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PARACHAT HACHAVOUA – PARACHA DE LA SEMAINE du vendredi 11 au Chabbat 12 Sivan 5779 (du vendredi 14 au samedi 15 juin 2019)

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Cette semaine nous étudions la paracha Nasso (Bamidbar 4,21 – 7,89)
4,21
L’Éternel parla à Moïse en ces termes:
4,22
« Il faut faire aussi le relevé des enfants de Gerson, par maisons paternelles, selon leurs familles.
4,23
C’est depuis l’âge de trente ans et plus, jusqu’à l’âge de cinquante ans, que tu les recenseras: quiconque est apte à participer au service, à faire une besogne dans la tente d’assignation.
4,24
Voici ce qui est imposé aux familles nées de Gerson, comme tâche et comme transport:
4,25
elles porteront les tapis du tabernacle, le pavillon d’assignation, sa couverture et la housse de tahach qui la couvre extérieurement, ainsi que le rideau-portière de la tente d’assignation;
4,26
les toiles du parvis, le rideau d’entrée servant de porte à ce parvis, qui s’étend autour du tabernacle et de l’autel, et leurs cordages, et toutes les pièces de leur appareil; enfin, tout ce qui s’y rattache, elles s’en occuperont.
4,27
C’est sur l’ordre d’Aaron et de ses fils qu’aura lieu tout le service des descendants de Gerson, pour tout ce qu’ils ont à porter comme à exécuter; et vous commettrez à leur garde tout ce qu’ils devront transporter.
4,28
Telle est la tâche des familles descendant de Gerson, dans la tente d’assignation; et leur surveillance appartient à Ithamar, fils d’Aaron le pontife.
4,29
Les enfants de Merari, selon leurs familles, par maisons paternelles, tu les recenseras.
4,30
De l’âge de trente ans et au-dessus, jusqu’à l’âge de cinquante ans, tu les recenseras: tous ceux qui sont admissibles au service, pouvant faire la besogne de la tente d’assignation.
4,31
Voici ce qu’ils sont tenus de porter, selon le détail de leur emploi dans la tente d’assignation: les solives du tabernacle, ses traverses, ses piliers et ses socles;
4,32
les piliers du pourtour du parvis, leurs socles, leurs chevilles et leurs cordages, avec toutes leurs pièces et tout ce qui s’y rattache. Vous leur attribuerez nominativement les objets dont le transport leur est confié.
4,33
Telle est la tâche des familles descendant de Merari, le détail de leur service dans la tente d’assignation, sous la direction d’Ithamar, fils d’Aaron le pontife. »
4,34
Moïse et Aaron, et les phylarques de la communauté, firent le recensement des Kehathites, par familles et maisons paternelles,
4,35
depuis l’âge de trente ans et au-delà, jusqu’à l’âge de cinquante ans, de quiconque était admissible au service, à un emploi dans la tente d’assignation.
4,36
Recensés ainsi par familles, ils étaient deux mille sept cent cinquante.
4,37
Tel fut le contingent des familles nées de Kehath, employées dans la tente d’assignation, ainsi que Moïse et Aaron les recensèrent d’après l’ordre de l’Éternel, transmis par Moïse.
4,38
Pour le contingent des enfants de Gerson, dénombrés selon leurs familles et leurs maisons paternelles,
4,39
depuis l’âge de trente ans et au-delà, jusqu’à l’âge de cinquante ans, tous ceux qui étaient admissibles au service, à un emploi dans la tente d’assignation,
4,40
comptés par familles, selon leurs maisons paternelles, leur nombre fut de deux mille six cent trente.
4,41
Tel fut le contingent des familles nées de Gerson, employées dans la tente d’assignation, ainsi que Moïse et Aaron les recensèrent sur l’ordre de l’Éternel.
4,42
Et le contingent des familles des enfants de Merari, classés par familles, selon leurs maisons paternelles,
4,43
depuis l’âge de trente ans et au-delà, jusqu’à l’âge de cinquante ans, tous ceux qui étaient admissibles au service, à une tâche dans la tente d’assignation,
4,44
leur contingent, par familles, fut de trois mille deux cents.
4,45
Tel fut le contingent des familles des enfants de Merari, que Moïse et Aaron dénombrèrent sur l’ordre de l’Éternel, transmis par Moïse.
4,46
Total du dénombrement opéré par Moïse, Aaron et les phylarques d’Israël à l’égard des Lévites, selon leurs familles et leurs maisons paternelles,
4,47
de l’âge de trente ans et au-delà, jusqu’à l’âge de cinquante ans, tous ceux qui étaient admissibles à l’exécution d’un service ou à celle d’un transport dans la tente d’assignation:
4,48
leur nombre fut de huit mille cinq cent quatre-vingts.
4,49
D’après l’ordre de l’Éternel, on leur assigna, sous la direction de Moïse, à chacun son service et les objets à transporter ainsi que ses préposés, désignés par l’Éternel à Moïse.
5,1
L’Éternel parla à Moïse en ces termes:
5,2
« Ordonne aux enfants d’Israël de renvoyer du camp tout individu lépreux, ou atteint de flux, ou souillé par un cadavre.
5,3
Renvoyez-les, hommes ou femmes, reléguez-les hors du camp, afin qu’ils ne souillent point ces enceintes au milieu desquelles je réside. »
5,4
Ainsi firent les enfants d’Israël: ils les renvoyèrent hors du camp. Comme l’Éternel avait parlé à Moïse, ainsi agirent les enfants d’Israël.
5,5
L’Éternel parla à Moïse en ces termes:
5,6
« Parle ainsi aux enfants d’Israël: Si un homme ou une femme a causé quelque préjudice à une personne et, par là, commis une faute grave envers le Seigneur, mais qu’ensuite cet individu se sente coupable,
5,7
il confessera le préjudice commis, puis il restituera intégralement l’objet du délit, augmenté du cinquième, et qui doit être remis à la personne lésée.
5,8
Si cette personne n’a pas de proche parent à qui l’on puisse restituer l’objet du délit, cet objet, appartenant à l’Éternel, sera remis au pontife; indépendamment du bélier expiatoire, par lequel on lui obtiendra grâce.
5,9
Toute chose prélevée ou tout objet consacré offert par les enfants d’Israël au pontife, lui appartiendra.
5,10
Possesseur d’une chose sainte, on peut en disposer; dès qu’on l’a donnée au pontife, elle est à lui. »
5,11
L’Éternel parla à Moïse en ces termes:
5,12
« Parle aux enfants d’Israël et dis-leur: Si la femme de quelqu’un, déviant de ses devoirs, lui devient infidèle;
5,13
si un homme a eu avec elle un commerce charnel à l’insu de son époux, et qu’elle ait été clandestinement déshonorée, nul cependant ne déposant contre elle, parce qu’elle n’a pas été surprise,
5,14
mais qu’un esprit de jalousie se soit emparé de lui et qu’il soupçonne sa femme, effectivement déshonorée; ou qu’un esprit de jalousie se soit emparé de lui et qu’il soupçonne sa femme, bien qu’elle n’ait point subi le déshonneur,
5,15
cet homme conduira sa femme devant le pontife, et présentera pour offrande, à cause d’elle, un dixième d’épha de farine d’orge; il n’y versera point d’huile et n’y mettra point d’encens, car c’est une oblation de jalousie, une oblation de ressouvenir, laquelle remémore l’offense.
5,16
Et le pontife la fera approcher, et il la placera en présence du Seigneur.
5,17
Le pontife puisera de l’eau sainte dans un vase d’argile, prendra de la poussière se trouvant sur le sol du tabernacle et la mettra dans cette eau.
5,18
Plaçant alors la femme en présence du Seigneur, le pontife lui découvrira la tête et lui posera sur les mains l’oblation de ressouvenir, qui est l’oblation de jalousie, tandis qu’il tiendra dans sa propre main les eaux amères de la malédiction.
5,19
Puis le pontife adjurera cette femme. Il lui dira: « Si un homme n’a pas eu commerce avec toi, si tu n’as pas dévié, en te souillant, de tes devoirs envers ton époux, sois épargnée par ces eaux amères de la malédiction.
5,20
Mais s’il est vrai que tu aies trahi ton époux et te sois laissée déshonorer; si un homme a eu commerce avec toi, autre que ton époux… »
5,21
Alors le pontife adjurera la femme par le serment d’imprécation, et il dira à la femme: « Que l’Éternel fasse de toi un sujet d’imprécation et de serment au milieu de ton peuple, en faisant lui l’Éternel dépérir ton flanc et gonfler ton ventre;
5,22
et que ces eaux de malédiction s’introduisent dans tes entrailles, pour faire gonfler le ventre et dépérir le flanc! » Et la femme répondra: « Amen! Amen! »
5,23
Le pontife écrira ces malédictions sur un bulletin, et les effacera dans les eaux amères;
5,24
et il fera boire à la femme les eaux amères de la malédiction, afin que ces eaux de malédiction portent dans son sein l’amertume.
5,25
Puis le pontife prendra des mains de la femme l’oblation de jalousie; il balancera cette oblation devant le Seigneur, et l’approchera de l’autel.
5,26
Le pontife prendra une poignée de cette oblation comme mémorial qu’il fera fumer sur l’autel. C’est alors qu’il fera boire à cette femme le breuvage.
5,27
Lorsqu’il le lui aura fait boire, il arrivera que, si elle s’est souillée et a trahi son époux, ce breuvage de malédiction portera dans son sein l’amertume: il fera gonfler son ventre, dépérir son flanc; et cette femme deviendra un sujet d’imprécation parmi son peuple.
5,28
Mais si cette femme ne s’est pas souillée, si elle est pure, elle restera intacte et aura même une postérité.
5,29
Telle est la règle concernant la jalousie, au cas qu’une femme ait dévié de ses devoirs envers son mari et se soit déshonorée,
5,30
ou si un homme, assailli d’un esprit de jalousie, avait soupçonné sa femme: il la placera en présence du Seigneur, et le pontife lui appliquera cette règle en tout point.
5,31
Cet homme sera net de toute faute, et cette femme expiera la sienne. »
6,1
L’Éternel parla ainsi à Moïse:
6,2
« Parle aux enfants d’Israël et dis-leur: Si un homme ou une femme fait expressément vœu d’être abstème, voulant s’abstenir en l’honneur de l’Éternel,
6,3
il s’abstiendra de vin et de boisson enivrante, ne boira ni vinaigre de vin, ni vinaigre de liqueur, ni une infusion quelconque de raisins, et ne mangera point de raisins frais ni secs.
6,4
Tout le temps de son abstinence, il ne mangera d’aucun produit de la vigne, depuis les pépins jusqu’à l’enveloppe.
6,5
Tout le temps stipulé pour son abstinence, le rasoir ne doit pas effleurer sa tête: jusqu’au terme des jours où il veut s’abstenir pour l’Éternel, il doit rester sain, laisser croître librement la chevelure de sa tête.
6,6
Tout le temps de cette abstinence en l’honneur de l’Éternel, il ne doit pas approcher d’un corps mort;
6,7
pour son père et sa mère, pour son frère et sa sœur, pour ceux-là même il ne se souillera point à leur mort, car l’auréole de son Dieu est sur sa tête.
6,8
Tant qu’il portera cette auréole, il est consacré au Seigneur.
6,9
Si quelqu’un vient à mourir près de lui inopinément, ce sera une souillure pour sa tête consacrée: il rasera sa tête le jour de sa purification, le septième jour il la rasera.
6,10
Puis, le huitième jour, il apportera deux tourterelles ou deux jeunes colombes au pontife, à l’entrée de la tente d’assignation.
6,11
Le pontife offrira l’une comme expiatoire, l’autre comme holocauste, et fera expiation pour lui du péché qu’il a commis par ce cadavre; et il consacrera de nouveau sa chevelure en ce jour.
6,12
Il vouera au Seigneur la même période d’abstinence et il offrira un agneau âgé d’un an comme délictif; pour les jours antérieurs, ils seront nuls, parce que son abstinence a été violée.
6,13
Or, voici la règle de l’abstème: quand seront accomplis les jours de son abstinence, on le fera venir à l’entrée de la tente d’assignation,
6,14
et il présentera son offrande à l’Éternel: un agneau d’un an, sans défaut, pour holocauste; une brebis d’un an, sans défaut, pour expiatoire, et un bélier, sans défaut, pour rémunératoire.
6,15
Plus une corbeille d’azymes, savoir des gâteaux de fleur de farine pétris à l’huile, et des galettes azymes ointes d’huile, outre leurs oblations et leurs libations.
6,16
Le pontife en fera hommage à l’Éternel: il offrira son expiatoire et son holocauste,
6,17
traitera le bélier comme sacrifice rémunératoire à l’Éternel, accompagné de la corbeille d’azymes, et il y joindra son oblation et sa libation.
6,18
Alors l’abstème rasera, à l’entrée de la tente d’assignation, sa tête consacrée; et il prendra cette chevelure consacrée, et la jettera sur le feu qui est sous la victime de rémunération.
6,19
Et le pontife prendra l’épaule du bélier, quand elle sera cuite, puis un gâteau azyme dans la corbeille et une galette azyme; il les posera sur les mains de l’abstème, après qu’il se sera dépouillé de ses cheveux consacrés,
6,20
et le pontife en opérera le balancement devant le Seigneur: c’est une chose sainte qui appartient au pontife, indépendamment de la poitrine balancée et de la cuisse prélevée. Alors l’abstème pourra boire du vin.
6,21
Telle est la règle de l’abstème qui aura fait un vœu; telle sera son offrande à l’Éternel au sujet de son abstinence, sans préjudice de ce que permettront ses moyens: selon le vœu qu’il aura prononcé, ainsi fera-t-il, en sus de la règle relative à son abstinence. »
6,22
L’Éternel parla à Moïse en ces termes:
6,23
« Parle ainsi à Aaron et à ses fils: Voici comment vous bénirez les enfants d’Israël; vous leur direz:
6,24
« Que l’Éternel te bénisse et te protège!
6,25
Que l’Éternel fasse rayonner sa face sur toi et te soit bienveillant!
6,26
Que l’Éternel dirige son regard vers toi et t’accorde la paix! »
6,27
Ils imposeront ainsi mon nom sur les enfants d’Israël, et moi je les bénirai. »
7,1
Or, le jour où Moïse eut achevé de dresser le tabernacle, de l’oindre et de le consacrer avec toutes ses pièces, ainsi que l’autel et tous ses ustensiles; lorsqu’il les eut ainsi oints et consacrés,
7,2
les phylarques d’Israël, chefs de leurs familles paternelles, firent des offrandes; ce furent les chefs des tribus, les mêmes qui avaient présidé aux dénombrements.
7,3
Ils présentèrent pour offrande, devant l’Éternel, six voitures-litières et douze bêtes à cornes, une voiture par deux phylarques, un taureau par phylarque, et ils les amenèrent devant le tabernacle.
7,4
Et l’Éternel dit à Moïse ce qui suit:
7,5
« Reçois ces présents de leur part, ils seront employés au service de la tente d’assignation: tu les remettras aux Lévites, à chacun selon sa tâche. »
7,6
Moïse reçut les voitures et les bêtes à cornes, et les remit aux Lévites.
7,7
Il donna deux voitures et quatre taureaux aux enfants de Gerson, eu égard à leur tâche;
7,8
et les quatre autres voitures et les huit autres taureaux, il les donna aux enfants de Merari, eu égard à leur tâche, dirigée par Ithamar, fils d’Aaron le pontife.
7,9
Quant aux enfants de Kehath, il ne leur en donna point: chargés du service des objets sacrés, ils devaient les porter sur l’épaule.
7,10
Les phylarques firent des offrandes inaugurales pour l’autel, le jour où il avait été oint, et ils amenèrent leurs offrandes devant l’autel.
7,11
Mais l’Éternel dit à Moïse: « Qu’un jour un phylarque, un jour un autre phylarque présentent leur offrande pour l’inauguration de l’autel. »
7,12
Celui qui présenta le premier jour son offrande, fut Nahchôn, fils d’Amminadab, de la tribu de Juda.
7,13
Son offrande était: une écuelle d’argent, du poids de cent trente sicles; un bassin d’argent de soixante-dix sicles, au poids du sanctuaire, tous deux remplis de fleur de farine pétrie à l’huile, pour une oblation;
7,14
une coupe de dix sicles, en or, pleine de parfum;
7,15
un jeune taureau, un bélier, un agneau d’un an, pour holocauste;
7,16
un jeune bouc, pour expiatoire;
7,17
puis, pour le sacrifice de rémunération, deux taureaux, cinq béliers, cinq boucs, cinq agneaux d’un an. Telle fut l’offrande de Nahchôn, fils d’Amminadab.
7,18
Le second jour, l’offrant fut Nethanel, fils de Çouar, phylarque d’Issachar,
7,19
lequel présenta pour offrande: une écuelle d’argent, du poids de cent trente sicles; un bassin d’argent de soixante-dix sicles, au poids du sanctuaire, tous deux remplis de fleur de farine pétrie à l’huile, pour une oblation;
7,20
une coupe de dix sicles, en or, pleine de parfum;
7,21
un jeune taureau, un bélier, un agneau d’un an, pour holocauste;
7,22
un jeune bouc, pour expiatoire;
7,23
et, pour le sacrifice de rémunération, deux taureaux, cinq béliers, cinq boucs, cinq agneaux d’un an. Telle fut l’offrande de Nethanel, fils de Çouar.
7,24
Le troisième jour, ce fut le phylarque des enfants de Zabulon, Elïab, fils de Hêlôn.
7,25
Son offrande: une écuelle d’argent, du poids de cent trente sicles; un bassin d’argent de soixante-dix sicles, au poids du sanctuaire, tous deux remplis de fleur de farine pétrie à l’huile, pour une oblation;
7,26
une coupe de dix sicles, en or, pleine de parfum;
7,27
un jeune taureau, un bélier, un agneau d’un an, pour holocauste;
7,28
un jeune bouc, pour expiatoire;
7,29
et, pour le sacrifice de rémunération, deux taureaux, cinq béliers, cinq boucs, cinq agneaux d’un an. Telle fut l’offrande d’Elïab, fils de Hêlôn.
7,30
Au quatrième jour, le phylarque des enfants de Ruben, Eliçour, fils de Chedéour.
7,31
Son offrande: une écuelle d’argent, du poids de cent trente sicles; un bassin d’argent de soixante-dix sicles, au poids du sanctuaire, tous deux remplis de fleur de farine pétrie à l’huile, pour une oblation;
7,32
une coupe de dix sicles, en or, pleine de parfum;
7,33
un jeune taureau, un bélier, un agneau d’un an, pour holocauste;
7,34
un jeune bouc, pour expiatoire;
7,35
et, pour le sacrifice de rémunération, deux taureaux, cinq béliers, cinq boucs, cinq agneaux d’un an. Telle fut l’offrande d’Eliçour, fils de Chedéour.
7,36
Au cinquième jour, le phylarque des enfants de Siméon, Cheloumïel, fils de Çourichaddaï.
7,37
Son offrande: une écuelle d’argent, du poids de cent trente sicles; un bassin d’argent de soixante-dix sicles, au poids du sanctuaire, tous deux remplis de fleur de farine pétrie à l’huile, pour une oblation;
7,38
une coupe de dix sicles, en or, pleine de parfum;
7,39
un jeune taureau, un bélier, un agneau d’un an, pour holocauste;
7,40
un jeune bouc, pour expiatoire;
7,41
et, pour le sacrifice de rémunération, deux taureaux, cinq béliers, cinq boucs, cinq agneaux d’un an. Telle fut l’offrande de Cheloumïel, fils de Çourichaddaï.
7,42
Au sixième jour, le phylarque des enfants de Gad, Elyaçaf, fils de Deouêl.
7,43
Son offrande: une écuelle d’argent, du poids de cent trente sicles; un bassin d’argent de soixante-dix sicles, au poids du sanctuaire, tous deux remplis de fleur de farine pétrie à l’huile, pour une oblation;
7,44
une coupe de dix sicles, en or, pleine de parfum;
7,45
un jeune taureau, un bélier, un agneau d’un an, pour holocauste;
7,46
un jeune bouc, pour expiatoire;
7,47
et, pour le sacrifice de rémunération, deux taureaux, cinq béliers, cinq boucs, cinq agneaux d’un an. Telle fut l’offrande d’Elyaçaf, fils de Deouêl.
7,48
Au septième jour, le phylarque des enfants d’Ephraïm, Elichama, fils d’Ammihoud.
7,49
Son offrande: une écuelle d’argent, du poids de cent trente sicles; un bassin d’argent de soixante-dix sicles, au poids du sanctuaire, tous deux remplis de fleur de farine pétrie à l’huile, pour une oblation;
7,50
une coupe de dix sicles, en or, pleine de parfum;
7,51
un jeune taureau, un bélier, un agneau d’un an, pour holocauste;
7,52
un jeune bouc, pour expiatoire;
7,53
et, pour le sacrifice de rémunération, deux taureaux, cinq béliers, cinq boucs, cinq agneaux d’un an. Telle fut l’offrande d’Elichama, fils d’Ammihoud.
7,54
Au huitième jour, le phylarque des enfants de Manassé, Gamliel, fils de Pedahçour.
7,55
Son offrande: une écuelle d’argent, du poids de cent trente sicles; un bassin d’argent de soixante-dix sicles, au poids du sanctuaire, tous deux remplis de fleur de farine pétrie à l’huile, pour une oblation;
7,56
une coupe de dix sicles, en or, pleine de parfum;
7,57
un jeune taureau, un bélier, un agneau d’un an, pour holocauste;
7,58
un jeune bouc, pour expiatoire;
7,59
et, pour le sacrifice de rémunération, deux taureaux, cinq béliers, cinq boucs, cinq agneaux d’un an. Telle fut l’offrande de Gamliel, fils de Pedahçour.
7,60
Au neuvième jour, le phylarque des enfants de Benjamin, Abidân, fils de Ghidoni.
7,61
Son offrande: une écuelle d’argent, du poids de cent trente sicles; un bassin d’argent de soixante-dix sicles, au poids du sanctuaire, tous deux remplis de fleur de farine pétrie à l’huile, pour une oblation;
7,62
une coupe de dix sicles, en or, pleine de parfum;
7,63
un jeune taureau, un bélier, un agneau d’un an, pour holocauste;
7,64
un jeune bouc, pour expiatoire;
7,65
et, pour le sacrifice de rémunération, deux taureaux, cinq béliers, cinq boucs, cinq agneaux d’un an. Telle fut l’offrande d’Abidân, fils de Ghidoni.
7,66
Au dixième jour, le phylarque des enfants de Dan, Ahïézer, fils d’Ammichaddaï.
7,67
Son offrande: une écuelle d’argent, du poids de cent trente sicles; un bassin d’argent de soixante-dix sicles, au poids du sanctuaire, tous deux remplis de fleur de farine pétrie à l’huile, pour une oblation;
7,68
une coupe de dix sicles, en or, pleine de parfum;
7,69
un jeune taureau, un bélier, un agneau d’un an, pour holocauste;
7,70
un jeune bouc, pour expiatoire;
7,71
et, pour le sacrifice de rémunération, deux taureaux, cinq béliers, cinq boucs, cinq agneaux d’un an. Telle fut l’offrande d’Ahïézer, fils d’Ammichaddaï.
7,72
Au onzième jour, le phylarque des enfants d’Aser, Paghiel, fils d’Okran.
7,73
Son offrande: une écuelle d’argent, du poids de cent trente sicles; un bassin d’argent de soixante-dix sicles, au poids du sanctuaire, tous deux remplis de fleur de farine pétrie à l’huile, pour une oblation;
7,74
une coupe de dix sicles, en or, pleine de parfum;
7,75
un jeune taureau, un bélier, un agneau d’un an, pour holocauste;
7,76
un jeune bouc pour expiatoire;
7,77
et, pour le sacrifice de rémunération, deux taureaux, cinq béliers, cinq boucs, cinq agneaux d’un an. Telle fut l’offrande de Paghïel, fils d’Okran.
7,78
Au douzième jour, le phylarque des enfants de Nephtali, Ahlra, fils d’Enân.
7,79
Son offrande: une écuelle d’argent, du poids de cent trente sicles; un bassin d’argent de soixante-dix sicles, au poids du sanctuaire, tous deux remplis de fleur de farine pétrie à l’huile, pour une oblation;
7,80
une coupe de dix sicles, en or, pleine de parfum;
7,81
un jeune taureau, un bélier, un agneau d’un an, pour holocauste;
7,82
un jeune bouc, pour expiatoire;
7,83
et, pour le sacrifice de rémunération, deux taureaux, cinq béliers, cinq boucs, cinq agneaux d’un an. Telle fut l’offrande d’Ahira, fils d’Enân.
7,84
Ce fut là le présent dédicatoire de l’autel, offert, lors de son onction, par les phylarques d’Israël: douze écuelles d’argent, douze bassins d’argent, douze coupes d’or.
7,85
Chaque écuelle d’argent, cent trente sicles, et chaque bassin, soixante-dix: poids total de l’argent des vases, deux mille quatre cents sicles, au poids du sanctuaire.
7,86
Douze coupes d’or, pleines de parfum, chaque coupe dix sicles, au poids du sanctuaire: total de l’or des coupes, cent vingt sicles.
7,87
Somme du gros bétail pour holocauste: douze taureaux; de plus, douze béliers, douze agneaux d’un an, outre leur oblation, et douze jeunes boucs pour expiatoire.
7,88
Somme du gros bétail pour le sacrifice rémunératoire: vingt-quatre taureaux; de plus, soixante béliers, soixante boucs, soixante agneaux âgés d’un an. Ainsi fut inauguré l’autel, après avoir été oint.
7,89
Or, quand Moïse entrait dans la tente d’assignation pour que Dieu lui parlât, il entendait la voix s’adresser à lui de dessus le propitiatoire qui couvrait l’arche du statut, entre les deux chérubins, et c’est à elle qu’il parlait.
(Source : Torah-Box)
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Cours du Rav sur la paracha Nasso
(Source : Espace Torah)
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Des cieux nouveaux, une terre nouvelle….’

