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PARACHAT HACHAVOUA – PARACHA DE LA SEMAINE du vendredi 19 au Chabbat 20 Tichri 5780 (du vendredi 17 au samedi 18 octobre 2019)

Vezot haberakha____________________________________________________

Cette semaine, nous étudions la paracha Vézote Haberakha (Devarim 33,1  – 34,12)

33,1

Or, voici la bénédiction dont Moïse, l’homme de Dieu, bénit les enfants d’Israël avant de mourir.

33,2

Il dit: « L’Éternel est apparu du haut du Sinaï, a brillé sur le Séir, pour eux! S’est révélé sur le mont Pharan, a quitté les saintes myriades qui l’entourent, dans sa droite une loi de feu, pour eux!

33,3

Ils te sont chers aussi, les peuples; tous leurs saints, ta main les protège: mais eux se sont couchés à tes pieds, ont recueilli ta propre parole.

33,4

« C’est pour nous qu’il dicta une doctrine à Moïse; elle restera l’héritage de la communauté de Jacob. »

33,5

Ainsi devint-il roi de Yechouroun, les chefs du peuple étant réunis, les tribus d’Israël unanimes.

33,6

« Que Ruben vive et soit immortel; que sa population soit innombrable!

33,7

A Juda, il adressa cette bénédiction: « Ecoute, Seigneur, le vœu de Juda, en l’associant à son peuple; que son bras s’en fasse le champion et lui serve d’auxiliaire contre ses ennemis. »

33,8

Sur Lévi, il s’exprima ainsi: « Tes toummîm et tes ourîm à l’homme qui t’est dévoué; que tu as éprouvé à Massa, gourmandé pour les eaux de Meriba;

33,9

qui dit de son père et de sa mère: « Je ne les considère point « , qui n’a pas égard à ses frères et ne connaît pas ses enfants. Uniquement fidèle à ta parole, gardien de ton alliance,

33,10

ils enseignent tes lois à Jacob et ta doctrine à Israël; présentent l’encens devant ta face, et l’holocauste sur ton autel.

33,11

Bénis, Seigneur, ses efforts, et agrée l’œuvre de ses mains! Brise les reins de ses agresseurs, de ses ennemis, pour qu’ils ne puissent se relever!

33,12

Sur Benjamin, il dit: « Favori du Seigneur, il repose avec confiance auprès de lui, qui lui prête son abri pour toujours et qui réside entre ses épaules. »

33,13

Sur Joseph, il parla ainsi: « Bénie du Seigneur est sa terre! Elle possède les dons du ciel, la rosée, comme ceux de l’abîme aux couches souterraines:

33,14

et les trésors que mûrit le soleil, et ceux qui germent à chaque lune;

33,15

et les précieux produits des antiques montagnes, et les délices des collines primitives,

33,16

les délices du sol et son abondance, et la faveur de celui qui eut pour trône un buisson. Puisse-t-elle reposer sur la tête de Joseph, sur le front de l’élu de ses frères!

33,17

Le taureau, son premier-né qu’il est majestueux! Ses cornes sont celles du reêm: avec elles il terrassera les peuples, tous ensemble jusqu’aux confins de la terre. L’une, ce sont les myriades d’Ephraïm, l’autre, les milliers de Manassé! »

33,18

A Zabulon, il dit ces mots: « Sois heureux, Zabulon, dans tes voyages, et toi, Issachar, dans tes tentes!

33,19

Ils convieront des peuples sur la montagne, pour y offrir des sacrifices pieux; car ils aspireront l’opulence des mers et les mystérieux trésors cachés dans le sable. »

33,20

Au sujet de Gad, il dit: « Hommage à celui qui agrandit Gad! Il se campe comme un léopard, met en pièces et le bras et la tête.

33,21

Il s’est adjugé les prémices de la conquête, là est sa part, réservée par le législateur: il s’avance cependant aux premiers rangs du peuple, accomplissant l’œuvre sainte du Seigneur, fidèle à ses devoirs envers Israël! »

33,22

Au sujet de Dan, il dit: « Dan est un jeune lion qui s’élance du Basan. »

33,23

A Nephtali, il dit: « Ô Nephtali! Rassasié des grâces diverses, comblé des bénédictions du Seigneur, que le couchant et le midi soient ton héritage! »

33,24

Et au sujet d’Asher, il dit: « Béni entre les fils soit Asher! Bienvenu auprès de ses frères, et baignant son pied dans l’huile.

33,25

Tes forts seront bardés de fer et d’airain; ta sécurité durera autant que ta vie.

33,26

« Rien n’égale le Tout-Puissant, ô Yechouroun! II est ton soutien, lui qui siège dans les cieux et dont la majesté plane sur les nues.

33,27

Tu as pour refuge le Dieu primordial, pour support, ses bras éternels il écarte devant toi l’ennemi. II décrète sa ruine.

33,28

Et Israël réside avec sécurité, elle coule solitaire la source de Jacob, sur une terre riche de blé et de vin, sous des cieux qui lui versent la rosée.

33,29

Heureux es-tu, Israël! Qui est ton égal, peuple que protège le Seigneur? Bouclier qui te sauve, il est aussi le glaive qui te fait triompher: tes ennemis ramperont devant toi, et toi, tu fouleras leurs hauteurs. »

34,1

Moïse se dirigea des plaines de Moab vers le mont Nébo, et monta au sommet du Pisga qui est en face de Jéricho. Et l’Éternel lui fit contempler tout le pays: le Galaad jusqu’à Dan,

34,2

tout Nephtali, le territoire d’Ephraïm et de Manassé, et le territoire entier de Juda jusqu’à la mer ultérieure;

34,3

puis le midi, le bassin du Jourdain, la vallée de Jéricho, ville des palmiers, jusqu’à Çoar.

34,4

Et l’Éternel lui dit: « C’est là le pays que j’ai promis par serment à Abraham, à Isaac et à Jacob, en disant: je le donnerai à votre postérité. Je te l’ai fait voir de tes yeux, mais tu n’y entreras point. »

34,5

C’est donc là que mourut Moïse, le serviteur de l’Éternel, dans le pays de Moab, sur l’ordre du Seigneur.

34,6

Il fut enseveli dans la vallée du pays de Moab qui fait face à Beth-Peor; mais nul n’a connu sa sépulture jusqu’à ce jour.

34,7

Moïse était âgé de cent vingt ans lorsqu’il mourut; son regard ne s’était point terni, et sa vigueur n’était point épuisée.

34,8

Les enfants d’Israël pleurèrent Moïse, dans les plaines de Moab, trente jours, épuisant complètement le temps des pleurs, le deuil de Moïse.

34,9

Or, Josué, fils de Noun, était plein de l’esprit de sagesse, parce que Moïse lui avait imposé les mains; et les enfants d’Israël lui obéirent et agirent comme l’Éternel l’avait prescrit à Moïse.

34,10

Mais il n’a plus paru, en Israël, un prophète tel que Moïse, avec qui le Seigneur avait communiqué face à face,

34,11

eu égard à tant de signes et de prodiges que le Seigneur lui donna mission d’opérer en Egypte, sur Pharaon, ses serviteurs et son pays entier;

34,12

ainsi qu’à cette main puissante, et à toutes ces imposantes merveilles, que Moïse accomplit aux yeux de tout Israël.

L’ESSENCE DE SIM’HAT TORAH

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L’aboutissement du service divin

« Moïse ordonna que, à chaque fête, soit lue la section appropriée de la Torah décrivant les lois relatives à cette fête », déclare Maïmonide. Il énumère les différen­tes fêtes et la section spécifique lue à chacune d’elles. Pour les deux jours qui concluent Souccot, il précise : « le premier jour – Chemini Atséret – on lit le passage Kol Habekhor, et le jour suivant – Sim’hat Torah – ont lit Vézot Haberakha. »1Le Ma’hzor Vitry2 déclare que Vézot Haberakha, dernière section du Pentateuque, est lue le dernier jour de Souccot afin de rattacher la joie de conclure la Torah à la joie de la fête de Chemini Atséret.

Toutefois, étant donné que Maïmonide rattache Vézot Haberakha au cycle de la fête, plutôt que de la lier à la conclusion de la lecture annuelle de la Torah, il semble que cette paracha se rattache par son thème même au dernier jour de Souccot.

Une question ‘hassidique

Dans divers textes de la ‘Hassidouth, une autre question est posée au sujet de la lecture de Vézot Haberakha à Sim’hat Torah : la Torah ayant été donnée à Chavouot, pourquoi observons-nous Sim’hat Torah –la « joie de la Torah » – le second jour de Chemini Atséret ? Chavouot semblerait être une occasion bien plus appropriée pour cette joie.

La réponse en est que la joie de Sim’hat Torah se rapporte à la réception des secondes Tables qui eut lieu à Yom Kippour. Pour cette raison nous nous réjouissons à l’issue de Souccot qui est « la conclusion du service de Yom Kippour ».3

C’est une vérité bien connue que les enseignements intérieurs de la Torah – « l’âme de la Torah » – et ses enseignements révélés – « le corps de la Torah » (Zohar III, 152-a) – ne sont pas deux entités séparées, mais constituent une seule Torah complète et parfaite. Les termes âme et corps indiquent leur inséparable unité organique. De cela on peut comprendre que chacun des aspects des enseignements « intérieurs » de la Torah doit correspondre à ses enseignements « extérieurs » et s’harmoniser avec eux. Pourquoi alors cette question est-elle posée dans les écrits ‘hassidiques ? La loi révélée ne déclare-t-elle pas : « Car la lecture de la Torah est alors terminée, et il est approprié de se réjouir à l’occasion de sa conclusion » ?4

La ‘Hassidouth soulève ce problème parce que celui-ci éclaire la raison de la succession originale des diverses lectures de la Torah. En effet, pourquoi nos Sages ont-ils ordonné, dès le début, que la lecture de la Torah commence le Sabbat après Souccot, se prolonge tout au long de l’année, et qu’elle se conclue dans l’allégresse à l’achèvement de Souccot ? Il semblait bien plus adéquat que le cycle commençât et se terminât à Chavouot, période de l’année où la Torah fut originairement donnée. C’est ce problème que résout la ‘Hassidouth en nous informant que, puisque nous avons reçu à Yom Kippour les Secondes Tables de la Loi qui furent « d’une force double » par rapport aux premières, c’est ce jour-là qu’a lieu notre réjouissance.

Pourquoi pas à Chavouot ?

En fait, la question que pose la ‘Hassidouth s’applique même à notre pratique présente qui est d’achever la lecture de la Torah à Sim’hat Torah et non à Chavouot.

En effet, dans la mesure où cette dernière fête est le temps où nous reçûmes la Torah, il eût été a priori approprié de fixer à cette date notre réjouissance, observant ainsi la conclusion de la Torah. Cette idée est basée d’abord sur la citation que Rachi fait des Azharoth de Rav Saadiah Gaon, selon laquelle les Dix Commandements contiennent toutes les 613 Mitsvot dans une forme quintessenciée. Ainsi, au temps du don des Dix Commande­ments, eut lieu également la conclusion du don de la Torah entière. Dès lors, il est logique de penser que ce jour devrait être observé comme marquant « la conclusion de la Torah », puisque celle-ci fut donnée dans sa totalité à ce moment-là.

Une autre raison, plus impérative, pour l’observance de Chavouot comme marquant « la conclusion de la Torah », peut être tirée du principe selon lequel l’acquisition de tout savoir toranique entraîne une célébration joyeuse. Le Midrache déclare : « D.ieu dit à Salomon : Tu as demandé la sagesse pour toi-même, de par ta vie même, sagesse et intelligence te sont données … Aussitôt, Salomon s’éveilla ; c’était un rêve. Rabbi Isaac a déclaré : “Le rêve se réalisa : un âne fit entendre son braiment, et Salomon le comprit ; un oiseau gazouilla, et il comprit son gazouillement. Il se rendit sur-le-champ à Jérusalem et se tint debout devant l’Arche de l’Alliance. Il offrit des sacrifices et fit un banquet pour tous ses serviteurs.” Rabbi Elazar déclare : “Cela nous enseigne qu’un festin marque la conclusion de la Torah.” »5

Seuls les Dix Commandements furent donnés sous une forme révélée ; néanmoins, la Torah dans sa totalité fut donnée à Israël en même temps,  bien que sous une forme cachée. Ce concept de con­naissance potentielle, latente dans la Torah, et qui doit être découverte est également reflété dans les paroles de nos Sages : « Absorbez-vous dans l’étude de la Torah, car c’est là que tout se trouve. »6

Le fait qu’Israël reçut la Torah dans sa totalité est une raison suffisante pour faire de Chavouot un temps de réjouissance et pour désigner ce jour comme une fête marquant la « conclusion » de la Torah.

La ‘Hassidouth souligne fré­quemment l’idée selon laquelle chaque fois qu’une fête juive est observée, les révélations spirituelles du passé reviennent et exercent leurs effets dans le présent et même dans le domaine de l’existence humaine. Ainsi apparaît-il qu’à chaque Chavouot se renouvelle la réception de la Torah. Cela est reflété dans la lecture de la section décrivant le Don de la Torah, et des Dix Commandements, lesquels con­cluent le don de la Torah, sous forme de commandement. L’occasion apparaîtrait donc comme la plus appropriée pour commémorer « la conclusion de la Torah ».

Pourquoi n’est-ce pas le cas ?

Une joie nécessairement authentique

On peut répondre à cette ques­tion de la façon suivante : les premières Tables furent données au peuple juif comme un don d’En-Haut. Cela contraste directement avec Chemini Atséret, quand se conclut la Torah, c’est-à-dire quand le peuple juif a étudié la Torah durant toute l’année et en a achevé l’étude – grâce à ses efforts – à Chemini Atséret.

C’est pourquoi Chemini Atséret, plutôt que Chavouot, marque la conclusion de la Torah : une joie extrême et sincère à la réception de quelque chose ne peut avoir lieu que lorsque ce n’est pas du « pain honteux », quelque chose reçu gratuitement, sans effort de notre part.

Ainsi, Chemini Atséret exprime notre joie d’avoir effectivement étudié la Torah, étude maîtrisée grâce à nos efforts. Cette joie concerne même ceux qui ont lu les paroles de la Torah sans en comprendre la vraie signification. Eux aussi participent aux réjouissan­ces de Sim’hat Torah car, bien qu’ils ne « comprennent » pas, leur engagement sincère envers D.ieu est affirmé par le biais de la Torah écrite qu’ils ont prononcée avec leurs lèvres – ce qui, au regard de D.ieu, équivaut à l’étude de la Torah.

Or, ceci n’est pas applicable à Chavouot, bien que cette fête implique aussi la conclusion de la Torah. Certes, la Révélation Divine de celle-ci apparaîtrait d’une valeur bien supérieure à l’étude humaine, mais, étant donné que la Torah y fut donnée comme un don d’En-Haut, sans aucun effort d’étude de la part d’Israël ici-bas, la joie est incomplète.

