en recul des passions de l’immédiateté que nous avons en mémoire et à l’esprit de telle sorte de pouvoir me relier aux enseignements de la tradition qui est très longue et ancienne concernant ce moment que nous vivons d’avoir le privilège de vivre un 40ème anniversaire de l’apparition de la société israélienne comme nation hébraïque après 2000 ans et plus de temps juif.

Je voudrais consacrer une partie des premières analyses à la confrontation si j’ose dire de ces trois termes qui vont revenir dans nos propos ce soir : hébreu, juif, israélien. Nous avons tous conscience qu’il y a premièrement synonymie à beaucoup de niveaux, qu’il s’agit de la même identité, mais que, cependant, à travers l’histoire et à travers les grands événements de passage d’époque à époque de notre histoire si longue, il s’agit quand même de trois indices d’identité différents de la même identité.

Les choses ne sont pas simples, mais rien de ce qui concerne Israël et les Juifs n’est simple comme vous le savez. Il faut nous relier à la réalité comme nous la connaissons, comme nous la vivons, comme l’histoire nous la propose ou nous l’impose même parfois. C’est à ce niveau que j’essaierais d’une part de m’en tenir aux contenus de messages, d’informations, de connaissances que certains textes auxquels je vais me référer nous transmettent au sujet de l’événement dont nous parlons, le début de la troisième maison d’Israël – et je préciserais très rapidement dans quel sens j’ai pris ce terme – et d’autre part, de ne jamais oublier que pour nous Juifs, il ne peut s’agir que d’idées seulement, d’idée abstraites seulement. Nous sommes insérés dans une question qui par rapport à notre longue histoire est une question d’existence. Je ne tomberais pas dans le pathos de dire « question de vie ou de mort » parce que la vie d’un peuple qui a une dimension d’éternité ne se définit pas à ce niveau-là, mais en tout cas d’existence et de conditions d’existence.

Et j’y ferais allusion que cela sera nécessaire que nous avons à rencontrer des problèmes graves et qui parfois déclenchent des options passionnelles qu’on ne peut nier, mais que nous essaierons de laisser en marge de l’analyse de connaissances proprement dite de l’analyse de ce sujet.

Première remarque sur le sens de l’expression « la troisième maison d’Israël ».

Evidemment, il y a une ambiguïté. S’agit-il du Beit Hamiqdash ?

Le temple qui se dit dans l’hébreu traditionnel « la maison de la sainteté ».

Il y a eu le Bayit Rishone le premier temple, la première maison.

Il y a eu le Bayit Shéni le deuxième temple, la deuxième maison.

Y-a-t’il déjà les signes plus qu’annonciateurs puisqu’il s’agit de l’existence d’un rassemblement qui ne s’était pas fait depuis 2000 ans, un Bayit Shlishi, une troisième maison ?

Ce n’est pas d’abord dans ce premier sens du temple – Beit Hamiqdash - que j’ai pris ce terme, puisque je parle de la réalité. La réalité de l’expression de « maison d’Israël » c’est « Beit Israël ». C’est le fait que après un long temps d’exil, l’identité Israël se reconstitue, se restaure. Et de même qu’il y a Beit Israël la première fois au temps du premier temple, Beit Israël la deuxième fois au temps du deuxième temple et du royaume de Juda, il y a déjà Beit Israël, la maison d’Israël, avant même que l’on ne parle de la question du temple à proprement parler.

Parmi toutes les sources très nombreuses qui parlent du 3ème retour et de la 3ème construction de la maison d’Israël qui implique à un certain niveau du programme messianique le Beit Hamiqdash le temple à proprement parler, et dès que quoique ce soit de ce programme a commencé, c’est que tout a commencé, en particulier l’événement massif que pendant 2000 ans le rassemblement des exilés ne pouvait se faire et qu’il s’est fait : c’est l’événement qui est son propre signe à ce niveau. Et pour une tradition qui commence par affirmer que l’histoire qu’elle vit est sous le regard du Créateur et de la Providence, de la Shékhinah la Présence de cette Providence, même si elle est cachée – et c’est le postulat premier et profond de toutes traditions juives de quelques nuances qu’elles soient – et bien des événements d’une telle massivité ne peuvent pas ne pas avoir leur sens traditionnel.

Les modernes ont certaines réticences vis-à-vis des événements et de leur « historiosophie » selon le terme de Jacob Gourdin za’l. Réticences parce qu’on leur a proposé tellement de modèles d’explication de l’histoire qui ont abouti à des catastrophes, des systèmes idéologiques qui ont basculé dans des positions politiques qui évacuaient la morale de l’histoire. Et nous devons prendre acte que c’est avec beaucoup de précautions, de méfiance et de prudence, que nous devons manier cette catégorie de l’historiosophie – la signification au niveau de l’histoire de la destinée des événements que nous vivons.

Mais il faut savoir que la conscience du Talmid ‘Hakham dans l’atmosphère de son étude baigne dans cette évidence du lien profond entre la vérité et la réalité.

Nous sommes des monothéistes. Il n’y a pas de dychotomie entre la réalité et la vérité. Et lorsque la vérité parle de la réalité, c’est de la réalité vécue qu’elle parle. Je sais encore une fois que pour le moderne une telle catégorie ou postulat d’évidence est non pas seulement étrangère mais également suspecte. En atmosphère de culture occidental, cela peut paraître « mythique » à force d’être « mystique ».

Je vous propose une définition de la mystique : on dit de queulqu’un qu’il est mystique lorsque tout simplement il croit vraiment à ce en quoi il croit. Or, je parle de la tradition juive et de ce qu’elle dit et croit d’elle-même.

Or, précisément, parmi toutes les références des sources très nombreuses qui parlent de l’éventualité du retour du troisième exil, du commencement de la 3ème maison d’Israël, c’est toujours dans ce sens de Beit Israël – maison d’Israël – que l’expression est prise, mais toujours dans la référence au Beit HaMiqdash.

J’ai choisi une de ces références dans un des grands commentateurs des textes de la révélation qui est Rabbénou Be’hayé qui parle de ce problème à propos de la vision de Jacob. Je vous citerais immédiatement cette référence, avec comme principe de ce que je voudrais essayer de vous transmettre sour forme de 2 remarques :

Sur ce premier point qui parle donc de cette 3ème maison d’Israël, nous avons le privilège de connaitre et d’être contemporains, témoins, participants et acteurs de ce qui se passe dans cette mutation énorme de l’identité d’Israël : hébreu-juif-israélien. Il en parle comme d’un événement irréversible et définitif. La 3ème maison d’Israël, avec toutes les connotations que cette expression exprime, est toujours citée dans nos textes comme un événement ultime, définitif, irréversible. C’est la 1ère remarque.

La 2ème remarque : je me référerais à un exemple dans la discussion talmudique à propos apparemment d’une question de rite éloignée de notre sujet mais qui est en plein dans notre sujet. Dans de telles questions, il faut savoir que ni l’érudition (la référence à la lecture des textes de la révélation hébraïque, ou au commentaire du verset) ni l’idéologie (terme moderne pour parler de la capacité de raisonnement de l’analyse d’une réalité), ni l’érudition (le recours au verset ou au commentaire du verset, et quelque soit l’honnêteté de l’érudition) ni la clarté du raisonnement exposé (une prise de position à ce sujet) ne peuvent trancher. C’est un enseignement du Talmud :

Ee Ba’it Eima Kera, Ee Ba’it Eima Sevara.

Lorsque 2 sages sont en controverse, alors tout de suite la dialectique propose une discussion au niveau du verset ou une discussion au niveau de la raison. Et nous voyons que ni l’érudition, ni le raisonnement ne peuvent trancher parce qu’il y a une option de foi… C’est la 2ème remarque. C’est donc aussi à ce niveau et ces catégories que j’en parlerais.

Il faut savoir que dans la tradition juive authentique, lucide, attentive, adulte, toutes les opinions ont place, mais cela ne signifie pas que toutes ont force de loi.

Il est bien évident, en me référant à cette exemple de dialectique évoquée dans la première remarque, que ces deux positions nous pouvons les rajeunir dans l’événement que nous vivons et que nous commémorons ce soir.

Devons nous considérer les événements qui font que du sein du peuple juif la nation hébraïque s’est restauré 2000 ans après dans les commencements d’une histoire difficile, parce que c’est selon l’expression même des prophètes un véritable engendrement dans le sens d’un accouchement dans les douleurs des problèmes intérieurs et extérieurs, doit-on considérer le troisième état juif qui s’appelle Israël comme la 3ème maison d’Israël ou pas ?

Alors il est évident que les passions auxquelles je me référerais tout à l’heure sont inévitables. Les uns diront oui, les autres diront non.

Et quelque soit le nombre de nuances d’opinions qu’il peut y avoir entre ce non et ce oui, en réalité, il n’y a que deux opinions : ceux qui disent oui et ceux qui disent non. Il faut le savoir clairement. Et avec référence, soit à l’érudition, soit au raisonnement.

C’est pourquoi j’ai tenu dès le début à indiquer qu’en saine dialectique talmudique cela ne suffit pas. Ni par l’érudition, ni par le raisonnement on ne pourra trancher.

J’ai évacué peut-être un point énorme de ce problème : Pourquoi tant de consciences juives nobles ne se réfèrent-elles pas du tout à l’événement que je désigne comme à un événement réel que nous sommes au commencement de la 3ème maison d’Israël. Et je vous rappelle que d’après nos textes s’il en est ainsi c’est irréversible, définitif et ultime.

Voilà à quel niveau de gravité nous devons nous approcher de ce problème.

Je disais donc qu’il y a aura l’opinion oui et l’opinion non mais il y a toujours la règle de la Halakha, c’est-à-dire la tradition qui tranche d’une certaine manière.

On dit souvent que la tradition hébraïque est une tradition à multiples facettes, parce que la vie est à multiples facettes. On cite « elou v’eilou divrei Elohim ‘hayim - ceux qui disent cela et ceux qui disent celà sont paroles du Dieu vivant… ». Mais il faut comprendre ce qui est écrit : ce sont les paroles vivantes du Dieu vivant. Cela ne veut pas dire n’importe quoi à propos de n’importe quoi.

On ne peut pas dire n’importe quoi de n’importe quoi. Il y a, de façon légitime, telle facette ou telle facette, l’une et l’autre qui pourrait être la vérité dans telle ou telle condition et pas plus. Et ce sont les paroles du Dieu vivant qui sont les paroles du Dieu vivant ! Ce ne sont pas n’importe quelle parole juive qui sont paroles du Dieu vivant.

Dans l’exemple de dialectique que je signalais [ndlr. Berakhot 4b], Rabbi Yéhoshua Ben Lévi dit « non », lorsque nous sommes seulement au soir, bien sûr le jour nouveau a commencé puisque pour nous le jour commence au soir. Une fois arrivé au Erev, le crépuscule du soir, c’est déjà la délivrance du lendemain matin, mais il faut passer à travers la nuit. L’un dira « oui » cela a commencé, et l’autre dira « non » il faut attendre le lendemain matin lorsque le soleil se dévoilera pour savoir si le soir était vraiment le soir. Ce sont ces 2 opinions-là.

Cela a commencé… Qu’est-ce qui a commencé ? L’un dira : la nuit ! L’autre dira : le jour qui se lève commence cette nuit-là.

Il n’y a pas que la nuit, le soir en Israël, il y a aussi le clair de lune…, mais cette discussion que je vous cite : Rabi Yo’hanane dit : Qui aura part au monde à venir ? C’est celui qui considère que la délivrance du soir c’est déjà la délivrance, bien qu’il faille attendre le lendemain matin seulement lorsque la lumière se dévoile totale.

Rabbi Yéhoshua ben Lévi pense : Non, puisque la délivrance du soir n’est pas sûre car elle n’est que le commencement d’elle-même, il faudra attendre le dévoilement du soleil pour savoir si le soir était vraiment le soir… Lire la suite ici : Le troisième temple, par Manitou

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Lamed.fr – Article – Pourquoi le Temple n’a-t-il pas été reconstruit ?

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POEME :

PEUPLE JUIF, MINIAN DE L’HUMANITE

              

Comptez vos Justes, la colère de D’ gagne

Peuple d’Israël, Minian de l’Humanité

Grâce à Tes Justes en exil, les peuples sont gracié

Depuis 4000 ans, déportés par la Divine Volonté

Tu répands les Lois de Survie de la Société

 

Par ta Présence en tous Lieux et tous Temps,

Tu as su préserver l’Unique Lien

Source du Bien,

Eclairé par les préceptes de dix Commandements

Peuple sacrifié en Holocaustes permanents

Peuple d’Israël, Minian de l’Humanité,

Partout dans le Monde où tu n’es pas toléré,

Les Humains, sans remords, égorgent leur Parenté

Loin de ta Terre, D’ t’a mandaté

Pour enseigner et faire respecter la Vie sacrée

Le Seigneur enverra prochainement ses 3 Messagers

Dans ces nouvelles sodomes, lieux de tous les Dangers

Dans ces marais iniques de mortelle perversité

Pour effacer toute trace d’Impureté

Ne laissant que le Sel des Larmes du Regret

Le Tout Puissant enflammera Corps et Propriétés

Ruines et Vestiges proclament ta Gloire Sion

Civilisations déviantes dont la Disparition affiche la Punition

Babylonie, Mésopotamie, Assyrie, Egypte des Pharaons

Philistins, Hellènes, Perses et Romains, causes de tant d’infamies,

Peuples et Potentats tous ensevelis dans le désert de L’OUBLI

 L’Eternel, autrefois, a fait sonner le Glas

 Puisque parmi eux dix Justes jamais il ne trouva

Israël, en grande hâte, quitte ces Chemins dévoyés

Reprends la Bonne Route, retrouve ta Bien-Aimée

 Ne te retourne pas, éloigne d’eux ton Minian

ILS VONT ÊTRE VISITES, LA COLERE DE D’ GAGNE

                              

                                                             Khayat Rivka, Aimee  

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Les vestiges du second Temple encore visibles aujourd’hui à Jérusalem

Un mikvé

Empreinte de l’escalier menant au mont du Temple pour accéder au second Temple lui-même

Reconstitution du monumental escalier passant par l’arche de Robinson et conduisant au mont du Temple.

Schéma complet du second Temple, construit vers l’an 19 avant notre ère. (image : http://www.mc-rall.de/histnt.htm)

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La muraille de la vieille ville de Jérusalem

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Les Philistins aujourd’hui, David et Goliath le philistin, par le rav Dynovisz

Cliquez pour agrandir l'imageGuerrier Philistin   
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DAVID et GOLIATH le PHILISTIN

Le statut des Philistins habitant la bande de Gaza n’est pas clair dans la Torah.

Dans la Paracha Le’h Lé’ha (ch 15, v 20) dix peuples, appartenant à la famille de Canaan, ont été promis à Avraham : le Kini, le Knizi, le Kadmoni, le ‘Hiti, le Prizi, le Refaïm, le Emori, le Cnaani, le Girguachi et le Yévoussi.

Rachi explique : Durant toute l’histoire, jusqu’à la délivrance finale, Israël n’a pu vaincre que sept peuples des dix peuples promis à Avraham. Les trois autres se trouvaient sur la rive Est du Jourdain et leur territoire n’appartiendra à Israël qu’au moment de la délivrance. Le territoire juif biblique s’étendait essentiellement sur la rive Ouest du Jourdain. Seule, une étroite bande avait été conquise du côté Est. Mais la plus grande partie de ce territoire resta entre les mains des autres peuples.

Une lecture simple de la Torah nous montre qu’il existe un onzième peuple, habitant la bande de Gaza, qui n’est pas cité parmi les dix : les Philistins.

Or, leur territoire a été donné à Israël. Dans la Torah (Chémot ch 24 v 31) il est dit : " et ton territoire s’étendra depuis la mer des Philistins jusqu’au fleuve (l’Euphrate) car Je chasserai tous les habitants de ces territoires". Puisque il nous a été donné " jusqu’à la mer des Philistins " cela englobe la bande de Gaza. De plus, dans le Livre de Josué, il est dit clairement que la bande de Gaza à été donnée à la tribu de Yéhouda (Juges ch 1 et 18 et Josué ch 15, v 4 et 47)

Il est donc étonnant que ce onzième peuple ne soit pas cité dans la promesse faite à Avraham.

Un autre point est étonnant : les sept peuples que devait vaincre Avraham avant la Guéoula ont presque entièrement disparu et n’ont plus inquiété notre peuple après qu’il se soit installé sur leurs territoires. Au contraire, les Philistins continuèrent à habiter leur territoire pendant plusieurs siècles encore et furent nos pires ennemis jusqu’aux époques tardives de Samson, Chaoul et le roi David. D’après nos Maîtres, ils réussirent même à s’installer sur le futur Mont du Temple, en plein cœur de Jérusalem et y restèrent jusqu’à l’époque du roi David ! ( le Yévoussi)

Les secrets de la Torah révèlent le statut tout à fait particulier des Philistins.

Le chiffre 10 incarne la dimension naturelle, c’est à dire ce que l’homme peut et a le devoir d’atteindre par ses efforts personnels sur le plan matériel tout  en bénéficiant de l’aide divine.

Le chiffre 11 incarne, lui, la dimension surnaturelle que l’homme ne peut en aucun cas atteindre même par ses efforts personnels dans le domaine matériel, comme la conquête et la guerre. A ce niveau, il faut l’intervention de Dieu, Seul. Pour mériter cette intervention, l’homme doit s’élever sur le plan spirituel afin de provoquer le miracle.

Même au niveau du chiffre 10, l’homme a besoin de mérites puisqu’il reçoit l’aide divine. Cependant, l’exigence spirituelle est moins forte puisqu’il agit lui aussi et n’a pas besoin de Dieu Seul.

Le chiffre 10 fait allusion aux 10 Paroles de la Création et aux 10 commandements.

Dans les deux cas, une place prédominante est laissée à l’homme puisqu’il est le "centre" de la création ou celui qui reçoit la Torah a le devoir de l’accomplir. Ce chiffre symbolise donc l’étroite association entre l’homme et son Créateur. C’est ce que nous appelons la dimension naturelle dans laquelle l’action matérielle de l’homme est indispensable.

Par contre, le chiffre 11 fait allusion à une intervention divine dont aucune action matérielle ne peut être le réceptacle ou la cause.

Dans la science des secrets ce niveau est appelé Kéter – la couronne – et désigne la toute puissante royauté divine.

Nous comprenons, à présent, la différence entre les Philistins et les 10 autres peuples. Les dix peuples peuvent être conquis par une voie naturelle comme la guerre. Dans la promesse faite à Avraham, Dieu nomma les peuples qu’Israël pourrait vaincre par la guerre. Il ne mentionna pas les Philistins qui, eux, ne peuvent être vaincus que par des voies surnaturelles nécessitant  une autre forme de combat dans le domaine spirituel exclusivement.

Nous comprenons aussi pourquoi nous avons vaincu les dix peuples mais non les Philistins. Nos mérites étaient suffisants dans ce combat et nous avons bénéficié de l’aide divine. Mais contre les Philistins il nous fallait des mérites bien plus grands qui nous faisaient défaut. La conquête de notre terre se fait donc à deux niveaux : le premier naturel, par la guerre et l’autre surnaturel, par le miracle et dépendant de nos mérites spirituels.

Il faut comprendre, cependant, pourquoi vaincre les Philistins nécessite un vrai miracle ? La réponse se trouve encore dans les secrets de la Torah. Nos Maîtres enseignent que le monde a été divisé et partagé en 70 territoires placés sous l’influence de 70 Sarim(les Princes célestes). Les Sarim sont des ¨forces spirituelles¨ influençant les nations qui en dépendent. En français, nous appelons ce phénomène le génie des peuples. Dans l’Antiquité ils pensaient que leur réussite dépendait des astres et des étoiles. Ils ne percevaient que l’extériorité des forces qui influençaient leur destin. Cependant, ils percevaient une partie de la vérité. Tous nos prophètes y font allusion. En particulier le Livre de Daniel qui décrit en détail le rôle et l’influence des Sarim. Selon la puissance du Sar préposé à la direction d’une nation, elle se renforce et joue un rôle dans l’Histoire. Lorsque, selon le temps fixé par Dieu lui même, le Sar de cette nation perd son pouvoir, elle s’écroule et disparaît comme toutes les civilisations antiques. C’est à cela que fait allusion la prophétie de Yaakov lorsqu’il vit l’échelle. Les anges qui montaient puis redescendaient font allu-sion aux Sarim et à leurs nations qui montent dans l’Histoire, puis disparaissent.

Israël, lui, n’est soumis à aucun Sar mais dépend de Dieu, Lui-même. C’est pour cela qu’il ne peut pas disparaître puisqu’il est le réceptacle de l’Eternel. Le chiffre 70 nous renvoie au chiffre 7 qui fait allusion aux 7 jours de la semaine, c’est-à-dire, au temps naturel ayant un commencement et une fin. Les peuples appartenant à la dimension 7 sont donc tous mortels. Les 70 nations sont soumises à ce temps et perdront toutes leur pouvoir, le jour où Dieu régnera sur toute la terre. Israël, lui, appartient à la huitième dimension. C’est la raison pour laquelle l’alliance de la circoncision se fait le huitième jour. Cette alliance est la garantie de notre éternité puisqu’elle nous élève au dessus de la fatalité du temps de la mort (le 7).

Le monde a donc été partagé en 70 territoires soumis aux 70 Sarim influençant les 70 peuples. Cependant, puisque Dieu règne, Seul, sur son peuple, il existe un lieu où les Sarim n’ont pas d’influence. Ce lieu est, bien sûr, la terre d’Israël. D’après nos Maîtres, cette terre est un microcosme de l’humanité toute entière. Aussi, les peuples qui y habitaient avant nous, étaient eux aussi le microcosme des 70 nations. Avant qu’Israël ne s’y installe et que Dieu puisse y régner en Seul Maître, les 7 peuples Cananéens puisaient leur force et leur puissance des 70 Sarim réunis puisqu’ils représentaient le microcosme de toutes les nations. C’est pour cette raison que la Torah les présente comme des peuples invincibles et terrifiants.

Toute l’humanité se trouvait, en fait, représentée par les 7 peuples Cananéens. C’est donc l’ensemble des nations qui empêchait Israël d’entrer sur sa terre. Cependant, la conquête de la terre fut possible puisque la puissance des Sarim est, malgré tout, limitée par le chiffre 7 qui incarne le temps fini. Depuis la conquête de notre terre plus aucun Sar ne peut y exercer son influence. La conquête de la terre d’Israël signifiait, en vérité, la victoire de Dieu sur les Sarim.

Les trois peuples, de l’autre côté du Jourdain, qui ne seront conquis qu’au moment de la Guéoula finale, incarnent l’aspect le plus élevé de la dimension naturelle.

Nous avons expliqué que le "dix" fait allusion aux dix Paroles de la Création et se trouve donc à l’intérieur de la nature. Cependant, la nature a, elle aussi, un niveau spirituel. Les 70 Sarim voilent entièrement l’existence d’un Dieu créateur et acteur dans Son monde. Le chiffre 7 représente un monde dans lequel les nations nient la source spirituelle de l’existence. Les Cananéens étaient des idolâtres païens qui ne croyaient qu’aux intermédiaires et vénéraient la nature comme source unique de leur existence. Cependant, il existe des peuples qui reconnaissent l’existence d’un Dieu créateur et acteur dans son Monde. Mais ils refusent d’admettre l’élection et le rôle particulier d’Israël dans l’histoire des peuples. Pour eux, Israël est un peuple comme les autres et ils le haïssent pour le rôle qu’il prétend jouer. Au moment de la Guéoula finale ces peuples croyants reconnaîtront l’élection d’Israël et cesseront de nous haïr. C’est alors que nous mériterons les territoires qui se situent sur la rive Est du Jourdain.

Cependant, les Philistins appartiennent à la onzième dimension qui ne se situe ni au niveau des Sarim et ni à celui des peuples croyants.

Les Maîtres des secrets expliquent : il existe une "force", plus puissante que celle des Sarim : le Same’h Mêm (le Satan). Cette force est celle qui nourrie et renforce les peuples qui se trouvent sur la bande de Gaza. Le Same’h Mêm a lui aussi reçu un territoire sur lequel il exerce son influence jusqu’à la Guéoula finale : la bande de Gaza. Les Philistins puisent leur force du Same’h Mêm et sont donc presque invincibles. C’est la raison pour laquelle Israël n’est jamais parvenu à les vaincre totalement (le lien entre le Same’h Mêm et les Philistins est largement établie dans le livre du Rav Mattiahou Galzerson intitulé en hébreu : Sod Pilichtin. Il démontre aussi dans son livre le lien existant entre le nazisme et les Philistins antiques). Pour détruire le Same’h Mêm il faut des forces qui dépassent tout ce que l’homme peut faire par des actions liées à ce monde matériel. Seuls nos mérites spirituels peuvent amener Dieu à l’anéantir.

Nous comprenons plus en profondeur, à présent, la différence entre les 7 peuples Cananéens et les Philistins. Les premiers incarnaient l’ensemble des nations dont la force provient des Sarim. Israël pouvait les vaincre par la conquête et la guerre, grâce à des mérites provoquant l’aide divine. Mais les Philistins incarnaient la force du Same’h Mêm nécessitant, pour les détruire, l’intervention de Dieu, Lui même.

La raison pour laquelle Dieu a laissé sur Sa terre un endroit entre les mains du Same’h Mêm est évidente : puisqu’Israël a été choisi pour dévoiler la toute puissance de Dieu sur terre, notre installation complète dans notre pays dépend de notre capacité à chasser tout ce qui empêche ce dévoilement jusqu’au voile le plus obscur qui est le Same’h Mêm. Tant que nos mérites ne seront pas suffisants et que les Philistins seront présents nous n’aurons pas encore accompli notre mission. Ils sont donc le baromètre de nos mérites. Et ils n’existent qu’afin de nous obliger à prendre au sérieux notre mission sur terre. A la différence des 70 peuples qui continueront d’exister même après la Guéoula finale, les Philistins, eux, disparaîtront comme la force du mal qui les nourrit et les renforce.

Pour mieux comprendre l’influence des Sarim il faut savoir que ce n’est pas le peuple qui crée son Sar mais le Sar qui agit sur le peuple. C’est lui qui forge le caractère et la nature du peuple qui est sous son influence. Aussi, l’origine véritable de ce peuple est sans importance. A partir du moment ou une communauté humaine s’installe sur un territoire soumis l’influence d’un Sar particulier, elle finit par se transformer et présenter toutes les caractéristiques propres à ce Sar. Aussi, les définitions bibliques sont-elles toujours valables de nos jours puisque les Sarim, eux, ne changent pas.

Il faut comprendre, à présent, l’origine antique des Philistins. Au préalable, remontons à celle des Cananéens. Noé eut trois enfants : Chem, Yaffet et ‘Ham. Avant de mourir il partagea le monde entre ses trois fils. Il donna le Proche Orient à Chem, l’Occident à Yaffet et le Continent africain à ‘Ham (voir à ce sujet la Paracha de Noé ch 10 et les commentaires). La future terre d’Israël était donc dans le territoire de Chem (voir à ce sujet le Rachi de Parachat Le’h Lé’ha ch 12 v6). ‘Ham eut pour fils Canaan et Mitzraïm. Les fils de Canaan furent ceux qui s’installèrent, plus tard, dans le territoire de Chem, en Eretz Canaan (Parachat Noah ch 10). Les Philistins, eux, étaient les petits enfants de Mitzraïm, issus de l’inceste et de l’adultère (Noé 10-14 voir Rachi).

