Archives de Catégorie: CULTURE JUDAÏSME

Judaïsme – L’âme est la pensée de D.ieu

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L’âme est la pensée de D.ieu

un nouveau et magnifique cours du Rav ‘HaïmDynovisz
(Source : Site du Rav)

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Paracha Hayé Sarah : A la recherche de la fiancée vertueuse, par le Rav Dov Roth-Lumbroso (vidéo)

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Voir la vidéo : Paracha Hayé Sarah : A la recherche de la fiancée vertueuse

(Source : Chiourim.com)

Eretz Israel – le film

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TRES BEAU FILM 1H45

http://www.israeltorah.com/conference/erets-israel-le-film/

Ce film doit être vu par tout le monde, Juif comme non Juif !

Ce film explique pourquoi le peuple d’Israël et sa Terre sont indissociables.

Pourquoi ce film ?

La volonté de montrer plusieurs choses. Tout d’abord l’unité du Âm Israël, car dans ce film, il y a des rabbanim de toutes tendances, des sionistes, des haridim, des breslev, etc… et tout le monde s’est très bien entendu.

Et puis la beauté de la torah, surtout lorsqu’elle parle d’Erets Israël. Enfin il me semblait important, vu la conjoncture actuelle internationale très négative envers les juifs et Israël, de montrer que c’est le moment de venir vivre sa propre expérience en terre sainte.

Si un juif ou une juive monte en Israël grâce au film, nous aurons rempli notre mission, que je considère presque comme « divine » car ce film est un miracle.

Pourquoi un miracle ?

Nous avons fait un film comme je me plais à le dire avec un budget qui relève du miracle. Et le résultat est édifiant, beau, grand, et je suis fier que shimshone Attali, qui est l’auteur et réalisateur du film, m’ait demandé de jouer un rôle.
Je ne vois pas d’autre solution que la main divine qui nous a toujours accompagnée tout au long du tournage.

Vous sortirez du film avec beaucoup de joie dans le cœur, et c est le principal car en plus des cours que vous écouterez, il y a beaucoup de Simha dans ce film.
Vous avez joué avec les rabbins, comment sont-ils en vrai et ont-ils réussi à jouer devant la cameéa ?

Ils ont tous été très sympa, et surtout j’ai appris énormément grâce au Dvar Torah que j’écoutais.

J’ai découvert de très belles personnalités que je n’aurais pas connues si je n’avais pas participe à ce film. J’ai compris encore plus ce qu’était le mot Hardout, unité.

Ils m’ont accueilli sans même me connaitre comme un de leur talmid, élève.

Il y a quelques semaines de cela, j’ai assisté au mariage d’une collègue de travail, et j ai rencontré là-bas un des rav qui a joué dans le film, et que je n’avais pas beaucoup vu, quel a été ma joie de le voir me prendre dans ces bras, pour me bénir pour la réussite de ce film.

Voilà, c’est ça Erets Israël, et c’est ça aussi le vrai Âm Israël !!!

https://jssnews.com/…/eretz-israel-le-film-de-s-attali-enf…/
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L’ESPERANCE EN UN MONDE MEILLEUR AVEC ISRAËL, auquel nous devons contribuer activement – Jérusalem dans la vision juive – Vidéo ©

____________LA COLOMBE DE LA PAIX____________

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Jérusalem est blottie dans le cœur de chaque  Juif et au centre de la liturgie juive de tous les temps.

Dans la vision juive, on ne distingue pas entre le religieux et le profane ainsi Jérusalem est à la fois un lieu géographique, un lieu historique et un endroit spirituel. Il faut mettre en évidence trois principaux points : le lien indissoluble entre la ville et la religion, l’importance du mur occidental et la dimension sacrée de tous les quartiers.

 

La Torah évoque plus de 600 fois Yerouchalayim la ville inoubliable. La première fois[1] il est question de Meltsisédeq, roi de Salem. Le sacrifice d’Isaac a eu lieu sur le mont Moria où fut établi plus tard le Temple de Jérusalem[2].

C’est David, sous les injonctions du prophète Nathan, remarquant les atouts naturels et stratégiques du lieu, quitta Hébron, où il avait installé sa capitale, pour Jérusalem, après avoir battu les Jébuséens [3].

Il revint à Salomon, fils de David et de Bethsabée, de construire au Xe siècle av. J.-C. le Premier Temple de pierre. Les tribus montaient vers ce sanctuaire unique pour offrir leurs sacrifices en l’honneur de D.ieu.

Jérusalem devint ainsi de manière indissociable une capitale politique et religieuse où retentissait la voix des prophètes qui s’efforçaient de ramener le peuple vers l’Éternel.

Peu après la mort du roi Salomon, le royaume d’Israël se divise, Jérusalem n’est plus capitale unique. Les dépenses somptueuses du roi ont vidé le trésor et les caisses de l’état. Les tribus du Nord refusent de participer aux folles dépenses de la cour de Jérusalem. Roboam, héritier de  Salomon, est rapidement contesté. Malgré l’avis de ses conseillers il refuse d’alléger la charge des impôts.

Les tribus du Nord, au nombre de dix, sous la direction de Jéroboam, font sécession et créent le royaume du Nord ; le royaume d’Israël avec Samarie pour capitale. Seules les tribus de Benjamin et de Juda restent fidèles à Roboam.

Le fossé entre les deux royaumes est politique : le petit royaume de Juda, autour de Jérusalem, conserve la forme dynastique liée à la famille de David, tandis qu’en Israël le roi doit recevoir l’agrément du conseil des anciens et peut être remplacé s’il ne remplit pas son devoir.
La distinction entre les deux royaumes est aussi religieuse : les habitants d’Israël  sont vite appelés Samaritains qui veulent une religion plus simple, ceux de Judée, les juifs, restent monothéistes et considèrent les Samaritains comme des païens.

Pendant les trois siècles qui suivent le schisme, Jérusalem est  capitale du royaume de Juda ou royaume du sud. Elle est investie par des cultures et des cultes étrangers à cause de certains rois qui laissent sévir la corruption, le luxe et l’idolâtrie : les prophètes se dressent pour dénoncer ces déviations morales.

Certains n’hésitent pas à comparer Jérusalem à Sodome, détruite pour n’avoir pas su établir des règles de justice sociale. Seuls les rois Josaphat, Ezéchias et Josias, aidés par les prophètes Isaïe, Michée et Joël luttent contre l’idolâtrie et le royaume de Juda connaît sous leur règne, des périodes de prospérité et d’apogée culturel.

Isaïe, sous le règne de Ouzia  reproche au peuple son manque de rigueur sociale et religieuse : « Jadis pleine de justice, c’était l’asile de la vertu, et maintenant elle est un repaire d’assassins !…. Sion sera sauvé par la justice, et ses pénitents par la vertu. Impies et coupables s’effondreront ensemble…» 

Isaïe prévoit déjà le rôle de Jérusalem en tant que centre religieux universel.

Isaïe, par Michel-Ange

Un nouvel empire naît sur les rives du Tigre et de l’Euphrate ; c’est l’empire assyrien qui devient la puissante dominante dans le vaste Moyen-Orient. Le nouveau roi Achaz  tente de s’assurer les faveurs du nouvel empire : il encourage le culte des dieux assyriens.

Détail : le roi d’Israël Jéhu agenouillé devant le roi Salmanasar

Son fils, le roi Ezéchias décide de s’opposer à l’influence assyrienne dans le royaume de Juda. Soutenu par le prophète Isaïe, il purifie le Temple et renforce les remparts de Jérusalem. Pour assurer la sécurité de la ville en cas de siège, il fait creuser un canal souterrain qui détourne les eaux de la source de Gihon vers l’énorme réservoir de Siloé. Ce tunnel, long de 533 mètres, constitue une réussite technique exceptionnelle pour l’époque.

Tunnel d’Ezéchias

En -722 le royaume d’Israël tombe sous la domination assyrienne : sa population formée de dix tribus est déportée dans les régions orientales de la Mésopotamie.  Jérusalem redevient, pour une courte période, le rôle de centre religieux ; elle reçoit des réfugiés venant du royaume du Nord et la Ville reprend son expansion géographique.

Les Assyriens vont tenter de s’emparer de Jérusalem ; commandées par Sennachérib, les troupes assyriennes font le siège de la ville. Le roi Ezéchias supplie Isaïe d’intercéder auprès de Dieu pour sauver la capitale. Les assiégeants se retirent et Jérusalem préserve son indépendance en retrouvant sa puissance commerciale.

Pendant près d’un siècle, les rois de Juda réussissent à vivre en paix grâce à leur position d’état tampon entre les deux puissances rivales : l’Égypte à l’ouest et l’Assyrie à l’est.
A la mort du roi d’Assyrie, Assourbanipal, en 630, de nombreuses guerres civiles éclatent dans l’empire et en provoquent la chute. En 612 avant l’ère chrétienne, Ninive est détruite, c’est la fin de la puissance de l’Assyrie.

Quand Josias (639-609 avant l’ère chrétienne) monte sur le trône on assiste à un renouveau du service du Temple et par la confirmation de Jérusalem comme seul centre religieux de la nation.
Josias tire parti de la situation pour reconquérir une partie de l’ancien royaume d’Israël, dans le Nord du pays. Mais il connaît une fin tragique en – 609, lors d’une bataille contre les Égyptiens.
Les successeurs de Josias ne parviennent pas à maintenir l’indépendance reconquise. Le peuple nomme alors Joachaz comme roi, mais après trois mois de règne, Neko le déporte en Egypte et impose un tribut au royaume de Juda.
Neko va imposer Joïakim, le royaume de Juda devient un état vassal de l’Égypte. On assiste un retour des cultes des idoles. De nouvelles puissances régionales se forment : l’empire babylonien commence son expansion. Le royaume de Juda passe sous la domination de la Chaldée.
Profitant des divisions internes au sein de la famille royale : deux partis s’affrontent, les partisans de l’Égypte et les défenseurs de l’alliance en faveur des Babyloniens. Ces derniers s’emparent de Jérusalem, tuent le roi et jettent son corps par-dessus les remparts de la ville.
En -597, Joïakin monte sur le trône, il est très vite exilé à Babylone avec la majorité de sa cour : le Temple et le Palais royal sont pillés, l’élite du pays est déportée ainsi que  certains artisans comme les forgerons et les serruriers.

Les Babyloniens attribuent la couronne à Sédécias, oncle du roi, dont ils pensent qu’il se plierait à leur autorité. Sédécias est le dernier descendant de David à régner sur Jérusalem. Contrairement aux exhortations de Jérémie, il décide de se lancer dans la rébellion en organisant une ligue des états vassaux de la région.

La coalition montée par Sédécias va éclater rapidement et le royaume de Juda se retrouve seul face à la puissance babylonienne.
En 586 avant l’ère chrétienne, le roi babylonien Nabuchodonosor prend la ville après un siège de dix huit mois : le Premier Temple est détruit le neuvième jour du mois d’Av, les habitants de Jérusalem sont déportés ; les dirigeants de la nation et une grande partie des artisans, la ville est rasée. Cette date fatidique reste gravée jusqu’à ce jour dans la mémoire collective du monde juif.

Dans le texte des Lamentations le prophète Jérémie laisse éclater sa peine :
« Hélas ! Comme elle est assise solitaire, la cité naguère si populeuse ! Elle, si puissante parmi les peuples, ressemble à une veuve ; elle qui était une souveraine parmi les provinces a été rendue tributaire ! Elle pleure amèrement dans la nuit, les larmes inondent ses joues personne ne la console de tous ceux qui l’aimaient ; tous ses amis l’ont trahie, se sont chargés pour elle en ennemis.»


Commence ici le premier exil. L’exil de Babylone suscite l’aspiration à la délivrance nationale, tels sont les messages d’espoir et de retour délivrés par les prophètes Ezéchiel et Isaïe. Jérusalem reste une ville morte pendant près de cinquante ans.  Elle est devenue le symbole de la dispersion. Cette épreuve redoutable fait ressortir la place que Jérusalem occupe désormais dans le cœur des Juifs :

« Au bord des fleuves de Babel (Babylone), nous étions assis et nous pleurions en nous souvenant de Sion, aux saules qui s’y trouvent, nous avions suspendu nos lyres, nos conquérants nous demandaient des chants, nos bourreaux de la joie « chantez-nous des chants de Sion !» Comment chanter le chant du Seigneur sur une terre étrangère ?
« Si je t’oublie, O Jérusalem, que ma droite m’oublie, que ma langue s’attache à mon palais. Si je ne me souviens pas de toi, si je n’élève pas Jérusalem au sommet de ma joie! » (Psaume 137).

L’exil de Babylone engendre dans le peuple l’aspiration à la délivrance. La promesse du retour à Jérusalem a été proclamée mais c’est encore la désolation.

La situation internationale ne tarde pas à changer ; une nouvelle puissance se lève à l’Est, c’est l’empire perse. Les armées perses, sous le commandement du roi Cyrus vont envahir l’empire babylonien. Le prophète Zacharie prédit alors le retour à Sion.
En -538 les exilés sont autorisés par le roi  perse Cyrus, à revenir dans leur patrie et à reconstruire leur Temple.
Le Psaume 126 évoque le bonheur du retour des exilés:

« Ramène nos captifs, Ô Éternel, comme Tu ramènes des ruisseaux dans le désert du Midi. Ceux qui ont semé dans les larmes, puissent-ils récolter dans la joie. » Dans le livre Béréchit est mentionné le nom de montagne, c’est-à-dire détruit comme il est écrit dans Les Lamentations « sur le mont Sion qui est dévasté. »

Ceux qui rentrent trouvent une Jérusalem en pleine désolation. Ils vont s’atteler à la reconstruction du Temple de Salomon. Le Temple est terminée soixante dix ans après sa destruction. Néanmoins les conditions favorables ne provoquent pas un repeuplement de Jérusalem.

En -538, les exilés sont autorisés par le roi perse Cyrus, à revenir dans leur patrie par l’édit d’Ecbatane et à reconstruire leur Temple. Le Psaume 126 évoque le bonheur du retour des exilés :

« Ramène nos captifs, Ô Éternel, Comme Tu ramènes des ruisseaux dans le désert du Midi. Ceux qui ont semé dans les larmes, Puissent-ils récolter dans la joie. »

Ceux qui rentrent, un dixième des exilés, trouvent une Jérusalem en pleine désolation. Ils se choisissent 12 chefs et deux commandants suprêmes : le Grand-Prêtre Josué et le gouverneur Zorobabel, petit-fils de l’avant-dernier roi Joïakin.

Malgré toutes les difficultés, les Juifs vont s’atteler à la reconstruction du Temple de Salomon. Au cours de la deuxième année après le retour les deux chefs Josué et Zorobabel posent la première pierre du nouveau Temple, en hébreu Beth Hamikdach.

Les travaux de reconstruction avancent très lentement, sont arrêtés durant 13 ans, à cause de conflits entre les Juifs du retour et ceux restés en Judée, d’un désaccord entre Zorobabel et Josué et de l’opposition entre les Juifs et les Samaritains. Le roi perse Darius retrouvant le décret de Cyrus dans les archives d’Ecbatane, autorise en -521, la reprise des travaux. Darius donne des subsides et prend toutes les mesures pour faire accélérer les travaux. Il punit de mort ceux qui s’opposent aux décrets royaux. Les Samaritains ne mettent plus d’obstacles. Les Juifs encouragés, reprennent les travaux.

En -516, le Temple est terminée 70 ans après la destruction. Si le plan du deuxième Temple est semblable au premier, si la plupart des objets saints ont été restitués par les Perses, il y a cependant des modifications sur la taille etrichesse des bâtiments, il y manque surtout l’Arche d’Alliance. Le deuxième Temple est bâti sur le mont Moriah, il se divise en trois parties : l’enceinte des femmes où l’on trouve le petit tribunal, l’enceinte d’Israël avec la salle de la pierre taillée où siège le Grand Sanhedrin[3] et l’enceinte des prêtres avec l’autel, les abattoirs et le sanctuaire.

Malgré les conditions politiques favorables, la situation des Juifs est très critique : ainsi Zorobabel disparait de la scène politique, les nouveaux gouverneurs sont peu efficaces. Sur le plan économique et social de grandes difficultés apparaissent dont les conflits sociaux entre Juifs riches et Juifs pauvres ne sont pas des moindres. Les pratiques religieuses se relâchent et les prêtres n’assument plus leurs fonctions. Dans ce contexte très délicat, le scribe Esdras, décide de rentrer en Judée.

Le roi perse Artaxerxès (465-424 av. J-C.)le charge de l’organisation juridique de la Judée, de l’organisation religieuse de la satrapie afin que la loi perse et la Torah soient appliquées. Après un voyage de cinq mois, Ezra et son groupe arrivent en Judée. Il exhorte les Juifs à reprendre l’étude la loi et à rompre les unions avec des femmes étrangères. C’est lui qui compose le canon de la Torah.

L’action de Néhémie, un fonctionnaire juif de la cour de Suse, va permettre d’insuffler une ferveur nationale nouvelle. Pour gagner la Judée il obtient du roi Artaxerxés, le titre de gouverneur de Judée, une escorte de soldats et des lettres de créances.

Dès son arrivée Néhémie inspecte l’état des portes et des murs de Jérusalem. Puis il se fait connaître et exhorte la population au travail. Il organise la reconstruction des murailles de Jérusalem.

Devant l’hostilité des Samaritains, soutenus par les Ammonites et les Nabatéens qui s’étaient coalisés pour détruire les murailles, Néhémie décide d’armer chaque ouvrier. Pour repeupler la Ville, Néhémie promulgue des lois qui obligent les classes aisées à construire leurs maisons à l’intérieur du périmètre urbain, et il institue un impôt annuel d’un tiers de shekel pour l’entretien du Temple. Il nomme son frère Hanani gouverneur civil, et Hanania gouverneur militaire. Néhémie encourage Ezra dans son projet de rénovation religieuse. Ensemble, devant 100 000 fidèles présents, ils organisent la cérémonie officielle de la lecture publique de la Torah. On attribue à Ezra la fixation du rituel de la prière et l’obligation de la lecture de la Torah. De grandes fêtes sont données pour célébrer la muraille reconstruite. Le service du Temple reprend tout son faste et Jérusalem retrouve sa place de centre religieux du monde juif.

Ainsi grâce à l’action conjuguée d’Ezra et de Néhémie, les Juifs de Judée ont retrouvé une certaine organisation politique et religieuse, des réformes économiques et sociales ont été lancées afin de réduire les inégalités criantes.

Le temps de la Grande Assemblée (430-330 av. J.-C)

Si nous disposons de peu de renseignements sur cette période qui s’étend de la mort de Néhémie à l’avènement d’Alexandre, on sait que la Judée est une province perse rattachée à la cinquième satrapie dont le mince territoire voit sa population augmenter grâce au retour de plusieurs vagues d’exilés. Dans la région de Jérusalem qui ne dépasserait pas 50 000 habitants, la population est rurale, le problème de l’eau est crucial.

Le gouvernement central perse permet à chaque province de vivre selon ses lois religieuses, en retour il lève un impôt lourd. Craignant des révoltes juives, le pouvoir local est confié au Grand Prêtre, considéré comme le chef de la nation, qui est responsable de la collecte des impôts.

Après la disparition du dernier prophète, Malachie, commence le temps des Scribes (en hébreu Soferim) : ces savants comptent les lettres, les mots et les versets de la Bible et tâchent de transmettre un texte immuable aux générations futures. La grande assemblée, fondée par Ezra et Néhémie, est formée de 120 membres, héritiers des prophètes, chargés de la justice et de l’éducation des enfants. On doit à cette grande assemblée : l’achèvement de la Bible hébraïque composée de 24 livres, la prière publique et la lecture publique de la Torah.

Alexandre et Jérusalem

Mais Jérusalem reste dépendante de l’administration perse. En -331, après la bataille d’Arbèles (Mésopotamie), tout l’empire perse tombe entre les mains d’Alexandre, fils de Philippe, venu de Macédoine, un pays montagneux situé au nord-est de la Grèce. Alexandre est considéré comme l’un des plus grands conquérants de l’histoire ; Il fait de son petit royaume le maître de l’immense empire perse, s’avance jusqu’aux rives de l’Indus et fonde près de 70 cités, dont la majorité porte le nom d`Alexandrie. L’écrivain grec Arrien[9] a rédigé, quatre cent ans plus tard, la chronique de ce grandcapitaine. Alexandre ne se contente pas de soumettre un empire mais veut l’organiser et lui apporter unecivilisation qui serait la symbiose entre la civilisation grecque et la civilisation orientale. Il crée des villes, y installe des Grecs et donne une nouvelle impulsion au développement économique et au commerce.

Alexandre s’inscrit ainsi dans la tradition de la coopération entre Grecs et Juifs. Très favorable aux Juifs il leur laisse une certaine autonomie et leur permet de vivre selon leurs principes religieux. A 32 ans, Alexandre meurt brutalement, les successeurs, les Diadoques, vont se disputer avec férocité l’empire tout entier.

Une fois de plus, la Judée devient l’enjeu de rivalités de deux grandes puissances régionales : les Lagides et les Séleucides. D’abord protégés sous les Ptolémées, les Juifs vont subir une dégradation rapide de leur condition d’existence sous les Séleucides.

Jérusalem au temps des Séleucides

En -198, Antiochus III, roi de Syrie et de la dynastie des Séleucides, s’empare de la Judée qui est sous sa domination. Pendant une vingtaine d’années les relations entre l’autorité séleucide et les Juifs sont sereines. La situation économique s’améliore, Antiochus III concède aux Juifs une large autonomie politique et religieuse.

A l’intérieur de la société juive un fossé économique et culturel se creuse entre deux partis : les Purs et les Hellénisants. Les premiers se recrutent parme les classes pauvres et sont les plus intransigeants sur le plan religieux. Quant aux seconds, ils se recrutent parmi les classes aiséeset ils adoptent tous les modes de vie et de pensée grecs.

