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Après Roch Hachana et Kippour, commencera bientôt (dimanche soir 23 septembre) la fête de Souccot, qui durera 8 jours

FÊTE DE SOUCCOT, ou  FÊTE DES CABANES, ou encore, FÊTE DES TABERNACLES

    image du site Terre d’Israel

SOUCCOT, une fête entièrement placée sous le signe de la joie !

Pour un cours complet sur la fête, allez sur Modia : … Souccote et le sens du mois de Tichri, un diamant qui contient toutes ces fêtesou ici: Modia


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Roch hachana, Kipour, Soucot
L’universalité des fêtes de Tichri
par Philippe Haddad

‘La souca, origine et significations A l’ombre de Dieu ‘,
par Philippe Haddad

Souccot en Sibérie ici :  http://www.universtorah.com/ns2 dossier .php? idd=1318.

Les 4 espèces du loulav de Souccot : etrog,  aravah (à gauche), loulav (au centre), hadassim (à droite)

« Vous habiterez dans des Souccot pendant 7 jours. Chaque membre du peuple d’Israël devra habiter dans les Souccot. Afin que vos générations futures sachent que j’ai installé les Béné Israël dans des Soukkot, lorsque je les ai sortis d’Egypte… »  (Vaykra 23 )

Nos maîtres expliquent dans la Guemara Soukka (11b) qu’il s’agit des colonnes de nuée avec lesquelles Hashem a entouré les Béné Israël, pour ne pas qu’ils subissent le soleil (mais Il ne les a pas installé dans de véritables cabanes comme nous le faisons). Par conséquent, lorsqu’on accomplit la mitsva de siéger dans la Soucca, il est bon d’avoir la Kavana (la pensé) qu’Hashem nous a ordonné de s’installer dans la Soukka en souvenir de la sortie d’Egypte, ainsi qu’en souvenir des colonnes de nuée avec lesquelles Hashem a entouré les Béné Israël dans le désert.

Il est rapporté dans le Midrach (Sifré Piska 83) sur le verset « La nuée d’Hachem était avec eux la journée… » (Bamidbar 14-14) :

Il y avait 7 nuées :

1 nuée à chacun des 4 coins cardinaux (pour les protéger de tous les dangers)

1 nuée au dessus d’eux (pour les protéger des intempéries)

1 nuée en dessous leurs pieds (pour aplanir et nettoyer le chemin)

1 nuée devant eux (pour leur indiquer le chemin)

C’est pour cela que nous avons le devoir d’habiter la Soucca pendant 7 jours en Israël, 8 jours en diaspora.

MONTRER NOTRE CONFIANCE EN HAQADOCH BAROUKH HOU

Dès après la fête de Kippour, on commence à construire la cabane dans laquelle vivra chaque famille juive pendant 7 jours en Israël et pendant 8 jours en diaspora (on y prendra ses repas, on y recevra ses amis, on y dormira – lorsque le temps le permet – mais surtout on y priera et on y recevra les « Ouchpizin » (les 7 invités qui visiteront ces jour-là, l’un après l’autre, du début de la fête à la fin, la soucca de tous les Juifs du monde – du 15 au 21 du mois de tichri et que l’on honnorera par une prière d’invitation à leur égard tout en soulignant chaque soir l’un des 7 en particulier et dans l’ordre ; ce sont, le 1er jour Abraham, le 2e jour Isaac, le 3e jour Jacob, le 4e jour Joseph, le 5e jour Moïse, le 6e jour Aaron et le 7e jour le roi David, pour lesquels on laissera, symboliquement, une chaise d’honneur vide, sur laquelle on aura posé des livres saints. Après Roch Hachana, le nouvel an Juif, fête austère centrée sur la repentance, avec retour à D.ieu et quête du Pardon Divin, vécu dans la Torah à Yom Kippour, accompagnés des « jours redoutables » qui emplissent d’inquiétude tout Juif, fêtes au terme desquelles tous espèrent avoir été pardonnés), une période sympathique, mais non moins profonde est celle de Souccot, où tout acte concret doit viser à élever toute matérialité vers le spirituel et où nous devons apprendre à accepter les défis et être prêts à donner et à recevoir l’amour.

Dans le désert, les tentes ont assuré pendant 40 ans la survie du peuple juif, qui se trouvait entouré par les nuées de la Gloire divine la protégeant de tout mal. Un peu à l’instar du Chabbat, cette fête allie prière, « devekoute » (adhésion à Hachem) et joie. Vient alors le temps de vivre à l’extérieur pendant toute une semaine, de se réunir sous une cabane précaire au toit fait de végétaux et à travers lequel on peut apercevoir le ciel.

La « soucca » est une réminiscence des tentes dans lesquelles les Hébreux résidèrent au cours de leurs pérégrinations dans le désert après l’Exode d’Égypte. Elle reflète la bienveillance de Dieu, qui, pendant cette période, a pourvu au moindre de leurs besoins. Tout au long de leurs pérégrinations, les Hébreux furent en effet protégés en permanence par D.ieu sous la forme de colonnes de feu la nuit et de nuées le jour. Ils pouvaient et devaient s’en remettre entièrement à lui de façon sincère et confiante, ce qui était en fait la condition pour que Dieu leur fournisse cette protection tandis qu’ils étaient vulnérables. La fête de « Souccot » est donc, outre une occasion joyeuse, « Yom Sim’hateinou » (le jour de notre joie) ou « Z’man Sim’hateinou » (le temps de notre réjouissance), une occasion de se remémorer la proclamation de l’abandon de soi au Créateur et la reconnaissance que la vie terrestre n’est qu’un épisode de l’âme et que les biens matériels ne sont accordés que par le Créateur et non par notre seul mérite.

« Quand tu rentreras les produits de ton aire et de ton pressoir et que tes maisons seront alors remplies du meilleur du blé, du vin et de l’huile, afin que vous vous rappeliez que je vous ai fait séjourner dans des tentes dans le désert, tu te rappelleras cette traversée de 40 ans que l’Eternel, ton D.ieu t’a fait subir dans le désert. Il t’a nourri avec la manne, pour te prouver que l’homme peut vivre de tout ce que produit la parole de l’Eternel, et pas seulement de pain.« (Deutéronome 8,2-3)

« Car l’Eternel, ton D.ieu, te conduit dans un bon pays… Peut-être, jouissant d’une nourriture abondante, bâtissant de belles maisons où tu vivras tranquille…, ton coeur s’enorgueillirait-il et tu en oublierais l’Eternel, ton D.ieu, qui t’a fait sortir du pays d’Egypte, qui t’a conduit à travers ce vaste et redoutable désert, plein de serpents venimeux et de scorpions, sol aride et sans eau, qui a fait pour toi jaillir des eaux de la pierre des rochers, qui t’a nourri de la manne… et tu dirais alors en ton coeur : ‘C’est ma propre force, c’est le pouvoir de mon bras qui m’a valu cette richesse’, alors qu’au contraire c’est de l’Eternel, ton D.ieu, que tu dois te souvenir car c’est Lui qui t’a donné le moyen d’arriver  cette prospérité. » (Deutéronome 8,7-18)

Les « Bnei Israel » tentent, à cette période, de réparer les malheurs de l’exil ;
de la même manière que le divorce d’avec Hachem a lieu par le biais de
l’idôlatrie (la forme d’infidélité par excellence), le divorce entre les humains s’effectue à cause d’une trop grande jalousie qui rend l’homme égoïste,
égocentrique et conduit à la haine gratuite que nos Sages qualifient de « faute suprême ». En effet, n’est-ce pas cette même haine qui est à l’origine de la destruction du second Temple, de l’exil des « Bnei Israel » qui dure depuis 2000 ans, et qui a également fait périr les 24 000 élèves de Rabbi Akiva. Ainsi tout Juif peut-il réparer cette faute en essayant de ressentir le goût amer de l’errance en terre étrangère, où on lui rappelle constamment qu’il n’est qu’un « résident temporaire », tout ceci ayant pour but de le faire réfléchir sur sa véritable condition, de lui rappeler ses impératifs et de l’amener à se rapprocher de ses semblables, autrement dit, la  solidarité comme remède à l’égoïsme et à la jalousie.

LA FÊTE DE L’ENGRANGEMENT

A Souccot, on fête le Créateur à travers les splendeurs de la nature, on s’en
réjouit, comme on se réjouit de la compagnie des autres, et ce que nous avons
pu ne pas bien faire ou oublier à Roch Hachana et à Kippour pourra peut-être
ainsi nous être pardonné, ce qui est concrétisé par le dernier jour de Souccot. Hachaana rabba. Nous avons l’obligation de vivre complètement pendant toute cette période dans la soucca. On y prend tous ses repas, on y étudie, on y discute, on y chante, on y dort (lorsque le temps le permet), car bien sûr, sous nos climats européens, en ces mois d’automne, le temps n’est pas forcément clément. Cependant, équipés de bonnet, de pulls et d’un bon sac de couchage, le séjour est chaleureux et plein de merveilles.

Le secret de cette joie, c’est le Midrach qui nous l’enseigne : « Pourquoi
constuit-on une Soucca juste après Yom Kippour ? Pour faire suite au fait qu’à Roch Hachana, D.ieu juge l’ensemble de l’humanité et à Yom Kippour, Il scelle son jugement. Or peut-être méritons-nous alors d’être exilés. C’est pourquoi l’on fabrique une soucca dans laquelle on s’exile, quittant nos habitations ; ainsi Hachem nous comptabilise cette action comme si nous
avions été exilés en Babylonie. »
Pendant cette période, sont accueillis successivement, chaque jour de la fête, les 7 Ouchpizine de Souccote, (mot qui signifie « hôte » en Araméen (les 7 Patriarches), ancêtres si chers
aux Bnéi Yisrael, l’influence de l’un d’entre eux est particulièrement dominante l’un des jours et ses qualités nous enseignent des leçons à appliquer dans notre service de D.ieu. Voici le Ouchpizine accompagnés de leurs attributs propres : AVRAHAM,
(amour et bonté) YITS’HAQ, (rigueur
et force personnelle) YAÂQOV, (beauté
et vérité) MOCHE, (éternité et
dominance de la Torah) AHARONE, (empathie
et réceptivité face à la splendeur divine) YOSSEF
(sainteté et fondements spirituels) et DAVID
Hamelekh (établissement du royaume  – paradis terrestre).

Afin d’accueillir ces âmes illustres, on réserve un siège vide à table en recouvrant une chaise de beaux tissus et de livres saints. La tradition veut que l’on récite une invitation mystique pour le premier repas dans la soucca.

Au temps du Temple, on y accueillait les 70 nations de la terre, ce que nous faisons aussi de façon symbolique dans la Soucca. Ainsi la solidarité à l’intérieur du peuple juif et envers tous les peuples de la terre est-elle représentée lors de la fête de Souccot.

Les 2 premiers jours de Souccot (le 15 et le 16 Tichri) sont « Yom Tov« ,
des jours de fête, avec toutes les lois qui se rapportent à ce statut.
Les interdictions du Chabbat s’appliquent, à l’exception de certaines
tâches liées à la préparation de la nourriture : il est notamment
permis de manipuler et d’allumer du feu, mais à partir d’une flamme
déjà existante (cependant, il reste interdit de l’éteindre), de mettre
des aliments à cuire et de faire passer un objet d’un domaine à l’autre
ou de le transporter dans le domaine public.

Les jours suivants sont appelés « ‘Hol Hamoède » (jours de demi-fêtes) comportant quelques restrictions concernant le travail. Il y règne toujours une atmosphère de fête, mais celle-ci apparaît sous un autre aspect, qui était inaccessible pendant Yom Tov. Pendant cette période, il est permis de voyager pour rejoindre de la famille ou des amis, danser et chanter au son d’instruments de musique, comme on le faisait au Beit Hamikdache, le Temple à Jérusalem, lors des grandes réjouissances de Sim’hat Beth Hachoéva, (la joie du puisement de l’eau), qui était ensuite offerte en libation sur l’autel du Temple.

Hochaana Rabba est le 7ème jour de Souccot (le 21 Tichri). Bien que faisant partie de  » ‘Hol Hamoède » (demi-fêtes), c’est une fête d’envergure. C’est en effet le jour où le jugement divin entamé à Roch Hachana est finalement tranché. Il est donc marqué par des prières de supplications particulières dans lesquelles nous implorons D.ieu de nous juger favorablement. Nous consommons néanmoins un joyeux repas de fête dans l’après-midi, confiant dans la bienveillance de D.ieu. C’est le dernier jour où l’on accomplit la « mitsva des 4 espèces » et où nous récitons la bénédiction de la soucca.

fête de Souccot

  rare : une soucca dans une rue à Paris _____________________________________________________

Directement à la suite de Souccot, les 21 et 22 Tichri sont 2 jours de « Yom Tov » : « Chemini Atséret » et  « Sim’hat Torah« . « Atséret » signifie à la fois « assemblée » ou « retard du départ ». « Chemini Atséret  » est donc « l’assemblée du 8ème jour ». Comme ce nom l’indique, c’est un prolongement de Souccot, mais c’est aussi une fête en soi qui marque la conclusion de toutes les fêtes du mois de Tichri : D.ieu « prolonge » en quelque sorte le partage de la foi et de la joie avec Son peuple pour une dernière fête avant que ceux-ci quittent la sainteté de Tichri et retrouvent la vie quotidienne.

PLANTES ET FRUIT SYMBOLIQUES DE SOUCCOT

Le loulav symbolise la Torah, mais chacun des « arbaa minim »  (loulav), les 4 espèces représentées lors de la fête de Souccot et rassemblées dans la main pendant les prières, correspond aussi, symboliquement, aux 4 sortes de Juifs, sachant que chaque juif peut être défini par sa connaissance de la Torah (l’esprit : le parfum) et par sa pratique religieuse (l’action : le fruit). Ainsi le loulav représente-t-il tout le peuple d’Israël :

– L’ETROG (ou cédrat) a un pouvoir nutritif et possède un délicieux parfum
(qui évoque la science, la capacité d’enseigner et la nourriture évoquant les
bonnes œuvres). Il représente LE TSADDIQ qui a la connaissance de la
Torah et qui pratiquent les mitsvote.
(il est d’ailleurs à noter que le
cédrat, pour être cacher, doit répondre à des exigences très strictes. Il est
protégé dans un écrin comme un bijou, d’où sa rareté et le prix que l’on doit
parfois payer pour l’acquérir, comme ceux qu’il représente) ;

– LE ‘HADAS, la myrthe, n’a pas de fruit mais sent bon, comme LE
SAVANT EN TORAH QUI NEGLIGE LES MITSVOTE.