Une chose est certaine : les peuples Cananéens et les Philistins étaient de la famille de ‘Ham. Leur territoire naturel était donc le continent africain. Pourquoi s’installèrent-ils dans le territoire de Chem sur la future terre d’Israël ?? Cette question se retrouve avec Nimrod, petit-fils de ‘Ham, qui s’installa, lui aussi, dans le territoire de Chem et fonda le royaume de Babylone après avoir chassé Ashour, fils de Chem (Noé 10-8,9,10,11). Pourquoi les ‘Hamites s’intéressaient-ils au territoire de Chem ??

Chem était le fils par lequel devait passer et se dévoiler la véritable connaissance de Dieu dans le monde. Il s’appelle Chem, ce qui signifie le Nom, c’est à dire la véritable Identité de Dieu. ‘Ham s’opposait à ce dévoilement et fit tout pour l’empêcher. Aussi, il envoya ses enfants et petits enfants corrompre et détruire l’identité Chémite en les infiltrant à l’intérieur du territoire de Chem. La future terre d’Israël était depuis toujours le haut lieu du vrai monothéisme dans le monde. Chem, lui même, y habitait (Rachi Le’h Lé’ha ch 14 v 18). Afin de détruire la sainteté de cette terre, il y envoya les plus corrompus de ses petits enfants : les fils de Canaan et les Philistins (les Philistins étaient des enfants adultérins et Canaan un dépravé sexuel (Noé 9-22, 23, 24, 25 et Rachi). Rien ne détruit autant la sainteté que la dépravation sexuelle. Plus tard, les Cananéens seront désignés par la Torah comme la référence à toute débauche et dépravation sexuelle (Vayikra 18-3). Cependant, les Philistins étaient plus dépravés encore que les Cananéens. Ils étaient les fruits directs de l’adultère. De plus, ils n’avaient aucun sens des valeurs familiales puisqu’ils avaient été chassés par ceux qui les avaient engendrés (Noé 10-14. Ils sont sortis, c’est à dire : chassés). Nous retrouvons, plus tard, ce manque total de fidélité et de respect du conjoint dans la trahison de Dalila envers Samson. Les Philistins incarnent, donc, un peuple sans racines, sans familles, sans origine, sans passé et sans avenir. C’est pour cela qu’ils sont les ennemis jurés d’Israël, le peuple "famille" par excellence, le seul qui aujourd’hui encore se souvient des noms de ses pères et mères créateurs.

Les Maîtres des secrets expliquent que les Philistins puisent leur force de¨l’ange de la débauche¨ appelé Lilith. Ils ajoutent : lorsqu’Israël  faute dans le domaine sexuel, cet ange se renforce ainsi que le peuple qui est sous son influence (voir le livre de Rav Galzerson). Nous avons expliqué que les Philistins étaient issus de Mitzraïm (l’Egypte). Il est surprenant de remarquer, qu’aujourd’hui encore, la grande majorité des prostituées, en Israël, transitent par l’Egypte et la bande de Gaza. Nous retrouvons cette notion dans le nom de la capitale des Philistins : Aza, en hébreu. Aza vient du mot azout qui signifie : dévergondé comme dans azout panim – terme utilisé pour désigner quelqu’un qui n’a aucune pudeur. Ce sont, d’ailleurs, un Egyptien et un Philistin qui s’emparèrent de Sarah, l’épouse d’Avraham : Pharaon et Aviméle’h, roi des Philistins.

Ceci nous permet de comprendre qu’afin de mériter le miracle de l’intervention de Dieu contre les Philistins, nous devons nous renforcer, plus particulièrement, dans les domaines de la pureté familiale et des mœurs. Au contraire, la permissivité dans ces domaines donne, aux Philistins encore plus de force.

Nous voyons dans l’histoire d’Aviméle’h et de Sarah un autre trait de caractère typique des Philistins : leur capacité hypocrite de toujours se faire passer pour des victimes et de transformer l’agressé en agresseur.

Lorsque Avraham dut séjourner dans le territoire des Philistins, il demanda à Sarah de dire qu’elle était sa sœur parce qu’il connaissait les mœurs perverses des Philistins qui tuaient les maris afin de s’emparer de leurs femmes. Aviméle’h, roi des Philistins s’empara de Sarah et lorsqu’il comprit qu’elle était l’épouse d’Avraham il joua la victime et accusa Avraham de lui avoir menti et de l’avoir entraîné dans une faute qu’il ne voulait pas. Même lorsque Dieu voulut le punir d’avoir pris une femme mariée il s’exclama "Comment pourrais-Tu punir un juste tel que moi ?! Il se plaça en victime devant le Dieu agresseur ! (voir Parachat Vayéra chapitre 20).

Ce tempérament victimaire nous permet de comprendre comment Aviméle’h réussit, à deux reprises, à convaincre nos Pères de signer un traité de paix avec lui (Vayéra ch 21- 22 jusqu’à 32 et Toldot ch 26 v26-33). Sa force est l’hypocrisie qui lui permet d’être pris pour un ¨ange¨ alors qu’il n’est qu’un ¨monstre¨. Si même nos Pères sont tombés dans son piège et ont pris au sérieux ses intentions de paix, on peut imaginer combien il est difficile de déceler ses mensonges !! Tout simplement parce qu’il est un génie dans l’art de se faire passer pour une victime. La suite de l’histoire nous la connaissons : le seul peuple avec lequel nous n’avons jamais      été en paix sont les Philistins !!

Nous voyons aussi, dans la Torah, un lien intéressant entre Amalek et les Philistins. La Paracha de la sortie d’Egypte, Béchala’h, débute avec les Philistins et se termine avec Amalek. Les deux ont en commun qu’ils furent les premiers à tout faire pour empêcher Israël d’atteindre sa terre. Amalek nous attaqua lorsque nous étions en chemin vers notre terre et les Philistins massacrèrent une partie de la tribu d’Ephraïm lorsqu’elle vou-lut se rendre en E. Israël avant la sortie véritable d’Egypte (Rachi, début de Béchala’h). D’après les Maîtres des secrets ce lien est encore plus évident. Ils expliquent que ces deux peuples ont pour Sar le Same’h Mêm. Seulement Amalek attaque Israël lorsqu’il est encore en dehors de sa terre et se rend vers elle et les Philistins empêchent son retour lorsqu’il a déjà commencé à revenir. Cette comparaison entre Amalek et les Philistins nous permet de comprendre un autre trait de caractère typique aux Philistins (et à Amalek). Amalek est décrit, dans la Torah, comme un peuple suicidaire qui n’hésite pas  à se détruire lui même afin de faire du mal à Israël. Sa haine est tellement grande qu’il est prêt à mourir pour empêcher Israël de vivre (Rachi Tétzé ch 25 v 18). Ce caractère est lié au Sar qui influence Amalek et les Philistins : le Same’h Mêm, appelé aussi "l’ange de la mort". Cet "ange" pousse ceux qu’il influence à vénérer la mort et à lui rendre un culte. D’où la phrase célèbre prononcée par certains : "Nous aimons la mort plus que vous n’aimez la vie !!

Il est donc clair que les Philistins sont les plus dangereux de tous nos ennemis puisqu’ils n’ont pas peur de la mort. Leur culte de la mort s’enracine aussi dans leur origine. Nous avons expliqué qu’ils sont issus de la débauche sexuelle. Le summum de la pureté sexuelle est de s’unir afin de donner la vie. Au contraire, la débauche est un acte de mort puisque la semence est ¨ jetée¨ sans aucune intention de vie. L’enfant qui naît, par erreur, a donc été engendré dans un esprit de mort. Toute sa vie il sera influencé par cette force de la mort qui est toute sa raison de vivre !

Nous comprenons, aussi, pourquoi la bande de Gaza appartient à la tribu de Yéhouda, la tribu des rois d’Israël. Le dévoilement de la royauté d’Israël dépend de notre conquête totale de cet endroit. La royauté est, bien sûr, le gage de notre véritable indépendance sur notre terre. Tant que les Philistins sont sur notre terre, il nous est impossible de nous affranchir totalement du joug des nations et la Guéoula finale ne peut se réaliser. D’une certaine manière, les nations soutiennent le combat des Philistins contre nous parce qu’elles comprennent qu’ils sont le fer de lance de leur combat contre nous. Elles espèrent que ce qu’elles n’ont pu terminer lorsque nous étions exilés parmi elles, le sera par les Philistins. Nous retrouvons cette notion dans l’histoire elle-même. Ce sont les Romains qui ont donné le nom de Palestine à cette terre après avoir détruit le royaume d’Israël. Leur intention était claire : donner la terre aux Philistins afin de s’assurer qu’Israël n’y reviendrait jamais.

Il est extrêmement intéressant de remarquer aussi que la décision de la solution finale ne fut prise qu’en 1942 après la rencontre entre Hitler et le mufti de Jérusalem !! Que se sont-ils dit ? Pourquoi le mufti avait-il besoin de rencontrer Hitler ? Pourquoi la solution finale ne fut-elle lancée qu’après cette rencontre ? Selon l’explication de nos Maîtres sur les deux Amaleks : l’un à l’extérieur de notre terre et l’autre à l’intérieur, on devine pourquoi ils ont uni leurs efforts pour nous exterminer.

Aujourd’hui, les enseignements profonds de notre Torah continuent de nous guider et de nous éclairer. Salomon, le plus sage des hommes disait : "Il n’y a rien de nouveau sous le soleil. Ce qui a été sera !" Seules les formes extérieures que prend l’Histoire changent mais le fond reste toujours le même. Les ennemis bibliques d’Israël ne sont plus mais leur esprit est toujours présent et s’incarne dans des formes différentes mais tout aussi dangereuses pour nous. Comme dans le passé, Israël est le seul peuple dont on conteste le droit à l’existence et dont on exige de sacrifier sa terre pou mériter d’y vivre. Toutes les autres nations sont prêtes à mourir pour leur terre mais nous préférons la perdre pour vivre. Il est vrai que nous ne ressemblons pas aux autres nations. Cependant, elles n’ont jamais été, comme nous, menacées de disparition. Jamais personne n’a voulu exterminer les Français ou les Allemands. Eux n’ont pas leurs Philistins !! Et les Philistins ne veulent pas seulement qu’une partie de notre terre mais toute la terre comme l’histoire biblique nous l’enseigne.

Sur le territoire de Yéhouda, en bordure de la mer

Se trouve le peuple sans parents qui n’est que feu et guerre

Des millénaires de haine, de destruction et plus que jamais encore

Il est présent devant nous ce peuple dont le culte est la mort

Mais le temps est proche où se réalisera enfin

La promesse du jour qui ne sera que matin

Par le Rav Dynovisz

WWW.RAVDYNOVISZ

(Source : Aschkel)

Samson et les Philistins[Samson et les Philistins] : [estampe] / I. I [Monogr.] - 1

HISTOIRE DES HEBREUX… D’ISRAËL… DES JUIFS… Plaidoyer pour les Réfugiés Juifs-Seferdim des Pays Arabes – LA TRAGEDIE DES JUIFS D’ORIENT : LA SHOAH MASQUEE / Les Juifs des pays arabes n’intéressent pas les bonnes âmes /etc…

L'oasis de Ksar Ghilane L’oasis Ksar Ghilane en Tunisie
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GIN_2012
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Lire ou relire les articles concernant les massacres perpétrés par les Algériens. Les nombreux et odieux massacres perpétrés par les Algériens entre les années 30 et 60ici : PERSONNE N’EN PARLE, NOUS SI ! Les nombreux et odieux
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Moi, Yehoudit Yerouchalmite, de nationalité française, née en Israël, réfugiée politico-religieuse tunisienne, je demande JUSTICE :

1/ Je demande que soit reconnu le statut de réfugiés tunisiens à mes parents, ma famille, tous les Juifs tunisiens expulsés, expatriés, et à moi-même. Nous avons été contraints de quitter notre terre d’origine, que nous habitions depuis 2 600 ans, exilés parles envahisseurs arabes musulmans qui occupent la Tunisie, (notre terre puisque nous y étions avant eux) depuis 1 400 ans (à partir de + ou – l’an 610 à ce jour, 2012.)

2/ Je demande que la Tunisie nous soit rendue ainsi que tous les pays d’Orient où nous vivions et qi ont été capturés et occupés par les envahisseurs arabes musulmans. Que l’on libère les Territoires qui étaient nôtres, avec les chrétiens et les païens : Algérie, Maroc, Tunisie, Egypte, Irak, Syrie, Liban, Transjordanie, Arabie Seoudite, Libye, Koweit, BaOman, Quatar, Emirats Arabes et des dizaines d’autres...

3/ Je demande que l’on m’explique pourquoi les musulmans occupent depuis 14 siècles (et en ont le droit ?!à toutes les terre anciennement habitées par les Juifs, qu’ils ont soumis et humiliés.

4/ Je demande que l’on reconnaisse mondialement que les Juifs vivaient en Tunisie, dans tout pays d’Orient, 1 400 ans avant l’invasion des arabes musulmans qui nous ont occupés, colonisés, exterminés, soumis, humiliés, volés, tués, insultés, méprisés… pendant 1 400 ans (de 610 – Islam – à 2012 – ce jour.)

5/Je demande que soit reconnu que mes ancêtres juifs vivaient en Tunisie depuis – 600, depuis les exils liés aux destructions du Temple de Jérusalem et qu’à cette époque les musulmans n’existaient pas, ils sont "nés" 1 200 ans plus tard, en + 610.

6/Je demande la restitution des terres de nos Ancêtres en Orient. Les trace archéologiques signent notre installation depuis 2 600 ans, alors que les arabes musulmans ont investi notre terre d’origine depuis 1 400 ans.

7/Je demande que les historiens soient compétents et établissent cette vérité face au monde entier, qu’ils attestent que les Juifs orientaux depuis 2 600 ans soit 1 200 ans avant que les premier musulman ne naisse.

8/Je demande que soient libérés les territoires d’Orient où les Juifs vivaient depuis 2 600 ans. Que nous soit rendue la terre de nos ancêtres et que notre préjudice subi depuis 1 400 ans soit reconnu. Nous avons été envahis, occupés, maltraités, volés, victimisés face au bourreau musulman, colonisés.

9/Je demande que nous soient rendus nos biens et propriétés volés, réquisitionnés, détournés, spoliés et que nous soyons dédommagés.

10/Je demande que les envahisseurs musulmans rendent nos iécrits et reconnaissent la paternité juive des connaissances, des idées, des textes, des techniques qu’ils n’ont cessé de nous voler et qu’ils ont transportés au cours de leurs invasions, se targuant dans le monde, d’en être les créateurs, les découvreurs, les propriétaires, malhonnêtes et usurpateurs.

11/Je demande que justice soit faite et que nous soit rendue,n vierge de toute salissure, notre culture et notre croyance, récupérées et pillées, et nos livres d’histoire sainte, détournés par eux et leur volonté haineuse de tout posséder.

12/ Je demande que la faute des musulmans soit avouée et reconnue lorsqu’ils ont pratiqué 1 400 ans de "Shoah" et se persécutions contre les Juifs, soumis à des mesures d‘esclavage dhimiques déshonorantes, bourreaux durant 1 400 ans, 14 siècles, "protégeant" (dhima) ses victimes juives pour s’assurer qu’elles ne relèveront jamais la tête.

13/ Je dénonce les vols et pillages des ressources intellectuelles, matérielles et physiques (conversions forcées) – et spiriituelles (duplication de notre religion – copie qu’ils tentent de faire passer pour un vrai.)

J’affirme que le juif est nécessaire aux musulmans, il est sa richesse, ses puits de Pétrole.

14/ Je demande que soit reconnue la "Shoah" des Juifs d’Orient, persécutions et exterminations perpétrées par les musulmans durant 14 siècles – 1 400 ans.

15/ Je demande réparation des outrages à notre Dignité humaine, à la dénégation de notre droit à la Vie et au Respect.

16/Je demande que soit reconnu l’esclavage dhimique honteux et avilissant enduré pendant 1 400 ans par les Juifs d’Orient, livrés aux vices et aux tortures des arabes musulmans.

17/J’appelle les organisations internationales de défense des droits de l’homme et d’aide aux réfugiés de m’accorder le statut de réfugiée politico-religieuse. J’ai été chassée de ma terre, la Tunisie, il y a 50 ans, moi, juive d’origine tunisienne de souche, ayant 2 600 ans de présence dans mon pays alors que les envahisseurs musulmans sont chez moi depuis 1 400 ans.

18/ Je demande que l’on reconnaisse que nous avons subi une purification ethnique – épuration, de la part des arabes musulmans qui nous ont assujetis à la Dhmitude  (sous-homme, Inférieur) pendant 1 400 ans ; soumis à l’humiliation, aux tortures, au mépris, aux peurs, aux discriminations. Les occupants envahisseurs arabo-musulmans ont commis des exactions terribles et des Crimes Contre l’Humanité envers les Juifs d’Orient durant 1 400 ans = Shoah islamiste.

19/ Je demande que soit reconnue la "Shoah" des Juifs d’Orient par les musulmans qui ont vidé les pays devenus musulmans des populations juives d’origine = épuration ethnique, exil et spoliation. Le Kosovo dure depuis 19 ans, notre épuration dure depuis 1 400 ans par les musulmans.

20/ Je demande pourquoi les arabes musulmans ont le droit de conserver et d’occuper d’immenses territoires d’Orient, berceau de la civilisation juive (colonisation arabe).

21/ Je demande pourquoi les arabes musulmans reprochent à Israël d’avoir envahi et d’occuper un pays, terre d’origine et berceau de la civilisation juive, qui a été payé aux "palestiniens" et qui a été ratifié par les Nations Unies – donc, opération effectuée selon le Droit.

22/ Je demande que l’on compare ce que les israéliens font subir aux "palestiniens", leurs crimes, aux persécutions, aux humiliations, aux pratiques de victimisation dhimiques que les millions d’arabes  musulmans font subir à des millions de Juifs depuis 1 400 ans. Jusqu’à les rejeter, il y a 50 ans de leurs terres de vie et d’origine = purification ethnique que les nations démocratiques et humanitaires n’ont pas voulu regarder.

23/ Les Allemands et beaucoup de pays européens ont spolié et tué les Juifs lors de la Shoah hitlerienne : 6 millions – 1936 – 1945 = 6 ans.

Les pays musulmans depuis 1 400 ans torturent et spolient les Juifs d’Orient, Shoah islamiste dans le silence des autres nations. (Dénombrement= 0.000 millions)

24/ Je demande que cette Shoah soit reconnue.

25/ Je demande que notre Terre d’Orient, tous ces pays envahis par l’Islam, nous soit rendus et nous les offrirons aux "Palestiniens" pour qu’ils nous rendent notre Terre Sainte, celle de Notre LIVRE.

26/Je demande que la Shoah islamiste, ce crime arabo-musulman de purification ethnique contre les Juifs soit reconnue pour que nous puissions, nous, victimes, faire le Deuil de nos Millions de Disparus.

27/ Journalistes, écrivains, personnes engagées, avez-vous maintenant matière et argumentaire pour réclamer notre dû et négocier ? Il est temps de rétablir la vérité.

Yehoudit Yeroushalamite

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 Les Juifs des pays arabes n’intéressent pas les bonnes âmes

Nous vous présentons un témoignage exceptionnel sur ces réfugiés dont les médias  occidentaux ne parlent guère : les juifs chassés des pays arabes .

Leur histoire racontées par un mizrahi :

« Voici un exposé que j’ai présenté en 2004, décrivant ma vie en Egypte jusqu’à mon départ en 1967 à l’âge de 18 ans, et le harcèlement, la persécution, la spoliation, et finalement le déracinement, non seulement de cette communauté immémoriale, mais aussi des 850.000 Juifs qui habitaient dans les pays arabes. »

J’ai grandi à l’ombre du pharaon

VIDEO

Nous vous proposons également un autre témoignage , de Jean-pierre Allali et d’ Yves Aghion , dans le cadre du Colloque sur les Chrétiens d’Orient dans la tourmente, organisé à Neuilly sur Seine le 26 mars 2012, par le Collectif de Défense des Minorités Religieuses.

Ils nous racontent les persécutions subies par les Juifs Tunisiens (ou un cimetière juif entier a été intégralement broyé par les autorités à coup de bulldozer , pour ériger un jardin public à la place ! ), ou égyptiens .

VIDEO

Leurs témoignages sont à même de faire frémir les « professionnels de l’indignation » .

Thierry Fhima/JForum

Diaspora Antisémitisme Persécutions Mizrahi Histoire Nasser

Egypte Ahmed Pacha Mohamed Ali Apatrides Dhimmis Réfugiés

Juifs Haine Presse Télévision Allali Irak Pogroms Juifs d’Egypte

Collectif de défense des minorités religieuses Cojasor

VIDEOS A VOIR ICI : Les Juifs des pays arabes n’intéressent pas les bonnes âmes (Source JForum)

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Juifs Algérie

L’exode de masse des Juifs d’Algérie en 1962, par Richard Darmon

Entre la fin 1961 et surtout pendant la période si dramatique et violente de l’Indépendance algérienne allant de mai à août 1962, quelque 110 000 Juifs – sur les 135 000 que comptait cette communauté très anciennement enracinée dans ce pays – ont quitté l’Algérie dans la précipitation, le désespoir et le désarroi.

La quasi-totalité pour rejoindre la France, et bien plus rarement afin de tenter leur chance en Israël, aux États-Unis ou bien au Canada.

Retour sur les derniers moments, aussi intenses que poignants, de cette présence juive presque deux fois millénaire en terre algérienne.

C’est au rythme des soubresauts de plus en plus sanglants et des affrontements politiques frontaux au cœur des grandes villes lors des derniers mois de « l’Algérie française » et après les fameux « Accords d’Évian » du 18 mars 1962 sur l’autodétermination de l’Algérie que s’est effectuée, la plupart du temps dans le chaos et l’anarchie, l’arrivée des « pieds-noirs » – en fait dénommés « rapatriés » par le gouvernement de De Gaulle (Note EI : en réalité des réfugiés !) – et donc des nombreux Juifs parmi eux …

Les Juifs mêlés à l’exode pathétique des autres « pieds-noirs » …

Alors que les pouvoirs publics avaient prévu l’exode de quelque 400 000 personnes, sur plus d’un million de Français d’Algérie, 680 000 ont en fait quitté l’Algérie pour la « Métropole » du début mai à la fin août 1962, soit 70 % de plus que dans ces doctes prévisions : Ils avaient le sentiment de ne plus être protégés – par une armée française aux ordres d’un De Gaulle obstiné à en finir avec la présence tricolore « coloniale » datant de 1830 – des affres de la vengeance nationaliste du FNL algérien et de l’extrémisme de l’OAS : Ainsi, 101 250 personnes ont-elles quitté le pays en mai, 354 914 en juin, 121 020 en juillet et 95 578 en août 1962. On recensait aussi de la mi-mars à la fin décembre plus de 3 000 enlèvements dont près de 1 800 assassinats de personnes kidnappées …

Tout est allé très vite ! Après les violents affrontements de la mi-mars 1962 dans le quartier de Babel-Oued à Alger – où l’OAS s’était retranchée dans son dernier bastion pour un « baroud  d’honneur » contre l’armée française -, et surtout après l’atroce fusillade du 26 mars à la rue d’Isly, suivie par les 110 morts de l’attentat de l’OAS au port d’Alger et les assassinats en série de simples civils partout menés par un FNL algérien de plus en plus déchaîné, l’exode massif des pieds-noirs se sentant trahis par l’armée et par De Gaulle s’accélère.

Il culminera en juillet et août après le « oui massif » des Français de la Métropole au référendum sur l’autodétermination algérienne (suivi par l’échec des accords secrets entre l’OAS et le FNL (en vue de négocier le maintien en Algérie de la population d’origine européenne) qui pousse l’OAS à se jeter tête baissée dans sa politique de « terre brûlée ».
D’autant que le 3 juillet, De Gaulle annonce officiellement la reconnaissance par la France de l’Indépendance algérienne autoproclamée le 1er juillet !

La communauté juive traumatisée par une violence de plus en plus débridée exercée aussi contre elle …

Tentés au début de la guerre d’Algérie (qui éclate le 1er novembre 1954) par une certaine neutralité – vu le dilemme ressenti entre leur enracinement millénaire sur cette terre et leur profond attachement à la nationalité française obtenue en 1870 grâce au fameux décret Crémieux -, les Juifs vont vite changer d’attitude : Bien qu’à l’extrême gauche, certains se soient engagés aux côtés du FNL (parmi les « porteurs de valises » comme Henri Alleg) et qu’à l’extrême droite, d’autres se soient engagés dans les commandos désespérés de l’OAS (comme Élie Azoulaï), l’écrasante majorité des Juifs d’Algérie optent par principe pour l’Algérie française, puis, quand la violence du printemps 1962 s‘amplifie, pour rester Français au lieu de demeurer sur place.

Mais plusieurs événements dramatiques frappant les communautés juives au cœur des grandes villes vont encore accélérer ce mouvement général de départ : L’assassinat en juin 1961 par le FNL à Constantine de la haute personnalité populaire qu’était le « cheikh » Raymond Leirys – virtuose de la musique judéo-andalouse – est le premier déclic à cet exode pour les Juifs du Constantinois et du sud algérien qui s’en vont ensemble par vagues successives.

On vit aussi, entre autres, le grand rabbin de Bône, le rav Ra’hamim Naouri, prendre avec lui dans ses bagages personnels le Séfer Torah « miraculeux » de sa synagogue pour l’emmener dans la synagogue qu’il fondera à Paris.

De leur côté, dès qu’ils obtiennent la nationalité française (par un décret spécial promulgué en juin 1962) afin d’être « rapatriés » comme tous les autres, plusieurs milliers de Juifs de la région du M’Zab (autour de la ville de Ghardaïa) quittent aussitôt l’Algérie.

Puis les assassinats en série de rabbins ou de personnalités juives perpétrés dans tout le pays – encore à Constantine et aussi à Mostaganem – entre la fin 1961 et juin 1962 par le FNL et parfois par l’OAS, qui assassine en novembre 1961 à Alger William Lévy puis en décembre Moïse Choukroun -, tout comme les attentats contre les synagogues et les lieux culturels juifs d’Algérie, ajoutés aux centaines de morts du terrible massacre d’Oran perpétré le 5 juillet par le FNL contre de nombreux Européens de la ville, convainquent définitivement l’écrasante majorité de la communauté juive de partir vers la France.

Et comme pour les autres « pieds-noirs », ce départ pathétique se fera souvent dans la précipitation, voire dans la pire détresse – certains allant même jusqu’à se suicider en se jetant au dernier moment du balcon de leur appartement ou bien même des ponts de leur bateau appareillant vers Marseille.

Une arrivée en France elle aussi traumatisante !

Comme les autres « rapatriés », une bonne partie des Juifs d’Algérie vont surtout s’installer soit à Paris – notamment s’ils y ont déjà de la famille pour les accueillir -, soit dans les régions du sud de la France (Marseille, Nice et région de la Provence-Côte d’Azur).

