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PARACHAT HACHAVOUA – LA PARACHA du vendredi 1er au Chabbat 2 Kislev 5779 (du vendredi 9 au samedi 10 novembre 2018)

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Poignarder le sein qui te nourrit – paracha Toledot

Un cours vidéo du Rav ‘Haïm Dynovisz

Poignarder le sein qui te nourrit – Todot 11 Nov 2018

(Source : le site du Rav)

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Cette semaine, nous étudions la paracha Toledot (Les engendrements)

Lecture de la paracha Toledot en français

Paracha Toledot (Berechit 25, 19 – 28,9)

Genèse 25,19 à 28,9.

Même nos défauts ont leur place dans notre démarche religieuse et dans notre réalisation personnelle…

Cette paracha nous raconte la grossesse tant attendue de Rébecca qui porte des jumeaux. Dès leur naissance, tout oppose Esaü et Jacob: le premier (qui voit le jour quelques instants avant son frère et qui est donc officiellement l’aîné) devient un chasseur violent sans foi ni loi, roux et velu ; le second devient quant à lui un berger plein de sagesse. Pourtant Isaac apprécie davantage Esaü qui lui rapporte de quoi manger, tandis que Rébecca préfère Jacob.
Un jour, affamé, Esaü accepte de vendre son doit d’aînesse à son frère cadet contre un plat de lentilles. Isaac devient vieux et il perd la vue. Il souhaite bénir Esaü, qu’il considère comme son aîné (sans rien savoir du rachat du droit d’aînesse par Jacob). Il lui demande de lui ramener un bon gibier avant de le bénir. Mais entre temps, sur les conseils de sa mère, Jacob se fait passer pour son frère en se déguisant et reçoit la bénédiction paternelle. Esaü découvre la supercherie et il en veut à mort à Jacob. Pour éviter ses représailles, Jacob fuit hors du pays d’Israël, vers la famille d’origine de sa mère.
Il y a certains défauts qui, bien mis en œuvre, brillent plus que la vertu même.
François de La Rochefoucauld

Déterminisme et sublimation des pulsions

Au moment de sa naissance, la Tora dit d’Esaü qu’« il avait le teint rouge, entièrement couvert comme d’un vêtement de poils » (Genèse 25,25). Et Rachi commente : « Il avait le teint rouge : c’est un signe qu’il sera amené à verser le sang ». La rougeur d’Esaü évoque le sang versé. De plus, en hébreu, le mot « rouge » (adom) est de la même racine que le mot « sang » (dam).
Ce commentaire laisse entendre que la violence légendaire d’Esaü était déterminée depuis sa naissance, l’enfermant dans un destin auquel il ne pouvait guère échapper.
Mais si la tradition juive reconnaît la place importante des déterminismes naturels, elle considère que l’homme possède malgré tout une certaine liberté, qui sera d’autant plus intelligemment utilisée qu’elle ne consistera pas à contrecarrer sa nature mais à l’orienter dans le bon sens. En effet, le Talmud (traité Chabbat p.156a) enseigne par exemple qu’« un homme né sous le signe astral de Mars versera le sang. Mais il sera soit saigneur, soit brigand, soit abatteur rituel (d’animaux), soit circonciseur ». Autrement dit, sa nature le portera forcément vers le sang, mais il lui appartiendra de se laisser mouvoir par cet instinct pour le pire (brigand), pour le meilleur (en pratiquant la circoncision, qui est un commandement religieux) ou de manière neutre (en orientant son attrait naturel pour le sang vers une profession telle que saigneur ou abatteur d’animaux).

Il y aurait beaucoup à dire sur le statut de l’astrologie dans la littérature rabbinique. Globalement, les sages reconnaissent que les hommes sont a priori influencés par les astres (aujourd’hui, nous parlerions plutôt de déterminisme génétique, social, éducationnel etc…) tout en affirmant qu’on peut échapper à cette influence. Mais même pour qui est né sous une « mauvaise étoile », le « mal » n’est jamais considéré comme quelque chose de toujours négatif mais comme un potentiel, une énergie pouvant être orientée plus ou moins positivement. L’Homme ne choisit pas forcément les pulsions et les défauts majeurs qui le traversent, mais il reste libre de les exploiter et de les orienter dans un sens plus ou moins positif.

La Bible nous raconte que Dieu envoya le prophète Samuel à la rencontre de David, futur roi d’Israël. Le Midrash (Yalkout Chimoni sur le livre de Samuel) précise que « quand Samuel aperçut David il constata son teint rouge et il prit peur : cet homme versera le sang comme Esaü ! Alors Dieu lui dit : Esaü tuait (à mauvais escient) de son propre chef. Mais David tuera (en menant des guerres légitimes) uniquement sur décision du Sanhédrin (cour suprême) ». Autrement dit, le roi David partageait avec Esaü une violence et une énergie destructrice bien difficiles à maîtriser. Mais ce dernier l’utilisa pour voler et tuer tandis que l’auteur des Psaumes orienta sa brutalité pour défendre son peuple de ses ennemis.

C’est dans cette perspective que l’on peut comprendre le verset «Eduque l’enfant selon sa voie (…)» (Proverbes 22,6). Une éducation réussie consiste notamment à repérer les inclinaisons naturelles de l’enfant (« sa voie ») et, plutôt que de les briser, à les orienter dans un sens positif pour en faire un atout.

Servir Dieu avec ses deux penchants

Le Chéma Israël récité quotidiennement contient l’injonction suivante : « Tu aimeras L’Eternel ton Dieu de tout ton cœur » (Deutéronome 6,5). En hébreu, le mot cœur se dit généralement « Lev ». Mais, dans ce verset, le mot utilisé est « Lévav », forme redondante, comme s’il y avait deux cœurs. C’est pourquoi le Talmud considère que ce mot évoque les deux penchants (le bon et le mauvais) de l’Homme. Pour les sages (traité Bérakhot p.54a), le verset cité signifierait donc qu’il faut aimer et servir Dieu non seulement avec son « bon penchant » mais également, ce qui est plus inattendu, avec son « mauvais penchant »… Car même nos défauts ont leur place dans notre démarche religieuse et dans notre réalisation personnelle.

Par exemple, de nombreux textes traditionnels condamnent la jalousie. Pourtant, ce défaut peut être utilisé à bon escient s’il s’exerce dans le domaine spirituel ou intellectuel : « la jalousie entre érudits fait accroître la sagesse », déclare le Talmud (traité Baba Batra, p.22a).
De même, l’orgueil est considéré comme un défaut majeur. Pourtant, il a aussi sa place et le Talmud (traité Sota, p.5a) encourage les sages à toujours conserver une petite dose d’orgueil pour asseoir leur autorité et préserver leur dignité.
Après la faute du veau d’or, Moïse implore ainsi le pardon divin : « (…) ce peuple a la nuque raide, pardonne notre iniquité et notre pêché et nous resterons Ton héritage » (Exode 34,9). Les commentateurs s’étonnent : puisqu’il se fait l’avocat des Hébreux, pourquoi Moïse évoque-t-il leur effronterie (« ce peuple a la nuque raide ») ? Le Gaon de Vilna (Rabbi Eliyahou ben Shlomo Zalman Kramer, 1720-1797) propose l’explication suivante : quand Dieu reproche leur esprit rebelle aux Enfants d’Israël, Moïse rétorque : « C’est en effet un terrible défaut… mais il est pourtant parfois salutaire ! C’est grâce à son effronterie qu’Abraham a su rompre avec l’idolâtrie de ses contemporains et que les Hébreux ont osé s’opposer aux égyptiens. Leur défaut peut être un atout ! ». D’ailleurs, le Talmud (traité Betsa, p.25b) rappelle que les Juifs sont le peuple le plus effronté parmi les nations et que c’est justement pour cela que c’est eux que le Créateur a choisis pour transmettre sa Tora, qui ne peut être appliquée qu’avec une certaine audace, étant souvent à contre-courant des valeurs communes.

Il n’y a donc, fondamentalement, ni vices ni vertus mais uniquement une orientation, dans le bon ou le mauvais sens, de nos tendances naturelles.

A la recherche du ‘hamets

Tous les ans, dans les foyers juifs, la fête de Pessa’h (qui commémore la sortie d’Egypte) est précédée d’une longue période de nettoyage intensif de la maison pour en éliminer toute trace de pain, de gâteaux et autres formes de ‘hamets (tout ce qui contient de la pâte levée).  En effet, seules la consommation et la possession de pain azyme sont autorisées durant la fête, en souvenir du fait que les Hébreux sont sortis d’Egypte si précipitamment qu’ils n’ont pas eu le temps de laisser monter leur pâte.
Mais pour les commentateurs, le ‘hamets symbolise également le mauvais penchant dont il faut se débarrasser pour que la remémoration de la sortie physique de l’Egypte pharaonique s’accompagne d’une libération de notre « Egypte intérieure » par l’éradication du ‘hamets spirituel. Au moment où le ‘hamets est brûlé, comme le veut la tradition, il est d’ailleurs de coutume de réciter la prière suivante : « (…) de même que nous avons éliminé le ‘hamets de notre demeure, aide-nous à nous débarrasser du mauvais penchant qui est en nous ».
A ce propos, le premier enseignement du traité talmudique relatif à la fête de Péssa’h est le suivant : « La veille du 14 Nissan, on inspecte le ‘hamets à la lueur d’une bougie » (traité Péssa’him, p.2a). Commentant ce texte, Rabbi Yossef ‘Haïm (1833-1909, grand rabbin de Bagdad, kabbaliste et décisionnaire, surnommé le Ben Ich ‘Haï) s’étonne : ce n’est pas le ‘hamets qu’il faut inspecter, mais la maison ! Or le Talmud dit bien «on inspecte le ‘hamets »…  Rappelant que le ‘hamets symbolise nos différentes tares, ce maître explique : la fête de Péssa’h est une invitation à se débarrasser de nos défauts. Mais il ne faut pas tout rejeter ! Il y a des défauts qui peuvent être bien utiles… C’est pourquoi on « inspecte le ‘hamets », pour faire la part des choses en se débarrassant de la dimension négative de nos défauts mais en en conservant leur énergie positive (Cf. Ben Ich ‘Haïl, vol.3).

Faire de sa faiblesse une force

Ainsi donc, les défauts naturels doivent être sublimés et positivement orientés, plus que combattus. Plus largement, la même attitude se retrouve à propos des défauts « acquis », liés à l’histoire de chacun. Là encore, la tradition juive invite à faire de nos faiblesses une force : « un homme doit toujours considérer ce qui lui arrive de manière positive et se dire : ça aussi, c’est bien » (traité Bérakhot, p .60a).

