Archives de Catégorie: CULTURE JUDAÏSME

Sur la paracha Nasso – Qui était Na’hchone ben Aminadav ? Par Mendy Kaminker / La grande voix, par Yitschak Meir Kagan

https://w3.chabad.org/media/images/125/FoBV1253675.jpg______________________________________________________

Qui était Na’hchone ben Aminadav ?

Il était prince de la tribu de Juda et le beau-frère d’Aaron, le grand prêtre. Au moment où tous étaient hésitants, il sauta dans les flots bouillonnants de la mer. C’était Na’hchone, fils d’Aminadav.

Voici un portrait de l’homme dont l’action discrète laissa une marque indélébile sur notre nation.

Son origine familiale

Na’hchone était un descendant de la cinquième génération de Juda, fils de Jacob. (Son père était Aminadav, fils de Ram, fils de ‘Hetsron, fils de Perets, fils de Juda.)1

Il est mentionné pour la première fois dans la Torah lorsque Aaron épouse sa sœur : « Aaron prit pour femme Elichéva, fille d’Aminadav, sœur de Na’hchone. »2 La Torah énonce généralement des noms lorsqu’elle évoque quelqu’un de nouveau, et les commentateurs s’interrogent ici sur la raison de la mention du frère d’Elichéva.

Ils suggèrent qu’avant d’épouser Elichéva, Aaron s’était renseigné au sujet de Na’hchone, son futur beau-frère. Nous apprenons d’Aaron que lorsque l’on cherche une épouse, il est important de vérifier la qualité de ses frères. Des frères droits et raffinés indiquent que la sœur sera une digne partenaire de vie.3

À l’ouverture de la mer

Sept jours après la sortie d’Égypte, les Israélites se retrouvèrent coincés entre une mer déchaînée et l’armée égyptienne vengeresse. Alors D.ieu donna à Moïse un ordre qui semblait impossible à réaliser : « Parle aux enfants d’Israël et qu’ils avancent. »4

L’ordre avait été donné d’avancer, avec ou sans mer sur le chemin. Mais qui voudrait faire le premier pas ? C’est à ce moment que le dévouement et la bravoure de Na’hchone se manifestèrent. Le Midrache5 et le Talmud6 font le récit suivant :

Quand Israël se tenait face à la mer des Joncs et que l’ordre fut donné d’avancer, chacune des tribus hésita, disant : « Nous ne voulons pas être les premiers à sauter dans la mer. »

Na’hchone vit ce qui se passait et sauta dans la mer.

À ce moment, Moïse se tenait en prière. D.ieu lui dit : « Mes bien-aimés se noient dans la mer orageuse, et tu es là à prier ? »

Moïse répondit : « Maître du monde, que dois-je faire ? »

D.ieu dit : « Élève ton bâton et étend ta main sur la mer. Celle-ci s’ouvrira et Israël entrera dans la mer sur la terre ferme. »

Et ce fut ainsi. Suivant l’exemple de Na’hchone, les Israélites entrèrent dans la mer et furent sauvés.

La récompense de Na’hchone

Le Midrache énumère les récompenses que l’acte courageux de Na’hchone lui valut :

  • Il fut nommé Na’hchone, car il sauta dans les vagues (na’hchol) de la mer.7
  • Cinq héros d’Israël furent parmi ses descendants : David, Daniel, ‘Hananiah, Mischaël et Azariah.8
  • La royauté éternelle d’Israël fut donné à sa tribu, Juda, et il s’ensuit que Machia’h sera également son descendant.9

Après que Moïse eut achevé d’édifier le Tabernacle dans le désert, les chefs des douze tribus d’Israël offrirent des sacrifices et des offrandes pour l’inaugurer. Bien que Juda ne fut pas la plus ancienne des tribus, Na’hchone, prince de Juda, fut le premier à apporter son sacrifice.10 C’est peut-être une récompense pour son dévouement et sa bravoure.

Na’hchone était également parmi les soixante-dix anciens auxquels Moïse transmit de son esprit.11

Son décès

La nomination de Na’hchone comme ancien eut un résultat tragique. Nous lisons que la deuxième année après la sortie d’Égypte, « Le peuple affecta de se plaindre, et ce fut mal aux oreilles de D.ieu. D.ieu entendit et Sa colère s’enflamma, et un feu de l’Éternel sévit parmi eux, consumant les extrémités du camp. »12 Le Midrache explique que « les extrémités du camp » est une référence aux soixante-dix anciens,13 parmi lesquels Na’hchone.14

Un symbole de force

Le nom de Na’hchone est devenu synonyme de courage et de détermination à faire ce qui est nécessaire, même lorsque ce n’est pas populaire.

Inspiré par Na’hchone, le roi David a écrit dans les Psaumes : « J’ai sombré dans les profondeurs boueuses, et je n’ai pas pied ; Je suis venu dans l’eau profonde, et le courant m’a emporté… Ne laissez pas le courant d’eau me balayer, ni la profondeur m’avaler, que la bouche de l’abîme ne se referme pas sur moi ! »15

Le Rabbi considérait l’acte de Na’hchone comme un appel à l’action :

« Un homme du nom de Na’hchone a sauté dans la mer et a ainsi déclenché le grand miracle de l’ouverture de la mer. Techniquement, il n’était pas tenu de le faire, mais il savait que D.ieu voulait qu’Israël avance vers le Sinaï. Il a pris ses responsabilités : il y avait une mer sur son chemin, il a sauté dans la mer et a avancé vers son but.

« La leçon de ceci pour nous tous, c’est que nous devons rester concentrés sur la mission de notre vie, au mépris de tous les obstacles. »16

NOTES

1.

Chroniques I 2,4-10.

2.

Exode 6,23.

3.

Rachi ad loc.

4.

Rachi ad loc.

5.

Mekhilta, Bechala’h 5; Pirké deRabbi Eliezer 42 ; Exode Rabba 13, et autres.

6.

Sota 37a.

7.

Exode Rabba ibid.

8.

Ibid.

9.

Talmud et Mekhilta ibid.

10.

Nombres 7,12.

11.

Yalkout Shimoni, Nombres 7:36.

12.

Nombres 11,1.

13.

Midrache Rabba ad loc.

14.

Le Seder Olam Rabba stipule que Na’hchone est décédé dans la deuxième année après l’Exode. Le Rabbi relie cela à la mort des anciens (Iguerot Kodech, vol. 3, p. 225).

15.

Psaumes 69, 3 ; 16.

16.

Extrait d’un discours du 10 Chevat 5716.

Mendy Kaminker

Qui était Na’hchone ben Aminadav ?

(Source : Chabad.org)

-==-

https://w3.chabad.org/media/images/533/yCUi5334257.jpg___________________________________________________

La grande voix

Le dernier verset de Nasso est :

« Et quand Moïse s’approcha de la tente d’Assignation pour parler avec Lui (le Tout Puissant), il entendit la voix lui parler, venant d’en haut du Kaporet (couvercle d’or) qui est sur l’Arche du Témoignage, d’entre les deux Chérubins ; et [D.ieu] lui parla » (Nombres 7, 89).

Quand Moïse entendit la voix de D.ieu dans le Sanctuaire, un phénomène miraculeux se produisit. Bien que la voix divine fût aussi forte qu’au Mont Sinaï, où deux millions de personnes l’avaient entendue, si forte qu’elle aurait pu résonner bien au-delà des limites du Tabernacle, elle était miraculeusement coupée à l’entrée du Sanctuaire et ne s’en échappait pas. Moïse était obligé de pénétrer à l’intérieur du Tabernacle pour pouvoir l’entendre (voir Rachi).

La ‘Hassidout propose une explication qui apporte un éclairage sur la nécessité que cette voix ne soit pas entendue au-delà de l’entrée du Tabernacle. D.ieu désire que l’homme Le serve par son libre arbitre et que cette « voix de D.ieu », c’est-à-dire Son appel, Son message et Son enseignement, soit apportée au monde par le service de l’homme.

La « voix de D.ieu » est la révélation de D.ieu. Un lieu que le Tout Puissant choisit comme endroit fixe pour des révélations successives, un lieu où Sa voix s’entend encore et encore, est un lieu qui possède un ordre de sainteté supérieur. Tel était le Tabernacle, appelé « Tente d’Assignation » parce que la Présence Divine s’y rencontrait régulièrement. La « voix de D.ieu », la même voix forte entendue au Sinaï remplissait régulièrement et de façon répétée le Tabernacle.

Si la voix et la parole du Tout Puissant avaient résonné dans le monde, de façon répétée et régulière, le monde tout entier serait devenu une grande « Tente d’Assignation », un Sanctuaire dans lequel l’homme n’aurait pu choisir d’aller dans le sens contraire des désirs divins. Le libre-arbitre n’aurait pas été possible. Mais le désir divin était que nous transformions, par notre service et non par une intervention divine, l’environnement dans lequel Sa voix n’est pas « entendue » et que nous en fassions un lieu où Sa Présence peut résider.

La grande voix

(Source : Chabbad.org)

Publicités

Chavouot : le Livre de Ruth comme la Haggada- vidéos

https://encrypted-tbn0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQ-9UXk5W8QSBcVzaTI2r8p6ckFZP1J-zrMLXRHFbiTkYFoB520_______________________________________________

La libération d’Egypte du peuple hébreu réduit à un esclavage destructeur, génocidaire, trouve sa cause essentielle dans le don et l’acceptation de la Loi au Sinaï.

Autant dire que dans la liturgie juive, les célébrations de Pessa’h et de Chavouot sont chevillées comme l’étaient les panneaux du Sanctuaire lors de la traversée du désert.

Autant dire aussi que le Livre de Ruth, qui doit être lu à Chavouot, est d’importance comparable à la Haggada de Pessah, même s’il est beaucoup plus court, même s’il est récité de manière moins cérémonielle.

Si la Haggada de Pessah relate les circonstances et les perspectives de la liberté, le Livre de Ruth explique les raisons pour lesquelles nous méritons de rester libres, de ne pas retomber dans l’Egypte intérieure, pire que l’Egypte pharaonique, parce que là règne la dureté du cœur, l’inattention qui aggrave la solitude et la détresse d’autrui.

A la solitude doit faire face la sollicitude, à la détresse, la solidarité. C’est parce qu’une femme, une étrangère, Ruth, sut faire preuve et de sollicitude et de solidarité vis-à-vis d’une mère meurtrie par la mort de son époux et de ses fils, puis vis-à-vis d’un vieillard dont la notabilité ne masquait plus son esseulement, qu’elle mérite d’être appelée splendide et de voir son nom et ses actes chaque fois racontés à propos du don de la Torah. Pourtant, les temps étaient si durs, l’époque si noire que le « chacun pour soi  » eut été sinon excusable, en tout cas explicable.

C’était en effet en Israël un temps d’anarchie puisque les Juges méritaient de passer en jugement. Comme un malheur en engendre un autre, une terrible famine se déclara dans la région de Bethléem.

Famine d’avertissement : elle sévit dans une ville qui s’appelle Maison du Pain ou de la Subsistance (léh’em). Dans ces circonstances, à peine survivant en un lieu au-dessus duquel le ciel s’est refermé, un couple de Judéens, Elimelekh et sa femme Noémie, prennent la décision d’émigrer. Vers où? Vers des terres sombres mais moins faméliques, vers Moab, la contrée fondée par les fils incestueux de Loth et de ses filles, rescapées de Sodome et de Gomorrhe, qui commirent l’acte abominable pour se donner une descendance tandis qu’elles croyaient advenue la fin du monde (Gen., 19, 36).

Le couple d’émigrés a deux fils aux noms bien pessimistes, conférés en temps de famine, Mah’lon (le Profane) et Khilion (l’Aboli). Apres l’installation à Moab, Elimelekh décède. Noemie reste seule. Ses deux fils prendront respectivement pour épouses les Moabites Ruth et Ôrpa. Mais le malheur est infatigable. Les deux fils décèdent à leur tour et voici trois femmes seules, sans ressources.

Comment faire face à la misère et à cette solitude, car nul voisin ne s’est manifesté pour les soutenir?

Entre-temps, Dieu s’est ressouvenu de la vocation de Bethleem. Le pain y est réapparu avec la fin de la famine. L’ayant appris, Noemie prend la décision de « désemigrer », si l’on peut dire, de s’en revenir en son établissement initial.

Quel sort sera réservé là aux deux jeunes veuves étrangères qui demeurent avec elle ? Elle ne saurait le dire. C’est pourquoi elle tente de les délier du lien qui les unit ensemble mais à titre posthume. Que chacune se sente libre de s’en retoumer chez soi : Noemie est trop âgée pour espérer enfanter de nouveau et leur donner des époux de substitution au titre du lévirat, d’un lévirat entendu de la manière la plus large possible. Finalement, Ôrpa ne résistera pas aux raisons invoquées par la mère-veuve. Ruth choisira de lui rester attachée, coûte que coûte, de partager non seulement sa vie, mais, en cas de besoin, sa mort.

Première splendeur de Ruth : à ses yeux, l’épreuve ne corrode pas le lien avant de le briser. Au contraire : elle le renforce en tout ce qui le tresse : « Ton peuple, mon peuple ; ton Dieu, mon Dieu » (1,16). Les deux femmes à jamais unies arrivent enfin à Bethléem désormais la bien nommée, la bien-aimée. Ce retour ne va pas sans susciter quelques remarques dans le voisinage.

Nouvelle urgence : comment à présent se nourrir ? La loi d’Israël prévoit que les pauvres, ceux que le sort a marqués du sceau du fer rouge, ont le droit de glaner dans la partie du champ que la loi de bonté, de h ’essed, leur réserve.

En toute propriété humaine, l’origine divine des bienfaits qu’elle représente doit être préservée. Noemie n’ignore pas qu’à Bethleem — où elle a conservé la propriété d’un champ formellement en déshérence —elle est parente d’un des personnages les plus notables de la cite, Boaz, désormais avancé en honneurs, en richesses, mais aussi en âge.

C’est sur le champ de Boaz qu’elle invite Ruth à s’en aller glaner pour les nourrir toutes deux dignement, pour échapper à la mendicité.

Ruth entend l’invitation de Noémie comme l’on entend un son qui va plus loin qu’on ne l’imagine. Elle se met à glaner. Boaz vient. Les salutations qu’il échange avec les autres moissonneurs sont des bénédictions de vaste portée aussi, qui en appellent chaque fois à la Présence divine (2, 4). Aux yeux de Boaz, les moissonneurs ne constituent pas une masse humaine indistincte.

La présence de Ruth attire son attention. On lui dit qui elle est, d’où elle vient. De cette Histoire dévoilée, Boaz conclut à ses propres devoirs. Il s’adresse directement à Ruth. L’appelle tout de suite « ma fille » ; l’assure qu’elle peut glaner afin de manger aujourd’hui mais aussi pour atténuer en elle la peur du lendemain.

Une pareille générosité suscite une reconnaissance d’ampleur analogue. Ruth relève la grandeur de Boaz : il l’a reconnue quoiqu’étrangère, parce qu’étrangère (2, 10). Etrangère ? Ainsi Ruth n’a retiré aucun avantage de son attachement à Noémie ? Un tel désintéressement ne restera pas sans suite. Informée de l’aube humaine renaissante, Noémie pressent qu’autre chose est en train de germer.

Elle pousse Ruth à la rencontre de cet avenir qui s’ajoutera à la moisson actuelle des champs de Bethléem. Il faut faire lever les récoltes de la reconnaissance mutuelle qui vient d’advenir entre la jeune veuve et le vieillard sans descendance. Et comme souvent dans le recit biblique, lorsque l’Histoire doit passer par le chas d’une aiguille, la nuit et le sommeil sont les matrices du futur.

Ruth ira se porter et se poster aux pieds de Boaz dormant dans son champ, avec pour seule couche la clarté des étoiles. Le dormeur ressent cette présence. Son sommeil est interrompu par un élancement de frayeur qui se renforce lorsqu’il découvre la Moabite près de son propre corps. Toutefois, l’équivoque se dissipe instantanément.