(pour la guérison de Raphaël Chmouel ben Sima)

Hanna, la mère du Prophète Chmouel s’exprima ainsi devant l’Eternel: ‘Nul n’est saint comme l’Eternel, car il n’y a nul autre que Toi, et il n’y a point de rocher comme notre D.ieu’.

Le mot ‘rocher’ exprime ici le fait que l’Eternel est notre unique force, notre seule forteresse, notre seul abri, mais dans le traité Béra’hot (10a), pour expliquer que l’oeuvre du Saint béni soit-Il est différente de celle d’un être de chair et de sang, les Sages ont reprit l’expression ‘il n’y a point de rocher comme notre D.ieu’, en jouant sur les mots ‘tsour’ (rocher), et ‘tsayar’(peintre).

Le sens de la déclaration de ‘Hanna selon laquelle ‘Il n’y a point de Rocher (Tsour) comme notre D.ieu’ devenait alors: ‘Il n’y a point de peintre comme notre D.ieu’.

La raison donnée par les Sages, au fait qu’il n’existe aucun artiste que l’on peut comparer au Saint béni soit-Il, est que‘l’homme dessine une forme sur un mur, mais ne peut lui introduire un souffle de vie une âme ni organes ni entrailles, mais le Saint béni soit-Il n’est pas ainsi, car Il peut dessiner une forme à l’intérieur d’une forme, lui introduire un souffle de vie, une âme, des organes et des entrailles’.

Ici, le sens simple de la Guémara est de noter la différence essentielle entre les oeuvres du Saint béni soit-Il, et celles d’un être de chair et de sang. L’homme dessine une forme sur un mur sans pouvoir y mettre de souffle vital, le doter d’une âme ou des composantes essentielles de l’organisme. Contrairement à D.ieu qui dessine une forme (l’embryon), à l’intérieur d’une forme (la matrice éternelle), et y dépose un souffle, une âme, des entrailles et des intestins.

Par ailleurs, la comparaison établie par les Sages de la Guémara entre les oeuvres du Saint béni soit-Il et les oeuvres de l’homme s’accorde à l’un des enseignements du Rabbi.

Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Nasso, le Rabbi met l’accent sur l’enseignement des Sages, selon lequel ‘l’Eternel a regardé dans la Torah avant de créer le monde’.

Le monde, tel qu’il est, tel qu’il apparaît à nos yeux, fut d’abord ‘écrit’ dans la Torah, et c’est pour cette raison que la Hassidout la compare au carnet de croquis d’un artiste.

A l’exemple de ce carnet,  que l’artiste remplit des esquisses qui l’amèneront à peindre un tableau, la Torah représente le ‘carnet’ sur lequel l’Eternel a dessiné ‘l’ébauche’ du monde qu’Il s’apprête à créer.

Ainsi, de la même manière que l’esquisse préparatoire précède l’oeuvre finale, la Torah a précédé le monde. ‘L’Eternel a regardé dans la Torah avant de créer le monde’ signifie donc que L’Eternel’, pour créer le monde, S’est inspiré en regardant dans la Torah, comme un peintre regarde son modèle.

Le Rabbi enseigne avec une passion toujours plus accrue, que dans les temps messianiques le Saint béni soit-Il dévoilera une Torah nouvelle par l’intermédiaire du Machia’h, ainsi qu’il est dit: ‘Une Torah nouvelle sortira de Moi’.