– L’ARAVA, le saule, qui n’a ni odeur, ni fruit. Il représente le LE JUIF QUI NE PRATIQUE PAS LES MITSVOTE de la Torah et NE FAIT PAS D’ACTES MERITOIRES, qui, par conséquent n’a ni science ni vertu, mais qui cependant compte dans le peuple à part entière pour que celui-ci soit complet.

– LE LOULAV, le palmier, porte de bons fruits, mais ne dégage aucun parfum. Il représente CELUI QUI RESPECTE LA TORAH, FAIT DE BONNES ŒUVRES, MAIS N’EST PAS SAVANT EN TORAH.

Pour que notre prière soit agrée par Haqqadoch Baroukh Hou, il faut donc que, comme le « loulav » rassemblé dans la main, tout le peuple soit
réuni. « L’arbaa minim » « le loulav », nous aide à comprendre qu’il est le symbole de l’unité du peuple juif et de sa solidarité. « de même Israël ne retournera à sa terre que lorsqu’il sera uni et formera un seul bouquet. » (Tan’houmach)

LES FEMMES SONT DISPENSEES DE LA MITSVA DU LOULAV. (Elles peuvent cependant la réaliser si elles le souhaitent).

 Construction de la soucca _____________________________________________
DINIM (LES LOIS) DE LA SOUCCA

« Tu célèbreras la fête des cabanes durant sept jours quand tu rentreras les produits de ton aire et de ton pressoir. » (Deutéronome 16,13)

L’une des modalités qui régit les lois de la soucca afin qu’elle soit cachère, il est stipulé que l’on doit voir le ciel et les étoiles à travers le feuillage de la toiture et que l’ombre projetée à l’intérieur par le sekhakh (couverture – de branchages ou paillage) soit supérieure à la lumière qui y pénètre par le soleil de midi, s’il y a plus de lumière que d’ombre, la soucca n’est pas cachère, car le regard humain ne doit pas se perdre dans les limites de la temporalité, mais doit être capable de percevoir l’au-delà, le ciel, cet horizon qui indique l’univers d’Hachem, au-delà de l’éphémère. Le traité Soucca 2a dit : « Quitte ton habitation fixe, ta maison habituelle et va habiter dans une demeure provisoire ». Mais pendant cette semaine privilégiée dans la soucca, nous devons parvenir, par notre action, accompagnée par la conscience de l’intériorité de ce qui s’y déroule, à contribuer à l’union de nombreuses dimensions les plus élevées possibles. Pendant cette période, nous échappons à la contrainte du temps et pouvons ainsi ressentir le caractère éphémère de la vie, toujours en collectivité, comme à la synagogue, en dehors de chez soi, pour réfléchir au sens de la vie, interroger sa conscience et se tourner vers Celui qui dépasse le temps : le Maître de l’univers.

Tous les matériaux conviennent pour les parois de la soucca, même les murs d’une maison et les arbres, à condition toutefois que leurs constituants ne dégagent pas de mauvaise odeur ou ne se dessèchent pas trop rapidement, de telle sorte que les parois ne resteraient pas intactes pendant les 7 jours de la fête (car une soucca doit pouvoir être utilisable pendant toute la fête). Les parois doivent pouvoir résister à un vent normal, mais si elles sont branlantes et bougent au moindre vent, elles ne sont pas cachères, même en l’absence de vent. C’est pourquoi, si on fait les parois avec des couvertures ou des tentures, il faudra absolument bien les fixer et les tendre de tous les côtés ou faire tenir ces parois à l’aide de planches.

La soucca doit avoir au moins 3 murs. La hauteur minimale des murs doit être de 10 tefa’him (entre 80 et 100 cm). Les parois qui sont surélevées du sol d’une hauteur de 3 tefa’him (24 cm) ne sont pas cachères. Il n’est pas nécessaire que les parois atteignent le toit de la soucca. Son volume – après avoir accroché les tentures et décorations aux parois – doit être d’au moins 56 cm sur 56 (7 tefa’him). Si cette dimension n’est pas respectée, la soucca n’est pas cachère. La hauteur maximale est de 20 ama (9,60 m) et la hauteur minimale de 10 tefa’him. La table doit impérativement se trouver dans la soucca ; si elle se trouve à l’extérieur de la soucca, à côté de la porte et qu’on est assis à l’intérieur pour y manger, cela revient à ne pas manger dans la soucca.

La verdure du toit de la soucca doit être disposée en longueur et en largeur, afin qu’aucune partie ne reste vice d’une paroi à l’autre. La sekhakh (couverture) doit avoir été placé dans l’intention de servir à la soucca ou pour procurer de l’ombre. S’il s’est fait de lui-même (par exemple, il est tombé des branches sur la soucca), ou s’il n »a été fait que pour abriter des objets des regards, il n’est alors pas cachère. Cependant, on peut y remédier en soulevant légèrement les branches pour les reposer à nouveau sur le toit, avec l’intention de réaliser la mitsva (le commandement) de la soucca. On ne doit pas relier le toit de la soucca aux parois par des clous ou des cordes, ni placer sur le toit des matériaux non cachères afin de le rendre plus solide.

IMPORTANT : TOUTE SOUCCA QUI N’EST PAS CACHERE NE PERMET PAS L’ACCOMPLISSEMENT DE LA MITSVA (commandement de la Torah)

LA SYMBOLIQUE DE SOUCCOT

La fête de Souccot est une des rares occasions d’impliquer toute la
famille dans une expérience religieuse aussi plaisante, chacun pouvant
participer à la construction de la Soucca ; on prend les repas
de fête en famille dans un environnement naturel où règne un parfum de
fête et où l’atmosphère est détendue. Cette expérience est mémorable
non seulement pour les enfants, mais aussi pour les adultes, car nous
n’avons pas souvent l’occasion de vivre de la sorte.

Le symbole de la « soucca », c’est l’ombre du Créateur qui se trouve dans chaque âme juive. Une fois construite, la soucca acquiert un caractère de sainteté équivalente à celle de la synagogue. En effet, le Zohar Emor 103a, nous apprend que la soucca produit une concentration intense d’énergie spirituelle telle que la présence divine s’y dévoile de la même manière que dans le « Gan Eden » (Jardin d’Eden) pour les âmes méritantes
et quand on se comporte selon un de ces attributs spirituels, la lumière divine
éclaire le monde et le rapproche de son achèvement. Il est aussi écrit « On
a le devoir de réjouir les pauvres et la part (mise de côté pour les Ouchpizin) leur revient ».

Le Ari z’’al dit que « le temps de la soucca est le secret des jours, celui de la réparation de la faute d’Adam et que cela prend un temps immense dans lequel nous sommes ». Le nom  « soucca » en hébreu est composé de ce qui exprime la plus grande union possible entre les noms de D.ieu : les lettres « khaf » et « vav », faisant la « guématria » (valeur numérique) du nom de Hachem et les lettres « samekh »
et « hé » font la « guématria » du nom Eloqim. C’est sur ces mêmes bases
que doit être bâtie la « soucca », pour laquelle nous quittons notre bien-être
quotidien pour nous installer dans une cabane dans laquelle nous ne sommes,
nous aussi, que des invités. Le sentiment de confort, de richesse, de
supériorité et de domination de l’homme se trouve alors réduit et celui de la
solidarité et de la générosité peut s’exprimer, ce qui est le meilleur moyen de
réparer la faute de la haine gratuite et de pouvoir enfin espérer hâter la
délivrance finale, celle qui nous mènera tous à Jérusalem, dans le Temple
reconstruit.

Mais après la fête et tout au long de l’année, chacun devra s’efforcer de continuer à « vivre intérieurement dans la soucca », ce lieu temporaire spécifique au peuple juif, qui n’est pas une bulle fermée et isolée, mais une bulle commune pour rejoindre l’autre,  pour une vie reliée à la Présence Créatrice, pour garder une image commune, égale, complémentaire et chaleureuse de tout le genre humain où, comme les tribus des Hébreux dans le désert, chacun est un membre vital de la beauté de l’ensemble de ce grand corps qu’est Israël, réalité voulue par le Créateur. Comme il est dit dans « L’essence de la Torah », du Rav Mordekhaï Chriqui et du Dr
Avraham-Gilles Morali
 : « Il n’y a en effet qu’un seul Bien à
rechercher dans ce monde, c’est celui de la proximité avec Hachem. »

« Pour moi, l’intimité avec Hachem est mon bonheur.  Il est une chose que je réclame constamment, c’est de séjourner dans la maison d’Hachem tous les jours de ma vie et  de contempler la splendeur de D.ieu. » (Psaumes 73, 28, 27, 4)

Ainsi celui qui s’assied à l’ombre de la soucca s’assied et s’abrite à l’ombre de la confiance en Haqqadoch Baroukh Hou (le Saint béni soit-Il.).

LA SAINTETE DE LA SOUCCA

« De même que le nom de D.ieu reposait sur le sacrifice de la fête (Korban ‘Haguiga), de même repose-t-il sur la soucca. » (Traité Soucca)

Du fait que la soucca acquiert un caractère de sainteté équivalente à celle de la synagogue, on doit donc s’y conduire avec beaucoup de respect, ne pas traiter de sujets profanes, ne pas s’y installer pour jouer, rire ou y plaisanter. On n’introduit pas dans la soucca les ustensiles où on a cuit le repas, mais on transvasera les aliments des marmites dans des plats pour les servir dans la soucca. On ne rince pas la vaisselle dans la soucca. On peut introduire des meubles et des tapis et y surpendre des fruits et des fleurs en guise de décoration. La soucca étant consacrée à D.ieu, il est interdit pendant toute la fête d’utiliser le sékakh ou les parois ou les décorations pour un usage personnel.

PETIT GUIDE PRATIQUE POUR LA FÊTE DE SOUCCOT

Prière avant d’entrer dans la soucca :
(en phonétique) Yehi ratson milefanékha Ado-naï élohaï vélohé avotaï chétachré chekhinatekha bénénou, vetifros ‘alénou soukat chelomékha, bizkout mitsvat souka chéanou mekayemim, leya’hda cheméh dekoudcha berikh hou ouchkhintéh bid’hilou our’himou our’himou oud’hilou, leya’hda chèm yod hé bevav hé beyi’houda chelim bechém kol yisraél, oulhakif otam miziv kevodékha hakadoch vehatahor, natouy ‘al rachéhém milma’la, kenécher ya’ir kino, oumicham youchpa’ chéfa’ ha’hayim le’avdekha (dire son nom : ben amatékha), ouvizkhout tséti mibéti
ha’houtsa vedérekh mitsvotékha aroutsa, yé’hachév li zot leïlou hir’hakti nedod, vehérév kabesséni mé’avoni oumé’hatati taharéni véouchpizin ‘ilaïn ouchpizin dimhémenouta tihyéna oznaï kachouvot rav berakhot, velare’évim gam tseméim tén la’hmam oumémam hanéémanim, vetitén li zekhout lachévét vala’hassot vessétér tsél kenafékha be’ét petirati min ha’olam, outkhabésséni mizérém ki tamtir ‘al recha’im pa’him, out-hé ‘hachouva mitsvat souka zo chéani mekayém kéïlou kiyamtiha bekhol peratéha vedikdoukéha outnaéha vekhol mitsvot hatelouyim bah, vetétiv lanou ha’hatima. Outzakénou léchév yamim rabim ‘al haadama admat kodéch ba’avodatékha ouvyir-atékha. Baroukh Adonaï le’olam amén veamén.

(traduction en français) « Mon D.ieu et D.ieu de mes pères, veuille faire résider Ta Présence parmi nous et étends sur nous le pavillon de la paix par le mérite du commandement de la soucca que nous accomplissons. Entoure-les de l’éclat saint et pur de Ta gloire, suspendu sur leurs têtes comme un aigle qui veille sur son nid. Qu’un flux de vie se répande de là sur ton serviteur (un tel, fils d’une telle, ta servante). Et que le fait d’être sorti de ma maison et d’avoir couru sur la voie de Tes commandements me soit compté comme si j’avais fui au loi. Lave-moi complètement de ma faute et purifie-moi de mes péchés. Et par l’intermédiaire des hôtes supérieurs, les hôtes de la foi, que mes oreilles soient attentives pour que je puisse recevoir nombre de bénédictions. Accorde fidèlement aux affamés et assoiffés leur ration de pain et d’eau. Permets-moi de rester à l’abri sous l’ombre de Tes ailes au moment où je quitterai ce monde. Mets-moi à l’abri des torrents de pluie quand Tu feras pleuvoir des malheurs sur les méchants. Que ce commandement de la soucca me soit compté comme si je l’avais accomplie dans tous ses menus détails et avec tous les commandements y afférant. Que notre jugement soit scellé pour le bien ! Permets-nous de rester longtemps sur la terre, la Terre Sainte, pour Te servir avec crainte. Bénis sois-tu Eternel à tout jamais ! Amen et Amen. »

La veille au soir on allume les bougies (au moins deux) dans la soucca (sauf en cas de vent pouvant empêcher l’allumage ou éteindre les flammes), auquel cas on placera les bougies – qu’on ne doit plus déplacer ensuite – à l’intérieur de la maison – comme il est d’usage à chaque fête. Après avoir mis quelques pièces à la Tsédaka (rétablissement de la justice en aidant les pauvres), les femmes mariées allument les bougies à l’heure indiquée sur le calendrier (les jeunes filles et les petites filles allument une bougie) avec les bénédictions suivantes : « Barou’h ata Ado-naï Elo-hénou mélè’h haolam achère kidéchanou bémitsvotav vetsivanou lehadlik ner chèl yom tov (Béni
sois-Tu Éternel, notre D.ieu, Roi du monde, qui nous a sanctifiés par
Ses commandements et nous a ordonné d’allumer les lumières de la fête) et « Barou’h ata Ado-naï Elo-hénou mélè’h haolam chéhé’héyanou vékiyemanou vehiguianou lizmane hazé »
(Béni sois-Tu Éternel, notre D.ieu, Roi du monde, qui nous a fait vivre et exister et parvenir à cette époque)

Le second soir de la fête, à l’heure indiquée sur le calendrier,
elles allument les bougies avec les mêmes bénédictions, à partir d’une
flamme existante (par exemple une bougie de 48 heures allumée avant la
fête). Lorsque un des jours de fête tombe un Chabbat, on récite la bénédiction suivante avant d’allumer les bougies : « Barou’h ata Ado-naï Elo-hénou mélè’h haolam achère kidéchanou bémitsvotav vetsivanou lehadlik ner chèl Chabbat véchel Yom Tov » (Béni
sois-Tu Eternel, notre D.ieu, Roi du monde, qui nous a sanctifiés par
Ses commandements et nous a ordonné d’allumer la lumière du Chabbat et
de la fête)

Dès qu’il fait nuit, (à la sortie des étoiles) le premier soir de Souccot, quand on revient de la synagogue, en entrant dans la soucca on fait le kiddouch de Yom Tov sur une coupe de vin ou du jus de raisin, dans la soucca. On récite la bénédiction suivante : « Baroukh ata Ado-naï, Elo-hénou méle’h haolam boré féri haguéfène » Avant d’y manger du pain ou du gâteau, ou d’y boire du vin, on dira la bénédiction adéquate suivie de la bénédiction :
« Barou’h ata Ado-naï Elo-hénou mélè’h haolam achère kidéchanou bémitsvotav vetsivanou léchève bassoucca ». (Béni sois-Tu Eternel, notre D.ieu, Roi du monde, qui nous a sanctifiés
par Ses commandements et nous a ordonné de résider dans la soucca)

Bénédiction du loulav :

« Baroukh Ata Ado-naï élo-hénou
mélèkh haolam achèr kidéchanou bémitsvotav
vétsivanou al netilat loulav.
Baroukh Ata Ado-naï élo-hénou mélèkh
haolam chéhé’héyanou vékiyémanou véhiguianou
lizmane hazé. »

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… Souccote et le sens du mois de Tichri, un diamant qui contient toutes ces fêtes            

And let them make Me a sanctuary, that I may dwell among them. Exodus.jpg_______________________________________________________________

Les Premiers Hebreux sortis d’Egypte suivirent leur route dans le désert, guidés le jour par des nuées et la nuit par une colonne de feu. Autour du Beit Hamikdach (où reposait l’arche d’alliance), étaient disposées les tentes des Hébreux, qu’ils démontaient et transportaient jusqu’à l’étape suivante. La première de ces étapes où s’arrêtèrent les 12 tribus s’appelait Souccot. Le Bet Hamikdach était mobile à cette époque et sous la responsabilité de la tribu des Levi, que nous celebrons en les reconstruisant provisoirement pour la fête de Souccot, à proximité de nos maisons, et dans lesquelles nous mangeons nos trois repas quotidiens pendant 7 jours, afin de nous rappeler ce long séjour vers la Terre Promise.