Le Talmud déclare : « un homme préfère une mesure de grains résul­tant de son propre effort à neuf mesures données gratuitement par un ami. »7 Quand un homme reçoit quelque chose qu’il est tout a fait incapable d’obtenir par son propre effort, il en éprouve de la joie. Toutefois, cette joie n’est pas aussi complète que celle découlant d’une réalisation due à ses efforts. Dans le cas inverse d’un homme capable d’acquérir quelque chose par ses efforts, mais qui le reçoit sous forme de don offert par quelqu’un d’autre comme du « pain honteux », sans qu’il y eût la moindre peine de sa part, sa joie est oblitérée par la conscience de n’avoir dépensé aucune peine qui lui permette de se sentir fier de sa propre réalisation.

Ceci se rattache particulièrement au sujet dont nous discutons, car D.ieu donna la Torah à Chavouot avec l’idée que les Juifs s’ab­sorberaient dans son étude. Pour cette raison, la « conclusion de la Torah » contenue dans Chavouot ne donne pas lieu à une réjouissance particulière : c’était, en cette période, un « don d’En-Haut ».

La joie des enfants

Et cela est évident pour tous, car, dans la mesure où Sim’hat Torah con­cerne tous les Juifs (hommes femmes et enfants participent à son obser­vance joyeuse), la raison de Sim’hat Torah doit être saisie par tous, y compris par les tout jeunes enfants.

En effet, la même question se pose également à leur niveau : pourquoi la fête de Chavouot ne fut-elle pas désignée comme le jour où serait célébré Sim’hat Torah ? L’enfant aussi a conscience qu’il s’agit du « le temps du Don de la Torah ».

La réponse peut être illustrée par deux expériences con­trastées de l’enfant même. Chaque enfant juif reçoit la Torah dès son plus jeune âge, car « Moïse nous a commandé la Torah, un héritage du peuple de Jacob », signifiant par là que la Torah est l’héritage personnel de chaque Juif, fût-il le plus jeune enfant. Certes, celui-ci n’en pénètre pas, pour le moment, le sens, mais avec les années, la maturité intellectuelle venant, il sera à même de le comprendre. Ces deux facteurs contradictoires (la Torah en tant qu’héritage de l’enfant, et la Torah dont la compréhension requiert un grand effort personnel) éveillent chez l’enfant deux émotions opposées : de la joie pour le lien qui l’attache à la Torah, et de la souffrance parce qu’il ne comprend pas la Torah à son âge. Il en découle que sa joie dans la Torah, son héritage, est imparfaite au niveau du Don de la Torah.

Les secondes Tables

L’explication qui précède concor­de avec le concept exprimé en divers écrits ‘hassidiques, et selon lequel la raison de la coïncidence de Sim’hat Torah avec Chemini Atséret est que les secondes Tables furent données à Yom Kippour et que cet événement est commémoré à Chemini Atséret, qui a lieu bientôt après Yom Kippour. Cela expliquerait aussi que « la conclusion [de la lecture] de la Torah » soit fixée à Chemini Atséret, car à ce moment-là, l’homme, par ses intenses efforts, a achevé l’étude de la Torah écrite.

La distinction générale entre les premiers Dix Commandements et les seconds est que les premières Tables étaient « l’œuvre de D.ieu » et « la parole écrite de D.ieu » alors que les secondes Tables, bien qu’elles fussent aussi « la parole écrite de D.ieu », furent néanmoins taillées par Moïse. C’est ce qui explique la différence entre les effets qu’elles exercèrent au sein d’Israël et dans le monde.

Nos Sages nous disent que « si les premières Tables n’avaient pas été brisées, la Torah n’aurait jamais été oubliée par Israël… et aucune nation, aucune langue, n’aurait pu avoir raison de notre peuple »8

Avec le don des secondes Tables fut introduit un facteur nouveau de l’intense effort pour accéder à la maîtrise de la Torah.

En effet, avec les premières Tables, Israël reçut la Torah telle qu’elle provient directement d’En Haut, à la manière mystique d’une « lumière directe » (« or yachar »). Sur le plan de la « révélation d’En Haut », les premières Tables dépassaient de loin les secondes. Toutefois, la réception de ces dernières ajoutait une autre dimension de vaste portée spirituelle – la peine et l’effort personnels dans l’étude de la Torah, à la manière mystique d’une « lumière qui se réverbère » (« or ‘hozer »). C’est spécifiquement par l’effort de l’hom­me en la Torah qu’est évoqué et révélé un aspect de celle-ci bien plus élevé que celui de la Torah manifestée dans le don magnanime des premières Tables. C’est pourquoi nous nous réjouissons à Sim’hat Torah, qui est le point culminant et la conclusion du don des secondes Tables à Yom Kippour, et ce jour est l’occasion principale pour la réjouissance en la Torah.

Tsadikim et Baalei Techouva

Dans les écrits ‘hassidiques mentionnés plus haut, une autre raison est citée pour la désignation de Sim’hat Torah en coïncidence avec Chemini Atséret comme résultant des secondes Tables :

Les premières Tables correspondent au service spirituel des Tsadikim – les justes, spirituellement dépourvus de tout mal. Car la Torah nous dit : « Et Israël campa là », au Sinaï, « comme une seule personne »,9 tous unis dans leur volonté commune de recevoir la Torah. Cette disposition intense trouva son éloquente expression dans la déclaration que fit le peuple d’Israël, « naassé venichma » : l’engagement de « faire » et accomplir les commandements de la Torah avant même « d’entendre », d’être instruits de son contenu et de ses enseignements. En outre, lorsqu’ils se tinrent face au Sinaï, ils étaient lavés, débarrassés de la « zouhamah », l’impureté qui souillait l’humanité depuis la première transgression d’Adam10. Lors du don des premières Tables, les Enfants d’Israël étaient tous des Tsadikim.

Les secondes Tables, toutefois, correspondent au niveau de Baalei Techouvah – les repentants – éprouvant le remords profond résultant du péché du Veau d’Or. L’occasion pour eux de se réjouir était donc spécifiée pour le temps ayant un rapport avec Yom Kippour, lequel reflète leur statut de Baalei Techouvah. En effet, la plus grande joie de l’âme est celle que procure le rapprochement après s’être éloignée.

Révéler ou transformer ?

Ce concept du lien entre Sim’hat Torah considérée comme temps de la conclusion de la Torah, ainsi que comme occasion se rattachant aux Baalei Techouvah, peut être souligné encore si nous précisons une double distinction entre Tsadikim et Baalei Techouvah : a) le service spirituel d’un homme par rapport à lui-même, b) l’effet de son service par rapport au monde.

a) Par rapport à lui-même : un Juif, de par sa nature propre, ne peut être séparé de la divinité. Dans le cas du Tsadik qui n’est pas sujet à l’emprise de l’inclination au mal, son service Divin dérive de sa nature même. Il est aussi fortifié par le serment céleste prêté par l’âme avant sa descente : « Tu seras un Tsadik ».11

Ce n’est pas le cas pour un Baal Techouvah qui a péché et dévié de sa foi. Car de même que la déviation résultait de ses actions mêmes, ainsi son observance ultérieure de la Torah et des Mitsvot doit être basée principalement sur ses efforts personnels, et ce, avec une intensité sans pareille.12

b) Il en va de même quand à l’effet de leur service sur le monde : de même que le service du Tsadik par rapport à lui-même a pour but de révéler les talents et les qualités venus d’En Haut et de les amener du potentiel au concret, il en est de même concernant la « demeure » que le Tsadik crée pour D.ieu dans le monde d’ici-bas. Le Tsadik crée en ce monde une demeure pour l’Éternel, en affinant la chose profane dotée d’une sainteté potentielle intérieure et en révélant celle-ci. Ainsi, le Tsadik, par ses actions, ne transforme rien ni n’apporte rien de nouveau : il « actualise » et révèle ce qui existait déjà potentiellement. Ses actions n’excluent pas totalement la notion de « pain honteux » car son service est basé sur le don de qualités spirituelles dispen­sées d’En Haut lors du serment de son âme. Il n’est pas véritablement créatif sur le plan de l’influence et de l’effet de ses actions sur le monde environnant en révélant la lumière de la Divinité, étant donné que cette lumière fait déjà partie de l’existence ici-bas.

Contrastant avec cela, le Baal Techouvah affine et élève même des actions précédentes où le mal était intentionnel, ce qui les transforme en actes de mérite et de bonté. Ainsi, ses actions exercent une influence même dans le domaine des choses qui s’opposent à la Divinité, les changeant en actes de vertu, en « réceptacles » pour le divin.

Une vaillance sans égale

Ce service n’est pas semblable à celui du Tsadik qui révèle concrète­ment ce qui était potentiel ; au contraire, c’est quelque chose de tout a fait nouveau et d’authentiquement original. C’est pour cette raison que le service du Baal Techouvah est dépourvu de l’aspect de « pain honteux » : ce service spirituel (tant par rapport à lui-même que par rapport à l’effet de ses efforts pour faire de ce monde une « demeure » appropriée pour la Présence Divine) est enraciné dans sa propre conduite marquée d’une « vaillance sans égale », jusqu’à ce qu’il accomplisse enfin la transformation du mal effectif en vertu et en sainteté.

Un élément commun se dégage de ces deux explications : l’importance de la Torah étudiée grâce à l’effort personnel. C’est la raison pour laquelle nous fêtons Sim’hat Torah à Chemini Atséret et non à Chavouot et c’est la base de l’explication selon laquelle la joie de Sim’hat Torah découle du don des secondes Tables qui furent données aux Juifs lorsqu’ils étaient des Baalei Techouvah.

Une repentance agréée

Sur la base du raisonnement qui précède, nous pouvons comprendre le rapport qui existe entre la lecture de la paracha Vézot Haberakha et la fête de Chemini Atséret.

Au début de la paracha il est question des premières Tables : « D.ieu vint du Sinaï », etc. À ce sujet la Torah déclare : « Moïse nous a commandé la Torah, héritage des enfants de Jacob ». Héritage reçu en raison d’événements extérieurs à l’individu, et non résultant de ses propres efforts.

Mais, le Talmud attache une grande signification à toute cir­constance présidant à une conclusion, et déclare : Toutes les choses sont selon la manière dont elles sont conclues.13 Ainsi, à la fin de Vézot Haberakha, nous trouvons le verset « …que Moïse fit devant les yeux de tout Israël ». Ce passage se réfère aux Tables brisées. « Car son cœur le poussa à briser les Tables devant leurs yeux, et D.ieu approuva sa pensée, ainsi qu’il est écrit : “achère chibarta – que tu as brisées14, ce qui selon nos Sages signifie : “yichar [kokhakha] chechibarta – merci de les avoir brisées.” Ce passage exprime subtilement la qualité des secondes Tables, de loin supérieure à celle des premières. Car c’est grâce à l’initiative de Moïse, brisant les Tables devant les yeux de tout Israël, que fut évoqué au sein de la nation juive entière, même en ceux qui n’avaient pas péché en servant le Veau d’Or, l’effort de Techouvah.

Et quand la repentance de tous fut acceptée sans réserve, D.ieu leur donna les secondes Tables, montrant ainsi à l’humanité entière qu’Il acceptait leur repentance et était tout à fait en accord avec eux « dans la joie et la plénitude du cœur ».15 Le don des secondes Tables impliquait que doit exister, dans le domaine de l’effort intellectuel pour la Torah, le service Divin basé sur l’initiative per­sonnelle de chacun.

Une association véritable

Quand, les fêtes du mois de Tichri se succédant, nous arrivons enfin à Chemini Atséret (le temps où toute la révélation Divine des jours sacrés est assimilée par l’âme juive, en plus de la dimension supplémentaire de la Torah révélée et donnée dans les secondes Tables), nous éprouvons la joie parfaite de l’étude de la Torah par notre intense effort.

C’est pour cette raison qu’après avoir conclu la Torah par les mots « devant les yeux de tout Israël », nous entamons immédiatement la lecture de « Béréchith bara – Au commencement D.ieu créa le Ciel et la Terre ». Par l’effet de l’étude de la Torah conduite par le Juif avec ses capacités propres (ce qui correspond au service des Baalei Techouvah enraciné dans leur effort et leur initiative personnelle), celui-ci devient l’associé de D.ieu dans l’œuvre de la Création, et contribue à l’accroître.

Une association authentique existe seulement quand les partici­pants sont tout à fait égaux l’un à l’autre. Aussi, dans le cas du Tsadik dont la tâche consiste principa­lement à révéler ce qui est potentiel afin de faire du monde une demeure adéquate pour la Divinité, les « associés » ne sont pas à égalité. Car D.ieu est Celui qui créa « l’être » en partant du « non-être ».

Mais quand le service Divin du Juif est basé sur ses propres capacités créatives, comme dans le cas du Baal Techouvah (lequel crée effectivement dans une mesure si considérable qu’il transforme « ce qui M’est indésirable » en son contraire : « ce qui M’est désirable »), il peut alors être « comparé », si l’on peut s’exprimer ainsi, à son Créateur et être un véritable associé dans l’acte de la création. Il crée un ciel et une terre nouveaux, où l’on peut sentir que « l’Éternel, D.ieu d’Israël, est Roi et Sa majesté domine tout ce qui existe ».

Le Juif servant à la manière du Baal Techouvah, est aidé dans son ascension vers un niveau spirituel de plus en plus élevé, dans l’accom­plissement de sa tâche et de son but en ce monde.

Likoutei Si’hot vol. 14, p. 156

NOTES

1.

Hilkhoth Tefilah, Ch. 13 § 8.

2.

Section 385.

3.

Or Hatorah, p. 479

4.

Voir Tour Ora’h ‘Haïm, ch. 669 , et Ramo.

5.

Midrache Chir Hachirime 1:1.

6.

Maxime des Pères 5:21.

7.

Baba Metsia, 38a.

8.

Talmud Erouvine 54a.

9.

voir Exode 19,2, et Rachi.

10.

voir Talmud Chabbat 146a.

11.

Talmud Nidah, 30b.

12.

Zohar ‘Hadach I, 129b.

13.

Berakhoth, 12a.

14.

Deutéronome 34,1.

15.

Cf. Rachi sur Deutéronome 33,11.

La célébration de « Sim’ha Beth-Hachoéva (La réjouissance du puisage de l’eau) pendant la joyeuse fête de Souccot

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De toutes les fêtes, Souccot est la seule, à l’époque du Temple, que l’on célébrait à Jérusalem dans une atmosphère de joie redoublée. Les Mitsvote qui l’accompagnaient étaient nombreuses : résider dans la Soucca, les quatre espèces, la montée au Beth Hamikdach, « Sim’hat Beth Hachoéva », la libation d’eau, l’encerclement de l’autel avec les feuilles de saule, les offrandes de la fête et aussi tous les sept ans la Mitsva de rassemblement du peuple.