Aussi, à la lumière de ce qui a été dit précédemment, il apparaît que de même que le Saint béni soit-Il a regardé dans la Torah, telle que nous la connaissons aujourd’hui, pour créer le monde dans lequel nous vivons à présent, le Saint béni soit-Il regardera dans la ‘Torah nouvelle’ avant de créer le monde de la Délivrance finale.

Autrement dit, en regardant dans la Torah nouvelle l’Eternel créera un monde nouveau, et c’est au sujet de ce monde nouveau que L’Eternel a dit: ‘Comme ces cieux nouveaux et comme cette terre nouvelle que Je ferai naître dureront devant Moi, ainsi subsisteront votre descendance et votre nom’ (Ychaya, 66, 22).

Le Rabbi explique que ‘ces cieux nouveaux’ et ‘cette terre nouvelle’ que L’Eternel fera naître aux yeux de toute l’Assemblée d’Israël, lors de la Delivrance finale, représentent le dévoilement de la Parole de D.ieu, qui est à l’origine même de la Création du ciel, de la terre, et de tout ce qu’ils contiennent.

Ainsi, à présent, durant cet exil, nous ne voyons qu’un monde materiel, et nous ne voyons absolument pas la Parole divine qui se cache dans la matière, ainsi qu’il est dit:  

‘S’il était permis à l’oeil de voir et de se rendre compte de la force vitale (la Parole divine) et de la spiritualité contenues dans toute chose créée, et qui prenant leur source dans ‘ce qui emanne de la bouche de D.ieu et de ‘Son souffle’, y coulent constamment, alors la matérialité de la créature cesserait d’être perçue par nos yeux, celle-ci étant complètement annulée par rapport à la force vitale et la spiritualité qui sont en elle’. (Tanya, Chaar Ha Y’houde Vé Ha Emounah, chapitre 3).

Ainsi, le dévoilement de la Torah nouvelle représente le dévoilement de l’Essence divine, à l’exemple du dévoilement du don de la Torah sur le mont Sinaï, au sujet duquel il est dit: ‘Et tout le peuple vit les Voix’ (Yitro, 20, 15).

Lors de la Délivrance finale tout le peuple verra La ‘Voix’ de l’Eternel, ‘la force vitale et la spiritualité’ qui sont pour l’instant cachées dans ce monde matériel.

Aussi, bien que L’Eternel Se dévoile dans la Torah, il n’en demeure pas moins que d’une certaine manière, toute Son Oeuvre, toute l’Oeuvre de la Création, demeure dépourvue de Sa signature. Ce n’est que dans les temps messianiques, que Son oeuvre portera Sa signature, c’est-à-dire qu’il apparaîtra à nos yeux avec clarté que toute la Création vient de la  ‘bouche de D.ieu’ et de ‘Son souffle’.

Dès-lors, nous pouvons comprendre la déclaration des Sages selon laquelle la Torah que l’homme étudie à l’heure actuelle n’est rien (‘hével’) en comparaison à la Torah que nous enseignera le Machia’h.

Le mot hébreu ‘hével’ signifie ‘néant’, et l’emploi de ce mot par les Sages met l’accent sur la grandeur de la Torah qui sera dévoilée par le Machia’h, et  au sujet de laquelle l’Eternel a déclaré: ‘Une Torah nouvelle sortira de Moi’.

De fait, le mot ‘hével’ a aussi pour sens ce léger souffle de la bouche que l’on appelle ‘l’haleine’, et cette dernière explication s’accorde parfaitement aux propos du Rabbi.

‘La Torah qui sortira de Moi’, désigne l’Essence de la Torah, c’est-à-dire la partie la plus profonde de la Torah. A l’évidence, en comparaison au souffle nouveau que la ‘Torah nouvelle’ insufflera aux ‘cieux nouveaux’, à la ‘terre nouvelle’ et à toutes les créatures qu’ils contiennent, la vitalité de la Torah que nous étudions aujourd’hui n’est telle qu’un léger souffle, une simple ‘haleine’ .

Par ailleurs, le mot ’hével’ possède les mêmes lettres que l’expression ‘Ha Lev’‘le coeur’. Il est ainsi possible de dire que la Torah que nous étudions aujourd’hui représente le coeur, et que la Torah du Machia’h représente la profondeur du coeur.

Aussi, conformément à l’enseignement des Sages selon lequel, seul L’Eternel ‘peut dessiner une forme à l’intérieur d’une forme’, seul l’Eternel est capable de dévoiler ‘la Torah nouvelle qui se cache à l’intérieur de la Torah’ (‘une forme à l’intérieur d’une forme’), très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.

Rav Yaakov Abergel  

(Source : ‘Hassidout.org)

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Nombres 4:21-7:fin : La femme soupçonnée, le naziréat, la bénédiction sacerdotale et les offrandes des princes

Haphtara : Juges 13:2-25 : Samson

Et l’Eternel parla à Moshé, disant, Relève, nasso נָשֹׂא aussi la somme des fils de Guershon, selon leurs maisons de pères, selon leurs familles. Nombres 4:21-22

Nous avons vu que le thème principal du livre de Bemidbar (Nombres) était l’ordre, l’organisation d’une armée pour Hashem. Cette armée était organisée dans le désert autour du Michkan qui était le centre vital et la source de l’appel et de l’identité de chacune des tribus.

C’est toujours dans cette optique que les différents thèmes de pureté et d’impureté sont abordés dans notre Paracha, avec une ascension dans le degré de sainteté pour atteindre le but final : l’union avec D.ieu.

Tout d’abord, la première des choses était d’exclure du camp les impurs ne répondant pas aux critères de sainteté de chacun des trois camps (5 :1-4). N’oublions pas que la condition d’enrôlement dans l’armée de D.ieu était une fidélité et une obéissance totale aux commandements de Sa Thora.

Les trois camps correspondaient à trois degrés de pureté spirituelle.

Celui du centre abritait la Shekhina. Le Michkan est associé au Temple de Jérusalem dans lequel aucune personne contaminée par un cadavre ne pouvait entrer. La mort, résultante du péché comme nous l’avons vu précédemment, est contraire à la Vie et n’a pas sa place dans le Temple, ni dans le Michkan.

(Source : Ashdod Café)

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Un cours du Rav Elie Lemmel « Paracha Nasso » – en résumé

La paracha Nasso en quelques minutes, afin d’avoir pour vendredi soir déjà quelques paroles de Torah à transmettre

Cours du Rav Elie Lemmel

Retour sur la fête de Chavouot

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Le contexte

Dans l’art de la communication, le choix du décor joue un rôle important. Le décor lui-même constitue une part importante du message et ne peut être dissocié de son contenu. Choisir un environnement adéquat ne facilite pas seulement la compréhension du concept, mais peut également souligner et amorcer concrètement son application.

De telles considérations s’appliquent au choix de Dieu pour le lieu du Don de la Torah. Nos Sages s’interrogent : « Pourquoi la Torah fut-elle donnée dans le désert ? Le choix de D.ieu nous livre des perspectives profondes : (Bamidbar Rabba 19, 26)

Plus que cela, la signification de cet état de fait ne concerne pas seulement le peuple juif au moment du Don de la Torah, mais chaque homme, dans chaque génération. Car dans la liturgie juive, nous prononçons les mots « Notène haTorah » « Qui donne la Torah », en utilisant le présent. Il convient donc de comprendre, en tout temps et en tous lieux, les enseignements que nous donne le choix du lieu du Don de la Torah.

Car la Torah ne constitue pas la possession exclusive d’un individu particulier, d’une tribu ou d’un type de personnalité. Bien au contraire, « la couronne de la Torah est mise de côté, attendant et est prête pour chaque Juif… Celui qui en a le désir peut venir et se l’approprier. » (Sifrei). La nature du désert sans propriétaire nous donne également une clé pour comprendre comment appliquer l’enseignement que l’on vient de citer quand il s’agit d’acquérir la Torah.

Nos Sages disent qu’un individu « doit faire de lui-même un désert, se débarrassant de toutes ses préoccupations », c’est-à-dire qu’il doit se libérer de tout ce qui le retient dans son engagement pour la Torah, qui représente la volonté de D.ieu et Sa sagesse. Elle est donc infinie et illimitée, tout comme l’est D.ieu Lui-même.

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Hommage au roi et au Roi des rois

L’établissement de la royauté est lié au projet d’Israël de faire de ce monde un réceptacle pour la Divinité. Les relations comme celle de deux amis, sont dépendantes de la communication et du partage. Plus encore, étant donné qu’elles se confinent dans les domaines où il peut effectivement être question de partage, elles restent limitées dans leur portée. Par contre, la relation entre un roi et ses sujets est totalement inclusive, puisque l’existence-même des sujets dépend complètement du roi.

La royauté terrestre prend sa source dans notre relation avec le Roi des rois. L’annulation de l’ego devant un roi mortel doit imprégner le Kabbalat Ol, l’acceptation du joug Divin« , dans chaque dimension de son service divin, approfondissant l’intensité de son engagement jusqu’à ce qu’il affecte son essence elle-même.

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Un engament pour la Torah qui jaillit de notre moi

L’effet de la royauté sur notre service divin fait écho au sujet du « Et Moché monta… » L’engagement appuyé sur le Kabalat Ol, l’acceptation du royaume Divin, émerge de l’homme lui-même, car, dans l’idéal, ce sont les sujets qui réclament la royauté. A l’inversa, l’autre aspect : « Et D.ieu descendit« , la révélation de la Torah qui vient d’En-Haut, introduit une dimension nouvelle et extérieure au cadre de référence de l’homme : nous servons D.ieu parce qu’Il nous a commandé de le faire.

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L’achèvement du processus

Le but ultime de la création est une fusion des deux approches : à la fois une révélation de la Divinité qui vient d’En-haut et une transformation de l’homme et de son environnement en réceptacles pour la Divinité. Cet idéal se réalisera lors de la délivrance : nous assisterons à des révélations transcendantes de la Divinité mais dans un monde qui aura été raffiné.

Ce processus de raffinement parvint à un sommet à l’époque du roi David, et se traduisit en 2 réalisations significatives. La première fut la consolidation de la royauté. Bien que Chaoul eût fait office de roi d’Israël avant David, sa souveraineté n’avait pas été acceptée par toutes les tribus. De plus, « une fois que David fut oint, il acquit la couronne royale. Depuis lors, la royauté lui appartient, à lui seul, à lui et à  ses descendants, à tout jamais. » Ce ne fut pas le cas de Chaoul. »

Le lien entre la Délivrance et le roi David apparaît dans le fait que le Machia’h sera l’un de ses descendants. En fait, le Machia’h est identifié au Roi David au point que nous prions pour sa venue dans ces termes : « Rapidement fais que la pousse de David fleurisse. »

Image associée   Israël : le désert en fleurs

La floraison ultime

La paracha Bamidbar « Dans le désert » est toujours lue avant la fête de Chavouot. Les fêtes juives ne font pas que commémorer des événements du passé, mais nous donnent également l’opportunité de les revivre. Pour revivre l’expérience du Sinaï, il nous faut d’abord passer par le désert et ses leçons, du moins au sens spirituel. Tel est le message que nous communique la lecture de la Torah de cette semaine de Chavouot.

(Source : Beth Loubavitch 2018 (5778) et 2019 (5779)

Chavouôt : la fête du don de la Torah, mais qu’est-ce que la Torah ?

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Plus que les Cinq Livres de Moïse, la Torah est le guide de vie qui définit l’essence du judaïsme et imprègne chaque aspect de la vie et de la tradition juives.

par le Rabbin Maurice Lamm

Nul mot dans la religion juive est à la fois aussi indéfinissable et aussi incontournable que celui de Torah. Le terme Torah est le plus exhaustif pour décrire le fondement du judaïsme. La Torah c’est l’Enseignement. La Torah c’est la Loi. Nul ne peut espérer acquérir une appréciation, ne serait-ce que minime, de la vie juive sans apprendre, puis pondérer sur la nature de la Torah et sa place dans la vie du juif.

Will Herberg décrit le génie aux multiples facettes de ce joyau de la couronne du monde littéraire qu’est la Torah :

C’est un livre, une idée, une qualité de vie. C’est le Pentateuque, la Bible dans toutes ses parties ; la Bible et les écrits rabbiniques, des écrits ayant tous trait à la révélation ; tous porteurs d’une réflexion et d’une tradition relatives à D.ieu, l’homme et le monde. Elle est représentée comme une mariée, une « fille » de D.ieu, comme une couronne, un bijou, une épée ; comme l’eau et le feu ; comme la vie, mais pour tous ceux qui en sont indignes ; comme le poison et la mort. C’est la Sagesse et le Verbe Divin préexistants, présente à la création et jouant le rôle de l’ « architecte » de tout travail créatif. Elle préserve le monde de la destruction ; sans elle, toute création retournerait au chaos ; c’est l’harmonie et la loi de l’univers. Elle représente tout cela et bien plus encore, car l’exaltation de la Torah dans la tradition juive est un thème que tous les mots ne suffiront pas pour décrire. La Torah est la raison d’être de l’homme. Elle est l’équivalent des sacrifices du Temple.

Depuis des siècles, la Torah a toujours représenté l’alpha et l’oméga de la sagesse juive. Mais il serait totalement erroné de conclure, à partir de cet accent mis sur l’étude, que la spiritualité juive s’enlise dans les sables de l’intellectualisme.

L’étude de la Torah est un exercice spirituel authentique qui est plus susceptible d’aboutir au mysticisme qu’à l’intellectualisme.

En réalité, l’étude de la Torah est quelque chose de très différent. C’est un exercice spirituel authentique, l’équivalent juif de la communion mystique avec D.ieu. Effectivement, elle est plus susceptible d’aboutir au mysticisme qu’à l’intellectualisme.

Des archives photographiques du ghetto de Varsovie montrent la porte d’une auberge sur laquelle on pouvait lire « Cercle de conducteurs de charrettes pour l’étude du Talmud à Varsovie ». Ce cercle rassemblait les cochers qui saisissaient quelques moments de leur travail pour se retrouver en groupe afin de « grignoter » une page de Talmud, tel que mentionné plus tôt. Ces hommes n’étaient pas des intellectuels, intéressés par les seules subtilités des dialectiques savantes ; ils étaient des hommes profondément religieux assoiffés de rafraichissements spirituels qu’ils trouvaient, comme d’innombrables générations de juifs avant eux, dans l’étude de la Torah.

« Ô combien j’aime Ta Torah ! Elle est tout le jour l’objet de ma méditation » (Psaumes 119, 97) Lorsque la Torah est perçue dans sa pleine dimension, ce verset peut être considéré comme l’attitude authentique du juif croyant en la Torah. La Torah est la Loi, mais en même temps, elle est bien plus que cela.