C’est sous Antiochus IV que les persécutions antijuives vont commenceret le Temple profané ; la statue d’une divinité grecque est placée sur l’autel, dans les cours du Temple les soldats grecs organisent des orgies, on sacrifie des porcs sur l’autel. Devant cette lourde menace de disparition une grande partie de la population juive est décimée, seuls les Hellénisants acceptent les décrets.

La révolte des Hasmonéens ou Macchabées s’organise autour d’une famille de prêtres qui habite dans la petite localité de Modiin, au nord de Jérusalem. Ils attaquent l’armée séleucide et les Juifs hellénisants. En -164, ils réussissent à reprendre le contrôle du Mont du Temple. La tradition juive nous rapporte l’histoire du miracle de l’huile destinée au grand chandelier du Temple, qui est l’origine de la fête de Hanoukka, le 25 du mois de Kislev.

Les Séleucides considèrent les Hasmonéens comme des rebelles et se refusent à leur reconnaître l’autonomie.Il faut attendre jusqu’en -141 pour que les forces séleucides soient écartées par Simon Maccabée : la Judée redevient indépendante pendant un siècle.

Grâce à de brillantes conquêtes militaires, les Hasmonéens étendent les frontières de la souveraineté juive. La fin de la dynastie hasmonéenne est marquée par l’expansion de l’hellénisme. En fait une assimilation culturelle envahit tous les domaines de la vie quotidienne : les classes dirigeantes sont les plus menacées.

L’expansion de l’hellénisme

Une des conséquences de cet essor de l’hellénisme est le développement de diverses écoles de pensée à l’intérieur du judaïsme lui-même. Certains n’hésitent plus à critiquer la pratique traditionnelle et les valeurs du judaïsme.

Deux groupes s’opposent ; d’une part les Saducéens qui comptent surtout les familles sacerdotales et d’autre part les Pharisiens dont les membres sont recrutés plus largement dans l’ensemble de la population. Les premiers pratiquent une observance pure et simple des règles de la Torah et du rituel du Temple : ils sont favorables à la domination hellénistique et romaine plus tard. Leur théologie rejette toute pensée mystique et apocalyptique, la littérature prophétique est jugée comme « dangereuse ». Quant aux Pharisiens, ils considèrent que l’influence de la religion doit se faire sentir dans tous les domaines de vie : ainsi sur le plan politique, ils combattent l’influence grecque.

Outre les Saducéens et les Pharisiens, d’autres groupes émergent, les Esséniens[14], qui tentent de créer des communautés contemplatives à l’écart des villes.

Il faut mentionner un évènement crucial, tant pour la vocation juive que pour la vocation chrétienne plus tard, la traduction en grec de la Bible dite des Septante au IIe siècle avant l’ère chrétienne, à Alexandrie. Alors que les dieux grecs sont de plus en plus raillés par les philosophes, le moment est favorable à l’expansion du monothéisme juif. Dans le même temps se développe un rejet des Juifs à cause de ces « écrits juifs » qui constituent un ferment de révolution dans une civilisation qui repose sur l’exploitation de l’esclavage.

Les débuts de la puissance romaine

Une nouvelle période s’ouvre avec les débuts de la domination romaine. La situationde la dynastie hasmonéenne est tellement affaiblie que deux prétendants engagent une lutte armée pour la succession. Les deux frères-Hyrcan II et Aristobule II- et le peuple se tournent alors vers la nouvelle puissance montante, Rome, chargée de rétablir l’ordre dans le royaume décadent.

Pompée fait de la Judée une province romaine, il s’empare de la forteresse de la Montagne du Temple le jour de Kippour. Il pénètre dans le Saint des Saints qu’il trouve videet constate qu’il n’y a :

« Pas le moindre Dieu en effigie là-dedans. La place est vide, point de mystère. »

L’intelligence politique de César, qui accorde une pleine liberté de culte à tous les Juifs à travers l’empire romain, opère une réconciliation temporaire.

En -37 Hérode, nommé roi de Judée par le Sénat, devient rapidement un tyran barbare. Originaire de la région d’Idumée où les habitants ont été convertis de force, Hérode opprime le peuple, l’aristocratie judéenne et sa propre famille, mais c’est aussi un grand bâtisseur. Sous son règne, Jérusalem devient une ville magnifique.

Après la mort de César, Hérode fait édifier dans la Ville Haute un grand palais fortifié et reconstruire le Temple dont la construction lui paraît trop modeste.

Le Temple rebâti n’a plus rien de commun avec le modeste édifice qui l’a précédé. Pour l’agrandir, le roi modifie le relief. Ainsi, une esplanade plus vaste est aménagée, elle est à tous, étrangers compris mais l’entrée dans l’enceinte sacrée n’est permise qu’aux Juifs. L’édifice est maintenu rebâti en marbre blanc rehaussé d’or et neuf de ses portes sont revêtues d’or et d’argent aux frais de riches fidèles.

Dans l’édifice lui-même, la tripartition du Temple de Salomon est maintenue. Du Temple lui-même, il reste un morceau de l’enceinte appelé le Mur des Lamentations par les chrétiens. Les Juifs l’appellent simplement le mur occidental ou Kotel.

Les sources juives sont élogieuses à propos des projetsqui font émerger une Jérusalem nouvelle dont la seule rivale en Orient est Alexandrie. Ainsi peut-on lire dans le Talmud :

« Qui n’a pas vu l’édifice d’Hérode, n’a pas vue de bel édifice de toute sa vie. »[16]

Flavius Josèphe considère que les travaux du roi Hérode sur le Mont du Temple constituent la plus importante réalisation architecturale de son temps. Plus de 10 000 ouvriers ont participé aux travaux mais la majorité des prêtres s’oppose à ce qu’on touche au Temple.

Les débuts du christianisme à Jérusalem

Capitale du judaïsme antique, Jérusalem va devenir la mère des premières églises chrétiennes, à une époque de fermentation religieuse et de lutte contre les Romains. Au moment des grandes fêtes juives, une foule immense monte vers Jérusalem, le procurateur romain, un haut fonctionnaire, s’y rend en personne avec une garnison renforcée.

Dans un contexte explosif apparait un juif de Galilée nommé Jésus qui arrive à Jérusalem en 33, monté sur un ânon, selon la prophétie de Zacharie, la présence dans cette foule de zélotes, de sicaires, de patriotes exaltés, presque tous galiléens, augmente d’autant la tension.

Il chasse les vendeurs du Temple, y annonce la destruction de Jérusalem et son remplacement par un autre Temple (son corps), y institue l’Eucharistie au cours de la Cène. Il est accompagné d’un nombre de disciples, pour y célébrer le Seder, le repas célébré le premier soir de la fête de pâques, la fin de l’esclavage des Hébreux en Egypte.

Après quoi il se rend au pied du mont des Oliviers, et c’est là qu’il est arrêté. On le mène devant le procureur romain, Ponce Pilate (26-36), et il est le même soir, condamné à être crucifié sur le Golgotha. C’est un châtiment romain très souvent utilisé par la justice impériale Les Apôtres quittent Jérusalem et vont prêcher à travers le monde.

Après la mort de Jésus, ses disciples, convaincus qu’il reviendrait sur terre sous la forme du Messie, créent à Jérusalem leur propre communauté. Les judéo-chrétiens, les premiers adeptes, ne sont qu’une petite secte parmi bien d’autres qui foisonnent à Jérusalem à l’époque romaine.

Les Actes des Apôtres en décrivent la vie. Les premiers adeptes forment les groupes de judéo-chrétiens. Progressivement, des groupes de fidèles forment une assemblée (Eglise ou Ekklésia en grec) d’abord à Jérusalem où est régulièrement commémorée la Passion. Deux chefs s’en dégagent : Pierre et Jacques, le frère de Jésus. Progressivement, la nouvelle Eglise va s’étendre aux non-Juifs, ce qui posera la question de la validité de la loi juive issue de la Torah. Une assemblée tenue en 48 à Jérusalem tranche la question en dispensant les non-Juifs de devoir appliquer la Loi juive.

Selon Claude Duvernoy[19] :

« Durant une quarantaine d’années, ses premières années, la communauté des disciples du Christ ne représentait nullement une église faisant face à la synagogue ; mais bien au contraire constituait une secte juive au sein de cette synagogue, étroitementrattachée, elle aussi, aux prières et au culte dans le Temple de Jérusalem. »

Dans sa fameuse épître aux Romains, au onzième chapitre, Paul reconnaît que l’histoire du salut est désormais partagée en deux périodes : la première sous le signe des nations écoutant « la bonne nouvelle », et la seconde sous le signe d’Israël réintégré chez lui. L’apôtre des Gentils, va évoquer le salut de tout Israël, en citant Isaïe (II : 6) :

« Et ainsi tout Israël sera sauvé selon qu’il est écrit :

De Sion viendra le Libérateur Il ôtera le péché du milieu de Jacob… »

Lesdisciples quittent Jérusalem et vont prêcher à travers le monde. Cependant une église primitive se forme, on y trouve et on y vénère aussi des souvenirs de la Vierge Marie, des Saints, Etienne et Jacques qui y ont été martyrisés.

Les révoltes juives antiromaines

Soixante ans après la mort d’Hérode éclate un soulèvement général des Juifs. La présence romaine étant devenue insupportable, l’agitation entretenue par les nationalistes juifs anti-romains ou sicaires prend une grande ampleur.

En 64-66, le procurateur romain de la Judée, Florus, vole 17 talents d’or dans le trésor du Temple ce qui déclenche une réaction populaire.

Très rapidement par dérision, une quête est organisée dans les rues de Jérusalem pour le « pauvre procurateur ». Furieux, Florus envoie ses troupes qui se livrent dans Jérusalem à de sanglants combats. Mais les Juifs se défendent avec courage : Florus doit battre en retraite et retourne à Césarée. Cette insurrection, modeste, encourage les partisans de la lutte ouverte contre les Romains, les Zélotes.

D’une lutte contre Florus certains vont se tourner vers le combat contre la domination romaine ; des Zélotes s’emparent de la forteresse de Massada et massacrent la garnison romaine. Le fils du Grand Prêtre, refuse d’apporter le sacrifice quotidien offert en l’honneur de l’empereur. Ce sont les points de départ de la révolte.

La guerre va durer plus de trois ans. En 69 après avoir conquis la Galilée, le Golan et le reste de la Judée, le général Vespasien est élu empereur et laisse à son fils, Titus, le soin de prendre Jérusalem.

La prise de Jérusalem par les Romains

Titus installe son camp au mont Scopus. Malgré une défense acharnée des Juifs affamés, il fait une brèche dans le troisième rempart, celui d’Agrippa I, puis le deuxième rempart tombe sous les coups de béliers des assaillants. Les Juifs se réfugient alors derrière le mur le plus ancien, prêts à mourir plutôt que de céder. Titus fait construire un mur à l’extérieur de ce dernier rempart pour affamer davantage la population. Il essaie d’entrer en relation avec les Juifs par l’intermédiaire de Flavius Josèphe.

Après la chute de la forteresse Antonia, les Juifs se retranchent dans l’enceinte du Temple qu’ils croient inexpugnable. Le siège est rendu plus terrible encore par la famine ; les assiégés qui essaient de s’échapper de la ville, sont pris par les Romains, éventrés ou crucifiés.

« Il y en avait tellement qu’on manquait de place pour les croix et de croix pour les corps. Quand l’armée n’eut plus rien à tuer ni à piller, faute d’objets où assouvir sa fureur – car si elle avait eu de quoi l’exercer, elle ne se serait abstenue par modération d’aucune violence – Titus lui donna aussitôt l’ordre de détruire toute la ville et le Temple, en conservant cependant les tours les plus élevées, celles de Phasaël, d’Hippicos, de Mariamme, et aussi toute la partie du rempart qui entourait la ville du côté de l’ouest. Ce rempart devait servir de campement à la garnison laissée à Jérusalem ; les tours devaient témoigner de l’importance et de la force de la ville dont la valeur romaine avait triomphé. Tout le reste de l’enceinte fut si bien rasé par la sape que les voyageurs, en arrivant là, pouvaient douter que ce lieu eût jamais été habité. Telle fut la fin de Jérusalem, cité illustre, célèbre parmi tous les hommes, victime de la folie des factieux.», rapporte l’historien juif Flavius Josèphe, alors interprète par les Romains.

Après plusieurs semaines de combats effroyables, le second Temple est incendié, à la date anniversaire de la destruction du premier, les 9 et 10 du mois d’Av. Plusieurs centaines de milliers de Juifs sont massacrés ou emmenés en esclavage à Rome.

L’arc de Titus à Rome commémore la victoire romaine contre les Juifs. Il ne reste de la ville qu’une muraille de soutènement, le mur occidental, qui devient alors le Mur des Lamentations.

Aucun évènement n’a autant marqué la mémoire juive pendant près de deux millénaires que la destruction du Second Temple.Tous les courants du Judaïsme sont éliminés par la violence de la guerre.

La dernière révolte juive

Soixante ans après la grande révolte juive, sous le règne de l’empereur Hadrien, une seconde grande révolte juive éclate. Lorsqu’il prend la charge suprême de l’empire romain, à 42 ans Hadrien se considère comme le meilleur défenseur de la civilisation gréco-romaine. A la suite de sa visite en Judée, il prend des mesures antijuives. La première année de la guerre, les révoltés conduits par Bar Kokhba enregistrent des victoires contre les armées romaines : un semblant de service est rétabli sur les ruines du Temple.

La riposte romaine est terrible, l’empereur Hadrien vient lui-même en Judée : Jérusalem est reprise et les Juifs atterrés par cette nouvelle se replient vers la Mer Morte, Massada et Bétar. Les Romains pourchassent les Juifs et leurs familles réfugiées dans les grottes et toutes les poches de résistance sont vaincues.

Jérusalem est alors complètement rasée. Débaptisée, elle porte désormais le nom romain d’Aelia Capitolina où un temple est dédié à Jupiter sur l’emplacement du Temple des Juifs qui n’ont plus le droit d’entrer dans la Ville sous peine de mort, la Judée désormais baptisée Palestine, est désertée.

Pendant ce temps, le centre de la vie juive se reconstitue en Galilée autour de rabbins et d’érudits installés à Safed, Tibériade et Zippori où ils rédigent le Talmud[22]. Après la première révolte juive, Johanan Ben Zakkaï est parvienu à sortir de Jérusalem caché dans un cercueil[23]. Il obtient de Vespasien, futur empereur, l’autorisation de fonder une école rabbinique à Yavné. Avec ses successeurs, il va refonder un Judaïsme privé du Temple et de tout pouvoir temporel : élaboration de la Mishna (codification de la loi orale), du Talmud dont celui de Babylone dépasse en renommée celui de Jérusalem. Un des deux Talmud est appelé Talmud de Jérusalem, alors qu’il a été rédigé en Galilée. Le nom qui a été attribué à ce Talmud marque l’engouement qu’éprouvent ses rédacteurs envers la Ville sainte.

Désormais, ce sont les docteurs de la Loi qui vont être les régulateurs de la religion juive. Jérusalem n’est plus qu’un vœu et un symbole d’espérance.

Pendant deux siècles, Jérusalem demeure une cité païenne. Si Jérusalem cesse d’être alors la capitale d’un état juif, durant le temps de la perte d’indépendance nationale, la ville demeure malgré tout le centre de la foi religieuse.

Pendant plus de 300 ans il est interdit aux Juifs d’entrer à Jérusalem ou même de s’en approcher sous peine de mort.Saint Jérôme, violemment anti-juif, témoigne déjà au IVesiècle de l’habitude des Juifs de venir pleurer le long du mur :

« Jusqu’à ce jour, ces locataires hypocrites ont l’interdiction de venir à Jérusalem, car ils sont les meurtriers des prophètes et notamment du dernier d’entre eux, le Fils de Dieu ; à moins qu’ils ne viennent pour pleurer car on leur a donné permission de se lamenter sur les ruines de la ville, moyennant paiement ».

Pour illustrer notre réflexion, on relate cette histoire mettant en scène le célèbre rabbin Akiva qui a soutenu l’une des dernières révoltes juives antiromaines dirigée par Bar Kochba.

Rabbi Akiva, raconte le Talmud, passa un jour avec sesélèves près du Mont du Temple, quand ils aperçoivent un renard qui rôde sur l’emplacement du Saint des Saints. Les compagnons de Rabbi Akiva fondent en larmes, mais Rabbi Akiva sourit :

« Pourquoi ris-tu ? » lui demandent-ils. « Et pourquoi pleurez-vous ? ». « Nous voyons l’endroit où seul le grand Prêtre avait accès hanté par les renards et nous ne pleurons pas ? » « C’est pour cela, répond Akiva que je ris. Si la menace divine de détruire son sanctuaire s’est bien réalisée, sa promesse de le reconstruire plus beau qu’avant s’accomplira certainement aussi » et les autres de s’écrier « Akiva, tu nous as consolés ».

Cette anecdote contient les thèmes majeurs de l’histoire : la splendeur, la destruction et la renaissance du monde juif.

 

Adaptation par Joël Guedj

[1]  Genèse 14,18
[2] Genèse 22,2 et 22,14
[3]  Samuel 5,5-9
[4] Le décret en faveur des Juifs apparaît deux fois dans la Bible : dansle Livre d’Ezra (chap.1 et chap.6) et dans Le deuxième livre des Chroniques (chap. XXVI).
[5] Selon le calendrier hébraïque, le 3 Adar. L’inauguration a eu lieu à la fête de Pessah, qui célèbre la Sortie d’Egypte des Hébreux.
[6] Le Grand Sanhedrinest un tribunal comprenant 71 membres alors que le Petit Sanhedrin comprenait 23 membres.
[7] Un scribe était un personnage important à l’époque où tout le monde ne connaissait pas l’écriture. Il avait pour mission de rédiger la loi dans les parchemins sacrés.
[8] Artaxerxés est peut-être Assuérus qui soutient les Juifs face à un complot déjoué par Esther ; Dans la tradition juive, cet évènement est célébré par la fête de Pourim.
[9] Après leur retour en Judée de nombreux Juifs épousent des femmes étrangères : les Moabites, Samaritaines.
[10] Néhémie est considéré comme le principal maître d’œuvre de la reconstruction des murailles de Jérusalem, et comme l’auteur principal du Livre de Néhémie.
[11) La lecture publique concerne les 5 livres de la Torah
[12] Arrienest un historien romain de langue grecque (v.95-v.175). Arrien prit le surnom de Xénophon, en hommage à l’élève de Socrate.
[13] Les Juifs vouaient une grande reconnaissance à Alexandre au point qu’ils donnent son nom à leurs enfants.
[14] Le mois de Kislev fait partie du calendrier hébraïque.
[15] Saducéens : cesont les membres du clergé à l’époque du Premier Temple dont le Grand Prêtre était Sadoq[]
[16]Pharisiens : membres d’un groupetrès exigeant dans l’observation des commandements et des préceptes de la Loi écrite et orale.Peroushîm veut dire « séparés ». Les pharisiens constituent une grande partie des juifs des premiers siècles.
[17] Esséniens : ce sont les membres d’une communauté juive, fondée vers le IIesiècle av. J.-C. Les principaux groupements s’établirentsur les rives de la mer Morte. Les éléments connus sur ce groupe proviennent de Philon d’Alexandrie, de Pline l’Ancien et de Flavius Josèphe.
[18] Pompée le Grand est un général et homme d’État romain (-106 à – 48).Il fut marié cinq fois et épousa notamment Julia, la fille de Jules César.
[19] On peut lire dans Le traité de Soucca : « Qui n’a pas vu Jérusalem dans sa splendeur, n’a jamais vu une ville splendide », dans Le traité de Kiddouchin on lit : « L’univers a été doté de dix mesures de beauté : neuf ont été attribuées à Jérusalem et une seule pour le reste de l’univers », selon l’ouvrage Aboth de Rabbi Nathan 28, « Il n’y a pas de beauté comme Jérusalem. »
[17] Eucharistie ; sacrifice chrétien. En mangeant l’hostie le chrétien absorbe l’esprit du Christ.
[18] Le récit des Actes des Apôtres, cinquième livre du Nouveau Testament, Le récit débute avec l’Ascension suivie de la Pentecôte et relate les débuts de l’Église primitive qui se constitua autour des Apôtres à Jérusalem et se répandit ensuite en Judée, Galilée et Samarie et dans les communautés juives de la diaspora, avant de se séparer d’elles.
[20] Claude Duvernoy, Le sionisme de Dieu, Centre de diffusion Suisse 1976.
[21]Christ vient du mot grec Christos qui signifie Messie
[22] Talmud : en hébreu, enseignement. Ensemble des écrits tirés des enseignements des rabbins, de la loi orale, interprétation de la Bible hébraïque. Il est composé d’un texte central, la Michna (IIe siècle) et d’un commentaire de cette Michna, la Guemara (Ve siècle). Il existe deuxcompilations talmudiques : le Talmud dit de Jérusalem et le Talmud de Babylone
[23] Cf. Le Talmud de Babylone.
[24]Rabbi Akiva est l’un des plus importants maîtres de la troisième génération de docteurs de la Mishna (Ie–IIesiècles)
[25]Simon BarKokhba fut un patriote juif, et le chef de la dernière révolte des juifs contre l’empire romain.