Partout, ce sera la pire improvisation administrative et sociale des autorités françaises peinant lamentablement pour intégrer cet immense flux de « personnes déplacées ». De surcroît, une campagne de presse insidieuse menée auprès de l’opinion française dans tous les médias de l’Hexagone – souvent aux ordres du nouveau régime gaulliste – a calomnié ces pieds-noirs en les qualifiant de « population de colons » et de « racistes » …

Seul réconfort de taille dans tout ce malheur pour tous ces « frères juifs » arrivés si précipitamment dans les brumes de l’Hexagone tels de véritables exilés en ayant souvent abandonnés en Algérie leurs biens, leurs maisons, leurs commerces, leurs ateliers, leurs usines et leurs champs : Les actions tous azimuts – elles aussi assez improvisées, mais ô combien bienveillantes – des communautés juives de France implantées dans les principales villes qu’ont tenté d’organiser, entre autres, le Consistoire central ainsi que le FSJU et l’Appel Juif unifié. Un louable effort de solidarité juive déployé qui ne parvint que dans une faible mesure à atténuer pour eux la tristesse, le désespoir tout comme l’immédiate et irrémédiable nostalgie que tous éprouvèrent en quittant ainsi leur « pays de toujours » …

Hamodia, éditorial de Richard Darmon

(Source : Europe-Israël)

HISTOIRE DES HEBREUX… D’ISRAËL… DES JUIFS… – La Grande Histoire du sionisme

http://blufiles.storage.live.com/y1poE207f3mppVeqeYSP60D5FERW1CCx_J3lklcN6-fS_zamD4qtMqw5Z_lBW9Fc8m952EGgJ5t-zkmardi 24 avril 2012
Le drapeau d'Israel
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1ère Partie : Les pères du Sionisme

Le sionisme est le mouvement politique, apparue au xixe siècle, et qui entend permettre aux Juifs d’avoir un État.

Nous intéressent essentiellement trois problématiques au cœur de l’histoire du sionisme :

- Les débats et pratiques autour de la construction d’institutions nationales ou prénationales : Organisation sioniste mondiale, partis politiques, Agence juive, groupes armés, puis l’État lui-même.

- Les débats et pratiques autour de la constitution d’une population juive importante au sein de l’État.

- Les débats idéologiques entre tendances sionistes, en particulier sur la définition des objectifs. Dans ce domaine, deux questions ont particulièrement divisé (et continuent de diviser) les sionistes :

- La place de la religion juive dans le sionisme.

- La question de la localisation de l’État juif, puis de ses frontières.

Les faits historiques qui sont cités dans l’article ci-dessous sont donc très incomplets. Ce sont surtout les faits liés à ces trois questions (constructions institutionnelles, construction démographique et divergences sur les objectifs du sionisme) qui sont analysés. Les événements moins directement liés à ces trois questions (par exemple les guerres de 1956, 1973, et du Liban) ne sont pas abordés, ou juste cités. Il en va de même de l’opposition arabe et palestinienne au projet sioniste. Le sujet est vaste et fondamental, mais il n’est abordé dans le cadre de cet article qu’au travers de son influence sur les trois thématiques précitées.

Terminologie

La terminologie utilisée n’est pas politiquement neutre :

Eretz israël (la « terre d’Israël », au sens biblique), a fini par devenir synonyme politique de Grand Israël (incluant la Cisjordanie, la Transjordanie et la Bande de Gaza).

La Palestine a été le terme utilisé par tous, même les sionistes, jusqu’en 1948 (par exemple, le journal israélien Jerusalem Post s’appelait Palestine Post jusqu’à l’indépendance d’Israël). Pour la période postérieure à 1948, il a une connotation « pro-palestinienne ».

Dans l’article ci-dessous, le terme « Palestine » sera utilisé pour désigner le territoire entre la seconde révolte juive (vaincue en 135) et la proclamation d’Israël (en 1948), sans connotation idéologique.

Pour la partie de cet article postérieure à la création d’Israël, on parlera généralement d’« Israël », de la « Cisjordanie » et de la « bande de Gaza », termes les plus utilisés en français. Les termes de « Eretz Israël » et de « Judée-Samarie » seront utilisés en référence aux idéologies qui les utilisent.

Avant le sionisme

L’apparition d’une revendication politique à la création d’un État juif à partir de la seconde partie du xixe siècle s’explique par l’existence de soubassements plus anciens.

Les provinces du royaume d’Hérode Ier le Grand, sous protectorat romain, vers -25.

La destruction du royaume juif dans l’antiquité

Le dernier État juif indépendant, le royaume hasmonéen de Judée, est devenu un protectorat romain en 63 avant l’ère chrétienne. Ce protectorat est devenu une simple province romaine après la mort du dernier roi du royaume, Hérode Ier le Grand, en 4 avant l’ère chrétienne.

Les soulèvements juifs de 67-73 et de 132-135 ont profondément changé la population de la Palestine : une partie a été tuée, une partie a fui les destructions de la guerre, une partie a été vendue comme esclave et une dernière partie a pu rester dans une Palestine appauvrie et ayant perdu son indépendance.

Il est difficile de savoir ce que représentaient ces quatre groupes, mais le nombre des survivants restés en Palestine semble avoir été assez important, encore qu’en nette régression.

Par la suite, il y eut des conversions nombreuses au christianisme (en particulier sous l’empire byzantin peu tolérant), puis à l’islam à partir de la conquête musulmane vers 640.

À compter de la fin de l’Antiquité, les Juifs vivant en Terre Sainte sont donc devenus très minoritaires par rapport à la diaspora juive (dispersion, en grec).

En effet, beaucoup de communautés juives ont continué à exister à travers le monde, mais peu en Terre Sainte, donnant le sentiment d’un peuple dispersé. Le terme hébraïque est Galout (exil). C’est ce sentiment d’exil qui engendrera l’espérance religieuse d’un « retour » ou aliyah en hébreu.

L’espérance religieuse

À compter de la seconde diaspora, les communautés religieuses vont maintenir le rêve d’un retour en Palestine pour recréer un État juif. Il ne s’agit pas vraiment d’un projet politique, mais plutôt d’un rêve messianique et religieux. Il est symbolisé par la célèbre formule « l’an prochain à Jérusalem » prononcée chaque année lors du seder de Pessah. Il y aura d’ailleurs plusieurs messies proclamés, comme Sabbataï Tsevi ou Jacob Franck.

Avec le temps, la majorité des rabbins orthodoxes ont développé une interprétation s’opposant en pratique à la recréation d’un État juif : Dieu a puni les Juifs en détruisant l’État, seul son Messie peut le recréer2. Toute tentative humaine en la matière est une révolte contre Dieu. Cette vision sera très progressivement remise en cause à partir du XXe siècle, mais avec de fortes réticences.

Le « Messie » Sabbataï Tsevi, qui promettait le retour des Juifs en terre d’Israël – 1666

Le nationalisme

Avec le xviiie siècle, l’esprit des Lumières donne naissance aux concepts de peuple et de nation, définis par leur identité – par opposition à la notion de royaume, défini par son souverain et ses frontières (et souvent par sa religion).

Les Français les premiers, que leur Révolution de 1789 oppose à toutes les monarchies d’Europe, se battent en tant que Français et non en tant que sujets du roi de France. C’est la naissance du nationalisme moderne.

Celui-ci se répand dans toute l’Europe au cours du xixe siècle. Il attire particulièrement les populations occupées par un autre état, ou divisées en plusieurs états.

C’est ainsi que l’idée nationale se répand dans les populations divisées entre plusieurs états, en Allemagne et en Italie, ainsi que dans les populations occupées de la Pologne, de l’Irlande ou de la Hongrie.

Inévitablement, l’idée nationaliste finit par toucher une autre population européenne privée d’état, et même de territoire : les Juifs.

L’idée d’un peuple juif est ancienne et remonte à la Bible. Sous l’influence du nationalisme, elle est redéfinie dans un sens moins religieux, et plus centrée sur une identité historique, ethnique et culturelle.

Au cours du xixe siècle, la lecture messianique qui préconisait la libération politique d’Israël par un roi-messie recule à mesure que les populations juives se laïcisent. Cette lecture messianique réactivée par Don Isaac Abarbanel suite à l’expulsion des Juifs d’Espagne cède ainsi du terrain – tout en s’y adaptant – face à des idéologies "modernes" : socialisme, libéralisme, rationalisme et nationalisme.

Une des premières manifestations nationalistes est la rédaction du livre « Rome et Jérusalem – La Dernière Question Nationale », par Moses Hess en 1862 : impressionné par le succès de l’unité italienne4, l’auteur, par ailleurs proche de Karl Marx, y appelle à la création d’un État juif.

En 1869, l’Alliance israélite universelle crée l’école agricole de Mikvé-Israël près de Jaffa, à l’instigation de Charles Netter, un de ses fondateurs. De cette école vont sortir des générations d’agriculteurs juifs. Il y aura quelques autres initiatives dans les années 1870, montrant un intérêt en développement pour la terre de la sainteté.

L’antisémitisme

Une attitude hostile aux Juifs n’est pas nouvelle. Pour les chrétiens, les Juifs avaient fait crucifier Jésus, et surtout refusé la nouvelle religion.

En 1873, une nouvelle terminologie apparaît : l’antisémitisme. Le mot est dû à un journaliste de Hambourg, Wilhelm Marr. L’antisémitisme se veut une idéologie nationaliste et laïque « moderne », rejetant les Juifs non plus pour des raisons religieuses, mais parce qu’ils seraient un peuple sémite moyen-oriental inassimilable en Occident.

Au-delà de cette innovation, les préjugés traditionnels chrétiens contre les Juifs sont largement repris.

L’antisémitisme et l’hostilité aux Juifs se répandent largement autour des grandes concentrations juives d’Europe orientale.

Selon la thèse de Léo Pinsker, ce serait l’intégration progressive des Juifs dans la vie moderne qui aurait provoqué cette réaction : les Juifs n’étaient pas aimés mais ne gênaient guère quand ils vivaient à part. À compter de leur pénétration progressive dans le monde moderne, ils deviennent des concurrents directs et beaucoup plus visibles.

Léo Pinsker

En 1881, des pogroms sanglants se produisent dans l’empire tsariste contre les Juifs. Beaucoup d’entre eux en concluent qu’il n’y a pas d’avenir pour les Juifs en Europe orientale. C’est le début d’un grand mouvement d’émigration qui mènera 4 millions de Juifs d’Europe orientale à quitter cette région entre 1880 et 1931.

La plus grande masse ira en Amérique du Nord4, mais d’autres iront en Europe occidentale, en Amérique du Sud, et même en Palestine. Il ne faudrait pas cependant passer sous silence l’impact que connut la question juive en Roumanie et notamment les tractations lors du Congrès de Berlin, dans les années 1870, en vue d’obtenir des conditions favorables pour une émigration juive massive en Roumanie, avec les réactions de la population locale. Selon Jacques Halbronn (Communication au Congrès Mondial des Etudes Juives, Université Hebraïque de Jérusalem, 2009), il faut y voir une préfiguration de ce qui se passera à partir de 1917 et du fait de la Société des Nations en ce qui concerne l’établissement d’un Foyer Juif en Palestine. Dans les deux cas, Roumanie et Palestine, il s’agit de territoires venant de se dégager du pouvoir ottoman.

Les origines du sionisme : synthèse

Le sionisme naît vers 1880 à la rencontre de quatre conditions :

- La définition traditionnelle du peuple juif portée par la Bible et les rabbins. À côté d’un volet religieux fondamental, cette définition traditionnelle a toujours insisté sur le fait que les Juifs étaient aussi un peuple spécifique, les « enfants d’Israël », disposant en droit d’un « pays dont l’Éternel, ton Dieu, te donne la possession ».

- La laïcisation d’une partie des Juifs. Les rabbins et les « orthodoxes refus[ant] avec horreur une doctrine qui prétend se substituer au rédempteur » et s’opposant à la création d’un nouvel État juif avant la venue du messie, l’émancipation d’une partie de la communauté de l’autorité de ses rabbins était fondamentale.

- Le développement du nationalisme en Europe. Celui-ci a donné le cadre de la révision du projet juif. Il ne s’agit plus dans cette optique de maintenir l’ancienne religion, mais surtout d’obtenir un État, but fondamental de tout nationalisme.

- L’antisémitisme. C’est son développement à partir des années 1870 qui donne le moteur transformant une réflexion intellectuelle en un projet de départ hors d’Europe, et de constitution d’un État spécifique où les Juifs pourraient vivre ensemble et se protéger.

Les prémices du sionisme – 1880-1897

Cette période va de la parution de « Auto-émancipation » à la réunion du premier congrès sioniste mondial.

Les amants de Sion et la première alya

Après les sanglants pogroms de 1881, un médecin d’Odessa, Léon Pinsker, publie à Berlin en septembre 1882 Auto-émancipation, le premier vrai manifeste sioniste (le terme n’existe pas encore). Il y prédit que la « judéophobie » (c’est son terme) ira croissant au fur et à mesure de la modernisation des sociétés européennes, et au fur et à mesure que les Juifs sortant du ghetto se trouveront en concurrence avec leurs voisins. Il en conclut que les Juifs doivent quitter l’Europe et créer leur propre État. Il est à noter qu’il ne le revendique alors pas forcément en terre sainte.

En parallèle, des organisations commencent à apparaître. Des jeunes gens et des étudiants fondent en janvier 1882 le groupe « Bilou » (Beith Israël Lekhou Vena’ale) sous l’impulsion d’Israel Belkind. On parlera souvent des pionniers de la première alya comme étant les Bilouïm.

Très rapidement, Léon Pinsker prend la direction de la Ahavat zion, ou Ahavat sion. Il s’agit d’un réseau, d’ailleurs peu structuré, de sociétés qui regroupent

« tout fils d’Israël qui admet qu’il n’y a pas de salut pour Israël tant qu’un gouvernement juif ne sera pas installé en terre d’Israël ».

Le premier groupe a été créé en 1881 par des étudiants de Saint-Pétersbourg, avant la parution du livre de Pinsker. Il y aura rapidement une centaine de sociétés, surtout dans l’empire russe, mais aussi en Roumanie. Les membres sont appelés « Amants de Sion » (Hovevei Sion ou Hovevei Tzion).

Leur but est d’organiser l’émigration de Juifs vers la Palestine (alors partie intégrante de l’empire ottoman).

L’émigration des « Amants de Sion » et celle des Bilouïm se déroule surtout dans les années 1880, dans le traumatisme suivant les pogroms de 1881. On l’appelle la « première aliyah » (mot signifiant « montée » en hébreu, au sens de « montée vers Eretz Israël »). Elle ne touche qu’environ 10 000 personnes. Elle fait face à une administration ottomane assez hostile, qui la freine.

Ses militants, peu organisés, forment la base de ce qu’on appellera le « Nouveau Yichouv » (Yichouv signifie « communauté juive en Eretz Israël »).

Ils rencontrent en Palestine les membres de « l’ancien Yichouv », soit environ 25 000 Juifs très religieux, plutôt séfarades (avec une minorité ashkénaze). Ces Juifs pieux sont essentiellement concentrés dans les quatre villes saintes de Jérusalem, Tibériade, Safed et Hébron.

Séfarades contre Ashkénazes, traditionalistes contre modernes, population dirigée par ses anciens contre jeunes militants, religieux contre laïcs, orientaux contre européens, sionistes contre anti-sionistes (rappelons que les rabbins considéraient que seul le Messie pouvait recréer l’État juif) : les relations seront assez souvent tendues, voire hostiles.

Cette première vague d’immigrants est historiquement importante, malgré son influence démographique limitée :

Elle crée des villages sur la côte de Palestine (Rishon LeZion en 1882, Rosh Pina, Petah Tikva, Zihron Yaakov, Gedera…), qui deviendront pour beaucoup des villes, et qui expliquent encore aujourd’hui une partie de la géographie urbaine d’Israël.

Elle rend crédible l’idée de l’émigration vers Eretz Israël.

Eliézer Ben Yehoudah à sa table de travail.

À travers l’un de ses membres, Eliezer Ben-Yehuda, elle crée l’hébreu moderne.

Le baron Edmond de Rothschild, philanthrope juif qui financera une part de la première immigration sioniste en Palestine, à partir de 1883.

Les colonies juives agricoles de la première Aliyah seront fortement aidées, à compter de 1883, par les financements du baron Edmond de Rothschild, qui apparaît ainsi comme l’un des hommes clefs de ce premier sionisme. Après 1899, la Jewish Colonization Association, fondée par le baron Maurice de Hirsch en 1891, prendra le relais financier, et participera aussi à l’achat de terre en Palestine et à l’aide aux colonies agricoles.

Eliézer Ben Yehoudah et l’hébreu moderne

L’hébreu n’était plus utilisé comme langue parlée par les Juifs depuis bien avant la chute du dernier royaume juif. Les Juifs de Judée avaient adopté l’araméen comme langue vernaculaire bien avant la naissance de Jésus-Christ. L’hébreu était devenu une langue purement religieuse.

À compter du début du xixe siècle, on voit réapparaître en Europe une littérature laïque en hébreu. Elle est gênée par un vocabulaire religieux et étranger au monde moderne. Une certaine modernisation commence donc à poindre, menée par des intellectuels juifs laïques, les maskilim.

Eliézer Ben Yehoudah va systématiser cette entreprise de modernisation. Il considère que l’hébreu doit devenir la langue parlée par les Juifs en Palestine. À ce titre, il entend en faire une langue moderne.

Il reprend la prononciation des Juifs séfarades, qu’il considère plus conforme à l’originale, et crée des centaines de mots nouveaux, adaptés aux besoins d’une société moderne et scientifique. C’est la base de l’hébreu actuellement parlé en Israël. Il est à noter que les religieux juifs traditionnels se sont fortement opposés à cette entreprise : pour eux, l’hébreu devait rester la langue de la Bible.

Les prémices du sionisme : synthèse

Les constructions institutionnelles restent faibles, voire marginales. Le développement d’une « langue nationale » modernisée est cependant un évènement fondamental.

Au plan démographique, le « nouveau Yishouv » sioniste reste numériquement inférieur en nombre à l’« ancien Yichouv » religieux. Mais un ensemble de villages commence à apparaître, autour desquels se structurera le paysage humain du xxe siècle.

Quant aux débats idéologiques, ils sont presque absents de la période. Mais au-delà de ses limites, cette période formatrice a créé une dynamique qui s’amplifiera au cours des décennies à venir.

2ème Partie : de 1897 à 1917

Suite de la Grande Histoire du Sionisme, à l’occasion de Yom Haatsmaout 2012, qui débutera Mercredi 25 Avril 2012, et se poursuivra Jeudi 26 Avril. Hag Saméah.

La fondation de l’Organisation sioniste mondiale et la seconde aliyah – 1897-1918

Nathan Birnbaum

Au milieu des années 1890, une idéologie sioniste existe déjà. Le terme « sionisme » lui-même a été créé par Nathan Birnbaum en 1886. Il s’impose progressivement dans les années 1890.

Ce proto-sionisme a son organisation, son objectif territorial, ses premiers militants. Mais son influence reste très marginale, et son organisation est très limitée.

Le changement va venir de Theodor Herzl (1860-1904).

Theodor Herzl

En 1894, ce journaliste hongrois assiste à Paris à la dégradation du Capitaine Dreyfus, sous les cris de « Mort aux Juifs ».

Il indiquera a posteriori que cette situation avait été un choc pour lui, sans que son « Journal », « pourtant riche en introspection, et fourmillant de références historiques – [ne présente] un quelconque indice de la centralité de l’affaire Dreyfus dans le réveil de l’identité juive [de Herzl] ».

L’Autriche était un pays où l’antisémitisme était développé. Mais la France était censée être immunisée contre l’antisémitisme. C’était le pays qui, le premier au monde, avait donné une totale égalité civique aux Juifs, en 1791. C’était aussi le pays qui avait donné la nationalité française aux Juifs indigènes d’Algérie en 1871 (décret Crémieux). Elle représentait la modernité occidentale en marche vers plus d’égalité.

Herzl avait tiré comme conclusion de sa déception qu’il était illusoire pour les Juifs de chercher leur salut dans l’assimilation, et qu’ils devaient posséder leur propre État, refuge pour tous les Juifs persécutés.

En 1895, il adhère à la thèse du sionisme et le 15 février 1896, il publie Der Judenstaat (L’État des juifs), un livre dans lequel il appelle à la création d’un État pour les Juifs. Espérant le soutien des grandes puissances, il le fait en tentant de se placer dans la continuité des idéologie coloniales de l’époque : « Pour l’Europe, nous formerons là-bas un élément du mur contre l’Asie ainsi que l’avant-poste de la civilisation contre la barbarie ».

Theodor Herzl n’est pas un grand théoricien. Son œuvre théorique est modeste. Il a par contre été un bon organisateur, fédérant et orientant un sentiment nationaliste plus ou moins diffus, qui peinait à s’organiser.

Les congrès sionistes – définition des objectifs et des moyens

Le premier congrès et la fondation de l’Organisation sioniste mondiale

En 1897, Herzl convoque à Bâle (en Suisse) le premier congrès sioniste mondial. Il aurait souhaité que toutes les communautés juives envoient des représentants. En fait, le congrès est un succès limité. Herzl est encore peu connu, et sa capacité d’attraction l’est donc aussi.

Fait révélateur des oppositions religieuses, « le premier congrès sioniste ne put être tenu à Munich à cause des protestations indignées du rabbinat allemand ».

Deux cent quatre délégués se présentent cependant, surtout en provenance d’Europe centrale et orientale, et le congrès de Bâle est généralement cité comme étant le véritable début du sionisme.

Le congrès va prendre plusieurs décisions :

- Le sionisme a pour but la création d’un foyer national juif. – L’organisation sioniste mondiale (OSM) est créée pour coordonner l’action politique sioniste au niveau mondial. Theodor Herzl en est nommé son premier président. – L’OSM agira au niveau diplomatique pour faire reconnaître les objectifs du sionisme par les grandes puissances. – Des congrès auront lieu régulièrement pour coordonner les actions.

Fait important, l’OSM n’est pas une organisation exclusive exigeant le monopole de la représentation politique du sionisme. Les partis politiques qui le souhaitent pourront se constituer et adhérer au mouvement sioniste mondial.

La structuration du Sionisme : institutions sionistes et travail politique

Le congrès de Bâle avait posé des principes et des projets. Restait à les mettre en œuvre. Pendant les années suivantes, Herzl et les premiers sionistes mènent une propagande importante au sein des communautés, surtout européennes.

Ils mènent aussi une action diplomatique intense auprès des grandes puissances de l’époque.

L’Organisation sioniste mondiale tente prioritairement de négocier avec le Sultan Ottoman, auquel appartient la Palestine, par le biais de l’empereur allemand Guillaume II, mais sans succès.

Le grand objectif de Herzl devient alors d’obtenir qu’une puissance coloniale accepte d’établir une colonie de peuplement juive en Palestine. À l’époque, cette idée de colonie de peuplement est un aspect parfaitement admis du discours et de la pratique coloniale (Afrique du Sud, Algérie, Nouvelle-Zélande, Canada, Australie…).

Dans le même temps, il ne faut pas provoquer de rupture entre les sionistes et l’empire ottoman, gestionnaire de la Palestine, qui pourrait se sentir menacé et interdire toute immigration. Aux Ottomans, Herzl fait donc valoir que les Juifs apporteront compétences techniques et capitaux, gages d’une modernisation du pays.

En 1898 et 1899, de nouveaux congrès sionistes ont lieu à Bâle, à chaque fois avec un peu plus de succès.

Lors du troisième congrès, en 1899, le lancement de la Banque coloniale juive est décidé. Elle est chargée du financement des activités d’achats de terres en Palestine.

En 1900, le quatrième congrès sioniste se tient à Londres.

En 1901, le cinquième congrès sioniste décide à Bâle la création :

- du Fonds national juif, chargé de l’achat des terres en Palestine. Cette politique est l’une des sources de l’hostilité arabe, car bon nombre de terres vendues sont des métairies dont les fermiers sont expulsés par les propriétaires fonciers (souvent des notables syriens).

- du Keren Kayemeth LeIsrael (K.K.L.), chargé de la gestion des terres achetées dans l’intérêt de l’ensemble des Juifs de Palestine. Le KKL est encore aujourd’hui la base du domaine foncier public israélien. Le modèle de propriété collective des terres achetées (qui ne signifie pas forcément une gestion collective) sera le modèle dominant d’appropriation de la terre par les Juifs en Palestine.

En 1902, Theodor Herzl publie un roman d’anticipation Terre ancienne, terre nouvelle, dans lequel il évoque la vie dans le futur État et décrit le sionisme comme « un poste avancé de la civilisation, un rempart de l’Europe contre l’Asie, s’opposant à la barbarie ».

L’option territorialiste – 1903-1905

Israel Zangwill, principal leader des territorialistes, en 1905.

Depuis les prémices du sioniste, la Palestine était au centre du projet d’un État juif. Mais l’hypothèse palestinienne avait une grosse faiblesse : la Palestine faisait partie de l’empire ottoman, et celui-ci n’avait aucun intérêt à « donner » la Palestine aux Juifs.

1903 est l’année des terribles pogroms de Kichinev. Ceux-ci seront suivis par une série d’autres pogroms jusqu’en 1906. L’émotion dans le monde occidental est grande, tant les pogroms ont été sanglants.

Cette émotion est une des raisons pour lesquelles le gouvernement britannique de Chamberlain propose en 1903 à Theodor Herzl de donner à l’OSM une partie de l’Ouganda de l’époque (dans l’actuel Kenya), pour y créer un "Foyer national juif".

Hostile à l’abandon de la Palestine, le sixième congrès sioniste de 1903 se divise fortement. Une commission est cependant envoyée sur place.

En 1905, le septième congrès sioniste se tient à Bâle. Il y est décidé de repousser définitivement la proposition de l’Ouganda, ainsi que toute alternative à la Palestine.

Les « territorialistes », qui voulaient absolument « un territoire », considèrent que refuser un État, où qu’il soit, est suicidaire compte tenu de l’attitude des Ottomans. Les plus décidés des territorialistes (une petite minorité) opèrent une scission. Ils créent l’ « Organisation juive territorialiste », menée par Israël Zangwill. L’organisation n’aura guère de succès et entrera dans un rapide déclin après la Déclaration Balfour de 1917, qui la rend inutile. Elle sera dissoute en 1925.

On peut voir dans la question du territorialisme les débuts d’un débat qui va agiter de façon récurrente le mouvement sioniste jusqu’au début du xxie siècle :

l’objectif premier du sionisme est-il de créer un État pour les Juifs (dont les frontières sont somme toute d’une importance relative), ou est-il de créer un État impérativement dans les frontières bibliques d’Eretz Israël ?

La période 1903-1905 n’a pas seulement tourné autour de la question territorialiste :

L’année 1903 voit aussi la création de l’Anglo-Palestine Bank (future Banque Leumi LeIsraël).

Theodor Herzl décède en 1904. David Wolffsohn (1856-1914), prend la direction du mouvement sioniste.

Toujours en 1904, le Comité de la langue hébraïque (Va’ad Halashon) est créé pour renforcer l’œuvre de Eliézer Ben Yehoudah et faire la promotion de l’hébreu (et non du yiddish ou de l’allemand, comme l’envisageaient certains) comme langue du foyer national juif.

Les derniers congrès avant la Première Guerre mondiale

En 1907, le huitième congrès sioniste se tient à La Haye. Il voit s’opposer deux tendances, qui existaient depuis plusieurs années, mais dont les débats se durcissent lors de ce congrès. Jusqu’alors, la majorité de l’OSM s’étaient montrée réticente (comme Herzl lui-même) face à la colonisation de la Palestine (« sionisme pratique »).

