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Horaires du Chabbat en France

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Vaéra

Retrouvez la paracha de la semaine en français et en hébreu sur 

 

 

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Déb.
17.16
17.07

16.55

17.16
17.12

17.20

17.26
17.35
17.40
Fin

18.28

18.21
18.07
18.24
18.18
18.26

18.32

18.41
18.47

Cours de judaïsme du Rav Dynovisz

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Un cours vidéo du Rav ‘Haïm Dynovisz

Voir la vidéo : Le vrai secret de la terre d’Israel- Rav Kook- Orot- 20 janv 2020

(Source : Site du Rav)

PARACHAT HACHAVOUA – PARACHA DE LA SEMAINE du vendredi 27 au Chabbat 28 Tevet 5780 (du vendredi 24 au samedi 25 janvier 2020)

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Cette semaine, nous étudions la paracha Vaéra (Chémot 6,2 – 9,35)
6,2
Dieu adressa la parole à Moïse, en disant: « Je suis l’Éternel.
6,3
J’ai apparu à Abraham, à Isaac, à Jacob, comme Divinité souveraine; ce n’est pas en ma qualité d’Étre immuable que je me suis manifesté à eux.
6,4
De plus, j’avais établi mon alliance avec eux en leur faisant don du pays de Canaan, cette terre de leurs pérégrinations où ils vécurent étrangers
6,5
et enfin, j’ai entendu les gémissements des enfants d’Israël, asservis par les Égyptiens et je me suis souvenu de mon alliance.
6,6
Donc, parle ainsi aux enfants d’Israël: ‘Je suis l’Éternel! Je veux vous soustraire aux tribulations de l’Égypte et vous délivrer de sa servitude; et je vous affranchirai avec un bras étendu, à l’aide de châtiments terribles.
6,7
Je vous adopterai pour peuple, je deviendrai votre Dieu; et vous reconnaîtrez que moi, l’Éternel, je suis votre Dieu, moi qui vous aurai soustraits aux tribulations de l’Égypte.
6,8
Puis, je vous introduirai dans la contrée que j’ai solennellement promise à Abraham, à Isaac et à Jacob; je vous la donnerai comme possession héréditaire, moi l’Éternel.’ « 
6,9
Moïse redit ces paroles aux enfants d’Israël mais ils ne l’écoutèrent point, ayant l’esprit oppressé par une dure servitude.
6,10
L’Éternel parla à Moïse en ces termes:
6,11
« Va, dis à Pharaon, roi d’Égypte, qu’il laisse partir de son pays les enfants d’Israël. »
6,12
Mais Moïse s’exprima ainsi devant l’Éternel: « Quoi! les enfants d’Israël ne m’ont pas écouté et Pharaon m’écouterait, moi qui ai la parole embarrassée! »
6,13
Alors l’Éternel parla à Moïse et à Aaron; il leur donna des ordres pour les enfants d’Israël et pour Pharaon, roi d’Égypte, afin de faire sortir les enfants d’Israël du pays d’Égypte.
6,14
Voici les souches de leur famille paternelle. Fils de Ruben, premier-né d’Israël: Hanoc, Pallou, Heçrôn et Karmi. Telles sont les familles de Ruben.
6,15
Fils de Siméon: Yemouel, Yamîn, Ohad, Yakhin, Çôhar et Chaoul, fils de la Cananéenne. Telles sont les familles de Siméon.
6,16
Et voici les noms des fils de Lévi, selon leur ordre de naissance: Gerson, Kehath, Merari. La durée de la vie de Lévi fut de cent trente-sept ans.
6,17
Fils de Gerson: Libni et Chimi, avec leurs familles.
6,18
Fils de Kehath: Amram, Yiçhar, Hébrôn et Ouzziel. Les années de la vie de Kehath: cent trente-trois ans.
6,19
Fils de Merari: Mahli et Mouchi. Ce sont là les familles lévitiques selon leur filiation.
6,20
Amram choisit Jocabed, sa tante, pour épouse; elle lui enfanta Aaron et Moïse. Les années de la vie d’Amram: cent trente-sept ans.
6,21
Fils de Yiçhar: Coré, Néfeg et Zikri.
6,22
Fils d’Ouzziel: Michaël, Elçafân et Sithri.
6,23
Aaron choisit pour épouse Élichéba, fille d’Amminadab, sœur de Nahchôn; elle lui enfanta Nadab et Abihou, Éléazar et Ithamar.
6,24
Fils de Coré: Assir, Elkana et Abiasaf. Telles sont les familles des Coréites.
6,25
Quant à Éléazar, fils d’Aaron, il choisit pour femme une des filles de Poutïel et elle lui enfanta Phinéas. Telles sont les souches paternelles des Lévites, selon leurs familles.
6,26
C’est ce même Aaron, ce même Moïse, à qui Dieu dit: « Faites sortir les enfants d’Israël du pays d’Égypte, selon leurs légions. »
6,27
Ce sont eux qui parlèrent à Pharaon, roi d’Égypte, à l’effet de conduire hors d’Égypte les enfants d’Israël; savoir, Moïse et Aaron.
6,28
Or, le jour où l’Éternel avait parlé à Moïse, dans le pays d’Égypte.
6,29
L’Éternel avait parlé ainsi à Moïse: « Je suis l’Éternel! Transmets à Pharaon, roi d’Égypte, tout ce que je te dirai. »
6,30
Et Moïse avait dit devant l’Éternel: « Certes, j’ai la parole embarrassée, comment donc Pharaon m’écouterait-il? « 
7,1
Alors l’Éternel dit à Moïse « Regarde! je fais de toi un dieu à l’égard de Pharaon et Aaron ton frère sera ton prophète.
7,2
Toi, tu diras tout ce que je t’aurai ordonné et Aaron, ton frère, parlera à Pharaon pour qu’il renvoie les Israélites de son pays.
7,3
Pour moi, j’endurcirai le cœur de Pharaon et je multiplierai mes signes et mes preuves de puissance dans le pays d’Égypte.
7,4
Pharaon ne vous écoutera pas, mais j’imposerai ma main sur l’Égypte et je ferai sortir mes légions, les Israélites mon peuple, du pays d’Égypte, après une vindicte éclatante.
7,5
Et les Égyptiens reconnaîtront que je suis l’Éternel, lorsque j’étendrai ma main sur eux et que je ferai sortir du milieu d’eux les enfants d’Israël. »
7,6
Moïse et Aaron obéirent comme l’Éternel leur avait enjoint, ainsi firent-ils.
7,7
Or, Moïse était âgé de quatre-vingts ans et Aaron de quatre-vingt-trois ans, lorsqu’ils parlèrent à Pharaon.
7,8
L’Éternel parla à Moïse et à Aaron en ces termes:
7,9
« Lorsque Pharaon vous dira: ‘Produisez une preuve de votre mission’, tu diras à Aaron: ‘Prends ta verge et jette-la devant Pharaon, qu’elle devienne serpent!’ »
7,10
Moïse et Aaron se rendirent chez Pharaon et firent exactement comme l’avait prescrit le Seigneur. Aaron jeta sa verge en présence de Pharaon et de ses serviteurs et elle devint serpent.
7,11
Pharaon, de son côté, manda les experts et les magiciens; et les devins de l’Égypte en firent autant par leurs prestiges.
7,12
Ils jetèrent chacun leurs verges et elles se transformèrent en serpent, mais la verge d’Aaron engloutit les leurs.
7,13
Le cœur de Pharaon persista et il ne leur céda point, ainsi que l’avait prédit l’Éternel.
7,14
L’Éternel dit à Moïse: « Le cœur de Pharaon est opiniâtre, il refuse de laisser partir le peuple.
7,15
Va trouver Pharaon le matin, comme il se dirigera vers les eaux; tu te tiendras sur son passage, au bord du fleuve et cette verge qui a été changée en serpent, tu l’auras à la main.
7,16
Et tu lui diras: ‘L’Éternel, Divinité des Hébreux, m’avait délégué vers toi pour te dire: Renvoie mon peuple et qu’il m’adore au désert; or, tu n’as pas obéi jusqu’à présent.
7,17
Ainsi parle l’Éternel: Voici qui t’apprendra que je suis l’Éternel! Je vais frapper, de cette verge que j’ai à la main, les eaux du fleuve et elles se convertiront en sang.
7,18
Les poissons du fleuve périront et le fleuve deviendra infect et les Égyptiens renonceront à boire de ses eaux.’ « 
7,19
L’Éternel dit à Moïse: « Parle ainsi à Aaron: ‘Prends ta verge, dirige ta main sur les eaux des Égyptiens, sur leurs fleuves, sur leurs canaux, sur leurs lacs, sur tous leurs réservoirs, et elles deviendront du sang et il n’y aura que du sang dans tout le pays d’Égypte, même dans les vaisseaux de bois et de pierre.’ « 
7,20
Moïse et Aaron agirent ainsi qu’avait ordonné l’Éternel: Aaron leva la verge, frappa les eaux du fleuve à la vue de Pharaon et de ses serviteurs et toutes les eaux du fleuve se changèrent en sang.
7,21
Les poissons du fleuve moururent, le fleuve devint infect et les Égyptiens ne purent boire de ses eaux. Il n’y eut que du sang dans tout le pays d’Égypte.
7,22
Mais, comme les devins de l’Égypte en faisaient autant par leurs prestiges, le cœur de Pharaon persista et il ne leur céda point, selon ce qu’avait prédit l’Éternel.
7,23
Pharaon s’en retourna et rentra dans sa demeure, sans se préoccuper non plus de ce prodige.
7,24
Tous les Égyptiens creusèrent dans le voisinage du fleuve, pour trouver de l’eau à boire; car ils ne pouvaient boire de l’eau du fleuve.
7,25
Sept jours pleins s’écoulèrent après que l’Éternel eut frappé le fleuve.
7,26
Alors l’Éternel dit à Moïse « Va trouver Pharaon et lui dis: ‘Renvoie mon peuple, qu’il puisse m’adorer.
7,27
Si tu refuses de le renvoyer, je m’apprête à infester de grenouilles tout ton territoire.
7,28
Le fleuve regorgera de grenouilles, elles en sortiront pour envahir ta demeure et la chambre où tu reposes et jusqu’à ton lit; les demeures de tes serviteurs, celles de ton peuple et tes fours et tes pétrins.
7,29
Toi-même et ton peuple et tous tes serviteurs, les grenouilles vous assailliront.’ « 
8,1
L’Éternel dit à Moïse: « Parle ainsi à Aaron: ‘Dirige ta main, avec ta verge, sur les fleuves, sur les canaux, sur les lacs; et suscite les grenouilles sur le pays d’Égypte.’ « 
8,2
Aaron dirigea sa main sur les eaux de l’Égypte; les grenouilles montèrent et envahirent le pays d’Égypte.
8,3
Autant en firent les devins par leurs enchantements ils suscitèrent des grenouilles sur le pays d’Égypte.
8,4
Pharaon manda Moïse et Aaron et leur dit: « Sollicitez l’Éternel, pour qu’il écarte les grenouilles de moi et de mon peuple; je laisserai partir le peuple hébreu, pour qu’il sacrifie à l’Éternel. »
8,5
Moïse répondit à Pharaon: « Prends cet avantage sur moi, de me dire quand je dois demander pour toi, tes serviteurs et ton peuple, que les grenouilles se retirent de toi et de tes demeures, qu’elles restent seulement dans le fleuve. »
8,6
Il repartit: « Dès demain. » Moïse reprit: « Soit fait selon ta parole, afin que tu saches que nul n’égale l’Éternel notre Dieu.
8,7
Oui, les grenouilles se retireront de toi et de tes demeures, de tes serviteurs et de ton peuple: elles seront reléguées dans, le fleuve. »
8,8
Moïse et Aaron étant sortis de chez Pharaon, Moïse implora le Seigneur au sujet des grenouilles qu’il avait envoyées contre Pharaon
8,9
et le Seigneur agit selon la parole de Moïse: les grenouilles périrent dans les maisons, dans les fermes et dans les champs.
8,10
On les entassa par monceaux; le pays en était infecté.
8,11
Mais Pharaon, se voyant de nouveau à l’aise, appesantit son cœur et ne leur obéit point, ainsi que l’avait prédit l’Éternel.
8,12
L’Éternel dit à Moïse « Parle ainsi à Aaron: ‘Étends ta verge et frappe la poussière de la terre, elle se changera en vermine dans tout le pays d’Égypte.’ « 
8,13
Ils obéirent: Aaron étendit sa main armée de la verge, frappa la poussière de la terre et la vermine couvrit hommes et bêtes; toute la poussière de la terre se transforma en vermine, par tout le pays d’Égypte.
8,14
Les devins essayèrent à leur tour, par leurs enchantements, de faire disparaître la vermine, mais ils ne purent: la vermine resta sur les hommes et sur le bétail.
8,15
Les devins dirent à Pharaon: « Le doigt de Dieu est là! » Mais le cœur de Pharaon persista et il ne les écouta point, ainsi que l’avait dit l’Éternel.
8,16
L’Éternel dit à Moïse: « Demain, de bon matin, présente-toi devant Pharaon, car il se dirigera vers les eaux et dis-lui: ‘Ainsi parle l’Éternel: Renvoie mon peuple pour qu’il m’adore!
8,17
Que si tu ne renvoies pas mon peuple, moi je susciterai contre toi et tes serviteurs et ton peuple et tes maisons, les animaux malfaisants; les maisons des Égyptiens seront envahies par eux, comme aussi la contrée où ils demeurent.
8,18
Je distinguerai, en cette occurrence, la province de Gessen où réside mon peuple, en ce qu’il n’y paraîtra point d’animaux malfaisants afin que tu saches que moi, l’Éternel, je suis au milieu de cette province.
8,19
Oui, je ferai une séparation salutaire entre mon peuple et le tien; c’est à demain qu’est réservé ce prodige.’ « 
8,20
Ainsi fit l’Éternel. Un formidable essaim d’animaux pénétra dans la demeure de Pharaon et dans celles de ses serviteurs; dans tout le pays d’Égypte, la terre était infestée par eux.
8,21
Pharaon manda Moïse et Aaron et dit: « Allez sacrifier à votre Dieu dans le pays. »
8,22
Moïse répondit: « Il ne convient pas d’agir ainsi, car c’est la terreur de l’Égypte que nous devons immoler à l’Éternel notre Dieu. Or, nous immolerions sous leurs yeux la terreur des Égyptiens et ils ne nous lapideraient point!
8,23
C’est à trois journées de chemin dans le désert que nous voulons aller et nous y sacrifierons à l’Éternel notre Dieu selon ce qu’il nous enjoindra. »
8,24
Pharaon reprit: « Je vous laisserai partir, pour sacrifier à l’Éternel votre Dieu dans le désert; toutefois, gardez vous d’aller trop loin. Intercédez pour moi. »
8,25
Moïse répondit: « Sitôt que je t’aurai quitté, je vais intercéder auprès de l’Éternel et les animaux malfaisants se retireront de Pharaon, de ses serviteurs et de son peuple, dès demain. Du moins, que Pharaon cesse de se jouer de nous, en ne laissant pas le peuple partir pour sacrifier à l’Éternel. »
8,26
Sorti de chez Pharaon, Moïse implora le Seigneur.
8,27
Le Seigneur accomplit la parole de Moïse et il éloigna les animaux malfaisants de Pharaon, de ses serviteurs et de son peuple; il n’en demeura pas un.
8,28
Mais Pharaon s’opiniâtra cette fois encore et il ne laissa point, partir le peuple.
9,1
L’Éternel dit à Moïse: « Rends-toi chez Pharaon et dis-lui: ‘Ainsi a parlé l’Éternel, Dieu des Hébreux: Renvoie mon peuple pour qu’il m’adore.
9,2
Que si tu te refuses à le renvoyer, si tu persistes à le retenir,
9,3
voici: la main de l’Éternel se manifestera sur ton bétail qui est aux champs, chevaux, ânes, chameaux, gros et menu bétail, par une mortalité très grave.
9,4
Mais l’Éternel distinguera entre le bétail d’Israël et le bétail de Misraïm et rien ne périra de ce qui est aux enfants d’Israël.’ « 
9,5
L’Éternel fixa le jour en disant: « C’est demain que l’Éternel exécutera cette chose dans le pays. »
9,6
Et l’Éternel exécuta la chose le lendemain; et tout le bétail des Égyptiens périt et du bétail des Israélites il ne périt pas une bête.
9,7
Pharaon fit vérifier et de fait, pas un animal n’était mort du bétail des Israélites. Cependant le cœur de Pharaon s’obstina et il ne renvoya point le peuple.
9,8
L’Éternel dit à Moïse et à Aaron: « Prenez chacun une poignée de suie de fournaise; et que Moïse la lance vers le ciel, à la vue de Pharaon.
9,9
Elle s’étendra en poussière sur tout le pays d’Égypte et elle s’attachera aux hommes et aux animaux, éclatant en éruption pustuleuse par tout le pays d’Égypte. »
9,10
Ils prirent la suie de fournaise, se présentèrent devant Pharaon et Moïse la lança vers le ciel; et elle devint une éruption pustuleuse, qui se développa sur les hommes et sur les animaux.
9,11
Les devins ne purent lutter contre Moïse, à cause de l’éruption car elle les avait frappés eux-mêmes avec toute l’Égypte.
9,12
Mais le Seigneur endurcit le cœur de Pharaon et il ne céda point, ainsi que le Seigneur l’avait dit à Moïse.
9,13
L’Éternel dit à Moïse: « Demain, de bonne heure, présente-toi, devant Pharaon et dis-lui: ‘Ainsi parle l’Éternel, Dieu des Hébreux: Renvoie mon peuple pour qu’il m’adore!
9,14
Car, pour le coup, je déchaînerai tous mes fléaux contre toi-même, contre tes serviteurs, contre ton peuple, afin que tu saches que nul ne m’égale sur toute la terre.
9,15
Si à présent j’eusse étendu ma main et fait sévir, sur toi et sur ton peuple, la mortalité, tu aurais disparu de la terre!
9,16
Mais voici pourquoi je t’ai laissé vivre pour te faire voir ma puissance et pour glorifier mon nom dans le monde.
9,17
Tu persistes à t’élever contre mon peuple, en ne le laissant point partir:
9,18
Eh bien! moi, je ferai pleuvoir demain, à pareille heure, une grêle très intense, telle qu’il n’y en aura pas eu de semblable dans l’Égypte depuis son origine jusqu’à ce jour.
9,19
Donc, fais rassembler ton bétail et tout ce que tu as dans les champs. Tout homme ou animal qui se trouvera dans les champs et ne sera pas rentré dans les maisons, sera atteint de la grêle et périra.’ « 
9,20
Ceux des serviteurs de Pharaon qui révéraient la parole du Seigneur mirent à couvert leurs gens et leur bétail dans leurs maisons
9,21
mais ceux qui ne tinrent pas compte de la parole du Seigneur laissèrent leurs gens et leur bétail aux champs.
9,22
L’Éternel dit à Moïse: « Dirige ta main vers le ciel et que la grêle éclate dans tout le pays d’Égypte, sur les hommes, sur les bestiaux, sur toute l’herbe des champs dans le pays d’Égypte. »
9,23
Moïse dirigea sa verge vers le ciel et le Seigneur produisit des tonnerres et de la grêle, des feux s’élancèrent sur le sol et le Seigneur fit pleuvoir la grêle sur le pays d’Égypte.
9,24
C’était une grêle et un feu tourbillonnant au milieu de la grêle; c’était effroyable, rien de pareil n’était arrivé dans tout le pays des Égyptiens depuis qu’ils formaient une nation.
9,25
La grêle frappa, dans tout le pays d’Égypte, tout ce qui était dans les champs, depuis l’homme jusqu’à la bête; toute herbe des champs fut abattue par la grêle et tout arbre des champs brisé.
9,26
La seule province de Gessen, où habitaient les enfants d’Israël, fut exempte de la grêle.
9,27
Pharaon fit appeler Moïse et Aaron et leur dit: « J’ai péché, je le vois à cette heure: l’Éternel est juste et c’est moi et mon peuple qui sommes coupables.
9,28
Implorez l’Éternel pour qu’il mette un terme à ces tonnerres célestes et à cette grêle; alors je vous laisserai partir et vous n’éprouverez plus de retards. »
9,29
Moïse lui répondit: « Au Moment où je quitterai la ville, j’étendrai mes mains vers l’Éternel, les tonnerres cesseront et la grêle ne se produira plus, afin que tu saches que la terre est à l’Éternel.
9,30
Mais toi et tes serviteurs, je sais que vous ne rendrez pas encore hommage au Dieu éternel. »
9,31
Or, le lin et l’orge avaient été abattus, parce que l’orge était en épi et le lin en fleur;
9,32
mais le froment et l’épeautre n’avaient point souffert, parce qu’ils sont tardifs.
9,33
Moïse, étant sorti de chez Pharaon, hors de la ville, étendit les mains vers le Seigneur; et tonnerres et grêle disparurent et la pluie ne s’épancha point sur la terre.
9,34
Pharaon, se voyant délivré de la pluie, de la grêle et des tonnerres, recommença à pécher et endurcit son cœur, lui et ses serviteurs.
9,35
Et Pharaon persista à ne pas renvoyer les enfants d’Israël, comme l’Éternel l’avait annoncé par l’organe de Moïse.