Mais quelle est, en définitive, la place d’un système légal au sein d’une religion ? Telle qu’elle est perçue par les yeux de la civilisation occidentale, la loi ne devrait pas être mêlée au domaine de la foi. Elle devrait être confinée à la gouvernance de la société et aux affaires d’état tandis que la foi devrait s’appliquer aux choses de l’âme, le domaine privé de l’individu. Comment donc ces deux éléments aussi largement disparates peuvent-ils fusionner dans le judaïsme. Quel est le rapport entre « foi » et « action » ?

L’HOMME NE PEUT PAS VIVRE PAR SA SEULE FOI

Le judaïsme considère, comme un principe cardinal dans son approche face à la religion et à toute la vie, que la foi et les actions sont inséparables. L’homme moderne a du mal à comprendre cela parce qu’il a été élevé dans un cadre de référence occidental qui perçoit la « religion » uniquement comme une affaire de l’âme, propre à ce qui est intérieur. Dans la religion, l’accent est mis sur l’attitude plutôt que l’obéissance, la croyance plutôt que l’action.

Le judaïsme considère la personne qui vit par sa seule foi – c’est-à-dire non traduite dans l’action – comme évoluant dans des généralités spirituelles vagues et confuses.

Le judaïsme considère la personne qui vit par sa seule foi – non traduite dans l’action – comme évoluant dans des généralités spirituelles vagues et confuses.

Pour visualiser l’image parfaite d’une existence terrestre vécue dans les sphères célestes, imaginez Emmanuel Kant, le philosophe allemand, déambulant dans la Wilhelmstrasse, les mains derrière le dos et l’esprit perdu dans la contemplation du firmament. En termes chrétiens, ce décor pourrait changer et mettre en scène un moine méditant sur le Dieu universel dans une minuscule cellule d’un monastère reculé, situé au sommet d’une montagne.

Le portrait typique du juif, en revanche, est inscrit à tout jamais sur le tableau de son imagination par l’histoire du livre de la Genèse qui décrit Abraham à la recherche d’un «homme juste au milieu de la ville » ; Jacob construisant des bâtiments, des routes et des bains publics pour promouvoir l’hygiène communautaire dans toutes les villes qu’il visite ; Moïse quittant l’isolation du palais de Pharaon pour « entrer dans la bataille » au nom de son peuple réduit à l’esclavage.

Dans le judaïsme, la question de la supériorité de la bonne action ou de la bonne intention ne se pose pas ; la seule question est « quel est le bon mode de vie ? »

L’action de soigner, d’aider, d’améliorer concrètement le quotidien d’autrui possède sa propre signification intrinsèque peu importent les intentions qui ont motivé ces gestes. L’intention est importante, bien entendu, mais elle doit être impérativement traduite dans la réalité tangible. Accueillir un adolescent jeté à la rue revêt une signification qui est indépendante de l’intention qui sous tend cette action.

Le judaïsme est contre l’idée de généralités spirituelles, de chercher un sens à une vie détachée de l’action, comme si la notion de sens existait en tant qu’entité indépendante. Son leitmotiv est de convertir les idées en actions, de transformer des principes métaphysiques en modèles pour l’action, de doter les principes les plus sublimes d’une application dans la vie de tous les jours et inversement de sanctifier le mondain.

Mais comment savoir quelles sont les actions qui sont attendues de nous ? Et comment pouvons-nous déterminer la différence entre le bien et le mal si nous ne sommes pas guidés par la foi ?

La réponse est : En observant la Loi.

La volonté de D.ieu est donnée en cadeau à l’homme enveloppée dans un canon de commandements, une liste de « choses à faire », que les Juifs appellent mitsvot (mitsva) au singulier. Les mitsvot constituent les standards d’actions religieux fixés qui n’évoluent pas avec chaque mouvement de la société. La raison de ces commandements n’est pas souvent évidente en soi et dépasse l’entendement des êtres humains, bien qu’eux-mêmes dépendent effectivement de la compréhension stable et de l’interprétation régulière des maîtres de chaque génération et de leur application de ces lois aux réalités quotidiennes. Le devoir ultime du juif n’est pas de croire en D.ieu mais d’accomplir la volonté de D.ieu.

La mitsva est la matière organique irréductible de la religion juive. Dans le langage populaire, elle est communément désignée par une « bonne action ». Mais sa force et sa signification émanent de son usage correct, formel et original : le commandement. D.ieu, l’émetteur de la mitsva, est le metsavé, « Celui qui commande ». Le moteur de la loi juive et de son respect est l’observance des mitsvot, les commandements donnés par D.ieu.

EXPRIMER SA FOI

En vivant comme des juifs, nous exprimons notre foi en tant que Juifs.

Accomplir une mitsva ne consiste pas simplement à faire une « bonne action », cela revient, en réalité, à observer la loi de D.ieu dans tous ses détails. La volonté de D.ieu est révélée dans les mandats de la Torah, essentiellement sous forme de la Hala’ha — littéralement « la voie » — à savoir, la voie à suivre pour accomplir les commandements.

La Hala’ha, comme la Torah elle-même, est l’un des termes les plus importants et les plus insaisissables et, sans le comprendre, le Judaïsme n’est pas compréhensible. C’est, plus que tout autre domaine de la religion, la quintessence du Judaïsme.

La Torah prévoit une interprétation orale qui est dynamique et progressive et est absolument nécessaire à la compréhension de la Torah écrite. La Loi Orale n’est pas seulement une interprétation de la loi, mais son application aux circonstances changeantes de la réalité à travers les principes logiques traditionnels que la Torah elle-même a établis.

La Torah prévoit une interprétation orale qui est dynamique et progressive.

La loi est fixée par des rabbins érudits en réponse aux questions qui leur sont soumises par des individus ou des communautés entières. Leurs décisions sont par la suite mises en application avant d’être rédigées sous formes de codes de la loi. Ces codes sont ensuite étudiés, interprétés et appliqués par le même système. Tous ceux-ci, ajoutés à une variété de régulations et de décrets, forment le canon de la Loi Orale.

Ou comme Herman Wouk le décrit avec tant d’éloquence dans son ouvrage intitulé « C’est mon D.ieu ».

Nous sommes donc en présence d’un système d’amendements originaire des « sages » et sujet à la ratification ou l’abrogation par la loi – obéissant à la communauté dans son ensemble, dans un référendum silencieux qui est permanent et efficace.

Ce qui soulève l’évidente question : qui sont ces sages et par quel pouvoir sont-ils ordonnés ?

Ceux sont les étudiants qui reçoivent leur ordination des dirigeants des grandes yéchivot, les académies d’étude de la Torah, qui ne sont pas formellement élus ou officiellement désignés, mais sont simplement reconnus par les communautés qui respectent la loi. Dans un certain sens, la communauté de ceux qui respectent la loi représente la Cour Suprême informelle du Judaïsme. Ce sont eux qui décident qui seront les autorités religieuses. Ils le font en adressant leurs questions religieuses aux quelques érudits vivant dans chaque génération, et en suivant ou en ne suivant pas leurs décisions.

LA LOI : UN ELIXIR DE VIE

En fait, loin d’être emprisonnés par la loi, les Juifs lui ont toujours voué un amour infini. Nous ne pouvons pas conclure notre exposé sur la Torah sans exprimer ce sentiment le plus caractéristique de la littérature juive — l’amour de la Torah.

Vous pourriez demander : un peuple peut-il « aimer » une loi ? Et pourtant, tel est le paradoxe exquis inhérent au concept de la Torah — elle est respectée et étudiée et crainte, tout en étant aimée, enlacée et embrassée. Tout cela à la fois. Il n’y a pas de bien dans ce monde – pas d’idéal, pas de bénédiction, pas de perfection, pas de gloire – à moins qu’il soit associé avec la loi.

Pour les juifs, la Torah est « lumière » ; elle est la « gloire des fils de l’homme » ; elle est une sève de vie revigorante pour « les os desséchés » (Ezéchiel 37, 4) qui symbolisent les « personnes en lesquelles la sève du commandement est absente. »

Pour les juifs, la loi est maïm ‘haïm, une source de vie rafraîchissante et revigorante ; elle est la douceur du miel et du lait, la joie et la force du vin, et le pouvoir guérissant de l’onguent. C’est un « élixir de vie » qui apporte l’apaisement à tous.

Chavouot

Qu’est ce que la Torah ?

(Source : Aish.fr)

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A lire aussi : Lamed.fr – Article – D.ieu a-t-Il vraiment parlé au Mont Sinaï ?

Les Dix Commandements

Les 613 Commandements (Mitsvot)

Quelle est la signification du nombre des 613…

Comment la Torah est-elle interprétée ?

Le cours de la Tradition

PARACHAT HACHAVOUA – PARACHA de la semaine du vendredi 4 au Chabbat 5 Sivan 5779 (de la semaine du vendredi 7 au samedi 8 juin 2019)

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Nous commençons cette semaine le livre de Bamidbar

Paracha Bamidbar (Bamidbar 1,1 – 4,20)

Lecture de la paracha Bamidbar en français

Captez vous la fréquence Sinaï ?

Avez-vous déjà entendu parler du « mosquito tone » ? Si vous avez des ados, c’est sans doute le cas. Il s’agit d’une sonnerie de portable d’une fréquence de 17 000 hertz que les jeunes utilisent pour être alertés de l’arrivée d’un texto en pleine classe, à l’insu de leurs professeurs. Des études scientifiques ont en effet prouvé que la plupart des adultes ne sont plus sensibles aux sons dont la fréquence dépasse les 13 à 14 000 hertz, tandis que les adolescents en sont capables. En effet, notre capacité à percevoir des hautes fréquences se dégrade avec l’âge, jusqu’à disparaître vers 25 ou 30 ans.

J’ai trouvé le fameux « mosquito tone » sur la Toile et j’ai cliqué pour l’activer. Je n’ai strictement rien entendu, mais mes enfants dans l’autre pièce se sont mis à crier : « Qu’est-ce que c’est que cela ? Éteins-ça, par pitié ! »

Les adultes ont désormais contre-attaqué en employant la technologie des adolescents à leur détriment. L’inventeur Howard Stapleton a mis au point une arme sonore repousse-ado baptisée « Mosquito » (je ne plaisante pas). Il affirme que rares sont les personnes âgées de plus de 30 ans qui peuvent entendre le son lancinant et désagréable du Mosquito. Des commerces et des parcs en Angleterre et au Japon ont commencé à l’utiliser pour empêcher les adolescents de traîner ou faire du vandalisme. Composé d’un boîtier et d’un petit haut-parleur, le Mosquito émet un bourdonnement suraigu que les adultes ne peuvent pas entendre et que les adolescents ne peuvent pas supporter.

Le moment le plus décisif de l’histoire de l’humanité se produisit quand Dieu s’adressa à des millions de personnes au mont Sinaï, dans un acte de révélation suprême. En effet, ce moment fut sans précédent, sans pareil et sans répétition. La Torah écrit :« Ces paroles, l’Éternel les adressa à toute votre assemblée sur la montagne, du milieu des feux, des nuées et de la brume, d’une voix puissante qui ne fut plus jamais entendue… » [vélo yassaf] (Deut. 5, 19)

Le sens simple des mots vélo yassaf, comme l’expliquent le Ibn Ezra et d’autres commentaires, est que la voix et l’expérience du Sinaï n’étaient pas censées « être répétées ». Il s’agissait d’un événement unique en son genre, d’un moment exceptionnel et transcendant de l’histoire humaine, qui n’allait plus jamais se reproduire.

D’un côté, le caractère unique de cet événement est particulièrement significatif. Nous nous tournons éternellement vers ce moment et reconnaissons qu’il fut unique et inimitable, distinct et singulier. D’un autre côté, ce même caractère unique nous force à appréhender le fait que quelle que soit la manière dont nous vivions et quels que soient les choix que nous fassions, nous ne pourrons jamais revivre une révélation telle que celle du mont Sinaï. Or cette prise de conscience génère un sentiment de frustration et émousse notre ambition spirituelle. Si Dieu n’a parlé qu’à une seule reprise mais que nous-mêmes avons raté cette occasion inouïe, comment pouvons-nous rapprocher de Lui aujourd’hui ? Comment accédons-nous à l’affirmation que seule la voix de Dieu peut nous fournir quant à son existence et à notre mission sur terre ?

Troublés par ce dilemme, nos commentateurs avancent une autre interprétation de l’expression vélo yassaf. Onkelos, le célèbre converti qui vécut à la période des Tannaïm (35 – 120), traduit ces mots par vélo passak, ce qui signifie que la voix de Dieu ne s’est jamais arrêtée ni interrompue. Le Ramban cite plusieurs versets prouvant que la racine hébraïque youd-samekh-fé à l’origine du verbe yassaf peut être rendue par « ne jamais s’arrêter ». Selon cette interprétation, Dieu a parlé au mont Sinaï il y a plusieurs milliers d’années auparavant et sa voix et son message continuent de porter jusqu’à aujourd’hui et au-delà.

Alors, laquelle de ces deux interprétations est la bonne ? Les mots vélo yassaf signifient-ils que la voix de Dieu ne fut plus jamais entendue ou indiquent-ils au contraire que la voix de Dieu ne s’est jamais tue ?

Considérons-nous le don de la Torah sur le mont Sinaï comme un événement révolu, ou sommes-nous d’avis que la voix de Dieu continue de nous parler aujourd’hui ? À nous de choisir.

Je crois que la réponse dépend de chacun d’entre nous. Nous avons tous un choix décisif à faire. Considérons-nous le don de la Torah sur le mont Sinaï comme un événement historique appartenant définitivement au passé, ou sommes-nous d’avis que la voix de Dieu continue de nous parler aujourd’hui ?

Chaque année à Chavouot nous nous souvenons de l’expérience sinaïtique et nous demandons laquelle de ces deux interprétations reflète au mieux notre vie. Allons-nous choisir la lecture qui affirme que la voix de Dieu n’est plus entendue ? Ou allons-nous continuer à tendre soigneusement l’oreille à la réverbération du message de Dieu dans nos vies ? Les événements du mont Sinaï sont-ils à l’image de notre relation permanente et florissante avec Dieu ou appartiennent-ils à un passé révolu ?

En réalité, la voix de Dieu nous entoure. À l’instar du « mosquito tone », une fréquence est émise en permanence. La seule question est de savoir si nous sommes capables de l’entendre.

Chaque fois que nous ouvrons un livre et relevons le défi d’étudier la Torah, élargissant et en approfondissant ce faisant notre sagesse, notre compréhension et notre réflexion, la voix de Dieu résonne. Chaque fois que nous nous arrêtons pour admirer un coucher ou un lever du soleil magnifique, la voix de Dieu résonne. Chaque fois que nous accomplissons un acte de gentillesse envers autrui, la voix de Dieu résonne.