Elle estimait qu’il fallait une « charte », c’est-à-dire un statut juridique officiel (ottoman ou international) avant de commencer une implantation juive de masse. D’où la priorité donnée à l’action diplomatique et le nom donné à cette approche : « sionisme politique ».

Haïm Weizmann apparait avec la gauche comme un tenant d’une action plus décidée sur le terrain. L’opposition « pratique » obtient en 1907 un renforcement des actions en Palestine ottomane, mais l’orientation « politique » fondamentale de l’OSM n’est pas remise en cause.

En 1909, le neuvième congrès sioniste se tient à Hambourg. Sionistes « pratiques » et « politiques » continuent de s’y opposer. Les seconds restent dominants.

En 1911, le dixième congrès sioniste se tient à Bâle. Ce congrès est important, en ce qu’il modifie la politique de l’organisation. Les factions « pratiques » et « politiques » arrivent en effet à un accord, et décident d’œuvrer vers un sionisme « synthétique », agissant dans les deux directions. Concrètement, plus de moyens sont dégagés pour aider les pionniers de la seconde Aliyah.

En 1913, le onzième congrès sioniste se tient à Vienne.

La Première Guerre mondiale

En 1914 commence la Première Guerre mondiale. Elle aura un impact décisif sur le succès du sionisme.

Les Ottomans entrent en guerre aux côtés de l’Allemagne et de l’Autriche, et donc contre la France, le Royaume-Uni, l’Italie et l’empire tsariste.

Chacune des quatre puissances opposées à l’empire ottoman a des visées territoriales sur celui-ci, de façon plus ou moins officielle : – Les Italiens visent certaines îles de la mer Égée. – Les Russes visent le détroit des Dardanelles, le verrou de la mer Noire. – Les Français visent le Liban et la Syrie, où ils sont reconnus depuis le xixe siècle comme puissance protectrice des chrétiens. – Les Britanniques visent la Palestine, la mer Rouge et le golfe Persique. Il s’agit entre autres pour eux de sécuriser « la route des Indes », qui passe par le canal de Suez.

C’est dans ce cadre, que l’action sioniste en faveur de la création d’une colonie de peuplement en Palestine sous mandat d’une grande puissance intéresse le Royaume-Uni.

Dès 1915, le leader sioniste britannique, Haïm (ou Chaïm) Weizmann, entreprend de convaincre la direction britannique de l’intérêt pour elle de soutenir la cause sioniste, au départ sans grand succès.

En 1916, les accords secrets Sykes-Picot entre la France et le Royaume-Uni divisent l’empire ottoman en cas de victoire, et accordent au Royaume-Uni les zones qu’il convoite.

En 1917, Lord Balfour, représentant le gouvernement britannique, adresse à Lord Lionel Walter Rothschild une lettre, la « déclaration Balfour », par laquelle il indique que le Royaume-Uni est favorable à l’établissement d’un « Foyer national juif » en Palestine. Cette lettre n’est pas un engagement juridiquement contraignant, mais elle représente un formidable encouragement pour le sionisme. La lettre semble avoir eu deux objectifs : avancer dans la constitution d’une colonie de peuplement pro-britannique près du canal de Suez, et se rallier les Juifs américains, alors que le Royaume-Uni essayait à tout prix de convaincre les États-Unis d’entrer en guerre à ses côtés.

La déclaration Balfour est par contre mal reçue dans le monde arabe. Selon l’expression d’Arthur Koestler, « une nation promettait solennellement à une seconde nation le pays d’une troisième ». Il est aussi à noter que les Britanniques avaient déjà promis à Hussein ibn Ali, chérif de La Mecque la création d’un grand royaume arabe unitaire sur le Moyen-Orient. Il s’agissait d’obtenir la contribution militaire des nationalistes arabes à l’affaiblissement de l’Empire ottoman. La « déclaration Balfour » était donc en contradiction avec cette première promesse.

Fin 1917, poursuivant les troupes ottomanes en retraite, les Britanniques prennent possession de la Palestine (prise de Jérusalem le 11 décembre 1917). Ils y resteront jusqu’en 1948.

La création des partis politiques

Après le premier congrès sioniste de Bâle, des partis politiques sionistes, ou au moins des courants de pensée, se sont rapidement organisés.

Les libéraux

Bien qu’on se trouve ici dans la partie consacrée aux partis politiques sionistes, les libéraux ne formeront un vrai parti qu’en 1922. Ils ont cependant existé bien avant et ont eu une influence déterminante sur la naissance du sionisme.

Le terme de « sionistes généraux » commence à être utilisé peu de temps après la création de l’OSM, pour désigner un courant de pensée qui reste très proche de l’Organisation sioniste mondiale qui vient de se créer, et qui refuse de se structurer dans un parti spécifique, contrairement aux courants de gauche de l’époque. Les « sionistes généraux » sont des indépendants, peu intéressés par les jeux des partis et les grands débats idéologiques. On voit cependant très tôt apparaître des associations ou « factions », à travers lesquelles ils s’expriment. Ils restent majoritaires dans l’OSM jusqu’aux années 1920. En 1922, divers groupes et factions établissent l’Organisation des sionistes généraux.

Quoique réticents devant les débats idéologiques, ils se réclament du libéralisme économique et politique. Ils attirent surtout la bourgeoisie et les classes moyennes de la diaspora juive, et plus tard du Yichouv (la communauté juive en Palestine).

Ils sont modérés, aussi bien en matière de nationalisme qu’en matière politique.

1918. L’émir Fayçal I d’Irak et Chaim Weizmann, un des principaux dirigeant libéral (à gauche, portant aussi une tenue arabe en signe d’amitié).

Par bien des aspects (notamment son pragmatisme, son assise sociale bourgeoise, ses choix économiques et son insistance sur l’action diplomatique), le « sionisme général » est le courant de pensée le plus proche de Herzl. Haïm Weizmann, qui obtiendra la déclaration Balfour, était membre de ce courant de pensée.

Sur le front du sionisme pionnier, en Palestine, le « sionisme général » manque de militants. Ceux-ci sont dominés nettement pas les représentants des partis de la gauche sioniste. Mais dans les congrès sionistes, les libéraux seront dominants jusque vers 1930.

Compte tenu de son assise sociale plutôt bourgeoise, la capacité du « sionisme général » à collecter des fonds pour l’installation des Juifs en Palestine sera précieuse pour le mouvement sioniste.

La gauche marxiste

En 1905-1906, le Poale Zion (« l’ouvrier de Sion ») est fondé sur la base d’associations Poale Zion qui existaient depuis quelque temps en Europe orientale et aux É.-U..

Ce parti marxiste attire à lui les militants de la gauche nationaliste déçus par le rejet du sionisme par le Bund (« Union générale des travailleurs juifs »), parti marxiste d’Europe orientale, fondé en 1897.

Le dirigeant du nouveau parti est un intellectuel né en Ukraine tsariste, Ber Dov Berochov (1881-1917). Celui-ci réalise la synthèse entre le marxisme et le nationalisme juif. Dans son optique, la seule oppression n’est pas l’oppression de classes, et le seul moteur de l’histoire n’est donc pas la lutte de classes. L’oppression nationale, et donc les luttes de libération nationale, peuvent être aussi de puissants moteurs de l’évolution historique.

Le Poale Zion critique deux aspects du sionisme de Herzl : – l’insistance de ce dernier sur l’action diplomatique. Sans rejeter celle-ci, le Poale Zion considère qu’il doit y avoir un sionisme des faits, centré sur la colonisation juive de la Palestine, sans attendre le soutien ou l’accord des grandes puissances. – l’acceptation par Herzl de l’ordre social établi. Le Poale Zion entend mener lutte de libération nationale et lutte d’émancipation sociale sur le même plan. Ce sont les travailleurs juifs qui créeront l’État juif, et non les diplomates ni les bourgeois.

En pratique, le Poale Zion est pleinement intégré à l’Organisation sioniste mondiale (OSM). Entre la lutte des classes et la lutte nationale, il fera au final toujours passer en premier la lutte nationale, recherchant pour cela l’alliance des autres factions sionistes, y compris les « bourgeois » des sionistes généraux. De fait, au-delà de son idéologie, le Poale Zion apparaît progressivement comme un parti réformiste, et une des deux principales origines de l’actuel parti travailliste israélien.

David Ben Gourion rejoint un groupe local de Poale Zion en 1904. En 1906, des branches du parti ont été formées dans plusieurs pays, dont l’Autriche et surtout la Palestine.

Dans les années suivant la fondation du parti, celui-ci connaîtra plusieurs scissions, essentiellement celle du Poale Zion Gauche, nouvelle faction basée sur les mêmes principes idéologiques, mais réclamant une pratique plus authentiquement révolutionnaire, moins réformiste.

Tant le Poale Zion que le Poale Zion Gauche participeront à la révolution de 1917. Bon nombre de membres du Poale Zion Gauche rallieront d’ailleurs le parti bolchévique après cette date. On en reverra certains en Palestine, comme agents de la IIIe internationale.

Le Poale Zion Gauche est également l’une des origines du futur grand parti de l’extrême-gauche sioniste, le Mapam, qui rejoindra plus tard l’actuel Meretz.

La gauche non marxiste

Le parti Ha’poel Hatzaïr (« jeune travailleur ») est formé en 1905 par Aharon David Gordon. L’idéologie est largement inspirée du socialisme populiste russe et de l’œuvre de Tolstoï. L’objectif est de créer un socialisme agricole, très marqué par l’anti-autoritarisme, voire l’anarchisme. La lutte des classes est considérée comme dangereuse du point de vue de la construction d’un foyer national juif.

Les points communs sont cependant nombreux avec le Poale Zion : il s’agit de créer un État des travailleurs, dans une optique progressiste, sans se couper des tendances plus conservatrices du mouvement sioniste. L’attachement au sionisme pionnier, surtout intéressé par les réalisations concrètes, est également particulièrement développé.

Le Ha’poel Hatzaïr aura lui aussi sa dissidence de gauche, le Hachomer Hatzaïr, qui jouera également un rôle important dans le développement futur du Mapam. Il est à noter que les kibboutzim, communautés rurales collectivistes et influencées par l’anarchisme (pas ou peu d’élections, direction par l’assemblée générale) sont, à l’origine, un projet politique et social du Ha’poel Hatzaïr. Le premier pré-kibboutz sera fondé en 1909.

Le nationalisme religieux

Les rabbins orthodoxes étaient hostiles au sionisme, parce qu’ils considéraient majoritairement que Dieu avait décidé de la dispersion du peuple juif, en punition de ses péchés.

Rabbin Zvi Hirsh Kalisher

Seul Dieu, par l’intermédiaire du Messie, pouvait donc restaurer Israël. Toute tentative anticipée était non seulement vouée à l’échec, mais risquait d’attirer la colère divine.

À cette hostilité théologique s’ajoutait aussi une hostilité au laïcisme parfois agressif (surtout à gauche) des sionistes.

Pourtant, dès les années 1840, un courant minoritaire est apparu chez les religieux ashkénazes d’Europe orientale. Pour ce courant, c’est au contraire un commandement divin pour les Juifs que de s’installer en terre sainte. Le suivi de ce commandement pourrait même accélérer le retour du Messie.

En 1891, une association sioniste religieuse, le Mizrahi (oriental), est formée sur la base de ces idées. Elle donnera naissance en 1902 à un véritable parti politique portant le même nom. Ce parti est plus connu en français sous le nom de Parti national religieux, ou PNR (MAFDAL, selon son acronyme hébreu).

Le PNR est à l’origine un parti assez modéré, à la rencontre de la modernité et de la tradition. Il est clairement très minoritaire dans un mouvement sioniste qui est lui-même assez minoritaire dans le monde juif occidental, et plus encore dans le monde juif oriental.

Les non-sionistes

Lors de cette époque formative du sionisme, d’autres partis politiques attirent des militants Juifs, parfois dans le cadre de mouvements spécifiquement juifs. Ces mouvements auront des débats, des conflits et parfois même des accords partiels avec les sionistes.

Agoudat Israel : c’est un parti politique juif fondé en 1912 à Katowice (Pologne actuelle, à l’époque Empire russe) comme bras politique du judaïsme orthodoxe. Il existe aujourd’hui en tant que parti politique en Israël. Il était à l’origine très vigoureusement anti-sioniste. (Ce qui démontre de la courte vue de ses dirigeants)

Le Bund : fondé en 1897, il défend les travailleurs juifs et vise à une autonomie culturelle et politique, mais non-territoriale, des Juifs en Europe orientale, dans le cadre d’une future société socialiste. Il pratique une forme de nationalisme atténué, mais n’est pas sioniste, car il considère que les Juifs ont droit à un avenir au sein de leur pays d’origine.

On trouve enfin des militants juifs dans de nombreux partis en Europe, surtout à gauche.

Les partis politiques sionistes : synthèse

On trouve trois grandes familles :

- un sionisme de gauche, marxiste ou non-marxiste, qui sera dominant en Palestine puis en Israël du début du siècle jusqu’en 1977, et qui a profondément marqué l’histoire du sionisme et d’Israël.

- Un sionisme de droite modéré, libéral, à l’époque assez peu influent en terre sainte, mais plus important dans la diaspora, et dominant dans l’Organisation sioniste mondiale.

- Un sionisme religieux, à l’époque peu influent et assez modéré.

Ces partis sont, à l’époque, encore minoritaires au sein du judaïsme occidental, mais ils influencent grâce à leurs militants un nombre croissant de Juifs. Ce sont (surtout à gauche) les acteurs fondamentaux du sionisme sur le terrain (en Palestine et en diaspora), plus que l’Organisation sioniste mondiale qui se concentre progressivement sur l’action diplomatique et institutionnelle.

3ème partie : de 1917 à 1948

L’immigration

De 1903 à 1906, la Russie tsariste connaît une vague de pogroms particulièrement violents et traumatisants, ainsi que d’importants troubles politiques dus à la guerre russo-japonaise (perdue par la Russie) et à la révolution manquée de 1905.

Tout comme les pogroms de 1881 avaient fait naître les « Amants de Sion » et provoqué une première alya, les pogroms de 1903-1906 accélèrent la naissance des partis politiques sionistes, et provoquent une grande vague d’émigration. Ce sont près d’un million de Juifs qui quittent l’empire tsariste entre 1903 et 1914. 30.000 à 40.000 iront vers la terre sainte : c’est la seconde aliyah.

Jeunes, très marqués à gauche, très bien organisés, ils marqueront en profondeur le Yichouv. La plupart des dirigeants sionistes de la Palestine jusqu’aux années 1950 seront issus de leurs rangs. On peut ainsi citer David Ben Gourion (émigré en 1906) et Yitzhak Ben-Zvi.

Faits marquants

En 1906, le premier lycée hébraïque est fondé à Jaffa, tout comme l’École des Beaux-Arts de Bezalel à Jérusalem.

En 1909, un petit bourg juif à proximité de Jaffa est fondé et deviendra la ville nouvelle de Tel-Aviv. Le kibboutz Degania Alef, la « mère des kibboutzim », est fondé la même année. On note aussi des incidents entre Juifs et Arabes en Galilée, qui aboutissent à la création de la première milice juive, le Hashomer (« la garde »). Dans la ville de Jérusalem, le rapport entre Séfarades et Ashkénazes s’inverse du fait de l’immigration sioniste, presque entièrement ashkénaze.

En 1914, lorsque l’empire ottoman entre en guerre, le Yichouv, la communauté juive de Palestine, compte environ 85 000 personnes sur une population totale de 725 000 habitants : soit 12 % de la population totale.

La Première Guerre mondiale affaiblit considérablement le Yichouv. Les citoyens des puissances en guerre contre l’empire ottoman, en particulier les Russes, sont arrêtés ou expulsés. Or, les immigrants juifs sont souvent d’origine russe. Lors de l’arrivée des Britanniques, la population juive n’est plus que de 56 000 âmes. Mais elle remonte très vite à 83 000 personnes fin 1918, grâce au retour rapide des expulsés.

La période 1897–1918 : synthèse

La période 1897–1918 a été décisive pour le mouvement sioniste. Une organisation mondiale (en fait surtout européenne et nord-américaine) a vu le jour. Elle a ses banques, ses diplomates et ses partis politiques.

L’opposition entre un sionisme pionnier et un sionisme diplomate est restée au final essentiellement théorique. Le sionisme pionnier a commencé à créer un état de fait sur le terrain, et le sionisme diplomate (souvent appelé « sionisme politique ») a obtenu un succès immense en obtenant du Royaume-Uni la promesse d’un « Foyer national pour les Juifs en Palestine ».

La réaction arabe est encore peu importante, mais commence à s’exprimer. Pour les Arabes de Palestine, en particulier, l’opposition à ce que la terre où ils habitent soit donnée à d’autres est très forte, et la crainte d’une dépossession grandit.

Le Foyer national juif – 1919-1947

Cette période précède la création de l’État d’Israël. En pratique, la période 1919-1947 permet la création d’un proto-État juif sur le lieu des territoires israélo-palestiniens, avec son gouvernement, son parlement, son administration, sa police, son armée, sa diplomatie, sa population, son système économique, ses partis. En 1947, la décision par l’ONU de créer l’État d’Israël validera largement un état de fait préexistant.

Le mandat de la SDN.

le foyer national juif dans ses premières frontières (1920)

le foyer national juif dans ses frontières après 1922

Avec la Déclaration Balfour, le Royaume-Uni avait promis l’établissement d’un « Foyer national juif » en Palestine. Mais il fallait maintenant pour les sionistes faire officialiser cette promesse. En février 1919, les représentants sionistes à la conférence de la paix de Paris demandent donc l’octroi d’un mandat sur la Palestine au bénéfice du Royaume-Uni, dont ils apparaissent comme les alliés privilégiés. Les puissances alliées se rangent à ce choix lors de la conférence de San Remo, en avril 1920. Le mandat britannique est officialisé par la Société des Nations (SDN) en juillet 1922.

Le mandat indique que le Royaume-Uni doit « placer le pays dans des conditions politiques, administratives et économiques qui permettront l’établissement d’un foyer national juif et le développement d’institutions d’auto-gouvernement ». Elle doit également « faciliter l’immigration juive et encourager l’installation compacte des Juifs sur les terres ».

Le mandat précise de façon beaucoup plus vague que le mandataire doit veiller à la préservation des droits civils et religieux de la population arabe (on ne parle pas de « droits politiques »). Cette différence de traitement sera fortement critiquée par les leaders arabes palestiniens, que ce soit par les radicaux regroupés autour du mufti, Haj Amin al Husseini, ou par les modérés regroupés principalement autour de la famille Nashashibi.

La formation de l’Agence juive.

Le mandat de la SDN prévoit de créer un système politique « autonome » chargé des Juifs, les Britanniques se réservant le volet militaire et les décisions fondamentales sous l’autorité d’un « haut-commissaire ». Il y en aura sept entre 1920 et 1948. Le premier d’entre eux est Sir Herbert Samuel, un Juif mais aussi un sympathisant sioniste.

Le système politique dans la communauté juive sera organisé autour d’une assemblée élue, Asefat ha-nivharim, avec une forme restreinte de « pouvoir législatif », et d’une « Agence juive » chargée du pouvoir exécutif. Les premières élections à l’Asefat ha-nivharim ont lieu en 1920. L’Agence juive est formée en 1922, comme une simple branche de l’OSM. On trouve aussi un Conseil National (Va’ad Leoumi) surtout administratif, s’occupant de l’éducation, des autorités locales, des affaires sociales et de la santé.

Le pouvoir de l’Assemblée juive est assez limité, et elle restera de peu d’influence réelle jusqu’à la création d’Israël en 1948, qui signe son remplacement par la Knesset. C’est en fait l’Agence juive qui va concentrer les pouvoirs au sein du Yichouv, particulièrement dans le nouveau Yichouv sioniste. Elle deviendra progressivement un véritable appareil étatique.

L’Agence juive verra son influence grandir en 1929, au 16e congrès sioniste, quand elle prend son autonomie de l’OSM et que les Juifs religieux non-sionistes acceptent de collaborer avec elle. Il ne s’agissait pas pour ces derniers de créer un état juif, mais de trouver une terre d’accueil aux nombreux juifs qui tentaient de quitter l’Europe centrale et orientale en proie à la montée de l’antisémitisme.

Malgré cette limite, Il s’agit là d’un changement remarqué dans le très fort rejet du sionisme que portait ce courant de pensée. Il ne s’agit pas d’un ralliement idéologique, mais du début d’un mouvement d’acceptation d’un État juif.

Il est à signaler que l’Agence juive s’est rapidement dotée d’un bras armé : la Haganah. Celle-ci est formée initialement à Jérusalem en 1920, après des émeutes anti-juives. Elle est généralisée par l’Agence juive au début des années 1920 en tant que milice chargée de défendre le Yichouv contre d’éventuelles attaques arabes. La Haganah n’est pas reconnue par la puissance mandataire, et les relations entre celle-ci et la milice juive oscilleront au gré des époques, allant de l’indifférence à la répression, en passant par l’alliance (pendant la « Grande révolte arabe »).

Le refus arabe de l’implication institutionnelle et du mandat

Amin al-Husseini, grand mufti de Jérusalem et président du Haut Comité arabe.

Les Britanniques proposeront aux représentants de la communauté arabe de créer également une « Agence » pour représenter leur communauté. Mais ces dirigeants refuseront, considérant qu’il y aurait eu là une reconnaissance du mandat pro-sioniste de la SDN et de sa validité.

Ce refus a sans doute limité les possibilités d’action des nationalistes arabes en Palestine (le nationalisme palestinien spécifique est encore en formation). Mais il aura aussi pour conséquence d’inquiéter la direction britannique.

Sans contester directement la présence britannique, les dirigeants arabes de Palestine contestent vigoureusement les termes du mandat, qui prévoient le renforcement indéfini de la présence sioniste en Palestine. Cette attitude est soutenue par les nationalistes arabes du Moyen-Orient. Dès les premières émeutes de 1920, les Britanniques se rendent compte que leur politique pro-sioniste risque de porter atteinte à leurs intérêts moyen-orientaux. En 1922, un premier « livre blanc » britannique (sous la direction de Winston Churchill, alors secrétaire aux colonies) propose de limiter l’immigration juive. Il y en aura d’autres au fur et à mesure du durcissement des oppositions. Cependant, jusqu’en 1939, le Royaume-Uni continuera à autoriser une large immigration juive.

L’opposition grandissante des Arabes amène cependant les Britanniques à revoir le territoire du « Foyer National Juif ». Celui-ci devait au début comprendre les territoires de ce que l’on appelle aujourd’hui : Israël (sans le Golan), la bande de Gaza, la Cisjordanie et la Jordanie.

Mais en 1922, il est décidé de détacher le territoire qui formera l’actuelle Jordanie (à l’époque « Émirat de Transjordanie ». C’est à la fois une décision destinée à rassurer les nationalistes arabes, et un geste en faveur de la famille des Hachémites (dont un des fils, Abdallah, reçoit l’émirat). Bien que réticente, l’Organisation sioniste mondiale accepte ce détachement.

L’immigration juive

La grande majorité des sionistes (on note quelques exceptions, comme celle de Ahad HaAm) considère après 1922 et l’obtention du mandat que le sionisme a maintenant deux objectifs concrets : bâtir des institutions nationales et encourager l’immigration juive.

La population juive passe de 83 000 à la fin de 1918, à 164 000 en 1930, puis à 463 000 en 1940 et à 650 000 lors du vote de la création d’Israël en 1947. La croissance vient de l’immigration, mais aussi d’une forte natalité. Pendant cette période, la population arabe double, passant de 660 000 à 1 200 000.

Comme pour les deux premières aliyah (1881-1902 et 1903-1914), ce sont les troubles antisémites en Europe qui ont rythmé les vagues d’émigration hors d’Europe, vers l’Amérique, l’Europe occidentale, et de plus en plus la Palestine.

La troisième alya (1919-1923) est liée aux troubles et guerres civiles qui suivent en Europe orientale la Première Guerre mondiale et la révolution bolchévique. Elle concerne 35 000 personnes, surtout des jeunes gens aux convictions sionistes-socialistes. Ils seront à l’origine, en 1921, du premier vrai kibboutz (Ein Harod, une ferme collectiviste) et du premier moshav (Nahalal, une ferme coopérative).

La quatrième alya (1924-1928) amène en Palestine 80 000 immigrants assez différents. Ce sont majoritairement des Polonais membres des classes moyennes, chassés par les mesures économiques anti-juives du gouvernement de Varsovie. Même si beaucoup soutiendront la gauche, d’autres, plus conservateurs, iront vers les sionistes généraux, les révisionnistes de droite, voire les sionistes religieux.

La quatrième aliyah entraîne un développement urbain (ces immigrants sont peu intéressés par les communautés rurales des pionniers sionistes – socialistes), du commerce, de l’artisanat. En 1924, le Technion (université technique) est fondé à Haïfa puis en 1925, l’Université hébraïque de Jérusalem ouvre sur le mont Scopus. Mais cette vague d’immigration entraîne aussi un déséquilibre entre les capacités économiques du pays et l’afflux de populations nouvelles. Ce déséquilibre amène un chômage important. La crise est sévère et dure de 1926 à 1929, entraînant un phénomène de départ de certains des nouveaux immigrants.

La cinquième aliyah (1929-1939) voit l’immigration de 180 000 Juifs. Ils viennent d’Europe orientale, où se structurent des régimes nationalistes autoritaires plus ou moins antisémites. 40 000 proviennent d’Allemagne et d’Autriche, où les Nazis viennent de prendre le pouvoir. Il y a même un accord dit de Haavara (« transfert ») conclu entre l’Organisation sioniste et le Troisième Reich en 1933, et actif jusqu’en 1938. Cet accord provoque d’ailleurs des affrontements entre les « pragmatiques » comme Ben Gourion, qui veulent amener un maximum de Juifs et de capitaux (30 millions de dollars sont ainsi transférés) en Palestine, et ceux qui s’opposent à tout contact avec les Nazis.

La cinquième aliyah est particulièrement importante, non seulement parce qu’elle est la plus forte d’un point de vue démographique, mais aussi parce qu’elle amène une population relativement riche, éduquée, qui permettra une notable modernisation de la structure économique du Yichouv. Cette immigration est également socialement et économiquement plus conservatrice que la troisième alya. On peut enfin noter que sur les 180 000 immigrants, environ 15 000 sont des illégaux, amenés dans le pays à compter de 1934 sans passer par l’Agence juive et le contrôle britannique.

En effet, les quotas britanniques d’immigration, quoique larges, deviennent insuffisants pour les demandes. Cette immigration illégale, qui suscite les réserves de l’Agence juive qui ne veut pas de problème avec les Britanniques, est à la fois organisée par la gauche kibboutznik (les habitants des kibboutzim) et par les activistes de la droite révisionniste.

En 1936, l’opération « Homa Oumigdal » (murailles et tours) commence. Il s’agit d’une entreprise d’implantations surprises aboutissant, de 1936 à 1939, à créer 51 nouvelles localités, chacune en une seule nuit, dans un contexte d’affrontement avec les Arabes.

À compter de 1939, les Britanniques réduisent fortement le nombre des visas accordés aux Juifs voulant se rendre en Palestine, alors même que la pression sur les Juifs d’Europe devient intenable avec le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, et surtout avec le début du génocide des Juifs en 1941-1942.