Le ‘Hafets ‘Haïm (surnom de Rabbi Israël haCohen, 1838-1933, Lituanie) est connu pour ses nombreux ouvrages concernant l’interdit de la médisance et la pureté du langage. En vieillissant, il perdit une grande partie de son ouïe. Mais il s’en réjouit en disant : « au moins, ça m’évitera d’entendre trop de paroles médisantes ! ».
Le Rabbi de Kotzk (Ména’hem Mendel Morgenstern, 1787-1859, Pologne) se réjouissait pour sa part de ses problèmes de vue qui, au moment de sa lecture de la Tora, lui faisait lire des mots de manière erronée, ce qui donnait lieu à des interprétations inédites des textes.
Dans le même esprit, citons cette célèbre anecdote du Juif qui lit tous les matins la presse antisémite. Son meilleur ami, affolé, s’en étonne. Mais son compagnon lui explique : « Quand je lis la presse juive, je déprime. On n’y parle des problèmes communautaires, de pauvreté, de misère, de mesures prises contre nous…. Alors que dans ce journal, on ne dit que des choses positives à notre propos : nous sommes les plus puissants du monde, possédons tout l’argent de la terre et régnons sur la planète ! ».

Résilience

Dans le même esprit, on retrouve dans de nombreux textes traditionnels, l’idée qu’une expérience douloureuse doit être sublimée et devenir une force.
On raconte par exemple que Rabbi Na’houm de Tchérnobyl (1735-1798, maître hassidique) consacrait une grande partie de son temps à la récolte de fonds pour la libération de prisonniers injustement incarcérés (il s’agit de l’un des devoirs moraux les plus importants pour la tradition juive, et dont le modèle biblique est Abraham qui prend les armes pour libérer son neveu fait prisonnier de guerre. Cf. Genèse 14). Or Rabbi Na’houm fut un jour lui-même l’objet d’une odieuse machination et il fut enfermé par un injuste gouverneur espérant obtenir de la communauté juive une forte rançon en échange de la libération du rabbin. Ses disciples vinrent lui rendre visite et, constatant le désespoir du sage, lui firent le commentaire suivant: «Maître, ne t’es-tu jamais demandé pourquoi Dieu avait ordonné à Abraham de quitter sa terre natale (voir Genèse 12). Pourquoi notre ancêtre devait-il connaître les affres du nomadisme? Et bien, suggérèrent les élèves, c’est tout simplement parce que la vertu cardinale d’Abraham est l’hospitalité. Notre ancêtre était amené à ouvrir sa porte aux voyageurs et aux plus démunis. Or pour mener au mieux sa mission, il était nécessaire qu’Abraham ressentît dans sa propre chair ce que c’est que le déracinement et l’exil, afin d’être encore plus à l’écoute des besoins de ceux qu’il allait plus tard accueillir chez lui! Eh bien, maître, même si la situation présente est extrêmement difficile pour toi, il y a au moins un aspect positif dans ton incarcération: tu sauras désormais exactement quelle tragédie vivent ceux dont tu t’occupes d’ordinaire et ton action n’en sera que plus efficace…».
L’expérience douloureuse est positivée et devient un atout…

Même si l’on ne décide pas de sa nature (comme Esaü qui naît avec un tempérament « sanguin »), on reste libre de l’orienter et de l’utiliser dans la bonne ou la mauvaise direction.
Qu’il s’agisse d’une nature a priori négative ou d’une situation délicate, la tradition juive nous invite toujours à transformer nos faiblesses en force et à tirer avantage de tout événement.

Rav Amitaï Allali

Lamed.fr – Article – Toldot (Les engendrements)

(Source : Lamed)

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Devinette : Le mot « Kislev »

Question : Quelle allusion aux lumières de ‘Hanouka le mot kislev contient-il ?

Voir la réponse dans la suite de l’article

Réponse : Le mot hébreu kis signifie « récipîent ». Quant aux autres lettres qui forment le mot kislev ( lamed et waw ), leur valeur numérique est 36, soit le nombre total des lumières allumées dans les « récipients » de la ‘hanoukiya .

Jacques Kohn zal

 

(Source : Chiourim.com)

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Le mois de Kislev est le mois où l’on fête ‘Hanoucca, la fête des lumières

Le mois de kislev est le troisième à partir de tichri, et le neuvième à partir de nissan. Il est placé sous le signe du Sagittaire, c’est-à-dire du tireur à l’arc.

Nous avons vu, à propos du mois de ‘hechwan, qu’il correspond au signe du Scorpion, symbole de la sécheresse, et que son nom hébraïque était boul, associé au « maboul » (« déluge »). Or, au déluge a succédé l’arc de Hachem, signe d’alliance entre Lui et la terre (Berèchith 9, 13 et suivants), d’où ce lien entre le Scorpion et le Sagittaire.Tout comme ‘hechwan, kislev est à durée variable : 29 ou 30 jours. L

e nom de kislev n’apparaît qu’à deux reprises dans le Tanakh : « Ce fut, en la quatrième année du roi Darius, que la parole de Hachem vint à Zacharie, le quatrième [jour] du neuvième mois, [au mois] de kislev » (Zacharie 7, 1).               « Paroles de Néhémie, fils de Hakalya. Ce fut au mois de kislev, la vingtième année [du règne de Darius], et moi j’étais à Suse, la capitale » (Néhémie 1, 1).

Le mot kislev pourrait venir de l’araméen kislimo, qui signifie « nuage ». C’est le mois le plus nuageux de l’année. Il pourrait également venir de « kessil », mot hébraïque désignant la constellation d’Orion, laquelle illumine particulièrement le ciel pendant ce mois-là. On l’a également rapproché de deux versets du livre de Job : « Sa confiance (kislo) sera retranchée… » (8, 14), et : « Si j’ai mis ma confiance (kisli) dans l’or… » (31, 24), ainsi que de : « Car Hachem sera ta confiance (kessilekha)… » (Proverbes 3, 26), comme pour souligner l’importance qu’a revêtue la confiance en Hachem lors des événements qui ont eu lieu ce mois-là, et tout particulièrement lors de ceux qui ont abouti à la fête de ‘Hanouka.

Trois autres événements ont eu lieu au mois de kislev :

– Le 3 kislev, les Grecs ont jeté des immondices dans le Temple, provoquant ainsi la révolte victorieuse des Hasmonéens.

– Le 7 kislev, le roi de Juda Joïakim a brûlé le livre écrit par Baruch sous la dictée de Jérémie (Jérémie 36, 22).

– C’est le 24 kislev qu’a commencé la reconstruction du sanctuaire : « Le vingt-quatrième [jour] du neuvième [mois], dans la seconde année de Darius, la parole de Hachem vint par Aggée le prophète, disant… » (Aggée 2, 10 ; voir Radaq ad.loc.).
Jacques Kohn zal

Roch Hodech Kislev

(Source : Chiourim.com)

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PARACHAT HACHAVOUA – PARACHA DE LA SEMAINE du vendredi 24 au Chabbat 25 ‘Hechvan 5779 (du vendredi 2 au samedi 3 novembre 2018)

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Cette semaine, nous étudions la paracha ‘Hayé Sarah (Les vies de Sarah) Béréchit 23,1 à 25,18

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Sors de ta bulle, un cours vidéo du Rav ‘Haïm Dynovisz

Haye sarah- 31 oct 2018

Regarder la vidéo : Sors de ta BULLE – Haye sarah- 31 oct 2018

(Source : Site du Rav)