Ville D’Élection
Reflet de la Divine demeure
Ville Royale, établie par David
Pour sa messianique lignée
Ville de Sainteté
Initiée à travers ses prêtres
Au service de L’Unique Révéré
Ville éprouvée
Site de toutes les convoitises
Ville solitaire
Longtemps endeuillée
Ville éternellement attachée
A ses serments de Fidélité
Ville de toutes les mémoires
De notre longue histoire
Des lustres du passé
Des douloureuses traversées
Des déchirures, des silences
Des séparations forcées
Des souillures, des offenses
Des soumissions imposées
Ville qui, épousant le Temps
Patiemment attendait…
Ville qui espérait
Le retour de ses enfants exilés
Ville retrouvée par ceux
Qui n’ont jamais cessé de t’aimer
Non pour te ravir et t’enchaîner
Mais pour te reconstruire, te parer
Des neuf parts de beauté
Dont le ciel t’a dotée
Ville, malgré les années
Belle et sans rides
Souriant à nos espérances
A tes constructeurs, à tes bâtisseurs
Venus de loin te relever
Ville qui ne s’est jamais reniée
Qui relève la tête, métamorphosée
Sous des traits de modernité.
Ville toujours en quête
De son intrinsèque pureté
Ville en marche
Vers les temps rédimés, retrouvant
La voix de ceux qui ont prophétisé
Ville qui aspire au vieux rêve du voyant
Faire de Toi Jérusalem
La Ville Habitée du Souffle
De La Divine Présence
De Lumière Révélée et de Paix.
Yérouchalaïm    Alice Benchimol (2015)

Jérusalem dans la vision juive – Vidéo ©

(Source : JForum)

CULTURE JUDAÏSME – Mois de ‘Hechvan 5778

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Cette semaine, nous étudions la 6ème paracha « Toledote » (Béréchite 25,19 – 28,9 ) Les engendrements

Lecture de la paracha : Lecture de la paracha Toledot en français

Rectification majeure

Dans la Paracha de Toldote, la vie d’Its’hak touche à sa fin, et par conséquent il exprime le désir de bénir son fils ainé Essav. Cependant Rebecca sait prophétiquement qu’Essav ne mérite pas cette bénédiction. Et c’est la raison pour laquelle elle décide de déguiser Yaakov le frère jumeau d’Essav, afin qu’il s’approprie la bénédiction de son frère.

Plus tard, lorsque Its’hak compris ce qui s’était passé, il fut pris d’un grand tremblement. Il trembla même plus fort qu’au moment de l’Akeida, alors qu’il était attaché sur l’autel pour être égorgé.

Et Rav ‘Haim Chmoulevits nous explique pourquoi il fut pris d’un tel tremblement : le fait de réaliser que pendant toutes ces années il avait vraiment cru qu’Essav pourrait être le leader du peuple juif ! Tous ses espoirs, tous ses rêves sont réduits à néant. Ce fut là un choc de taille pour Its’hak. Il fallait à présent accepter une nouvelle réalité : la vérité qui venait de lui être dévoilée.

Essayons d’évaluer l’ampleur d’un tel choc. Imaginez que vous vivez en Union Soviétique vers le milieu du 20e siècle, et que vous êtes un membre du parti communiste. Vous êtes fasciné par l’idéologie marxiste, et vous croyez fermement que la propagande communiste libérera un jour l’humanité. Mais à ce moment-là, l’expérience communiste apparait aux yeux de tout le monde sous son vrai jour, et c’est l’échec total. L’empire soviétique se désagrège, et laisse place à un capitalisme dévastateur! Quelle déception ! Quelle tragédie ! Votre vie est détruite ! Vous êtes complètement anéanti.

Et pourtant admettrez-vous que vous vous êtes fourvoyé pendant toutes ces années ?

Chacun d’entre nous à un moment ou un autre durant notre vie nous restons attachés à une certaine vision des choses même lorsque nous savons pertinemment qu’elle est erronée. On s’est tellement investi que ça fait mal au cœur d’admettre que nous étions dans notre tort. Mais il faut prendre conscience que répéter la même erreur pour le restant de notre vie est encore plus douloureux.

Dans notre Paracha Its’hak comprend parfaitement que bénir Yaakov était la volonté Divine. Même dans sa vieillesse Ist’hak réussit à faire volte-face, il grandit, et accepte cette nouvelle réalité.

Savoir se dépasser

Nous constatons que si Essav est de nature violente, Ya’akov, quant à lui, est tout son contraire. Les Sages expliquent que déjà dans le ventre de leur mère, lorsque Rivka approchait d’un temple idolâtre, Essav manifestait l’envie de sortir, alors que quand elle se trouvait à proximité d’une maison d’étude de la Thora, c’était Ya’akov qui s’agitait. Cette explication n’est pas forcément à prendre au sens littéral, mais une chose est sûre : dès leur conception, Essav était fasciné par le mal alors que Ya’akov, lui, était attiré vers le bien.

Mais comment est-ce possible ? Que faire du fameux libre-arbitre, concept aussi fondamental dans la philosophie juive ? Comment ces deux hommes pourraient-ils être tenus responsables de leurs actes s’ils étaient programmés ainsi dès le départ ?

La réponse est simple. Chacun doit faire face à des défis différents. Certains naissent avec une tendance coléreuse, d’autres avec une nature sensible. Certains ont une attirance particulière vers l’argent, tandis que d’autres ont une tendance à la paresse. Pour chaque être humain, le challenge est différent. C’est pourquoi nous ne pouvons pas nous comparer ni nous juger l’un l’autre. Car qui suis-je pour comprendre les défis auxquels l’autre est confronté ?

Essav est né avec une nature violente. Son défi dans la vie était de la dominer, d’exploiter cette passion en la canalisant afin d’apporter des changements positifs dans le monde. Il aurait pu faire usage de sa colère dans son combat spirituel contre le mal et utiliser sa nature passionée pour conduire les autres sur le chemin de la vérité. Rien ne l’obligeait dès le départ à emprunter la voie du crime et de la débauche. C’est là un chemin qu’il s’est, dans une très large mesure, choisi lui-même.

Si cette explication s’avère exacte dans le cas d’Essav, que dire de Ya’akov ? Quel pouvait-être son challenge ?

La mission de Ya’akov était effectivement plus subtile. Le défi d’un génie en mathématiques est de choisir entre l’exploitation pleine de ses capacités et le contentement de se trouver simplement à un niveau supérieur à la masse. Quand j’aperçois un grand rav ayant grandi dans un univers de Thora, je ne peux m’empêcher de me demander ce qu’il serait devenu s’il avait évolué dans un contexte moins favorable. La grandeur ne se mesure pas en fonction de ce vous êtes devenu, mais plutôt du point d’où vous êtes parti. Le résultat importe moins que le chemin parcouru.

Devenir un homme juste – partant de cette nature depuis la naissance et en grandissant dans le foyer sacré d’Its’hak – ne relevait pas de l’exploit pour Ya’akov. La question était plutôt de savoir s’il allait se dépasser ou non. Allait-il lutter pour atteindre la grandeur ou se suffire d’être simplement bienveillant ? Ya’akov aurait pu opter pour la médiocrité de la même manière que son frère a choisi l’immoralité. Et s’il l’avait fait, son erreur aurait été identique à celle d’Essav.

Une conversation pour l’éternité

L’étude de la Paracha n’aura jamais été aussi vivante… À travers des parallèles surprenants, le Rav David Fohrman explore la nature profonde de l’héritage spirituel transmis d’Abraham à Isaac, puis d’Isaac à Jacob.

Dans la Parachat Toledot, nous sommes les témoins d’une conversation entre un père et son fils au cours de laquelle l’héritage spirituel du père est transmis à son fils.
Nous avions déjà vu une telle conversation entre Abraham et Isaac ; mais maintenant, nous observons des parallèles textuels et thématiques dans les conversations entre Isaac et, à la fois Esaü et Jacob.
Dans cette vidéo, nous explorerons ces parallèles et nous nous demanderons: Que nous apprennent-ils au sujet de la nature de l’héritage ?

 Rav Shraga Simmons – Rav Shaoul Rosenblatt – Rav David Fohrman

(Source : Aish.fr)

 

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Cette semaine, nous étudions la 5ème paracha‘Hayé Sarah (Béréchite 23,1 –  25,18)

Lecture de la paracha : Lire la paracha ‘Hayé Sarah en français

‘Hayé Sarah : le ‘Hessed, une qualité indispensable…

Dans la paracha ‘Hayé Sarah, Avraham avinou envoie Eliézer chercher une épouse pour son fils Its’hak. Il lui demande d’effectuer sa recherche dans la ville de ‘Harane, puisque les habitants de cet endroit ont de bonnes qualités. Pour construire le peuple juif, il faut absolument avoir des racines solides…

Avraham avinou confie à Eliézer encore quelques instructions, puis celui-ci entame son voyage pour accomplir son importante mission. Il arrive à ‘Harane en fin d’après-midi et s’installe près du puits de la ville. Il commence alors à prier :

« Hachem, s’il Te plait, aide-moi à trouver une épouse vertueuse pour Its’hak, le fils d’Avraham. Je vais demander à la première jeune fille qui va venir puiser de l’eau de me donner à boire. Si, de sa propre initiative, elle me propose d’abreuver également mes chameaux, je saurai qu’elle est apte à succéder à Sarahiménou. Montre-moi s’il Te plait que Tu es avec moi et accepte ma requête… »

A peine eut-il terminé sa prière lorsqu’une jeune fille s’approcha du puits. Elle tint une cruche dans ses mains et s’apprêta à puiser de l’eau pour sa famille. Eliézer s’aperçut que l’eau montait à la rencontre de cette jeune fille et il comprit qu’elle faisait partie de la famille d’Avraham avinou.

Eliézer lui demanda un peu d’eau et attendit sa réaction. « Avec plaisir, répondit la jeune fille, je vais vous donner à boire, ainsi qu’à vos chameaux… »

Et sans attendre, la jeune fille commença à puiser d’énormes quantités d’eaux pour abreuver les chameaux. (L’eau ne montait plus à sa rencontre, car Hachem voulait lui donner le mérite de faire des efforts pour la mitsva. En effet, plus une mitsva demande des efforts, plus sa récompense est immense.)

De son côté, Eliézer a le souffle coupé d’apercevoir que sa prière est en train de se réaliser. Il remercie Hachem de l’avoir aidé, puis, une fois que les chameaux ont bu, il demande à la jeune fille son nom et celui de sa famille. Cette jeune fille s’appelle Rivka, et va devenir l’épouse de Itshak, l’une des matriarches : Rivka iménou !

Au cours des fiançailles de son ami, un homme prononça un discours. Il rappela l’importance du ‘Hessed (les actes de bonté) pour avoir un couple harmonieux.

Il finit en disant à son ami : « Il faut distinguer le ‘Hessed de « faire le pigeon ». Si ta femme te demande de lui apporter un verre d’eau, tu as devant toi une grande occasion d’accomplir du ‘Hessed et cela t’apportera la paix dans ton foyer ! Par contre, si elle te demande le même service alors qu’elle se trouve à la cuisine, tout près d’une bouteille d’eau, et que toi, tu te trouves dans la chambre, ce n’est pas du ‘Hessed mais plutôt… »

Le rav Na’houm Diamante était présent durant ce discours. Il trouva l’occasion de trouver le jeune homme qui avait parlé et le félicita de son oraison.

Mais, lui dit-il, je n’approuve pas ce que tu as dit à la fin, qu’il ne faut pas « être un pigeon ». En effet, lorsque Eliézer a cherché une épouse pour Its’hak, il a cherché une jeune fille qui se proposerait de donner à boire aux chameaux. Or, Eliézer était très robuste et Rivka n’était qu’une jeune fille. Trouves-tu normal que Rivka ait du abreuver les chameaux d’Eliézer ? Or c’est ce qu’elle a fait, et si elle n’avait pas fait cela, on n’aurait certes rien à lui reprocher, mais elle ne serait pas devenue Rivka iménou !

Alors, je me permets de te dire mon avis : Dans tous les cas qui se présentent pour faire la volonté de ton épouse (ou de l’un de tes amis) tu as l’occasion de faire du ‘Hessed. Et fais-le sans te poser de questions, car tu vois ce que l’on mérite grâce à cela…

Hachem aime beaucoup celui qui accomplit, en plus des autres mitsvot, la mitsva du ‘Hessed. La guémara dit que quiconque étudie la thora et fait du ‘Hessed aura les forces de combattre le mauvais penchant (bien entendu, s’il fait tout pour fuir la faute). Il sera également sauvé de la guerre précédant la venue du machia’h.

Le talmud fait remarquer que la thora commence par du ‘Hessed et se termine par du ‘Hessed. Il ajoute que les enfants d’Israël sont distinguables par trois qualités : la miséricorde, la timidité et la bonté. Le Ahavat ‘Hessed rapporte au nom du Yérouchalmi que lorsqu’il y a des catastrophes, il faut multiplier les actes de ‘Hessed. En effet, Hachem se comporte avec l’attribut de « Mesure contre mesure ». Si nous aidons notre entourage sans faire de calculs, Hachem nous aidera même si cela ne nous revient pas.

On accomplit cette mitsva à chaque fois que l’on aide quelqu’un d’autre, tant que cela ne l’aide pas -ou ne nous cause pas- de faire une avéra, ‘has véchalom. Les occasions qui se présentent à nous sont multiples et diverses et nous pouvons accomplir cette mitsva presque à tout moment.

Attention, ne nous laissons pas convaincre par le mauvais penchant qui nous dit que cette mitsva est trop difficile. En effet, chaque mot gentil que nous adressons à notre prochain constitue une mitsva de ‘Hessed. Le Gaone de Vilna dit que nous accomplissons essentiellement cette mitsva en honorant nos amis et nos proches. (Faisons remarquer que lorsqu’il s’agit de nous, il faut fuir les honneurs, mais lorsqu’il s’agit des autres, il faut leur  en donner autant que possible, sans craindre qu’ils n’en aient de trop !) Ceci est tellement simple et demande si peu d’efforts…

Et puis il y a aussi de nombreuses bonnes actions que nous accomplissons quotidiennement, sans y réfléchir.

Un jour, le ‘Hafets ‘Haïm accosta un pharmacien et lui dit qu’il l’enviait pour le mérite qu’il avait de faire tant de ‘Hessed. Le pharmacien s’étonna et répliqua qu’il ne faisait que son travail…

Le Hafets ‘Haïm le regarda et dit : « C’est vrai que c’est votre travail, mais si vous le souhaitez, il vous suffit de penser, à chaque fois que vous servez un patient, que vous l’aidez. Cela ne vous empêche pas de prendre de l’argent pour votre service, vous accomplissez tout de même une mitsva. Il suffit d’y penser… »

Nous aussi, nous accomplissons du ‘Hessed tout au long de la journée, chaque fois que l’on aide quelqu’un, que ce soit à la maison ou à l’extérieur… De plus, chaque mitsva que nous accomplissons  est aussi du ‘Hessed, car nous apportons ainsi la bénédiction au peuple d’Israël et nous diminuons les souffrances des opprimés.

Notons tout de même qu’il ne faut pas transgresser le moindre interdit pour faire du ‘Hessed. Lorsque l’on est conscient que cette mitsva est la volonté d’Hachem et pas seulement l’expression de nos sentiments (de pitié, d’amitié ou d’amour), on arrive à mettre les limites là où il le faut.

Cette pensée nous permettra aussi de ne pas nous suffire du ‘Hessed pour nous identifier en tant que Juifs. Rappelons-nous que toutes les mitsvot sont nécessaires afin de préparer notre âme à la vie future. Chaque mitsva effectue des réparations spirituelles et est donc nécessaire.

Utilisons toutes les occasions qui se présentent à nous au quotidien pour faire du ‘Hessed, même si cela nous demande des efforts. Prions de toutes nos forces pour la guérison des malades et pour la délivrance de tous ceux qui en ont besoin. C’est une grande mitsva de ‘Hessed !

Rav Emmanuel Mimran

(Source : Torah-Box)

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Cette semaine, nous étudions la 4ème paracha, Vayéra (Béréchite 18, 1 – 22,24)

Lecture de la paracha : Lecture de la paracha Vayéra en français

La paracha Vayera est très riche en enseignements comme nous le verrons : nous pourrions dire que la scène commence sur un homme très âgé, souffrant de la circoncision qu’il a faite sur lui-même, au troisième jour de cet acte pratiqué en obéissance à l’injonction de D. Abraham a circoncis tous les mâles de sa congrégation de tous âges, lui-même étant âgé de 99 ans et Ishmaël âgé de 13 ans.

Abraham incarne la « mida » de ‘hessed, la vertu de bonté. Il se préoccupe de tout et de tous et du bien-être de tous ceux qui s’approchent de lui.

Il dresse sa tente toujours à un endroit qui se trouve être une sorte de carrefour et la tente possède quatre ouvertures de manière à ce que quiconque se présente ne pouvait qu’entrer sous cette tente où les voyageurs pouvaient non seulement se rafraîchir, se reposer, mais aussi boire et se délecter des produits de cuisine et de pâtisserie confectionnés par la belle Sarah ; ainsi tous deux recevaient leurs hôtes de la manière la plus prestigieuse qui soit en offrant le gîte et le couvert désirés.

Cependant, malgré la souffrance de l’opération, le Patriarche déplore le fait que ces jours-ci, ne se présente aucun voyageur et ceci pour une raison très simple nous enseignent nos Sages : D a fait en sorte qu’une chaleur si intense se produit que personne ne semble tenté par s’aventurer à l’extérieur.

Aussi, HaShem fait apparaître Ses envoyés : les Anges Michaël, Gabriel et Raphaël. Ils avaient chacun une mission à accomplir : Raphaël est venu apporter la guérison à Abraham[1]

Abraham et Sarah étaient tous deux stériles et pourtant D leur promet une nombreuse descendance. Abraham va donner naissance à Ishmaël fils de la concubine Agar mais, pour donner une descendance pure et sainte, D voulut que d’une part Abraham ait scellé l’Alliance avec D mais d’autre part, IL désira que le tribut féminin n’existe plus pour que le miracle divin apparaisse clairement aux yeux de tous.

Michaël, pour sa part, est venu annoncer que l’année suivante à pareille époque un enfant naîtrait.

Gabriel, devait annoncer à Abraham le projet de détruire Sodome et Gomorrhe.  La société qui composait la population de ces deux villes était d’une perversion mentale telle qu’ils avaient établi des critères physiques qui ne sont pas sans rappeler la société nazie qui manquait totalement de miséricorde.

Ils avaient cédé également à des perversions de mœurs. Ainsi, si des étrangers se présentaient chez eux et s’ils étaient trop grands on leur coupait les jambes, pour ceux qui étaient trop petits, ils subissaient des tortures pour essayer de les faire « s’étirer » en longueur ; ceux qui souffraient d’un retard mental étaient supprimés ; il était interdit de donner l’aumône ou de la nourriture aux nécessiteux afin que les « inutiles » meurent d’eux-mêmes. Il était interdit d’héberger quiconque.

Ainsi, le sort des nouveaux-venus n’était-il pas si enviable. Abraham entend pour la première fois que les cris de désespoir parviennent jusqu’au Trône céleste : l’une des filles de Loth avait épousé un notable de Sodome.

En allant puiser de l’eau, elle aperçut un pauvre. Elle savait qu’il était interdit de le secourir ostensiblement aussi, imagina-t-elle un stratagème pour lui donner de la nourriture sans qu’il n’y paraisse. Pourtant, voyant que l’indigent ne dépérissait pas, une surveillance s’établit et c’est ainsi  qu’elle fut prise sur le fait et qu’elle devait subir une peine. Elle s’écria alors vers HaShem pour réclamer Justice.

C’est alors que D décida de détruire ces deux villes.

Cette région était belle, verte et prospère. Et, ce n’est qu’après la destruction des deux villes et de leurs habitants que la région devint un véritable désert, que la mer qui avait une eau douce provenant du Jourdain, se transforma en  une mer de sel que la vie –la faune marine – fuyait.

Par égard pour Abraham et pour l’amour qu’il avait pour D,  HaShem décida de lui faire part de ce projet contre les villes de perversion. Et, Abraham n’hésita pas un seul instant : il se mit à négocier avec le Créateur : et s’il y avait 50 justes ? 45 ? et même pour un ? Cette attitude caractéristique d’Abraham n’a pas été celle de Noé qui, lorsqu’il sut que le monde allait être détruit (et pas seulement deux villes) n’est pas intervenu et a obéi docilement.

Cet altruisme d’Abraham donne une tout autre image du chef spirituel : celui qui sait prendre la défense de ses ouailles, celui qui éprouve de l’empathie pour autrui et cherche toujours à défendre l’autre parce qu’il lui importe et parce qu’il espère toujours pouvoir tirer le meilleur de quiconque.

Caroline Elishéva Rebouh

[1] De là nous apprenons qu’il est préférable de rendre visite à un opéré à partir du troisième jour après l’intervention chirurgicale.

Cours dédié à la Mémoire de Gérard Benyamin HAÏOUN Z’L

Raphaël Draï Zal

(Source : JForum)

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Cette semaine, nous étudions la 3ème paracha Lekh Lekha

Lekh Lekha : Va pour toi hors de ton pays

Le roi Salomon nous enseigne (Proverbes 20, 7) : « Quand le juste marche dans son intégrité, heureux ses enfants après lui ! » Les caractéristiques et les pratiques méritoires qu’un homme vertueux développe en lui-même se transmettent facilement à sa descendance, explique Rav ‘Hayim de Volozhin.

Même s’il a lui-même éprouvé de très grandes difficultés avant de parvenir au degré qu’il a atteint, une fois ces traits et ces qualités devenus parties intégrantes de sa nature, ils passent automatiquement à ses enfants. Ceux-ci peuvent accéder au même niveau avec un minimum d’efforts, parce que tout est déjà enraciné en eux. Ils n’ont plus besoin que de les activer.

Cela explique comment, à travers les générations, d’innombrables Juifs parmi les plus simples se sont découvert le courage de sacrifier leurs vies ‘al qiddouch Hachem (« pour sanctifier Son Nom ») plutôt que d?enfreindre un seul mot de la sainte Tora. Comment un tel héroïsme est-il généré ? Comment des hommes qui ne sont ni particulièrement instruits ni de grands penseurs peuvent-ils atteindre un aussi haut niveau de dévotion à Hachem , La réponse réside dans l’histoire de nos Patriarches.

Ayant surmonté avec succès les « dix épreuves » imposées par Hachem, Avraham a modelé pour le peuple juif un caractère national qui se maintiendra à toutes les époques. En se laissant jeter dans la fournaise ardente de Nimrod plutôt que de renoncer à sa croyance dans le seul vrai Dieu, il a gravé en lui-même et dans sa descendance la marque d’une dévotion à Hachem plus précieuse que la vie elle-même. En endurant la famine en Canaan, il a incorporé le trait de l’acceptation aveugle des actes et voies de Hachem. Et ainsi de suite.