Dans cette proximité, Boaz ne voit pas la tentative de rééditer l’acte commis par les filles de Loth avec leur père mais la confirmation du mouvement de reconnaissance commencé en plein jour. A la générosité de Boaz, l’homme puissant et riche mais vieux et seul, Ruth répond en lui offrant ce qu’elle est : une femme qui peut encore porter le futur dans ses flancs.

Boaz accepte ce qui n’est autre qu’une alliance. Mais rien en lui ne se débonde d’une passion trop longtemps contenue. La conscience de ses devoirs reste intacte. S’il faut sauver Ruth, il faut le faire en sauvant Noemie et en respectant les règles qu’enseigne la Loi de vie.

Quel que soit l’élan qui porte Ruth vers l’être qui fut capable de reconnaitre l’Anonyme, Boaz doit d’abord solliciter celui dont il sait qu’il a meilleur titre que lui à accomplir cette salvation parce qu’il est plus proche parent encore de Noemie. Mais que le contrat soit clairement entendu : l’on ne saurait acquérir le champ de Noemie sans Noemie et Noémie sans Ruth, de sorte que le nom du fils défunt, Mah’lon, ne soit pas abrogé de la mémoire d’Israel. Dûment averti et de ses droits et de ses obligations, ce plus proche parent se désiste.

Alors, et alors seulement, Boaz confirme l’alliance suscitée par Noémie et mise en œuvre par l’étrangère solidaire et désintéressée. Boaz la prendra pour épouse. Le peuple tout entier voudra porter témoignage des conditions et des espérances de cette Alliance qu’il rattache à Rachel et à Léa. Alliance que Dieu confirme, puisque Ruth conçoit et qu’elle enfante un fils. Cependant, son nom ne lui sera pas immédiatement conféré. En attendant, qui le nourrira ? Ruth ? La splendeur de Ruth irradie dans l’immensité de nouveau prolongée de son désintéressement total : « Noémie prit le nouveau-né, le mit sur sa poitrine, et lui donna ses soins maternels. » Le voisinage a compris la portée d’un tel geste que Ruth laisse faire. Il déclare : « Un fils est né à Noémie » (4,17).

Par l’union entre Ruth et Boaz, deux actes essentiels de générosité futurante ont simultanément été accomplis. Le nom du fils décédé est maintenu vivant. Mais le nom de la mère-veuve, si durement éprouvée, si intensément clairvoyante, sera inscrit également dans l’Histoire. Ce fils s’appellera désormais Ôved, le Serviteur. De lui naîtra le roi David. Et de lui, toujours pour ces raisons, devra naître l’être que l’espérance humaine dénomme le Messie.

cropped-photo-drac3af-hermann-sophie-drevon.jpg

Raphaël Draï zal, L’Arche Juin 1997

 

 

MEGUILAT  RUTH ET SES ENSEIGNEMENTS

L’héroïne de la fête de Shavouoth est Ruth la Moabite. Ruth était une personne d’une essence très élevée : son nom en hébreu s’écrit : רות d’une valeur numérique de 606. N’étant pas juive de naissance ? elle devait donc s’attacher aux 7 mitsvoth noahides et c’est ainsi que l’on apprend qu’elle était une tsadéket car elle appliquait les 613 mitsvoth de la Torah (606+7=613).
La Torah stipule de ne pas avoir de rapports d’aucune sorte avec le Moabite mais pas avec LA Moabite c’est la raison pour laquelle de par sa conduite exemplaire et de par sa volonté de s’intégrer au peuple juif, elle a eu la possibilité de donner naissance à des Juifs, puisque leur père Boaz était juif et qu’à cette époque la filiation était patrilinéaire. De toute façon, d’après certains commentateurs, Ruth et Orpa

Le premier mot hébraïque du livre de Ruth la Moabite nous annonce une tragédie et les quatre chapitres composant le livre de Ruth va, littéralement par des allusions, relever des enseignements importants tant pour la vie sociale que sur le plan moral.

Le récit débute ainsi :….. L’action se situe au moment où on jugeait les Juges – période de décadence pendant laquelle les Juges n’avaient pas d’autorité ni une bonne presse ainsi qu’il est écrit au début de la meguilat Ruth : ויהי בימי שפוט השופטים.

Il y eut une période de famine sévère. Afin de préserver sa famille de cette famine, Elimelekh décide de fuir de Beith Léhem en Judée pour se réfugier dans les plaines de Moab. Les prénoms des membres de cette famille sont significatifs puisque Elimelekh signifie que mon D est Roi, Naomi, l’épouse s’appelle Douceur, les deux fils se nomment Mahlon et Khilion ce qui signifie respectueusement : maladif et chétif…..

Peu de temps après, Elimelekh meurt suivi d’assez près par ses deux fils qui entretemps avaient épousé des Moabiot. Le nom de l’une d’elles présage aussi de l’avenir : Orpa nom qui vient du mot oref ou nuque ce qui signifie qu’elle va partir et tourner le dos à Naomi sa belle-mère, alors que Ruth fait serment d’attachement et de fidélité à celle-ci.

La première question qui se pose est de savoir pourquoi, (comme le montre la généalogie de Ruth : le Roi David est issu d’une Moabite et, le Roi Messie sera également un descendant de la Moabite ). C’est parce qu’il est écrit qu’UN Moabite ne pourrait rentrer dans le Kahal de D mais pas UNE Moabite…..

Donc,  rien n’est étonnant sur ce plan : les enfants issus d’une union d’un Juif avec une Moabite ou une Ammonite ne seront pas considérés comme Mamzérim (bâtard dans la terminologie française mais  qui signifie littéralement porteur d’un défaut étranger).

Se pose la question de savoir pourquoi, si peu de temps après  avoir organisé le repli de sa famille dans les plaines de Moav, Elimelekh décède….

Le commentaire de Torah Temima explique qu’en se désolidarisant du peuple dans une période aussi troublée qu’une famine, Elimelekh a pris une décision révélatrice de sa désolidarisation. On pourrait alors se poser une autre question : il y a eu d’autres famines dans la Bible notamment celle où Jacob envoya ses fils en Egypte….

La différence entre ces deux situations est que Jacob a envoyé ses fils en Egypte non pas pour aller vivre en Egypte MAIS pour acheter du blé et continuer à vivre là où ils vivaient déjà avec les autres voisins.
Valeurs morales se trouvant énoncées dans la méguilah de Ruth :
Orpa se rend au raisonnement de sa belle-mère et s’en retourne chez ses parents, tourne le dos à Naomi et au judaïsme. Elle montre sa nuque en repartant : Orpa. Elle se désolidarise elle aussi et ne montre aucun attachement à cette famille qui l’avait adoptée et avec laquelle elle aurait continué à vivre si tout s’était bien déroulé. Par contre, Ruth montre son adhésion totale au judaïsme et à sa famille : “ne me contrains pas à partir loin de toi, car là où tu iras, j’irai et là où tu dormiras, je dormirai, et ton D sera le mien. Où tu seras enterrée sera le lieu de ma sépulture” Soumission totale au judaïsme et au respect des parents bien qu’il  ne s’agisse ici que de la belle-mère….

Mitsva du Yiboum (lévirat) : chapitre. I verset 11 :
Naomi leur dit : retournez chez vous mes filles, pourquoi viendriez- vous avec moi ? Aurai-je encore des fils dans mes entrailles que vous pourriez épouser ? ……..

Lorsqu’un homme meurt sans laisser de descendance, le ou l’un des frères restant même s’ils  sont mariés doivent donner une descendance posthume au frère défunt (il y a aussi la possibilité de renoncer à cet acte par une autre mitsva qui est celle du déchaussement) et si ce n’est un frère, on recherche le parent le plus proche pour accomplir cette mitsva. Par ces paroles et celles des versets suivants dans lesquels Naomi va encore plus loin en envisageant que même si elle avait eu la possibilité encore d’appartenir à un homme et de retomber enceinte à nouveau et d’élever de Boaz encore une raison pour que les deux moabites restent avec Naomi mais, en l’état présent, il n’y a aucune possibilité de pratiquer cette mitsva……

Un intérêt réside en la mitsva : celui de pouvoir restituer à la veuve et ensuite au descendant putatif du défunt les terrains qu’il avait en sa possession à son décès faute de quoi ces biens tombent dans les biens publics.

Dans ce cas précis, Noémie qui était riche au temps où son mari vivait. A la mort de celui-ci et de ses deux fils, les biens furent annexés à la communauté, d’où son opiniâtreté à vouloir donner une descendance posthume à son fils de manière à pouvoir récupérer les terrains de la famille si durement éprouvée.

Cependant, plus loin dans le texte, cette mitsva prendra sa pleine expression lorsque, au chapitre II, se dessine un espoir de pratiquer cette mitsva lorsque Naomi apprend qu’un parent de son défunt mari habite dans la région et il se prénomme Boaz (bo = en lui, oz, force).

C’est ainsi que par la suite, Ruth, dont la réputation de femme vertueuse devance ses pas attire l’attention de Boaz et la mitsva du lévirat se réalisera, récompensant l’attitude de Ruth ainsi que la vertu de Naomi…….

Mitsvoth ayant trait aux pauvres, aux étrangers, aux veuves et aux orphelins  dans le domaine agricole :

Le glanage (leket לקט): les personnes appartenant aux catégories ci-dessus ont le droit de pratiquer le glanage ce qui signifie que les travailleurs laissant tomber des épis de céréales derrière eux, ces épis peuvent être récupérés par les pauvres etc…..

Le coin (פיאה-péa) : un coin des champs doit être obligatoirement être laissé à la disposition des indigents énumérés ci-dessus…..de même en cueillant les fruits d’un arbre, on en laisse une partie à la discrétion de l’indigent.

L’oubli (shikheha שיכחה) : les gerbes laissées et oubliées le sont également au profit des nécessiteux.
Ruth la Moabite a donc profité de ces dispositions prescrites dans la Torah pour vivre avec Naomi……
Les différents mérites composant la personnalité de Ruth lui auront permis d’être la génitrice d’une lignée de prestige puisqu’elle fut l’aïeule du  Roi David et donc de Salomon puis, à la fin des temps, du Roi Messie.

L’histoire de Ruth tout comme celle d’Esther est présentée sur un rouleau de parchemin écrit à la main par un sofer ou scribe. Dans le Tanakh on compte cinq meguiloth :
MEGUILATH ESTHER (le mot meguilah vient du mot glil = rouleau ou liglol = enrouler)
MEGUILATH RUTH
SHIR HASHIRIM (Cantique des Cantiques)
KOHELETH (L’Ecclésiaste)
EIKHAH (Les Lamentations).

Caroline ElishévaRebouth

Chavouot : le Livre de Ruth comme la Haggada- vidéos

(Source : JForum)

CULTURE JUDAÏSME – Mois de Sivan 2778

_______________________________________________

https://w3.chabad.org/media/images/849/rsQV8492409.png

_____________________________________________________

Cette semaine, nous étudions

la 31ème paracha Nasso (Bamidbar 4,21 – 7,89)

Lecture de la paracha Nasso en français

La bénédiction des Cohanim

Le rituel

S’il vous est arrivé de vous trouver à la synagogue durant la Bénédiction des Cohanim, vous savez qu’il s’agit d’une expérience qui fait naître un sentiment de ferveur peu commun. Le Cohen ôte ses souliers et s’approche de l’estrade, le visage enfoui dans son châle de prière. Il tend ses mains vers l’assemblée. Ses doigts sont séparés et ses paumes tendues vers l’extérieur. Il attend le moment saint. Les membres de la congrégation détournent la tête ou la cachent dans leur propre châle de prière pour éviter de regarder en face le Cohen, car l’on sait qu’en cet instant, repose sur lui la Présence Divine.

Incité par le ‘Hazan, le Cohen entonne sobrement les mots sacrés de la bénédiction (Nombres 6, 24-26) « Que D.ieu te bénisse et te garde. Que D.ieu fasse briller Sa face sur toi et qu’Il soit indulgent à ton égard. Que D.ieu lève Sa face sur toi et qu’Il te donne la paix ».

La bénédiction s’achève alors et un sentiment de bonheur s’empare de ceux qui sont présents. Dans certaines communautés, on éclate en un chant joyeux. D’une certaine manière, nous ressentons qu’une bénédiction particulière de D.ieu, Celui qui donne toutes les bénédictions, vient d’être octroyée. Nous ressentons une sorte d’exaltation, nous nous sentons élevés comme si D.ieu venait de nous atteindre depuis Son trône céleste pour nous rapprocher de Lui.

Qu’y a-t-il dans cette bénédiction de si particulier pour qu’elle puisse éveiller de tels sentiments ? En quoi diffère-t-elle de toutes celles que nous prononçons nous-mêmes ?

Deux formes de prières

Il est de fait que dans la prière nous adressons à D.ieu des requêtes. Nous observons notre vie et nos besoins et nous nous tournons vers Lui pour nos demandes. D.ieu écoute attentivement. Il écoute nos paroles, mais Il lit nos cœurs. « Tu as des besoins auxquels tu veux que Je pourvoie, s’étonne D.ieu, mais Moi J’ai des désirs que Je veux que tu accomplisses. Voyons comment tu satisfais Mes désirs. Et Je verrai alors comment Je contenterai les tiens ».

Le Cohen possède une approche différente. Il déverse son cœur dans la prière et dit : « D.ieu Bien-aimé, je sais combien Tu aimes Tes enfants et combien il Te plaît de pourvoir à leurs besoins. Je suis heureux d’être dans la position de T’offrir une telle occasion. Voilà ce dont Tes enfants manquent et voilà comment T’engager dans Ton plaisir favori qui est de les aider ».

Le Cohen, descendant d’Aharon, a hérité de ses qualités spirituelles. Aharon était réputé pour son caractère aimant. En fait, le nom hébreu « Aharon » est l’abréviation de deux mots : Ahavah Rabbah (« un grand amour). Aharon aimait D.ieu et aimait son peuple. Quand il priait pour Israël, il faisait refléter les deux objets de son amour. D’une part, il pensait au peuple et à ses besoins et de l’autre, il pensait à l’amour de D.ieu pour le peuple et à Son plaisir de les exaucer.

Aharon priait de tout son être, en toute sincérité, dans une dévotion et un amour absolus. Sa ferveur aimante éveillait, à son tour, l’amour de D.ieu. D.ieu l’écoutait avec attention et disait : « Tu désires Me contenter et Je désire Te contenter ».

Le Cohen, qui hérite cette qualité d’Aharon, est investi de l’aptitude d’en user de la même façon.

Les paumes tendues

Cela explique pourquoi le Cohen étend ses paumes vers l’extérieur, vers la communauté plutôt que d’adopter la posture habituelle de la prière, les mains tendues vers le haut, vers D.ieu. Avec sa paume, le Cohen forme un réceptacle dans lequel D.ieu déverse Sa bénédiction. Une paume tendue vers le haut forme un réceptacle pour nous-mêmes, dans lequel par la suite nous étancherons notre soif. Une paume tendue vers l’extérieur forme un canal par lequel D.ieu déverse Ses bénédictions aux autres.

Le Cohen, en cet instant, ne supplie pas mais il est un conduit. Il ne prie pas pour nous satisfaire mais pour satisfaire D.ieu. Il ne demande pas pour que nous puissions obtenir mais pour que D.ieu puisse donner. Et c’est cette manière de demander que D.ieu aime le plus. Elle suscite une réponse d’En Haut accélérée et qui passe par-dessus tous et par-dessus tous les obstacles.

Par amour

C’est la raison pour laquelle le Cohen introduit sa bénédiction par les mots : « pour bénir Son peuple d’Israël avec amour ». Il évoque l’amour qui unit D.ieu et le Peuple Juif. Mais il parle également de l’amour entre les Juifs eux-mêmes, car lorsque les enfants de D.ieu sont unis, le réceptacle est entier et accomplit parfaitement sa fonction.