Ainsi, chaque soir de Souccot donnait lieu à un rituel particulier au Temple, avec la célébration de Sim’ha Beth-Hachoéva (littéralement la réjouissance du puisage de l’eau), qui remplissait les cœurs d’une joie incommensurable. Pendant cette fête les plus grands Raché Sanhédrine et Raché Yechivote (Dirigeants du Sanhedrin et des Yechivote) venaient danser, et le peuple venait voir se réjouir ces hommes de prestige.

Pendant 7 jours et 7 nuits, le peuple était ainsi transporté dans l’ivresse la plus totale. Sans équivoque, il était possible de déceler l’esprit divin qui animait alors chacun. Nos Sages ont même dit que « Celui qui n’a pas vu Sim’ha Beth-Hachoéva, n’a jamais vu de joie de sa vie !«  (Traité Soucca, 51a).

La ville revêtait ainsi un aspect unique. Ceux qui s’y trouvaient remplissaient leur journée de Mitsvote et leur cœur d’une joie indicible.

Pendant la fête de Souccot à Jérusalem, à l’époque du Temple, celui-ci était ouvert à toutes les nations qui voulaient y monter en pèlerinage, comme cela sera à nouveau le cas après l’arrivée du Machia’h (Messie)…  _____________________________________________________

A Soukot, nous découvrons donc deux nouvelles mitsvote : les libations d’eau et la fête au Beth Hamikdache de Simh’a beth haChoéva qui a priori ne présentent pas de lien avec Souccot. De plus, la Michna dit : à quatre périodes de l’année, le monde est jugé, à Roch Hachana chaque homme passe devant Hachem, à Souccot, nous sommes jugés sur l’eau… C’est d’ailleurs pour cette raison  qu’on apportait un korbane d’eau (le nissoukh haMaïm) pour obtenir un bon jugement sur l’eau. Il faudra comprendre le sens et la place d’un tel jugement, après celui, si important, que nous venons de subir à Roch Hachana et à Kippour. Pourquoi, de plus, cela se passe pendant cette fête de Souccot ? Nous allons essayer de découvrir le fil conducteur qui relie tous ces inyanim (sujets) et toutes ces Mitsvote que nous trouvons à Soukot.

Dans le Midrach, on parle du problème d’une éventuelle forte pluie le premier soir de Souccot alors que nous avons, ce soir-là, l’obligation de faire motsi et de consommer du pain dans la soucca (cette année mercredi soir et jeudi soir). Selon Nos sages, cela ressemble à un serviteur qui vient avec une carafe d’eau pour couper le vin de son maître qui est trop fort mais malheureusement son maître lui jette l’eau à la figure [précisons tout de même que dans les pays où la pluie a commencé avec Soukot, la métaphore ne s’applique pas, disent beaucoup de décisionnaires]. Quelle est au juste la signification de ce midrach.

Le Ari za’l explique que pendant la période de Roch haChana à Yom Kippour (les yamim noraïm – jours redoutables), Hakadoch Baroukh Hou s’occupe d’appliquer le din (la rigueur) et le Tsedek (la justice) dans le monde. Il écrit et scelle chacun de nous dans les livres que nous méritons pour les années à venir. Cette rigueur est représentée dans la Torah par le vin. L’eau, que l’on met dans le vin, représente la Bonté. D’ailleurs l’eau est un élément à la base de la vie, qu’Hachem nous distribue largement, elle représente donc bien cette Mida de H’essed (donner gratuitement). Le vin nous permet de faire des mitsvote très élevés (le kiddouch, le mariage, la Mila…), il représente donc la qualité de rigueur qui permet à chaque juif d’avancer très loin dans l’étude de la Torah et la pratique des mitsvote.

Lorsque le midrach dit qu’Hachem tient un verre de vin, cela vient confirmer que pendant le période qui précédait Il nous a véritablement jugés. A Soukkot, nous venons vers Lui avec une carafe d’eau pour diluer Son vin (nous dit le Midrach) c’est-à-dire que l’essence de la fête de Soukot revient à essayer d’améliorer le jugement des jours redoutables. Comment cela est-ce possible ? Comment la fête de Souccot peut-elle améliorer le jugement scellé à Kippour par Hachem Lui- même ?

La réponse est qu’il existe une mida (une qualité) qui peut nous permettre de sortir du cadre de la stricte justice. Lorsqu’on possède cette mida, Hakadoch Baroukh Hou ne peut plus nous juger (si l’on peut dire ainsi). Illustrons cela par une métaphore : Un grand Roi prend le pouvoir et doit maintenant décider du sort de chaque région, ville et même de chaque citoyen. Il se met donc à juger scrupuleusement les habitants un par un… Est-ce qu’il nous viendrait à l’idée que ce Roi, père de plusieurs enfants, jugera ensuite ses proches dans le même cadre de Justice qu’il a utilisé pour ses citoyens ? Même un roi ne ferait pas un procès ou un jugement à son fils, et aucun ministre ne pourrait rétorquer que cela n’est pas juste, car les enfants du Roi ont un statut spécial (princes) qui les place au dessus du système judiciaire.

Certes, nous devons être de bons serviteurs d’Hachem et c’est ce que demande justement l’ange accusateur à Hachem pendant les jours de Jugement mais aucune justice n’exigera du Roi qu’il juge ses enfants. Comment mériter le statut de banim (enfants d’Hachem) : si nous Le servons avec autant de Simh’a (joie) qu’un enfant a lorsqu’il peut aider ou servir ses parents. En effet, un enfant qui aime ses parents et qui leur est reconnaissant (vertu qui se perd malheureu-sement) combien serait-il heureux de leur rendre service. Si nous arrivions à éprouver cette reconnaissance pour Hachem et le considérions comme notre Père, combien serions-nous heureux de le servir alors. La simh’a est une notion qui dépasse le cadre de la stricte justice et devant laquelle l’ange accusateur (sa-tane) perd ses moyens ; pour cet ange, il est normal que nous soyons de parfaits citoyens mais il n’est pas normal que nous servions Hachem avec la joie d’un enfant qui aide ses parents. D’ailleurs il est écrit à propos du Choffar de Roch Hachana : pourquoi exécutons-nous tant de sonneries, nous pourrions nous acquitter avec trois sonneries (ou neuf sonneries tout au plus) alors que nous en émettons cent. C’est afin de troubler le Sa-tane (l’ange accusateur) ; Rachi explique que c’est pour marquer notre amour des mitsvote que nous sonnons autant de sonneries et c’est justement cela qui trouble l’ange accusateur.

C’est cela l’esprit de Souccot: nous venons devant « le vin » de la stricte justice d’Hachem avec notre petite carafe d’eau. Que représente cette eau ? Il s’agit de toute la simh’a de Souccot qui s’appelle dans la amida justement : « zemane simh’aténou » (le temps de notre joie). Cela peut se constater dans plusieurs des mitsvot de la fête : la mitsva de Souka est l’une des seules dans laquelle nous rentrons tout entier (en l’occurrence dans la cabane), ce qui montre nous engouement.

Le choix des arba minim (quatre espèces) qui selon la Torah ont l’obligation d’ être beaux ; dans la négative nous ne serions pas quittes de la mitsva. C’est là aussi la seule mitsva dans laquelle le Hidour (embellissement) est une condition indispensable. De même, il est recommandé que la Soucca soit belle, décorée et que l’on s’y sente comme chez soi… Il y a enfin la fameuse Simh’a Beth haChoéva : sommet de toute cette ambiance de joie. C’est cela le verre d’eau que nous pouvons utiliser pour atténuer le jugement.

Mais comment faire pour atténuer le jugement qui a été écrit et scellé. Il faut savoir qu’Hakadoch Baroukh Hou possède tous les moyens entre Ses mains. Ce jugement qui a été scellé à Kipour représente le pouvoir judiciaire c’est-à-dire : les peines et réparations en théorie. Par contre, il n’a pas encore été décidé comment la décision du tribunal prendra forme en pratique (pouvoir exécutif). Par exemple imaginons qu’un procès se conclut par une condamnation à 500 heures de travaux d’intérêt général. Si le juge le désire, il peut après le jugement parler au condamné qui est médecin et lui dire : – faisons un accord, tu vas travailler dans tel hôpital 500 heures et cela t’acquittera de ta peine. Ceci réjouira notre médecin qui s’attendait à perdre 500 heures de sa vie dans un autre contexte.

Tout a donc été écrit à Roch Hachana et scellé à kippour en théorie, mais Hachem peut atténuer les peines dans l’application, s’il le souhaite, sans qu’il faille changer le jugement. Souccot peut nous aider à atténuer nos peines et c’est aussi le but de Hochana Raba (lorsque nous faisons la veillée) qui est le dernier jour de cette nouvelle période de jugement. Certes, nos peines ont été fixées à Roch Hachana mais leur application pratique n’a pas encore été fixée.

Cherchons maintenant le rapport avec l’eau. Il y a une explication assez extraordinaire du Beth Halévi qui dit que le premier envoyé d’Hachem sur terre pour appliquer Ses décrets : c’est l’eau. En d’autres termes : L’eau est la première cause qui entraînera d’autres causes et ainsi de suite jusqu’à ce que les décrets d’Hachem prennent forme. C’est le premier chalia’h (envoyé) d’Hachem lors de la Création du monde et c’est aussi l’élément le plus présent sur notre globe et donc le plus à même d’influer toutes sortes d’effets sur le monde selon la volonté du Créateur. L’eau est donc la première chargée de l’application des décrets divins. Par exemple : l’eau agit sur les récoltes, sur les fruits, sur la transmission des maladies et autres bactéries, … En fait, le monde entier est régi par les mouvements de l’eau et leurs répercussions ont trait à tous les domaines.

On peut ainsi mieux comprendre le climat de Souccot : nous nous trouvons dans une ambiance dans laquelle Hakadoch Baroukh Hou a tout décrété en théorie, mais en pratique rien n’a été décidé quant à l’application des décisions émises. Que faisons-nous? Nous essayons d’apporter par notre simh’a de l’eau dans le vin d’Hachem c’et à dire obtenir une application des peines la plus douce possible. Bien que le jugement ait eu lieu et que nous ne pouvons pas intervenir sur lui, mais si nous montrons à Hachem qu’en fait nous ne sommes pas « jugeables » car nous sommes Ses enfants : l’application des peines pourra être très surprenante.

Par exemple : à la place d’un exil à Bavel, Hachem nous dira : va manger et dormir dans ta Souka et cela Me suffira. Dans la prière d’Hochana Raba les Sefardim prie sur tous les domaines de la vie mais les Achekenazim prient seulement sur le jugement de l’eau. En réalité, les deux communautés ont raison car d’une part nous avons besoin de prier pour une douce application de toutes nos peines et d’autre part il s’agit seulement d’un jugement sur l’eau qui en est l’envoyé. Si à Soucccot, nous pouvons nous maintenir dans la simh’a de la fête et arriver à montrer à Hachem que nous sommes ses enfants, alors cela peut conduire Hachem à revoir Son jugement en pratique, et à s’apercevoir qu’il nous suffira de bien peu pour corriger nos erreurs du passé.

Ainsi, pendant Soukot et pendant les libations d’eaux les sages ne chantaient que des chants liés à l’expiation des fautes, car c’est là l’un des effets primordiales de cette fête de Soukot. La question est de savoir comment arriver à cette simh’a. Comme le dit le Rambam la simh’a est une avoda guedola (c’est un grand travail) mais il y a un secret que nous avons déjà divulgué: se sentir les fils d’Hachem. Si nous ressentons cet instinct filial, nous pouvons le servir dans la joie..

Mais c’est quoi être le fils d’Hachem exactement ? C’est être tranquille, rasséréné comme un enfant dans les bras de sa mère. Il n’éprouve aucune inquiétude, car ses parents s’occupent de tout bien évidemment. Etre le fils d’Hachem signifie être dans les bras d’Hakadoch Baroukh Hou. Dans le désert, les nuées de gloire nous protégeaient de cette manière. On peut se demander comment de simples nuages peuvent protéger ? Cette protection en fait est liée fortement à la confiance que les Bné Israël accordaient à Hachem. En effet, ils auraient pu se demander qui va nous laver et nous repasser nos vêtements; comment allons-nous résister à la chaleur, au froid, qui va nous sauver des animaux sauvages…

Mais si Hachem les a placés dans le désert c’est qu’Il a aussi décidé de subvenir à tous leurs besoins. Il faut savoir à ce propos, que l’effet des nuées était différent selon le mérite de la personne et le bitah’on (confiance) que chacun plaçait en Hachem. Les bné Israël les plus faibles au niveau spirituel était complètement en dehors des nuées (comme le erev rav). Certains profitaient des nuées mais pas totalement. Les Tsadikim n’avaient même pas besoin de marcher dans le désert car la nuée était pour eux comme un tapis roulant…

C’est aussi l’idée de la Souka qui est finalement très proche des nuées protec-trices : nous sommes a priori face aux affres du froid et de la nature dans cette cabane. Celui qui se place dans les mains d’Hachem comme un enfant dans les bras de sa mère verra la Hachgah’a (providence) d’Hachem comme les Bons juifs dans le désert la voyait. Et inversement pour ceux qui s’inquiètent de tous les dangers et ne s’appuient pas vraiment sur Hachem.

Être un enfant d’Hakadoch Baroukh Hou signifie que nous marchons avec Lui, main dans la main, que nous lui accordons toute notre confiance et que nous ne remettons pas en question Ses décrets. Hachem, lorsqu’Il veut agir pour notre bien, utilise des centaines de paramètres que nous n’avons pas et cela implique souvent que nous ne comprenons pas Son jugement. Mais Lui sait ce qu’Il fait ; il s’occupe de nous et en même temps de nos enfants et de nos arrière-petits-enfants …

Dans l es Tehillim, le roi David dit : « Hachem ro’i lo ekhsar – Hachem est mon berger, je ne manquerai de rien. » Si Hachem est notre berger, cela implique que nous sommes comme des moutons. A quel niveau ? Dans notre niveau de compréhension des décisions d’Hachem à notre sujet. Notre « Q.I » est comparable à celui d’un mouton lorsqu’il s’agit de comprendre comment Hachem gère le monde et notre vie.

Il y a aussi un verset que nous lisons le Chabbat après-midi : « … l’homme et l’animal Tu délivres, Hachem. » Pourquoi préciser qu’Hachem délivre les animaux ? Le midrach dit: Hachem délivre l’homme qui se fait animal, c’est à dire que nous devons suivre Hachem comme les moutons qui suivent leur berger et là nous mériterons toutes les délivrances. Les avote, qui étaient des hommes supérieurement intelligents et dotés d’une très grande spiritualité, marchaient pourtant avec Hachem comme « des animaux » dit le Midrach. Hachem a dit à Avraham avinou : Je veux que ton fils Itsh’aq soit le père du Klal Israël ; trente six ans plus tard, Itsh’aq est un tsaddik parfait prêt à enfanter le Klal Israël et Hachem demande à Avraham : -demain matin, tu fais la cheh’ita de ton fils Itsh’aq sur la montagne que je t’indiquerai Comment est-ce possible de sacrifier celui qui va donner un sens au monde. Avraham a fait comme Hachem a dit, il a agi comme un mouton.