Nous constatons souvent, d’ailleurs, que des Juifs se sentent soudain pris d’une volonté irrésistible de tout quitter pour se rendre en Erets Yisrael. Cette impulsion aussi est un legs reçu d’Avraham, qui s’est arraché à son milieu d’origine pour se diriger vers ce pays inconnu que Hachem avait promis de lui montrer.

Hachem dit à Avram : « Va pour toi hors de ton pays, de ton lieu de naissance et de la maison de ton père, vers le pays que Je te montrerai. » (12, 1)

De nombreux commentateurs font remarquer que la progression de ce verset semble contraire à l’ordre logique. Avraham a d’abord quitté la maison de son père, puis sa ville natale, et finalement son pays. Pourquoi alors Hachem a-t-Il commencé par lui ordonner de quitter son pays, puis son lieu de naissance et, en troisième position seulement, la maison paternelle .

Chacun de ces « départs », explique Rav ‘Hayim Soloveitchik, comportait sa propre signification. Le fait de s’éloigner de son pays pose une difficulté spécifique, celui d’abandonner son lieu de naissance en entraîne une autre, et quitter « sa maison » en suscite une troisième. Hachem a donc donné à Avraham trois mitswoth distinctes, pour chacune desquelles il sera récompensé séparément.

Si l’ordre de départ avait été présenté dans l’ordre logique, il y aurait eu une seule mitswa : le départ du pays, les deux autres n’en constituant que les préliminaires. En quittant le foyer paternel, il aurait coupé le premier de ses liens avec sa patrie. En abandonnant sa ville, il aurait rompu le deuxième. Et enfin, il aurait émigré et sectionné ainsi l’ensemble des liens. Mais la mitswa fondamentale n’en serait pas moins restée le départ du pays.

Voilà pourquoi la succession dans laquelle les commandements lui ont été dictés a été inversée. Il lui a d’abord été enjoint de quitter sa patrie, puis son lieu de naissance et enfin la maison de son père, indication claire que chaque directive était une mitswa comportant sa propre signification.

Rav Baroukh Baer Leibowitz explique dans le même esprit la fin du verset :          « vers le pays que Je te montrerai ». Hachem n’a pas précisé quelle serait la destination d’Avraham. Il lui a ‘a dirigé vers le pays de Canaan. Pourquoi Dieu ne lui a-t-Il pas explicité d’emblée le lieu où il devait se rendre , s’étonnent les commentateurs.

Hachem a voulu procurer à Avraham, explique Rav Leibowitz, une récompense pour chacun de ses pas au cours de son long voyage. S’Il lui avait immédiatement révélé sa destination finale, toute la pérégrination n’aurait constitué qu’un moyen en vue d’une fin, et elle n’aurait comporté qu’un seul but. Avraham n’aurait donc eu droit qu’à une seule récompense pour l’ensemble de son périple. Voilà pourquoi Dieu ne lui a pas divulgué la contrée où il devait se rendre, de sorte que chaque étape, chaque pas franchi, ont constitué l’exécution d?une mitswa spécifique, et lui ont ainsi valu une récompense.

Rav Yaaqov Kanievsky, le Steipeler, explique différemment ce silence de Hachem quant à la destination finale d’Avraham. Celui qui entreprend un voyage long et ardu, se rassérène en pensant à sa prochaine arrivée. «Plus qu’une semaine!» se dit-il, ou : « Plus que cent kilomètres ! » Au fur et à mesure que le temps passe, il se sent encouragé par la diminution progressive de la distance restant à parcourir. En outre, quand il approche de sa destination, l’imminence de la fin de son périple et la joie qu’elle inscrit dans son coeur lui injectent de nouvelles forces pour conclure sa marche.

Si Hachem avait révélé à Avraham le but de son déplacement, celui-ci aurait été moins difficile, et il aurait reçu une moindre récompense. De plus, il aurait pu être motivé en partie par le sentiment d’une urgence à atteindre sa destination et non seulement par le désir d’accomplir la volonté de son Créateur. En ne lui précisant pas le lieu où il devait se rendre, Dieu a fait en sorte que Son fidèle serviteur reçoive sa pleine récompense et que ses motifs soient totalement purs.

« Et Je ferai de toi une grande nation, et Je te bénirai, et Je grandirai ton nom. Et tu seras bénédiction. » (12, 2)

La Tossefta (Soferim 21, 9) énonce que « le plus grand parmi les géants » dont il est question dans Josué (14, 15) n?est autre qu’Avraham, qui a mangé et bu autant que soixante-quatorze personnes. Que signifie cette mystérieuse affirmation ?

La Tora (Chemoth 24, 1) rapporte que lorsque le peuple juif s’est tenu au pied du mont Sinaï, et que Moché, Aharon, Nadav, Avihou et les soixante-dix Anciens sont montés sur la montagne, « ils ont vu Dieu et ils ont mangé et bu ». L’expression : « ils ont mangé et bu» signifie, selon nos Sages, qu’ils ont joui de la Présence divine. Tels ont été les soixante-quatorze hommes mentionnés dans la Tossefta, indique le Gaon de Vilna. Avraham a éprouvé autant de plaisir spirituel à contempler la Présence divine que ces soixante-quatorze personnalités qui en ont joui au mont Sinaï.

Une interprétation différente est proposée par Rav Avraham Mordekhaï Alter, le Admor de Gour. Des gens peu instruits lui ont demandé un jour de leur expliquer cette mystérieuse Tossefta. Il répondit aussitôt que les soixante-quatorze personnes sont celles mentionnées dans la Tora depuis Noa’h jusqu’à Avraham. La Michna (Avoth 5, 2) nous dit aussi que la récompense du premier de nos patriarches a égalé celles de toutes les dix générations de Noa’h jusqu’à lui-même. La Tossefta, par conséquent, énonce une allusion à cette comparaison. Autrement dit, le « manger et le boire » d’Avraham sont la récompense qu’il s’est acquise a été l’équivalent de celle recueillie par les soixante-quatorze personnes mentionnées comme représentant les dix générations depuis Noa’h.

Par la suite, le Admor déclara à son frère, Rav Moché Betsalel, à propos de cette rencontre : « M’étant rendu compte que ces gens ne cherchaient qu’à m’importuner, j’ai demandé au Maître de l’Univers de me venir en aide, et l’idée de ce que j’allais leur dire m’a aussitôt traversé l’esprit. En réalité, je n’avais pas eu l’occasion de compter les noms et de m’assurer qu’ils étaient effectivement au nombre de soixante-quatorze. »

Le Miqdach Mordekhaï ajoute un autre commentaire à cette description de la grandeur attribuée à Avraham. Le Talmud (Sanhédrin 11a) mentionne un Tanna appelé Chemouel ha-Qatane (« Samuel le Petit »), qui aurait mérité le don de prophétie autant que le prophète Samuel lui-même. Mais ayant vécu dans une génération qui n’en était pas digne, il n’a pas recueilli ce privilège. S’il était si grand, pourquoi l’a-t-on surnommé « Samuel le Petit » . Cela était dû à l’amoindrissement de son statut, explique le Yad Rama. N’ayant jamais pu réaliser pleinement son potentiel, il a été appelé ainsi. Avraham, en revanche, indique le Miqdach Mordekhaï, a atteint l?entière mesure de sa grandeur, bien qu’il ait vécu dans une génération indigne, et s’est donc acquis le titre du « plus grand parmi les géants ».

Lekh Lekha : Va pour toi hors de ton pays

(Source : Chiourim.com)

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Paracha Lekh Lekha : La première des épreuves

Nos Sages enseignent qu’« Avraham notre ancêtre, de mémoire bénie, fut éprouvé à dix reprises, et il surmonta chacune de ces épreuves » (Pirké Avot 5, 3). Selon le Rambam, la première épreuve est énoncée au tout début de notre paracha : « Pars de ton pays, de ton lieu natal, de la maison paternelle… »

Beaucoup de commentateurs s’interrogent sur la nécessité de ces épreuves : puisque D.ieu sonde les cœurs et connaît nos

sentiments les plus intimes, il était donc manifeste à Ses yeux qu’Avraham Lui était entièrement dévoué. Par conséquent, à quoi bon l’éprouver ainsi ?
Selon rav ‘Haïm de Volozhin (Roua’h ‘Haïm, sur la michna précitée), la réponse réside dans un principe de la nature humaine : D.ieu façonna l’homme de telle manière que toutes les valeurs morales et spirituelles qu’un juste acquiert au cours de son existence, il les transmet à sa descendance. Un peu comme un code génétique façonné par l’homme, chacun porte en substance les qualités développées par ses ancêtres, pour autant que celles-ci soient le fruit d’un travail profond sur la personne.

Assurément, les vertus qui habitaient Avraham étaient évidentes aux yeux du Créateur. Mais tant que le patriarche ne les avait pas concrétisées dans les faits, ces valeurs restaient comme latentes, sous-entendues dans sa personnalité. Pour qu’elles deviennent un héritage perpétuel, il était impératif qu’elles puissent s’exprimer concrètement. C’est pourquoi il fallut que des épreuves surviennent, pour permettre au patriarche de léguer ce patrimoine unique à toute sa postérité.

Voilà qui expliquera un phénomène surprenant, survenu au cours des siècles : des millions de Juifs ont été capables de sacrifier leur vie volontairement, pour la Gloire du Créateur. Comment s’explique une telle abnégation ? Surtout que bon nombre de ces hommes et de ces femmes n’étaient guère versés dans la Torah, et n’avaient probablement pas manifesté une piété exceptionnelle durant leur existence. Qu’est-ce qui les poussa à offrir leur vie pour D.ieu et pour Sa Torah ? L’origine de ce phénomène n’est, selon rav ‘Haïm de Volozhin, nul autre qu’Avraham, le premier patriarche de la nation juive. Lorsqu’il accepta d’être jeté dans une fournaise ardente pour ne pas courber l’échine devant les cultes idolâtres, il imprima profondément dans sa nature – et dans celle de sa postérité – une disposition innée à se sacrifier pour D.ieu.

De la même manière, dans le contexte de notre paracha, nous voyons dans tous les exils, les Juifs ont toujours aspiré ardemment vivre dans la Terre de leurs ancêtres. Qu’est-ce qui les motiva ainsi à renoncer à leurs attaches, pour rejoindre un pays lointain et inconnu ? Là encore, c’est à Avraham que l’on doit cette disposition : en répondant à l’appel divin de quitter son pays natal, il légua à sa descendance une volonté innée de s’attacher à la terre d’Israël.

Lorsqu’on examine attentivement cette michna des Pirké Avot, on peut y découvrir une allusion à cette explication. Il est énoncé dans le passage précédent : « Dix générations séparent Noa’h d’Avraham… » Or à cet endroit, le patriarche est désigné simplement comme « Avraham », contrairement à notre michna – citée en exergue – dans laquelle il apparaît comme « Avraham notre ancêtre ». Pourquoi cette différence ? Parce que comme nous l’avons vu, les dix épreuves relevaient précisément du fait qu’Avraham était l’ancêtre de toute une nation, appelée à hériter de ses qualités exceptionnelles.

Yonathan Bendennnoune, en partenariat avec Hamodia

Paracha Lekh Lekha : La première des épreuves

(Source : Chiourim.com)

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 Cette semaine, nous étudions la 2ème paracha Noa’h

Lecture de la paracha Noa’h en français

Noah’ – L’époque du déluge : un bonheur à double tranchant

Pendant les dix générations qui séparent l’époque d’Adam de celle du Déluge, l’humanité vécut dans un climat encore proche de celui du Gan Eden. En effet, nos Sages attribuent les versets suivants, extraits du livre de Job, à la génération du Déluge : « Leur postérité est fortement établie devant eux (…) leurs maisons sont en paix, à l’abri de toute crainte ; le bâton de D.ieu ne les atteint pas. Leurs taureaux ne sont pas stériles, leurs génisses mettent bas et ne perdent pas leurs petits. Ils envoient dehors leurs jeunes garçons comme un troupeau de brebis, leurs enfants se livrent à leurs jeux… » (ch. 21). Aux yeux du Talmud (Sanhédrin 108/a), ces versets témoignent du bonheur absolu dans lequel vivait l’homme en ces temps, et ce en dépit de la malédiction d’Adam qui résonnait encore dans les esprits.

Pourquoi tant de bonheur ? Visiblement parce qu’à l’époque, les tendances au mal ne s’étaient pas encore profondément enracinées dans la nature humaine. L’homme était encore en mesure de gérer même une très grande profusion de bienfaits, et de l’utiliser pour la réparation de la faute d’Adam. Malheureusement, cette génération mit au contraire à profit cette abondance extrême pour s’enliser davantage dans ses tendances matérialistes.

Comme le dit le Talmud (ad loc.) : « Ces hommes ne s’enorgueillirent [et ne se rebellèrent contre D.ieu] qu’à cause de tous les bienfaits qu’Il leur avait accordés » – la génération du Déluge fut punie et perdit sa place du Monde futur, précisément à cause de ces grands bienfaits que leur octroyait D.ieu. Au lieu de les utiliser à bon escient, ces hommes choisirent de tourner le dos à leur Créateur pour s’adonner uniquement à la satisfaction de leur ego.

C’est en ce sens que les versets de Job concluent : « Et pourtant, ils dirent à D.ieu : ‘Laisse-nous, nous n’avons nulle envie de connaître Tes voies. Qui est donc le Tout-Puissant pour que nous Le servions ? Quel profit avons-nous à lui adresser des prières ?’ ». Comme le laissent clairement entendre ces paroles, les hommes du Déluge vivaient dans un bonheur tel qu’ils considéraient leur rapport avec le Créateur comme superflu, voire inutile. Ils se dirent même : « Pourquoi avons-nous besoin de Lui ? Seulement pour les gouttes d’eau de Ses pluies ! Or, nous possédons nous-mêmes des sources et des fleuves, dont nous nous abreuvons » (Talmud). Cette profusion incita les hommes à faire tomber toutes les barrières, et à se permettre les pires dépravations que l’on puisse imaginer.

Or, comme ce bonheur se présentait comme un résidu de l’aura du Gan Eden, ces hommes furent privés de leur place dans le Monde futur : mesure pour mesure, leur incapacité à gérer tant de bonheur causa la perte de leur droit au bonheur éternel.

Moins d’une prouta

Mais paradoxalement, nos Sages enseignent également que le sort de ces hommes fut scellé à cause du vol ! Parce qu’ils se lésaient les uns les autres et qu’ils faillaient à l’éthique la plus élémentaire, ils furent condamnés à périr dans les eaux du Déluge : « Rabbi Yo’hanan dit : La génération du Déluge transgressa toutes les défenses, mais leur sort ne fut scellé qu’à partir du moment où ils se prêtèrent au vol, comme il est écrit : ‘Parce que la terre est remplie d’iniquité, Je vais les détruire avec la terre’ ».
Ceci semble pour le moins paradoxal : si ces hommes jouissaient de tant de bienfaits, qu’est-ce qui put les inciter à se nuire financièrement les uns les autres?

Cette invraisemblance va en vérité bien plus loin. Lorsque le verset évoque l’iniquité de ces hommes, il ne parle pas de « guézel » proprement dit, mais plus précisément de « ‘hamas ». Or, que désigne le ‘hamas biblique ? C’est dans ce passage du Midrach (Béréchit Rabba 31, 5) que l’on apprend en quoi consiste cette forme de vol particulière : « Voici comment la génération du Déluge agissait : lorsqu’une personne se rendait au marché avec une caisse remplie de lupins, un premier surgissait et lui ravissait un peu moins de la valeur d’une prouta [pièce de valeur minimale] ; puis un second arrivait et lui ravissait à son tour un peu moins d’une prouta, de sorte que le vendeur ne puisse lui réclamer son larcin ». Autrement dit, les gens de cette génération s’escrimaient à léser leur prochain de la manière la plus insidieuse qui soit, en ne lui dérobant qu’une somme inférieure aux minimum requis pour déposer une plainte auprès d’un tribunal. Et dans la mesure où l’ensemble de la population agissait ainsi, on se trouvait dépouillé de tous ses biens, sans que le moindre recours à la justice ne soit envisageable.

Or, cette attitude est bien étrange : tout voleur qui se respecte a en effet pour objectif élémentaire de s’enrichir. Mais chez ces gens, le vol dénotait un non-sens évident : non seulement ils ne s’enrichissaient pas, mais qui plus est, leurs manœuvres n’avaient pour résultat que d’appauvrir leurs victimes !

La terre est aux hommes

Pour résoudre ces points obscurs, il convient de comprendre que le ‘hamas n’a rien d’une « brèche dans la loi ». En effet, s’il est impossible de déposer une plainte pour un vol inférieur à une prouta, ce n’est pas parce que ce geste n’est pas considéré comme du « vol » à proprement parler, mais uniquement du fait que le tribunal humain ne peut prendre en considération des larcins si minimes. En d’autres termes, pour le jugement du Ciel, voler une prouta à un indigent revient exactement au même que voler une fortune à un nanti, l’un comme l’autre étant en tout point considérés comme un préjudice causé à autrui.
Revenons à présent à l’attitude des gens du Déluge : comme nous l’avons vu, ils jouissaient d’une telle opulence que rien ne justifiait qu’ils s’en prennent aux biens d’autrui. S’ils le firent malgré tout, c’était pour clamer haut et fort leur philosophie : après que D.ieu ait accordé aux hommes la terre et tous ses bienfaits, Il ne peut plus désormais intervenir dans leurs affaires.
Car comme on le voit bien dans les mots du Midrach, les hommes n’avaient encore aucun problème de foi en D.ieu et ils croyaient tous fermement en Son existence. Cependant, enivrés par la formidable profusion de biens mise à leur disposition, ils s’opposèrent à ce que le Créateur S’immisce dans leurs affaires, comme le dit le verset (Psaumes 115, 16) : « Le ciel est à D.ieu, et la terre Il la donna aux hommes » !

Pour adresser ouvertement ce message au Ciel, ils agissaient de manière à afficher les limites du jugement divin : bien qu’En-Haut, l’expropriation de la plus infime somme soit considérée comme du vol, c’est néanmoins le jugement des hommes qui prévaut dans ce monde. Et si personne sur terre ne peut élever la voix contre des larcins minimes, c’est bien la preuve que seul l’homme règne ici-bas en maître !

Mais la réponse de D.ieu à ces arguments fut implacable : parce que l’humanité s’était laissée aveugler par tant d’abondance, elle fut submergée par un « déluge de bienfaits » – dont le symbole par excellence est la pluie qui tombe du Ciel…

Yonathan Bendennoune, en partenariat avec Hamodia.fr

Noah’ : L’époque du déluge: un bonheur à double tranchant

(Source : Chiourim.com)

 

CULTURE JUDAÏSME – Mois de Tichri 5778

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Cette semaine, nous terminons la lecture du 5ème livre de la Torah et recommençons aussitôt la lecture du 1er livre : Béréchit

Paracha Béréchit : L’expulsion d’Adam du Gan Eden

Si la paracha de Béréchit est une longue énigme dont quasiment rien ne perce jusqu’à nous, ceci est particulièrement vrai pour l’épisode où Adam fut expulsé du Jardin d’Eden. Cependant, à la lumière des enseignements de notre tradition, nous pouvons tout de même percevoir quelques lueurs de cet événement qui marqua l’humanité jusqu’à nos jours.

CHRONOLOGIQUEMENT, l’être humain est le dernier être apparu pendant les six Jours de la Création. A ce titre, il est considéré comme l’apogée de l’existence, l’ultime but dont dépendent toutes les autres créatures. L’Homme est ainsi considéré, aux yeux de la tradition juive, comme le centre et la finalité de tout ce qui est.
A cet égard, nous devons comprendre que lorsqu’Adam consomma du fruit défendu, ce n’est pas seulement sa condition et celle de l’humanité qui furent altérées, mais également celle de l’ensemble de la création.
Avec la déchéance de l’Homme, c’est celle de l’univers entier qui fut précipitée.

Le niveau d’Adam avant la faute

Le Ram’hal (cité par le rav ‘Haïm Friedlander dans Sifté ‘Haïm – Béréchit) offre une description assez détaillée de la « réalité humaine» telle qu’elle était vécue dans le Jardin d’Eden : « Avant la faute d’Adam harichon, l’Homme était paré et couronné de sainteté, il évoluait dans une dignité sublime, à tel point que les Anges de service se trompèrent à son sujet et voulurent le proclamer saint [c’està- dire le diviniser]. Chacune de ses actions entraînait des répercussions directes sur tous les Mondes supérieurs. (…) La réalité matérielle d’Adam, avant la faute, équivalait à la spiritualité de l’homme à ce jour. Et par
conséquent, imaginez-vous quelle devait être le niveau de sa spiritualité !… »
Avant la faute, l’homme évoluait donc dans une toute autre dimension, si radicalement différente de la nôtre que l’on parvient à peine à en saisir la nature. Outre la conscience des enjeux spirituels et de la proximité divine, ce qui caractérisait l’existence de l’homme au Gan Eden, c’était la nature même de son corps et de sa spiritualité. Entièrement voué à son rôle le plus noble, l’être humain se percevait lui-même comme une réalité proche de la perfection.

A cet égard, la mission essentielle de l’homme avant la faute n’était nullement de dominer un mal réduit alors à sa plus simple expression. L’homme sur terre avait pour seule tâche de « cultiver le jardin d’Eden et de le soigner ». C’est-à-dire qu’en « cultivant » le Jardin, l’homme s’élevait lui-même et élevait toute la création avec lui à des niveaux spirituels toujours supérieurs, dépassant sans cesse la forme initiale de son être. Nos Sages disent à cet égard (Kohélet Rabba 7, 13) que D.ieu présenta à Adam tous les arbres du Gan Eden et lui annonça, pour seule injonction : « Prends garde de ne pas altérer et détruire Mon monde. »

Conséquence de la faute

Malheureusement, Adam ne fut pas à la hauteur de sa mission : il viola l’unique interdiction à laquelle il avait été soumis et ce faisant, il entraîna l’existence tout entière dans une spirale infernale. « Non seulement il n’obtint pas ce qu’il aurait pu gagner dans son état précédent, explique encore le Ram’hal, mais il perdit également les atouts qu’il possédait déjà. Il se rabaissa alors au rang d’être indigne et méprisable, comme l’être humain l’est jusqu’à ce jour. (…) Lorsqu’il consomma du fruit de l’Arbre de la connaissance, les tentations de la chair et les plaisirs matériels s’insinuèrent en lui. Et puisqu’il en fut ainsi, il fut puni mesure pour mesure, il perdit sa dignité spirituelle et il demeura un être corporel, ne pouvant jouir que du nombre de jours qui lui est accordé. » Parallèlement à sa déchéance, c’est la Création entière qui s’effondra, perdant un grand nombre des formidables atouts dont elle avait été initialement dotée.