Il ne fait aucun doute que Sa voix puissante et majestueuse nous entoure. À Chavouot, nous avons le devoir de nous interroger : sommes-nous branchés sur la fréquence Sinaï ou nous contentons-nous de vivre machinalement en considérant la voix de Dieu comme appartenant à une époque révolue ?

Le choix n’appartient qu’à nous.

Captez-vous la fréquence Sinaï ?

Rav Efraïm Goldberg

(Source : Aish.fr)

PARACHAT HACHAVOUA – PARACHA DE LA SEMAINE du vendredi 26 au Chabbat 27 Iyar 5779 (du vendredi 31 mai au samedi 1er juin 2019)

Cette semaine, nous étudions la paracha Behoukotaï (Vayikra 26.3 – 27.34)

BeHouKoTaï: “Si vous suivez Mes lois” (Manitou Z’l)

אִם-בְּחֻקֹּתַי, תֵּלֵכוּ; וְאֶת-מִצְו‍ֹתַי תִּשְׁמְרוּ, וַעֲשִׂיתֶם אֹתָם

Im-be’houkotay telekhou

ve’et-mitsvotay tishmerou va’asitem otam.

Si vous suivez Mes lois

Et faites attention à garder Mes commandements et à les faire.

Une des Parashiot les plus dures de la Torah, pas seulement du point de vue du texte, mais du point de vue du contenu. Il y en a une seule qui correspond dans cette difficulté c’est Parashat Ki-Tavo dans Devarim. Le texte essentiel de la Parashah c’est une sorte de dilemne ou d’alternative qui s’attache au fait que la Torah est donnée à Israël.

Le sujet général du livre de Vayiqra c’est la sainteté.

Le livre de Vayiqra rassemble toutes les Mitsvot qui concernent la pureté, l’impureté. C’est le projet de sainteté. En particulier le verset important qui se trouve dans Parshat Qédoshim :

קְדֹשִׁים תִּהְיוּ:  כִּי קָדוֹשׁ, אֲנִי יְהוָה אֱלֹהֵיכֶם

Qedoshim tihyou ki qadosh Ani Hashem Eloheikhem 

Et qui formule le projet du Créateur pour l’histoire humaine, ce que j’ai appelé dans un autre vocabulaire d’une autre analyse : le projet du Créateur pour l’histoire du monde au 7ème jour.

 

La Torah formule le projet de la Création pour chacun des jours des 6 jours du commencement. A la fin des 5 jours apparait l’homme dans l’histoire et donc il y a un projet pour l’histoire humaine : d’arriver à réaliser la sainteté la Qdoushah.

Nous n’avons pas étudié cette année cette notion de sainteté. Je vous donne une des réponses données par les sources :

Chacune des valeurs qui sollicitent la conscience humaine est un absolu pour elle-même mais la sainteté n’apparait que  lorsqu’il y a l’unité de toutes les valeurs à la fois.

Les valeurs elles-mêmes sont en état de dispersion, elles peuvent être atteintes chacunes pour elle-même, mais le projet de l’authenticité de la créature n’est vraiment atteint que lorsque cette unité des valeurs se fait et dans chaque chemin où cela tend à se réaliser apparait un projet de sainteté.

Quelle est dans sa qualité la valeur de cette sainteté, c’est un sujet pour lui-même.

Cela nous fait comprendre pourquoi la Torah, en tant qu’elle est l’ordre des Mitsvot qui permettent de réaliser la sainteté, va être donnée à Israël qui d’autre part est le peuple de l’unité.

L’humanité est elle-même dans son histoire propre en état de dispersion. Et chacune des manières d’être homme de toutes les nations est capable de réaliser une des valeurs et devient à la limite le véhicule privilégié de cette valeur.

C’est en cette nation-là qu’on finit par se renseigner à propos de telle valeur particulière. Le cas d’Israël est un cas particulier. Il n’est pas donné à la réalisation de telle  ou telle valeur en particulier, mais à un projet qui est littéralement surhumain par rapport au niveau de l’histoire humaine en général qui est celui de l’unité de toutes les valeurs à la fois. On retrouve le problème de l’identité des Patriarches et tout ce que nous avons étudié à ce sujet.

Le fait que les commandements de la Torah concernant la séparation de la pureté et la restauration de la pureté sont données de façon corrolaire au projet de sainteté est un sujet pour lui-même que je rappelle brièvement : seul celui qui est candidat à l’identité de sainteté est vulnérable à l’impureté. Raison pour laquelle il y a accumulation des prescriptions concernant l’impureté et la pureté dans ce livre de Vayiqra.

Ce qui du point de vue de l’évidence de la culture générale peut nous paraître paradoxal. Précisément celui qui est donné à la sainteté devrait être défini comme étant insensible à l’impureté. La Torah nous devoile que c’est en réalité exactement l’inverse.

Si nous étions au niveau d’une morale d’intentions qui ne touche pas la réalité on pourrait suivre ce principe faux mais qui vient de l’évidence de base de toute la culture contemporaine. Par exemple l’expression « Tout est pur pour les purs »  alors que pour la Torah dit tout le contraire : « Pour les purs tout est danger d’impureté ».

Au fur et à mesure qu’on avance dans le projet de sainteté alors précisément pureté et impureté cela devient sérieux Ce n’est plus une morale d’intention, cela devient concret.

Il y a un étonnement à la lecture de ces textes : à partir du moment où Israël se définit par ce livre de Vayiqra comme étant « Am Qadosh » le peuple de la sainteté , c’est précisément lui qui est interpellé de manière aussi systématique concernant les risques d’impureté et l’exhortation à la pureté.

Toutes les Sidrot du livre de Vayiqra couvrent les différentes situations du comportement de l’identité humaine : la pureté et l’impureté au niveau de la vie intérieur, l’intention de la faute ou l’intention de repentir… tous les problèmes des sacrifices qu’il y a dans les 1ères Sidrot.

Le problème de l’expiation qui concerne le problème de la revirginisation de la conscience. Et ensuite le problème de la pureté et de l’impureté au niveau corporel, l’atteinte au corps qui est le véhicule de la présence de la personne humaine. Ensuite, la pureté et l’impureté au niveau de la maison, au niveau de la  nourriture et des vêtements…

On pourrrait s’étonner si ce peuple est saint pourquoi cette insistance de la Torah à dépister l’impureté ? Nous sommes là dans une atmosphère spirituelle radicalement inverse de ce qui a fini par être l’évidence immédiate dans la culture occidentale.

Et puis finalement cette sainteté à travers le texte envahit toute la réalité du monde : temps espace pour le Shabbat etc…

Et une fois tout cela récapitulé, alors apparaît cette alternative.

Etant donné qu’il s’agit d’une identité ainsi définie, alors l’éventualité du sort qui s’y attache va être elle aussi dans les dimensions de l’absolu. Il va s’agir de ce qu’on appelle de manière générale la bénédiction ou de la malédiction, le bonheur et le malheur.

Et maintenant que vous connaissez le statut d’identité qui est le vôtre dans ce projet de sainteté, alors sachez que s’y attache dans le cas où se statut est réalisé le bonheur d’être, dans le cas où se statut n’est pas réalisé le malheur d’être.

C’est inévitable. Pas l’un ou l’autre seul, ce sont les deux faces d’une même médaille puisqu’il s’agit d’une vérité qui va être testée et réalisée au niveau de l’absolu alors le fait d’être lui-même sera vécu au niveau de l’absolu. Puisque la sainteté c’est sérieux alors le bonheur d’être ou le malheur d’être s’y attachent. Je ne rentre pas dans les détails, c’est un texte très difficile à lire.

Nous avons vécu dans notre histoire ce paroxysme cette alternative et à l’échelle générale de l’histoire d’Israël comme une collectivité soit à l’échelle individuelle.

A partir du moment où un être humain est candidat à l’être vrai alors tout ce qui lui arrive est vrai : le bonheur est vrai, le malheur est vrai.

C’est ce qu’on appelle les To’ha’hot  – la To’ha’hah c’est l’exortation, l’interpellation.

Les To’ha’hot de la Torah sont dans cette Parashah de Behouqotaï. Les To’ha’hot que Moïse à la fin des 40 ans du désert donnera, révélées par Dieu-lui-meme, se trouvent dans la Parashah de KiTavo.

Je rappelle le principe que nous connaissons:

Le fait que cette double eventualité sous forme d’alternative soit ainsi formulée de façon aussi massive, ne signifie pas que c’est une prophétie de fatalité fatale.

Tout se passe comme si la Torah veut nous décrire les conditions de notre propre identité. Elle ne veut pas nous prédire notre histoire mais nous décrire les éventualités. D’ailleurs, d’une façon générale, toutes les prophéties sont dans ce même principe. Le prophéte n’est pas le devin qui annonce un événement à tel jour tel endroit. Le prophète est celui qui diagnostique les éventualités qui s’attache à telle ou telle histoire ou à telle ou telle manière d’être.

Il ne s’agit pas d’une prédiction de fatalité mais d’une analyse des conditions qui s’attache à une certaine identité.

Le fait que nous soyons à la fin de cette histoire et qu’elle se soit passée de cette manière plutôt que d’une autre manière invite à la prudence. Les deux choses se sont réalisées simultanément : la ligne de la bénédiction et la ligne de la malédiction.

On est surtout sensible aux souvenirs de catastrophes et oublieux de l’autre dimension. Dans la sagesse des nations les peuples heureux n’ont pas d’histroire parce que toute leur histoire est faite des malheurs qu’ils ont eu entretemps. En realité les deux choses se sont réalisés.

Voilà comment est formulé ce dilemne : Verset 3 chapitre 26

26:3

אִם-בְּחֻקֹּתַי, תֵּלֵכוּ; וְאֶת-מִצְו‍ֹתַי תִּשְׁמְרוּ, וַעֲשִׂיתֶם אֹתָם

 Im-be’houkotay telekhou

ve’et-mitsvotay tishmerou vaassitem otam.

Si vous suivez Mes lois

Il y a différents termes du Miqra pour dire la loi : Torah, Mitsvah, Mishpat, ‘Houkim… Ici nous avons ‘Houkot pluriel du ‘Hok une loi absolue, une loi qui ne se borne pas à dire le statut des actes mais à dire le statut de l’être même, le sujet de ces actes. C’est une législation qui porte sur l’identité.

L’acte fini dans sa répétition même va se récapituler dans une manière d’être : L’acte devient de l’être. Les lois qui disent le statut de l’être sont des ‘Houkim ou des ‘Houkot alors que les Mitsvot sont des lois qui régissent des actes.

C’est une analyse simple à comprendre pour indiquer que la Torah ait choisi le terme de ‘Houkot dans ce verset.

On a l’habitude de traduire suivant le dictionnaire :

Si vous vous conduisez selon Mes statuts – c’est à dire des lois d’être.

26 :3

אִם-בְּחֻקֹּתַי, תֵּלֵכוּ; וְאֶת-מִצְו‍ֹתַי תִּשְׁמְרוּ, וַעֲשִׂיתֶם אֹתָם

Im-be’houkotay telekhou

ve’et-mitsvotay tishmerou

vaassitem otam.

Si vous suivez Mes lois

Et que Mes Mitsvot (commandements d’actes)  vous observez (on voit la différence de niveau)

Il faut les deux, les uns et les autres, alors vient le commencement de la promesse des bénédictions.

 

26 :4

וְנָתַתִּי גִשְׁמֵיכֶם, בְּעִתָּם; וְנָתְנָה הָאָרֶץ יְבוּלָהּ, וְעֵץ הַשָּׂדֶה יִתֵּן פִּרְיוֹ

Venatati gishmeykhem be’itam

venatenah ha’arets yevoulah

ve’ets hasadeh yiten piryo

Je donnerais vos pluie en leur temps

la terre donnera sa récolte

et l’arbre du champ donnera son fruit.

On retrouve là le problème de ce qui fait être la nourriture à la racine qui est un thème extrêmement important que je me borne à signaler. Enormèment de poètes en ont parlé : le bonheur se définit lorsque les choses arrivent en leur temps. Il y a une expression traditionnelle très importante :

« Davar béito mah tov ! »  lorsqu’une chose arrive en son temps qu’elle est bonne !

N’importe quoi c’est Tov. Combien c’est Tov lorsque les choses arrivent en leur temps !

Si l’on veut définir le Tikoun, le manque de mise au point qu’il y a dans ce monde-ci, ou les traces de chaos qu’il reste et se complique dans l’histoire de ce monde-ci, on pourrait le définir d’abord ainsi que les choses n’arrivent pas en leur temps. On est à la poursuite des coïncidences dans le sens temporel. Une des principes de définition des Mitsvot c’est les Mitsvot qui arrivent en leur temps. Il y a toute une discipline qui fait qu’on est régularisé dans le temps.  (Par exemple fêter Pessa’h à Shavouot cela ne marche pas…)

S’en suit toutes une série de promesses qui sont des mises au point, un Olam Hazeh qu’on pourrait appeller le Gan Eden. Un Rashi sur un des versets de ces promesses de bonheur montre qu’il s’agit de cela. L’idée de Davar béito mah tov suffirait à transformer le Olam hazeh dans son Kilkoul mekoulkal, cela veut dire, détraqué comme il est, en un Olam Hazeh qui voudrait la peine d’être vécu cela s’appelle le paradis.

Voilà commence le discours dans l’ordre du bonheur.

Rashi sur le 1er verset va nous restituer le raisonnement évoqué précédemment qu’il y a des lois qui formulent et expriment le statut d’être et il y a des lois qui expriment le statut des actes.

Le thème qui est touché ici est très important : les actes sont indispensables pour que l’être s’améliore, pour que l’être devienne ce qu’il doit devenir. Mais l’essentiel c’est que l’être le devienne. L’acte est éphémère. Il y a donc un statut des actes comme acte et un statut de l’être comme être. Il en résulte toute une série de catégories qui sont difficile à rassembler et à ma connaissance pour la 1ère fois dans toute l’histoire de la tradition talmudique, le Rav Kouk a reformulé pour le temps contemporain pour la 1ère fois : le mérite d’acte et le mérite d’être.

Je ne vous signale que cette catégorie-là pour aujourd’hui, mais il s’agit de tout un faisceau de reformulation des catégories de la moralité que nous lui devons à ce niveau-là.

Voilà comment le Midrash de Torat Kohanim que cite Rashi restitue ce raisonnement :

« Peut-être que cette expression ‘Si vous vous conduisez d’aprés Mes ‘Houkot’ il s’agit de la pratique des Mitsvot ».

 Mais nous avons appris que ‘Houkot c’est les commandements d’être et Mitsvot le commandement d’acte. Il faut reprendre ce sujet 100 fois de notre temps parce que c’est une des évidences de la raison traditionnelle qui a complétement disparu de la civilisation contemporaine.

Il y a le sujet des actes et c’est le sujet qui est l’être qui existe. Ses actes le nourrisent du mérite d’être mais les actes sont éphémères. Il y a donc deux niveaux de jugement : le jugement des actes et le jugement de l’être.