Perinage a Jerusalem au temps du Bet Hamikdach.jpg    Le Temple de Jérusalem –  La famille des premiers Cohanim (pluriel de Cohen – qui signifie prêtre en hébreu, celle de la famille de Aaron,dont celui-ci fut le premeir Grand Prêtre désigné par l’Eternel. Il était le frère de Moïse, de la tribu des Levi. Cette famille grandit au fil des années et des siècles. Ils étaient responsables de tout ce qui se passait au Temple de Jerusalem jusqu’a la fin de l’existence du Royaume de Juda et la destruction par le romain Titus du dernier Temple, celui appele 2e temple, construit par Hérode le Grand. Les Cohanim et les 70 sages du Bet Hamikdach, (le Temple), votaient pour la succession du Grand Prêtre, Cohen Hagadol. Les autres Cohen, devaient travailler pour le Grand Prêtre exclusivement dans le Temple. Ils vivaient des 10% des recoltes et produits des habitants d’Israël et Juda,  qui versaient cette dime pour la maintenance du Temple, des Sacrifices et du Bien-Etre des Cohanim et Levi qui travaillaient pour eux à ce Service  » Avoda Kedocha « , tâches divines. Certains Cohanim ne servaient pas au Temple, mais avaient des fonctions similaires dans les autres villes du Royaume des Rois d’Israël et de Judée en tant que Juges, leaders sprituels , etc.. Les Levi officiaient en tant que chorale et musiciens du Temple et aidaient les Cohanim dans leurs nombreuses tâches quotidiennes.

‘Hag Souccot Saméa’h ! Bonne fête de Souccot !

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Yom Kippour commence ce soir

YOM KIPPOUR

Pour Paris et la région parisienne, ce 18 septembre, le jeûne de Yom Kippour commence ce soir à 19h39 et se termine demain mercredi 19 septembre à 20h43.

Voir plus bas les horaires pour les grandes villes de France.

Voir le Kotel en direct ici :

Le Kotel en Direct – Aish.fr

Le Kotel en direct – Torah-Box.com

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Une foule immense au Kotel pour les Selihot

Comme chaque année, une foule immense s’est rassemblée au Kotel, vers minuit, pour participer aux Selihot organisées tout spécialement à deux jours de la fête solennelle de Kippour.

Les fidèles étaient une fois de plus des dizaines de milliers à affluer, dimanche soir, sur l’esplanade et devant le Mur, dans la Vieille Ville de Jérusalem, pour cette prière collective très particulière, empreinte d’une grande ferveur, conduite par le Rav Shmouel Rabinowitz, rabbin du Kotel et des lieux saints.

L’émotion était à son comble lorsque l’assistance recueillie s’est exclamée, comme un seul homme : « Chema Israël » avant d’entamer : « Adon Hasselihot ».

Ce qui était particulièrement émouvant, en cette veille du jour le plus saint du calendrier juif, c’est que l’ensemble du peuple d’Israël était représenté, tous rites et toutes tendances confondus. Cette soirée a sans aucun doute procuré de nouvelles forces aux participants avant la journée de Yom Kippour au cours de laquelle chacun implorera la clémence divine et demandera pardon pour ses fautes.

Gmar Hatima Tova !

Claire Dana-Picard

Une foule immense au Kotel pour les Selihot

(Source : Chiourim.com)

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Le jour de Kippour constitue avant tout un jour d’expiation, de pardon de nos fautes et de nos péchés.

En tant que tel, il s’agit essentiellement d’un acte provenant d’En-haut et qui, en principe, ne dépend même pas de notre téchouva, de notre repentir.

Certes, la plupart des Sages considèrent que la clémence Divine repose sur un tel repentir. Il n’en demeure pas moins que c’est bien D-ieu Lui-même qui pardonne et purifie les enfants d’Israël de leurs transgressions une fois par an.

Au cours de la fameuse confession Al ‘Heth, nous récitons plusieurs fois au milieu des différentes prières de la journée et nous comptons toutes sortes de méfaits que nous avons pu commettre.

Cette confession contient en vérité un message capital : montrer que, de notre point de vue, nous sommes intéressés par l’expiation et le pardon de D-ieu. Nous souhaitons qu’Il efface toutes nos fautes sans exception, y compris celles qu’au fond de nous, nous aimerions bien préserver et emporter avec nous l’an prochain…

Tout cela est vrai de l’ensemble des prières de Kippour. Celle de Kol Nidré, objet d’un impressionnant cérémonial au tout début de la veille au soir, contraste néanmoins par rapport aux autres, car a priori il n’y est point question de fautes.

Assurément, selon nombre d’avis, Kol Nidré a pour but d’annuler plusieurs types de vœux que nous avons formulés et que nous n’avons peut-être pas réalisés : cela aussi est considéré comme une faute.

Mais il semble bien que la formulation extrêmement détaillée de Kol Nidré, la répétition du texte à trois reprises, sous-entendent une idée supplémentaire. Tous nos vœux, tous nos serments et toutes les interdictions que nous nous sommes imposées n’ont pas forcément de rapport avec les mitsvot nous incombant.

Ils ne correspondent pas non plus, en eux-mêmes, à des transgressions. Il s’agirait plutôt de tous ces engagements que nous avons pris vis-à-vis de nous-mêmes, d’une façon ou d’une autre et dont nous ressentons le besoin d’y renoncer.

Et puisqu’il en est ainsi, pourquoi ne pas demander à D-ieu, en ce jour de Kippour, de reprendre à Lui ce fardeau au même titre que celui de tous nos péchés ?

Il existe bien sûr des vœux spécifiques traités sans aucune ambiguïté par la halakha, la loi juive. Mais la plupart des autres constituent en fait une liste sans fin de décisions qui enchaînent les êtres humains tout au long de l’année. Ces décisions touchent parfois aux rapports entre un homme et son prochain ; ailleurs,  elles touchent à la personne en seule à seule avec elle-même.

Ainsi peut-il nous arriver de prendre l’engagement d’accomplir tel acte ou au contraire de s’en abstenir, de rompre toute relation avec certains individus ou au contraire de mener telle action dans le seul but de créer un lien avec d’autres.

En d’autres termes, Kol Nidré fait écho à toutes les promesses que nous effectuons pendant le cours ordinaire de notre vie, au gré du hasard ou d’un instant donné, d’un moment de tentation, voire d’une crise de colère envers autrui ou envers nous-mêmes.

Plus encore – même si l’on s’éloigne ici de la définition exacte des vœux – Kol Nidré évoque aussi notre train de vie dans son ensemble, notre manière d’exister, tout ce que nous voulons, pour nous-mêmes ou pour les autres.

Chaque individu s’est imposé à lui-même un certain nombre d’obligations, d’interdictions ou de restrictions même si elles ne correspondent qu’en partie à sa volonté, voire la contredisent. Mais quel que soit son désir profond, il se trouve emprisonné par la routine des actions que lui dictent ces engagements personnels.

Avant d’entamer la journée de Kippour, avant de se plonger dans un bilan sévère de nos égarements et des actions auxquelles nous avons failli, vient  la prière de Kol Nidré : là, il est question de choses qui n’entrent pas dans la catégorie d’une mitsva ou d’une transgression, mais plutôt de tous ces éléments qui bâtissent notre vie en général.

Ces derniers éléments nous ligotent dans un certain cadre car ils ont pris en quelque sorte un caractère de vœux. Les « chaînes » qui nous attachent ne peuvent se comparer à des transgressions mais ce sont elles qui enfreignent notre liberté et nous empêchent d’agir comme nous le devrions vraiment.

Le jour de Kippour, où nous devons complètement nous affranchir de la cargaison  de tous les péchés et de tous les problèmes qui pèsent sur nos têtes, il nous faut d’abord nous libérer de tous ces fardeaux personnels : à nous de déclarer en général et en public que nous souhaitons renoncer à tous ces « engagements » qui n’ont aucun caractère d’obligation, à tous ces désirs facultatifs, à tout ce que notre vie routinière nous impose.

Ainsi, avant de pénétrer notre être dans l’essence de cette journée sacrée, nous avons le devoir de « nettoyer » l’air autour de nous afin que nous puissions aborder ce processus de purification, d’expiation et de téchouva, libérés de toutes les entraves que nous nous sommes nous-mêmes fabriquées.

C’est seulement alors, après nous être rétractés de « toute interdiction ou sentence d’anathème que nous avons pu prononcer contre nous-mêmes, toute privation ou renonciation que, par simple parole, par vœu ou par serment nous avons pu nous imposer », qu’il nous est donné d’entrer dans la quintessence du jour de Kippour et de purifier plus sérieusement notre âme.

 

L’heure de la Néïlla, la prière de clôture (récitée le lendemain avant l’heure de coucher du soleil), affiche deux aspects. D’un côté, malgré les hauts et les bas que nous avons pu connaître au cours de toute la journée, nous ressentons le caractère essentiel de Kippour : c’est ce jour en soi qui apporte l’expiation.

Une telle sensation se renforce en nous au fur et à mesure que l’on s’approche de la clôture. Dès lors, nous avons le sentiment de surpasser les détails de telle prière ou demande particulière ; c’est bien de l’essence même de la journée dont il s’agit et nous désirons de toute notre âme aboutir à son accomplissement.

D’un autre côté, nous souhaitons terminer cette prière de la Néïlla,  non pas en état d’affaissement ou de de somnolence mais au travers d’un grand cri et d’un grand appel.

Nous ne prions pas seulement la Néïlla parce que les portes de Ciel sont sur le point de se refermer. Nous souhaitons en fait exprimer le désir profond de notre cœur, un désir qui, cette fois, n’est plus celui de se faire pardonner.

Certes le texte de la prière précise que « D-ieu tend la main à ceux qui transgressent Sa parole », peut-être avec encore plus d’emphase que dans les prières précédentes.

Mais cette main tendue par D-ieu signifie qu’Il nous donne la possibilité de sortir de l’abîme dans lequel nous sommes descendus et nous nous sommes enfoncés, des eaux tumultueuses dans lesquelles nous sommes tombés ou de la boue dans laquelle nous nous sommes empêtrés, pour prendre alors un nouveau départ.

Au-delà de tout cela, nous souhaitons prononcer des mots que nous n’avons pas encore énoncés pleinement et en toute vigueur, des mots qui expriment notre véritable volonté.

Lors d’un tel moment, nous mettons de côté nos problèmes personnels, nos propres méfaits ou manquements. Puisque « D-ieu a dissipé nos méfaits comme un brouillard et nos péchés comme un nuage » (Isaïe 44 :22), il est temps de passer à la fin du verset : « Reviens à Moi, je suis ton libérateur ».

Nous devons – en fait, nous désirons – exprimer notre volonté de revenir à D-ieu, non pas au travers de tel acte particulier mais au travers d’une déclaration affirmant à quel point nous sommes attachés à D-ieu et nous voulons être proche de Lui.

C’est pourquoi, tous ensemble, d’une seule et même voix, pour conclure la Néïlla nous crions Chéma Israël ainsi que, par sept fois, Hachem Hou Ha-Élokim (« L’Eternel est seul D-ieu »).

Ce dernier appel évoque tous les aspects au travers desquels « L’Eternel seul est D-ieu » : la rigueur de D-ieu et Sa miséricorde, la révélation et le voilement, la dimension divine au sein de la nature tout comme au-dessus, enfin notre relation avec D-ieu au plan collectif comme au plan personnel.

C’est tout cela qui résume la prière de la Néïlla. D-ieu a pardonné et expié nos fautes, et, pour un jour, nous avons été plus ou moins purs. C’est donc le moment de pousser ce cri de l’enfant, dans une parfaite unité et de toutes nos forces, en révélant ce qu’en vérité, nous n’avons pas encore dit : « Papa, nous voulons revenir à Toi ! ».

(Extrait de Laisse mon Peuple apprendre paru aux Éditions du Cerf)

Traduction: Michel Allouche

Guitel Benishay

Kippour : De Kol Nidré à la NeHila (Rav A-I Steinsaltz)

(Source : JForum)

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Dabord, contrairement aux autres textes prophétiques, il se présente sous la forme d’un récit et d’une relation cohérente relatant sous une forme imagée une aventure humaine avec ses hauts et ses bas. D’autre part, le thème du livre est lui aussi unique, tout entier consacré à la valeur du repentir. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous avons voulu l’évoquer en cette veille de Yom Kippour et rappeler qu’il constitue l’une de ses haftaroth, celle de Min‘ha.

Hachem s’adresse Jonas et l’invite à se rendre à Ninive, la grande ville (on dirait aujourd’hui : la mégapole, la superpuissance) afin d’inciter ses habitants à se repentir de leurs péchés.

Jonas commence cependant par se détourner de l’ordre divin, et il embarque sur un navire en partance, sur le seul navire en partance soulignent les commentateurs, du port de Jaffa. Il s’agit pour lui de s’enfuir n’importe où, plutôt que d’obéir à la mission qui lui a été confiée.