(Source : Torah-Box)

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Traduire le « Sfat Emet » constitue un exercice très périlleux. A travers les lignes qui suivent, nous avons toutefois essayé de vous présenter – à partir de plusieurs passages qui traitent du même thème – la pensée de l’un des auteurs fondamentaux de la ‘Hassidout…

Dix plaies pour dix commandements

Mon grand-père et maître zatsal [il s’agit du ‘Hiddouché haRim] enseignait : « Si l’Egypte a été frappée de dix plaies, ce fut dans le but de retirer l’écorce et l’ombre qui entouraient alors les dix paroles (Assara Maamarim) par lesquelles le monde fut créé et de métamorphoser celles ci en dix injonctions (Assara Diberot) ». Dans ce monde-ci en effet, nous est caché le fait que le fondement de son existence lui vient des lettres de la Torah elles-mêmes avec lesquelles il fut créé. Tel est le sens de la Michna (Pirké Avot, chapitre 5, Michna 1) qui enseigne : « ‘D.ieu a créé le monde en dix paroles (…) afin de punir les scélérats qui détruisent le monde créé en dix paroles et de récompenser les justes qui soutiennent un monde créé en dix paroles’ ». S’il est dit que les Justes (Tsadikim) soutiennent le monde, c’est dans la mesure où ils sont les seuls à connaître la valeur réelle de ce monde. En effet, attachés à la racine cachée de l’existence d’où tire son origine notre monde créé en dix paroles, ils sont capables d’en dévoiler la raison profonde.

Voilà pourquoi nos Patriarches (Avot) parvinrent à dévoiler la Présence divine au coeur même de la création. Inversement, s’il est dit que les méchants « détruisent le monde », c’est précisément parce qu’ils n’accordent leur créance qu’aux forces de la nature seulement, qu’ils s’arrêtent à la dimension dévoilée du monde, et qu’en ce sens, ils n’y voient que les limites (MéTSaRiM de même racine que le nom MiTSRaïM). Car dans son essence même, la nature constitue l’expression voilée de la Parole divine, ainsi que mon grand-père l’a dit quand il a expliqué que le monde (Olam) porte ce nom en vertu du fait qu’il cache (Elem) ce qui est censé s’y dévoiler.

Cependant, une fois le dévoilement de la Présence divine effectué [comme c’est le cas lors des plaies d’Egypte, mais d’une manière plus radicale encore, lors du don de la Torah-Ndlr.], aucune pensée étrangère n’est plus alors capable de l’atteindre, ni de le réduire. C’est pour cette raison que la Torah porte le nom de liberté (‘Hérout) [dans le verset « L’écriture était gravée sur les Tables (‘Harout al haLou’hot), Chémot 32, 16 – que nos Sages interprètent : « Ne lis pas ‘gravée’, mais ‘libre’ ! Car tu ne trouveras pas d’homme plus libre que celui qui se consacre à la Torah », (Pirké Avot, chapitre 6, Michna 2)-Ndlr]. Elle est l’expression du Nom divin Lui-même. Tel est le sens fondamental des miracles qui provoquèrent la Sortie d’Egypte.

En effet, du fait qu’ils constituent un bouleversement de la nature, ces miracles eurent pour fonction d’ouvrir aux enfants d’Israël la porte d’une nouvelle perception du monde. Au point où l’on peut dire que chacune des dix plaies fit en quelque sorte, sauter l’écorce naturelle qui masquait alors le dévoilement de la signification profonde de chacune des dix Paroles ayant servi à la création du monde.

Les plaies d’Egypte révélèrent en ce sens comment ces dix Paroles [c’est-à-dire les lois naturelles dans la perception limitée qui nous en était donnée alors-Ndlr] constituent en leur essence « dix injonctions » et dix commandements. Les paroles (Dibour) de D.ieu se dévoilant alors dans leur essence comme autant d’orientations (Hanagot) du monde [sous-entendu : que D.ieu impose au monde dans le but de l’amener à sa perfection, c’est-à-dire à cette haute dimension métaphysique qui est la sienne-Ndlr].
Des règles de conduite

C’est en ce sens que nous devons comprendre le Zohar (Paracha Vaèt’hanan, page 269/a) quand il commente le verset du Chéma Israël « VéDibarta Bam BéChivtékha (…) ouVeLekhtékha BaDérekh (…) [Tu en parleras quand tu seras assis dans ta maison, et lorsque tu marcheras en chemin, à ton coucher et à ton lever] », (Devarim, 6, 7) : « ‘VéDibarta Bam’ : si le verset était venu nous enseigner que nous devons parler de Torah, écrit-il en effet, il aurait dû dire : ‘Tédaber’. Quel est donc la signification de l’expression ‘VéDibarta’ ? [sous entendu : tes paroles seront des paroles de Torah- Ndlr]. Cela vient nous faire comprendre que nous devons diriger toutes actions en vertu des paroles de la Torah [au point où il faudrait lire l’expression « VéDibarta Bam » ainsi : « Et ton être ne sera que paroles de Torah »-Ndlr] ». Car il convient à l’homme juif d’orienter (Manhig) toutes ses actions conformément à la Parole de D.ieu, à Son Unité et à l’amour qu’il Lui porte afin qu’elles soient toutes effectuées en Son Nom (léChem Chamaïm).

Telle est la valeur profonde du sacrifice de soi (Méssirout Néfech) qui caractérise les Justes : elle nous permet de nous extraire des chemins normatifs de la nature et de nous ouvrir la voie à la liberté dont nous avons parlé précédemment. Voilà pourquoi nous récitons en ouverture de la prière du soir le passage « Acher biDvaro Maariv Aravim [C’est par Sa parole qu’il fait advenir le crépuscule] ». Car la royauté céleste (Malkhout Chamaïm) exige de nous qu’en contrepartie de la confiance (Emouna) que nous plaçons en D.ieu, nous soyons aussi capables de révéler la Présence divine dans toute sa splendeur, alors même qu’elle nous semble voilée (Ester), et ce, au coeur même de la confusion (Irouv) la plus totale.

Ainsi, quand bien même l’exil aurait-il pour conséquence de masquer la vérité – ainsi que l’explique le Zohar sur la Paracha Vaéra, page25/b, quand il dit que lors de notre esclavage en Egypte, c’est la puissance de la parole elle-même qui était en exil, soulignant l’idée que met en avant Moché Rabbénou lorsqu’il déclare « Je ne suis pas un homme éloquent », (Chémot, 4, 10), « Je suis bègue», (Chémot, 6, 12) –, les paroles de Torah nous dévoilent le sens réel des choses.
Comme il est dit : « Et D.ieu prononça toutes ces paroles… », (Chémot, 20, 1). Puisque lors du don de la Torah, c’est l’essence profonde de la Parole qui se dévoila au peuple d’Israël [dévoilement rendu possible grâce aux dix plaies de la sortie d’Egypte comme métamorphose des paroles divines (Maamarim) qui servirent à l’oeuvre de la création en dix injonctions (Diberot) au mont Sinaï- Ndlr]…

Adaptation Française :  Yehuda Rück avec l’accord exceptionnel d’Hamodia-Edition Française

Dix plaies pour dix commandements

(Source : Chiourim.com)

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Les magiciens de Pharaon… des prestidigitateurs ?

Dans notre paracha, Moché et Aharon affrontent à plusieurs reprises les magiciens de Pharaon pour prouver l’authenticité de leur mission divine. Or ces sorciers parviennent eux aussi par leur procédés occultes à produire les mêmes effets spectaculaires que ceux générés par la voie miraculeuse de D.ieu – tout au moins jusqu’au moment de la plaie de vermine…

Il convient d’approfondir davantage le thème de la magie et de la sorcellerie en tentant de comprendre comment l’esprit de la Torah conçoit l’existence de telles forces occultes.

De fait, si nous nous représentons la magie comme « un art ou une science usant de moyens occultes pour obtenir des effets surnaturels », comme on la définit peu ou proue dans la plupart des dictionnaires de la langue française, cette approche s’avère rigoureusement erronée et même répréhensible selon certains grands auteurs traditionnels.

La magie dans les sources traditionnelles

C’est dans le Traité Sanhédrin que le Talmud s’étend longuement sur les différentes formes de magies et de divinations proscrites par la Torah. En réalité, il apparaît que la question de la magie revient en deux occurrences distinctes dans les sources talmudiques : à un premier endroit (page 65/b), le Talmud rapporte que les deux derniers mots du verset de la Torah « Ne vous livrez pas à la divination (‘al téonénou’ ) », (Vayikra 19, 26) suportent plusieurs interprétations et se réfèrent, selon une opinion, aux pratiques qui consistent à créer des illusions en « captivant les yeux ». Comme l’explique Rachi sur place, ceux qui se livrent à ces pratiques « captivent et ferment les yeux de leur public : ils lui donnent l’illusion qu’ils réalisent des actions extraordinaires alors qu’ils ne font en fait absolument rien ! ». Un peu plus loin dans ce même Traité Sanhédrin (page 67/a), le Talmud évoque cette pratique concernant une autre interdiction de la Torah : « Ne laisse pas vivre la sorcière », (Chémot 22, 18), dont les pratiques semblent davantage s’apparenter à la conception généralement admise de la « magie » dans son sens usuel… « Le sorcier qui pratiquerait sa magie en acte est coupable [de lapidation-Ndlr] mais non celui qui ne ferait que ‘captiver les yeux’ », déclare à cet endroit la Michna. En conclusion, il semblerait que deux formes de magies soient proscrites par la Torah : celle qui consiste à créer des phénomènes illusoires en mystifiant la vue de l’assistance, et une seconde qui relève quant à elle de véritables phénomènes surnaturels. Conclusion qui s’avère en réalité sujette à caution puisqu’elle ne fit pas l’unanimité, loin s’en faut…

Maïmonide : mesure et rationalité

Dans son « Livre des Mitsvot » où il dresse une liste exhaustive des 613 commandements de la Torah, Maïmonide écrit l’interdiction des pratp tiques magiques d’une manière qui ne souffre aucune équivoque (« Lo Taassé » No 32) : « Cet interdit englobe également les pratiques des sorciers. (…) Celles-ci relèvent de l’une des grandes formes d’astuces élaborées à l’aide de mouvements rapides, au point où les hommes s’imaginent que ce sorcier réalise des phénomènes qui n’existent en réalité pas. Ces pratiques sont celles que l’on retrouve toujours chez ces hommes qui prennent une corde et la dissimulent dans l’ourlet de leur vêtement et qui font ensuite sortir un serpent aux yeux du public ; ou encore chez ceux qui lancent une pièce en l’air et la font ressortir de la bouche de l’un des assistants ». En un mot : les magiciens sont d’authentiques prestidigitateurs, et la magie se résume à des traditionnels tours de passe-passe qui, aux yeux de Maïmonide , restent néanmoins rigoureusement interdits ! C’est sans nul doute dans ce domaine que Maïmonide fit preuve de la plus grande détermination quant à ses positions rigoureusement rationnelles : pour l’auteur du « Guide des Égarés », il est en effet inconcevable d’accorder la moindre foi à des manifestations surnaturelles qui ne soient pas des miracles exécutés par un envoyé de D.ieu. Lorsque les signes de miracles divins sont absents, c’est qu’inévitablement nous nous trouvons en présence d’artifices et de mystifications n’ayant d’autre but que « d’abuser la conscience des hommes », (Rambam ibid.).

C’est dans son livre consacré aux Lois sur l’idolâtrie (Hilkhot Avoda Zara, chapitre 11, 16) que Maïmonide exprime avec une rare détermination son inflexible négation de toute réalité surnaturelle : « Toutes ces pratiques ne sont que mensonges et illusions, et ce sont elles qui ont induit en erreur les premiers serviteurs idolâtres ; (…) il ne convient pas aux membres du peuple d’Israël, qui sont sages et érudits, d’être influencés par ces inanités ni de croire qu’elles comportent une part d’efficacité ; (…) tout celui qui croit en ces pratiques ou à d’autres semblables et qui pense en son coeur qu’elles sont vraies, qu’elles sont le fruit d’une sagesse mais que la Torah les a tout de même interdites, n’est qu’un sot et qu’un être dénué d’intelligence ». C’est donc certainement dans ce contexte que Maïmonide exprima le plus fermement sa pensée notoirement si rigoureuse et rationnelle… et qu’il s’attira au passage les foudres de ses antagonistes !

« La maudite philosophie l’a entraîné… »

C’est certainement sous la plume du Gaon de Vilna que l’on trouve la réaction la plus vive à cette prise de position. La vision de Maïmonide sur le monde du surnaturel l’amena en effet à affirmer que lorsque le Talmud parle d’incantations supposées guérir les morsurp res des serpents et des scorpions, il s’agit de remèdes qui n’ont en réalité « aucun effet »… si ce n’est celui d’apaiser l’esprit de la victime et de lui éviter « de perdre la raison ». Or dans ses annotations sur cette décision (voir Choul’han Aroukh Yoré Déa 179, qui cite intégralement les propos du Rambam), le Gaon de Vilna sort de sa légendaire concision et fustige vertement cette approche : « Tous les auteurs postérieurs [à Maïmonide] s’opposèrent à lui sur ce point dans la mesure où le Talmud lui-même fait cas de nombreuses formules d’incantations. Mais lui s’est laissé entraîné par la maudite philosophie, et c’est pourquoi il soutient que la magie, les invocations et les incantations, les démons et les amulettes ne sont que mensonges. Mais [ses antagonistes] l’ont déjà frappé sur le crâne pour ses propos dans la mesure où nous trouvons beaucoup d’anecdotes citées dans le Talmud mettant en jeu des invocations et de la magie comme nous le voyons concernant (…) [A cet endroit, le Gaon de Vilna rapporte une dizaine de citations extraites des textes talmudiques-Ndlr]. Mais c’est la philosophie qui, par la plupart de ses enseignements, l’a ainsi induit en erreur et l’a amené à interpréter tous ces passages de la Guémara comme des ‘métaphores’ et à les détourner de leur sens littéral… ».

Il est intéressant de noter que l’une des preuves citées par le Gaon de Vilna fait référence précisément au tout premier affrontement entre Moché et Aharon et les mages égyptiens décrit dans notre paracha. Tout le monde connaît ce fameux épisode où Aharon lance devant Pharaon son bâton qui se transforme en serpent. Pharaon fait alors appeler ses magiciens qui réussissent eux aussi à réaliser le même prodige, après quoi le bâton d’Aharon engloutit ceux des sorciers égyptiens.

Or, c’est à propos de ce « tour de magie » que l’on peut lire dans le Zohar (paracha Vaéra, page 28/a) les éclaircissements suivants : « Rabbi Yossi enseigna : Si tu étais porté à croire que tout ce que produisent les magiciens n’est pas réel et n’est que le fruit d’une illusion, c’est pourquoi il est dit : ‘Et ils devinrent [des serpents]’, véritablement ». Révélation du Zohar on ne peut plus explicite, la magie des sorciers égyptiens était donc une science exacte et il n’est aucunement « sot » de vouloir croire en l’existence de ces forces occultes, dont le pouvoir s’avère bien réel !

De fait, on retrouve la même approche chez de nombreux décisionnaires dont l’un des plus renommés, le Radvaz (maître spirituel en Égypte au début du XVIe siècle) reprend notamment le même argument sans toutefois citer ce passage du Zohar : « Serait-il concevable de dire que toutes les actions des magiciens réalisés devant Pharaon ne relevaient que d’astuces et de dextérité ? La raison ne saurait le supporter ! En réalité, ils pratiquaient la magie à l’aide des démons [Chédim], ces pratiques magiciennes et ces sorcelleries étant notoires dans les écrits des Sages et communément admises », (Responsa, Tome V, 1695).

Notons cependant que dans le commentaire de Rabbénou Bé’hayé sur ces mêmes versets, on décèle une très grande réserve à ce sujet, manifestement en vertu de la position particulière de Maïmonide sur la question. Présentant les deux différentes perspectives, cet auteur juge en effet possible de maintenir que les serpents des magiciens de Pharaon ne furent en fait que des illusions « dans la mesure où toutes leurs pratiques ne sont que des mystifications dénuées de toute réalité ».

Magie et sorcellerie : un paradoxe !

Comment admettre l’existence de telles forces qui semblent pourtant contredire les principes élémentaires de la foi juive ?

Il s’avère que ce paradoxe est en réalité lui-même la réponse à cette question : « Pourquoi les appelle-ton ‘Kechafim’ [ces pratiques magiques] ? Parce qu’elles contredisent [Mak’hichim] la cour céleste », déclare ainsi le Talmud, (ibid. page 67/b).

Il semblerait donc que suivant cette optique – qui prête foi à la réalité surnaturelle de ces pratiques –, le domaine de prédilection de la magie soit précisément la contradiction qui constitue l’essence même de leur existence.

Une allusion aux OGM ?