Lire la paracha

23,1
La vie de Sara fut de cent vingt-sept ans; telle fut la durée de sa vie.
23,2
Sara mourut à Kiryath-Arba, qui est Hébron, dans le pays de Canaan; Abraham y vint pour dire sur Sara les paroles funèbres et pour la pleurer.
23,3
Abraham, ayant rendu ce devoir à son mort alla parler aux enfants de Heth en ces termes:
23,4
« Je ne suis qu’un étranger domicilié parmi vous: accordez-moi la propriété d’une sépulture au milieu de vous, que j’ensevelisse ce mort qui est devant moi. »
23,5
Les enfants de Heth répondirent à Abraham en lui disant:
23,6
« Écoute-nous, seigneur! Tu es un dignitaire de Dieu au milieu de nous, dans la meilleure de nos tombes ensevelis ton mort. Nul d’entre nous ne te refusera sa tombe pour inhumer ton mort. »
23,7
Abraham s’avança et se prosterna devant le peuple du pays, devant les enfants de Heth,
23,8
et il leur parla ainsi: « Si vous trouvez bon que j’ensevelisse ce mort qui est devant moi, écoutez-moi: priez en ma faveur Éfron, fils de Cohar,
23,9
pour qu’il me cède le caveau de Makpéla qui est à lui, qui se trouve au bout de son champ; qu’il me le cède pour argent comptant, comme propriété tumulaire au milieu de vous. »
23,10
Éfron siégeait parmi les enfants de Heth. Éfron le Héthéen répondit à Abraham en présence des enfants de Heth, de tous ceux qui étaient venus à la porte de sa ville et dit:
23,11
« Non, seigneur, écoute-moi, le champ, je te le donne; le caveau qui s’y trouve, je te le donne également; à la face de mes concitoyens je t’en fais don, ensevelis ton mort. »
23,12
Abraham se prosterna devant le peuple du pays
23,13
et parla ainsi à Éfron en présence du peuple du pays: « Ah! s’il te plaît, écoute-moi: j’offre le prix de ce champ, accepte-le, que j’y puisse enterrer mon mort. »
23,14
Éfron répondit à Abraham en lui disant:
23,15
« Seigneur, écoute-moi: une terre de quatre cents sicles d’argent, qu’est-ce que cela entre nous deux? Enterres-y ton mort. »
23,16
Abraham écouta Éfron et lui compta le prix qu’il avait énoncé en présence des enfants de Heth: quatre cents sicles d’argent, en monnaie courante.
23,17
Ainsi fut dévolu le champ d’Éfron situé à Makpéla, en face de Mamré; ce champ, avec son caveau, avec les arbres qui le couvraient dans toute son étendue à la ronde,
23,18
à Abraham, comme acquisition, en présence des enfants de Heth, de tous ceux qui étaient venus à la porte de la ville.
23,19
Alors Abraham ensevelit Sara, son épouse, dans le caveau du champ de Makpéla, en face de Mamré, qui est Hébron, dans le pays de Canaan.
23,20
Le champ, avec le caveau qui s’y trouve, fut ainsi adjugé à Abraham, comme possession tumulaire, par les enfants de Heth.
24,1
Or Abraham était vieux, avancé dans la vie; et l’Éternel avait béni Abraham en toutes choses.
24,2
Abraham dit au serviteur le plus ancien de sa maison, qui avait le gouvernement de tous ses biens: « Mets, je te prie, ta main sous ma hanche,
24,3
pour que je t’adjure par l’Éternel, Dieu du ciel et de la terre, de ne pas choisir une épouse à mon fils parmi les filles des Cananéens avec lesquels je demeure,
24,4
mais bien d’aller dans mon pays et dans mon lieu natal chercher une épouse à mon fils, à Isaac. »
24,5
Le serviteur lui dit: « peut-être cette femme ne voudra-t-elle pas me suivre dans ce pays-ci: devrai-je ramener ton fils dans le pays que tu as quitté? »
24,6
Abraham lui répondit: « Garde toi d’y ramener mon fils!
24,7
L’Éternel, le Dieu des cieux, qui m’a retiré de la maison de mon père et du pays de ma naissance; qui m’a promis, qui m’a juré en disant: « Je donnerai cette terre-ci à ta race », lui, il te fera précéder par son envoyé et tu prendras là-bas une femme pour mon fils.
24,8
Que si cette femme ne consent pas à te suivre, tu seras dégagé du serment que je t’impose. Mais en aucune façon n’y ramène mon fils. »
24,9
Le serviteur posa sa main sous la hanche d’Abraham, son maître et lui prêta serment à ce sujet.
24,10
Le serviteur prit dix chameaux parmi les chameaux de son maître et partit, chargé de ce que son maître avait de meilleur. II s’achemina vers Aram Double Fleuve, du côté de la ville de Nahor.
24,11
II fit reposer les chameaux hors de la ville, près de la fontaine; c’était vers le soir, au temps où les femmes viennent puiser de l’eau.
24,12
Et il dit: « Seigneur, Dieu de mon maître Abraham! daigne me procurer aujourd’hui une rencontre et sois favorable à mon maître Abraham.
24,13
Voici, je me trouve au bord de la fontaine et les filles des habitants de la ville sortent pour puiser de l’eau.
24,14
Eh bien! la jeune fille à qui je dirai: ‘Veuille pencher ta cruche, que je boive’ et qui répondra: ‘Bois, puis je ferai boire aussi tes chameaux’, puisses-tu l’avoir destinée à ton serviteur Isaac et puissé-je reconnaître par elle que tu t’es montré favorable à mon maître! »
24,15
II n’avait pas encore fini de parler, que voici venir Rébecca, la fille de Bathuel, fils de Milka, épouse de Nahor, frère d’Abraham, sa cruche sur l’épaule.
24,16
Cette jeune fille était extrêmement belle; vierge, nul homme n’avait encore approché d’elle. Elle descendit à la fontaine, emplit sa cruche et remonta.
24,17
Le serviteur courut au-devant d’elle et dit: « Laisse-moi boire, s’il te plaît, un peu d’eau à ta cruche. »
24,18
Elle répondit: « Bois, seigneur. » Et vite elle fit glisser sa cruche jusqu’à sa main et elle lui donna à boire.
24,19
Après lui avoir donné à boire, elle dit: « Pour tes chameaux aussi je veux puiser de l’eau, jusqu’à ce qu’ils aient tous bu. »
24,20
Et elle se hâta de vider sa cruche dans l’abreuvoir, courut de nouveau à la fontaine pour puiser et puisa ainsi pour tous les chameaux.
24,21
Et cet homme, émerveillé, la considérait en silence, désireux de savoir si l’Éternel avait béni son voyage ou non.
24,22
Lorsque les chameaux eurent fini de boire, cet homme prit une boucle en or, du poids d’un béka et deux bracelets pour ses bras, du poids de dix sicles d’or;
24,23
et il dit: « De qui es-tu fille? daigne me l’apprendre. Y a-t-il dans la maison de ton père de la place pour nous loger? »
24,24
Elle lui répondit: « Je suis la fille de Bathuel, fils de Milka, qui l’a enfanté à Nahor; »
24,25
Elle lui dit encore: « II y a chez nous de la paille et du fourrage en abondance et de la place pour loger. »
24,26
L’homme s’inclina et se prosterna devant l’Éternel
24,27
et iI dit: « Beni soit l’Éternel, Dieu de mon maître Abraham, qui n’a pas retiré sa faveur et sa fidélité à mon maître! »
24,28
La jeune fille courut dans la chambre de sa mère et raconta ces choses.
24,29
Or, Rébecca avait un frère nommé Laban. Laban accourut auprès de l’homme qui se tenait dehors, près de la fontaine.
24,30
Lorsqu’il vit la boucle et les bracelets aux bras de sa sœur; lorsqu’il entendit sa sœur Rébecca dire: « Ainsi m’a parlé cet homme », il était allé vers lui. Celui-ci attendait près des chameaux, au bord de la fontaine.
24,31
Laban lui dit: « Viens, bien-aimé du Seigneur! pourquoi restes-tu dehors, lorsque j’ai préparé la maison et qu’il y a place pour les chameaux? »
24,32
L’homme entra dans la maison et déchargea les chameaux; on apporta de la paille et du fourrage pour les chameaux et de l’eau pour laver ses pieds et les pieds des hommes qui l’accompagnaient.
24,33
On lui servit à manger; mais il dit: « Je ne mangerai point, que je n’aie dit ce que j’ai à dire. » On lui répondit: « Parle. »
24,34
Et il dit: « Je suis le serviteur d’Abraham.
24,35
L’Éternel a béni grandement mon maître, de sorte qu’il est devenu puissant: il lui a accordé menu et gros bétail, argent et or, esclaves mâles et femelles, chameaux et ânes.
24,36
Sara, l’épouse de mon maître, a enfanté, vieille déjà, un fils à mon maître; celui-ci lui a fait don de tous ses biens.
24,37
Or, mon maître m’a adjuré en disant: ‘Tu ne prendras point une épouse à mon fils parmi les filles des Cananéens, dans le pays desquels je réside.
24,38
Non; mais tu iras dans la maison de mon père, dans ma famille et là tu choisiras une épouse à mon fils.’
24,39
Et je dis à mon maître ‘Peut-être cette femme ne me suivra-t-elle pas?’
24,40
Il me répondit: ‘L’Éternel, dont j’ai toujours suivi les voies, placera son envoyé à tes côtés et il fera prospérer ton voyage et tu prendras une femme pour mon fils dans ma famille, au foyer de mon père.
24,41
Alors tu seras libéré de mon serment, puisque tu seras allé dans ma famille; pareillement, s’ils te refusent, tu. seras libéré de ce serment.’
24,42
Or, aujourd’hui, je suis arrivé près de la fontaine et j’ai dit: ‘Éternel, Dieu de mon maître Abraham! veux-tu, de grâce, faire réussir la voie où je marche?
24,43
Eh bien! je suis arrêté au bord de cette fontaine: s’il arrive qu’une jeune fille vienne pour puiser, que je lui dise: ‘Donne moi, je te prie, à boire un peu d’eau de ta cruche’
24,44
et qu’elle me réponde: ‘Non seulement bois toi-même, mais pour tes chameaux aussi je veux puiser’, que ce soit là la femme que l’Éternel agrée pour le fils de mon maître.
24,45
Je n’avais pas encore achevé de parler en moi-même, voici que Rébecca s’est approchée, sa cruche sur l’épaule; elle est descendue à la fontaine et a puisé et je lui ai dit: ‘Donne-moi, s’il te plait à boire.’
24,46
Aussitôt elle a oté sa cruche de dessus son épaule, en disant: ‘Bois et puis j’abreuverai tes chameaux.’
24,47
Je l’ai interrogée, disant: ‘De qui es-tu fille?’ Elle a répondu: ‘De Bathuel, fils de Nahor, que Milka a enfanté à celui-ci.’ Alors j’ai passé la boucle à ses narines et les bracelets à ses bras.
24,48
Et je me suis incliné et prosterné devant l’Éternel; et j’ai béni l’Éternel, Dieu de mon maître Abraham, qui m’a dirigé dans la vraie voie, en me faisant choisir la parente de mon maître pour son fils.
24,49
Et maintenant, si vous voulez agir avec affection et justice envers mon maître, dites-le moi; sinon, dites-le moi, afin que je me dirige à droite ou à gauche. »
24,50
Pour réponse, Laban et Bathuel dirent: « La chose émane de Dieu même! nous ne pouvons te répondre ni en mal ni en bien.
24,51
Voici Rébecca à ta disposition, prends-la et pars; et qu’elle soit l’épouse du fils de ton maître, comme l’a décidé l’Éternel. »
24,52
Le serviteur d’Abraham, ayant entendu leurs paroles, se prosterna à terre en l’honneur de l’Éternel;
24,53
puis il étala des bijoux d’argent, des bijoux d’or et des parures, les donna à Rébecca et donna des objets de prix à son frère et à sa mère.
24,54
Ils mangèrent et burent, lui et les gens qui l’accompagnaient et passèrent la nuit en ce lieu; quand ils furent levés le lendemain, il dit « Laissez-moi retourner chez mon maître. »
24,55
Le frère et la mère de Rébecca répondirent: « Que la jeune fille reste avec nous quelque temps, au moins une dizaine de jours, ensuite elle partira. »
24,56
II leur répliqua: « Ne me retenez point, puisque Dieu a fait réussir mon voyage; laissez-moi partir, que je retourne chez mon maître. »
24,57
Ils dirent: « Appelons la jeune fille et demandons son avis. »
24,58
ils appelèrent Rébecca et lui dirent « Pars-tu avec cet homme? » Elle répondit: « Je pars »
24,59
ils laissèrent partir Rébecca leur sœur et sa nourrice, le serviteur d’Abraham et ses gens.
24,60
Et ils bénirent Rébecca en lui disant « Notre sœur! puisses-tu devenir des milliers de myriades! et puisse ta postérité conquérir la porte de ses ennemis! » . .
24,61
Rébecca et ses suivantes se levèrent, se placèrent sur les chameaux et suivirent cet homme; le serviteur emmena Rébecca et partit.
24,62
Or, Isaac revenait de visiter la source du Vivant qui me voit; il habitait la contrée du Midi.
24,63
Isaac était sorti dans les champs pour se livrer à la méditation, à l’approche du soir. En levant les yeux, il vit que des chameaux s’avançaient.
24,64
Rébecca, levant les yeux, aperçut Isaac et se jeta à bas du chameau;
24,65
et elle dit au serviteur: « Quel est cet homme, qui marche dans la campagne à notre rencontre? » Le serviteur répondit: « C’est mon maître. » Elle prit son voile et s’en couvrit.
24,66
Le serviteur rendit compte à Isaac de tout ce qu’il avait fait.
24,67
lsaac la conduisit dans la tente de Sara sa mère; il prit Rébecca pour femme et il l’aima et il se consola d’avoir perdu sa mère.
25,1
Abraham prit une nouvelle épouse, nommée Ketoura.
25,2
EIIe lui enfanta Zimrân, Yokchân, Medân, Midyân, Yichbak et Chouah.
25,3
Yokchân engendra Cheba et Dedân; et les fils de Dedân furent les Achourim, les Letouchim et les Leoummim.
25,4
Les enfants de Midyân: Efa, Efer, Hanoc, Abida et Eldaa. Tous ceux-là furent les enfants de Ketoura.
25,5
Abraham donna tout ce qu’il possédait à Isaac.
25,6
Quant aux fils des concubines qu’avait eues Abraham, il leur fit des présents; et tandis qu’il vivait encore, il les relégua loin d’Isaac, son fils, vers l’orient, dans le pays de Kédem.
25,7
Le nombre des années que vécut Abraham fut de cent soixante-quinze ans.
25,8
Abraham défaillit et mourut, dans une heureuse vieillesse, âgé et satisfait; et il rejoignit ses pères.
25,9
Il fut inhumé par Isaac et Ismaël, ses fils, dans le caveau de Makpéla, dans le domaine d’Efrôn, fils de Çohar, Héthéen, qui est en face de Mambré;
25,10
ce domaine qu’Abraham avait acquis des enfants de Heth. Là furent ensevelis Abraham et Sara son épouse.
25,11
Après la mort d’Abraham, le Seigneur bénit Isaac, son fils. Isaac s’établit prés de la source du Vivant-qui-me-voit.
25,12
Suivent les générations d’Ismaël, fils d’Abraham, que l’Égyptienne Agar, esclave de Sara, avait enfanté à Abraham.
25,13
Voici les noms des fils d’Ismaël, désignés selon leur ordre de naissance: le premier-né d’Ismaël, Nebaïoth; puis Kédar, Adbeél, Mibsam;
25,14
Michma, Douma, Massa;
25,15
Hadad, Tèma, Yetour, Nafich et Kédma
25,16
Tels sont les fils d’Ismaël et tels sont leurs noms, chacun dans sa bourgade et dans son domaine; douze chefs de peuplades distinctes.
25,17
Le nombre des années de la vie d’Ismaël fut de cent trente-sept ans. Il défaillit et mourut et rejoignit ses pères.
25,18
Ces peuplades habitaient depuis Havila jusqu’à Chour, en face de l’Égypte, jusque vers Achour. Il s’étendit ainsi à la face de tous ses frères.