Mais Hachem, aussitôt que le bateau a levé l’ancre, provoque une très grande tempête, si violente que le navire manque de sombrer corps et biens. Les matelots se mettent à prier, chacun vers sa divinité, mais en pure perte. La houle se fait à chaque minute plus virulente. Pendant ce temps, Jonas était descendu à fond de cale et, totalement inconscient des risques courus, était tombé dans un profond sommeil. Le capitaine l’apostropha en ces termes : “Comment peux-tu dormir si intensément ? Debout ! Invoque ton Dieu ! Peut-être aura-t-Il souci de nous et nous ne périrons pas !”

Les matelots, finalement, décident de procéder à un tirage au sort afin de désigner celui par la faute duquel est survenue la calamité. Et le sort indiquera Jonas.

L’équipage se met alors à interroger leur passager, lequel affirme son identité comme “Hébreu” (‘ivri) et leur propose de lui-même qu’on le précipite dans l’eau afin de calmer les flots impétueux. On le jeta effectivement à la mer, laquelle retrouva aussitôt sa tranquillité.

Hachem suscita alors un grand poisson, souvent improprement appelé “baleine”, qui avala Jonas, lequel resta dans ses entrailles trois jours et trois nuits.

Le prophète se mit alors à prier, et Hachem le fit recracher par le poisson sur la terre ferme.

Hachem, une nouvelle fois, donna l’ordre à Jonas de partir à Ninive et de réprimander sa population pour sa conduite. Jonas, cette fois, ne se déroba pas et il lança aux habitants de Ninive une proclamation : “Encore quarante jours, et Ninive sera détruite !”

Les habitants de Ninive eurent foi en Hachem et ils se repentirent. Le roi lui-même ordonna un jeûne collectif afin d’inciter ses sujets à se détourner de leurs mauvaises actions. “Et Hachem, précise le texte, Se ravisa concernant le mal qu’Il avait dit qu’Il leur ferait, et Il ne le fit pas.”

Deux parties distinctes et symétriques

On peut donc constater que le livre se divise en deux parties distinctes. La première (1, 1 à 2, 11) traite d’une première mission confiée au prophète, qui ne sera pas exécutée. La deuxième (3, 1 à 4, 11) s’applique à une seconde mission, laquelle sera réalisée avec succès.
Il existe entre ces deux parties une symétrie remarquable. Elles commencent l’une et l’autre par un ordre donné par Hachem à Jonas, et s’achèvent sur une manifestation de Sa miséricorde. Dans la première partie, cette mansuétude s’exerce au profit du prophète lui-même, que Hachem sauve des entrailles du poisson, et dans la seconde au profit des habitants de Ninive en phase de repentir.

Jonas et Ninive

Hachem veut envoyer Jonas prophétiser à Ninive. Pourquoi Ninive ?

Le nom de cette ville apparaît déjà dans la Tora, qui nous indique, au chapitre 10, verset 11 de Berèchith, qu’elle a été construite par Achour, fondateur de l’Assyrie. C’est la première fois, en fait, que le nom d’une cité apparaît dans les Ecritures, et celle-ci n’est reliée en rien à l’histoire juive.

A l’époque de la royauté, Ninive est devenue la capitale de la grande puissance de l’époque, l’Assyrie, et son nom résonnera comme une menace redoutable sur les deux royaumes juifs. Ce sont d’ailleurs les Assyriens qui détruiront celui du Nord, 135 ans avant la destruction du premier Temple, et qui disperseront à travers le monde les dix tribus qui le peuplaient. Ce sont eux qui vont donner naissance au mythe de ce que l’on a appelé et que l’on continue d’appeler “les Dix tribus perdues”.

On peut donc dire que l’insoumission de Jonas constitue chez ce prophète un moyen d’affirmer son refus de s’associer, par son verbe et par son influence, à ce qui pourrait renforcer la puissance de l’ennemi qui menace de toutes parts. Prier pour Ninive, cela revient à agir contre les intérêts de sa propre patrie. Voilà pourquoi Jonas commence par se dérober.

Comme nous l’avons vu, Hachem a sauvé Jonas du poisson, puis Il sauvera les habitants de Ninive. Le livre ne nous en dit pas plus sur ce qu’il est advenu à cette population. Ce sont les textes talmudiques et midrachiques qui comblent cette lacune, non sans qu’apparaisse un désaccord entre les Maîtres sur la sincérité de sa techouva. Pas d’incertitude, en revanche, sur les vertus de Jonas : C’était un juste parfait, entré vivant au Gan ‘Eden (Berèchith rabba 98, 11).

Pour quelle raison, peut-on se demander, cette prophétie a-t-elle été inscrite parmi nos livres saints alors qu’elle est entièrement consacrée à Ninive et donc à des idolâtres ? Il n’est fait aucune mention du peuple juif, contrairement aux autres parties du texte biblique. Cette prophétie est destinée, en réalité, à servir de leçon à Israël en lui citant comme exemple un peuple étranger qui s’est repenti dès le premier avertissement d’un prophète, alors que le peuple juif, malgré les admonestations incessantes et répétées, refuse de renoncer à sa mauvaise conduite. Citons encore le grand prodige que Hachem a accordé au prophète en le faisant survivre à trois jours et trois nuits passés dans les entrailles du poisson puis en le faisant rejeter par celui-ci. Cela nous apprend également que le Saint béni soit-Il a pitié des repentants d’où qu’ils viennent, et à plus forte raison s’ils sont nombreux (Radaq sous Jonas 1, 1).

Jacques Kohn zal’

Le prophète Jonas et Yom Kippour

(Source : Chiourim.com)

Sur Univers TorahLe Rôle du Kohèn Gadol le jour de Kippour 

PETIT GUIDE PRATIQUE

CULTURE JUDAÏSME, Infos et vie juive eloul 5770 (2)

      Vidéos :   « Avinou Malkénou » (Barbra Streisand)

« http://www.youtube.com/v/ydRdxs-9-zg&hl=fr&fs=1&rel=0&color1=0xe1600f&color2=0xfebd01 »>  OlhosDaEternidade

« Kippour », par le Rav Chaoul Botchko :   « http://www.youtube.com/v/BlcZRHc5kqQ&hl=fr&fs=1&rel=0&color1=0xe1600f&color2=0xfebd01 »>

« Paracha Haazinou et Kippour », par le Rav Mordekhaï Bensoussan  http://www.youtube.com/watch?v=n1gghbRrEw4

 

Les Jours Redoutables

C’est ainsi qu’on nomme les 10 jours qui séparent Roch Hachana de Yom Kippour, en hébreu « Yamim noraïm ». On les appelle aussi « Asseret yemei Techouva ». Pendant cette période, le processus de  » Téchouva » (période de repentance et de retour à D.ieu) continue, chacun passant en revue ses différentes actions afin de réparer ses fautes et purifier son âme. Le judaïsme considérant que l’homme a été créé avec son libre arbitre, il a donc la possibilité de choisir entre le bon et le mauvais, d’être juste ou pervers, il est pleinement responsable de ses actes, mais les péchés peuvent parfaitement être rachetés par un sincère retour à D.ieu. A la synagogue ont lieu les confessions publiques qui concernent les fautes commises envers son prochain, textes communs. Le judaïsme considère en effet que le peuple juif ne faisant qu’un, chaque Juif est solidaire des fautes des autres juifs. De tout temps les Jours Redoutables ont vu la plus grande affluence annuelle de Juifs à la synagogue.

Cette période est celle pendant laquelle l’homme fait le bilan de l’année passée concernant les « avérote chébène adam lamakom » (les péchés commis envers D.ieu) et les« avérote chébène Adam la’havéro » (les péchés commis envers l’homme). Mais  si « Yom Hakippourim » absout entièrement les péchés envers le Créateur, les péchés envers le prochain ne le sont qu’à condition d’obtenir le pardon de  l’offensé, est-il expliqué dans la Michna Yoma 8.9. C’est pourquoi on doit aller voir chaque personne que l’on a offensé et lui demander pardon, ce qui n’est pas facile, mais indispensable pour être absout. Ce processus commence lors de la période des 10 jours entre Roch Hachana et Yom Kippour. Les âmes des disparus sont comprises dans la communauté de ceux  auxquels on pardonne à Yom Kippour. Cependant, il est de coutume de résoudre les conflits et disputes au plus tard la veille du jeûne.

Vidéo : « Avinou Malkenou » http://www.youtube.com/watch?v=9gppL65Vwec slowfig 

Retrouvez ici, sur massorti.com les paroles en hébreu et en français   Avinou Malkénou – אבינו מלכנו 

 

Paroles de nos Sages sur la téchouva

La tradition nous enseigne que c’est à Roch ‘Hodech Eloul (le 1er jour du mois d’eloul) que Moïse est remonté au Sinaï pour la 3ème fois (après l’épisode du Veau d’Or). D.ieu dit à Moïse, « Monte sur la montagne vers moi ». Ce jour-là, commença une période de grâce et de miséricorde qui prit fin 40 jours plus tard, à Yom Kipour, lorsque Moïse redescendit avec les secondes Tables de la Loi, apportant avec lui la merveilleuse nouvelle du Pardon Divin. Nos Sages nous enseignent qu’à partir du 1er Eloul, on sonna du chofar chaque jour dans le camp, rappelant ainsi aux enfants d’Israël que Moïse était au Mont Sinaï, priant pour eux. C’était la 3ème période de 49 jours que Moïse passait avec D.ieu au Sinaï. Ce verset fait allusion à la possibilité pour l’homme de se rapprocher davantage, pendant ce mois, de D.ieu, car c’est en cette période qu’Il est plus proche de l’homme.

Le« Chir hachirim » (le Cantique des Cantiques), attribué au roi Salomon, nous enseigne que ce n’est pas un hasard si c’est au mois d’Eloul, le dernier mois de l’année juive (qui correspond généralement au mois d’août/septembre) que commence la téchouva ; Eloul est non seulement le mois du bilan spirituel consacré au retour vers D.ieu, mais il est également prédestiné au pardon divin. En effet, (Cantique des Cantiques 6,3) « Ani lédodi védodi li » « Je suis vers mon bien-aimé et mon bien-aimé est vers moi »  L’acrostiche des mots « Ani Lédodi Védodi Li » אֱלוּל (alef, lamed, vav, lamed) que l’on trouve dans le chapitre 6, verset 3 forme le mot « ELOUL« . Si la repentance est en tout temps agréable à l’Eternel, elle l’est encore davantage pendant le mois d’Eloul « L’Eternel D’ieu circonciera ton coeur et le coeur de ta descendance » (Deutéronome30,6).

Alors qu’il se trouvait dans les entrailles du poisson qui l’avait avalé en pleine mer, le prophète Jonas s’est repenti devant D.ieu de ses péchés. (Bien qu’étant des personnalités d’une très haute élévation spirituelle, les prophètes n’en demeurent pas moins des hommes dotés de qualités et de défauts.) Mais il n’est pas fortuit que nous lisions le Livre de Jonas au cours de l’office de l’après-midi de Yom Kippour : c’est en effet un livre entièrement consacré au repentir qui relate le succès rencontré par le prophète Jonas dans son projet de remettre la ville dépravée de Ninive dans le droit chemin, et ce, après seulement trois jours d’appels et d’invectives à travers cette capitale, tentative qui fut couronnée de succès et la ville fut sauvée par le repentir collectif des habitants.

(Joël 2) « Déchirez vos coeurs et non pas vos vêtements (en signe de deuil) et retournez à l’Eternel votre D.ieu ». (Traité Yoma) : « Grande est la téchouva , le repentir, qui conduit chacun d’entre nous jusqu’à D.ieu. » (Traité Yoma) « Grande est la téchouva qui a la vertu de transformer les fautes en mérites. » 

« 5 fautes créent chez leur auteur une accoutumance et constituent des mauvaises habitudes dont il faut se défaire : 1/La calomnie   2/La médisance   3/La colère   4/Les mauvaises pensées   5/Les mauvaises fréquentations Ces choses nuisent à la téchouva, mais ne l’empêchent pas ; la téchouva reste toujours possible » (Maïmonide, lois du repentir)

Jour de l’Expiation par Isidor Kaufmann (av. 1907).
Jour de l’Expiation par Isidor Kaufmann (av. 1907) (Wikipedia)