L’immigration de 1939 à 1947 est dès lors largement illégale. Elle concerne environ 80.000 personnes fuyant l’Europe. La majorité viennent dans l’immédiat après-guerre et sont des rescapés du génocide, essayant d’éviter le blocus britannique. Ceux qui échouent sont placés dans des camps de rétention, en Allemagne ou à Chypre, provoquant un sentiment de solidarité dans le monde occidental.

L’Agence juive utilisera d’ailleurs ce sentiment en organisant une double immigration : d’un côté une immigration totalement clandestine, et de l’autre des tentatives ouvertes de forcer le blocus britannique. Ces dernières tentatives, débouchant généralement sur un arraisonnement britannique, visaient à poser publiquement la question de l’immigration juive. La plus connue de ces tentatives d’immigration illégale mais pas vraiment clandestine est celle du cargo Exodus, un bateau transportant 4 500 immigrants illégaux, qui fut illégalement arraisonné par la marine britannique dans les eaux internationales.

Exodus 47

C’est en partie cette crise des réfugiés de 1946-1947 qui explique la création de l’État juif par l’ONU en 1947.

Au final, l’immigration a été forte entre 1918 et 1947. Elle a surtout concerné des Juifs européens. De ce fait, les Séfarades ne représentent en 1947 que 20 % des Juifs du Yichouv.

La scission des sionistes révisionnistes (1925-1935).

Zeev Vladimir Jabotinsky, le chef des révisionnistes.

La droite sioniste, d’ailleurs assez centriste, était dominée depuis la fondation de l’OSM par les sionistes généraux.

Dans les années 1920, on constate la radicalisation d’une nouvelle droite nationaliste. Cette évolution est une traduction dans les milieux juifs d’une tendance à la radicalisation nationaliste dans beaucoup de partis de droite européens de l’époque. Cette radicalisation est liée aux contestations des nouvelles frontières issues de la Première Guerre mondiale et au choc de la révolution bolchévique.

En tant qu’idéologie d’origine européenne, le sionisme a toujours été influencé par les évolutions politiques de son milieu d’origine, on l’a vu pour les courants libéraux ou de gauche. Il en va de même sur la droite de l’échiquier politique. Plus spécifiquement, l’apparition du parti révisionniste est liée à deux éléments :

- Le rejet du bolchevisme et, au-delà, des idéologies de gauche qui s’imposent en force dans le nouveau Yichouv. Les révisionnistes accuseront longtemps la gauche sioniste d’être constituée de crypto-bolchéviques.

- Le refus de la division d’Eretz Israël, c’est-à-dire la création de l’émirat des hachémites de Transjordanie (actuelle Jordanie).

Dans la Bible, certaines régions à l’Est du Jourdain sont le territoire de tribus d’Israël. Pour les nationalistes intransigeants (d’ailleurs plutôt laïcs à l’époque), c’est donc une terre devant revenir aux Juifs.

Zeev Vladimir Jabotinsky (1880-1940), un leader sioniste né à Odessa (empire tsariste), refuse cette « division ». Il conteste aussi l’acceptation par l’OSM du mandat de la SDN. En effet, le mandat parle d’un « Foyer National Juif » mais pas d’un État indépendant, ce qui est insuffisant pour Jabotinsky. Mais à ce stade de la présence juive en Palestine, l’OSM et l’Agence juive estiment maladroit et prématuré d’aller plus loin. Ainsi, en 1931, le dix-septième congrès sioniste refuse encore de se positionner officiellement en faveur d’un État juif indépendant.

Après l’affaire Simon Petlioura, Jabotinsky démissionne de son poste à la direction de l’OSM au début 1923 et organise une fédération indépendante voulant « réviser » le sionisme. Il réclame une immigration plus large, la constitution d’une « brigade juive » chargée de défendre Eretz Israel et l’autodétermination, c’est-à-dire l’indépendance.

En 1925, il crée formellement l’« Union mondiale des sionistes révisionnistes » ayant son siège à Paris.

Le parti révisionniste va alors se positionner comme le représentant d’une droite nationaliste intransigeante. Le parti révisionniste a une organisation de jeunesse, le Betar, encore plus radicale. Ce dernier reprend certaines formes des mouvements nationalistes : uniforme, culte du chef, entraînement paramilitaire.

Rapidement, la haine domine les relations avec la gauche sioniste, marquées de part et d’autre par une incroyable violence verbale. Ben Gourion surnomme Jabotinsky dans les années 1930 « Vladimir Hitler » et l’accuse d’être un fasciste. De leur côté, les révisionnistes considèrent volontiers les travaillistes du Mapaï (unifié en 1930) comme de dangereux communistes, et les membres du Betar font parfois le coup de poing dans les meetings de gauche.

Abba Ahiméir, un des chefs de la droite révisionniste en 1932.

En pratique, la gauche sioniste est engagée dans un processus de social-démocratisation assez rapide, bien loin du communisme. Le révisionnisme ne va pas de son côté jusqu’au fascisme. On peut cependant constater que chez les travaillistes, une aile gauche anti-capitaliste voire pro-soviétique existe, et que des sympathisants fascistes proclamés opèrent sur l’aile droite du parti révisionniste (Brit Ha’birionim sous l’autorité de Abba Ahiméir). Tout en refusant de les suivre, Jabotinsky refuse aussi de rompre avec eux. En 1933, on voit même Abba Ahiméir approuver certains aspects du nazisme (en particulier « la pulpe anti-marxiste », selon son expression), par anticommunisme. Cette sortie provoque par contre la fureur de Jabotinsky, très inquiet devant la montée du nazisme.

En 1935, les révisionnistes font un pas de plus dans leur critique des institutions sionistes, et décident de quitter l’OSM du fait du refus de celle-ci de revendiquer officiellement un État juif. Au-delà de la divergence idéologique bien réelle, les relations avec la gauche (qui avait pris le contrôle de l’OSM en 1933) étaient devenues tellement mauvaises qu’une collaboration était très difficile.

La prise de pouvoir par les travaillistes (1931-1933)

David Ben Gourion en 1918.

En 1919 est créé l’Achdut Ha’avoda. En 1930, il fusionne avec le Ha’poel Hatzaïr, le grand parti de la gauche non marxiste, pour former le parti travailliste Mapaï (Parti ouvrier d’Eretz Israël).

Cette fusion de la gauche modérée donne un poids politique particulièrement important à la gauche sioniste, qui est maintenant la fraction politique la plus importante au sein de la communauté juive en Palestine.

En 1931, les différents courants sionistes – socialistes (surtout le Mapaï, mais aussi les petits partis de l’extrême-gauche sioniste) gagnent 42 % des suffrages.

En 1933, avec le soutien des libéraux de Haïm Weizmann, les travaillistes prennent le pouvoir au sein de l’OSM.

L’homme clef de l’époque est David Ben Gourion. Il est le leader du Mapaï, le président de l’Agence juive (l’exécutif sioniste en Palestine) et le secrétaire général de la Histadrout (jusqu’en 1935). La Histadrout (Association générale des travailleurs d’Eretz Israël) est bien plus qu’un syndicat. Elle dirige aussi un vaste secteur économique (kibboutzim, moshavim, entreprises coopératives), une importante caisse d’assurance maladie (Kupat Holim), prend en charge les écoles du courant « ouvrier », et intervient dans le domaine socio-culturel (associations sportives, culturelles, édition, journaux).

Le pouvoir de Ben Gourion et de son parti est donc très important au sein du Yichouv et de l’OSM, ce qui lui vaut d’être traité de dictateur par Jabotinsky.

À compter du début des années 1930 et jusqu’en 1977, le parti travailliste sera le parti hégémonique de la vie politique du Yichouv puis d’Israël, restant au pouvoir de façon permanente.

La Grande révolte arabe de 1936-1939.

Un bus juif protégé contre les jets de pierre arabes, pendant la grande révolte 1936-1939.

En 1929 et 1930, il y a eu de nouvelles émeutes arabes contre la colonisation juive (150 Juifs morts, plusieurs dizaines d’Arabes). Elles visent en pratique tous les Juifs, qu’ils appartiennent au nouveau Yichouv ou à l’ancien. C’est ainsi que la vieille communauté juive de Hébron est chassée de sa ville. Ces émeutes sont le signe que la situation se tend de plus en plus. Les Arabes de Palestine ont de plus en plus peur d’être dépossédés de leurs terres. Elles marquent aussi la montée en puissance du mufti de Jérusalem et chef du conseil suprême musulman, Amin al-Husseini, qui se pose de plus en plus comme chef politique et religieux des Palestiniens intransigeants, tant à l’égard du sionisme que de l’occupant britannique.

De 1935 à 1939 se déroule ce qu’on appellera « la Grande Révolte arabe en Palestine ».

En novembre 1935 a commencé, en Galilée, une petite guérilla menée au nom du jihad par un prédicateur musulman, Izz al-Din al-Qassam, rapidement tué par les Britanniques.

Au début de 1936, le Royaume-Uni abandonne, sous la pression sioniste, un projet d’assemblée législative représentant toute la population de Palestine, et dans laquelle les Arabes auraient forcément été majoritaires.

Cet abandon et les événements de Galilée provoquent en avril 1936 une grève générale qui dure six mois et qui s’accompagne d’actions de guérilla contre les forces britanniques, mais aussi de violences contre les civils juifs.

Le Haut Comité Arabe, dirigé par le mufti, est au cœur de la mobilisation arabe. Mais celle-ci, mal organisée, reste cependant peu centralisée. La violence vise les Britanniques (assassinat du gouverneur de Galilée en septembre 1937), les Juifs (415 morts entre 1937 et 1939) et même des Arabes modérés.

Le Royaume-Uni réprime de façon très dure à travers la justice militaire d’exception, l’envoi de 20.000 soldats, les arrestations et les expulsions hors de Palestine. Même des modérés sont touchés, et la société arabe palestinienne sort durablement affaiblie de cette épreuve de force.

La Haganah a soutenu les troupes britanniques, parfois dans une coopération étroite, et sort renforcée des évènements.

Cependant, les Britanniques sont conscients que la solution ne peut-être exclusivement militaire, d’autant que le nationalisme arabe grandit au Moyen-Orient et se sent solidaire des Arabes de Palestine. L’empire britannique a donc un intérêt, et pas seulement pour la Palestine, à trouver une solution acceptable par tous.

Le projet de partage de la Palestine selon la commission Peel

Le gouvernement étudie en 1937 (commission Peel) un projet de partage de la Palestine, qui attribue aux Arabes la majorité du territoire (85 %), mais qui créerait un État juif en Galilée et sur la bande côtière (15 % de la Palestine). De part et d’autre, de grosses réserves surgissent.

David Ben Gourion et Haïm Weizmann (contre bon nombre de leurs partisans) acceptent le plan à regret, considérant qu’un État juif ne peut être refusé, malgré ses limites territoriales. L’OSM, par contre, rejette les frontières proposées, tout en acceptant de discuter d’un plan de partage. Le Parti révisionniste de Jabotinsky, enfin, est totalement hostile au projet.

Les modérés arabes (autour de la puissante famille des Nashashibi et des Transjordaniens) acceptent également avec réticence, mais le projet est rejeté par les partisans du mufti.

Le manque d’enthousiasme de tous fera finalement échouer le projet (novembre 1938). Mais le gouvernement britannique continue à chercher une solution.

Le gouvernement publie alors en mai 1939 un nouveau « livre blanc », qui est un choc pour le mouvement sioniste et qui peut lui faire craindre le succès politique de la grande révolte, alors même que son échec sur le terrain est consommé. Le « livre blanc » prévoit en effet un sévère coup de frein à l’immigration juive et, sous 10 ans, une autodétermination de la Palestine dans son ensemble, ce qui amènera forcément les Juifs à être minoritaires dans l’État arabe. Il s’agit d’un revirement en profondeur de la politique menée depuis 1917 consistant à appuyer le mouvement sioniste pour contrôler cette partie du Moyen-Orient. Manifestement, le gouvernement britannique est arrivé à la conclusion que cette politique crée plus de problèmes qu’elle n’en résout, et il se rapproche ainsi des nationalistes arabes.

La Grande Révolte arabe parvient ainsi à provoquer la rupture entre le sionisme et le pouvoir britannique. Les relations resteront dès lors tendues jusqu’à l’indépendance d’Israël, qui sera obtenue par une politique de confrontation avec l’empire britannique, et non plus par une politique de coopération.

L’apparition de l’Irgoun.

Un logo de l’Irgoun : un fusil brandi devant une carte des territoires revendiqués par l’organisation : les actuels Israël, territoires palestiniens, ainsi que la Jordanie.

Après les émeutes arabes de 1929-1930, un débat est apparu au sein de la Haganah et de sa direction politique (l’Agence juive) : fallait-il rester dans une politique défensive, ou passer à l’offensive en se livrant à des représailles contre les émeutiers, voire contre la population arabe qui les soutenait ?

La position officiellement adoptée est celle du maintien d’une politique de retenue (« Havlagah ») dans l’utilisation de la violence, en refusant en particulier la violence aveugle contre les civils arabes. Un groupe d’activistes, de gauche et de droite, fonde alors la Haganah Beth (la Haganah « B »), en rupture avec les instances officielles du sionisme et la Havlagah.

La Haganah Beth (puis Haganah nationale) n’est pas une organisation de droite, même si les révisionnistes y sont nombreux. Elle aura en pratique une activité assez faible.

Après le déclenchement de la Grande Révolte arabe, certains de membres de l’organisation (y compris le fondateur Avraham Tehomi), plutôt à gauche, décidèrent de rejoindre la Haganah pour former un front commun contre les Arabes.

L’organisation devient alors l’Irgoun Tsvai Leumi (Organisation militaire nationale), parfois appelé IZL ou Etzel. Après le départ des militants de gauche, l’Irgoun est maintenant clairement l’organisation armée du parti révisionniste, même si elle est en pratique quasiment indépendante. Jabotinsky (que les Britanniques ont expulsé de Palestine) est reconnu comme responsable suprême. Mais il n’exerce pas de responsabilités opérationnelles.

L’Irgoun se spécialise dans des opérations de représailles contre les militants arabes, mais aussi de plus en plus contre des civils arabes pris au hasard. Elle utilise en pratique des méthodes similaires à celles des groupes armés arabes, qui ciblent aussi les civils juifs, ce qui lui vaut les critiques des instances officielles du Yichouv et le classement par les Britanniques comme organisation terroriste. On estime qu’environ 200 à 250 civils arabes seront tués dans des opérations de l’Irgoun pendant cette période.

Une des plus grandes campagnes de l’Irgoun est menée en 1938, après l’exécution par les Britanniques d’un membre de l’Irgoun (Ben Yosef).

Jabotinsky ordonne à l’Irgoun « invest heavily » (frappez dur). Le bilan des représailles est lourd :

- 5 Arabes abattus le 4 juillet 1938 dans plusieurs attentats,

- le 6 juillet, 2 bombes placées dans des bidons de lait explosent en plein marché arabe de Haïfa. La foule attaque les Juifs, la police tire : 21 Arabes et 6 Juifs sont tués dans l’attentat et l’émeute.

- Une bombe placée dans la rue tue 2 Arabes à Jérusalem le 6 juillet.

- Une bombe placée dans la rue tue 3 Arabes à Jérusalem le 8 juillet.

- Une bombe placée dans le souk de la vielle ville de Jérusalem tue 10 Arabes le 15 juillet.

- Une bombe placée dans le marché arabe de Haïfa le 25 juillet 1938 fait 45 morts (bilan britannique – l’Irgoun pense que les Britanniques ont réduit le bilan pour calmer la foule arabe. Une enquête interne à l’Irgoun donne 70 morts).

- Le dernier gros attentat de la campagne de 1938 sera commis le 26 août : un tonneau de dynamite explose dans le souk de Jaffa et fait 24 morts.

En terme sécuritaire, on note que la campagne d’attentats de 1938 a augmenté les représailles arabes, et le nombre de Juifs tués pendant cette période augmente spectaculairement : 50 par mois entre juillet et octobre, contre 7 par mois au cours des 9 mois précédents.

Au début de 1939, après des informations sur une révision de la politique palestinienne du Royaume-Uni (confirmée ensuite par le « Livre Blanc »), l’Irgoun relance ses actions. Ainsi sont tués au hasard 27 Arabes dans les rues de Haïfa, Tel-Aviv et Jérusalem, le 27 février 1939, ce qui entraîne les félicitations de Jabotinsky (« votre réponse aux manifestations de victoire des ennemis de l’État juif a produit un effet énorme et positif » – lettre de Jabotinsky à David Ratziel, chef de l’Irgoun – archives Jabotinsky).

Le bilan politique de ces actions semble au final plutôt négatif. L’utilisation de la violence contre les civils arabes est largement condamnée par le Yichouv, et isole la droite nationaliste, l’Irgoun et Jabotinsky.

Fin 1939, la Seconde Guerre mondiale entraîne l’arrêt des actions de l’Irgoun.

La Seconde Guerre mondiale (1939-1945)

La Seconde Guerre mondiale commence en septembre 1939, et se termine avec la défaite de l’Allemagne nazie (en mai 1945) et du Japon (en août 1945).

À compter de 1939 et plus encore de 1941, l’Allemagne nazie s’empare de vastes territoires peuplés de millions de Juifs. À partir de 1941-1942 commence un génocide qui verra la mort de 6 millions de Juifs. La période est donc critique pour le judaïsme mondial, et cette crise vient s’ajouter à celle du sionisme à partir du « Livre Blanc » de 1939.

Le choix du mufti

Rencontre avec Hitler en 1941.

La Grande Révolte arabe avait décapité le mouvement nationaliste arabe en Palestine, et contraint le Mufti à l’exil. Privé de sa base palestinienne, il se cherche des alliés. En 1941, Haj Amin al Husseini signe une alliance avec l’Axe, et plaide pour résoudre le problème des Juifs au Moyen-Orient « selon les méthodes de l’Axe ».

Réfugié en Allemagne nazie, il va lancer des appels (sans grand succès) aux musulmans du Moyen-Orient pour que ceux-ci se rallient à l’Allemagne contre l’occupant britannique.

Mais la majorité de la population arabe palestinienne est sous le choc de la répression, et est également satisfaite du « Livre Blanc » de 1939. Elle ne bouge pas.

Le cessez-le-feu de l’Irgoun (1940)

En 1940, l’Irgoun décide que la situation en Europe est plus grave que celle du « Foyer National Juif », et décide d’arrêter le conflit avec les Britanniques.

L’Irgoun conclut un accord avec les Britanniques pour participer à des actions offensives, en particulier dans le domaine du sabotage, et son chef David Ratziel sera tué au combat en 1941.

Jabotinsky a approuvé l’accord. Il meurt d’une crise cardiaque aux É.-U. le 4 août 1940. Avec lui disparaît le chef charismatique de la droite nationaliste sioniste.

La scission du groupe Stern (1940)

Avraham Stern

Le choix de la direction de l’Irgoun ne fait pas l’unanimité. Avraham ("Yair") Stern le conteste et considère au contraire que la menace de disparition du « Foyer National Juif » au bout de la période de 10 ans prévue par les Britanniques est la plus grave. Il crée avec quelques nationalistes radicaux, comme Yitzhak Shamir, futur premier ministre d’Israël, un scission qu’il appelle d’abord « Irgoun Tsvai Leumi beIsraël », puis « Lohamei Herut Israël » (Combattants pour la liberté d’Israël) ou Lehi.

Les Britanniques l’appellent le « Stern gang » traduit en français par « groupe Stern ». Cette scission se livre à des attentats contre les Britanniques ou des Juifs « collaborateurs » et tente même de prendre contact avec les Allemands, au nom de la différence entre le « persécuteur » (l’Allemagne), préférable à « l’ennemi » (les Britanniques qui empêchent l’État juif). Le Stern est finalement démantelé fin 1941 – début 1942, et entre en sommeil. Les responsables sont morts (Stern) ou en prison (Shamir).

Les choix du Yichouv – collaboration et confrontation

Insigne de la Brigade juive pendant la Seconde Guerre mondiale, recrutée par les britannique au sein du Yichouv.

Le Yichouv dans son ensemble approuve le choix de l’Irgoun et de l’Agence juive de participer à l’effort de guerre contre l’Allemagne nazi. Et ce, tant par solidarité avec les Juifs européens que par peur d’une arrivée des troupes nazies en Palestine en cas de victoire de l’Allemagne. De nombreux Juifs du Yichouv vont donc s’engager dans les troupes britanniques.

Mais dans le même temps, l’inquiétude sur le projet britannique d’un État palestinien à majorité arabe continue à mobiliser fortement les dirigeants sionistes. Ceux-ci regardent de plus en plus vers les États-Unis, et durcissent le ton vis-à-vis des Britanniques. En 1942, lors du congrès sioniste de Biltmore, aux États-Unis, le mouvement sioniste annonce officiellement qu’il revendique un État juif sur l’ensemble de la Palestine. Les Arabes y seraient citoyens, mais minoritaires grâce à une immigration juive de masse.

La résurgence de la lutte armée (1943-1944)

À compter de 1943, les dirigeants emprisonnés du Lehi s’évadent et réorganisent le groupe. Celui-ci regroupe dorénavant diverses factions ultra-nationalistes partisanes de la lutte armée. On y trouve des révisionnistes classiques, une extrême-droite issue des sympathisants nationalistes d’avant-guerre, une gauche radicale pro-soviétique (peu importante) et des « Cananéens », un mouvement qui se revendique d’un nationalisme « hébreu » totalement coupé du judaïsme. Le groupe reprend rapidement ses actions anti-britanniques, mais est largement condamné par le Yichouv.

Le 6 novembre 1944, le Lehi assassine le Ministre-Résident britannique en Égypte, Lord Moyne. Les deux jeunes militants cananéens qui ont commis l’attentat sont condamnés à mort et exécutés par la justice égyptienne.

Menahem Begin

En février 1944, l’Irgoun considère que la guerre est maintenant gagnée par les alliés, et que le problème prioritaire redevient le projet britannique contre le « Foyer National Juif ». Il reprend à son tour les actions armées à l’encontre des Britanniques. L’Irgoun a aussi un nouveau chef depuis 1943 : Menahem Begin, venu de Pologne. Après la mort de Vladimir Jabotinsky en 1940, il s’est imposé progressivement comme le leader naturel de la droite nationaliste.

L’effondrement du mandat international (1945-1947).

Deux sergents britanniques, Clifford Martin et Marvin Paice, capturés par l’Irgoun puis pendus, 1947.

Après la défaite de l’Allemagne nazie, deux questions deviennent prioritaires pour le mouvement sioniste :

- la question des réfugiés juifs d’Europe, survivants du génocide, dont beaucoup veulent partir d’Europe.

- La question de la création d’un État juif en Palestine.

L’exécutif sioniste entre dans l’affrontement avec les Britanniques entre 1945 et 1947. Il utilise aussi la Haganah, mais il privilégie l’action légale (manifestations, grèves), et limite ses actions armées à des sabotages qui se veulent non meurtriers. L’attitude vis-à-vis de ceux qui sont officiellement considérés comme des terroristes évolue entre des moments d’affrontements (« la saison ») et des moments d’alliance. Mais globalement, le caractère sanglant de leurs actions est condamné. Dans le même temps, des contacts politiques se maintiennent.

En 1946-1947, la pression politique s’accroît sur le Royaume-Uni :

- la Palestine juive est ingouvernable, malgré le déploiement de 100 000 soldats britanniques.

- Les Arabes critiquent le Royaume-Uni.

- La politique de restriction de l’immigration clandestine juive mène à l’emprisonnement de milliers de survivants du génocide, ce qui provoque une vague de sympathie dans l’opinion internationale, en particulier aux États-Unis et en France.

- Des troubles antisémites ont lieu au Royaume-Uni en réponse aux nombreux soldats britanniques tués par l’Irgoun et le Stern (Lehi) : il y aura 338 Britanniques tués entre 1944 et 1948.

- L’opinion publique britannique supporte mal, deux ans après la fin de la guerre, de voir 100 000 soldats risquer leur vie loin de chez eux.

En 1947, le Royaume-Uni décide de remettre le mandat qu’il tenait de la SDN aux Nations unies, qui en sont le successeur. Il semble que le gouvernement britannique espérait obtenir un plus grand soutien international pour son rôle en Palestine, mais l’ONU décide de mettre fin au mandat.

Le partage de 1947.

Le plan de partage de l’ONU

L’ONU décide de revenir au projet de la commission Peel de 1937 en partageant la Palestine. Les Juifs se voient attribuer 55 % du territoire (plus que dans le projet Peel). Jérusalem devient une zone internationale. Les Arabes se voient attribuer le solde (un peu plus de 40 % du territoire).

Les Arabes palestiniens ont globalement refusé le partage (il y a des exceptions, en particulier chez les communistes). Les Juifs l’ont globalement accepté (sauf l’Irgoun et le Stern, ceux-ci continuant même à revendiquer la Transjordanie).

Le plan est voté en novembre 1947 grâce à la conjonction entre un soutien attendu des occidentaux et le soutien plus surprenant de l’Union soviétique.

Staline a toujours montré une grande hostilité au sionisme, voire aux Juifs. Mais il estime que ce projet chassera les Britanniques hors de Palestine. De plus, il existe des factions pro-soviétiques au sein de la gauche sioniste qui est à l’époque dominante.

Après le partage, une période de 6 mois s’étend jusqu’au retrait britannique, en mai 1948. Pendant cette période, les Britanniques sont censés maintenir l’ordre, mais ils se cantonnent en fait dans une neutralité passive.

Dès le vote du partage par l’ONU (novembre 1947), des incidents se produisent, qui se transforment vite en guerre civile. Les Arabes attaquent les Juifs. La Haganah se maintient au départ dans une attitude défensive, mais le Stern et l’Irgoun, qui avaient cessé les attaques anti-arabes depuis 1939, reprennent les attentats contre les civils, sans obtenir de résultat politique ou militaire notable.

Violence arabe et violence juive frappent les civils des deux camps.

À compter de fin mars 1948, la Haganah réorganisée passe à l’offensive. En 6 semaines, les irréguliers arabes sont vaincues, les groupes armés juifs prennent le dessus. Des villages arabes commencent à se vider de leur population dans les zones de conflits les plus durs.

Déclaration de l’indépendance d’Israël le 15 mai 1948

Le 15 mai 1948, Israël proclame son indépendance pendant que les derniers Britanniques quittent le pays. Les Arabes palestiniens sont militairement vaincus et ils ne seront plus guère présents sur le devant de la scène politique jusque dans les années 1960.

La période du mandat (1920-1947) – Synthèse.

Cette période a vu la construction du Foyer national juif. L’État indépendant n’existe pas encore, mais une structure autonome qui en a presque tous les attributs s’est constituée.

Au plan démographique, la population juive a explosé, passant de 85 000 personnes en 1919 à 650 000. Mais cette population juive reste à 80 % ashkénaze, et ne représente donc qu’imparfaitement la diversité du Judaïsme mondial. Surtout, cette population ne représente toujours qu’un tiers de la population totale de la Palestine.

Au plan politique, les affrontements entre droite et gauche se sont considérablement tendus, sans cependant atteindre la rupture et la guerre civile. Ils opposent « réalistes » acceptant (sans enthousiasme) un partage territorial et nationalistes intransigeants revendiquant toute la Palestine plus la Transjordanie (actuelle Jordanie).

Wikipédia- Jforum.fr (Source : JForum)

HISTOIRE DES HEBREUX… ET D’ISRAËL – Israël, Terre des Miracles – Palestine, terre des Mirages

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VIDEO YOU TUBE A REGARDER AVANT QU’ELLE NE SOIT SUPPRIMEE : Why Palestinians Want This Video Removed

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ISRAËL, Terre des Miracles

Palestine, terre des Mirages

Qui Nierait l’existence d’Abraham ?