Nos Sages ont écrit que le meilleur « réceptacle » pour recevoir la bénédiction est l’unité. Sans elle, il se fêle, par elle, il est solide. Le mot hébreu pour « réceptacle » – Kéli, est l’acrostiche des trois parties qui forment le peuple Juif : Kohen (Cohen), Lévi, Israël. Quand les Juifs s’aiment mutuellement, les trois composantes du Kéli sont unies et il est des plus résistants, ce qui permet au Cohen de transmettre avec succès la bénédiction à la communauté.

Lazer Gurkow

La bénédiction des Cohanim

(Source : Chabad.org)

_______________________________________________
https://i2.wp.com/www.jforum.fr/wp-content/uploads/2018/05/bamidbar-torah-reading.jpg
Bamidbar : dans le désert _______________________________________________

Bamidbar : Séparer le bon grain de l’ivraie

Le quatrième tome du Pentateuque ou Houmach, en hébreu, est appelé de manière significative tant en français qu’en hébreu.

En effet, en français on l’appelle les “NOMBRES” car, au cours de ce livre, à deux reprises on effectue un dénombrement du peuple juif et, en hébreu il est appelé BAMIDBAR “dans le désert” car il a pour décor le désert Sinaï et, au cours de ces lectures, il sera possible de se souvenir de ce qu’enseignent les Hazal : la Torah a été promulguée à travers 3 “éléments” : le feu, l’eau et la poussière/terre/sable.

Résultat de recherche d'images pour "bamidbar"

Le Shlah HaKadosh interprète les dénombrements exigés par HaShem comme l’expression de Son affection pour Son peuple car, écrivit-il, un homme riche est toujours occupé à compter les pierres précieuses ou les perles qu’il possède pour être sûr qu’il n’en a pas perdu ou alors, tout comme un père ou une mère soucieux à propos de sa progéniture, s’assure en les comptant souvent qu’aucun d’eux ne s’est fourvoyé.

Le Kli Yakar donne une raison pour laquelle le deuxième dénombrement a lieu un mois après le premier : c’est seulement après qu’un homme soit installé dans un lieu quelconque qu’il peut être considéré comme résident, c’est-à-dire qu’il peut être pris en considération tout comme quelqu’un qui réside en un lieu depuis un mois est astreint à fixer une mezouza.

La sidra de Bamidbar précède toujours la fête de Shavouoth qui termine la période de sept semaines pendant lesquels, chaque soir, les hommes comptent, en minyane, les 49 soirées qui séparent le premier soir de Pessah jusqu’à la fête des “bikourim” (primeurs). Cette fête des moissons est un rappel du midrash rabba dans lequel le peuple juif est comparé au blé. Au bon grain et pas à la paille.

Ainsi Israël est assimilé à un gros tas de gros grains de blé et non pas à la paille qui peut s’envoler et ne pourra rien produire au contraire du blé qui peut donner naissance à d’autres épis ou duquel on peut produire de la farine ou confectionner de la nourriture. Le blé possède une valeur, au contraire de la paille qui, elle, est équivalente aux autres peuples, qui ne reconnaissent ni D. ni Sa Torah.

Les Juifs observant les mitsvoth énoncées dans la Torah et suppliant HaShem dans leurs prières, sont chers au Créateur à l’opposé des autres nations qui adressent leurs suppliques ou leurs louanges à d’autres “objectifs”.

Pour en revenir aux trois éléments cités plus haut, il nous faut expliquer pourquoi les Hazal ont cité : le désert, l’eau et le feu.

LE DESERT : parce que le désert est un lieu par excellence pour se retrouver, faire le point et revenir à la genèse des choses car, le désert c’est le sable, la terre dont on est sorti et vers laquelle on retourne, car, c’est dans la terre/poussière que Rabbi Shimon bar Yohay a vécu avec son fils 12 ans durant, enterrés jusqu’au cou et ne se nourrissant que de caroubes, dans un isolement sociétal complet pour éviter d’être distrait et dans cet isolement parvenir jusqu’aux sphères supérieures et faire partie de cette nature qui rapproche l’homme de son Créateur.

C’est aussi parce que c’est dans le désert que se sont produits des faits grandioses tels que le don de la Torah bien évidemment, mais c’est encore et toujours dans le désert qu’a été érigé le Mishkan. Bien entendu pouvons-nous relever aussi les différents faux-pas faits par certains protagonistes tels les “explorateurs” ou les différentes “révoltes” et c’est encore dans le désert que sont morts tous ceux qui ont participé notamment à la faute du veau d’or.

Cependant, HaShem, dans Sa Miséricorde a donné cette source d’Eau Vive qu’est la Torah, source auprès de laquelle, quiconque est altéré peut venir étancher sa soif.

Rabbi Shimôn bar Yohay écrivit, dans le Zohar, que lorsque D proposa à Israël de lui faire présent de la Torah et que le peuple s’exclama : “Naâssé Venishmâ”, immédiatement, D fit présent à chacun d’un glaive sur lesquels était gravé le Shem Hameforash. Chacun sachant qu’en élevant ses yeux vers le ciel, sa supplique serait entendu de D, Seul et Unique à pouvoir aider Ses créatures.

Les Hazal affirment dans la Guemara Yoma ; La Torah n’a été donnée qu’à ceux qui ont mangé la manne (tombée du ciel) car ces derniers ont été témoins de l’attachement du Saint béni soit-IL à Ses enfants : en effet, HaShem aurait pu donner une fois dans l’année la quantité totale de manne nécessaire à l’usage d’une famille mais, IL tint à distribuer la manne quotidiennement comme une mère, par amour, donne la becquée à ses petits et, de cette manière, les yeux d’Israël étaient tournés vers le Ciel pour prier et demander.

Les Hazal nous enseignent encore un autre principe qui me semble très fort : dans le désert, nous avons reçu la Torah gratuitement telle une dot, nous avons été nourris et abreuvés gratuitement pour qu’en compensation nous puissions prier D. et observer Ses mitsvoth sans espoir de récompense, gratuitement, simplement par amour. C’est ainsi, que quiconque est fidèle, se doit d’étudier et d’enseigner gratuitement לשם שמים de même que nous avons reçu cet enseignement.

L’étude et l’enseignement de la Torah sont indispensable à l’homme tout comme il est impossible à l’être humain de vivre et résister sans boire de l’eau une journée complète, l’âme ne peut résister dans un corps sans être abreuvée de Torah.

A l’époque des invasions grecque et romaine, les envahisseurs avaient, entre autres, interdit d’étudier la Torah c’est la raison pour laquelle, les Sages de l’époque avaient institué la lecture hebdomadaire de passages prophétiques rappelant le sujet de la parasha qui aurait dû être lue en public à la synagogue et, si les fidèles moyens se contentaient de cela il va sans dire que les rabbanim et les “talmidé hakhamim” étudiaient en cachette mettant leur vie en danger ce qui rendit célèbre la réponse de Rabbi Akiba : “si je n’étudie pas je mourrai car je serai assoiffé de Torah et si j’étudie je serai mis à mort, je préfère donc continuer à étudier et à mourir par la Torah” la tradition confie qu’il mourut en disant le mot “Ehad” après avoir récité : SHEMA ISRAEL HASHEM ELOKENOU HASHEM EHAD!

Pour rejoindre notre propos quant aux 3 éléments liés au don de la Torah, il est important de rappeler que le FEU fut l’élément le plus spectaculaire au moment où les Enfants de Jacob, rassemblés au pied du Sinaï “virent” la parole de D. car, ainsi qu’il est écrit dans la célèbre poésie chantée lors de la réception de la Reine Shabbat Les “dix paroles” ont été prononcées en une seule fois et tout le peuple entendit et vit la voix divine car un feu grava sur les tables de pierre ces dix paroles établissant les normes entre la créature et son Créateur et régissant les rapports entre les créatures elles-mêmes.

Rashi souligne aussi ce fait étant donné que l’homme ne peut voir D et continuer à vivre il voit donc l’expression divine se concrétiser à ses yeux par une flamme.

Ainsi le feu peut-il être une bénédiction tout comme il peut être l’expression de la colère divine et tout détruire sur son passage comme ce fut le cas en Egypte où la plaie de la grêle prit la forme d’un feu détruisant tout et partout où tombaient les grêlons.

Caroline Elishéva Rebouh

Bamidbar : Séparer le bon grain de L’ivraie – vidéos

(Source : JForum)

_______________________________________________

https://i0.wp.com/media.aish.com/images/Tuning-In-to-the-Sinai-Frequency-230x150.jpg_______________________________________________________

Nous commençons cette semaine le livre de Bamidbar

Paracha Bamidbar (Bamidbar 1,1 – 4,20)

Lecture de la paracha Bamidbar en français

Captez vous la fréquence Sinaï ?

Avez-vous déjà entendu parler du « mosquito tone » ? Si vous avez des ados, c’est sans doute le cas. Il s’agit d’une sonnerie de portable d’une fréquence de 17 000 hertz que les jeunes utilisent pour être alertés de l’arrivée d’un texto en pleine classe, à l’insu de leurs professeurs. Des études scientifiques ont en effet prouvé que la plupart des adultes ne sont plus sensibles aux sons dont la fréquence dépasse les 13 à 14 000 hertz, tandis que les adolescents en sont capables. En effet, notre capacité à percevoir des hautes fréquences se dégrade avec l’âge, jusqu’à disparaître vers 25 ou 30 ans.

J’ai trouvé le fameux « mosquito tone » sur la Toile et j’ai cliqué pour l’activer. Je n’ai strictement rien entendu mais mes enfants dans l’autre pièce se sont mis à crier : « Qu’est-ce que c’est que cela ? Éteins-ça, par pitié ! »

Les adultes ont désormais contre-attaqué en employant la technologie des adolescents à leur détriment. L’inventeur Howard Stapleton a mis au point une arme sonore repousse-ado baptisée « Mosquito » (je ne plaisante pas). Il affirme que rares sont les personnes âgées de plus de 30 ans qui peuvent entendre le son lancinant et désagréable du Mosquito. Des commerces et des parcs en Angleterre et au Japon ont commencé à l’utiliser pour empêcher les adolescents de traîner ou faire du vandalisme. Composé d’un boîtier et d’un petit haut-parleur, le Mosquito émet un bourdonnement suraigu que les adultes ne peuvent pas entendre et que les adolescents ne peuvent pas supporter.

Le moment le plus décisif de l’histoire de l’humanité se produisit quand Dieu s’adressa à des millions de personnes au mont Sinaï, dans un acte de révélation suprême. En effet, ce moment fut sans précédent, sans pareil et sans répétition. La Torah écrit : « Ces paroles, l’Éternel les adressa à toute votre assemblée sur la montagne, du milieu des feux, des nuées et de la brume, d’une voix puissante qui ne fut plus jamais entendue… » [vélo yassaf] (Deut. 5, 19)

Le sens simple des mots vélo yassaf, comme l’expliquent le Ibn Ezra et d’autres commentaires, est que la voix et l’expérience du Sinaï n’étaient pas censées « être répétées ». Il s’agissait d’un événement unique en son genre, d’un moment exceptionnel et transcendant de l’histoire humaine, qui n’allait plus jamais se reproduire.

D’un côté, le caractère unique de cet événement est particulièrement significatif. Nous nous tournons éternellement vers ce moment et reconnaissons qu’il fut unique et inimitable, distinct et singulier. D’un autre côté, ce même caractère unique nous force à appréhender le fait que quelle que soit la manière dont nous vivions et quels que soient les choix que nous fassions, nous ne pourrons jamais revivre une révélation telle que celle du mont Sinaï. Or cette prise de conscience génère un sentiment de frustration et émousse notre ambition spirituelle. Si Dieu n’a parlé qu’à une seule reprise mais que nous-mêmes avons raté cette occasion inouïe, comment pouvons-nous rapprocher de Lui aujourd’hui ? Comment accédons-nous à l’affirmation que seule la voix de Dieu peut nous fournir quant à son existence et à notre mission sur terre ?

Troublés par ce dilemme, nos commentateurs avancent une autre interprétation de l’expression vélo yassaf. Onkelos, le célèbre converti qui vécut à la période des Tannaïm (35 – 120), traduit ces mots par vélo passak, ce qui signifie que la voix de Dieu ne s’est jamais arrêtée ni interrompue. Le Ramban cite plusieurs versets prouvant que la racine hébraïque youd-samekh-fé à l’origine du verbe yassaf peut être rendue par « ne jamais s’arrêter ». Selon cette interprétation, Dieu a parlé au mont Sinaï il y a plusieurs milliers d’années auparavant et sa voix et son message continuent de porter jusqu’à aujourd’hui et au-delà.

Alors, laquelle de ces deux interprétations est la bonne ? Les mots vélo yassaf signifient-ils que la voix de Dieu ne fut plus jamais entendue ou indiquent-ils au contraire que la voix de Dieu ne s’est jamais tue ?

Considérons-nous le don de la Torah sur le mont Sinaï comme un événement révolu, ou sommes-nous d’avis que la voix de Dieu continue de nous parler aujourd’hui ? À nous de choisir.

Je crois que la réponse dépend de chacun d’entre nous. Nous avons tous un choix décisif à faire. Considérons-nous le don de la Torah sur le mont Sinaï comme un événement historique appartenant définitivement au passé, ou sommes-nous d’avis que la voix de Dieu continue de nous parler aujourd’hui ?

Chaque année à Chavouot nous nous souvenons de l’expérience sinaïtique et nous demandons laquelle de ces deux interprétations reflète au mieux notre vie. Allons-nous choisir la lecture qui affirme que la voix de Dieu n’est plus entendue ? Ou allons-nous continuer à tendre soigneusement l’oreille à la réverbération du message de Dieu dans nos vies ? Les événements du mont Sinaï sont-ils à l’image de notre relation permanente et florissante avec Dieu ou appartiennent-ils à un passé révolu ?

En réalité, la voix de Dieu nous entoure. À l’instar du « mosquito tone », une fréquence est émise en permanence. La seule question est de savoir si nous sommes capables de l’entendre.

Chaque fois que nous ouvrons un livre et relevons le défi d’étudier la Torah, élargissant et en approfondissant ce faisant notre sagesse, notre compréhension et notre réflexion, la voix de Dieu résonne. Chaque fois que nous nous arrêtons pour admirer un coucher ou un lever du soleil magnifique, la voix de Dieu résonne. Chaque fois que nous accomplissons un acte de gentillesse envers autrui, la voix de Dieu résonne.

Il ne fait aucun doute que Sa voix puissante et majestueuse nous entoure. À Chavouot, nous avons le devoir de nous interroger : sommes-nous branchés sur la fréquence Sinaï ou nous contentons-nous de vivre machinalement en considérant la voix de Dieu comme appartenant à une époque révolue ?

Le choix n’appartient qu’à nous.

Captez-vous la fréquence Sinaï ?

Rav Efraïm Goldberg

(Source : Aish.fr)

CULTURE JUDAÏSME – Mois de Iyar 5778

_______________________________________________
https://w3.chabad.org/media/images/907/DgHj9073128.jpg

La terre donnée à l’homme pour se nourrir, elle aussi, a droit à son Chabbat, tous les 7 ans, c’est la Chemita. La dernière Chemita date de 2015/2016. ___________________________________________________

 Cette semaine, nous étudions la 29ème paracha  Behar (Vayikra 25,1 – 26,2)
 –
et la 30ème paracha : Beroukotaï (Vayikra 26,3 – 25,34)
https://livetourism.tv/newravdynovisz/wp-content/uploads/2016/09/logoRD.png

La matérialité est source de bénédiction

Un cours vidéo du Rav Dynovisz

Voir la vidéo  : La matérialité est source de bénédictions -Béhoukotai- 2018

(Source : Site du Rav)

L’étude, la compréhension et la foi

https://w3.chabad.org/media/images/1013/dChn10130361.jpg___________________________________________________

La paracha de Be’houkotaï commence par les mots : « Si vous marchez dans Mes statuts », et ce discours est un profond commentaire, presque une méditation, sur cette seule phrase. Il explore deux thèmes centraux : la nature de l’étude de la Torah, et le rapport entre la foi et la compréhension.