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Lévitique 16-30, 31 :« Car en ce jour on fera propitiation sur vous afin de vous purifier : vous serez purs de tous vos péchés devant l’Éternel. Ce sera pour vous un Chabbat solennel, où vous affligerez vos âmes. C’est une loi perpétuelle ». La vraie ‘téchouva’Après le 1er Tichri et la fête de Roch Hachana, (jour du Nouvel An juif) vient la fête de Yom Kippour (jour de l’expiation) est aussi appelée Jour du Pardon et c’est le jour le plus saint de l’année. On y reçoit ce qui est peut-être le don le plus sublime de D.ieu : Son pardon, expression même de Son amour éternel et inconditionnel pour le peuple juif. Ici, tout est une question de coeur. Bien que l’homme ait  transgressé Sa volonté, son essence, son âme, demeure divine et pure.Yom Kippour est ce jour unique de l’année où D.ieu révèle plus clairement l’unité de Son Essence avec l’âme de chaque juif. Sachant cela, comment ne pas avoir envie de revenir à D.ieu en se concentrant sur l’étincelle juive qui brille en chacun et en aspirant à atteindre une profondeur spirituelle maximum ? C’est cela la vraie « techouva », profonde et sincère qu’espère de nous notre Créateur, qui n’attend en effet de notre part qu’un repentir sincère, qu’un retour spontané et vrai vers Lui, avec larmes, comme un enfant qui, après une bêtise, vient se jeter dans les bras accueillants de son père* en pleurant et en regrettant amèrement. Alors, on est immédiatement pardonné. Ceci n’est cependant pas de l’infantilisme, mais au contraire une véritable prise de conscience de nos faiblesses si nombreuses face aux tentations diverses et multiples du monde dans lequel nous vivons, et il est somme toute humain d’y succomber parfois, en sachant toutefois revenir à temps sur le bon chemin. * (métaphore pour essayer de traduire avec des notions humaines la complexité et l’impalpabilité trop grandes de ce qu’est le D.ieu Un pour chacun d’entre nous.)Ainsi Haqqadoch Baroukh Hou n’attend-t-il que cela pour nous prouver à nouveau, chaque année, l’immense miséricorde dont Il sait faire preuve à notre égard, et pour nous montrer la « émouna » (celle de l’homme envers notre Créateur est une foi spontanée et sincère avec connaissance de ses fondements, contenue dans le 1er Commandement : « Je suis l’Eternel, qui t’ai fait sortir d’Egypte, maison d’esclaves » et dont le but est la réception, au Sinaï, de l’arbre de vie : la Torah. la émouna, c’est croire D.ieu quand Il ordonne et promet. (repères pour enseigner la Emouna-petit livre de l’enseignant par le Rav J. Poultorak)) qu’Il met en l’homme et ainsi lui faire ressentir la splendeur de Son amour si pur, si sûr et si durable ! Ainsi comment pourrait-on rester insensible à une si grande tendresse, à un amour si immense ? La « téchouva » est un processus qui, dans sa forme ultime, nous donne la force, non seulement de transcender nos erreurs, mais aussi de les racheter. Nous devons alors faire un véritable retour dans le temps et redéfinir la nature essentielle d’un acte passé, le transformant ainsi de mal en bien. Mais pour y parvenir, il nous faut d’abord ressentir que la transgression a été un acte néfaste et nous devons être conscients de la dévastation qu’elle a infligée à notre âme. Nous devons reconnaître, désavouer sa folie et y renoncer. C’est seulement alors que nous pouvons retourner en arrière et changer ce que nous avons fait.  Maïmonide écrit « Israël ne sera sauvé que par la Techouva qui servira de catalyse pour la Rédemption. La Torah a promis qu’en dernier ressort, vers la fin de son exil, Israël reviendra (à D.ieu) et sera immédiatement sauvé ».L’importance de la téchouva, des mitsvote et de l’étude de la Torah pour un Juif : regardez jusqu’au bout cette vidéo, qui dure environ 1h40, mais que chaque Juif devrait regarder ; chaque Juif a en effet le pouvoir de transformer le mal en bien, par la téchouva, l’étude et les mitsvote :  Vidéo : Guermamia (un cours édifiant du rav Ron Chaya sur son site Leava.fr)Yom Kippour est une journée où les bien-portants jeûnentA la synagogueLa fête de Yom Kipour est presque entièrement remplie par la prière à la synagogue : le soir jusqu’à environ 21h et reprend le matin vers 8h jusqu’au coucher du soleil, avec une petite interruption d’une heure environ vers 14h. Cette journée est très concentrée sur prière en cela qu’elle est la dernière chance pour implorer le pardon de D.ieu ! En ce jour de purification, Israël se reconnaît pécheur et supplie D.ieu de lui faire miséricorde.Les offices commencent par celui de« Kol Nidré », (tous les voeux) prière spécifique à Yom Kippour, texte en araméen qui annule les voeux prononcés de façon inconsidérée, prière devant être récitée avant le coucher du soleil. Par cette prière, on proclame nuls tous les vœux faits entre l’homme et Dieu. Elle commence le 9 Tishri avant le coucher du soleil. Son nom vient des premiers mots de l’office. Il comporte la prière Kol nidrei, la récitation du Shema’ Israel et de la ‘Amidah de Yom Kippour, la confession des péchés, le Qadish, et le ‘Alenou. Les prières et textes lus sont en hébreu.

En Qoélet 5.1 (L’Ecclésiaste), il est dit : « N’ouvre pas la bouche avec précipitation ; que ton coeur ne soit pas prompt à proférer quelque parole devant D.ieu, car D.ieu est au ciel, et toi, tu es sur la terre ; c’est pourquoi tes propos doivent être peu nombreux. (Car les songes naissent de l’abondance des soucis, et la voix du sot se reconnaît à l’abondance de ses paroles.)

Lorsque tu fais un voeu à D.ieu, ne tarde pas à t’en acquitter, car Il n’aime pas les sots. Paie ce que tu as promis par ton voeu. Tu ferais mieux de t’abstenir de tout voeu que d’en faire un et de ne pas l’accomplir. Ne permets pas à ta bouche de charger ta personne d’un péché ; et ne prétends pas devant le messager (de D.ieu) qu’il y avait inadvertance de ta part : pourquoi D.ieu devra-t-il s’irriter au son de ta voix et ruiner l’oeuvre de tes mains ? Tel serait le fruit de ces tas de songes et de niaiseries et de ce flux de paroles : crains plutôt D.ieu. »

L’élément essentiel de l’office supplémentaire Moussaf (en fin de matinée) est le récit du « seder ha-‘avoda » (ordre du culte) qu’exécutait le grand prêtre à l’époque du Temple. Ce seder « ha-‘avodah » a été reconstitué dans le traité Yoma de la Mishna à partir de Lévitique 16. Une spécificité de Yom Kippour est qu’il y a encore des lectures l’après-midi avant l’office de Min’ha : il s’agit de Lévitique 18 (les principes moraux de la vie sexuelle) et la Méguila qui est le livre de Jonas.

lectures du matin :
Lévitique 16, 1-34 ; Nombres 29, 7-11(décrit le service du Grand Prêtre à l’époque du Temple le jour de Kippour)
Isaïe 57, 14 à 58, 14 (évoque le sens du jeûne et de la repentance)
lectures de l’après-midi :
Lévitique 18, 1-30
Michée 7, 18-20 ; Jonas (en entier)

La journée se termine avec l’office de Ne‘ilah (« clôture »), office spécifique à Yom Kippour. C’est à la fin de cet office que se ferment les portes de la miséricorde ouvertes depuis Roch Hachana : le jugement de D.ieu est alors scellé. A la fin de cet office, on sonne le chofar pour annoncer la fin du jeûne. La Bible ne prescrit une sonnerie que pour les années jubilaires (Lévitique 25, 9-10), mais l’usage est devenu annuel.(Un Echo d’Israel)

Vidéo « Kol Nidrei » (Max Bruch)Alexander Tsaliuk et la chorale juive de Moscou  

  http://www.youtube.com/watch?v=0BVWJltIqPc atsaliuk

Autre excellente interprétation ici  http://www.youtube.com/watch?v=dvWxoYULWrw waldog77

Interprétation instrumentale, violoncelle Teodora Miteva (1ère partie) http://www.youtube.com/watch?v=8mgaICZS79Y  Peter1945*

(2ème partie) http://www.youtube.com/watch?v=gHwINCeAr38

Interdictions de Yom Kippour Le jour de Kippour est marqué d’interditsconcernant  hommes et  femmes
– boire, de manger et de travailler
– se laver, de se frictionner le corps, de s’enduire de crème, de se parfumer
– porter des chaussures en cuir
– avoir des relations conjugales

A Yom Kippour, on a l’obligation – d’entamer un examen personnel
– d’aller demander pardon pour les préjudices faits à autrui
– de réparer ces préjudices

Autres dinim (lois)

La Veille de Yom Kippour :
– Allumage des lumières
– On prend un repas copieux repas avant le jeûne
– On va à la Synagogue pour entendre le Kol Nidreï qui ouvre le jour de Kippour

Le jour Kippour
– Prières tout au long de la journée
– En fin de journée, cérémonies de clôture, la Néila récapitule tout l’effort de techouva que nous avons entrepris
– Cérémonie du chofar
– Bénédiction de la lune après Arvit
– Repas du soir
On commence la construction de la Soucca, ce qui nous relie à la fête de Souccote

Quelques us et coutumes de Kippour

Il est de coutume de prendre un grand repas festif, la « seoudat hamafsèqet » après la prière de min’ha précédant le jour de Kippour. On y consomme traditionnellement du couscous chez les Sépharades, des kreplach et du riz chez les Ashkénazes. Cette  journée est  hautement solennelle et l’une des plus redoutables de l’année où l’on observe un jeûne de 25 heures au cours duquel on prie avec une ferveur toute particulière.Ce jeûne est le seul à avoir préséance sur le Chabbat. C’est le jour de la repentance, considéré comme étant le jour le plus saint et le plus solennel de l’année juive :Lévitique 16, 30 : « Car en ce jour on fera l’expiation pour vous, afin de vous purifier: vous serez purifiés de tous vos péchés devant l’Éternel ». Lévitique 16:31: « Ce sera pour vous un Chabbat chabbaton, et vous affligerez vos âmes. C’est une loi perpétuelle« . De ce dernier verset les Sages ont déduit qu’il fallait respecter les interdictions du Chabbat (exemple, ne pas travailler, ni allumer de feu). Quant à l’affliction des âmes, elle est réalisée selon la Michna Yoma 8,1, par l’interdiction de nourriture, de baignade, d’utilisation de cosmétiques pour les femmes, du port de la sandale (c’est-à-dire de semelles de cuir) et de l’intimité conjugale. L’abstention totale de nourriture et de boisson commence généralement une demi-heure avant le coucher de soleil afin de limiter le risque de manger pendant la fête par inadvertance. Elle termine après le coucher du soleil de la nuit suivante.

Télécharger le seder de Roch Hachanasur le site www.viejuive.com

2 Vidéos du rav Ron Chaya sur Yom Kippour (1): « http://www.dailymotion.com/swf/xnzx9_yom-kippour_blog »>  JewSpiri

(2) : « http://www.dailymotion.com/swf/xnzx1_yom-kippour-2-suite_blog »>

Pour tout savoir sur les fêtes de Tichri, comprendre et se préparer, écouter des seli’hote ou entendre le son du chofar, aller sur Modia : Eloul qui doit nous faire réussir le renouveau ,  la téchouva et les  fêtes de la nouvelle année

Vidéos Piyoutim

Seli’hote « Chema Yisrael » par le hazzan Rabbi Hagay Batzri rite sepharade yerushalmi « http://www.youtube.com/v/mZz64qMX4j0&hl=fr&fs=1&color1=0xe1600f&color2=0xfebd01 »>batzri

 

Seli’hote pour les yamim noraïm « Ben Adam » par le hazzan Rabbi Hagay Batzri rite sépharade yerushalmi et Halabi « http://www.youtube.com/v/2-Ul0B_mBWc&hl=fr&fs=1&color1=0xe1600f&color2=0xfebd01 »>  batzri

« Adon Haseli’hote »par le hazzan Rabbi Hagay Batzri  rite sépharade yerushalmi et Halabi « http://www.youtube.com/v/uLfUMGhLw7g&hl=fr&fs=1&color1=0xe1600f&color2=0xfebd01 »> batzri

(source Lamed – Mekordaat – Modia – Beth Loubavitch – irpourdemain – sheelot@free.fr – Wikipedia – Fonds social juif unifié – Chabad.org – Un Echo d’Israël – Alliance – Vie Juive/Rav  Chlomo Aviner – Claude Riveline sur Akadem « Roch Hachana et le Chofar » – Roch Hachana/Yom Kippour Yad-Laa’Him  – Center Blog)

                                  

Poème : YOM KIPPOUR

Pour l’homme, Tu as créé le monde un soir.

Tu as caché Ta lumière. Mais Ta gloire

Baignera un jour les contours de la terre.

Tu sèmes tant d’amour dans tout Ton univers,

Envers nous Tu fais preuve de tant de bontés

Que tous devraient toujours marcher à tes côtés.

Pourtant que faisons-nous, ô notre unique Roi ?

Nous ne te prions pas, nous ignorons Ta loi.

Mais, Roi Un et magnifique, Toi Qui voit tout,

Vois les larmes amères coulant sur les joues ;

Regarde Tes enfants tombés dans le malheur.

Ecoute leurs cris, vois leur détresse, leurs peurs.

Auras-tu pitié d’eux ? Leur pardonneras-tu ?

Père miséricordieux, tant s’étaient perdus !

Repenties, Tes créatures Te reviennent

Entendant le chofar. Les voici. Tu règnes !

Maryse

 
Lille
Strasbourg
Lyon
Nice
Marseille
Montpellier
Toulouse
Bordeaux
Deb.
19.37
19.17
19.28
19.18
19.25
19.31
19.41
19.49
Fin
20.42
20.21
20.29
20.17
20.25

20.31

20.41
20.50

 

Quand l’histoire rejoint les écrits de la Torah – De la création de l’homme au dernier millénaire – « Vous marchez », vous êtes en marche (Devarim 31,1)

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_____________________________________________________   La création de l’homme adamique

https://i.ytimg.com/vi/2DQ20QNSMYQ/maxresdefault.jpgAdam et Eve dans le Gan Eden

D’après le calendrier hébraïque, nous sommes actuellement au mois de Tichri 5779, donc au 6ème millénaire depuis la création de l’homme adamique. Celui-ci fut créé  le 6ème jour de la création du monde, un vendredi, veille de Chabbat. Or, nous savons qu’un jour pour D.ieu correspond à 1 000 ans pour Ses créatures que nous sommes tous

Le 56ème siècle, 6ème millénaire correspond à la période de l’ère commune allant de 1739 à 1840

Le dernier millénaire

Le Gaon de Vilna a enseigné à son disciple Rabbi ‘Hayim de Volozhyn que tout le livre de Dévarim correspond au dernier millénaire (5000 à 6000), un propos rapporté par Rav Yossef ‘Haïm Sitruk , grand Rabbin de France, à la synagogue Ben Zakaï à Montpellier, en septembre 2004.

Les commentateurs enseignent que la paracha Nitsavim correspond au 56ème siècle et évoque la nécessité de sortir en guerre contre le mauvais penchant : « Lorsque tu sortiras en guerre contre tes ennemis » (Dévarim 21,10) C’est justement au 6ème siècle du 6ème millénaire (entre 1739 et 1840) que se sont déchaînées deux entreprises modifiant profondément le monde juif européen  l’assimilation politique et l’ébranlement culturel

  • La Révolution française, dont le décret d’émancipation des Juifs (1791) avait pour but de couper les Juifs de leurs racines communautaires. « Et Hachem dit à Moché… ce peuple se lèvera et se laissera débaucher par les divinités étrangères du pays dans lequel il se sera installé et il M’abandonnera et il brisera l’alliance que J’ai conclue avec lui. » (Dévarim 31,16. Vers la fin des temps, surviendra une période pendant laquelle les nations changeront de comportement vis-à-vis du peuple d’Israël. Il commenceront à la considérer à un niveau d’égalité avec les autres peuples de la terre, lui permettant ainsi de prendre une place dans l’économie. On comprend que certains rabbins d’Europe orientale n’aient pas souhaité la victoire de Napoléon, car elle allait de pair avec la disparition de la société juive traditionnelle.
  • Le siècle de la Haskala, un mouvement culturel dont le chef de file fut le philosophe allemand Moses Mendelssohn, et  dont l’oeuvre s’inscrivait dans un courant d’esprit soufflant dans la bourgeoisie juive de certains pays européens. Il en résulta l’introduction des matières profanes dans les écoles, mais aussi le rejet du Talmud comme fondement de l’éducation. L’affaiblissement de l’orthodoxie religieuse en découla.

Ainsi, en ce siècle des « lumières » la tradition juive millénaire a été violemment assaillie, les sociétés juives ont été déstabilisées et, devant les Juifs sortant du ghetto, l’antisémitisme s’est développé. On peut considérer que le judaïsme de ce siècle n’a pas appliqué le conseil de la paracha correspondante : il n’est pas sorti en guerre contre le mauvais penchant qui l’a attaqué sur deux fronts : l’émancipation politique et culturelle.