Dans son commentaire sur la Torah (Dévarim, 18, 9), le Ramban nous livre à ce sujet quelques éclaircissements hautement révélateurs : dans la structure que donna le Créateur au monde façonné par Lui, toute matérialité est dominée par une force spirituelle. Ces entités spirituelles – dont l’influence interagit directement avec le monde matériel qu’elles régissent – sont désignées ici par l’expression la « cour céleste ». Or, la vocation de ces pratiques occultes est précisément de dévier ces forces et ces courants spirituels pour les employer à leurs propres intérêts. Il s’agit en quelque sorte de détourner les forces de la nature pour les utiliser à des fins personnelles et déloyales. C’est donc en cela qu’ils contredisent la cour céleste en « allant à l’encontre des fonctions constitutives de ces forces ». C’est précisément dans cet ordre d’idées, conclut le Ramban, que la Torah proscrit rigoureusement les greffes et les mélanges de différentes espèces de plantes – et à plus forte raison, les manipulations génétiques que l’on connaît de nos jours ! – puisque là aussi, à l’instar de la magie, l’intention de ces pratiques est de déformer le fonctionnement originel de la nature et d’en détourner les forces de leur objectif.

Yonathan Bendennoune. Avec l’accord exceptionnel d’Hamodia-Edition Française

Vaéra – chiourim

(Source : Chiourim.com)

PARACHAT HACHAVOUA – PARACHA DE LA SEMAINE du vendredi 20 au Chabbat 21 Tevet 5780 (du vendredi 17 au samedi 18 janvier 2020)

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Cette semaine, nous étudions la paracha Chemot (Chemot 1,1 – 6,1)

Voici les noms des fils d’Israël, venus en Égypte; ils y accompagnèrent Jacob, chacun avec sa famille:
1,2
Ruben, Siméon, Lévi et Juda;
1,3
Issachar, Zabulon et Benjamin;
1,4
Dan et Nephtali, Gad et Aser.
1,5
Toutes les personnes composant la lignée de Jacob étaient au nombre de soixante-dix. Pour Joseph, il était déjà en Égypte.
1,6
Joseph mourut, ainsi que tous ses frères, ainsi que toute cette génération.
1,7
Or, les enfants d’Israël avaient augmenté, pullulé, étaient devenus prodigieusement nombreux et ils remplissaient la contrée.
1,8
Un roi nouveau s’éleva sur l’Égypte, lequel n’avait point connu Joseph.
1,9
Il dit à son peuple: « Voyez, la population des enfants d’Israël surpasse et domine la nôtre.
1,10
Eh bien! usons d’expédients contre elle; autrement, elle s’accroîtra encore et alors, survienne une guerre, ils pourraient se joindre à nos ennemis, nous combattre et sortir de la province. »
1,11
Et l’on imposa à ce peuple des officiers de corvée pour l’accabler de labeurs et il bâtit pour Pharaon des villes d’approvisionnement, Pithom et Ramessès.
1,12
Mais, plus on l’opprimait, plus sa population grossissait et débordait et ils conçurent de l’aversion pour les enfants d’Israël.
1,13
Les Égyptiens accablèrent les enfants d’Israël de rudes besognes.
1,14
Ils leur rendirent la vie amère par des travaux pénibles sur l’argile et la brique, par des corvées rurales, outre les autres labeurs qu’ils leur imposèrent tyranniquement.
1,15
Le roi d’Égypte s’adressa aux sages femmes hébreues, qui se nommaient, l’une Chifra, l’autre Poûa
1,16
et il dit: « Lorsque vous accoucherez les femmes hébreues, vous examinerez les attributs du sexe: si c’est un garçon, faites-le périr; une fille, qu’elle vive. »
1,17
Mais les sages-femmes craignaient Dieu: elles ne firent point ce que leur avait dit le roi d’Égypte, elles laissèrent vivre les garçons.
1,18
Le roi d’Égypte manda les sages-femmes et leur dit: « Pourquoi avez-vous agi ainsi, avez-vous laissé vivre les garçons? »
1,19
Les sages-femmes répondirent à Pharaon: « C’est que les femmes des Hébreux ne sont pas comme celles des Égyptiens, elles sont vigoureuses et avant que la sage-femme soit arrivée près d’elles, elles sont délivrées. »
1,20
Le Seigneur bénit les sages-femmes et le peuple multiplia et s’accrut considérablement.
1,21
Or, comme les sages-femmes avaient craint le Seigneur et qu’il avait augmenté leurs familles,
1,22
Pharaon donna l’ordre suivant à tout son peuple: « Tout mâle nouveau-né, jetez-le dans le fleuve et toute fille laissez-la vivre. »
2,1
Or, il y avait un homme de la famille de Lévi, qui avait épousé une fille de Lévi.
2,2
Cette femme conçut et enfanta un fils. Elle considéra qu’il était beau et le tint caché pendant trois mois.
2,3
Ne pouvant le cacher plus longtemps, elle lui prépara un berceau de jonc qu’elle enduisit de bitume et de poix, elle y plaça l’enfant et le déposa dans les roseaux sur la rive du fleuve.
2,4
Sa sœur se tint à distance pour observer ce qui lui arriverait.
2,5
Or, la fille de Pharaon descendit, pour se baigner, vers le fleuve, ses compagnes la suivant sur la rive. Elle aperçut le berceau parmi les roseaux et envoya sa servante qui alla le prendre.
2,6
Elle l’ouvrit, elle y vit l’enfant: c’était un garçon vagissant. Elle eut pitié de lui et dit: « C’est quelque enfant des Hébreux. »
2,7
Sa soeur dit à la fille de Pharaon: « Faut-il t’aller quérir une nourrice parmi les femmes hébreues, qui t’allaitera cet enfant? »
2,8
La fille de Pharaon lui répondit: « Va. » Et la jeune fille alla quérir la mère de l’enfant.
2,9
La fille de Pharaon dit à celle-ci: « Emporte cet enfant et allaite-le moi, je t’en donnerai le salaire. » Cette femme prit l’enfant et l’allaita.
2,10
L’enfant devenu grand, elle le remit à la fille de Pharaon et il devint son fils; elle lui donna le nom de Moïse, disant: « Parce que je l’ai retiré des eaux. »
2,11
Or, en ce temps-là, Moïse, ayant grandi, alla parmi ses frères et fut témoin de leurs souffrances.
2,12
Il aperçut un Égyptien frappant un Hébreu, un de ses frères. Il se tourna de côté et d’autre et ne voyant paraître personne, il frappa l’Égyptien et l’ensevelit dans le sable.
2,13
Étant sorti le jour suivant, il remarqua deux Hébreux qui se querellaient et il dit au coupable: « Pourquoi frappes-tu ton prochain? »
2,14
L’autre répondit: « Qui t’a fait notre seigneur et notre juge? Voudrais-tu me tuer, comme tu as tué l’Égyptien? » Moïse prit peur et se dit: « En vérité, la chose est connue! »
2,15
Pharaon fut instruit de ce fait et voulut faire mourir Moïse. Celui-ci s’enfuit de devant Pharaon et s’arrêta dans le pays de Madian, où il s’assit près d’un puits.
2,16
Le prêtre de Madian avait sept filles. Elles vinrent puiser là et emplir les auges, pour abreuver les brebis de leur père.
2,17
Les pâtres survinrent et les repoussèrent. Moïse se leva, prit leur défense et abreuva leur bétail.
2,18
Elles retournèrent chez Réouël leur père, qui leur dit: « Pourquoi rentrez-vous sitôt aujourd’hui? »
2,19
Elles répondirent: « Un certain Égyptien nous a défendues contre les pâtres; bien plus, il a même puisé pour nous et a fait boire le bétail. »
2,20
Il dit à ses filles: « Et où est-il? Pourquoi avez-vous laissé là cet homme? Appelez-le, qu’il vienne manger. »
2,21
Moïse consentit à demeurer avec cet homme, qui lui donna en mariage Séphora, sa fille.
2,22
Elle enfanta un fils, qu’il nomma Gersom, en disant: « Je suis un émigré sur une terre étrangère. »
2,23
Il arriva, dans ce long intervalle, que le roi d’Égypte mourut. Les enfants d’Israël gémirent du sein de l’esclavage et se lamentèrent; leur plainte monta vers Dieu du sein de l’esclavage.
2,24
Le Seigneur entendit leurs soupirs et il se ressouvint de son alliance avec Abraham, avec Isaac, avec Jacob.
2,25
Puis, le Seigneur considéra les enfants d’Israël et il avisa.
3,1
Or, Moïse faisait paître les brebis de Jéthro son beau-père, prêtre de Madian. Il avait conduit le bétail au fond du désert et était parvenu à la montagne divine, au mont Horeb.
3,2
Un ange du Seigneur lui apparut dans un jet de flamme au milieu d’un buisson. Il remarqua que le buisson était en feu et cependant ne se consumait point.
3,3
Moïse se dit: « Je veux m’approcher, je veux examiner ce grand phénomène: pourquoi le buisson ne se consume pas. »
3,4
L’Éternel vit qu’il s’approchait pour regarder; alors Dieu l’appela du sein du buisson, disant: « Moïse! Moïse! » Et il répondit: « Me voici. »
3,5
Il reprit: « N’approche point d’ici! Ote ta chaussure, car l’endroit que tu foules est un sol sacré! »
3,6
Il ajouta: « Je suis la Divinité de ton père, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob… » Moïse se couvrit le visage, craignant de regarder le Seigneur.
3,7
L’Éternel poursuivit: « J’ai vu, j’ai vu l’humiliation de mon peuple qui est en Égypte; j’ai accueilli sa plainte contre ses oppresseurs, car je connais ses souffrances.
3,8
Je suis donc intervenu pour le délivrer de la puissance égyptienne et pour le faire passer de cette contrée-là dans une contrée fertile et spacieuse, dans une terre ruisselante de lait et de miel, où habitent le Cananéen, le Héthéen, l’Amorréen, le Phérézéen, le Hévéen et le Jébuséen.
3,9
Oui, la plainte des enfants d’Israël est venue jusqu’à moi; oui, j’ai vu la tyrannie dont les Égyptiens les accablent.
3,10
Et maintenant va, je te délègue vers Pharaon; et fais que mon peuple, les enfants d’Israël, sortent de l’Égypte. »
3,11
Moïse-dit au Seigneur: « Qui suis-je, pour aborder Pharaon et pour faire sortir les enfants d’Israël de l’Égypte? »
3,12
Il répondit: « C’est que je serai avec toi et ceci te servira à prouver que c’est moi qui t’envoie: quand tu auras fait sortir ce peuple de l’Égypte, vous adorerez le Seigneur sur cette montagne même. »
3,13
Moïse dit à Dieu: « Or, je vais trouver les enfants d’Israël et je leur dirai: Le Dieu de vos pères m’envoie vers vous… S’ils me disent: Quel est son nom? que leur dirai-je? »
3,14
Dieu répondit à Moïse: « Je suis l’Être invariable! » Et il ajouta: « Ainsi parleras-tu aux enfants d’Israël: C’est l’Être invariable qui m’a délégué auprès de vous. »
3,15
Dieu dit encore à Moïse: « Parle ainsi aux enfants d’Israël: ‘L’Éternel, le Dieu de vos pères, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, m’envoie vers vous.’ Tel est mon nom à jamais, tel sera mon attribut dans tous les âges.
3,16
Va rassembler les anciens d’Israël et dis-leur: ‘L’Éternel, Dieu de vos pères, Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, m’est apparu en disant: J’ai fixé mon attention sur vous et sur ce qu’on vous fait en Égypte
3,17
et j’ai résolu de vous faire monter, du servage de l’Égypte, au territoire du Cananéen, du Héthéen, de l’Amorréen, du Phérézéen, du Hévéen et du Jébuséen, contrée ruisselante de lait et de miel.’
3,18
Et ils écouteront ta voix; alors tu iras, avec les anciens d’Israël, trouver le roi d’Égypte et vous lui direz: ‘L’Éternel, le Dieu des Hébreux, s’est manifesté à nous. Et maintenant nous voudrions aller à trois journées de chemin, dans le désert, sacrifier à l’Éternel, notre Dieu’
3,19
Or, je sais que le roi d’Égypte ne vous laissera point partir, pas même en présence d’une puissance supérieure.
3,20
Mais j’étendrai ma main et je terrasserai l’Égypte par tous les prodiges que j’accomplirai dans son sein; alors seulement on vous laissera partir.
3,21
Et j’inspirerai aux Égyptiens de la bienveillance pour ce peuple; si bien que, lorsque vous partirez, vous ne partirez point les mains vides.
3,22
Chaque femme demandera à sa voisine, à l’habitante de sa maison, des vases d’argent, des vases d’or, des parures; vous en couvrirez vos fils et vos filles et vous dépouillerez l’Égypte. »
4,1
Moïse prit la parole et dit: « Mais certes, ils ne me croiront pas et ils n’écouteront pas ma voix, parce qu’ils diront: L’Éternel ne t’est point apparu. »
4,2
Le Seigneur lui dit: « Qu’as-tu là à la main? » Il répondit: « Une verge. »
4,3
Il reprit: « Jette-la à terre! » Et il la jeta à terre et elle devint un serpent. Moïse s’enfuit à cette vue.
4,4
Le Seigneur dit à Moïse: « Avance la main et saisis sa queue! » Il avança la main et le saisit et il redevint verge dans sa main.
4,5
« Ceci leur prouvera qu’il s’est révélé à toi, l’Éternel, le Dieu de leurs pères, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. »
4,6
Le Seigneur lui dit encore: « Mets ta main dans ton sein. » Il mit sa main dans son sein, l’en retira et voici qu’elle était lépreuse, blanche comme la neige.
4,7
II reprit: « Replace ta main dans ton sein. » Il remit sa main dans son sein, puis il l’en retira et voici qu’elle avait repris sa carnation.
4,8
« Eh bien! s’ils n’ont pas croyance en toi, s’ils sont sourds à la voix du premier prodige, ils devront céder à la voix du dernier.
4,9
Que s’ils restent incrédules en présence de ces deux prodiges et s’ils n’écoutent pas ta voix, tu prendras des eaux du fleuve et tu les répandras à terre et ces eaux que tu auras prises du fleuve deviendront du sang sur la terre. »
4,10
Moïse dit à l’Éternel: « De grâce, Seigneur! je ne suis habile à parler, ni depuis hier, ni depuis avant-hier, ni depuis que tu parles à ton serviteur; car j’ai la bouche pesante et la langue embarrassée. »
4,11
L’Éternel lui répondit: « Qui a donné une bouche à l’homme? qui le fait muet ou sourd, clairvoyant ou aveugle, si ce n’est moi, l’Éternel?
4,12
Va donc, je seconderai ta parole et je t’inspirerai ce que tu devras dire. »
4,13
Il repartit: « De grâce, Seigneur! donne cette mission à quelque autre! »
4,14
Le courroux de l’Éternel s’alluma contre Moïse et il dit: « Eh bien! c’est Aaron ton frère, le Lévite, que je désigne! Oui, c’est lui qui parlera! Déjà même il s’avance à ta rencontre et à ta vue il se réjouira dans son cœur.
4,15
Tu lui parleras et tu transmettras les paroles à sa bouche; pour moi, j’assisterai ta bouche et la sienne et je vous apprendrai ce que vous aurez à faire.
4,16
Lui, il parlera pour toi au peuple, de sorte qu’il sera pour toi un organe et que tu seras pour lui un inspirateur.
4,17
Cette même verge, tu l’auras à la main, car c’est par elle que tu opéreras les miracles. »
4,18
Là-dessus Moïse s’en retourna chez Jéthro, son beau-père et lui dit: « Je voudrais partir, retourner près de mes frères qui sont en Égypte, afin de voir s’ils vivent encore. » Jéthro répondit à Moïse: « Va en paix. »
4,19
L’Éternel dit à Moïse, en Madian: « Va, retourne en Égypte; tous ceux-là sont morts qui en voulaient à ta vie. »
4,20
Moïse emmena sa femme et ses enfants, les plaça sur un âne et reprit le chemin du pays d’Égypte. Moïse tenait la verge divine à la main.
4,21
L’Éternel dit à Moïse: « Maintenant que tu te disposes à rentrer en Egypte, sache que tous les miracles dont je t’aurai chargé, tu les accompliras devant Pharaon mais moi je laisserai s’endurcir son cœur et il ne renverra point le peuple.
4,22
Alors tu diras à Pharaon: ‘Ainsi parle l’Éternel: Israël est le premier-né de mes fils;
4,23
or, je t’avais dit: Laisse partir mon fils, pour qu’il me serve et tu as refusé de le laisser partir. Eh bien! moi, je ferai mourir ton fils premier-né.’ « 
4,24
Pendant ce voyage, il s’arrêta dans une hôtellerie; le Seigneur l’aborda et voulut le faire mourir.
4,25
Séphora saisit un caillou, retrancha l’excroissance de son fils et la jeta à ses pieds en disant: « Est-ce donc par le sang que tu es uni à moi? »
4,26
Le Seigneur le laissa en repos. Elle dit alors: « Oui, tu m’es uni par le sang, grâce à la circoncision! »
4,27
L’Éternel dit à Aaron: « Va au-devant de Moïse, dans le désert. » Il y alla; il le rencontra sur la montagne et l’embrassa.
4,28
Moïse fit part à Aaron de toutes les paroles dont l’Éternel l’avait chargé et de tous les prodiges qu’il lui avait donné mission d’accomplir.
4,29
Alors Moïse et Aaron partirent et assemblèrent tous les anciens des enfants d’Israël.
4,30
Et Aaron dit toutes les paroles que l’Éternel avait adressées à Moïse et il opéra les prodiges à la vue du peuple.
4,31
Et le peuple y eut foi; ils comprirent que l’Éternel s’était souvenu des enfants d’Israël, qu’il avait considéré leur misère et ils courbèrent la tête et se prosternèrent.
5,1
Puis, Moïse et Aaron vinrent trouver Pharaon et lui dirent: « Ainsi a parlé l’Éternel, Dieu d’Israël: Laisse partir mon peuple, pour qu’il célèbre mon culte dans le désert. »
5,2
Pharaon répondit: « Quel est cet Éternel dont je dois écouter la parole en laissant partir Israël? Je ne connais point l’Éternel et certes je ne renverrai point Israël. »
5,3
Ils reprirent: « Le Dieu des Hébreux s’est manifesté à nous. Nous voudrions donc aller à trois journées de chemin dans le désert et sacrifier à l’Éternel notre Dieu, de peur qu’il ne sévisse sur nous par la peste ou par le glaive. »
5,4
Le roi d’Égypte leur dit: « Pourquoi, Moïse et Aaron, débauchez-vous le peuple de ses travaux? Allez à vos affaires! »
5,5
Pharaon ajouta: « Vraiment, cette population est nombreuse à présent dans le pays et vous leur feriez interrompre leurs corvées? »
5,6
Et Pharaon donna, ce jour même, aux commissaires du peuple et à ses surveillants l’ordre suivant:
5,7
« Vous ne fournirez plus, désormais, de la paille au peuple pour la préparation des briques, comme précédemment; ils iront eux-mêmes faire leur provision de paille.
5,8
Du reste, la quantité de briques qu’ils faisaient précédemment, imposez-la leur encore, n’en rabattez rien. Car ils sont désœuvrés, voilà pourquoi ils profèrent ces clameurs: ‘Allons sacrifier à notre Dieu!’
5,9
Qu’il y ait donc surcharge de travail pour eux et qu’ils y soient astreints; et qu’on n’ait pas égard à des propos mensongers. »
5,10
Les commissaires du peuple et ses surveillants sortirent et parlèrent ainsi au peuple: « Voici ce qu’a dit Pharaon: ‘Je ne vous donnerai plus de paille;
5,11
vous mêmes, allez, fournissez-vous de paille où vous pourrez en trouver, car il n’est rien diminué de votre besogne.’ « 
5,12
Et le peuple se répandit par tout le pays d’Égypte, pour ramasser du chaume en guise de paille.
5,13
Les commissaires le harcelaient, disant: « Remplissez votre tâche jour par jour, comme lorsque la paille vous était livrée. »
5,14
On frappa les surveillants des enfants d’Israël que les commissaires de Pharaon leur avaient préposés, en disant: « Pourquoi n’avez -vous pas fait toute votre tâche en livrant les briques comme précédemment, ni hier ni aujourd’hui? »
5,15
Les surveillants des enfants d’Israël vinrent se plaindre à Pharaon en ces termes: « Pourquoi traites-tu ainsi tes serviteurs?
5,16
La paille, il n’en est pas fourni à tes serviteurs et pourtant on nous dit ‘Faites des briques!’ A présent tes serviteurs sont frappés et c’est ton peuple qui est coupable. »
5,17
Il répondit: « Vous êtes des gens désœuvrés, oui, désœuvrés! c’est pour cela que vous dites: ‘Allons sacrifier à l’Éternel.’
5,18
Et maintenant, allez au travail! La paille ne vous sera point donnée et vous fournirez la même quantité de briques. »
5,19
Les surveillants des enfants d’Israël les traitèrent avec rigueur, en disant: « Vous ne ferez pas moins de briques que précédemment, jour par jour. »
5,20
Or, ils avaient rencontré Moïse et Aaron, debout devant eux, comme ils sortaient de chez Pharaon;
5,21
et ils leur avaient dit: « Que l’Éternel vous regarde et vous juge, vous qui nous avez mis en mauvaise odeur auprès de Pharaon et de ses serviteurs; vous qui avez mis le glaive dans leur main pour nous faire périr! »
5,22
Moïse retourna vers le Seigneur et dit: « Mon Dieu, pourquoi as-tu rendu ce peuple misérable? Dans quel but m’avais-tu donc envoyé?
5,23
Depuis que je me suis présenté à Pharaon pour parler en ton nom, le sort de ce peuple a empiré, bien loin que tu aies sauvé ton peuple! »
6,1
L’Éternel dit à Moïse: « C’est à présent que tu seras témoin de ce que je veux faire à Pharaon. Forcé par une main puissante, il les laissera partir; d’une main puissante, lui-même les renverra de son pays. »
(Source : Torah-Box)
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Les enjeux de la paracha Chémot