1. « Mes statuts »

Notre Paracha commence avec la phrase : « Si vous marcherez dans Mes statuts »,1 sur lesquels le Sifra commente : « On pourrait pu penser qu’il est ici question de l’accomplissement des commandements, mais quand la Torah dit ensuite : “et si vous garderez Mes commandements et les accomplirez”, l’accomplissement des commandements est ici mentionné. Comment, dès lors, comprendre « Si vous marcherez dans Mes statuts » ? (Cela signifie) que vous devrez déployer des efforts dans l’étude de la Torah. »

Si « …vous marcherez dans Mes statuts » désignait l’accomplissement des commandements, nous pourrions comprendre pourquoi seuls les « statuts » (‘houkim) sont mentionnés, sans référence aux autres sortes de commandement, les témoignages (édot) et les jugements (michpatim). Cela enseignerait que ces autres commandements, qui ont un fondement rationnel, doivent être observés avec la même acceptation inconditionnelle que les statuts, qui dépassent notre entendement.2

Mais dans la mesure où nous devons comprendre cette expression comme faisant référence à l’étude de la Torah, pourquoi le mot « statuts » est-il même employé ? L’étude de la Torah relève essentiellement de l’intellect et de la compréhension. L’effort que l’on y investit ne consiste pas seulement à apprendre par cœur les différentes lois, mais également de comprendre leurs raisons, telles qu’elles sont expliquées dans la Torah Écrite et dans la Torah Orale.

Mais, bien que les « statuts » soient au-delà de notre compréhension – comme le dit Rachi3 : « C’est un décret émanant de Moi, sur lequel tu n’as pas le droit de spéculer » –, ils ne constituent qu’une petite partie de la Torah, dont la majorité est sujette à explication.

La Torah Écrite elle-même est réduite comparée à la grande masse de la tradition orale. Et s’agissant de la Torah Écrite, la compréhension n’est pas déterminante, de sorte que l’on récite la bénédiction sur l’étude de la Torah ou lorsqu’on est appelé à la lecture de la Torah même si l’on ne comprend pas ce que l’on lit. En revanche, pour dire une bénédiction sur l’étude de la Torah Orale, il est nécessaire de la comprendre.4

La différence quantitative entre la Torah Écrite et la Torah Orale est mise en évidence par le fait que la Torah Écrite consiste en un nombre déterminé de mots et de versets, auquel il ne peut y avoir aucune addition. La Torah Orale, elle, est sans fin. Une quantité limitée en a déjà été révélée, mais de nouvelles découvertes sont toujours possibles : « Tout ce qu’un étudiant émérite sera amené à y découvrir. »5 Elle n’a pas de limites.

Et de même, à l’intérieur de la Torah Écrite, les « statuts » – les lois pour lesquelles aucune raison ne nous a été communiquée – ne constituent qu’une petite partie de l’ensemble des commandements.

De sorte que la question est encore renforcée : pourquoi, lorsqu’elle traite de l’étude de la Torah, la Torah mentionne-t-elle les seuls statuts ? Pourquoi citer ce qui représente une minorité, s’il s’agit de désigner l’ensemble de la Torah ? Et pourquoi, s’agissant d’une activité intellectuelle, citer précisément les cas qui ne peuvent être compris ?

2. Étudier et graver

Dans Likoutei Torah, Rabbi Chnéour-Zalman explique que le mot « statut » (‘hok) est relié au terme signifiant « graver » ou « tailler » (‘hakika). Ainsi l’emploi du mot « statut » vient-il suggérer que l’étude doit « graver » les mots de la Torah dans l’âme.

Qu’est-ce qui distingue la gravure des autres formes d’écriture ?

En premier lieu, les mots ne sont pas ajoutés, comme quelque chose d’étranger, au support sur lequel ils sont écrits. Ils en deviennent partie intégrante.

Et surtout, les lettres n’ont pas de substance propre. Leur existence découle uniquement du matériau dans lequel elles ont été taillées.

Ainsi, quand le verset nous dit que notre étude doit être « gravée » en nous, il ne nous enseigne pas seulement qu’un Juif doit devenir uni à la Torah (contrairement à l’étude superficielle de Doeg, dont les Sages disent6 qu’elle était « seulement de la surface vers l’extérieur »). Car l’unité peut parfois être réalisée par la jonction de deux entités séparées (comme l’écriture ordinaire réunit l’encre et le papier), et cela, dans l’étude, n’est pas suffisant, car elle doit être « gravée », c’est-à-dire que celui qui étudie ne doit avoir aucune substance, son ego ne doit avoir aucune voix. Son être entier doit être la Torah.

Le grand exemple de cela est Moïse, le premier à recevoir la Torah. Son abnégation était si absolue qu’il pouvait dire : « Je donnerai de l’herbe dans ton champ. »7 « La Présence Divine parlait par sa gorge. »8 Il était un vide empli par D.ieu.

Il est fut de même de Rabbi Chimone bar Yo’haï, qui dit : « J’ai vu des hommes supérieurs et ils sont peu nombreux. S’ils sont mille, moi et mon fils sommes parmi eux ; s’ils sont cent, moi et mon fils sommes parmi eux ; s’ils sont seulement deux, c’est moi et mon fils ; et s’il n’y en a qu’un, c’est moi. »9 Ce sont là des paroles de louange de soi, or la louange de soi n’est pas le fait du juste. Il ne put les prononcer que parce qu’il était si dépourvu de conscience de soi, si rempli de D.ieu, que c’est comme s’il parlait de quelqu’un d’autre.

3. Les explications reliées

Toutes les explications dans la Torah ont une unité profonde.10 Ainsi l’interprétation de « statuts » comme « gravure » s’accorde avec le sens littéral du mot qui signifie « lois qui dépassent notre entendement » plutôt qu’elle ne le contredit.

Étudier la Torah comme si elle était entièrement composée de statuts est étudier dans un état d’engagement inconditionnel. Cela n’exclut pas la recherche de la compréhension. Le but est précisément de comprendre, mais seulement quand cela s’accompagne d’engagement. Non pas : « Je ferai quand je comprendrai », non pas : « Je comprendrai parce que j’apprécie la recherche de la connaissance », mais : « Je ferai, et parce que cela m’est commandé, je m’efforcerai de comprendre. » Tel est le véritable « effort », un effort entrepris sans être motivé par le plaisir.

Quand l’étude est de cet ordre, elle devient « gravée ». Celui qui étudie et la Torah étudiée deviennent littéralement une seule et même chose.

4. « Marcher »

Ce qui précède explique une partie de la phrase : « Si vous marcherez dans Mes statuts ». Mais qu’en est-il du mot « marcherez » ? « Marcher » ou « aller » (halikha) suggère une diversité de niveaux et une progression de l’un à l’autre. Par exemple, dans la vie émotionnelle, l’on « va » ou monte de la forme la plus élémentaire de l’amour à la forme la plus élevée. Mais la notion d’engagement absolu semble être dépourvue de niveaux. Cela semble être un état, plutôt qu’un processus.

Rabbi Chnéour Zalman de Lyadi écrit que « aller » se rapporte non à la tâche d’un homme, mais à sa récompense. Si le service est, dans les deux sens du terme, « dans Mes statuts », alors la récompense est « vous marcherez », « vous irez » toujours plus haut. Et « aller » véritablement est un progrès sans limites.

5. Foi et compréhension

Toutefois, la lecture simple du verset considère toute l’expression « Si vous marcherez dans Mes statuts » comme se rapportant à l’effort de l’homme, la récompense commençant au verset suivant : « Alors Je donnerai vos pluies en leur saison. »

Il est écrit dans Likoutei Torah11 que l’élément principal de la foi réside dans les niveaux du Divin qui transcendent la compréhension. Ce qui peut être compris doit être compris. La foi commence où la compréhension s’arrête.

Telle est la qualité distinctive de la foi juive. Elle ne découle pas de la compréhension, elle la dépasse.

Or l’intellect a ses niveaux : « Les jours parleront, et la multitude des années enseigneront la sagesse. »12 Et plus on avance dans la compréhension, plus on élève le seuil de la foi. La foi d’hier devient la compréhension d’aujourd’hui.

C’est pourquoi les « statuts », eux aussi, ont leurs niveaux. Ce qui était incompréhensible hier – un « statut » – est compris aujourd’hui et cesse d’être un statut. Ainsi, par exemple, D.ieu dit à Moïse : « Je te révélerai la raison cachée de la Vache Rousse. »13 La Vache Rousse est pour nous un statut, mais plus pour Moïse à partir de ce moment. Ce n’est pas que la notion de « statut » fit défaut à Moïse, mais que pour lui le seuil de l’incompréhensibilité se situait plus haut que pour nous.

Telle est le sens de « Si vous marcherez dans Mes statuts ». En « s’efforçant » dans la Torah jusqu’à la limite possible, nous élevons chaque jour notre compréhension, et élevons ainsi le point où une loi est un « statut ». C’est cela « aller » : progresser vers une foi toujours plus élever grâce à une compréhension toujours plus élevée.

Et la récompense sera alors : « Je donnerai vos pluies en leur saison… et vous ferai marcher la tête haute », qui est la « progression de force en force » illimitée de la révélation future, qui conduira ensuite à ce qui transcende toute progression : « le jour qui est entièrement Chabbat et repos pour la vie éternelle ».14

(Source : Likoutei Si’hot vol. 3, p. 1012-1015)

NOTES

1.

Lévitique 26,3.

2.

Voir le discours sur Michpatim dans cette série.

3.

Nombres 19,2.

4.

Choul’hane Aroukh HaRav, Hilkhot Talmud Torah, fin du ch.2 ; Likoutei Torah, Vayikra, Biour vélo tachbit.

5.

Cf. Talmud de Jérusalem, Péa 2:4 ; Chémot Rabba début du ch. 47 ; Vayikra Rabba début du ch. 22 ; Tanya V, Oulehavine peratei…

6.

Sanhedrine 106b.

7.

Deutéronome 11,15 ; Likoutei Torah, Bé’houkotaï 50a.

8.

Cf. Zohar III, 232a ; Ibid. 7a, 265a ; Chémot Rabba, 3:15 ; Vayikra Rabba, 2:3 ; Mekhilta, Chémot 18:19.

9.

Soucca 45b ; Sanhédrine 97b.

10.

Voir le discours sur Toldot dans cette série.

11.

Vaét’hanane, page 4a et suiv. ; Derekh Mitsvotekha 45a et suiv.

12.

Job 32,7.

13.

Bamidbar Rabba, 19:6.

14.

Talmud, fin du traité Tamid.

Extrait de « Torah Studies » (Kehot 1986), une adaptation des discours du Rabbi de Loubavitch par le Grand-Rabbin de Grande-Bretagne, Lord Jonathan Sacks. Version française révisée et corrigée par Emmanuel Mergui.

(Source : Chabad.org)

_____________________________________________
Résultat de recherche d'images pour "illustration de la paracha Emor"
_____________________________________________

Cette semaine, nous étudions la 28ème paracha : Emor (Vayikra 21,1 à 24,23)

Lecture de la paracha Emor en français

____________________________________________________

« Ne profanez pas mon saint nom, afin que je sois sanctifié au milieu des enfants d’Israël, moi, l’Eternel qui vous sanctifie ».(Lévitique, 22, 32)

Lorsque nous parlons de nos martyrs, de ceux qui sont morts, assassinés, uniquement parce qu’ils étaient juifs, tout au long de notre douloureuse histoire, plus particulièrement, lorsque nous évoquons le souvenir des six millions de juifs assassinés par les nazis dans les fours crématoires, nous avons l’habitude de dire qu’ils sont morts en sanctifiant le nom de Dieu,

Le fait qu’ils soient morts en tant que juifs conscients, proclame à la face du monde qu’ils considéraient Dieu comme saint, Le reconnaissaient et Le vénéraient.

Par leur mort, tous ces juifs ont donc observé ce commandement signalé dans notre SIDRA: l’obligation de sanctifier le nom de Dieu et l’interdiction de le profaner et de le déshonorer. Mais tout le monde, Dieu merci, n’est pas obligé de mourir pour observer cette MITSVAH. Bien au contraire, c’est durant toute notre vie, dans les conditions les plus quotidiennes, que nous devons et pouvons, nous aussi, sanctifier le nom de D.ieu.

De quelle façon ?

Tout d’abord simplement, en vivant selon la volonté de Dieu, en montrant à notre entourage que notre vie est réglée par les grands principes de la Torah et que nous ne nous en écartons sous aucun prétexte.

Agir ainsi, c’est se faire respecter, mais surtout montrer combien à nos yeux la parole de Dieu est respectable et l’Eternel saint.

Mais, de plus, c’est à travers le respect de notre prochain, à travers une honnêteté scrupuleuse, une affabilité sereine, une serviabilité constante, bref à travers l’amour qui se dégagera de notre contact quotidien avec les hommes, que nous nous ferons, plus que tout, le champion de la sainteté de Dieu.

C’est dans ce côté terre à terre des contacts humains que l’autre sera appelé à juger si pour nous véritablement Dieu est saint et apprendra à le sanctifier à son tour.

Si, par contre, nous devions dans ces rapports humains, avoir pour guide, l’égoïsme, la facilité, la haine, l’absence de loyauté, nous nous déshonorerions en même temps que nous profanerions le nom de Dieu.

Rabbin Jean Schwarz

(Source : Lamed)

-==-

La Torah nous donne des détails sur les usages repoussants des peuplades idolâtres à l’occasion d’un deuil.

Certaines grandes églises pratiquent, de nos jours encore, à côté d’une parade aux dimensions exagérées, des enterrements différenciés, et selon la « classe » sociale ou religieuse du défunt.

II y a souvent des enterrements de « première classe » pour des gens qui moralement n’étaient même pas de la « troisième classe ». On rend les « derniers honneurs » à un homme qui souvent ne méritait même pas les « premiers honneurs » …

Le judaïsme nous enseigne que si la vie classe les gens selon leur importance, réelle ou fictive, la mort au moins doit rétablir l’égalité entre les hommes.
C’est ainsi que, selon la tradition juive, les vêtements mortuaires – les sarguènès, et les cercueils doivent être uniformes et simples, pour le pauvre comme pour le riche.
Les sarguènès n’ont pas de poches ! …

Les nombreux chrétiens qui assistent aux cérémonies d’enterrement chez les israélites disent souvent combien ils sont touchés par la simplicité du « décor », par l’uniformité des cultes.

L’enterrement du grand Maître, de Moïse, se déroula, selon la Torah, dans la plus stricte intimité et sans la moindre parade.

Le judaïsme ayant à la base de sa croyance la résurrection ne considère pas la mort comme le point final de l’existence mais comme une étape importante de transition vers une évolution sublime !

L’ultime séparation », les « derniers honneurs » sont des formules qui ne devraient jamais figurer dans une oraison funèbre israélite ! n enterrement n’est pas un spectacle. C’est un acte religieux d’une grande humilité. Les participants doivent avant tout méditer sur la fragilité de la vie et le ridicule de toute vanité !

Le « savoir-mourir » est aussi important que le « savoir-vivre ».

Zoltan Berkovits

(Source : Lamed)

-==-

La Torah, c’est la vie

par le Rav Raphaël Sadin

(Source : koltora.com)

-==-

Une histoire incroyable

Voir la vidéo : Une histoire incroyable – Paracha Emor

Un cours vidéo du Rav Dynovisz

(Source : Site du Rav)

__________________________________________________

Cette semaine, nous étudions la 26ème paracha : A’haré Mote (Vayikra 16,1 à 18,30)

Lecture de la paracha A’haré Mot en français

et la 27ème paracha : Kedochim (Vayikra 19, 1 à 20,27)

Lecture de la paracha Kedochim en français

https://i2.wp.com/dossier.universtorah.com/DOSSIER5/sa0050-yom-kippour-titre.jpg

Le Cohen Gadol à Yom Kipour

La paracha « A’haré-mot Kédochim » présente dans sa première partie le déroulement du service de Yom Kippour à l’époque du Tabernacle et du Temple. C’est pourquoi ce texte est lu dans la Torah le jour même de Yom Kippour.