Patriarche Juif qui, en installant son Clan en Canaan, lieu aride et désertique

A brisé les idoles de son père et fondé le Peuple Hébreu, Premier Monothiéste sur cette terre

Grâce à son Alliance avec LUI

Qui Nierait l’existence d’Isaac ?

Patriarche Juif qui, à travers son Sacrifice Interdit, a permis la Leçon D’ivine

Se différenciant des peuplades innombrables qi pratiquaient l’holocauste, l’immolation, le Sacrifice Humain

Grâce à son Alliance avec LUI

Qui Nierait l’existence de Jacob ?

Patriarche Juif, Renommé Israël qui a engendré 12 Fils, 12 Clans, Nos Aïeux

Qui composeront les 12 Tribus d’Israël ? Il y a +++ de 4 000 ans !

Grâce à son Alliance avec LUI

Au cours de ces Pages de l’Histoire, INDENIABLES, car Premières et toujours dupliquées

Où était le Peuple palestiniens ?

qui attesterait de son Existence en ces Temps là ?

L’Histoire : Torah et Archéologues en parlent, beaucoup plus Tard :

un peuple envahisseur, venant de la Mer, appelé Philistin, Occupe et Colonise la Côte Juive de Gaza

Tenant désespérément, durant 150 ans, de – 1 200 à – 1050, de conquérir En Vain le Royaume d’ISRAËL.

Les Rois Saül, David et Salomon étaient de très bons guerriers, Israël était bien protégée, plaise à D’…

Les Attaquants philistins-palestiniens-païens n’ont jamais obtenu une seule conquête en Royaume d’Israël

En ces Temps là, les Hébreux-juif-israélites-israéliens étaient Maîtres, après D’… chez Eux.

Israël et son Sanctuaire Jérusalem, Possessions rêvées de Tous les Peuples Impérialistes de tous temps.

Les Juifs ont supporté tant d’invasions, de dominations, force est de constater qu’ils n’ont pas été effacés !!!

Qui Dit Pire ? Quel Peuple a autant subi ???

200 ans de domination ‘Irakienne’, plaise à D’...    l’Empire Assyrien a Disparu en – 534

200 ans de domination ‘Iranienne’, plaise à D’….   l’Empire Perse       a Disparu en – 330

130 ans de domination ‘grecque’,      plaise à D’…    l’Empire Hellène   a Disparu en – 200

140 ans de domination ‘syrienne’,    plaise à D’…     l’Empire Hitite      a Disparu en  -  63

550 ans de domination ‘romaine’,    plaise à D’…     l’Empire Romain a disparu en + 476

En + 327 le christianisme devient religion d’état avec Constantin. Sous l’Empire Romain chrétien,

Des milliers de Juifs sont forcés à la conversion, exterminés, contraints à l’Exil, la Diaspora dans le Monde.

Pourtant, des Juifs ont survécu sur Leur Terre Annexée par les romains, avec eux vivent des païens mais, Mais ?

Où sont les Palestiniens ? Les Romains Chrétiens, tentent d’effacer la Religion Juive et changent le Nom Israël en Palestine ;;; alors qu’il n’y a ni Peuple, ni roi, ni chef, ni drapeau, ni Histoire Palestinienne…

Après 150 ans de domination byzantine, les arabes païens devenus musulmans grâce à la nouvelle religion de Mahomet en + 610, prennent Jérusalem. Mais où sont les palestiniens ? Ils n’existent toujours pas !!?

De 1 100 à 1 300, les chrétiens d’Occidente, Croisades, tentent de reprendre les Lieux Saints juifs aux musulmans.

L’Empire Ottoman annexe Israël jusqu’en 1922, mais où est le peuple palestinien ?Encore inconnu !!!

Sous la domination Européenne, les Anglais annexent Israël où vivent les Juifs, Chrétiens et Musulmans,

Mais où sont les palestiniens ? Peuple de Mirages, agité comme un épouvantail pendant 2 000 ans par les Chrétiens et les Musulmans pour NIER, Sans Espoir, L’EXISTENCE D’ISRAËL. Peuple du Livre Original.

Les Philistins Envahisseurs de Gaza, il y a 3 000 ans ont échoué, les arabes musulmans usurpent cette hérédité.

Palestine-Miarage pour  une ETERNELLE ISRAËL-REALITEplaise à D’…

Yehoudit Yeroushalmite

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Tout est Ecrit, l’Histoire l’a démontré mais qui l’Etudie ?

Le Juif est le plus vieil assdervi et l’éternel déporté de la Planète terre

 

Sans remonter à Mathusalem, laissez-moi vous raconter ceux qui nous ont brimés, déportés, exilés, martyrisés, humiliés, assujettis, exterminés.

Shoah, mot hébreu signifiant Catastrophe :

s’applique à toute entreprise d’extermination des Juifs (massacre-destruction). Voici une liste non exhaustive des douloureuses ete récurrentes Dominations : shoas, invasions, déportations, disporas, exils, pogroms, massacres, que le peuple juif a éprouvé.

Comptons et pleurons nos morts

- Domination – Shoah Egyptienne : Pharaons = 400 ans, de – 1600 à – 1200, Moïse le Libérateur,

- Invasion des Philistins – Palestiniens                = 150 ans de – 1200 à – 1050, sans aucun résultat.

- Années Bénies, Nous Nous Appartenons  = 300 ans de – 1050 à -  720, les rois : Saül, David et Salomon

Création, de notre  Ville Sainte et construction du temple pour y déposer l’Arche d’Alliance.

- Domination – Shoah Assyrienne : Irakienne = 200 ans de – 720 à – 539

- Domination – Shoah Perse : Iranienne            = 200 ans, de – 539 – - 330

- Domination – Shoah Hellène : Grecque           = 130 ans, – 330 à – 200, la Torah est pillée, traduite en grec. Les Juifs sont encore convertis de force ou tués

- Domination – Shoah Syrienne                               = 140 ans, de – 200 à – 63, révolte des Macchabées, reprise du Temple de Jérusalem

- Domination -Shoah Romaine                                = 550 ans, de – 63 – 476, des "Sectes" juives pratiquent la Guérilla pour la libération : Josué-Jésus, les Juifs sont crucifiés par les Romains, Jules César, Ponce Pilate…

+ 66  : après ds siècles de Domination étrangère,les Juifs proclament leur Indépendance sur Leur Terre.

+ 70 : 2ème destruction du Temple de Jérusalem. Titus assiège Massada et extermine les Juifs résistants.

+ 138 : Hadrien rase Jérusalem, opprime et massacre des Juifs par milliers : Shoah Romaine.

138 à 161 : Les Juifs retrouvent leur liberté de culte sous Antonin le Pieux. Les centres d’Etude de la Torah refleurissent en Galilée.

200 : NOS Lois Orales sont mises par écrit : Michna et Talmud.

Avec Notre Livre, La Torah, nous avons apporté à l’Humanité, le Texte Fondateur, Premier Livre d’Histoire du Monde. Les commentaires de nos Rabbins-Philosophes-Législateuers donnent au Monde Entier l’EDssentiel des Lois Socia

 

 

(En cours… )

(1) Histoire des Hébreux

(voir aussi l’histoire des planètes en images, dans la catégorie "divers")
l’histoire des Hébreux (1) (ou mieux connaître un peuple) agrémentée d’ images vidéo que je me propose de vous offrir dans les semaines qui viennent. C’est une page de culture pour tous, Juifs ou non.
(Certaines vidéos peuvent être longues à charger, veuillez patienter, cela en vaut la peine !)
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HISTOIRE DES HEBREUX

PREUVES DE LA VERACITE DES FAITS RELATES PAR LA BIBLE

L’EXODE ET LA TRAVERSEE DE LA MER ROUGE A PIED SEC A L’EPOQUE DE LA SORTIE D’EGYPTE DU PEUPLE HEBREU http://www.youtube.com/v/r7b17zJIPoM&hl=fr&rel=0&color1=0×006699&color2=0x54abd6"></param><param

Quand le passé rejoint le présent sous nos yeux…

DECOUVERTES ARCHEOLOGIQUES DATANT DU PREMIER TEMPLE DE JERUSALEM

Lors d’une fouille menée par les autorités archéologiques d’Israël, en partenariat avec la Fondation du Mur occidental  et effectuée à 100 mètres au  Nord Ouest du Mont du Temple et du Mur occidental,  de nombreux objets viennent d’être découverts. Ils datent de la fin de l’époque du premier Temple (8ème-6ème siècle avant l’ère commune). Les restes d’une magnifique rue à colonnades datant de la fin de la période romaine (2ème siècle) ont été mis à jour, et figurent sur la carte en mosaïque Madaba,   sous la référence Cardo oriental. A ce niveau le Cardo oriental  est pavé de larges et lourdes pierres de calcaire posées directement au sommet de la roche datant de la période de la fin du Premier Temple. Ainsi la voie romaine renferme au dessous d’elle, les découvertes de la période du 1er Temple et les a protégées de pillages ultérieurs.

C’est la première fois dans l’histoire de la recherche archéologique de Jérusalem qu’il reste des bâtiments de la période du 1er Temple situés si près du Mont du Temple sur les pentes à l’est de la ville haute. Les murs du bâtiment sont conservés sur une hauteur de plus de deux mètres.
Un autre objet impressionnant trouvé durant les fouilles est une représentation de scarabée qui était apparemment incrusté dans une bague. Le sceau représentant un scarabée est arrondi et mesure 1,1cm sur 1,4 cm. La surface du sceau est divisée en trois par de doubles lignes horizontales. Dans la partie supérieure se trouve une frise formée de quatre grenades et dans les deux parties inférieures se trouve le nom du propriétaire du sceau, gravé en ancien hébreu : « [appartenant à] Netanyahu ben Yaush ».

« Netanyahu » est souvent mentionné dans la Bible (Livre de Jérémie et des Chroniques) et « Yaush » apparaît dans les lettres de Lachish. Le nom « Yaush, comme Yoshiyahu » est, d’après le Professeur Shmuel Ahituy,  dérivé de la racine « ysh » qui signifie : il a donné un cadeau (hébreu et araméen). Signalons que cette association de noms "Natanyahu ben Yaush" était inconnue jusqu’à cette découverte ! De nombreux ustensiles en céramique ont également été découverts, dont trois jarres estampillées LMLK. Une inscription en hébreu ancien est conservée et l’on peut lire : [appartenant au] roi d’ Hébron. Ces découvertes, ainsi que de nombreux symboles de fertilité et figurines d’animaux, sont caractéristiques de l’époque du Royaume de Judée, (fin 8ème siècle avant l’ère commune, à la destruction du 1er Temple en - 586). (Extraits d’un article émanant du site "ISRAEL DIPLOMATIC NETWORK" – Ambassade d’Israël en France)

"L’HISTOIRE DE JERUSALEM" VIDEO EXTRAITE DE L’EMISSION TELEVISEE SUR ARTE : "LE DESSOUS DES CARTES" : http://www.dailymotion.com/swf/xojpj&v3=1&colors=background:DDDDDD;glow:FFFFFF;foreground:333333;special:FFC300;&related=0

Voyage d’une dizaine de minutes dans les entrailles du Mont du Temple, vestiges du Temple qui marque une présence juive depuis plus de 2000 ans : http://www.youtube.com/v/M68lFYt3hdA&color1=0×006699&color2=0x54abd6&hl=fr

 

La musique du Temple et le chant du psaume 150 reconstitués :

Documentaires sur les récentes recherches archéologiques – "David et Salomon, rois d’Israël" (1)

"David et Salomon, rois d’Israël" (2)
"David et Salomon, rois d’Israël" (3)
"David et Salomon rois d’Israel" (4)

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L’OPERA NABUCCO DE G. VERDI EVOQUE EN CHANT ET MUSIQUE L’HISTOIRE DE LA DEPORTATION DES HEBREUX A BABYLONE;
Personnages : – Nabucco, roi de Babylone (Baryton)
– Abigaïlle, esclave, présumée fille de Nabucco (Soprano
)
- Ismaël,
neveu du roi des Hébreux, amoureux de Fenena (Ténor)
– Zaccaria, Grand prêtre de Jérusalem (Basse)
– Le Grand prêtre de Babylone (Basse)
– Abdallo, vieil officier au service de Nabucco (Ténor)
– Anna, sœur de Zaccaria (Soprano)
– Fenena, fille de Nabucco (Soprano)
L’action se situe successivement
  • A l’intérieur du temple de Salomon à Jérusalem (supplication des Hébreux vers D.ieu face aux Babyloniens. Le grand prêtre Zaccaria a pris en otage Fenena, la fille de Nabucco, roi de Babylone, la jeune fille pouvant constituer un gage de paix entre son peuple et les Hébreux. Il exhorte son peuple à espérer en l’aide divine)
  • Appartements du palais royal de Babylone (Abigaïl aime Ismaël, qui lui préfère sa soeur, fille légitime de Nabucco)
  • Les jardins suspendus de Babylone (Abigaïlle, assise à côté de la statue d’or de Baal reçoit l’hommage de ses sujets)
  • Les rives de l’Euphrate (Les Hébreux, vaincus et prisonniers, se rappellent avec nostalgie et douleur leur chère patrie perdue. Le grand prêtre Zaccaria les incite à ne pas pleurer et prophétise une sévère punition pour leur ennemi. Il leur dit que le "lion de Judée" vaincra les Assyriens et détruira Babylone.).
  • Appartements du palais royal de Babylone (Nabucco se retrouvant prisonnier s’adresse au D.ieu de Judée, implorant son aide et invoquant son pardon.)

  • A nouveau dans les jardins suspendus de Babylone (Le triste cortège des hébreux conduits au supplice passe. Fenena, qui devait être brûlée, est sauvée par l’arrivée de Nabucco à la t^te te ses troupes, qui ordonne de briser la statue de Baal. Miraculeusement, l’idole tombe d’elle-même. Nabucco redonne la liberté aux Hébreux et ordonne au peuple d’Israël de reconstruire leur Temple pour leur D.ieu grand et fort.)
  •  

(Cette scène se passe à l’intérieur du Temple de Jérusalem)
Zaccarie (Ruggero Raimondi) extrait 1 http://fr.youtube.com/watch?v=C0UqJT-yvWo
Zaccarie (Ruggero Raimondi) extrait 2 http://fr.youtube.com/watch?v=84XyRarhcck
"Va pensiero"  choeur des Hébreux sur les rives de l’Euphrate (Metropolitan Opera House New York)
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Destruction par les Arabes des merveilles, témoins de millénaires de culte juif à cet endroit sous le Mont du Temple, au mépris de toute préservation archéologique (Vidéo Inforlive.tv) Travaux effectués par le Waqf sous le site du Mont du Temple. Comme il l’avait fait en 1999, aucune supervision archéologique n’est mise en place. Une décision qui fait courrir le risque de passer à côté de merveilles archéologiques. Infolive.tv s’est rendu sur le Mont du Temple et a tenté d’y filmer les travaux. Tentative avortée par le Waqf. Paralèllement, c’est un projet de fouille du Mont du Temple mené  par l’agence archéologique israélienne, qui trie et étudie les tonnes de terre déchargées du Mont du Temple vers la Vallée de Quidron en 1999.  

LE PLATEAU DU GOLAN (explications en anglais) : http://fr.youtube.com/watch?v=kZQCLB_gHK4

http://fr.youtube.com/watch?v=YYF_VebnCmQ

TRACES ARCHEOLOGIQUES D’UNE VILLE DANS LE DESERT DU NEGUEV, BEER-SHEVA : http://www.youtube.com/v/TVXvW8EyVPU&rel=0&hl=fr
Sur les traces des Hébreux du grand Eretz Yisrael des temps bibliques, petite incursion en Jordanie
On trouve également la trace des Hébreux en Jordanie, puisqu’à l’époque biblique, où plusieurs tribus juives occupaient alors un grand territoire débordant largement sur ce pays, c’est là que se sont déroulés des pans entiers de leur histoire et non des moindres ! Sur l’autre rive du Jourdain, on trouve notamment le tombeau d’Aharon, le premier Grand Prêtre, frère de Moïse et de Myriam, la prophétesse, le rocher d’où Moïse fit jaillir la source, le Mont Névo ou encore l’antique synagogue de Jerash. Du point de vue de la Halakha (la loi juive), bien que situés à l’extérieur des frontières d’Israël, ces sites font partie d’Eretz Yisrael et de nombreux autres sites témoignent de la présence juive là-bas.
"Jerash, la cité romaine est probablement la mieux conservée au monde avec sa synagogue à la merveilleuse mosaïque, le Mt Nébo, d’où Moïse a contemplé la rive occidentale du Jourdain, Djebel Aaroun, où se trouve le tombeau de son frère Aaron Ha Cohen, la ville de Madaba, où, dans l’église St George, se trouve une mosaïque au sol représentant la plus ancienne carte d’Israël, la rivière Moussa, d’où jaillit la source du rocher que frappa Moché de son bâton ainsi que l’incontournable site Pétra, récemment classé par l’UNESCO qui nous fera méditer sur la vanité des hommes et la crainte de D.ieu.
L’historien Flavius Josèphe a consacré plusieurs pages à un certain Yosef de la famille Touvia à l’époque du Second Temple. Flavius Josèphe mena une carrière fulgurante au service du roi Ptolémée d’Egypte. Il décrit avec force détails le magnifique château qu’il se fait bâtir près d’Aman. Le célèbre historien précise que le nom "Touvia" était gravé sur la pierre. Sur un mur est encore gravée de nos jours, dans la pierre, telle que Flavius Josèphe l’avait décrite, l’inscription "Touvia" en lettres paléohébraïques." (Infolive.tv-interview d’Eliahou Atlan, écrivain et professeur d’histoire)

A LA RECHERCHE DES 10 TRIBUS PERDUES D’ISRAËL
(Quest for the lost tribes) (voir explications de wikipedia) Dix tribus perdues – Wikipédia Vidéos  ici :
TRIBUS PERDUES ET RETROUVEES
(Par Albert Soued – nuitorient)
Lire sur ce site les articles  ici : SAMBATYONQUI SONT LES "PATHANS"
Sur le site "tribusperdues" (un article d’Albert Soued) : LES JUIFS DE KAIFENG Tribus perdues

(à suivre…)

(3) Histoire des Hébreux

 

L’histoire des Hébreux (3) (ou mieux connaître un peuple)

LA FIN DU ROYAUME D’ISRAËL

En 722 avant l’ère commune, le royaume de Samarie a été envahi et détruit par l’Assyrie, qui en a fait une de ses provinces. L’ Assyrie est un ancien empire du nord de la Mésopotamie , dont la capitale fut d’abord la ville d’ Assur , puis en 879 , Kalkhu , et en 745 , Ninive , sur le Tigre . L’Assyrie contrôlait des territoires qui s’étendent sur quatre pays actuels : Syrie , Turquie , Iran et Irak . Le royaume de Juda accepta la suzeraineté assyrienne, et ainsi survécut. Juda ne reprit une pleine indépendance que sous le règne de Josias (de -639 à -609), jusqu’à sa destruction par les Babyloniens et à la déportation de sa population en 586-587 avant l’ère commune. Les populations étrangères auraient été déplacées pour les remplacer sur leur territoire. Ces étrangers auraient créé une religion mélangeant les influences israélite et païennes, donnant ainsi naissance aux Samaritains.
 

Cedecias, roi faible et influençable occupa le trône pendant quelques années. Il envisagea une alliance avec l’Egypte pour se débarrasser du protectorat babylonien, mais en 587 avant l’ère commune, Nabuchodonosor fit sa réapparition devant Jérusalem et en fit le siège. L’approche des armées égyptiennes suspendit quelques temps les opérations. Mais l’armée babylonienne repoussa sans mal les Egyptiens et un an plus tard, le 10 Tevet 3174 (586 avant l’ère commune), le siège reprit. Le 17 Tamouz le roi Cedecias essaya de fuir et fut rattrapé à Jéricho. L’ennemi le força à  assister au massacre de sa famille et de ses courtisans, puis on lui creva les yeux et on l’envoya, enchaîné, à Babylone.Une première brèche fut pratiquée dans la muraille de Jérusalem. L’armée babylonienne, sous la conduite de Nabuzaradan, pénétra dans la Jérusalem, qu’elle mit à sac, détruisit les principaux édifices, démantela les fortifications et mit le feu au Temple, ne laissant que des cendres. C’était le 9 Av 3174 (586 avant l’ère commune).

 

 

Le royaume du sud d’Israël, appelé Juda survécut presque 134 ans à celui du nord, du fait de sa meilleure stabilité et de sa moindre corruption. A l’époque du roi Ezéchias, Jérusalem s’était déjà considérablement développée et la population s’étendait à l’ouest du Mont du Temple. Mais cette partie de la ville se trouvait sans défense, de sorte qu’Ezéchias l’entoura d’un mur. Ce roi développa aussi le réseau d’approvisionnement en eau, qui dépendait de la source de Gui’hon, en dehors de la ville pour remplir un réservoir dans Jérusalem. En 556 avant l’ère commune, l’un des plus grands empereurs d’Assyrie Sargan II acheva d’écraser les tribus de toute la partie nord d’Israël, qui cessa d’exister en tant qu’état juif. Ces hébreux exilés s’assimilèrent si bien qu’ils en oublièrent leurs origines. On les appelle "les 10 tribus perdues". A leur place, on fit venir d’ailleurs des peuples qui mêlaient les influences juives et païennes, ce qui donna naissance aux Samaritains, appelée ainsi parce qu’ils s’établirent à Chomrone (Samarie). C’est un peuple qui eut un long passé d’animosité envers les Juifs et le "bon Samaritain" du "Nouveau Testament" n’est qu’un mythe. En – 547, les Assyriens assiégèrent la ville fortifiée de Jérusalem. Néanmoins la ville résista. Mais les Assyriens étaient sur le point d’emporter la victoire. Le chiffre impressionnant de 185 000 soldats assyriens furent décimés par une épidémie et moururent en une nuit. Mais Menaché, Amon et Josias, qui  succédèrent à  Ezéchias, firent d’importantes réformes religieuses et produisirent le déclin spirituel du peuple.

L’EMPIRE PERSE (L’IRAN D’AUJOURD’HUI)

 

 

Les Perses et les Mèdes envahirent la Babylonie et la vainquirent. Celle-ci fit désormais partie du nouvel Empire de Perse. C’est dans ce contexte qu’eut lieu l’événement qui est fêté par les Juifs du monde entier au printemps appelé POURIM (ou la fête des sorts). En 370 avant l’ère commune, le roi Cyrus promulga un décret qui permettait aux  juifs exilés de retourner dans leur pays. Mais sur environ un million de Juifs vivant alors en Babylonie, seuls 42 000 rentrèrent chez eux. Ezra (qui était Cohen – prêtre – et érudit et qui dirigeait la communauté en Perse à cette époque) se porta à leur aide. C’est lui qui a reconsruit spirituellement son peuple et rétablit la loi de la Torah dans le pays. Les Juifs commencèrent aussitôt à reconstruire Jérusalem en ruine. C’est bien évidemment le Temple qu’ils voulurent rebâtir en premier car il n’est pas de véritable vie juive sans un Temple. C’est vers cette époque qu’eut lieu le miracle de Pourim, (la fête des sorts)* (voir CULTURE JUDAÏSME POURIM (1) ou la fête des sorts et CULTURE JUDAÏSME POURIM (2)) célébrée par les Juifs le 14 Adar, au cours de laquelle on lit le livre d’Esther, qui se trouve dans les Hagiographes (3ème partie de la Bible) et qui fait partie des Ketouvim.

Qui était le roi Cyrus ? http://www.youtube.com/v/_TD76nIqfsE&hl=fr&rel=0&color1=0×006699&color2=0x54abd6"></param><embed
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Le dernier chapitre du T.A.N.A.K.H. (la Bible hébraïque) illustre cette période de l’histoire des Hébreux - Il est composé de 24 livres : Pentateuque, (Genèse, Exode, Lévitique, Nombres, Deutéronome), Premiers Prophètes (Josué, Juges, Samuel I & II, Rois I & II), Derniers Prophètes, (Isaïe, Jérémie, Ezéchiel, Osée, Joël, Amos, Obadia, Jonas, Michée, Nahoum, Abacouc, Sophonie, Agée, Zacharie, Malachie) et les Hagiographes (Les Psaumes de David, les Proverbes de Salomon, Job, le Cantique des Cantiques, Ruth, les Lamentations, l’Ecclésiaste, le livre d’Esther, Daniel, Ezra, Néhémie et les Chroniques I & II). Voici ce 36ème et dernier chapitre : "… actes de piété conformes aux prescriptions de la Loi de l’Eternel… tout cela est consigné dans le livre des rois d’Israël et de Juda. La population du pays choisit Joachaz, fils de Josias, et on le proclama roi à Jérusalem à la place de son père. Joachaz avait 23 ans en montant sur le trône et il régna 3 mois à Jérusalem. Le roi d’Egypte le destitua à Jérusalem et il imposa au pays un tribut de 100 kikkars d’argent et d’un kikkar d’or. Puis le roi d’Egypte conféra la royauté sur Juda et Jérusalem à Elyakim, frère de Joachaz et changea son nom en celui de Joakim. Quant à Joachaz, son frère Nekho l’emmena captif en Egypte.

Joachim avait 25 ans en montant sur le trône (28 ans d’après II Rois XXIX) et il régna 11 ans à Jérusalem. Il fit le mal aux yeux de l’Etetrnel, son D.ieu. Nabuchodonozor, roi de Babylone, marcha contre lui et le fit jeter dans les fers pour l’amener à Babylone, en même temps que les vases précieux du Temple de l’Eternel et il établit son frère Sédécias (l’oncle de Joachim) comme roi de Juda et de Jérusalem. Les autres faits et gestes de Joachim, les abomnations qu’il commit, tout ce qu’on peut relever contre lui, sont consignés dans le livre des rois d’Israël et de Juda. Son fils Joachim régna à sa place.

Sédécias avait 21 ans à son avènement et il régna 11 ans à Jérusalem. Il fit ce qui est mal aux yeux de l’Eternel, son D.ieu, ne s’humilia point devant le prophète Jérémie, qui était l’organe de l’Eternel.De plus, il se révolta contre Nabuchodonozor, qui lui avait fait prêter serment au nom de D.ieu ; il raidit son cou et endurcit son cœur, refusant de revenir à l’Eternel, D.ieu d’Israël. De même, tous les chefs des prêtres et le peuple multiplièrent leurs félonies, en se livrant à toutes les abominations des peuples (païens) et souillèrent la maison de l’Eternel ? sanctifiée par lui à Jérusalem. L’Eternel, D.ieu de leurs pères, les avertissait bien par ses messagers sans cesse et dès la première heure, car il voulait épargner son peuple et le lieu de sa résidence. Mais ils raillaient les messagers de D.ieu, dédaignant ses paroles et tournaient en dérision ses prophètes, jusqu’à ce que le courroux du Seigneur s’accrut contre son peuple de façon irrémédiable. Il fit marcher contre eux le roi des Chaldéens, fit périr leurs jeunes gens par le glaive dans le sanctuaire et n’épargna ni l’adolescent ni la vierge, ni le vieillard ni les chevaux blancs ; tous, Il les abandonna en son pouvoir.