Le repentir d’Adam

Nos Sages enseignent que suite à la faute, après avoir appris quelle serait sa punition, Adam harichon opéra un long repentir : « Adam était un homme authentiquement pieux… Pour expier sa faute, il observa un jeûne de cent trente ans… » Il s’astreint d’ailleurs à tant de mortifications que la peau de son corps devint finalement tel un panier en osier. Dans les Pirké déRabbi Eliézer (chap. 21), on apprend également qu’Adam dit au Saint béni soit-Il : « Maître du monde ! Efface ma faute et accepte mon repentir ! » Que fit le Créateur ? Il fit passer Sa main droite, Il effaça la faute d’Adam et accepta ainsi sa téchouva.

Dans le Zohar ‘Hadach, nous apprenons également que c’est grâce à son repentir qu’Adam put vivre près de mille ans. S’il ne l’avait pas réalisé, il aurait en effet dû mourir le jour même, comme le lui avait annoncé D.ieu clairement : « Car le jour où tu en mangeras, tu mourras ! »

Le point de non retour

Ceci étant, il convient de comprendre pour quelle raison la Téchouva d’Adam ne lui permit pas de retrouver sa dignité d’antan. Nous savons en effet que le principe du repentir fut instauré avant même la création de l’homme, et qu’aucune faute ne résiste face à une Téchouva authentique. Par conséquent, si D.ieu accepta celle d’Adam, il aurait dû réintégrer aussitôt son statut d’avant la faute.

Voici comment le Chlah HaKadoch résout ce problème : « A l’origine, l’homme fut créé droit – un être spirituel parfait comme un ange, destiné à vivre à jamais et à acquérir l’éternité, car aucune barrière ne devait l’empêcher de l’atteindre. Mais après qu’il fauta, son essence s’épaissit et sa nature devint plus
matérielle à cause de l’impureté du Serpent.

Désormais, sa matière devint un écran lui interdisant l’accès à l’éternité. Depuis lors, il ne peut la rejoindre qu’après que l’âme se sépare du corps [le phénomène de la mort], lui permettant d’atteindre alors la perfection » (Torah Or sur Roch Hachana).

Ces explications laissent apparaître une idée centrale relative au châtiment de mort : outre la punition qu’il implique, il est surtout un corollaire imparable, résultant directement de la réalité nouvelle suscitée par la consommation du fruit interdit. Le Ram’hal précise à ce sujet : « L’Attribut de rigueur divin décida alors que ni l’homme, ni la Création ne pourraient désormais atteindre la perfection tant qu’ils évolueraient sous cette forme corrompue – c’est-à-dire  dans la réalité actuelle où le mal est omniprésent. Pour cela, il leur faut nécessairement passer par un stade de dégénérescence – c’est-à-dire la mort pour l’homme et la décomposition pour tous les autres êtres corrompus avec lui. Depuis lors, l’âme ne pourra plus purifier le corps qu’après l’avoir quitté. C’est seulement après que le corps mourra et se décomposera qu’il pourra être refaçonné comme un nouvel édifice, et l’âme pourra alors le pénétrer et le purifier.

De même, le monde entier viendra un jour à être détruit au point de perdre sa forme actuelle, après quoi il sera reconstruit  actuelle, après quoi il sera reconstruit sous une forme propice à la perfection. C’est la raison pour laquelle il fut décrété que l’homme doive mourir, puis qu’il revive – ce qui est le principe de la résurrection des morts – et que le monde soit un jour détruit puis réédifié. A cet égard, nos Sages disent que le monde subsistera pendant six millénaires, après quoi il sera détruit. Et mille ans plus tard, le Saint béni soit-Il rétablira Son monde… » (Dérekh Hachem 1, 3, 9).

Autrement dit, non seulement la mort est une conséquence imparable de la nature nouvelle créée par la consommation du fruit, mais elle est également l’unique moyen de « réparer » le tort commis – d’où le concept de tikoun.
Rendre à l’homme et à la création une possibilité de perfection ne peut s’envisager, depuis que leur nature fut corrompue par le mal, que par la perte de cette substance définitivement altérée. En consommant du fruit interdit, Adam franchit ainsi un point de non retour, aliénant désormais sa réalité à un mal omniprésent.

« A la lumière de ces explications, poursuit le Chlah précité, la question que nous avions posée – à savoir pourquoi la sentence d’Adam ne fut-elle pas résiliée après qu’il se soit repenti – est désormais résolue : puisque, du fait de l’intervention du Serpent, sa matérialité s’épaissit, sa nouvelle nature ne lui permettait plus d’atteindre l’éternité à cause de l’écran que constitue la matière. (…) C’est donc par pure bonté que D.ieu décréta la mort sur les hommes, afin qu’ils puissent réparer leur condition et atteindre l’éternité avec la mort… » Par Yonathan Bendennnoune,en partenariat avec Hamodia.fr

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https://i2.wp.com/www.jforum.fr/wp-content/uploads/2017/09/51-Haazinou-1-300x212.jpg______________________________________________________

Nous étudions cette semaine la 52ème paracha Haazinou (Ecoutez)

Lecture de la paracha Haazinou en français

Hachem attend de nous que nous amorcions un retour sur nous-mêmes mais pas seulement !

Dans ce cantique de Haazinou,  Moïse s’adresse à nous. Il y a une grande différence entre ce cantique et celui de la Mer Rouge où Moïse a chanté et ses paroles furent reprises en chœur par un peuple tout nouveau-né  plein de reconnaissance envers son Créateur et plein de reconnaissance envers D.

Ce poème où Moïse prend les cieux à témoin est une perspective à lui seul : on y voit retracé le passé lointain et proche du peuple juif, son présent mais aussi son avenir avec toutes les peines qui attendent ce peuple, cette collectivité qui tout entière doit réagir et se corriger pour que D. revienne retrouver Son peuple. Moïse admoneste cette assemblée qui ne semble pas se préoccuper de son avenir.

Le peuple a reçu l’ordre de recopier la Torah mais aussi et surtout de l’étudier et de l’enseigner. De l’approfondir et de la découvrir sans cesse à chaque mot et à chaque lettre. De l’aimer et de chercher les secrets qu’elle renferme. Moïse va partir. Il va mourir et rejoindre ses pères alors qu’il a passé un peu plus de 40 ans à guider et défendre ce peuple.

Le verset 7 attire notre attention : l’homme est appelé à se placer sur l’échelle du temps de manière à pouvoir se référer au passé pour en tirer des leçons et aussi se faire guider par les plus anciens : « זכור ימות עולם בינו שנות דור ודור, שאל אביך ויגדך זקניך ויאמרו לך.. »

Moïse entend par là que chaque membre du peuple doit se sentir partie intégrante du passé du peuple car tout ce qui a fait l’histoire est le fait d’une collectivité entière et l’homme ne doit nullement s’en désolidariser. Par ce biais, l’homme pourratirer une leçon des erreurs du passé et éviter de retomber dans les mêmes ornières et de cette manière, il est possible de comprendre par quel moyen l’on peut se rapprocher de D.

Lorsque le peuple faute, son retour vers son créateur est une démarche individuelle incluse dans l’effort collectif. Ainsi provoquera-t-il le retour de la Shekhina auprès du peuple.

Moïse lance un appel poignant au peuple avant de « rejoindre ses pères ». Pour ce faire, il désire prendre pour témoins « les cieux » et la terre, c’est-à-dire le cosmos tout entier. Il veut insister pour que le Peuple tout entier se rapproche de la Torah. Que le peuple fasse teshouva. La teshouva réclamée peut se faire même si l’individu n’a pas commis de faute. Il faut qu’il éprouve le désir ardent de faire revenir la Shekhina parmi les hommes.

Dans le service effectué par les Cohanim, nous pourrons voir de quelle façon la Majesté Divine va être ramenée ici-bas, sur terre depuis le « septième ciel ».

Après avoir pratiqué la cérémonie d’imposition des mains sur les taureaux qui vont être sacrifiés en rachat des fautes des grands prêtres et des familles des grands prêtres, après avoir tiré au sort entre les deux boucs : celui qui sera sacrifié pour racheter tous les péchés de tout Israël et le bouc émissaire qui sera précipité d’une montagne dans le désert de Judée et après avoir aussi imposé ses mains sur le bouc sacrifié pour y confesser tous les péchés d’Israël, le sang sera aspergé sur l’autel selon le cérémonial donné : le cohen asperge l’autel d’une goutte de sang vers le haut. Tout se passe alors comme s’il tendait la main vers le Saint béni soit IL pour L’accompagner à descendre marche après marche, degré après degré ou ciel après ciel les sept cieux qui Le séparent de nous.

C’est ainsi que cela est décrit d’ailleurs dans le « seder ‘haâvoda » lu pendant le moussaf de Kippour : un, un et un (une goutte pour un ciel); un et deux (une goutte et on arrive au deuxième ciel), un et trois (une goutte et on arrive au troisième ciel) et ainsi de suite jusqu’au septième degré depuis le Haut, puis, le cérémonial pour raccompagner la Majesté Divine de la terre jusqu’au septième ciel se trouvera à la fin de l’office de la Néîla de Kippour.

A ce propos, il est à souligner un comportement que beaucoup adoptent : dès après la sonnerie du shofar, beaucoup de fidèles plient leur talith et s’en vont car, ils pensent que le son du cor ayant retenti tout est terminé or, il s’agit d’une erreur grave : il reste à « raccompagner » la Majesté Divine vers le « septième ciel » c’est-à-dire qu’au moyen du verset-profession de foi suivant : ה’ הוא האלוקים L’Éternel est notre D (Ado-nay ‘hou ‘haElo-‘him) répété sept fois, nous raccompagnons l’Éternel vers Son trône.

Ainsi, tout se passe comme si, après avoir accueilli un invité de marque qui nous honore de sa présence, tout-à-coup, nous nous levons et l’abandonnons. Tout cela pour vite aller boire et manger quelque chose. Et, si nous restions à la synagogue encore dix ou quinze minutes après avoir jeûné déjà 25 heures que se passera-t-il ?

Se restaurer est-il plus important que de dire au revoir à l’invité de marque ?

Nos fautes ne sont pardonnées que grâce à Yom Kippour, ne montrons pas notre désir si matériel en partant de la synagogue un peu trop tôt. Ne montrons pas notre impatience à notre D qui nous pardonne alors que l’homme désobéit constamment.

Au chapitre XXXII des versets 44 à 47 nous relevons six fois le mot כל ou provenant de la racine כל.  Le mot כל est composé des initiales כ de כתבו et de ל provenant du verbe  « enseigner »  ללמד….. Et, ce que le texte veut nous faire comprendre c’est que si nous n’écrivons pas la Torah et si nous ne l’enseignons pas (allusion à la Torah écrite et à la Torah orale), alors, nous risquons de nous trouver dans la position que décrit le verset 47 : כי לא דבר ריק הוא מכם כי הוא חייכםcar –cette Torah – n’est pas une chose vide elle est votre existence.

C’est-à-dire que, lorsqu’il nous est conseillé de choisir la vie c’est-à-dire la Torah, nous considérons que par notre choix/action/modus vivendi d’après la Torah, en l’écrivant et en l’enseignant nous donnons son plein sens non seulement à la Torah mais à la vie elle-même.

En consacrant un peu de temps à l’étude et un peu de notre temps à nous rapprocher de D, nous nous éloignons de la faute et, nous participons activement à la finalité de l’homme juif.

Caroline Elisheva Rebouh

Haazinou : un cantique pour une perspective – vidéo

(Source : JForum)

Les fêtes de Tichri 5778 – Chana tova 5778 lékoulam ! Et bonnes fêtes de Tichri !

https://i0.wp.com/www.yehoudi.com/sites/default/files/peintures/Resh.jpg?zoom=2_____________________________________________________

Chana tova 5778 à tous les Juifs de la terre et à Israël, la belle tant convoitée ! Formons le souhait que l’Etat juif ne soit plus jamais divisé et qu’il récupère la totalité de sa terre très bientôt ! Amen. Ken yehi ratson.

LA GRANDE FAMILLE JUIVE DOIT RESTER UNIE FACE A L’ADVERISTE ET FIDELE A SA PAROLE, CELLE DU SINAÏ, DONC A LA TORAH ET AUX MITSVOTE, C’EST IMPERATIF SI ISRAËL VEUT TENIR TÊTE A SES ENNEMIS – Les nations l’ont bien compris, puisque, comme maintes fois dans l’histoire, elles s’attaquent à nouveau aux symboles mêmes du caractère juif de ce peuple :  la Brit Mila et la Chrita ! TOUJOURS SE SOUVENIR QU’UN JUIF RESTERA TOUJOURS UN JUIF, QUOI QU’IL FASSE ET SI LOIN DE LA TORAH QU’IL SE TROUVE. A TOUT MOMENT, IL PEUT FAIRE TECHOUVA, ET ROCH HACHANA EST LE TEMPS IDEAL POUR OPERER CE RETOUR. ISRAËL VIVRA, ETERNELLEMENT ! AMEN. louyehi

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Rosh Hashanah, the Shofar and the Holy City

Roch Hachana, le Chofar et la Ville Sainte avec le rav Karmi Gross

Rabbi Karmi Gross and Reel Israel Productions connect Israel’s past and present, exploring Israel’s rich history and heritage while portraying the dynamic nature of life in Israel today.

Rosh Hashanah, the Shofar and the Holy City – Part 1

Rosh Hashanah, the Shofar and the Holy City – Part 2

9:01Rosh Hashana, the Shofar and the Holy City – Part 3

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Roch Hachana 5774

Jour du jugement de toutes les créatures et du courronnement de D.ieu comme Roi de l’univers, Roch Hachana est la « tête » de l’année, le jour duquel tout dépend…

Il n’est pas permis de travailler.

Yom Kippour

Yom Kippour est le jour du « Grand Pardon », celui, unique dans l’année, où se révèle le lien intrinsèque qui unit le Créateur à son peuple

Tombe un Chabbat

Souccot

Souccot, la « Fête des Cabanes », immédiatement suivie de Chemini Atseret-Sim’hat Torah sont les fêtes les plus joyeuses du calendrier juif.

Sim’hat Torah

Chemini Atsret/Sim’hat Torah marque le point culminant de la saison de fêtes du mois de Tichri. En ce jour, tout se conclut et tout prend son sens…

Il n’est pas permis de travailler.

(Source : Chabbad.org)

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LA FÊTE DE ROCH HACHANA

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https://i2.wp.com/users.skynet.be/maale/images/Kippour.jpg?zoom=2 Chofar (image Wikipedia)           _____________________________________________________

Vidéos : « écouter le chofar » par le chantre américain Benjamin Warschawski   « http://www.youtube.com/v/0jR20-0sy1Y&hl=fr&fs=1&color1=0xe1600f&color2=0xfebd01″>   rjhgins »

Paracha Netsavim et Roch Hachana » par le Rav Bitton « http://www.youtube.com/v/07W2Pfv0vgs&hl=fr&fs=1&rel=0&color1=0xe1600f&color2=0xfebd01″>

Avant Roch Hachana, on commence les séli’hote

Comme il est bon de voir le monde juif, toujours fidèle à sa Torah après plusieurs millénaires, et la foule est si nombreuse, grâce à D.ieu, qui se presse au Kotel, le coeur même du monde ! Cela fait chaud au coeur de penser qu’à peine plus de 60 ans après la Choah, le Kotel est rempli de Juifs qui prient aussi loin que peut porter le regard ! Béni soit tu, Israël, bénis soient tes enfants qui gardent si précieusement la Torah et les mitsvote ! Amen.

Séli’hote au Kotel (le mur Occidental) de Jérusalem :

Selichot in the Kotel 9 Tishrei 5773. part 2de Kryxtina123 66

adon haslichot

Le mot « séli’hote » est le pluriel du mot « séli’ha » (demande de pardon). La fête de Roch Hachana est précédée par une période de pénitence où  chaque  Juif pratiquant se met en devoir de réciter des seli’hotes (supplications) tous les matins avant l’aube à la synagogue (les heures allant de minuit à l’aube étant une période de plus grande proximimité avec D.ieu). Ce n’est pas seulement une demande individuelle, mais toute la communauté montre ainsi son humilité, la conscience de ses fautes, sa solidarité et son amour pour tous ses membres. (En effet, chaque juif est solidaire des péchés des autres juifs). Le Choul’hane arou’h (« table dressée »), le code juif de la loi religieuse rédigé par Joseph Caro de Safed et annoté par Moïse Isserles de Cracovie stipule que l’on se lève avant l’aube durant les 40 jours (pour les séfaradim) qui précèdent Kippour, pour réciter les « séli’hote ». Les Achkénazim commencent à réciter les « séli’hote » le dimanche qui précède Roch Hachana. Les ‘hassidim ont la coutume de commencer les séli’ote par un office à 3 h du matin le dimanche qui précède la fête de Roch Hachana. La tradition juive dit que D.ieu Lui-Même aurait  enseigné à Moïse les 13 attributs de miséricorde. On retrouve ces attributs dans le livre de l’Exode : « Seigneur ! Seigneur ! Clément et miséricordieux, lent à la colère, plein de bienveillance et d’équité; il conserve sa faveur à la millième génération; il supporte le crime, la rébellion, la faute, mais ne les absout pas. » On sonne le chofar pendant les « séli’hote ». Ces attributs forment le coeur de toute prière de pénitence et toute imploration du pardon divin.

Les enjeux

Roch Hachana permet à l’homme de revenir vers D.ieu en l’implorant à l’aide de « seli’hote » (supplications) et le fait bénéficier de Sa grande clémence en faisant preuve de bonne foi et d’un repentir sincère par la Techouva, (regret des fautes, pénitence et retour à la Source qu’est D.ieu, par amour, mais aussi repentir envers ses semblables), Tefila (prière) afin de rétablir le dialogue avec le Créateur et Tsedaka (rétablir la justice en donnant aux plus pauvres). Le jugement divin apparaît alors comme la résultante d’efforts personnels qui s’expriment traditionnellement par ces 3 actes si importants dans la vie du Juif non seulement à Roch Hachana, mais aussi tout au long de l’année. On voit ainsi que l’intervention de l’homme est déterminante quant au résultat du jugement. Etant tous des serviteurs de D.ieu, chacun aspire à devenir tous les ans plus efficace dans cette tâche et se choisit, pour toute l’année à venir, un trait de caractère négatif pour essayer de le transformer de manière à ce qu’il devienne une qualité (tâche ardue, certes, dépassant bien sûr le cadre d’une année, mais qui donne à D.ieu une raison de faire « crédit » à l’homme pour l’année à venir… en croyant en sa bonne foi et en sa bonne volonté quant à son désir de changement.) 

Parce que nul n’est à l’abri du yetser hara et de la corruption, qui est aujourd’hui si dangereusement banalisée, Rabbi ‘Haïm Vital explique que le corps  humain possède plusieurs portes : celle de la vision, (les yeux) celle de l’odorat, (le nez)  celle de l’audition (les oreilles) et celle de la parole (la bouche, par laquelle passe non seulement la parole, mais aussi la nourriture qui, rappelons-le, devrait toujours être strictement cachère !) Mais si l’homme érige des barrières devant toutes ces portes afin de ne pas fauter, on pourra lui attribuer le verset : « Ouvrez les portes afin que vienne le peuple juste . Mesure pour mesure. Puisque l’homme juste a su placer des « Juges » à toutes ses « portes », de même Hachem lui ouvrira les portes du ciel. » 

Ainsi, chaque jour est une opportunité de renouveler nos vies qui permet à l’homme de recréer le monde en permanence en partenariat avec D.ieu. Le Talmud (Roch Hachana 16), au nom de Rabbi Yo’hanan nous enseigne que le Créateur a devant lui 3 livres ouverts : celui des « justes », qui sont inscrits directement et définitivement pour la vie éternelle dans le holam haba (le monde futur), celui des « impies », qui sont inscrits pour la « mort » et celui des « hommes moyens », dont le sort n’est pas encore tranché et reste en suspens jusqu’à Yom Kippour. S’ils sont repentis, ils sont inscrits également dans le Livre de la Vie, dans le cas contraire, ils connaîtront le sort des impies. Le jugement final est donc rendu le jour de Kippour, selon les actions de chacun.

Vidéo :  Seli’hote au Mur occidental à Jérusalem « http://www.youtube.com/v/nO2aBnQpkDo&hl=fr&fs=1&color1=0xe1600f&color2=0xfebd01″>  btheno

Vidéo : « Rachem » « http://www.youtube.com/v/mX99NZx9Mfs&hl=fr&fs=1&rel=0&color1=0xe1600f&color2=0xfebd01″> sauvagebri

L’appel du « chofar »

Lors de la création du monde, les anges proclamèrent la royauté de D.ieu au son du chofar : « Le son des trompettes et les accents du chofar, faites-les retentir devant le Roi Eternel » (psaume 98.6). Au temps du Temple de Jérusalem, on sonnait du chofar à un endroit spécialement désigné à cet effet (sur une pierre spéciale qui a été retrouvé dans les vestiges du Temple, dont on peut voir la photographie sur le site Modia – « Jérusalem que j’aime. » ) pour indiquer le début du Chabbat ; au temps des rois d’Israël, on sonnait du chofar pour l’avènement d’un roi, par exemple, on a sonné du chofar pour le roi Salomon (1 rois 1,34). On sonnait du chofar à la fin de toute bataille (2 Samuel 2,28 et 2 Samuel 18,16).  De nos jours, en Israël, on sonne  le chofar pour des évèments importants comme, par exemple, l’élection d’un nouveau président, etc… et surtout à Roch Hachana. Dans les temps messianiques, c’est au son du chofar que seront annoncés le retour des exilés et la venue du Machia’h (Messie).