Ce qui apparaît de plus mystérieux dans le déroulement du service du Cohen Gadol – le grand prêtre – à Yom Kippour, c’est bien le fameux rite du « bouc expiatoire ». En effet, le jour de Kippour, le Cohen Gadol disposait de deux boucs semblables et affectait par tirage au sort l’un des boucs à être un « sacrifice expiatoire », dont le sang serait aspergé dans le Saint des Saints (kodech kodachim du Temple), alors que l’autre bouc était destiné par ce même tirage au sort à être déchiqueté après avoir été précipité du haut d’un rocher en plein désert. Évidemment, le Cohen Gadol confessait auparavant toutes les fautes les plus diverses du peuple d’Israël – les plus graves comme les moins graves – et plaçait en quelque sorte ces fautes sur la tête du bouc expiatoire, lequel emportait toutes les transgressions et manquements d’Israël vers le désert.

On sait que le prophète Isaïe (1, 18) promet que si Israël se repent réellement de ses fautes – même les plus graves, décrites allégoriquement par l’expression « rouges comme l’écarlate » – celles-ci deviendraient « blanches comme la neige » (la couleur rouge symbolisant le sang criminel, le blanc étant la couleur de l’innocence). En fait, cette image exprime bien l’infini du pardon accordé par Hachem à ceux qui se repentent sincèrement !

La Michna Yoma nous apprend quant à elle que le Cohen Gadol prenait un morceau de tissu de laine rouge, le déchirait en deux et attachait une moitié entre les cornes du bouc expiatoire et l’autre moitié était suspendue à l’entrée du Bet Hamikdach, visible par tous. Au moment précis où le bouc expiatoire était précipité du haut du rocher dans le désert, un grand miracle se produisait au Temple : le bandeau rouge devenait blanc comme neige ! Cet instant était le moment le plus attendu par le peuple et par le Cohen Gadol, lequel recevait ainsi l’approbation divine de son propre service.

Dans ses « Lois sur la Téchouva (1, 2) », le Rambam explique que grâce à la repentance des membres du peuple d’Israël, le bouc expiatoire procurait le pardon à la fois pour les fautes graves et moins graves, commises volontairement ou involontairement, consciemment ou inconsciemment.

D’ailleurs, le Midrach Yalkout Chimoni (A’haré-mot 578) rapporte que grâce à ce rituel si spécifique du bouc expiatoire, le pire accusateur de l’homme – le Satane lui-même – se transforme en avocat pour plaider amicalement en faveur d’Israël en disant à Hachem : « Maître du Monde, il y a un seul et unique peuple sur terre qui ressemble aux anges ! ». Et Hachem écoute ce plaidoyer apporté en faveur de Son peuple et pardonne alors aux fautes d’Israël. Comment le bouc expiatoire amène-t-il le pardon aux fautes d’Israël ?

Afin de comprendre comment le bouc expiatoire peut procurer le pardon à un niveau où même l’accusateur le plus invétéré d’Israël se transforme en un instant en son meilleur allié, le rav Pinkus, zatsal, nous propose l’explication suivante…

La plupart de nos erreurs sont commises par nous sous l’influence de causes qui nous sont parfaitement extérieures. Ainsi, avons-nous l’habitude d’entamer la lecture hebdomadaire actuelle des Pirké Avot avec ce verset de Isaïe (60, 21) : « Et tout Ton peuple n’est composé que de justes ». Car au fond de lui-même, chaque Juif désire sincèrement s’employer de toutes ses forces à se soumettre à la volonté d’Hachem : il n’est ensuite entravé que par des causes extérieures qui le distraient de sa tâche ou bien qui l’attirent vers le mal, vers ce qui est destructif pour sa propre âme et pour sa vie spirituelle.

Or, même lorsque l’on désire se repentir, tant que la racine du mal persiste encore en nous, nous devons assumer une lutte souvent difficile et une incontournable guerre contre le yétser hara, le penchant au mal.

De manière pratique et concrète, cette vérité éclatante n’échappe à personne, et surtout à notre époque ! Les moyens de communication les plus impurs, les gadgets et toute la littérature dépravés qui s’y rapportent nous envahissent et nous offrent, contre notre propre gré, le spectacle honteux du style de vie délétère des autres peuples. Et sans même que nous ne le voulions, tout ceci nous éloigne gravement d’Hachem !

Toutefois, quand un homme qui rentre du travail surmonte sa fatigue et se met à étudier la Torah, c’est là un bon pas vers le droit chemin ! Mais ce n’est évidemment pas suffisant… On sait ainsi que la maison juive a comme principale vocation de protéger ses habitants contre les séductions et les impuretés de l’extérieur. Or, ces portes donnant sur l’extérieur sont équipées de mézouzot, alors qu’à l’intérieur, on trouve des sifré kodech et des téfilin… Mais il importe que parallèllement, la maison juive ne contienne pas en son sein les « éléments de la rue », ceux-là même contre qui elle doit protéger ceux qui y habitent. Que vaudrait donc la maison qui cumule la rue et la protection contre la rue ?

Si donc, cet homme qui étudie la Torah le soir en rentrant du travail prenait son courage à deux mains et purifiait toute sa maison en expulsant tous les objets qui sont au service du yétser hara, s’il les expédiait au loin vers le désert, à Azazel, alors dans sa maison tout le rouge virerait complètement au blanc ! Et il est évident que toutes ses fautes lui seraient pardonnées. Même son pire accusateur, son propre yétser hara, deviendrait son ami et son avocat, et il plaiderait ainsi en sa faveur auprès de Hachem : « Regarde cette famille extraordinaire ! Elle te sert aussi bien que des anges, leur maison est devenue comme le Bet Hamikdach, pure, propre et sainte. Aussi, que s’ouvrent devant elle toutes les portes par lesquelles Tu diffuses toutes Tes bénédictions ! » C’est sous cet angle d’une éblouissante richesse symbolique que Rav Pinkus, atsal, nous permet d’accéder à une compréhension simple et profonde à la fois. Elle n’est certes pas facile à réaliser dans la pratique, mais elle nous est accessible à tous. Sachons donc vraiment en profiter !

Rav Hayim Yaacov Schlammé

Cet article Le Cohen Gadol à Yom Kipour est apparu en premier sur chiourim.

Le Cohen Gadol à Yom Kipour

(Source : Chiourim.com)

Résultat de recherche d'images pour "images du Cohen Gadol à Yom Kippour"

Vidéo – Le service du Cohen Gadol dans le 2e Temple

Voir la vidéo : Le service du Cohen Gadol dans le 2e Temple

À l’époque où le Temple se tenait à Jérusalem, le Kohèn Gadol (Grand-Prêtre) réalisait un ensemble rituel complexe d’offices et de sacrifices pour Yom Kippour.

Ceux-ci étaient considérés comme les plus importantes parties de Yom Kippour, car c’est par eux que le Kohèn Gadol réalisait l’expiation des Juifs du monde entier.

Au cours de ce service, le Kohèn Gadol entrait dans le Saint des Saints, au centre du Temple. Yom Kippour était d’ailleurs le seul moment de l’année où quiconque y pénétrait. Pénétrer en ce lieu requérait une préparation particulière, comprenant cinq immersions purificatrices dans un Mikvé (bain rituel), et quatre changements de vêtements.

Avant Yom Kippour, le Kohèn Gadol était reclus dans la salle du Sanhédrine au Temple, où il révisait le service avec les Sages ; il étiat aspergé d’eau mêlée aux cendres de la vache rousse.

Le Talmud (Traité Yoma) rapporte aussi que le kohèn gadol pratiquait le rituel d’offrande de l’encens qui le préparait à ce grand jour.

Le jour de Kippour même, le Kohèn Gadol devait suivre un ordre précis d’offices, sacrifices et purifications : Korbane Tamid du matin (Offrande perpétuelle) : le Kohèn Gadol réalisait d’abord l’offrande perpétuelle, qui se tient le matin, mais était d’ordinaire réalisée par des Kohanim ordinaires, vêtu d’une tunique dorée spéciale, après s’être immergé dans un Mikvé et avoir lavé ses mains et pieds.

Premier changement d’habits : le Kohèn Gadol s’immergeait dans un Mikvé spécial dans la cour du Temple, et revêtait une tunique de lin spéciale. Il lavait ses mains et ses pieds deux fois, la première après avoir retiré sa tunique dorée, la seconde avant de revêtir celle de lin.

Tirage au sort des boucs : à la porte orientale (Nikanor), le Kohèn Gadol tirait au sort parmi deux boucs. L’un était choisi « pour le Seigneur, » l’autre « pour ‘Azazèl. » Le Kohèn Gadol nouait un fil rouge au bouc dédiéà  » ‘Azazèl. »

Un taureau comme offrande expiatoire personnelle : le Kohèn Gadol se penchait (réalisant une Sémikha sur le bouc pour lui-même et sa maisonnée, prononçant le Tétragramme (Chèm Haméforach). Le peuple se prosternait en entendant le Saint Nom; selon certaines traditions, l’orchestre du Temple jouait plus fort à ce moment pour que le Nom ne soit pas entendu. Le Kohèn Gadol abattait alors un taureau en tant que Korbane ‘Hatate (offrande expiatoire) et recueillait son sang dans un bol.

Préparation de l’encens : le Kohèn Gadol gravissait le Mizbéa’h (autel) et prenait une pleine pelletée de braises avec une pelle spéciale.

De l’encens lui était apporté. Il en remplissait ses mains et le plaçait dans un récipient (il s’agissait, selon le Talmud de la partie la plus physiquement difficile du rituel, le Kohèn Gadol devant garder la pelletée de charbons ardents en équilibre et empêcher son contenu de tomber en s’aidant de ses aisselles, voire de ses dents, tout en remplissant ses mains d’encens).

Offrande de l’encens : tenant la pelle et le récipient, le Kohèn Gadol pénétrait dans le Saint des Saints. À l’époque du Premier Temple, il plaçait la pelle entre les pieux de l’Arche de l’Alliance. À celle du Second Temple, il plaçait la pelle à l’endroit où l’Arche s’était tenue. Il attendait que la pièce s’emplisse de fumée avant de partir.

Aspersion de sang dans le Saint des Saints : le Kohèn Gadol prenait le bol contenant le sang du taureau, et retournait dans le Saint des Saints.

Il procédait à l’aspersion du sang du taureau avec son doigt huit fois, devant l’Arche, ou l’endroit où elle s’était tenue.

Le Kohèn Gadol quittait alors le Saint des Saints, plaçant le bol sur le support devant la Parokhète (rideau séparant le Saint du Saint des Saints).

Le bélier pour le Seigneur en tant qu’offrande expiatoire pour les Kohanim : Le Kohèn Gadol se rendait à l’extrémité orientale de la cour du Temple, près de la Porte de Nikanor, imposait ses mains (Sémikha) sur le bélier « dédié au Seigneur« , et prononçait la confession en faveur des Kohanim (prêtres). Le peuple se prosternait en l’entendant prononcer le Tétragramme. Il abattait ensuite le bouc, et recueillait son sang dans un autre bol.

Aspersion de sang dans le Saint : se tenant sur le Hékhal (le Saint), de l’autre côté de la Parokhète le séparant du Saint des Saints, le Kohèn Gadol prenait le sang du taureau de l’endroit où il l’avait posé, et l’aspergeait avec son doigt huit fois, en direction de la Parokhète. Il prenait ensuite le bol contenant le sang du bélier, procédant de la même manière et au même endroit, avant de le remettre sur son support.

Étalement du sang sur l’autel d’or (pour l’encens) : le Kohèn Gadol retirait le sang du bouc du support, et le mélangeait avec le sang du taureau.

Il étalait alors, en partant du nord-est, le mélange des sangs aux quatre coins de l’autel d’or dans le Hékhal. Le bouc pour ‘Azazèl : le Kohèn Gadol quittait le Hékhal, et se rendait dans la portion orientale de la ‘Azara (la cour d’Israël). Arrivé près de la Porte de Nikanor, il imposait ses mains (semikha) sur le bouc « pour ‘Azazèl  » et confessait les péchés de tout le peuple d’Israël.

Le peuple se prosternait lorsqu’il prononçait le Nom. Tandis qu’il faisait une confession générale, les gens dans la foule réalisaient une confession privée.

Le Kohèn Gadol envoyait alors le bouc « dans le désert. » En pratique, afin d’éviter son retour dans une habitation humaine, l’animal était précipité du sommet de l’une des collines aux alentours de Jérusalem.

Lecture de la Tora : une fois reçue la confirmation que le bouc « pour ‘Azazèl » avait été poussé de la colline, le Kohèn Gadol passait la porte de Nikanor, arrivait dans l’Ezrat Nashim (la Cour des Femmes) et lisait les portions de la Tora afférentes à Yom Kippour et ses sacrifices.

Second changement de tunique : le Kohèn Gadol retirait ses vêtements de lin, s’immergeait dans le Mikvé dans la cour du Temple, et revêtait un second ensemble d’habits dorés spéciaux. Il lavait ses mains et ses pieds avant de retirer sa tunique de lin, et après s’être revêtu de ses habits dorés.

Préparation des animaux sacrificiels : tandis que bouc « pour Azazel » était conduit vers la colline, le Kohèn Gadol retirait les entrailles du taureau, et entrelaçait les corps du taureau et du bouc. D’autres prenaient les corps au Bèt HaDéchèn (maison de la cendre), où les animaux étaient brûlés lorsqu’on avait reçu la confirmation que le bouc « pour ‘Azazèl  » avait été poussé de la colline.

Lecture de la Tora : une fois reçue la confirmation que le bouc « pour ‘Azazèl » avait été poussé de la colline, le Kohèn Gadol passait la porte de Nikanor, arrivait dans l’Ezrat Nashim (la Cour des Femmes) et lisait les portions de la Tora afférentes à Yom Kippour et ses sacrifices.

Second changement de tunique : le Kohèn Gadol retirait ses vêtements de lin, s’immergeait dans le Mikvé dans la cour du Temple, et revêtait un second ensemble d’habits dorés spéciaux. Il lavait ses mains et ses pieds avant de retirer sa tunique de lin, et après s’être revêtu de ses habits dorés.

Offrandes des béliers : Le Kohèn Gadol offrait deux béliers comme Korbane ‘Ola, les abattant du côté nord du Mizbéa’h (autel extérieur), recueillant leur sang dans un bol, portant le bol sur l’autel extérieur, et jetant le sang aux extrémités nord-est et sud-ouest du Mizbéa’h. Il démembrait les béliers et brûlait ses parties entièrement sur le Mizbéa’h. Il procédait ensuite à l’offrande de farine (Min’ha) accompagnant l’offrande des béliers, et aux Néssakhim (libations de vin).

Offrande supplémentaire (Korbane Moussaf) : le Kohèn Gadol réalisait ensuite l’offrande supplémentaire (Moussaf).

Crémation des Entrailles : le Kohèn Gadol plaçait les entrailles du taureau et du bouc sur le Mizbéa’h (autel) et les brûlait entièrement.
Troisième changement d’habits : le Kohèn Gadol retirait ses habits dorés, s’immergeait dans un Mikvé, et se vêtait d’un nouvel ensemble de vêtements de lin, se lavant encore les mains et les pieds à deux reprises.
Retrait de l’encens du Saint des Saints : le Kohèn Gadol retournait dans le Saint des Saints, et retirait le bol d’encens, ainsi que la pelle.
Quatrième changement de vêtements : le Kohèn Gadol retirait sa tunique de lin, s’immergeait dans un Mikvé, et portait le troisième ensemble d’habits dorés, lavant ses mains et ses pieds deux fois de plus.
Offrande perpétuelle (Korbane Tamid) du soir : Le Kohèn Gadol réalisait la partie vespérale de l’offrande perpétuelle dans les habits spéciaux dorés. Il lavait ses mains et ses pieds une dixième fois.