Et pour aller un peu plus loin dans cet exemple, comment s’appelait le couteau d’Avraham ? « Maah’lète » : celui qui fait manger. Pourquoi ? Car si ce n’était le couteau d’Avraham, il n’y a pas un seul Juif qui mangerait. A Roch Hachana, nous n’avons pas le mérite d’avoir la parnassa alors que fait Hachem ? Grâce au son du Choffar il se souvient du bélier et du mérite du sacrifice d’Itsh’aq et nous gratifie de la parnassa. Ce qui signifie que si Avraham n’avait pas exécuté l’ordre d’Hachem, il n’y aurait pas de klal Israël et on ne tient que par ce couteau-là. En d’autres termes : ce qu’Avraham aurait pu considérer comme étant le sacrifice du klal Israël s’est avéré être exactement le contraire : Un vrai sauvetage pour nous tous, et qui se renouvelle chaque année.

Ce qui est sûr, même si nous avons des difficultés à l’admettre quelquefois, c’est qu’Hachem nous aime plus que nous-mêmes, qu’Il souffre plus que nous lors de nos épreuves et quand nous sommes conscients de cela et que nous marchons complètement avec Lui, nous devenons comme Ses fils et le jugement s’améliore.

Quel est le symbole de cette osmose avec Hachem ? C’est le korbane de l’eau. Avant d’expliquer le korbane il faut rappeler que l’eau est le liquide qui s’adapte le plus au récipient dans lequel il est placé. Ellel se verse facilement ce qui n’est pas le cas des solides ou même de certains autres liquides tels l’huile ou le miel. C’est ainsi que nous devrions agir : aller là où Hachem nous demande d’aller et le suivre comme si nous étions limpide et fluide comme de l’eau.

Le deuxième symbole c’est cette libation : l’eau était placé dans les trous du mizbéa’h (autel) et elle descendait dans les profondeurs ; après seulement elle rejoignait le fleuve. Parfois, nous avons l’impression de chuter et les épreuves de la vie nous font peur. Si nous nous comportons comme cette eau et suivons Hachem avec confiance et sérénité, Il nous fera mériter de voir que cette chute était nécessaire pour rejoindre le fleuve : ce qui constitue la plus grande joie pour de l’eau. Ce qui va amener la kappara (l’expiation) pendant Souccot et atténuer le jugement de Kippour et de Roch Hachana c’est de dire à Hakadoch Baroukh Hou: Je suis ton fils, je suis heureux de te servir et je me sens rassuré car Tu t’occupes de moi perpétuellement : c’est cela le secret de la simh’a.

Tant que nous sommes inquiets, nous ne pouvons pas arriver à la simh’a de Souccot. C’est seulement par cette abstraction de nos inquiétudes et avec une confiance totale en Hachem que nous pouvons arriver à la simh’a. Le travail qu’il nous faut faire maintenant et c’est là la secret du korbane d’eau c’est de se fier à Hachem et de se sentir proche de lui. La soucca dans laquelle Hachem nous fait résider fait justement allusion à ce principe : la forme de la soucca évoque en effet un bras replié autour de nous (en effet une soucca est cachère à partir de deux parois et un téfa’h (la taille d’une main).

Vidéo et article : Comment construire sa Soukka

(Sources : Torah-Box – La Feuille de l’Etudiant – Univers Torah)

Nous sommes aux Portes de la Delivrance Finale

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LES FÊTES DE TICHRI

Nous sommes aux Portes de la Delivrance Finale

Voir la vidéo : Nous sommes aux Portes de la Delivrance Finale

Yom Kippour : La prière du Kol Nidrei

Ecouter : Enrico Macias chante Kol Nidré- vidéo. – JForum

Kol Nidre (judéo-araméen: כָּל נִדְרֵי « Tous les vœux ») est une prière d’annulation publique des vœux. Déclamée trois fois en présence de trois notables à la synagogue, elle ouvre l’office du soir de Yom Kippour et a, pour beaucoup, fini par le désigner. (Wikipedia)

Pourquoi le Kol Nidrei est-il considéré comme la plus sainte des prières juives ?

Bien que Kol Nidrei – une prière dans laquelle nous annulons les vœux – soit traditionnellement considérée comme l’une des prières les plus importantes de l’année, il y a peu d’éléments dans la littérature juive qui soutiennent cette idée.

La question demeure cependant : pourquoi la tradition juive accorde-t-elle autant d’importance et de solennité à cette prière qui semble purement « technique » ?

Certains avancent que la raison à cela remonte à l’époque de l’Inquisition espagnole, lorsque les conversos (les Juifs qui avaient choisi de se convertir au christianisme plutôt que d’affronter l’expulsion ou la mort, mais étaient restés fidèles au judaïsme dans leur cœur et dans une certaine mesure également dans la pratique) se réunissaient le jour de Yom Kippour dans leurs synagogues clandestines. Avant de commencer l’office de Kippour, ils suppliaient D.ieu en pleurs de leur pardonner toutes les déclarations contraires à la doctrine juive qu’ils avaient pu faire en public au cours de l’année précédente. C’est également, pense-t-on, la raison pour laquelle le Kol Nidrei est précédé de la mention suivante : « … par l’autorité du tribunal céleste et par l’autorité du tribunal terrestre, nous accordons la permission de prier avec ceux qui ont transgressé. »

Bien qu’il s’agisse assurément d’une réponse romantique, le fait est que la prière de Kol Nidrei précède l’Inquisition d’au moins 500 ans. Il semblerait plutôt que la réponse la plus simple à cette question est que Kol Nidrei est la prière d’ouverture du jour le plus saint de l’année, et en tant que telle, elle est dite avec une grande dévotion et non pas en raison de son contenu.

Selon la Kabbale, Kol Nidrei est plus qu’une procédure technique d’annulation des vœux. En annulant nos vœux, nous demandons à D.ieu de rendre la pareille : dans le cas où Il aurait promis de ne pas encore amener la rédemption, dans le cas où Il aurait fait le serment d’exercer des jugements sévères sur Son peuple dans l’année qui suit, nous demandons qu’Il annule ces vœux et nous accorde, en lieu et place, une année de bonheur et de rédemption.

Peut-être est-ce là la raison de la solennité de cette prière.

Puissiez-vous avoir une bonne et douce nouvelle année,

Rav Naftali Silberberg,
pour l’équipe éditoriale de Chabad.org

(Source : (Chabad.org)

Le Service pontifical ou Seder Avodath HaCoHaNiM à l’époque du Temple de Jérusalem

Que l’époque de la reconstruction du 3ème Temple arrive vite et de nos jours ! Amen. Ken yehi ratson… louyehi ______________________________________________

LE SERVICE PONTIFICAL ou SEDER AVODATH HACOHANIM

Fermons les yeux et laissons nous porter par notre imagination : le 3ème Temple est descendu du ciel et il est resplendissant.

Les Cohanim et les Léviim ont été appelés à prendre leurs fonctions et nous allons suivre les prêtres dans leur service…

QUI EST LE GRAND PRÊTRE ?

La charge de Cohen se transmettait de père en fils, descendant de Aharon HaCohen. Les cohanim servaient dès l’âge de 20 ans selon la tradition rabbinique à la condition qu’il soit de naissance légitime et pure.

Si le Cohen Gadol n’avait pas de fils la charge retombait sur les épaules de son frère ou du plus proche parent.

Les Cohanim qui devraient une fois par an entrer dans le Saint des Saints pour Yom Kippour sont astreints à certaines lois pour se marier et pour la vie quotidienne :
Les cohanim n’ont le droit d’épouser qu’une vierge.

Il est évident que lui sont interdites les veuves, les divorcées ou celles qui auront été “déshonorées” (violées, prostituées ou autres) et bien entendu pas de converties, ni de non juives. Dans certaines contrées, les Cohanim qui épousaient des femmes qui avaient déjà été mariées étaient déchus immédiatement de leur nom et de leur fonction et leur patronyme était changé de cohen en Allal (profané) ou en Azoulay (acronyme de אישה זונה וחללה לא יקחו ).

En cas de mariage avec une fille/femme qui n’est pas vierge, les enfants naissant de cette union ne sont pas des “mamzérim” mais, ils sont “halalim” ou “vidés” (de leur fonction) et sont dépossédés de leur statut de Cohen.

Il existe aussi une liste de “tares” physiques qui empêcheront le cohen de prendre ses fonctions : défauts physiques et/ou congénitaux ou défauts dus à l’exercice d’une profession, d’un accident etc………

Un cohen gadol n’a pas le droit de se rendre “impur” par la proximité d’un mort même s’il s’agit d’un parent très proche alors que le cohen simple peut se rendre impur pour ses parents, ses frères et sœurs, son épouse, ses fils ou filles.

LES VÊTEMENTS SACERDOTAUX :

Les atours du Cohen Gadol (le Grand Prêtre) sont au nombre de huit et sont les suivants :
Les Mikhnassayim ou caleçon long en lin fin et blanc allant de la taille aux genoux de manière à couvrir les parties inférieures du corps humain.

La Koutoneth ou chemise elle aussi confectionnée dans un tissu fin de lin fin. Cette chemise ou tunique couvre le corps depuis le cou et jusqu’aux pieds et avec des manches jusqu’aux poignets. La koutonet du Cohen Gadol était bridée et/ou ornée alors que celle des autres cohanim était toute simple.

La Avneth ou ceinture, est faite en pur lin brodé de motifs bleus, écarlates et pourpres.
Et pour finir, la Mitsnéfeth ou turban est confectionné dans un tissu de lin fin. Le turban du Cohen Gadol était fait d’une bande de lin plus large que celle dont on se servait pour le turban du Cohen Gadol. Le sommet du turban du grand prêtre était plat alors que pour les autres cohanim le turban se terminait par une sorte de cône ou proéminence appelée “migbaâth”.

Par-dessus la koutoneth, le cohen gadol portait une sorte de cape appelée méîl (en hébreu moderne : manteau) confectionnée en un tissu teint de pourpre (rouge violacé). L’ourlet de cette cape comportait des ornements consistant en des clochettes d’or, de glands en lin et de grenades en laine le tout en bleu, pourpre et écarlate.

Sur la poitrine du Cohen gadol, était attaché une sorte de gilet ou Ephod très richement orné de broderies et retenu sur les épaules par des pierres d’onyx taillées en carré. Sur chacune de ces deux pierres, les noms de six tribus étaient gravés.

Sur cet éphod était fixée une plaquette carrée, le hoshen, sur laquelle étaient enchâssées douze pierres précieuses correspondant aux douze tribus. Ces pierres correspondaient aussi à certaines lettres de l’alphabet. Ces lettres pouvaient s’allumer ou s’éteindre en constituant en quelque sorte, un message : les Ourim VeToumim que le Cohen était apte à déchiffrer ces communications divines. Le Baâl HaTourim fait référence au fait que Moshé Rabbénou glissa dans les plis du hoshen un parchemin sur lequel était noté le nom de D en 72 lettres. Pour affirmer ceci il déclare que la guematria de “eth haourim veeth hatoumim” et celle de “shem ben 72” est égale (il y a en fait une différence d’1 unité) 1571 contre 1570…..!

Puis, sur le turban était fixée une plaque en or (Tsits ou Nezer) sur laquelle avaient été gravés les deux mots “kodesh leHaShem” ou “consacré à l’Eternel”.

Les Sages tels le Baâl HaTourim enseignent que ces huit vêtements sont les “marches” qui permettent au Cohen de gravir l’un après l’autre les degrés des sept cieux ou des sept façons de sublimer les instincts de l’être humain et la matérialité à laquelle il est soumis : ainsi, le premier degré sera le caleçon protégeant l’intimité de l’homme puis la chemise et un à un les autres vêtements arrivant au septième ciel.

La tiare ou mitre “mitsnefet” qui est un huitième accessoire vestimentaire est ce que l’on peut nommer “couvre-chef” ou chapeau qui se traduit en hébreu par migbaâth מגבעת dont la valeur numérique est de 515 qui fait allusion à la voie d’accès suprême des suppliques telle que la Torah s’y réfère dans la parasha de Vaethanane lorsque Moïse adresse 515 prières à HaShem pour pouvoir entrer dans le pays. Cette migbaât permet, ainsi, d’accéder à la couronne ou keter ou encore au Trône céleste.

Tous les jours, le Cohen gadol portera des “vêtements d’or” alors que pour Yom Kippour il ne portera que des vêtements blancs et, il ne portera que les quatre premiers vêtements pour entrer dans le Saint des Saints……….

LES TÂCHES DU COHEN :

En dehors des sacrifices, et d’autres diverses tâches pour le quotidien ou lors des fêtes et célébrations, les Cohanim avaient pour mission de bénir le peuple. Quant aux Léviim qui sont de la même tribu que les cohanim, ils avaient pour mission de laver les mains et les pieds du cohen avant chaque acte. Ils jouaient aussi d’instruments de musique dans le Temple lors des “offices” et ce sont eux qui ouvraient et fermaient les portes du Temple.
Le cohen procédait également au rachat des premiers-nés mâles.

Il existe deux sortes de cohanim : le cohen gadol qui est un homme qui se détache des autres par sa sanctification et le cohen ‘hédioth qui est un homme dont la fonction est moins sainte que celle du cohen gadol. Le cohen gadol est astreint à porter les 8 vêtements détaillés ci-dessous alors que le cohen ‘hédioth ne porte que les quatre premiers.

Caroline Elisheva Rebouh

Le Service pontifical ou Seder Avodath HaCoHaNiM

(Source : JForum)

PARACHAT HACHAVOUA – PARACHA DE LA SEMAINE du vendredi 12 au Chabbat 13 Tichri 5780 (du vendredi 11 au samedi 12 octobre 2019

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Cette semaine, nous étudions la paracha Haazinou (Devarim 32-1 – 32,52)

32,1

« Écoutez, cieux, je vais parler; et que la terre entende les paroles de ma bouche.

32,2

Que mon enseignement s’épande comme la pluie, que mon discours distille comme la rosée, comme la bruyante ondée sur les plantes, et comme les gouttes pressées sur le gazon!

32,3

Car c’est le nom de l’Éternel que je proclame; rendez hommage à notre Dieu!

32,4

Lui, notre rocher, son œuvre est parfaite, toutes ses voies sont la justice même; Dieu de vérité, jamais inique, constamment équitable et droit.

32,5

Est-ce lui qui a condamné ses enfants? Non, c’est leur propre indignité, ô race perverse et tortueuse!