Vous comprenez pourquoi l’alternative du bonheur d’être ou du malheur d’être portent dans cette Parashah parce qu’il s’agit des lois de la manière d’être beaucoup plus que des lois de la manière de faire. Le faire – l’acte – c’est de l’ordre de l’avoir.

L’être possède son avoir et se constitue de lui mais l’avoir est éphémère et c’est l’être qui est celui que nous sommes. Au niveau très simple : nous devenons le résultat de nos habitudes.

Finalement, chaque acte ponctuel de l’habitude est éphémère, mais le devenir de cet éphémère à travers l’être c’est lui qui est permanent.

Midrash : ‘Si vous vous conduisez d’aprés Mes ‘Houkot’« Peut-être que cette expression concerne  la pratique des Mitsvot ? « et vous observerez Mes Mitsvot ! » l’accomplissement des Mitsvot est déjá établi. Alors quel est le sens de « Si vous vous conduisez d’aprés Mes ‘Houkot’ ? »  she tiyou amelim baTorah  Que vous devez  peiner dans la Torah !

[car le mot de “suivre” ici, תֵּלֵכוּ  , signifie littéralement “marche”, qui est une activité épuisante (Gour Aryeh)]. — [Torath Kohanim 26:2]

Il s’agit de l’étude de la Torah. Pourquoi pas dire simplement « l’étude de la Torah » ?

Dernière Mishnah de Avot (5:22) :  « tourne-la et retourne-la parce que tout est dedans ». La mise en morceau des versets pour les reconstituer et entendre quelque chose quand il se pose à moi une question nouvelle. Alors il faut que je la fasse parler : shé tiyou amelim batorah.

Que vous ne considérez pas l’étude comme un exercice intellectuel d’intelligence mais comme un travail au bout duquel la Torah va parler. Parce que précisèment la Torah n’est pas seulement un code du comportement des actes, mais elle est aussi notre statut d’identité. C’est notre carte d’identité parce que c’est notre chartre d’identité.

Q : A propos des actes éphémères Rashi continue et dit …

R : Nakhon il faut que la Torah soit Lishmah

Bien sûr que l’essentiel c’est l’être mais l’être est le résultat de ses actes, ils sont donc très important. Je vous l’ai signalé pour montrer qu’il y a deux niveaux.

Je vous donne un exemple étonnant.

Ceux d’entre-vous qui ont étudié les règles du Midrash le connaisse peut-être.

Le Midrash établit en étudiant l’histoire des patriarches qu’il y a des comportements ambigüs difficiles à définir. C’est le problème de ce qu’on appelle « agador shel boshi » ( ?) : quand quelqu’un lit un texte d’un des récit des patriarches d’après la façon dont il juge l’acte en bien ou en mal, il dit ce que lui même est. Si lui explique cela en mal, il explique comment lui aurait agit en mal parce qu’il sait de quoi il s’agit. De même pour le bien.

Talmud Massekhet Pessa’him au début des 10 premières pages qui traite de Pessa’h toute une série d’exortations pour faire attention à la manière dont on s’exprime, parce que à la manière dont on s’exprime on dit qui on est. On ne dit pas seulement ce qu’on dit mais ce qu’on est.

Buffon : « le style fait l’homme » il faut dire l’inverse, « l’homme fait son style ».

Effectivement, souvent lorsque quelqu’un dit quelque chose on sait bien à la manière dont il le dit si c’est un Tsadik ou un Rashâ. Cela ne trompe pas. En particulier dans l’histoire de Essav et Yaaqov.

La lecture superficielle montre un Yaaqov « tortueux ». Or. le Midrash explique qu’il est évident que Yaaqov est Tsadik et Essav un Rashâ.

Le Midrash Tan’houmah dit :

« Halakhah : tout ce que fait un Tsadik, c’est une bonne action, même s’il t’apparait comme une faute. Halakhah : tout ce que fait un Rasha est une mauvaise action même s’il t’apparait que c’est une bonne action »

Il faut savoir diagnostiquer. Il s’agit d’un Tsadik et d’un Rashâ et nous sommes des Bénonim. Il faut donc juger chacun.

On a l’habitude d’enseigner que le ‘Hok, la ‘Houkah,  les ‘Houkim, les ‘Houkot, sont des Mitsvot que l’on ne peut pas comprendre. Cela veut dire en fait des Mitsvot difficiles à comprendre. Ce n’est pas la même chose.

Justement, Rashi nous dit : citant le Midrash de Torat Kohanim à propos de Im-be’houkotay telekhou que vous étudiez Mes Houkot…
En réalité, cette explication habituelle n’est pas exacte.
Les Mitsvot que cite Rahsi à propos desquels le Satan et les Oumot haOlam contestent en disant « qu’est-ce que c’est que ces Mitsvot privilégiées de complaisance que Dieu vous a donné ? Alors nous devons leur répondre : « Ce sont des décisions de notre Dieu nous n’avons pas à les discuter ».
On a tordu ce Midrash en lui faisant dire : on ne peut pas comprendre. Mais on leur répond ainsi parce qu’eux ne peuvent pas comprendre. C’est de là qu’est venue cette légende de lois incompréhensibles… Cela ne veut pas dire que n’importe qui peut comprendre les ‘Houkim et les ‘Houkot. Mais il faut les étudier. En vue de quoi ? En vue de connaître leur signification de telle sorte d’en déduire des conséquences nécessaires lorsqu’une question nouvelle se pose.
Parce que si on n’étudie pas les ‘Houkim et qu’on étudie que les Mitsvot, au moment où nous sommes interpellés au niveau de l’être on ne sait plus de quoi il s’agit et on continue de faire les Mitsvot… Mais et l’histoire ? et l’être ?

   וְאֶת-מִצְו‍ֹתַי תִּשְׁמְר

ve’et-mitsvotay tishmerou

Rashi dit reprenant l’expression précédente :

« Soyez travaillant la Torah afin de preserver et de accomplir ».

Rachi tente d’expliquer pourquoi il y a ces deux exortations dans le verset. Cela ne va-t’il pas de soi ?  אִם-בְּחֻקֹּתַי, תֵּלֵכוּ

Im-be’houkotay telekhou… bien évidemment en vue d’accomplir ce qu’il faut accomplir.

Cela se relie un peu au problème de Naassé venishmahLire la suite

Source: manitou.over-blog.com

 

Haftarath parachath Be‘houqothaï – Nos véritables racines

Dans cette haftara, le prophète Jérémie compare celui qui a foi en Hachem à celui qui ne met sa confiance que dans l’homme.

Tandis que le premier est comme un arbre planté près des eaux, dont le feuillage est toujours vert, et qui continuera, même pendant les sécheresses, de porter ses fruits, le second sera comme arbrisseau dans le désert, voué à la stérilité (Jérémie 17, 5 à 8).

Une Michna des Pirqei avoth (3, 17) développe comme suit cette idée : « Rabbi El‘azar ben Azarya a enseigné : Celui dont la sagesse est plus grande que les actions, à quoi ressemble-t-il ? A un arbre dont les branches sont nombreuses et les racines clairsemées, et le vent vient et le déracine et le jette sur sa face. Car c’est ainsi qu’il est écrit : “Et il sera comme un arbrisseau dans le désert, qui ne jouit pas de ce qui est bon, qui se trouve sur un terrain aride dans le désert, sur un sol salé et inhabitable.”

Mais celui dont les actions sont plus nombreuses que sa sagesse, à quoi ressemble-t-il ? A un arbre dont les branches sont peu nombreuses et ses racines touffues.

Même si tous les ouragans du monde grondent sur lui, ils ne peuvent pas le faire bouger de sa place, comme il est écrit : “Et il sera comme un arbre planté auprès des eaux, dont le feuillage est toujours vert, et qui continuera, même pendant les sécheresses, de porter ses fruits ” »

Cette primauté que confère cette Michna à l’action sur la sagesse est comprise par Tossafoth yom tov dans le même sens que celle que donne une autre Michna (Avoth 1, 17) : « Ce n’est pas l’érudition qui est l’essentiel, mais l’action. »

En d’autres termes, les véritables racines de l’homme, celles qui lui procurent son épanouissement, ce sont ses actes et non l’accumulation d’un savoir.

Jacques KOHN zal.

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Si vous vous conduisez selon mes lois, si vous gardez mes préceptes et les exécutez, je vous donnerai les pluies en leur saison, et la terre livrera son produit, et l’arbre des champs donnera son fruit.

La carotte

Le battage de vos grains se prolongera jusqu’à la vendange et la vendange durera jusqu’aux semailles ; vous aurez du pain à manger à satiété, et vous demeurerez en sécurité dans votre pays, je ferai régner la paix dans le pays, et nul n’y troublera votre repos ; je ferai disparaître du pays les animaux nuisibles, et le glaive ne traversera point votre territoire.

Vous poursuivrez vos ennemis, et ils succomberont devant vous par l’épée. Cinq d’entre vous poursuivront une centaine, et cent d’entre vous une myriade ; et vos ennemis tomberont devant vous par l’épée. Je me tournerai vers vous, je vous ferai croître, je vous multiplierai, et je maintiendrai mon alliance avec vous.

Vous pourrez manger des anciennes récoltes, et vous devrez enlever l’ancienne pour faire place à la nouvelle.

Je fixerai ma résidence au milieu de vous, et mon esprit ne se lassera point d’être avec vous ; mais je me complairai au milieu de vous, et je serai votre Dieu, et vous serez mon peuple. Je suis l’Eternel votre Dieu, qui vous ai tirés du pays d’Egypte pour que vous n’y fussiez plus esclaves ; et j’ai brisé les barres de votre joug, et je vous ai fait marcher la tête haute.

Le bâton

Mais si vous ne m’écoutez pas, et si vous n’exécutez pas tous ces commandements ; si vous dédaignez mes lois et que votre âme repousse mes institutions, au point de ne plus observer tous mes commandements, de rompre mon alliance, à mon tour, voici ce que je vous ferai : je susciterai contre vous un fléau effrayant, la consomption, la fièvre, qui font languir les yeux et défaillir l’âme ; vous sèmerez en vain votre semence, vos ennemis la dévoreront.

Je dirigerai ma face contre vous, et vous serez abattus devant vos ennemis ; ceux qui vous haïssent vous domineront, et vous fuirez sans qu’on vous poursuive.

Et si malgré cela vous ne m’obéissez pas encore, je multiplierai jusqu’au septuple le châtiment de vos fautes.

Je briserai votre force orgueilleuse ; je ferai votre ciel de fer et votre terre d’airain ; et vous vous épuiserez en vains efforts, votre terre ne donnera pas ses produits, et l’arbre de la terre ne donnera pas son fruit.

Si vous agissez hostilement à mon égard, si vous persistez z ne point m’obéir, je vous frapperai de nouvelles plaies, au septuple comme vos fautes. J’enverrai contre vous les bêtes des champs, qui vous priveront de vos enfants, qui extermineront votre bétail, qui vous décimeront vous-mêmes, et vos routes deviendront isolées.

La chute

Si malgré ces châtiments vous ne vous corrigez point et que votre conduite reste hostile à mon égard, moi aussi je me conduirai à votre égard avec hostilité, et je vous frapperai, à mon tour, sept fois pour vos péchés.

Je ferai surgir contre vous le glaive vengeur de l’Alliance, et vous vous replierez dans vos villes ; et j’enverrai la peste au milieu de vous, et vous serez à la merci de l’ennemi, tandis que je vous couperai le bâton du pain, de sorte que dix femmes cuiront votre pain dans un seul four et vous le rapporteront au poids ; vous le mangerez sans vous rassasier.

Si, malgré cela, au lieu de m’écouter, vous vous comportez hostilement avec moi, je procéderai à votre égard avec une exaspération d’hostilité, et je vous châtierai, à mon tour, sept fois pour vos péchés. Vous dévorerez la chair de vos fils, et la chair de vos filles vous la dévorerez. Je détruirai vos hauts lieux, j’abattrai vos monuments solaires, puis je jetterai vos cadavres sur les cadavres de vos impures idoles ; et mon esprit vous repoussera. Je rendrai vos villes désertes, je ferai de vos lieux saints une solitude, et je ne respirerai pas le parfum de vos sacrifices.

Puis, moi-même, je dévasterai le pays, si bien que vos ennemis, qui l’occuperont en seront stupéfaits. Et vous, je vous disperserai parmi les nations, et je dégainerai contre vous l’épée ; votre pays sera solitaire, vos villes seront ruinées.

La terre en repos

Alors la terre acquittera la dette de ses chômages, tandis qu’elle restera désolée et que vous vivrez dans le pays de vos ennemis ; alors la terre chômera et fera payer ses chômages.

Dans toute cette période de désolation, elle chômera pour ce qu’elle n’aura pas chômer dans vos années sabbatiques, alors que vous l’habitiez. Pour ceux qui survivront d’entre vous, je mettrai la défaillance dans leur cœur, dans les pays de leurs ennemis : poursuivis par le bruit de la feuille qui tombe, ils fuiront comme on fuit devant l’épée, ils tomberont sans qu’on les poursuive, et ils trébucheront l’un sur l’autre comme devant l’épée, sans que personne les poursuive. Vous ne pourrez vous maintenir devant vos ennemis ; vous vous perdrez parmi les nations, et le pays de vos ennemis vous dévorera.

Et les survivants d’entre vous se consumeront, par leur faute, dans les pays de leurs ennemis, et aussi pour les méfaits de leurs pères avec les leurs ils se consumeront.

Le retour

Puis ils confesseront leur iniquité et celle de leurs pères, leur forfaiture envers moi, et aussi leur conduite hostile à mon égard. Moi aussi je les traiterai hostilement, je les mènerai au pays de leurs ennemis… à moins qu’alors leur cœur obtus ne s’humilie, et alors ils expieront leur iniquité.

Et je me souviendrai de mon alliance avec Jacob ; mon alliance aussi avec Isaac, mon alliance aussi avec Abraham, je m’en souviendrai, et la terre aussi, je m’en souviendrai.

Cette terre restera donc abandonnée par eux, afin que, laissée par eux déserte, elle répare ses chômages, et qu’eux-mêmes ils réparent leur iniquité ; parce que, oui, parce qu’ils auront dédaigné mes statuts, et que leur esprit aura repoussé mes lois. Et pourtant, même alors, quand ils seront dans le pays de leurs ennemis, je ne les dédaignerai ni ne les repousserai au point de les anéantir, de dissoudre mon alliance avec eux ; car je suis l’Eternel, leur Dieu !

Et je me rappellerai, en leur faveur, le pacte des aïeux, de ceux que j’ai fait sortir du pays d’Egypte à la vue des peuples pour être leur Dieu, moi l’Eternel.