Fabriqué à partir d’une corne d’animal cachère, généralement une corne de bélier rappelant, par ses courbures, notre soumission au joug divin, c’est le plus ancien des instruments à vent ; il proclame le couronnement de D.ieu en tant que « Roi de l’univers ». Il symbolise à la fois la création du monde, la révélation au mont Sinaï,  l’Aqedat Yits’haq (le sacrifice d’Isaac), la destruction du Beit Hamikdach (Temple), les avertissements des Prophètes et l’annonce de la fin des temps… (Isaïe : « En ce jour, résonnera le son du Grand Chofar; alors arriveront ceux qui étaient perdus en Assyrie et égarés en Egypte, et tous se prosterneront devant l’Eternel sur la montagne sainte a Jérusalem »). Personnification vivante du coeur et des émotions de l’homme, le son produit par le souffle humain à travers le chofar exprime le moi divin ; il est sensé réveiller à la voix divine chaque âme juive en touchant le plus profond de l’être afin que chacun accepte de plein gré ce joug divin ou y revienne après s’en être éloigné. Celui qui entend le chofar le sent alors vibrer en lui et appelle son Créateur. Le chofar laisse s’exprimer en l’homme l’intuition de son moi véritable, forme originelle la plus profonde, en tant que création betselem Elokim (à l’image divine.)

« Dans le palais du Roi se trouvent de nombreuses pièces et chacune s’ouvre avec une clef différente. Il existe une clef, un instrument, qui peut ouvrir toutes les portes : la hache. Le chofar est une hache. Quand une personne se présente avec passion devant le Tout-Puissant le cœur brisé, il peut faire voler en éclats n’importe quelle porte du palais du Roi des rois. » (Baal Chem Tov).

Quelle est la signification de la succession des sonneries « Tekia » « Teroua » « Tekia » ? Première interprétation : Par analogie au son des trompettes d’argent utilisées dans les batailles des Hébreux dans le désert, « Tekia » évoque la mise en alerte, la convocation des troupes, « Teroua » évoque l’âme désolée, les sanglots, les tremblements en présence du jugement divin et la seconde « Tekia » évoque la sérénité revenue après le jugement, (que l’on espère clément.) Seconde interprétation : Elle concerne la collectivité d’Israël. L’image est alors celle illustrant des 2 « Tekiote » qui entourent la « Teroua » avec ses sanglots, évoquant à la fois l’âme brisée, l’homme malheureux, qui doute et se confesse. La « Tekia » évoque l’homme serein, l’homme complet, l’homme fort ;  (Il faut 2 hommes forts pour encadrer un homme qui faiblit.) Rappelant l’homme à sa source, le chofar permet donc à ce dernier de ressentir d’une part, l’humilité, (son extrême petitesse face au Créateur) et de percevoir de manière concrète l’appel de D.ieu, qui aime tant Ses créatures qu’Il est prêt à tout leur pardonner si les conditions sont remplies, mais également la crainte du Ciel pour les fautes commises pendant l’année écoulée. (Livre d’Ezéchiel Versets 4 et 5)  »Et pour toute personne qui écoute le son du Chofar et n’a pas été soigneux, l’épée viendra et l’emportera, mais celui qui est soigneux aura sauvé son âme. » A la fin des fêtes de Tichri, la plupart d’entre nous auront reconnu dans le son du chofar la voix d’Hachem Lui-Même qui  implore Son peuple. « Ecoute, Israël, l’Eternel est notre D.ieu, l’Eternel est Un. »

 

Vidéos : « Des profondeurs de l’abîme, je t’invoque, ô Eternel »

http://www.youtube.com/v/9ApTOj2Gix8&hl=fr&fs=1&color1=0xe1600f&color2=0xfebd01″>toramzeon

Se préparer à Roch Hachana avec rabbi Jonathan Ginsburg (explications en anglais)

« http://www.youtube.com/v/ktDfC8yhxhI&hl=fr&fs=1&color1=0xe1600f&color2=0xfebd01″>   rjhgins

Pour Pour tout savoir sur la téchouva sous tous ses angles ici sur Modia http://www.google.com/custom?q=t%E9chouva&sa=Rechercher&cof=LW%3A140%3BL%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.modia.org%2Fpic%2Fmodia.jpg%3BLH%3A120%3BAH%3Aleft%3BGL%3A0%3BS%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.modia.org%3BAWFID%3Aa2225aef8fc25c3f%3B&domains=www.modia.org&sitesearch=www.modia.org 

Roch Hachana signifie « tête de l’année », ce qui signifie que c’est à cette période que sera en quelque sorte conçu tout le programme de l’année à venir. Cette fête est célébrée les 1er et 2 du mois de Tichri, désigné par « 7ème mois » (on compte à partir du mois de Nissan – mois de la sortie d’Egypte. La fête dure en effet 2 jours, en Israël comme en diaspora, mais le Talmud nous explique que ces 2 jours sont en fait considérés  comme ne faisant qu’un. Ils sont appelés   »Yoma arikhta »  (long jour en araméen). Le Zohar  insiste sur l’observance universelle des deux jours, enseignant que les deux passages du Livre de Job  (1:6 et 2:1), « lorsque les fils de Dieu vinrent se présenter devant le Seigneur, » se réfèrent aux premier et second jour de Roch Hachana, observés par le Tribunal Céleste devant le Tout-puissant (Zohar, Pin’has, p. 231a). Si le 1er jour tombe un samedi, on ne sonnera le chofar que le 2ème jour. Le 1er jour de Roch Hachana ne tombe jamais un dimanche, un mercredi ou un vendredi. Dans le livre de prophètes (mois 1.8), on appelle ce mois « Etanim » (le mois où sont nés les patriarches qui se nomment « Etanim » (puissants du monde). C’est en ce jour qu’Adam fut jugé par le Créateur et pardonné, qui lui dit que ce jour serait un signe pour ses enfants : comme il avait été jugé et pardonné, eux aussi le seraient.
Roch Hachana est également le jour anniversaire où Sarah, Ra’hel et ‘Hanna ont été exaucées alors que stériles, le mois de la libération de Joseph des prisons égytpiennes, et également la fin de l’esclavage d’Egypte. On désigne aussi cette fête par 4 termes différents : Yom Hadin (jour du jugement), Chabaton (jour de repos solennel), Yom terouah (jour de la sonnerie du chofar) et Zi’hron terouah (jour du souvenir proclamé par la sonnerie du chofar). Roch Hachana est la reconnaissance de la Royauté de D.ieu sur l’univers tout entier.

Le Talmud (Roch Hachana 16), au nom de Rabbi Jo’hanan nous enseigne que D.ieu a devant lui 3 livres ouverts : celui des « justes », (qui sont inscrits directement et définitivement pour « La Vie » éternelle dans le holam haba (le monde futur), celui des « impies », qui sont inscrits pour la « mort » et celui des « hommes moyens », dont le sort n’est pas encore tranché et reste en suspens jusqu’à Yom Kippour. Ce jour-là, s’ils sont repentis, ils sont inscrits dans le « Livre de la Vie »,  dans le cas conteraire, ils connaitront le sort des impies. D.ieu décide ce jour-là qui, selon ses actions, y sera ou non inscrits..

Vidéo « Psaume 23″ « http://www.youtube.com/v/cBl8_KWZOqw&hl=fr&fs=1&color1=0xe1600f&color2=0xfebd01″>stochner

Roch Hachana “Yehoudi” _____________________________________________________

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KIPPOUR

Kol Nidre / Max Bruch – YouTube

Kol Nidre « Tous les vœux ») est une prière qui, dans l’absolu, est une prière visant à annuler les voeux de la communauté avant l’entrée de Yom Kippour. Déclamée trois fois en présence de trois notables à la synagogue,  elle ouvre l’office du soir de Yom Kippour.  Pourtant, ces quelques phrases représentent bien plus que cela. Dans les liturgies ashkénaze et séfarades, elle constitue même l’un des points culminants de la journée la plus sainte de l’année.

Traduction du Kol Nidrei de l’araméen en français,  rite ashkénaze, par Laly Deray :

Kol Nidrei

Au nom du conseil d’en Haut

et au nom du conseil d’en bas, a

avec le consentement

de l’Omniprésent, loué soit Il,

et avec le consentement

de cette sainte congrégation,

nous déclarons

qu’il est permis de prier avec les transgresseurs.

Tous les vœux que nous pourrions faire

Toute interdiction ou sentence d’anathème

Que nous prononcerions contre nous-mêmes,

Toute privation ou renonciation que,

Par simple parole, par vœu ou par serment

Nous pourrions nous imposer,

Depuis le jour de Kippour passé

A ce jour de Kippour

Jusqu’à celui de l’année prochaine

(qu’il nous soit propice),

nous les rétrractons d’avance ;

qu’ils soient tous déclarés non valides,

annulés, dissous, nuls et non avenus ;

qu’ils n’aient ni force ni valeur ;

que nos vœux ne soient pas regardés comme vœux,

et nos interdictions comme interdictions

ni nos serments comme serments

et il sera pardonné

à toute la communauté des enfants d’Israël

et à l’étranger qui séjourne parmi eux ;

car l’erreur a été commune à tout le peuple.

(source : UPJF.org)

La traduction du Kol Nidré
La prière de Kol Nidré est récitée en araméen. Voici une traduction de ce texte en français (rite ashkénaze) :

Au nom du conseil d’en Haut
et au nom du conseil d’en bas,
avec le consentement
de l’Omniprésent — loué soit-Il —
et avec le consentement
de cette sainte congrégation,
nous déclarons
qu’il est permis de prier avec les transgresseurs.

Tous les vœux que nous pourrions faire
toute interdiction ou sentence d’anathème
que nous prononcerions contre nous-mêmes,
toute privation ou renonciation que,
par simple parole, par vœu ou par serment
nous pourrions nous imposer,
depuis le jour de Kippour passé
à ce jour de Kippour
et depuis ce jour de Kippour
jusqu’à celui de l’année prochaine
(qu’il nous soit propice),
nous les rétractons d’avance ;
qu’ils soient tous déclarés non valides,
annulés, dissous, nuls et non avenus ;
qu’ils n’aient ni force ni valeur ;
que nos vœux ne soient pas regardés comme vœux,
et nos interdictions comme interdictions
ni nos serments comme serments

Et il sera pardonné
à toute la communauté des enfants d’Israël
et à l’étranger qui séjourne parmi eux ;
car l’erreur a été commune à tout le peuple.

– See more at: http://www.upjf.org/fr/4383-kol-nidre-la-priere-de-kippour-:-le-cantique-son-histoire-et-ses-legendes.html#sthash.GD59Lqkn.dpuf

NEIL DIAMOND – KOL NIDRE / ADON OLAM-Yum Kippor

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Sur Univers TorahLe Rôle du Kohèn Gadol le jour de Kippour 

PETIT GUIDE PRATIQUE

Chabbat Chouva, avec la paracha Haazinou (voir CULTURE JUDAÏSME, Infos & Vie Juive Eloul 5769)

CULTURE JUDAÏSME, Infos et vie juive eloul 5770 (2)

Vidéos :   « Avinou Malkénou » (Barbra Streisand)

« http://www.youtube.com/v/ydRdxs-9-zg&hl=fr&fs=1&rel=0&color1=0xe1600f&color2=0xfebd01 »>  OlhosDaEternidade

« Kippour », par le Rav Chaoul Botchko :   « http://www.youtube.com/v/BlcZRHc5kqQ&hl=fr&fs=1&rel=0&color1=0xe1600f&color2=0xfebd01 »>

« Paracha Haazinou et Kippour », par le Rav Mordekhaï Bensoussan  http://www.youtube.com/watch?v=n1gghbRrEw4

 

Les Jours Redoutables 

C’est ainsi qu’on nomme les 10 jours qui séparent Roch Hachana de Yom Kippour, en hébreu « Yamim noraïm ». On les appelle aussi « Asseret yemei Techouva ». Pendant cette période, le processus de  » Téchouva » (période de repentance et de retour à D.ieu) continue, chacun passant en revue ses différentes actions afin de réparer ses fautes et purifier son âme. Le judaïsme considérant que l’homme a été créé avec son libre arbitre, il a donc la possibilité de choisir entre le bon et le mauvais, d’être juste ou pervers, il est pleinement responsable de ses actes, mais les péchés peuvent parfaitement être rachetés par un sincère retour à D.ieu. A la synagogue ont lieu les confessions publiques qui concernent les fautes commises envers son prochain, textes communs. Le judaïsme considère en effet que le peuple juif ne faisant qu’un, chaque Juif est solidaire des fautes des autres juifs. De tout temps les Jours Redoutables ont vu la plus grande affluence annuelle de Juifs à la synagogue.

Cette période est celle pendant laquelle l’homme fait le bilan de l’année passée concernant les « avérote chébène adam lamakom » (les péchés commis envers D.ieu) et les« avérote chébène Adam la’havéro » (les péchés commis envers l’homme). Mais  si « Yom Hakippourim » absout entièrement les péchés envers le Créateur, les péchés envers le prochain ne le sont qu’à condition d’obtenir le pardon de  l’offensé, est-il expliqué dans la Michna Yoma 8.9. C’est pourquoi on doit aller voir chaque personne que l’on a offensé et lui demander pardon, ce qui n’est pas facile, mais indispensable pour être absout. Ce processus commence lors de la période des 10 jours entre Roch Hachana et Yom Kippour. Les âmes des disparus sont comprises dans la communauté de ceux  auxquels on pardonne à Yom Kippour. Cependant, il est de coutume de résoudre les conflits et disputes au plus tard la veille du jeûne.

Vidéo : « Avinou Malkenou » http://www.youtube.com/watch?v=9gppL65Vwec slowfig 

Retrouvez ici, sur massorti.com les paroles en hébreu et en français   Avinou Malkénou – אבינו מלכנו 

Paroles de nos Sages sur la téchouva

La tradition nous enseigne que c’est à Roch ‘Hodech Eloul (le 1er jour du mois d’eloul) que Moïse est remonté au Sinaï pour la 3ème fois (après l’épisode du Veau d’Or). D.ieu dit à Moïse, « Monte sur la montagne vers moi ». Ce jour-là, commença une période de grâce et de miséricorde qui prit fin 40 jours plus tard, à Yom Kipour, lorsque Moïse redescendit avec les secondes Tables de la Loi, apportant avec lui la merveilleuse nouvelle du Pardon Divin. Nos Sages nous enseignent qu’à partir du 1er Eloul, on sonna du chofar chaque jour dans le camp, rappelant ainsi aux enfants d’Israël que Moïse était au Mont Sinaï, priant pour eux. C’était la 3ème période de 49 jours que Moïse passait avec D.ieu au Sinaï. Ce verset fait allusion à la possibilité pour l’homme de se rapprocher davantage, pendant ce mois, de D.ieu, car c’est en cette période qu’Il est plus proche de l’homme.

Le« Chir hachirim » (le Cantique des Cantiques), attribué au roi Salomon, nous enseigne que ce n’est pas un hasard si c’est au mois d’Eloul, le dernier mois de l’année juive (qui correspond généralement au mois d’août/septembre) que commence la téchouva ; Eloul est non seulement le mois du bilan spirituel consacré au retour vers D.ieu, mais il est également prédestiné au pardon divin. En effet, (Cantique des Cantiques 6,3) « Ani lédodi védodi li » « Je suis vers mon bien-aimé et mon bien-aimé est vers moi »  L’acrostiche des mots « Ani Lédodi Védodi Li » אֱלוּל (alef, lamed, vav, lamed) que l’on trouve dans le chapitre 6, verset 3 forme le mot « ELOUL« . Si la repentance est en tout temps agréable à l’Eternel, elle l’est encore davantage pendant le mois d’Eloul « L’Eternel D’ieu circonciera ton coeur et le coeur de ta descendance » (Deutéronome30,6).

Alors qu’il se trouvait dans les entrailles du poisson qui l’avait avalé en pleine mer, le prophète Jonas s’est repenti devant D.ieu de ses péchés. (Bien qu’étant des personnalités d’une très haute élévation spirituelle, les prophètes n’en demeurent pas moins des hommes dotés de qualités et de défauts.) Mais il n’est pas fortuit que nous lisions le Livre de Jonas au cours de l’office de l’après-midi de Yom Kippour : c’est en effet un livre entièrement consacré au repentir qui relate le succès rencontré par le prophète Jonas dans son projet de remettre la ville dépravée de Ninive dans le droit chemin, et ce, après seulement trois jours d’appels et d’invectives à travers cette capitale, tentative qui fut couronnée de succès et la ville fut sauvée par le repentir collectif des habitants.

(Joël 2) « Déchirez vos coeurs et non pas vos vêtements (en signe de deuil) et retournez à l’Eternel votre D.ieu ». (Traité Yoma) : « Grande est la téchouva , le repentir, qui conduit chacun d’entre nous jusqu’à D.ieu. » (Traité Yoma) « Grande est la téchouva qui a la vertu de transformer les fautes en mérites. » 

« 5 fautes créent chez leur auteur une accoutumance et constituent des mauvaises habitudes dont il faut se défaire : 1/La calomnie   2/La médisance   3/La colère   4/Les mauvaises pensées   5/Les mauvaises fréquentations Ces choses nuisent à la téchouva, mais ne l’empêchent pas ; la téchouva reste toujours possible » (Maïmonide, lois du repentir)

Jour de l’Expiation par Isidor Kaufmann (av. 1907).
Jour de l’Expiation par Isidor Kaufmann (av. 1907) (Wikipedia) 

Lévitique 16-30, 31 :« Car en ce jour on fera propitiation sur vous afin de vous purifier : vous serez purs de tous vos péchés devant l’Éternel. Ce sera pour vous un Chabbat solennel, où vous affligerez vos âmes. C’est une loi perpétuelle ». La vraie ‘téchouva’Après le 1er Tichri et la fête de Roch Hachana, (jour du Nouvel An juif) vient la fête de Yom Kippour (jour de l’expiation) est aussi appelée Jour du Pardon et c’est le jour le plus saint de l’année. On y reçoit ce qui est peut-être le don le plus sublime de D.ieu : Son pardon, expression même de Son amour éternel et inconditionnel pour le peuple juif. Ici, tout est une question de coeur. Bien que l’homme ait  transgressé Sa volonté, son essence, son âme, demeure divine et pure.Yom Kippour est ce jour unique de l’année où D.ieu révèle plus clairement l’unité de Son Essence avec l’âme de chaque juif. Sachant cela, comment ne pas avoir envie de revenir à D.ieu en se concentrant sur l’étincelle juive qui brille en chacun et en aspirant à atteindre une profondeur spirituelle maximum ? C’est cela la vraie « techouva », profonde et sincère qu’espère de nous notre Créateur, qui n’attend en effet de notre part qu’un repentir sincère, qu’un retour spontané et vrai vers Lui, avec larmes, comme un enfant qui, après une bêtise, vient se jeter dans les bras accueillants de son père* en pleurant et en regrettant amèrement. Alors, on est immédiatement pardonné. Ceci n’est cependant pas de l’infantilisme, mais au contraire une véritable prise de conscience de nos faiblesses si nombreuses face aux tentations diverses et multiples du monde dans lequel nous vivons, et il est somme toute humain d’y succomber parfois, en sachant toutefois revenir à temps sur le bon chemin. * (métaphore pour essayer de traduire avec des notions humaines la complexité et l’impalpabilité trop grandes de ce qu’est le D.ieu Un pour chacun d’entre nous.)Ainsi Haqqadoch Baroukh Hou n’attend-t-il que cela pour nous prouver à nouveau, chaque année, l’immense miséricorde dont Il sait faire preuve à notre égard, et pour nous montrer la « émouna » (celle de l’homme envers notre Créateur est une foi spontanée et sincère avec connaissance de ses fondements, contenue dans le 1er Commandement : « Je suis l’Eternel, qui t’ai fait sortir d’Egypte, maison d’esclaves » et dont le but est la réception, au Sinaï, de l’arbre de vie : la Torah. la émouna, c’est croire D.ieu quand Il ordonne et promet. (repères pour enseigner la Emouna-petit livre de l’enseignant par le Rav J. Poultorak)) qu’Il met en l’homme et ainsi lui faire ressentir la splendeur de Son amour si pur, si sûr et si durable ! Ainsi comment pourrait-on rester insensible à une si grande tendresse, à un amour si immense ? La « téchouva » est un processus qui, dans sa forme ultime, nous donne la force, non seulement de transcender nos erreurs, mais aussi de les racheter. Nous devons alors faire un véritable retour dans le temps et redéfinir la nature essentielle d’un acte passé, le transformant ainsi de mal en bien. Mais pour y parvenir, il nous faut d’abord ressentir que la transgression a été un acte néfaste et nous devons être conscients de la dévastation qu’elle a infligée à notre âme. Nous devons reconnaître, désavouer sa folie et y renoncer. C’est seulement alors que nous pouvons retourner en arrière et changer ce que nous avons fait.  Maïmonide écrit « Israël ne sera sauvé que par la Techouva qui servira de catalyse pour la Rédemption. La Torah a promis qu’en dernier ressort, vers la fin de son exil, Israël reviendra (à D.ieu) et sera immédiatement sauvé ».L’importance de la téchouva, des mitsvote et de l’étude de la Torah pour un Juif : regardez jusqu’au bout cette vidéo, qui dure environ 1h40, mais que chaque Juif devrait regarder ; chaque Juif a en effet le pouvoir de transformer le mal en bien, par la téchouva, l’étude et les mitsvote :  Vidéo : Guermamia (un cours édifiant du rav Ron Chaya sur son site Leava.fr)Yom Kippour est une journée où les bien-portants jeûnentA la synagogueLa fête de Yom Kipour est presque entièrement remplie par la prière à la synagogue : le soir jusqu’à environ 21h et reprend le matin vers 8h jusqu’au coucher du soleil, avec une petite interruption d’une heure environ vers 14h. Cette journée est très concentrée sur prière en cela qu’elle est la dernière chance pour implorer le pardon de D.ieu ! En ce jour de purification, Israël se reconnaît pécheur et supplie D.ieu de lui faire miséricorde.Les offices commencent par celui de« Kol Nidré », (tous les voeux) prière spécifique à Yom Kippour, texte en araméen qui annule les voeux prononcés de façon inconsidérée, prière devant être récitée avant le coucher du soleil. Par cette prière, on proclame nuls tous les vœux faits entre l’homme et Dieu. Elle commence le 9 Tishri avant le coucher du soleil. Son nom vient des premiers mots de l’office. Il comporte la prière Kol nidrei, la récitation du Shema’ Israel et de la ‘Amidah de Yom Kippour, la confession des péchés, le Qadish, et le ‘Alenou. Les prières et textes lus sont en hébreu.