32,6

Est-ce ainsi que vous payez Dieu de retour, peuple insensé et peu sage? N’est-il donc pas ton père, ton créateur? N’est-ce pas lui qui t’a fait et qui t’a organisé?

32,7

Souviens-toi des jours antiques, médite les annales de chaque siècle; interroge ton père, il te l’apprendra, tes vieillards, ils te le diront!

32,8

Quand le Souverain donna leurs lots aux nations, quand il sépara les enfants d’Adam, il fixa les limites des peuples d’après le nombre des enfants d’Israël.

32,9

Car ce peuple est la part du Seigneur; Jacob est le lot de son héritage.

32,10

II le rencontre dans une région déserte, dans les solitudes aux hurlements sauvages; il le protège, il veille sur lui, le garde comme la prunelle de son œil.

32,11

Ainsi l’aigle veille sur son nid, plane sur ses jeunes aiglons, déploie ses ailes pour les recueillir, les porte sur ses pennes robustes.

32,12

Seul, l’Éternel le dirige, et nulle puissance étrangère ne le seconde.

32,13

II l’a fait monter victorieusement sur les hauteurs de la terre et jouir des produits des champs; l’a nourri avec le miel des rochers, avec l’huile de la roche pierreuse,

32,14

avec la crème des vaches, le lait des brebis, les gras agneaux, les béliers de Basan et les boucs, avec la mœlle exquise du froment; et tu buvais le sang vermeil du raisin.

32,15

Yechouroun, engraissé, regimbe; tu étais trop gras, trop replet, trop bien nourri et il abandonne le Dieu qui l’a créé, et il méprise son rocher tutélaire!

32,16

Ils l’irritent par des cultes étrangers; ils l’outragent par leurs abominations.

32,17

Ils sacrifient à des démons qui ne sont pas Dieu, à des déités qu’ils ne connaissaient point; déités nouvelles, de fraîche date, que n’avaient pas redoutées vos pères.

32,18

Et le rocher qui t’engendra, tu le dédaignes, et tu oublies le Dieu qui t’a fait naître.

32,19

A cette vue, le Seigneur s’est indigné; ainsi outragé par ses fils, par ses filles,

32,20

il a dit: Je veux leur dérober ma face, je verrai ce que sera leur avenir; car c’est une race aux voies obliques, des enfants sans loyauté.

32,21

Eux m’ont irrité par des dieux nuls, m’ont contristé par leurs vaines idoles; et moi je les irriterai par un peuple nul, je les contristerai par une nation indigne.

32,22

Oui, un feu s’est allumé dans ma colère, dévorant jusqu’aux profondeurs de l’abîme; il a consumé la terre et ses productions, embrasé les fondements des montagnes.

32,23

J’entasserai sur eux tous les malheurs; contre eux j’épuiserai mes flèches.

32,24

Exténués par la famine, dévorés par la fièvre et des pestes meurtrières, j’exciterai contre eux la dent des carnassiers, et le venin brûlant des reptiles.

32,25

Au dehors, l’épée fera des victimes, au dedans, ce sera la terreur: adolescent et jeune vierge, nourrisson et vieillard.

32,26

J’aurais résolu de les réduire à néant, d’effacer leur souvenir de l’humanité,

32,27

Si je ne craignais le dire insultant de l’ennemi et l’aveuglement de leurs persécuteurs, qui s’écrieraient: « C’est notre puissance qui triomphe, ce n’est pas l’Éternel qui en est la cause. »

32,28

Car c’est une race aux idées fausses; ils sont dépourvus d’intelligence.

32,29

S’ils étaient sages, ils y réfléchiraient; ils seraient frappés de ce qui finit par leur arriver:

32,30

« Comment un seul homme pourrait-il en poursuivre mille, deux, mettre en fuite une myriade, si leur protecteur ne les eût vendus, si l’Éternel ne les eût livrés?

32,31

Car leur protecteur ne ressemble point au nôtre, et nos ennemis sont une race à part.

32,32

De fait, leur vigne tient de la vigne de Sodome, et leur terroir, des campagnes de Gomorrhe; leurs raisins sont des baies vénéneuses, ce sont des grappes amères que les leurs.

32,33

Leur vin, c’est la bave des serpents, c’est le poison meurtrier des vipères! »

32,34

Certes, ceci est mon secret; il est scellé dans mes archives.

32,35

A moi la vindicte et les représailles, vienne l’heure où leur pied doit glisser; car il approche, le jour de leur catastrophe, et l’avenir accourt sur eux!

32,36

Oui, l’Éternel prendra parti pour son peuple, pour ses serviteurs il redeviendra propice, lorsqu’il les verra à bout de forces, sans appui et sans ressources.

32,37

Alors il dira: « Où sont leurs dieux, ces rocs tutélaires, objets de leur confiance;

32,38

qui consomment la graisse de leurs victimes, s’abreuvent du vin de leurs libations? Qu’ils se lèvent pour vous secourir! Qu’ils soient pour vous une sauvegarde!

32,39

Reconnaissez maintenant que c’est moi, qui suis Dieu, moi seul, et nul dieu à côté de moi! Que seul je fais mourir et vivre, je blesse et je guéris, et qu’on ne peut rien soustraire à ma puissance.

32,40

Oui, j’en lève la main au ciel, j’en atteste mon éternelle existence

32,41

Quand j’aiguiserai l’éclair de mon glaive, quand ma main s’armera du châtiment, je prendrai ma revanche sur mes adversaires, je paierai de retour mes ennemis.

32,42

J’enivrerai de sang mes flèches, et mon glaive se repaîtra de chair, du sang des mourants et des captifs, du crâne des capitaines ennemis! »

32,43

Nations, félicitez son peuple, car Dieu venge le sang de ses serviteurs; il exerce sa vindicte sur ses ennemis, réhabilite et sa terre et son peuple! »

32,44

Moïse vint faire entendre au peuple toutes les paroles de ce cantique, lui avec Hoschéa, fils de Noun.

32,45

Lorsque Moïse eut achevé d’adresser toutes ces paroles à Israël entier,

32,46

il leur dit: « Prenez à cœur toutes les paroles par lesquelles je vous admoneste en ce jour, et que vous devez recommander à vos enfants pour qu’ils observent avec soin toutes les paroles de cette doctrine.

32,47

Car ce n’est pas pour vous chose indifférente, c’est votre existence même! Et c’est par ce moyen seul que vous obtiendrez de longs jours sur cette terre, pour la possession de laquelle vous allez passer le Jourdain. »

32,48

L’Éternel parla à Moïse, ce même jour, en ces termes:

32,49

« Monte sur cette cime des Abarîm, sur le mont Nébo, situé dans le pays de Moab en face de Jéricho, et contemple le pays de Canaan, que je donne aux enfants d’Israël en propriété;

32,50

puis meurs sur la montagne où tu vas monter, et rejoins tes pères, de même que ton frère Aaron est mort à Hor-la-Montagne et est allé rejoindre ses pères.

32,51

Parce que vous avez été fautifs envers moi au milieu des enfants d’Israël, à l’occasion des eaux de Meriba à Kadêch, dans le désert de Cîn, en ne me sanctifiant pas au milieu des enfants d’Israël.

32,52

Ce n’est qu’à distance que tu verras le pays: mais tu n’y entreras point, dans ce pays que je donne aux enfants d’Israël. »

(Source : Torah Box)

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La plus grande partie de la paracha de Haazinou (« Écoutez ») est composé d’un « cantique » de 70 lignes que Moïse transmit au peuple d’Israël, le dernier jour de sa vie terrestre.

Prenant le ciel et la terre à témoins, Moïse exhorte le peuple en ces termes : « Souviens-toi des jours d’antan, méditez les années, d’âge en âge ; interroge ton père, il te l’apprendra, tes aïeux, ils te diront » de quelle manière D.ieu « l’a trouvé au pays du désert », en fit un peuple, l’a choisi comme Sien, et leur a attribué une terre d’abondance. Le Cantique met en garde contre les pièges de la prospérité – « Mais Yechouroun s’engraisse et se rebelle. Tu deviens gras, replet, bouffi – Il abandonne le D.ieu qui l’avait fait, il méprise le Rocher de son salut, » ainsi que les terribles calamités qui en résulteraient, que Moïse décrit comme D.ieu « détournant Sa face ». Cependant, il promet que D.ieu, à la fin, vengera le sang de Ses serviteurs et se réconciliera avec Son peuple et Sa terre.

La Paracha se conclut par l’ordre de D.ieu à Moïse de gravir le mont Nebo jusqu’à son sommet, depuis lequel il contemplera la Terre Promise avant de mourir sur la montagne. « De loin seulement tu verras le pays, tu n’y entreras pas, dans cette terre que Je donne aux enfants d’Israël. »

http://www.fr.chabad.org

Shabbat Shalom Mévorah

Paracha Haazinou

(Source : Ashdod Café)

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A propos du deuxième verset de la paracha Haazinou (traduction littérale) :

« Que s’infiltre mon enseignement comme la pluie, que coule ma parole comme la rosée, comme des averses sur la verdure, et comme des ondées sur l’herbe », en hébreu : yaarof kamatar lik’hi tizal katal imrati kis’irim alé déché vékhirvivim alé essev.

Ce verset parle de la façon dont le maître invite l’élève à goûter aux eaux de la Torah.

1- Yaarof kamatar lik’hi : lik’hi désigne « mon enseignement ». Il s’agit de la Torah appelée dans le livre des Proverbes léka’h tov, un bon enseignement : « Je vous ai donné un bon enseignement, n’abandonnez pas Ma Torah ! ».

Dans le verset, il n’est pas dit que la Torah doit être dispensée avec violence et de manière forcée. Bien au contraire, on parle de pénétration de la connaissance de la Torah de manière douce.

A propos du mot yaarof « que s’infiltre », Rachi dit qu’il s’agit d’un mot évoquant un « goutte à goutte ».

Ainsi, mon enseignement devra toucher les esprits doucement et très progressivement, goutte après goutte, connaissance après connaissance, à l’instar d’une pluie bienfaitrice.

C’est ainsi que la Torah pénètre en l’homme qui a su devenir, par sa maîtrise de la patience, un récipient ou kéli adéquat pour sa réception. Ainsi les initiales des trois mots Yaarof Kamatar Lik’hi, forment le mot Kéli.

Cette connaissance ne doit pas rester l’apanage d’une élite, mais elle doit s’étendre à toutes les composantes du peuple, à savoir Kohen, Lévi, Israël, dont les initiales forment le mot Kéli.

C’est de cette manière qu’avec un arrosage doux et progressif, il est possible de faire pousser de beaux fruits à travers notre étude de la Torah. Une allusion à cela se trouve dans les lettres finales de yaaroF kamataR lik’hI qui forment le mot Péri, fruit.

C’est notre éloignement des valeurs de la Torah qui nous a conduits à contracter une maladie dans notre âme. Ceci rappelle qu’un malade doit être alimenté d’abord au compte- goutte, puis quand il commence à reprendre des forces, il est possible d’augmenter progressivement la dose.

Ainsi, dans le verset, la Torah parle d’abord de yaarof, une délivrance du liquide qui se fait au goutte à goutte.

2 -Tizal katal imrati
C’est seulement ensuite que la Torah poursuit en employant le verbe tizal, (lié à nozal s’écouler), relatif à un liquide qui s’écoule sans interruption : tizal katal imrati, que coule ma parole comme la rosée.
La place des deux verbes semble étonnante.

En effet, puisqu’au départ, la Torah emploie le verbe yaarof, lié au goutte à goutte, elle aurait dû comparer cela à la rosée (on parle bien des gouttes de rosée).

Pourtant, elle évoque matar, la pluie qui semble s’écouler avec plus de force que la rosée. De plus, lorsqu’il s’agit d’évoquer la rosée, elle emploie le verbe tizal, lié à l’écoulement (a priori sans interruption comme un jet d’eau, et cela ne concerne pas la rosée !). Essayons de résoudre cette difficulté.

a. Lik’hi : littéralement, cela signifie « ma prise », léka’h étant lié au verbe laka’hat, prendre. L’homme au départ souhaite s’emparer de la Torah : il pense naïvement pouvoir la saisir, la prendre comme il le ferait pour n’importe quel objet …

A celui qui agit de cette manière, le maître répond : yaarof, c’est-à-dire que la Torah s’apprend progressivement, au compte- goutte. Cependant, sache que si tu sais apprendre dans l’ordre, étape après étape, alors, tu auras droit à une réception plus grande de la Torah : kamatar, comme la pluie qui s’écoule et revivifie tout l’être, ainsi l’étude de la Torah te transformera. Mais pour cela, il faut d’abord la recevoir à petite dose.

b. Mais la Torah s’appelle aussi imrati, ma parole. Sache que même si tu n’en comprends qu’une très faible partie, (ne serait-ce qu’une parole), à l’instar du volume d’une goutte de rosée (katal), malgré tout, si tu t’attaches avec persévérance à Ma Parole, imrati, alors, elle finira par s’épancher sur toi dans un écoulement continu (tizal).

3. Kis’irim alé déché : comme des averses sur la verdure.

Le targoum onkelos (rapporté par Rachi) traduit kis’irim par des vents de pluie. Ces vents qui amènent la pluie avec eux renforcent la végétation.
Cela fait allusion à l’étude en groupe, en particulier l’étude de la Torah orale, dans la « tempête » ou le tumulte de la maison d’étude, le beit hamidrach.

Car au départ, l’homme ne pouvait recevoir la Torah qu’au compte-goutte (yaarof kamatar lik’hi). Puis dans son apprentissage de la Torah, il fut en butte à difficultés de compréhension : il voulait goûter à la pluie matar, mais il ne goûta qu’à la rosée tal.

Cependant, en persévérant, il reçut des forces pour que la Parole divine s’écoule sur lui sans discontinuer (tizal), ce qui lui valut l’accès aux vents de pluie, l’agitation bruyante de la maison d’étude (kis’irim alé déché). Cela lui permit d’avoir une connaissance générale de la Torah : déché, la verdure désigne un terme générique où les éléments végétaux ne sont pas différenciés.

4. Kirvivim alé essev

Mais c’est en demeurant au beit hamidrach qu’il en vint à découvrir la beauté insondable de la Torah : kirvivim alé éssev, comme des ondées sur l’herbe …

C’est-à-dire qu’il découvre des multitudes d’enseignements (kirvivim de la racine ribev multiplier par myriades) sur chaque détail, chaque « brin d’herbe » de la Torah.

Telle était dès le départ la finalité de l’enseignement prodigué par le maître : faire goûter à l’élève les eaux de la Torah, tout d’abord progressivement, puis dans une cadence plus accrue, afin de finalement lui offrir la possibilité de découvrir à son tour la richesse extraordinaire de la Torah dans ses multiples facettes.