Telles sont les ordonnances, les institutions et les lois que l’Eternel fit intervenir entre lui et les enfants d’Israël, au mont Sinaï, par l’intermédiaire de Moïse.

Consécration d’une personne

27

L ’Eternel parla à Moïse en disant : « Parle aux enfants d’Israël et dis-leur : Si quelqu’un promet, par un vœu, la valeur estimative d’une personne à l’Eternel, appliquée à un homme de l’âge de vingt à soixante ans, cette valeur sera de cinquante sicles d’argent, au poids du sanctuaire ; et s’il s’agit d’une femme, le taux sera de trente sicles.

Depuis l’âge de cinq ans jusqu’à l’âge de vingt ans, le taux sera, pour le sexe masculin, de vingt sicles ; pour le sexe féminin, de dix sicles.

Depuis l’âge d’un mois jusqu’à l’âge de cinq ans, le taux d’un garçon sera de cinq sicles d’argent, et celui d’une fille, de trois sicles d’argent.

Depuis l’âge de soixante ans et au-delà, si c’est un homme, le taux sera de quinze sicles, et si c’est une femme il sera de dix sicles.

S’il est impuissant à payer la taxe, il la mettra en présence du prêtre, et celui-ci l’estimera : c’est d’après les moyens du donateur que le prêtre fera l’estimation.

Consécration d’un animal

Si c’est un animal dont on puisse faire une offrande à l’Eternel, tout ce qu’on en aura voué à l’Eternel deviendra une chose sainte.

On ne peut ni le changer ni le remplacer, un bon par un mauvais, ni un défectueux, par un meilleur ; si toutefois on avait remplacé cet animal par un autre, l’animal et son remplaçant seront également saints.

Si c’est quelque animal impur, dont on ne puisse faire l’offrande à l’Eternel, on amènera l’animal devant le prêtre : celui-ci l’estimera d’après ses qualités bonnes ou mauvaises ; l’estimation du prêtre fera loi. Si la personne elle-même veut le racheter, elle donnera un cinquième en sus de l’estimation.

Consécration d’un bien immobilier

Si un homme a consacré sa maison, comme chose sainte, à l’Eternel, le prêtre l’estimera selon ses qualités ou ses défauts ; telle le pontife l’aura appréciée, telle elle sera acquise.

Mais si le consécrateur veut racheter sa maison, il ajoutera un cinquième en sus du prix estimé, et elle sera à lui.

Si un homme a consacré à l’Eternel une partie de sa terre patrimoniale, l’estimation sera en rapport avec la quantité de semence : la contenance d’un ômer d’orge valant cinquante sicles d’argent.

Si dès l’année du jubilé il a consacré son champ, on s’en tiendra à ce taux ; s’il l’a consacré postérieurement au jubilé, le prêtre en calculera le prix en raison des années qui restent jusqu’au Jubilé, et il sera fait une déduction sur le taux.

Si celui qui a consacré le champ veut le racheter, il paiera un cinquième en sus du prix estimé, et il lui restera.

Mais s’il ne rachète pas le champ, et s’il a vendu le champ à un autre homme, il ne pourra plus être racheté de sorte que ce champ, devenant libre au jubilé, sera consacré à Dieu comme une terre dévouée : c’est le prêtre qui en aura la propriété.

Si ce qu’il a consacré à l’Eternel est une terre achetée par lui, qui ne fasse point partie de son bien patrimonial, le prêtre calculera, à son égard, la portion du taux à payer jusqu’à l’an jubilaire, et l’on paiera ce taux, le jour même, comme chose consacrée à l’Eternel.

A l’époque du jubilé, cette terre fera retour à celui à qui on l’avait achetée, qui la possédait comme fonds patrimonial. Toute évaluation se fera d’après le sicle du sanctuaire, vingt ghêra formant un sicle.

Quant au premier-né d’un animal, lequel appartient par sa naissance à l’Eternel, on ne pourra le consacrer : grosse ou menue bête, il est à l’Eternel.

S’il s’agit d’un animal impur, on pourra le racheter au taux, ajoutant le cinquième en sus ; s’il n’a pas été racheté, il sera vendu d’après le taux.

Mais toute chose dévouée, qu’un homme aurait dévouée à l’Eternel parmi ses propriétés, que ce soit une personne, une bête ou un champ patrimonial, elle ne pourra être ni vendue ni rachetée : toute chose dévouée par interdit devient une sainteté éminente réservée à l’Eternel.

Tout anathème qui aura été prononcé sur un homme est irrévocable : il faudra qu’il meure.

Toute dîme de la terre, prélevée sur la semence du sol ou sur le fruit des arbres, appartient à l’Eternel : elle est consacrée à l’Eternel.

Et si quelqu’un veut racheter une partie de sa dîme, il y joindra le cinquième en sus.

Pour la dîme, quelle qu’elle soit, du gros et du menu bétail, de tous les animaux qui passeront sous la verge, le dixième sera consacré à l’Eternel.

On n’examinera pas s’il est bon ou mauvais, et on ne le remplacera point ; si toutefois on l’a remplacé, lui et son remplaçant seront également saints : il n’y aura point de rachat.  »

Tels sont les commandements que l’Eternel donna à Moïse pour les enfants d’Israël, au mont Sinaï.


Fin de Vayikra  (Levitique)

(Source : Massorti France)

Bé'houkotaï : maintenir le monde en état de création
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Behouquotaï : « Vous mangerez du vieux ? »

Il est écrit dans la parachath Behouqothaï : « Vous mangerez du vieux, et vous ferez sortir le vieux de devant le nouveau » ( Wayiqra 26, 10).

Cette bénédiction paraît suggérer une certaine prodigalité et une certaine propension au gaspillage. A quoi cela sert-il en effet de disposer de telles richesses si c’est pour se débarrasser d’une partie d’entre elles ?

La réponse à cette question se trouve dans un adage talmudique : « Entre le vin, sortent les secrets » ( ?Erouvine 65a).

Si cet adage, dans sa signification la plus simple, semble nous apprendre que l’état d’ivresse due à l’absorption du vin favorise les indiscrétions et la révélation de ce qui devrait rester secret, on peut le comprendre également sous une autre acception : Tout ce qui compose le monde matériel se détériore avec le temps, à une seule exception : le vin, qui se bonifie en vieillissant.

Le vin symbolise ainsi l’idéal du monde de l’esprit, qui s’améliore en prenant de l’âge.

Il ne possède donc aucune des propriétés apparentes du monde physique, et il permet au contraire de révéler ses sentiments les plus profonds. Voilà pourquoi il est associé, dans nos activités rituelles, à tous les événements joyeux ( Qiddouch , repas de fêtes, etc.).

La bénédiction contenue dans notre verset ne veut donc pas dire que ce que nous produisons va devenir vieux, en ce sens qu’il va dépérir, mais qu’il s’améliorera comme du vin, et donc qu’il nous fournira non seulement de la vigueur physique, mais aussi un soutien intérieur de nature spirituelle. C’est pourquoi plus nous produirons de nourriture, plus celle-ci contribuera à nous enrichir dans le domaine de l’esprit, et plus grande sera la bénédiction.

Adapté du Chem mi-Chemouel , 5670 [1910].

Jacques Kohn Zal

BEHOUQUOTAI : « Vous mangerez du vieux?»

(Source : Chiourim.com)

Fête de Lag Baomer : Pourquoi ces feux ?

https://www.chiourim.com/wp-content/uploads/2017/05/lag-baomer.jpg________________________________________________

L’habitude d’allumer des bûchers à Lag BaOmer a pris naissance à Méron, en haute Galilée, lieu de la sépulture de Rabbi Chimon bar Yo’haï.

C’est à Lag BaOmer qu’est décédé ce Maître éminent du Talmud, d’où le pèlerinage organisé ce jour-là, attire des foules considérables.

On allume des foyers dans lesquels l’usage s’est installé de jeter les mèches de cheveux fraîchement coupés des garçons de trois ans.

L’origine de la tradition consistant à associer des foyers au souvenir de Rabbi Chimon bar Yohaï se trouve dans un récit talmudique ( Chabbath 33b) :

Treize ans durant, Rabbi Chimon bar Yo’haï et son fils Rabbi Elazar se sont dissimulés dans une caverne afin d’échapper aux Romains qui les avaient condamnés à mort.

C’est pendant cette période que rabbi Chimon bar Yo’haï a rédigé son oeuvre maîtresse, le Zohar, dont le nom évoque la brillance de la lumière.

En outre, lorsque rabbi Chimon bar Yo’haï est sorti de la caverne, son regard était tellement embrasé qu’il mettait le feu aux champs des alentours.

Rappelons, au sujet de Lag BaOmer, une autre tradition, selon laquelle les enfants jouent à tirer des flèches avec leurs arcs. L’origine de cet usage est lié à un récit selon lequel aucun arc-en-ciel n’est apparu du vivant de Rabbi Chimon bar Yo’haï ( Yerouchalmi Berakhoth 9, 2).

Notons que le mot hébreu qécheth désigne tous les « arcs », qu’il s’agisse de l’arc-en-ciel ou de l’arc de l’archer.

Jacques Kohn zal

LAG BAOMER : Pourquoi ces feux ?

(Source : Chiourim.com)

PARACHAT HACHAVOUA – PARACHA DE LA SEMAINE du vendredi 19 au Chabbat 20 Iyar 5779(du vendredi 24 au samedi 25 mai 2019)

https://i1.wp.com/www.chiourim.com/wp-content/uploads/2017/05/parashat-b.jpg_________________________________________________

Cette semaine, nous étudions la paracha Behar (Vayikra 25,1 – 26,2)

25,1
L’Éternel parla à moïse au mont Sinaï, en ces termes:
25,2
« Parle aux enfants d’Israël et dis-leur: Quand vous serez entrés dans le pays que je vous donne, la terre sera soumise à un chômage en l’honneur de l’Éternel.
25,3
Six années tu ensemenceras ton champ, six années tu travailleras ta vigne, et tu en recueilleras le produit;
25,4
mais, la septième année, un chômage absolu sera accordé à la terre, un sabbat en l’honneur de l’Éternel. Tu n’ensemenceras ton champ ni ne tailleras ta vigne.
25,5
Le produit spontané de ta moisson, tu ne le couperas point, et les raisins de ta vigne intacte, tu ne les vendangeras point: ce sera une année de chômage pour le sol.
25,6
Ce sol en repos vous appartiendra à tous pour la consommation: à toi, à ton esclave, à ta servante, au mercenaire et à l’étranger qui habitent avec toi;
25,7
ton bétail même, ainsi que les bêtes sauvages de ton pays, pourront se nourrir de tous ces produits.
25,8
Tu compteras chez toi sept années sabbatiques, sept fois sept années, de sorte que la période de ces sept années sabbatiques te fera quarante-neuf ans;
25,9
puis tu feras circuler le retentissement du cor, dans le septième mois, le dixième jour du mois: au jour des expiations, vous ferez retentir le son du cor à travers tout votre pays.
25,10
Vous sanctifierez cette cinquantième année, en proclamant, dans le pays, la liberté pour tous ceux qui l’habitent: cette année sera pour vous le Jubilé, où chacun de vous rentrera dans son bien, où chacun retournera à sa famille.
25,11
La cinquantième année est le Jubilé, elle le sera pour vous: vous ne sèmerez point, vous n’en couperez point les produits, ni n’en vendangerez les vignes intactes,
25,12
parce que cette année est le jubilé et doit vous être une chose sainte. C’est à même le champ que vous en mangerez le produit.
25,13
En cette année jubilaire, vous rentrerez chacun dans votre possession.
25,14
Si donc tu fais une vente à ton prochain, ou si tu acquiers de sa main quelque chose, ne vous lésez point l’un l’autre.
25,15
C’est en tenant compte des années écoulées depuis le Jubilé, que tu feras cet achat à ton prochain; c’est en tenant compte des années de récolte, qu’il doit te vendre.
25,16
Selon que ces années seront plus ou moins nombreuses, tu paieras plus ou moins cher la chose acquise; car c’est un nombre de récoltes qu’il te vend.
25,17
Ne vous lésez point l’un l’autre, mais redoute ton Dieu! Car je suis l’Éternel votre Dieu.
25,18
Exécutez mes édits, observez et pratiquez mes lois, et vous demeurerez dans le pays en sécurité.
25,19
La terre donnera ses fruits, dont vous vous nourrirez abondamment, et vous y résiderez en toute quiétude.
25,20
Que si vous dites: « Qu’aurons-nous à manger la septième année, puisque nous ne pouvons ni semer, ni rentrer nos récoltes? »
25,21
Je vous octroierai ma bénédiction dans la sixième année, tellement qu’elle produira la récolte de trois années;
25,22
et quand vous sèmerez la huitième année, vous vivrez sur la récolte antérieure: jusqu’à la neuvième année, jusqu’à ce que s’effectue sa récolte, vous vivrez sur l’ancienne.
25,23
Nulle terre ne sera aliénée irrévocablement, car la terre est à moi, car vous n’êtes que des étrangers domiciliés chez moi.
25,24
Et dans tout le pays que vous posséderez, vous accorderez le droit de rachat sur les terres.
25,25
Si ton frère, se trouvant dans la gêne, a vendu une partie de sa propriété, son plus proche parent aura la faculté de racheter ce qu’a vendu son frère.
25,26
Quelqu’un dont personne n’a racheté le bien, mais qui retrouve des ressources suffisantes pour le racheter lui-même,
25,27
supputera les années de la vente, rendra l’excédent à celui à qui il avait vendu, et rentrera dans son bien.
25,28
Que s’il n’a point de ressources suffisantes pour cette restitution, la chose vendue restera entre les mains de l’acquéreur jusqu’à l’année jubilaire; elle en sortira à cette époque, et l’autre en reprendra possession.
25,29
Si quelqu’un vend une maison d’habitation située dans une ville murée, le droit de rachat durera jusqu’à la fin de l’année de la vente: pendant une année pleine cette faculté subsistera.
25,30
Et si elle n’a pas été rachetée dans l’espace d’une année entière, cette maison sise dans une ville close de murs sera acquise définitivement à l’acheteur, pour lui et sa descendance; le Jubilé ne la dégagera point.
25,31
Mais les maisons des villages non entourés de murs seront réputées une dépendance de la campagne, laquelle sera rachetable, et dégagée au Jubilé.
25,32
Quant aux villes des Lévites, aux maisons situées dans les villes qu’ils possèdent, les Lévites auront toujours le droit de les racheter.
25,33
Si même quelqu’un des Lévites l’a rachetée, la vente de cette maison ou de cette ville qu’il possède sera résiliée par le Jubilé; car les maisons situées dans les villes des Lévites sont leur propriété parmi les enfants d’Israël.
25,34
Une terre située dans la banlieue de leurs villes ne peut être vendue: elle est leur propriété inaliénable.
25,35
Si ton frère vient à déchoir, si tu vois chanceler sa fortune, soutiens-le, fût-il étranger et nouveau venu, et qu’Il vive avec toi.
25,36
N’accepte de sa part ni intérêt ni profit, mais crains ton Dieu, et que ton frère vive avec toi.
25,37
Ne lui donne point ton argent à intérêt, ni tes aliments pour en tirer profit.
25,38
Je suis l’Éternel votre Dieu, qui vous ai fait sortir du pays d’Egypte pour vous donner celui de Canaan, pour devenir votre Dieu.
25,39
Si ton frère, près de toi, réduit à la misère, se vend à toi, ne lui impose point le travail d’un esclave.
25,40
C’est comme un mercenaire, comme un hôte, qu’il sera avec toi; il servira chez toi jusqu’à l’année du Jubilé.
25,41
Alors il sortira de chez toi, lui ainsi que ses enfants; il retournera dans sa famille, et recouvrera le bien de ses pères.
25,42
Car ils sont mes esclaves, à moi, qui les ai fait sortir du pays d’Egypte; ils ne doivent pas être vendus à la façon des esclaves.
25,43
Ne le régente point avec rigueur, crains d’offenser ton Dieu!
25,44
Ton esclave ou ta servante, que tu veux avoir en propre, doit provenir des peuples qui vous entourent; à ceux-là vous pouvez acheter esclaves et servantes.
25,45
Vous pourrez en acheter encore parmi les enfants des étrangers qui viennent s’établir chez vous, et parmi leurs familles qui sont avec vous, qu’ils ont engendrées dans votre pays: ils pourront devenir votre propriété.
25,46
Vous pourrez les léguer à vos enfants pour qu’ils en prennent possession après vous, et les traiter perpétuellement en esclaves; mais sur vos frères les enfants d’Israël un frère sur un autre! Tu n’exerceras point sur eux une domination rigoureuse.
25,47
Si l’étranger, celui qui s’est établi près de toi, acquiert des moyens, et que ton frère, près de lui, devenu pauvre, se soit vendu à l’étranger établi près de toi, ou au rejeton d’une famille étrangère,
25,48
après qu’il s’est vendu, le droit de rachat existe pour lui; l’un de ses frères donc le rachètera.
25,49
Il sera racheté ou par son oncle ou par le fils de son oncle, ou par quelque autre de sa parenté, de sa famille; ou, s’il a acquis des moyens, il se rachètera lui-même.
25,50
Il calculera, avec son acquéreur, l’intervalle entre l’année où il s’est vendu à lui et l’année du Jubilé; le prix de sa vente sera comparé au chiffre des années, qui seront considérées à son égard comme le temps d’un mercenaire.
25,51
S’il y a encore un grand nombre d’années, il rendra pour son rachat, sur le prix de son acquisition, une somme équivalente;
25,52
et de même, s’il reste un petit nombre d’années jusqu’à l’an jubilaire, il lui en tiendra compte: c’est à proportion des années qu’il paiera son rachat.
25,53
Qu’il soit chez lui comme le mercenaire loué à l’année: qu’on ne le régente point avec dureté, toi présent.
25,54
Et s’il n’a pas été racheté par ces voies, il sortira libre à l’époque du jubilé, lui, et ses enfants avec lui.
25,55
Car c’est à moi que les Israélites appartiennent comme esclaves; ce sont mes serfs à moi, qui les ai tirés du pays d’Egypte, moi, l’Éternel, votre Dieu! »
26,1
« Ne vous faites point de faux dieux; n’érigez point, chez vous, image ni monument, et ne mettez point de pierre symbolique dans votre pays pour vous y prosterner: car c’est moi, Éternel, qui suis votre Dieu.
26,2
Observez mes sabbats et révérez mon sanctuaire: je suis l’Éternel.
(Source : Torah-Box)
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Dans la paracha Béhar on trouve une idée majeure.