à la lumière de la ‘Hassidout

Dans le livre de l’Exode, nous voyons germer les semences plantées par les Patriarches : leur descendance se transforme en nation, reçoit son code de vie – la Torah – et se prépare à accomplir la mission de sa vie en édifiant le Tabernacle, la « résidence » de D.ieu sur terre.

C’est pourquoi le nom hébraïque du Livre de l’Exode est Chemot, qui signifie « les Noms », car c’est à travers les événements relatés dans ce livre que la nation juive et chaque Juif en particulier reçoivent leur « nom », leur identité fondamentale, au plan national et au plan personnel en tant que Juifs.

La clé de ce processus est l’exil. L’exil fait surgir en chaque individu son potentiel caché, son désir de survivre envers et contre tout. En exil, un homme ne peut considérer la vie comme acquise ; il doit constamment décider s’il succombe ou s’il surmonte. Le point essentiel d’autodétermination qui demeure latent durant les périodes de prospérité et de liberté est découvert et mis à l’épreuve durant l’exil. C’est pourquoi le roi Salomon dénommait l’exil égyptien : « le creuset de fer »1 : il consuma les scories recouvrant l’âme juive profonde.

L’exil égyptien fut à la fois physique et spirituel. En fait, comme nous le verrons, l’exil spirituel précéda et précipita l’exil physique, puisque tout phénomène matériel n’est que l’expression de son antécédent spirituel. L’exil physique des Juifs impliquait une perte d’autonomie et un esclavage écrasant ; leur esclavage spirituel fut l’asservissement à la culture locale, qui les conduisit à la perte de leur conscience de D.ieu et de Son implication dans la vie. Alors que nous voyons la famille de Jacob tomber dans un exil physique de plus en plus sévère, nous pouvons lire entre les lignes et y discerner leur descente dans un exil spirituel de plus en plus profond.

Alors que l’exil spirituel et l’exil matériel allaient tous deux en s’intensifiant, les Juifs furent confrontés à la perte de leur identité. Beaucoup d’entre eux succombèrent à l’assimilation et furent perdus, mais d’autres luttèrent pour garder leur identité juive : ils s’accrochèrent avec ténacité à leurs traditions, refusant d’abandonner même des aspects aussi secondaires de leur héritage que leurs noms juifs et leur langue juive.2 Le fait qu’ils aient refusé de se départir même de ces oripeaux extérieurs de leur héritage culturel indique qu’ils conservaient en eux, telle une semence enfouie dans la terre, la foi en leur destinée, bien qu’ils eurent adoptés certains aspects du mode de pensée et du mode de vie égyptiens.

Cela explique pourquoi le Livre de l’Exode s’ouvre sur l’énumération des fils de Jacob, bien qu’une telle liste paraisse superficielle. Nous connaissons déjà les noms des fils de Jacob : nous les avons vus naître3 et être énumérés à deux reprises,4 la seconde fois de façon encore plus détaillée qu’ici ! De plus, cette énumération ne semble rien apporter à la continuité du récit de l’histoire biblique. Après avoir relaté comment Joseph fut enterré en Égypte à la fin du Livre de la Genèse, le récit devrait normalement continuer par décrire la manière dont « les Juifs étaient fertiles et prolifiques… et un nouveau roi qui ne connaissait pas Joseph se leva sur l’Égypte. »5

Les Sages donnent trois raisons pour expliquer cette nouvelle énumération des fils de Jacob :

  • Pour souligner que les Juifs n’échangèrent pas leurs noms juifs contre des noms égyptiens, c’est-à-dire qu’ils refusèrent de s’assimiler totalement à la culture égyptienne.6
  • Pour nous informer que D.ieu considère les Juifs comme étant aussi précieux que les étoiles, qu’Il compte aussi par leurs noms lorsqu’elles vont « en exil » (à l’aube) et quand elles sortent d’« exil » (au crépuscule)7, et
  • Pour nous apprendre que les Juifs sont essentiellement bons, car la Torah introduit les justes par la formule « son nom était X », et les impies par « X était son nom ».8 Ici, également, la phrase « Voici les noms » précède l’énumération des noms.

Toutes ces raisons soulignent le cœur inaltérable de l’essence juive, la semence de l’essence implantée par Abraham qui reste latente durant l’exil. À cause de cette essence profonde, les Juifs sont intrinsèquement motivés pour accomplir leur mission divine. Leur conscience de cette précieuse qualité les inspire à s’accrocher à leur identité et à résister à la tentation de l’assimilation. Dans ce contexte, l’énumération individuelle des noms des fils fait aussi allusion au fait que chaque Juif possède un but unique dans le perfectionnement de la création.

Ainsi, nous voyons que l’accent mis sur les noms renvoie aussi bien à la condition d’exil (c’est-à-dire que l’assimilation a progressé au point où nous sommes seulement juifs par le nom) qu’au moyen de le surmonter (l’essence de l’identité juive qui ne peut être altérée).

C’est la raison pour laquelle la première paracha du livre,  qui décrit l’exil – la descente spirituelle que connu le peuple juif et les horreurs de son esclavage – est également appelée Chemot, « les Noms », bien que la liste des noms qui marque son ouverture mette l’accent sur le fait que l’essence d’un Juif reste au-delà de l’exil.


Cette dichotomie est inhérente à la nature des noms en général. D’un côté, les noms sont arbitraires et ne révèlent rien de l’essence d’une personne : deux personnes totalement différentes peuvent avoir le même nom. D’un autre côté, le nom d’une personne est connecté à son essence et peut la réveiller. L’attention des gens est totalement captée quand ils sont appelés par leur nom (c’est d’ailleurs pour cela qu’une personne qui cherche à en influencer ou à en déstabiliser une autre l’appelle par son nom) ; on peut réveiller une personne évanouie en l’appelant par son nom ; et, selon la mystique juive, le nom d’une personne est le canal par lequel son existence et la force vitale spirituelle affluent dans son corps. Les noms manifestent cette dualité parce que notre véritable essence est habituellement cachée derrière les nombreuses couches de conventions sociales et de masques de personnalité que nous avons accumulés au cours de nos vies. En temps normal, le seul moment où cette véritable essence perce à travers ces façades est lorsque celles-ci perdent toute raison d’être : quand nous nous trouvons confrontés à une épreuve qui menace notre vie ou bien qui nous touche profondément dans l’essence de notre être d’une quelconque autre manière. En d’autres termes, notre véritable essence est accessible à travers la partie de nous qui a le moins de rapport avec le personnage que nous nous sommes créé comme interface avec le monde extérieur : notre nom.


Une fois que l’exil eut effectivement révélé l’essence profonde du peuple juif, celui-ci put passer à l’étape suivante : le Don de la Torah. L’exil constituait une condition préalable à la réception de la Torah parce que le but de la Torah est de nous enseigner comment révéler la conscience de D.ieu dans les aspects les plus ordinaires de la réalité, y compris dans ceux qui y semblent antithétiques. Le peuple juif révéla son aptitude innée à faire cela, c’est-à-dire à surmonter les forces qui s’opposent au divin, en exil. Une fois qu’il reçut la Torah, il put commencer à révéler son message dans le monde ; c’était là l’essence du Tabernacle.

La leçon générale du Livre de l’Exode, le livre des « Noms », ainsi, est : aussi difficile que cela puisse paraître, nous ne devons pas abandonner le combat pour révéler la conscience de D.ieu ; les forces qui s’y opposent sont puissantes, mais nous avons la force de les surmonter. L’abnégation révèle l’essence de notre âme, et en révélant notre âme et en accomplissant sa mission unique, nous participons à faire venir la Rédemption.9

NOTES
1.

Rois I 8,51.

2.

Chémot Rabbah 1:28 ; Vayikra Rabbah 32:5 ; Sefer HaMaamarim 5737, p. 118.

3.

Genèse 29,32 à 30,24.

4.

Ibid. 35,22-26 ; 46,8-27.

5.

Exode 1,7-8.

6.

Chémot Rabbah 1:28 ; Vayikra Rabbah 32:5.

7.

Chémot Rabbah 1:3. Voir Isaïe 40,26 ; Psaumes 147,4.

8.

Ruth Rabbah 4:3. L’idée est qu’une personne égocentrique et vantarde met son nom en avant, alors qu’une personne humble est plus effacée. Voir, par exemple, Samuel I 9,1 ; 9,2 ; 17,4 ; 25,25.

9.

Likoutei Si’hot, vol. 3, pp. 843-848, vol. 16, pp. 34-37, vol. 26, pp. 301-305.

Chemot : L’esclavage

(Source : Chabbad.org)

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Moïse : la naissance d’un leader

 

La paracha Chemot est l’histoire d’une galout : celle de l’exil et de l’asservissement des Enfants d’Israël en Égypte, que nos Sages considèrent comme étant la source et le prototype de tous les exils et de toutes les persécutions dont allait souffrir le peuple juif. Mais elle est aussi l’histoire de comment Moïse devint le leader juif par excellence.

Chaque détail que la Torah relate à propos de Moïse est une leçon en matière de leadership juif. Il est rapporté que la mère de Moïse, Yokheved, était née « à l’intérieur des murailles » de l’Égypte, dès l’arrivée de la famille de Jacob. Ceci, explique le Rabbi de Loubavitch, signifie que Yokheved n’appartenait ni à la « vieille génération » née en Terre Sainte, pour qui la galout resterait toujours un monde étranger et inintelligible, non plus qu’à la génération née en Égypte pour laquelle la situation d’exil était un fait de la vie des plus naturels et des plus évidents. Elle était à cheval sur ces deux mondes, c’est-à-dire qu’elle possédait une connaissance intime des circonstances de l’exil ainsi que la vision transcendante qui permet de les dépasser. C’est pourquoi c’est elle, Yokheved, qui fut à même de porter puis d’éduquer celui qui allait sauver les Enfants d’Israël de leur exil.

Les circonstances de la naissance de Moïse sont, quant à elles, édifiantes sur l’abnégation qui doit caractériser un chef. Yokheved et son époux Amram s’étaient séparés lorsque Pharaon avait décrété que tous les garçons hébreux qui naitraient seraient jetés dans le Nil. Leur fille aînée, Myriam, leur en avait alors fait le reproche : « Votre décret est pire encore que celui de Pharaon : lui a décrété d’exterminer les garçons, mais votre action signifie la fin de tous les enfants juifs. » Amram et Yokheved avaient alors réalisé qu’en tant que chefs dont les actions étaient des modèles pour les autres, ils se devaient de dépasser la menace et l’angoisse liées au fait de mettre au monde des enfants juifs en ces temps terribles. Le résultat de leur remariage fut la naissance de Moïse.

Naissance et enfance

Quand Moïse naquit, « la maison se remplit de lumière », attestant de son avenir comme celui qui allait éclairer l’humanité. Mais cette lumière dut immédiatement être dissimulée, car, comme tous les premiers-nés mâles chez les Hébreux, il était en danger constant d’être découvert par les tueurs de bébés à la solde de Pharaon. C’est alors qu’il fut placé dans le Nil, dans l’abri précaire d’un panier en roseaux, partageant ainsi, même si ce n’est que potentiellement, le sort des autres bébés jetés dans les eaux du fleuve.

C’est encore là une leçon de leadership : un chef ne peut pas apparaître « d’en haut ». Il doit partager le sort de son peuple. Tel était le message que D.ieu Lui-même lui adressa lorsqu’il lui apparut plus tard au sein du buisson ardent : « Je suis avec eux dans leur malheur. »

Mais le placement de Moïse dans le Nil ne fut pas seulement une manifestation de sympathie à l’égard de la cause d’Israël : ce fut également la première étape de leur délivrance. Nos sages enseignent que Pharaon avait ordonné que tous les nouveau-nés mâles des hébreux soient jetés au Nil parce que ses astrologues lui avaient dit que c’est à travers l’eau que le sauveur d’Israël connaîtrait sa fin (cette prédiction allait s’accomplir bien des années plus tard lorsqu’il fut refusé à Moïse de pénétrer en Terre Sainte à cause de « Eaux de la Rébellion »). Le jour où Moïse fut placé dans le Nil, les astrologues informèrent Pharaon que celui qui était destiné à libérer le peuple d’Israël avait été jeté à l’eau, et le décret fut révoqué. Âgé d’à peine trois mois et, en apparence, un protagoniste passif des événements qui se déroulaient autour de lui, Moïse remplissait déjà son rôle de sauveur de son peuple.

Grâce à l’ingénieux stratagème de Myriam, Moïse fut allaité et élevé dans sa petite enfance par sa propre mère. Il fut cependant amené ensuite dans le palais de Pharaon pour y être élevé comme un membre de la famille royale. Moïse dut être à la fois un esclave hébreu et un prince égyptien. Pour guider son peuple, il devait partager son sort ; mais pour vaincre les forces qui l’asservissaient, il devait infiltrer la citadelle de la royauté égyptienne. Il dut « venir à Pharaon » (Exode 10, 1) et acquérir une connaissance profonde de l’essence de son pouvoir et de sa vigueur.

Le défenseur d’Israël

Le premier acte de Moïse à être explicitement relaté dans la Torah définit deux tâches essentielles qui incombent à un chef : défendre son peuple contre la menace extérieure et sauvegarder son intégrité à l’intérieur.

Le jour où il parvient à l’âge adulte, Moïse « sort chez ses frères » et « voit leur affliction ». Ses années passées dans le palais de Pharaon ne l’ont pas rendu antipathique à sa tribu d’origine d’esclaves hébreux, ni insensible à leur misère. Il voit un Égyptien frapper à mort un Juif et il se sent contraint d’agir, sacrifiant, par cet unique geste, sa vie privilégiée de membre de la classe régnante et liant désormais son sort à celui de ses frères.

Le jour suivant, il agit de nouveau, cette fois-ci en intervenant dans une querelle entre deux Juifs. Devant ce conflit qui opposait deux de ses frères, il comprend soudain que leur asservissement ne découle pas de la puissance de l’Égypte, mais de la désunion en leur sein, et que leur rédemption ne pourra se faire qu’en suscitant chez les membres de cette toute jeune nation un sentiment d’interdépendance et de responsabilité mutuelle.

Après ces deux démonstrations de leadership, on aurait pu s’attendre à ce que Moïse endosse immédiatement son rôle de chef d’Israël. Mais ce ne fut pas le cas. Il devait d’abord devenir un berger.

Le berger fidèle

Car le rôle d’un chef d’Israël n’est pas seulement de défendre, de sauver, de prêcher et de gouverner, mais, aussi et surtout, de nourrir. Moïse est le sauveur d’Israël, leur guide et leur législateur, mais également leur raaya méhémna – leur « berger fidèle » et « berger de la foi », c’est-à-dire que c’est lui qui pourvoit à leurs besoins, tant matériels que spirituels, nourrissant leurs corps avec la manne et leurs âmes avec la foi.

C’est ainsi que Moïse est conduit de l’Égypte au lointain pays de Midian pour y devenir le berger des troupeaux de Jethro. Le Midrache raconte comment un autre berger, David, apprit l’art du leadership en s’occupant des troupeaux de son père : il faisait paître les petits agneaux et chevreaux en premier de sorte qu’ils puissent manger les pointes tendres de l’herbe. Ensuite, il laissait paître les brebis et les chèvres les plus âgées pour qu’elles se nourrissent des tiges. C’est seulement après qu’il permettait aux jeunes béliers et boucs vigoureux d’aller brouter les racines, plus coriaces. Un chef ne peut pas se contenter de pointer dans la bonne direction, et un enseignant ne peut pas « simplement » enseigner : il doit guider son troupeau comme un berger, dispensant à chacun conseil et connaissance d’une manière que l’intéressé puisse les absorber et les digérer.

Le Midrache raconte aussi comment, un jour, un agneau s’enfuit du troupeau dont Moïse avait la garde. Moïse le poursuivit, jusqu’à ce que l’agneau parvint à un ruisseau et se mit à boire. Quand Moïse l’atteignit, il s’écria : « Oh, je ne savais pas que tu avais soif ! » Il prit tendrement l’agneau fugueur dans ses bras et le ramena au troupeau. Le Tout-Puissant dit alors : « Tu es miséricordieux en t’occupant des moutons, tu t’occuperas de Mon troupeau, le peuple d’Israël. »

Le Rabbi de Loubavitch souligne que, en plus de démontrer de la compassion de Moïse, cet incident est porteur d’une autre leçon importante : Moïse se rendit compte que l’agneau ne s’était pas enfui du troupeau par malice ou par méchanceté, mais qu’il avait simplement soif. De même, quand un Juif s’aliène de son peuple, à D.ieu ne plaise, c’est seulement parce qu’il a soif. Son âme a soif du sens de la vie, mais les eaux de la Torah lui ont échappé. Alors il erre dans des domaines étrangers, cherchant à étancher sa soif.