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Hayé Sara : Avraham et David, deux modèles? Vidéos

La Haftara de cette semaine coïncide avec l’ouverture du premier livre des Rois. Ce dernier fait suite aux deux livres de Samuel qui ont relaté notamment l’histoire des premiers rois d’Israël, Chaoul et David.

Le premier tome des Rois débute ainsi par la succession difficile du roi David, avant de nous relater les années de règne du roi Salomon, et notamment la construction et l’inauguration du Temple.

Ce ne sont pas moins d’une dizaine de Haftarot qui sont tirées du premier tome du livre des Rois, et cinq sont issues du second tome.

Notre texte nous présente ainsi le roi David affaibli, à la fin de sa vie, son corps ayant perdu de sa vitalité et ne parvenant plus à se réchauffer.

Il est vrai que la vie du roi David l’a conduit à mener de nombreux combats, aussi bien intérieurs qu’extérieurs. Ce fut tout d’abord la fuite face au roi Chaoul avant d’être couronné lui-même roi, puis les guerres menées contre d’autres nations.

David dut également faire face à des tourments intérieurs, l’épisode de Batchéva, et bien sûr, les tragédies familiales avec notamment ses enfants, Amnon et Tamar, mais aussi son fils Avchalom qui se rebella contre son père après avoir tué son frère.

Notre Haftara se situe donc au seuil de la vie de David, lorsque se pose la question de sa succession.

David avait déjà promis à son épouse Batchéva que ce serait Salomon, leur fils, qui hériterait de la royauté. Mais un autre fils, plus âgé que Salomon, Adonias, ne l’entendait pas de cette oreille, et entreprit de s’autoproclamer roi. Il commença par se comporter publiquement comme s’il était un roi et se déplaçait dans un carrosse, entouré d’une foule de serviteurs.

Il réunit ensuite des personnalités de premier plan, notamment le fameux général de David, Yoav, ou encore l’ancien, Cohen Eviatar, qui participèrent à un simulacre de couronnement.

Effarée par ce qui se passait dans le dos de David, Batchéva, encouragée par le prophète Nathan, se rendit au chevet du roi pour l’en informer et le supplier d’interrompre ces manigances en désignant officiellement Salomon comme successeur.

Le prophète Nathan se rendit ensuite lui-même également chez le roi afin de plaider dans la même direction.

Le roi David prit donc ses responsabilités et désigna lui-même le Roi Salomon comme successeur, causant la stupeur et la crainte dans le camp d’Adonias qui redoutait des représailles. Mais Salomon rassura son frère en lui disant que tant qu’il se comporterait bien, il n’aurait rien à craindre.

Liens entre la Haftara et la Paracha

Cette Haftara accompagne donc la Paracha de ‘Hayé Sara, et il est possible, comme toujours, de dégager plusieurs similitudes entre nos textes.

Tout d’abord, certains mots de nos deux textes se font échos, et notamment ceux qui désignent la vieillesse d’Avraham d’une part et celle du roi David d’autre part.

C’est ainsi qu’il est écrit que l’un et l’autre étaient « Zaken, Ba Bayamim », vieux, avancés en jours.

Avraham comme le roi David étaient des leaders extraordinaires qui ont posé les fondements du monothéisme pour l’un, et affermi la royauté et l’unité d’Israël pour le second.

Leur leadership s’est accompagné d’une foi intense, et ils ont raffiné leur Service divin dans des limites inconnues jusqu’alors, excellant chacun dans des domaines particuliers, notamment le ‘Hessed (la bonté) pour Avraham, et la Téchouva (le repentir) pour le roi David.

En dépit des difficultés et des grandes épreuves qu’ils connurent durant leur vie, leur foi ne chancela pas.

Et à la fin de leur vie, Avraham tout comme David se chargèrent eux-mêmes de préparer leur succession et d’assurer la pérennité du travail spirituel et politique qu’ils avaient accomplis.

Avraham bénit Its’hak et lui choisit une épouse digne de son élévation, tandis que David désigna Salomon comme successeur.

Ils privilégièrent ainsi tous deux leurs jeunes fils au détriment des plus âgés, en raison de leurs qualités spirituelles.

Enfin, il est possible également de voir, dans la mise en perspective de ces deux textes, un éloge des épouses fidèles et vertueuses d’Avraham et de David, en l’occurrence Sarah et Batchéva.

La première va rapidement exhorter son mari à mettre fin à l’influence délétère d’Ichmaël qui menaçait l’intégrité spirituelle de la famille d’Avraham, et Hachem demandera à ce dernier d’écouter la voix de sa femme qui ne se trompait pas.

Quant à Batchéva, notre texte est explicite en soulignant sa détermination et son rôle capital pour amener le roi David à intervenir et préserver l’avenir spirituel des enfants, en confiant la royauté au « plus sage des hommes » : le roi Salomon.

Jérome Touboul

Le parallèle tiré de la parashat Hayé Sara  avec la haftara est un épisode de la fin de la vie du Roi David puisé du Livre des Rois.

David, était, tout comme Abraham dans la péricope qui nous occupe, âgé et proche de la fin d’une vie très riche en événements.

Le statut des rois permettait aux souverains d’épouser jusqu’à 18 femmes et de posséder autant de concubines qu’il pourrait désirer.

David avait froid et, ses conseillers pensèrent à faire mettre en contact une belle et pure jeune-fille du roi dans le seul but fut qu’elle le réchauffât ! Or, elle ne réussit pas dans sa mission.

En revanche, cette jeune fille portant le nom d’Avishag,  va être l’agent porteur d’un certain danger pour la famille royale car elle attire Adonya et, une lutte fratricide va se faire jour entre les deux frères Adonya et Salomon à propos de la succession de David que briguent les deux fils du grand roi.

Au cours de cet extrait du livre des rois deux femmes s’affrontent – l’une vieillissante (Bat Shéva)  et l’autre jeune et pleine d’ambition (Avishag)  – Bat Shéva encore très belle et désirable entre en scène pour demander à son vieil époux de désigner Salomon comme successeur sur le trône du royaume de Juda.

Avishag, pour sa part, déçue de n’avoir été choisie que pour communiquer de sa chaleur physique au souverain âgé après avoir séduit le prince, finit par séduire le futur roi et aurait été  la mère de Rehovam.

Le texte précise et de longs commentaires fort détaillés  à ce propos,  se trouvent dans la guemara au sujet du rôle de chauffeuse de David : elle fut choisie pour ce rôle et David ayant eu son quota de femmes réglementaires « ne connut pas » – au sens biblique du terme- cette jeune Sunnamite qu’est Avishag.

Caroline ElishévaRebouh

Hayé Sara: Avraham et David, deux modèles ? Vidéos

(Source : JForum)

Avraham – L’homme, le vrai-fondateur de l’esprit révolutionnaire

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60:00

Un cours vidéo du Rav ‘Haïm Dynovisz

Lekh Lekha 2018

Avraham- L’homme, le Vrai-Fondateur de l’esprit révolutionnaire 

(Source : site du Rav)

PARACHAT HACHAVOUA – LA PARACHA DE LA SEMAINE du vendredi 17 au Chabbat 18 ‘Hechvan 5779 (du vendredi 26 au samedi 27 octobre 2018)

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Cette semaine, nous étudions la paracha Vayera (Béréchit 18,1 – 22,24)

Lecture de la paracha Vayéra en français – Torah-Box.com

18,1

Éternel se révéla à lui dans les plaines de Mamré, tandis qu’il était assis à l’entrée de sa tente, pendant la chaleur du jour.

18,2

Comme il levait les yeux et regardait, il vit trois personnages debout prés de lui. En les voyant, il courut à eux du seuil de la tente et se prosterna contre terre.

18,3

Et il dit: « Seigneur, si j’ai trouvé grâce à tes yeux, ne passe pas ainsi devant ton serviteur!

18,4

Qu’on aille quérir un peu d’eau; lavez vos pieds et reposez-vous sous cet arbre.

18,5

Je vais apporter une tranche de pain, vous réparerez vos forces, puis vous poursuivrez votre chemin, puisque aussi bien vous avez passé près de votre serviteur. » Ils répondirent: « Fais ainsi que tu as dit ».

18,6

Abraham rentra en hâte dans sa tente, vers Sara et dit: « Vite, prends trois mesures de farine de pur froment, pétris-la et fais-en des gâteaux. »

18,7

Puis, Abraham courut au troupeau, choisit un veau tendre et gras et le donna au serviteur, qui se hâta de l’accommoder.

18,8

Il prit de la crème et du lait, puis le veau qu’on avait préparé et le leur servit: il se tenait devant eux, sous l’arbre, tandis qu’ils mangeaient.

18,9

Ils lui dirent: « Où est Sara, ta femme? » Il répondit: « Elle est dans la tente. »

18,10

L’un d’eux reprit: « Certes, je reviendrai à toi à pareille époque et voici, un fils sera né à Sara, ton épouse. » Or, Sara l’entendait à l’entrée de la tente qui se trouvait derrière lui.