«Que si vous dites : «Qu’aurons nous à manger la septième année puisque nous ne pouvons ni semer ni rentrer nos récoltes ?”, Je vous octroierai ma bénédiction dans la sixième année tellement qu’elle produira la récolte de trois années» (Lévitique, 25, 20 et 21). Bible du Rabbinat.

Cette mitsva est l’une de celles qui illustrent le plus exactement le modèle économique de la Thora car il y a bien une dimension économique, au sens littéral, de la Création et c’est pourquoi dans le Chemoné Êsrei, la prière axiale d’Israël, le Créateur est qualifié concrètement «d’intendant de la vie: mekhalkel h’aym».

La vie au sens biblique n’est pas insubstantielle. L’homme ne se nourrit certes pas exclusivement de pain, mais sans pain il défaille et ne pense plus qu’à sa pitance. Il faut y veiller tout en préservant les ressources vives de la Création, ne pas les exténuer, ne pas les carencer, ne pas les nécroser.

A cette fin, il importe que les créatures apprennent à se défaire d’un véritable réflexe: celui de l’emprise qui consiste à s’emparer par vive force de l’objet d’une envie ou d’un désir.

Le geste remonte loin et haut. Il se rapporte à la transgression primordiale commise au Gan Eden lorsque le premier couple porta la main sur la fruit de l’arbre de la connaissance, qu’il s’en saisit avant de le porter à sa bouche et de le dévorer (Gn, 3, 6).

Un pareil réflexe forme la base de la volonté de puissance, celle qui ne connaît d’autre loi que la sienne. De ce point de vue, le champ économique, connexe à celui des armes, est devenu le champ électif d’une volonté de puissance aussi absolue.

La possession des biens et des êtres devient critère de souveraineté. L’être équivaut à l’avoir et les deux se dilatent au même rythme, jusqu’au moment où les volontés de puissance, se découvrant horriblement présentes et concurrentes en un même lieu, entrent en collision et entreprennent de d’annuler réciproquement.

Le modèle économique d’Israël s’inscrit à l’encontre de ces tendances archaïques et mortifères. La volonté de puissance doit le céder à la relation de confiance. La terre n’est pas chose inerte. Elle est vivante.

C’est d’elle que provient l’humus, le âphar où les humains seront façonnés avant de recevoir l’insufflation divine qui les dotera du langage (Gn, 2, 7). Elle aussi à ses rythmes et ses cycles.

 

 

 

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La paracha Béhar par infolivetv

On ne saurait l’exploiter jusqu’à saturation, jusqu’à l’épuiser. Le rythme vital sera ainsi le rythme chabbatique, à trois degrés comme tout ce qui doit être élaboré : le chabbat hebdomadaire, celui du repos des corps redevenus réceptacle des âmes ; le chabbat septennal, la chemitta, celui du repos de la terre elle même de sorte qu’elle aussi reconstitue son énergétique vitale ; et le chabbat jubilaire, le yovel, au cours duquel les conduites d’emprise et de captation se dénoueront pour qu’apparaissent des nouvelles formes de vie sociale, des modèles économiques inédits, et cela sans catastrophes et sans crises destructrices.

A cette fin, et dès la sixième année du cycle initial, chacun doit entreprendre le travail sur soi qui lui permettra de se défaire des conduites d’emprises, des comportements auto- centrés par lesquels chacun aussi se fait l’assureur absolu et compulsif de sa propre existence, sans faire confiance à personne d’autre, comme si l’univers n’était pas une Création issue de la bénédiction du Créateur.

C’est la raison pour laquelle cette paracha prolonge la paracha Kédochim qui liait ensemble le respect parental et l’observance du chabbat. Ce respect n’est pas formel. Il atteste de l’existence même des parents, de leur antériorité et donc du principe généalogique qui fait de la vie une infinie transmission. L’observance des rythmes chabbatiques conforte alors le principe généalogique premier de la Création tout entière d’où sera issu ensuite le principe généalogique parental lui même.

Cesser d’œuvrer au terme de la sixième année, c’est reconnaître l’existence divine et fonder cette reconnaissance sur un acte fondamental de confiance. Car seule la relation de confiance mérite le qualificatif d’éthique. Par elle, «l’homo oeconomicus» cesse de s’auto-couronner et s’en remet à la sollicitude d’autrui dont il ne doutera plus qu’il gagera réciproquement sa vie sur la sienne.

La vie est don de l’Éternel. Elle ne se reproduit et ne se développe que d’être donnée à son tour.

L’économie politique contemporaine acharnée aux surplus et avide d’extrêmes profits, l’économie obsessionnelle, idolâtre du signe «plus», l’a telle compris?

Raphaël Draï Z’l

 

Behar : l’année du Jubilé

Behar traite principalement de l’année shabbatique et du jubilé soit en hébreu : shenat hashemita vehayovel (שנת השמיטה והיובל ).

Les Sages ont, à travers les siècles exprimé leurs opinions en les fondant sur des principes ou des calculs solides qui donnent raison à tous.

La plupart des exégètes mettent en évidence que certaines fautes comme : verser le sang de manière exagérée, les dépravations sexuelles, l’idolâtrie peuvent entraîner un exil long et douloureux mais tous les Sages mettent en évidence le fait que la non observance de l’année shabbatique ou du jubilé peut être également le facteur d’un terrible exil.

Rashi, par exemple, se livre à un calcul comparatif fort simple : le jubilé qui a lieu tous les 50 ans, ne fut pas observé 70 fois durant (3500 années) et l’exil de Babylone dura 70 ans ce qui, pour le Sage de Troyes, est la preuve irréfutable que la punition est d’une année d’exil par jubilé non respecté.

Le Midrash Tanhouma cite un “dialogue” entre Moïse et HaShem : devant les allégations du plus grand Prophète de tous les temps au Créateur de renoncer à disperser le peuple parmi les différentes nations, l’Éternel statua : “Si, vraiment, tu ne veux pas que ce peuple soit dispersé, Préviens-les qu’ils devront observer la Torah et, en particulier, les lois de la Shemita et du Yovel ! “

Le Yalkout Shim’ôni insiste, pour sa part, sur le fait que ces deux mitsvoth sont si importantes qu’elles représentent, en quelque sorte, les fondations inébranlables du Judaïsme tout entier.

Les Hakhamim soulignent deux points qui semblent particuliers : pourquoi trouve-t-on dans le Lévitique mention des lois de la shemita et du Yovel ? La question peut sembler étrange pourtant le Lévitique est le troisième livre de la Torah dans lequel il est plus particulièrement question des devoirs et des droits des Cohanim : ce qu’ils doivent faire et de quelle manière, comment ils doivent se vêtir, comment ils doivent procéder aux sacrifices, et bien d’autres choses encore.

Or, la shemita et le Yovel s’adressent au peuple dans toute son entité et ne concernent pas uniquement les prêtres. Quelles en sont donc les raisons ?

Les Hakhamim mettent en relief tout d’abord que l’humilité est une qualité qui est “agréable” à HaShem : d’ailleurs, la promulgation de la Torah se fait sur le Sinaï qui est la montagne la plus basse.

Moshé Rabbénou est également un homme très humble énonce la Torah. S’effacer ou renoncer aux honneurs est un comportement qui permet un accès aux sphères supérieures. Levatel eth ‘âtsmo לבטל את עצמו) ) c’est-à-dire s’effacer, ne pas se mettre en avant (se mettre en avant se dit lehavlith eth âtsmo cela vient du verbe liv’loth dont les lettres sont les mêmes que levatel (renoncer) mais, dans un ordre différent (לבלוט / לבטל .

Pour l’avoir écrit à plusieurs reprises, nous savons que lors de la faute d’ Eve, l’impureté émise par le serpent a rejailli sur la première femme de la Création et cette impureté n’a été “rachetée” qu’au moment de la dédicace de la Torah sur le Mont Sinaï pour la raison suivante: lorsqu’HaKadosh Baroukh Hou (le Saint Béni soit-IL) proposa la Torah au peuple d’Israël, en acceptant ils ont prononcé la phrase “na’âssé venishmâ” c’est-à-dire nous ferons et nous écouterons (après) ce qui démontre d’un niveau spirituel aussi élevé que celui des anges célestes.

La mitsva de la shemita a été instituée pour obliger l’homme et la terre à se reposer enseigne le Malbim. En effet, dit-il la terre continue à “travailler” et à produire. Quant à l’homme, s’il ne lui est pas interdit de travailler, il ne prendrait jamais le temps de se reposer étant soucieux de sa parnassa et il ne prendrait donc jamais le temps non plus de consacrer du temps à l’étude de la Torah…

La shemita intervient tous les sept ans et si l’on prend en considération que la terre continue à travailler le shabbat nous obtenons la somme de 52 journées (52 shabbatot par an) que multiplient 7 ans (6+1) = 364 jours donc approximativement un an de repos absolu pour la terre.

Pour ce qui est de l’homme qui doit étudier la Torah 12 mois durant dans l’année : l’agriculteur deux mois pleins chaque année, est dispensé d’études car il doit produire un travail exténuant en nissan pour les moissons et en tishré pour les vendanges ce qui fait que 2 mois par an que multiplient les 6 ans se trouvant entre les années de shemita, cela aboutit à 12 mois de l’année de la shemita pendant laquelle l’agriculteur n’a pas à se soucier de la production de la terre puisqu’elle est mise à la disposition de chacun et il n’a pas non plus à se soucier de sa parnassa et n’a d’autres soucis que d’épancher sa soif de Torah et de savoir ! Cet enseignement du Hida est fabuleux !

Le Ramban analyse le problème différemment. Pour lui, la shemita est une “houka” c’est-à-dire une loi que l’on ne doit pas essayer de comprendre mais, accepter telle quelle, car elle appartient à l’essence même des “secrets” de la Création : les six jours de la Création sont le parallèle des six jours de travail de la semaine lesquels sont le parallèle des six années qui sont comprises entre les années de shemita, lesquelles sont le parallèle des six shemita qui viennent sceller la septième shemita du jubilé.

Le penseur espagnol indique que chacune des shemitot renfermées dans le Jubilé (yovel) correspondent aux 7 sefiroth consacrées au monde des hommes. De même, ajoute-t-il, les jubilés ont des parallèles : les six jubilés correspondent aux 6 millénaires qui vont bientôt prendre fin dès l’apparition du septième millénaire.

L’exposé du Ramban offre une perspective réconfortante car, le célèbre philosophe que défia le roi d’Espagne, termine son analyse en expliquant qu’une segoula se cache derrière le verset de la Torah qui énonce : “Vous me serez une nation de prêtres et un peuple saint” (כי אתם תהיו לי מכל העמים ממלכת כהנים וגוי קדוש”) : lorsque sera passé le septième millénaire, se succèderont d’autres millénaires jusqu’à pouvoir célébrer la fin du 49ème millénaire où tout aura une fin….

La segoula est que nous deviendrons tous des sujets du Créateur de l’Univers et que les Nations entières reconnaîtront la Souveraineté d’HaShem et Le serviront !

Caroline Elishéva Rebouh

(Source : JForum)