Le Kohèn Gadol portait donc cinq ensembles de tuniques, trois en or, deux en lin, s’immergeait dans le Mikvé à cinq reprises, lavait en outre ses mains et ses pieds par dix fois.

Les sacrifices incluaient deux agneaux (sacrifice quotidien), un taureau, deux boucs, deux béliers, ainsi que des offrandes accompagnatrices de farine (Min’ha), des libations de vin et trois offrandes d’encens (deux étaient habituelles, la troisième était spécifique à Yom Kippour).

Le Kohèn Gadol entrait trois fois dans le Saint des Saints, et prononçait trois fois le Tétragramme, à l’occasion des trois confessions. (Source : Univers Torah)

Images de l’Institut du Temple à Jérusalem

https://i0.wp.com/dossier.universtorah.com/DOSSIER5/sa0050-kohen-gadol.jpg

Image associée
Résultat de recherche d'images pour "images du Cohen Gadol à Yom Kippour"
https://i2.wp.com/www.templeinstitute.org/yom_kippur_images/tvila.jpg
https://i1.wp.com/dossier.universtorah.com/DOSSIER5/sa0050-belier.jpg
Image associée
Résultat de recherche d'images pour "images du Cohen Gadol à Yom Kippour"
Résultat de recherche d'images pour "images du Cohen Gadol à Yom Kippour"
https://i1.wp.com/dossier.universtorah.com/DOSSIER5/sa0050-mizbeah.jpg
https://www.jerusalem-temple.com/Heb/_Uploads/dbsArticles/Bigdei_Kehuna(7).jpg
Image associée
Image associée

« Pectoral » du Cohen Gadol avec les douze pierres précieuses représentant les « douze tribus d’Israël » avec le nom sur chacune d’entre elles inscrit sur les pierres. Le Cohen Gadol portait le pectoral fixé sur la poitrine. Lorsqu’une question d’importance se posait, on interrogeait le pectoral, dont certaines pierres s’illuminaient. Le Cohen Gadol traduisait alors le message divin, réponse à la question posée.

____________________________________________________

__________________________________________________

La parabole de Kedochim

La paracha de Kedochim nous enseigne : « Révérez, chacun, votre mère et votre père, et observez Mes Chabbats, Je suis l’Éternel votre Dieu ! » (Vayikra, 19, 3). Et Rachi d’ajouter : « Ce texte rapproche l’observance du Chabbat et de la crainte du père afin de t’enseigner qu’en dépit de l’injonction qui t’est faite ici de le craindre, si ton propre père te demande de profaner le Chabbat, ne l’écoute pas (Yévamot 5/b) ! Et de même pour toutes les autres mitsvot ! ».

Le Maguid de Doubno nous raconte à ce sujet la parabole suivante…

Après avoir terminé leur cursus d’études, trois génies se quittèrent en prenant chacun une direction différente, non sans avoir fixé une date et un endroit où ils devraient ultérieurement se retrouver. Or un an plus tard, ils se rencontrèrent de nouveau avec beaucoup de joie ! Le premier raconta qu’il avait mis au point une nouvelle lorgnette permettant de voir à une distance « illimitée ». Le second se vanta d’avoir conçu un véhicule se déplaçant à la « vitesse de la lumière »… Quant au dernier, il aurait réussi à inventer un élixir « capable de guérir tous les maux ».
La lorgnette fut donc mise à l’épreuve et ils virent, grâce à elle, que dans un royaume fort lointain, la fille malade d’un roi était en train d’agoniser… En utilisant aussitôt le fameux véhicule ultra-rapide, ils se rendirent sur place à la vitesse de l’éclair et la « potion magique » de cet élixir fut offerte à la princesse, laquelle guérit immédiatement. Suite à quoi, le roi hésita longuement, ne sachant qui récompenser puisque ce sauvetage inattendu était en fait dû aux trois brillants inventeurs… Finalement, il opta pour celui qui avait découvert l’élixir, car bien qu’effectivement – en remontant l’enchaînement des causes survenues dans cette affaire – tout les trois contribuèrent au rétablissement de la princesse, c’est en fin de compte bel et bien le médicament « miraculeux » qui permit à sa fille de guérir en lui assurant une excellente vie dans le futur…

Le Traité talmudique Nidda (page 31/a) explique aussi qu’il y a « trois associés » dans la création de tout enfant : D.ieu, le père et la mère. Chacun contribue à sa façon à la gestation et à la naissance de ce petit être. Or, étant tous les trois indispensables et incontournables pour faire venir au monde cette vie, envers qui l’enfant devra-t-il en définitive manifester le plus de respect ?

Le verset précité vient donc souligner que comme c’est évidemment l’Eternel qui assure notre vie bien au-delà et après la naissance – alors que les deux autres associés ont déjà achevé leur part dans cette misison -, c’est Lui que nous devons vénérer en respectant scrupuleusement tous Ses commandements… parfois même en dépit de la volonté de nos parents !

Avec l’accord  d’Hamodia-Edition Française

La parabole de Kedochim

(Source : Chiourim.com)

-==-

__________________________________________________

Pendant cette période où l’on compte quotidiennement l’Omer, nous lisons dans la Torah la section de Kédochim, dont nos Sages ont pu dire que « la majorité des principes de la Torah s’y trouvent », (Torat Cohanim). Or, celle-ci débute par l’injonction : « Soyez saints, car Je suis saint, Moi l’Éternel ! ».

Cette lecture, qui survient toujours pendant l’Omer, n’a incontestablement rien d’un hasard : ce décompte quotidien qu’on y opère a en effet pour objet de nous conduire jusqu’au Don de la Torah dont le but n’est rien moins que de faire de nous un « une nation de prêtres, un peuple saint » ! Quoi donc de plus naturel que de nous efforcer, durant ces quelques semaines, d’augmenter notre potentiel de sainteté, comme nous le proclamons avant chaque mitsva réalisée : « Qui nous a sanctifiés par Ses commandements (…) ».

Comme un seul homme !
De fait, cette paracha énonce d’emblée l’un des principaux éléments de cette notion de sainteté : « Parle à toute l’assemblée d’Israël en disant : Soyez saints (…) ». Chose peu commune dans l’expression de ce verset, Moché est enjoint de s’adresser à l’assemblée d’Israël dans son intégrité. Ceci n’est pas sans rappeler la Révélation du mont Sinaï où l’on a pu également assister à un phénomène semblable faisant l’ensemble du peuple hébreu – hommes, femmes, enfants et vieillards ! – témoin de cet événement. En outre, on constate qu’à peine arrivés dans le désert du Sinaï, avant même le Don de la Torah, le peuple d’Israël avait déjà parfaitement perçu ce message puisqu’il y arriva « comme un seul homme, d’un même cœur ».

Nous voyons donc bien que la première étape conduisant à la sainteté réside dans la solidarité au sein du peuple, seule garante de l’union d’Israël à l’image d’un seul être. L’image qu’évoque à ce sujet le Ohev Israël dans les lignes suivantes apporte un remarquable éclairage sur cet aspect de la sainteté : « Il est dit : ‘ La bougie de D.ieu, c’est l’âme de l’homme ’. Or, comme nous le voyons couramment, une bougie peut parfois avoir des difficultés à briller et à éclairer convenablement lorsqu’elle est seule. Pourtant, lorsqu’on l’associe à de bonnes bougies, elle s’annule à elles et son éclat s’ajoute aux leurs. Ainsi en est-il des âmes du peuple juif : lorsqu’elles sont unies, même celles qui, seules, n’éclairent que modestement commencent à briller par leur association à l’ensemble des âmes d’Israël. À leur tour, elles s’éveillent au service du Créateur comme il est dit : ‘ Toute l’assemblée des enfants d’Israël ’ – c’est-à-dire que toutes les âmes rejoignent celle de l’assemblée sainte et alors : ‘ Vous serez saints ’, parce que chaque Juif aura ainsi la capacité à s’élever en sainteté ».

Contribuer au bien de l’assemblée
Le Bet Israël (Kedochim 5711) explique que lorsqu’un homme s’associe à une communauté et prend part à ses activités – en s’efforçant d’apporter son aide à chacun -, sa démarche s’inscrit dans celle du célèbre adage talmudique : « J’ai beaucoup appris de mes maîtres (…) et de mes disciples plus que tous ! ». Parce que lorsqu’on contribue à l’élévation spirituelle d’autrui, on reçoit de par là-même une bénédiction exceptionnelle.

Le Bet Israël cite à ce propos un remarquable commentaire du Talmud de Jérusalem relatif au verset « Maudit soit celui qui ne soutiendra pas les paroles de cette Torah » (Dévarim, 27, 26), où l’on peut lire : « Quiconque aurait appris la Torah et l’aurait enseignée, l’aurait respectée et accomplie, mais qui aurait eu l’occasion de soutenir autrui dans son respect et ne l’aurait pas fait, sera considéré comme ‘ maudit ’ ! ».

Et si ces propos n’étaient pas suffisamment explicites, on peut lire dans la suite de ce passage : « Quiconque n’aurait ni appris, ni enseigné la Torah, ne l’aurait ni respectée ni accomplie, mais qui aurait soutenu autrui dans son accomplissement sera considéré comme ‘ béni’ ! »… Le Bet Israël en tire une conclusion sans équivoque : « Ceci nous apprend que même l’homme possédant tous les mérites a le devoir d’influer sur autrui ; et même celui qui est dépourvu de capacités, s’il influence autrui dans sa conduite, sera béni ».

Se cacher dans un lieu occulte…
Il en résulte que contrairement à l’approche généralement admise, la sainteté ne s’acquiert pas dans la solitude ni en vivant en ermite. On peut mentionner à ce sujet les propos fort clairs du « Maor Vachémech » (sur notre paracha) : « Certains hommes pensent que l’unique moyen de s’attacher au Créateur consiste à s’isoler en s’enfermant à l’intérieur d’une chambre hermétiquement close et en y étudiant à longueur de temps sans adresser la parole à qui que ce soit ; selon eux, cette attitude représente l’essentiel du service divin permettant d’atteindre la ‘ dvékout ’ [l’attachement à D.ieu]. Mais ceci n’est pas l’absolue vérité, car il se peut que l’homme s’isole pendant plusieurs années sans parler à quiconque mais sans jamais atteindre la Vérité ».

À ce propos, il cite un enseignement de rabbi Eliméle’h de Lizensk, zatsal, concernant le verset de Jérémie « Si un homme se cache dans un lieu occulte, Moi Je ne le verrai pas, parole de l’Éternel » (23, 24). Selon lui, le prophète déclare là par ces mots que si l’homme vit en ermitage et s’éloigne de toute société, son sort débouche sur le fait que même « Moi » – D.ieu lui-même – ne le trouvera pas…
Au contraire, poursuit le Maor Vachémech, la voie menant à un service divin convenable se trouve aux antipodes de cette tendance à l’isolement : « L’essentiel consiste à s’unir aux Juifs justes et bons ; en s’inspirant de leurs actes, l’homme pourra servir D.ieu de manière authentique. Car en vérité, l’essentiel de l’isolement consiste à savoir isoler nos pensées, à méditer constamment l’Éminence du Saint Béni soit-Il, tout en évoluant à l’intérieur d’une vie communautaire ».

Yonathan Bendennnoune

Le devoir de sainteté

(Source : Chiourim.com)

 _______________________________________________
Résultat de recherche d'images pour "illustration de la paracha Tazria / Metsora"
_______________________________________________
Nous étudions cette semaine la 24ème paracha : Tazria

(Vayikra 12, 1 – 13,59)

Lecture de la paracha Tazria en français

et
la 25ème paracha : Metsora (Vayikra 14,1 – 15,33)

https://i2.wp.com/www.chiourim.com/wp-content/uploads/2016/04/foeutus.jpg_________________________________________________

Paracha Tazria

La formation du foeutus dans la Torah

La parachath Tazria commence par les mots : « Icha ki tazria » (littéralement : « une femme, lorsqu’elle ensemencera »).

Que signifie cette forme active du verbe « ensemencer » appliquée à la femme, alors qu’elle devrait être réservée à l’homme ?

Cette forme verbale ne signifie évidemment pas, explique Ramban (Nahmanide) dans son commentaire sur le verset Wayiqra 12, 2, que l’enfant est formé à partir d’une semence de la femme.

Ce que veut dire ici la Tora , c’est que le sang matriciel auquel se joint la semence masculine participe avec celle-ci à la formation du foetus, et que c’est leur ensemble qui s’appelle la « semence ».

Et Ramban de rappeler l’enseignement talmudique selon lequel « le père ensemence la matière blanche, à partir de laquelle sont formés les os, les nerfs, les ongles et le cerveau, tandis que la mère ensemence la matière rouge, dont sont formés la peau, les chairs, les cheveux et le noir de l’oeil,(c’est-à-dire la prunelle) » ( Nidda 31a).

Cette opinion, précise-t-il, est celle des médecins de son époque.

A cette conception, ajoute-t-il, s’oppose celle de la philosophie grecque : C’est la totalité du corps du foetus qui serait formée à partir du sang de la mère. La fonction du père serait de conférer à cette substance matérielle ce que les Grecs appellent le hylè , c’est-à-dire la forme qui s’ajoute à la matière.

Rappelons ici que ce que l’on appelle la « forme », ou la « substance » (en hébreu : tsoura ), telle qu’elle s’oppose à la « matière » (en hébreu : homèr ) notamment chez Aristote mais aussi en pensée juive, correspond, pour simplifier à l’extrême, à ce qu’apporte le sculpteur lorsque, à partir d’un bloc de pierre informe, il lui donne ce qui en fait une oeuvre d’art. A l’inverse, le homèr se saisit d’un principe purement abstrait pour l’introduire dans le monde réel.

En ce sens, ajoute Ramban , le mot tazria devrait s’entendre dans le sens d’un « jardin faisant germer ses semences » (Isaïe 61, 11), où le mot « semence » constitue un résultat, et non un point de départ de la conception.

Jacques Kohn zal

La formation du foeutus dans la Torah

(Source : Chiourim.com)

https://i0.wp.com/www.chiourim.com/wp-content/uploads/2016/04/tsaarat-320x202.png
____________________________________________

Paracha Metsora

La Tsaraat – maladie conagieuse ?

Ces dernières générations, beaucoup éprouvent le besoin d’établir un pont entre les progrès du savoir et les préceptes de la Torah.

Pour eux, donner aux mitsvot une signification concordant avec les normes de la société moderne, attribuer aux commandements de la Torah une connotation « éthique » ou « sanitaire » relèvent d’un nécessité essentielle leur permettant de rester fidèle à ses lois. Malheureusement, cette approche rationaliste – voire positiviste – ne coïncide absolument pas avec les vues du judaïsme traditionnel. Selon rav Chimchon Raphaël Hirsch, le chapitre de l’homme frappé de tsaraat est justement là pour le prouver.

Isolement par risque de contagion ?

De fait, les apparences sont en effet assez trompeuses : en voyant comment la Torah prescrit de « séquestrer », puis de « tenir isolé » à l’extérieur du campement l’homme frappé de tsaraat, on ne peut s’empêcher de voir là une sorte de mise en quarantaine. En effet, comment mieux comprendre cette mise au ban de la société – observée de tout temps avec les véritables lépreux – que comme une prévention face aux risques de contagion ? Et de là, le pas à franchir pour assimiler la tsaraat à l’une des formes que put avoir le bacille de Hansen – la lèpre d’aujourd’hui – à l’époque biblique n’est pas bien grand : l’histoire a bien prouvé – et persiste encore à prouver jusqu’à nos jours – comment l’homme réagissait de manière féroce face aux lépreux, n’hésitant pas à les écarter totalement de la société et à les isoler dans des léproseries, de crainte que leur mal ne contamine leur entourage. Il peut donc sembler raisonnable d’avancer que cette attitude fut précisément celle prescrite par la Torah. Mais au travers de quelques lois précises, nous allons nous apercevoir combien cette approche est rigoureusement erronée.