18,11

Abraham et Sara étaient vieux, avancés dans la vie; le tribut périodique des femmes avait cessé pour Sara.

18,12

Sara rit en elle-même disant: « Flétrie par l’âge, ce bonheur me serait réservé! Et mon époux est un vieillard! »

18,13

Le Seigneur dit à Abraham: « Pourquoi Sara a-t-elle ri, disant: ’Eh quoi! en vérité, j’enfanterais, âgée que je suis!’

18,14

Est-il rien d’impossible au Seigneur? Au temps fixé, à pareille époque, je te visiterai et Sara sera mère ».

18,15

Sara protesta, en disant: « Je n’ai point ri »; car elle avait peur. II répondit « Non pas, tu as ri. »

18,16

Les hommes se levèrent et fixèrent leurs regards dans la direction de Sodome; Abraham les accompagna pour les reconduire.

18,17

Or, l’Éternel avait dit: »Tairai-je à Abraham ce que je veux faire? »

18,18

Abraham ne doit-il pas devenir une nation grande et puissante et une cause de bonheur pour toutes les nations de la terre?

18,19

Si je l’ai distingué, c’est pour qu’il prescrive à ses fils et à sa maison après lui d’observer la voie de l’Éternel, en pratiquant la vertu et la justice; afin que l’Éternel accomplisse sur Abraham ce qu’il a déclaré à son égard. »

18,20

L’Éternel dit: « Comme le décri de Sodome et de Gommorrhe est grand; comme leur perversité est excessive,

18,21

je veux y descendre; je veux voir si, comme la plainte en est venue jusqu’à moi, ils se sont livrés aux derniers excès; si cela n’est pas, j’aviserai. »

18,22

Les hommes quittèrent ce lieu et s’acheminèrent vers Sodome; Abraham était encore en présence du Seigneur.

18,23

Abraham s’avança et dit: « Anéantirais-tu, d’un même coup, l’innocent avec le coupable?

18,24

Peut-être y a-t-il cinquante justes dans cette ville: les feras-tu périr aussi et ne pardonneras-tu pas à la contrée en faveur des cinquante justes qui s’y trouvent?

18,25

Loin de toi d’agir ainsi, de frapper l’innocent avec le coupable, les traitant tous deux de même façon! Loin de toi! Celui qui juge toute la terre serait-il un juge inique? »

18,26

Le Seigneur répondit: « Si je trouve à Sodome au sein de la ville, cinquante justes, je pardonnerai à toute la contrée à cause d’eux »

18,27

Abraham reprit en disant: « De grâce! j’ai entrepris de parler à mon souverain, moi poussière et cendre!

18,28

Peut-être à ces cinquante justes, en manquera-t-il cinq: détruirais-tu, pour cinq, une ville entière? » Il répondit: « Je ne sévirai point, si j’en trouve quarante-cinq »

18,29

Il insista encore, en lui disant: « Peut-être s’y en trouvera-t-il quarante? » II répondit: « Je m’abstiendrai à cause de ces quarante. »

18,30

Il dit: « De grâce, que mon Souverain ne s’irrite point de mes paroles! Peut-être s’en trouvera-t-il trente? » II répondit: « Je m’abstiendrai, si j’en trouve trente »

18,31

II reprit: « De grâce, puisque j’ai osé parler à mon Souverain, peut-être s’en trouvera-t-il vingt? » II répondit: « Je renoncerai à détruire, en faveur de ces vingt. » II dit:

18,32

« De grâce, que mon Souverain ne s’irrite pas, je ne parlerai plus que cette fois. Peut-être s’en trouvera-t-il dix? » II répondit: « Je renoncerai à détruire, en faveur de ces dix. »

18,33

Le Seigneur disparut, lorsqu’il eut achevé de parler à Abraham; et Abraham retourna à sa demeure.

19,1

Les deux envoyés arrivèrent à Sodome le soir. Loth était assis à la porte de Sodome; à leur vue, il se leva au devant d’eux et se prosterna la face contre terre.

19,2

Il dit « Ah! de grâce, mes seigneurs, venez dans la maison de votre serviteur, passez-y la nuit, lavez vos pieds; puis, demain matin, vous pourrez continuer votre route. » Ils répondirent: « Non, nous coucherons sur la voie publique. »

19,3

Sur ses vives instances, ils tournèrent de son côté et entrèrent dans sa maison. II leur prépara un repas, fit cuire des galettes et ils mangèrent.

19,4

Ils n’étaient pas encore couchés, lorsque les gens de la ville, les gens de Sodome, s’attroupèrent autour de la maison, jeunes et vieux; le peuple entier, de tous les coins de la ville.

19,5

Ils appelèrent Loth et lui dirent: « Où sont les hommes qui sont venus chez toi cette nuit? Fais-les sortir vers nous, que nous les connaissions! »

19,6

Loth alla à leur rencontre, à l’entrée de sa maison, dont il ferma la porte sur lui;

19,7

et il dit: « De grâce, mes frères, ne leur faites point de mal!

19,8

Ecoutez! j’ai deux filles qui n’ont pas encore connu d’homme, je vais vous les amener, faites-leur ce que bon vous semblera; mais ces hommes, ne leur faites rien, car enfin ils sont venus s’abriter sous mon toit. »

19,9

Ils répondirent: « Va-t’en loin d’ici! Cet homme, ajoutèrent-ils, est venu séjourner ici et maintenant il se fait juge! Eh bien, nous te ferons plus de mal qu’à eux! » Ils assaillirent Loth avec violence et s’avancèrent pour briser la porte.

19,10

Les voyageurs étendirent la main, firent rentrer Loth dans la maison et fermèrent la porte.

19,11

Et les hommes qui assiégeaient l’entrée de la maison, ils les frappèrent d’éblouissements, petits et grands, qui se fatiguèrent à chercher l’entrée.

19,12

Les voyageurs dirent à Loth: « Quiconque des tiens est encore ici, un gendre, tes fils, tes filles, tout ce que tu as dans cette ville, fais les sortir d’ici.

19,13

Car nous allons détruire cette contrée, la clameur contre elle a été grande devant le Seigneur et le Seigneur nous a donné mission de la détruire. »

19,14

Loth sortit, alla parler à ses gendres, époux de ses filles et dit: « Venez, abandonnez ce lieu, car l’Éternel va détruire la cité! » Mais il fut, aux yeux de ses gendres, comme un homme qui plaisante.

19,15

Comme l’aube paraissait, les envoyés pressèrent Loth, en disant: « Debout! emmène ta femme et tes deux filles ici présentes, si tu ne veux point périr pour les crimes de cette ville. »

19,16

Comme il tardait, ces hommes le prirent par la main, ainsi que sa femme et ses deux filles, l’Éternel voulant l’épargner; ils l’emmenèrent et le laissèrent hors de la ville.

19,17

Lorsqu’ils les eurent conduits dehors, l’un d’eux lui dit: « Songe à sauver ta vie; ne regarde pas en arrière et ne t’arrête pas dans toute cette région; fuis vers la montagne, de crainte de périr. »

19,18

Loth leur répondit: « Oh! non, mes seigneurs!

19,19

Certes, déjà ton serviteur a trouvé grâce à tes yeux et tu m’as accordé une grande faveur en me conservant la vie; mais moi, je ne saurais fuir jusque sur la montagne, le fléau m’atteindrait auparavant et je mourrais.

19,20

Vois plutôt, cette ville-ci est assez proche pour que je m’y réfugie et elle est peu importante; puissé-je donc y fuir, vu son peu d’importance et y avoir la vie sauve! »

19,21

II lui répondit: « Eh bien! je te favoriserai encore en ceci, en ne bouleversant point la ville dont tu parles.

19,22

Hâte-toi, cours-y! car je ne puis agir que tu n’y sois arrivé. » Voilà pourquoi l’on a appelé cette ville Çoar.

19,23

Le soleil avait paru sur la terre, lorsque Loth arriva à Çoar.

19,24

L’Éternel fit pleuvoir sur Sodome et sur Gommorrhe du soufre et du feu; l’Éternel lui-même, du haut des cieux.

19,25

II détruisit ces villes, toute la plaine, tous les habitants de ces villes et la végétation du sol.

19,26

La femme de Loth, ayant regardé en arrière, devint une statue de sel.

19,27

Abraham se dirigea de bon matin vers l’endroit où il s’était tenu devant le Seigneur.

19,28

II considéra l’aspect de Sodome et de Gommorrhe et l’aspect de toute la plaine; et il remarqua qu’une exhalaison s’élevait de la terre, semblable à la fumée d’une fournaise.

19,29

Mais, lorsque Dieu détruisit les villes de la plaine, il s’était souvenu d’Abraham; il avait fait échapper Loth du milieu de la subversion, tandis qu’il bouleversait la contrée où avait demeuré Loth.

19,30

Loth monta de Çoar et s’établit dans la montagne avec ses deux filles, car il n’osait rester à Çoar; iI demeura dans une caverne, lui et ses deux filles.

19,31

L’aînée dit à la plus jeune: « Notre père est âgé et il n’y a plus d’homme dans le monde, pour s’unir à nous selon l’usage de toute la terre.

19,32

Eh bien! enivrons de vin notre père, partageons sa couche et par notre père nous obtiendrons une postérité. »

19,33

Elles firent boire du vin à leur père cette même nuit; la fille aînée vint partager sa couche et il ne la reconnut point lorsqu’elle se coucha ni lorsqu’elle se leva.

19,34

Puis, le lendemain, l’aînée dit à la plus jeune: « Voici, j’ai partagé hier la couche de mon père; enivrons-le encore cette nuit, tu iras partager son lit et nous recevrons de notre père une postérité. »

19,35

Elles firent boire, cette nuit encore du vin à leur père; la cadette se leva, vint à ses côtés et il ne la reconnut point lors de son coucher et de son lever.

19,36

Les deux filles de Loth conçurent du fait de leur père.

19,37

La première eut un fils, qu’elle appela Moab; ce fut le père des Moabites qui subsistent aujourd’hui.

19,38

La seconde, elle aussi, enfanta un fils et le nomma Ben-Ammi; ce fut le père des Ammonites qui subsistent aujourd’hui.

20,1

Abraham quitta ce lieu pour la contrée du Midi; il s’établit entre Cadès et Chour et séjourna à Gherar.

20,2

Abraham disait de Sara, sa femme: « Elle est ma sœur »: Abimélec, roi de Gherar, envoya prendre Sara.

20,3

Le Seigneur visita Abimélec dans un songe nocturne et lui dit: « Tu vas mourir, à cause de cette femme que tu as prise et qui est en puissance de mari. »

20,4

Or, Abimélec n’avait pas approché d’elle. II dit: « Seigneur! frapperais-tu donc aussi un peuple innocent?