Le 57ème siècle du 6ème millénaire correspond à la période de l’ère commune allant de 1839 à 1940

Il est remarquable que la Solution finale nazie ait été préparée au 57ème siècle (Un verset de Nitsavim n’est pas commenté par Rachi : « Et toutes les nations diront « Pourquoi Hachem a-t-il fait ainsi à ce pays ? Pourquoi cette flamme de grande colère ? » (Dévarim 29,23) Rabbi Bentata chlita a émis l’hypothèse que ce verset pourrait s’appliquer à la Shoah.)

Entre les années 1839 et 1940, alors que les masses juives s’éloignent de la tradition, explose l’antisémitisme en Europe – Affaire Dreyfus en France (1894-1906) ; accession au pouvoir du parti nazi en Allemagne (Nuit de Cristal – 9 novembre 1938).

Les bases de la destruction des Juifs d’Europe ont été posées à la fin de ce 57ème siècle, avec la domination allemande sur l’Europe pendant la Seconde guerre mondiale (qui commence en 1939). L’essentiel de la destruction des Juifs d’Europe survint après 1941 – au tout début du siècle hébraïque suivantcomme si le Saint, béni soit-Il, avait attendu (un retour vers Lui ?) jusqu’à la toute dernière seconde de ce 57ème siècle qui correspond à la paracha Ki tavo.

La Seconde guerre mondiale éclata le 1er septembre 1939, c’est-à-dire en l’an 5699 (un vendredi 17 Eloul, veille du Chabbat Ki tavo) ! Un Chabbat où a été lue la paracha des reproches qui énumère 98 malédictions ! Ces concordances révèlent – après coup – la justesse de l’enseignement du Gaon de Vilna qui a vécu 2 siècles auparavant (1720-1797).

Le fait que les malédictions soient dénombrées dans la paracha Ki tavo porte une information très positive : ces malédictions sont en nombre limité. Elles ont été comptées et ne sont donc pas sans fin. Un terme a été fixé aux malheurs des enfants d’Israël qui survivront aux périodes les plus noires de leur histoire, périodes hélas si nombreuses tout au long de son histoire !

L’homme debout… entre ciel et terre

L’histoire l’a confirmé, les Juifs sont restés « debout » malgré les massacres localisés – massacres romains, pogroms et conversions forcées en pays chrétiens ou musulmansmais aussi malgré l’extermination physique totale programmée par des stratèges patients  – comme Haman qui, ayant fait déterminer la date la plus propice par les astrologues de l’époque, a attendu presque une année entière le moment favorable désigné par les astres ! Mais il ignorait que la date choisie (le décès de Moché) était également celle de sa naissance – ou des industriels de la mort en série – comme les dirigeants nazis promoteurs des camps de la mort pendant la seconde guerre mondiale  – malgré, encore, des attentats de terroristes suicidaires contre les civils – notamment au début des années 2000, où on a pu entendre des mères de terroristes se réjouir du suicide meurtrier de leurs jeunes fils ! 

On peut se demander : pourquoi tant d’acharnement contre le peuple d’Israël, menacé dans son existence en cas de désobéissance ? Les autres peuples et le impies ne méritent-ils pas un traitement plus rigoureux que celui dont est menacé le peuple avec qui Hachem a contracté une alliance solennelle ? La réponse est que Hachem supporte les mauvaises actions des autres peuple car Il leur donne dans ce monde-ci le bénéfice de toutes leurs bonnes actions, même si elles sont quasi-insignifiantes. En revanche, lorsqu’Il décide de leur faire porter le poids de leur mauvaise conduite, ils disparaissent de la scène mondiale ». De fait, nombre de peuples du passé ont totalement disparu de la scène de l’histoire: dans le meilleur de cas, il n’en subsiste plus que des ruines ou des vestiges exposés dans les musées (Egypte, Babylonie, Perse, Grèce, Rome…)

A noter que l’existence d’Etats contemporains tels que l’Egypte, l’Irak, l’Iran, la Grèce ou l’Italie ne doit pas faire illusion. Ces Etats ne correspondent pas aux civilisations de Mitsraïm, de Babel et de la Perse, elles n’en partagent pas les valeurs et cultes idolâtres, étant aujourd’hui de religion et de civilisation musulmane ; de même, Grèce et Italie qui relèvent aujourd’hui de la civilisation chrétienne ont abandonné les cultes païens de l’Antiquité. Seul Israël, au contraire, a conservé sa religion sans modifier une seule lettre de la Torah écrite, et en mémorisant soigneusement la Torah orale de génération en génération. Les Sages affirment que le peuple juif subsistera, même après des périodes où l’espoir ne semble pas permis.

« Vous vous tenez debout aujourd’hui tous, devant Hachem votre D.ieu, vos chefs, vos tribus, vos anciens et vos magistrats, tout homme d’Israël…«  (Dévarim 29,9)

Le calendrier juif est ainsi fait que chaque année, la paracha Nitsavim est lue le Chabbat qui précède Roch Hachana. On ne peut s’empêcher d’établir une liaison entre le moment où les Hébreux étaient debout devant Moché après l’audition de malédictions, avec les jours de Roch Hachana où les Juifs se réunissent année après année pour entendre le son du chofar, prier et se repentir.

Le verset prolonge la paracha précédente. C’est après les malédictions de Ki tavo que l’on entend nitsavim. Ce mot pourrait être traduit partiellement par « vous êtes debout », vous continuez tous à exister malgré la force inquiétante de la paracha précédente dont le sens glace d’effroi. En effet, cette paracha est si difficile à lire (et à entendre) que certains fidèles refusent d’être appelés à la Torah lorsqu’arrive le moment de lire la section des malédictions…

Mais ce serait négliger toute la richesse de ses implications : Le mot « nitsavim » suggère une prise de conscience ; l’être humain, tiraillé entre le composantes contradictoires de son être matériel (le corps) et spirituel (l’âme), doit être actif dans son repentir. On pourrait résumer cela ainsi : « Nous sommes vivants malgré ces malédictions car nous sommes tendus vers un but : atténuer la rigueur divine grâce à notre repentir. » Il est possible de survivre à la rigueur divine en choisissant la Torah, mais en cas de faute, il convient d’effectuer un repentir parfait, conformément au verset « car elle est très proche de toi la parole (Torah) ; dans ta bouche et dans ton coeur pour l’accomplir. » (Dévarim 30,14)

Le 58ème siècle, 6ème millénaire correspond à la période de l’ère commune allant de 1939 à 2040.

Vous marchez, vous êtes en marche

Nous venons de commencer l’année 5779. Le 6ème millénaire est donc celui dans lequel nous nous trouvons actuellement. Cette période correspond aux parachas Nitsavim-Vayelekh. Ce siècle évoque le début de la rédemption. En effet, le nom de la paracha Nitsavim indique  vous êtes toujours debout malgré les malédictions de la paracha précédente (Devarim 29,9). Quant au nom de la paracha Vayélekh de cette semaine, il indique : « Vous marchez », vous êtes en marche (Devarim 31,1).

Malgré la mauvaise presse et les décisions plus catastrophiques les unes que les autres du mouvement « la République en marche » instauré avant par le président français Macron, nous ne pouvons nous empêcher de faire le parallèle avec ce qui est annoncé dans la Torah. Dans le judaïsme, c’est souvent lorsque l’on est dans le noir et que l’on croit que tout est perdu que l’on voit la lumière poindre à l’horizon. Cela signifie que le processus de la délivrance finale a vraisemblablement déjà commencé , mais nous ne nous apercevons encore de rien.

Du point de vue historique, on fait inévitablement le rapprochement avec le début de la libération d’Israël : la « guéoula » (délivrance) annoncée par les prophètes. De fait, dès la première décennie de ce siècle, les autres nations ont approuvé la création de l’Etat d’Israël (en 1948, c’est-à-dire au tout début du 58ème siècle, comme si le Saint, béni soit-Il ne voulait pas retarder les événements positifs alors qu’Il avait retardé au maximum les événemenets négatifs devant se produire au 57ème siècle (la Shoah). Le Rav Chlomo Aviner chelita note : « Un regard rétrospectif sur le dernier siècle de notre histoire dévoile en filigrane que Hachem fait revenir à nouveau Son Immanence à Sion. » et qu’Il « réalise les promesses qu’Il a faites à Son peuple ».

L’attribut divin de miséricorde peut dominer l’attribut de rigueur. Moché ne s’est pas contenté de faire prendre conscience aux Hébreux qu’ils étaient « debout » malgré les menaces divines en cas de mauvaise conduite. Il formule une promesse divine quant à la suite de l’histoire : il faut rester confiant ; le Saint, béni soit-Il n’abandonnera jamais lepeuple d’Israël ; Il restera le D.ieu d’Israël pour toujours et Israël restera Son peuple pour l’éternité, comme il est dit : « Vous, peuple d’Israël, ne craignez pas les malédictions et les punitions dont on parle dans ce passage ; elles frapperont Israël quand il péchera. Mais cela n’empêchera pas le peuple juif d’avoir une existence et de se tenir auprès de D.ieu pour l’éternité ». Rav Achkeazi de Janow, Tseenah Ureenah, Verdier, Lagrasse 1987.

C’est ce qu’a prophétisé aussi Yiméyahou, malgré l’annonce de la prochaine destruction du Temple. Hachem précise aussi qu’Israël est cher à Ses yeux, à tel point qu’Il le compare aux premiers fruits de Sa récolte. Israël Lui est consacré. (Yirméyahou 2, 3). « Tous ceux qui s’ataqueront à lui seront punis : « Tous ses dévoreurs seront coupables, le malheur viendra sur eux. »

Quant aux 2 siècles suivants, ils indiquent clairement l’époque de la venue du Messie, il s’agit du 59ème siècle du 6ème millénaire (2039-2140) et du 60ème millénaire (2139-2240)

Le 59ème siècle du 6ème millénaire correspond à la période de l’ère commune allant de 2039 à 2140

La paracha Haaazinou commence comme suit : « Prêtez l’oreille, cieux, et Je parlerai… » (Dévarim 32,1) Cela  suggère la diffusion de la parole divine, et le verset suivant va dans le même sens : « Que Ma doctrine s’infiltre comme la pluie« , cela fait penser à l’acceptation universelle de la parole divine qui s’infiltrera au plus profond de l’entendement de chacun.

Le Messie peuet venir à tout moment comme l’enseignent nos maîtres. Il pourrait ne pas attendre l’an 6000 pour se révéler : 5888 (soit 2128 de l’Ere commune) pourrait être une limite extrême si on tient compte d’un enseignement complémentaire du Gaon de Vilna, qui a prolongé son enseignement sur la correspondance entre parachas et siècles de l’histoire, par une nouvelle forme de correspondance : chaque verset de la Torah (dans l’ordre de la version massorétique) correspond à une année du calendrier hébraïque.

Ainsi, le 1er verset correspond à la 1ère année (Béréchit ,1), et au contraire, certains versets de la paracha Ki-tavo correspondent exactement aux années 1930 et 1940 : donc à cette péirode noire dans l’histoire juive, qui a vu la montée du nazisme en Allemagne et la Shoah. Après un enseignement rapporté au nom de Rav A. D. Heymann. De fait, les concordances sont frappantes pour ces années-là :

5698ème verset = 1938-1939 (Dévarim 28,25) « Hachem te fera écraser par tes ennemis : si tu marches contre eux par un chemin, par 7 chemins tu fuiras devant eux, et tu seras un objet de stupéfaction pour tous les royaumes de la terre ») ; 

–  ce fut l’année de la « Nuit de cristal » (9-10 novembre 1938)

–  destruction des biens des Juifs, émigration) 

–   et les années suivantes furent celle de la Seconde guerre mondiale et de la Shoah

5699 ème verset = 1939-1940 (Dévarim 28, 26) « Et ta dépouille servira de pâture aux oiseaux du ciel et aux animaux de la terre, et nul ne les troublera« .

Nul ne troublera les nazis dans leur entreprie du judaïsme européen. Il y eut même de nombreux complices parmi les gouvernements et populations des Etats occupés.

5700 ème verset = 1940-1941

« Hachem t’affligera de l’éruption égyptienne, d’hémorroïdes, de gale sèche et humide, dont tu ne pourras guérir »  (Dévarim 28,37).

5701 ème verset = 1941-42

« Hachem te frappera de vertige et de cécité, et de perturbation du coeur ». (Dévarim 28,28)

5702 ème verset = 1942-1943

« Et tu iras tâtonnant en plein midi comme fait l’aveugle dans les ténèbres, tu ne mèneras pas à bonne fin tes entreprises, tu seras opprimé et spolié incessamment, sans trouver de défenseur. » (Dévarim 28, 29)

En effet, les Juifs ont été spoliés ; ils ne purent continuer à exercer leur activités.

5703 ème verset = 1934-1944

« Tu te fianceras à une femme  et un autre la possédera ; tu bâtiras une maison et tu ne t’y installeras point, tu planteras une vigne, et tu n’en auras point la primeur. » (Dévarim 28, 30)

5704 ème verset = 1944-1945

« Ton boeuf sera égorgé sous tes yeux, et tu ne mangeras pas de sa chair, ton âne sera enlevé, toi présent, et ne te sera pas rendu ; tes brebis tomberont au pouvoir de tes ennemis, et nul ne te défendra. (Dévarim 28, 31)

Même lorsque les nazis seront chassés des pays libérés, les Juifs ne retrouveront pas leurs bien (comptes bancaires, oeuvres d’art) et les restitutions mirent des années à être partiellement faites. Le verset indique aussi : ce qui traduit peut-être le fait que, si les Alliés se sont coalisés contre le régime nazi, c’est pour leur raisons propres et non pour tenter d’empêcher l’extermination des Juifs.

5705 ème verset = 1945-1946

« Tes fils et tes filles seront livrés à un peuple étranger, et tes yeux ne le verront et se consumeront tout le temps à les attendre, mais ta main sera impuissante » (Dévarim 28,32)

Avec la libération des camps d’extermination, l’horreur devint visible « tes yeux le verront » et l’attente d’improbables survivants commença « et se consumeront tout le temps à les attendre« .

Notons que la Torah compte 5888 versets, donc, moins de 6000.

Le 60ème siècle du 6ème millénaire correspond à la période de l’ère commune allant de 2139 à 2240.

Pour terminer sur une note optimiste, le nom de la dernière paracha annonce « Et voici la bénédiction« …

Tout un programme, qui peut commencer de nos jours, puisque comme dit plus haut, la tradition affirme que le Messie peut venir bien avant le temps fixé pour sa venue.