Celui-ci (Nabuccodonosor) transporta à Babylone tous les ustensiles, grands et petits, de la maison de D.ieu, les trésors de la maison du Seigneur, les trésors du roi et de ses seigneurs. On brûla la maison de D.ieu, on démolit le mur de Jérusalem et on en livra aux flammes tous les palais ; tous les objets de prix qu’elle renfermait furent la proie de la destruction. Le roi des Chaldéens déporta à Babylone tous ceux qui avaient échappé au glaive ; ils lui demeurèrent asservis, à lui et à ses fils, jusqu’à l’avènement du roi de Perse, afin que s’accomplit la parole de l’Eternel, annoncéd par Jérémie (à savoir, que l’exil de Babylone durerait 70 ans – Jérémie XXV, 11-12, XXIX, 10° : jusqu’à ce que la terre eût acquitté la dette de son chômage, dans toute cette période de désolation, elle chôma, pour remplir la période de 70 ans.

Dans la 1ère année de Cyrus, roi de Perse, à l’époque où devait s’accomplir la parole de l’Eternel, annoncée par Jérémie, l’Eternel éveilla le bon vouloir de Cyrus, roi de Perse ; et celui-ci fit proclamer, dans tout son royaume, par la voix (des hérauts) et aussi par des missives écrites, ce qui suit : « AINSI PARLE CYRUS, ROI DE PERSE : L’ETERNEL, D.IEU DU CIEL, M’A MIS ENTRE LES MAINS TOUS LES ROYAUMES DE LA TERRE, ET C’EST LUI QUI M’A DONNE MISSION DE LUI BÂTIR UN TEMPLE A JERUSALEM, QUI EST EN JUDEE. S’IL EST PARMI VOUS QUELQU’UN QUI APPARTIENNE A SON PEUPLE, QUE L’ETERNEL, SON D.IEU, SOIT AVEC LUI, POUR QU’IL MONTE… "  (voir le début du livre d’Ezra)

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Les Samaritains, qui n’aimaient pas les Juifs et étaient opposés à leur retour envoyèrent un message au roi de Perse menaçant d’entrer en rebellion. La reconstruction du Temple fut donc suspendue et le chantier fut abandonné pendant 18 ans. A l’époque du 1er Temple, on pouvait percevoir clairement la présence de D.ieu dans Sa maison qu’était Son Temple ainsi que dans tout Jérusalem et 10 miracles permaments avaient lieu, aussi bien au-dedans qu’en ville :
- aucune viande ne se putréfiait pas dans le Temple (où avaient lieu les sacrifices d’animaux de boucherie destinés en dernier lieu à nourrir les prêtres)
- les mouches n’y venaient jamais
- le Grand Prêtre n’était jamais impur le jour de Yom Kippour (jour du Pardon)
- la pluie n’éteignait jamais le feu divin (foyer des sacrifices où l’on faisait cuire la viande, à l’extérieur)
- les 12 pains entreposés en permanence dans le Temple restaient toujours chauds et frais, même au bout du 7e jour, où il était renouvelé.(Ces pains représentaient les 12 tribus d’Israël et étaient offerts à D.ieu chaque semaine)
- le vent ne déviait jamais la colonne de fumée de l’autel
- bien que dans le Temple les fidèles étaient si nombreux qu’ils devaient se tenir serrés, quand il fallait se prosterner, chacun avait suffisamment de place
- à Jérusalem, aucune femme ne fit jamais de fausse couche durant cette période
- dans cette ville, aucun scorpion ni serpent n’a jamais piqué qui que ce soit et personne ne disait à son prochain : "Je n’ai pas d’endroit où loger cette nuit à Jérusalem."

L’EMPIRE GREC ET ISRAËL
Arrivé dès l’âge de 20 ans au pouvoir en Grèce, Alexandre le Grand, le plus grand génie militaire de tous les temps fit une carrière fulgurante et conquit tout le bassin méditerranéen en quelques années. Après s’être emparé de la plus grande partie du monde connu de l’époque, il conquit la Perse en 312 avant l’ère commune et occupa également Israël. Le Talmud raconte qu’à son arrivée à Jérusalem, Alexandre, incité par les Samaritains ennemis des Juifs fut empêché de détruire le Temple grâce à une entrevue qu’il eut avec un grand Sage appelé Chim’on ha Tsadik, qui l’émut jusqu’au coeur et devant lequel il se prosterna.
Cependant, après la mort d’Alexandre le Grand, l’empire grec fut divisé en 3 parties :
- la Grèce séleucide (ou assyrienne)
- la Grèce ptoléméenne (ou égyptienne)
- la Macédoine (ou Grèce)
Israël commença par tomber sous l’autorité plutôt bienveillante des Ptolémées d’Egypte. Mais tout changea quand, en 198 avant l’ère commune, les Séleucides d’Assyrie vainquirent les Ptolémées. Antiochus Epiphane, leur nouveau roi, soumis à toutes sortes de pressions, constata que le maillon faible dans ses défenses était Israël, pays entouré par l’Egypte d’un côté et la Méditerranée de l’autre, d’où les Romains pouvaient débarquer facilement… Déconcertés par les Juifs, les Grecs se heurtèrent d’emblée à leur religion monothéiste, totalement incompréhensible pour un esprit grec de l’époque habitué à de multiples dieux et à un art de vivre totalement à l’opposé du leur. Après quelques années d’observation et de tolérance, les Grecs passèrent à l’hellénisation forcée des Juifs.
Antiochus prit le pouvoir à Jérusalem et destitua le Grand Prêtre du Temple. Il installa à sa place son propre prêtre et essaya d’abolir le calendrier juif. Il fit interdire d’observer les lois juives, y compris la circoncision et brûla publiquement les rouleaux de la Torah. Les femmes qui faisaient circoncire leurs fils étaient tuées avec leurs bébés attachés autour de leurs cous, les érudits d’Israël étaient mis à mort, des autels à Zeus et autres divinités grecques furent dressées dans les villages et les Juifs étaient forcés de participer aux cultes païens. Mais une partie du peuple avait commencé à s’helleniser et celle-ci fut  utilisée par les Grecs pour essayer de convertir les autres Juifs, restés fidèles à la Torah, à leurs dieux païens. Flavius Josèphe, dans "Contra Apion" raconte : "Les Pharisiens (qui sont considérés comme plus adroits dans l’exacte explication de leurs lois et dont l’école a une influence prépondérante) attribuent tout au destin et à D.ieu, tout en considérant que c’est surtout à l’homme qu’il revient de choisir de faire le bien et le mal. Ils disent que toutes les âmes sont immortelles, mais que celles des justes transitent par d’autres corps tandis que celles des impies sont soumises à une punition  éternelle. Les Saducéens, en revanche, excluent entièrement le destin et dconsidèrent que D.ieu n’est pas concerné par ce que nous faisons en bien ou en mal. Ils disent que faire le bien ou le mal est un choix personnel de l’homme et qu’il appartient à chacun de choisir entre l’un ou l’autre selon son bon gré. Ils excluent aussi la croyance dans l’immortalité de l’âme et les punitions et les récompenses dans l’au-delà. De plus, les Pharisiens se comportent courtoisement les uns envers les autres et ils cultivent des relations harmonieuses avec la collectivité. Le comportement des sadducéens, au contraire, est celui de rustres et leur conversation avec les membres de leur propre secte est barbare comme s’ils leur étaient des étrangers." On voit donc ici que les Sadducéens furent influencés par la pensée grecque et nous trouvons là l’explication de la corruption des grands prêtres et du service du Temple. Ceux-ci formaient la classe supérieure et donnèrent l’exemple au peuple.
L’histoire des "Maccabées" (des Producteurs Associés, Rome) qui date de 1963 en 10 épisodes ici : (en anglais)

LA REVOLTE DES MACCABEES


Les Maccadbées étaient une famille qui ne supportaient pas de voir leur peuple persécutés par les Grecs, qui voulaient étouffer leur religion pour la supplanter par leurs croyances et imposer aux Juifs leur mode propre mode de vie. Le dirigeant de la ville, un certain Mattathias, est Cohen (prêtre) et quand les troupes grecques font irruption à Modi’in (localité à l’ouest de Jérusalem) exigent que les Juifs sacrifient un porc aux dieux grecs, il refuse. Un Juif hellenisé est prêt à le faire à sa place et Mattathias le poignarde et tue l’homme envoyé officiellement par les Grecs. Se retournant vers la foule, il annonce alors : "Suivez-moi, vous tous qui êtes pour la loi de D.ieu et êtes fidèles à l’alliance!" Mattathias avait 5 fils : Yehouda, Eleazar, Yo’hanan, Yonathan et Chim’on. Tous se cachent dans les collines avec ceux qui les avaient suivis et on organise une guérilla armée que conduit le fils aîné de Mattathias, Yehouda, surnommé "Maccabée", qui, en hébreu signifie "marteau". Mais ce mot "makabi" (Maccabée) est également un signe qui correspond à la phrase "Qui est comme Toi parmi les forts, D.ieu), qui deviendra la cri de guerre du peuple juif.
Cette révolte, qui commença vers l’an 167 avant l’ère commune constitua un précédent dans l’histoire humaine. Ainsi quelque 12 000 hommes tiendront tête pendant des années à des régiments grecs de près de 40 000 soldats ! Les troupes grecques étaient composées de militaires professionnels très bien équipés et entraînés. Les régiments se déplaçaient à dos d’éléphants, les tanks de guerre de l’Antiquité. Quant aux Juifs, ils étaient pauvrement équipés et compensaient leur petit nombre par l’ardeur et la ferveur. Cette lutte dura 25 ans. C’est à cette période qu’eut lieu le miracle de ‘Hanouka (inauguration). Les Juifs arrivèrent, après 3 ans, à reconquérir Jérusalem. Mais ils trouvèrent le Temple souillé et transformé en sanctuaire païen. Ils voulurent nettoyer le Temple, le réhabiliter et rallumer la menorah (chandelier à 7 branches du Temple) qui, auparavant, brûlait jour et nuit sans discontinuer, mais ne trouvèrent qu’une seule fiole d’huile d’olive pure. Or cette infime quantité d’huile, qui n’était sensée ne brûler qu’un seul jour brûla miraculeusement pendant 8 jours, le temps nécessaire pour fabriquer de l’huile qui puisse être utilisée au Temple. Chaque année les Juifs commémorent ce miracle le 25 Kislev, (qui tombe généralement au mois de décembre). Ce n’est qu’en 142 avant l’ère commune que Démétrios mit fin aux hostilités par un traité de paix avec Chim’on, dernier survivants des fils de Mattathias.

LA DYNASTIE DES HASMONEENS


Le règne de Jean Hyrcan 1er, dit Hyurcanus, de 134 à 104 avant l’ère commune - second fils de Chim’on et neveu de Juda Maccabée – laisse apparaître l’influence grandissante occupée par la culture grecque : Les Hasmonéens avaient commencé à s’helléniser en grand nombre, alors que leurs ancêtres avaient sacrifié leurs vies pour rejeter cette culture. Parmi les nombreuses et graves erreurs de ce dirigeant, il convertit de force les peuples nouvellement vaincus au judaïsme et notamment les Iduméens en vue d’étendre les frontières d’Israël et cette erreur coûtera très cher aux Juifs. Jamais auparavant ni par la suite pareille chose ne se reproduira, (les Juifs ayant plutôt tendance à décourager ceux qui veulent se convertir). Il était grand-prêtre de Jérusalem et ethnarque (chef civil d’une communauté juive). Sous son règne, la Judée retrouve son indépendance et s’agrandit. Il conquiert Sichem et détruit, vers 108 avant l’ère commune, le Temple samaritain construit sur le Mt Garizim, puis la ville grecque de Samarie. Il détruisit la ville et effaça toute trace de l’existence d’une ville fortifiée sur la colline. L’une des familles iduméennes ainsi convertie de force par Jean Hyrcan a occupé plus tard une place importante dans la vie publique lorsque les Romains ont envahi le pays. (L’un de ses descendants était Hérode, qui fut couronné roi des Juifs (d’ailleurs schizophrène et qui n’avait de Juif que le nom), a fait assassiner le grand prêtre et 45 membres de la Cour Suprême juive ainsi que la plus grande partie de sa propre famille. Il avait entrepris un programme de constructions incluant la ville de Césarée, la forteresse de Massada et une réédification totale du Temple "à sa façon".)
Le souverain suivant, fils de Jean Hyrcan s’appelait Alexandre Jannée. Il était lui aussi hellénisé, mais aussi totalement dévoyé et était lié aux Sadducéens, qui observaient uniquement la Torah écrite et se fiaient à leurs propres interprétations contre les Pharisiens, juifs du courant dominant. Parmi ceux d’entre eux qui s’opposèrent à lui, 800 furent exécutés après les avoir obligés à assister aux tortures de leur famille, pendant qu’un festin à la mode grecque était organisé. Mais les 2 derniers rois Hasmonéens hellénisés étaient frères : Hyrcan et Aristobule, ce dernier étant le père du roi Hérode.* Engagés dans une lutte fratricide ayant pour enjeu le trône royal, les deux hommes, moralement corrompus et assoiffés de pouvoir demandèrent aux autorités romaines de trancher leur litige. Le général romain Pompée répondit favorablement à cette demande et ramena ses troupes en Israël. Cela marqua la fin de second Etat d’Israël.

LA DOMINATION ROMAINE
Partis en guerre pour étendre son empire, épisode connu sous le nom de "guerres puniques", Rome avait réussi à remporter la victoire et devint la puissance dominante en Méditerranée, écrasant les Grecs qui avaient fait la même chose auparavant Mais contrairement aux Grecs, les romains étaient un peuple plus conservateur que les Grecs, travailleur et très bien organisé, il fut un grand bâtisseur. Nous connaissons tous le patrimoine romain, les nombreuses constructions qu’il a laissées (routes, aqueducs, fortifications dont de nombreux vestiges subsistent encore aujourd’hui, mais aussi leur système juridique, son aptitude à s’administrer, à lever l’impôt, etc… Mais ce peuple excellait dans l’art de la guerre. Contrairement aux Grecs, ils ne mobilisaient pas les citoyens mais formaient des militaires de carrière payés pour se battre. La fameuse stratégie romaine avec une armée formée en légions donnait aux romains une grande mobilité sur le champ de bataille, car elles pouvaient être divisées, selon les besoins, en plus petites unités appelées "cohortes", composées chacune d’une centaine d’hommes fit maintes fois ses preuves dans l’Antiquité, système guerrier jamais égalé dans l’histoire humaine. C’est ce qui leur permit d’écraser les Grecs, beaucoup moins bien organisés et surtout moins mobiles. La civilisation romaine fut une civilisation également sophistiquée, mais aussi extrêmement brutale. L’historien Flavius Josèphe, grâce auquel nous avons tant appris sur cette période de l’histoire a expliqué dans les détails ce qui se produisit ensuite et quel fut le comportement des Romains vis à vis d’Israël. "Les Romains sont arrivés, ils ont massacré beaucoup de Juifs et ont fait de Hyrcan, le plus faible des 2 frères, un souverain à leur solde".

L’indépendance juive était arrivée à son terme. Commença alors l’une des périodes les plus sombres de son histoire. L’autorité du Sanhédrin fut abolie par un décret 6 ans après la conquête de Pompée et Israël devint la province romaine de Judée. On confisqua beaucoup de terre, qui furent distribuées aux soldats de Pompée en récompense de leur bravoure. Gaza, Jaffa, Ashdod et bien d’autres ville juives firent ainsi désormais partie de l’Empire romain. Mais malgré son titre de "roi", Hyrcan ne garda que Jérusalem et quelques faubourgs au nord et au sud de la ville. Antipater, général Iduméen constituait la véritable force derrière Hyrcan et s’ingénia à placer les membres de sa famille à des postes clés. Puis ce fut le règne de Hérode le Grand, l’un des personnages les plus importants dans l’histoire juive. Bien que pervers, il est resté un personnage qui permet de mieux comprendre cette période de domination des Juifs par les Romains. L’union du pouvoir temporel associé au culte des idoles leur permettait d’exercer un contrôle à la fois sur l’existence physique et spirituelle de leurs sujets, politique à la fois judicieuse et tolérante qui avait toutefois une contrepartie : un impôt exceptionnel : le fiscus judaïcus.

Tous les grands axes commerciaux traversaient alors la Judée, point de passage obligé pour le commerce de l’encens qui venait du Yémen via la péninsule arabique vers la Méditerranée. La Judée bénéficiait d’une des agricultures les plus fertiles du Moyen-Orient et était très réputée pour son huile d’olive, utilisée à la fois pour l’alimentation et pour l’éclairage, pour ses dattes, édulcorant de l’époque dans cette région et pour son vin. Hérode en tira un énorme profit qui finança de gigantesques constructions, que sont les forteresses de Massada, (qui possédait tout le confort avec un système d’adduction d’eau qui irriguait des jardins aménagés pour la culture de produits agricoles de première nécessité), Antonia et Hérodium, la ville portuaire de Césarée, (alors centre de négoce et capitale administrative de la Judée romaine devenue symbole du paganisme pour les Juifs), l’immense édifice sitié au-dessus de la Caverne des Patriarches à Hébron, les fortifications autour de la ville de Jérusalem, les 3 tours qui sont à l’entrée de la ville – dont les restes sont appelés "Tour de David", etc…


(à suivre…)
(sources : Wikipedia, Wikipedia judaïca et pwg.gsfc.nasa.gov, Modia, Lamed, Université de Marianpolis, Ministère des Affaires Etrangères d’Israël, Alephbeth - Rhedae magazine - T.A.N.A.K.H.)

(2)Histoire des Hébreux

(voir aussi l’histoire des planètes en images, dans la catégorie "divers")
l’histoire des Hébreux (2) (ou mieux connaître un peuple) mis en pageset agrémentée d’ images vidéo que je me propose de vous offrir dans les semaines qui viennent. C’est une page de culture pour tous, Juifs ou non.
(Certaines vidéos peuvent être longues à charger, veuillez patienter, cela en vaut la peine !) 
"Notre terre" : http://www.youtube.com/v/P2IDtu-6YC4(beyulee)
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HISTOIRE DES HEBREUX

SITUATION GEOGRAPHIQUE ET CLIMAT DU PAYS DES HEBREUX (ISRAËL)


Israël est un pays du Proche-Orient situé sur la côte orientale de la Méditerranée. A l’ouest, Israël est bordé par la Mer Méditerranée. Au sud, il dispose d’un étroit débouché sur la Mer Rouge, dans le Golfe d’Aqaba. Il a des frontières communes avec le Liban au nord, la Syrie au nord est, la Jordanie à l’est, et l’Egypte au sud est. On distingue quatre régions naturelles : – une chaîne de montagnes calcaires qui s’étend du nord au sud, et culmine au Mont Meron (1.208 mètres), – à l’est de cette chaîne, un fossé d’effondrement, le Ghor, où coule le Jourdain et au fond duquel on trouve la Mer Morte, à 400 mètres au dessous du niveau de la mer, – à l’ouest, une zone de plaines côtières, – au sud, le désert du Néguev, qui occupe plus de la moitié du pays. Seul fleuve important de la région, le Jourdain, qui termine son cours dans la Mer Morte, a fait l’objet d’important travaux d’aménagement en vue de permettre l’irrigation des régions traversées.

La végétation est de type méditerranéen dans la moitié nord du pays, désertique dans le sud. Les Territoires palestiniens, imbriqués dans l’Etat d’Israël, se composent de la Cisjordanie, de la bande de Gaza et de Jérusalem-Est. (La bande de Gaza, 378 km2, s’étend sur une longueur de 45 km et une largeur de 5 à 12 km, appartient entièrement à la plaine côtière méditerranéenne. Elle a une frontière commune, au sud, avec l’Egypte.) La Cisjordanie, 5879 km2, s’étage d’une altitude inférieure au niveau de la mer dans la vallée du Jourdain jusqu’à 1012 m dans les Monts de Judée, où se trouve Jérusalem. Ces monts se composent d’une mosaïque de collines rocheuses et de vallées fertiles couvertes d’oliveraies et de terrasses anciennement aménagées. Elle a une frontière commune, à l’est, avec la Jordanie.

Les conditions climatiques varient du nord au sud. Au nord, le climat est tempéré, très ensoleillé, avec deux saisons bien marquées, la période des pluies allant d’octobre à avril, le reste de l’année étant exempt de précipitations. Le climat des zones côtières est méditerranéen, (les régions de Tel Aviv et Haïfa ont un climat typiquement méditerranéen avec des hivers doux et pluvieux et des été chauds et secs).  Les sommets des régions montagneuses sont souvent enneigés l’hiver. Le sud connaît un climat subtropical aride. Quant à Jérusalem, elle peut aussi connaître des épisodes de neige certaines années.

LA LANGUE ORIGINELLE DES HEBREUX ET SES SOURCES

Le mot hébreu se dit « ivrit ». Cette langue appartient à la branche de la famille sémitique, apparentée à l’arabe et aux langues araméennes et compte plus de 8 millions de locuteurs en Israël (l’une des langues officielles) et en diaspora.

Rachi* sur la Genèse (2, 23) explique que le monde a été crée avec les lettres de la langue "sainte" : l’hébreu de la Torah. Dans la Bible « Noé (11, 1) » où le verset évoque la situation à la veille de la tour de Babel et utilise l’expression de "langue unique", Rachi écrit que la langue sainte en question était parlée sur toute la terre. Le « Torah Temima » cite le « Yeroushlami Meguila I, 9 » au sujet de l’expression de "langue unique". Deux maîtres se sont exprimés sur ce sujet : "Rabbi Eliezer et rabbi Yoh’anan : l’un dit qu’ils employaient 70 langues, c’est à dire que chaque peuple avait sa langue unique et donc spécifique, l’autre dit qu’ils parlaient le langage de Celui qui est unique, c’est à dire la langue sainte".

La Torah Temima explique que si les commentateurs affirment que jusqu’à la Tour de Babel, les peuples parlaient tous en hébreu, ce n’est que par la suite, lorsqu’il y a eu un bouleversement des langues, qu’ils commencèrent à pratiquer les soixante-dix langues… Il est impossible de dire que jusqu’à cette époque, la seule et unique langue était l’hébreu car il est explicitement écrit (ibid. 10, 20) : "Ceux-ci sont les enfants de Chem selon leurs familles et leurs langues." Ils avaient donc chacun une langue spécifique. Il semble que l’explication soit que, jusqu’à la dispersion de la Tour de Babel, bien que l’hébreu fut le langage commun à toutes les populations, coexistaient néanmoins des langues spécifiques et bien fixées pour chaque peuple.

* Rachi est l’acrostiche de Salomon ben Isaac (Rabbi Chlomo ben Yts’hak). Sage et commentateur très renommé du 11e siècle doté d’une mémoire prodigieuse dès l’enfance et considéré comme un maître de la Torah à 20 ans. Originaire de la ville de Troyes, il est connu pour ses commentaire des textes de la Torah écrite (la Bible juive, qui comprend les 5 livres du Pentateuque, les livres des Prophètes et des Hagiographes et le Talmud dans la tradition orale).


LE CONCEPT HEBREU DU TEMPS

Le temps juif commence toujours à la tombée de la nuit. Quant au calendrier hébreu, institué par Hillel II, (plus connu sous le nom de Hillel, Sage du Sanhedrin – tribunal rabbinique - de l’époque biblique) il est luni-solaire. Il est composé d’années solaires, de mois lunaires et de semaines de 7 jours commençant le dimanche. Les jours n’ont pas de nom car toute la semaine se réfère au Chabbat (temps de repos absolu réservé à la prière, à l’étude de la Torah, au chant à la synagogue et à la maison autour des 3 repas.) Pour être en conformité avec la Genèse, selon laquelle les ténèbres ont précédé la venue de la lumière, le jour du Chabbat commence le vendredi soir à la tombée de la nuit et se termine le samedi à la tombée de la nuit.) A l’instar du Chabbat, tous les jours de la semaine commencent à la tombée de la nuit. On nomme dont dimanche 1er jour (après le Chabbat), le lundi étant le 2e jour (après le Chabbat), etc…

Chaque nouveau mois dépend de la rotation de la lune. Le calendrier alterne donc ses 12 mois sur 29 ou 30 jours. Une année lunaire de 12 mois fait 354,36 jours. La lune met plus de 27 jours pour tourner autour de nous, mis pendant ce temps, le soleil décale également sa position dans l’espace. il fait un tour complet en un an. Ainsi la lune a besoin d’environ 2 jours supplémentaires pour rattraper le soleil et il faut 29 jours, 12 heures, 44 minutes et une fraction de seconde d’une nouvelle lune à la suivante. Une année faisant 365,25 jours, on perd 365,25 – 354,36 = 10,89 jours par an. Il fallait donc trouver un moyen de rattraper les jours perdus. C’est pourquoi une année hébraïque peut comporter soit 12 mois, soit 13 mois (lunaisons), grâce au cycle métonique. Si l’on reste avec ce système de 29,53 jours, toutes les 19 années, on perd 7 mois. Le calendrier hébreu répartit donc ces mois sur le cycle de Gamaliel  l’Ancien en composant des années de 12 mois ou de 13 mois. L’année est dite commune quand elle compte 12 mois et embolismique quand elle en compte 13. Cette année est l’an 5768 du calendrier hébreu. Le calendrier hébreu prend pour point de départ la naissance du premier homme, Adam, le premier homme, qui est donc né à l’an I du calendrier hébraïque.

Le calendrier hébraïque, science remarquable et ancestrale, est extrêmement précis. Depuis la période de l’exode d’Egypte – depuis 3500 ans – il n’a glissé que d’environ 2 semaines !) Selon la Bible, l’exode a eu lieu à l’équinoxe du printemps, autour du 21 mars et de nos jours la Pâque juive est environ 2 semaines plus tard. Selon ce calendrier réglé sur le soleil et la lune on ne peut plus rien modifier, sauf attendre mille ans et sauter alors un mois entier ! Quant aux noms des mois du calendrier hébraïque, ils sont babyloniens, de la patrie d’Abraham. On les nomme ainsi : Adar, Nissane, Iyar, Sivane, Tamouz, Av, Eloul, Tishri, ‘Hechvane, Kislev, Tevet et Shevat.


LES HEBREUX, PIONNIERS DU MONOTHEISME

On n’insistera jamais assez sur l’importance du rôle des Hébreux dans la culture occidentale, qui ont joué un rôle essentiel. Ils ont défini un monothéisme qui deviendra l’une des principales caractéristiques de la culture occidentale. Par ce monothéisme, ils arrivèrent à définir plus avant la nature de D.ieu, ce qui n’avait pas encore été fait auparavant. Celle d’un D.ieu tout-puissant, créateur de toutes choses passées, présentes et futures, D.ieu de justice, d’amour, protecteur de son peuple et de tous ceux qui acceptent de le connaître, mais aussi capable de punir ceux qui ne se tiennent pas dans le droit chemin. Ils forgèrent ainsi la première religion monothéiste en Occident. Dès les premiers livres de la Bible, les "Enfants d’Israël" sont à la fois présentés comme un groupe religieux (pratiquant le culte du D.ieu Un) et comme un peuple, le "peuple d’Israël", que D.ieu appelle "Mon peuple". Le rôle des Patriarches, Matriarches et des Prophètes fut fondamental. Ils définirent les conditions d’éthique qui devaient régir les individus dans leurs relations réciproques. Deux ou trois points importants à souligner dans ce qui deviendra plus tard le judaïsme : les humains sont à l’image de D.ieu. Adorer D.ieu et offenser les humains est inconcevable. De même que D.ieu traite les humains avec justice et amour, ainsi les humains doivent-ils se traiter les uns les autres et tous, même les plus humbles, méritent considération. Justice et charité envers tous sont leurs mots d’ordre, (concepts repris par différentes religions monothéistes postérieures).