20,5

Quoi! ne m’a-t-il pas dit: ’Elle est ma sœur?’ et elle, elle aussi, a dit: ‘II est mon frère.’ C’est avec un cœur innocent et des mains pures que j’ai agi ainsi. »

20,6

Dieu lui répondit dans le songe: « Moi aussi je savais que tu avais agi ainsi dans la simplicité de ton cœur et j’ai voulu, de mon côté, te préserver de m’offenser; aussi ne t’ai-je pas permis d’approcher d’elle.

20,7

Et maintenant, restitue l’épouse de cet homme, car il est prophète; il priera pour toi et tu vivras. Que si tu ne la rends pas, sache que tu mourras, toi et tous les tiens! »

20,8

Abimélec se leva de bonne heure, appela tous ses serviteurs et leur fit entendre toutes ces choses; ces hommes furent fort effrayés.

20,9

Abimélec manda Abraham et lui dit « Que nous as-tu fait! et qu’avais-je commis envers toi, pour que tu exposasses moi et mon royaume à un péché grave? Tu as fait à mon égard des choses qui ne doivent point se faire! »

20,10

Abimélec dit encore à Abraham: « Qu’avais-tu en vue, en agissant de la sorte? »

20,11

Abraham répondit: « C’est que je pensais:‘Pour peu que la crainte de Dieu ne règne pas dans ce pays, ils me tueront à cause de ma femme.

20,12

Et d’ailleurs, de fait, elle est ma sœur, la fille de mon père, mais non la fille de ma mère et elle m’appartient comme épouse.

20,13

Or, lorsque Dieu me fit errer loin de la maison de mon père, je lui dis: ‘Voici la grâce que tu me feras. Dans tous les lieux où nous irons, dis que je suis ton frère. »

20,14

Abimélec choisit des pièces de menu et de gros bétail, des esclaves mâles et femelles, en fit présent à Abraham et lui restitua Sara son épouse.

20,15

Et il lui dit: « Voici mon territoire devant toi, établis-toi où bon te semblera. »

20,16

Et à Sara il dit: « Voici, j’ai donné mille pièces d’argent à ton parent: certes! il est pour toi comme un voile contre quiconque t’approcherait; tous, tu peux les regarder en face. »

20,17

Abraham intercéda auprès de Dieu, qui guérit Abimélec, sa femme et ses servantes, de sorte qu’elles purent enfanter.

20,18

Car Dieu avait fermé toute matrice dans la maison d’Abimélec, à cause de Sara, épouse d’Abraham.

21,1

Or, l’Éternel s’était souvenu de Sara, comme il l’avait dit et il fit à Sara ainsi qu’il l’avait annoncé.

21,2

Sara conçut et enfanta un fils à Abraham quoiqu’âgé, à l’époque précise où Dieu l’avait promis.

21,3

Abraham nomma le fils qui venait de lui naître, que Sara lui avait donné, Isaac.

21,4

Abraham circoncit Isaac, son fils, à l’âge de huit jours, comme Dieu le lui avait ordonné.

21,5

Or, Abraham était âgé de cent ans, lorsqu’Isaac son fils vint au monde.

21,6

Sara dit: « Dieu m’a donné une félicité et quiconque l’apprendra me félicitera. »

21,7

Elle dit encore « Qui eût dit à Abraham que Sara allaiterait des enfants? Eh bien, j’ai donné un fils à sa vieillesse! »

21,8

L’enfant grandit,Il fut sevré. Abraham fit un grand festin le jour où l’on sevra Isaac.

21,9

Sara vit le fils d’Agar l’Egyptienne, que celle-ci avait enfanté à Abraham, se livrer à des railleries;

21,10

et elle dit à Abraham: « Renvoie cette esclave et son fils; car le fils de cette esclave n’héritera point avec mon fils, avec Isaac. »

21,11

La chose déplut fort à Abraham, à cause de son fils.

21,12

Mais Dieu dit à Abraham: « Ne sois pas mécontent au sujet de cet enfant et de ton esclave; pour tout ce que Sara te dit, obéis à sa voix: car c’est la postérité d’Isaac qui portera ton nom.

21,13

Mais le fils de cette esclave aussi, je le ferai devenir une nation, parce qu’il est ta progéniture. »

21,14

Abraham se leva de bon matin, prit du pain et une outre pleine d’eau, les remit à Agar en les lui posant sur l’épaule, ainsi que l’enfant et la renvoya. Elle s’en alla et s’égara dans le désert de Beer Shava.

21,15

Quand l’eau de l’outre fut épuisée, elle abandonna l’enfant au pied d’un arbre.

21,16

EIle alla s’asseoir du côté opposé, à la distance d’un trait d’arc, en se disant: « Je ne veux pas voir mourir cet enfant »; et ainsi assise du côté opposé, elle éleva la voix et pleura.

21,17

Dieu entendit le gémissement de l’enfant. Un messager du Seigneur appela Agar du haut des cieux et lui dit « Qu’as-tu, Agar? Sois sans crainte, car Dieu a entendu la voix de l’enfant s’élever de l’endroit où il gît.

21,18

Relève-toi! reprends cet enfant et soutiens-le de la main, car je ferai de lui une grande nation. »

21,19

Le Seigneur lui dessilla les yeux et elle aperçu une source; elle y alla, emplit l’outre d’eau et donna à boire à l’enfant.

21,20

Dieu fut avec cet enfant et il grandit; il demeura dans le désert, et devint tireur à l’arc.

21,21

II habita le désert de Pharan et sa mère lui choisit une femme du pays d’Egypte.

21,22

II arriva, dans le même temps, qu’Abimélec, accompagné de Pikol, chef de son armée, dit à Abraham: « Dieu est avec toi dans tout ce que tu entreprends.

21,23

Et maintenant, jure-moi par ce Dieu que tu ne seras infidèle ni à moi, ni à mes enfants, ni à ma postérité; que, comme j’ai bien agi à ton égard, ainsi tu agiras envers moi et envers le pays où tu es venu séjourner. »

21,24

Abraham répondit: « Je veux le jurer. »

21,25

Or, Abraham avait fait des reproches à Abimélec, au sujet d’un puits dont les gens d’Abimélec s’étaient emparés.

21,26

Et Abimélec avait répondu: « Je ne sais qui a commis cette action: toi-même tu ne m’en avais pas instruit et moi, je l’ignorais avant ce jour. »

21,27

Abraham prit du menu et du gros bétail qu’il remit à Abimélec et ils conclurent mutuellement une alliance.

21,28

Abraham ayant rangé à part sept brebis de ce bétail,

21,29

Abimélec dit à Abraham: « Que signifient ces sept brebis que tu as mises à part? »

21,30

Il répondit: « C’est que tu dois recevoir de ma main sept brebis, comme témoignage que j’ai creusé ce puit. »

21,31

Aussi appela-t-on cet endroit Beer Shava, car là ils jurèrent l’un et l’autre.

21,32

Lorsqu’ils eurent contracté alliance à Beer Shava, Abimélec se leva, ainsi que Pikol son général d’armée et ils s’en retournèrent au pays des Philistins.

21,33

Abraham planta un bouquet d’arbres à Beer Shava et y proclama le Seigneur, Dieu éternel.

21,34

Abraham habita longtemps encore dans le pays des Philistins.

22,1

Il arriva, après ces faits, que Dieu éprouva Abraham. II lui dit: « Abraham! » II répondit: « Me voici. »

22,2

II reprit « Prends ton fils, ton fils unique, celui que tu aimes, Isaac; achemine-toi vers la terre de Moria et là offre-le en holocauste sur une montagne que je te désignerai. »

22,3

Abraham se leva de bonne heure, sangla son âne, emmena ses deux serviteurs et Isaac, son fils et ayant fendu le bois du sacrifice, il se mit en chemin pour le lieu que lui avait indiqué le Seigneur.

22,4

Le troisième jour, Abraham, levant les yeux, aperçut l’endroit dans le lointain.

22,5

Abraham dit à ses serviteurs: « Tenez-vous ici avec l’âne; moi et le jeune homme nous irons jusque là-bas, nous nous prosternerons et nous reviendrons vers vous. »

22,6

Abraham prit le bois du sacrifice, le chargea sur Isaac son fils, prit en main le feu et le couteau et ils allèrent tous deux ensemble.

22,7

Isaac, s’adressant à Abraham son père, dit « Mon père! » Il répondit: « Me voici mon fils. » II reprit: « Voici le feu et le bois, mais où est l’agneau de l’holocauste? »

22,8

Abraham répondit: « Dieu choisira lui-même l’agneau de l’holocauste mon fils! » Et ils allèrent tous deux ensemble.

22,9

Ils arrivèrent à l’endroit que Dieu lui avait indiqué. Abraham y construisit un autel, disposa le bois, lia Isaac son fils et le plaça sur l’autel, par-dessus le bois.

22,10

Abraham étendit la main et saisit le couteau pour immoler son fils.

22,11

Mais un envoyé du Seigneur l’appela du haut du ciel, en disant: « Abraham! . Abraham! »

22,12

II répondit: « Me voici. » II reprit: « Ne porte pas la main sur ce jeune homme, ne lui fais aucun mal! car, désormais, j’ai constaté que tu honores Dieu, toi qui ne m’as pas refusé ton fils, ton fils unique! »

22,13

Abraham, levant les yeux, remarqua qu’un bélier, derrière lui, s’était embarrassé les cornes dans un buisson. Abraham alla prendre ce bélier et l’offrit en holocauste à la place de son fils.

22,14

Abraham dénomma cet endroit: Adonaï-Yiré; d’où l’on dit aujourd’hui: »Sur le mont d’Adônaï-Yéraé. »

22,15

L’envoyé de l’Éternel appela une seconde fois Abraham du haut du ciel,

22,16

et dit: « Je jure par moi-même, a dit l’Éternel, que parce que tu as agi ainsi, parce que tu n’as point épargné ton enfant, ton fils unique,

22,17

je te comblerai de mes faveurs; je multiplierai ta race comme les étoiles du ciel et comme le sable du rivage de la mer et ta postérité conquerra les portes de ses ennemis.

22,18

Et toutes les nations de la terre s’estimeront heureuses par ta postérité, en récompense de ce que tu as obéi à ma voix. »

22,19

Abraham retourna vers ses serviteurs; ils se remirent en route ensemble pour Beer Shava, où Abraham continua d’habiter.

22,20

Après cet événement, Abraham reçut les nouvelles suivantes: « Milka, elle aussi, a donné des enfants à Nahor ton frère:

22,21

Ouç, son premier-né; Bouz, son frère; Kemouel, père d’Aram;

22,22

Késed, Hazo, Pildach, Yidlaf et Bathuel,

22,23

lequel Bathuel a engendré Rébecca. » Milka avait donné ces huit fils à Nahor, frère d’Abraham.