(Source : La voix de Jacob – Tomme 5, par Hillel Bakis, aux éditions Bakish)

Kippour : la Majesté Divine ramenée du « septième ciel »

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LE RAPPORT DE 1 à 7..

Moïse lance un appel poignant au peuple avant de terminer sa mission et enjoint toute cette assemblée d’opérer un retour sur elle-même.

Pour ce faire, il prend pour témoins “les cieux” et la terre, c’est-à-dire le cosmos tout entier. Il veut insister pour que le Peuple tout entier se rapproche de la Torah.

Que le peuple fasse teshouva. Celle-ci peut se faire même si l’individu n’a pas commis de faute. Il faut qu’il éprouve le désir ardent de faire revenir la Shekhina parmi les hommes étant donné que la Shekhina décèle une mauvaise conduite individuelle ou collective pour S’éloigner.

Dans le service effectué par les Cohanim, nous pourrons voir de quelle façon la Majesté Divine va être ramenée ici-bas, sur terre depuis le “septième ciel”.

Après avoir pratiqué la cérémonie d’imposition des mains sur les taureaux qui vont être sacrifiés en rachat des fautes des grands prêtres et des familles des grands prêtres, après avoir tiré au sort entre les deux boucs : celui qui sera sacrifié pour racheter tous les péchés de tout Israël et le bouc émissaire qui sera précipité d’une montagne dans le désert de Judée et après avoir aussi imposé ses mains sur le bouc sacrifié pour y confesser tous les péchés d’Israël, le sang sera aspergé sur l’autel selon le cérémonial donné : le Cohen asperge l’autel d’une goutte de sang vers le haut.

Tout se passe alors comme s’il tendait la main vers le Saint béni soit IL pour L’accompagner à descendre marche après marche, degré après degré ou ciel après ciel les sept cieux qui Le séparent de nous.

C’est ainsi que cela est décrit d’ailleurs dans le “seder ‘haâvoda” lu pendant le moussaf de Kippour : un, un et un (une goutte pour un ciel); un et deux (une goutte et on arrive au deuxième ciel), un et trois (une goutte et on arrive au troisième ciel) et ainsi de suite jusqu’au septième degré depuis le Haut, puis, le cérémonial pour raccompagner la Majesté Divine de la terre jusqu’au septième ciel se trouvera à la fin de l’office de la Néîla de Kippour.

Avant d’en arriver à la Néîla, je voudrais que nous nous arrêtions sur ce cérémonial des gouttes de sang provenant du sacrifice du taureau et du bouc et de ce processus où l’on décompte le nombre de gouttes de sang et ce que cela signifie.

Dans la Parasha Ki Tetsé nous avons développé un aspect concernant la lutte que nous devons mener contre le mauvais penchant (certains répugnent à prononcer le nom du Satan).

Il est utile ici de reprendre une notion évoquée dans ce précédent exposé où nous expliquions que le Mauvais Penchant (Satan) possède 7 noms (chaque nom servant à saisir ce mauvais penchant sous un aspect différent).

Devant la façon dont est rapportée l’aspersion du sang sur le kaporeth par le Grand Prêtre, les Sages se posent la question de savoir pour quelle raison décompte-t-on ainsi : 1, 1 et 1, 1 et 2, 1 et 3, etc. ne pouvait-on pas compter 1, 2, 3 etc.?

Il faut en fait en chercher les raisons bien loin, dissimulé “derrière les fagots”. Je vous invite à un “voyage spirituel” qui va nous mener de Rosh Hodesh Eloul à la Néîla de Kippour.

Nous avons déjà évoqué le fait que le nom d’Eloul est une abréviation de “Ani Ledodi Vedodi Li” mais, en réalité, il y a des dizaines de propositions dont les significations nous ramènent presque toujours au rapprochement recherché entre Israël et Son Créateur.

La Mishna Beroura propose une autre version qui est très belle : Eth Levavekha Veéth Levav zar’êkha (את לבבך ואת לבב זרעך) Ton cœur et celui de ta descendance.

Tout ce qui vit dans l’être humain doit, en Eloul s’émouvoir et trembler car l’être humain a ses faiblesses mais il a un pouvoir : celui de comprendre qu’il peut demander pardon et revenir sur ses actes et exprimer ses regrets. En Eloul on sonne du shofar pour que l’âme puisse être émue.

Parmi les exégètes, certains tirent un parallèle entre les mois de l’année et les 12 fils de Jacob et de ce point ils tirent des conclusions qui sont étonnantes.

Ainsi, la tribu de Gad s’illustrerait par le mois d’Eloul pour plusieurs raisons mais, entre autres celles-ci : GAD s’inscrit avec un Guimel et un Daleth soit, en guematriya 3+4 = 7. Et, on déduit le lien très fort que la tribu de Gad avait avec les Tefiline.

Lorsque les gens de la tribu de Gad tuaient des ennemis ils leur tranchaient la tête avec le bras gauche en un seul coup d’épée. En examinant le boîtier des tefiline de la tête, on s’aperçoit que l’une des faces du boîtier est illustrée d’un shine avec 4 branches et l’autre face opposée comporte un shine avec 3 branches.

Ces branches sont des lettres vav. Pour compenser ces 7 vav de la tefila de la tête, on compte sept “tours” de la courroie des tefilines sur le bras gauche.

En revenant aux aspersions du sang du taureau et du bouc sur le kaporeth, cela se produit 7 fois de la façon suivante : une goutte vers le haut (vers le 7ème ciel) et sept fois vers le bas de manière à ce qu’à chaque fois, la goutte projetée vers le haut aide à combattre l’une des 7 facettes du mauvais penchant.

De son côté, le Maharal de Prague tire une leçon : “Tous les miracles et les délivrances du peuple d’Israël ont pour signe le mot אז” c’est-à-dire la valeur numérique 1 + 7 et le Midrash rapporté par le Yalkout Shimôni renchérit en indiquant que lorsque tout le peuple d’Israël a entonné le cantique de “Az yashir Moshé” au milieu de la traversée de la Mer Rouge, D. s’est revêtu d’un manteau resplendissant sur lequel étaient sertis de pierres précieuses tous les cantiques ou versets commençant par le mot “az” ou incluant ce mot. Ceci renforce l’idée du Maharal selon laquelle la lettre alef du mot az représente la goutte aspergée vers le haut et le zayine les 7 goutes aspergées vers le bas, vers chacun des aspects du yetser harâ !!!
Le Maharal explique encore que chaque fois qu’est mentionné ce rapport de 1 sur 7, c’est pour rappeler qu’HaShem est UNIQUE sur les 7 cieux ou sur les 7 planètes etc…..

Pour leur part, les Hazal avaient déjà mentionné ce principe d’UN qui dirige SEPT et, eux, commentent différemment : ils expliquent la différence qui existe entre le mot “SHIRA” et le mot “SHIR”. SHIR est un mot qui est masculin, et que l’on retrouve dans la sidra de Hayé Sara, lorsqu’Eliézer fit présent à Rivka de deux bracelets. En araméen, le mot bracelet se dit “shir” ou cercle fermé.

L’explication est la suivante : à chaque fois qu’une situation s’éclaire et semble “classée” il y a ce qui se nomme une “seguirat maâgal” ou fermeture d’un “cercle”, ou lorsqu’un homme en termine avec une situation angoissante qu’il n’aurait su expliquer et dont il n’aurait pu entrevoir la fin, ajoute le Maharal.

Mais, lorsqu’est employé le terme “shira” au féminin cela signifie que rien n’est clos et que tout peut repartir à nouveau telle une femelle qui devient enceinte et donne la vie à nouveau.

Concernant Rosh Hashana et le rapport d’UN sur SEPT voici une autre version : UN c’est, bien entendu le Créateur et le bouc vivant c’est une seule voix mais, en mourant c’est SEPT voix (c’est le bouc expiatoire ou aussi le bouc qui a remplacé Isaac au moment de la Ligature d’Isaac) car le bouc c’est : 2 cornes –le shofar qui a retentit lors de la promulgation de la Torah sur le Sinaï et l’autre étant celui de la Rédemption à la fin des temps-

C’est encore 2 cuisses qui forment deux flûtes, sa peau utilisée pour le tambourin, et ses intestins pour la harpe et ses tendons pour la lyre !

Les Sages s’expriment encore différemment sur ce rapport de UN sur SEPT : ” Les Justes en mourant restent “vivants” et les impies sont bien “morts” car, disent-ils même en mourant les Justes savent qu’au-dessus de tout et de tous IL N’Y A QU’UN SEUL ET UNIQUE tandis que les impies ne cessent de poser des questions : pourquoi et pourquoi et pourquoi ???

Nous comprenons donc qu’à chaque fois que nous devons mener un combat contre le Malin, la seule alternative est d’appeler le secours d’HaShem pour qu’IL nous aide à combattre le Yetser Harâ et le soumettre quel que soit l’aspect ou le nom sous lequel il apparaît.

A propos du yetser harâ, je voudrais souligner un comportement que beaucoup adoptent : dès après la sonnerie du shofar, beaucoup de fidèles plient leur talith et s’en vont car, ils pensent que le son du cor ayant retenti tout est terminé or, il s’agit d’une erreur grave : il reste encore à prier la prière du soir de la nouvelle journée qui succède au jour de Kippour dont la sainteté est inégalable.

Mais, avant toute chose, il nous faut nous concentrer encore pour “raccompagner” la Majesté Divine vers le “septième ciel” c’est-à-dire qu’au moyen du verset-profession de foi suivant : ה’ הוא האלוקים L’Eternel est notre D (Ado-nay ‘hou ‘haElo-‘him) répété sept fois, nous raccompagnons l’Eternel vers Son trône de Magnificence.

Ainsi, tout se passe comme si, après avoir accueilli un invité de marque qui nous honore de sa présence, tout-à-coup, nous nous levions et l’abandonnions …………. Tout cela pour vite aller boire et manger quelque chose…..et, sacrifier tant d’heures d’une spiritualité sans pareille sur l’autel cde la matérialité ! Et, si nous restions à la synagogue encore dix ou quinze minutes après avoir jeûné déjà 25 heures que se passera-t-il ?

Se restaurer est-il plus important que de dire au revoir à l’invité de marque ?Nos fautes ne sont pardonnées que grâce à Yom Kippour, ne montrons pas notre désir si matériel en partant de la synagogue un peu trop tôt. Ne montrons pas notre impatience à notre D. qui nous pardonne alors que l’homme désobéit constamment.

Au chapitre XXXII des versets 44 à 47 nous relevons six fois le mot כל ou provenant de la racine כל. Le mot כל est composé des initiales כ de כתבו et de ל provenant du verbe “enseigner” ללמד…..

Et, ce que le texte veut nous faire comprendre c’est que si nous n’écrivons pas la Torah et si nous ne l’enseignons pas (allusion à la Torah écrite et à la Torah orale), alors, nous risquons de nous trouver dans la position que décrit le verset 47 : כי לא דבר ריק הוא מכם כי הוא חייכם car –cette Torah – n’est pas une chose vide elle est votre existence.

C’est-à-dire que, lorsqu’il nous est conseillé de choisir la vie c’est-à-dire la Torah, nous considérons que par notre choix/action/modus vivendi d’après la Torah, en l’écrivant et en l’enseignant nous donnons son plein sens non seulement à la Torah mais à la vie elle-même.

En consacrant un peu de temps à l’étude et un peu de notre temps à nous rapprocher de D., nous nous éloignons de la faute et, nous participons activement à la finalité de l’homme juif.

Caroline ElishévaRebouh

Kippour : la Majesté Divine ramenée du « septième ciel »

(Source : JForum)

Haftarath Yom kippour – « Car la bouche de Hachem a parlé »

https://i1.wp.com/www.chiourim.com/wp-content/uploads/2016/10/kippour.jpgMardi soir commence Yom Kippour ______________________________________________________

Le texte de la haftara que l’on récite le matin de Yom kippour (Isaïe 57, 14 à 58, 14) a probablement été choisi en raison des conseils qu’il offre aux fidèles sur la leçon à tirer de cette journée de jeûne.

Ce texte s’achève cependant sur deux versets (58, 13 et 14) dont le contenu est totalement étranger au contexte qui les précède et qui fixent des regles applicables non plus à Yom kippour mais au Chabbath :

« Si tu gardes ton pied de [profaner] le Chabbath, de vaquer à tes affaires en ce jour qui m’est consacré, si tu appelles le Chabbath [tes] délices, [et] honorable le saint [jour] de Hachem, si tu l’honores en t’abstenant de suivre tes voies ordinaires, de t’occuper de tes intérêts et de dire des paroles [vaines], alors tu trouveras tes délices en Hachem, et je te ferai chevaucher sur les hauts lieux de la terre, et je te nourrirai de l’héritage de Jacob, ton père, car la bouche de Hachem a parlé. »

Ces deux versets, que certaines personnes ont pour habitude d’ajouter au texte du kiddouch du samedi matin, confèrent au jour du Chabbath une dimension spirituelle que la Tora ne lui avait pas donnée : Nous devons le célébrer dans la joie, car il est pour nous un moyen privilégié de nous rapprocher de Hachem.

Alors que les commandements nous ont été, dans leur ensemble, enseignés par Moïse, c’est Hachem Lui-même qui nous a appris ceux du Chabbath.

Les deux versets qui marquent la fin de la haftara se terminent par les mots : « …car la bouche de Hachem a parlé », comme pour montrer que Hachem est le seul garant de l’exécution des promesses qui y sont contenues (Radaq).

Jacques Kohn zal’

Haftarath Yom kippour – « Car la bouche de Hachem a parlé »

(Source : Chiourim.com)

Paracha Vayelekh : Le Temple de Salomon, situé entre l’infini et le fini, entre le spirituel et le matériel

King Solomons Temple Today
Le Temple de Salomon
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La paracha Vayelekh et le Temple de Jérusalem
Ce fut quand Moché acheva d’écrire les paroles de cette Torah-ci sur un livre, jusqu’à leur fin, Moché ordonna aux Lévites qui portaient l’arche de l’alliance de Hachem en disant : « Prenez ce livre-ci de la Loi et vous le mettrez à côté de l’arche de l’alliance de Hachem, votre D.ieu ; et il sera là contre toi en témoin.«  (Dévarim 31, 24, 26).
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Le sanctuaire contenait le sépher Torah écrit par Moché et les morceaux des premières tables de la Loi brisées par lui-même à la vue du Veau d’Or. Or, ni l’arche, ni les tables de la Loi ne répondaient aux lois de la physique ordinaire. L’arche avait des dimensions précises : « Et faites une arche en bois d’acacia de 2 coudées et demie de longueur, d’une coudée eet demie de largeur et d’une coudée et demie de hauteur«       (1 Rois, 6, 20) ; et l’arche avait « de chaque côté un espace vide de 10 coudées« . Il fallait donc une longueur de 22,5 coudées (10 + 10 + 2,5) alors que nous n’en avons que 20 !