Et la téchouva et le pardon des fautes passent essentiellement par l’étude de la Torah. Car l’étude de la Torah répare énormément. Ainsi, comme il serait bon de prendre des décisions en ce début de nouvelle année, afin d’amplifier notre étude ? Chacun selon son niveau, et de façon progressive, auprès d’un maître de la Torah qui saurait susciter en nous l’amour de son étude. Que H’ nous aide à revenir à lui de tout notre cœur.

Shavoua tov et que le jeûne de Kippour se passe dans les meilleures conditions.

Shmouel Darmon

(Source : JForum)

Le son puissant du Choffar de Roch Hachana, de Kippour… touche le tréfonds de l’âme et le coeur de l’homme, le rapprochant de son Créateur

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Le sens universel de Yom Kippour

Tout le monde sait déjà que Kippour fut le jour où Hachem a pardonné au peuple d’Israël la faute du Veau d’or – après que Moché eut passé quarante jours au mont Sinaï à jeûner, prier et supplier D.ieu de ne pas exterminer Son peuple – pour recevoir enfin, le 10 du mois de Tichri, la fameuse réponse : « Sala’hti kidévare’ha [J’ai pardonné comme tu Me l’as demandé] »…

D’où, en français, le nom « Jour du Grand pardon », car c’est bien ce jour-là qu’Hachem a pardonné « l’impardonnable » : l’idolâtrie faite aux pieds du mont Sinaï sous l’influence du Érev rav. De surcroît, ce jour de Kippour, nous avons mérité de recevoir les deuxièmes Tables de la Loi – celles qui nous sont restées, les premières ayant été brisées par Moché lui-même lorsqu’il découvrit le Veau d’or.

Kippour est enfin le jour où Hachem a dit à Moché : « Je vais t’enseigner les 13 ‘ Midot hara’hamim ’ [les 13 Attributs divins de Miséricorde]. Lorsque tes enfants réciteront ce texte, Je leur pardonnerai leurs fautes ». Or nous avons bien retenu la leçon puisqu’à Kippour, nous répétons 26 fois le fameux « Vayaavor » avec l’énumération de ces 13 Attributs divins !
Tout ce que nous venons de rappeler ne concerne que les Enfants d’Israël. Et pourtant que le monde tout entier est concerné par Kippour…
Comment ?

Rappelons ce que le Gaon de Vilna dit au sujet de Kippour qui est en fait le dernier jour de jugement sur les dix jours commençant à Roch Hachana. Voilà pourquoi, explique-t-il, on se congratule avant Kippour avec la formule « Léchana tova tekatvou veté’hatmou», y compris pour les Justes, le Jugement divin ne s’achevant qu’au jour de Kippour. Donc, conclut le Gaon de Vilna, ces dix jours sont comme une conclusion de l’année écoulée : comme si, du 1er au 10 Tichri, nous étions encore dans l’année précédente à en faire le bilan… Et donc, en fait, le véritable Roch Hachana de la nouvelle année serait le 10 Tichri !

Cette conception originale a une conséquence surprenante : alors que l’année solaire dure 365 jours et 6 heures, d’un point de vue astronomique, le mois solaire n’existe par contre pas, car il n’est qu’une invention des hommes. À l’inverse, si l’année lunaire n’existe pas non plus, il n’y a que le mois lunaire qui décrit le cycle de la lune, lequel dure 29 jours, 12 heures et 44 minutes environ. Or pour obtenir une année lunaire, on multiplie par 12 la durée d’un mois : on obtient alors 355 jours. Il existe donc chaque année un décalage de dix jours entre « l’année lunaire » et l’année solaire. Le Gaon explique que nous retrouvons ces dix jours entre Roch Hachana et Kippour, justement pour que l’année lunaire « rattrape » la durée de l’année solaire.

De là, nous constatons que l’année solaire ne devrait donc pas commencer le 1er janvier, mais bien à Kippour. Car ce jour-là, disent nos Sages, le monde tout entier est passé au crible devant D.ieu Qui scelle, pour les Juifs et les non-Juifs, ce que sera la nouvelle année ! Ainsi, ce simple petit calcul a restitué au calendrier hébraïque sa dimension universelle qui fait de Kippour le véritable Nouvel An des nations.

Que s’accomplisse donc à Kippour, la prière répétée durant le Moussaf de Roch Hachana : « Et chaque être vivant dira : L’Éternel, D.ieu d’Israël, est le roi et Sa royauté s’étend à toute chose ! » Amen.

Rabbin Sitruk,en partenariat avec Hamodia.fr

Le sens universel de Yom Kippour – Rav Sitruk Zatsal

(Source : Chiourim.com)

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Jour de l’Expiation par Isidor Kaufmann (av. 1907).
Jour de l’Expiation par Isidor Kaufmann (av. 1907) ____________________________________________________

Veille de Kippour : derniers préparatifs pour cette journée solennelle

Comme chaque année, une ambiance toute particulière règne en Israël en cette veille de Kippour, un jour considéré comme le plus saint et le plus solennel de l’année juive. Tout est prêt pour accueillir cette journée de fête solennelle et des mesures exceptionnelles sont prises dans tout le pays.

Pour des raisons de sécurité, un couvre-feu sera imposé aux résidents arabes de Judée-Samarie et ne sera levé qu’à la fin de Yom Kippour. Seuls les déplacements urgents, pour des motifs humanitaires, seront autorisés avec l’aval de l’administration civile. La police va renforcer ses effectifs.

Au Maguen David Adom, les équipes ont également été étoffées, comprenant notamment de nombreux infirmiers. Des ambulances sont prêtes à intervenir si cela s’avère nécessaire. D’après les statistiques, près de 2 000 personnes sont soignées chaque année au cours de la journée.

Les transports publics seront interrompus en début d’après-midi. Les déplacements interurbains cesseront entre 13h30 et 15 heures. Le trafic ferroviaire sera stoppé en fin de matinée.

Israël et le peuple juif tout entier vivent l’un des moments forts de l’année, avec une présence impressionnante de la population dans les lieux de prières qui se multiplient. Certains sont adaptés à un public qui n’a pas l’habitude de suivre des offices. Pas une seule voiture n’empruntera les routes du pays en cette journée de jeûne et de recueillement.

Gmar H’atima Tova !

Veille de Kippour : derniers préparatifs pour cette journée solennelle..

(Source : Chiourim.com)

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Le Choffar ______________________________________________

Au coeur de la célébation et au tréfonds de nos êtres retentit le son puissant du Choffar. L’entendre, recevoir en nous son cri, est la mitsva fondamentale du jour. Les sonneries (qui n’ont lieu que le second jour si le premier est un Chabbat) sont une ordonnance de la Torah. Elles peuvent être accomplies depuis le lever du jour jusqu’à son coucher. A la synagogue, elles ont lieu avant et pendant la prière du Moussaf cette année les lundi 30 septembre et mardi 1er octobre 2019 .

Le Choffar est fait d’une corne d’animal naturellement creuse. On utilise, en règle générale, une corne de bélier pour rappeler le souvenir de l’animal offert en substitution au sacrifice d’Isaac (Genèse 22-13). Le son rude et strident qui en jaillit nous appelle à retourner vers D.ieu. Il est aussi un appel à combattre ce qui, en nous, veut s’opposer à l’aspiration profonde au retour, un appel à vaincre la trivialité de nos routines.

Selon une explication de Rabbi Saadya Gaon souvent reprise par la tradition ‘hassidique, on avait jadis coutume de sonner d’une corne d’animal lors du couronnement d’un roi. Ainsi, par le son du Choffar proclamons-nous la royauté de D.ieu. Du reste, le sens profond de cette proclamation transparaît de la forme même de ce rustique instrument : on en souffle par l’extrémité étroite, le son s’en élève par le côté large. C’est là l’image de l’effort humain qui, dans un premier temps, s’accomplit alors que la Royauté divine est voilée, quasiment imperceptible. Par la vertu de cet effort est affirmée cette Royauté. Elle prend, si l’on peut dire, forme à nos yeux, « grandit » et se révèle dans la concrétude du monde. « J’ai invoqué l’Éternel dans l’étroitesse, dit le psaume, Il m’a exaucé dans la largesse ».

(Source : Loubavitch.fr)

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https://www.chiourim.com/wp-content/uploads/2016/10/kippour_2-320x202.jpg___________________________________________________

Le cri du Choffar

La sonnerie du Choffar écarte tous les accusateurs spirituels qui, le jour de Roch Hachana, se présentent devant D.ieu afin de demander un jugement sévère pour les hommes. Au moment où il retentit et où chacun l’écoute, D.ieu choisit d’entendre l’appel de Ses enfants et de repousser cette demande..

A propos de Roch Hachana, le Talmud enseigne : « La Mitsva du jour, c’est le Choffar ». En effet, c’est bien l’acte le plus important de la journée et chacun y est tenu. Nos Sages nous en donnent la raison. Ils nous disent que le but général de la célébration est de « couronner D.ieu comme notre Roi » et que cela est réalisé par la sonnerie du  Choffar. C’est là une idée étonnante. S’il s’agit d’une sorte de cérémonie de « couronnement », on aurait pu avoir recours à des instruments plus complexes et plus mélodieux que cette simple et primitive corne de bélier.

C’est précisément cette simplicité-là qui est cependant recherchée. Le son du Choffar est comme un cri, un appel et celui-ci provient du plus profond du coeur de chacun. Si ce cri était articulé, les mots qu’il formerait seraient : « Père, Père, sauve-moi ! » C’est ainsi que chacun s’adresse à D.ieu. Il sait que ses actes n’ont pas été à la hauteur de ce qu’il espérait. Il sait aussi qu’il lui appartient de revenir à D.ieu de toute son âme. Il sait enfin que D.ieu est comparable à un Père qui n’attend que l’appel de son enfant pour se tourner vers lui et répondre à sa demande. Aussi, le Choffar est cet appel qui brise les barrières élevées par les erreurs des hommes et parvient jusqu’au plus haut.

Le Baal Chem Tov va plus loin encore. Il précise que ce qui compte ici, ce n’est pas le sens du cri que le Choffar fait retentir mais l’existence même du cri. Tel un enfant qui appelle son père, chacun sait que D.ieu l’entendra, non parce qu’il présente sa demande avec conviction ou élégance, mais d’abord parce que son cri exprime le plus profond de son âme. Par ce son, chacun se lie à l’essence divine et abat ainsi tout ce qui peut encore le séparer de son Père Qui n’attend que le moment d’effacer les fautes commises et d’accorder la meilleure des années.

Le sonneur de choffar se tient à la bimah (plate-forme à l’avant de la synagogue) et commence par réciter une série de versets des Psaumes suivis de deux bénédictions : la première bénit D.ieu « qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a commandé d’écouter le son du choffar. » La seconde est la bénédiction de Chéhé’héyanou, remerciant D.ieu de nous avoir accordé une autre année de vie, nous permettant ainsi de sonner le choffar une fois de plus.

La sonnerie du choffar contient une série de trois types de coups : la tekiah, un long son ressemblant à un long sanglot ; les chevarim, une série de trois courts gémissements ; et la terouah, au moins neuf coups saccadés.

La première sonnerie du choffar est composée de ces 30 coups :

Tekiah-chevarim-terouah-tekiah

Tekiah-chevarim-terouah-tekiah

Tekiah-chevarim-terouah-tekiah

Tekiah-chevarim-tekiah

Tekiah-chevarim-tekiah

Tekiah-chevarim- tekiah

Tekiah-Terouah-Tekiah

Tekiah-Terouah-Tekiah

Tekiah-terouah-tekiah guédola (très longue sonnerie)

Pendant la prière de Moussaf, nous avons 7 autres occasions de sonner le choffar, produisant à chaque fois les 10 coups suivants :

Tekiah-chevarim-terouah-tekiah

Tekiah-chevarim-tekiah

Tekiah-Terouah-Tekiah

Ajoutez tout cela et vous arriverez à exactement 100 coups. La coutume de ‘Habad est de sonner une séquence supplémentaire de 30 coups après la fin de Moussaf.

Dans les temps anciens, le choffar était sonné dans le cadre de l’office du Temple de Jérusalem et à la guerre. Aujourd’hui, à part Roch Hachana, le son du choffar est généralement sonné à deux reprises :

1. Pendant le mois d’Eloul, pour nous mettre dans l’ambiance de Roch Hachana.

2. À l’issue du jeûne de Yom Kippour.

(Source : Chabbad.org)

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Rien n’est comparable au son du Chofar. Depuis l’aube de l’histoire du peuple juif, ce son nous accompagne, appelant à la Téchouva mais aussi au rassemblement, à la fierté juive et à la liberté. Au musée des terres bibliques à Jérusalem s’est ouvert une exposition consacrée au chofar et son rôle le long des générations. L’occasion pour Hamodia de se pencher de plus près sur cet instrument unique si intimement lié à Roch Hachana et que l’on rencontre à chaque tournant de l’histoire de notre peuple.

Le Chofar dans la Bible

C’est dans le livre de Chémot (19, 16) qu’on retrouve pour la première fois le mot Chofar dans la littérature biblique : « Or, au troisième jour, le matin venu, il y eut des tonnerres et des éclairs et une nuée épaisse sur la montagne et un son de Chofar très intense. Tout le peuple frissonna dans le camp ».
Mais c’est particulièrement la connotation militaire qui est en général liée au son du Chofar dans le Tana’h : c’est ainsi que le Chofar sert à déclarer la guerre (Juges 3, 27 et 6, 34 ; Chemouel 13, 3 ; Né’hémia 4, 14) ou encore à annoncer une attaque (Osée 4, 8 et Ézéchiel 33, 3) ou enfin à dissuader l’ennemi de s’approcher (Juges 7, 19). Par ailleurs, le Chofar était également utilisé par les gardiens de la ville pour prévenir d’un danger menaçant (Jérémie 6, 17).
Mais c’est surtout au moment de la conquête de Jéricho que le rôle du Chofar et son côté « miraculeux » sont mis en exergue puisque le livre de Yéhochoua (Josué, chapitre 6) nous décrit comment les murailles de Jéricho tombent après que le peuple a sonné du Chofar.

Le Chofar a retenti à Jérusalem lorsque l’Arche d’alliance contenant les Tables de la Loi pénétra dans la ville : « Et David et toute la maison d’Israël escortaient l’arche du Seigneur avec des cris de joie et au son du Chofar ».

Le Chofar fait également partie du cérémonial de couronnement des rois d’Israël (Chemouel Beth 15, 10 ; Méla’him Aleph 1, 39 ; Méla’him Beth 9, 13) et lorsque dans les Téhilim (98, 6), David parle du «Roi Hachem », il fait précéder cette nomination par un appel à faire retentir « le son du Chofar ».

Enfin, le Chofar en tant qu’annonciateur de la délivrance est mentionné dans le livre de Ichaya (27, 13) : « En ce jour résonnera le grand Chofar ; alors arriveront ceux qui étaient perdus dans le pays d’Achour, relégués dans la terre d’Égypte, et ils se prosterneront devant l’Éternel, sur la montagne sainte, à Jérusalem ».