22,24

Sa concubine, nommée Reouma, avait eu aussi des enfants: Tébah, Gaham, Tahach et Maaka.

(Source : Torah-Box)

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Paracha Vayéra : les invités d’abord !

Dans la paracha Vayéra, au moment où les trois anges se présentent à Avraham sous l’apparence de nomades, le patriarche s’exclame : « Seigneur ! Si j’ai trouvé grâce à tes yeux, ne passe pas ainsi devant ton serviteur » (Béréchit 18, 3).

Selon l’approche simple de ce verset, note Rachi, Avraham s’adresse ici au plus important des trois hommes, et le prie d’accepter son invitation. Mais il existe une seconde interprétation, également citée par le maître de Troyes, selon laquelle le mot « Seigneur » fait référence à D.ieu. Cette explication est aussi celle retenue par le targoum d’Onkelos, et signifie qu’Avraham implore D.ieu – venu lui rendre visite après sa circoncision – de ne pas le quitter et de le laisser aller accueillir ses invités.

Le Talmud (Chabbat 127/a) déduit de cette lecture du verset que « l’accueil des invités est plus important que le fait de recevoir la Chékhina ! » Les commentateurs s’interrogent toutefois sur cette assertion : qu’est-ce qui permet au Talmud d’affirmer que l’accueil des invités est plus important ? Peut-être ces deux mitsvot sont-elles d’une importance égale ? En effet, Avraham n’a pas renoncé à parler à la Chékhina pour aller accueillir ses invités ; au contraire, nous voyons bien qu’il demanda à D.ieu de rester là, en attendant qu’il accomplisse l’autre mitsva…

Selon le Gaon de Vilna, la réponse tient dans une halakha stipulant que lorsqu’un élève quitte son maître, il ne doit pas lui tourner le dos mais se retirer à reculons. La même règle s’applique au Cohen Gadol, lorsqu’il sortait du Saint des Saints, ou à un simple Cohen lorsqu’il quittait le Sanctuaire : ils devaient se retirer à reculons, en marque d’honneur pour le lieu qu’ils quittaient.

Lorsqu’Avraham alla à la rencontre de ses invités, il fut confronté à un lourd dilemme : d’une part, il ne pouvait se retirer de la Chékhina en lui tournant le dos, comme l’énonce cette loi. Mais d’autre part, aller accueillir des invités en leur présentant le dos n’était aussi guère convenable. Or, la Torah révèle qu’en les voyant, « Avraham courut à leur rencontre. » Ce qui nous apprend que le patriarche opta pour la première option, et choisit de tourner le dos à la Chékhina pour aller à la rencontre de ses invités. La preuve est donc établie que l’accueil des invités est effectivement plus important que le fait de recevoir la Chékhina, attendu qu’Avraham donna la préséance à la première.

Un accueil authentique

On rapporte au sujet de l’accueil des invités une histoire édifiante. Leib, un jeune garçon de quatorze ans, étudiait dans une Yéchiva en Russie. A l’approche d’une période de vacances, il entreprit le long voyage qui devait le ramener chez ses parents, à Stutchin, dans la lointaine Pologne.

Le train qui devait le ramener chez lui était censé entrer en gare le jeudi après-midi, après quoi il roulerait pendant une journée entière jusqu’à destination. Le jeune homme savait que même si, par miracle, le train respectait ses horaires, il serait chez lui seulement quelques heures avant le Chabbat.

Mais le miracle n’arriva pas, et le train entra en gare seulement le jeudi soir. Le départ fut donc repoussé au lendemain matin et, en prenant place dans un wagon, le jeune Leib comprit qu’il devrait trouver sur la route un lieu d’accueil pour le Chabbat. Lorsque le contrôleur passa, il l’interrogea sur les différentes stations qu’ils allaient rencontrer durant le trajet, en espérant reconnaître le nom d’une ville où vivait une communauté juive et où il pourrait être accueilli. A son grand soulagement, l’homme lui apprit qu’ils allaient passer par une ville qu’il savait être proche de Radin.
Radin était la ville où vivait son grand-oncle, l’illustre ‘Hafets ‘Haïm. Ainsi, le jeune homme n’avait plus de souci à se faire quant à son Chabbat, et il aurait de plus l’occasion de passer une journée entière auprès du grand homme. Lorsque le train stoppa dans la ville dite, Leib demanda son chemin et s’empressa de rejoindre Radin avant l’entrée du jour saint.

En arrivant sur place, sa grand-tante l’accueillit chaleureusement et lui apprit que son mari, qui avait l’habitude d’étudier avec un groupe de fidèles peu avant l’entrée du Chabbat, était déjà parti à la synagogue. L’épouse du ‘Hafets ‘Haïm proposa au jeune homme, qui n’avait quasiment pas dormi la nuit précédente, de se reposer un peu avant de se rendre à la synagogue.

Leib s’installa donc dans un fauteuil et, encore tout courbaturé du voyage, il ne tarda pas à s’assoupir. Lorsqu’il ouvrit les yeux, il découvrit le ‘Hafets ‘Haïm assis à la table du salon, plongé dans un livre d’étude. En voyant le jeune garçon s’éveiller, le grand maître le salua chaleureusement, lui suggéra d’aller se laver les mains et de réciter la prière d’arvit. Après quoi, l’épouse du rav les rejoignit et ils s’attablèrent tous les trois pour prendre ensemble le repas du Chabbat.

A la fin du repas, le rav et son épouse se retirèrent dans leur chambre, et Leib regagna le fauteuil dans lequel il s’était assoupi. Mais comme il s’était réveillé à peine un peu plus tôt, il peina à trouver le sommeil. Après quelques minutes, il se rendit dans la cuisine pour boire un verre d’eau. Mais là-bas, il découvrit à sa grande surprise une pendule, qui indiquait quatre heures ! Comment se pouvait-il qu’il soit si tard ? Cette pendule devait certainement être déréglée ! Le jeune homme, ne parvenant pas à résoudre cette énigme, rejoignit finalement son lit improvisé et trouva un peu plus tard le sommeil.

Le matin, il entra dans la cuisine et y trouva la Rabbanite qui l’accueillit avec un large sourire : « As-tu bien dormi ? » Leib admit avoir mis un certain temps à s’endormir, et confia son trouble à sa grand-tante : « Cette pendule fonctionne-t-elle ? Quand je me suis levé, peu après le repas, j’ai vu qu’elle indiquait quatre heures du matin… »

Ce qu’il apprit alors de l’épouse du maître devait rester gravé dans son esprit toute sa vie durant : « Cette pendule fonctionne parfaitement, et nous avons effectivement terminé le repas bien après trois heures du matin ! Je vais te raconter ce qui s’est passé : quand le rav est rentré hier soir de la synagogue, il a vu que tu dormais profondément. Pour ma part, je voulais te réveiller pour que tu puisses entendre le kiddouch, mais mon mari s’y opposa vigoureusement. Il a soutenu que tu devais être exténué à cause du long voyage, et il insista pour que nous attendions que tu te réveilles. En voyant les heures passer, il a finalement suggéré que notre fils Aharon et moi-même récitions le kidouch et prenions ensemble le repas. Mais pour sa part, le rav s’est obstiné à t’attendre, car il voulait surtout éviter que tu te sentes mal à l’aise. Ensuite, je suis allée me coucher, et nous avons convenu qu’il viendrait me réveiller lorsque tu serais prêt. Pendant toutes ces heures, mon mari t’a attendu patiemment en étudiant, et il insista pour que nous faisions comme si de rien n’était : pour lui, cette attitude était la plus élémentaire marque d’honneur que l’on doit envers un invité 

(tiré de Otsarot haTorah).

Yonathan Bermudienne – © Hamodia

(Source : Chiourim.com)

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https://i1.wp.com/www.actuj.com/media/cache/home_big/media/Article/2508/2508_2015-10-28_17-10-29_Vay%C3%A9ra.jpgIllustration de Gérard darmon, artiste peintre ______________________________________________________

Parachat Vayéra : L’élection d’Israël, une exigence éthique

Le commentaire de la semaine par Janine Elkouby, enseignante à la Maison d’étude juive au féminin.

La paracha Vayéra s’ouvre sur l’image bien connue d’Abraham, qui reçoit la révélation divine tandis qu’« assis à l’entrée de sa tente  dans la chaleur du jour », il guette d’éventuels voyageurs pour les accueillir chez lui. Image symbolique de ce ‘hesed, cette ouverture généreuse, cette disponibilité aux autres qui est la marque spécifique d’Abraham,  le premier Hébreu.

Et qui constitue l’un des fils directeurs de notre Paracha.

Le ‘hesed  est manifeste au niveau de la littéralité du texte , à travers l’empressement d’Abraham qui court vers les trois voyageurs,  les supplie d’entrer, de se laver et de se reposer, se dépêche de commander des gâteaux à Sarah et de faire apprêter « un jeune taureau ». Mais il  est creusé par les commentaires, qui lui donnent un relief et une signification accrus.

Ainsi, selon Rachi, la scène se passe le troisième jour après la circoncision, évoquée dans le chapitre précédent, alors que le patriarche est affaibli par l’intervention et souffrant : en d’autres termes,  il fait passer le devoir d’accueil de l’étranger avant sa santé et son confort personnel.

Mais le commentateur va plus loin en  proposant une lecture audacieuse de la supplique qu’Abraham semble adresser aux voyageurs au verset 18,3, les priant d’accepter son hospitalité :

Seigneur, je t’en prie, si j’ai trouvé grâce à tes yeux, ne t’éloigne pas de ton serviteur !

Or Rachi, reprenant l’interprétation midrachique, donne un second sens au passage : il   explique que le patriarche s’adresse non pas aux voyageurs, mais à Dieu lui-même, lui demandant de bien vouloir attendre qu’il se soit acquitté de ses obligations à l’égard de ses hôtes pour « reprendre » en quelque sorte la conversation avec son divin interlocuteur ! Le ‘hesed, dans la conception exigeante qu’en a Abraham, passe aussi avant l’accueil de la parole divine elle-même.

 

« Insolence » respectueuse

Cette «insolence» respectueuse mais ferme, qui scandalise parfois nos amis chrétiens, est cependant monnaie courante, aussi bien dans  la Tora que dans le Midrach : c’est elle qui inspire à Abraham, dans cette même paracha, son célèbre plaidoyer en faveur des villes condamnées de Sodome et Gomorrhe, dans lequel il conteste la justice de cette condamnation – Anéantirais-tu le juste avec le méchant ? –  et négocie obstinément et pied à pied le salut des deux villes, pourvu qu’il s’y trouve un minimum de justes (18, 22-32). C’est elle qui inspirera plus tard à Moïse la défense d’Israël et sa demande d’être effacé du livre en même temps que le peuple si ce dernier doit disparaître (Exode 32, 32).