Quand Moïse comprit cela, il fut capable de devenir un leader d’Israël. Seul un berger qui ne s’empresse pas de juger l’agneau fugueur, qui est sensible aux causes de sa désertion, peut le soulever dans ses bras avec compassion et le ramener à la maison.

Le sacrifice ultime

Après de nombreuses années de formation au leadership, le voilà prêt. Il fut un bébé hébreu jeté dans le Nil, un enfant nourri par Yokheved, un jeune prince égyptien, un courageux défenseur de son peuple, un partisan non moins courageux de l’unité juive, un berger dans le désert. D.ieu Se révèle alors à lui dans un buisson ardent et lui dit : « J’ai vu l’affliction de Mon peuple, J’ai entendu leurs cris, Je connais leur souffrance. Je t’envoie les sauver. Va, sors-les d’Égypte et conduis-les au mont Sinaï pour qu’ils deviennent Mon peuple élu. »

De façon très surprenante, Moïse refuse d’y aller.

Il ne fait pas que refuser. Pendant sept jours et sept nuits, il argumente avec D.ieu, lui présentant toutes les excuses imaginables pour décliner cette mission, jusqu’à ce que « la colère de D.ieu éclate contre Moïse ».

D’abord vint l’excuse de l’humilité : « Qui suis-je pour aller chez Pharaon et pour faire sortir les Enfants d’Israël d’Égypte ? »

D.ieu clôt la discussion sur ce sujet en disant : « Je serai avec toi. » « Le plus humble des hommes sur terre » peut-il plaider le manque de valeur après une telle promesse ?

Mais je ne connais pas Ton essence, dit Moïse. Comment pourrais-je me présenter comme messager alors que je ne peux expliquer la nature de Celui qui m’envoie ?

Alors, D.ieu lui dit qui Il est.

Ils ne me croiront pas quand je dirai que c’est D.ieu qui m’envoie.

D.ieu réprimande Moïse pour sa médisance au sujet de Son peuple. Si, ils te croiront. Quoi que tu puisses dire d’eux (et il y a beaucoup à dire), ce sont des croyants. Mais si tu n’es pas convaincu de leur foi, voici quelques tours de magie que tu pourras accomplir.

Moïse est à court d’excuses. Il tente encore : Mais j’ai un défaut d’élocution. Un chef doit faire des discours, vous savez…

La réponse de D.ieu est si évidente qu’il semble inutile de la rapporter.

Alors, en dernier recours, Moïse s’écrie : Je t’en prie, Mon D.ieu, « envoie par la main de celui que Tu enverras ».

Mais pourquoi donc Moïse agit-il de manière aussi étrange ? Ses frères et ses sœurs souffrent sous le fouet de leurs contremaîtres. Pharaon se baigne dans le sang des enfants juifs. Le moment que les Enfants d’Israël ont tant espéré, pour lequel ils ont tant prié pendant quatre générations, est enfin arrivé : D.ieu est apparu dans un buisson ardent pour lui dire : « Je t’envoie sauver Mon peuple. » Pourquoi Moïse refuse-t-il ? Par humilité ? Parce qu’il n’est pas un bon orateur ?

Nos Sages interprètent les mots « Envoie par la main de celui que Tu enverras » comme signifiant : « Envoie par la main de celui que Tu enverras à la fin des temps, Machia’h (le Messie), le dernier sauveur d’Israël. »

Les maîtres de la ‘Hassidout expliquent que Moïse savait qu’il n’aurait pas le mérite de faire entrer Israël en Terre Sainte et de mener à bien la rédemption finale de son peuple. Il savait qu’Israël serait encore exilé et souffrirait encore des afflictions physiques et spirituelles de la galout. (Si Moïse avait lui-même conduit son peuple en Terre Sainte et construit le Temple, ils n’auraient jamais été exilés de nouveau et le Temple n’aurait jamais été détruit, car « tous les actes de Moïse sont éternels ».) Ainsi Moïse refusait-il d’aller. Si le temps de la rédemption d’Israël est venu, plaida-t-il avec D.ieu, envoie celui par lequel Tu accompliras la rédemption totale et éternelle. Pendant sept jours et sept nuits, Moïse contesta le script divin de l’histoire, prêt à subir la colère de D.ieu par amour pour Israël.

(Cette forme extrême de sacrifice de soi, dans lequel un homme comme Moïse met en péril sa propre relation avec D.ieu pour le bien de son peuple allait caractériser le leadership de Moïse tout au long de sa vie. Lorsque le peuple d’Israël pécha en adorant le Veau d’or, Moïse dit à D.ieu : « Maintenant, si Tu pardonnes leur péché ; et si non, efface-moi du Livre que Tu as écrit. »)

Mais Moïse n’accepta jamais non plus le décret de galout. Après avoir accepté, par la force de l’ordre divin, la mission de faire sortir Israël d’Égypte, il se lança dans une lutte permanente pour faire que cette rédemption soit la rédemption finale et ultime. Jusqu’au dernier jour de sa vie, Moïse implora D.ieu de lui permettre de conduire son peuple dans la Terre Sainte ; jusqu’à son dernier jour, il brava la colère de D.ieu dans ses efforts d’éliminer toute autre galout de l’histoire juive. Selon les propres mots de Moïse : « Je suppliais D.ieu… S’il te plaît, laisse-moi traverser et voir ce bon pays de l’autre côté du Jourdain, la bonne montagne [Jérusalem] et le Levanon [le Saint Temple]. Et D.ieu se mit en colère contre moi à cause de vous… et Il me dit : Assez ! Ne Me parle plus de cette question… » (Deutéronome 3,23-26).

Le Rabbi de Loubavitch a dit : D.ieu a dit : « Cela suffit ! » Mais Moïse ne se tut pas. Car la remise en question par Moïse du plan divin ne s’arrêta pas avec sa disparition de la vie physique. Le Zohar nous explique que chaque âme juive possède au plus profond d’elle-même une étincelle de l’âme de Moïse. Ainsi chaque Juif, qui tempête aux portes du ciel en réclamant la rédemption à cor et à cri poursuit le combat de Moïse contre le décret de la galout.

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Les Enfants d’Israël se multiplient en Égypte. Se sentant menacé par leur nombre croissant, Pharaon les réduit en esclavage et ordonne aux sages-femmes israélites, Chifra et Pouah, de tuer tous les garçons dès leur naissance. Constatant que celles-ci ne lui ont pas obéi, il ordonne à ses soldats de jeter les bébés des Hébreux dans le Nil. Un garçon naît à Yo’heved, la fille de Lévi, et son mari Amram, puis est placé dans un panier flottant sur les eaux du fleuve, pendant que sa grande sœur, Myriam, observe de loin. La fille de Pharaon découvre le bébé, l’élève comme son fils et lui donne le nom de Moïse. Jeune homme, Moïse quitte le palais et découvre les difficultés qu’endurent ses frères hébreux. Il voit un Égyptien qui bat un Hébreu et tue cet Égyptien.

Le lendemain, il voit deux Juifs qui se battent. Lorsqu’il les réprimande, ils révèlent son acte de la veille et Moïse est forcé de s’enfuir à Midian. Là-bas, il sauve les filles de Jéthro, épouse l’une d’entre elles – Tsippora – et devient berger des troupeaux de son beau-père. D.ieu apparaît à Moïse dans un buisson ardent au pied du Mont Sinaï et lui ordonne de se rendre chez Pharaon et de lui dire en Son nom « Laisse partir Mon peuple pour qu’il puisse Me servir. »

Le frère de Moïse, Aharon, est désigné pour lui servir de porte-parole. En Égypte, Moïse et Aharon rassemblent les Anciens d’Israël pour leur annoncer que le moment de leur délivrance est arrivé. Le peuple croit à cette annonce, mais Pharaon refuse de les laisser partir et intensifie même les souffrances d’Israël. Moïse retourne parler à D.ieu pour protester : « Pourquoi as-Tu fait du mal à ce peuple ? » D.ieu promet que la délivrance est proche.

On peut distinguer 10 grandes étapes dans la paracha de cette semaine :

1. Les noms et les répartitions dans le peuple.

2. La nouvelle période : un nouveau roi arrive, il persécute les béné Yisraël par les impôts, ordonne de tuer leurs garçons à la naissance, de les jeter au fleuve.

3. La naissance de Moché, l’intervention de Miriam pour le sauver, la venue au fleuve de Bitia fille de Parô, le Pharaon; Miriam place Moché à proximité et il est sauvé. Sens de son nom.

4. Moché tue un bourreau et s’enfuit. Les filles de Yitro. Le mariage de Moché avec Tsipora.

5. Les cris de prière du peuple persécuté. Moché, berger, voit le buisson ardent. Sa bonne réaction le sélectionne pour sa tâche de leader prototypique de ce peuple. Son refus de se présenter à Parô. Les miracles qui l’encouragent (serpent, main, sang). Son refus de parler à Parô et la réponse de Hachém.

6. Le départ de Moché avec sa famille pour sa mission en Egypte et il quitte Yitro.

7. La rencontre périlleuse avec l’ange, la rencontre avec Aharone. Les preuves de Moché au peuple.

8. Premiers ordres de Moché à Parô de laisser partir le peuple. Son refus et les mesures terribles de rétorsion que Parô prend contre Israël.

9. La première des révoltes du peuple persécuté contre Moché et Aharone.

10. La plainte de Moché à Hachém et la réponse de Hachém : « maintenant, tu vas voir… ».

Ici, nous sommes très vite plongés dans le monde de la violence, inauguré par le pharaon. Il consulte son peuple pour empêcher la prolifération des Hébreux. Il demande même aux Hébreux de tuer les enfants mâles à leur naissance. Mais voyant que rien n’y fait, il décide l’ethnocide : jeter tous les nouveaux-nés mâles dans le Nil.

La Bible change ensuite d’acteurs : Nous voyons 3 femmes : la mère biologique, la sœur et la mère adoptive du petit Moïse. Dans ce récit, les femmes sauvent les enfants quand les hommes les tuent. Ce bébé portera dans l’histoire son nom d’adoption, Moché, (Moïse en français), ce qui signifie « sauvé des eaux ». Moïse va grandir et il sort vers ses frères. Vers quels frères : ses frères de sang ou d’adoption ? Les Hébreux ou les Egyptiens ? Les deux, selon Abraham Ibn Ezra. Il sort vers la fraternité, avec beaucoup de bonnes intentions, le cœur naïf. Mais voilà qu’il découvre la violence : un Egyptien frappe un esclave hébreu, et deux Hébreux se battent entre eux. Moïse ne pourra échapper à cette violence, puisqu’il tuera le garde-chiourne. Ainsi, Moïse aura du sang sur les mains et cela, selon certains Midrachim, lui coûtera son billet d’entrée en Terre Promise. Comme le Livre de la Génèse, le Livre de Chémote commence par cette question récurrente de D.ieu : « Qu’as-tu fait de ton frère ? » Dans la Genèse, le défit se joue entre deux frères, dans l’Exode, la problèmatique s’exprime entre deux peuples, mais toujours dans ce rapport de force à dépasser, et nous n’en sommes pas encore sortis (de cette Egypte-là) !

Le livre de Béréchit, clôturé la semaine dernière, avait été le théâtre de multiples luttes fratricides : de Caïn et Abel jusqu’à Yossef et ses frères, en passant par Its’hak et Ichmaël, Yaacov et Essav : force est de constater qu’une profonde division régnait dans les fratries des familles fondatrices du peuple d’Israël, qu’il n’y a pas eu beaucoup d’amour ni même de respect dans les fratries des pères fondateurs du peuple d’Israël. Par contre, le livre de Chémot débute sur une merveilleuse expression de fraternité.

Devant le buisson ardent, Moché n’accepte la mission confiée par D.ieu, qu’en apprenant la présence d’Aharon à ses côtés. Quant à Aharon, il aurait pu prétendre conduire seul cette mission divine : il est l’aîné et, contrairement à Moché, il a vécu de l’intérieur, le joug de l’oppression. Mais dans sa modestie naturelle, il cède la place à son cadet pour se contenter du rôle de porte-parole.

Dans cette première paracha du livre de Chémote, Moché et Aharon se présentent pour la première fois devant le peuple pour lui annoncer l’imminence de la Délivrance.  Et c’est Aharon qui va relater les paroles adressées par D.ieu à Moché devant le buisson ardent (Chémot, 4, 30). Et soudain, « le peuple eut foi » ! Comment un peuple juif opprimé depuis 210 ans peut-il d’un seul coup retrouver sa foi et croire en la Délivrance divine ? La réponse à cette question est édifiante. « Joseph ordonna à ses serviteurs, aux médecins, d’embaumer son père, et les médecins embaumèrent Israël » (Berèchith 50, 2). Les Egyptiens étaient, certes, passés maîtres dans l’art d’embaumer les morts et d’en faire des momies échappant à toute putréfaction.

Cette pratique est cependant contraire à nos traditions séculaires, qui interdisent toute atteinte portée au corps humain, y compris après sa mort. Nous respectons en effet depuis toujours l’ordre donné à Hachem à Adam : « Poussière tu es, et à la poussière tu retourneras » (Berèchit 3, 19) : Le corps doit se décomposer naturellement. Certains commentateurs, comme le Or ha-‘hayyim, considèrent que si Joseph fit embaumer le corps de son père, ce fut pour l’honorer, et pour ne pas être soupçonné d’indifférence à son égard. De plus, observe ce commentateur, Joseph savait que le corps de son père resterait intact même sans embaumement. Nous lisons en effet dans la Torah que Jacob « expira et fut réuni vers ses peuples » (Berèchit 49, 33), sans que ne soit jamais mentionné explicitement son décès. De cette formulation se déduit le principe, affirmé dans la Guemara (Ta‘anith 5b), que « notre père Jacob n’est pas mort ». N’étant pas mort, il n’a pas pu se décomposer, de sorte que son embaumement n’a pas contrevenu à la loi juive.

En abordant le livre de Chémot, une évidence s’impose : l’histoire juive prend une autre dimension. Ce n’est plus le récit d’une famille que la Torah nous livre, mais c’est celle d’un peuple en gestation, un peuple soumis d’emblée à la plus douloureuse des souffrances, celle de l’esclavage. Mais très vite, nous allons constater que cette histoire est aussi, et avant tout, celle du développement de ce peuple.

Malgré les persécutions les plus viles décrétées par Pharaon, ce peuple ne fait que grandir au point d’ébranler la super puissance que représentait alors l’Égypte. Et qui sont les responsables de ce prodigieux développement démographique ? Deux femmes dont la Torah nous donne les noms en guise d’hommage et qui dans tous les sens du terme étaient des « sages-femmes » : l’une s’appelait Chiffra et l’autre Pouah. Chiffra signifie en hébreu bon et vient de la racine « chipour » améliorer, et Pouah vient de la racine « péh », la bouche, qui permet à l’être humain de parler. Dans tous les sens du terme. Ces deux femmes sont dans tous les sens du terme des « sages-femmes », des                         « méyaledot», ce sont elles qui donnent naissance.  Lorsqu’un bébé hébreu naissait Pouah lui parlait. Et lorsque l’enfant était sorti à l’air libre, Chiffra le nettoyait et le rendait beau afin que sa maman ait envie de le garder en dépit du cruel décret de Pharaon. Or, c’est à la confluence de ces deux gestes que se trouve définie l’existence de la nation juive.

En effet un Juif naît dans le « parler ». Être juif, c’est avant tout être porteur d’un message que l’on se doit d’exprimer. Mais cela n’est pas suffisant : être juif, c’est également intégrer la dimension particulière représentée par la beauté. Mais attention, il ne s’agit pas de la beauté du discours à la manière grecque. Il s’agit d’intégrer le beau dans l’ensemble des dimensions de la vie. Être juif, c’est concilier le beau et le vrai. Trop souvent, le vrai ne prend pas le temps d’être beau et le beau est rarement vrai. En voulant réunir les deux, on pourra déterminer la ligne directrice qui permettra d’enseigner aux enfants juifs la pratique des mitsvote, mais sans négliger le message de cette beauté qui exalte l’âme et donne envie de se plonger dans le message de la Torah.

Être un parent juif, c’est être capable de motiver ses enfants en leur montrant que leur goût du beau ne doit pas s’investir dans le monde extérieur, mais dans le monde de la Torah. Lorsque l’on réussit à embellir la Torah, on a réussi l’éducation de nos enfants. On constate que cette dimension a été trop souvent négligée. Pour les Juifs qui souhaitent transmettre dans sa plénitude le message de la Torah, on pourrait leur dire : ne soyez pas seulement de bons enseignants soucieux de l’authenticité du message Toranique. Expliquez aux enfants que rendre les choses belles n’est pas une option, mais une partie intégrante de ce message. La Guémara de Chabbat enseigne que lorsque l’on achète un talit, il faut qu’il soit beau et idem pour une soucca. Il faut que les mitsvote soient belles et attirantes et que notre Torah de vérité soit séduisante, car c’est ainsi que nos enfants y prendront goût.

« D.ieu dit (encore) à Moïse  Parle ainsi aux enfants d’Israël, le Seigneur (Celui qui est Dieu) le Seigneur Dieu de vos pères le D.ieu d’Abraham, le D.ieu d’Isaac, le D.ieu de Jacob m’envoie vers vous, tel est Mon Nom à jamais, tel sera Mon Invocation dans tous les âges. »  Rachi intervient sur la fin du verset : « Tel est Mon Nom à jamais, tel sera Mon Invocation dans tous les âges. »  Nous reprenons les deux mots hébreux :  zeh-shemi = tel est mon nom vezeh zikhri = tel est mon invocation Shemi – mon nom : Que désigne-t-il dans le début du verset ?  Est-ce qu’il désigne les mots « Adonay Elohey Avoteychem le Seigneur le Dieu de vos Pères »  Ou bien est-ce qu’il désigne l’expression Elohey Avraham Elohey Yitschak ve’Elohey Ya’akov  D.ieu d’Abraham, D.ieu d’Isaac, D.ieu de Jacob ? 1-  « Tel est Mon Nom à jamais, tel sera Mon Invocation dans tous les âges » méthode facile pour trouver la réponse : on diviset la 1ère partie du verset elle-même en deux. « Adonay Elohey avoteychem Seigneur D.ieu de vos pères » serait Shemi mon Nom et correspondrait à zeh-shemi = tel est mon nom Et vezeh zikhri = tel est Mon invocation correspondrait à Elohey Avraham Elohey Yitschak ve’Elohey Ya’akov D.ieu d’Abraham, D.ieu d’Isaac, D.ieu de Jacob.  Différence des termes en français : Mon nom : la façon qui désigne mon être, mon essence et qui résulte de la lecture du verset précédent. Mon invocation : la manière dont on prononce l’invocation que l’on fait de Moi, c’est-à-dire l’allusion que l’on fait de Moi lorsque l’on parle de Moi. Ce serait là l’expression « D.ieu d’Abraham, D.ieu d’Isaac, D.ieu de Jacob ». « D.ieu dit encore à Moïse : Ainsi tu diras aux enfants d’Israël, Le Seigneur… » Ce n’est donc pas écrit Adonaï mais c’est écrit Youd- Hé-Vav-Hé sous la forme du nom que l’on ne prononce pas. D.ieu d’Abraham, D.ieu d’Isaac, et D.ieu de Jacob M’a envoyé vers vous, Ceci (Adonaï) est Mon Nom à jamais (donc la première partie de ce verset ce serait Mon nom Adonaï ) Et ceci est Mon invocation (c’est à dire la manière dont on M’invoque, dont on parle de Moi, c’est- à-dire D.ieu d’Abraham, D.ieu d’Isaac, et D.ieu de Jacob) dans tous les âges. »  Je ne dis pas que c’est ainsi qu’il faut comprendre. C’est une première lecture du verset qui est simple.