En Qoélet 5.1 (L’Ecclésiaste), il est dit : « N’ouvre pas la bouche avec précipitation ; que ton coeur ne soit pas prompt à proférer quelque parole devant D.ieu, car D.ieu est au ciel, et toi, tu es sur la terre ; c’est pourquoi tes propos doivent être peu nombreux. (Car les songes naissent de l’abondance des soucis, et la voix du sot se reconnaît à l’abondance de ses paroles.)

Lorsque tu fais un voeu à D.ieu, ne tarde pas à t’en acquitter, car Il n’aime pas les sots. Paie ce que tu as promis par ton voeu. Tu ferais mieux de t’abstenir de tout voeu que d’en faire un et de ne pas l’accomplir. Ne permets pas à ta bouche de charger ta personne d’un péché ; et ne prétends pas devant le messager (de D.ieu) qu’il y avait inadvertance de ta part : pourquoi D.ieu devra-t-il s’irriter au son de ta voix et ruiner l’oeuvre de tes mains ? Tel serait le fruit de ces tas de songes et de niaiseries et de ce flux de paroles : crains plutôt D.ieu. »

L’élément essentiel de l’office supplémentaire Moussaf (en fin de matinée) est le récit du « seder ha-‘avoda » (ordre du culte) qu’exécutait le grand prêtre à l’époque du Temple. Ce seder « ha-‘avodah » a été reconstitué dans le traité Yoma de la Mishna à partir de Lévitique 16. Une spécificité de Yom Kippour est qu’il y a encore des lectures l’après-midi avant l’office de Min’ha : il s’agit de Lévitique 18 (les principes moraux de la vie sexuelle) et la Méguila qui est le livre de Jonas.

lectures du matin :
Lévitique 16, 1-34 ; Nombres 29, 7-11(décrit le service du Grand Prêtre à l’époque du Temple le jour de Kippour)
Isaïe 57, 14 à 58, 14 (évoque le sens du jeûne et de la repentance)
lectures de l’après-midi :
Lévitique 18, 1-30
Michée 7, 18-20 ; Jonas (en entier)

La journée se termine avec l’office de Ne‘ilah (« clôture »), office spécifique à Yom Kippour. C’est à la fin de cet office que se ferment les portes de la miséricorde ouvertes depuis Roch Hachana : le jugement de D.ieu est alors scellé. A la fin de cet office, on sonne le chofar pour annoncer la fin du jeûne. La Bible ne prescrit une sonnerie que pour les années jubilaires (Lévitique 25, 9-10), mais l’usage est devenu annuel.(Un Echo d’Israel)

Vidéo « Kol Nidrei » (Max Bruch)Alexander Tsaliuk et la chorale juive de Moscou  

  http://www.youtube.com/watch?v=0BVWJltIqPc atsaliuk

Autre excellente interprétation ici  http://www.youtube.com/watch?v=dvWxoYULWrw waldog77

Interprétation instrumentale, violoncelle Teodora Miteva (1ère partie) http://www.youtube.com/watch?v=8mgaICZS79Y  Peter1945*

(2ème partie) http://www.youtube.com/watch?v=gHwINCeAr38

Interdictions de Yom Kippour Le jour de Kippour est marqué d’interditsconcernant  hommes et  femmes
– boire, de manger et de travailler
– se laver, de se frictionner le corps, de s’enduire de crème, de se parfumer
– porter des chaussures en cuir
– avoir des relations conjugales

A Yom Kippour, on a l’obligation – d’entamer un examen personnel
– d’aller demander pardon pour les préjudices faits à autrui
– de réparer ces préjudices

Autres dinim (lois)

La Veille de Yom Kippour :
– Allumage des lumières
– On prend un repas copieux repas avant le jeûne
– On va à la Synagogue pour entendre le Kol Nidreï qui ouvre le jour de Kippour

Le jour Kippour
– Prières tout au long de la journée
– En fin de journée, cérémonies de clôture, la Néila récapitule tout l’effort de techouva que nous avons entrepris
– Cérémonie du chofar
– Bénédiction de la lune après Arvit
– Repas du soir
On commence la construction de la Soucca, ce qui nous relie à la fête de Souccote

Quelques us et coutumes de Kippour

Il est de coutume de prendre un grand repas festif, la « seoudat hamafsèqet » après la prière de min’ha précédant le jour de Kippour. On y consomme traditionnellement du couscous chez les Sépharades, des kreplach et du riz chez les Ashkénazes. Cette  journée est  hautement solennelle et l’une des plus redoutables de l’année où l’on observe un jeûne de 25 heures au cours duquel on prie avec une ferveur toute particulière.Ce jeûne est le seul à avoir préséance sur le Chabbat. C’est le jour de la repentance, considéré comme étant le jour le plus saint et le plus solennel de l’année juive :Lévitique 16, 30 : « Car en ce jour on fera l’expiation pour vous, afin de vous purifier: vous serez purifiés de tous vos péchés devant l’Éternel ». Lévitique 16:31: « Ce sera pour vous un Chabbat chabbaton, et vous affligerez vos âmes. C’est une loi perpétuelle« . De ce dernier verset les Sages ont déduit qu’il fallait respecter les interdictions du Chabbat (exemple, ne pas travailler, ni allumer de feu). Quant à l’affliction des âmes, elle est réalisée selon la Michna Yoma 8,1, par l’interdiction de nourriture, de baignade, d’utilisation de cosmétiques pour les femmes, du port de la sandale (c’est-à-dire de semelles de cuir) et de l’intimité conjugale. L’abstention totale de nourriture et de boisson commence généralement une demi-heure avant le coucher de soleil afin de limiter le risque de manger pendant la fête par inadvertance. Elle termine après le coucher du soleil de la nuit suivante.

Télécharger le seder de Roch Hachanasur le site www.viejuive.com

2 Vidéos du rav Ron Chaya sur Yom Kippour (1): « http://www.dailymotion.com/swf/xnzx9_yom-kippour_blog »>  JewSpiri

(2) : « http://www.dailymotion.com/swf/xnzx1_yom-kippour-2-suite_blog »>

Pour tout savoir sur les fêtes de Tichri, comprendre et se préparer, écouter des seli’hote ou entendre le son du chofar, aller sur Modia : Eloul qui doit nous faire réussir le renouveau ,  la téchouva et les  fêtes de la nouvelle année

Vidéos Piyoutim

Seli’hote « Chema Yisrael » par le hazzan Rabbi Hagay Batzri rite sepharade yerushalmi « http://www.youtube.com/v/mZz64qMX4j0&hl=fr&fs=1&color1=0xe1600f&color2=0xfebd01 »>batzri

 

Seli’hote pour les yamim noraïm « Ben Adam » par le hazzan Rabbi Hagay Batzri rite sépharade yerushalmi et Halabi « http://www.youtube.com/v/2-Ul0B_mBWc&hl=fr&fs=1&color1=0xe1600f&color2=0xfebd01 »>  batzri

« Adon Haseli’hote »par le hazzan Rabbi Hagay Batzri  rite sépharade yerushalmi et Halabi « http://www.youtube.com/v/uLfUMGhLw7g&hl=fr&fs=1&color1=0xe1600f&color2=0xfebd01 »> batzri

(sources – Lamed – Mekordaat – Modia – Beth Loubavitch – irpourdemain – sheelot@free.fr – Wikipedia – Fonds social juif unifié – Chabad.org – Un Echo d’Israël – Alliance – Vie Juive/Rav  Chlomo Aviner – Claude Riveline sur Akadem « Roch Hachana et le Chofar » – Roch Hachana/Yom Kippour Yad-Laa’Him  – Center Blog)

Poème :

YOM KIPPOUR

Pour l’homme, Tu as créé le monde un soir.

Tu as caché Ta lumière. Mais Ta gloire

Baignera un jour les contours de la terre.

Tu sèmes tant d’amour dans tout Ton univers,

Envers nous Tu fais preuve de tant de bontés

Que tous devraient toujours marcher à tes côtés.

Pourtant que faisons-nous, ô notre unique Roi ?

Nous ne te prions pas, nous ignorons Ta loi.

Mais, Roi Un et magnifique, Toi Qui voit tout,

Vois les larmes amères coulant sur les joues ;

Regarde Tes enfants tombés dans le malheur.

Ecoute leurs cris, vois leur détresse, leurs peurs.

Auras-tu pitié d’eux ? Leur pardonneras-tu ?

Père miséricordieux, tant s’étaient perdus !

Repenties, Tes créatures Te reviennent

Entendant le chofar. Les voici. Tu règnes !

Maryse

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image du site Terre d’Israel _____________________________________________________

 SOUCCOT


(FÊTE DES CABANES OU FÊTE DES TABERNACLES)
incluant CHEMINI ATSERET ET SIM’HAT TORAH

Une fête entièrement placée sous le signe de la joie

Pour un cours complet sur la fête, allez sur Modia : … Souccote et le sens du mois de Tichri, un diamant qui contient toutes ces fêtesou ici: Modia


Akadem proposent des cours audiovisuels ici:

Roch hachana, Kipour, Soucot
L’universalité des fêtes de Tichri
par Philippe Haddad

‘La souca, origine et significations A l’ombre de Dieu ‘,
par Philippe Haddad

Souccot en Sibérie ici :  http://www.universtorah.com/ns2 dossier .php? idd=1318.

Les 4 espèces du loulav de Souccot : etrog,  aravah (à gauche), loulav (au centre), hadassim (à droite)

« Vous habiterez dans des Souccot pendant 7 jours. Chaque membre du peuple d’Israël devra habiter dans les Souccot. Afin que vos générations futures sachent que j’ai installé les Béné Israël dans des Soukkot, lorsque je les ai sortis d’Egypte… »  (Vaykra 23 )

Nos maîtres expliquent dans la Guemara Soukka (11b) qu’il s’agit des colonnes de nuée avec lesquelles Hashem a entouré les Béné Israël, pour ne pas qu’ils subissent le soleil (mais Il ne les a pas installé dans de véritables cabanes comme nous le faisons). Par conséquent, lorsqu’on accomplit la mitsva de siéger dans la Soucca, il est bon d’avoir la Kavana (la pensé) qu’Hashem nous a ordonné de s’installer dans la Soukka en souvenir de la sortie d’Egypte, ainsi qu’en souvenir des colonnes de nuée avec lesquelles Hashem a entouré les Béné Israël dans le désert.

Il est rapporté dans le Midrach (Sifré Piska 83) sur le verset « La nuée d’Hachem était avec eux la journée… » (Bamidbar 14-14) :

Il y avait 7 nuées :

1 nuée à chacun des 4 coins cardinaux (pour les protéger de tous les dangers)

1 nuée au dessus d’eux (pour les protéger des intempéries)

1 nuée en dessous leurs pieds (pour aplanir et nettoyer le chemin)

1 nuée devant eux (pour leur indiquer le chemin)

C’est pour cela que nous avons le devoir d’habiter la Soucca pendant 7 jours en Israël, 8 jours en diaspora.

MONTRER NOTRE CONFIANCE EN HAQADOCH BAROUKH HOU

Dès après la fête de Kippour, on commence à construire la cabane dans laquelle vivra chaque famille juive pendant 7 jours en Israël et pendant 8 jours en diaspora (on y prendra ses repas, on y recevra ses amis, on y dormira – lorsque le temps le permet – mais surtout on y priera et on y recevra les « Ouchpizin » (les 7 invités qui visiteront ces jour-là, l’un après l’autre, du début de la fête à la fin, la soucca de tous les Juifs du monde – du 15 au 21 du mois de tichri et que l’on honnorera par une prière d’invitation à leur égard tout en soulignant chaque soir l’un des 7 en particulier et dans l’ordre ; ce sont, le 1er jour Abraham, le 2e jour Isaac, le 3e jour Jacob, le 4e jour Joseph, le 5e jour Moïse, le 6e jour Aaron et le 7e jour le roi David, pour lesquels on laissera, symboliquement, une chaise d’honneur vide, sur laquelle on aura posé des livres saints. Après Roch Hachana, le nouvel an Juif, fête austère centrée sur la repentance, avec retour à D.ieu et quête du Pardon Divin, vécu dans la Torah à Yom Kippour, accompagnés des « jours redoutables » qui emplissent d’inquiétude tout Juif, fêtes au terme desquelles tous espèrent avoir été pardonnés), une période sympathique, mais non moins profonde est celle de Souccot, où tout acte concret doit viser à élever toute matérialité vers le spirituel et où nous devons apprendre à accepter les défis et être prêts à donner et à recevoir l’amour.

Dans le désert, les tentes ont assuré pendant 40 ans la survie du peuple juif, qui se trouvait entouré par les nuées de la Gloire divine la protégeant de tout mal. Un peu à l’instar du Chabbat, cette fête allie prière, « devekoute » (adhésion à Hachem) et joie. Vient alors le temps de vivre à l’extérieur pendant toute une semaine, de se réunir sous une cabane précaire au toit fait de végétaux et à travers lequel on peut apercevoir le ciel.

La « soucca » est une réminiscence des tentes dans lesquelles les Hébreux résidèrent au cours de leurs pérégrinations dans le désert après l’Exode d’Égypte. Elle reflète la bienveillance de Dieu, qui, pendant cette période, a pourvu au moindre de leurs besoins. Tout au long de leurs pérégrinations, les Hébreux furent en effet protégés en permanence par D.ieu sous la forme de colonnes de feu la nuit et de nuées le jour. Ils pouvaient et devaient s’en remettre entièrement à lui de façon sincère et confiante, ce qui était en fait la condition pour que Dieu leur fournisse cette protection tandis qu’ils étaient vulnérables. La fête de « Souccot » est donc, outre une occasion joyeuse, « Yom Sim’hateinou » (le jour de notre joie) ou « Z’man Sim’hateinou » (le temps de notre réjouissance), une occasion de se remémorer la proclamation de l’abandon de soi au Créateur et la reconnaissance que la vie terrestre n’est qu’un épisode de l’âme et que les biens matériels ne sont accordés que par le Créateur et non par notre seul mérite.

« Quand tu rentreras les produits de ton aire et de ton pressoir et que tes maisons seront alors remplies du meilleur du blé, du vin et de l’huile, afin que vous vous rappeliez que je vous ai fait séjourner dans des tentes dans le désert, tu te rappelleras cette traversée de 40 ans que l’Eternel, ton D.ieu t’a fait subir dans le désert. Il t’a nourri avec la manne, pour te prouver que l’homme peut vivre de tout ce que produit la parole de l’Eternel, et pas seulement de pain.« (Deutéronome 8,2-3)

« Car l’Eternel, ton D.ieu, te conduit dans un bon pays… Peut-être, jouissant d’une nourriture abondante, bâtissant de belles maisons où tu vivras tranquille…, ton coeur s’enorgueillirait-il et tu en oublierais l’Eternel, ton D.ieu, qui t’a fait sortir du pays d’Egypte, qui t’a conduit à travers ce vaste et redoutable désert, plein de serpents venimeux et de scorpions, sol aride et sans eau, qui a fait pour toi jaillir des eaux de la pierre des rochers, qui t’a nourri de la manne… et tu dirais alors en ton coeur : ‘C’est ma propre force, c’est le pouvoir de mon bras qui m’a valu cette richesse’, alors qu’au contraire c’est de l’Eternel, ton D.ieu, que tu dois te souvenir car c’est Lui qui t’a donné le moyen d’arriver  cette prospérité. » (Deutéronome 8,7-18)

Les « Bnei Israel » tentent, à cette période, de réparer les malheurs de l’exil ;
de la même manière que le divorce d’avec Hachem a lieu par le biais de
l’idôlatrie (la forme d’infidélité par excellence), le divorce entre les humains s’effectue à cause d’une trop grande jalousie qui rend l’homme égoïste,
égocentrique et conduit à la haine gratuite que nos Sages qualifient de « faute suprême ». En effet, n’est-ce pas cette même haine qui est à l’origine de la destruction du second Temple, de l’exil des « Bnei Israel » qui dure depuis 2000 ans, et qui a également fait périr les 24 000 élèves de Rabbi Akiva. Ainsi tout Juif peut-il réparer cette faute en essayant de ressentir le goût amer de l’errance en terre étrangère, où on lui rappelle constamment qu’il n’est qu’un « résident temporaire », tout ceci ayant pour but de le faire réfléchir sur sa véritable condition, de lui rappeler ses impératifs et de l’amener à se rapprocher de ses semblables, autrement dit, la  solidarité comme remède à l’égoïsme et à la jalousie.

LA FÊTE DE L’ENGRANGEMENT

A Souccot, on fête le Créateur à travers les splendeurs de la nature, on s’en
réjouit, comme on se réjouit de la compagnie des autres, et ce que nous avons
pu ne pas bien faire ou oublier à Roch Hachana et à Kippour pourra peut-être
ainsi nous être pardonné, ce qui est concrétisé par le dernier jour de Souccot. Hachaana rabba. Nous avons l’obligation de vivre complètement pendant toute cette période dans la soucca. On y prend tous ses repas, on y étudie, on y discute, on y chante, on y dort (lorsque le temps le permet), car bien sûr, sous nos climats européens, en ces mois d’automne, le temps n’est pas forcément clément. Cependant, équipés de bonnet, de pulls et d’un bon sac de couchage, le séjour est chaleureux et plein de merveilles.

Le secret de cette joie, c’est le Midrach qui nous l’enseigne : « Pourquoi
constuit-on une Soucca juste après Yom Kippour ? Pour faire suite au fait qu’à Roch Hachana, D.ieu juge l’ensemble de l’humanité et à Yom Kippour, Il scelle son jugement. Or peut-être méritons-nous alors d’être exilés. C’est pourquoi l’on fabrique une soucca dans laquelle on s’exile, quittant nos habitations ; ainsi Hachem nous comptabilise cette action comme si nous
avions été exilés en Babylonie. »
Pendant cette période, sont accueillis successivement, chaque jour de la fête, les 7 Ouchpizine de Souccote, (mot qui signifie « hôte » en Araméen (les 7 Patriarches), ancêtres si chers
aux Bnéi Yisrael, l’influence de l’un d’entre eux est particulièrement dominante l’un des jours et ses qualités nous enseignent des leçons à appliquer dans notre service de D.ieu. Voici le Ouchpizine accompagnés de leurs attributs propres : AVRAHAM,
(amour et bonté) YITS’HAQ, (rigueur
et force personnelle) YAÂQOV, (beauté
et vérité) MOCHE, (éternité et
dominance de la Torah) AHARONE, (empathie
et réceptivité face à la splendeur divine) YOSSEF
(sainteté et fondements spirituels) et DAVID
Hamelekh (établissement du royaume  – paradis terrestre).

Afin d’accueillir ces âmes illustres, on réserve un siège vide à table en recouvrant une chaise de beaux tissus et de livres saints. La tradition veut que l’on récite une invitation mystique pour le premier repas dans la soucca.

Au temps du Temple, on y accueillait les 70 nations de la terre, ce que nous faisons aussi de façon symbolique dans la Soucca. Ainsi la solidarité à l’intérieur du peuple juif et envers tous les peuples de la terre est-elle représentée lors de la fête de Souccot.

Les 2 premiers jours de Souccot (le 15 et le 16 Tichri) sont « Yom Tov« ,
des jours de fête, avec toutes les lois qui se rapportent à ce statut.
Les interdictions du Chabbat s’appliquent, à l’exception de certaines
tâches liées à la préparation de la nourriture : il est notamment
permis de manipuler et d’allumer du feu, mais à partir d’une flamme
déjà existante (cependant, il reste interdit de l’éteindre), de mettre
des aliments à cuire et de faire passer un objet d’un domaine à l’autre
ou de le transporter dans le domaine public.

Les jours suivants sont appelés « ‘Hol Hamoède » (jours de demi-fêtes) comportant quelques restrictions concernant le travail. Il y règne toujours une atmosphère de fête, mais celle-ci apparaît sous un autre aspect, qui était inaccessible pendant Yom Tov. Pendant cette période, il est permis de voyager pour rejoindre de la famille ou des amis, danser et chanter au son d’instruments de musique, comme on le faisait au Beit Hamikdache, le Temple à Jérusalem, lors des grandes réjouissances de Sim’hat Beth Hachoéva, (la joie du puisement de l’eau), qui était ensuite offerte en libation sur l’autel du Temple.

Hochaana Rabba est le 7ème jour de Souccot (le 21 Tichri). Bien que faisant partie de  » ‘Hol Hamoède » (demi-fêtes), c’est une fête d’envergure. C’est en effet le jour où le jugement divin entamé à Roch Hachana est finalement tranché. Il est donc marqué par des prières de supplications particulières dans lesquelles nous implorons D.ieu de nous juger favorablement. Nous consommons néanmoins un joyeux repas de fête dans l’après-midi, confiant dans la bienveillance de D.ieu. C’est le dernier jour où l’on accomplit la « mitsva des 4 espèces » et où nous récitons la bénédiction de la soucca.

fête de Souccot

  rare : une soucca dans une rue à Paris _______________________________________________________

Directement à la suite de Souccot, les 21 et 22 Tichri sont 2 jours de « Yom Tov » : « Chemini Atséret » et  « Sim’hat Torah« . « Atséret » signifie à la fois « assemblée » ou « retard du départ ». « Chemini Atséret  » est donc « l’assemblée du 8ème jour ». Comme ce nom l’indique, c’est un prolongement de Souccot, mais c’est aussi une fête en soi qui marque la conclusion de toutes les fêtes du mois de Tichri : D.ieu « prolonge » en quelque sorte le partage de la foi et de la joie avec Son peuple pour une dernière fête avant que ceux-ci quittent la sainteté de Tichri et retrouvent la vie quotidienne.