Les lois de la tsaraat

Premier signe à noter : la lèpre véritable est elle-même mentionnée dans la Torah ; c’est elle qui frappa les égyptiens lors de la sixième plaie, elle est cette terrible maladie dont la Torah dit, dans les malédictions, que « l’on ne pourra jamais en guérir » (Dévarim 28, 27), et enfin, elle s’avère être totalement dénuée d’impureté ! En effet, l’une des conditions essentielles au « hesger » d’un homme métsora – c’est-à-dire son ultime déclaration d’impureté – est que sa plaie a commencé à montrer des signes de guérison (voir ch. 13 verset 18). Tant et si bien que si la lèpre devait avoir recouvert l’ensemble du corps au point de n’y laisser aucune trace de peau saine, le sujet sera déclaré pur ! (ibid. 13). Alors que dans le chapitre des malédictions, la plus terrible maladie qui frappera l’homme est précisément celle « qui te gagnera depuis la plante des pieds jusqu’au sommet de la tête »… Par ailleurs, lorsqu’une tache suspecte est repérée sur un mur, la Torah prescrit que « l’on vide la maison avant que le Cohen n’y entre pour examiner la plaie, de peur que tout ce qui se trouve dans la maison ne soit déclaré impur », (14, 36). Représentons-nous la scène : une maison est soupçonnée d’être infectée par la terrible maladie, et l’on nous demande justement d’en sortir tous les meubles, affaires et vêtements – sans chercher à savoir si eux-mêmes ont été contaminés – pour éviter une perte financière au propriétaire des lieux ! Enfin, de nombreuses autres règles montrent bien à quel point ces lois ne visent nullement à éviter les risques de contamination. Ainsi, pendant toute la période des fêtes de pèlerinage, lorsque le peuple juif entier se rassemblait à Jérusalem, on s’abstenait d’examiner les plaies de tsaraat.

Or n’aurait-il pas été au contraire plus logique de faire preuve d’une plus grande rigueur en ces périodes de rassemblement, pour éviter que la nation entière ne vienne à être contaminée par le fléau ? Bien plus, les Sages nous enseignent que si l’on avait l’assurance que l’une des deux plaies que présente un homme est impure, mais que l’on ne saurait déterminer laquelle d’entre elles l’est, le sujet serait déclaré pur ! Et ce, bien qu’il ne fasse aucun doute que cet homme ait bel et bien contracté cette « maladie ». Enfin, conclut rav Chimchon Raphaël Hirsch, on nous apprend aussi que la tsaraat ne concerne que les habitants juifs d’Eretz-Israël. En revanche, un non-Juif qui se présenterait avec tous les symptômes décrits par la Torah serait déclaré pur, et l’on ne chercherait pas même à surveiller l’évolution du mal ! Toutes ces considérations – parmi de nombreuses autres – nous amènent à une conclusion évidente : la paracha de Tazria ne traite absolument pas de soins médicaux ni même de prévention face aux risques d’épidémie. Et contrairement à ce que certains voudraient bien croire, les Cohanim n’occupaient nullement les fonctions de « police sanitaire » au sein du peuple hébreu…

Un Rapport du College of Physicians

En vérité, l’absence de toute connotation sanitaire ou thérapeutique dans les lois de tsaraat a toujours fait l’unanimité chez le peuple juif. L’ambiguïté, semble-t-il, est issue au contraire de la confusion qui a longtemps régné sur la nature de la lèpre contemporaine, qui frappe jusqu’à ce jour environ 250 000 personnes dans le monde. En effet, dans la suite de son développement, rav Chimchon Raphaël Hirsch cite un Rapport sur la lèpre du Royal College of Physicians commandé par le gouvernement anglais en raison de l’expansion effroyable que connut la lèpre vers la fin de ce XIXe siècle dans de nombreuses colonies britanniques. Ce texte, dont voici un court extrait, montre assez clairement les marques de cette confusion : « La question dominante que se pose actuellement le Royaume d’Angleterre est la suivante : cette maladie est-elle contagieuse ou non ? Aucun doute ne persiste sur le fait que les Juifs ont toujours considéré cette maladie comme contagieuse, puisqu’un strict isolement était imposé à quiconque la contractait. Mais d’autre part, il semble exact d’affirmer qu’aux yeux du judaïsme, toutes les maladies de peau sont assimilées à celle de la lèpre. [Visiblement parce que des différences notables distinguent les symptômes de la lèpre moderne de la tsaraat biblique] ; par conséquent, toutes les personnes frappées par une maladie de peau s’étant déclarée dans la Nouvelle Europe – telle que la rougeole, la scarlatine ou la variole – devraient être concernées par l’isolement imposé aux lépreux. Néanmoins, il est un fait qui mérite une attention particulière : il semblerait que les Juifs contemporains soient moins sujets à contracter des maladies contagieuses que leurs voisins européens.

Peut-être est-ce là le résultat de leurs pratiques traditionnelles, dont le pouvoir influa considérablement sur la constitution des Juifs d’alors. Mais en dépit de ces considérations, tous nos agents – dispersés aux quatre coins du globe – témoignent quasiment à l’unanimité : la lèpre n’est pas une maladie contagieuse ! ». Il semblerait donc bien que ce soit une lecture biblique fort profane – telle que la faisaient les nations du monde – qui amena à associer les deux formes de lèpre. En conséquence de quoi on fut amené à isoler toute personne frappée du bacille de Hansen, exactement comme le prescrit le verset avec les hommes atteints de tsaraat. Et il fallut attendre ces derniers siècles pour que l’homme comprenne enfin que ce terrible fléau n’était contagieux que dans une très faible mesure. Et par conséquent, il est plus que jamais exclu de penser que l’isolement du métsora était motivé par des risques de contagion, attendu que ceux-ci n’existent absolument pas…

Yonathan Bendennoune

Avec l’accord exceptionnel d’Hamodia-Edition Française

La Tsaraat – maladie contagieuse ?

(Source : Chiourim.com)

Spécial Yom Hatsmaout 70ème anniversaire de la renaissance de l’Etat hébreu – histoire, culture, socio, religion… découvrez les 70 facettes d’Israël !

Akadem, le campus némrique_______________________________________________________

Du rêve à la réalité

De la Shoah à l’Etat d’Israël

Du prophétisme au sionisme

Du laïc au religieux

De la diaspora au multiculturalisme

D’une guerre à l’autre

De l’antisémitisme à l’antisionisme

De la guerre à la paix

De la Bible à la littérature

D’Israël aux Nations

(Source : AKADEM)

Iyar: un mois placé sous le signe du taureau – vidéo

https://i2.wp.com/www.jforum.fr/wp-content/uploads/2018/04/225.jpg__________________________________________________

Le mois de iyar qui commence à la sortie de ce Chabbat, est le huitième à partir de tichri, et le deuxième dans l’ordre de la Tora.

Le livre des Rois l’appelle ziv (I Rois 6, 1 et 6, 37), ou « éclat », car il est le moment où les arbres resplendissent de tout leur « éclat » (Rachi et Radaq).

Selon rabbi Yehochou‘a, les patriarches Abraham et Jacob sont nés pendant le mois de nissan, ce qui a eu pour effet d’apporter une lumière nouvelle sur le monde (en hébreu zohar, ziv en araméen). Et c’est le mois suivant, celui de iyar, qui bénéficia en premier de cette nouvelle ère de lumière suite de leur venue au monde (Roch hachana 11a).

Ce mois est placé sous le signe zodiacal du Taureau, représentatif de l’animalité contenue dans l’homme. Entre notre libération physique, obtenue en nissan avec la sortie d’Egypte, et notre libération spirituelle au mont Sinaï, que nous rappellerons le mois suivant, en sivan, nous avons le devoir de nous purifier.

Tel est d’ailleurs la signification que donnent les cabalistes à la computation du ‘omèr, dont est rempli tout iyar. Le mois de iyar est fréquemment considéré comme celui de la guérison de nos maladies. Les lettres qui le composent (alef, yod et rèch) sont en effet acronymes de ani Hachem rofékha (« Je suis Hachem, qui te guéris » [Chemoth 15, 26]).

Le mot « iyar » vient de l’araméen « ayarou » (« lumière » ou « éclat »). Sa racine serait la même que celle du mot hébreu « or ». En iyar sont morts le grand prêtre Eli et ses deux fils, l’Arche sainte a été emportée par les Philistins (I Samuel 4, 11 et suivants), et c’est ce mois-là qu’est mort le prophète Samuel (Tour Ora‘h ‘hayyim 580).

Jacques KOHN Zal

Le mois d’Iyar vient tout de suite après Nissan et l’Exode. Succession plutôt difficile !

Iyar est désigné comme le mois du rayonnement et du bourgeonnement,  ziv en hébreu. On trouve diverses raisons à cela et plus nous considérons les événements qui eurent lieu pendant ce mois, plus nous saisissons sa force exceptionnelle.

Quelle que soit notre opinion politique, on serait bouleversé de recevoir  une lettre personnelle du Président de la République. Il ne fait aucun doute que cela ne nous laisserait pas indifférent, qu’on la conserverait précieusement  et qu’on ne l’oublierait pas de sitôt. On la déplierait et on la lirait avec attention. Et si son style était ambigu ou fleuri, on s’efforcerait de comprendre chaque mot, même si cela nécessitait de mobiliser l’aide du beau-frère de votre ami qui parle couramment le diplomatois. On est parfaitement conscient de l’importance que recèle chacun des mots du Président.

L’Exode et tout ce qui l’a précédé ont été pour les Juifs un aperçu de l’amour que D.ieu a pour eux, de Sa puissance et de Sa majesté. Nous étions prêts à lire Sa lettre, pour ainsi dire, ce qui voulait dire dans ces circonstances recevoir Sa parole, la Torah. Lorsque nous atteignîmes Mara le 1er  Iyar (qui, à propos, tomba un samedi l’année de l’Exode), nous étions disposés à entendre la parole du Roi.

Afin de nous préparer, deux choses devaient se produire. La première était du domaine de l’expérience et la seconde du domaine intellectuel.

Lorsque les Juifs arrivèrent à Mara, ils n’y trouvèrent pour se désaltérer que de l’eau amère. D.ieu ordonna à Moïse d’y jeter un arbre ce qui la rendit miraculeusement potable. Déjà pleinement conscients que D.ieu contrôle la nature du fait des miracles encore frais dans notre mémoire, en quoi notre expérience s’enrichissait-elle de vivre un autre miracle ?

Ce miracle démontrait  le concept selon lequel la manière dont on vit la vie elle-même (symbolisée par l’eau, source de toute nourriture physique) est fréquemment amère mais ne doit pas le demeurer. Avec l’aide de D.ieu, il y a de la douceur.

On doit réaliser qu’il faut faire des choix et que cela dépend de nous qu’ils ne soient pas contaminés par notre subjectivité ou par nos projets dictés par nos émotions.
Il faut bien distinguer le désespoir de l’amertume. La voix de la désespérance nous dit : « Tu ne vaux rien, ta vie est brisée. Va dormir, prend un morceau de chocolat et plonge avec ravissement dans l’oubli.»

La voix de l’amertume est totalement différente. Elle nous dit : « Tu n’as pas besoin de supporter cela en silence. Rejette le goût infect que ta vie a pris. Relève le défi qui te fait face. Avance. »

Quand on se donne le loisir d’éprouver l’amertume que la vie si souvent dispense, on peut se trouver dans une impasse. On veut changer mais on ne sait pas comment le faire. Ce que les Juifs virent à Mara (amer en hébreu), c’est que la première étape consistait à prendre l’arbre primordial de la connaissance du bien et du mal et à le jeter dans l’eau. Ceci signifie dans un langage non-mystique que l’on doit réaliser qu’il faut faire des choix et que cela dépend de nous qu’ils ne soient pas contaminés par notre subjectivité ou par nos projets dictés par nos émotions.

Comment savons-nous que nous avons fait de bons choix ? Après tout, en tant qu’humains, nous pouvons voir le bien dans le mal le plus absolu et cela, nous l’avons fait si souvent. Nous pouvons également considérer ces choix qui sont purs et vrais et les redéfinir comme faux et mauvais s’ils ne sont pas en accord avec nos plans.

D.ieu ne se contente pas seulement de nous adresser un pli cacheté mais nous fait savoir que l’information est à portée de la main et nous fait cadeau du goût que la Torah aurait avant même d’avoir été donnée afin que nous puissions en  savourer un peu de sa douceur. A Mara, D.ieu nous offrit trois mitsvot, chacune d’entre d’elles renfermant une catégorie entière de la loi juive. Selon le célèbre talmudiste et mystique du seizième siècle, le Maharal de Prague, chaque catégorie correspond à l’un des aspects de ce que nous sommes : le physique, l’intellectuel et le spirituel.

LES TROIS COMPOSANTS

‘Houkim sont des mitsvot se rapportant à notre identité physique. Leur message est que tout ce qui est physique a une source spirituelle et que, au lieu de banalité et de déclin, nous sommes capables de trouver  signification et éternité dans la réalité physique. Pour ce faire, il nous faut laisser D.ieu nous mener au-delà de notre vision de la réalité. Nous sommes paralysés du fait que nous voyons tout à travers le prisme du temps et de l’espace, ce qui veut dire que nous ne pouvons jamais vraiment dépasser l’enveloppe physique qui abrite la réalité spirituelle.

C’est à Mara que nous fut donnée notre première ‘hok (singulier de Houkim) – l’ésotérique rituel de la vache rousse. On peut affirmer que c’est le plus énigmatique des commandements de toute la Torah. C’est l’exemple type des mitsvot (tels que les règles de la cacherout) qui ne sont pas aisément interprétables. Cela ne veut pas dire bien sûr qu’elles n’ont pour but que d’inciter à obéir à D.ieu (ce qui en soit serait suffisamment  valable). Cela signifie que nous sommes disposés à renoncer à notre besoin de tout faire entrer dans une petite boîte appelée « Mon Intellect » ou à tout rejeter.

En allant au-delà de notre base restreinte de connaissances, nous avons la capacité d’élever ce qui en nous est physique.

Edout sont des commandements qui commémorent des événements. Nos émotions et notre conscience spirituelle sont fondées sur la mémoire. Edout nous offre justement la possibilité d’acquérir des souvenirs qui ont une signification spirituelle. Le Chabbat nous a été donné à Mara. Dorénavant, nous avons l’occasion d’apprendre que nous sommes des créations de D.ieu et que nous avons notre propre valeur. A cet égard, nous ne sommes pas seuls. Chaque personne que nous rencontrons est une manifestation de la volonté divine. Tout change, quand on vit ce message semaine après semaine. Nous découvrons en nous-mêmes la force d’âme émotionnelle de faire face à la vie dans un monde où chaque chose a une finalité.

La dernière catégorie, ce sont les Michpatim, les lois juridiques. A Mara, D.ieu nous a donné les lois nous ordonnant d’honorer nos parents (selon une autre opinion, les Michpatim sont des lois décrivant comment établir un système équitable de jugement). Ces lois nous paraissent tout à fait logiques. Après tout, personne ne veut être jugé par un tribunal illégal ou bien être abandonné par des enfants qu’on a élevés avec amour et dévouement. Mais la Torah ne se contente pas de cela. En les dotant de détails précis et en leur donnant un contenu concret, elle place les lois au-delà des bonnes intentions et des considérations hasardeuses qu’elles génèrent. Un juge ne doit pas plus favoriser le pauvre que le riche afin de répartir les choses plus équitablement en se fiant à sa propre  compréhension arbitraire de l’affaire. Un enfant doit s’adresser à son père ou à sa mère respectueusement même s’il pense que celui-ci ou celle-ci dit des sottises.