Moïse a demandé à D.ieu de quelle manière il doit parler de Lui au moment où il s’adresse aux  Hébreux en Egypte. D.ieu donne sa réponse au verset 14, étudié dans les cours précédents : Va leur dire que de toute les façons Je serais maintenant avec eux ce que Je dois être à la fin des temps et au fond ils attendent maintenant le signe de la fin des temps… Ceci implique qu’il y aura donc une fin des temps, donc un exil entre-temps, et par conséquent Moïse craint de rencontrer une résistance, alors D.ieu lui dit : Va leur dire simplement ceci en fin de verset 14 : « Je serais Ehyeh avec eux »  Sous entendu : maintenant ! Or Moïse avait demandé au verset 13 « Quel est ton nom ? » C’est–à-dire quelle est la manière dont je dois m’exprimer en parlant de Toi pour qu’ils soient assurés que c’est bien de Ta part que je viens. Alors que D.ieu lui répond en désignant Son être, lui disant : De toutes les façons Je serais ce que Je suis – Je serais Moi-même, c’est-à-dire J’accomplirai les promesses que J’ai faites…

Et au verset 15, D.ieu dit à Moïse de nouveau : « Va dire aussi ceci aux enfants d’Israël, c’est Adonaï, (mais c’est écrit Yod Hé Vav Hé), le Dieu de vos pères, le D.ieu d’Abraham, le D.ieu d’Isaac, et le D.ieu de Jacob, qui m’a envoyé vers vous ». En fin du verset, « tel est Mon nom à jamais », et cette 1ère partie de la fin du verset semble correspondre à ces mots : Adonay Elohey avoteychem Seigneur D.ieu de vos Pères.  Et la 2nde partie du verset « telle sera mon invocation » c’est-à-dire la manière dont on M’invoquera à chaque génération de génération à génération : désignerait l’expression  Elohey Avraham Elohey Yitschak ve’Elohey Ya’akov D.ieu d’Abraham, D.ieu d’Isaac, D.ieu de Jacob.  Il semble effectivement que ce soit la lecture la plus simple du verset. C’est dire qu’il y a le Nom de D.ieu, avec cette difficulté que c’est le mot qui désigne Son Essence, et ce n’est pas exactement ce que Moïse demandait. Moïse demandait sous quelle modalité il devait parler de Lui de tel sorte qu’ils comprennent que c’est en libérateur que D.ieu vient, et non par exemple en Souverain, ou en Juge, ou en Providence mais en libérateur.

Ce nom  qui désigne D.ieu en tant que Libérateur ne peut être donné qu’à la fin des temps. La manière dont D.ieu charge de dire cela impliquerait que la fin des temps est pour beaucoup plus tard. Cette promesse que D.ieu sera avec Israël déjà maintenant comme Il sera à la fin des temps, risquerait de faire comprendre qu’entretemps il y aura un exil supplémentaire. Moïse craint que cette annonce ne les inquiète et les désespère trop. Et voilà qu’au verset 15, D.ieu dit à Moïse « de toute façon va leur dire que c’est Adonaï – Celui qui est reconnu comme D.ieu par leur pères, le D.ieu de vos pères, le D.ieu d’Abraham, D.ieu d’Isaac, D.ieu de Jacob qui m’envoie vers vous… »  Et dis leur ceci : Ceci (Adonaï) est Mon Nom pour l’éternité, Et ceci est la manière dont on fait allusion à Moi à chaque génération.  Alors nous pouvons comprendre de la manière suivante que l’expression  Le Seigneur D.ieu de vos pères désigne ” Mon Nom » et que l’expression : « D.ieu d’Abraham, D.ieu d’Isaac, et D.ieu de Jacob» signifie Mon invocation la manière dont on fait référence à Moi à chaque génération…

Rachi : Il va nous parler de tout à fait autre chose sur cette fin de verset 15. Tel (Adonaï) est Mon Nom à jamais,  Le mot Léolam signifie littéralement « tant que dure le monde ». Le mot de Olam est traduit de l’hébreu par « monde » mais c’est en fait le sens de « durée ». Olam signifie « la durée du monde » que l’on a l’habitude de traduire « à jamais » ou « pour toute l’éternité » Cela est mon Nom pour toujours (le‘olam)  Le mot le‘olam est écrit sans la lettre vav, pour qu’on puisse le lire : le‘além [« tel est mon Nom destiné à être “caché” »], à ne pas prononcer comme il est écrit (Pessa‘him 50a ; Chemot raba). Cela est mon invocation Hachem lui apprend comment prononcer Son Nom. De même chez David : « Hachem, c’est ton Nom pour toujours, Hachem, c’est ton invocation de génération en génération ! » (Tehilim 135, 13). Rachi nous dit que ce mot de Olam en réalité dans le verset est écrit ’Hasser sans lettre Vav. En enlevant la voyelle Vav cela fait que la vocalisation a changé. Léolam = pour tout le temps que dure le monde – à jamais – est écrit sans le Vav. Il en résulte qu’il faudrait lire « Léalem » de manière à dire « pour le cacher » afin qu’il ne soit pas prononcé comme il est écrit. Cette racine en hébreu Ayin-Lamed-Mem – d’où provient le mot Olam lui-même – cette racine Alem signifie « caché », plus que caché d’ailleurs : « occulté » – caché de telle sorte que ce ne soit même pas deviné, Léolam. Et Rachi explique : « Zeh Shémi léalem Voici Mon nom pour le cacher » Normalement nous devrions lire « voici mon nom pour le monde, à jamais, pour toujours »  Mais voilà qu’il est écrit : Zeh Shmi léalem voici mon nom pour le cacher ! Et qu’est-ce que cela signifie ? Cela veut dire : « écris-le d’une manière différente de la manière dont il doit être lu ».

Relisons la traduction littérale : «  Zeh Shemi léolam : voici mon nom à jamais » Cela veut dire « tant que durera le monde ». Le mot Léolam est écrit sans la lettre vav pour nous dire Léalem, ce qui veut dire « Cachez-le » nous dit Rachi de telle sorte que ne soit pas lu ce qui est écrit. En fait dans les livres de la Torah, ce nom est écrit Youd-Hé-Vav-Hé, que l’on a l’habitude d’écrire avec un Qouf ( avec sa partie allongée) pour éviter l’écriture du nom qu’il est interdit d’effacer. C’est écrit d’une façon et lu d’une autre « Adonaï » qui signifie « Mon Seigneur ». Ce que rendent les traductions par « le Seigneur » chaque fois qu’apparait ce nom sous cette forme-là.  La notion est exacte : dans la tradition juive, la lecture de ce mot que l’on ne prononce pas  s’effectue à l’aide d’un mot qui signifie « Mon Seigneur », qui veut dire « Souverain ». Le mot « Adonaï – Mon Seigneur » : Celui que je reconnais comme Mon Seigneur. Que signifie Seigneur ? Cela veut dire « Souverain » que je reconnais comme mon maitre, dans le sens de Roi –Adon. Dieu est aussi appelé Melekh. C’est la Souveraineté du Melekh est la Souveraineté qui dépend de la reconnaissance de cette souveraineté par ses sujets. Tandis que la Souveraineté du Adon ne dépend pas de cette reconnaissance. L’expression connue est Eïn Melekh Vélo Am – Pas de Roi sans peuple » tandis que Adon signifie le souverain quoiqu’il en soit, le mot de Adon désigne la notion de souveraineté. On devrait dire Adoni – Mon Souverain. Seulement comme on  parle de D.ieu la forme est une forme qui fait penser à un pluriel de majesté mais c’est un singulier. Ce n’est pas un pluriel sinon pour dire « Mes Souverains » il y aurait Adonaï avec un Pata’h. Il y a un Qamats pour indiquer une toute autre forme qui est la forme que l’on emploie pour s’adresser vraiment à D.ieu. Avec un Pata’h, alors on pourrait dire comme disent les grammairiens que c’est un pluriel de majesté. Mais c’est un singulier, mais seulement ce n’est pas un singulier qui s’adresse à un particulier, mais c’est un singulier qui s’adresse à D.ieu. Alors il y a Adonaï avec un Qamats. Dans le Sefer Torah, il n’y a pas de voyelle, mais dans les livres qui reproduisent les voyelles nous trouvons écrit ce mot avec les voyelles du mot « Adonaï ». C’est la raison pour laquelle on a ici le Sheva, le ‘Holam et le Qamats  Pourquoi-là le Shéva ? Parce qu’on met Shéva-Pata’h sous le Alef, mais sous le Youd le Pata’h-Qamats. C’est exactement l’inverse. En réalité, la voyelle c’est le Shéva mais sous le Alef il faut mettre un Pata’h avec le Shéva. C’est la raison pour laquelle nous avons ce mot-là écrit avec ces voyelles du mot Adonaï.  Il en résulte que les exégètes qui ne savent rien de ce qu’ils lisent ont lu ce mot Jéhovah. C’est une grosse bourde des historiens des religions non-Juifs. Ils ne se sont pas rendus compte de quoi ils parlaient. Ils ont lu ce mot-là, dont ils ne connaissent pas la prononciation, c’est ce que d’ailleurs dit le texte depuis toujours et comme Dieu dit à Moïse : on ne saura pas comment il faut le lire. Ils disent « Jéhovah ». En tout cas c’est de là que vient ce principe : le mot qui désigne le nom de Dieu est prononcé avec un autre mot. C’est ce que dit Rachi. Dieu lui dit : Je vais te donner mon nom léalem mais d’une manière que tu le cacheras… Rachi nous dit : on ne va pas le lire comme il est écrit.

Le principe qu’il y a ici est enseigné par une Michna du Talmud : on n’a pas le droit de prononcer le Nom de D.ieu en dehors de Son temple. Le mot qui signifie temple est le mot ’Heikhal. Cet enseignement du Talmud s’appuie sur un verset de la prière du prophète ‘Habaqouq (2:20) qui dit ceci : «  Et Hachem dans le palais de son sanctuaire, Silence devant Lui toute la terre »  Une des significations de ce verset : D.ieu est dans son temple, dans le temple de sainteté et fait que toute la terre se tait. C’est le Drach du Talmud : quand D.ieu est dans son temple, on peut parler, c’est–à-dire on peut juste dire le Nom de Dieu, mais toute la terre en dehors doit se taire. C’est-à-dire qu’on ne peut pas dire le Nom de D.ieu en dehors du Temple. La tradition talmudique a appliqué cette règle qu’on n’a pas le droit de prononcer le nom de Dieu   en dehors de son temple, de cette manière. C’est dire qu’on n’a pas le droit de prononcer le nom de D.ieu en dehors de son temple. Et Son temple c’est le mot Adonaï. Parce que le mot de Adonaï signifie la souveraineté de D.ieu. Cela veut dire que je parle de Celui que je reconnais comme mon souverain. Cela signifie donc qu’on n’a pas le droit d’invoquer le Nom de D.ieu en dehors de la catégorie de la souveraineté. En d’autres termes : On n’a pas le droit de faire allusion à Celui qui est D.ieu autrement qu’en Le reconnaissant comme son souverain. Si je veux parler de Dieu je dois dire « Mon Souverain ». Lorsque je dis « Adonaï »  je parle de Celui qui est D.ieu mais en tant que je Le reconnais comme mon Souverain.

(Reprise de l’année 2013 sur le blog louyehi – Sources : Chabad.org – Rav Yehoshua Ra’hamim Dufour, Modia – Philippe Haddad , communauté de Nîmes – Grand Rabbin ‘Haïm Sitruk – Jacques Kohn, Chiourim.com – Rav Léon Askenazi – Chabbad.org)

PARACHAT HACHAVOUA – PARACHA DE LA SEMAINE du vendredi 13 au Chabbat 14 Chevat 5780 (du vendredi 10 au samedi 11 janvier 2020)

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Cette semaine, nous étudions la paracha Vayé’hi (Béréchit 47,28 – 50,26)