DEBUT DE L’EPOQUE BIBLIQUE

La terre d’Israël a été peuplée dès le Mésolithique et le Néolithique. Le Natoufien (la plus ancienne civilisation connue au Moyen-Orient a duré environ 4000 ans (de 12000 à 8000 avant l’ère commune. C’est dans la région de Jéricho qu’ont été découverts les plus anciens vestiges de vie urbaine. L’histoire de ce pays commence au début de l’âge de bronze (vers 3000 ans avant l’ère commune) selon les sources égyptiennes confirmées par les fouilles de l’époque moderne. Cette terre a fait l’objet de multiples invasions depuis cette date. L’idée que les Hébreux, puis les Juifs sont un peuple, le « peuple d’Israël », apparaît dès les premiers livres de la Bible et a continué à être affirmée au cours des siècles. L’idée de « royaume d’Israël », qui date de la Bible, a varié avec le temps. Lakish, importante place forte de l’ancienne Judée, fut occupée en 3200 avant l’ère commune. De Chem, (fils de Noé qui était né 10 générations après Adam) vient le mot "sémite". Il vécut 600 ans (de 1558 à 2158 du calendrier hébraïque).

Après l’épisode du déluge, dix générations après Chem, fils de Noé, apparaît Abraham, le premier Hébreu et ancêtre des deux peuples monothéistes du judaïsme et de l’islam vécut de 2248 à 2123 du calendrier hébraïque, soit environ 2000 ans avant l’ère commune. Des documents exhumés en Mésopotamie qui datent d’environ 2000 à 1500 avant l’ère commune confirment la description de la vie de ce peuple à cette époque, que l’on retrouve dans la Bible.Sa famille, comme tout son peuple, avait été déportée avant sa naissance à Our en Chaldée (l’actuelle Irak). A cette époque Our était la capitale d’un puissant empire s’étentant du golfe Persique à l’Assyrie et des canaux d’irrigation rendaient alors la région verte et fertile. Celle-ci était recouverte de champs de blé et de palmiers chargés de fruits.Comme le dit la Genèse, Abraham, le premier Patriarche hébreu reçut, à l’âge de 75 ans,  l’injonction de D.ieu de "quitter la maison de son père et d’aller vers le pays que D.ieu lui indiquerait." Il enseigna pendant plusieurs années, avec sa femme Sarah, la première Matriarche, à ceux qui l’avaient suivi, la connaissance du D.ieu Un.Entre les 17e et 16e siècles, la forteresse était aux mains des « Hyksos » (maîtres du pays), une armée de Sémites et de Hourrites qui domina quelques temps l’Egypte avant d’être soumise par les pharaons. Construite au 19e siècle avant l’ère commune, Haçor était une autre cité très importante. Josué se rendra maître de ces deux cités comme de Jéricho au moment de la conquête de la Terre d’Israël par les Hébreux.

Vers 1468 avant l’ère commune (d’autres sources donnent 1479) le pharaon Thoutmosis III, après s’être débarrassé des Hyksos, s’empara d’Israël grâce à la victoire qu’il remporta à Megiddo. Place forte depuis le 3ème siècle, Megiddo était un importante place stratégique et verrou sur la route qui reliait l’Afrique à l’Asie. Les pharaons firent grand cas de la conquête de Megiddo et les Egyptiens restèrent maîtres du pays pendant plus d’un siècle. Au 14e siècle avant l’ère commune il en furent chassés par les Hébreux de Mésopotamie, les Amorrites du Liban et les Hitites d’Anatolie. Les pharaons de la 19e dynastie (1304-1181) tentèrent de reconquérir le pays, mais entre -1200 et -1000, les Philistins, qui combatirent toujours les Hébreux, s’établirent dans la plaine maritime du sud du pays, (l’actuelle bande de Gaza, où les Juifs ont aujourd’hui maille à partir avec leurs remplaçants que sont les Palestiniens !) Ce nom de Palestine fut d’ailleurs donné par les Romains à cette partie d’Israël pour humilier les Hébreux et leur rappeler leurs ennemis; alors déjà disparus.

Moïse est né pendant la période qui correspond à l’an 1300 avant l’ère commune et vécut 120 ans. Il était le fils d’Amram et de Yokheved. Ils eurent un fils, Aaron, (le premier grand-prêtre "Cohen Gadol", ancêtre des Juifs  portant le nom de Cohen aujourd’hui, ordonné par D.ieu Lui-même) et une fille, Myriam – la prophétesse. Les Hébreux étaint alors esclaves des Egyptiens, ceux-ci avaient décrété la mort de tous les enfants Hébreux mâles. Le peuple hébreu était donc condamné à disparaître à court terme. C’est là que Myriam, encore une jeune enfant, intervient. Elle influence les Hébreux en réussissant à réunir à nouveau ses parents (qui, comme beaucoup, s’étaient séparés la mort dans l’âme pour ne plus avoir d’enfants), entraînant ainsi tous les Hébreux à en faire autant. C’est ainsi que naquit Moïse et que perdura le peuple hébreu. Tout le monde connaît la suite de l’histoire : Moïse fut déposé sur le Nil afin d’être sauvé et recueilli par la fille du pharaon, qui l’adopta et l’éleva. Revenu plus tard à son peuple, Moïse, guidé et aidé par D.ieu, fit sortir les Hébreux d’Egypte (épisode de la traversée du désert, les Dix Plaies d’Egypte, l’ouverture de la Mer Rouge, don de la Torah au Mont Sinaï).

Les Dix Paroles de D.ieu  (Les 10 Commandements), appelés aussi "Tables de la Loi" http://www.youtube.com/v/wGKfb4FqxVk&hl=fr&rel=0&color1=0×006699&color2=0x54abd6"></param><embed

Après que D.ieu eût proposé aux 70 nations du monde présentes sur terre à l’époque les Tables de la Loi et après que toutes sans exception les eurent rejetées, elles furent proposées aux Enfants d’Israël, qui les acceptèrent. Le 6 Sivan 2448, Moïse et les Enfants d’Israël reçurent donc les 10 Paroles de D.ieu, ( les 10 commandements), consignées sur les deux Tables de la Loi, qui sont les 613 commandements du peuple juif. Contrairement aux autres peuples qui ont d’abord occupé un territoire durant une longue période et y ont développé une langue et une cultre communes, les Juifs sont devenus un peuple juste après leur sortie de la captivité et de l’esclavage d’Egypte, au pieds du Mont Sinaï. Là, ils ont fait alliance avec D.ieu et ont accepté Son joug.

 

Le peuple fut conduit par Moïse vers la Terre d’Israël, mais il mourut avant d’y arriver. Il fut relayé par Josué qui put terminer la mission commencée par Moïse et ramener son peuple sur sa terre. La plus ancienne source documentaire sur les Hébreux est la stèle de Mérenptah, date de 1207 avant l’ère commune et trouvée en 1896 dans le sud de l’actuelle Israël. Sur cette stèle le pharaon Mérenptah proclame "Israël est détruit, sa semence même n’est plus". Le déterminatif des hiéroglyphes signifiant Israël précise que le mot désigne une population. La stèle confirme donc l’existence assez ancienne d’un groupe humain de ce nom dans le paysage cananéen de l’époque. Au cours des 2 siècles qui suivirent, les Enfants d’Israël conquirent la majeure partie du Pays d’Israël et consolidèrent l’économie du pays. Des périodes de paix relative alternèrent alors avec des périodes de guerres. Il fallut, face aux menaces des Philistins, se doter d’un chef qui unissait toutes les tribus et qui était investi d’une autorité permanente, transmissible par héritage. C’est la" période des rois"

Un site à la fois terrestre et céleste Jérusalem est cité 667 fois dans la Torah, mais pas une seule fois dans le Coran. A partir d’environ 1020 avant l’ère commune, les Hébreux vécurent près d’un siècle unis, sous trois rois : Saül, David et Salomon. Ils deviennent bergers et paisibles agriculteurs, cultivant olives, figues et céréales. C’est le roi David, qui était très pieux, à la fois guerrier et poète (auteur des psaumes) bien connu pour avoir tué, encore adolescent, le chef de l’armée des géants philistins Goliath avec sa fronde et qui, dès qu’il fut proclamé roi,  projeta de construire le Temple de Jérusalem. Il choisit Jérusalem comme capitale de son nouveau royaume et acheta de ses deniers un terrain situé sur une colline, le Mont Moria, ou Mont du Temple, qui appartenait au Jébusite Aravna, (achat mentionné à plusieurs reprises dans la Bible). Ainsi Jérusalem est-elle la capitale du peuple juif depuis 3 000 ans ! C’est là tout d’abord que, selon la Torah, D.ieu initia la création du monde (sur la "pierre fondamentale") Son fils Salomon, célèbre pour sa sagesse et sa richesse, concrétisa le rêve de son père et bâtit le premier Temple. Le second Temple remplaça celui-ci après sa destruction. C’est également que se trouvait le fameux paradis terrestre etaussi qu’ Adam fut créé avec un peu d’argile et là aussi que les deux frères Caïn et Abel érigèrent le premier autel pour D.ieu avant le meurtre d’Abel. Le patriarche Abraham y offrit Isaac en sacrifice, sur la demande de D.ieu, pour éprouver sa foi avant qu’un ange n’arrête son bras. Jacob y a vu la fameuse "échelle de Jacob" (métaphore signifiant que nous devons faire des efforts pour nous élever pour qu’ ainsi D.ieu puisse descendre s’établir parmi nous) dans un rêve lui montrant que ce lieu était redoutable et  n’était autre que la maison de D.ieu et la porte des Cieux. Le Mont du Temple est donc le site le plus sacré du monde pour les Juifs.

Nom des 12 tribus d’Israël issues des 12 fils du Patriarche Yaacov (Jacob) et qui portent leurs noms (Ephraïm et Menaché étant eux-mêmes issus de son fils Joseph) : ACHER – DANE – NAFTALI -BINYAMINE – EPHRAÏM – MENACHE – YISSAKHAR - YEHOUDA –  ZEVOULONE – GAD – REOUVENE – CHIMEONE.  La Judée est un mot dérivé de la tribu de Juda. D’après (1 Samuel 17) et suivants cette tribu a engendré le roi David et a donné son nom à la Judée. Le royaume unifié de David et de son fils Salomon, regroupait les 12 tribus d’Israël dotées chacune d’un étendard à ses propres armes. Le royaume d’Israël a éclaté après la mort de Salomon en deux royaumes rivaux vers 930 avant l’ère commune (1 rois 12 et suivants). Celui du Sud est resté sous le contrôle de la dynastie davidique, issue de la tribu de Juda, et a donc pris le nom de « royaume de Juda » (1 rois 12:16-20). Les habitants du royaume de Juda, ou Judéens, n’étaient pas tous membres de la tribu de Juda, mais regroupaient tous les Hébreux vivant dans le royaume. Le Royaume d’Israël, au nord, avait pour capitale Samarie.


LE TEMPLE DE JERUSALEM

Présentation du Temple : http://www.youtube.com/v/rhhvFNEF1zU&hl=fr&rel=0&color1=0×006699&color2=0x54abd6"></param><embed

http://www.youtube.com/v/trHBfpw5PrA&hl=fr&rel=0&color1=0×006699&color2=0x54abd6"></param><embed

Second Temple, celui dit d’Hérode : http://www.youtube.com/v/B37Mp6mhs3A&hl=fr&rel=0&color1=0×006699&color2=0x54abd6"></param><embed

Extrait du discours du roi Salomon, fils de David,  pour l’inauguration du 1er Temple : (livre des Chroniques VI, 41, 42) "Oui, nous avons entendu la nouvelle à Bethléem, nous l’avons recueillie. Entrons donc dans Ses demeures, prosternons-nous dans ce sanctuaire qui est l’escabeau de Ses pieds. Lève-toi, Seigneur, pour entrer dans Ton lieu de repos, Toi et l’arche de Ta puissance ! Que Tes prêtres endossent des vêtements de triomphe et que Tes fidèles adorateurs éclatent en cris de joie ! Pour l’amour de David Ton serviteur, ne repousse point la face de ton oint. L’Eternel a fait à David un serment véridique auquel il ne manquera pas : "- Je placerai sur ton trône un fruit de tes entrailles ! Si tes fils gardent ton pacte, les lois que je leur enseignerai, leurs descendants jusqu’à l’éternité siègeront après toi sur le trône." Car l’Eternel a fait choix de Sion, il l’a voulue pour demeure : "Ce sera là mon lieu de repos à jamais, là je demeurerai, car je l’ai voulu. Je bénirai amplement ses approvisionnements, je rassasierai ses pauvre de pain. J’habillerai ses prêtres de vêtements de triomphe et ses hommes pieux éclateront en cris de joie. Là je ferai grandir la corne de David, j’allumerai le flambeau de mon oint. Ses ennemis je les vêtirai de honte et sur sa tête brillera son diadème."

Le Temple, centre de spiritualité universel et demeure pour toutes les nations Quand Salomon construisit le Temple il demanda à D.ieu d’accueillir la prière du non juif qui se rend au Temple (Rois 1,8 41-43). Pendant la semaine de Souccot, on faisait 70 offrandes de taureaux au Temple (correspondant aux 70 nations du monde). Le prophète Isaïe dit que le Temple est une demeure pour les nations.  Les mésopotamiens et les romains ignoraient cela quand ils détruisirent les deux Temples successifs. A l’intérieur, brûlait en permanence un chandelier d’or à 7 branches, fait d’une seule pièce et qui mesurait 1,80 m de haut,  alimenté par de l’huile d’olive pure. Derrière un immense rideau, trônait le Saint des Saint, que personne ne devait voir hormis le Grand Prêtre une fois l’an le jour de Kippour dans lequel deux plaques de pierres gravées par Moïse (quie D.ieu lui avait dictées) sur lesquelles on pouvait lire, en hébreu, les 10 paroles prononcées par D.ieu au Mont Sinaï (les 10 commandements).On y trouvait également l’autel des parfums en bois de chitim recouvert d’airain.

Description de la splendeur tu Temple par l’historien contemporain de cette époque Flavius Josèphe (La guerre des Juifs) "Le Temple était, comme je l’ai dit, bâti sur une forte éminence, et c’est à peine si, à  l’origine, le plateau qui la terminait suffit à contenir le sanctuaire et l’autel Les pentes, tout alentour, étaient escarpées. Mais quand le roi Salomon, qui d’ailleurs construisit le Temple, entoura d’un mur le côté oriental de l’édifice, il établit un portique sur le terrassement….. L’abondance des ressources et la générosité du peuple imprimaient aux projets une grandeur extraordinaire … Tous les portiques avaient une double rangée de colonnes, d’une hauteur de vingt-cinq coudées, taillées d’une seule pièce dans des blocs d’un marbre très blanc. Les lambris qui couvraient ces portiques étaient de cèdre. La richesse naturelle des lambris, l’art dont ils étaient polis et ajustés offraient un merveilleux spectacle, mais aucun travail de peinture ou de sculpture n’y ajoutait un ornement extérieur. La largeur des portiques était de trente coudées, et leur périmètre total, en y comprenant la tour Antonia, mesurait six stades ; toute la partie qui était à découvert était pavée de pierres différentes, aux couleurs variées.… Dans les autres directions, deux portes, l’une au midi, l’autre au nord, conduisaient à la cour des femmes… L’endroit était d’ailleurs ouvert également pour le culte aux femmes de la région et à leurs coreligionnaires venues du dehors. La partie occidentale n’avait pas de porte de ce côté, le mur était continu. Les portiques situés entre les portes, au dedans du mur faisant face aux salles du Trésor, étaient soutenus sur des colonnes très belles et très hautes : bien que simples et non doubles, ces portiques ne le cédaient en rien, sauf pour les dimensions, aux portiques inférieurs.

Des dix portes, neuf étaient entièrement recouvertes d’or et d’argent, comme aussi les montants et les linteaux : l’une d’elles, hors du Temple, devait à la gloire de l’airain de Corinthe sa grande supériorité sur celles qui étaient lamées d’argent et d’or. Chaque portail comprenait deux battants dont chacun avait trente coudées de hauteur et quinze de largeur. Après l’entrée, ces portails, s’élargissant à l’intérieur, embrassaient à droite et à gauche des vestibules longs et larges de trente coudées ; semblables à des tours, leur hauteur dépassait quarante coudées ; chacun était soutenu par deux colonnes, dont la circonférence mesurait douze coudées. Les dimensions des autres portes étaient les mêmes. Mais celle qui s’ouvrait au delà du portail corinthien, vers l’Orient, du côté de la salle des femmes, et en face de la porte du Temple, était plus vaste ; elle avait cinquante coudées d’élévation ; ses portes atteignaient quarante coudées, et son ornementation était plus magnifique, en raison de l’épaisseur de l’argent et de l’or qui y étaient prodigués. C’est Alexandre père de Tibère qui en avait garni les neuf autres portes. Quinze degrés conduisaient du mur des femmes au grand portail ; ils étaient moins élevés que les cinq degrés qui menaient aux autres portails… Le Temple, cet édifice sacré, était placé au centre : on y accédait par douze marches. La hauteur et la largeur de sa façade mesuraient également cent coudées.

Les métopes étaient toutes dorées : par ces ouvertures, la première partie de la nef apparaissait complètement du dehors dans sa majesté, et les côtés de la porte intérieure se montraient tout étincelants d’or aux yeux des spectateurs. Comme le Temple portait un double toit, la première partie de la nef, seule, s’ouvrait à une grande hauteur, mesurant quatre-vingt-dix coudées d’élévation, cinquante de longueur et vingt de largeur. Le portail de cette nef était tout entier, comme je l’ai déjà dit, lamé d’or ; il en était de même de toute la paroi avoisinante : les pampres qui revêtaient la surface de la porte étaient d’or également, et des grappes de la taille d’un homme y pendaient. Comme le Temple avait un double toit la perspective intérieure était plus basse que l’extérieure ; là les portes d’or avaient cinquante-cinq coudées de hauteur et seize de largeur. Devant elles se trouvait un voile de longueur égale, un peplos babylonien, brodé de laine violette, de lin, d’écarlate et de pourpre ; ce travail admirable offrait, dans sa matière, un mélange savant et comme une image de l’univers ; car il paraissait symboliser par l’écarlate le feu, par le lin la terre, par le violet l’air, par la pourpre la mer. Pour deux de ces matières, c’était la couleur qui faisait la ressemblance ; pour le lin et la pourpre, c’était leur origine, puisque l’un est fourni par la terre, l’autre par la mer. Sur le peplos était brodé tout le spectacle des cieux, les signes du zodiaque exceptés.

Quand on pénétrait à l’intérieur, c’était la partie basse du Temple qui recevait le visiteur. Elle avait soixante coudées de hauteur, une longueur égale et vingt coudées de largeur. A leur tour, ces soixante coudées étaient divisées : la première section offrait, sur une étendue de quarante coudées, trois oeuvres admirables et célèbres dans le monde entier, le chandelier, la table, l’encensoir. Les sept lampes du chandelier représentaient les planètes, car c’était bien le nombre des branches du candélabre ; les douze pains sur l’autel figuraient le cercle du zodiaque et l’année. L’encensoir, avec les treize parfums dont il était rempli, et qui provenaient de la mer et des régions habitées ou inhabitées de la terre, indiquait que tout appartient à Dieu et existe pour Dieu. La partie la plus reculée de l’enceinte mesurait vingt coudées ; un voile la séparait aussi de l’extérieur. Aucun objet ne se trouvait là ; elle était pour tous inaccessible, intangible, invisible ; on l’appelait le « Saint des Saints ». Sur les côtés du Temple inférieur étaient de nombreuses habitations sur triple étage, communiquant entre elles ; de part et d’autre des entrées spéciales y conduisaient depuis le portail. Le Temple haut, plus étroit, n’avait pas d’habitations ; il élevait à quarante coudées son propre faîtage, d’un style plus simple que le Temple inférieur. Si l’on ajoute ce nombre aux soixante coudées du Temple bas, on obtient une hauteur totale de cent coudées.

A la façade extérieure il ne manquait rien de ce qui pouvait frapper l’esprit ou les yeux. Partout revêtu de plaques d’or massif, le Temple brillait, aux premiers rayons du jour, d’un éclat si vif que les spectateurs devaient en détourner leurs regards comme des rayons du soleil. Pour les étrangers qui arrivaient à Jérusalem il ressemblait de loin à une montagne couverte de neige, car là où il n’était pas doré, il apparaissait de la plus pure blancheur. Sur son toit se dressaient des broches d’or, finement aiguisées, pour écarter les souillures des oiseaux qui seraient venus s’y poser. Quelques-unes des pierres de l’édifice avaient quarante-cinq coudées de longueur, cinq de hauteur et six de profondeur. Devant le Temple se trouvait l’autel qui mesurait quinze coudées de hauteur, et se développait également sur une longueur et une largeur d’environ cinquante coudées ; de forme carrée, il était pourvu aux angles d’appendices en forme de cornet. On y accédait du midi par une rampe en pente douce. Le fer n’avait pas été employé pour construire cet autel, et jamais le fer ne l’avait touché. Le Temple et l’autel étaient entourés d’une balustrade de pierres, belles et délicatement ouvragées, qui avait environ une coudée de hauteur;elle maintenait le peuple à distance et le séparait des prêtres."

Vieille mélodie juive interprétée sur une réplique d’ancienne lyre du Temple http://www.youtube.com/v/d69vY2rXdKU&hl=fr&rel=0&color1=0×006699&color2=0x54abd6"></param><embed


 


LE SCHISME
Lorsque Salomon disparut, Israël était encore uni, mais 10 tribus occupaient le nord et 2 autres, Juda et Benjamin, le sud. La ville de Jérusalem se situait entre les deux. Le royaume s’est effondré et s’est scindé, après la mort de Salomon, en deux royaumes rivaux vers 960 avant l’ère commune. Celui du Sud est resté sous le contrôle de la dynastie davidique, issue de la tribu de Juda, et a donc pris le nom de « royaume de Juda » (1 rois 12:16-20). Les habitants du royaume de Juda, au sud, ou Judéens, n’étaient pas tous membres de la tribu de Juda, mais regroupaient tous les Hébreux vivant dans le royaume.  Le Royaume d’Israël, au nord, avait pour capitale Samarie. Le fils de Salomon, Roboam se fit courronner à Chekhem (aujourd’hui Naplouse). Les tribus protestèrent contre les lourds impôts et les corvées qu’avait en son temps levés Salomon pour financer la contruction du Temple, de ses palais, etc.. .et demandèrent un allègement que refusa Roboam. C’est alors que les tribus du nord créèrent un nouveau royaume qu’ils appellèrent "Israël". Le royaume de Juda survécut jusqu’en 587 avant l’ère commune, et celui d’Israël jusqu’en 722 avant l’ère commune.

Victime de sa division, le peuple hébreu, affaibli est d’abord occupé par l’Egypte. Les Assyriens occupaient alors le territoire du nord (aujourd’hui la Syrie, l’Irak et la Turquie). Le roi Tiglath-Piléssèr III fit de l’Assyrie un grand empire. Ils commencèrent à envahir les territoires de Zevoulone et de Naftali, puis ceux de Reouven, de Gad et de Menaché. Leur subtile politique de pacification consistait à déplacer les habitants des pays conquis et à en installer d’autres à leur place. Avec le temps, les exilés oubliaient leurs origines et n’étaient plus tentés de se révolter. La Judée fut alors établi en un protectorat Assyrien (sous le règne de Josias) Cette période fut une période de renaissance exceptionnelle.

Mais le pays subit successivement les invasions  babylonienne, perse, grecque et romaine… Puis les Babyloniens balayèrent les Assyriens et établirent à leur tour leur protectorat sur la Judée. Les rois se succédèrent, nommés et déposés par le souverain Babylonien qui réprime les révoltes et finit par déporter une partie de la population, après avoir pillé le Temple de Jérusalem, en 597 avant l’ère commune. Entre-temps l’empire assyrien fut détruit par les Babyloniens, qui envahirent également le pays. Mal conseillé et pensant pouvoir compter sur l’aide égyptienne, le roi Sédécias va entrer en révolte contre les Babyloniens. Ces derniers seront impitoyables : Jérusalem sera prise une seconde fois en 587. Sédécias est exécuté. Voulant faire du royaume de Juda un état vassal, les Babyloniens  emmenèrent captifs 10 000 Juifs parmi l’élite intellectuelle et spirituelle. Le roi Nabuchodonosor assiégea Jérusalem pendant 2 ans.

LA DESTRUCTION DU TEMPLE DE JERUSALEM

C’est pendant ce siège que le prophète Jérémie, qui se trouvait alors dans la ville, écrivit le Livre des Lamentations, qui prédisait la destruction du Temple. De fait, le 7 Av, les Babyloniens ouvrirent une brèche dans les murs de la ville et l’envahirent, se livrant à un immense masacre. Le Temple, déjà pillé en 597, est cette fois détruit, le 9 Av 422 avant l’ère commune. Il fut complètement rasé ainsi que les murailles de la ville. Juda devient une province babylonienne, avec à sa tête, un gouverneur. Chaque année à cette date, les Juifs lisent cet ouvrage le jour de la destruction du 1er Temple, (par les Babyloniens), du second Temple (par les Romains) et commémorent également, en ce jour funeste, leur expulsion d’Espagne par l’Inquisition, ainsi que d’autres calamités qui s’abattirent sur le peuple ce jour-là au fil des siècles. Le jeune roi de l’époque, qui n’était âgé que de 18 ans, Joakhim, sortit de la ville assiégée et se présenta au quartier général de Nabuchodonosor pour se rendre. Il se livra lui-même, avec la reine-mère et toute la maison royale, à la condition que Jérusalem ne fût pas touchée et il fut envoyé triomphalement à Babylone avec des milliers de Judéens de la noblesse, accompagnés des trésors du Temple et du palais royal. Sur le chemin de l’exil, il ne restait plus rien aux Juifs en captivité à quoi se raccrocher ? Si :  leur foi indestructible dans le D.ieu Un,  l’observation de Ses lois, Ses prières et surtout le souvenir du Temple, qu’ils avaient toujours gardé dans leur coeur avec l’espoir de pouvoir le reconstruire un jour. Les exilés de Judée rejoignirent plus tard ceux d’Israël à Babylone, sous la direction du prophète Ezéchiel. Ainsi Israël pouvait-elle maintenir son identité religieuse en exil. Les prières remplacèrent les sacrifices au Temple et les scribes commencèrent à rassembler les traditions d’Israël dans des compilations à l’origine de la Bible. Les Babyloniens avaient une attitude plutôt clémente envers les exilés et la vie finit par devenir plutôt confortable. Les autorités du pays nommèrent un dirigeant de la communauté pour la représenter auprès d’elles et le premier de ces porte-paroles fut le roi Joïachin avec le titre de "Rèch galoutha" (nom araméen). Celui qui portait ce titre était un descendant direct de la Maison de David et reconnu par tous comme représentant officiel au cours des 1 500 ans que devait durer cet exil.
(voir suite 3)
Sources : Wikipedia, Wikipedia judaïca et pwg.gsfc.nasa.gov, Modia, Lamed, Université de Marianpolis, Ministère des Affaires Etrangères d’Israël, Alephbeth - Rhedae magazine