PLANTES ET FRUIT SYMBOLIQUES DE SOUCCOT

Le loulav symbolise la Torah, mais chacun des « arbaa minim »  (loulav), les 4 espèces représentées lors de la fête de Souccot et rassemblées dans la main pendant les prières, correspond aussi, symboliquement, aux 4 sortes de Juifs, sachant que chaque juif peut être défini par sa connaissance de la Torah (l’esprit : le parfum) et par sa pratique religieuse (l’action : le fruit). Ainsi le loulav représente-t-il tout le peuple d’Israël :

– L’ETROG (ou cédrat) a un pouvoir nutritif et possède un délicieux parfum
(qui évoque la science, la capacité d’enseigner et la nourriture évoquant les
bonnes œuvres). Il représente LE TSADDIQ qui a la connaissance de la
Torah et qui pratiquent les mitsvote.
(il est d’ailleurs à noter que le
cédrat, pour être cacher, doit répondre à des exigences très strictes. Il est
protégé dans un écrin comme un bijou, d’où sa rareté et le prix que l’on doit
parfois payer pour l’acquérir, comme ceux qu’il représente) ;

– LE ‘HADAS, la myrthe, n’a pas de fruit mais sent bon, comme LE
SAVANT EN TORAH QUI NEGLIGE LES MITSVOTE.

– L’ARAVA, le saule, qui n’a ni odeur, ni fruit. Il représente le LE JUIF QUI NE PRATIQUE PAS LES MITSVOTE de la Torah et NE FAIT PAS D’ACTES MERITOIRES, qui, par conséquent n’a ni science ni vertu, mais qui cependant compte dans le peuple à part entière pour que celui-ci soit complet.

– LE LOULAV, le palmier, porte de bons fruits, mais ne dégage aucun parfum. Il représente CELUI QUI RESPECTE LA TORAH, FAIT DE BONNES ŒUVRES, MAIS N’EST PAS SAVANT EN TORAH.

Pour que notre prière soit agrée par Haqqadoch Baroukh Hou, il faut donc que, comme le « loulav » rassemblé dans la main, tout le peuple soit
réuni. « L’arbaa minim » « le loulav », nous aide à comprendre qu’il est le symbole de l’unité du peuple juif et de sa solidarité. « de même Israël ne retournera à sa terre que lorsqu’il sera uni et formera un seul bouquet. » (Tan’houmach)

LES FEMMES SONT DISPENSEES DE LA MITSVA DU LOULAV. (Elles peuvent cependant la réaliser si elles le souhaitent).

 Construction de la soucca _____________________________________________
DINIM (LES LOIS) DE LA SOUCCA

« Tu célèbreras la fête des cabanes durant sept jours quand tu rentreras les produits de ton aire et de ton pressoir. » (Deutéronome 16,13)

L’une des modalités qui régit les lois de la soucca afin qu’elle soit cachère, il est stipulé que l’on doit voir le ciel et les étoiles à travers le feuillage de la toiture et que l’ombre projetée à l’intérieur par le sekhakh (couverture – de branchages ou paillage) soit supérieure à la lumière qui y pénètre par le soleil de midi, s’il y a plus de lumière que d’ombre, la soucca n’est pas cachère, car le regard humain ne doit pas se perdre dans les limites de la temporalité, mais doit être capable de percevoir l’au-delà, le ciel, cet horizon qui indique l’univers d’Hachem, au-delà de l’éphémère. Le traité Soucca 2a dit : « Quitte ton habitation fixe, ta maison habituelle et va habiter dans une demeure provisoire ». Mais pendant cette semaine privilégiée dans la soucca, nous devons parvenir, par notre action, accompagnée par la conscience de l’intériorité de ce qui s’y déroule, à contribuer à l’union de nombreuses dimensions les plus élevées possibles. Pendant cette période, nous échappons à la contrainte du temps et pouvons ainsi ressentir le caractère éphémère de la vie, toujours en collectivité, comme à la synagogue, en dehors de chez soi, pour réfléchir au sens de la vie, interroger sa conscience et se tourner vers Celui qui dépasse le temps : le Maître de l’univers.

Tous les matériaux conviennent pour les parois de la soucca, même les murs d’une maison et les arbres, à condition toutefois que leurs constituants ne dégagent pas de mauvaise odeur ou ne se dessèchent pas trop rapidement, de telle sorte que les parois ne resteraient pas intactes pendant les 7 jours de la fête (car une soucca doit pouvoir être utilisable pendant toute la fête). Les parois doivent pouvoir résister à un vent normal, mais si elles sont branlantes et bougent au moindre vent, elles ne sont pas cachères, même en l’absence de vent. C’est pourquoi, si on fait les parois avec des couvertures ou des tentures, il faudra absolument bien les fixer et les tendre de tous les côtés ou faire tenir ces parois à l’aide de planches.

La soucca doit avoir au moins 3 murs. La hauteur minimale des murs doit être de 10 tefa’him (entre 80 et 100 cm). Les parois qui sont surélevées du sol d’une hauteur de 3 tefa’him (24 cm) ne sont pas cachères. Il n’est pas nécessaire que les parois atteignent le toit de la soucca. Son volume – après avoir accroché les tentures et décorations aux parois – doit être d’au moins 56 cm sur 56 (7 tefa’him). Si cette dimension n’est pas respectée, la soucca n’est pas cachère. La hauteur maximale est de 20 ama (9,60 m) et la hauteur minimale de 10 tefa’him. La table doit impérativement se trouver dans la soucca ; si elle se trouve à l’extérieur de la soucca, à côté de la porte et qu’on est assis à l’intérieur pour y manger, cela revient à ne pas manger dans la soucca.

La verdure du toit de la soucca doit être disposée en longueur et en largeur, afin qu’aucune partie ne reste vice d’une paroi à l’autre. La sekhakh (couverture) doit avoir été placé dans l’intention de servir à la soucca ou pour procurer de l’ombre. S’il s’est fait de lui-même (par exemple, il est tombé des branches sur la soucca), ou s’il n »a été fait que pour abriter des objets des regards, il n’est alors pas cachère. Cependant, on peut y remédier en soulevant légèrement les branches pour les reposer à nouveau sur le toit, avec l’intention de réaliser la mitsva (le commandement) de la soucca. On ne doit pas relier le toit de la soucca aux parois par des clous ou des cordes, ni placer sur le toit des matériaux non cachères afin de le rendre plus solide.

IMPORTANT : TOUTE SOUCCA QUI N’EST PAS CACHERE NE PERMET PAS L’ACCOMPLISSEMENT DE LA MITSVA (commandement de la Torah)

LA SYMBOLIQUE DE SOUCCOT

La fête de Souccot est une des rares occasions d’impliquer toute la
famille dans une expérience religieuse aussi plaisante, chacun pouvant
participer à la construction de la Soucca ; on prend les repas
de fête en famille dans un environnement naturel où règne un parfum de
fête et où l’atmosphère est détendue. Cette expérience est mémorable
non seulement pour les enfants, mais aussi pour les adultes, car nous
n’avons pas souvent l’occasion de vivre de la sorte.

Le symbole de la « soucca », c’est l’ombre du Créateur qui se trouve dans chaque âme juive. Une fois construite, la soucca acquiert un caractère de sainteté équivalente à celle de la synagogue. En effet, le Zohar Emor 103a, nous apprend que la soucca produit une concentration intense d’énergie spirituelle telle que la présence divine s’y dévoile de la même manière que dans le « Gan Eden » (Jardin d’Eden) pour les âmes méritantes
et quand on se comporte selon un de ces attributs spirituels, la lumière divine
éclaire le monde et le rapproche de son achèvement. Il est aussi écrit « On
a le devoir de réjouir les pauvres et la part (mise de côté pour les Ouchpizin) leur revient ».

Le Ari z’’al dit que « le temps de la soucca est le secret des jours, celui de la réparation de la faute d’Adam et que cela prend un temps immense dans lequel nous sommes ». Le nom  « soucca » en hébreu est composé de ce qui exprime la plus grande union possible entre les noms de D.ieu : les lettres « khaf » et « vav », faisant la « guématria » (valeur numérique) du nom de Hachem et les lettres « samekh »
et « hé » font la « guématria » du nom Eloqim. C’est sur ces mêmes bases
que doit être bâtie la « soucca », pour laquelle nous quittons notre bien-être
quotidien pour nous installer dans une cabane dans laquelle nous ne sommes,
nous aussi, que des invités. Le sentiment de confort, de richesse, de
supériorité et de domination de l’homme se trouve alors réduit et celui de la
solidarité et de la générosité peut s’exprimer, ce qui est le meilleur moyen de
réparer la faute de la haine gratuite et de pouvoir enfin espérer hâter la
délivrance finale, celle qui nous mènera tous à Jérusalem, dans le Temple
reconstruit.

Mais après la fête et tout au long de l’année, chacun devra s’efforcer de continuer à « vivre intérieurement dans la soucca », ce lieu temporaire spécifique au peuple juif, qui n’est pas une bulle fermée et isolée, mais une bulle commune pour rejoindre l’autre,  pour une vie reliée à la Présence Créatrice, pour garder une image commune, égale, complémentaire et chaleureuse de tout le genre humain où, comme les tribus des Hébreux dans le désert, chacun est un membre vital de la beauté de l’ensemble de ce grand corps qu’est Israël, réalité voulue par le Créateur. Comme il est dit dans « L’essence de la Torah », du Rav Mordekhaï Chriqui et du Dr Avraham-Gilles Morali : « Il n’y a en effet qu’un seul Bien à rechercher dans ce monde, c’est celui de la proximité avec Hachem. »

« Pour moi, l’intimité avec Hachem est mon bonheur.  Il est une chose que je réclame constamment, c’est de séjourner dans la maison d’Hachem tous les jours de ma vie et  de contempler la splendeur de D.ieu. » (Psaumes 73, 28, 27, 4)

Ainsi celui qui s’assied à l’ombre de la soucca s’assied et s’abrite à l’ombre de la confiance en Haqqadoch Baroukh Hou (le Saint béni soit-Il.).

LA SAINTETE DE LA SOUCCA

« De même que le nom de D.ieu reposait sur le sacrifice de la fête (Korban ‘Haguiga), de même repose-t-il sur la soucca. » (Traité Soucca)

Du fait que la soucca acquiert un caractère de sainteté équivalente à celle de la synagogue, on doit donc s’y conduire avec beaucoup de respect, ne pas traiter de sujets profanes, ne pas s’y installer pour jouer, rire ou y plaisanter. On n’introduit pas dans la soucca les ustensiles où on a cuit le repas, mais on transvasera les aliments des marmites dans des plats pour les servir dans la soucca. On ne rince pas la vaisselle dans la soucca. On peut introduire des meubles et des tapis et y surpendre des fruits et des fleurs en guise de décoration. La soucca étant consacrée à D.ieu, il est interdit pendant toute la fête d’utiliser le sékakh ou les parois ou les décorations pour un usage personnel.

PETIT GUIDE PRATIQUE POUR LA FÊTE DE SOUCCOT

Prière avant d’entrer dans la soucca :
(en phonétique) Yehi ratson milefanékha Ado-naï élohaï vélohé avotaï chétachré chekhinatekha bénénou, vetifros ‘alénou soukat chelomékha, bizkout mitsvat souka chéanou mekayemim, leya’hda cheméh dekoudcha berikh hou ouchkhintéh bid’hilou our’himou our’himou oud’hilou, leya’hda chèm yod hé bevav hé beyi’houda chelim bechém kol yisraél, oulhakif otam miziv kevodékha hakadoch vehatahor, natouy ‘al rachéhém milma’la, kenécher ya’ir kino, oumicham youchpa’ chéfa’ ha’hayim le’avdekha (dire son nom : ben amatékha), ouvizkhout tséti mibéti ha’houtsa vedérekh mitsvotékha aroutsa, yé’hachév li zot leïlou hir’hakti nedod, vehérév kabesséni mé’avoni oumé’hatati taharéni véouchpizin ‘ilaïn ouchpizin dimhémenouta tihyéna oznaï kachouvot rav berakhot, velare’évim gam tseméim tén la’hmam oumémam hanéémanim, vetitén li zekhout lachévét vala’hassot vessétér tsél kenafékha be’ét petirati min ha’olam, outkhabésséni mizérém ki tamtir ‘al recha’im pa’him, out-hé ‘hachouva mitsvat souka zo chéani mekayém kéïlou kiyamtiha bekhol peratéha vedikdoukéha outnaéha vekhol mitsvot hatelouyim bah, vetétiv lanou ha’hatima. Outzakénou léchév yamim rabim ‘al haadama admat kodéch ba’avodatékha ouvyir-atékha. Baroukh Adonaï le’olam amén veamén.

(traduction en français) « Mon D.ieu et D.ieu de mes pères, veuille faire résider Ta Présence parmi nous et étends sur nous le pavillon de la paix par le mérite du commandement de la soucca que nous accomplissons. Entoure-les de l’éclat saint et pur de Ta gloire, suspendu sur leurs têtes comme un aigle qui veille sur son nid. Qu’un flux de vie se répande de là sur ton serviteur (un tel, fils d’une telle, ta servante). Et que le fait d’être sorti de ma maison et d’avoir couru sur la voie de Tes commandements me soit compté comme si j’avais fui au loi. Lave-moi complètement de ma faute et purifie-moi de mes péchés. Et par l’intermédiaire des hôtes supérieurs, les hôtes de la foi, que mes oreilles soient attentives pour que je puisse recevoir nombre de bénédictions. Accorde fidèlement aux affamés et assoiffés leur ration de pain et d’eau. Permets-moi de rester à l’abri sous l’ombre de Tes ailes au moment où je quitterai ce monde. Mets-moi à l’abri des torrents de pluie quand Tu feras pleuvoir des malheurs sur les méchants. Que ce commandement de la soucca me soit compté comme si je l’avais accomplie dans tous ses menus détails et avec tous les commandements y afférant. Que notre jugement soit scellé pour le bien ! Permets-nous de rester longtemps sur la terre, la Terre Sainte, pour Te servir avec crainte. Bénis sois-tu Eternel à tout jamais ! Amen et Amen. »

La veille au soir on allume les bougies (au moins deux) dans la soucca (sauf en cas de vent pouvant empêcher l’allumage ou éteindre les flammes), auquel cas on placera les bougies – qu’on ne doit plus déplacer ensuite – à l’intérieur de la maison – comme il est d’usage à chaque fête. Après avoir mis quelques pièces à la Tsédaka (rétablissement de la justice en aidant les pauvres), les femmes mariées allument les bougies à l’heure indiquée sur le calendrier (les jeunes filles et les petites filles allument une bougie) avec les bénédictions suivantes : « Barou’h ata Ado-naï Elo-hénou mélè’h haolam achère kidéchanou bémitsvotav vetsivanou lehadlik ner chèl yom tov (Béni
sois-Tu Éternel, notre D.ieu, Roi du monde, qui nous a sanctifiés par
Ses commandements et nous a ordonné d’allumer les lumières de la fête) et « Barou’h ata Ado-naï Elo-hénou mélè’h haolam chéhé’héyanou vékiyemanou vehiguianou lizmane hazé »
(Béni sois-Tu Éternel, notre D.ieu, Roi du monde, qui nous a fait vivre et exister et parvenir à cette époque)

Le second soir de la fête, à l’heure indiquée sur le calendrier,
elles allument les bougies avec les mêmes bénédictions, à partir d’une
flamme existante (par exemple une bougie de 48 heures allumée avant la
fête). Lorsque un des jours de fête tombe un Chabbat, on récite la bénédiction suivante avant d’allumer les bougies : « Barou’h ata Ado-naï Elo-hénou mélè’h haolam achère kidéchanou bémitsvotav vetsivanou lehadlik ner chèl Chabbat véchel Yom Tov » (Béni
sois-Tu Eternel, notre D.ieu, Roi du monde, qui nous a sanctifiés par
Ses commandements et nous a ordonné d’allumer la lumière du Chabbat et
de la fête)

Dès qu’il fait nuit, (à la sortie des étoiles) le premier soir de Souccot, quand on revient de la synagogue, en entrant dans la soucca on fait le kiddouch de Yom Tov sur une coupe de vin ou du jus de raisin, dans la soucca. On récite la bénédiction suivante : « Baroukh ata Ado-naï, Elo-hénou méle’h haolam boré féri haguéfène » Avant d’y manger du pain ou du gâteau, ou d’y boire du vin, on dira la bénédiction adéquate suivie de la bénédiction :
« Barou’h ata Ado-naï Elo-hénou mélè’h haolam achère kidéchanou bémitsvotav vetsivanou léchève bassoucca ». (Béni sois-Tu Eternel, notre D.ieu, Roi du monde, qui nous a sanctifiés
par Ses commandements et nous a ordonné de résider dans la soucca)

Bénédiction du loulav :

« Baroukh Ata Ado-naï élo-hénou
mélèkh haolam achèr kidéchanou bémitsvotav
vétsivanou al netilat loulav.
Baroukh Ata Ado-naï élo-hénou mélèkh
haolam chéhé’héyanou vékiyémanou véhiguianou
lizmane hazé. »

Pour un cours complet sur la fête, allez sur Modia :

… Souccote et le sens du mois de Tichri, un diamant qui contient toutes ces fêtes            

And let them make Me a sanctuary, that I may dwell among them. Exodus.jpg  Les Premiers Hebreux sortis d’Egypte suivirent leur route dans le désert, guidés le jour par des nuées et la nuit par une colonne de feu. Autour du Beit Hamikdach (où reposait l’arche d’alliance), étaient disposées les tentes des Hébreux, qu’ils démontaient et transportaient jusqu’à l’étape suivante. La première de ces étapes où s’arrêtèrent les 12 tribus s’appelait Souccot. Le Bet Hamikdach était mobile à cette époque et sous la responsabilité de la tribu des Levi, que nous celebrons en les reconstruisant provisoirement pour la fête de Souccot, à proximité de nos maisons, et dans lesquelles nous mangeons nos trois repas quotidiens pendant 7 jours, afin de nous rappeler ce long séjour vers la Terre Promise.

Perinage a Jerusalem au temps du Bet Hamikdach.jpg    Le Temple de Jérusalem –  La famille des premiers Cohanim (pluriel de Cohen – qui signifie prêtre en hébreu, celle de la famille de Aaron,dont celui-ci fut le premeir Grand Prêtre désigné par l’Eternel. Il était le frère de Moïse, de la tribu des Levi. Cette famille grandit au fil des années et des siècles. Ils étaient responsables de tout ce qui se passait au Temple de Jerusalem jusqu’a la fin de l’existence du Royaume de Juda et la destruction par le romain Titus du dernier Temple, celui appele 2e temple, construit par Hérode le Grand. Les Cohanim et les 70 sages du Bet Hamikdach, (le Temple), votaient pour la succession du Grand Prêtre, Cohen Hagadol. Les autres Cohen, devaient travailler pour le Grand Prêtre exclusivement dans le Temple. Ils vivaient des 10% des recoltes et produits des habitants d’Israël et Juda,  qui versaient cette dime pour la maintenance du Temple, des Sacrifices et du Bien-Etre des Cohanim et Levi qui travaillaient pour eux à ce Service  » Avoda Kedocha « , tâches divines. Certains Cohanim ne servaient pas au Temple, mais avaient des fonctions similaires dans les autres villes du Royaume des Rois d’Israël et de Judée en tant que Juges, leaders sprituels , etc.. Les Levi officiaient en tant que chorale et musiciens du Temple et aidaient les Cohanim dans leurs nombreuses tâches quotidiennes. ___________________________________________________

‘Hag Souccot Saméa’h lékoulam !
Bonne fête de Souccot à tous !

(Sources : Rabbin Harold Weill – Rabbin Jacky Milewski – Rav Dufour – Claude Riveline – Rabbi de Loubavitch – Rav Mordekaï Chriqui, Dr Avraham-Gilles Morali –  soucca.fr -« La Fête de Souccot » aux éditions Peïlim Yad-Laa’him – Dafina.net  – Rav David Pitoun – Calendrier du Consistoire)

Poème :

SOUCCOT

Etendue sous le dais du feuillu entrelas

Qui recouvre le toît de ma frêle soucca

Je vois les étoiles danser au firmament ;

J’entends dans les branches le frais souffle du vent

Qui chuchotte mille choses à l’oreille

Pendant que la lune fidèlement veille…

Un hibou hulule. Un chien au loin aboie…

Le silence de la nuit retombe sur moi.

Puis, au loin, un bruissement d’ailes et des cris :

Ceux d’un mulot, proie du hibou qui se nourrit.

Belle, cruelle, généreuse nature

Qui, par D.ieu depuis des millénaires dure.

L’Eternel fit des merveilles pour les Hébreux,

Quand, au sortir d’Egypte, Il fut si généreux

Leur procurant la manne, l’ombre des tentes

Pour se nourrir, reposer leur marche lente,

Ils allaient ‘Michkan’ en tête ; pour les guider

En ce désert inhospitalier, les nuées.

D.ieu de nous réclame la participation,

A Ses demandes, Ses mitsvote l’adhésion.

Sous ma précaire soucca je dis à D.ieu :

Vois, je quitte ma maison, comme Tu le veux

Je vis dans la nature, comme je le peux,

Inconfortable, ouverte à tous les vents,

Accomplissant Ta volonté, très humblement.

Les Enfants d’Israël aussi, les survivants

Qui résistent depuis si longtemps aux méchants,

Ceux qui, loin de leur terre, se sont mélangés,

De force ont été convertis, ont oublié

Qu’ils appartenaient à ce grand peuple de D.ieu.

Ils s’étaient éparpillés partout sous Tes cieux ;

Aime-les, aide-les, Protège-les, pour Toi,

Eux, Tes enfants, Ton autre trésor, fils du Roi.

Ramène-les vers Toi, oh Toi, le Tout Puissant,

Et que jamais ne se perdent dans le néant.

Maryse

Images intégrées 6

CHANA TOVA ISRAËL !