Étonnamment, la seule mitsva de la Torah concernant le Chofar n’est pas liée à Roch Hachana mais au Jubilé qu’on annonce une fois tous les 49 ans, le jour de Kippour : « Tu compteras chez toi sept années sabbatiques, sept fois sept années, de sorte que la période de ces sept années sabbatiques te fera quarante-neuf ans ; puis tu feras circuler le retentissement du Chofar, dans le septième mois, le dixième jour du mois : au jour des expiations, vous ferez retentir le son du Chofar à travers tout votre pays ». (Vayikra 25, 9)

Roch Hachana est toutefois appelé dans la Torah « Jour du souvenir de la sonnerie » ce qui a conduit nos Sages (Rocha Hachana 33b) à ordonner de sonner du Chofar le jour de Roch Hachana.

Le Chofar et le « ‘hérem » (exclusion)

À Roch Hachana, le son du Chofar appelle à la téchouva mais au cours des siècles, il a également servi de conclusion à des verdicts de « ‘hérem » (exclusion ou anathème) prononcés par les tribunaux rabbiniques.
C’est ainsi qu’on a découvert plusieurs Chofarot sur lesquels étaient gravés les mots : «  »Hérem Nidouï » et « Shamta », le « Shamta » étant un éloignement limité à trente jours.
Ces Chofars servaient probablement à prévenir la communauté qu’un de leurs membres avait transgressé la loi divine et avait été jugé par le Beth Din qui avait décidé de son exclusion et limité toute relation avec lui de sorte à ne lui laisser que la possibilité minimale de subvenir à ses besoins vitaux.
Le ‘hérem était en général prononcé par le Av Beth Din, le président du tribunal rabbinique, et dans les cas très sévères, cette cérémonie se déroulait à la synagogue, devant l’arche sainte. L’un des cas les plus célèbres de ‘hérem concerne le philosophe Barou’h Spinoza, excommunié le 27 juillet 1656.

Le Chofar pendant la Shoah

Un des Chofarot exposés au musée des pays bibliques raconte une histoire particulièrement émouvante : celle d’Israël Mizra’hi, natif de Turquie, qui a émigré en Belgique, à Anvers, un peu avant la Seconde Guerre mondiale.
Israël, son épouse Esther et leurs deux enfants, Lili et Yossef, âgés de moins de 10 ans, pensaient que leur nationalité turque les protégerait des nazis. Mais lorsque les Allemands envahissent la Belgique, la famille comprend qu’elle est en danger, décide de fuir et demande aux voisins de garder leur appartement et ce qu’il contient.

Malheureusement, en 1943, les Mizra’his sont rattrapés par les nazis et envoyés au camp de Mechelen, qui servait de camp de transit pour les Juifs belges à partir duquel ils étaient transférés vers les camps d’extermination. Au mois de décembre, Israël est envoyé au camp de Buchenwald où il décède. Esther et ses deux enfants sont envoyés au camp de Ravensbrück.

À la fin de la guerre, elle part à la recherche de son époux, mais apprend qu’il est mort dans les camps. Elle retourne alors à Anvers avec Lily et Yossef. Les voisins lui expliquent que la maison est désormais habitée par d’autres personnes et qu’ils n’ont réussi à sauver que quelques objets qui se trouvaient dans le grenier.
La voisine tire alors de son buffet le Chofar d’Israël et le donne à Esther. Une photo et un Chofar : ce sont là les seuls souvenirs de ce père de famille aimant et dévoué, parti en fumée en décembre 1943.

Une autre histoire liant le Chofar et la Shoah a lieu en 1943, dans le camp de travail de Skarżysko-Kamienna, en Pologne : Roch Hachana approche et l’Admour de Radochitz, rabbi Its’hak Finkler, ne conçoit pas de renoncer à sonner du Chofar. Il est intimement convaincu que cette mitsva doit être respectée, car, plus que jamais, il faut en appeler à la miséricorde divine.
Trouver une corne de bélier pour fabriquer un Chofar alors qu’on est entouré de barbelés est une mission difficile, voire impossible. Mais l’Admour refuse de baisser les bras. Il réunit une somme d’argent parmi les prisonniers et soudoie un des gardiens polonais du camp. Celui-ci lui amène une corne, mais c’est une corne de bœuf, impropre selon la hala’ha.
Le gardien ne veut rien entendre : il veut encore de l’argent. On réunit une nouvelle somme et la corne de bélier est enfin entre les mains des prisonniers juifs

Reste à la transformer en Chofar. L’Admour demande à Moché Winterter, un serrurier originaire de Radovitch, de se charger de cette mission. Winterter refuse dans un premier temps : utiliser les outils de la serrurerie du camp pour préparer autre chose que ce que les gardiens du camp lui demandent pourrait bien lui valoir d’être fusillé. « Lorsque le rabbi m’a demandé en pleurant de préparer un Chofar, j’ai éclaté moi aussi en sanglots : je ne connaissais absolument rien au processus de fabrication du Chofar. Je ne savais pas non plus comment j’allais transporter la corne depuis le camp et jusqu’à l’usine située à 3 km, alors que durant toute la marche, j’allais être entouré par des SS qui n’hésitaient pas à procéder à des fouilles. Mais je n’ai pas pu résister aux larmes du rabbi. J’ai accepté.

J’ai réussi par miracle à transporter la corne de bélier, mais là, il me restait un problème à résoudre : comment fabrique-t-on un Chofar ? Par quoi commence-t-on ? Les conseilleurs ne manquaient pas : l’un me disait de tremper la corne dans de l’eau chaude, l’autre m’affirmait qu’au contraire, il fallait de l’eau froide et le dernier me disait que si je voulais assouplir la corne de bélier pour en faire un Chofar, il me fallait la tremper dans du lait bien chaud ! En fin de compte, je crois que je l’ai assouplie avec mes larmes… »

Malgré le danger, Winterter parvient donc à fabriquer le Chofar et le transmet au rabbi la veille de Roch Hachana. Très vite, la rumeur court dans le camp : l’Admour va sonner du Chofar pour Roch Hachana !

Avraham Altman a participé à cet office de Roch Hachana 1943. Son témoignage a été publié par le musée Yad Vachem : « Rien ne saurait décrire les prières que nous avons récitées dans la cabane du rabbi. Les pleurs et les cris, les téfilot prononcées avec une ferveur immense […] Lorsque le tsaddik a crié, juste avant la sonnerie du Chofar :  » Du fond de ma détresse, je t’ai appelé Hachem !  » Nous avons tous eu l’impression que ce verset avait transpercé les cieux et que tout le cortège céleste était descendu pour participer à notre office ! […] Nous avions perdu durant l’année passée tous nos proches, nos enfants et nos parents et nous sentions qu’eux aussi étaient avec nous et cette prière, ce son du Chofar, nous a donné la force de survivre à tout ce qui nous est arrivé par la suite »

Moché Winterter a précieusement gardé ce Chofar durant toute la période passée dans le camp de Skarżysko-Kamienna puis dans celui de Tchenstochova, mais n’a pas pu le prendre avec lui lorsqu’il a été transféré au camp de Buchenwald.

Après la guerre, Moché est monté en Israël et en 1977, il a retrouvé la trace de son Chofar, qui se trouvait alors à New York, chez une famille juive. Aidé par le musée Yad Vachem, il a convaincu cette famille de faire don du Chofar au musée, où il est exposé jusqu’à aujourd’hui.

Le Chofar et le Kotel

Hamodia avait rapporté l’année dernière l’histoire de ces jeunes Juifs, âgés entre 13 et 20 ans qui, bravant l’interdit du Mandat britannique, sonnaient chaque année du Chofar au Kotel, à la sortie de Kippour, entre 1930 et 1948, ne craignant pas de passer ensuite quelques jours en prison pour ce « crime ».

L’année dernière, plus de soixante ans après, quelques-uns de ces « résistants » se sont retrouvés au Kotel pour y sonner tous ensemble du Chofar. Les circonstances étaient bien différentes puisqu’à la place de soldats britanniques haineux, ce sont des soldats juifs qui leur ont fait honneur durant cette cérémonie émouvante.

Le dernier à avoir fait sonner son Chofar était Avraham Elkaïm, qui a bravé les soldats de Sa Majesté à la sortie de Kippour 1947, l’année qui a précédé la prise de la Vieille ville par les Jordaniens.

Lorsqu’en 1967, le Kotel est libéré, il accompagne l’aumônier de Tsahal, le rabbin Goren et sonne en même temps que lui du Chofar. Ce Chofar du rabbin Goren lui avait été transmis quelques heures plus tôt par son beau-père, le rav Hanazir, rav David Hacohen qui, depuis la division de Jérusalem en 1948 et jusqu’à sa libération en juin 1967, refusait de sortir de son appartement et demeurait cloîtré chez lui. Lorsque le rabbin Goren, qui sera ensuite l’un des premiers soldats de Tsahal à toucher le Kotel, lui demande la permission d’utiliser son Chofar, le rav Hacohen accepte bien évidemment. Le son de ce Chofar accompagnera les parachutistes durant toute leur avancée dans la Vieille ville.

(Source : Chiourim.com)

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Une dernière pensée

Les maîtres ‘hassidiques nous apprennent que l’appel du choffar s’apparente à la plainte d’un enfant qui aspire à être réuni avec son père bien-aimé. Il n’y a pas de mots pour exprimer un désir si profond, si primordial et si authentique. Assurez-vous donc d’assister à la sonnerie du choffar à Roch Hachana et à Kippour, et donnez une expression au cri de votre âme.

Le Choffar dans les sources

Le Choffar est fait d’une corne d’animal, mais seulement d’une espèce dont la corne est naturellement creuse et remplie par un os. Ce qui exclut tous les animaux cornus dont les cornes sont pleines, notamment la vache et le bœuf. Les cornes de ces derniers sont appelées en hébreu kérène et non choffar ; en outre, ces cornes nous rappelleraient le Veau d’Or que confectionnèrent les enfants d’Israël dans le désert après leur départ d’Égypte – souvenir qui ne s’accorderait guère à un jour comme Roche Hachana, où nos prières ont pour but de trouver grâce devant D.ieu et d’invoquer Sa bienveillance.

On a recours d’habitude – et de préférence – à une corne de bélier en souvenir de la bête offerte en substitution d’Isaac qui avait consenti à être attaché sur l’autel et offert en holocauste à D.ieu.

Rabbi Abahou dit : « Le message de D.ieu est : Sonnez d’un Choffar fait d’une corne de bélier ; Je me souviendrai alors de la akédah (ligagure) d’Isaac, et Je penserai à vous comme si vous étiez, vous aussi, prêts à M’offrir votre vie. »

Le Choffar doit être recourbé : ainsi, il nous rappellera que nous devons incliner notre cœur vers notre Père Céleste.Il ne doit comporter ni dorure, ni peinture. Une embouchure en or, par exemple, le rendrait impropre à la mitsva du Choffar. Seuls quelques éléments décoratifs gravés à même la corne sont permis.Le Choffar est l’instrument à vent le plus vieux du monde. La voix du Choffar est un appel à la pénitence et une invitation au combat. Le Choffar nous invite à lutter contre tout ce qui nous empêche d’appliquer complètement les règles de notre religion. Il nous dit d’être courageux et ne pas avoir peur de respecter et remplir les saints commandements, comme, par exemple, mettre les Téfiline, porter des Tsitsit, observer le Chabbat, etc. « Si c’est nécessaire, luttez et surmontez tous les obstacles. »Le fidèle doit écouter le son même du Choffar, et non son écho. Entendre ce dernier seulement n’acquitte pas de la mitsva du Choffar. Cette loi avait son importance pour les Juifs au temps de l’Inquisition, quand les Marranes (Israélites restés secrètement fidèles à leur foi) n’avaient d’autre moyen que de se cacher au fond des bois, loin sur les collines ou à l’intérieur des grottes pour sonner du Choffar, car s’ils avaient le malheur d’être pris sur le fait, ils étaient envoyés au bûcher.On sonne du Choffar à Roche Hachana après la lecture de la Torah, avant et pendant la prière du Moussaf. Bien qu’en règle générale, il ne faille pas différer l’accomplissement d’une mitsva (et, en tant que tel, le son du Choffar s’imposerait au commencement de l’office), celle-ci est retardée pour la raison suivante : il arriva une fois que les Juifs asservis sonnèrent du Choffar un matin de très bonne heure. Leurs maîtres, interprétant cet acte comme un appel à la rébellion, les encerclèrent et les massacrèrent. Afin d’éviter le retour d’une si tragique erreur, les juifs décidèrent alors de ne sonner du Choffar qu’après la lecture de la Torah.L’idée s’avéra bonne. En effet, constatant que les Juifs avaient déjà fait paisiblement une partie de leurs prières, récité le Chéma, dit la Amida et lu dans la Torah, leurs maîtres se rendirent compte qu’il s’agissait d’un rassemblement pacifique dont le but était la prière et non la révolte. (Talmud Yérouchalmi, Roche Hachana 4:5.)

Rachi explique qu’il fut un temps où l’on interdit aux Juifs de sonner du Choffar. Des gardes surveillèrent sur place les prières jusqu’à la conclusion de l’office de Cha’harit. Aussi les Juifs sonnèrent-ils du Choffar plus tard, pendant l’office de Moussaf.

C’est ainsi que la règle fut instituée : on sonna désormais du Choffar après l’office de Cha’harit. Une autre raison existe également : à l’heure de ce dernier office, les fidèles sont déjà couronnés des mitsvot : les Tsitsit, le Chéma et la lecture de la Torah. Alors intervient le Choffar, porteur du pardon.

 

PARACHAT HACHAVOUA – PARACHA DE LA SEMAINE du vendredi 5 au Chabbat 6 Tichri 5780 (du vendredi 4 au samedi 5 octobre 2019)

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Cette semaine, nous étudions la paracha Vayélèkh (Devarim 31,1- 31,30)

31,1

Moïse alla ensuite adresser les paroles suivantes à tout Israël,

31,2

leur disant: « J’ai cent vingt ans aujourd’hui, je ne peux plus vous servir de guide; d’ailleurs, l’Éternel m’a dit: « Tu ne traverseras pas ce Jourdain. »

31,3

L’Éternel, ton Dieu, marche lui-même devant toi; c’est lui qui anéantira ces peuples devant toi pour que tu les dépossèdes. Josué sera ton guide, comme l’Éternel l’a déclaré.

31,4

Et le Seigneur les traitera comme il a traité Sihôn et Og, rois des Amorréens, et leur pays, qu’il a condamné à la ruine.

31,5

Il mettra ces peuples à votre merci; et vous procéderez à leur égard, en tout, selon l’ordre que je vous ai donné.