47,28
Jacob vécut dans le pays d’Égypte dix sept ans; la durée de la vie de Jacob fut donc de cent quarante-sept années.
47,29
Les jours d’Israël approchant de leur terme, il manda son fils Joseph et lui dit: « Si tu as quelque affection pour moi, mets, je te prie, ta main sous ma hanche pour attester que tu agiras envers moi avec bonté et fidélité, en ne m’ensevelissant point en Egypte.
47,30
Quand je dormirai avec mes pères, tu me transporteras hors de l’Égypte et tu m’enseveliras dans leur sépulcre. » Il répondit: « Je ferai selon ta parole. »
47,31
Il reprit: « Jure-le-moi » et il le lui jura; et Israël s’inclina sur le chevet du lit.
48,1
II arriva, après ces faits, qu’on dit à Joseph: « Ton père est malade. » Et il partit emmenant ses deux fils, Manassé et Éphraïm.
48,2
On l’annonça à Jacob, en disant: « Voici que ton fils Joseph vient te voir. » Israël recueillit ses forces et s’assit sur le lit.
48,3
Et Jacob dit à Joseph: « Le Dieu tout-puissant m’est apparu à Louz, au pays de Canaan et m’a béni.
48,4
Il m’a dit: ‘Je veux te faire croître et fructifier et je te ferai devenir une multitude de peuples; et je donnerai ce pays à te postérité ultérieure, comme possession perpétuelle.’
48,5
Eh bien! Tes deux fils, qui te sont nés au pays d’Égypte avant que je vinsse auprès de toi en Égypte, deviennent les miens; non moins que Ruben et Siméon, Éphraïm et Manassé seront à moi.
48,6
Quant aux enfants que tu engendrerais après eux, ils te seront attribués: ils s’appelleront du nom de leurs frères, à l’égard de leur héritage.
48,7
Pour moi, quand je revins du territoire d’Aram, Rachel mourut dans mes bras au pays de Canaan pendant le voyage, lorsqu’une kibra de pays me séparait encore d’Éphrath; je l’inhumai là, sur le chemin d’Éphrath, qui est Bethléem. »
48,8
Israël remarqua les enfants de Joseph et il dit: « Qui sont ceux-là? »
48,9
Joseph répondit à son père: « Ce sont mes fils, que Dieu m’a donnés dans ce pays. » Jacob reprit: « Approche-les de moi, je te prie, que je les bénisse. »
48,10
Or, les yeux d’Israël, appesantis par la vieillesse, ne pouvaient plus bien voir. Il fit approcher de lui ces jeunes gens, leur donna des baisers, les pressa dans ses bras;
48,11
et Israël dit à Joseph: « Je ne comptais pas revoir ton visage et voici que Dieu m’a fait voir jusqu’à ta postérité ».
48,12
Joseph les retira d’entre ses genoux et se prosterna devant lui jusqu’à terre.
48,13
Puis Joseph les prit tous deux, Éphraïm de la main droite, à gauche d’Israël et Manassé de la main gauche, à droite d’Israël; et il les fit avancer vers lui.
48,14
Israël étendit la main droite, l’imposa sur la tête d’Éphraïm, qui était le plus jeune et mit sa main gauche sur la tête de Manassé; il croisa ses mains, quoique Manassé fut l’aîné.
48,15
Il bénit Joseph, puis dit: « Que la Divinité dont mes pères, Abraham et Isaac, ont suivi les voies; que la Divinité qui a veillé sur moi depuis ma naissance jusqu’à ce jour;
48,16
que l’ange qui m’a délivré de tout mal, bénisse ces jeunes gens! Puisse-t-il perpétuer mon nom et le nom de mes pères Abraham et Isaac! Puisse-t-il multiplier à l’infini au milieu de la contrée. »
48,17
Joseph remarqua que son père posait sa main droite sur la tête d’Éphraïm et cela lui déplut; il souleva la main de son père pour la faire passer de la tête d’Éphraïm sur la tête de Manassé
48,18
et il dit à son père: « Pas ainsi, mon père! Puisque celui-ci est l’aîné, mets ta main droite sur sa tête. »
48,19
Son père s’y refusa et dit: « Je le sais, mon fils, je le sais; lui aussi deviendra un peuple et lui aussi sera grand: mais son jeune frère sera plus grand que lui et sa postérité formera plusieurs nations. »
48,20
Il les bénit alors et il dit: « Israël te nommera dans ses bénédictions, en disant: Dieu te fasse devenir comme Éphraïm et Manassé! » II plaça ainsi Éphraïm avant Manassé.
48,21
Israël dit à Joseph: « Voici, je vais mourir. Dieu sera avec vous et il vous ramènera au pays de vos aïeux.
48,22
Or, je te promets une portion supérieure à celle de tes frères, portion conquise sur l’Amorréen, à l’aide de mon épée et de mon arc. »
49,1
Jacob fit venir ses fils et il dit: « Rassemblez-vous, je veux vous révéler ce qui vous arrivera dans la suite des jours.
49,2
Pressez-vous pour écouter, enfants de Jacob, pour écouter Israël votre Père.
49,3
Ruben! Tu fus mon premier-né, mon orgueil et les prémices de ma vigueur: le premier en dignité, le premier en puissance.
49,4
Impétueux comme l’onde, tu as perdu ta noblesse! Car tu as attenté au lit paternel, tu as flétri l’honneur de ma couche.
49,5
Siméon et Lévi! Digne couple de frères; leurs armes sont des instruments de violence.
49,6
Ne t’associe point à leurs desseins, ô mon âme! Mon honneur, ne sois pas complice de leur alliance! Car, dans leur colère, ils ont immolé des hommes et pour leur passion ils ont frappé des taureaux.
49,7
Maudite soit leur colère, car elle fut malfaisante et leur indignation, car elle a été funeste! Je veux les séparer dans Jacob, les disperser en Israël.
49,8
Pour toi, Juda, tes frères te rendront hommage; ta main fera ployer le cou de tes ennemis; les enfants de ton père s’inclineront devant toi!
49,9
Tu es un jeune lion, Juda, quand tu reviens, ô mon fils, avec ta capture! II se couche; c’est le repos du lion et du léopard; qui oserait le réveiller?
49,10
Le sceptre n’échappera point à Juda, ni l’autorité à sa descendance, jusqu’à l’avènement du Pacifique auquel obéiront les peuples.
49,11
Alors on attachera son ânon à la vigne, et à la treille le fils de son ânesse: on lavera son vêtement dans le vin, et dans le sang des raisins sa tunique;
49,12
les yeux seront pétillants de vin et les dents toutes blanches de lait.
49,13
Zabulon occupera le littoral des mers; il offrira des ports aux vaisseaux et sa plage atteindra Sidon.
49,14
Issachar est un âne musculeux qui se couche entre les collines.
49,15
II a goûté le charme du repos et les délices du pâturage; et iI a livré son épaule au joug et iI est devenu tributaire.
49,16
Dan sera l’arbitre de son peuple, sous lui se grouperont les tribus d’Israël.
49,17
II sera, Dan, un serpent sur le chemin, un aspic dans le sentier: il pique le pied du cheval et le cavalier tombe renversé.
49,18
J’espère en ton assistance, Seigneur.
49,19
Gad sera assailli d’ennemis, mais il les assaillira à son tour.
49,20
Pour Asher, sa production sera abondante; c’est lui qui pourvoira aux jouissances des rois.
49,21
Nephtali est une biche qui s’élance; il apporte d’heureux messages.
49,22
C’est un rameau fertile que Joseph, un rameau fertile au bord d’une fontaine; il dépasse les autres rameaux le long de la muraille.
49,23
Ils l’ont exaspéré et frappé de leurs flèches; ils l’ont pris en haine, les fiers archers:
49,24
mais son arc est resté plein de vigueur et les muscles de ses bras sont demeurés fermes grâce au Protecteur de Jacob, qui par là préparait la vie au rocher d’Israël;
49,25
grâce au Dieu de ton père, qui sera ton appui et au Tout-Puissant, qui te bénira des bénédictions supérieures du ciel, des bénédictions souterraines de l’abîme, des bénédictions des mamelles et des entrailles! Les vœux de ton père,
49,26
surpassant ceux de mes ancêtres, atteignent la limite des montagnes éternelles; ils s’accompliront sur la tête de Joseph, sur le front de l’Élu de ses frères!
49,27
Benjamin est un loup ravisseur: le matin il s’assouvit de carnage, le soir il partagera le butin. »
49,28
Tous ceux-là sont les douze tribus d’Israël; et c’est ainsi que leur père leur parla et les bénit, dispensant à chacun sa bénédiction propre.
49,29
Et il leur donna ses ordres en disant: « Je vais être réuni à mon peuple; ensevelissez-moi auprès de mes pères dans le caveau qui fait partie du domaine d’Éfrôn le Héthéen;
49,30
dans ce caveau qui appartient au territoire de Makhpêla, en face de Mamré, dans le pays de Canaan, territoire qu’Abraham acheta d’Éfrôn le Héthéen, comme sépulture héréditaire.
49,31
Là furent enterrés Abraham et Sara son épouse; là furent enterrés Isaac et Rébecca son épouse et là j’ai enterré Léa.
49,32
L’acquisition de ce territoire et du caveau qui s’y trouve a été faite chez les Héthéens. »
49,33
Jacob, ayant dicté à ses fils ses volontés dernières, ramena ses pieds dans sa couche; il expira et rejoignit ses pères.
50,1
Joseph se précipita sur le visage de son père et le couvrit de pleurs et de baisers.
50,2
Joseph ordonna aux médecins, ses serviteurs, d’embaumer son père; et les médecins embaumèrent Israël.
50,3
On y employa quarante jours; car on emploie autant de jours pour ceux qu’on embaume. Les Égyptiens portèrent son deuil soixante-dix jours.
50,4
Les jours de son deuil écoulés, Joseph parla ainsi aux gens de Pharaon: « De grâce, si j’ai trouvé faveur à vos yeux, veuillez porter aux oreilles de Pharaon ces paroles:
50,5
Mon père m’a adjuré en ces termes: ‘Voici, je vais mourir; dans mon sépulcre, que j’ai acquis dans le pays de Canaan, là même tu m’enseveliras.’ Et maintenant, je voudrais partir, j’ensevelirai mon père et je reviendrai. »
50,6
Pharaon répondit: « Pars et ensevelis ton père ainsi qu’il t’a adjuré. »
50,7
Joseph partit pour ensevelir son père. II fut accompagné par tous les officiers de Pharaon qui avaient vieilli à sa cour, par tous les anciens du pays d’Égypte,
50,8
par toute la maison de Joseph, par ses frères et par la maison de son père. Leurs enfants seuls, avec leur menu et leur gros bétail, restèrent dans la province de Gessen.
50,9
Il y eut à sa suite et des chars et des cavaliers; le convoi fut très considérable.
50,10
Parvenus jusqu’à l’Aire-du-Buisson, située au bord du Jourdain, ils y célébrèrent de grandes et solennelles funérailles et Joseph ordonna en l’honneur de son père un deuil de sept jours.
50,11
L’habitant du pays, le Cananéen, vit ce deuil de l’Aire-du-Buisson et ils dirent: « Voilà un grand deuil pour l’Égypte! » C’est pourquoi on nomma Abêl-Miçrayim ce lieu situé de l’autre coté du Jourdain.
50,12
Ses fils agirent à son égard, ponctuellement comme il leur avait enjoint:
50,13
ils le transportèrent au pays de Canaan et l’inhumèrent dans le caveau du champ de Makhpêla, ce champ qu’Abraham avait acheté comme possession tumulaire à Éfrôn le Héthéen, en face de Mambré.
50,14
Joseph, après avoir enseveli son père, retourna en Égypte avec ses frères et tous ceux qui l’avaient accompagné pour ensevelir son père.
50,15
Or, les frères de Joseph, considérant que leur père était mort, se dirent: « Si Joseph nous prenait en haine! S’il allait nous rendre tout le mal que nous lui avons fait souffrir! »
50,16
Ils mandèrent à Joseph ce qui suit: « Ton père a commandé avant sa mort, en ces termes:
50,17
‘Parlez ainsi à Joseph: Oh! Pardonne, de grâce, l’offense de tes frères et leur faute et le mal qu’ils t’ont fait!’ Maintenant donc, pardonne leur tort aux serviteurs du Dieu de ton père! » Joseph pleura lorsqu’on lui parla ainsi.
50,18
Puis, ses frères vinrent eux-mêmes tomber à ses pieds, en disant: « Nous sommes prêts à devenir tes esclaves.
50,19
Joseph leur répondit: Soyez sans crainte; car suis-je à la place de Dieu?
50,20
Vous, vous aviez médité contre moi le mal: Dieu l’a combiné pour le bien, afin qu’il arrivât ce qui arrive aujourd’hui, qu’un peuple nombreux fût sauvé.
50,21
Donc, soyez sans crainte: j’aurai soin de vous et de vos familles. » Et il les rassura et il parla à leur cœur.
50,22
Joseph demeura en Égypte, lui et la famille de son père et il vécut cent dix ans.
50,23
Il vit naître à Éphraïm des enfants de la troisième génération; de même les enfants de Makir, fils de Manassé, naquirent sur les genoux de Joseph.
50,24
Joseph dit à ses frères: « Je vais mourir. Sachez que le Seigneur vous visitera et vous ramènera de ce pays dans celui qu’il a promis par serment à Abraham, à Isaac et à Jacob. »
50,25
Et Joseph adjura les enfants d’Israël en disant: « Oui, le Seigneur vous visitera et alors vous emporterez mes ossements de ce pays. »
50,26
Joseph mourut âgé de cent dix ans; on l’embauma et il fut déposé dans un cercueil en Égypte.

(Source : Torah-Box)

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Les enjeux de la paracha Vayé’hi

à la lumière de la ‘Hassidout, b

Le nom de cette paracha, Vayé’hi, signifie « il vécut », se référant à la façon dont Jacob passa les dernières années de sa vie en Égypte. Sachant que le nom d’une paracha exprime son contenu dans son ensemble, nous serions fondés d’attendre à ce qu’une paracha intitulée « il vécut » soit consacrée au récit des principaux événements de la vie de Jacob. Or, la parachat Vayé’hi est consacrée à l’exact inverse, c’est-à-dire aux événements qui vont conduire à la mort de Jacob et à ses conséquences. Dans cette paracha, Jacob donne ses dernières bénédictions à ses fils et petits-fils, rend son dernier souffle et est enterré par ses fils dans la grotte de Makhpélah. Tout ceci est suivi du récit de la mort de son fils préféré et successeur désigné, Joseph. La parachat Vayé’hi est ainsi évocatrice de la parachat ‘Hayé Sarah, dont le nom signifie « la vie de Sarah » bien qu’elle fut centrée sur les événements qui eurent lieu à la suite de sa mort.

Comme cela a été expliqué à propos de Sarah, notre vie ne peut être qualifiée d’authentique que lorsque nos idéaux survivent en ceux qui nous succèdent. Ainsi, paradoxalement, tant que nous sommes vivants physiquement, il n’est pas du tout certain que nous soyons véritablement « vivants », car la preuve d’une vie vraie ne se manifeste qu’après la mort. Si nos descendants restent fidèles aux valeurs que nous leur avons transmises, il devient alors rétroactivement clair que nous étions également « vivants » pendant notre vie. Autrement cela signifie que, même de notre vivant, nous étions fondamentalement « morts ».

Cette perspective permet d’expliquer pourquoi ici, dans la paracha Vayé’hi, la Torah fait précéder à la mention de l’âge de Jacob quand il mourut la phrase : « Jacob vécut dix-sept ans en terre d’Égypte. » Dans la parachat ‘Hayé Sarah, on ne trouve pas de telle phrase introductive concernant Sarah. On nous y informe seulement de son âge au moment de sa mort. Le fait que Jacob vécut dix-sept ans en terre d’Égypte avant de mourir – des années dont il nous est dit qu’elles furent les meilleures de sa vie, pleines de réelle satisfaction à la vue de ses enfants et ses petits-enfants fidèles à ses idéaux – prouve qu’il fut réellement « vivant » au cours de sa vie. Le fait qu’il sût préserver sa propre spiritualité dans le monde corrompu et idolâtre de l’Égypte et qu’il réussit à élever ses enfants et ses petits-enfants dans le même esprit atteste du caractère foncièrement authentique de sa vie.

De fait, la vie de Jacob se perpétua si réellement dans la vie de ses descendants que la Torah n’emploie même pas le terme « mourir » quand elle relate sa mort. Elle dit seulement qu’il cessa de respirer1 et le Talmud assure donc que, fondamentalement, Jacob n’est pas mort !2

De plus, comme nous le verrons par la suite, la mort de Jacob indiqua l’amorce d’une descente qui allait se conclure par l’asservissement physique de tous ses descendants. Le fait que le peuple juif demeurât fidèle à l’héritage de Jacob même dans des circonstances aussi difficiles est une preuve supplémentaire que sa mort démontra le plus clairement possible qu’il fut non seulement « vivant » sa vie durant, mais qu’il continua de l’être même après également.

Comme nous l’avons vu, dès sa jeunesse, Jacob incarna l’érudit en Torah par excellence.3 En même temps qu’il absorbait les connaissances renfermées dans la Torah, il s’imprégna aussi de la transcendance de la Torah, de son immuable essence divine qui la rend intrinsèquement, universellement et éternellement pertinente dans tous les aspects de la vie. C’est ce qui lui permit de surmonter toutes les vicissitudes de la vie, de faire de tous ses enfants des hommes vertueux malgré leurs personnalités différentes et d’assurer que les années qu’il passerait en Égypte seraient ses meilleures années. La Torah, étant l’incarnation de la volonté et de la sagesse de D.ieu, est vérité. L’étude de la Torah est donc la poursuite de la vérité. C’est pourquoi, par extension, l’engagement dans la Torah signifie un dévouement sans compromis à la vérité. La Torah fut la clé de Jacob pour la vie éternelle, car la vérité, par définition, est éternelle.

Dès lors, la leçon de la parachat Vayé’hi est que nous pouvons nous aussi surmonter toutes les dernières difficultés de l’exil, réussir à éduquer nos enfants de sorte qu’ils restent fidèles à leur héritage, et profiter de toutes les bénédictions d’abondance spirituelle et matérielle – c’est-à-dire avoir un avant-goût de la douceur de l’ère messianique prochaine – même si nous sommes encore en exil, à travers l’étude de la Torah et l’accomplissement de ses commandements.

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Il est donc approprié que le premier livre de la Torah s’achève par le message de Vayé’hi, « il vécut ». Alors que le rideau s’abaisse sur les fondations établies par les Patriarches et que nous nous préparons à assister à la maturation de leur descendance en un peuple à part entière qui assumera le rôle de « royaume de nobles et nation sainte »,4 la parachat Vayé’hi nous rappelle que le Livre de la Genèse n’est pas une simple œuvre littéraire, un hommage sentimental ou partisan aux ancêtres de notre nation qui, aussi impressionnants qu’ils aient pu être, sont morts et enterrés et appartiennent donc au passé. Non, ils sont vivants, réellement vivants, et c’est seulement en s’identifiant à leurs aspirations, en intériorisant leur héritage et en y restant fidèles, que nous aussi pouvons être réellement vivants. Tant que nous sommes en exil, nous continuerons à être sollicités par les tentations provocantes de la pseudo-vie autour de nous (et à l’intérieur de nous). Mais la Torah est « une Torah de vie »5 qui nous stimule éternellement à rester au-dessus de ces tentations et à « choisir la vie »6 en accomplissant les commandements de D.ieu,7 transformant ainsi notre vie et le monde autour de nous en une résidence pour D.ieu, la véritable8 « source de vie ».9

NOTES
1.

Genèse 49,33.

2.

Taanit 5b.

3.

Genèse 25,27, etc.

4.

Exode 19,6.

5.

Liturgie, Amidah. Avot deRabbi Nathan, chapitre 34.

6.

Deutéronome 30,19.

7.

Lévitique 18,5.

8.

Psaumes 36,12.

9.

Likoutei Si’hot, vol. 15, pp. 427-430 ; Sefer HaSi’hot 5749, vol. 1, pp. 164-172 ; Si’hot Kodech 5741, vol. 1, pp. 763-766 ; Sefer HaSi’hot 5751, vol. 1, pp. 225-227.

(Source : Chabbad.org)

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La vraie vie

Se peut-il qu’elle eut lieu en Egypte ?

Les meilleures années de Jacob

Quand le Tséma’h Tsedek était un jeune garçon, son professeur du ‘Héder lui enseigna le verset : « Et Jacob vécut en terre d’Égypte pendant dix-sept ans »1, lui expliquant que ce furent les meilleures années de la vie de Jacob. Le Tséma’h Tsedek demanda à son grand-père, Rabbi Chnéour Zalman de Lyadi :

Comment était-il possible que les meilleures années de la vie de Jacob se soient passées en Égypte, un pays dépravé ?

Rabbi Chnéour Zalman lui répondit :

« Avant même qu’il n’arrive, Jacob avait envoyé Judah en Égypte pour y établir une Yéchiva.2 Quand on étudie la Torah, on se rapproche de D.ieu. Cette proximité permet de vivre une véritable vie, y compris en Égypte. »3

Effectivement, la dépravation de l’Égypte éleva la vie de Jacob.

Car la transformation de l’obscurité révèle une qualité de lumière supérieure.

Le fait que Jacob ait établi une vie de Torah au sein de l’obscurité de la société égyptienne, révéla la qualité intrinsèque de la vie qu’il mena et qu’il transmit à ses enfants.

Vivre avec la Torah

Une vraie vie ne peut être attribuée qu’à D.ieu, comme il est écrit « Et l’Éternel ton D.ieu est vrai ; Il est le D.ieu vivant. »4

Tout comme la vérité est ininterrompue et inchangée, la vie est également, par essence, une qualité immuable et éternelle.

Ainsi nos Sages ne qualifient un cours d’eau d’« eau vive » que lorsqu’il coule en permanence, sans période d’assèchement.5

L’existence mortelle, en revanche, est éphémère et sujette au changement.6

Néanmoins, en se rapprochant de D.ieu par l’étude de la Torah, l’homme peut accéder à une certaine dimension de l’éternité divine, comme il est écrit « Et vous qui vous attachez à D.ieu êtes tous vivants aujourd’hui. »7

Tel fut le moteur de la vie de Jacob tout au long de son existence.

Quand la Torah définit la nature de sa personnalité, elle le décrit comme « un homme simple, résidant dans les tentes »8, c’est-à-dire les tentes de Chem et Ever9, les principaux centres d’étude de cette époque.

C’est là-bas que fut forgé et façonné son caractère.

Et pourtant, Jacob ne demeura pas indéfiniment dans ces lieux d’étude.

Sa vie fut jalonnée d’épreuves et de défis divers qu’il sut surmonter, montrant que le lien qu’il avait établi avec D.ieu à travers l’étude de la Torah, était réel.

Et à travers toutes ces situations difficiles, il maintint son lien avec la Torah.

La lumière dans l’obscurité

Jacob connut l’apogée du voyage de sa vie en Égypte.

Il y rencontra des épreuves de nature différente de celles qu’il avait connues au préalable, car il y vécut dans une immense richesse au sein d’une société décadente.

Mais, comme nous l’avons dit plus haut, même avant de pénétrer en Égypte, Jacob avait résolu ces difficultés en envoyant devant lui Judah pour y établir une Yechiva.

Par cet acte, il détermina la tournure de son devenir en Égypte.

Qui plus est, non seulement Jacob s’adonna-t-il alors à l’étude de la Torah, mais il y impliqua ses enfants et ses petits-enfants.

Plutôt que d’accepter les valeurs de la culture environnante, les descendants de Jacob se joignirent à lui dans l’étude. Pour eux, la descente en Égypte constituait une transition radicale : la plus grande partie de leur vie adulte s’était passée en Terre d’Israël, dans une atmosphère de sainteté.

Et pourtant, motivés par l’exemple de Jacob et sous sa direction, ils furent capables d’imprégner l’Égypte de la sainte atmosphère de la Terre Sainte à travers l’étude et le service de D.ieu.

L’engagement indéfectible et sans compromis de Jacob pour la Torah dans toutes les circonstances de son existence est l’expression de la vie véritable dont la Torah l’a animé.

Sa relation avec D.ieu, englobait toute sa vie et pénétrait dans chaque aspect de son être et de sa personalité.

Jacob vit toujours

Ce qui précède permet de comprendre pourquoi cette Paracha est appelée Vaye’hi, « Et il vécut », bien qu’elle parle de la mort de Jacob.

Comme le montrent les événements relatés dans la Paracha, la vie de Jacob fut marquée par une relation à D.ieu qui transcendait les limites physiques.

Et puisqu’il partagea cette qualité avec ses descendants, elle fut perpétuée dans sa postérité au-delà de sa vie mortelle.

Comme le disent nos Sages : « Jacob, notre ancêtre, n’est pas mort. De même que ses descendants sont en vie, il est également vivant. »10

Ce concept ne s’applique pas seulement aux descendant directs de Jacob, mais aux les Juifs de toutes les époques.

La vitalité qui anime un Juif dans son service divin aujourd’hui reflète la vie de Jacob, notre Père.11

Et, inversement, le lien avec la Torah que Jacob entretint est une source de vie pour tous ses descendants à travers les générations.