Sodome et Gomorrhe, elles-mêmes, apparaissent, à travers le midrach, comme l’antithèse absolue du ‘hesed, elles qui ont institutionnalisé et légalisé la non- assistance à autrui, sous peine de mort pour celui qui contreviendrait à la loi (Rachi sur 18, 21).

Et la tradition rabbinique enfoncera le clou, en reprochant à Noé de  s’être contenté d’obéir à l’ordre divin en construisant l’arche   au lieu de chercher à influer sur  la décision divine d’anéantir le monde par le déluge.

Mes enfants m’ont vaincu, mes enfants m’ont vaincu,  dit Dieu en jubilant, au terme d’une discussion talmudique  où les Sages revendiquent la responsabilité strictement  humaine de la décision en invalidant toute intervention divine (Talmud, Baba Metsia 59b).

Est-ce un hasard si c’est dans ce contexte précisément, celui du ‘hesed,  qu’apparaît pour la première fois dans le texte biblique la mention de l’élection, celle d’Abraham et de ses descendants :

Je l’ai distingué afin qu’il ordonne à ses enfants et à sa maison après lui d’observer le chemin de l’Eternel en pratiquant la justice et le droit, tsedaqa oumichpat (18, 19).

Une élection définie d’emblée comme une exigence éthique assortie d’une infinie responsabilité.

Parachat Vayéra : L’élection d’Israël, une exigence éthique

(Source : Actualité Juive)

judaïsme – Lekh Lekha : Comment Abram devient Abraham (vidéo)

https://www.jforum.fr/wp-content/uploads/2018/10/lekh-lekha-1068x782.jpg_______________________________________________________

Cette troisième péricope du livre de la Genèse (Bereshit), dès ses premiers versets, livre au lecteur des trésors d’enseignements et de nombreuses promesses.

Plus ou moins, tout le monde connaît les débuts de l’histoire d’Abram qui deviendra Abraham par la suite, lorsqu’il découvrit par lui-même l’existence du Tout Puissant, et que de lui-même, il se détacha des croyances ancestrales et surtout nationales pour se tourner entièrement vers le D. Unique qui créa le monde et le dirige.

A plusieurs reprises, Abram vit sa croyance éprouvée sous divers aspects. Les Sages ont dénombré 10 grandes épreuves qu’Abram a passées avec succès et de manière naturelle bien que chacune d’elles exigeait un don de soi toutes plus graves les unes que les autres cependant que l’épreuve qui précéda les dix citées ci-dessous fut pour l’homme jeune qu’il était alors, un véritable déchirement imposé par Nimrod qui, devant le refus absolu d’Abram de s’adonner à l’idolâtrie, fit jeter le futur patriarche dans la fournaise dont il ressortit indemne.

Selon Maïmonide donc, la première des épreuves est contenue dans le verset 1 du chapitre XII de la Genèse (Bereshit) :
וַיֹּאמֶר יְהוָה אֶל-אַבְרָם, לֶךְ-לְךָ מֵאַרְצְךָ וּמִמּוֹלַדְתְּךָ וּמִבֵּית אָבִיךָ, אֶל-הָאָרֶץ, אֲשֶׁר אַרְאֶךָּ
L’Éternel dit à Abram: “Éloigne-toi de ton pays, de ton lieu natal et de la maison paternelle, et va au pays que je t’indiquerai.”

La majorité des exégètes émettent l’avis selon lequel le pronom “lekha” est explétif, si donc il apparaît ici c’est, bien entendu, qu’il a un sens : cette action de partir d’Aram est une action destinée à “recycler” l’âme de cet homme et ceci se confirme avec les mots qui suivent. Le verset eût pu être plus court et ne comporter que ces 5 mots : lekh el haaretz asher ar’éka.

En sachant que rien n’est inutile dans la Torah le sens du verset apparaît ainsi : Lekh-lekha méartsékha, mémoladetékha, miveith avikha, el haaretz asher ar’éka. Lekha désigne Abram, son âme. C’est-à-dire : en s’arrachant de son pays, le lien tellurique sera coupé comme l’est le cordon ombilical.

En quittant la nation (molédeth), il va se séparer de son héritage spirituel (l’histoire de sa famille, de tous ces endroits dans lesquels il a évolué). En abandonnant la maison paternelle, il abjure tous ces us et coutumes dont il a été le témoin et qui ont été le théâtre de sa vie quotidienne.

Ces trois derniers “lieux” forment le triple lien (hahout hameshoulash) qui est censé ne jamais se rompre, mais qui, grâce à l’arrachement, sera définitivement détruit.

Le verset qui suit montre les événements à venir pour les générations suivantes :
וְאֶעֶשְׂךָ, לְגוֹי גָּדוֹל, וַאֲבָרֶכְךָ, וַאֲגַדְּלָה שְׁמֶךָ; וֶהְיֵה, בְּרָכָה
Je te ferai devenir une grande nation ; Je te bénirai, Je rendrai ton nom glorieux, et tu seras un type de bénédiction

Dans ce verset, apparaissent 4 promesses ce qui ramène aux quatre mères : Sara, Rivka, Rahel et Léa par l’intermédiaire desquelles se sont réalisées les prédictions d’une grande descendance.

Il faut aussi remarquer que ce verset succède au verset dans lequel est formulée la mitsva de quitter Aram ce qui fait comprendre que la conséquence directe de quitter le pays idolâtre est de devenir une grande nation.
Puis se présente un autre verset porteur de grands messages :
וַאֲבָרְכָה, מְבָרְכֶיךָ, וּמְקַלֶּלְךָ, אָאֹר; וְנִבְרְכוּ בְךָ, כֹּל מִשְׁפְּחֹת הָאֲדָמָה.
Je bénirai ceux qui te béniront, et qui t’outragera je le maudirai ; et par toi seront heureuses toutes les races de la terre.

En hébreu, le mot appartenant à la racine beth-resh-khaf (bénir) revient trois fois de suite ce qui rappelle qu’HaShem a fait une alliance avec les 3 patriarches et IL les a bénis.

Quelques versets plus loin, (verset 10), deux importants faits surviennent qui sont l’annonce de la famine dans le pays de Canaan et la décision de “descendre” en Egypte.

Certains thèmes sont récurrents dans la Torah. La famine en est un. Famine en hébreu se dit raâv il s’écrit resh-âyine-beth רעב sa valeur numérique est 272 tout comme le mot êrev (soir ou veille de) ou comme le mot êver qui est une déclinaison du verbe ôver passer.

Le mot “hébreu” ou îvri provient de êver. Abram est un hébreu un “îvri” à partir du moment où il est “passé” de Mésopotamie en Canaan.

Abram, ayant reçu la promesse qu’en quittant son pays de naissance et en arrivant dans ce pays (Canaan) que lui a désigné HaShem eût pu se révolter en trouvant la famine.

Ce fléau est un moyen d’éprouver Ses croyants. Abram, vient d’arriver avec sa famille et tous ceux qu’il avait déjà “convertis”. Abram n’a pas réclamé. Il ne s’est pas insurgé. Il est allé plus loin, en “descendant” en Egypte.

Sur le plan spirituel, l’Egypte a toujours représenté le plus bas degré de spiritualité et d’impureté du monde entier. Abram a consenti à perdre un peu de son degré de spiritualité pour survivre et revenir en Canaan.
Au retour en Canaan, Abram doit faire face à la querelle des bergers de Loth et les siens propres.

Les bêtes qu’Abram possédait : gros ou menu bétail y compris ânes et chameaux, étaient tous muselés et, les bergers, après s’être assurés que les espaces verts où ils se trouvaient n’étaient pas des terrains privés mais publics, ils démuselaient les bêtes afin de leur permettre de se nourrir et de s’abreuver.

Au contraire, les bêtes appartenant à Loth paissaient là où ils en avaient le loisir et ceci constituait un vol (guézel גזל). Ceci provenait du fait que l’attachement de Loth à la Torah était beaucoup moins fort que celui d’Abram.

Loth ayant pris la direction de Sodome, il fut pris en otage mais libéré par Abram et ses gens.

C’est à la suite de ces événements qu’eut lieu l’Alliance appelée en hébreu “Brith beyn habétarim” et qu’HaShem changea le nom d’Abram et de Saraï.

C’est alors que le Créateur informa Son digne serviteur de “transformer” la nature d’Abram et de Saraï.

En effet, tous deux étaient nés stériles. Pour le Créateur qui S’est exprimé à travers la nature, rien n’est impossible aussi Abram dont le nom signifie qu’il était le père d’Aram, HaShem ajoute la lettre ‘hé ה’ qui est aussi un signe de D. et le patriarche devient Abraham père de la multitude.

En fait, pour que l’accord soit parfait entre les deux membres du couple, la lettre youd qui existait dans le nom Saraï (valeur numérique du youd = 10) et il a été divisé en 2 lettres ‘hé dont la valeur est 5….

Caroline Elishéva REBOUH

 

A partir de ce lundi soir 7 Heshvan, on a la coutume en Israël d’ajouter un petit texte juste avant la 9e bénédiction de la Amida pour marquer le passage à la saison automnale au cours de laquelle tous souhaitent avec impatience l’arrivée des premières pluies, indispensables pour le pays.

On commencera donc à dire ‘Bareh’ Aleinou’ (pour les Séfarades) ou ‘VeTen Tal OuMatar Livraha’ (pour les Ashkénazes). Pourquoi ce délai de quinze jours après la fête de Chemini Atséret, au cours de laquelle les fidèles demandent à D. d’apporter la pluie et ajoutent les termes ‘Machiv Harouah’ OuMorid Haguechem’ au début de la Amida ?

La réponse est claire : on suit l’usage instauré par Raban Gamliel qui avait décrété qu’il fallait attendre deux semaines pour permettre aux pèlerins qui s’étaient rendus à Jérusalem pour Souccot de rentrer chez eux en Babylonie sans être retardés par la pluie.

Bien entendu, cette prière n’a pas seulement un caractère matériel. Le Juif qui demande à D. d’arroser en abondance la terre d’Israël souhaite en même temps qu’elle soit porteuse de sainteté et d’élévation spirituelle.

En Israël, après Souccot, les gens se souhaitent un ‘hiver sain’. Que ces pluies apportent donc la bénédiction. En diaspora, ce n’est que le soir du 4 décembre, à la prière d’Arvit, que les fidèles ajouteront ce texte.

Claire Dana-Picard 

Lekh Lekha: Comment Abram devient Abraham (vidéo)

(Source : JForum)

La véritable définition du mal -Paracha Noa’h – Oct 2018

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Paracha Noa’h

Un cours du Rav ‘Haïm Dynovisz

La véritable définition du mal -Paracha- Oct 2018

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La création et son secret -Berechit – 2018

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Béréchit – Un cours vidéo du Rav ‘Haïm Dynovisz

La céeation et son secret -Berechit-2018

(Source : Site du Rav)