31,6

Soyez forts et vaillants! Ne vous laissez effrayer ni intimider par eux! Car l’Éternel, ton Dieu, marche lui-même avec toi; il ne te laissera pas succomber, il ne t’abandonnera point! »

31,7

Alors Moïse appela Josué, et lui dit en présence de tout Israël: « Sois fort et vaillant! Car c’est toi qui entreras avec ce peuple dans le pays que l’Éternel a juré à leurs pères de leur donner, et c’est toi qui leur en feras le partage.

31,8

L’Éternel lui-même marchera devant toi, lui-même sera à tes côtés, il ne te laissera fléchir ni ne t’abandonnera: sois donc sans peur et sans faiblesse! »

31,9

Moïse mit par écrit cette doctrine et la confia aux pontifes, descendants de Lévi, chargés de porter l’arche d’alliance du Seigneur, et à tous les anciens d’Israël.

31,10

Et Moïse leur ordonna ce qui suit: « A la fin de chaque septième année, à l’époque de l’année de relâche, lors de la fête des tentes,

31,11

alors que tout Israël vient comparaître devant l’Éternel, ton Dieu, dans l’endroit qu’il aura élu, tu feras lecture de cette doctrine en présence de tout Israël, qui écoutera attentivement.

31,12

Convoques-y le peuple entier, hommes, femmes et enfants, ainsi que l’étranger qui est dans tes murs, afin qu’ils entendent et s’instruisent, et révèrent l’Éternel, votre Dieu, et s’appliquent à pratiquer toutes les paroles de cette doctrine;

31,13

et que leurs enfants, qui ne savent pas encore, entendent aussi, et qu’ils apprennent à révérer l’Éternel, votre Dieu, tant que vous vivrez sur le sol pour la possession duquel vous allez passer le Jourdain. »

31,14

Le Seigneur dit à Moïse: « Voici que tes jours approchent de leur terme. Appelle Josué, et présentez-vous dans la tente d’assignation, pour que je lui donne mes ordres. » Et Moïse alla, avec Josué, se placer dans la tente d’assignation.

31,15

Le Seigneur apparut dans la tente, par une colonne de nuée, et cette colonne de nuée s’arrêta à l’entrée de la tente.

31,16

Le Seigneur dit à Moïse: « Tandis que tu reposeras avec tes pères, ce peuple se laissera débaucher par les divinités du pays barbare où il va pénétrer; et il m’abandonnera, et il brisera l’alliance que j’ai conclue avec lui.

31,17

Ce jour-là, ma colère s’enflammera contre lui, je les abandonnerai, je leur déroberai ma face, et il deviendra la pâture de chacun, et nombre de maux et d’angoisses viendront l’assaillir. Alors il se dira: « En vérité, c’est parce que mon Dieu n’est plus au milieu de moi que je suis en butte à ces malheurs. »

31,18

Mais alors même, je persisterai, moi, à dérober ma face, à cause du grave méfait qu’il aura commis en se tournant vers des dieux étrangers.

31,19

Et maintenant, écrivez pour vous ce cantique, qu’on l’enseigne aux enfants d’Israël et qu’on le mette dans leur bouche, afin que ce cantique me serve de témoignage à l’encontre des enfants d’Israël.

31,20

Quand j’aurai introduit ce peuple dans le pays que j’ai promis par serment à ses pères et où ruissellent le lait et le miel; vivant dans l’abondance et gorgé de délices, il s’adressera à des dieux étrangers, il les servira, me témoignera du mépris et rompra mon alliance.

31,21

Vienne alors la multitude de maux et d’angoisses qui doivent l’atteindre, le présent cantique portera témoignage en face de lui (car la bouche de sa postérité ne l’oubliera point), parce que je sais ce qu’aujourd’hui déjà son penchant le porte à faire, avant même que je l’aie introduit dans la terre par moi promise! »

31,22

Et Moïse écrivit le cantique suivant, ce jour même, et le fit apprendre aux enfants d’Israël.

31,23

Et l’Éternel donna ses ordres à Josué, fils de Noun, et lui dit: « Sois ferme et courageux! Car c’est toi qui introduiras les Israélites dans la terre que je leur ai promise, et moi je t’assisterai. »

31,24

Or, lorsque Moïse eut achevé de transcrire les paroles de cette loi sur un livre, jusqu’au bout,

31,25

il ordonna aux Lévites, porteurs de l’arche d’alliance du Seigneur, ce qui suit:

31,26

« Prenez ce livre de la loi et déposez-le à côté de l’arche d’alliance de l’Éternel, votre Dieu; il y restera comme un témoin contre toi.

31,27

Car je connais ton indocilité et ton caractère obstiné: certes, si, moi vivant encore, étant avec vous à cette heure, vous vous êtes insurgés contre l’Éternel, que sera-ce après ma mort!

31,28

Faites réunir autour de moi tous les anciens de vos tribus et vos magistrats: je veux faire parvenir ces paroles à leurs oreilles, et prendre à témoin contre eux les cieux et la terre.

31,29

Car je sais qu’après ma mort vous irez dégénérant, et que vous dévierez du chemin que je vous ai prescrit; mais il vous arrivera malheur dans la suite des temps, pour avoir fait ce qui déplaît au Seigneur, pour l’avoir offensé par l’œuvre de vos mains! »

31,30

Et Moïse fit entendre à toute l’assemblée d’Israël les paroles du cantique suivant, jusqu’à la fin.

La section de « Vayélekh » (« Et il alla »), nous relate les événements qui ont eu lieu le dernier jour de la vie de Moché. « Je suis âgé aujourd’hui de 120 ans » dit-il au peuple, « je ne pourrai plus sortir et venir ». Moché transfère le leadership à Josué, et conclut l’écriture du rouleau de la Torah, dont il confie la garde aux Lévites. Il transmet le commandement du « Rassemblement » (« Hakhel » en hébreu): tous les sept ans, durant la fête de Souccot (des cabanes) de la première année de la Chémita (cycle de sept ans), tout le peuple, hommes, femmes et enfants, devait se rassembler dans le Temple de Jérusalem, où le Roi leur lisait des versets de la Torah afin de renforcer leur foi. La section de Vayélekh se conclut avec la prédiction, que le peuple d’Israël abandonnera l’alliance conclue avec D.ieu, causant ainsi le « voilement de Sa face ». Mais cette même prophétie promet que les mots de la Torah « ne seront jamais oubliés de la bouche de ses descendants ».

(Source : Torah-Box)

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4 faits sur la paracha Vahélèkh que vous ignorez (peut-être)

 

וַיֹּ֣אמֶר אֲלֵהֶ֗ם בֶּן־מֵאָה֩ וְעֶשְׂרִ֨ים שָׁנָ֤ה אָנֹכִי֙ הַיּ֔וֹם לֹא־אוּכַ֥ל ע֖וֹד לָצֵ֣את וְלָב֑וֹא וַֽה֙ אָמַ֣ר אֵלַ֔י לֹ֥א תַעֲבֹ֖ר אֶת־הַיַּרְדֵּ֥ן הַזֶּֽה׃

« leur disant : « J’ai cent vingt ans aujourd’hui, je ne peux plus vous servir de guide ; d’ailleurs, l’Éternel m’a dit : « Tu ne traverseras pas ce Jourdain. » (31:2)

À quelle date Moché est-il né et mort ?

  • Moché avait exactement 120 ans lorsqu’il est mort le sept Adar, qui correspond également à sa date de naissance.[1]

Qu’est-il advenu des facultés mentales de Moché le jour de sa mort ?

  • Les facultés mentales de Moché ont été diminuées le jour de sa mort. À ce titre, il n’a pas été totalement conscient, ni affecté du transfert de pouvoir à Yéhochoua.[2]

 

וַיֹּ֨אמֶר וָה אֶל־מֹשֶׁ֗ה הֵ֣ן קָרְב֣וּ יָמֶיךָ֮ לָמוּת֒ קְרָ֣א אֶת־יְהוֹשֻׁ֗עַ וְהִֽתְיַצְּב֛וּ בְּאֹ֥הֶל מוֹעֵ֖ד וַאֲצַוֶּ֑נּוּ וַיֵּ֤לֶךְ מֹשֶׁה֙ וִֽיהוֹשֻׁ֔עַ וַיִּֽתְיַצְּב֖וּ בְּאֹ֥הֶל מוֹעֵֽד׃

« Le Seigneur dit à Moché : « Voici que tes jours approchent de leur terme. Appelle Josué, et présentez-vous dans la tente d’assignation, pour que Je lui donne mes ordres. » Et Moché alla, avec Josué, se placer dans la tente d’assignation. » (31:14)

Quand ce dialogue a-t-il eu lieu et pourquoi ?

  • Ce dialogue a eu lieu avant l’épisode mentionné auparavant, cinq jours avant le décès de Moché. Ceci était destiné à lui donner le temps nécessaire à préparer ses affaires et à transférer son autorité à Yéhochoua.[3]

 

וְעַתָּ֗ה כִּתְב֤וּ לָכֶם֙ אֶת־הַשִּׁירָ֣ה הַזֹּ֔את וְלַמְּדָ֥הּ אֶת־בְּנֵי־יִשְׂרָאֵ֖ל שִׂימָ֣הּ בְּפִיהֶ֑ם לְמַ֨עַן תִּהְיֶה־לִּ֜י הַשִּׁירָ֥ה הַזֹּ֛את לְעֵ֖ד בִּבְנֵ֥י יִשְׂרָאֵֽל׃

« Et maintenant, écrivez pour vous ce cantique, qu’on l’enseigne aux enfants d’Israël et qu’on le mette dans leur bouche, afin que ce cantique Me serve de témoignage à l’encontre des enfants d’Israël. » (31:19)

Quelle obligation de la Torah est-elle déduite de ce verset ?

  • De là, le Talmud déduit que tout Juif est obligé d’écrire son propre Séfer Torah . C’est valable même si on a hérité d’un Séfer Torah.[4]

[1] Sota 13b

[2] Baba Batra 75a

[3] Moèd Katan 28a

[4] Sanhédrin 21b

 

4 faits sur la Paracha Vayélèkh que vous ignorez (peut-être)

(Source : Chabbad.org)

Nos chroniqueurs sur la Paracha: Toujours motivés!

Toujours motivés !

Et Moïse prescrivit cet ordre : “Au bout de sept ans, au temps de l’année de la chemitah, lors de la fête de Souccot, au moment où tout Israël vient se présenter devant l’Éternel ton D.ieu à l’endroit qu’Il aura choisi, tu liras cette Torah, en face de tout Israël, à leurs oreilles. Rassemble le peuple, hommes, femmes, enfants et l’étranger qui est dans tes portes, afin qu’ils écoutent, qu’ils apprennent à craindre l’Éternel votre D.ieu et qu’ils prennent soin d’accomplir toutes les paroles de cette Torah. Et leurs enfants qui ne les connaissent pas encore écouteront et apprendront à craindre l’Éternel votre D.ieu, tous les jours que vous vivrez sur la terre dont, traversant le Jourdain, vous allez prendre possession.”  — Deutéronome 31, 10-13

… ils doivent se préparer dans leur cœur et apprêter leurs oreilles à écouter [la Torah lors du Hakhel] avec effroi et crainte et une joie dans le tremblement, comme au jour où elle fut donnée au Sinaï. … Et il devra se considérer comme s’il venait à l’instant de recevoir l’ordre de l’accomplir, et comme s’il l’entendait de la bouche de D.ieu. — Rambam, Lois du Korbane ‘Haguiga 3:6


Un thème de la vie juive

Lorsque nous sommes à la synagogue à Roch Hachana et à Yom Kippour, nous ressentons beaucoup de crainte envers D.ieu qui juge la création, et beaucoup d’amour pour Lui qui nous accorde tout ce dont nous avons besoin. Cela suscite en nous un grand attachement à Sa volonté et nous sommes motivés à accomplir les mitsvot.

Mais comment s’assurer que cet attachement et cette motivation continueront lorsque Roch Hachana et Yom Kippour seront loin derrière nous ?

Une question sur la paracha

Moïse attendit le dernier jour de sa vie pour nous enseigner la mitsva du Hakhel, le rassemblement de tout le peuple au Temple de Jérusalem pour entendre la Torah de la bouche du roi une fois tous les sept ans.

Pourquoi Moïse a-t-il attendu le dernier moment pour enseigner cette mitsva alors qu’il avait depuis longtemps enseigné les autres mitsvot à accomplir dans la Terre d’Israël ?

La réponse à la question

En entrant dans la terre de Canaan avec Josué, le peuple d’Israël allait connaître un changement radical de ses conditions de vie : dans le désert, ils étaient préservés de toute perturbation de leur avancée spirituelle, ils n’avaient aucun souci matériel, ils recevaient leur pain du ciel – la manne, le puits de Myriam les suivait miraculeusement et leur procurait de l’eau là où ils allaient, et les Nuées de Gloire les protégeaient de toute agression ainsi que de la chaleur du soleil.

Mais tous ces miracles allaient disparaître dès qu’ils rentreraient dans la terre de Canaan : ils allaient devoir affronter eux-mêmes sept nations féroces, ils allaient devoir se préoccuper de leur nourriture et de leur gîte. Ils pouvaient donc légitimement craindre que cette nouvelle réalité les empêche de rester attachés au message spirituel de la Torah, et qu’elle finisse par les détourner de la volonté de D.ieu.

C’est pourquoi juste avant leur entrée dans le pays, Moïse leur annonce que, de façon régulière – tous les sept ans, ils allaient célébrer un événement qui leur ferait en quelque sorte revivre la révélation de D.ieu au mont Sinaï et qui renforcerait ainsi leur crainte de D.ieu et leur attachement à Sa volonté exprimée dans la Torah, ne permettant pas à leur motivation de se tarir.

Un enseignement pour la vie

Tout au long de l’année, nous avons des « rendez-vous » avec D.ieu qui, à l’instar du Hakhel, nous rappellent la proximité que nous avons ressentie avec Lui pendant Roch Hachana et Yom Kippour :

Chaque matin pendant la Tefila, nous faisons le vide dans notre esprit et nous nous concentrons exclusivement sur D.ieu, sur la façon dont Il règne sans partage sur l’univers entier et dont Il subvient aux besoins de chacune de Ses créatures ; chaque Chabbat, la communauté tout entière écoute solennellement la lecture de la Torah à la synagogue ; les Trois Fêtes (Souccot, Pessa’h et Chavouot) ainsi que les autres fêtes (‘Hanouka, Pourim, etc.) rythment notre année et nous rappellent que D.ieu est la source de notre joie et de notre liberté.

En accomplissant ces mitsvot de la Tefila quotidienne, du Chabbat et des Fêtes, nous gardons présente à l’esprit la bienveillante présence de D.ieu à nos côtés, et cela nous permet d’accomplir Sa volonté avec joie et motivation ! 1

NOTE
1.

Adapté de Likoutei Si’hot vol. 34, p. 187.