Ces trois catégories nous redéfinissent comme peuple. C’était le prélude dont nous avions besoin pour recevoir la Torah. Il nous a donné l’ardeur interne pour lire la lettre du Roi. C’est le rayonnement ! C’est ainsi qu’un bourgeon s’ouvre. Une fois que le soleil commence à se lever et qu’une fleur à éclore, il n’est plus question de reculer. Une transformation a eu lieu. Pour cette raison, D.ieu dit aux Juifs qui quittèrent l’Egypte que, s’ils observent les lois qu’Il a énoncées, ils ne souffriront jamais des maladies dont D.ieu s’est servi d’armes contre les Egyptiens. Cela veut dire que nous ne serons jamais plus des Egyptiens dans aucun sens de ce mot.

GUERISON
Iyar fut le mois pendant lequel D.ieu nous promit que notre maladie ne serait pas le fait du hasard. C’est un mois particulièrement propice à toutes les formes de guérison.
Le destin des Juifs et celui des Egyptiens ne s’entremêlent pas. Il n’était pas dans le pouvoir de ces derniers de découvrir de signification dans leur maladie. Pour eux, tout « arrivait simplement parce que cela arrivait » et la signification est au-delà de l’interprétation humaine. Pour le Juif, le monde est une continuelle création incluant défi, potentiel et compassion cachée même au milieu d’une maladie grave. Pendant l’ère de la prophétie, il était même possible pour chacun d’entre nous d’aller consulter un prophète et de lui demander de révéler pour quelle raison nous souffrions. Nous pouvions alors concentrer nos énergies et rectifier la source de notre maladie plutôt que d’employer toutes nos ressources à en combattre les symptomes.

Iyar fut le mois pendant lequel D.ieu nous promit que notre maladie ne serait pas le fait du hasard. En fait, le mot Iyar est l’acronyme de la phrase Ani Hashem Rofékha, ce qui veut dire « Je suis D.ieu, Celui Qui te guéris ». C’est un mois particulièrement propice à toutes les formes de guérison.

La Manne qui nourrit les Juifs dans le désert pendant quarante ans commença à tomber du ciel le 15 Iyar. Cette nourriture avait deux caractéristiques remarquables ; spirituellement, elle forgea la conscience du degré d’implication de D.ieu dans notre subsistance matérielle. C’était une étape nécessaire afin de nous préparer à recevoir la Torah. Il fallait que nous prenions conscience du rôle de D.ieu dans notre vie et combien nos actes affectaient notre destinée. Le fait de s’en remettre à D.ieu au jour le jour pour notre nourriture conduisit à renouveler notre amour et notre confiance en Lui. Physiquement, c’était un aliment parfait ; il ne provoquait aucune maladie. Cela nous poussa également à nous épanouir en tant que peuple.

LAG BA’OMER
Le 18 Iyar est le trente-troisième jour de l’Omer. Qu’est-ce l’Omer ? La Torah nous ordonne de compter cinquante jours entre Pessa’h et Chavouot (bien que nous sachions combien de jours se sont écoulés) afin que nous montrions notre empressement à recevoir enfin « la lettre ». A Pessa’h, de l’orge était apporté au Temple en offrande. C’est très significatif car jadis, l’orge était un aliment destiné aux animaux. Le symbole en était que, alors que nous étions libérés physiquement à notre sortie d’Egypte, nous n’avions pas encore atteint le niveau spirituel.

A Chavouot, on offrait du froment avec lequel on fait le pain. Nous avions évolué et étions prêts désormais à recevoir la Torah.

Plusieurs centaines d’années plus tard, une épidémie frappa pendant cette période les disciples de Rabbi Akiva. Vingt-quatre mille d’entre eux moururent ce qui causa un vide qui aurait pu provoquer la perte de toute la tradition orale. Mais Rabbi Akiva eut la force d’âme de tout recommencer avec un noyau de cinq élèves. L’épidémie prit fin le trente-troisième jour de l’Omer, qui est célébré parce que cela signifie en vérité que le message, la lettre, ne doit jamais être oublié.

Un des disciples de Rabbi Akiva était Rabbi Shimon Bar Yokhaï. En dépit de la très forte persécution que les Romains lui firent subir (Rabbi Shimon dut se dissimuler dans une grotte en Galilée pendant treize ans), il devint une des lumières les plus étincelantes du Judaïsme. Il révéla le Zohar, littéralement le Livre de la Splendeur, qui est le pilier des œuvres mystiques juives. Les éclaircissements qu’il répandit sur les aspects cachés de la Torah sont comparables à ceux de Moïse sur les parties révélées.

C’est à Lag Ba’omer qu’il est décédé. C’est aussi un jour de rayonnement et de fleuraison. Il promit à ses élèves qu’il prierait pour ceux qui visiteraient sa tombe à Méron le jour de l’anniversaire de sa mort et se joindraient à lui en ce jour qu’il considérait comme sa fête.

Le Juste monte de plus en plus haut chaque année car ses actes ont de plus en plus d’impact sur le monde qu’il a laissé derrière lui.
La plupart d’entre nous associent la notion de fête à l’anniversaire de la naissance plutôt qu’à celui de la mort. Naître n’est pas en soi un haut fait. La personne que nous sommes le jour de notre mort est l’ultime énoncé que l’on fait de soi-même. Le Juste monte de plus en plus haut chaque année car ses actes ont de plus en plus d’impact sur le monde qu’il a laissé derrière lui. C’est pourquoi chaque année a lieu à Méron une grande commémoration religieuse. L’année dernière, plus de 250 000 personnes y ont assisté. Si l’on demande aux gens quelle en est la raison, plusieurs réponses seront données. Certains sont venus pour prier. D’autres pour célébrer l’événement. Mais tous sont d’accord sur un point : le peuple juif est toujours en fleurs.
 MAZAL
Le signe zodiacal d’Iyar est le Taureau, une bête qui mange de l’herbe. C’est le symbole d’un animal très robuste (en fait, le bœuf est le plus fort des animaux domestiques) qui mange, qui se développe et progresse.

Qu’Iyar soit pour vous un grand mois !

TZIPPORAH HELLER

Lamed

(Source : JForum)

Première coupe de cheveux : D’où vient la coutume de laisser pousser les cheveux des petits garçons juifs jusqu’à l’âge de trois ans ?

La première coupe de cheveux____________________________________________

Il y a quelques années, j’ai accompagné mon petit garçon au zoo par une belle après-midi d’été. Une femme s’est arrêtée près de nous et m’a dit: « Votre petite fille est si mignonne ». Je l’ai remerciée et lui ai répondu: « A propos, c’est un garçon. »

La dame n’a pas caché sa surprise… Pour ma part, je savais pertinemment ce qui l’avait induite en erreur: les cheveux de mon fils lui tombaient en-dessous de la taille! Alors, j’ai jugé bon de m’expliquer:

Les Juifs traditionnels attendent souvent que leurs garçons aient trois ans pour leur faire la première coupe de cheveux. Cette cérémonie est appelé « Halake » chez les Juifs séfarades et « Upsherin » chez les Juifs ashkénazes. Cette coutume est mentionnée pour la première fois dans le livre « Cha’ar HaKavanot » de rabbi ‘Haïm Vital, le disciple du grand Kabbaliste du XVIème siècle, le Arizal.

A partir de trois ans, le petit garçon commence officiellement à recevoir son éducation juive.

Le troisième anniversaire représente une étape importante dans la vie d’un garçon juif. A partir de ce moment-là, il commence officiellement à recevoir son éducation juive et à porter une kippah et des tsitsits.

Au niveau du développement, trois ans est un âge transitoire clé. Jusqu’à présent, le garçon était un bébé – doudou, biberon, couches. Désormais, il s’apprête à entrer dans le monde des camarades, de l’école, etc. Lui couper les cheveux à ce moment va provoquer sur l’enfant une impression émotive très forte. Il sait qu’il passe une nouvelle étape vers la maturité et ceci l’aide à vivre en accord avec ce nouveau rôle.

Détail intéressant, sapar, la racine hébraïque renvoyant à la coupe de cheveux signifie également limite. Cette coupe de cheveux instaure une nouvelle norme comportementale, ce qui était acceptable pour un bébé est désormais hors limite.

Pourquoi trois ans?

L’idée de considérer le troisième anniversaire comme un âge de transition découle du commandement de Orla. La Torah affirme que si l’on plante un arbre, tous les fruits poussant les trois premières années sont « orla » – interdits (Lévitique 19,23). Tout comme les fruits Orla sont défendus à la consommation pendant trois ans, de même nous ne touchons pas aux cheveux de l’enfant jusqu’à l’âge de trois ans.

Pourquoi cette analogie? Parce que la Bible, en plusieurs occurrences, compare l’homme à un arbre:

  • « Oui, l’arbre du champ, c’est l’homme même… » (Deutéronome 20,19)
  • « Mais les jours de mon peuple seront comme les jours des arbres… » (Isaïe 65,22)
  • « Il sera tel qu’un arbre planté au bord de l’eau… » (Jérémie 17,8)

Voilà pourquoi, à l’instar des fruits Orla, nous ne touchons pas aux cheveux d’un garçon jusqu’à sa troisième année.

A propos, pourquoi les hommes sont-ils comparés aux arbres?

Un arbre a besoin de quatre éléments fondamentaux pour survivre: la terre, l’eau, l’air et le feu (soleil). Au sens figuratif, les êtres humains en ont également besoin.

La terre est l’endroit où l’arbre a besoin de s’enraciner fermement. Un foyer solide est également la base nécessaire à l’homme pour y ensemencer des valeurs et des principes moraux et pour lui fournir l’environnement soutenant sa croissance. Aujourd’hui, malheureusement, beaucoup d’arbres sont exposés aux risques d’être abattus par l’ouragan des médias, du matérialisme et de l’excès d’information. Il nous faut un « filtre », un refuge sûr où venir reprendre des forces. Le foyer est la « terre » sur laquelle nous pouvons être nous-mêmes, commettre des erreurs mais néanmoins être acceptés, aimés et nourris.

Le Talmud (Maximes des Pères 3,24) fait l’éloge de l’homme pourvu de nombreuses racines: « Même si tous les vents se lèvent et soufflent dessus, ils ne pourront le déplacer ».

La pluie, comme la Torah, descend des cieux et procurent un soulagement à celui qui a une soif inextinguible.

L’eau est également essentielle. Sans elle, l’arbre va se flétrir et mourir. La Torah est comparée à l’eau, ainsi que Moïse l’écrit dans le cantique adressé au peuple d’Israël avant de mourir: « Que mon enseignement s’épande comme la pluie » (Deutéronome 32,2). La pluie ainsi que la Torah descendent des cieux et procurent un soulagement à celui qui a une soif inextinguible. D.ieu fait ruisseler la Torah pour nourrir d’enthousiasme et de vitalité l’esprit humain.

L’air est composé, entre autres, d’oxygène permettant à l’arbre de respirer et de gaz carbonique servant à la photosynthèse. Dans une atmosphère non équilibrée, l’arbre suffoquerait et mourrait. La Torah affirme que « D.ieu insuffla dans ses narines un souffle de vie » (Genèse 2,7). Le terme hébraïque renvoyant au « souffle » – néchima – est le même que celui désignant « l’âme » – néchama. La force de notre vie spirituelle provient, métaphoriquement parlant, de l’air et de la respiration.

L’arbre a besoin de feu (le rayonnement solaire) pour survivre. Les hommes, aussi, ont besoin de feu, symbolisé par la chaleur de la société. Les gens absorbent l’énergie de leurs semblables, de leurs amis, de leur famille, de leurs voisins et de leurs collègues et la canalise pour se forger une identité et agir. Les principales pratiques juives, telles les cérémonies de naissance comme de décès, se pratiquent au sein d’une communauté. Si l’on ne se lie pas à une collectivité solide, on risque d’être jeté dans l’anonymat blafard et lugubre de la vie urbaine.

Effectivement, l’homme a beaucoup en commun avec l’arbre.

Blocage spirituel

Le terme « Orla » apparaît dans la Torah à trois reprises, la première concernant les fruits, le deuxième la Brith Milah (la circoncision) et la troisième la recherche de la vérité. Mais quelle est la signification littérale du mot « Orla » et quel est le point commun entre ces trois éléments?

Dans le Lévitique (19,23) il est dit que les fruits poussant les trois premières années sont classés comme « orla » et ne peuvent pas être mangés. Voici, en substance, l’explication de Nachmanide: puisque l’arbre est encore jeune, les fruits sont alimentés par un excès de fluides et, de la sorte, peuvent être nocifs; « orla » signifie « blocage ».

La deuxième mention, et peut-être la plus fameuse, faite au sujet de « orla » parle du prépuce qui est excisé lors de la circoncision (Genèse 17,11). Les commentateurs expliquent que, là aussi, orla se réfère au blocage, mais, dans ce cas, au blocage spirituel. Un garçon juif ne reçoit pas sa pleine mesure d’âme jusqu’à ce que la circoncision soit accomplie et c’est pourquoi la Torah met en garde tout juif mâle non circoncis du risque de « retranchement spirituel » (Genèse 17,14).

L’étude de la Torah est le moyen le plus sûr pour briser le blocage spirituel et éliminer les barrières empêchant de voir la vérité.

La troisième référence à la « orla » se trouve dans le Deutéronome (10,16). D.ieu dit au peuple juif: « supprimez la orla de votre cœur ». Le mot est ici employé symboliquement; le Tout-puissant exhorte le peuple à rechercher la vérité. Pour atteindre ce but, il faut retirer tout ce qui empêche d’apercevoir la vérité, c’est-à-dire « les barrières entourant le cœur ».

Par conséquent, il est juste que le jour de la première coupe de cheveux du jeune garçon (quand il quitte symboliquement la catégorie de « orla » en ce qui concerne ses cheveux) marque aussi celui où il entame son éducation juive. Car l’étude de la Torah est le moyen primordial pour ôter le blocage spirituel et enlever les barrières empêchant de voir la vérité.

Alors que ses boucles se détachent, l’enfant sent qu’il est en train de se propulser vers une nouvelle étape. Car ce jour est celui où il peut se débarrasser des barrières qui l’entravent.

Mode d’emploi

Pour le petit garçon juif, l’anniversaire de 3 ans est un événement spécial par sa signification et par les nombreuses activités qui vont remplir la journée. Il est d’usage que chacun des amis et des membres de la famille donne un petit coup de ciseaux pendant la coupe de cheveux. Le premier coup de ciseaux est fait sur le haut du front, à l’endroit où le garçon posera plus tard son Tefilin quand il deviendra Bar Mitsva.

Certains ont l’usage de peser les cheveux et de faire la charité de l’équivalent en poids d’or ou d’argent.

Après ces petits coups de ciseaux, les gens bénissent l’enfant en lui souhaitant le succès dans l’étude de la Torah. Si c’est possible, il est bien de l’amener chez des grands rabbins afin qu’il reçoive leurs bénédictions. D’autres ont la coutume de peser les cheveux et de faire la charité de l’équivalent en poids d’or ou d’argent pour que, grâce à cette bonne action, l’enfant réussisse dans la Torah.

Lors de cette première coupe de cheveux, on va souvent lui laisser les « Péot », les favoris, afin de respecter le commandement de ne pas raser les extrémités de la chevelure des deux côtés du visage (Lévitique 19,27). Les « Péot » peuvent être aussi longs ou courts que vous le désirez pourvu qu’ils ne soient pas complètement coupés. Les adultes accomplissent cette mitsva en laissant pousser les favoris jusqu’à mi-oreille.

Nous enseignons aussi à l’enfant le verset: « Moïse nous a prescrit la Torah, héritage de l’assemblée de Jacob » (Deutéronome 33,4). Ce sont les premiers mots qu’un enfant juif doit apprendre à dire car cela montre combien chaque Juif a une relation unique et personnelle avec la Torah.

En Israël, beaucoup de petits garçons font leur première coupe de cheveux à Lag BaOmer sur la tombe de Rabbi Shimon Bar Yo’haï à Méron. On assiste alors à une scène incroyable de milliers de garçons dont on coupe les cheveux le même jour !

Rav Shraga Simmons

La première coupe de cheveux

(Source : Aish.fr)