Il est vrai qu’au cours de l’histoire juive, il y a toujours eu des Juifs qui, du moins en apparence, ne conduisent pas leur vie selon les directives de la Torah. Mais ce n’est là que l’expression de leur réalité extérieure. La vérité profonde est qu’ils sont intrinsèquement vivants et que cette vitalité découle de la Torah et de ses Mitsvot.12

Nos Sages établissent, « Bien qu’un Juif faute, il reste un Juif »13 et le Rambam déclare, « Une personne dont le penchant négatif l’oblige à refuser l’observance d’une Mitsva ou à commettre un péché … espère [toujours] faire partie du Peuple Juif et désire accomplir toutes les Mitsvot et se séparer du péché. C’est seulement son [mauvais] penchant qui la force [à agir autrement]. »14

Quelle que soit son comportement, chaque membre de notre peuple reste un Juif et possède un lien avec la Torah dans sa totalité. « La Torah que Moïse nous a ordonnée est un héritage de la maison de Jacob. »15

C’est là l’héritage spirituel que Jacob nous a légué, le signe de la perpétuation de sa vie et de notre propre vitalité.

L’Égypte n’est pas définitive

Bien que la faculté de créer un centre de Torah pour ses descendants en Égypte fût une caractéristique de la vie de Jacob, elle ne constitue pas le summum de ses actes.

Car la résidence ultime pour Jacob et ses descendants n’est pas l’Égypte, mais la Terre d’Israël.

C’est pourquoi, Jacob rassembla ses fils avec l’intention de leur révéler le moment de la Rédemption.16

Et il les assura qu’ils seraient sauvés d’Égypte, promettant que « D.ieu sera avec vous et Il vous ramènera vers la terre ancestrale. »17 Car c’est en Terre d’Israël – et plus particulièrement dans la Terre d’Israël de l’ère de la Rédemption messianique – que la vie de Jacob et de ses descendants prospèrera réellement.

Force et encouragement

Ce Chabbat est appelé « Chabbat ‘Hazak » de par la coutume18 de proclamer ‘Hazak, ‘Hazak, Venit’hazèk (« Sois fort, sois fort et que nous soyons renforcés ») à la conclusion de la lecture de la Torah, en reconnaissance pour avoir achevé le Livre de Béréchit – la Genèse.

La conscience nourrie par la lecture de Vaye’hi génère de la force.

Quand un Juif sait qu’on lui a attribué en héritage une vie intrinsèque qui s’exprime dans son lien avec la Torah, et que viendra un temps où cette relation connaîtra une dimension parfaite, il acquiert la force intérieure de relever les défis de son environnement.

En mettant en valeur l’expression de ce potentiel dans l’ensemble notre peuple, nous hâtons le temps lors duquel il atteindra son point culminant dans l’Ère de la Rédemption.

Puisse-t-elle avoir lieu dans le futur immédiat.

Adapté de Likoutei Si’hot vol. 10 p. 160 et suiv.
et Si’hot Chabbat parachat Vayé’hi 5751.

NOTES
1.

Genèse 47, 28.

2.

Baal Haturim sur ce verset. Ceci est exprimé dans le fait que 17 est la valeur numérique du mot hébraïque tov, signifiant « bon ». (Or HaTorah, Vayé’hi p. 354a).

3.

Hayom Yom du 18 Tévet.

4.

Jérémie 10, 10.

5.

Parah 8:9, employant la terminologie de Nombres19, 17. Plus spécifiquement, pour être considéré comme « eau vive », un cours d’eau ne doit pas s’assécher pendant sept années consécutives.
Cette limite est choisi parce que notre monde suit un cycle de sept millénaires. Puisque cette existence globale est temporaire, la pérennité de l’ »eau vive » ne doit pas être nécessairement absolue.

6.

Le Rambam (Michné Torah, Hilkhot Yésodei HaTorah 2:10) distingue la vie de D.ieu de l’existence mortelle. La vie de D.ieu ne fait qu’un avec Lui, alors qu’un être mortel est, par nature, séparé de sa source de vie.

7.

Deutéronome 4, 4.

8.

Genèse 25, 27.

9.

Midrache Béréchit Rabbah 63:10 et Rachi sur ce verset. La relation de Jacob avec la Torah est également exprimée dans le verset « Il a établi des statuts en Jacob, institué la Torah en Israël » (Psaumes 78, 5).

10.

Talmud Taanit 5b.

11.

Ce concept de vie perpétuelle est enseigné en relation avec Jacob et non avec Avraham et Isaac car la notion de « ses descendants sont vivants » ne concerne que Jacob. En effet, « La couche de Jacob fut parfaite » (Rachi sur Genèse 47,31), ce qui signifie que tous ses fils furent vertueux et leur descendance devint le peuple juif. En revanche, Avraham engendra Ismaël et Isaac engendra Ésaü. (Talmud Pesa’him 56a ; voir ausssi Maharcha sur Taanit ibid.)

12.

Un parallèle existe avec Jacob lui-même. Dans le passage talmudique de Taanit cité, lorsque il est dit « Jacob notre ancêtre n’est pas mort », une question est posée : n’a-t-il pourtant pas été pleuré, embaumé et enterré ? Ce à quoi nos Sages répondent « Il était seulement mort en apparence, mais en réalité il était vivant ». De même, il y a ici une réalité spirituelle intérieure qui ne correspond pas aux apparences extérieures.

13.

Talmud Sanhédrine 44a.

14.

Michné Torah, Hilkhot Guerouchine 2:20.

15.

Deutéronome 33, 4.

16.

Rachi sur Genèse 49, 1.

17.

Genèse 48, 21. Voir également Rachi sur Exode 3, 18 qui relate que la promesse « D.ieu se souviendra de vous et vous fera sortir de cette terre » (Genèse 50, 24) qui donna le signal de la rédemption fut initialement révélé aux Hébreux par Jacob.

18.

Cf. Choul’hane Aroukh Ora’h ‘Haïm, fin du chap. 139. Voir également Likoutei Si’hot, vol. 25, p. 474.

La vraie vie

(Source : Chabbad.org)

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Qu’est-ce qu’une mère juive ?

L’exemple de Rachel

Quant à moi, quand je revins de Padan, Rachel mourut auprès de moi au pays de Canaan, lorsqu’une kibra de pays me séparait encore d’Ephrath ; Je l’inhumai là sur le chemin d’Ephrath qui est Beth-Lé’hem.

Genèse 48, 7

Ainsi a parlé l’Éternel : Une voix a retenti à Rama, une voix plaintive, d’amers sanglots. C’est Rachel qui pleure ses enfants, qui ne veut pas se laisser consoler de ses fils perdus ! Or, dit l’Éternel, que ta voix cesse de gémir et tes yeux de pleurer, car il y aura une compensation à tes efforts, dit l’Éternel, ils reviendront du pays de l’ennemi. Oui, il y a de l’espoir pour ton avenir, dit l’Éternel : tes enfants rentreront dans leur pays.

Jérémie 31, 14-16

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi le judaïsme est transmis par la mère ? (Selon la Torah, on est juif parce que l’on est né d’une mère juive – ou que l’on s’est converti selon la halakha, la loi juive.)

Puisque nous y sommes, pourquoi l’homme a-t-il plus de commandements que la femme ? (Bien qu’elle puisse les accomplir, la femme est dispensée des mitsvot positives – « tu feras » – liées à une période particulière, comme le Loulav à Souccot, etc…)

Et, tant qu’à faire, pourquoi l’homme remercie de ne pas avoir été créé femme, alors que la femme remercie D.ieu de l’avoir faite « selon Sa volonté » ? (Dans les bénédictions du matin.)

La raison en est que le rôle de l’homme et celui de la femme sont intrinsèquement différents :

L’homme doit rechercher et créer en lui la plénitude spirituelle, il doit donc s’investir dans l’étude de la Torah, dans le « service du cœur » de la prière, dans de nombreux commandements qui lui permettront de trouver D.ieu dans sa relation avec le monde, comme l’enseignent les Proverbes : « Dans toutes tes voies, connais-Le. »1

La femme a une tâche plus grande encore : celle de veiller à la prochaine génération. Elle n’a pas besoin de « chercher » D.ieu, Il est devant elle, résidant dans le cœur de chacun de ses enfants. Son abnégation innée et absolue pour leur bien la place au-dessus du combat pour acquérir la matérialité de ce monde à la sainteté. Ainsi, de par son sens du sacrifice de soi, elle est véritablement « selon Sa volonté », à l’image même de la sainteté, de cette sainteté qu’elle s’attache à nourrir et préserver ; cet effacement permet à l’âme juive de briller en elle, bien plus que chez son mari, et, à travers elle, de passer à sa descendance.2

Ainsi fut notre mère Rachel, l’archétype de la femme juive. Elle qui accepta de ne pas reposer auprès de Jacob à Hébron pour être enterrée sur le bord de la route, à Beth-Lé’hem, afin de venir en aide à ses enfants lorsqu’ils partiraient en captivité. C’est par son mérite que la promesse divine fut émise : « Tes enfants rentreront dans leur pays ».

Nos Sages ont dit : « C’est par le mérite des femmes vertueuses de leur génération que nos ancêtres sont sortis d’Égypte. »3 Ce à quoi le Rabbi de Loubavitch ajoute : « C’est par le mérite des femmes vertueuses de notre génération que viendra le Machia’h »,4 très prochainement.

NOTES
1.

Proverbes 3,6.

2.

Voir Likoutei Si’hot vol; 30, p. 236.

3.

Talmud Sotah 11b.

4.

Torat Mena’hem Hitvaadouyot 5752, vol. 2, p. 184.

Qu’est-ce qu’une mère juive ?

(Source : Chabbad.org)

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Le secret

Ce que D.ieu voudrait que vous sachiez mais qu’Il ne vous dira pas

Et Jacob appela ses fils et il dit : Rassemblez-vous pour que je puisse vous révéler ce qui vous arrivera à la fin des temps.

Genèse 49, 1

Le Talmud explique que « Jacob désirait révéler à ses fils « la fin des jours » (Kets Hayamim, le moment de la rédemption totale et définitive lors de la venue de Machia’h), et c’est alors que la Présence Divine le quitta. »

Cette affirmation soulève une question évidente : pourquoi Jacob avait-il un tel désir ? Qu’aurait apporté une telle connaissance ? Le fait que les Enfants d’Israël connussent la date de la venue de Machia’h n’aurait-il pas eu sur leur moral un effet dévastateur ? Savoir que la rédemption n’aurait pas lieu avant plus de 3 500 ans n’aurait-il pas été une source de découragement et de désespoir pour les Juifs en Égypte ?

L’opportunité

Dans le « Cantique de la mer » (le chant de louange que le peuple d’Israël adressa à D.ieu sur les rives de la mer Rouge lorsqu’il fut sauvé des armées de Pharaon), un verset nous dit : « Apporte-les et plante-les sur la montagne de Ton héritage, la base de Ta résidence que Toi, D.ieu, as faite ; le sanctuaire, ô D.ieu, que Tes Mains ont établi. » Le Zohar explique que, si nous l’avions mérité, D.ieu Lui-Même nous aurait transportés en Terre Sainte et Lui-Même aurait construit le Temple à Jérusalem, ces actes devenant éternels et inaltérables. En d’autres termes, l’Exode d’Égypte aurait constitué la rédemption ultime. Ce n’est que par une série de défaillances de notre part (comme la faute du veau d’or et celui des explorateurs) que notre entrée en Terre d’Israël et la construction du Temple furent entreprises par des efforts humains et furent aussi mortelles et vulnérables que leurs auteurs humains. Ainsi, attendons-nous encore le jour où D.ieu Lui-Même nous rassemblera de tous les coins de la terre et reconstruira le Temple, rendant Sa présence manifeste dans nos vies de manière inaltérable et éternelle.

C’est cette  « fin » que Jacob désirait révéler. Au moment de sa mort, l’Exode était encore éloigné de 193 ans, au-delà de l’espérance de vie plausible des enfants et des petits-enfants de Jacob, mais proche au regard de son potentiel comme événement culminant de l’histoire. De plus, la « fin des jours » n’est pas un temps fixé mais une limite : un point dans le temps qui marque la date la plus tardive possible pour la rédemption, qui peut néanmoins être atteinte plus tôt grâce aux actions positives des hommes. Et en effet, l’Exode eut bien lieu avant son échéance annoncée, après 210 ans en Égypte au lieu des 400 ans prédits à Abraham.

Si nous avions su que la sortie d’Égypte devait constituer l’ultime et finale rédemption, nous aurions été poussés à saisir l’occasion et assurer que tout son potentiel soit effectivement réalisé.

Construire dans l’obscurité

Pourtant, D.ieu empêcha Jacob de révéler cela à ses enfants. La « fin des jours » devait rester un mystère, même si sa révélation eût pu encourager nos efforts pour perfectionner le monde et le préparer à la rédemption. Car pour que l’homme participe réellement au perfectionnement de la création, il est crucial que le calendrier de l’avènement messianique lui reste inconnu.

Comme il a été dit précédemment, la rédemption finale est un acte divin, inaltérable et éternel. Dès lors, si l’homme est amené à jouer un rôle significatif dans sa réalisation, c’est par des actes qui sont eux-mêmes inaltérables et éternels. De là découle l’état de galout (exil) dans lequel nous nous trouvons, un état de déplacement physique et spirituel, un état dans lequel la Main de D.ieu qui guide l’histoire nous est cachée et nos vies semblent livrées au hasard et à la chance. Quand un individu garde son intégrité et sa loyauté envers D.ieu malgré de telles conditions, il manifeste un engagement éternel, un engagement que ni les aléas du temps, ni ceux de l’histoire ne viendront ébranler.

Ainsi, le galout n’est-il pas seulement une situation dont nous devons être sauvés, mais également la condition qui permet notre participation significative dans le processus de la rédemption. Être en galout signifie être dans l’obscurité : habiter un monde dans lequel une gangue corporelle voile son riche contenu spirituel ; un monde sourd aux tintements de l’horloge cosmique de l’histoire et aveugle à sa propre progression régulière vers la perfection et l’harmonie. C’est seulement dans de telles conditions que nos actes positifs revêtent l’éternité qui relève du messianique. Si nous connaissions la date de l’ère messianique, nos actes seraient de nature prévisionnelle, stimulés par notre claire vision du progrès de l’histoire vers la perfection.

La conscience supra rationnelle

Et pourtant, Jacob nous révéla bien la fin des temps. Il ne nous indiqua pas la date précise de la venue de Machia’h – cela, D.ieu l’en empêcha, pour garantir que notre expérience du galout sera complète et donnera lieu à l’engagement éternel qui fait de nous de véritables partenaires dans le projet divin d’un monde messianique parfait. Mais le fait même qu’il désira nous l’indiquer eut ses conséquences. La Torah déclare que D.ieu accomplit le désir de ceux qui Le craignent. Si Jacob désirait que nous sachions, alors, d’une manière ou d’une autre, cette connaissance nous fut transmise.

Bien plus, Jacob est l’un des trois Avot (Patriarches) d’Israël, que nos Sages ont décrits comme ne servant que comme véhicules de la volonté divine, à chaque instant de leur vie. Si Jacob désirait que nous connaissions le secret de la « fin des jours », c’est un désir qui était en toute adéquation avec la volonté divine. D.ieu veut que nous voulions savoir, et que nous sachions réellement, pour que nous soyons poussés par ce désir et cette connaissance. Mais en même temps, Il ne nous permet pas de savoir exactement pour que nos actes soient vrais et inconditionnels et non basés sur ce « délit d’initié ».

Ainsi menons-nous nos vies dans l’obscurité, dépourvus de toute conscience de notre place dans l’histoire. Quelques secondes avant l’aube, nous ne percevons que la nuit la plus noire. Mais cela n’a lieu qu’à la surface de nos vies, au niveau dans lequel nous agissons pour apporter la rédemption au monde. Mais à l’intérieur, il existe une âme consciente, une âme en phase avec le calendrier divin, une âme sensible aux moments les plus opportuns pour la rédemption et apte à révéler ce savoir et ce potentiel.

Le secret

(Source : Chabbad.org)

Le monde juif vu par Akadem

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Sarah Halimi privée de justice

La Cour d’appel de Paris a déclaré pénalement irresponsable le présumé meurtrier de Sarah Halimi. Elle prive ainsi la famille et la société d’un indispensable procès.

Cet incompréhensible déni de justice fait descendre les manifestants dans la rue et se multiplier les pétitions indignées. Un profond malaise s’empare de la communauté juive.

Le coup de folie et la consommation de stupéfiants peuvent-ils vraiment constituer un alibi? Historiens, journalistes, avocats, psychiatres…

Akadem donne la parole aux spécialistes pour comprendre la psychopathologie d’une société où la folie prend si souvent les traits de l’antisémitisme.

(Source : Akadem)

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Sarah Halimi
Une psychopathologie antisémite

par Georges Bensoussan, historien


A voir aussi :

BIBLE : La beauté féminine par Paul-Laurent Assoun
HALA’HA : La Loi et la coutume par Mikhaël Benadmon
HISTOIRE : La fin du judaïsme en terres d’islam par Shmuel Trigano
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MICHNA : L’impureté dans la tradition hébraïque 2e cycle par Bernard Maruani
PHILOSOPHIE : Les Rois, le peuple et le pouvoir par Claude Birman
SCIENCES POLITIQUES : Les mythes de l’antisionisme par Pierre Lurçat

Le Limousin, terre de Justes

Entre 1940 et 1945, des milliers de juifs ont trouvé refuge sur le plateau de Millevaches, dans les petits villages de Haute-Vienne. Aux portes de la Corrèze, des familles entières ont ainsi pu échapper à la barbarie et se reconstruire à la campagne.

Soixante-quinze ans plus tard, historiens et spécialistes rendent hommage à ces Justes du Limousin. L’association des Mémoires juives de Brive organisait un prestigieux colloque en partenariat avec Akadem qui vous en restitue les deux premières journées.

En chemin avec les juifs d’Alsace et de Lorraine…

Quel point commun entre David Sintzheim, premier grand rabbin de France, le capitaine Dreyfus, Léon Blum, leader du Front Populaire, le sociologue Émile Durkheim, l’anthropologue Claude Lévi-Strauss, le mime Marceau ou le poète Claude Vigée ?

Toutes ces figures ont l’Alsace-Lorraine pour terre ancestrale. Lieu de confrontation entre Lumières et religion, de cohabitations délicates entres protestants, catholiques et juifs, de convulsions révolutionnaires et de déchirements nationalistes, ce territoire de l’entre-deux a été un creuset d’un génie européen alliant savoir universel et culture juive. L’important colloque « L’éclat et l’écart » organisé en octobre dernier par la revue Passages partait sur les traces de cette identité déchirée. Akadem était partenaire de ce colloque.

L’ESPERANCE EN UN MONDE MEILLEUR, AUQUEL NOUS DEVONS TOUS CONTRIBUER -Le Rav Dynovisz lance un appel aux Juifs du monde : La réussite en exil prépare de terribles malheurs /

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La réussite en exil prépare de terribles malheurs !

Voir la vidéo : La réussite en exil prépare de terribles malheurs

(Source : Site du Rav)

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Juifs, revenez sur votre terre avant qu’il ne soit trop tard !

(Source : le site du Rav)

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