Le Talmud résout cette contradiction mathématique :

« C’est pour nous une tradition de nos pères que la surface occupée par l’Arche Sainte ne comptait pas dans les dimensions » (du Saint des Saints). Ce qui est enseigné ici, c’est que la physique ayant cours dans le Saint des Saints relevait d’une autre dimension. L’Arche Sainte ne se trouvait pas dans l’espace mesurable. Ainsi, ni l’arche, ni le chérubins ne réduisaient les mesures de lieux.

Autre miracle : l’or de la ménora. On sait que plusieurs catégories d’or étaient utilisées dans le Temple. L’or pur était le plus précieux. Comparer avec les 3 catégories d’or utilisées en bijouterie : 18, 14 et 9 carats . On n’utilise généralement pas l’or pur (24 carats), trop tendre. Mais l’or utilisé pour le candélabre tout en étant de cette catégorie, a permis une utilisation, des siècles durant, sans déformation.

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Les Tables de l’Alliance aussi résultaient d’un miracle, car elles ne répondaient pas aux règles de la physique ordinaire. Dans la Torah, on lit : « Les tables étaient écrites des 2 côtés, écrites par là et par là. » (Chemot 32, 15). Ce qui veut dire que ces tables portaient des lettres gravées de part en part dans l’épaisseur de la pierre.

En hébreu, 2 lettres ont plus ou moins la forme d’un anneau, et si l’on grave une forme de ce type (comme la lettre « o ») sur une dalle, percée de part en part, on obtient un trou, mais certainement pas un anneau conservant la partie intérieure de la lettre pleine. Si l’on comprend qu’un « aleph » gravé puisse se voir sur la table de pierre (vide sur plein), on comprend moins qu’un « samekh » ou qu’un « mem » final puisse toujours se voir. Il faudrait pour cela que la partie inférieure de la lettre soit flottante  or, c’est ce qui se produisait pour les lettres fermées « samekh » ou pour le « mem » final, dont les formes exactes étaient préservées par miracle sur les tables de la Loi.

alphabet-hebreu-aleph   la lettre aleph

A droite, mem, à gauche mem final

https://p8.storage.canalblog.com/85/32/1074115/83160477_p.jpg samekh

Comme toutes les autres lettres, ces 2 lettres étaient lisibles. C’est à dire que les tables portant ces lettres étaient dans l’espace, mais n’en faisaient pas totalement partie, ayant des caractéristiques différentes de celles de l’espace physique ordinaire : « la pierre qu’elles entouraient n’était jointe à rien, mais elles étaient maintenues en place par D.ieu. » Ainsi, le Saint des Saints contenait, dans l’espace et le temps de notre monde matériel, ce qui était au-dessus de l’espace et le temps.

On remarquera que la Torah contient donc, en clair, l’information sur l’existence de lois physiques différentes de celle de notre Terre. Nous avons quelque incapacité à comprendre cela puisque nous avons l’expérience d’un espace géométrique rendu par les lois de la physique (telle que comprise aujourd’hui). Cela pouvait sembler délirant il y a quelques millénaires, et même au Moyen-Âge ou aux Temps modernes. Pourtant, si on lâche un objet, il tombe. Cela peut sembler normal, mais cela ne l’est plus du tout si on le fait dans une navette spatiale, la gravitation terrestre n’ayant plus cours. On pourrait dire que le Saint des Saints était le point de rencontre de plusieurs mondes physiques de natures différentes. Le monde matériel qui est le nôtre et des mondes spirituels qui nous dépassent.

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Pourquoi Moché a-t-il ordonné : « Prenez ce livre-ci de la Loi et vous le mettrez à côté de l’Arche d’Alliance » ? Pourquoi précisément en ce lieu ? L’objet matériel qu’est le sepher Torah contient des lettres tracées à l’encre sur un parchemin. Ces lettres font partie de l’espace ordinaire, contrairement à celles tracées sur les premières tables de la Loi. La juxtaposition de cet objet matériel en ce lieu surnaturel prend sens : elle crée une « inteface », une « transition » entre l’espace du monde et celui du sanctuaire intérieur, qui, lui, renvoie à l’infini divin, le but ultime du Saint des Saints étant que sa lumière se répande au-dehors,:

– à tout le Bet hamikdach,

– à tout Jérusalem,

– à tout Eretz Israël

et, au-delà,  à toutes les nations du monde.

Cela afin que tous prennent conscience que l’infini peut être trouvé dans le fini, et que D.ieu habite à l’intérieur du monde ». Mais, pour  qu’un lien soit établi entre l’infini et le fini, entre le Saint des Saints et le monde, il fallait un intermédiaire possédant une double dimension. Ce principe est en allusion dans la nature du sepher T+orah  ses lettres ne sont pas « unies » avec le parchemin. Il était déposé en un lieu où la notion d’espace était différente de celle du monde extérieur. Aussi, le sepher est en mesure d’assurer cette fonction de médiation. Comme le dit le Rabbi de Loubavitch : « l’Arche et les Tables représentaient l’effacement complet en présence de D.ieu. Elles n’occupaient aucun espace : elles étaient quelque chose devenu rien. Mais les lettres de la Torah étaient tangibles, écrites avec de l’encre sur du parchemin. »

https://i2.wp.com/www.consistoire.org/documents/119/simhatorah2.jpg

Le Saint des Saints était donc un « espace » intermédiaire entre le monde matériel et les mondes spirituels : il était déjà autre, les propriétés physiques et les manifestations géométriques de l’espace humain n’y ayant plus totalement cours. L’ordre de Moché nous permet de participer toujours à cet espace de transition. Le sepher Torah, cet objet physique, est notre intermédiaire entre D.ieu et le monde, entre notre rationalité qui s’articule dans le temps et l’espace et une source dépassant notre entendement.

https://i.ytimg.com/vi/tvTm7PcnILw/maxresdefault.jpgLe mont du Temple aujourd’hui

A la fête de Sim’hat Torah, toutes les synagogues dans le monde achèvent la lecture du rouleau de la Torah, reprennent au commencement et dansent dans la joie avec le sepher Torah.

Tous les Juifs attendent avec impatience la reconstruction du 3ème et dernier Temple de Jérusalem qui sera le signe de la délivrance finale. Puissions nous en être les témoins. Ken yehi ratson. Amen.

(Sources : d’après « La voix de Jacob, tome 5, » de Hillel Bakis, aux éditions Bakish – Consistoire de Paris-Ile de France)

PARACHAT HACHAVOUA – PARACHA DE LA SEMAINE du vendredi 6 au Chabbat 7 Tichri 5779 (du vendredi 14 au samedi 15 septembre 2018)

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Cette semaine, nous étudions la paracha Vayelekh (Devarim 31, 1 – 31,30)

Lecture de la paracha Vayélèkh en français

Sois fort et courageux

Depuis quelques jours nous sommes pris dans une frénésie due aux jours exceptionnels qui ont commencé avec la nouvelle année. Moché quitte ce monde et ses fonctions.

Il rend visite à chaque hébreu pour lui apporter ses dernières recommandations. Les temps futurs seront difficiles pour le nouveau dirigeant parce que le remplacement d’un homme comme Moché n’est pas chose aisée.

Josué aura cette tâche redoutée et redoutable. Les premiers mots de Moché à l’adresse de son fidèle serviteur sont : « Hazak véémats » : sois fort et courageux.

Curieusement, quelques versets après on retrouve la même formule adressée cette fois à l’ensemble du peuple d’Israël. (Ch. 31 v.6). dans les maximes populaires , « Hazak véémats » ou « Hazak » annoncent une sorte d’approbation à la fin d’une bonne parole prononcée par les maîtres ou à la suite d’un bon discours.

En réalité, un dirigeant se reconnaît grâce à la durée dans son mandat. La réussite d’un programme ou des innovations n’est pas apparente à prime abord.

C’est un pari dans le futur. Parfois le scepticisme peut gagner soit les initiateurs, soit les utilisateurs et même les deux.

Moché s’adresse à son remplaçant. Il le met en garde fermement. Lorsque les décisions sont prises parce qu’elles abordent l’avenir du peuple d’Israël, il faut être ferme et patient. Les résultats se dessinent lentement. La moindre hésitation peut être fatale.

Souvent le dirigeant ne peut compter que sur ses motivations et sur sa détermination à appliquer des lois impopulaires et dérangeantes.

Moché a eu l’expérience amère devant tout un peuple de s’opposer à Korah.

Il avait uniquement ses convictions et l’appui divin. Le temps lui a donné raison mais il fallait d’abord rester ferme et ne pas être tenté de régler les problèmes par des compromissions ou des partages qui aboutissent à affaiblir l’autorité.

Le deuxième volet concerne le peuple lui-même. Il a besoin de raffermir le plan d’action proposé, et sa place. S’il donne sa confiance à celui que le dirige, il a aussi besoin de faire des efforts pour supporter les lois dictées, souvent incomprises ou seulement nouvelles.

Le peuple hébreu a eu un comportement étrange, le temps où Moché est allé lui chercher la Thora.

Il a fabriqué le veau d’or pensant que son dirigeant n’était plus. Il désigna ce veau comme son dieu qui lui a prodigué les miracles de la sortie d’Egypte.

Moché et le peuple comme tout responsable et ses administrés doivent conjuguer leurs forces pour que l’entreprise réussisse et devienne pérenne.

Rabbin S.Malka

(Source : Chiourim.org)

« Soyez forts et vaillants ! Ne soyez pas effrayés ni intimidés face à eux, car l’Eternel ton D.ieu lui-même marche avec toi; il ne te laissera pas succomber et ne t’abandonnera pas« . (Deutéronome, 31, 6)

Dans le chapitre unique que contient cette SIDRA, notre maître Moise, arrivé à l’âge de cent vingt ans, retrouve les accents de son jeune âge pour insuffler aux Hébreux le courage dont ils auront besoin  » face aux autres  » peuples qu’ils s’apprêtent à affronter.Si les chefs sont mortels, dit-il, si lui-même ne peut plus leur servir de guide, les enfants d’Israël ont à leur service l’Eternel pour les conduire dans la Terre promise. Ils n’ont donc rien à craindre ; ils n’ont donc aucune raison d’avoir peur de leur rencontre avec les autres peuples.

C’est que pays de Canaan n’allait pas tomber dans leurs mains comme un fruit mûr. Des batailles allaient être engagées: un effort allait être demandé aux enfants d’Israël pour conquérir la Terre promise. Ils avaient donc besoin d’y être encouragés par leur chef Moïse avant qu’il ne laissât le commandement et la direction des opérations à Josué, son successeur.

Grâce à ces encouragements de la dernière heure, nos ancêtres ont effectivement réussi à conquérir facilement le pays et à se le partager. Et de la sorte, bien que n’ayant pas traversé le Jourdain, bien que mort, Moïse aura contribué néanmoins à la réussite de cette opération si longtemps attendue.

Mais ce n’est pas seulement dans de tels cas que le courage est nécessaire  » face aux autres « . En toutes circonstances nous avons le devoir de ne pas nous laisser effrayer ou intimider. Différents des autres sur un certain nombre de points, obligés de vivre selon des lois qui nous sont particulières, nous pourrions nous sentir gênés, intimidés, voire agacés face aux autres, bien plus nombreux que nous.

C’est donc à nous également que s’adresse Moïse. II nous demande d’être, dans ces circonstances-là,  » pleins de courage et de vaillance « .

Mais pour avoir cette force nécessaire pour affirmer et maintenir notre différence, il nous faut cultiver nos connaissances dans le domaine juif, savoir mieux encore ce que nous sommes et pourquoi nous le sommes et prendre de la sorte plus d’assurance et d’aplomb.

C’est la seule façon pour chacun de nous, de ne pas avoir honte de soi-même, de ne pas rougir de son judaïsme devant les autres, d’en arriver même à être fier de son identité juive, de l’affirmer en toute occasion, la tête haute.

Si les juifs ont besoin du monde, le monde a tout autant besoin des juifs.

Article – Paracha Vayelekh

(Source : Lamed.fr)

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Et Je voilerai Ma face

« Et je voilerais ma face ce jour-là, à cause de tout le mal qu’il a fait… » (Devarim 31-18)

Question :
Comment est-il possible qu’Hashem puisse voiler Sa face de nous ?
Comment Israël pourra-t-il survivre sans l’éblouissement de la face d’Hashem sur le monde ?

Le Ba’al Shem Tov explique par une image :

Un jour, un roi voulut se cacher dans son palais, sans que personne ne puise deviner sa présence.
Par de la prestidigitation, il fit apparaître différentes choses à ses enfants tout autour de son palais.
On y aperçut des murs de feu, des fleuves, le tout seulement par de la magie.
Ceux qui étaient intelligents parmi les enfants du roi se dirent :
« Comment notre père qui est si sensible peut-il refuser de se montrer à ses enfants ?! Il est certain que ceci n’est que de l’effet d’optique dans le seul but de nous tester afin de déterminer notre force et notre volonté à le rejoindre !! »
En effet, les enfants purent se rendre compte qu’il n’y avait aucun obstacle, mais seulement de l’apparence, et lorsqu’ils franchirent le fleuve, celui-ci disparut, et de même pour tous les autres obstacles.

Il en est de même pour Hashem.
Il se cache afin de voir notre désir de se rapprocher de lui, mais en réalité, il reste totalement proche de nous, et il nous suffit de s’efforcer à nous rapprocher de lui pour constater que la démarche n’est pas si compliquée !

Histoire

Un jour, Rabbi Barou’h de Meziboz était dans son bureau en train d’étudier, lorsque son petit fils entra dans la pièce en pleurant. Son grand-père lui demanda :
« Pourquoi pleures-tu ? »
L’enfant répondit :
« Je jouais à « cache-cache » avec mes camarades, et selon les règles du jeu, je dois me cacher afin que mes camarades me cherchent et me trouvent, mais voilà des heures que je suis caché et ils m’ont tous abandonné, aucun ne cherche après moi !! »
Lorsque Rabbi Barou’h entendit les paroles de son petit fils, il éclata lui aussi en sanglots :
« Hashem lui aussi pleure dans sa cachette et se lamente : Pourquoi personne ne me cherche-t-il ?! » Il est effectivement écrit : « Et je voilerais ma face ce jour-là… » Pourquoi se cache-t-il de nous si ce n’est dans le but que nous cherchions après lui ?!

Comme il est écrit : « De là-bas vous chercherez Hashem ton D. et tu le trouveras, car tu l’as réclamé de tout ton coeur et de toute ton âme. » Hashem dit :
« Si vous me cherchez, vous me trouverez, mais personne ne me cherche !! »

Halakha Yomit

(Source : Chiourim.org)